• Regroupement familial à Melun : des délais à rallonge et des vies de couple en suspens - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/11/12/regroupement-familial-a-melun-des-delais-a-rallonge-et-des-vies-de-couple

    « Libération » vous propose une série dans laquelle vous pouvez suivre au long cours les parcours d’étrangers en France. Aujourd’hui, on revient sur les cas de Ahmadu F., Mouad B. et Fatima Z., tous en attente de la décision favorable ou défavorable de la préfecture de Melun à leur demande de regroupement familial. Une décision qui se fait attendre bien au-delà des délais standards et dans l’absence de communication.

    « Le plus dur c’est d’être dans le flou total. J’aimerais comprendre quels sont les critères de la préfecture pour traiter les dossiers : s’il y a des nationalités prioritaires à d’autres, des profils privilégiés… On ne sait pas comment c’est géré alors qu’on dépend quand même du département le plus important d’Ile-de-France », pointe Ahmadu F., 31 ans, de nationalité sénégalaise, en attente de la décision de la préfète de #Melun (Seine-et-Marne) depuis treize mois. Comme lui, ils sont plusieurs dizaines à se plaindre, notamment sur des groupes Facebook privés, des retards conséquents pris par la préfecture en question pour répondre à leur demande de regroupement familial avec leur conjoint ou conjointe.
    Une fois l’attestation de dépôt du dossier reçue par le demandeur de regroupement familial, c’est l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) du département qui prend les devants en menant des investigations sur le logement et les ressources dans un délai fixé officiellement à deux mois, avant de le transmettre à la préfecture pour qu’une décision soit prise au bout de six mois.

    Ahmadu F. : « Si c’est un non, je veux pouvoir prendre mes dispositions rapidement »

    Installé en France depuis huit ans, Ahmadu F. a reçu son attestation de dépôt de la demande de regroupement familial en décembre 2017. L’Ofii a pris le relais et transmis en avril 2018, après cinq mois, tous les éléments à la préfecture de Melun qui garde depuis huit mois son dossier, sans lui donner la moindre nouvelle. Or toute préfecture s’engage à notifier la décision du préfet dans un délai de six mois à compter du dépôt du dossier complet à l’Ofii. Sinon, la préfecture estime qu’il s’agit d’un refus implicite. Ce qui n’est nullement avéré vu l’accumulation de retards conséquents dans les dossiers.

    Ahmadu F. est cadre supérieur consultant senior en CDI depuis 2014 et touche un salaire mensuel net équivalent à 3,5 fois le SMIC, sans compter sa prime. Côté logement, il habite un appartement de 68 m2, seul. Il dispose largement des ressources exigées par la préfecture pour le regroupement familial : avoir un Smic pour deux voire trois personnes et une surface habitable de 22 m2 (un critère qui peut changer selon les zones géographiques). Mais ce qui provoque sa colère c’est, au-delà du non-respect des délais, le manque de communication de la préfecture de Melun : « A cause de cette instance de regroupement familial, j’ai des missions professionnelles à l’étranger en suspens, je n’ai aucune possibilité de me projeter avec ma femme, restée au Sénégal, qui me demande des nouvelles tous les jours et qui ne peut pas venir me voir car toute demande de visa est bloquée quand on est en instance de regroupement familial. Si la réponse est un oui, je veux savoir quand elle tombe. Si c’est un non, c’est que je n’ai pas ma place en France et, dans ce cas, je veux pouvoir prendre mes dispositions rapidement. J’ai besoin de renseignements. »

    Mouad B. : « Impossible non plus de se confronter à eux physiquement car "pas de guichet et pas de ticket" »

    Mouad B., 33 ans, de nationalité algérienne et résident en France depuis neuf ans, a reçu son attestation de dépôt de dossier en janvier 2018 : il en est à son onzième mois d’attente après sept mois d’enquête de l’Ofii et cinq mois à la préfecture pendant que son épouse est en Algérie. « Au lieu des six mois d’attente, on atteint vite quatorze, seize, dix-sept mois », s’indigne-t-il en ciblant directement la préfecture et pas l’Ofii qui, d’après lui, « répond au moins aux questions des gens ».

    Comme Ahmadu F., il est sans nouvelles de la préfecture, ne reçoit aucun retour à ses mails ou aux formulaires qu’il remplit sur le site de la préfecture de Seine-et-Marne alors que celle-ci s’engage à y répondre dans un délai maximum de cinq jours ouvrables. Il se heurte au silence au bout du fil et les rares fois où il intercepte quelqu’un, il se retrouve transféré vers le service compétent qui s’avère saturé. « Impossible non plus de se confronter à eux physiquement car "pas de guichet et pas de ticket" » comme on le lui répète à l’envi. Sur ce type de dossier, tout se fait par voie postale, avec des délais à rallonge et sans aucune interaction. « Ce qui m’exaspère plus que les délais c’est cette absence de visibilité, de transparence et d’interlocuteur… » Mouad B. est un ingénieur informaticien en CDI depuis 2010 qui gagne 2 500 euros net par mois hors primes et habite un 32 m2.

    Fatima Z. : « Le pire que c’est tous ces retards peuvent aboutir à un non, ce qui impliquerait un recours et donc encore plus de temps en suspens »

    De son côté, Fatima Z., Marocaine âgée de 28 ans, a attendu cinq mois juste entre le dépôt de son dossier en août 2017 et son transfert à l’Ofii, en décembre 2017, qui marque le commencement de la procédure. Et depuis le lancement de l’enquête de l’Ofii en janvier, Ezz guette le moindre signe de la préfecture de Melun. En tout, elle en est à dix-sept mois d’attente. Selon elle, qui a eu plusieurs fois affaire à cette préfecture ces dernières années, ces retards inexpliqués sont récents et indiquent un manque criant d’effectif. Elle ajoute : « J’appelle tous les jours à 9 heures, heure d’ouverture du standard, et le poste est déjà saturé ou alors les agents n’ont pas le niveau d’accréditation pour me répondre. J’ai fini par tomber sur un agent – à force de me rendre à la préfecture et de multiplier les prises de contact – qui a bien voulu me renseigner. C’est comme ça que j’ai appris que mon dossier n’a été enregistré à la préfecture qu’en août [c’est-à-dire rentré dans le système mais pas encore traité, ndlr]… Ce qui veut dire que mon dossier est resté en stand-by pendant sept mois. »

    En France depuis dix ans, Fatima Z. ne comprend pas non plus pourquoi elle a autant de mal à faire venir son mari, resté en Egypte. Elle est assistante administratrice dans une société de bâtiment et entreprend des activités parallèles dans le secrétariat. Son salaire net dépasse les 2 000 euros et son appartement a une superficie de 26 m2. « Je déprime, il ne s’agit pas de n’importe quelle démarche, on parle d’une vie de couple. Le pire que c’est tous ces retards peuvent aboutir à un non, ce qui impliquerait un recours et donc encore plus de temps en suspens », regrette-t-elle.

    Pour l’heure, la préfecture de Melun n’a pas répondu à nos sollicitations.
    Dounia Hadni

    #regroupement_familial #préfecture #ofii #administration #immigration #racisme


  • https://www.liberation.fr/france/2018/11/07/la-mairie-de-lyon-ferme-un-local-d-extreme-droite_1690441

    Pour diverses raisons de sécurité (risques incendie, évacuation, etc.), la ville de Lyon a signé mardi un arrêté de fermeture administrative du local du Bastion social, un groupuscule d’extrême droite radicale implanté dans le cinquième arrondissement de la ville.

    Au 73, quai Pierre Scize, leur bail court toujours. A une différence près : le bar associatif des anciens du GUD (Groupe union défense) ne peut plus accueillir de personnes extérieures ni avoir plus de 19 adhérents entre ses murs, selon les services municipaux.

    #fascisme #lyon #administration




  • Émission « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (2 octobre 2018)
    https://www.april.org/emission-libre-a-vous-sur-radio-cause-commune-2-octobre-2018

    Début : 2 Octobre 2018 - 15:30Fin : 2 Octobre 2018 - 17:00

    Écouter le podcast

    >

    La cinquième émission Libre à vous ! de l’April sera diffusée en direct sur radio Cause Commune sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur le site web de la radio, mardi 2 octobre 2018 de 15 h 30 à 17 h 00.

    Les ambitions de l’émission Libre à vous !

    La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

    Nous avons proposé de tenir une émission April intitulée Libre à Vous ! d’explications et d’échanges concernant (...)

    #Administrations_et_collectivités #Droit_d'auteur #Libre_à_vous_ ! #Open_Data_/_Données_libres_et_ouvertes


  • Could we save the world if we all went vegan? | Financial Times
    https://www.ft.com/content/3b210ddc-bba0-11e8-8274-55b72926558f

    Vegan oui, mais agroindustriel

    Coca-Cola-owned Innocent Drinks has introduced dairy-free milks, while French dairy company Danone acquired Belgian soya-milk upstart Alpro last year; Tyson Foods, an American meat group, has a stake in veggie-burger maker Beyond Meat, and Unilever owns soya-ice-cream maker Swedish Glace.

    • C’est une sorte d’#administration_de_désastre : d’un côté on laisse crever un élevage qui permet de mener des fermes en bio (polyculture et élevage se nourrissant l’une de l’autre sans la chimie) et de l’autre on prépare les « alternatives » chimiques et végétales. C’est pas que l’exploitation d’une niche pour les marchés bien-pensants, c’est un mouvement de transformation de l’#agro-industrie dans l’idée de pouvoir polluer plus longtemps.


  • Innovation : En Angleterre, on scanne les sans-abri - Société - lematin.ch
    https://www.lematin.ch/societe/angleterre-scanne-sansabri/story/26072939

    Mais l’application donne surtout accès aux objectifs du SDF. L’un voudra récolter telle somme pour un dépôt de garantie de loyer, un autre pour une formation professionnelle, un dernier pour pouvoir refaire des papiers d’identité. L’utilisateur est donc censé savoir précisément à qui il donne et pourquoi. Il est précisé qu’un travailleur social accompagne les sans-abri et s’assurent qu’ils utilisent l’argent versé comme ils l’ont promis.

    #guerre_aux_pauvres


    • La prison de Fleury-Mérogis secouée par une série de suicides, Le Monde

      Onze personnes détenues se sont suicidées à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) depuis le début de l’année 2018 : dix hommes et une femme. En sept mois, ce compteur macabre a déjà dépassé le cumul des deux années précédentes. Une situation inédite qui préoccupe l’administration pénitentiaire comme le parquet d’Evry, mais à laquelle ils affirment aujourd’hui ne pas trouver d’explication.

      Dernier en date, un homme de 48 ans a été retrouvé pendu dans sa cellule mardi 7 août au matin. Il était en détention provisoire pour une affaire criminelle (viol sur son ex-compagne). Détenu au quartier des « arrivants », il avait été identifié comme fragile, et un surveillant s’assurait de son état toutes les heures dans le cadre des dispositifs de prévention du suicide. « A la ronde de 6 heures, il dormait sur sa couchette, à celle de 7 heures, c’était trop tard », apprend-on de source pénitentiaire.

      A chaque décès en détention, quelle que soit l’apparence des faits (mort naturelle, suicide, agression), une enquête judiciaire est systématiquement ouverte. « Nous n’avons, à ce stade, pas d’élément troublant ni de facteur d’explication de cette série de suicides à Fleury-Mérogis », assure-t-on au parquet du tribunal d’Evry, dans le ressort duquel est implantée la plus grande prison d’Europe avec ses quelque 4 300 détenus. La justice y voit des cas individuels, indépendants les uns des autres.

      Pour le coordonnateur du pôle enquête de l’Observatoire international des prisons (OIP), François Bès, cela pourrait s’expliquer par « un climat de tensions permanentes et de pression » spécifique à cet établissement. Les conditions de détention y sont pourtant, a priori, moins dures que dans d’autres maisons d’arrêt franciliennes. A Fresnes (Val-de-Marne), dont la vétusté des locaux n’est plus à démontrer, où les cellules n’ont pas de douche et où le nombre de détenus atteint 193 % de la capacité (contre 143 % à #Fleury-Mérogis), on ne déplore « que » deux suicides depuis le début de l’année pour 2 550 détenus. A Villepinte, en Seine-Saint-Denis, aucun suicide malgré une densité carcérale de 182 %. Au niveau national, on observe une légère hausse, mais la tendance sur plusieurs années est orientée à la baisse : 64 suicides en détention depuis le début de l’année, contre 59 pour la période équivalente en 2017 et 71 en 2016.

      Lire aussi : Nouveau record pour les prisons françaises avec 70 710 personnes incarcérées

      Certains cas polémiques

      Le phénomène a pris à Fleury une dimension oppressante, tant pour les personnels pénitentiaires que pour les détenus et leurs familles. Au point que certains cas deviennent polémiques. Tel celui de Lucas H., 21 ans, qui se serait pendu le 21 juillet au quartier disciplinaire où il avait été conduit à la suite d’une altercation avec des surveillants au sortir d’un parloir avec sa mère. Sa famille refuse de croire à un geste désespéré du jeune homme censé sortir de prison en septembre. Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté samedi 4 août devant la maison d’arrêt à l’appel d’un collectif Justice pour Lucas et conspué aux cris de « Matons assassins ! » les surveillants qui quittaient leur service.

      Selon le parquet d’Evry, qui a eu les conclusions orales de l’autopsie pratiquée le 26 juillet, « rien de suspect ne remet en cause pour le moment la thèse du suicide » de Lucas. Mais, l’enquête ne devrait pas être bouclée avant septembre, en attendant le rapport complet du médecin légiste et le résultat de plusieurs auditions auxquelles les gendarmes comptent encore procéder.

      D’autres suicides ne sont pas contestés, mais peuvent nourrir des questions sur le sens de la détention [ça alors...] , en particulier pour les courtes peines. Comme celui de cet homme de 25 ans, condamné à trois mois de prison pour « voyage habituel sans titre de transport ». Il s’est pendu le 17 mars, quelques semaines après son incarcération. Ou ce père de famille, plus âgé, qui s’est suicidé en avril, à peine arrivé pour exécuter une peine de deux mois pour « conduite sans assurance ». Ces sanctions pénales semblent disproportionnées au regard du délit, mais les tribunaux les justifient par le caractère multirécidiviste de ces personnes.

      Taux de suicides six fois supérieur

      Autre sujet questionné, celui des détentions provisoires qui s’allongent. La jeune femme de 24 ans qui s’est donné la mort à la maison d’arrêt des femmes de Fleury le 21 avril attendait depuis trois ans que la justice fixe son sort. « Une situation plus difficile à vivre que pour les condamnés, qui, eux, savent quand ils sortiront et peuvent, même si c’est dans longtemps, se projeter dans un avenir », explique un surveillant de cette prison géante.

      Le 12 juin, c’est un Albanais de 38 ans, qui se suicidait peu de temps après que sa détention provisoire qui durait déjà depuis dix-huit mois fut renouvelée. Il était mis en examen dans l’enquête sur l’attentat de Nice (86 morts) pour « association de malfaiteur terroriste » pour avoir fourni des armes à un couple d’Albanais qui les avaient lui-même revendues à un proche du conducteur du camion meurtrier. Selon l’Agence France-Presse, la qualification « terroriste » de son dossier était sur le point d’être abandonnée alors que cet homme, dont la tendance suicidaire avait été signalée, clamait depuis le début son aversion pour les djihadistes.

      Le taux de suicides en prison est en moyenne six fois supérieur à celui de l’ensemble de la population. De fait, elle concentre des personnes qui cumulent les handicaps sociaux, scolaires, économiques, sanitaires, familiaux, etc. « Ce n’est pas la prison qui crée leurs problèmes ni leurs fragilités », se défend-on à la direction des services pénitentiaires d’Ile-de-France. La direction assure que les retours d’expérience réalisés par une équipe pluridisciplinaire après chaque décès « n’ont pas révélé de faille dans la prévention du suicide, que ce soit dans la transmission des informations sur les signes avant-coureurs ou la prise en charge des personnes fragiles ».

      Dégradation des actions préventives

      Il n’empêche, le plan antisuicide mis en place en 2009 par la direction de l’administration pénitentiaire a porté ses fruits et a ainsi fait la preuve que ce n’était pas une fatalité. Le dispositif ne se limite pas à la ronde toutes les heures. Le dialogue du surveillant avec le détenu, par exemple au retour d’un parloir annulé ou qui s’est mal passé ou d’une audience chez le juge, est essentiel. « Lorsqu’un détenu que l’on a pris en charge se suicide, on ressent la même chose que le chirurgien qui perd un patient sur sa table d’opération », témoigne un ex-directeur de Fleury-Mérogis.

      Lire aussi : La mise en place d’un bureau de vote pour les détenus à l’étude

      Mais les surveillants ont-ils encore le temps pour cette partie valorisante de leur métier ? L’OIP voit dans la surpopulation carcérale et la proportion importante de surveillants stagiaires la cause d’une dégradation de ces actions préventives.

      Un autre dispositif de prévention qui semble avoir fait ses preuves à Villepinte depuis plusieurs années et a été implanté il y a quelques mois à Fresnes devrait prochainement être mis en place à Fleury-Mérogis, dans deux bâtiments sur cinq pour commencer. Des « codétenus de soutien », volontaires, formés avec des psychologues de la Croix-Rouge partageront la cellule de personnes considérées comme à risque en matière de passage à l’acte.

      Les statistiques sur la prévention n’existent pas, mais la direction des services pénitentiaires d’Ile-de-France assure qu’il y a dix fois plus de tentatives sérieuses de suicide prises à temps par les personnels que de suicides constatés.

    • La prison, « une humiliation pour la République », Editorial, Le Monde
      https://lemonde.fr/idees/article/2018/08/08/la-prison-une-humiliation-pour-la-republique_5340462_3232.html

      L’inflation de la population carcérale provoque des conditions de détention indignes et incompatibles avec les objectifs de réinsertion assignés à l’administration pénitentiaire.

      Nouveau record pour les prisons françaises avec 70 710 personnes incarcérées
      https://lemonde.fr/societe/article/2018/07/26/nouveau-record-pour-les-prisons-francaises-avec-70-710-personnes-incarcerees

    • https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins-dete-1ere-partie/prisons-francaises-un-systeme-a-bout-de-souffle

      Confrontée à une vague de suicides à Fleury-Mérogis, l’administration pénitentiaire française pourrait bien devoir reconsidérer les faiblesses de son #système. Pour en parler, Julie Gacon reçoit #François_Bès, coordinateur du pôle enquête de l’Observatoire international des prisons (OIP).
      #administration_pénitentiaire


  • « Mon codétenu est mort dans mes bras »
    https://oip.org/temoignage/mon-codetenu-est-mort-dans-mes-bras

    Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, avril 2018. Kevin* meurt subitement dans sa cellule, dans les bras de Kilian*, son codétenu. Récemment libéré, Kilian raconte la dégradation rapide de l’état de son ami, le mépris des surveillants face à la gravité de la situation, mais aussi la pauvreté de sa propre prise en charge après le décès. Source : Observatoire International des Prisons

    • http://lenvolee.net/morts-a-fleury-lettre-ouverte-dun-prisonnier-de-la-plus-grande-prison-deur

      Alerte dans les prisons françaises : les prisonniers et prisonnières meurent dans l’indifférence totale de l’Etat.

      Madame, Monsieur,
      Je vous écris ce jour pour vous alerter sur les conditions dramatiques de détention dans notre pays. Dans de trop nombreux établissements et en particulier à #Fleury-Mérogis pour mon cas, les conditions de détentions, bien au-delà de la simple privation de liberté, sont plus que jamais assimilables à de la #torture physique et psychologique. Ce n’est plus seulement un simple fait de #surpopulation carcérale. Avec un taux d’occupation de 180 %, la capacité d’accueil de cette maison arrêt est dépassée depuis longtemps, comme dans tant d’autres #Prisons_Françaises.

      Dans cette société qui joue à guichet fermé dans ses prisons, les activités sont remplacées par des cachets. Surtout tout dépend de la volonté de la direction, qui choisit pour nous : soit la réinsertion, soit la sur-condamnation. Ici, ce n’est pas la réinsertion qui est visée, nous vivons l’absence de justice dans un endroit qui est pourtant censé la rendre. La prison punit plus qu’elle ne devrait par certains comportements de l’administration, et par les surveillants et surveillantes, dont le comportement et les paroles sont totalement déplacés. Quelques soit les pires injustices qu’elle produise, la prison a toujours raison aux yeux des juges et de la société.

      Quant à l’application des peines et la détention qui en découle, on a l’impression que la machine est bloquée, qu’elle se trouve à l’arrêt. Alors qu’un JAP devrait répondre à une demande d’aménagement de peine dans les 4 mois, ici, c’est plutôt 8 à 12 mois… Que dire, aussi, des délais d’attente des transferts pour rapprochement familial…

      Comment imaginer que l’on devienne meilleur en nous torturant alors même que nous allons tous sortir un jour de vos prisons. Soit on est cassé à vie et plus bon à rien. Soit, on est encore pire qu’avant et endurci à cause de la haine que l’on nous a injectée par le non respect de l’état de droit.

      Les événements tragiques survenus ces dernières semaines auraient dû mobiliser et interpeller les plus hautes autorités. 11 personnes sont mortes à Fleury : 8 prisonniers l’ont été annoncé dans la presse. Pour les 3 autres (un albanais, une femme turc et son mari quelques jours plus tard) c’est silence radio. Est ce parce qu’ils ne sont pas ressortissant que ces morts n’ont pas été dévoilées ?

      Aujourd’hui je dénonce le traumatisme de certains prisonniers, qui le 08/06/2018 ont vécu le pire moment de leur vie, quand un surveillant chef s’est rendu coupable d’avoir demandé à un prisonnier de détacher un autre prisonnier qui s’était pendu quelques heures plus tôt. Où est passé le protocole à ce moment là ?

      C’est l’administration pénitentiaire qui a tué cet homme avec ses violences physiques, psychologiques et ses négligences.
      Quand la justice va-t-elle se saisir de ces « suicides » ? La justice sera-t-elle assez lente pour laisser l’administration masquer toutes les preuves ?

      Pour faire simple, les détenus vont mal au sein de cette #administration_pénitentiaire ! Aujourd’hui, je m’expose à une multitude de sanctions, mais ne rien dire me rendrait complice, alors je préfère ne pas rester qu’un délinquant qui subit, mais aussi qui dénonce.

      Je dénoncerai toujours ce que nous subissons mais la liste est extrêmement longue !

      Cordialement, un prisonnier de Fleury-Mérogis.

    • @aude_v

      LA BELLE À JOËLLE
      Mis à jour le :15 mars 2006. Auteur : Marius Frehel.

      #Joëlle_Aubron s’est fait définitivement la belle ce 1er mars, quelques jours après la date anniversaire de l’arrestation, en 1987, des quatre d’Action Directe. Elle avait quarante-six ans. Condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans, pour avoir « fumé » Georges Besse, maître d’oeuvre du nucléaire en France, personnage pivot de l’obscur contentieux Eurodif avec l’Iran, PDG de Renault et champion du dégraissage (34 000 licenciements chez Péchiney et 25 000 chez Renault) et le général Audran, responsable des ventes d’armes françaises à l’étranger, elle a passé dix-sept ans derrière les barreaux, dont plusieurs années d’isolement total. AD prétendait « ralentir [la] marche de la recomposition bourgeoise et aggraver ses contradictions internes, et ainsi l’affaiblir dans la guerre des classes ». Joëlle le rappelait peu de temps après sa sortie : « Nous appartenons à une longue histoire et nous fûmes nombreux à penser, à compter sur un élan qui finalement ne vint pas. Notre hypothèse a échoué. C’est clair. » On la savait ce coup-ci condamnée par la maladie. Une tumeur au cerveau lui fit bénéficier d’une suspension de peine en juin 2004 pour raison de santé (loi Kouchner).

      On appréciera le cynisme de Pascal Clément, ministre de la Justice à deux vitesses : « Quand j’entends que d’anciens terroristes non repentis font leurs courses sur les marchés, alors qu’ils étaient, disait-on, à l’article de la mort… Cela m’est insupportable. Les malades, même atteints d’une affection grave mais qui ne sont pas au “seuil de la mort”, n’ont pas à bénéficier de cette loi. » Joëlle aura résisté plus longtemps que ce qu’avait prévu l’État, et sans repentir. Elle plaisantait souvent sur la maladie, histoire que l’inéluctabilité du mal n’affecte pas trop son entourage. Elle était toujours speed, mordante dans la discussion et à jamais « communiste révolutionnaire ». Il semblerait d’ailleurs que la lutte des classes, qui passait ces derniers temps pour désuète, soit remis en selle par ceux-là mêmes qui décrétèrent sa fin. La révolution blanche de l’ultra-libéralisme est en marche et son offensive dévastatrice s’accompagne d’un contrôle social accru, au nom du tout-sécuritaire. Cette réponse des gouvernants à la misère grandissante incite les plus perspicaces à inventer des formes de résistance toujours renouvelées.

      Article publié dans le n° 32 de CQFD,@cqfd mars 2006.
      http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article949&var_recherche=Jo%EBll%20Aubron

    • Ouaif, les prisons sont le lieu idéal pour bénéficier des soins d’une fin de vie, comme chacun·e sait... Prière donc de se montrer à l’article de la mort pour sortir en avoir des décents, et bizarrement l’appréciation à ce sujet change que vous soyez puissant ou misérable. Eh bien ces deux ans de Joëll Aubron sont deux ans que les ministres de merde dont on a oublié le nom n’auront pas eus.

      #santé_en_prison, plus globalement


  • « Nathan, dis bonjour au truc »
    https://mailchi.mp/slate/il-se-passe-un-truc-532461

    Or depuis le mois de mai, la polémique monte aux États-Unis : faut-il forcer les #enfants à dire « s’il vous plaît » aux assistants virtuels ? Des parents ont commencé à s’inquiéter du fait d’entendre leurs enfants dire : « Alexa, éteins la lumière… gros caca ». Eh oui, si vous avez six ans, comment résister à la possibilité de donner un ordre à une voix d’adulte, un adulte qui ne pourra jamais vous punir ? Du coup, foison d’interviews de pédopsys se demandant si ces enfants ne vont pas donner des ordres à de vrais adultes et insistant sur la nécessité de leur inculquer de bonnes manières, qu’importe l’interlocuteur.

    (...) Mais devant les inquiétudes des parents américains, les fabricants d’#enceintes_connectées n’ont pas exactement pris le chemin de rappeler que leur produit était plus proche du grille-pain que de la grande sœur. Ils ont ajouté des fonctions. L’enceinte d’Amazon félicite les enfants qui parlent poliment, pour « encourager les bons comportements ». Et sur celle de Google, on peut activer un mode « mot magique » pour qu’elle ne réponde pas en cas d’oubli de formule de politesse.

    Parce que les #robots, eux, en plus de t’écouter et de transmettre tes données en permanence, te coupent sans cesse la parole, t’empêchent de tenir la moindre conversation suivie et répondent à tes requêtes ce qui arrange les intérêts de leurs fabricants, mais attention ! sans jamais oublier la #politesse :
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-29-juin-2018

    "Média Global", "média global", "média global" : les patronnes de France Télévisions et de Radio France n’ont plus que le numérique à la bouche. Mais nous, attention, attention, il y aurait bien un truc qui permettrait au son de damer le pion à l’image. Le truc, le bidule, le machin s’appelle un assistant vocal. C’est tout nouveau, ça entre dans nos maisons. Ça ressemble à des enceintes qui parlent et qui répondent à nos questions. Notre présidente l’a dit : « les assistants vocaux sont l’avenir de la radio ». Qu’à cela ne tienne, j’en ai donc invité deux sur mon plateau. Mesdames et messieurs, #Alexa et #Siri vont ainsi donner leur première [commentaire personnel : qui doit en fait bien être leur millième] interview au micro.

    http://rf.proxycast.org/1451323796697915392/13938-29.06.2018-ITEMA_21728082-3.mp3

    Et puis, ce qui ne semble pas perturber le moins du monde ces parents, c’est, à travers cette même #assistance_vocale,

    1. d’alimenter chez les gamin·es le goût de se faire servir
    https://seenthis.net/messages/685330
    (antique #morale bourgeoise : il faut être courtois·e avec les domestiques)

    et 2. de les éduquer à coup de publicité déguisée
    https://seenthis.net/messages/673788

    On a les problèmes éthiques qu’on veut bien avoir en somme.

    #France_Inter #audio #radio #comportementalisme

    • Ah mais moi non plus je n’en vois pas l’intérêt - ou plutôt j’en vois tout le désintérêt. Mais nonobstant nos choix individuels, cette « daube », précisément, est en train de modifier la façon de faire de la radio, d’habiter, de rechercher des informations, de concevoir sa vie privée et d’autres choses plus profondes encore, difficiles à évaluer, comme le rapport aux autres, au temps, à l’intériorité...

    • #bigshit
      #soumission

      La france a déjà commencé à imposer la phase3 du programme (après l’aspect ludique devenu indispensable, voici les pompes dans le cul) depuis une dizaine d’années (avec l’aide de la FCPE) les parents ont obligation de se connecter au carnet et notes en ligne tandis que leurs enfants sont fichés également sur base élève dès 6 ans, s’habituent à la cantine à la biométrie, pointent à l’entrée du collège dans des tourniquets verrouillés avec une carte numérique nommée pudiquement carte jeune. Carte multi services flicage en sus qui sert dans les librairies ayant acheter le dispositif parents pauvres à mieux les dresser et à leur interdire de dépenser l’argent octroyé autrement que pour les livres. Carte servant aussi aux transports, à enregistrer tout déplacement et au cinéma, sports etc si des fois l’aspect pratique vous avait échappé et que vous refusiez cette dite carte, hasbeen vous serez traité.
      Parent, tu ne veux pas passer par internet, tu es puni, tu ne reçois pas les notes en temps et heure et les professeurs sont capables de te refuser un rendez-vous sous prétexte qu’il suffit de regarder les résultats sur internet. Quant au gamin, les bons parents sont censés suivre ses retards, absences, notes et devoirs sans l’en avertir. Tandis que les professeurs bien dressés (plusieurs directeurs et directrices mis à pied pour avoir refusé l’informatisation) inscrivent avec ferveur les nouveaux arrivants, les nouveaux faits et gestes des enfants.
      Et tout le monde est très occupé à remplir ces formalités administratives numériques, à soupeser, évaluer et fliquer les enfants, bref à leur apprendre le profond mépris et l’angoisse perpétuelle du contrôle dans lequel la société les maintient pour leur bien et surtout l’égalité, très importante dans l’armée. L’éducation ? hein quoi ? pourquoi ? où ça ?
      #bigshit

    • La question n’est pas d’être intéressé·e ou indifférent·e. Perso, lorsque je me plonge dans ce genre de dossier (bien documenté soit dit en passant donc merci @intempestive) c’est un sentiment d’effroi que j’éprouve. C’est quand même surprenant que l’on fasse la promotion de toutes ces assistances dotées d’intelligence « artificielle » et de « mémoire » mais qui n’ont pas de souvenirs hormis ceux des personnes aux manettes. Après, nos élites dirigeantes auront beau jeu de dénoncer la « société de l’assistanat ». Mais la dictature des algorithmes a de beaux jours devant elle du moment que ça génère du cash ...

      Parent, tu ne veux pas passer par internet, tu es puni, tu ne reçois pas les notes en temps et heure et les professeurs sont capables de te refuser un rendez-vous sous prétexte qu’il suffit de regarder les résultats sur internet.

      et de surcroît lorsque tu dénonces cette contrainte imposée aux familles, certains croient bon d’ajouter que ces « mauvais » parents pénalisent leurs enfants en ne leur offrant pas les meilleures chances de réussite.

      Et tout le monde est très occupé à remplir ces formalités administratives numériques, à soupeser, évaluer et fliquer les enfants, bref à leur apprendre le profond mépris et l’angoisse perpétuelle du contrôle dans lequel la société les maintient pour leur bien et surtout l’égalité, très importante dans l’armée. L’éducation ? hein quoi ? pourquoi ? où ça ?

      Dès les premières évaluations en CE2, au vu du temps que ça prend en passage d’épreuves, (surtout lorsque tu as une classe à tous les cours : j’ai testé, prise de tête garantie pour gérer ta classe pendant une bonne semaine), plus le travail de « codage des items » et leurs saisies-transmissions sur le serveur dédié, j’ai senti la dérive : passer plus de temps à renseigner des livrets d’évaluations qu’à préparer sa classe pour au final ne plus voir ses élèves que sous l’aspect de graphes statistiques.

    • merci @aude_v

      Le LSUN impose parallèlement l’évaluation par compétences. Pour Nancy, « ce changement est considérable. Ce qui compte avec les compétences, c’est d’évaluer la capacité des enfants à se conformer à un protocole, et non plus ce qu’ils ont appris en termes de connaissances. » L’appel de Beauchastel, dont elle est signataire, annonce bien la dérive : « Ce que nous voulons [...], c’est enseigner, et non exécuter des procédures. L’enseignement numérique n’est pas une "révolution pédagogique" mais la fin du métier d’enseignant. Les matières, c’est-à-dire les savoirs et savoir-faire qui les constituent, se trouvent morcelées en une liste de tâches exécutables, puis regroupées artificiellement en aptitudes générales. On appelle cela le socle de compétences. Dans ce cadre, une leçon, un exercice, peuvent être réduits à un protocole creux, qui peut bien effectivement être "partagé" en ligne, puisqu’il ne nécessite ni connaissances précises ni réflexion pédagogique personnelle pour être reproduit. Un cours construit de cette façon n’apprend pas à penser mais à se comporter de la façon attendue6. »

      se comporter de façon attendue

      c’est la définition des soldats.
      Et je le souligne, parce que tous ceux plus nombreux à ne pas fonctionner de façon attendue sont mis au banc. Alors que la richesse est justement dans leur capacité d’inventivité, de créativité, de mise en relation de connaissances parfois éloignées.
      La norme ne serait pas si gênante si elle ne générait pas des a-typiques, a-normaux, a-signifiant, bref des « n’existant pas ».
      Et l’étude de l’anormalité ou hyper ou dys ou fous supposés de ses personnes recoupe curieusement certains travaux sur ce que la société veut distinguer en « surdoué ». cf Cécile Bost
      https://seenthis.net/messages/706494

      #fabrique_du_conformisme


  • Tout sur ma mère - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2018/06/25/tout-sur-ma-mere

    La dernière fois que j’ai parlé de ma mère, j’avais été convoquée au bureau de la psychologue de l’université et je pensais qu’il s’agissait là d’une procédure standard. Cela faisait déjà un bon bout de temps que j’avais rangé la question de mon enfance sous le boisseau et que je m’accommodais bien mieux de ce vide que de toute forme de sollicitude écrasante, pour ne pas dire de pitié.

    Après quelques questions d’usage, la psychologue avait embrayé sur ma mère et j’avais été à la fois fascinée et horrifiée de voir cette femme — somme toute parfaitement amène et probablement compétente — déclencher à ce moment un authentique réflexe de Pavlov. Elle s’est mise à saliver avec tellement de force et d’avidité qu’elle devait sans cesse aspirer ses mots avec de petits bruits de succion face auxquels je ne savais plus si je devais exploser de rire ou m’enfuir en hurlant. Je savais déjà que j’étais un cas, je mesurais à ce moment à quel point il pouvait littéralement mettre en appétit un professionnel de la #santé mentale.

    #administration #retraite #famille #EHPAD

    • Le problème, c’est que ce qui m’arrive est parfaitement normal. La forte augmentation (prévisible) des personnes âgées dans notre population a attisé les appétits des financiers depuis près de 20 ans et ils ont fait ce qu’il fallait pour verrouiller leurs profits.
      Quand ma grand-mère a refusé de retourner chez elle après une chute à 95 ans, je lui ai trouvé une place à la maison de retraite municipale : 1350€/mois pour un confort tout à fait semblable voire nettement supérieur à celui de la maison de retraite où est parti le grand-père qui avait de l’argent pour ses 6 derniers mois de vie à 2300€.
      Cela dit, même à 1350€, ma grand-mère était trop pauvre et le département a raqué directement la différence, vu que ma mère était majeure protégée. La loi fait que ma grand-mère avait le droit à 70€ d’argent de poche par mois.

      Même à 1350€/mois, dans le public, ça reste cher quand on voit le montant moyen des retraites et plus particulièrement celle des femmes, on comprend que ça coince.

      Donc, il existe l’aide à l’hébergement des personnes âgées pour faire face. En théorie, quand tu demandes cette aide, le département est habilité à te déplacer dans une maison de retraite plus à la hauteur de tes moyens : c’est du moins ce que m’avait raconté la tutrice il y a un an, quand elle m’avait annoncé qu’elle espérait bien me faire raquer. Le truc c’est que l’endroit où est ma mère n’est pas seulement un établissement privé du groupe Orpéa (bien cher : nettement au-dessus du salaire moyen du département), c’est surtout le seul établissement sécurisé… et là, personne n’a envie de la bouger.

      Parce que oui, la nécessité de surveiller ma mère, elle, n’a jamais été écartée.

      Il faut bien comprendre que la loi a été taillée sur mesure pour faire face à « la dette grise » qui est artificiellement créée par les tarifs de dingue des EHPAD. Dans la famille bourgeoise de mon compagnon, avec un EHPAD de métropole à 3000€/mois, il a fallu vendre la maison des vieux et les enfants ont été sollicités. Dans beaucoup d’autres famille, la fratrie réunie n’y suffit pas.

      J’ai des parents vieux pour mon âge, mais je pense que le racket des EHPAD va bientôt prendre toute son ampleur et enfin être perçu pour ce qu’il est : le moyen de bien sécher les classes moyennes.
      Tout ce qui a été méticuleusement mis de côté pendant toute une vie, la maison pour laquelle ils se sont saignés pendant 30 ans, tout cela devra être bradé pour payer quelque chose au prix d’un 3 étoiles et au confort d’une mauvaise auberge de jeunesse.

      Le bon côté des choses, c’est que ça va remettre un peu d’égalité devant l’héritage, puisque pour la plupart, il va disparaitre dans l’opération. De la même manière, la vente forcée des patrimoines immobiliers de la classe moyenne devrait avoir d’intéressantes répercussions sur le secteur du logement.

    • Courage Agnès !
      Après les fortunes construites sur les vacances du peuple voila les fortunes faites sur la vieillesse du peuple …
      J’imagine très bien ce qu’il en coûte de devoir rendre des comptes sur la non motivation à s’occuper d’une génitrice maltraitante.


  • Égalité des salaires entre femmes et hommes au sein de l’administration fédérale

    Berne, 01.06.2018 - L’administration fédérale a contrôlé les salaires de tout son personnel, afin de déceler d’éventuelles différences salariales non justifiables entre femmes et hommes. Il ressort de ce contrôle que l’égalité salariale est garantie dans tous les départements et toutes les unités administratives. Les résultats du contrôle, dont le Conseil fédéral a pris connaissance lors de sa séance du 1er juin 2018, sont tous inférieurs au seuil de tolérance fixé à 5 %. Les salaires versés par l’administration fédérale sont donc conformes au principe « à travail égal, salaire égal » inscrit dans la Constitution.

    https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-70974.html
    #égalité_salariale #suisse #femmes #hommes #genre #égalité_des_salaires #administration_fédérale #inégalités #salaires #discriminations

    On n’est pas encore sortis de l’auberge....
    –-> « #seuil_de_tolérance fixé à 5 % »

    Pour voir le résultats du contrôles, en chiffres :
    Contrôle de l’égalité salariale au sein de l’administration fédérale
    https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/52567.pdf



  • Les Baumettes, deux taules à angles morts - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/11/les-baumettes-deux-taules-a-angles-morts_1642700

    « Libération » s’est rendu dans la prison « historique » de Marseille, symbole de vétusté et d’inhumanité, qui fermera ses portes en juin, ainsi qu’aux Baumettes 2, inaugurées en 2017. Ce centre pénitentiaire, présenté comme « moderne et digne » mais déjà engorgé, est loin d’améliorer les conditions de vie des détenus et le travail des gardiens.

    Dans le jargon, on appelle ça un « moulon ». Dans les faits, cela signifie qu’un homme a été lynché à mort. C’est ainsi que Ramses Aly Elsayed, 21 ans, a perdu la vie en décembre dans la cour des Baumettes 2 (B2) à Marseille. Le premier homicide dans un établissement flambant neuf (lire page 19). On repense aux mots enthousiastes du directeur interrégional des services pénitentiaires lors de l’inauguration, en mai 2017 : « Les détenus vont changer de siècle. » C’est plutôt une mise à mort moyenâgeuse qui a été filmée en direct par les caméras de surveillance. Sans que personne ne soit en mesure de l’empêcher. Sans qu’elle ne suscite de réactions outragées. Sans qu’elle ne provoque de remise en cause interne. Exactement du même type que celles qui ont pu se dérouler par le passé dans les angles morts de la prison voisine et quasi ancestrale des Baumettes historiques (BH).

    Pour quelques mois encore, ce sont deux mondes qui se dressent côte à côte avec, d’une part, BH, prison mythique devenue le triste symbole de la vétusté et de l’inhumanité, qui fermera ses portes dans quelques semaines et, de l’autre, B2 « moderne et digne », fleuron de ces établissements rutilants censés remédier à la surpopulation. Autrement dit, les #Baumettes, bouillon de misère. Et les Baumettes coquettes. En enquêtant sur cette hydre bicéphale, Libération a voulu questionner la façon dont on incarcère, le poids de l’architecture sur le sens de la peine, les conséquences de la surpopulation sur la vie des détenus. Sur les pas du député Gauche démocrate et républicaine (GDR) des Bouches-du-Rhône, Pierre Dharréville, nous sommes entrés dans le centre pénitentiaire afin de mieux en comprendre le fonctionnement et les difficultés. Comment peut-on encore y mourir en 2018 ? En parallèle, nous avons œuvré à découvrir ce qu’il est impossible de voir lors de la visite d’un élu : la peur derrière les portes ou le mal-être derrière les poignées de main. Plusieurs des témoins rencontrés hors visite officielle seront cités de manière anonyme.

    « Cache-misère » aux Baumettes historiques

    Au commencement, il y a cette situation géographique hors du commun qui pourrait passer pour une insolence de l’architecte : l’établissement a été construit dans les années 30, à proximité des calanques de Morgiou, dans un décor extérieur aussi grandiose que l’intérieur est aujourd’hui miséreux. Le directeur actuel, Guillaume Piney, récapitule : « Les Baumettes historiques ont pu accueillir jusqu’à 2 000 détenus, aujourd’hui ils sont moins de 600, tous condamnés. Ils sont dans des conditions mauvaises, disons qui ne correspondent pas aux standards acceptables… » Un euphémisme pour désigner un cauchemar long de quatre-vingts ans. Les Baumettes historiques fermeront leurs portes en juin - des transferts sont prévus vers d’autres établissements pénitentiaires de la région tels que Draguignan ou Aix-Luynes 2 - pour laisser place à Baumettes 3 (B3) à l’horizon 2021. Une façon de rayer l’abomination du paysage. Celle qui n’a cessé de susciter des constats alarmistes. Celle dont un surveillant disait dans Libé, en décembre 2012 : « C’est la pire prison que j’ai vue, et de très loin. La taule, c’est la taule : il n’y a rien de mieux pour casser un mec. Mais si, en plus, il débarque ici pour une première peine, c’est terrible. Ce n’est pas humain. »

    En 1991, le Comité de prévention de la torture dénonçait « un traitement inhumain et dégradant » des détenus. En 2006, le Conseil de l’Europe parlait « d’endroit répugnant » dont la rénovation « ne peut plus attendre ». En 2012, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, ressortait d’une visite profondément choqué par la crasse, les cafards et le délabrement. A tel point que fin 2012, le tribunal administratif de #Marseille condamnait l’Etat à faire des travaux de grande ampleur. « Ils n’ont pas été faits : ils ont juste rajouté des cloisons pour séparer les toilettes du reste de la cellule ou mis un coup de peinture par-ci, par-là », insiste Amid Khallouf, coordinateur sud-est de l’Observatoire international des prisons (OIP). « Du cache-misère », confirme Olivier, surveillant CGT, en poste depuis 1995.

    On le croit aisément en gravissant les escaliers décatis qui mènent au second étage du bâtiment A, où étaient initialement enfermés les détenus incarcérés pour des infractions à caractère sexuel. En haut, quelques mots sont inscrits au feutre noir sur un mur blanc : « J’aimerais être un corbeau, je suis mal dans ma peau. » Désormais, il ne reste plus que 37 détenus en attente de leur transfert vers le bâtiment B, « en moins mauvais état », selon le directeur. Pas de surveillant. Pas de vie. Pas de bruit. A part un léger écho de rap qui émane du bout de la coursive, il règne une ambiance de fin du monde. Lorsque Pierre Dharréville demande à s’entretenir avec un détenu, l’une des portes en bois s’ouvre sur ce qui relève davantage d’un cachot.

    Des couvertures sont disposées en guise de paravent pour masquer la vue depuis l’œilleton. Apparaît un homme de 19 ans, cheveux bruns bouclés, jogging gris et tee-shirt rayé, debout devant une plaque chauffante allumée qui fait office de calorifère. Un lit triple rappelle des temps où trois détenus étaient entassés dans ces 8 m2. « Comment se passe la vie en détention ? » questionne l’élu. « C’est dur », souffle le garçon aux traits adolescents expliquant qu’il dort avec sa veste tellement il a froid. « Vous pensez que ça sert à quelque chose ? » « Ça fait réfléchir à ce qu’il ne faut pas faire », réplique-t-il, bon élève. Quand il sortira, dans une semaine environ, il voudrait « travailler, avoir des enfants et une maison, comme tout le monde ». « Qu’est-ce qui est le plus dur ? » insiste Pierre Dharréville. « C’est de rester là. » La porte se referme.

    Cellule « cercueil » et « bains de sang »

    Avant la visite, Libération a pu entrer en contact par téléphone avec S., également incarcéré au bâtiment A avec les derniers Mohicans de cette taule d’un autre âge. Hors de la présence de la délégation, il parle plus librement. Désormais seul en cellule, il évoque « la peinture gonflée et les taches d’humidité », « les fils qui pendent partout et auxquels tu t’électrocutes ». Puis résume en quelques mots : « Les gens appellent ma cellule "le cercueil" parce que le plafond est arrondi comme dans un cercueil. » La référence n’est pas fausse tant les Baumettes sont le fruit d’une architecture moralisatrice et répressive héritée du XIXe siècle, qui forge les prisons comme un lieu d’expiation. S. ne cesse de dire qu’il « a peur », raconte les couteaux qui tournent « partout ». « C’est la prison la plus dangereuse que je connaisse et j’en ai fait quelques-unes, ajoute-t-il, d’une voix quasiment éteinte. Il y a eu des morts et des morts, elle est hantée. » Il a été témoin de « bains de sang » dans les douches collectives constellées de moisissures et surnommées « Apocalypse Now » tant elles sont devenues le lieu de règlements de comptes. Interrogée par Libération, une intervenante dans une association confirme la violence endémique : « J’ai rencontré des victimes de "moulons" dont un jeune homme avec une béquille. Il s’est pris un coup de couteau en promenade. Certains détenus restent tétanisés dans leur cellule, ne sortent plus, même pour prendre une douche. »

    Au tournant des années 90, l’arrivée des caïds des cités a profondément bouleversé les rapports hiérarchiques. Fini le temps où régnaient les grands noms du milieu phocéen : « Mémé » Guérini, Tany Zampa, Francis le Belge. « J’ai 60 ans. On était des hommes d’honneur. Aujourd’hui les jeunes de quartiers n’ont plus de loi ni de morale. Ils sont capables de vous tuer pour un rien », relate un ancien détenu « fiché au grand banditisme » contacté par téléphone. Il conserve le même souvenir cuisant de son passage aux Baumettes en 2011. « J’étais à l’isolement. J’ai vécu avec des détritus et des rats, les douches sur le palier. C’est un monde à part. Rien que l’odeur pestilentielle qui vous saisit… »

    De son côté, S. sera prochainement transféré vers le bâtiment B en attendant la fermeture de l’établissement. « Là-bas, ils se tuent pour un paquet de cigarettes. Des gens se balafrent tous les jours pour un rien », s’effraie-t-il. Quant aux conditions d’incarcération, elles n’y sont guère meilleures : « Les cellules sont complètement crasseuses. Je nettoie le sol, il y a des cafards. J’ai même trouvé des rats dans une poubelle, c’est écœurant, je n’ai jamais ressenti ça, ajoute-t-il. On est traité comme des animaux ici. Je comprends que les gens recommencent quand ils sortent. Moi, ce n’est pas uniquement ma liberté qu’ils m’ont enlevée, c’est tout le reste. »

    Aux Baumettes 2, « tout est compliqué »

    Désormais, tous les regards sont tournés vers les Baumettes 2, qui regroupent l’intégralité des services : l’unité de soin, les parloirs, la bibliothèque, la salle de sport… Depuis BH, on accède à l’avenir carcéral par un long tunnel en béton gris, sorte de voyage dans le temps qui s’achève dans un halo de lumière. Le contraste est saisissant : ici, les murs sont blancs et verts pomme, entourés de quelques timides bosquets. On entend des cris d’une fenêtre à l’autre, on voit les « yoyos » constitués de bouts de draps qui flottent au vent. L’intérieur exhale l’hôpital avec son sol en lino jaune, ses portes colorées et ses vastes coursives épurées. Même l’acoustique est différente : les bruits sont faibles, presque étouffés. Pierre Dharréville sourit en évoquant la série de science-fiction Trepalium qui met en scène une société où les chômeurs et les actifs sont séparés par un mur. Ici, on est censés être du « bon côté ».

    Lors de l’inauguration, l’ancien garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, a souligné qu’on « respecte la philosophie de la peine » : « Payer sa dette mais surtout avoir un temps pour se reconstruire pour revenir dans la société. » En filigrane, la célèbre phrase de Valéry Giscard d’Estaing : « La prison, c’est la privation de la liberté d’aller et venir et rien d’autre. » Pas l’effroi et la terreur, pas la privation de dignité, pas les cellules « cercueil ».

    Même les architectes des Baumettes nouvelle génération évitent d’employer le champ lexical de l’enfermement. Sur le site du projet, il est écrit : « L’air, l’espace et la lumière naturelle sont le fer de lance du parti architectural de ce projet. C’est une prison qui respire. » Il n’est pas certain que les détenus massés à deux dans 8 m2 soient du même avis… A B2, ils sont en effet 850 prévenus - c’est-à-dire en attente de leur procès - pour 573 places. Olivier, surveillant CGT, précise : « A l’origine, le principe de l’encellulement individuel devait prévaloir. Sauf que dès que ça a ouvert, les cellules étaient déjà doublées… » Le directeur, lui, a une formule qui résume bien la situation : « Une maison d’arrêt est un hôtel qui n’affiche jamais complet. » Ici, progrès notable, les douches sont dans les cellules. Celles-ci sont rutilantes avec étagères intégrées, lits superposés - à la place des lits simples - et un petit bureau au vernis jaune criard. Soit un style « camping-car » pour reprendre les termes d’Olivier. Mais, à deux détenus dans un espace aussi confiné, l’atmosphère devient étouffante. Il ne reste aucun endroit pour circuler, obligeant chacun à rester allongé sur son lit. Derrière une porte, D., avec ses lunettes rafistolées, son jogging bleu et son air perdu, explique à Pierre Dharréville que « ça se passe très mal ». « C’est le souk dans ma tête », lance-t-il en jetant un regard éperdu autour de lui. En larmes, il se désole : « Regarde comme c’est petit ! » Lors de la visite, Olivier précise : « Environ 30 % des détenus souffrent de problèmes psychiatriques. Ces gens n’ont pas leur place en prison. »

    Comme pour illustrer les statistiques, un jeune homme, l’air hagard derrière ses lunettes rondes, erre dans un couloir en attendant un rendez-vous médical. Il murmure qu’il est incarcéré avec de « faux détenus juste là pour la castagne ». Il y a aussi cet autre prisonnier devenu paranoïaque entre les murs : « Un détenu menace ma famille, il veut me tuer. Je suis observé dans ma cellule, on regarde tout ce que je fais tout le temps », dit-il. Tous les personnels interrogés dépeignent une prison « déshumanisée », « mal pensée ». « Certes, c’est neuf, il n’y a pas de bruit et tout est propre. Mais il n’y a plus de vie collective pour les surveillants. Et tout est compliqué, le moindre déplacement prend un temps fou. On a complètement perdu le côté humain des Baumettes historiques », déplore Olivier. Il n’y a qu’à voir la promenade sans table ni banc. Ou les nombreux sas de sécurité, les traversées infinies, les boutons qui ne répondent pas, les détenus qui poireautent de longues heures en salle d’attente. Une infirmière s’agace aussi : « On travaillait mieux aux Baumettes historiques, on était au cœur de la détention. Là on est en dehors, complètement coupés. Certes il n’y a pas de bruits de clés et de hurlements mais on ne sait plus ce qu’il se passe. »

    Certains lancent de sombres prophéties : à voir le délitement galopant des lieux, dans dix ans, B2 ne vaudra pas mieux que BH. Au gré de la visite, les malfaçons sautent aux yeux : des bassines au sol recueillent l’eau qui goutte, une porte en placo a été défoncée par un coup de poing, une large tache d’humidité s’étend au plafond. Et puis il y a toutes celles que l’on ne voit pas : pendant longtemps, les détenus n’ont pas eu d’eau chaude, il y a eu une inondation dans la salle informatique, une autre dans les parloirs dédiés aux familles, les serrures électriques tombent régulièrement en panne. « Il y a encore des problèmes d’eau chaude. On n’est pas entré dans une phase contentieuse avec le fabricant mais c’est complexe, explique Guillaume Piney, le directeur. C’est méritoire de vouloir faire de l’architecture moins carcérale mais là, ça pose quelques problèmes… » Des voix dénoncent plus prosaïquement l’utilisation de « matériaux de merde ». « Il a fallu changer toutes les cartes mères des ascenseurs parce qu’ils ont pris les premiers prix, explique Lyriane, surveillante CGT. On passe notre vie à attendre derrière les grilles. Tout est beaucoup plus long. » Une éducatrice souligne qu’elle met vingt minutes à atteindre son bureau depuis l’entrée, le temps de passer tous les sas, douze au total. Dans un courrier datant de mai 2017 que Libération a pu consulter, un avocat alertait le bâtonnier sur les multiples dysfonctionnements des parloirs au lendemain de l’ouverture : les détenus qui n’arrivent jamais à destination, le nombre insuffisant de places en salle d’attente et la pièce « conçue en dépit du bon sens ». Les conseils sont en effet enfermés avec leurs clients dans des boxes sans fenêtre « au détriment de toute règle d’hygiène et de sécurité ».

    Quant aux surveillants, ils ne sont pas suffisamment nombreux pour gérer à la fois les mouvements internes et le standard téléphonique pour les parloirs. « On est un peu en tension pour faire tourner les vieilles Baumettes et B2 mais cela devrait s’arranger », justifie Guillaume Piney. Le personnel semble plus sceptique. « On a une nouvelle structure mais on a gardé le fonctionnement de l’ancienne. Moi, j’ai vingt-cinq ans d’ancienneté, aujourd’hui, je dirais aux jeunes de se barrer, les pouvoirs publics n’ont rien compris », s’agace David, surveillant CGT. Tous décrivent un quotidien marqué par une hausse de la violence et les affres du sous-effectif. Lyriane, qui travaille en prison « depuis des décennies », parle d’une « nouvelle génération de détenus qui n’a plus le respect de l’uniforme », d’un jeu de « poker menteur » où elle « feint d’avoir de l’assurance » : « Un jour, en rentrant de la promenade, un détenu a foncé vers moi. Et là, j’ai pensé : "s’il me choppe à la carotide, c’est fini". Tous les agents sont isolés dans leur secteur. Si on utilise l’alarme, on sait bien que personne ne va arriver, on n’est pas assez nombreux. »

    Libération a pu lire le contenu d’un conseil de discipline qui retranscrit une scène presque banale. C’est le détenu E. qui raconte la promenade du 4 août 2017 au quartier hommes de la maison d’arrêt : « Ils me sont tombés à plusieurs dessus, j’ai été roué de coups, je n’ai rien compris. » D’après le compte rendu, deux détenus l’ont attendu dans un coin avant de lui porter un coup à la tête, puis « un enchaînement de coups de poings et de pieds ». Il a été entièrement déshabillé, frappé à nouveau au visage et traîné par terre par les cheveux. « Le détenu E. s’est ensuite présenté, nu, devant l’entrée de la cour pour pouvoir être évacué. » Ramses Aly Elsayed, quant à lui, ne s’est jamais relevé lorsqu’il a été tabassé en décembre.

    « Dans quel état les gens vont ressortir d’ici ? »

    Ce n’est peut-être pas un hasard si l’architecte a choisi de placer la statue de la « colère » - parmi celle des sept péchés capitaux qui ornent la façade - à côté de la porte de la prison. C’est cette étrange pythie qui accueille et salue le visiteur, celle qui verra partir Pierre Dharréville « avec beaucoup de questions ». « La situation des Baumettes historiques est profondément révoltante, c’est insupportable. La perspective qu’elles soient fermées est rassurante mais qu’on ait tenu jusque-là est indigne de la condition humaine. La vraie question, c’est le sens de la peine et ce qu’elle produit : dans quel état les gens vont ressortir d’ici ? »

    Bientôt, des murs tomberont et d’autres les remplaceront. BH disparaîtra pour laisser place aux Baumettes 3. « En 2022, l’intégralité du site, qui par sa capacité constituera le troisième centre pénitentiaire de France, sera rénovée, offrant ainsi des conditions de détention plus dignes et des conditions de travail améliorées pour le personnel pénitentiaire » , promet déjà la brochure du ministère.
    Julie Brafman Envoyée spéciale à Marseille Photos Olivier Sarrazin. Hans Lucas

    Très bon article. Les photos sont à voir dans l’article.
    #prison #administration_pénitentiaire


  • Macron, « c’est le chef comptable qui a pris le pouvoir »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120418/macron-c-est-le-chef-comptable-qui-pris-le-pouvoir

    Emmanuel Macron, suivi du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler. © Reuters Pur produit de la #technostructure, #Emmanuel_Macron avait promis qu’il bousculerait les schémas de l’« ancien monde » en réformant le fonctionnement de l’appareil d’État. Un an après son élection, la méthode qu’il a instaurée, en mettant au pas la haute #Administration et en accordant un rôle prédominant à Bercy, a accentué un mouvement vieux de trente ans : l’hypercentralisation du pouvoir.

    #France #ENA #exécutif #gouvernement #haute_fonction_publique


  • #Emmanuel_Macron, « c’est le chef comptable qui a pris le pouvoir »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120418/emmanuel-macron-c-est-le-chef-comptable-qui-pris-le-pouvoir

    Emmanuel Macron, suivi du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler. © Reuters Pur produit de la #technostructure, Emmanuel Macron avait promis qu’il bousculerait les schémas de l’« ancien monde » en réformant le fonctionnement de l’appareil d’État. Un an après son élection, la méthode qu’il a instaurée, en mettant au pas la haute #Administration et en accordant un rôle prédominant à Bercy, a accentué un mouvement vieux de trente ans : l’hypercentralisation du pouvoir.

    #France #ENA #exécutif #gouvernement #haute_fonction_publique


  • Le président veut limiter l’emprisonnement tout en l’augmentant
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070318/le-president-veut-limiter-l-emprisonnement-tout-en-l-augmentant

    Le président de la République annonce des mesures pour faire sortir de #Prison les courtes peines, mais il entend faire exécuter en #détention toutes les condamnations à un an ferme ou plus. Le risque de remplir des cellules à peine vidées est réel.

    #France #administration_pénitentiaire #Agen #Emmanuel_Macron #Justice #Nicole_Belloubet


  • Le président veut limiter l’emprisonnement tout en l’augmentant
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070318/le-president-veut-limiter-lemprisonnement-tout-en-l-augmentant

    Le président de la République annonce des mesures pour faire sortir de #Prison les courtes peines, mais il entend faire exécuter en #détention toutes les condamnations à un an ferme ou plus. Le risque de remplir des cellules à peine vidées est réel.

    #France #administration_pénitentiaire #Agen #Emmanuel_Macron #Justice #Nicole_Belloubet


  • La honte de l’hôte | castagne
    http://hyperbate.fr/castagne/2018/02/11/la-honte-de-lhote

    le « numérique » (ici un formulaire en ligne) se révèle un outil de choix pour empêcher la résolution de problèmes et laisser chacun dans une certaine solitude face aux dits problèmes : une personne de chair et d’os, à qui l’on s’adresse en face, n’aurait pas le cran de se montrer aussi maltraitante, aussi peu arrangeante, aussi catégoriquement impolie et aussi peu soucieuse d’aider que le peut un automate — qu’il s’agisse d’un portillon automatique du métro, d’une borne d’achat de billets ou du programme qui gère la validation d’un formulaire en ligne. Et bien sûr d’une administration, car une administration est bel et bien une machine. Comme je le disais pas plus tard qu’hier lors d’une conférence sur l’Intelligence artificielle, il ne faut pas craindre la méchanceté d’hypothétiques machines conscientes, celles-ci n’existent pas encore, mais bien les mauvaises intentions de ceux qui conçoivent des machines et se cachent derrière celles-ci pour agir nocivement.

    #administration #déshumanisation #université


  • La honte de l’hôte | castagne
    http://hyperbate.fr/castagne/2018/02/11/la-honte-de-lhote

    Une fois de plus, je constate que le « numérique » (ici un formulaire en ligne) se révèle un outil de choix pour empêcher la résolution de problèmes et laisser chacun dans une certaine solitude face aux dits problèmes : une personne de chair et d’os, à qui l’on s’adresse en face, n’aurait pas le cran de se montrer aussi maltraitante, aussi peu arrangeante, aussi catégoriquement impolie et aussi peu soucieuse d’aider que le peut un automate — qu’il s’agisse d’un portillon automatique du métro, d’une borne d’achat de billets ou du programme qui gère la validation d’un formulaire en ligne. Et bien sûr d’une administration, car une administration est bel et bien une machine. Comme je le disais pas plus tard qu’hier lors d’une conférence sur l’Intelligence artificielle, il ne faut pas craindre la méchanceté d’hypothétiques machines conscientes, celles-ci n’existent pas encore, mais bien les mauvaises intentions de ceux qui conçoivent des machines et se cachent derrière celles-ci pour agir nocivement.

    #administration #informatisation


  • Digitales Berlin : „Wir haben einen Technik-Zoo vorgefunden“ - Berlin - Tagesspiegel
    http://www.tagesspiegel.de/berlin/digitales-berlin-wir-haben-einen-technik-zoo-vorgefunden/20899922.html
    La ville de Berlin essaye d’implémenter une stratégie pour l’ère digitale. En réalité on ouvre plusieurs chantiers dans plusieurs administrations, ensuite on tente une coordination du chaos.

    Sabine Smentek ist Staatssekretärin für Informations- und Kommunikationstechnik und gehört der SPD an.

    wer ist für Open Data, für Digitalisierung und für Partizipation zuständig?

    Wir haben eine klare Aufteilung innerhalb des Senats. Ich bin die Staatssekretärin für Informations- und Kommunikationstechnik. Ich kümmere mich um die Verwaltung und sorge für eine einheitliche, moderne Technik. Wirtschaftsstaatssekretär Christian Rickerts ist für Digitalisierung als Wirtschaftsförderung und Open Data verantwortlich. Die Digitalisierungsaktivitäten der Ressorts sind in der Smart-City-Strategie gebündelt, dafür ist der Chef der Senatskanzlei, Björn Böhning, zuständig. Und Staatssekretärin Sawsan Chebli koordiniert in der Senatskanzlei die Partizipation.

    #Berlin #politique #adminstration



  • Kursangebot der Jobcenter : Das Milliardengeschäft mit den Arbeitslosen - Wirtschaft - Tagesspiegel Mobil
    http://m.tagesspiegel.de/wirtschaft/kursangebot-der-jobcenter-das-milliardengeschaeft-mit-den-arbeitslosen/20800654.html
    Le ANP allemandes sont un système corrompu qui exploite ses employés et fait gagner des milliards aux entreprises de formation et d’intérim.

    Hannes Hoffmann Christian Honey

    Kursanbieter und Jobcenter-Angestellte haben ein System etabliert, das die Arbeitslosen-Statistiken schönt und der eigenen Karriere dient. Eine Analyse.

    Ein Plattenbau in der Storkower Straße, Hausnummer 158, eine Gehminute vom Jobcenter Pankow entfernt. An der Fassade hängt ein sechs Fenster breites Poster mit der Aufschrift: „Einzelbüro ab 100,- Euro“. Ein Blick auf die Firmentafel am Eingang verrät, wer die Nähe zum Jobcenter schätzt: die Schuldnerhilfe, Sozialrechtsanwälte, Personalvermittlungen, eine MPU-Beratungsstelle zur Wiedererlangung der Fahrerlaubnis.

    Drinnen geht man durch lange, dunkle Korridore mit durchnummerierten Türen. Hinter einer davon befinden sich die Schulungsräume von Mikro Partner, ein privates Unternehmen, das Kurse für Arbeitslose im Auftrag der Jobcenter durchführt. In der Sprache der Jobcenter werden solche Kurse MAT (Maßnahmen bei einem Träger) genannt. Den Mitarbeitern der Jobcenter liegt viel dran, dass diese Kurse stets gut besucht sind. Welches Kalkül dahinter steckt, zeigen interne Dokumente und E-Mails sowie Berichte aktiver und ehemaliger Beschäftigter.

    In einem internen Protokoll einer Teamleiter-Versammlung der Hamburger Jobcenter wurden die Mitarbeiter etwa angewiesen, „mindestens 60 Prozent“ der für das Jahr 2016 reservierten Kursplätze „innerhalb der 1. Jahreshälfte“ zu belegen. In internen E-Mails eines Hamburger Jobcenters heißt es sogar: „Brandmail an alle Arbeitsvermittler!!! Für die oben genannte MAT sind erst 9 Zuweisungen erfolgt. Ich bitte weitere Zuweisungen vorzunehmen.“

    Dass Hamburg kein Einzelfall ist, belegt das Integrationskonzept 2015 des Potsdamer Jobcenters. Hier sollten die Mitarbeiter MATs „monatlich zu 100 %“ belegen. Und auch in Berlin sollen die Kurse voll sein. „Das Jobcenter Berlin Pankow wird Maßnahmen zur Aktivierung und beruflichen Eingliederung für alle Kundinnen und Kunden einkaufen“, heißt es dort im Arbeitsmarkt- und Integrationsprogramm 2017.

    An ihrer besonderen Wirksamkeit kann dieser Fokus auf Kurse nicht liegen. Die Statistik der Bundesagentur für Arbeit (BA) macht deutlich, dass Arbeitslose dadurch kaum nachhaltig in Arbeit gebracht werden. Sechs Monate danach sind mehr als zwei Drittel der Teilnehmer noch immer im Hartz-IV-Bezug. Warum ist die Auslastung der Kurse den Jobcentern dann so enorm wichtig?
    Viele Jobvermittler haben nur befristete Verträge

    „Ob so ein Kurs den Arbeitslosen etwas bringt, spielt bei der Vergabe keine Rolle“, sagt Petra Friedrichs, eine ehemalige Jobcenter-Mitarbeiterin, die eigentlich anders heißt. „Nicht die Interessen der Arbeitslosen stehen dabei im Mittelpunkt, sondern die der Mitarbeiter“, sagt sie. Das habe eine einfache Erklärung: Arbeitslose, die in einem Kurs stecken, werden in der Arbeitslosenstatistik nicht mitgezählt. Und an der Statistik hängt neben den Erfolgsmeldungen der BA die berufliche Zukunft der Jobcenter-Mitarbeiter auf unterster Ebene – sowie Boni-Zahlungen an ihre Vorgesetzten.

    „Erfolgt eine Bewertung der Zielerreichung mit ’A’ bzw. eine entsprechende individuelle Leistungseinschätzung im Rechtskreis SGB II, kommt eine Leistungsprämie in Höhe von bis zu 20 Prozent des Grundgehalts in Betracht“, heißt es im Handbuch Personalrecht der Arbeitsagentur. Für ein „B“ gibt es 15 Prozent. Diese Prämien stehen verbeamteten Führungskräften zu. Angestellte Führungskräfte erhalten laut Tarifvertrag für ein „A“ eine Prämie von 20 Prozent des Grundgehalts.

    Die einfachen Mitarbeiter – Arbeitsvermittler und Fallmanager – bekommen zwar kein Geld für ausgebuchte Kurse. Für sie hängt an den Statistik-Zielen aber oft der Job. „Wer am Ende des Jahres die Note A oder B bekommt, der muss zum Gespräch über eine Beförderung eingeladen werden“, sagt Friedrichs. Wer befristet angestellt sei und ein C oder gar ein D bekommt, gerate in Gefahr, bald selbst Kunde des Jobcenters zu werden.

    „Das läuft oft nach dem Motto wenn du noch ein Schippchen drauflegst, sorge ich auch dafür, dass du eine Festanstellung kriegst’“, erklärt Gerd Zimmer, Personalratsvorsitzender des Jobcenters Köln. Vor allem neue Mitarbeiter seien betroffen, die oft befristet angestellt werden. „Wer seine Stelle behalten will, muss der Logik der BA folgen: statistische Zielerreichung durch bedingungslose Loyalität“, sagt Zimmer.

    Eigentlich dürfen seit 2013 nur zehn Prozent der Mitarbeiter befristete Verträge haben. „In den Jobcentern in Ballungsräumen gehen die Befristungsquoten aber schon mal auf 30 Prozent“, sagt Zimmer. Zudem konzentrieren sich die Befristungen auf den operativen Bereich, also auf Arbeitsvermittler und Fallmanager – jene, die Kurse an Hartz-IV-Empfänger vergeben. Die Zuteilung von Kursplätzen ist für diese Mitarbeiter ein einfaches Mittel, um die Chancen auf eine Festanstellung oder Beförderung zu erhöhen.

    Die Zahlen der BA reflektieren den hohen Wert der Kurse beim Aufbessern der Arbeitslosenstatistik. Zwischen 2013 und 2016 ist die durchschnittliche Zahl der erwerbsfähigen Hartz-IV-Empfänger nahezu konstant geblieben (2013: 4,39 Millionen; 2017: 4,4 Millionen bis einschließlich August). Die Zahl der Hartz-IV-Empfänger, die an Kursen teilnehmen müssen, ist hingegen kontinuierlich gestiegen, von 583.000 im Jahr 2013 auf 748.000 im Jahr 2016. Was eine Zunahme von 28 Prozent ist. Für den Steuerzahler sind die Kosten enorm – und sie steigen kontinuierlich an. Hat die BA im Jahr 2013 noch 463 Millionen Euro für Kurse (MATs) ausgegeben, waren es im vergangenen Jahr 773 Millionen Euro.
    Bundesrechnungshof kritisiert Maßnahmenpolitik

    Dass es beim Einkauf und der Vergabe der Kurse nicht mit rechten Dingen zugehen kann, ist auch dem Bundesrechnungshof schon aufgefallen. Wie Jobcenter Kurse an Hartz-IV-Empfänger verteilen, gleiche „in einigen Fällen einer Direktvergabe von Gruppenmaßnahmen“, schrieben die Prüfer in einer Mitteilung an das Bundesministerium für Arbeit und Soziales im Jahr 2013. Seither hat der Rechnungshof mehrfach kritisiert, dass die Kurse oft unpassend und nutzlos seien. Und somit Verschwendung.

    Eine Umfrage vom Zentrum für Kunden- und Mitarbeiterbefragungen der BA aus diesem Jahr zeigt, dass selbst manche Jobcenter-Mitarbeiter anonym Kritik daran üben. Bei drei der Fragen konnten sie mit freien Kommentaren antworten. Eine Auswahl: „schon im Einkaufprozess klar, dass diese Maßnahmen nicht sinnvoll seien können“ - „Es darf zukünftig keine zentralen Festlegungen mehr seitens der Regionaldirektion geben, wie viele Eintritte in bestimmte Maßnahmen die gE vor Ort einzukaufen hat.“ – „weniger Standardmaßnahmen für Alle“ – „aufhören mit der Idee, dass mehr Geld immer und überall zwingend in mehr Eintritte in Maßnahmen münden muss“.

    Dafür, dass sich Hartz-IV-Empfänger nicht gegen die Kurse wehren, ist gesorgt. Schließlich hat jeder Arbeitslose mit dem Jobcenter eine sogenannte Eingliederungsvereinbarung. Darin ist auch festgehalten, dass der Hartz-IV-Empfänger alle Angebote nutzen muss, um seine Arbeitslosigkeit zu beenden. Wer vom Jobcenter also einen Kurs angeboten bekommt, aber diesen ablehnt, verstößt gegen die Eingliederungsvereinbarung.

    Als Konsequenz droht eine Sanktion: Diese Strafkürzungen des Existenzminimums erzielen eine zweifache Wirkung. Wer eine Sanktion erhält, gerät schnell in finanzielle Not und wird sich dem nächsten Kursangebot des Jobcenters umso weniger entziehen. Oder er wird zu einem jener Schicksale, die durch weitere Sanktionen ganz aus dem Hartz-IV-Bezug fallen - und aus der Statistik des Jobcenters.

    Wer etwa den dreimonatigen Vollzeit-Kurs „Begleitung, Aktivierung, Stabilisierung und Integration“ bei Mikro Partner verweigert, zum Beispiel weil er sich unabhängig um Fortbildung bemüht, muss mit einem solchen Brief vom Jobcenter Pankow rechnen: „Ihr Arbeitslosengeld mindert sich um 122,70 Euro monatlich (...) Sie haben diese Maßnahme trotz Belehrung über die Rechtsfolgen nicht angetreten.“ Seit 2013 haben deutsche Jobcenter jedes Jahr zwischen 900.000 und einer Million derartige Sanktionen ausgesprochen.

    So nutzen Fallmanager und Jobvermittler sogar Zwangsmittel, um Kurse zu füllen. Über die Jahre ist so ein Milliardengeschäft entstanden. Private Kursanbieter verkaufen Jobcenter-Mitarbeitern mit den Kursen die „Zielerreichung“. Beide Seiten profitieren. Zum Leidwesen von Arbeitslosen und Steuerzahlern.
    113 Kommentare

    #Allemagne #travail #chômage #administration


  • Prison : des téléphones fixes vont être installés dans chaque cellule - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/01/02/prison-des-telephones-fixes-vont-etre-installes-dans-chaque-cellule_16199

    Pour endiguer le trafic de #portables et favoriser le maintien des liens familiaux, le ministère de la Justice a lancé un appel d’offres pour équiper progressivement les cellules. Les détenus pourront ainsi appeler quatre numéros autorisés par un juge ou l’administration.

    En août, peu de temps après sa nomination, la ministre de la Justice Nicole Belloubet s’était illustrée par une déclaration plutôt audacieuse. Tranchant avec le discours de ses prédécesseurs, elle avait estimé, au sujet des téléphones en prison, que l’idée n’avait « rien d’absurde. […] Il faut donner aux détenus des moyens de communication. Par des portables contrôlés ou des lignes fixes ». Un flot de fantasmes carcéraux et réactions politiques hostiles n’avaient pas tardé, dont celle de Georges Fenech, ancien député et secrétaire national du parti Les Républicains, s’enflammant sur Twitter : « Stupéfaction ! La ministre de la Justice favorable au portable en prison ! La garantie du lien avec Daech. »

    Cinq mois plus tard, la ministre confirme son intention et tranche : ce ne seront pas des portables bridés mais des lignes fixes qui feront leur apparition dans les cellules. Contactée par Libération, la chancellerie résume : « L’idée est de maintenir le lien avec la famille et d’apaiser les tensions en détention. » Chaque détenu pourra appeler des correspondants parmi une liste de quatre numéros préalablement validés par les magistrats ou l’administration pénitentiaire. Selon les révélations du Monde, ce mardi, le ministère a lancé un appel d’offres en novembre – qui s’inscrit dans le cadre d’un renouvellement de concession du marché des « point-phones » – afin d’équiper les 45 000 cellules (en dehors des quartiers disciplinaires). Le contrat devrait être signé au printemps.

    « Point-phones » ou portables clandestins

    C’est une petite révolution dans le monde carcéral. « Nous saluons cette initiative qui va renforcer les liens et les possibilités de communication vers l’extérieur », déclare François Bès, coordinateur du pôle enquête à l’Observatoire international des prisons (OIP). Le sujet est en effet sensible, comme tous ceux qui ont trait à la délicate articulation entre libertés fondamentales et exigences de sécurité. Pour preuve, le téléphone a fait une entrée tardive entre les murs. Il a fallu attendre la loi pénitentiaire de 2009 pour que les condamnés, mais aussi les prévenus, puissent y avoir accès. « Les personnes détenues ont le droit de téléphoner aux membres de leur famille. Elles peuvent être autorisées à téléphoner à d’autres personnes pour préparer leur réinsertion. Dans tous les cas, les prévenus doivent obtenir l’autorisation de l’autorité judiciaire », précise l’article 39. Aujourd’hui, les détenus disposent non pas de cabines mais de « point-phones », répartis dans les coursives et les promenades et dont l’utilisation est strictement contrôlée. Chacun doit respecter une liste de contacts autorisés et des créneaux définis (généralement de 9 à 11 heures, puis de 14 à 16 heures). Cet encadrement génère plusieurs difficultés : le manque de confidentialité des échanges, le coût élevé de communication, la difficulté à joindre un conjoint qui travaille ou des enfants à l’école.

    Par conséquent, les « point-phones » sont volontiers délaissés au profit des portables clandestins qui fourmillent en détention : on estime que chaque détenu en possède un. Selon l’administration pénitentiaire, au premier semestre 2017, 19 339 téléphones et accessoires (puces, chargeurs, etc.) ont été découverts. Ils franchissent souvent les murailles par la voie des airs ou se faufilent discrètement via les parloirs. Certains surveillants ont également été épinglés pour corruption. C’est donc non seulement pour favoriser le maintien des liens familiaux, essentiels pour la réinsertion des détenus, mais aussi pour lutter contre ces trafics que la chancellerie a opté pour l’installation de postes fixes. A l’origine du projet, il y a une expérimentation, depuis 2016, dans les 290 cellules de la prison de Montmédy (Meuse). Si l’on ne peut pas parler d’éradication des portables, les effets sont tout de même encourageants : les saisies ont baissé de 30% sur le premier trimestre 2017. « Ça ne règle pas le problème des trafics mais ça les apaise », explique-t-on en interne.

    « Des factures de 150 à 200 euros par mois »

    Reste à savoir quels seront les tarifs en vigueur concernant les nouvelles installations. « L’appel d’offres parle de facturation à la minute, remarque François Bès. Or aujourd’hui, on est autour de 70 centimes dans la plupart des établissements. Certains détenus, à Réau en Seine-et-Marne, nous ont raconté qu’ils avaient des factures de 150 à 200 euros par mois ! Certes, à Montmédy, les tarifs ont été négociés à 20% à la baisse mais ça reste cher ». D’après la chancellerie, la société choisie prendra financièrement en charge l’ensemble de l’opération et sera rémunérée par le prix des communications payées par les détenus. « La concession sur dix ans devrait leur permettre d’avoir des tarifs plus abordables qu’à Montmédy », explique-t-on. Pour autant, cela ne marque pas la fin de la chasse aux portables illégaux. En parallèle, des brouilleurs « rebootés en permanence pour s’adapter aux nouvelles technologies » seront installés dans tous les établissements pénitentiaires.
    Julie Brafman

    Je les trouve totalement à côté de la plaque ! Pourquoi passer par un tel système avec des appels aussi chers et qui plus est placés sur écoute alors qu’on peut avoir un portable clandestin qui sera beaucoup plus pratique et moins cher ? Sûrement parce que ça nécessite encore une fois de passer par une entreprise privée qui va pouvoir s’en mettre plein les poches !
    #prison #administration_pénitentiaire #téléphone