• Les crimes contre les afghanes poussent à reconnaître « l’apartheid de genre »

    Richard Bennett, le rapporteur spécial de l’Onu sur l’Afghanistan, a déclaré mardi 18 juin devant le Conseil des droits de l’homme réuni à Genève que le « système institutionnalisé d’oppression fondé sur le genre » des talibans serait constitutif d’un « crime contre l’humanité ». En Iran aussi, la répression contre les femmes est systémique. Depuis septembre 2022, des manifestantes sont tuées, emprisonnées, violées et torturées. En réponse, les Nations unies, des ONG et des juristes plaident de plus en plus pour que « l’apartheid de genre » soit reconnu comme un crime contre l’humanité.

    https://www.justiceinfo.net/fr/133399-crimes-afghanes-poussent-reconnaitre-apartheid-de-genre.html?mc_
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/04/10/la-fidh-rejoint-le-mouvement-global-pour-la-reconnaissance-de-lapartheid-de-genre-comme-crime-de-droit-international/#comment-61300

    #international #afghanistan #apartheid

  • Le gouvernement allemand envisage des #déportations vers l’Afghanistan via l’Ouzbékistan, rapporte Der Spiegel

    Le gouvernement allemand et l’#Ouzbékistan mènent des discussions en vue de permettre des déportations de migrants se trouvant en #Allemagne vers l’#Afghanistan, sans organiser de consultations directes avec les taliban, rapporte dimanche le magazine allemand Der Spiegel.

    Le ministère allemand de l’Intérieur a envoyé dans ce but une délégation à Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan, à la fin du mois de mai, a indiqué le magazine, sans dévoiler ses sources.

    La délégation allemande a proposé au gouvernement ouzbek que les Afghans candidats à la déportation soient envoyés à #Tachkent, d’où ils pourraient être transportés à Kaboul par avion, écrit Der Spiegel.

    Le ministère allemand de l’Intérieur n’a pas immédiatement fait de commentaire.

    La ministre de l’Intérieur Nancy Faeser a déclaré plus tôt dans le mois que l’Allemagne envisageait de déporter les migrants originaires d’Afghanistan qui représentaient une menace pour la sécurité.

    Une telle décision serait toutefois controversée, l’Allemagne ne déportant pas de personnes vers des pays où leur vie est menacée. Berlin a cessé les déportations vers l’Afghanistan après la prise de pouvoir des taliban en 2021.

    Tachkent veut néanmoins signer avec Berlin un #accord définitif visant à réglementer l’entrée de travailleurs qualifiés ouzbeks en Allemagne avant de sceller un pacte sur la question des déportations, selon Der Spiegel.

    Le délégué spécial du gouvernement fédéral allemand aux accords migratoires se rendra en Ouzbékistan la semaine prochaine afin de discuter de l’accord concernant les travailleurs ouzbeks, précise Der Spiegel.

    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/le-gouvernement-allemand-envisage-des-d%C3%A9portations-vers-lafghanistan-via-louzb%C3%A9kistan-rapporte-der-spiegel/ar-BB1ojW9N
    #renvois #expulsions #asile #migrations #réfugiés #migrants_ouzbeks

    via @karine4

  • Grèce : plus de 40 migrants secourus au large de la Crète, trois personnes portées disparues - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/57151/grece--plus-de-40-migrants-secourus-au-large-de-la-crete-trois-personn

    Grèce : plus de 40 migrants secourus au large de la Crète, trois personnes portées disparues
    Par La rédaction Publié le : 17/05/2024
    Les garde-côtes grecs ont annoncé jeudi avoir secouru une embarcation en détresse au large de la Crète. Une quarantaine de personnes ont été sauvées mais trois autres manquent à l’appel. La Crète et sa voisine, la petite île de Gavdos, ont connu cette année un pic d’arrivées de migrants, venus de Libye.
    Les garde-côtes grecs ont secouru 42 migrants au large de l’île de Crète, ont annoncé les autorités jeudi 16 mai. Trois personnes sont portées disparues et étaient toujours recherchées ce vendredi. Leur bateau avait envoyé un signal de détresse alors qu’il était en mer. Selon un responsable de la Marine, les migrants ont été secourus par des navires commerciaux tandis qu’un hélicoptère survolait la zone maritime, à environ 27 milles marins au sud-ouest de la Crète.
    Les causes du naufrage ne sont pas encore connues, a déclaré à Reuters le responsable sous couvert d’anonymat. L’île de Crète et sa petite voisine Gavdos, la pointe la plus méridionale de l’Europe, ont connu une augmentation des arrivées de migrants cherchant à traverser la frontière vers l’Europe depuis la Libye ces derniers mois.
    En mars, Gavdos avait déjà fait face, au total, à l’arrivée de 1 180 migrants, venus par la mer. Du jamais vu pour cette île qui ne compte que 70 habitants à l’année.
    Le gouvernement grec a promis de l’argent et du personnel (médical notamment) pour aider ces îles non équipées pour gérer de telles arrivées. Pour les soulager, Athènes transfèrent rapidement la plupart des nouveaux arrivants vers le continent. La Grèce est une porte d’entrée privilégiée vers l’Union européenne pour les migrants et les réfugiés du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie depuis 2015. Ces dix dernières années, la majorité des exilés sont partis des côtes turques pour atteindre Chios, Lesbos ou encore Samos.
    Mais aujourd’hui, les départs vers la Grèce se font aussi depuis l’est de la Libye. De nombreuses embarcations chargées d’exilés partent de Tobrouk, région non reconnue par l’ONU et contrôlée par le maréchal Haftar. Les côtes y sont moins surveillées - par rapport à celles de l’ouest du pays - et les départs en mer jugés par les passeurs plus « faciles »."Ces départs sont de plus en plus fréquents", avait déjà commenté l’été dernier Federico Soda, chef de mission Libye auprès de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à InfoMigrants.
    La majorité des candidats à l’exil depuis cette zone sont égyptiens, soudanais, bangladais et syriens. Ils arrivent depuis l’Égypte voisine qui souffre d’une économie en perte de vitesse. Les migrants d’Afrique subsaharienne s’y disent aussi de plus en plus victimes de violences et de rejet de la part de la population. « Il y a tous les migrants de la Corne de l’Afrique qui passent par l’Égypte pour prendre un bateau et aller en Grèce », précisait aussi Marc Lavergne, spécialiste du monde arabe et directeur de recherche émérite au CNRS, au micro de RFI. « C’est pour ça que la Grèce [...] est en première ligne face à cet afflux de migrants »

    #covid-19#migrant#migration#grece#UE#chios#lesbos#samos#routemigratoire#sante#egypte#soudan#afghanistan#libye#OIM

  • Des associations dénoncent des expulsions d’étrangers en situation irrégulière dans des pays à risques
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/04/30/des-associations-denoncent-des-expulsions-d-etrangers-en-situation-irregulie

    Des associations dénoncent des expulsions d’étrangers en situation irrégulière dans des pays à risques
    Par Julia Pascual
    Près de 47 000 étrangers en situation irrégulière – des hommes à 95 % – ont été placés en rétention en 2023, parmi lesquels un tiers étaient des ressortissants algériens, selon le rapport annuel rendu public, mardi 30 avril, par les cinq associations présentes à l’intérieur des centres de rétention administrative (CRA), dont la Cimade, Forum Réfugiés ou encore France terre d’asile.
    Parmi les personnes retenues, la majorité l’a été à Mayotte (plus de 28 000) et 17 000 en métropole. Le nombre de personnes retenues augmente sensiblement par rapport à 2022 (43 500), ainsi que la durée de la rétention, qui a atteint vingt-huit jours et demi, « soit près d’une semaine de plus que l’année précédente », écrivent les associations dans leur rapport. En revanche, les éloignements n’augmentent pas en conséquence. En métropole, 36 % des personnes placées en CRA ont finalement été expulsées. « En 2023, près de 1 000 personnes supplémentaires ont été enfermées dans l’Hexagone, mais l’administration a procédé à environ 1 000 éloignements de moins depuis les CRA », écrivent les associations.
    Celles-ci alertent toutefois quant aux éloignements vers des pays dits à risques tels qu’Haïti. « Les préfectures n’ont jamais cessé d’enfermer des personnes haïtiennes, principalement dans les CRA de Guyane et de Guadeloupe », soulignent les auteurs du rapport, alors que dès novembre 2022, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies alertait dans un communiqué sur le contexte de crise humanitaire et sécuritaire dans le pays et appelait les Etats à « suspendre les renvois forcés d’Haïtiens ». « Le renvoi forcé de personnes vers un endroit où elles risquent d’être persécutées, torturées ou de subir d’autres dommages graves ou irréparables équivaudrait à un “refoulement”, ce qui est explicitement interdit par le droit international des réfugiés et des droits de l’homme », mettait en garde le HCR, évoquant des violences sexuelles, des enlèvements, des pillages et des barrages routiers opérés par des bandes armées s’ajoutant notamment à « une insécurité alimentaire aiguë ».
    En dépit de ce contexte, quarante-sept ressortissants haïtiens ont été expulsés en 2023 depuis des CRA, en majorité de celui de la Guadeloupe. Les associations dénoncent le « mépris des risques encourus », ainsi que celui des juridictions. Le 4 décembre, un Haïtien a en effet été expulsé vers Port-au-Prince alors que la Cour européenne des droits de l’homme venait d’enjoindre au gouvernement français de ne pas procéder à son éloignement. « Ce renvoi a eu lieu alors que la demande d’asile du requérant est toujours en cours d’instruction », ajoute Paul Chiron, chargé des actions juridiques en rétention au sein de la Cimade.
    Sollicité à ce sujet, le ministère de l’intérieur assure pourtant que « les autorités administratives françaises n’ont pas exécuté de retours forcés d’étrangers en situation irrégulière vers des pays à risque ». Elles procéderaient seulement à des « départs volontaires ». « Un étranger ne peut être éloigné à destination d’un pays s’il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu’il y est exposé à des traitements [inhumains ou dégradants] », rappelle-t-on Place Beauvau.
    Outre les Haïtiens, en 2023, selon les éléments remontés par les associations présentes en CRA, trois personnes ont été renvoyées vers l’Afghanistan et cinq personnes vers le Soudan. Dans certains cas au moins, ce sont des procédures de retour volontaire qui auraient finalement été mises en œuvre, selon plusieurs associations présentes en CRA. « La question se pose du consentement libre et éclairé de la personne, souligne néanmoins Paul Chiron. Si la personne était vraiment volontaire, pourquoi l’administration la place en rétention ? »
    Sans être éloignées, des personnes originaires de Syrie et d’Iran ont pu par ailleurs être placées en rétention et leur pays d’origine a pu être sollicité pour l’obtention de laissez-passer consulaires, qui permettent, en l’absence de document de voyage tel qu’un passeport, de renvoyer une personne dans le pays dont elle a la nationalité. « Les préfectures sont conduites à engager, auprès des consulats, des démarches administratives qui permettent, en particulier, de confirmer l’identité et la nationalité des étrangers en situation irrégulière, justifie le ministère de l’intérieur. Elles permettent également de mettre en échec des stratégies visant à se réclamer de certaines nationalités pour faire obstacle à un éloignement effectif. » Est-ce en ce sens qu’Ahmad (il a souhaité conserver l’anonymat) a été amené auprès des autorités consulaires afghanes à Paris ? D’après les échanges entre la préfecture de police et l’ambassade consultés par Le Monde, un laissez-passer consulaire a été sollicité fin mars « afin d’assurer la mesure d’éloignement » dont cet homme fait l’objet depuis octobre 2022, soit une obligation de quitter le territoire (OQTF). En France depuis 2019, condamné pour infraction à la législation sur les stupéfiants en septembre, Ahmad a purgé une peine de prison avant d’être contrôlé sur la voie publique et placé en rétention. (...)
    Après avoir vécu en Autriche et avoir échoué à obtenir l’asile en France, Ahmad a subi une vie d’errance dans les campements du nord parisien. Il y a développé une addiction au crack. « C’est la première fois que je vois une telle obstination de la France à organiser un renvoi vers l’Afghanistan d’une personne qui n’est pas suspectée de radicalisation », souligne l’avocat d’Ahmad, Nicolas de Sa-Pallix, qui a introduit, lundi 29 avril, un recours en urgence devant le tribunal administratif de Paris pour contester l’OQTF dont son client fait l’objet. Le ministère de l’intérieur continue d’assurer que « la France ne fait pas d’éloignements forcés des ressortissants afghans ». Me de Sa-Pallix s’interroge : « Si les autorités n’ont pas l’intention de l’éloigner, alors pourquoi le placer sous la contrainte en rétention, lieu dédié à l’éloignement ? »

    #Covid-19#migration#migrant#france#OQTF#CRA#asile#syrie#iran#afghanistan#droit#sante#retention

  • A bord du « Belem », Zabih, réfugié afghan de 25 ans, prend conscience que la mer n’est pas que « le lieu où l’on peut mourir »
    https://www.lemonde.fr/sport/article/2024/05/02/a-bord-du-belem-zabih-refugie-afghan-de-25-ans-prend-conscience-que-la-mer-n

    A bord du « Belem », Zabih, réfugié afghan de 25 ans, prend conscience que la mer n’est pas que « le lieu où l’on peut mourir »
    Par Patricia Oudit
    « Vous avez vu, à chaque fois que je siffle, ils sautent ! » Dimanche 28 avril, penché au-dessus du garde-corps du gaillard d’avant, Zabih Yaqubee, éternel sourire fiché aux lèvres, a vu pour la première fois de sa vie des dauphins, des dizaines d’entre eux jouant avec l’étrave. « C’est merveilleux. Le canal de Corinthe cet après-midi, puis ça… Quand je suis à la barre, sous la lune, j’ai l’impression d’être Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes, un de mes films préférés ! » L’Afghan de 25 ans fait partie des seize éclaireurs de 17 à 25 ans chargés d’escorter la flamme olympique d’Athènes à Marseille sur le Belem, du 27 avril au 8 mai, en vue des Jeux de Paris de l’été.
    A bord, bien que ce programme d’insertion laisse la part belle au voyage et à la découverte, ce n’est pas La croisière s’amuse. A chaque jour sa corvée sous les ordres de l’équipage, dirigé d’une gouaille de fer par le commandant, Aymeric Gibet : il faut récurer le pont, astiquer les cuivres, assurer les services aux repas, participer aux quarts de nuit et aux manœuvres physiques. Avec ses 1 200 mètres carrés de voile et ses 800 tonnes, le vieux gréement à la coque acier ne se bouge pas aisément. Quelques heures avant le bal des dauphins qui a tant ému Zabih, dimanche, le trois-mâts avait été autorisé à passer par le mythique canal de Corinthe, ses eaux turquoise serties entre de hautes falaises blanches, ouvert spécialement pour lui.
    Plus tard, mercredi 1er mai, au sortir de son quart de nuit, entre 4 heures et 8 heures du matin, le jeune homme a vu le soleil se lever sur une mer calme d’un étonnant bleu roi, alors que le Belem approchait du détroit de Messine, presque à mi-parcours. D’ici quelques minutes, il embarquera pour une visite guidée à bord de la Seine, le bateau suiveur de la marine nationale qui assure la sécurité du Belem, puis enchaînera avec les autres activités rythmant le quotidien.
    Zabih, conscient de sa différence avec les autres jeunes présents à bord, dont le parcours, si chaotique soit-il, n’est pas comparable à ce qu’il a vécu, ne retient que le bonheur d’être là. La cadence soutenue lui donne de l’énergie, l’horizon infini lui nettoie le cerveau. Envolées les mauvaises pensées. La fatigue ? Rien au regard de ce qu’il a traversé pour être ici aujourd’hui. Sur le pont principal du bateau, après un atelier de matelotage, l’Afghan fait le récit d’un autre périple, âpre et désespéré, aux antipodes de cette traversée clémente de douze jours sur la Méditerranée.
    Son père tué par les talibans alors qu’il n’a que 5 ans, sa mère qui se remarie et disparaît subitement du paysage, son départ de l’Afghanistan à 12 ans, après une succession de petits boulots : vendeur de bonbons, employé de restaurant ou d’hôtel, à dormir à même la table. « J’ai fait ensuite plusieurs allers-retours en Iran, d’où je me faisais chasser régulièrement, raconte-t-il. Pour rejoindre ce pays, il fallait marcher des jours à pied dans les montagnes, puis on me faisait passer dans le coffre d’une voiture ou m’accrochait sous son châssis sans bouger pendant des heures. »
    Parmi les cauchemars qui auront du mal à s’effacer, ce jour de 2015 où, alors qu’il traverse le Pakistan, passage obligé pour se rendre en Iran, il est mis en joue par des militaires qui simulent une exécution : « J’ai vécu des choses affreuses, mais ce jour-là j’ai eu la peur de ma vie. Ils nous ont tout volé. Heureusement, j’avais roulé quelques billets très serrés dans du plastique et les avais cachés dans mon dentifrice. »
    La première vision qu’a Zabih de la mer, c’est celle d’un canot non motorisé où il s’entasse, en 2015, au départ de la Turquie, en compagnie d’une trentaine d’autres migrants. Direction la Grèce, alors que la tempête fait rage. « Pour moi, avant de découvrir ce bateau [le Belem], la mer, c’était un lieu où on peut mourir », dit-il. Après avoir traversé l’Autriche, l’Allemagne et le Danemark, le jeune homme réussit à s’installer en Suède, où il est scolarisé, mais en est expulsé quatre ans plus tard, en pleine formation d’aide-soignant.
    « Le jour où j’ai ouvert la lettre m’informant que je devais partir, je me suis senti mourir, se remémore-t-il. Aussi, je trouvais tellement bête d’avoir dépensé autant d’argent pour moi pour finir par me mettre dehors ! » En 2020, le jeune réfugié débarque en France, où il rejoint d’autres Afghans, porte de la Chapelle, à Paris, « avec ces tentes où les rats passent au-dessus des têtes », avant d’être envoyé plusieurs mois dans le Sud. Son périple s’arrêtera finalement à La Rochelle. « Là, j’ai été aidé par l’association d’insertion AI17 [Association pour l’insertion en Charente-Maritime]. Et, après une formation de paysagiste, j’ai décroché un emploi dans les espaces verts de l’île de Ré [dans le même département]. »
    Le ciel qui s’est éclairci s’ouvre alors davantage. Il y a un an, en 2023, Zabih montait à bord du Belem pour un stage d’une journée. Repéré par la Caisse d’épargne Aquitaine-Poitou-Charentes pour, pense-t-il, « ma capacité à affronter des situations difficiles et mon enthousiasme ». A l’époque, le relais de la flamme ne fait pas encore partie du programme d’insertion. Quand il apprend finalement qu’il escortera le feu olympique d’Athènes à Marseille, la surprise est totale. « J’ai pleuré… Ça montre qu’il faut toujours y croire. Et représenter la France, qui m’a tant donné, c’est une chance incroyable ! » Pour Zabih, comme pour ses quinze camarades sélectionnés parmi 350 jeunes venus de toute la France ayant navigué sur le navire, ce voyage est une aubaine. « Grâce à cette traversée, ces jeunes ont accès à une aventure hors-norme qui les valorise. Au fil de la navigation, on constate l’effet Belem : ils se révèlent, apprennent à se dépasser, à respecter les règles, à vivre en communauté, confirme Christelle de Larauze, déléguée générale de la Fondation Belem, qui a initié ce programme en partenariat avec les Caisses d’épargne régionales. Ces stages d’insertion seront pérennisés après les Jeux olympiques, jusqu’en 2027, avec un suivi de tous ces jeunes. »
    Sur le pont du Belem, devenu inséparable de son ami Steven Etcheverry, 19 ans, serveur dans un restaurant semi-gastronomique à Auch et qui rêve de devenir chef de rang, le jeune homme se sent libre, fier, rempli de courage et de confiance. Après avoir vu la lave jaillir du Stromboli, il attend avec impatience la montée au mât, grand moment de ce voyage-ci, qu’il a choisi, pas subi. Zabih veut devenir dentiste, « puisque chez vous, il en manque ». Quand il regarde la lanterne de la flamme dans le grand roof, il lui trouve une ressemblance avec celle qu’on utilisait dans son village de Daikondi : « Chez moi, cela voulait dire qu’on était dans l’obscurité. Celle-ci, c’est la lumière, qui m’ouvre les yeux, m’aide à voir le bon côté des choses, moi qui, pendant toute ma jeunesse, n’ai vu que les mauvais. »

    #Covid-19#migrant#migration#france#mer#afghanistan#refugie#sante#insertion

  • Les juges afghans encouragés à ordonner la lapidation des femmes adultères

    Alors que les Talibans rebâtissent leur régime de terreur, les défenseurs des droits des femmes regrettent la passivité de la communauté internationale.

    Les quelque 14 millions de filles et de femmes en Afghanistan n’avaient déjà plus vraiment aucun droit. Depuis le retour des Talibans au pouvoir, elles sont largement confinées chez elles, empêchées d’étudier, de travailler, de marcher dans les parcs ou de se rendre aux bains publics. Leur vie ne vaut plus grand-chose : le nombre de suicides et de tentatives de suicide de femmes a explosé, et les violences sexistes ont rejoint une ampleur telle qu’elles ne sont même plus recensées. À présent, comme lors du premier règne taliban de 1996 à 2001, les juges sont encouragés à ordonner la torture et l’exécution des femmes.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/04/22/les-juges-afghans-encourages-a-ordonner-la-lap

    #international #afghanistan #feminisme

  • Une nouvelle année scolaire commence sans une seule fille en classe

    Le régime des talibans a officiellement annoncé le début de la nouvelle année scolaire, au premier jour de l’année 1403 du calendrier persan (correspondant au 20 mars 2024). Cette année, comme les deux précédentes, la cloche des écoles a sonné sans qu’aucune fille ne soit présente en classe. Aucune n’a été autorisée à entrer dans les écoles ni dans les universités. Elles attendaient, dépitées, derrière les grilles, les larmes aux yeux.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/03/28/une-nouvelle-annee-scolaire-commence-sans-une-

    #international #afghanistan

  • Les abus des talibans exacerbent surtout la situation des femmes et des filles
    « La situation empire chaque jour », m’a dit Ahmad, un ancien journaliste qui vit à Herat, en Afghanistan. « Je pense que plus personne n’a les moyens d’acheter assez de nourriture. »

    L’Afghanistan est en proie à une crise économique depuis plus de deux ans, après que les donateurs ont réduit les financements étrangers suite au retour pouvoir des talibans en 2021, et exclu la Banque centrale afghane du système international. Les violations des droits des femmes par les talibans dans des domaines tels que l’emploi, l’éducation et la liberté de circulation ont exacerbé la situation, intensifiant son impact sur les femmes et les filles. La réponse humanitaire n’a pas suffi à répondre à la crise, notamment parce que les donateurs ont réduit l’aide, en particulier depuis 2023, en réponse aux actions des talibans.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/03/20/loin-des-regards-des-afghanes-et-afghans-souff

    #international #afghanistan

  • Communiqué du Mouvement spontané des femmes afghanes (SMAW), 8 mars 2024

    Les femmes afghanes ont besoin de votre soutien !

    Alors que les femmes afghanes brûlent dans l’enfer du régime taliban à partir d’août 2021, les grandes puissances et la communauté internationale se livrent à des concessions et à des accords ouverts et secrets avec les talibans. Alors que plus de 50 décrets anti-femmes ont été publiés et mis en œuvre par les Talibans afin de priver systématiquement les femmes de tous leurs droits humains et civils, la communauté internationale reste silencieuse. Alors que les manifestations civiles de femmes réclamant « du pain, du travail, de la liberté » sont brutalement réprimées à Kaboul et dans d’autres provinces et que les manifestantes sont arrêtées, torturées et tuées, la communauté internationale ne prend aucune mesure sérieuse pour mettre un terme aux atrocités commises par les talibans. Alors que des centaines de femmes manifestantes sont actuellement soumises à des tortures physiques et mentales dans des prisons privées et officielles des talibans, et que l’on ne dispose d’aucune information sur le sort de certaines d’entre elles, aucune instance locale ou internationale n’essaie de les libérer. Alors que des centaines de militantes afghanes sont menacées de mort par les talibans et souffrent de problèmes nutritionnels, sanitaires, éducatifs et psychologiques dans des lieux clandestins, les pays qui se réclament des droits des êtres humains ne prêtent pas attention à leur demande d’asile.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/03/11/communique-du-mouvement-spontane-des-femmes-af

    #feminisme #afghanistan

  • Les demandes d’asile dans l’UE à leur plus haut niveau depuis la crise migratoire de 2015-2016
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/02/28/les-demandes-d-asile-dans-l-ue-a-leur-plus-haut-niveau-depuis-la-crise-migra

    Les demandes d’asile dans l’UE à leur plus haut niveau depuis la crise migratoire de 2015-2016
    Le Monde avec Reuters
    En 2023, le nombre des demandes d’asile dans l’Union européenne a bondi de 18 % pour atteindre le chiffre de 1,14 million, selon les données publiées mercredi 28 février par l’Agence de l’Union européenne pour l’asile. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis la crise migratoire de 2015-2016. Ces nouveaux chiffres sont susceptibles d’alimenter un débat déjà houleux sur l’immigration, à l’approche d’une série d’élections sur le continent, en particulier les élections pour le Parlement européen, en juin, où les partis d’extrême droite devraient faire des percées.
    Les ressortissants syriens et afghans restent les groupes les plus importants parmi les demandeurs d’asile, selon les données de l’agence. Fait nouveau, les Turcs constituent le troisième groupe de demandeurs d’asile, avec une hausse de 82 % de demandes par rapport à 2022.Dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, le nombre de Palestiniens demandant l’asile dans l’UE a atteint un niveau record de près de 11 600 en 2023, a dit l’agence, tout en notant la difficulté d’enregistrer correctement leur importance, la plupart des Etats membres ne reconnaissant pas l’Etat palestinien. L’Allemagne a été une fois de plus la première destination des demandeurs d’asile dans le bloc, recevant près d’un tiers de toutes les demandes.
    Si le nombre des demandes d’asile pour 2023 est légèrement inférieure au niveau de 2016, ces demandes s’ajoutent aux 4,4 millions de ressortissants ukrainiens qui ont cherché refuge dans l’UE depuis l’invasion de leur pays par la Russie et qui n’ont pas besoin d’introduire une demande officielle.Frontex, l’Agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes, a annoncé en janvier avoir enregistré la plus forte hausse de franchissements irréguliers des frontières du bloc depuis 2016, ce qui a contribué à alimenter le débat sur les moyens de freiner l’immigration, certaines autorités locales se disant débordées par l’afflux de migrants.
    Bruxelles a renforcé ses lois sur l’asile depuis 2016 et a conclu des accords au Moyen-Orient et en Afrique du Nord afin de décourager les départs des pays d’origine.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#allemagne#frontex#immigration#asile#syrie#afghanistan#turquie#palestine#russie#moyenorient#afriquedunord#sante#fluxmigratoire

  • Iran : Réponse de Reza Shahabi, travailleur emprisonné, à la lettre ouverte de Saemeh Sultani, militante du Mouvement des femmes afghanes !

    Chère Saemeh, voisine dont le destin est lié au mien.

    Votre message sincère m’a profondément touché. Tout ce qui vient du cœur, va au cœur.

    La honte est parfois un sentiment révolutionnaire. Votre lettre me provoque à la fois de la colère et de la honte :
    de la colère contre les insultes quotidiennes, la violence, le rejet et l’humiliation que vous rencontrez chaque jour en tant que citoyenne afghane,
    de la honte, parce qu’en tant qu’Iranien, je me reproche toutes ces années passées à ne rien faire contre ce que vous subissez, alors que j’aurais certainement pu faire quelque chose.

    Je suis profondément triste et peiné de malheureusement constater qu’au sein de nos peuples opprimés, et même dans cette prison, certain.es militant.es politiques et syndicaux qui devraient être les porte-drapeaux de la lutte contre toutes les formes de discrimination, continuent à répandre la haine et la division.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/01/13/iran-reponse-de-reza-shahabi-travailleur-empri

    #international #iran #afghanistan

  • #Chowra_Makaremi : « Le #viol devient le paradigme de la loi du plus fort dans les #relations_internationales »

    En #Ukraine, Poutine revendique de faire la guerre au nom du genre. En #Iran, le régime réprime implacablement la révolution féministe. Dans d’autres pays, des populistes virilistes prennent le pouvoir. Une réalité que décrypte l’anthropologue Chowra Makaremi.

    IranIran, Afghanistan, invasion russe en Ukraine, mais aussi les discours des anciens présidents Donald Trump ou Jair Bolsonaro ou du chef de l’État turc, Recep Tayyip Erdogan : tous ont en commun de s’en prendre aux #femmes, comme l’explique l’anthropologue Chowra Makaremi.

    L’autrice de Femme ! Vie ! Liberté ! Échos du soulèvement en Iran (La Découverte, 2023) fait partie des chercheuses sollicitées par Mediapart pour #MeToo, le combat continue, l’ouvrage collectif publié récemment aux éditions du Seuil et consacré à la révolution féministe qui agite le monde depuis l’automne 2017 et le lancement du fameux mot-clé sur les réseaux sociaux. Depuis, toutes les sociétés ont été traversées de débats, de controverses et de prises de conscience nouvelles. Entretien.

    Mediapart : « Que ça te plaise ou non, ma jolie, il va falloir supporter. » Cette phrase a été prononcée le 7 février 2022 par le président russe, #Vladimir_Poutine, devant Emmanuel Macron. Elle était adressée à l’Ukraine et à son président, Volodymyr Zelensky, qui venait de critiquer les accords de Minsk, signés en 2015 pour mettre fin à la guerre dans le Donbass. Quelle lecture en faites-vous ?

    Chowra Makaremi : Le viol devient le paradigme de la #loi_du_plus_fort dans les relations internationales. La philosophe #Simone_Weil souligne dans un texte combien la #guerre relève de la logique du viol, puisque sa matrice est la #force qui, plus que de tuer, a le pouvoir de changer l’être humain en « une #chose » : « Il est vivant, il a une âme ; il est pourtant une chose. [L’âme] n’est pas faite pour habiter une chose ; quand elle y est contrainte, il n’est plus rien en elle qui ne souffre violence », écrit-elle.

    Cette comptine vulgaire de malfrats que cite #Poutine dit la culture criminelle qui imprègne sa politique. Elle me fait penser à ce que l’anthropologue Veena Das nomme la dimension voyou de la souveraineté étatique : la #truanderie comme n’étant pas seulement un débordement illégitime du pouvoir mais, historiquement, une composante de la #souveraineté, une de ses modalités.

    On le voit avec le pouvoir de Poutine mais aussi avec ceux de #Narendra_Modi en #Inde (dont parle Veena Das), de #Donald_Trump aux #États-Unis, de #Jair_Bolsonaro au #Brésil, de #Recep_Tayyip_Erdogan en #Turquie. Quand Poutine a dit sa comptine, personne n’a quitté la salle, ni Emmanuel Macron ni la presse, qui a cherché, au contraire, à faire parler la symbolique de cette « remarque ». Tout le réseau de sens et de connexions qui permet à cette cruelle boutade de tenir lieu de discours guerrier intuitivement compréhensible et audible montre que le type d’#outrage dont elle relève est une #transgression qui appartient, à la marge, à l’#ordre.

    On parle de la #masculinité_hégémonique au pouvoir avec Poutine, mais elle fait écho à celle de nombreux autres chefs d’État que vous venez de citer. Quelles sont les correspondances entre leurs conceptions de domination ?

    Il n’y a pas, d’un côté, les théocraties comme l’Iran et l’Afghanistan, et, de l’autre, les populismes virilistes de Trump, Erdogan, Bolsonaro, qui s’appuient sur des « #paniques_morales » créées par la remise en cause des rôles traditionnels de #genre, pour s’adresser à un électorat dans l’insécurité. Bolsonaro, très lié à l’armée et à l’Église, s’est appuyé sur je ne sais combien de prêcheurs pour mener sa campagne. Dimension religieuse que l’on retrouve chez Poutine, Modi, Erdogan.

    La #religion est un des éléments fondamentaux d’un #pouvoir_patriarcal très sensible à ce qui peut remettre en question sa #légitimité_symbolique, sa #domination_idéologique, et dont la #puissance est de ne pas paraître comme une #idéologie justement. Cette bataille est menée partout. Il y a un même nerf.

    Quand l’anthropologue Dorothée Dussy parle de l’inceste et de sa « fonction sociale » de reproduction de la domination patriarcale, son analyse est inaudible pour beaucoup. C’est ainsi que fonctionne l’#hégémonie : elle est sans pitié, sans tolérance pour ce qui peut en menacer les ressorts – et du même coup, en cartographier le pouvoir en indiquant que c’est là que se situent les boulons puisque, précisément, la puissance de l’hégémonie est dans l’invisibilité de ses boulons.

    Si on prend le #droit_de_disposer_de_son_corps, en Occident, il s’articule autour de la question de la #santé_contraceptive et du #droit_à_l’avortement et dans les mondes musulmans, autour de la question du #voile. De façon troublante, une chose est commune aux deux situations : c’est le viol comme la vérité des rapports entre genres qui organise et justifie la #contrainte sur les femmes à travers leur #corps.

    En Occident, le viol est le cas limite qui encadre juridiquement et oriente les discussions morales sur l’#avortement. Dans les sociétés musulmanes, la protection des femmes – et de leur famille, dont elles sont censées porter l’honneur – contre l’#agression_masculine est la justification principale pour l’obligation du voile. Il y a de part et d’autre, toujours, cet impensé du #désir_masculin_prédateur : un état de nature des rapports entre genres.

    C’est ce qu’assènent tous les romans de Michel Houellebecq et la plupart des écrits du grand Léon Tolstoï… « L’homme est un loup pour l’homme, et surtout pour la femme », dit un personnage du film Dirty Dancing. Cette population définie par ces rapports et ces #pulsions, il s’agit de la gouverner à travers l’#ordre_patriarcal, dont la domination est posée dès lors comme protectrice.

    L’Iran et l’#Afghanistan figurent parmi les pays les plus répressifs à l’encontre des femmes, les régimes au pouvoir y menant un « #apartheid_de_genre ». Concernant l’Afghanistan, l’ONU parle même de « #crime_contre_l’humanité fondé sur la #persécution_de_genre ». Êtes-vous d’accord avec cette qualification ?

    Parler pour la persécution de genre en Afghanistan de « crime contre l’humanité » me semble une avancée nécessaire car elle mobilise les armes du #droit pour désigner les #violences_de_masse faites aux femmes et résister contre, collectivement et transnationalement.

    Mais il me paraît tout aussi important de libérer la pensée autour de la #ségrégation_de_genre. À la frontière entre l’Iran et l’Afghanistan, au #Baloutchistan, après la mort de Jina Mahsa Amini en septembre 2022, les femmes sont sorties dans la rue au cri de « Femme, vie, liberté », « Avec ou sans le voile, on va vers la révolution ». Dans cette région, leur place dans l’espace public n’est pas un acquis – alors qu’il l’est à Téhéran – et elles se trouvent au croisement de plusieurs dominations de genre : celle d’un patriarcat traditionnel, lui-même dominé par la puissance étatique centrale, iranienne, chiite.

    Or, en participant au soulèvement révolutionnaire qui traversait le pays, elles ont également renégocié leur place à l’intérieur de ces #dominations_croisées, chantant en persan, avec une intelligence politique remarquable, le slogan des activistes chiliennes : « Le pervers, c’est toi, le salopard, c’est toi, la femme libérée, c’est moi. »

    C’est en écoutant les femmes nommer, en situation, la #ségrégation qu’on saisit le fonctionnement complexe de ces #pouvoirs_féminicides : en saisissant cette complexité, on comprend que ce n’est pas seulement en changeant des lois qu’on les démantèlera. On se trouve ici aux antipodes des #normes_juridiques, lesquelles, au contraire, ressaisissent le réel dans leurs catégories génériques. Les deux mouvements sont nécessaires : l’observation en situation et le #combat_juridique. Ils doivent fonctionner ensemble.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/040124/chowra-makaremi-le-viol-devient-le-paradigme-de-la-loi-du-plus-fort-dans-l

  • A propos de la famine actuelle en Afghanistan

    Une famine aux causes multiples mais en dernier ressort c’est l’aide alimentaire qui est volontairement diminuée par les pays donataires en raison du régime taliban et du sort réservé aux femmes - on peut douter que la situation des femmes en soit amélioré par de telles mesures. Le programme alimentaire mondial (PAM) a ainsi été contraint de couper totalement les vivres en 2023 à 10 millions de personnes, avec une baisse de 66% des aides en octobre 2023

    (décembre 2023)

    Un porte-parole du gouvernement taliban rejette toute responsabilité : quand la journaliste de la BBC l’interroge, ce principal porte-parole des talibans affirme que l’aide internationale s’est réduite à cause du Covid-19 et de la guerre en Ukraine, mais il nie tout besoin de réforme face à des donateurs qui refusent de donner de l’argent à un pays où les droits des femmes sont bafoués. « Les Afghans ont déjà fait de grands sacrifices dans le passé pour protéger nos valeurs », a-t-il déclaré à la BBC. La journaliste pense que ces paroles « n’apporteront pas de réconfort à beaucoup d’Afghans ». Près de 90 % des Afghans n’ont pas assez à manger, indique la radiotélévision publique britannique. Les deux tiers des habitants du pays ne savent pas de quoi sera fait leur prochain repas. Ou même s’il y en aura : un tiers des enfants en Afghanistan, soit 8 millions d’enfants, commenceront l’année 2024 sur un niveau de faim critique, (...)

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-mardi-19-decembre-2023-229

    (sept 2023)

    https://fr.wfp.org/stories/we-eat-less-sometimes-not-all-cuts-food-relief-deepen-hunger-afghanistan

    (juil 2023) Famine en Afghanistan : les talibans seuls responsables ? par l’ONG United Against Inhumanity

    Cette situation cruelle est en partie causée par un gouvernement irresponsable et corrompu, par la marginalisation des femmes dans l’espace public et par l’incapacité du pays à gérer ses propres ressources, déjà amoindries. Il faut également souligner qu’avant même le retour des talibans au pouvoir en août 2021, le budget afghan était largement soutenu par des fonds étrangers (venus des pays de la coalition sous l’égide de l’OTAN) ‒ une aide désormais indisponible. On constate en outre une baisse de la coopération, qu’elle soit bilatérale ou par le biais des Nations unies et des ONG : à l’heure actuelle, moins de 15 % des appels de fonds lancés par l’ONU pour 2023 ont été approvisionnés.

    Cette ONG point aussi le rôle du gel de l’argent afghan placé dans des pays occidentaux qui ont envahi l’Afghanistan il y a 22 ans :

    Il existe cependant un troisième facteur dont on parle peu : le gel des réserves souveraines par les États-Unis et leurs alliés, facteur déterminant dans l’effondrement de l’économie et du secteur bancaire du pays. Plus de neuf milliards de dollars placés à l’étranger par la banque centrale afghane (Da Afghanistan Bank) sont bloqués par la Réserve fédérale américaine et dans des banques européennes. Or il ne s’agit pas de l’argent du gouvernement, mais bien de celui des citoyens afghans. Cet argent contribuait à la stabilité de la monnaie nationale et rendait possible le commerce avec d’autres pays, ce qui est de fait aujourd’hui impossible. Un autre des effets de ce gel des avoirs s’illustre par une diminution radicale du nombre de billets de banque en circulation. Lorsqu’ils sont trop détériorés, ils ne peuvent même plus être remplacés.
    (...)
    Ces dernières années, seules quelques voix se sont élevées pour dénoncer cette « guerre économique » et ce qui pourrait s’apparenter à une vengeance cruelle de l’Occident après la perte de la guerre d’Afghanistan. Sept milliards de dollars sont détenus par les États-Unis et le reste par des banques européennes. Ces pays, dont les armées possèdent les technologies les plus avancées au monde, ont vu leurs analystes, espions et soldats perdre la guerre contre des combattants en sandales équipés de simples Kalachnikovs.
    (...)
    Irait-on jusqu’à affirmer que l’extrême radicalisation de l’émirat taliban est également le fait de cet état d’injustice manifeste ? Lorsqu’un chat est acculé et craint pour sa vie, il feule, crache et l’on peine à retrouver le compagnon apprivoisé qu’il était. Que ce lien de cause à effet soit avéré ou non, il n’en reste pas moins que l’injustice est réelle et que la population afghane ‒ ces enfants, hommes et femmes, jeunes ou âgés que nous prétendons défendre depuis plus de vingt ans ‒ en paie le prix.

    https://www.alternatives-humanitaires.org/fr/2023/08/16/famine-en-afghanistan-les-talibans-seuls-responsables

    (mai 2022)

    La fabrique d’une famine

    Dans ce pays de 650.000 kilomètres carrés, seuls 12% des terres sont considérées comme cultivables (contre 60% en France) et sont très dépendantes de la pluviométrie et d’un complexe système d’irrigation que la réforme agraire avortée de 1978, alors menée par le nouveau régime communiste, déstructurera en partie. Puis, pendant l’occupation soviétique, la destruction d’installations agricoles participa de stratégies, parfois volontaires, destinées à vider de leurs populations des poches de résistance.

    En parallèle se mettent en place deux autres phénomènes qui viennent aggraver encore l’équation de la faim : les mouvements massifs de déplacés forcés fuyant les campagnes pour gagner les habitats miséreux de la périphérie des villes, et une augmentation constante des surfaces agricoles consacrées à la culture du pavot.

    Le développement rapide de l’éphédra ("oman" dans la langue locale), qui permet de produire des méthamphétamines de faible qualité, contribue à renforcer le statut de narcoétat de l’Afghanistan, dans une logique qui relève, de la part des producteurs, d’un processus adaptatif de survie. Les avances financières qui leur sont concédées par les trafiquants ("salaam") pour payer des intrants devenus nécessaires à la production de drogue les piègent dans un modèle économique classique de l’agriculture d’exportation.

    Deux chiffres rendent compte de ces phénomènes depuis l’entrée de la coalition en 2001 et la chute du premier régime taliban : en vingt ans, le pays n’aura pas connu une année durant laquelle le flux de personnes déracinées sera tombé en dessous de 150.000 par an, avec deux pics à plus d’un million en 2001 et 2014 ; dans le même temps, les surfaces consacrées à la culture du pavot ont triplé, stimulées par une meilleure rentabilité financière pour les agriculteurs, et par les besoins d’achat d’armement des talibans.

    La meilleure résistance du pavot au réchauffement climatique, comparé à d’autres productions de l’agriculture vivrière, est venue encore renforcer la progression des surfaces plantées. La situation ne serait pas aussi dramatique si tous ces mécanismes qui précèdent ne s’étaient ajoutés à une progression démographique qui confère à l’Afghanistan le record mondial en la matière, avec un taux annuel de 6%. Depuis 2001, la population du pays est ainsi passée de 18 à 38 millions d’habitants, avec un taux d’urbanisation aujourd’hui estimé à 30%.

    Les talibans sont ainsi aujourd’hui aux commandes d’un pays qui a profondément changé depuis leur première prise de pouvoir en 1996. L’ensemble de ces réalités convergent pour créer les conditions d’une fatale équation alimentaire auquel le nouveau régime de l’émirat islamique est confronté, sans ignorer pour autant la part de responsabilité de ses dirigeants dans une partie des mécanismes décrits. Pour y faire face, les caisses de l’État sont vides et le système de santé est exsangue.

    Entre cynisme et amnésie

    Dans un scandaleux exercice d’amnésie collective, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, comme les autres pays les plus riches parmi ceux qui composent l’Assemblée générale des Nations unies, rechignent à contribuer en urgence à l’appel de fonds de 4,4 milliards de dollars lancé par le sous-secrétaire général des Nations unies aux affaires humanitaires, Martin Griffiths et relayé par le secrétaire général Antonio Guterres.

    Tous sont oublieux de l’histoire, oublieux des accords de Doha qui avaient volontairement tenu à l’écart des négociations aussi bien le gouvernement afghan d’Achraf Ghani que les alliés de la coalition internationale. Prenant ainsi acte de l’alternance politique annoncée, et faisant aujourd’hui semblant de s’offusquer de l’arrivée au pouvoir des talibans… Oublieux, chemin faisant, du « Grand jeu » dans lequel les uns et les autres ont continué d’inscrire la population civile, dans des enjeux qui la dépassent totalement.

    En décembre 2021, après d’âpres négociations, le Conseil de sécurité a finalement voté une résolution qui, pour un an, permet la mise en œuvre d’une aide humanitaire qui peut se déployer, sous conditions, sans que ne puisse lui être opposé le régime de sanctions qui frappe les nouvelles autorités afghanes. Si la Chine et la Russie ont pesé de tout leur poids pour aboutir à cette décision politique, les deux pays ne se sont pour autant pas engagés sur les aspects des financements de cette résolution 2615, finalement votée à l’unanimité du Conseil de sécurité.

    Ces atermoiements traduisent une nouvelle fois l’impérative nécessité de refonder le modèle de financement de l’aide humanitaire. Tel qu’elle est organisée aujourd’hui, cette aide est insuffisante en volume, et trop dépendante du jeu complexe des relations entre grandes puissances. Mais en attendant, il faut rapidement obtenir ces financements et les mettre à disposition des organisations en mesure de les déployer. En Afghanistan, le sort de 22 millions de personnes en dépend.

    https://www.lejdd.fr/International/famine-en-afghanistan-pourquoi-est-il-necessaire-de-reformer-laide-humanitaire

    #famine #agriculture #aide-alimentaire #Afghanistan #monnaie

  • Afghanistan : Les écoles talibanes échouent aussi à l’égard des garçons

    Les politiques éducatives des talibans ne nuisent pas seulement aux filles et aux femmes

    Les politiques éducatives abusives des talibans en Afghanistan nuisent aussi bien aux garçons qu’aux filles et aux femmes, suite au licenciement d’enseignantes qualifiées et aux changements régressifs apportés aux programmes scolaires.

    Ces changements ont conduit à une baisse de la fréquentation scolaire et à une perte d’espoir pour l’avenir ; les talibans risquent ainsi de créer une « génération perdue ».

    Les gouvernements préoccupés et les agences des Nations Unies devraient exhorter les talibans à mettre fin à leur interdiction discriminatoire portant sur l’éducation des filles, et à cesser de violer les droits des garçons à une éducation de qualité.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/12/18/afghanistan-les-ecoles-talibanes-echouent-auss

    #ecole #afghanistan

  • Israel’s Chance to Turn Carnage into Peace
    https://www.commondreams.org/opinion/israel-gaza-peace-diplomacy

    Il faut cririquer Israël si on veut sauver Israël. Malheureusement chaque critique d’Israël et de son gouvernement d’extrême droite est assimilé à l’antisemitisme par la propagande sioniste. Cet article propose une solution à ce dilemme.

    31.10.2023 by Jeffrey D. Sachs - Friends do not let friends commit crimes against humanity.

    Israel is running out of time to save itself—not from Hamas, which lacks the means to defeat Israel militarily, but from itself. Israel’s war crimes in Gaza, verging on the crime of genocide according to the Center for Constitutional Rights, threaten to destroy Israel’s civil, political, economic, and cultural relations with the rest of the world. There are growing calls in Israel for Prime Minister Benjamin Netanyahu to resign immediately. A new Israeli government should seize the opportunity to turn carnage into lasting peace through diplomacy.

    Netanyahu is leading Israel into the same trap that the U.S. fell into after 9/11. Hamas’ goal in its heinous terrorist attack on 10/7 was to goad Israel into a long and bloody war, and to induce Israel to commit war crimes to bring on the world’s opprobrium. This is a classic political use of terror: not merely to kill, but to frighten, provoke, debase, and ultimately undermine, the foe.

    Al-Qaeda, the perpetrator of 9/11, goaded America’s political class to launch disastrous wars in Afghanistan, Iraq, and beyond. The result was carnage, torture by U.S. agencies and military forces, $8 trillion in debt, and the collapse of U.S. prestige and power worldwide. Hamas is similarly goading Israel into war crimes and potentially into a region-wide war. Israel’s actions are turning Israel’s friends around the world against it.

    Israel’s instinct is to ignore global opinion, chalking it up to anti-Semitism and believing that the U.S. has Israel’s back. Yet the U.S., weakened as it is in world affairs, can’t possibly save Israel from itself. Just look at how the U.S. is “saving” Ukraine. Ukraine is being destroyed by its pursuit of NATO membership and rejection of diplomacy, both of which have been encouraged by America’s ineffective pledge to support Ukraine militarily “for as long as it takes.”

    Israel’s actions are turning Israel’s friends around the world against it.

    There is another deep similarity of al-Qaeda’s 9/11 and Hamas’s 10/7. Al-Qaeda was a U.S. creation that later boomeranged. By covertly funding Islamic jihadists in Afghanistan to fight the Soviet Union during the 1980s, the CIA effectively launched al-Qaeda. In the case of Hamas, Netanyahu—as is well-documented—secretly backed Hamas in order to divide and weaken the Palestinian Authority.

    Israelis are told by Netanyahu and his cabinet that there is no alternative to achieve security and peace other than to invade Gaza to defeat Hamas. The acquiescence of the U.S. and European governments as Israel invades Gaza conveys the message to the Israeli people that their leaders are telling the truth: that Hamas can be defeated militarily, that the civilian deaths in Gaza are being limited by careful targeting of military operations, and that Israel is doing the only thing it can do for its own security. Yet these misguided views are perpetrated by the same political class that let Israel’s guard down in the lead-up to 10/7. Israeli leaders are seeking to cover up their blunders through the war in Gaza.

    The facts are these. First, while Hamas demonstrated its capacity to commit a surprise terrorist attack, the truth is that Israel let its guard down on 10/7. By bolstering its borders and its intelligence, Israel can block Hamas from a repeat attack. Nor is Israel at risk of any kind of military defeat by Hamas inside Israel, since Israel has vast military dominance. The same was true with 9/11, which was a catastrophic failure of U.S. homeland security and intelligence operations, but did not even remotely represent a threat of U.S. military defeat.

    This is not to say that defeating Hamas inside Gaza would be straightforward. With a major Israeli ground invasion, Hamas would have the advantage of urban guerilla warfare on its own turf, and no doubt large numbers of Israeli soldiers are likely to die in such a campaign.

    There is a completely different approach to Israel’s security, the one that Israel’s political class has rejected for decades, yet the only one that can deliver real peace and security. It is a political solution for Palestine, coupled with comprehensive, enforceable security arrangements for Israel.

    Israel sits on top of a volcano of unrest because it has long denied basic human, economic, and political rights to the Palestinian people. Gaza has famously been described by Human Rights Watch as an open-air prison. Israel’s occupation of Palestine is tantamount to apartheid in the view of human rights groups such as Amnesty International. The UN Security Council and UN General Assembly have rightly and overwhelmingly voted resolution after resolution calling for a two-state solution, most recently on October 26, just days ago.

    Israel sits on top of a volcano of unrest because it has long denied basic human, economic, and political rights to the Palestinian people.

    I refer readers interested in the detailed history of this long saga to the wise and scholarly study by my esteemed colleague Professor Rashid Khalid, The Hundred Years’ War on Palestine. Historian Ian Black, in his book Enemies and Neighbors: Arabs and Jews in Palestine and Israel 1917-2017, recounts that Netanyahu, Israel’s longest-serving Prime Minister, “was not prepared to make the concessions needed to make [the two-state solution] possible.”

    The failure of Israel’s political class to achieve true security for Israel and justice for Palestine opens the door to a different approach. Here is how a diplomatic solution could work.

    The UN Security Council would commit to the disarming of militant groups, including Hamas and Islamic Jihad. Countries funding and arming these groups, notably Iran, would agree to join with the UN Security Council in defunding and demobilizing these groups as part of the peace deal. Both Saudi Arabia and Iran would establish diplomatic relations with Israel as part of the peace deal. Israel and the UN Security Council would recognize a sovereign, independent, and secure state of Palestine, with its capital in East Jerusalem, and with full membership in the United Nations. Palestine would be given sovereign control over the Muslim holy sites of East Jerusalem, including Haram al-Sharif.

    The five permanent powers (P5) of the UN Security Council—the U.S., Russia, China, UK, and France—all favor such a peace deal. Indeed, Biden has recently reiterated U.S. support for the two-state solution. Moreover, there is scope for favorable diplomacy among the P5. The U.S. and China will soon hold a summit of President Biden and President Xi, and there are even glimmers of behind-the-scenes diplomacy between Russia and the U.S. to sort out and end the tragic conflict in Ukraine.

    If Israel swallows Netanyahu’s poison that “this is a time for war,” Israel will isolate itself from the rest of the world and pay a devastating price.

    Iran can be brought on board to such a deal, as long as the deal includes the normalization of Iran’s diplomatic and economic relations with the E.U. and the United States. In 2015, Iran negotiated the Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) with the U.S. and European nations to end Iran’s nuclear weapons program in return for an end to Western sanctions. It was the U.S. under former President Donald Trump, not Iran, that brazenly withdrew from the JCPOA in 2018. More recently, Iran has reconciled with Saudi Arabia and joined the BRICS nations, demonstrating Iran’s interest in dynamic and creative diplomacy.

    The rest of the UN member states also clearly support a two-state solution. As soon as Israel embraces a comprehensive peace deal, it will garner friends worldwide, and cause a worldwide sigh of relief.

    If Israel swallows Netanyahu’s poison that “this is a time for war,” Israel will isolate itself from the rest of the world and pay a devastating price. Israel’s attainable objective is lasting peace and security through diplomacy. Israel’s friends, starting with the U.S., must help it choose diplomacy over war. Friends do not let friends commit crimes against humanity, much less provide them with the finances and arms to do so.

    #Israel #USA #Afghanistan #guerre #terrorisme

  • More than 40,000 Afghans Resettled to Canada with IOM’s Support
    https://mailchi.mp/d25019f3396e/more-than-40000-afghans-resettled-to-canada-with-ioms-support?e=e777d31e35

    More than 40,000 Afghans Resettled to Canada with IOM’s Support
    In addition to coordinating resettlement flights, IOM assists refugees with the application process, and provides pre-departure health assessments and pre-departure orientation sessions to prepare them for their new lives in Canada. P
    IOM has worked closely with the Government of Canada and other partners to safely resettle Afghans in the country since August 2021. “We are deeply honored to help Canada bring in tens of thousands of vulnerable Afghans to safety,” said IOM Director General Amy Pope. “Throughout our 70-year journey as an organization, supporting the safe and dignified resettlement of refugees has remained at the heart of IOM’s global mission. We have worked tirelessly with governments and partners to ensure refugees have every chance to thrive in their new communities.”
    Throughout its history, IOM has assisted in the resettlement of over 6.4 million people through several programs, including refugee resettlement, humanitarian admission, relocation with Europe, family relocation, and other pathways. Canada was among the first countries to launch a special humanitarian resettlement program for vulnerable Afghans, including women leaders, human rights defenders, persecuted ethnic or religious minorities, LGBTI+ individuals, and journalists. “The horrors faced in Afghanistan at the hands of the Taliban are ongoing, and the impacts to the rights and freedoms of the Afghan people, specifically women and girls, knows no bounds,” said the Honourable Marc Miller, Canada’s Minister of Immigration, Refugees and Citizenship. “Meeting our commitment does not mean our work ends here. We will continue to work with our key partners to bring vulnerable Afghans to safety and help them build their new lives in communities across Canada.”
    This achievement is the result of hard work and collaboration between IOM, the Government of Canada, NGOs, and other organizations operating in the region. IOM plays a crucial role in the resettlement process, including coordinating resettlement flights, assisting with the application process, and providing pre-departure health assessments and pre-departure orientation sessions to prepare Afghans for their new lives in Canada. IOM also facilitates their travel to their new home communities around the country.

    #Covid-19#migrant#migration#canada#afghanistan#oim#refugie#vulnerabilité#sante#installation

  • Le 7 octobre, partout dans le monde, organisons piquets et rassemblements pour que l’asile soit accordé par les gouvernements européens aux militantes persécutées en Afghanistan !

    [Communiqué n°10 du CIDFA – 27 septembre 2023]

    Premiers rendez-vous :
    San Francisco (États-Unis) : 6 octobre, 12h00, Federal Building (Mission & 7th Street)
    Berlin (Allemagne) : 7 octobre, rassemblement aux abords du ministère des Affaires étrangères
    Paris (France) : 7 octobre, rassemblement à 14h30, place de la République
    Bilbao (Etat espagnol) : 7 octobre, 11h30, Gobierno civil/Gobernu zibilean, Plaza Eliptika
    (merci de communiquer vos lieux et heures de rassemblement au Comité international : afghanistanwoman2022@gmail.com)

    -
    Libérez Neda Parwani !

    Neda Parwani, l’une des combattantes du mouvement de protestation des femmes afghanes, a été arrêtée mardi 19 septembre 2023 à Kaboul. Les talibans ont arrêté Mme Neda Parwani avec son mari et son fils de 14 ans dans leur maison de Khairkhana, à Kaboul, et les ont transférés dans un lieu inconnu.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/10/06/le-7-octobre-partout-dans-le-monde-organisons-

    #international #afghanistan

  • Jihad against colonialism : A mysterious link between global Islam, India and the Russian Revolution
    https://www.rt.com/india/583477-islam-india-russian-revolution-mohammad-barkatullah
    Plusieurs alliances entre communistes et mouvements islamiques de libération ont existé avant la montée de l’islam.politique. Le socialisme était reconnu comme concept en ligne aves les aspiration égalitaires de l’islam révolutionnaire. La lutte anticoloniale en Inde a connu ce phénomène aussi.

    La révolution islamique en Iran et l’élimination des membres du parti Tudeh dans les années 1980 ont marqué la fin de cette politique dans le monde entier.

    1.10.2023 by Lamat R Hasan, independent journalist based in New Delhi - An Indian revolutionary exiled from his homeland urged fellow Muslims not to believe America, France or Britain, but advocated for a unity of socialism and Islam

    Maulana Barkatullah Bhopali, a founder member of the Ghadar Party, an early 20th century group of expatriate Indians fighting British rule, had at least two extraordinary meetings with Comrade Vladimir Lenin in the first years of Soviet power in Russia.

    This changed the ideological outlook of a man who, before the outbreak of the First World War, had set up a provisional Indian government-in-exile in Kabul, of which he was the prime minister.

    The Russian Revolution deeply impressed the Maulana (a term used for respected religious leaders) and he went on to become an important interface of pan-Islamism, communism and India’s freedom struggle.

    He urged Muslims across the globe to unite and embrace socialism, an ideology that he felt was in line with Islamic thought, and was an ideal tool with which to crush imperialism.
    The little-known story of a visionary revolutionary

    The Maulana was either born in 1859 (according to his biography by Mohd Irfan) or 1862 (according to his biography by Qazi Syed Wajdi-ul-Hussaini), in the central Indian town of Bhopal, to Maulvi Shujatullah. He was a bright student and learned Urdu, Arabic and Persian languages, along with Islamic theology. During his travels, he learned English and Japanese, which helped him connect effortlessly with people – both in person and through his writings.

    Bhopali was forced to flee British India in the 1880s. He was last seen in Bhopal in January 1883 and both biographers speculate that he got into trouble because of his association with Sheikh Syed Jamaluddin Afghani, a pan-Islamist in the crosshairs of the British Raj. He had apparently followed Afghani to Bombay, and made his way to England. He spent the rest of his life meeting fellow revolutionaries, cutting across class, race and nationalities.
    ‘I’ve embarked on this special path for a reason’: How the son of a wealthy Indian family decided to become a Pakistani communist

    He lived in Liverpool and London from 1880 to 1903, and then relocated in 1903 to New York, where he could take on the British more freely. Long before Netaji S.C. Bose arrived in Japan, Bhopali had made Tokyo his home from 1909 to 1914.

    While in London, Bhopali launched a flurry of articles and speeches criticizing British policies, and kept in touch with fellow revolutionaries in India. He had a scholarly exchange with the poet and nationalist leader, Maulana Hasrat Mohani, who coined the slogan “Inquilab Zindabad” (Long Live the Revolution). In these letters, he stressed the need for Hindu-Muslim unity in the freedom struggle.

    In Japan, he brought out a journal, The Islamic Fraternity, and later a newspaper, EI Islam, which was banned in British India. Though he had a good relationship with the Emperor of Japan, his appointment at the University of Tokyo was terminated in 1914 as a result of his activities.
    Bhopali in Afghanistan

    On December 1, 1915, India’s provisional government-in-exile was installed in Afghanistan with Raja Mahendra Pratap as president, Barkatullah Bhopali as prime minister, and Maulana Obaidullah Sindhi as home minister.

    Bhopali had arrived in Kabul on October 3, 1915 as part of the Indo-Turkish German mission. The delegation was accommodated in a royal guest house, but the members were not allowed to step out for two months.

    According to Irfan, Bhopali sent a letter to his friend, Sardar Nasrullah Khan, who was the prime minister of Afghanistan. Nasrullah urged his brother, Emir Habibullah Khan, to meet the delegation. The meeting went well. The Emir met Bhopali and Pratap separately and they discussed the formation of the provisional government of India. Once this was formed, it was decided that a letter should be sent to Czar Nicholas II seeking his help to overthrow the British colonialists in India. To show their respect for the Czar, the letter was engraved in gold.

    The Czar created obstacles and leaked their secret plans. The British lodged a protest with the Afghan government. Irfan quotes a letter by Pratap dated March 28, 1966: “Emir Habibullah was upset and he asked Barkatullah Bhopali and Raja Mahendra Pratap to leave Afghanistan [in 1917].”

    After Emir Habibullah Khan’s assassination in February 1919, his son Amanullah Khan declared war on the British rulers. Soviet Russia indirectly supported Afghanistan in this war, and was the first country to establish diplomatic ties with it. Amanullah Khan sent for Bhopali, and appointed him the ambassador of Afghanistan to Russia.
    Indian revolutionary in a revolutionary Russia

    In an essay on “Indian Freedom Fighters in Tashkent (1918–1922),” Dilorom Karomat notes that Pratap and Bhopali were among the first group of Indian nationalists to establish contact with the new Bolshevik government.

    According to Karomat, “Lenin attracted Indian freedom fighters as his ideas greatly influenced the growing movement for independence in India. Lenin corresponded and had discussions with several prominent Indian revolutionaries like Mohammad Barkatullah (1859–1927) … and was well informed about campaigns of non-cooperation. India was seen by Lenin as one of the greatest countries of Asia, which would play a leading role in the fighting against imperialist colonial systems in the East.”

    Maulana first met Lenin on November 23, 1918. On behalf of the Indian people, he presented Lenin with a walking stick made of sandalwood, and sought Lenin’s help in India’s freedom struggle.

    Bhopali called Lenin “The Shining Sun,” and subsequently wrote several articles on him and his philosophy.

    In his speech at the meeting of the RSFSR All-Russian Central Executive Committee, he said, “Comrades and brothers, leaders of the Russian Revolution! India sends its greetings from afar for the victory you have achieved in the name of global progress and the entire proletariat. India bows before the great destiny that has befallen Russia. India prays and implores Providence to send you the strength to carry on the work you have begun to its conclusion, and for your ideas to spread throughout the world. The revolution in Russia has made a profound impression on the psyche of the Indian people. Despite all of England’s efforts, the slogan of self-determination of nations has penetrated into India.”

    In her essay, “India’s First Envoys to Revolutionary Russia” (in “The Russian Revolution and India”), Irina Avchina reveals that the envoys of India met Lenin in November 1918, and used false names “in an attempt to throw the British intelligence service off their track.” They called themselves “Muhammed Hadi and Ahmad Haris.” The former was an alias used by Bhopali, according to Irfan’s biography, ‘Barkatullah Bhopali’.

    On November 26, 1918, Izvestia carried a news report about an Indian delegation meeting the chairman of the All-Russian Central Committee, Yakov Mikhailovich Sverdlov, and presenting him with a memorandum that was scathing in its condemnation of British rule in India. They hoped that the brothers of “Russia will extend their hand to us in the liberation of India.”

    Bhopali reached Tashkent in March 1919. Karomat notes that, according to the local newspaper, Ishtrokiun, Bhopali had met with the Emir of Bukhara first, which was seen as politically important and secret. The same newspaper published his “Address to All Muslims of Asia” (March 22, 1919), as well as “Bolshevik Ideas and Islamic Republic” (April 14, 1919).”
    Vladimir Kornilov: How today’s Russia-Ukraine conflict has its roots in the policies of Lenin’s Bolsheviks 100 years ago

    Karomat emphasizes that Pratap and Bhopali “met Lenin and discussed many issues related to obtaining freedom by India.”

    According to Wajdi-ul-Hussaini, when Bhopali visited Moscow for the second time in 1919, he was given a rousing welcome. He held meetings with Lenin and sought his help in India’s freedom struggle. He quotes a compatriot of the Maulana on the May 7, 1919 meeting with Lenin asking Bhopali, “Which language should I speak in?”

    Bhopali also used his time in 1919 to travel in the Volga region and visit several cities. Bhopal-based history enthusiast Rizwanuddin Ansari says a street in Ufa has been named in Bhopali’s memory: “Few people know of this street in Ufa. Lenin had sent the Maulana to Ufa as his special envoy to speak to the Bashkirs, the Muslim natives of Bashkortostan.” However, this street is today untraceable and no Russian source mentions it. Bhopali spoke at the Red Army Club on November 4, 1919, and the building that housed it now bears a memorial plaque.
    Forgotten hero

    Bhopali’s legacy has not been preserved in the annals of India’s or Russia’s history with the attention it deserves, even though a couple of books and an occasional article have been written about his fiery revolutionism.Forgotten is the fact that Bhopali set up a government-in-exile decades before Indian revolutionary Netaji Subhas Chandra Bose in the Japan-occupied Andaman and Nicobar Islands in 1943.

    The two best-known and oldest books on Bhopali are in Urdu, by Irfan and Wajdi-ul-Hussaini. A Hindi translation of the latter was commissioned by the Madhya Pradesh Urdu Academy in 1989, and Syed Iftikhar Ali undertook a “liberal” translation of Irfan’s book into English.

    While Irfan was the first to put the spotlight on Bhopali, Wajid-ul-Hussaini offers a spectacular account of Maulana’s transformation from a respected intellectual to a fervent revolutionary.
    ‘There is no God here’: How conflict between the Orthodox Christian Church and the Soviet Union helped define modern Russia

    Impressed with Lenin and Russian policies, Bhopali wrote an article in the Turkish language inviting Islamic intellectuals to join him. Wajdi-ul-Hussaini quotes from it: “O Muslims, do not believe in America, England or France. Their treachery and deceit are evident in the division of Iran, Afghanistan and the Ottoman Empire and the capture of Istanbul. Britain and France had made a secret treaty with the Czar … and Comrade Lenin exposed this treaty … and established the rule of the people.”

    Samee Nasim Siddiqui, an academic who wrote a research paper on “The Career of Muhammad Barkatullah (1864-1927): From Intellectual to Anti-Colonial Revolutionary,” offers a detailed account.

    Siddiqui states that Bhopali wrote a booklet titled “Bolshevism and the Islamic Body Politic” to recruit Muslims around the world. “Oh Mohammedans! Listen to this divine cry. Respond to this call of liberty, equality and brotherhood which Brother Lenin and the Soviet Government of Russia and all eastern countries [have given], we are announcing to you that the secret treaties made between the deposed Emperor and other States as regards the occupation of Constantinople, as well as treaties ratified by the dismissed Kerensky, have been annulled and torn up. The Russian Soviet, therefore, considers it essential that Constantinople should remain in the hands of the Muslims,” Bhopali wrote in the booklet.

    He saw no contradiction between socialism and Islam. “While he openly stated he was neither a communist or a socialist, his anti-colonialism and Bolshevik calls for revolution based on equality and liberty were compatible. And, indeed, looking back at his early writings, criticism of capitalist greed, the destruction of industry in India, and the treatment of the lower classes by the British were part of his critique of British rule well before he could have even foreseen an alliance with the Bolsheviks,” adds Siddiqui.
    Maulana’s legacy

    Wajdi-ul-Hussaini and Irfan noted that secret agent Sidney Reilly had invited Bhopali to join and head the Turkistan Ulema delegation to India and the Middle East, and to speak against the Bolsheviks.

    Bhopali rejected the offer. “I have been sincerely struggling all my life for the independence of my country. Today, I regret that my attempts did not succeed. But at the same time I am also satisfied that hundreds and thousands of others who have followed me are brave and truthful. With satisfaction I will place the destiny of my beloved nation in their hands. I have no desire to go down in history as a traitor to my country. You may easily find others who will gladly join you. Leave me alone,” Wajdi-ul-Hussaini recorded in his book.

    The opening of the Tashkent Military School didn’t go down well in British circles. “The Times of London wrote in its issue of 16 January 1920 that the Bolsheviks had opened a large number of propaganda schools at Tashkent from where agents will be sent to India, China and all Muslim countries. This type of propaganda continued even up to February 1921 when the political school at Tashkent and the military training school for Indians had been wound up and Indian revolutionaries moved to Moscow,” Karomat noted.

    With the closure of the Military School in May 1921, Tashkent ceased to be a Soviet-sponsored base for Indian freedom fighters.

    Bhopali left Moscow in the summer of 1922 after he fell seriously ill. In a letter dated March 28, 1966, Mahendra Pratap tells Irfan that Bhopali had left for Berlin, where he stayed for some time on account of his ill health.

    When he died in San Francisco on September 20, 1927, the United States of India, a publication of the Ghadar Party in the US, paid a glowing tribute: “His death is a grave loss to India in that it constitutes a severe blow to the revolutionary movement whose main pillar he had been for more than thirty years. The loss will not easily be forgotten, nor will the gap created soon be filled. Heroes like Barkatullah are not born everyday.”

    Ansari, the history enthusiast, added: “It’s a good thing that Arjun Singh [former chief minister of Madhya Pradesh] decided to rename Bhopal University as Barkatullah University in 1988, or this brilliant orator and erudite scholar who changed the political landscape with his fiery speeches and revolutionary writings, would have been long forgotten in his hometown too.”

    Razia Tanveer, Wajdi-ul-Hussaini’s daughter, who grew up on tales of the Maulana’s incredible mission, says Bhopali’s journey is important as it underlines the role of Muslims in India’s freedom struggle, and how they embraced socialism to overthrow the colonialists. “This is a story that needs to be preserved in all its glory,” she asserts.

    #histoire #URSS #Inde #Bhopal #Afghanistan #colonialisme #impérialisme

  • ★ Nous sommes contre toutes les religions, y compris l’islam - Socialisme libertaire

    April 6 2019 فروردین ۱۷ ۱۳۹۸ 
    متن مصاحبه آنارشیستهای بلاروس با اتحادیه آنارشیستها ی ایران و افغانستان که توسط رفقای آنارشیست فرانسه از روسی به فرانسوی ترجمه شده است 

    « Nous sommes contre toutes les religions, y compris l’islam ». 
    Interview d’un membre de l’Union des anarchistes d’Iran et de l’Afghanistan. 
    ۱۶ فروردین اخبار روز

    #Anarchisme #émancipation #religions #islam #antireligions #anticléricalisme #Iran #Afghanistan

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    ▶️ https://www.socialisme-libertaire.fr/2019/04/nous-sommes-contre-toutes-les-religions-y-compris-l-islam.html

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    ▶️ https://www.socialisme-libertaire.fr/2016/03/en-iran-combattre-le-capitalisme-sans-combattre-la-religion-es

    ▶️ https://www.socialisme-libertaire.fr/2016/11/islam-et-athees.html

    ▶️ https://www.socialisme-libertaire.fr/2017/03/un-livre-a-contre-coran.html

    ▶️ https://www.socialisme-libertaire.fr/2022/11/soutien-aux-iraniennes-et-aux-afghanes.html

    ▶️ https://www.socialisme-libertaire.fr/2019/10/de-la-foi-et-des-femmes.html

  • Les demandes d’asile dans l’Union européenne, la Norvège et la Suisse en hausse de 28 % au premier semestre
    https://www.lemonde.fr/international/article/2023/09/05/les-demandes-d-asile-dans-l-union-europeenne-la-norvege-et-la-suisse-en-haus

    Les demandes d’asile dans l’Union européenne, la Norvège et la Suisse en hausse de 28 % au premier semestre
    Les requêtes sont au plus haut depuis 2015-2016, années au cours desquelles l’afflux de réfugiés en Europe dépassait 1,2 million de personnes.
    Le Monde avec AFP
    Les demandes d’asile enregistrées dans les pays de l’Union européenne, la Norvège et la Suisse au premier semestre 2023 ont augmenté de 28 % par rapport aux six premiers mois de 2022, a annoncé l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA), mardi 5 septembre. Quelque 519 000 demandes d’asile ont été déposées dans ces vingt-neuf pays entre janvier et la fin de juin, selon l’agence, qui estime que, « d’après les tendances actuelles, les demandes pourraient excéder 1 million d’ici à la fin de l’année ». Les Syriens, Afghans, Vénézuéliens, Turcs et Colombiens sont les principaux demandeurs, comptant pour 44 % des requêtes.
    Les demandes au premier semestre sont au plus haut à cette période de l’année depuis 2015-2016. Lors de l’afflux de réfugiés en Europe provoqué notamment par l’enlisement du conflit en Syrie, le nombre de demandes d’asile avait atteint 1,3 million (en 2015) et 1,2 million (en 2016). En 2022, elles étaient de 994 945.
    L’Allemagne est le pays qui a reçu le plus de dossiers (30 %). C’est près de deux fois plus que l’Espagne (17 %) et la France (16 %). L’AUEA souligne qu’en raison de cette hausse de nombreux pays européens « sont sous pression pour traiter les demandes », et que le nombre de dossiers en attente de décision a augmenté de 34 % par rapport à 2022. En première instance, 41 % des demandes ont reçu une réponse positive. Par ailleurs, quelque 4 millions d’Ukrainiens fuyant l’invasion de l’armée russe bénéficient actuellement d’une protection temporaire dans l’UE.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#asile#demandeurdasile#AUEA#syrie#afghanistan#venezuela#turquie#colombie#allemagne#espagne#france#ukraine#protection#sante#crisemigratoire#norvege#suisse

  • Les épreuves de la frontière
    Cours du 05 avril 2023 : #Rencontres

    Les 3 rencontres, le récit avec une triple voix :

    - un exilé :
    Une famille de #réfugiés_afghans, dont Fassin retrace tout le parcours depuis l’#Afghanistan jusqu’à #Briançon, en passant par la Grèce et les Balkans

    - un policier : (à partir de la min 26’40)
    Fassin raconte l’habitude que les forces de l’ordre ont de demander aux chauffeurs du bus qui fait Oulx-Claviere combien de migrants sont descendus du bus à Claviere. Fassin raconte la militarisation de la frontière (2 escadrons de la #gendarmerie_mobile, 140 militaires + 30 hommes des forces armées sentinelles + 25 réservistes de l’#opération_limes —> presque 200 en plus des policiers). « A quoi sert ce qu’ils font ? » (dès min 29’45) Réponse : « tous les migrants finissent par passer. (...) Ce n’est pas un secret, tout le monde le sait » (min 30’04)... Quel intérêt donc ? (min. 30’28) : « faire du chiffre ». « C’est ce que leur demande le commandant, c’est ce que leur demande la préfète, parce que ce sont des #statistiques qu’on fait remonter au Ministre de l’Intérieur qui peut ensuite s’en féliciter publiquement. C’est beaucoup plus facile d’arrêter des migrants que des passeurs, alors comme son collègue il se satisfait des non-admissions. Quand leur nombre augmente, on les complimente et à la fin de l’année ils ont une meilleure prime ; quand il diminue on les convoque, on les réprimande, on exige de meilleurs résultats ». Fassin observe que pas tout le monde n’est pas satisfait de la situation, il évoque le #suicide d’un brigadier qui commandait une équipe de nuit (min 31’02) : « Un homme gentil, respectueux modeste, correct avec les migrants. La version officielle c’est qu’il avait des problèmes conjugaux, qu’il était séparé de sa femme, qu’il voyait moins ses enfants, qu’il faisait une dépression. C’est surement pas faux, mais il a vu comment son collègue était affecté par la dégradation de l’ambiance au sein de l’institution, les attentes de résultats quantifiés par leur hiérarchie ont généré une compétition entre les équipes à qui ferait le plus d’interpellations. Il avait entendu dire le brigadier que ’plus que la qualité du travail, c’était la quantité qui comptait désormais, quitte à tordre les données. Il n’ignore pas que les performances de l’autre équipe valaient sans cesse à son chef des brimades et des humiliations. D’ailleurs, il a entendu dire qu’avant de se suicider, le brigadier avait laissé une lettre dans laquelle il expliquait les raisons de son geste, évoquant les pressions de sa hiérarchie, qu’il ne supportait plus. Beaucoup le pense, au fond, c’est la #politique_du_chiffre qui l’a tué. La mort de son collègue lui a laissé un goût amer, un vague sentiment de culpabilité, ’n’aurait-il pas fallu se montrer plus solidaires entre eux au lieu d’exacerber la concurrence ?’ (...) N’aurait-il pas fallu comprendre quand il répétait qu’il ne trouvait plus de sens à son travail ? »
    Au poste-frontière de Montgenèvre, la scène d’un médecin (probablement de Médecins du Monde, qui entre pour demander de libérer au de reconduire à la frontière les deux adultes interpellés, car leurs enfants ont été entre temps déjà amenés à Briançon (35’28) : Le policier « accuse le médecin d’organiser comme les autres volontaires des opérations hasardeuses pour aider les migrants à franchir la frontière en les amenant à emprunter des chemins dangereux, ils ne font pas de la mise à l’abri, comme ils le disent, ils les exposent à des risques inconsidérés. Ce sont eux, les policiers et les gendarmes, qui protègent les migrants, déclare-t-il ».
    Min 37’50 : les policiers « pestent contre les maraudeurs » "qui sont en réalité des passeurs" —> la présence de maraudeurs et du refuge comme éléments de l’#appel_d'air

    - le maraudeur (à partir de la min 39’18)

    –—

    Deuxième partie de la conférence (à partir de la min 53’00), Fassin explique comment il a construit la narration avec les trois personnages :

    https://www.youtube.com/watch?v=rkOJJ9jYT8Y


    #conférence #vidéo #Didier_Fassin #frontière_sud-alpine #ethnographie #asile #migrations #réfugiés #parcours_migratoire #Briançonnais #Italie #France #Hautes-Alpes #forces_de_l'ordre #militarisation_des_frontières #opération_sentinelle #pression_des_résultats #refus_d'entrée #PAF #police_aux_frontières #solidarité

  • ★ Une visite aux amis… | Le blog de Floréal

    Il y a cinquante-cinq ans, un 20 août, les Soviétiques rendaient visite à leurs amis d’un pays frère. Douze ans auparavant, ils avaient fait la même chose en Hongrie, et onze ans plus tard en Afghanistan. Une sorte de coutume internationaliste…

    #URSS #Prague #1968 #Hongrie #1956 #Afghanistan #1979 #communismeautoritaire #dictature

    https://florealanar.wordpress.com/2023/08/20/une-visite-aux-amis

  • Deux ans de gouvernement taliban : bilan d’une catastrophe annoncée

    Revenus de leur consternation, les institutions mondiales s’interrogent encore sur l’échec de la Coalition Internationale en Afghanistan. Pourtant on Occident, nombre de gouvernements espèrent encore que les nouveaux Talibans leur donneront suffisamment de garanties concernant les droits humains pour envisager de les reconnaître officiellement. Comme si c’était possible.

    Avant et après : un paradis perdu ?
    Depuis l’évacuation massive des forces occidentales et le retour au pouvoir des Talibans à Kaboul, le 15 août 2021, les médias n’ont eu cesse de présenter les deux décennies précédentes régies par la Coalition Internationale comme un temps béni à contraster avec le retour à un Moyen-Âge – par définition obscurantiste et violent. Tout comme quand les mêmes médias opposaient l’arrivée au pouvoir des premiers Talibans avec la période précédente, où une liberté quasi décadente aurait régné sur l’Afghanistan. Pour preuve, la même photo montrant trois jeunes filles se promenant en mini-jupe dans les rues de Kaboul reproduite partout. Comme toujours, on présente le temps qui précède un cataclysme comme un âge d’or – ainsi la Belle Époque, les Années Folles, les Swinging Sixties voire les Trente Glorieuses et les années 1980 (avant le Sida) et ainsi de suite. Précisons que chacun de ces épisodes supposés merveilleux ne concernait qu’une minorité. En Afghanistan, toute période d’ouverture, fatalement brève, semble être suivie de longues décennies de régression sociale, ce qui vient encore de se passer.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/08/19/deux-ans-de-gouvernement-taliban-bilan-dune-ca

    #international #afghanistan

  • 🛑 Afghanistan  : la guerre des talibans contre les femmes et les filles - Amnesty International France

    Deux ans après la prise de Kaboul par les talibans en août 2021, les droits des femmes et des filles continuent de reculer de façon dramatique. Les talibans mènent une campagne de persécutions fondées sur le genre de façon organisée, généralisée et systématique. Cela pourrait constituer un crime contre l’humanité. Nous demandons que les talibans soient poursuivis pour ce crime. Et que les femmes et les filles fuyant les persécutions en Afghanistan puissent obtenir des visas plus facilement.
    Depuis que les talibans se sont arrogés le pouvoir en août 2021, les femmes et les filles sont prises pour cibles. Elles sont bannies de la vie publique, empêchées d’accéder à l’éducation, visées par des interdictions de travailler ou de se déplacer librement, emprisonnées, soumises à des disparitions et torturées, notamment pour avoir dénoncé ces politiques et résisté à la répression (...)

    #FemmeVieLiberté ! #Afghanistan #dictaturereligieuse #taliban #obscurantisme #barbarie #DroitsHumains #féminisme #droitsdesfemmes #patriarcat...

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    ▶️ https://www.amnesty.fr/actualites/afghanistan-la-guerre-des-talibans-contre-les-femmes