• Qu’il s’agisse des sondages qui donnent Le Pen gagnante à la Présidentielle, malgré ses casserolles, ou les députés qui votent une loi d’assouplissement du maintien de l’ordre, ou le gouvernement qui démantèle toutes les agences et dispositifs supposés réfléchir à une transition vers un monde déréglé, ou bien la conversion de l’industrie à la production de guerre, je ne peux m’empêcher d’y distinguer un assentiment collectif au fait que l’effondrement est là, et que la meilleure façon de s’y préparer, c’est le chacun pour soit en commençant par être certain d’être le plus armé.

    Les états se préparent, contre la population, et contre les autres états, les peuples se préparent, contre les autres en général, les étrangers en particulier, mais aussi tout ce qui n’adhère pas à ce fatalisme : les écolos, les syndicalistes (eux, c’est particulier, ils semblent aussi avoir décidé de lâcher l’affaire parfois...), les gauchistes en général, les pacifistes, les intellectuels... la liste s’allonge et c’est un des symptômes significatif.

    Comment se battre pour un monde meilleur quand la plupart ont déjà acté que c’était foutu ?

  • Pendant que dans les milieux gauchistes, on te m’explique que l’Avenir en Commun est un programme antisémite, à droite, on vote des lois pour donner carte blanche aux forces de l’ordre pour dézinguer quiconque ne respecte pas assez celui qui porte une arme. La justice rouge permet à un condamné de ne pas faire de prison, et à une condamnée de se présenter à la plus haute fonction de l’état.

    Je n’ai pas assez parlé du soit disant réchomatique. La ministre de l’écologie en avion à réaction nous explique très sérieusement que notre salut se trouve dans la conception par génie génétique de semences résistantes à un monde à 50°C. Limite elle t’explique que la lettre envoyée aux femmes de 29 ans, c’est pour leur dire que leur embryon sera sélectionné en fonction de ses capacités à résister à un monde à 50°C. Le coup du #Béchu, il y a pas si longtemps, qui te disait que son objectif, c’était de préparer la France à +4°C, c’était, je me répète, déjà la démonstration qu’au plus haut niveau de gouvernance mondiale, on a déjà acté que c’est le monde qui nous attend, et que comme ça va arriver, y-a plus qu’à y arriver le plus vite possible, pour choper la queue du Mickey en premier. C’est la compétition du siècle, et il ne sera pas dit que la Fraaaaance ne sera pas sur le podium !

    Je lis, par l’intermédiaire de Klaus, ce qu’il se passe en Allemagne. Là-bas aussi, ça transforme l’état en machine de guerre. La pente semble irrésistible. Décidément.

    #accélérationnisme

  • L’hérésie américaine : faut-il brûler Peter Thiel ? | Le Grand Continent
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/03/14/thiel-heresie-benanti

    La prophétie du monopole : Thiel, René Girard et l’ombre de la PayPal Mafia

    Pour comprendre la trajectoire qui a conduit la Silicon Valley à passer d’un groupe d’adolescents utopistes dans des garages à un centre névralgique du pouvoir géopolitique mondial, il faut remonter aux fondements philosophiques et relationnels qui ont soutenu son ascension la plus spectaculaire.

    Au cœur de cette transformation, il n’y a pas seulement l’ingénierie logicielle mais une forme d’ingénierie des âmes et des sociétés, orchestrée par une figure qui réunit en elle le rôle de l’investisseur et celui du théologien politique : Peter Thiel.

    Loin de se résumer à une simple stratégie d’affaires, sa vision constitue la traduction opérationnelle d’une anthropologie philosophique précise — celle de René Girard — incarnée puis diffusée à travers l’un des réseaux de pouvoir les plus influents de l’histoire récente : ce que l’on appelle la « PayPal Mafia ».

    #capitalisme_computationnel #accélérationnisme #lumières_obscures #dark_enlightment #Palantir #Peter_Thiel

    • « qui possède une machine à produire du désir possède le monde »

      [...]
      Les entreprises fondées ou financées par la PayPal Mafia ne se sont pas contentées de vendre des produits : elles ont redéfini les infrastructures mêmes de la sociabilité, du travail, de l’information et de la sécurité.

      Facebook a colonisé les relations humaines.

      LinkedIn a cartographié et structuré le monde professionnel.

      YouTube a démocratisé — tout en la fragmentant à l’extrême — la production vidéo.

      Palantir Technologies — fondée par Peter Thiel avec le soutien de la CIA via son fonds de capital-risque In-Q-Tel — a introduit la logique de l’analyse de données au cœur même des appareils de renseignement et militaires.

      [...]

      (...) les héritiers de la Génération X n’ont ni cherché l’affrontement frontal ni tenté la réforme interne.

      Ils ont choisi une stratégie de contournement beaucoup plus efficace : rendre les anciennes institutions obsolètes.

      Ils ont compris que le véritable pouvoir ne résidait plus dans le contrôle des structures physiques ou financières classiques, mais dans l’exercice d’une nouvelle souveraineté : le pouvoir computationnel.

      À cet égard, l’épopée des startups de la Silicon Valley représente pour cette génération l’équivalent existentiel de Mai 68 : une révolution non pas menée dans les rues ou les universités, mais avec les serveurs et des lignes de code, au service d’un objectif précis : démanteler les hiérarchies rigides et la fidélité corporative qui constituaient l’ossature du « monde boomer ».

      LES CHOSES CACHÉES DE PETER THIEL, Paolo Benanti
      https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/24/les-choses-cachees-de-peter-thiel

      #Paolo_Benanti #théologie_politique #PayPal_Mafia #désir_mimétique #monopole #algorithmes

  • Gavin Mueller, Le palais du futur est presque achevé, 2019

    Recension de l’ouvrage :

    Aaron Bastani, Communisme de luxe. Un monde d’abondance grâce aux nouvelles technologies , traduction d’Hermine Hémon, Paris, Diateino, 2021.

    Bastani se dit lui-même socialiste libertarien, et pas capitaliste libertarien. Vous aurez du mal à trouver beaucoup d’anticapitalistes radicaux parmi la foule de dirigeants d’entreprise qui peuplent les pages de ce livre. Mais vous y trouverez Marx, dont l’œuvre est convoquée pour ses passages les plus déterministes sur le plan technologique : ses premiers éloges de la production capitaliste dans le Manifeste du Parti Communiste , le célèbre passage sur les « chaînes » dans la Contribution à la critique de l’économie politique , et, bien sûr, le soi-disant « Fragment sur les machines » dans les Grundrisse , un passage préféré des automatisateur et de leurs prédécesseurs intellectuels du côté technophile du post-opéraïsme [cf. Toni Négri & Co et en France la revue Multitude qui a publié dans son n°56 (2014) une traduction du #Manifeste_Accélérationniste de Nick Srnicek et Alex Williams ; NdT].

    #accélérationnisme #technophilie #technocratie #gauchisme

    Une telle vision a son attrait, mais les intellectuels pessimistes pourraient bien se demander ce que les capitaines d’industrie susmentionnés feront face à un tel scénario. L’antagonisme que suscite le « communisme » découle de la reconnaissance que les hiérarchies et les privations du capitalisme ne sont pas causées par une pénurie de minerai de lithium, mais sont imposées sans cesse et de manière agressive par un ennemi de classe qui ne s’est jamais laissé arrêter par quelques élections. Combattre cet ennemi signifie nécessairement saper son avance technologique, et non la renforcer. Si vous êtes venu au FALC avec l’envie de manger les riches, vous devrez vous contenter de quelque chose de synthétique qui pousse dans une cuve.

    https://sniadecky.wordpress.com/2025/12/01/mueller-falc-fr

  • Camille Chamois, philosophe : « Les écrits de Deleuze sont d’une actualité criante »

    Trente ans après la mort du philosophe, l’œuvre de l’auteur de « Mille plateaux » inspire les penseurs contemporains sur l’écologie ou le fascisme. Mais connaît aussi des réappropriations contre-intuitives par des mouvements réactionnaires, observe le chercheur, dans un entretien au « Monde ».

    « Un jour, peut-être, le siècle sera deleuzien », écrivait Michel Foucault en 1970. Cent ans après la naissance de Gilles Deleuze (1925-1995), cette citation s’avère-t-elle juste ? Grand penseur de #gauche après 1968, il incarne la pensée la plus novatrice de son époque : une #philosophie toujours en mouvement. A l’université expérimentale de Vincennes (aujourd’hui université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis) où il enseignait entre 1979 et 1987, ses cours étaient bondés d’un public très large, et son bureau couvert de magnétophones − près de quatre cents heures de ses cours ont été enregistrés. L’Abécédaire, entretien filmé dans les années 1980, l’a définitivement rendu célèbre. De la société de contrôle au devenir du capitalisme, les concepts de son invention (« rhizome », « pli », « ritournelle », « nomadisme » ou encore « déterritorialisation ») constituent une boîte à outils pour comprendre les enjeux du monde actuel.
    En 2025, quels usages pouvons-nous faire de la pensée de Deleuze ? C’est la question que pose le philosophe Camille Chamois dans un ouvrage collectif intitulé Deleuze aujourd’hui (PUF, 156 pages, 12 euros) qu’il coordonne avec Thomas Detcheverry. Rattaché à l’Université libre de Bruxelles et au laboratoire Sophiapol de l’université de Nanterre, Camille Chamois est spécialiste de l’histoire de la philosophie contemporaine française. En 2022, il a publié Un autre monde possible. Gilles Deleuze face aux perspectivismes contemporains aux Presses universitaires de Rennes.

    Pourquoi la pensée de Deleuze est-elle actuelle ?

    Le pari de notre livre est de présenter la pensée de Deleuze telle qu’elle peut être utile et pertinente aujourd’hui. Beaucoup de ces propos sont absolument contemporains. Si, par le passé, le philosophe vedette était un totem intouchable, aujourd’hui la fascination autour de sa pensée – entendue comme une métaphysique aux concepts complexes tels que le « rhizome », le « corps sans organes » – est révolue. On peut appliquer la pensée deleuzienne à des enjeux propres au XXIe siècle, tels que la gouvernance algorithmique, la crise écologique, le conflit israélo-palestinien ou le fascisme.

    Quelle est la définition de Deleuze du fascisme ?

    Pour Gilles Deleuze et le psychanalyste #Félix_Guattari, le #fascisme correspond au désir d’avoir un chef et d’être opprimé : c’est le paradoxe de la « servitude volontaire » déjà identifié par la philosophie classique. Par exemple, on peut accepter d’être asservi par un chef à condition de s’assurer que d’autres sont plus asservis que nous – toute l’idéologie raciste et suprémaciste semble passer par là. Cette logique est importante pour comprendre la montée des fascismes contemporains. Félix Guattari décrit cette fascination morbide à propos de Jean-Marie Le Pen, dans les années 1980 : selon lui, l’individu accepte d’être opprimé par le Front national [actuel Rassemblement national] à condition de s’assurer que les populations immigrées soient plus opprimées que nous. Les ressorts affectifs sont le lit du fascisme.

    Trente ans après la mort de Deleuze, y a-t-il eu des usages surprenants de sa pensée ?

    Sa pensée a fait l’objet de nombreuses réappropriations contre-intuitives, notamment par les néoréactionnaires américains. Cette récupération tient à la définition du capitalisme que donnent Deleuze et Guattari. Dans leur ouvrage L’Anti-Œdipe [1972], ils affirment qu’il faut « accélérer le processus » du capitalisme. Mais rappelons-le : cette thèse trouve son origine dans un débat interne à la gauche radicale de l’époque. Elle consiste à précipiter le développement du capitalisme afin que les pays du tiers-monde puissent le dépasser, plutôt que de se replier sur des économies nationalistes réactionnaires et, de ce fait, favoriser son anéantissement.

    Bien plus tard, cette théorie connaîtra une trajectoire assez surprenante : sous la plume de l’écrivain britannique Nick Land, elle est devenue un argument pour développer une politique libertarienne, explicitement réactionnaire et racialiste – plus connue sous le nom d’#accélérationnisme de droite, incarné par un mouvement cyberpunk de la Silicon Valley via [le blogueur américain] Curtis Yarvin, le fondateur de Paypal Peter Thiel, jusqu’au vice-président américain, J. D. Vance, ou encore le personnage influent dans le monde de la technologie Marc Andreessen. Tous ont une philosophie très éclectique : ils aiment plutôt citer [l’anthropologue] _René Girard ou [le juriste allemand] Carl Schmitt, mais ils ont détourné cette formule de Deleuze et Guattari pour affirmer qu’il faut accélérer, à savoir, pour eux, en finir avec les droits sociaux et la perspective démocratique. Voilà comment un texte d’abord gauchiste des années 1970 peut avoir une destinée fasciste…

    Dans votre livre, vous rappelez que la philosophie de Deleuze est justement « inséparable d’un engagement à gauche ». Quel engagement du penseur entre en résonance avec les enjeux du monde contemporain ?

    Gilles Deleuze s’est, par exemple, intéressé à la Palestine dès le début des années 1970 car il a côtoyé des mouvements militants, comme les comités Palestine qui deviendront plus tard le Mouvement des travailleurs arabes. Et sa vision du conflit israélo-palestinien s’est profondément transformée. Il a notamment fréquenté Ilan Halevi, ex-membre juif du Fatah, et l’historien palestinien Elias Sanbar, deux auteurs qui ont nourri d’un point de vue théorique sa pensée sur la question des « peuples sans terre », par comparaison avec les populations sédentaires, les « nomades », que l’on retrouve essentiellement dans son ouvrage Mille plateaux (1980). Dans les colonnes du Monde, de Libération et de la Revue d’études palestiniennes, Deleuze a appelé au cessez-le-feu et a dénoncé le « génocide » − c’est son terme de l’époque − en Palestine. Ses prises de position sont d’une actualité criante.

    La notion de « société de contrôle » est également abordée dans votre ouvrage collectif. Pourquoi reste-t-elle pertinente à notre époque ?

    Dès lors que des caméras surveillent en permanence les rues, que des métadonnées enregistrent l’ensemble de votre historique de navigation sur Internet, il en résulte un phénomène d’autocensure. Vous serez tenté de vous dire : je vais faire ceci, mais pas cela. Dans son Post-scriptum sur les sociétés de contrôle [1990], Deleuze analysait la société depuis l’arrivée des technologies numériques et distinguait la « société de contrôle » de la « société de discipline ». Il se demandait : comment un gouvernement procède-t-il pour tenir sa population ?
    Si les individus ont tendance à se révolter, la « société de discipline » déploie en retour toute son agressivité. C’est ce qu’empruntait Deleuze à Michel Foucault dans Surveiller et punir [1975] : par exemple, le supplice de Robert-François Damiens écartelé sur la place publique en 1757 pour avoir tenté d’assassiner Louis XV. Sur le plan politique, l’efficacité de cette méthode n’est pas parfaite : elle laisse une grande marge de résistance à la population. Alors que la « société de contrôle » n’effraie pas les individus : elle oriente leur comportement en se basant sur des techniques psychologiques – c’est une douce manière de contenir un peuple. On peut aisément appliquer ce concept à notre époque.

    L’écologie est absente des écrits de Deleuze : en quoi sa philosophie peut-elle éclairer les problématiques environnementales actuelles ?

    De grands penseurs de l’écologie ont réactualisé sa pensée. En étudiant l’histoire des représentations du paysage, Deleuze a raconté l’évolution de l’attention que l’on prête à l’environnement : la forme d’un chêne, la densité de la terre. Dans son cours sur la peinture donné en mars 1981, il a déployé toute une histoire du regard sur la nature assez proche de ce que développent aujourd’hui les penseurs du vivant comme le philosophe Bruno Latour, l’anthropologue Philippe Descola, ou encore l’historienne Estelle Zhong Mengual. Tous mobilisent l’histoire de l’art comme une porte d’entrée dans la question écologique.
    Mais, à la différence de ce premier courant, Deleuze et Guattari n’ont pas seulement abordé la question écologique à partir de considérations sensibles ou cosmologiques. Ils en ont étudié les dimensions techniques et matérielles : les manières d’approvisionner l’eau dans les rizicultures, les manières de couper le bois, de domestiquer le bétail. Ce second aspect se rapproche davantage de l’écomarxisme contemporain que des penseurs du vivant.

    Et force est de constater que la prise de conscience de l’actuel désordre environnemental conduit à penser la terre comme un véritable « événement » au sens que Deleuze donne à ce terme. L’événement chez Deleuze ne désigne pas seulement un fait particulièrement important, il correspond à une transformation des manières de penser et de sentir. La question écologique a percuté les sociétés contemporaines.

    Pour nous, contemporains qui vivons depuis une vingtaine d’années sous la pression de catastrophes, l’impact écosystémique de l’ensemble de nos actions quotidiennes – comme prendre un bain, manger de la viande ou faire un voyage en avion – devient une préoccupation majeure. Les sociétés occidentales doivent composer avec cet événement, alors même qu’elles avaient tenté de le négliger. En présentant les choses ainsi, le réchauffement climatique et la crise de la biodiversité ne sont pas des phénomènes strictement scientifiques, ils sont appréhendés à travers la diversité des relations sociopolitiques à l’environnement.

    Selon vous, quelle branche de la philosophie deleuzienne résiste particulièrement au temps ?

    Deleuze reste le philosophe de la révolution. Contrairement à ce qu’affirment l’historien François Furet et le philosophe André Glucksmann, ce n’est pas parce que les révolutions tournent mal qu’il faut condamner celles et ceux qui se sont révoltés. Certes, les révolutions sont réprimées ou récupérées – des « gilets jaunes » à Sainte-Soline –, les exemples actuels ne manquent pas – sans parler de la situation internationale. Mais face à un ordre médiatique et politique oppressif, selon Deleuze, la révolution est le seul horizon possible. Il me semble que c’est là l’une de ses grandes thèses – et que, contrairement à ce qu’on dit parfois, elle n’a pas du tout vieilli.

    A la BNF, « L’Abécédaire » de Deleuze se réinvente
    A l’occasion du centenaire de la naissance du philosophe Gilles Deleuze, a eu lieu du 7 au 9 novembre « L’inventaire Deleuze », un événement organisé par le Centre Pompidou. Pour ce moment particulier, la Bibliothèque nationale de France a fusionné avec le cinéma MK2 Bibliothèque. Les deux bâtiments adjacents, dans le 13e arrondissement parisien, ont ouvert une porte commune permettant au public de circuler de l’un à l’autre, formant une même zone libre et lisse si chère au philosophe de la pensée spatiale.
    Des intellectuels, des écrivains et des artistes étaient réunis pour une programmation foisonnante. Sur le modèle de L’Abécédaire, un entretien filmé dans les années 1980, se sont tenues simultanément des conférences, des rencontres, des projections de films, des performances – le public devait faire des choix. Dès le hall d’entrée du cinéma, on entendait la voix rauque du dandy philosophe, diffusée par de multiples canaux.

    Comme pour en proposer une relecture subversive, L’Abécédaire a délibérément été inversé : c’est donc avec la lettre Z comme Zone qu’a été inaugurée la première soirée. L’écrivain Alain Damasio a ouvert le bal [en vedant des bières artisanales et de formations, ndc] sur fond de guitare électrique saturée, qui distille les vibrations d’un rock psychédélique des années 1970, à la croisée des explorations conceptuelles deleuziennes. L’écrivain a livré son admiration pour le philosophe dans une hypnotique confession musicale.

    La lettre V nous a transportés devant Vincennes, l’université perdue, un film documentaire de Virginie Linhart, sorti en 2016. D’une zone à l’autre, on naviguait dans la pensée deleuzienne, et on découvrait parfois des endroits méconnus, tel que P comme Palestine. Enfin, sur la scène du petit auditorium de la Bibliothèque nationale de France, l’idiot, l’Indien, le fabulateur, et d’autres personnages conceptuels deleuziens ont été conviés : le philosophe Matthieu Potte-Bonneville a incarné à la perfection la figure du « coureur », Pierre Zaoui, lui, a théâtralisé son intervention sur le « sujet larvaire » [était-ce un autoportrait en philosophe ? ndc].

    Deleuze se méfiait de la célébrité. Le philosophe rejetait toute mise en avant. Car si on se rappelle de lui comme d’un penseur vedette, celui qui remplissait abondamment ses salles de classe plaidait toujours pour une certaine humilité.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/08/camille-chamois-philosophe-les-ecrits-de-deleuze-sont-d-une-actualite-criant

    hum hum

    #Gilles_Deleuze

  • Néonazis, pédocriminels, masculinistes et nihilistes : enquête sur ces communautés de jeunes hommes fascinés par le mal et l’ultraviolence

    [ TW masculinisme au cube : féminicides, viols, ...]
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/29/neonazis-pedocriminels-masculinistes-et-nihilistes-enquete-sur-ces-communaut

    Comme d’autres groupuscules similaires actifs sur les messageries Discord et Telegram, 764 est une communauté ouvertement sociopathe et nihiliste, un pot-pourri idéologique où cohabitent racisme, antisémitisme, #néonazisme, #masculinisme, #pédocriminalité et références satanistes. Ses participants sont pour l’essentiel de très jeunes hommes, parfois mineurs, souffrant d’importants problèmes psychologiques, qui, à travers une forme de sextorsion, contraignent des adolescentes fragiles à se scarifier ou à s’adonner à des actes sexuels violents et dégradants par webcams interposées.

    Durant sa garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Rouen, Théo ne s’est pourtant réclamé d’aucune idéologie : il n’est pas plus néonazi que sataniste, a-t-il assuré. Ce qui l’a conduit à rejoindre 764, c’est son attirance pour le morbide. Une fascination alimentée par le foisonnement de contenus ultraviolents disponibles sur certains sites gore, où cohabitent des vidéos de tueries de masse, d’accidents, de meurtres ou d’attentats en tout genre.

    Théo fait remonter sa dérive à deux ou trois ans quand, au fil de ses journées, absorbé par l’écran de son ordinateur, il a fait la découverte de 764. Pour intégrer ce groupe, a-t-il expliqué aux policiers, il faut remplir l’une de ces trois conditions : avoir tué quelqu’un et être en mesure de le prouver ; avoir tué des animaux et être en mesure de le prouver ; avoir contraint des jeunes filles à se mutiler et être en mesure de le prouver. C’est donc pour devenir membre de 764 qu’il reconnaît avoir tué deux lapins en les étouffant dans un sac et en filmant leur agonie. Et c’est dans le même but qu’il admet avoir contacté une cinquantaine de jeunes filles sur des forums d’adolescentes dépressives et suicidaires pour les amener à se scarifier.

    Ce dossier n’est pas le premier du genre à intéresser la justice française. Il existe au moins un précédent, plus dérangeant encore et d’une tout autre ampleur : celui de Rohan R. Ce jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay, vivait depuis près de quatre ans à Antibes (Alpes-Maritimes) pour y suivre ses études dans une école de commerce internationale quand il a été interpellé, en avril 2021.
    Depuis la Côte d’Azur, le jeune homme administrait un autre groupe sur Discord, baptisé « CVLT » (prononcer « cult », « secte » en anglais). Il devrait être jugé en 2026 devant la cour d’assises de Paris, où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour pas moins de 20 crimes et délits, parmi lesquels « torture ou acte de barbarie sur un mineur de 15 ans », « détention d’images pédopornographiques », « provocation au suicide suivie d’effet » ou encore « complicité de viol d’un mineur de 15 ans ».

    https://justpaste.it/bjzmy

    • « Beaucoup de personnes ont peur de moi. La peur est le seul moyen d’avoir le contrôle sur les autres. »

      (Parole prononcées par Rohan R., jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay et administrateur du groupe Discord baptisé « CVLT » lors de son audition par le juge d’instruction).

      En voilà un qui a bien "retiendu" les leçons de nos bons maîtres à penser, ceux que l’on voit quotidiennement dégoiser sur les plateaux des chaînes d’infos en continu.
      Allons, un peu de "pragmatisme" : tous ces jeunes gens, ils pourront bientôt prouver leur "valeur" sur le "front russe" ...

    • Je crois pas qu’ils finiront, sauf rares exceptions, dans des groupes à la Roussitch. Ils se voient avant tout comme aptes à prouver leur domination aux yeux de quelques semblables avec lesquels ils sont en compétition, collectionnent des « victoires » sans risque (surtout pas de combat), si ce n’est légaux. Ils se font valoir dans un monde sans enjeu territorial aucun, celui de dividus de l’internet. Peu de chances que cela donne des vrais grands chefs, ou même de la chair à canon. En revanche, cela peut conduire à des assauts féminicides inédits.

    • Ah mais, ce n’est pas mon propos. Je pensais plutôt : on ne leur demandera pas s’ils sont d’accord. On les sortira de leurs geôles et ils devront acheter leur impunité au prix du sang. Pourquoi l’Occident se priverait-il de son Prigojine et de la milice qui va bien pour des opérations « spéciales » ? On pourrait même les employer pour des missions intérieures contre des « séparatistes » un peu trop attachés aux valeurs démocratiques.

    • Éléments d’analyses et quelques entretiens vidéo en illustration du propos. Chaque vidéo fait l’objet d’un découpage en chapitres pour mieux se repérer dans l’exposé (ou pour aller au plus pressé, c’est vous qui voyez) :
      https://www.diagrammes.fr/fr/program/variete-des-extremes-droites

      L’essor global des extrêmes droites s’accompagne de la structuration d’une véritable internationale brune, avec ses lieux de rencontre réguliers et ses intellectuels organiques. Il convient toutefois de ne pas négliger les différences entre plusieurs grandes familles : car ils ont beau croiser leurs expériences, s’emprunter des morceaux de programmes ou parfois se ranger derrière un même candidat, les promoteurs d’un état social financé par des tarifs douaniers et purgé de ses bénéficiaires allogènes ne se confondent pas avec les « tronçonneurs » libertariens des administrations publiques. Pareillement, les nostalgiques des hiérarchies traditionnelles ne partagent pas forcément les priorités des défenseurs d’un peuple supposément méprisé par des élites arrogantes.

    • Loïk Le Priol s’engage à l’École des mousses dès 16 ans, en 2010. Après avoir été utile à l’armée comme commando de marine, il en fait trop en permission dès 2015. L’armée raque pour ses frasques et le démobilise pour raisons médicales. Puis son contrat militaire est rompu par l’employeur en octobre 2017, suite à une condamnation pénale, « au motif de son implication dans des actes de violence graves, incompatibles avec l’état de militaire ».
      Mais à part une figu sur un clip de rap, c’était pas le genre à se faire mousser sur le net.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Loïk_Le_Priol

  • https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/10/l-accelerationnisme-tout-schuss-vers-la-fin-du-vieux-monde_6640281_3232.html

    Histoire d’une #notion. Que faire quand le système capitaliste va mal, mais n’en finit pas de mourir ? Ecraser le champignon, répondent en chœur les partisans des très controversées thèses #accélérationnistes. Unis par une même croyance dans l’idée que l’intensification du développement technique et industriel précipitera l’avènement d’une nouvelle ère, les accélérationnistes ne s’entendent pourtant ni sur les causes de la crise actuelle, ni sur les moyens à employer pour prendre de la vitesse, ni sur la destination visée.
    Car loin de constituer un concept stabilisé et appuyé sur de solides fondations théoriques, l’#accélérationnisme est une notion aux contours flous et aux accents sulfureux née à la marge du monde académique et ayant essaimé bien au-delà.
    Si l’idée puise ses racines dans des traditions anciennes et variées, les choses se précipitent en 2004 à la suite de la publication d’Accélération. Une critique sociale du temps, du sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa (La Découverte, 2010). Prolongeant les analyses des grands philosophes du temps du XXe siècle, comme Norbert Elias ou Paul Virilio, Hartmut Rosa propose de penser l’accélération – du développement technique, des modes de vie, du changement social et culturel – comme le « noyau » et l’essence même de la modernité.
    « Renversement fécond »
    Mais ce processus d’accélération, dit Hartmut Rosa, s’est « retourné » contre le projet politique moderne, et demande désormais que l’on y oppose des stratégies de décélération dans tous les domaines – en choisissant de quitter les grandes villes ou en faisant l’éloge de la lenteur, de la régulation de l’innovation, voire de la décroissance.
    Comme une réponse à cette critique de la temporalité moderne, le « premier » accélérationnisme – qui s’appuie sur des travaux de Marx mais aussi de Gilles Deleuze et de Félix Guattari – « développe l’idée qu’il faudrait au contraire accélérer le processus de développement industriel pour, en accumulant les contradictions du capitalisme, amener à sa chute ou à son dépassement », relève Olivier Alexandre, sociologue et chercheur au CNRS.

    • Vers un autre article cité dans celui-ci :
      https://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/15/la-fuite-en-avant-de-la-modernite_1333903_3260.html

      Peut-on encore freiner ? M. Rosa est pessimiste. Il dessine dans sa conclusion quatre scénarios pour le futur, mais il tient le plus noir pour le plus probable : celui d’une « course effrénée à l’abîme » emportant un monde impuissant. A moins que des régimes autoritaires ne parviennent à arrêter la vitesse. Catastrophe ou barbarie

      Et un autre article signé Léo Michel, éclairant pour moi béotien de l’économie, paru dans le CQFD du mois.
      Hausse des droits de douanes : le capitalisme en crise
      https://www.cqfd-journal.org/Hausse-des-droits-de-douanes-le

      Faut-il voir dans le retour fracassant des barrières commerciales un simple épisode de #protectionnisme, ou bien le signe d’un basculement plus profond ? Une grille de lecture, héritée des débats du mouvement ouvrier et de Rosa Luxemburg, suggère que les crises du #capitalisme et leurs résolutions ne sont pas des accidents mais des moments récurrents de son histoire.

      Socialisme ou barbarie (conclusion de cet article, le surlignage sont de mon fait)

      Lorsque ni la guerre commerciale ni la guerre monétaire ne suffisent, reste le troisième pilier : la guerre militaire. En détruisant du capital excédentaire, en ouvrant de nouveaux débouchés, en restructurant les chaînes de valeur, la guerre rétablit temporairement les conditions de l’accumulation. Ukraine aujourd’hui, Taïwan demain, Proche-Orient en permanence : ces foyers de conflictualité ne sont pas des anomalies mais les moments d’une purge.

      Depuis quelques années, tout indique que l’un des points d’orgue de la contradiction capitaliste soit atteint : le libre-échange, qui avait été l’instrument principal de l’accumulation, devient un obstacle. Le capital doit dès lors se recomposer par la guerre commerciale, par la destruction des droits sociaux (autoritarisme, racisme, sexisme), par les manipulations monétaires et par la guerre. Chacune de ces étapes est une réponse à la baisse tendancielle du taux de profit, chacune sans s’y résumer complètement, manifeste l’incapacité du capital à se reproduire spontanément. Cette logique n’implique toutefois pas forcément un effondrement mécanique. Le capitalisme a toujours trouvé des voies de recomposition, aussi brutales soient-elles. Mais il met aujourd’hui à nu sa dépendance absolue : il ne survit qu’en détruisant ce qui le rend possible – le travail humain, la nature, la paix.

      La question est donc posée : qui paiera la facture de cette recomposition ? Les peuples, sommés d’accepter précarité, austérité, militarisation ? Ou bien émergera une autre voie, qui refuse la paupérisation et la guerre ? La tâche historique n’est pas de réformer ce système en crise, mais de lui opposer une résolution progressiste qui fasse primer les besoins humains sur la logique aveugle de l’accumulation. Voilà la leçon véritable de cet épisode, et la perspective qui s’impose à quiconque ne veut pas voir l’avenir réduit à la barbarie.

    • Williams, A., Srnicek, N., Traduction Citton, Y. (2014). Manifeste accélérationniste. Multitudes, 56(2), 23-35. https://doi.org/10.3917/mult.056.0023.

      L’avenir a besoin d’être construit. Il a été démoli par le capitalisme néolibéral pour être réduit à une promesse à prix réduit d’inégalités croissantes, de conflits et de chaos. L’effondrement de l’idée d’avenir est symptomatique du statut historique régressif de notre époque, bien davantage que d’une maturité sceptique, comme les cyniques essaient de nous le faire croire de tous les bords du champ politique. Il faut casser la coquille de l’avenir une fois encore, pour libérer nos horizons en les ouvrant vers les possibilités universelles du Dehors.

  • Les images générées par IA sont de plus en plus jaunes, et avec la « consanguinité » ça va s’aggraver
    https://www.huffingtonpost.fr/tech-futurs/video/les-images-generees-par-ia-sont-de-plus-en-plus-jaunes-et-avec-la-con

    Internet est inondé par un #filtre #jaunâtre aussi moche que drôle - mais ce n’est qu’un symptôme d’une crise de l’#IA qui nous guette.

    Par Emma Ramont

    Pour reconnaître une image générée par IA, il suffirait de regarder si elle est jaune. Pour beaucoup d’internautes, la technique est infaillible depuis quelques mois, lorsqu’un déluge d’images jaunâtres semble s’être abattu en ligne. Memes en tous genres ou encore vidéos IA produites à la chaîne - même la photo de profil du PDG d’#OpenAI Sam Altman a succombé à la teinte jaunâtre. Le problème est si répandu qu’il existe d’ailleurs des sites et des tutos pour « dé-jaunifier » les images générées par #Sora ou #ChatGPT.

  • La montée du fascisme de la fin des temps
    https://www.terrestres.org/2025/07/16/la-montee-du-fascisme-de-la-fin-des-temps

    L’idéologie dominante de l’extrême droite est devenue un survivalisme monstrueux, destructeur et suprématiste, expliquent Naomi Klein et Astra Taylor dans un article récent devenu incontournable, dont Terrestres publie la traduction en français. Elles appellent à construire un mouvement suffisamment fort pour l’arrêter.

    Comment sortir de cette fièvre apocalyptique ? Commençons par nous entraider mutuellement pour affronter la profonde perversité que porte l’extrême droite dans chacun de nos pays. Pour avancer efficacement, nous devons comprendre une chose essentielle : nous faisons face à une idéologie qui a abandonné l’idéal et les promesses de la démocratie libérale ainsi que la possibilité même de rendre ce monde vivable – une idéologie qui a abandonné la beauté du monde, ses peuples, nos enfants, les autres espèces. Les forces que nous affrontons ont fait la paix avec les destructions de masse : elles trahissent ce monde et toutes les vies humaines et non humaines qu’il abrite.

    Nous devons également opposer à leurs récits apocalyptiques une histoire bien plus forte sur la nécessité de survivre aux temps difficiles qui nous attendent, sans laisser personne de côté. Un récit capable de priver le fascisme de la fin des temps de son pouvoir horrible, et de mobiliser un mouvement prêt à tout risquer pour notre survie collective. Un récit non pas de fin, mais de renouveau ; non pas de séparation ni de suprématie, mais d’interdépendance et d’appartenance ; non pas de fuite, mais d’enracinement et de fidélité à cette réalité terrestre troublée dans laquelle nous sommes pris et liés les un·es aux autres.

    Ce sentiment assez simple n’a en soi rien de nouveau. Il est au cœur des cosmologies autochtones et constitue l’essence même de l’animisme. Si l’on remonte suffisamment loin dans le temps, chaque culture et chaque foi possède sa propre tradition de respect envers le caractère sacré de l’ici, sans quête illusoire d’une terre promise toujours lointaine et inaccessible. En Europe de l’Est, avant les anéantissements fascistes et staliniens, le Bund, mouvement socialiste juif, s’organisait autour du concept yiddish de Doikayt [« hereness », que l’on peut traduire en français par « diasporisme » ou encore « la pertinence d’être là où l’on est »]. L’artiste et autrice Molly Crabapple, qui lui consacre un livre à paraître, définit le Doikayt comme le droit de « lutter pour la liberté et la sécurité là où l’on vit, envers et contre tous ceux qui souhaitent notre disparition » — plutôt que d’être forcé à chercher refuge en Palestine ou aux États-Unis.

  • Le marché, la race et le QI. « Comment les libertariens, pro liberté totale des capitalistes, s’allient aux promoteurs des hiérarchies naturelles fondées sur race, genre, intelligence... »
    https://www.contretemps.eu/marche-quotien-intellectuel-entretien-quinn-slobodian

    L’extrême droite contemporaine réussit à combiner l’appel à la liberté économique avec des théorisations pseudo-scientifiques sur les hiérarchies naturelles fondées sur la race et/ou le QI. L’historien canadien Quinn Slobodian explique comment ces idées peuvent être articulées ensemble.

    ~~~
    Quinn Slobodian s’est imposé comme l’un des historiens les plus perspicaces du néolibéralisme. Dans des ouvrages tels que Les Globalistes. Une histoire intellectuelle du néolibéralisme (Le Seuil, Paris, 2022) et Le Capitalisme de l’apocalypse. Ou le rêve d’un monde sans démocratie (Le Seuil, Paris, 2025), il présente le néolibéralisme comme une idéologie dont la caractéristique essentielle consiste à protéger le capital des conséquences néfastes de la démocratie.

    Dans son dernier ouvrage, Hayek’s Bastards : Race, Gold, IQ, and the Capitalism of the Far Right (« Les bâtards de Hayek : la race, l’or, le QI et le capitalisme de l’extrême droite »), il écrit que la montée de la droite contemporaine – tant dans sa version techno-libertarienne que dans sa version plus autoritaire – ne peut être comprise sans tenir compte du recours des penseurs néolibéraux à la nature et à la science pour discréditer les revendications en faveur de la justice sociale et de mesures anti-discriminatoires dans les années 1990.

    Il explique comment ce « darwinisme social », qui vire parfois à l’« apocalyptisme » pur et simple, sous-tend différents membres de l’internationale réactionnaire, du disciple de Murray Rothbard, Javier Milei, à l’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne.

    Dans cet entretien publié par Jacobin, Bartolomeo Sala interroge Slobodian sur cette formation idéologique, qu’il identifie comme un produit paradoxal de la fin de la guerre froide, et sur son influence au sein de l’administration Trump, notamment à travers l’émergence de projets autoritaires d’extrême droite à l’échelle mondiale...

  • Monstruosité constitutionnelle et escroquerie monarchiste
    https://lundi.am/Monstruosite-constitutionnelle-et-escroquerie-monarchiste

    Depuis la seconde investiture de Donald Trump, de nombreux observateurs et commentateurs politiques n’hésitent pas à présenter le président américain comme une sorte de fou erratique, capricieux et un peu timbré. Ses déclarations et ses mesures politiques, n’obéiraient à aucune logique, si ce n’est à la brutalité coutumière d’un entrepreneur de l’immobilier pas très malin qui se serait retrouvé par mégarde aux commandes de la première puissance mondiale. Le texte qui suit défend l’hypothèse inverse, une hypothèse que l’auteur lui-même qualifie de « complotiste » mais qu’il étaye avec brio. La démonstration est convaincante : en se plongeant dans les relations et influences « intellectuelles » de Trump et de ses proches, on découvre l’importance de la pensée de Curtis Yarvin [1]

    [1] Dont nous avons déjà longuement parlé dans ces...
    et ses théorie néo-fascistes qui visent à remodeler la société américaine et le monde en suspendant tous les contre-pouvoirs constitutionnels. On s’aperçoit alors que derrière la confusion et le masque de l’absurdité, il pourrait y avoir un plan et une stratégie. Ce coup néo-réactionnaire qui se présente ouvertement comme une « contre-révolution », Daniel Grave l’interprète comme un retour de bâton après 15 ans de mouvements sociaux et de rue, d’Occupy Wall Street au soulèvement George Floyd en passant par MeToo, la menace fasciste comme boss de fin de niveau. De là, il s’agit d’être à la hauteur de ce que cela signifie, d’identifier ses points faibles et de l’affronter. C’est un texte important.

    […]

    Si cela peut nous paraître déroutant, c’est parce que ça l’est. C’est ce qu’on appelle le « paradoxe de la souveraineté », et c’est le cercle logique qui forme un grand trou au centre de toute constitution, aussi démocratique soit-elle : toutes les constitutions doivent permettre de suspendre légalement la loi afin de préserver l’ordre juridique. Exploiter ce trou a été la principale stratégie des mouvements fascistes.

    […]

    D’autant que je soutiens que tout cela a déjà été accompli, pour la simple et bonne raison que le Président l’a déjà fait valoir et qu’aucune autre branche du gouvernement n’a les moyens d’imposer sa décision au Président. Trump a déjà déclaré, par décret, que tous les employés du gouvernement étaient tenus par l’interprétation de la loi de l’exécutif. Vance a déjà déclaré que l’exécutif n’était pas tenu par les décisions des tribunaux. Nous devrions arrêter de croire qu’ils bluffent : dire que c’est illégal, c’est éluder la question, parce qu’ils ont déjà annoncé qu’ils étaient la loi. Ils ont le pouvoir parce qu’ils disent qu’ils ont le pouvoir et il n’y a apparemment aucun contre-pouvoir pour s’opposer à eux.

    […]

    Je ne dis pas que le calendrier est respecté et que tous les souhaits de Yarvin sont exaucés. J’insiste seulement sur le fait que nous ne sommes pas dans une situation où ils vont simplement purger le langage « woke » et les politiques de Diversité, Equité et Inclusion et qu’ensuite nous nous installerons dans une nouvelle normalité. Il veut que ce soit un chaos rapide et déroutant, de sorte que le temps que nous reprenions notre souffle et que nous comprenions ce qui se passe, il n’y ait plus de norme publique de vérité qui permette de prendre la mesure de ce qu’il s’est passé. Et j’insiste : tout comme ce que nous vivons aujourd’hui était largement inimaginable il y a seulement deux mois, nous devons nous attendre à ce que, d’ici deux mois, la situation soit tout aussi inimaginable.

    Aussi en référence :
    https://www.youtube.com/watch?v=5RpPTRcz1no

    #lumières_obscures #dark_enlightment #Curtis_Yarvin #accélérationnisme #États-Unis #USA #fascisme #néoréaction #contre-révolution

  • Retour vers un monde où règne la #brutalité

    https://legrandcontinent.eu/fr/2025/01/21/se-preparer-a-lempire-curtis-yarvin-prophete-des-lumieres-noires

    Curtis Yarvin naît en 1973 d’un père diplomate américain, dont les parents étaient des Juifs communistes américains, et d’une mère protestante. Après une scolarité dans des écoles progressistes d’élite, il étudie la science informatique à l’université Brown puis à Berkeley avant de rejoindre une entreprise numérique. En 2002, il crée une plateforme de serveurs informatiques décentralisée Urbit puis en 2013 une entreprise visant à la développer, Tlön Corp, avec des investissements de Peter Thiel.

    Curtis Yarvin commence à publier sur des blogs sous le pseudonyme de Mencius Moldbug dont notamment un manifeste intitulé « The Mencius vision » en 2007 sur le blog Blowhards, où il défend le « formalisme » en se réclamant d’auteurs comme Jouvenel, Kuehnelt-Leddihn, Leoni, Burnham et Nock. Il lance à cette période son propre blog, Unqualified Reservations, sur lequel il développe sa théorie « néo-réactionnaire » qu’il définit comme « l’union de deux forces : l’esprit d’ingénierie moderne, et le grand héritage historique de la pensée pré-démocratique de l’Antiquité, de la période classique et de l’ère victorienne ». Il crée enfin une page Substack appelée Grey Mirror en 2020, où il développe l’idée que la démocratie serait une expérience politique ratée à laquelle il faut mettre fin.

    Ce nouvel article reprend les arguments de Curtis Yarvin, dénommé le prophète des Lumières noires (Dark Enlightments) dans le précédent article.
    Comprendre la politique européenne de Donald Trump : le plan Yarvin pour l’Ukraine | Le Grand Continent
    https://legrandcontinent.eu/fr/2025/03/15/trump-va-ceder-leurope-a-poutine-la-prophetie-de-curtis-yarvin

    La politique de Donald Trump sur l’Ukraine paraît erratique, énigmatique.

    En réalité, la Maison-Blanche pourrait suivre une stratégie très précise.

    Formulée par Curtis Yarvin en janvier 2022, elle doit être étudiée de près aujourd’hui.
    Nous la traduisons.

  • Le #Grand_Remplacement : histoire d’une idée mortifère

    L’expression s’est imposée dans le paysage politique ces derniers mois. Éric Zemmour fait de la lutte contre le « grand remplacement » la base de son programme, les candidats Les Républicains débattent du niveau de priorité qu’il représente, les journalistes en font un objet d’interview, les instituts de sondage interrogent leurs panels représentatifs sur le sujet...
    Mais que veut dire « le grand remplacement » ? D’où vient cette idée ? Et surtout quelles sont les implications de son utilisation ?

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/64922_0

    #racisme #Renaud_Camus #fantasme #métissage #identité #complotisme #colonialisme #mondialisme #white_genocide #néo-nazisme #extrême_droite #Génération_identitaire #invasion #islamisation #remigration #assises_de_la_remigration #Eric_Zemmour #2015 #accélérationnisme #terrorisme #ultradroite

    –—

    Le Camp des saints

    Le Camp des saints est un #roman de l’écrivain français #Jean_Raspail, publié en 1973.

    Le roman décrit la submersion de la civilisation occidentale, la France en particulier, par une immigration massive venue du delta du Gange. Un million de « miséreux » prennent d’assaut des cargos. Les immigrants voguent alors vers un Occident incapable de leur faire modifier leur route. Les bateaux s’échouent sur la Côte d’Azur, sous l’œil impuissant de pouvoirs publics désarmés face à la veulerie de la population autochtone, la lâcheté de l’administration préfectorale et l’affaiblissement de l’armée française. Ainsi cette « submersion » résulte-t-elle de l’incapacité tant des pouvoirs publics que de la population à réagir face à cette invasion pacifique mais lourde de conséquences pour la nature d’une civilisation déjà ancienne, en plus d’un aveuglement de la part d’un clergé catholique trop favorable à l’accueil de populations immigrées.

    Le roman devient un ouvrage de référence pour l’extrême droite française.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Camp_des_saints

    –—
    L’#invasion_noire

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k106260h

    #livre
    #film #documentaire #film_documentaire

  • #Climat : « Certaines des #technologies envisagées pour maintenir habitable la Terre relèvent du #cauchemar »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/05/29/climat-certaines-des-technologies-envisagees-pour-maintenir-habitable-la-ter

    Sur le front du climat, l’information la plus frappante de ces derniers jours n’est ni la sécheresse qui s’installe en France, ni la succession des canicules qui ont mis plusieurs semaines durant des dizaines de millions d’Indiens et de Pakistanais au seuil de l’invivable. Non : l’actualité climatique la plus inquiétante de ces dernières semaines est la création, au sein du Forum de Paris sur la paix, de la #Commission_mondiale_sur_la_gouvernance_des_risques_liés_au_dépassement_climatique. Le lancement de ses travaux, le 17 mai, est passé inaperçu en France, où seul Le Monde, sous la plume d’Audrey Garric, en a rendu compte. Son mandat devrait pourtant retenir toute notre attention.

    La quinzaine de membres de cette commission – anciens commissaires européens, chefs d’Etat ou ministres de pays du Nord et du Sud, diplomates de haut niveau, etc. – se pencheront sur des problématiques qui n’ont jusqu’ici jamais été examinées à un tel niveau. Cette fois, il est officiellement question de réfléchir aux conditions de déploiement de techniques de #géo-ingénierie – c’est-à-dire des méthodes de modification climatique à grande échelle –, non seulement sur leur faisabilité, leurs bénéfices et leurs risques, mais aussi leur gouvernance.

    Le simple fait que ces techniques soient aujourd’hui officiellement mises à l’agenda devrait susciter une profonde inquiétude . Cela signifie d’abord que l’espoir s’estompe de voir le climat terrestre préservé d’une dérive catastrophique. Ensuite, la radicalité de certaines solutions envisagées pour maintenir l’habitabilité d’une Terre surchauffée donne à comprendre la gravité de la situation. Certaines de ces technologies relèvent d’un cauchemar dystopique inimaginable il y a seulement quelques années. Elles sont désormais sur la table – pas encore celle de la diplomatie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, mais au moins dans son antichambre.

    Un tabou tombé

    « Si la réduction considérable et rapide des émissions doit être l’objectif central de toute politique climatique, l’action collective contre le [réchauffement] doit prendre en compte l’ensemble des réponses possibles pour réduire activement les risques, explique ainsi la nouvelle commission dans sa présentation. Ces options comprennent des mesures d’adaptation considérablement élargies pour réduire la vulnérabilité climatique, l’élimination du carbone pour retirer le dioxyde de carbone de l’atmosphère, et éventuellement la géo-ingénierie solaire pour refroidir la planète en réduisant le rayonnement solaire entrant. »

    Il vous reste 55.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

    • Pour documenter le sujet :

      Communiqué de presse du Forum de Paris sur la paix

      https://parispeaceforum.org/co%20mmuniques-de-presse/lancement-dune-commission-mondiale-sur-la-gouvernance-des-risques-l

      La page de la commission mondiale sur la gouvernance des risques liés au dépassement climatique (climate overshoot commission) :

      https://www.overshootcommission.org

      Les membres de la commission :
      https://www.overshootcommission.org/commission

      Et à la manœuvre derrière la #dystopie, on retrouve un certain Pascal Lamy, président du forum de Paris sur la paix et ancien directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce que l’on ne présente plus.

    • tabou tombé

      La simple évocation de la géo-ingénierie solaire fait tomber un tabou. Ce principe, proposé en 2006 par le chimiste de l’atmosphère Paul Crutzen, consiste à injecter dans la haute atmosphère des particules aérosols destinées à occulter une part de la lumière du Soleil. Et à faire ainsi baisser le thermomètre mondial. Mais il y aurait un prix à cet endiguement artificiel des températures. Envois réguliers de dizaines de milliers de ballons dans la stratosphère pour y brûler du soufre et y disperser ainsi des particules sulfatées, ou encore déploiement d’une gigantesque flotte d’avions gros-porteurs destinés à larguer chaque année des millions de tonnes de particules à plus de 10 kilomètres d’altitude.
      Sans compter les effets collatéraux prévisibles : perturbation des moussons, baisses locales des précipitations, altération de courants marins, pollution atmosphérique accrue par la retombée des particules fines de la haute atmosphère, etc. Ce « bouclier » n’aurait de plus aucun effet sur l’acidification des océans.

      Perdre le bleu du ciel

      Surtout, il nous mettrait dans une situation dangereuse : qu’au bout de quelques décennies, il devienne impossible, pour cause de guerre ou de crise économique, par exemple, de poursuivre les opérations complexes et coûteuses d’injection de particules dans la stratosphère et les températures remonteraient presque aussitôt, à une vitesse vertigineuse, rendant illusoire toute possibilité d’adaptation. Le rêve démiurgique de contrôle du climat placerait de facto l’humanité dans une situation inédite de dépendance vitale à l’accélération technique.
      Ces questions sont débattues dans la communauté scientifique depuis une quinzaine d’années. Les idées qui dominent sont généralement que la géo-ingénierie solaire est à proscrire, mais que des travaux doivent néanmoins être poursuivis, pour le cas où une aggravation abrupte du réchauffement ne rende la situation intenable.

      En décembre 2008, au congrès d’automne de l’American Geophysical Union, une table ronde de chercheurs en sciences du climat était organisée sur ce thème. Etaient abordés la science climatique stricto sensu, les résultats des modèles climatiques simulant le déploiement de géo-ingénieries solaires, mais aussi les problèmes posés par la gouvernance de tels systèmes, problématiques qui occuperont la nouvelle commission. Qui aurait la main sur le thermostat de la planète ? Certains pays pourraient-ils déployer unilatéralement de telles technologies ? Comment seraient indemnisés ceux qui auraient à pâtir des conséquences d’une telle volonté de contrôler le climat planétaire ?

      Au terme de la discussion, le physicien de l’atmosphère Alan Robock (de l’université Rutgers, dans le New Jersey), l’un des meilleurs spécialistes du sujet, fit remarquer que la géo-ingénierie changerait aussi la couleur du ciel. Il perdrait son bleu profond pour devenir blanchâtre. « Il faudra qu’on m’explique comment indemniser les milliards d’humains qui seraient privés de la couleur bleue du ciel », ajouta M. Robock. Qui pouvait penser que cette plaisanterie amère pourrait être mise, à peine quinze ans plus tard, à l’agenda des réflexions de distingués diplomates et anciens chefs d’Etat ?
      https://justpaste.it/8fkcy

      #climat #géo-ingénierie_solaire #accélérationnisme

  • Akzelerationismus «Entschleunigung ist der falsche Weg»
    https://www.woz.ch/-5b78

    Kann man den Kapitalismus ausbremsen? Nein, sagt der Philosoph Armen Avanessian. Gegen die nostalgische Folklore linker Bewegungen setzt er auf die Verheissungen der Moderne: Fortschritt und Geschwindigkeit.

    WOZ: Armen Avanessian, ganz naiv gefragt: Was ist Akzelerationismus? Und wozu brauchts das?
    Armen Avanessian: Die Grundannahme des Akzelerationismus ist, dass es im allgemeinen Diskurs eine unheilvolle Gleichung gibt, die leider auch die linke politische Theorie allzu oft teilt. Sie lautet: Kapitalismus = Moderne = Fortschritt = Beschleunigung. Wenn man diese Gleichung akzeptiert, gibt es keine andere Möglichkeit, Widerstand zu denken, als über irgendeine Form von Entschleunigung.

    Doch das ist der falsche Weg. Der Klimakatastrophe etwa können wir nicht entgehen, indem ein paar westliche Wohlsituierte aufs Land ziehen und Karotten pflanzen. Wir können auch nicht in die fordistische Gesellschaft der Nachkriegszeit zurückgehen. Dieses Gesellschaftsmodell lässt sich nicht mehr wiedereinführen, und es steht auch zu bezweifeln, ob wir das ernsthaft wollen. Wir wissen ja, wie das erkauft war: mit Kolonialismus und patriarchalen Strukturen. Es gibt nur den Weg voran.

    Ist uns die Zukunft abhandengekommen?
    Zukunft wird eigentlich permanent hergestellt. Heute leben wir sozusagen unter einem finanzökonomischen Diktat, das ständig die Gegenwart mit einem Zukunftsdruck steuert. Das ist das derivative Paradigma: Derivate am Finanzmarkt berechnen den zukünftigen Preis in der Gegenwart – aufgrund von Erfahrungen aus der Vergangenheit bestimmt man im Voraus die Zukunft. Man kann das noch Zukunft nennen, weil es ja weiterhin ein Morgen gibt – aber man kann mit einem politischen Kalkül sagen: Das ist eigentlich gar keine Zukunft. Wir können in der Gegenwart nur anders handeln, wenn wir eine tatsächlich andere Zukunft entwerfen.

    Das tut Ihrer Meinung nach aber niemand?
    Auch bei der Linken ist ganz grundsätzlich ein Versprechen moderner Art weggebrochen. Die Zeit vergeht weiterhin, aber das, was die Moderne ausgemacht hat, ist mehr oder minder verschwunden: ein mit einem bestimmten Aufklärungsfuror vorgetragener Optimismus und ein Gestaltungswille mit einer Idee, wie die Zukunft auszusehen hat. Da trifft sich die Linke mit dem übelsten Neoliberalismus, der sagt, es gebe keine Alternative. Es gibt keine positive Bestimmung dessen, was Zukunft ist, kein Visionsmoment mehr. «Wer Visionen hat, sollte zum Arzt gehen», hat Helmut Schmidt gesagt, und der war ja noch nicht mal der schlimmste Sozialdemokrat. Man begegnet heute einer Entradikalisierung bis zum totalen Mangel an Vorstellungskraft.

    Das akzelerationistische Manifest von Alex Williams und Nick Srnicek ist von einer etwas pauschalen Polemik gegen andere linken Gruppierungen getragen. Braucht es wirklich noch eine Alternative zu den etablierten kritischen Positionen?
    Ich könnte sagen: Die klassische Linke hat Jahrzehnte Zeit gehabt. Man sieht, wie viel das gebracht hat – wieso sollten wir unter Erklärungsdruck stehen? Aber das wäre zu einfach. Man muss diese Kritik ja schon ernst nehmen. Es bedarf eines Anschlusses an das Versprechen der Moderne – ohne die Fehler der Moderne zu vergessen und ohne die dekonstruktive oder postmoderne Kritik vom Tisch zu fegen. Im besten Fall wird die zwischenzeitliche Kritik mitgedacht, das ist die Aufgabe.

    Trotzdem: Warum bleiben Sie gegenüber dem «nostalgischen Folklorismus» linker Bewegungen so unversöhnlich?
    Die Nostalgie prägt auch die Vorstellung davon, wie man politisch aktiv ist: Man geht auf die Strasse, man verbindet sich, der Volkskörper stellt sich her, übt Widerstand und hat revolutionäre Kraft. Nur: Das hat immer weniger Wirkung. Die Verfasser des akzelerationistischen Manifests gehören einer Generation an, die erlebt hat, wie Millionen gegen den Irakkrieg demonstriert haben. Effekt: null. Ähnliche Erfahrungen hat unsere Generation mit Studentenstreiks gemacht und mit Occupy. Mit bescheidenen Resultaten. Der Akzelerationismus erscheint mir nicht nur interessant, weil das junge Doktoranden sind, die wir im Merve-Verlag rausbringen, und nicht die üblichen achtzigjährigen Franzosen. Es ist gewissermassen die erste Theoriebewegung, die Aufmerksamkeit erlangt, die nicht vom Phantasma von 1968 gespeist ist.

    Was meinen Sie damit?
    Nichts gegen 1968 – aber die Widerstandsformen von Mitte des 20. Jahrhunderts nützen nichts gegen Gegner, die mit avancierten technologischen Mitteln kämpfen. Es bringt nichts, gegen die NSA oder einen hochkomplexen Finanzmarkt auf die Strasse zu gehen. Wir müssen lernen, wie Widerstand heute zu leisten ist und wie ein idealer Revolutionär aussieht: Das ist heute kaum mehr Che Guevara mit der Kalaschnikow im Dschungel, sondern ein technologisch informierter Edward Snowden. Die Frage ist doch: Nehmen wir neue Technologien an, und wie können wir sie steuern? Aber sich von Facebook abzumelden, wird nicht helfen. Ich begrüsse es, dass es immer mehr Leute gibt, die keine Lust aufs Flugblätterverteilen haben, es aber durchaus als politisch empfinden, programmieren zu lernen.

    Fordert das nicht eine unmässige Professionalisierung von uns? Nicht jeder und jede hat Zeit, um sich solches Wissen anzueignen.
    Man muss das umgekehrt denken: Wie politisieren wir die Programmierer? Es braucht einen politischen Drive, um die schon vorhandenen Technologien sinnvoll einzusetzen. Denken wir daran, was logistisch schon alles möglich ist, an die Automatisierung, das allgemeine Grundeinkommen. Da sind mit kleinen Schritten grosse Effekte möglich. Leider existiert in der Linken aber immer noch so etwas wie ein «technologischer Analphabetismus». Das hat dazu geführt, dass die Kluft zwischen jenen, die mit der Welt nicht zufrieden sind, und jenen, die sie tatsächlich gestalten, fast systematisch immer grösser wurde. Auch die sozialdemokratischen Parteien und Gewerkschaften hinken immer hinter den Entwicklungen her, sie versuchen nur, das Schlimmste zu verhindern, etwas zu bremsen. Eine Politisierung der jeweiligen Praktiken wäre dringend notwendig.

    Ist das nicht nur eine weitere elegante Weise, nichts an den Verhältnissen zu verändern und sich doch irgendwie politisch zu fühlen?
    Nein. Der grundsätzliche Vorzeichenwechsel im Akzelerationismus besteht darin zu bezweifeln, dass der Kapitalismus tatsächlich ein fortschrittliches Prinzip ist, und dass es zugleich nötig ist, Fortschritt und Beschleunigung positiv zu konnotieren. Viele meinen, wir wollten alles noch mehr beschleunigen, um es gegen die Wand zu fahren. Doch der Akzelerationismus sagt genau das nicht – er sagt, wenn wir etwas verändern wollen in unserer beschleunigten Gesellschaft, geht es nicht anders, als dass wir die Beschleunigung annehmen und versuchen, sie zu navigieren, ihr eine progressive, sinnvolle Richtung zu geben. Mit einer andauernden Fetischisierung horizontaler Strukturen, etwa nur mit kleinen Versammlungen, ist das nicht zu lösen.

    Demokratie spielt in den akzelerationistischen Texten, die ich gelesen habe, tatsächlich keine so grosse Rolle …
    Dazu gibt es viele Diskussionen. Sicher aber ist, dass keiner von uns antidemokratisch ist. Trotzdem kann man konstatieren, dass die eingespielten demokratischen Verfahren die Gegner – also diejenigen, die wir dafür verantwortlich machen, dass wir in einer Welt leben, mit der wir unzufrieden sind – nicht sonderlich tangieren. Doch wir fordern nicht, wie zum Beispiel Antonio Gramsci, einen organischen Intellektuellen, der der Masse sagt, in welche Richtung sie gehen muss.

    In Ihrem neuen Buch «Überschrift» schreiben Sie auch, wer Kritik übe, sei zur Wirkungslosigkeit verdammt.
    Ja, ich bestehe vehement darauf, dass es mit Reflexion und reinem Denken, Nachdenken und Kritik nicht zu einer Transformation kommt. Nehmen wir mein langjähriges Arbeitsumfeld, die Universität: Dort ist man umgeben von kleinen, selbst erklärten Widerstandsheroen, jeder schiebt dem anderen zu, dass er ein karrieristischer, neoliberaler Dreckskerl sei. Gleichzeitig führen die vielen abstrakten politischen Theorien an den Universitäten nicht dazu, dass die Protagonisten wirklich anders handeln. Viele Theorien, die en vogue sind und sich radikal geben, sind im akademischen Alltag wenig widerständig. Das betrifft aber nicht nur die Uni. In den letzten Jahrzehnten hat sich auch die zeitgenössische Kunst die sogenannte Criticality ganz gross auf die Fahnen geschrieben – und trotzdem landet sie immer mit den übelsten Oligarchen im Bett.

    Was wäre denn die Alternative zur Kritik?
    Zentraler erscheint mir, andere Formen der Zusammenarbeit und des gemeinsamen Nachdenkens zu finden. Ein wichtiges Arbeitskonzept im akzelerationistischen Denken sind Plattformen. Da wird nicht gesagt, wie etwas gemacht werden sollte, sondern damit wird konkret etwas anderes gemacht. Man versucht, zu einer experimentellen Praxis des gemeinsamen Arbeitens zu finden. Ich will mit Jean-Luc Godard sagen, es braucht weniger akademische politische Theorie, sondern eine Politisierung der akademischen Theorie. Politik bedeutet, das Feld, in dem man arbeitet, zu politisieren und Konflikte hervorzurufen. Ich brauche keine Utopien zu entwerfen, es reicht doch, wenn ich sage, hier tuts weh und dagegen wehre ich mich mit dieser kurzfristigen Taktik, und vielleicht habe ich sogar noch eine weiterführende Strategie, wo ich hinwill. Einen utopischen Raum zu imaginieren, der völlig ausserhalb ist, und mich ständig zu wundern, dass dieser nie Realität wird – ergibt das wirklich Sinn?
    Der Beschleuniger

    Als Herausgeber des Sammelbands «#Akzeleration» hat Armen Avanessian das akzelerationistische Manifest von Alex Williams und Nick Srnicek im deutschsprachigen Raum bekannt gemacht.

    Der gebürtige Wiener (*1973) hat in Wien und Paris Philosophie und Politikwissenschaften studiert – unter anderem bei Jacques Rancière. Ab 2007 forschte er unter anderem am Peter-Szondi-Institut der Freien Universität Berlin. Avanessian hat zahlreiche Bücher veröffentlicht, auch im Merve-Verlag, dessen Chefredaktor er seit 2014 ist.

    Armen Avanessian (Hrsg.): «#Akzeleration». Merve-Verlag. Berlin 2013. 96 Seiten. 
15 Franken.

    Armen Avanessian: «Überschrift. Ethik des Wissens – Poetik der Existenz». Merve-Verlag. Berlin 2014. 264 Seiten. 27 Franken.

    http://www.spekulative-poetik.de

    https://de.m.wikipedia.org/wiki/Akzelerationismus

    #accélérationnisme

  • #LesInrocks - Alain #Damasio : “C’est tout le rapport de l’Occident à l’activité qu’il faut repenser”
    https://www.lesinrocks.com/2018/01/24/actualite/alain-damasio-cest-tout-le-rapport-de-loccident-lactivite-quil-faut-repe

    Alain Damasio : “C’est tout le rapport de l’Occident à l’activité qu’il faut repenser”
    24/01/18 18h15
    PAR
    Mathieu Dejean
    Samedi 27 janvier, une journée de débats est organisée à la Bourse du #Travail de Paris sous le titre : “Tout le monde déteste le travail”. Alain Damasio, écrivain de science-fiction engagé, auteur de “La Horde du Contrevent” (2004), nous en dit plus sur cet événement qu’il a co-organisé.
    Au milieu des années 1950, l’Internationale lettriste regroupée autour de Guy Debord annonçait l’esprit de Mai 68 avec un célèbre graffiti : “Ne travaillez jamais”. Cinquante ans après les “événements” de mai, un collectif souffle sur les mêmes braises réfractaires, et organise le 27 janvier à la Bourse du Travail de Paris une journée de débats et de création artistique sous le titre : “Tout le monde déteste le travail - Rencontres pour qui en a, en cherche, l’évite, s’organise au-delà...”.

    Annoncé sur le site lundimatin, proche du #Comité_invisible, l’événement rassemble la fine fleure de la pensée critique dans ce domaine – la sociologue Danièle #Linhart, le professeur de droit Emmanuel #Dockès, l’économiste Frédéric #Lordon, ou encore le journaliste indépendant Olivier #Cyran (auteur de Boulots de merde ! Enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers, 2016) -, mais aussi des syndicalistes, des zadistes et des écrivains (le programme complet est ici).

    Le collectif à son origine est aussi celui qui avait organisé la “chasse aux DRH” le 12 octobre dernier, pour empêcher la venue de Muriel Pénicaud au Congrès des DRH. Alain Damasio, écrivain de science-fiction engagé, auteur de La Zone du dehors et de La Horde du Contrevent, qui a co-organisé ce rassemblement, nous en dit plus.

    Quel est l’objectif de cette journée ?

    Alain Damasio – Lors d’une rencontre sur le plateau de Millevaches (Limousin) fin août avec des gens qui gravitent autour du Comité invisible, des artistes, Frédéric Lordon ou encore Julien #Coupat, on s’est dit qu’il fallait lancer une série d’actions pour lutter contre la deuxième loi travail. La première action, c’était la “#chasse_aux_DRH”. La deuxième, c’est cette journée au cours de laquelle nous allons essayer de déployer nos idées, nos visions, de proposer des choses. L’objectif, c’est de répondre à ces questions qui nous traversent tous : Comment dépasser le travail ? Comment sortir de cette fabrique du travailleur comme figure essentielle ?

    Ces rencontres sont réunies sous l’intitulé “Tout le monde déteste le travail”. Ça vous semble si évident que ça ?

    Le titre est une référence au slogan “Tout le monde déteste la police”, il fait la continuité avec les manifestations contre la loi travail. Il a aussi un côté affectif. Frédéric Lordon explique très bien que les mouvements politiques se déploient lorsqu’ils ont un affect commun. En l’occurrence, nous éprouvons la sensation qu’une majorité de gens souffrent au travail, subissent des conditions d’exploitation de plus en plus subtiles, que la pression du chômage les oblige à accepter. C’est pourquoi nous avons décidé de taper sur le travail, conçu comme une activité soumise à salaire et à un système de contrainte très fort.

    C’est aussi une provocation. Des gens vont lire l’affiche et se dire : “C’est pas possible, moi j’aime mon travail !” En fait, on pousse les gens à s’auto-convaincre qu’ils aiment ce qu’ils font. Quand tu subis une exploitation forte, dans un cadre très contraint car tu dois gagner ta vie, c’est une réaction naturelle. Intérieurement tu souffres et tu détestes ce que tu fais, mais tu as aussi une injonction à être à l’aise, à aimer ce travail. C’est aussi contre ce néo-management que nous nous érigeons.

    “Nous avons décidé de taper sur le travail, conçu comme une activité soumise à salaire et à un système de contrainte très fort”

    Nos vies vous semblent-elles de plus en plus réduites à cette seule activité : le travail ?

    J’ai le sentiment qu’on continue en tout cas à nous faire croire que l’horizon peut être le plein-emploi, qu’il suffit d’y mettre le fric, ou de “libérer” le travail pour qu’on recrée de l’emploi. Je suis convaincu qu’il faut au contraire définitivement enterrer cette idée. Pour moi, l’avenir du travail réside peut-être dans le revenu universel, même si le capital peut s’en accommoder. Cette idée ne fait d’ailleurs pas consensus entre nous.

    En effet il y a une version néolibérale du revenu universel... Comment en faire une mesure vraiment émancipatrice ?

    Les positions des participants à cette journée divergent à ce sujet. Ariel Kyrou, que j’ai fait inviter, a énormément défendu le revenu universel dans le cadre de la revue Multitudes. Pour moi, c’est un plancher minimal à partir duquel tu peux te débarrasser de la nécessité de travailler. Je pense que ça peut libérer énormément d’énergie pour créer, militer, organiser un autre type de vie. Ça ouvre la porte à des alternatives. Beaucoup de gens se moquent d’avoir un statut social. C’est ce que j’ai vu à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. De quoi vivent-ils ? Ils vivent souvent d’un RSA, et de l’autoproduction. En l’occurrence, le plancher du RSA leur permet de faire des choses fabuleuses localement.

    Entendez-vous revaloriser la paresse, l’oisiveté ?

    Je n’aime pas l’idée de paresse, car elle s’articule comme une négativité par rapport au travail. Par contre, étymologiquement, l’oisiveté vient du terme latin otium. Nier l’otium, ça donne le mot negotium, le "négoce", le commerce, et finalement, ce monde capitaliste dans lequel on est. Nietzsche l’écrivait très bien aux alentours de 1870, avant l’arrivée du marxisme, qui a été très pro-travail : pourquoi prôner le travail, alors que la noblesse spirituelle de l’époque était fondée sur une valorisation absolue de la disponibilité, de l’oisiveté, de la présence au monde, de la contemplation ? On a réussit à inverser cette hiérarchie des valeurs pour faire du travail quelque chose d’indispensable, le nec plus ultra.

    “C’est tout un rapport de l’Occident à l’activité en elle-même qu’il faut repenser”

    L’oisiveté, ce rapport au temps libéré, cette disponibilité au monde, à la nature et aux autres m’intéresse. Prendre ce temps me paraît fondamental. C’est tout un rapport de l’Occident à l’activité en elle-même qu’il faut repenser. En écrivant le texte du programme de cette journée avec Julien Coupat, on s’est posé la question du sens de l’activité. On a une telle compulsion au productivisme ! Moi-même, je n’arrive pas à passer à un rapport à l’activité qui ne soit pas auto-aliénant.

    Les technologies numériques semblent contribuer à accentuer l’emprise du travail sur nous, alors qu’on croyait qu’elles allaient nous en libérer. Pensez-vous qu’on peut mieux les maîtriser ?

    Je pense qu’on est dans un état d’adolescence par rapport aux technologies numériques. Il faudra encore une génération pour atteindre un bon niveau de recul, de maîtrise. Je vois très peu de parents capables d’éduquer leurs gamins aux jeux vidéo. Or s’il n’y a pas de transmission sur ce média, d’école pour éduquer aux jeux vidéo, comment voulez-vous que les gamins ne soient pas bouffés, vampirisés par des jeux addictifs ? C’est pareil pour les réseaux sociaux, les mails, etc. On peut passer des journées seulement en interactions avec des interfaces. Ça, c’est flippant.

    “La liberté est un feu : tout le monde a envie de se mettre autour, mais personne ne va prendre le risque de sauter dedans, d’assumer ce qu’être libre veut dire”

    J’ai l’impression qu’il y a un mécanisme humain de fermeture au monde, de régression fusionnelle avec les outils technologiques. Cela crée des effets de bulle. Le psychanalyste Miguel #Benasayag l’a très bien expliqué dans Plus jamais seul. Les gens veulent rester dans un continuum affectif permanent avec leurs proches, ils ne supportent plus le moment où le lien se coupe, et où on se retrouve seul. Pourtant c’est dans l’absence, dans la rupture du continuum que le désir de l’autre se construit.

    On a réussi à faire de la technologie un magnifique vecteur d’auto-aliénation. C’est ce dont je parle dans La Zone du dehors : on est très forts pour le liberticide. La liberté, c’est un feu : tout le monde a envie de s’en approcher, de se mettre autour, mais personne ne va prendre le risque de sauter dedans, d’assumer ce qu’être libre veut dire, parce que ça brûle, ça crame.

    Quelle #philosophie_du_travail défendez-vous collectivement ?

    Un de nos modèles, c’est la ZAD. La manière dont les zadistes conçoivent quotidiennement l’activité est différente. Elle est auto-générée. Pour construire un bâtiment avec du bois de la ZAD, ils constituent un collectif qui réapprend à faire les charpentes, ils réapprennent un artisanat et retrouvent une continuité naturelle avec la forêt. Il y a une autodétermination de bout en bout, corrélée à un territoire. On passe ainsi d’un statut d’ouvrier à un statut d’œuvrier. L’œuvrier décide lui-même de ce qu’il a envie de faire, du projet qu’il a envie de porter, et le fait avec des gens qu’il a choisis. C’est notre vision générale du travail.

  • #AltWoke Manifesto - &&& Journal
    http://tripleampersand.org/alt-woke-manifesto

    1. Theoria

    #AltWoke is a new awakening for the post-modern Left to navigate the protean digital era. #Altwoke can be categorized as the new New Left. Or Second Wave Neo Marxism. The Post- Truth Left. Anti-liberal postcapitalist left. #AltWoke is antithetical to Silicone Valley techno-neoliberalism. #AltWoke is not the cult of Kurzweil. #AltWoke is not merely analogous to the Alt-Right. #AltWoke injects planning back into left-wing politics. #AltWoke supports universal basic income, biotechnology & radical energy reforms to combat climate change, open borders, new forms of urban planning & the liquidation of Western hegemony. AltWoke sees opportunity in disaster. #AltWoke is the Left taking futurism away from fascism. David Harvey is #altwoke. Situationist International is #altwoke. Jean Baudrillard is #altwoke. Roberto Mangabeira Unger is #altwoke. Eric Snowden is #altwoke. Daniel Keller is #altwoke. Chelsea Manning is #altwoke. William Gibson is #altwoke. Holly Herndon is #altwoke. Franz Fanon is #altwoke. Alvin Toffler is #altwoke.

  • Qu’est-ce l’accélérationnisme ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/qu-est-ce-l-accelerationnisme

    "Pour la première fois en France paraît le texte du « manifeste accélérationniste » publié initialement en 2013, ainsi que les articles ayant prolongé ce débat devenu mondial. Faut-il résister à l’accélération du monde ou au contraire l’embrasser ?"

    #accélérationnisme #climat #progrès #capitalisme #libéralisme

    Également intéressant sur le sujet :

    http://www.dailymotion.com/video/x2crpcu_faster-a-propos-du-manifeste-pour-une-politique-accelerationnis