• „Deutliche Einschränkung der Versorgung droht“ Berliner Charité warnt vor Überlastung der Intensivstationen
    https://m.tagesspiegel.de/berlin/deutliche-einschraenkung-der-versorgung-droht-berliner-charite-warnt-vor-ueberlastung-der-intensivstationen/27756552.html

    Le message est clair : donnez-nous plein de fric, dit le chef de l’hôpital berlinois "Charite" . Avec le nombre croissant de contaminés son système reqiert une injection pécunière afin de garantir sa santé financière. Il exprime explicitement le chantage envers la ville et ses citoyens : Si vous ne vous exécutez pas, on laissera mourir autant d’habitants qu’il nous semble approprié pour arriver à nos fins.

    Die Corona-Zahlen steigen. Doch weil Pflegepersonal fehlt, gibt es weniger Intensivbetten als vor einem Jahr. Der Charité-Chef fordert wieder Freihaltequoten.

    Angesichts stark steigender Corona-Zahlen warnt die Charité vor einer Überlastung der Intensivstationen. Die Zahl der Patienten sei in den vergangenen Tagen merklich gestiegen, sagte Martin Kreis, im Vorstand für die Krankenversorgung in Deutschlands größter Universitätsklinik zuständig, der Deutschen Presse-Agentur.

    Insbesondere unter Ungeimpften sei von einem deutlichen Anstieg an Neuinfektionen auszugehen. „Aktuell sind etwa 90 Prozent der Covid-19-Patientinnen und Patienten in der Charité nicht geimpft“, sagte Kreis. Wenn es nicht gelinge, die Impfquote deutlich zu steigern, werde das infolge der Behandlungen in Krankenhäusern zu massiven Einschränkungen in den Kliniken führen.

    In internen E-Mails der Berliner Universitätsklinik heißt es, man müsse sich für den Winter auf eine „hohe Belastung“ einstellen. Namhafte Mediziner erwarten, dass die Charité wie vergangenen Winter planbare Behandlungen verschieben werde, dass der Krankenhausvorstand also den Regelbetrieb einschränkt, um die erwarteten Covid-19-Neufälle versorgen zu können.

    „Wenn sich diese Entwicklung entlang der Prognosen fortsetzt und keine Gegenmaßnahmen ergriffen werden, droht in den nächsten Wochen auch eine deutliche Einschränkung der Versorgung der Nicht-Covid-19-Patientinnen und Patienten“, sagte Kreis. Verschärft werde die Situation dadurch, dass bundesweit deutlich weniger Intensivbetten zur Verfügung stünden als noch vor einem Jahr. Hintergrund sei ein deutschlandweiter Rückgang beim Pflegepersonal.
    Charité-Chef: Ohne Freihaltequoten Versorgung nicht zu gewährleisten

    Die vorhandenen Intensivbetten seien derzeit vor allem mit Menschen belegt, die nicht am Coronavirus erkrankt seien. Dadurch stünden kaum freie Betten für die Covid-19-Versorgung zur Verfügung. Der Vorstandschef der Charité, Heyo Kroemer, forderte: „Wir benötigen dringend wieder die Einführung von Freihaltequoten bei den Intensivbetten.“ Dies ermögliche es den Krankenhäusern, ausgewählte Behandlungen zu reduzieren und Verlegungen zwischen den Häusern planbar zu organisieren.

    #covid-19 #Allemagne #médecine #affaires #capitalisme

  • Abus sexuels dans l’Église : le Nord - Pas-de-Calais particulièrement concerné
    https://actu.fr/societe/abus-sexuels-dans-l-eglise-le-nord-pas-de-calais-particulierement-concerne_4545

    Le nombre de 216 000 victimes de crimes sexuels par des prêtres de 1950 à 2020 en France a été mis en avant par la CIASE, commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, qui vient de rendre son rapport (appelé rapport Sauvé). Quels sont les chiffres par région, par diocèse ? Le rapport présente plusieurs cartes. Le Nord et le Pas-de-Calais, terres catholiques, sont particulièrement concernées.

    Les régions les plus touchées sont les plus pratiquantes
    « La carte des violences répertoriées recoupe assez bien la carte des diocèses de France selon leur degré de pratique religieuse » dit le rapport Sauvé en page 138 (consultable en ligne ici sur 485 pages https://www.ciase.fr/medias/Ciase-Rapport-5-octobre-2021-Les-violences-sexuelles-dans-l-Eglise-catholique- ). C’est-à-dire que ce sont les diocèses avec le plus fort nombre de prêtres et de catholiques qui ont connu le plus d’abus sexuels en nombre.

    Le Nord et le Pas-de-Calais font partie des diocèses dits « de chrétienté », ce qui signifie les plus marqués par la présence chrétienne.

    Ainsi, « sur l’ensemble de la période, les 12 diocèses ‘de chrétienté’ regroupent le plus grand nombre d’affaires par diocèse (16,3 affaires par diocèse, contre 11,9 par diocèse de tradition chrétienne, et 14 affaires par diocèse ‘détaché’) ».

    Un nombre de prêtres abuseurs plus élevé qu’ailleurs…
    Trois périodes sont retenues : de 1950 à 1970 ; de 1970 à 1990 ; de 1990 à 2020.

    Côté chiffres, les départements du Nord et du Pas-de-Calais, référencés comme terres chrétiennes, sont particulièrement touchés :
    • 1950-1970 : plus de 20 cas de prêtres abuseurs recensés dans le Pas-de-Calais, une dizaine pour le Nord ;
    • 1970-1990 : plus de 20 cas dans le Nord ; entre 5 et 10 dans le Pas-de-Calais ;
    • 1990-2020 : plus de 20 cas dans le Pas-de-Calais ; une quinzaine dans le Nord.

    Quelques dizaines de cas, cela semble peu, mais en fait, ce sont les chiffres les plus élevés en France. Ce qui fait des départements du Nord et du Pas-de-Calais des départements particulièrement concernés par la pédo-criminalité au sein de l’Église.

    Le Nord et le Pas-de-Calais sont très concernés par les abus sexuels dans l’Eglise, avec les chiffres les plus élevés par rapport au reste de la France. (©Rapport CIASE)

    … mais moins de victimes par prêtre
    Avec une précision : à l’inverse, ce sont les diocèses moins chrétiens qui ont un nombre d’abus par prêtre plus élevé. « S’il y a plus d’affaires en valeur absolue dans les diocèses de chrétienté, il y a plus d’affaires par prêtre, en valeur relative, dans les diocèses ‘indifférents’. »

    Cela veut dire qu’il y a plus de victimes par prêtre dans les départements moins chrétiens.

    Précisément, « les ratios mesurant la prévalence du phénomène, qu’il s’agisse du rapport entre le nombre d’affaires et le nombre d’habitants (ratio de mis en cause), ou du rapport entre le nombre d’affaires et le nombre de prêtres (ratio de condamnés) sont respectivement 1,3 (pour les mis en cause) à 4 fois (pour les condamnés) plus forts que dans les terres de chrétienté ». 

    Le rapport émet des hypothèse quant aux causes de ce moindre nombre de cas par prêtre dans les diocèses les plus christianisés. « Du côté des diocèses de chrétienté, on peut se demander si la moindre proportion d’affaires et de condamnations ne procède pas d’un moins grand nombre de situations de violences sexuelles, procédant d’un plus grand contrôle social des clercs (par la population et l’institution), d’une plus grande capacité ecclésiastique à influencer le cours de la justice, voire d’une plus grande tolérance des jurys de cours d’assises envers les clercs. Le nombre supérieur d’acquittements, lors des affaires pénales, dans les diocèses de chrétienté, pourrait aller dans ce sens. »

    Le profil des prêtres condamnés
    Sur l’âge des prêtres abuseurs : « Les condamnés, dans les diocèses de chrétienté, sont nettement plus jeunes, et ils sont jugés, pour presque la moitié d’entre eux, dans les 10 années suivant leur ordination. Ailleurs, les condamnés sont majoritairement des hommes mûrs, allant entrer ou déjà entrés dans la cinquantaine, avec un étalement jusqu’à la fin de la soixantaine pour les diocèses ‘indifférents’. » 

    #Nord #Pas_de_Calais #Régions #viol #pédocriminalité #déni #pédophilie #violophilie #élites #France #culture_du_viol #déni #catholicisme #eglise #religion #prêtres #victimes #diocèses #ratios #victimes #justice #jurys #cours_d’assises #contrôle_social #CIASE

    • Rapport Sauvé sur les crimes de pédophilie dans l’église catholique :
      L’église catholique et le Gouvernement macron/darmanin pris à leurs propres pièges !
      https://www.fnlp.fr/2021/10/11/léglise-catholique-et-le-gouvernement-macron

      Le rapport Sauvé est un véritable séisme qui risque d’emporter l’église catholique toute entière dans l’abime, d’où l’effroi, les erreurs, les provocations des éminences qui s’accrochent à l’autel pour ne pas disparaitre. Chacun essaie de tirer son épingle du jeu et la crise se développe.Pourtant, tout avait été fait pour limiter le scandale. A l’instar de ce qu’elle avait déjà fait pour l’Affaire touvier, l’église catholique mettait en place une commission pour noyer le poisson : la Commission Sauvé, en espérant que cela arriverait au même résultat que pour le milicien Touvier :


      L’église catholique n’était en rien responsable, seuls quelques individus en marge étaient en cause.Mais patatras, c’est le poisson qui noyait le pêcheur et le « pécheur » était bien fautif en la matière.La Commission Sauvé (et il faut lui rendre hommage pour cela, contrairement aux premières craintes de la Libre Pensée) a fait remarquablement son travail. Le scandale était si énorme, les victimes si nombreuses, l’horreur si grande, que plus rien ne pouvait empêcher la lumière de se faire jour.

      Dès le mois d’août 2021, le Congrès national de Voiron de la Libre Pensée analysait ainsi les choses :
      « Ce n’est pas un hasard, nous l’avons souvent souligné, que cela soit aux Etats-Unis que les affaires de pédophilie dans le clergé catholique ont été mises au grand jour. C’est l’impérialisme et ses subsidiaires qui ont fait éclater les affaires pour domestiquer le vatican. L’épiscopat catholique des USA est exsangue, il a été saigné à blanc par les indemnités qu’il a dû verser aux victimes des crimes du clergé.

      Et c’est au tour de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne. Tout cela va déferler et rien ne pourra l’empêcher. Le vatican risque d’être emporté par la tourmente financière. Pour pouvoir tenir face à cette déferlante, le pape n’a pas d’autre choix que de faire le ménage sur tous les plans, pour tenter de résister.D’où les procès au sein de la curie, d’où les tentatives d’en finir avec la pédophilie et les scandales,notamment financiers.

      Et c’est là, que la Libre Pensée a un rôle à jouer. La Commission Sauvé sur les crimes de pédophilie dans le clergé français semble tétanisée pour remettre son rapport. La ligne de conduite est claire : il va falloir payer beaucoup pour faire taire les victimes. Qui va payer ? L’église aimerait bien, comme à l’accoutumée,que cela soit les autres.

      Mais déjà les résistances se dévoilent. Au sein même des fidèles, commence à se constituer un mouvement de refus : pourquoi les brebis devraient cracher au bassinet pour les fautes du berger ? Le clergé faute,les fidèles paient. Cela a du mal à passer.

      Bien entendu, l’église va tendre la sébile auprès des pouvoirs publics pour qu’ils paient à sa place. Déjà, émmanuel macron a décidé de faire passer la déduction fiscale pour le denier du Culte de 66% à 75%.Mais cela ne suffira pas. Il faut s’attendre, pour arracher à l’église et aux autres religions dans la foulée un certain soutien à sa politique, que macron mette en œuvre une série de mesures pour financer les cultes,afin, entre autre, d’acheter leur silence sur les entorses au libre exercice du culte, mises en œuvre par la loi dite « Séparatisme ». Passe–moi la rhubarbe, je te passerai le séné. C’est pourquoi, émmanuel macron est contraint d’aller à lourdes faire le pitre comme un premier communiant, une première depuis Pétain, pour tenter de donner du baume au cœur des Evêques. Tout cela confine au ridicule et à la dérision.

      Nous avons décidé de proposer au Congrès national qu’il décide (ce qui a été décidé) que les Fédérations départementales s’engagent dans une grande enquête, sur tous les fronts, pour mettre à jour les biens de l’église, à combien ils se montent, quelle est la richesse exacte du clergé. L’objectif est par cette enquête d’intérêt public d’empêcher que l’Etat finance les réparations aux victimes à la place des Evêques. L’église a les moyens, qu’elle paie le prix de ses turpitudes ! Nous avons déjà envoyé aux Fédérations un certain nombre d’éléments et d‘outils de travail pour cela

      Si la Libre Pensée veut faire cela, ce n’est pas par simple anticléricalisme de bon aloi, c’est que cette question va devenir une affaire de défense de la République, de la laïcité des institutions, des libertés démocratiques qui veulent que la justice s’applique aux justiciables, ce n’est pas aux innocents de payer. On connaît le vieil adage catholique : l’église ne connait pas le péché, elle ne connait que les pécheurs.Mais là, cela risque d’être une autre affaire. »

      Faisons ensemble l’inventaire des biens de l’église :
      L’église peut payer, l’église doit payer !

      A peine connu le Rapport Sauvé que chaque prélat, chaque mitré y allait de son repentir. Au même moment, Médiapart dévoilait que l’archevêque de Strasbourg, qui faisait aussi son numéro de repentir, avait préservé et préserve toujours la réputation d’un agresseur, accusé d’abus sexuel. Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche.

      Le Président de la Conférence des Evêque de France déclarait même que les lois de dieu étaient aussi au-dessus de la République et qu’en conséquence, il ne fallait pas violer le secret de la Confession auriculaire. Comme la Libre Pensée l’établit dans la note d’analyse ci-jointe à ce communiqué, le « secret de la confession » est une auguste fadaise qui ne s’impose à personne au nom d’une quelconque autorité, quelle qu’elle soit. Le « secret de la confession » est une convenance personnelle passée entre personnes qui l’acceptent. C’est une convention purement privée. Elle n’a aucune force de loi.

      Ce secret est de même nature que celui que sont « obligés » de respecter, en « vertu de la loi morale », les Francs-Maçons. Cela ne peut servir en aucun cas à camoufler et à taire des crimes, surtout contre des enfants. D’ailleurs, l’église catholique ne s’est pas toujours pliée au respect du secret de la confession. Le nombre de victimes de l’Inquisition est là pour en témoigner.
      Le gouvernement macron/darmanin a mis en œuvre la loi « Séparatisme » contre les présupposés musulmans. Le ministre de l’Intérieur a même dit à cette occasion : « Les catholiques n’ont rien à craindre ». On ne lui conseille pas de se recycler comme voyante, ses prédictions n’ont pas fait flores, loin s’en faut.

      Nous rappelons que la loi « Séparatisme » et le projet de décret rendu public prévoit que si un membre d’une association religieuse tient des propos séditieux (et le Président de la CEF en a tenu incontestablement), le gouvernement est tenu d’engager un processus de dissolution de l’association concernée.

      Monsieur Darmanin va-t-il dissoudre l’église catholique ?

      Si le Ministre de l’Intérieur devait traiter autrement l’église catholique que les associations musulmanes qu’il a fait dissoudre, que faudrait-il en conclure ? Que nous sommes à nouveau dans Les animaux malades de la peste : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir. » ?

      Par la loi « Séparatisme », le gouvernement et sa majorité parlementaire aux ordres a mis en route une véritable machine de guerre civile contre la population, pour mieux la diviser pour la réprimer. On en voit toutes les prémices aujourd’hui.

      L’heure des comptes est en train de sonner ! Abrogation de la loi totalitaire et xénophobe dit « Séparatisme » !

      La Bastille, le 11 octobre 2021

      #secret #confession #fadaise #scandale #indemnités #loi #secret de la #confession #séparatisme #associations_religieuses #affaire #touvier #Strasbourg

  • Croix-Rouge : la petite affaire qui embarrasse Lydia Guirous
    https://www.lepoint.fr/politique/croix-rouge-le-juteux-business-familial-de-lydia-guirous-05-09-2018-2248847_
    Le mari de la porte-parole de LR, Jacques Touzard, a été mis à pied par la Croix-Rouge, soupçonné d’avoir favorisé la société de son épouse.
    La Croix-Rouge ne plaisante pas avec les affaires de favoritisme. L’organisation a fait savoir mercredi qu’elle mettait à pied Jacques Touzard, son délégué national sanitaire. Ce dernier est soupçonné d’avoir en effet favorisé l’entreprise de son épouse Lydia Guirous, porte-parole des Républicains. Selon les informations du Canard enchaîné, Jacques Touzard a fait en sorte que des hôpitaux gérés par la Croix-Rouge signent plusieurs contrats avec la société de recouvrement CTR, qui a la charge de recouvrer les créances auprès des patients. Or, précise l’hebdomadaire, cette entreprise est liée à la société de conseil de Lydia Guirous, à qui elle reverse une commission de 10 % pour les affaires que cette dernière lui a apportées.


    Interrogée par l’Agence France-Presse, Sandrine Witeska, l’une des porte-parole de la Croix-Rouge, confirme que « deux contrats » ont été passés avec la société CTR « sur recommandation » de Jacques Touzard. Si elle admet que l’organisation a l’habitude de travailler avec plusieurs sociétés de recouvrement, elle remarque toutefois que l’organisation n’avait jamais travaillé avec CTR avant l’arrivée de Jacques Touzard. Face à ces éléments, Jacques Touzard « a été convoqué en entretien au cours duquel il a reconnu avoir recommandé cette entreprise à différentes reprises en reconnaissant qu’il y aurait une commission », a déclaré la porte-parole.

    Une réputation à maintenir
    Dans la foulée, l’ONG a décidé de mettre à pied son délégué national sanitaire et de faire examiner son cas par une commission disciplinaire. « Le comportement de M. Touzard ne porte pas de préjudice financier à la Croix-Rouge française, la tarification de cette société étant conforme aux autres sociétés de recouvrement. Pour autant, il y a préjudice d’image qui nuit à la réputation de l’organisation », explique-t-elle, précisant que « cette procédure disciplinaire peut aboutir à un licenciement ». Détaché de la fonction publique auprès de l’ONG depuis plus de deux ans, Jacques Touzard perçoit un salaire versé par la Croix-Rouge, d’où « cette exigence d’honnêteté et de transparence », se justifie l’organisation.

    À ce stade, l’ONG écarte l’hypothèse d’un dépôt de plainte, car « il n’y a pas de préjudice financier ». Contactée par l’Agence France-Presse, Lydia Guirous se dit « meurtrie que [son] mari soit ciblé pour tenter de [la] déstabiliser ». « J’ai plusieurs clients parmi lesquels la CRF [Croix-Rouge française, NDLR] et j’ai différents contacts à la CRF. Mon mari a su après coup que j’avais un contrat d’apporteur d’affaires », explique Lydia Guirous, qui affirme que son époux « n’a jamais perçu de commission ».

    #LR #croix_rouge #affaires #favoritisme #société_de_conseil #recouvrement

  • Meng Wanzhou kehrt nach China zurück
    http://german.news.cn/2021-09/26/c_1310209922.htm


    Voilà un peuple qui adore la patronne. On ne le voit pas sur la photo, mai si Xinhua le dit le peuple chinois doit vraiment l’aimer.

    BEIJING, 25. September 2021 (Xinhua) —
    Meng Wanzhou winkt einer jubelnden Menge zu, als sie am 25. September 2021 am Shenzhen Bao’an International Airport in Shenzhen in der südchinesischen Provinz Guangdong aus einem Charterflugzeug aussteigt. (Xinhua/Jin Liwang)

    #Chine #politique #affaires

    • Les Etats-Unis abandonnent les poursuites contre la fille du fondateur de Huawei, la Chine libère deux Canadiens
      https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/25/les-etats-unis-abandonnent-les-poursuites-contre-la-fille-du-fondateur-de-hu


      L’ancienne directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, à Vancouver (Canada), le 24 septembre 2021.
      DON MACKINNON / AFP

      Les Etats-Unis réclamaient au Canada son extradition depuis son arrestation en décembre 2018, alors qu’elle transitait à l’aéroport de Vancouver pour se rendre au Mexique. Ce vendredi, tout s’est enchaîné assez vite : Meng Wanzhou a renoncé à ce que soit lu son acte d’accusation ; elle a plaidé non coupable des quatre chefs d’inculpations qui lui étaient opposés (fraude bancaire et aux transferts électroniques et complot en vue de réaliser ces crimes). Puis le procureur, traduit par une interprète, a présenté les termes de l’accord scellé avec Meng Wanzhou, qui prévoit de suspendre les poursuites contre elle jusqu’au 1er décembre 2022 et de les abandonner définitivement si Meng Wuanzhou respecte les termes d’un accord de bonne conduite.

      Principale exigence, ne pas contester le récit des faits qui raconte sur quatre pages comment Huawei, dont Meng Wanzhou était directrice financière, contrôlait de fait une filiale télécom en Iran baptisée Skycom et s’est arrangé pour lui faire obtenir du matériel interdit, en dépit des embargos américains. Comme toujours, c’est l’usage du dollar (dans les transactions réalisées par HSBC, maintenu dans l’ignorance des faits), qui permet à la justice américaine d’agir de manière supranationale chez des parties tierces.

      Triomphe du parquet américain
      Dans son communiqué, le parquet américain triomphe en expliquant que Meng Wanzhou a avoué ses torts, reconnaissant notamment avoir sciemment menti à la banque HSBC sur la réalité du contrôle de Skycom par Huawei lors d’une présentation PowerPoint à Hongkong en 2013. « Ses aveux confirment que Meng, en tant que directrice financière de Huawei, a fait de multiples fausses déclarations » pour « préserver la relation bancaire du groupe » avec HSBC, que la banque n’aurait pas maintenue si elle avait connu la réalité des liens avec l’Iran, accuse la vice-procureure fédérale de Brooklyn Nicole Boeckmann.

      Meng Wanzhou n’a toutefois pénalement plaidé coupable de rien et a pu, à l’issue de la levée de demande d’extradition, rejoindre sa famille en Chine après près de trois ans de résidence surveillée. L’accord ne concerne pas Huawei, qui reste poursuivi, et la déposition de Meng Wanzhou, qu’elle ne peut pas contester, servira sans aucun doute dans la procédure américaine contre le géant chinois.

  • Shipwright Studios cuts ties with Tripwire Interactive over president’s anti-abortion views | GamesIndustry.biz
    https://www.gamesindustry.biz/articles/2021-09-06-shipwright-studios-cuts-ties-with-tripwire-interactive-ove

    US developer Shipwright Studios has begun cancelling all contracts with Maneater creator Tripwire Interactive after the latter’s president sparked controversy over his views on abortion.

    Il n’est pas bon de clamer ses opinions politiques pour faire du business, en particulier quand celles-ci sont réactionnaires et provoquantes.

    Suite au départ des clients du studio après les déclarations de son P-DG, celui-ci laisse sa place à l’un des co-fondateurs, comme l’annonce à l’instant le studio dans un communiqué de presse :

    https://www.tripwireinteractive.com/#/news/tripwire-appoints-new-interim-ceo-alan-wilson

    The comments given by John Gibson are of his own opinion, and do not reflect those of Tripwire Interactive as a company. His comments disregarded the values of our whole team, our partners and much of our broader community. Our leadership team at Tripwire are deeply sorry and are unified in our commitment to take swift action and to foster a more positive environment.

    Effective immediately, John Gibson has stepped down as CEO of Tripwire Interactive. Co-founding member and current Vice President, Alan Wilson, will take over as interim CEO. Alan has been with the company since its formation in 2005 and is an active lead in both the studio’s business and developmental affairs. Alan will work with the rest of the Tripwire leadership team to take steps with employees and partners to address their concerns including executing a company-wide town hall meeting and promoting open dialogue with Tripwire leadership and all employees. His understanding of both the company’s culture and the creative vision of our games will carry the team through this transition, with full support from the other Tripwire leaders.

    Ce retour de baton a été rapide et expéditif.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #politique #avortement #législation #loi #militantisme #shipwrit_studios #jeu_vidéo_maneater #tripwire_interactive #controverse #polémique #avortement #pro-vie #pro-life #john_gibson #échec #business #affaires

  • ELNET France
    @ElnetFr - 5:51 PM · 19 juil. 2021
    https://twitter.com/ElnetFr/status/1417150047540682759

    Une délégation de 40 parlementaires français est en Israël. Pour la 1ère fois depuis 18 mois, ils échangent avec d’éminentes personnalités sur des enjeux clés. Une occasion exceptionnelle de rencontrer des membres du nouveau gouvernement et de renforcer les liens entre nos 2 pays

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    ELNET
    @elnetwork_eu - 7:56 PM · 19 juil. 2021
    https://twitter.com/elnetwork_eu/status/1417181486701170702

    Delegation of French MPs visited Israel’s south, which only 2 months ago suffered from 4,000+ rockets fired by Gaza terror groups. MPs inspected one of @Tsahal_IDF
    Iron Dome batteries protecting southern communities from the rockets, and talked to mayor of Sderot @AlonDavidi

    Tsahal
    @Tsahal_IDF - https://twitter.com/Tsahal_IDF/status/1417182007386427406

    Une trentaine de députés français ont visité le Dôme de Fer dans le sud d’Israël et ont échangé sur les enjeux sécuritaires auxquels font face nos soldats. Merci à eux et @elnetwork_eu pour cette visite fructueuse.

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    Sandra Boëlle
    @SBoelle - 9:13 PM · 19 juil. 2021
    https://twitter.com/SBoelle/status/1417200845842751488

    Mission parlementaire en Israël @AssembleeNat
    @ElnetFr : rencontre avec l’Ambassadeur de France en en Israël @EricDanon
    #situationpolitique #affairesetrangeres [Drapeau de la FranceDrapeau d’Israël–

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    Arié Bensemhoun
    @ariebens - 10:56 AM · 20 juil. 2021
    https://twitter.com/ariebens/status/1417408034540769280

    Énième visite du mémorial de la Shoah, @yadvashem à #Jérusalem, avec la délégation des #ParlementairesFrançaisDrapeau de la France en mission en #IsraëlDrapeau d’Israël. C’est toujours la même émotion et la même révolte. Le combat contre la haine des Juifs et d’Israël est le combat de tous les démocrates.

    #IsraelFrance #Elnet

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    ELNET
    @elnetwork_eu - 1:23 PM · 20 juil. 2021·
    https://twitter.com/elnetwork_eu/status/1417445045196763137

    The ELNET delegation of about 40 French parliament members met with the Prime Minister of Israel @naftalibennett
    to discuss the importance of France-Israel relations, shared values, challenges and opportunties.

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    ELNET
    @elnetwork_eu - 2:36 PM · 20 juil. 2021·
    https://twitter.com/elnetwork_eu/status/1417463306160328709

    President @Isaac_Herzog met today with the @ElnetFr
    delegation of French lawmakers.
    On the shared challenge of antisemitism, the President stressed “#Durban is a conference of hate. I call on #France to join other countries and announce it will boycott the Durban conference.”

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    L’édito hebdomadaire du 19 juillet 2021
    Retour en Israël après un an et demi d’attente
    http://elnetwork.fr/edito-19-juillet-2021

    Comprendre les enjeux de la région tout en renforçant les liens qui unissent nos deux pays, c’est l’objectif de la délégation d’une quarantaine de parlementaires de tous horizons politiques, en déplacement pour trois jours en Israël. Pour la majorité d’entre eux, il s’agit de leur premier déplacement dans le pays.

    Trois jours intenses en rencontres et en discussions sur des sujets variés, quelques semaines seulement après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement.

    Dès leur arrivée, les membres de cette « mission d’information et d’amitié » ont pu échanger avec le Dr. Emmanuel Navon, Professeur de Relations internationales à l’Université de Tel Aviv ainsi qu’avec S.E.M. Eric Danon, ambassadeur de France en Israël depuis deux ans. (...)
    (...)
    Enfin pour leur dernier jour sur place, les députés et sénateurs auront l’opportunité de discuter avec un journaliste arabe israélien. (...)

    • Elnet. Découvrez Israël, ses colonies, ses technologies de surveillance...
      Orient XXI > Jean Stern > 26 janvier 2021
      https://orientxxi.info/magazine/elnet-decouvrez-israel-ses-colonies-ses-technologies-de-surveillance,445

      Enquête · Réseau européen installé à Paris, Bruxelles, Londres, Berlin, Madrid et Varsovie, Elnet (European Leadership Network) œuvre à renforcer les liens entre la France et Israël en ciblant les leaders, patrons et élus. Structure discrète et bien dotée, son activité consiste à vendre le produit Israël, ses start-up comme ses colonies, sur la scène française, en créant et en entretenant un maillage de décideurs pro-israéliens. (...)
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  • Take Me to Your Leader : The Rot of the American Ruling Class
    https://jacobinmag.com/2021/04/take-me-to-your-leader-the-rot-of-the-american-ruling-class

    Voici une analyse des rapports de classe aux États Unis depuis le New Deal jusqu’aujourd’hui. On y apprend les noms ets prises de positions des organismes et personnages qui représentent les groupes de capitalistes les plus importants. On comprend également comment la droite à réussie à placer Donald Trum dans la Maison Blanche.

    27.4.2021 by Doug Henwood - For more than three centuries, something has been going horribly wrong at the top of our society, and we’re all suffering for it.

    Back in the George W. Bush years, I began thinking the US ruling class had entered a serious phase of rot. After a round of tax cuts skewed toward the very rich, Bush and his cronies launched a horribly destructive and expensive war on Iraq that greatly damaged the reputation and finances of the United States on its own imperial terms.

    The president and his cronies seemed reckless, vain, and out of control. Bush adviser Karl Rove dismissed the critiques of “the reality-based community,” with its conclusions drawn from “the judicious study of discernible reality.” Instead, Rove asserted, “We’re an empire now, and when we act, we create our own reality.” One waited in vain for the grown-ups to appear on the scene and right the imperial ship, but, if they existed at all, they were too busy celebrating their tax cuts and pumping up the housing bubble to bother.

    After that bubble burst, creating the financial crisis and the Great Recession, the smooth and cerebral Barack Obama seemed like a stabilizing force. That’s not what many of his more fervent supporters expected of his presidency; they were hoping for a more peaceful and egalitarian world, but they got neither. Facing the greatest economic crisis since the 1930s, one like that depression driven in large part by Wall Street, Obama was not about to do anything on the scale of the New Deal. There was the early and underpowered stimulus package, but beyond that, there would be no major reregulation of finance and no programs of public investment, income security, or redistribution. Unlike the Franklin Roosevelt administration, or even John F. Kennedy’s, for that matter, there was little political ferment around the White House, even though the Democratic policy elites came out of the same Ivy League circles as their ancestors.

    The disappointments of the Obama years prepared the way for Donald Trump. Throughout the 2016 presidential campaign, many people (including sometimes me) thought the establishment would somehow keep Trump from winning. Hillary Clinton, the product of Wellesley College and Yale Law School, would stop the vulgarian who cheated his way into Wharton from entering the Oval Office. But her brand of status-quo politics failed to inspire.

    Trump was not the bourgeoisie’s favorite candidate. He had support from provincial plutocrats but not from the executive suite at Goldman Sachs. When he took office and immediately began ransacking, one wondered if the deep state would rein him in. Maybe the CIA would even arrange a malfunction in Air Force One’s fuel line. But it was not to be. Tax cuts and deregulation made capital forget all their reservations about Trump, and the stock market made 128 fresh daily highs — on average, one every six days — between inauguration and the onset of the coronavirus crisis. It took his encouragement of an attack on the US Capitol for the big bourgeoisie to complain openly — 99 percent of the way through his time in office.

    Fish rots from the head, they say, and it’s tempting to think the same about US society. We’ve always had a brutal ruling class — more brutal at certain times (the years of slavery and Jim Crow) than others (the New Deal). But despite the brutality, there was usually a great economic and cultural dynamism. That now seems long past, and I’m not just talking about the era of Trump and the coronavirus. Something has gone badly wrong at the top of this society, and all of us are suffering for it.

    One doesn’t want to idealize the ruling classes of the past. For all of history, their wealth and status have depended on exploiting those below them — and they’ve never shied away from extreme measures if they feel that those things are threatened. But the present configuration of the American ruling class is having a hard time performing the tasks it’s supposed to in order to keep the capitalist machine running. It’s not investing, and it’s allowing the basic institutions of society — notably the state but also instruments of cultural reproduction like universities — to decay.

    Capitalists have long been driven by shortsightedness and greed. But it feels like we’ve entered what Christian Parenti calls the necrotic phase of American capitalism.

    Lest anyone misunderstand, this isn’t an argument for a better elite or a “true” meritocracy; it’s ultimately an argument for a different society, one not dependent on the rule of plutocrats and their hired hands.

    A core concept of Marxism is class struggle, but the tradition exhibits a strange dearth of investigation of the ruling class. When I first started getting interested in elite studies, I asked the Marxist political scientist Bertell Ollman whose writing he liked on the issue. He thought a moment and said, “Marxists don’t write about the ruling class.” When I asked why not, he said, “They think it’s obvious.”

    You could say the ruling class is the capitalist class, of course, but what does that mean? CEOs of Fortune 500 companies? Their shareholders, to whom they allegedly answer? What about the owner of a chain of franchised auto parts stores in the Midwest? The owner may be able to get his congressperson on the phone — a senator might be harder — to get a tax break slipped unobtrusively into a larger bill, but what influence does he have over larger state policy? Are car dealers part of the ruling class? If so, what about new versus used? And what about someone like Henry Kissinger, a man who started as a clever functionary and ended up shaping US foreign policy in much of the 1970s, and who still has an influence over how diplomats and politicians think? How about less grand politicians and high government officials? Are they employees of the ruling class or its partners — or shapers, even? It’s not at all obvious.

    Before proceeding, I should say I’m not taking seriously the idea that there is no ruling class — that there are voters in a democracy who may be divided into interest groups but none are dominant. Yes, the constrained democracy we live under is a lot better than a dictatorship would be; elections do act as a limit on elite power. But that’s a long way from the popular self-government socialists dream of. Nor am I taking seriously conceptions of a ruling class that center on PC-obsessed, organic-food-eating urban elites. That set has some influence, especially among the liberal wing of the consciousness industry, but it doesn’t shape the political economy.

    I’d say the ruling class consists of a politically engaged capitalist class, operating through lobbying groups, financial support for politicians, think tanks, and publicity, that meshes with a senior political class that directs the machinery of the state. (You could say something similar about regional, state, and local capitalists and the relevant machinery.) But we shouldn’t underestimate the importance of the political branch of the ruling class in shaping the thinking of the capitalists, who are too busy making money to think much on their own or even organize in their collective interest.

    One way to approach the question of a ruling class is through Italian elite theory, namely the work of Vilfredo Pareto, Gaetano Mosca, and Robert Michels. In his four-volume warhorse The Mind and Society, Pareto laid out a clear vision of society:

    Ignoring exceptions, which are few in number and of short duration, one finds everywhere a governing class of relatively few individuals that keeps itself in power partly by force and partly by the consent of the subject class, which is much more populous.

    To preserve its power, that governing class must be “adept in the shrewd use of chicanery, fraud, corruption.”

    Individual governing elites do not last: “History is a graveyard of aristocracies,” Pareto declared. Contributing to their passing is a loss in vigor, an effect of the decadence of the well-established and the failure to invigorate the stock by recruiting from below. For Pareto, a healthy governing class is able to absorb the leaders of the “governed” and thereby neutralize them. “Left without leadership, without talent, disorganized, the subject class is almost always powerless to set up any lasting régime.” (Karl Marx said something similar: “The more a ruling class is able to assimilate the foremost minds of a ruled class, the more stable and dangerous becomes its rule.”) But if the governing class is overcome by “humanitarian sentiments” and is unable to absorb the natural leaders of the oppressed, it could be overthrown, especially if “the subject class contains a number of individuals disposed to use force.”

    Mosca wrote at some length about strata below the ruling elite. The one just below it, which plays the officer corps to the enlisted personnel of the masses, is crucial to the health of the system and functions as the backbone of political stability. Should it erode, morally or intellectually, then society will unravel. It can tolerate foolishness at the top if the stratum just one level below is in good order — one thinks of Trump and the grown-up problem.

    Mosca saw clearly the profound relation of the family to political and economic power, something modern conservatives understand (and people who wonder about the coexistence of “family values” and neoliberal politics don’t). Upper-class parents do their best to prepare their children for rule, and there’s always a heavy dose of inheritance in social power. In an exuberant moment, Mosca wrote:

    In order to abolish privileges of birth entirely, it would be necessary to go one step farther, to abolish the family, recognize a vagrant Venus and drop humanity to the level of the lowest animalism. In the Republic Plato proposed abolishing the family as an almost necessary consequence of the abolition of private property.

    Further down, Mosca lamented the state of the European middle classes in the 1930s. He warned, “If the economic decline of [the middle] class should continue for a whole generation, an intellectual decline in all our countries would inevitably follow.” They are “great repositories of independent opinion and disinterested public spirit,” without which:

    we would have either a plutocratic dictatorship, or else a bureaucratico-
    military dictatorship, or else a demagogic dictatorship by a few experts in mob leadership, who would know the arts of wheedling the masses and of satisfying their envies and their predatory instincts in every possible way, to the certain damage of the general interest.

    He didn’t define the “general interest,” a concept often confused with what’s good for the upper orders, but the erosion of the US middle ranks over the last few decades has had a trajectory not unlike what Mosca worried about.

    Of the Italian trio, Michels is the most interesting, not least because so much of his attention is paid to the Left formations to which he once belonged. His most famous contribution is known as the “iron law of oligarchy,” a belief that organizations will always evolve into hierarchies, even parties ostensibly trying to overthrow the hierarchies of bourgeois society. Marx was right about class struggle as the motor of history, Michels conceded, but every new class coming to power will itself evolve a new hierarchy. Even syndicalists, argued Michels, who criticize the oligarchic tendencies in socialist parties and favor instead direct strike action by organized workers, need leaders. “Syndicalism is even more than socialism a fighting party. It loves the great battlefield. Can we be surprised that the syndicalists need leaders yet more than do the socialists?”

    Within socialist parties and organization, Michels pointed to the prominence of traitors to the bourgeoisie. Most of the prominent nineteenth-century socialist writers, Marx and Engels most famously, were bourgeois intellectuals; Pierre-Joseph Proudhon was a rare exception. So, too, the revolutionary leaders of the twentieth century: Vladimir Lenin came out of a middle-class family and was educated as a lawyer; Leon Trotsky was born to a rich farming family and educated in cosmopolitan Odessa; Che Guevara was another child of the middle class who was surrounded by books and political conversation as he grew up. No doubt the descendants of the old syndicalists would argue that these relatively elite origins contributed to the ossification of the Russian and Cuban revolutions — but one could cite Michels’s retort about the necessity of leaders to the syndicalists in response to that critique. Growing up bourgeois confers some advantages — time to study, as well as exposure to the nature of power — often denied to people further down the social hierarchy. Instead of lambasting their “privilege,” it might be better to welcome these class traitors.

    This doesn’t mean one should be complacent about them, or about the concept of leadership in general. Many on the Left have resisted applying Michels’s iron law to our parties and occasionally our governments, but it would be better to acknowledge the power of the tendency and figure out the best way to keep those leaders accountable through what Michels called “a serene and frank examination of the oligarchical dangers of democracy.” It’s better to be open about the reality of hierarchies than to pretend they don’t exist; even professedly leaderless organizations are subject to domination by the charismatic.

    The Italians focus primarily on politics and the state as the sites of rule, without much interest in their relations with capitalists. For an American, that seems like a serious deficit. But in some senses, the focus on politics is clarifying. That’s where class conflicts are often crystallized, sharpened to a point — more so than in the workplace, which can appear to be the site of interaction among individuals rather than classes. As the Marxist political theorist Nicos Poulantzas put it, through relations with the state, the complex and diffuse relation between classes “assumes the relatively simple form of relations between the dominant and the dominated, governors and governed.”

    We once had a coherent ruling class, the White Anglo-Saxon Protestants (WASPs), who more or less owned and ran the United States from its founding through the 1970s. Based largely in the Northeast, with offshoots in the Upper Midwest, WASPs went to the same elite schools and colleges, belonged to the same clubs, married out of the same pool, and vacationed in the same favorite rural retreats. There were Southern WASPs, descendants of the slave-owning gentry, but they never had the social weight of their northern relatives — though they did rule their region and enjoy an outsize role in Congress for decades.

    At the rank-and-file level, men worked in genteel law firms and brokerages or as executives in old-line manufacturing firms, and women did volunteer work for museums and charities and maintained the social relations that kept the group functioning together as a class. At the high end, WASPs played a role in government far out of proportion to their numbers, most notably in foreign policy. The Council on Foreign Relations (CFR), target of innumerable conspiracy theories generated from left and right for its prominent role in shaping imperial policy, traces its origins to the end of World War I, when a delegation of British and American diplomats and scholars decided to preserve the transatlantic comity of the war years and form a council whose purpose was, in the words of Peter Gosse’s official history, “to convene dinner meetings, to make contact with distinguished foreign visitors under conditions congenial to future commerce.” The CFR didn’t begin to influence policy until the 1930s, when its fellows and members helped plot the takeover of the British Empire, a concern of the Franklin Roosevelt administration.

    That special identification with England has been foundational to WASP identity from the first. But it took waves of fresh immigration from Southern and Eastern Europe, people with strange customs and sometimes dangerous politics, for the formation to come to energized self-consciousness as a class, beginning in the 1880s. That decade brought the obsession with finding one’s old-stock roots, the first country clubs, the founding of the Social Register, and, quite importantly, the opening of the Groton School by Endicott Peabody, which shaped generations of the wellborn as well as the children of arrivistes who wanted to learn the ways of the wellborn. Peabody’s vision was one of “Muscular Christianity,” popular among elites of the time, who were worried about a loss of manliness in an increasingly urban society — austere, disciplined, athletic. FDR said that the influence of Peabody and his wife meant more to him than “any other people next to my father and mother.”

    Coming out of World War II, elite WASPs like Averell Harriman (son of a robber baron) and Dean Acheson (son of the Episcopal bishop of Connecticut, who learned how to row crew from Harriman at Groton), supplemented by recruits like George Kennan (son of a Milwaukee lawyer) and John McCloy (a poor kid from Philly who learned the ways of the elite at an early age and got certified with a Harvard Law degree), shaped what would become the US empire. Their skill can’t be denied; that empire has had a long and successful run, though it now looks to be coming unglued. (The competitive pressures of having the USSR as rival, and having socialism as a plausible alternative to capitalism in the twentieth century, did bring out some of the talent in the upper crust.)

    McCloy, despite being a recruit, earned the title of “chairman of the American establishment” for having run postwar Germany and becoming a name partner of the law firm that represented the Rockefellers, Chase, and Big Oil (from which he took a break to run the young World Bank, which he kept safe for Wall Street). At one point, he was simultaneously chair of Chase, the Ford Foundation, and the Council on Foreign Relations and partner at the elite law firm Milbank, Tweed, where he basically ran US Middle Eastern policy.

    Cast into political exile in the Eisenhower years, the WASPs returned with the status-anxious John F. Kennedy, desperate for the approval of a stratum suspicious of Irish Catholics. Kennedy, who was denounced by WASP columnist Lucius Beebe as “a rich mick from the Boston lace curtain district,” went to Choate and Harvard to learn the manner of the upper orders. As president, he brought back the older patrician crew and added the notorious McGeorge Bundy, another Groton product, who would be one of the most enthusiastic promoters of the Vietnam War, a disaster that pretty much ended that caste’s dominance of foreign policy.

    Fresh from helping wreck Southeast Asia, Bundy went on to run the Ford Foundation, where, among other things, he applied counterinsurgency techniques developed in Vietnam to the urban crisis of the 1970s. Bundy’s strategy, as Karen Ferguson recounts in Top Down: The Ford Foundation, Black Power, and the Reinvention of Racial Liberalism, was to split off the “natural” leadership of the black community and incorporate it into the ruling class, then encourage the separate development of black schools and cultural institutions on an apartheid model, because the broad population just wasn’t advanced enough to join white society. The Italian elite theorists would have been proud of him.

    As the twentieth century rolled on, WASP predominance eroded in spheres other than foreign policy. The 1970s saw a mini genre of “decline of the WASP” books and articles crop up, as Jews, Eastern and Southern European ethnics, and even blacks and Latinos began to permeate cultural, political, and business elites. At the same time, the old-line manufacturing companies, headquartered not only in New York but also in outposts of the WASP archipelago like Pittsburgh and Cleveland, fell to Japanese competition and squeezed profits. Inflation and multiple generations of inheritance ate away at old WASP fortunes. And the deregulation of Wall Street that began in the mid-1970s turned the genteel world of white-shoe investment banking (and associated law firms) into a ruthlessly competitive one. Gone were the days when a well-bred young man could pop out of Yale and into a quiet job as a bond salesman.

    To use the language of finance theory, the transaction replaced the relationship. All those old WASP ties of blood and club were replaced by principles of pure profit maximization. Firms that had dealt with the same investment bank for decades shopped around to find out who could give them the best deal. The stable world of the immediate postwar decades, in which the same companies dominated the Fortune 500 and trading on the New York Stock Exchange, was transformed by a massive wave of takeovers and business failures.

    This new competitive structure destroyed the WASP dominance at the same time that it created fresh fortunes: oil and natural resources in the South and the West, and takeover artists like Henry Kravis and Carl Icahn. At the center of the turbulence was the investment banking firm of Drexel Burnham Lambert, which, though it bore a pedigreed name — the firm’s founder, Anthony Drexel, was a partner of J. P. Morgan and a member of Philadelphia’s aristocracy — had turned into a machine for borrowing lots of money and powering a fresh generation of arrivistes. But with the aristocracy in decline, the new arrivals had little to be assimilated into, unlike in Peabody’s days. Instead, the 1980s brought us stylized remnants of the old order like The Official Preppy Handbook, a guide to dressing and acting like the aristocracy, and Anglophilic clothing designed by Ralph Lauren (born in the Bronx as Ralph Lifshitz).

    Though always a major part of American life, money was about to take a starring role. It’s hard to believe now, but when Forbes compiled its first list of the 400 richest Americans in 1982, there were just over a dozen billionaires among them, and the minimum price of entry was $100 million, or $270 million in 2020 dollars. Oil and real estate tycoons were prominent among them. Now, tech and finance dominate the list, and the fortunes are far larger — the minimum price of entry in 2020 was $2.1 billion. The five richest 2020 members were worth $520 billion; in 1982, the top five were worth $11 billion, or $26 billion in current dollars. A 2015 study of the Forbes list over the years found a decreasing prominence of inherited wealth and a rise in self-made fortunes — though the new arrivals were more likely to depart the list than the pedigreed.

    The economic and financial forces that helped destroy the WASPs and create a new capitalist class deserve close attention. Much of it revolved around the stock market, as the 1970s became the 1980s. The entire model of how to run large corporations was transformed.

    Stock markets are peculiar institutions. They’re touted in the media as economic thermometers, to a public that has little idea what they do. Few people have deep ownership interest in the markets; only about half of American households have retirement accounts, with an average holding of $65,000. The richest 1 percent own 55 percent of stocks; the next 9 percent own 39 percent, leaving all of 6 percent for the bottom 90 percent. The market’s behavior can seem bizarre to outsiders and connoisseurs alike, swinging from extremes of joy to despair. Its reaction to news can be perplexing, but it’s a realm where people are all trying “to beat the gun,” an American phrase that John Maynard Keynes adopted in The General Theory of Employment, Interest and Money to describe the logic of speculative markets.

    As frivolous as the market can seem, there’s a serious business going on under all the froth. Much of the productive apparatus of the United States is owned by public corporations — that is, ones whose stock is widely held and traded on exchanges. Those shares represent ownership interests in those corporations. As detached as the stock market may appear from reality, it’s actually an institution central to class formation — the way an owning elite stakes its ownership claims on an economy’s means of production as a whole. That’s in contrast to the nineteenth century, when industrial firms were owned by individual capitalists or small partnerships. As those firms grew, they became too big to be run and funded by a small circle; their organizational form gave way to the professionally managed corporation owned by outside shareholders. That became the dominant form of economic activity in the early twentieth century.

    But the owners — the shareholders — don’t know the first thing about how to run corporations, so they have to hire specialists to do the work for them. This presents what’s known in the trade as an agency problem: the owners are dependent on hired hands to run their companies for them, but how do they know the executives are running the firms in the shareholders’ interests and not their own? Yes, shareholders elect the board of directors, and boards hire and fire top management, but in practice, it’s not easy for disperse shareholders to supervise a board, and crafty CEOs can turn boards into rubber stamps. If the market were working in accordance with official theology, it would be disciplining actors into the proper profit-maximizing behavior, but clearly that’s not enough.

    A classic work on the topic is Adolf Berle and Gardiner Means’s The Modern Corporation and Private Property, published at the depths of the Depression in 1932, when capitalism was in deep disrepute. Berle and Means, both advisers to FDR, saw the large, publicly owned corporation — ever since nicknamed the Berle-Means corporation, marked by what they call the “dissolution of the atom of property” — as a profound innovation. It was about to become, if it wasn’t already, “the dominant institution of the modern world.”

    There were many perils in this new arrangement. As Berle and Means noted, “out of professional pride,” managers could choose to “maintain labor standards above those required by competitive conditions and business foresight or . . . improve quality above the point which, over a period, is likely to yield optimum returns to the stockholders.” This would benefit other stakeholders, as we call them today, namely workers and customers, but it would be in “opposition to the interests of ownership.”

    But that was not without political promise. As good New Dealers, they thought this new capitalism could be managed responsibly after the reckless high jinks of the 1920s. Gone were the rabid profit maximizers of the robber baron era; why push to maximize profits when they’ll only be passed along to shareholders? With the profit maximizing incentive gone, under a regime of proper state regulation and enlightened management, the system was evolving into a “collective capitalism,” as Berle called it in the preface to the revised 1967 edition. Or, as the authors put it in the original text, the modern corporation is “approach[ing] toward communist modalities.” It would be more accurate to say that this view aimed to make socialism obsolete and irrelevant now that the days of Jay Gould and J. P. Morgan had given way to the man in the gray flannel suit.

    As the legal historian Mark Roe argues, the Berle-Means corporation emerged out of a nineteenth-century populist distrust of concentrated financial power. Better dispersed ownership, the thinking went, than bank ownership. These trends were reinforced by the New Deal, which broke up banks, took them largely out of the stock ownership game, and made it harder for financial operators to interfere in corporate management.

    There was a clear political intent here. As Roe notes, the New Deal leashing of finance moved issues of ownership and class division off the political agenda, issues that were hot in the 1930s. FDR was explicit about the need to break up “private socialism” — concentrated corporate and financial power — in order to prevent “government socialism.” For New Dealers — many of them renegade WASPs rebelling against their kind’s Republicanism — the point of regulation wasn’t to stifle capital, it was to legitimate it by making financial power seem transparent and disinterested.

    For the first few postwar decades, the New Deal model was standard liberal doctrine. In The New Industrial State, John Kenneth Galbraith argued that rapacious profit maximization had been replaced by a secure mediocrity, and greedy capitalists by a “technostructure.” Top managers, who were well paid but on nothing like today’s scale, saw little point in risk-taking; they wanted sales growth and prestige, not the paychecks that would later populate the Forbes 400. Today’s paychecks are driven by stock prices; in the 1950s, top executives were paid mostly straight salaries. Shareholders had become vestigial; if they didn’t like the performance of firms they held stock in, they’d just sell the shares. No one ever troubled management.

    That comfortable world began falling apart in the 1970s, as profits stumbled, financial markets performed miserably, and inflation rose inexorably. As we’ll see later, the corporate class organized to address this politically, but there was also a fierce fight within the capitalist class as shareholders began demanding more.

    Enabling that demand for more was the major shift in the ownership of stocks. In the early 1950s, households (mostly rich ones, of course) owned over 90 percent of stock; now it’s under 40 percent. Large institutional holders like pension funds and mutual funds owned about 2 percent of all stock in the 1950s; now it’s around 30 percent. While the household owners of the mid-twentieth century had common interests in rising share prices and stable, generous dividends, they had no means of organizing to influence the corporations they owned. Today’s institutional owners have plenty of means. The diffuse, passive shareholders of the past have given way to the professional money managers of recent decades.

    Deteriorating economic and financial performance, combined with the change in ownership, provided rich material for the shareholder revolution. Beginning in the 1970s, financial theorists, notably Harvard’s Michael Jensen, began to query the Berle-Means corporation. In a 1976 paper, Jensen and coauthor William Meckling noted the oddity of the public corporate form: “How does it happen that millions of individuals are willing to turn over a significant fraction of their wealth to organizations run by managers who have so little interest in their welfare?” Having raised the question, they let the arrangement off the hook, essentially saying that it’s worked well so far. Jensen turned more aggressive in the 1980s, denouncing corporate managers as inefficient wastrels sorely in need of outside discipline. He particularly liked debt as a form of discipline; if a company had big debts to pay, it would concentrate managerial minds on maximizing profitability by cutting costs and closing or selling weaker divisions.

    Theorists revived interest in a 1965 paper by law professor Henry Manne, who argued that efficiency — by which he meant profitability — would best be served by having corporations constantly up for auction to the highest bidder. What came to be known as the “liquid market for corporate control” would discipline managers, forcing them to concentrate on profits and stock prices at the expense of all those old New Deal considerations.

    As theorists like Jensen did their work, financiers developed the practice: a debt-driven restructuring of corporate America. A wave of takeovers undertaken by investment boutiques like Kohlberg Kravis Roberts (KKR) and individual takeover artists like Icahn was launched at “underperforming” firms. While details vary, the model involved borrowing lots of money, taking over target firms against management’s wishes, and forcing a sale to the operator or some third party. Corporate indebtedness rose massively and fed the broad attack on labor that was underway in the 1980s; the quickest way to cut costs and raise your stock price was to do mass layoffs. The larger point of all these exercises was to center the stock price in managerial consciousness. That would solve the agency problem: make managers think like shareholders, relentlessly cutting costs and raising profits.

    The takeover wave of the 1980s completely disrupted the corporate landscape, bringing down a lot of old names and, with them, an old corporate culture. The renegades were initially seen as disreputable and greedy, conducting an assault on old values — the “barbarians at the gate,” as Bryan Burrough and John Helyar called their book on the battle for RJR Nabisco. Texas oilman turned financial operator T. Boone Pickens framed his 1983 takeover attempt on Gulf as an attack on a pampered corporate elite. Pickens never took over Gulf; it ended up being bought by SOCAL (Standard Oil of California), but he made over $700 million by selling the stock he’d accumulated in the attempt. Another casualty of the deal was to diminish the old WASPy Pittsburgh corporate elite, of which Gulf was a pillar. And, as Fortune noted in an admiring 2019 obituary for Pickens, raids like his changed the way managers did business; the constant fear of a hostile takeover was “revolutionary, forever changing the way companies interacted with their shareholders.”

    As often happens, the debt mania came to a bad end when too much money was borrowed to buy bad assets at excessive prices. The model collapsed in a wave of bankruptcies and a long recession in the early 1990s. But later in that decade, shareholders came up with a new ploy to press their interests: pension-fund activism, perversely led by public funds like the California Public Employees’ Retirement System (CalPERS). (Curiously, KKR, one of the pioneers of the 1980s takeover movement, which had initially been seen as reckless and maybe scandalous, was legitimated on Wall Street when it won an investment from the Oregon state pension fund; the second K, Henry Kravis, still publicly thanks the fund for helping launch them. Everywhere you look, you can see that states shape markets.) CalPERS would draw up lists of underperforming companies and lobby management to tighten the ship — meaning cut costs and boost the stock price. When I interviewed the chief counsel of CalPERS in the mid-1990s, I asked him about the propriety of using funds held in workers’ names to pursue an anti-worker agenda; he said they just cared about maximizing returns.

    The result of all this was to turn the stock market into an ever-updating grade on corporate performance. To induce managers to think like shareholders, their compensation was increasingly linked to the stock price. The intra-capitalist family fight looked to have been resolved in favor of shareholders. Predictable mediocrity, the lodestar of the 1950s and 1960s, had given way to the cult of the profit-seeking CEO with a 25 percent return on equity.

    The shareholder revolution of the 1980s was supposed to make the passive investor a thing of the past. No longer would management run companies as private fiefdoms with little outside supervision: they’d be disciplined by activist investors and real-time report cards provided by stock prices.

    That was the case for quite a while, but the intraclass peace treaty after the shareholder revolution has brought back several aspects of that old world. Two are especially important: the growth of index funds and the explosion in stock buybacks, through which corporations have shoveled trillions of dollars into their shareholders’ pockets.

    Financial theory from the 1960s onward argued convincingly that it’s nearly impossible to beat the market. Sure, there are star investors like George Soros and Warren Buffett, but most people aren’t them. Instead of trying to beat the market, many investors decided to settle for matching it. Big money managers like Vanguard began offering mutual funds that replicated prominent stock market indexes, notably the S&P 500, by investing in the component stocks in proportion to their weights in the index. Because the management of an index fund is almost automatic, fees are very low compared to actively managed funds, which require the attention of highly paid specialists (who rarely deserve their compensation given how many of them lag the averages they’re supposed to beat).

    Over the last decade, law professors Lucian Bebchuk and Scott Hirst report, 95 percent of all inflows into investment funds have gone to passively managed funds, like mutual funds. The lion’s share has gone into funds managed by the Big Three (BlackRock, Vanguard, and State Street), and that proportion has been rising. In 1998, those three firms held about 5 percent of the total capitalization of the S&P 500, an index made up of the stocks of the largest blue chip corporations. That share is now 21 percent, and it’s almost certain to keep growing. Managers of index funds rarely challenge management — and why would CEOs listen to them if they couldn’t, by definition, sell their stock? And while managers of passive funds swear that they care deeply about their corporate governance responsibilities — high-mindedly called “stewardship” in the literature — they have little economic incentive to do much. Any improvement caused by an indexer’s stewardship would accrue to other indexers as well, which would violate all norms of capitalist rationality. And with fees as low as they are, there’s not much money around to pay the stewards. Those entrusted with that task have about half a day for every company they cover. Index fund managers sometimes say they engage in behind-the-scenes lobbying of corporate managers, but the Big Three had no engagement at all with more than 90 percent of the firms in their portfolios.

    Of course, the kinds of supervision that authors like Bebchuk and Hirst long for, like dismantling defenses against hostile takeovers, aren’t good for the working class. But this does represent a significant departure from the early hopes of the shareholder revolutionaries. There are still activist hedge funds that take positions in companies they see as underperforming to provoke management changes or takeovers, but they’ve become a lot rarer than they were in the 1980s, when CEOs routinely felt like they were under siege.

    If you can’t buy and sell stocks based on corporate performance, there’s less discipline coming from the stock price. A financial world in which index funds dominate is one where the stock market plays almost no role in how corporations are run. That prompts the question: Who needs outside stockholders?

    In 2016, Inigo Fraser Jenkins, an analyst with the investment house Bernstein, declared indexing “worse than Marxism.” Central planning is bad enough, he argued, but a system in which capital allocation was purely formulaic looks backward rather than shaping the future, which will damage innovation. Soon after writing that, Fraser Jenkins was diagnosed with lymphoma, and when he returned from his brush with death, he wrote a near-four-thousand-word essay musing on whether what he does for a living is worth it. Both those positions are worth taking seriously. With stockholders tending in the direction of autopilot, are they irrelevant?

    This new unity of purpose between managers and shareholders has produced some perverse results, notably an eagerness to shower the shareholders with corporate cash. In both academic and popular theory, the stock market is supposed to be a way to fund corporate investment; shareholders are providing capital to firms in need of it. In fact, the stock market does very little of that. According to statistics collected by finance professor Jay Ritter, US corporations raised just over $755 billion in initial public offerings (IPOs) — first sales of stock to the public by previously private corporations — between 1998 and 2020. That pales in comparison to the $8.5 trillion firms spent buying back their own stock over the same period, which is still only half their profits. Such stock buybacks — which were mostly illegal before 1982 — are intended to boost prices and make shareholders happy. But since CEOs and other top executives are now paid mainly in stock, buybacks make them happy, too. (Research by the Washington Post and the Securities and Exchange Commission has found that corporate executives often sell into a buyback program, profiting off the lift all the corporate purchases give to prices.) The Berle-Means corporation has been transformed into a machine for stuffing vast sums into the wallets of shareholders and CEOs.

    A study by Germán Gutiérrez and Thomas Philippon shows that buybacks have depressed investment, and that firms with high share ownership by index funds and other broad mutual funds that hold stocks rather than trading them aggressively (which, it should be said, makes excellent financial sense) do more buybacks and stint more on investment. Another reason to ask why we need outside shareholders.

    The capitalist class is showing faint signs of rethinking the shareholder-first orthodoxy. In August 2019, the Business Roundtable, big capital’s trade association, issued a statement signed by 181 CEOs declaring the business had social goals other than profit-making — responsibilities to “all stakeholders — customers, employees, suppliers, communities and shareholders.” Commenting on the statement, JPMorgan Chase chair Jamie Dimon vowed “to push for an economy that serves all Americans,” a wish that is hard to square with his role in life. A subset of Wall Street money managers has been pushing for corporations to take environmental, social, and governance (ESG) factors into account when investing. That sounds nice, but a primer on ESG filters published by CNBC reports that such exemplars as Microsoft, Lyft, and Honeywell (which, among other things, makes parts for military aircraft) pass the worthiness test.

    Just after Joe Biden’s inauguration, BlackRock boss Larry Fink announced that because “climate risk is investment risk,” he would be voting shares under that firm’s management against boards and CEOs that failed to show “significant progress on the management and reporting of climate-related risk, including their transition plans to a net zero economy.” In that statement, Fink also expressed concern for those capitalism has forgotten to treat well, though he was sparing in detail on how he’d change things. After that high-minded display, however, Fink is finding some of Biden’s early climate moves a bit extreme. There’s the bottom line to consider.

    While much of this is risible, considering the sources and their material interests, the rhetorical shift is noteworthy. The corporate class is feeling unloved in ways it hasn’t since the 1970s.

    At the same time the stock market was acquiring a larger role in our economic life, so was a countermovement toward privatization. The number of public corporations has fallen dramatically — though their share of the economy has, if anything, grown — through mergers as well as the growth of private equity (PE), a form of business that hearkens back to the nineteenth century, before the emergence of the Berle-Means corporation.

    Curiously, modern PE traces its roots to some of the prime agents of the shareholder revolution, buyout boutiques like KKR. Of course, the 1980s buyout firms weren’t the first to prowl the financial landscape, armed mostly with other people’s money and looking to do deals — you could see J. P. Morgan himself as such an operator — but they were obscure players in the early postwar decades. The 1982 buyout of Gibson Greetings, led by former Treasury secretary (and avid right-wing propagandist) William E. Simon, made him and his partners millions of dollars when the company went public sixteen months later. It’s often credited as the deal that got the 1980s buyout movement going, but it was KKR, founded in 1976 by three alumni of the late investment bank Bear Stearns (which blew up in the 2008 financial crisis), that really made the headlines. Among KKR’s triumphs of the 1980s were the buyouts of Safeway — which led to mass layoffs, union-busting, and worker suicides — and RJR Nabisco, the deal that inspired the 1989 best-seller Barbarians at the Gate.

    With the end of the “roaring ’80s,” the markets and the economy entered a period of doldrums that they didn’t emerge from until the middle of the next decade. Buyout activity slowed markedly, as corporate America tried to digest all the debt contracted during the period of extreme exuberance. There was a surge with the dot-com mania of the late 1990s, a retreat when it collapsed, another surge in the mid-2000s, a bigger retreat when the whole world nearly fell apart in 2008 (a year when a private equity titan, Bain’s Mitt Romney, ran for president), and yet another surge over the last decade.

    The core structure of private equity is fairly simple. A small management team raises a pool of money from rich individuals and institutions, then cruises for deals. The outside investors don’t have much say in how things are run; they have to trust that the management team knows what it’s doing. The typical target is an established firm that has seen better days. The PE shop buys the firm and works it over, cutting costs — most notoriously through layoffs but also by selling or closing the weaker operations. The purchase usually involves a major amount of borrowed money — money contributed by the outside investors is just a foundation, on top of which sits copious amounts of debt — which means a good deal of the target’s cash flow has to be devoted to paying off interest and principal. On top of that, the new PE owners often issue debt in the target’s name and pay themselves rich dividends with the proceeds. Returns for the PE firm’s principals can be very generous; outside investors, however, don’t necessarily do so well after the principals take their cut. The goal is usually to sell the firm to someone else several years down the line, either to another PE firm or to the public with a stock offering.

    Private equity has become a major employer — not directly, since their staffs are relatively small, but through the companies they own. The Carlyle Group, KKR, and Blackstone together employ close to 2 million people. It’s odd to think about PE this way. As Financial Times columnist Gillian Tett put it a few years ago, because of “their ruthless focus on efficiency and profit,” these companies are “better known for cutting jobs” than creating them.

    Private equity’s apologists say the model contributes to growth and employment, but lately, PE has been in the news for carnage in retail — chains like Toys “R” Us were killed in part by the enormous debt imposed by their PE owners — and for jacking up the price of health care, where the buyout artists have recently been working their magic. PE went from being little involved in health care twenty years ago to having a massive presence today. Hospitals, medical and dental practices, and ambulance operators were taken over and often “rolled up,” as they say in the business, into large, heavily indebted regional or national behemoths. With the unexpected costs of the COVID-19 crisis, the PE model “amplified . . . salary cuts, layoffs, and bankruptcies across the health care industry,” in the words of an article in, of all places, the Journal of the American College of Radiology. Faced with unexpected costs and little financial cushion, “the short-term focus of the PE model led to hard cost cutting rather than more in-depth planning for the future.” Salaries and staff were slashed amid a profound health emergency.

    But what’s most striking about PE is how it’s reconfigured the capitalist class — away, to some degree, from the dispersed ownership of the public company and back to a narrower ownership group. Curiously, many of the PE firms have themselves gone public, including KKR and Blackstone. Blackstone’s IPO in 2007 was exquisitely timed, arriving as the first symptoms of the great financial crisis were revealing themselves; you’d suspect that the firm’s two leading figures, Stephen Schwarzman and Hamilton “Tony” James (a member of Henry and William’s family), surmised that things were about to go south and it’d be a good time to cash in on the exuberance of the investing public. Blackstone’s principals kept all the voting shares and the right to set their own pay. Other PE firms have engaged in similar maneuvers to maintain tight management control. Even going public hasn’t changed the industry’s predilection for calling the shots with little external supervision.

    A less malignant subset of PE is venture capital (VC), which provides money to start-ups, many of them in tech. It’s not picking over “incumbent” old companies for unexploited values; it’s trying to create new value, some of it fanciful.

    In a world made flush with free Federal Reserve money — trillions of it after the 2008 financial crisis, and a few more trillions amid the COVID-19 crisis — VCs have had cash to burn. The characteristic creature of the time has been the “unicorn,” if it achieved a billion-dollar valuation, and a “decacorn” if it managed ten times that. The exuberant funding of unprofitable firms was reminiscent of the late-1990s dot-com era, but unlike that time, the public didn’t participate through the stock market — it was funded by VCs using money from institutional investors and billionaires.

    In the historiography of Wall Street, VCs and other “insiders” were the smart money who began selling off their investments to the masses through IPOs when it looked like time to get out. That was the spirit of the late 1990s, captured by star analyst Henry Blodget’s characterization of a now-forgotten stock called 24/7 Media as a “piece of shit” even while his employer, Merrill Lynch, was urging clients to “accumulate.” Blodget, who was fined $4 million and banned for life from the securities business, went on to be a financial journalist.

    This time, though, the VCs held back, waiting years to go public. Word was that they and their beneficiaries didn’t want all the scrutiny that came with an IPO — pesky shareholders wanting their say and their share. And when some of the big names finally made their debut, many initially fell on their faces. That didn’t stop the IPOs, however; from 2018 onward, we’ve seen some of the most vigorous activity in initial offerings, though nothing like the late 1990s. The public company is far from dead, but it’s not as alluring as it once was.

    Recent decades have seen another throwback to nineteenth-century models: an increasing prominence for the owners of very profitable private firms. A study of US tax records, “Capitalists in the Twenty-
    First Century,” by economist Matthew Smith and colleagues, finds that a large portion of the upper ranks — just over half of the proverbial 1 percent — is populated by the owners of closely held firms, rather than the public company CEOs who get so much of the press. Under American tax law, these are structured as pass-through entities, meaning their profits are untaxed at the firm level and distributed directly to their owners, either a single individual or a small partnership.

    The form has grown sharply over the decades. Its share of total business income rose from 10 percent in the mid-1980s to 35 percent in recent years. Contributing to that growth are both a rise in value added per worker and an increasing share of that value taken by the owners.

    Who are these owners? Most of them (85 percent) are “self-made,” at least in the sense that their parents were not in the 1 percent — though the remaining 15 percent whose parents were is fifteen times their share of the population. They’re unlikely to operate in capital-intensive industries, like manufacturing, which are more appropriate to conventional corporate forms. As the authors say:

    Typical firms owned by the top 1–0.1% are single-establishment firms in professional services (e.g., consultants, lawyers, specialty tradespeople) or health services (e.g., physicians, dentists). A typical firm owned by the top 0.1% is a regional business with $20M in sales and 100 employees, such as an auto dealer, beverage distributor, or a large law firm.

    These enterprises yield a nice living for their owners, especially at the highest end. Firms owned by the top 0.1 percent (those with annual incomes of $1.6 million or more) have an average of seventy-four employees who yield a profit of $14,000 each for the boss — more than $10 million in total. Few of these owners have more than one business, which makes for some precarity, and few businesses survive their owners. Even at the high end, this is not “Big Capital,” though it’s fat personal income. But they make up much of the top 0.1 percent — 84 percent of it in all. That’s thirteen times the number who make their big incomes as officers of public corporations; in the aggregate, privateers make eight times as much as their corporate comrades.

    An interesting take on regional elites — those who live outside metropolitan centers and own businesses that might be small by globalists’ standards but are big in local terms — comes from the historian Patrick Wyman. Wyman wrote about what he called the “local gentry” in his hometown of Yakima, a city of 94,000 in Washington’s fruit and wine country, a long 140 miles from cosmopolitan Seattle. They own the region’s orchards and vineyards, and the businesses that serve those industries. Many are quite rich — not private equity rich, but enough to fund, in Wyman’s words, “hilltop mansions, a few high-end restaurants, and a staggering array of expensive vacation homes in Hawaii, Palm Springs, and the San Juan Islands.” You can say the same of hundreds of small cities around the country — Jeep dealers, McDonald’s franchisees, construction companies.

    This formation looks a lot like a major base for the Republican Party: fervent enemies of taxes and regulations who may be too dispersed to cohere independently as a class but who can be nurtured by conservative politicians, donor networks, and think tanks. As of late October 2020, Yakima’s contributions to Donald Trump exceeded those to Biden by two or three times — a sharp contrast with Seattle, where, in some zip codes, Biden was ahead by as much as a 72:1 margin (and with five times as many dollars as Yakima). Upper-class Yakima is part of a formation that has been around for a long time; they were the financial base of right-wing politics back when Richard Hofstadter was writing about the paranoid style, but they’ve gotten a lot richer.

    It’s not just geographical, it’s also a sectoral angle to the class base for right-wing politics. The MyPillow guy, Mike Lindell, was the most charmingly visible of Trump’s marginal business supporters, but there are also characters like Marty Davis, whom the Washington Post described as a “quartz-countertop mogul” based in suburban Minneapolis, at whose lakefront house Trump held an indoor fundraiser just before his COVID diagnosis. Minneapolis is far from a backwater, but Davis operates in an industry that would never qualify for inclusion in the commanding heights of capitalism. Still, the Davis family, which diversified into countertops after a successful run in the dairy business, was rich enough to have made a brief appearance on Forbes’s 2015 list of America’s richest families, with $1.7 billion in net worth.

    All these developments do have some things in common: the share-price-motivated and buyback-driven public corporation, the extractive private-equity model, and the more exploitative closely held firm that dies with its founder all aim to take out as much money as possible, without much consideration for the future.

    The two-party system has undergone a remarkable transformation over the past several decades. Once the party of New Dealers and Southern segregationists, the Democrats have evolved into a coalition of the softer side of the metropolitan establishment and a progressive wing the party leadership hates. And the GOP, once the party of the northeastern WASP elite, has evolved into a coalition of plutocrats and an enraged provincial petite bourgeoisie (often mistaken for the “white working class”).

    Both transformations can be read as driven partly by circumstances and partly by conscious effort applied to parties themselves. For example, the decline of manufacturing weakened the Democrats’ labor base as well as the economic base of the old WASPs in the Republican Party. Democrat support for civil rights drove Dixiecrats out, and Richard Nixon’s Southern strategy welcomed them into a Republican Party that had once been fairly progressive on civil rights.

    But there were also vigorous internal restructuring programs that transformed the ideological coloration of the parties. In the 1980s, the Democratic Leadership Council (DLC), led by the likes of Bill Clinton, aimed to reinvent the Democratic Party for the neoliberal era by purging it of progressive forces left over from the 1960s and 1970s. The goal was to make it friendly to Wall Street and the Pentagon while dropping the civil rights and tree-hugger talk, and it was largely successful, as the party found popular support among professionals in the nicer suburbs.

    Without downplaying the importance of the transformation of the Democrats — always a party of capital that had to pretend not to be one for electoral purposes — it must be said that the change in the GOP and the growth of the Right are a far more interesting story, because that’s where the organized energy among the bourgeoisie has been for decades.

    In The Paranoid Style in American Politics, Richard Hofstadter quoted a woman who greeted Dwight Eisenhower’s victory over Ohio senator Robert Taft at the 1952 Republican convention by saying, “This means eight more years of socialism.” That seemed daft at the time, but now, many Republicans view Joe Biden and Kamala Harris as communists of some sort.

    Back in the 1950s, the Right was basically a movement of intellectuals funded by provincial petit bourgeois industrialists — the owners of machine tool makers in Milwaukee and the like. They saw Walter Reuther’s United Auto Workers (UAW) as socialism on the march, and Eisenhower as too accommodating of it. (Contempt for Eisenhower drove a lot of right-wing organizing in the 1950s.) The big bourgeoisie had made an unhappy peace with the New Deal. The corporate and Wall Street establishment, based in the Northeast, featuring marquee names like Rockefeller, du Pont, Pew, Mellon, and Whitney, and supplemented by small-town worthies from the Midwest, found political expression in Eisenhower’s party, a formation that survived into the early 1960s. They were temperamentally conservative in the sense of being cautious, but not ideologically driven.

    For most of the twentieth century, there was a great deal of ideological diversity within the two major parties. Though more conservative than the Democrats on economic issues, the Republican Party had a liberal wing, just as the Dems had a conservative one. Though it’s hard to believe today, when the Republican Party routinely race-baits to win the votes of white bigots, the GOP of the 1950s and 1960s often had a stronger civil rights record than the Democrats, because they didn’t have a large Southern component. Into the 1960s, the Republicans were frequently stronger than Democrats on civil liberties, too. There had long been far-right tendencies in the Republican Party — most notoriously Wisconsin senator Joseph McCarthy, who ended up disgraced after a wild run in the 1950s but whose obsessions, like hatred of upper-class Harvard-educated liberals, prefigured his modern descendants. But the party was dominated by northeastern WASPs. As Taft, a leader of the party’s conservative Midwestern wing, put it in 1952 after losing the presidential nomination to Eisenhower, “Every Republican candidate for President since 1936 has been nominated by the Chase National Bank.” Chase was a Rockefeller family enterprise, and it was certainly not socialist. But Eisenhower was not a reactionary. As he wrote to his brother:

    Should any political party attempt to abolish social security, unemployment insurance, and eliminate labor laws and farm programs, you would not hear of that party again in our political history. There is a tiny splinter group, of course, that believes that you can do these things . . . [but] their number is negligible and they are stupid.

    The business branch of that “splinter group” had a material problem with the Eisenhower-era settlement: General Motors may have preferred life without the UAW, but it could afford to pay union rates, especially in exchange for labor peace. Smaller fries couldn’t. They were caught in the petite bourgeoisie’s classic position, squeezed by big labor and big capital. Their freedom was under siege, and they reacted by funding a right-wing insurgency. The John Birch Society was founded in 1958 by the retired CEO of a Massachusetts-based candy company, Robert Welch, who’d made a fortune off lollipops and Junior Mints. Welch was rich, but he was no Rockefeller or Mellon.

    Three years earlier, William F. Buckley, a few years out of Yale, founded National Review, with the mission of “stand[ing] athwart history, yelling Stop,” as he wrote in the magazine’s first issue in November 1955. As incredible as this may sound now, Buckley had trouble raising money for the magazine and needed help from his father, a small-time oil baron. As Buckley later put it, the capitalists didn’t seem all that interested in the project of saving capitalism.

    Eisenhower’s tepidity and compromises energized the Right, whose insurgency was almost Bolshevist in its ideological and organizational discipline. The Bolshevik tendencies were no accident. There were not only intellectuals like James Burnham, a Trotskyist turned cofounder of National Review, but important organizers like Clif White and the ex-Communist Marvin Liebman, who consciously emulated Red tactics in organizing their insurgency, from organizational and ideological discipline to how to dominate a meeting. That rigor and energy dismayed and disoriented the moderates, who preferred politeness and compromise above all things.

    The Birchite and Buckleyite tendencies would eventually split, sort of — but before they did, they united in their affection for Arizona senator Barry Goldwater as their political avatar. Continuing the provincial petit bourgeois theme, Goldwater was the grandson of the founder of a five-outlet department store chain based in Phoenix — a flyspeck next to the likes of Macy’s. Goldwater — or, more accurately, Goldwater’s supporters — launched a bid for the 1960 Republican nomination that failed badly and had victor Richard Nixon betray the Right in several ways, but most visibly with his choice of the Massachusetts aristocrat Henry Cabot Lodge Jr as his vice presidential candidate.

    Goldwater tried again in 1964, and though he would eventually be crushed in the general election by Lyndon Johnson, the convention that nominated the Arizonan was an important rite of passage for the conservatives. As journalist Murray Kempton put it, “This convention is historic because it is the emancipation of the serfs . . . The serfs have seized the estate of their masters.” New York governor Nelson Rockefeller, a leader of the moderate Republican faction whose name embodied the old elite’s domination of the party, was shockingly heckled, a sign of the WASPs’ impending decline. The party’s transition on race was made crudely clear by insults directed against black attendees — one of whom saw his jacket deliberately burned with a cigarette. Jackie Robinson, who was a delegate, said that the performance made him feel like “a Jew in Hitler’s Germany.”

    Movement conservatives were undeterred by Goldwater’s massive loss and continued with their plot to take over the Republican Party. A year later, Buckley ran for mayor of New York on the Conservative Party ticket, with the conscious aim of drawing enough votes away from the liberal Republican John Lindsay to elect the Democratic candidate, Abraham Beame, and thereby weaken the GOP’s left flank. (The contrast with left liberals, who condemn any third-party challenge that might lead their party to a loss, is a vivid symptom of their lack of conviction.) Buckley initially thought he’d harvest votes from the city’s WASP elite, but they were put off by his social conservatism. Instead, he tapped into the growing backlash of white ethnics — the people at the end of the subway lines, as future Nixon adviser Kevin Phillips, lead architect of his anti–civil rights Southern strategy, put it. Buckley ended up with 13 percent of the vote — not huge, but a nontrivial amount for a third-party candidate, and a sign of things to come.

    Though much of that backlash was driven by race, there was also a class angle that most center-left analysts overlook. Lindsay was a social liberal and very attentive to the concerns of black New Yorkers, but on economic policy, he worked largely on behalf of the city’s powerful real estate industry, reflecting his patrician base. At the time, city policy was several years into accelerating the eviction of manufacturing and working-class housing from Manhattan and replacing it with offices and upscale residences. This was good for financiers, developers, and lawyers, but not for working-class whites — who expressed their resentment by lashing out at blacks and liberals rather than the less visible moneybags.

    Nixon, elected in 1968, would work similar resentments on a national scale, developing a mass base for conservative politics. But he mostly governed to the left of his rhetoric. His time in office brought us food stamps, the Environmental Protection Agency, and a proposal for a guaranteed annual income. Those compromises with liberalism energized the Right the same way Eisenhower’s had two decades earlier. (In the brief period when I was a young conservative, I cast my first presidential vote against Nixon because he was too liberal.) But Nixon provided longer-term assistance to the cause of the Republican right with his Southern strategy — appealing to the resentments of white Southerners (and their fellow thinkers in the urban North) over the social gains of black Americans.

    During Nixon’s final years as president, the Right began mobilizing in the extraparliamentary realm as well. Sidney Blumenthal’s 1986 book The Rise of the Counter-Establishment traces the ascent of the insurgent right’s policy infrastructure. The book is a reminder that while capitalists have a gut sense of their class interests, they can’t really think in detail about policy. For that, they fund think tanks.

    Blumenthal highlights a shift within the capitalist class that led to a change in the political complexion of its hired intellectuals. For decades, the corporate establishment funded the likes of the Council on Foreign Relations (which has, among others, a David Rockefeller room); the Brookings Institution, a hotbed of Democratic centrism; and the American Enterprise Institute (AEI), which is conservative but, as Rockefeller once said, not “far out.” According to Irving Shapiro, CEO of DuPont in the 1970s and one of the era’s business statesmen, AEI shaped capitalist thought in that decade.

    A new cadre of rising Sun Belt entrepreneurs rejected this establishmentarian order, lusting for something more muscular. As Blumenthal points out, many of the nouveaux riches ran their own firms, unlike the old elite, who were the heads of public corporations. To the new class, that traditional order was stagnant. In 1973, beer mogul Joseph Coors founded the conservative think tank the Heritage Foundation, which took some time to get going but eventually became a powerhouse as the Reagan revolution set in.

    This new subclass brought a fresh worldview. As Blumenthal puts it, “The Sunbelt entrepreneurs possess neither authority endowed by inheritance nor authority stemming from bureaucratic function. For almost all Sunbelt entrepreneurs, social status is derived entirely from crisp new money.” Heritage, the intellectual avatar of this consciousness, spun forth multiple-volume briefings for the Reagan administration, much of which found its way into policy.

    But the big capitalists weren’t screaming for Ronald Reagan. In Blumenthal’s telling, they had to be pulled in his direction, and the think tanks played an important role in that process. Walter Wriston, the influential chair of Citibank from 1967 to 1984, said that his East Coast business set underestimated Reagan’s skills. His crowd initially preferred a more orthodox candidate, like former Texas governor John Connally or George H. W. Bush, for the presidency in 1980. But they came around. David Rockefeller provided the ultimate blessing: “My enthusiasm has grown. I didn’t adequately recognize the strength of his leadership.” Rockefeller’s conversion came about despite the early conservative movement’s ire toward his family and institutions like the CFR that it endowed.

    Blumenthal’s arrivistes held a mix of envy and contempt for the old establishment, resenting its prestige while lamenting its decadence. It’s curious how that view still pervades the American right, even though that old establishment is considerably reduced. Equally curious is how its institutions, the Ivy League universities, have become the boutique workshops for producing today’s meritocracy. While it’s tempting to point only at the Democratic side of that formation — the Clintons, Barack Obama — some of our leading right-populists have a similar institutional pedigree, a formation distinguished by its denunciation of elites. Josh Hawley went to Stanford and Yale Law; Mike Pompeo, Tom Cotton, Ted Cruz, and Ron DeSantis all went to Harvard Law. The former New Right, once the joint project of a rising subclass and movement conservatism, has aged into a game played by cynics.

    Blumenthal’s account centers on movement conservatism, which the corporate establishment didn’t participate in. But it began mobilizing on its own, developing new institutions and reviving older ones to fight the inflation-prone, worker-friendly(ish) Keynesian order and impose what we would later call the neoliberal agenda.

    As Benjamin Waterhouse emphasizes in Lobbying America, many of the businesspeople who pushed that neoliberal agenda in the 1970s were neither movement conservatives nor self-made entrepreneurs but career managers. They were often socially liberal. But they objected to the host of new demands coming from women and racial minorities, as well as to the explosive growth in regulation. This strained the accommodation with the New Deal and the Keynesian state beginning in the late 1960s, a discontent that intensified in the 1970s when inflation and fiscal recklessness seemed not like transient problems but the foundations of a new disorder. Deepening the hurt feelings of capitalists was perceived hostility to business in public opinion, popular culture, and, increasingly, among their employees.

    The major old-line business lobbies, the National Association of Manufacturers and the US Chamber of Commerce, had lost credibility and power in Washington because of their relentless anti-labor and anti–New Deal stances in the postwar decades, ceding ground to more accommodationist organizations.

    It took some time for capital to mount its counterrevolution. Modern business political action committees (PACs) got their start in the early 1960s, but their ranks were thin and their legal status murky until the Federal Election Commission legalized them in 1975. The number of corporate PACs subsequently exploded.

    You can’t tell the story of the new political consciousness of the 1970s business class without mentioning the Powell Memorandum, named after Lewis F. Powell, then a corporate lawyer and later a Supreme Court justice. Writing to the Chamber of Commerce in 1971, Powell worried about “the Communists, New Leftists and other revolutionaries who would destroy the entire system,” but he worried even more about the spread of antibusiness attitudes in previously respectable realms like academia, the media, and churches, and among intellectuals, artists, and even politicians. He lamented the passivity of business in the face of these existential threats and urged a massive ideological mobilization by capital to make a fundamental case for its legitimacy.

    While the influence of the Powell memo is sometimes exaggerated, it did embody the business wisdom of the time and help inspire a quadrupling of the Chamber’s membership during the 1970s. Shedding its musty reputation but not its conservative politics, it reinvented itself as a slick, modern organization — but one railing against occupational safety inspectors and environmental regulations. It argued that business had no social responsibility, a position once associated with marginal figures like Milton Friedman, who was himself on the verge of becoming not at all marginal. The renascent Chamber became an important part of the Right’s institutional structure.

    But capital was organizing on other fronts as well. The Business Roundtable, made up of the CEOs of 150 large corporations, was founded at a private club in Manhattan in 1973 to fight the antibusiness drift of American politics. But the founding wasn’t on the executives’ initiative — they needed political actors to organize them, as they often do. When visiting Washington in 1971, John Harper, CEO of Alcoa, was urged by Treasury secretary John Connally and Federal Reserve chair Arthur Burns to form a “nonpartisan” lobbying group for big business as a whole — something that had never existed before. There were specific trade associations but nothing to represent the whole crew. Harper and several colleagues founded the Roundtable in 1973, an early sign that capital was becoming a class “for itself,” one capable of consciously organizing to pursue its own power and interests. It was, unlike the Heritage Foundation crowd, bipartisan, pragmatic, and (by its own imagining) nonideological.

    The Roundtable came into being just as the Right was founding its flagship think tanks: Heritage was born in the same year, 1973, and the Cato Institute four years later. For that relatively brief moment — the late 1970s into the early 1980s — productive parallel agitation by the mainstream business lobby and the newly mobilized right would result in moments of political triumph like the appointment of Paul Volcker to the chairmanship of the Federal Reserve and the election of Ronald Reagan as president. Together, Volcker and Reagan would end the “inflationary spiral” of the 1960s and 1970s and break the economic and political power of organized labor.

    That triumph, however, would lead to a dissolution of capital’s broad political unity. As Lee Drutman shows in The Business of America Is Lobbying, his history of the industry, after creating an infrastructure for politicking, the focus of business narrowed dramatically, to sectoral and even firm-specific issues. Its fragmentation was so complete that it was unable or unwilling to mobilize when a posse of hopped-up reactionary GOP backbenchers shut down the government and threatened default on Treasury bonds. In an interview, Drutman explained this silence as a symptom of capital’s narrowing field of vision:

    It’s a business-wide issue, and they’re all looking out for their own narrow interests . . . Business rarely lobbies as a whole . . .Success has fractured them. When there was a lot at stake, it was easy to unify. They felt like they were up against Big Government and Big Labor. But once you don’t have a common enemy, the efforts become more diffuse . . . There’s not a sense of business organized as a responsible class.

    Most of the organizational energy ever since has been on the Right. The most prominent figure in that agitation for decades has been Charles Koch, a rare case of a serious capitalist organizing independently on his class’s behalf. Along with his late brother David, Charles has led a small but very rich network of plutocrats who have pushed American politics to the right at every level of government over the last few years. The family’s money comes from control of a private company, Koch Enterprises, with $115 billion in annual revenues. Were it a public corporation, it would rank around seventeenth in the Fortune 500.

    The Koch network organizes regular conferences for the like-minded, where they raise money and plot strategy, and their tentacles have spread into every state in the country. The circle — now with hundreds of major donors, distributing hundreds of millions of dollars every year — is thick with hedge fund managers and fossil fuel magnates, supplemented by a rank and file drawn from the pass-throughs in the top 0.1 percent. At the summit, financiers like Steven Cohen, Paul Singer, and Stephen Schwarzman — who mostly run their own investment funds rather than working for established banks — were drawn to the enterprise in the early Obama years, fearing he was a reincarnation of FDR about to crack down on their business models. (As it turned out, he never did much more than call them “fat cats” once, a remark many on Wall Street never forgave him for.) They were joined by carbon moguls who were afraid Obama was serious when he said, upon clinching the Democratic presidential nomination in 2008, “this was the moment when the rise of the oceans began to slow and our planet began to heal.” A big portion of the Koch network consists of financiers who own their own firms and not public corporations. They don’t like anyone telling them what to do — neither government nor outside shareholders.

    Unlike many on the Left, Charles Koch has never seen a contradiction between electoral work and other organizing. His network showers cash on right-wing candidates up and down the ballot, but it also supports professors, think tanks, publications, and advocacy organizations — all as part of a coherent, long-term, and ideologically rigorous strategy. There’s nothing remotely like them in US politics.

    That’s not to say there isn’t some big money on the liberal left — just not as much, and not as ideologically coherent. The closest liberals come is the Democracy Alliance (DA), which was founded in 2005 and gets money from George Soros and other, less famous monied liberals. But it distributed only about $500 million in the first decade of its existence — less than the Koch network spends on one election cycle. And unlike the Koch network, whose spending is tightly controlled by the leadership, DA members decide where to spend their money.

    For Koch, following the model laid down by Friedrich Hayek and his comrades, political ideas have a production chain. The Mont Pelerin Society, the organization of neoliberal economists convened in a village by that name in Switzerland in 1947 on Hayek’s invitation, had a clear conception of how to spread its influence. Peak intellectuals, like Hayek, Ludwig von Mises, Milton Friedman, and other luminaries of the movement, would develop ideas, which would spread down to think tanks, then to politicians and journalists, and finally to the public. (Friedman spanned several levels of the hierarchy at once, writing books and papers that were influential in the economics profession at the same time he lobbied politicians and wrote a column for Newsweek.) As Burton Yale Pines of the Heritage Foundation put it back in the 1980s, “Our targets are the policy-makers and the opinion-making elite. Not the public. The public gets it from them.”

    One of the principal actors in the Koch family’s intellectual production and distribution network has been Richard Fink. Fink, then an NYU grad student in economics, dropped in on Charles one day in the late 1970s and asked for money to found a libertarian institute. Koch wrote him a check, which he used to set up the Center for the Study of Market Processes at Rutgers. He soon relocated it to George Mason University (GMU), where it became the Mercatus Center. In 1985, the Koch-funded Institute for Humane Studies moved from California to join Mercatus at GMU. This sequence of events transformed a formerly obscure state university in the DC suburbs into the Vatican of libertarian intellectual life. They’ve reproduced the model at universities around the country, financing institutes and endowing chairs with considerable influence over the direction of research. Unlike many leftists, Koch and co. take academia seriously.

    In a 1996 article, Fink outlined his master strategy: an intellectual economy of producer goods and consumer goods, as in the real economy, reminiscent of the Mont Pelerin structure. The intellectuals, often university-based, are the makers of the producer goods (ideas), which are then transformed into intermediate goods by think tanks, and ultimately into products for mass application by activists. Or, as Koch himself put it, “libertarians need an integrated strategy, vertically and horizontally integrated, to bring about social change, from idea creation to policy development to education to grassroots organizations to lobbying to litigation to political action.” He’s done a lot to make it happen.

    Think tanks are the middlemen in the production and dissemination of ideas. One of the most important has been the Cato Institute, founded in 1977 with Koch money. The name came from Murray Rothbard, the libertarian economist, who emphasized there was nothing “conservative” about the institute’s mission: he dismissed conservatism as “a dying remnant of the ancien régime . . . ineluctably moribund, Fundamentalist, rural, small-town, white Anglo-Saxon America.” For Rothbard — like Koch and Cato — libertarianism is a revolutionary doctrine. Koch money also funded the Reason Foundation, best known for its eponymous magazine. Reason was founded by a Boston University student in 1968 and published out of his dorm room in its early days. A decade later, Charles Koch agreed to finance it if it remained “uncompromisingly radical.”

    All these Koch-fueled entities — GMU, Cato, Reason — busily schooled Republican politicians and operatives throughout the 1980s and 1990s on the wisdom of privatization and austerity.

    There are other right-wing mega-donors, though none with the broad scope and vision of Koch. Hedge-fund billionaire Robert Mercer, who was originally part of the Koch network and then went off on his own, was a major funder of the Trump campaign and the Breitbart News operation. Another striking pair of characters is Richard and Elizabeth Uihlein. Richard inherited a bunch of Schlitz beer money and then built a second fortune in the Uline packaging business. They support media, like the Federalist, and candidates that some on the Right find a little hot to handle, like Roy Moore, the Alabama judge with a taste for teenage girls. They’re also major supporters of the Club for Growth and Scott Walker, former governor of their home state, Wisconsin.

    Right-wing funders, led by the Koch network, have created scores of policy outlets around the country. The State Policy Network (SPN) has sixty-six affiliates and over eighty associates populating every state but North Dakota. Founded in 1992 by the industrialist Thomas A. Roe, who had set up the first of these think tanks in South Carolina six years earlier on a suggestion from Ronald Reagan (politicians in the lead again!), the SPN flock develops policies, disseminates propaganda, and trains personnel to promote “economic liberty, rule of law, property rights, and limited government,” which, in practice, means gutting regulations, cutting taxes and services, privatizing public schools and pension systems, and destroying unions.

    Closely associated with the SPN is the American Legislative Exchange Council (ALEC), which shares funders and priorities but operates at the political ground level, writing bills and lobbying legislators. Since state and local governments often function in obscurity, with part-time legislators and thin staffs, having prewritten bills and trained politicians is a vital lubricant for the right-wing agenda. Aside from the usual right-wing funding sources, ALEC also draws from a wide variety of business interests, often by offering their assistance on a specific policy issue and then bringing the firms more permanently into the fold.

    It’s an impressive network, running from the Oval Office all the way down to places like Schoharie County, New York, where a Mercer-funded think tank has been agitating. It’s been crucial to Republican control of statehouses across the country, influencing the shape of Congress because of their jurisdiction over districting and electoral law.

    Despite this power, the Right has never achieved political hegemony, nor have its business patrons achieved economic hegemony. The Koch network is rich, but its wealth pales next to the Fortune 500’s cash flow. One way to make this point is to poke about their think tanks, where money is made into policy. There’s a decided lack of big names.

    The board of the Cato Institute, despite its ties to the Koch world, is heavy with second-tier and third-tier capitalists — the chair of something called TAMKO Building Products, a Missouri-
    based firm; a managing director with Susquehanna International Group, a money management firm based in Bala Cynwyd, Pennsylvania; and the former owner of the Tennessee-based Young Radiator Company. Koch aside, it’s light on seriously elite connections.

    As is the Heritage Foundation. Its president, Kay C. James, was previously a dean at Regent University, the school founded by televangelist Pat Robertson. Another link to the educational right is board member Larry Arnn, president of Hillsdale College, a deeply conservative institution that takes no federal cash so Washington can’t tell it what to do. Other trustees include a corporate headhunter with two degrees from Baptist colleges; a real estate developer and chair of a food service company, both of which almost no one has heard of; the chair of a small maker of wearable biosensors; the head of a small private equity firm; another PE guy who advertises himself as “a life member of MENSA and the NRA”; and “one of America’s leading authorities on the development of human potential and personal effectiveness.” Its major funders contain few recognizable names outside standard right-wing circles (Bradley, Coors, Scaife, Walton). Its lower order of funders includes some big names — ExxonMobil, GE, Google, Visa — but they’re greatly outnumbered by much smaller ones.

    Contrast this with the centrist Brookings Institution, whose board includes ambassadors from Goldman Sachs, Deutsche Bank, TD Bank, Duke Energy, and Young & Rubicam. Its top funders include the Gates Foundation, the Hewlett Foundation, the Carnegie Corporation, the Rockefeller Foundation, Comcast, Google, JPMorgan Chase, Chevron, Exxon-Mobil, Shell, Time Warner, Toyota, AIG, and the governments of Japan, Qatar, and the United Arab Emirates — and even the libertarian would-be secessionist Peter Thiel, who, like any big investor, knows the importance of diversification. Or take the Clintonite Dems’ favorite think tank, the Center for American Progress, which has a “Business Alliance” — price of admission: $100,000 — that includes Comcast, Walmart, GM, GE, and Boeing.

    But their relatively inferior class status still hasn’t stopped the Right from winning lots of fights. As Blumenthal pointed out, the businessmen around Reagan were not heavyweights; they brought us Duracell batteries, the Diners Club credit card, and Lassie — two second-tier brands and a defunct fictional dog. Despite that light footprint, their intense organization and commitment have allowed the Right to punch way above its weight. These intrepid capitalists served as an avant-garde for their larger, more cautious comrades. It’s a messy business, cutting taxes and regulations.

    Another dimension of the Right’s influence is what it does to the respectable left. As Thatcher adviser Sir Alan Walters told me at a conference twenty years ago, the Iron Lady’s most lasting achievement was her transformation of the Labour Party, which had ceased to stand for much. Something analogous happened with the post-Reagan Democratic Party, which has played an enormous supporting role in the organizational and ideological collapse of New Deal/Great Society liberalism. The party turned its attention away from the urban working class (which was savaged by deindustrialization) and toward professionals in the suburbs. But you would never characterize this formation as brimming over with political or intellectual passion of any sort.

    Trump is thankfully a fading memory, but his relation to the right-wing counter-establishment is worth a closer look. Most weren’t all that interested in him; he certainly served part of their agenda, but the economic nationalism bothered these apostles of the free movement of goods, capital, and labor. An exception was Robert Mercer, the hedge fund billionaire famous for Cambridge Analytica (which turned out not to be some AI Svengali but rather a bit of a fraud), who threw Trump some money and brought Steve Bannon and David Bossie — the head of Citizens United, who mounted the famous legal case that opened politics to vast and secretive funding — into his orbit. Bannon and Bossie gave Trump, never much on political philosophy, some right-wing ideology (notably “America First nationalism”) and connections. The Koch set at first kept their distance from the new administration. But they did have an in through Marc Short, Mike Pence’s chief of staff, who headed a Koch front group called Freedom Partners from 2011 to 2015. Trump — or, given his ignorance of policy, more likely Pence — soon turned to the Koch network for advice on staffing his new administration.

    A well-organized force is ideally suited to fill a vacuum. The Koch touch was most visible in energy and environmental policy, but they had personnel placements elsewhere as well. Former CIA director and secretary of state Mike Pompeo was once known as “the congressman from Koch” when he represented the Wichita area in Congress from 2011 to 2016. Earlier, he had a business career in that city that was partly funded by Koch Industries.

    The network’s influence extended to informal advisers as well. Trump took advice on energy from pals like fracking magnate Harold Hamm, whom Jane Mayer described as a “charter member of the Kochs’ donor circle.”

    The Kochs won some victories in the Trump era: a generous loosening of energy and environmental regulation, friendly court appointments, and fat tax cuts. But they never did repeal Obamacare, and the tariffs and immigration restrictions were major losses. Trump’s rhetoric about immigration and Muslims were among the reasons Charles Koch refused to endorse him. Much of corporate America wasn’t happy with that part of Trump’s agenda either, but they were too happy with their tax cuts to do much about it until the Capitol riot.

    But a new class fraction did find expression in, or at least had affinities with, the Trump administration. As I argued above, the business coalition that came together in the 1970s to lobby for deregulation and tax cuts largely dissolved as a united force when it got what it wanted. Rather than a broad agenda, the business lobby narrowed to focus on sectoral and individual corporate interests. The Chamber of Commerce, though purporting to speak for business in general, came to rent itself out to specific clients, often unsavory ones. Big capital is socially liberal — or it pretends to be. It has no interest in the Christian right’s moral agenda, nor is it nativist. Almost every Wall Street and Fortune 500 company has a diversity department, handling everything from anti-racist training sessions to the corporate float for the annual LGBT pride parade. Their worldview is little different from Hillary Clinton’s — but they’re not passionately engaged in politics. They write checks, but profits are high, and the tax rate they paid on those profits over the last few years was the lowest it’s been since the early 1930s.

    They’re layabouts compared to the class fraction I’m describing, a gang made up of the owners of private companies as opposed to public ones, disproportionately in dirty industries. The financier wing comes largely out of “alternative investments,” hedge funds and private equity, not big Wall Street banks or Silicon Valley VC firms. Most alternative investment operations are run as partnerships with a small staff, often under the direction of a single figure. Collectively, they look like freebooters more than corporate personalities, and asset-strippers more than builders, be it natural assets in the case of the carbon moguls or corporate assets in the case of the PE titans. Trump himself ran a real estate firm with a small staff and no outside shareholders. Like a private equity guy, Trump loaded up his casinos with debt and pocketed much of the proceeds.

    The prominence of private ownership is striking, and it’s politically reactionary. Lately, institutional investors have been lobbying for some action on climate — not profit-threatening action, of course, but something. Central bankers are starting to make similar noises; they’re increasingly worried that a financial system reliant on carbon assets (which could easily collapse in value when they’re recognized for the climate-killers they are) might run into serious trouble. Since they have no outside shareholders, the Kochs and Hamms of the world are spared having to listen to this chatter.

    This alliance between the private corporate form and political reaction is a reminder of Marx’s observations on the topic. He described the emergence of the corporation, with its separation of ownership and management, as “the abolition of the capitalist mode of production within the capitalist mode of production itself, and hence a self-abolishing contradiction.” Workers could hire managers as easily as shareholders, or maybe perform the task themselves. The stockholder-owned public corporation was a stepping-stone to a truly public entity. Short of that ambition, public firms are more transparent and subject to outside pressure than those controlled by a small, secretive circle of owners.

    But, as we’ve seen, such owners have proven highly capable of organizing as a political force. Corporate America isn’t averse to working with Koch organizations. Exxon and Microsoft worked with the Koch-heavy Citizens for a Sound Economy to push very specific agendas. But these are usually temporary, targeted crusades; none have the durability and ubiquity that the Koch agenda itself has. And that agenda has a substantial toehold on state power.

    Returning to the theories of Nicos Poulantzas, while there are often divisions within the capitalist class, its predominant bloc organizes a “general interest.” The contradictions remain, but the hegemonic fraction creates sufficient consensus to rule by universalizing its worldview as part of its dominance (or, as Marx put it in a classic formulation, “the ideas of the ruling class are in every epoch the ruling ideas”). That kind of consensus seems to be missing in US politics in recent decades, a point that became very clear during the Trump era. The corporate and financial establishment, initially suspicious of rule by such a volatile incompetent, never tried to rein him in. He was never interested in a universalizing rhetoric, as Poulantzas’s hegemonic fraction is supposed to be. Instead, he stoked division almost every time he tweeted.

    Within the GOP, the petit bourgeois mass base — the car dealers and accountants — is in conflict with its big business wing, and neither can gain political or ideological hegemony over the whole society. (That intraclass conflict became sharp and visible during Trump’s second impeachment hearing.) The Democrats, for that matter, look divided between the old centrist DLC faction — tied to parts of Wall Street and big capital, represented by Biden — and a younger, more leftish, and more energetic activist wing. It’s much easier to imagine (to take some names from the fuzzy past) Everett Dirksen and Lyndon Johnson coexisting in the same universe than to picture Marjorie Taylor Greene and Ro Khanna as colleagues in governance. Until the 1990s, the federal government never shut down for any length of time because of the inability to pass a proper budget; since 1995, the US government has shut down to a significant degree five times, for a cumulative total of eighty days, and political leaders openly suggested that a default on Treasury securities might be a salutary measure. There’s something fractured in a state that engages in periodic shutdowns.

    Bourgeois pundits often lament “divided government” and the inability to compromise, which they attribute to partisanship or bad temperaments. A more fundamental reason may be that no fraction of capital, neither the older centrist kind nor the upstart right-leaning kind, is able to achieve hegemony. The Right has considerable strength at elite levels, but in the popular realm, it’s only the Electoral College, voter suppression, and aggressive gerrymandering that keeps it electorally competitive. Its position is greatly aided, however, by the deep weakness of more centrist forces, who lack serious intellectual or political energy. As the Right discredits itself with ludicrous attacks on the Capitol and farcical QAnon conspiracies, the center-left is feeble. The geriatric nature of the mainstream Democrat leadership is a sign of exhaustion. We’re a long way from when DLC-style politics, as terrible as they were, had at least the superficial appeal of novelty. Now we’ve got the No Malarkey Express parked in the Oval Office.

    Elite division looks to be in stark contrast with the coherence and breadth of the WASPs, a relatively narrow, homogenous owning class bound by inherited wealth that married out of the same mating pool; went to the same schools; belonged to the same clubs; owned a lot of capital; ran the major industrial companies, law firms, and banks; ran major educational institutions like prep schools and universities; ran major cultural institutions like universities and museums, as well as the philanthropies that shaped social thought and cultural life; and defined the limits of liberal politics. WASPs also populated government, like C. Douglas Dillon in the Treasury or Dean Acheson at the State Department or Nelson Rockefeller as the governor of New York. We shouldn’t be nostalgic for them; they were often deeply racist and driven by notions of the “white man’s burden.” But they had a unity and authority that our current rabble of grifters and parvenus lacks.

    That stratum’s leading analyst, the sociologist E. Digby Baltzell (himself a product of Philadelphia’s Main Line) thought a society like ours needed an authoritative elite of the sort his brethren once were. As he put it:

    [U]nfortunately success is not synonymous with leadership, and affluence without authority breeds alienation . . . the inevitable alienation of the elite in a materialistic world where privilege is divorced from duty, authority is destroyed, and comfort becomes the only prize . . .

    The essential problem of social order, in turn, depends not on the elimination but the legitimation of social power. For power which is not legitimized tends to be either coercive or manipulative. Freedom, on the other hand, depends not in doing what one wants but on wanting to do what one ought because of one’s faith in long-established authority.

    For those of us who believe in democracy, this is an unacceptably hierarchical view of society. But in a society like ours, one deliberately structured to magnify elite authority and limit the power of the horde — if you don’t believe me, check out Federalist No. 10, in which James Madison makes it quite explicit his constitution was designed to do just that — the quality of governance depends profoundly on the nature of that elite. Our contemporary pack of plutocrats and scammers looks incapable of legitimation or coherent rule — and it appears to be nowhere near up to the challenge of climate change. Maybe Biden’s top economic adviser, Brian Deese, who came to the White House after handling ESG issues for BlackRock, will organize his class buddies into a significant force on addressing climate, but Larry Fink’s objections to Biden’s early executive orders suggest he’ll have quite a task on his hands. And that’s before the Koch network and the Freedom Caucus have gone to work.

    Alas, it must be conceded that, until the bonds of that constitution are broken and something approaching a real democracy is instituted, Baltzell has a point about how the loss of ruling-class authority — a legitimation crisis — might lead to social tensions and disorder. With the center so weak, it does present an opportunity for the organized right to make gains — but it presents an opening for the Left, too.

    Making revolution against the ruling class, however, is a hell of lot harder than making a revolution within it.

    #USA #capitalisme #lutte_des_classes #oligarchie #politique #affaires #commerce #élections #histoire

  • #CNews, première chaîne d’#intox de France… avec le soutien de l’Élysée

    La semaine dernière, CNews a pour la première fois dépassé #BFMTV en audience. Récompense suprême pour la chaîne qui propage des #fake_news sur des #controverses montées de toutes pièces : documentaire censuré à Orléans, #écriture_inclusive imposée à l’école, #Blanche-Neige victime de la “#cancel_culture”… Plus courageux encore, #Pascal_Praud désigne à la vindicte de la #fachosphère des responsables de services publics. Une action civique qui vaut à l’animateur d’être chouchouté par l’Élysée.

    « Merci à vous tous, chers téléspectateurs, salue #Sonia_Mabrouk mardi dernier. Vous avez placé hier CNews leader des chaînes d’information de France. » Devant BFMTV, et sans que cette dernière perde de part d’audience. La chaîne de #Bolloré a donc su attirer un nouveau public. « C’est une confiance qui nous honore, merci encore. » Une confiance de laquelle Sonia Mabrouk sait se rendre digne. « La guerre contre l’écriture inclusive menée par #Jean-Michel_Blanquer qui veut l’interdire à l’école, annonce-t-elle au sommaire de Midi news. L’écriture inclusive, une attaque contre notre langue et derrière, une idéologie. » Rappelons que Sonia Mabrouk, elle, est dépourvue d’idéologie. « Et puis nous parlerons de tags anti-police et donc anti-France d’une violence inouïe. » Ils ont causé des dizaines de blessés parmi les forces de l’ordre.

    « J’ai remercié les téléspectateurs qui ont placé hier CNews comme la chaîne leader des chaînes d’information, rappelle Sonia Mabrouk après le journal. Je remercie également les invités. De tous bords, c’est très important, chaque jour il y a la diversité des sujets et surtout des tendances. » De la droite extrême à l’extrême droite en passant par la gauche d’extrême droite, comme nous allons le vérifier. « Le ministre de l’Éducation a dit : Ça suffit ! Stop l’écriture inclusive à l’école !, relaie la présentatrice. — Il faut savoir l’enfer qu’on vit dans beaucoup de collectivités, gémit #Rudolph_Granier conseiller LR de Paris. À Grenoble, ils ont décidé de la rendre obligatoire dans les délibérations, c’est déjà le cas à la mairie de Paris. » Il faudrait mettre en place une cellule de soutien psychologique pour Rudolph Granier et ses collègues. « Moi, je pense aux personnes qui sont dyslexiques, qui sont aveugles. » Les aveugles ? Ils n’ont pas grand-chose à voir dans cette histoire.

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    « Ça concerne les universités, Sciences Po, l’EHESS, Normale Sup, énumère Élisabeth Lévy. La triade des sciences humaines s’adonne à ça. Et si des profs ne mettent pas leurs demandes de financement en écriture inclusive, ils ont toutes les chances de se faire retoquer. » Information inventée de source sûre. « On est encore l’otage de groupuscules. » Terroristes. Le seul invité de tous bords de gauche prend la parole. « Autant je suis pour qu’on dise “madame la ministre”, revendique #Philippe_Doucet, du PS, mais je suis contre cette histoire d’écriture inclusive. » Ouf, les « socialistes » ne cèdent pas à la pression des preneurs d’otages. « Mais pourquoi le ministre de l’Éducation fait cela ? » s’auto-interroge Sonia Mabrouk pour mieux s’auto-répondre : « L’écriture inclusive et la théorie du #genre ont pris le dessus par exemple au #CNRS, c’est ce que vise le ministre. » Philippe Doucet fait assaut de bonne volonté : « Je suis contre la #culture_woke et pour la République. » Rappelons que l’écriture inclusive menace la République, ses partisans étant notoirement friands de dictature militaire.

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    Sonia Mabrouk psalmodie : « Écriture inclusive, #femellisme, disent certains, mais aussi discours décoloniaux… » Sans oublier l’#islamo-gauchisme racialiste. « Il y a des militants, il faut les appeler ainsi, qui pensent tordre le cou au réel et changer la cité en corrigeant les #mots. » Rappelons que Sonia Mabrouk, elle, n’est pas militante. « Ces révolutionnaires de salon me font sourire, commente #Ludovic_Mendes, de LREM. Quand on dit à un gamin de CP qui a des difficultés parce qu’il est en apprentissage de la lecture qu’on va lui rajouter l’écriture inclusive… » Information fantasmée de source sûre : partout en France, les élèves de CP sont contraints par les professeurs des écoles d’apprendre l’écriture inclusive.

    Sonia Mabrouk résume : « En gros, vous êtes tous d’accord. » Magie de la « diversité des tendances » des « invités de tous bords ». « L’écriture inclusive, vous dites : absurdité et non-sens linguistique. Mais je voudrais vous pousser plus loin. » Un peu plus à droite, si c’est possible. Élisabeth Lévy ne se fait pas prier. « La question, c’est : de quelle minorité sommes-nous otages ? Y compris chez les socialistes, chez les Verts, dans toute l’extrême gauche 3décolonialo-indigéno-je-ne-sais-quoi. On est #otages de gens qui représentent des #groupuscules. — Oui mais parfois les #minorités font l’histoire, alerte Sonia Mabrouk. Quand vous êtes à des postes très élevés, ça peut ruisseler. — Ça peut infuser », confirme Philippe Doucet. C’est d’autant plus dangereux que, selon Élisabeth Lévy, « le combat de la place des femmes dans la société, il est gagné ». L’emploi de l’écriture inclusive conduirait tout droit à une #dictature_féminazie.

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    « Avant de parler de beaucoup d’informations sur la violence qui règne dans nos villes, annonce Pascal Praud la veille au soir, l’écriture inclusive. Vous savez qu’on essaye de mener modestement ce débat. » Cette #croisade. « Dans une interview au JDD, Jean-Michel Blanquer a rappelé l’existence de la circulaire d’Édouard Philippe qui en 2017 interdisait l’usage administratif de l’écriture dite “#épicène”. » Épicène, vraiment ? L’adjectif désigne un mot qui s’écrit au masculin comme au féminin. Blanquer va donc interdire l’emploi du mot « élève », un comble pour un ministre de l’Éducation… Mais puisque c’est une information vérifiée par Pascal Praud… « Et il demande que l’écriture inclusive ne soit pas utilisée à l’école. J’ai envie de dire : Enfin ! Enfin, il se réveille ! » Il a dû regarder CNews, où Pascal Praud mène un combat quotidien contre l’écriture inclusive.

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    L’animateur relaie scrupuleusement les arguments du ministre : « Mettre des points au milieu des mots est un barrage à la transmission de notre langue pour tous, par exemple pour les élèves dyslexiques. » En revanche, apprendre à écrire « du cidre et des crêpes bretons » est une facilité pour les élèves dyslexiques. « Je rappelle que la mairie de Paris fait ses communiqués en écriture inclusive. Je rappelle que le site de France 2 est en écriture inclusive. — L’université est en écriture inclusive, chouine #Ivan_Rioufol. — L’université, quand t’écris pas ta thèse en écriture inclusive, t’es mis dehors ! » Information inventée de source sûre.

    « Vous êtes injuste, proteste toutefois Ivan Rioufol, il me semble avoir entendu Blanquer le dire plusieurs fois. — Y a que nous qui le disons ! À l’université, c’est un scandale ! Tu peux prendre des sanctions, quand même ! » Condamner les profs à des peines de prison. « Pourquoi le président de la République n’a rien dit sur ce coup-là ?, s’étonne #Jean-Claude_Dassier — Il dit rien, le ministre de la Culture non plus… Tous les thèmes qui fâchent, de toute façon ! » À peine s’ils dénoncent l’islamo-gauchisme. « Je crois savoir que c’est assez marginal, tente l’avocate Sophie Obadia. — C’est pas du tout marginal à l’université, réplique Pascal Praud. — En #sciences_sociales, précise Ivan Rioufol. — C’est la terreur ! » Selon des témoignages fabriqués de source sûre.

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    Sophie Obadia se range à la diversité des tendances des invités de tous bords : « Que ce soit enseigné, malheureusement, oui. Mais les étudiants n’y parviennent pas. C’est d’une complexité effarante. — C’est moralement illisible, ajoute Ivan Rioufol. — Sur le plan cognitif, c’est improbable, insiste l’avocate. — Ça devrait être considéré comme nul et non avenu, tranche Jean-Claude Dassier. — Le féminin d’entraîneur, c’est quoi ?, demande Jean-Louis Burgat. — Entraîneuse, répond Jean-Claude Dassier. — Vous voyez, y a des choses qui sont impraticables. — Ce qui est très inquiétant, geint Ivan Rioufol, c’est de voir à quel point une #moutonnerie peut amener à un #conformisme. » Les participants à L’heure des pros, eux, sont aussi anticonformistes que Jean-Michel Blanquer. « En sciences sociales, dans les universités, si vous ne faites pas de thèse en écriture inclusive, vous n’êtes pas lu ou vous avez deux points. » Information fabulée de source sûre. Pascal Praud en ajoute une : « Y a des profs qui ne répondent pas aux mails des étudiants quand ils ne sont pas en écriture inclusive. — Et Mme Vidal ne dit rien, peste Jean-Claude Dassier. — C’est peut-être pas la priorité, tente Sophie Obadia. — Mais c’est la priorité !, rage Pascal Praud. — Ah ben si, c’est la priorité ! », appuie Ivan Rioufol.

    La priorité de mercredi est tout aussi anticonformiste. « Est-ce que dans Blanche-Neige, vous vous souvenez de la fameuse scène du baiser, quand le prince charmant se penche sur Blanche-Neige pour la réveiller ?, demande Sonia Mabrouk. Est-ce que vous y avez vu un baiser non consenti ? » #Olivier_Dartigolles réagit : « La polémique est ridicule » Tellement ridicule qu’elle a été montée de toutes pièces par la fachosphère et relayée par #FoxNews à partir d’un obscur blog qui faisait la promotion d’une nouvelle attraction de Disneyland. Mais, pour Sonia Mabrouk, « ça va loin. Parce que Disney se demande que faire de cette scène, est-ce qu’il ne faut pas la couper ». Information supputée de source sûre. « Évidemment on crie tout de suite à la cancel culture. » Sur CNews.

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    « Qu’est-ce que vous en pensez, #Laurent_Jacobelli ? — Je pense que c’est ridicule », répond le porte-parole du RN. Qui suggère illico la prochaine fake news susceptible de provoquer de passionnants débats ridicules : « En plus, dans le nom Blanche-Neige, il y a “blanche” donc on va nous demander de le changer. Est-ce qu’on doit ridiculiser le débat, l’amoindrir à ce niveau au point de chercher le mal partout ? » Sur CNews, oui, c’est même un credo. « Arrêtons avec cette #censure permanente. » Voyez comme les bobards des journalistes de CNews sont affreusement censurés. « La moindre image, le moindre mot donne lieu à un procès. » Sans parler des terribles remontrances du CSA.

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    « Mais jusqu’où on va aller ?, insiste Sonia Mabrouk Jusqu’où cet activisme peut aller pour effacer… parce qu’il y a de véritables pressions… » À son tour, la journaliste imagine une fake news susceptible de provoquer de passionnants débats ridicules : « Peut-être que la prochaine étape, c’est de dire que les sept nains, c’est un gang bang… » Et Bambi une victime du lobby de la chasse. « Faut-il voir derrière les tenants de l’idéologie intersectionnelle, de la cancel culture, etc. ? » Sur CNews, oui. « Ou est-ce que vous dites : on prête trop d’attention à ces minorités ? » Sur CNews, c’est certain. « Il y a un véritable engagement politique derrière cela. » De l’extrême gauche décolonialo-indigéno-je-ne-sais-quoi, a démontré Élisabeth Lévy.

    #Kevin_Bossuet, enseignant et coqueluche de la fachosphère, s’insurge, absence de preuves à l’appui : « On veut tout dénaturer, tout détruire, tout ce qui constitue le socle de notre identité et de notre civilisation. » Selon nos informations forgées de toutes pièces. « On pointe l’œuvre du #patriarcat partout, c’est profondément ridicule et dangereux. » Il faut sauver le patriarcat. « Le débat sur l’écriture inclusive, c’est exactement le même processus. » Effectivement : on monte en épingle une menace imaginaire pour pouvoir propager des idées réactionnaires. « Vous avez des manuels scolaires, des enseignants qui utilisent de l’écriture inclusive … » Information rêvée de source sûre. « On peut se poser des questions sur l’#idéologie de ces personnes. » En revanche, pas la peine de se poser des questions sur l’idéologie de toutes tendances des invités de tous bords de CNews.

    « On est en train de recréer la censure, se désespère Laurent Jacobelli, de restreindre la possibilité d’exprimer une opinion, on le voit sur les plateaux télé. » Surtout sur CNews. « Il faut arrêter qu’une toute petite minorité impose sa #dictature_intellectuelle à une grande majorité. » D’invités de CNews. L’avocat Carbon de Sèze conclut « C’est pas à des amateurs de révision des œuvres artistiques d’imposer les thèmes de discussion. » Non, c’est à des amateurs de révisionnisme de les imposer sur le fondement de fausses informations.

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    Le 30 avril, Pascal Praud impose un autre « débat » sur un nouveau scandale fantasmé, « l’#affaire_d’Orléans. L’histoire extravagante du programme financé par la mairie qui devait passer sur France 3 Centre-Val-de-Loire et qui finalement est censuré. — Oui, il est censuré », confirme #Serge_Grouard, maire LR d’Orléans et habitué de L’heure des pros. Le bandeau le clame, « France 3 censure un programme sur #Jeanne_d’Arc ». En réalité, comme l’a très bien raconté cet article d’Arrêt sur images, France 3 a renoncé à programmer un #documentaire sur les « #fêtes_johanniques » (qu’elle ne s’était jamais engagée à diffuser) quand elle s’est aperçue qu’il s’agissait d’un film promotionnel réalisé par la municipalité et commenté par la voix de #Charlotte_d’Ornellas, journaliste de Valeurs actuelles, figure de la fachosphère abonnée aux plateaux de CNews.

    Pascal Praud, comme Sonia Mabrouk, préfère « crier à la cancel culture » d’inspiration soviétique : « Qu’il y ait des petits commissaires du peuple dans le service public d’information et notamment à France 3 n’étonnera personne. Ça s’appelle des petits commissaires du peuple, insiste-t-il. Dans le service public, ce sont les rois. » L’animateur s’adonne alors à l’une de ses méthodes favorites : désigner le nom du coupable à la vindicte de centaines de milliers de téléspectateurs nourris de fausses informations.

    « On est en train d’essayer d’appeler M. Basier, il veut pas répondre. » Le lâche. « Jean-Jacques Basier, je vais donner son nom plusieurs fois. Jean-Jacques Basier, directeur régional de France 3 Centre-Val-de-Loire. » Son adresse et son numéro de téléphone, peut-être ? « C’est une police de la pensée, s’insurge Serge Grouard. — Ils ont des mentalités d’épurateurs, ajoute Ivan Rioufol. — Exactement, c’est les mêmes qui auraient tondu à la Libération. » Puisque Rioufol et Praud me tendent la perche du point Godwin, qu’il me soit permis de subodorer que ces Praud et Rioufol sont les mêmes qui auraient dénoncé des juifs sous l’Occupation. Quoiqu’il en soit, leur lynchage public a des effets dans la vie réelle : le directeur régional de France 3 est l’objet d’une campagne de #harcèlement sur les réseaux sociaux mais aussi sur sa propre messagerie vocale. Avec d’explicites #menaces_de_mort, rapporte un communiqué syndical.

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    Une autre affaire montre que ce goût pour la #délation peut avoir de graves conséquences sur les personnes désignées à la furie de la fachosphère.. Jeudi soir, l’émission À l’air libre, réalisée par Mediapart, reçoit #Anne-Laure_Amilhat_Szary, directrice à Grenoble du laboratoire Pacte du CNRS. Je conseille vivement de regarder son témoignage (en accès libre) pour prendre la mesure de la gravité des agissements de M. Pascal Praud. Ce dernier a mis en cause l’universitaire lors de l’affichage des noms de deux professeurs de Sciences Po Grenoble accusés d’islamophobie. Affichage que l’intéressée a toujours vigoureusement condamné. Affichage consécutif à une controverse entre un prof militant et une chercheuse de son laboratoire qu’Anne-Laure Amilhat-Szary a défendue dans un communiqué ensuite falsifié par #Klaus_Kinzler, le prof en question.

    Pascal Praud s’est empressé d’inviter ce professeur, qui déclare alors : « Un grand chercheur directeur de laboratoire de recherche se met en dehors de la science. Il ne comprend même pas, c’est une femme d’ailleurs, elle ne comprend même pas ce que c’est, la science. — Ce laboratoire, Pacte, avec cette dame…, rebondit Pascal Praud. Je vais citer son nom, Anne-Laure Amilhat-Sza… Szaa… Szary. » La délation est un métier. « Cette dame-là, c’est la directrice du laboratoire mais cette dame, c’est une militante. — C’est une militante. C’est des gens qui ne réfléchissent même pas. — Oui mais qui se croient tout permis et qui avancent avec le sentiment d’impunité. C’est très révélateur, on voit le #terrorisme_intellectuel qui existe dans l’université à travers leur exemple. »

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    Sur le plateau de Mediapart, Anne-Laure Amilhat-Szary raconte la suite. « La ministre de l’Enseignement supérieur dit que c’est insensé de livrer des noms d’enseignants-chercheurs à la vindicte des réseaux sociaux, or ça a été mon cas. J’ai fait l’objet d’une campagne diffamatoire avec menaces de mort nombreuses et répétées. » Au point de devoir porter plainte pour « #cyber-harcèlement et menaces de mort ». « Comment vous avez vécu tout ça ?, demande Mathieu Magnaudeix. — Mal. Et comme la preuve que l’intersectionnalité est une bonne grille d’analyse puisque j’ai fait l’objet d’insultes islamophobes, antisémites, sexistes, avec une critique de mon physique avec mon portrait transformé… Je vous laisse imaginer le pire. » Le pire sciemment provoqué par Pascal Praud.

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    « Je n’ai pas de protection judiciaire, regrette Anne-Laure Amilhat-Szary. Elle a été demandée et on n’en a plus jamais entendu parler. La ministre a défendu des personnes qui ont effectivement été mises en danger par des affichages criminels et moi, je me débrouille toute seule. » Comme se débrouillent toutes seules les journalistes #Morgan_Large et #Nadiya_Lazzouni, respectivement victimes d’#intimidations (dont un sabotage de voiture) et de menaces de mort, sans qu’elles obtiennent la #protection_policière demandée — et soutenues par de nombreuses organisations de journalistes.

    En revanche, Emmanuel Macron n’hésite pas à téléphoner à #Eric_Zemmour, quand il est agressé dans la rue, pour l’assurer de son soutien. De même, #Christine_Kelly, la faire-valoir de #Zemmour, est promptement reçue à l’Élysée quand elle reçoit des menaces de mort (évidemment inadmissibles, quoiqu’on pense de son travail).

    Quant à Pascal Praud… Non seulement ses délits de « mise en danger de la vie d’autrui par diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle » (que le gouvernement se vante d’avoir inclus dans la loi Séparatisme) n’entraînent aucune poursuite, mais ils lui valent le soutien enamouré du pouvoir. Dans un article du Monde, Ariane Chemin raconte comment le journaliste de CNews est reçu avec les honneurs à Matignon, à la questure de l’Assemblée (où le reçoit le député Florian Bachelier, habitué de ses émissions) et même à l’Élysée. Emmanuel Macron et son conseiller #Bruno_Roger-Petit entretiennent des contacts réguliers avec Pascal Praud, allant jusqu’à lui livrer des infos en direct. Ariane Chemin explique que Bruno Roger-Petit, « le “M. Triangulation” de l’Élysée, scrute depuis longtemps CNews, qui relaie souvent les obsessions de l’extrême droite et a pour lui le même avantage que Valeurs actuelles : cliver l’opinion en deux camps sans laisser beaucoup de place à d’autres courants de pensée ».

    Ainsi, le pouvoir actuel, et jusqu’à son plus haut sommet, utilise et protège un délinquant d’extrême droite propagateur de fausses nouvelles. La campagne pour la présidentielle s’annonce terrifian… pardon, passionnante.

    https://www.telerama.fr/ecrans/cnews-premiere-chaine-dintox-de-france...-avec-le-soutien-de-lelysee-687576

    #infox

    –—

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  • Les rapports de l’#inspection_générale de l’éducation, du sport et de la recherche (#IGÉSR)

    Ce #rapport d’inspection générale fait suite aux accusations portées anonymement, par voie d’affiches placardées sur le mur de l’établissement, contre deux enseignants nommément désignés de l’Institut d’études politiques de Grenoble le 4 mars 2021, et aussitôt relayées sur les réseaux sociaux.

    La mission s’est attachée à clarifier l’enchaînement des faits qui ont conduit à cet événement et à identifier les responsabilités des différents acteurs. Elle formule onze recommandations dans différents champs d’action, relatives, d’une part, à la sanction des manquements les plus graves et, d’autre part, à des mesures plus structurelles de nature à permettre à l’IEP de mieux gérer, voire de prévenir d’autres crises à l’avenir.

    Auteurs :
    - Jean-Pascal Bonhotal
    - Fabienne Thibau-Lévêque

    https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid158418/la-situation-a-l-iep-de-grenoble-en-mars-2021.html
    #IGESR
    #Klaus_Kinzler #Kinzler #islamophobie #Sciences_Po_Grenoble #Institut_d’études_politiques (#IEP) #université #collages #injure_publique #dégradation #Grenoble

    –-

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    • Fil twitter de Maître Alchimiste, 09.05.2021 :

      Je suis en train de lire le rapport de l’IGESR sur l’affaire dite de Grenoble a savoir l’affichage du nom de deux profs accusés d’islamophobie. En terme de parti pris et d’interprétation hasardeuse des faits on a affaire à un bon niveau. Je vais donc LT.

      Ainsi le débat partirait d’une simple controverse. Or une avancer un corpus scientifique pour appuyer ses propos, l’autre affirmer sans aucune preuve.

      Le rapport considère :
      – qu’il s’agissait d’une conflit interpersonnel (mais lesquels ne le sont pas ?)
      – qu’il n’y a pas à défendre l’apport des SHS à propos de la lutte contre les discriminations
      – et c’est qu’à conduit une des profs à se « radicaliser » (alors qu’il était déjà)

      Ses propres projets désignent ici la défense des intérêts moraux des étudiant·es (ie ne pas subir de propos déplacer lors d’un cours).

      Il aurait fallu des sanctions à l’encontre des élu·es étudiant·es allant à l’encontre du principe de l’individualisation des sanctions. Aucune réflexion si l’action de ce syndicat rentrait dans le cadre la liberté d’expression des étudiant·es prévue à l’article L811-1

      Que c’est bête d’avoir abandonné alors qu’ils pensaient être dans leurs bon droit. Pour rappel les rapport entre enseignant et étudiant sont profondément inégalitaire, et que le premiers peuvent être très violent (dans leurs commentaires, dans leurs notes) à l’encontre des seconds et considérer que toutes actions de contestations des étudiant·es même la plus pacifique comme une remise en cause intolérable de leurs autorités.

      Oh mais ça va. Ces profs sont justes provocs. On vous le jure ils ne sont pas islamophobes.

      Le propos du rapport illustre parfaitement ce qui est dit plus haut. Les rapports entre étudiant·es et enseignant·es sont profondément inégalitaire. Et les « provocs » des enseignant·es sont juste violentes.

      Heu non. Vous les auteurs du rapport doivent relire la jurisprudence sur les dénonciations calomnieuses. Et sur les compétences des sections disciplinaires des établissements.

      Certes mais le rapport avec l’islamophobie ?

      J’avoue que la dénonciation des corpos je ne l’avais pas vue venir.

      Bon les auteurs du rapport ne sont pas au fait des problématiques liées aux VSS.

      Conclusion logique : ce sont les personnes accusées des violences sexuelles qui doivent être protégés contre les vilains calomniateurs.

      Pas de sanction alors qu’il est à l’origine des faits par contre on donne quand même on lui dit que c’est pas bien. On lui donne un avertissement de fait sans suivre la procédure.

      Pour la directrice du laboratoire on lui donne aussi une fausse sanction. Au risque d’empiéter sur la compétence de la section disciplinaire ? Pour rappel les EC dispose de garantie indépendance dont une section disciplinaire pleinement compétente.

      Excusez-moi ce n’est pas la directrice du laboratoire mais l’EC en charge de la semaine de lutte contre les discriminations.

      Par contre contre les étudiant·es c’est le rouleau compresseurs. Et c’est du jamais vue ce qu’ils proposent en proportion des faits reprocher.

      Les détails du rapport sont encore plus hard. On ne saura pas d’où vienne les critiques de la notion d’ « islamophobie ». Par ailleurs que « A » est rejoint le groupe de travail juste pour du sabotage ne pose pas de problème.

      Le pauvre « A ». Vraiment sa collègue était méchante. Mais le rapport ne répond pas à la question essentielle qu’elle sont les argument de l’une et de l’autre :

      La pratique du la copie cachée ne semble pas choquer les auteurs du rapport. Ni le ton démesuré employé.

      Affirmer qu’il ne s’agit pas d’un débat académique avant d’en appeler au principe de la liberté d’expression des EC qui est nommément réservé pour les activités de recherche et d’enseignement. Ce n’est pas l’incohérence que les étouffent.

      Bon même tonneau qu’avant.

      Le gars participe clairement au groupe de travail sur les discriminations uniquement pour le saboter et les auteurs mettent en causes de la violence des échanges par le fait que ça soit par mail.
      Mais quel foutage de gueule.

      Le rapport ne dit pas « propos islamophobe » mais que « A » a « méconnu l’obligation de neutralité, en l’espèce religieuse ». Le niveau de foutage de gueule.

      Et le lien entre le fond du débat et le ton employé ? Parce que que « A » est un prof expérimenté, maniant bien la rhétorique, l’emploi de se ton n’est pas une dérapage mais une stratégie visant à masquer la vacuité de ses arguments.

      On notera que la directrice de l’IEP considère qu’il s’agit d’un simple différend. Alors qu’on a affaire à un sabotage claire du groupe de travail doubler de propos violent des deux profs.

      https://twitter.com/SchwartzVidal/status/1391478101029396482

    • Sciences Po Grenoble : un rapport administratif sans concession

      L’inspection générale de l’éducation établit qu’un « conflit disproportionné » a résulté d’erreurs d’appréciation, de maladresses, et de fautes de la part de tous les acteurs de l’institut d’études politique.

      C’est un rapport sévère, qui dépeint un institut d’études politiques (IEP) en pleine crise, que l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) a remis, vendredi 7 mai, à la ministre de l’enseignement supérieur.

      Après le collage, le 4 mars, d’affiches accusant nommément deux enseignants d’ « islamophobie » et de « fascisme », et diffusées sur les réseaux sociaux par des étudiants, Frédérique Vidal avait missionné deux inspecteurs afin d’établir les responsabilités et de « contribuer à rétablir la sérénité au sein de l’IEP » de Grenoble. Après la publication du rapport, la ministre s’est prononcée pour une sanction des étudiants concernés, dans un entretien au Figaro, samedi 8 mai.

      Alors que l’enquête de police est toujours en cours pour déterminer l’identité des poseurs d’affiches, ce rapport administratif relate, lui, le récit précis d’une controverse qui a pour origine les conditions de préparation, à distance, en novembre 2020, d’une « semaine pour l’égalité et la lutte contre les discriminations » prévue un mois plus tard.

      Dans l’un des groupes de travail associant huit étudiants et deux professeurs, un échange d’e-mails « au ton virulent » a opposé un enseignant d’allemand (M. A) qui contestait la légitimité de la notion d’islamophobie et sa mise sur le même pied que les notions de racisme et d’antisémitisme dans l’intitulé d’un débat, et une enseignante en histoire (Mme C) qui affirmait que la notion d’islamophobie est « devenue évidente dans les sciences sociales », rapporte l’IGESR.

      Informée de l’incident, la directrice de l’IEP, Sabine Saurugger, a « rappelé oralement » M. A au devoir de respect d’autrui et lui a enjoint de « présenter ses excuses à sa collègue blessée par la virulence de ses messages, ce que M. A fera par deux fois, le 4 et le 16 décembre », indique le rapport. Mais les choses ne feront que s’envenimer, avec l’intervention de deux autres enseignants : l’un prenant la défense de M. A par e-mail et l’autre rédigeant un communiqué au nom de l’ensemble du laboratoire de sciences sociales qu’elle dirige (Pacte) pour dénoncer de la part de M. A « une forme de harcèlement et une atteinte morale violente » à l’encontre de Mme C.

      Poursuites disciplinaires

      L’affaire prendra un tour dramatique le 9 janvier, lorsque les élus étudiants de l’Union syndicale (US) demandent dans un courriel à la directrice de l’IEP de « statuer sur [le] cas [de M. A] » et de « prendre des mesures pour lutter contre l’islamophobie dans l’établissement . Sur les réseaux sociaux, l’US va plus loin et réclame « que des actes concrets soient pris », notamment la suppression du cours sur l’islam dispensé par M. B (professeur qui était venu en soutien à M. A). Le 22 février, par un « appel à témoignages » publié sur Facebook, l’US invite les étudiants à dénoncer anonymement les propos islamophobes qui auraient pu être tenus dans ce cours.

      Au cours de leur mission, les deux inspecteurs n’ont relevé, parmi tous les documents collectés, « aucun propos susceptible d’être puni par la loi ou constitutif d’un manquement de caractère déontologique de la part de M. B . Ils estiment que ces accusations justifiaient une action disciplinaire contre les élus étudiants de l’US, ce que la direction de l’IEP n’a pas fait.

      L’inspection générale conclut qu’un « conflit disproportionné » a résulté « d’erreurs d’appréciation, de maladresses, de manquements et de fautes plus ou moins graves » de la part de tous les acteurs de cette affaire. Elle invite la directrice à « procéder sans délai à un signalement au procureur de la République des accusations d’islamophobie à l’encontre de M. B » et à « engager sans attendre davantage une procédure disciplinaire à l’encontre de chacun des dix-sept élus étudiants de l’US dans les différentes instances de l’IEP . Est aussi préconisé un rappel à leurs obligations de fonctionnaires à Mme C et à M. A, tout nouveau manquement de la part de ce dernier engageant des poursuites disciplinaires.

      En ce qui concerne la directrice du laboratoire Pacte, la mission préconise que sa hiérarchie lui rappelle « le rôle qui est le sien, lequel ne l’autorise ni à signer un communiqué par délégation du président de l’université, ni à s’immiscer dans la gestion des ressources humaines de l’IEP . Aux inspecteurs, celle-ci avait notamment justifié son communiqué « par le contexte des multiples attaques auxquelles faisaient face les sciences humaines et sociales à ce moment-là dans le débat public (notamment les débats sur l’"islamo-gauchisme" soulevés dans l’espace public) », après les propos du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, réitérés par Frédérique Vidal en février.

      L’IGESR recommande enfin à l’école de « faire évoluer son mode de management et [d’]améliorer son organisation pour permettre un pilotage plus efficace . L’IEP doit « s’attacher à combler des manques criants en matière de formation de ses étudiants dans le domaine des usages et des risques des communications numériques », soulignent les inspecteurs.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/05/09/sciences-po-grenoble-un-rapport-administratif-sans-concession_6079667_3224.h

  • La France #EnMarche EP60 - L’ancien régime contre-attaque Studio Crapulax
    Je croyais l’inspiration disparue à jamais... Et Pierre Jean Chalençon est apparu ! La soupe de crapules est amère mais elle est servie avec bon coeur !

    https://www.youtube.com/watch?v=gszwe_NqLCM&t=3s

    Y a vraiment pas de quoi rire !

    Source : https://twitter.com/Studiocrapulax/status/1389149374777810947

    #France #néo-libéralisme #ordo-libéralisme #injustice #populisme #violences_policières #emmanuel_macron #islamo_gauchisme #Gabriel_Attable #Affaire_Chalençon #covid-19 #coronavirus #santé #france #confinement

  • Affaires privées – Blog Politique étrangère
    http://politique-etrangere.com/2021/04/26/affaires-privees

    Christophe Masutti allie le regard de l’historien, l’expérience du praticien et la démarche militante dans cette somme sur la surveillance numérique et la vie privée en ligne : universitaire, hacktiviste et administrateur du réseau Framasoft dédié au logiciel libre, l’auteur s’approprie, autant qu’il déconstruit, le concept de « capitalisme de surveillance ».

    Introduit par la Monthly Review en 2014 pour décrire les stratégies d’hégémonie américaine via le numérique et popularisé par Soshanna Zuboff dans The Age of Surveillance Capitalism (2019), il désigne à la fois un modèle d’économie numérique, un état de marchandisation invasive de l’espace en ligne, et une source de connaissances, de profit et de pouvoir convoitée. Pour Soshanna Zuboff, si le capitalisme du XXe siècle reposait sur la production de masse et la montée des revenus de la classe moyenne, le capitalisme du XXIe siècle reposerait sur la surveillance : l’extraction de données personnelles à l’insu des usagers.

    Mais là où celle-ci voit un ensemble de pratiques coercitives à l’égard des individus, qui les contraint à vivre dans une économie immorale – avec l’idée toutefois qu’une réforme est possible –, Christophe Masutti envisage un prisme plus global. Ainsi, une « culture de la surveillance » – partagée par tous les acteurs du système international – structurerait nos sociétés et imposerait les technologies numériques comme moyens d’appréhender le monde. En d’autres termes, l’économie numérique s’appuierait essentiellement sur des processus culturels et des choix collectifs qui constituent non des contraintes, mais des propositions de vie. Dans sa dernière partie, l’auteur considère les modèles issus du logiciel libre et des services ouverts comme une résistance à ce capitalisme de surveillance, mais aussi comme une préfiguration de ce que pourrait être une économie de la contribution généralisée.

    Pour Masutti, la surveillance est un enjeu organisationnel : les projets de contrôle à grande échelle des populations, exercés au moyen de traitements massifs et automatisés de l’information furent, à l’origine, conçus plus pour créer des schémas de gouvernance profitables que pour devenir des instruments de pouvoir. Les techniques d’acquisition et de gestion de l’information en masse servent, avant tout, à la rationalisation des procédures, à la gestion des services, et à construire des modèles spécifiques de relations, de travail, etc.

    Mais la rationalisation a ouvert les portes d’une nouvelle forme de pouvoir, à la fois pour les géants du numérique qui savent exploiter les données, et pour les pouvoirs politiques. Il n’est pas anodin qu’un phénomène comme le nudge, à l’origine propre au marketing et destiné à provoquer une décision du consommateur, soit devenu un outil des campagnes électorales : les phénomènes de rationalisation internes aux entreprises se sont étendus aux institutions et aux processus politiques. Les récentes élections américaines en constituent une parfaite illustration.

    Masutti n’élude pas la problématique du « solutionnisme technologique », revenue dans le débat depuis la crise du COVID-19 : le capitalisme de surveillance « transforme la politique lorsque les monopoles technologiques font assimiler aux États une doctrine qui stipule que chaque problème a une solution technique » (qu’ils sont à même de produire). Le succès apparent des « doctrines » montre bien, in fine, la sensibilité des interactions entre États et Big Tech.

    Julien Nocetti

    #Christophe_Masutti #Affaires_privées #Surveillance #Capitalisme_surveillance

  • Désobéissant.e.s !

    Face à l’#urgence_climatique, une frange importante de la jeunesse a fait le choix de la désobéissance civile et de l’action. Le passionnant récit, en immersion, d’une mobilisation sans précédent.

    Après un été 2018 marqué par la canicule, les incendies et la démission fracassante de Nicolas Hulot, un groupe de jeunes gens, affolés par l’inaction des gouvernements face à la crise climatique, décide d’unir ses forces. Un QG, La Base, est loué en plein Paris. En germe depuis la COP21, une internationale informelle du climat relie différents mouvements de contestation européens : Extinction Rebellion, Ende Gelände, Alternatiba, ANV-COP21… Parmi eux, des jeunes de moins de 30 ans. Certains, comme Élodie et Pauline, ont lâché un poste prestigieux pour se consacrer à un combat qu’ils jugent crucial. Après une première victoire – la pétition baptisée « L’Affaire du siècle » et ses 2 millions de signatures en quinze jours –, les activistes de La Base organisent 134 décrochages de portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies, retransmis sur les réseaux sociaux, afin de dénoncer « le vide de sa politique écologique ». C’est leur première grande action de désobéissance civile. Le documentaire suit ces « désobéissants » en action et dans l’intimité : des « gilets jaunes » à la pandémie de Covid-19, l’année 2020 va les mettre à l’épreuve.

    Sentiment d’urgence
    Alizée Chiappini et Adèle Flaux captent l’émergence d’une génération qui, à sa façon pragmatique, ouverte et combative, imagine un nouvel engagement citoyen. Fonctionnant en réseau, les militants de La Base n’hésitent pas à traverser la Manche pour prendre des leçons de non-violence chez les cousins britanniques ou à se rapprocher des « gilets jaunes » pour rassembler les luttes sociales et environnementales. Ponctué de moments forts, comme le blocage de La Défense, « la république des pollueurs », face à des cadres ulcérés ou approbateurs, ce récit limpide, parcouru par un sentiment d’urgence, fait vivre de l’intérieur un an et demi d’une mobilisation sans précédent, combat qui vaudra à ses « meneurs », arrestations, gazages et poursuites juridiques. Ce document passionnant tient à la fois du manuel politique et du roman initiatique, l’aventure passant par différentes phases quand l’enthousiasme fait place à la désillusion avant de retrouver un nouveau souffle.

    https://www.arte.tv/fr/videos/093803-001-F/desobeissant-e-s

    #résistance #internationale_du_climat #climat #COP21 #COP_21 #jeunesse #Alternatiba #activisme #action_directe #non-violence #désobéissance_civile #2018 #Greta_Thunberg #extension_rebellion #Elodie_Nace #Pauline_Boyer #Notre_affaire_à_tous #inaction_climatique #l'affaire_du_siècle #affaire_du_siècle #Marie_Toussaint #marche_mondiale #Elliot_Lepers #gilets_jaunes #Priscilla_Ludosky #justice_climatique #justice_sociale #les_amis_de_la_Terre #marche_pour_le_climat #marche_du siècle #16_mars_2019 #convergence_des_luttes #Ende_Gelände #urgence

    #film #documentaire #film_documentaire

  • Le restaurant clandestin de Chalençon est au goût des éditorialistes
    https://www.telerama.fr/ecrans/le-restaurant-clandestin-de-chalencon-est-au-gout-des-editorialistes-685569

    « Patrick, ça vous paraît totalement extravagant d’imaginer des ministres participer à ce genre d’événement », confirme Anne-Elisabeth Lemoine sur France 5. « Extravagant, je ne sais pas, nuance Patrick Cohen. Simplement, les principaux ministres disposent dans leurs ministères d’une salle à manger, de cuisiniers, de maîtres d’hôtel, de grandes tables où ils peuvent recevoir qui ils veulent, ça fait partie des privilèges sous (sic) les palais de la République. » Pourquoi aller dans un restaurant clandestin hors de prix alors qu’ils en ont un à domicile et à l’œil ? « Donc l’idée d’aller prendre des risques dans un endroit privé me paraît particulièrement improbable. » À l’issue d’une enquête approfondie, Patrick Cohen peut donc affirmer qu’aucun membre du gouvernement n’a festoyé au palais Vivienne. « Le ministre qui ferait ça serait le dernier des crétins. » Puisqu’il est impossible que nous soyons gouvernés par des crétins, il est inimaginable que des ministres dînent dans un restaurant clandestin.

  • Critiques (Cause commune n°21) - Cause commune
    https://www.causecommune-larevue.fr/critiques_cause_commune_n_21

    Affaires privées
    Aux sources du capitalisme de surveillance

    de Christophe Masutti

    C&F éditions, 2020
    par Yannis Hausberg

    Historien et philosophe des sciences et des techniques, membre de l’association d’éducation populaire Framasoft, Christophe Masutti signe ici un ouvrage précieux. Le sous-titre résume assez bien l’ambition générale du livre : reconstruire les grandes étapes historiques qui ont présidé à l’avènement d’une nouvelle forme d’économie fondée sur la valorisation des données et l’essor concomitant d’une « société de surveillance » numérique généralisée, dont les effets affectent et transforment à peu près tous les secteurs de la vie individuelle et collective.
    S’inspirant de la méthode archéologique de Michel Foucault, l’auteur prête une attention particulière aux discours émanant de tous les secteurs de la société et mobilise des savoirs en provenance de différents horizons disciplinaires (sociologie, philosophie, histoire économique, institutionnelle, technologique, culturelle, etc.) au service d’une analyse critique, soucieuse d’embrasser au mieux la complexité du développement historique de ce nouveau « style » de capitalisme. Le concept de surveillance, notion relativement classique dans les sciences politiques, se trouve redéfini dans le contexte de la société de l’information, il passe du statut de composante matricielle de l’exercice du pouvoir à celui, plus général, de procédure systématique visant à « extraire, produire et traiter de l’information », dans le but d’influencer directement les décisions et les comportements.
    La structure du livre comprend trois grands moments. Le premier analyse la progressive informatisation de la société : invention des premiers ordinateurs, techniques de rationalisation (automatisation) des procédures de recueil et de gestion de l’information au sein de structures privées (bases de données et méthodes de profilage associées, développement de nouvelles techniques marketing, etc.). Cela devient finalement un véritable instrument de pouvoir pour les puissances politiques et économiques.
    Dans un second temps, Christophe Masutti s’attache à mettre en évidence l’émergence plus ou moins larvée d’une économie de la surveillance qui se présente comme un nouveau modèle économique. L’information, produite par l’utilisation généralisée – tout aussi bien imposée que consentie – d’outils informatiques, y devient une ressource privée et lucrative, un capital en somme, génératrice de juteux profits, notamment pour les grandes multinationales du numérique (GAFAM). En effet, cette information, ou ces « données » selon le terme consacré, est ensuite traitée massivement afin d’en extraire le sel – monnayable : il peut s’agir de prédiction sur les comportements d’achat lorsqu’elle est vendue à des entreprises privées, de support à la décision et de levier d’influence pour les pouvoirs publics, les banques ou les compagnies d’assurances.
    Enfin, la dernière partie analyse les ressorts idéologiques du capitalisme de surveillance proprement dit, « conçu comme une nouvelle forme d’impérialisme ». Cet impérialisme se manifeste aussi bien au sein des structures mêmes du capitalisme mondialisé que dans les dimensions les plus intimes de nos existences individuelles et collectives. La politique, dans sa conception même, se réduirait alors à une gestion et à une action technocratiques, où tous les problèmes auxquels font face les sociétés contemporaines (écologiques, sanitaires, économiques, éthiques, etc.) seraient par principe résolubles techniquement (pensons à l’application « StopCovid »).
    Ainsi, la critique du capitalisme – et les luttes qu’elle induit – ne peut désormais faire l’économie d’une critique des structures technologiques, normatives, institutionnelles, voire culturelles, de la surveillance numérique qui en font un phénomène social total. Le capitalisme a su se doter d’instruments de pouvoir d’une puissance inouïe ; toutefois, il demeure possible d’y résister. Les dernières pages du livre donnent des pistes alternatives, directement inspirées des principes issus des réflexions autour du logiciel libre, afin de nousbataille réapproprier les technologies numériques et ainsi de « transformer la société de la surveillance en une société de la confiance et de l’émancipation technologique ». L’idéal qu’il appelle de ses vœux, se nomme « société de la contribution » et prend pour modèle de nombreuses pratiques sociales « dont l’éthos commun consiste à contribuer en savoirs, en biens, en créations, en expressions, à tous les niveaux et de manière égalitaire ».

    #Christophe_Masutti #Affaires_privées

  • Jack Ma reportedly spotted golfing after hiding out for weeks
    https://nypost.com/2021/02/10/jack-ma-spotted-golfing-after-hiding-out-for-weeks-report

    10. 2.2021 by Noah Manskar - Jack Ma’s battle with Chinese regulators hasn’t stopped him from hitting the links.

    The Alibaba founder — whose net worth is estimated by Forbes at $61.4 billion — was spotted golfing recently after an unusually long absence from the public spotlight, according to Bloomberg News.

    Ma’s course of choice was the Sun Valley Golf Resort, a scenic 27-hole complex on the southern tip of the Chinese island of Hainan, the outlet reported Wednesday, citing unnamed people familiar with the matter.

    The school teacher turned e-commerce tycoon’s reported appearance was another sign that Ma hadn’t been locked up or disappeared since he slammed China’s regulatory system in an October speech that apparently ruffled Beijing’s feathers.

    Ma — whom one observer described as a “golfing novice” — may just be lying low while Alibaba and his digital payments firm, Ant Group, work through their problems with Chinese regulators, according to Bloomberg.

    Officials halted Ant Group’s initial public offering in the wake of Ma’s speech, but the two sides have reached a restructuring deal that could be announced this week, Bloomberg reports.

    Ma is one of China’s best-known business moguls, but he went nearly three months without appearing in public before he resurfaced at a Jan. 20 online ceremony that his charity organized for rural teachers.

    His absence stirred speculation last month that he had gone missing — especially after he reportedly failed to appear on the final episode of an “Apprentice”-style TV show he created.

    But Japanese billionaire Masayoshi Son said this week that he had been in touch with Ma, who has been drawing pictures and sending them to the SoftBank CEO.

    Where is Jack Ma? Social media buzz about the famous billionaire puts spotlight on Chinese tech.
    https://www.washingtonpost.com/business/2021/01/06/where-is-jack-ma

    #Chine #politique #affaires #Alibaba

  • Centre d’Action Laïque - Gouvernance numérique et résistances
    https://www.laicite.be/magazine-article/gouvernance-numerique-resistances

    Dans «  Affaires privées. Aux sources du capitalisme de surveillance  »1, le philosophe des sciences et des techniques et «  hacktiviste  » Christophe Masutti retrace l’évolution de la surveillance de masse, du marketing au contrôle social. Tout en défendant des solutions alternatives.

    Du capitalisme de surveillance à des fins publicitaires au contrôle des populations, l’outil numérique ne cesse de transcender les limites éthiques. Comment en est-on arrivé là  ? Et que recouvre le concept de capitalisme de surveillance  ? «  Les moyens pour élaborer la surveillance et le traitement de l’information par l’économie numérique consistent à extraire de la société des informations qui ont une valeur (en matière de connaissance, d’intérêts financiers…), explique Christophe Masutti. «  La surveillance répond alors à une logique capitaliste dans laquelle l’information serait le capital, généré par la production, l’utilisation et la consommation des outils numériques.  »

    #Christophe_Masutti #Capitalisme_surveillance #Affaires_privées

  • #Toulouse : l’histoire de gens qui cherchent une maison
    https://fr.squat.net/2021/02/15/toulouse-lhistoire-de-gens-qui-cherchent-une-maison

    C’est l’histoire de personnes qui n’ont pas de maison. Elles en trouvent une, vide depuis au moins deux ans. La maison est belle et grande. Alors elles emménagent histoire d’en avoir une, de maison. Des maisons vides, il y en a plein. Des gens sans maison, tout autant. Alors autant en profiter ! C’est aussi […]

    #83_avenue_de_Fronton #affaire_Roland #fachos #médias #Minimes

  • #Toulouse : retour de bâton pour la milice anti-squat
    https://fr.squat.net/2021/02/14/toulouse-retour-de-baton-pour-la-milice-anti-squat

    Avant-hier soir [1], les habitant·e·s du #83_avenue_de_Fronton à Toulouse quittaient le squat [2] sous la menace de différents groupes faisant passer la propriété privée avant la nécessité de dormir sous un toit. Le soir-même, un des chefs autoproclamés de cette milice, Vin’s Ken sur Facebook, appelait à un apéro au parking de […]

    #actions_directes #affaire_Roland #fachos

  • L’inceste heureux de Dupond-Moretti

    Mi-janvier, Christine Angot a évoqué l’affaire d’inceste dans lequel deux femmes violées dès leurs 10 ans s’étaient rangées du côté de leur père, jugé pour viols. L’une avait finalement eu un enfant avec lui : un « inceste heureux », plaidait alors Éric Dupond-Moretti, avocat des parties civiles et actuel ministre de la Justice. Ce que l’on a oublié depuis, c’est que la fille qui vivait en concubinage avec son père est peu à peu parvenue à se défaire de son emprise et a décidé de le quitter deux ans après le procès, en 2014. Désaveu intolérable pour l’intéressé : il a finalement pourchassé et assassiné sa fille, ainsi que l’homme chez qui elle avait trouvé refuge.

    https://www.philomag.com/articles/un-inceste-peut-il-vraiment-etre-consenti
    #inceste #viol #féminicide #dupond-moretti #Affaire_Mannechez

    • J’ai pas d’abonnement et pourtant je peu le lire ...
      je colle quand meme

      Enquête
      Un inceste peut-il (vraiment) être consenti ?
      Ariane Nicolas publié le 05 février 2021 9 min

      Les révélations de Camille Kouchner sur l’inceste dont son frère a été victime suscitent une vague d’émotion médiatique et de « libération de la parole », mais aussi des débats. Christine Angot, elle-même victime d’inceste, a rappelé que le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti avait défendu en 2012 une affaire d’inceste dit « consenti » entre un père et sa fille. Mais cette expression a-t-elle un sens ? L’inceste n’est-il pas, par nature, une forme de violence sexuelle ? Éclairage sur ce croisement de notions, l’inceste et le consentement, au cœur de douloureux débats de société.

      « Nous étions amoureuses. » Telle est l’argumentation choisie en 2012 par deux sœurs pour défendre leur père, jugé aux assises pour des viols répétés sur elles depuis leurs 10 ans. L’accusé avait eu un enfant avec l’une d’elles alors qu’elle était majeure, et seule la mère (jugée pour complicité) assurait qu’elles étaient sous emprise. Les avocats du père, en concorde avec la partie civile, avaient plaidé « l’inceste heureux ». L’homme avait écopé d’une peine minimale, deux ans ferme.

      L’écrivaine Christine Angot, elle-même victime d’inceste dans son enfance, a rappelé ce procès sur France Inter pour mettre en cause cette idée d’un possible « consentement à l’inceste ». Une telle chose existe-t-elle vraiment ? Un inceste n’est-il pas, par nature, une violence faite à quelqu’un, même consentant en apparence ?
      « La sexualité infantile n’a rien à voir avec la sexualité adulte »

      L’article 222-31-1 du Code pénal indique que les viols et agressions sexuelles « sont qualifiés d’incestueux » lorsqu’ils sont commis sur un mineur par un parent au premier degré ou son conjoint : père, mère, frère, sœur, oncle, tante, nièce, neveu. Au regard de la loi, ce sont donc uniquement les mineurs qui doivent être mis à l’abri de l’inceste ; contrairement à l’Allemagne ou à l’Italie, la France ne condamne pas deux membres d’une même famille majeurs ayant des rapports sexuels (apparemment) consentis. Si la formulation a été revue en 2016, avec l’introduction du terme « incestueux », le principe de la législation est inchangé depuis 1810.

      Il semble loin le temps où des intellectuels comme Foucault, Barthes ou Beauvoir critiquaient cette loi en défendant dans une tribune la liberté sexuelle de l’enfant. Comment en est-on venu à sanctuariser ainsi la sexualité des petits ? « Il y a sans doute eu un moment d’égarement dans les années 1970, avec l’idée qu’il fallait lever tous les interdits, analyse Clotilde Leguil, psychanalyste et autrice de l’ouvrage Céder n’est pas consentir (PUF, à paraître en mars 2021). Car pour la psychanalyse, l’inceste relève toujours d’un traumatisme. Il transgresse ce qui permet à un enfant et à un sujet de se constituer : l’apprentissage de la parole et de la confiance, le fait d’être confronté à des limites par rapport à sa jouissance, la possibilité de s’ouvrir à l’autre. »

      Les cas cliniques d’enfants victimes d’inceste indiquent que le traumatisme sexuel peut se manifester jusqu’à très tard chez l’adulte, certains souvenirs ne se manifestant qu’à la faveur d’événements particuliers. La fille aînée de Richard Berry, Coline Berry-Rotjman, qui accuse son père d’agressions sexuelles lorsqu’elle était enfant, assure que c’est lorsque la nouvelle compagne de son père (alors âgé de 64 ans) s’est retrouvée enceinte au même moment qu’elle que le traumatisme a ressurgi : « Ça a explosé pour moi, à ce moment-là. Ça a rejoué quelque chose de totalement incestueux », a-t-elle confié au Monde.

      Un des problèmes posés par l’idée d’un consentement des enfants, selon Clotilde Leguil, « c’est l’instrumentalisation de ce consentement au service de la pulsion de l’adulte. La sexualité infantile dont parle Freud n’a rien de commun avec la sexualité adulte. Elle est justement ce qui préfigure le désir à venir qui ne pourra être assumé par l’adolescent que depuis une possibilité de dire ’Je’ et de s’orienter dans une vie amoureuse et sexuelle en dehors de sa famille. » Lorsque la pulsion de l’adulte s’impose à l’enfant, ce dernier « est réduit à l’état d’objet de jouissance, ce qui n’a rien à voir avec le fait d’être sujet d’un désir ». C’est pour cette raison que la rencontre avec l’interdit de l’inceste est constitutive du désir, selon la psychanalyse. « L’enfant découvre que le désir amoureux et sexuel lui permettra de s’ouvrir vers un ailleurs. Un parent qui transgresse cet interdit met en péril le psychisme de l’enfant. »

      La traduction juridique de la distinction entre pulsion et désir est délicate. À quel âge se produit-elle ? Une proposition de loi débattue en ce moment au Parlement prévoit de fixer un seuil de non-consentement à 13 ans. Cette mesure criminaliserait automatiquement tout acte sexuel commis avant cet âge. Les jurés n’auraient ainsi plus à établir le non-consentement d’un enfant de moins de 13 ans : cela éviterait par exemple qu’un homme ayant eu un rapport sexuel avec une fille de 11 ans ne ressorte libre du tribunal, comme cela s’est récemment produit. Autre avantage de cette loi, elle éviterait que des affaires de viols sur mineurs ne soient requalifiées en atteinte ou en agression sexuelle (infractions moindres, car ce sont des délits et non des crimes), comme c’est parfois le cas aujourd’hui.
      L’impossible « rencontre » avec le parent…

      Dans Une Semaine de vacances (Flammarion, 2012), terrifiant récit de l’inceste qu’elle a subi dans sa jeunesse, Christine Angot montre à quel point il est difficile pour un enfant de dire « non » à son père. Lors d’un voyage cauchemardesque dans le sud de la France, la jeune fille est contrainte à des actes sexuels dont on sent, à la lecture, qu’elle les vit de manière totalement dissociée, comme si elle était absente à son propre corps. Tandis que son père ponctue ses viols par d’irréelles déclarations d’amour, elle tente de trouver un subterfuge pour échapper à ses assauts : « Elle projette pour le lendemain matin, pendant le petit déjeuner, au moment où il prendra sa première cigarette, dans la cuisine, de lui demander comme preuve d’amour qu’il n’y ait pas de gestes physiques de toute la journée. » La proposition faite, le père acquiesce. Puis il la viole de nouveau peu après.

      Dans sa grande perversité, l’agresseur glisse à sa fille que de toutes les « rencontres » amoureuses qu’il a faites, c’est de loin elle qu’il préfère. Or, relève Clotilde Leguil, il n’y a précisément pas de « rencontre » dans le cas d’un rapport sexuel entre un parent et un enfant, puisque l’adulte est déjà là, de tout temps : « Le désir, c’est l’aventure de la sexualité comme rencontre avec un autre. Cet événement peut comporter des surprises, des jubilations comme des déceptions. Mais il n’y a rien de commun entre ce type de rencontre et “la mauvaise rencontre”, dont parle Lacan, et qui n’est rien d’autre chez lui que le traumatisme. » Les écrits de Christine Angot « mettent en évidence que l’immonde dans l’inceste, c’est aussi une abolition de la rencontre avec l’autre », commente Clotilde Leguil.
      …Et la nécessaire possibilité de la rupture

      De même que la rencontre, c’est aussi la possibilité de l’adieu qui doit être ouverte dans une relation : la perspective de dire non ne doit pas comporter un tel risque, que la personne ne peut jamais se résoudre à partir. La philosophe Geneviève Fraisse l’explique bien dans son livre Du consentement (Seuil, 2007) : « L’autonomie du consentement se forge dans la dynamique de la séparation. Le consentement individuel s’exprime plus clairement dans le désaccord que dans l’accord. » Lorsque la relation est asymétrique, comme dans le cas de l’inceste parent-enfant, une telle décision est impossible à prendre. Christine Angot, « Victor » Kouchner et tant d’autres perdraient mille fois plus à dire non à leur (beau-)père, qu’eux à les voir déserter. L’enfant est donc piégé.

      Mi-janvier, Christine Angot a évoqué l’affaire d’inceste dans lequel deux femmes violées dès leurs 10 ans s’étaient rangées du côté de leur père, jugé pour viols. L’une avait finalement eu un enfant avec lui : un « inceste heureux », plaidait alors Éric Dupond-Moretti, avocat des parties civiles et actuel ministre de la Justice. Ce que l’on a oublié depuis, c’est que la fille qui vivait en concubinage avec son père est peu à peu parvenue à se défaire de son emprise et a décidé de le quitter deux ans après le procès, en 2014. Désaveu intolérable pour l’intéressé : il a finalement pourchassé et assassiné sa fille, ainsi que l’homme chez qui elle avait trouvé refuge. La violence des représailles (ici un meurtre, mais cela peut être des menaces répétées ou un chantage au suicide) souligne la difficulté de se sortir d’une situation aussi dangereuse.

      D’un point de vue philosophique, l’inceste indique qu’il n’existe pas de liberté réelle entre deux personnes en situation d’inégalité. L’égalité est la condition de la liberté. Dans la huitième de ses Lettres écrites de la montagne (1764), Rousseau soutient cette idée, d’un point de vue politique : « Il n’y a point de liberté sans lois, ni où quelqu’un est au-dessus des lois : dans l’état même de nature, l’homme n’est libre qu’à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. » Un parent qui transgresse la prohibition de l’inceste se met justement au-dessus des lois, alors même qu’il est censé non seulement respecter mais faire respecter cet interdit. Quelles que soient ses justifications, il empêche donc son enfant d’être véritablement libre.
      L’abîme de l’inceste tardif

      Il existe également des cas – rares – où l’inceste est consommé lorsque les deux personnes sont adultes. Peut-il alors y avoir consentement ? L’histoire d’Anaïs Nin, femme de lettres du début du XXe siècle qui évoque ses expériences sexuelles dans son journal, pose la question. Du 23 juin au 2 juillet 1933, l’autrice alors âgée de 30 ans et son père ont des rapports sexuels qu’elle juge consentis. Tandis qu’elle couche par écrit que « Père, c’est moi-même », il s’enthousiasme symétriquement : « Tu es la synthèse de toutes les femmes que j’ai aimées. » La jubilation n’est toutefois pas entière. Anaïs Nin, qui a beaucoup souffert de l’absence de son père petite, est consciente de l’ambivalence de son désir : « Le manque d’amour de mon père et son abandon demeurent indélébiles. Pourquoi cela n’a-t-il pas été effacé par toutes les amours que j’ai inspirées depuis lors ? »

      Pour Fabienne Giuliani, historienne rattachée à l’EHESS qui a épluché des centaines de dossiers judiciaires liés à des incestes, cet exemple illustre les ambiguïtés de la notion de consentement : « On se demande parfois si ce désir affiché n’est pas une intériorisation de la part des victimes pour soulager la violence qu’elles ont subie depuis toutes petites, explique-t-elle. Il ne faut pas oublier que l’inceste représente, outre une violence sexuelle, de genre et générationnelle, une violence affective : les enfants aiment toujours leurs parents. Ils ne savent pas forcément comment se positionner, y compris une fois devenus adultes. »
      Des incestes moins sulfureux que d’autres ?

      Reste certaines situations où l’inceste semble davantage toléré. « Il faut distinguer l’inceste parent-enfant et l’inceste entre enfants du même âge, précise ainsi Clotilde Leguil. Ce dernier peut conduire à des interrogations, à partir de fortes angoisses, mais n’engendre pas le même effondrement psychique que lorsque le monde des adultes se fracture et que l’emprise d’un parent instrumentalise l’amour de l’enfant. » Fabienne Giuliani confirme que la justice s’est toujours montrée plus tolérante envers ces cas : « J’ai vu beaucoup d’affaires impliquant des couples frères-sœurs. Sauf exception, ces derniers n’étaient pas jugés pour viols, mais pour infanticide. » D’après le Code civil, les enfants nés de ces unions ne peuvent en effet bénéficier d’une reconnaissance officielle, ce qui a pu conduire à des actes meurtriers.

      Depuis 1810, certaines lignes ont donc bougé. Les dispenses de mariage ou de parenté, qui permettent de reconnaître de façon dérogatoire une union ou une naissance proscrite, ne sont plus accordées avec autant de largesse, surtout quand l’écart d’âge est important : « Au XIXe, il existait encore des cas où des beaux-pères demandaient d’épouser leur belle-fille, par exemple. C’était souvent accordé quand des enfants étaient nés de ces unions, pour qu’ils soient reconnus. » Aujourd’hui, la jurisprudence a intégré qu’entre un parent biologique et un parent adoptif, comme entre Olivier Duhamel et « Victor » Kouchner, c’était le même type d’ascendant, et donc la même gravité des faits. En revanche, la jurisprudence évolue en sens inverse pour les relations entre frères et sœurs : en 2017, la justice a reconnu la double filiation d’une fillette de 8 ans née d’un frère et d’une sœur. Une décision exceptionnelle, prise au nom de l’intérêt de l’enfant.

      Le fait que le Code pénal autorise de fait certains types d’inceste, tant qu’aucune violence sexuelle n’est commise, jette quelque peu le trouble sur cet interdit millénaire. En Europe, seules la France, l’Espagne et le Portugal sont aussi libérales en la matière. Comme Christine Angot, Clotilde Leguil alerte ainsi sur le risque qu’il y aurait à parler « d’inceste consenti » : « Quand on commence à utiliser ce genre de formules, on brouille totalement le statut fondateur de l’interdit de l’inceste et le traumatisme sexuel et psychique qu’il représente. Adosser ce mot de consentement à l’inceste, c’est une contradiction dans les termes. »

    • Ce procès d’Amiens, Me Murielle Bellier, conseil des autres enfants, le décrira comme « un cirque ». Le grand Dupont-Moretti est censé représenter les parties civiles : il plaide en fait pour le père . En défense, Me Hubert Delarue évoque un « inceste heureux ». On le lui reprochera, mais il n’a fait que citer un psychiatre. On en oublierait presque que si la cadette des violées a alerté les gendarmes (après trois avortements), c’est qu’elle s’inquiétait que son père regardât « d’un drôle d’air » la dernière petite fille de la maison.

      https://www.courrier-picard.fr/art/152713/article/2018-12-02/de-linceste-au-meurtre-denis-mannechez-au-bout-du-chemin/goodurl

    • Le pénaliste de renom qui défendait Virginie et Betty est, en effet, plus habitué à être de l’autre côté : il s’agissait d’Eric Dupond-Moretti.

      Cette fois, « Acquitator » jouait contre son camp, pour ainsi dire. En face, il y avait Hubert Delarue, un compère. L’avocat attitré de Denis Mannechez, un temps également défendu par Franck Berton. Bref, le trio célèbre et célébré ayant défendu les acquittés d’Outreau.

      Betty se souvient :
      ""Quand je suis allé voir Dupond-Moretti avec Virginie, il a appelé devant nous Delarue, l’avocat de mon père. Il disait, bon, allez, on va voir ce que dit Bébert [Hubert Delarue, NDLR]"."

      La partition était déjà écrite. Ce serait « l’inceste consenti ». Quelle affiche !

      Jean-Luc Viaux cite alors Cocteau :
      ""Quand Cocteau adapte ’Œdipe Roi’, il appelle sa pièce ’La Machine infernale’. Car, un inceste, c’est ça. Dans cette tragédie, tout est écrit d’avance et quoi qu’on fasse, on avance vers cette issue fatale. Cassandre le prédit. Mais on n’aime jamais écouter les Cassandre.""

      https://www.nouvelobs.com/justice/20181211.OBS6994/proces-mannechez-cette-caverne-ou-sont-enfermees-les-victimes-d-inceste.h

    • De rien @colporteur mais je voie pas ou tu trouve de la psychanalyse dans cet article, il y a des féministes, des historiennes, des anthropologues, des pénalistes, des juristes, des philosophes, des écrivaines et écrivains qui sont cités mais je voie pas de psychanalystes cité, je les aient peut être ratés. Et le tag #sexualité_infantile pour l’inceste je comprend pas... surtout que c’est la première fois qu’il est utilisé sur seenthis. Qu’est ce que tu veux dire avec ce tag ? Pour toi l’inceste c’est de la sexualité d’enfants ou tu veux dire que les incesteurs sont infantils ?

      edit - je viens de comprendre que c’est ca qui t’as interessé et que tu tag ce lieu commun « La sexualité infantile dont parle Freud n’a rien de commun avec la sexualité adulte. » ca aurais été mieux de cité freud dans cet article car il parle des gosses comme de « pervers polymorphe » expression très culpabilisante qui faisait bien l’affaire des incesteurs et de leurs complices.

    • Je trouve cet article intéressant pour l’ensemble des approches qu’il convoque et que tu signales @mad_meg ! (moins pour le juridique).

      Je me demandais effectivement sans l’écrire car ça semble banal et que j’ai rien de particulier à en dire de quel degré d’infantilisme il faut relever pour commettre des violences incestueuses (et/ou des violences sexuelles).

      bien d’autres # seraient possibles, j’ai tagué psy pour ce que dit Clotilde Leguil

      « l’inceste (...) transgresse ce qui permet à un enfant et à un sujet de se constituer : l’apprentissage de la parole et de la confiance, le fait d’être confronté à des limites par rapport à sa jouissance, la possibilité de s’ouvrir à l’autre. (...) Le désir, c’est l’aventure de la sexualité comme rencontre avec un autre. (...) [l’inceste] une abolition de la rencontre avec l’autre ».

    • Je sais pas si c’est dans ce texte que je l’ai lu mais beaucoup d’incesteurs sont des hommes habitués à traité les autres comme des objets et de s’en servir comme bon leur semble. Ils se servent sur place sans avoir besoin de se fatigué. Ils ont envie de sexe et prennent ce qu’ils ont sous la main, disposant des enfants comme si c’etait leur propriété. Comme les mecs qui consomment les prostituées en disant que ca leur coute moins cher que de payé un resto.
      Les incesteurs sont aussi souvent des auteurs d’autres formes de violences contre les femmes, les animaux non-humains, le voisinage et ils sont respecté pour cela car c’est un des attributs de la virilité. D’un coté je comprend qu’on les traitent d’infantils mais d’un autre ca sous entend que les enfants disposeraient des autres comme si c’etait des objets. Alors qu’en fait c’est plutot l’éducation des garçons et des hommes entre eux qui leur apprend à ne plus avoir d’empathie, à ne pas pleuré comme des filles, à se comporté en homme qui ne fait pas dans le sentimentalisme et se sert de ce qu’il à envie comme bon lui semble.

      Il y a aussi une entreprise de destruction profonde des victimes, jusqu’au fond de leur être, d’ou le fait qu’on s’attaque prioritairement aux filles afin de les rendre dominables tout le long de leur vie. Il y a un lien avec la fabrique des prostituées qui sont très souvent survivantes de l’inceste. Sur cela aussi mon incesteur partait ou revenais souvent de chez les prostituées lorsqu’il m’agressait. Je te recommande ce mémoire posté par @gata - https://seenthis.net/messages/896563 : L’inceste : anthropologie d’une entreprise de démolition systématique de la personne : ▻http://sophia.perrin.free.fr/memoireM1public.htm

    • Son récit, dont la violence tranche avec le calme et la douceur parfois mielleuse de sa voix, est celui d’un homme qui dit qu’il veut guérir du mal qui le ronge, mais qui continue à chercher des excuses pour ce qu’il a fait. Séquence enrageante que celle où il évoque sa vie sexuelle insatisfaisante avec sa femme pour justifier les attouchements faits à sa fille.

      Heureusement, Alexandre Mognol recadre l’homme : « Mais là t’es pas en train de dire que c’est de la faute de ta femme ? » demande-t-il, en le mettant face à ses contradictions. « Ma femme n’y est pour rien, elle avait ses besoins, elle assumait de ne pas avoir de besoins sexuels, donc je ne lui jette pas la faute. Seulement moi j’aurais dû à un moment dire stop, dire que moi j’avais des besoins. [...] C’est comme si à la maison, j’avais une attirance très forte pour ma femme, et il y avait aussi ma fille qui devenait adolescente, qui s’habillait de manière assez sexy, et bah elle était aussi un objet de désir. Elle créait du désir en moi, que je ne pouvais pas réaliser sous la forme de relation sexuelle avec ma femme. Donc j’avais une marmite qui était déjà en train de bouillir [...] et cette marmite à un moment donné a explosé », répond David.

      http://www.slate.fr/story/199239/podcast-les-cris-alexandre-mognol-atelier-frissonne-regarder-inceste-en-face-d
      (pas encore écouté)
      #incesteur

    • Je connaissait pas l’étymologie d’inceste ;

      Le mot inceste vient du latin incestum : souillure , à rapprocher de incesto : rendre impur 12.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Inceste#%C3%89tymologie

      J’aurais du m’en douté tout ce qui se rapporte au sexe consenti ou pas est sale, « toutes des salopes ». Ca me fait pensé aussi au mot vierge, qui veux dire « sans souillure » avec l’idée que les filles non vierges sont salies dès qu’un sexe masculin les pénètre, que ca soit celui d’un père ou pas, n’y change pas grand chose si on en crois l’etymologie....

      –—
      edit une autre source renvoie au sacrilège -

      INCESTE, subst.

      Étymol. et Hist. A. Fin du xiiies. « relations sexuelles entre proches parents » (Hystore Job, éd. J. Gildea, 871). B. 1. a) Fin du xives. adj. « qui a commis un inceste » (E. Deschamps, Œuvres, VI, 146, 12 ds T.-L.) ; b) 1524 emploi subst. « personne qui a commis un inceste » (P. Gringore, Le Blason des hérétiques ds Œuvres complètes, éd. Ch. d’Héricault et A. de Montaiglon, t. 1, p. 332) ; 2. ca 1480 « qui constitue un inceste » (Myst. du V. Testament, éd. J. de Rothschild, 5407). A empr. au lat. class. incestum « sacrilège ; inceste ». B empr. au lat. incestus adj. « sacrilège ; incestueux ».

      https://www.cnrtl.fr/etymologie/inceste//0

      –—
      Sacrilège :

      SACRILÈGE2, adj. et subst. masc.

      Étymol. et Hist. 1. 1283 subst. « personne qui profane les choses sacrées » (Philippe de Beaumanoir, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, t. 1, p. 160) ; 2. 1528 adj. « qui a le caractère du sacrilège » (Papiers d’État du Cardinal de Granvelle, éd. Ch. Weiss, t. 1, p. 454). Empr. au lat.sacrilegus (de sacra, neutre plur. de sacer, au sens de « objets sacrés » et legere « ramasser, recueillir »), d’abord « voleur d’objets sacrés » puis « profanateur, impie ».

      https://www.cnrtl.fr/etymologie/sacril%C3%A8ge//1
      –----
      Profaner

      PROFANER, verbe trans.

      Étymol. et Hist. 1342 prophaner « violer la sainteté des choses sacrées » (Renart le Contrefait, éd. G. Raynaud et H. Lemaître, I, 258) ; 1538 (Est., s.v. profanus Profaner. Se servir en communs usages des choses consacrees). Empr. au lat. profanare « rendre à l’usage profane (une chose, une personne qui a été auparavant consacrée) » et « souiller ».

      –—
      Souiller

      SOUILLER, verbe trans.

      Étymol. et Hist. 1. Déb. xiies. part. prés. adj. soilans « qui souille, qui déshonore » (Voc. hébraïco-français, 887, éd. A. Neubauer ds Romanische Studien, I, p. 189) ; ca 1155 souillier « tacher, couvrir de boue » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 11486) ; 1821 « polluer, altérer l’état d’asepsie » (Fourier ds Doc. hist. contemp., p. 159) ; 2. 1remoit. xiies. suiller fig. « violer un traité » (Psautier Cambridge, 54, 22 ds T.-L.) ; 1176-81 « altérer, salir quelque chose qui aurait dû être respecté » (Chrétien de Troyes, Chevalier Charrete, éd. M. Roques, 4388) ; 1636 souiller ses mains de sang innocent « faire mourir un innocent » (Monet) ; 1668 souiller le lit de son bienfaiteur (La Fontaine, Vie d’Esope le phrygien, p. 19). De l’a. fr. soil, souil (v. souille1) ; dés. -er.

      ....
      Deshonnorer - dis+honorer -

      Étymol. et Hist. 1. 1remoitié xes. « rendre hommage par des marques de respect » (St Léger, éd. J. Linskill, 45) ; 2. « faire honneur, procurer de l’honneur » (Escoufle, 4 ds T.-L.) ; 3. 1723 honorer [une lettre de change] (Savary, Dict. de comm. ds FEW t. 4, p. 464b), cf. faire honneur* à [id.]. Empr. au lat.honorare « honorer, rendre hommage ; gratifier ; orner ».

      –—

      Ca tourne en rond

    • Il ne faut pas oublier que l’inceste représente, outre une violence sexuelle, de genre et générationnelle, une violence affective : les enfants aiment toujours leurs parents. Ils ne savent pas forcément comment se positionner, y compris une fois devenus adultes. »

      une illustration (horrible) de ce truc :

      https://seenthis.net/messages/885993

      I read some years ago about a study in which a mother chimpanzee was fitted with a harness that had knives sticking out; her babies were released into her presence; trying to embrace her they were cut; the more cut they were the more they tried to hold tight to her; the more they were hurt the more they wanted their mother. The research itself is repug­nant, but the terrifying story of what happened during it strikes me as an accurate parable of a child’s love, blind love, and desperate need. Remembering and forgetting are aspects of needing and loving, not rulers of what the heart does or does not know. Those who say children are lying when they remember as adults abuse they endured as children are foolish- as are those who think children categorically do not know when they’ve been hurt.

      et oui merci pour ce texte @mad_meg

    • juste trop bien qu’angot remette le moretti à sa juste place, parce qu’on était limite à le remercier de faire passer la loi sur les 13 ans hein... Cette meuf a essuyé un nombre de plâtre pas possible j’ai l’impression, ça me donne envie de lire ses bouquins.

    • J’ai trouvé émouvant dans l’article l’essai d’articuler liberté, égalité et fragilité.

      Il me semble que les petits enfants s’essayent à disposer des autres comme des objets, ils essayent tout, puis apprennent à ne pas faire. Dans la relation, et par là d’eux-mêmes.

      L’enfant est pas épargné par l’infantile (ça tourne mal, par épisodes ; et il le faut !) mais il est aussi poète, intellectuel, métaphysicien etc., plus « polymorphe » en effet. Chez l’adulte, c’est comme si l’infantile était souvent le seul reste d’une enfance perdue.

      De ce que je sais de la confiance des enfants, belle, déraisonnable, on fait ce qu’on peut pour sans que ce soit trop angoissant leur annoncer et leur confirmer que ça marche pas avec tous les bipèdes.

      L’inceste, « consenti » ou pas, c’est (aussi) un abus de confiance au carré.

      Ça fait pas de l’inceste un « crime contre l’humanité » (faudrait du groupal, prémédité, et que ça tue, littéralement) ou « contre l’enfance ». Le crime contre l’enfance, c’est nos sociétés qui font du jeu une distraction, une illusion, la concurrence.
      C’est pas une catégorie juridique (et tant mieux), le crime contre le devenir.

    • Tellement pas d’accord avec ça

      Reste certaines situations où l’inceste semble davantage toléré.

      Euh … attends, par qui ? la société ou les victimes ? Mais en fait la société n’en a cure des victimes, jamais, et certainement pas dans cette société capitaliste. L’agression sexuelle y est adorée.
      Donc, je suis furieuse quand je vois qu’il est possible de dire que c’est toléré entre enfants. Un frère qui viole sa sœur, et en général que les parents couvrent en tout cas, ne peuvent dénoncer, c’est seulement là le lieu où jamais la justice ne peut se faire. Ça ne veut pas dire que ça n’existe pas. Et je crois avoir vu passer que justement c’est à cet endroit qu’il est le plus difficile d’agir. Non pas par tolérance, (quelle idée) mais parce que la fillette dans des familles nourries de code napoléonien hé ben, ça vaut rien.

      « Il faut distinguer l’inceste parent-enfant et l’inceste entre enfants du même âge, précise ainsi Clotilde Leguil. Ce dernier peut conduire à des interrogations, à partir de fortes angoisses, mais n’engendre pas le même effondrement psychique que lorsque le monde des adultes se fracture et que l’emprise d’un parent instrumentalise l’amour de l’enfant. »

      Mais ils sont vraiment très bouchés ces psychanalystes. Ils ne veulent entendre qu’eux mêmes qui hiérarchisent les souffrances des autres. Mais bien sûr que le monde adulte se fracture pour une fillette violée par son frère quand il n’y a personne pour la défendre.

    • Sur l’expérience que rapporte @tintin dans son commentaire https://seenthis.net/messages/901458#message901542, je ne sais pas trop ce qu’elle raconte des singes qui en furent les victimes, mais elle est éclairante sur les humains qui l’ont imaginée. 😱

      J’ai quitté la biologie pour l’éthologie en grande partie pour l’approche respectueuse des éthologues de leurs sujets d’étude. Au labo, nous nous vantions de mettre en place des dispositifs «  tout confort  », tout en déplorant le fait que la captivité en elle-même n’est pas une bonne chose. Il était tout à fait possible de mettre en place un protocole qui n’avait pas pour principe d’être une boucherie.

    • Pas de souci @mad_meg je soulignais juste qu’employer le terme « tolérer » (donc acceptable) pour un viol est odieux. Je pense à M. fillette de 12 ans, violée par ses frères et retournée dans l’emprise de sa famille alors qu’elle l’avait signalé, son parcours terrifiant que je tais est l’échec de sa non prise en charge. Et c’est justement ce genre de propos entre deux lignes qui participent de cette tolérance sociale du viol dans la fratrie et qui fait que l’on n’y prête pas attention. Je n’ai vu aucune étude sur ces enfants mâles pour qui on tolère qu’ils violent leur sœurs, mais je suppose (pour l’avoir vu) qu’une fois adultes ils n’ont pas plus de compassion pour les femmes.
      Et pour celles devenues adultes, tomber sur ce genre de psy, un cauchemar qui se perpétue.
      #enfance

    • Oui @touti c’est une forme de violence qui n’est pas encore étudiée et qui est très rarement nommée au sein même des dénonciations des violences incestueuses. Le mot « toléré » est effectivement mal choisi. J’ai vu passé dans mes lectures récentes sur le sujet des remarque sur l’absence de prise en compte de ces violences dans les champs d’études. J’ai souvenir d’une sceance avec mon psy ou je me demandait ce qui pouvait passé par la tete des agresseur et ou il m’avait répondu par un exemple d’une petite fille violée par ses deux frères et j’ai été surprise par ma réaction de rejet de cette idée. Je n’ai malheureusement pas de ressources pour documenté ce sujet mais je vais m’efforcè de les mettre en avant lorsque j’en trouverait. Je compatie aux souffrances que doivent enduré ces victimes, invisibilisées dans l’invisible et silenciées dans le silence...

    • Oui @mad_meg c’est un angle mort de plus dans ce labyrinthe des dénis.

      Alice Debauche rapporte :

      L’ouvrage Virage* (disponible en librairie) donne le détail des auteurs pour les faits de violences sexuelles avant 18 ans. Pour les femmes, elles mentionnent leur oncle pour 20% d’entre elles, un homme proche de la famille pour 17%, leur père pour 14%, leur frère ou demi frère pour environ 10% et ou leur grand-père pour 6% environ.

      *Elizabeth Brown, Violences et rapports de genre

      #livre

    • Un psy qui se base sur Levi-Strauss et Freud pour défendre l’existence de l’inceste consenti et qui as du temps pour promouvoir une experience que vivent hypothétiquement une personne sur 9 milliards tandis qu’il n’a rien à dire sur l’inceste non consenti qui concerne 99,9999999999% des cas.
      Inceste frére/sœur consenti - Psykonnaissance #15
      https://www.youtube.com/watch?v=-LUTdWQZY-Q

      Ce psy explique que l’inceste « consenti » dans les fratries peut être provoqué par un inceste parent-enfants (qui lui n’est jamais consenti). Il précise que l’inceste ne peut etre consenti que lorsque les enfants ont le même age, ca implique qu’on ne parle que de l’inceste consenti entre jumeaux et jumelles ce qui est encore plus spécifique que ce que dit ce psy. D.Dussy dit qu’elle n’a jamais rencontré d’inceste entre jumeaux ou jumelles.

  • #Toulouse : variation de mise sous pression
    https://fr.squat.net/2021/02/11/toulouse-variation-de-mise-sous-pression

    En septembre, une maison inhabitée du quartier des #Minimes à Toulouse est squattée et suite à la procédure judiciaire, les occupant.es bénéficient de la trêve hivernale (récemment prolongée du 31mars au 1er juin dans le cadre de la crise sanitaire). Ces deux seuls mois de prolongation déclenchent une réactualisation de la vague médiatique et politique […]

    #83_avenue_de_Fronton #affaire_Roland #fachos #médias

  • #Toulouse : à propos du squat route de Fronton et de l’affaire « Roland », solidarité de classe contre toutes les expulsions !
    https://fr.squat.net/2021/02/09/toulouse-a-propos-du-squat-route-de-fronton-et-de-laffaire-roland-solidari

    Depuis deux jours, La Dépêche, puis RTL, France 3, etc. nous racontent la même histoire à faire pleurer dans les chaumières : Roland, 88 ans, « expulsé de sa maison » de Toulouse par de méchants squatteurs. Sauf que ces #médias ne disent pas la vérité : le propriétaire n’y habite pas depuis longtemps et, quand les squatteurs y […]

    #83_route_de_Fronton #affaire_Roland #fachos

  • The Trading App Robinhood Takes From You and Gives to the Rich
    https://jacobinmag.com/2021/01/trading-app-robinhood-investors-scams-sec

    Allez vous faire plumer en échange du sentiment d’être un vrai capitaliste, mon c...

    As far as the fight against capitalism is concerned, democratizing finance is supplying temporary oxygen to a terminally ill patient. And, ultimately, that has been one of the primary functions of Robinhood, intended or otherwise. It is directly feeding a sputtering, inflated Frankenstein market with a new cast of investors to push it forward just a few more staggering steps. By any measure (price to earnings ratios, price to sales, price to book value, market cap to GDP), the market is inexplicably overpriced and has been so even before the emergence of COVID-19. In a century’s worth of data on the market, one of the few known facts is that it will periodically crash. And it will inevitably be the small-account, novice investors who will be the first and the most violently wiped out.

    But even in our current bull market, stockbrokers are always looking for a loser. Incoming retail traders have historically played that part. In the SEC lawsuit presented against Robinhood, one of the issues at hand is a practice called “payment for order flow.” It means that Robinhood is selling your trade to a third-party company for execution. Those secondary brokers will then, commonly, “take the other side.” They are betting that you are wrong — and make double when you are. But even if you win, the brokerage will have made spread and commission charges from you. It’s a zero-stakes game for them and a rigged one for users. One of the more sinister aspects, here, is that secondary brokers are lining up — specifically — for Robinhood’s trade orders. They are paying a huge premium for the right to exploit the app’s newcomers by taking the other side of their bets.

    C’est un peu comme se porter volontaire quand ton gouvernement déclare la guerre à un pays que tu n’aimes pays de toute manière. T’es déjà mort quand les autres comptent leurs gains.

    #capitalisme #bourse #affaires #commerce #startup #getrichquick

  • Léonore Le Caisne : « Il n’y a pas de silence de l’inceste »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100121/leonore-le-caisne-il-n-y-pas-de-silence-de-l-inceste?onglet=full
    (pas encore lu mais je me dit que ca interesserait certaines pêrsonnes par ici @tintin @touti )

    En apparence, les deux affaires n’ont rien en commun. D’un côté, le livre de Camille Kouchner La Familia grande, publié le 7 janvier au Seuil, dans lequel l’autrice écrit que son beau-père, Olivier Duhamel, constitutionnaliste, président de la Fondation nationale des sciences politiques et du club très select Le Siècle, a imposé des rapports incestueux à son frère jumeau. Une enquête pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur un mineur de 15 ans » et « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité » vient d’être ouverte par le parquet de Paris.

    De l’autre, l’affaire Gouardo, du nom, célèbre dans les années 2000, de cette famille où un père a, pendant près de trente ans, violé sa fille adoptive. Six enfants en sont nés, dans un petit village de Seine-et-Marne, près de Meaux, où les commérages allaient bon train, mais sans que la police ou la justice ne s’en mêlent.

    Il a fallu attendre la mort du père, en 1999, pour qu’une enquête soit finalement ouverte – en 2001. Dans ce cadre, la belle-mère de Lydia Gouardo sera condamnée, en 2008, à quatre ans de prison avec sursis pour des faits non prescrits (« non-empêchement de crime » et « agressions sexuelles » sur un des fils de Lydia).

    En novembre 2012, la Civi (Commission d’indemnisation des victimes d’infractions), qui n’impose pas les mêmes délais de prescription que le droit pénal, dédommage Lydia Gouardo, à partir des rapports d’expertise d’un gynécologue, d’un psychiatre et d’un médecin généraliste, de plus d’un million d’euros pour les actes de barbarie, violences et viols subis durant vingt-huit années (1971-1999).

    le-silence-des-autres-victime-de-son-pere-pendant-28-ans-poster
    Lydia Gouardo a raconté son histoire dans un livre intitulé Le Silence des autres (Michel Lafon, 2008).

    Léonore Le Caisne, directrice de recherche au CNRS, a enquêté pendant un an et publié un livre passionnant sur cette affaire Gouardo, Un inceste ordinaire. Et pourtant tout le monde savait (Belin, 2014). Elle témoigne de l’aveuglement de la société face aux violences sexuelles intrafamiliales (l’inceste), une réalité pourtant largement documentée et souvent connue de l’entourage, mais peu débattue dans la société et très peu dénoncée. Car dans ce petit village d’Île-de-France, « tout le monde savait », mais personne n’a saisi la justice.

    Vous vous êtes penchée sur une affaire spectaculaire par les faits décrits et par la médiatisation importante qu’elle a suscitée. Pourtant, vous avez intitulé votre livre Un inceste ordinaire. Pourquoi ?

    Léonore Le Caisne : Au-delà de la provocation d’un titre, la formule est juste. L’inceste subi par Lydia Gouardo, dans ce village près de Meaux [Seine-et-Marne – ndlr], a été médiatisé comme une affaire extraordinaire. Mais, en réalité, il s’agit d’un père qui viole sa fille : une fille sur dix est victime d’inceste ; c’est ordinaire.

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    Ensuite, c’est un inceste qui a été vécu par les habitants comme un fait assez ordinaire. Personne ne parlait d’« inceste ». L’expression utilisée était : « C’est lui qui fait des enfants à sa fille. » Et sa fille était considérée comme sa femme. C’était finalement assez ordinaire : cela devenait un homme qui fait des enfants à une femme ; et, finalement, un homme et une femme qui ont bâti une famille… C’est banal.

    Quant à la médiatisation, elle ne fut pas immédiate. Au départ, un journaliste local s’y est intéressé – mais son article a eu un faible écho et seule Ondine Millot de Libération a repris l’information et effectué un reportage sur cette famille et le village [en 2007 – ndlr]. Mais cela n’intéressait personne.

    Il a fallu l’affaire Fritzl en Autriche, une affaire spectaculaire [une jeune femme séquestrée à la cave par son père, qui l’avait violée, et plusieurs enfants en étaient nés – ndlr], pour que des journalistes en France se disent que nous disposions d’une affaire similaire : la presse en a alors parlé comme de l’histoire d’une séquestration, d’un silence villageois, d’un secret, d’une omerta. En réalité, c’était un inceste qui se pratiquait et qui était su de tous, comméré. Il n’y a pas eu de silence, de tabou ou d’omerta.

    Vous racontez que, lorsque vous arrivez dans ce village pour vos recherches – vous y avez passé deux ou trois jours par semaine pendant une année en 2008-2009 –, les habitants ne sont absolument pas hostiles. Ni silencieux. Comment cela s’est-il passé ?

    J’avais été mise en garde sur le silence à prévoir des villageois. D’autant que la médiatisation suscitait beaucoup de méfiance. Je me suis présentée comme une sociologue qui travaillait sur la vie d’un petit village de la région parisienne. Ils ne m’ont jamais associée à une journaliste. Et, auprès de moi, ils n’ont pas eu peur de passer pour des salauds. Pas du tout. Ils m’ont parlé de la famille Gouardo comme d’autres familles du village un peu spécifiques.

    Ils m’ont expliqué que tout le monde savait et ils n’en ressentaient aucune honte. À leurs yeux, c’était simplement une famille qui fonctionnait un peu différemment des autres. Elle faisait parler les habitants du village, mais aussi de la cité populaire de la ville voisine [Meaux]. En fait, cet inceste n’était pas pensé comme un crime, c’était juste « un père qui fait des enfants à sa fille ». Et si tout le monde le sait, et que ce n’est pas un crime, alors à qui voulez-vous que l’on dénonce et que voulez-vous que l’on dénonce ?

    L’inceste était tellement su qu’il n’y avait finalement aucune raison de le dénoncer à la justice.

    Seule la médiatisation a créé le scandale. C’est à ce moment-là que les faits ont été qualifiés d’inceste et qu’ils ont récupéré leur charge criminelle. Avant, ils ne sont pas perçus comme tels, la famille était simplement considérée comme une famille un peu différente des autres et qui faisait parler et permettait donc de créer du lien entre habitants.

    Lydia Gouardo, chez elle, à Coulommes, en Île-de-France, le 29 avril 2008. © OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP Lydia Gouardo, chez elle, à Coulommes, en Île-de-France, le 29 avril 2008. © OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP

    Pourquoi l’inceste n’est-il pas un crime à leurs yeux ?

    Parce que les habitants n’ont pas su d’un coup que cette fille avait été violée par son père pendant vingt-huit ans et qu’elle en avait eu six enfants. Ça, c’est le récit qui en a été fait par les journalistes, après coup.

    Ils ont appris les faits progressivement, en observant la maison, les déplacements des membres de la famille… Ils ont vu un homme avec une femme, avec trois enfants, dont les deux premiers qui quittent la maison familiale. Puis un homme et sa femme, avec une fille qui est restée. Avec un père grande gueule, pas sympa avec les voisins, mais bon travailleur, imprimeur ambulant, qui fait des cartes de visite à Meaux, y compris pour des notables. Il est perçu comme un bosseur, un type sérieux, avec un fort caractère. Un jour, sa fille est enceinte. Pourtant, personne ne vient dans leur maison. Cela commence à parler… Les habitants ne savent pas qui est le père. Mais ils se demandent, s’interrogent. Puis un deuxième enfant naît. Et les deux ont des ressemblances avec le père… Le commérage se poursuit.

    Peu à peu, cela fait un nombre faramineux de gens qui parlent. Du village au centre commercial de Meaux en face duquel Gouardo a installé son camion d’imprimerie. Aux caisses de Super M où tout le monde fait ses courses, on en parle. Tout le monde est au courant. Progressivement, les faits et le commérage qu’ils suscitent entrent dans la vie quotidienne des habitants, des voisins, des notables de Meaux.

    C’est un commérage qui devient structurant. Il crée des sociabilités. La circulation de l’information ne s’organise pas n’importe comment. Les élus se parlent entre eux ; la secrétaire de mairie est assez fière de savoir ; les anciens du village sont aussi contents de mieux connaître l’histoire que les nouveaux arrivés, car ça montre qu’ils sont vraiment « du pays ».

    Les habitants ont des relations de commerçants avec lui, et même de voisinage, quand bien même ce sont des relations conflictuelles. Pour eux, c’est un mec courageux, qui élève ses enfants à la dure, mais qui les élève bien. Et qui tient bien sa famille.

    Et Gouardo est une grande gueule ; il est trapu, musclé. Il leur fait un peu peur. On est donc content de bien s’entendre avec lui, de pouvoir lui parler. Sans compter qu’il ne fait que des garçons – les six enfants nés des viols sont des garçons –, dans l’imaginaire, cela compte. Le fait qu’il les fasse à sa fille montre aussi qu’il se joue des lois. Il est au-dessus d’elles. Gouardo incarne finalement un certain pouvoir. En le côtoyant, ou en essayant, certains espèrent peut-être récupérer de sa force.

    L’agriculteur qui vivait en face de Gouardo était ravi de me raconter qu’il était allé dans sa maison, qu’il arrivait à parler avec lui. Cela l’intéressait bien plus que de s’inquiéter de ce que l’homme pouvait faire subir à sa fille et de ce que celle-ci subissait.

    Cela en fait-il des complices ?

    Non, pas du tout. Par contre, détenir l’information leur permet de s’élever socialement en occupant une place enviable au sein du village. Cela n’est pas de la complicité.

    Mais comment expliquez-vous que personne ne soit alarmé ? Que personne ne se soit dit qu’il s’agissait d’un crime ?

    Parce que les faits se sont sus petit à petit et qu’ils ont été sus par beaucoup, y compris par des représentants de la justice. Les magistrats du coin participaient certainement au commérage, ne serait-ce que dans leur bureau ou dans leur cercle familial et amical. J’ai également rencontré une avocate du barreau de Meaux, qui défendait des victimes d’inceste et qui, elle aussi, commérait. Elle n’a pas cru Lydia Gouardo quand elle a dénoncé son crime, elle a minimisé…

    Les policiers, aussi, savaient : quand Lydia fuguait, c’est eux qui la ramenaient chez elle. Gouardo avait de nombreux conflits de voisinage ; la police était souvent à la porte de sa maison.

    Lui-même ne se cachait pas. Ses enfants l’appelaient « papa », ils sortaient avec lui, il les emmenait à l’école. Il parlait de « ses enfants ». Les formules étaient ambiguës. Même à l’hôpital quand elle allait accoucher, le personnel demandait qui était le père. Elle disait : « C’est mon père. » Lui répondait : « Oui, car c’est moi qui vais les élever. »

    Il ne se cachait pas, parce qu’il savait que ce qu’il faisait subir à sa fille, sa paternité incestueuse, ne ferait pas scandale. Et pour les habitants, s’il ne se cache pas, c’est bien qu’il n’y a pas crime. Cela crée un brouillage dans les repères. Dans les discussions avec les habitants, certains confondaient fille et femme. Ils parlaient parfois de Lydia comme de sa femme.

    Ce qui est sidérant dans ce que vous trouvez, c’est qu’au-delà des voisins ou des commérages du village, des représentants de la police et de la justice sont, eux aussi, alertés…

    Oui, bien sûr. Gouardo était très régulièrement au tribunal pour des affaires de conflits de voisinage, de droit de passage et de parcelles communes… La belle-mère de Lydia l’avait aussi brûlée dans un bain d’eau brûlante. Lui avait porté plainte contre l’office HLM pour négligence. Donc les juges parlaient de cet homme.

    Il était connu, avec son camion devant la grande surface de Meaux où tout le monde allait faire ses courses. Les maires successifs – dont Jean-François Copé – passaient lui serrer la main. Tout le monde était pris là-dedans. Pour que cela cesse, pour que cet inceste fasse scandale, il a fallu un public extérieur, qui n’a existé qu’avec la médiatisation du procès de la belle-mère, grâce à ce journaliste local et à la reprise des articles, une année plus tard, par la presse nationale.

    Avec la presse, le regard a-t-il alors changé sur la famille ?

    Ce n’est pas parce qu’il y a eu scandale que Lydia Gouardo a été considérée comme une victime. D’une avocate défendant des victimes d’inceste à l’agriculteur d’en face, on entendait les mêmes discours : on s’interrogeait sur les révélations tardives, sur le fait que le nombre des grossesses montrait qu’elle était consentante, etc. Quelle que soit la classe sociale, les arguments sont identiques pour laisser un inceste se perpétrer.

    Et quand la presse met en cause ce « silence » ?

    Les habitants, les voisins, ne comprennent pas ce qui leur tombe dessus. On les accuse d’omerta, d’avoir tu l’inceste. Mais il n’y a pas eu de silence ! C’était pris dans le brouhaha du commérage. Le problème n’était donc pas qu’ils n’en aient pas parlé.

    Et puis, avec son père, elle a formé une famille. Avec six garçons. C’était, en apparence, une jolie famille ; le père était autoritaire, il faisait travailler ses enfants, il allait acheter les pommes de terre chez le maire. Les enfants « avaient une bonne bouille », ils allaient à l’école, ils « étaient propres », c’est ce qu’on m’en disait, il « s’en occupait bien ».

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    L’affaire Duhamel, révélatrice du « système de l’inceste » Par Lénaïg Bredoux et Marine Turchi

    Quand elle dénonce l’inceste, Lydia casse la famille et son image, et jette l’opprobre sur le village. Les victimes d’inceste qui le révèlent sont très souvent exclues de la famille. Là, les habitants ont exclu Lydia du village, peu ont continué à lui parler, alors qu’avant la famille faisait partie du village.

    Elle est brutalement devenue la salope. Dès que son père est mort, des garçons du village sont venus frapper à sa porte pour la draguer. On m’a aussi rapporté des rumeurs selon lesquelles elle allait se prostituer dans la forêt d’à côté avec une amie.

    Là encore, ce discours était porté par tous les milieux sociaux confondus. Les agriculteurs comme les enseignants. Ces habitants ne sont pas des « autres », ce sont des habitants ordinaires, de classes sociales différentes, et qui furent pris dans une configuration sociale qui intégrait cet inceste.

    Vous parlez d’enseignants, mais comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas eu de signalements auprès de la protection de l’enfance ? Des procédures existent.

    Je pense que c’est davantage le cas aujourd’hui qu’autrefois. Le père est mort en 1999. Les faits ont commencé au début des années 1970…

    De toute façon, disons-le : l’inceste a à voir avec une représentation très patriarcale de la société. L’homme dans sa famille fait ce qu’il veut chez lui ; il est autoritaire ; il fait des enfants, c’est le plus important, et les enfants vont bien, ils mangent à leur faim. Et si la femme n’est pas d’accord, elle n’a qu’à partir.

    À vos yeux, et en dépit de spécificités – le jeune âge des victimes, le lien familial et la durée des violences subies –, l’inceste est-il une « forme paroxystique » des rapports de domination au cœur des violences sexuelles ?

    J’en suis certaine. L’inceste, c’est le début des violences sexuelles, le début de la domination des femmes [les femmes sont très majoritaires parmi les victimes d’inceste, et les auteurs sont à 95 % des hommes – ndlr]. C’est une manière de former, d’élever et de socialiser des enfants.

    Si les femmes laissent faire leur mari, c’est parce que c’est lui qui tient la famille. Les hommes incesteurs, ou agresseurs, sont des hommes à qui les proches reconnaissent une espèce de force. Il s’agit souvent d’une personne respectée, quel que soit le milieu, occupant une place importante dans la famille.

    Comme je l’explique dans mon livre, cette idée est celle popularisée par les féministes nord-américaines, selon lesquelles l’inceste serait l’une des banales violences masculines perpétrées au foyer. Louise Armstrong, porte-parole de la position féministe américaine sur l’inceste, écrivait : « [La pédophilie], c’est ce que les hommes font couramment et régulièrement à la maison parce qu’ils considèrent ça comme un droit. »

    Mais, parce que cette violence est moralement intolérable et parce que trop d’hommes « normaux » devraient sinon être criminalisés et punis, et plus généralement parce qu’elle participe du maintien de la société patriarcale, il faudrait taire cette violence, notamment l’inceste, et, à partir de toutes sortes de « tactiques » et de « stratégies d’occultation », faire croire qu’elle n’existe pas ou qu’elle est rare et ponctuelle, et seulement le fait de « pervers » ou d’hommes « trop aimants ».

    © Editions du Seuil © Editions du Seuil
    On a, en effet, souvent décrit les incesteurs comme des « monstres ». Les études sur l’ampleur du phénomène prouvent que c’est faux. Comment avez-vous réagi en prenant connaissance du livre de Camille Kouchner La Familia grande ?

    J’ai travaillé sur la réception d’une affaire d’inceste dans ce village. Le contexte est ici différent. Mais dans les extraits que j’ai lus, on comprend que, là aussi, l’entourage était au courant et en parlait ou en avait parlé. Il n’y a donc pas eu de « silence », « d’omerta » au sens strict du terme – ce n’était pas un silence réfléchi face à une autre communauté. En réalité, cela se savait, les uns et les autres en parlaient, plus ou moins, selon la place de chacun. Mais cela n’a pas été dénoncé à la justice…

    Mais dans cette affaire encore, l’inceste a été comméré. La question, c’est : pourquoi l’entourage ne s’est-il pas tourné vers la justice ? Il faudrait comprendre pourquoi, selon les places occupées par chacun, cet inceste n’a pas pu être dénoncé. Comme dans l’affaire Gouardo. Parler de silence ou d’omerta conduit à passer à côté de la question fondamentale.

    Dans ce cas, cela va encore plus loin qu’une absence de dénonciation à la justice : la justice elle-même a classé l’enquête lancée en 2011… Avant d’ouvrir une nouvelle enquête, après la publication dans Le Monde et L’Obs des extraits du livre.

    L’inceste est un fait social très important, pratiqué dans tous les milieux sociaux. Malgré son ampleur, il n’est encore l’objet d’aucun grand débat public. Au-delà de leurs actes, les agresseurs occupent une place sociale importante : au sein de la famille, de leur voisinage, professionnellement. Les familiers, les proches, les amis, les voisins, les collègues ont des engagements moraux envers l’agresseur, ou même envers la victime, qui peut demander à la sœur, au frère, à l’autre parent, de ne pas « dire », et qui les empêchent de dénoncer l’agresseur à la justice. Certains peuvent aussi avoir peur de perdre des avantages liés à leur relation avec lui : leur travail, un salaire, ou l’image d’une famille unie. Beaucoup privilégient ces engagements moraux plutôt que de faire acte de citoyenneté en dénonçant les faits à la justice. L’enfant compte souvent moins que ces engagements. Et puis, les faits sont banalisés. Souvent, on entend aussi : « C’était il y a longtemps », « C’est passé », « Ce n’est pas si grave ! ».

    Je pense aussi que la justice ne sait pas bien saisir ces affaires et que ce n’est peut-être pas par elle qu’il va falloir passer pour éradiquer ces pratiques. Actuellement, je travaille sur le recueil des informations préoccupantes. Je constate les difficultés qu’ont les travailleurs sociaux, les policiers et les magistrats à saisir l’inceste : ils cherchent des « faits » et des « traces ». Dans l’inceste, bien souvent, il n’y a ni témoins ni traces. À moins qu’il ne s’agisse d’enfants très jeunes, il peut y avoir pénétration sans déchirure. Sans parler des fellations ou des attouchements… Et après, c’est « parole contre parole », expliquent les professionnels, et la parole de l’enfant n’est pas suffisamment comprise pour faire le poids face à celle de l’adulte.

    La parole des enfants n’est sans doute pas non plus toujours bien considérée.

    De nombreux dossiers sont alors classés. Et ces classements découragent par avance les particuliers et les professionnels qui voudraient dénoncer des incestes à la justice.

    • Les policiers, aussi, savaient : quand Lydia fuguait, c’est eux qui la ramenaient chez elle. Gouardo avait de nombreux conflits de voisinage ; la police était souvent à la porte de sa maison.

      Lui-même ne se cachait pas. Ses enfants l’appelaient « papa », ils sortaient avec lui, il les emmenait à l’école. Il parlait de « ses enfants ». Les formules étaient ambiguës. Même à l’hôpital quand elle allait accoucher, le personnel demandait qui était le père. Elle disait : « C’est mon père. » Lui répondait : « Oui, car c’est moi qui vais les élever. »

      Les gamins ne fuguent pas sans de très bonnes raisons. Mais la société les ramène encore et encore au point de départ.

    • De toute façon, disons-le : l’inceste a à voir avec une représentation très patriarcale de la société. L’homme dans sa famille fait ce qu’il veut chez lui ; il est autoritaire ; il fait des enfants, c’est le plus important, et les enfants vont bien, ils mangent à leur faim. Et si la femme n’est pas d’accord, elle n’a qu’à partir.

    • Je viens de le lire, une telle hypocrisie partagé c’est tellement dément. Et à part les victimes même ici toujours pas de commentaires sur un sujet aussi grave. OSEF. Ce bon père de famille laisse 6 fils probablement aussi bons pères de famille qui suivent ce bon modèle qui fonctionne si bien... pourquoi cela s’arrèterait ? Ca me rend dingue.

      Le comble c’est :

      Quand elle dénonce l’inceste, Lydia casse la famille et son image, et jette l’opprobre sur le village. Les victimes d’inceste qui le révèlent sont très souvent exclues de la famille. Là, les habitants ont exclu Lydia du village, peu ont continué à lui parler, alors qu’avant la famille faisait partie du village.

      Elle est brutalement devenue la salope. Dès que son père est mort, des garçons du village sont venus frapper à sa porte pour la draguer. On m’a aussi rapporté des rumeurs selon lesquelles elle allait se prostituer dans la forêt d’à côté avec une amie.

      Incroyable qu’on avorte les fœtus de fille par millions alors que la malédiction de cette planète ce sont les garçons sur absolument tous les terrains : pollueurs, violeurs, tueurs, agresseurs, prédateurs, pornographe, prostitueurs, viandards...

      Tous les hommes ne sont pas pères, mais 1 femme sur 10 est survivante de l’inceste... Ca fait combien de pères incesteurs ? 1 sur 5, 1 sur 2 ? Personne pour faire ce calcule de l’horreur ?

      Sans compter qu’ il ne fait que des garçons – les six enfants nés des viols sont des garçons –, dans l’imaginaire, cela compte.

      Vivement l’extinction de notre espèce de merde.
      #rage #haine #furie #all_men

    • LE SILENCE DES AUTRES - VICTIME DE SON PÈRE PENDANT 28 ANS

      Ça s’est passé en Seine-et-Marne, dans un charmant village à une demi-heure de Paris, au vu et au su de chacun, dans l’#indifférence totale des voisins, des gendarmes, des services sociaux, de la justice et des médecins... « Pourtant, tout le monde savait ». Avec la collaboration de Jean-Michel Caradec’h, grand reporter, Prix Albert-Londres.

      http://www.michel-lafon.fr/livre/572-Le_silence_des_autres_-_Victime_de_son_pere_pendant_28_ans.html

      #livre

    • Affaire Duhamel : d’autres éléments pourraient intéresser la justice
      https://www.mediapart.fr/journal/france/130121/affaire-duhamel-dautres-elements-pourraient-interesser-la-justice

      Deux jours avant la publication du livre de Camille Kouchner, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire des chefs de « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur un mineur de 15 ans » et « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité ».

      Les investigations ont été confiées à la Brigade de protection des mineurs (BPM). L’objectif, d’après le parquet de Paris, est de « faire la lumière » sur les accusations de viols incestueux visant Olivier Duhamel, mais aussi d’« identifier toute autre victime potentielle » et vérifier si les faits dénoncés sont prescrits.

      Dans La Familia grande, paru le 7 janvier aux éditions du Seuil, la juriste et universitaire Camille Kouchner affirme que son frère jumeau – qu’elle nomme « Victor » pour protéger son identité –, a subi, pendant plusieurs années, alors qu’il était mineur, des viols de la part de leur beau-père, le politiste Olivier Duhamel, âgé de 70 ans aujourd’hui.

      Au-delà des viols qu’aurait subis « Victor » – situés par sa sœur à partir de ses 13 ou 14 ans, « à Paris, à Sanary », pendant « des années », « deux ou trois » –, d’autres éléments relatés par Camille Kouchner pourraient intéresser les enquêteurs.

      La juriste affirme notamment que « plus tard », une enfant de douze ans lui a expliqué qu’Olivier Duhamel lui avait « roulé une pelle » « derrière le dos de ses parents » et qu’elle n’avait « rien dit ».

      Elle-même a fait l’objet, d’après son récit, de remarques sexuelles et de commentaires réguliers sur son corps, lorsqu’elle était mineure. Au moment de la baignade par exemple, « surveill[ant] l’évolution des corps », son beau-père commentait, d’après elle : « Dis-donc, ça pousse, ma Camouche ! Mais tu ne vas tout de même pas garder le haut ? T’es pas comme Mumu, la coincée ? [Muriel, la meilleure amie de sa mère, qui se veut pas exposer son corps – ndlr]. » Un autre jour, il lui lançait, selon elle, qu’il « n’aim[ait] pas [sa] bouche » : « Tes lèvres sont trop fines. C’est dérangeant. »

      Elle relate que son beau-père aimait photographier « les culs, les seins, les peaux, les caresses ». Lorsqu’elle était âgée d’« à peine 15 ans », il aurait pris en photo ses seins en gros plan et aurait affiché le cliché en « quatre par quatre » dans la cuisine de la Ferme – la maison des enfants à Sanary –, aux côtés d’autres photos, telle « une photo des fesses de ma sœur dévalant le chemin » et celle de sa « vieille mère, quasi nue dans le jacuzzi, seins flottants ».

      Le soir, après être allé dans la chambre de son jumeau « Victor » à Paris, Olivier Duhamel se rendait dans la sienne, et s’asseyait sur son lit, écrit-elle. « Il me disait : "Tu as mis une culotte ? Tu sais que je ne veux pas que tu mettes de culotte pour dormir. C’est sale. Ça doit respirer." » D’après son récit, Olivier Duhamel venait aussi « parfois » voir leur frère aîné – qu’elle nomme « Colin » –, « dans sa chambre », pour « lui mesurer le sexe avec un double décimètre » dès que leur mère « regardait ailleurs ».

      Il reviendra à la justice de qualifier ces faits. « Les investigations en cours porteront notamment sur les faits susceptibles de revêtir une qualification pénale évoqués dans l’ouvrage écrit par Camille Kouchner », fait savoir ce mercredi à Mediapart le parquet de Paris.

      Dans La Familia grande, Camille Kouchner décrit, plus largement, un climat ultra sexualisé dans lequel évoluaient adultes et enfants, notamment à l’occasion des vacances à Sanary-sur-Mer, où famille et amis se retrouvaient. Aucune frontière ne semble séparer adultes et enfants, d’après son témoignage. « À 7 ans, à 15 ou à 40 », il faut savoir débattre de politique lors de « dîners de révolte » animés. Danser et voir les couples se former. Se baigner nu. Jouer au poker et autres jeux d’argent.

      Elle rapporte cette scène, où, lors d’un jeu de mimes à Sanary, « parents et enfants mélangés », elle a dû mimer le film La Chatte sur un toit brûlant. « Tu connais pas ? C’est un film de cul. Démerde-toi », lui aurait-on expliqué. « Me voilà faisant semblant de baiser devant les parents », se souvient-elle. « Aux enfants, il n’y a rien à cacher ! »

      « À Sanary, rien n’est interdit », mais cette liberté implique de vivre « comme les grands », écrit-elle. Dans son livre se mêlent des comportements qui relèvent du libertinage ou de l’adultère, et d’autres qui peuvent poser davantage question. Là-bas, écrit-elle, « certains des parents et enfants s’embrassent sur la bouche. Mon beau-père chauffe les femmes de ses copains. Les copains draguent les nounous. Les jeunes sont offerts aux femmes plus âgées ». Elle se souvient notamment du « clin d’œil » que lui aurait adressé son beau-père lorsque, petite, elle a découvert que, « sous la table, il caressait la jambe de la femme de son copain, le communicant avec lequel nous étions en train de dîner ». « Il n’y a rien de mal à ça. [...] La baise c’est notre liberté », lui aurait rétorqué sa mère, à qui elle avait confié cet épisode.

      « Tu comprends, j’ai l’amour à l’âge de 12 ans. Faire l’amour c’est la liberté. Et toi, qu’est-ce que tu attends ? », lui aurait encore lancé sa mère, qui, comme sa tante, se « préoccupait » de sa virginité, dit-elle.

      Camille Kouchner rapporte aussi que son frère aîné est encore « un jeune adolescent » lorsque leur mère lui envoie l’une de ses amies – une Sanaryenne de vingt ans de plus – « pour le déniaiser ». Il est alors « flatté, mais largement effrayé », dit-elle.

      Ces comportements et relations sexuels étaient-ils consentis ? Pas tous, si l’on en croit son livre. Elle affirme qu’après une soirée à Sanary, « une main courante a été déposée ». « La jeune femme, à peine vingt ans, était endormie lorsqu’un garçon s’est glissé dans son lit. Elle s’était enfuie à Paris et avait prévenu ses parents. Des explications avaient suivi. La jeune femme a été répudiée, vilipendée par mon beau-père et ma mère, effarés par tant de vulgarité. Quant à moi on m’a expliqué ce qu’il fallait en comprendre : la fille avait exagéré. Mais avec mon frère, ça aussi c’est autorisé », interroge-t-elle dans La Familia grande.

      Un autre livre est susceptible d’intéresser les enquêteurs : celui d’Évelyne Pisier, la mère des jumeaux et compagne d’Olivier Duhamel jusqu’à son décès, en 2017. Dans Une question d’âge (Stock), publié en 2005 – trois ans avant les révélations de « Victor » à sa mère –, la politologue relate des accusations d’inceste de leur fille adoptive à l’encontre de son mari, « Thierry », un professeur d’économie issu de la bourgeoisie, homme de réseaux proche de Michel Rocard et des cercles de pouvoir, « chef de bande » pendant les vacances en « tribu » dans leur maison au soleil.

      Dans un « avertissement » en préambule de l’ouvrage, évoqué par Libération et que Mediapart a lu, Évelyne Pisier donne du crédit à son récit : « J’introduis des éléments autobiographiques dans un récit fictif. Pas exactement fictif. La plupart des faits et gestes de mes héros ne relèvent pas de mon imagination. À ma propre histoire, je mêle des histoires vécues par d’autres. Un entrelacs qui préserve la fonction de témoignage que j’assigne à ce roman ».

      Le livre s’adresse à sa fille adoptive à la seconde personne du singulier. Certains passages sont troublants, au regard de l’affaire que révèle aujourd’hui le livre de Camille Kouchner. Comme cet échange, entre la narratrice et « Thierry » :

      « Mes rapports avec Thierry se détériorent. Entre nous, la tension monte. Ce n’est pas la guerre, mais c’est sinistre. Il ne partage pas mes engouements associatifs. "Tu vas encore chez tes Alcooliques anonymes ?" Je rétorque, glaciale : "Tu préfères les réseaux de pédophiles ?" ».

      Ou cet extrait, au commissariat, lorsque « Thierry » fait l’objet, pendant trois mois, d’une enquête judiciaire :


      Extrait du livre d’Évelyne Pisier paru en 2005. Extrait du livre d’Évelyne Pisier paru en 2005.

      Face à ces accusations, la narratrice dit dans ce livre « tenir bon » : « Elles sont nombreuses à douter de leurs maris. D’autres tiennent bon. J’en suis, écrit-elle dans ce livre. Jusqu’à quand ? Une « amie » confie gentiment à Nina [la fille aînée d’Évelyne Pisier dans le livre, ndlr] : « Je ne crois pas au viol. Même pas aux attouchements. Mais tout de même, Thierry entretient une relation trop ambiguë avec sa fille. Je me suis toujours demandé comment ta mère le supportait… Et avec toi, comment était-il ? »

      « Trois mois plus tard, notre dossier est classé, raconte-t-elle. Le juge renonce à mettre Thierry en examen. Sur les abus sexuels, tu t’es rétractée. Comme le fils de Camille [une amie de la famille dans le livre, ndlr]. Comme tant d’autres enfants dont je fréquente désormais les parents. Rien ne prouve que tu n’as pas menti. Rien ne prouve l’inverse non plus. De cette aventure nauséabonde, quelle trace restera-t-il ? Notre couple se défait. »

      En 2011, une enquête judiciaire avait déjà été ouverte par le parquet de Paris, après la transmission d’éléments découverts en marge d’une autre enquête : celle concernant la mort de l’actrice Marie-France Pisier, 66 ans, la sœur cadette d’Évelyne Pisier.

      Le 24 avril 2011, la comédienne avait été retrouvée morte au fond de la piscine de sa résidence de Saint-Cyr-sur-Mer (Var), encastrée dans une lourde chaise en fer forgé, bottes en caoutchouc aux pieds. Accident ? Suicide ? Meurtre ? À l’époque, la presse s’interroge. D’autant que l’autopsie n’a pas décelé d’eau dans les poumons de l’actrice. Les analyses toxicologiques indiquent un taux d’alcoolémie important et la présence d’antidépresseur et d’antalgique à doses thérapeutiques.

      Dans La Familia grande, Camille Kouchner présente sa tante comme l’une de leurs rares soutiens : au fil des années, « seule Marie-France se débat », écrit-elle. « [Elle] s’est lancée dans une entreprise acharnée. Elle a lutté contre l’horreur comme elle pouvait. Elle a prévenu ses amis. Sa sœur avec un pédophile qui s’en était pris à son fils. C’était insupportable, inacceptable. Pendant des mois elle a cherché des appuis pour convaincre ma mère, pour lui ouvrir les yeux et la persuader de le quitter. » Mais l’actrice a fini par se « désespérer », et les deux sœurs Pisier « se sont fâchées ».

      Les gendarmes de la brigade de recherches de Toulon interrogent à l’époque le cercle familial et amical de Marie-France Pisier. C’est dans ce cadre qu’ils recueillent incidemment des confidences sur des violences sexuelles qu’aurait commises Olivier Duhamel sur son beau-fils.

      L’enquête n’a pas établi de lien entre la connaissance par l’actrice de ces éléments et sa mort, assure à Mediapart une source proche du dossier. Mais les enquêteurs ont à l’époque rédigé un rapport incident au procureur adjoint de Toulon, Pierre Cortès, qui dirigeait l’enquête sur la mort de l’actrice. Celui-ci transmet ces éléments au parquet de Paris, celui de Toulon n’étant pas compétent territorialement.

      Dans son livre, Camille Kouchner relate que l’ordinateur de sa tante a été exploré dans le cadre de l’enquête et que ses échanges de mails avec Évelyne Pisier ont dû être trouvés. Elle explique aussi qu’une amie de l’actrice s’était confiée aux policiers.

      Les enquêteurs auditionnent alors « Victor ». Le jeune homme de 36 ans accepte de répondre à leurs questions, mais il refuse de porter plainte. « Cette histoire ne vous regarde pas », dit-il aux policiers, d’après le récit de sa sœur. Fait étonnant, Olivier Duhamel n’a lui jamais été auditionné. « L’enquête s’est arrêtée. Sous mes yeux, le récit d’un inceste. Et l’enquête s’est arrêtée. Police partout, justice nulle part. Pas la peine de me le rappeler », écrit Camille Kouchner dans son livre.

      Selon nos informations, l’enquête a été classée sans suite en novembre 2011, par la procureure adjointe. Avec quel motif ? Questionné par Mediapart, le parquet de Paris élude, et indique simplement que « la procédure initiée en octobre 2011 n’a pas donné lieu à suites judiciaires ». Une source proche du dossier évoque auprès de Mediapart « un problème de possible prescription de l’action publique ». Il n’en demeure pas moins qu’Olivier Duhamel n’a pas été questionné par les enquêteurs.

      À l’époque, l’affaire est sensible. Certes, Olivier Duhamel n’est plus, en 2011, conseiller du président du Conseil constitutionnel (1983-1995), ni député européen PS (1997-2004). Mais il est un personnage influent, constitutionnaliste de renom, invité des médias et proche des cercles du pouvoir. Il dirige déjà la revue Pouvoirs, siège au conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), l’organe de gouvernance de Sciences-Po Paris, et est vice-président du club le Siècle, deux entités dont il prendra la tête par la suite. Quatre ans plus tôt, en 2007, il a participé au Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République, mis en place par le chef de l’État Nicolas Sarkozy et présidé par Édouard Balladur.

      Ce dossier mettant en cause une personnalité publique a-t-il été placé sous haute surveillance politique ? Le Garde des Sceaux de l’époque, Michel Mercier, affirme à Mediapart n’avoir « jamais su qu’il y avait eu cette enquête préliminaire » et n’avoir « jamais entendu parler de l’affaire de M. Duhamel », qu’il n’a « jamais rencontré et à qui [il] n’[a] jamais parlé ». « Personne ne m’a averti », dit-il. Il ajoute que, ministre, il avait « pris une position toute simple » : « Je savais bien qu’il ne fallait surtout pas que le ministre se mêle des procès, enquêtes. Donc je n’ai jamais demandé à être informé sur aucun procès. Et à l’époque la direction des affaires criminelles et des grâces n’était pas informée des classements ». Le ministre de l’intérieur de l’époque, Claude Guéant, nous répond n’avoir « aucun souvenir de cette enquête ».

      Sollicités mardi et mercredi par Mediapart, Olivier Duhamel et son avocate, Frédérique Baulieu, n’ont pas donné suite.

      L’affaire continue en tout cas de susciter des remous. Mercredi 13 janvier, le conseiller d’État Marc Guillaume – par ailleurs mis en cause par des accusations de « comportements sexistes » portées par des conseillères de l’Élysée –, a annoncé qu’il démissionnait des fonctions occupées dans « des établissements » où il a « travaillé avec Olivier Duhamel » : la FNSP, la revue Pouvoirs, qu’il a longtemps codirigée avec le constitutionnaliste, et le club Le Siècle. « Fréquentant Olivier Duhamel depuis des années, je me sens trahi et condamne absolument ces actes », a ajouté l’ancien secrétaire général du gouvernement et actuel préfet d’Ile-de-France dans un communiqué, assurant qu’il ignorait « totalement » les accusations d’inceste visant Olivier Duhamel.

  • Le capitalisme de surveillance [La voix est libre]
    https://radio.picasoft.net/co/2020-04-24.html

    Émission réalisée à l’occasion de la publication du livre Affaires privées - Aux sources du capitalisme de surveillance de Christophe Masutti, aux éditions C&F Éditions.

    L’interview

    Christophe Masutti, docteur en histoire et philosophie des sciences et des techniques, chercheur associé à l’université de Strasbourg, chargé des affaires européennes au CHU de Strasbourg et co-administrateur de l’association Framasoft sous le pseudo Framatophe
    Pour quelles raisons as-tu choisi de ne donner ta définition du capitalisme de surveillance qu’à la fin de ton livre ?
    Le travail historique que tu as mené sur le capitalisme de surveillance, des années 60 à nos jours, t’a amené à montrer qu’il était d’ordre systémique. Qu’est-ce que ça veut dire ?
    Tu expliques qu’en France, on s’est beaucoup intéressé à la soumission individuelle à la surveillance, que l’on s’est limité à la surveillance du sujet, sans prêter plus d’attention aux impacts de la surveillance sur les collectifs. Pourquoi cette étude-là est-elle indispensable pour comprendre le fonctionnement du capitalisme de surveillance et défendre nos libertés collectives ?
    Quelles infrastructures techniques et, surtout, quelles organisations pouvons-nous mettre en place pour sortir du capitalisme de surveillance ?
    Pourquoi est-ce bien une société de la contribution que nous visons, et pas seulement une économie de la contribution ?
    Pourquoi lire un livre historique est-il un bon moyen de comprendre ce que nous vivons aujourd’hui ?
    Si dans les années 60 on pouvait craindre que la police installe des micros dans notre appart, aujourd’hui nous les installons nous-mêmes, avec par exemple les assistants personnels intelligents. Comment expliquer un tel changement ?
    Quels sont les différentes sortes de consentement vis-à-vis de la surveillance ?
    L’archipélisation peut-elle être une piste pour penser l’après-capitalisme de surveillance ?

    Enregistrement
    Émission enregistrée le 23 avril 2020 sur Mumble, dans le salon La voix est libre du serveur de Picasoft.

    #Christophe_Masutti #Capitalisme_surveillance #C&F_éditions #Affaires_privées #Radio