• De Messmer à Macron, le discours du nucléaire
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article1719

    A un demi-siècle de distance, Pierre Messmer, premier ministre, et Emmanuel Macron, président de la République, tiennent deux discours si frappants de similitude, qu’on ne peut y voir que des versions successives d’un même discours fondamental. L’un à la télévision, le 6 mars 1974 ; l’autre à Belfort, le 10 février 2022. (Voir les textes en annexe) Face à la similitude des contextes - le choc pétrolier suivant la « guerre du Kippour », en 1974 ; et la crise énergétique, résultant en 2022 de l’explosion de la consommation, de la raréfaction des ressources, et du renoncement aux énergies carbonées (pétrole, charbon) ; l’Etat français réagit de la même façon. Le développement éperdu de sa filière électronucléaire accompagné d’une offensive rhétorique visant à justifier et à glorifier cette ruée vers l’atome. (...)

    #Documents
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/de_messmer_a_macron_le_discours_du_nucle_aire.pdf

  • Comment l’extrême droite a infiltré les médias
    http://www.davduf.net/comment-l-extreme-droite-a-infiltre-les-medias

    Lu dans #Le_Monde, l’enquête de la semaine par Sandrine Cassini et Aude Dassonville | #19h59 | L’année électorale qui vient de se terminer aura permis à la rhétorique et aux théories réactionnaires de prospérer, y compris sur l’audiovisuel public. Une tendance que le nombre inédit de députés RN devrait accentuer (mais aussi la puissance de feu des RS, les méandres fachos et les petites compromissions d’ex-patrons de presse dit de gauche) En 2016, Vincent Bolloré, devenu le premier actionnaire de Vivendi, (...) Revue de presse, du web & veille en tous genres

    / Une, Groupe Bolloré, Le Monde, #Extrème_Droite

    #Revue_de_presse,du_web&_veille_en_tous_genres #Groupe_Bolloré

    • « En huit ans, j’ai vu la fenêtre d’Overton s’agrandir, se félicite François de Voyer, proche de Marion Maréchal et cofondateur du site identitaire Livre noir, en référence à l’allégorie définissant le cadre des idées politiques acceptables. C’est même devenu une véranda, principalement grâce à Zemmour, qui a élargi le champ du dicible. » Même l’audiovisuel public, qui a longtemps fait figure de forteresse, a fini par se fissurer. Au cours de l’hiver, soucieuse de couper court aux accusations de gauchisme, France Télévisions a ainsi cru bon de proposer à Mathieu Bock-Côté de produire un documentaire. Le projet a échoué uniquement en raison du veto posé par CNews, principal employeur du Canadien.

      Cyril Hanouna et les foires d’empoigne qu’il organise dans « Touche pas à mon poste », sur C8, ont aussi largement contribué à banaliser la parole d’extrême droite en général, celle d’Eric Zemmour en particulier. Sous le couvert du pluralisme, l’animateur star de la galaxie Bolloré a convié les figures les plus controversées, comme Thaïs d’Escufon, l’ancienne porte-parole du groupe Génération identitaire, dissous depuis, Alice Cordier du collectif féministe identitaire Némésis, ou l’avocat de Didier Raoult opposé aux mesures sanitaires, Fabrice Di Vizio. L’animateur s’était déjà attaché la présence régulière, avant la campagne électorale, de Jean Messiha, ancien du RN devenu porte-parole de Reconquête !. C’est dans cette même émission que la Miss France 2012 et personnage de « Ford Boyard » sur France 2 Delphine Wespiser a déclaré son soutien à Marine Le Pen. Il y a quelque temps, une telle sortie aurait été synonyme de radiation du PAF. A la rentrée, la jeune femme présentera sa propre émission de divertissement sur C8.

      « Idéologiquement, je me sens moins isolée qu’avant, c’est vrai », reconnaît Elisabeth Lévy, la fondatrice du site réactionnaire Causeur (environ 10 000 abonnés, entre 6 000 et 8 000 ventes en kiosques), qui a son rond de serviette sur CNews et à Sud Radio, qui a pour vedette André Bercoff, un admirateur de Trump. La journaliste en est persuadée : « Ce que je dis correspond à ce que pensent beaucoup de gens. » Quand Franz-Olivier Giesbert l’avait fait venir dans son émission « Cultures et dépendances », sur France 3 (2001-2003), elle était la « seule » à défendre une parole « pas de gauche », se souvient celle qui illustrait, dès septembre 2021, en « une » de son magazine, le « grand remplacement » avec des bébés de toutes les couleurs.

      « Certains diraient qu’on est surreprésentés par rapport à ce qu’on pèse », concède Tugdual Denis. Avec ses 30 000 à 35 000 ventes hebdomadaires, Valeurs actuelles dispose, en effet, sur les antennes d’une représentativité qui a peu à voir avec son poids réel dans les kiosques. (...)

      https://justpaste.it/8hhv6

      #média

  • Thelonious Monk : concert de 1964 à la Maison de la Radio : un podcast à écouter en ligne | France Musique
    https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/serie-thelonious-monk-concert-de-1964-a-la-maison-de-la-radio

    Ce concert est un enregistrement de grande qualité qui illustre parfaitement l’héritage légué par #Thelonious_Monk. Il est entouré de ses fidèles comparses, trois musiciens qui ont eux aussi toute leur place dans la grande histoire du #jazz

  • “19H59”, le roman dystopique de David Dufresne
    http://www.davduf.net/19h59-le-roman-dystopique-de-david-dufresne

    Le constat est sans appel. Pour David Dufresne, les médias de masse sont complices de la montée de l’extrême droite en France. L’ancien journaliste, qui considère que le changement ne viendra pas d’eux, a abandonné son métier pour se consacrer au documentaire et à l’écriture. Deux supports qui lui offrent un véritable espace pour s’exprimer. Son dernier roman #19h59, à mi-chemin entre dystopique et vraisemblable, campé dans l’entre-deux-tours des élections présidentielles, est une plongée dans ce jeu de (...) 19h59

    / Une

  • « Mourir d’aimer ». Le destin fracassé de Gabrielle Russier.
    https://lhistgeobox.blogspot.com/2022/04/mourir-daimer-le-destin-fracasse-de.html

    "Gabrielle Russier est ici victime de l’acharnement d’institutions bousculées par le mouvement de mai 1968. Au delà du drame passionnel, elles entendent ainsi reprendre la main. L’appel réclamé par le parquet peut ainsi se lire comme un désir de vengeance. Le recteur d’Aix-Marseille, Claude Franck, avec l’appui du procureur général, ne veut plus voir une enseignante comme Gabrielle dans l’Éducation nationale. « Il n’y a plus de moralité en France, il faut que cette affaire serve d’exemple », aurait-il confié au procureur général. Au fond, la professeure a brisé deux tabous. On ne se lie pas d’amitié avec ses élèves, on reste dans une posture professionnelle, en conservant une distance.Une trop grande convivialité avec les élèves remettrait en cause la sacro-sainte autorité professorale. Surtout, on n’a pas de relation amoureuse avec un ou une élève. Aux yeux du procureur général, Marcel Caleb, Gabrielle Russier aurait, en franchissant cette ligne rouge, supplanté l’autorité paternelle. Une partie de la presse lui fait écho : l’enseignante est un dangereux symbole, celui du désordre."

  • Ni Dieu, ni Roy – Johann Chapoutot
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/ni-dieu-ni-roy-20220425_SFIHPW4WXVEUPI3OERIJBSTHUI

    La Constitution de 1958 a transformé la France en aire de jeu pour personnalités rêvant de la « magistrature suprême ». Voulu par un vieux général patriarcal, le texte étouffe le débat et provoque une désaffection croissante à l’égard du suffrage, provoquant l’impuissance du pouvoir.

    Le passé, décidément, ne passe pas. Après avoir vu ressurgir Vichy et les mérites, manifestement trop méconnus, du maréchal Pétain, voilà réélu un faux jeune, qui cite Gérard Majax (à quand Léon Zitrone ou Sacha Guitry ?), qui rêve à Reagan et Thatcher et qui vient de découvrir l’importance de la question écologique (sur quelle planète, littéralement, vivait-il donc avant ce second tour ?). Le fringuant archaïque, ami des puissants (ceux qu’il a satisfaits en abolissant l’ISF) et des cogneurs (Benalla), rêve et jouit de verticalité, de royauté, d’autorité… Partout en Europe de l’Ouest, ce genre de personnalités est généralement exclu du champ politique. Partout, en effet, des démocraties parlementaires, avec des scrutins largement proportionnels, encouragent la discussion, le débat et une attention à l’intérêt général et au bien commun. La France, elle, est une aire de jeu offerte à des personnalités fragiles qui, tout petits déjà, se prennent pour Dieu ou le Roy. Les asiles, jadis, étaient pleins de gens qui se prenaient pour Napoléon : désormais, ils racontent à leur maman ou à Alain Minc qu’ils seront, un jour, grand chef à plume de toute la Terre.

    Personnalisation extrême

    Depuis 1958, ils peuvent rêver d’élection à la « magistrature suprême », au dialogue « d’un homme et du peuple », etc. Car, en 1958, un général né en 1890, éduqué par des hommes issus de la droite maurrassienne, qui pleuraient le XVIIe siècle de Louis XIV, qui maudissaient la Révolution française, celle qui avait décapité le Roy et le royaume, revient au pouvoir. Certes, à 67 ans, il n’avait pas l’intention de commencer une carrière de dictateur, mais il lui fallait en finir avec la République parlementaire, qu’il abhorrait car elle était, à ses yeux (comme à ceux de Pétain), responsable de la défaite de 1940. Il fallait un nouveau Roy à la France, et tenir en respect les Etats généraux du Palais-Bourbon. En 1962, estimant que sa légitimité historique ferait défaut à ses successeurs, il leur offrit par référendum la légitimité politique, celle du suffrage universel direct : les députés protestèrent (la précédente tentative, en 1848, avait abouti à un coup d’Etat bonapartiste et à un nouvel Empire…), votèrent une motion de censure contre le gouvernement Pompidou (la seule en soixante-quatre ans, à ce jour), Mongénéral, furieux, dissout, et ce fut tout.

    Le résultat est là : une personnalisation extrême, des programmes parfois inexistants, car, comme le dit le candidat Macron, en 2016, « on s’en fout », un scrutin uninominal à deux tours, qui aboutit, pour la majorité des électeurs, à un non-choix. De Gaulle avait trop d’orgueil et de souci du bien commun pour en abuser : il se retira quand il fut désavoué, en 1969. Mais n’est vraiment pas de Gaulle qui veut : en 2022, on peut être « élu » avec 38,5 % des inscrits (dont une grande partie « contre elle » et non « pour lui »), avoir perdu 2 millions de voix et 5,6 points par rapport à 2017, avoir permis une croissance de près de 3 millions de voix de l’extrême droite, et être revêtu du lourd cordon de la Légion d’honneur et de pouvoirs exorbitants (le président des Etats-Unis n’en a pas autant, et de très loin). Est-ce bien suffisant pour continuer à fermer des maternités et détruire l’hôpital (17 500 lits fermés lors du quinquennat qui s’achève) ? Pour abreuver d’argent public les cabinets de conseil qui ont contribué à son élection de 2017 ? Pour fréquenter des voyous épargnés par des parquets compatissants ? Pour assister, sans rien faire, voire pire, à la destruction du vivant ? Pour continuer à se proclamer le « camp de la raison » alors que l’on est confit en idéologie déraisonnable, voire irrationnelle (le « ruissellement », l’« écologie productive »…) ? Pour raconter tout (singer le slogan du NPA, puis de LFI, entre les deux tours) et continuer à faire n’importe quoi ? Pour insulter, ignorer et assouvir ses fantasmes infantiles de toute-puissance ?

    Structures mentales archaïques

    Il ne faut pas personnaliser outre mesure : le pouvoir grise, isole, peut rendre fou et, de toute façon, la Constitution de 1958 est un appel aux dingues. Les gens qui paradent et caracolent sur les cendres d’une élection par défaut sont le produit de structures mentales archaïques (le mythe du messie, le culte servile du « chef »), d’intérêts patrimoniaux puissants et d’un mode de scrutin obsolète : rappelons que la Constitution de 1958 est une constitution de guerre et de guerre civile (guerre d’Algérie, 1954-1962), voulue par un vieux général patriarcal et défiant à l’égard des parlements qui, au fond, avait fait son temps dès 1968. De Gaulle partit en 1969, mais la Constitution demeura, et demeure toujours. Tant qu’elle demeurera, elle étouffera le débat, assourdira l’intelligence collective et produira des catastrophes : une désaffection croissante à l’égard du suffrage, avant la bascule vers l’autoritarisme, stupidement préparé par la veulerie d’un « pouvoir » impuissant, qui ne tient que par le recours massif à la violence, et sourd aux questions fondamentales de notre temps – le besoin d’intelligence face aux injustices croissantes et à la dévastation du monde.

    • Il y a déjà 15 ans, Politis avait publié une intéressante synthèse historique sur la question de l’élection présidentielle.

      https://www.politis.fr/articles/2007/04/faut-il-supprimer-la-presidentielle-766

      ❝Faut-il supprimer la présidentielle ?
      Par Denis Sieffert, Michel Soudais
      jeudi 5 avril 2007

      La timide évocation de réformes, voire d’une VIe République, cache l’essentiel : l’élection du président de la République au suffrage universel. Seuls les candidats de la gauche antilibérale et les écolos l’évoquent.

      Difficile de sortir la tête de l’eau au plus fort de la bataille. Pas facile de remettre en cause une institution qui conditionne depuis des mois déjà tous nos commentaires, rythme toute notre vie politique, et relègue toute autre considération, sociale et internationale. Depuis des mois, la France vit sous l’empire de la présidentielle. Et malheur à quiconque remettrait en cause l’institution sacrée. Toucher aujourd’hui à l’élection du président au suffrage universel est un crime de lèse-démocratie.

      Et si c’était exactement le contraire ? Le consensus médiatique est si pesant qu’on en vient à oublier que la gauche a longtemps été hostile à ce mode de désignation du chef de l’État. Et la gauche avait pour cela de bonnes raisons historiques. Le premier usage du suffrage universel (un suffrage très peu universel, d’ailleurs, puisqu’il n’admettait pas le vote des femmes) date comme on sait du fameux scrutin du 10 décembre 1848. Il s’inscrit comme une suite logique de la contre-révolution de juin. Il vire au plébiscite. Un aventurier portant le nom prestigieux de Bonaparte recueille 5 400 000 voix, quand deux des acteurs de la révolution de février, Ledru-Rollin et Raspail, n’obtiennent que quelques dizaines de milliers de suffrages. La magie du nom a opéré, plus que la politique. Et la logique ira à son terme puisque, trois ans plus tard, Louis Napoléon Bonaparte s’appuiera sur sa légitimité populaire pour commettre le coup d’État qui le fera empereur.

      Ce n’est pas ce type de péril qui nous guette aujourd’hui. Mais une grande figure de la gauche, dont on commémore cette année le centenaire de la naissance sans entendre son message (c’est un classique de la commémoration !), a mieux que quiconque fait la critique de l’élection du président de la République au suffrage universel. C’est évidemment Pierre Mendès France. « Choisir un homme, écrivait-il en 1962, sur la seule base de son talent, de ses mérites, de son prestige (ou de son habileté électorale), c’est une abdication de la part du peuple, une renonciation à commander et à contrôler lui-même, c’est une régression par rapport à une évolution que toute l’histoire nous a appris à considérer comme un progrès [1] . » Et l’éphémère président du Conseil en rajoutait une couche : « Lorsqu’un homme est porté à la tête de l’État par le suffrage universel, c’est essentiellement sur sa personne que l’on vote. En fait, on lui fait confiance, on s’en remet à lui, et parfois sur la base de promesses plus ou moins démagogiques. » « À cet égard, concluait-il, les campagnes électorales présidentielles aux États-Unis sont d’une médiocrité que l’on n’est guère tenté de transposer ici. » Nous sommes en 1962, et Charles de Gaulle vient de faire adopter par référendum sa grande réforme institutionnelle qui donne en réalité tout son sens aux institutions de la Ve République. S’agissant de « talent » de « mérites » et de « prestige », l’homme que critique Pierre Mendès France n’en manque pas. Cela n’enlève rien à la pertinence de l’analyse. Au contraire. La seconde citation a, hélas, une portée plus prophétique. Quand le personnage n’a plus la stature du général de Gaulle, la médiocrité s’ajoute au péril antidémocratique. Nous y sommes parfois, ces jours-ci.

      Longtemps donc, l’opposition à l’élection du président de la République au suffrage universel fut une sorte de marqueur identitaire de la gauche. Même François Mitterrand, en 1962, en faisait une critique virulente dans un petit ouvrage polémique, le Coup d’État permanent. Mais son point de vue a changé quand il a revêtu les habits du candidat. On connaît la formule d’une plasticité toute mitterrandienne : « Les institutions n’étaient pas faites à mon attention, mais elles sont bien faites pour moi [...]. Elles étaient dangereuses avant moi, elles le seront après moi... »

      Non seulement le président socialiste ne toucha pas à l’institution présidentielle, mais il conserva l’une de ses attributions les plus régaliennes, le fameux article 49-3 de la Constitution, qui permet à l’exécutif de contourner le Parlement. Il a même usé sans retenue de l’article 13, par lequel le Président nomme aux emplois civils et militaires. Les deux septennats de François Mitterrand marqueront en vérité l’apogée de ce qu’on a appelé « la monarchie républicaine ». Des structures de pouvoir parallèles ont été créées ou renforcées. Des conseillers nommés de façon discrétionnaire par le Président ont rapidement été plus influents que certains ministres. Nul n’a oublié la trop fameuse « cellule antiterroriste » de l’Élysée du commandant Prouteau et du capitaine Barryl, fabriquant de fausses menaces d’attentats dans l’affaire dite des Irlandais de Vincennes. Nul n’a oublié non plus les mésaventures de Jean-Christophe Mitterrand, fils du Président, propulsé conseiller particulier aux affaires africaines. Il est vrai que le monarque républicain « de gauche » perpétuait en l’occurrence une tradition « africaine » héritée de Chalres de Gaulle et de son conseiller occulte Jacques Foccart.

      Les exemples foisonnent de pouvoirs parallèles échappant au contrôle démocratique. Ils sont autant d’arguments qui plaident pour l’abolition de cette légitimation par le suffrage universel du pouvoir d’un seul homme. Curieusement, c’est un autre haut responsable de la gauche qui a renforcé l’institution présidentielle en 2002. En inversant le calendrier électoral, le Premier ministre-candidat, Lionel Jospin, a réaffirmé le primat de l’élection présidentielle sur la législative. Trop sûr de son accession à la magistrature suprême, il a fait le pari que les électeurs confirmeraient ensuite leur vote en donnant au nouveau Président une majorité de députés. Le calcul s’est révélé exact, mais il a profité à un autre que lui... On devrait voir dans cette mésaventure la preuve que la gauche a davantage intérêt à miser sur les législatives, réorganisées autour d’un scrutin proportionnel, que sur l’élection d’un seul personnage. Si l’on se réfère aux principes fondateurs de la gauche sociale, il n’est pas exagéré de dire que la présidentielle au suffrage universel est une institution intrinsèquement de droite. Elle relègue les grandes questions programmatiques et les valeurs d’un pouvoir partagé. Le renoncement à s’attaquer à cette institution archaïque et unique en Europe constitue sans doute la plus grande faute de la gauche, au même titre que son glissement libéral.

      Quels que soient les reproches adressés à la gauche sur ce plan, force est de reconnaître que c’est encore dans ses rangs que ce coupable accommodement a été le mieux analysé. Et pas seulement quand la gauche était dans l’opposition. En 1991, François Mitterrand est encore à l’Élysée quand la Gauche socialiste, animée alors par Jean-Luc Mélenchon, Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann, se prononce pour une VIe République dans la motion qu’elle dépose au congrès de l’Arche du PS. Tirant un premier bilan des gouvernements de la gauche depuis 1981, ce texte, intitulé Une VIe République pour le changement social, établit déjà un lien entre l’extrême délégation induite par les institutions et l’atonie de ce que l’on n’appelait pas encore le mouvement social [2]. « Trente ans passés dans le moule de la Ve République ont diffusé partout une culture qui attend tout de ceux qui occupent les institutions et rien de l’action des citoyens », peut-on lire au début de cette motion, qui demandait de « libérer le pays de sa camisole » présidentielle.

      Si la demande de la Gauche socialiste n’a pas eu le succès escompté ­ son texte ne recueillit que 6 % des suffrages des militants socialistes ­, son analyse du régime de la Ve République n’a pas été totalement perdue. Arnaud Montebourg l’a remarquablement relancée en publiant, à l’automne 2000, un réquisitoire très argumenté à l’origine de la création de la Convention pour la VIe République (C6R), au printemps 2001. Dans la veine du Coup d’État permanent, dont il actualise le propos, le député de Saône-et-Loire, nourri des expériences gouvernementales de la gauche, croque les institutions de la Ve République en « machine à trahir » ­ c’est le titre de son essai ­ les espoirs du pays. Avec, au centre du dispositif, un pouvoir présidentiel, dont il remet en cause l’élection, qui favorise l’inertie, l’irresponsabilité et l’impunité. Mais il faut croire que l’élection du président de la République au suffrage universel résiste à toute remise en cause. Le projet de constitution présenté par Arnaud Montebourg et Bastien François, en 2005, la maintient tout en privant l’hôte de l’Élysée d’une grande partie de ses pouvoirs et prérogatives.

      Douze ans de présidence chiraquienne ont considérablement renforcé l’audience des contempteurs de la Ve République. Au point que sept des douze candidats à la présidence proposent de passer à une VIe République. Jean-Marie Le Pen, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot, José Bové et Dominique Voynet ont été rejoints sur ce terrain par François Bayrou et Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy, lui-même, envisage des aménagements. Tout en qualifiant la Ve République de « meilleur régime politique de l’histoire » de France, le président de l’UMP estime qu’il faut « préserver l’efficacité de notre cadre institutionnel, tout en l’adaptant ».
      Si le numéro est le même, les motivations et les réformes diffèrent. En changeant de République, le FN, qui défend un septennat présidentiel non renouvelable, veut surtout inscrire dans la loi fondamentale ses principes idéologiques, dont la préférence nationale. La suppression des pouvoirs du président de la République rassemble les « petits » candidats de gauche. Hormis Dominique Voynet, tous remettent en question l’élection du président au suffrage universel direct. Avec des variantes : régime primo-ministériel pour le PCF et les Verts ; régime d’assemblée pour la LCR et José Bové.

      À l’opposé, la VIe République de François Bayrou est présidentielle. Hostile à tout changement de République jusqu’au référendum européen de mai 2005, il plaide désormais pour de nouvelles institutions, où le Premier ministre ne serait que « le premier des ministres », soit un simple coordonnateur de l’action gouvernementale, tandis que la charge de « déterminer et de conduire la politique de la nation » incomberait au président de la République « élu par les Français pour assumer la charge de les gouverner ». S’il réforme le Parlement, avec une forte dose de proportionnelle, des pouvoirs législatifs et de contrôle accrus, le président de l’UDF souhaite que le mandat des députés prenne fin automatiquement dès l’élection du Président, y compris en cas de scrutin anticipé, subordonnant ainsi le mandat parlementaire au mandat présidentiel.

      La VIe République de Ségolène Royal repose sur « quatre piliers » : « Une démocratie parlementaire revivifiée qui va mettre fin au cumul des mandats » ; « une démocratie sociale » avec un « dialogue social » modernisé ; « la démocratie participative » ; la « démocratie territoriale », enfin, avec une « clarification » des compétences de chaque collectivité pour mettre « fin aux superpositions, aux doublons, à toutes les formes de gaspillage ». Ce projet ne remet toutefois pas en cause la concentration des pouvoirs au profit du chef de l’État.
      Interrogée sur ce point, la candidate socialiste a indiqué, lors d’un entretien au Monde (5 mars), que les prérogatives du Président ne seraient pas entamées sous son quinquennat, promettant d’« exercer pleinement le pouvoir » que lui donnent les institutions tout en résistant à la « tentation monarchique à laquelle la République a trop souvent cédé ».

      Dès lors, peut-on vraiment parler de VIe République ? Faute de remettre en cause le principe de l’élection du président de la République au suffrage universel direct, clef de voûte de la Constitution de 1958, faute aussi de contester au chef de l’État le droit de dissolution qui place l’Assemblée nationale en état d’infériorité, Ségolène Royal et François Bayrou ne proposent qu’un « simulacre » de réforme puisque « l’architecture de la Ve République est intacte, sacralisée, intouchable », comme le note Alain Duhamel (Libération, 28 mars). Ce qui ne signifie pas que leurs projets soient équivalents : « La VIe République de M. Bayrou, c’est... la Ve République "en pire". [...] La VIe République de Mme Royal, c’est... la Ve République "en moins pire" », nuance Bastien François, dans une tribune publiée dans le Monde (30 mars).

      Pour ce professeur de science politique, cofondateur de la Convention pour la VIe République, « l’élection présidentielle bride toutes les initiatives de modernisation démocratique de nos institutions chez ceux qui ont quelque chance d’accéder à la présidence ». À l’heure où le déficit démocratique de la construction européenne nécessiterait de refonder nos institutions nationales mais aussi européennes, ce constat confirme, s’il en était besoin, l’inanité de cette compétition électorale.

      Notes

      [1] La République moderne, Pierre Mendès France, 1962, cité par Paul Alliès, in le Grand Renoncement, Textuel, 2006.

      [2] Jean-Luc Mélenchon rappelle cet épisode dans Quelle VIe République ? (Le Temps des cerises, 170 p., 12 euros), un ouvrage collectif qui rassemble des contributions de François Hollande, Nicole Borvo, Christian Picquet, Arlette Laguiller, Anicet Le Pors, José Bové, George Séguy, Roland Weyl et Roger Bordier.

  • Les canons de Girodias – à propos de #19h59 de David Dufresne - AOC media - Analyse Opinion Critique
    http://www.davduf.net/les-canons-de-girodias-a-propos-de-19h59-de-david

    Avec ce 19h59 qui tombe à pic, David Dufresne signe une politique-fiction pleine de justesse qui nous invite à interroger la généalogie d’un genre littéraire qui obéit à des règles strictes et fut façonné par l’éditeur Maurice Girodias. 19h59

    / Une

  • FranceTVInfos, Interview | David Dufresne « rattrapé par le réel » avec « #19h59 »
    http://www.davduf.net/interview-david-dufresne-rattrape-par-le-reel

    Long entretien #19h59. On a parlé des médias, de l’extrême droite, du Donbass, de Bolloré, de Gramsci et même de Pierre Naville, le plus grand des Surréalistes et de son slogan qui fait une vie : « il faut organiser le pessimisme » « Pour son second roman, l’écrivain et documentariste David Dufresne ausculte une nouvelle fois le réel par le biais de la fiction. Et imagine une fable pour alerter sur les enjeux de la bataille culturelle qui se joue actuellement à la jonction des mondes politique et (...) 19h59

    / Une, #Revue_de_presse

  • Présidentielle 74 : leçons d’une « candidature des luttes » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/310322/presidentielle-74-lecons-d-une-candidature-des-luttes

    En 1974, des militants veulent voir Charles Piaget, le syndicaliste emblématique de Lip, se présenter à la présidentielle. D’autres critiquent cette possible aventure électorale. Autour de cet épisode, c’est toute la question du « débouché politique » des luttes sociales qui est posée. Une enquête de la « Revue du crieur » dont le nouveau numéro est publié jeudi 31 mars.

    #Politique #Elections #Mouvement_ouvrier #1974 #Charles_Piaget

  • Un dossier du média en ligne Orient XXIO, 60 ans après les accords d’Evian (18 mars 1962), qui sera alimenté au fur et à mesure des semaines.

    https://orientxxi.info/dossiers-et-series/france-algerie-deux-siecles-d-histoire,5445

    France-Algérie, deux siècles d’histoire

    L’année 2022 marque les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie. Deux générations se sont succédé et pourtant, ce qui s’est joué pendant cette période coloniale n’en finit pas de façonner la société et la scène politique française, comme en témoignent certaines initiatives prises par le président Emmanuel Macron et les débats qu’elles ont suscitées des deux côtés de la Méditerranée. La prédominance des thématiques relatives à l’islam et à l’immigration, la mobilisation du gouvernement contre la « décolonisation des savoirs » en disent long aussi sur la pérennité d’un imaginaire hérité de la colonisation en général, et de celle de l’Algérie en particulier.

    Trop souvent, la colonisation française en Algérie est réduite à « la guerre d’Algérie » (1954-1962), reléguant au second plan deux siècles d’histoire, tout ce qui a eu lieu depuis la conquête de 1830. C’est le retour le plus vaste possible, faute d’être le plus exhaustif, sur la période allant de 1830 à 1962 que souhaite présenter Orient XXI à travers ce dossier sur l’Algérie, lancé à l’occasion du 60e anniversaire des accords d’Évian, et qui sera nourri au fil des mois qui viennent.

    Dans le souci d’avoir un large éventail de contributeurs et de contributrices qui traitent des multiples facettes de cette période, nous faisons appel à des historiens de France, d’Algérie et d’ailleurs, qui remettront en lumière des aspects parfois méconnus de cette histoire coloniale, et tisseront des liens que l’on ne soupçonne pas toujours entre la lutte du peuple algérien et celles d’autres populations à travers la planète.

    Il s’agit également de l’histoire de la France, de ses institutions républicaines, de sa police et de son rapport au fait religieux musulman, qu’il convient d’approcher pour mieux comprendre ce qui s’est joué pendant les 132 ans de colonisation, en Algérie comme en France, et qui continue à peser dans la vie politique et intellectuelle.

    #guerre_d_Algérie #colonisation #France #Algérie #indépendances #1962

  • Le sentier de l’espoir

    « Comment oublier les anti-fascistes (y compris le futur Président de la République italienne Sandro Pertini) ou des Juifs comme #Robert_Baruch qui en #1939 dessine et envoie à sa communauté de Merano la carte ci-jointe (qui représente avec exactitude le chemin) dans la tentative d’offrir une issue aux lois raciales »


    http://www.ecodellariviera.it/le-sentier-de-lespoir

    #cartographie #contre-cartographie #Vintimille #frontière_sud-alpine #migrations #frontières #mobile_infrastructure_of_solidarity #solidarité #histoire #visualisation #croquis #Italie #France #col_de_la_mort #passo_della_morte

  • « #19h59 » : le nouveau roman à l’actualité grinçante de David Dufresne
    http://www.davduf.net/19h59-le-nouveau-roman-a-l-actualite-grincante-de

    Lu sur Livre Hebdo | Avec ce second roman, l’auteur de « Dernière sommation » mêle une fois de plus réalité et fiction pour nous plonger au cœur d’une histoire à l’actualité brûlante. Le livre est à paraître le 9 mars chez Grasset. « Avec la fiction, il n’y a plus de off qui tienne, je peux tout mettre ». Fort de cette explication qu’il avait donnée à Libération en 2019 lors de la sortie de son premier roman, David Dufresne revient le 9 mars avec une fiction à paraître chez Grasset. D’une résonnance (...) 19h59

    / Une

  • Etiopia, i conti col passato: la strage di Addis Abeba del 1937

    Sono passati 85 anni ma gli eccidi compiuti dagli invasori italiani - quello di Addis Abeba e quello successivo di Debre Libanòs, ai danni di centinaia di monaci cristiano-copti -, sembrano non avere lasciato traccia nella memoria comune italiana, come del resto tutto il nostro passato coloniale. In Etiopia, invece, il 19 febbraio rappresenta il momento del ricordo di una tragedia collettiva

    È il 19 febbraio del 1937, nel calendario etiopico il 12 Yekatit 1929. Addis Abeba è in festa per celebrare davanti al Ghebì imperiale la nascita di Vittorio Emanuele, il figlio del re, del nuovo imperatore d’Etiopia. Otto granate esplodono alle spalle del viceré, il temutissimo Rodolfo Graziani, e provocano la morte di sette persone e circa cinquanta feriti. Sino al 21 febbraio la capitale etiopica sarà messa a ferro e fuoco, causando la morte e il ferimento di migliaia di civili.

    Quella strage, “Il massacro di Addis Abeba” come è stata definita dallo storico Ian Campbell nel suo testo dedicato all’analisi degli eventi avvenuti nel febbraio 1937, rappresenta solo l’inizio di una carneficina che coinvolgerà anche il monastero cristiano-copto di Debre Libanòs. Luogo mistico situato nella regione Oromo, a nord di Addis Abeba, divenne teatro di una storica “vergogna italiana” (per riprendere il sottotitolo del testo di Campbell).

    Paolo Borruso, nel suo testo Debre Libanòs 1937: il più grave crimine di guerra dell’Italia (edito da Laterza nel 2020), ricostruisce le inquietanti vicende che hanno contraddistinto una delle pagine più buie del colonialismo italiano. Il convento di Debre Libanòs era considerato il luogo di ospitalità di alcuni degli attivisti della resistenza etiopica che avevano partecipato all’attentato contro il viceré, anche se dalle ricostruzioni di Borruso emerge che gli attentatori si fossero solo ritirati brevemente presso il monastero.

    La strage, compiuta dalle truppe italiane guidate dal generale Pietro Maletti ai danni dei monaci, si consumò tra il 21 e il 29 maggio 1937, causando la morte di circa 450 monaci. Le spedizioni punitive elaborate dalla mente del generale Graziani (passato alla storia come il “macellaio del Fezzan”, per i metodi feroci utilizzati nella riconquista dell’area libica tra il 1929 e il 1930), sembra facessero parte di un piano ben dettagliato di violenza su vasta scala che aveva lo scopo di esibire la forza delle truppe coloniali italiane e costringere alla resa l’élite etiopica.

    Sono passati 85 anni ma, sia la strage di Addis Abeba, sia il massacro di Debre Libanòs, sembrano non avere lasciato traccia nella memoria comune italiana, come del resto tutto il nostro passato coloniale. Tralasciando le meritorie ricostruzioni storiche di Angelo Del Boca, la storiografia italiana ha poco sottolineato la gravità dei crimini commessi durante l’occupazione italiana dell’Etiopia.

    Nel 2006 alla Camera dei deputati fu presentato un progetto di legge recante il seguente titolo: Istituzione del «Giorno della memoria in ricordo delle vittime africane durante l’occupazione coloniale italiana». Nel preambolo della proposta di legge si riconosce l’importanza della strage e la si definisce come “giornata simbolo in memoria delle migliaia di civili africani etiopici, eritrei, libici e somali, morti nel corso delle conquiste coloniali”.

    In Etiopia, invece, il 19 febbraio rappresenta il momento di condivisione di una tragedia collettiva. Nel 1955 un obelisco è stato eretto nella capitale per commemorare questa “inutile strage” e da allora, anche durante il governo socialista del Derg, ogni presidente ha reso omaggio alle vittime del colonialismo italiano. Se ancora parzialmente restano sul terreno le vestigia dell’architettura italiana in Etiopia (uno fra tanti il quartiere Incis, oggi Kazanchis), nella nostra memoria non vi sono neppure le macerie.

    https://www.nigrizia.it/notizia/etiopia-i-conti-col-passato-la-strage-di-addis-abeba-del-1937

    #fascisme #Italie #colonialisme #massacre #massacre_d'Addis_Abeba #19_février_1937 #Debre_Libanòs #Ethiopie #Italie #Italie_coloniale #colonialisme #histoire #passé_colonial #Rodolfo_Graziani #Graziani #Pietro_Maletti #Maletti #macellaio_del_Fezzan #violence #Incis #Kazanchis

    –-

    ajouté à ce fil de discussion:
    #Addis_Ababa_massacre memorial service – in pictures
    https://seenthis.net/messages/671162
    et à la métaliste sur le colonialisme italien:
    https://seenthis.net/messages/871953

    • Debre Libanos 1937. Il più grave crimine di guerra dell’Italia

      Tra il 20 e il 29 maggio 1937 ebbe luogo, in Etiopia, il più grave eccidio di cristiani mai avvenuto nel continente africano: nel villaggio monastico di Debre Libanos, il più celebre e popolare santuario del cristianesimo etiopico, furono uccisi circa 2000 tra monaci e pellegrini, ritenuti ‘conniventi’ con l’attentato subito, il 19 febbraio, dal viceré Rodolfo Graziani. Fu un massacro pianificato e attuato con un’accurata strategia per causare il massimo numero di vittime, oltrepassando di gran lunga le logiche di un’operazione strettamente militare. Esso rappresentò l’apice di un’azione repressiva ad ampio raggio, tesa a stroncare la resistenza etiopica e a colpire, in particolare, il cuore della tradizione cristiana per il suo storico legame con il potere imperiale del negus. All’eccidio, attuato in luoghi isolati e lontani dalla vista, seguirono i danni collaterali, come il trafugamento di beni sacri, mai ritrovati, e le deportazioni di centinaia di ‘sopravvissuti’ in campi di concentramento o in località italiane, mentre la Chiesa etiopica subiva il totale asservimento al regime coloniale. L’accanimento con cui fu condotta l’esecuzione trovò terreno in una propaganda (sia politica che ‘religiosa’) che andò oltre l’esaltazione della conquista, fino al disprezzo che cominciò a circolare negli ambienti coloniali fascisti ed ecclesiastici nei confronti dei cristiani e del clero etiopici, con pesanti giudizi sulla loro fama di ‘eretici’, scismatici. Venne a mancare, insomma, un argine ad azioni che andarono oltre l’obiettivo della sottomissione, legittimate da una politica sempre più orientata in senso razzista. I responsabili di quel tragico evento non furono mai processati e non ne è rimasta traccia nella memoria storica italiana. A distanza di ottant’anni, la vicenda riappare con contorni precisi e inequivocabili che esigono di essere conosciuti in tutte le loro implicazioni storiche.

      https://www.laterza.it/scheda-libro/?isbn=9788858139639
      #crimes_de_guerre #livre

  • #1996 : Hold-up à #Moscou

    En 1996, #Boris_Eltsine, malade et détesté, brigue un second mandat à la présidence de la Fédération de #Russie. Face à lui, un candidat communiste, #Guennadi_Ziouganov, porté aux nues par les oubliés de la #transition_post-soviétique. Crédité en début de course d’à peine 3 % des intentions de vote, #Eltsine parvient pourtant contre toute attente à se faire réélire avec près de 54 % des voix. Comment a-t-il pu gagner cette bataille que tous pensaient perdue d’avance ?
    Pour l’emporter, Eltsine s’est engagé dans une #campagne impitoyable au #budget abyssal, dans laquelle le #Kremlin, les #médias, les #hommes_d'affaires russes et les puissances occidentales ont uni leurs forces pour que la Russie « ne retourne pas en URSS ». De #pactes incongrus en escroqueries à grande échelle, ici avouées sans ambages, ce film de Madeleine Leroyer scille entre film noir et tragi-comédie shakespearienne. Archives rares, animations et témoignages, notamment de Tatiana Diatchenko, fille et conseillère d’Eltsine, de l’ancien vice-Premier ministre Anatoli Tchoubaïs de l’oligarque déchu Sergueï Pougatchev ou encore de l’ancien président du FMI, Michel Camdessus, nous entraînent dans les coulisses ahurissantes d’un moment crucial qui a scellé le destin de la Russie et, par ricochet, celui du monde.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/64207_1
    #film #film_documentaire #documentaire
    #libéralisation #anti-communisme #campagne_électorale #Tatiana_Diatschenko #Mikhail_Fridman #Alpha_Bank #banques #privatisation #pillage #oligarques #oligarchie #Anatoli_Tchoubaïs #Bill_Clinton #Clinton #FMI #Guennadi_Ziouganov #Dick_Morris #Dick_Dresner #vote_ou_perd #prêts_contre_actions #obligations_d'Etat #corruption

  • Sur les traces de Rosa Luxemburg

    Textes et images : Falk Weiß
    Traduction et voix : Nepthys Zwer

    #1 Une approche
    https://www.youtube.com/watch?v=Qrq93W7eeUs

    #2 Tiergarten/ Rue de Cuxhaven
    https://www.youtube.com/watch?v=hK8M8TmJjK4

    #3 - Kreuzberg / rue de Lützow
    https://www.youtube.com/watch?v=fODc7o_hZFw

    #4 Neukölln / rue Hermann
    https://www.youtube.com/watch?v=O5FszWzoplo

    #5 Friedenau / rue Wieland / rue Cranach
    https://www.youtube.com/watch?v=tUHenFIOZ6Y

    #6 Quartier Südende / chemin de Biberach
    https://www.youtube.com/watch?v=oqO6w-tZ0KQ

    #7 Centre / rue Barnim – prison des femmes
    https://www.youtube.com/watch?v=2iN_BQaLbV8

    #8 Neukölln / rue Weise
    https://www.youtube.com/watch?v=bBdJNdyPVHw

    #9 Wilmersdorf / rue de Mannheim
    https://www.youtube.com/watch?v=akbqWBtkCdI

    #10 Charlottenburg / hôtel Eden
    https://www.youtube.com/watch?v=7skCXBjBx0E

    #Berlin #Mitte #Friedrichshain #Friedenau #Tiergarten #Wilmersdorf
    #histoire #communisme #révolution #1919

    @nepthys

    • Schön, lieber Klaus !

      Un ami de France m’écrit ce que lui inspire cette quête :
      "Je connais trop peu son œuvre par ailleurs, elle a pour moi le même statut un peu iconique de martyr de la lutte sociale que Jean Jaurès en France, morts pour avoir tenté de faire passer cette lutte avant les passions nationalistes et identitaires. Tout comme Jean Jaurès est surtout connu ici pour avoir été assassiné à la veille de la guerre en tentant de l’empêcher, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht le sont comme leaders d’une Révolution Spartakiste écrasée dans le sang par les Freikorps, les pendants et quelque part les précurseurs des anciens combattants fascistes qui porteront Mussolini au pouvoir en Italie quelques années plus tard et inspireront les milices nazies ensuite, et se présentaient comme les garants d’un ordre social et d’un idéal nationaliste contre des rouges niveleurs et internationalistes. Ce combat se poursuit aujourd’hui sous d’autres formes, en apparence moins violentes, et avec d’autres acteurs, mais le retour de l’extrême-droite pour le contrôle de masses populaires laissées en déshérence est patent des deux côtés de l’Atlantique."

    • Quelques textes de R.L. disponibles sur la toile (source: Wikipedia):

      R.L. bei project gutenberg
      https://www.gutenberg.org/ebooks/author/32368
      English : The Accumulation of Capital, les autres textes étan en allemand
      https://www.projekt-gutenberg.org/autoren/namen/luxembur.html

      Schriften von R.R. bei archive.org
      https://archive.org/search.php?query=creator%3A%22Luxemburg%2C+Rosa%2C+1871-1919%22&and%5B%5D=l

      Gesammelte Werke, 1923, 515 Seiten
      https://archive.org/details/gesammeltewerke00luxeuoft

      Die Akkumulation des Kapitals, Ein Beitrag
      zur ökonomischen Erklärung des Imperialismus, Berlin 1913.
      http://mlwerke.de/lu/lu05/lu05_005.htm

      Die Krise der Sozialdemokratie, 1916
      https://archive.org/details/DieKriseDerSozialdemokratie

      Die russische Revolution : eine kritische Würdigung, Berlin 1922
      https://archive.org/details/bub_gb_zBfUAAAAMAAJ/page/n1/mode/2up

      Marxists’ Internet Archive, Rosa Luxemburg
      https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/index.htm

      Nov/Dez 1893 - Der englische Bergarbeiterstreik 1893

      Feb 1894 - Wie entstand die Maifeier?

      Jan 1895 - Der erste Kongreß der deutschen Bergarbeiter

      Okt 1897 - Der Sozialismus in Polen

      30. Sep 1898 - Possibilismus und Opportunismus

      3./8. Okt 1898 - Reden auf dem Stuttgarter Parteitag der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands

      1899 - Sozialreform oder Revolution?

      20./26. Feb 1899 - Miliz und Militarismus

      6. Jul 1899 - Eine taktische Frage

      22. Jul 1899 - Hohle Nüsse

      Sep 1899 - Kautskys Buch wider Bernstein

      22. Sep 1899 - Unser leitendes Parteiorgan

      9./14. Okt 1899 - Reden auf dem Parteitag der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands zu Hannover

      1900 - Zur Verteidigung der Nationalität

      29. Mär 1900 - Um die Beute

      12./19. Sep 1900 - Die „deutsche Wissenschaft“ hinter den Arbeitern

      1901 - Die sozialistische Krise in Frankreich

      1901 - Der Parteitag und der Hamburger Gewerkschaftsstreit

      Apr 1902 - Das belgische Experiment

      13. Jul 1902 - Vor Ludwigshafen

      Aug 1902 - Zur Frage des Terrorismus in Rußland

      19. Sep 1902 - Der Achtstundentag auf dem Parteitag -

      14. März 1903 - Karl Marx

      Herbst 1903 - Im Rate der Gelehrten

      Herbst 1903 - Geknickte Hoffnungen

      1904 - Organisationsfragen der russischen Sozialdemokratie

      Feb 1904 - Krieg

      5./6. Dez 1904 - Sozialdemokratie und Parlamentarismus

      1905 - Kirche und Sozialismus

      8. Jan 1905 - Aus dem literarischen Nachlaß von Karl Marx

      1. Feb 1905 - Nach dem ersten Akt

      8. Feb 1905 - Das Problem der „hundert Völker“

      8. Feb 1905 - Die Revolution in Russland

      8. Feb 1905 - Terror

      29. April 1905 - Im Feuerscheine der Revolution

      30. Mai 1905 - Die Debatten in Köln

      17./23. Sep 1905 - Reden auf dem Jenaer Parteitag der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands im Jahre 1905

      16. Nov 1905. - Die Russische Revolution 1905

      19. Nov 1905. - Eine maßlose Provokation

      29. Nov 1905. - Die Lösung der Frage

      15. Sep 1906 - Massenstreik, Partei und Gewerkschaften

      23./29. Sep 1906 - Reden auf dem Mannheimer Parteitag
      der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands im Jahre 1906

      24. Okt 1906 - Die zwei Methoden der Gewerkschaftspolitik

      1909–10 - Einführung in die Nationalökonomie

      14. März 1910 - Wie weiter? -

      1910 - Ermattung oder Kampf? -

      Juni 1910 - Die Theorie und die Praxis

      1. Okt 1910 - Der politische Massenstreik und die Gewerkschaften (Rede)

      6./8. Mai 1911 - Friedensutopien

      Aug 1911 - Marokko

      19. Aug 1911 - Kleinbürgerliche oder proletarische Weltpolitik?

      12. Mai 1912 - Frauenwahlrecht und Klassenkampf

      1913 - Die Akkumulation des Kapitals

      14. März 1913 - Karl Marx

      27. Mai 1913 - Die weltpolitische Lage

      Anfang Juni 1913 - Lassalles Erbschaft

      Sep 1913 - Das Offiziösentum der Theorie

      Okt 1913 - Nach dem Jenaer Parteitag

      6. Jan 1914 - Die Bilanz von Zabern

      27. Jan 1914 - Die alte Programmforderung

      3. Feb 1914 - Noch eine Lehre von Zabern

      20. Feb 1914 - Verteidigungsrede vor der Frankfurter Strafkammer

      7. März 1914 - Diskussionsbeitrag am 7. März 1914 in der Protestversammlung gegen die Verurteilung Rosa Luxemburgs in Freiburg im Breisgau

      2. Apr 1914 - Die andere Seite der Medaille

      5. Mai 1914 - „Nicht zuständig“

      29. Sep 1914 - Zweierlei Maß

      27. Nov 1914 - Keine Überraschung

      Dez 1914 - Für die internationale Solidarität!

      4. Dez 1914 - Parteidisziplin

      15. Apr 1915 - Der Wiederaufbau der Internationale

      Mitte 1915 - Perspektiven und Projekte

      Ende 1915 - Entwurf zu den „Junius“-Thesen1916 - Die Krise der Sozialdemokratie („Junius“-Broschüre)

      Frühjahr 1916 - Die Politik der sozialdemokratischen Minderheit

      März 1916 - Resolution über die Aufgaben sozialdemokratischer Abgeordneter für die Beendigung des Krieges

      Apr 1916 - Die Lehre des 24. März

      Mai 1916 - Hundepolitik

      Jun 1916 - Was ist mit Liebknecht?

      7. Jul 1916 - Postkarte an Sonja Liebknecht

      20. Sep 1916 - Liebknecht

      Okt 1916 - Wofür kämpfte Liebknecht, und weshalb wurde er zu Zuchthaus verurteilt?

      Dez 1916 - Friede und Schiedsverträge

      6. Jan 1917 - Offene Briefe an Gesinnungsfreunde

      Apr 1917 - Die Revolution in Rußland

      Apr 1917 - Wilsons Sozialismus

      25. Mai 1917 - Rückblick auf die Gothaer Konferenz

      Aug 1917 - Brennende ZeitfragenDez 1917 - Brief aus dem Gefängnis

      1918 - Zur russischen Revolution

      20. Nov 1918 - Die Nationalversammlung

      29. Nov 1918 - Parteitag der Unabhängigen SP

      14. Dez 1918 - Was will der Spartakusbund?

      15. Dez 1918 - Außerordentliche Verbandsgeneralversammlung der USPD von Groß-Berlin

      17. Dez 1918 - Nationalversammlung oder Räteregierung?

      31. Dez 1918 - Unser Programm und die politische Situation

      7. Jan 1919 - Was machen die Führer?

      8. Jan 1919 - Versäumte Pflichten

      11. Jan 1919 - Das Versagen der Führer

      13. Jan 1919 - Kartenhäuser

      14. Jan 1919 - Die Ordnung herrscht in Berlin

    • Rosa Luxemburg: Kirche und Sozialismus (1905)
      https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1905/xx/kirche.htm

      Wie die Kapitalisten den Körper des Volkes in das Gefängnis der Not und Unfreiheit sperrten, so sperrte der Klerus den Kapitalisten zu Hilfe und um der eigenen Herrschaft willen den Geist des Volkes ein, weil er fürchtete, ein aufgeklärtes, vernünftiges Volk, das Welt und Natur mit durch die Wissenschaft geöffneten Augen betrachtet, würde die Herrschaft der Priester abwerten und sie nicht mehr als höchste Macht und Quelle aller Gnade auf Erden ansehen. Indem er also die ursprünglichen Lehren des Christentums, die gerade das irdische Glück der Geringsten erstrebten, abändert und verfälscht, redet der heutige Klerus dem Volk ein, es leide Not und Erniedrigung nicht auf Grund der schändlichen gesellschaftlichen Verhältnisse, sondern auf Befehl des Himmels, durch Fügung der Vorsehung. Und dadurch eben tötet die Kirche im arbeitenden Menschen den Geist, tötet in ihm die Hoffnung und den Willen nach besserer Zukunft, tötet in ihm den Glauben an sich selbst und seine Kraft, die Achtung vor der eigenen menschlichen Würde. Die heutigen Priester halten sich mit ihren falschen und den Geist vergiftenden Lehren dank der Dumpfheit und Erniedrigung des Volkes und wollen diese Dumpfheit und Erniedrigung für ewige Zeiten bewahren.

      Es gibt dafür unschlagbare Beweise. In den Ländern, wo der katholische Klerus allmächtig über das Denken des Volkes herrscht wie in Spanien und Italien, dort herrschen auch größte Dumpfheit und – größtes Verbrechen. Nehmen wir beispielsweise zwei Länder in Deutschland zum Vergleich: Bayern und Sachsen. Bayern ist hauptsächlich ein Bauernland, wo der katholische Klerus noch großen Einfluß auf das Volk hat. Sachsen ist dagegen ein hochindustrialisiertes Land, wo die Sozialdemokratie schon seit langen Jahren Einfluß auf die arbeitende Bevölkerung hat. In Sachsen sind zum Beispiel in fast allen Wahlkreisen Sozialdemokraten in den Reichstag gewählt worden, wodurch dieses Land bei der Bourgeoisie verhaßt und als „rot“, sozialdemokratisch, verschrien ist. Und was ergibt sich? Amtliche Berechnungen zeigen, daß, wenn man die Zahl der im Laufe eines Jahres im klerikalen Bayern und im „roten“ Sachsen begangenen Verbrechen vergleicht (im Jahre 1898), auf 100.000 Personen bei schwerem Diebstahl in Bayern 204, in Sachsen 185 Fälle kommen, bei Körperverletzungen in Bayern 296, in Sachsen 72, bei Meineid in Bayern 4, in Sachsen 1. Ebenso, wenn man die Zahl der Verbrechen im Posenschen betrachtet, so gab es im selben Jahr auf 100.000 Menschen 232 Körperverletzungen, in Berlin 172. Und in Rom, dem Sitz des Papstes, wurden im vorletzten Jahr des Bestehens des Kirchenstaates, d.h. der weltlichen Macht des Papstes im Jahre 1869, in einem Monat 279 Menschen wegen Mordes, 728 wegen Körperverletzung, 297 wegen Raubes und 21 wegen Brandstiftung verurteilt! Das waren die Früchte einer ausschließlichen Herrschaft der Geistlichkeit über das Denken der armen Bevölkerung.

      Das heißt natürlich nicht, daß die Geistlichkeit zum Verbrechen ermuntert, im Gegenteil, mit den Lippen reden die Priester viel gegen Diebstahl, Raub und Trunksucht. Aber bekanntlich stehlen, schlagen und trinken die Menschen nicht aus Eigensinn oder Neigung, sondern aus zwei Gründen: aus Not und Dumpfheit. Wer also das Volk in Not und Dumpfheit hält, wie es die Geistlichkeit tut, wer im Volk den Willen und die Energie zu einem Ausweg aus Not und Dumpfheit tötet, wer auf jede Weise diejenigen behindert, die das Volk bilden und aus der Not emporheben wollen, der ist ebenso verantwortlich für die Verbreitung von Verbrechen und Trunksucht, als ob er dazu ermuntern würde.

  • Histoire de
    par Patrick Boucheron
    dimanche 30 janvier 2022

    Un trou de mémoire à Jérusalem
    https://www.franceinter.fr/emissions/histoire-de/histoire-de-du-dimanche-30-janvier-2022

    Au pied du mur. Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem . C’est le titre du livre de Vincent Lemire qui établit contre la thèse officielle, que la destruction du quartier maghrébin, a été programmée et planifiée par les Israéliens dans la nuit du 10 au 11 juin 1967.


    Vincent Lemire, Au pied du mur. Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem (1187-1967), Seuil, 2022.
    #Jerusalem #1967

  • En 1918, l’Autriche prise de fièvre sociale : « Vive les conseils ouvriers ! » (1) - Partage Noir
    #Autriche #Conseils_Ouvriers #1918
    https://partage-noir.fr/en-1918-l-autriche-prise-de-fievre-sociale-vive-les-conseils
    La première partie de l’article de Roland Briard sur les Conseils Ouvriers autrichiens de 1918 est extrait du n°26 d’Agora (avril-mai 1985).

  • Epilogue sur le mouvement anti-mondialisation - Marseille Infos Autonomes
    https://mars-infos.org/epilogue-sur-le-mouvement-anti-6096

    Traduction d’un texte du collectif CrimeThinc qui analyse 22 ans après le blocage de l’OMC à Seattle ce que le mouvement qui a débuté à ce moment là peut nous apprendre aujourd’hui.

    Il y a 22 ans aujourd’hui, des anarchistes et d’autres manifestants ont réussi à bloquer et à fermer le sommet de l’Organisation mondiale du commerce à Seattle. C’était le début spectaculaire de ce que les journalistes ont appelé le « mouvement antimondialisation » - en fait, un mouvement mondial contre le capitalisme néolibéral. Au cours des dernières années, nous avons célébré les vingt ans de plusieurs des moments forts de ce mouvement. Aujourd’hui, nous réfléchissons à ses origines et à ce qu’il peut enseigner aux mouvements contemporains.

    • À Seattle, le 30 novembre 1999, les manifestants ont dû faire face à quelque 400 policiers ; en 2017, les manifestants ont dû affronter plus de 28 000 agents de sécurité lors de l’investiture de Donald Trump à Washington, DC, ou 31 000 lors des manifestations du G20 à Hambourg.

    • Il est important de souligner que pratiquement toutes ces expériences étaient fondamentalement joyeuses, positives et créatives. Reclaim the Streets organisait des fêtes de rue - oui, ils détruisaient les rues avec des marteaux-piqueurs, mais la police ne pouvait ni les voir ni les entendre car les marteaux-piqueurs étaient dissimulés sous les jupes des échassiers et noyés dans la musique techno. Chaque manifestation met en scène des marionnettes géantes et se termine par un concert punk ou une rave party. Les actions d’art performance prolifèrent, de même que les farces comme celles organisées par les Yes Men, qui créent de faux sites web pour les organisations commerciales mondiales et envoient ensuite des porte-parole se faisant passer pour leurs représentants, infligeant des burlesques farces à quiconque prend les faux sites web pour les pages officielles de ces institutions.

      Cette approche joyeuse et créative de la résistance est quelque chose que nous avons perdu, même si les confrontations se sont intensifiées dans le monde entier au cours des 20 dernières années.

    • La police était extrêmement inférieure en nombre lors des manifestations de l’OMC à Seattle. Sinon, les tactiques passives employées par les manifestants majoritairement « non violents » n’auraient pas suffi à les submerger. Au fur et à mesure que la police s’est intensifiée et militarisée au cours des années suivantes, les militants ont dû recourir à des tactiques plus conflictuelles, ainsi qu’à une spontanéité et une décentralisation croissantes, afin de déjouer la police.

    • L’une des principales fonctions de la police est de nous entraîner dans des querelles privées avec les autorités, nous enfermant dans le genre de bataille étroite qu’ils peuvent gagner, afin de nous distraire du reste du terrain social, y compris de tous ceux qui pourraient encore nous rejoindre mais qui restent sur la touche pour le moment.

    • En fin de compte, ce n’est ni l’escalade du maintien de l’ordre, ni notre réduction des effectifs qui ont sonné le glas du mouvement. Le mouvement altermondialiste s’est plutôt retrouvé dans une impasse après les attentats du 11 septembre 2001, lorsque les gouvernements auxquels nous nous opposions ont pu substituer un récit sur le terrorisme, la guerre et la violence ethnique à nos propositions de changement social. Ce changement de discours a été fatal non seulement parce qu’il a distrait ou intimidé ceux qui auraient pu rejoindre le mouvement, mais aussi parce qu’il a permis aux groupes autoritaires qui avaient été mis sur la touche par le mouvement de reprendre l’initiative et d’occuper l’espace de la protestation.

      Le mouvement anti-guerre, qui a suivi immédiatement le mouvement dit anti-mondialisation de la même manière que la réaction suit la révolution, fournit un contrepoint utile concernant ses forces. Dès le début de l’organisation, les organisateurs de partis marxistes traditionnels se sont assurés de tenir les rênes - et le brouillard du discours « anti-guerre » s’est avéré plus propice à leurs ambitions que l’opposition la plus confuse aux institutions financières mondiales. Immédiatement après les attaques du 11 septembre, les membres du Workers World Party ont organisé la coalition ANSWER comme groupe de façade pour leurs ambitions ; six mois plus tard, en mars 2002, les membres du Revolutionary Communist Party ont créé la coalition Not in Our Name. Ces deux dinosaures ont dominé l’organisation des manifestations pendant les années qui ont suivi.

      En conséquence, un nombre beaucoup plus important de personnes ont afflué dans les rues - le 15 février 2003 a connu l’une des plus grandes affluences de tous les temps - sans que les mobilisations énergiques qui ont eu lieu contre la mondialisation capitaliste n’aient eu le moindre impact.

    • Des politiciens comme Donald Trump ont réussi non pas en promettant aux gens un meilleur niveau de vie, mais en promettant à leurs électeurs que la violence inhérente à la société capitaliste sera principalement dirigée contre les autres.

      En réponse, nous pourrions prendre du recul par rapport aux confrontations immédiates - qui vont certainement persister et s’intensifier, que cela nous plaise ou non - pour nous demander ce dont les gens ont désespérément besoin aujourd’hui et réfléchir à la manière dont nous pourrions nous organiser à la base pour fournir ces choses comme point de départ de luttes qui peuvent finalement remplacer le pouvoir de l’État par une nouvelle base pour nos relations. Il ne s’agit pas seulement de nourriture et d’abris - que les groupes d’entraide se sont admirablement mobilisés pour fournir et défendre pendant la pandémie - ni d’assurer notre survie face à des catastrophes écologiques de plus en plus répandues. Il s’agit aussi de créer des liens significatifs entre les personnes, de canaliser la créativité hors des espaces virtuels où elle sert les plateformes des entreprises, d’inventer de nouvelles formes de joie et de convivialité. Tels devraient être nos points de départ à l’approche de la prochaine phase de notre lutte contre le capitalisme et la destruction industrielle de la biosphère.

  • Israel’s ’most moral army in the world’ can’t keep running away from its past
    Haaretz Editorial | Dec. 12, 2021 |

    https://www.haaretz.com/opinion/editorial/israel-s-most-moral-army-in-the-world-can-t-keep-running-away-from-its-past

    Soldiers of the Israeli army committed war crimes during the War of Independence, chief among them were massacres in Palestinian villages that were captured in the decisive battles in the lowland plain between the coast and Jerusalem, in the Galilee and in the Negev.

    People who were alive then described mass murders of Palestinian civilians by the troops who conquered their villages; execution squads; dozens of people being herded into a building that was then blown up; children’s skulls smashed with sticks; brutal rapes and villagers who were ordered to dig pits in which they were then shot to death.

    The massacres – the best-known of them in Deir Yassin, near Jerusalem, and the lesser-known ones in Al-Dawayima, Hula, Reineh, Salha, Meron, Al-Burj, Majd al-Krum, and Safsaf – are part of the Israel Defense Forces’ combat heritage and part of Israel’s history, no less than the heroic battles at the Mitla Pass, Ammunition Hill and the Chinese Farm, which were fought by regular armies.

    But Al-Dawayima isn’t taught in the public schools, and the cadets at the army’s officers’ training schools don’t take field trips to see the remains of the village on which Moshav Amatzia was established. They don’t read testimonies from the survivors of the massacre and they and don’t discuss the moral dilemmas of combat in a civilian environment – even though today, as in 1948, much of the military’s operations are directed at unarmed Palestinians.

    This silence is not coincidental, and it is dictated from above. The massacres were known at the time, discussed by the political leadership and investigated to some extent. One officer was even tried for the murder of civilians, convicted, given a ludicrously light punishment and eventually received an important public appointment. But official Israel has been fleeing from the story ever since, making every effort to prevent the crimes’ disclosure and to purge the archives of all remaining evidence.

    The historian Adam Raz was the first to disclose (Haaretz, December 10) the content of discussions in cabinet meetings devoted to “the army’s behavior in the Galilee and the Negev” in its major operations in October 1948. A few cabinet members expressed genuine shock and demanded punishment of those responsible. Prime Minister and Defense Minister David Ben-Gurion described the actions as “shocking,” but in practice he covered for the army and prevented a genuine investigation. In so doing, he laid the foundations for the culture of support and cover-up still prevalent in the IDF (and the Israel Police) regarding brutality against Palestinian and Lebanese civilians.

    A 73-year-old state has no need to run away from its past or cover it in the false blanket of “purity of arms” and “the most moral army in the world.” It is time to acknowledge the truth, and first to publish the report by the first attorney general, Yaakov-Shimshon Shapira, on the massacres of the dark autumn of 1948; to restore the redacted text to the minutes of the cabinet meeting in which Shapira presented his findings and to hold a penetrating public discussion of their implications today.

    https://seenthis.net/messages/939425

    Classified docs reveal massacres of Palestinians in ’48 – and what Israeli leaders knew
    Adam Raz | Dec. 9, 2021 | Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/.premium.HIGHLIGHT.MAGAZINE-classified-docs-reveal-deir-yassin-massacre-was

    Testimonies continue to pile up, documents are revealed, and gradually a broader picture emerges of the acts of murder committed by Israeli troops during the War of Independence. Minutes recorded during cabinet meetings in 1948 leave no room for doubt: Israel’s leaders knew in real time about the blood-drenched events that accompanied the conquest of the Arab villages

    The discussions were fraught with emotion. Cabinet minister Haim-Moshe Shapira said that all of Israel’s moral foundations had been undermined. Minister David Remez remarked that the deeds that had been done remove us from the category of Jews and from the category of human beings altogether. Other ministers were also appalled: Mordechai Bentov wondered what kind of Jews would be left in the country after the war; Aharon Zisling related that he had had a sleepless night – the criminals, he said, were striking at the soul of the whole government. Some ministers demanded that the testimonies be investigated and that those responsible be held to account. David Ben-Gurion was evasive. In the end, the ministers decided on an investigation. The result was the establishment of the “committee to examine cases of murder in [by] the army.”

    It was November 1948. Testimonies of massacres perpetrated by Israel Defense Forces soldiers against Arabs – targeting unarmed men as well as elderly folk and women and children – were piling up on the cabinet table. For years these discussions were concealed from the public by the military censors. Now, an investigative report by Haaretz and the Akevot Institute for Israeli-Palestinian Conflict Research for the first time makes public the sharp exchanges between the ministers on this subject and reveals testimonies about three previously unknown massacres, as well as new details about the killing in Hula, Lebanon, one of the most flagrant crimes of the war.

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    In October 1948, the IDF launched two large-scale operations: In the south, Operation Yoav, which opened a road to the Negev; and in the north, Operation Hiram. In the latter, within 30 hours, dozens of Arab villages in the north were overrun and tens of thousands of residents fled or were expelled from their homes. Within less than three days, the IDF had conquered the Galilee and also extended its reach into villages in southern Lebanon. The overwhelming majority of them took no part in the fighting. Most of the exchanges of fire were between the IDF and the Arab Salvation Army, consisting of volunteers from Arab countries.

    At the time of Israel’s campaign to conquer the Galilee, 120,000 Arabs remained in the area, half the number who had resided there on the eve of the United Nations’ adoption of the partition plan, in November 1947. The IDF’s rapid advance toward the northern border brought the soldiers into contact with the population that remained in the villages, among whom were elderly folk and women and children. The Palestinians’ fate was now in the hands of the Israeli forces. That was the background to the massacres that were perpetrated against civilians and against Arab soldiers who were taken captive. At the war’s end, some 30,000 Arabs remained in the north.

    The atrocities of the 1948 war are known from diverse historical documentation: soldiers’ letters, unpublished memoirs written in real time, minutes of meetings held by political parties, and from other sources. Reports about military and governmental investigations are for the most part classified, and the heavy hand of military censorship continues to obstruct academic research and investigative reporting. Still, the open sources provide a picture that is slowly becoming clearer. For example, testimonies about previously unknown massacres that took place in Reineh, at Meron and in Al-Burj, which are discussed below.

    Reineh killings

    The village of Reineh, near Nazareth, was conquered even before Operation Hiram, in July 1948. A few months later, Aharon Haim Cohen, from the department of the Histadrut labor federation that dealt with the Arab population, demanded that a representative of the parallel section in Mapam, a left-wing party that was part of the government, clarify the following: “Why were 14 Arabs murdered in the village of Reineh at the beginning of September, among them a Bedouin woman and also a member of the Land of Israel Workers Alliance, Yusuf al-Turki? They were seized next to the village, accused of smuggling, taken to the village and murdered.” Sheikh Taher al-Taveri, one of the leaders of the Palestinian community in the north, maintained that the Reineh massacre “is not the only one” and that these acts were “being carried out for the purpose of robbery.” The victim’s families claimed that those murdered had been carrying hundreds of liras, a very substantial amount.

    The village of Al-Burj (today Modi’in) was also conquered in July 1948, in Operation Dani. According to a document, whose author is unknown, that was found in the Yad Yaari Archive, four elderly men remained in the village after its capture: “Hajj Ibrahim, who helped out in the military kitchen, a sick elderly woman and another elderly man and [elderly] woman.” Eight days after the village was conquered, the soldiers sent Ibrahim off to pick vegetables in order to distance him from what was about to occur. “The three others were taken to an isolated house. Afterward an antitank shell (‘Fiat’) was fired. When the shell missed the target, six hand grenades were thrown into the house. They killed an elderly man and woman, and the elderly woman was put to death with a firearm. Afterward they torched the house and burned the three bodies. When Hajj Ibrahim returned with his guard, he was told that the three others had been sent to the hospital in Ramallah. Apparently he didn’t believe the story, and a few hours later he too was put to death, with four bullets.”

    According to the testimony of Shmuel Mikunis, a member of the Provisional State Council (predecessor to the Knesset) from the Communist Party, and reported here for the first time, atrocities were also perpetrated in the Meron region. Mikunis got around the censors in real time by asking the prime minister a parliamentary question, which ended up in the Knesset Archive. He demanded clarification from David Ben-Gurion about acts that Mikunis said had been done by members of the underground Irgun militia: “A. They annihilated with a machine gun 35 Arabs who had surrendered to that company with a white flag in their hands. B. They took as captives peaceful residents, among them women and children, ordered them to dig a pit, pushed them into it with long French bayonets and shot the unfortunates until they were all murdered. There was even a woman with an infant in her arms. C. Arab children of about 13-14 who were playing with grenades were all shot. D. A girl of about 19-20 was raped by men from Altalena [an Irgun unit]; afterward she was stabbed with a bayonet and a wooden stick was thrust into her body.”

    This is the place to emphasize that we have no additional testimony that reinforces the brutal descriptions of the events in Reineh, Al-Burj and Meron. This is not surprising, considering how much material remains locked away in the archives. With regard to Mikunis’ testimony, there are additional reasons to suspend healthy skepticism. In that same parliamentary question to Ben-Gurion, Mikunis provided a minutely detailed description of the massacre in the Lebanese village of Hula, and it turned out later, in court, that his sources were reliable. (There is no evidence of a response from the prime minister.)

    ‘Some still showed signs of life’

    The ministers appear to have been especially perturbed by the Hula massacre. The village was conquered by a company of the Carmeli Brigade, 22nd battalion, under the command of Shmuel Lahis. Hundreds of residents, a majority of Hula’s population, fled, but about 60 people remained in the village and surrendered without resistance. After the conquest, two massacres were perpetrated there, in two successive days. On the first day, October 31, 1948, 18 villagers were murdered, and on the following day the number of victims stood at 15.

    Lahis, the company commander, was the only combatant who was tried on murder charges in Operation Hiram. He was acquitted by reason of doubt in the first episode, but was convicted of the second day’s massacre, which he carried out himself. The Lahis verdict was later relegated to the law archive of Tel Aviv University, and a short excerpt from the ruling on his appeal is here published for the first time.

    Lahis ordered the removal “of those 15 Arabs from the house they were in and led them to an isolated house which was some distance from the village’s Muslim cemetery. When they got there, the appellant [Lahis] ordered the Arabs to be taken into one of the rooms and there he commanded them to stand in a line with their faces to the wall… The appellant then shot the Arabs with the Sten [gun] he held and emptied two clips on them. After the people fell, the appellant checked the bodies and observed whether there was life in them. Some of them still showed signs of life and the appellant then fired additional shots into them.”

    Lahis stated in his defense that he had operated in the spirit of the battalion commander, who told him that “there is no need to burden intelligence [personnel] with captives.” He explained that he felt a powerful need for revenge because of the death of his friends, even though his victims had not taken part in the fighting. He was sentenced to seven years in prison; on appeal the prison term was reduced to one year. He served it in quite comfortable conditions in a military base in the north.

    Over the years, the judges offered various explanations for the light sentence. Judge Gideon Eilat justified the sentence by noting that Lahis was the only person brought to trial, even though graver murders had been committed. Judge Chaim Dvorin said, “As a judge it was difficult for me to come to terms with a situation in which we are sitting behind a table and judging a person who behaved during battle as he behaved. Could he have known at the time who was innocent and who was an enemy?”

    Following his release, Lahis was pardoned by President Yitzhak Ben-Zvi. Three decades later he was appointed director general of the Jewish Agency. In that capacity he conceived the idea of Jerusalem Day, commemorating the re-unification of Jerusalem during the Six-Day War, which has since been marked annually.

    Deir Yassin

    Millions of documents from the state’s founding are stored in government archives, and banned from publication. On top of this there is active censorship. In recent years personnel of the Malmab unit (Hebrew acronym for “director of security of the defense establishment”) have been scouring archives around the country and removing evidence of war crimes, as an investigative report by Hagar Shezaf in Haaretz revealed in 2019. However, despite the efforts at concealment, the accounts of about massacres continue to accumulate.

    The groundwork was laid by the historian Benny Morris, who conducted comprehensive, pioneering research in archives, starting in the 1980s. To this was later added the work of another historian, Adel Manna, whose focus is oral history and who studied the history of the Arabs of Haifa and the Galilee. Manna described, among other events, the execution squad that massacred nine residents of Majd al-Krum (his own birthplace). Additional publications over the years, such as the testimonies reported here, are gradually filling in the missing pieces of the puzzle.

    Morris recorded 24 massacres during the 1948 war. Today it can be said that the number is higher, standing at several dozen cases. In some of them a few individuals were murdered, in others dozens, and there are also cases of more than a hundred victims. With the exception of the massacre in Deir Yassin, in April 1948, which has resonated widely over the years, this gloomy slice of history appears to have been repressed and pushed aside from the Israeli public discourse.

    Among the major massacres that took place during Operations Hiram and Yoav were the events in the villages of Saliha, Safsaf and Al-Dawayima. In Saliha (today Kibbutz Yiron), which lay close to the border with Lebanon, the 7th Brigade executed between 60 and 80 inhabitants using a method that was employed a number of times in the war: concentrating residents in a building in the village and then blowing up the structure with the people inside.

    In Safsaf (today Moshav Safsufa), near Safed, soldiers from the 7th Brigade massacred dozens of inhabitants. According to one testimony (subsequently reclassified by the Malmab unit), “Fifty-two men were caught, tied them to one another, dug a pit and shot them. Ten were still twitching. Women came, begged for mercy. Found bodies of 6 elderly men. There were 61 bodies. 3 cases of rape.”

    In the village of Al-Dawayima (today Moshav Amatzia), in the Lachish District, troops of the 8th Brigade massacred about 100 people. A soldier who witnessed the events described to Mapam officials what happened: “There was no battle and no resistance. The first conquerors killed 80 to 100 Arab men, women and children. The children were killed by smashing their skulls with sticks. There wasn’t a house without people killed in it.” According to an intelligence officer who was posted to the village two days later, the number of those killed stood at 120.

    An article published by an anonymous soldier in the journal Ner after the war indicates that the phenomenon of killing non-combatants was widespread in the IDF. The writer related how his comrades in the unit had murdered an elderly Arab woman who remained behind during the conquest of the village of Lubiya, in Lower Galilee: “This became a fashion. And when I complained to the battalion commander about what was going on, and asked him to put a stop to the rampage, which has no military justification, he shrugged his shoulders and said that ‘there is no order from above’ to prevent it. Since then the battalion just descended further down the slope. Its military achievements continued, but on the other hand the atrocities multiplied.”

    ‘This is a Jewish question’

    In November-December 1948, when the war pressure had abated somewhat, the government turned to discussing the reports of massacres, which reached ministers in different ways. A perusal of the minutes of these meetings leaves no room for doubt: The country’s top leaders knew in real time about the blood-drenched events that accompanied the conquest of the Arab villages.

    In fact, the minutes of cabinet meetings from this period were made available for public perusal as early as 1995. However, the sections of the discussions that were devoted to “the army’s behavior in the Galilee and the Negev” – the term on the cabinet’s agenda – remained redacted and censored until only a few days ago. The present report was made possible following a request to the state archivist made by the Akevot Institute.

    Even now, the transcripts are not available in full. It is evident that the direct mentions of war crimes remain redacted. However, the exchanges between the ministers about the question of whether to investigate the crimes or not – exchanges that were concealed for 73 years – are now available to researchers, journalists and curious citizens. Here, for example, is what the cabinet meeting of November 7, 1948, sounded like:

    Minister of Immigration and Health Haim-Moshe Shapira (Hapoel Hamizrahi): “To go that far is forbidden even in times of war. These matters have come up more than once in cabinet meetings, and the defense minister investigated and demanded, and orders were given. I believe that in order to create the impression that we take this matter very seriously, we must choose a committee of ministers who will travel to those places and see for themselves what happened. People who commit these acts must be punished. The matter was not a secret. My proposal is to choose a committee of three ministers who will address the gravity of the matter.”

    Interior Minister Yitzhak Gruenbaum (General Zionists): “I too intended to ask a question along these lines. I have learned that an order exists to cleanse the territory.” At this point Gruenbaum tells about an officer who transported residents in a bus to enemy lines, where they were expelled, and adds, “But apparently others lack the same intelligence and the same feeling. Apparently the order can be executed by other means.”

    At this point many lines are redacted.

    Labor Minister Mordechai Bentov (Mapam): “The people who did this claimed they had received orders in this spirit. It seems to me that we have not been as helpless about any issue as we are, apparently, about this issue. In my opinion this is not an Arab question, it is a Jewish question. The question is which Jews will remain in the country after the war. I see no way but to eradicate the evil with a strong hand. As we have not seen that strong hand in [army] headquarters or in the Defense Ministry, I support Mr. Shapira’s proposal for a committee to be chosen, which will be given the authority by the government to investigate every person it wishes. It’s necessary to investigate the chains of command, who received orders from whom, how things are being done without written orders. These things are done according to a particular method. It turns out that an order is one thing and procedure another.”

    Prime Minister and Defense Minister David Ben-Gurion (Mapai): “If they flee, there is no need to run after them. However, it is different with regard to residents who remain in their places and our armies chase them away. That can be prevented. There is no need to chase them away. In Lod and Ramle explicit orders were given not to chase away the inhabitants and it turned out that they were forced [to leave]. I wanted to go to Lod in the first days after the conquest, and I was given a few excuses as to why I shouldn’t go. The first time I accepted them naively. A more serious matter is that of the theft. The situation in that regard is horrible.”

    ‘Fools’ paradise’

    The November 7, 1948, meeting ended with a decision to appoint a committee of three ministers to examine the testimony about massacres. The committee consisted of Haim-Moshe Shapira, Bentov and Justice Minister Pinhas Rosenbluth (Rosen), from the Progressive Party. A week later they informed the cabinet that the meager powers they had been given did not enable them to get to the truth of the matter. Three more days passed, and the cabinet met again to discuss the investigation of the crimes.

    Bentov: “It is known to me that there are circles in the army who want to sabotage the government’s decisions.”

    Shapira: “We must find the best way to stop the plague. The situation in this matter is like a plague. Today the committee heard one witness, and I buried my face in my hands, in shame and disgrace. If this is the situation, I don’t know from which side a greater danger exists to the state – from the side of the Arabs or from our own side. In my opinion, all our moral foundations have been undermined and we need to look for ways to curb these instincts. We have reached this state of affairs because we did not know how to control things when this first started. My impression is that we are living in a fools’ paradise. If no shift occurs, then we are undermining the government’s moral basis with our own hands.”

    Agriculture Minister Aharon Zisling (Mapam): “I received a letter from a certain person about this matter. I have to tell you that I knew about the situation in this matter, and I placed the subject on this table more than once. After reading the letter I received, I couldn’t sleep the whole night. I felt that something was being done that was affecting my soul, the soul of my home and the soul of all of us here. I could not imagine where we had come from and where we are going. I know that this is not a chance thing but something that determines the nation’s standards of life. I know that this could have consequences in every area of our life. One transgression generates another, and this matter becomes people’s second nature.”

    Police Minister Bechor-Shalom Sheetrit (Sephardim and Oriental Communities): “Already in the first days of the People’s Administration [pre-May 1948 temporary legislative body], I demanded a stringent approach on this matter, and you didn’t listen to me. You are overwrought about their grave deeds. I put forward several proposals on this subject, and to this day not one of them has been accepted.”

    Transportation Minister David Remez (Mapai): “We have slid down a terrible slope – true, not the whole army, but if there are deeds like these and they are recurring in quite a few places, they are undoubtedly horrific to the point of despair.”

    Following the discussion, Ben-Gurion declared incisively: “Since the committee did not fulfill the role it was tasked with, it is hereby abolished.” To which Gruenbaum retorted, “We are burying the matter.” Minister Shapira, who had been the one to call for the committee in the first place, commented that he felt the earth give way beneath his feet.

    In fact, the ministers grasped very quickly that the prime minister had no interest in a through investigation of war crimes. He refused to grant the committee of three the authority to subpoena witnesses, and blamed its members’ laziness for its failure. Whereas some ministers demanded the establishment of a committee with teeth and urged that those responsible be brought to justice, Ben-Gurion pulled in a completely opposite direction. The meeting ended with the following decision: “The government assigns to the prime minister [responsibility for] investigating all of the claims made about the army’s behavior vis-a-vis Arabs in the Galilee and the south.”

    Two days after the meeting, on November 19, 1948, he appointed the attorney general, Yaakov-Shimshon Shapira, to investigate the events. The prime minister noted in the letter of appointment that the attorney general “is hereby requested to take it on himself to examine and investigate whether harm was inflicted by soldiers and the army on the life of Arab residents of the Galilee and the south, which was not in accordance with the accepted rules of war.”

    Two weeks later, the attorney general submitted his report to the prime minister. In the cabinet meeting of December 5, Ben-Gurion read out its main points, but this section of the minutes remains redacted. In the 1980s, historian Morris petitioned the High Court of Justice, requesting that the report be made available to him, but the petition was rejected. The Akevot Institute has been working for several years to have the report declassified.

    The report is mentioned only a few times in the academic literature – so few that some have questioned its very existence. The historian Yoav Gelber, the author of one of the most informative books about the War of Independence (“Independence Versus Nakbah: The Arab-Israeli War of 1948,” in Hebrew), wrote that he did not find “Shapira’s investigative report or any reference to it, or any other evidence to the effect that an investigation was conducted in the matter of the irregular actions that took place in the Galilee.” Nevertheless, the report does exist, and the minutes now made available show that the cabinet ministers were not at all pleased with its content or its recommendations.

    After reading out the main points of the report to the cabinet, Ben-Gurion said, “I do not accept everything he [Shapira] wrote, but I think he has done something important and has said things that others would not have dared say.” He then took the opportunity to criticize his fellow cabinet members. “Of course, it’s easy to sit here around this table and cast blame on a small number of people, on those who fought.”

    Haim-Moshe Shapira: “The attorney general has indeed presented a report from what he was told, but that is not his job. In my opinion, the only thing that it’s still possible to do, is to select on behalf of the government a public committee that will investigate the matter and go fully into its details. But if these deeds are covered up, the blame lies with the entire government if it does not being the offenders to justice.”

    Remez: “These deeds remove us from the category of Jews and from the category of human beings altogether. Precisely on these grave matters we have been silent to this day. We must find a way to put a stop to these deeds, but we must not silence our conscience by placing the whole gravity of the blame on boys who were dragged in the wake of deeds that were done earlier.”

    Bentov: “People get used to the fact of turning away and start to understand: there is no justice and no judge.”

    Code of silence

    Throughout the cabinet meetings, there were several mentions of a code of silence existing among soldiers about war crimes. Minister Shapira stated: “The fact is that the soldiers are afraid to testify. I asked one soldier whether he would be willing to appear before the committee. He asked me not to mention his name, to forget that he spoke with me and to consider him someone who doesn’t know a thing.”

    Ben-Gurion also addressed the difficulty of breaching the circle of silence: “In regard to the Galilee, a few things have been published. Not all the rumors fit the facts. Several things have been confirmed. What happened in Dawayima cannot be confirmed. There is a cover-up. The matter of the cover-up is extremely serious. I assigned someone to conduct a clarification about a certain matter, and an organized operation was mounted against him not to do the clarification. He was under great pressure.” Ben-Gurion asserted that it was impossible to ascertain the truth, not in the north and not in the south. He added that in the Negev, “deeds were done that are no less shocking than the deeds in the Galilee.”

    The code of silence helped those who wished to sweep the crimes under the carpet and avoid investigations and indictments. Indeed, Shmuel Lahis, the commander of the unit that perpetrated the Hula massacre, was among the few who were accused of murder in the War of Independence. Not even the Al-Dawayima massacre, which was investigated internally by the IDF, produced indictments.

    The intensity of the cover-up in the army comes through in a book by Yosef Shai-El, a soldier in Lahis’ company, who testified in the trial against his former commander. In his unpublished memoir from 2005, “The First Eighty Years of My Life,” Shai-El writes: ‘After the trial verdict was handed down, I went through hard times for a while. People would grab me in cafés and various places in the city and hit me. I made it a habit to go out with a pistol in my pocket. I’d found the pistol in an abandoned house in Acre long before. Everyone knew I was a sniper, and I enjoyed quiet for some time. The police informed my father that there was a plan to kidnap me from the house, and I hid in a friend’s home.”

    Even those who did not have the benefit of silence and a cover-up, and were tried for crimes committed in the war, were finally let off the hook. In February 1949 a retroactive general pardon was issued for any crimes committed during the war. The public at large appears not to have been disturbed by any of this. The events described above took place during the period when the military justice system was being created. This might explain why the military internalized an organizational culture that goes easy on the killing of Palestinians by soldiers during operations. The philosopher Martin Buber termed the frame of mind that dominated Jewish society at the time a “war psychosis.”

    Half a year later, the first Speaker of the Knesset, Joseph Sprinzak, appeared before the parliament’s Foreign Affairs and Defense Committee. Mentioned in the meeting were two items that had appeared in the press that day, which epitomized the attitude toward the acts of murder during the war. One report referred to an officer who during the fighting had ordered the murder of four wounded individuals; the second report was about a person who sold stolen army equipment. The former was sentenced to six months in prison, the latter to three years. Sprinzak, in any event, was under no illusions. “We are far from humanism,” he told the committee. “We are like all the nations.”

    Adam Raz is a researcher at the Akevot Institute for Israeli-Palestinian Conflict Research .

    #nakba #Palestine #sionisme #1948 #archives_israéliennes

    • The ghosts haunting Israel’s wars, past and present
      Gideon Levy | Dec. 12, 2021 | Haaretz.com
      https://www.haaretz.com/opinion/.premium-the-ghosts-haunting-israel-s-wars-past-and-present-1.10458096

      The Haaretz editorial for Sunday calls for opening the archives to reveal the complete truth about what happened here in 1948, including all of the massacres and the war crimes committed by Israel Defense Forces soldiers in 1948-49. There is, of course, no demand for justice.

      After 73 years, the citizens of Israel are permitted to know what was done in their name during their country’s first war. The victims of that war are also permitted to know all about the travails of their families and the crimes perpetrated against them. A state that is proud of its past does not conceal it. Only a state that is ashamed of its deeds conceals them. An Israel that conceals its past is a state that knows, deep in its heart, that its righteous birth came about through a great and deep sin.

      In the wake of the shocking article by Adam Raz in Friday’s Haaretz, disclosing massacres that were reported to the cabinet and concealed ever since, without any of the criminals being punished appropriately, it is indeed time to face the truth, deal with its implications and learn its lessons. The editorial is convinced that when the truth comes to light, it will provoke penetrating public discussion throughout the country. The editorial is mistaken.

      That ship sailed a long time ago. Opening the archives and revealing the truth will neither help nor hinder. The process of repression and denial, of erasing reality and replacing it with an alternative reality, fabricating justifications for any iniquity and the spreading of lies and false propaganda, which began immediately after the war and has never stopped, has succeeded above and beyond all expectations.

      The door to the truth is closed to Israelis. Most do not see Palestinians as human beings like themselves, and therefore anything is permitted of the state. Tell them now about massacres, and most will shrug their shoulders. Only Haaretz will agree to publish the stories, and few readers will be shocked: They will be derided as “purists.”

      The vast majority will adhere to the “truth” that has been drilled into their heads: There was no choice, we don’t want to think about what would have happened had the situation been reversed, we were the few against the many, the Arabs started it, they rejected partition – and of course, the Holocaust. No massacre story, however barbaric, can change anything now. Israel has barricaded itself inside its narrative, and nothing can crack the wall. Penetrating public discussion? More like a penetrating public yawn.

      It is not by chance that Israel finds itself in this situation. It is not its past that haunts it. It is not the past it denies. Israel conceals its past in order to justify its present. The dark side of its past did not end in 1948 – it has never ended. Methods changed, as have the dimensions, but the policies, the moral standards and the attitude to Arabs haven’t changed an iota. If we admit to the 1948 Hula massacre, we would also have to admit to the criminal killing Friday of the ninth protester from the village of Beita. If we admit that we concealed and covered up the connection to the 1948 Al-Burj massacre, we would also have to admit to lying about the justification for executing the stabber at Jerusalem’s Damascus Gate on December 4th.

      Therefore, it’s best for Israel to keep on covering up the destruction and the killing by planting more and more Jewish National Fund groves, meant to ensure that the truth never peeks out through the pines. It would be hard to deal with, after so many years of being told that we are always right, that we are the victims, that we have the most moral army in the world, that we were the few against the many and that Arabs are natural-born killers.

      Had 1948 ended in 1948, had its crimes ceased then, there would have been no problem admitting the truth today, to regret, to apologize, even to pay restitution. But because 1948 never ends, and what we did then to the Palestinians we continue to do now, only more forcefully, we can’t get worked up over what happened then, lest it undermine the faith in what we are still doing. Therefore, dear editorial, the mechanisms of whitewash and justification will cover up any disclosure from 1948. No public discussion will be provoked. Please don’t disturb, we are carrying on – with the same crimes, or similar ones.

  • 1984, le roman de George Orwell, revisité dans une version féministe
    https://actualitte.com/article/103748/international/1984-le-roman-de-george-orwell-revisite-dans-une-version-feministe

    Un effet secondaire de l’entrée de 1984 dans le domaine public.

    Écrivant en 1948, il avait simplement inversé les chiffres pour aboutir à 1984. Ce monde dystopique présentait une Grande-Bretagne rebaptisée Airstrip One, prise dans un grand État totalitaire, que contrôle Big Brother. Entre la police de la pensée et la disparition de toute individualité, Winston Smith est un employé banal. Jusqu’à ce qu’il entame une liaison avec Julia, fonctionnaire au Commissariat aux romans... Eh bien, le recyclage commence !

    Les ayants droit d’Orwell indiquent avoir recherché longtemps une personne en mesure de donner pleinement une voix à Julia. Sandra Newman, sélectionnée pour le Women’s Prize et préselectionnée pour le prix du premier ouvrage qu’attribue le Guardian s’est avérée la bonne candidate. Ainsi, Richard Blair, fils d’Orwell, a approuvé le projet éditorial, souligne le Guardian.

    Une autre vision des choses, dans un monde qui n’accepte qu’une seule vérité, suprême et définitive, tout en présentant un récit radicalement différent de celui de Winston… Évidemment, la perspective de faire du neuf avec du vieux n’échappera à personne. Mais après tout, pourquoi se priver ? Rendez-vous en juin 2022 pour le découvrir.

    #Orwell #1984 #Domaine_public #Edition