• « De chacun selon ses moyens » ?

    Une critique de la sécurité sociale

    Pour critiquer ou défendre l’argent, il faut le comprendre, mais comprendre l’argent c’est toujours choisir un angle particulier pour la défense d’une thèse. Si l’argent n’est qu’un moyen d’échange, alors pourquoi s’en passer ? Si l’argent peut être réapproprié sous forme de nouvelles monnaies éthiques ou sociales, alors pourquoi le critiquer en tant que tel ? Si l’argent actuel n’est que l’effet du rapport d’exploitation capitaliste, pourquoi vouloir l’abolir ? Si l’argent est si plastique et malléable, alors pourquoi souhaiter sa disparition ? 

    Il est un fait que vouloir abolir l’argent n’est pas vu comme très sérieux. Pourtant, les volontés d’abolition et les alternatives qui maintiennent des formes de monnaies rencontrent pour l’essentiel des objectifs similaires. Il s’agit dans tous les cas de contrer la domination de la valeur capitaliste sur les sociétés contemporaines. Celle-ci consiste à sélectionner les activités humaines selon un critère qui domine tous les autres : gagner de l’argent. Pour y parvenir, peu importe les moyens. Mais ceux-ci sont de deux types, qui peuvent être combinés : les gains de productivité et l’exploitation des ressources, humains compris.

    Là où nos positions divergent, entre abolitionnistes de la monnaie et défenseurs d’institutions alternatives avec monnaies, c’est où placer le levier du changement. Pour certaines personnes comme celles du réseau Salariat, il existe à l’intérieur de l’économie capitaliste des institutions non-capitalistes, comme la sécurité sociale de santé. Mais selon d’autres courants, comme celui de la critique de la valeur, ces institutions ne seraient que des enclaves inoffensives à l’intérieur de l’empire de la valeur capitaliste qui l’engloutiront bientôt.

    Dans les deux cas, on peut convenir qu’il est tout de même possible d’organiser un usage alternatif de l’argent -quand bien même il serait fragile ou temporaire- de telle sorte que de puissants mécanismes de solidarité soient possibles. Ainsi, les cotisations sociales en France, prélevées sur des échanges économiques, alimentent depuis l’après-guerre des caisses dont le fonctionnement ne relève pas de l’échange monétaire, puisque ses bénéficiaires peuvent les solliciter en fonction de leurs besoins et en partie gratuitement. Pour le réseau Salariat, lutter contre le capitalisme, ce serait augmenter les cotisations pour étendre ces mécanismes de solidarité à d’autres domaines que la santé, par exemple à l’alimentation et à la production agricole, au travers de la proposition d’une sécurité sociale alimentaire. 

    Il est difficile d’être contre une proposition qui semble être le prolongement heureux d’une réalité sociale déjà là. Le problème est que cette réalité est au moins ambivalente, sinon totalement insatisfaisante. 

    Ambivalente parce qu’elle est entièrement construite sur la contrainte monétaire du rapport salarial : c’est donc en échangeant sa force de travail contre l’argent nécessaire pour (sur)vivre, que l’on construit un pot commun de ressources. Autrement dit, on a construit du commun comme un effet de bord du chantage à la subsistance qu’est le fait de vendre son temps pour simplement reproduire son existence au quotidien. Ce qui est très différent de construire du commun avec du commun. Certes, je peux être satisfait de payer mes cotisations, quand je destine mentalement une partie de mes efforts à ce pot commun et précisément pour cette raison. Cependant, dans la plupart des cas, le travail est d’abord vécu directement, dans le contenu concret des tâches et du cadre où elles s’insèrent, du besoin de gagner de l’argent pour payer les factures, et non par le truchement d’un imaginaire solidariste. 

    Si on peut balayer d’un revers de main la critique patronale des "charges sociales" qui fait baisser la rentabilité de la boîte, il est moins facile de contrer un sentiment plus diffus de ressentiment, lequel peut s’exprimer à l’égard de supposés profiteurs, qui traduit moins la réalité d’abus avérés qu’une insatisfaction de ce que l’on vit soi-même. Payer sa cotisation n’est pas vécu et pensé comme un don, qui produirait une forme de reconnaissance sociale, mais comme un échange monétaire mobilisant un travail contraint, pour lequel on est tous sensés être quittes les uns envers les autres, ce qui est le propre de tout échange. 

    On touche là la limite de communs construits avec des outils qui ne sont pas faits pour construire des communs. Ce sont en réalité des "presque communs" qui, parce que construits sur des échanges marchands inéquitables et contraints, sont toujours susceptibles d’être contestés comme tout aussi inéquitables et contraints. 

    Un véritable commun posséderait des fondements institutionnels cohérents avec sa nature, où des besoins communs sont répondus en commun, par des contributions volontaires propres aux moyens de chacun, selon la première partie de l’adage "de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins".

    Les cotisations sociales ne respectent ce principe qu’en apparence, sous la forme de l’abstraction monétaire de taux de cotisations qui peuvent en effet varier selon le niveau de salaire. Mais qu’est-ce que cela change concrètement quand de toute manière chacun travaille trente cinq heures par semaines quel que soit le salaire obtenu ? Dire que le taux d’effort d’un salarié mieux payé est supérieur à un autre salarié moins payé, parce que sa contribution monétaire en cotisations sociales est plus élevée, c’est confondre la dimension vivante de l’activité avec sa représentation monétaire, qui conduit à attribuer plus de mérite et de valeur aux activités qui rapportent plus d’argent. Si cela est bien cohérent avec la convention de valeur capitaliste, cela ne l’est pas avec la prétention du réseau salariat à faire du mécanisme de cotisations sociales une institution anticapitaliste.

    Cette réalité déjà-là des cotisations sociales est aussi totalement insatisfaisante du fait de la dégradation continuelle de la santé physique et mentale des gens depuis plusieurs dizaines d’années, que la sécurité sociale n’a pas pu prévenir. Le cocktail de pollutions et de nuisances psychiques qui font l’ordinaire de nos vies est justement produit par des activités économiques, dont le fondement est de dégager de l’argent avant tout autre critère, et ce sont ces activités qui génèrent les cotisations sociales alimentant la sécurité sociale de la santé. Bien-sûr il n’y pas de lien de cause à effet, entre ceci et cela. Il reste que c’est bien là la manifestation que la valeur capitaliste domine l’ensemble de la société, et que la petite mécanique des cotisations sociales est toujours restée une simple enclave inoffensive. La sécurité sociale dépend de la poursuite d’activités économiques que tout le monde sait néfastes - mais pas l’inverse. Aussi, la médecine elle-même semble au prise avec un paradigme mécaniste qui en limite sérieusement la portée en tant qu’activité de soin, tandis que de vastes firmes engrangent l’argent des cotisations sociales pour vendre des médicaments dont l’efficacité est au minimum discutable.

    #sécuritésociale #abolitiondelargentetdutravail #désargence #critiquedelavaleur

  • Decolonize this Place (DTP)- New York
    https://decolonizethisplace.org/faxxx-1

    Decolonize This Place is an action-oriented movement and decolonial formation in New York City and beyond.

    Decolonize this Place (DTP) is an action-oriented movement and decolonial formation in New York City. Facilitated by MTL+, DTP consists of over 30 collaborators, consisting of grassroots groups and art collectives that seek to resist, unsettle, and reclaim the city. The organizing and action bring together many strands of analysis and traditions of resistance: Indigenous insurgence, Black liberation, free Palestine, free Puerto Rico, the struggles of workers and debtors, de-gentrification, migrant justice, dismantling patriarchy, and more. In some cases, we have used cultural institutions as platforms and amplifiers for movement demands, but we do not understand the transformation of these institutions as an end in and of itself. We aim to cultivate a politics of autonomy, solidarity, and mutual aid within a long-term, multi-generational horizon of decolonial, anti-capitalist, and feminist liberation that is animated by Grace Lee Boggs’ question: “What time is it on the clock of the world?” For us, decolonization necessitates abolition. But what does abolition demand? Not only does it demand the abolition of prisons and police, bosses and borders, but as Fred Moten and Stefano Harney write, it’s “the abolition of a society that could have prisons, that could have slavery, that could have the wage, and therefore not abolition as the elimination of anything but abolition as the founding of a new society.”

    #abolition #New_York #decolonisation #Décoloniser #musée #contestedmonuments #monument

  • Tableau l’Abolition de l’An II de Hervé di Rosa contesté.
    Tribune 2 de Mame-Fatou Niang et Julien Suaudeau — 21 mai 2020 in Slate.fr

    http://www.slate.fr/story/190641/tableau-herve-di-rosa-commemorer-abolition-esclavage-assemblee-nationale

    Ce tableau d’Hervé di Rosa est-il la meilleure œuvre pour commémorer la première abolition de l’esclavage ?

    Il y a un peu plus d’un an, le 4 avril 2019, nous avons publié une tribune intitulée « Banalisation du racisme à l’Assemblée nationale : ouvrons les yeux », dans laquelle nous expliquions pourquoi le tableau d’Hervé di Rosa commémorant l’abolition de l’An II n’a pas, selon nous, sa place sur les murs du Palais Bourbon.

    Cette tribune avait été accompagnée par une pétition publiée le même jour, adressée au Président de l’Assemblée nationale et aux député·es ; le 12 avril, un deuxième texte l’avait suivie, qui répondait point par point aux accusations portées contre nous.

    La toile est toujours là, le débat de fond n’a pas eu lieu et certains ont pu croire que nous ne souhaitions pas l’ouvrir. Bien au contraire. Alors que c’est aujourd’hui l’anniversaire de la loi Taubira du 21 mai 2001, tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, alors que la Martinique célèbre demain son abolition et que la Guadeloupe fera de même le 27 mai, alors que le 10 mai a débuté un mois de commémoration et de réflexion sur le respect de la dignité humaine, la nécessité historique de ce débat est plus actuelle que jamais. Nous nous proposons ici de l’engager sur le mode du questionnement, après un bref rappel de notre point de vue.

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    Une vision stéréotypée et déshumanisante

    À nos yeux, le tableau en question ne peut être l’œuvre qui commémore, au cœur du pouvoir législatif, la loi de la Ière République ayant aboli l’esclavage avant que celui-ci ne soit rétabli sous l’Empire.

    Inscrite dans une imagerie où se sédimentent, pêle-mêle, ces rires Banania que Léopold Sédar Senghor voulait déchirer sur tous les murs de France, Tintin au Congo ou encore les barbouillages de Michel Leeb, cette représentation donne du corps noir une vision stéréotypée et déshumanisante. Elle insulte à la fois la mémoire des millions de victimes du commerce triangulaire, de l’esclavage et les citoyen·nes français.es qui sont leurs descendant·es.

    Selon Hervé di Rosa, l’auteur du tableau, nous aurions fait fausse route en attentant à sa liberté de créateur, à « son geste artistique et poétique ». Parce que tous ses personnages ont « de grosses lèvres rouges », quelles que soient leur couleur, leur sexe ou leurs caractéristiques physiques, nous lui aurions instruit un mauvais procès.

    Non seulement cette posture feint d’ignorer les codes iconographiques du colonialisme et du racisme français et belges, mais un rapide survol de la diromythologie, cette esthétique pop forgée au carrefour du graffiti, de la BD et de la science-fiction, suffit pour comprendre que l’artiste a su donner forme à des physionomies bien plus diverses qu’il ne le dit.

    L’imagerie à laquelle la toile renvoie aurait dû l’écarter a priori de toute fonction commémorative –à plus forte raison dans un bâtiment aussi symbolique que le Palais Bourbon.

    Depuis le début de l’affaire, nous considérons hors-sujet ses intentions et ses convictions politiques, et nous nous sommes toujours gardés de porter un jugement esthétique sur un tableau qui n’aurait pas retenu notre attention s’il avait été exposé dans un musée ou une galerie privée.

    Le problème est pour nous le suivant : l’imagerie à laquelle la toile renvoie aurait dû l’écarter a priori de toute fonction commémorative –à plus forte raison dans un bâtiment aussi symbolique que le Palais Bourbon.

    La toile d’Hervé di Rosa y a été accrochée en 1991, dans le cadre d’une série qui célèbre les grands moments de l’histoire législative française. D’autres panneaux de la même série, par exemple celui consacré à l’adoption du suffrage universel en 1848, présentent des visages aux traits similaires ? C’est exact. Mais parce que ces visages ont la peau rose, ils ne sauraient convoquer le même champ symbolique.

    Dans un documentaire diffusé récemment sur Arte, Hervé di Rosa affirme que sa création ne relève pas du réel et se caractérise par une sorte d’étanchéité historique : « L’Histoire c’est l’Histoire, une image c’est une image, c’est un songe, c’est une esthétique, ce n’est pas la réalité. » Nous soutenons qu’aucune œuvre d’art n’existe ex nihilo, dans un vide anhistorique.

    Imagine-t-on un mémorial du 13-Novembre sur lequel les victimes, revues et corrigées en personnages de BD, souriraient d’un air béat entre les balles des terroristes ? Peut-on envisager, au mémorial de la Shoah, une œuvre de commémoration qui mettrait en scène des figures évoquant les stéréotypes de l’exposition « Le Juif et la France » ?

    Si une telle chose est impensable, c’est parce que la mémoire de l’Holocauste a été écrite consciencieusement, avec le plus grand sérieux. Nous ne parlons pas ici de sensibilité, au sens où la perpétuation des codes de l’imagerie colonialiste serait blessante, choquante, indélicate. Elle l’est pour beaucoup, mais ce n’est pas le problème principal. Il s’agit de conscience historique et esthétique : choisir une vision fantaisiste de la blessure mortelle que fut le commerce triangulaire, c’est valider une forme de négationnisme par l’image.

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    Honorer la mémoire et donner à voir l’Histoire sans compromettre l’Art

    L’art a le droit et le devoir de choquer, à condition de choquer avec rigueur –surtout si l’œuvre en question a une vocation commémorative. Que viendraient donc faire la satire et l’ironie, souvent invoquées comme des marques déposées de l’esprit français, dans l’hommage et le recueillement ?

    Rien, nous en sommes convaincu·es. Ce n’est que notre opinion et nous avons peut-être tort. Mais, si tel est le cas, il appartient aux député·es de le démontrer en répondant aux questions qui ont été évitées jusqu’à maintenant.

    Vingt-neuf ans après son inauguration, les représentant·es de la nation, en passant devant le tableau sur le chemin de l’hémicycle, sont-ils intimement convaincu·es qu’il ne saurait y avoir d’œuvre plus pertinente pour commémorer le « plus jamais » que nous dictent la traite et l’esclavage ?

    Les millions d’Africain·es qui ont trouvé la mort dans l’Atlantique ou aux colonies peuvent-ils se résumer à deux figures plates, jumelles et unidimensionnelles, sans aucune pluralité ni complexité, dans un des plus haut-lieux de pouvoir de l’ancienne puissance coloniale ?

    La main du colonisateur peut-elle rester invisible, comme si l’esclavage avait été institué puis aboli (puis ré-institué avant d’être aboli pour de bon en 1848) par une sorte d’enchantement dont il ne serait pas nécessaire de rappeler les modalités ?

    Quels éléments esthétiques distinguent cette toile de la vision stéréotypée des Noir·es dans la très longue et très fertile iconographie du racisme made in France ?

    Est-il absolument impossible d’inventer, sans compromettre l’Art, une plus juste façon d’honorer la Mémoire et de donner à voir l’Histoire ?

    Le débat que nous souhaitons ouvrir n’a rien à voir avec l’interdiction d’une pièce de théâtre ou la problématique de l’appropriation culturelle.

    Les questions sont posées et le débat est ouvert. Des député·es, nous attendons des réponses claires, sans les contre feux ni les manœuvres de diversion du type de celles que nous avons connues jusqu’à présent : accusations de censure, d’infiltration du politiquement correct américain, de militantisme ou de communautarisme.

    N’en déplaise à celles et ceux qui ne sont pas d’accord avec nous, nous sommes des universalistes dans le plein sens du terme : la République est grande pour nous lorsqu’elle fait une place à tous les Français·es, non quand elle se limite à une clause d’ancienneté visant à maintenir les privilèges des premiers arrivé·es.

    Le débat que nous souhaitons ouvrir n’a rien à voir, rien, avec l’interdiction d’une pièce de théâtre ou la problématique de l’appropriation culturelle. Nous sommes hostiles à toutes les censures et à toutes les formes d’assignation identitaire. Nous n’appartenons à aucun groupe. Nous parlons d’une seule voix, hybride. Cette hybridité est celle que nous pratiquons en tant qu’enseignant·es, mais aussi dans nos films et nos romans.

    Nous sommes prêt·es à entendre tous les contre-arguments de bonne foi, par exemple le fait que le tableau appartient à un ensemble : que deviendrait l’unité esthétique de ce tout s’il était amputé d’un de ses éléments ?

    Nous sommes disposé·es à discuter sereinement avec tous ceux qui feront valoir un point de vue compatible avec le dialogue. Si on nous apporte des réponses précises et convaincantes, nous le reconnaîtrons.

    La toile, sa vocation commémorative et son cadre politico-historique : le lourd silence de nos angles morts coloniaux ne doit pas étouffer ce débat qui mérite d’avoir lieu.

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    Organisée le 10 mai, la journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions avait cette année pour thème la page manquante. Selon Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, celle-ci symbolise « l’ignorance qui entoure encore l’esclavage et la mémoire de notre passé colonial dans le grand public ».

    L’une de ces pages supprimées se trouve sur le site Internet de l’Assemblée nationale, dont le compte Twitter a salué les commémorations du 10 mai en publiant la photo d’un homme noir en chaînes –celle-là même par laquelle la photo du tableau d’Hervé di Rosa avait été remplacée en catastrophe après la publication de notre première tribune, officiellement dans le cadre d’une mise à jour prévue de longue date.

    « Honorer le souvenir des victimes et transmettre la mémoire de ce crime contre l’humanité », dit le tweet de l’Assemblée nationale. En remettant en cause un choix esthétique fait en son temps par une génération peut-être moins consciente de ces enjeux, les député·es ont l’occasion de montrer aujourd’hui qu’il ne s’agit pas de belles paroles, mais aussi de poursuivre la réflexion historique entamée par la loi Taubira du 21 mai 2001.
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    L’anniversaire de cette loi, concomitant des abolitions en Martinique et en Guadeloupe, nous invite en tant que citoyen·nes à exercer notre devoir de mémoire. Aux esprits chagrins qui verraient là une démarche de « censure », un indice de la « tyrannie des minorités », une obsession de la « repentance » ou un business de la « concurrence victimaire », nous recommandons de mieux respecter l’Histoire, celle de tous les Français·es, qu’il nous appartient de connaître et de comprendre en vue de construire un avenir commun.
    En savoir plus : Société Culture esclavage loi Taubira tableau commémoration Assemblée nationale

    #esclavage #abolition #AssembléeNationale #contestedmonuments

  • « Banalisation du racisme à l’Assemblée nationale : ouvrons les yeux »
    https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20190404.OBS11119/banalisation-du-racisme-au-c-ur-de-la-republique-ouvrons-les-yeux.html

    "L’Assemblée nationale, si elle ne brille pas par sa diversité, abrite de nombreuses œuvres. L’« Histoire en peinture de l’Assemblée nationale » d’Hervé di Rosa en est une. Parmi les fresques de cette série, que son auteur déposa en 1991 sur les murs du Palais Bourbon, on trouve un épisode consacré à la première abolition de l’esclavage, celle de l’An II.

    Pour commémorer cet événement et l’inscrire dans la glorieuse chanson de geste républicaine, les autorités culturelles de l’époque n’ont pas trouvé mieux qu’une imagerie hésitant entre Banania et « Tintin au Congo« . Ces lèvres surdimensionnées sont certes la signature de la « dyromythologie », l’univers fantastique que di Rosa a forgé au croisement des mondes de l’enfance, de la BD et de la science-fiction. Néanmoins, il faut être singulièrement ignorant – ou mal intentionné – pour ne pas voir l’offense qu’elles constituent dans ce contexte. Et que dire de ces yeux exorbités, de ces sourires béats et carnassiers ? Il n’existait donc aucun street artist capable de répondre à la commande de l’Assemblée nationale sans réduire les Noirs à une vision humiliante et déshumanisante ?

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    En regardant ce mural, devant lequel les députés de la Ve République passent et repassent tous les jours, on est au-delà du stéréotype : on a le sentiment d’ouvrir un des grimoires infâmes de la suprématie blanche. La chose est pourtant nichée là depuis vingt-huit ans, dans les entrailles du pouvoir législatif qui a jadis brisé les chaînes de la traite et de la servitude, comme un pan de notre mémoire collective. Sa présence au cœur d’un des hauts-lieux de la République, dans l’indifférence générale, ajoute l’insulte à la blessure. Elle est historiquement inacceptable et politiquement incompréhensible.

    Nous demandons le retrait de ce mur de la honte.

    Récemment, Katy Perry a retiré du marché ses chaussures évoquant un Blackface ; Gucci en a fait de même avec son pull. Le pays des Droits de l’Homme et des Lumières, contrairement aux marques et aux célébrités, ne serait-il pas tenu à un devoir de sensibilité et de justesse vis-à-vis de l’Histoire ? Vis-à-vis des citoyens issus de cette Histoire ? Ne nous méprenons pas : il ne s’agit ni de repentance, ni de culpabilité, ni de je-ne-sais-quel jugement du passé à l’aune des valeurs contemporaines.

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    Il s’agit de rendre justice aux millions de victimes du commerce triangulaire, en donnant à l’image de leurs corps la dignité que leur martyr impose.

    Il s’agit de regarder l’Histoire en face, non comme une bande dessinée qui ne nous concerne pas.

    Il s’agit aussi de décoloniser le regard sur les Noirs, de faire exploser les catégories de l’imaginaire dont ce type de clichés montre que leur figure reste prisonnière, aussi aberrant que cela puisse paraître en 2019 : sauvage paresseux et rieur, guerrier cannibale, bête de sexe qui a le rythme dans la peau. La récurrence des violences policières contre les Afro-Français montre que ce travail, hélas, ne saurait se limiter à une démarche purement intellectuelle.

    Les Etats-Unis, où nous vivons et enseignons, se débattent avec leurs propres démons. L’esclavage et la ségrégation ont accompagné la « Naissance d’une nation » ; ils ont joué un rôle crucial dans le développement de sa puissance économique et dans son expansion mondiale. La discrimination et le racisme institutionnel y sont encore des réalités criantes. Prisons, précarité économique et violences policières : les minorités paient un tribut quotidien au racisme institutionnalisé.

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    Pourtant, en face du Washington Monument, tout près de la Maison Blanche, se dresse le Musée National d’Histoire et de Culture Afro-Américaines. Un peu plus loin, sur Capitol Hill, on peut visiter le Musée National des Amérindiens : le génocide et le crime collectif sur lequel se sont fondés les Etats-Unis sont reconnus, racontés et enseignés au cœur de leur capitale, les lieux de pouvoir devenant par là-même lieux de mémoire. Sur cette terre arrachée aux peuples indigènes par l’arrivée des Européens, la prise de conscience et la réparation restent des travaux titanesques, processus plus qu’objectifs – il est probable par exemple que le Mont Rushmore ne soit jamais rendu aux Sioux. Mais, dans les musées du National Mall, on ne donne pas une mise en scène pop, déréalisante, aux exactions du passé. On les montre telles quelles, à travers des archives que leur violence préserve de l’invisibilité.

    Si le rayonnement de la France n’est pas un vain mot, ses députés serait bien inspirés, eux, d’ouvrir les yeux sur le papier peint rance de leur lieu de travail.

    La fresque d’Hervé di Rosa commémorant la première abolition de l’esclavage est une faute, qu’aggrave sa pérennité. Lapsus honteux ou angle mort de la mémoire coloniale, elle n’a pas sa place à l’Assemblée Nationale.

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    Mame-Fatou Niang est enseignante-chercheure à Carnegie Mellon University et réalisatrice. Son documentaire « Mariannes Noires » raconte les parcours de sept Afro-Françaises. Son compte Twitter : @MariannesNoires.

    Julien Suaudeau est romancier et enseigne à Bryn Mawr College. Son dernier roman, « Le Sang noir des hommes » (Flammarion), a pour sujet le viol colonial. Son compte Twitter : @dawa_rl."

    #esclavage #contestedmonuments #AssembléeNationale #abolition

  • L’association d’aide aux détenus Genepi annonce sa dissolution - Agence France Pénitentiaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/08/02/l-association-d-aide-aux-detenus-genepi-annonce-sa-dissolution_6090345_3224.

    Depuis 2019, le Genepi avait renoncé à son activité historique d’ateliers ou de cours en prison. L’association avait changé d’orientation et se revendiquait comme « féministe et anticarcérale ».

    Le Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées (Genepi), association qui a accompagné pendant plus de quarante ans de nombreux détenus, a annoncé dans un communiqué, lundi 2 août, sa dissolution.

    Créé par les pouvoirs publics à la suite des violentes émeutes qui avaient fait rage dans les prisons, notamment durant l’été 1974, le Genepi animait également, « hors la prison », de nombreux colloques et campagnes de sensibilisation autour de la question carcérale et de la place de la prison dans la société.

    Depuis 2019, le Genepi, qui a pu compter jusqu’à 850 bénévoles au début des années 2000, avait renoncé à son activité historique d’ateliers ou de cours en prison. L’administration pénitentiaire avait rompu ses liens avec la structure en 2018, en ne renouvelant pas la convention trisannuelle qui lui assurait des subventions.

    L’organisation avait changé d’orientation et se revendiquait désormais comme association « féministe et anticarcérale », expliquant être arrivée au bout de sa logique « abolitionniste ». « Nous refusons de faire perdurer une association qui n’a pas été pensée comme un outil de lutte contre l’enfermement et n’a jamais servi l’intérêt des prisonnier[s et des prisonnières] », a fait valoir le Genepi dans un communiqué rejetant l’héritage du mouvement.

    « Nous refusons de nous contenter d’une critique réformiste de la taule et de la justice, seule possibilité entendue par l’Etat et discours dominant formulé par le Genepi pendant plus de quarante ans », assène la direction actuelle de l’association dans ce texte.

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    https://twitter.com/GenepiFrance/status/1422204998805491717

    puis
    https://www.genepi.fr/communique-sur-la-dissolution-du-genepi

    L’administration pénitentiaire rompt ses liens avec l’association d’aide aux détenus Genepi, 29 octobre 2018
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/10/29/l-administration-penitentiaire-rompt-ses-liens-avec-l-association-d-aide-aux

    L’organisation étudiante se voit supprimer sa subvention pour avoir fortement réduit ses actions d’enseignement en détention et pour ses prises de position contre la prison.

    Les relations entre l’association d’étudiants Genepi (ex-Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées) et l’administration pénitentiaire se dégradaient depuis plusieurs années. Elles semblent avoir atteint un point de non-retour. « Cette fois, la situation est plus grave », estime Maxime Boyer, président du Genepi. Romain Peray, sous-directeur des missions à la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), a informé l’association le 20 septembre que la convention triannuelle qui les liait depuis des décennies ne serait pas renouvelée.

    Une rupture synonyme de l’arrêt de la subvention de 50 000 euros par an, qui participait au financement de l’association forte aujourd’hui de quatre salariés, une quinzaine d’étudiants en service civique et quelque 800 bénévoles (un tiers de moins qu’au début de la décennie).

    Déjà, au printemps 2017, la DAP avait décidé de réduire sa contribution de 52 000 à 30 000 euros. Mais Jean-Jacques Urvoas, alors garde des sceaux, était intervenu à la veille du scrutin présidentiel pour la rétablir. Cette fois, l’administration pénitentiaire a fait valider sa décision par le cabinet de Nicole Belloubet, ministre de la justice, avant d’en informer le Genepi.

    Les griefs invoqués pour ne plus soutenir l’association fondée en 1976, à l’initiative notamment du responsable politique centriste Lionel Stoleru, sont de trois ordres : un désengagement du Genepi avec une baisse régulière de ses interventions en détention, l’évolution de ses missions avec la réduction de la part consacrée à l’enseignement, un discours passé en quelques années d’une critique de l’enfermement à des attaques directes contre l’administration pénitentiaire et ses personnels.

    « Une sanction politique »

    Selon M. Boyer, il s’agit « d’une sanction politique ». L’étudiant en génie des matériaux, membre du Genepi depuis trois ans, souligne que la convention garantissait l’indépendance des parties et la liberté d’expression des étudiants intervenants, et stipulait que les actions des bénévoles ne se limitaient pas à l’enseignement. L’association a retiré de ses statuts en 2011 l’objectif d’aider « à la réinsertion sociale des personnes incarcérées ». Son objet social est désormais d’œuvrer « en faveur du décloisonnement des institutions carcérales par la circulation des savoirs entre les personnes incarcérées, le public et ses bénévoles ».

    Quant au discours, il a effectivement évolué. Dans un communiqué de février intitulé « L’Etat enferme, la prison assassine », le Genepi précisait : « Par la phrase “la prison assassine”, nous entendons aussi qu’elle a pour mission de briser les individus, leur corps et leur esprit. » Des propos de plus en plus mal vécus par certains personnels et responsables pénitentiaires. Lors de ses assises de 2017, l’association s’interrogeait sur le sens de ses interventions en détention qui « participent à la légitimation d’un système (…) que nous n’avons de cesse de dénoncer ». Certains groupes locaux du Genepi, tels ceux du Sud-Ouest, ont ainsi décidé d’arrêter de se rendre en détention.

    En quatre ans, le volume des interventions de l’association est passé de 12 474 heures à 5 825 heures pour l’année universitaire 2017-2018. La DAP dénonce une chute encore plus sévère et affirme n’avoir comptabilisé que 2 276 heures dispensées par les bénévoles du Genepi la dernière année. Ce que conteste M. Boyer. Quant aux activités d’enseignement, le Genepi assume le fait qu’elles ne représentent plus que 53 % de ses actions.

    En principe, la fin de la convention nationale liant la DAP à l’association ne devrait pas empêcher les groupes locaux du Genepi de continuer d’intervenir en accord avec les établissements pénitentiaires respectifs. Des visiteurs de prison peuvent entrer sans convention nationale ni subvention.

    Lettre de plusieurs associations

    Pourtant, sur le terrain, certains établissements ont déjà mis fin à la collaboration avec l’association étudiante. A Fresnes (Val-de-Marne) par exemple, « l’atelier de langue des signes a été brutalement interrompu le 3 octobre alors que la salle était réservée jusqu’en décembre », affirme Julia Poirier, déléguée régionale d’Ile-de-France. Elle affirme que le motif qui lui a été donné « est la suppression de la convention nationale ». Cet atelier de deux heures par semaine avait été mis en place en mai pour permettre à une personne sourde de communiquer avec ses codétenus. Illustration de la méfiance grandissante qui s’est installée entre les deux parties, une source pénitentiaire affirme que la dizaine de détenus « entendant et parlant » qui participaient à cet atelier « s’y rendaient pour – au mieux – se réunir… »

    Dans le but de faire revenir la chancellerie sur cette décision, plusieurs associations partenaires de la DAP telles que le Secours catholique, l’Association nationale des visiteurs de prison ou la Fédération des associations réflexion action prison et justice ont cosigné une lettre adressée vendredi 26 octobre au directeur de l’administration pénitentiaire pour s’inquiéter de l’arrêt de la convention.

    « A travers l’action du Genepi, l’intervention d’étudiants en détention nous semble à l’évidence plus que jamais importante », écrivent-elles. Elles soulignent que, non seulement ces rencontres ont « un impact positif » sur les personnes détenues, et qu’elles sont menées par des étudiants appelés à occuper des postes importants et dont le regard sur la prison aura ainsi changé. Albin Heuman, conseiller de Nicole Belloubet, devait recevoir l’association à la chancellerie lundi 29 octobre dans l’après-midi. Mais c’est sans doute à la ministre qu’il reviendra d’entériner ou non cette rupture.

    #prison #Genepi #abolitionnisme

    • Fin de l’action en détention pour le Genepi, Communiqué Genepi, 09/2019

      https://www.genepi.fr/fin-de-laction-en-detention-pour-le-genepi

      En 2017, dans une optique de réflexion politique sur l’action en détention, le Genepi a déterminé des « limites basses » au niveau national, constituant un cadre minimum pour ses interventions. Parmi ces lignes rouges à ne pas franchir : la présence de dispositifs d’écoute et de vidéosurveillance dans les salles d’ateliers, la pratique de fouilles à nu après les ateliers, la présence de listes d’appels ou tout autre système « du bâton et de la carotte » dans lequel s’inscrirait contre son gré le Genepi. Dans les faits, faire respecter ces limites basses s’est révélé pratiquement impossible et nombre de groupes locaux ont passé outre.

      [...]

      En 2018, après un long silence, cette dernière décide de rompre la convention qui la liait à l’association, évoquant une baisse du nombre d’heures d’ateliers donnés en prison et une critique des politiques pénitentiaires de la part des bénévoles du Genepi. Il s’agissait surtout d’une sanction politique, comme nous l’avons rappelé dans nos nombreux communiqués. C’est suite à une phase de médiatisation intense et grâce à de vastes soutiens (que nous remercions encore aujourd’hui) que le Genepi a pu récupérer une convention.

      Cette convention reflète la vision qu’a l’administration pénitentiaire du rôle de l’associatif en prison. En effet, elle semble percevoir le Genepi comme un prestataire de services éducatifs permettant d’obtenir une paix sociale relative en détention : “Aujourd’hui, travaillant à la transformation sociale. Demain, prestataires du gouvernement pour l’accompagnement social, à moindre coût, des politiques néo-libérales”, écrivaient à l’époque les camarades du syndicat ASSO – Solidaires [Genepi : contre la vassalisation du secteur associatif ! – Syndicat ASSO – 05/11/2018]. Avec cette nouvelle convention, l’administration pénitentiaire limite l’action du Genepi au seul cadre scolaire, empêchant tout atelier à vocation politique ou même simplement culturelle en détention. De plus, le respect des limites basses serait encore rendu impossible, étant donné les politiques sécuritaires actuelles.

      « Les intervenants acceptent pendant un temps donné de se soumettre à un règlement, acceptent d’être détenus. Ça renvoie à ma propre histoire, quand je refusais que ma famille vienne au parloir car je refusais que pendant une demi-heure ma famille soit détenue et se soumette à un règlement auquel elle n’avait pas à se soumettre. Ce que je reproche aux intervenants, c’est ça, « vous venez en prison vous enfermer avec nous pendant un temps donné, mais vous en sortez très vite, et quand vous en sortez, vous emmenez plus de choses que vous n’en avez amené. »

      Ça ne valait pas la peine mais ça valait le coup , propos d’Hafed Benotman – L’Envolée

      Mettre en œuvre cette convention, si cela était possible, serait un retour en arrière pour le Genepi, transformé en partenaire docile, acceptant toutes conditions de l’administration pénitentiaire, vidé de sa substance critique. Par ailleurs, il faut absolument savoir que l’administration pénitentiaire a souhaité, alors que nous nous apprêtions à signer la nouvelle convention, ajouter une clause relative à la communication du Genepi ; cette clause aurait donné à la DAP un droit de surveillance sur nos prises de parole et de position, et leur aurait facilité la possibilité de mettre un terme (de nouveau) au partenariat.

  • Actualité de l’abolitionnisme
    https://journals.openedition.org/champpenal/9163

    Annotations :

    Premièrement, il y a une privation progressive des droits des individus à gérer eux-mêmes les conflits juridiquement codés comme ‘criminels’. Ils devront ainsi se soumettre à un pouvoir extérieur à eux, lequel s’impose comme pouvoir judiciaire et politique (Foucault, 1974 [2001, 1447]). Deuxièmement, il y a la création d’un personnage totalement nouveau, sans précédent dans le droit romain : le procureur (Foucault, 1974 [2001, 1447]). C’est avec cette invention diabolique que le pouvoir souverain va d’abord doubler et progressivement trahir la victime concrète. Troisièmement, la notion même d’infraction est inventée et en viendra à remplacer la vieille notion de tort qui, jusque-là, avait été incrustée dans la notion de ‘crime’ : (...)

    #prisons #abolitionnisme #.articles_revues

  • Mouvement abolitionniste des prisons et des peines
    http://abolition.prisons.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=17&Itemid=3

    Annotations :

    L’abolition est un vaste chantier entrepris concrètement il y a vingt ans. Mais il faut maintenant poursuivre car si la #peine_de_mort est rejetée selon les nombreux critères prétendus de sa justification et de sa légitimité, il n’y a aucune raison de ne pas mettre en doute les peines privatives de liberté, en un mot la #prison. Bien avant « Surveiller et punir », M. Foucault écrivait déjà : « Tout système pénal est au fond orienté vers la mort et régi par elle. […] La prison n’est pas l’alternative à la mort, elle porte la mort avec elle. […] C’est de vie ou de mort, non d’amendement qu’il est question dans les prisons 13. » La peine de mort est ostracisme immédiat et (...)

    #:Christian-Nils_Robert #abolitionnisme #Justice

  • A contre-courant du féminisme carcéral

    Le #système_judiciaire protège-t-il les #femmes ? Si, pour la plupart des féministes, la lutte contre les #violences_sexistes et sexuelles passe par l’#incarcération des agresseurs, la chercheuse et militante #Gwenola_Ricordeau plaide au contraire dans son essai "Pour elles toutes : femmes contre la prison" pour un combat féministe émancipé du #système_pénal.

    Le jour où la prison a cessé d’être une abstraction pour moi, j’ai été convaincue qu’il fallait l’abolir. Ce n’est donc pas par un cheminement théorique, mais par les tripes, que s’est imposée à moi l’idée de l’abolition de la prison : je ne savais pas bien comment on pouvait s’y prendre – ni même si d’autres y avaient songé avant moi. J’avais une vingtaine d’années et je savais que j’allais y consacrer une partie de ma vie.

    Dans les années qui ont suivi, j’ai découvert, émerveillée, les idées que désigne généralement l’expression « abolitionnisme pénal » et rencontré d’autres abolitionnistes, notamment grâce à mon engagement dans des luttes anticarcérales. Mon abolitionnisme n’a pourtant pas été totalement étranger à mon parcours féministe dont la construction doit beaucoup à mon expérience d’avoir eu des proches en prison. J’ai pris conscience très tôt de vivre là une expérience de femme. Car si les prisons sont surtout remplies d’hommes, il y a, devant leurs portes, presque seulement des femmes. Et j’ai su très rapidement que ce sont elles qui, pour l’essentiel, assurent dehors les tâches de solidarité matérielle et émotionnelle qui sont nécessaires à la survie des hommes dedans.

    Mon parcours féministe a aussi été façonné par la réflexion que m’ont obligée de mener plusieurs événements plus ou moins dramatiques de ma vie. Cette réflexion découlait d’une question : quelles formes de réparation, de reconnaissance et de protection pouvais-je attendre du système judiciaire ? J’ai été amenée à y répondre de diverses manières, à trois occasions au moins, puisque j’ai dû recourir au système judiciaire dans deux situations d’urgence et que j’ai pu choisir de refuser de le faire dans une autre. Pourtant, ces diverses expériences m’ont toutes laissée insatisfaite. En raison du caractère structurel des violences auxquelles j’ai été confrontée, qu’elles aient été interpersonnelles ou d’Etat, je savais pertinemment que rien n’avait été vraiment résolu – même si se défendre d’un homme et se défendre de l’Etat ont des implications fort différentes. J’ai donc été bien moins intéressée par l’idée d’user, sur le terrain judiciaire, de mon bon droit que de contribuer, sur le terrain politique, à la résolution collective des conditions qui avaient rendu possibles ces violences.
    Combattre la « justice patriarcale »

    Je suis convaincue depuis maintenant une quinzaine d’années de la nécessité d’abolir la prison. Je connais donc bien l’étonnement que suscite fréquemment une telle position. Je sais aussi qu’une question ne tarde jamais à être posée : « Et les violeurs ? » J’aime répondre, en particulier aux femmes, par une autre question : « Que pensez-vous de la manière dont ont été traités les cas de violences sexuelles dont vous avez eu personnellement connaissance ? »

    Je n’ai jamais obtenu une réponse simple. J’ai écouté des souvenirs et parfois des confidences. J’ai entendu de la rancœur, de la honte, des inquiétudes, de la tristesse. Chaque femme, à sa manière, esquissait le portrait d’un système judiciaire pas toujours juste et d’une justice des hommes à laquelle on n’est pas toujours sûres de pouvoir faire confiance. Parce que ces discussions confrontaient chacune à ses doutes, ses peurs, ses colères ou ses espoirs, il était difficile d’y mettre fin.

    Les femmes servent, de plus en plus souvent, de prétexte pour justifier le durcissement des politiques pénales, quand celui-ci n’est pas directement imputable aux mobilisations féministes, en particulier parce que les auteurs d’infractions à caractère sexuel sont, avec les auteurs d’attaques terroristes, la principale figure du danger que brandissent les défenseurs de ces politiques pénales. Or l’échec des politiques mises en place jusqu’ici pour résoudre le problème des violences sexuelles est flagrant : l’ampleur du nombre de femmes qui ne portent pas plainte indique la faiblesse de la proposition politique des courants féministes qui promeut des réponses pénales aux violences sexuelles. Mais le système pénal n’a-t-il jamais protégé les femmes ? Quelle sorte de femme faut-il être pour avoir encore confiance dans le système judiciaire ?

    Des femmes sont en prison, certes en plus petit nombre que les hommes. Néanmoins, les conséquences sociales (en particulier sur les enfants) de leur incarcération sont plus importantes que dans le cas des hommes. Des femmes sont aussi très nombreuses – je l’ai évoqué plus haut – devant les portes des prisons. Preuve d’amour, d’amitié, ou de sympathie, mais aussi de l’obligation de solidarité qui est faite aux femmes. Alors, combien faudrait-il de femmes en plus derrière les barreaux et dans les parloirs des prisons pour que la prison soit incontestablement une question féministe ?

    Voilà quelques pistes de réflexion qui suggèrent qu’on peut puiser dans le féminisme des critiques radicales du système pénal. N’a-t-on pas au moins autant de raisons de combattre la « justice patriarcale » que la « justice bourgeoise » ou la « justice raciste » ? Et si l’on considère ce que fait la « justice » aux personnes LGBTQ, ces critiques radicales ne peuvent-elles pas au moins s’appuyer sur la pensée queer ?

    Parce qu’il a été façonné par mon abolitionnisme et par mes expériences du système judiciaire, mon féminisme est allergique à ce qu’on associe généralement au « féminisme », c’est-à-dire des appels, au nom des femmes, à la criminalisation de plus de types d’actes et au prononcé de peines plus sévères. Ce même féminisme qui s’indigne de la condamnation en France de Catherine Sauvage 1, qui dénonce facilement le fait que d’autres Catherine Sauvage soient en prison, mais qui ne considérera jamais la prison comme un problème pour les femmes.

    Alors, peut-on laisser à ce courant du féminisme le monopole des victimes ? Les abolitionnistes comme les féministes ne peuvent se tenir à l’écart des discussions que soulèvent à la fois les besoins de justice des femmes et le sort de celles qui sont confrontées à la prison. De qui et de quoi le système pénal protège-t-il les femmes ? Qui entend la voix des femmes incarcérées ? De celles qui ont des proches en prison ? Toutes ces questions suggèrent une discussion entre féminisme et ­abolitionnisme pénal.
    Analyses féministes et abolitionnistes

    Engager cet échange n’est pas simple, car les luttes féministes et les luttes abolitionnistes sont souvent présentées, notamment en France, comme antagonistes. Les premières sont réputées plaider, dans leur ensemble, pour plus de répression, tout particulièrement à l’encontre des auteurs de violences faites aux femmes. Dans le même temps, les luttes abolitionnistes sont généralement soupçonnées de se désintéresser des victimes et singulièrement, parmi elles, des femmes. Pour rendre la discussion plus épineuse encore, le terme « abolitionnisme » sème la confusion quand on parle de féminisme, car il peut servir à désigner la position de certains de ses courants à l’égard de la prostitution – position du reste assez éloignée de celles de l’abolitionnisme pénal.

    Un peu de bonne volonté et un vocabulaire mieux défini ne suffiront pas pour venir à bout de cette discussion. En effet, l’abolitionnisme pénal se trouve, avec certains courants du féminisme (comme avec certaines luttes antiracistes ou LGBTQ), devant une vraie contradiction : les politiques de la reconnaissance menées sur le terrain du droit et des droits s’accompagnent assez naturellement d’appels à la création de nouvelles infractions (par exemple, liées aux discriminations). Or la criminalisation de certains actes, et donc de certaines personnes, va à l’encontre du projet abolitionniste.

    Pour elles toutes vise à délier ce nœud, en répondant essentiellement à trois questions. Le système pénal protège-t-il les femmes ? Qu’est-ce que le système pénal fait aux femmes qui y sont confrontées ? Faut-il inscrire les luttes féministes sur le terrain du droit ? L’exploration systématique des formes de protection que les femmes peuvent (ou non) attendre du système pénal et des manières dont elles sont affectées par son existence, et en particulier par celle de la prison (qu’elles soient incarcérées ou qu’elles aient des proches en prison), suggère, sur les plans théorique et stratégique, deux autres questions. Comment penser l’articulation des analyses féministes et abolitionnistes ? Quelles stratégies adopter pour s’émanciper du système pénal ?

    J’écris à la lumière de mon expérience personnelle et militante, mais aussi des recherches que je mène depuis une dizaine d’années, en particulier sur les solidarités familiales des personnes détenues. S’il me revient l’entière responsabilité des réflexions que j’expose dans ce livre, je sais aussi ce qu’elles doivent aux échanges auxquels j’ai participé grâce à mon engagement dans des luttes anticarcérales et dans l’abolitionnisme pénal, principalement en France et, depuis quelques années, aux Etats-Unis où je vis désormais. Elles doivent aussi beaucoup à mes nombreuses rencontres avec des féministes, des proches de personnes détenues et des militant.es à travers le monde. Je ne prétends donc pas, avec ce livre, faire trembler les théories politiques, ni, à vrai dire, écrire des choses qui n’ont pas déjà été dites, pensées ou discutées par d’autres ou collectivement – et aussi écrites, surtout en anglais.

    Comprendre comment s’est tissée notre dépendance au système pénal est un travail long et minutieux. Il faut détricoter de ce côté-là pour pouvoir, de l’autre, tisser ensemble féminisme et abolitionnisme pénal. Ce livre s’y emploie, avec pour fil conducteur celui-là même avec lequel j’ai cousu la trame de mes engagements politiques. Car je suis féministe, donc pour l’abolition du système pénal, et je suis pour l’abolition du système pénal, donc féministe. Parce que féministe tant qu’il le faudra et abolitionniste tant qu’il y aura des prisons, j’espère contribuer à faire résonner, dans les luttes féministes comme dans les luttes abolitionnistes, le slogan : « #Femmes_contre_la_prison ! »

    https://lecourrier.ch/2021/06/06/a-contre-courant-du-feminisme-carceral
    #féminisme #prisons #emprisonnement #justice #violences_sexuelles #abolitionnisme #abolitionnisme_pénal #solidarité_matérielle #solidarité_émotionnelle #réparation #reconnaissance #protection #violence #justice_patriarcale #patriarcat #viols #échec #criminalisation #répression #droit #droits #solidarités_familiales

    • Pour elles toutes. Femmes contre la prison

      « Comprendre comment s’est tissée notre dépendance au système pénal est un travail long et minutieux. Il faut détricoter de ce côté-là pour pouvoir, de l’autre, tisser ensemble féminisme et abolitionnisme pénal. Parce que féministe tant qu’il le faudra et abolitionniste tant qu’il y aura des prisons. »

      Les luttes féministes et les luttes pour l’abolition du système pénal et de la prison sont souvent présentées comme antagonistes. Le présent ouvrage vise à délier ce nœud en explorant les formes de protection que les femmes peuvent (ou non) attendre du système pénal et en mettant en lumière les manières dont celui-ci affecte leur existence, qu’elles soient incarcérées ou qu’elles aient des proches en prison.

      Le système pénal protège-t-il les femmes ? Que fait-il aux femmes qui y sont confrontées ? Faut-il inscrire les luttes féministes sur le terrain du droit ? En répondant à ces questions, Gwenola Ricordeau dénonce la faiblesse de la proposition politique des courants féministes qui promeuvent des réponses pénales aux violences contre les femmes. Critique du « féminisme carcéral », elle plaide pour des formes d’autonomisation du système pénal.

      https://luxediteur.com/catalogue/pour-elles-toutes
      #livre

  • #Sarah_Ditum : De l’importance de ne pas relooker la prostitution en « travail du sexe »
    https://tradfem.wordpress.com/2021/05/03/de-limportance-de-ne-pas-relooker-la-prostitution-en-travail-du-s

    Daisy avait 15 ans lorsqu’elle a reçu son premier avertissement lié à la prostitution. Elle parle peu de cette partie de son histoire aux gens, car elle ne veut pas que ce récit déborde dans son présent (tous les détails permettant de l’identifier ont été modifiés dans le présent article). Cela fait d’elle l’une des femmes que vous n’entendrez pas dans les débats actuels sur l’industrie du sexe.

    On dit souvent aux décideurs et aux féministes qu’ils et elles doivent « écouter les travailleuses du sexe », mais il faut garder à l’esprit que l’on ne peut écouter que celles qui acceptent de s’exprimer, et que plus une femme a subi de préjudices, moins elle est susceptible de vouloir revenir lç-dessus sur la place publique. Si des personnalités telles que Brooke « Belle de Jour » Magnanti et Melissa Gira Grant, autrice du livre Playing the Whore (Faire la pute,) peuvent s’afficher comme représentantes de la prostitution, c’est sans doute en partie parce que leurs expériences relativement bénignes sont atypiques. Rangées en face d’elles sont les femmes comme Rachel Moran et Rebecca Mott, qui se qualifient de « survivantes ». Pour celles-là, la vente de sexe n’a été rien d’autre qu’un traumatisme, et revisiter ce traumatisme fait partie de leur vie publique en tant que militantes. C’est un lourd tribut à payer pour n’importe qui, et Daisy, que j’ai rencontrée par l’intermédiaire d’une association de lutte contre la violence faite aux femmes, y résiste : « Je refuse de construire ma carrière sur le fait d’être une « ex » quoi que ce soit. Ce n’est pas une étiquette que je veux ou que j’accepte ».

    Version originale : https://www.newstatesman.com/politics/2014/12/why-we-shouldnt-rebrand-prostitution-sex-work
    Traduction : Collective #TRADFEM

  • Manifeste pour la suppression générale de la police nationale
    https://lundi.am/Manifeste-pour-la-suppression-generale

    Il n’y aurait pas assez de place, dans ces lignes, pour décrire en détail le mal que la police a commis et commet encore, en France et dans le monde. Ce mal est commis selon deux axes : la répression carcérale (forme moderne et plus savante de l’esclavage colonial) et les violences ordinaires (visant à détruire l’individu et créer le citoyen). Le danger de l’existence de la police est négligé par l’ensemble des citoyens des États (hormis ceux qui en sont directement victimes). Pire, ce danger est assumé comme un mal nécessaire car on lui rattache un bien : l’exercice du maintien de l’ordre et de la force publique. La police est une subsistance des inégalités qui survivent et n’ont pu être détruites par la Révolution de 1789. Elle permet à la notion de droit de prendre une réalité, sous la menace qu’est la violence. Le policier est le rêve des États comme forme parfaite de citoyenneté et celui des citoyens comme forme parfaite de justice. La police comme institution s’impose aux démocraties et républiques imparfaites actuelles, avec la force de l’évidence, au nom même de la défense de ces mêmes régimes bienfaiteurs. La disparition de la police, en tant que telle, ne peut être donc qu’une étape obligatoire dans la progression humaine, vers un contrôle plus efficace et strict de la force dont elle dispose pour contraindre, au profit d’une minorité. C’est-à-dire, si la France accède un jour à la démocratie.

    #Police #Violence_Policière #suppression_de_la_police #AbolitionDeLaPolice

  • Il est urgent d’ouvrir le revenu minimum aux jeunes
    https://www.inegalites.fr/Il-est-urgent-d-ouvrir-le-revenu-minimum-aux-jeunes

    Ensuite, on craint que le RSA fasse des jeunes des « assistés ». Avec 500 euros par mois, ils pourraient soi-disant se passer de chercher du travail. Or différentes études ont montré que la mise en place d’un revenu minimum n’affecte pas la recherche d’emploi des jeunes [3]. Les travaux de l’économiste Esther Duflo sur la pauvreté ont établi que cette critique de l’assistanat, envers les plus pauvres en général, n’était pas fondée empiriquement. Surtout, elle explique qu’il est possible de lier plus étroitement le bénéfice d’un revenu minimum aux dispositifs d’accompagnement vers l’emploi ou la formation, comme c’est le cas dans les pays nordiques. Il existe en France une « garantie jeunes » qui permet d’accompagner les jeunes en situation de vulnérabilité dans leur insertion professionnelle, mais elle est attribuée dans des conditions draconiennes.

    Pour lutter efficacement contre la pauvreté des jeunes, il est temps de leur accorder le droit à un minimum social [4]. Cette option est largement à la portée des finances publiques de notre pays. L’Inspection générale des affaires sociales, reprenant une étude du ministère des Solidarités a, par exemple, estimé le coût de l’ouverture du RSA aux 18-25 ans (non étudiants) à un montant situé entre 1,5 et 3 milliards d’euros [5]. À titre de comparaison, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), dont l’effet est très réduit, a coûté 21 milliards en 2018, et le « plan jeunes » présenté le 23 juillet dernier, 6,5 milliards. C’est donc une réforme dont la mise en œuvre ne dépend en fin de compte que d’une volonté politique suffisante, et dont les effets seraient considérables en termes de réduction de la pauvreté [6].

  • Abolir les prisons, la police et le système pénal
    Entretien avec Gwenola Ricordeau

    https://lavoiedujaguar.net/Abolir-les-prisons-la-police-et-le-systeme-penal-Entretien-avec-Gwen

    https://www.bastamag.net/Abolition-prison-police-abolitionnisme-feminisme-violences-sexistes-Entret

    Basta ! : Vous êtes féministe et vous voulez abolir la prison, donc là où on enferme les agresseurs. Ces positions sont-elles difficilement conciliables ?

    Ces positions sont plus que « conciliables ». Mon travail propose une analyse féministe du système pénal et de ce que celui-ci fait aux femmes. Cela permet de faire plusieurs constats. Tout d’abord, les personnes détenues sont pour l’essentiel des hommes, mais la vie des femmes de leur entourage, mère, sœur, compagne, fille, est souvent affectée par cette incarcération, notamment à travers les diverses formes de travail domestique qui sont attendues d’elles et qui incluent le soutien moral, à travers les visites, le courrier, etc. Par ailleurs, quand on regarde qui sont les femmes qui sont en prison, on note qu’elles partagent de nombreuses caractéristiques avec les hommes détenus : elles sont en grande partie d’origine populaire et issues de l’histoire de la colonisation et des migrations. Mais les femmes détenues ont aussi des particularités. Une très grande proportion d’entre-elles ont été victimes de violences sexuelles. Ces violences ont façonné leur parcours de vie, leur isolement social ou leur parcours délictuel. Et lorsqu’on examine la protection que les femmes peuvent attendre du système pénal, on ne peut que constater un échec flagrant. (...)

    #Gwenola_Ricordeau #féminisme #violences_sexuelles #prison #justice #police #abolition #réparation

    • « L’évaluation a montré que cette loi protège bien les personnes prostituées et qu’elle est efficace si elle est portée par le Gouvernement. Si les ministères de la Justice et de l’Intérieur ainsi que le secrétariat d’État en charge des droits des femmes ne sont pas actifs, ce sont les personnes prostituées qui en font les frais. Il faut donc davantage de volontarisme politique et de moyens financiers pour garantir l’effectivité de la position abolitionniste de la France… »

      Cependant si on regroupe les clients mis en cause depuis 2017, on atteint 5000 personnes en 2020. Et l’obligation de suivre un stage pour les clients poursuivis dépend des juges.

      J’ai appris que la menace horrible qui pèse sur les prostitueurs et oblige les prostitué·es à se cacher et à se mettre en danger, ce serait un stage de sensibilisation. Horreur ! C’est Queutard qu’on assassine !

      L’accord d’admission dans le parcours de sortie permet à la personne de bénéficier, sous réserve de l’approbation du Préfet, d’une autorisation provisoire de séjour (APS) de 6 mois, renouvelable 3 fois, ainsi que d’une allocation financière d’insertion sociale (AFIS) de 330€/mois pour une personne seule (+132€/enfant), si elle n’a pas d’autre revenu. Ce parcours de sortie de prostitution PSP) ne constitue pas la seule voie de sortie de la prostitution, – l’Amicale du Nid accompagne plus de 3 000 personnes par an vers une insertion socio professionnelle – mais il représente un levier puissant pour les personnes qui sont prêtes à s’y impliquer. C’est un signal fort de reconnaissance.

      J’aurais tendance à dire qu’en effet, c’est plus de la reconnaissance qu’une aide matérielle.

      L’implication des associations abolitionnistes dans la prévention auprès des jeunes et l’éducation à la vie affective et sexuelle devrait être une priorité. Nous retenons particulièrement la lutte contre la prostitution des mineur·es contre laquelle nous sommes mobilisés depuis 2011. Elle est une priorité de notre action. Et nous insistons sur la priorité donnée à l’accès aux soins pour les personnes en situation de prostitution et de sortie de la prostitution, sur l’augmentation du montant financier de l’allocation et de la durée de l’autorisation provisoire de séjour et sur la mise à disposition d’hébergements et de logements.

      Et la pauvreté généralisée, dont sont victimes plus souvent les femmes et les enfants et ados ?

  • Stop Asking What Sexual Violence Victims Will Do without Police | Bitch Media
    https://www.bitchmedia.org/article/what-will-survivors-of-sexual-violence-do-if-we-defund-the-police

    Looking at the evidence, the answer to the question, “What will sexual assault victims do without the police?” is easily answerable: Sans police, their chances of obtaining justice would be much higher than they are right now. The criminal justice system has a long and well-documented history of failing survivors and victims of sexual violence at literally every turn; often retraumatizing them in the process. A 2019 New York Times article detailed horrific police misconduct in rape cases, with officers’ behavior ranging from shaming the victims for “flirting” and “partying,” to a blatant mishandling of evidence. There’s substantial evidence that shows several precincts across the country falsely inflating their conviction rates on rape cases. Perhaps most shocking of all is a 2018 study that found hundreds of police officers have been charged with rape and sexual assault (if not thousands—the study notes that the numbers may be much larger than what has been officially reported).

    Despite the mountain of evidence pointing toward the fact that the police exacerbate harm to women and femmes, the sexual-assault argument has a way of persisting. At first glance, it can seem like a valid concern—especially to feminists and progressives who may otherwise support abolition—but upon further investigation, it’s part of a much larger (and far more dangerous) trend. For decades, white supremacy has found shelter behind the aesthetics of feminism, and the argument that sexual violence necessitates the existence of the police is just another example of anti-Black ideology commodifying feminist language to Trojan-horse its way into progressive discourse. White feminism has bastardized the women’s rights movement to justify racist and oppressive institutions for as long as there’s been a women’s rights movement, and it’s time to call it out for what it is: racism.

    Je trouve que c’est exagérer et qu’il y a beaucoup d’ignorance et de manque d’imagination derrière cet « engouement des féministes blanches pour la police »... mais peut-être que le contexte US est si différent qu’il y a là vraiment des féministes blanches et activement racistes. En France il me semble que les féministes, même blanches, n’attendent rien de la police, sauf à être composée pour le prochain Noël d’une majorité de femmes qui ne sont pas étranglées par leurs collègues. Et encore.
    #police #abolition_de_la_police #féminisme_blanc

  • FINN MACKAY, en version française sur TRADFEM :
    "(2013) La prostitution est depuis longtemps un sujet de controverse au sein du Mouvement de libération des femmes, divisant les individues et les groupes féministes. Cela s’explique en grande partie par le fait que le débat est souvent réduit à une opposition entre ce que l’on appelle la « réduction des dommages » dans une « industrie du sexe » légale – l’argument pro-légalisation – et, d’autre part, les arguments en faveur de l’abolition de la prostitution. Celles qui tendent vers ce dernier point de vue sont souvent accusées de moralisme, de conservatisme et, pire encore, de mépris pour la sécurité des femmes. Il est donc peut-être opportun de revoir la vision féministe de la prostitution en tant que cause et conséquence de l’inégalité, et le présent billet tentera d’aborder certains des défis contemporains adressés à cette position politique. (...)"

    https://tradfem.wordpress.com/2020/07/03/argumenter-contre-lindustrie-de-la-prostitution-au-dela-de-loppos
    #PROSTITUTION #réduction des dommages #abolitionnisme #industrie du sexe

  • Thread by G_Ricordeau : Qq textes en francais sur l’ #AbolitionDeLaPolice et/ou les mouvements pour l’abolition (USA ou ailleurs) : (merci de completer :) ITV de Mag…
    https://threadreaderapp.com/thread/1273631208593735685.html?refreshed=1592941280

    Qq textes en francais sur l’ #AbolitionDeLaPolice et/ou les mouvements pour l’abolition (USA ou ailleurs) : (merci de completer :)

    https://www.vice.com/fr/article/g5pvaq/un-futur-sans-police-est-il-possible

    https://rebellyon.info/A-quoi-ressemblerait-un-monde-sans-22413

    https://www.jefklak.org/tout-le-monde-peut-se-passer-de-la-police

    https://iaata.info/Coalition-pour-l-Abolition-de-la-Police-en-fRance-4312.html

    https://theconversation.com/peut-on-abolir-la-police-la-question-fait-debat-aux-etats-unis-1404

    https://acta.zone/les-violences-policieres-ne-sont-quune-partie-des-problemes-suscites-par-lexi

    https://basse-chaine.info/?Comment-empecher-les-flics-de-tuer-315

    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Faut-il-abolir-la-police

    https://www.bastamag.net/police-violences-racisme-bavures-abolitionnistes-Black-Lives-Matter-IGPN-I

    https://www.revolutionpermanente.fr/Etats-Unis-Lutter-pour-l-abolition-de-la-police-c-est-lutter-po

    https://www.lautrequotidien.fr/new-blog/2020/6/17/oui-nous-voulons-littralement-abolir-la-police-parce-que-la-rforme-n

    https://paris-luttes.info/police-mesures-reformistes-ou-14138?lang=fr

    https://www.noprisons.ca/voices/un-futur-sans-flics

    https://lundi.am/Manifeste-pour-la-suppression-generale

  • Au journal El País : la violence a bien un sexe
    Nous, les femmes de l’Assemblée abolitionniste de Madrid, dénonçons la négation de la violence structurelle à l’égard des femmes que constitue l’article « Ni toutes les femmes ont des règles, ni toutes les personnes qui ont des règles sont des femmes », publié dans le journal El País le 20 juin. Depuis quelque temps, nous assistons à une tentative d’institutionnalisation de la novlangue machiste promu par les théories queer, qui déshumanisent les femmes en parlant de « corps menstrués » ou de « personnes enceintes ». Ces expressions objectifient les femmes dans nos fonctions de reproduction et effacent le vécu et la violence que nous subissons en raison de notre réalité biologique. « Les règles ne sont pas le patrimoine exclusif des femmes », précise l’article mentionné. Si ce ne sont pas les femmes qui ont leurs règles, alors toutes les expériences de violence découlant de ce processus biologique ne sont plus considérées comme l’expression du machisme avec lequel notre corps a été historiquement maltraité.
    En novembre 2019, El País a publié une interview de Chimamanda Ngozi Adichie dans laquelle l’écrivaine féministe raconte à la première personne l’exclusion dont souffrent des millions de filles dans différents pays lorsqu’elles commencent à avoir leurs règles et comment le tabou entourant la biologie féminine est arrivé au point d’éliminer le mot « vagin » de leur vocabulaire. Les femmes sont une classe sexuelle, et l’oppression que nous subissons dans le patriarcat est indissoluble de notre corps et de notre sexualité, tant dans ses aspects reproductifs qu’érotiques. Il n’y a pas d’essence masculine et féminine, il n’y a pas de trucs comme des cerveaux d’hommes et de femmes, c’est la socialisation différente selon le sexe qui perpétue l’inégalité. Si la catégorie sexuelle est supprimée et échangée contre le genre - définitions basées sur des stéréotypes sexistes historiquement acceptés - les femmes sont effacées et deviennent le produit de leur propre oppression. En une semaine, c’est la deuxième fois que El País publie un contenu qui promeut l’effacement des femmes. Le 17 juin dernier, elle a publié sur son réseau Twitter un post qualifiant des femmes de « personnes enceintes », post qui a été supprimé peu après. Notre législation proclame « le droit à l’égalité et à la non-discrimination sur la base du sexe » dans l’article 14 de la Constitution espagnole . La loi pour l’égalité effective entre les hommes et les femmes inclut dans sa section sur la discrimination directe fondée sur le sexe « tout traitement défavorable des femmes lié à la grossesse ou à la maternité ».
    Nous invitons toutes les personnes et tous les groupes engagés en faveur de l’égalité effective à adhérer à la présente déclaration, qui informe El País et ses rédacteurs que nous, féministes, ne permettrons pas à la presse, en tant que principaux acteurs de l’opinion publique, de diluer la violence structurelle contre les femmes dans un discours postmoderne qui ignore commodément le sexe comme racine de notre oppression." ( Asemblea abolicionista de Madrid )

    #abolitionnisme #transgenrisme #résistance féministe #ElPais #"personnes enceintes" #"hommes menstrués"

    http://abolicionmadrid.com/diario-el-pais-la-violencia-si-tiene-sexo
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  • Peut-on abolir la police ? La question fait débat aux États-Unis
    https://theconversation.com/peut-on-abolir-la-police-la-question-fait-debat-aux-etats-unis-1404

    La stratégie proposée par les mouvements états-uniens pour l’abolition de la police comporte trois étapes, que résume le mot d’ordre « Disempower, disarm, disband » (affaiblir, désarmer, dissoudre).

    L’affaiblissement de la police consiste à réduire son budget, ses effectifs et son influence sociale. La diminution de ses activités passe par le renforcement des liens sociaux pour que les personnes puissent gérer collectivement l’essentiel des situations problématiques (comme les violences interpersonnelles), grâce à des pratiques comme la justice transformatrice.

    Le désarmement consiste à s’opposer à la militarisation des forces de l’ordre qui s’est accélérée ces vingt dernières années et à réduire progressivement les armes dont elles disposent – y compris celles qui sont prétendument non létales, comme les tasers. Cette étape amène naturellement à la suivante : le démantèlement pur et simple des forces de l’ordre.

    Lors des manifestations de ces dernières semaines, le slogan « Defund the police » (« Cessez de financer la police ») a prospéré et fédéré au-delà des seuls mouvements abolitionnistes. Il suggère que les budgets alloués à la police soient affectés à d’autres secteurs et à des programmes qui renforcent les liens sociaux (santé, éducation, transports, logement, etc.) et donc contribuent à réduire la criminalité.

    En effet, l’abolitionnisme reproche aux institutions pénales de renforcer et d’entretenir les oppressions de classe, de race et de genre. C’est à ce titre que les abolitionnistes ne conçoivent pas qu’on puisse lutter contre ces oppressions sans lutter contre le système pénal.

    Ce mouvement invite à repenser radicalement les modes de contrôle social. À la logique de la justice pénale, il entend substituer la justice sociale et des modes non punitifs de résolution des conflits, basés sur un idéal de participation, de réparation et d’émancipation des individus et des communautés.

    Beaucoup pensent que l’existence de la police garantit la sécurité de tout·e·s. Comme le montrent les travaux sur l’histoire de la police et du système pénal, notamment ceux de Michel Foucault, la police n’a pas été créée pour répondre au phénomène du crime, mais elle participe, avec l’« industrie de la punition », à son organisation.

    Comme le souligne Foucault, cette organisation de la délinquance par le système pénal passe notamment par la gestion différentielle des illégalismes : la désignation des crimes et de leur plus ou moins sévère répression tendent à criminaliser davantage, et plus durement, certaines catégories de personnes. L’objectif de ce système est, selon le philosophe, non pas de protéger des criminels mais de désigner l’ennemi intérieur.

    #Police #Abolition #Communs #Justice

  • What a World Without Cops Would Look Like – Mother Jones
    https://www.motherjones.com/crime-justice/2020/06/police-abolition-george-floyd

    Efforts to cut off funding for police have already taken root in Minneapolis, where the police department’s budget currently totals $193 million. (In 2017, the department received 36 percent of the city’s general fund expenditures.) Two days after Floyd’s killing, the president of the University of Minnesota declared that that the campus would no longer contract with the police department to provide security for large gatherings like football games. On Friday, a member of the Minneapolis Board of Education announced a resolution to end the school district’s contract to station 14 cops in its schools. And community groups such as the Black Visions Collective and Reclaim the Block are petitioning the city council to cut the police department’s budget by $45 million and reinvest the money in health and (non-police) safety programs.

    With other campaigns to cut police budgets underway in cities like Los Angeles and New York and calls to defund the police gathering steam on social media, I spoke with Brooklyn College sociology professor Alex Vitale, the coordinator of the Policing & Social Justice Project and author of The End of Policing, to talk about the sweeping vision of police abolition and what it means in practice.

    #abolir_la_police #police #justice #justice_réparative #USA

    • Minneapolis council member: Conversations underway to disband police
      https://www.thedenverchannel.com/news/america-in-crisis/minneapolis-council-member-conversations-underway-to-disband-polic

      "The department is ungovernable,” Fletcher said. “Chief (Medaria) Arradondo is a leader that we’ve all had very high hopes in and that I imagined could play a role in envisioning the next version of public safety. But he has clearly not been able to make the culture change happen that we were hoping for and investing in.”

      What it would take to disband the department is unclear. But what is clear is that the department is already seeing a reduced role in the protection of the city.

      On Wednesday, the Minneapolis Park Board voted to terminate its relationship with the department, and the Minneapolis Police will no longer be involved in guarding events on park property.

      Fletcher said in a Twitter post that it’s time to “declare policing as we know it a thing of the past.”

      Minneapolis City Council members look to disband the police department as schools and other city agencies cut ties with police
      https://www.msn.com/en-au/news/world/minneapolis-city-council-members-look-to-disband-the-police-department-as-schools-and-other-city-agencies-cut-ties-with-police/ar-BB152szZ
      https://img-s-msn-com.akamaized.net/tenant/amp/entityid/BB152eBW.img?h=630&w=1200&m=6&q=60&o=t&l=f&f=jpg

      Several members of the Minneapolis City Council are exploring ways to permanently disband the Minneapolis Police Department.
      Over the past week, several other city agencies have severed their ties to the department.
      “We can send a city response that makes situations better. We can resolve confusion over a $US20 grocery transaction without drawing a weapon, or pulling out handcuffs,” Councilmember Steve Fletcher said.

      Mais pas de grosse presse sur ça...

    • Six Ideas for a Cop-Free World - Rolling Stone
      https://www.rollingstone.com/politics/politics-news/police-brutality-cop-free-world-protest-199465

      Editor’s note: This story was originally published on December 16th, 2014, following the deaths of Michael Brown and Eric Garner, black men who were killed by police. In recent days, in the wake of nationwide protests demanding justice for George Floyd, we are sharing some of our previous coverage about how to end systematic racism in America.

      After months of escalating protests and grassroots organizing in response to the police killings of Michael Brown and Eric Garner, police reformers have issued many demands. The moderates in this debate typically qualify their rhetoric with “We all know we need police, but…” It’s a familiar refrain to those of us who’ve spent years in the streets and the barrios organizing around police violence, only to be confronted by officers who snarl, “But who’ll help you if you get robbed?” We can put a man on the moon, but we’re still lacking creativity down here on Earth.

      But police are not a permanent fixture in society. While law enforcers have existed in one form or another for centuries, the modern police have their roots in the relatively recent rise of modern property relations 200 years ago, and the “disorderly conduct” of the urban poor. Like every structure we’ve known all our lives, it seems that the policing paradigm is inescapable and everlasting, and the only thing keeping us from the precipice of a dystopic Wild West scenario. It’s not.

    • I’m a Minneapolis City Council Member. We Must Disband the Police—Here’s What Could Come Next | Time
      https://time.com/5848705/disband-and-replace-minneapolis-police

      I have been surprised, then, by how difficult and controversial it has been to pass the relatively small budget changes that we have made, which have not even cut their budget but merely redirected some proposed increases to fund a new Office of Violence Prevention. Other programmatic proposals to change the way we police have been met with stiff institutional resistance.

      Minneapolis Police had an opportunity to distance themselves from Derek Chauvin, to express sympathy, to be a calming presence. Instead, they deployed tear gas and rubber bullets, effectively escalating the situation from protest to pitched conflict. By the next day, it was clear that people on Lake Street were rallying for much more than the prosecution of four officers. They were demonstrating their anger at decades of harassment and racialized violence and calling for it to end.

      We have a talented, thoughtful police chief who has attempted some important steps. He has fired officers for significant abuses only to have his decisions overturned and those officers reinstated by arbitrators. Mayor Frey has met fierce resistance from the Federation to implement even minor policy changes.

      After viewing George Floyd’s murder, watching police not only fail to apologize, but escalate the situation with aggressive tactics, and finally watching the department abandon neighborhood businesses to exclusively defend their precinct building, most of my constituents have had enough.

      Every member of the Minneapolis City Council has now expressed the need for dramatic structural change. I am one of many on the Council, including the Council President and the Chair of Public Safety, who are publicly supporting the call to disband our police department and start fresh with a community-oriented, non-violent public safety and outreach capacity. What I hear from most of my constituents is that they want to make sure we provide for public safety, and they have learned their whole lives to equate “safety” with “police,” but are now concluding that need not be the case.

      We had already pushed for pilot programs to dispatch county mental health professionals to mental health calls, and fire department EMTs to opioid overdose calls, without police officers. We have similarly experimented with unarmed, community-oriented street teams on weekend nights downtown to focus on de-escalation. We could similarly turn traffic enforcement over to cameras and, potentially, our parking enforcement staff, rather than our police department.

      By Steve Fletcher
      June 5, 2020 9:57 AM EDT
      Fletcher is a City Council Member for Ward 3 in Minneapolis, Minn.

      We can invest in cultural competency and mental health training, de-escalation and conflict resolution. We can send a city response that that is appropriate to each situation and makes it better. We can resolve confusion over a $20 grocery transaction without drawing a weapon or pulling out handcuffs.

      Mostly—and this might be the hardest part to envision and make real—we need to be more deeply engaged with each other. We need to build the relationship networks, skills, and capacity in our communities to support each other in resolving conflicts and keeping each other safe before things escalate dangerously. Our isolation from each other has required us to outsource the management of social interactions. We have to get relational.

    • Opinion | The Police Killed George Floyd. Redirect Their Funding Elsewhere. - The New York Times
      https://www.nytimes.com/2020/05/30/opinion/george-floyd-police-funding.html

      The only way we’re going to stop these endless cycles of police violence is by creating alternatives to policing. Because even in a pandemic where black people have been disproportionately killed by the coronavirus, the police are still murdering us.

      On Monday, a worker at a store in Minneapolis called 911, claiming that George Floyd had used counterfeit money. The incident ended with a police officer suffocating Mr. Floyd to death, despite his and bystanders’ pleas for mercy. Protests have since erupted across the country while the police respond with military-style violence.

      As the case of George Floyd makes clear, calling 911 for even the slightest thing can be a death sentence for black people. For many marginalized communities, 911 is not a viable option because the police often make crises worse.

      More training or diversity among police officers won’t end police brutality, nor will firing and charging individual officers. Look at the Minneapolis Police Department, which is held up as a model of progressive police reform. The department offers procedural justice as well as trainings for implicit bias, mindfulness and de-escalation. It embraces community policing and officer diversity, bans “warrior style” policing, uses body cameras, implemented an early intervention system to identify problematic officers, receives training around mental health crisis intervention, and practices “reconciliation” efforts in communities of color.

      George Floyd was still murdered. The focus on training, diversity and technology like body cameras shifts focus away from the root cause of police violence and instead gives the police more power and resources. The problem is that the entire criminal justice system gives police officers the power and opportunity to systematically harass and kill with impunity.

      The solution to ending police violence and cultivating a safer country lies in reducing the power of the police and their contact with the public.

      Municipalities can begin by changing policies or statutes so police officers never respond to certain kinds of emergencies, including ones that involve substance abuse, domestic violence, homelessness or mental health. Instead, health care workers or emergency response teams would handle these incidents.

      Ideally, people would have the option to call a different number — say 727 — to access various trained response teams.

      The good news is, this is already happening. Violence interruption programs exist throughout the country and they’re often led by people from the community who have experience navigating tricky situations. Some programs, like one in Washington, D.C., do not work with the police; its staff members rely instead on personal outreach and social connections for information about violence that they work to mediate and diffuse. We should invest in these programs, which operate on shoestring budgets, so they have their own dedicated dispatch centers outside of 911.

      Dallas is pioneering a new approach where social workers are being dispatched to some 911 calls that involve mental health emergencies. The program has shown success, and many of the people receive care that they would never have gotten in jails or overcrowded hospitals.

      In California, the Bay Area Transformative Justice Collective deals with child sexual abuse without the police. The collective develops pods — groups of people including survivors, bystanders or people who have harmed in the past — that each pod-member feels they can turn to for support when needed.

      Here’s another idea: Imagine if the money used to pay the salaries of police officers who endlessly patrol public housing buildings and harass residents can be used to fund plans that residents design to keep themselves safe. The money could also pay the salaries of maintenance and custodial workers; fund community programs, employment and a universal basic income; or pay for upgrades to elevators and apartment units so residents are not stuck without gas during a pandemic, as some people in Brooklyn were.

      https://batjc.wordpress.com

      By Philip V. McHarris and Thenjiwe McHarris

      Mr. McHarris is a doctoral candidate focusing on race, housing and policing. Ms. McHarris is a strategist with the Movement for Black Lives.

    • Black Lives Matter Has Been Doing The Work To ’Defund The Police’ For Years
      https://www.msn.com/en-us/news/us/black-lives-matter-has-been-doing-the-work-to-defund-the-police-for-years/ar-BB156D9S
      https://img-s-msn-com.akamaized.net/tenant/amp/entityid/BB156BjH.img?h=630&w=1200&m=6&q=60&o=t&l=f&f=jpg&x=3157&y=7

      Los Angeles’ BLM chapter and its partners proposed an alternative “People’s Budget,” which showed how redirecting money allocated for LAPD could pay for desperately needed housing assistance, rent suspension, mental health services and support for public schools. The activists succeeded in embarrassing City Council members into delaying a vote on the budget and ultimately allowing a June 1 deadline to pass without revising the budget.

      Despite its progressive reputation, Los Angeles has lagged behind the rest of the state in criminal justice reform. L.A. County jails incarcerate more people than any other jail system in the country.Black Lives Matter activists have been at the forefront of efforts to change that.

      Although Black Lives Matter does not endorse candidates, it has led the effort to oust Lacey, who has opposed almost every criminal justice reform measure that has come up during her eight years in office. Lacey, the county’s first Black district attorney, ran for reelection in 2016 unopposed but is facing a progressive challenger in November after failing to secure more than 50% of the vote in the primary.

      Thanks to BLM organizing, L.A. residents will also have the chance to vote on Measure R, a civilian-driven ballot initiative that aims to reduce the county’s jail population by getting prisoners with mental health conditions out of jail and into treatment. Organizers collected 250,000 signatures to get Measure R on the ballot.

    • What does ’defund the police’ mean? The rallying cry sweeping the US – explained | US news | The Guardian
      https://www.theguardian.com/us-news/2020/jun/05/defunding-the-police-us-what-does-it-mean?ref=hvper.com
      https://i.guim.co.uk/img/media/8fd0ed9636b86ed15b807511f42695dda676873d/0_135_3219_1931/master/3219.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

      For years, community groups have advocated for defunding law enforcement – taking money away from police and prisons – and reinvesting those funds in services. The basic principle is that government budgets and “public safety” spending should prioritize housing, employment, community health, education and other vital programs, instead of police officers. Advocates argue that defunding is the best way forward since attempts to reform police practices over the last five years have failed, as evidenced by the brutal killing of George Floyd. Groups have a range of demands, with some seeking modest reductions and others viewing full defunding as a step toward abolishing contemporary police services.
      How much does America currently spend on police?

      In the past four decades, the cost of policing in the US has tripled and is now $115bn, according to a recent analysis. That steady increase comes as crime has been consistently declining. In most cities, spending on police is significantly greater than spending on services and other departments ($1.8bn on police in Los Angeles, for example, which is more than half the city’s general fund). The Covid-19 economic crisis has led cities and states to make drastic budget cuts to education, youth programs, arts and culture, parks, libraries, housing services and more. But police budgets have grown or gone largely untouched – until pressure from protests this week.

    • Abolishing Prisons Is within Our Grasp | Bitch Media
      https://www.bitchmedia.org/article/prison-abolition-should-be-the-american-dream

      The United States incarcerates more people than any other country, with 2.2 million adults in prisons or jails at the end of 2016. Nearly 60,000 children under the age of 18 are also incarcerated in juvenile jails or prisons, and about 10,000 more children are held in adult jails or prisons. Citizens pay the high price for this system because our tax dollars are funneled into policing and incarcerating the people in these systems—predominantly Black and Brown people. This is by design. Slavery legally ended in 1865 with the passage of the Thirteenth Amendment, but the language of this amendment still allowed slavery as punishment for a crime. The carceral system revived slave labor, allowing the United States to continue disenfranchising and enslaving incarcerated Black people. Now almost every aspect of Black and Brown people’s lives is affected by the carceral state—from extra surveillance and imprisonment to disenfranchisement upon release. The entire system is built to maintain white supremacy, which remains the status quo in the United States.

      “It might be challenging to envision a world without policing or imprisonment because we’re constantly being told that these systems are natural [they’re not] and have always existed [they haven’t],” says Mohamed Shehk, the national media and communications director of Critical Resistance. Though some Americans have difficulties imagining a world without police or prisons, communities who don’t rely on the PIC do exist. Shehk says the Palestinian village where his mother grew up doesn’t have a police force. Problems there are resolved by “bringing in the elders of the community to come up with a resolution.” In 2011, the indigenous Purépecha town of Cherán banned political parties, gangs, and police. Since then, they boast the lowest murder rate in the entire Michoacán region, which is historically one of the most violent regions in Mexico. What’s more, since Cherán abolished the corrupt police force, they haven’t had a single kidnapping.

      “Policing exists to manage the consequences of inequality in ways that benefit those people who are creating the inequality,” says Alex S. Vitale, a sociology professor at Brooklyn College and author of the 2017 book The End of Policing. “The decision to use police to manage the problems of the poor is inherently unjust in most circumstances and actually racist because this burden so falls most heavily on communities of color.” Many wealthy white communities have already abolished police forces because they don’t want the criminal justice system solving their intercommunal problems. Why is this option not available to all of us?

      Abolitionists are often asked to explain what will happen to people who commit murder or rape if police and prisons are abolished. Shehk responds with a similar question: “What are we doing now with people who commit those harms?” Some of the high-profile assault stories that surfaced during the #MeToo movement, including Chanel Miller’s rape at the hands of Brock Turner and Dr. Christine Blasey Ford’s testimony of her assault by Brett Kavanaugh, revealed that survivors of sexual harassment and assault aren’t being protected by this system. Instead, the criminal justice system protects and maintains agents of the patriarchy, including students like Turner, police officers, lawyers, Supreme Court justices, and presidents.

      Since the United States locks people up at a higher rate than any other country, you’d assume this “would be the safest place, virtually free of harm or violence,” Shehk says, but that’s obviously not the case. The president of the United States and two Supreme Court justices have been accused of sexual harassment or sexual assault on multiple occasions. Less than 1 percent of rapes result in the incarceration of the perpetrator, while at least 89 percent of survivors face emotional and physical consequences. Often the rapes reported to police aren’t even investigated, considering the 200,000 rape kits the federal government estimates are sitting—submitted, yet unopened—in police storage. That’s not justice.

      ActivismMagazinePoliticsprisonThe Fantasy Issue
      Beyond BarsPrison Abolition Should Be the American Dream
      by Reina Sultan |

      artwork by Matice Moore and Dawud Lee
      Published on June 4, 2020

      I do not have all the answers, left. I try to have conversations about every subject we must deal with in our communities, center. Someone you love needs your support, but you cannot be there, no matter how much they need you, right. (Artwork by Matice Moore and Dawud Lee for the LifeLines Project)
      This article was published in Fantasy Issue #87 | Summer 2020 Subscribe »

      In her 2003 book, Are Prisons Obsolete?, scholar and activist Angela Y. Davis wrote, “Prison abolitionists are dismissed as utopians and idealists whose ideas are at best unrealistic and impracticable, and, at worst, mystifying and foolish.” Those who oppose prison-industrial complex (PIC) abolition partially see it as a fantasy that can’t be realized. “This is a measure of how difficult it is to envision a social order that does not rely on the threat of sequestering people in dreadful places designed to separate them from their communities and families. The prison is considered so ‘natural’ that it is extremely hard to imagine life without it,” Davis writes.

      But activists and organizations have been imagining life without prisons for decades. The Prison Research/Education/Action Project’s 1976 pamphlet “Instead of Prisons: A Handbook for Abolitionists” laid out the pillars of abolition: “moratorium,” “decarceration,” and “excarceration.” “Moratorium” calls for an end to the building of prisons, jails, and detention centers; “decarceration” works to have nonviolent offenders released from prison; and “excarceration” involves diverting people away from interacting with law enforcement through decriminalization. In 1997, Davis and City University of New York professor Ruth Wilson Gilmore cofounded Critical Resistance, an international organization that aims to dismantle the pic by using these three pillars. A year later, 3,500 people convened for a three-day Critical Resistance conference to discuss the limitations of the PIC in the United States.

      Other organizations with similar goals have also been erected: Decrim NY wants to decriminalize sex work in New York City and in the state and decarcerate sex workers. The Black Youth Project 100 uses a Black, queer, and feminist lens to work toward the liberation of all Black people, including those who are currently incarcerated. No New Jails NYC calls for an end to the building and funding of new prisons and jails in New York City. All of these organizations are working toward a common goal: ending the pic.
      Justice Is Not Served

      The United States incarcerates more people than any other country, with 2.2 million adults in prisons or jails at the end of 2016. Nearly 60,000 children under the age of 18 are also incarcerated in juvenile jails or prisons, and about 10,000 more children are held in adult jails or prisons. Citizens pay the high price for this system because our tax dollars are funneled into policing and incarcerating the people in these systems—predominantly Black and Brown people. This is by design. Slavery legally ended in 1865 with the passage of the Thirteenth Amendment, but the language of this amendment still allowed slavery as punishment for a crime. The carceral system revived slave labor, allowing the United States to continue disenfranchising and enslaving incarcerated Black people. Now almost every aspect of Black and Brown people’s lives is affected by the carceral state—from extra surveillance and imprisonment to disenfranchisement upon release. The entire system is built to maintain white supremacy, which remains the status quo in the United States.

      “It might be challenging to envision a world without policing or imprisonment because we’re constantly being told that these systems are natural [they’re not] and have always existed [they haven’t],” says Mohamed Shehk, the national media and communications director of Critical Resistance. Though some Americans have difficulties imagining a world without police or prisons, communities who don’t rely on the PIC do exist. Shehk says the Palestinian village where his mother grew up doesn’t have a police force. Problems there are resolved by “bringing in the elders of the community to come up with a resolution.” In 2011, the indigenous Purépecha town of Cherán banned political parties, gangs, and police. Since then, they boast the lowest murder rate in the entire Michoacán region, which is historically one of the most violent regions in Mexico. What’s more, since Cherán abolished the corrupt police force, they haven’t had a single kidnapping.
      Doctor Climax

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      Some communities within the United States are also accustomed to policing themselves. Shehk says it’s “important to remember that many communities don’t call the cops because of rightful mistrust.” He also points out that “you can also visit Beverly Hills or the Golden Triangle or the other elite, wealthy, white neighborhoods of this country to see what a community without police or prisons looks like.” When a student at an elite private school in Orange County, California, is found with weed in their backpack, teachers don’t call the police—and there isn’t an active police presence within the school itself. Instead, teachers call the student’s parents, believing it’s an issue that can be solved within the family. Black and Brown students, on the other hand, are funneled from school into the criminal justice system in what is commonly known as the school-to-prison pipeline. These students are increasingly accused of crimes, suspended, or reported to the police compared to their white counterparts, which often creates a lasting connection with the carceral state.

      Reducing interaction with law enforcement would allow students the space to make mistakes and learn from them, and would encourage teachers to build better relationships with parents. It also moves resources away from metal detectors, surveillance equipment, and onsite police and toward quality educators, better school supplies, and extracurricular activities. “Policing exists to manage the consequences of inequality in ways that benefit those people who are creating the inequality,” says Alex S. Vitale, a sociology professor at Brooklyn College and author of the 2017 book The End of Policing. “The decision to use police to manage the problems of the poor is inherently unjust in most circumstances and actually racist because this burden so falls most heavily on communities of color.” Many wealthy white communities have already abolished police forces because they don’t want the criminal justice system solving their intercommunal problems. Why is this option not available to all of us?
      What Does Abolition Look Like?

      Abolitionists are often asked to explain what will happen to people who commit murder or rape if police and prisons are abolished. Shehk responds with a similar question: “What are we doing now with people who commit those harms?” Some of the high-profile assault stories that surfaced during the #MeToo movement, including Chanel Miller’s rape at the hands of Brock Turner and Dr. Christine Blasey Ford’s testimony of her assault by Brett Kavanaugh, revealed that survivors of sexual harassment and assault aren’t being protected by this system. Instead, the criminal justice system protects and maintains agents of the patriarchy, including students like Turner, police officers, lawyers, Supreme Court justices, and presidents.

      Since the United States locks people up at a higher rate than any other country, you’d assume this “would be the safest place, virtually free of harm or violence,” Shehk says, but that’s obviously not the case. The president of the United States and two Supreme Court justices have been accused of sexual harassment or sexual assault on multiple occasions. Less than 1 percent of rapes result in the incarceration of the perpetrator, while at least 89 percent of survivors face emotional and physical consequences. Often the rapes reported to police aren’t even investigated, considering the 200,000 rape kits the federal government estimates are sitting—submitted, yet unopened—in police storage. That’s not justice.

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      Murder clearance rates aren’t much better, with police reportedly solving only about 60 percent of murders. When the victim is Black—as the majority of homicide victims are—the clearance rate declines to the lowest of any other racial group. In communities that are particularly disenfranchised, those rates can be in the single digits. These figures don’t instill much faith in law enforcement’s efficacy.

      As Vitale puts it, “serial killers don’t just fall out of the sky.” According to him, treating criminalization as the only option for deterrence is one of the reasons nothing is done to help children or teenagers who, despite the threat of prison, still exhibit violent tendencies. That violence might be prevented through robust social services, mental healthcare, and support systems. Shehk also lists “restorative and transformative justice practices, healing circles, or community accountability models” as examples of nonpunitive ways of addressing harm. “Rather than trying to cage away the problem, one key part of these models is an attempt to address the root cause of the harm and to change the conditions in which it occurred so that it doesn’t happen again,” he says. “Many of these are informed by Indigenous practices, and all of them seek to uplift the humanity of the parties involved.”

      Mass incarceration costs $182 billion a year, when considering policing, court costs, and the operating costs of prisons and jails—and it doesn’t even effectively deter crime, achieve justice for victims, or rehabilitate perpetrators. Rather than funneling money into the PIC, the United States could fund an education system that invests in mental-health services instead of policing and surveillance. We could use those billions of dollars to finance living accommodations for houseless people and provide them with mental healthcare and drug rehabilitation as needed. This money could be used to train crisis intervention teams or violence interrupters to deal with escalated situations.

      The possibilities are endless, if we allow ourselves to dream bigger than criminalization and bondage. “Being an abolitionist is the most realistic position because it is based in statistics and logic along with empathy and respect for human dignity,” says Agbebiyi. To Daoud, “over-policing creates a system of engineered conflict and perpetuates harm. As such, she—and others at BBO—believes that abolishing prisons must be coupled with radically caring for your community in many forms, including cop-watching and bystander intervention. The dream of abolition is being realized every day by people working for a more equitable world. “If you’re doing work to advocate for a living wage, that’s abolitionist work. If you’re doing work to advocate against environmental racism, that’s abolitionist work. If you’re working to make sure folks have access to affordable healthcare, that’s abolitionist work,” Agbebiyi says. Moving abolition from a fantasy to a reality is going to happen incrementally, but we can certainly make it happen. Vitale confirms this, saying, “Abolition is embedded in tons of movements all over the country and it’s happening right now.”

      by Reina Sultan
      #abolitionnisme_carcéral #prison

    • Majority of the Minneapolis City Council pledges to dismantle the Police Department.
      https://seenthis.net/messages/859237

      Nine members — a veto-proof majority — of the Minneapolis City Council pledged on Sunday to dismantle the city’s Police Department, promising to create a new system of public safety in a city where law enforcement has long been accused of racism.

      Saying that the city’s current policing system could not be reformed, the council members stood before hundreds of people gathered late in the day on a grassy hill, and signed a pledge to begin the process of taking apart the Police Department as it now exists.

    • Mpls. Council majority backs dismantling police department - StarTribune.com
      https://www.startribune.com/mpls-council-majority-backs-dismantling-police-department/571088302


      Alondra Cano was one of nine Minneapolis Council members who spoke out in support of advocacy group Black Visions, which is calling for the end of the Minneapolis Police Department.
      JERRY HOLT – STAR TRIBUNE

      In their boldest statement since George Floyd’s killing, nine Minneapolis City Council members told a crowd Sunday that they will “begin the process of ending the Minneapolis Police Department.

      We recognize that we don’t have all the answers about what a police-free future looks like, but our community does,” they said, reading off a prepared statement. “We’re committed to engaging with every willing community member in the City of Minneapolis over the next year to identify what safety looks like for you.

      Their words — delivered one day after Mayor Jacob Frey told a crowd of protesters he does not support the full abolishment of the MPD — set off what is likely to be a long, complicated debate about the future of the state’s largest police force.

      With the world watching, and the city’s leaders up for re-election next year, the stakes are particularly high. While Minneapolis has debated the issue in the past, Floyd’s death at the hands of Minneapolis police has added a sense of urgency, and the calls for police departments to be disbanded have echoed in other cities around the country.

      Council members have noted repeatedly since Floyd’s death that Minneapolis has the chance to redefine policing. On a sunny Sunday afternoon, nine of them walked onto a stage at Powderhorn Park to support members of advocacy group Black Visions, who were calling for the end of the MPD. On stage were Council President Lisa Bender, Vice President Andrea Jenkins and Council Members Alondra Cano, Phillippe Cunningham, Jeremiah Ellison, Steve Fletcher, Cam Gordon, Andrew Johnson and Jeremy Schroeder.

      Decades of police reform efforts have proved that the Minneapolis Police Department cannot be reformed and will never be accountable for its actions,” they said. “We are here today to begin the process of ending the Minneapolis Police Department and creating a new, transformative model for cultivating safety in Minneapolis.

      #démantèlement de la #police_municipale


      Gallery: A new sculpture was erected on Chicago Avenue S. just north of E. 38th Street, the site where George Floyd was was asphyxiated in Minneapolis police custody
      JEFF WHEELER – STAR TRIBUNE.


      Visitors to the intersection where George Floyd was killed in Minneapolis were continuously leaving fresh flowers on the names of other victims of police violence on Sunday, June 7.
      JEFF WHEELER – STAR TRIBUNE_

    • The End of Policing: Alex Vitale on How Cops & Their Unions Cover Up Inequality, Exploitation | Democracy Now!
      https://www.democracynow.org/2020/6/8/alex_vitale_end_of_policing#transcript

      Professor Alex Vitale argues the answer to police violence is not “reform.” It’s defunding. The author of “The End of Policing” says the movement to defund the police is part of “a long story about the use of police and prisons to manage problems of inequality and exploitation.” He asks, “Why are we using police to paper over problems of economic exploitation?” He also discusses the role of police unions. “They become, in many cities, the locus, the institutional hub, for a whole set of right-wing ’thin blue line’ politics that believe that policing is not only effective but it’s the most desirable way to solve our problems. And embedded in this is a deep racism that says that certain populations can only be managed through constant threats of coercion.”

    • Minneapolis City Council Vows to Dismantle Police Dept. After Mass Protests & Grassroots Organizing | Democracy Now!
      https://www.democracynow.org/2020/6/8/minneapolis_police_abolition#transcript

      The City Council of Minneapolis announced Saturday it would disband and abolish the police department responsible for the killing of African American man George Floyd, following nearly two weeks of mass protest and growing calls to defund the police.

      In a statement, nine of the city’s 12 councilmembers said, quote, “Decades of police reform efforts have proved that the Minneapolis Police Department cannot be reformed, and will never be accountable for its action. … We recognize that we don’t have all the answers about what a police-free future looks like, but our community does,” they said.

      The historic announcement comes after years of organizing on the ground by groups like Reclaim the Block, Black Visions Collective and MPD150.