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  • Tip of the Week #124: <code>absl::StrFormat()</code>
    https://abseil.io/tips/124

    Originally posted as TotW #124 on October 11, 2016

    Updated 2022-11-16

    Quicklink: abseil.io/tips/124

    The str_format Library and absl::StrFormat()

    After a long testing and development period, we’re pleased to announce that the str_format library is now generally available. The str_format library is a very efficient, typesafe, and extensible library that implements all printf formatting syntax. Nearly all printf-style conversions can be trivially upgraded to absl::StrFormat(). For more detailed documentation, see https://abseil.io/docs/cpp/guides/format. It’s the best option for printf-style formatting, but no position is taken here on where printf-style is or isn’t appropriate.

    Usage is simple. Add a BUILD dependency on //third_party/absl/strings:str_format, and include the header: (...)

  • Tip of the Week #18: String Formatting with Substitute
    https://abseil.io/tips/18

    Originally posted as TotW #18 on October 4, 2012

    By Titus Winters

    Updated 2022-11-16

    Quicklink: abseil.io/tips/18

    It happens all the time: you’re writing code and suddenly you need to assemble a new string from a template and some run-time values. Maybe it’s an error message from a failed Stubby call, maybe it’s the body of an email being sent from an internal process. Probably the most common mechanism for string formatting outside of google3 is sprintf/snprintf. But as we wander through the codebase, we see many things that people have done, and many places where C++ engineers are spending too much of their time, too many cycles, and too many lines of code to accomplish this task. In this week’s tip, we will walk through some common options and point out their various drawbacks.

    Option (...)

  • Lutte des berges de la Garonne et Union des Comités de Quartier | Collectif de Radiographie Urbaine
    https://toulouse.espacesensible.net/lutte-des-berges-de-la-garonne-et-union-des-comites-de-quar

    En juin 1974, Capitole information, annonce un projet de voies sur berges devant traverser le centre-ville entre Empalot et le port de l’embouchure en longeant par les quais de la Daurade et St pierre. Un comité de défense se constitue pour lutter contre ce projet et bien plus encore. Ce documentaire en deux parties raconte cette histoire avec les voix de personnes qui y ont participé. De la lutte contre une autoroute au centre-ville à la formation de l’Union des Comités de Quartier, c’est aussi la question du pouvoir urbain qui est traité en toile de fond. Durée : deux parties de 49 min. chacune. Source : Toulouse Espace (...)

  • Technè bookshop | Espaces #1
    https://topophile.net/rendez-vous/techne-bookshop-espaces-1

    Du jeudi 24 novembre au samedi 17 décembre 2022, la Maison de l’Architecture Occitanie-Pyrénées accueille Technè bookshop pour une résidence / carte-blanche qui inaugure un nouveau dispositif ; Espaces. Avec Espaces, l’équipe de la Maison de l’Architecture Occitanie-Pyrénées propose des résidences / cartes blanches mettant en avant des pratiques locales, prospectives et innovantes en architecture... Voir l’article

  • Tumblr to add support for ActivityPub, the social protocol powering Mastodon and other apps | TechCrunch
    https://techcrunch.com/2022/11/21/tumblr-to-add-support-for-activitypub-the-social-protocol-powering-masto

    Tumblr will add support for ActivityPub, the open, decentralized social networking protocol that today is powering social networking software like Twitter alternative Mastodon, the Instagram-like Pixelfed, video streaming service PeerTube, and others. The news was revealed in response to a Twitter user’s complaint about Mastodon’s complexities. Automattic CEO Matt Mullenweg — whose company acquired Tumblr from Verizon in 2019 — suggested the user “come to Tumblr” as the site would soon “add activitypub for interconnect.”

  • Acéphale
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ac%C3%A9phale_(revue)

    Ce que nous entreprenons est une guerre. Il est temps d’abandonner le monde des civilisés et sa lumière. Il est trop tard pour tenir à être raisonnable et instruit — ce qui a mené à une vie sans attrait. Secrètement ou non, il est nécessaire de devenir tout autres ou de cesser d’être.

    #Georges_Bataille #littérature #art #1936

    • Le no 2, daté du 21 janvier 1937, porte le titre Nietzsche et les fascistes (en couverture), ou Réparation à Nietzsche (sur la page du sommaire), et dénonce les falsifications de l’œuvre de Nietzsche par les nazis et les fascistes.

      Hans Mayer :

      « Bataille seul, à mon avis, avait compris à cette époque-là [que le fascisme] ce n’était pas seulement un retour à la barbarie. Il y avait aussi tout autre chose. D’un côté, l’exécution à la hache, de l’autre, le perfectionnement de la chambre à gaz, à l’aide de la technologie moderne allemande. Je crois que, avant même les nouvelles venant de Pologne et d’Auschwitz, Bataille avait compris que cela formait un ensemble. [...] C’est pourquoi Bataille a cherché le dialogue avec Benjamin, peut-être aussi avec moi. » De ce point de vue, avec Acéphale, Bataille tente de créer une sorte de religion aussi antichrétienne, anticommuniste que antifasciste, « un surnietzschéisme défascisé », selon l’expression de Michel Surya.

      La modernité nazie

      Trudelturm
      https://de.wikipedia.org/wiki/Trudelturm

      Der rund 20 Meter hohe Trudelturm im Berliner Ortsteil Adlershof ist ein technisches Baudenkmal aus der Luftfahrtforschung, das in den Jahren 1934–1936 errichtet wurde.

      Großer Windkanal
      https://de.wikipedia.org/wiki/Gro%C3%9Fer_Windkanal

      Der Große Windkanal des Aerodynamischen Parks in Berlin-Adlershof wurde von 1932 bis 1934 gebaut.

      Reichsflugscheibe
      https://de.wikipedia.org/wiki/Reichsflugscheibe ;-)

      Eine Reichsflugscheibe ist ein fiktives untertassenförmiges Flug- und Raumfahrzeug, das in Mythen, Science-Fiction und Verschwörungstheorien auftaucht und diesen zufolge im nationalsozialistischen Deutschen Reich gebaut und getestet worden sein soll. Historisch und technisch sind keine Belege bekannt.

      Rammstein - Zeit
      https://www.rammsteinworld.com/en/discography/albums/zeit

    • Pour mes lubies de #cinéma_barré, dans la fiche Wikipédia de la revue, ils indiquent qu’un certain « Jean Rollin » aurait contribué au numéro 2. Mais dont on ne dit rien.

      Or il y a un autre Jean Rollin – fils d’un certain Claude Rollin Roth Le Gentil – que j’affectionne beaucoup, qui était le réalisateur de films fantastiques français qui a connu sa grande période dans les années 70.

      Et en fait ça n’est pas du tout fortuit, puisque le Jean Rollin cinéaste était directement lié à Bataille dans son enfance :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Rollin

      Un an après sa naissance, sa mère se lie avec Georges Bataille, suscitant le désespoir de son père qu’elle quitte bientôt, emportant l’enfant. Denise et le petit Jean vivront avec Bataille jusqu’en 1943, puis celui-ci rencontrera Diane Kotchoubey De Beauharnais. Les deux femmes feront brièvement avec Bataille un ménage à trois, avant que Bataille ne se consacre entièrement à Diane. Denise se reportera après sur les amis de Bataille Maurice Blanchot et Michel Fardoulis-Lagrange.

      Je ne me souviens pas bien, mais il n’est pas impossible que Rollin ait par la suite évoqué Bataille dans des textes (dans un Midi-Minuit fantastique peut-être ?). Je ne sais plus du tout.

  • #Mémorial de #Souvorov

    Le mémorial de Souvorov (appelé en allemand #Suworow-Denkmal, également #Russen-Denkmal), est un monument situé dans les #gorges_des_Schöllenen, près du #pont_du_diable, sur le territoire de la commune uranaise d’#Andermatt, en #Suisse.

    Le monument a été dressé en mémoire des #soldats_russes morts au combat lors de leur traversée des Alpes en septembre #1799 sous le commandement du général #Alexandre_Souvorov. Il rappelle en particulier les combats qui se sont déroulés dans la région le 25 septembre 1799 entre les troupes russes et celles commandées par le général napoléonien #Lecourbe.

    Le monument a été érigé en 1895-1898 selon des plans d’A. Werschinsky, avec l’approbation de la Suisse. Le terrain sur lequel il se dresse est la propriété de l’État russe ; cependant, contrairement à une légende urbaine, la parcelle n’est ni une zone extraterritoriale, ni une enclave russe en Suisse.

    Lors de sa visite d’État en Suisse, le président russe Dmitri Medvedev a visité le monument le 22 septembre 2009 en compagnie du président suisse Hans-Rudolf Merz.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9morial_de_Souvorov
    #monument #Suisse #Russie

    –-> on en parle dans cette série historique sur le canton Tessin :
    https://seenthis.net/messages/978229

  • Theobald Tiger (Kurt Tucholsky), Gebet nach dem Schlachten,
    Die Weltbühne, 07.08.1924, Nr. 32, S. 233
    http://www.zeno.org/Literatur/M/Tucholsky,+Kurt/Werke/1924/Gebet+nach+dem+Schlachten

    Kopf ab zum Gebet!

    Herrgott! Wir alten vermoderten Knochen

    sind aus den Kalkgräbern noch einmal hervorgekrochen.

    Wir treten zum Beten vor dich und bleiben nicht stumm.

    Und fragen dich, Gott:

    Warum –?

    Warum haben wir unser rotes Herzblut dahingegeben?

    Bei unserm Kaiser blieben alle sechs am Leben.

    Wir haben einmal geglaubt . . . Wir waren schön dumm . . . !

    Uns haben sie besoffen gemacht . . .

    Warum –?

    Einer hat noch sechs Monate im Lazarett geschrien.

    Erst das Dörrgemüse und zwei Stabsärzte erledigten ihn.

    Einer wurde blind und nahm heimlich Opium.

    Drei von uns haben zusammen nur einen Arm . . .

    Warum –?

    Wir haben Glauben, Krieg, Leben und alles verloren.

    Uns trieben sie hinein wie im Kino die Gladiatoren.

    Wir hatten das allerbeste Publikum.

    Das starb aber nicht mit . . .

    Warum –? Warum –?

    Herrgott!

    Wenn du wirklich der bist, als den wir dich lernten:

    Steig herunter von deinem Himmel, dem besternten!

    Fahr hernieder oder schick deinen Sohn!

    Reiß ab die Fahnen, die Helme, die Ordensdekoration!

    Verkünde den Staaten der Erde, wie wir gelitten,

    wie uns Hunger, Läuse, Schrapnells und Lügen den Leib zerschnitten!

    Feldprediger haben uns in deinem Namen zu Grabe getragen.

    Erkläre, daß sie gelogen haben! Läßt du dir das sagen?

    Jag uns zurück in unsre Gräber, aber antworte zuvor!

    Soweit wir das noch können, knien wir vor dir – aber leih uns dein Ohr!

    Wenn unser Sterben nicht völlig sinnlos war,

    verhüte wie 1914 ein Jahr!

    Sag es den Menschen! Treib sie zur Desertion![437]

    Wir stehen vor dir: ein Totenbataillon.

    Dies blieb uns: zu dir kommen und beten!

    Weggetreten!

    #première_guerre_mondiale #boucherie #poésie #1924

  • Ignaz Wrobel (Kurt Tucholsky), Les Abattoirs, Die Weltbühne, 08.09.1925, Nr. 36, S. 367
    http://www.zeno.org/Literatur/M/Tucholsky,+Kurt/Werke/1925/Les+Abattoirs

    Ein grüngrauer, stumpfer Himmel liegt über La Villette, dem Arbeiterviertel im Nordosten der Stadt. Ein Stückchen Kanal durchschneidet quer die Straßen, von hier fahren die Kähne mit dem Fleisch durch rußige Wiesen. Es ist sieben Uhr früh.

    Gegenüber dem begitterten Eingang zu den dunkeln Gebäuden des Schlachthofes hocken, sitzen, bummeln vor den Caféhäusern merkwürdige Männer und Frauen. Viele haben blutbespritzte Hosen, blutgetränkte Stiefel, ein grauer Mantel bedeckt das ein wenig. Einer ist nur in Jacke und Hose, unten ist er rot, als habe er in Blut gewatet, auf dem Kopf trägt’ er eine kleine, runde, rote Mütze – er sieht genau aus wie ein Gehilfe von Samson. Er raucht. Eine Uhr schlägt.

    Die Massen strömen durch die große Pforte, hinten sieht man eine Hammelherde durch eine schattige Allee trappeln, mit raschen Schritten rücken die Mörder an. Ich mit.

    Über den großen Vorhof, flankiert von Wärter- und Bürohäuschen, an einer Uhrsäule vorüber, hinein in die ›carrés‹. Das sind lange Hallen, nach beiden zugigen Seiten hin offen, hoch, mit Stall-Löchern an den Seiten. Hier wird geschlachtet. Als ich in die erste Halle trete, ist alles schon in vollem Gange. Blut rieselt mir entgegen.

    Da liegt ein riesiger Ochs, gefesselt an allen vieren, er hat eine schwarze Binde vor den Augen. Der Schlächter holt aus und jagt[205] ihm einen Dorn in den Kopf. Der Ochse zappelt. Der Dorn wird herausgezogen, ein neuer, längerer wird eingeführt, nun beginnt das Hinterteil des Tieres wild zu schlagen, als wehre es sich gegen diesen letzten, entsetzlichen Schmerz.

    Eine Viertelminute später ist die Kehle durchschnitten, das Blut kocht heraus. Man sieht in eine dunkle, rote Höhle, in den Ochsen hinein, aus dem Hohlen kommt das Blut herausgeschossen, es kollert wie ein Strudel, der Kopf des Ochsen sieht von der Seite her zu. Dann wird er gehäutet. Der nächste.

    Der nächste hat an der Stalltür angebunden gestanden mit seiner Binde. Die ist ihm jetzt abgenommen, er schnüffelt und wittert, mit geducktem Hals sieht er sich den Vorgänger an, der da hängt, und beriecht eine riesige weiße Sache: einen Magen, der, einer Meeresqualle gleich, vor ihm auf dem Steinboden umherschwimmt.

    Auf einem Bock liegen drei Kälbchen mit durchschnittenen Kehlen, noch lange zucken die Körper, werfen sich immer wieder. Rasch fließt das Blut mit Wasser durchmischt in den Rinnsalen ab. Dort hinten schlachten sie die Hammel.

    Zu acht und zehn liegen sie auf langen Böcken, auf dem Rücken liegen sie, den Kopf nach unten, die Beine nach oben. Und alle diese vierzig Beine schlagen ununterbrochen die Luft, wie eine einzige Maschine sieht das aus, als arbeiteten diese braunen und grauen Glieder geschäftig an etwas. Sie nähen an ihrem Tod. In der Ecke stehen die nächsten, sie sind schon gebunden, schnell nimmt der Schlächter eins nach dem andern hoch und legt es vor sich auf den Bock. Kein Schrei.

    Drüben in der nächsten Halle wird à la juive geschlachtet. Der Mann, der schachtet, ist aus dem Bilderbuch, ein Jude: ein langes, vergrämtes Gesicht mit einem Käppchen, in der Hand hat er einen riesigen Stahl, scharf wie ein Rasiermesser. Er probt die Schneide auf dem Nagel, er nimmt irgendeine religiöse Förmlichkeit mit ihr vor, seine Lippen bewegen sich. Die süddeutschen Gassenjungen übersetzten sich dies Gebet so: I schneid di nit, i metz di nit, i will di bloß mal schächte!

    Hier wird das Tier nicht vorher getötet und dann zum Ausbluten gebracht, sondern durch einen Schnitt getötet, so daß es sich im Todeskampf ausblutet. Ich bin auf den Schnitt gespannt.

    Der Ochse ist an den Vorderbeinen gefesselt, durch den Raum laufen über Rollen die Stricke, und zwei Kerls ziehen langsam an. Der Ochse strauchelt, schlägt mit den Beinen um sich, legt sich. Der Kopf hängt jetzt nach unten, die Gurgel strammt sich nach oben . . . Der Jude ist langsam nähergekommen, den Stahl in der Hand. Aber wann hat er den Schnitt getan –? Er ist schon wieder zwei Meter fort, und dem Ochsen hängt der Kopf nur noch an einem[206] fingerbreiten Streifen, das Blut brodelt heraus wie aus einer Wasserleitung. Das Tier bleibt so länger am Leben, unter der Rückenmuskulatur arbeitet es noch lange, fast zwei und eine halbe Minute. Ob es bei diesem System, wie behauptet wird, länger leidet, kann ich nicht beurteilen. Das Blut strömt. Erst dunkelrotes, später scharlachrotes, ein schreiendes Rot bildet seine Seen auf dem glitschrigen Boden. Nun ist das Tier still, der Augenausdruck hat sich kaum verändert. Neben ihm hat sich jetzt ein Mann auf den Boden gekniet, der das Fell mit einer Maschine ablöst. Sauber trennt der Apparat die Haut vom Fleisch, die Maschine schreit, es hört sich etwa an, wie wenn ein Metall gesägt wird, es kreischt. Dann wird dem riesigen Leib ein Schlauch ins Fleisch gestoßen, langsam schwillt er an: es wird komprimierte Luft eingepumpt. Das geschieht, wird gesagt, um die Haut leichter zu lösen. Es hat aber den Nachteil, daß diese Luft nicht rein ist, und das Fleisch scheint so schneller dem Verderben ausgesetzt zu sein. Und es hat den Vorteil, daß sich die Ware, da die Luft nicht so schnell entweicht, im Schaufenster besser präsentiert.

    Karrees und wieder Karrees – der Auftrieb auf dem benachbarten Viehmarkt, der zweimal wöchentlich stattfindet, ist stark genug: gestern waren es 13000 Tiere. Paris ist eine große Stadt, und es gibt nur noch kleinere Abattoirs, wie das an der Porte de Vaugirard, und eines nur für Pferde in Aubervilliers. Jetzt ist das Pferdefleisch annähernd so teuer wie das reguläre – der Verbrauch hat wohl etwas nachgelassen. La Villette hat das größte Abattoir – keineswegs das modernste –, mit dem in Nancy und den großen Musterschlachthöfen in Amerika und Deutschland nicht zu vergleichen.

    Stallungen und Stallungen. Viele Tiere sind unruhig, viele gleichgültig. An einer Stalltür ist ein Kalb angebunden, das bewegt unablässig die Nüstern, etwas gefällt ihm hier nicht. Zehn Uhr zwanzig, da ist nichts zu machen. Ein Ochse will nicht, er wird furchtbar auf die Beine geschlagen. Sonst geht alles glatt und sauber und sachlich vor sich. An einer Tür stehen zwanzig kurz abgeschnittene Rinderfüße, pars pro toto, eine kleine Herde. Hier liegt ein Schafbock und kaut zufrieden Heu. Es ist ein gewerkschaftlicher Gelber.

    Der wird an die Spitze der kleinen Hammelherden gesetzt, die da einpassieren, er führt sie in den Tod; kurz vorher verkrümelt er sich und weiß von nichts mehr, der Anreißer. Er ist ganz zahm und kommt immer wieder zu seinem Futterplatz zurück. Dafür schenkt man ihm das Leben. Das soll in den letzten Jahren schon mal vorgekommen sein.

    Hier im großen Stall ist ein Pferch ganz voll von Schafen. Sie werden wohl gleich abgeholt, sie stehen so eng aufeinander, daß sie sich überhaupt nicht bewegen können, und sie stehen ganz still. Sie sehen stumm auf, kein Laut, hundertzwanzig feuchte Augen sehen dich an. Sie warten.

    [207] Durch Stallstraßen, an Eisfabriken und Konservenfabriken vorüber, zu den Schweinen. Eine idyllische Hölle, eine höllische Idylle.

    In dem riesigen, runden Raum brennen in den einzelnen Kojen, die durch Bretterwände abgeteilt sind, große Strohfeuer. Die Rotunde hat Oberlicht, und die Schlächter, die Männer und Frauen, die die Kadaver sengen, sehen aus wie Angestellte der Firma Hephästos & Co. Die Schweine rummeln in den Kojen, durchsuchen das Stroh – der Schlächter mit einem großen Krockethammer tritt näher, holt, heiliger Hodler! weit aus und schlägt das Tier vor den Kopf. Meist fällt es sofort lautlos um. Zappelt es noch, gibt er einen zweiten Schlag, dann liegt es still. Keine Panik unter den Mitschweinen, kein Laut, kein Schrecken. Draußen, in den Ställen drumherum, schreien sie, wie wenn sie abgestochen werden sollen – hier drinnen kein Laut. Dem toten Schwein werden von Frauen die Borsten ausgerupft, mit denen du dich später rasierst, dann wird es ans Feuer getragen und abgesengt. Die schwarzen Kadaver, auf kleinen Wägelchen hochaufgeschichtet, fahren sie in den Nebensaal, wo man sie weiterverarbeitet. Hier, wie bei den Rindern, stehen Leute mit Gefäßen, die fangen das Blut auf. Das Blut raucht, es ist ganz schaumig, sie rühren ununterbrochen darin, damit es nicht gerinnt.

    Die Schlächter stehen sich nicht schlecht: sie verdienen etwa zweihundert Franken die Woche. (Eine Umrechnung ergäbe bei den verschiedenen Lebensbedingungen ein falsches Bild; der Reallohn ist für deutsche Verhältnisse hoch: der französische Arbeiter wohnt schlechter als sein deutscher Genosse, ißt bedeutend besser, kleidet sich fast ebenso gut.)

    Da an der Ecke stehen vor großen Trögen Männer und Frauen und kochen die Kalbsköpfe aus. Blutig kommen sie hinein, weiß kommen sie heraus. Auf dem Boden rollen die abgeschnittenen Köpfe mit den noch geöffneten Augen – ein Mann ergreift sie und pumpt sie gleichfalls mit der Luftpumpe auf. Jedesmal bläht sich der Kopf, jedesmal schließt das tote Kalb langsam und wie nun erst verlöschend die Augen . . . dann werden sie gekocht.

    Das einseitige Stiergefecht dauert noch an, bis elf wirds so weitergehen. An der Uhr, vorn am Eingang, hängen die Marktnotizen.

    Da ist zunächst eine große erzene Tafel, den Toten des Krieges als Erinnerung gewidmet, aufgehängt von den vereinigten Großschlächtereien der Stadt Paris. Namen, eine Jahreszahl . . . Ich studiere die Markttafeln. Und beim Aufsehen bleiben mir Worte haften, ein paar Worte von der Inschrift, die die Gefallenen ehren soll. So:

    La Boucherie en gros

    1914–1918

    Die Parallele ist vollständig.

    Abattoirs de la Villette : histoire
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Abattoirs_de_la_Villette

    #Paris #La_Villette #1925 #boucherie #abattoir #guerre #première_guerre_mondiale #reportage

  • Dans la série « Demande à ta grand-mère »

    Pour te situer le personnage, ma grand-mère protestante est née en Suisse à Zurich vers 1890, ses parents crevaient la dalle et ont émigré à Paris où ils sont morts de la tuberculose quand elle était pichoune. Orpheline, elle a alors été placée dans une famille pour devenir leur petite servante. Pour fuir, elle a épousé un français catholique blanc qui faisait fortune dans la carte postale avec lequel elle a eu 3 filles, dont deux 15 ans avant ma mère en 1933.
    Elle avait donc 43 ans quand ma mère est née même si mon grand-père n’en voulait pas, avait demandé l’avortement (clandestin) et refusait au final de voir ma mère car ce n’était pas un mâle. Cet homme était fortuné mais a envoyé sous prétexte de la guerre sa femme et sa fille se mettre en Bourgogne en 1939 sans leur donner logement ni sou, pendant ce temps il logeait avec sa maitresse à Paris.
    Le divorce demandé par ma grand-mère a été refusé, mais il a fait modifié le contrat de mariage sous le régime de séparation des biens.
    Ce qui fait qu’elle ne pouvait pas se remarier avec quelqu’un d’autre mais qu’elle n’avait pas un sou pour autant et qu’une fois mort, elle n’avait droit à, juste rien.
    Et donc, comme tu le sais, ce n’est qu’en juillet 1965 (1 an avant la mort de ma grand-mère) que les femmes ont pu avoir un carnet de chèques, un compte bancaire à leur nom et ne plus avoir à demander l’autorisation à leur mari pour s’acheter des chaussettes, et entre autres détails, divorcer.

    Tout ça pour dire, comme ma grand-mère avait la nationalité suisse, je devrais pouvoir être Suisse moi aussi, cool, ou ma mère au moins. Hé ben non, parce que ma grand-mère étant une femme, la nationalité suisse ne s’applique pas à ses descendants et ma mère n’a donc pas pu me transmettre ce droit.

    Et donc être une femme aujourd’hui, c’est aussi hériter de la maltraitance, la pauvreté et des non droits de ses ancêtres femmes.

    Voir la vidéo
    https://www.francetvinfo.fr/societe/le-13-juillet-1965-les-femmes-prenaient-leur-independance-financiere_99

    #femmes #suisse #mariage #autorisation_maritale #1965 #code_civil_napoléonien #droits_des_femmes

    • Merci pour ce témoignage @touti. Il appelle le mien, dans la série « Demande à ta grand-mère ».

      Ma grand mère maternelle est née en 1901, elle s’appelait Marcelline, car sans doute on attendait un petit Marcel, et qu’à l’époque, les prénoms de fille étaient souvent des prénoms de garçons auxquels on ajoutait un diminutif.
      Marcelline, d’origine modeste mais instruite — certificat d’études en poche —, rencontre Étienne, fils de notable. Ils se marient. Elle aura six enfants, et lui, des maitresses. Elle lavera le linge à la rivière, il boira, signera, ivre, des reconnaissances de dette et perdra tous ses biens. Il battra quatre de ses filles car elles ont le nez de sa femme. Parmi les deux enfants qui ont la chance d’avoir son nez à lui, il y a ma mère, née en 1936, qui me racontera comment elle, ses quatre sœurs et son frère se construisent dans ce chaos, cet abandon doublé de la morsure la faim et du froid. Mon grand-père mourra jeune laissant des dettes impossibles à éponger. Ceux qui ont connu Marcelline disent qu’elle était un véritable puits de science, surtout en histoire, mais il ne reste d’elle que de rares photos et peu de ses paroles car la pauvreté l’a effacée, la maltraitance l’a réduite. Il me reste ainsi comme une rage en héritage.

    • Merci @jacotte pour ton témoignage émouvant. C’est d’autant plus important de faire parler celleux encore vivant·es pour savoir ce qu’il en était de la vie de nos aïeules et comprendre la maigre mémoire des femmes et ce que cela signifie d’être femme.
      #féminisme

    • « Rêves de grandeurs et nauffrage familial » *

      Ma grand-mère maternelle Louise nait à Paris en 1890, sa mère travaille dans une blanchisserie des Batignoles un quartier populaire alors. Elle devient couturière et se marie à un homme comptable chez ATO, fournisseur des horloges des gares du réseau de chemin de fer. Elle a une fille Marcelle née en 1910 qui deviendra « demoiselle du téléphone » ou téléphoniste à Creil puis au « central »rue de Provence à Paris.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Demoiselle_du_t%C3%A9l%C3%A9phone

      Une première fille donc à qui elle refusera de donner son accord lorsqu’elle voudra épouser un homme veuf et père de deux enfants : « ça ne se fait pas ».

      Ma grand-mère s’installe « à son compte » dans un grand appartement du 9 éme arrondissement dont le salon servira d’atelier ainsi qu’à recevoir les clientes. Vingt ans après sa première fille, une seconde nait, ma mère. Elle sera élevé par ma tante de 20 ans son ainée sous la sévère surveillance de sa mère.

      Mon grand-père effacé ne boit pas, ne joue pas, ne court pas, ne fume pas, ne parle pas. Il est assis sur son fauteuil près de la fenêtre qui donne sur la cour et observe d’un œil en lisant son journal.

      Sa seconde fille, ma mère devient secrétaire de direction (méthode pigier).

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pigier

      sa mère la destine à faire un beau mariage (un énarque, un polytechnicien…), rien n’est jamais assez beau pour elle : robes sur mesure, théatre, cinéma, tennis, natation, vacances avec des amies au Club Med en Corse où elle rencontre mon père. Il est beau, gentil, il vient de s’acheter une 2CV avec la solde de ces 18 mois de service militaire au Maroc. Il est fils d’agriculteur et titulaire d’un vague diplôme de commerce.

      Les parents s’opposent, résistent, « ce n’est pas un bon parti » puis de guerre lasse finissent par céder. Un mariage d’amour. Le couple s’installe dans le même immeuble que ma grand-mère dans une autre cage d’escalier après un lobbying intensif auprès de la propriétaire de l’immeuble par ma grand-mère (c’est déjà et encore la crise du logement). Un interphone est installé entre les deux appartements et chaque soir quand la lumière s’allume chez mes parents, la sonnerie de l’interphone retentie puis la voix de ma grand-mère qui veut savoir comment la journée s’est passée. Mon père mettra vingt ans avant d’arracher la prise.

      Ma sœur nait deux ans après le mariage, puis moi deux années plus tard.

      Ma grand-mère nous garde le mercredi et le soir avant que mes parents ne rentrent du travail.

      Mon grand-père muet lecteur de journal meurt quand je suis bébé. Ma grand-mère meurt quand j’ ai 14 ans, « femme de caractère » elle tente depuis son brancard d’empêcher les infirmiers de l’emmener à l’hôpital pour : « mourir chez moi ».

      Ma tante reste seule dans le grand appartement.

      Mon père s’avère moins brillant qu’espéré, il gagne mal sa vie, ne sort pas, ne s’intéresse ni au théatre, ni au cinéma, ni à la littérature, c’est un paysan exilé qui a fuit la terre. Ma mère s’ennuie, elle est moins heureuse qu’on lui avait promis.

      Finis les belles robes, les vacances au Club-med, les bals mais toujours des désirs de beauté, des désirs des richesses promises, la consommation, le confort. Elle s’endette, laisse des ardoises chez tous les commerçants de la rue des Martyrs près de laquelle nous habitons, ma tante passe derrière payer les notes. Les commerçants viennent sonner à la porte le soir avec leurs ardoises, les quelques bijoux de la famille sont placés en secret « chez ma tante » au Crédit Municipal

      https://www.parismarais.com/fr/arts-et-culture/hotels-particuliers-du-marais/chez-ma-tante-ou-le-credit-municipal-de-paris.html

      Le temps passe, ma mère se mets à boire, mon père devient violent, ma sœur se réfugie dans l’étude, les études, les livres, moi dans la rue. Ma mère meurt d’une embolie pulmonaire après une chute.

      Dans ses armoires des dizaines d’ensemble de nappes et serviettes fantaisie, des centaines de robes, et autant de bibelots de toutes sortes. Et puis des cadavres de bouteilles de whisky qu’enfant il fallait discrètement trouver avant l’ivresse avec la colère et le désespoir renouvelé de devoir les vider dans les toilettes pour espérer une soirée « calme » en sachant la trahison que cela représentait.

      Femme puissante, homme objet, homme outil , femme sacrifiée, perdue dans des rêves qui ne sont pas les siens. Homme discret dépassé par la réalité entre rêve consommatoire et exode rural.

      Les vitrines qui brillent, le débordement de la marchandise, les lumières des villes, le clignotement des écrans, ce qui s’écrit dans les journaux, les promesses murmurées et les créanciers du rêve de confort qui sonnent à la porte.

      Le tyran est mort c’était une femme « admirable » et sur le champ de bataille on continue à compter les blessés.

      *j’ai mis un titre c’est plus gai...

    • Merci @olivier_aubert de ton témoignage, quelles vies derrière ces murs de mémoire !

      Pour poursuivre le récit inepte de la femme admirable lieutenant de cavalerie, ma mère froide, distante, maltraitante avec ses enfants, essentiellement ses filles et pourtant élevée uniquement par des femmes, par ses sœurs également. Et malgré l’expérience continuelle des hommes maltraitants, son père, ses beaux-frères (moches-frères), le patriarcat de l’époque, elle voue toujours une …, seul terme adéquat, une dévotion sans pareil pour les hommes. Surtout ses fils, l’aîné, le seul qui existe pour elle de ces 4 enfants-choses, sa réponse/lapsus hier, malgré 20 ans sans la voir et parce que j’exige de comprendre : « … car je suis sa femm’ (…) mère ».
      La réparation par le mâle, la rédemption pour avoir su concevoir de la bite mêlé d’un mépris profond pour les hommes. Elle les a brisé à force de s’accaparer leur vie, mettant dehors leur femmes, élevant leurs enfants, dégoulinante d’une fausse bonté, d’un masque social de conventions sur la bonne mère et de chèques à leurs seuls noms.

      Comment survivre à de telles injonctions contradictoires, à ce profond manque d’amour.

      #survivant·es

    • Merci pour ta réponse et le développement de la conversation possible, mon texte était largement à « contre-pieds » et il aurait été plus facile de faire semblant de ne pas l’avoir lu…

      En faisant des reportages en prison ou parmi les SDF, je me suis aperçu qu’il y avait plein de types qui avaient un parcours similaire au mien et que je m’en sortais bien sans avoir à ce jour encore compris pourquoi...

      Quel boulot de déconstruire tout ça et de veiller à ne pas reproduire ces systèmes d’oppression, de maltraitance de distinction, d’assignations et de maintien à distance par le silence (mépris)

      Quel boulot que d’essayer de créer des relations respectueuses, symétriques, équitables détachées des tentatives de prise de pouvoir symboliques ou psychologiques, éloignés des systémes de domination culturels ou économiques

      Préserver la mémoire de cette histoire du patriarcat et de la domination certainement mais il faut aussi créer des « modèles identificatoires positifs » tant féminins que masculins, d’autres voies possibles pour échapper aux modèles dominants que les sociétés véhiculent de générations en générations, prendre des chemins de traverse, boycotter les lieux, les structures,les situations, « faire dissidence »

      une vigilance permanente, des choix permanents...

      j’en suis à un point ou je n’arrive plus à regarder les 2/3 des films diffusés tellement je trouve les modèles proposés : toxiques ou manipulatoires

      Il n’y aura pas d’égalité si il n’y a pas un bouleversement total de l’éducation des garçons et des filles et des systèmes de valeur des sociétés, les gens sont prisonniers de modèles auxquels ils ne savent pas comment échapper…

      C’est comme à l’escrime, il faut se garder à droite et se garder à gauche en tentant de créer d’autres choses désirables...

  • Etats-Unis : une mystérieuse vague de vandalisme contre les trottinettes en libre-service
    https://lundi.am/Etats-Unis-une-mysterieuse-vague-de-vandalisme-contre-les-trottinettes-en-libr

    lundimatin#157, le 19 septembre 2018 - Elles sont là. On les a aperçues, notamment dans le 3e arrondissement parisien. Elles, ce sont les trottinettes en libre-service de la startup californienne Bird. Le principe ? Le même que pour les vélos Indigo ou Gobee : l’usager peut déposer sa bécane n’importe où dans la ville, les autres utilisateurs sauront la retouver grace à la géolocalisation et une application dédiée. Le plus de Bird ? Ses trottinettes sont ramassées entre 21h et 5h pour être rechargées, car elles sont électriques . Ces petites machines sont devenues des stars outre-atlantique, où elles bénéficient même d’un grand concours transcontinental de... haine et de destruction.

    Les meilleurs ne croient plus à rien,
    tandis que les plus vils s’emplissent de passions.
    De grandes nouvelles certainement s’annoncent.
    W.B. Yeats, The second coming

    Your fleet is lost...

    Quand les trottinettes en libre-service Bird et Lime sont arrivées sur les trottoirs parisiens on a immédiatement pensé au précédent Gobee.bike. Ces vélos en libre-service avaient été victimes de leur succès et de l’esprit taquin des Français. Certains utilisateurs avaient mis un point d’honneur à tester la résistance des vélos en toutes circonstances. La société hongkongaise avait rapidement remballé ses pimpants biclous et persiflé sur les mauvaises manières françaises. S’étant retiré de Lille, Reims, Lyon et finalement Paris elle avait dénoncé un "effet domino" de dégradations qui se serait "abattu sur [sa] flotte de vélos", entrainant ainsi des "destructions de masse". "En quatre mois, 60 % de notre flotte a été détruite". En chiffre : 3200 vélos dégradés et 1000 "privatisés".

    Pour expliquer cet échec retentissant, on évoquait des différences culturelles, tel ce sinologue cité par Numerama : « En Chine, malgré ce que l’on pourrait penser, vous n’avez pas ce milieu social marginalisé qui va volontairement dégrader les choses." On se souvenait aussi des débuts du Velib’, qui avait très rapidement subi vols et dégradations. Un responsable de JCDecaux rappelait le savoir-faire des francophones en la matière : « La France est le plus mauvais élève [...] Nous avons plus souffert à Paris que dans toutes les capitales mondiales [...] Le seul autre marché où le vandalisme est aussi un sujet est Bruxelles mais dans des proportions sans commune mesure »

    Pourtant les Etats-Unis semblent en passe de rattraper leur retard en matière de vandalisme-de-deux-roues-en-libre-service. Certes dans une catégorie un peu différente : celle des trottinettes. Si la société Bird peut se vanter d’un développement ultra-rapide (l’entreprise enchaine les levées de fonds de plusieurs centaines de millions de dollars), son déploiement agressif dans une trentaines d’agglos américaines a suscité un certain nombre de réactions... hargneuses.

    Ce type de phénomène n’a donc rien de nouveau, on l’a vu avec les cas de Gobee et Velib’ en France, mais on aurait pu citer les déboires de oBike à Zurich ("des vélos jetés dans le lac, des freins coupés ou des codes Q/R masqués pour les rendre inutilisables", selon un responsable de la marque), ou du service municipal de Baltimore (qui a tenu moins d’un an). Mais la vague de dégradations qui touche les Bird a un truc en plus. Ce truc c’est un compte Instagram, le cimetière des Bird : https://www.instagram.com/birdgraveyard
    Burn the Bird

    Dans le Spectacle, le Parti Imaginaire n’apparaît pas comme fait d’hommes, mais d’actes étranges, au sens où les entend la tradition sabbatéenne. Ces actes eux-mêmes n’y sont cependant pas liés entre eux, mais systématiquement tenus dans l’énigme de l’exception ; on n’aurait pas idée d’y voir des manifestations d’une seule et même négativité humaine, car on ne sait pas ce que c’est que la négativité ; au reste, on ne sait pas non plus ce que c’est que l’humanité, ni même si cela existe.
    Thèses sur le parti imaginaire, Tiqqun

    On pourrait considérer que c’est anodin – c’est finalement une manière très américaine, ou contemporaine de se rapporter aux événements : en les instagramant. Mais ce compte a semble-t-il permis trois choses : de transformer le phénomène en mode ; de rendre compte de la diversité d’expression du ressentiment à l’égard des Bird ; et de comprendre, un peu, les raisons de ce ressentiment.

    Certaines vidéos du compte Instagram rendent compte de dégradations réalisées en tout discrétion, parfois de nuit, comme ces incendies :

    Mais la plupart se font de manière plus banale voire ludique, souvent à visage découvert, et selon des modes opératoires aussi divers que : renverser la trottinette, rouler dessus avec sa voiture, faire déféquer son chien dessus, la jeter du haut d’un immeuble, l’accrocher en haut d’un panneau de signalisation, couper les cables d’alimentation ou les freins, la mettre à la poubelle, en mettre 20 à la poubelle, la jeter à la mer ou se moquer de ses utilisateurs. Florilège :

    Les fracasser sur le trottoir :

    Bird contre Bird :

    Négligemment :

    En rire :

    Les collectionner :

    Concours :

    Collectionner (bis) :

    Apprendre à voler :
    "People who ride them suck"

    Dans un article consacré au sujet, le LA Times (Bird est basé à Venice Beach) rapproche cette vague de vandalisme des actions menées il y a quelques années contre les navettes privées transportant les employés de Google. Mais alors que les actions anti-Google avaient finalement eu peu de conséquences, la mode du vandalisme anti-Bird s’est propagée rapidement. Et semble bénéficier d’un certain assentiment de la population, tout du moins californienne. Si dans un premier temps, la police de Los Angeles n’a pas réagi face aux "incivilités" touchant les trottinettes électriques c’est notamment parce qu’elle "ne recevait aucun signalement".

    Si le parallèle avec les actions anti-Google n’est pas forcément pertinent, c’est que la vague de vandalisme qui a touché les Bird ne peut se résumer, comme le pense le LA Times, à une hausse du ressentiment vis à vis des entreprises de nouvelles technologies – toujours plus présentes en Californie du Sud. Cest ce que montre le Bird Graveyard : l’animosité vis à vis des trottinettes s’exprime de manière diverse et semble avoir une multitude de raisons. On peut faire toutes sortes d’hypothèses : joie de la destruction, de ne pas participer, d’être un grain de sable, haine de la silicon valley, du capitalisme, de la privatisation de l’espace public, de la monétisation de l’ensemble des activités humaines, de la vitesse, de l’obstruction des trottoirs, etc. On ne saura jamais le détail...

    Tout juste peut-on dire que ces trottinettes ont le pouvoir d’excéder. Jusqu’aux abonnés du LA Times. L’un d’eux explique, dans le courrier des lecteurs, comment, en bon citoyen, "quand [il] croise une immondice laissée sur la voie publique, [il] la jette dans la poubelle la plus proche". Il ajoute : "cela inclut les trottinettes". Une lectrice de San Diego, qui semble terrorisée par ces engins roulant à 25 km/h avertit : "je n’en ai pas encore vandalisée, mais l’envie est forte". Dans un autre article, une personne interrogée évoque la défense du surf et du skate contre ces nouveaux modes de "glisse", une autre la lutte contre la gentrification, une autre encore avoue avoir commencé à les détester quand elle a été percutée par un conducteur de Bird. La haine envers ces engins est parfois viscérale. Toujours dans le LA Times : "Quand Hassan Galedary de Culver City voit une trottinette Bird, son estomac se tord et ses machoires se contractent. Le réalisateur de 32 ans décrit ce qu’il ressent comme une « violente amertume ». « Je déteste les Bird plus que quiconque. Elles sont nulles [they sucks]. Les gens qui les utilisent sont nuls."

    http://www.latimes.com/local/lanow/la-me-ln-bird-scooter-vandalism-20180809-story.html

    Les responsables de Bird (et de son concurrent Lime, lui aussi touché) jouent la carte de la minimisation. Selon Lime, "moins de 1% de [leurs] trottinettes" auraient été vandalisées. Du côté de Bird on condamne du bout des lèvres les destructions – comme pour ne pas mettre d’huile sur le feu :
    « Nous ne soutenons ni le vandalisme ni la destruction de toute propriété et nous sommes déçus quand cela se produit [...] Nous ne soutenons pas non plus l’encouragement, la célébration ou la normalisation de ce comportement."
    Pendant ce temps l’entreprise s’acharne à imposer sa technologie dans les métropoles américaines. Travis VanderZanden, le PDG de l’entreprise, déclare depuis son siège de 2000m2 à LA qu’il ne sera heureux que quand les trottinettes auront supplanté les voitures...

    Mais revenons en France. Si Gobee.bike a disparu, ses concurrents n’ont pas jeté l’éponge et continuent de considérer l’hexagone comme un marché potentiel pour ce genre de service. JCDecaux avait fini par faire payer la ville de Paris pour les incivilités de ses citoyens. Les sociétés qui ne sont pas en contrat avec la municipalité ne peuvent évidemment pas procéder ainsi. La société Indigo Weel a par exemple décidé de faire le dos rond face aux dégradations. Elle espère notamment que l’envie de destruction ne sera que passagère. Que les vandales se lasseront vite du peu de possibilités en réalité offertes par leurs vélos, pour se détourner vers d’autres loisirs. Toujours est-il qu’à Bordeaux, où une flotte de 1000 Indigo a été déployée, Joaquin Aliaga, le responsable local avoue : "On s’est parfois retrouvés avec des vélos repeints en noir, d’autres tagués, certains cadenas ont aussi été sciés et des rayons ont été cassés en forçant sur le cadenas". A Tours : « On avait prévu qu’on allait avoir une période de grâce mais qu’on allait aussi être confronté au vandalisme. Il y a toujours de petits malins qui essaient de contourner le système. » A Toulouse : "Au bout de deux mois, il est vrai que nous avons un effet "découverte", certaines personnes estimant qu’elles peuvent "se servir" mais passé un certain temps, cela devrait se calmer." Indigo s’acharne, et affirme que cet acharnement fonctionne : dans toutes les villes citées, les flottes d’Indigo gonflent.

    Avec Bird le défi offert aux vandales franciliens est de taille. Leurs homologues américains ont placé la barre très haut, on l’a vu. Ce qui n’empèche pas le service d’être toujours en fonctionnement dans les 30 villes américaines où il a été déployé. La start-up est récemment devenue une "licorne" (valorisée à près de 2 milliards de dollars). Elle devrait donc être en mesure d’adopter la technique du "dos rond" pendant de nombreux mois. Les franciliens relèveront-ils le gant ? Un homologue français à Bird Graveyard verra-t-il le jour ? A suivre...

    NB : si vous avez des photos de trottinettes Bird dans des situations disons... étonnantes, n’hésitez pas à nous les faire parvenir.

    #Uberisierung #Mobilität #Disruption

  • #Spécifisme #especifismo #anarchisme

    ★ Spécifisme : pratique anarchiste, mouvements populaires et organisation révolutionnaire...

    « (...) La première organisation à promouvoir le concept de Spécifisme – alors plus une pratique qu’une idéologie développée – fut la Federación Anarquista Uruguaya (FAU), fondée en 1956 par des militant·e·s anarchistes qui adoptèrent l’idée d’une organisation qui était spécifiquement anarchiste. Survivant à la dictature en Uruguay, la FAU a émergé au milieu des années 1980 pour établir des contacts avec d’autres révolutionnaires anarchistes sud-américain·ne·s et les influencer... »

    https://www.socialisme-libertaire.fr/2022/10/specifisme-pratique-anarchiste-mouvements-populaires-et-organi

    " Publié pour la première fois dans The Northeastern Anarchist #11 au printemps 2006, “Especifismo : The Anarchist Praxis of Building Popular Movements and Revolutionary Organization” (Spécifisme : la pratique anarchiste de construction des mouvements...

  • Canicule et mortalité urbaine
    https://metropolitiques.eu/Canicule-et-mortalite-urbaine.html

    Dans un livre traduit récemment, Eric Klinenberg propose une analyse éclairante des logiques sociales de la surmortalité lors de la canicule de 1995 à #Chicago. Rédigée il y a plus de vingt ans, son #ethnographie urbaine apparaît toutefois aujourd’hui datée et peu à même de saisir les liens entre nature, sciences et sociétés. L’été 2022 a été marqué par une succession inédite de vagues de chaleur des deux côtés de l’Atlantique. Horizon encore lointain il y a quelques années, le changement climatique est devenu #Commentaires

    / #climat, ethnographie, #environnement, Chicago, #écologie

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-larchet.pdf

    • Canicule. #Chicago, été #1995 : Autopsie sociale d’une catastrophe

      Jeudi 13 juillet 1995, les habitants de Chicago se réveillent ; une journée torride commence, au cours de laquelle la température va atteindre 41 degrés. La #vague_de_chaleur s’étendra bien au–delà des deux jours initialement annoncés par les météorologues. Au cours de la semaine qui suit, plus de sept cents personnes
      vont périr. La grande vague de chaleur de Chicago est l’une des plus meurtrières de l’histoire américaine.
      Eric Klinenberg entreprend l’“#autopsie_sociale” d’une métropole, examinant les organes sociaux, politiques et institutionnels de la ville. Il y étudie les raisons de la surmortalité marquée dans certains quartiers, examine comment la municipalité a réagi à la crise et comment les journalistes, les scientifiques et les fonctionnaires ont rapporté et expliqué ces événements.

      Combinant des années de travail sur le terrain, des entretiens approfondis et des recherches d’archives, l’auteur découvre qu’un certain nombre de formes surprenantes et inquiétantes de rupture sociale ont contribué aux taux élevés de mortalité.
      Ce compte rendu incisif et saisissant de la condition urbaine contemporaine révèle les fissures de plus en plus importantes dans les fondations sociales des villes américaines.

      “Les dynamiques qui ont affecté Chicago de manière si désastreuse perdurent et nous ne pouvons continuer de les ignorer” affirme Eric Klinenberg.

      Le changement climatique a fait des événements météorologiques extrêmes dans les centres urbains, un défi majeur pour les villes et les nations de notre planète.
      Un défi qui nécessitera un engagement : celui de la modification des infrastructures pour les rendre résistantes au climat plutôt que de se contenter de mesures de secours.

      https://www.editions205.fr/products/canicule-chicago-ete-1995-autopsie-sociale-d-une-catastrophe

      #TRUST #master_TRUST #climat #changement_climatique #villes #urban_matters

  • Immigration : la #justice française prête à faire la lumière sur le « #bateau_cercueil » au large de la Libye

    Après dix ans de péripéties judiciaires, la cour d’appel de Paris a décidé, jeudi 22 septembre, de rouvrir l’enquête sur le drame du « bateau cercueil » et la possible responsabilité de la France dans la mort de 63 des personnes à bord, en avril 2011, au large de la Libye.

    Qui a laissé mourir d’une mort lente 63 personnes lors de leur terrible dérive de deux semaines sur leur zodiac au large de la Libye au printemps 2011 ? Deux des neuf survivants, épaulés par un collectif d’associations, bataillent depuis plus de dix ans pour faire la lumière sur le drame de ce « bateau cercueil », objet d’invraisemblables péripéties judiciaires.

    La cour d’appel de Paris a décidé, ce jeudi 22 septembre, de rouvrir l’#enquête après notamment deux non-lieux en 2013 et 2018, confirmés en appel en 2020 avant que la Cour de cassation n’ordonne en 2021 de réexaminer l’affaire. Elle a également demandé la jonction des procédures étrangères, des plaintes ayant été déposées en Belgique, en Espagne et en Italie.

    Une armada présente sur les lieux

    Car à l’époque des faits, en pleine révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi, des avions militaires et des navires de guerre, agissant dans le cadre d’une coalition internationale de 18 États et de l’Otan contre le régime libyen, patrouillaient dans la zone.

    Parti de Tripoli dans la nuit du 26 au 27 mars, le bateau, censé gagner l’île italienne de Lampedusa et tombé à cours de carburant, entama une mortelle dérive qui finira par le faire échouer, le 10 avril, sur la côte libyenne. Entre-temps 61 passagers, majoritairement éthiopiens, avaient péri et deux autres moururent à terre.

    Or le centre de surveillance et de sauvetage en mer italien avait alerté son homologue maltais, le centre de commandement de l’Otan et les bateaux évoluant dans la zone que le zodiac avait émis un signal de détresse. Celui-ci avait même été repéré par un avion français peu après avoir quitté la Libye, comme l’affirment les survivants et comme a pu le reconstituer l’ONG Forensic architecture dont le rapport a été versé à l’enquête. Un hélicoptère portant la mention « army » avait aussi survolé l’embarcation et lui avait même lancé bouteilles d’eau et biscuits. Enfin, un bâtiment de guerre avait croisé à proximité des passagers en perdition après cinq ou six jours de dérive.

    L’obstruction judiciaire

    « C’était la dernière chance que l’enquête soit rouverte, c’est une immense satisfaction, même si elle est fortement teintée d’amertume, car il a fallu attendre dix ans, l’instruction ne fait que commencer », commente Patrick Henriot, magistrat honoraire membre du Gisti, le Groupement d’information et de soutien aux immigrés. « Dès le départ, la juge d’instruction a considéré qu’il n’y avait pas lieu de rechercher la responsabilité de l’armée, elle a prononcé un non-lieu avant même d’ouvrir le dossier, toutes les étapes de la procédure ont ensuite été marquées du sceau de cette mauvaise volonté », poursuit-il.

    Ainsi parmi les éléments invraisemblables, le ministère français de la défense qui avait nié la présence d’un de ses avions dans la zone finira par le reconnaître, après déclassification d’un document en 2017. Lequel mentionnait également la présence de navires de guerre espagnols et italiens. « La justice italienne interrogée avait, elle aussi, reconnu qu’un avion français avait survolé l’embarcation, la juge n’a rien fait de ces informations », s’indigne Patrick Henriot. Et un non-lieu fut à nouveau prononcé en 2018. L’enquête ne fait que démarrer, et promet d’être longue.

    https://www.la-croix.com/France/Immigration-justice-francaise-prete-faire-lumiere-bateau-cercueil-large-Li

    #left-to-die_boat #migrations #mourir_en_mer #Méditerranée #mer_Méditerranée #asile #réfugiés #10_avril_2011

    –—
    L’enquête de #forensic_architecture sur ce cas :

    In March 2011, 72 passengers left the Libyan coast heading in the direction of Italy on board a small rubber boat at the time of NATO’s military intervention in Libya. Despite several distress signals relaying their location, as well as repeated interactions with at least one military helicopter and a military ship, they were left to drift for 14 days. As a result of the inaction of all state actors involved, only nine of the passengers survived. By combining their testimonies with wind and sea-current data as well as satellite imagery, Forensic Oceanography reconstructed the liquid traces of this event, producing a report that served as the basis of several legal complaints.

    https://forensic-architecture.org/investigation/the-left-to-die-boat

    –—
    voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/469156

  • Recrutement : la novlangue managériale en bonne place dans les offres d’emploi

    https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/recrutement-la-novlangue-manageriale-en-bonne-place-dans-les-offres-d-em

    Ne dites pas « vendeur » mais « client advisor », pas « chargé de recrutement » mais « talent acquisition specialist » : sur les sites d’emploi, les intitulés de poste abscons usant de jargon anglophone fleurissent, considéré comme un gage de modernité mais au risque de « flouter » la réalité.

    Qu’il s’agisse de Pôle emploi, Indeed ou encore Linkedin, il suffit d’un rapide coup d’oeil pour tomber sur des propositions comme « Inside sales representative » (commercial), « consultant social listening » (veille réseaux sociaux), ou encore « customer success manager » (relation clients).

    Parfois, le descriptif du poste permet d’y voir plus clair, mais dans certains cas, cela reste tout aussi obscur pour le commun des mortels. Le « chief people officer » que recherche un cabinet de recrutement devra par exemple « driver la transformation groupe au service de la croissance en incarnant le renouveau ». Un « scrum master » devra « faire vivre les valeurs de l’agilité » d’un groupe de conseil...

    Eric Gras, expert du recrutement chez Indeed France, constate que la tendance s’est « clairement » accélérée ces dernières années.

    Dans certains cas, mondialisation oblige, l’anglicisme est devenu la norme, mais dans d’autres, des postes « pas super sexy » sont ripolinés, ce qui n’augmente pas le nombre de candidatures ciblées, donc « n’’est au bénéfice de personne », explique-t-il à l’AFP.

    De fait, derrière une offre d’"Office & Happiness Manager", le descriptif du poste montre que le salarié sera chargé du standard et de l’accueil… Un poste de « Building & property officer » masque un job de gardien de résidence universitaire.

    Comme Pôle emploi, qui prône des intitulés « clairs et précis » ,Indeed recommande à ses clients de parler français. « Mais la recommandation majeure est de parler le langage du candidat », note Eric Gras. Or, pour certains métiers comme « office manager » qui gèrent la vie du bureau, c’est précisément cette appellation que les salariés utilisent dans leur recherche.
    – « Presque risible » -

    Pour Jean-François Amadieu, professeur de gestion en ressources humaines à Paris 1, « ce vocabulaire utilisé systématiquement dans le management est fait pour faire moderne ». « Dès que vous le dites en anglais, c’est plus ronflant », mais « c’est souvent incompréhensible, presque risible ».

    La sémiologue Mariette Darrigrand note en outre que c’est souvent du « +globish+, du très mauvais anglais, de la novlangue ».

    Outre l’idée de modernité, « il y aussi une volonté de séduction parce que c’est très dur de recruter aujourd’hui. Dire +client advisor+ plutôt que +vendeur+ en est l’exemple parfait. C’est la même idée que +technicien de surface+ pour +femme de ménage+, mais on est passé au +globish+ ».

    Malgré tout, ces termes abscons peuvent aussi correspondre à « une nouvelle fonction qui n’existait pas auparavant » comme le +chief impact officer+, chargé d’évaluer l’incidence de l’activité de l’entreprise en terme d’écologie, note M. Amadieu.

    Dans un contexte de tensions sur le marché du travail, le sujet est moins anecdotique qu’il y paraît.

    « Le paradoxe est qu’aujourd’hui, on a 50% d’offres d’emploi en plus qu’avant le Covid » et qu’il y a des difficultés de recrutement, donc « je dis aux recruteurs : quelqu’un qui ne comprend pas le titre ne clique même pas sur l’offre », souligne Eric Gras.

    « Si ces employeurs veulent attirer des candidats différents », les titres obscurs « ce n’est pas très inclusif », prévient aussi M. Amadieu, tout en regrettant le fait que « beaucoup n’ont pas le souci d’attirer des seniors » en reconversion.

    En outre, pour Sophie Binet secrétaire générale de la CGT cadres (Ugict), cela « pose problème » car cela « floute le contenu réel du poste, la classification à laquelle cela se rapporte », avec le risque d’aboutir à « des gens qui peuvent être bons à tout faire parce qu’on ne sait pas ce sur quoi ils sont recrutés ».

    « Ca fait rêver, ça emporte au loin », mais c’est "une sorte « d’écran de fumée », renchérit la sociologue du travail Danièle Linhart.

    Pour Mariette Darrigrand, ces titres ronflants sont aussi « en miroir des grandes écoles » : elles diffusent un vocabulaire « pour attirer les parents parce que si on leur dit que leur gamin dans trois ans va avoir une licence de vente, ça ne fait pas signer le chèque ! ».

    En attendant, pour ceux qui trouveraient leur titre un peu fade, il existe des générateurs comme siliconvalleyjobtitlegenerator.tumblr.com ou bullshitjob.com/title .

    #emploi#recutement#Pole_emploi#Novlangue#LTI#Klemperer#LQR#Hazan#1984#Orwell

    • Heureusement, il y a les "LETTRES DE NON-MOTIVATION" de
      Julien Prévieux :

      https://www.editionsladecouverte.fr/lettres_de_non_motivation-9782355220098

      Toutes les lettres que vous allez lire sont authentiques. Julien Prévieux est artiste. Il y a huit ans, après avoir vainement cherché un emploi, il s’est mis à les refuser tous. Il a décidé de prendre les devants : refuser l’emploi qui nous est de toute façon refusé. Depuis, il a rédigé et envoyé plus de 1 000 lettres de non-motivation en France et à l’étranger. Il a reçu environ 5 % de réponses, en majorité automatiques. Vous trouverez ici une sélection des meilleures lettres, regroupées en deux parties : celles avec les réponses des entreprises et celles restées sans réponse.
      La lettre de motivation est un jeu social dont personne n’est dupe, un exercice obligatoire dans le rituel du recrutement. Julien Prévieux joue à ce petit jeu comme quelqu’un qui écrirait de vraies lettres, en réponse à des offres d’emploi qui lui auraient été personnellement adressées, et qui petit à petit, deviendrait fou, finissant lui aussi par envoyer des lettres automatiques, une machine écrivant à des machines. Son propos n’est pas celui du pastiche ou de la caricature (imiter, grossir le trait). C’est tout l’inverse : chacun des personnages qu’il incarne tour à tour fait apparaître, précisément son franc-parler, ce jeu social comme ce qu’il est un jeu factice, mensonger et, en définitive, d’une incroyable violence. On comprend que la plupart du temps cette lettre dans laquelle le candidat est censé se livrer, exprimer sa personnalité et ses désirs, n’aura même pas été lue avant d’atteindre la corbeille. En ce sens, la lettre de motivation apparaît comme la mise en scène de l’infériorité du demandeur et de la toute puissance de l’entreprise.
      C’est cet exercice imposé de la fausseté, du mensonge en soi et de l’humiliation, que les lettres ici rassemblées, dans leurs formes variées, proliférantes, souvent dingues et toujours opiniâtres, font dysfonctionner.
      À l’heure du « travailler plus » pour vivre moins, ces lettres de non-motivation nous réapprennent quelque chose de fondamental. Retrouver cette capacité, jouissive, libératrice, de répondre : non.

      et une sélection :
      https://www.previeux.net/pdf/nonmotivation.pdf

    • Une personne de mon entourage, jeune diplômée DA graphisme et design, qui a envie d’entrer dans un réseau intéressant et accepte d’aller bosser un an dans une association socio-culturelle en « service civique ». Ah oui, le « service civique » c’est ce truc payé 580€/mois pour 30h/semaine ou plus, sans cotisation chômage/retraite ou autre ni logement ni trajet bien entendu. Mais la grand-mère peut la loger, donc ok, elle s’y rend.
      Rendez-vous donc début juillet à 700km de chez elle, tout le monde enthousiaste, contact merveilleux « on te donne la réponse dans une semaine ». Fin juillet, toujours rien, un appel téléphonique de sa part lui permet d’apprendre qu’iels ne se sont pas encore décidés. L’angoisse monte, que faire sinon tout mettre en standby sans savoir quoi prévoir pour la rentrée. La nouvelle est tombée finalement le 15 septembre, 2 mois après, ben finalement on a trouvé quelqu’un d’autre.

      Donc l’annonce du taf proposé, peut jouer des ronds de jambes angliciser comme elle veut, pour n’importe quel job, et surtout les plus mal payés, ça vole pas plus haut pour une asso de gauche sociocul que de la sous merde de capitalisme où les jeunes gens se font laminer et mépriser.

    • A partir de 2007 et l’adoption de la RGPP

      https://www.vie-publique.fr/rapport/31866-rgpp-un-defi-pour-les-collectivites-territoriales-et-les-territoi

      toutes les associations qui avaient des subventions de la part de l’Etat ou des collectivités locales se sont retrouvés à devoir signer des conventions et remettre des rapports d’évaluation calquées sur la gestion libérale des entreprises (et de l’Etat) etc...

      résultat déshumanisation totale avec esprit « contrat d’objectif », embauche de technos pour monter les dossiers etc...

      en 2021, mis à part quelques rares qui fonctionnent sur fonds propres tout le reste est peu à peu racheté par des groupes associatifs friands « d’économies d’échelles », de « marketing ciblé » (genre Groupe SOS) etc...

      A part celles qui fonctionnent sur fonds propres, ou avec des bénévoles (autre gros débat à avoir...) il ne reste quasi rien d’indépendant, avec un esprit d’éducation , d’émancipation critique qui ne considère pas ces salariés comme des petits soldats devant suivre les « process » et ses adhérents ou accueillis comme des « bénéficiaires »...

      quasi tout demeure à reconstruire...

      y compris une éthique relationnelle.

    • On a croisé un cousin en 2014 qui nous a expliqué pourquoi il venait de démissionner de son poste de directeur de colonie de vacances, secteur associatif.

      Il disait que les nouvelles conditions de subventions les forçaient à bosser comme des boites du privé, à écraser la masse salariale, à quémander du fric H24, qu’il ne faisait plus que du montage de dossier et plus du tout ses autres tâches et que surtout, comme ils avaient à présent systématiquement moins de subventions que de besoins en fonctionnement — même en rognant sur tout —, il fallait devenir attractifs et retables et donc offrir des séjours avec de plus en plus d’activités prestigieuses pour attirer les familles du haut de la classe moyenne, capables de payer des suppléments au-delà des forfaits CAF. Et donc, clairement, d’éliminer les familles de pauvres auxquelles ces séjours s’adressaient à l’origine.

      Donc, il disait que s’il avait voulu bosser dans le privé, il y serait allé directement et il aurait bien mieux gagné sa vie qu’en trimant dans le social. Là, il se retrouvait dans un piège qui cumulait le pire des deux systèmes et que ça augurait d’une ère de merde pour tout le monde.

      Je suppose qu’il est masseur de chakras à l’heure actuelle, comme la plupart de ceux qui fuient ce merdier imposé.

    • Dans les quartiers politique de la ville (réduits à portion congrue par la dernière réforme) : plus de MJC, plus d’éducation populaire, quasi plus d’éducateurs de rue, plus de médiateurs, la BAC fait tout très bien... et les barbus font le reste.

      Dans certains quartiers nord, les habitants me regardaient passer bouche bée* un type d’une cinquantaine plutôt athlétique qui se ballade à pieds avec le gérant de l’ensemble des HLM, ça ne peut être qu’un flic...

      On parle régulièrement du non recours aux droits, il faudrait ajouter « le non-recours à la police » qui est devenus un réflexe pour éviter les embrouilles qui finissent en bavures...

      Tout est à recontruire cage d’escalier par cage d’escalier, école par école, village par village, en commençant par les imaginaires

      PS : oublié de préciser que je suis « souchien », une espèce qui n’était en l’occurrence visible qu’en centre ville...

  • Cette archéologie sioniste qui oblitère les Palestiniens de Burayr
    Salman Abu Sitta, 3 septembre 2022 | Mondoweiss | Traduction : Jean-Marie Flémal, Charleroi pour la Palestine

    Le Dr Salman Abu Sitta éreinte les auteurs d’une étude archéologique qui escamote le massacre et le nettoyage ethnique du village de Burayr en 1948.
    https://charleroi-pourlapalestine.be/index.php/2022/09/12/cette-archeologie-sioniste-qui-oblitere-les-palestiniens-d

    Aux auteurs de « Une étude archéologique du village arabe de Bureir : « Perspectives à propos de la période ottomane écoulée et la période du mandat britannique en Israël du Sud » :

    Votre article décrit votre travail comme une « étude archéologique », impliquant qu’il s’agit d’une recherche sur l’histoire obscure et ancienne de Burayr. C’est une supercherie. Burayr a une histoire et une géographie bien plus présentes.

    Burayr est le site d’un massacre atroce au cours duquel environ 125 fermiers et leurs familles ont été tués au moyen de grenades à main lancées sur eux, dans leurs foyers, par la milice sioniste (la Haganah). Le village a été incendié ensuite et est parti en flammes. Des corps carbonisés jonchaient les rues. Le massacre avait commencé le 13 mai 1948 et s’était poursuivi quelque temps après.

    Dans l’après-midi du 14 mai, avant que le sang n’ait eu le temps de sécher, David Ben-Gourion proclama l’État colonial d’Israël. Il a eu l’audace de demander aux Palestiniens, le peuple du pays de Palestine, de recourir à des moyens pacifiques pour coexister avec les colons. (...)

    #sionisme #1948

  • De Messmer à Macron, le discours du nucléaire
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article1719

    A un demi-siècle de distance, Pierre Messmer, premier ministre, et Emmanuel Macron, président de la République, tiennent deux discours si frappants de similitude, qu’on ne peut y voir que des versions successives d’un même discours fondamental. L’un à la télévision, le 6 mars 1974 ; l’autre à Belfort, le 10 février 2022. (Voir les textes en annexe) Face à la similitude des contextes - le choc pétrolier suivant la « guerre du Kippour », en 1974 ; et la crise énergétique, résultant en 2022 de l’explosion de la consommation, de la raréfaction des ressources, et du renoncement aux énergies carbonées (pétrole, charbon) ; l’Etat français réagit de la même façon. Le développement éperdu de sa filière électronucléaire accompagné d’une offensive rhétorique visant à justifier et à glorifier cette ruée vers l’atome. (...)

    #Documents
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/de_messmer_a_macron_le_discours_du_nucle_aire.pdf

  • Tip of the Week #186: Prefer to Put Functions in the Unnamed Namespace
    https://abseil.io/tips/186

    Originally posted as TotW #186 on November 5, 2020

    By James Dennett and Jason Rennie

    Updated 2020-11-05

    Quicklink: abseil.io/tips/186

    “Everything should be made as simple as possible, but no simpler.” ~ Roger Sessions’s interpretation of Einstein

    When adding a new function, default to making it a non-member function local to the .cc file where it is called. While there are valid reasons to make another choice, consider writing it in an unnamed namespace (also known as an “anonymous namespace”).

    Benefits

    Writing a non-member in an unnamed namespace has benefits both by making functions internal to a .cc file (moving them out of header files) as well as by making them non-members (moving them out of classes).

    Benefits over functions declared in a header file include:

    Making it easy for a (...)

  • Tip of the Week #187: std::unique_ptr Must Be Moved
    https://abseil.io/tips/187

    Originally posted as TotW #187 on November 5, 2020

    By Andy Soffer

    Updated 2020-11-05

    Quicklink: abseil.io/tips/187

    If you say in the first chapter that there is a std::unique_ptr on the wall, in the second or third chapter it absolutely must be moved. If it’s not going to be moved, it shouldn’t be hanging there. ~ With apologies to Anton Chekhov

    A std::unique_ptr is used for expressing transfer of ownership. If you never pass ownership elsewhere, the std::unique_ptr abstraction is rarely necessary or appropriate.

    What is a std::unique_ptr?

    A std::unique_ptr is a pointer that automatically destroys whatever it is pointing at when the std::unique_ptr itself is destroyed. It exists to convey ownership (the responsibility to destroy resources) as part of the type system and is one of (...)