#a_la_recherche_de_lavalette



    • C’est un projet que j’ai commencé il y a six ans et pour lequel j’ai utilisé Seenthis comme bloc-note. Quand j’ai commencé mes recherches dans les archives sur mon voisin communard, j’ai pris des notes que j’ai souvent mises en ligne ici. Le thème qui les rassemblait était #a_la_recherche_de_lavalette. Et c’est ce thème qui est devenu le titre de ce premier livre.

      (Hum, oui... J’ai commencé il y a longtemps et j’avais prévu de ne faire qu’un seul livre... mais j’ai tellement de matière que j’ai écrit cette première partie de près de 150 pages et que deux autres vont suivre... Je suis loin d’avoir terminé !)

      #les_damnes_de_la_commune #a_la_recherche_de_lavalette #commune_de_paris #commune_de_paris_de_1871 #bande_dessinée #bd #roman_graphique #livre

    • Je l’ai acheté tout à l’heure et dévoré dans la foulée ! J’ai beaucoup aimé le travail sur les images, le rythme que tu donnes à ces gravures, en recomposant une maquette très dynamique, très BD. Est-ce que tu peux en parler ? J’ai aussi bien aimé l’histoire du petit Maspero.

    • Je l’offre autour de moi pour les fêtes de fin d’année :-) J’ai adoré.

      L’Histoire de la Commune de Paris devrait faire l’objet de semaines entières de cours au Collège et au Lycée, parce que cette période est un condensé de tout ce qu’un pouvoir illégitime peut faire pour s’accrocher et gérer son peuple à la façon d’une ferme de « 1000 vaches »...

      Trop souvent, on enseigne les deux guerres mondiales en omettant d’évoquer la guerre de 1870... quel point aveugle, quel parti pris sidérant !

    • Merci @fil ! Merci @biggrizzly ! Ça fait très plaisir.

      J’ai utilisé une multitude de gravures de l’époque, mais je ne pouvais évidemment pas faire comme une BD normale dans laquelle on voit le personnage principal revenir de case en case. Je n’ai en effet aucune gravure de mes personnages principaux. De temps en temps, j’ai pu le faire, comme dans la planche avec Napoléon III. Mais généralement, il fallait trouver d’autres idées.

      Certains auteurs conçoivent leurs planches avec un « gaufrier » : des cases régulières à l’intérieur desquelles ils concentrent toute leur attention de dessinateurs. D’autres jouent également avec la forme des cases pour construire une narration. C’est cette option que j’ai choisie. Cela m’a permis à la fois de raconter des chose directement avec la forme de certaines cases et de jouer sur les rythmes de l’histoire.

      J’ai fait une page pour expliquer comment j’ai travaillé les planches, avec plusieurs exemples :
      http://www.meyssan.com/a10

      Ceci dit, je pense que le plus important, ce n’est pas la case, ou le dessin dans la case, mais la narration. C’est elle qui, tout d’un coup, donne du sens à une case ou à un dessin.

      Je cherche des images qui peuvent se prêter au jeu de ce que je veux raconter. Mais lorsque je n’en trouve pas vraiment, cela peut quand même fonctionner si elles s’inscrivent dans une grande narration. Alors, l’image, quelle qu’elle soit, prend du sens. Et si elle est différente de ce qu’on attendait (moins figurative), alors ce sens s’enrichit.

      C’est ce que je trouve le plus intéressant : notre capacité à créer du sens, à faire des liens entre des choses apparemment sans rapport, notre imagination infinie.

      Le petit passage sur François Maspero est dans cette veine. J’imagine des liens, je crée des rapprochements, je montre une continuité. Avant, il semblait ne pas y en avoir. Pourtant, une fois que c’est raconté, cela parait évident.

      François Maspero dit être resté dans son cœur cet enfant de douze ans et demi, profondément marqué par l’arrestation de ses parents par la Gestapo. Le petit crieur de journaux qu’il s’était donné pour symbole de sa maison d’édition a douze ans et demi (n’est-ce pas évident ?). Il aura toujours cet âge, à travers les époques, de livre en livre, des éditions Maspero aux éditions La Découverte...

      Ici, il y a une image, une seule, et toute un histoire.

      Le livre fonctionne parce qu’il raconte une histoire et qu’on a envie d’y croire.

    • Comment sais-tu @colporteur si @raphael est LE graphiste du réseau voltaire, sur le site du réseau il y a juste une référence à un de ses bouquin qui date de 1997 : « Raphaël Meyssan est graphiste et auteur de bande dessinée » ? ¨Être le fils ou la fille de machin machine ne veut rien dire, moi je n’ai pas les mêmes idées que mes parents.

    • S’agit évidemment pas de dire que la filiation supposerait accord (moi aussi j’ai un père, moins grave quand même heureusement).
      J’ai lu ça là :
      https://twitter.com/LibertaliaLivre/status/944963443890819072
      Il a écrit un article en 1997 pour le réseau Voltaire
      http://www.voltairenet.org/auteur14.html?lang=fr
      Il cite ce « réseau » parmi ses « références »
      http://www.editorial-design.org

      Nous utilisons la puissance d’Internet et celle de l’imprimé pour mener des campagnes de « marketing viral » mobilisant les internautes/lecteurs. Plusieurs de ces campagnes ont connu un important succès. L’une d’elles a été étudiée par les spécialistes d’image et de situation de crise de grandes entreprises [?]. Deux autres ont fait l’objet de très nombreuses reprises dans les médias internationaux.

      Je n’en sais pas plus mais ayant manqué offrir l’album, je me demande ce qu’il en est de la fiabilité de seenthis. Ne sommes nous pas ici supposés ne pas avaler ou recommander n’importe quoi ?

    • @colporteur : la BD dont on parle n’évoque ni les petits gris, ni le grand Satan. Quant à son auteur, je ne trouve pas d’écrits sur SeenThis où il expliquerait que Poutine est l’avenir de l’Homme... Par contre, quand je relis ses posts sur SeenThis et découvre les dates de ces posts, j’admire qu’on puisse passer autant de temps sur une œuvre dessinée.

    • Logique circulaire :

      – si je ne cite le réseau Voltaire pour parler de cette bande dessinée (pas plus que Fil et BigGrizzly), alors qu’on sait tout de même qui est Raphaël, c’est bien parce qu’on pense qu’il s’agit d’un boulot remarquable et que rigoureusement rien dans son contenu n’a de rapport avec le RV. C’est une information qui n’est pas pertinente pour parler de l’ouvrage et qui, à l’inverse, fera illico dévier la discussion – alors que, encore une fois, ce serait injuste par rapport au boulot effectué par Raphaël. (Ainsi tu débarques illico avec un hashtag « Extrême-droite », histoire d’être certain d’enterrer son boulot.)

      – de la même façon, si autant de gens écrivent dans les journaux que cette BD est remarquable et que sa façon d’aborder la Commune est très pertinente, peut-être est-ce parce que c’est une BD remarquable qui aborde le sujet de manière pertinente. Et non par défaut d’information sur l’identité de son auteur. (Et à l’inverse, avec un auteur portant ce nom, peut-être tout de même que, si la BD avait contenu quelques signes troublants, ils auraient percuté.)

      – toujours sur ce mode de pensée circulaire (i.e. paranoïaque) : on est sur l’internet, et aucun de nous n’est tombé de la dernière pluie. « Bien se garder de dire un mot », sur un réseau social, ça n’a aucun sens, parce qu’on sait bien qu’il y aura toujours une gentille andouille pour nous rappeler les élégances. Je n’oublie pas qu’on m’a un jour rétorqué ici que Chomsky était le précurseur du confusionnisme ; alors quand je conseille une BD de Raphaël Meyssan, je n’ai aucun doute sur le fait qu’une bonne âme viendra exposer le secret des choses qu’on nous cache (ne serait-ce que parce que c’est ce qui est arrivé à chaque fois ces dernières semaines sur Twitter et Youtube). Alors m’accuser au motif que « je me garde bien de dire un mot » alors que je sais comment fonctionne un réseau social, ça n’a de sens que dans une logique circulaire (i.e. il est mal intentionné parce qu’il est mal intentionné).

      – même topo pour son flux Seenthis (l’un des premiers ici). Dans un autre fil de discussion, tu le trouves tellement insupportable que tu le compares à un troll facho qui sévit ici en pourrissant chaque discussion qu’il peut avec de détestables petits messages provocateurs. Or, Raphaël, lui, de ce que j’en vois, interviens ici essentiellement sur des sujets techniques/graphiques, ou sans rapport avec les thèmes de Voltaire, sans jamais référencer quiconque de hum-hum, et il intervient systématique sur un ton mesuré et poli. Donc pour faire valoir ton point de vue, tu excuses le comportement systématiquement trollesque d’un provocateur faf en dénonçant ad hominem quelqu’un dont le comportement sur Seenthis est difficilement critiquable. Et tu t’autorises à mettre des hashtags « #confusionisme » pour ça ?

    • N’ai parlé ni « petits gris, ni grand Satan » (je sais pas ce que c’est mais merci pour la diversion...), ni « comparé à un troll facho » mais reposé ailleurs sur une page concernant le fonctionnement et les usages sur seenthis
      https://seenthis.net/messages/653239#message654798
      ma question, posée en des termes des plus objectifs, car personne ne répondait ici :

      On se demande ici quoi faire d’un troll, mais comment se fait-il que seenthis puisse accueillir, relayer et faire relayer le graphiste du réseau Voltaire Raphaël Meyssan depuis 2011 sans que personne ne bronche ?


      C’est de vous, c’est de seenthis que je parle, de ceux du « ’on sait tout de même qui est Raphaël » et qui n’en tiennent aucun compte, le taise (ça c’est très très poli, mais pour le moins injuste pour qui lit vos posts), de ceux qui n’accordent aucune importance et aucune signification au fait qu’il taffe pour ce « réseau ».
      Oui, je n’ai nulle part évoqué la qualité de la bd mais le fait est que, trop confiant, j’avais taggué ce post, recommandé ce livre et manqué l’acheter pour offrir alors que j’ai pas une thune et ne veux pas contribuer au revenu d’un stipendié de tels réseaux. Je me suis fait avoir. Voilà ce qui me fâche.

      Je me fous des intentions mais je ne vois pas ce qui empêchait de dire "bien qu’il ai la mauvaise idée de travailler pour le « réseau chose, R.M montre avec cet album très bon ceci et cela » ou toute autre formule ne reposant pas sur l’omission d’un tel fait.

      Illusion certainement, un petit quelque chose de #seenthis_c'est_bon_mangez_en parce qu’ici les choses sont supposées dites, recoupées à plusieurs depuis des avis, des sources et des connaissances différentes. Les réseaux « sociaux » c’est pourri, et même cet endroit qui parait exceptionnel n’échapperait pas à la règle. Voilà ce qui me fâche.

      #consommation_culturelle #complaisance

      edit mes post semblent contribuer à faire connaître davantage cette bd ici. une suggestion : l’emprunter en bibliothèque, l’acheter d’occase, cela ne génère pas de droits d’auteur.

    • @colporteur : Je ne lis pas le Réseau Voltaire et n’ai pas d’opinion particulière sur ces gens : je n’ai jamais pris le temps de m’en faire une. Je n’étais pas au courant à propos d’un lien éventuel entre l’auteur de cette BD et le Réseau Voltaire. Je note l’information, merci de nous avoir fait part de tes recherches. Tu juges qu’il faut l’ostraciser. Je n’ai pas ta capacité à juger aussi directement et crument.

    • @biggrizzly je ne sais si il faut ostraciser R.M., tout ce que je sais c’est qu’il m’aura fallut un mois pour savoir qu’il taffait pour le réseau Voltaire puis qu’il est le fils de T.M (pourtant pas rare d’être en désaccord politique avec son père). Je n’ai pas fait de recherche, la mauvaise nouvelle m’est tombée dessus. C’est après que j’ai du chercher. Le lien n’est pas « éventuel », il est revendiqué sur le site pro de R.M.
      http://www.editorial-design.org
      Connaisseur ou pas, tu as taggué ici même un seen relayant ce « réseau » (bd Voltaire) dont je découvre aujourd’hui l’existence
      https://seenthis.net/messages/596310
      Laissons de coté tous les perdus qui cherchent des causes et des raisons, tous ceux que l’impuissance conduit à adopter des analyses qui puissent tenir lieu de vérité, d’explication, tous ceux que la toute puissance des manipulateurs... rassurent, laissons de côté ce qui fait le succès du complotisme.
      Le propre des complotistes organisés ce n’est pas seulement de dénoncer des complots imaginaires mais de comploter et manipuler.
      Je ne suis pas en mesure de retracer le parcours de ces gens depuis que leur regroupement existe. Je sais en revanche que ce sont des complotistes et des manipulateurs, de mémoire, cela apparaissait d’ailleurs déjà avant le 11 septembre 2001, y compris dans la façon de jouer sur l’anti-impérialisme pour appâter des « gens de gauche ». Puis T.M s’est fait connaitre en publiant « La grande imposture » selon lequel les attentats du 11 septembre ont été perpétrés par une une dissidence terroriste au coeur de l’appareil militaire américain. La notice wikipedia ne dit que peu de l’avant 2001, ce qui exonère les « gens de gauche » qui ont marché dans la combine promotionnelle de ce qui n’était d’abord aune lettre d’information vendue très cher sous prétexte d’infos relevant pour ainsi dire du secret défense.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Réseau_Voltaire
      Depuis les choses sont devenues fort claires, si on peu dire ainsi d’un tel panier de crabes, et leur style, leur façon de brouiller les cartes sur l’héritage révolutionnaire ou « le social » aura inspiré Soral comme le FN.
      Thierry Meyssan et les théories du complot - La horde
      http://lahorde.samizdat.net/2015/02/06/thierry-meyssan-et-les-theories-du-complot
      Les impostures du Réseau Voltaire
      https://www.politis.fr/articles/2015/02/les-impostures-du-reseau-voltaire-29938

      Une source « autochtone »...
      Pourquoi Réseau Voltaire France ?
      http://www.alain-benajam.com/article-pourquoi-reseau-voltaire-france-112029740.html

      [2007] Le bureau du Réseau Voltaire s’installa à Damas, puis à Beyrouth, puis de nouveau à Damas et nous dispersâmes les serveurs de par le monde. Le Réseau Voltaire devint (...) un réseau de presse international avec échange d’articles.

      Et je lis parmi les références de R.M sur son propre site qu’il a aussi travaillé pour Syria Alghad (Syrie), organe dont je ne sais rien si ce n’est qu’il est syrien, pays qui ne brille pas particulièrement je crois pour le pluralisme, de sa presse comme de toute sphère de la vie sociale, politique et culturelle.

      Il me semble que @raphael Meyssan serait bien mieux placé que je ne le suis pour répondre à ces questions.

    • T’es juste en train de nous faire chier avec le Réseau Voltaire de Thierry, alors qu’on parle d’une BD de Raphaël, sur laquelle il bosse depuis des années, dont il a posté la recension de ses recherches au fur et à mesure sur Seenthis, et qui vient par exemple de recevoir une revue enthousiaste dans l’Huma, par un des historiens spécialistes de la commune, Jean-Louis Robert :
      https://www.humanite.fr/bande-dessinee-le-paris-graphique-de-la-commune-647426
      Historien que je vois dans les remerciements de la BD, pour avoir relu le contenu avant publication. Encore un qui, apparemment, fait la part des choses et n’a pas trouvé que ça aurait été une bonne idée d’expliquer dans le journal que c’est un bon livre à condition de se boucher le nez (puisque c’est bien à cela que tu veux que j’arrive).

      Ton nouveau message semble confondre Réseau Voltaire et Boulevard Voltaire. Quant au terme « relayé », est-ce que tu as pigé que Davduf avait tenu ici un compte « L’infiltré » référençant toutes ses sources pour son « serious game » à propos du (« contre le ») Front national aux dernières présidentielles ?

      Quant à ton histoire de complotistes (“organisés” en “regroupement”) qui complotent et manipulent, là je pense que tu viens de nous pondre le plus chouette paradoxe de la semaine. (Je suppose que ce complot-là n’est pas imaginaire.)

      Je note la mention « la façon de jouer sur l’anti-impérialisme pour appâter des “gens de gauche” », idée d’une telle idiotie que je n’arrive toujours pas à comprendre comment elle parvient à, justement, convaincre des gens politiquement engagés. Ça semble une des foutaises dans l’air du temps, un temps où il n’existerait pas grand chose avant les indignations obligées du Web et les recherches Google à charge (où tout ce qu’on semble savoir de Chomsky, c’est la lettre sur Faurisson, où l’antisionisme c’est l’antisémitisme, et l’anti-impérialisme un attrape-gogo complotiste).

      On va arrêter là cette « discussion », tu iras poster tes hashtags insultants ailleurs si tu veux bien.

    • Raphael Meyssan, recherche google.
      Résultats de la recherche en 0,21 secondes.
      Troisième occurrence de la première page de résultats
      « Raphaël Meyssan [Réseau Voltaire]
      Fonction policière et Institutions européennes-28 juillet 1997 ».
      Dans le genre complotiste j’ai déjà vu mieux.
      Il en est, pour certains, de la pureté en politique comme de la pureté de la race.
      Bravo colporteur (ironie pour les mal comprenants).

    • Michèle Audin qui, pour moi est une référence,recommande à la recherche de Lavalette , le premier volume des damnés de la commune avec un lien direct vers le site des éditions Delcourt.

      un beau « roman graphique », ou livre d’images…dont l’auteur, Raphaël Meyssan, n’a dessiné aucune : ce ne sont que des « citations » (graphiques), des illustrations d’époque. Grâce auxquelles il raconte sa recherche d’un membre du Comité central de la garde nationale, #Lavalette, dont, au début, il ne connaît même pas le prénom, mais dont il sait qu’il a vécu dans l’immeuble de Belleville où lui, #Raphaël_Meyssan, habite aujourd’hui. Les lecteurs de Comme une rivière bleue se douteront que j’ai apprécié, en particulier, les aspects « géographiques » de cette recherche. De même, c’est une excellente idée de cadeau !

      https://macommunedeparis.com/2017/12/16/vient-de-paraitre
      Pour celleux qui n’aimeraient pas la #BD de @raphael Michèle Audin propose une liste très fournie sur son blog :
      https://macommunedeparis.com/liste-de-livres
      et bien plus encore...

    • Sans parler de hashtags insultants, je ne serais pas aussi catégorique dans un sens comme dans l’autre (le mec mou). Et ça n’a vraiment rien à voir avec la filiation de qui que ce soit. Vraiment peu importe les noms.

      (Et @unagi à aucun moment @colporteur n’a parlé de contribution au site, mais d’être le graphiste d’une organisation pas super cool, et de continuer de le revendiquer. Donc ne mélangez pas les arguments, ça n’a rien à voir.)

      Je veux dire, prenons un exemple fictif. Imaginons qu’une super BD sorte sur 1789 vu du côté du peuple ou sur la révolte des Canuts, ou je ne sais quoi. Et que l’auteur soit « le graphiste d’E&R », ou « le graphiste de dieudo.com », et que ce n’est pas un vieux travail caché du passé mais qu’il continue de le lister sur son site pro. C’est bien de l’avoir en tête non ? C’est sensiblement pareil pour le RV.

      Après, le contenu propre à la BD peut être très très bien, mais c’est compréhensible que certaines personnes, suivant leurs opinions politiques, n’aient pas envie de donner de l’argent une fois qu’elles savent ce détail. Ça n’a pas forcément à être le cas de tout le monde, personne ne parle d’interdire quoi que ce soit, mais je comprends tout à fait la réflexion (et encore plus quand on n’a vraiment pas beaucoup d’argent et qu’on choisit avec soin ce qu’on achète ! ce qui est mon cas aussi) que des gens soient contents de savoir cette info et n’aient pas envie de donner de l’argent à une personne qu’elles ne trouvent pas correct, même si elle a publié une œuvre super.

      On peut parfaitement trouver un livre génial, un album de musique magnifique, une peinture très belle, mais ne pas avoir envie de financer son auteur⋅ice si on a des reproches à lui faire. Je ne vois pas trop ce qu’il y a de compliqué à comprendre là-dedans.

      (Quant à tenter d’argumenter contre le fait que le RV fasse partie de la mouvance complotiste et soit bien plus que tendancieux… euh.)

    • Tu continues de propager une argumentation d’homme de paille en faisant dire des choses qui n’ont jamais été dites. Comme je le dis précédemment, il n’y a strictement aucun rapport avec la filiation et les noms. On parle d’être le graphiste d’un organisme précis, et de continuer de le revendiquer, sans que ce soit une scorie du passé. Je veux dire, s’il y a 15 ans tu avais fait le site internet de Dieudonné et que tu avais changé d’opinion entre temps, tu continuerais de le revendiquer là en 2017 ?
      (Oui c’est à mettre au même niveau, la comparaison n’est ni hasardeuse, ni exagérée. On parle d’une organisation qui a produit un communiqué il n’y a encore pas si longtemps, parfaitement publique, pour défendre le « Shoananas » de l’autre.)

      Je comprends que trop bien le dilemme de choisir à qui on donne ses rares sous quand on n’en a pas beaucoup, et de n’être pas content si on s’aperçoit qu’on les donne à des gens à qui on ne voulait pas.

      Pour moi cette BD a l’air très bien depuis le début, et je prévois (prévoyais ? je ne sais pas encore) de l’offrir à mon père pour son anniv.

      Mais se mettre à argumenter pour dire que le Réseau Voltaire serait recommandable… sérieusement ? Really ? On ne parlait pas de ça au départ et tu veux vraiment partir là dedans ? C’est finalement pire que ce qui était reproché au départ du débat (ce qui était reproché était de masquer plus ou moins cette information, au moins pour que les gens choisissent d’acheter ou pas en connaissance de cause).

    • J’avoue que souligner seulement d’un malgré sa filiation ou quelque chose du genre eu suffit à renseigner un minima, mais certainement pas s’absoudre avec un on le sait tous . J’estime que les nouveau·x venu·es sont en droit de connaitre cette info, de faire leurs propres recherches et de juger par eux même…
      #liberté_d'expression

    • @touti : oui, et c’est pour cela que je n’ai pas réagi au premier message de Colporteur (malgré les hashtags), puisque justement il donnait une info qui lui semblait pertinente. Puis je considère qu’il se monte le chou tout seul, s’indignant bruyamment qu’une information qu’il venait de donner n’avait pas été donnée (ce qui était la teneur de mon premier message : c’est le principe prévu d’un réseau social comme Seenthis), et qu’on tolérait n’importe qui ici et notre crédibilité-tout-ça (toujours sur le ton de l’indignation instantanée et formatée, et l’immédiate défiance pour les gens qu’il fréquente ici).

      (Et, non, je n’ai pas écrit « on le sait tous » ; j’ai dit que Fil et moi – et donc, désolé, pas BigGrizzly – avons recommandé initialement cette BD en connaissant la situation de Raphaël (le même « on » dans la seconde partie de la phrase désigne : « on pense qu’il s’agit d’un boulot remarquable », ce n’est donc évidemment pas un « on » générique). Je reconnais tout à fait que ça peut se discuter, j’ai donné mes arguments, mais comme les hashtags initiaux et les messages successifs contenaient illico le jugement de valeur final – « confusionnisme », « extrême-droite », « relayer », « comploter et manipuler » –, et Colporteur persistant à confondre Raphaël avec son père et les dérives du RV – que, dois-je vraiment le faire remarquer ? je n’utilise ni ne conseille jamais comme source ou référence dans mon propre flux –, il n’y a pas tellement de place à la discussion.)

    • Pour ma part j’étais en vacances et j’en ai profité pour suivre vos échanges avec une certaine distance.

      Je n’ai pas employé l’expression « notre Raphaël » et je ne m’y associe pas, pas plus qu’aux autres commentaires de @nidal d’ailleurs.

      Ma réponse personnelle est d’expliciter ma démarche : j’ai trouvé le bouquin à la librairie de Vendôme où Raphaël était venu le présenter et m’avait invité (j’avais raté sa présentation). J’ai jeté un œil, puis acheté et lu, et je l’ai trouvé étonnamment touchant et réussi. Dans la foulée, je me suis adressé à son auteur et à ce propos, sans me dire que ça allait être lu par d’autres comme une prescription d’achat.

      @colporteur je peux comprendre que tu estimes qu’il s’agit d’une faiblesse voire d’une faute politique de ma part, dont acte. Y voir une opération de réhabilitation confusionniste du RV me paraît un peu survolté — et en tout cas, si opération il y avait, elle a bien capoté ;)

      Il m’arrive de faire des erreurs d’appréciation, en étant parfois trop sectaire, ou à l’inverse (et je crois plus souvent) en accordant trop facilement le bénéfice du doute. Le rappel à l’ordre de @colporteur et la remarque de @touti sont dans ce sens bienvenues. Mais je ne suis ni l’avocat ni le procureur au procès de @raphael, qui s’exprimera s’il en a envie sur sa position actuelle. Amusant tout de même que personne ne lui pose directement la question, et si jamais il était en train d’essayer de sortir du système RV, je crois qu’il peut mesurer combien ça ne va pas être facile.

      Puisque @colporteur tu dis que cet épisode te laisse un doute sur « seenthis » dans son ensemble, je réitère quand même ceci : seenthis n’est largement plus notre créature ni à @arno ni à moi : ça fait plusieurs mois qu’un collectif de gestion essaie de se mettre en place et qu’on a ôté les mains du volant. Je pense que tu trouveras sans peine comment t’impliquer dans ce collectif et j’espère que tu en auras envie.

      J’espère que vous regarderez mes messages avec plus de circonspection désormais. Vu le nombre de trucs que je recense sur seenthis et ailleurs, j’espère aussi que vous ne me tiendrez pas responsable de l’ensemble des turpitudes de chacun·e de leurs auteur·es, que je ne précise que rarement, même quand j’en ai connaissance et que c’est dans le sujet. Je suis tout à fait prêt à en discuter, au cas par cas ou de manière globale, mais ce n’est en général pas parce que je trouve quelque chose intéressant à noter/conserver/commenter que je valide la source, l’auteurice et l’ensemble de son œuvre, et je ne compte pas m’imposer l’obligation ni d’avoir ni de donner un avis sur tout et tout le monde.

      Mais je retiens la leçon : un train peut en cacher un autre.




  • Aujourd’hui, j’ai chanté L’Internationale, le poing levé seul au milieu d’un cimetière parisien devant la tombe d’un homme que je n’ai pas connu.

    Sur la pierre, il y avait gravé :

    Gilbert Lavalette
    Membre du Comité Central en 1871
    Né le 17 février 1829 décédé le 2 janvier 1905

    J’ai posé des œillets rouges et dit quelques paroles en hommage au citoyen Lavalette et à son action pendant la Commune de Paris de 1871. Dans le soleil du printemps, j’ai terminé par un

    Vive la Commune !

    et je suis reparti par une allée de cerisiers en fleurs.

    http://www.flickr.com/photos/68349004@N06/7008731153/in/photostream

    Flickr

    http://www.flickr.com/photos/68349004@N06/6862614416/in/photostream

    Flickr

    #A_la_recherche_de_Lavalette #Lavalette #Commune_de_Paris #communard #communeux #Bagneux #hommage #Internationale


  • L’enquête sur Lavalette, le communard inconnu dont nous cherchons à remonter l’histoire, continue en Suisse. Notre enquêtrice à Berne rapporte plusieurs document des Archives fédérales suisses (cote E21 : 125). Un très très grand merci à elle !

    Ces documents concernent le pseudo complot des bombes du printemps 1873 dans lequel Lavalette était impliqué. Son nom n’apparaît pas dans les documents. Mais ceux-ci permettent de mieux comprendre le prétendu complot. La France cherchait à faire expulser les communards exilés en Suisse. Un agent provocateur de la police française, le jeune Louis Blampignon, aurait mis en scène un faux complot impliquant des communards afin de pousser la police suisse à expulser les comploteurs. Un commissaire français installé à Ferney, à côté de Genève, a donné aux autorités suisses toutes les informations dont elles avaient besoin pour expulser les prétendus comploteurs.

    – Lettre de monsieur le chef de département de justice et police du canton de Genève (C.) à monsieur le conseiller d’État, 10 janvier 1872 :

    Le gouvernement genevois prétend que la présence de ces hommes sur la frontière immédiate de son territoire constitue un danger réel et constant pour le pays, vu les relations qu’ils entretiennent avec Lyon et la Savoie.

    – Lettre du commissaire spécial Kemps, département de l’Ain, commissariat spécial de Ferney, mars 1873 :

    […] Moreau, Chamarier et Michelot, ex membres de la Commune de Paris, proposèrent à quelques amis intimes, le projet de former un complot, dans le but, était aussitôt la libération du territoire, de profiter d’une perturbation politique qui pourrait se produire, pour changer la forme du gouvernement en assassinant Monsieur le Président de la République et en répandant dans les masses des manifestes socialistes.
    Cinq individus acceptèrent leurs propositions, ce qui élevait le groupe des conspirateurs au nombre de huit :
    1°. Moreau, chimiste, ex-délégué à la 3e légion, demeurant rue de la navigation aux Paquis,
    2°. Michelot, ouvrier mécanicien, ex-délégué au 159e batailon fédéré, demeurant à Genève, rue des Grottes,
    3°. Chamarier, cordonnier, ex-capitaine fédéré, rue Bergère aux Grottes,
    4°. Ledroit, cordonnier, ex-membre de la Commune 5e arrondissement rue Bergère aux Grottes,
    5°. Gouhier, sans profession, ex-membre du Comité central, 3e arrondissement rue Bergère aux Grottes,
    6°. Fournier, ex-membre de la Commune de Lyon, adresse inconnue,
    7°. Chévenard, ex-capitaine d’artillerie sous la Commune 17e batterie, adresse inconnue,
    8°. Leblanc, menuisier, ex membre de la Commune, rue Bergère aux Grottes.
    […] On affirme également que Moreau possède à l’heure qu’il est, et en son domicile, quelques bombes non chargées ainsi que les matières explosibles, telles que : capsules, Pycrate, Poudre et Dynamite. […]

    – Lettre au département de justice et police de la confédération suisse à Berne, 17 juin 1873 :

    Messieurs,
    En réponse à vos offices du 28 mai et du 13 juin, nous avons l’honneur de vous informer que nous n’avons pris aucune décision concernant le prétendu complot des communards sauf celle que nous avons communiquée à M. le Président de la Confédération par notre lettre du 18 mai. Il résulte de cette lettre qu’aucune charge sérieuse ne s’élève contre les individus arrêtés à propos de cette affaire, ce qui implique l’idée qu’ils ne se sont pas rendus d’une manière absolue indigne de l’asile suisse. Si nous en avons expulsé cinq, c’est que leur conduite laissait à désirer au point de vue local, si nous pouvons nous exprimer ainsi. Par suite de la position frontière de notre canton et du nombre relativement considérable des communards qui y séjournent, ces derniers sont venus à une réserve plus grande que partout ailleurs et telle démarche, telle imprudence ou légèreté, qui serait sans importance dans un autre canton, pensent à Genève devenir une source d’embarras. Voilà pourquoi, ainsi que nous l’avons expliqué dans nos lettres adressées à M. le Président de la Confédération, en particulier dans celle du 19 mai nous avons éloigné momentanément du territoire genevois cinq des personnes qui avaient assisté aux réunions dans lesquelles avait été préparé le prétendu complot et qui, du reste, n’étaient pas en règle avec la police de notre canton.
    Du reste, depuis lors, nous avons accordé à deux d’entre elles des autorisations de séjour provisoires, qui seront probablement converties en autorisations de séjour définitives.
    Le seul individu mêlé à l’affaire du complot et qui nous paraisse devoir être expulsé du territoire suisse, est le sieur Blampignon Louis Léon, âgé de 21 ans, né à Méry (Aube) et agent secret de la police française. Cet individu a donné au commissaire de Ferney des renseignements mensongers. Depuis lors, nous avons expulsé le sieur Victor Cyrille, né à Grasse, (Alpes-Maritimes) le 17 juin 1848, et qui nous était signalé comme un homme dangereux. Il est représenté comme un agent de la propagande bonapartiste-socialiste. Beaucoup de proscrits le considèrent comme un agent provocateur. […]
    Le conseiller d’État chargé du département de justice et police
    A [?] Girod [?]

    La lettre du commissaire spécial de Ferney, en mars 1873, présente ce prétendu complot aux autorités suisses. Le commissaire français donne un certain nombre de détails et raconte une histoire : celle d’une tentative d’assassinat du Président de la République pour déstabiliser le pays. Il donne les noms de huit personnes qu’il présente comme dangereuses.

    Mais les autorités suisses ne se laissent pas tromper. Après avoir arrêté les prétendus terroristes, elles indiquent finalement qu’il n’existe aucune charge sérieuse contre eux. La belle histoire du commissaire de Ferney devient le « prétendu complot des communards ». Et les Suisses de retourner élégamment l’affaire contre le commissaire français en précisant : « Le seul individu mêlé à l’affaire du complot et qui nous paraisse devoir être expulsé du territoire suisse, est le sieur Blampignon Louis Léon, âgé de 21 ans, né à Méry (Aube) et agent secret de la police française. Cet individu a donné au commissaire de Ferney des renseignements mensongers. »

    On note que Blampignon et Lavalette ne sont pas sur la liste du commissaire de Ferney, dont le but était d’obtenir une expulsion du territoire suisse. Blampignon vivait à ce moment chez Lavalette. Celui-ci est aussi impliqué dans l’affaire et a été arrêté puis relâché par la police suisse. Les autorités helvétiques n’ont pas jugé que Lavalette était un « agent secret de la police française » et devait être expulsé, comme Blampignon. On sait que les communards exilés ont pensé au contraire qu’il était lui aussi impliqué.

    D’après plusieurs personnes, Lavalette parlait au commissaire de Ferney et aux autorités genevoises. Celles-ci aurait-elles voulu conserver un informateur parmi les exilés ?

    #A_la_recherche_de_Lavalette #Lavalette #Commune_de_Paris #communard #communeux #Berne #Genève #Suisse #police #agent_provocateur


  • Ce matin, je fouillais dans les archives de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP). J’y cherchais confirmation du passage à l’hôpital Saint Louis de Lavalette, le communard dont je remonte l’histoire.

    Dans le monde des archivistes, il y a des gens très agréables. Et puis il y a ceux tels qu’on les imagine, tatillons et pas marrants, qui font remplir des papiers et des papiers pour donner à consulter d’autres papiers.

    Alors je fais mes recherches, une chanson dans la tête :
    http://grooveshark.com/s/Les+Petits+Papiers/4k4jhn?src=5

    Un médecin, Eugène Guibout, racontait dans un livre comment il avait accueilli Lavalette à l’hôpital Saint Louis puis l’avait aidé à fuir Paris aux mains des Versaillais :
    http://seenthis.net/messages/56193#message58977

    Voici ce que disait notamment le bon médecin :

    Le [...] 28 mai, jour de la Pentecôte, nous assistâmes, dans notre belle cathédrale [de Troyes], aux offices [...].
    Aussitôt que nous eûmes la possibilité de rentrer à Paris, nous partîmes. [...]
    Le lendemain matin, je trouve l’hôpital Saint-Louis occupé militairement par les Versaillais ; ils gardaient à vue les soldats de la Commune blessés et très nombreux dans les salles.
    Mon interne, M. Poupon, m’apprit tout de suite avec émotion, qu’une heure avant l’arrivée des Versaillais, un chef de la Commune s’était présenté à lui, en disant J’ai sauvé votre maître, sauvez-moi ; les Versaillais sont là, je suis perdu !
    « Alors, me raconte ce brave jeune homme, j’ai fait entrer cet homme dans ma chambre, il s’est déshabillé, j’ai déchiré tous ses vêtements, que j’ai jetés dans la fosse d’aisance ; je l’ai revêtu d’une capote de l’hôpital, coiffé d’un bonnet de coton, je lui ai signé un billet d’admission comme fiévreux, et je l’ai conduit dans la salle Saint-Charles, où il est couché ; mais je tremble pour lui, car il est entouré de Communards ; les Versaillais montent la garde à toutes les portes et dans l’intérieur même de la salle, il y a plusieurs factionnaires. »

    Je cherchais donc confirmation de ce témoignage, paru en 1892 - soit 21 ans après les évènements.

    Lavalette apparaissait-il sur le registre des admissions ?

    Eh ! bien oui ! Notre communard est bien inscrit au registre des entrées de l’hôpital Saint Louis le 25 mai 1871. L’orthographe de son nom a été légèrement modifiée : Lavelatte et non Lavalette. Mais le prénom est bien Gilbert. Son numéro au registre des entrées est le 3612. Ce qui me permet de retrouver ailleurs d’autres informations : Lavelatte, Gilbert, âge 42 ans, gazier. L’adresse semble : 97, rue de Belleville, dans le XIXe arrondissement. Sa ville de naissance : Lurcy-Lévy dans l’Allier.

    « Marié à Suzanne Chantelot » précise le registre. C’est nouveau ça ! J’avais jusqu’à présent une concubine nommée Anna Moulin. Au cimetière où est enterré le communard est indiqué : Anna Lavalette, née Germillon... Je pensais donc qu’elle avait pu être mariée précédemment à un M. Moulin, puis s’être remariée avec Lavalette. Mais le registre laisse aussi penser que celui-ci avait aussi été marié précédemment...

    Le registre indique effectivement « fiévreux », comme l’écrivait le docteur Guibout dans son livre. Il précise par contre salle Saint-Louis et non Saint-Charles. Lit 20.

    Lavalette serait sorti le 11 juin et aurait passé 17 jours dans cet hôpital. Les dates semblent difficilement traficables, les noms étant inscrits au fur et à mesure sur le registre des entrées.

    Les archives des hôpitaux de Paris confirment donc le témoignage du médecin, au seul détail du nom de la salle où il a été alité. Elle donnent une autre information : Lavalette serait entré le jeudi 25 mai.

    Jusqu’à présent, je pensais qu’il s’était battu avec les derniers communards retranchés au cimetière du Père Lachaise. Mais c’était lire un peu trop vite ce rapport de police :

    « A l’arrivée des troupes, il s’est replié à l’intérieur de Paris. Dans les premiers jours, il a présidé à l’installation des batteries des insurgés au Père Lachaise et il en a dirigé le tir. »

    http://seenthis.net/messages/56193#message57972

    Il a donc organisé la défense du Père Lachaise au début de la Semaine sanglante, le 22 mai. Mais il n’a pas participé aux derniers combat dans ce cimetière.

    (Gravure ci-dessus : derniers combats parmi les tombes du Père Lachaire)

    Ce qui explique qu’il soit resté en vie et n’ait pas été fusillé au « mur des fédérés » où furent alignés les ultimes combattants.

    Lavalette a arrêté de sa battre le 25 mai 1871. Il s’est réfugié à l’hôpital Saint Louis. Au même moment, à deux pas de là, sur la place du Château d’eau, l’actuelle place de la République, le délégué à la guerre de la Commune, Charles Delescluze, grimpait désespéré sur une barricade et se laissait volontairement tuer.

    (Images ci-dessus : Charles Delescluze)

    Les registres de l’hôpital Saint Louis nous apprennent d’autres éléments sur cette Semaine sanglante. Sur des pages et des pages, les noms des maladies des personnes admises sont remplacées par « plaie par arme à feu », « balle ayant traversé le bras », « coup de feu à la cuisse », « plaie à la tête par balle », « blessé par éclat d’obus », etc. Beaucoup d’amputations. Près d’un quart des personnes meurent. Et beaucoup de blessés « remis à la disposition de l’autorité militaire ».

    Peu sont des militaires. Sur des pages de trente noms, un en moyenne correspond à un militaire versaillais. Le reste est occupé par le petit peuple de Paris : « journalier », « coche de pompe funèbre », « horloger », « passementier », « femme de ménage », « maçon », « fleuriste », « employé », « taillandier », « tourneur »...

    Des hommes, peu de femmes. Pour celles qui arrivent, on indique parfois « fiévreux ». Est-ce une manière, comme pour Lavalette, de leur éviter des problèmes ? Les femmes sont généralement là pour accoucher. Quel moment terrible pour cela : en plein apocalypse, alors que l’on fusille sans pitié et que le sang de plus de vingt milles Parisiens coule sur les pavés.

    Lorsqu’un registre administratif se cogne à la réalité, cela donne pour la case « Nature de la maladie » : « grossesse ».

    #A_la_recherche_de_Lavalette #Lavalette #Commune_de_Paris #communard #communeux #Belleville #archives #Eugène_Guibout #Guibout


  • Au sujet de l’évasion de Flourens de la prison de Mazas, dans la nuit du 21 au 22 janvier 1871, organisée par son ami Amilcare Cipiani et à laquelle aurait participé Lavalette.

    Témoignage de Théo Fischer sur la Commune, dont le manuscrit a été retrouvé par hasard et diffusé sous forme de feuilleton via Internet.
    http://www.maira.org

    Passage concernant l’évasion de Flourens de la prison de Mazas :
    http://www.maira.org/spip.php?article58

    Le 31 octobre nous avait servi de leçon. Francesco cogna à notre huis le 21 janvier au soir. « Tu veux venir prendre Mazas ? J’aimerais bien y délivrer Henry [Bauër, fils d’Alexandre Dumas – NDLA] et le farouche Flourens. » Je pris mon six-coups et mon épée et nous partîmes enlever cette Bastille où moisissaient depuis près de trois mois nos camarades révolutionnaires.
    Henri Place et Amilcare Cipiani commandèrent l’opération, qui se déroula avec une précision mathématique. Le directeur de la prison se fit tout de même un peu tirer l’oreille. Le revolver de Cipriani sous le nez l’aida à prendre la décision la plus raisonnable.
    Nous installâmes Flourens quelques heures à la mairie de Belleville. Dans les clubs, l’effervescence était à son comble. Par surcroît, les femmes étaient furieuses devant un nouveau rationnement du pain.
    Le lendemain, Clément Thomas fit placarder une affiche tant hargneuse que diffamatoire à notre égard : « Hier, une poignée de factieux ont pris d’assaut la prison de Mazas et délivrer leur chef, Flourens… » S’ensuivait un tombereau d’injures et de menaces… Il appelait les hommes d’ordre à nous exterminer.
    Nous ne pouvions que réagir…

    Extrait d’un article du journal Le Stéphanois du 8 mai 1892
    http://www.memoireetactualite.org/presse/42STEPHANOIS/PDF/1892/42STEPHANOIS-18920508-P-0001.pdf

    C’était à la suite du 31 octobre, où son ami Gustave Flourens avait été fait prisonnier et enfermé à Mazas. Cipriani s’était mis en tête de le délivrer, et le 22 janvier au matin, accompagné de sept hommes en armes, il se dirige vers la prison pour s’en emparer ! En vingt, minutes ce fut fait. Le directeur, persuadé qu’il avait à faire à toute une armée, rendit la liberté, non-seulement à Flourens, mais encore à tous les détenus politiques.

    La Commune, par Louise Michel, 1898.
    http://classiques.uqac.ca/classiques/michel_louise/la_commune/la_commune.html

    Dans l’après-midi du 21 janvier, Henri Place, connu alors sous son pseudonyme de Varlet, Cipriani et plusieurs du groupe blanquiste se rendirent à la prison de Mazas, où Greffier demanda à voir un gardien qu’il avait connu étant prisonnier.
    On le laissa passer avec ceux qui l’accompagnaient il observa alors qu’il y avait un seul factionnaire à la grande porte d’entrée.
    A droite de cette porte en était une autre plus petite et vitrée, où se tenait jour et nuit un gardien et par laquelle on pénétrait dans la prison.
    En face, un corps de garde où couchaient des gardes nationaux de l’ordre : c’était un poste. Arrivés au rond-point, en causant avec le gardien d’un air indifférent, il lui demanda où se trouvait le vieux. On appelait ainsi par amitié Gustave Flourens, comme depuis longtemps Blanqui, lui, vieux réellement.
    Couloir B, cellule 9, répondit naïvement le gardien.
    En effet, à droite du rond-point, ils virent un couloir désigné par la lettre B.
    On causa d’autre chose et, quand ils eurent vu tout ce qui leur était nécessaire de savoir, ils sortirent.
    Le soir à dix heures, rue des Couronnes, à Belleville, ils trouvèrent au rendez-vous soixante-quinze hommes armés.
    La petite troupe ayant le mot d’ordre s’improvisa patrouille, répondant aux autres patrouilles qui auraient pu les rencontrer dans leur entreprise. Un caporal avec deux hommes vinrent les reconnaître et, satisfaits, les laissèrent passer.
    Le coup de main ne pouvait réussir que très rapidement exécuté.
    Les premiers douze hommes devaient désarmer le factionnaire, les quatre suivants s’emparer du gardien de la petite porte vitrée.
    Trente autres devaient se précipiter dans le corps de garde, se mettre entre le râtelier aux fusils et le lit de camp où était couchée la garde et la mettre en joue pour l’empêcher de faire le moindre mouvement.
    Les autres vingt-cinq devaient monter le rond-point, s’emparer des gardiens, au nombre de six, se faire ouvrir la cellule de Flourens, où ils les enfermeraient, descendre rapidement, fermer à clef la porte vitrée qui donne sur le boulevard et s’éloigner.
    Ce plan fut exécuté avec une précision mathématique.
    — Il n’y eut, disait Cipriani, que le directeur qui se fit un peu tirer l’oreille ; mais, devant le revolver braqué sur son visage, il céda et Flourens fut délivré.
    Après Mazas, la petite troupe, qui commençait par des triomphes, alla sur la mairie du XXe dont Flourens venait d’être nommé adjoint, ils firent sonner le tocsin, à une vingtaine, proclamèrent la Commune ; mais personne ne répondit, croyant à un guet-apens du parti de l’ordre.
    A l’Hôtel-de-Ville, les membres du gouvernement tenaient une séance de nuit ; il eût été possible de les y arrêter.
    Flourens, dans sa prison, n’avait pas vu l’importance du mouvement révolutionnaire ; il objecta qu’on était trop peu.
    Mais le premier coup d’audace n’avait-il pas réussi déjà ? L’extrême décision fait, à la force, l’effet d’une fronde à la pierre qu’elle lance.
    Le matin du 22, une affiche furieuse de Clément Thomas, qui remplaçait Tamisier au commandement de la garde nationale, était placardée dans Paris.
    Cette affiche mettait hors la loi les révolutionnaires, ils y étaient traités de fauteurs de désordre, appel était fait aux hommes d’ordre pour les exterminer.
    Cela commençait ainsi :
    Hier soir, une poignée de factieux ont pris d’assaut la prison de Mazas et délivré leur chef Flourens.
    Suivaient injures et menaces.
    La prise de Mazas et la libération de Flourens avaient rempli d’effroi les membres du gouvernement ; s’attendant à voir une seconde édition du 31 octobre, ils en référèrent à Trochu, qui fit bonder l’Hôtel-de-Ville de ses mobiles bretons.
    Chaudey y commandait, son hostilité pour la Commune était connue.
    A midi, une foule énorme, en grande partie désarmée, emplissait la place de l’Hôtel-de-Ville.

    D’après Louis Michel, il y eu donc un premier commando restreint qui fit du repérage dans l’après-midi du 21 janvier. Puis 75 hommes se retrouvèrent à dix heures du soir, rue des Couronnes, à Belleville, pour aller libérer Flourens. Le journal Le Stéphanois indique qu’il n’y avait que sept hommes en tout et pour tout, mais que le directeur aurait été « persuadé qu’il avait à faire à toute une armée ».

    Au sein du commando, il y aurait eu :
    – Amilcare Cipriani
    – Henri Place
    – Théo Fischer (d’après lui)
    – Lavalette (d’après lui)

    Amilcare Cipriani ?

    Révolutionnaire italien, ami proche de Flourens.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Amilcare_Cipriani

    Henri Place ? (selon Le Maitron)

    Journaliste parisien, militant blanquiste, membre de l’Internationale et de la franc-maçonnerie [...]. Il participa, le 21 janvier 1871, à la libération de Flourens ; le lendemain il prenait part à la journée révolutionnaire et était blessé - un bras cassé - place de l’Hôtel-de-Ville. [...] Élu commandant du 192e bataillon fédéré. - voir Falque A. - il démissionna le 16 mai pour protester contre l’indiscipline des gardes, mais, faute de nouvelles élections, conserva son poste. Du 1er au 10 mai, il servit à Neuilly ; les 17 et 18 mai, il se trouvait au château de la Muette ; les 19, 20 et 21 à la poudrière Beethoven. [...]
    Après l’amnistie, H. Place fut, aux côtés de Vaillant et de Eudes, un des réorganisateurs du CRC, héritier de la tradition blanquiste. Selon Dommanget, H. Place, suivant Granger, s’écarta en 1889 du CRC mais il y revint en mai 1896 et il appartint à la direction du PSR, nom nouveau pris en 1898 par le CRC.

    #A_la_recherche_de_Lavalette #A_la_recherche_de_Charles_Lavalette #Commune #Commune_de_Paris #Commune_de_Paris_de_1871 #communard #communeux #Charles_Lavalette #Lavalette


    • Membre de l’Internationale

      Charles Lavalette est indiqué comme

      « membre de l’Internationale, futur membre du Comité central de la Fédération de la Garde nationale »

      page 121 de l’ouvrage suivant :

      La Commune au cœur de Paris, d’après les documents inédits de la Préfecture de police, les Archives nationales, les Archives historiques de l’armée et les sources imprimées, par Maurice Choury, Éditions sociales, 1967, 448 pages.

      http://books.google.fr/books?hl=fr&id=ie4JAQAAIAAJ&q=lavalette#search_anchor

      [Recherche dans le texte du livre par Google books, mais pas de livre numérique disponible.]

      #Internationale #AIT

    • Deux pages sont consacrées à Lavalette (pp. 270 et 271) dans Les Membres de la Commune et du Comité Central, par Paul Delion, Alphonse Lemerre éditeur, 1871 :

      Ce personnage n’était pas plus connu que ses confrères. Il était beau-frère du général du Bisson. Il faut d’abord avocat, mais, n’ayant ni causes ni clients, il se mit à faire du commerce, et vendit du drap et des habits sur le carreau du Temple.
      C’était un grand homme, doux, affable, qui avait gardé quelque chose de son premier état et une certaine aménité de son métier de marchand. Il commanda le 169e bataillon pendant le siège, se battit avec lui et fit partie du Comité central.
      Le 28 mars, jour de la proclamation de la Commune à l’Hôtel de ville, il fit un discours aux gardes nationaux, leur disant : « C’est par vous qu’est établi le principe de la fédération des peuples. » Il ajouta ces paroles singulières : « Le Comité central remet ses pouvoirs à la Commune, mais il fonctionnera comme avant. »
      Il était très brave, accompagna son beau-frère dans ses expéditions à Levallois et à Neuilly et s’y mit à la tête de son bataillon, dans lequel il était très populaire. Il faut nommé, le 19 mai, à l’état-major du ministère de la guerre.
      Il a été arrêté à Reims, au moment où il cherchaità fuir après la prise de Paris. Il est prisonnier à Versailles.

      Disponible en ligne :
      http://www.scribd.com/doc/61725341/Les-Membres-de-la-Commune-et-du-Comite-Central-Paul-Delion-1871
      http://books.google.fr/ebooks?id=M5QDAAAAYAAJ&hl=fr
      [La première version est de meilleure qualité.]

    • Au ministère de la guerre, Lavalette était à l’équipement :

      « Le comité central était le maître au ministère de la guerre : il y régnait [...] à l’équipement par Lavalette, Château, Valatz, Patris, Fougeret [...]. »

      La Revue des Deux Monde, numéro 33, mai-juin 1879, article « La Commune à l’hôtel de ville - II - Les novateurs », par Maxime du Camp, note de bas de page 564.

      https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Revue_des_Deux_Mondes_-_1879_-_tome_33.djvu/570#cite_ref-0
      [Ouvrage disponible en intégralité.]

    • Mémoires secrets du comité central et de la Commune, de Jules de Gastyne, Éditeur A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1871.

      Disponible en ligne :
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54476558.pdf

      Avertissement [Lavalette n’y est pas cité, mais cela permet de connaître le point de vue de l’auteur] :

      Ce livre n’est point une histoire. C’est une photo graphie.
      Comme la photographie, il n’a qu’un mérite : c’est d’être exact.
      Nous y montrons sous leur vrai jour, — au déballage, comme on dit au théâtre, — les hommes du 18 mars.
      Nous avons enregistré le plus minutieusement et le plus exactement possible leurs discours et leurs actes.
      Nous avons laissé souvent dans les discussions et les séances de ces révolutionnaires d’estaminet les expressions et les images faubouriennes qui les émaillaient. Il était impossible de les traduire sans en dénaturer le sens, sans en enlever la saveur et l’énergie.
      Nous tenions avant tout à la couleur locale ; nous avons fait notre possible pour la conserver.
      Le lecteur se demandera peut-être où nous avons pu puiser des détails d’une telle minutie et d’une telle exactitude.
      Inutile de dire que nous sommes resté à Paris jusqu’au dernier jour de la Commune, jour où l’on est venu nous arrêter au bureau de la Constitution, pour nous fusiller.
      Nous n’avons échappé à la mort que par un miracle du hasard.
      Pendant le gouvernement du 18 mars nous avons pu, en notre qualité de journaliste, pénétrer à plusieurs reprises, à nos risques et périls, dans l’Hôtel-de-Ville.
      [...]
      On jugera les hommes après les avoir vus à l’oeuvre.
      Tous ne méritaient peut-être pas le sort qui leur a été fait et le jugement que l’on a porté sur eux. A toute règle il y a des exceptions."

      Chapitre III, portraits de membres du Comité central (page 31) :

      LAVALETTE. — Une brute. Toujours déhanché, d’une taille gigantesque, disant lui-même bien haut qu’il n’entendait rien à la République et demeurant bouche béante devant toutes les explications qu’on pouvait lui donner. Il interrompait les séances pour les motifs les plus futiles. Il avait une voix de rogomme qui remplissait la salle. Pas plus de réflexion qu’un enfant, capable de toutes les extravagances et de toutes les folies.
      AUDOINEAU. — Comme Lavalette, Audoineau était ouvrier [...].

      Chapitre V, qui décrit l’installation du Comité central à l’hôtel de ville juste après le 18 mars (page 52) :

      On déjeunait d’ordinaire à midi et on dînait à six heures, dans la salle qui donne sur le jardin. Peu d’invités étaient admis aux festins du Comité.
      C’est pendant les repas que se traitaient souvent les questions les plus graves.
      Quand la Commune fut nommée, on inscrivit sur la porte du réfectoire ces mots : « Ici il est défendu de parler politique ; on ne dira que des bêtises. »
      Babick et Lacord brillaient surtout au réfectoire... Ils faisaient des jeux de mots et des calembourgs souvent fort spirituels. Le docteur Parisel ennuyait ses voisins de descriptions scientifiques, tandis que Lavalette, en proie parfois à des colères subites, faisait trembler tout le monde par ses sorties orageuses.

      Chapitre XX, « Le ministère do la guerre. — La commission de cavalerie de la Commune. » (pages 158 et 159) :

      La cavalerie était sous la domination du citoyen Chouteau, lequel passait son temps à faire des commissions comme un simple officier d’ordonnance.
      Son cheval était toujours sellé, et à la moindre demande il l’enfourchait et s’en allait courir par la ville. On l’a vu très-souvent rentrer au grand trot au ministère, se donner à peine le temps de rendre la réponse qu’il était allé chercher et demander s’il n’y avait pas d’autre course à faire, toujours prêt à cavalcader.
      Il espérait être élevé prochainement au grade de général.
      Il avait fait partager sa passion pour la course à son co-délégué, le grand commandant Lavalette.
      Il était cependant difficile d’être moins disgracieux à cheval que ne l’était ce grand escogriffe, qui avait continuellement peur de tomber, et dont le pantalon, toujours retroussé jusqu’aux genoux, laissait voir ses chaussettes en grosse laine marron. Quand il entrait au Comité central, après une de ses promenades, il faisait autant de bruit qu’un ouragan.
      Il fallait interrompre aussitôt la séance pour entendre les nouvelles qu’il apportait.
      La plupart du temps il racontait qu’un garde national s’était battu avec son caporal, et quand on lui faisait observer que cet événement n’était guère alarmant, il répondait que ce fait avait plus de gravité qu’on ne le pensait, parce que c’était le capitaine qui en était la cause.
      C’était bien la peine de nous déranger pour si peu, disait Lacord.
      — Tu voudrais qu’il n’y en ait que pour toi, reprenait Lavalette, tu es épatant, ma parole d’honneur.
      Et tout le monde de rire. La séance était troublée pour une heure au moins.
      La commission de la cavalerie n’a jamais rendu à la Commune et au Comité d’autres services que ceux-là.

      Chapitre XXI (pages 175-176) :

      A ce moment le citoyen Lavalette, qui s’était absenté un instant, entre avec fracas dans la salle, le képi sur l’oreille.
      Il est pâle, haletant, effarouché.
      Il saisit machinalement la sonnette et l’agite fiévreusement.
      — Mes enfants, crie-t-il tout à coup.....
      — Qu’arrive-t-il donc, papa ? crie Lacord.
      — Oh ! ne ris pas. C’est sérieux, tu vas voir.
      — Enfin, parle ; on t’écoute.
      — Mes enfants, répète Lavalette à demi-voix, on vient de m’affirmer que les Versaillais ont pris la barricade du pont de Neuilly.
      — Eh bien ! dit Lacord, ça t’étonne, ça ? Pas moi.
      — Comment si ça m’étonne ? Certainement que ça m’étonne ; mais c’est qu’ils approchent.
      — Comment, reprend Lacord, ils approchent ! Eh bien ! pourquoi ne vas-tu pas les prier de rester chez eux ? Avec un peu de politesse, tu pourrais peut-être les décider.
      — Moi I répond Lavalette en prenant des airs de conquérant, j’irais fléchir les genoux ? J’aimerais mieux avaler la lame de mon sabre.
      — Va donc, dit Lacord, tu n’avalerais rien du tout, et, du reste, il est fort probable qu’en voyant ta figure, ils te prendraient pour un voleur de grand chemin. Ils te flanqueraient au bloc, et ça ne serait pas long. Aussi tu ne devrais pas t’aventurer en campagne sans un certificat de bonne vie et moeurs dans la poche.
      — Alors, dit Lavalette très-sérieusement, tu supposes que les gendarmes me f..tront dedans ?
      — Je l’ai rêvé et ça arrivera, tu verras.
      — Citoyen, dit Léon Brin au président, je voudrais cependant bien terminer. Vous voyez que je n’avais pas tort.
      — Silence ! crie le président.[...]

      Chapitre XXII, « Le Comité central et la Ligue républicaine » (pages 184-185) :

      [Débat sur la conciliation tentée par la Ligue républicaine auprès de Versaille. Il faudrait voter que le « Comité central n’a jamais approuvé la Commune ». Le Comité central ne semble pas motivé par cette idée et la séance se pert en gamineries...]

      "— Je désire [dit Bouit] donc deux choses essentielles à la cause du Comité central : 1° que l’affiche du citoyen Lacord soit immédiatement apposée sur les murs ; 2° qu’elle soit suivie d’une autre dans laquelle nous déclarerons à tout Paris et à la France entière que le Comité central n’a jamais approuvé la Commune.
      — Il faut que l’on sache enfin, dit Brin, que s’il y a des fous dans la Commune, on peut encore trouver dans le Comité quelques hommes raisonnables.
      Mais, dit Fabre, cela va amener un conflit regrettable.
      — Tant mieux ! crient à la fois Bouit et Brin, quand il devrait en résulter une collision, il le faut à tout prix. (Tumulte.)
      [...]
      — Je demande la parole, reprend Lacord.
      — Est-ce pour parler sérieusement ? dit le président.
      — Mais certainement. Je n’ai jamais prétendu parler autrement. Je regrette beaucoup de ne pas plaire ici à tout le monde ; mais j’ai la conscience libre, et c’est, à mou avis, la plus douce consolation.
      En terminant cette phrase, Lacord regarde at-
      tentivement le citoyen Gouhier.
      — Citoyens, crie-t-il tout à coup, lorsque nous serons réunis ici pour des raisons sérieuses et pour prendre une résolution solennelle, je demande qu’on expulse de l’assemblée : 1° le citoyen Gaudhier.
      — Et pourquoi ? dit Gaudhier.
      — Parce qu’il est grêlé, répond Lacord. (Vive hilarité.) Chaque fois qu’il m’arrive de le regarder en face, j’éclate, et ma rédaction comme ma parole en souffrent beaucoup.
      — Assez ! assez ! Lacord, crient quelques voix.
      [...]
      — Assez ! crie Lavalette ; est-ce que vous valiez nous ennuyer longtemps comme cela ?
      — Qu’est-ce qu’il a encore, celui-là, crie Lacord, il grogne toujours. Chique, prise ou fume, Lavalette ; mais, pour l’amour de Dieu, tais-toi !
      — Oh ! cette tête ! répond Lavalette. L’amour de Dieu ! l’amour de Dieu ! Ne dirait-on pas qu’il sort de la messe ?
      — Je veux bien être damné, crie le président furieux,-si j’y comprends quelque chose ! On se séparera encore aujourd’hui sans avoir fait quoi que ce soit.
      — Si vous croyez que nous sommes venus ici pour faire quelque chose, dit Lavalette, vous vous êtes furieusement trompé. Si on avait voulu me nommer président, j’aurais nettement refusé.
      — Vous n’en avez pas le droit, répond sèchement Gouhier.
      — Qui est-ce donc qui parle là-bas ? Ferme ton porte-monnaie et tais-toi... Et si j’avais accepté la présidence, j’y aurais mis une condition majeure. J’aurais demandé l’autorisation de pouvoir user de ma canne sur les doigts et les épaules des bavards.
      — Certes, je t’aurais bien reçu ! crie Lacord. Tu vois bien que tu ne peux pas tenir un moment ta vilaine bavette tranquille.
      — Vilaine ? dit Lavalette. Pas tant que la tienne.
      — Montre-la.
      Lavalette tire niaisement la langue.
      Lacord, qui tenait à la main une plume d’oie, en trempe l’extrémité dans l’encre et la passe sur la langue de Lavalette en criant :
      — Cache donc ton clavier, il y manque des touches !
      Puis il se lève et fuit. Il n’était que temps. Lavalette, n’ayant pas de plume d’oie, enfonce vivement son doigt dans l’encrier, le renverse et éclabousse tous ses voisins.
      Gouhier s’essuie en jurant et en criant qu’il a de l’encre dans l’oeil.
      Lavalette court autour de la table pour atteindre Lacord, qui fuit toujours, et met de l’encre sur tout ce qu’il touche.
      L’ex-cuisinier parvient enfin à s’échapper dans le cabinet de Moreau, où il s’enferme au verrou.
      Tout le monde rit ou se fâche. Le président fait des efforts inouïs pour conserver son sérieux.
      Voilà à quoi passaient leur temps les membres du Comité central, pendant que les envoyés de la Ligue républicaine attendaient leur réponse !
      C’est à n’y pas croire !
      — C’est honteux ! dit enfin le président. Vous vous comportez comme de véritables gamins !
      — Bah ! bah ! dit Lavalette, en essuyant ses doigts aux pans de sa veste, tu sais bien, Barroult, que je suis ton aîné et que lu me dois le respect.
      — Cela ne prouve pas que tu sois le plus raisonnable.
      — A la bonne heure : battu et insulté !
      — C’est ce Lacord qui a produit tout ce désordre, dit le président. Il est impossible avec lui d’avoir une séance convenable.
      — Convenable ! crie Laeord, qui était entré dans la salle en marchant sur ses mains et qui s’était blotti derrière le fauteuil de Barroult.
      "Je demande pardon à Lavalette, continue-t-il, toujours caché, d’avoir insulté un homme aussi vénérable que lui.
      — Vaurien ! crie Lavalette, si je t’attrape, tu sauras ce que cela vaut
      — Pardonne moi, ça ne m’arrivera plus.
      — Vrai ?
      — Viens, car nous avons des questions plus graves à vider.
      — Je ne demande pas mieux, mais ton air me fait trembler.
      Lacord et Lavalette finissent par se raccommoder, et le président parvient à obtenir quelques instants de silence.
      Le citoyen Léon Brin demande la parole et propose de nouveau l’introduction de M. le baron Dutilh.
      [...]
      Le citoyen Brin est vivement applaudi, mais au moment de voter, quelques membres demandent la levée de la séance et la remise de la discussion.
      Vainement plusieurs voix réclament une solu tion immédiate. On ne les écoute pas et la séance est levée.
      Ainsi fut traitée cette question de la Ligue républicaine, qui était pour le Comité central une question de vie et de mort. On s’étonnera après cela qu’on ait été obligé de prendre Paris à la baïonnette !

      L’auteur de ces lignes, Jules de Gastyne, était un journaliste qui écrivait dans Le Bien public. Ce journal a été interdit par la Commune avec trois autres qui « prêchent ouvertement la guerre civile, donnent des
      renseignements militaires à l’ennemi, et propagent la calomnie contre les défenseurs de la République » (Journal officiel du 19 avril 1871).

    • Lavalette est signataire de plusieurs documents importants notamment l’appel de la Garde nationale à la tenue d’élections communales.

      On note qu’il est indiqué comme membre du comité du XIXe arrondissement de la Garde nationale. Il est par ailleurs candidat à l’élection du 26 mars sur deux listes : sur celle présentée par le journal Le Père Duchêne, pour le XIXe arrondissement, et celle du journal La Caricature.

      Sur le journal Le fils du père Duchêne Illustré, voir :
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_P%C3%A8re_Duchesne
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_fils_du_p%C3%A8re_Duch%C3%AAne_Illustr%C3%A9
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Journaux_de_la_Commune_de_Paris_%281871%29

      Source :
      Élections des 26 mars et 16 avril 1871, Affiches, professions de foi, documents officiels, clubs et comités pendant la Commune, par Firmin Maillard, éditions E. Dentu, 1871. Disponible en ligne :
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k112793c

      Appel aux gardes nationaux le 19 mars 1871 pour des élections communales :

      AUX GARDES NATIONAUX DE PARIS.

      CITOYENS,

      Vous nous aviez chargés d’organiser la défense de Paris et de vos droits.

      Nous avons conscience d’avoir rempli cette mission ; aidés par votre généreux courage et votre admirable sang-froid, nous avons chassé ce gouvernement qui nous trahissait. A ce moment, notre mandat est expiré, et nous vous le rapportons, car nous ne prétendons pas prendre la place de ceux que le souffle populaire vient de renverser. Préparez donc et faites de suite vos élections communales, et donnez-nous pour récompense, la seule que nous ayons jamais espérée celle de vous voir établir la véritable République.

      En attendant, nous conservons, au nom du peuple, l’Hôtel-de-Ville.

      Hôtel-de-Ville, Paris, le 19 mars 1871.

      Le Comité central de la garde nationale :

      ASSI, BILLIORAY, FERRAT, BABICK, E. MOREAU, C. DUPONT, VARLIN, BOURSIER, MORTIER, GOUHIER, LAVALETTE, F. JOURDE, ROUSSEAU, Ch. LULLIER, BLANCHET, J. GROLLARD, BARROUD, H. GÉRESME, FABRE, POUGERET.

      Appel aux citoyens le 19 mars 1871 pour des élections communales :

      AU PEUPLE.

      CITOYENS,

      Le peuple de Paris a secoué le joug qu’on essayait de lui imposer.

      Calme, implacable dans sa force, il a attendu sans crainte comme sans provocation, les fous éhontés qui voulaient toucher à la République.

      Cette fois, nos frères de l’armée n’ont pas voulu porter la main sur l’arche sainte de nos libertés. Merci à tous, et que Paris et la France jettent ensemble les bases d’une République acclamée avec toutes ses conséquences, le seul gouvernement qui fermera pour toujoiw l’ère des invasions et des guerres civiles.

      L’état de siège est levé.

      Le peuple de, Paris est convoqué dans ses sections pour faire ses élections communales.

      La sûreté de tous les citoyens est assurée par le concours de la garde nationale.

      Hôtel-de-Ville, Paris, le 19 mars 1871.

      Le Comité central de la garde nationale

      Assi, BILLIORAY, FERRAT, BABICK, E. MOREAU, C. DUPONT, VARLIN, BOURSIER, MORTIER, GOUHIER, LAVALETTE, F. JOURDE, ROUSSEAU, Ch. LULLIER, BLANCHET, J. GROLLARD, BARROUD, H. GÉRESME, FABRE, POUGERET.

      Arrêté du Comité central du 19 mars 1871 organisant les élections :

      LE COMITÉ CENTRAL DE LA GARDE NATIONALE,

      Considérant

      Qu’il y a urgence de constituer immédiatement l’administration communale de Paris,

      Arrête

      1° Les élections du conseil communal de la ville de Paris auront lieu mercredi prochain, 22 mars.
      2° Le vote se fera au scrutin de liste et par arrondissement.
      Chaque arrondissement nommera un conseiller par chaque vingt mille habitants ou fraction excédante de plus de dix mille.
      3° Le scrutin sera ouvert de huit heures du matin à six
      heures du soir. Le dépouillement aura lieu immédiatement.
      4° Les municipalités des vingt arrondissements sont chargées, chacune en ce qui la concerne, de l’exécution du présent arrêté.
      Un avis ultérieur indiquera le nombre de conseillers à élire par arrondissement.

      Hôtel-de-Ville, Paris, ce 19 mars 1871.

      Le Comité central de la garde nationale :

      ASSI, BILLIORAY, FERRAT, BABICK, E. MOREAU, C. DUPONT, VARLIN, BOURSIER, MORTIER, GOUHJER, LAVALETTE, F., JOURDE, ROUSSEAU, Ch. LULLIER, BLANCHET, J. GROLLARD, BARROUD, H. GÊRESME, FABRE, POUGERET, Bouit, VIARD, Ant. ARNAUD.

      Arrêté précisant les élections :

      FÉDÉRATION RÉPUBLICAINE DE LA GARDE NATIONALE.

      Le Comité central, n’ayant pu établir une entente parfaite avec les maires, se voit forcé de procéder aux élections sans leur concours.

      En conséquence, le Comité arrête :

      1° Les élections se feront dans chaque arrondissement par les soins d’une commission électorale nommée à cet effet par le Comité central.
      2° Les électeurs de la ville de Paris sont convoqués, jeudi 23 mars 4871, dans leurs colléges électoraux à l’effet d’élire le Conseil communal de Paris.
      3° Le vote se fera au scrutin de liste et par arrondissement.
      4° Le nombre de conseillers est fixé à 90, soit 1 pour 20,000 habitants et par fraction de plus de 10,000.
      5° Ils sont répartis d’après la population, ainsi qu’il suit

      ARRONDISSEMENTS. POPULATION. NOMBRE de CONSEILLERS.

      Ier. 81,665 4
      IIe. 79,909 4
      IIIe 92,680 5
      IVe. 98,648 5
      Ve. 104,,083 5
      VIe. 99,115 5
      VIle. 75,438 4
      VIne 70,259 4
      IXe. 106,221 5
      Xe. 116,438 6
      XIe. 149,641 7
      XIIe. 78,635 4
      XIIIe 70,192 4
      XIVe. 65,506 3
      XVe. 69,340 3
      XVIe. 42,187 2
      XVIIe. 93,193 5
      XVIIIe 130,456 7
      XIXe 88,930 4
      XXe. 87,444 4
      TOTAL...... 90 (1)

      (1) Il y eut une rectification faite à ce tableau la population du XIXe arrondissement étant réellement de 113,000 habitants, et non de 88,930, aura à élire 6 conseillers municipaux au lieu de 4. (Journal officiel du 26 mars 1871.)

      6° Les électeurs voteront sur la présentation de la carte qui leur a été délivrée pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale, le 8 février 1S71, et dans les mêmes locaux.
      7° Ceux des électeurs qui n’auraient pas retiré leur carte à cette époque, ou l’auraient égarée depuis, prendront part au vote après vérification de leur inscription sur la liste électorale. Ils devront faire constater leur identité par deux électeurs inscrits dans leur section.

      8° Le scrutin ouvrira à huit heures du matin et sera clos à six heures du soir le dépouillement commencera immédiatement après la clôture du scrutin.

      CITOYENS,

      Le Comité central remet aux mains du peuple de Paris le pouvoir tombé de mains indignes. Les élections communales se feront d’après le mode ordinaire mais le Comité central exprime le vœu qu’à l’avenir le vote nominal soit considéré comme le seul vraiment moral et digne des principes démocratiques.

      Le Comité central de la garde nationale :

      AVOINE fils, Ant. ARNAUD, G. ARNOLD, Assi, ANDIGNOUX, BOUIT, J. BERGERET, BABICK, BOURSIER, BAROU (sic), BILLIORAY, BLANCHET, CASTIONI, CHOUTEAU, C. DUPONT, FERRAT, H. FORTUNÉ, FABRE, FLEURY, FOUGERET, C. GAUDIER, GOUHIER, GUIRAL, GÉRESME, GROLLARD, JOSSELIN, F. JOURDE, M. LISBONNE, LAVALETTE, Ch. LULLIER, MALJOURNAL, MOREAU, MORTIER, PRUDHOMME, ROUSSEAU, RANVIER, VARLIN, VIARD.

      Arrêté reportant les élections au 26 mars suite aux violences liées à la manifestation des Amis de l’Ordre le 22 mars 1871 :

      COMITÉ CENTRAL

      CITOYENS,

      Votre légitime colère nous a placés le 18 mars au poste que nous ne devions occuper que le temps strictement nécessaire pour procéder aux élections communales. Vos maires, vos députés, répudiant les engagements pris à l’heure où ils étaient des candidats, ont tout mis en œuvre pour entraver ces élections, que nous voulions faire à bref délai.

      La réaction, soulevée par eux, nous déclare la guerre. Nous devons accepter la lutte et briser la résistance, afin que vous puissiez y procéder dans le calme de votre volonté et de votre force.

      En conséquence, les élections sont remises au dimanche prochain, 26 mars.

      Jusque-là, les mesures les plus énergiques seront prises pour faire respecter les droits que vous avez revendiqués.

      Hôtel-de-Ville, 22 mars 1871.

      Le Comité central de la garde nationale

      AVOINE fils, Ant. ARNAUD, G. ARNOLD, ASSI, ANDIGNOUX, BOUIT, J. BERGERET, BABICK, BOURSIER, BAROU, BILUORAY, BLANCHET, CASTIONI, CHOUTEAU, C. DUPONT, FERRAT, II. FORTUNÉ, FABRE, FLEURY, FOUGERET, C. GAUDIER, GOUHIER, GUIRAL, GÉRESME, GROLLARD, JOSSELIN, F. JOURDE, M. LISBONNE, LAVALETTE, Ch. Lullier, Maljournal, MOREAU, MORTIER, PRUDHOMME, ROUSSEAU, Ranvier, VARLIN, Viard.

      Fameuse affiche de la veille des élections le 25 mars 1871 :

      CITOYENS,

      Notre mission est terminée ; nous allons céder la place, dans votre Hôtel-de-Ville, à vos mandataires réguliers. Aidés par votre patriotisme et votre dévoûment, nous avons pu mener à bonne fin l’œuvre difficile entreprise en votre nom. Merci de votre concours persévérant ; la solidarité n’est plus un vain mot le salut de la République est assuré.

      Si nos conseils peuvent avoir quelque poids dans vos résolutions, permettez à vos plus zélés serviteurs de vous faire connaître, avant le scrutin, ce qu’ils attendent du vote aujourd’hui.

      CITOYENS,

      Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant de votre vie, souffrant des mêmes maux.

      Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables.

      Défiez-vous également des parleurs ; incapables de passer à l’action, ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel. Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère.

      Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à connaître leurs hommes et non à ceux-ci à se présenter.

      Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considéreront jamais comme vos maîtres.

      Hôtel-de-Ville, 25 mars 1871.

      Le Comité central de la garde nationale :

      AVOINE fils, Ant. ARNAUD. G. ARNOLD, ASSI, ANDIGNOUX, BOUIT, J. BERGERET, BABICK, BAROUD, BILLIORAY, BOURSIER, BLANCHET, CASTIONI, CI-IOUTEAU, C. DUPONT, FABRE, FERRAT, FLEURY, FOUGERET, C. GAUDIER, GOUHIER, II. GÉRESME, GRELIER, GROLARD, JOSSELIN, F. JOURDE, LAVALETTE, H. FORTUNÉ, MALJOURNAL, E. MOREAU, MORTIER, PRUDHOMME, ROUSSEAU, RANVIER, VARLIN.

      Manifeste du Comité des vingt arrondissements où Lavalette apparaît comme étant du XIXe arrondissement.

      MANIFESTE DU COMITÉ DES VINGT ARRONDISSEMENTS

      [Texte n° 43]

      MANIFESTE

      DU

      .COMITÉ DES VINGT ARRONDISSEMENTS Paris, par la révolution du 18 mars, par l’effort spontané et courageux de sa garde nationale, a reconquis son autonomie, c’est-à-dire le droit d’organiser sa force publique, sa police et son administration financière. Au lendemain de la défaite sanglante et désastreuse que la France vient de subir, comme le châtiment de soixantedix ans d’empire, de monarchie, de réaction cléricale, parlementaire, autoritaire et centralisatrice, notre patrie se relève, ressuscite, commence une ère nouvelle, et reprend la tradition des anciennes communes et de la Révolution française, cette tradition qui lui a donné la victoire, mérité le respect et la sympathie des nations dans le passé, et qui lui donnera l’indépendance, la richesse, la gloire pacifique et l’amour des peuples dans l’avenir.

      Jamais heure ne fut plus solennelle. Cette révolution, que nos pères ont commencée et que nous achevons, poursuivie à travers les siècles avec tant d’abnégation et d’héroïsme par les artisans du moyen âge, par les bourgeois de la Renaissance, par les combattants de 1789, qui a coûté la vie à tant de héros glorieux ou obscurs, va se consommer sans lutte sanglante, par la toute-puissance de la volonté populaire, qui va se prononcer souverainement en déposant son bulletin dans l’urne.

      Pour assurer le triomphe de l’idée révolutionnaire et communale dont nous poursuivons le pacifique accomplissement, il importe d’en déterminer les principes généraux et d’en formuler le programme que nos mandataires devront réaliser et défendre.

      La Commune est la base de tout état politique, comme la famille est l’embryon des sociétés.

      Elle doit être autonome, c’est-à-dire se gouverner et s’administrer elle-même suivant son génie particulier, ses traditions, ses besoins exister comme personne morale, conservant dans le groupe politique, national et fédéral, son eritière liberté, son caractère propre, sa souveraineté complète, comme l’individu au milieu de la cité. Pour s’assurer le développement économique le plus large, l’indépendance et la sécurité nationale et territoriale, elle peut et doit s’associer, c’est-à-dire se fédérer avec toutes les autres communes ou associations de communes qui composent, la nation. Elle a pour la décider les affinités de race, le langage, la situation géographique, la communauté de souvenirs, de relations et d’intérêts.

      L’autonomie de la Commune garantit au citoyen la liberté, l’ordre à la cité, et la fédération de toutes les communes augmente, par la réciprocité, la force, les débouchés et les ressources de chacune d’elles, en la faisant profiter des efforts de toutes.

      C’est cette idée communale, poursuivie dès le XIIe siècle, affirmée par la morale, le droit et la science, qui vient de triompher le 18 mars 1871.

      Elle implique, comme forme politique, la République, seule compatible avec la liberté et la" souveraineté populaire

      La liberté la plus complète de parler, d’écrire, de se réunir et de s’associer ;

      Le respect de l’individu et l’inviolabilité de sa pensée ; La souveraineté du suffrage universel, restant toujours maître de lui-même et pouvant se convoquer et se manifester incessamment ;

      Le principe de l’élection appliqué à tous les fonctionnaires ou magistrats ;

      La responsabilité des mandataires, et par conséquent leur révocabilité permanente ;

      Le mandat impératif, c’est-à-dire précisant et limitant le pouvoir et la mission du mandataire.

      En ce qui concerne Paris, ce mandat peut être ainsi déterminé

      Réorganisation immédiate des districts de la cité, suivant la situation industrielle et commerciale de chaque quartier ; Autonomie de la garde nationale, formée de tous les électeurs, nommant tous ses chefs et son état-major général, conservant l’organisation civile et fédérative, représentée par le Comité central, et à laquelle la révolution du 18 mars doit son triomphe

      Suppression de la Préfecture de police ; surveillance de la cité exercée par la garde nationale, placée sous les ordres immédiats de la Commune

      Suppression, quant à Paris, de l’armée permanente, aussi dangereuse pour la liberté civique qu’onéreuse pour l’économie sociale

      Organisation financière qui permette à la ville de Paris de disposer entièrement et librement de son budget, sous réserve de sa part de contributions dans les dépenses générales et services publics, et qui répartisse suivant le droit et l’équité les charges du contribuable d’après les services reçus

      Suppression de toutes subventions favorisant les cultes, les théâtres ou la presse

      Propagation de l’enseignement laïque, intégral, professionnel, conciliant la liberté de conscience, les intérêts, les droits de l’enfant avec les droits et la liberté du père de famille

      Ouverture immédiate d’une vaste enquête établissant la responsabilité incombant aux hommes publics dans les désastres qui viennent d’accabler la France, précisant la situation financière, commerciale, industrielle et sociale de la cité, le capital et les forces dont elle dispose, les ressources dont elle jouit, et fournissant les éléments d’une liquidation générale et amiable nécessaire à l’acquittement de l’arriéré et à la reconstruction du crédit ;

      Organisation d’un système d’assurance communale contre tous les risques sociaux, y compris le chômage et la faillite ; Recherche incessante et assidue des moyens les plus propres à fournir au producteur le capital, l’instrument de travail, les débouchés et le crédit, afin d’en finir pour toujours avec le salariat et l’horrible paupérisme,, afin d’éviter à jamais le retour des revendications sanglantes et des guerres civiles, qui en sont les conséquences fatales. Tel est le mandat que nous donnons et que nous vous demandons, citoyens, de donner à vos élus. S’ils le remplissent comme ils le doivent, avec intelligence et fidélité, Paris sera devenu, par la révolution radieuse et fraternelle du 18 mars, la cité la plus libre et la plus heureuse entre toutes les villes, non pas seulement la capitale de la France, mais la capitale du monde.

      C’est à vous, citoyens, à consommer pacifiquement avec la fierté et le calme de la souveraineté l’acte qui sera peutêtre le plus grand que doive voir le siècle et qu’aura vu l’histoire, en allant déposer dans l’urne le bulletin de vote qui affirmera votre capacité, votre idée, votre force.

      Pour et par délégation du Comité des vingt arrondissements :
      PIERRE DENIS, DUPAS, LEFRANÇAIS EDOUARD ROULLIER, JULES VALLÈS.

      Liste du Comité.

      1er arrond. - ANDRIEUX, GRANDJEAN, NAPIAS-PIQUET, VÉSINIER.

      2e – SERAILLER, Jacques DURAND, JOHANNARD, Eugène POTTIER.

      3e - Antoine ARNAUD (Comité central), Demay, statuaire Clovis DUPONT, PINDY.

      4.e – Lefrançais, Adolphe CLÉMENCE, E. GÉRARDIN, Amouroux, Arthur ARNOULD.

      5e – Edouard ROULLIER, Francis JOURDE (Comité central), Th. Régère, Murât (délégué desÉcoles), LONGUET.

      6e – Ch. BESLAY, Ed. VAILLANT, VARLIN, LACORD (Comité central), Rogeard.

      7e – BRUNEL, délégué à la guerre ; Ch. LALLEMENT, Parisel, TOUSSAINT.

      8e - arrond. Raoul Rigaolt, BESTETT !, P. DENIS, Edouard Moreau.

      9e – RANC, BRIOSNE, G. DUCHÊNE, Casimir Bouis.

      10e - F. GAMBON, BABICK (Comité central), Henri FORTUNÉ (Comité central), RASTOUL, Champy, Félix Pyat.

      11e - AVRIAL, Emile EUDES, Henri MORTIER, PROTOT, CLUSERET, Minet.

      12e – LACAMBRE, A. BAROUD (Comité central), MONTELS, GÉRESME, HUBERT (Comité central).

      13e – Léo MELLIET, FRANKEL, CHARDON, E. DUVAL.

      14e - MARTELET, BILLIORAY, DECAMPS.

      15° - Jules VALLÈS, CHAUVIÈRE, Clément, teinturier.

      16e

      17e - MALJOURNAL (Comité central), GRANGER, P. GROUSSET, GAILLARD, Alph. HUMBERT, MÉSY, G. BRIDEAU.

      18e - BLANQUI, THEISZ, DUPAS, J.-B. Clément, DEREURE, Th. FERRÉ, VERMOREL.

      19e - OUDET, LAVALETTE (Comité central), PUGET, P. Mallet.

      20e - RANVIER, DUMONT, Jules BERGERET, TRIDON.

      Lavalette apparaît sur la Grande liste du Père Duchêne pour le XIXe arrondissement :

      LA GRANDE LISTE du PÈRE DUCHÊNE.
      (6 germinal.)
      [...]
      19° – OUDET, LAVALETTE, EUDES, P. MALLET.
      [...]
      Blanqui en tête de tous les arrondissements.

      Lavalette apparaît aussi dans la liste de la Caricature :

      ÉLECTIONS COMMUNALES.

      LISTE DE LA CARICATURE.

      Varlin.
      Teullière(E.).
      Arnaud (A.).
      Arnold (G.).
      Bouis.
      Babick.
      Boursier.
      Baron.
      Billioray.
      Larochette.
      Villeneuve (E.).
      Blanchet.
      Castioni.
      Dupont (E.).
      Ferrât.
      Fortuné (H.).
      Fabre.
      Fougeret.
      Gaudier (G.).
      Gouhier.
      Géresme.
      Grollard.
      Josselin.
      Jourde.
      Lisbonne.
      Lavalette.
      Maljournal.
      Moreau.
      Mortier.
      Prud’homme.
      Rousseau.
      Viard.
      Brunereau.
      Piazza.
      Brunel.
      Blanqui.
      Gambon.
      Cluseret.
      Malézieux.
      Longuet.
      Rogeard.
      Tibaldi.
      Murat.
      Levraud(Ed.).
      Lacambre.
      Clément (J.-B.).
      Cremer.
      Désessart.
      Pyat.
      Bordone.
      Chardon.
      Vergnaud.
      Mouton.
      Humbert (A.).
      Genton.
      Meillet (L.).
      Tolain.
      Pindy.
      Macdonal.

      Résultat des élections. Lavalette obtient 600 voix sur 11 282 votants et n’est pas élu :

      Dix-neuvième arrondissement (Bulles Ckaumont).
      Seize sections, 113,000 habitants, 6,conseillers.

      Inscrits : 28,270
      Le huitième : 3,533
      Votants : 11,282

      OUDET, élu : 10,065
      PUGET, élu : 9,547
      DELESCLUZE, élu dans le 11e : 5,846
      MIOT (J.), élu : 5,520
      OSTYN, élu : 5,065
      FLOURENS, élu : 4,100
      Henry : 4,084
      Pillioud : 3,860
      Cavol : 3,622
      Mallet : 721
      Lavalette : 600
      Blanqui : 548
      Pyat : 222
      Lagarde : 195
      Lefrançais : 173
      Divers : 1,384
      Nuls : 445

      Élection complémentaire du 9e arrondissement :

      ÉLECTIONS COMMUNALES DU 9e ARRONDISSEMENT.

      Considérant que MM. Desmarets, Ferry, Nast e.t André, lors des élections du 26 mars, ont adjuré tous leurs concitoyens de se rendre au scrutin et ont ensuite donné leur démission

      Considérant que MM. Ranc et Ulysse Parent, après les élections précitées, ont aussi donné leur démission ; Considérant que MM. Dupont de Bussac, Henri Rochefort, Avenel et Semerie, qui s’étaient présentés aux suffrages électoraux du 26 mars, ont déclaré ne point accepter de candidature pour les élections complémentaires du 10 avril,

      Les soussignés arrêtent qu’ils établissent ainsi leur liste pour les élections de dimanche prochain, dans le 9e arrondissement :

      MILLIÈRE, député démissionnaire, 37, rue des Martyrs.
      BRIOSNE, du comité central des vingt arrondissements.
      Vauthier, ancien représentant du peuple, 11, rue Saint-Lazare.

      CHASSIN, directeur de la Démocratie, 39, rue Rochechouart.

      PWCHIO, peintre, 21, rue Bréda.

      Ont signé

      A. MONNANTEUIL, BRUNEREAU, CHEVALLIER, GROMIER, LÉCHELLE, BAEHR, CHEVAUDEMANN, MARIN, POULY, LAVRILUT, LAVALETTE, L. BÉNAZET, DAKBLENTZ, A. MARX, MAUREL, MARAVAL, GAUTHIER, LESIEUR, BERGERET, ANDRÉ, LAROUDÉ, PERRON, THIOLAT, THOMAS, E. GIRARDIN, WEBER, TLXIRON, RUNTIEZ, CHALLEMET, A. FALLE fils, PRUDHON, LIÉBAUT, Ch. POITRINE, L. LABELLE, G. AYMARD, MESLIER, F. DOCHEZ, SCHREIBER, Day, FLANDIN, Strinel, Duhamel, F. COURANDEAU, MICHEL, E. COUROUX, F. FRANÇOIS, BRUTON, RAGARU, L. PROVENCEL.

    • Lavalette a-t-il été le commandant du 159e ou du 169e bataillon de la Garde nationale ? Les sources, citées plus haut, sont contradictoires :

      Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, (« Le Maitron » ou « DBMOF »), sous la direction de Jean Maitron, puis de Claude Pennetier :
      "Le Siège le fit sergent du 159e bataillon, la Commune le promut commandant."

      Les Membres de la Commune et du Comité Central, par Paul Delion, Alphonse Lemerre éditeur, 1871 :
      "Il commanda le 169e bataillon pendant le siège, se battit avec lui et fit partie du Comité central."

      Le 169e bataillon était à Montmartre et Auguste Blanqui en fut le commandant en 1870 :
      http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=8371
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_du_31_octobre_1870

      En 1870, Ernest Granger, commandait le 159e bataillon :
      "Elu chef du 159e bataillon de la garde nationale, il prit part, le 31 octobre [1870], avec son bataillon et les quatre autres bataillons blanquistes, à l’envahissement de l’Hôtel de ville. "
      http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=3549

    • Un ouvrage cite des archives prises par les versaillais au comité central. On trouve le nom de Lavalette à plusieurs reprises, notamment lors de discussions internes du comité. Le Fond de la société sous la Commune, par Charles-Aimé Dauban, Paris, E. Plon et cie., 1873..

      http://www.archive.org/stream/lefonddelasoci00daub#page/n15/mode/2up [très bon fac-similé]
      http://books.google.fr/books?id=3kUzSZ7MvnYC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=lavalette&f [moins bon, mais utile pour la recherche]
      http://openlibrary.org/books/OL24635521M/Le_fond_de_la_soci%C3%A9t%C3%A9_sous_la_commune [plusieurs versions dont texte]

      L’auteur précise son point de vue dès la première page :
      "Qu’il nous soit permis d’adresser ici l’expression de notre gratitude, d’abord au ministre de la guerre, M. de Cissey, auquel nous sommes redevable d’avoir pu prendre connaissance des pièces d’archives."

      Le général Ernest de Cissey n’est pas n’importe qui :

      "Ce fut lui qui pénétra dans Paris, le 22 mai 1871, par les portes du sud, à la tête du 2e corps ; le général de Cissey prit une part active à la répression. Le 5 juin, un décret de Thiers le nomma ministre de la guerre."
      http://www.senat.fr/senateur-3eme-republique/de_cissey_ernest_courtot1868r3.html

      Extraits :

      "Nous trouvons également dans les papiers de la Commune, à la même date [6 mai 1871], une lettre adressée à Lavalette n sur le commandant de Bicêtre qui passe sa vie avec des filles. Le fort, devenu un véritable lieu de débauche , est mal gardé , etc. » [page 229]"

    • Des informations concernant Charles Lavalette se trouvent dans les archives de Johann Philipp Becker et de Lucien Descaves à l’Institut international d’histoire sociale d’Amsterdam.

      http://socialhistory.org

      Références :

      Johann Philipp Becker Papers
      Period : (1841-) 1848-1886
      Total size : 1.12 m.
      Consultation : Not restricted

      D II 265 - Lavalette. 1878. 1 Brief.

      [Johann Philipp Becker, installé en Suisse, était un membre très actif de l’Association internationale des travailleurs (AIT).]

      http://search.iisg.nl/search/search?action=transform&col=archives&xsl=archives-detail.xsl&lang=en&doc

      Lucien Descaves Papers
      Period : 1788-1948 (-1972)
      Total size : 4.4 m.
      Consultation : Not restricted
      User restriction : Only microfilms can be consulted

      1344 - date indéterminée - Lavalette, au nom du Comité de Belleville. 1 chemise.

      1424 - 25 janvier 1871. 1 chemises. Lavalette

      1495- 11 février 1871. 1 chemises. Lavalette.

      http://search.iisg.nl/search/search?action=transform&col=archives&xsl=archives-detail.xsl&lang=en&doc

    • Quelques informations sont données sur l’exil à Genève de Charles Lavalette dans un roman de Lucien Descaves, Philémon, vieux de la vieille, publié en 1913. L’auteur, membre de l’Académie Goncourt, était en relation avec des communards et rassemblera une importante collection de documents sur la Commune de Paris qu’il remis à l’Institut international d’histoire sociale d’Amsterdam.

      Avertissement du livre :

      Sauf Colomès, Fournery, Maiavaux, Gerberoy et Charpin, dont les noms me furent imposés par des raisons particulières, tous les personnages, proscrits et autres, figurant dans ce livre de l’Exil et du Retour, y portent leurs noms véritables et l’on peut dire historiques, bien qu’ils désignent des hommes obscurs entrés vivants dans l’oubli.

      Ce n’est pas parce que ces vieilles pierres à fusil n’ont donné qu’une étincelle, qu’il faut les mettre sous le boisseau.

      L. D.

      Page 69 :

      Pierre Leroux ; Baud-Bovy et Gaud, artistes peintres, Joukovsky s’ingéniait pour procurer des passeports aux insurgés cachés à Paris. Il fallait, d’abord, récolter dans les ateliers des actes d’origine qu’on envoyait en France, où ils étaient convertis en passeports. L’appropriation de ces actes d’origine à l’usage qu’on en voulait faire incombait à Joukovsky et au père Boulanger, dit Vastronome ou le chimiste, un vieux révolutionnaire qui avait conspiré avec Barbes, conspiré contre l’Empire..., et dont le télescope, sur le quai du Mont-Blanc, invitait les passants à chercher des hommes dans la lune, tandis qu’il s’employait pour eux, sans aller si loin.

      Il avait formé un élève, le mécanicien Perrare, de Lyon. Beaucoup durent le salut à leur habileté. D’un passeport lavé et blanchi à souhait, ils faisaient coup double. Le même passeport qui avait facilité l’évasion de Lavalette, favorisa celle de Vaillant.

      Page 71 :

      24 décembre, les bambins se rassemblèrent dans la grande salle du Temple-Unique, autour d’un arbre aux branches garnies de bougies et de jouets. Des musiciens exécutèrent un prélude. A ce signal, on vit apparaître, sous les traits légendaires du bonhomme Noël, chargé d’ans et de neige... qui ? Le citoyen Lavalette, ex-membre du Comité central ! (1) Il portait une hotte à clochette, comme la fontaine du marchand de coco, et un frimas artificiel poudrait sa barbe et ses cheveux. Il chanta une imitation de la romance fameuse : Reste toujours petit... ; puis, il prononça une allocution, après quoi, une dame offrit un drapeau aux enfants constitués en section. Enfin, les jouets distribués, on dansa.

      Une autre fois, grand scandale ! Deux nouveau-nés, l’un, fils du susdit Lavalette, et l’autre, fils d’un internationaliste genevois, furent baptisés au vin blanc... mettons civilement. Une jeune fille, choisie parmi les ouvrières de la Section centrale, prit les enfants dans ses bras et leur promit aide et protection au nom de toutes ses collègues, marraines solidaires. Le petit Lavalette, je m’en souviens, fut appelé Louis-Michel. Et allez donc !

      (1) Lavalette est mort à Paris en 1904.

      Page 81 :

      Lacord, Lavalette, et le père Massé, dignitaire de la Maçonnerie, gérèrent successivement la Marmite sous le contrôle d’un Comité d’administration.

      Texte intégral (OCR non corrigé) de Philémon, vieux de la vieille :
      http://www.archive.org/stream/philonmonvieux00descuoft/philonmonvieux00descuoft_djvu.txt

      Site Internet de travail sur Lucien Descaves
      http://www.luciendescaves.fr

    • On retrouve Charles Lavalette dans la Grande histoire de la Commune de Georges Soria (5 volumes, Éditions Robert Laffont et le Livre Club Diderot, Paris, 1970).

      Tome 2, Les Protagonistes, page 42 :

      « De Lavalette, on retiendra que, très lié à l’activité de la Garde nationale pendant le siège, il participa, après son élection au Comité central, aux travaux de la commission des services publics de la Commune, où il s’occupa des problèmes de l’habillement et du campement des gardes nationaux. »

    • En 1879, la peine de Lavalette (condamné par contumace par le 3e conseil de guerre) fut remise. Les précisions se trouvent aux Archives nationales (Arch. Nat., BB 24/850 et 857.).

      La série BB des Archives nationales correspond à celle du Ministère de la Justice, BB/24 aux Grâces demandées et accordées ou refusées (depuis 1856) et BB/24/34-63 à 1123 aux dossiers de recours en grâce de 1826 à 1916 (ordre d’enregistrement des dossiers).

      Voir : État général des fonds des Archives nationales (Paris). Mise à jour 2007 :
      http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/pdf/sm/BB24_2007.pdf
      "les dossiers ont subi des triages sévères au XIXe siècle et au début du XXe siècle, à l’exception des dossiers des insurgés de la Commune de 1871 (BB/24/727 à 871)."
      "La sous-série BB/24 contient environ 11710 dossiers d’insurgés de la Commune de Paris en 1871 ainsi que des dossiers de recours en grâce de condamnés à mort (ordre d’enregistrement des dossiers) entre 1826 et 1916 (BB/24/2001 à 2122, et, en partie, dans le groupe BB/24/34 à 1123)."

      Voir : « État sommaire des versements faits aux Archives nationales par les ministères… » (version de 1955) :
      http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/series/pdf/ESV-BB24.pdf
      850. Pillage de l’église N.-D. des Victoires [S. 78 7292, doss. Lavalette].
      857. Pillage de l’église N.-D. des Victoires, violation des sépultures, arrestation du clergé [S. 79 2935, doss. Lavalette].

      On doit aussi pouvoir trouver des informations concernant son activité à la garde nationale aux Archives nationales, site de Paris, dans la sous-série F9 :
      Garde nationale (1870 – 1871) F9 1256 à 1347*

    • Des nombreuses informations concernant Charles Lavalette se trouvent dans les archives de la préfecture de police de Paris.

      Le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français donne plusieurs références de dossiers :
      – BA 431
      – BA 438 (rapport du 29 août 1875)
      – BA 439 (rapport du 5 août 1871)

      Par ailleurs, un état des fonds réalisé par les archives de la préfecture donne d’autres références :
      – BA 908 - dossier Audignoux - Folio 23.29
      – BA 1009 - dossier Chardon JB - Folio 19.110.113.119
      – BA 1015 - dossier Cluseret - Folio 38.329
      – BA 1020 - dossier Cournet - Folio 168
      – BA 964 - dossier Bologne - Folio 26

    • Informations concernant Charles Lavalette issues des archives de la préfecture de police de Paris - BA 431 (dossier Réfugiés à Genève).

      Rapport du 15 février 1872 signé « B. Lacorre » (extrait) :

      « Lavalette : ex-membre du Comité central.
      Il se vante, et c’est la vérité, d’avoir, aidé de quelques hommes du 135e bataillon fédéré, mis le feu au ministère des finances.
      Cet acte accomplit, il se replia alors sur la mairie du 11e arrondissement, assista aux assassinats des otages et de Beaufort, présida à l’installation des batteries du Père Lachaise et en dirigea le tir.
      L’insurrection vaincue, Lavalette alla trouver M. le docteur Guibaut, médecin de l’hôpital Saint-Louis auquel il avait rendu quelques services sous la Commune.
      Ce monsieur l’adressa sous le nom de Bonnet à M. Falconnet, conseiller à la cour d’appel, lequel lui donna une lettre qui lui a servi de passeport pour Monseigneur l’archevêque de Reims. Cette lettre, que j’ai lue, le recommandait d’une façon toute spéciale et comme un bon valet de chambre à la bienveillance du prélat.
      Lavalette est gazier de sa profession mais il est fort paresseux.
      Chardon lui a mainte fois procuré des travaux qu’il a mal exécuté, ou dont il ne s’est pas occupé.
      Il se défend énergiquement d’être le parent et même l’ami de Du Bisson, pourtant il crois savoir que ce dernier a été fusillé.
      Il est à Genève l’amant de Mina Pucinelli et a organisé les diverses conférences données par cette virago.
      Lavalette m’ayant demandé si les fédérés détenus sur les pontons regardaient les réfugiés comme des traitres, je lui ai répondu qu’en effet l’opinion parmi eux les jugeait comme des incapables et des couards.
      De l’avis de Lacord, Josselin, Gouhier, Louis Niquet et Lavalette, une révolution n’est plus possible maintenant, le courage des républicains dans cette dernière ayant subi un trop rude échec.
      Il faut selon eux qu’elle soit préparée par la parole et par la plume et non par les armes. »

      Un document du 14 mars 1872 rapporte les propos tenus lors d’une « réunion des délégués de proscrits, 14 mars ». Lavalette y intervient.

      Un document du 27 mars 1872, signé « L.x. » indique que « Mina Pucinelli part demain, 28, pour Barcelone ». Un autre document, du 30 mars 1872, indique que « Mina Pucinelli n’es pas partie ; elle attend un convoi pour embarquer à Gênes. »

      L’informateur « L.x. » navigue parmi les communeux exilés à Genève et envoie des courriers très précis sur ce petit monde. Ces lettres ne sont pas du tout rédigées comme des rapports de police et il exprime des propos de communards qu’il semble partager.

      Dans une lettre du 31 mai 1872, il rapporte l’enterrement de Paulet :

      Nous venons d’enterrer ce matin Paulet, orateur de réunion publiques et organisateur de celles de Folies Bergères ; nous étions environ 40 personnes.
      Deux discours ont été prononcés. L’un par un aveugle, dont j’ignore le nom ; son discours tendant à justifier Paulet de l’accusation d’entrepreneur de réunion publiques.
      Paulet avait contracté des dettes pour les réunions et il était le seul à les payer or l’entreprise de la salle des Folies Bergères ne fut faite que pour payer le montant des dettes, soit 800 francs, et non pour faire de la politique.
      Lavalette fit le second discours que je résume en ces mots : « Va et souhaite le bonjour à nos amis, dis-leur que l’on pense à eux dans l’exil ! Pars et porte nos compliments de condoléances à Barbès, Ribeyrolles et Delescluze ! »
      Ces paroles ont provoqué les rires unanimes de toute l’assistance. Il n’avait plus qu’à nous parler des Grands Prêtres fusionnien Babick et Ostyn et nous revenions de 1800 ans en arrière. Après ce discours, Lavalette à fait la quête et à chaque obole qui tombait dans son chapeau on entendait épithètes : d’idiot, imbécile, toqué tu te dis libre-penseur et tu renouvelles les druides ! La quête à produit une trentaine de francs pour la veuve.

    • Au sujet de Mina Pucinelli, amante de Lavalette lors de son passage en Suisse, sa notice du Maitron indique seulement :
      « Elle fut, sous la Commune, à la tête des Volontaires de la Mort, et s’enfuit en Espagne. On la signala également en Suisse. »

      Dans une étude, Femmes et exil durant la Première Internationale, fondé notamment sur les archives de la police belge, Florence Loriaux lui consacre un long passage. Ce document est disponible en ligne sur le site du Centre d’animation et de recherche en histoire ouvrière et populaire - Carhop (Belgique) :
      http://www.carhop.be/FL0208.pdf

      Une autre figure féminine d’envergure est Wilhemine Müeller plus connue sous le nom de Mina Pucinelli ou Mina la Républicaine qui présente un parcours passionnant même s’il est sans doute teinté d’un peu d’affabulation romanesque. 24
      Née le 18 avril 1835 à Elbing en Prusse, elle épouse le capitaine français Léonard Pucinelli dont elle signale qu’il est mort lors de la guerre franco-prusse.
      Son parcours commence en Europe où elle visite les villes d’eaux tout en se faisant passer pour une marquise, alors que son mari est toujours caserné à Alger.
      Arrivée à Berlin sans aucune ressource, elle y aurait offert ses services comme agent politique. Mina Puccinelli sera finalement expulsée de Berlin où on la soupçonne de se livrer à des pratiques d’espionnage et de prostitution. Elle serait retournée en France, s’installant à Bordeaux où elle obtint un passeport pour se rendre ensuite à Saint-Josse-ten-Noode et devenir membre de l’Internationale.
      Dès son arrivée en Belgique en 1871, sa biographie se précise. Présentée dans la presse comme la nouvelle Jeanne d’Arc, capitaine des volontaires de la mort, on y apprend qu’elle a servi sous les ordres de Garibaldi lors de la guerre franco-prussienne de 1870, qu’elle y fut blessée lors de la bataille de Dijon et fut faite prisonnière à Berlin. Elle aurait également vécu en Espagne où elle dirigea le journal « El Léon ».
      Forte personnalité à multiples facettes, cette communarde, veuve de communard, auteure, journaliste, militante de la cause républicaine et de Garibaldi, est étroitement surveillée par la police des étrangers dès son arrivée en Belgique. On connaît l’environnement dans lequel elle vit, on contrôle sa moralité et on surveille ses fréquentations masculines.
      Dès son arrivée à Bruxelles, elle demande à être admise à la section de l’Internationale. Sa candidature donne lieu à discussion mais est finalement acceptée. 25 La police des étrangers surveille tous ses déplacements. Elle est mentionnée dans un banquet de l’Internationale à Cureghem, Elle tient des meetings à Bruxelles, à Liège. On la retrouve à Verviers, le 23 octobre 1871. Beaucoup de femmes assistent à ses conférences. Le 2 novembre 1871, elle est à Dison où, après un discours enflammé sur la république et l’Internationale, elle s’adresse aux femmes : « Elle les engage à épouser les idées du socialisme et leur dit que d’elles seules dépend le triomphe des idées que cette société préconise et d’où dépend la régénération sociale. Cinq à six cents personnes y assistaient et parmi elle une cinquantaine de femmes26 ». La surveillance ne se relâche pas, le 4 novembre, « elle a donné une conférence pour les femmes seules. Celles-ci étaient en grand nombre. Ce que la Pucinelli leur prêcha, c’est le dévouement à l’Internationale, c’est-à-dire le mépris des lois ». Le 7, à Ensival elle tient un meeting où plusieurs centaines de personnes participent, parmi lesquelles de nombreuses femmes. « L’affluence a encore grandi lors de la sortie des ouvriers des diverses fabriques. Mina Pucinelli a traité de la réduction des heures de travail et de l’augmentation de salaire. Elle n’a présenté aucun argument nouveau à l’appui de sa thèse. Elle a répété avec de légères variantes les raisons avancées par tous les orateurs précédents, qui ont traité cette question.
      Elle s’est à la fin de sa péroraison attachée à amener les femmes à s’associer au mouvement ouvrier. Elle a cherché avec son langage si passionné à les convaincre que sans elles, il n’y avait pas de réussite possible. On l’a très vivement applaudie 27 ».
      « Madame Pucinelli me fait l’effet d’une communeuse de première espèce car elle rapporte quelques faits qui se sont passés pendant ce temps. Cette femme est dangereuse et j’aime à croire que, si elle donnait quelques conférences, elle entraînerait toutes les ouvrières de notre petite ville, car elle parle avec une éloquence à faire faiblir le coeur de ces quelques malheureux internationaux 28 ». Cette série de meetings, tenue à Verviers et dans les environs, en novembre 1871, a peut être influencé Marie Mineur et Hubertine Ruwette
      dans leur décision de passer à l’action dans l’Internationale.
      Outre ses conférences, elle publie en Belgique une brochure intitulée « L’homme obscur qui ment », et dont on précise qu’il s’agit d’un « roman historique de la France ».
      Les rapports de police continueront de la présenter comme une « républicaine enragée » prise en charge par l’Internationale de Belgique afin d’embrigader la partie féminine de la population ouvrière. Elle est également traitée « d’amazone aux discours dangereux ». Expulsée de Belgique en novembre 1871, elle sera tuée d’un éclat d’obus à Valence en prenant part au combat en 1873 lorsque la ville sera attaquée par les Républicains.

      24. AGR, Ministère de la Justice, Administration de la Sûreté publique, Police des étrangers, dossier n° 240975.
      25. WOUTERS, H., Documenten betreffende de Geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), Louvain-Paris, Editions Nauwelaerts-Béatrice Nauwelaerts, 1971 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, n°60), p.411.
      26 Le commissaire de police de Dison à l’administrateur de la sécurité publique, 2 novembre 1871, dans WOUTERS, H., Documenten betreffende de Geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), Louvain-Paris, Editions Nauwelaerts-Béatrice Nauwelaerts, 1971 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, n°60), p. 429.
      27. Le commissaire de police de Dison à l’administrateur de la sûreté publique, 7 novembre 1871, dans WOUTERS, H., Documenten betreffende de Geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), Louvain-Paris, Editions Nauwelaerts-Béatrice Nauwelaerts, 1971 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, n°60), p. 434-435.
      28. Rapport d’un agent de police au commissaire de Verviers, 27 octobre 1871, dans WOUTERS, H., Documenten betreffende de Geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), Louvain-Paris, Editions Nauwelaerts-Béatrice Nauwelaerts, 1971 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, n°60),p. 427.

      #Mina_Puccinelli ou #Mina_Pucinelli née #Wilhemine_Müeller #Commune #communarde #communeuse #pétroleuse #féministe #féminisme

    • Une lettre de délation trouvée dans les archives de la préfecture de police de Paris (BA 1142) :

      La Rochelle, 23 mai
      Monsieur, On trouvera 13 rue Vintimille, au 4e, chez Mme Perkins, le soi-disant général du Bisson et son beau-frère Lavalette, membre l’un et l’autre du Comité central.
      En tout cas, Mme de Lavalette, devenue Lavalette tout court, habite à cette adresse et, par elle, on pourra avoir les deux misérables dont je parle.
      Du Bisson commandait à Montmartre le jour de l’assassinat de Lecomte et Clément Thomas.
      Il a obtenu de la Commune un grand nombre de condamnations à mort – entre autres la mienne. Tous deux ont volé et pillé chez moi et ailleurs.
      Si j’étais à Paris, je les rechercherais moi-même ; mais ne pouvant partir que dans une huitaine, je vous envoie ces indications.
      J’ai l’honneur de vous saluer.
      Aurélien Scholl
      13 rue des Martyres à Paris
      18 rue Chaudrier à La Rochelle

    • Rapport sur les obsèques civiles de Lavalette, archives de la préfecture de police de paris (BA 1142, rapport du 5 janvier 1905) :

      Hier ont eu lieu les obsèques civiles de Lavalette, ancien membre du Comité central sous la Commune, commandant du 159e bataillon fédéré.
      Le convoi se composant d’une cinquantaine de personnes ayant l’églantine rouge à la boutonnière, est parti à midi 10 de la maison mortuaire, 143, rue St-Dominique.
      Sur le cercueil étaient placées 7 couronnes en perles et une en immortelles jaunes offerte par le Parti socialiste révolutionnaire du 7e arrondissement.
      Le convoi est arrivé au cimetière de Bagneux à 1 heure 45 et la cérémonie a été terminée à 2 heures, sans incident et sans qu’il ait été prononcé de discours.

      Un télégramme du 4 janvier 1905 à 12h40 précise :

      Pas de drapeau ni drap rouge. Aucun incident au départ.

      Une autre dépêche signée d’un agent différent dit :

      Environ 80 personnes.

      Enfin, une dernière dépêche, de 2h04 précise :

      Cérémonie terminée à 2 heures. Aucun incident.

      Lavalette aurait donc été avant sa mort membre du Parti socialiste révolutionnaire (de tendance blanquiste).

      Wikipedia :

      Le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) est un parti politique français (1898-1901) de tendance blanquiste. Il est l’un des partis ayant indirectement donné naissance au parti socialiste SFIO en 1905.
      Historique du PSR

      Le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) est le nouveau nom donné en 1898 au Comité révolutionnaire central (CRC), parti blanquiste créé en 1881, année de la mort d’Auguste Blanqui.

      Le CRC est renforcé en 1896 par la scission d’élus et responsables régionaux exclus du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (allemaniste) regroupés en 1897 sous le label d’Alliance communiste révolutionnaire (ACR). L’ACR reste apparemment autonome au sein du PSR. Quoi qu’il en soit, renforcé de l’ACR, le PSR devient le second parti socialiste de France derrière le Parti ouvrier français (marxiste).

      Le PSR est dirigé par Édouard Vaillant qui se veut le trait d’union entre les socialistes « modérés » (Jean Jaurès, Paul Brousse) et les « marxistes » (Jules Guesde, Paul Lafargue).

      En 1901, le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) va s’unir avec le Parti ouvrier français (POF) de Jules Guesde au sein de l’Unité socialiste révolutionnaire (USR), qui sera rebaptisée en 1902 Parti socialiste de France (PSdF). Ce dernier sera l’une des deux composantes de la SFIO créée en 1905.

      Personnalités du PSR :
      – Édouard Vaillant, député de la Seine
      – Marcel Sembat, député de la Seine

    • Extrait d’un rapport du 18 mars 1885 (PPo BA 1142) :

      Hier soir à 8 heures a eu lieu 139, rue de Paris à la salle Peytou, aux Lilas, un punch à l’occasion de l’anniversaire du 18 mars 1871, organisé par le cercle collectiviste des Prés-Gervais-Lilas (Agglomération parisienne).
      L’ordre du jour portait :
      1° Conférence par les membres du Cercle ;
      2° Chants et poésies révolutionnaires.
      Le Sieur Lavalette assistait à cette réunion en qualité de président.

    • Extrait d’un rapport de police du 10 mars 1884 (PPo BA 1142) :

      Lavalette assistait à la réunion anarchiste organisée par le groupe « Les Misérables » qui a eu lieu hier, salle Lézé, rue du Théâtre, 103, à Grenelle.
      Lavalette a demandé à fournir des explications au sujet de son expulsion du groupe de la Libre Pensée du 15e arrondissement. L’expulsion de cet individu était fondée sur ce qu’il avait appartenu à la police de Genève et sur ce qu’il avait dénoncé ses camarades d’exil.
      Lavalette a raconté aux assistants sa conduite pendant la Commune de 1871 ; il a déclaré qu’il avait fait évader Flourens de Mazas et qu’il assistait, le 22 janvier 1871, à l’affaire de l’Hôtel de Ville.
      Cette explication entendue, le groupe a décidé que l’on écrirait à Genève pour obtenir des renseignements et que l’on ne ferait rien pour ou contre Lavalette avant d’avoir reçu une réponse.

    • Extrait de coupure de presse du Citoyen du 12 janvier 1881 :

      La Lettre suivante a été adressée, hier, au rédacteur en chef de l’Electeur :

      Au citoyen Tony Révillon, rédacteur en chef de l’Electeur
      Cher citoyen,
      Votre bonne foi a, certainement, été surprise en insérant, dans votre journal, la note concernant le sieur Lavalette.
      Les citoyens dont les noms suivent, tous proscrits ayant résidé à Genève, sont en mesure d’affirmer que ledit Lavalette était en relation avec la police française de la frontière, et qu’il a rendu des services à la police genevoise, services pour lesquels il a, de son propre aveu, reçu un salaire.
      Nous vous prions, citoyen, d’insérer cette rectification dans votre prochain numéro.
      Salut fraternel.
      Deconvenance, Edouard Petite, Alavoine, Andignoux, Bonnet, Bras, Bozier, Bertrand, Berchtold, Berchtold (Léon), Caille, Cournet, Clermont, Claris, Chardon, Cœurderoy, Fouet, Gaston aîné, Gaston jeune, Granger, Graillat, Gouhier, Josselin, Jacquet (Alexis), Jacquet Ledroit, Lefrançais, Loreau, Ostyn, Olivier (A.), Pain (Olivier), Ost (Emile), Perrare, Piéron, Pégourier, Pitois, Roche, Rochefort (H.), Sax, Suet (Emile), Protot, Guittat, Kufner, Couprie, Franquin.

      L’un des signataires est Jean-Baptiste Chardon, membre de la Commune, exilé à Genève.

    • Document du 10 juin 1881 (PPo BA 1142) :

      L’affaire de Lavalette, le soi-disant agent secret expulsé du convoi de la femme Eudes, prend ses proportions.
      Alavoine a fait un rapport qui atteste que, déjà en 1872, Lavalette était un agent secret sous les ordres du commissaire de police de Hernay [veut-il dire Ferney ?], à la frontière française, près de Genève.
      Il a été surveillé et surpris en conversation avec un agent secret expédié par M. Lombard, le N° « Florent », lequel, saisi par Razoux et d’autres proscrits, a été trouvé nanti de lettres et d’instructions venant de Paris et a fait des aveux complets.
      Ce « Florent » était allé à Genève pour affilier Lavalette à la police.
      Celui-ci était un ancien membre du Comité Central et demeurait à Paris, rue Lesage, derrière le théâtre de Belleville, dans la même maison que Florent.
      Ils étaient amis, et de là l’entrée de Lavalette comme agent secret chargé de surveiller les proscrits de Genève, ses camarades.
      Voilà le rapport d’André Alavoine.
      Vous voyez que Lavalette est complètement « brûlé », s’il est agent.
      [suit un autre sujet]
      N°2

    • Archives de la préfecture de police de Paris (PPo BA 1142) :

      Le nommé Bonnet dit Lavalette Gilbert condamné Contumax (Insurrection de 1871), a été
      chef au 159e bataillon fédéré,
      29 avril 1874 travaux forcés PP [perpétuité]
      Gracié par décret en date du 29 mai 1879

    • Rapport de la 2e brigade de recherche de la police municipale, du 22 juillet 1879 (PPo BA 1142) :

      Le sieur Bonnet, dit Lavalette, réfugié en Genève, récemment amnistié, n’a pas encore paru au domicile de sa femme, rue de Berlin, 39.
      La concierge de cette maison ignore s’il est revenu à Paris.

    • Coupure de presse (PPo BA 1142) :

      Le dimanche 16 février 1873, eut lieu à Genève, dans le local du temple unique où se réunissent toutes les sections de l’Internationale, la présentation sociale et civile de deux nouveaux-nés : les fils des citoyens PERRENOUD et LAVALETTE, ce dernier ancien membre du Comité central après le 18 mars.
      Toutes les dames appartenant à la Section centrale des Travailleurs leur servaient solidairement de marraines ; l’une d’elle a pris la parole pour déclarer que cet acte n’avait d’autre but que d’affirmer lentement la volonté des travailleurs de se séparer de tous les cultes et le désir exprès des parents de s’engager solennellement à élever leurs enfants dans les principes socialistes.
      Un autre orateur a tenu le même langage :
      « Cette cérémonie, a-t-il dit, témoigne de votre désir de marcher dans la voie de la vérité et de sortir des langes de la vieille routine sociale et religieuse pour entrer franchement, sincèrement dans la voie du progrès. »
      Ensuite une jeune fille de le section des travailleuses, prenant les enfants entre ses bras, est venu leur promettre, au nom de toutes ses collègues, assistance et protection.
      On a donné au fils du citoyen Lavalette le nom de Louis-Michel, en l’honneur « de la noble héroïne populaire ».

    • Rapport de la 2e brigade de recherche de la police municipale, du 14 février 1876 (PPo BA 1142) :

      M. Aurélien Scholl, journaliste demeurant rue Taitbout n° 12, déclare que Lavalette est à l’étranger depuis la fin de l’insurrection et que sa famille habite rue de Berlin, 39.
      Mme Lavalette demeure en effet à cette adresse depuis 6 mois avec ses deux enfants. M. Scholl lui porte beaucoup d’intérêt parce qu’elle est la sœur de sa femme.
      La concierge de Mme Lavalette ne peut donner aucun renseignement, en raison de ce qu’il y a peu de temps qu’elle la connaît ; elle sait que Lavalette a servi la Commune comme chirurgien et elle le croit à l’étranger.
      Le concierge, rue de Vintimille, 13, affirme qu’il n’a connu Lavalette et Raoul du Bisson que pendant l’insurrection ; il a entendu dire que ce dernier avait été tué aux barricades ; quant à Lavalette, il était absent de son domicile depuis quelques jours au moment de l’entrée des troupes et il ne l’a pas revu. Peu de jours après la prise du quartier, sa femme a quitté la maison sans payer et sans dire où elle allait.
      La dame Perkins ne demeure plus à cette adresse et n’a pu être consultée.

    • Le 27 août 1876, une note du cabinet du préfet de police de Paris clarifie les erreurs d’homonymes.

      Lavalette, se disant comte, ex-chirugien fédéré et gendre de du Bisson, ex-général insurgé, qui était, en 1872, à St Jamet (Alpes-Maritimes), ayant demeuré à Paris, 13, rue Vintimille (au 4e) chez Mme Perkins.
      Cet individu est connu de M. Aurélien Scholl, journaliste, demeurant, 19, rue des Martyres, à Paris, qui pourrait être utilement consulté.
      Le nommé Lavalette qui fait l’objet de la présente note, ne saurait être confondu avec les dénommés ci-après :
      Lavalette, Gilbert, né à Lucy-Lévy (Allier), le 18 février 1829, gazier, ex-membre du Comité central, ayant demeuré rue Lesage 4-6, condamné par contumace, le 29 avril 1874, par le 3e Conseil de guerre, aux travaux forcés à perpétuité, pour fait insurrectionnels ; et
      Maynard de Lavallette, Tancrède – Pierre – Antoine – Auguste, né le 24 février 1830, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), ingénieur civil, ex-commandant du Palais de l’Industrie et directeur du Parc d’artillerie sous le Commune.
      Cer dernier a fait l’objet d’un rapport (service de M. Brissaud), en date du 17 mai 1876.

      En croire cette note, le Lavalette beau-frère de du Bisson n’est donc pas Charles Lavalette. Ce qui confirme ce qu’il a dit à Genève (rapporté par un informateur de police).

      On note au passage que cet autre Lavalette est dénoncé par son beau-frère, le journaliste Aurélien Scholl :
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Aur%C3%A9lien_Scholl

    • Note du cabinet du préfet du 8 septembre 1876 (PPo BA 1142) :

      Le nommé Lavalette Gilbert, gazier, demeurait pendant le siège des Allemands et la Commune rue Lesage n° 4 et 6. On le croit marié et père d’un enfant. On le sait réfugié en Suisse. Toutes les recherches faites pour le retrouve sont demeurées infructueuses. Pendant la guerre franco-allemande, il était lieutenant à la 1re compagnie du 172e bataillon de la Garde nationale. Sous la Commune, il fut nommé membre du Comité central et chef du 159e bataillon fédéré qui a fait partie du régiment de Belleville. Il en a conservé le commandement depuis le premier jusqu’aux derniers jours de la lutte.
      Le 19 mars, il était à Asnières et demandait des obus à trois ailettes pour les pièces de 24 de Marine. Au mois d’avril, il a combattu à Neuilly et le 20 de ce même mois, il faisait mettre son bataillon à l’ordre du jour. Le 28, l a fait et signé la demande de 80 bombes à pétrole pour brûler le bois de Boulogne. Le 19 mai, il était campé au Trocadéro.
      Le 17 mai vers 9 heures du soir pendant les offices, l’église Notre Dame des Victoires fut envahie par le 159e bataillon, et les fidèles assistants furent brutalement expulsés. L’église fut pillée pendant trois jours et deux prêtres furent arrêtés. Le 19, il fut relevé par les Vengeurs de Flourens.
      Lavalette n’a pas les mains pures de tous ces pillages. Deux témoins lui ont vu un sac contenant 900 francs en plusieurs rouleaux d’or.
      Ci-joint un fac-similé de la signature du nommé Lavalette.
      On ne possède pas d’autres renseignements sur son compte.

    • Note du cabinet du préfet non datée (PPo BA 1142) :

      Lavalette Gilbert, né à Pouzy-Mésangy (Allier), le 15 [?] février 1829, marié, père d’un enfant, fabricant d’appareils à gaz, demeurait [illisible], à Paris, 8 rue Lesage.
      Sergent pendant le siège au 159e bataillon de la Garde nationale, il a été élu sous la Commune commandant du même bataillon. Membre du Comité central et de la Commission de l’habillement et de l’équipement au ministère de la Guerre, il a pris une part des plus actives à l’insurrection : il [illisible] jusqu’à défendre les barricades lors de l’entrée des troupes et s’est réfugié au cimetière du Père Lachaise, où il a lutté avec les derniers fédérés de la Commune. Il s’est vanté d’avoir mis le feu au ministère des Finances. […]

    • Courrier adressée au préfet le 21 mars 1876 (PPo BA 1142) :

      Versailles, le 21 mars 1876
      Monsieur le Préfet,
      La commission des pétitions du sénat a reçu une demande du sieur Gilbert Lavalette expatrié à la suite de l’insurrection de la Commune à laquelle il semble avoir pris part. Il exprime un vif repentir de ses égarements et prétend en plusieurs circonstances s’être opposé aux désordres et avoir spécialement contribué à la remise [?] en liberté du général Chanzy et de plusieurs ecclésiastiques.
      J’ai l’honneur de vous prier, monsieur le préfet de vouloir bien, si c’est possible, nous renseigner sur la situation du sieur Lavalette. […]
      Le président de la commission
      E. Meinadier

      Copie partielle de la lettre de réponse du préfet de police (PPo BA 1142) :

      Paris, le 31 mars 1876
      M. Meinadier, sénateur, président de la commission des pétitions du Sénat,
      […] Toutefois, je crois devoir, M. le président, vous transmettre, ci-joit, copie d’une lettre adressée à mon administration, au sujet du nommé Lavalette, poar M. l’abbé Girament [?], tout en faisant observer que je ne possède aucune information relativement aux faits mentionnés dans la lettre de l’ecclésiastique. […]

      Lettre du vicaire de Saint Augustin (PPo BA 1142) :

      [tampon du cabinet du préfet du 5 octobre 1872]
      Bruyères-le-Châtel
      Seine-et-Oise

      Monsieur le Général,
      J’ai l’honneur de recommander à votre bienveillance, si l’occasion se présentait, M. Lavalette, membre du Comité central à Paris, commandant du 159e bataillon.
      Cet officiel, au péril de sa vie m’a [ ??] liberté. C’est lui également qui a fait libérer le prévôt de Notre Dame. Il aurait d’autant plus de croire à votre indulgence, que délégué à la commission d’habillement, il ne s’est jamais mêlé à la lutte [strictement ??].
      J’ai [ ??] qui peuvent plaider en faveur d’un égaré repentant.
      Agréez, mon Général, l’expression de mes sentiments distingués.
      Abbé Girament
      Vicaire à Saint Augustin
      Aumônier militaire

    • Rapport du service des garnis de la police municipal du 13 juillet 1875 (PPo BA 1142) :

      J’ai l’honneur d’informer que la femme du réfugié à Genève, Gilbert Lavalette, qui est signalée par la note ci-jointe, comme ayant dû venir à Paris depuis le 17 juin dernier, n’a pas encore été découverte malgré la surveillance qui a été exercée dans les garnis et les hôtels garnis.
      Mon correspondant à Genève m’a écrit à la date du 27 juin que la femme Lavalette avait été vue par lui à Plainpalais et n’avait pas quitté la Suisse.
      Je continue néanmoins à tenir son nom et son signalement en observation.

    • Courrier du ministère de l’Intérieur du 21 juillet 1874 (PPo BA 1142) :

      Monsieur le préfet, le nommé Lavalette a été condamné le 19 avril 1874 par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour faits insurrectionnels par le 3e Conseil de guerre.
      Je vous prie de faire rechercher cet individu, qui devra, dans le cas où il serait découvert, être dirigé sur la Préfecture de Police.
      Vous voudree bien, en toute hypothèse, faire faire sur ses antécédents et sur les relations qu’il pourrait avoir conservées dans votre département, ainsi que sur sa résidence présumée s’il n’était pas trouvé à son domicile d’origine, une enquête dont vous me communiquerez les résultats.
      Le Ministre de l’Intérieur,
      Pour le Ministre,
      Et pour le Préfet de Police,
      Chargé de la Direction Générale de la Sûreté publique,
      Le chef du 1er bureau

    • Rapport de la 2 brigade de recherche de la préfecture de police, daté du 27 janvier 1874 (PPo BA 1142) :

      […] Sous l’Empire, il se montrait hostile au gouvernement.
      Pendant le siège, il a été sergent, au 159e bataillon de la Garde nationale.
      Il a fréquenté les réunions publiques ; il y a pris souvent la parole et y a manifesté des opinions exaltées et révolutionnaires.
      Sous la Commune, il a été nommé commandant de son bataillon et membre du Comité central.
      Il a assisté à plusieurs sorties, notamment à Neuilly et à Issy.
      Il a été préposé au matériel militaire trouvé le 18 mars au palais de l’industrie.
      A l’arrivée des troupes, il s’est replié à l’intérieur de Paris. Dans les premiers jours, il a présidé à l’installation des batteries des insurgés au Père Lachaise et il en a dirigé le tir.
      On n’a pu savoir s’il a participé au pillage de l’église Notre-Dame-des-Victoires.
      Voici les renseignements donnés au sujet de ce pillage par le sieur Julien, sacristain de cette église :
      Le 17 mai, vers 4 heures du soir, un bataillon de gardes nationaux est venu cerner l’église, un certain nombre de ces gardes ont fait sortir tout le monde sous prétexte de faire une perquisition et de s’assurer si l’église ne contenait pas des armes et des munitions.
      Avant de procéder à cette perquisition, ils enfermèrent dans une salle MM. Roche, Ducouroy et Amodru, les seuls ecclésiastiques alors présents dans l’église, afin qu’ils ne vissent rien de ce qu’ils voulaient faire.
      N’ayant trouvé dans leur perquisition ni armes ni munitions, ils firent main-basse sur plusieurs objets de valeur, notamment sur :
      1° six couronnes de la statue de la vierge ;
      2° un grand ostensoir ;
      3° dix calices ;
      4° quatre cilaires :
      5° de la lingerie et autres objets.
      Le sieur Julien croit avoir entendu prononcer le nom de Lavalette, mais il ne connaît pas l’individu qu’on désignait sous ce nom et il ne peut affirmer s’il assistait au pillage.
      […]

    • Rapport du service des garnis, daté du 17 septembre 1873 « au sujet du nommé Lavalette Gilbert » (PPo BA 1142) :

      J’ai l’honneur de rendre compte que le nommé Lavalette, Gilbert, qui fait le sujet de la note ci-jointe, n’a pu être découvert à Paris.
      En quittant le n° 8 de la rue Lesage où il demeurait avec la nommée Anna Moulin, sa concubine, il se serait rendu en Suisse avec elle et, depuis cette époque, on ne l’a plus revu.
      Il demeure maintenant Chemin du Vieux Billard, à Genève.
      […]

    • Note de la préfecture de police 19 février 1873 (PPo BA 1142) :

      Versailles, 19 février 1873
      Par lettre en date du 19 février 1873, et classée au dossier 38.539, la justice militaire a adressé au cabinet la liste des délégués des compagnies de la Garde nationale fédérée qui ont adhéré au Comité central.
      Sur cette liste figure le nommé Lavalette, orateur de réunions publiques du château d’eau.

    • Lavalette indique qu’il a participé à faire évader Flourens de Mazas :
      http://seenthis.net/messages/56193#message57716

      Gustave Flourens fut élu à la Commune par le 19e arrondissement, nommé général et chargé de la défense du Paris révolutionnaire. Il habitait 397, rue de Puebla dans le XIXe arrondissement (actuelles rues Simon Bolivar et des Pyrénées, probablement près du métro Pyrénées). Il fut tué par les soldats versaillais avril 1871.

      Le Maitron indique :

      « Durant le Siège, les cinq bataillons de Belleville l’élirent pour chef, et le commandement lui décerna le titre sonore et très honorifique de « major des remparts ». […] Flourens, à la tête de ses gardes nationaux, occupa l’Hôtel de Ville [le 31 octobre 1870] et se vit confier la garde des membres de la Défense nationale faits prisonniers ; son nom figurait sur la liste proposée au suffrage populaire. Mais le gouvernement, redevenu maître de la situation au prix d’« une véritable duperie », engagea des poursuites ; Flourens, arrêté sur les ordres de Clément Thomas pour avoir repris le grade qui lui avait été retiré, fut jeté à Mazas le 7 décembre 1870 ; son ami Cipriani réussit à organiser un « commando » et à l’enlever (nuit du 20 au 21 janvier), mais Flourens échoua dans sa tentative de soulever Belleville et dut se cacher tandis que le 3e conseil de guerre le condamnait à la peine de mort par contumace (11 mars). Il ne prit donc aucune part au 18 mars. Le 25 mars, Ranvier l’appela aux fonctions d’adjoint à la mairie du XXe arr., qui lui avaient été confiées à l’automne ; le lendemain, grâce à sa grande popularité, il fut élu à la Commune par le XIXe arrondissement (4 100 voix sur 11 282 votants) et le XXe (14 089 voix sur 16 792 votants) ; il choisit de représenter celui-ci. »

      Il aurait été chef de Bataillon au 174e :
      http://gw0.geneanet.org/bourelly?lang=fr;p=gustave;n=flourens

    • Note du cabinet du préfet de police de Paris, daté d’août 1872 (PPo BA 1142) :
      « Au moment de l’entrée des troupes, il quitte son domicile, en tenue de commandant ; depuis il n’y a point reparu. »

    • Rapport du service des garnis, daté 4 août 1872 (PPo BA 1142) :

      En retournant la note ci-jointe, j’ai l’honneur d’informer que lors de l’entrée des troupes, un obus étant tombé au domicile du nommé Lavalette, Gilbert, rue Lesage, n°8, dont il était absent depuis quelques jours, son propriétaire, le sieur Bourret, alla trouver M. Gitznet, commissaire de police du quartier quand ce magistrat revint prendre possession de ses bureaux, afin de le prévenir de cet accident et l’engagea en même temps, s’il le jugeait utile, d’opérer une perquisition dans le e local où il été arrivé.
      M. Gitzner, mettant à profit cet avis, se rendit chez le nommé Lavalette, Gilbert, et dressa l’inventaire des meubles et des effets qu’il y trouva.
      Il n’effectua aucune saisie et n’apposa aucun scellé.
      Cette formalité n’a été remplie depuis cette époque par aucune autorité.

    • Note du 1er bureau du cabinet du préfet de police de (PPo BA 1142) :

      Versailles, le 10 novembre 1871
      Extrait d’une lettre du ministre de l’intérieur, classée au dossier 56498 (Lucotte)
      Je crois devoir vous transmettre d’urgence copie d’un rapport du commissaire spécial de police de Ferney, signalant sous toutes réserves les projets de départ pour Rouen d’un Français réfugié à Genève, le nommé Bonnet qui, d’après les confidences faites au commissaire spécial par un nommé Jacquinot pourrait avoir l’intention d’attenter à la vie de M. le Président de la République.
      Signalement :
      Bonnet dit Lavalette, général des barricades, gazier, 26 à 40 ans, 1 m 70, cheveux bruns, ne porte que la moustache blonde.

    • Extrait d’un rapport de Genève (Ludovic) du 7 mai 1874 (PPo BA 1142) :

      Lavalette a failli être brûlé vif ; son état est presque désespéré. On organise une sousription en sa faveur, mais les proscrits refusent de souscrire parce qu’on l’accuse d’avoir rendu des services à la police genevoise. S’il succombe, il laissera dans le besoin une femme et deux enfants.

      Rapport de Genève du 14 avril 1874 (PPo BA 1142) :

      L’affaire Lavalette s’est terminée sans autre bataille. Chardon n’a pas voulu que l’on poursuive l’affaire, disant que cela ferait du tort à la proscription, que l’on trouverait le moyen de se débarrasser de lui d’une autre manière.
      Lavalette a été arrêté pour avoir touché une facture à Guittat et avoir gardé l’argent par devers lui, il parait que la police l’aurait relâché, d’où les commentaires diraient qu’il sert la police genevoise avec le gouvernement de Versailles. On disait même qu’un certain monsieur de passage à Genève aurait déposé un cautionnement pour lui chez le commissaire de police de Ferney.

      Extrait d’un rapport de Genève (Ludovic) du 11 avril1874 (PPo BA 1142) :

      Le sieur Lavalette doit être arrêté en ce moment pour faux en écriture. Voici comment. Lavalette travaillait avec le sieur Guittat, à la pose du gaz du cirque de Plaimpalais. Ce dernier s’étant présenté à cet établissement pour recevoir le montant de son travail, qui s’élevait à 18 francs, il lui fut présenté un reçu signé Guittat, au moyen duquel Lavalette avait encaissé la dite somme à son profit et cela sans autorisation.

    • Extrait d’un rapport de Genève du 2 octobre 1873 (PPo BA 1142) :

      Lavalette faisait partie du groupe de propagande et d’action révolutionnaire créé en 1871 et qui s’est dissous en septembre 1872 à la suite du Congrès de La Haye, pour se réunir aux internationaux fédéralistes ou Jurassiens de Bakounine.

    • Paris-Journal , 25 octobre 1872 (PPo BA 1142) :

      On annonce la mort, en Suisse, du citoyen Lavalette, ex-membre du fameux Comité central. Lavalette s’était montré opposé aux violences et aux actes arbitraires ; sa conduite avait relativement été empreinte d’une certaine modération.
      C’est lui qui, au mois d’avril, avait empêché les pillards des églises d’emporter le trésor de Notre-Dame.

    • Extrait d’un rapport LX (PM) de Genève du 15 août 1872 (PPo BA 1142) :

      Lavalette a convoqué par affiches pour le mercredi soir les actionnaires de la Marmite sans consulter les membres de la commission de surveillance dont le rapport n’était pas terminé.
      Il a demandé que la Marmite passe aux mains des souscripteurs et qu’elle n’appartienne plus à la section jurassienne.
      Il a proposé que l’assemblée nomme 4 membres sur 9 de l’administration de la Marmite.

      Extrait d’un rapport (LX) de Genève du 12 août 1872 (PPo BA 1142) :

      Les sections de l’association Internationale réunies au Temple unique, ont décidé que le Cercle du Temple serait désormais sous la dépendance des Français.
      Il va donc être dirigé par Lavalette, Andignoux, Babick, Ostyn et Nostag.

    • Note de Genève du 24 juillet 1872 (PPo BA 1142) :

      Lavalette est un des fondateurs du Comité central et a eu une grande influence sur lui, comme il a encore aujourd’hui dans toutes les corporation genevoises.
      C’est lui qui a fait piller et incendier Asnière avec 1500 hommes qu’il avait sous ses ordres.
      Il a combattu à Clichy, à la barrière Rochechouart, s’est ensuite retiré à la place de Belleville ; c’est lui qui a soutenu le choc et par lui que le combat a été aussi sanglait ; il s’est ensuite dirigé sur la mairie du 11e arrondissement, où il a réuni 200 hommes environ de tous les bataillons, avec lesquels il s’est dirigé sur le Père Lachaise. Ce n’est que quand il a eu fait tuer et massacrer tous ses hommes qu’il s’est rendu.
      En me parlant des otages, il me disait : « quand j’ai vu que nous étions cernés, les Versaillais avaient passé le pont d’Austerlitz et couvraient les hauteurs de Belleville, je suis descendu à la mairie du XIe trouver ce pauvre Ferré ; je lui dis : nous sommes perdus, il faut en finir avec les otages ; je le trouvais endormi ce pauvre ami ; il me répondait ils dorment, je te répète que nous sommes perdus qu’il faut en finir, il me répondit ce pauvre ami : imbécile, je te dis qu’ils dorment pour toujours. » Il m’a dit avoir fait fusiller des gardes nationaux qui ne voulaient pas marcher.
      Je suis [illisible] cet homme parle avec convictions est un triste sujet qui se rappellera toujours qu’il a été casser des cailloux en Afrique en 1851 et ensuite à Lambessa [?].

    • Quelques informations sur le complot de bombes impliquant Blampignon et Lavalette :

      A la suite d’un imaginaire et rocambolesque complot, à Genève, au printemps 1873, sur lequel enquêta la police locale, ils purent établir que deux des prétendus participants, Blampignon et Lavalette, avaient été des informateurs du commissaire spécial de Ferney, à la frontière, et avaient joué le rôle de provocateurs. Il est probable que les allées et venues à Genève du policier français pour garder le contact avec ses agents auront attiré l’attention*.

      * Archives fédérales, Berne, Réfugiés, carton 53. APP, BA 431, pp. 645-647, 649-650, 657-658, 736, 852, entre autres.

      Article de Marc Vuilleumier, in La Commune de 1871 : L’événement, les hommes et la mémoire, Actes du colloque organisé à Précieux et à Montbrison les 15 et 16 mars 2003 de Claude Latta, Michelle Perrot, Jacques Rougerie et Pierre Lévêque, Publ.de St-Etienne, mai 2004. (pp. 274 et suivantes.)
      Extraits disponibles sur Google Books :http://books.google.fr/books?id=mdYaMQ1S3kQC&pg=PA274&lpg=PA274&dq=Josselin+commune+1871&sourc

    • Notice du "Maitron" sur Blampignon :

      BLAMPIGNON Louis, Léon

      Né le 13 juin 1851 à Méry-sur-Seine (Aube) ; célibataire ; journalier à Paris ; « membre de l’Internationale ». Blampignon ne se livrait, paraît-il, « à aucun travail » et « ne vivait que des secours qu’il recevait des chefs de cette association » — affirmation dénuée de fondement quand on sait combien pauvres furent les moyens financiers de l’Internationale.
      Durant la Commune, Blampignon occupa les fonctions de receveur des postes au bureau de la Villette. Le 3e (ou 9e ?) conseil de guerre le condamna par contumace, le 24 décembre 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Réfugié en Suisse, en Belgique, en Russie, en Allemagne, il se serait fait expulser de ces différents pays. Rentré en France par l’Espagne, il fut arrêté, le 10 juillet 1874, par les gendarmes du Perthus, et condamné, le 26 août suivant, par le 3e conseil de guerre, à cinq ans de prison. Il n’avait encouru auparavant aucune condamnation.
      Il écrivit, le 31 janvier 1877, au président de la République, qu’« à l’époque où il s’est laissé entraîner dans les rangs de la Commune, il était alors sans expérience du monde et encore moins de la politique ». Le mois suivant, le directeur de la maison centrale de Landerneau où il était enfermé assurait qu’il avait « dans plusieurs circonstances rendu de véritables services à l’administration en lui donnant d’utiles indications sur les sourdes menées des révoltés. » Quatre années plus tôt, alors qu’il séjournait en Suisse, Blampignon rendait déjà semblables services. Agent du commissaire spécial de Ferney, il dévoila un prétendu complot contre la vie de Thiers, complot dans lequel il semble avoir joué lui-même le rôle de provocateur. Cela lui valut d’être expulsé de Genève en compagnie de ceux qu’il avait cherché à impliquer dans cette affaire.
      Blampignon bénéficia de deux remises de peine de six mois (18 avril 1876 et 30 avril 1877), et de la remise du reste le 7 mai 1878.

      SOURCES : Arch. Nat., BB 24/809, n° 6907. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil (n° 1842). — Arch. PPo., listes de contumaces. — Arch. fédérales Berne, Flüchtlinge, carton 53.

      A noter que le commissaire de Ferney indique en octobre ou novembre 1871 que Lavalette projetait « d’attenter à la vie de M. le Président de la République ».
      http://seenthis.net/messages/56193#message57988

    • Nomination officiel de Lavalette à la commission « Habillement, équipement, harnachement, campement » du ministère de la guerre, le 19 mai 1871 (quelques jours avant le Semaine sanglante) :

      Vendredi, 19 mai 1871
      [...]
      La commission de la guerre invite les chefs d’état-major à n’accepter aucun officier d’état-major et à ne délivrer aucune commission même provisoire.
      La commission d’état-major du Comité central étant seule chargée d’admettre et de commissionner tous ces officiers avec le visa de la commission de la guerre, les chefs d’état-major devront s’adresser à cette commission toutes les fois qu’ils auront des vacances.
      Toutes les commissions antérieures devront être renouvelées sous peine de nullité. La commission d’état-major est composée des citoyens Soudry et Hanser, membres du Comité central, et siège tous les jours, rue Dominique, 86 (ministère de la guerre).

      La commission de la guerre,
      membres de la Commune,
      A. LONCLAS, JULES BERGERET, URBAIN,
      GÉRESME, COURNET, LEDROIT.
      ______________
      [...]
      Administration de la guerre

      Voici les noms des membres qui composent les commissions de l’administration de la guerre :
      [...]
      Habillement, équipement, harnachement, campement. — Lavalette, Château, Valatz, Patris, Fourgeret.
      [...]
      Le délégué civil à la guerre,
      P. O. Le chef d’état-major,
      P. HENRY.

      Un certain nombre de décisions publiées au Journal officiel sont cosignées par Lavalette jusqu’au 9 avril. Entre autres :

      Paris, le 30 mars 1871.
      En attendant la loi sur la réorganisation de la garde nationale, et vu l’urgence,
      Le Comité central arrête :
      Tous les bataillons de la garde nationale de Paris procéderont vendredi prochain aux élections nécessaires pour compléter leurs cadres.
      Il sera également procédé, dans les compagnies qui ne l’ont pas encore fait, à l’élection des délégués de la Fédération républicaine de la garde nationale.
      Les procès-verbaux de ces élections, ainsi que les états nominatifs des cadres de tous les bataillons devront être parvenus au Comité central samedi prochain au plus tard.
      Le Comité central rappelle aux gardes nationaux qu’ils ont le droit de révoquer leurs chefs dès qu’ils ont perdu la confiance de ceux qui les ont nommés.
      Paris, le 29 mars 1871.
      Les membres du Comité central.
      PRUDHOMME, LAVALETTE, ED. MOREAU, FOUGERET, BAROUD.

      Fac-similé du Journal officiel de Commune :
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1063828/f619

      Versions texte (doc, pdf, rtf) :
      http://classiques.uqac.ca/classiques/commune_de_paris/Journal_officiel_Commune_de_Paris/Journal_officiel_Commune_de_Paris_tdm.html

    • Quel est le prénom de Lavalette ?

      La réponse est sur sa tombe.

      Il a été enterré au cimetière de Bagneux : division 12, ligne 3, tombe 16. Cette concession à perpétuité de 1905 est au nom de Louise Philippon (qui n’est pas enterrée dans ce cimetière).

      Six personnes sont dans cette tombe, dont :
      – Gilbert Lavalette (1905)
      – Anna Lavalette, née Anna Germillon (1909)
      – Louis Lavalette (1948)

      Salut et fraternité Gilbert !

    • Les deux autres Lavalette communards signalés par le Maitron :

      MAYNARD de LAVALETTE (marquis de) Tancrède, Pierre, Antoine, Auguste

      Né le 24 février 1830 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; ingénieur civil ; commandant d’artillerie sous la Commune et directeur militaire au Palais de l’Industrie. Condamné par contumace — il s’était réfugié à Nivelles (Belgique) — le 18 septembre 1872, par le 5e conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée. De Belgique, il passa en Hollande puis revint en Belgique en avril 1874 et se fixa à Braine-le-Comte. Il fut amnistié en 1879. Le rapporteur, en 1872, s’étonnait de le trouver mêlé à l’insurrection.

      SOURCES : Arch. Nat., BB 24/793. — Arch. Min. Guerre, 5e conseil. — Arch. PPo., listes de contumaces. — Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté n° 264 001 (en 1880). — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971.

      LAVALETTE Justin

      Charpentier ; canonnier dynamiteur sous la Commune. Se réfugia-t-il en Angleterre ?

      SOURCE : Arch. PPo., B a/368.

      LAVALETTE Charles, Hippolyte (ailleurs Gilbert), surnommé Bonnet

      [notice déjà citée]

    • Le docteur qui a permis à Lavalette de fuir Paris raconte cette évasion épique :
      Les vacances d’un médecin, 10e série, par Eugène Guibout, Paris, G. Masson, 1892, pages 107-117.
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1073425

      (Image : le portrait du médecin Eugène Guibout)

      LE SIÈGE, LA COMMUXE, LE CITOYEN LAYALETTE
      […]
      Dans ce même mois de mars, et dans les deux mois suivants, aux calamités du siège s’ajoutèrent les abominations de la Commune.
      La profanation des églises ; la violation des domiciles ; le pillage des maisons ; l’enlèvement, l’emprisonnement et le massacre des otages ; le renversement de la colonne Vendôme ; les incendies des Tuileries, de la Bibliothèque du Louvre, du Palais de Justice, du Ministère des finances, de la Cour des comptes, de l’Hôtel de Ville, etc., etc.
      Un matin, j’apprends, à la Madeleine, que pendant la nuit, M. le curé Deguerry avait été pris et transféré à la Roquette et qu’il allait en être de même du curé de Notre-Dame-des-Victoires. Je cours en toute hâte à notre paroisse. Notre vénérable curé, l’abbé Chanal, dont j’étais le médecin, était paisiblement à son confessionnal ; je le fais sortir au plus vite, et je lui déclare qu’il faut partir immédiatement, et se mettre en sûreté.
      Par une heureuse coïncidence, M. Rolland-Gosselin, agent de change, était, en ce moment, à la sacristie ; il offre à M. le curé de l’emmener, de le cacher dans sa maison, et tous les deux, à l’instant même, partent en voiture. C’est ainsi que notre bon curé échappa au sort de l’archevêque de Paris, de M. Deguerry, curé de la Madeleine, de M. Bonjean, sénateur, premier président de la cour de cassation, et de tant d’autres. Dans la crainte du pillage de notre église, je fis enlever, et transporter en lieu sûr, les grands chandeliers de bronze doré du maître-autel toutes les dentelles furent cachées sur le faîte de ma bibliothèque tous les beaux ornements en drap d’or, chapes, chasubles, furent soigneusement dissimulés entre les matelas de mon grand lit, inoccupé depuis plus de huit mois. Mes craintes, hélas ! n’étaient que trop fondées. Le mercredi, 17 mai, veille de l’Ascension, dans l’après-midi, j’assistai à l’envahissement de l’église, par une horde de Communards, appelés les Vengeurs de Flourens. L’abbé Delacroix, vicaire de la paroisse, en habits civils, chapeau mou et veston, place sur sa poitrine les saintes hosties consacrées ; à la faveur de ce déguisement, il peut sortir de l’église sans être reconnu je l’accompagne à Saint-Roch, où le précieux trésor est remis entre les mains du vénérable curé, M. Millaut.
      Je retourne seul à Notre-Dame-des-Victoires, encombrée des soldats de la Commune ; j’y trouve M. de Benque, fabricien, comme moi, mon très honorable et très dévoué collègue ainsi que M. Pickaërt, le maître de chapelle. Nous allons droit au chef de la bande, le citoyen Lemoussu, qui, pour toute réponse, nous fait appréhender, fouiller, et conduire sous bonne escorte, comme trois malfaiteurs, en lieu sûr, c’est-à-dire à la sacristie. M. de Benque et M. Pickaërt sont mis en liberté, et moi, retenu prisonnier, enfermé dans la sacristie, avec l’abbé Ducauroy, vicaire de la paroisse, et gardés l’un et l’autre à vue par une douzaine d’hommes armés de sabres et de fusils.
      C’est ainsi que nous passâmes la nuit, pendant que tout autour de nous avaient lieu les scènes les plus odieuses. Les tabernacles étaient brisés, arrachés, mis en pièces, et les autels souillés par les plus ignobles ordures. On enfonçait les portes de toutes les armoires, sous prétexte de chercher des armes ; nous entendions les chants les plus obscènes ; hommes et femmes, dans les poses les plus éhontées, endossaient les vêtements et ornements sacerdotaux, et se livraient ainsi à tous les plus scandaleux ébats les couronnes d’or, données par le pape, furent découvertes et volées, ainsi que des vases et des objets précieux, qui étaient d’abord apportés devant nous, entassés, jetés pêle-mêle, et ensuite enlevés.
      Le lendemain, 18 mai, jour de l’Ascension, vers six heures du matin, deux nouveaux prisonniers nous furent adjoints, c’étaient l’abbé Giraudet, vicaire à Saint-Augustin, et M. Hochsteter, maître de chapelle, venus à la nouvelle de l’envahissement de l’église, arrêtés, et coffrés !, comme je l’avais été.
      Dans la matinée, le citoyen, maire de l’arrondissement pour la Commune, entra solennellement, escorté de quelques agents, et, du ton le plus rogue, le plus menaçant et le plus furibond, prononça ces inoubliables paroles : Saint Laurent est dépassé ; quinze femmes enterrées vivantes, dont quelques-unes encore saignantes, viennent d’être retrouvées dans un caveau de l’église. - Faites-les-moi voir, lui dis-je, j’e suis médecin, je désire constater le fait. – Taisez-vous et asseyez-vous, vous êtes maintenu en arrestation, fut sa réponse, et il disparut. J’appris que, par ordre du citoyen Ferré, membre de la Commune, nous devions être fusillés, dans la cour de la mairie.
      Voilà le drame ; voici maintenant le providentiel, j’allais presque dire, le miraculeux.
      Notre journée se passa dans les plus tristes appréhensions assis à côté de l’abbé Ducauroix, je le priai d’entendre ma confession.
      Vers six heures du soir, un mouvement inaccoutumé se produisit la porte de la sacristie s’ouvrit, et nous vîmes paraître, suivi d’une nombreuse escorte, le citoyen Lavalette, membre de la Commune et du Comité central, et commandant supérieur des Vengeurs de Flourens. Il s’arrête en face de moi, me regarde fixement, et me dit Que faites-vous là ? Sortez ; j’ai à vous parler. II me tire à part, et me glisse dans l’oreille ces simples mots Je vais vous sauver, mais vous me sauvez aussi ! Sans attendre ma réponse, il me conduit à la porte de l’église, et dit aux factionnaires Laissez sortir le citoyen.
      J’étais libre !... je cours à la maison, consternée à mon sujet ; la nourrice de mon fils, devenue ma bonne, était en larmes ; la veille, elle s’était courageusement exposée et dévouée, pour m’apporter quelques aliments à la sacristie on me croyait fusillé. L’armée de Versailles était maintenant l’armée assiégeante ; l’ennemi, c’était la Commune, maitresse de la ville, mais serrée de près, et vigoureusement attaquée par les Versaillais. Toutes les entrées et sorties de la ville étaient fermées, excepté la gare du Nord, au pouvoir des Prussiens, établis à. Saint-Denis ; encore fallait-il, même par cette gare, un sauf-conduit, une permission spéciale.
      A peine étais-je depuis quelques minutes dans mon appartement, que se présente un individu, inconnu, dont je n’ai jamais su le nom, et que je n’ai jamais revu depuis. Hâtez-vous, me dit-il, de partir ; vous allez être repris ; une visite domiciliaire va se faire ici ; venez avec moi ; ne perdez pas de temps, je vais vous donnez un sauf-conduit pour sortir de Paris.
      Je charge la pauvre nourrice, dont je ne saurais trop louer le courage et le dévouement, de veiller à tout, de porter mes valeurs chez mon ami Piogey, et je pars avec l’inconnu, qui me mène dans un petit café de la rue du Mail ; là on me donne, moyennant soixante-quinze francs, un billet de chemin de fer, et un sauf-conduit de Paris à Saint-Denis ; l’inconnu m’accompagne à la gare du Nord, présente lui-même au visa mon sauf-conduit et mon billet. Je tout bien en règle, et je monte en chemin de fer !
      Saint-Denis était encombré de Prussiens je me mets en quête d’une voiture, et, pendant la nuit, en traversant le bois de Vincennes, Joinville-le-Pont, Villeneuve-Saint-Georges, je gagne péniblement Choisy-le-Roi, d’où je file, en chemin de fer, sur Bordeaux j’y arrive le samedi (20 mai), à dix heures du soir.
      Après une si longue séparation, et de telles angoisses, quel inexprimable bonheur de retrouver ma bien-aimée femme, qui n’avait cessé de me donner les plus touchants témoignages de son affection, de la revoir, avec notre petit Alexandre, et entourée de sa mère, de ses deux frères Amédée et Charles, revenu depuis peu, de sa captivité à Kœnigsberg !
      Je passai quatre jours à Bordeaux ; une de ces journées fut consacrée à descendre le neuve jusque Royan.
      D’épouvantables nouvelles arrivèrent de Paris d’horribles incendies dévoraient les monuments et les maisons !
      Notre ami Jules Piogey, qui était alors à Saint-Cloud, nous raconta plus tard avec quel désespoir et quel affreux serrement de cœur il contemplait, des hauteurs de Montretout, ces gigantesques incendies, ces immenses gerbes de flammes, entremêlés des plus sinistres, des plus violentes explosions, et brûlant dans une si grande étendue, qu’il lui semblait que Paris tout entier n’était plus qu’une fournaise ardente détruisant tout, et dont il ne devait plus rien rester.
      C’était le dernier acte, l’agonie de la sauvagerie, le dernier râlement de la Commune expirante.
      Partis de Bordeaux, le jeudi 25, nous traversâmes, le vendredi, la partie nue et aride du département de la Creuse, et le samedi 27, nous étions à Troyes, où les plus désolantes nouvelles de Paris nous furent confirmées.
      Le lendemain, 28 mai, jour de la Pentecôte, nous assistâmes, dans notre belle cathédrale, aux offices célébrés pontificalement par l’évêque, Mgr Ravinet. Le milieu du chœur était occupé par le général prussien qui commandait la ville, et par tout son état-major, en grande tenue.
      Aussitôt que nous eûmes la possibilité de rentrer à Paris, nous partîmes.
      Dans quel état de désolation était la malheureuse ville ! et dans quel état notre appartement !
      Les Communards avaient établi une batterie sur les hauteurs du Père-Lachaise, et, de là, ils bombardaient la ville, quand les Versaillais s’en furent rendus maîtres.
      Or un de leurs obus avait perforé le mur de notre chambre à coucher ; il y avait fait une large trouée, par laquelle il était entré, couvrant le parquet d’énormes pierres brisées, au milieu desquelles nous ramassâmes le culot de l’obus éclaté.
      Le lendemain matin, je trouve l’hôpital Saint-Louis occupé militairement par les Versaillais ; ils gardaient à vue les soldats de la Commune blessés et très nombreux dans les salles.
      Mon interne, M. Poupon, m’apprit tout de suite avec émotion, qu’une heure avant l’arrivée des Versaillais, un chef de la Commune s’était présenté à lui, en disant J’ai sauvé votre maître, sauvez-moi ; les Versaillais sont là, je suis perdu !
      « Alors, me raconte ce brave jeune homme, j’ai fait entrer cet homme dans ma chambre, il s’est déshabillé, j’ai déchiré tous ses vêtements, que j’ai jetés dans la fosse d’aisance ; je l’ai revêtu d’une capote de l’hôpital, coiffé d’un bonnet de coton, je lui ai signé un billet d’admission comme fiévreux, et je l’ai conduit dans la salle Saint-Charles, où il est couché ; mais je tremble pour lui, car il est entouré de Communards ; les Versaillais montent la garde à toutes les portes et dans l’intérieur même de la salle, il y a plusieurs factionnaires. »
      Je fais ma visite, suivi de mon personnel ; arrivé au lit de mon sauveur, je reste impassible Allez, lui dis-je, m’attendre dans mon cabinet.
      Là, il me conjure de le sauver, comme il m’a sauvé, comme il a sauvé l’abbé Giraudet, actuellement au presbytère de Saint-Augustin. C’est chez vous, me dit-il, où j’étais allé en votre absence, qu’on m’a envoyé ici ; sans vous, je suis pris et fusillé !
      Je rassure ce malheureux je lui serre affectueusement les mains. Ayez confiance, lui dis-je, Je vous dois la vie ; vous me devrez la vôtre ; Je tiens à payer mes dette !...
      Je cours chez l’abbé Giraudet, qui me fit le récit suivant :
      « Dès que vous fûtes sorti de la sacristie, me dit-il, Lavalette y rentra et me donna l’ordre de le suivre, une voiture était à la porte de l’église, j’y montai avec M. Hochsteter.
      « Je mène le curé au Palais de Justice et à la Roquette, dit, à très haute voix, Lavalette, en s’adressant à tous ses hommes, qui encombraient la place ; et nous partîmes, lui sur le siège à côté du cocher. Quand nous Fûmes sur le Pont-Neuf, il fit arrêter la voiture, descendit, et me dit « Où demeurez-vous ? - Au presbytère de Saint-Augustin. - Cocher, au presbytère de Saint-Augustin ! »... et il disparut !...
      Sauver Lavalette était un devoir et un bonheur pour l’abbé Giraudet et pour moi il fallait d’abord le faire sortir, au plus tôt, de l’hôpital, où il risquait, à chaque instant, d’être découvert mais là était la difficulté l’hôpital était gardé militairement, et soumis à la plus rigoureuse surveillance.
      « Je me charge de la sortie, dis-je à l’abbé, mais, une fois hors de l’hôpital, où et comment le cacher ? C’est mon affaire, répond l’abbé, je l’amène au presbytère. Très bien, mon cher abbé ; alors, demain, à dix heures, soyez en voiture à la porte de l’hôpital, et je vous livre notre homme. »
      Le lendemain matin, à l’hôpital, je fais venir Lavalette dans mon cabinet ; il y revêt un habillement complet, il échange son bonnet de coton contre un chapeau à haute forme ; ainsi travesti, il a l’air, la gravité, la prestance d’un médecin, d’un de ces médecins qui, tous les jours, à l’heure des visites médicales, fréquentent les hôpitaux.
      Sous ce déguisement doctoral, personne ne pouvait reconnaître le membre de la Commune, le commandant supérieur des Vengeurs de Flourens, l’envahisseur de Notre-Dame-des-Victoires. Je lui prends le bras, mes deux Internes en médecine et en pharmacie nous suivent. En passant devant les factionnaires et les postes versaillais, j’affecte de l’appeler mon cher confrère ; enfin la porte de l’hôpital est franchie… La voiture de l’abbé Giraudet stationne dans la rue, et, fouette cocher !
      Lavalette resta deux ou trois jours au presbytère de Saint-Augustin, enfermé, invisible, dans un cabinet dépendant de l’appartement de l’abbé Giraudet, où je l’allai voir ; mais il était évident qu’il ne pouvait pas y faire un long séjour, il courait le risque d’y être découvert, le moindre indice pouvait mettre sur ses traces la police, qui le recherchait activement ; il était urgent qu’il quittât Paris et la France.
      L’abbé Giraudet connaissait l’évoque de Belley, petite ville du département de l’Ain, limitrophe de la Suisse. Il lui écrivit la lettre suivante
      « Monseigneur, vous recevrez, peu d’heures après cette lettre, sous l’accoutrement d’un valet de chambre, du nom de Pierre, le citoyen Lavalette, un des membres les plus importants et les plus compromis de la Commune : il m’a sauvé la vie ; je vous l’adresse, en toute confiance, persuadé que vous le sauverez à votre tour, en lui faisant passer la frontière. »
      Lavalette fut revêtu d’une de ces longues redingotes à boutons de cuivre, appelées balayeuses, spéciales aux domestiques et aux cochers l’abbé Giraudet le conduisit, lui-même, à la gare de Lyon, occupée militairement il ne le quitta que monté en wagon, en lui disant à très haute voix et avec affectation « Adieu, mon brave Pierre, présentez bien mes respects à Monseigneur, j’espère qu’il sera content de vous. »
      Lavalette était sorti de l’hôpital Saint-Louis, déguisé en médecin il allait sortir de Paris et de la France, travesti en valet de chambre.
      Quand il arriva à Belley, l’évêque lui ouvrit les bras, en lui disant Embrassez-moi, mon frère. Il le fit déjeuner, et partir ensuite, dans sa voiture, accompagné de son grand vicaire, qui ne le quitta qu’au delà de la frontière, sur la terre de Suisse, en parfaite sûreté, hors de toute atteinte. L’évêque de Belley était Mgr Richard, aujourd’hui cardinal, archevêque de Paris !...
      La France avait été abattue par le nombre de ses ennemis ; mais si douloureux que fussent ses désastres, elle pouvait encore se regarder avec une noble fierté.
      […]

    • Enquête parlementaire, sur l’insurrection du 18 mars. Tome 3, Versailles, Cerf, 1872, page 171.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111153

      Fédération républicaine de la Garde nationale
      Comité central

      Je demande à ce que 80 bombes à pétrole soient mises de suite à la disposition des remparts pour brûler le bois de Boulogne en profitant bien entendu, comme puisant auxiliaire, d’un vent favorable.
      Si l’on refuse, gare à la porte de la Muette.

      Signé : L........
      Commandant du 159e bataillon.
      Signé : R…..
      Signé : T….
      Signé : Baroud
      28 avril 1871

      [signature de Lavalette]

    • Lavalette est signalé une autre fois pour s’être opposé au pillage de la basilique Notre-Dame.

      Histoire de la commune de Paris en 1871, par l’abbé Auguste Vidieu, Paris, E. Dentu, 1876, pages 215-
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36519t

      On ne pouvait espérer qu’après avoir frappé des coups si audacieux contre les ministres du sanctuaire, les membres de la Commune gardassent quelque ménagement envers l’autel. La population chrétienne de Paris se rappellera longtemps le dégoût et l’indignation qu’elle ressentait quand, troublée tout à coup dans le recueillement de sa prière, elle se voyait assaillie d’une foule sans nom, déguenillée, qui se répandait dans le temple, le képi sur la tête, le sabre nu à la main, la menace et le blasphème à la bouche. Les fidèles étaient chassés ou retenus selon le caprice du chef de bande, les portes gardées militairement, les troncs forcés, le marbre des autels soulevé, les tombes profanées. Heureuses encore les églises qui ne furent pas indignement souillées par des genres de profanation que la plume se refuse à décrire Rien de plus enfantin que le prétexte imaginé pour ces perquisitions. On fouillait, disait-on, les églises afin d’y découvrir des chassepots, de la poudre et même des canons. C’est à faire rire ou à faire rougir. […]

      La première église enlevée au culte fut, comme toujours, Sainte-Geneviève. Depuis que la première révolution a souillé les caveaux de cette église des cendres immondes de Marat, il semble qu’aucune révolution ne puisse s’accomplir sans dédier le Panthéon « au culte des grands hommes ». […]

      Après l’église de la sainte patronne, l’antique et vénérable métropole était naturellement désignée à la profanation. Le vendredi saint, à trois heures de l’après-midi, un délégué de l’ex-Préfecture de police, suivi d’une bande de gardes fédérés, entra dans la basilique d’un air arrogant, la tête couverte, ayant sur les lèvres le sourire malsain de l’homme qui commet inpunément une mauvaise action. Arrivé à la sacristie, il procéda à l’ouverture du trésor de Notre-Dame. Vases sacrés, ornements sacerdotaux, objets d’art ancien, etc., tout fut compté avec un soin minutieux. On s’empara ensuite des troncs dans lesquels se trouvaient les offrandes des fidèles, et le partage s’en fit avec délire. Pendant ce temps quelques fédérés ouvraient, à l’aide d’un instrument, le caveau des archevêques. qui recélait, leur avait-on dit, des armes et des munitions. Ils cherchèrent, la pipe à la bouche, dans tous les coins du caveau, inconscients de la triste besogne dont on les avait chargés ; mais les tombes des prélats ne furent pas profanées, on respecta leurs cendres.

      Toutefois, cette œuvre impie n’eut pas le succès attendu par les pillards. Pendant qu’on transportait dans une voiture, requise à cet effet, le mobilier de Notre-Dame, les membres de la Commune étaient prévenus de ce qui se passait à leur insu par un capitaine de la garde nationale. Aussitôt un des leurs, le citoyen Lavalette accourut ; réprouva hautement ce qu’on venait de faire, et ordonna de remettre dans les sacristies tout ce qui avait été enlevé. L’heure du pillage de la basilique n’avait point encore sonné à l’Hôtel de ville ; mais Notre-Dame était fermée et les cérémonies saintes interdites. Environ un mois après, la Commune, dont les ressources diminuaient à mesure que croissaient son ambition et son audace, se souvint des fameux trésors qu’elle s’était réservés et dont elle pensait airer grand profit. Mais avant de les
      réquisitionner, elle eut soin d’y préparer l’opinion publique par un article de Rochefort dans le Mot d’ordre :
      « Notre croyance éternelle sera que, Jésus-Christ étant né dans une étable, le seul trésor, que Notre-Dame doit posséder dans sa trésorerie, c’est une botte de paille. Quant aux saints ciboires enrichis d’émeraudes et aux émeraudes enrichies de saints ciboires, nous n’hésitons pas à les déclarer propriétés nationales, par ce seul rait qu’elles proviennent des générosités de ceux à qui l’Église a promis le paradis et la promesse faite de bénéfices imaginaires, pour extorquer des valeurs quelconques, est qualifiée escroquerie par tous les codes. »

      Ce fut le signal du pillage. Le 26 avril, les scellés furent brisés, et l’on transporta d’abord à la Préfecture toutes les richesses de Notre-Dame bronzes, ornements, vases sacrés. […]

      Et au sujet de Notre-Dame-des-Victoires :

      Ce fut le Réveil du peuple, le propre journal de Delescluze, « ce diamant de la démocratie », qui attacha le grelot.

      « Des bruits singuliers, disait-il, couraient depuis quelques jours sur les singuliers miracles qui s’accomplissaient dans l’église Notre-Dame-des-Victoires. On parlait de mystérieux assassinats, de crimes rappelant ceux de Saint-Laurent.

      « Hier, à six heures, le 159° bataillbn de la garde nationale a cerné l’église. Le citoyen le Moussu, commissaire de police délégué, accompagné de trois membres de la municipalité du IIe arrondissement et de deux médecins, a fait ouvrir les portes de l’église et immédiatement pratiquer des fouilles. A l’heure où nous écrivons, on a déjà déterré plusieurs cadavres, et tout fait prévoir des découvertes nouvelles.

      « Au pied de l’autel de la Vierge, on a trouvé un cercueil en chêne où était enseveli un prêtre. D’après les renseignements donnés par le curé actuel, ce corps avait été déposé là depuis dix ans.

      « Dans un caveau, près du même autel, les travailleurs ont mis au jour plusieurs caisses d’argenterie et d’objets précieux. A côté de ces caisses, est une tête de femme avec de longs cheveux blonds.

      « Dans un autre caveau, on a découvert quatre cadavres de femmes dont l’ensevelissement est récent.

      « A gauche de l’entrée de l’église, sous une chapelle latérale, est un petit caveau où les travailleurs ont trouvé deux bracelets de femme en or. Sur le mur de ce cayeau, on remarqua l’empreinte d’un bras orné d’un bracelet. Cette empreinte ne peut s’être produite que pendant une lutte, et alors que la peinture du caveau était fraîche.

      « Dans toute l’église, on sent une odeur cadavéreuse qui fait présager de nouvelles découvertes.

      « Quatre prêtres de Notre-Dame-des-Victoires ont été arrêtés.

      « Au dernier moment, nous apprenons que les cadavres trouvés à l’église en question, sont à cette heure exposés à la porte de l’église. »

      Auguste Vidieu : Historien. Prêtre du Diocèse de Cahors (ordonné en 1854). Vicaire à Saint-Roch (à Paris ; 1870-1889), puis second vicaire à Saint-Germain-des-Prés (à Paris). Membre de l’Académie de Reims. Docteur en théologie.

    • La date des évènements de l’église de Notre-Dame-des-Victoires est indiquée dans un livre écrit par le vicaire de cette église : 17 mai 1871.
      La Roquette : hommage à Notre-Dame-des-Victoires et souvenirs affectueux à tous mes braves compagnons de captivité : journées des 24, 25, 26, 27 et 28 mai 1871, par M. l’abbé Laurent Amodru, Paris et Tournai, P. M. Laroche et Ve Casterman (Tournai), 1873
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5452706v

      L’église de Notre-Dame-des-Victoires fut prise par les impies le 17 mai, veille de l’Ascension, et reprise par l’armée française le 24 mai, fête de Notre-Dame Auxiliatrice. — Je fus fait prisonnier la veille de l’Ascension et je commençai à recouvrer la liberté la veille de la Pentecôte.

      La date des évènements de Notre-Dame est indiquée ailleurs : le 8 avril la première tentative empêchée par Lavalette et 26 avril la seconde.
      Nouvelle histoire de la Commune de Paris en 1871 : d’après les documents les plus authentiques et les plus récents, par Ch. de Montrevel, Paris, Bloud et Barral, 1885, page 96.

      Les églises et les couvents furent naturellement plus maltraités que toute autre maison. Le 8 avril, on ouvrait déjà les tombeaux des archevêques de Paris à Notre-Dame pour y chercher des richesses ; du 1er au 18 avril, vingt-six églises sont closes ou mises sous les scellés ; c’est ce qui pouvait leur arriver de plus heureux. Le 26 avril, les scellés de Notre-Dame sont brisés ; bronzes, ornements, vases sacrés, tout est envoyé à la Préfecture, puis à la Monnaie, où l’on n’eut pas le temps do les fondre.

    • Léopold Boursier, membre du Comité central de la garde nationale, raconte à Lissagaray la journée du 18 mars 1871.
      Histoire de la commune de 1871 , par Prosper-Olivier Lissagaray, Paris, Libr. du travail, 1929, appendice, pages 478-480.
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5493707p

      « Je vous rappelle que les membres du Comité s’étaient sé-
      parés à trois heures et demie environ du matin dans la nuit du
      17 au 18. Avant le lever de la séance, il avait été décidé que la
      réunion du lendemain aurait lieu à 11 heures du soir, rue Bas-
      froi, dans une école mise en réquisition.

      « Malgré cette heure avancée, rien n’avait encore transpiré
      des mouvements que le gouvernement avait décidés, et le Comité,
      qui venait seulement de se constituer par l’examen des pouvoirs
      et la distribution des commissions, n’avait reçu aucun avis qui
      pût lui faire supposer l’imminence du péril. Sa commission mili-
      taire n’avait pas encore fonctionné. Elle avait pris possession
      des documents, notes et procès-verbaux de l’ancienne, et c’était
      tout.

      « Vous savez comment Paris s’éveilla le 18 au matin. Les
      membres du Comité apprirent les événements de la nuit par la
      rumeur publique et les affiches officielles. Pour mon compte,
      réveillé à huit heures environ, je me hâtai de m’habiller et je
      me rendis rue Basfroi en traversant la place de la Bastille
      occupée par la garde de Paris. A peine entré dans la rue de la
      Roquette, je vis que le peuple commençait à organiser la dé-
      fense. On ébauchait une barricade au coin de la rue Neuve-de-
      Lappe. Je me vis refuser le passage un peu plus haut malgré
      la déclaration que je fis de ma qualité de membre du Comité. Je
      dus remonter la rue de Charonne, le faubourg, et revins dans ma
      direction par la rue Saint-Bernard. Rien ne s’annonçait encore
      dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine, mais l’agitation y était
      grande. J’arrivai enfin rue Basfroi vers dix heures et demie.
      Elle était barricadée aux deux issues, sauf un passage ménagé
      pour les canons parqués dans un grand terrain de cette rue et
      qu’on emmenait un à un aux diverses barricades en cours de
      formation.

      « Je parvins, non sans peine, à pénétrer dans une salle d’étu-
      de où quelques-uns de mes collègues étaient réunis. Il y avait
      là les citoyens Assi, Prudhomme, Rousseau, Gouhier, Lava-
      lette, Géresme, Bouit et Fougeret. Au moment où j’entrais, on
      amenait un sous-lieutenant d’état-major arrêté rue Saint-Maur.
      On l’interrogea. On amena ensuite un gendarme ; mais les
      seuls papiers trouvés en sa possession étaient des affiches
      transmises à l’une des mairies. Assi s’occupait de cette beso-
      gne et avait organisé une sorte de prison dans la cour. Je vis
      aussi défiler une quinzaine d’individus civils et militaires
      arrêtés par le peuple. Pendant ce temps, j’appris qu’on avait
      envoyé Bergeret prendre le commandement de Montmartre,
      où il avait été nommé chef de légion la veille. Varlin, arrivé
      presque derrière moi, était reparti organiser la défense aux
      Batignolles. Arnold fit aussi une courte apparition et retourna
      se mettre à la tête de son bataillon. Le Comité s’était recruté
      des citoyens Audoynaud, Ferrat, Billioray.

      « A midi, on attendait toujours les événements et on ne
      décidait rien. Je priai quelques-uns de mes collègues de laisser
      Assi à ses interrogatoires inutiles et de venir délibérer dans
      une autre salle, celle que nous occupions ayant été peu à peu
      envahie par des personnes étrangères au Comité. Aussitôt ins-
      tallés, nous demandâmes des citoyens de bonne volonté pour
      nous servir d’état-major et nous renseigner sur la situation
      dans les différents quartiers. Il s’en présenta un grand nom-
      bre. Nous les envoyâmes dans toutes les directions dire à nos
      collègues de pousser la construction des barricades le plus
      avant possible, de réunir la garde nationale, d’en prendre le
      commandement et de nous préciser les points où nous pourrions
      leur faire’ parvenir nos communications.

      « De nos porteurs de message, il n’en revint que. quatre.
      Celui que nous avions envoyé au XXe arrondissement nous
      apprit que le point de ralliement à Belleville était dans la rue
      de Paris et, à Ménilmontant, devant la nouvelle mairie. Varlin
      avait beaucoup de mal à grouper les gardes nationaux des Bati-
      gnolles. Un état-major avait réuni des forces à la place du Trône
      et s’était rendu à la caserne de Reuilly ; mais la troupe avait fermé
      les grilles et pris une attitude menaçante. Brunel avec Lisbonne
      se préparait à intimider la caserne du Château-d’Eau.
      « D’autres renseignements nous apprirent qu’on attendait des
      ordres du Comité. Duval s’était établi au Panthéon et attendait.
      Faltot nous envoyait une note avec ces mots : « J’ai cinq ou
      six bataillons dans la rue de Sèvres, que faut-il faire ? » Pindy
      avait pris possession de la mairie du IIIe et réunissait les batail-
      lons dévoués au Comité. Dès que nous eûmes ces données, après
      nous être rendu compte des distances que chaque force aurait
      à parcourir, des lieux où l’on pouvait prendre des canons et
      des munitions, on arrêta quelques dispositions pour l’attaque...

      « Pendant qu’on discutait ces résolutions, Lullier était venu
      se mettre à la disposition du Comité. Le Comité ne lui avait
      donné aucun ordre précis et s’était borné à lui dire qu’on rassem-
      blait toutes les forces disponibles pour s’emparer de l’Hôtel
      de Ville.

      « Je dois également ajouter que les barricades gagnaient
      constamment du terrain et que les boulevards, du côté de la
      Bastille, avaient été évacués par les troupes à la suite de cet
      envahissement.

      « Des obstacles imprévus de toute nature, la difficulté de
      tenir la garde nationale sous les armes, nuirent à l’exécution
      de nos ordres. Ce qui aurait dû être exécuté à cinq heures ne
      s’exécuta qu’en partie et plus tard. Brunel ne put arriver qu’à
      sept heures et demie devant l’Hôtel de Ville et il s’en empara
      sans coup férir. Bergeret, parvenu à la place Vendôme, s’y barri-
      cada. Duval ne s’empara de la préfecture de police qu’à huit heu-
      res du soir. Eudes ne dépassa pas l’Imprimerie nationale. Quant
      à Faltot, je n’ai jamais bien su jusqu’où il avait été dans l’exé-
      cution ; je sais cependant qu’il agit.

      « Pour assurer la transmission de nos ordres, chacun des
      membres alors présents — il en était arrivé d’autres, mais je ne
      saurais dire lesquels — se chargea d’aller les porter sur un
      point déterminé. De sorte que, à trois heures et demie, le Comité
      se séparait, laissant Assi et deux autres membres en perma-
      nence rue Basfroi.

      « Chacun de nous, en arrivant à son poste, retrouva les col-
      lègues qui n’étaient pas venus rue Basfroi, mais qui, par leur
      activité dans leurs arrondissements, avaient préparé les moyens
      de résistance. Pour mon compte, je trouvai Edouard Moreau
      et Clémence au IVe et les troupes en armes dans la rue de
      Rivoli »

      (Extrait d’une relation adressée à l’auteur par BOURSIER,
      membre du Comité Central.)

    • L’incendie que Lavalette aurait provoqué au ministère des Finances aurait été déclenché le 25 mai 1871.

      Histoire critique de la Commune : le comité central, la Commune, la Commune au point de vue socialiste, la Commune au point de vue politique , par Georges Morin, Paris, A. Lacroix, Verboeckhoven, 1871, page 171.
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207927f

      Le24 au matin Paris était en feu aux incendies allumées la veille sur la rive gauche, à la Légion-d’Honneur, à la Cour des Comptes et au Conseil d’État, s’ajoutaient les flammes qui sortaient des Tuileries, du Ministère des Finances et du Palais-Royal.

    • Sur Notre-Dame-des-Victoire

      Qu’est-ce qui a été volé dans l’église Notre-Dame-des-Victoire ?

      Le récit du médecin Eugène Guibout :
      http://seenthis.net/messages/56193#message58977

      “Dans la crainte du pillage de notre église, je fis enlever, et transporter en lieu sûr, les grands chandeliers de bronze doré du maître-autel toutes les dentelles furent cachées sur le faîte de ma bibliothèque tous les beaux ornements en drap d’or, chapes, chasubles, furent soigneusement dissimulés entre les matelas de mon grand lit, inoccupé depuis plus de huit mois.”

      La déposition de M. Julien, sacristain de Notre-Dame-des-Victoire, cité dans un rapport de police :
      http://seenthis.net/messages/56193#message57972

      “Le 17 mai, vers 4 heures du soir, un bataillon de gardes nationaux est venu cerner l’église, un certain nombre de ces gardes ont fait sortir tout le monde sous prétexte de faire une perquisition et de s’assurer si l’église ne contenait pas des armes et des munitions.
      Avant de procéder à cette perquisition, ils enfermèrent dans une salle MM. Roche, Ducouroy et Amodru, les seuls ecclésiastiques alors présents dans l’église, afin qu’ils ne vissent rien de ce qu’ils voulaient faire.
      N’ayant trouvé dans leur perquisition ni armes ni munitions, ils firent main-basse sur plusieurs objets de valeur, notamment sur :
      1° six couronnes de la statue de la vierge ;
      2° un grand ostensoir ;
      3° dix calices ;
      4° quatre cilaires :
      5° de la lingerie et autres objets.
      Le sieur Julien croit avoir entendu prononcer le nom de Lavalette, mais il ne connaît pas l’individu qu’on désignait sous ce nom et il ne peut affirmer s’il assistait au pillage.”

      Quels sont les personnes présentes ?

      Cités par Eugène Guibout :
      – abbé Chanal, curé de Notre-Dame-des-Victoire
      – abbé Ducauroy ou Ducauroix, vicaire de Notre-Dame-des-Victoire
      – abbé Delacroix, vicaire de Notre-Dame-des-Victoire
      – M. Pickaërt, maître de chapelle de Notre-Dame-des-Victoire
      – M. Hochsteter, maître de chapelle (de Notre-Dame-des-Victoire ?)
      – M. de Benque, fabricien de Notre-Dame-des-Victoire
      – M. Eugène Guibout, fabricien de Notre-Dame-des-Victoire
      – abbé Giraudet, vicaire de Saint-Augustin

      Cité par Laurent Amodru et François Veuillot :
      – abbé Laurent Amodru, vicaire de Notre-Dame-des-Victoire

      L’abbé Laurent Amodru, vicaire de Notre-Dame-des-Victoire

      Extraits du Livre du Centenaire : Un siècle à Notre-Dame des Victoires de François Veuillot et préfacé par l’abbé Charles Jourdain, Curé de la Basilique Notre-Dame des Victoires, Directeur de l’Archiconfrérie, en la fête de la Présentation de la Sainte Vierge le 21 novembre 1936.
      http://www.notredamedesvictoires.com/chanal.htm

      L’irruption des fédérés eu lieu le “soir du 17 janvier 1871”, “l’abbé Amodru, premier vicaire de la paroisse, était en chaire”. La pillage aurait duré juqu’au “24 mai” jour où “les plus acharnés de la bande s’esquivèrent au clairon des Versaillais”.

      “L’abbé Chanal, épuisé par le siège et condamné au repos, ne fut pas témoin de l’horrible attentat. C’est l’abbé Amodru, qui dans la pieuse église, en dépit de la Commune, et d’ailleurs avec une intrépidité qu’il faillit payer de la mort, avait assuré jusqu’à cette invasion la vie religieuse.”

      L’abbé Laurent Amodru, véritable vicaire de Notre-Dame-des-Victoire a écrit La Roquette : hommage à Notre-Dame-des-Victoires et souvenirs affectueux à tous mes braves compagnons de captivité : journées des 24, 25, 26, 27 et 28 mai 1871 (en 1873). Cité :
      http://seenthis.net/messages/56193#message58995

      Où sont situées les trois édifices religieux ?

      Basilique Notre-Dame-des-Victoires : Place des Petits-Pères, 75002 (près de la Bourse)
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Notre-Dame-des-Victoires

      Église Saint-Roch : 284 rue Saint-Honoré, 75001 (près du Palais Royal)
      http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Roch_%28Paris%29

      Église Saint-Augustin : Place Saint-Augustin, 75008 (près de la gare Saint-Lazare)
      http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Augustin_%28Paris%29

      Qui est l’évêque de Belley ?

      Et l’évêque de Belley, cités par Eugène Guibout :
      – François-Marie-Benjamin Richard, évêque de Belley (1871-1875), archevêque de Paris (1886), cardinal (1889) :

      “À Paris, il mit beaucoup d’énergie pour faire achever la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, qu’il consacra. Politiquement, le cardinal Richard était attaché par des liens d’estime et de sympathie aux catholiques monarchistes.”

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois-Marie-Benjamin_Richard

      Récit par le journal Le Réveil du Peuple

      Le journal Le Réveil du Peuple, reproduit dans Journal officiel de la Commune de Paris du samedi 20 mai 1871, fait le récit des évènements de Notre-Dame-des-Victoires.

      Journal officiel de la Commune de Paris, samedi 20 mai 1871, partie non officielle :

      “Sous ce titre : Les cadavres de Notre-Dame-des-Victoires, le Réveil du Peuple publie le récit qu’on va lire :
      Des bruits singuliers couraient depuis quelques jours sur les singuliers miracles qui s’accomplissaient dans l’église Notre-Dame des Victoires
      On parlait de mystérieux assassinats, de crimes rappelant ceux de Saint-Laurent.
      Hier, à six heures, le 159e bataillon de la garde nationale a cerné l’église. Le citoyen Le Moussu, commissaire de police délégué, accompagné de trois membres de la municipalité du 11e arrondissement et de deux médecins, a fait ouvrier les portes de l’église et immédiatement pratiquer des fouilles.
      A l’heure où nous écrivons, on a déjà déterré plusieurs cadavres, et tout fait prévoir des découvertes nouvelles.
      Au pied de l’autel de la Vierge, on a trouvé un cercueil en chêne, où était enseveli un prêtre. D’après les renseignements donnés par le curé actuel, ce corps aurait été déposé là depuis dix ans.
      Dans un caveau, près du même autel, les travailleurs ont mis au jour plusieurs caisses d’argenterie et d’objets précieux. A côté de ces caisses est une tête de femme avec de longs cheveux blonds.
      Dans un autre caveau on a découvert quatre cadavres de femmes dont l’ensevelissement est récent.
      A gauche de l’entrée de l’église, sous une chapelle latérale, est un petit caveau où les travailleurs ont trouvé deux bracelets de femme en or. Sur le mur de ce caveau on remarque l’empreinte d’un bras orné d’un bracelet. Cette empreinte ne peut s’être produite que pendant une lutte, et alors que la peinture du caveau était fraîche.
      Dans toute l’église on sent une odeur cadavéreuse qui fait présager de nouvelles découvertes.
      Quatre prêtres de Notre-Dame-des-Victoires ont été arrêtés.
      Au dernier moment, nous apprenons que les cadavres trouvés à l’église en question sont à cette heure exposés à la porte de l’église.”

      Récit d’Edmond Lambert d’après le témoignage de l’abbé Ducaurroy

      L’abbé Edmond Lambert, écrit l’histoire de Notre-Dame-des-Victoires dans un ouvrage de 1872. Il fonde notamment son récit sur La Commune à Notre-Dame-des-Victoires de l’abbé Ducaurroy, l’un des vicaires présents sur place.

      Histoire de l’église Notre-Dame-des-Victoires, par M. l’abbé Edmond Lambert, Paris, Curot, 1872 (le chapitre IX concerne la Commune) :
      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5589501b.r=.langEN

      « Le 5 avril, jour du mercredi saint, eut lieu le départ de M. le curé de Notre-Dame-des-Victoires ; voici en quelles circonstances. M. le docteur G., membre du conseil de fabrique, vient avec un des amis de M. le curé à la sacristie le conjurer de partir. [...]
      Avant son départ, il avait voulu pourvoir au salut du trésor de Notre-Dame-des-Victoires ; toutes les valeurs et le trésor de l’église furent déposés dans une cachette et le secret dut en être inviolablement gardé ; toutes les mesures qu’indiquaient la prudence humaine furent prises. Hélas ! combien notre confiance devait être cruellement trompée.
      [...]
      Le 30 avril, un délégué de la Commune, au nom du bureau de bienfaisance, vint solliciter la permission de quêter chaque jour dans l’église et aux portes, pour venir en aide aux braves fédérés. On accorda ce qu’on ne pouvait refuser. Le délégué galant homme, dont nous regrettons de ne pouvoir connaître le nom, se confondit en remerciements et promit avec effusion son aide et sa protection.
      [...]
      Le mercerdi 17 mai, veille de l’Ascension, vers quatre heures trois quarts de l’après-midi, au moment où éclatait la poudrière de l’avenue Rapp, le 159e bataillon des fédérés, précédé par le citoyen Le Moussu, commissaire central de police, débouche, musique en tête sur la place des Petits-Pères. En un instant, l’église est cernée, toutes les issues sont gardées. L’exercice du Mois de Marie touchait à sa fin : le prédicateur, M. l’abbé Le R..., terminait son instruction. Les fédérés n’osant pas interrompre le service divin, la bénédiction du Très-Saint Sacrement fut donnée et M. l’abbé D... reporta le Saint Sacrement à la sacristie, afin de sauver de la profanation. On voulait consommer les Saintes Espèces ; mais, après quelques instants de réflexion, on les renferma dans un corporal préparé à l’avance en cas d’événements, majeurs, et M. l’abbé Del..., escorté de M. le docteur G..., les porta à l’église de Saint-Roch.
      [...]
      Tout l’église avait été passée en revue, les armoires ouvertes et fouillées, toutes les pièces attenant à l’église visitées, et l’on n’avait pu découvrir aucune trace d’armes, ni de dépôt de poudre, car, selon leur dire, les fédérés n’étaient venus que pour faire une perquisition. [...] Quand tout à coup une voix avinée s’écrie : “Sondons les murs, il y a ici des trésors cachés, j’en suis sûr, on me l’a dit, ils doivent être dans un caveau.” [...] Les déféres ouvrirent les caveaux, violèrent les sépultures et amenèrent au jour les ossements des anciens religieux et des nobles familles ensevelis dans l’église depusi sa fondation. [...] Arrivés au caveau de Lully, ils n’eurent pas de peine à dévcouvrir la cachette. Ce fut avec des cris et des hourras, que ces vandales virent apparaître au jour, les calices et les ciboires enrichis d’émaux et de pierre précicieuses [...].
      Le bataillon des Enfants-Perdus, les Vengeurs de Flourens, qui avaient succédé au 159e bataillon des fédérés de Belleville étalèrent devant le portail de l’’église le grand et riche tapis du choeur et amoncelèrent dessus les ossements qu’on retirait des souterrains. [...]
      Toute la place des Petits-Pères était encombrée par une foule immense, et de tous côtés s’élevaient des cris d’horreur contre toutes ces abominations. [...]
      A l’intérieur de l’église, une scène non moins lamentable se passait : une quarantaine de brigands habillés en gardes nationaux, appartenant au 159e bataillon de Belleville, s’occupait à dévaster l’église. [...]
      Un délégué ad hoc, - son nom appartient à la postérité, - le citoyen Roussel, l’ami intime de Raoul Rigault, faisait décrocher les ex-voto, les lampes et les bronzes [...].
      Les otages arrêtés étaient toujours garés à vue ; on leur avait adjoint deux nouveaux compagnons d’infortune, M. l’abbé G..., vicaire à Saint-Augustin, et M. H..., organiste de la même église.
      [...]
      Le soir du jour de l’Ascension [jeudi 18 mai], vers sept heures, une lueur d’espèrance vient ranimer le courage des prisonniers. le commandant du 159e bataillon les interrogea avec un calme qui leur parut extraordinaire et qui pouvait même ressembler à de la bienveillance ; il donna à comprendre que plusieurs d’entre eux seraient remis en liberté. en effet, une heure s’était à peine écoulée, que M. le docteur G..., sous prétexte d’une constatation médiacle, fut rendu à la liberté.
      Une autre victime vint bientôt le remplacer ; on amena M. l’abbé A..., au secret dans une chambre séparée depuis le commencement de la profanation de l’église.
      [...]
      Voilà ce qui m’a été raconté.
      Le bataillon des Vengeurs de Flourens avait fait assez pour sa gloire, c’était au trou d’un autre. Le 19 mai, à midi, le 125e bataillon venait le remplacer et cueillait à son tour de nombreux lauriers.
      [...]
      Ce fut ce jour-là même, et de grand matin, que l’on enleva de l’église tous les objets volés. [...] On fit renir des fiacres que l’on remplit de ces objets, et ils reçurent sans doute des destinations particulières. C’est ainsi que plusieurs ont été retrouvés chez un certain Maillot, commissaire de police de l’arrondissement, qui avait organisé le pillage de l’église avec Le Moussu. [...]
      Le 2à mai, le 152e bataillon des fédérés, 5e et 6e compagnies, vinrent à leur tour occuper l’église. [...]
      Ces scènes d’horreur et d’impiété ne se terminèrent qu’à l’arrivée des troupes de Versailles, dans les quartiers qui avoisinent Notre-Dame-des-Victoires. C’est le 24 mai. »

      Témoignage de l’abbé Amodru

      Un autre vicaire, l’abbé Amodru, a donné un autre témoignage. Ses lettres à son frère sont reproduites après sa mort dans un ouvrage publié en 1890.

      Notre-Dame des Victoires pendant la Commune, ou, Lettres justificatives & documents : conservés par feu l’abbé François Amodru pour servir à l’histoire de Notre-Dame des Victoires pendant la Commune (1871) de Jean Joseph Léandre Bargès, Paris, Lecoffre, 1890 :
      http://www.archive.org/details/notredamedesvict00barg

      “Nous étions trois vicaires présents : M. Ducaurroy, M. Delacroix et moi. (Note de l’auteur du livre : Le vénérable curé de la paroisse, M. Chanal, était parti le mercerdi-saint, 5 avril 1871, et après lui, tous ses vicaires, à l’exception des trois susnommés.)”

      La prudence la plus vulgaire commandant alors une extrême discrétion, est-il bien étonnant que j’aie gardé pour moi seul le secret de mes actes et de mes démarches, pour sauvegarder les intérêts de l’église ? [...]
      A ce propos, vous saurez que j’engageai le sacristain, qui me consultait, à faire porter au-dehors les plus beaux et les plus riches ornements de l’église.
      C’est ce qui fut exécuté.
      Quant aux magnifiques couronnes de la Sainte Vierge, et aux vases sacrés de grand prix qui furent volés, vous vous rappelez ce que j’avais dit à notre vénérable et bien-aimé curé, M. Chanal, le jour de son départ. Avant de nous quitter, il voulut cacher dans un caveau de l’église ces objets précieux. Je le rencontrai, au moment où il les portait et je lui dis, pour le dissuader de les cacher dans l’église, que « je ne voulais ni voir ni savoir où il allait les mettre et que je fermais les yeux dans ce but, pendant qu’il les transportait dans le caveau d’une chapelle de l’église, parce que j’appréhendais, hélas ! des jours néfastes, et que je voulais pouvoir toujours dire sans mentir ; si j’étais interrogé, que j’ignorais le lieu où, ils étaient ». — « Vous avez raison, mon ami » me répondit-il. L’incident prévu se produisit le 17 mai... Les profanateurs m’accablèrent alors de questions auxquelles je fis constamment une même réponse : « Je n’en sais rien ! Je ne LE sais pas ! »
      Après avoir découvert ces couronnes et ces vases sacrés, ils revinrent furieux vers moi ; j’étais alors au secret, seul, avec trois satellites qui me gardaient, et me montrant le poing, ils me disaient : « Vous ne le saviez pas ! Vous ne le saviez pas ! n’est-ce pas ? » — Non, je ne le savais pas. Telle fut ma réponse. Enfin, ils me laissèrent seul dans la salle des catéchismes, avec des menaces de mort, menaces que M. l’abbé * n’entendit pas, parce qu’il n’était pas là. On eut un instant la volonté de me fusiller dans la cour ; mais il n’en a jamais rien su.
      [...]
      En fait de gouvernement matériel, je dois vous dire que quatre fabriciens honorables et dignes d’éloges déployèrent le plus grand dévouement pour sauvegarder les intérêts de la paroisse, en l’absence de M. le curé et des deux premiers vicaires.
      C’étaient MM. Carré, de Récy, de Benque et Guibout.
      Les deux derniers restèrent quelque temps emprisonnés dans la salle G, près de la chapelle des catéchismes. Je vous parlerai d’eux plus longuement dans les Journées des 16, 17, 18, 19 mai. En attendant, il me suffira de vous faire savoir « que M. Carré, par sa prudente prévoyance, mit en sûreté la caisse de la Fabrique. » Combien de magnifiques dévouements se produisirent à cette époque ! Vous connaissez M. de Plœuc, sous-gouverneur de la Banque de France. Que n’a-t-il pas fait pour sauvegarder la fortune publique ?

      Quelques informations issues du Maitron sur Le Moussu qui dirigea les opérations à Notre-Dame-des-Victoire :

      LE MOUSSU Benjamin, Constant
      [...]
      Avant le 18 mars 1871, il appartenait, avec Th. Ferré, L. Michel et autres, au Comité de vigilance du XVIIIe arr. Il servit la Commune en qualité de commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières (XVIIIe arr.), puis, avec des pouvoirs élargis, de commissaire aux délégations judiciaires.
      Après la défaite, il réussit à fuir et gagna Londres. Par contumace, le 13e conseil de guerre le condamna à la peine de mort le 9 février 1872.
      [...]
      Le Moussu allait bientôt rompre avec Marx. Ce dernier écrivait en effet à Sorge le 4 avril 1874 :
      « Les quelques Français (j’entends de ceux qui tenaient encore avec nous à La Haye) se sont pour la plupart révélés ensuite fripouilles, notamment M. Le Moussu, qui m’a filouté, ainsi que d’autres, pas mal d’argent et a ensuite cherché par d’infâmes calomnies à se blanchir en belle âme méconnue. »
      Engels écrivait au même correspondant les 12 et 17 septembre 1874 :
      « Celui qui s’est comporté le moins proprement est Le Moussu, qui s’est révélé escroc. »
      [...]

    • http://seenthis.net/messages/62277

      Détail de la tombe de Lavalette au cimetière parisien de Bagneux (division 12, ligne 3, tombe 16).

      Sur la tombe, est gravé :

      Famille Lapotre Lavalette
      ici reposent
      _
      Reine Blanche Lapotre
      Née le 5 juin 1875 décédée le 25 mars 1899
      _
      Jules Moulin
      Né le 4 mai 1855 décédé le 27 février 1900
      _
      Gilbert Lavalette
      Membre du Comité Central de 1871
      Né le 17 février 1829 décédé le 2 janvier 1905
      _
      Mme veuve Lavalette née Anna Germillon
      Née le 9 novembre 1845 décédé le 21 janvier 1909

      Il est gravé sur le côté :

      « Concession à perpétuité N° 9 - 1905 »

      Cette concession à perpétuité de 1905 est au nom de Louise Philippon qui n’est pas enterrée dans ce cimetière.

      Par ailleurs, le registre indique qu’il y a six personnes dans la tombe, dont aussi :

      – Anna Lapotre, décédée en 1932
      – Louis Lavalette, décédé en 1948

      Le registre indique 1905 comme date de décès pour Reine Lapotre et Jules Moulin. Mais c’est en réalité la date de création de la tombe.