• 26 avril 1986, Tchernobyl, 40 ans après (I)
    https://lundi.am/26-avril-1986-Tchernobyl-40-ans-apres-I

    Les États et les organisations intergouvernementales (UNSCEAR, CIPR etc.) ont délibérément minimisé les conséquences sanitaires de Tchernobyl : ce parti pris concerne également l’OMS
    et sa fameuse thèse d’une trentaine de morts jusqu’en 2005. Mais il y a bien pire depuis le 6 août 1945 (cf. supra).

    Figures de la défaite déshonorante du Japon, les Hibakushas, assimilés aux pestiférés par peur d’une contagion fantasmée, furent l’objet de la honte publique, décourageant ainsi la plupart des rescapés de participer à un quelconque travail de mémoire, témoignages dont on a vu avec Primo Levi, Robert Antelme, David Rousset, Charlotte Delbo, Elie Wiesel, Jorge Semprun, Jean Améry et les autres survivants, l’importance capitale dans la reconstruction intellectuelle et politique de l’après-guerre. Les édiles japonais procédèrent à une « reconstruction » rapide de la ville qui eut pour but d’effacer méticuleusement toutes les traces de leur défaite et de ce crime effroyable. Contrairement à ce qui s’est produit après Auschwitz-Birkenau, vainqueurs et vaincus se sont associés pour aveugler l’humanité, avec succès jusqu’à ce jour, sur la nature des crimes commis à Hiroshima et Nagasaki. Un exemple : avec l’aide des autorités japonaises, les États-uniens ont mené sur place des études sur les conséquences de ces bombardements, études qui furent versées aux archives secrètes de Washington, longtemps inaccessibles. En plus du mépris des victimes en souffrance dont cela témoigne, ce sont sur ces mêmes archives que les États et les organisations internationales se basent encore aujourd’hui pour nier les effets des faibles doses à long terme.

    Ne pas laisser de traces, tel est le credo commun à tous les criminels et négationnistes (cf. ce qu’en dit plus précisément Günther Anders. Il en fut de même à Tchernobyl et en sera de même à Fukushima. Le travail de mémoire est ainsi forclos, comme on tente d’enfermer un déchet radioactif dont on sait pertinemment qu’on en retransmet la dangerosité aux générations suivantes.

    #Tchernobyl #Fukushima #énergie_nucléaire #accidents_industriels #nécrotechnologies

  • Non, Tchernobyl n’est pas devenu une réserve naturelle
    https://theconversation.com/non-tchernobyl-nest-pas-devenu-une-reserve-naturelle-58335

    Dans la région de Tchernobyl, l’exposition aux rayonnements ionisants a provoqué des dommages génétiques et augmenté les taux de mutation pour nombre d’organismes. À ce jour, nous n’avons que très peu d’éléments montrant que certains d’entre eux pourraient évoluer pour devenir plus résistants aux radiations.

    L’histoire de l’évolution des organismes est essentielle pour déterminer le degré de leur vulnérabilité au regard des radiations. Dans nos travaux, les espèces ayant montré au fil des années de hauts degrés de mutation – comme l’hirondelle rustique (Hirundo rustica), l’hypolaïs ictérine (Hippolais icterina) et la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) – sont aussi celles dont les populations déclinent à Tchernobyl. Notre hypothèse est que les espèces diffèrent dans leur capacité à restaurer l’ADN ; ceci concerne à la fois les taux de substitutions nucléotidiques et la sensibilité à la radiation pour les zones étudiées à Tchernobyl.
    Tout comme les survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, les oiseaux et les mammifères de la région souffrent de cataracte et présentent des cerveaux plus petits. Ce sont les conséquences directes de l’exposition aux substances radioactives présentes dans l’air, l’eau et la nourriture. Comme les personnes dont on traite un cancer par radiothérapie, la plupart des oiseaux ont des spermatozoïdes déformés. Dans les zones les plus touchées, près de 40 % des oiseaux mâles sont totalement stériles, ne possédant aucun sperme ou seulement des spermatozoïdes morts en période de reproduction.

    #Tchernobyl #radio-activité #accidents_industriels

  • Comment Macron a exposé la jeunesse à la mort au #Travail
    https://frustrationmagazine.fr/jeunesse-travail

    Vendredi 17 avril, un adolescent de 15 ans est mort durant son stage d’observation qui se déroulait dans une entreprise de BTP. Scolarisé en lycée professionnel, il avait été mis au volant d’un chariot élévateur dont il a perdu le contrôle. Quelques jours plus tard, un jeune homme de 22 ans trouvait la mort dans […]

  • Mort au #travail : pourquoi cette hécatombe chez les #jeunes de moins de 25 ans
    https://www.humanite.fr/politique/morts-au-travail/mort-au-travail-pourquoi-cette-hecatombe-chez-les-jeunes-de-moins-de-25-ans

    Plus de 100 000 #travailleurs de moins de 25 ans sont #accidentés tous les ans en #France et au moins 423 ont trouvé la #mort depuis 2020. À l’occasion de la Journée mondiale de la #santé et de la #sécurité au travail, ce 28 avril, retour sur les raisons d’une tragédie.

  • « J’ai constaté que les myrtilles de Tchernobyl étaient proches de mon petit-déjeuner »
    https://reporterre.net/J-ai-constate-que-les-myrtilles-de-Tchernobyl-etaient-proches-de-mon-pet

    La contamination nucléaire se joue de l’espace et du temps. Du moins, tels que nous les mesurons. C’est ce que développe l’historienne étasunienne Kate Brown, professeure d’histoire au MIT et autrice de Tchernobyl par la preuve — Vivre avec le désastre et après (2021, Actes Sud), interrogée à l’occasion du 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril 1986.
    En exploitant des archives régionales qui n’avaient jamais été dépouillées, l’historienne raconte ce qu’un accident nucléaire implique : une gestion à l’aveugle face à des processus chimico-physiques échappant aux collectes de données classiques, des mensonges visant à masquer à la fois ce qui est su et ce qui est ignoré, des pollutions qui résistent aux schémas rassurants de gestion de crise, des contaminations qui s’accumulent au cours du temps et circulent très loin, des corps exposés qui souffrent en silence, et enfin des citoyens-enquêteurs qui bâtissent des contre-savoirs essentiels pour mettre fin à ce silence.

    Une version longue de l’entretien avec Kate Brown nous est retransmise par @terrestres et c’est par ici :
    https://www.terrestres.org/2026/04/24/nous-travaillons-gratuitement-comme-liquidateurices-nucleaires

    Dans Tchernobyl par la preuve, on suit Kate Brown dans une enquête passionnante et parfois rocambolesque sur les traces de l’accident de Tchernobyl et de ses suites. En exploitant des archives régionales qui n’avaient jamais été dépouillées, l’historienne raconte ce qu’un accident nucléaire implique : une gestion à l’aveugle face à des processus chimico-physiques échappant aux collectes de données classiques, des mensonges visant à masquer à la fois ce qui est su et ce qui est ignoré, des pollutions hétérogènes qui résistent aux schémas rassurants de gestion de crise, des contaminations qui s’accumulent au cours du temps et circulent très loin, des corps exposés qui souffrent en silence, et enfin des citoyen·nes qui se font enquêteur·ices et qui bâtissent des contre-savoirs essentiels pour mettre fin à ce silence.

    #Tchernobyl #centrales_nucléaires #accidents_industriels #radio-activité #radio-éléments #contamination_radio-active

    • Quelques précisions d’ordre scientifique :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Becquerel

      Le becquerel (symbole : Bq) est l’unité dérivée du Système international d’unités (SI) pour l’activité d’une certaine quantité de matière radioactive, c’est-à-dire le nombre de désintégrations qui s’y produisent par seconde.

      https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/mesure-de-la-radioactivite-unites

      Pour mesurer la radioactivité et ses effets, trois unités sont utilisées pour évaluer trois types de grandeurs : la cadence des désintégrations, l’énergie radioactive absorbée et ses effets biologiques.

      Il existe différentes unités de mesure :

      Le Becquerel (Bq) est l’unité de mesure de la radioactivité d’un corps. Elle caractérise le nombre de désintégrations spontanées de noyaux d’atomes instables qui s’y produit par seconde. Dans le corps humain, la radioactivité est naturellement de 120 Bq/kg.
      Le Gray (Gy) est l’unité qui permet de mesurer la quantité de rayonnement absorbé par un corps exposé à de la radioactivité.
      Le Sievert (Sv) est utilisé pour exprimer les effets biologiques des rayonnements ionisants sur la matière vivante. La réglementation française fixe le seuil de dose efficace maximale admissible pour une personne à 1 mSv/an au-delà de la radioactivité naturelle (en moyenne 2,4 mSv/an) en excluant les doses reçues en médecine (en moyenne 1,3 mSv/an).

  • Dispensé·e·s d’être malades - Les travailleur·euse·s des toutes petites entreprises (coiffure, restauration, bâtiment), des salarié·e·s jamais malades ? | Fanny Darbus et Émilie Legrand dans Actes de la recherche en sciences sociales 2021/4
    https://shs.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2021-4-page-66

    Le paradoxe des TPE se présente dans le détail comme suit. Les enquêtes Sumer et Conditions de travail (DARES) indiquent que les salarié·e·s peu qualifié·e·s des TPE sont les plus exposé·e·s aux risques professionnels, notamment aux contraintes physiques (postures pénibles, vibrations, risques routiers) et aux cancérogènes. Si tous secteurs confondus, les salarié·e·s des TPE sont en revanche moins soumis à l’intensité du travail, aux risques organisationnels et psychosociaux, dans les trois secteurs enquêtés, les pénibilités sont omniprésentes. La nature des activités elles-mêmes et les caractéristiques de la main-d’œuvre salariée présente (ouvrier·ère·s et employé·e·s majoritairement), qui se situe en bas de la hiérarchie sociale, en fait un groupe particulièrement exposé aux risques et victime des inégalités sociales de santé.

    Ensuite, côté prévention « institutionnelle », la littérature montre le désintérêt des TPE pour les dispositifs les plus formels de prévention (depuis l’évaluation des risques jusqu’à la mise en place d’instances, de personnes ou d’équipements dédiés à la prévention), de formation et d’information sur la santé et la sécurité. [...]

    Enfin, nœud du paradoxe, les données recueillies grâce aux grandes enquêtes produites par la statistique publique indiquent que les travailleur·euse·s des TPE sont en meilleure santé que les autres : les AT/MP sont en effet moins fréquents, tout comme les arrêts de travail  ; les travailleur·euse·s de TPE se déclarent en outre en meilleure santé. L’exploitation secondaire des données tirées de l’enquête Sumer 2010 montre que plus la taille de l’établissement est réduite, plus la propension à établir un lien négatif entre le travail et la santé faiblit. Plus précisément, seuls 23 % des salarié·e·s employé·e·s dans des TPE indiquent que leur travail est plutôt mauvais pour leur santé, contre 30 % des salarié·e·s d’établissements de plus de 50 salarié·e·s. [...]

    L’enquête montre que deux logiques distinctes expliquent ce paradoxe. Minoritaire quant à la portée explicative, la première logique procède d’un effet travailleur sain [« un travailleur n’occupe un poste que si sa santé le lui permet »] présent dans les TPE. Parmi les salarié·e·s rencontré·e·s, un quart environ se déclarent en bonne santé (13 salarié·e·s sur 49), et n’ont fait mention d’aucun trouble de santé. Une seconde explication, de plus forte portée, est que la santé des salarié·e·s et dirigeant·e·s des TPE est plus dégradée que ce qu’indiquent les grandes enquêtes statistiques. Cette logique d’invisibilisation des troubles de santé vient en pratique renforcer et se cumuler à la première explication. En effet, quelle que soit la taille des entreprises, déclarer un arrêt maladie, et plus encore un AT/MP est le produit d’un processus qui transforme un trouble de santé en un objet médico-juridique. Pour que ces objets médico-juridiques se construisent, il faut que rien n’ait interrompu leur carrière, autrement dit, que toutes les étapes sociales, médicales et administratives (consulter, s’arrêter, demander une reconnaissance en maladie professionnelle, etc.) nécessaires à leur traduction aient été entreprises par le ou la travailleur·euse concerné·e et transformées favorablement (en arrêt de travail, en AT/MP) par les institutions concernées. Dans les TPE, la traduction de troubles de santé en objets médico-juridiques apparaît rare. Ces troubles de santé sont peu mentionnés, quelle que soit la gravité de ceux-ci, ou le mode de survenue – au cours ou en dehors du travail. Pourtant, à y regarder de près, ils sont omniprésents, mais comme relégués au second plan par des mécanismes plus ou moins intentionnels qui renvoient à la culture somatique modale des groupes sociaux considérés. C’est la forme de l’échange entre chercheur·e·s et enquêté·e·s qui permet la verbalisation de ces troubles de santé.

    [...]

    Certains choisissent de mentir au médecin du travail pour conserver leur employabilité, d’autant plus s’ils ou elles se déclarent habité·e·s par la « passion du métier » ou attaché·e·s à l’entreprise et à leurs collègues. Ainsi Maxime, maçon de 32 ans, souffre d’une hernie discale et a des douleurs dorsales permanentes. Il minimise ses douleurs tout au long de l’entretien, pourtant bien présentes et connues de ses collègues et de sa patronne qui s’inquiètent de son état de santé. Son activité professionnelle est contre-indiquée compte-tenu de son problème de santé et de ses douleurs. Plusieurs personnes de son entourage lui ont d’ailleurs conseillé de se réorienter, mais Maxime s’y refuse pour le moment car il ne « (se) voit pas faire autre chose, c’est un métier qui me passionne » et considère « être dans une bonne entreprise ». Pour pouvoir reprendre le travail (après un arrêt de trois mois consécutifs à son hernie discale), il expliquera avoir menti sur ses douleurs au médecin du travail : « Il me dit : “Bah comment ça va et tout ?”, bah il faut mentir un peu, parce qu’eux ils te mettraient vite fait inapte. Alors j’ai dit : “Bah ça va, j’ai plus mal”, alors que j’avais mal » (BEP maçonnerie, père menuisier, mère au foyer, salarié de l’entreprise Piveteau depuis 16 ans après y avoir été apprenti, sept salarié·e·s).

    L’évitement des diagnostics et jugements médicaux s’observe également pour les prescriptions médicamenteuses et les arrêts maladie émis par les médecins traitants.

    Au sein des TPE, les congés maladie officiels n’ont guère la cote tant côté employeur·e·s qu’employé·e·s. Les arrangements entre patron·ne·s et salarié·e·s autour de « l’encodage de l’arrêt de travail » y sont massivement privilégiés. La norme se présente ainsi : les patron·ne·s permettent à celui ou celle qui est malade/blessé·e de ne pas venir en positionnant l’absence sur un jour de congé, éventuellement échangé avec un·e collègue, arrangement auquel consentent volontiers les salarié·e·s dans la mesure où il leur évite une perte de salaire (que ce soit sur l’autel des jours de carence ou des congés sans solde). Certains anticipent la situation et vont même jusqu’à poser des jours de congés après une période de travail intense dont ils ou elles savent qu’elle va impacter leur santé.

    Ces pratiques de contournement des arrêts maladie sont rendues possibles par l’organisation du temps de travail, comme dans l’entreprise de bâtiment Piveteau, où un compte d’heures mis à jour chaque semaine permet aux salariés de demander à la patronne une demi-journée ou une journée de repos assez facilement, au nom de la récupération de ses heures. Ainsi, Romain (35 ans, maçon, BTS de paysagiste, CSP des parents inconnue, salarié de l’entreprise depuis deux ans, sept salarié·e·s) a pris une journée pour se rendre chez l’ophtalmologue après avoir reçu un éclat dans l’œil lors de travaux de démolition et s’est reposé chez lui ensuite, sans que ce ne soit comptabilisé comme un arrêt de travail (ni a fortiori comme un accident du travail). Il a simplement « pris sa journée ». De la même façon, Adrien (33 ans, BP de maçonnerie, père menuisier, mère employée, salarié de l’entreprise depuis 16 ans) a pris deux jours de repos quand il a eu la « crève » après avoir travaillé sous la pluie (il a bien été chez le médecin, a pris des médicaments mais n’a pas « fait marcher » son arrêt de travail pour éviter les trois jours de carence). Ces contournements semblent faire partie intégrante du fonctionnement de l’entreprise.

    De telles attitudes, qui reviennent à s’arrêter sans s’arrêter officiellement (et à perdre des jours de congés), contribuent à invisibiliser les problématiques de santé des salarié·e·s de TPE, qui ne sont pas comptabilisées comme telles. Cette logique ne se limite pas à l’évitement des arrêts de travail, mais se traduit de façon emblématique par le renoncement à la reconnaissance en AT (« accident du travail »)/MP (« maladie professionnelle »). Cette tendance peut être renforcée par certaines pratiques patronales qui instituent des primes pour les salarié·e·s en fonction de la fréquence des accidents constatés dans les équipes de travail, comme l’a montré Nicolas Jounin dans le cas du BTP. Il souligne qu’il est probable que de telles primes fassent baisser le nombre d’AT déclarés et de ce fait les coûts pour l’entreprise [61]. Cela conduit à une situation où les bénéficiaires théoriques du système de protection peuvent en venir à cacher les accidents dont ils ou elles sont victimes. Sans que sur notre terrain l’existence de telles primes n’aient été mentionnées, de nombreux accidents à caractère soudain ayant eu lieu à l’occasion du travail nous ont été confiés (dans la restauration glissades ou coupures impliquant suture, dans le bâtiment chute d’échelle entraînant entorse à la cheville ou côtes brisées, etc.), mais seule une minorité a fait l’objet d’une déclaration en bonne et due forme à l’administration du travail. L’évitement prévaut également en matière de demande de reconnaissance en MP. Une salariée de la coiffure rencontrée (Capucine) souffrant d’un rétrécissement du canal carpien a typiquement amorcé les démarches visant à faire reconnaître son problème comme MP avant de les abandonner en chemin après avoir pris l’avis de son employeuse.

    « Et vous allez monter un dossier de reconnaissance en maladie ?
    – Non, non. Déjà, c’est extrêmement compliqué et en plus c’est une petite entreprise et j’ai pas envie que ça retombe sur Émilie. […] Au départ je voulais faire ça parce que j’ai demandé à mon médecin. Je pensais que faire passer ça comme maladie professionnelle permettait de pas avoir à avancer les frais médicaux, que c’était pris en charge. Et je pensais pas qu’il y avait toute une partie beaucoup plus importante juridiquement, financièrement. Puis j’en ai discuté avec Émilie et avec une copine esthéticienne à qui c’est arrivé. Donc elle me dit : “Non, non, y a tout un dossier à monter avec la sécu, etc. Et puis faut pas se prendre la tête avec ça”. Ce serait un truc très grave effectivement, j’aurais eu un accident de travail je dis pas, mais là… […] Je serais dans une grande entreprise, j’aurais moins de scrupules, mais là, ça serait pas dans mon intérêt non plus de la mettre dans la merde financièrement. »

    Ces extraits mobilisent plusieurs arguments qui s’entrecroisent et justifient de ne pas engager une procédure de reconnaissance en maladie professionnelle : l’euphémisation du problème de santé, le souci de ne pas pénaliser l’entreprise et par là même son emploi, de ne pas responsabiliser et mettre en difficulté sa patronne – qu’elle dédouane au demeurant totalement de son mal, non induit, selon elle, par l’organisation du travail mais par l’activité elle-même et une fragilité individuelle (étayée par l’existence de plusieurs cas dans son environnement familial). La patronne interrogée à ce sujet renvoie, elle, cette démarche à une forme de déloyauté ou de manquement à la morale professionnelle :

    (D’un ton outré) : « Tu vois le cas-là de Capucine qui m’a demandé une reconnaissance en maladie professionnelle, moi si j’avais eu un problème de canal carpien, jamais je n’aurais demandé un papier pour que ça passe en maladie professionnelle ! ». (Émilie, 39 ans, chef d’entreprise, BP coiffure, père ouvrier, mère employée, salon d’Émilie, deux salariées)

    Ce cas limite est tout à fait emblématique de la force de ces logiques d’évitement qui, quand elles ne se nourrissent pas de formes de contournement incorporées (ce qui est rare), passent par des modes de découragement exogènes. Quels que soient les ressorts qui les sous-tendent, ces formes de contournement des arrêts et des déclarations AT/MP, ont la particularité de ne pouvoir être recensées par la statistique publique. En effet, telles que conçues par les appareils de collecte de l’enquête Emploi en continu par exemple, les causes des absences possibles sont des modalités exclusives dont l’usage sur le terrain révèlent des détournements insaisissables à la mesure.

    Placer la focale sur les TPE et en particulier celles de la restauration, de la coiffure et du bâtiment, où les pénibilités physiques se cumulent, permet de voir de façon assez nette les processus sociaux par lesquels des salarié·e·s en viennent à se soustraire aux institutions et instruments censés prendre en charge et enregistrer leurs troubles de santé. Cet article entend ainsi contribuer à contrecarrer les lectures réductionnistes qui pourraient être faites des enquêtes Sumer et Conditions de travail mais également à éclairer la manière dont les processus d’invisibilisation sont susceptibles de jouer dans d’autres groupes professionnels, travailleur·euse·s indépendant·e·s et intermittent·te·s notamment.

    En l’occurrence, c’est l’appartenance de classe et l’engagement bien particulier des membres des classes populaires dans ces petites structures de travail qui vient masquer les troubles de santé. Tout se passe comme si cumul des expositions et des atteintes à la santé allaient de pair, au sein des TPE, avec un cumul de contre-motifs de prise en charge des troubles de santé. Ainsi, l’enquête réalisée donne à voir comment l’effet de la taille de ces entreprises et de la nature des collectifs de travail renforce l’injonction à l’endurance déjà inscrite dans un ethos de la « dureté au mal » des classes populaires, associée à la nécessité d’être solidaire au sein de son groupe. Si la remise de son corps au service de l’entreprise tend à être dans les discours présentée comme un « choix » ou une « éthique » par certains, ce comportement n’est pas exempt de contraintes, ici intériorisées, ni de fatalisme. Ce rapport malheureux à sa condition, peu ou prou présent, traduit la position de domination que les salarié·e·s subissent. Si les salarié·e·s des TPE oublient leur corps au profit de l’entreprise et du patron ou de la patronne, on peut supposer que ces travailleur·euse·s cèdent aux incitations plus ou moins implicites de leur employeur·e·s plus qu’ils ou elles ne consentent. Dans un marché de l’emploi tendu où le rapport capital/travail est tout à fait défavorable aux salarié·e·s, ces dernier·ère·s se trouvent directement menacé·e·s de perdre leur capacité à négocier (des horaires, des jours de repos…) et d’être symboliquement mis en cause ou rabaissé·e·s en tant que « mauvais·e professionnel·le » (qui s’arrête, se plaint, s’écoute trop, etc.).

    Ces mécanismes s’observent ailleurs, notamment dans les grandes entreprises et plus haut dans la hiérarchie sociale. Les cadres, étudiés par exemple par Lucie Goussard ou Sébastien Stenger, valorisent des formes d’investissement intensifs au travail, endurent des rythmes et des contraintes psychosociales importantes. Les organisations valorisent les plus résistants d’entre eux. C’est la concurrence à l’intérieur des collectifs de travail plutôt que la solidarité observée dans les TPE des secteurs étudiés qui produit là de l’endurance au mal, en raison des systèmes d’évaluation et de promotion qui y prévalent. Force est tout de même de noter que ces cadres sont moins concerné·e·s par l’exposition aux douleurs et pénibilités physiques sur lesquelles porte cet article.

    Pour les salarié·e·s des TPE, accepter de tenir et venir au travail malgré ses troubles revient à participer à une économie générale de l’évitement des arrêts et plus largement de la prise en charge institutionnelle et médicale des problèmes. Tout se passe alors comme si l’endurance venait ici aussi se substituer à la bonne santé objective telle que recensée par les appareils de mesure [67]. Sur la scène du travail et à l’extérieur, les salarié·e·s des TPE sont pris dans une structure matérielle et symbolique des rapports sociaux qui les attachent à leur entreprise et à leurs membres dans la mesure où leur dépendance est tout aussi forte que leur contribution est reconnue comme indispensable, faisant de l’idée de s’arrêter pour se soigner une hantise. Ces attitudes témoignent – dans une sorte de « noblesse oblige » – d’une forme de soumission à l’ordre professionnel propre aux TPE. Mais ce mode de fonctionnement se retrouve vraisemblablement à l’échelle de tous les collectifs de travail de taille réduite « soudés » par le temps et dominés par un ethos professionnel de l’endurance, observable à l’échelle d’un atelier ou d’un service, indépendamment de la forme juridique et des effectifs globaux de l’entreprise. Dans le cas des TPE et dans les configurations qui s’en rapprochent, cette soumission fonctionne sur un mode où circule un double mensonge : tout se passe comme si les salarié·e·s « surjouaient » l’absence de troubles voire la bonne santé, les employeur·e·s « surjouant » eux la fragilité économique de leurs entreprises, afin de construire ensemble la relative bonne santé économique et relationnelle de leurs organisations.

    #travail #santé #arrêt_de_travail #accident_du_travail #maladie_professionnelle #tpe

    • Transactions opaques, pyramide de Ponzi et possible lien avec le banditisme corse : les finances du couple Moretti révélées par les autorités antiblanchiment suisses
      https://www.liberation.fr/societe/police-justice/transactions-opaques-pyramide-de-ponzi-et-possible-lien-avec-le-banditism

      Un rapport confidentiel du bureau suisse de lutte antiblanchiment, daté du 23 février dernier et consulté par « Libération », met au jour des irrégularités concernant le couple propriétaire du bar Le Constellation, à Crans-Montana, dont l’incendie a fait 41 morts.

      Depuis la nuit de la Saint-Sylvestre et l’incendie du bar Le Constellation – qui a coûté la vie à 41 personnes, en majorité des mineurs, et brûlé à vif 115 autres – les rumeurs courent sur le couple Moretti, propriétaires de l’établissement. Soupçons de liens avec le crime organisé corse, employés surmenés, caution payée par un mystérieux homme d’affaires : le passé opaque du couple ne cesse d’interroger les enquêteurs. Au point que, comme le révèle le Parisien, le bureau suisse de lutte antiblanchiment (MROS) a passé au crible plusieurs soupçons d’irrégularités de la part des deux propriétaires, notamment mis en examen pour « homicide par négligence ». Le tout a été réuni dans un rapport remis fin février au ministère public valaisan, que Libération a pu consulter.

      Mouvements suspects sur des comptes
      Dans un premier temps, la police fédérale suisse, qui supervise le bureau antiblanchiment, s’est intéressée aux transactions bancaires des entreprises de Jacques et Jessica Moretti. Les enquêteurs ont noté de nombreux allers-retours entre leurs différentes sociétés : des « comptes de passage », que le couple est soupçonné d’avoir utilisés pour compliquer le suivi de leurs flux financiers. Les sommes en question atteignent des centaines de milliers de francs suisses.

      « Cette façon d’opérer, en transférant des fonds entre les différentes entités commerciales détenues par le couple Moretti, semble être un modus operandi faisant penser à des comptes de passage », écrit l’autorité. Ces « comptes de passage » rendent alors difficile le suivi des flux financiers et la traçabilité des fonds.

      « Nous ne pouvons pas exclure, vu l’opacité du business, la possibilité de l’entrée d’une partie de fonds dopés dans le circuit financier des établissements publics, voire un blanchiment d’argent de fonds ayant une origine criminelle », résume le rapport.

      Une « pyramide de Ponzi »
      Autre révélation : selon les enquêteurs helvètes, « l’empire du couple Moretti en Suisse repose uniquement sur l’octroi de prêts obtenus de manière vraisemblablement indue ». Ils vont même plus loin, et pointent « l’existence d’un montage financier criminel présumé », pouvant être assimilé à un « schéma de Ponzi ». Ce type d’escroquerie financière est basé sur le principe selon lequel l’argent des nouveaux investisseurs va être utilisé pour rembourser les anciens, créant l’illusion d’une entreprise prospère.

      « L’empire » des Moretti a ainsi « continuellement évolué en prêtant une structure vide, remplie d’hypothèques, comme c’est le cas de l’établissement public Le Constellation, qui, au fil des ans, a acquis d’autres bars et restaurants dans les arrondissements de Crans-Montana et de Lens ». Des nouvelles acquisitions que le couple réalisait en augmentant en parallèle « ses dettes hypothécaires octroyées par les institutions financières, tout en affichant vers l’extérieur un succès commercial fictif, avec notamment l’exposition de voitures de luxe en leasing au nom de la société », notent les enquêteurs. Au total, entre 2015 et 2025, le MROS relève que le couple, à travers ses trois établissements, a cumulé les crédits bancaires, pour plusieurs millions de francs suisses.

      Escroqueries aux assurances et « faux dans les titres »
      La suite du rapport est à l’avenant : on y trouve de « probables escroqueries aux assurances » après des déclarations d’incendie sur leurs établissements, l’un au Vieux Chalet en 2023, le second au Constellation en février 2024. Pour ces deux sinistres, le couple a touché près de 248 000 francs suisses (274 000 euros). Or, selon le quotidien suisse Blick, l’analyse des comptes du foyer Moretti montre que ces indemnisations n’ont pas, en priorité, servi à la reconstruction des établissements. Premiers postes de dépense : le paiement d’impôts, les primes d’assurance maladie ou encore la contraction d’un leasing pour des voitures de luxe.

      Le MROS soupçonne également le couple Moretti de « délits d’obtention illicite de prestations d’une assurance sociale ou de l’aide sociale ». En d’autres termes, d’avoir perçu de la part des assurances chômage et autres organismes de prestations sociales, plus d’ 1,6 million d’euros d’aide aux entreprises . Mais de s’en être servi pour payer « des charges difficilement justifiables d’un point de vue commercial ».

      Un lien avec le banditisme corse qui n’est pas exclu
      Aussi, tout en pointant du doigt « l’utilisation présumée de faux documents comme garanties bancaires », le MROS dessine le profil d’un homme aux fréquentations « problématiques ». Il s’attarde sur les liens entre Jacques Moretti, condamné en 2008 à douze mois de prison dans une affaire de proxénétisme, et Gilles Celotti, « une figure du milieu de la prostitution en Suisse romande qui avait créé le premier web romand du sexe tarifé ».

      En conclusion, les enquêteurs de ce pôle antiblanchiment déclarent que bien que les divers « versements en espèces » sur les comptes de Moretti ne soient pas « inhabituels », ils ne sont pas « totalement exempts [d’]une origine criminelle présumée ». Existe-t-il des liens entre Jacques Moretti et le banditisme corse ? Le rapport pose lourdement la question : « Si l’on voulait établir un lien avec le banditisme corse, on pourrait mentionner qu’en général, les organisations criminelles corses ont investi surtout dans le secteur du divertissement (bars, restaurants, casinos), un secteur dans lequel Jacques Moretti est actif depuis des années ». Tant en France qu’en Suisse.

      Depuis la transmission du rapport au ministère public valaisan, les autorités locales ont gelé six comptes bancaires des Moretti, pour cinq jours. Pour Me Jean-Claude Guidicelli, avocat de deux employés du Constellation contacté par Libé, ce rapport n’est « qu’une confirmation de l’origine illicite de la fortune de Jacques Moretti, […] qui a débarqué du jour au lendemain dans une station de ski huppé et a ouvert trois établissements sans aucune ressource ».

      Du côté de la défense de Moretti, on relativise le rapport, « une réaction préventive » face aux révélations de la presse, et on se rassure. Auprès de Libé, Me Patrick Michod souligne que le MROS n’est pas « une autorité de poursuite pénale » et que « les condamnations qui aboutissent à la suite d’une dénonciation du MROS sont très faibles ». Quant aux conclusions, le conseil estime qu’elles sont « de l’ordre d’une totale hypothèse ».

  • Alcool : un coût massif pour la société et un carburant des violences faites aux femmes

    https://www.sciencesetavenir.fr/nutrition/alcool-un-cout-massif-pour-la-societe-et-un-carburant-des-violences
    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2026/01/09/cover-r4x3w1200-696128d26ea85-alcool.jpg

    « L’alcool coûte beaucoup plus en termes de santé qu’il ne rapporte en revenus », déclare à l’AFP le Dr Emmanuel Ricard, directeur du service prévention de la Ligue contre le cancer. « Première cause de consultation aux urgences avec 246.000 hospitalisations par an, première cause de violences, d’altercations, de bagarres, de violences conjugales et sexuelles, d’accidents de la route », énumère ce médecin de santé publique.

    L’#alcool est la première cause de consultation aux urgences avec 246.000 hospitalisations par an, première cause de #violences, d’altercations, de bagarres, de violences #conjugales et sexuelles, d’#accidents de la route

    « L’alcool coûte extrêmement cher à la société, il faut en avoir conscience »

    « facteur de risque majeur » de violences intra-familiales que subissent femmes et enfants

    https://www.sciencesetavenir.fr/nutrition/alcool-un-cout-massif-pour-la-societe-et-un-carburant-des-violences

  • #Mort_au_travail #Le_travail_tue

    Explosion dans une usine près de Lyon : l’un des quatre blessés est mort
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/23/explosion-dans-une-usine-pres-de-lyon-le-pronostic-vital-de-l-un-des-quatre-

    Une des quatre personnes blessées lundi dans l’explosion dans l’usine chimique Elkem Silicones à Saint-Fons, près de Lyon, est morte, mardi 23 décembre. La victime, un homme âge de 47 ans dont le pronostic vital était engagé, « est décédée des suites de ses brûlures », a rapporté la préfecture à l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information de RTL.

    Les blessés et la personne qui est morte travaillaient dans l’atelier pilote du site, classé Seveso seuil haut, au moment de l’explosion, avait précisé à l’AFP, plus tôt dans la journée, Guillaume Artois, chargé de la communication. « Le pronostic vital est engagé pour une personne », avait-il également affirmé, sans plus de précisions.

    Le parquet de Lyon a rapporté avoir ouvert une enquête pour « blessures involontaires par personne morale suivies d’incapacité supérieure à trois mois ». La division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS, ex-PJ), et la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ont été saisies pour déterminer les causes et circonstances de l’explosion, selon le parquet. La déflagration a pu être causée par l’émanation d’hydrogène « dans un atelier expérimental », avait déclaré, lundi, Jean-Pierre Lerat, le directeur du l’usine.

  • La colère noire des salariés en grève d’Amazon Brétigny pour le Black Friday
    https://www.streetpress.com/sujet/1764351422-colere-noire-salaries-greve-amazon-bretigny-black-friday-cad

    En ce jour dédié à la consommation et alors qu’#Amazon France a généré 1,34 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2024, les grévistes souhaitent mettre la lumière sur leurs #conditions_de_travail éreintantes, leur cadence effrénée, la #surveillance accrue et le climat de peur qui règne au sein de leur usine. Ils dénoncent aussi une véritable « répression syndicale ».

    Pour l’entreprise, il serait hors de question de perdre une miette sur le planning. Au point d’imposer des #cadences intenables à ces salariés, dénoncent les grévistes. « Chaque jour, on a un quota à atteindre, on doit déballer et trier 52 cartons par heure. Et ce pendant huit heures de travail », explique Rita Taha, salariée chargée de la réception des marchandises livrées par camion et représentante SUD.

    À ses côtés, ses collègues énumèrent : « En stockage, c’est jusqu’à 320 colis par heure qu’il faut ranger sur les étagères, tantôt en haut, tantôt en bas, selon les ordres de l’ordinateur, soit une marchandise à ranger toutes les trois secondes », renchérit Bruce, salarié de l’entreprise depuis quatre ans. Des gestes physiques et répétitifs, qui lui provoqueraient des douleurs « aux poignets, aux épaules et aux genoux ». « Et au dos », soupire Lisa dans son cas. « Depuis que je travaille ici, j’ai une reconnaissance de ma qualité de travailleur handicapé », précise-t-elle.

    Les employés racontent également subir une pression des managers pour respecter le rythme. « On n’a que 30 minutes de pause. Mais regardez comment l’entrepôt est immense ! », lance Clément, un salarié gréviste, en montrant le bâtiment gris où les rangs des camions s’alignent. Avec ses 142.000 m2 de superficie, l’entrepôt de Brétigny-sur-Orge est le plus grand que possède Amazon en France. Il dénonce : « Il faut parfois compter jusqu’à dix minutes de trajet pour faire l’aller-retour jusqu’au réfectoire. Ajoutez l’attente et il ne reste à peine dix minutes pour manger. » Idem pour aller aux toilettes, selon Enzo : « Lorsque l’on revient, il faut doubler la cadence pour rattraper le retard. »

    Dans ce contexte, les #accidents_du_travail seraient récurrents. Sur son téléphone, Rita Taha montre une vidéo d’un salarié secouru par les pompiers après avoir eu un malaise à la sortie de l’entrepôt le 17 novembre. « C’est devenu habituel : les secours connaissent le chemin pour venir », dit-elle, inquiète. Clément et Enzo évoquent le cas d’un de leurs collègues en arrêt depuis plus d’un an : « Son tendon du bras s’est cassé en actionnant la manette qui immobilise les camions. A priori, il ne retrouvera plus jamais sa mobilité du bras. Et le pire, c’est qu’un accident similaire s’est déjà produit le mois d’avant ! », disent-ils. Malgré les alertes concernant ces accidents, ils assurent : rien ne change.

    La dizaine de salariés présents sous le barnum assurent qu’ils étaient bien plus nombreux le 10 septembre, lors du mouvement Bloquons Tout. Si certains manquent à l’appel ce 28 novembre, c’est par peur, assurent-ils. « On assiste à une véritable répression syndicale », s’indigne Joseph Mukoko en prenant le micro. Il y a dix jours, Mediapart révélait le cas de deux salariées bannies du site pour s’être liées d’amitié avec une déléguée syndicale CGT, relation étroitement surveillée par l’entreprise. Une plainte a été déposée.

    Une dizaine de camions de CRS encerclent désormais le groupe de 30 manifestants. Même un #drone les survole.

    #grève #logistique #travail #commerce #répression_anti-syndicale

  • L’Atlante italiano dei morti e feriti gravi in bicicletta. Perché gli “scontri” non sono numeri

    Nell’incidente stradale si conosce quando la macchina è stata immatricolata, la cilindrata, chi guidava e dove. Delle collisioni in bicicletta, invece, non si sa praticamente nulla. Il progetto di ricerca curato dal Politecnico di Milano colma per la prima volta questo vuoto, mappando la diffusione e la gravità degli incidenti in bici in Regioni, Province e città. Ne abbiamo parlato con gli autori.

    Dal 2014 al 2023 in Italia ci sono stati un milione e mezzo di incidenti stradali totali, di cui più di 160.000 hanno coinvolto persone in bicicletta. Ma tutto questo non può rimanere “solo” una fredda statistica. Ecco perché il Centro di competenze territori antifragili (Craft) del Dipartimento DAStU del Politecnico di Milano, ha deciso di analizzare e indagare in modo specifico e approfondito gli eventi, a partire dalla totalità dei dati sugli incidenti stradali pubblicati ogni anno dall’Istituto nazionale di statistica (Istat). Dando così corpo all’Atlante italiano dei morti e feriti gravi in bicicletta.

    Il gruppo di ricerca coordinato dal professor Paolo Bozzuto, e formato da Emilio Guastamacchia, Fabio Manfredini e Shidsa Zarei, ha pubblicato infatti a ottobre 2025 la più dettagliata mappatura dell’incidentalità ciclistica mai realizzata in Italia, sintetizzata in cinque dashboard consultabili gratuitamente sul sito del Politecnico, per osservare la consistenza e la distribuzione geografica degli incidenti e dei loro livelli di gravità e mortalità nelle città, Province e Regioni italiane.

    L’idea è nata alla fine del 2022 dopo la morte di Davide Rebellin, ciclista professionista travolto da un camion in provincia di Vicenza. Nello stesso anno gli incidenti in bici sono stati 17.065 e le manifestazioni per ricordare le vittime sono aumentate.

    Dalle mappe interattive emerge che, a livello regionale, tra il 2014 e il 2023 il numero più elevato di incidenti in bici si è registrato in Lombardia (41.502), Emilia-Romagna (30.447), Veneto (23.139) e Toscana (16.472). Nelle città il podio è detenuto da Milano (10.372), Roma (3.457) e Padova (3.132). Tuttavia, come ricorda ad Altreconomia Emilio Guastamacchia, co-autore della ricerca, “che ci siano tanti incidenti in valore assoluto, come in questo caso, non vuol dire che la Regione è la peggiore, perché probabilmente è anche il territorio in cui c’è più popolazione che si muove in bicicletta”.

    Osservando quindi l’incidentalità ciclistica e la quota modale, cioè la percentuale di viaggi effettuati con un certo mezzo di trasporto sul totale dei viaggi, emerge che nel 2022 le Regioni dove si utilizza maggiormente la bici sono Trentino-Alto Adige (7,25%), Veneto (6,63%) ed Emilia-Romagna (6,25%). A specchio, l’incidentalità ciclistica (percentuale di scontri che coinvolgono biciclette sul totale degli incidenti stradali) è più alta in Trentino (18,81%), Emilia-Romagna (18,56%) e Veneto (18,15%). Con questi dati la Lombardia è quarta, con una quota modale di spostamenti in bici pari al 4,32% e un’incidentalità ciclistica del 14,44%.

    Anche il numero dei morti è più alto nel Nord Italia, dove la bicicletta si utilizza di più. Tuttavia il tasso di mortalità, ovvero il rapporto tra il numero di ciclisti morti e il numero di incidenti ciclistici, si concentra nelle Regioni del Sud e nello specifico in Calabria, Molise, Campania e Basilicata. “Significa che ci sono più incidenti al Nord ma il livello di pericolosità è più concentrato al Sud. Questo -spiega Guastamacchia- può essere probabilmente dovuto all’assenza di infrastrutture ciclabili. Al Nord, tutto sommato, la presenza di piste ciclabili, anche se progettate male o non a rete, mette più in sicurezza il ciclista”.

    Oltre ai filtri geografici, le mappe dell’Atlante permettono di selezionare il genere delle persone coinvolte negli incidenti e, in alcuni casi, anche la loro età e l’orario in cui sono avvenuti gli scontri.

    Nell’incidente stradale si conosce quando la macchina è stata immatricolata, quale cilindrata possiede, chi guidava e dove si trovava. Delle collisioni in bicicletta, invece, non si sa praticamente nulla. Gli unici dati che Istat fornisce sono l’orario dell’impatto e se si tratta di una bicicletta normale o a pedalata assistita. “Mancano però informazioni più puntuali -fa notare il ricercatore-, in che condizioni di manutenzione si trovava il mezzo, un conto è guidare una bicicletta con un impianto frenante e un conto è andare con una che non ha i freni; qual era il motivo dello spostamento, professionale, turistico o per uso quotidiano. Questi dati, che ad oggi Istat non fornisce, permetterebbero una lettura più fine del fenomeno, che potrebbe aiutare anche a pianificare interventi infrastrutturali per rendere la viabilità più sicura”.

    Conoscere gli orari in cui avviene la maggior parte degli incidenti, sulla base territoriale, permette comunque di iniziare un lavoro di “radiografia” del ciclista perché dà delle informazioni su quando viene utilizzata la bici. Nel caso della provincia di Cremona, per esempio, il livello degli incidenti è molto diffuso in settimana e nel corso dell’intera giornata; quindi, è ipotizzabile che si tratti di lavoratori e city user. A Milano è particolarmente elevato negli orari di punta, al mattino e alla sera. Nel caso della provincia di Lecco, al contrario, si rileva una connotazione più turistica, con incidenti meno distribuiti durante la settimana e più concentrati il sabato mattina.

    “Oggi quello che possiamo dire è che la maggior parte degli incidenti avviene in ambito urbano piuttosto che extraurbano. Sicuramente questo è perché in città ci si muove di più. Tuttavia, l’incidente in bici che avviene fuori dalle città è più pericoloso, nel senso che ha degli esiti più gravi. Questo ci suggerisce che, essendo la velocità media nelle zone extraurbane maggiore di quella urbana, una delle questioni su cui lavorare è sicuramente quella della velocità di percorrenza delle strade. Più si riduce la velocità, più ci sono possibilità di abbassare il tasso di incidentalità ciclistica e pedonale -aggiunge il ricercatore-. Il caso del Comune di Bologna, che un anno fa ha imposto in ambito urbano la velocità massima di 30 chilometri all’ora, ha ridotto in modo significativo il numero di incidenti complessivo. Questo è un tema da cui partire”.

    Come conferma Guastamacchia, questi primi dati della ricerca sono l’inizio di un lavoro più ampio che i ricercatori del Craft continueranno a portare avanti con nuovi indicatori per avere più informazioni da mettere a disposizione dei cittadini e per la pianificazione di possibili soluzioni urbane. Un cambiamento necessario però deve avvenire anche a livello culturale. Alla pubblicazione delle cinque dashboard dell’Atlante, sulle pagine social del Politecnico sono apparsi commenti violenti come: “La prossima volta che vedo un ciclista lo metto sotto”.

    In città come Milano l’automobile privata è ancora tra le modalità privilegiate di trasporto: il 30% degli spostamenti interni alla città avviene in macchina, mentre solo il 6% in bicicletta.

    Per il momento -commenta Guastamacchia- la reazione che la ricerca sta ricevendo proviene principalmente dal basso, da associazioni o singoli utenti interessati a capire il fenomeno. “Dalle istituzioni c’è stato qualche primo contatto ma non in modo strutturato”.

    Intanto la mobilitazione di associazioni e cittadini che hanno aderito alla campagna di Città delle persone continua. Con la loro lettera aperta hanno chiesto al sindaco di Milano una rete di infrastrutture ciclabili continue e sicure, denunciando che ad oggi il 22% di quelle dichiarate sono controviali promiscui dove non è stato fatto alcun intervento strutturale; un aumento quantitativo e qualitativo del trasporto pubblico e una maggiore intolleranza nei confronti della sosta irregolare.

    “Il lavoro del Politecnico di Milano va nella direzione della messa a disposizione di maggiori dati e informazioni su questo fenomeno, ma le domande aperte rimangono tante e il percorso, purtroppo, è ancora lungo -commenta Giovanni Mandelli, portavoce di Città delle persone-. Noi lavoriamo principalmente a Milano dove ci sono ancora troppe automobili e velocità elevate, se compariamo il tasso di motorizzazione e il limite di velocità di altre grandi città europee. La domanda da porsi allora è: vogliamo vivere in una città dove lo spazio pubblico è progettato per le persone o per le automobili? E nel caso delle bici penso che sia fuorviante utilizzare la parola ‘incidente’ perché questa allude a circostanze incontrollabili. Invece, sappiamo tutti che stiamo parlando di eventi che avvengono regolarmente e che sono imputabili a precisi comportamenti scorretti e pericolosi: distrazione, eccesso di velocità, guida in stato alterato. Non incidenti ma ‘scontri stradali’”.

    https://altreconomia.it/latlante-italiano-dei-morti-e-feriti-gravi-in-bicicletta-perche-gli-sco
    #cartographie #visualisation #vélo #accidents #Italie #décès #statistiques #chiffres

  • Morts au travail : un niveau jamais atteint en 2024
    https://www.lemonde.fr/emploi/article/2025/11/21/morts-au-travail-un-nouveau-record-en-2024_6654366_1698637.html

    Sept cent soixante-quatre : c’est le nombre d’accidents du travail mortels en 2024, selon le « Rapport annuel de l’Assurance-maladie - Risques professionnels », publié mardi 18 novembre. C’est cinq de plus qu’en 2023, qui était déjà une année record. S’y ajoutent 318 victimes d’accidents de trajet (entre domicile et travail notamment) et 215 des suites d’une maladie professionnelle, soit un total de 1 297 personnes.
    Des chiffres lourds mais comme chaque année incomplets, puisqu’ils concernent seulement les salariés du privé affiliés au régime général, excluant ainsi la fonction publique, les agriculteurs, les chefs d’entreprise et les microentrepreneurs.

    #Morts_au_travail #Travail

    • Les deux catégories les plus touchées, au sens de la Caisse nationale d’Assurance-maladie, sont celles regroupant les métiers des transports, de l’eau, du gaz, de l’électricité, du livre et de la communication (178 morts, en hausse de 13 % par rapport à 2023), et le BTP (146 morts, – 2 %). Le secteur de l’alimentation voit son nombre d’accidents mortels s’accroître de 20 % en un an.

      Si plus de la moitié des décès sont la conséquence de malaises sur le lieu de travail, un quart des accidents mortels ont une origine professionnelle identifiée (chutes de hauteur, manutention manuelle…). « Plus de 20 % des décès sont survenus dans l’année qui suit la prise de poste », ajoute le rapport. Vingt-deux décès concernent des salariés de moins de 25 ans, contre 33 en 2023.

      « Phénomène de société »

      Le nombre global d’#accidents_du_travail, quelle que soit leur gravité, continue, lui, de reculer : on compte 26,4 accidents du travail pour 1 000 salariés en 2024, contre près de 45 en 1998. Le rapport de l’Assurance-maladie rappelle néanmoins que si le nombre d’accidents a chuté depuis 2000, il a augmenté de 26 % chez les femmes, une hausse particulièrement concentrée sur les dernières années.

      Le nombre d’accidents mortels se maintient donc toujours à un niveau élevé, malgré plusieurs campagnes du gouvernement, notamment axées sur la prévention dans les entreprises. Au début de l’été, une circulaire des ministères du travail et de la justice avait amorcé un renforcement de la politique pénale en matière d’accidents graves et mortels du travail. L’ex-ministre du travail Astrid Panosyan-Bouvet (décembre 2024-octobre 2025) avait aussi annoncé un plan de lutte plus large contre « ce phénomène de société » , à mettre en œuvre dès 2026, prévoyant de responsabiliser davantage les #entreprises.

      « Le ministre Jean-Pierre Farandou a clairement exprimé sa volonté de renforcer la lutte contre les accidents du travail du travail graves et mortels », répond-on au ministère du travail, notamment par le nouveau « plan santé au travail » pluriannuel, le cinquième du genre, qui devra être publié au 1er semestre 2026 après concertation avec les partenaires sociaux. Une nouvelle campagne de sensibilisation devrait aussi arriver, mais pas de nouvelles du grand plan de l’ancienne ministre.

      À propos des ruptures conventionnelles, une excellente politique de prévention des accidents du travail, Farandou fustige ces « gens qui profitent d’être au chômage pour passer un an tranquille, presque. Ce n’est pas normal. Ils coûtent de l’argent », insiste l’ancien dirigeant de la SNCF.
      https://www.20minutes.fr/politique/4186595-20251119-ruptures-conventionnelles-gens-profitent-chomage-passer-a

  • Fukushima Daiichi : dissémination de la terre radioactive à Tokyo !
    https://www.fukushima-blog.com/2025/09/fukushima-daiichi-dissemination-de-la-terre-radioactive-a-tokyo.html

    La doctrine du lobby nucléaire est de tout minimiser et d’effacer les traces du crime. Après avoir décidé de disséminer la radioactivité des eaux contaminées de Fukushima Daiichi en la déversant diluée dans le Pacifique, le gouvernement japonais vient de décider de disséminer les sols radioactifs récupérés après l’accident atomique à travers le pays, en commençant par Tokyo.

    [...]

    Dans le bâtiment abritant le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, des travaux ont été effectués le 14 pour recouvrir d’une couche de 55 cm de terre provenant de Fukushima le parterre de fleurs situé devant le parking.

    Une couche de 20 cm de terre normale sera ensuite ajoutée par-dessus afin d’empêcher la dispersion.

    Le ministère de l’Environnement a fixé une norme selon laquelle la terre utilisée pour le recyclage doit avoir une concentration en césium radioactif inférieure à 8 000 becquerels par kilo. La terre utilisée cette fois-ci contient environ 4 000 becquerels par kilo.

    [source : NHK, groupe audiovisuel public japonais]

  • Freinages fantômes : « Je suis passée de 130 km/h à l’arrêt en quelques secondes, sans avoir freiné » | France Inter
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-info-de-france-inter-5400052

    Joanna crée une adresse mail. En un mois, elle reçoit plus de 250 témoignages. Des « freinages fantômes » qui concernent des voitures de toutes les marques. Et des expériences qui s’étalent sur les quatre dernières années. Tous n’ont pas eu d’accident, mais ont désormais très peur d’utiliser leur voiture. « Ça va du petit incident - le véhicule freine parce qu’il interprète une ombre ou un virage - sans conséquence, jusqu’à l’accident comme pour moi, voire, pour certains, un accident mortel », explique-t-elle.
    (…)
    Il n’y a pour l’instant aucune preuve d’un défaut du constructeur (plusieurs marques sont concernées) ou d’un sous-traitant, ni même d’un dysfonctionnement des véhicules. Avec son appel à témoins, la jeune femme a pour objectif de pouvoir faire pression pour obtenir de premières réponses, voire identifier une ou des causes potentielles, avant, peut-être, d’entamer des démarches en justice.

    Si vous souhaitez témoigner d’un incident similaire, vous pouvez contacter cette adresse mail : incident.freinage@gmail.com

    #informatique_routière #industrie_automobile #accidents_de_la_route #capitalisme
    #voitures_informatisées #IA_automobile #AI_automobile

    Voir aussi https://seenthis.net/messages/1128850

  • Les vélos blancs dans la région grenobloise

    Les vélos blancs : objets de #mémoire et de #sensibilisation

    Un vélo blanc est un type de #mémorial de bord de route matérialisé par une bicyclette peinte en blanc, déposé à l’endroit de l’#accident qui a occasionné des blessures, ou qui a coûté la vie à un ou une #cycliste. Initié en 2003 aux États-Unis, ce mouvement s’est répandu dans plusieurs pays dont la France.
    Un vélo blanc est généralement installé dans le cadre d’une cérémonie publique en quatre temps, organisée en accord et en concertation avec les proches de la victime : cortège, prises de paroles, moment de recueillement, et dépose du vélo.
    Les prises de parole sont l’occasion de rendre #hommage à la victime, d’exprimer de la #solidarité envers ses proches, mais aussi de susciter une réflexion sur la #sécurité de tous les usagers de la route et en particulier des plus vulnérables (piétons et cyclistes).

    Dans la région grenobloise
    L’émotion légitime suscitée par un accident qui coûte la vie à un ou une cycliste, l’incompréhension voire une forme d’indignation, ont conduit certains collectifs et associations (dont l’ADTC-Se déplacer autrement) de la région grenobloise à se mobiliser pour éviter que cet évènement tragique ne soit banalisé. Depuis 2022, trois vélos blancs ont ainsi été déposés, lors de cérémonies émouvantes et dignes, en présence des proches de la victime, avec pour objectif principal de ne pas oublier les circonstances du décès d’un ou d’une cycliste à cet endroit-là, ce jour-là.

    Les trois vélos blancs qui ont dû malheureusement être déposés depuis 2022 :
    - Florence, 38 ans, décédée le 25 mars 2021, vélo blanc déposé le 26 mars 2022 au carrefour entre les boulevards Vallier/Foch et Libération à Grenoble

    - Alek, 14 ans, décédé le 13 juin 2022, vélo blanc déposé le 24 juin 2023, rue du Général Mangin, à la hauteur de l’entrée du parc Georges Pompidou à Grenoble

    - Valéria, 15 ans, décédée le 19 février 2023, vélo blanc déposé le 21 juin 2025 au carrefour de l’avenue du Maquis de l’Oisans et de la rue de la Houille Blanche à Pont-de-Claix

    Carte interactive donnant la localisation exacte des vélos blancs :
    https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/velos-blancs-en-france_1268727#6/43.013/2.637


    https://www.adtc-grenoble.org/velos-blancs-dans-la-region-grenobloise

    #vélos_blancs #cartographie #carte_interactive #vélo #victimes #vélo_blanc #Grenoble

  • HAUNTED WATERS. THE CHEMICAL COCKTAIL BAR

    A growing collection of contaminated waters from around the world, submitted by activists, scientists, swimmers, citizens, and friends. Each water is haunted by a multitude of ‘spirits’ telling stories that speak of the past, of decisions made by those in power, of struggles, accidents, wars, greed, and action.

    Pollution, contamination, forever chemicals… What have we done?! OMG! I need a glass...

    Welcome to the Haunted Waters Bar—a growing collection of contaminated waters. Here, you’ll find a menu featuring a variety of water samples from around the world, submitted by activists, scientists, swimmers, citizens, and friends. Some samples come from lakes, rivers, and the sea, while others are filled from the tap. While they may all look similar, each water is haunted by a multitude of ‘spirits’ telling different stories—stories that speak of the past, of decisions made by those in power, of struggles, accidents, wars, greed, and action.

    Chemicals in water are not unlike ghosts – they haunt and alter beings and places, are often invisible to the naked eye, relate to historic injustice, and are trapped in places they were not meant to be. The complexity of chemical cocktails hinders research on their negative impact on health and environment. The destruction of ecosystems and disruption of communities conjures these eerie beings into existence; the spirits have awakened!

    Scientists at the JRC Water Quality Lab are on a mission to analyse the “haunted” waters through mass spectrometry & chromatography and identify specific substances and their concentrations. While the Lab focuses on analysis, the Bar offers a space for symbolism, synthesis and stories. Here, many different spirits are brought together to echo hydro-social relations taking place over space and time. Relations that are symptomatic of the post-natural era we live in. Like any bar, it’s also a space for sharing stories, socialising, and, of course, drinking. Some waters (think: spirits & chemical cocktails) are safe to consume, with concentrations of chemical substances within governmental safety limits. However, others are so contaminated that they pose serious health hazards and are forbidden to order. These waters remain trapped on the shelf for years to come.

    The contaminating substances in themselves are neither only good nor only bad. Pharmaceuticals can be life-saving, PFAS might offer unique technical possibilities and pesticides allow us to sustain our (industrialised) agricultural practices. These chemicals were never intended to end up in our water, yet a lot of them do and will continue doing that. The moment they enter the aquatic environment is when they turn into ‘contaminants’ and ‘spirits’.

    They haunt our planetary waters - seas, lakes, rivers, groundwater, and even our own bodies, as evidenced by the presence of PFAS in top EU officials’ blood (European Environmental Bureau, 2024).[i] The pollutants defy borders, hitchhiking the hydrological cycle that connects all living beings.

    These spirits have diverse origins: agriculture, industrial production, pharmaceutical industry, consumer products, mining, oil spills, and war. Their pervasive presence is a major global environmental problem because it can lead to the degradation of aquatic ecosystems, posing serious health risks to both humans and nonhumans and increasing the likelihood of diseases, including cancer, infertility and neurological impacts (Bondy & Campbell, 2018, p. 4). They are chemicals and poisons; the product of neglect, of industrialised capitalism, but they are also messengers and a feral force.

    Literary theorist Sladja Blazan (2021) notes that the sighting of a ghost exposes the entanglements of horror and history, and “the way the past makes cultural demands on us we have difficulty fulfilling.”

    They are here, and not leaving any time soon. They have come to demand attention and action.

    How do we live with haunted waters?
    Concept

    What happens when technologies and their unintended consequences become so ubiquitous that it is difficult to define what is ‘natural’ or not?
    — Nicolas Nova & Disnovation.org (2022)

    Life in our times entails an apparent dissolution of the strict separation of things; the natural is tied to the unnatural, the human to the nonhuman. As ecological processes become increasingly shaped by human activity and its deposits, the ‘natural’ emerges as an inaccurate concept to describe the world around us.[ii] At the same time, an uncanny eeriness emerges; sunbathing reminds us of global warming, breathing city air of pollution, drinking water of contamination.

    Clean water is fundamental for life on Earth. Yet every year, the chemical, physical and biological contamination of our waters continues. These unseen anthropogenic substances are haunting our experience by altering and estranging homes and bodies, creating an eerie unfamiliarity. The classical image of the unseen, uncanny haunter are the ghosts, spirits, and spectres.

    Horror is becoming the environmental norm.
    — Sara L. Crosby (2014, p. 514)

    To explore water quality, its material, cultural, political and spiritual occurrence links to an interpretation of water beyond the hydrologic cycle, in which water flows are merely objects of study and technical manipulation. For Linton et al. (2022) the approach we have towards water should rather be guided by the hydrosocial cycle “a socio- natural process by which water and society make and remake each other over space and time”. By making and remaking each other water and society are hybrids, in which the relationship is constituting rather than connecting.

    The contaminants emerge within this interplay as boundary teasing feral entities, hitchhiking the hydrosocial cycle and remaking it from within. The chemicals were made by humans, for humans, yet the moment they enter the water, ownership and control over them is lost. They turn into spirits, not passive but with an agency of their own, often at cross purposes with human ones. They turn into an obscurity between categories - less an object than an event, less a term than a relation, less an individual than a multitude.

    It is easy to demonise such spirits, especially if they cause health issues that might lead to suffering and death. And yet, they carry important lessons born of our time of looming socio-ecological catastrophes.

    The writer Avery F. Gordon (2008) examines how ghosts and haunting can be understood as expressions of unresolved social tensions, traumas, and injustices. “But haunting, unlike trauma, is distinctive for producing a something-to-be-done”(p.XVI). Drawing on the concept of haunting from Gordon, seeing the contaminants as spirits becomes a way to prompt us to look beyond chemistry and turn to history - what underlying traumas and hardships might be carried by these entities? What cycles of harm and injustice are being perpetuated by these spirits? What are their demands?

    Water contamination is not just a technical or scientific issue but a manifestation of broader social and economic inequalities embedded within our systems. The haunting presence of pollutants is a legacy of industrialisation, colonisation, and exploitation that continue to shape our contemporary world.

    There are numerous examples: the tourism industry and large-scale agriculture around the Mar Menor Lagoon in Spain led to an ecosystem collapse in 2016, when several species were pushed to the brink of extinction. In 2014, governmental officials of Flint, Michigan, decided to change the water supply from Detroit water to the Flint River to save money during a financial crisis. The dangerous levels of lead in the river though rather led to a public health crisis, killing at least 12 people. In the Central Andes of Peru, the mercury used in the illegal gold mining has serious effects on plant and animal life, causing oxidative stress in fish and retard growth in plants.

    Capitalism runs and thrives on the production of such spirits, its profit-driven motives often take precedence over environmental and human health concerns. These spectral contaminants are revealing unresolved and ongoing societal and ecological violence, which is also disproportionately affecting marginalised communities. From this perspective, addressing water contamination requires more than just technical solutions or regulatory measures; it necessitates a fundamental transformation of our socio-economic systems.

    The haunted water flows not just through rivers and oceans, but through the very veins of our interconnected world, permeating and connecting all bodies of water, linking human and non-human bodies in a web of relationality. We take a sip; it flows through us and onwards into the world - things that before felt distant and remote suddenly are close and intimate. By acknowledging how water binds us to the world and each other, we can begin to cultivate a deeper sense of responsibility and reverence for the Earth and all its inhabitants. This kind of awareness emerges when we meet the spirits. They carry a lesson of interdependence that could potentially catalyse a shift in our relationship with the waters. Through this lesson, the terrifying entities reveal their benevolent nature and their power to inspire awe.

    The ‘myth-of-the-end-of-myth’ managed to become the foundational myth of modernity.
    — Dorin Budușan (2023, p. 49)

    Numerous critiques of modernity identify the rise of science, secularisation, industrialisation, and capitalism as factors responsible for the disenchantment of the world, since these are processes that prioritise rationality, efficiency, and material gain over spiritual or mystical experiences. Yet have modern Western societies really been disenchanted by the rise of science and rationalism? These spirits, born out of modernity, are ‘un-puring’ nature/culture, while at the same time re-enchanting the world in an obscure and horrific way.

    Might the break-down of the human-nonhuman divide, which destabilises the distinction
    between humans and nature and the distinction between humans and technology, not also
    destabilise the distinction between the material and the spiritual, the natural and the supernatural,
    the sceptical and the superstitious?
    — Nils Bubandt (2018, p. 7-8)

    Could modern spirits challenge the ‘profit-driven, disenchanting & dividing’ way of thinking that gave rise to them? Could they help us (re)spiritualise science, and connect to a deeper, interconnected worldview? The world is vibrant, teeming with countless forces, each shaping and echoing the other in mysterious ways. It is full of spirits!
    Context

    Through “The gems of water” project at the JRC, the scientific project officer Caterina Cacciatori and her colleagues are sending out water monitoring tools to local citizens around the world to monitor and collect information on chemical contamination present in water.

    The starting point of our art-science collaboration with Caterina was to compare these water monitoring tools to ghost hunting tools, and the local citizens & scientists to ghost hunters. By drawing parallels between pollutants trapped in bodies of water to ghosts/spirits, we invited the hunters to reflect on what it means to live on a haunted planet. The analogy proved to be a good opening also in conversation with other scientists and policymakers during our residency at the JRC.

    Throughout the last year we were learning about chemical contamination and “The Gems of Water”. Caterina and her colleague Giulio Mariani invited us on a few occasions into the Lab, introducing us to their work and demonstrating how they use incredibly precise and weird looking liquid/gas chromatography machines and mass spectrometry tools to find out the chemical composition of water samples. We also met up virtually with the first “The gems of water” pilot partners activists from Coral Conservation in Costa Rica, who are investigating the rivers Sixaola, Estella and Carbón for content and concentrations of pesticides from surrounding banana monocultures. The activists were worried that the pesticide run-off would eventually threaten corals in the ocean and were frustrated with the banana Industry, which has been infamous for its labour conditions, violent history and chemical use. The industry has a considerable environmental impact and the used pesticides used cause health issues including sterility and cancer to the ones exposed.

    The samples collected by the activists will eventually be analysed at the JRC for around 250 compounds. Yet they contain much more than that. These samples carry with them also emotions, traumas, fear and anger which can’t be analysed scientifically. We got interested in sharing the stories behind the pollution, telling of their origin, effects, as well as, how people are coping with them.

    Therefore, together with Caterina, we came up with the idea of creating a “ghost hunting probe kit” to gather stories about contaminated bodies of water from people involved in “The Gems of Water” project. We constructed a prototype and brought it to Ispra, where feedback from Mateusz Tokarski, who coordinates projects on citizen engagement, from Adriaan Eeckels, head of JRC’s SciArt project, and Caterina gave us insights on how to revise the toolkit. Then on, the toolkit idea transformed and took two tracks - a web submission & workshop.

    Water and story collection

    Inspired by the engagement of citizens and willing to make story sharing more accessible, we created a web submission form through which anyone could (and still can!) share their ‘ghost story’ and is invited to send a water sample to us. The bottles of water and the stories form the content of the Haunted Waters Bar.

    Haunted Waters, the workshop

    In 2023, we were invited by curator Johanna Janßen to hold a workshop at Galerie Im Turm in Berlin, for the exhibition “Pole der Unzugänglichkeit” – conceptions of (extra)terrestrial worlds between reality and fiction”. We took the opportunity to develop methods of personifying (or “ghostifying”) the spectral contaminants, which was an idea originally conceived during our residency and meant to be done via the tool kit. It turned into a ‘Haunted Waters Workshop’ for exploring different contaminants through creative writing and drawing.

    In the workshop, participants were equipped with printed articles and paper excerpts detailing various chemicals found (in very low concentrations) in Berlin’s tap water, including PFAS, lead, nitrates, microplastics and pharmaceutical residues. Following this informational session and a sip of water from the tap, we underwent a hypnotic visualisation exercise. We ventured into the network of our blood vessels to encounter the spirits associated with these chemicals. We followed these ethereal entities through time, exploring both the recent past and a distant future. The hypnotic session prompted participants to imagine details of each spirit, contemplating their origins, desires, fears, and envisioning their appearances. The participants then drew the contaminants, shared their stories and reflected on what they can teach us about our own existence.

    The workshop closed with a discussion, during which the curious observation was made that a few of the stories of contaminants were actually inner self-portraits. The participants were projecting their own feelings; fears, confusions and hopes of living on a damaged planet into the spirits, giving the exercise an introspective twist.

    The event marked an inspirational turn for us, we felt drawn to the act of letting the spirits flow through our bodies and be met as mirrors of our anxieties, leading up to the idea of creating a Haunted Waters Bar. The drawings made during the workshop were later on used as a reference to create animated spirit portraits for the bar.
    Scientific Background

    The Gems of Water:

    The scientific background of the artwork is based on “The Gems of Water” activity carried out in the framework of the Blue Health project (Cacciatori et al., 2023). “The Gems of Water” supports the engagement work of the UN-World Water Quality Alliance. The activity involves citizens through a co-creative approach in the definition of a local water quality concern, design of a monitoring strategy and sample collection and extraction. Samples collected and extracted by citizen groups are processed at the JRC Water Quality Lab facility and data are shared with participants. The water quality monitoring kits use a technology (the Stir Bar Sorptive Extraction) which allows for wide-screening of around 250 compounds, which include pesticides, pharmaceuticals and industrial compounds. The method provides quantitative and qualitative information about the chemicals in bodies of water around the world, which can be used to further investigate water quality. The activity has been successfully piloted in Costa Rica, while the exercise is on-going in Kenya and Romania.

    New chemicals, cocktails and the need for stronger regulations:

    The environmental impact of chemicals is a rapidly growing concern, with approximately 10 million new compounds produced yearly (1,000 p/h) (Daley, 2017). Unfortunately, research on their impacts on human and ecosystem health lags due to underfunding, leading to the approval of chemicals for commercial use, with unknown environmental consequences.

    The “cocktail effect” occurs when seemingly harmless concentrations of single substances combine, posing health risks. A European Environment Agency report ‘Chemicals in European waters’ (EEA, 2018, p. 56) notes that the detection of several hundred chemicals at low concentrations in a single freshwater sample is common and the level of risk that that might present is insufficiently understood. Current safety assessments focus on individual substances, leaving a significant protection gap in regulations.

    As global chemical production grows (Persson et al., 2022, p. 1512) and the number of chemicals in use around the world multiplies (Wang et al., 2020, p. 2575), urgent action is needed to implement robust chemical regulations to safeguard us and the wider environment. The challenge extends to addressing the biodiversity crisis (Schneider, 2020), emphasising the critical role of more “ghost hunters”—those monitoring, modelling, and reporting—to render the world of contaminants visible. Only then can policies and regulations be appropriately targeted, ensuring a healthier and safer future for all the living.

    REFERENCES

    European Environmental Bureau & ChemSec (2024, Jan 13). High-level European Politicians Polluted by PFAS. European Environmental Bureau (accessed: 2024, May 28) https://eeb.org/high-level-european-politicians-polluted-by-pfas

    Bondy, Stephen C. & Campbell, Arezoo (2018). Water Quality and Brain Function. International Journal of Environmental Research and Public Health, 15(1) doi:10.3390/ijerph15010002

    Blazan, Sladja (ed.) (2021). Haunted Nature: Entanglements of the Human and the Nonhuman. Palgrave MacMillan.

    Nova, Nicolas & disnovation.org (2022). A Bestiary of the Anthropocene: Hybrid Plants, Animals, Minerals, Fungi, and Other Specimens. Set Margins.

    Linton, Jamie & Budds, Jessica (2014). The hydrosocial cycle: Defining and mobilizing a relational-dialectical approach to water. Geoforum, volume 57, 170-180. doi:10.1016/j.geoforum.2013.10.008

    Crosby, Sara L. (2014). Beyond Ecophilia: Edgar Allan Poe and the American Tradition of Ecohorror. ISLE: Interdisciplinary Studies in Literature and Environment, 21(3). doi:10.1093/isle/isu080

    Gordon, Avery (2008). Ghostly Matters: Haunting and the Sociological Imagination. University of Minnesota Press. New edition, Introduction to the New Edition, XV-XX.

    Budușan, Dorin (2023). It Fell From The Stars: Alternative Cosmogonies from the Second World. Amsterdam.

    Bubandt, Nils (ed.) (2018). A Non-secular Anthropocene: Spirits, Specters and Other Nonhumans in a Time of Environmental Change. More-than-Human. AURA Working Papers, Volume 3, 2-18.

    Barad, Karen (2006). Meeting the Universe Halfway: Quantum Physics and the Entanglement of Matter and Meaning. Duke University Press. doi:10.1215/9780822388128

    Viveiros de Castro, Eduardo (2007). The Crystal Forest : Notes on the Ontology of Amazonian Spirits. Inner Asia, 9(2), 153-172. doi:10.1163/146481707793646575

    European Commission, Joint Research Centre, Cacciatori, C., Mariani, G., Carollo, A. (2023). The gems of water : how to become a gem of water? : an illustrated guide for citizen engagement under the UNEP GEMS/Water programme. Publications Office of the European Union. doi:10.2760/334925

    Daley, Jason (2017, February 3). Science Is Falling Wouefully Behind in Testing New Chemicals. Smithsonian Magazine. (accessed: 2024, May 28) https://www.smithsonianmag.com/smart-news/science-falling-woefully-behind-testing-new-chemicals-180962027

    European Environment Agency (EEA) (2018). Chemicals in European waters: Knowledge developments. Publications Office of the European Union, 56. doi:10.2800/265080

    Persson, L.; Carney Almroth, B. M.; Collins, C. D.; Cornell, S.; de Wit, C. A.; Diamond, M. L.; Fantke, P.; Hassellöv, M.; MacLeod, M.; Ryberg, M. W.; Søgaard J. P.; Villarrubia-Gómez, P.; Wang, Z.; Hauschild, M. Z. (2022). Outside the Safe Operating Space of the Planetary Boundary for Novel Entities. Environmental Science & Technology, 56(3), 1510-1521. doi:10.1021/acs.est.1c04158

    Wang, Z.; Walker, G. W.; Muir, D. C. G.; Kakuko, N. (2020). Toward a Global Understanding of Chemical Pollution: A First Comprehensive Analysis of National and Regional Chemical Inventories. Environmental Science & Technology, 54(5), 2575-2584. doi:10.1021/acs.est.9b06379

    Schneider, Julie (2020, January 23). Chemical pollution, a key driver of the biodiversity crisis. Chemtrust. (accessed: 2024, May 28) https://chemtrust.org/biodiversity_strategy

    Bennet, Jane (2010). Vibrant Matter: A Political Ecology of Things. Duke University Press. doi:10.2307/j.ctv111jh6w

    [i] The European Environmental Bureau and ChemSec have identified toxic substances in the blood of top Brussels politicians — part of a campaign to push for an EU-wide ban on the chemicals despite heavy industry pushback.

    [ii] As Timothy Morton, N. Katherine Hayles and many with them have argued. Cf. Morton, Timothy (2007). Ecology without Nature: rethinking environmental aesthetics. Harvard University Press. doi:10.2307/j.ctv1n3x1c9; Hayles, N. Katherine (2023, July 10). The End of Being Human: Evolution in the age of Machines. IAI News. (accessed: 2024, May 28) https://iai.tv/articles/the-end-of-being-human-auid-2536

    https://nonhuman-nonsense.com/hauntedwatersproject
    #eau #contamination #eaux_hantées #esprits #pouvoir #luttes #guerres #accidents #chimie #récit #histoires #photographie #technologie #environnement #modernité #mythe #non-humain #nature #chimie
    #beau
    via @reka

  • 31/07/2025 – Les incidents à répétition sur l’EPR de Flamanville font craindre le pire – CRIIRAD

    https://www.criirad.org/31-07-2025-les-incidents-a-repetition-sur-lepr-de-flamanville-font-craindre

    L’EPR de Flamanville est à l’arrêt depuis le 19 juin 2025, suite à un dysfonctionnement de soupapes de sécurité. La CRIIRAD alerte sur la gravité de cette situation.

    Une des trois soupapes du pressuriseur est restée bloquée en position ouverte, ce qui peut entraîner une fuite de matières radioactives au sein du réacteur qu’EDF a dû mettre en arrêt sans délai et avec un risque d’explosion par accumulation d’hydrogène. C’était déjà arrivé au mois d’avril.

    Le bon fonctionnement de ces soupapes est vital pour la sûreté nucléaire. Un blocage en position ouverte peut conduire à un accident grave avec fusion du cœur.

    Les défauts de conception des soupapes sont connus depuis plus d’une décennie. Des dysfonctionnements avaient en outre été signalés en 2020 par l’autorité de sûreté finlandaise lors de tests sur l’EPR d’Olkiluoto.

    L’autorité de sûreté #nucléaire française a autorisé le démarrage de l’#EPR de Flamanville en 2024 alors que le manque de fiabilité des soupapes était dérogatoire à certains principes de sûreté.

    Comme pour les multiples autres défauts de l’EPR, EDF met en place des « rustines » a posteriori. Elles complexifient le pilotage et la maintenance du réacteur, dégradent les conditions de travail, augmentent l’exposition des travailleurs aux radiations ainsi que les #risques d’#accident nucléaire.

  • Records de morts au travail : 21 000 morts...
    https://bellaciao.org/Records-de-morts-au-travail-21-000-morts

    Records de mort au travail : 21 000 morts et 13,5 millions de blessés en 20 ans, et 918 morts en 2023. En 2023, selon l’assurance maladie, 2 salariés sont morts d’un accident du travail chaque jour en France et 100 ont été gravement blessés, une tendance à la hausse depuis plusieurs années. 690 décès suite à un accident du travail en 2018. 861 en 2019. 903 en 2022 (les années 2020 et 2021 ne sont pas retenues du fait de la pandémie). 918 en 2023. Le nombre de morts à la suite d’un (…) #Contributions

  • Radiographie des #coûts de nos choix en matière de #transport

    Dans un monde où la durabilité devient une priorité, chaque choix en matière de transport a un #coût — financier, social et environnemental. Comment les entreprises peuvent-elles devenir de véritables leaders en mobilité durable ?

    Le transport pèse lourd sur les #finances, qu’il s’agisse des #budgets_publics ou de ceux des foyers québécois. Les coûts liés aux #infrastructures_routières, au #transport_collectif et même à la création de voies sécurisées pour les #mobilités_actives suscitent des débats passionnés sur les priorités à accorder et les #investissements à réaliser.

    Une étude menée par une équipe de HEC #Montréal donne une évaluation précise des #coûts_réels de la mobilité dans l’agglomération montréalaise, selon le mode de transport choisi : #automobile, transport collectif, #vélo ou #marche. Ce #calcul couvre à la fois les #coûts_privés — y compris l’achat et l’entretien des #véhicules, le #carburant, les #titres_de_transport, les #permis, les #taxes et les #contraventions — et les #coûts_sociaux.

    Ces derniers se divisent en deux catégories : d’une part, les coûts publics, tels que la construction et l’entretien des infrastructures, le déneigement et le fonctionnement des installations, qui sont inscrits explicitement dans les budgets fédéral, provincial et municipal ; d’autre part, les coûts ou bénéfices externes, économiquement invisibles, mais tout aussi importants, tels que les #émissions_de_gaz_à_effet_de_serre, la #congestion, les #accidents, l’occupation de l’#espace urbain et les effets bénéfiques sur la #santé_publique liés à l’utilisation des #transports_actifs.

    Ces facteurs, bien que cachés sur le plan économique, sont essentiels pour évaluer la véritable portée des choix en matière de #mobilité.

    En intégrant tous les éléments évalués, l’étude révèle que chaque kilomètre parcouru en automobile engendre un coût total de 2,27 $, tandis que les transports collectifs ne coûtent que 1,32 $, et le vélo, un modeste 0,87 $. Bien que ces sommes puissent sembler raisonnables si elles sont entièrement assumées par les utilisateurs, une analyse plus poussée montre que les coûts sociaux pèsent lourd sur la collectivité.

    Ainsi, pour chaque dollar dépensé par un automobiliste, la société doit assumer un coût additionnel de 1,44 $, ce qui en fait — et de loin ! — le mode de transport le plus onéreux. En comparaison, pour 1 $ investi dans les transports collectifs, les coûts sociaux sont de seulement 0,38 $. Quant aux mobilités actives, comme le vélo et la marche, elles génèrent des économies pour la collectivité : chaque dollar dépensé rattaché au vélo entraîne une réduction des coûts sociaux de 0,19 $, et la marche permet une économie de 0,03 $ par dollar, notamment grâce aux bienfaits pour la santé publique, qui réduisent la pression sur le système de santé.

    Ce que les entreprises peuvent faire

    Être un leader en #mobilité_durable est désormais un atout stratégique majeur dans le monde des affaires, particulièrement dans des villes comme Montréal, où les défis liés au transport sont omniprésents. Promouvoir des solutions de mobilité durable, telles que le transport actif ou collectif, ne se limite pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre : cela permet surtout d’améliorer l’attractivité des entreprises en répondant aux attentes croissantes des nouvelles générations.

    Les jeunes, notamment les millénariaux et les membres de la génération Z, accordent une attention particulière aux enjeux environnementaux et au bien-être. Ils recherchent activement des employeurs qui partagent leurs valeurs et qui encouragent les pratiques durables. Ces générations n’hésitent pas à changer d’emploi si elles estiment que l’entreprise pour laquelle elles travaillent ne correspond pas à leurs attentes sur le plan de l’éthique.

    En parallèle, promouvoir la mobilité durable améliore aussi considérablement l’image de marque d’une organisation. Les entreprises peuvent ainsi non seulement répondre aux exigences des consommateurs actuels, mais aussi se bâtir une réputation basée sur des valeurs de durabilité. Les émissions de gaz à effet de serre qui englobent l’ensemble des émissions indirectes générées — notamment par les déplacements des employés —, peuvent représenter de 70 % à 90 % des émissions totales d’une entreprise. En mettant en place des solutions de mobilité durable, les entreprises peuvent réduire fortement leur empreinte carbone et renforcer leur leadership en matière de transition écologique.

    De multiples solutions

    Pour devenir des ambassadeurs en mobilité durable, les entreprises ne peuvent plus se cacher simplement derrière l’adoption de quelques mesures symboliques. Ce changement nécessite dorénavant la mise en place d’une stratégie globale qui intègre une politique interne de mobilité.

    À Montréal, plusieurs grands employeurs ont pris des engagements concrets en signant un pacte de mobilité durable. Cette entente vise l’ouverture de nouveaux locaux à proximité des transports en commun, la réduction de la demande de stationnement individuel et l’électrification des parcs de véhicules. Ce type d’actions souligne l’importance des partenariats public-privé pour l’atteinte d’objectifs environnementaux ambitieux et appelle les gouvernements à investir massivement dans les infrastructures de transport durable.

    https://www.ledevoir.com/environnement/868882/radiographie-couts-choix-matiere-transport

    sur le site de HEC Montréal :
    https://www.revuegestion.ca/mobilite-durable-le-vrai-cout-de-nos-choix

    #transports #mobilité #économie

    via @freakonometrics

  • #Cartographie des #accidents

    L’outil cartographique permet de visualiser les accidents corporels de la #circulation_routière enregistrés par les forces de l’ordre, ainsi que les victimes de ces accidents, en France métropolitaine et outre-mer, ces dernières années jusqu’en 2023 (dernière année officielle). Il est aussi possible de superposer avec les emplacements des radars automatiques fixes. Par défaut la carte affiche les accidents mortels de 2023.

    https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/cartographie-des-accidents-metropole-dom-tom

    #visualisation #France #statistiques #chiffres #sécurité_routière #décès #accidents_mortels

    déjà signalé par @monolecte :
    https://seenthis.net/messages/986993

    • @grommeleur oui c’est une carto de tous les accidents de circulation recensés. Avec tous les détails sur chacun d’eux, et possibilité de filtrer précisément et afficher par région/dép/commune, période, type d’accident, gravité, type de véhicule et personnes impliquées, âge, genre, et même météo... à partir de 2014.