• A Paris, l’avenir de jeunes migrants évacués de leur campement oppose la Ville et la préfecture d’Ile-de-France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/08/05/a-paris-l-avenir-de-jeunes-migrants-evacues-de-leur-campement-oppose-la-vill

    La nuit fut courte et agitée, au campement du square Jules-Ferry, près de la place de la République (11e), à Paris. Les 79 jeunes migrants venus d’Afrique de l’Ouest – Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Bénin – étaient prévenus de leur évacuation, tôt le matin du mardi 4 août. Les agents des préfectures de police de Paris et d’Ile-de-France sont venus les réveiller vers 7 heures et les ont priés de faire leur paquetage avant de monter dans un car. Une vingtaine d’entre eux, notamment sept jeunes femmes, ont été conduits dans différents hôtels de la région parisienne, et 49 au gymnase Japy, tout proche, où les attendaient des lits de camp.
    A 15 heures, la température sous la verrière du gymnase est déjà très élevée, avant même la canicule annoncée les jours suivant : « J’ai l’œil rivé sur la météo, j’ai prévu des frigos, de l’eau fraîche, des fruits et des brumisateurs, rassure Kamel Dif, responsable du pôle Urgences de l’association Alteralia, mandatée par l’Etat pour encadrer ces jeunes. Nous sommes là pour les aider, les nourrir, leur fournir ce dont ils ont besoin ; des tickets de métro, des jetons pour la laverie d’en face, mais aussi des médicaments… Le pire, c’est le désœuvrement : puisque nous sommes dans une salle de sports, demain arrivent les ballons de basket. » La venue d’une équipe médicale et des tests Covid sont programmés.

    #Covid-19#migrant#migration#france#afrique#sante#accueil#asile#sante

  • L’État français et le génocide des Tutsis au Rwanda

    Ernest London

    https://lavoiedujaguar.net/L-Etat-francais-et-le-genocide-des-Tutsis-au-Rwanda

    « L’État français a, par pur cynisme, choisi le camp qui lui apparaissait le plus à même de maintenir le Rwanda dans sa zone d’influence. » Raphaël Doridant et François Graner reprennent tous les éléments constitutifs de la complicité française rassemblés et analysés depuis vingt-cinq ans. Diplomatique, militaire, financière, médiatique, celle-ci remonte à la préparation du génocide, s’est poursuivie pendant et après. Idéologique même, puisque les responsables politiques et militaires français ont largement répandu la propagande hutue, la négation du génocide et celle de leur propre rôle.

    Ils reviennent sur l’histoire du pays. Avant la colonisation par l’Allemagne à partir de 1894, puis par la Belgique à partir de 1916, la société est articulée autour de groupes sociaux qui ne sont aucunement des catégories ethniques : les Hutus étaient agriculteurs, les Tutsis éleveurs et les Twas potiers. « Les Européens, imprégnés de l’idée de hiérarchie des races humaines, projettent ce paradigme sur les peuples qu’ils découvrent en pénétrant à l’intérieur du continent africain. » Les colonisateurs s’appuient sur une élite tutsie, assimilée à une « race » supérieure, pour asseoir leur domination et enseignent cette supériorité sur la base pseudo-scientifique du mythe d’un ancien peuplement hamitique éthiopien venu « civiliser » les « Nègres » de la région. Dans les années 1930, une immatriculation « éthique » est mise en place. (...)

    #Afrique #France #Rwanda #Hutus #Tutsis #génocide #archives #Mitterrand #Juvénal_Habyarimana #Interahamwe #DGSE

  • De fausses promesses : la « révolution verte en Afrique » échoue à ses propres conditions
    https://www.cetri.be/De-fausses-promesses-la-revolution

    Le projet d’un milliard de dollars de la Fondation Gates est un cercle vicieux qui plonge de plus en plus les petits producteurs de denrées alimentaires dans la pauvreté. Il y a quatorze ans, les fondations Bill et Melinda Gates et Rockefeller ont lancé l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) dans le but d’apporter à l’Afrique sa propre révolution verte en matière de productivité agricole. Armée de semences commerciales à haut rendement, d’engrais et de pesticides, l’AGRA a de fait fixé (...) #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Afrique_subsaharienne, Moyen-Orient & Afrique du Nord, #Alimentation, #Agroécologie, Agrobusiness, (...)

    #Moyen-Orient_&_Afrique_du_Nord #Agrobusiness,_Agro-industrie

  • Comment les lobbyistes pro-israéliens ont investi l’héritage de Mandela
    Nkosi Zwelivelile Mandela, Al Jazeera, le 18 juillet 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/07/22/comment-les-lobbyistes-israeliens-ont-investi-lheritage-de-mand

    Nous avons plus que jamais besoin de l’héritage de Nelson Mandela en Palestine-Israël – non pas pour prêcher le pardon et la réconciliation – mais pour élaborer des solutions politiques ancrées dans la justice et la dignité. La plus grande leçon qu’Israël et ses partisans peuvent tirer de la vie de Nelson Mandela est que la paix, le pardon et la réconciliation ne viendront que lorsque tous les peuples jouiront de la justice, de la liberté et de la dignité.

    #Palestine #Afrique_du_Sud #Nelson_Mandela #Zwelivelile_Mandela

  • Travail des enfants en Côte d’Ivoire : des plantations Fairtrade concernées
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_travail-des-enfants-en-cote-d-ivoire-des-plantations-fairtrade-concernee

    Une enquête de la télévision danoise l’affirme. Le travail des enfants dans les plantations de cacao certifiées Fairtrade en Côte d’Ivoire est bien réel.

    Ce label sur les bananes, le café ou encore le chocolat oblige les producteurs à répondre à certaines règles et notamment à ne pas recourir au travail des enfants.
    La chaîne TV 2 et le média d’investigation Danwatch ont tourné en caméra cachée dans plusieurs exploitations.
    Dans 4 des 6 plantations qu’ils ont visitées, ils ont trouvé des enfants travaillant entre les palmiers.
    Leur interview fait froid dans le dos. Marcelin, 14 ans, explique qu’il bosse 11 heures par jour.

    Diffusées au Danemark, les images ont choqué plus d’une personne et notamment les commerçants dont les boutiques vendent du chocolat ivoirien étiqueté Fairtrade.
    Dorthe Pedersen en est encore bouleversée. « C’est horrible. Je suis tellement émue de savoir que les enfants travaillent dans ces conditions » a-t-elle témoigné au micro des journalistes de TV2.

    Interrogée sur cette pratique, Camilla Erika Lerberg, la PDG de Fairtrade Danemark a déclaré : « Cette affaire est très, très triste, donc nous l’examinons avec gravité. Il est important pour nous de réagir et de corriger cela immédiatement. L’affaire fait toujours l’objet d’une enquête et nous essayons de comprendre ce qui s’est passé. En général, je tiens à dire que si nous recevons une observation du travail des enfants, et qu’elle est confirmée, alors nous avons un dialogue avec la famille de cet enfant, ensuite nous observerons si cela continue et si cela continue, nous procédons à une décertification. »

    Rappel des règles
    Les Standards Fairtrade pour les organisations de petits producteurs, les travailleuses et les travailleurs ainsi que les négociants interdisent le travail abusif des enfants.

    Chez Max Havelaar par exemple, il est clairement stipulé :

    – Il est interdit d’employer des enfants de moins de 15 ans au sein des organisations certifiées Fairtrade/Max Havelaar.

    - Les enfants de 15 à 18 ans ne peuvent pas réaliser un travail mettant en péril leur scolarité ou leur développement social, moral ou physique.

    – L’aide éventuelle dans les fermes familiales, courante dans le secteur agricole, doit être ponctuelle et adaptée à l’âge des enfants. Elle doit impérativement se faire en dehors des heures de classe et pendant les vacances. Dans ces conditions seulement, elle respecte les exigences de l’Organisation Internationale du Travail.
    Rien de neuf sous le soleil

    Le travail des enfants en Côte d’Ivoire, où on produit la majeure partie du cacao mondial, n’est pas un problème inconnu.

    En 2010, l’industrie du chocolat a collectivement signé une déclaration disant qu’elle améliorerait les conditions dans les plantations de cacao en Afrique de l’Ouest et réduirait le travail des enfants de 70% jusqu’en 2020.

    Seulement voilà, un rapport des chercheurs de l’Université de Chicago publié en avril dernier et financé par le département américain du Travail souligne que le recours au travail des enfants dans les plantations de cacao au Ghana et en Côte d’Ivoire a augmenté de 10% au cours de la dernière décennie, et ce, malgré les promesses de l’industrie.

    Plus précisément, le nombre d’enfants-travailleurs dans les plantations de cacao s’élevait à près de 2,1 millions la saison dernière dans les deux pays. Ce chiffre comprend des enfants de moins de 12 ans et des enfants également plus âgés dont le travail est dangereux et dépasse un certain nombre d’heures.

    Un niveau en hausse par rapport à 2010 lorsque Mars, Hershey, Nestlé et Cargill s’étaient engagés à baisser de 70% les pires formes de travail des enfants dans leurs chaînes d’approvisionnement dans la région d’ici 2020.

    Des chiffres qui s’expliqueraient par l’augmentation des prix et de la production de fèves qui poussent les agriculteurs à produire toujours davantage de cacao. Une tendance confirmée par le patron de la World Cocoa Foundation (WCF), au site Commodafrica. Richard Scobey, représentant des entreprises telles que Nestlé et Hershey, reconnaît que l’industrie n’est pas sur le point d’atteindre son objectif de 2020.

    Le Ghana et la Côte d’Ivoire produisent les deux-tiers de l’ensemble du cacao mondial. La production de cacao dans ces pays est passée à 3 millions de tonnes l’an dernier, contre 2,65 millions de tonnes en 2013-2014. Un secteur en expansion qui fournit des moyens de subsistances à des milliers de communautés dans le besoin.

    #Afrique #Enfants #travail_des_enfants #exploitation #esclavage #chocolat #cacao #certification #commerce_équitable #Fairtrade #multinationales #label #déforestation #industrie_agro-alimentaire #agriculture #multinationales #pauvreté #bananes #café #Mars #Hershey #Nestlé #Cargill #World_Cocoa_Foundation #WCF

    • Le dernier des Ouïghours et les derniers des journalistes Maxime VIVAS
      https://www.legrandsoir.info/le-dernier-des-ouighours-et-les-derniers-des-journalistes.html

      Voulez-vous soulever une vague mondiale d’indignation contre un pays ? Vous affirmez que les hommes y sont massivement emprisonnés et torturés, voire exécutés en catimini, que les femmes y sont stérilisées de force et qu’on y supplicie les enfants. C’est ce que vient de faire, ce que fait, ce que va continuer de faire la presse mondiale, agissant en porte-voix de quelques journaux états-uniens inspirés en sous-main par des officines de la Maison Blanche.

      Qu’il n’y ait pas un mot de vrai dans la campagne antichinoise sur les Ouïghours importe peu. Il suffit de prétendre, d’affirmer. L’information circule, les journaux se lisent entre eux, les politiques s’en mêlent. C’est faux mais plausible : Chine insondable, Chinois impénétrables derrière la fente de leurs yeux. Vous me suivez bien, vous qui êtes pour la plupart normaux, pardon : #blancs ?

      #Bruno_Le_Maire et #Clémentine_Autain sont #indignés et le font vertueusement savoir.
      C’est tout mensonge, mais le mal est fait. Ce n’est qu’après la destruction de l’#Irak et après des centaines de milliers de morts innocents que toute la presse concède que les informations sur les couveuses débranchées au #Koweit par les soudards de Saddam Hussein étaient inventées, que la fiole brandie par #Colin_Powell à l’#ONU contenait du pipi de son chat ou du sable de sa litière ou de la poudre de perlimpinpin et non des Armes de Destruction Massives qui risquaient d’avoir raison des USA, de la Grande-Bretagne et (horreur !) de la France.

      J’ai écrit plus haut qu’il n’y a « pas un mot de vrai dans la campagne antichinoise sur les Ouïghours ». La prudence ne voudrait-elle pas que je nuance : « Bien des choses sont inexactes dans la campagne antichinoise sur les Ouïgours ». Ou : « Certes, les Chinois ne sont pas des enfants de chœur, mais doit-on prendre au pied de la lettre les articles de Libération ? », ou encore : « Le problème que le régime chinois appelle « les trois fléaux » (terrorisme, séparatisme, fondamentalisme) est une réalité qu’on ne saurait nier, mais cela justifie-t-il une répression d’une telle ampleur ? ».

      Mais, tenez-vous bien, je persiste : « Il n’y a pas un mot de vrai dans la campagne antichinoise sur les Ouïghours » . Non, trois fois non, un ou deux millions de Ouïghours mâles (trois d’après Radio Free Asia) ne sont pas internés(1), les femmes ne sont pas stérilisées de force pour éteindre l’ethnie, les enfants ne sont pas tués pour prélèvement d’organes vendus à l’Arabie saoudite, Beijing n’est pas en guerre contre cette région autonome qui fait au contraire l’objet de toutes ses attentions, de toutes ses faveurs.

      J’ai écrit que « cette région autonome fait au contraire l’objet de toutes les attentions, de toutes les faveurs de Beijing. » ? La prudence ne voudrait-elle pas que je nuance : « Beijing gère ses régions avec l’autorité naturelle des communistes et le Xinjiang ne fait pas exception », ou : « Même si Beijing a mis le Xinjiang sous surveillance, des efforts financiers indéniables ont été consentis pour développer cette région, point de départ de « La nouvelle route de la soie ».

      Mais, continuez à bien vous tenir, j’insiste : « Cette région autonome fait l’objet de toutes les attentions, de toutes les faveurs de Beijing. »

      Je le dis aujourd’hui, en juillet 2020, avec la même assurance (inconscience ?) qui me fit écrire un livre en 2007 sur une idole alors aussi intouchable que #Nelson_Mandela. Je parle d’un type qui est aujourd’hui maire de #Béziers, élu avec le renfort du Front National.

      Je le dis aujourd’hui, en juillet 2020, avec la même certitude que celle qui me fit écrire un livre en 2011 sur une idole alors aussi intouchable que #Ghandi. Je parle de l’ancien bourreau du Tibet : le #dalaï_lama.

      Ça, c’est pour le passé. Je peux aussi performer sur le futur. Par exemple, j’ai une petite idée sur le passage de #Yannick_Jadot et #julien_Bayou dans le rang des ennemis de l’écologie, lesquels ont toujours un plat de lentille à offrir aux ambitieux peints en vert. Mais là n’est pas le sujet (j’en parle juste pour prendre date, pour triompher dans quelque temps : « Qui sait-y qui l’avait dit ? »).

      Un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre (Marx), un journaliste qui ne relit pas les #infaux de ses confrères est condamné à toujours utiliser les mêmes versions, ignorant que le truc a déjà été fait, à l’identique.

      Les journalistes se lisent entre eux (« La circulation circulaire de l’information ». Bourdieu). Mais parfois le psittacisme ne marche pas, des journalistes qui ont d’eux-mêmes une opinion qui les oblige à échapper aux caquetage des perroquets, se démarquent.

      Tenez, en 2010, j’étais au Tibet avec deux grands reporters des deux plus grands (par le tirage) quotidiens français : le Monde et le Figaro. J’en ai souvent parlé dans ces colonnes parce qu’il s’est passé un phénomène surprenant. Nous savions tous les trois (car nous lisons la presse et nous avons un autoradio et la télé) que le gouvernement de Beijing se livrait à un génocide au Tibet, que la culture était éradiquée et la religion férocement combattue. 
Ne me dites pas que vous ne le saviez pas vous aussi. « Free Tibet », vous ne découvrez pas en me lisant, là.

      Robert Ménard (aujourd’hui maire de la ville où naquit Jean Moulin) nous avait expliqué le drame tibétain en perturbant à Paris le passage de la flamme olympique pour les JO 2008 de Pékin. Le type qu’on voit avec lui dans les vidéos de l’époque, en t-shirt noir portant en sérigraphie 5 menottes symbolisant les 5 anneaux olympiques, c’est Jean-François Julliard qui a succédé à Ménard à la tête de RSF avant de devenir directeur général de Greenpeace France, fonction qui fait de lui un invité régulier des amphis d’été de LFI. Comprenne qui pourra (2).

      Donc on est au Tibet, mes deux comparses s’envoient des vannes rigolardes, l’un demandant à l’autre quel effet ça fait d’appartenir à des banquiers, l’autre répondant que le ressenti est sans doute le même que celui des journalistes qui sont la propriété d’un marchand d’armes. Ils sont allés voir sur Internet qui je suis. Ils m’épargnent. Je suis là, auréolé du prestige guerrier du Grand Soir, média rigoureux, fiable et qui frappe fort. Et sur qui le mérite. Message reçu jusque dans les montagnes tibétaines.

      Bref, tous les trois, ensemble, chacun sous le regard des autres, nous voyons le Tibet avec sa religion omniprésente, les temples pleins, les monastères grouillant de moinillons, les prières de rues, les montagnes souillées par des grossières peintures bouddhistes, des chapelets de drapeaux de prière claquant au vent. Un envahissement bigot jusqu’à la nausée pour l’athée que je suis.

      Tous les trois, ensemble, chacun sous le regard des autres, nous voyons les écoles où l’enseignement est fait en tibétain (jusqu’à l’université), nous voyons les panneaux indicateurs, les enseignes, les noms des rues rédigés en tibétain, ainsi que les journaux. La télé et la radio parlent le tibétain. Le doyen de l’université de LLassa nous montre une salle contenant des dizaines de milliers de livres en tibétain. Nous assistons aussi à des spectacles (danses, chants) tibétains.

      Tous les trois, ensemble, chacun sous le regard des autres, nous voyons des couples de tibétains accompagnés d’enfants (pas d’UN enfant). La politique de l’enfant unique n’a jamais été imposée au Tibet. D’où une explosion démographique favorisée par le quasi doublement de l’espérance de vie après la fuite du dalaï lama.

      De retour en France, tous les trois, chacun sachant que les autres vont le lire, nous écrivons ce que nous avons vu. Le croirez-vous, aucun n’a écrit que « le régime de Pékin » se livrait à un génocide, éradiquait la culture tibétaine et réprimait les bouddhistes ? Et puisque j’en suis aux confidences, je vous dirai que le journaliste du Figaro m’a envoyé son article et m’a demandé ce que j’en pensais (du bien, d’ailleurs). Le croirez-vous, les gens avec qui j’ai aujourd’hui l’occasion de parler de la Chine doivent surement tous lire Libération parce qu’ils m’expliquent tranquillement que les bouddhistes sont pourchassés dans un malheureux Tibet génocidé où parler le tibétain et prier c’est s’exposer à la prison ?

      Et maintenant, continuez à bien vous tenir, je prétends que si je partais au Xinjiang avec les deux grands reporters du Monde et du Figaro, chacun marquant l’autre « à la culotte », aucun n’écrirait au retour que Beijing se livre à un génocide contre les Ouïghours, brime leur religion, éradique leur culture, charcute les enfants.
Parce que ce n’est pas vrai.
Un peu quand même ? 
Non, pas du tout.
Les charniers de #Timisoara n’étaient pas vrais « un peu » . Les Gilets jaunes n’ont pas envahi « un peu » l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, Nicolas Maduro n’a pas été « un peu » élu contre Juan Guaido (qui n’était pas candidat, je le rappelle aux distraits), etc. (3).

      Si je partais au #Xinjiang (j’y suis allé deux fois) avec Renaud Girard et Rémy Ourdan, ils s’affranchiraient des informateurs yankees et autres menteurs professionnels, ils se distingueraient de leurs confères qui écrivent des articles d’une telle débilité qu’ils sont des insultes aux lecteurs, des crachats sur la charte des journalistes. Ils feraient leur job en se respectant.

      #Beijing hait les enfants #ouïghours jusqu’à les tuer pour prélèvement d’organes ? C’est #Goebbels qui vous le dit. Il peut même faire témoigner (de dos) un chirurgien masqué dont le nom a été changé et la voix modifiée. Goebbels peut pondre un article terrifiant à coups de conditionnels, de « selon des témoins… », de « certaines sources affirment… », de « il semblerait que…. », de « un diplomate aurait constaté », « des Ouïghours auraient disparu… » de « des organisation de défense des droits de l’homme… ». Un conditionnel dix fois répété devient un indicatif certifié.

      La caisse dans laquelle le félin #Goebbels se soulage volontiers s’appelle #Libération.

      Il y a quelques années, Le Grand Soir avait démontré qu’un article traficoté de Libération avait fait de Hugo Chavez un antisémite (« Le Credo antisémite de Hugo Chavez » https://www.legrandsoir.info/chavez-antisemitisme-et-campagne-de-desinformation-a-propos-d-un-artic ).

      Un échange vigoureux et public avait alors eu lieu entre Le Grand Soir et Libération. Nous avions les preuves, nous les avons fournies. Irréfutables. Nous avons mis en regard la phrase de Chavez et la même, après troncature par Libération. Libération ergota (4). Pour ses lecteurs, Chavez est donc resté un antisémite. Pour les lecteurs des autres médias aussi, qui choisirent de se taire pour ne pas désavouer Libération. Le clan, la #mafia

      Le journaliste coupable de cette crapulerie est #Jean-Hébert_Armengaud, promu depuis rédacteur en chef de #Courrier_International et son N+1 à Libé, qui l’a couvert jusqu’au bout, est #Pierre_Haski, aujourd’hui chroniqueur tous les matins sur #France_Inter . Promotions au mérite.

      Alors, je le redis ici en invitant mes lecteurs à vérifier : les Ouïghours et les #Tibétains sont de plus en plus (et spectaculairement) nombreux, leur culture est préservée et promue comme jamais dans leur Histoire, leur religion est (trop) libre, l’instruction fait des progrès considérables, les deux républiques autonomes du Xinjiang et du #Tibet votent des lois dont aucune ne permet d’encager les citoyens au simple motif de leur croyance, de stériliser de force les femmes ou d’amputer les enfants.

      Pour répondre plus avant à la déferlante de mensonges sur le Xinjiang, il me faudrait citer des pages entières de mon livre « Le dalaï lama pas si zen » . On pourrait croire que les instigateurs des campagnes mondiales de mensonges ont un logiciel unique avec des cases sur lesquelles cliquer pour que ça démarre.

      La #stérilisation ? « Des villages entiers » (Voir les Mémoires du dalaï lama, longuement citées dans « Le dalaï lama, pas si zen »). 
Le #génocide ? « Observateur critique de la politique chinoise, le Britannique Patrick French, directeur de la « Free Tibet Campaign » (Campagne pour l’indépendance du Tibet) a pu consulter les archives du gouvernement du Dalaï-Lama en exil. Il a découvert que les preuves du génocide étaient des faux et il a démissionné de son poste » (« Le dalaï lama, pas si zen »).

      Cependant, la publicité faite en Occident à cette affaire d’extermination (par la stérilisation et des massacres) de la population tibétaine, a largement contribué hier à un élan de compassion pour le Tibet et le bouddhisme. Aujourd’hui les mensonges « hénaurmes » sur le Xinjiang font pleurnicher les gogos, soudain épris de cette région dont ils seraient bien en peine de citer la Capitale (5).
Ce n’est pas Laurent Joffrin, Pierre Haski, Jean-Hébert Armengaud qui le déploreront.

      Je ne sais pas à qui pense l’excellente humoriste #Blanche_Gardin quand elle affirme (un peu trop crument pour être citée par un site de bonne tenue comme Le Grand Soir) que « Nous vivons dans un pays où les journalistes sucent plus de bites que les prostituées ».

      Maxime VIVAS

      Notes. 
(1) Si l’on rapporte le chiffre de #Radio_Free_Asia au nombre de Ouïghours mâles adultes, il n’en reste pas un dans les rues. Or, continuez à vous tenir bien : j’en ai vus !
      
(2) Il serait injuste de ne pas mentionner les positions exemplaires( et dignes d’un chef d’Etat) de Jean-Luc Mélenchon sur la Chine. Au demeurant, je lui sais gré de me citer et d’inviter ses contradicteurs à me lire ici et ici sur ce sujet où nous sommes synchrones, même si j’ai une liberté d’expression qu’il ne peut avoir. 

      (3) Anecdote personnelle. Me trouvant avec mon fils aîné au commissariat de police de Toulouse le samedi 4 mai 2020 pour nous enquérir du sort de mon fils cadet, Gilet jaune arrêté pour rien dans la manif (Il fut jugé en « comparution immédiate » et acquitté après 42 heures de #GAV) nous apprîmes qu’il s’était tailladé les mains pour écrire avec son sang sur les murs de sa cellule. Nous avons vécu avec cette information terrifiante (que nous cachâmes à sa mère) jusqu’au lundi 6 mai où, devant le tribunal, il apparut, les mains intactes. Il ne se les était même pas « un peu » tailladées. L’automutilation des mains était aussi vraie que l’amputation des enfants ouïghours. Nombre de #journaleux ont un flic dans leur tête.
      
(4) J’aime à raconter cette histoire du Figaro écrivant qu’un film de #Jean_Yanne était « un monument de bêtise ». Jean Yanne s’en servit ainsi dans ses pubs : « Le Figaro : « un monument ! ».
      
(5) #Urumqi, 2 millions d’habitants.
      #merdias #journullistes #médias #propagande #us #usa #Jamestown_Foundation #libération

  • L’Afrique francophone face au e-commerce à l’OMC
    https://www.cetri.be/L-Afrique-francophone-face-au-e-5324

    L’intervention de Cédric Leterme, chargé d’étude au CETRI, lors de la visio-conférence organisée par le South Centre de Genève, sur les règles du #Commerce électronique en discussion à l’OMC et leurs implications pour les pays en développement (22 mai 2020). Pourquoi l’Afrique francophone a plus à perdre qu’à gagner dans ces négociations : > L’article de Cédric Leterme sur les négociations : L’Afrique francophone face au e-commerce à l’OMC > Pour un panorama des #Enjeux_numériques au Sud, voir le dernier (...) #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, #Le_Sud_en_mouvement, #Afrique_subsaharienne, Moyen-Orient & Afrique du Nord, Commerce, Enjeux numériques, #Video, Homepage - Actualités à la (...)

    #Moyen-Orient_&_Afrique_du_Nord #Homepage_-_Actualités_à_la_une
    https://www.cetri.be/IMG/mp4/ecommerce_en_afrique_final_.mp4

  • « J’irai l’année prochaine » : les impossibles vacances « au pays » de la diaspora africaine de France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/24/en-france-la-dechirure-de-la-diaspora-africaine-de-ne-pas-partir-en-vacances

    ’Lactuelle crise sanitaire mondiale a obligé une partie de la diaspora africaine installée en France à renoncer, la mort dans l’âme, à passer ses habituelles vacances d’été « au pays ». Même si certains territoires tels que le Sénégal ou le Maroc commencent à ouvrir leurs frontières − généralement aux seuls ressortissants ou aux étrangers titulaires d’un titre de séjour −, cette diaspora raconte sa profonde « déchirure » de ne pas fouler à nouveau la terre natale tout en exprimant, également, quelques « peurs ». « Ce virus nous a empêchés de nous organiser pour cet été. Moi, je n’ai pas d’argent pour acheter un billet à 2 000 euros à la dernière minute. Je ne peux pas, lance-t-elle. Et, une fois là-bas, je ne suis pas sûre qu’on respecte les gestes barrières. » Le Cameroun a officiellement recensé plus de 16 500 personnes contaminées et plus de 380 décès. « J’irai l’année prochaine, s’il n’y a pas un autre malheur », promet-elle. C’est exactement ce que se dit Saïd qui ne reverra pas, cet été encore, les montagnes algériennes de Kabylie. (..) « Tout était prévu, mais c’est la pagaille en Algérie. A la place, on ira peut-être au Danemark en camping-car », confie-t-il « dégoûté ». En effet, les frontières terrestres, maritimes et aériennes de l’Algérie sont fermées et elles vont le rester jusqu’à la fin de la pandémie de Covid-19 ou plus précisément « jusqu’à ce que Dieu nous libère de ce fléau », a annoncé le chef de l’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune, le 28 juin. En France, ces annonces ont été très mal vécues par une partie de la diaspora algérienne, alors même que l’Union européenne (UE) a annoncé, le 30 juin, la réouverture de ses frontières aériennes avec le pays. Mais l’Algérie fait face depuis le début du mois de juillet à une flambée de contamination : le nombre officiel dépasse les 500 cas par jour, contre 250 fin juin. Un chiffre sous-estimé, selon les médecins, qui multiplient les appels de détresse sur les réseaux sociaux, s’alarmant d’une situation catastrophique dans plusieurs hôpitaux.

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#ue#diaspora#retour#frontière#sante#crisesanitaire#mesurebarrière

  • Les cartes du « Monde Afrique » : qui a dessiné les frontières de l’Afrique ?

    C’est lors de la #conférence_de_Berlin, du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, que les puissances européennes se sont partagé le continent.

    Plus de trente-deux conflits territoriaux ont éclaté en Afrique entre 1974 et 2002, ce qui en fait le continent le plus affecté par ce type de conflits. Ces nombreuses tensions transfrontalières depuis les indépendances s’expliquent par l’artificialité des frontières africaines, largement héritées des partages coloniaux datant du XIXe siècle.

    Tracées à l’issue de la Conférence de Berlin – du 15 novembre 1884 à Berlin au 26 février 1885 –, ces démarcations correspondaient davantage aux ambitions hégémoniques des puissances européennes qu’aux identités et solidarités des populations locales. Aujourd’hui, 87 % de la longueur des frontières du continent, soit 70 000 km sur un total d’environ 80 000 km, selon les calculs du géographe Michel Foucher, sont le résultat de cette histoire coloniale.

    https://www.lemonde.fr/afrique/video/2020/07/16/les-cartes-du-monde-afrique-qui-a-dessine-les-frontieres-de-l-afrique_604637
    #frontières_africaines #Afrique #frontières #frontières_artificielles #vidéo #cartes #cartographie #visualisation

    –—

    Ajouté à la #métaliste sur la supposée #artificialité des #frontières_africaines :
    https://seenthis.net/messages/868132

    • Encore des clichés sur les frontières africaines #Thread
      Revers de main avec index pointant vers le bas

      Commentaire (critique) sur twitter de #Camille_Lefebvre :

      1/ En cherchant à dénoncer l’arbitraire colonial, ce discours réduit les configurations territoriales africaines à de simples csq de la domination et fait des pop. africaines des spectateurs passifs de leur propre histoire

      2/ On sait depuis les années 1970 qu’aucune frontière n’a été tracée à la conférence de Berlin comme l’ont montré les travaux sur les archives de la conférence d’Henri Brunschwig et de beaucoup d’autres à sa suite.
      3/ L’idée que les E. se seraient partagés l’Afrique est une idée coloniale ! La construction du thème du partage de l’Afrique par l’Europe apparait à la fin des années 1880 dans la propagande coloniale et sert à construire l’idée d’un continent africain comme espace à conquérir
      4/ On ne peut plus faire aujourd’hui une histoire des frontières en Afrique qui ne serait qu’une histoire de la diplomatie européenne ou de l’action coloniale sur le continent. Pour comprendre ces frontières, il faut s’intéresser à l’histoire africaine qui entoure leur tracé.
      5/ Lorsque les colonisateurs fr. ou brit. occupent le continent au19e s., contrairement à ce qu’ils disent ils n’arrivent pas dans des espaces vides. Sur le terrain, ils rencontrent des autorités, des États, utilisent des routes et des frontières qui existent en dehors d’eux.
      6/ Pour comprendre comment des frontières ont été tracées il faut reconstituer la complexité de cette géopolitique africaine, il faut s’intéresser au monde dans lequel la colonisation arrive. Les colonisateurs n’ont jamais été tout puissant, ils ont été combattus, ont dû négocier
      7/ Sur la question de ce que cette vidéo appelle les « ethnies divisées », une immense bibliographie a montré la complexité de cette question à la suite des travaux d’Anthony asiwaju, puis de @GeorgeNugybaby et Bill Miles
      Ce type de discours perpétue l’idée d’une exceptionnalité du continent africain, pour lequel les frontières politiques ne seraient pas vraiment adaptées, où il y aurait plus de conflits qu’ailleurs. Le continent africain et son histoire méritent mieux que cela.

      https://twitter.com/CamiLefebvre/status/1284860000540725248

      ping @reka @isskein @cede @karine4

  • Comment des #mercenaires suisses ont participé à la colonisation

    Au 19e siècle, de nombreux jeunes Suisses issus de milieux défavorisés ont combattu en Asie et en Afrique dans les troupes coloniales de puissances étrangères. Alors que le rôle des mercenaires suisses en Europe était déjà connu, des chercheurs ont maintenant découvert des documents qui mettent en évidence la contribution de combattants suisses à la domination coloniale.

    Après une rude journée de travail à la ferme, Thomas Suter* ( = nom fictif), âgé de 19 ans, se rend dans la taverne d’un village de l’Emmental pour y boire un verre. Les discussions sont animées. Tout le monde parle de Jürg Keller, un jeune du village voisin parti l’année précédente rejoindre l’armée royale des Indes néerlandaises, la Koninklijk Nederlandsch-Indisch Leger (KNIL) dans ce qui est aujourd’hui l’Indonésie.

    La famille de Jürg Keller venait de recevoir une lettre de Lombok, aux Indes orientales néerlandaises, dans laquelle il se plaignait de la chaleur, de la nourriture et des indigènes. Mais ce qu’il trouvait pénible était plutôt exotique et excitant pour ceux qui découvraient ce monde dans une taverne de l’Emmental et n’avaient pour ainsi dire rien connu d’autre que la vie simple et monotone du travail dans les champs et les pâturages. Parmi eux, des jeunes hommes rêvaient en secret de suivre son exemple, de quitter leur vallée endormie et de devenir soldats sous les tropiques.

    Pour cela, il leur suffisait d’attendre le passage d’un racoleur. Ce type de recrutement était certes interdit parce que les autorités fédérales voyaient d’un mauvais œil le fait que des Suisses servent des puissances étrangères, mais les recruteurs écumaient régulièrement la vallée. Les jeunes Suisses remontaient alors le Rhin jusqu’à Harderwijk, aux Pays-Bas, où se trouvait le bureau de recrutement de la KNIL. Dans cette ville, ils pouvaient passer la nuit à l’Hôtel Helvetia ou au Café Suisse, deux établissements tenus par d’anciens mercenaires suisses qui, contre rétribution, les aidaient à accomplir les formalités de recrutement.

    Ils s’embarquaient ensuite pour les Indes néerlandaises orientales où ils devaient rester six ans au minimum. « Pour eux, les colonies représentaient une chance de grimper dans l’échelle sociale et d’accéder à la vie bourgeoise dont ils rêvaient », explique Philipp Krauer, chercheur en histoire du monde moderne à l’ETH Zurich.

    Des caisses pleines de documents

    Philipp Krauer et ses collègues ont récemment mis la main dans les Archives fédérales sur une vingtaine de caisses remplies de documents sur la vie jusqu’à présent méconnue des mercenaires suisses de l’armée coloniale néerlandaise. Alors que l’engagement des mercenaires suisses en Europe est connu, on ne disposait jusqu’à présent que de peu d’informations sur leurs faits d’armes dans les colonies.

    Dans la seconde moitié du 19e siècle, l’engagement de mercenaires en Europe s’était étiolé – les jeunes Suisses combattaient désormais dans des colonies bien plus éloignées. Les Suisses étaient très appréciés par l’armée coloniale néerlandaise parce que la plupart d’entre eux disposaient déjà d’une instruction militaire de base et qu’ils étaient considérés comme de bons tireurs. Leur réputation s’est un peu ternie après une mutinerie suisse survenue en 1860 à Semarang pour protester contre les conditions de vie et de travail. Cependant, 8000 soldats suisses ont rejoint l’armée coloniale néerlandaise en Indonésie entre 1815 et la Première Guerre mondiale.

    Le nombre de ceux qui ont rejoint la Légion étrangère française est encore plus important : on estime qu’entre 1830 et 1960, 40’000 Suisses ont participé aux combats en Afrique du Nord et au Vietnam. Par moments, les mercenaires suisses constituaient 10% des troupes des pays européens.
    Misère en Suisse

    Les mercenaires suisses fuyaient souvent la misère. Jusqu’à la fin des années 1880, la Suisse était un des pays les plus pauvres d’Europe et une terre d’émigration. Le gouvernement suisse accordait même des aides à ceux qui partaient aux États-Unis ou en Amérique du Sud. De plus, que des jeunes hommes turbulents issus de familles modestes s’en aillent mener une vie de soldat à l’étranger était plutôt une bonne affaire aux niveaux politique et financier. « De nombreux politiciens et agents de la force publique connaissaient les pratiques illégales de recrutement de mercenaires sur le territoire suisse, mais ils fermaient les yeux, a indiqué Philipp Krauer à swissinfo.ch. Ils estimaient préférable que ces pauvres et ces indésirables partent à l’étranger plutôt que de causer des troubles dans le pays. »

    Mais la misère n’était pas la seule raison qui poussait les jeunes Suisses dans les armées coloniales – nombre d’entre eux espéraient ainsi trouver une vie pleine d’aventures. « J’ai lu la lettre où un soldat expliquait à sa mère qu’il avait rêvé de partir chaque fois qu’il voyait un train passer près de son village. Il ne pouvait pas supporter l’idée de rester dans ce petit village et d’y finir paysan comme son père et son grand-père », dit Philipp Krauer.

    De plus, certaines légendes qui circulaient magnifiaient la vie menée par ceux qui avaient eu le courage de faire le grand saut. Gottfried Keller, un des écrivains les plus populaires du milieu du 19e siècle, avait écrit l’histoire d’un jeune homme ayant quitté son foyer pour rejoindre d’abord la Compagnie britannique des Indes orientales puis la Légion étrangère française en Afrique du Nord. Il y avait tué un lion, été promu colonel et fait fortune.

    Une vie dure

    Mais la réalité était souvent bien différente. Pour beaucoup, l’arrivée en Indonésie constituait un choc, non seulement en raison du climat tropical, mais aussi parce que les jeunes recrues passaient les trois premiers mois en formation et n’avaient que peu d’autres contacts avec les autres Européens sur place. Elles devaient faire face à des maladies mortelles telles que la malaria et le choléra. « Avant que la quinine soit disponible dans les années 1850, la majeure partie d’entre eux mouraient dans les premiers mois de maladies tropicales », indique Philipp Krauer.

    La vie quotidienne était cependant plutôt ennuyeuse. Les soldats devaient faire de nombreux exercices et s’entraîner à manipuler leurs armes. La nourriture de base était le riz et ils buvaient essentiellement du ‘jenever’, soit du gin hollandais, parce que la bière était importée. Les soldats suisses étaient en revanche autorisés à avoir des concubines et même à fonder des familles avec elles.

    Certains tenaient des journaux et leurs notes montrent qu’ils se réjouissaient de sortir des casernes pour aller patrouiller dans les plantations. Leur présence contribuait à entretenir un climat de peur chez les ouvriers autochtones afin qu’ils ne se relâchent pas. Le conflit le plus important dans lequel les soldats suisses furent impliqués fut la guerre d’Aceh, qui débuta en 1873 et se prolongea près d’une quarantaine d’années. À cette époque, de 8000 à 10’000 soldats étaient engagés dans le nord de Sumatra. Les Suisses se retrouvaient également dans des unités spéciales impitoyables qui patrouillaient l’archipel pour soumettre les chefs locaux – en utilisant la tactique de la terre brûlée. « Des milliers d’ennemis ont été tués, leurs maisons et d’autres propriétés ont été brûlées, le raja de Lombok a été arrêté et la plupart des chefs ennemis ont été expédiés dans l’autre monde », écrit en 1895 le soldat Emil Häfeli dans une lettre au père d’Egloff, son compatriote décédé. Les mesures de rétorsion étaient particulièrement cruelles lorsque des camarades étaient tués.

    Les descendants d’indigènes qui avaient survécu à l’intervention d’une de ces unités spéciales sur l’île indonésienne de Flores racontèrent plus tard comment ils avaient été protégés par les cadavres de leurs proches. Les soldats des armées coloniales ne faisaient aucune différence entre les civils et les combattants.

    Philipp Kauer remarque : « En Suisse, il y avait déjà le Comité international de la Croix-Rouge et on discutait de moraliser la guerre. Et simultanément des Suisses participaient en Indonésie à des massacres dans le Sumatra du Nord, à Aceh, à Flores et sur d’autres îles ».

    Retour à la maison

    Les soldats ne pouvaient rentrer chez eux qu’après avoir accompli au moins six ans de service en Indonésie. Comme ils étaient entourés par la mer, il n’était pour ainsi dire pas possible de déserter.

    « S’ils voulaient rentrer avant d’avoir achevé leurs six ans de service, il leur fallait payer 2000 francs suisses, ce qui était un montant considérable à l’époque. Et ils devaient aussi trouver un remplaçant », indique l’historien. Les soldats ne parvenaient pas à économiser grand-chose, mais après douze ans de service ils touchaient une rente annuelle d’une valeur de 200 francs au minimum, mais qui parfois atteignait 2000 francs.

    De retour en Suisse, ils n’étaient pas accueillis comme des héros. Les miliciens avaient mauvaise réputation : la population méprisait ceux qui avaient servi un autre pays et les jugeait pervertis - le nationalisme étant toujours plus fort dans le nouvel État fédéral. On craignait également qu’ils importent de mauvaises habitudes dans le pays.

    Nombre d’entre eux étaient traumatisés par les massacres auxquels ils avaient participé et ne parvenaient pas à se réintégrer dans la société. Ils rencontraient aussi de l’opposition lorsqu’ils voulaient rapatrier leurs concubines et leurs enfants en Suisse.

    Au contraire des marchands et des missionnaires suisses qui ont participé à l’aventure coloniale, les mercenaires n’ont pas laissé beaucoup de traces telles que des livres ou des musées remplis d’objets exotiques. Ils ont cependant exercé une influence considérable sur l’attitude des Suisses à l’égard des étrangers : « La manière dont ils décrivaient les indigènes dans leurs lettres a contribué à répandre des stéréotypes sur les autres races dans les vallées et villages reculés de Suisse. Certains existent toujours aujourd’hui », dit Philipp Krauer.

    https://www.swissinfo.ch/fre/comment-des-mercenaires-suisses-ont-particip%C3%A9-%C3%A0-la-colonisation/45863058
    #Suisse #colonialisme #colonisation #soldats #Java #Indonésie #Asie #Afrique #Koninklijk_Nederlandsch-Indisch_Leger (#KNIL) #Harderwijk #Pays-Bas #Hôtel_Helvetia #Café_Suisse #Indes_néerlandaises_orientale #mercenaires_suisses #Semarang

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    Ajouté à la métaliste sur la #Suisse_coloniale :
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  • Comment #René_Gardi a façonné le regard des Suisses sur l’Afrique

    Avec « #African_Mirror », le réalisateur #Mischa_Hedinger revient sur le parcours du photographe et cinéaste René Gardi dans le #Cameroun colonisé des années 1950. Ce documentaire montre que l’approche paternaliste, voire raciste, de René Gardi en dit plus sur la Suisse de l’époque que sur l’Afrique qu’il fantasmait.

    « J’ai toujours évité de présenter une vision biaisée de la réalité à travers mes images. » René Gardi n’a jamais douté de la dimension documentaire de son œuvre, comme il l’explique en 1985 dans une lettre envoyée à un centre d’études africaines de Californie, au soir de sa vie.

    Une profession de foi que le jeune réalisateur Mischa Hedinger, également bernois, déconstruit avec son documentaire « African Mirror », à l’affiche actuellement en Suisse alémanique et le printemps prochain en Suisse romande.

    Mais pourquoi sortir de l’oubli un tel personnage ? « Quand la génération des baby-boomers pense à l’Afrique, les films de René Gardi émergent », écrit le quotidien bernois Der Bund dans un article consacré à « African Mirror ». Une notoriété confinée essentiellement à la Suisse alémanique où René Gardi fut très présent par ses livres, ses conférences et ses interventions dans les médias, même s’il toucha une audience plus large avec notamment « Mandara », un film tourné au Cameroun qui a obtenu en 1960 une mention spéciale au 10ᵉ festival international du film de Berlin dans la catégorie « Meilleur film documentaire adapté aux jeunes.
    Sexe et colonies

    Les jeunes, René Gardi les appréciait à sa manière puisqu’il fut condamné en 1944 pour violences sexuelles à l’encontre de certains de ses élèves, alors qu’il était enseignant en Suisse. Cette pédophilie passée sous silence jusqu’à aujourd’hui, Mischa Hedinger a tenu à l’exhumer dans son documentaire en la couplant aux corps nus de jeunes Camerounais filmés par René Gardi.

    « African Mirror » n’est pas pour autant un réquisitoire contre René Gardi, mais bien un questionnement sur les représentations de l’Afrique que René Gardi a contribué à façonner. Or la sexualité souvent prédatrice est au cœur de l’imaginaire colonial, relève pour swissinfo.ch Mischa Hedinger, faisant écho à « Sexe, race et colonies », un ouvrage monumental publié l’année dernière à Paris qui a fait grand bruit. Un imaginaire qui perdure pourtant, si l’on songe au tourisme sexuel qui continue de prospérer.

    Il en va de même avec la vision des peuples africains que René Gardi a développé dans ses œuvres. « Quand je regarde les photos que j’ai prises dans les années précédentes, je ressens souvent une grande tristesse. Les splendides artisans avec toutes leurs peines, leurs besoins, leurs joies et leurs obstinations, ces gens qui sont des artistes-artisans sans le savoir, et toutes les mères merveilleuses dans les tentes et les villages, qui acceptent leur destin avec tant de calme et de courage, ne vivront bientôt que dans la mémoire de ceux qui les ont connus », écrit René Gardi dans la lettre citée plus haut.

    Le #mythe du #bon_sauvage

    Ce mythe du bon sauvage sans vrai conscience de lui-même était largement partagé au milieu du siècle dernier, sans pour autant disparaitre totalement aujourd’hui, comme l’a illustré en 2007 le discours choc prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy, dans lequel le président français assurait que « le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. » Des propos abondamment critiqués par de nombres personnalité comme l’écrivain camerounais Achille Mbembe.

    René Gardi, lui, faisait aussi le parallèle entre les tribus visitées au Cameroun et les montagnards vivant dans les Alpes suisses. Il alla même jusqu’à s’exclamer : « Parfois, j’aimerais que nous aussi, les Suisses, nous ayons une colonie. »

    Un propos qui n’a rien d’anodin pour Mischa Hedinger : « Gardi exprime ainsi le désir de grandeur de la petite Suisse. Et l’image qu’il a créée de l’Afrique était elle-même une sorte de colonie pour la Suisse : un pays imaginaire appartenant aux Suisses. »

    Si la Suisse n’a jamais eu d’empire colonial (même si l’idée a circulé dans les élites dès la fin du XIXème), l’agence de coopération du gouvernement (DDC) n’a pas échappé aux visions portées par Gardi, en particulier au #Rwanda, cette « Suisse de l’Afrique », dans laquelle les coopérants suisses se sont fortement impliqués jusqu’au sommet de l’Etat, avant que le génocide de 1994 n’y mette fin.

    https://www.swissinfo.ch/fre/documentaire-_comment-ren%C3%A9-gardi-a-fa%C3%A7onn%C3%A9-le-regard-des-suisses-sur-l-afrique/45397302
    #cinéma #Suisse #Afrique #paternalisme #racisme #film #film_documentaire #documentaire #stéréotypes

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  • Shady democracy: shelter from the sun is a public resource | Essay | Architectural Review
    https://www.architectural-review.com/places/africa/shady-democracy-shelter-from-the-sun-is-a-public-resource/10046834.article

    The OED’s primary definition of ‘shade’ is ‘comparative darkness and coolness caused by shelter from direct sunlight’. In African cities from Kinshasa to Khartoum, trees are the primary source of shade, providing not only respite from the blinding light but also from the heat. In places where the midday temperature can rise to over 40°C, the chance to sit – even for 10 minutes – under a neem tree is more than simply welcome: it is essential. All over the continent, in informal settlements, central business districts, affluent suburbs and marketplaces, you will find people sitting under trees, trading, gossiping, arguing, eating – the full panoply of urban daily life. Heated political debates take place, especially in new democracies nearing elections; men get their hair cut; mobile phone stockists hustle customers; and women cook on tiny open-flame pots, expertly catering to mealtime crowds.

    #afrique #colonialisme

  • Outrage: student movement from the margins to the heart of power | Essay | Architectural Review
    https://www.architectural-review.com/essays/campaigns/outrage/outrage-student-movement-from-the-margins-to-the-heart-of-power/10042310.article

    outh Africa has a long history of student protest. Black students were historically excluded from tertiary education – and therefore power – and the dramatic surge in numbers since 1994 means South African university students are a unique group, both from and of the margins yet now occupying the centre of society (or at least close to it). Historically protests were directed at white or apartheid rule and conducted away from white urbanites for whom the city was a place of pleasure and leisure, not violent and often fatal protest. The spatial organisation of South African cities situates black townships on the periphery of the city (Soweto in Johannesburg, Khayelitsha and Mitchells Plain in Cape Town, for example), reinforcing a sense of being outside the power structure and the amenities that make up contemporary urban life.

    #architecture #afrique_du_sud

  • Coronavirus : après avoir contaminé l’Afrique, l’Europe ferme ses frontières au continent
    https://www.afrik.com/coronavirus-apres-avoir-contamine-l-afrique-l-europe-ferme-ses-frontieres-au-

    L’Union Européenne a sorti une liste de 14 pays dont les ressortissants sont autorisés à voyager sur son territoire. Quatre pays africains sur les cinquante-quatre que compte le continent font partie de cette liste. Les ressortissants des cinquante autres pays africains sont donc indésirables et indésirés en Europe qui les considère comme des personnes à risque. Tout ceci, alors que c’est l’Europe qui a contaminé l’Afrique. De quoi dessiller les yeux aux dirigeants du continent. « Il faut vivre longtemps pour voir une chose et son contraire », dit la sagesse africaine. La pandémie de Covid-19 aura permis de voir cet adage se concrétiser sous nos yeux, en un laps de temps très court. On n’a pas eu besoin d’attendre longtemps pour voir cela. A la fin de l’année 2019, en effet, le nouveau Coronavirus vecteur d’une nouvelle maladie très contagieuse, le Covid-19, fait irruption dans le monde, semant la panique partout. Partie de la Chine, la maladie s’est rapidement répandue dans d’autres pays, mais avec comme nouveau terrain de prédilection, l’Europe. Les pays comme l’Italie, l’Espagne, puis la France ont été frappés de plein fouet, et très vite les morts ont commencé par s’entasser, se décomptant par centaines par jour. Les systèmes sanitaires de ces pays qui passaient pour les mieux préparés pour faire face à des risques d’épidémies sont mis à rude épreuve. Les hôpitaux étaient débordés et les professionnels de la santé n’en pouvaient plus. C’était l’hécatombe. Jusque-là, l’Europe n’avait pas fermé ses frontières…

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#UE#sante#systemesante#pandemie#frontiere

  • Les Nations unies en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale sont préoccupées par la vulnérabilité accrue des migrants en pleine COVID-19 | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/les-nations-unies-en-afrique-de-louest-et-en-afrique-centrale-sont-preoccupees-

    Le Réseau régional des Nations Unies sur les migrations et le Comité exécutif régional des Nations Unies sur la COVID-19 en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale s’inquiètent pour le bien-être de millions de migrants à travers la région en pleine crise de COVID-19. Bien qu’ils soient confrontés aux mêmes menaces sanitaires de la COVID-19 que tout autre être humain, les migrants peuvent être exposés à un niveau de vulnérabilité plus élevé lié à la discrimination et à l’exclusion dans leurs conditions de vie et de travail ou dans leur accès aux services de base, notamment les soins de santé. Dans ces circonstances difficiles, les migrants peuvent être exposés à des exactions et d’autres violations des droits de l’homme.
    Plus de 30 000 migrants sont actuellement bloqués aux frontières et plus de 2 000 attendent une aide dans des centres de transit surpeuplés où ils sont exposés à un risque accru d’infection par la COVID-19. Depuis l’apparition de l’épidémie dans la région, des milliers de personnes ont été abandonnées dans le désert par les passeurs et les trafiquants le long des itinéraires migratoires. Certains ont été expulsés, mettant leur vie et leur santé en danger, tandis que d’autres sont victimes de discrimination, de discours haineux et de xénophobie.
    Alors que les gouvernements d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale prennent des mesures préventives telles que la fermeture des frontières pour protéger leurs pays de la propagation de la COVID-19, les migrants, y compris ceux en situation irrégulière, peuvent être touchés de manière disproportionnée, incapables d’accéder aux soins de santé, aux services sociaux ou de se protéger. En outre, la fermeture des frontières limite davantage les possibilités de migration régulière, y compris le retour, tout en obligeant les migrants à emprunter des itinéraires migratoires plus dangereux et en les exposant au risque d’être exploités, extorqués ou maltraités.

    #Covid-19#migrant#migration#onu#afriquedelouest#afriquecentrale#vulnerabilite

  • #Covid en #France : une hausse des décès deux fois plus forte pour les personnes nées à l’#étranger
    https://www.franceinter.fr/societe/covid-en-france-une-hausse-des-deces-deux-fois-plus-forte-pour-les-perso

    Les personnes nées en #Afrique, suivies des personnes nées en #Asie, sont les plus concernées par cette #surmortalité, révèle une étude publiée par l’Insee ce mardi.

    [...]

    Ainsi, les décès de personnes nées à l’étranger ont augmenté deux fois plus que ceux de personnes nées en France : respectivement 48 %, et 22 %. 

    Ce sont les personnes nées en Afrique qui sont le plus concernées par cette hausse de la mortalité liée au Covid-19 : 54 % pour les personnes nées dans les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie). Soit 8.300 morts en mars-avril 2020, contre 5 400 en mars-avril 2019. La surmortalité s’élève à 114% pour les personnes nées dans un autre pays d’Afrique.

    [...]

    Ces écarts s’expliquent par les conditions de vie et de travail

    Le fort excédent de décès pour les personnes nées en Afrique ou en Asie s’explique notamment, selon l’Insee, par le fait qu’elles résident plus souvent dans les communes densément peuplées et en Île-de-France, qui est de loin la région la plus touchée par la Covid-19. Une personne sur trois née au Maghreb réside ainsi dans la région, et la moitié des personnes nées dans un autre pays d’Afrique ou en Asie.

    Un écart de mortalité qui est aussi dû, dit l’Insee, aux modes de vie. Les personnes nées en Afrique hors Maghreb, et dans une moindre mesure celles nées au Maghreb, ont ainsi en moyenne des logements plus exiguës que les personnes nées en France, ce qui réduit les possibilités de distanciation physique. Distanciation plus compliquée aussi dans les transports en commun, davantage empruntés pour aller travailler par les personnes nées en Afrique que celles nées en France.

    Des métiers d’ailleurs plus exposés, les personnes nées en Afrique occupant plus souvent des postes décris comme étant « en première ligne » lors de la pandémie, comme aides soignants, ambulanciers, livreurs ou agents de nettoyage.

  • Green Apartheid: Urban green infrastructure remains unequally distributed across income and race geographies in South Africa - ScienceDirect
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169204620303947

    Highlights
    • Parks occur in neighborhoods with 82% higher income than those without parks.
    • White-dominated neighborhoods have 12% higher tree cover than others.
    • Spatial inequalities are mirrored in both public and private green space.
    • Green space inequity has been maintained and entrenched since Apartheid.
    • Open-access data offers possibilities for environmental justice.

    #inégalités #jardins #espaces_verts #greenness #afrique_du_sud #apartheid

  • United Nations in West and Central Africa Concerned Over Increased Vulnerabilities of Migrants Amid COVID-19 | International Organization for Migration
    https://www.iom.int/news/united-nations-west-and-central-africa-concerned-over-increased-vulnerabilities

    The Regional United Nations Network on Migration together with the Regional UN-SDG COVID-19 Executive Committee in West and Central Africa are concerned with the wellbeing of millions of migrants across the region amid the COVID-19 crisis. While they face the same health threats from COVID-19 as any other human being, migrants may be exposed to a higher level of vulnerability linked to discrimination and exclusion in their living and working conditions or in their access to basic services including healthcare. Under these difficult circumstances, migrants may be at risk of abuse and other human rights violations. Over 30,000 migrants are currently stranded at borders and more than 2,000 are waiting to be assisted in overcrowded transit centers where they are at heightened risk of COVID-19 infection. Since the outbreak in the region, thousands were abandoned in the desert by smugglers and traffickers along migratory routes. Some were deported, putting their lives and health at risk and others are being targeted with discrimination, hate speech, and xenophobia.
    As governments in West and Central Africa are taking preventive measures such as border closures to protect their countries from the spread of COVID-19, migrants, including those in irregular situations, may find themselves disproportionately impacted, unable to access healthcare, social services or protect themselves. In addition, border closures further limit regular migration options including return, while forcing migrants to take more dangerous migratory routes and putting them at risk to be exploited, extorted, or abused.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#afrique#frontiere#mesuresanitaire#systemesante

  • Coronavirus : au Maroc, des dizaines de migrants sub-sahariens arrêtés et confinés de force - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/25682/coronavirus-au-maroc-des-dizaines-de-migrants-sub-sahariens-arretes-et

    « On est libres mais sous le choc », confie à InfoMigrants Mohamed*, un jeune Ivoirien qui travaille au Maroc depuis trois ans. « J’étais chez moi le jour où la police nous a emmenés. Je suis sorti car j’entendais des cris dehors. Mes voisins refusaient de se laisser embarquer. Lorsque les policiers m’ont vu, ils m’ont aussi demandé de les suivre pour faire le test du coronavirus. Je ne portais qu’un short sur moi. J’ai voulu aller chercher des vêtements et mon téléphone, ils m’ont dit que ce n’était pas la peine, qu’il y en avait juste pour 4 heures. » Mohamed était loin de se douter qu’il allait passer une semaine en enfer. Cinq heures après son arrivée à l’école de Laâyoune, une équipe médicale s’est présentée pour lui faire passer un premier dépistage. "On était plus de 50. Personne ne pouvait sortir tant qu’on n’avait pas les résultats. Trois jours plus tard, on a appris que 11 personnes étaient positives. Elles ont été mises à l’écart dans un hôtel où ils leur donnent des médicaments."Ayant été au contact des 11 malades, le reste du groupe a subi un second test vendredi, tout en étant maintenu dans des conditions de vie déplorables et sans aucune visibilité sur leur date de sortie. « On a été traités comme des animaux. Tout était très sale, on dormait par terre sur des petits matelas. Il n’y avait pas d’eau dans les toilettes. On nous donnait deux morceaux de pain par jour, du riz et parfois une sardine ou du lait concentré », raconte à InfoMigrants Amadou*, un Guinéen de 20 ans, lui aussi retenu dans l’école de Laâyoune. La police est venue le chercher sur son lieu de travail, un salon de coiffure afro où il exerce depuis un an. « Ils ne regardent même pas ceux qu’ils arrêtent, tout ce qui compte c’est qu’on ait la peau noire », lâche le jeune Guinéen, criant à la discrimination. Un sentiment que partage Cynthia Magallanes-Gonzales, une sociologue américaine, docteure en migrations de l’Université du Michigan, qui travaille au Maroc depuis quatre ans. « Ces personnes ont été clairement arrêtées à cause de leur couleur de peau puis placées dans des lieux qui s’apparentent à des centres de rétention puisqu’il y a une surveillance policière permanente et interdiction d’en sortir », commente-t-elle pour InfoMigrants, ajoutant que plusieurs migrants sur place lui avaient confié souffrir de fortes angoisses.

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  • La numérisation de l’Afrique face au dilemme écologique
    https://www.cetri.be/La-numerisation-de-l-Afrique-face

    Tout le monde, ou presque, en est convaincu : l’essor économique et social de l’Afrique passera par sa « transformation numérique ». Pourtant, le continent paye déjà un lourd tribut social, économique et surtout environnemental pour le développement de ces technologies. Dans ces conditions, peut-on imaginer un développement numérique qui soit à la fois équitable et soutenable pour l’Afrique, mais aussi à l’échelle mondiale ? « Digital Economy for Africa Initiative » (DE4A, Banque mondiale), « Africa (...) #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, #Le_Sud_en_mouvement, #Analyses, #Afrique_subsaharienne, Moyen-Orient & Afrique du Nord, #Enjeux_numériques, (...)

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