• De la pâtisserie à la prison, en passant par une toile de tente
    https://www.petitbleu.fr/2019/01/08/de-la-patisserie-a-la-prison-en-passant-par-une-toile-de-tente,7259056.php

    Mardi, il a rejoint le campement des #Gilets_jaunes au Passage-d’Agen, plus par nécessité que par conviction. Son camp de fortune lui a été volé, son toit de toile a disparu et il a trouvé au sein du mouvement un abri. Didier a été rattrapé par l’actualité. Le ministre de l’Intérieur a dit ne plus vouloir de Gilets jaunes sur la voie publique. Application de la consigne d’État par la #police nationale via la préfecture. A 6 heures vendredi, les forces de l’ordre ont investi le campement. Une énième opération de délogement vu que les Gilets jaunes jouent au chat et à la souris. L’évacuation se passe sans écueil majeur. Pour Didier, cette opération veut aussi dire qu’il doit chercher un nouveau toit ou une toile au-dessus de sa tête. Il admet avoir proféré des menaces mais ne se souvient pas avoir giflé l’officier de police qui pilote l’opération. Elle dit qu’elle est allée vers lui pour lui proposer une proposition de relogement via le #115. « Je lui ai répondu que ça ne m’intéressait pas », explique Didier devant les magistrats du tribunal correctionnel.

    « Absence épileptique »

    En comparution immédiate, il doit répondre de rébellion, de menaces de mort et de violences. Il oppose à son comportement du moment une « absence épileptique. Dans ces moments-là, je perds la mémoire ». Le quinquagénaire crache aussi sa haine. « Les policiers jouent avec la vie des gens. Quand je suis en crise, ma force est multipliée mais je ne l’utilise pas volontairement ». Me Belacel, l’avocate des sept fonctionnaires victimes, penche plutôt pour « une amnésie de circonstance (…) Il faut également reconnaître le comportement exemplaire de la commandante de police qui vient vers lui et celui des Gilets jaunes, qui revendiquent à juste titre ici d’être pacifiques ». Le ministère public confirme. « La policière s’apprêtait à lui venir en aide » . Didier est condamné à six mois ferme contre un an dans les réquisitions. Il faut y ajouter quatre mois d’un sursis lors d’une condamnation précédente en août dernier, et près de 2 000 € au titre du préjudice. Le mot de la fin est signé de son avocate, Me Sophie Grolleau : « C’est d’une tristesse infinie, celle qui l’a poussé à dire qu’il préférait être placé en détention. Sa détresse, il l’a déversée sur les policiers ».

    #justice #prison


  • Découverte de retouches osseuses d’environ 115 000 ans à Lingjing, Henan, Chine

    12 mars 2018

    Discovery of circa 115,000-year-old bone retouchers at Lingjing, Henan, China
    http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0194318

    Les résultats archéozoologiques, technologiques, fonctionnels et morphométriques mettent en évidence que les marteaux mous utilisés à Lingjing reflètent trois stratégies comportementales distinctes .

    – Le premier comportait l’utilisation de gros flocons d’os résultant de la boucherie de grands herbivores qui étaient utilisés comme tels pour retoucher ou réaffûter les outils de pierre, probablement pendant le traitement des carcasses. Ces objets ont été rapidement jetés après leur utilisation.
    – La seconde impliquait la fracture de l’os patiné provenant d’herbivores de taille moyenne pour obtenir des éclats allongés et, dans certains cas, leur mise en forme par percussion pour obtenir des artefacts sub-rectangulaires. Les traces observées sur ces objets indiquent une utilisation intensive et éventuellement récurrente, ce qui implique leur conservation dans le temps.
    – La dernière correspond à l’utilisation occasionnelle de bois comme marteau doux, qui peut également avoir rempli d’autres fonctions.

    Ce qui précède met en évidence différentes logiques de production et d’utilisation des retouches osseuses. Le premier type de retoucher satisfait un besoin immédiat. La seconde implique une planification à long terme, et la modification de l’ébauche pour imposer une forme à l’outil, afin d’améliorer son ergonomie, sa transportabilité et son efficacité. Le troisième est probablement un outil polyvalent parfois utilisé comme un marteau doux opportun.

    Ces résultats ont des implications pour le débat en cours sur la nature et le caractère distinctif du Paléolithique chinois.

    La plupart des industries lithiques chinoises datées entre 300 ka et 40 ka se caractérisent par la persistance du trocart, l’utilisation de matières premières locales de mauvaise qualité, la rareté des noyaux préparés et leur réduction par percussion directe à percussion dure, percussion bipolaire et la technique block-on-block, l’absence de preuves pour la percussion douce du marteau, la rareté des flocons retouchés et l’absence de tendances temporelles évidentes. Ce schéma contraste avec les innovations techniques pénécontemporaines (sélection des matières premières, débitage Levallois, utilisation du marteau mou, modelage systématique des outils de pierre par retouche) signalant l’émergence du Paléolithique moyen dans le reste de l’Eurasie.

    Le débat :

    L’absence de technologies du Paléolithique moyen dans de vastes régions de la Chine est considérée par certains comme la conséquence de conditions environnementales relativement stables, l’absence d’événements de remplacement de population à grande échelle, l’exploitation des ressources à faible intensité, la mobilité élevée des groupes, la production d’outils périssables en bambou et une préférence pour les technologies d’outils en pierre simples mais flexibles. En conséquence, un certain nombre de chercheurs ont fait valoir que le terme Paléolithique moyen n’a pas de signification réelle dans la plupart de l’Asie de l’Est et devrait être restreint aux assemblages situés dans les zones périphériques, à savoir, le Ningxia La région autonome, la province de Jilin et la Mongolie intérieure, où les diagnostics paléolithiques moyens sont présents dans les assemblages lithiques.
    D’autres utilisent ce terme de façon conventionnelle pour désigner des occupations de l’ordre de 300 ka à 40 ka BP ou des vestiges d’Homo sapiens archaïques. Enfin, certains soutiennent que des technologies innovantes sont présentes dans les assemblages chinois de cette période et que leur attribution au Paléolithique moyen est donc pleinement justifiée.

    La première implication évidente de nos résultats pour le débat ci-dessus est que des marteaux mous ont été utilisés pour le tranchage au début du Pléistocène tardif de l’Asie de l’Est, et cela en dehors des régions où la technique de Levallois est documentée. Les trois types de marteaux mous identifiés à Lingjing démontrent une bonne connaissance des propriétés des matériaux osseux à des fins de taille. La mise en forme et la curation probable d’un type d’outil suggèrent que ces outils représentaient un élément intégral de la boîte à outils utilisée par les hominidés de Lingjing. Ceci est également soutenu par l’analyse des traces d’utilisation. D’après les résultats expérimentaux, la morphologie globale brute des scores et des fosses indique que les trois types de marteaux tendres ont été utilisés pour tracer des matières premières lithiques grossières comme le quartz ou le quartzite, qui représentent plus de 99% des lithiques taillées dans la couche 11. Les retouches d’os étaient donc essentielles dans les activités de taille et il est très probable que les spécimens seront identifiés au cours de la réévaluation en cours de l’assemblage faunique de Lingjing. Il est également très probable que les marteaux mous faits d’os ou de bois de cervidé représentent une caractéristique méconnue des peuplements du début du Pléistocène supérieur ou de la Chine ancienne. Les traces de leur utilisation présentent certaines similitudes avec les modifications osseuses produites par d’autres agents et ces traces n’ont pas été systématiquement recherchées lors de l’analyse taphonomique de la plupart des assemblages osseux chinois datés de cette période.

    Une implication plus large de nos résultats concerne la nature des adaptations culturelles du Pléistocène précoce de l’Asie de l’Est. La complexité comportementale révélée par les marteaux mous de Lingjing suggère que la simplicité apparente de cette technologie lithique et celle d’autres sites contemporains peuvent être illusoires puisque les lithiques ne représentent qu’un aspect des adaptations culturelles passées. La découverte d’outils osseux complète efficacement ce que nous savons de ces systèmes techniques et met en évidence les consistances comportementales cela ne pouvait pas être déduit d’autres mandataires culturels. Ces consistances donnent une nouvelle dimension au débat autour de l’existence du Paléolithique moyen dans cette région du monde. L’attribution de sites est-asiatiques au Paléolithique moyen est généralement basée soit sur leur chronologie, soit sur l’apparition de traits culturels appartenant à la technologie lithique comme le débitage de Levallois. Cette approche suppose que les traits choisis représentent des caractéristiques évolutives applicables à des régions du monde différentes de celles dans lesquelles elles ont été identifiées à l’origine. Une approche alternative, que nous souhaitons promouvoir ici, consiste à identifier les caractères originaux des trajectoires culturelles régionales à partir d’une variété d’aspects de la culture matérielle passée, et à comprendre les implications comportementales et cognitives qu’ils ont pu avoir pour les populations hominiennes passées.

    http://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0194318.g001

    http://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0194318.g002
    Fig 2. Retoucher 6L1326 from Lingjing. White bracket indicates the area where impact scars are present. Scales = 1 cm

    http://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=inline&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0194318.g008
    Fig 8. Retoucher 9L0151 from Lingjing. White bracket indicates the area where impact scars are present. Scale = 1 cm.

    #Préhistoire #technique #Luc_Doyon #CNRScientifique_UMR_5199_PACEA_Université_de_Bordeaux #Francesco_d’Errico #Zhanyang_Li #Hao_Li #115000BP


  • Nuit de maraude et d’errance en Ile-de-France - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/02/14/nuit-de-maraude-et-d-errance-en-ile-de-france_1629802

    Dehors ou en centre d’accueil, à Paris et dans le Val-de-Marne, « Libération » a rencontré des hommes et des femmes confrontés à la rue. Ils racontent les appels au 115, l’instabilité, préservant leur dignité entre retenue pudique et humour acide.

    Le gouvernement a beaucoup cafouillé sur sa politique relative aux sans-abri, accumulant maladresses et déclarations approximatives sur le nombre de personnes dormant dans la rue. Par « choix », ont soutenu Christophe Castaner, délégué général de LREM, et le député marcheur de Paris Sylvain Maillard, suscitant une avalanche de réactions indignées. Le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, a contribué à la confusion, en énonçant des chiffres contestés sur le nombre de SDF dormant dehors en Ile-de-France. Tout ça, alors que le candidat Macron avait promis qu’il n’y aurait plus personne à la rue avant la fin de 2017.

    « Nous n’avons pas réussi », a admis mardi soir le chef de l’Etat, qui s’exprimait devant la presse. Selon lui, la « pression migratoire forte en fin de trimestre » explique cet échec. Effectivement, les centres parisiens ouverts dans le cadre du plan grand froid hébergent de nombreux réfugiés arrivés récemment de zones de guerre. Fait curieux : alors que la Mairie de Paris organise dans la nuit de jeudi à vendredi un recensement inédit du nombre de #sans-abri pour mieux ajuster les politiques publiques, la préfecture (et donc l’Etat) s’est retirée de cette opération, sous prétexte de problèmes méthodologiques et de mobilisation des services étatiques pour le plan grand froid. Libération est allé à la rencontre de ces personnes sans abri : celles qui continuent à dormir dehors même en hiver, et celles qui acceptent d’aller dans les centres. Même pour quelques nuits.

    Dans le Val-de-Marne, avec la Croix-Rouge

    On tombe sur un « château » de SDF, mardi, vers 22 heures, à Nogent-sur-Marne, à l’est de Paris : un banc public, un sac de couchage pas trop vieux, deux épaisseurs de couvertures, le tout sous un kiosque à musique, place de l’Ancien-Marché. C’est lui qui pose les questions : « Ça va, vous ? » Ou qui les renvoie à l’expéditeur : « Un toit ? Vous voyez bien que j’en ai un. Un café chaud ? Ah non, pas à cette heure. Si j’ai chaud ? Oui, je m’en sors bien. Comment ils font, sans chauffage, les animaux dans la forêt ? » Alors que souffle un vent mouillé, que l’air est encore à la neige après une averse de flocons, il demande simplement un paquet de biscuits et un caleçon propre à l’équipe de la Croix-Rouge qui effectue une maraude. Pas question d’aller dans un centre d’accueil d’urgence. Il n’y est jamais allé. Cette nuit-là, il est content de discuter. Il dit, comme pour se rassurer : « En Sibérie, les gens n’ont pas peur du froid. Et c’est pas à cause de la vodka. D’ailleurs, un vrai Russe ne boit que de l’eau… » Au bout d’un quart d’heure, les quatre secouristes bénévoles s’en vont poursuivre leur maraude. « Bon courage ! » C’est le SDF qui le dit.

    Le refus d’une place d’hébergement n’est pas complètement un choix. Le premier obstacle vient de la procédure d’inscription hors d’atteinte : il faut disposer d’un téléphone pour appeler le 115, le numéro d’urgence, et les lignes sont souvent saturées. Quand le contact est établi, la Croix-Rouge vient chercher le sans-abri en camionnette. Autre frein, les centres n’ont pas toujours bonne réputation, même si leur état s’est amélioré dans l’ensemble, avec des dortoirs abritant jusqu’à 250 transats. Les peurs : chiens non admis, vols fréquents de portables, bagarres, nourriture qui détraque l’estomac. Ils sont nombreux à décliner un lit. « On ne peut pas forcer les sans-abri, souligne l’équipe de la Croix-Rouge, qui est passée de deux maraudes par semaine à une par jour depuis le 5 février avec le déclenchement du plan grand froid. Tout ce qu’on peut faire, c’est de leur donner la température extérieure. On leur dit que s’ils passent la nuit dehors, ils risquent de… » Mardi, sur dix SDF rencontrés par les secouristes bénévoles en Val-de-Marne, six n’ont pas voulu aller dans un centre.

    Gare RER de Maisons-Alfort : un homme avec une béquille dit qu’il fait « vraiment trop froid ». Il reçoit une soupe à la tomate. « C’est la gare qui a appelé le #115 pour moi. » Il s’inquiète : « Au fait, comment je reviens ici demain ? » Comme le centre d’hébergement d’urgence de Villiers-sur-Marne ne garde pas les SDF en journée, il devra marcher plus d’une quinzaine de kilomètres vers son lieu de campement, ou trouver un bus, un train. Et s’il veut à nouveau dormir au sec, il devra recommencer la procédure du 115 à zéro… Sur le chemin, il fait causette : « Johnny est mort, vous en aviez entendu parler ? Bon, moi, j’ai perdu tout le monde, ma mère, ma mère adoptive, mon père, mon grand frère, des copains. Pourquoi je suis encore là, moi ? Je pense que Dieu ne veut pas des alcooliques. » Il voudrait qu’on lui mette l’autoradio, alors il commence à chanter : « Non, rien de rien. Non, je ne regrette rien… »

    Au gymnase Paradis, dans le Xe arrondissement de Paris

    Ali Erfanullah repousse fébrilement sa barquette alimentaire et déplie sur la table une ordonnance médicale. Signée le jour même, avec le tampon de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Ali « a subi un traumatisme physique et mental », indique le papier. Les yeux dans le vague, le migrant évoque son passé. L’Afghanistan, les bombes… Comme les nombreux sans-abri qui peuplent le gymnase Paradis (Xe arrondissement de Paris), ce trentenaire a fui la guerre. « J’ai laissé derrière moi mes deux sœurs et ma mère. Je n’ai aucun contact avec elles. Je n’ai aucun contact avec personne », raconte-t-il dans un anglais hésitant. Sa voix tremble, comme ses doigts gourds. Le poisson pané distribué par l’Armée du salut - qui gère le gymnase mis à disposition par la Ville de Paris -n’a pas suffi à le réchauffer. Derrière lui, une centaine de lits de camp grincent quand les hébergés s’y allongent, épuisés.

    Dans ce centre d’accueil éphémère, tous sont arrivés le 5 février, au lancement du plan grand froid. Jusqu’alors, ils dormaient sous les ponts du canal Saint-Martin. Ils devront quitter le gymnase dès que la température remontera. Tous les migrants présents craignent d’être expulsés de France. Ils ont le visage fermé, parfois barré par une cicatrice. Ils viennent du Soudan et d’Afghanistan, principalement. « Ils sont très respectueux », affirme un gardien chargé d’effectuer le pointage à l’entrée du bâtiment. Le règlement est strict. « Les gars du 115 [le numéro du Samu social] nous préviennent : tant de personnes arrivent à telle heure. Puis, une fois le pointage fini, on envoie la liste des hébergés à la préfecture. A 23 heures, plus personne ne rentre », explique Camara, agent de l’Armée du salut. Après avoir grillé une cigarette dans la nuit glaciale, trois hommes originaires du Darfour se présentent à l’entrée. D’un geste de la main, le gardien les laisse accéder au bâtiment après avoir vérifié leurs cartes. Demain matin, ils devront avoir quitté les lieux avant 11 heures pour quitter les lieux. Certains, comme Osman, se rendront à la médiathèque Françoise-Sagan, en face du gymnase, pour apprendre les bases de la langue française.

    Au centre d’accueil pour femmes de l’Hôtel-Dieu

    Une autre histoire d’ordonnance : Mme Abdoun, 55 ans, douze médicaments en tout, pour une grippe, mais aussi pour le diabète et l’hypertension. « L’autre jour, j’ai fait une crise. Je suis restée trois semaines à l’hôpital Saint-Antoine. J’avais vingt de tension. » Avant l’ouverture du centre, Mme Abdoun vivait « dans la rue près de la gare du Nord ». De temps en temps, elle faisait des petits boulots au noir : garde d’enfant, ménage… « En échange, on me fichait la paix, je dormais sur le canapé. » Elle raconte ça dans un couloir de l’Hôtel-Dieu, un hôpital partiellement désaffecté, où les chambres portent des noms de fleurs. Une aile de ce bâtiment a été transformée en centre d’hébergement géré par l’association Aurore. Il est dédié aux femmes sans domicile fixe. Certaines sont enceintes. Maguette vient seulement de passer sa première échographie après huit mois de grossesse. C’est une fille. Elle n’a pas encore réfléchi au prénom.

    Dans une autre partie du centre, où des places supplémentaires ont été ouvertes dans le cadre du plan grand froid, changement d’ambiance. Les pompiers sont en pleine intervention : une femme est au plus mal. Fini les noms de fleurs, on dort sur des lits pliants dans des chambres numérotées. L’hébergement est sommaire. Les femmes, rencontrées dans la rue lors des maraudes, arrivent au fur et à mesure de la soirée. Elles passent en moyenne trois nuits dans cette halte, le temps d’être réorientées vers d’autres centres d’hébergement plus pérennes. La règle est simple, affichée noir sur blanc sur la porte d’entrée : s’absenter une nuit, c’est perdre sa place. Gina, passée par un centre d’hébergement de Nanterre (Hauts-de-Seine) après avoir vécu dans la rue à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), vient de faire son premier jour comme bénévole dans une association d’aide à l’enfance à l’extérieur. Quitte à ne pas être payée, elle préfère être active et se « rendre utile auprès des enfants, les aider à faire des activités, quelque chose ». Sa sœur, qui a un travail et un logement, lui prête sa carte de transport.

    Soumaya insiste pour ne pas être prise en photo : ses frères la recherchent après qu’elle a fui l’Algérie où sa famille voulait la marier à un homme beaucoup plus âgé. Ils l’ont déjà rattrapée une fois en Tunisie. En France, elle s’occupait d’une femme de 37 ans en fauteuil roulant, contre un bout de canapé. Quand ce boulot a cessé à la suite d’un conflit avec la famille, ses économies ont vite fondu. Et elle s’est retrouvée à la rue.

    Dans le tunnel sous le quartier des Halles

    Sous terre, les plus désespérés se créent un espoir. Creusé sous le quartier du centre Pompidou, le tunnel des Halles compte près d’une dizaine de lieux d’habitation de fortune. Les voitures qui passent font des bruits de train. L’obscurité, les lampes froides : rien ne distingue le jour de la nuit. Ici viennent ceux qui n’attendent plus rien de la société ou de ces hébergements d’urgence guère plus durables que la vie en sac de couchage. Dans ce lieu où tout le monde se rejette, on enlève aux pauvres leur liberté de s’effacer : des grilles hautes de deux mètres, brillante démonstration des dispositifs « anti-SDF », empêchent de déplier un duvet sous les sources de chaleur. Les sans-abri doivent se cacher encore plus dans le noir. On finit par en trouver dans les niches de sécurité qui servent aux automobilistes à se protéger en cas d’incendie. L’un(e) d’eux a mis des rideaux à sa cabine. Un(e) autre s’est glissé(e) dans un sarcophage de cartons. Aucun murmure. On dirait un colis abandonné. A vingt mètres de là, un parking souterrain à 9 euros de l’heure, interdit aux #SDF, diffuse une lumière douce et une mazurka de Chopin.
    Pierre Carrey , Paul Leboulanger , Nicolas Massol

    Article qui fout les boules… Le parking avec la mazurka de Chopin ça m’a tuée.
    #pauvreté #hébergement_d_urgence


  • Hommage à Liliane Bettencourt
    https://archive.org/details/HommageLilianeBettencourt

    Hommage à Liliane Bettencourt La belle histoire de L’Oréal paru dans lundimatin#115 , le 30 septembre 2017 En ce jour d’immense tristesse, nous nous permettons de reproduire ce joli hommage intitulé « Tous se tiennent » rédigé par Philippe Castellin et paru dans la revue Pli N°3 en 201....This item has files of the following types : Apple Lossless Audio, Archive BitTorrent, Columbia Peaks, JPEG, JPEG Thumb, Metadata, Ogg Vorbis, PNG, VBR MP3

    #audio/opensource_audio #capitalisme
    https://archive.org/download/HommageLilianeBettencourt/format=VBR+MP3&ignore=x.mp3


  • Hébergement : pour les SDF, « l’un des hivers les plus difficiles » - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/societe/hebergement-pour-les-sdf-l-un-des-hivers-les-plus-difficiles-05-01-2017-6


    On devrait plutôt passer à l’hébergement pérenne…

    À Paris, le Samu social de Paris a répondu à 1 180 appels par jour en moyenne en décembre, selon un porte-parole. Avec une forte augmentation des demandes venant de familles (+42% par rapport à décembre 2015). En moyenne, chaque jour, 312 familles, 343 hommes seuls et 87 femmes seules ont appelé le 115 à Paris. En fin de nuit, en moyenne, 158 familles, 75 hommes seuls et 43 femmes seules n’avaient pas eu de proposition d’hébergement.


  • #Toulouse patine sur l’hébergement d’urgence
    https://www.mediapart.fr/journal/france/231016/toulouse-patine-sur-l-hebergement-d-urgence

    Depuis des mois, le #115 de la Veille sociale toulousaine est sur-saturé. Seul un appel sur 20 débouche sur un hébergement qui peut se résumer à une nuit d’hôtel. Tandis que la préfecture attend bien souvent d’être contrainte au rapport de force par les associations, le département vient d’être condamné par la justice. Du côté de la ville, on admet une carence historique.

    #France #hébergement_d'urgence #logement


  • Période hivernale : comment les écoutants du 115 font face à la crise
    http://www.huffingtonpost.fr/2015/11/01/periode-hivernale-ecoutant-115-crise_n_8324784.html

    SANS-ABRIS - Chaque année, l’histoire se répète. À l’ouverture de la période hivernale au 1er novembre, on promet des places d’#hébergement_d'urgence supplémentaires pour faire face à l’augmentation des demandes. Fin septembre, le préfet de Paris a donc annoncé 2.000 places en plus venues s’ajouter aux 75.000 destinées aux sans-abris que compte l’Île de France toute l’année (hors gymnases).

    Mais derrière ces promesses, il y a des hommes et des femmes qui s’occupent de répondre aux #SDF, de les orienter vers des centres d’hébergement d’urgence, quand il ne s’agit pas de leur signifier que -ce soir- les initiales DNP (pour « demande non pourvue ») s’inscriront sur leur dossier. #Vacataires, titulaires à temps plein ou à #mi-temps, les écoutants du #115 sont en première ligne face à la hausse des demandes d’hébergements en cette période.

    Aux premières loges des frustrations aussi, lorsqu’il est malheureusement question d’informer l’intéressé qu’il devra passer la nuit dehors. Ce qui arrive, hélas, très souvent, pesant ainsi sur le moral des troupes déjà échaudées par les insultes des désespérés criant leur détresse au téléphone. Alors que la crise migratoire devrait faire augmenter le nombre de demandes (les démarches administratives des réfugiés se faisant essentiellement sur Paris), les écoutants du Samu Social ne cachent pas leur inquiétude. Contactés par Le HuffPost, certains d’entre-eux ont accepté de se confier.

    « On met notre vie de côté »

    Augustin* est coordinateur au Samu Social de Paris, c’est à dire que son travail consiste -entre autres- à recruter, former et gérer les écoutants. À quelques jours de l’ouverture de la période hivernale, il ne cache pas son scepticisme concernant les annonces qui ont été faites. « On ne sait pas vraiment ce qu’on va avoir comme moyen », indique-t-il mettant l’accent sur le hiatus existant entre la communication institutionnelle et les dispositifs mis en place sur le terrain. Malgré les renforts qui sont sollicités pour cette période, Augustin explique que le navire chancelant de l’hébergement d’urgence continue de naviguer à vue. "Au final, c’est très incertain parce que ça dépend des #températures, donc on reste dans l’improvisation, dans l’adaptation permanente" , explique-t-il précisant que cette situation a tendance à générer des tensions et du stress chez certains écoutants. Car si les équipes du Samu sont habituées à réagir dans l’urgence, le facteur « température » peut être un motif de colère exprimé chez certains. "On ne sait pas le matin combien de places on aura le soir, pourtant, c’est au petit matin que les hébergés appellent, parce qu’on leur a dit la veille que c’était plus facile... Sauf que, en réalité, on n’est pas en mesure d’apporter une solution" , poursuit-il.

    Par exemple, quand un soir il ne fait pas « assez » froid pour que la préfecture décide de débloquer des places (gymnase, anciens centres etc.), les équipes « restent sans solution en attendant que ça se débloque », explique-t-il. Pourtant, le nombre d’appels aura augmenté, tout comme les réponses négatives formulées dans la douleur par les écoutants se seront multipliées. « On est censés être le dernier recours pour les gens, alors passer sa soirée à dire ’oui, allo ? Désolé, vous allez dormir dehors’, c’est pas évident », poursuit notre « coordi » qui explique que durant cette période, lui et ses collègues « mettent leurs vies de côté » pour rester sur le qui-vive. Mais alors, pourquoi tant de frustration si des renforts sont recrutés et si des places supplémentaires sont promises ? Concernant les annonces faites par le préfet (7500 places en plus ndlr), notre interlocuteur tranche sévèrement :"je n’y crois pas une seconde". Pour ce qui est des renforts, ce dernier est tout autant sceptique. « Bah, la plupart n’ont pas encore vécu de période hivernale, le #turn_over étant tel, que cette année une majorité d’écoutants vivront leur première », confie-t-il. « Nous sollicitons beaucoup de vacataires, donc les conditions de travail se dégradent. Au bout d’un moment, cette #précarisation des écoutants se répercute sur les gens qui appellent », regrette également Augustin.

    « Enormément de stress »

    Pour Léa* (écoutante), cette période génère énormément de stress chez les écoutants. « Personnellement, ce stress s’est traduit par des urticaires », explique-t-elle notant au passage que ce qui pèse notamment, c’est de repenser à toutes ces fois où l’on a dit « non » à un sans-abris, « alors que l’on rentre chez soi et que le thermomètre affiche 0° ». Surtout que, « quand tu rentres chez toi, tu les croises, ou du moins t’as l’impression de les croiser, ce qui fait que les heures passées au téléphone ne te quittent pas d’une semelle même des heures après avoir quitté ton poste », détaille Léa. Précision très importante à ses yeux, « la période hivernale n’est pas ’pire’ pour les écoutants ». Selon elle, la période estivale génère autant -voire plus- de malaise. Comment ? « Nous recevons toujours autant d’appels l’été, sauf que les places se sont considérablement réduites et que des centres ouverts d’urgence pour l’hiver ferment leurs portes », déplore-t-elle.

    #centre_d'appel


  • Au lycée Jean-Quarré, le dialogue reprend entre les réfugiés et la mairie, dit Le Monde, qui, dénonçant une « minorité violente très politisée », annonce une intervention de police épaulée d’asso humanitaires
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/09/22/au-lycee-jean-quarre-le-dialogue-reprend-entre-les-refugies-et-la-mairie_476

    Les pouvoirs publics, qui réfléchissaient cet été à mener le chantier sans déloger les réfugiés, comptent désormais procéder de la même manière que pour les campements à Austerlitz et celui devant la mairie du 18e arrondissement. Autrement dit, « #évacuer puis mettre à l’abri » dans les centres d’#hébergement franciliens.

    Des craintes de perdre au change

    « Le #squat fait #obstacle à l’aménagement de Jean-Quarré. On n’avancera pas tant qu’il n’y aura pas de travaux de mise en sécurité et que l’organisation du site ne sera pas confiée à une association de type Croix-Rouge ou Emmaüs », explique #Mathias_Vicherat, le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris.

    Seulement, les occupants de Jean-Quarré craignent de perdre au change. Mustafa, le délégué des Afghans, ne veut pas quitter ce lieu sans la garantie « d’obtenir un centre décent grâce auquel on pourra s’intégrer ». La vingtaine de sites (Paris intra-muros, Nanterre, Vincennes, Malakoff) actuellement proposée par la préfecture n’a pas la cote auprès des différentes communautés (soudanaise, érythréenne, afghane, tchadienne, maghrébine…) « Près de trente personnes sont revenues vivre ici alors qu’elles avaient été hébergées après l’évacuation de la halle Pajol », explique-t-il. Visiter les centres, comparer avec Jean-Quarré puis se décider. Voilà comment veulent procéder les réfugiés. Leur crainte s’avère d’autant plus forte que le nouveau centre d’accueil ne prévoit d’héberger que 80 personnes. « Je suis sûr que ce centre peut héberger dignement environ 300 personnes. Pourquoi seulement 80 ? », s’interroge Mustafa.

    « C’est le chiffre des services sociaux de la préfecture », informe M. Dagnaud, qui confiait récemment au Monde ne plus supporter ce « grand n’importe quoi » et « vivre dans la crainte d’avoir un mort sur la conscience ». Ce « grand n’importe quoi » est d’ailleurs devenu un #repaire pour tous ceux en quête d’un toit, arrivés en France il y a deux jours comme il y a dix ans. « Le #115 est tellement saturé qu’il a redirigé une dizaine de SDF vers Jean-Quarré », souffle Hervé, un des premiers riverains à s’être mobilisés. Dans les 38 chambres de l’ancien lycée, une personne sur deux seulement dispose d’un matelas.

    « Les mentalités évoluent dans le bon sens »

    Mais l’heure est à la détente pour Anne Buisson, qui croit en un « un nouveau départ » : « Les réfugiés prennent la parole depuis deux semaines. Ils ont envie de s’exprimer. Les riverains l’ont bien vu lors des récentes réunions publiques, et j’ai l’impression que les mentalités évoluent dans le bon sens. » Une benne à ordure de 50 tonnes a par exemple été installée par les services municipaux.

    La raison principale de ce basculement, on la trouve du côté du collectif La Chapelle en lutte. Ce groupe militant, qui avait refusé un recensement officiel début août, a récemment périclité. « Une minorité violente très politisée instrumentalisait le mouvement » , déplore Marin Marc-Gandebeuf, un étudiant de 19 ans en musicologie encore très actif. « On ne supportait plus d’être pris pour des idiots, signale Mustafa, selon lequel il existe deux types de soutien ici. Le bon, qui nous aide à nous prendre en main et nous respecte. Et le mauvais, qui fait de la #politique et nous ligue les uns contre les autres. »

    Manifestation ce mercredi 23 septembre à 17h30 au départ du lycée occupé, rue Jean Quarré (Place des Fêtes - 19e).
    https://paris-luttes.info/important-communique-des-refugie-3806


  • “ La crainte d’une « concurrence » entre #pauvres “, Le Monde

    #Réfugiés versus #SDF : cette «  #concurrence  » commence à inquiéter associations et élus. Alors que la mobilisation s’organise pour l’accueil des Syriens – réception des maires volontaires samedi 12 septembre Place Beauvau, réunion des préfets de Seine-Saint-Denis pour l’organisation des lieux d’#accueil jeudi –, un doute s’est immiscé parmi les acteurs qui sont en première ligne. Cet élan solidaire ne cache-t-il pas un choix entre les « bons-réfugiés-fuyant-la-guerre » et les autres sans-abri ? Pourquoi l’Etat met-il en scène une solidarité en direction des seuls réfugiés ?

    « 20 000 places trouvées en deux semaines ! Pourquoi ne l’ont-elles pas été avant ? »

    L’hébergement des sans-abri est dans une phase critique depuis le début de la crise économique. Les centres d’appel sont saturés, les lieux d’hébergement débordés, et les nuitées en hôtel en constante augmentation dans plusieurs départements. La situation est même devenue dramatique en Ile-de-France : seule une personne sur deux appelant le Samu social, au 115, se voit offrir une solution pour la nuit.

    C’est peu dire que la soudaine capacité de l’Etat à trouver en quelques jours des lieux d’accueil a laissé les équipes perplexes. Solidaires et heureuses de l’élan mais profondément désarçonnées. « Il y a un vrai agacement de constater que, quand les politiques veulent ouvrir des centres, on y arrive très vite. 20 000 places trouvées en deux semaines ! Pourquoi ne l’ont-elles pas été avant ? », s’interroge Florent Gueguen, directeur de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars).

    Dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (#CHRS) parisiens comme au #115, c’est la même incompréhension. « Nos salariés ne s’expliquent pas pourquoi cette énergie, cette solidarité n’étaient pas là pour répondre à la montée du nombre de sans-abri. La crainte d’une concurrence entre nos publics est montée très vite », souligne Christine Laconde, directrice du SAMU social de Paris.
    «  Et nous, pourquoi on n’a rien ?  »

    Des rumeurs ont ainsi circulé au lendemain de l’évacuation du campement de La Chapelle, à Paris, en juin : on aurait mis à la rue des familles logées à l’hôtel pour y héberger les migrants évacués. Il a fallu tout de suite démentir pour désamorcer la grogne. « Entre cette incompréhension et la crainte de ne pas avoir un dispositif suffisant pour l’hiver, on a un cocktail explosif », déplore Mme Laconde.
    Sur le campement d’Austerlitz, quelques jours avant son évacuation, jeudi, l’inquiétude des quelques SDF installés au milieu des Soudanais s’exprimait ouvertement. Ils avaient compris qu’ils n’étaient pas concernés par le plan d’hébergement pour les réfugiés. « Et nous, pourquoi on n’a rien ? », demandait ainsi un jeune aux agents de la ville. « Ils se sentent abandonnés, doublement punis. C’est compliqué d’expliquer que les réfugiés syriens ont droit à un abri tout de suite. Y compris parmi les travailleurs sociaux », raconte Dominique Bordin, chargé de la mission SDF de la Ville de Paris.

    En mettant en scène leur engagement, en relayant les élans de solidarité citoyenne, les autorités semblent hiérarchiser et ainsi organiser la concurrence entre pauvres. « C’est quand même curieux, ce traitement des priorités en fonction de l’actualité médiatique ! Les sans-abri à la rue depuis des mois ressentent une profonde injustice », prévient Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL. Derrière, les travailleurs sociaux savent combien le discours de l’extrême droite prospère sur la concurrence entre les sans-abri français et les réfugiés étrangers. Le FN ne s’est pas privé de dénoncer l’abandon des « SDF de souche » au profit des « clandestins ». Quand bien même 40 % des appels au 115 proviennent d’étrangers extracommunautaires.
    «  Les gens sont à fleur de peau  »

    La concurrence des places fait aussi des remous dans les municipalités volontaires pour accueillir les déplacés. De nombreux élus ont d’ailleurs fait attention, tout en affichant leur solidarité, à réclamer l’aide de l’Etat pour l’organiser. Ils n’ont pas fait de propositions trop concrètes de lieux vacants, mais plutôt annoncé leur disponibilité. Les rares qui s’y sont essayé ont dû essuyer des reproches. Pierre Aldeguer, maire sans étiquette de Champcueil, petite commune de l’Essonne où l’Etat a décidé de rouvrir un bâtiment hospitalier, a eu droit à quelques rebuffades. « “On ne va pas accueillir toute la merde du monde”, m’ont dit certains très proches de la droite extrême. Mais ils restent minoritaires », raconte l’élu.

    Stéphane Peu (PCF), adjoint au maire de Saint-Denis, banlieue pauvre du « 93 » qui a proposé ses centres de vacances, a vu plusieurs demandeurs de HLM s’inquiéter d’une éventuelle priorité donnée aux réfugiés : « On n’a pas eu de refus de solidarité, à quelques rares exceptions près – comme ce mail me disant : “Je suis désolé de ne pas avoir traversé la Méditerranée sur un rafiot mais ça fait dix ans que j’attends.” On a une telle crise du logement en Ile-de-France que les gens sont à fleur de peau. » Jean-Luc Laurent (MRC), au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), rapporte des réflexions identiques. En Ile-de-France, quelque 315 000 premières #demandes demeurent non satisfaites.

    Pour faire face à cette peur, il faut créer des lieux propres à l’accueil des réfugiés, soulignent les élus. Et expliquer. « Il faut parler avec la population, dire que les réfugiés vont rester. C’est dur parfois, mais, si on ne le fait pas, on va au-devant d’une catastrophe », insiste Bernard Gérard, maire (LR) de Marcq-en-Barœul, dans le Nord. « La France peut accueillir des centaines de milliers de gens. On l’a bien fait pour les 500 000 exilés espagnols en 1939 ! Mais ça suppose de le dire. Et que les élus n’aient pas peur », assure Yvon Robert (PS), à Rouen. A Lille et Marseille, des députés socialistes ont d’ores et déjà organisé des réunions d’information.

    Sylvia Zappi, 19/9/15, Le Monde

    • C’est plus ou moins pareil partout :
      http://seenthis.net/messages/122129

      Les revenus des mendiants sont arrivés au niveau de 20% des montants d’avant.

      Vor einigen Monaten ging das mit den neuen Verkäufern los, auch Kaufmann spricht von »Rumänen«. Anstatt zwei oder vier Ausgaben, wie sie die meisten bei ihr einkaufen, holen sie sich morgens gleich 20 oder 30 Zeitungen, erzählt sie. Nachmittags kommen sie wieder und holen den zweiten Schwung. »Die sind ziemlich gut organisiert. Wenn einer krank ist, kommt der nächste und stellt sich vor den Supermarkt. Leute wie Tom sind da eher Einzelgänger.« Und wenn einer wie Tom auf seinem langjährigen Stammplatz besteht? »Dann gibt›s öfter auch mal aufs Maul.‹«

      Le matin les nouveaux vendeurs « roumains » viennent chercher les journaux par gros paquets et se réaprovisionnent l’après-midi. C’est un commerce aux tâches partagées avec ses coursiers et ses vendeurs. Ils n’hésitent pas de « casser la geule » aux mendiants déjà sur place pour obtenir les meilleurs endroits de vente.

      Bref les conditions crées par le pouvoir en place mettent en situation de concurrence les démunis. Seule solution : Il faut organiser la solidarité te la résistance.

    • @Klaus ça me parait un peu différent toutefois car ici c’est l’état qui fabrique de la concurrence en raréfiant l’hébergement et en organisant le tri. Mettre en scène une guerre de tous contre tous reste l’une des meilleures manières de légitimer l’action de l’état, seul « garant » possible de la paix...

      Il s’agit d’exacerber toutes les contradictions « secondaires » possibles parmi les prolos de façon à étouffer la contradiction principale (qui décide ?, eh bien c’est l’économie, le mérite, etc.)

      La déclaration de Jospin en 1998 me parait un exemple séminal de cette politique. Alors qu’il était premier ministre et confronté à une mobilisation dune ampleur sans précédent de chômeurs et de précaires pour une hausse substantielle des minima et alors chômage, pour une levée de l’interdiction du RMI aux moins de 25 ans, Jospin avait déclaré « préférer une société de travail à l’assistance ». Outre la disqualification de toute solidarité (si ce n’est au nom du travail qui rend digne...), il s’agissait de "défendre le Smicard et les autres "travailleurs pauvres contre ces parasites d’assistés.

      Pour revenir au thème de ce post, une suite où des assos comme « Aurore » qui gèrent de l’hébergement dans des conditions de caserne plaident pour leurs budgets, sous couverts de droits humains.

      Réfugiés, migrants, sans-abri : refuser la concurrence entre les précaires, par Le Collectif des Associations Unies (pas moins...)
      http://www.liberation.fr/debats/2015/09/23/refugies-migrants-sans-abri-refuser-la-concurrence-entre-les-precaires_13

      Les inquiétudes qu’expriment les travailleurs sociaux, les bénévoles, parfois les personnes en situation de précarité elles-mêmes, face aux risques de concurrence entre « pauvres » sont donc compréhensibles. Mais nous entendons ici et là qu’avant d’aider ceux qui arrivent, il faut d’abord aider ceux qui sont déjà là, voire ceux qui sont nés ici. Ce positionnement est dangereux et contraire à la dignité humaine et aux droits fondamentaux. Notre pays, 6e puissance économique mondiale, peut – et doit – tendre la main à toutes les personnes à la rue, quelle que soit leur situation administrative. L’accueil inconditionnel des personnes en situation de détresse, inscrit dans les textes de notre République, interdit le tri des personnes en fonction de leur statut ou de leur nationalité. Ce principe intangible guide depuis des décennies l’action des associations de lutte contre l’exclusion. Le remettre en cause serait une grave menace à notre pacte social, une entorse aux valeurs républicaines de solidarité et de fraternité.

      C’est surtout au manque de moyens que sont confrontées les associations pour garantir cet accueil et donner à tous des perspectives de relogement, d’insertion voire d’intégration. L’annonce par le Premier ministre, devant le Parlement le 16 septembre, d’une enveloppe financière supplémentaire dédiée tant à l’accueil de réfugiés qu’à l’hébergement d’urgence de tous les sans-abri est un signe positif. Il importe cependant que les réponses soient à la hauteur des besoins, et qu’un vaste plan d’ensemble soit anticipé, de manière à éviter l’ouverture de structures sous la pression de l’actualité sans réelle prise en compte de l’ensemble des besoins dans la durée.

    • Je suis assez d’accord avec Klaus, un deuxième exemple à Berlin. Pour financer l’accueil des réfugiés-migrants certaines associations ont appelés les citoyens de Berlin à collecter les bouteilles consignées et reverser l’agent de la collecte.
      Les bouteilles consignées sont une source de revenus pour certains retraités et chômeurs et concernent une population de plus en plus jeune. On arrive à des situations complètement incompréhensibles pour les gens qui sont aux minimas sociaux.


  • Grève des loyers, un journal mural (suite) — L’insolvable locataire de la rue de Chantilly interné par la #police & délogé par un huissier. « Pense-bête - Archyves
    http://www.archyves.net/html/Blog/?p=6510

    Lundi dernier, alors que Jérôme V. s’était une nouvelle fois rendu au commissariat de la rue Chauchat (Paris IXe) pour signaler les menaces de riverains hostiles, on lui a fait comprendre qu’il était surtout une menace pour lui-même, bref que son attitude suicidaire nécessitait une mise en observation à l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture. Il y a passé 48 heures à l’isolement. Et jeudi 18 juin au matin, retrouvant sa précaire liberté, il a vite déchanté, une fois retourné chez lui : façade nettoyée et porte close.

    Entre-temps, l’#huissier mandé par le syndic n’avait pas chômé, profitant de la mise à l’écart du contrevenant pour faire place nette et changer les serrures. Et au terme de cette expulsion médico-légale, une vague promesse de relogement très provisoire en hôtel meublé. Comme pour ses infortunés semblables, les réfugiés de la Chapelle, invisibilisés manu militari. Aux dernières nouvelles, ce SMS envoyé par Jérôme à ses rares soutiens, comme une bouteille à la mer…

    #logement #loyer #psychiatrisation #expulsion

    • Une cagnotte de solidarité pour un bénéficiaire du Droit au logement mis à la rue par l’Etat, via @paris
      https://paris-luttes.info/sauver-un-dalo-mis-a-la-rue-par-l-3627

      Durant 1123 jours, il a tenu le journal de ses démarches pour retrouver ses droits... Mais voilà... Le mercredi 17 juin 2015, il a finalement été expulsé, en son absence, de son logement !
      Après quelques jours d’hébergement par le #115, il est aujourd’hui sur le trottoir ! Il pourrait ne pas y rester, car il a trouvé en province une petite maison à louer. Seulement voila, pour y emménager, il faut des sous. Rapidement. Pour retirer les meubles placés en garde-meubles par l’huissier, payer un mois de loyer et la caution, louer un petit camion, réparer sa voiture...

      Bref, au final pas tant que ça, environ 2000 euros, mais c’est pour FIN JUILLET 2015 !!!

      Alors voila, quand l’État expulse un #DALO, seule la solidarité demeure peut éviter à Jérôme de devenir [rester, ndc] un sdf...Si vous souhaitez l’aider, vous pouvez participer à la #collecte et/ou la faire circuler auprès de vos contacts.
      Pour le reste, dès qu’il aura une connexion digne de ce nom, Jérôme vous dira lui-même, j’en suis sûre ce que chacun peut faire.

      Soutenons Jérôme pour que son histoire et son combat, ne sombrent pas dans les oubliettes jusqu’à ce qu’il devienne un sans-abri de plus. Soutenons-le pour réparer, grâce à la solidarité spontanée, au plus vite les « erreurs » commises par l’administration.

      Merci pour lui !

      P.-S.
      Grâce à la cagnotte en cours, la voiture de Jérôme est désormais réparée. Il a visité aujourd’hui la petite maison dénichée dans l’Indre : les propriétaires demandent un mois de caution qui sera payé demain. Reste à régler 1 mois de loyer (350 €), le garde meuble (environ 700 euros à ce jour + 20 € par jour), le déménagement (environ 300 € camion et essence) et les divers abonnements aux fournitures d’énergie ainsi que quelques menus frais d’aménagement (environ 200 €).
      Il ne manque à ce jour que 975 € !

      #expulsion #solidarité #exil


  • Le bord du monde : « T’es 115 ? », Véronique Decker - Questions de classe(s)
    http://www.questionsdeclasses.org/?Les-chroniques-de-Veronique-Decker

    Ce soir, à la sortie de l’#école, un élève m’attendait. Il habite au #115 et tous les deux ou trois jours, on le change d’hôtel. Comme il n’est qu’en CE2, souvent il attend pour que je lui explique comment faire pour y aller. Et souvent, je ne parviens pas à expliquer, alors je fais monter tout le monde dans ma voiture et je les emmène. Massy, Cergy, Champs sur Marne, Sarcelles, Gonesse, il a déjà fait le tour de toute l’île-de-France. Cette fois, il fallait aller à Mery sur Oise. Et pour aller de Bobigny à Mery sur Oise, la voiture c’est tout de même plus simple. L’#hôtel se trouve très loin de la gare, dans une zone industrielle plantée au milieu des champs.

    #enfances

    via @paris luttes info


  • Grève au #115 du #93
    http://www.lefigaro.fr/social/2015/02/12/09010-20150212ARTFIG00122-deborde-et-impuissant-le-115-du-93-engage-une-gre

    Les 15 membres du #centre_d'appels de la Seine-Saint-Denis, ouvert sept jours sur sept et 24 heures sur 24, reçoivent en effet plus de 16.000 appels en moyenne par jour et ne peuvent en satisfaire moins de 500 au quotidien.

    #précarité #travai_social #grève #demande #logement


  • Quand on appelle le #115, mieux vaut être français
    http://lemonde.fr/societe/article/2013/10/18/quand-on-appelle-le-115-mieux-vaut-etre-francais_3497706_3224.html

    Ainsi en 2012, une personne qui appelle le 115, si elle est de nationalité française, a 47 % de chance d’avoir une place. Si elle est ressortissante de l’Union européenne, ses chances baissent à 30 %. Et si cette personne est originaire d’un pays hors UE, elles ne sont plus que de 22 %.

    Pourtant, « selon le code d’action sociale, l’accueil doit être inconditionnel, quel que soit le statut administratif de la personne », rappelle Florent Guégen, le directeur général de la fédération qui regroupe plus de 850 associations d’accueil et de réinsertion sociale.

    Comment intervient cette sélection ? « Certaines structures d’hébergement refusent alors l’accueil des publics de nationalité étrangère, ou établissent un système de quotas de places pour ces derniers », toujours selon le rapport annuel.

    y’a des #visualisation mais je ne peux pas les copier

    #discrimination #pauvreté


  • Communiqué de presse de la Veille Sociale 31 - Le blog du G. P. S.
    http://gps.midipy.over-blog.com/article-communique-de-presse-de-la-veille-sociale-31-110873497

    Face au manque de places d’hébergement suffisantes, soit 90% de refus sur le 115, et des dégradations des conditions de travail en découlant, (montée de la violence), le 115, le PAIO (Pole d’Accueil d’Orientation et d’Information) et l’EMSS (l’Equipe mobile Sociale et de Santé) usent de leur droit de retrait à compter du 04 octobre 2012.

    Les trois services ne peuvent plus assurer leurs missions respectives.

    #115 #PAIO #EMSS #travailleurs_sociaux #pauvreté #logement #violences_policières


  • La Gazette Santé Social - Actualité - L’actu - Plus de la moitié des sans-abri ne trouvent pas d’hébergement via le 115
    http://www.gazette-sante-social.fr/actualite/actualite-generale-Plus-de-la-moitie-des-sans-abri-ne-trouvent-

    Plus de la moitié (58%) des demandes d’une place en #hébergement d’#urgence formulées cet hiver auprès du #Samu_social (#115) par des personnes ou familles sans domicile suivies par #Médecins_du_Monde n’ont pas reçu de réponse, selon une enquête réalisée par l’association rendue publique le 27 mars 2012.
    En janvier et février, « nos équipes ont au total effectué 190 signalements » au 115, ce qui représente 213 personnes dont 23 familles avec 66 enfants, explique MDM dans cette étude publiée mardi et portant sur sept villes (Saint-Denis, Marseille, Strasbourg, Grenoble, Lyon, Montpellier et Toulouse). « 58% n’ont pas été hébergées », selon l’association. Parmi les 123 personnes restées à la rue, il y a surtout des familles, des enfants, des femmes enceintes, des personnes malades et des sans-papiers, affirme MDM. "L’absence de places disponibles demeure la raison majeure du non-hébergement" même si les refus peuvent aussi être motivés par des problèmes de comportement/alcoolisme ou encore la présence d’un chien (3%), selon MDM.