• CE QU’EST LE MODELE NORDIQUE : mythes et réalité – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2018/12/23/ce-quest-le-modele-nordique-mythes-et-realite

    Certains de ces mythes ont malheureusement infiltré les rapports d’Amnesty international (et ceux de la Chambre des communes) et je trouve cela très amusant, parce que la plupart des personnes qu’ils citent ne parlent pas le Suédois. Alors d’où tirent-ils leur information ? Quand vous essayez d’identifier la source de ces rumeurs, vous finissez par tomber sur un site internet qui prétend avoir interviewé douze femmes qui disent toutes que leur vie est plus dangereuse à cause de cette loi. Mais ce mythe a été réduit à néant par une évaluation officielle de la loi qui établit qu’il n’y a aucune preuve que la loi rende l’exercice de la prostitution plus dangereux, au contraire : les femmes qui ont été interrogées disent qu’elles ont un avantage sur les clients parce qu’elles peuvent maintenant les signaler à la police—alors que les clients ne peuvent pas dénoncer les prostituées.

    Une autre chose importante est la façon dont la loi suédoise soutient et renforce les personnes prostituées. Des études ont montré que ces personnes n’ont pas peur de signaler des clients à la police, parce qu’elles savent que le fait d’acheter du sexe est un crime—un client est automatiquement un criminel. Donc quand nous considérons les chiffres des violences faisant l’objet de plaintes à la police, il y a une augmentation des violences dénoncées, et cette augmentation nous dit que les femmes n’ont plus peur d’aller à la police

    Résultat :

    • Ma réponse est que cette loi représente une mutation énorme. C’est tellement majeur que nous ne pouvons pas encore réaliser son impact. Il ne s’agit pas juste de modifications de quelques points de pourcentage dans des sondages, il s’agit d’une mutation radicale : nous transférons le fardeau de la responsabilité de qu’est ce que la prostitution au client–parce que, depuis des siècles, la responsable de la prostitution, c’est la femme.

      […]

      La prostitution était vue comme une partie de ces violences envers les femmes : l’achat de sexe était appréhendé non pas comme un crime envers une personne individuelle mais comme un crime envers la société—parce que cela affecte tout le monde. L’idée était que la prostitution est incompatible avec l’égalité des sexes—donc il y avait au départ une perspective holistique.

      #femmes #abolition #Suède #Kajsa_Ekis_Ekman


  • Au détour d’une visite en prison
    Ce 31 janvier, les organisations religieuses et philosophiques non-confessionnelles sont invitées par le Ministre de la Justice à une visite de la prison de Saint Gilles.

    Certes, cette visite sera l’occasion de saluer le travail des conseillers religieux et moraux. Mais le Centre d’Action Laïque entend surtout rappeler que si les années se succèdent, les condamnations de l’État belge aussi.

    Ainsi, le 9 octobre 2018, le tribunal de 1ère instance de Liège déclarait l’État belge responsable de la surpopulation carcérale à la prison de Lantin. Et ce 9 janvier 2019, le Tribunal de 1ère instance de Bruxelles faisait de même pour les prisons de Saint-Gilles et Forest.
    « Depuis les années 80, le nombre de détenus a augmenté de 63% alors qu’en 10 ans, la criminalité a baissé de 15% en moyenne en Belgique et de près de 20% à Bruxelles. »
    Ces décisions de justice ne font que rappeler ce que nul responsable politique ne peut ignorer : la surpopulation carcérale est la honte de notre démocratie et une plaie ouverte dans notre État de droit. Plus de 10.600 personnes sont détenues dans les prisons belges alors que la capacité moyenne est de 9.687 places. Depuis les années 80, le nombre de détenus a augmenté de 63% alors qu’en 10 ans, la criminalité a baissé de 15% en moyenne en Belgique et de près de 20% à Bruxelles.
    Pourtant, dans un arrêt du 25 novembre 2014 condamnant la Belgique pour traitements inhumainset dégradants, la Cour européenne des droits de l’Homme a qualifié cette surpopulation dans les prisons belges de « structurelle ». Comme si nos autorités publiques s’y étaient en quelque sorte résignées …
    Les conseillers laïques sont parmi les premiers, au quotidien, à pouvoir en mesurer les conséquences concrètes en termes de violations de droits de l’Homme : tensions entre détenus, hygiène dramatique, activités réduites, impossibilité pour le personnel médical et social d’assumer leurs fonctions, liens avec le monde extérieur rendus encore plus compliqués… Ainsi que le relevait la section belge de l’Observatoire international des prisons dans sa Notice de 2016, « le phénomène de surpopulation touche tous les aspects de la gestion des établissements ».
    Face à cela, les solutions prônées depuis fort longtemps par nos responsables politiques semblent se réduire à, d’une part, une extension du domaine de la répression couplée à un alourdissement du régime de sanction et, d’autre part, une course folle aux places de prison supplémentaires.
    Peu importe les innombrables études scientifiques ou rapports démontrant que ces mesures sont loin de produire les effets attendus, de façon générale, dans le domaine de la sécurité, il « remonte à longtemps ce mépris affiché pour l’intelligence au bénéfice de postures martiales » (1).
    Dans son rapport daté de 2018, le Comité européen pour la prévention de la torture a cependant encore indiqué à la Belgique que la lutte contre la surpopulation carcérale « doit avant tout être axée sur la réduction et la maîtrise de la population carcérale et non sur l’augmentation sans fin du nombre de places ».
    Et en effet, aujourd’hui, la sanction trop souvent réclamée est aussi devenue le problème. S’attaquer aux causes de la surpopulation carcérale est donc essentiel mais, visiblement, pas aux yeux de tous.
    La démission fracassante en octobre dernier de deux membres de la Commission de réforme du Code pénal en témoigne à suffisance : pour Damien Vandermeersch, loin des options retenues par le Ministre de la Justice, « un droit pénal moderne ne doit pas juste s’appuyer sur la peine de prison. (…) Il y a d’autres réponses. (…) Car on sait que la prison est contre-productive, et qu’elle produit la récidive » (2).
    « Le Centre d’Action Laïque propose de réformer en profondeur le Code pénal afin que la peine de prison ne puisse être prononcée qu’en dernier ressort et que les alternatives à la détention soient véritablement investies. »

    Il est temps de changer de paradigme. Le Centre d’Action Laïque propose de réformer en profondeur le Code pénal afin que la peine de prison ne puisse être prononcée qu’en dernier ressort et que les alternatives à la détention soient véritablement investies. Ceci implique de revoir la législation relative au casier judiciaire et la loi sur la détention préventive dans une optique réductionniste.

    Par ailleurs, le Centre d’action laïque dénonce la volonté de l’État fédéral de construire de nouvelles prisons (via les divers Master Plan des dernières années) qui augmentent de manière très importante le parc carcéral via des partenariats publics-privés et qui grève le budget de l’État pour plusieurs décennies. Comme l’écrivait Mark Twain, « celui qui ouvre une prison doit savoir qu’on ne la fermera plus ». Le CAL préconise de  rénover les anciennes prisons en privilégiant la création de petites unités et de prisons ouvertes et semi-ouvertes.

    Enfin, il recommande de s’atteler réellement à la  réinsertion des détenus  par le biais notamment de la mise en œuvre des articles relatifs aux droits des détenus contenus dans la loi de principe du 12 janvier 2005, d’un meilleur suivi psychosocial par les services internes et d’une augmentation de leur cadre, de formations qualifiantes et certificatives, de remises de peine en cas de réussite de formations de base. De plus,  le Centre d’Action Laïque appelle à l’adoption urgente du projet d’arrêté royal conférant un véritable statut aux conseillers laïques et religieux en prison, ainsi que le rééquilibrage du cadre afin de mieux coller à la réalité de la population carcérale.  En cette période pré-électorale, le Centre d’Action Laïque invite les partis à faire preuve de courage politique et à ouvrir un débat sur l’enfermement guidés par des considérations humanistes plutôt que la crainte d’une certaine impopularité.
     
    Henri Bartholomeeusen,
Président du Centre d’Action Laïque

    Carte blanche publiée sur lesoir.be, le 30/01/2019 

    (1) Jean-Pierre Dubois, Le monde qui vient, Rapport de la Ligue française des droits de l’Homme, La Découverte, 2016.

    #Belgique #prison #abolitionnisme #répression #enfermement


  • De la nécessité d’abolir le système pénal : entretien avec Gwenola Ricordeau (1ère partie) - Etat d’Exception
    http://www.etatdexception.net/de-la-necessite-dabolir-le-systeme-penal-entretien-avec-gwenola-rico

    Toutefois, pour être pédagogique, j’estime que l’abolitionnisme peut se définir par cinq aspects :

    L’abolitionnisme pénal, aussi bien les développements théoriques que les luttes, part d’une critique du fonctionnement de la justice pénale comme n’étant pas juste d’un point de vue social, c’est-à-dire qu’elle participe des oppressions liées à la race, au genre et à la classe en particulier.
    Un autre aspect commun aux abolitionnismes consiste à réfuter l’idée que l’abolition serait un idéalisme ou une forme d’utopie : l’abolition est au contraire considérée comme un objectif réaliste qui peut être mis en pratique. Tout le monde convient que le système pénal crée des problèmes ; les abolitionnistes rétorquent que le meilleur moyen de les résoudre concrètement est d’abolir ce système pénal.
    Le refus d’une position « angélique » consistant à dire qu’après la révolution tous les problèmes posés par le système pénal seront résolus. Les abolitionnistes affirment que les conflits (appelés « situations problématiques ») sont inhérents à la vie sociale et que l’abolitionnisme pénal est une manière de les régler sans passer par l’État.
    Le refus de déléguer à l’état ou à des experts la résolution de ces situations problématiques. L’idée est que les personnes concernées (qu’elles aient causé ou subi des torts) sont les mieux placées pour aider à la résolution de la situation problématique. L’abolitionnisme refuse de déléguer (comme c’est le cas avec le système pénal) à une institution ou des personnes extérieures à la situation problématique sa résolution.
    Contestation de l’idée que la prison puisse être réformée. On connait la phrase de Michel Foucault dans Surveiller et punir : « La « réforme » de la prison est à peu près contemporaine de la prison elle-même. Elle en est comme le programme ». C’est l’idée sur laquelle se fonde la position abolitionniste pour se distinguer de la position réformiste. Partant de là, il y a un refus de remplacer la prison (et par extension le système pénal) par quelque chose d’autre. Si on considère que la prison et le système pénal font du tort à la société, en particulier à certaines catégories de la population, il ne faut pas remplacer ces institutions, mais bien les supprimer.

    #prison #abolitionnisme #répression #enfermement


  • #SAMANTHA_BERG : Fiche aide-mémoire : dix preuves que la prostitution n’est pas un travail
    https://tradfem.wordpress.com/2019/01/24/fiche-aide-memoire-dix-preuves-que-la-prostitution-nest-pas-un-tr

    Un nouveau compte rendu de recherche vient d’être publié en appui à la légalisation de la prostitution comme mesure bénéfique. Intitulée « Associations entre les lois sur le travail du sexe et la santé des travailleurs du sexe : une revue systématique et méta-analyse d’études quantitatives et qualitatives », cette étude a été subventionnée par l’Open Society Foundation, une organisation résolument favorable à la légalisation, « au service de la lutte contre les facteurs structurels du VIH ».

    Enquêter sur les facteurs structurels de la transmission du VIH est un noble objectif de santé publique ; cependant, ce n’est pas un objectif féministe. Le féminisme centre ses efforts de plaidoyer et de conscientisation sur l’amélioration de la vie des femmes et des filles. J’écris depuis plusieurs années des analyses féministes de recherches sur la prostitution, c’est-à-dire que je lis la recherche sur la prostitution en posant avant tout la question suivante : « Comment cela sert-il les femmes et les filles ? »

    S’attendre à ce que les gens examinent avec soin des statistiques et des méthodologies décourageantes – même pour moi qui suis universitaire – est irréaliste et même inutile. Des statistiques comme celles assemblées par Prostitution Research & Education sont utiles pour quantifier les dommages graves causés par la prostitution, mais j’ai eu plus de succès à convaincre les gens que la légalisation exacerbe ces dommages lorsque j’arrête parler chiffres et que je livre à mon auditoire des raisonnements de sens commun qui leur parlent d’éléments reconnaissables de leur propre vie.

    J’ai rédigé en 2005 la « Fiche Genderberg sur la prostitution » pour mettre l’accent sur la raison plutôt que sur les statistiques, et cette page reste la plus populaire de mon site web archivé, Genderberg.com. Peu de choses me font plus plaisir que de voir de temps à autre quelqu’un répéter après moi : « Il n’y a pas d’autre « emploi » où une jeune fille de 13 ans sans aucune expérience peut être vendue 100 fois plus cher qu’une femme de 23 ans ayant dix ans d’expérience professionnelle. »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2018/12/17/prostitution-not-work-crib-sheet


    #système_prostitutionnel #domination_masculine #travail_du_sexe #féminisme #abolitionnisme


  • Pour une nouvelle nuit du 4 août (ou plus)

    Jérôme Baschet

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-une-nouvelle-nuit-du-4-aout-ou-plus

    Ah, ça oui ! Il faut le reconnaître. Il nous a émus, Manu. Il nous a entendus ; il faut dire qu’avec les cotons-tiges grands comme des poutres que les infirmières lui avaient préparés, ça a dû bien lui déboucher les pavillons. Et, vous vous rendez compte, tout ce qu’il a fait depuis qu’il est président, c’était pour nous. Il nous aime tellement ! C’est pour nous qu’il avait augmenté la CSG, réduit les APL, augmenté la taxe carbone, etc. Pour notre bonheur, par amour pour nous. Et quand il nous accablait de son mépris, c’était aussi par amour. Pour nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes.

    D’ailleurs, la preuve : il nous aime tellement qu’il a compris que le paquet de cacahuètes annoncé par le premier ministre, la semaine dernière, ce n’était vraiment pas assez. Alors là, d’un seul coup, il en a mis quatre sur la table, des paquets de cacahuètes. Pour qu’on comprenne enfin combien son amour pour nous est immense. (...)

    #gilets_jaunes #Macron #abolition_des_privilèges #ISF #zapatistes #Chiapas #Commercy #autogouvernement


    • Ce qui est certain , c’est que sans pénalisation des clients, les armes n’auraient pas été dérobées aussi facilement, se retrouvant aux mains des assassins. Les policiers auraient peut être eu moins peur d’être stigmatisés et auraient pu fournir des informations plus précises pour les retrouver à temps.

      Syllogisme = pénalisation des clients > nécessité de se cacher > agression des clients par des bandes opportunistes > les travailleu·r·se·s du sexe se font agresser par les clients et les voleurs en retour

      C’est un argument que je ne connaissais pas...

    • Donc il n’ y a plus que les flics pour etre assez ignobles pour acheter de la prostitution et enfin ils ont la honte qu’il leur conviens d’avoir. C’est vraiment un signe positif. Comme ses abrutis sont armés h24 en raison de l’état d’urgence permanent, en plus d’augementé leur taux de suicide et d’homicide de conjointe, ils se font volé leurs flingues par leurs frères proxénètes et provoquent ainsi la mort de la prostituées chevaleresque qu’ils étaient venus humilier sexuellement contre de l’argent dans l’espoir de ramener une MST à leur régulière.
      Ce flic putier qui se laisse volé son arme pendant qu’il se fait sucer au bois de boulogne il faudrait le dégagé de la fonction publique et le poursuivre pour mise en danger de la vie d’autrui. Mais vu qu’on est en gaule Thierry Schaffauser nous en fait un martyre de la couille.
      Enfin par rapport aux féminicide de prostituées ca serait interessant de comparé le nombre de meurtres avant et après la loi abolitionniste. Si il ne reste qu’une morte ou deux par an c’est un grand progrès même si c’est encore trop. Tout ca donne à pensé qu’il vaut mieux abolir la police ou au moins la désarmé que legaliser le proxenetisme et le viol tarifé.


  • Florence-Lina Humbert : – Le blog de Christine Delphy
    https://christinedelphy.wordpress.com/2018/09/10/florence-lina-humbert

    Dans ces conditions, la loi d’abolition est un obstacle au bon déroulement de l’activité, et il est tout à fait logique qu’on veuille la supprimer. Car comment ne pas voir l’énorme contradiction entre cette loi, qui interdit la marchandisation du sexe, et la culture médiatique et politique dans laquelle nous baignons, qui la banalise et la promeut ? Cette loi et surtout l’esprit qui la porte, l’abolition, est profondément égalitaire. Elle promeut une sexualité basée sur le désir réciproque, le sexe n’étant échangeable contre rien d’autre que du sexe.

    La société française est bien trop machiste pour s’accommoder d‘une telle égalité. La propagation du terme de consentement dans les discours sur la sexualité en dit long sur le statut du désir. Notre société reste un paradis pour les prédateurs sexuels, le désir lui-même étant encore pensé comme masculin. Les hommes sont sujets, femmes sont objets, les hommes « bien » ayant pour objectif qu’elles soient consentantes.

    #prostitution #consentement #désir


  • #JULIE_BINDEL : La dépénalisation de la prostitution était censée protéger les travailleuses du sexe – au contraire, elle les met en plus grand danger.
    https://tradfem.wordpress.com/2018/07/30/la-depenalisation-de-la-prostitution-etait-censee-proteger-les-tr

    Je fais campagne contre l’industrie mondiale du sexe depuis plus de 20 ans. J’ai passé de longues journées dans des bordels légaux ou semi-légaux en Australie, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande et au Nevada.

    J’ai également visité des « quartiers chauds » dans de nombreux pays en développement, notamment en Afrique du Sud et en Asie, où le même libéralisme bien intentionné mais erroné a conduit les autorités locales à décriminaliser l’exploitation de la prostitution.

    Dans tous ces endroits, tout comme dans le quartier de Holbeck à Leeds*, au Royaume-Uni, la déréglementation a non seulement échoué à actualiser ses promesses, condamnant la majorité des femmes impliquées à une vie de dégradation physique et mentale épouvantable, mais elle a également provoqué une augmentation de la demande masculine et considérablement aggravé le problème.

    Dans les pires cas, maintenant évidents en Europe et dans une grande partie du monde en développement, cela a entraîné une explosion de la traite de jeunes femmes et de jeunes filles.

    Pour chaque prostituée heureuse (s’il en existe vraiment), il y en a des milliers pour qui la vie est sordide et dangereuse.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.telegraph.co.uk/news/2018/07/23/decriminalising-prostitution-supposed-keep-sex-workers-safe

    Julie Bindel est une auteure et commentatrice féministe de premier plan et elle est l’auteure de The Pimping of Prostitution, Abolishing the Sex Work Myth (Palgrave Macmillan, 2017).
    #prostitution #travail_du_sexe #réglementarisme #abolition #modèle_nordique

    • La dépénalisation, c’est une société entière qui explique aux gosses, aux femmes et aux hommes que la prostitution, c’est bien, qu’imposer du sexe à une personne qui a besoin de pognon, c’est une relation acceptable à autrui. Je suis persuadée qu’on peut dire, comme société, que la prostitution est une forme de coercition et dans le même temps s’inquiéter de la qualité de vie des personnes prostituées... mais ça passe par des politiques plus fines que la dépénalisation.


  • 1848-2018, à la recherche des barricades oubliées - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/06/25/1848-2018-a-la-recherche-des-barricades-oubliees_1661841

    Juin 1848. Un matin pas comme les autres rue du #Faubourg-du-Temple. Depuis le grenier de la maison du n°92, propriété du jardinier-maraîcher Jean-Pierre Piver, Thibault prépare son étrange machine. Il s’apprête à fixer l’image du quartier sur des plaques de cuivre recouvertes d’argent (#daguerréotypes). La capitale est à feu et à sang. Les ouvriers parisiens se révoltent contre la toute jeune Seconde République, née après la #révolution de février et la chute du roi Louis-Philippe. Le régime avait soulevé tant d’espoirs, tant d’idées nouvelles : c’est l’époque des #socialismes_« utopiques », des systèmes en tout genre, des clubs foisonnants, des #abolitions de l’#esclavage et de la peine de mort en matière politique. Les journaux s’arrachent, les prêtres bénissent des arbres de la liberté. La Commission du Luxembourg devait mettre en application le « #droit_au_travail », mais après la défaite des socialistes aux élections à la #Constituante, en avril (au suffrage universel masculin) et surtout la dissolution des Ateliers nationaux (censés garantir l’emploi pour tous), le prolétariat prend les armes. Pas question de se faire confisquer la révolution.

    (arrêter de parler de suffrage „universel“ même si précisé „masculin“, remplacer par suffrage phallocrate)


    #barricades #insurrection #massacre #photographie



  • #Zoë_Goodall : «  Prises entre deux feux et non par accident  » : au Canada, la loi abolitionniste n’a été qu’un début.
    https://tradfem.wordpress.com/2018/05/17/%E2%80%89prises-entre-deux-feux-et-pas-par-accident%E2%80%89-au-c

    En 2014, le gouvernement canadien a adopté le projet de loi C-36, la Loi sur la protection des communautés et des personnes exploitées (LPCPE), qui criminalisait les profits de la part de tierces parties (proxénétisme) et l’achat de services sexuels, et décriminalisait en grande partie la vente de sexe. Ce fut le résultat final d’une bataille politique et juridique entamée en 2007 lorsque des porte-paroles de l’industrie du sexe, Terri-Jean Bedford, Amy Lebovitch et Valerie Scott, se sont d’abord présentées devant des tribunaux pour contester comme discriminatoires certains aspects du Code criminel canadien.

    LA LPCPE était pour le moins controversée. Tout en décriminalisant la vente de sexe, comme le réclamaient Bedford et ses partisans, ses dispositions contre l’achat et le proxénétisme étaient conçues dans le but ultime d’abolir complètement la prostitution. Le gouvernement conservateur aimait son approche basée sur la loi et de l’ordre, mais les principales partisanes du projet de loi se trouvaient dans le mouvement des femmes – y compris divers centres de crise destinés aux victimes de viol, la Coalition des femmes asiatiques mettant fin à la prostitution et l’Association des femmes autochtones du Canada – qui y voyait un bond en avant du Canada vers l’adoption du Modèle nordique.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://nordicmodelnow.org/2018/05/14/caught-in-the-crossfire-and-not-by-accident-in-canada-the-legislation-was-just-the-beginning/comment-page-1/#comment-1405
    #Modèle_nordique #système_prostitutionnel #abolition #loi_C-36 #Canada


  • Les routes de l’#esclavage (1/4)
    476-1375 : au-delà du désert

    Domination, violence, profit : le système criminel de l’esclavage a marqué l’histoire du monde et de l’humanité. Au fil de ses routes, cette série documentaire retrace pour la première fois la tragédie des traites négrières. Captivant et implacable. Premier volet : de la chute de Rome en 476 à la fin du XIVe siècle.

    Après la chute de Rome en 476, les peuples (Wisigoths, Ostrogoths, Berbères, Slaves, Byzantins, Nubiens et Arabes) se disputent les ruines de l’Empire. Tous pratiquent l’asservissement – « esclave » viendrait du mot « slave ». Mais au VIIe siècle émerge un Empire arabe. Au rythme de ses conquêtes se tisse, entre l’Afrique et le Moyen-Orient, un immense réseau de traite d’esclaves, dont la demande ne cesse de croître et qui converge vers Bagdad, nouveau centre du monde. Après la révolte des Zanj – des esclaves africains –, qui s’achève dans un bain de sang, le trafic se redéploie vers l’intérieur du continent. Deux grandes cités commerciales et marchés aux esclaves s’imposent : Le Caire au nord, et Tombouctou au sud, place forte de l’Empire du Mali d’où partent les caravanes. Au fil des siècles, les populations subsahariennes deviennent la principale « matière première » de ce trafic criminel.

    https://www.arte.tv/fr/videos/068406-001-A/les-routes-de-l-esclavage-1-4

    #film #documentaire #Afrique #Empire_romain #histoire #pratique_généralisée #traite #Fustat #économie #Nubie #guerre #violence #butins_de_guerre #Bagdad #main-d'oeuvre #Islam #Berbères #dromadaires #Sahara #Tombouctou #Empire_du_Mali #or #altérité #Touareg #essentialisme #fatalité #Basora #Le_Caire #esclaves_domestiques #paternalisme #négation_de_l'être #domination #esclavage_doux #oasis #Atlas_catalan

    #Catherine_Coquery-Vidrovitch :

    Dans l’Empire arabo-musulman, « l’#esclave n’était pas différencié par sa couleur, ça ne comptait pas. L’esclave était différencié par sa #culture. Il n’avait pas la culture du dominant »

    #géographie_culturelle #domination

    #Ibrahima_Thioub, université Cheickh Anta Diop, Sénégal :

    « Pour mettre en esclavage un individu, un des phénomènes importants c’est de le construire comme autre, de construire une #altérité. Les sociétés humaines ont des registres assez larges. On peut utiliser la différence de #couleur_de_peau, la différence de #religion. Dans la #traite_trans-saharienne, on va combiner les deux ».

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahima_Thioub

    Ibrahima Thioub :

    « L’intérêt des maîtres, c’est de faire croire à l’individu qu’il est esclave non pas parce qu’un jour on lui a opposé un rapport de force qui est réversible, mais parce que, par sa nature, il est destiné à être un esclave. C’est une #idéologie extrêmement forte. Si votre sang est considéré comme un sang servile, et que cette nature vous la transmettez à votre descendance, il devient impossible de sortir du phénomène esclavagiste »

    Selon ce qui est dit dans ce reportage, 3,5 millions d’Africains ont circulé sur les routes de l’esclavage entre le 7ème et le 14ème siècle.


  • La longue marche pour l’#égalité

    Peu d’histoires de la lutte des Africains-Américains pour l’égalité parviennent à se défaire d’un parti pris idéologique. Caroline Rolland-Diamond propose une impressionnante synthèse qui dégage, derrière les oppositions, les lignes structurantes d’un combat de deux siècles, et toujours en cours.


    http://www.laviedesidees.fr/La-longue-marche-pour-l-egalite.html
    #Noirs #USA #Etats-Unis #histoire #livre #abolitionnisme #esclavage #Martin_Luther_King #Rosa_Parks


  • Les Ellas : Ce que nous attendons de nos allié-e-s
    http://tradfem.wordpress.com/2018/05/05/ce-que-nous-attendons-de-nos-allie-e-s

    Parce que personne ne peut regarder à l’intérieur de nous, et nous ne devons à personne de leur allouer ce regard – les raisons de la prostitution sont connues : la pauvreté, la violence antérieure, les tierces parties qui nous guident vers la prostitution.

    Il faut que cesse l’habitude de nous diviser en « prostituées pauvres, contraintes, étrangères » et « prostituées allemandes volontaires et autonomes », parce qu’elle ne correspond pas à la réalité, elle nous insulte et c’est un reproche implicite, ainsi qu’une façon de nous dire « vous n’avez que vous-même à blâmer ».

    Que nous ne soyons pas méprisées par des propos comme « Vous l’avez fait à cause de la pauvreté, mais QUANT À MOI, je préférerais avoir faim que d’écarter mes jambes pour de l’argent » – regarder les prostituées comme moralement inférieures est dégoûtant.
    Si vous n’avez jamais eu à vous prostituer, remerciez simplement votre chance.

    Que les prostituées qui ont des opinions politiques différentes des nôtres (c’est-à-dire que la prostitution n’est pas nuisible et devrait être légalisée) soient admises au débat, mais que cela soit fait objectivement et sur la base de faits et SANS qu’on ne leur reproche leur prostitution en disant qu’elles « aiment cela », qu’elles y sont « volontairement », que ce sont de quasi-criminelles car « c’est de leur faute si notre société minimise les méfaits de la prostitution », etc.
    Les femmes étant dans la prostitution sont vulnérables et ont souvent peu de recours et d’options.

    Il doit être clair que la responsabilité de l’existence de la prostitution ne repose pas sur ces femmes, mais sur ceux qui, sans aucun besoin, décident d’abuser de cette situation.

    AUCUNE femme ne doit avoir honte de sa prostitution.

    Traduction : #Tradfem
    Version anglaise, traduite de l’allemand par Inge Kleine : https://netzwerk-ella.de/index.php/2018/04/18/what-we-expect-from-our-allies

    #Ella #système_prostitutionnel #allié-e-s #abolition #Allemagne #pauvreté #violences


  • #May_Bulman : Enfin une bonne nouvelle dans le dossier des droits des ex-prostituées
    https://tradfem.wordpress.com/2018/03/02/enfin-une-bonne-nouvelle-dans-le-dossier-des-droits-des-ex-prosti

    « Les ex-prostituées ne devraient pas être amenées à révéler leurs condamnations, a statué la Haute Cour, dans un jugement historique » qui marque peut-être un pas vers l’adoption du Modèle nordique.

    « Trois anciennes travailleuses du sexe qui ont dit avoir été « subornées, soumises à des proxénètes et à la traite » ont soutenu que la loi discrimine actuellement les femmes et enfreint leur droit à la vie privée. »

    « Les trois femmes ont déclaré avoir été forcées à se prostituer dès l’adolescence et avoir écopé de condamnations multiples pour sollicitation ou vagabondage en vertu de la Loi sur les infractions de rue (Street Offences Act). »

    « Deux hauts magistrats ont maintenant statué que la loi obligeant ces femmes à révéler leurs condamnations passées est « illégale et inutile dans une société démocratique ». »

    « Le juge Holroyde, siégeant avec Mme la juge Nicola Davies, a estimé que la divulgation de leurs condamnations pour sollicitation était disproportionnée et « constituait une violation importante de leur droit à la vie privée ». »

    « « Nous admettons que les demandeuses ont toutes souffert d’un handicap sur le marché du travail et ont vécu de l’embarras et de l’humiliation en raison de l’application de la règle des condamnations multiples », ont déclaré les juges dans leur décision. »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/ex-prostitutes-high-court-ruling-convictions-not-reveal-criminal-a823
    #Prostitution #Modèle_nordique #Abolition


  • Christian Albertan, « #Jean_Ehrard, Lumières et esclavage. L’Esclavage colonial et l’opinion publique en France au xviiie siècle », Annales historiques de la Révolution française [En ligne], 359 | janvier-mars 2010, mis en ligne le 17 mars 2011, consulté le 23 février 2018.
    URL : http://journals.openedition.org/ahrf/11508

    Pour le reste, l’auteur établit de manière irréfutable que les philosophes des #Lumières, dont la pensée reste naturellement entachée par certains préjugés d’époque, ont condamné sans appel le #racisme. Ils rejettent de manière tout aussi ferme l’#esclavage en martelant que les hommes sont égaux à la naissance et qu’aucun homme ne peut appartenir à un autre individu. Le commentaire précis de textes de #Montesquieu, de #Buffon, de #Voltaire, d’#Helvétius, de #Condorcet, l’analyse d’extraits tirés de l’#Encyclopédie et de l’Histoire des Deux-Indes ne laissent subsister aucun doute à cet égard.

    Mais l’auteur, avec une grande honnêteté, ne s’en tient pas à ces positions de principe et pousse plus loin son enquête, en se penchant sur ce qui pourrait être qualifié de #double_discours des philosophes. L’audace théorique des philosophes ne débouche, en effet, sur aucune conséquence pratique. Montesquieu en « réformiste timoré » est incontestablement #antiesclavagiste, mais il ne propose nulle part l’#abolition de l’esclavage (p. 157). Les #Encyclopédistes admettent même par moments l’existence de l’ « #odieux_commerce » comme un moindre mal (p. 179). Quant à #Raynal, l’auteur de la célèbre Histoire des Deux-Indes , il finit par se rallier à Malouet et à juger l’esclavage conforme à la philosophie et aux lois l’humanité (p. 205). Seul Condorcet milite timidement en faveur de l’affranchissement.


  • Potémont, 21 ans, peintre de l’ombre réunionnaise - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/potemont-peintre-reunionnais-de-l-993.html

    Qui est l’auteur de la #lithographie intitulée « #Danse des noirs sur la place du gouvernement, le #20décembre 1848, #abolition de l’#esclavage » ? #AntoineRoussin ? Adolphe Théodore Jules #MartialPotémont ? Ils ont chacun signé une oeuvre portant ce titre. Deux versions fort ressemblantes : même angle de prise de vue, même impression générale... Seuls quelques détails permettent de les distinguer. Jeu des sept différences et découverte de quelques œuvres majeures de Martial Potémont, né le #10février 1827.

    #LaRéunion #peintre #art


  • Là où les putains n’existent pas | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/071485-000-A/la-ou-les-putains-n-existent-pas

    La tragédie d’Eva-Marree, privée de ses enfants pour prostitution puis tuée par leur père. Dans un réquisitoire convaincant, la réalisatrice Ovidie dénonce les abus de pouvoir commis par un État suédois prétendument protecteur.

    #prostitution #violence #femmes #services_sociaux #Suède #Ovidie



  • ALLEMAGNE : VERS LA MONOPOLISATION DE L’INDUSTRIE DU SEXE – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2017/12/15/allemagne-vers-la-monopolisation-de-lindustrie-du-sex

    INTERVIEW DE MANUELA SCHON

    Par Francine Sporenda

    Manuela Schon est une sociologue et militante politique allemande. Elle a co-fondé « Abolition 2014 – Für eine Welt ohne Prostitution » et « LINKE für eine Welt ohne Prostitution » (« La gauche pour un monde sans prostitution »). Elle écrit sur le blog féministe radical « Die Störenfriedas ».

    #féminisme #prostitution #nazisme #esclavage #VIH #abolitionnisme #domination_masculine

    • Prostitution en Allemagne : une #économie_de_l'esclavage légalisée et administrée.

      F : J’ai lu que 90% des femmes prostituées en Allemagne étaient d’origine étrangère. Pouvez-vous nous parler de ces femmes prostituées originaires de l’Europe de l’Est et de la communauté Rom, et des réseaux de trafiquants qui les amènent en Allemagne ?

      M.S. : D’abord, il n’y a pas vraiment de chiffres auxquels nous puissions nous référer avec certitude quand nous parlons des prostituées étrangères en Allemagne. Ce chiffre de 90% est seulement une estimation. Récemment, il y a eu un contrôle, un raid dans la ville d’Augsbourg en Bavière, et ils n’ont pas trouvé une seule femme allemande prostituée dans cette ville. Les gens du lobby du « travail du sexe » disent eux-mêmes que ce chiffre dépasse les 90%, et ils appellent ces femmes des « travailleuses du sexe migrantes ». Et ils présentent la prostitution comme un moyen de gagner beaucoup d’argent en Allemagne pour les femmes des pays pauvres. Les principaux pays d’où elles viennent sont la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie. Beaucoup sont issues de la communauté Rom et de la minorité turque bulgare. Ce que l’on peut observer au sujet de ces femmes, c’est qu’elles viennent surtout de certaines régions de leur pays d’origine. C’est parce que les réseaux de prostitution amènent des femmes de certaines régions de Roumanie, Bulgarie et Hongrie vers certaines régions d’Allemagne. Si on regarde les numéros de téléphone de ces femmes, on peut identifier les réseaux qui les contrôlent, parce qu’on peut savoir de quel pays elles viennent, et de quelle région du pays.

      La publication de cet interview de Manuela Schon par Francine Sporenda a été reprise ici :
      https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/12/29/allemagne-vers-la-monopolisation-de-lindustrie-du-sexe/#sdfootnote1sym
      et ici :
      https://christinedelphy.wordpress.com/2017/12/30/allemagne-vers-la-monopolisation-de-lindustrie-du-sexe/#more-787


  • #Prostitution, #proxénètes… pour en finir avec le mythe de la «  pute heureuse  » | tradfem
    https://tradfem.wordpress.com/2017/11/30/prostitution-proxenetes-pour-en-finir-avec-le-mythe-de-la-%e2%80%

    Du début à la fin de The Pimping of Prostitution, Bindel compare le combat anti-prostitution à la lutte contre le tabac, où les grandes entreprises ont utilisé la désinformation, des propos faussement scientifiques et leurs vastes réserves d’argent pour propager le mensonge que fumer n’était pas nocif, et ce longtemps après que le contraire ait été démontré. Tout comme allumer une cigarette dans un bureau ou un restaurant est devenu impensable en 2017 dans la plupart des pays d’Europe et les États-Unis, les abolitionnistes espèrent qu’un jour prochain, les bordels du quartier red-light d’Amsterdam seront vus comme une relique d’un autre âge.


  • #Rebecca_Mott : Aujourd’hui, c’est la Journée internationale de non-prostitution.
    https://tradfem.wordpress.com/2017/10/06/aujourdhui-cest-la-journee-internationale-de-non-prostitution

    Wow ! Un jour dans l’océan de propagande pro-travail du sexe !

    Un jour pour tenir tête à la demande masculine de personnes prostituées.

    Un jour pour pleurer les viols, les tortures et les meurtres massifs et incessants des prostituées.

    Un jour pour parler du traumatisme, des suicides et des blessures internes / externes qui sont les réalités des prostituées.

    Un jour pour dire que ce ne sont pas les drogues qui poussent le plus de gens à la prostitution – aucune drogue ne devient une façon de rester en vie en engourdissant et en détruisant la réalité d’être transformé en jouet sexuel sous-humain.

    Un jour pour pleurer le fait que tant de jeunes filles privées d’accès à l’estime d’elles-mêmes, souvent par des années de négligence, de violences et d’isolement, constituent le réservoir auxquels s’alimentent les profiteurs de l’industrie du sexe.

    Un jour de non-prostitution est censé pallier la pauvreté des femmes ? Pas quand les macs volent leur argent et pas quand aucune somme d’argent ne peut jamais suffire à mettre fin au traumatisme d’une vie en raison des viols en série et de la torture.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://rebeccamott.net/2017/10/05/no-prostitution-day

    #prostitution #abolition #journée_internationale


  • #Rebecca_Mott : : L’enfer est ici, sur Terre
    https://tradfem.wordpress.com/2017/08/08/rebecca-mott-lenfer-est-ici-sur-terre


    Je veux aujourd’hui, par ce billet, explorer l’intérieur de mon silence.

    Je ne sais pas si cela va fonctionner, ou même si ce sera compréhensible. Mais pour atteindre le lieu de mon enfer, je dois creuser profondément.

    Je n’ai pas de mémoire visuelle — quand je pense, je ne vois pas d’images, je me vois simplement entourée d’émotions ou de l’absence d’émotions.

    Je crois que j’ai arrêté de voir parce que mon esprit ne pouvait contenir la réalité de cet enfer, alors il l’a stockée dans le reste de mon corps.

    Donc, cet enfer m’a valu de nombreux cadeaux.

    Le cadeau de la souffrance de souvenirs inscrits dans mon corps, qui dictent à mon esprit certaines vérités.

    Le cadeau de l’hypervigilance et d’un sommeil qui refuse d’être trop profond.

    Le cadeau d’émotions mortes qui entravent mes liens avec les autres.

    L’enfer qui a pour nom la prostitution d’intérieur — que ce soit la «  GirlFriend Experience  », la fonction d’escorte ou la danse sexuelle — et qui reste inscrit dans chaque cellule de mon corps.

    Je suis fière d’être une femme sortie du milieu, fière que mon blogue atteigne et transforme autant de gens, fière d’être toujours en vie et en mouvement dans la bonne direction.

    Mais l’enfer que j’ai vécu à l’intérieur ne me quitte jamais complètement.

    C’est l’enfer qui me saisit à la gorge et m’étouffe alors que je suis déterminée à vivre.

    C’est l’enfer d’une nausée permanente.

    C’est un enfer qui se moque de chacune de mes tentatives d’être simplement normale et libérée de l’industrie du sexe.

    Je me bats tous les jours en vue de cette liberté.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://rebeccamott.net/2017/08/08/hell-is-a-place-on-earth

    #système_prostituteur #abolitionnisme #traumatisme


  • #Rebecca_Mott : Séquelles
    https://tradfem.wordpress.com/2017/06/05/sequelles

    Je vais essayer d’aborder mon traumatisme, de l’aborder de l’intérieur.

    J’ai envie de me cacher, je regrette de m’être fait du mal.

    Au cœur du traumatisme, le suicide semble un choix raisonnable.

    Mais ma volonté obstinée signifie que je continue à continuer – mais avec douleur, avec tristesse et avec une fureur.

    Je ne peux pas être complaisante au sein de cet enfer durable.

    Donc, je veux parler ici des nombreuses manières dont les femmes sorties de la prostitution sont maintenues dans une condition sous-humaine, ne sont jamais vraiment autorisées à retrouver une place dans la société.

    Je vais parler du sens de survivre à la traite domestique.

    Et je vais parler de l’importance d’établir des liens avec d’autres gens qui ont connu la torture ou cette condition sous-humaine, sans limiter ces liens à des opinions occidentales simplistes au sujet de la politique.

    Je dois dire que je vais écrire cela de l’intérieur de mon traumatisme ; il pourra donc m’arriver de perdre le fil ou même de perdre espoir dans ma façon de m’exprimer.

    Mais je veux parler à partir de l’intérieur du traumatisme ; c’est vous qui, en me lisant, devez progressivement apprendre la langue et les liens propres à l’âme prostituée.

    J’écris habituellement dans une langue adaptée à ce que je crois qu’on sait des personnes prostituées. J’en retranche le découragement, l’humour de potence et les mots qu’échangent en secret les femmes sorties de la prostitution.

    J’autocensure mon sentiment d’être abandonnée de toutes parts en tant que femme sortie du milieu, et je dis merci pour les miettes qu’on nous laisse.

    Mais pourquoi les femmes sorties du milieu devraient-elles toujours se montrer complaisantes, alors que nous voyons, entendons et savons qu’il se fait tellement peu pour affirmer que nous sommes pleinement humaines et méritons dignité et justice ?

    Je ne m’adresse pas ici au lobby du travail du sexe, mais à ceux et celles qui se sont définis comme des alliés.

    Je parle aux abolitionnistes qui nous voient comme des animaux de compagnie – appelées à performer nos « récits » de souffrance – mais qui coupent court si nous parlons de réclamer justice, si nous parlons de notre compréhension approfondie du pouvoir et de la violence des hommes, si nous parlons de nos vies en dehors de ce rôle d’être sorties du milieu.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://rebeccamott.net/2017/05/30/aftermath

    Veuillez contribuer par un don au travail de Rebecca Mott : https://www.paypal.com/cgi-bin/webscr?cmd=_s-xclick&hosted_button_id=7LKGJ4UZYEKK8d

    #prostitution #séquelles #abolitionnistes #victime #traumatisme #survivre


  • [infokiosques.net] - Si on se touchait ?
    https://infokiosques.net/lire.php?id_article=1413

    Je suis un homme cissexuel [1], blanc, avec des papiers français, presque la trentaine, hétérosexuel, valide, avec une formation universitaire relativement élevée, issu d’une famille bourgeoise de gauche et qui joue parfois avec son apparence de genre.

    Si ces deux textes m’ont touché c’est parce qu’ils portent sur deux thèmes de réflexion qui m’accompagnent beaucoup ces derniers temps.

    Le premier, Les hommes #proféministes et leurs ami.e.s, essaye de comprendre pourquoi les hommes hétérosexuels ayant des réflexions féministes n’arrivent à entretenir, majoritairement, des relations amicales sincères, sensuelles, confiantes et intimes qu’avec des femmes. Je me retrouve beaucoup là-dedans, même si je ne me définis pas comme proféministe. Il m’est rarement arrivé dans ma vie de vivre des relations d’amitié intense avec d’autres garçons et je cherche toujours à comprendre pourquoi (même si je sais en partie) et surtout comment changer cela.

    Le second, A genoux : connaissance charnelle, dissolution masculine, faire du #féminisme, parle d’#hétéronormativité et de désir. Il utilise les concepts de déterritorialisation, puissance et pouvoir de Deleuze et Guattarri et les applique au corps des hommes. Pourquoi cherchons-nous si souvent à conquérir l’espace, prendre de la place, tout en nous protégeant constamment contre les attaques, en fermant notre corps ? Pourquoi avons-nous si peur de la pénétration ? Pourquoi ai-je vécu l’extrême majorité de ma vie sexuelle hétéro sans même imaginer que je pouvais être attiré par d’autres hommes ? Comment atteindre le désir féministe ?

    Sans toujours en parler explicitement, ces textes proposent tous les deux des pistes particulières par rapport à la place des hommes dans les luttes contre le #patriarcat. Plutôt que de se demander si et comment un homme pourrait être féministe, ou si un oppresseur peut participer aux luttes des individus qu’il opprime (ce qui reste une bonne question), ils proposent que les hommes ne soient plus seulement des soutiens aux luttes féministes mais travaillent sur leurs relations au sein de leur #classe de genre. En dehors des propositions de #déconstruction de l’#éducation genrée masculine, peu de mecs prônent aussi ça. J’ai moi-même longtemps plus travaillé sur mon rapport aux femmes, sur comment je peux prendre de la place, comment je rabaisse mes copines, comment je fais pas toujours gaffe au #consentement, comment je profite parfois de mes #privilèges sans m’en rendre compte, etc., sans réfléchir à pourquoi je trainais surtout avec des non-hommes et me sentais plus à l’aise en leur compagnie. C’est sûr qu’il ne faut pas arrêter de se poser ces questions. Mais j’ai de plus en plus le sentiment que de soutenir les copines dans leurs luttes (quotidiennes ou non) en participant à des groupes de réflexion et d’action en #mixité, est nécessaire mais pas suffisant. Il faut aussi qu’entre personnes construites comme oppresseurs (par exemple par la non-mixité), on arrive à faire un travail que seuls nous pouvons faire, et qui va dans le sens de l’#abolition du patriarcat. Sans tomber dans la solidarité masculine, il faut qu’on arrive à casser cette froideur souvent ressentie face aux autres hommes, qu’on bosse sur nos amitiés, nos intimités, nos sexualités... qu’on supprime notre homophobie et les relations de pouvoir entre hommes. Cela permettra peut être, comme le dit Pronger, d’incarner le désir féministe et comme le dit Schmitt, de rééquilibrer le rapport genré à la prise en charge affective.

    • Une précision importante par rapport au titre de la brochure et à certaines thèses de Pronger : quand je propose en titre qu’on se touche, émotionnellement et physiquement, cela reste évidemment dans les limites nécessaires du consentement ! Pronger dit que « ceux qui sont les plus réticents à ouvrir leurs bouches et anus à d’autres hommes sont ceux qui ont le plus besoin de le faire ». Une pote m’a dit que ça sonnait beaucoup comme une obligation à sucer et se faire enculer. En relisant l’article en entier, j’ai l’impression qu’il essaye plutôt de pousser les hommes à réfléchir sur ces questions dans le but de faire taire leur homophobie et d’en avoir envie, pas de se forcer à avoir des relations homosexuelles avec pénétration. Si je n’interprétais pas son texte comme ça, j’aurais abandonné cette traduction.

      Bon, c’est clair, parfois, les deux textes que j’ai traduits sont chiants à lire ! C’est écrit par et pour des universitaires. J’ai pas envie de vous dire de faire un effort (ce serait trop facile de ma place d’ex étudiant universitaire) mais je pense que ça vaut le coup d’essayer. J’ai moi-même pas compris tous les concepts utilisés. Après, je pense que c’est possible de sauter des passages et de quand même comprendre le fond.

      et d’aller se faire enculer pour les plus perspicace.