• #Journal du #Regard : Mars 2020
    http://liminaire.fr/journal/article/journal-du-regard-mars-2020

    https://youtu.be/xuCO020qWOA

    Chaque mois, un film regroupant l’ensemble des images prises au fil des jours, le mois précédent, et le texte qui s’écrit en creux. « Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” ». Jorge Luis Borges, Fictions Impossible de démêler toute l’histoire de nos divisions. Un #Paysage, une végétation, un ciel, une lumière. L’écriture est liée à l’infini. Quand l’éclosion de la chute perce dans celui qui s’y trouve il n’est pas (...) Journal / #Architecture, #Biographie, #Paris, Paysage, #Ville, Regard, #Quotidien, #Nature, #Sons, #Voix, #Vidéo, #Inventaire, #Numérique, #Journal_du_regard, #Absence, #Dérive, Société, (...)

    #Société #Fantôme

  • Dans la limite du temps contenu : Le tour du kilomètre en un jour

    http://liminaire.fr/au-lieu-de-se-souvenir/article/dans-la-limite-du-temps-contenu

    Je vois cette place sans limite claire qui tient à la fois du jardin et du temple. Je parle au milieu des autres avec une disponibilité d’éponge. J’atteins sa peau chaude et odorante. J’apprends l’esprit de corps ou le sens du sacrifice. Je m’éloigne en forêt, dans le désert. Je me permets de traquer quiconque s’expose aux moments de transition et aux lieux d’où ça s’articule. J’offre mon visage qui oscille quand il parle. Je monte en aval et du côté du couchant. Je me contente de cheminer en moi. (...) #Journal / #Absence, #Mort, #Silence, #Sensation, #Paris, #Paysage, #Ville, #Ville, #Architecture, #Dérive, #Photographie, #Paysage, (...)❞
    #Regard

  • Assigné à résilience
    http://liminaire.fr/journal/article/assigne-a-resilience

    Un décalage entre ce que j’ai compris au départ, l’annonce d’un confinement annoncé à demi-mots qui me rendait impossible de profiter de l’instant, en voyant tout le monde dehors, indifférent à la propagation du virus, n’ayant pas compris ou faisant semblant de ne pas comprendre l’urgence de la mise en place du confinement, qui se promenait ou investissait les parcs comme un dimanche ensoleillé de printemps. Les jours passent, je ne suis pas encore sorti depuis l’annonce du confinement. Le #Ciel se (...) #Journal / #Absence, #Mort, #Silence, #Sensation, #Paris, #Paysage, #Ville, #Journal, #Architecture, #Biographie, #Photographie, Ciel, (...)

    #Regard
    http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article2526

  • « Rester confiné chez soi, sur son canapé, n’a strictement rien à voir avec une période de #guerre »

    Les mots ont un sens. « La #pandémie à laquelle nous sommes confrontés exigent des mesures plutôt opposées à un temps de guerre » explique l’économiste et chroniqueur de Basta ! Maxime Combes dans cette tribune.

    Non, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en pandémie

    « Nous sommes en guerre ». A six reprises, lors de son allocution, Emmanuel #Macron a utilisé la même expression, en essayant de prendre un #ton_martial. L’anaphore voulait marquer les esprits et provoquer un effet de #sidération. Avec deux objectifs sous-jacents. L’un sanitaire : s’assurer que les mesures de #confinement – mot non prononcé par le président de la République – soient désormais appliquées. L’autre politique : tenter d’instaurer une forme d’#union_nationale derrière le chef de l’Etat. Le tout également pour faire oublier les mesures contradictoires et les hésitations coupables de ces derniers jours.

    Pourtant les mots ont un sens. Et c’est non, mille fois non : nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en pandémie. C’est suffisant, et totalement différent. Aucun État, aucun groupe armé n’a déclaré la guerre à la France, ou à l’Union européenne. Pas plus que la France n’a déclaré la guerre (article 35 de la Constitution) à un autre État. Le #Covid-19 ne se propage pas en raison du feu de ses blindés, de la puissance de son aviation ou de l’habilité de ses généraux, mais en raison des mesures inappropriées, insuffisantes ou trop tardives prises par les pouvoirs publics.

    La pandémie à laquelle nous sommes confrontés exigent des #mesures plutôt opposées à un temps de guerre

    Non, le virus Covid-19 n’est pas un « #ennemi, invisible, insaisissable, et qui progresse » comme l’a affirmé Emmanuel Macron ce lundi 16 mars. C’est un #virus. Un virus qui se propage au sein d’une population non immunisée, porté par nombre d’entre nous et disséminé en fonction de l’intensité de nos relations sociales. Il est très contagieux, se propage vite et peut avoir des conséquences terribles si rien n’est fait. Mais c’est un virus. Pas une armée. On ne déclare pas la guerre à un virus : on apprend à le connaître, on tente de maîtriser sa vitesse de propagation, on établit sa sérologie, on essaie de trouver un ou des anti-viraux, voire un vaccin. Et, dans l’intervalle, on protège et on soigne celles et ceux qui vont être malades. En un mot, on apprend à vivre avec un virus.

    Oui, les mots ont un sens. Nous ne sommes pas en guerre car la pandémie à laquelle nous sommes confrontés exige des mesures plutôt opposées à celles prises en temps de guerre : ralentir l’activité économique plutôt que l’accélérer, mettre au #repos_forcé une part significative des travailleuses et travailleurs plutôt que les mobiliser pour alimenter un effort de guerre, réduire considérablement les #interactions_sociales plutôt qu’envoyer toutes les forces vives sur la ligne de front. Quitte à provoquer, disons-le ainsi : rester confiné chez soi, sur son canapé ou dans sa cuisine, n’a strictement rien à voir avec une période de guerre où il faut se protéger des bombes ou des snipers et tenter de survivre.

    Il n’est pas question de sacrifier le personnel médical, au contraire, il faut savoir les protéger

    Cette référence à la « guerre » convoque par ailleurs un #imaginaire_viril peuplé d’#héroïsme_masculin – bien que largement démenti par les faits – et du sacrifice qui n’a pas lieu d’être. Face au coronavirus – et à n’importe quelle pandémie – ce sont les #femmes qui sont en première ligne : 88 % des infirmières, 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne. Le #personnel_médical le dit clairement : nous avons besoin de soutien, de #matériel_médical et d’être reconnus comme des #professionnels, pas comme des #héros. Il n’est pas question de les sacrifier. Au contraire, il faut savoir les protéger, en prendre soin pour que leurs compétences et leurs capacités puissent être mobilisés sur le long terme.

    Non, définitivement, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes face à une pandémie. Et c’est déjà bien assez. Nous ne sommes pas des soldats, mais des citoyennes et citoyens. Nous ne voulons pas être gouvernés comme en temps de guerre. Mais comme en temps de pandémie. Nous n’avons pas d’ennemi. Ni à l’extérieur, ni à l’intérieur des frontières. Confrontés pendant des semaines à l’incurie d’un gouvernement incapable de prononcer un discours clair et des #mesures cohérentes entre elles, nous sommes juste des citoyennes et citoyens progressivement en train de comprendre que la meilleure chose à faire est de rester confinés. A devoir apprendre à vivre au ralenti. Ensemble mais sans se rencontrer. A rebours de toutes les exigences de #compétitivité et de #concurrence qui nous ont été assénées depuis des dizaines d’années.

    Instituer la #solidarité et le soin comme principes cardinaux, pas les valeurs martiales et belliqueuses

    Lutter contre la pandémie du coronavirus n’est pas une guerre car il n’est pas question de sacrifier les plus vulnérables au nom de la raison d’État. Comme celles qui sont en première ligne, il nous faut au contraire les protéger, prendre soin d’eux et d’elles, y compris en se retirant physiquement pour ne pas les contaminer. SDF, migrant.e.s, les plus pauvres et plus précaires sont des nôtres : nous leur devons pleine et entière assistance pour les mettre à l’abri, autant que faire se peut : la #réquisition de logements vides n’est plus une option. Lutter contre le coronavirus c’est instituer la solidarité et le #soin comme les principes cardinaux de nos vies. La solidarité et le soin. Pas les valeurs martiales et belliqueuses.

    Ce principe de solidarité ne devrait d’ailleurs pas avoir de frontière, car le virus n’en a pas : il circule en France parce que nous circulons (trop) dans le pays. Aux mesures nationales, voire nationalistes, brandies ici et là, nous devrions collectivement étendre ce principe de solidarité à l’international et nous assurer que tous les pays, toutes les populations puissent faire face à cette pandémie. Oui, la mobilisation doit être générale : parce qu’une #crise_sanitaire mondiale l’exige, cette #mobilisation doit être généralisée à la planète entière. Pour que pandémie ne rime pas avec inégalités et carnages chez les pauvres. Ou simplement chez les voisins.

    Point besoin d’#économie_de_guerre, juste d’arrêter de naviguer à vue

    Alors, oui, sans doute faut-il prendre des mesures d’exception pour réorganiser notre système économique autour de quelques fonctions vitales, à commencer par se se nourrir et produire le matériel médical nécessaire. Deux mois après les premières contaminations, il est d’ailleurs incroyable qu’il y ait encore des pénuries de #masques pour protéger celles qui sont en première ligne : réorienter, par la réquisition si nécessaire, des moyens de production en ce sens aurait déjà dû être fait. Histoire de ne pas avoir à refuser d’exporter des masques comme l’UE le fait désormais, y compris avec la Serbie qui a pourtant entamé son processus d’adhésion : où est donc la solidarité européenne ?

    Point besoin d’économie de guerre pour cela. Juste besoin d’arrêter de naviguer à vue et d’enfin prendre les mesures cohérentes entre elles, fondées sur ce principe de solidarité, qui permettront que chaque population, riche ou pauvre, puisse faire face à la pandémie. La participation consciente et volontaire de l’ensemble de la population aux mesures de confinement nécessaires n’en sera que facilitée. Et la dynamique de l’épidémie d’autant plus facilement brisée. Le monde de demain se joue dans les mesures d’exception d’aujourd’hui.

    Maxime Combes, économiste et membre d’Attac.

    https://www.bastamag.net/pandemie-covid19-coronavirus-Macron-guerre-virus-confinement
    #épidémie #vocabulaire #terminologie #mots #coronavirus

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    • Non Monsieur le Président de la République, nous ne sommes pas en guerre

      La déclaration du Chef de l’Etat qui amène un confinement général de la population et n’autorise les déplacements que par dérogation marque un véritable tournant dans la lutte contre l’épidémie généralisée en France. La guerre est déclarée ? Non Monsieur le Président, la Résistance collective est à l’ordre du jour pour sortir de cette épreuve.

      La déclaration du Chef de l’Etat ce 16 mars qui amène un confinement général de la population et n’autorise les déplacements que par dérogation marque un véritable tournant dans la lutte contre l’épidémie généralisée en France. Jusque-là des recommandations, des consignes, des prescriptions amenaient chacun à prendre sa part à la sûreté de contacts raréfiés. Point de contrôle, point de sanctions mais appel à prendre conscience des mesures d’hygiène à respecter puis du confinement.

      La crise sanitaire s’aggrave comme attendue. Les contaminations réalisées avant l’effectivité des mesures successives ne produisent leurs effets en terme de symptômes, qu’après le délai d’incubation de 5 à 14 jours comme nous pouvons le lire ici et là. Il y a donc mécaniquement une aggravation inévitable avant les possibles effets de ralentissement si ces mesures sont efficaces et suffisantes. Insuffisantes, à l’évidence les mesures prises jusqu’ici l’étaient, raison essentielle d’un strict confinement depuis ce 17 mars à midi.

      Crainte des autorités et politique de santé

      La crainte des autorités que partagent tous les observateurs attentifs - et ils sont nombreux - est la saturation des possibilités d’hospitalisation en réanimation pour les symptômes les plus graves qui menacent la vie même du patient avec une vulnérabilité particulière des personnes âgées ou des personnes souffrant de co-morbidités (affections chroniques ou déficiences organiques etc) sans exclure pour autant ces développements graves de la maladie respiratoire chez des sujets plus jeunes ou à l’occasion d’une « deuxième vague ».

      Cette crainte est d’autant plus vive que nos responsables gouvernementaux, le Chef de l’Etat lui-même, savent bien que les politiques de santé menées depuis des décennies, poursuivies et aggravées depuis la dernière présidentielle à coups d’économies budgétaires inconséquentes ont largement diminuées la capacité à faire face aux circonstances exceptionnelles que nous connaissons aujourd’hui. Les gouvernements successifs, et plus encore celui-ci, quand les économies en grattant toujours plus ont atteint l’os, sont restés sourds aux demandes, revendications, exhortations des professionnels de santé, de leurs organisations syndicales y compris même au début de cette épidémie. Quelle imprévoyance ! La préparation aux moyens de la protection elle-même est manifestement déficiente : les volumes des gels hydroalcooliques, masques, équipements divers sont largement insuffisants ou limites même pour les professionnels de santé, hôpitaux et médecine de ville, sont même menacés de pénurie dans des délais relativement brefs (déclaration Olivier Véran, ministre de la santé).

      Il faut l’abnégation de ceux et celles à qui on a refusé les moyens de soigner, pour faire face, héroïquement chaque jour, à cette montée des périls. La fermeture d’hôpitaux, de services et de lits, la fermeture de postes de soignants pèsent aujourd’hui dans cette lutte de résistance, jour après jour, pied à pied. Les encenser aujourd’hui ne disculpe pas de sa responsabilité, de ses choix politiques.

      Il faudra en rendre compte au peuple français après l’épreuve en changeant radicalement de politique de santé en associant les organisations syndicales et les forces vives du pays : la santé est un bien collectif pas seulement l’affaire du ministère et du gouvernement ! Il faut espérer que cet épisode douloureux amènera un changement complet de politique de santé pour faire face à d’autres épidémies qui ne manqueront pas d’arriver. Elles ne manquerons pas d’arriver dans un monde dominé par la recherche du profit à tout prix pesant en premier lieu sur la santé des populations qui ne pèse pas lourd face aux profits des firmes pharmaceutiques, phyto-sanitaires, tabagiques, agro-alimentaires et de toutes celles qui commercialisent ou utilisent des produits toxiques en semant le doute sur cette toxicité quand bien même ils ont les preuves – qu’ils cachent – d’effets graves sur la santé. Le profit d’abord et quand ce sont des milliards à la clef, on peut tout se permettre et tout maquiller.

      Malheureusement, pour le moment et dans les semaines qui viennent, nous voyons et verrons les résultats de cet abaissement des digues : l’affaiblissement des effectifs soignants et les nombreuses fermetures notamment des hôpitaux de proximité ont abaissé dramatiquement le seuil de saturation des services de réanimation qui prennent en charge les malades du CoVid-19. Nous, c’est-à-dire les citoyen.ne.s de ce pays, en feront les frais. Les petits hôpitaux aujourd’hui avec leurs soignants seraient une réserve de lits pour endiguer ce flot croissant comme autrefois les terrains ouverts sur le Rhône absorbaient les inondations périodiques.

      Nous ne sommes pas en guerre mais en Résistance

      Aujourd’hui si les soignants sont en première ligne y compris avec un risque pour leur propre santé, tous les professionnels de la logistique alimentaire, pharmaceutique, administrative sont à leur côté et assurent le service du public, au service de la Nation.

      La guerre est déclarée ? Non Monsieur le Président, nous ne sommes pas en guerre. Vous devez organiser la Résistance avec nous. Avec la guerre, le chef s’adjuge tous les pouvoirs pour vaincre, ne cherche aucunement à convaincre mais à imposer, à contraindre pour mener la bataille comme il l’entend et dans ce cas, les contestataires et les critiques sont traître et traîtrise à faire taire, vite et bien.

      La stigmatisation de groupes au contact vus à la télé sur les bords de Seine, dans des parcs amène un discours sur l’irresponsabilité de certain.e.s qui n’ont pas pris la mesure du danger pour eux et pour les autres, prétexte à introduire le contrôle et la sanction. C’est un peu facile ! Facile d’oublier son propre manque de responsabilité dans la politique de riches menée depuis son accession à la Présidence notamment la politique de santé qui a abaissé le niveau de protection, de l’assurance-chômage qui abaisse les droits et indemnisations des chômeurs, des chercheurs précarisés qui doivent plus chercher des financements que faire de la recherche. Etait-il bien responsable de matraquer et blesser ces Gilets Jaunes durant plus d’un an sans les entendre, de les poursuivre aujourd’hui pénalement pour se venger d’avoir eu peur et de s’être laissé déborder sur les Champs-Elysées ? Sans parler de bien des affaires qui ont amené certain.e.s à démissionner.

      Reconnaissons-le, la responsabilité n’est chose aisée pour personne surtout dans une société où l’enjeu est de passer la patate chaude de la responsabilité à un.e autre. La première intervention du chef de l’état du 12 mars a certainement manqué de punch pour responsabiliser. Les réactions dimanche sous le soleil sont aussi à inscrire, sans les excuser, à un déni d’ordre psychique d’entrée dans cette période de restriction, en gros, encore un dernier bol d’air avant le confinement. Après, il est possible de rappeler en direct le danger et le devoir. Pourquoi, in fine, et à peu près systématiquement - en acte contrairement aux paroles – devrait-on prendre la population pour non-responsable collectivement ? Individuellement, nous le sommes tour à tour pour, pour sujet plus ou moins important mais collectivement nous pouvons être sérieusement responsables (un peu comme la patience dans mille impatiences) surtout face à ce danger réel, palpable, identifié.

      Le confinement par la force ou la responsabilité ?

      Mais l’ennemi est là, l’invasion a eu lieu : le virus est partout. Oui, le cap doit être clair pour résoudre cette crise d’exception mais faire appel à 100.000 policiers et gendarmes c’est s’engager dans une voie où la coercition, la sanction dispensent de convaincre tout en faisant « comme si », double discours qui rappelle celui pour le premier tour des municipales. Dans ces conditions, la menace de sanction devient, de fait, la seule voie audible, choisie pour parvenir à maintenir le confinement, moyen pour stopper cette épidémie. Ce moyen n’est pas en cause. La contamination a lieu par contact : nécessité du confinement et des mesures-barrières.

      La question est la voie choisie pour parvenir à un confinement : le contrôle par les forces de Police et de Gendarmerie et la sanction financière (on imagine mal engorger les prisons déjà pleine – problème en soi - et propager le virus !). Cette voie prend le risque d’une escalade dans le contrôle de la population par des forces de l’ordre (largement utilisées depuis deux ans, sorte de réflexe) voire de déboucher sur des scènes de chaos plus ou moins localisées ou momentanées.

      Nous comprenons bien que légiférer par ordonnance n’est pas anodin et amorce une éventuelle escalade avec état de siège, intervention de l’Armée au maintien de l’ordre, pourquoi pas in fine l’article 16. Piège de l’escalade qui prend toujours le comportement marginal pour prétexte, piège aux conséquences lourdes et en quelque sorte mécaniques pour la démocratie.

      Sans protection ou avec des protections insuffisantes, les forces de l’ordre pourraient être affectées par l’épidémie. Elles pourraient l’être et affecter un volume plus ou moins important de policiers et gendarmes que leurs armes ne protègent pas comme dans une guerre, rendant impossible de remplir leur mission.

      La Résistance, au contraire, engage le peuple à entrer en Résistance conscient des enjeux pour la santé de tous. Vous n’avez pas vu que partout, à côté de contacts de moins en moins fréquents - aujourd’hui plus un seul – spontanément, les gens dans la rue, devant les magasins, tiennent leurs distances, ne s’affolent pas et s’ils parlent, c’est à distance et pas en face à face. La Résistance c’est avant tout engager chacun à devenir responsable pour devenir collectivement responsable. Et devenir collectivement responsable, c’est non seulement éviter les contacts qui transmettent le virus, mais encore organiser des réseaux de solidarités de proximité pour l’alimentation, la pharmacie etc... en respectant les consignes d’hygiène et de contacts. Tout le monde ne peut pas se déplacer. C’est bien au-delà de la peur du gendarme.

      A défaut, en durcissant encore le confinement, il faudrait organiser un réseau national de distribution à domicile ! Les forces de l’ordre pourraient-elles s’y employer ? Là encore, ce serait faire sans la population quand il s’agit de résister avec la population.

      Organiser la Résistance et mobiliser par des actes

      Il n’y a pas possibilité de résistance si la population n’est pas incitée à s’associer à cette résistance, chacun à sa mesure. La Résistance c’est le peuple et ses dirigeants, quand ceux-ci savent impulser et non seulement commander, contrôler, sanctionner. Les forces de l’ordre plutôt que sanctionner ce qui peut amener à la clandestinité des déplacements devenus illicites, pourraient se transformer en agent de persuasion en rappelant les consignes, en écoutant les nécessités explicitées sans chercher à sanctionner bref... discernement. La campagne c’est pas la ville et chacun ne va pas faire du jogging autour de sa maison ou de son pâté d’immeubles. En Auvergne, balader sur un des Puys en solitaire ou en couple de retraités est sans risque plutôt que rester aux abords de la maison et rencontrer des connaissances ! Les services de santé seront d’autant moins débordés (ou moins vite !) que chacun se sentira, se sent responsable des soignants, en actes et pas seulement en paroles.

      Sans association et conscience de la population, il n’y a en effet que la guerre et son cortège d’oeufs cassés toujours justifiés en toute bonne foi.

      Pour associer le peuple, la suspension des réformes en cours est enfin une mesure de sagesse et d’apaisement. De toutes façons, le calendrier de la réforme des retraites ne peut plus être tenu. Avant l’été c’est râpé ! Le report de la mise en place de la réforme de l’assurance-chômage est aussi la démonstration en creux de revenus dramatiquement insupportables pour quantités de chômeurs, à repousser hors cette période exceptionnelle. Seraient-ils véritablement plus supportables après un retour à la normale ? Revoir la copie.

      Il faut aller plus loin. Pour une adhésion et une responsabilité de la population, Il faut permettre un minimum de confiance quand celle-ci a été dilapidée par une attitude intransigeante toujours dans le sens des riches en pompant l’argent des autres. Il faut annoncer quelles réformes deviennent prioritaires, quel cap social et sociétal elles prendront, avec qui et comment elles seront travaillées (pas seulement une concertation sur un texte à trous béants comme celui des retraites).

      L’indemnisation du chômage partiel prise actuellement pour garder les moyens de subsistance n’illustre-t-elle pas la nécessité de la mise en place d’un revenu universel ? Ce pourrait être un dispositif qui l’initie à élargir et pérenniser.

      Une mesure forte immédiate qui ne coûte pas un euro mais vaudra crédit : arrêter toutes les poursuites pour fait social, grèves et manifestations. La paix sociale ne s’achète pas, elle s’obtient avec des actes.

      La guerre alors n’aura pas lieu

      Vaincre l’épidémie c’est engager la population dans la Résistance et non la délégation aux chefs de mener une guerre qui n’existe pas, même si l’économie s’en rapproche, si l’organisation du fonctionnement en société s’en rapproche. C’est apporter un tournant social à ce quinquennat de riches, non pas le passer au Ripolin vaguement rose mais s’engager à des réformes nécessaires et identifiées dès maintenant avec les moyens d’une co-construction postérieure chacun à sa place. Alors les forces vives de la nation seront mobilisées pour vaincre par la responsabilité et la solidarité. La guerre alors n’aura pas lieu !

      https://blogs.mediapart.fr/georges-andre/blog/170320/non-monsieur-le-president-de-la-republique-nous-ne-sommes-pas-en-gue

    • #Rony_Brauman répond à Macron : « La #métaphore de la guerre sert à disqualifier tout débat »

      Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, approuve les mesures de confinement, mais dénonce la #rhétorique_martiale du chef de l’Etat : « Qualifier les soignants de "#héros", c’est gommer les raisons de la crise sanitaire. »

      Médecin, diplômé de médecine tropicale et épidémiologie, Rony Brauman a été président de Médecins sans frontières (MSF) de 1982 à 1994. Il est aujourd’hui directeur d’études à la fondation de l’ONG. Son dernier livre, « Guerres humanitaire ? Mensonges et intox », conversation avec Régis Meyran, est paru aux éditions Textuel en 2018.
      Interview.

      Comment analysez-vous l’épidémie du #Covid-19 et sa gestion par les autorités françaises ?
      Cette épidémie n’avait pas été prévue, mais elle avait été prédite. De nombreux épidémiologistes avaient anticipé l’apparition d’un nouveau virus se répandant à la faveur de l’accroissement démographique, de l’accélération des voyages internationaux, de l’urbanisation, du changement climatique. Cette crainte, déjà ancienne, s’était renforcée avec les épidémies de sida, le Sras, le Mers, le Zika, le chikungunya, Ebola. Nous savions que le rêve d’un monde débarrassé d’un risque infectieux était une #illusion et les gouvernements successifs ne pouvaient méconnaître ces analyses. Cela ne les a pas empêchés, depuis des années, de réduire les capacités des hôpitaux, avec les effets que l’on voit aujourd’hui. Plus de 4 000 lits ont été supprimés ces trois dernières années, mais c’est depuis trente ans que gagne une #logique_comptable, entrepreneuriale (notamment la loi Hôpital, Patient, Santé, Territoire de 2009, qui concrétise la notion d’« #hopital-entreprise », introduite par #Claude_Evin dès 1989). Pourtant, aujourd’hui, Emmanuel Macron ne tarit pas d’éloge sur le personnel hospitalier... Ses propos qualifiant les soignants de « héros » me semblent particulièrement mal venus. Cette qualification a quelque chose de pervers, parce qu’elle gomme les raisons de la #crise_sanitaire. Outre qu’elle oubliait les autres professions qui continuent à travailler pour que notre vie soit encore vivable (éboueurs, policiers, livreurs, caissières, producteurs, distributeurs de produits essentiels), elle met les soignants dans une position délicate. Un héros, ça ne demande pas des journées de récupération pour s’occuper de ses enfants, de prime de risque, un salaire décent. On sait bien qu’une partie du vidage des hôpitaux vient de ce qu’on paye les gens de façon indécente. Brandir la figure du héros, c’est sous-entendre par contraste la médiocrité de revendiquer des #conditions_de_travail correctes.

      Pourtant, quand les gens applaudissent à leurs fenêtres à #20_heures, n’est-ce pas aussi une façon de saluer dans les soignants des figures héroïques ?
      Si, bien sûr, et je m’y associe. Ces applaudissements constituent un rite de reconnaissance collective vis-à-vis d’une catégorie qui s’expose de façon constante, quotidienne. Mais ils ne doivent pas être séparés d’une interrogation politique sur les #restrictions_budgétaires imposées depuis des années à ceux qui sont considérés aujourd’hui comme les sauveurs de la nation.
      J’ajoute que, dans les propos d’Emmanuel Macron, cette #héroïsation n’est que le complètement logique du discours de la guerre, la métaphore du combat engagé contre l’#ennemi_invisible. Cette notion ne me semble pas la bonne. Nous sommes face à une #catastrophe. Au moment où nous parlons, des structures de soins sont débordées et l’on voit réapparaître les méthodes de la #médecine_de_catastrophe, mises au point, il est vrai, par la #médecine_militaire mais élargies aux situations de crises majeures, notamment de catastrophes naturelles : les techniques de #triage séparant les gens qu’on va pouvoir aider à sortir et ceux pour lequel le pronostic est trop mauvais, relèvent typiquement de la médecine de catastrophe. De façon plus générale, cette métaphore est trompeuse, en ce qu’elle laisse entendre que la #santé passe par la défaite de la maladie. Mais la maladie fait partie de la vie et l’on devrait parler de #droit_à_la_maladie, plutôt que de #droit_à_la santé. Je pense au philosophe #Georges_Canguilhem observant que pour la plupart des gens, la santé, ce n’est pas l’#absence_de_maladie mais la possibilité de tomber malade et de s’en relever.

      Mais n’est-il pas vrai que nous combattons un ennemi : le #virus ?
      Un point, encore : depuis #Pasteur, le germe infectieux place les sociétés dans une situation complexe. Dès lors que nous sommes tous potentiellement vecteurs de #contagion, chaque individu devient une #menace pour la collectivité, chaque voisin est un risque potentiel. Et inversement, l’individu se sent menacé par le groupe, qui peut cacher des malades, et il va donc chercher à s’en isoler. Le #confinement nous demande d’être à la fois solidaires et individualistes. C’est le #paradoxe de l’#épidémie, que dissimule la métaphore de la guerre. Dire qu’on mène une guerre contre un virus, c’est prendre le risque d’alimenter la #guerre_de_tous_contre_tous, chacun étant potentiellement le vecteur de l’ennemi invisible.
      Quand j’entends le président conclure son discours de Mulhouse, le 25 mars, par un martial « Nous ne céderons rien ! », je suis abasourdi. Céder quoi, à qui ? Craignez-vous la restriction des libertés liée au confinement ? J’approuve le confinement et des mesures actuellement en vigueur, à défaut d’autres moyens de protection pour l’instant. Ces mesures sont le résultat, forcément instable, de la recherche d’un équilibre entre trois exigences : la #sécurité_sanitaire, la #liberté des individus et la continuité de la machine économique. La liberté peut être restreinte, mais il est impossible de confiner tout le monde, car une partie l’#activité_économique doit se poursuivre, sous peine d’une morte lente générale. Je rappelle qu’une épidémie peut faire plus de #victimes_indirectes que directes, comme cela a été probablement le cas d’#Ebola : je pense aux malades qui n’ont pas pu se soigner, qui ont été conduits à une issue fatale à cause de la paralysie des régions frappées par la maladie.
      Pour ma part, je comprends le retard de confinement mis en oeuvre en France : l’exigence de #santé_publique était en balance avec l’exigence de liberté et l’exigence de #continuité_économique. Prenons garde à ne pas porter sur les mesures du gouvernement Philippe un regard anachroniquement sévère ! Reste que je m’inquiète de l’empilement des #mesures_autoritaires. N’oublions pas que des dispositions de l’#état_d'urgence antiterroriste ont été intégrées à la #loi_ordinaire et appliquées contre des militants écolos et syndicalistes. On doit craindre une reproduction de ce précédent.

      Portez-vous le même regard compréhensif sur la stratégie de la France en matière de #masques et de #tests ?
      Non ! Ce sont clairement deux loupés de la politique et de la communication gouvernementales. Autant j’apprécie les points quotidiens de #Jérôme_Salomon, le directeur général de la Santé, et son ministre #Olivier_Véran, qui sont très pédagogiques, didactiques, non arrogants, autant la question des masques et des tests a été traitée de façon extrêmement grossière, là encore infantilisante comme l’est la métaphore de la guerre. Ils auraient pu reconnaître qu’il y avait un retard à rattraper - retard imputable aux gouvernements successifs et non au seul gouvernement Philippe - et qu’il fallait plus de masques et plus de tests. Ils pouvaient expliquer que le #rationnement ne durerait pas, qu’ils y travaillaient, bref traiter leurs concitoyens en adultes. Au lieu de cela, ils ont choisi de tenir un discours de #déni. « Pourquoi ne pas faire plus de tests ? - Parce que c’est inutile ! » « Pourquoi ne pas distribuer pas plus de masques ? - Parce que c’est inutile ! » Et ce n’est pas vrai... Oui, c’est mensonger et ce point-là n’a rien à voir avec les choix difficiles, évolutifs, du confinement et de ses limites. Les masques sont indispensables pour les personnels soignants et pour les professions exposées au public. Quant au test, on nous explique qu’il n’est utile que pour les cas graves. Ce n’est pas vrai ! Dans les cas graves, il ne fait que confirmer le #diagnostic_clinique, alors que dans les cas moins graves ou bénins, il permet de connaître le #statut_sérologique des individus. On peut alors choisir pour chacun la solution adaptée : confinement à la maison, isolement dans des structures médicalisées (pour ne pas engorger l’hôpital) et hôpital (si nécessaire). Je suis consterné que les porte-parole du gouvernement se soient cramponnés à cette #pseudoscience. Un tel manquement est très contre-productif car il vient affaiblir la #confiance que l’opinion peut avoir dans d’autres mesures gouvernementales, qui, elles, sont tout à fait argumentables, tel que le confinement.

      Derrière ce loupé, y a-t-il des dissensions internes au champ médical ? Certains scientifiques ont-ils sous-estimé l’épidémie ?
      La #médecine n’est pas une science, c’est une #pratique_scientifiquement_informée. On le voit à l’échelle d’un organisme individuel : le corps n’est pas une matière inerte qui répondrait toujours de la même façon aux mêmes actions. Pour les questions de #santé_publique, c’est encore plus net, car la médecine est alors confrontée à toutes sortes d’événements inattendus et d’une variabilité extrême. La science aide à prendre les décisions, mais elle ne sait pas tout et, dans l’incertitude, ce sont les politiques qui doivent trancher.

      Sur cette épidémie, il n’y a pas de #consensus_médical ?
      Non, pour les raisons que je viens de dire. De plus, la familiarité des médecins avec les réalités épidémiologiques est très limitée. Le métier des médecins est de soigner les pathologies, mais pas forcément de connaître leur diffusion. Cela relève d’un autre type de savoir : l’épidémiologie. Il y a les épidémiologistes médecins, bien sûr, mais aussi des épidémiologistes non-médecins, notamment les statisticiens, les modélisateurs, qui n’ont pas la même approche que les médecins. Il peut y avoir des désaccords et c’est alors au politique de trancher, et de s’en expliquer. Néanmoins, sur la question de l’intérêt des masques et des tests pour gérer l’épidémie au mieux, il y a un consensus quasi-total.

      Mais alors, pourquoi les principaux responsables de la santé en France ont-ils dit le contraire ? Après tout, Jérôme Salomon et Olivier Véran, ainsi que sa prédécesseure #Agnès_Buzyn, sont tous des médecins...
      C’est un mystère. Mon hypothèse, toute personnelle, est qu’il s’agit d’un effet de la propension des responsables politiques à la rigidité comme preuve de leur détermination. En toutes circonstances, ils veulent afficher leur assurance et voient dans toute remise en question un affaiblissement de leur #autorité. Le fantasme de #toute-puissance est à l’oeuvre ! C’est ce que nous disait encore Macron, qualifiant de « polémiques », forcément stériles, et de tentatives de « fracture » de la société, forcément dangereuses, les critiques qui lui sont adressées. Il faut « #faire_bloc », c’est-à-dire marcher au pas, fleur au fusil. Où l’on voit que la métaphore de la guerre sert à disqualifier toute mise en #débat.

      Vous-même, avez-vous changé d’avis sur l’épidémie ?
      J’ai hésité en janvier, mais j’ai été assez rapidement convaincu que le #risque_pandémique était bien réel, tout en considérant la réaction des pouvoirs publics en France était correcte, et que par exemple on n’avait pas de raison de coller immédiatement à ce que faisait l’Italie. Il y a eu des discussions, y compris au sein de Médecins sans frontière, où certains étaient très sceptiques. Dès le début février, il a été clair que la cinétique de l’épidémie était inquiétante, en découvrant que des patients asymptomatiques pouvaient être transmetteurs du virus. Dans une épidémie, ce n’est pas le chiffre de mortalité à un instant T qui importe. On peut toujours comparer ces chiffres à bien d’autres, comme l’ont fait trop longtemps les « corona-sceptiques ». C’est le #temps_de_doublement des cas qu’il faut regarder attentivement : 2,5 jours pour le Covid-19. Là, on comprend assez rapidement que la progression est effrayante, surtout si on le rapporte aux mesures de confinement, qui mettent quinze jours à commencer à produire de l’effet : en quinze jours, on a six fois le doublement des cas, ce qui signifie qu’un porteur contamine 64 personnes en quinze jours, 244 en un mois.

      Que pensez-vous de la polémique sur la #chloroquine ? N’est-ce pas affligeant, dans une telle période ?
      La forme a été parfois affligeante, mais pas la controverse elle-même. Ce qui donne le caractère polémique à cette discussion, c’est le sentiment de vivre une #tragédie_collective dans laquelle tout #désaccord prend une dimension énorme. Mais, en temps normal, c’est le lot commun du travail médical. Pour des #pathologies_émergentes et même pour des pathologies déjà connues, il faut des années d’essais cliniques et de traitement pour obtenir un #consensus. Regardez les médicaments contre le cholestérol, qui font l’objet d’une controverse très vive depuis plusieurs années. Ce n’est pas parce qu’on est en période d’état d’urgence sanitaire qu’il faudrait fermer la porte aux discussions contradictoires, aux critiques. Surtout pas. Nous avons besoin de cette pluralité d’avis. Cela étant dit, la façon dont #Didier_Raoult a présenté la chloroquine comme un médicament miracle appartient plus à un prophète qu’à un spécialiste de santé.

      Il n’y aura pas de médicament miracle pour le Covid-19 ?
      Non, pas plus qu’il n’y en a eu pour les autres infections. Cela me rappelle l’annonce faite en 1985 par le professeur #Andrieux, accompagné de la ministre de la Santé d’alors, #Georgina_Dufoix, donnant la #cyclosporine comme le médicament qui allait tout changer à partir d’un essai sur quelques cas. Pour ce qui est de la chloroquine, ses effets antiviraux et antibactériens sont bien connus, mais l’essai de Marseille n’a rien de concluant, contrairement à ce qu’en disent certains, y compris des politiques qui se croient autorisés à avoir un avis sur cette question totalement technique. C’est une ressource possible, il faut la tester. Le bon côté de cette controverse, c’est que la chloroquine va être jointe aux nombreux essais cliniques en cours. Mais il ne faut pas créer de #faux_espoirs. Didier Raoult a un passé de chercheur sérieux, mais son personnage de génie autoproclamé n’incite pas à la confiance. Quant à la validité de son essai, elle a été très précisément analysée.

      Parmi les multiples réflexions suscitées par l’épidémie, il y a cette idée que la nature malmenée par la #mondialisation serait en train de se venger avec ces différents virus venus du monde animal. Qu’en pensez-vous ?
      Le point commun du Covid, du Sras, du Mers et d’Ebola est que ces maladies sont le fruit d’un passage de la #barrière_virale_d'espèces entre les #animaux et les hommes. L’extension des certaines mégapoles entraîne une interpénétration entre #ville et #forêts : c’est le cas d’Ebola, qui trouve son origine dans la présence des #chauves-souris en ville et qui mangeaient par des humains. Mais ce paramètre, s’il faut avoir à l’esprit, est à manier avec une certaine retenue. Car il s’agit d’une constance dans l’histoire des épidémies : la plupart, à commencer par la #peste, sont liées à ce franchissement. L’homme vit dans la compagnie des animaux depuis le néolithique, notre existence est rendue possible par cette coexistence. Mais la peste avait été importée par la puce du rat qui était disséminé sur les bateaux et les caravanes ; pour le corona, ce sont les #avions qui ont fait ce travail. La spécificité du Covid-19, c’est sa vitesse de #diffusion. Le professeur Sansonnetti, infectiologue et professeur au Collège de France, parle d’une « maladie de l’#anthropocène » : en superposant la carte de l’extension du virus et celle des déplacements aériens, il montre que les deux se recouvrent parfaitement.

      L’enjeu est donc moins la façon dont la #mondialisation malmène la nature, mais dont elle ouvre des avenues à des germes. Faut-il refermer ces avenues ?
      Le propre du vivant, c’est de chercher à répandre ses gènes et le virus obéit à une logique de vie, qui s’inscrit dans une dialectique entre #contagiosité et #mortalité. Il lui faut trouver des #vecteurs - des organismes vivants - qui lui permettent de se répandre. Mais s’il tue trop vite ces vecteurs ou s’il ne trouve pas de nouveaux organismes à contaminer, il arrive à une impasse et meurt. Ce que vise le confinement, c’est à mettre le virus dans une impasse : chacun doit être le cimetière du virus. C’est ici que l’on voit la limite de la méthode : cet isolement total serait notre cimetière à tous, pas seulement celui du virus.
      A quoi cela sert de "gagner du temps" face au coronavirus ?
      #Mutation. Le mot, lorsqu’il est associé au coronavirus, fait peur. Surtout depuis que des chercheurs chinois ont affirmé que le virus avait déjà muté en une variante plus agressive.

      Alors, faut-il redouter ses prochaines transformations ?
      #Luc_Perino, médecin diplômé d’épidémiologie et auteur du livre "Patients zéro" (La Découverte), explique qu’un virus mute en permanence... et pas nécessairement d’une manière défavorable à l’être humain. "Dans la majorité des épidémies, le virus évolue vers moins de #virulence, et vers plus de #diffusion." C’est-à-dire qu’il tend à se propager plus vite... mais en devenant moins mortel.

      https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200327.OBS26690/rony-brauman-repond-a-macron-la-metaphore-de-la-guerre-sert-a-disqualifie
      #solidarité #individualisme #autoritarisme #mensonge #mensonges #épidémiologie

  • L’indécise #Absence
    http://liminaire.fr/derives/article/l-indecise-absence

    Tant de fois tu avais imaginé, et secrètement espéré, cette curieuse situation sans t’y confronter réellement, tu rêvais parfois de lieux vides dans lesquels tu pourrais marcher librement, mais sans ressentir ce que tu percevais désormais, maintenant que tu traversais effectivement la #Ville déserte, à l’abandon, sans croiser un seul passant, dans l’inquiétude tenace et grandissante de ces circonstances incompréhensibles. Avancer seul dans une ville vide, c’était un peu comme s’endormir au cinéma pendant (...) #Dérives / #Architecture, #Paris, #Récit, Ville, #Paysage, Absence, #Corps, #Dérive, #Sensation, #Solitude, #Fantôme, #Temps, (...)

    #Amour
    https://lesheurescreuses.net/2020/03/15/une-aubaine-pour-les-oiseaux

  • Avancer sans chercher son chemin
    http://liminaire.fr/proces-verbal/article/avancer-sans-chercher-son-chemin

    Avancer sans savoir où silencieux s’élançant timide ou hésitant tuer le #Temps penaud à petits pas maladroit jambes et bras liés et serrés contre le #Corps engoncé évincé dans des vêtements trop étriqués souffrant du froid sec froissé qui serre étreint le tissu raide. Ride et sourire à la trace bouche muette le silence à l’intérieur la commissure à peine désirable bat la mesure sans déborder outre. #Sensation d’enfermement perdu en soi instable souffle blanc comme un léger sifflement du vent dans les feuilles des (...) #Procès-verbal / #Poésie, #Écriture, #Absence, #Dérive, Corps, Sensation, Temps, #Langage, #Portrait, #Photographie

  • Sounds From Dangerous Places, de Peter Cusack
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/sounds-from-dangerous-places-de-peter-cusack

    Peter Cusack est un artiste, musicien, compositeur et improvisateur anglais qui s’intéresse plus particulièrement aux #Sons dans l’environnement. Il conduit parallèlement à son activité de musicien, des travaux assidus sur notre relation au sonore, en réalisant par le biais de son travail d’enregistrement de terrain, l’empreinte acoustique de lieux, naturels ou industriels, frappés par des catastrophes. En 1998, Cusack a lancé le projet Your Favorite London Sound, dont l’objectif était de demander aux (...) #Entre_les_lignes / #Art, #Écriture, #Inventaire, #Récit, Sons, #Vidéo, #Voix, #Numérique, #Livre, #Lecture, #Information, #Absence, #Fantôme, #Silence, #Dérive, #Mémoire, #Solitude, Société, #Politique, #Nature, #Russie, #Londres, #Ville, (...)

    #Société #Paysage
    https://www.crisap.org/people/peter-cusack
    https://www.youtube.com/watch?v=uJVKaAS9lBA


    http://writing.upenn.edu/epc/authors/goldsmith
    https://favouritesounds.org
    https://sounds-from-dangerous-places.org
    https://liminaire.fr/mot/zoo-project

  • Portraits fictifs et autobiographèmes
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/portraits-fictifs-et-autobiographemes

    Fin 2018, des chercheurs de Nvidia ont créé une intelligence artificielle capable de générer de toutes pièces des photos réalistes de personnes qui n’existent pas. Pour arriver à ce résultat, ils se sont appuyés sur un système de machine learning qui met deux réseaux neuronaux en compétition. Le premier, le générateur, produit des images à partir des données qui lui sont fournies, tandis que le second, le discriminateur, signale celles qui sont trop proches des images qu’on lui a transmis. La tension entre (...)

    #Entre_les_lignes / #Biographie, #Art, #Écriture, #Numérique, #Photographie, #Portrait, #Absence, #Fantôme, #Regard, #Politique, (...)

    #Visage
    « https://www.nvidia.com/fr-fr »
    « https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1195042/visages-individus-reconstitution-voix-speech2face »
    « https://speech2face.github.io »
    « https://twitter.com/emmanuel_vaslin »
    « https://twitter.com/search?q=%23%C3%A0MainLev%C3%A9 »
    « http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=2-84682-064-3 »
    « https://thispersondoesnotexist.com »

  • Présence #Fantôme
    http://liminaire.fr/derives/article/presence-fantome

    Cette nouvelle a été écrite à l’occasion de l’atelier recherches sur la nouvelle, mené cet hiver par François Bon sur son site. Je n’avais jamais cru à rien, ni au destin, ni aux signes, ni aux surprenantes coïncidences. Je ne croyais pas en grand-chose. Je venais d’avoir cinquante ans. L’âge ça ne veut rien dire. Mon corps se souvenait à chaque mouvement de la sensualité de sa jeunesse, ma silhouette à la fois indolente et vibrante, mince, bien cambrée, seins parfaits, fesses rondes. J’aimais les femmes (...)

    #Dérives / #Écriture, Fantôme, #Dérive, #Histoire, #Lecture, #Récit, #Portrait, #Absence, #Amour, #Traces

    « http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787 »
    http://www.tierslivre.net

  • Abécédaire des prépositions : #Fenêtre
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/abecedaire-des-prepositions-fenetre

    https://youtu.be/YuAB6uAFXaQ

    La forme détournée de l’abécédaire est un genre voué à la célébration de l’acte créateur (le livre des livres). Cette année j’ai décidé d’aborder l’abécédaire par la #Vidéo. Deux fois par mois, je diffuserai sur mon site, un montage d’extraits de films (à partir d’une sélection d’une centaine de mes films préférés : fiction, documentaire, #Art vidéo) assemblés autour d’un thème. Ces films d’une quinzaine de minutes seront accompagnés sur le site par l’écriture d’un texte de fiction. Ce projet est un dispositif à double (...)

    #Palimpseste / Fenêtre, #Écriture, Vidéo, #Inventaire, #Histoire, Art, #Cinéma, #Sons, #Voix, #Regard, #Absence, #Amour, (...)

    #Lecture
    « http://bit.ly/filmdesfilms »

  • Histoire d’un souvenir d’enfance
    http://liminaire.fr/derives/article/histoire-d-un-souvenir-d-enfance

    Il y a quelques mois, mes filles m’ont demandé si je me souvenais d’un film que nous avions vu en famille lorsqu’elles étaient enfants. Elles m’ont décrit avec précision les dernières images du film. Sur une plage déserte, au moment du coucher de soleil, un homme s’avance seul vers la mer sans s’arrêter et disparaît dans les vagues. Cette image les obsédait toutes les deux depuis longtemps. Elles ne parvenaient pas à retrouver le film dans laquelle elle figurait. Je n’ai pas une très bonne #Mémoire et je (...)

    #Dérives / #Biographie, #Cinéma, #Absence, #Corps, #Ciel, #Enfance, #Fantôme, #Musique, #Voix, #Vidéo, #Sons, #Voyage, #San_Francisco, #États-Unis, Mémoire, (...)

    #Mort
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_%C3%A9toile_est_n%C3%A9e_(film,_1937) »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_%C3%A9toile_est_n%C3%A9e_(film,_1954) »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_%C3%A9toile_est_n%C3%A9e_(film,_1976) »
    « https://fr.wikipedia.org/wiki/A_Star_Is_Born_(film,_2018) »

  • Abécédaire des prépositions : Abandon
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/abecedaire-des-prepositions-abandon

    https://youtu.be/QLQKOoPwg8g

    La forme détournée de l’abécédaire est un genre voué à la célébration de l’acte créateur (le livre des livres). Cette année j’ai décidé d’aborder l’abécédaire par la #Vidéo. Deux fois par mois, je diffuserai sur mon site, un montage d’extraits de films (à partir d’une sélection d’une centaine de mes films préférés : fiction, documentaire, #Art vidéo) assemblés autour d’un thème. Ces films d’une quinzaine de minutes seront accompagnés sur le site par l’écriture d’un texte de fiction. Ce projet est un dispositif à double (...)

    #Palimpseste / #Cinéma, Art, #Architecture, #Lecture, #Récit, Vidéo, #Sons, #Inventaire, #Histoire, #Écriture, #Absence, #Mort, #Solitude, #Silence, (...)

    #Temps
    « http://bit.ly/filmdesfilms »

    • @liminaire Extraordinaire, vraiment. Le plaisir que l’on tire de ce premier chapitre (et je présume des suivants) est presque décuplé par rapport à celui de tes textes parce qu’il y a ce plaisir de retrouver mentalement tous les originaux (je suis à presque 8/10 sur cette édition), certains qu’on a sur le bout de la langue ( Le Mépris ) et d’autres dont on se surprend de les reconnaître immédiatement alors que cela fait des années qu’on n’a plus pensé à ce film (The State Of Things). Quant aux prolongements sonores d’une scène à l’autre (le klaxon du dernier homme sur terre qui réveille Marcello dans la Dolce Vita ), alors là je suis admiratif.

      Et quel invraisemblable bonheur de se dire que tu nous réserves encore 25 autres épisodes !

    • @philippe_de_jonckheere merci beaucoup pour cette réaction qui me conforte dans mon parti pris et m’incite à continuer le travail sur ces vidéos et les récits qu’elles permettent de faire advenir. J’en profite pour te signaler que je diffuse ces vidéos dans le désordre, la première vidéo avait pour thème les reflets https://youtu.be/v5nLm3m_feg

      et celle que tu viens de voir est en fait la deuxième de la série. Rendez-vous pour le prochain épisode, le dimanche 10 février. Amicalement.

  • Des images mentales en rêvant à partir de peintures énigmatiques
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/des-images-mentales-en-revant-a-partir-de-peintures-enigmatiques

    Après avoir suivi la longue aventure de l’atelier d’été 2018 qui s’est achevé avec la publication du livre, #François_Bon a reconduit un #Atelier d’écriture en ligne cet hiver autour de la construction d’une nouvelle. Le premier atelier propose de convoquer des images mentales (à partir de #Henri_Michaux), en rêvant à partir de peintures énigmatiques. Chemin à faire en soi même pour que l’écriture fasse sens : champs de tension qui à voir avec le souvenir, l’inconscient, les cases secrètes de la relation aux (...)

    #Palimpseste / #Vidéo, #Écriture, #Récit, François Bon, Atelier, #Biographie, #Lecture, #Absence, #Mémoire, #Temps, Henri Michaux, David (...)

    #David_Bowie
    «http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4787»
    «http://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article413»

  • Venir à ta rencontre
    http://liminaire.fr/palimpseste/article/venir-a-ta-rencontre

    Le #Visage d’un homme dit tout de lui. De son caractère, de son parcours. Les photographies qu’on possède de lui nous le montre chaque fois sous un jour nouveau. Tu me vois ? Sais-tu qui je suis ? Me comprends-tu vraiment ? semble-t-il nous demander en nous regardant du coin de l’œil avec son léger sourire. Je crois que oui, je me suis fait mon idée avec le #Temps. Mais à force cette image devient banale, elle perd son pouvoir multiple et versatile, sa profondeur et son mystère. Elle est utilisée en (...)

    #Palimpseste / #Enfance, #Mémoire, #Photographie, #Écriture, #Portrait, #Regard, #Traces, Temps, Visage, #Absence, #Fantôme, (...)

    #Mort

  • Invisibilité des femmes
    L’école d’été de cartographie et de visualisation de l’enssib à Lyon

    J’ai participé à l’édition 2017, participation tardive puisque j’ai répondu à la dernière minute. Le programme étant déjà bouclé, @fil a partagé son temps d’intervention avec moi (merci Filou).
    J’avais alors noté que nous n’étions que 3 femmes pour 17 mecs. Un accident pour cette première édition ?
    http://barthes.enssib.fr/ECV-2017

    Cette année, Eric Guichard, l’organisateur, m’a invité à revenir pour l’édition 2018 sans plus de précision sur le programme et j’ai accepté pour le principe.
    Puis Eric Guichard nous a envoyé la liste des intervenant·es mais je n’ai pas regardé, occupée ailleurs que j’étais. C’est Filou qui a d’abord exprimé son regret de pas voir davantage de femmes parmi les intervenant·es. Du coup j’ai regardé la liste : nous étions 2, Patricia Loué et moi, toutes deux déjà présentes l’année précédente. Et 23 hommes. La réponse de Guichard fut un peu courte : « J’avais invité L., qui ne m’a jamais répondu. » Circulez, y’a rien à voir.

    J’ai laissé passer deux jours avant de décider quoi faire, je trouvais ce copié-collé très gênant. Y aller, était pour moi être l’exception qui confirme la règle et même si je faisais un petit speech en introduction de mon intervention pour dénoncer ce déséquilibre flagrant, cela ne me paraissait vraiment pas suffisant.

    J’avais alors deux options dont j’ai fait part à l’organisateur : soit je fais une intervention sur l’invisibilité des femmes dans ce domaine, soit je ne viens pas. Comme je n’avais pas le temps de préparer une telle intervention (désormais inscrite dans les projets futurs), j’ai décliné l’invitation.
    Je n’ai pas reçu de réponse tout de suite mais quelques jours plus tard, une fois le programme établi.

    Dans sa réponse, Eric Guichard me dit qu’il a réussi à doubler le nb de femmes invitées depuis l’année passé, en me comptant probablement, ainsi que L. En fait seulement 3 femmes contre 26 hommes étaient présentes pour l’édition 2018. C’est pire que 2017 !
    http://barthes.enssib.fr/ECV-2018
    En regardant le programme de plus près, on s’aperçoit que les deux femmes qui ont été programmées à la dernière minute interviennent en même temps et que leur intervention ne dure que 30 mn au lieu de 45 mn.

    • Oui, j’ai noté que partout où j’ai été invitée, ce ne sont jamais des femmes qui tiennent les plénières et quand cette plénière est un plateau, il est assez rare qu’il y ait au moins une femme parmi les intervenants.
      Par contre, les femmes se coltinent les ateliers et les conf’-croupions, celles qui ont lieu pendant un événement important où à une heure physiologique (en gros, trop tard, trop tôt dans la journée, pendant la pause repas ou en entracte entre deux trucs _importants).
      Mais bon, il y a le #quota_nichons, donc nous devrions être reconnaissantes !

    • En 2012 je suis intervenue lors de sudweb, ma micro conférence portait sur Les 48 pixels de l’icône anonyme si souvent masculine encore aujourd’hui, je finissais par la confondre avec la silhouette tronquée de jean-pierre pernaud. Je débutais en demandant aux femmes dans la salle de lever la main, évidemment il n’y en avait pas 10%, et c’était bien pire au niveau des intervenants.
      Je suis intervenue également sur les listes de toulibre pour demander l’usage de l’écriture inclusive. Ça a été un gros clash mais ça semble aujourd’hui acquis.

      Donc je salue les initiatives de sudweb qui a redressé la barre depuis pour avoir 50% d’intervenantes et se débrouille aussi pour inviter des femmes à venir. Et pas les femmes des geeks s’il vous plait, non ça c’est juste a big shame de faire ça, non des femmes dont l’activité a trait avec le web et qui n’osent pas toujours venir.
      Bref, merci aussi à toulibre.
      Et je ne raconte pas ça pour me glorifier (bien que hein on sait jamais) mais juste pour dire que je l’ai fait, à ma petite échelle et que ça a modifié des choses donc qu’il faut prendre la parole encore et encore, et s’il vous plait, ne restez pas seules. Dites ensuite racontez que vous n’avez pas accepté de vous taire devant les 80% d’hommes qui voudraient vous éliminer.

      Merci @odilon donc :)

  • Écrire avec l’image : élaborer un récit photographique
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/ecrire-avec-l-image-elaborer-un-recit-photographique-2038

    Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et #Photographie 6ème séance de l’atelier d’écriture : La photographie est une « machine à fictions » Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Le temps n’a plus d’emprise La main de l’homme peut se sentir dans le froid de la pierre. De même, l’homme peut se fondre dans son environnement. Et, par les gestes du quotidien et les automatismes disparaître dans le décor. Le (...)

    #Entre_les_lignes / #Atelier, #Numérique, Photographie, #Sciences_Po, #Histoire, #Poésie, #Absence, #Écriture

    « http://www.liminaire.fr/spip.php?article1999 »
    « https://www.publie.net/livre/comment-ecrire-au-quotidien-pierre-menard »

  • La trace, la disparition, la #Mémoire
    http://liminaire.fr/entre-les-lignes/article/la-trace-la-disparition-la-memoire-2032

    Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et #Photographie 5ème séance de l’atelier d’écriture : La trace, la disparition, la mémoire Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Brouhaha intérieur Il y a du brouhaha extérieur Un sentiment familier m’envahit La maison Je frappe vigoureusement à la grande porte en métal Je joue avec la poignée Les escaliers sont sombres Deux caisses sont posées sur les deux premières (...)

    #Entre_les_lignes / #Atelier, #Livre, #Lecture, #Absence, #Traces, #Temps, Mémoire, Photographie, #Inventaire, (...)

    #Écriture
    « http://www.liminaire.fr/spip.php?article1999 »
    « https://www.publie.net/livre/comment-ecrire-au-quotidien-pierre-menard »

  • #Ausencias (absences)

    «Ausencias» es un proyecto expositivo que partiendo de material fotográfico de álbumes familiares muestra veintisiete casos a través de los cuales se pone rostro al universo de los que ya no están: trabajadores, militantes barriales, estudiantes, obreros, profesionales, familias enteras; ellas y ellos víctimas del plan sistemático de represión ilegal y desaparición forzada de personas, instaurado por la dictadura militar argentina y la brasilera.
    Son imágenes de desaparecidos y sobrevivientes en un mismo lugar con 30 años de diferencia.
    “Partí de una necesidad expresiva personal de ponerle presencia a la ausencia, pero al mismo tiempo de buscar aportar a la memoria”, señaló Germano, fotógrafo radicado en España, cuyo hermano Eduardo fue secuestrado a los 18 años en 1976

    http://www.gustavogermano.com


    #absence #photographie #desaparecidos #disparus #Argentine #Brésil #Uruguay #Colombie #ceux_qui_restent #celles_qui_restent #histoire #dictature_militaire #mémoire #Gustavo_Germano #albums_de_famille
    cc @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere

    @reka : ça ne serait pas aussi un peu en lien avec la #géographie_du_plein et la #géographie_du_vide ?

  • La Cour des comptes dénonce « l’échec durable » du remplacement des enseignants absents (LeMonde.fr)
    http://www.lemonde.fr/education/article/2017/03/08/la-cour-des-comptes-denonce-l-echec-durable-du-remplacement-des-enseignants-

    Selon la Rue de Grenelle, un collégien ou un lycéen perd chaque année vingt-neuf heures de cours en moyenne. Au primaire, ce sont deux jours et demi de classe par an et par écolier qui ne sont pas assurés (la moyenne dépasse quatre jours en Ile-de-France).

    #éducation #remplacement #absences_non_remplacées

  • « La #politique je n’y connais rien » : Pourquoi la #compétence politique n’existe pas – FRUSTRATION
    http://www.frustrationlarevue.fr/?p=968

    « Moi je n’y connais pas grand-chose en politique ». Qui n’a pas déjà entendu cette réaction de la part de parents, d’amis, de collègues, lorsqu’une discussion sur les grands problèmes du pays ou du monde est lancée ? Beaucoup de gens se censurent et s’estiment trop incompétents pour avoir un avis sur notre #système économique, nos institutions, nos lois en général. Si l’on côtoie des gens diplômés ou des militants politiques, on entend également ce genre de constat mais pour les autres cette fois-ci : « les gens ne sont pas compétents » pour décider sur telle ou telle question, et il ne faudrait pas multiplier les référendums car non seulement nos concitoyens ne comprendraient pas toujours les enjeux mais en plus ils risqueraient d’y exprimer leurs plus bas instincts.

    Il faut dire que nous sommes tous élevés avec l’idée que la politique est une affaire de grands esprits et que le peuple se trompe souvent. Notre classe politique nous le rappelle régulièrement : encore dernièrement, lorsque les citoyens britanniques ont voté pour la sortie de l’Union européenne (le brexit), une grande partie du personnel politique et des #éditorialistes français s’est récriée d’une même voix : il ne fallait pas leur demander c’était bien trop sérieux ! Alain Minc, conseiller du pouvoir français depuis des décennies, a exprimé franchement le préjugé : « le Brexit, c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués ». Cette croyance en la #supériorité de quelques-uns sur la masse est un argument massue pour notre #élite, qui peut faire passer en force de nombreuses lois contre l’opinion de la majorité des gens sous prétexte que ceux-ci n’y connaîtraient rien et ne seraient pas aptes à penser le long terme. À Frustration, nous défendons depuis notre premier numéro l’idée que nous sommes tous à égalité face à la politique et que « les gens éduqués » ne sont en rien supérieurs aux « gens peu formés » pour prendre les décisions. Pour que ceux qui se sentent incompétents arrêtent de se censurer et qu’on cesse de suivre aveuglément les « gens cultivés » de tout bord, nous montrons ici que la compétence politique, ça n’existe pas.

    #hiérarchie

  • #Documentaire. « #Mbëkk_mi » : elles racontent leurs hommes, immigrés clandestins

    Ce sont les épouses, les sœurs, les mères qui parlent. Toutes ont un être cher parti sur les chemins clandestins de l’émigration. Face à la caméra de Sophie Bachelier, elles décrivent sobrement l’#absence, l’angoisse, le sentiment d’abandon et le deuil parfois. Le documentaire Mbëkk Mi, le souffle de l’océan est à voir en intégralité sur Mediapart.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/130716/documentaire-mbekk-mi-elles-racontent-leurs-hommes-immigres-clandestins
    #film #celles_qui_restent #migrations #asile #réfugiés #femmes

  • #documentaire. « Mbëkk mi » : elles racontent leurs hommes, immigrés clandestins
    https://www.mediapart.fr/journal/international/130716/documentaire-mbekk-mi-elles-racontent-leurs-hommes-immigres-clandestins

    Documentaire « Mbëkk mi » Ce sont les épouses, les sœurs, les mères qui parlent. Toutes ont un être cher parti sur les chemins clandestins de l’émigration. Face à la caméra de Sophie Bachelier, elles décrivent sobrement l’absence, l’angoisse, le sentiment d’abandon et le deuil parfois. Documentaire à voir en intégralité sur Mediapart.

    #International #France #Culture-Idées

  • Troublant ! Une interview qui visiblement ne fait pas de bruit, ne chagrine pas toutes nos associations de défense de ce à qui il faut croire, et pourtant, j’ai beau tourner ce passage dans tous les sens, je reste plus que dubitatif (le gras est de moi) :

    S’il y en a un que la situation énerve tout particulièrement, c’est Louis Nicollin, le président du club montpelliérain. Dans une interview accordé au magazine suisse Le Matin, Louis Nicollin ne mâche pas ses mots. ’’Mais laissons-le là où il est, Benzema. On n’en a pas besoin, on va vous le transférer en Suisse. Y en a marre de tous ces types.’’. L’ancien entraîneur d’Olivier Giroud d’ajouter. ’’ Telle qu’elle est devenue, j’aime moins l’équipe de France, encore que là, ça a l’air de revenir, avec Lloris, Griezmann, Giroud , explique-t-il. Lorsque l’on fait un sondage en demandant aux gens quels joueurs ils préfèrent, ces trois-là reviennent toujours en tête. Pourquoi ? Il y a des choses que l’on ne peut pas dire. Si tu exprimes en France un mot déplacé, on t’attaque’’ , lâche le montpelliérain.

    http://portail.free.fr/actualites/people/6411576_20160610_euro-2016-karim-benzema-tacl-par-louis-nicollin-laisso
    #deux_poids_deux_mesures #absence_troublante_des_chiens_de_garde

  • l’antiracisme bourgeois, un contresens et une impasse : le débat est intéressant, il avait avancé durant l’hiver grâce aux discussions occasionnées par la #marche_de_la_dignité , au cours de laquelle les #NonDisCriminateurs ont en revanche surtout brillé par leur #absence, et leur trop durable absence d’initiative #antiraciste conséquente. Ils sont durablement et irrémédiablement #disqualifiés, non sans causes profondes, aux yeux des mouvements sociaux et les #luttes sociales, par leur #discours prétendant analyser le #statu_quo #raciste et #bourgeois actuel comme une absence de racisme. refuser les prétentions aussi ridicules que furtives des thèses racistes en #science (les races sont en effet des catégorisations arbitraires, sans pertinence ni surtout sans avoir la moindre assise scientifique ni le moindre caractère de #nécessité en terme de #classifications #spécifiques et #interspécifiques ) est une chose, passer sous silence le racisme sous prétexte de #non_discrimination en est une autre, pas limite mais strictement odieuse et caractéristique de nos régimes bourgeois , toujours prompts a faire diversion antisociale en direction des conservatismes xénophobes et de classe ; c ’est, comme avec nombre d’organisations compromises avec les régimes successifs socdem , national-liberal-reac et d’extrême-droite en perspective en #fRAnCE(sauf #Ruptures_Révolutionnaires_Salvatrices ) , un positionnement passif lourdement responsable de l’etat d’imbecilite générale cultivée avec #zèle par les #classes #dominantes, pour leur maintien et contre les #intérêts_communs_public_et_général de touTEs les #dominÉes et sans hésitation : #rédhibitoire ./

    L’abolition des discriminations, fondées sur une construction raciste des regards , des routines sociales, administratives comme psychologique , exige et appelle à cors et à cris le #dépassement #égalisateur et #transcendantal des #postures des #embusquées capitalisant sur un statu quo aussi #raisonnable qu ’une #marmite_renversée #rue_des_bons_enfants ...

    ·•Ⓐ∞

    http://www.non-fides.fr/?Saint-Denis-Non-a-la-promotion-de-la-segregation-raciale-dans-une-fac-occ

  • Citations tiré du #livre « Le ventre de l’Atlantique » de #Fatou_Diome :

    « Mais combien de kilomètres, de journées de labeur, de nuits d’insomnie me séparent encore d’une hypothétique réussite qui, pourtant va tellement de soi pour les miens, dès l’instant que je leur ai annoncé mon départ pour la France ? J’avance, les pas lourds de leurs rêves, la tête remplie des miens. J’avance, et ne connais pas ma destination. J’ignore sur quel mât on hisse le drapeau de la victoire, j’ignore également les grandes eaux capables de laver l’affront de l’échec »

    Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, Editions Anne Carrière, 2003, p.14.

    « Il y a des musiques, des chants, des plats qui vous rappellent soudain votre condition d’exilé, soit parce qu’ils sont trop proches de vos origines, soit parce qu’ils en sont trop éloignés. Dans ces moments-là, désireuse de rester zen, je deviens favorable à la mondialisation, parce qu’elle distille des choses sans identité, sans âme, des choses trop édulcorées pour susciter une quelconque émotion en nous. La nostalgie est mon lot, je dois l’apprivoiser, garder dans mes tiroirs à reliques la musique de mes racines tout comme les photos de ceux des miens à jamais couchés sous le sable chaud de Niodior ».

    Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, Editions Anne Carrière, 2003, p.37.

    « Le tiers-monde ne peut voir les plaies de l’Europe, les siennes l’aveuglent ; il ne peut entendre son cri, le sien l’assourdit. Avoir un coupable atténue la souffrance, et si le tiers-monde se mettait à voir la misère de l’Occident, il perdrait la cible de ses invectives. Pour Madické, vivre dans un pays développé représentait en soi un avantage démesuré que j’avais par rapport à lui, lui qui profitait de sa famille et du soleil sous les tropiques. Comment aurais-je pu lui faire comprendre la solitude de l’exil, mon combat pour la survie et l’état d’alerte permanent où me gardaient mes études ? N’étais-je pas la feignante qui avait choisi l’éden européen et qui jouait à l’éternelle écolière à un âge où la plupart de mes camarades d’enfance cultivaient leur lopin de terre et nourrissaient leur progéniture ? Absente et inutile à leur quotidien, à quoi pouvais-je servir, sinon à leur transvaser, de temps en temps, un peu de ce nectar qu’ils supposaient étancher ma soif en France ? Le sang oublie souvent son #devoir, mais jamais son droit. Il me dictait sa loi. Ayant choisi un chemin complètement étranger aux miens, je m’acharnais à tenter de leur en prouver la validité. Il me fallait ’réussir’ afin d’assumer la fonction assignée à tout enfant de chez nous : servir de sécurité sociale aux siens. Cette obligation d’assistance est le plus gros fardeau que traînent les émigrés. Mais, étant donné que notre plus grande quête demeure l’amour et la reconnaissance de ceux que nous avons quittés, le moindre de leurs caprices devient un ordre »

    Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, Editions Anne Carrière, 2003, pp.44-45.

    « En Europe, mes frères, vous êtes d’abord noirs, accessoirement citoyens, définitivement étrangers, et ça, ce n’est pas écrit dans la Constitution, mais certains le lisent sur votre peau ».

    Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, Editions Anne Carrière, 2003, p.176.
    #xénophobie

    « La #gauche reste notre mère à nous, les humbles, mais c’est une mère qui trop souvent nous refuse son lait et se contente d’exhiber ses beaux seins »

    Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, Editions Anne Carrière, 2003, p.178.

    « L’#exil, c’est mon #suicide_géographique. L’ailleurs m’attire car, vierge de mon histoire, il ne me juge pas sur la base des erreurs du destin, mais en fonction de ce que j’ai choisi d’être : il est pour moi gage de liberté, d’autodétermination »

    Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, Editions Anne Carrière, 2003, p.226.

    « Partir, c’est mourir d’#absence. On revient, certes, mais on revient autre. Au retour, on cherche, mais on ne retrouve jamais ceux qu’on a quittés. La larme à l’œil, on se résigne à constater que les masques qu’on leur avait taillés ne s’ajustent plus. Qui sont ces gens que j’appelle mon frère, ma sœur, etc.? Qui suis-je pour eux ? L’intruse qui porte en elle celle qu’ils attendent et qu’ils désespèrent de retrouver ? L’étrangère qui débarque ? La sœur qui part ? Ces questions accompagnent ma valse entre les deux continents »

    Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, Editions Anne Carrière, 2003, p.227.

    « Je cherche mon pays là où on apprécie l’être-additionné, sans dissocier ses multiples strates. Je cherche mon pays là où s’estompe la #fragmentation_identitaire »

    Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique, Editions Anne Carrière, 2003, p.254.

    #identité #migrations #ceux_qui_restent #devoir #responsabilité