• Pas d’icône pour les Gilets jaunes – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/7816

    Pas d’icône pour les Gilets jaunes
    André Gunthert 19 septembre 2019 - 6 h 20 min

    (Chronique Fisheye #38) Par sa durée, son extension territoriale, comme par le niveau élevé des violences, la révolte des Gilets jaunes est l’une des plus graves crises sociales françaises depuis Mai 1968. Parmi ses conséquences immédiates, on peut observer une altération profonde du climat politique et une dégradation de l’image d’un gouvernement dont les débuts, à peine un an et demi plus tôt, paraissaient prometteurs.

    Au regard de la signification historique du conflit, et en attendant l’examen rétrospectif qui permettra d’en approfondir la compréhension, on peut se demander comment la photographie a contribué à sa perception contemporaine. Il va sans dire qu’il n’est pas question de procéder ici à l’étude, même sommaire, des centaines de milliers de clichés produits au cours des affrontements. En revanche, on peut dresser un premier bilan de la représentation de la crise dans l’espace public, à travers le filtre proposé par le dialogue des grands médias et des réseaux sociaux.

    Constamment abreuvé par des milliers de sources, ce filtre a été d’une extrême efficacité pour sélectionner les images les plus représentatives d’un conflit, dans lequel elles ont joué un rôle de premier plan. Car la crise des Gilets jaunes n’a pas seulement été illustrée par des documents visuels : elle a été en permanence remodelée par l’affrontement des images, photos ou vidéos, brandies comme les preuves de visions contradictoires par les télévisions, les journaux ou les réseaux sociaux.

    Dans le cas des Gilets jaunes, deux facteurs vont considérablement modifier la donne. L’extension sur plusieurs mois de la crise fait apparaître les défauts de la couverture médiatique, et la carence d’une expression organisée du mouvement encourage une implication plus large du public dans la discussion et l’interprétation des événements.

    Nouveaux outils du dialogue social, les réseaux sociaux fournissent à cette extension de l’échange un terrain apparemment chaotique, mais en réalité fortement structuré par les mécaniques d’amplification de l’attention. Dans un contexte d’affrontement aux racines profondes, qui n’oppose pas seulement les Gilets jaunes au gouvernement, mais plus largement les classes sociales et les sensibilités politiques entre elles, les vidéos et les photos apportent à l’argumentation leur précieuse valeur documentaire, et deviennent rapidement les éléments autour desquels se structure la controverse. Ces échanges sont également suivis de près par les grands médias, en particulier les télévisions d’information continue, qui recyclent volontiers les images sélectionnées par la conversation.

    Si l’on est conduit à se pencher longuement sur les images des réseaux sociaux, c’est qu’aucune photo n’aura entretemps émergé comme une image emblématique du conflit, selon la tradition désormais bien connue des « icônes » photographiques multidiffusées en couverture des principaux organes de presse, comme l’image de la petite haïtienne en 2010 (Daniel Morel), du petit Aylan en 2015 (Nilüfer Demir), ou encore celle de la petite immigrée hondurienne en 2018 (John Moore), qui témoignent d’un large consensus.

    Cette courte liste livre immédiatement la clé de l’énigme. Si ces figures mettant en scène des victimes innocentes n’ont jamais trouvé d’équivalent pendant la crise française, s’il n’y a pas eu d’icône des Gilets jaunes, c’est parce que la majeure partie de la presse, malgré le nombre jamais vu des blessés et des mutilés, ne les a jamais perçus et encore moins montrés comme des victimes. Deux photos ayant rencontré un certain succès, celle de Geneviève Legay à Nice le 23 mars, et celle du manifestant étranglé à Nantes le 3 août, en dehors des Actes des Gilets jaunes, confirment a posteriori ce constat.

    #Image #Icone #Médias #Gilets_jaunes

  • Pas d’icône pour les Gilets jaunes

    André Gunthert

    19 septembre 2019 - 6 h 20 min

    (Chronique Fisheye #38) Par sa durée, son extension territoriale,
    comme par le niveau élevé des violences, la révolte des Gilets jaunes
    est l’une des plus graves crises sociales françaises depuis Mai 1968.
    Parmi ses conséquences immédiates, on peut observer une altération
    profonde du climat politique et une dégradation de l’image d’un
    gouvernement dont les débuts, à peine un an et demi plus tôt,
    paraissaient prometteurs.

    (…)

    Si l’on est conduit à se pencher longuement sur les images des réseaux sociaux, c’est qu’aucune photo n’aura entretemps émergé comme une image emblématique du conflit, selon la tradition désormais bien connue des « icônes » photographiques multidiffusées en couverture des principaux organes de presse, comme l’image de la petite haïtienne en 2010 (Daniel Morel), du petit Aylan en 2015 (Nilüfer Demir), ou encore celle de la petite immigrée hondurienne en 2018 (John Moore), qui témoignent d’un large consensus.

    Cette courte liste livre immédiatement la clé de l’énigme. Si ces
    figures mettant en scène des victimes innocentes n’ont jamais trouvé
    d’équivalent pendant la crise française, s’il n’y a pas eu d’icône des
    Gilets jaunes, c’est parce que la majeure partie de la presse, malgré
    le nombre jamais vu des blessés et des mutilés, ne les a jamais perçu
    et encore moins montré comme des victimes. Deux photos ayant rencontré un certain succès, celle de Geneviève Legay à Nice le 23 mars, et celle du manifestant étranglé à Nantes le 3 août, en dehors des Actes des Gilets jaunes, confirment a posteriori ce constat. »

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  • Show #380 : Speel Spider Brake
    http://www.radiopanik.org/emissions/l-etranger/show-380-speel-spider-brake

    “Free of bitterness, nastiness, or any desire to protect himself, he is sustained throughout by little white codeine pills, a poetic self-awareness, a sense of humor, and an unwavering belief in the perfect romance, even as wild dogs chase him down Romanian streets.”

    Playlist and audio up after the broadcast.

    #chop #touch #counter #perforate #spit #chop,touch,counter,perforate,spit
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/l-etranger/show-380-speel-spider-brake_06695__1.mp3

  • La culture du Paléolithique moyen ancien en Inde autour de 385-172 ka redéfinit les modèles de migrations dit « Out of Africa ».
    Early Middle Palaeolithic culture in India around 385–172 ka reframes Out of Africa models | Nature
    https://www.nature.com/articles/nature25444

    La découverte, présentée dans la revue Nature, jeudi 1er février, par une équipe indo-française, repose la question épineuse de l’origine de ce type d’innovation technique.

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/01/31/des-outils-sophistiques-vieux-de-385-000-ans-decouverts-en-inde_5250039_1650

    Que dit l’article ?

    La datation par luminescence sur le site préhistorique stratifié de Attirampakkam en Inde a montré que les processus étudiés montrent la fin de la culture acheuléenne et l’émergence de la culture du paléolithique moyen vers 385 ± 64 ka, soit beaucoup plus tôt que prévu pour l’Asie du Sud.
    Le paléolithique moyen s’est poursuivi à Attirampakkam jusque vers 172 ± 41 ka.

    Notes : la chronologie des technologies du Paléolithique moyen dans les régions éloignées d’Afrique et d’Europe sont cruciales pour :
    1/ tester les théories sur la origines et l’évolution précoce de ces cultures
    2/ comprendre leur association avec les humains modernes ou homininés archaïques
    3/ comprendre leur liens avec les cultures acheuléennes précédentes et la propagation de la technique Levallois.

    La situation géographique de l’Inde et de ses riches archives du Paléolithique moyen sont idéales pour traiter ces problèmes. Cependant, les progrès dans les connaissances ont été limités par la rareté des sites et des fossiles homininés ainsi que par les contraintes géochronologique.

    Qu’a-t-on relevé à Attirampakkam ? Une désaffection progressive pour les bifaces, une prédominance des petits outils, l’apparition de flocons Levallois distinctifs et diversifiés... Tout cela souligne de façon notable qu’on s’éloigne des technologies précoces acheuléennes à grandes flocons.
    Ces résultats montre qu’un changement de comportement s’est produit en Inde vers 385 ± 64 ka, contemporain avec des processus similaires enregistrés en Afrique et L’Europe.

    Ainsi, cela suggère donc qu’il y a eu des interactions complexes entre un développement local et des transformations globales en cours. Toutes ces observations appelleraient donc une reformulation des modèles qui font débuter les origines de la culture indienne du Paléolithique moyen au moment de la dispersions des hommes modernes vers 125 ka même si

    Yanni Gunnell et ses collègues ne vont pas jusqu’à écrire qu’Homo sapiens était le fabricant des Levallois d’Attirampakkam. « Cela relèverait plus du sentiment que de la preuve », admet-il.

    Quelques éléments en faveur de la diffusion d’une telle invention, au gré des déplacements des populations humaines :

    Les fourchettes très larges des datations pourraient rendre un tel scénario envisageable : si l’on prend la marge haute de la datation des fossiles marocains (315 000 ans + 34 000 ans) et la plage basse pour le site indien (385 000 ans – 64 000 ans), les incompatibilités temporelles s’effacent.

    Sachant qu’à la même époque, on a enregistré un épisode de « Sahara vert », le tableau se complète : « Les chasseurs-cueilleurs auraient ainsi rencontré entre l’Afrique et l’Asie du Sud un continuum d’écosystèmes de steppe et de savane sans interruption majeure par une barrière désertique, favorable à la dispersion des faunes cynégétiques avec lesquelles ils ont co-évolué

    Yanni Gunnell (dans le communiqué de presse qui accompagne la publication dans Nature).

    Maintenant, qu’en disent les contradicteurs ?

    Une technologie comme le débitage Levallois [a pu être] « inventée » de façon indépendante dans diverses régions du monde, par des espèces tout aussi diverses. « Cette hypothèse de la convergence technologique correspond à l’opinion dominante

    Jean-Jacques Hublin (Collège de France, Institut Max-Planck, Leipzig)

    Les pierres taillées présentées « ne sont pas du Levallois ». [ Eric Boëda, spécialiste de la taille des outils lithiques (université Paris-X Nanterre) ] estime qu’elles correspondent à « une analogie non contrôlée » avec cette méthode de taille, à « un début de production normalisée, un débitage même pas suivi de façonnage, une simple recherche de tranchant ». Mais pas au fruit de l’anticipation subtile qui permet de débiter une série d’outils à partir d’un bloc initial.

    Mais , Vincent Mourre (Institut national des recherches archéologiques préventives), lui aussi spécialiste de la production des industries lithiques,

    estime que les doutes émis par Eric Boëda « ne sont pas justifiés » - même si la qualification de « laminaires » de certaines production « pourrait sans doute être tempérée ». La critique de son confrère « ne tient pas compte de la variabilité des méthodes Levallois dans le temps et dans l’espace ni de la nécessaire adaptation aux matières première locales, en l’occurrence, du quartzite ». Une des planches présentant des « nucléus », ces noyaux de pierre dont sont tirées les lames, lui semble « particulièrement convaincante ». « En l’absence de fossile humain ancien bien daté dans le sous-continent indien, les retombées immédiates sont peut-être un peu plus modestes que ce que laisse entendre le titre de l’article de Nature », tempère cependant le chercheur.

    Affaire à suivre...

    #préhistoire #industrie_lithique #inde #Levallois #paléolithique_moyen #paléolithique_supérieur
    #385-172ka

  • « Chez nous » : #Lucas_Belvaux filme le #Front_national
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/230217/chez-nous-lucas-belvaux-filme-le-front-national

    Sortie en salle de Chez nous, dans lequel le cinéaste Lucas Belvaux transforme le Front national en Rassemblement national populaire et #Marine_Le_Pen en Agnès Dorgelle. Moins un film sur le parti d’extrême droite que sur l’extrémisme comme langage diffus, et d’autant plus nocif.

    #Culture-Idées #38_Témoins #André_Dussollier #Catherine_Jacob #Cinéma #Emilie_Dequenne #Guillaume_Gouix #Pas_son_genre #rapt

  • « La cinquième bulle » : un petit lexique de la #Silicon_Valley | Stuart Grabler, Le Monde, 26/10/2016 (manque #disruption)
    http://lemonde.fr/idees/article/2016/10/26/la-cinquieme-bulle-un-petit-lexique-de-la-silicon-valley_5020607_3232.html

    La crise des sociétés d’investissements immobiliers cotées (Real Estate Investment Trust, REIT) de 1974-1975 aux Etats-Unis fut la première de l’après-guerre. Chacune des décennies suivantes connut sa bulle, et son krach.

    Dans les années 1980, les razzias de corporate raiders (les « prédateurs d’entreprise ») gonflaient la LBO bubble (bulle des OPA à effet de levier), la vente de junk bonds (obligations pourries) finançait le rachat de poids lourds de la cote. Cette vogue prit fin lors du krach d’octobre 1987, emportant dans son sillage les Caisses d’épargne américaines (Savings & Loans) précarisées par la surenchère hypothécaire.

    La décennie suivante vit l’essor de la bulle Internet (dotcom bubble). Porté par les start-up et les stock options, l’indice Nasdaq de valeurs technologiques toucha un plus haut en mars 2000... avant de perdre 78 % en trente et un mois.

    Pendant ce temps, la quatrième bulle, celle des subprimes (crédits hypothécaires immobiliers), se formait déjà. A la différence des précédentes, hautement médiatisées, celle-ci se développait dans un huis clos financier où se titrisaient à coups d’algorithmes des prêts hypothécaires accordés à des clients peu solvables. Quand, dans la foulée de la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers en 2008, la bulle éclata, elle faillit entraîner toute la planète finance.

    Et ce n’est pas fini, puisque la cinquième bulle, dont l’épicentre est la Silicon Valley, enfle à vue d’œil. En voici une brève description, à travers un petit lexique de la novlangue anglo-saxonne de rigueur.

    Unicorn (licorne) : jeune pousse technologique valorisée au moins 1 milliard de dollars, sur la base du placement initial de ses backers.

    Backer (soutien) : investisseur pionnier dans une unicorn en herbe. Au tout début, un projet plus ou moins ingénieux suffira pour le séduire. Une fois opérationnelle, l’entreprise mettra les bouchées doubles pour accroître le nombre de ses utilisateurs/clients, décuplant ainsi sa capacité à réussir des tours de table supplémentaires. Stratégie en conformité parfaite avec Metcalfe’s Law.

    Metcalfe’s Law (la loi de [Robert] Metcalfe) : une augmentation arithmétique des utilisateurs d’un réseau suscite une croissance exponentielle de son utilité et, par extrapolation comptable, de sa cote. Rouage-clé de cet engrenage vertueux : le giveaway.

    Giveaway (cadeau) : service dispensé sans contrepartie, ou article vendu à prix coûtant, dans le but d’appâter clients ou utilisateurs. C’est le seul but qui vaille à ce stade précoce ; de sorte que les unicorns en devenir sont souvent dépourvues d’un vrai business model.

    Business model (mode opérationnel) : censé transformer un service gratuit en pièces sonnantes et trébuchantes, il se présente généralement comme une plate-forme où des internautes (Facebook, Twitter), passagers (Uber), voyageurs (Airbnb), auditeurs (Spotify, Deezer) ou prêteurs (LendingClub) sont mis en relation avec des annonceurs, chauffeurs, logeurs, maisons de disques ou emprunteurs. Exception : des unicorns industrielles (Tesla, GoPro) emploient un modèle plus classique. Certaines unicorns (Snapchat, Magic Leap) cherchent toujours le leur, ce qui les empêche de monetize leur activité.

    Monetize (monétiser) : à ne pas confondre avec « rentabiliser » ! Car on a beau traduire son activité en chiffre d’affaires, celui-ci n’est pas synonyme de profits. Hors Facebook, exception qui confirme la règle, peu d’unicorns sont véritablement rentables. Naguère surnommée « la nouvelle Facebook », Twitter s’enfonce toujours dans le rouge. Déficitaire de 470 millions de dollars en 2014 et de 1,27 milliard au premier semestre 2016, Uber est champion de la perte opérationnelle. Montent également au podium Airbnb et Tesla. En Europe, le suédois Spotify, le français Deezer et l’allemand Rocket ne sont pas en reste. Conséquence inéluctable de ces flots d’encre rouge : un énorme cash burn.

    Cash burn (consumation de liquidités) : carburant d’une croissance déficitaire, ces fonds partent en fumée. UberChina, avant de jeter l’éponge face à son rival chinois, perdait 1 milliard par an. Dans l’attente de son rachat par Tesla, Solar City (panneaux solaires) brûle 6 dollars pour chaque dollar de revenu. Heureusement, il existe un moyen d’éteindre le feu : le cash out.

    Cash out (décaissement) : exercice qui, conjugué à une levée de fonds, permet aux fondateurs, aux backers et aux dirigeants dotés de stock options de monétiser, moyennant dilution, leurs parts. Pour ce faire, lancer une IPO (introduction en Bourse) était le parcours indiqué. Mais, échaudés par les unicorns s’envolant lors de l’IPO pour plonger ensuite en dessous de la mise à prix, les investisseurs boudent et les IPO se tarissent. Faute d’une IPO, l’unicorn enchaînera les tours de table, sollicitant, contre participation, de l’argent frais, dont une partie finira dans la poche des ayants droit. Sinon, elle pourra se vendre à un géant technologique craignant que la start-up ne l’éclipse un jour (Google/YouTube, Facebook/Instagram), ou alléché par d’éventuelles synergies (Microsoft/LinkedIn), ou cédant au chantage de la start-up qui, vendant à perte sans payer de TVA, lui soutire des parts de marché (Walmart/Jet.com). Mais pour optimiser sa cash-out stratégie, rien ne vaut le creative accounting.

    Creative accounting (comptabilité créatrice) : quitte à publier des résultats conformes aux normes comptables, une unicorn peut aussi communiquer sur une version enjolivée non conforme. Ainsi, Lending Club avait annoncé des bénéfices de 56,8 millions de dollars... et une perte de 5 millions selon les normes. Manipulation qui n’abusera que les initiés imbus de la crédulité symptomatique d’un Ponzi scheme.

    Ponzi scheme (pyramide de Ponzi) : locution apte à qualifier la cinquième bulle, où la haute technologie est mise au service non pas d’une rentabilité pourvoyeuse d’emplois, mais de l’élaboration d’expédients permettant le cash out avant le souffle fatidique du krach...

    • La haute technologie n’était déjà plus pourvoyeuse d’emplois dès la première bulle évoquée, mais il est vrai que cela devient de plus en plus évident avec chaque nouvelle étape

      cf. https://seenthis.net/messages/541433#message549597 et https://seenthis.net/messages/541433#message550356

      Comment expliquer alors la (très) forte valorisation des GAFAM ? Justement par le fait qu’ils opèrent dans la phase renversée du capitalisme où la création de valeur a été remplacée par sa simulation comme moteur de l’économie (y compris « réelle »). Leur valorisation n’est pas le reflet de leur capacité à produire de la valeur, mais à être des « porteurs d’espoirs » pour la production de titres financiers. Cette production doit toujours en effet avoir un point de référence dans « l’économie réelle » (Un indice quelconque corrélé à un espoir de production de valeur et projeté dans le futur). Dans le cas des plateformes numériques, ce point de référence, c’est l’accumulation permanente de données dont tous les acteurs de la sphère financière s’accorde à dire qu’elles sont les ressources pour de futures activités marchandes. Certes, ces activités seront marchandes, mais la quantité de valeur qu’elles produiront sera toujours décevante et il faudra donc se projeter encore dans de nouvelles simulations...

  • J – 162 : Longtemps j’ai pensé que l’on ne pouvait pas se faire avoir avec une arnaque dite nigérianne, que les ficelles étaient trop grosses, que l’on voyait bien le truc venir, et de loin encore.

    Et puis hier j’ai eu cet échange avec mon amie J. J’ai laissé l’orthographe d’origine, j’en suis encore étonné de ne pas avoir remarqué que ce n’était pas, vraiment pas, le niveau de langue de J.

    Bonjour, Comment vas tu ? Pouvons-nous correspondre par mail pour un recours et si possible ta disponibilité ? je reste en ligne devant l’ordi vu que j’ai un souci avec le tel.
    J.

    J., je suis là
    Phil

    Merci de m’avoir répondu. Je suis un peu embêté face une situation, j’ai le téléphone qui s’y met... Sûrement, un problème de batterie. Serait-il possible de me rendre un service ? J’ai du mal à trouver des recharges PCS mastercard comme je le fais habituellement via internet, c’est devenu un vrai casse-tête, impossible d’en trouver dans les points de vente( bureaux de tabacs, points presses, Taxiphones, stations-service...). Y a-t-il un point de vente non loin de toi ? Si oui peux-tu te rendre dans l’un de ces points de vente et me prendre 4 coupons PCS mastercard de 250 euros chacun. Dans le cas contraire,je me contenterais de ce que tu pourras m’apporter dans l’immédiat. Je parie que tu dois te demander, c’est quoi des recharges PCS, en fait, les recharges PCS sont des e-recharges que j’utilise pour des achats via le net et quand je suis en déplacement pour les vacances ou pour affaires. Il suffit de te rendre dans l’un de ces points de vente tel que chez un buraliste et demandé des coupons PCS , il saura de quoi il est question. Je reste connecté en attente de ton mail afin que tu puisses me transmettre les références des codes de RECH de chaque coupon. PS : N’oublie pas de m’indiquer le moyen adéquat pour le remboursement...Virement ?
    J.

    Le problème c’est que je ne peux pas vraiment m’absenter de mon travail de toute la journée et que le lundi est un jour noir pour moi, dès que je sors du travail je dois filer chercher Adèle pour l’emmener chez sa psy, donc en gros, je vais pas être disponible aujourd’hui. est-ce que cela peut attendre demain ?
    Bise
    Phil

    Je comprends ta situation, je suis vraiment désolé de te contrarier avec mon problème ce matin, mais j’ai urgemment besoin de ces coupons pour conclure une transation, pas possible de faire un effort d’avoir bureaux de tabacs, points presses, Taxiphones, stations-service juste à côté de toi pour les coupons ? je m’excuse encore de t’embêter avec ma situation
    J.

    C’est tout mon embarras, à la fois l’ambiance délétère de mon travail en ce moment et le fait que je sois coincé à la sortie. Il n’y a personne à Montreuil sur qui tu pourrais t’appuyer pour ce service qui n’est même pas énorme ?
    Phil

    Personne d’autre Tu es la seule personne à qui j’ai pu écrit, car ce que je te demandais me gêne beaucoup. surtout rassures-toi pour le remboursement.
    J.

    Tu te doutes bien que je ne me fais aucun souci d’argent. Encore que mon compte e soit pas très pourvu en ce moment. Je vais tenter une sortie en tout début d’après-midi, en sortant de déjeuner.
    Bise
    Phil

    Merci infiniment pour ton aide, je reste en ligne tient moi informée, Bise
    J.

    J.
    J’ai tenté une sortie. J’ai trouvé un commerce tabac qui vend de telles recharges, en revanche j’ai besoin de ta carte pour acheter ces recharges, j’ai eu beau inventer et broder une question de handicap (désolé seule chose qui me soit passée par la tête) pour tenter d’infléchir la dame qui, comme elle l’a dit, et cela ne va pas te faire plaisir, suivait la procédure.

    Est-ce que je peux essayer de passer en coup de vent chez toi récupérer ta carte, repartir acheter les recharges et te rapporter tout cela ?

    Ne peux-tu vraiment pas m’appeler, histoire de gagner un peu de temps ?

    Bise

    Phil

    Merci infiniment pour ton aide, le souci est que je suis en déplacement, je compte rentrer dans la soirée, ne peux-tu pas acheter ces coupons et me faire parvenir les codes de rechargement, rassures-toi pour le remboursement dès mon arrivée.
    J.

    Je ne peux pas acheter ces coupons sans ta carte. Comme dit la dame, c’est la procédure. Comme je vais aller dans Paris pour emmener Adèle chez la psy, j’essaierai alors de forcer la main à un autre buraliste qui sera peut-être moins regardant sur la procédure. Si je parviens à cela je passerai t’apporter les recharges.

    Phil

    PS peux-tu me donner ton numéro de portable s’il te plaît ?

    (Et je dois dire que c’est seulement là que j’ai commencé à flairer qu’il y avait quelque chose de pas très droit dans cette demande de J.)

    j’ai plusieurs foies achetés ces coupons chez les buralistes il n’y a pas de procédure à suivre pour avoir ces ,il suffit juste de dire au buraliste que tu as besoin des coupons de recharge et tu achete comme si les coupons etais pour toi et voila, après tu me fais parvenir les codes de rechargement par mail en ce qui concerne le rechargement j m’en occupe

    Le dernier message que j’ai envoyé est insignifiant, je conseillais à la personne qui se faisait passer pour mon amie J. d’aller se faire voir et plus si affinités. C’était le message de colère de qui se trouvait bien idiot et il y avait sans doute de quoi.

    En fait ce que je comprends de tout cela c’est que si un ami me demande un coup de main, je peux devenir vraiment idiot, stupide et manquer de jugement. C’est tout moi. Sans compter que si je me fais un ami d’un aveugle, je peux être assez distrait pour le déposer en haut d’une volée de marches de métropolitain.

    Exercice #38 de Henry Carroll : Promenez-vous avec un autre photographe et lancez-vous des défis photographiques

    C’est une chose que j’ai faite avec quelques amis photographes. Avec Barbara, nous avions échangé trois objets que nous devions chacun représenter de trois manière différentes. De mon côté j’ai appelé cela Barbara’s Moquitoes . En revanche les trois petits objets que j’avais offerts à Barbara ont tous les trois été perdus lors d’un retour en avion.

    De nombreuses fois je me suis promené avec Daphna dans Paris ou à New York, chacun son appareil, les récoltes de Daphna étaient tellement meilleures, c’était très décourageant. Il m’est arrivé par la suite de lui emprunter des négatifs pour les mélanger avec les miens dans le passe-vue de l’agrandisseur, j’ai retrouvé récemment un tirage de ce genre d’expériences dans le garage

    Mais sans doute l’une des plus belles fois, ce fut avec Bart Parker, à qui j’avais montré le début de ma série des Commuters . Bart, je ne le savais pas encore, lui, travaillait sur une série de personnes sur le départ, s’éloignat, de dos, et m’a demandé si je permettais qu’il m’accompagne un soir que je partais faire des photographies de ces personnes regagnant la gare de Chicago et leurs trains de banlieue. Nous nous sommes installé dos à dos, tel un ilôt que les Commuters étaient contraints de contourner, bien souvent c’étaient les mêmes personnes qui s’étaient fait photographier de face par moi qui étaient ensuite photographiées de dos par Bart. Bart et moi ne tirions dans la même catégorie, c’est le moindre que l’on puisse dire, aussi, quelques années plus tard quand j’ai découvert dans on livre A close brush with reality — quel titre ! —un extrait de cette série, j’ai été frappé de la force de ses images, et amusé que lui comme moi avions prévu d’associer les images prises sur le pont enjambant la fameuse rivière de Chicago sur Monroe Avenue avec d’autres images.

    Donc de face, de la série Home (Commuters), de dos, la série Leave and fall de Bart Parker.

    #qui_ca

  • Radio debout — émission du #39mars

    Émission enregistrée en direct de la place de la République à Paris, le soir du 38 mars à partir de 19h pendant #nuitdebout.

    https://ia801501.us.archive.org/18/items/RadiotDebout2016-04-08/RadioDebout_3.mp3

    Radio debout — émission du #38mars

    Rediffusion de l’émission enregistrée en direct de la place de la République à Paris, le soir du 38 mars de 18h à minuit à #nuitdebout.

    https://archive.org/download/RadioDebout2016-04-07/RadioDebout_2.mp3

    23:00 - AG : interdiction des paradis fiscaux
    36:00 - Commission économie / travail
    80:00 - AG : Égalité des chances - banlieue
    87:00 - Assurance chômage / loi travail

    Radio debout — émission du #37mars

    Rediffusion de l’émission enregistrée en direct de la place de la République à Paris, le soir du 37 mars.

    https://ia601502.us.archive.org/35/items/NuitDebout2016-04-06/RadioDebout_1.mp3

    Radio debout
    http://mixlr.com/radiodebout

    #radio_debout #nuit_debout
    #audio

  • sons bâtards---SB#38 – Le bug avant l’an 2000 après Jésus-Christ
    http://blogs.radiocanut.org/sonsbatards/2015/11/05/sb38-le-bug-avant-lan-2000-apres-jesus-christ

    Voici une émission spéciale « 90’s », dans tous les sens du terme mais surtout le mien… On y parle du Démantèlement de l’URSS, de Perte d’idéal, de Drogues, de SF, de Rock’n’roll, de Libéralisme et d’Apocalypse Laïque (ce n’est pas un nouveau groupe d’extrême-droite, hein, c’est juste la fin du monde (...)

  • Pluriel
    http://www.radioorient.com/podcasts/pluriel-143

    Radio Orient http://www.radioorient.com/wp-content/uploads/2015/04/Pluriel-03042015.mp3

    « Pluriel » a reçu Gérard Filoche, membre du Bureau national du Parti socialiste, il publie « Vive l’entreprise » aux éditions Hugo & cie.     Emission préparée et présentée par Loïc Barrière. Première diffusion, 3 avril à 19h 00  Gérard Filoche, né le 22-12-1945 à Rouen Licence et certificat de maîtrise (...)

  • FFFreakout #385 (Aired on 10/31/13)
    http://chewbone.rickshide.com/2013/11/03/fffreakout-385-aired-on-103113

    Lou Reed “I’m So Free” from TransformerThe Velvet Underground “Pale Blue Eyes” from S/TLou Reed & Metallica “Mistress Dread” from LuluThe Velvet Underground “Femme Fatale” from The Velvet Underground & NicoLou Reed “Satellite of Love” from TransformerLuna “Season of the Witch” from I Shot Andy Warhol O.S.T.Fred Schneider “Monster” from S/TFrankie Stein & His Ghouls [...]

    #Mixtapes

  • Gay Boy Scout, Bullied by Troop, Denied Eagle Rank « MasterAdrian’s Weblog
    http://masteradrian.com/2012/10/08/gay-boy-scout-bullied-by-troop-denied-eagle-rank

    Gay Boy Scout, Bullied by Troop, Denied Eagle Rank
    October 8, 2012
    Gay Boy Scout, Bullied by Troop, Denied Eagle Rank
    By SUSAN DONALDSON JAMES

    October 5, 2012

    Ryan Andresen has spent a decade completing the requirements for the coveted Eagle Scout award, and now that he is just about to turn 18 — the cut-off date for attaining the highest honor — his Boy Scout troop won’t approve it because he is gay.

    His project, a “tolerance wall,” was inspired by the years of hazing he endured in middle school in Moraga, Calif., and later at Boy Scout summer camp, where his nicknames were “Tinkerbell” and “faggot.”

    “I had I had no idea what gay was at that point,” said Andresen, who described hazing that included, among other rituals, having the word “fag” written in charcoal across his chest.

    “It was really embarrassing and humiliating,” he said. “And I was terrified.”

    His mom, Karen Andresen, was so upset by the troops’ decision that she posted a petition on Change.org that has topped more than 22,000 signatures.

    “It was not his idea, it was mine,” she said.

    In the petition, Andresen cited the merit badge — “Citizenship in the Community.”

    “[It] means standing up for what is right, and I am proud of Ryan for doing just that,” she wrote. “Will you stand with him, too?”

    His father, Eric Andresen, who had joined the troop as the chief administrator to help his son with the bullying, was confronted by the scoutmaster and told that because Ryan was gay, he could not sign off on the project. His father resigned “on the spot.”

    “He wants nothing to do with the troop,” said his wife.

    Deron Smith, spokesman for the Boy Scouts of America, told ABCNews.Com in a statement:

    “This scout proactively notified his unit leadership and Eagle Scout counselor that he does not agree to scouting’s principle of ‘Duty to God’ and does not meet scouting’s membership standard on sexual orientation. Agreeing to do one’s ‘Duty to God’ is a part of the scout Oath and Law and a requirement of achieving the Eagle Scout rank.”

    Smith also said that even though the Boy Scouts does not actively ask the sexual orientation of boys, discussions with the Andresens have made Ryan “no longer eligible for membership in scouting.”

    He said the “ideals and principles” in the Scout Oath and Law are “central to the mission of teaching young people to make better choices over their lifetimes.”

    A senior and honors student who hopes to go the University of San Francisco, Ryan joined the Boy Scouts at age 6. “He just liked the outdoors and hiking,” said Karen Andresen, 49.

    Ryan came out to his parents when he was “around 16,” said his mother. In July, he wrote a letter to the troop in response to a bullying incident and “thought he could help,” disclosing he was gay.

    But just this week the scoutmaster of Troop 212, Rainer Del Valle, refused to give the final signature on Ryan’s project, one that he had initially approved, according to the Andresens.

    Del Valle did not immediately respond to an email and a telephone call from ABCNews.Com.

    Ryan said it was, in fact, Del Valle, who encouraged him to pursue the Eagle project, after dropping out of scouts for months because of the bullying.

    “He was in love with my project,” said Ryan, even after he had told the troop about his sexual orientation.

    “He was he was leading me on the whole time,” said Ryan, who said he thought his scoutmaster had succumbed to pressure from older leaders in the troop.

    “He still hasn’t had the courage to tell me himself. I am sad and confused over the whole thing,” he said. “He told my Dad to tell me. I haven’t heard from him since.”

    The Boy Scouts of America has openly banned gay leaders and scouts, a policy that was challenged in 2000. The U.S. Supreme Court sided with the Boy Scouts, ruling 5-4 that it was exempt from state laws that bar anti-gay discrimination because it is a private organization.

    Just this year, the Boy Scouts reaffirmed its longtime stance, disappointing gay advocacy groups.

    At the time, national spokesman Smith said that the policy was the “absolute best” for the 112-year-old organization. He said it represented “a diversity of perspectives and opinions.”

    The Boy Scouts is one of the largest youth organizations in the country with 2.7 million members and more than 1 million adult volunteers.

    Many voices, including individual within the organization, have opposed the Boy Scouts policy.

    AT &#38T CEO Randall Stephenson, an executive board member of the Boy Scouts of America, has said he was committed to ending the ban. He takes over as president in 2014.

    Andresen said that many troops in San Francisco’s Bay Area, where the family lives, “don’t care” about the national policy.

    “They even sent letters that they can’t abide the ban to the national council,” Andresen said.

    After years of bullying, Ryan struggled with cutting and an eating disorder, according to his mother.

    “Everything was going against him and I needed to be his advocate,” she said. “It’s not his fault he was born gay. It’s all so unfair and I wanted to help.”

    The response to her online plea to end the ban on gay scouts has been “overwhelming,” said Andresen. One young man who signed the online petition even offered to renounce his own Eagle Award and send it to Ryan.

    “That is huge,” she said. “He said that Ryan had helped him come out of the closet.”

    To reach the rigorous level of Eagle, scouts must attain five ranks, earn 21 merit badges, serve six months in a leadership position and complete a community service project.

    Ryan worked at the local middle school to organize an art project for Respect All Differences Day, which has an anti-bullying theme. Students created 288 tiles expressing “kindnesses,” which he used to create a mural that was mounted on a wall by the school library.

    But with the deadline of Ryan’s 18th birthday looming, Andresen said she doesn’t know if there is enough time to get his Eagle Award approved. Her husband has appealed to the local scouting board and the family is hoping for the best.

    “I am really not doing this for my Eagle award,” said Ryan. “I don’t want anyone else prevented from getting theirs.”

    But his mother said Ryan had been “pretty depressed” over the incident.

    “It’s just one more blow to him. I am so shocked. His scoutmaster knew of Ryan’s self-harm and this could have brought him off the deep end. … He has no compassion.”

    “It’s so upsetting as a mother,” she said. “The military has changed, the Girl Scouts, the 4-H,” said Andresen. “Why not the Boy Scouts?”