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  • #Quebec « Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage » : le mouvement des gilets jaunes en France et la question de l’extrême droite. Fabien Desage, Pascale Dufour, Renaud Goyer, Adrien Jouan - 13 Février 2018 - Le Journal des Alternatives
    https://journal.alternatives.ca/?Le-capitalisme-porte-en-lui-la-guerre-comme-la-nuee-porte-l-or

    Le 12 et 13 janvier 2019, les gilets jaunes du Canada, appelaient à la manifestation pour clamer leur opposition à la taxe carbone et, plus largement, au gouvernement fédéral de Justin Trudeau décrit, dans un registre caractéristique de l’extrême droite, comme un « mondialiste trahissant son pays » https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1146998/gilets-jaunes-extreme-droite-immigration-xenophobie-pipelines-taxe- . Plusieurs observateurs.trices ont déjà signalé les différences notables entre les mouvements des gilets jaunes au Canada - où, en dehors d’une certaine audience sur les réseaux sociaux ils semblent rester relativement confidentiels et confinés à des groupes d’extrême droite - et en France. Pourtant, dès les débuts de la mobilisation hexagonale, plusieurs journalistes ou hommes et femmes politiques évoquent également le fait que parmi les personnes mobilisées, certaines ont sans doute voté pour le Front national (désormais Rassemblement national) aux dernières élections présidentielles, utilisant cet argument pour disqualifier le mouvement ou pour insister sur son infiltration présumée. Dans certains départements, comme celui du Var dans le Sud ou du Pas-de-Calais dans le Nord, où Marine le Pen a récolté respectivement plus de 44% et 52% des voix au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017, il est statistiquement inévitable que sur des ronds-points occupés, et désormais largement évacués par la police, se soient trouvé.es des électeurs.trices du Front national. Comme c’est le cas, d’ailleurs, dans n’importe quelle manifestation réunissant plus de 20 personnes, au milieu des client.es d’un supermarché, au sein du personnel d’une école, d’une usine ou d’un commissariat. Car oui, la présence de l’extrême droite et de ses idées est désormais devenue, gilets jaunes ou pas, une réalité bien française. Mais aussi italienne, brésilienne, américaine ou encore canadienne (et québécoise).

    Face à ce constat somme toute sociologiquement trivial de la présence d’électeurs.trices de l’extrême droite dans le mouvement des gilets jaunes, plusieurs attitudes sont possibles : dénoncer un mouvement piloté ou « noyauté » par les mouvements structurés d’extrême droite et utiliser cet argument comme prétexte pour ne pas s’engager ou, au contraire, être présent.e dans la rue et dans les assemblées générales pour ne pas laisser la place, pour discuter et pour dénoncer les propos racistes, homophobes, ou autres, s’ils surviennent. Il y a, ici, pour les militant.es et organisations de gauche une véritable réflexion politique à avoir : comment réagir face à une contestation populaire dont l’orientation politique n’est pas donnée à l’avance et n’épouse pas les formes convenues (mais aussi souvent contenues) des mouvements sociaux canalisés et organisés traditionnels ? Faut-il réprouver a priori la prise de parole et l’expression publique au motif qu’elle pourrait nous déplaire, ou la laisser jaillir pour mieux pouvoir éventuellement la confronter ? Les revendications des collectifs locaux des gilets jaunes, si elles sont parfois disparates, ont une grande unité dans leurs exigences de démocratie et de justice sociale, points beaucoup plus centraux que les thématiques chères à l’extrême droite dans le mouvement actuel.

    D’autres commentateurs.trices soulignent le fait que le mouvement des gilets jaunes, en demandant la démission du président Macron, ouvrirait la voie à l’extrême droite et à l’élection de Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles ou de son parti à d’éventuelles élections législatives (anticipées ou non). Ce raisonnement, en négligeant le fait, là encore, que le.la candidat.e de l’extrême droite n’a pas attendu le mouvement des gilets jaunes pour progresser à chaque élection depuis 2002, tend à sous-estimer les processus politiques à l’oeuvre dans la société française (et au-delà) depuis des décennies, et à donner un rôle décisif ou accélérateur à un mouvement social, qui, au contraire, doit selon nous être appréhendé comme une chance inespérée de conjurer une progression électorale continue de l’extrême droite, qui doit bien plus au creusement des inégalités et à la défiance à l’égard de la classe politique qu’au mouvement des gilets jaunes. Embrasser ce constat alarmiste équivaut par ailleurs à se placer dans une situation d’impuissance, comme si la France était plongée en permanence dans un second tour de l’élection présidentielle. Le spectre de l’arrivée de l’extrême droite semble alors justifier tous les renoncements, de ces renoncements qui, au final, renforcent l’extrême droite, année après année. Le mandat passé de François Hollande en est la démonstration la plus parfaite. Ce jeu de la menace, du chantage au « vote utile » alimente en retour l’impression d’une... inutilité profonde de la politique. Et un sentiment de déconnexion entre les partis, les syndicats et les citoyen.nes, dont le mouvement des gilets jaunes est la conséquence plus que la cause.

    Ce constat pose aussi la question centrale de la place de la gauche dans ce renouvellement attendue de la classe politique. Le divorce du parti socialiste et des classes populaires n’est pas nouveau. Depuis 30 ans, les causes de la montée électorale de l’extrême droite sont passés à la loupe des analystes, et n’exonèrent pas la gauche de gouvernement. Songeons au rôle de François Mitterrand dans l’essor de la formation politique de Jean-Marie Le Pen à des fins stratégiques au milieu des années 1980, afin d’affaiblir la droite parlementaire, ou encore au débat sur la « déchéance de nationalité » introduit par Manuel Valls plus récemment. Très clairement, en convergeant avec la droite sur les objectifs d’austérité budgétaire et sur une politique de l’offre, la gauche gouvernementale a contribué à rendre le Rassemblement national (RN) un peu plus central dans le jeu politique, et à donner le privilège à ce parti d’apparaître comme la principale formation d’opposition. La gauche de gouvernement semble avoir aujourd’hui bien peu à offrir sur le plan des perspectives politiques, sur la question de la réduction des inégalités économiques ou encore de la concentration (sociale et territoriale) de la richesse. Elle semble avoir renoncé à un projet de société égalitaire et aux outils de redistribution nécessaires à ce dernier (que l’on songe aux renoncements en matière de fiscalité ou à la « loi travail » qui a marqué le quinquennat Hollande par exemple).

    Si la voie électorale paraît bouchée et que la voie de la contestation sociale semble « faire le jeu du RN », alors quelle position adopter ? Il est probablement nécessaire, dans un premier temps, de changer de perspective, et d’admettre qu’à « état démocratique constant » le pire était déjà devant nous, avant même l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Ce dernier peut dès lors apparaître comme une opportunité d’enrayer l’essor de l’extrême droite et, plus largement, d’échapper à l’alternative funeste entre régimes néo-libéraux autoritaires (États-Unis, Italie, Hongrie) et régimes autoritaires néo-libéraux (Brésil, Turquie, Chine) ?

    Il faut donc non seulement soutenir ce mouvement, mais également travailler à la (re)prise de parole et de pouvoir de personnes issues de certaines fractions des classes populaires et de catégories de travailleurs.euses « invisibles » qui avaient abandonné le terrain du mouvement social, voire le chemin des urnes, comme le souligne l’enquête préliminaire du Collectif de chercheurs bordelais https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395 . Le mouvement des gilets jaunes représente un moment de formation politique collective inédite, à travers lequel se construisent des sujets politiques. C’est aussi un moment de (re)création de solidarités effectives, dont l’ampleur et la durée dépassent les expériences récentes et auront des conséquences durables pour celles et ceux qui l’ont vécu, et ont souvent expérimenté communément la violence d’État.
    
En effet, les mobilisations des gilets jaunes mettent à jour un pouvoir étatique n’ayant comme réponse à proposer à la contestation massive de ses politiques que la violence policière et judiciaire (plus d’un millier de personnes subissent actuellement des poursuites judiciaires). Les niveaux actuels de répression du mouvement et des militant.es sont inédits dans la Vème République : par le nombre d’individus interpellés (près de 5000 depuis le début du mouvement) mais aussi de personnes blessées https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan , en raison du recours massif d’armes dites « intermédiaires » ailleurs interdites pour de telles missions de maintien de l’ordre, à commencer par les « grenades de désencerclement » ou encore les lanceurs de balles de défense (LDB40). Dans ce cadre, la nouvelle loi dite « anti-casseurs », adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 5 février dernier, semble venir parachever la remise en cause durable de démocratie et de justice sociale et de droits fondamentaux, comme celui de manifester. Cette loi va, entre autres choses, inaugurer la possibilité pour des autorités administratives (les préfets) d’interdire à des personnes d’exercer leur droit de manifester et ce, de manière préventive, en amont de toute condamnation judiciaire.

    « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », écrivait au début du 20ème siècle l’intellectuel et militant socialiste Jean Jaurès, à l’aube d’un conflit qui allait dévaster les sociétés européennes, et paver la voie à la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, le mouvement des gilets jaunes pose à nouveau frais, à la lumière du capitalisme à l’ère néolibérale, la question des injustices et de la violence dans nos sociétés, mais également des périls qui nous guettent, si nous n’y trouvons pas d’issue démocratique et pacifique. Peut-on croire sincèrement que le mouvement actuel ait une quelconque responsabilité dans l’essor de l’autoritarisme et dans le développement du nationalisme dans nombre de nos sociétés ? Plus qu’une erreur de perspective, voyons-y la tentative désespérée des tenants de l’ordre ancien de faire diversion, et d’écarter à bon compte leurs responsabilités centrales dans le tragique de l’heure, comme dans celui d’hier.

    #Canada #capitalisme #extreme_droite #néo_libéralisme #Gauche #PS #analyse #démocratie #inégalités #injustices #violence #justice_sociale #inégalités #libertés_publiques #GiletsJaunes #Gilets_Jaunes



  • Les Echos – Dans la jungle d’Amazon
    https://media.lesechos.fr/infographie/amazon

    Le géant américain, qui a annoncé en début de mois de nouveaux résultats records (233 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 10 milliards de bénéfice net) est tentaculaire.

    Pour tenter d’y voir plus clair, « Les Echos » ont donc établi leur propre organigramme. L’objectif : faire apparaître en un clin d’œil la diversité des secteurs sur lesquels le géant avance ses pions ; et montrer comment ces activités, si diverses en apparence, se nourrissent entre elles et alimentent en réalité le cœur de son business. Et encore, cette infographie n’intègre pas les actifs que Jeff Bezos détient en propre comme le média le « Washington Post » et l’entreprise d’exploration spatiale Blue Origin…

    #Amazon #Vectorialisme


  • Guide to React Native App Development! Why React Native is the future of App Development?
    https://hackernoon.com/guide-to-react-native-app-development-why-react-native-is-the-future-of-

    If Hamlet was re-enacted today, the opening line might be — To “Android or to iOS”, that is the question! In this article, we’ll tell you why Cross-platform app development in React Native works and we’ll provide you with A-Z of React Native app development, the pros and cons of using React Native and why React Native is the future of mobile app development.According to Allied Market Research, the worldwide mobile application market is expected to rise at a CAGR of 19.2% to reach $311,249 million by 2023.The CEO and founder of Interchange, Matt Galligan quoted, “In my opinion, the future of mobile is the future of everything.”, so, businesses who are eyeing to influence people with their innovation need to develop an interactive and fluid mobile app. But, which app platform to choose? Android (...)

    #software-development #app-development #technology #react-native #mobile-app-development



  • m-e-t-h-o-d-o-l-o-g-i-e-s (or not)
    http://constantvzw.org/site/m-e-t-h-o-d-o-l-o-g-i-e-s-or-not.html

    Contribution to the third lab meeting of the project “Re-configuring computing through cyberfeminism and new materialism” (CF+). CF+ is a project of the Gender/Diversity in Informatics Systems research lab at the University of Kassel, Germany. The project aims to lay the groundwork for revisiting dominant modes and practices of knowledge and artifact production in computer science through cyberfeminist and feminist new materialist lenses. It also aims to consolidate a network of researchers, (...)

    And more...

    #And_more...


  • GRAIN — The Belt and Road Initiative: Chinese agribusiness going global
    https://www.grain.org/article/entries/6133-the-belt-and-road-initiative-chinese-agribusiness-going-global

    One of the world’s biggest e-commerce companies, Beijing-based JD.com, says it will soon be able to deliver fruit from anywhere in the world to the doorsteps of Chinese consumers within 48 hours. It takes highly integrated global infrastructure—connecting farms to warehouses to transportation to consumers—to achieve a goal like this. China’s new mega-infrastructure plan, the Belt and Road Initiative (BRI), will help make JD.com’s vision a reality. It will also increase the concentration of global food production and distribution, potentially pushing small-scale farmers, fisherfolk, forest peoples and rural communities further to the margins. There are also serious concerns that BRI could worsen land grabs, human rights abuses, indebtedness, and environmental and health impacts in target countries.

    Pas encore regardé #obor #BRI #Chine #commerce #agroindustrie #route_de_la_soie #nouvelle_route_de_la_soie


  • Donald Trump demande à l’Europe d’accueillir 800 combattants de l’État islamique capturés... ou bien les États-Unis vont les « libérer ».
    https://www.crashdebug.fr/international/15671-donald-trump-demande-a-l-europe-d-accueillir-800-combattants-de-l-e

    Les responsables américains ont estimé qu’il y a environ 800 prisonniers de quatre douzaines de pays dans une série de prisons et de centres de détention gérés par des Kurdes dans le nord de la Syrie.

    La lutte contre les militants de l’État islamique se poursuit dans le village de Baghouz, en Syrie. Photo : PA

    Le président américain Donald Trump a exigé que l’Europe accueille des centaines de combattants de l’État islamique capturés en Syrie, menaçant que les États-Unis soient autrement forcés de les libérer.

    « Les États-Unis demandent à la Grande-Bretagne, à la France, à l’Allemagne et à d’autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l’ISIS que nous avons capturés en Syrie et de les traduire en justice », a écrit le président dans une multitude de tweets.

    « Le (...)

    #En_vedette #Actualités_internationales #Actualités_Internationales


  • Rendez-vous avec la Lune
    https://aris.papatheodorou.net/rendez-vous-avec-la-lune

    Cette image est l’œuvre de Andrew McCarthy, un astronome amateur de Sacramento (États-Unis). Elle a nécessité 50.000 clichés pris de nuit depuis son jardin, qui ont en suite été recombinés pour réaliser une photo unique en très haute résolution du satellite de la Terre.

    Pour la prise de vues, Andrew McCarthy a utilisé un télescope Orion XT10, monté sur un pied EQ6-R Pro, et un appareil numérique ASI224MC capable de capturer plusieurs dizaines, voir centaines, de clichés à la seconde. La capture a été pilotée à partir d’un ordinateur portable avec le logiciel spécialisé Firecapture (gratuit sous licence propriétaire).

    L’assemblage de l’image a en suite été réalisé avec Autostakkert un autre logiciel spécialisé (gratuit sous licence propriétaire), et Photoshop pour la retouche. La photo finale a une résolution de 81 mégapixels.

    #photographie #astronomie #informatique




  • #bitcoin Bear Market Diaries Volume 2 with Akin Fernandez
    https://hackernoon.com/bitcoin-bear-market-diaries-volume-2-with-akin-fernandez-9dd718bce35c?so

    The Bitcoin Bear Market Diaries are a series of interviews featuring various important voices and perspectives in the Bitcoin ecosystem. Each interviewee was carefully selected and asked the same group of questions. The main goal was to provide the world with a collection of commentary and opinions on the state of the current Bitcoin and crypto market. Some of the names you will recognize while others don’t wish for the limelight but have great insight and experience we all can learn from.These interviews are raw and unfiltered with no agenda other than giving each individual their opportunity to speak their mind. If you like what you see, please share with your friends. If something offends you, you should probably X out and find another crypto fluff piece that gives you warm  (...)

    #bitcoin-interview #hackernoon-top-story #akin-fernandez #bitcoin-bear-market


  • Understanding How Artificial Intelligence Can Make #blockchain Safer and Smarter
    https://hackernoon.com/understanding-how-artificial-intelligence-can-make-blockchain-safer-and-

    In the AI field, you can build smart Machine Learning algorithms or impressive Neural Networks, but this powerful technology could be trustable or could generate intelligent responses based on the data you use when you train it.As I wrote in my article: Understanding The Gold Rush of Scalable and Validated Data powered by Blockchain and Decentralized AI for Hackernoon:The best results in the AI field are in closed and well-defined ecosystems, such as video games, where AI algorithms have beaten every world champions, even in DOTA 2, considered one of the most complex video game in the industry… …In open environments like social media or big data, AI’s algorithms have performed less, or sometimes AI’s results are dangerously wrong.Wait but why?In scripted environments like video games, you (...)

    #smart-contracts #artificial-intelligence #blockchain-ai


  • [Acte XIV - 16/02/2019] [Bilan évolutif]
    https://nantes.indymedia.org/articles/44573

    Le rendez-vous était fixé a 13h, la manifestation partira de Commerce a 14h15. Un premier tour s’entame en suivant un parcours de manifestation habituel (place du cirque, préfecture, monument aux morts, cours st pierre duchesse Anne, place du Bouffay, commerce) arrivé a la moitié du parcours toujours du premier tour la manifestation se fait réprimé lors d’une première initiative de prendre une direction différente par le Pont de la Rotonde du parcours imposé par la disposition du dispositif policier mit en place. La tentative se fait réprimer dans un gazage intensif ou 18 salves de lacrymogène et 4 grenades dont 2 desencerclantes confirmé seront tiré en environ 15 minutes. La manifestation continue donc son chemin en direction de Commerce en passant devant la Place Du (...)

    #Répression #actions #directes #gilets_jaunes #Nantes #Répression,actions,directes,gilets_jaunes


  • When the Camera Was a Weapon of Imperialism. (And When It Still Is.)

    I first saw the photograph some years ago, online. Later, I tracked it down to its original source: “In Afric’s Forest and Jungle: Or Six Years Among the Yorubans,” a memoir published in 1899 by the Rev. R.H. Stone. It shows a crowd in what is now Nigeria, but what was then Yorubaland under British colonial influence. The caption below the photograph reads: “A king of Ejayboo. Governor of Lagos on right. For years the rulers of this fierce tribe made the profession of Christianity a capital crime.” This description is familiar in tone from anthropological literature of the period, though the photograph is hard to date precisely. “Ejayboo” is what we would nowadays spell as “Ijebu,” a subgroup of Yoruba. That catches my attention: I am Yoruba and also Ijebu. This picture is a time capsule from a world to which I am connected but had not seen before, a world by colonial encounter.

    By the middle of the 19th century, through treaties and threats of force, the British had wrested control of the coastal city Lagos from its king. They then turned their efforts to improving access to the goods and services in the Yoruba hinterland. The Yoruba were already by that time a populous and diverse ethnic group, full of rivalrous kingdoms large and small, some friendly to the British, others less so.

    Stone, a Virginian sent by the Southern Baptist Convention, lived among them — lived among us — for two spells, in 1859-63 and 1867-69, before, during and after the American Civil War. He had this to say about Yoruba people: “They are reasonable, brave and patriotic, and are capable of a very high degree of intellectual culture.” It is praise, but must be understood in the context of a statement he makes earlier in his book about living “among the barbarous people” of that part of the world. In any case, the Ijebu in the mid-19th century were largely wealthy traders and farmers who did not want to give the British right of way to the interior of the country; only through diplomacy, subterfuge and violence were they finally overcome.

    This photograph was made in the aftermath. The white governor of Lagos — based on the plausible dates, it is probably John Hawley Glover — sits under an enormous umbrella. On one side of him is another high-ranking colonial officer. On the other side is the Ijebu king, or oba, probably the Awujale of the Ijebu kingdom, Oba Ademuyewo Fidipote.

    The oba wears a beaded crown, but the beads have been parted and his face is visible. This is unusual, for the oba is like a god and must be concealed when in public. The beads over his face, with their interplay of light and shadow, are meant to give him a divine aspect. Why is his face visible in this photograph? Some contravention of customary practice has taken place. The dozens of men seated on the ground in front of him are visibly alarmed. Many have turned their bodies away from the oba, and several are positioned toward the camera, not in order to look at the camera but in order to avoid looking at the exposed radiance of their king.

    The invention of the daguerreotype was announced in 1839. By the 1840s, photography had spread like wildfire and become a vital aspect of European colonialism. It played a role in administrative, missionary, scientific and commercial activities. As the Zimbabwean novelist Yvonne Vera put it: “The camera has often been a dire instrument. In Africa, as in most parts of the dispossessed, the camera arrives as part of the colonial paraphernalia, together with the gun and the bible. ...”

    Photography in colonialized societies was not only a dire instrument. Subject peoples often adopted photography for their own uses. There were, for instance, a number of studios in Lagos by the 1880s, where elites could go to pose for portraits. But such positive side effects aside, photography during colonial rule imaged the world in order to study, profit from and own it. The colonial gaze might describe as barbarous both the oba’s beaded crown and his regal right to conceal himself. This was one of the repeated interactions between imperial powers and the populations that they sought to control: The dominant power decided that everything had to be seen and cataloged, a task for which photography was perfectly suited. Under the giant umbrella of colonialism, nothing would be allowed to remain hidden from the imperial authorities.

    Imperialism and colonial photographic practices both flourished in the 19th century, and both extended themselves, with cosmetic adaptations, into the 20th. In 1960, during the horrific French war on Algeria, the French military assigned a young soldier, Marc Garanger, to photograph people in an internment camp in the Kabylia region of Northern Algeria. Thousands of people had been confined in the region under armed guard, and the French military commander had decreed that ID cards were mandatory. A picture of each prisoner was required. Many of the women were forced to remove their veils. These were women who did not wish to be seen, made to sit for photographs that were not for them. (Photography played a different military role in the numerous aerial reconnaissance missions by the French, which resulted in thousands of negatives mapping the region.)

    Garanger’s photographs both record an injustice and occasion it. His alternative, not an easy one, would have been to refuse the order and go to prison. His pictures show us what we ought not to see: Young and old women, their hair free flowing or plaited, one face after the other, in the hundreds. They collectively emanate refusal. The women of Kabylia look through the photographer, certainly not considering him an ally. Their gazes rise from the surface of the photograph, palpably furious.

    When we speak of “shooting” with a camera, we are acknowledging the kinship of photography and violence. The anthropological photographs made in the 19th century under the aegis of colonial powers are related to the images created by contemporary photojournalists, including those who embed with military forces. Embedding is sometimes the only way to get a direct record, no matter how limited, of what is happening in an armed conflict. On occasion such an arrangement leads to images whose directness displeases the authorities, but a more common outcome has been that proximity to an army helps bolster the narrative preferred by the army.

    Still, photographic reportage has the power to quicken the conscience and motivate political commitments. Examples abound of photographs acting as catalysts in the public’s understanding of vital issues, from the images of Bergen-Belsen in 1945 to the photograph of the Syrian toddler Alan Kurdi in 2015. And yet, perhaps even more insistently, on a day-by-day, week-by-week basis, photography implicitly serves the powers that be. To insist that contemporary photographic practice — and I mean to include a majority of the international news coverage in newspapers like this one — is generally made (and published) for the greater good is to misconstrue history, because it leaves out the question of “Good for whom?” Such pictures aren’t for their subjects any more than the photograph in Stone’s book was for the Ijebus and their king.

    Certain images underscore an unbridgeable gap and a never-to-be-toppled hierarchy. When a group of people is judged to be “foreign,” it becomes far more likely that news organizations will run, for the consumption of their audiences, explicit, disturbing photographs of members of that group: starving children or bullet-riddled bodies. Meanwhile, the injury and degradation of those with whom readers perceive a kinship — a judgment often based on racial sympathy and class loyalties — is routinely treated in more circumspect fashion. This has hardly changed since Susan Sontag made the same observation in “Regarding the Pain of Others” (2003), and it has hardly changed because the underlying political relationships between dominant and subject societies have hardly changed.

    Without confronting this inequality, this misconstrual of history, photography will continue to describe itself as one thing (a force for liberation) while obdurately remaining another (an obedient appendage of state power). It will continue to be like the organs of the state that “spread democracy” and change regimes. Even when it appears to go against the state, it will only do so selectively, quaintly, beautifully, piteously, in terms that do not question the right of the state to assert power.

    For how long will these radically unequal societal realities endure? Many affecting photographs have been made during the huge waves of international migration of the past few years. These pictures issue, as usual, from the presumed rights of photographers to depict the suffering of people “out there” for the viewing of those “back home.” But in looking at these images — images of war, of starvation, of capsized boats and exhausted caravans — we must go beyond the usual frames of pity and abjection. Every picture of suffering should elicit a question stronger than “Why is this happening?” The question should be “Why have I allowed this to happen?”

    This is what the scholar Ariella Azoulay calls the “citizenship” of photography, its ability, when practiced thoughtfully, to remind us of our mutual responsibilities. When I look at the bewildering photographs of refugee camps in Richard Mosse’s recent book, “The Castle,” I feel indicted. The imperial underpinnings of Mosse’s project are inescapable: Using military-grade thermal cameras, he makes extremely complex panoramic images (stitched together from hundreds of shots) of landscapes in the Middle East and Europe in which refugees have gathered or have been confined. His pictures echo the surveillance to which these bodies are already subjected. But the thermal imaging renders the images very dark, with the humans showing up as white shapes (almost like a negative). The picture conceals what it reveals. We see people, but they remain hidden.

    This technique makes for uncanny images in which distressed people move about like the figures you see in dreams, indistinct but full of ghostly presence. At the Moria camp in Greece, it is snowing. We see a long snaking line of people, waiting. What are they waiting for? For some material handout, probably, for food or blankets or documents. But their waiting represents the deeper waiting of all those who have been confined in the antechamber of humanity. They are waiting to be allowed to be human.

    Mosse’s images, formally striking as they are, are unquestionably part of the language of visual domination. With his political freedom of movement and his expensive technical equipment, he makes meticulous pictures of suffering that end up in exquisite books and in art galleries. He is not the first photographer to aestheticize suffering, nor will he be the last. And yet, by suppressing color, by overwhelming the viewer with detail, by evoking racial horror rather than prettily displaying it and by including in his work philosophical considerations of the scenes he shows — “The Castle” contains essays by Judith Butler, Paul K. Saint-Amour and Mosse himself and a poem by Behrouz Boochani — he does something quite different from most photojournalists. He unsettles the viewer.

    Photography’s future will be much like its past. It will largely continue to illustrate, without condemning, how the powerful dominate the less powerful. It will bring the “news” and continue to support the idea that doing so — collecting the lives of others for the consumption of “us” — is a natural right. But with a project like “The Castle,” I have a little bit of hope that an ethic of self-determination can be restored. I have hope that the refugees of Moria, Athens, Berlin and Belgrade will gain a measure of privacy. The women of Kabylia will cover their faces and return to themselves as they wish to be. The oba’s beaded crown will fall back into place, shadowing his face. Photography writes with light, but not everything wants to be seen. Among the human rights is the right to remain obscure, unseen and dark.

    https://www.nytimes.com/2019/02/06/magazine/when-the-camera-was-a-weapon-of-imperialism-and-when-it-still-is.html

    #photographie #colonialisme #post-colonialisme #impérialisme
    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere

    Reçu via la mailing-list Migreurop avec le commentaire suivant de Emmanuel Blanchard:

    L’auteur fait notamment référence au travail récent de #Richard_Mosse (exposition et ouvrage « The Castle ») dont il fait un compte rendu à la critique et laudatif. Un point de vue qui peut lui-même être critiqué... dans un sens plus critique.
    Pour accéder à quelques images de Richard Mosse :

    https://vimeo.com/302281332


    https://wsimag.com/art/33291-richard-mosse-the-castle
    https://bit.ly/2NglY08

    #réfugiés #asile #migrations #images #image

    The Castle

    Richard Mosse has spent the past few years documenting the ongoing refugee and migration crisis, repurposing military-grade camera technology to confront how governments and societies perceive refugees. His latest book The Castle is a meticulous record of refugee camps located across mass migration routes from the Middle East and Central Asia into the European Union via Turkey. Using a thermal video camera intended for long-range border enforcement, Mosse films the camps from high elevations to draw attention to the ways in which each interrelates with, or is divorced from, adjacent citizen infrastructure. His source footage is then broken down into hundreds of individual frames, which are digitally overlapped in a grid formation to create composite heat maps.

    Truncating time and space, Mosse’s images speak to the lived experience of refugees indefinitely awaiting asylum and trapped in a Byzantine state of limbo. The book is divided into 28 sites, each presenting an annotated sequence of close-up images that fold out into a panoramic heat map. Within this format, Mosse underscores the provisional architecture of the camps and the ways in which each camp is variously marginalised, concealed, regulated, militarized, integrated, and/or dispersed. His images point to the glaring disconnect between the brisk free trade of globalized capitalism and the dehumanizing erosion of international refugee law in European nation-states. Named after Kafka’s 1926 novel, The Castle prompts questions about the ‘visibility’ of refugees and the erosion of their human rights.

    The book comes with a separate book of texts, including a poem by Behrouz Boochani, the journalist, novelist and Iranian refugee currently held by the Australian government in confinement on Manus island, an essay by Paul K. Saint-Amour, associate Professor of English at the University of Pennsylvania, an essay by philosopher Judith Butler, and a text by Richard Mosse.


    #livre


  • OpenAI a créé un générateur de texte tellement intelligent qu’il en devient dangereux
    https://www.numerama.com/tech/464605-openai-a-cree-un-generateur-de-texte-tellement-intelligent-quil-en-

    L’organisation OpenAI a décidé de ne pas publier tous les résultats de ses recherches, de peur que des utilisateurs malintentionnés détournent son nouveau générateur de texte à des fins malveillantes. La démo mise en ligne est impressionnante. Dans un tweet publié le 14 février 2019, OpenAI a présenté GPT-2, la deuxième version de son générateur automatique de texte si performant qu’il ne sera, pour l’instant, pas diffusé au grand public librement. OpenAI est une organisation à but non lucratif soutenue à (...)

    #Tesla #algorithme #GPT2 #manipulation #OpenAI

    //c1.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2019/02/openai-langage.png



  • #Edgardo_Lander: Ante la crisis de #Venezuela la #izquierda carece de crítica
    https://www.aporrea.org/actualidad/n330938.html

    ¿Qué sucedió con los procesos de participación social que promovieron los gobiernos bolivarianos?

    –Hoy en Venezuela hay una desarticulación del tejido de la sociedad. Después de una experiencia extraordinariamente rica de organización social, de organización de base, de movimientos en relación a la salud, a las telecomunicaciones, a la tenencia de la tierra urbana, a la alfabetización, que involucró a millones de personas y generó una cultura de confianza, de solidaridad, de tener la capacidad de incidir sobre el propio futuro, uno suponía que en momentos de crisis habría capacidad colectiva de responder, y resulta que no. Por supuesto, hablo en términos muy gruesos, hay lugares donde hay mayor capacidad de autonomía y autogobierno. Pero en términos generales se puede decir que la reacción que se vive hoy es más en términos competitivos, individualistas. De todos modos, creo que quedó una reserva que en algún momento puede salir a flote.

    –¿Por qué no pudo mantenerse esa corriente de #participación y organización?

    –El proceso estuvo atravesado desde el principio por una contradicción muy seria, que es la contradicción entre entender la organización de base como procesos de #autogestión y de autonomía, de construcción de tejido social de abajo hacia arriba, y el hecho de que la mayor parte de estas organizaciones fueron producto de políticas públicas, de promoción desde arriba, desde el Estado. Y esa contradicción se jugó de manera diferente en cada experiencia. Donde había experiencia organizativa previa, donde había dirigentes comunales, había una capacidad de confrontar al Estado; no para rechazarlo, sino para negociar. Además, a partir de 2005 hay una transición del proceso bolivariano desde algo muy abierto, desde un proceso de búsqueda de un modelo de sociedad diferente al soviético y al capitalismo liberal, a tomar ya la decisión de que el modelo es socialista, y a una interpretación del socialismo como estatismo. Hubo mucha influencia político-ideológica cubana en esta conversión. Entonces estas organizaciones ya empiezan a ser pensadas en términos de instrumentos dirigidos desde arriba, y empieza a consolidarse una cultura estalinista en relación a la organización popular. Y eso le ha dado obviamente mucha precariedad.

    #chavismo #Maduro #Guaino #bolivarianismo


  • Réapproprions-nous les médias !

    #Acrimed lance avec des associations, des organisations de #journalistes, des #médias, des #syndicats et des organisations politiques une déclaration commune pour se « mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias ». Cette déclaration, à diffuser et à signer largement, est une première étape dans la construction d’une mobilisation et d’initiatives communes pour transformer les médias.

    « Nous affirmons qu’il est temps de se mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias. Pour défendre le droit d’informer et le droit à être informé. Et pour que l’information devienne enfin un bien commun et non une marchandise. »

    Pour lire l’appel complet et signer : https://www.acrimed.org/Reapproprions-nous-les-medias


  • Silvia Rivera Cusicanqui: “Tenemos que producir pensamiento a partir de lo cotidiano” - Edición General - El Salto

    https://www.elsaltodiario.com/feminismo-poscolonial/silvia-rivera-cusicanqui-producir-pensamiento-cotidiano-pensamiento-i

    Desde tiempos coloniales se han dado procesos de lucha #anticolonial; en cambio, lo #decolonial es una moda muy reciente que, de algún modo, usufructúa y reinterpreta esos procesos de lucha, pero creo que los despolitiza, puesto que lo decolonial es un estado o una situación pero no es una actividad, no implica una agencia, ni una participación consciente. Llevo la lucha anticolonial a la práctica en los hechos, de algún modo, deslegitimizando todas las formas de cosificación y del uso ornamental de lo indígena que hace el Estado. Todo eso son procesos de colonización simbólica.

    #bolivia #decolonialismo #postcolonialismo #mundoch'ixi



  • L’anticapitalisme est-il toujours de gauche ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/44560

    En ces temps de saines agitations il semble intéressant d’approfondir ce que peut porter le fameux slogan anti anti anti capitaliste. Il ne s’agit pas de s’opposer à des dérives d’un systèmes carnassier en se protégeant derrière des frontières ou des drapeaux, mais bien de foutre à bas la propriété, l’Etat et tutti cuanti...

    #antifascisme #anticapitalisme #antinationalisme #antifascisme,anticapitalisme,antinationalisme


  • Understanding Micro Frontends
    https://hackernoon.com/understanding-micro-frontends-b1c11585a297?source=rss----3a8144eabfe3---

    As a #frontend developer, all these years you were developing monoliths, even though you already knew it was a bad practice. You divided your code into components, used require or import and defined npm packages in your package.json or mounted sub git repositories into your project, yet you ended up building a monolith. It’s time to change it.Why is your code is a monolith?All frontend applications are a monolithic application in nature, except apps that already implemented micro frontends. The reason is if you are developing with the React library and if you have two teams both should be using the same React library and both teams should be in sync on deployments and always will be conflicting during code merges. They are not separated completely and most probably they are maintaining (...)

    #javascript #microservices #agile-development #micro-frontends


  • Contre les actes antisémites, contre leur instrumentalisation, pour le combat contre toutes les formes de #Racisme
    https://nantes.indymedia.org/articles/44572

    Nous soussignés associations, partis, syndicats, indépendants, sommes toutes et tous activement impliqués dans la lutte contre le racisme sous toutes ses formes. La lutte contre l’antisémitisme fait partie à part entière de notre combat antiraciste. Nous condamnons fermement les actes antisémites, qui surgissent dans un contexte #social et politique particuliers.

    #Répression #Resistances #contrôle #antifascisme #gilets_jaunes #Racisme,Répression,Resistances,contrôle,social,antifascisme,gilets_jaunes


  • https://www.arch2o.com/check-out-domino-sugar-factory-park-after-completion
    Dominated by New York’s Iconic Domino Sugar Factory, Brooklyn’s waterfront has been renovated through the introduction of a new public park. The US architectural landscape firm, James Corner Field Operations delivered a design inspired by the site’s rich history and the community. The project aims to build interest in the history of the site while reconnecting New Yorkers to the East River waterfront.

    #architecture #design #new_york #newyork 3park #sugar_factory