• « L’Utopie déchue » : comment Internet est devenu un instrument de contrôle social
    https://usbeketrica.com/article/l-utopie-dechue-comment-internet-est-devenu-un-instrument-de-controle-s

    En replaçant le combat pour la liberté d’expression dans la longue histoire des médias, depuis l’invention de l’imprimerie jusqu’à l’avènement de notre monde connecté, le sociologue et activiste Félix Tréguer raconte dans son livre L’utopie déchue (Fayard, 2019) que l’État a toujours su s’adapter aux changements technologiques pour policer l’espace public et asseoir son emprise sur les citoyens. Ce faisant, il nous invite à repenser la critique technologique et refuser l’informatisation du monde. L’histoire (...)

    #Apple #Google #Amazon #Facebook #algorithme #activisme #contrôle #manipulation #technologisme #censure #domination #GAFAM #Patriot_Act #PRISM #surveillance #web #Wikileaks #LaQuadratureduNet (...)

    ##EFF

  • Google Hires Firm Known for Anti-Union Efforts
    https://www.nytimes.com/2019/11/20/technology/Google-union-consultant.html

    After nearly two years of unrest, the company appears to be cracking down on employee activism. Google has hired an anti-union consulting firm to advise management as it deals with widespread worker unrest, including accusations that it has retaliated against organizers of a global walkout and cracked down on dissent inside the company. The firm, IRI Consultants, appears to work frequently for hospitals and other health care organizations. Its website advertises “union vulnerability (...)

    #Google #algorithme #Dragonfly #activisme #harcèlement #surveillance #travail #travailleurs

  • Google Accused of Creating Spy Tool to Squelch Worker Dissent
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-10-23/google-accused-of-creating-spy-tool-to-squelch-worker-dissent

    Company says it’s an effort to curb calendar, meeting spam Allegation underscores tensions between employees, leadership Google employees are accusing the company’s leadership of developing an internal surveillance tool that they believe will be used to monitor workers’ attempts to organize protests and discuss labor rights. Earlier this month, employees said they discovered that a team within the company was creating the new tool for the custom Google Chrome browser installed on all (...)

    #Alphabet #Google #algorithme #Dragonfly #activisme #militarisation #harcèlement #discrimination #surveillance #travail #travailleurs (...)

    ##Trojan

  • Fronde chez Google : des employés contestataires licenciés
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/26/fronde-chez-google-des-employes-contestataires-licencies_6020571_3234.html

    Les salariés dénoncent une « escalade dans la pratique de l’intimidation » par la direction de l’entreprise. La fin de la culture de la transparence dans une entreprise qui en avait fait son signe distinctif ? Trois jours après la manifestation de salariés de Google devant les bureaux du groupe, à San Francisco, vendredi 22 novembre, le moteur de recherche a annoncé, lundi 25 novembre, le licenciement de quatre salariés pour « violations claires et répétées » des procédures sur la sécurité des (...)

    #Google #GoogleSearch #algorithme #activisme #migration #militarisation #conditions #Maven #Dragonfly #surveillance #travail (...)

    ##travailleurs

  • The Ayatollah Comes for the Internet
    https://www.nytimes.com/2019/11/19/opinion/iran-internet-ban.html

    The almost complete shutdown imposed over the weekend sets a new oppressive benchmark. Authoritarian governments have increasingly sought to use internet disruptions and blockades as weapons to crush dissent. Reports of internet shutdowns have recently come from Hong Kong, Iraq and Indian-controlled Kashmir, where access to the internet has been cut off for more than three months now. Now it’s Iran’s turn. Over the weekend, the government imposed a nationwide internet blackout to suppress (...)

    #activisme #censure #surveillance

  • Les Etats-Unis ont espionné Julian Assange et ses visiteurs à Londres
    https://www.mediapart.fr/journal/international/211119/les-etats-unis-ont-espionne-julian-assange-et-ses-visiteurs-londres

    Pendant sa réclusion à l’ambassade d’Équateur à Londres, tous les faits et gestes de Julian Assange étaient filmés par les caméras d’une société espagnole assurant officiellement la sécurité des locaux, mais travaillant en sous-main pour la CIA. Les visiteurs du fondateur de WikiLeaks ont aussi été surveillés, dont l’avocat français Juan Branco, qui compte déposer plainte contre X. Une société espagnole a secrètement espionné pour le compte des États-Unis Julian Assange, alors qu’il était réfugié dans (...)

    #CIA #CCTV #activisme #vidéo-surveillance #écoutes #surveillance #Wikileaks

  • La reconnaissance faciale des manifestants est déjà autorisée
    https://www.laquadrature.net/2019/11/18/la-reconnaissance-faciale-des-manifestants-est-deja-autorisee

    Depuis six ans, le gouvernement a adopté plusieurs décrets pour autoriser l’identification automatique et massive des manifestants. Cette autorisation s’est passée de tout débat démocratique. Elle résulte de la combinaison insidieuse de trois dispositifs : le fichier TAJ (traitement des antécédents judiciaires), le fichier TES (titres électroniques sécurisés) et la loi renseignement. L’hypocrisie du gouvernement est totale lorsqu’il prétend aujourd’hui ouvrir un débat démocratique sur la reconnaissance (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #facial #reconnaissance #©gislation #LaQuadratureduNet #Traitement_d’Antécédents_Judiciaires_(TAJ) #TES #STIC #JUDEX #CNIL #LOPPSI #activisme (...)

    ##Traitement_d’Antécédents_Judiciaires__TAJ_ ##surveillance

  • #DFAK : Digital First Aid Kit : une trousse de premiers soins en cas de péril informatique et plus ?

    Un site vient d’être lancé afin de répondre à d’éventuels besoin d’aide / de protection contre les risques informatiques les plus courants en cas de perte d’appareil / perte d’accès à des comptes / fonctionnement inquiétant d’un appareil / message suspect / site web hors ligne / usurpation d’identité / harcèlement / données perdues / arrestation d’un proche.
    Mine de rien, c’est une base assez énorme, avec à chaque fois de multiples conseils et / ou questionnaire en ligne pour couvrir un maximum de situations et prévu pour venir en aide à des publics civils (lanceurs d’alertes, activistes, féministes, etc.) comme des organisations ou les formateur-ice-s en sécu, etc. @arnoferrat a un peu testé est est tombé sur une page d’erreur, tout en ayant une impression première « top » ( https://twitter.com/arnoferrat/status/1195291577993879552 ).
    Pour ma part, point de 404 mais beaucoup de liens vers des articles en anglais menant vers les sites partenaires, avec la sensation d’un environnement très entrepreneurial, mais c’est juste une sensation, aucun reproche concret à faire sur la première rapide visite, bien au contraire ! Vos avis et retours sont les bienvenus, tout comme j’aimerai avoir ceux de membres de legal teams ou def coll sur la partie répression...

    https://www.digitalfirstaid.org/fr

    Une trousse conçue pour vous conduire à la bonne équipe CiviCERT

    La trousse de premiers soins numériques est une ressource gratuite pour aider les intervenants du réseau de réponses rapides, les formateurs en sécurité numérique et les activistes amateurs de technologies à mieux se protéger et à mieux protéger les communautés qu’ils soutiennent contre les types les plus courants d’urgences numériques. Elle peut également être utilisée par les militants, les défenseurs des droits humains, les blogueurs, les journalistes ou les activistes dans les médias qui veulent en savoir plus sur la façon dont ils peuvent se protéger et soutenir les autres. Si vous ou quelqu’un que vous aidez éprouvez une urgence numérique, la trousse de premiers soins numérique vous guidera dans le diagnostic des problèmes auxquels vous faites face et vous dirigera vers des soutiens pour obtenir de l’aide si besoin.

    DFAK / A propos

    La trousse de premiers soins numériques est le fruit d’une collaboration entre le #RaReNet (Rapid Response Network) et le #CiviCERT.

    Le Réseau de réponse rapide est un réseau international d’intervenants réactifs et d’experts en sécurité numérique qui comprend l’EFF, Global Voices, Hivos & the Digital Defenders Partnership, Front Line Defenders, Internews, Freedom House, Access Now, Virtual Road, CIRCL, Open Technology Fund, ainsi que des experts individuels en sécurité qui travaillent dans le domaine de la sécurité numérique et des interventions d’urgence.

    Certaines de ces organisations et personnes font partie de CiviCERT, un réseau international de services d’assistance en matière de sécurité numérique et de fournisseurs d’infrastructures qui se concentrent principalement sur le soutien aux groupes et organisations luttant pour la justice sociale et la défense des droits humains et numériques. CiviCERT est un cadre professionnel pour soutenir les efforts distribués de la communauté d’intervention rapide CERT (Computer Emergency Response Team). CiviCERT est accrédité par Trusted Introducer, le réseau européen d’équipes de confiance pour l’intervention d’urgence en informatique.

    La trousse de premiers soins numérique est également un projet open-source qui accepte des contributions extérieures : https://gitlab.com/rarenet/dfak

    Sites référence : https://www.rarenet.org + https://www.civicert.org

    #autodefense #defense_informatique #defense_numerique #securite_informatique #securite_numerique #intimite #activisme #repression #censure

  • The U.S. Military Is Monitoring Interfaith Group Opposed to Child Separation, Leaked Document Reveals
    https://theintercept.com/2019/11/11/border-protest-groups-surveillance

    U.S. military forces deployed to the southern border are monitoring domestic protesters, including anti-border wall groups, according to an internal Pentagon document obtained exclusively by The Young Turks and The Intercept. The military, the document reveals, has focused particular attention on an interfaith group peacefully protesting the Trump administration’s child separation policy. The document includes what’s called a “threat estimate,” an assessment detailing the risk of perceived (...)

    #ICE #activisme #migration #surveillance

  • Vers une histoire de la violence , Le Courrier Suisse, 3 novembre 2019, par Francois Cusset
    https://lecourrier.ch/2019/11/03/vers-une-histoire-de-la-violence

    Vers une histoire de la violence
    La violence parle le langage du pouvoir. Le terme a toujours été le pivot d’un « tour de magie ancestral », selon ­l’historien François Cusset, qui consiste à agiter le « fantasme d’une violence imminente » pour justifier une violence « présente, dûment rationalisée ». L’histoire de la violence ? « Une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations. »
    dimanche 3 novembre 2019 François Cusset
    Vers une histoire de la violence
    Déploiement de la police montée lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris. FLICKR/CC/JEANNE MENJOULET
    Analyse

    Quand l’oligarchie athénienne qualifie de « barbare », il y a 2500 ans, l’immense majorité de la population extérieure à l’oligarchie – femmes, non-propriétaires, esclaves, étrangers, ennemis –, ce mot suffit à justifier par avance la violence d’Etat qui pourra être exercée contre eux. Et l’opération est plus explicite encore quand le conseiller à la sécurité nationale du président George W. Bush déclare en 2002 : « Un Etat voyou est n’importe quel Etat que les Etats-Unis déclarent tel ». Au-delà de la paranoïa belliqueuse post-11 septembre, l’arbitraire revendiqué de la formule sert à soumettre la justice à la puissance, ancestral coup de force rhétorique qui rappelle que si, comme le posait jadis (Blaise) Pascal le janséniste, « la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique », l’équilibre de ces deux pôles reste une vue de l’esprit, et l’usage officiel de la force sera toujours le meilleur moyen de s’arroger les vertus de la justice.

    Les exemples ne se comptent plus de cette vieille prestidigitation des pouvoirs, consistant à agiter le fantasme d’une violence imminente, et archaïque, pour justifier une violence présente, dûment rationalisée. Les migrants qu’on rafle et qu’on expulse pour le danger supposé de certains d’entre eux ou juste, à mots de moins en moins couverts, pour les emplois et les allocations qu’on ne peut pas distribuer sans limites, ni faire violence à ceux qui y auraient vraiment droit. Le missile israélien qui déchiquette quelques familles dans les territoires palestiniens pour l’attentat terroriste qu’ils seraient là-bas, d’après les services secrets, en train de fomenter dans l’ombre.

    Ou encore, moins spectaculaire, le militant écologiste qu’on jette en prison pour avoir arraché des plants de maïs, comme si les pesticides et les OGM n’exerçaient pas la plus grande des violences sur les corps et les biotopes. Et le jeune punk délogé avec brutalité de sous une porte cochère parce que sa forme de vie ou ses atours sont associés par la bien-pensance publique au parasitisme, au vandalisme ou à l’égoïsme anti-social. On n’est jamais très loin de l’autre bout du spectre, où la jeune femme venue déposer plainte pour agression sexuelle et le citadin gay pour insulte homophobe se voient reprocher plus ou moins implicitement un accoutrement ou des choix d’existence qui feraient violence à la bienséance voire à l’ordre public. Par cette inscription, cette façon de légitimer les arbitraires d’Etat, par les méfiances et les rancœurs qui relient les uns et les autres, la violence, bien plus que la déflagration d’un instant, est une chaîne de conséquences, une émotion circulatoire, le piège d’un circuit sans fin.

    C’est le premier problème que posent le mot et le concept de violence, qui rend difficile le travail nécessaire, mais délicat pour historiciser ces questions. Faire une histoire de la violence, pour en comprendre les formes d’aujourd’hui et l’usage tactique dans les luttes de résistance, est donc hautement problématique. Car si la violence légitime est exercée au nom d’une violence antérieure, pour « pacifier » les sociétés comme on le dit depuis la Seconde Guerre mondiale, alors tout dans une telle histoire risque bel et bien d’être à double lecture. Et de fait, le grand tournant historique ici, autour des conquêtes coloniales et de la naissance de l’Etat moderne, sur une longue période qui va du XVIe au XIXe siècles, nous a toujours été présenté comme celui d’une atténuation et d’un encadrement juridique et politique (voire « civilisationnel ») de la violence – alors que l’historiographie récente a pu enfin démentir cette approche et démontrer que les violences d’Etat et les violences coloniales ont été bien pires, par leur bilan quantitatif comme leur ordre normatif, que la conflictualité ordinaire, celle de la vie sociale traditionnelle ou des luttes intercommunautaires, qu’elles étaient censées réduire.

    A l’insécurité résiduelle, avant le Code pénal et l’éclairage nocturne, de nos villes et nos villages, où en effet on pouvait impunément détrousser le visiteur ou occire le manant, l’Etat moderne a substitué ses cadres coercitifs, normalisateurs et centralisateurs, et sa passion punitive légale, à mesure que se creusait le fossé entre le danger objectif et la sanction pénale : entre les années 1980 et aujourd’hui, par exemple, pendant que chutaient en France les taux d’homicides, mais aussi de délits pénaux moindres, la population carcérale a été multipliée par 2,3, « inutilement » en somme.

    Pour compléter ces deux axes majeurs de l’histoire politique moderne – conquête coloniale et formation de l’Etat – on peut ajouter que celle-là s’est prolongée, une fois acquises les indépendances nationales sur les continents concernés (de 1802 pour Haïti à 1962 pour l’Algérie), sous la forme d’un endocolonialisme1 du cru, entretenu par la tutelle économique et morale des anciennes métropoles, ou des nouvelles puissances. Quant à celle-ci (la formation de l’Etat), elle est ce qui a permis aux guerres entre nations voisines, qui avaient toujours existé, d’acquérir une forme rationnelle et systématique et une échelle absolument inédite, qui culminèrent avec les deux guerres mondiales et leur mobilisation totale des corps et des esprits – pas besoin d’être un naïf anarchiste pour y voir une conséquence directe de l’inflation de la forme-Etat, d’un Etat « paroxystique ». Plus simplement dit : Napoléon fait édicter les codes civil et pénal, mais il ravage l’Europe ; les papes de la Renaissance sauvent les âmes des autochtones, mais en en faisant massacrer les corps ; la France apporte en Afrique du Nord l’éducation publique et quelques infrastructures, mais aussi la torture et le racisme d’Etat ; et si lois et normes se sont imposées peu à peu dans les foyers et les rues, d’Occident d’abord, y limitant les risques de désordres imprévus, ce fut avant tout sur les cadavres, innombrables, des insurgés de 1848, des communards de 1871, des mineurs de 1947 ou des refuzniks les plus têtus des années 1970 – ou encore, pour que nous vivions en paix à l’ère du « zéro mort » policier, sur les cadavres de Malik Oussékine, Carlo Giuliani ou Rémi Fraisse. Ou juste les 3000 blessures graves infligées par les policiers français en 30 samedis de « gilets jaunes ».

    En plus de la colonisation qui aurait sorti les peuples primitifs de l’arriération guerrière, et de l’Etat moderne qui aurait pénalisé les arbitraires locaux et les violences interindividuelles (jusqu’aux duels, dont la pratique disparaît enfin au début du XXe siècle), le troisième pilier de cette histoire de la modernité comme pacification sociale et restriction de la violence est à trouver du côté de la civilité. A partir du XVIIe siècle, la civilité est diffusée par les manuels de savoir-vivre et les nouvelles règles descendantes, prônées par l’aristocratie puis la bourgeoisie, ces règles neuves qui recommandent de ne pas se moucher dans la nappe, de discuter au lieu de frapper, d’être pudique et mesuré en toutes occasions.

    C’est la grande thèse du sociologue Norbert Elias sur le « processus de civilisation » comme intériorisation des normes et autorépression de la violence. Sauf qu’elle a été mal comprise, et que même Elias, plus subtil que ses exégètes, en énumérait les limites : la violence des barrières sociales qu’instaurent ces normes ; le mal-être et les complexes imputables à cette privatisation de l’existence ; et surtout les exceptions de taille que sont, au fil de ce processus de trois siècles, les mouvements sociaux qu’on massacre, l’Etat qui punit injustement, les peuples colonisés qui n’ont pas droit à un traitement aussi civil, les guerres de plus en plus longues et sanglantes qui dérogent à tout cela. Difficile, en un mot, de tracer ici le fil continu d’une histoire unidirectionnelle, qui verrait quand même, grosso modo, dans l’ensemble, réduite la violence collective et pacifiées les mœurs communes.

    La pire violence est rationnelle

    Une histoire de la violence à l’ère moderne doit donc être surtout une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations sous le prétexte, multiforme et récurrent, d’en prévenir, d’en punir, d’en empêcher ou d’en « civiliser » la violence première – autrement dit, la violence instinctuelle, barbare, inéduquée, infantile, subjective, incontrôlable, là où la violence punitive, parce que légitime, et ne s’appelant donc plus violence, serait rationnelle, légale, élaborée, légitime, adulte, objective, mesurée.

    Certitude intemporelle : le pouvoir n’existe que pour pointer et endiguer une violence qu’il dit originelle. Et que celle-ci soit ou non un mythe, son discours infini sur elle et ses actes officiels contre elle finissent par la faire exister, au moins dans nos esprits rompus à l’idée qu’à l’origine est la violence (du Big Bang, de l’accouchement, ou du sauvage que personne encore n’a sauvé de lui-même) et qu’au terme d’une évolution digne, se trouverait l’apaisement (par les lois, l’éducation, l’ordre, la culture, les institutions, sans même parler du commerce).

    C’est précisément ce postulat profondément ancré, ce postulat d’une violence chaotique des origines à endiguer et à prohiber, qu’une véritable contre-histoire de la violence, ou une histoire des usages de la catégorie de violence, doit avoir à cœur de démonter – de mettre à nu. C’est aussi capital, et moralement faisable, que de démonter, sous l’occupation, le mensonge des affiches de propagande nazie qui présentaient la résistance comme violence sauvage et terrorisme meurtrier. Car ce récit des origines nous voile les vérités de l’histoire, à l’instar des fictions sur « l’état de nature », bien sûr introuvable dans l’histoire réelle, qui sous-tendent les simplismes de droite, avec leur méchant Léviathan venu encadrer le chaos effrayant où « l’homme est un loup pour l’homme », aussi bien que les angélismes de gauche, avec leur bon sauvage rousseauiste et leur civilisation venue corrompre l’humain pacifique. Il n’y a pas de bon sauvage ni de loup-pour-l’homme qui tiennent : loin de ces mythes, il y a les dialectiques de l’histoire, qui ont fait de l’Etat moderne comme de la civilité partout promue des forces à double effet, émancipatrices et répressives, autorisant une rupture avec la tradition aussi bien qu’une re-normalisation coercitive.

    Pendant ce temps, les violences insurrectionnelles décriées et brutalement réprimées, au présent de leur irruption, par les classes dirigeantes, furent la seule communauté réelle d’un peuple que tout divisait par ailleurs et, bien souvent, le seul moyen d’obtenir des avancées effectives sur le terrain du droit, des conditions de vie et de travail, de l’égalité sociale et des libertés civiles – au fil de trois siècles d’émeutes et d’insurrections noyées dans le sang, mais sans lesquelles les quelques progrès de l’histoire moderne n’eurent jamais été obtenus.

    La violence instinctuelle existe évidemment, mais elle n’est que ponctuelle, là où la violence instituée, rendue invisible par les dispositifs de justification étatico-normatifs, dévaste et tue partout et en continu. « Le plus dangereux, dans la violence, est sa rationalité », concluait Michel Foucault en 1979. Les montages financiers ultra-complexes qui mettent en faillite des pays lointains, les exploits technologico-industriels qui mettent en danger la pérennité de la vie sur Terre, ou les trésors d’intelligence stratégique et de créativité esthétique déployés pour produire à l’excès et vendre n’importe quoi ne cessent, aujourd’hui, d’en apporter la désolante illustration – outre qu’ils rappellent que derrière les guerres et les massacres, les sexismes qui tuent et les racismes qui assassinent, la violence la plus dévastatrice aujourd’hui est sans conteste la violence de l’économie. Et ce, d’abord sur les psychés, exsangues, humiliées, pressurisées, réduites à la haine de soi et à l’horizon bouché des rivalités constantes, dont on ne se libère qu’en sautant par la fenêtre.

    Notes
    1. ↑ Forme de néocolonialisme où, malgré l’indépendance nationale, le pays colonisé reste économiquement et politiquement sous l’emprise du colon.

    L’auteur est historien des idées et professeur à l’Université de Nanterre. Récente publication : Le déchaînement du monde : logique nouvelle de la violence, La Découverte, 2018.

    Article paru (version longue) dans Moins !, journal romand d’écologie politique, dossier : « La violence en question », n°43, oct.-nov. 2019.

  • Hurler son ras-le-bol

    Plusieurs petites gouttes d’eau ont fait récemment déborder plusieurs grands vases.

    Au Liban, la colère populaire a germé instantanément au milieu du mois autour d’une taxe sur les applications gratuites de téléphonie.

    Au Chili, en même temps, il a suffi d’une hausse de 6 ¢ du prix du ticket de métro pour déclencher des manifestations monstres.

    À Hong Kong, jeudi, des dizaines de milliers de personnes ont profité de l’Halloween pour manifester masquées en contravention d’un règlement. La fronde dure là depuis cinq mois.

    Les exemples semblables de minicauses aux mégaeffets se multiplient partout sur la planète. Il y a eu des mouvements contestataires populaires plus ou moins semblables en Russie, en Serbie, en Ukraine, en Albanie, en Algérie et bien sûr en France, où les gilets jaunes ont lancé leurs premières protestations il y a tout juste un an, d’abord pour s’en prendre à la hausse du prix du diesel.

    À tout coup, à l’évidence, de larges portions de la population utilisent un prétexte pour descendre dans la rue, le plus souvent pacifiquement, et crier leurs ras-le-bol devant la vie chère, les inégalités sociales, l’avenir bouché. Oxfam a révélé en début d’année que 26 multimilliardaires possèdent autant que la moitié de la planète.

    Il y a en fait autant de mouvements de colère populaires en cette fin de décennies que dans les turbulentes années 1960. Seulement, les chances de succès de cette effervescence sociopolitique, très souvent pacifique, semblent moins assurées qu’à l’époque.

    La répression « intelligente »

    Une étude éclairante de la professeure Érica Chenoweth, de l’Université Harvard, publiée en 2017 (Trends in Non Violent Resistance and State Response) montre que la manifestation non violente impliquant un millier de personnes et plus est devenue la norme au cours des dernières décennies. Mais si cette mécanique de changement social semblait jusqu’à récemment d’une « efficacité surprenante », selon la spécialiste, la décennie qui achève a vu ses succès « décliner dramatiquement ».

    La résistance non violente a pour ainsi dire été inventée pour libérer l’Inde de l’Empire britannique dans les années 1940. Le monde vient de célébrer en octobre le 150e anniversaire de naissance de Gandhi, père de cette stratégie politique.

    Les données de Mme Chenoweth établissent qu’entre cette période fondatrice et 2010, la moitié des manifestations suivant ce modèle ont obtenu une part du succès escompté avec une forte poussée du recours au modèle depuis les années 1980, avec la fin de la guerre froide. Le rideau de fer est d’ailleurs en partie tombé quand des millions d’Européens de l’Est ont marché dans les rues.

    Faire tomber des régimes, ce n’est pas le seul critère de la réussite. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas la tête du gouvernement qu’on ne parvient pas à lui arracher des concessions et à consolider un rapport social et politique favorable.
    — Ricardo Pinafiel

    L’étude montre aussi que la répression violente n’a stoppé que 15 % des campagnes de revendications, comme à la place Tian’anmen en 1989. De plus, si toutes les formes de protestations, ou presque, déclenchent une réaction plus ou moins coercitive, les États sous pression ont maintenant appris à résister en jouant de diverses tactiques. Les régimes plus ou moins autoritaires savent renforcer la loyauté des élites partisanes (par exemple en brutalisant les « traîtres » pour servir de leçon), stimuler l’adhésion populaire (par exemple en présentant les manifestants comme des agents manipulés par l’étranger), miner les mouvements contestataires (par exemple par la censure ou des campagnes de salissage des réputations des leaders).

    La politicologue parle de « smart repression », la répression intelligente utilisant aussi des agents provocateurs, des agents infiltrés ou la surveillance de masse. De sorte que de 2010 à 2016, le taux de succès des manifs a chuté à environ 20 % sous la moyenne. Bref, l’espace civique s’est refermé.

    De la « démocrature »

    « On observe mondialement une tendance à la criminalisation de l’action collective », commente Ricardo Pinafiel, professeur de sciences politiques de l’UQAM. « C’est malheureusement une tendance forte et elle affecte aussi toutes les démocraties libérales, y compris les plus consolidées. Comme dans la France des gilets jaunes, il y a partout une manière généralisée de discréditer ce type d’action. »

    Sa spécialité se concentre sur l’Amérique latine, qui a rejeté le modèle des dictatures militaires à la fin du XXe siècle avant de migrer en partie récemment vers ce que M. Pinafiel appelle la « démocratie autoritaire » (d’autres disent démocrature), capable de réprimer les contestations.

    « C’est le modèle d’Erdogan en Turquie, celui de Poutine en Russie et celui de Maduro au Venezuela. On est face à de l’abus de pouvoir, à une trop grande centralisation du pouvoir et souvent à une politique antilibérale ancrée dans des récits révolutionnaires ou nationalistes, avec un seul leader pour guider le peuple. J’applique également ce concept de démocratie autoritaire au Chili, et même au Chili de la présidente Michelle Bachelet. »

    Le professeur québécois préfère une perspective qualitative à l’approche quantitative adoptée par sa collègue de Harvard tout en reconnaissant la valeur de ses conclusions. Avec le politologue canadien Martin Breaugh (L’expérience plébéienne. Une histoire discontinue de la liberté politique, PUF), Ricardo Pinafiel suggère de parler de « plèbe » pour comprendre l’explosion de manifestations dans le monde.

    « La plèbe est faite des citoyens qui n’ont pas de titre à gouverner. Ils peuvent représenter jusqu’à 99 % des gens. Leur parole ne compte pour rien. Ce sont des locuteurs non autorisés de la scène politique. Leur seule forme d’expression c’est le nombre, la masse, c’est le fait de sortir dans la rue. Et si ce seul espace de manifestation qu’il leur reste est censuré, à ce moment, il n’y a plus de démocratie possible. »

    En fait, parfois, à quelque chose malheur est bon. Le professeur québécois n’aime pas trop ce concept d’« efficacité » qui oublie de considérer l’ensemble des retombées des mouvements sociaux.

    « En Amérique latine, beaucoup de présidents sont autrefois tombés à la suite de manifestations, rappelle-t-il. Maintenant, Maduro ne tombe pas au Venezuela. Piñera ne tombera peut-être pas au Chili. Il a été d’une brutalité extrême et il s’est excusé. Les équipes de communications ont tiré des leçons. Mais faire tomber des régimes, ce n’est pas le seul critère de la réussite. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas la tête du gouvernement qu’on ne parvient pas à lui arracher des concessions et à consolider un rapport social et politique favorable. »

    https://www.ledevoir.com/monde/566182/comment-les-etats-ont-appris-a-reagir-aux-protestations-non-violentes
    #conflits #manifestations #résistance #révoltes #pacifisme #Liban #Chili #Equateur #Catalogne #Hong-Kong #activisme

    Avec ce commentaire du Devoir sur twitter :

    Plusieurs peuples dans le monde hurlent en ce moment leur #ras-le-bol du pouvoir en place et de ses actions. Mais les révoltes pacifiques sont-elles encore efficaces ?

    https://twitter.com/LeDevoir/status/1191100471081152517
    ping @cede @karine4
    et ping @davduf autour de la question du #maintien_de_l'ordre et de la #répression de ces mouvements

  • New report shows 100+ members of civil society targeted as NSO Group continues to evade scrutiny
    https://www.accessnow.org/new-report-shows-100-members-of-civil-society-targeted-as-nso-group-conti

    In May this year, we published an article detailing a WhatsApp breach where the secure messaging app was found to be vulnerable to a specific type of attack by malicious actors. Today, on the back of a lengthy investigation by WhatsApp and our friends at Citizen Lab, we are finally learning more about who the targets of those attacks were and how they were carried out. The joint investigation revealed that a total of 1400+ individuals were targeted, out of whom over 100 have already been (...)

    #NSO #Facebook #WhatsApp #smartphone #Pegasus #spyware #activisme #journalisme #écoutes #hacking #surveillance (...)

    ##AccessNow

  • NSO, l’espionnage tous azimuts
    https://www.liberation.fr/planete/2019/10/31/nso-l-espionnage-tous-azimuts_1760866

    Selon Reuters, le logiciel Pegasus développé par la sulfureuse entreprise israélienne, dénoncé pour avoir servi à surveiller des militants des droits de l’homme et des opposants politiques, a aussi été utilisé pour cibler « de hauts responsables gouvernementaux » dans une vingtaine de pays. La recension publique des états de service de l’entreprise israélienne NSO Group, « pépite » de la « start-up nation » du Proche-Orient en matière de logiciels espions, continue de s’enrichir. Ce jeudi, Reuters affirme en (...)

    #NSO #WhatsApp #Pegasus #smartphone #spyware #activisme #journalisme #écoutes #hacking #surveillance #AmnestyInternational (...)

    ##CitizenLab

  • WhatsApp dépose une plainte contre l’entreprise israélienne NSO Group, accusée d’espionnage
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/10/30/whatsapp-depose-une-plainte-contre-l-entreprise-israelienne-nso-group-accuse

    NSO Groupe aurait directement contribué à une série d’appels « infectés », qui ont ciblé des militants des droits de l’homme et des journalistes en exploitant une faille de l’application, dénonce le dirigeant de WhatsApp. WhatsApp, l’une des applications de messagerie les plus populaires au monde, propriété de Facebook depuis 2014, a annoncé, mardi 29 octobre, avoir déposé plainte contre NSO Group, une société israélienne spécialisée dans les logiciels d’espionnage. WhatsApp l’accuse d’avoir contribué au (...)

    #NSO #Facebook #WhatsApp #cryptage #Pegasus #spyware #écoutes #hacking #surveillance #activisme #journalisme (...)

    ##CitizenLab

  • WhatsApp poursuit une société d’espionnage israélienne
    https://www.lapresse.ca/affaires/techno/201910/29/01-5247467-whatsapp-poursuit-une-societe-despionnage-israelienne.php

    WhatsApp a déposé plainte contre NSO Group, une société israélienne à la réputation sulfureuse, spécialisée dans les logiciels d’espionnage et accusée d’aider des gouvernements, du Moyen-Orient au Mexique, à épier des militants et des journalistes. L’application de messagerie cryptée détenue par Facebook avait admis en mai avoir été infectée par un logiciel espion donnant accès au contenu des téléphones portables. « Après des mois d’enquête, nous pouvons dire qui a mené cette attaque », a déclaré Will (...)

    #NSO #Facebook #WhatsApp #cryptage #Android #iPhone #Pegasus #smartphone #spyware #activisme #journalisme #écoutes (...)

    ##surveillance

  • Why WhatsApp is pushing back on NSO Group hacking
    https://www.washingtonpost.com/opinions/2019/10/29/why-whatsapp-is-pushing-back-nso-group-hacking

    In May, WhatsApp announced that we had detected and blocked a new kind of cyberattack involving a vulnerability in our video-calling feature. A user would receive what appeared to be a video call, but this was not a normal call. After the phone rang, the attacker secretly transmitted malicious code in an effort to infect the victim’s phone with spyware. The person did not even have to answer the call. Now, after months of investigation, we can say who was behind this attack. Today, we have (...)

    #Facebook #WhatsApp #Pegasus #smartphone #spyware #activisme #journalisme #écoutes (...)

    ##surveillance

  • Facebook Sues Israel’s NSO Group Over Alleged WhatsApp Hack
    https://www.haaretz.com/israel-news/facebook-sues-israel-s-nso-group-over-alleged-whatsapp-hack-1.8055832

    Facebook is seeking to have NSO barred from accessing or attempting to access WhatsApp and Facebook’s services after hacking spree that targeted journalists, diplomats, activists and others Facebook Inc. on Tuesday sued Israeli cyber surveillance firm NSO Group, alleging it hacked users of messaging platform WhatsApp earlier this year. The hacking spree targeted journalists, diplomats, human rights activists, senior government officials and others, Facebook said in its lawsuit, filed in (...)

    #NSO #WhatsApp #Facebook #Pegasus #smartphone #spyware #écoutes #hacking #surveillance #activisme #journalisme (...)

    ##AmnestyInternational

  • The FBI Spends a Lot of Time Spying on Black Americans
    https://theintercept.com/2019/10/29/fbi-surveillance-black-activists

    The FBI has come under intense criticism after a 2017 leak exposed that its counterterrorism division had invented a new, unfounded domestic terrorism category it called “black identity extremism.” Since then, legislators have pressured the bureau’s leadership to be more transparent about its investigation of black activists, and a number of civil rights groups have filed public records requests to try to better understand who exactly the FBI is investigating under that designation. Although (...)

    #FBI #BlackLivesMatter #discrimination #surveillance #activisme #ACLU #MediaJustice

  • The FBI Has a Long History of Treating Political Dissent as Terrorism
    https://theintercept.com/2019/10/22/terrorism-fbi-political-dissent

    While terrorism in the U.S. is relatively rare, over the last decade most politically motivated violence has come at the hands of far-right extremists. Despite that reality, the FBI has devoted disproportionate resources to the surveillance of nonviolent civil society groups and protest movements, particularly on the left, using its mandate to protect national security to target scores of individuals posing no threat but opposing government policies and practices. Since 2010, the FBI has (...)

    #FBI #activisme #anti-terrorisme #discrimination #surveillance #Islam

  • Comment le gouvernement égyptien traque et espionne ses opposants ?
    https://cyberguerre.numerama.com/1737-comment-le-gouvernement-egyptien-traque-et-espionne-les-i

    Menée sous la houlette de la firme Check Point Software Technologies, une enquête révèle les pratiques abusives du gouvernement égyptien en matière d’espionnage civil. Journalistes, avocats, universitaires, opposants politiques et défenseurs des droits l’homme font partie d’une liste de victimes toujours plus longue depuis le lancement de cette campagne, en 2016. En mars 2019, Amnesty International dénonçait une campagne de phishing sophistiquée visant des défenseurs des droits de l’homme égyptiens. (...)

    #GooglePlayStore #Android #géolocalisation #activisme #écoutes #sécuritaire #surveillance (...)

    ##Amnesty
    //c2.lestechnophiles.com/cyberguerre.numerama.com//content/uploads/sites/2/2019/10/george-kourounis-alOWb12SCAs-unsplash.jpg

  • China’s Global Reach : Surveillance and Censorship Beyond the Great Firewall
    https://www.eff.org/deeplinks/2019/10/chinas-global-reach-surveillance-and-censorship-beyond-great-firewall

    Those outside the People’s Republic of China (PRC) are accustomed to thinking of the Internet censorship practices of the Chinese state as primarily domestic, enacted through the so-called “Great Firewall”—a system of surveillance and blocking technology that prevents Chinese citizens from viewing websites outside the country. The Chinese government’s justification for that firewall is based on the concept of “Internet sovereignty.” The PRC has long declared that “within Chinese territory, the (...)

    #activisme #TheGreatFirewallofChina #censure #surveillance #EFF

  • Pour Julian Assange Monika Karbowska - Librairie-tropiques.over-blog.com - 14 Octobre 2019 La situation de Julian Assange, à la date du 10 octobre 2019
    http://www.librairie-tropiques.fr/2019/10/assange.html

    Pour Julian Assange et tous ceux qui osent affronter la "Bête".
    Depuis qu’il s’est avisé de révéler à la "communauté internationale" les turpitudes de toutes les classes dirigeantes qui la composent, et singulièrement ses prétendus "démocrates" donneurs de leçons, du genre de ceux qui ont dévasté le monde ces dernières années ( voir : "la stratégie du chaos" ), et non plus seulement les croquemitaines qui leurs servent commodément d’exutoire, Julian Assange n’est plus (du tout) en odeur de sainteté parmi les médias "de référence" et l’appareil idéologique qu’ils servent, de FOX News à France Television, en passant Le Monde, le New-York Times, Libération, CNN, Mediapart et le Figaro.
    
Désormais, les "lanceurs d’alerte" sont vivement incités à remiser leurs sifflets, sauf si c’est pour siffler la mi-temps et protéger l’appareil d’État en alimentant l’enfumage généralisé qui le pérennise (voir dernièrement à ce propos : Eleanor Goldfield ou le reportage de Vincent Lenormant sur les "démocrates radicaux" qui ont maintenant la faveur de cet appareil idéologique).

    Aujourd’hui au déni de justice, au droit bafoué, risque fort de s’ajouter un crime d’État, qui ne semble pourtant guère émouvoir notre (go)gauche morale et ses "intellectuels d’influence", et pas davantage les donneurs de leçon, ordinairement si prompts à farouchement dénoncer les atteintes aux droits de l’homme (et du citoyen)...

    En pratique...

    La situation de Julian Assange, à la date du 10 octobre 2019
    
Julian Assange n’est pas en bonne santé, son moral n’est pas bon.

    Il est détenu à Belmarsh dans une cellule individuelle dans l’unité médicale dont il ne sort qu’une heure ou deux par jour.

    Il peut recevoir des visites :
- il rencontre ses avocats plusieurs fois par semaine et a accès régulièrement à eux.
- il peut également recevoir des visites de ses proches trois fois par semaine.

    Les visites de ses avocats comme celles de ses proches sont en "principe" privées.

    Il peut recevoir du courrier et en reçoit beaucoup, mais tout est lu dans les 2 sens.
On peut lui écrire et il peut correspondre si on lui envoie une enveloppe timbrée
avec adresse du destinataire.

    Pour lui rendre visite :
    Julian doit d’abord en faire la demande
et inscrire le nom sur une liste de "visiteurs
Ensuite, il faut en faire la demande à la prison ;
cela peut prendre deux semaines pour obtenir l’autorisation de la prison.
La demande doit mentionner le nom du visiteur, sa date de naissance,
son numéro de téléphone, son adresse, deux preuves de résidence.
Et montrer sa carte d’identité ou son passeport le jour de la visite.
Donc :
1) lui écrire pour lui proposer de lui rendre visite
2) attendre sa réponse
3) celle-ci reçue, faire une demande de visite à la prison.

    Julian a accès depuis peu à un ordinateur fourni par la prison, mais pas à internet.
Julian a toujours son passeport australien et n’est donc pas apatride.

    Historique des faits.
    Julian Assange était détenu depuis le 11 avril (date de son arrestation) pour avoir violé les termes de sa mise en liberté sous caution lorsqu’il est allé se réfugier à l’Ambassade de l’Equateur en 2012. 

    Pour cette violation mineure il a avait été condamné à 50 semaines de réclusion, ce qui était pratiquement la peine maximale (1 an).
Ses avocats avaient fait appel contre cette condamnation, mais comme le tribunal a traîné pour nommer un juge pour entendre l’appel et que ce dernier étai hostile à Julian, ses avocats ont retiré leur appel.

    D’autant que, passé la moitié de cette peine, il devait être libéré pour bon comportement.

    Le 22 septembre dernier, le tribunal en a jugé autrement...

    Alors qu’il aurait du être libéré sous caution en attendant le déroulement de la procédure judiciaire relative à sa demande d’extradition, le juge a décidé de le maintenir en détention provisoire,
rejetant préemptivement la mise en liberté sous caution - avant même que Julian n’en ait fait la demande.

    Le juge a argué du fait que vu que Julian Assange avait violé les conditions de sa liberté sous caution en 2012 en se réfugiant à l’Ambassade d’Equateur, sa parole n’avait pas de valeur car s’il était libéré, il risquerait probablement de s’enfuir de nouveau.

    Le juge n’a envisagé aucune mesure alternative permettant à Julian Assange de recouvrer au moins une semi-liberté, confirmant le parti pris évident de la justice britannique dans son cas.

    Tous les documents personnels de Julian Assange, ont été saisis à l’ambassade par le gouvernement de l’équateur puis remis avec le département américain de la justice.
L’avocat de Julian Assange en Équateur a reçu fin septembre une notification officielle de la justice équatorienne l’informant que le gouvernement équatorien remettrait le contenu des ordinateurs de Julian
(saisis arbitrairement par l’Ambassade équatorienne lors de son arrestation) au ministère de la Justice des États-Unis le 2 octobre 2019.

    Ce fait est confirmé de source officielle équatorienne.
C’est une nouvelle violation flagrante de son droit à la vie privée
Articles

    12 de la Déclaration universelle ;
    17 de la Convention internationale sur les droits civils et politiques ;
    11 de la Convention interaméricaine sur les droits de l’homme,auxquelles est tenu l’Equateur, mais le gouvernement actuel, dans la main des Etats-Unis,n’en a cure.
    Les documents saisis contiennent tout ce dont disposait Julian Assange à l’Ambassade depuis 2012 (ordinateurs, disques durs, carnets de notes, manuscrits, y compris ses notes d’entretien avec ses avocats quant à la préparation de sa défense).

    Remettre ces documents au gouvernement qui le persécute et cherche à le juger revient à mettre Julian Assange à la merci de ses futurs juges.

    Au vu de la saisie des documents personnels de Julian Assange et leur mise
à la disposition de la justice américaine, sans aucune procédure pour ce faire,
le Rapporteur spécial sur la vie privée Joseph Cannataci est intervenu
plusieurs fois auprès des Equatoriens, en privé et publiquement,
pour leur demander de remettre ces documents à ses ayants droits.
Sans succès.

    Du côté des Nations Unies, les 4 rapporteurs spéciaux (experts indépendants) qui se sont prononcés sur le cas de Julian Assange poursuivent leurs efforts, dans le cadre limité qui est le leur :

    le Groupe de travail sur la détention arbitraire,qui continue de demander sa libération ;

    Le rapporteur spécial sur la torture (Nils Melzer)

    Le rapporteur spécial sur le droit à la vie privée (Joseph Cannataci)

    Le rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’homme (Michel Forst)

    Leur action se poursuit sur trois niveaux :
    – niveau diplomatique : le Rapporteur Spécial sur la torture a écrit
aux gouvernements suédois, britannique, US et équatorien,
arguant du fait que leur action conjuguée,
publique et juridique constitue une forme de torture psychologique incompatible
avec leurs engagements internationaux en vertu des conventions ratifiées
(Convention sur les droits civils et politiques et convention contre la torture).

    La Suède, les Etats-Unis et l’Equateur ont répondu par écrit.
Le Royaume Uni vient finalement de répondre à l’intervention (la semaine dernière)
du Rapporteur Spécial sur la torture ;

    Les lettres du Rapporteur Spécial et les réponses des 3 gouvernements sont
publiques (elles deviennent publiques automatiquement après 60 jours).
Donc à ce jour les 4 gouvernements ont répondu et les lettres de Nils Melzer
et leurs réponses sont publiques.
    – niveau juridique à travers la défense organisée par Gareth Peirce.

    Toujours au niveau juridique, une injonction du droit international des droits de l’homme et du droit européen des droits de l’homme lors de la défense de Julian Assange est indispensable.
La question est comment y procéder de la manière la plus efficace.
    – au niveau public : le Rapporteur Spécial sur la torture continue de s’exprimer publiquement comme en témoignent ses interviews aux différents médias afin de maintenir une mobilisation publique.

    La première audience d’extradition serait prévue en février 2020.


    Quand le sort d’un homme se joue aux dés 
Julian Assange jugé le 11 octobre 2019
    WikiJustice Julian Assange - Vendredi 11 octobre 2019
    Monika Karbowska

    Comme le 20 septembre 2019 son nom figurait en premier des jugés pour être extradés, mais c’est parce qu’il commence à la lettre A et que la liste des 21 hommes, majoritairement Polonais et Roumains et d’une femme azerbaidjanaise, est alphabétique. A la Westminster Magistrate Court, ce 11 octobre 2019, le greffier et le secrétaire du greffe préparait la séance dans la petite salle numéro 3 alors que le public a vite rempli les dix chaises réservées derrière la vitre. Julian Assange figurait donc à la séance du jour parmi les migrants d’Europe de l’Est vivant en Grande Bretagne et réclamés par la justice de leur pays à grand renfort de Mandats d’Arrêt Européens. Comme sur la liste du 20 septembre, certains des prolétaires accusés de vols, escroqueries ou autre bagarres et délit de pauvres étaient aussi menacés d’être livrés aux USA. Et Julian Assange est sur la même liste. Etrange sensation de le savoir en compagnie du prolétariat européen le plus vulnérable, le moins conscient de ses droits, le moins politisé. Mais ce jour-là, après toutes les avanies de cette justice expéditive ou l’on juge les hommes en leur absence, les militants de l’Association Wikijustice, ne s’attendaient même pas à le voir comparaitre.

    Notre soucis était de savoir si un minimum de défense serai présent pour lui, contrairement au 20 septembre dernier. Les dix places du public ont été vite remplies par Wikijustice et par les membres du comité de soutien britannique. Andrej Hunko, député de die Linke, était également présent dans le public, lui le combattant de longue date pour la justice en Europe, notamment pour une enquête internationale indépendante sur l’assassinat de 100 personnes brulées vives dans la Maison des Syndicat à Odessa le 2 mai 2014 au cours du Maidan ukrainien. Les familles des autres prévenus ont du hélas se contenter de places debout. Malheureusement, pour leurs hommes comme pour Julian Assange, la justice britannique fut rapide, sèche et dénuée de la moindre analyse.

    Madame Emma Arbuthnot, juge et présidente du tribunal a pris place à l’estrade et nous nous sommes tous levés. Le greffier lui a présenté le plan de travail. Julian Assange figurait sur la liste comme le numéro 11, mais finalement c’est dans un ordre tout à fait différent que les « cas », les hommes, ont été présentés à la juge. Le secrétaire du greffe commença par le cas numéro 16, et après avoir dit son nom à haute voix, appela le prévenu polonais de la prison de Belmarsh après avoir actionné la vidéo. Sur l’écran apparait alors un gardien qui affirme que M. K. est trop malade pour comparaitre ce jour-là. Et c’est tout. Terrible justice dématérialisée ou l’étrange comparution en vidéo déporte le tribunal ipso facto en prison et nous ramène vers une forme d’ancien régime, tellement le détenu est devenu immatériel, caché, inaccessible.
    . . . . . . . . . . .
    Madame la juge se lève alors et nous nous levons car elle sort de la salle. Nous croyons à une pause et nous apprêtons à discuter de ce que nous avons vu. Mais le greffier annonce que le cas de Julian Assange est discuté. Nous nous levons car un autre juge, un homme de 45 ans, arrive. Et la sinistre farce politique peut commencer. La vidéo s’anime et Julian Assange apparait devant nos yeux. Il s’assied sur une chaise dans un espèce de box ou un petit local avec des cadres derrière lui comme des miroirs sans teints. Il parait amaigri, en s’asseyant il se crispe nerveusement sur la chaise, une jambe posée sur l’autre, les bras croisés, les mains cachées, repliées. Il porte une longue barbe et des cheveux longs gris et blancs, le même sweat-shirt bleu délavé et ce même pantalon gris que sur la vidéo de Wandsworth d’avril et fuitée en mai. J’ai l’impression qu’il a froid et il fait froid en cette matinée humide d’automne à Londres.

    Je ne peux m’empêcher de me demander si quelqu’un lui a quand même fourni des vêtements ou de l’argent pour en acheter à l’intérieur de la prison, des produits de première nécessité auxquels tout être humain a droit, même enfermé. Je me remémore mon voyage d’hier à la prison de Belmarsh ou les gardiens du « visitor center » ont refusé de certifier s’il avait bien reçu nos colis avec les chaussettes chaudes. C’est bouleversant de le voir ainsi et je pense alors que nos chaussettes envoyées ne sont pas superflues.

    Julian Assange dit juste une phrase, « Paul Julian Assange » et sa date de naissance. Puis il garde jusqu’au bout un air absent. Il est légèrement penché en avant, le regard fixant le sol, comme s’il refusait de participer à cette mascarade. Nous ne savons pas exactement ce qu’il peut voir de la salle, probablement uniquement son avocate, l’accusation au premier rang, le greffier et le juge. Nous ne le voyons pas en entier, la caméra le coupant à la taille. Justement son avocate, Gareth Peirce est là, arrivée à 10h mais absente de la salle pendant la présentation des autres cas. Elle dialogue avec le juge, cela dure quelques minutes. Il me frappe qu’elle ne regarde pas Julian Assange. Elle ne se tourne pas une seule fois vers la vidéo et il n’y a entre eux aucun regard ni signe de connivence. On a l’impression d’assister à une pièce de théâtre dont tous les acteurs connaissent le jeu, les ficelles du jeu et naturellement le dénouement de l’intrigue. Normal, ils se connaissent tous car ils jouent dans la même troupe du système judiciaire alors que nous assistons à la comédie humaine en spectateurs impuissants. Mais il s’agit d’un homme dont le sort se joue à pile ou à face… Nous comprenons que Gareth Peirce demande la comparution physique de Julian Assange au tribunal la semaine prochaine, le 21 octobre. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais je pensais, suite à nos consultations juridiques avec les avocats spécialisés dans l’extradition, qu’à cette audience du 11 octobre seraient présentés les arguments de la défense et que le « management hearing » de la semaine suivante sert à lister les arguments des deux parties, défense et accusation. Puis le juge a 3 semaines pour trancher. Justement l’accusation est bien présente à l’audience en la personne d’une femme élégante qui parle en dernier, assise juste à côté de Gareth Peirce. Après l’audience elle m’explique qu’elle est la « request barrister », l’avocate de la « partie adverse », c’est-à-dire, me dit-elle, qu’elle défend les intérêts américains. Obligeamment elle me donne son nom,Clair Dobbin. Son CV fourni apparait immédiatement sur internet, et je remarque que ses bureaux d’avocat sont situés dans le même bâtiment que ceux de Matrix Chambers, le cabinet de barristers 1 dont l’un, Mark Summers, avait lu la fameuse lettre d’excuses de Julian Assange lors de l’audience du 2 mai.

    Le juge finit en demandant d’une voix forte à Gareth Peirce : pas « d’application » aujourd’hui ? Pas de requête, de demande de libération sous caution ? Non. Gareth Peirce, l’avocate de Julian Assange ne demande rien. Elle veut que tout se joue le 21 octobre. Son client fixe le sol de la prison et on ne sait s’il entend et comprend, ni s’il est d’accord. C’est fini. Le juge sort, nous nous levons et nous sortons dans le couloir ou se joue le reste de la comédie humaine et politique.

    Le 21 octobre ou le 18 octobre sont évoqués à l’audience. Nous savons maintenant qu’il faut nous précipiter au secrétariat du tribunal pour demander la confirmation des dates. Revenez demain, nous ne les avons pas encore dans l’ordinateur. Gareth Peirce reste un moment seule dans le couloir, à l’écart des Anglais des comités de soutien et des journalistes. Je me présente et je lui demande si je peux lui demander des explications. Elle commence à me parler, mais déjà le secrétaire du greffe la sollicite. Elle me propose de parler avec son assistante et le suit.

    Le 21 octobre une partie, ou tous les dés seront jetés.

    Que faire pour renforcer la défense de Julian Assange avant qu’il ne soit trop tard ?
    1- Dans le système anglais il existe une hiérarchie entre les avocats – les sollicitors sont les avocats en contact avec le clients qui peuvent plaider devant les tribunaux de première instance, les Magistrate Court. Mais pour aller à la Crown Court, tribunal de seconde instance il doivent louer les services d’avocats plus spécialisés, les barrister. Jennifer Robinson et Mark Summers ont été les barristers de Julian Assange alors que Gareth Peirce est son sollicitor.
    Monika Kabrowska

    Pour celles et ceux qui veulent écrire à la cour. Voici l’adresse, ainsi que le numéro de dossier de Julian Assange

    N°dossier European Arrest Warrant
AM 131226-10 :
N°dossier RCJ CO/1925/2011

    Mr/Mrs Président Magistrate of Westminster Court
181 Marylebone Road
London
    ECRIVEZ A JULIAN ASSANGE. WRITE TO JULIAN ASSANGE

    Julian Assange, éditeur de wikileaks. Participez à notre campagne de lettres de masse. Inondons la prison de Belmarsh de messages de soutien !

    Si vous pouvez joindre une photo d’actions ou le descriptif d’une action, ce n’est que mieux (une lettre envoyée à un parlementaire ou un ministre par exemple)
    Mr. Julian Assange (A 93 79 AY)
HMP Belmarsh
Western Way
London SE28 0EB
UK

    Il faut préciser son nom et son adresse complète au dos de l’enveloppe sinon le courrier n’est pas distribué.
Joindre enveloppes, papiers et timbres pour la réponse.

    Si le numéro d’écrou n’est pas mentionné, le courrier n’est pas distribué.
Pour ceux qui veulent s’inscrire pour téléphoner ou envoyer un mail, il faut s’inscrire sur ce site.
Le numéro d’écrou doit être mentionné sans espace : A9379AY
www.emailaprisoner.com

    Association WIKIJUSTICE JULIAN ASSANGE
    2 rue Frédéric Scheider, 75018 Paris
    Présidente Véronique Pidancet Barrière
    wikijusticejulianassange@gmail.com

     #assange #julian_assange #angleterre #prison #tribunal #justice #surveillance #nsa #etats-unis #en_vedette #activisme #usa #pouvoirs #politique #equateur #actualités_internationales #wikileaks #lanceurs_d'alerte #lanceur_d'alerte #répression #prison #prisons

  • Blizzard se retrouve au cœur d’une polémique internationale pour avoir appliqué la censure chinoise
    https://www.numerama.com/politique/559994-blizzard-se-retrouve-au-coeur-dune-polemique-internationale-pour-av

    Blizzard Entertainment est en train de payer cher sa décision de sanctionner un joueur pro de Hearthstone. Depuis quelques jours, Blizzard est dans l’œil du cyclone en raison d’une décision qui prête à débat. Ainsi, le studio a disqualifié un joueur professionnel de Hearthstone parce qu’il a osé s’exprimer sur la situation à Hong Kong (« Libérez Hong Kong, la révolution de notre temps ! »). Dans un contexte de crise entre la Chine et Hong Kong, la première étant privilégiée par les multinationales, cette (...)

    #Blizzard_Entertainment #game #jeu #activisme #surveillance #gamers

    //c0.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2019/10/o0bnyc9caqkb1513282267736.jpg

  • À Hong Kong, Apple retire une application utilisée par les manifestants pour repérer la police
    https://www.numerama.com/tech/559981-a-hong-kong-apple-retire-une-application-utilisee-par-les-manifesta

    Apple a retiré de son App Store à Hong Kong une application utilisée par les manifestants pour repérer les forces de l’ordre. L’entreprise et la police affirment qu’elle a été aussi utilisée pour commettre des crimes. Les révoltes à Hong Kong prennent depuis quelques semaines un enjeu international. La protestation lancée par des Hongkongais et Hongkongaise pour protester contre l’ingérence du gouvernement chinois implique des multinationales à plusieurs niveaux et toutes plient aux demandes de la Chine. (...)

    #Apple #activisme #surveillance #géolocalisation

    //c2.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2015/10/Tim-Cook.jpeg

  • Apple removes police-tracking app used in Hong Kong protests from its app store
    https://www.cnbc.com/2019/10/10/apple-removes-police-tracking-app-used-in-hong-kong-protests-from-its-app-stor

    Apple on Wednesday removed an app that protesters in Hong Kong have used to track police movements from its app store, saying it violated rules because it was used to ambush police. The U.S. tech giant had come under fire from China over the app, with the Chinese Communist Party’s official newspaper calling the app “poisonous” and decrying what it said was Apple’s complicity in helping the Hong Kong protesters. Apple rejected the crowdsourcing app, HKmap.live, earlier this month but then (...)

    #Apple #géolocalisation #activisme #surveillance