• VIH, sexparties et pupilles dilatées : pour le communisme, éhontément https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/100317/vih-sexparties-et-pupilles-dilatees-pour-le-communisme-ehontement

    Interview de Tadzio Müller par Carl Melchers, publiée le 5 janvier 2017 sur Jungle World sous le titre Die Linke muss geil sein http://jungle-world.com/artikel/2017/01/55499.html

    Tadzio Müller, responsable de la justice climatique et de l’énergie à la Fondation Rosa Luxembourg à Berlin, est impliqué de longue date dans le mouvement pour la justice climatique.

    Traduit de l’anglais par Isabelle Saint-Saëns (@isskein).

    Tadzio Müller : En devenant cadre politique à plein temps, j’ai totalement marginalisé une part très importante de moi-même, je l’ai reniée. J’étais persuadé que c’était la seule façon de fonctionner pour un activiste, au point de ne pas tenir compte de moi-même – ou du moins de certains aspects de moi-même – ce qui a généré d’absurdes pathologies. J’ai complètement séparé de mon activité politique mon côté cuir-queer-sexuel-lubrique, et je me suis senti complètement marginalisé dans une gauche radicale pour laquelle, sans trop d’exagération, les corps n’existent tout simplement pas.

    Pouvez-vous en dire plus ?

    Dans la gauche allemande nous avons tendance à nous méfier du corps, vu la façon dont les Nazis l’ont sollicité et mobilisé. À gauche, nombreux sont ceux dont le schéma conceptuel est influencé, consciemment ou inconsciemment, par l’École de Francfort. Ils en viennent à penser que l’émancipation doit venir de la tête, de la rationalité. Il en résulte que le champ politique des corps et des affects – sur lequel il y a une sorte de tabou dans la gauche allemande, qui le considère souvent comme un frein à l’émancipation – est abandonné à « l’autre bord ».

    Mais une part importante de la gauche allemande n’est-elle pas justement obnubilée par les émotions, les identités et la création des « espaces safe » ?

    Il est vrai que certains débats dans les universités sur les « espaces safe » et les terminologies politiquement acceptables ont pu involontairement créer des incompréhensions, voire provoquer des sentiments d’exclusion, au point de sembler parfois prêter le flanc à des accusations de sectarisme. La gauche ne devrait pas faire peur. La gauche doit être cool ! Nos pratiques politiques doivent absolument accorder une place beaucoup plus centrale à la question des corps et des affects. Si je me bats contre le changement climatique ce n’est pas seulement parce que c’est pour moi la plus importante question de justice à laquelle nous ayons jamais été confrontés ; c’est aussi parce que je veux contribuer à élaborer une façon de faire de la politique où quand on se bat pour une cause juste on se marre et c’est sexy. Bien sûr il faut continuer à ancrer notre pensée politique dans la raison, le débat sur le changement climatique se fonde nécessairement sur l’affirmation de vérités factuelles, de manière on ne peut plus classique.

    Qu’entendez-vous par « #affects » ?

    Il y a un excès de rationalisme dans la gauche allemande. L’idée de honte est, pour moi, centrale dans ce débat – comme l’a bien montré Didier Eribon dans Retour à Reims. La honte est un de ces mots dont la gauche allemande ne sait pas vraiment quoi faire.

    Quel rôle la #honte joue-t-elle dans votre vie ?

    Un rôle important, malheureusement, car il y a toujours quelque chose dont j’ai honte. J’ai honte d’avoir baisé avec des mecs en cachette de ma copine pendant sept ans et demi. J’ai honte d’avoir parfois des marques dans le dos, après un week-end où je me suis fait fouetter ; et ces jours-là, j’évite de faire du sport. Ou j’ai honte de m’écrouler pendant une réunion le lundi parce que j’ai passé tout le week-end à gober sans dormir. Et, il n’y a pas si longtemps, j’avais honte d’être séropositif. Quand je mesure à quel point la honte structure mes actes… et quelle incroyable sensation provoque l’énergie libérée, quand on arrive enfin à s’en débarrasser…

    #militer #émotions #rationalité #politique


  • #gauche : surmonter les #défaites
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/041116/gauche-surmonter-les-defaites

    Alors que les gauches françaises sont en piteux état, elles feraient bien de lire le dernier livre d’Enzo Traverso, intitulé #mélancolie de gauche, qui cherche à restituer la force d’une « tradition cachée » capable de surmonter les défaites de l’Histoire, au lieu d’être plombée par elles.

    #Culture-Idées #Affects_politiques #Chute_du_mur #Enzo_Traverso #Essais #Histoire #révolution_François_Furet #victoire


  • À lire : un extrait de « Mélancolie de gauche » d’Enzo Traverso
    http://www.contretemps.eu/traverso-melancolie-gauche
    http://www.contretemps.eu/wp-content/uploads/traverso-melancolie-313x512.jpg

    L’iconographie socialiste et communiste a illustré pendant un siècle cette vision téléologique de l’histoire. Ses images se sont gravées dans la mémoire de plusieurs générations de militants – des ouvriers aux intellectuels – jusqu’à modeler leur imaginaire. Elles ont agi comme des « repères subliminaux » ou des « sentinelles fantomatiques de la pensée », selon l’heureuse expression de Raphael Samuel, dont l’analyse peut se révéler tout aussi importante que l’exégèse des textes. Le Quart-État (1900) de Pellizza da Volpedo, un des plus célèbres tableaux inspirés par le socialisme d’avant la Grande Guerre, décrit l’avancée de classes travailleuses vers un avenir de lumière : leur marche émancipatrice les éloigne des ténèbres, bien visibles à l’arrière-plan, là où leur chemin a commencé.
    http://www.contretemps.eu/wp-content/uploads/2.1.Pellizza-512x408.jpg

    « Il quarto stato » de Giuseppe Pellizza da Volpedo

    #gauche #Diaporama #Histoire #Théorie #communisme #histoire #Lénine #Marx #marxisme #mémoire #révolution #Trotsky

    http://zinc.mondediplo.net/messages/41231 via Contretemps

    • Gauche : surmonter les défaites
      https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/041116/gauche-surmonter-les-defaites

      Alors que les gauches françaises sont en piteux état, elles feraient bien de lire le dernier livre d’Enzo Traverso, intitulé mélancolie de gauche, qui cherche à restituer la force d’une « tradition cachée » capable de surmonter les défaites de l’Histoire, au lieu d’être plombées par elles.

      La chute du mur de Berlin n’a pas seulement entraîné dans ses décombres le communisme d’État, mais aussi toute une manière de penser à la fois le passé et l’avenir dans une perspective émancipatrice. Plutôt que de se lamenter sur une histoire révolue, de convoquer de manière artificielle ou dérisoire les grands épisodes révolutionnaires ou de s’appuyer sur la ritournelle de la « mémoire des luttes », Enzo Traverso, qui enseigne l’histoire intellectuelle à l’université Cornell, propose de retracer les contours d’une « mélancolie de gauche », qui a su faire de ses défaites un point d’appui pour préparer le futur.

      #Culture-Idées #Affects_politiques #Chute_du_mur #Enzo_Traverso #Essais #Histoire #révolution_François_Furet #victoire