• #L'espace_d'un_instant #31 : De Kwakoegron au Suriname à Taghit en Algérie

    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/l-espace-d-un-instant-31

    « La grande révélation n’était jamais arrivée. En fait, la grande révélation n’arrivait peut-être jamais. C’était plutôt de petits miracles quotidiens, des illuminations, allumettes craquées à l’improviste dans le noir ; en voici une. » Vers le phare, Virginia Woolf (...)

    #Entre_les_lignes / #Écriture, #Poésie, #Récit, #Voix, #Sons, L’espace d’un instant, Fenêtre, #Quotidien, #Dérive, #Regard, #Sensation, #Voyage

  • Rercherche, arts et pratiques numériques #31 : Nouvelles écritures indisciplinées
    https://www.antiatlas.net/rapn-31-2

    Lundi 8 février 2021 14h-17h Maison des astronomes IMéRA, 2 place Le Verrier Pour accéder à la visioconférence, veuillez vous … Continuer la lecture de « Rercherche, arts et pratiques numériques #31 : Nouvelles écritures indisciplinées » L’article Rercherche, arts et pratiques numériques #31 : Nouvelles écritures indisciplinées est apparu en premier sur antiAtlas des frontières.

  • Florian Philippot : débat hallucinant face à un Macroniste sur Cnews ! (Vaccin, 3è vague,...)
    https://www.crashdebug.fr/florian-philippot-debat-hallucinant-face-a-un-macroniste-sur-cnews-vaccin

    Un peu d’espoir dans ce monde de malades, c’est bien au moins ça discute et philippot à fait un sans fautes.

    http://les-patriotes.fr/jadhere 🇫🇷

    (Pour rappel, Les Patriotes, nouvelle formation politique, ne bénéficient d’AUCUN soutien financier public ni d’aucun soutien bancaire. Ils vivent exclusivement des adhérents et donateurs.)

    ♦️FAIRE UN DON AUX PATRIOTES :

    http://les-patriotes.fr/don

    🇫🇷 ♦️SIGNER LA PÉTITION :

    https://les-patriotes.fr/petition-vac...

    ♦️ACHETER MON NOUVEAU LIVRE : https://les-patriotes.fr/livre-loliga...

    #Vaccin #CouvreFeu #31décembre

    Source : Youtube.com

    Informations complémentaires (...)

  • Episode #31 - Goood Morning Web avec François Houste
    https://www.gooodmorningweb.fr/episodes/episode_2020_31

    Episode #31
    Ce matin, René Cotton, Bertrand Demarcq, Cyrièle Piancastelli et Jérôme Neuvéglise nous parlent :
    de Mikrodystopies avec François Houste 🤖
    des écrans pliable chez Apple 📱
    de l’API de Tesla 🚘
    des annonces d’Oxfam 💰
    et du rachat de Carfully 🚗

    #François_Houste #Mikrodystopies

  • l’histgeobox : Addis Abeba, 1969-1975 : une plongée dans l’âge d’or de la musique moderne éthiopienne.
    https://lhistgeobox.blogspot.com/2020/08/addis-abeba-1969-1975-une-plongee-dans.html

    La musique fut longtemps malfamée en Ethiopie. Pour les Amharas et les Tigréens qui se partageaient le pouvoir, il était exclu de jouer de la musique sans déchoir. Seules les catégories de la population marginalisées, principalement originaires des régions méridionales, s’abaissaient à une telle pratique. Les azmari, équivalents des ménestrels médiévaux, improvisaient souplement leurs paroles sur des canevas musicaux minimalistes à l’aide d’instruments locaux comme le krar, une lyre à six corde, le masenqo, une vielle monocorde à archet, la washint, une flûte, le kebero, une percussion... Méprisés, les azmari disposaient cependant de la liberté de parole, maniant le « double entendre » à merveille.

  • [Radio PANdemIK] Visite d’un Fablab avec Amélie qui fabrique des masques pour le personnel hospitalier - RADIO PANDEMIK #31
    http://www.radiopanik.org/emissions/radio-pandemik/radio-pandemik-31/#8822

    Visite d’un Fablab avec Amélie qui fabrique des masques pour le personnel hospitalier

    Jingle [01:01 ] Visite d’un Fablab avec Amélie qui fabrique des masques pour le personnel hospitalier (ITW Laure) entrecoupées d’extraits de « Entry of the Globbots » par Joe Meek [15:00] André Delaunoit « A l’Usine » [17:33] Delicate Steve « Source ((Connection)) » [17:53] Chroniques carcérales, lecture du texte de Steve par Rosalie. Une initiative de Genepi [23:00] Klimperei « 16 heures et Quelques » [24:47] « Radioguidage au Ralenti » par la Compagnie Propos basée à Lyon [34:58] Nový Svět « Unlisted 3 » [35:09] Manon nous parle de Bruzelle et de précarité menstruelle (ITW Emilie) sur une musique de Colleen « The Heart Harmonicon » [42:24] The Cure « The Blood » [46:02] Message de César, ancien de la rue, sur (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/radio-pandemik/radio-pandemik-31_08822__0.mp3

  • [Radio PANdemIK] RADIO PANDEMIK #31
    http://www.radiopanik.org/emissions/radio-pandemik/radio-pandemik-31

    Jingle [01:01 ] Visit d’un Fablab avec Amélie qui fabrique des masques pour le personnel hospitalier (ITW Laure) entrecoupées d’extraits de « Entry of the Globbots » par Joe Meek [15:00] André Delaunoit « A l’Usine » [17:33] Delicate Steve « Source ((Connection)) » [17:53] Chroniques carcérales, lecture du texte de Steve par Rosalie. Une initiative de Genepi https://genepibelgique.wixsite.com/genepi [23:00] Klimperei « 16 heures et Quelques » [24:47] « Radioguidage au Ralenti » par la Compagnie Propos basée à Lyon https://www.compagnie-propos.com/radioguidages-d-interieur [34:58] Nový Svět « Unlisted 3 » [35:09] Manon nous parle de Bruzelle et de précarité menstruelle https://www.bruzelle.be/fr (ITW Emilie) sur une musique de Colleen « The Heart Harmonicon » [42:24] The Cure « The Blood » (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/radio-pandemik/radio-pandemik-31_08815__1.mp3

  • Rercherche, arts et pratiques numériques #31 : Territoires et médiums
    https://www.antiatlas.net/rapn-31

    Mercredi 25 mars 2020 10h à 13h Aix-Marseille Université, Campus Schuman Images en transit. Territoires et médiums Tania Ruiz, artiste … Continuer la lecture de « Rercherche, arts et pratiques numériques #31 : Territoires et médiums » L’article Rercherche, arts et pratiques numériques #31 : Territoires et médiums est apparu en premier sur antiAtlas des frontières.

  • Interview with The Youngest #kaggle Grandmaster: Mikel Bober-Irizar (anokas)
    https://hackernoon.com/interview-with-the-youngest-kaggle-grandmaster-mikel-bober-irizar-anokas

    Part 9 of The series where I interview my heroes.During the past few interviews, I’ve had the chance of interacting with Kaggle Grandmasters, Technical Leaders, Practitioners, and Two Distinguished Researchers and an OpenAI Fellow.Today, I’m honored to be talking with Mikel Bober-Irizar, (@anokas) or (aka anoukas)If you’ve been living under a rock, Mikel is 17 years old and is The Youngest Kaggle Competition Grandmaster (ranked #31). He’s also a Kernels Master (ranked #13) and Discussions Master (ranked #15).About the Series:I have very recently started making some progress with my Self-Taught Machine Learning Journey. But to be honest, it wouldn’t be possible at all without the amazing community online and the great people that have helped me.In this Series of Blog Posts, I talk with People (...)

    #artificial-intelligence #deep-learning #machine-learning #technology

  • #Greve22mars : #manif22mars à #Nantes Prochain grand rassemblement le #31mars contres TOUTES les expulsions !
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/40074676495

    Flickr

    ValK. a posté une #photo :
    Grève de la fonction publique, grève de la SNCF, grogne générale dans tous les secteurs : dix-mille manifestant.e.s ont parcouru Nantes le 22 mars pour refuser la casse sociale du gouvernement Macron. Suivi manif Nantes : https://nantes.indymedia.org/articles/40534 Suivi des grèves : http://www.cestlagreve.fr Agenda des luttes : http://demosphere.eu Médias Libres : http://mediaslibres.org Photos : http://www.flickr.com/photos/valkphotos

    Flickr

  • « Maintenant, le policier sert de punching-ball »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020118/maintenant-le-policier-sert-de-punching-ball

    Deux #policiers ont été blessés le #31_décembre à #Champigny-sur-Marne, et un autre le 1er janvier à Aulnay-sous-Bois. La vidéo d’une gardienne de la paix rouée de coups a suscité un grand émoi sur les réseaux sociaux comme dans la classe politique. Si ces agressions suscitent une surenchère des syndicalistes, certains fonctionnaires de police l’accueillent avec fatalisme.

    #France #Emmanuel_Macron #Gérard_Collomb #réveillon

  • J – 171 : À Montigny-sur-Crécy, où le vent est fier.

    C’est beau un anniversaire de musicien, quand ses amis musiciens viennent l’aider à passer le cap du demi-siècle et, installés dans une salle de répétition improvisée, mais pleine à craquer des instruments que les uns et les autres ont rapportés, jouent avec lui toutes sortes de musiques improvisées et sans enjeu, on joue pour le plaisir d’être ensemble, pour les souvenirs d’avoir joué ensemble en d’autres occasions, peut-être plus sérieuses, on tente des rapprochements impossibles, la violoniste même amplifiée à bien du mal à faire sa place parmi les cordes autrement, plus nativement, amplifiées, les grattes, trois, présentes, très, trop, le contrebassiste ne joue pas sur son propre instrument, n’a pas les partitions, joue à vue en tentant, à vue, de trouver la tonalité du morceau en cours, il est debout à côté de son fils batteur, le violoncelliste passe souplement du violoncelle amplifié au trombone, et le saxophoniste surmonte, aussi bien qu’il peut, le saxophone (ténor - forcément ténor, mais j’ai déjà entendu cet homme jouer du bugle à une tortue) au bec, l’inévitable émotion du virage symbolique de toute une vie. Dans son atelier de peintre - cet homme sait tout faire, un vrai mouton à cinq pattes, la cuisine aussi, très bien, pour laquelle Adèle et moi sommes arrivés avec un peu d’avance pour lui prêter main forte - les amis non musiciens, minoritaires, écoutent et se marrent à cette tambouille de bœuf en buvant du très bon vin.

    Bon anniversaire Eric. (http://www.desordre.net/bloc/ursula/2017/images/montigny/index.htm )

    Exercice #31 de Henry Carroll : Photographiez le subconscient de quelqu’un

    #qui_ca

  • J – 172 : Entendu, je ne suis plus où, cette phrase : plus rien n’est comme avant nulle part.

    Exercice #31 de Henry Carroll : Liste d’occasions manquées en photographie

    Tel carrefour des beaux quartiers de Madrid le 31 décembre, nous allons écouter les douze coups de minuit à la puerte del Sol avec nos douze grains de raisin, j’ai déjà fait plus de sept cents photographies dans la journée, notamment du demi marathon déguisé, mais aussi à la fondation Thyssen, je décide de laisser mon appareil photo à l’hôtel, au carrefour, une femme élégamment habillée, façon années 30 presque fume sous l’auvent de son hôtel et son éclairage, le reste de la rue est désert. On dirait un tableau d’Edward Hopper.

    Telle rue de New York en septembre 1987, un nain discute avec un homme qui est en pleins travaux de voirie et partiellement descendu dans une bouche d’égout, les deux hommes ont le visage à la même hauteur. Le nain me voit il est furieux, je n’ai pas eu le temps de prendre la photo, je baisse mon appareil en m’excusant.

    Telle petite rue de Cady, juin 1987, avec Daphna, nous sommes descendus en train et nous cheminons ver sla maison de son père, je prends des photos de toutes sortes de choses, soudain le corps nu d’une femme apparait à une fenêtre pour fermer les volets, cela sent l’envie pressante de faire l’amour, je suis subjugué par la poitrine de la femme et oublie de prendre en photo son bras qui dépasse de la fenêtre.

    Telle rue de Fontenay, un matin en allant au travail, c’est l’été, 2016, grand beau temps, lumière du matin sur toute une façade d’immeuble, toutes les fenêtres renvoient un reflet noir à l’exceptiuon d’une seule de laquelle est penchée une femme qui téléphone, c’est comme si elle parlait à tout le monde.

    Lac des Minimes, Bois de Vincennes, hiver 2007 soudain un cygne prend son envol, la lumière est sombre, je pense que cela ira trop vite et qu’il n’y a pas assez de lumière, je regrette de n’avoir pas au moins tenté un filé.

    Telle photographie érotique, je n’étais pas à ce que je faisais.

    Toutes, ou presque, mes photographies des Etats-Unis, parties avec l’inondation du garage.

    #qui_ca

  • J – 173 : J’ai entièrement raté mon premier test, je ne me suis pas méfié, en fait le danger est partout. Mon père m’appelle au téléphone à propos de notre rendez-vous de vendredi matin, et celui de la semaine prochaine, tu as vu les Américains ont élu Trump ?

    Ce que je voulais ignorer, comme je souhaite ignorer le nom d·u·e-la prochain·e Président·e — ceci est ma première tentative d’utilisation du point médian, pour le moins, capillotractée , et possiblement fautive — de la République, mais j’oublie si souvent que tout le monde ne nourrit pas les mêmes lubies que moi et que ce n’est pas parce que j’ai décidé, une mauvaise fois pour toutes, de déserter le fil de l’actualité, de me soustraire à ce que je ressens de plus en plus comme un lavage de cerveau, que tout un chacun ne conserve pas un peu de raison pour ne pas nécessairement me suivre dans cette voie, dont je vois bien qu’elle est étroite. Et si j’avais bien pensé à tenir au courant mon entourage, notamment mes enfants, singulièrement Madeleine, de ma tentative désespérée, j’avais oublié de prévenir, manifestement, la génération précédente et donc le danger est venu de cette dernière.

    J’en discute le soir même avec les enfants et Madeleine me fait remarquer qu’elle elle va devoir voter, pour la première fois, et que ce n’est pas pour casser mon délire , comme elle dit de façon spontanément contemporaine, mais elle ne bouderait pas un peu d’éducation civique, voire politique de ma part pour ce qui est de ce vote à venir. Qu’elle sentait qu’elle allait manquer de repère.

    Et, de tait, je me demande si je ne devrais pas revoir un peu mon délire comme dit Madeleine. Madeleine m’explique par exemple qu’elle ne sait pas qui sont les candidats, des noms comme Copé, Juppé, Fillon ne lui disent pas grand-chose, Le Pen, Hollande, Sarkozy et Valls, elle voit qui ils sont, Mélenchon aussi. Mais en fait elle ne sait pas que Juppé est un revenant, qu’il était déjà ministre du budget bien avant sa naissance. Du coup je me suis dit que ce serait sans doute une bonne chose que je lui fasse un peu un historique de la cinquième république, au moins la cinquième. Lui expliquer que la cinquième république et la constitution de Debré ont été créées pour le bénéfice immédiat de De Gaulle, que c’est un régime politique dans lequel le pouvoir exécutif est hypertrophié à dessein, que la droite est propriétaire de ce pouvoir, le parti pseudo socialiste seulement locataire, que ce n’est pas d’hier que droite et extrême droite se fondent à la manière d’un dégradé à ce qu’ils aiment nous faire croire être une frontière infranchissable de part et d’autre, que c’est dans les années 80 que le poison du Front National a été incubé, il y avait d’un côté les décrives langagières d’un Chirac sur le bruit et les odeurs, le Parti Communiste Français qui faisait de la préférence nationale un thème de campagne notamment aux élections municipales de 1983 ou encore le scrutin proportionnel de Mitterrand à l’Assemblée, dans le but, déçu, de faire barrage au retour de la droite aux élections législatives de 1986.

    Et surtout je lui parle de ma première élection de jeune électeur, les municipales de 1983, j’étais allé à la mairie de Garches pour leur demander le programme sur lequel le maire avait été élu, dans lequel j’avais trouvé des promesses électorales en faveur des personnes handicapées, nombreuses à Garches, du fait de son Hôpital spécialisé dans les grands traumatisés de la route, la gare de Garches venait d’être reconstruite et nulle rampe d’accès aux quais, pas même un escalier mécanique.

    Ben tu vois Madeleine aujourd’hui, tu n’as même pas besoin d’aller à la Mairie, tu vas sur le site internet des partis, et tu t’apercevras que certains partis ont quelques militants qui travaillent à d’épatantes synthèses dont il n’est presque jamais tenu compte ensuite par les caciques de ces partis et tu comprendras alors pourquoi j’ai décidé, une mauvaise fois pour toutes de ne plus voter.
    Est-ce que tu y vois plus clair maintenant ?

    Pas vraiment.

    Je suis désolé. Je ne crois pas que je puisse faire mieux.

    Exercice #31 de Henry Carroll : Prenez une photo qui hurle

    #qui_ca

  • 10月8日のツイート
    http://twilog.org/ChikuwaQ/date-161008

    Top story: Donald J. Trump on Twitter: "Here is my statement. https://t.co/WAZi… twitter.com/realdonaldtrum…, see more tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=tnp posted at 16:47:30

    Top story: A caller had a lewd tape of Donald Trump. Then the race to break the… www.washingtonpost.com/lifestyle/styl…, see more tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=tnp posted at 14:46:56

    RT @CinemaVsDave: A dark & moody thriller, that delivers scares from the shadows. Val Lewton’s CAT PEOPLE (1942), dir. Jacques Tourneur #31daysofhorror pic.twitter.com/MZOjtuxcYU posted at 13:32:17

    My Tweeted Times tweetedtimes.com/ChikuwaQ?s=rgp posted at 12:00:11

    RT @zesty_photo: Celebrated Photographer Robbed and Strangled to Death in Mexico petapixel.com/2016/10/07/cel… pic.twitter.com/2ZsUYx9c7F posted at 11:50:05

    The latest Papier! (...)

  • Première fois que je retourne à la piscine depuis des lustres, non pas des lustres, mais des mois, oui. La piscine ne me punit pas trop sévèrement de cette désertion, je parviens à faire mon aquatique kilomètre, un peu sans force à la fin, mais jusqu’au bout malgré tout.

    Du coup, les choses auxquelles on pense en faisant ses longueurs de piscine, l’idée de reprendre toutes les mentions de ces choses auxquelles je pense en faisant mes longueurs de piscine, ce qui finissait par devenir une catégorie en soi dans la rubrique Contre . http://www.desordre.net/bloc/contre/index.htm

    #40.

    Ma mauvaise humeur ne doit pas être si soluble que cela dans l’eau, ce qui est heureux, sinon tous les autres nageurs de la piscine finiraient par brasser de l’encre de Chine.

    #47.

    M’élançant seul, premier arrivé, dans le grand bassin olympique de la piscine de Montreuil, je ne peux m’empêcher d’être pris d’un frisson grandiloquent, toute cette eau pour moi seul, et ce faisant je me livre à un rapide calcul 50 x 20 x 3 = 3000 mètres cubes d’eau, soit trois millions de litres d’eau tout de même. C’est souvent que je fais du calcul en nageant, ainsi le nombre de carreaux au fond de la piscine doit équivaloir au nombre de pixels du premier envoi d’images auquel j’ai assisté en 1987. Si je savais remettre la main sur ce fichier, on pourrait proposer à la piscine de Montreuil, lors de leur prochaine vidange des trois millions de litres d’eau, de repeindre chaque carreau tel un pixel. La mairie de Montreuil pourrait organiser un concours, envoyez votre image de 10 kilo-octets pour le fond de la piscine Colette Besson. Pour ma part je leur enverrais bien une photo aérienne du bassin en question, mais c’est moi bien sûr. D’ailleurs la saison prochaine, après la vidange annuelle, chacun pourra constater que j’ai gagné le concours. Les choses auxquelles on pense en faisant ses longueurs de piscine.

    Vers la fin de mon kilomètre, l’affluence est nettement plus forte et certains dépassements occasionnent bien des tourbillons et alors, je me dis que nous sommes peut-être une petite cinquantaine de nageurs à faire des longueurs, cela fait quand même quelques remous, il devrait y avoir un moyen de récupérer un peu de cette énergie non ? Une mini centrale hydro-motrice. Sans compter l’inénarrable barbotage des mamies dans le petit bain au son d’un disco d’un autre âge. Est-ce que les remous des mamies ne pourraient pas alimenter une petite batterie laquelle prendrait en charge la dépense électrique de la sono et du disco ? Les choses auxquelles on pense en faisant ses longueurs à la piscine.

    N’empêche dans ce groupe de femmes, majoritairement, âgées je croise le regard d’une amie de longue date, nous nous sommes rencontrés aux Arts Déco, je sais son combat récent et je la trouve bien courageuse dans sa régularité, le soir j’ironise, son sens de l’humour est intact, en lui envoyant un mail pour lui dire que depuis le temps que je rêvais de la voir en maillot de bain. N’empêche, c’est vrai, j’ai un peu de mal à me dire qu’il s’agit de la même personne que j’ai connue tellement jeune et qui désormais barbote avec les mamies du mardi midi, je crois qu’il n’y a pas de mot pour décrire mon vertige tandis que je sors de la piscine de Montreuil, entré dans l’eau en conquérant d’un bassin olympique, et sortant écrasé par la perspective fuyante du temps : je suis donc rentré aux Arts Déco il y a vingt sept ans. Les choses auxquelles on pense en faisant ses longueurs à la piscine.

    #59.

    Pensée profonde du jour : après une matinée à faire de la feuille de calcul, le spectacle, en nageant, du carrelage de la piscine n’est pas la meilleure récréation qui soit.

    Corollaire à cette pensée, est-ce qu’avec un bon vidéo projecteur, on ne pourrait pas nous passer des films (muets, forcément muets) au fond de la piscine.

    Lot de consolation : le soleil en entrant par les larges baies vitrées crée de très beaux dessins lumineux difractés par l’agitation de la surface de l’eau, je les mémorise et l’après-midi, de retour au travail, je m’évertue de les superposer mentalement à mes feuilles de calcul.

    #201.

    Chaque année, prendre la résolution de tout écrire dans son agenda, les kilomètres parcourus à la piscine, les livres lus, les films et les spectacles vus, les concerts et les disques écoutés et les expositions visitées. Et à la fin de l’année faire le bilan comptable de cette activité contre. Oui, se dit-il, et il le note dans son agenda, dans la colonne des choses à faire.

    #203.

    Les choses auxquelles on pense à la piscine.

    Je fais vingt longueurs de cinquante mètres, mille mètres, un kilomètre. C’est une progression lente, il y a peu je faisais encore du deux à l’heure. Je suis tout juste descendu en dessous de la barre des vingt cinq minutes pour ce kilomètre. Progression lente, coûteuse aussi et il est à peine exagéré de dire que chaque mètre compte, que chaque mètre coûte. Et je compte. Et cela me coûte. Ce n’est pas seulement à chaque virage que je compte. Je compte les demies longueurs, parfois même les quarts de longueurs. Le fond de la piscine est carrelé, je suis souvent tenté d’en compter les carreaux qui défilent lentement sous moi. Ou je les identifie à des pixels. D’ailleurs en comptant longueurs et mètres je me donne des repères en pixels, 400 mètres c’est une image de 400 pixels de large, 700, 725 ce sont les pixels de large pour de nombreuses images du Désordre, 600, 800 aussi et 1000 la nouvelle largeur des images de la Vie, 1000 c’est l’objectif, si lentement atteint à l’image de ces barres de téléchargement qui progressent avec lenteur, kilo-octet à kilo-octet. Et c’est à une barre de téléchargement que je pense quand je nage et que je compte les longueurs que je fais.

    Les choses auxquelles on pense en nageant. Vraiment.

    #223.

    En faisant ses longueurs à la piscine, depuis quelques temps, cela ne lui suffisait plus de boucler la distance impartie, il se battait désormais aussi contre la pendule, l’objectif avait d’abord été de boucler le kilomètre en moins d’une demi-heure, ce samedi après-midi, il tentait de descendre en dessous de 24 minutes, ce qu’il ne parvint pas à faire en dépit d’efforts coûteux qui le laissèrent absolument haletant, peut-être pas au point de se sentir mal, mais asphyxié épuisé cela oui. Tandis qu’il tirait sur ses bras dans les deux dernières longueurs, se faisant violence, il pensa, c’est bien lui, qu’à défaut d’écrire comme Robert Musil, il allait bientôt mourir comme ce dernier d’une crise cardiaque, dans la salle de gymnastique (fin assez décevante et médiocre tout de même pour un auteur comme Musil, mais passons). Et il nageait, la dernière longueur en sprint, pensant à toutes ces figures admirées qu’il pourrait imiter à bon compte, à défaut d’en imiter, même imaprfaitement, le talent, les rides sur le front, comme celles de Samuel Beckett, la carrure de René Char, les angoisses et les crises de désespoir chaque matin comme Pablo Picasso, les bourrades dans les côtes comme Georges Perec, on laisserait de côté, assez vivement, la robe de chambre de Louis-Ferdinand Céline et les collections de papillons de Pierre Bergougnioux, se tenir au garde à vous au téléphone, comme Marcel Proust, régresser au point d’en devenir terriblement réactionnaire comme Keith Jarrett. Et mal vieillir, de façon tellement sénile et stérile, comme Woody Allen. Aller un peu trop loin dans la mise en scène de soi-même comme Edouard Levé. Tout un programme. Les choses auxquelles on pense, bien immodestement, en faisant ses longueurs à la piscine.

    Dans la même journée, tu fais un kilomètre à la piscine, tu vas écouter le concert d’Ervan Parker, et tu finis d’écrire ton article contre les photographies d’Issouf Sanogo. Dans la même journée.

    #236.

    Chaque année ta banque t’envoie deux agendas, deux exemplaires du même agenda, cadeaux commerciaux de pas grand chose. Cette année tu as pris le parti de toute noter dans cet agenda, les lectures, les films, les disques, les concerts, les spectacles, les kilomètres parcourus à la piscine, tout.

    Que tu aies besoin de tenir une comptabilité de tout ceci me dépasse un peu, qu’elle soit rigoureuse, après tout, pourquoi pas ?, mais qu’est-ce qui t’empêche d’utiliser le deuxième agenda, le deuxième exemplaire, pour y noter n’importe quoi, ce qui me passe par la tête ?, oui, pourquoi pas, que le deuxième exemplaire de l’agenda soit l’occasion de tous les débordements possibles de la fiction, tu peux t’y prêter des lectures que tu n’as pas eues, pas encore, des concerts auxquels tu as peu de chance de te rendre, trop chers ou trop loin, des spectacles auxquels tu ne peux que rêver de te rendre et des films que tu as manqués au moment de leur sortie en salle, mens, invente, fais ce que tu veux.

    Et n’oublie pas, de temps en temps, de partir de chez toi en prenant le mauvais agenda, et alors, oblige-toi à vivre ce qui est noté dans l’agenda de la fiction.

    #286.

    Régulièrement quand tu passes par la Croix de Chavaux, par exemple pour aller à la piscine, tu regardes le haut immeuble où tu sais que ton ancienne analyste continue de recevoir ses patients. Tu regardes les fenêtres du dernier étage en repensant à toutes ces photographies que tu as prises de cette fenêtre, de l’agitation de la place, dont tu fais finalement partie, d’en bas, regardant vers les hautes fenêtres.

    Et puis une fois tous les ans, tous les deux ans, tu ressens dans l’étau toujours plus serré de tes propres doutes, le besoin de reprendre rendez-vous auprès de ton analyste. Tu vas la voir pour faire fonctionner devant ses yeux les rouages que tu as découverts dans son cabinet, tu veux t’assurer que tes compréhensions contemporaines sont compatibles avec tes fonctionnements anciens.

    A la fin de cette séance, tu remontes au dernier étage de cet immeuble de sept étages et tu photographies la place de la Croix de Chavaux. Tu détailles du regard les mouvements des véhicules et des passant, le clignotement des éclairages publicitaires, les nuages qui passent, depuis ce point de vue de créateur presque.

    Parfois tu te demandes si d’avoir accès à cet escalier, de temps en temps, pour y monter au dernier étage, ne serait pas suffisant. Tu te sentirais un peu cerné par tes doutes. Tu monterais en haut de la place, photographierait l’agitation et la circulation autour de cette place, et tu te sentirais à nouveau en phase, tu pourrais reprendre ta place dans le manège.

    Et pareillement quand tu reprends contact avec ton ancienne analyste tu retrouves, avec le même plaisir, le catalogue de je ne sais plus quelle rétrospective de Jean-Michel Basquiat. Dont tu dois être, à en juger par le manque d’usure du livre, le seul lecteur. Un lecteur très épisodique.

    #307.

    Et tout d’un coup, le corps plongé dans l’eau de la piscine, c’est comme si je replongeais dans la musique de Stephen O’Malley, plus sûrement les acouphènes d’hier soir se réveillent dès que l’eau vient faire pression sur mes tympans. Dommage c’était une bonne idée, un peu de musique pendant que je nage, tellement mécaniquement, aux confins de l’ennui.

    #308.

    De retour de la piscine, je croise mon amie Daphna, et je peine à croire que cinq minutes plus tard je serais de nouveau prisonnier de l’open space. Daphna que je connais depuis 1986. Tous les deux étudiants aux Arts Décos. Je ne sais pas très bien ce que penserait le jeune homme que j’étais alors de cette situation.

    En tout cas je sais ce que l’homme d’aujourd’hui pense du jeune homme d’alors. Et le simple fait de croiser Daphna me le rappelle instantanément. Ce jeune homme n’était pas brillant. Pas tous les jours.

    Ou dit différemment, de quoi ai-je le plus honte, aux yeux du jeune homme d’alors d’être devenu un employé de banque, un Bartleby, ou à mes yeux d’aujourd’hui, du jeune homme suffisant que j’étais alors ?

    #309.

    Le virage s’est fait l’été dernier. Pendant tout le mois de juillet je suis allé à la piscine tous les jours en sortant du travail et tous les jours j’ai nagé un petit kilomètre. Et pour tout dire, j’avais le sentiment que cet exercice et cette astreinte quotidiens produisaient un affinement du corps, et même réveillaient des muscles ayant insuffisamment travaillé ces dernières années. Je me surprenais à retrouver une force dans les bras que je n’avais plus depuis tellement longtemps. Un peu plus et je contemplais dans le miroir les vaisseaux saillants de mes avant-bras et je me prenais sans doute à rêver qu’encore quelques dizaines de kilomètres et j’aurais de nouveau un corps de jeune homme.

    Et puis, naturellement, ce qui devait arriver arriva, un jour, fin juillet, je me suis fait un claquage. Finie la phase 2 de l’opération Corps de rêve.

    Et pourtant j’ai besoin d’aller à la piscine faire des longueurs, j’en ai besoin pour rester maître de mes difficultés respiratoires. Et c’est déjà nettement moins glorieux. Quand je sors de l’eau, on ne dirait pas Sean Connery dans James Bond contre le Docteur No ou Daniel Craig dans le même appareil, dans Casino Royal, non c’est plutôt au personnage secondaire de l’Autofictif d’Eric Chevillard qui est l’occasion d’haikus mordants que je pense, le Gros Célibataire.

    Le Gros Célibataire sort de l’eau
    à bout de souffle
    avec une échelle.

    Sur l’arrête du nez, la marque rouge des caoutchoucs de mon respirateur.

    Donc ne plus s’illusionner sur l’opération Corps de rêve, et comprendre que la phase 2 a effectivement commencé, c’est la phase dans laquelle il faut faire de l’exercice pour retarder l’arrivée de la grande faucheuse et d’ailleurs il faut que j’arrête de m’illusionner, les baigneuses quand elles me regardent admiratives, ce n’est pas pour la largeur de mes épaules qu’elles ont ont des regards aimables, mais, au contraire elles sont pleines de commisération pour un ce qu’elles prennent, à juste titre, pour un vieil homme (encore) bien conservé.

    Ainsi va la vie à bord du Redoutable.

    #329.

    Chaque fois que je reprends latéralement ma respiration en nageant, je déchiffre, je ne peux m’en empêcher, tout ce qui est écrit sur les murs, les défense de, les ville de Montreuil, les numéros de couloir, tout ce qui est écrit, je finis par le lire, comme d’ailleurs je peux le faire de tout ce qui est écrit sur une boîte de céréales au petit déjeuner, sans doute pour rompre avec l’ennui des longueurs de piscine.

    Ils attendent quoi exactement à la piscine de Montreuil pour couvrir les murs de Haïkus ?

    #332.

    Ca y est, ils m’ont enfin entendu à la piscine de Montreuil, ils ont tendu un immense écran de toile. En revanche je doute beaucoup que ce sera pour projeter des haïkus ou encore Film de Samuel Beckett, en tout état de cause, la prochaine fois que j’irai à la piscine le projecteur sera en état de marche et on devrait, en toute logique, m’entendre pester sur le fait que le programme projeté n’est pas à mon goût.

    Comment est-ce que je peux encore tomber dans de tels panneaux.

    #345.

    Tandis que les portes de la piscine ouvrent pour son public du midi, salariés qui vont faire quelques longueurs sur le temps de pause du midi et mamies du disco aquatique, reflue une petite foule de jeunes adultes handicapés, tous ou presque un immense sourire aux lèvres, on sent que cela leur fait plaisir la piscine, l’un d’eux s’égare dans les douches sa démarche chaloupée et mal habile parfaitement en rythme de la musak diffusée par la radio de la piscine.

    #347.

    A la piscine tu es dépassé dans ta ligne par un groupe de torpilles humaines, tu en prendrais presque ombrage d’être pareillement doublé, es-tu si lent ?, puis tu remarques l’étonnant équipement de ces nageurs plus rapides, des palmes et des prothèses aux mains pour augmenter la force de brassage sans doute. Et dire que tu pensais que le seul équipement nécessaire à la nage était un maillot de bain (facultatif dans les rivières des Cévennes quand on est entre soi et quel plaisir).

    Tu repenses, à ces types qui descendaient les pentes du Puy de Sancy sur leur vélo tout terrain, leur équipement était celui que tu aurais prêté à des motards tout terrain, certains d’entre eux portaient au dessus de leur casques de petites caméras et filmaient leur descente depuis ce point de vue privilégié. Nul doute que les vidéos réalisées étaient le soir-même sur les plates-formes de partage de vidéos.

    Et tu avais ri à cette idée que ces petites vidéos étaient littéralement des surmoi.

    #357.

    A la piscine, ma volonté commande à mes bras de tirer plus fort dans l’eau, pour éprouver mes poumons, lesquels tentent de se faire entendre auprès de ma volonté qui s’émousse un peu, mais tient bon, tant que le kilomètre ne sera as parcouru pas de répit pour les bras et les épaules qui à leur tout mettent les poumons à l’épreuve.

    Tenir, disais-je.

    #432.

    Je ne sais ce à quoi pensent les autres nageurs dans la piscine de Montreuil, mais s’ils sont tous occupés, comme je le suis en faisant mes longueurs, à des projets chimériques que les miens en ce moment, j’ose espérer que les Maître-nageurs sauveteurs de notre piscine ont reçu une formation spéciale pour traiter non seulement les noyés mais aussi les aliénés.

    #452.

    Je commence mes longueurs à la piscine dans l’agréable sensation de glisser sur une eau limpide et déserte, un kilomètre plus loin, je rampe dans une mer de mercure, trouble et surpeuplée.

    #453.

    C’est fréquent que nageant dans la piscine je trouve en pensée la solution pour tel projet laissé en plan la veille au soir dans le garage. Il arrive aussi, et je ne peux m’empêcher d’éprouver un léger sentiment d’injustice, que je trouve la solution d’un problème resté en plan au travail, c’est comme si j’avais gâché la récréation.

    Mais le choix de la dérive de mes pensées en nageant m’appartient aussi peu que celui des images de mes rêves.

    Et d’ailleurs est-ce que si nous avions le choix du programme de nos rêves, est-ce que ce seraient encore des rêves ?

    Les choses auxquelles on pense en faisant ses longueurs à la piscine, en repoussant de toutes ses forces les choses auxquelles on ne veut pas penser. Comme par exemple de repenser au rêve de cette nuit.

    #456.

    Le rêve d’une installation du futur, les pensées des nageurs d’un bassin olympique sont projetées au fond de la piscine par je ne sais quel procédé et dessinent une toile immense d’images se chevauchant avec de très beaux effets d’opacités diverses, et nager serait alors aussi beau que de se tenir fermement au bastingage de l’installation de Georges Didi-Huberman, au Fresnoy à Toucoing, ce qui tend à penser qu’on n’est sans doute pas obligé d’attendre l’avènement de la technologie qui permettrait la mise en images des pensées des nageurs, et sans attendre cette dimension interactive, d’ores et déjà, transformer les fonds des piscines en écrans géants. Je serai le premier à m’abonner à un tel service.

    Pareillement, je rêve de nager dans une piscine labyrinthique.

    Et pour les lecteurs des Idées noires de Franquin, on pourrait de temps en temps corser un peu l’affaire en introduisant un requin dans le labyrinthe. Surtout ne pas péter.

    Les choses auxquelles on pense en faisant ses longueurs à la piscine. Et dans la dernière longueur de me dire, je devrais créer une manière de tag pour ces choses auxquelles je pense en faisant mes longueurs à la piscine.

    #12.

    La surprise en plongeant dans la piscine, l’eau est chaude, collante, et tous les jeux d’ombres et de lumières flous qui étaient ceux de la rivière ont été remplacés par le quadrillage net des carreaux au fond de la piscine, netteté due aux lunettes dites de piscine. Et les retirer serait s’exposer à la morsure du chlore. Tandis que dans la Cèze ce sont les yeux nus que je me jette à l’eau, souvent accompagné par des myriades de vairons.

    Mais soyons juste, dans la piscine municipale je ne redoute pas la potentielle présence de couleuvres au fond de l’eau.

    #20.

    Naïvement j’ai cru ce matin, avant de partir à la piscine, que de comptabiliser les kilomètres parcourus à la piscine depuis de début de l’année allait me rendre les choses plus faciles, ainsi j’ai parcouru 32 kilomètres à la nage depuis le premier octobre 2013, soit un peu en deça de la distance qui sépare Paris de Pontoise. Bref, je ne suis rendu qu’à Saint-Ouen l’Aumône, encore un kilmomètre et j’arrive à Maubuisson, encore un autre et je suis chez B. et encore un autre et je franchis l’Oise (à la nage sans doute) et je pourrais prendre mon café dans la si bonne brûlerie sur le haut de Pontoise.

    Est-ce la perspective de nager sur un plan d’eau aussi incliné que la montée depuis les rives de l’Oise vers l’église Saint-Maclou de Pontoise ou tout simplement parce que j’avais sans doute imaginé que je devais déjà être rendu du côté de Senlis et que d’ici à la fin de l’année nul doute je parviendrais, à la nage donc, jusqu’à Bapaume, et que la comptabilité dans mon agenda de toutes les mentions de kilomètres aquatiques a révélé un chiffre très en dessous de ce que j’espérais, il n’empêche, je finis le kilomètre d’aujourd’hui, épuisé et découragé.

    En nage serais-je tenté de dire.

    #31.

    Retour des vacanciers. Cette fois-ci à la piscine, tu reconnais les corps halés dans l’eau et anticipe leur vigueur éphémère, ceux-là vont entamer leurs longueurs au quart de tour, mais vont vite s’essouffler, en novembre ils auront oublié du tout au tout le chemin de la piscine. En attendant éviter leurs mouvements vifs dans les lignes comme les croiseurs font des torpilles fourbes des sous-marins.

    Nageant tu repenses à certaines scènes de Das Boot de Wolfgang Petersen. Et dans tes rêves d’installations à la piscine de Montreuil, tu penses à ce que cela serait de nager dans une piscine aussi vaste, dans l’obscurité, poursuivi par le bruit d’un sonar.

    Les choses auxquelles on pense en faisant ses longueurs à la piscine.

    #32.

    Tu voudrais, comme cela, toute l’après-midi peut-être pas, mais davantage que ce que tu ne fais, cela sûrement, pouvoir continuer d’ouvrir une nouvelle fenêtre de mail pour t’envoyer un nouveau paragraphe de Contre. Mais cela ne fonctionne pas comme cela, ce serait trop facile. Te levant de ton petit banc abrité des regards à quelques encablures seulement de ton travail, ou, tout aussi bien, en revenant de faire ton kilomètre à la piscine, tu peux en écrire deux ou trois, parfois quatre, cinq c’est arrivé une fois, le petit banc et la piscine te donnent cet élan, mais davantage, non, ce n’est vraiment pas possible. Non que tu n’aies pas déjà essayé, ne serait-ce que par désoeuvrement, ou, plus sûrement pour distraire ton ennui, mais la source, c’est dire si elle est modeste, est vite tarie.

    Et tu sais, depuis toujours, qu’il ne faut jamais trop tirer sur les sources modestes. Sans courir le risque de les assécher définitivement.

    Va donc prendre un café dans un gobelet de plastique brun ou croque dans une pomme mais ne commets pas l’imprudence de trop essayer.

    Contre c’est ne pas trop tirer d’eau chaque jour.

    #89.

    Pour la première fois depuis tellement longtemps, le rêve d’une apnée qui n’est pas angoissante, pas synonyme d’asphyxie ; mais bien au contraire plaisante, ivresse même, je viens de plonger à la piscine et je remonte très lentement à la surface, en fait j’ai atteint une telle profondeur que c’est une vraie nage que de revenir à la surface, une nage verticale, je trouve que le cyclone de bulles que j’ai créé dans mon plongeon est admirable au regard, je mets très longtemps à remonter à la surface, mais je prends mon temps, je fais durer le plaisir. Je fais durer l’apnée. C’est une apnée de rêve à la façon de celles interminables de Johny Wesmüller dans le Tarzan de Van Dyke.

    Et si c’était dans ce rêve qu’était contenu l’espoir de ma guérison ?

    En rêve, on peut faire tellement de choses, y compris de guérir d’un mal incurable (mais pas dangereux).

    #120.

    Faisant tes longueurs à la piscine le midi sur ton temps de déjeuner, tu réalises une fois de plus à quel point tu tiens un compte serré des longueurs déjà parcourues et de celles qui restent à faire et tu voudrais que cela aille plus vite, être bientôt sorti de l’eau, arrêter d’étouffer volontairement pendant trois passages de bras, que cesse la douleur légère mais continue dans les bras, les avant-bras surtout, et les épaules, et pour te représenter tout cela, tu ne cesses de calculer le ratio des longueurs faites versus les longueurs restant à faire en des pourcentages, tout en te faisant la réflexion que la représentation graphique de tout ceci dans ton esprit est celle d’une barre de défilement sur un ordinateur, représentation que tu généralises à d’autres moments de l’existence, comme la progression des jours de la semaine.

    Tu remarques que ta progression, comme cela l’est sur un ordinateur vieillissant, voire en fin de parcours, est de plus en plus laborieuse au fur et à mesure que la barre de défilement fonce.

    Et, faisant tes longueurs à la piscine le midi sur ton temps de déjeuner, tu fais l’application de cette longueur, de cette difficulté accrue et du pourcentage accompli contre le pourcentage restant à réaliser, l’application de tout ceci donc, à ton existence toute entière.

    Et d’après toi, tu en es où sur ta barre de défilement ?

    #133.

    A la piscine, en pleine forme, tu nages vite et longtemps, plus vite et plus longtemps que d’habitude et tu remarques alors que la lutte que tu mènes contre toi-même n’a plus son siège dans ton souffle mais dans les bras. Ce que tu regrettes, si tu vas à la piscine pour faire des longueurs, ce n’est pas pour accentuer le côté armoire à glace, pitié !, c’est bien davantage pour travailler ton souffle, augmenter cette capacité pulmonaire qui te fait défaut, surtout la nuit, mais voilà, tu le réalises en nageant, cela fait deux ans que tu fais des longueurs à la piscine, tu t’es endurci dans cet exercice, tu as plus de souffle et aussi plus de force dans les bras, et donc, réalisation amère, si tu veux travailler son souffle, il va falloir désormais faire davantage de longueurs, tirer davantage sur les bras, au point de te faire manquer de souffle.

    Les choses auxquelles on pense quand on fait des longueurs !

    Et sans doute aussi, nageant aujourd’hui avec de pareilles pensées en tête, as-tu le sentiment de nager avec la mort aux trousses, tu nages d’autant plus vite aujourd’hui.

    Exercice #7 de Henry Carroll : comment vous sentez-vous, exprimez-le avec la lumière

    Souvenir d’une grippe carabinée, avec de remarquables pics de fièvre.

    #qui_ca

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