• Attaquer l’accouchement à domicile est une conduite patriarcale | Marie-Hélène Lahaye
    http://marieaccouchela.net/index.php/2019/11/20/attaquer-laccouchement-a-domicile-est-une-conduite-patriarcale

    Chaque fois qu’une femme annonce son souhait d’accoucher à domicile, une armée de personnes, médecins et chirurgiens en tête, poussent des cris d’orfraie pour dénoncer tous les risques de cette entreprise. Cette réaction est non seulement contraire à la science mais relève en plus d’une conduite patriarcale. Le dernier exemple flagrant est le tweet du Dr Laurent Alexandre affirmant sur les réseaux sociaux qu’il fallait interdire l’accouchement à domicile. Source : Marie accouche là

    • Dans le forum, une femme souligne que l’accouchement à l’hôpital coûte plus cher que l’accouchement à domicile. Même avec ça la sécurité sociale va essayer de ne pas régler sa participation en AAD, non prise en charge de la balance, sage femme sous payée etc.
      L’accouchement est vraiment un espace de soumission des femmes physique, mental, financier dont les rênes sont réservées à l’élite /souvent très masculine/ des médecins. C’est le lieu où peuvent s’exercer leurs privilèges, là où la femme est mise totalement sous contrôle et sous la dépendance de cette domination de sachants. Peu importe ses choix, peu importe que l’accouchement à domicile ne soit pas plus dangereux qu’à l’hôpital, il y en a, comme tout bon #masculiniste, qui trouveront public pour imposer leurs points de vue archaïques.
      C’est une politique systémique, c’est pas juste un étron de chirurgien de bites de rats qui se lâche sur twitter.

      Ce qui est grave, c’est que les quelques sages femmes françaises qui osent encore aider les femmes à accoucher à la maison sont systématiquement dénigrées en premier par les médecins, et harcelées au point de devoir abandonner. Quant aux maisons de naissance qui donnent un peu plus de #libertés aux femmes, il n’y en a presque pas en france.
      Quel espace de liberté reste-t-il pour les femmes ? quelle force faut-il déployer alors pour se déterminer à accoucher à la maison, qui peut encore choisir face aux dénigrements systématiques ?
      J’ai une amie qui a du s’expatrier 5 ans en Nouvelle Zélande pour accoucher et élever ses enfants comme elle l’entendait, parce qu’en france c’est considéré comme un crime d’accoucher à la maison. C’est ça la réalité des attaques de ces pourritures de crétins ignares de l’aristocratie médicale dépassée. Ça m’étonne pas que doctissimo soit derrière.

  • Message d’Hélène - Soutien à Hélène Pariente
    http://soutien-helenepariente.fr/lettre-de-soutien-dhelene

    C’est une histoire de vie et de mort. De la mort d’un bébé, cette mort impossible, inimaginable…d’autant plus dans notre société ou la mort n’a pas de place.

    Un bébé qui nait à terme après une grossesse normale. Une belle naissance, fluide, puissante, comme nous, les sages-femmes, les aimons. Ça se passe à la maison. Le bébé s’adapte bien à la naissance, il se met à téter rapidement et va bien.

    Le lendemain, je fais une visite à domicile dans l’après-midi. Je ne constate rien d’anormal, il a un peu de mal à prendre le sein et pleure au moment de ma venue. Rien d’anormal pour moi à cet âge, juste un allaitement à surveiller dans les jours suivants. Je passe mon chemin.

    Le bébé décède quelques heures après ma visite. De quoi exactement ? On ne sait pas. On retrouve une hémorragie massive digestive.

    Dans les jours qui suivent le décès, les parents sont auditionnés séparément par les gendarmes. Il faut écarter la piste de maltraitance. Avec ma collègue sage-femme présente le jour de l’accouchement, nous sommes également auditionnées séparément en tant que témoins. Nous racontons l’histoire, en détails, à des gens qui ne connaissent rien à la naissance physiologique (clampage tardif du cordon, accouchement à 4 pattes dans la pénombre, laisser le bébé naitre spontanément sans pousser, naissance naturelle du placenta gardé par les parents….autant de notions totalement étrangères aux « expert.e.s »….).

    #sage-femme #soignant #accouchement #naissance #santé

  • Krasue - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/Krasue

    The Krasue is under a curse that makes it ever hungry and always active in the night when it goes out hunting to satisfy its gluttony, seeking blood to drink or raw flesh to devour. It may attack cattle or chicken in the darkness, drinking their blood and eating their internal organs.[17] It may also prey on pieces of cattle, such as water buffalo that have died of other causes during the night. If blood is not available the Krasue may eat feces or carrion.[18] Clothes left outside would be found soiled with blood and excrement in the morning, allegedly after she had wiped her mouth. Therefore, villagers would not leave clothes hanging to dry outside during the night hours.

    The Krasue also preys on pregnant women in their homes just before or after the childbirth. It hovers around the house of the pregnant woman uttering sharp cries to instil fear. It uses an elongated proboscis-like tongue[19][20] to reach the fetus or its placenta within the womb. This habit, among other unmentionable things that this spirit does, is believed to be the cause of many diseases affecting women mainly in rural areas during their pregnancy. In some cases it may catch the unborn child and use its sharp teeth to devour it. In order to protect pregnant women from becoming victims before delivery, their relatives place thorny branches around the house. This improvised thorny fence discourages the Krasue from coming to suck the blood and causing other suffering to the pregnant lady within the house.[21] After delivery, the woman’s relatives must take the cut placenta far away for burial to hide it from the Krasue. There is the belief that if the placenta is buried deep enough the spirit can not find it. [18]

    The Krasue hides the headless body from which it originates in a quiet place because it needs to join it before daybreak,[22] living like a normal person during the day, although having a sleepy look.[23] To crush the still headless body of the krasue is fatal to the spirit. The flying head will return after hunting but rejoin with the wrong body which will lead it to suffer torment until death. If the top part of the body fails to find the lower half before daybreak it will die in terrible pain. The Krasue will also die if its intestines get cut off or if its body disappears or gets hidden by someone. Some folk beliefs hold that the creature can be destroyed by burning it. The main foes of the Krasue are mobs of angry villagers carrying torches and machetes. They may catch the Krasue and kill it or watch where she goes before dawn and destroy her body.

    There is a legend said that the people who are wounded should be aware of the Krasue because it can smell the blood and will come to eat the blood at night when people fall asleep. However, there are ways to prevent the Krasue from coming inside the house. House-owners usually build spiky fences or grow spiky bamboo to protect themselves from the Krasue. Krasue is scared of spiky things because its intestine might get stuck and it could not escape.

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    vietnam vampire ma lai - Google 検索
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    #mythologie #religion #fantôme #accouchement #misogynie #mégèrisme

  • Une aire d’#accouchement d’urgence inaugurée après la fermeture de la #maternité du Blanc
    https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/une-aire-d-accouchement-d-urgence-inauguree-apres-la-fermeture-de-la-mate

    Un lit est également installé pour que la femme enceinte se couche au moment de la naissance du bébé. Dans cette aire d’accouchement, une application pour smartphone est présentée. À travers des vidéos, elle explique les gestes à adopter en cas d’accouchement d’urgence. Une application très utilisée notamment en Éthiopie. « Là-bas, les femmes accouchent dans la brousse. C’est vrai que nous aussi, aujourd’hui, on a un peu le sentiment d’être dans la brousse en Brenne », précise une aide soignante.

  • Maternités Agnès Buzyn met les sages-femmes en première ligne | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/maternites-agnes-buzyn-met-les-sages-femmes-en-premiere-ligne-669747

    Des taxis et des chambres d’hôtel seront également mis à disposition des femmes dont les accouchements sont programmés. Une déclaration qui intervient alors qu’au Blanc (Indre), où se déroulent jusqu’à dimanche des états généraux « des maternités en colère », un nourrisson est né au domicile de ses parents dans la nuit de mardi à mercredi, après que la maternité de la ville a été fermée. La mère de famille n’a pas pu rejoindre le site où elle devait accoucher, distant de 70 kilomètres.

    Pendant qu’on y est on peut aussi proposer aux sages-femmes de vivre en camping car tout équipé pour sillonner les campagnes et faire accoucher les femmes chez elles ????
    #maternité #femmes #accouchement #santé

  • The Strange Case of the Woman Who Gave Birth to a Demon Cat | Mysterious Universe
    https://mysteriousuniverse.org/2019/03/the-strange-case-of-the-woman-who-gave-birth-to-a-demon-cat

    There was a time in our history when demons roamed the earth. It was a time when even the most educated believed there were sinister supernatural forces lurking among us, while the uneducated huddled in their darkened homes at night, fearful of the witches, warlocks, demons, and spirits that prowled their world. From this age of superstition and myth, this era when monsters were very real to the people who feared that dark unknown, come many strange stories of encounters with demonic forces. These are stories of magic and monsters, taken as real at the time, and one such odd account has managed to be rather persistent over the centuries is a tale of a humble peasant woman, her Devil lover, and her demon cat baby.
    For this strange tale we go back in time to the year 1569, where in Leicestershire, England, there lived a woman named Agnes Bowker. There was nothing particularly remarkable about the then 27-year-old Bowker, the humble daughter of a butcher who worked as a family servant at an estate, and she may have remained a nobody lost to history if it weren’t for a series of very bizarre events that would unfold. It began when Bowker suddenly became pregnant, a sinful situation as she was not married at the time, but this was apparently the least of her worries. On January 17th, 1569, it was reported that Bowker had given birth to some sort of cat-like monster, and the news at the time spread like wildfire, whispered under the breath of fearful locals. After all, this was an era in which myths and magic were very real, demons and the devil a very present threat, and superstition ran rampant. Many locals feared that the creature was a demonic abomination from Hell or a portent of incoming catastrophe, and Bowker did little to calm these fears, claiming that it was the child of some shapeshifting supernatural creature, which she had had sexual relations with on several occasions. David Cressy says of this in his book Travesties and Transgressions in Tudor and Stuart England: Tales of Discord and Dissension:

    She now said ‘that a thing came unto her as she was in bed and lay the first night very heavy upon her bed but touched her not. The next night she saw it and it was in the likeness of a black cat. By the moonlight it came into her bed and had knowledge of her body’ on several occasions.

    Word of the anomalous birth made it all the way to Queen Elizabeth’s Privy Council and the Bishop of London, and rather than being written off as a hoax, the birth was actually seriously investigated. Among the first to be questioned on the incident were Bowker’s midwives, who were allegedly present at the birth, and amazingly they seemed to support the woman’s wild claims. One of the midwives, named Elizabeth Harrison, claimed that she had seen the alleged father of the creature, which she described as “the likeness of a bear, sometimes like a dog, sometimes like a man,” and explained that six other midwives had been present for the ominous birth. Another midwife named Margaret Roos claimed that, while she hadn’t actually seen the baby, it had “pricked” her with its claws while still in the womb, and although none of them had seen it actually come out of the body, it was claimed that they had gone to fetch what they needed for the birth and come back to the room to see the monstrosity on the floor at Bowker’s feet. Making it all the more bizarre is that Harrison also testified that Bowker had told her of meeting a woman in the countryside who had cryptically told her the portent that she would give birth to a beast called the “Mooncalf.”

    In the meantime, other witnesses were also questioned, including townsfolk and clergy, and there was even a body produced that was claimed to be the foul creature itself. Some local men claimed to have actually dissected it and examined it to find food and straw within its stomach, and in their opinion it had just been a regular cat. They even accused Bowker of having stolen a neighborhood cat in order to pull off a hoax. The Archdeacon’s Commissary, Anthony Anderson, was able to examine the cat himself, and not only made sketches of it, but also compared it with a normal cat. Anderson would come to the conclusion that the supposed “Bowker’s Cat” was just a normal cat, saying “It appeareth plainly to be a counterfeit matter; but yet we cannot extort confessions of the manner of doings.” Indeed, the Bishop of London, Edmund Grindal, would also concede that this was likely a hoax, but also admitted there was no way to prove it either way. London physician William Bullein would express doubts as to the veracity of the whole tale as well, but there were still plenty of scared people who believed it all.

    This expert opinion seems to have cast some doubt on the veracity of the whole story, and it did not help that Bowker seemed to be increasingly derailed, telling all sorts of conflicting stories. Sometimes she would expound on her night time visitations with a shapeshifting demon, at other times she said that she had been told to marry the Devil by a schoolmaster who had sexually abused her repeatedly, and that the demon had come to her in the form of a “greyhound and a cat” sent by him. Even the whereabouts of the baby were inconsistent, with Bowker at one point claiming that the child was being nursed at Guilsborough, and at another time saying that it had been stillborn, while still on other occasions she said that she had no memory of the actual birth, only being told after the fact by her midwives about the monstrosity that had come forth from her womb.

    However, even when the whole case was brought before a special ecclesiastical court in front of the Archdeacon of Leicester Bowker, her midwives remained adamant that the whole surreal story of the cat monster and the demon father was true. The case even went to a secular court, and one thing no one could ever figure out is just what had happened to the actual baby, because demon cat or not, it was widely known that Bowker really had been pregnant. It is unknown to this day whether it had been stillborn, as she often claimed, or whether it had really been sent away to be nursed, as she also claimed. It was also suggested that she may have killed her baby, not necessarily because it was a cat, but because she sought to escape the grave stigma of having a child out of wedlock. Of course there was also a contingent of people who believed that she really did have the cat abomination, and that the one that had been dissected was not the real one at all, although where it had gone was anyone’s guess. Whether there was anything supernatural or not going on here, a lot of people of the time believed there was, and Cressey would write:

    It mattered little whether Agnes gave birth to a bastard or to a beast, or whether she had murdered her baby; but it became a matter of public concern when people saw threatening portents in this apparent violation of nature, and when credulous Catholics gained ground by exploiting a dubious story. Abnormal births and bestial instrusions were shocking reminders of the unpredictability of the universe and of the power of hidden forces to subvert everyday routines. At times of crisis they assumed political dimensions, as augeries of ‘alterations of kingdoms’ and portents of ‘destruction of princes.’ It should come as no surprise, then, to find the government attempting to control or neutralize such reports in 1569.

    A sketch of Agnes Bowker’s cat

    In the end, Agnes Bowker was not found guilty of any crime, but that is about all we know about her life after that, and as soon as all of the court cases and investigations were over she just sort of evaporated into history. Regardless of what happened to Bowker, it is all rather fascinating and testament to the absurd weirdness of it all that her story has managed to remain talked about and remembered centuries later. Such is its utter bizarreness and its unique nature of having been given so much investigation and court time by the highest officials of the time that it has become nearly legendary. What happened to Agnes Bowker? Was this a wild tale spun by a possibly mentally unstable woman trying to escape the shame of a child out of wedlock, mixing with a mass hysteria fueled by the superstitions and fears of the supernatural at the times? Or did she really give birth to a demon child? Indeed, what happened to the child, demon or not? Why did the authorities spend so much time and manpower on this case? These are questions for which we will not likely find answers to, and the bizarre case of Agnes Bokwer’s cat manages to remain an intriguing historical oddity.

    #femme #accouchement #demon #chat

  • Naissance et mort au Paléolithique récent européen (par Ana Minski)

    « L’obstétrique a été construite par des hommes à une époque où les femmes étaient exclues de toutes les fonctions décisionnelles, et où leur parole n’avait pas la moindre importance.
    Les médecins ont donc décrit l’accouchement à travers le prisme des stéréotypes de genre et à une époque où la médecine était obsédée par l’hystérie.
    Il était attendu des femmes qu’elles soient posées, fragiles, discrètes, silencieuses et sujettes aux évanouissements délicats. Ainsi les femmes ont-elles été dépossédées par les hommes de leur capacité naturelle à mettre au monde, et ainsi la position allongée, l’immobilité et le silence furent-ils imposés aux parturientes sous peine de risquer leur vie et celle du bébé.
    D’où cette peur très répandue de l’accouchement.
    D’ailleurs, certains croient encore au dilemme obstétrical qui a pourtant été sérieusement remis en question en 2006[5].
    Des textes ethnologiques témoignent également de la capacité des femmes à mettre au monde leur enfant seule, dans la jungle, derrière un buisson, dans la rivière, sans l’aide de personne et sans difficulté apparente.
    Les femmes, libérées des mythes patriarcaux, savent mieux que n’importe quel spécialiste diplômé comment se positionner pour l’expulsion du bébé : accroupie, dans l’eau ou à quatre pattes[6]. »

    #femme #féminisme #patriarcat #naissance #accouchement #vie #civilisation #préhistoire

    http://partage-le.com/2019/02/naissance-et-mort-au-paleolithique-recent-europeen-par-ana-minski

  • Naissance et mort au Paléolithique récent européen (par Ana Minski) – Le Partage
    http://partage-le.com/2019/02/naissance-et-mort-au-paleolithique-recent-europeen-par-ana-minski

    L’#obstétrique a été construite par des hommes à une époque où les femmes étaient exclues de toutes les fonctions décisionnelles, et où leur parole n’avait pas la moindre importance. Les médecins ont donc décrit l’accouchement à travers le prisme des #stéréotypes de genre et à une époque où la #médecine était obsédée par l’hystérie. Il était attendu des femmes qu’elles soient posées, fragiles, discrètes, silencieuses et sujettes aux évanouissements délicats. Ainsi les femmes ont-elles été dépossédées par les hommes de leur capacité naturelle à mettre au monde, et ainsi la position allongée, l’immobilité et le silence furent-ils imposés aux parturientes sous peine de risquer leur vie et celle du bébé. D’où cette peur très répandue de l’accouchement. D’ailleurs, certains croient encore au dilemme obstétrical qui a pourtant été sérieusement remis en question en 2006[5]. Des textes ethnologiques témoignent également de la capacité des femmes à mettre au monde leur enfant seule, dans la jungle, derrière un buisson, dans la rivière, sans l’aide de personne et sans difficulté apparente. Les femmes, libérées des mythes patriarcaux, savent mieux que n’importe quel spécialiste diplômé comment se positionner pour l’expulsion du bébé : accroupie, dans l’eau ou à quatre pattes[6].

    L’environnement et le milieu socio-culturel ont également un impact considérable sur la grossesse et au moment de l’accouchement. Des études épigénétiques ont permis de démontrer l’importance de l’accouchement par voie naturelle pour l’immunité du jeune enfant, mais aussi le rôle de l’intervention sur la parturiente. Avec le développement de l’agriculture, une simplification alimentaire a entraîné des risques importants de malnutrition et a rendu le sevrage difficile[7]. Quoi qu’en disent les obstétriciens, la femme n’est pas condamnée à mourir en couches ou à souffrir atrocement sans l’aide de la médecine moderne.

  • Racism, Not Race, Causes Health Disparities for Black Mothers, by Sheela Nimishakavi | Nonprofit Quarterly
    https://nonprofitquarterly.org/2018/04/18/racism-not-race-causes-health-disparities-black-mothers

    The health disparities that exist for Black mothers in America are well documented. Black women are three to four times more likely to die from childbirth than their White counterparts. Yet, aside from listing “being Black” as a risk factor for maternal death, little has been done to address this alarming statistic.

    (…) Dr. Crear-Perry’s definition of a risk factor brings a new perspective to the issue of racism and maternal death. Seeing race as a risk factor for maternal death would suggest that there is some genetic predisposition that has been passed to Black mothers, much like Tay-Sachs disease is common among individuals of Eastern European descent. This is not the case, however. A growing body of research indicates that, in fact, the stress caused by discrimination plays a noteworthy role in both maternal and infant mortality.

    #discrimination #racisme #santé #femmes

  • À Mayotte, l’éternel débat sur le droit du sol
    Pascal Charrier, La Croix, le 10 mars 2018
    https://www.la-croix.com/France/Immigration/A-Mayotte-leternel-debat-droit-sol-2018-03-10-1200919700

    Le gouvernement réfléchit à la possibilité de donner à la maternité de Mamoudzou un statut extraterritorial, pour limiter la possibilité de devenir français en naissant dans le département d’outre-mer

    Il s’agirait d’un « hôpital où quand on y naît, on est ensuite déclaré (pour l’état civil) soit côté français, soit côté Comores, soit côté Madagascar ».

    Contrairement à ce qui est souvent énoncé, le droit du sol n’est pas absolu en France et le simple fait de naître dans la maternité de Mayotte ne suffit pas à faire d’un nouveau-né un « petit Français ». Un enfant mineur né en France de parents étrangers peut réclamer la nationalité française seulement à partir de treize ans et à la condition qu’il y ait eu sa résidence habituelle pendant cinq ans, à partir de l’âge de huit ans.

    Rappelons aussi que le rattachement à la France de Mayotte a été obtenu par un référendum illégal aux yeux de l’ONU, car à l’échelle des Comores c’est l’indépendance qui l’avait emporté...

    #France #Mayotte #Territoire_occupé #Comores #Discrimination #Maternité #Accouchements #Nationalité #Racisme #Néocolonialsme #Outre-Mer #sans_vergogne

  • A l’hôpital, « nous sommes dans une logique fordiste : les femmes doivent accoucher à la chaîne » Basta - Nolwenn Weiler - 7 mars 2018
    https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accou

    « Beaucoup sont convaincus du fait que les femmes se sont battues pour accoucher à l’hôpital, mais ce n’est pas du tout le cas. » Derrière cette fausse évidence combattue par Marie-Hélène Lahaye, auteure du livre Accouchement, les femmes méritent mieux, se cache l’histoire d’une médicalisation à l’extrême de l’accouchement : l’usage d’hormone pour accélérer le travail, comme le recours exagéré à la péridurale ou aux épisiotomies, dont les conséquences ressemblent parfois à celles de l’excision, dessinent le portrait d’un hôpital plus soucieux de productivité que du respect des femmes. En lieu et place de cette maltraitance qui laisse des traces, des alternatives existent pourtant.
    Entretien.

    Basta ! : En France, l’hôpital possède un quasi-monopole sur l’accouchement. Dans votre ouvrage, vous rappelez que cette médicalisation à outrance a été imposée aux femmes, bien plus que revendiquée par elles. Pourquoi ?

    Marie-Hélène Lahaye [1] : Beaucoup de gens, y compris des féministes, sont convaincus du fait que les femmes se sont battues pour accoucher à l’hôpital, et cesser de mourir en mettant leurs enfants au monde. Ce n’est pas du tout le cas. Historiquement, la médicalisation de l’accouchement s’est faite sous la pression des pouvoirs publics, dans le cadre de politiques natalistes. A partir du 18ème siècle, il a été considéré qu’une nation devait avoir beaucoup d’enfants, puisque cela lui permettait d’avoir à terme de nombreux soldats pour faire la guerre et de nombreux bras pour faire tourner l’économie. Cette volonté de voir la population augmenter s’est accentuée aux 19ème et 20ème siècles, avec des lois interdisant la contraception et l’IVG, et une médicalisation croissante de l’accouchement renforçant le rôle du médecin.

    Dans l’entre-deux-guerres, pendant la période fasciste que traverse l’Europe, les lois contre la contraception et l’avortement sont encore renforcées. Parallèlement, une médicalisation croissante de l’accouchement se met en place en poussant les femmes vers les hôpitaux. Mais encore au début du 20ème siècle, les femmes résistent, elles ne veulent pas aller accoucher à l’hôpital. Les pouvoirs publics ont fini par avoir raison de cette résistance après la Seconde guerre mondiale, en proposant aux femmes qui accouchent à l’hôpital de ne plus avancer les frais, au contraire de celles qui accouchent à la maison.

    Pourquoi les femmes ne voulaient-elles pas se rendre dans les hôpitaux pour mettre leurs enfants au monde, en préférant rester chez elles ?

    Aux 18ème et 19ème siècles, les hôpitaux n’étaient vraiment pas attirants. On y accueillait les femmes sans toit, méprisées par la société, y compris par les soignants qui les accueillaient : les sans-abris, les prostituées, les petites bonnes enceintes suite aux viols de leurs patrons. La plupart de ces femmes mettaient au monde des « bâtards », qu’elles abandonnaient en général aussitôt. Les hôpitaux étaient de vrais mouroirs pour les femmes qui accouchaient, en premier lieu à cause du manque d’hygiène. Les médecins passaient de la morgue aux salles d’accouchement sans se laver les mains et transmettaient aux femmes un germe à l’origine de la fièvre puerpérale, qui les tuait massivement.


    Les conditions d’hygiène ont commencé à s’améliorer suite à la découverte de ce germe. Il y eu ensuite Pasteur, sa théorie microbienne et l’aseptisation des lieux qui est devenue plus systématique. Malgré ces progrès, les hôpitaux ont conservé cette image négative. Ils ont continué à être des lieux sans intimité, où les femmes n’étaient pas respectées. Elles continuaient par conséquent à préférer accoucher chez elles.

    Pourquoi la mortalité des femmes en couches a-t-elle diminué ?
    Après la Seconde guerre mondiale, on voit la mortalité maternelle s’effondrer partout en occident pour diverses raisons : à l’asepsie généralisée, s’ajoutent la découverte des antibiotiques, puis la possibilité de faire des transfusions sanguines. Les femmes sont aussi plus robustes et en meilleure santé. Il faut se souvenir de leurs conditions de vie au 19ème siècle : elles travaillaient dur, étaient mal nourries, enchaînaient les grossesses, sans nécessairement l’avoir voulu.

    Ce sont donc les progrès de la médecine générale et l’amélioration des conditions de vie qui font chuter la mortalité maternelle. Ce n’est ni l’hôpital, ni l’obstétrique [spécialité médico-chirurgicale qui a pour objet la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, ndlr]. Entre 1945 et 1950, plus de la moitié des femmes continuent à accoucher à domicile ! Ensuite, dans les décennies suivantes, la médicalisation augmente, sans qu’il y ait d’impact notable sur la mortalité des femmes qui accouchent. 10 % des femmes ont un accouchement compliqué, et pour elles, il est évident que l’obstétrique est nécessaire. Mais toutes les autres peuvent parfaitement accoucher sans !

    Ces progrès de la médecine se sont peu à peu transformés en standardisation de l’accouchement, avec une hyper médicalisation qui peut également entraîner des complications, dites-vous. Pourquoi ?
    Aujourd’hui en France, toutes les femmes, ou presque, accouchent à l’hôpital. Le protocole qu’on leur impose n’est pas du tout prévu pour les sauver ou les protéger, mais pour que l’hôpital tourne le plus vite possible. Il s’agit d’une logique fordiste : les femmes doivent accoucher à la chaîne, avec des sages-femmes qui courent d’une salle à l’autre, en accélérant le travail ici, et en le ralentissant ailleurs... Il n’y a pas d’accompagnement humain, ni de prise en compte des souhaits individuels, mais des normes déconnectées de la réalité physiologique de l’accouchement. Parmi ces normes : le dogme selon lequel le col de l’utérus doit s’ouvrir d’un centimètre par heure. Pour contrôler ce rythme, totalement arbitraire, on impose aux femmes des touchers vaginaux réguliers, c’est à dire qu’on leur enfonce deux doigts très profondément dans le vagin pour mesure l’ouverture du col. Ce peut être une personne différente à chaque fois.

    Si ce timing, cette norme, ne sont pas respectés, on propose alors aux femmes de leur injecter de l’ocytocine de synthèse qui imite l’hormone naturelle du même nom, responsable du bon déroulement de l’accouchement en assurant les contractions de l’utérus. En 2016 en France, 52 % des femmes reçoivent de l’ocytocine de synthèse pour que leur accouchement soit accéléré. Peut-être faut-il rappeler que l’accouchement est un processus très lent. L’utérus, devenu pour l’occasion le muscle le plus puissant de l’organisme, pousse petit à petit le fœtus vers la sortie, au cours d’une période s’étalant sur de nombreuses heures, parfois même sur plusieurs jours. Le bébé avance millimètre par millimètre, en toute sécurité vers sa naissance.

    En quoi ces « accélérations » d’accouchement peuvent-elles être problématiques ?
    Les injections d’ocytocine de synthèse ne sont pas sans conséquences, ce que l’on se garde bien de dire aux femmes. Première conséquences : la douleur. Si les contractions sont naturelles, le corps produit en même temps des endorphines qui atténuent la douleur et rendent les choses supportables. Avec les hormones de synthèse, certaines femmes peuvent se retrouver avec une contraction qui ne cesse pas, au lieu des vagues qui arrivent régulièrement et qui permettent de récupérer entre chaque contraction. Elles ont d’autant plus mal qu’on leur impose de rester allongées sur le dos, alors que pour gérer la douleur, il vaut mieux être mobile. Résultat : on leur pose une péridurale. 82 % des femmes en France accouchent avec une péridurale. Dans d’autres pays, seules 15 à 20% des femmes en ont besoin.

    Deuxième conséquence : les risques de complications comme la souffrance fœtale ou l’hémorragie de la délivrance. Le bébé n’arrive pas forcément à supporter les violentes contractions entraînées par l’injection d’ocytocine. Cela augmente les taux de césariennes, pour le soustraire rapidement à la violence des contractions. Les hémorragies de la délivrance sont aussi plus nombreuses. Pourquoi ? Parce que l’utérus, sur-sollicité par l’ocytocine de synthèse peut se retrouver en incapacité de fermer les vaisseaux sanguins reliés au placenta, ce qu’il fait normalement en se contractant une dernière fois quand le placenta est sorti. Enfin, l’exposition à l’ocytocine de synthèse augmente de 30 % les risques de dépression post-partum. Dès 1997, l’OMS a classé l’accélération de l’accouchement par l’ocytocine comme une pratique fréquemment utilisée à tort.

    Vous questionnez le recours trop systématique à la péridurale. Ne s’agit-il pas néanmoins d’un indéniable progrès, qui libère les femmes de la douleur ?
    Il est très compliqué de questionner cette technique, tant elle apparaît effectivement comme un instrument de libération des femmes de la terrible malédiction divine spécifiant : « Tu accoucheras dans la douleur. » Mais la péridurale ne garantit pas un accouchement indolore ; et bien des femmes sont fort déçues de la réalité lorsque le jour de l’accouchement arrive. D’abord, la péridurale n’est pas posée immédiatement. Souvent, les femmes doivent attendre, certains hôpitaux ne l’administrant qu’une fois le col ouvert de 4 ou 5 centimètres. Les soignants ne tiennent pas forcément compte de ce que demandent les femmes. De plus, dans 10 à 20% des cas, la péridurale ne fonctionne pas, ou alors sur seulement une moitié latérale du corps. Il y a enfin divers effets secondaires, notamment une augmentation de 40% du risque de césarienne et d’extraction instrumentale du bébé – avec des forceps.

    Curieusement, la littérature scientifique est incapable de lier, d’une part, le taux de satisfaction des femmes, d’autre part le fait d’avoir eu une péridurale. Une étude menée en 2013 par le collectif inter-associatif autour de la naissance Ciane révèle même que la proportion de femmes satisfaites de leur accouchement est nettement supérieure chez celles n’ayant pas bénéficié d’une péridurale. Il ne s’agit évidemment pas de s’opposer par principe à cette pratique, qui peut réellement soulager les femmes. Mais son usage doit dépendre du point de vue de chacune. J’ajoute que si une femme demande une césarienne alors que cela n’est pas nécessaire, cela doit être possible également. Il s’agit de laisser les femmes choisir, de les respecter, et de faire confiance à leurs capacités à mettre au monde leur enfant sans danger pour elles, ni pour leur bébé.

    Vous évoquez également de nombreux mauvais traitements, comme par exemple l’interdiction de boire et de manger, ou l’obligation d’accoucher sur le dos...

    En 2016 en France, 88,5 % des femmes étaient couchées sur le dos durant toute la durée de leur travail. 95 % l’étaient au moment de l’expulsion. C’est d’ailleurs l’image que tout le monde a de l’accouchement : une femme allongée sur le dos, les jambes en l’air. Cette position n’a pourtant rien de naturel, au contraire. Elle a été imposée au fil de 20ème siècle, avant tout pour le confort des médecins qui n’ont plus besoin de se baisser, et voient mieux « ce qui se passe ». Douloureuse et inconfortable, elle est aussi aberrante au niveau physiologique puisqu’elle ne fait pas profiter le fœtus des effets de la gravité, ni de tous les mouvements du corps et du bassin de la femme permettant sa bonne progression.

    Par ailleurs, certaines femmes rapportent que ce qu’elles ont trouvé le plus pénible lors de leur accouchement, ce n’est pas d’avoir mal, mais d’avoir faim et soif ! En France, de nombreuses maternités interdisent aux femmes de boire et de manger pendant qu’elles accouchent. Le corps médical avance le risque d’étouffement, si l’estomac des femmes est plein et qu’elles doivent subir une anesthésie générale. Rappelons le fait que plus de 80 % des femmes ont une péridurale : brandir les risques dus à une anesthésie générale paraît donc un peu tordu. On sait en plus aujourd’hui comment vider l’estomac en cas d’intervention urgente, c’est ce qui se passe quand des personnes ont de graves accidents de voiture de retour d’un bon dîner bien arrosé par exemple… Interdire aux femmes de boire et manger relève du dogme, et non de la science. C’est aussi une maltraitance au vu du prodigieux effort physique que représente un accouchement, que l’on peut comparer à un marathon.

    Vous mettez en cause le recours aux épisiotomies de routine. Pourquoi ?
    L’autre argument employé pour justifier la position allongée des femmes, avance qu’il serait plus facile, pour le médecin, de procéder à une épisiotomie. Cette « opération » consiste à sectionner sur plusieurs centimètres, au bistouri ou au ciseau, la chair, la muqueuse et le muscle du périnée de la femme qui accouche, juste avant la naissance du bébé, puis à recoudre cette incision. Cette mutilation inclut la section définitive de nerfs, voire d’une partie profonde du clitoris dont on sait maintenant qu’il se prolonge de part et d’autre du vagin. Les conséquences de l’épisiotomie ressemblent pour beaucoup des femmes à celles de l’excision : douleurs intenses pendant plusieurs semaines, perte d’estime de soi, souffrance pendant les relations sexuelles, chute de libido, dépression. Pour justifier cette pratique cruelle, le mondé médical a d’abord invoqué la protection du bébé : protéger le cerveau des enfants, qui risquerait d’être endommagé lors du passage dans le vagin de leur mère. Puis on s’est rendu compte que ce n’était pas valide.

    On a donc gardé la pratique, mais on a dit que c’était pour protéger le périnée des femmes, et empêcher les déchirures. Ce qui est également faux. Les études démontrent que l’épisiotomie non seulement n’évite pas les très rares déchirures importantes du périnée, mais surtout en augmente la gravité. Preuve de l’irrationalité de cette pratique : la grande variation des chiffres d’un pays à l’autre, d’un hôpital à l’autre et d’un soignant à l’autre. En 2010 en France, 27 % des femmes qui ont accouché ont subi une épisiotomie (44 % pour les femmes accouchant de leur premier enfant). La même année, elles étaient 75 % à Chypre et 73 % au Portugal, ces deux pays occupant le haut du classement dans la découpe du sexe des femmes. En revanche, elles n’étaient que 7 % en Suède et 5 % au Danemark. Dans les hôpitaux de Nanterre et Besançon, qui se sont engagés contre les épisiotomies de routine, les soignants ne pratiquent ce geste que sur moins de 1 % de leurs patientes !

    Le corps des femmes est capable de mettre les enfants au monde, rappelez-vous. Peut-être l’accouchement pourrait-il même être l’occasion pour elles de se découvrir des forces insoupçonnées ?
    Les femmes qui accouchent, quand on les laisse tranquilles, ont des forces décuplées. Et si elles crient ce n’est pas forcément de douleur, mais parce qu’elles vivent des sensations très fortes. Un peu comme quand on saute en parachute ou qu’on est sur des montagnes russes. Mais dans une société sexiste, l’image d’une femme puissante, qui crie, cela ne cadre pas. On préfère une vision de la femme fragile, avec un corps défaillant, qui tombe dans les pommes à la moindre émotion. Il vaut mieux qu’elle se taise, qu’elle ne bouge pas, qu’elle soit souriante et bien coiffée. Certains médecins présentent d’ailleurs la péridurale comme le moyen idéal d’avoir des salles d’accouchement silencieuses.

    Il faut arrêter d’affirmer aux femmes qu’elles risquent de mourir en mettant leurs enfants au monde. 90 % d’entre elles peuvent accoucher sans aucune aide, médicale j’entends. Ce dont elles ont besoin, c’est de soutien émotionnel, parce que c’est intense. C’est ce que font normalement les sages-femmes. Évidemment, il faut pour cela qu’elles soient très disponibles, et qu’elles ne courent pas d’une salle à l’autre comme c’est le cas actuellement dans les hôpitaux, et comme cela risque de s’aggraver au fil des réformes que subit l’hôpital public.

    Peut-on néanmoins espérer que cette situation évolue dans le bon sens ?
    C’est un système qui reste compliqué à changer de l’intérieur. En France, il est difficile pour une femme de trouver une alternative à l’hôpital. Les sages-femmes à domicile, celles qui veulent travailler différemment et décident de s’installer en libéral, sont mises en difficultés par les pouvoirs publics qui exigent d’elles de payer des assurances très élevées. Quant aux maisons de naissance, elles restent très marginales. Le changement viendra peut-être grâce à nos voisins ? Aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, les services de médecine encouragent les femmes à accoucher chez elles, parce qu’elles y sont mieux, plus tranquilles. Elles ne subissent pas d’actes médicaux dommageables, et les risques ne sont pas plus élevés. Les pays où l’accouchement est très médicalisé ne sont pas ceux où les décès sont les moins nombreux. En France, où le médicalisation est forte, la mortalité maternelle est de 8,4 décès pour 100 000 naissances. Aux Pays-Bas où, en 2010, un quart des femmes ont accouché à domicile accompagnées d’une sage-femme, la mortalité maternelle est de 4,9 sur 100 000 naissances.

    Il faudrait que les responsables politiques cessent de déléguer la question de l’accouchement aux seuls médecins. Il s’agit d’une vraie question de santé publique, et de liberté des femmes. Il y a en France 800 000 accouchements par an. Au moins 20 000 à 40 000 femmes y sont réellement maltraitées. 6% des femmes qui accouchent développement des stress post traumatiques, parce qu’elles ont été menacées dans leur intégrité physique [2]. Comme les soldats qui reviennent de la guerre ou les victimes d’attentats, elles ont peur, font des cauchemars, sont en grande fragilité psychologique. Pour certaines, cela peut porter atteinte au lien qu’elles nouent avec leur enfant. A contrario, une femme qui a pu exprimer sa pleine puissance, qui a été valorisée et considérée, sera moins sujette au baby blues et aux difficultés avec son nouveau-né. Les conditions d’accouchement sont un véritable problème de santé public. Il est temps que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’empare de cette question.

    Propos recueillis par Nolwenn Weiler
    Marie-Hélène Lahaye, Accouchement, les femmes méritent mieux, Éditions Michalon, 2018, 20 euros.

    Notes
    [1] Marie-Hélène Lahaye, juriste, est auteure du blog Marie accouche là, explorations politiques et féministes autour de la naissance. http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr Elle viens de publier Accouchement, les femmes méritent mieux, aux Éditions Michalon, 2018, 20 euros.
    [2] Voir ici https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00010882/document . Le chiffre de 20 000 à 40 000 femmes est une extrapolation (prudente) des 6% de stress-post traumatiques sur les 800 000 accouchements qui ont lieu chaque année.

    #Femmes #hôpital #médicalisation #accouchement #productivité #médecine #grossesse #Sages-femme #santé publique #maltraitance #péridurale

  • Etats-Unis : pourquoi cette mortalité record pour les femmes noires dans les maternités ?

    Triste record aux Etats-Unis : celui du #taux_de_mortalité des femmes noires lors de leur accouchement. Des chercheurs ont publié plusieurs études pour tenter d’expliquer cette hécatombe. Deux médecins qui ont enquêté sur cette tragédie dénoncent « un #racisme_institutionnel ».

    http://information.tv5monde.com/terriennes/etats-unis-pourquoi-cette-mortalite-record-pour-les-femmes-noi
    #maternité #femmes #femmes_noires #intersectionnalité #accouchement #mortalité #mourir_d'accouchement #Etats-Unis #USA

  • Maternités américaines : « Si Tanesia avait été blanche, elle serait encore en vie » - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/02/04/maternites-americaines-si-tanesia-avait-ete-blanche-elle-serait-encore-en

    Aux Etats-Unis, et plus encore à New York, les femmes noires sont davantage touchées par la mortalité maternelle. La famille Walker a perdu sa fille en novembre des suites d’un accouchement. Depuis, elle tente de comprendre, entre désarroi et colère.

    « La nuit, je fais des cauchemars. Je rêve que ma sœur est morte. Et quand je me réveille, je réalise qu’elle l’est vraiment. » Assis sur le canapé de l’appartement familial, Dwayne Walker peine à appréhender sa nouvelle réalité. Celle d’une vie sans Tanesia. Sa complice, l’aînée de la fratrie. A ses côtés, leur mère, Marcia, visage hagard plongé dans ses mains, répète d’une voix lasse : « On ne sait pas, on ne sait pas, on ne sait pas… Cela fait deux mois que Tanesia est morte, et on ne sait toujours pas pourquoi. » Elle tripote nerveusement des photos de sa fille, étalées sur la table basse. Sur chaque cliché, un même sourire éclatant. Ultimes vestiges d’un bonheur révolu, d’une vie écourtée brutalement.

    Fin novembre, à peine vingt heures après son accouchement, la jeune femme de 31 ans est morte dans un hôpital de Brooklyn. Et si les résultats de l’autopsie se font attendre, les Walker sont convaincus d’une chose : « Si Tanesia avait été blanche, elle serait encore en vie. » Ils n’ont probablement pas tort. Car loin d’être un cas isolé, le décès de Tanesia Walker illustre une tendance alarmante aux Etats-Unis, seul pays développé où la mortalité maternelle, des femmes noires en particulier, progresse. Faute de statistiques fiables, Washington n’a pas publié de taux officiel depuis une décennie. Mais travaux universitaires et estimations internationales pointent un même constat : dans la première puissance mondiale, les mères meurent beaucoup plus souvent que dans les autres pays riches. Au sein de l’OCDE, seul le Mexique fait pire. Selon l’organisation, le taux de mortalité américain s’élevait en 2014 à 24 décès pour 100 000 naissances. Environ trois fois plus qu’en France, quatre fois plus qu’au Canada et sept à huit fois plus qu’au Japon, aux Pays-Bas ou en Norvège.

    Comme Tanesia Walker, entre 700 et 900 femmes meurent chaque année aux Etats-Unis de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. 50 000 autres souffrent de sévères complications, qui entraînent parfois des séquelles à vie. Pour expliquer ce fléau, les experts avancent plusieurs facteurs, à la fois médicaux et sociaux : forte prévalence de l’obésité et des maladies cardiovasculaires, difficultés d’accès au système de santé, absence de congé maternité obligatoire, taux élevé de césariennes. En 2015, dans les hôpitaux américains, une femme sur trois a ainsi donné naissance par césarienne, contre une sur cinq en France. Avec, fatalement, un risque accru de complications postopératoires.

    Les faiblesses du système médical américain ne sont pas une révélation. Sur une pléthore d’indicateurs, les Etats-Unis sont à la traîne (lire page 9). Mais au-delà des comparaisons internationales, peu flatteuses, c’est l’ampleur du fossé racial qui choque le plus. D’après le Centre pour le contrôle des maladies, « le risque de mortalité dû à la grossesse est trois à quatre fois plus élevé chez les femmes noires que chez les blanches. »

    Fossé racial

    New York fait encore pire. Métropole parmi les plus inégalitaires au monde, la ville occupe une place unique dans ce débat sur la mortalité maternelle. On y trouve à la fois des recherches de pointe sur le sujet, un volontarisme politique inédit et l’une des illustrations les plus criantes de ce saisissant fossé racial. En 2015 et 2016, la municipalité a mené deux études approfondies pour mesurer l’ampleur du problème. De précédents rapports laissaient présager de mauvais résultats, qui se sont révélés pires encore : le taux de mortalité des mères noires à New York est douze fois supérieur à celui des blanches. Et contrairement à certaines idées reçues, obésité, diabète et pauvreté (qui touchent plus fortement la communauté noire) ne suffisent pas - loin de là - à expliquer de telles disparités. Une femme noire de poids normal présente encore deux fois plus de risques de complication qu’une femme blanche obèse.

    « Ma sœur était en excellente santé, dit Dwayne Walker. Elle était sportive, ne buvait pas, ne fumait pas. » Adolescente, avant que la famille quitte les Caraïbes pour New York, Tanesia portait le maillot de l’équipe jamaïcaine d’athlétisme. Etudiante brillante, diplômée en justice criminelle à Manhattan, elle a d’abord été cadre dans une banque. Avant d’entamer, poussée par sa passion du voyage, une carrière d’hôtesse de l’air chez American Airlines, où elle était soumise à des tests médicaux réguliers. « Sa grossesse s’est déroulée sans le moindre problème », assure son frère. Le jour de l’accouchement, c’est lui qui l’a conduite à l’hôpital. Sans imaginer un instant qu’il ne la reverrait jamais vivante.

    Le 27 novembre, vers midi, Tanesia Walker, déjà maman de Tafari, 1 an et demi, donne naissance par césarienne à un second garçon, Tyre. Ses parents lui rendent visitent peu après. Marcia raconte : « Elle souriait, le bébé endormi sur sa poitrine. » En fin d’après-midi, toutefois, elle dit se sentir faible, se demande s’il n’y a pas des complications. « Elle avait perdu du sang pendant l’opération. Sa peau avait un teint verdâtre », assure son père, Junior Walker. « C’est à cause de l’éclairage », aurait balayé une infirmière. Les proches quittent l’hôpital en début de soirée. Vers 2 heures du matin, Tanesia envoie un texto à son fiancé, se plaignant de douleurs abdominales.

    « Peu après 4 heures, l’hôpital nous a appelés pour dire que son état était critique », poursuit Junior. Il se précipite sur place avec sa femme. « C’était la panique, médecins et infirmières s’activaient autour de son lit. Sa chemise de nuit était maculée de sang », dit-il en montrant une photo prise avec son téléphone portable. Vers 6 h 45, le décès est prononcé. Dwayne, qui travaille de nuit, arrive peu après. Sa douleur se mêle à la colère : « J’ai supplié l’équipe médicale de me dire ce qui s’était passé. Personne n’avait l’air de savoir. » Un médecin évoque la piste d’une embolie pulmonaire, une pathologie très souvent évitable mais responsable de près de 20 % des morts maternelles à New York.

    Comme après chaque décès postopératoire, une autopsie a été réalisée par les services médico-légaux de New York. Deux mois plus tard, les résultats n’ont toujours pas été publiés. Un délai qui indigne la famille. « On nous laisse avec nos doutes et nos spéculations », soupire Dwayne. Dans les jours ayant suivi le décès de Tanesia, son père affirme avoir été sollicité plusieurs fois par l’hôpital, malgré ses refus répétés, pour un éventuel don d’organes. « Voulaient-ils cacher quelque chose ? » s’interroge-t-il. Contacté par Libération, l’hôpital public Suny Downstate, géré par l’Etat de New York, se refuse à tout commentaire, invoquant la « confidentialité des patients ».

    « Ville ségréguée »

    Et si Tanesia Walker avait tout simplement accouché… dans le mauvais hôpital ? Le rapport publié en 2016 par la ville a en effet révélé des disparités géographiques criantes en matière de santé maternelle. D’un quartier à l’autre, le risque varie du simple au triple. Le centre de Brooklyn, à très forte population noire, affiche les taux de complication les plus élevés. C’est là que vivent les Walker, à l’extrémité est de Crown Heights, une zone encore épargnée par la vague de gentrification qui recouvre rapidement la ville depuis quinze ans. Le site d’investigation ProPublica, spécialisé dans les sujets d’intérêt public, a publié récemment une longue enquête sur ce dossier. On y apprend notamment que l’hôpital « Suny Downstate, où 90 % des femmes qui donnent naissance sont noires, a l’un des taux de complication d’hémorragie les plus élevés » de tout l’Etat.

    « Les inégalités raciales sont ancrées dans l’histoire de ce pays, admet sans détour le Dr Deborah Kaplan, responsable de la santé maternelle, infantile et reproductive à la municipalité de New York. Les quartiers où vit en particulier la communauté noire ont souffert d’un désinvestissement public ciblé. Cela a contribué à rendre notre ville très ségréguée. » Les hôpitaux sont un marqueur majeur de cette ghettoïsation : moins bien financés et équipés, moins attractifs pour le personnel de santé, les établissements dont la majorité des patients sont noirs affichent les pires statistiques.

    Pour tenter de réduire ce fossé racial « choquant », explique le Dr Kaplan, les autorités de santé veulent agir en priorité dans les zones les plus affectées. Les défis ne manquent pas : mieux informer les jeunes Afro-Américaines sur les risques encourus ; améliorer leur suivi médical avant, pendant et après la grossesse ; mieux former et sensibiliser le personnel soignant. Un comité d’une trentaine d’experts, inédit aux Etats-Unis, vient en outre d’être mis sur pied. Objectif de ces travaux, entamés mi-janvier : étudier en détail chaque cas de mortalité maternelle à New York pour en tirer le maximum d’enseignements.

    Biais raciste

    Parmi les autres initiatives lancées par la ville : un partenariat avec des « doulas », ces femmes chargées d’accompagner, soutenir et informer les mères à tous les stades de leur maternité. C’est le combat de Chanel Porchia. Cette mère de six enfants a créé il y a dix ans à Brooklyn le collectif Ancient Song Doula Services, qui propose notamment un service de doula gratuit ou à prix modique. « Que ce soit lors des rendez-vous médicaux ou dans la salle d’accouchement, on remarque que lorsqu’une doula est présente, il y a un changement dans la manière dont les femmes sont traitées, explique-t-elle. La façon dont les soignants parlent aux patientes, la qualité des soins, tout cela peut changer par notre simple présence. »

    Pour Chanel Porchia, le biais raciste de certains soignants ne fait pas l’ombre d’un doute : « Un client blanc et riche bénéficiera toujours d’une oreille plus attentive. Envers les femmes noires, il y a un comportement très condescendant, une manière de leur dire "vous ne savez pas de quoi vous parlez" et de ne pas être à leur écoute. » Tout en berçant son dernier-né dans son bureau aux murs de briques rouges, elle raconte avoir recueilli des témoignages de femmes « menacées de signalement aux services sociaux pour avoir tenté de refuser une césarienne ». Car, au-delà du #racisme latent, Chanel Porchia dénonce un « système de santé cassé », tourné vers le profit et la productivité : « Aux Etats-Unis, nous manquons de sensibilité culturelle, de compassion pour les femmes qui donnent naissance, car tout est géré comme une entreprise. L’objectif est de libérer les places au plus vite. »

    Signe d’une prise de conscience, le collectif Black Mamas Matter (« les mamans noires comptent ») a vu le jour en juin 2015. Porté par plusieurs associations et ONG, il ambitionne de sensibiliser un maximum d’acteurs, des futures mères aux professionnels de santé en passant par les élus au Congrès. Le collectif milite notamment pour un meilleur suivi médical, tout au long de la vie, et pas uniquement au cours de la grossesse. Aux Etats-Unis, près de la moitié des naissances se font sous Medicaid, l’assurance publique réservée aux plus modestes. « De nombreuses femmes, noires notamment, deviennent éligibles à Medicaid à partir du moment où elles tombent enceintes », explique Elizabeth Dawes Gay, présidente du comité directeur de Black Mamas Matter. Dans la plupart des Etats, dont New York, cette assurance prend fin six semaines après l’accouchement. « Six semaines, c’est déjà très peu, ajoute Elizabeth Dawes Gay, mais même au cours de cette période, l’attention se porte surtout sur l’enfant. Les soins post-partum dans notre pays sont quasi inexistants. »

    Autre obstacle majeur au suivi médical : l’absence de congé maternité obligatoire. Lentement, les choses évoluent. Au 1er janvier, l’Etat de New York a ainsi mis en place un congé maternité de huit semaines. Mais seule la moitié du salaire est prise en charge. Pour les femmes aux faibles revenus, impossible dans ces conditions de joindre les deux bouts. Beaucoup reprennent le travail trop tôt. « Si vous retournez travailler deux semaines après avoir accouché, quand trouvez-vous le temps de prendre soin de votre santé ? » interroge Elizabeth Dawes Gay.

    « Usure » physique

    Pour cette activiste basée à Atlanta, éviter les interruptions de couverture maladie s’avère d’autant plus crucial que les femmes noires sont par définition plus à risque. Conséquence d’un racisme latent subi depuis le plus jeune âge. « Le racisme intrinsèque à notre société représente une source chronique de stress, souligne Elizabeth Dawes Gay. La crainte des violences policières, les discriminations au travail ou au logement, la ségrégation : tout cela s’accumule pour fragiliser la santé des femmes noires. »

    Le racisme engendrerait donc une détérioration physique, biologique ? La thèse n’a rien de farfelu. Depuis des années, Arline Geronimus, chercheuse à l’université du Michigan, s’intéresse au sujet. L’une de ses études, sur les marqueurs de chromosomes du vieillissement, a livré une conclusion stupéfiante : l’organisme d’une femme noire de 50 ans paraît en moyenne sept ans et demi plus vieux que celui d’une femme blanche du même âge. Cette « usure » physique devrait conduire, selon elle, à une prise en charge médicale adaptée, en particulier en cas de grossesse. En clair : une femme noire de 30 ans devrait être considérée comme étant autant à risque qu’une femme blanche de plus de 35 ans.

    « Une femme ne devrait pas mourir parce qu’elle veut donner la vie. Pas aux Etats-Unis. Il faut que les gens soient informés », dit Dwayne Walker, le frère de Tanesia. Dès que les résultats de l’autopsie seront connus, la famille prévoit de porter plainte contre l’hôpital. Comme souvent ici, le contentieux se réglera sans doute par un gros chèque. De quoi prendre soin, matériellement, de Tafari et de Tyre. Courts cheveux bouclés, bouille malicieuse, l’aîné sort de sa chambre en courant et se précipite dans les bras de sa grand-mère, Marcia. A la vue de la photo de sa mère, il éclate en sanglots. « Tanesia était si aimante, si proche de lui. Depuis sa mort, il pleure beaucoup, refuse de manger. On ne sait pas quoi faire, se désole Dwayne. Ma mission est désormais de m’occuper d’eux. Nous allons leur donner autant d’amour que possible, ajoute Marcia. Mais rien ne remplacera jamais l’amour maternel. »
    Frédéric Autran

    À mettre en lien avec ce magistral article en anglais où la gravité de la non prise en compte de la douleur des femmes noires par le personnel soignant est très bien expliqué :
    https://seenthis.net/messages/650756

    #maternité #accouchement #hôpital #santé #discriminations #femmes_noires #états_unis

  • Au CHU de Besançon, les épisios ne sont plus lésion - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/01/30/au-chu-de-besancon-les-episios-ne-sont-plus-lesion_1626275

    Le centre hospitalier du Doubs a, depuis quinze ans, cantonné le bistouri aux cas exceptionnels. La pratique, encore régulière en France, est décriée pour son manque de respect des femmes.

    L’été dernier, en pleine polémique sur les violences obstétricales, elle dit avoir ressenti le besoin de « se mettre dans une bulle ». A 32 ans, Amandine attendait alors son premier enfant. « J’avais déjà entendu pas mal de récits pas forcément drôles de copines, et avec tout ce qui se disait alors sur l’épisiotomie, j’avais très, très peur de l’accouchement, d’être déchirée, d’avoir mal », se souvient la jeune femme.

    Pour conjurer cette peur, cette employée de banque a appliqué une méthode singulière : « Je me disais : "Tu as de la chance, tu accouches à Besançon." » Car dans la maternité du centre hospitalier universitaire (CHU) de la préfecture du Doubs, le taux d’épisiotomies est le plus bas de France : moins de 1 % des femmes accouchant par voie basse subissent cette incision chirurgicale partielle du périnée, (entre le vagin et l’anus), censée agrandir la zone de passage du bébé. Rien à voir avec la moyenne nationale qui, quoiqu’en baisse, atteint tout de même les 20 % (34,9 % pour les premières naissances et 9,8 % pour les autres) d’après les dernières données parues en octobre (1). A la maternité du CHU de Besançon, à l’inverse, seules 12 épisiotomies ont été pratiquées en 2016 pour 2 900 naissances.

    De quoi rassurer les futures mères, telle Amandine : « J’avais fait part de mes craintes à la sage-femme libérale qui me suivait, se souvient-elle. Elle avait justement été formée dans cet hôpital et elle m’a assuré que si cela devait arriver, c’est que c’était "ultra-nécessaire". J’ai aussi choisi cet établissement pour sa réputation en la matière. »

    « Poids des habitudes »

    Ce jour-là, assise à côté de son lit dans l’une des quarante chambres individuelles du service, la jeune femme brune, tout sourire, peut souffler : la naissance de sa petite Louison trois jours plus tôt n’a « pas du tout été la catastrophe qu’[elle] appréhendait ». Et de louer le « respect de la femme et du bébé » qui règne dans la maternité, ainsi que la disponibilité et la pédagogie du personnel.

    N’en jetez plus ! Aurait-on déniché un paradis de l’enfantement, loin du sang et des larmes, où les vagins vivraient heureux tout en ayant beaucoup d’enfants ? Mollo tout de même, tempère le chef du pôle « mère-femme », le Dr Didier Riethmuller. « On ne peut pas promettre qu’il y aura zéro épisiotomie, mais seulement que s’il doit y en avoir une, c’est qu’elle était absolument indispensable », avertit le médecin. Comment, dès lors, expliquer que l’incision polémique soit si peu pratiquée dans son service, et même plus largement en Bourgogne-Franche-Comté (8,8 %), quand l’Ile-de-France, par exemple, est à 24 % d’épisiotomies ? « Je crois que la région bénéficie de l’héritage d’un patrimoine obstétrical basé sur le bon sens, avance le Dr Riethmuller. Je pense aussi que le poids des habitudes et des croyances est déterminant. »

    Ainsi, depuis sa première description par le praticien irlandais Sir Fielding Ould, en 1742, l’épisiotomie a été longtemps perçue comme une manière d’anticiper, par une incision nette car chirurgicale, d’éventuelles lésions graves, pouvant aller jusqu’à la déchirure du sphincter anal. « Pendant très longtemps, protéger la continence des femmes a été une problématique essentielle. Jugez plutôt : au XIXe siècle, même la comtesse de Lavalette s’est carrément fait répudier à cause de son incontinence », conte le Dr Riethmuller. A tel point que le geste est devenu quasi systématique au fil du temps : il y a vingt ans, le taux d’épisiotomies culminait à 55 % dans l’Hexagone. A la même époque, le CHU bisontin, bien en dessous de la moyenne nationale (30 %), avait déjà entrepris de moins dégainer son bistouri en salle de naissance. L’élément déclencheur : une étude argentine publiée dans la revue médicale The Lancet, en 1993. Sa conclusion est sans appel : l’épisiotomie systématique n’empêche pas la survenue de lésions du périnée, et peut même compliquer les suites pour la mère.

    « Tire-chieurs »

    « Dès le début des années 2000, la consigne dans notre service était claire. Avant de pratiquer une incision, demandons-nous : "Est-ce que cela va rendre service à la femme ?" » se souvient le Dr Riethmuller. D’abord accueillie avec une pointe d’inquiétude par l’équipe, cette nouvelle philosophie est très vite adoptée : « On a publié au fil du temps une série de travaux attestant que les effets délétères redoutés n’étaient pas là », précise le chef de service. Puis, en 2005, à l’issue d’un groupe de travail dont le Dr Riethmuller était membre, le Conseil national des gynécologues et obstétriciens français publie des recommandations en faveur de pratiques plus « restrictives ». Le pourcentage d’épisiotomies n’a depuis eu de cesse de dégringoler à Besançon : rien qu’entre 2003 et 2010, il est passé de 18,8 % à 1,3 %.

    Se pose alors la question de la formation continue à ce geste si peu pratiqué dans ce CHU. Pour ce faire, mannequins, vidéos et autres parties intimes de porcs sont mis à contribution. Mais il n’empêche que, dans certaines situations, bien réelles cette fois, l’équipe n’a pas d’autre choix que d’inciser : quand il y a un « risque de délabrement » des parties génitales de la mère, notamment quand l’utilisation de forceps s’impose ou en cas de danger pour le nouveau-né.

    Sinon, c’est la règle du « respect périnéal » prônée par Didier Riethmuller qui fait foi. Ce qui implique tout de même quelques ajustements : « Prendre le temps : c’est le principe que j’essaie d’enseigner aux jeunes, à qui je dis qu’ils ne sont pas des "tire-chieurs" », plaisante le chef de service. Le temps nécessaire à l’élongation naturelle du périnée, donc, de telle sorte que la sortie de l’enfant soit contrôlée afin d’éviter tout effet « boulet de canon ». « Vous faites du sport ? » nous demande-t-il. Affirmatif. Explication en image : « Ce qu’il faut, c’est l’équivalent d’un stretching pour éviter les claquages. »

    Au premier étage de l’immense et moderne bâtiment, c’est un peu cet entraînement qui vient de se jouer, lors d’une séance de préparation à l’accouchement. « Le périnée est tellement méconnu que c’est très important de donner aux femmes l’accès à ce muscle », détaille la sage-femme qui anime ces séances, Patricia Moyne. Et de déplorer que cet inconnu soit « quasiment absent des programmes de sciences et vie à l’école ». Alors, cette professionnelle qui exerce ici depuis presque trente ans, essaie de « donner un sens à tout ce qui se passe au cours de l’accouchement, de la perfusion aux contractions, en passant par le périnée, pour que les femmes ne se sentent plus dépossédées de ce moment ». Cela passe bien sûr par des explications, y compris anatomiques, des exercices de visualisation, de contractions-décontractions du muscle, ou encore par des massages au cours du dernier mois.

    « Coups de bistouri »

    Assise sur un des ballons de grossesse colorés disséminés dans la salle, Coralie, ingénieure de 32 ans, a découvert lors de son premier rendez-vous à la maternité que cette dernière avait une pratique restrictive de l’épisiotomie. « J’y reste », a-t-elle immédiatement pensé. Car pour cette troisième grossesse, la jeune femme espère bien ne pas revivre certains traumatismes. « J’ai mis presque quinze jours à pouvoir me rasseoir après mon premier accouchement. C’est un peu la honte de se trimballer avec un petit plaid à mettre sous ses fesses, souffle-t-elle en rougissant. D’autant qu’on ne m’a pas vraiment expliqué ce qui se passait. »

    « On entend parler de "point du mari" [une suture du périnée plus serrée que nécessaire, ndlr], de coups de bistouri systématiques… Ça fait vraiment flipper », abonde Soraya, 32 ans, dont c’est la première grossesse. « Quand j’ai entendu parler du CHU, ça m’a enlevé un poids », affirme cette prof. Pour Pauline, laborantine de 25 ans, pour qui c’est aussi une première, il est même question de « préserver notre féminité : au départ, je me disais qu’on allait forcément me charcuter. J’ai eu trois rendez-vous dans une clinique, et puis j’ai entendu parler de la manière dont cela se passait ici, et j’ai décidé d’y accoucher ».

    La maternité risque-t-elle d’être victime de son succès ? Que nenni, rétorquent les professionnels qui y travaillent, pour qui les cas de femmes prêtes à engloutir des kilomètres pour venir y mettre au monde leur enfant demeurent « anecdotiques » : certaines viennent des départements limitrophes, et une petite poignée de la Suisse voisine, voire de la région lyonnaise. Quant à dupliquer le modèle comtois sur tout le territoire, le Dr Riethmuller est sceptique : « Je ne suis pas certain que cela soit transposable partout… Pour ma part, j’ai la chance d’avoir une équipe médicale au sein de laquelle tout le monde rame dans le même sens. » Et sans trop de galères.
    (1) Selon la dernière enquête nationale périnatale, menée sur 14 142 naissances survenues entre le 14 et le 20 mars 2016 dans les 517 maternités de métropole et d’Outre-mer.
    (2) Friese K, Labeit D, Runkel S, Melchert F, « Routine vs selective episiotomy : a randomised controlled trial ; Argentine Episiotomy Trial Collaborative Group, The Lancet, 1993.
    Virginie Ballet

  • "Phobies d’impulsion des mères : « Elle se voyait jeter son bébé contre le mur »"
    https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180110.OBS0404/phobies-d-impulsion-des-meres-elle-se-voyait-jeter-son-bebe-contre-le-mur

    C’est une séquence cinématographique qui traverse l’esprit. L’acteur principal (c’est vous) perpètre une terrible et irrémédiable action. Vous vous jetez sous les rails du métro ou y poussez la dame qui attendait distraitement au bord. Vous balayez les jambes d’un vieillard claudiquant. Vous tuez toute votre famille, la nuit de Noël, avec le couteau du fromage. Ou même, vous jetez l’enfant d’une amie par la fenêtre de chez elle.

    C’est un flash. Une possibilité. Un éclat de nerfs. Une rébellion sordide. Un acte anti-civilisationnel que l’on entrevoit une seconde.

    En psy, c’est tout à fait documenté, on appelle ces scénarios intrusifs et la crainte qui en découle des phobies d’impulsion.

    Chez les personnes sans trouble particulier, cela n’a aucune conséquence. Ces images s’écrasent dans la conscience comme une goutte d’eau sur le sol. Pour les autres, qui sont phobiques ou obsessionnelles, ces flashs peuvent devenir envahissants.

    (...) Pourquoi les jeunes mères ? Parce qu’en plus d’être éventuellement phobiques ou obsessionnelles, elles sont épuisées. Parce qu’elles vivent un ébranlement identitaire quand elles donnent naissance à un enfant (je deviens ma mère mais pas la mienne). Parce qu’elles ont entre les mains un être dont la dépendance à elles est vertigineuse.

    (...) Emilie et son compagnon en ont ri parce qu’ils vivent en Suède où ces phobies, qu’on appelle « tvångstankar » ("pensées forcées"), sont décrites dans les guides pour jeunes parents.

    La mère de 27 ans se souvient d’une discussion réconfortante avec des amis, médecins suédois, qui lui ont expliqué que ces pensées étaient bien connues des soignants à l’hôpital lorsqu’ils font face à des patients sans défense.

    #phobie_d'impulsion #pensée_forcée #maternité #accouchement

  • Histoire du Nord (1/4) - La culture ouvrière et la figure de Martha Desrumaux France Culture - Pierre Outteryck - Marion Fontaine _

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/histoire-du-nord-14-la-culture-ouvriere-et-la-figure-de-martha-desruma

    Ce matin nous évoquons une grande figure du mouvement ouvrier dans cette région : Martha Desrumaux. Elle est née en 1897, orpheline dès l’âge de 9 ans elle commence à travailler à la filature Cousin Frères de Comines à l’âge de 12 ans, l’année suivante elle est déjà syndiquée. Martha est une figure emblématique du mouvement ouvrier, mais aussi une féministe et une résistance, elle a été déporté à Ravensbrück en 1941. Une campagne nationale organisée par l’Association des amis de Martha voudrait qu’elle puisse faire son entrée au Panthéon l’année où on célèbre le 35ème anniversaire de sa mort.

    En deuxième partie d’émission nous parlons plus largement de cette culture ouvrière dans le Nord, pour en comprendre ses origines ainsi que son évolution.

    Une émission co-animée par Victor Macé de Lépinay

    #Femmes #Luttes #Histoire #Emancipation #Accouchement-sans-douleur #Nord #Ouvrière #Syndicaliste #Déportée #Féministe #Audio

  • Sanctions dans les centres fédéraux | Puni pour avoir voulu assister à la naissance de son enfant
    https://asile.ch/2017/12/21/sanctions-centres-federaux-puni-voulu-assister-a-naissance-de-enfant

    https://asile.ch/wp/wp-content/uploads/2017/12/Capture-d’écran-2017-12-21-à-15.33.03.png

    Un couple est arrivé séparément en Suisse. La femme, arrivée la première, a été attribuée à un canton, où elle a attendu le terme de sa grossesse. Lorsque son mari est arrivé en Suisse, le SEM l’a envoyé trois mois au centre fédéral des Rochats, dans la montagne loin de tout, à six kilomètres à […]

  • Why are so many new and expectant mothers dying in the US? — Quartz
    https://qz.com/1108193/whats-killing-americas-new-mothers
    https://qzprod.files.wordpress.com/2017/10/2210808485_6e579919f2_o.jpg?quality=80&strip=all&w=1600

    one of the US’s most shameful statistics. With an estimated 26.4 deaths for every 100,000 live births in 2015, America has the highest maternal mortality rate of all industrialized countries—by several times over. In Canada, the rate is 7.3; in Western Europe, the average is 7.2, with many countries including Italy, Norway, Sweden, and Austria showing rates around 4. More women die of childbirth-related causes in the US than they do in Iran (20.8), Lebanon (15.3), Turkey (15.8), Puerto Rico (15.1), China (17.7), and many more.

    #santé #maternité #accouchement #femmes #États-Unis

    • When it comes to pregnant women, this manifests itself in a focus on the child, at the cost of a focus on the mother, as highlighted in a recent investigation by NPR and ProPublica into the issue. Health-care professionals spend their time and energy on the baby. This was the experience of the Logelin family—in the end, it was a case of the woman not being fully seen or heard by the US medical system.
      Newborn Maddy Logelin.
      Newborn Maddy Logelin. (Photo courtesy of Matt Logelin)

      Jen Albert, a communications professional from Philadelphia who nearly died after developing polyhydramnios (excess of amniotic fluid) and being induced, says her experience taught her that “no one expects that someone could die in childbirth.” The only potential risks that are taken seriously, she says, are the child’s, while “the mother is only a vehicle to bring the baby.”

      #réification #mépris #sexisme

  • 1847, Semmelweis et l’asepsie - Corpus - réseau Canopé
    https://www.reseau-canope.fr/corpus/video/semmelweis-et-l%E2%80%99asepsie-144.html
    https://www.reseau-canope.fr/corpus/videos/asepsie_et_semmelweis.jpg

    http://www.lepetitcelinien.com/2012/08/semmelweis-lapotre-du-lavage-des-mains.html

    #Semmelweis, l’apôtre du lavage des mains
    par Sébastien LAPAQUE

    Ce médecin hongrois a été le premier à remarquer que les femmes ne mouraient plus en couches quand l’accoucheur se lavait les mains. Il a fini dans un asile, ses théories ayant été considérées comme insensées. Il est difficile de croire aujourd’hui qu’au milieu du XIXe siècle en Europe, un médecin ait été ostracisé par ses confrères, banni des hôpitaux et des maternités, considéré comme demi-fou, parce qu’il prônait au personnel de se laver les mains avant toute intervention et de nettoyer soigneusement les instruments utilisés.

    #hygiène
    #révolution_scientifique
    #femmes
    #accouchement
    #sexisme_médical
    #aseptie
    #folie
    #infections_nosocomiales
    #microbes