Sans titre
▻https://bsky.app/profile/gorekhaa.bsky.social/post/3m3lsovdgzr25
✊MUTU MEDIAS LIBRES✊
Errance Urbaine #27 - 2025 part. 1
▻https://dijoncter.info/errance-urbaine-27-2025-part-1-6452 [1/2]
Sans titre
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« Le #Grand_Détournement » ou comment la politique de l’offre détourne l’#argent_public au profit des plus #riches
▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/12/comment-la-politique-de-l-offre-detourne-l-argent-public-au-profit-des-plus-
Livre. Plus qu’un projet économique, la « politique de l’offre » constitue un « hold-up » au profit des plus riches et des entreprises. Telle est l’analyse développée avec force par Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, journalistes au Nouvel Obs, dans Le Grand Détournement (Allary Editions, 224 pages, 19,90 euros). Ce livre enquête paraît à point nommé, au moment précis où la chute du gouvernement Bayrou oblige les responsables politiques à s’interroger sur la ligne à suivre pour boucler le budget 2026 et redresser les finances publiques de façon à la fois durable et juste.
Depuis trois décennies, un transfert colossal a été mis en place avec l’aval des gouvernements successifs, affirment les auteurs. D’un côté, la pression n’a cessé de s’accentuer sur les contribuables « lambda ». De l’autre, l’argent tiré des impôts est, en partie, dérouté vers les particuliers les plus fortunés, les grandes entreprises et leurs actionnaires. « Dans un pays longtemps présenté comme un modèle d’égalité, la fiscalité s’est peu à peu inversée », résument Matthieu #Aron et Caroline #Michel-Aguirre.
Si le fait que les #milliardaires paient relativement peu d’#impôts est déjà connu, en particulier grâce aux travaux de l’économiste Gabriel #Zucman, l’ouvrage n’en présente pas moins trois intérêts. D’abord, il est solidement étayé avec des chiffres récents et fiables. Ensuite, les auteurs ont un talent certain pour vulgariser des phénomènes complexes, comme l’enchevêtrement fiscal ou le maquis des aides publiques, et surtout pour les articuler de manière à dessiner une image globale.
Creusement du #déficit public
Enfin, le livre avance un chiffrage inédit, celui de l’ensemble du « #détournement » allégué : environ #270_milliards d’euros par an.
Vu aussi passer ici :
▻https://www.nouvelobs.com/le-grand-detournement
Des milliards comme s’il en pleuvait :p @biggrizzly
Bernard Arnault qualifie Gabriel Zucman de « militant d’extrême gauche » et détruit [sic] son idée de taxe
▻https://www.huffingtonpost.fr/economie/article/bernard-arnault-qualifie-gabriel-zucman-de-militant-d-extreme-gauche-
Bernard Arnault, a affirmé que l’idéologie de Gabriel Zucman « vise la destruction de l’économie libérale », remettant en cause sa « pseudo-compétence universitaire ».
Après le républicanisme étatique très vaguement social de LFI, une vison sociale démocrate 2.0 c’est-à-dire dont toute rapport de classes est absent (on est dans la mystification du 1% contre tous les autres) peut se faire taxer de gauchisme. Triomphe et collapse de l’éthique capitaliste : se débarrasser du (mirage) d’un capitalisme éthique.
En tout cas, ils n’ont actuellement guère besoin du PS (implicitement qualifié ici de gauchiste), qui à désespérément chercher un vague lien au populo fait de la pauvre "taxe Zucman" une pierre de touche. Le projet de cohabition avec le RN n’est que reporté et cette stratégie de sauvetage trouvera ses variantes (le RN à lui seul ne sera pas porté au pouvoir).
Auto-défense contre l’#IA_générative
#1 : C’est juste un outil
#2 : Avant, les gens avaient aussi peur de la photographie
#3 : Les gens s’adapteront
#4 : De toute façon c’est déjà là, on peu rien y faire
#5 : Ça n’a pas vocation à prendre le métier des gens
#6 : Moi je n’ai pas de don alors j’ai le droit d’utiliser l’IA générative
#7 : Ça créé à partir de rien
#8 : Tu pollue autant en étant sur les réseaux sociaux
#9 : C’est juste une innovation
#10 : Critiquer les utilisateur d’IA générative ça reviens à les empêcher d’être artistes
#11 : Ce qui te fait peur, c’est juste de la S.F.
#12 : Ça me permet de travailler plus vite !
#13 : Tu es alarmiste, on en est pas encore là
#14 : C’est possible de faire de l’IA éthique
#15 : Les artistes aussi se copient déjà entre eux, ça change rien
#16 : L’IA ça sert à sauver des vies
#17 : Les artistes font du Gate-keeping
#18 : Le matériel artistique est trop onéreux
#19 : L’ia n’apporte que des bienfaits
#20 : Tu utilise un outils pour travailler, c’est pareil
#21 : Il faut accepter des usages anecdotiques de l’IA générative
#22 : Je ne peux pas faire autrement pour illustrer mon travail
#23 : Tu dramatises
#24 : Il y a des gens pour, il y a des gens contre, donc ça se compense
#25 : Si tu as peur c’est que tu n’es pas un artiste assez talentueux·se
#26 : Ça n’a aucune gravité car les gens savent faire la différence
#27 : Qu’est ce que tu veux qu’on fasse individuellement ?
#28 : L’IA sert aux personnes handicapées
#29 : J’ai pas beaucoup de sous, donc j’ai le droit d ‘utiliser l’IA
#30 : Je parle à l’IA comme à mon ami, c’est mon psy et mon confident.
#31 : Les artistes sont des bourgeois
#32 : Il faut vivre avec son temps
#33 : Tu utilises de l’IA tous les jours sans même t’en rendre compte
#34 : De toute façon je n’aurais jamais voulu de cette image si j’avais du la payer, donc l’IA ne prend le travail de personne
#35 : L’IA générative va remplacer les métiers pénibles dans 5 ans
#36 : Les œuvres vont prendre de la valeur car elle seront plus rares
#37 : Écrire un prompt est aussi difficile que de dessiner
#38 : L’IA est déjà là depuis longtemps
#39 : L’IA ça permet de gagner du temps en Programmation
#40 : Quand les voitures sont apparues, les maréchaux-ferrants sont devenus garagistes
#41 : Le boycott ça sert à rien
#42 : Grâce aux IA, on n’aura plus besoin de travailler, ça laissera plus de temps pour profiter de la vie.
#43 : Mon patron m’oblige à utiliser l’IA
#44 : L’Art est réservé au riche dont l’I.A. démocratise l’Art
▻https://pigeongratuit.wordpress.com/auto-defense-contre-lia-generative
#AI #intelligence_artificielle #IA #arguments #argumentaire #auto-défense
Sans titre
▻https://anarchism.space/@gorekhaa/113076453525052306
The Shadow #27 (October 1992) ▻https://libcom.org/article/shadow-27-october-1992 Including: Tompkins Square Park reopens, Berkeley activist shot dead by cops, drunk racist cops protest at City Hall, incinerators considered, needle exchanges now legal?, Republican convention report, New York senate candidates exposed, cop watch, etc. Submitted by Fozzie on September 3, 2024
Karl Marx ou la perversion du socialisme - Présentation de l’auteur
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-presentation-de-l
Principaux titres et responsabilités actuels Conseiller permanent du Centre International de Formation Européenne. Membre du Comité Directeur et du Bureau du C.I.F.E. Président d’honneur de l’Union européenne fédéraliste et membre du Conseil du mouvement fédéraliste européen. Research fellow of the Center for the Study of Federalism, Temple University (Philadelphia, Pa.), and of the Jerusalem Institute for Federal Studies. Initiateur du Forum des Initiatives Européennes et Fédéralistes (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
#Alexandre_Marc #Karl_Marx
/ #Volonté_Anarchiste
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 24. La doctrine... introuvable
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-24-la-doctrine
Jamais, peut-être, cette affirmation de Lénine n’a été aussi vraie que de nos jours : pour briser le cercle vicieux dans lequel se coulent, inséparables, le conformisme, la réforme et la révolte, il faut une doctrine révolutionnaire : réfractaire aux fluctuations de la mode, mais ouverte à tous les problèmes de notre temps ; vivifiante et novatrice, mais respectueuse de ce qui, dans nos traditions, ne s’est pas encore transformé en bois mort ; explosive et constructrice à la fois ; bref (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 23. « La Révolution nécessaire » (R. Aron et A. Dandieu)
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-23-la-revolution
A l’égard d’une entreprise de cette envergure, les conservateurs, les réactionnaires, les réformistes et les révoltés, pour parler vulgairement, ne font pas le poids. Pour ainsi dire congénitalement, intrinsèquement, ils sont condamnés à l’impuissance et à l’échec. Ils ne sont pas de taille à résister au monstre dont l’ombre obscurcit déjà l’horizon de notre à-venir. Du reste, le veulent-ils vraiment, ne sont-ils pas secrètement fascinés par la puissance de la bête, ne se résignent-ils (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 22. Socialisme libertaire ou « socialisme » totalitaire
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-22-socialisme
https://www.partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L1000xH500/karl-m-01_dddddddd-e28d7.jpg?1713447490 De nos jours, on s’interroge volontiers pour savoir si nos « communistes » ont évolué, s’ils sont sincères, si l’on peut donc se fier à eux. Questions mineures, sans réel intérêt, relevant d’un jeu de société plutôt que d’un examen objectif et sérieux de la situation. Quelles que soient les dispositions intimes et les intentions avouées ou cachées des « communistes » — qu’il s’agisse du reste d’eux, ou même des « socialistes », ou encore, éventuellement, d’autres partis, de gauche ou de (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 21. La propriété achevée : le « capitalisme collectif »
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-21-la-propriete-achevee
Considérant les faiblesses et les lacunes de la dialectique marxienne, j’écrivais, il y a plusieurs décennies déjà : En méconnaissant le sens total de l’être, (...) en subissant jusqu’au bout l’envoûtement de l’idéalisme hégélien, l’auteur du Capital s’est condamné (...) à ne jamais aboutir dans sa quête (...) de l’homme réel, du concret vivant. Là se trouve (...) le nœud du drame contemporain : Karl Marx (...) qui se posait en révolutionnaire intransigeant, qui devait inspirer (...) (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 20. Le piège de la propriété
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-20-le-piege-de-la
Pour utiliser un terme employé par Marx en parlant de Proudhon — qu’il se vantait d’avoir « infecté » d’hégélianisme, — on peut dire que l’irrémédiable poison de l’idéalisme absolu n’est pas le seul à infecter l’organisme marxien. Derrière Hegel, Rubel nous le rappelait, se tient Rousseau. Il est vrai que, dans des lettres peu citées, adressées à son compère Engels, Marx paraît curieusement approuver Proudhon, après publication de l’Idée générale de la Révolution au XIXe siècle, notamment (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 19. La « dialectique de la mort * » (Robert Aron)
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-19-la-dialectique-de-la
Le moment vient où il n’est guère facile d’éluder la question décisive : qui donc est responsable de la dramatique mutation par laquelle l’anti-Système libérateur a été altéré, déformé, dénaturé, au point de dégénérer en sa propre négation, en son contraire ? L’heure n’étant plus aux nuances, aux congratulations, aux ronds de jambe, aux clins d’œil complices, aux politesses universitaires, aux extases intellectuelles, il importe de laisser de côté tout ménagement et de justifier in (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 18. Quel socialisme ?
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-18-quel-socialisme
Tous les mots ont été galvaudés, profanés, trahis : le vocable de socialisme n’a pas échappé à cette redoutable usure . Alors qu’il désignait un grand, un noble, un indéracinable espoir de libération, de dignité, de justice, telle a été sa dégénérescence qu’il prête flanc, aujourd’hui, aux furieuses diatribes des nouveaux hérétiques et schismatiques surgis en France, parmi lesquels Bernard-Henri Lévy : Le socialisme est à bien des égards un semblant et une imposture ; il ment quand il (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 17. Il n y a pas de marxisme révolutionnaire
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-17-il-n-y-a-pas-de
En vérité, la faillite du marxisme est totale, même si, devant un tel blasphème, des millions d’hommes continuent de se boucher les oreilles et de se voiler la face. Et encore, s’il ne s’agissait que d’une faillite purement intellectuelle : hélas ! c’est sur le plan des faits, dans la perspective de l’histoire, à l’échelle du monde, que le drame se déroule. Ce sont, non seulement des millions, mais des centaines de millions d’êtres humains qui sont engloutis dans cette banqueroute. Et (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 16. Que reste-t-il ?
▻https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-16-que-reste-t-il
Piètre « aboutissement », après quoi il ne reste plus qu’à tirer l’échelle. A moins d’avoir le courage de reconnaître que tout l’appareil scientifique du marxisme n’est qu’un camouflage compliqué derrière lequel se dissimule un jugement moralisateur dont on ne peut dire qu’il soit faux, mais qui risque en tout cas de passer pour primaire. N’est-ce pas du reste ce que le grand Mao Tsê-Toung (paix à son corps embaumé) aurait laissé entendre, en disant : Le marxisme comporte de multiples (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Retour sur les critiques anarchistes du marxisme
Poser la question de la pertinence contemporaine des critiques anarchistes du marxisme, c’est peut-être d’abord se demander ce que nous pouvons en faire à une époque comme la nôtre. Il n’aura échappé à personne que nous vivons au XXIe siècle. Ce que E. Hobsbawm appelle le « court XXe siècle », et qui a commencé avec la Première guerre mondiale avant de s’achever avec la dislocation de l’empire dit soviétique autour de 1990, est étroitement lié aux aventures et surtout aux mésaventures du marxisme puisque cette période correspond exactement à ce qu’a duré le premier régime politique à s’être réclamé explicitement de Marx. Or l’analyse économique, sociale et politique ainsi que le type d’émancipation promus par le marxisme sont ressortis de cette période, à tort ou à raison, durablement discrédités. De sorte que se demander quelle est l’actualité des critiques anarchistes du marxisme, c’est aussi se demander si ces critiques ne risquent pas de partager le sort de ce dernier. La promotion du marxisme, au cours du xxe siècle, au rang de doctrine officielle, de doctrine d’État a, dans les faits, conduit pour lui à une double défaite : transformé en doctrine d’État et de parti, ce qui a conduit à une profonde altération de son contenu et de sa visée émancipatrice, il a partagé le sort des États et des mouvements politiques auquel il avait été associé. Pour les anarchistes, qui furent les premiers à la combattre, cette évolution pourrait bien s’apparenter à une amère victoire ...
... On peut, pour commencer, et en revisitant à grands traits l’histoire des rapports entre marxisme et anarchisme, montrer, d’une part, que l’attitude de rejet de Marx chez la plupart des anarchistes contemporains, si elle n’est pas toujours raisonnable, a néanmoins ses raisons historiques et, d’autre part, qu’au rebours de l’ignorance réciproque dans laquelle marxisme et anarchisme sont largement demeurés l’un vis-à-vis de l’autre, il a existé des tentatives théoriques et pratiques de penser à la fois une appropriation anarchiste de Marx et une appropriation marxiste de l’anarchisme.
L’anarchisme comme anti-marxisme
Si l’on cherche d’abord les raisons historiques pour lesquelles anarchisme et marxisme sont en grande partie demeurés dans une forme d’ignorance mutuelle, et les raisons de la méconnaissance réciproque qu’entretiennent aujourd’hui la plupart des militants et des théoriciens de ces deux courants, un retour aux origines s’impose.
L’anarchisme est originellement un anti-marxisme. L’acte de naissance historique de l’anarchisme en tant que mouvement est la scission intervenue au sein de l’Association Internationale des Travailleurs (que l’on a coutume de désigner comme la Première Internationale), à l’issue de ce qu’il est convenu d’appeler le conflit entre Marx et Bakounine – bien que ce conflit n’ait fait qu’incarner un conflit plus profond au sein du mouvement ouvrier naissant autour de la question de la politique et de l’organisation et que, bien souvent, Bakounine n’ait fait que formuler des critiques qui avaient été élaborées collectivement .
Le motif de ce conflit, tel qu’il se donne à voir dans les textes où Bakounine critique Marx, est en effet le suivant : Bakounine, qui ne connaît de Marx que sa personne (qu’il goûte assez peu) et le Manifeste communiste, attribue à Marx l’intention de faire de l’Internationale une sorte de regroupement de partis politiques participant aux luttes électorales et ayant pour but de conquérir par ce biais le pouvoir au sein des nations où existe un système représentatif, ce qui impliquerait une feuille de route assez claire pour les prolétaires des différents pays : parvenir à un régime représentatif, conquérir le suffrage universel, s’organiser en parti, gagner les élections. C’est ainsi qu’il interprète la politique des socialistes allemands et l’idée, exprimée dans le Manifeste, selon laquelle la classe ouvrière doit se rendre maîtresse de l’appareil d’État pour le faire fonctionner à son profit, faire disparaître les oppositions de classe par l’extinction de la bourgeoisie en tant que classe, avant finalement de disparaître – puisque la raison d’être de l’État n’est rien d’autre que la perpétuation de la domination de classe, une société sans classes (c’est-à-dire en l’occurrence qui n’est plus régie par la division entre propriétaires des moyens de production et propriétaires de leur seule force de travail) serait une société sans État.
La contestation de cette thèse politique de Marx va conduire chez Bakounine à la contestation d’une thèse qui est de l’ordre la philosophie de l’histoire, à laquelle la première s’articule, selon laquelle l’histoire est guidée par le développement nécessaire du mode de production capitaliste vers l’aiguisement des luttes de classes et la concentration de plus en plus forte du capital, qui rend à la fois plus nécessaire et plus aisé le renversement de la domination de la bourgeoisie. À ce qu’il considère comme une approbation de la nécessité historique, Bakounine oppose l’idée selon laquelle, quand bien même les conditions de production et de reproduction de la vie humaine seraient déterminantes dans le développement de l’humanité, certaines des causes secondaires, comme l’État, peuvent acquérir une importance plus grande. C’est ce qui sous-tend, philosophiquement, la fameuse proposition sur l’abolition de l’héritage défendue par Bakounine au congrès de Bâle de l’AIT en 1869, et combattue par Marx et ses amis : ce droit peut bien n’être que le reflet juridique d’un fait économique, il n’en a pas moins une importance déterminante dans le maintien de ce dernier.
La critique adressée par Bakounine à la conception marxienne de l’histoire est donc double. D’une part, cette conception minorerait excessivement le rôle du facteur politique dans la marche de l’histoire. D’autre part, Marx sanctifierait la marche de l’histoire. Or, pour Bakounine, qu’il y ait des tendances centralisatrices dans l’histoire ne signifie pas du tout que ces tendances soient objectivement révolutionnaires ; que la genèse du mode de production capitaliste et la centralisation étatique qui l’accompagne soient des tendances historiques fortes ne signifie pas pour autant qu’il faudrait les approuver, et quand bien même elles auraient un caractère inéluctable, on aurait raison de se révolter contre elles en tant qu’elles marquent un progrès dans l’assujettissement des êtres humains. Dans cet esprit, le fait de résister à la mise en place de l’usine, ou à l’introduction de machines dans le processus de production, peut être interprété comme une forme de réaction de la part de tenants d’un mode de production en voie de disparition. Mais si l’on rompt avec la téléologie historique lourde qui est celle du marxisme, on peut aussi l’interpréter comme une défense de la liberté contre une forme inédite et redoutable d’oppression (et aussi comme une défense réussie des intérêts des ouvriers du secteur concerné). Il n’y a rien d’étonnant à ce que ce soit parmi les libertaires qu’on ait pu trouver des auteurs pour réhabiliter le mouvement luddite, que l’historiographie marxiste considérait comme rétrograde parce qu’il s’opposait au progrès technique, à la mise en place de grandes concentrations industrielles, et in fine à la possibilité d’organiser en masse la classe ouvrière.
S’agissant du statut de la politique, Bakounine considère que la saisie du pouvoir d’État par une organisation révolutionnaire inspiré par le programme (présumé) de Marx conduirait à l’émergence d’une nouvelle classe qui administrerait la capital arraché des mains de la bourgeoisie et opprimerait à son tour à la fois la classe ouvrière et la paysannerie – c’est souvent ce que l’on désigne, par une formule problématique, comme l’« analyse prophétique » par Bakounine de la nécessaire dégénérescence de l’État ouvrier. À cette position politique qu’il attribue à Marx, Bakounine oppose l’idée selon laquelle l’Internationale n’est pas un regroupement de partis ayant vocation à prendre le pouvoir par les urnes, mais un organe de systématisation et d’affirmation concrète de la solidarité objective, économique, qui lie le monde ouvrier. Au sein de cette organisation, explique encore Bakounine, il est naturel, et nécessaire, que différentes options politiques s’expriment, que ce soit celle de Marx, celle des amis de Blanqui (le coup d’État opéré par une petite minorité d’hommes décidés) ou celle de ce qu’il nomme le parti anarchique (l’insurrection généralisée qui anéantit l’État immédiatement, c’est-à-dire non pas instantanément, mais sans médiation), mais aucune des trois ne doit jamais devenir la position politique officielle de l’organisation, sous peine que celle-ci ne dégénère en un embryon d’État
On a là une critique de la séparation du politique et un idéal de résorption du politique dans l’économique qui seront repris, développés et transcrits en acte par le syndicalisme révolutionnaire à la fin du siècle et au début du suivant. Avec conséquence, Bakounine s’oppose également à toute forme de centralisation au sein de l’Internationale. Attribuant à Marx le projet de vouloir constituer le Conseil général de l’organisation en une sorte de directoire central, il prône la libre fédération des sections de l’organisation et la réduction de son organe central à un simple bureau de statistiques et de correspondance. C’est sur ce point (et non sur un programme anarchiste) que la plupart des sections de l’Internationale s’opposeront au Conseil général et quitteront l’organisation après l’exclusion de Bakounine au congrès de La Haye de 1872.
La pertinence contemporaine d’une critique
Pour résumer, le conflit politique qui donne naissance historiquement à l’anarchisme lègue à ce dernier une triple critique dont il s’agit d’interroger la pertinence actuelle. En premier lieu, une critique de la politique, celle-ci étant entendue comme une activité menée par des spécialistes et orientée vers la conquête du pouvoir par le biais des élections, à quoi est opposée une antipolitique (et non un apolitisme comme Marx et ses amis tendront à le prétendre), c’est-à-dire une activité relative à l’État, mais qui vise sa disparition. En second lieu, une critique des organisations comme source possible d’une nouvelle oppression, d’une nouvelle centralisation, d’une nouvelle bureaucratie, critique qui connaîtra un prolongement immédiat dans le syndicalisme révolutionnaire et chez les premiers auteurs qui souligneront la confiscation de la démocratie par les partis politiques.
Enfin, une critique de l’ordre de la philosophie de l’histoire en tant qu’est refusée à celle-ci tout télos qui l’orienterait, critique qui permet de comprendre pourquoi l’anarchisme, historiquement, n’a pas seulement survécu à ses défaites, mais les a transformées en légendes – la Commune, Makhno, l’Espagne libertaire, etc. Ces critiques ne sont encore qu’esquissées chez Bakounine. S’agissant des organisations, sa position est plus complexe que ce qu’il dit de l’Internationale, puisqu’il est en même temps un grand amateur de sociétés secrètes, qu’il dote de règlements interminables, règlements qui sont loin de constituer l’esquisse d’une société débarrassée de toute forme de domination.
Quant à la philosophie de l’histoire, Bakounine adhère dans l’ensemble à la conception matérialiste de l’histoire telle qu’elle se donne à lire dans le Manifeste, il en rejette simplement le mécanisme grossier, sans rejeter une certaine téléologie. S’agissant de la politique, le conflit entre Marx et Bakounine donne lieu à un curieux chiasme, où l’auteur qui est censé minorer le rôle des facteurs politiques dans l’histoire se voit accusé de faire de la saisie du pouvoir d’État l’objectif essentiel, et où l’auteur qui insiste sur le rôle des facteurs politiques et juridiques dans le développement du mode de production capitaliste (par exemple au travers de l’héritage) tourne le dos à toute activité politique séparée ou spécifique.
À ces trois critiques, il faut ajouter une quatrième, qui fut d’abord propre à Bakounine en raison de son intérêt pour les pays n’ayant pas développé d’industrie. Comme une partie du marxisme après lui, Bakounine pointe chez Marx une identification de la classe ouvrière à une classe révolutionnaire par essence, ce qui conduit à rejeter comme potentiellement contre-révolutionnaires des éléments de la population comme le Lumpenproletariat, la petite paysannerie ou les jeunes déclassés. Lorsqu’il cherche à penser les conditions d’une révolution dans des pays où l’industrie et la classe ouvrière en sont encore à leurs balbutiements (Russie, mais aussi Italie), Bakounine n’emprunte pas la voie qui consisterait à dire que ces pays doivent d’abord se doter d’une classe ouvrière disciplinée par l’industrie pour pouvoir envisager une révolution sociale, il souligne plutôt le rôle qui revient aux masses paysannes et à la jeunesse, voire à ce qui est décrié par Marx comme Lumpenproletariat. On retrouvera, plus près de nous, chez Pierre Bourdieu, une analyse convergente du potentiel révolutionnaire que recèle l’existence d’« intellectuels prolétaroïdes » qui ne sont pas parvenus à trouver leur place dans un champ déterminé et que « tout […] incline à mettre au service de l’indignation et de la révolte populaires leurs capacités d’explicitation et de systématisation ».
Ces différentes critiques sont aussi intéressantes parce qu’elles entrent en résonance avec d’autres décentrements qui ont marqué l’époque contemporaine, en particulier lorsqu’il s’est agi de revisiter le problème de l’État. Il existe une parenté entre les critiques du marxisme formulées historiquement par les anarchistes et celles qui ont pu être présentées par des auteurs aussi différents que Michel Foucault et Pierre Bourdieu, notamment dans leur enseignement au Collège de France, lorsqu’ils ont eu respectivement à aborder la question de l’État. On peut également signaler les prolongements qu’a trouvés la critique anarchiste d’une certaine philosophie marxiste de l’histoire chez les anthropologues libertaires Pierre Clastres et David Graeber .
Bien entendu, il faut apporter à cette présentation des critiques anarchistes de Marx plusieurs nuances. Tout d’abord, la position qui est attribuée par Bakounine et ses amis à Marx est fortement simplificatrice, et semble souvent s’appliquer aux conceptions des lassaliens et anticiper ce que sera le marxisme de la Deuxième Internationale. Sur la question politique, Marx a sans doute une position plus complexe, qui consiste à prendre en considération l’évolution propre à chaque pays, prônant dans certains cas l’organisation de la classe ouvrière en un parti destiné à prendre pacifiquement le pouvoir, mais n’excluant pas ailleurs que surviennent des révolutions. Surtout, Marx a oscillé, notamment au moment de la Commune de Paris, sur la question de la saisie du pouvoir d’État par le prolétariat : tout en continuant à suivre les efforts des socialistes allemands pour s’unir en un parti unique, Marx fait l’éloge des prolétaires parisiens qui ont compris que la classe ouvrière, dit-il corrigeant la formule du Manifeste, ne doit pas se contenter de prendre les pouvoirs de l’État tels qu’ils existent pour les faire fonctionner à son profit, mais doit immédiatement les détruire. S’agissant de l’organisation, Marx ne méprise absolument pas les formes d’organisation fondées sur la solidarité économique, il estime même qu’elles sont le lieu d’une préfiguration de la société sans classe, l’endroit où les prolétaires peuvent faire l’expérience d’un auto- gouvernement. Enfin, si lorsqu’il formule de grandes tendances historiques, ou quelque chose comme des lois de l’histoire (typiquement dans l’avant-dernier chapitre du livre I du Capital à propos de la tendance historique de l’accumulation capitaliste), il est difficile de ne pas considérer chez lui une forme de téléologie historique, mais il en va souvent autrement dans les analyses qu’il propose de conjonctures historiques particulières. Ces nuances sont à la fois importantes et dérisoires : dérisoires parce qu’elles seront souvent gommées par les versions dominantes du marxisme, mais importantes parce que c’est précisément sur elles que pourront s’appuyer certains auteurs et militants pour proposer un rapprochement entre marxisme et anarchisme.
Il faut ensuite souligner que cette hostilité réciproque entre partisans de Marx et partisans de Bakounine, même si elle était nourrie de méconnaissance réciproque, n’allait pas jusqu’à l’ignorance, bien au contraire. Bakounine considérait, par exemple, que l’on pouvait ratifier la critique de l’économie politique contenue dans Le Capital comme une véritable critique scientifique (qu’il avait d’ailleurs commencé à traduire en russe). On peut d’ailleurs signaler que le premier grand vulgarisateur de l’ouvrage était un ami de Bakounine, le militant italien Carlo Cafiero, dont l’abrégé du Capital s’attira les éloges de Marx et d’Engels. Par la suite, les anarchistes ont pu s’approprier la critique marxienne de l’économie politique comme ils s’appropriaient d’autres connaissances scientifiques utiles pour la propagande et la lutte. Bien entendu, cela implique de considérer qu’il est possible de séparer chez Marx le bon grain de l’économie politique de l’ivraie de la politique et de la philosophie de l’histoire, ce qui n’a rien d’évident.
Enfin, il importe de mentionner les rapprochements qui ont pu être tentés dans l’histoire entre marxisme et anarchisme. Maximilien Rubel, éditeur en français de Marx dans la Bibliothèque de la Pléiade, n’a pas hésité à voir en Marx un « théoricien de l’anarchisme », en insistant notamment sur les écrits suscités chez lui par la Commune de Paris. Daniel Guérin, écrivain et militant communiste libertaire, a pour sa part appelé d’une manière réitérée à une appropriation anarchiste du marxisme. Il faut toutefois souligner que ce furent là des cas assez isolés, au point que certains auteurs marxistes, qui parvenaient à des conclusions proches du communisme anarchiste, se sont toujours refusé à le reconnaître. Il faut enfin faire un sort particulier aux situationnistes qui, dans les années 1960, proposèrent un dépassement original de ce qu’ils considéraient comme les unilatéralités respectives du marxisme et de l’anarchisme.
Fondamentalement, le débat théorique occasionné par le conflit entre anarchisme et marxisme a légué aux mouvements de lutte contre la domination un projet problématique : celui de l’auto-émancipation. Pour cette raison, il importe d’apercevoir que la pertinence des critiques anarchistes du marxisme dépasse largement le contexte immédiat dans lequel ces critiques ont été énoncées. Qu’il s’agisse d’identifier le sujet révolutionnaire, de comprendre les conditions sous lesquelles une société débarrassée de l’État est possible ou de parer aux reproductions de la domination au sein même de ces moyens d’émancipation que sont censées constituer les organisations, les problèmes pointés par ces critiques sont encore les nôtres.
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Karl Marx ou la perversion du socialisme - 15. Des universaux métaphysiques à l’empire chosiste
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Toutefois, il faut se garder de tomber dans des généralisations hasardeuses et dans des condamnations précipitées : le verdict final sera d’autant plus incontestable qu’il n’aura pas été arraché par des procédés obliques, par des arguments fallacieux. D’avoir déclenché la dialectique du fait et du concept ne saurait en aucune manière être reproché à Marx : ce faisant, il illustrait simplement l’une des constantes de la méthodologie générale du savoir. Mais pour qu’il y ait dialectique, il (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 14. Du préfabriqué
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C’est bien d’un travailleur manuel qu’il s’agit : il y aurait lieu de s’interroger, sans conteste, sur les raisons de cette sacralisation de la manufacture. Quoi qu’il en soit, il est indéniable que le vrai marxisme est entièrement manualiste — d’où le fait qu’à l’époque et sur les territoires des révolutions techniques et scientifiques perpétuelles il apparaît de plus en plus antédiluvien. Il y a là une sorte d’irrationnel inassimilable ou, plus encore, d’arbitraire injustifié, pour ne (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 13. Encore le prolétaire marxiste
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Qu’il me soit permis de rappeler quelques éléments du problème. Si l’on s’interroge sur le sens étymologique du mot prolétaire (pro et alare), on remonte à la conception romaine : prolétaire, celui qui ne possède rien d’autre — qui n’a donc pas autre chose à donner à la société — que ses enfants. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, cette notion vague évolue vers un concept plus moderne : class of wage-workers dependent for support on daily or casual employment. La notion primitive (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 12. La main et l’intelligence
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Dans une curieuse « N. du Tr. », insérée dans l’édition française des Fondements, il est du reste décrété que Marx est enclin à distinguer deux sortes de plus-value, correspondant à deux phases différentes du capitalisme : 1° celle de la manufacture (qui n’emploie pas encore de machines...), 2° celle de la grande industrie (où le capital fixe l’emporte sur la force vivante du travail). Et d’y ajouter cette précision ambiguë : Il semble que les machines aident et allègent le travail des (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 11. Des machines et des hommes
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N’étant pas économiste, Maurice Clavel, dans son livre déjà cité, consacre le plus clair de son temps et de son énergie à contester la théorie de la plus-value, à la contester « radicalement », à la proclamer entièrement fausse, de quelque point de vue qu’on se place dans le marxisme. Pour ce faire, il choisit une méthode curieuse qui, sans être aberrante, peut être considérée comme périphérique ; autrement dit, comme subordonnée d’une manière implicite à d’autres arguments, plus décisifs (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 10. Propositions et suppositions
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En commentant les commentaires de ceux qui forment, en France, la « nouvelle secte » marxiste, Raymond Aron qui, comme d’habitude, excelle dans l’art de l’analyse et de la critique, observe judicieusement : Le concept de plus-value semble destiné à rendre aux rapports de propriété l’importance décisive qu’une analyse naïve ne parvient pas à dévoiler. Et d’ajouter, sur le mode ironique : Il n’y a de science que du caché, va répétant la gent philosophique parisienne qui n’a jamais pratiqué (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 9. Valeurs économiques et valeurs tout court
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Mais je me suis laissé entraîner, une fois de plus ; il est temps de revenir à la valeur. Dans la mesure où celle-ci ne saurait être séparée de la signification, il ne serait pas inutile de méditer le texte suivant que Florent Gaboriau emprunte à la thèse de doctorat de Martin Heidegger (Die Lehre vom Urteil im Psychologismus) Il ne peut être question de sens que là où il y a réflexion (Ueber legen), pesée, construction, détermination (Bestimmen), passage qu’il accompagne du commentaire (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Faut que je lise attentivement. Critiquer Marx en invoquant Heidegger, c’est osé dans une pensée de gauche.
Il faut effectivement lire la préface : ▻https://www.partage-noir.fr/-27-karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-alexandre-marc-
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 8. Un sourire de commisération
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Il convient de revenir à cette composante de la conception marxienne du prolétariat qui s’appelle plus-value. Même si ce concept a été utilisé par Proudhon, l’esprit de système dont Marx, en disciple camouflé mais fidèle de Hegel, a toujours usé et abusé, l’a transformé en un véritable mythe dont tout esprit lucide pourrait et devrait, aujourd’hui, reconnaître le mal-fondé. Je serais tenté de lui appliquer la formule par laquelle Louis Althusser, après de subtiles contorsions acrobatiques, (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 7. Marx, (mauvais) disciple de Proudhon ?
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Peut-on aller plus loin dans la condamnation du marxisme ? Pour le moment, qu’il suffise d’observer que, de même que Marx ne s’est jamais libéré, malgré ses critiques et ses protestations véhémentes, de l’envoûtement hégélien, et que, d’une certaine manière, il n’a pas rompu non plus avec le père de la démocratie totalitaire, je veux dire Jean-Jacques Rousseau (nous y reviendrons), de même jusqu’à la fin de sa vie, il n’a pas réussi à purger l’hypothèque contractée au bénéfice de (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 5. Prolétarisation des classes
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En passant de l’individualisme disruptif au règne des masses, en subissant la forme la plus achevée, la plus « accomplie » de ce règne, celle par laquelle l’être massifié se laisse progressivement prolétariser, l’homme devient de plus en plus aliéné, au double sens du terme. Dans une perspective ainsi tracée, il est a priori improbable que le processus d’aliénation atteigne exclusivement tel ou tel groupe social, et en épargne complètement d’autres. La thèse contraire n’est généralement (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
Karl Marx ou la perversion du socialisme - 4. De la massification à l’aliénation
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Au point de départ, le terme d’aliéné se présente avec une certaine simplicité : étymologiquement, ne signifie-t-il pas étranger à soi — soit qu’on cesse d’être soi-même, soit qu’on ne le soit pas encore ? Évidemment, cette apparente simplicité dissimule des complications redoutables, dès lors surtout qu’on essaie d’insérer la notion en cause dans les séries et inter-séries sur lesquelles s’édifie le marxisme. Et même si l’on fait d’abord abstraction des difficultés propres à la théorie (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc