• Combler le fossé numérique de l’Afrique : le pouvoir des cartes
    http://blogs.worldbank.org/fr/digital-development/combler-le-fosse-numerique-afrique-le-pouvoir-des-cartes

    L’idée de cartographier les infrastructures numériques de l’Afrique fait son chemin, pour la simple raison qu’une carte vaut des milliers de discours. Pour universaliser l’accès sur le continent, il faut repérer les trous dans le maillage et suivre le déploiement des infrastructures numériques. Seule une représentation visuelle des lieux raccordés au réseau dorsal terrestre en fibre optique permettra d’avoir une idée précise de l’état de la connectivité en Afrique. La superposition des données démographiques (a) fournies en libre accès par le Centre commun de recherche de l’Union européenne et des données sur les réseaux en fibre optique (a) du Network Startup Resource Center permet un début de reconnaissance des besoins et de l’avancement de l’accès universel (voir la carte). Elle permet aussi de montrer que 45 % environ des Africains vivent à plus de 10 kilomètres d’une infrastructure réseau en fibre optique — soit plus que n’importe où ailleurs dans le monde.

    #Afrique #Internet #Carte #Réseaux #connectivité

  • La France propose d’aider la Grèce à reconduire des #déboutés de l’asile

    En visite à Athènes, ce lundi 20 janvier, le secrétaire d’État français à l’Intérieur Laurent Nuñez a confirmé l’accueil dans les prochains mois de 400 demandeurs d’asile actuellement présents en Grèce. Il a par ailleurs déclaré que la France proposait son aide à la Grèce pour « faciliter les reconduites » dans leur pays d’origine des déboutés du droit d’asile.

    Quatre cents demandeurs d’asile présents en Grèce - dont Paris avait annoncé l’accueil dès le mois de décembre - devraient progressivement arriver sur le territoire français d’ici l’été prochain. Le chiffre reste symbolique au vu des près de 10 000 arrivées par mois en Grèce depuis l’été, mais il permet néanmoins à Paris d’appeler a davantage de solidarité européenne.

    « La Grèce a fait l’objet d’un pic migratoire important depuis l’été dernier, souligne le secrétaire d’État Laurent Nunez. Et donc la position de la France, c’est de considérer que dans ce genre de situation, il est normal que nous puissions accueillir par solidarité, en relocalisation, un certain nombre de demandeurs d’asile qui sont, ici, en Grèce, c’est ce que nous allons faire pour 400 personnes, des personnes qui sont particulièrement vulnérables. Et vous savez que dans le cadre de la réflexion en cours sur la gestion globale du système d’asile, cette question des relocalisations est au cœur des discussions. »

    La Commission européenne travaille en effet à redéfinir la législation de l’Union en termes de migrations. Un projet de « Nouveau pacte », qui doit être présenté d’ici au printemps. Les tensions croissantes entre Athènes et Ankara, qui participent aussi des difficultés migratoires actuelles de la Grèce, ne faisaient, elles, pas partie de la communication officielle.

    Par ailleurs, la France a proposé son aide lundi à la Grèce pour « faciliter les reconduites » dans leur pays d’origine des déboutés du droit d’asile, a indiqué Laurent Nuñez. Avec « notre #ambassade à Athènes, nous allons aider la Grèce à obtenir des autorisations de reconduite (...) notamment des #laissez-passer_consulaires qui sont parfois difficiles à obtenir » à la faveur des « #relations_privilégiées » de la France avec « certains pays », a-t-il précisé. Il s’agirait surtout de pays africains, selon une source grecque proche du dossier.

    http://www.rfi.fr/europe/20200120-france-nunez-asile-aider-grece-migrants
    #renvois #expulsions #aide #Grèce #France #aide #Afrique #externalisation

    Une étrange idée de la #solidarité... La France joue la carte des « relations privilégiées »... = relations coloniales...
    #colonialisme #continuité_coloniale #rapports_coloniaux

    ping @isskein @karine4

    Ajouté à cette métaliste sur l’externalisation :
    https://seenthis.net/messages/731749

    • Migrants. La France propose d’aider la Grèce à renvoyer les déboutés de l’asile

      La France a proposé son aide lundi à la Grèce pour « faciliter les reconduites » dans leur pays d’origine des déboutés du droit d’asile, a indiqué le secrétaire d’État français à l’Intérieur, Laurent Nuñez, en visite à Athènes.

      Soulignant la "solidarité" française envers la Grèce, première porte d’entrée des migrants en Europe en 2019, Laurent Nuñez a confirmé que la France accueillerait à l’été prochain 400 demandeurs d’asile "surtout des familles en grande vulnérabilité" se trouvant actuellement en Grèce.

      "Nous allons étudier avec nos amis grecs la possibilité d’organiser des vols groupés pour faciliter les reconduites de personnes qui ne sont pas en besoin de protection dans leurs pays", a également déclaré le secrétaire d’État, à l’issue d’entretiens avec Georges Koumoutsakos, ministre adjoint grec à l’Immigration et l’Asile.

      Ces vols franco-grecs pourront être organisés avec "le concours de Frontex", l’Agence de protection des frontières européennes, a-t-il ajouté.
      L’envoi de 24 experts français

      Avec "notre ambassade à Athènes, nous allons aider la Grèce à obtenir des autorisations de reconduite […] notamment des laissez-passer consulaires qui sont parfois difficiles à obtenir" à la faveur des "relations privilégiées" de la France avec "certains pays", a précisé Laurent Nuñez. Il s’agirait surtout de pays africains, selon une source grecque proche du dossier.

      Laurent Nuñez a aussi annoncé l’envoi en Grèce de 24 experts français pour aider le gouvernement grec à traiter le flot de demandes d’asile.

      Le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis a durci l’octroi de l’asile et insisté sur le rapatriement des déboutés de l’asile, une question critiquée par de nombreuses ONG de défense des migrants.
      400 demandeurs d’asile accueillis en France

      La France avait annoncé mi-décembre qu’elle accueillerait 400 demandeurs d’asile. M. Nuñez a parlé d’"une mesure ponctuelle" pour répondre à une situation "d’urgence" en Grèce.

      Outre la France, le Portugal s’est dit prêt à partager le fardeau migratoire en acceptant de relocaliser 1 000 demandeurs d’asile.

      Athènes ne cesse de demander "plus de solidarité" européenne sur cette question après une hausse importante des arrivées sur son territoire et la détérioration des conditions de vie dans les camps surpeuplés de migrants.

      https://www.ouest-france.fr/europe/grece/migrants-la-france-propose-d-aider-la-grece-renvoyer-les-deboutes-de-l-

  • Pourquoi a-t-on si peur des études postcoloniales en France ? - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/pourquoi-a-t-on-si-peur-des-etudes-postcoloniales-en-france_2115044.html

    Si dans le milieu universitaire français ces études alimentent encore des réticences c’est que beaucoup de chercheurs sont angoissés à l’idée que leur fonds de commerce - l’histoire racontée ou enseignée unilatéralement sous le prisme de la gloriole occidentale avec ses canons traditionnels - ne tombe définitivement en faillite et qu’une autre page s’ouvre, contredisant ou nuançant le récit national et égocentrique français, pour une conception plus éclatée et la remise en cause des vérités toutes faites.

    #postoconialisme #Afrique

    • Mouais. D’abord l’argument du pré carré, il est utilisable contre n’importe quel champ de recherche, dans lequel se positionnent des personnes qui n’oublient pas leur intérêt personnel. Les vieux mâles blancs se positionnent dans des champs établis, les autres essaient d’en faire surgir de nouveaux. Leur intérêt personnel n’est jamais étranger à leur intérêt académique...

      L’attitude de repliement de ces chercheurs français s’est encore manifestée le 24 décembre 2019 dans une enquête de L’Express intitulée « Les obsédés de la race noyautent le CNRS ». En vérité, cet article préparait une tribune, publiée deux jours plus tard sur le site de L’Express, signée par six chercheurs et universitaires, avec en figure de proue Laurent Bouvet (un des fondateurs du Printemps républicain) et Pierre-André Taguieff, « l’instigateur de cette tribune », précise l’hebdomadaire.

      Sauf que Bouvet et Taguieff sont des politistes, donc pas des historiens. On peut aussi pointer du doigt les historiens médiatiques façon Decaux et Deutsch (pardon pour l’orthographe)
      https://www.librairielibertalia.com/web/les-historiens-de-garde-1.html
      mais on n’a toujours pas d’exemples de concurrence entre historien·nes (raci·es vs. postcoloniaux) dans le champ académique.

      Puisque les attaques contre les études postcoloniales sont extérieures à l’université (en tout cas aux départements d’histoire), il faudrait se demander pourquoi l’université bouge mais les médias et les classes politiques dominantes (Bouvet et Taguieff sont moins des universitaires que des figures médiatiques) préfèrent se positionner contre et faire vivre un roman national nauséabond.

      #histoire #université

    • Est-ce que l’université bouge dans le bon sens ? Dans le livre de l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch « Enjeux politiques de l’histoire coloniale » paru en 2009, le premier chapitre s’intitule le ’Le solide héritage d’une longue historiographie" ; elle y analyse les orientations des différents travaux d’historiens français sur la colonisation en Afrique depuis les années 50. Elle y dit ceci :"il n’est pas vrai que l’histoire de la colonisation n’a pas été écrite. Il est faux que tout a déjà été dit"... et de poursuivre « Nous sommes aujourd’hui en situation postcoloniale. L’enjeu, aujourd’hui comme hier, demeure d’innover, en produisant de nouvelles analyses suggérées pas de nouvelles théories. »

    • J’ai l’impression que ça a beaucoup bougé et qu’on ne peut plus écrire la même chose dix ans après mais mon point de vue est un peu biaisé. Et je ne sais pas s’il y a ou non concurrence dans le champ académique mais dans cet article, finalement, les forces réacs ne sont pas dans les départements d’histoire.

  • #Côte_d’Ivoire : World-Renowned Photojournalist Reza Trains #Returned_Migrants, Journalists in Photography

    “Photography is a universal language which can help express feelings and convey emotions without using words,” said #Reza_Deghati, the internationally acclaimed news photographer, who began his celebrated career 40 years ago, after he left his native Iran.

    This month, he is sharing his expertise, and his enthusiasm, with migrants returning to their African homeland after hard journeys abroad. “Photography allows returnees to gain self-confidence and rediscover themselves,” he explained. “Learning how to take a good picture of their daily lives helps them value their life and show us their side of their own story.”

    During the dates 6-8 December, Reza Deghati worked in collaboration with the International Organization for Migration (#IOM) which organized a three-day photography training event in Abidjan, Côte d’Ivoire. Six young photographers participated in the training here in the Ivorian capital.

    After learning the technical aspects of photography, the participants trained their newly acquired skills on by visiting reintegration and recreational activities organized by IOM for returned migrants and community members. For instance, the participants attended a street art painting performed by returned migrants on the walls of a school rehabilitated by other returnees.

    The aim of this pilot project was to offer returned migrants an opportunity to become visual storytellers of their daily life back home and help local journalists change the narrative on migration in the country.

    “I couldn’t finish the first level of high school last year because I left for Algeria,” said 17-year-old Laciné who now is back at school as part of the reintegration assistance he received from IOM after returning to Côte d’Ivoire.

    “For me, this training is a new start as it can help me show others what I have experienced and what I am experiencing without using words,” Laciné explained.

    The training will be followed by a three-month coaching by IOM photographer Mohamed Diabaté, and the photographs taken by the participants will be exhibited in Spring 2020.

    “Learning photography means learning to look at the world in a different way,” Diabaté said. The IOM Côte d’Ivoire photographer and filmmaker added: “It also gives a new dimension to the returnees’ daily lives and it shows a reality that someone else cannot grasp. It enables us to see through their eyes.”

    This training is the first of a series that will be organized by IOM across West Africa in 2020. It was organized in the frame of an EU-IOM Joint Initiative for Migrant Protection and Reintegration in the Sahel and Lake Chad regions.

    One participant, reporter Benjamin B., explained what he gained from the sessions with Reza Deghati this way: “As a journalist, I have a pen, and I can write. Words can explain reality. But the pictures will show it. If I have both skills, I can better write about migration.”

    https://www.iom.int/news/cote-divoire-world-renowned-photojournalist-reza-trains-returned-migrants-journ
    #photographie #photojournalisme #asile #migrations #réfugiés #renvois #réfugiés_ivoiriens #réintégration #OIM #returnees #expulsion #art #Mohamed_Diabaté #cours_de_photo #Afrique_de_l'Ouest

    Il n’y a pas de limites à l’indécence de l’OIM :

    The aim of this pilot project was to offer returned migrants an opportunity to become visual storytellers of their daily life back home and help local journalists change the narrative on migration in the country.
    This training is the first of a series that will be organized by IOM across West Africa in 2020. It was organized in the frame of an #EU-IOM_Joint_Initiative_for_Migrant_Protection_and_Reintegration_in_the_Sahel_and_Lake_Chad_regions (https://migrationjointinitiative.org).

    ping @albertocampiphoto @philippe_de_jonckheere @_kg_ @isskein @karine4 @reka

    Ajouté à cette métaliste sur les campagnes de #dissuasion à l’émigration (intégré à la métaliste plus générale sur l’externalisation des frontières) :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765326

  • L’#or_vert ou la stupéfiante odyssée du #khat

    Le khat est consommé dans de nombreux pays d’#Afrique_de_l'Est. Vendue sous la forme de feuilles et de tiges, cette plante psychotrope provoque une sensation stimulante d’#euphorie impulsée par une accélération du rythme cardiaque. Mais le khat crée aussi des effets d’accoutumance et de manque, doublés de déprime, de léthargie, et chez certains, notamment les enfants, de troubles mentaux. Ancien dépendant au khat, #Abukar_Awalé, membre de la diaspora somalienne en Grande-Bretagne, a alerté les autorités britanniques et milité pour la fin de la tolérance. Ce film suit son combat courageux, remonte la filière du khat à travers le monde et en expose les ravages et les enjeux économiques.


    https://www.programme.tv/l-or-vert-ou-la-stupefiante-odyssee-du-khat-156617631
    #film #documentaire #film_documentaire
    #drogue #UK #interdiction #Corne_de_l'Afrique #Ethiopie #Awaday #Londres #café #traumatisme #guerre #conflit #santé_mentale #Somalie #Somaliland #argent #revenu #prix_du_café #accord_international_sur_le_café #Dadaab #Kenya #réfugiés #camps_de_réfugiés #toxicomanie #dépendance #femmes #hommes #oubli #alternative #Angleterre #genre #qat

  • African migrants allege mistreatment in North Africa

    Egypt hosts more than 6 million migrants, more than half of them from Sudan and South Sudan.

    North African countries have long been a refuge for sub-Saharan migrants trying to escape war or poverty. However, the streets of Cairo, #Tunis or #Tripoli can turn dangerous, with racist harassment and violence.

    While Europe has been wrestling with racist violence, North African countries, with complex situations including their own illegal emigration problems, have made only small steps in addressing the issue.

    For some migrants, Egypt, Libya and Tunisia are the closest and easiest countries for them to enter. For others, the countries are a point of transit before attempting the Mediterranean crossing to Europe.

    The International Organisation for Migration said Egypt hosts more than 6 million migrants, more than half of them from Sudan and South Sudan, where simmering conflicts displace tens of thousands of people annually.

    At least two dozen sub-Saharan Africans, including four children, in Cairo told the Associated Press they have endured racist insults, sexual harassment or other abuses in the past three months.

    The children said they have had rocks and trash thrown at them as they go to or from school. One Ethiopian woman said neighbours pound on the windows of her family’s home, yelling “slaves” before disappearing.

    A study last year by the Tunisian Forum for Economic and Social Rights indicated that 50% of immigrant respondents from sub-Saharan African countries said their migration experience, after several years spent in Tunisia, was “a failure,” while 41% described the experience as “successful.”

    Among those questioned about their medium-term goals, 54% expressed a desire to leave for Europe and 42% expressed a preference to return to their country of origin. Only 2% said they preferred to settle in Tunisia.

    The study stated that 48.3% of respondents said it is necessary to review the legal status of migrants.

    Respondents called on Tunisia to allow African migrants to benefit from work opportunities in the country, defend their rights, facilitate the acquirement of residence permit and revise social security laws, in a way that would simplify procedures to obtain Tunisian nationality for migrants’ children born in the country and allow foreigners to open bank accounts.

    In Libya, a country plagued by corruption and caught in civil war, the picture looks gloomier for African migrants. A report by the Associated Press said millions of dollars from the European Union had been diverted to networks of militiamen, traffickers and Coast Guard members who allegedly exploit migrants. The report said UN officials knew militia networks were getting the money.

    The report revealed torture, extortion and other abuse for ransom in migrant detention centres and under the nose of the United Nations, often in compounds that receive millions of dollars in aid. This was in addition to reports of disappearances from detention centres, with migrants allegedly sold to traffickers or sent to other centres.

    In Libya, abuses generally go unpunished amid the chaos in the country. In Tunisia and Egypt, however, there were signs the two countries were starting to recognise and censure racist crimes.

    In November, a video showing three Egyptian teenagers bullying South Sudanese schoolboy John Manuth triggered a public outcry. Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi later hosted Manuth at a youth forum and made a rare high-level acknowledgement of the problem.

    “They are our guests and negative treatment is not acceptable and not allowed,” Sisi said.

    In 2018, a court sentenced to seven years in prison a man who was known to harass refugees and who beat to death a South Sudanese teacher who had worked in a community-run school for refugees in Cairo.

    In Tunisia, the Elimination of All Forms of Racial Discrimination Act was adopted in October 2018, with penalties ranging from 1-3 months in prison for racist language and 1-3 years for inciting hatred, disseminating ideas about racial superiority or supporting a racist organisation or activity.

    The law, which created a National Instance against Racial Discrimination to present an annual report to the parliament, commits the state to undertake awareness and training campaigns.

    https://thearabweekly.com/african-migrants-allege-mistreatment-north-africa

    #Afrique_du_Nord #réfugiés #asile #migrations #migrants_sub-sahariens #villes #Maghreb #Moyen-Orient #Le_Caire #violence #racisme #xénophobie #Egypte #Libye #Tunisie

    ping @_kg_

  • Thomas Sankara, l’immortel
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/12/31/thomas-sankara-l-immortel_6024468_3212.html

    Le capitaine burkinabé est devenu la référence de la jeunesse africaine. Trente-deux ans après sa mort, ses idées sont plus vivantes que jamais. Présentation de notre série.

    Par Pierre Lepidi Publié le 31 décembre 2019 à 11h28 - Mis à jour le 02 janvier 2020 à 15h31

    Que serait devenu Thomas Sankara ? Comment aurait vieilli le capitaine panafricain qui mena la révolution au Burkina Faso de 1983 à 1987 ? Le leader charismatique n’est plus là, mais il a légué un héritage qui ne s’évalue ni en réserves d’or ni en palais somptueux. Ce qu’il a laissé à ses héritiers, d’Afrique ou d’ailleurs, c’est l’image d’un président panafricain et tiers-mondiste, un homme intègre et pragmatique qui a dessiné un projet de société et l’a mené, même si ce fut à marche forcée et au prix de certaines libertés.

    Thomas Sankara a prouvé que venir d’un des pays les plus pauvres au monde n’empêchait ni d’être ambitieux ni d’être digne. Les Burkinabés en conservent une fierté. De Ouagadougou à Bobo Dioulasso, le sourire du capitaine se retrouve aujourd’hui sur des tee-shirts, des autocollants, des pagnes. Dans les esprits, Sankara reste vivant. Il a survécu à la « rectification », cette campagne initiée par Blaise Compaoré qui lui a succédé et dont le but était d’effacer toute trace de lui.

    « Nous voulions le venger »

    « Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront ! », avait prédit le leader révolutionnaire. « Thom’ Sank’ », comme on le surnomme, est revenu sur le devant de la scène à la faveur de l’insurrection de 2014 au Burkina Faso. Celle-ci est née d’un mouvement populaire destiné à rejeter la révision constitutionnelle qui aurait permis à Blaise Compaoré de se présenter pour un cinquième mandat après vingt-sept ans de règne. Les manifestants étaient alors animés par une forte volonté de dégagisme politique mais pas seulement. « L’esprit de Thomas Sankara était là, au milieu des cortèges, se souvient Eric Kinda, porte-parole du Balai citoyen, un mouvement issu de la société civile qui a joué un rôle décisif en 2014. Son nom revenait sans cesse dans nos débats et nos discussions. Il nous guidait, nous motivait. Si cette insurrection a abouti, c’est aussi parce que nous voulions le venger. »

    Blaise Compaoré, exilé en Côte d’Ivoire où il a acquis la nationalité ivoirienne, est le principal suspect dans l’assassinat de son ancien frère d’armes. Depuis sa chute, une enquête a été ouverte et vingt-trois personnes ont été inculpées, dont le général Gilbert Diendéré, homme de confiance de l’ex-président Compaoré. Il est poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’Etat, séquestration, terrorisme et crime contre l’humanité ». Deux mandats d’arrêt internationaux ont par ailleurs été émis à l’encontre de Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, pour « meurtre » et « complicité d’attentat ». Ce dernier est accusé d’être le chef du commando de six militaires qui a tué Sankara et douze de ses collaborateurs, le 15 octobre 1987 au Conseil de l’entente de Ouagadougou. Un procès doit se tenir en 2020, le Burkina Faso veut savoir.

    Si Thomas Sankara reste présent dans les esprits, c’est aussi parce que la situation sécuritaire de son pays s’est gravement détériorée. Depuis début 2015, les attaques attribuées à l’organisation Etat islamique au grand Sahara (EIGS), Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Ansaroul Islam et les conflits intercommunautaires ont fait quasiment 700 morts et 500 000 déplacés. Les Burkinabés regrettent l’époque où leur pays était sous la protection de ses Comités de défense de la révolution (CDR), chargés d’exercer le pouvoir au nom du peuple, même s’ils ont entraîné parfois des dérives et un climat oppressant au cours de l’année 1987.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le Burkina Faso confronté à la terreur djihadiste

    Les idées sankaristes ont dépassé les frontières de l’ancienne Haute-Volta, rebaptisée par Sankara Burkina Faso, littéralement « pays des hommes intègres » en moré et en dioula, les deux principaux idiomes du pays. Figure de l’anti-impérialisme et farouche défenseur de la libération des peuples, Thomas Sankara est cité comme le président de référence de la jeunesse africaine, chanté sur des airs de reggae par les Ivoiriens Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly, cité dans les raps du Burkinabé Smockey ou du Sénégalais Didier Awadi, qui a même lancé un appel pour que l’idéologie sankariste soit enseignée dans toutes les écoles du continent. En France, il a aussi ses fans comme le rappeur Nekfeu qui, dans son titre Vinyle, promet : « J’peux devenir un homme en or comme Sankara. » Enfin, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), c’est une fresque de 33 mètres qui lui rend hommage sur le mur d’un immeuble de la cité Pierre-et-Marie-Curie.

    « Oser lutter, savoir vaincre »

    Le capitaine burkinabé est perçu comme le « Che Guevara africain », celui qui s’est dressé contre les injustices, celles des puissances occidentales et de leurs multinationales. A l’heure où un sentiment antifrançais se propage dans le Sahel, jusqu’à demander le retrait des militaires français de l’opération « Barkhane », ses discours anticolonialistes refont surface : « Un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes quelles que soient leurs compétences. Les peuples conscients assument eux-mêmes la défense de leur patrie. »

    Et ailleurs ? Dans un monde où du Chili au Liban et de la France à l’Irak, les citoyens dénoncent, souvent violemment, les collusions entre les élites économiques et politiques, on retient de Thomas Sankara l’image d’un président obsédé par la bonne gouvernance et l’exemplarité de son gouvernement. Celui qui préférait « faire un pas avec le peuple que 1 000 pas sans le peuple » a réduit drastiquement le train de vie de l’Etat pour construire des hôpitaux, des écoles, des puits, lancer des campagnes de vaccination… Aujourd’hui, son portrait apparaît régulièrement au cœur des manifestations. A Bordeaux comme à Dakar ou à Bamako, le capitaine surgit parfois avec son béret rouge orné d’une étoile. Ses slogans ont traversé les luttes : « Quand le peuple se met debout, l’impérialisme tremble », « Oser lutter, savoir vaincre », « Seule la lutte libère », « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple »…

    Abattu à 37 ans par des rafales de kalachnikov, « Thomas Sankara est devenu une icône, un mythe, assure Francis Simonis, maître de conférences « Histoire de l’Afrique » à l’université d’Aix-Marseille. Sa mort violente donne de lui une image quasiment christique qui a fait oublier certains aspects plus sombres de sa révolution. » Alors qu’il aurait eu 70 ans, Le Monde Afrique s’est intéressé à son côté visionnaire, lui le protecteur de l’environnement, le défenseur de l’émancipation des femmes, le promoteur de projets de développement… « On peut tuer un homme mais pas ses idées », disait Sankara. Trente-deux ans après sa mort, elles semblent plus vivantes que jamais.

    Sommaire de notre série « Thomas Sankara, l’immortel »

    Trente-deux ans après sa mort, le capitaine burkinabé est devenu la référence de la jeunesse africaine. Alors qu’il aurait eu 70 ans, Le Monde Afrique s’est intéressé à son côté visionnaire.
    Présentation de notre série « Thomas Sankara, l’immortel »

    Episode 1 L’homme intègre https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/01/01/thomas-sankara-l-homme-integre_6024544_3212.html

    Episode 2 Le patriote https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/01/02/thomas-sankara-le-patriote_6024631_3212.html

    Episode 3 L’écologiste https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/01/03/thomas-sankara-l-ecologiste_6024742_3212.html

    Episode 4 Le féministe

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/01/04/thomas-sankara-le-feministe_6024805_3212.html

    #Thomas_Sankara #Afrique #Intégrité

  • Décolonisations (1/3) - L’apprentissage | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/086124-001-A/decolonisations-1-3

    1. L’apprentissage
    De la #révolte des #cipayes de 1857 à l’étonnante République du #Rif, mise sur pied de 1921 à 1926 par #Abdelkrim_el-Khattabi avant d’être écrasée par la #France, ce premier épisode montre que la #résistance, autrement dit la #décolonisation, a débuté avec la #conquête. Il rappelle comment, en 1885, les puissances européennes se partagent l’#Afrique à #Berlin, comment les Allemands commettent le premier #génocide du XXe siècle en #Namibie, rivalisant avec les horreurs accomplies sous la houlette du roi belge #Léopold_II au #Congo. Il retrace aussi les parcours de l’anthropologue haïtien #Anténor_Firmin, de la Kényane #Mary_Nyanjiru, de la missionnaire anglaise #Alice_Seeley_Harris ou de #Lamine_Senghor, jeune tirailleur sénégalais devenu #militant #communiste et #anticolonialiste.

  • Réédition du disque rare de #Hugh_Masekela, Live in Lesotho (1980), en écoute ici :
    https://matsulimusic.bandcamp.com/album/live-in-lesotho

    Un article qui donne envie de l’écouter : Music is the weapon
    Atiyyah Khan, Africa’s a Country, novembre 2019
    https://africasacountry.com/2019/11/music-is-the-weapon

    Le concert est censé avoir eu lieu avec Miriam Makeba, mais si elle était peut-être sur scène ce jour là, je ne crois pas qu’elle apparaisse sur le disque...

    Aucun rapport : En 1969, un des plus grands humoristes blancs afrikaan d’Afrique du Sud était #Al_Debbo, un plombier d’origine libanaise... bizarrerie...
    https://www.youtube.com/watch?v=szztriUVqeQ

    #Musique #Musique_et_politique #Afrique_du_Sud

  • #métaliste de documents (surtout cartes et visualisations) qui traitent des #migrations_intra-africaines et qui peuvent servir à combattre le #préjugés de la #ruée vers l’Europe de migrants d’#Afrique subsaharienne...

    Voir notamment le livre de #Stephen_Smith qui entretien ce #mythe :
    La #ruée vers l’#Europe. La jeune #Afrique en route pour le Vieux Continent


    https://seenthis.net/messages/673774

    –------------

    Les documents pour contrer ce mythe...

    Le #développement en #Afrique à l’aune des #bassins_de_migrations


    https://seenthis.net/messages/817277

    –-------

    Les migrations au service de la transformation structurelle


    https://seenthis.net/messages/698976

    –-----------

    Many more to come ? Migration from and within Africa


    https://seenthis.net/messages/698976#message699366

    –-----------

    #Infographie : tout ce qu’il faut savoir sur les migrants intra-africains


    https://seenthis.net/messages/615305

    –-----------

    Une population en pleine expansion, fuyant les régions sous tension


    https://seenthis.net/messages/615305#message763880

    –-------------

    Les #migrations_internes vont-elles recomposer l’Afrique ?


    https://seenthis.net/messages/615305#message800883

    –----------

    African migration : is the continent really on the move ?


    https://seenthis.net/messages/605693

    –-------------

    Africa : International migration, emigration 2015


    https://seenthis.net/messages/526083#message691033

    –-----------

    Un premier atlas sur les #migrations_rurales en Afrique subsaharienne - CIRAD


    https://seenthis.net/messages/647634

    #cartographie #visualisation #ressources_pédagogiques

    ping @reka @karine4 @fil

  • Le #développement en #Afrique à l’aune des #bassins_de_migrations

    Sur le continent africain, les migrations sont organisées autour de #pôles_d’attraction_régionale qui constituent des bassins de migrations. Une réalité qu’il convient de prendre davantage en compte dans les politiques de développement.

    Quelques chiffres pour commencer. La planète compte 272 millions de migrants internationaux en 2019, soit 3,5 % de la population mondiale. En 2017, 36,3 millions d’Africains vivaient hors de leur pays de résidence habituelle, représentant environ 15 % des migrants internationaux. Alors que les migrations africaines vers l’Europe captent régulièrement l’attention médiatique, il faut rappeler que les mouvements de populations ont majoritairement lieu à l’intérieur même du continent africain (https://unctad.org/fr/pages/PublicationWebflyer.aspx?publicationid=2118). Ainsi, 7 migrants subsahariens sur 10 demeurent en Afrique. Seules les migrations nord-africaines sont majoritairement extracontinentales : 9 migrants nord-africains sur 10 résident en effet hors du continent. Des mobilités avant tout sur le continent Pour l’essentiel intracontinentales, les migrations subsahariennes sont organisées autour de pôles d’attraction régionale. Les principaux pays d’immigration en Afrique sont l’Afrique du Sud (4 millions d’immigrants sur une population de 56,7 millions), la Côte d’Ivoire (2,3 sur 24,3 millions), l’Ouganda (1,7 sur 42,9 millions), le Nigeria (1,5 sur 191 millions), le Kenya (1,3 sur 49,7 millions) et l’Éthiopie (1,2 sur 105 millions). Ces États voient converger en leur sein des migrants issus de pays limitrophes, pour des durées plus ou moins longues.

    Le Kenya, par exemple, héberge une majorité de migrants ougandais et somaliens. L’Éthiopie accueille essentiellement des ressortissants érythréens, somaliens et sud-soudanais. En Afrique du Sud, les migrants sont principalement issus du Mozambique, du Zimbabwe, du Lesotho et de Namibie, etc. Ces sous-ensembles migratoires régionaux, regroupant à chaque fois plusieurs pays d’émission autour d’un même pôle d’attraction, constituent ce que l’on appelle des « bassins de migrations ». Les migrations s’effectuent généralement à l’intérieur d’une même région car migrer loin implique de posséder un capital économique, social et culturel. Dans certaines régions, la porosité des frontières, l’existence de dynamiques migratoires traditionnelles et la mise en place progressive d’espaces de libre circulation des personnes tendent à renforcer ce phénomène. À rebours des discours alarmistes qui prédisent une « ruée » de la jeune Afrique vers le Vieux Continent, le caractère intrarégional des migrations subsahariennes est un état de fait, un schéma dominant et structurel des mobilités humaines en Afrique. Les déterminants des mobilités intrarégionales : des bassins de migrations diversifiés Le phénomène des bassins de migrations est récurrent, mais les motivations des personnes qui se déplacent et les contextes migratoires sont divers. Bien que la décision de migrer soit toujours multifactorielle et inscrite dans un contexte spécifique, la recherche de sécurité et la quête d’emploi sont les deux déterminants principaux des migrations vers ces pôles d’attraction régionale. Ainsi, l’Ouganda, troisième pays d’accueil des réfugiés après la Turquie et le Pakistan, héberge 1,2 million de réfugiés sur une population immigrée de 1,7 million : il s’agit principalement de personnes ayant fui les conflits voisins au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo. Ces migrants ont cherché refuge en Ouganda et se sont établis, généralement pour de longues durées, dans les camps du nord et de l’ouest du pays. Les migrations intrarégionales vers la Côte d’Ivoire sont, quant à elles, fortement déterminées par la demande en main-d’œuvre peu qualifiée dans plusieurs secteurs tels que l’agriculture, la construction et les industries extractives. Le dynamisme économique relatif du pays et ses salaires plus avantageux expliquent que de nombreux Burkinabès, Maliens, Guinéens, Libériens et Nigériens s’y rendent pour travailler, à plus de 90 % dans le secteur informel (soit 10 % de plus que les nationaux). Sur ces territoires, différentes temporalités migratoires peuvent se côtoyer : ainsi, certains Burkinabès cultivent le cacao dans les forêts ivoiriennes depuis plusieurs décennies, d’autres s’y rendent de manière saisonnière en fonction du calendrier agricole. Les migrants, potentiels facteurs de développement économique Jeunes (31 ans en moyenne), les migrants africains, dont 47 % sont des femmes, sont autant de potentiels contributeurs au développement des pays de départ et d’installation. Dans ces bassins de migrations, les mobilités humaines contribuent au tissage de réseaux et à l’établissement de relations entre les territoires.

    En Côte d’Ivoire, par exemple, l’activité économique de la population immigrée contribue à 19 % du PIB. Les migrants représentent donc un facteur de développement économique pour le pays d’installation. En outre, ils soutiennent le développement de leur pays d’origine, notamment via leurs transferts de fonds, qui peuvent être des sources d’épargne, d’investissement productif ou de complément de revenus pour les ménages restés sur place. En 2017, la Côte d’Ivoire a ainsi reçu 307 millions de dollars de la part de sa diaspora, tandis que les immigrés sur son sol ont envoyé 845 millions de dollars vers leurs pays d’origine. Intégrer davantage les migrations intrarégionales dans les politiques de développement Facteur de développement, les migrations sont un enjeu à part entière pour les pays africains, autant que le changement climatique, le développement socio-économique et territorial, la gouvernance, l’urbanisation, l’accès aux services de santé et d’éducation, etc. L’approche par les bassins de migrations implique une analyse intersectorielle et multipays, et une prise en compte des mobilités intrarégionales. Au niveau opérationnel, il s’agit d’adopter une démarche décloisonnée et d’intégrer davantage les migrations dans les projets sectoriels. Des exemples d’une telle démarche existent déjà. En matière de santé, citons le projet Réseau de surveillance et d’investigation épidémiologique (RSIE), initié par la Commission de l’océan Indien. Ce réseau regroupe les Comores, Madagascar, Maurice, la France au titre de la Réunion (y associant Mayotte) et les Seychelles. Financé par l’AFD, il permet une veille régionale et un système d’alerte aux épidémies dans les îles de l’ouest de l’océan Indien (Réseau Sega One Health), espace caractérisé par des migrations intrarégionales fortes. Basé sur le paradigme One Health qui associe la santé à un bien-être global partagé par les humains, les animaux et les écosystèmes, le projet RSIE illustre bien cet intérêt d’intégrer les mobilités humaines et animales intrarégionales à un projet sectoriel. C’est une logique qu’il s’agit désormais d’élargir à d’autres régions et domaines d’action. La migration est inhérente à la dynamique des sociétés et les populations continueront de migrer, comme elles l’ont toujours fait. La question, finalement, est de savoir dans quelles conditions.

    https://ideas4development.org/developpement-africain-bassins-de-migrations

    #migrations #asile #réfugiés #migrations_intra-africaines #visualisation #cartographie #chiffres #statistiques #migrations_subsahariennes #Afrique_du_Sud #Ouganda #Nigeria #Kenya #Ethiopie #capital_économique #capital_social #capital_culturel #préjugés #invasion #afflux #développement_économique #ressources_pédagogiques #remittances #diaspora

    signalé par @fil

  • Adelaide, la ville sud-africaine où il n’a pas plu depuis cinq ans - Magazine GoodPlanet Info
    https://www.goodplanet.info/actualite/2019/12/16/adelaide-la-ville-sud-africaine-ou-il-na-pas-plu-depuis-cinq-ans

    Dans la province du #Cap-Oriental, dans le sud-est de l’#Afrique_du_Sud, on ne se sait même plus à quand remontent les dernières vraies pluies. Cinq ou six ans au moins.

    L’#Afrique_australe toute entière, où les températures augmentent deux fois plus vite que sur le reste du globe, connaît sa pire #sécheresse depuis trente-cinq ans, selon l’ONU.

    En 2018 déjà, la deuxième ville sud-africaine, #Le_Cap, avait échappé de justesse au « #jour_zéro », où les robinets devaient être à sec. Des restrictions d’#eau drastiques et la #pluie lui avaient finalement permis d’échapper à la catastrophe.

    Cette année à nouveau, « la situation est terrible » dans cinq des neuf provinces du pays, a reconnu le président Cyril Ramaphosa. Avec des conséquences dramatiques pour les agriculteurs, les écoliers et les commerçants.

    #climat

  • Namibia turns away fleeing SA refugees

    The Namibian government has turned desperate immigrants, who fled South Africa last month following a recent wave of xenophobic attacks, away because they are not recognised as asylum seekers. Home Affairs Commissioner for Refugees Likius Valombola told New Era yesterday that the 42 foreign nationals were being deported back to South Africa.

    A screening process is underway at Noordoewer to deport them. He added that 11 had already returned to South Africa and have since been integrated into the community.

    “They are being returned to South Africa. If there are those genuine ones, then the Namibian government is ready to take them in,” he assured.

    The African News Agency (ANA) reported this week that 53 foreign nationals fled South Africa following attacks on foreigners in that country.

    According to Valombola, the foreign nationals were illegally in the country because they did not go through legal procedures to seek asylum status.

    “I am aware there are a number of refugees who desired to come to Namibia from South Africa. We received close to 200 refugees from South Africa during the violence in that country around June, July and August. Of recently, it is not clear why these asylum seekers are coming to Namibia,” he said. Equally, he noted, there are about 400 refugees who wanted to come to Namibia but were blocked by South Africa.

    He explained that such a blockage was due to the commitment by the South Africa government, who assured they have the desire and capacity to protect the immigrants. However, Valombola made it clear that it is up to an individual who wishes to come to Namibia to follow proper procedures by approaching the United Nations High Commission for Refugees (UNHCR) in South Africa, who will then engage the Namibian authorities.

    ANA quoted //Kharas police chief David Indongo as saying the 53 foreign nationals who had camped at the Osire refugee camp were transported on Saturday morning by immigration officials to the southern border settlement of Noordoewer in preparation for their deportation this week. In this regard, Valombola denied that these refugees camped at Osire.

    “I called that commissioner and told him that these people were never at Osire refugee settlement. For them to go to Osire, one has to be authorised. Any person-seeking asylum should report himself or herself to a police officer or immigration officer, then they will inform us to make arrangements to transport them to the settlement.

    If they did go to Osire, then they did it illegally,” he clarified. Valombola revealed that these refugees entered the country via trucks coming to Namibia from South Africa. The refugees, who include 14 men, 13 women and 26 children, were being accommodated at the EHW Baard Primary School hostel in Noordoewer.

    According to the Namibian police, the majority of the refugees are Congolese and Angolan nationals who have South African-issued asylum permits.

    The 53 formed part of more than 600 refugees and asylum seekers who had camped at the UN’s High Commission for Refugees offices in Cape Town and Pretoria while demanding to be taken to safer countries.

    https://reliefweb.int/report/namibia/namibia-turns-away-fleeing-sa-refugees
    #Afrique_du_Sud #Namibie #réfugiés #asile #migrations #xénophobie #racisme #refoulement #renvois #expulsions #push-back #Noordoewer

  • La liberté très « surveillée » de la presse d’Afrique francophone, par Frédéric Mantelin (Les blogs du Diplo, 12 décembre 2019)
    https://blog.mondediplo.net/la-liberte-tres-surveillee-de-la-presse-d-afrique

    En avril 2019, dans une note consacrée à la « liberté de la presse en Afrique subsaharienne publiée en marge de son classement annuel pour l’année 2018, RSF dressait un constat volontairement alarmiste : « l’Afrique subsaharienne n’échappe pas à la nouvelle dégradation mondiale de la liberté de la presse. La haine des journalistes, les attaques contre les reporters d’investigation, la censure, notamment sur Internet et les réseaux sociaux, les pressions économiques et judiciaires contribuent à affaiblir la production d’une information libre, indépendante et de qualité ». Résultat, 22 pays sur 48 au sud du Sahara étaient alors classés en rouge (situation difficile) ou en noir (situation très grave) sur les 180 pays scrutés par l’organisation. Parmi la trentaine d’États que compte l’Afrique francophone, « la situation est très hétérogène entre des pays comme le Sénégal (49e) et le Burkina Faso (36e) où la liberté d’informer s’est solidement installée ces dernières années, des pays comme la Côte d’Ivoire (71e) ou le Togo (76e) où elle est fortement dépendante du climat sociopolitique, et des pays où elle est très régulièrement malmenée », souligne Arnaud Froger, responsable Afrique à RSF.

    De nombreux États d’Afrique francophone font ainsi figure de lanternes rouges du classement : Djibouti (classé 173e dans le monde après l’Arabie Saoudite et avant la Syrie), la Guinée Équatoriale (165e), le Burundi (159e), la RDC (154e, après la Biélorussie et avant le Rwanda), la République centrafricaine (145e), l’Algérie (141e, entre l’Inde et le Pakistan), le Maroc (135e) ou encore le Cameroun (131e, entre la Jordanie et Oman). Dans tous ces pays, derrière des vitrines d’États de droit (procédures et institutions de justice, signature de conventions internationales, lois sur la liberté d’expression, etc.) se cachent des pratiques d’arrestations arbitraires, de gardes à vue et de détentions prolongées qui constituent, ici comme ailleurs sur le continent, les atteintes les plus saillantes à la liberté de la presse. Mais certains pouvoirs usent d’autres armes pour cadenasser et « surveiller » l’information au sens large : menaces, violences et intimidations de journalistes et de blogueurs, réseaux sociaux perturbés, Internet coupé, suspensions de médias, pressions économiques…

    #Afrique_francophone #liberté_de_la_presse #RSF #liberté_d'expression

  • Sécurité : Le président du Faso annonce un sommet avec ses pairs du G5 Sahel sur le partenariat avec Barkhane - leFaso.net, l’actualité au Burkina Faso > https://lefaso.net/spip.php?article93722

    Le débat relatif à l’invitation du président Macron aux chefs d’Etats des pays du G5 Sahel à Pau est revenu sur la table de cet entretien avec les médias nationaux. Pour le président du Faso, président du G5 Sahel, la forme et le contenu de cette invitation ont manqué de tact. Mais avant la rencontre de Pau, Roch Kaboré a confié aux journalistes qu’une concertation aura lieu entre les pays membres du G5 Sahel. « Avec mes pairs du G5 Sahel, nous avons convenu de nous concerter au cours d’un sommet dimanche 15 décembre sur le partenariat avec Barkhane », a déclaré le président du Faso. Pour chef de l’Etat, « nous devons clarifier la coopération avec Barkhane pour renforcer l’efficacité de notre action militaire dans le Sahel ». « Il est important que le partenariat avec la France soit équitable et efficace dans l’intérêt partagé de nos populations respectives », a soutenu le président du Faso.

    #Afrique #Sahel #Guerre #Macronisme #

    • Après cet entretien, dans la nuit du 11 au 12/12, l’annonce de l’attaque meurtrière d’un camps militaire nigérien par un groupe armé djihadiste (plus de 70 morts côté nigérien) a poussée Macron à reporter le sommet prévu pour le 16 décembre.

  • « #Macron, les #femmes et l’#Afrique : un discours de sélection sexuelle et de triage colonial »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/30/macron-les-femmes-et-l-afrique-un-discours-de-selection-sexuelle-et-de-triag

    Les propos sur la natalité en Afrique tenus par Emmanuel Macron lors du sommet du G20 à Hambourg, le 8 juillet, ont été quasi unanimement qualifiés de racistes. Le président français s’est-il ressaisi au Burkina Faso le 28 novembre ? Non, il a sciemment abordé de nouveau le sujet, sous une autre forme, et il s’agit ici de comprendre pourquoi ; pourquoi aurait-il été trop coûteux de renoncer à parler des « femmes africaines », qui ne sont qu’un butin rhétorique cher à la politique française ?

    Les termes utilisés à Hambourg par le chef d’Etat pour appréhender cette question étaient marqués d’un passé impérial qui continue d’imposer l’ordre du discours sur « l’Afrique ». En parlant de « défi civilisationnel », Emmanuel Macron comprenait les enjeux de la « transition démographique » et, en la matière, il rendait hommage à l’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, qui, dans l’amphithéâtre de la prestigieuse université Cheikh Anta Diop de Dakar, s’était senti totalement légitime d’expliquer à « l’homme africain » comment s’extraire du temps cyclique de la nature, où il n’y a pas de place ne serait-ce que pour « l’idée du progrès ».
    Lire aussi Après les déclarations de Macron sur la natalité en Afrique, que disent les chiffres ?

    Devant ses homologues, ce jour de juillet, Emmanuel Macron déclarait : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider de dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Les femmes, donc ; cette fois, ce sont les femmes africaines qui sont visées, comme leur enlisement dans le temps cyclique de la reproduction sans limite ; ces ingrates Africaines à la sexualité débridée et irresponsable, assimilées, en somme, à des femelles n’ayant aucune conscience des investissements consentis – la dite « aide au développement » – pour qu’elles arrêtent enfin de lester ce continent d’enfants qui en diffèrent l’entrée dans l’Histoire.

    #racisme #françafrique #colonialisme #mépris

  • Macron convoque 5 présidents africains en #France pour « des clarifications » - BBC News Afrique
    https://www.bbc.com/afrique/monde-50665055

    C’est d’un ton ferme que le président français Emmanuel Macron a annoncé, mercredi à l’issue du sommet de l’Otan tenu au Royaume Uni, son « #invitation » lancée au présidents africains engagés dans le G5-Sahel, à savoir la Mauritanie, le Mali, le Burkina, le Niger et le Tchad.

    #Afrique #convocation #fermeté #sans_vergogne

  • Sahel : partir, tant qu’il est encore temps
    https://lemediapresse.fr/international/sahel-partir-tant-quil-est-encore-temps

    « Ces 13 malheureux ont rejoint l’immense cortège des braves tombés dans des guerres inutiles ». L’écrivain Thomas Dietrich revient sur le drame de la mort des 13 soldats français au Mali et les errements de la présence française au Sahel.

    #International #Politique #Afrique #anticolonialisme #Françafrique

  • La « bombe démographique » en Afrique : pas si simple ! | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2019/11/28/la-bombe-demographique-en-afrique-pas-si-simple

    Malgré la grande diversité des politiques de développement, des stratégies des agences d’aide, des considérations géopolitiques, et des analyses de chercheurs, il y a parfois quelques rares consensus qui émergent et se stabilisent dans le monde du développement et des relations à l’Afrique. La nécessité de réduire la natalité en Afrique, et en particulier au Sahel, en est un.

    publicité

    Experts comme responsables politiques s’accordent tous sur la menace que représentent les taux actuels de fécondité : 7,2 enfants par femme au Niger, 6,2 au Mali. Dans ces pays dont les dirigeants sont souvent contestés, que la menace terroriste affaiblit chaque jour un peu plus, où des centaines de milliers de jeunes arrivent chaque année sur un marché de l’emploi exsangue, et qui connaissent de plus en plus une immigration incontrôlable vers l’Europe, la poursuite de l’actuelle natalité fait figure de cauchemar absolu ; près de 80 millions de Nigériens en 2050 pour 20 millions aujourd’hui, alors que les terres cultivables sont déjà saturées et épuisées, que l’industrialisation est presque nulle, et que le secteur tertiaire est à dominante informelle.

    La nécessité impérieuse de promouvoir une baisse de la natalité n’est pas seulement exprimée par les spécialistes (démographes en particulier) mais aussi par les gouvernants européens (on se rappellera ainsi le discours de Macron lors du G20 à Hambourg en 2017). Bien évidemment les intérêts des pays européens eux-mêmes ont beaucoup à voir avec cette sollicitude, qui ne procède pas seulement de considérations humanitaires : des dizaines de millions de jeunes Sahéliens sans emploi demain ou après-demain, cela ferait exploser les flux migratoires et serait du pain béni pour les jihadistes.

    Les priorités des pays européens, en matière d’aide aux pays africains, sont aujourd’hui convergentes et clairement définies : lutte contre l’insécurité, lutte contre les migrations, lutte contre la surnatalité. Toutes trois vont de pair, et drainent des crédits massifs.

    Mais les dirigeants des pays africains eux-mêmes reprennent à leur compte cette préoccupation et inscrivent la réduction de la natalité dans leurs politiques de population. Certes, c’est sans doute pour une part sous l’effet des pressions occidentales, ou pour bénéficier des fonds internationaux dédiés à cet objectif. Mais l’argument de l’intérêt national n’est pas à négliger, et il doit être pris au sérieux, car les politiques de réduction de la natalité relèvent aussi d’une rationalité politique peu contestable. Les taux d’accroissement actuels sont difficilement soutenables, ils handicaperont lourdement les politiques de développement et d’investissement productif, et maintiendront dans la pauvreté et le chômage une grande partie de la population.

    Notre propos, dans ce texte, n’est donc pas de mettre en cause, en leur principe, l’existence de dispositifs visant à permettre une baisse du nombre d’enfants par famille. Par contre, nous souhaitons analyser ici les nombreux obstacles que les politiques populationnelles actuelles rencontrent au sein des populations concernées, car ils nous semblent être largement sous-estimés. Cette ignorance des contextes locaux et de leurs résistances ou contournements face aux interventions extérieures est une constante du monde du développement, mais elle est particulièrement frappante en ce qui concerne les programmes de réduction des naissances.

    En effet ces programmes se heurtent à de multiples réticences, objections, critiques et condamnations émanant de ceux-là mêmes à qui ils sont destinés, en particulier dans les pays du Sahel, que nous prendrons comme exemple. Faute d’en prendre conscience, faute de s’adapter à ces contextes complexes, faute de tenir compte des effets inattendus et parfois pervers qu’elles entrainent, les politiques de réduction de la natalité auront un coût symbolique négatif important et n’atteindront pas leurs objectifs.

    Nous regrouperons les problèmes sous trois rubriques : ceux qui relèvent de facteurs socio-économiques, ceux qui relèvent de facteurs politico-religieux, et ceux qui concernent spécifiquement les adolescentes. Les premiers mobilisent des logiques familiales à un niveau micro, les seconds des logiques idéologiques à un niveau macro, les troisièmes des logiques éducatives et morales à un niveau intermédiaire. Mais tout d’abord nous présenterons les principaux dispositifs actuels des politiques populationnelles, et pour finir, nous soulèverons le problème de la « rente anti-natalité ».
    Les dispositifs

    Les politiques de réduction des naissances reposent toutes sur la diffusion des techniques contraceptives modernes, associées au savoir bio-médical. Cette précision s’impose, dans la mesure où il existe partout en Afrique une demande locale importante de « non-grossesse », à certaines périodes de la vie génésique des femmes (en particulier l’adolescence), demande qui s’adresse le plus souvent à d’autres recours que le système de santé (très généralement en se cachant de l’entourage) : d’une part des formes dites « traditionnelles » de prévention de la grossesse, fondées essentiellement sur des procédés magico-religieux (« attacher le ventre », comme on le dit dans les langues locales, au moyen de charmes, formules, potions, amulettes et autres « talismans »), et d’autre part une pratique assez répandue de l’interruption volontaire de grossesse – clandestine car partout illégale en Afrique – avec des moyens très divers, à l’origine de nombreux décès.

    La gamme des techniques contraceptives modernes disponibles dans les systèmes de santé africains comprend la pilule, le stérilet, l’injection contraceptive et la pose d’un implant. Toutes ces techniques ne sont pas toujours disponibles partout. Il faut souligner qu’une d’entre elles (la pilule) est aussi diffusée à l’extérieur des systèmes de santé, par des colporteurs et vendeurs de rue « informels ».

    Trois types d’institutions mettent en œuvre en Afrique l’information publique sur les techniques contraceptives modernes, ainsi que l’ administration de ces techniques dans des contextes médicalisés : d’une part les systèmes de santé, en particulier les systèmes publics de santé, d’autre part les institutions internationales (UNICEF, FNUAP, etc.), et enfin un grand nombre d’ONG, souvent américaines (Pathfinder, Marie Stopes, Mercy Corps etc.). Institutions internationales et ONG passent souvent par les systèmes publics de santé, qu’elles appuient ou dans lesquels elles logent leurs projets de diffusion des techniques contraceptives. Elles délivrent aussi parfois directement des services contraceptifs. Elles mettent bien sûr les médias à contribution, sous forme toujours rétribuée.

    La « PF » (planification familiale) fait depuis longtemps partie du « paquet minimum d’activité », et elle est donc intégrée au quotidien des formations sanitaires. Elle doit être proposée théoriquement dans toutes les consultations pour des jeunes filles ou des femmes en âge de procréer, et elle est gratuite. Toutefois la PF est parfois délaissée, voire abandonnée par certains personnels, soit pour des raisons idéologiques comme nous allons le montrer ci-dessous, soit en raison de l’absence de « projets » ou de « motivations », c’est-à-dire de primes financées par des institutions internationales ou des ONG.

    On doit souligner que les méthodes de travail des ONG, formatées par les procédures des institutions de développement, privilégient les indicateurs quantitatifs et les bilans des activités réalisées, sans tenir compte de la qualité des prestations et de la durabilité des effets. Ainsi la pose systématique d’implants par des ONG leur permet d’afficher de brillants résultats en matière de contraception (ce qui est un avantage de poids pour obtenir plus de financements), alors même que beaucoup de femmes font enlever les implants dans les mois qui suivent sous la pression de leurs maris ou de leurs voisines (LASDEL, 2017).
    Les obstacles socio-économiques

    Limiter les naissances constitue pour la majorité des familles nigériennes une absurdité économique. En effet, en l’absence de toute prise en charge sociale pour 90% de la population, et donc en particulier en l’absence de retraite, mais aussi en cas de maladie grave ou d’accident, la prise en charge des parents par les enfants majeurs apparait comme la seule solution crédible.

    Plus une personne a d’enfants, plus elle a de chance que certains de ses enfants puissent subvenir à ses besoins une fois âgée, ou en cas de « dépense catastrophique ». Plus elle a d’enfant, plus elle a de chance que l’un d’entre eux accède à une position enviable (cadre, grand commerçant, prédicateur religieux influent), qui mettrait ses parents à l’abri des soucis. La rationalité économique, qui, au niveau macro-économique, amène les économistes à dénoncer la bombe démographique ou à prôner le « dividende démographique » (les bénéfices d’un pays liés à la baisse de la natalité) s’inverse au niveau micro-économique, et joue au contraire, à l’échelle des ménages, en faveur d’une forte natalité.

    En complément de ce calcul économique simple, la valorisation sociale d’un nombre important d’enfants est une donnée majeure. Autrefois synonyme de réussite et de richesse dans le cadre des sociétés précoloniales (à la fois source de prospérité et expression de celle-ci), le fait d’avoir une descendance fournie reste encore valorisé socialement dans un contexte tout autre.

    Cette permanence n’est pas le simple produit d’une idéologie traditionnaliste : elle s’explique par les égards, les avantages, le prestige et le capital social que procure une nombreuse progéniture aujourd’hui. On comprend pourquoi, dans les familles du monde rural ou des quartiers périphériques urbains, une forte natalité reste la norme. Le social et l’économique s’alimentent ainsi l’un l’autre. L’investissement dans les enfants est indissociablement une assurance-vieillesse et un marqueur de réussite pour l’environnement social proche.

    Il y a un facteur supplémentaire, toujours au niveau de la famille. La polygamie renforce aussi l’incitation à la procréation. La compétition larvée (et parfois ouverte) entre co-épouses se joue beaucoup autour des enfants. Celle qui est stérile est humiliée, moquée. Là aussi l’intérêt personnel de chaque co-épouse est d’avoir plus d’enfants que l’autre, ou de tout faire pour avoir un garçon si elle n’a eu que des filles. C’est donc une attitude parfaitement rationnelle que de rechercher de nombreuses grossesses. Or, pour des raisons multiples, la polygamie reste la norme pour la majorité de la population dans les pays musulmans du Sahel, y compris dans les couches pauvres.

    Il n’y a donc rien d’étrange ou d’irrationnel à ce que les arguments relevant de l’intérêt national et du bien public, portés haut et fort par les institutions internationales, et (un peu moins fort) par les gouvernements africains, aient peu de prise sur une grande majorité de la population, qui est sensible à des arguments quasi opposés, au nom de l’intérêt familial et du bien privé.

    Le contre-exemple est d’ailleurs significatif : c’est auprès des classes moyennes et supérieures urbaines que se développe une demande en contraception moderne. La transition démographique s’y est effectuée spontanément du fait de la hausse du niveau de vie. L’argument économique s’est en effet alors inversé : le coût d’une éducation de qualité pour un enfant devient élevé, et ce n’est plus sur le nombre d’enfants que se joue l’assurance-vieillesse mais sur le patrimoine. L’argument social disparait aussi : la réputation et le prestige ne sont plus liés à l’ampleur de la descendance, mais dépendent du train de vie. Trop d’enfants devient alors un obstacle à la fois économique et social.
    Les obstacles politico-religieux

    Mais même à l’échelle macro, qui est celle où les arguments en faveur de la réduction de la natalité se déploient et tirent toute leur force, ces arguments sont contestés. Cette fois-ci, ce n’est plus à partir d’une rationalité économique et sociale d’échelle différente, mais pour des motifs idéologiques, autrement dit au nom de valeurs alternatives, politiques ou religieuses.

    Tout d’abord, l’insistance des pays du Nord et des institutions internationales en faveur des politiques populationnelles se heurte à de forts sentiments anti-occidentaux, beaucoup plus répandus qu’on ne croit au sein de la population. Ils sont en partie liés au passé colonial et aux comptes non réglés de la colonisation, en partie imputables aux injonctions des grandes puissances et aux arrogances des experts internationaux, en partie dues à la dépendance envers l’aide internationale, à ses conditionnalités et au sentiment d’humiliation qui y est souvent associé (« la main qui reçoit est toujours en dessous de la main qui donne » : ce proverbe est souvent cité).

    Les politiques de réduction des naissances promues par les institutions internationales, les coopérations bilatérales, et les ONG sont perçues comme une ingérence illégitime (« de quoi se mêlent-ils », « ils veulent même intervenir dans notre intimité ! »). Chez les intellectuels, on accusera les occidentaux de malthusianisme ou de néo-impérialisme (souvent les deux), alors que dans les campagnes circulent des rumeurs sur la stérilité des Blancs qui les rend jaloux de la fertilité africaine.

    Les arguments religieux se superposent à ce rejet assez général des donneurs de leçons européens et américains. Les sentiments anti-occidentaux ont été avivés depuis deux décennies par la percée du fondamentalisme islamique. Le retour à l’époque du Prophète et de ses compagnons, c’est aussi, contre les injustices du monde actuel, la valorisation d’un monde alternatif, un monde de la fécondité (et de la polygamie, et du mariage précoce).

    Autrement dit, plus les ONG font de bruit pour inviter à la contraception, plus s’enclenche un effet pervers, et plus elles alimentent des théories du complot, car elles apparaissent comme hostiles aux valeurs africaines ou aux valeurs islamiques. En outre, les ONG dans ce domaine sont surtout américaines, et bien souvent chrétiennes, ce qui n’arrange rien.
    Les adolescentes et la question de la sexualité

    C’est au niveau des adolescentes que se joue la natalité de demain, et de plus en plus de programmes d’ONG ou d’institutions internationales ciblent ce groupe stratégique. Deux dimensions interviennent dans ces interventions : d’une part la sensibilisation des adolescentes (et des adolescents) à l’intérêt des méthodes contraceptives, d’autre part la délivrance de produits contraceptifs à celles qui ont déjà une vie sexuelle active (une grande majorité).

    Mais les obstacles de type socio-culturel sont nombreux dès lors qu’il est question de sexualité adolescente. Celle-ci en effet implique des enjeux majeurs dans les relations entre les familles et leur environnement social, qui se cristallisent autour de notions comme la morale de proximité, et la honte. Les grossesses d’adolescentes hors mariage sont considérées comme des scandales familiaux, sources d’opprobre, de moqueries ou d’insultes venant du voisinage, envers non seulement la jeune fille, mais aussi sa mère (qui l’aurait mal élevée), son père (pivot de la réputation familiale) et toute sa famille proche. Le mot « bâtard » reste une injure majeure. Pourtant les grossesses d’adolescentes sont de plus en plus fréquentes, de plus en plus d’écolières et de collégiennes interrompent leurs études pour cette raison.

    Pour expliquer la permanence de cette stigmatisation, il faut comprendre deux phénomènes. L’un est l’existence d’une contradiction fondamentale entre une norme héritée du passé qui reste au cœur de la morale sociale relative aux adolescents (être vierge au moment du mariage), et une réalité totalement différente (la généralisation des rapports sexuels prénuptiaux). La seconde est l’importance de la notion de « honte » en Afrique : la honte, c’est d’abord le regard des autres, lorsqu’on a failli aux valeurs et normes morales partagées avec l’environnement proche, lorsqu’on a manqué à la bienséance, aux obligations familiales, aux pratiques religieuses ostentatoires.

    Mais cette peur de la sexualité adolescente ne devrait-elle pas être au contraire un levier pour promouvoir les pratiques contraceptives ? Seule une minorité le pense. Pour une majorité de la population, les techniques contraceptives signifient au contraire laisser libre cours à la sexualité adolescente hors mariage, réprouvée justement par la morale sociale, le puritanisme religieux, et le regard des autres. C’est une des raisons (celle qui est la plus mise en avant dans nos entretiens) qui explique la persistance du mariage précoce, qui apparait comme la seule solution pour éviter la dépravation des filles et prévenir une grossesse scandaleuse (LASDEL, 2019).

    Cette situation explique aussi l’importance des avortements clandestins chez les adolescents non mariées.

    Cette morale de proximité intervient aussi pour expliquer la très faible éducation sexuelle menée dans les familles, ainsi que les difficultés rencontrées par les pouvoirs publics pour introduire l’éducation sexuelle à l’école. Parler de sexe publiquement est condamné par une grande partie de la population car considéré comme un premier pas vers la dépravation. Et là encore le fondamentalisme islamique renforce cette condamnation, et en fait un motif supplémentaire de rejet de l’Occident, coupable de dégradation massive des mœurs et de dislocation des valeurs familiales, et qui voudrait imposer cette orientation désastreuse aux populations africaines.

    Quant aux consultations contraceptives, elles sont pour l’essentiel réservées aux femmes mariées (certaines formations sanitaires exigent même l’accord du mari) et touchent très peu les adolescentes.
    La rente de la Planification familiale et le double langage des politiciens

    Cette hostilité d’une grande partie de la population, en majorité rurale (plus de 80% de la population vit dans les espaces ruraux au Niger), explique le fréquent double langage des politiciens (à quelques exception près).

    D’un côté, il s’agit d’être en bons termes avec les bailleurs de fonds, de bénéficier de la « rente des politiques de réduction de la natalité » (les financements importants qui y sont associés), et d’apparaître comme un partenaire fiable, donc de tenir dans les instances internationales un langage anti-nataliste clair (auquel souvent les politiciens eux-mêmes adhèrent en privé, dans la mesure où les élites ont déjà effectué la transition démographique), mais de l’autre côté, il faut ne pas choquer les populations rurales majoritaires, ne pas s’aliéner les électeurs, ce qui suppose, lorsqu’on parle publiquement dans les langues nationales, d’éviter soigneusement tout discours anti-nataliste.

    Chaque candidat aux élections se doit de faire preuve de piété, de distribuer de l’argent ou des véhicules aux oulémas (marabouts) influents, de payer des élèves coraniques pour lire intégralement le livre saint, de faire des références aux compagnons du Prophète, et il serait inconcevable de ternir cette image en tenant des propos publics en faveur de la limitation des naissances.

    On voit maintenant mieux toutes les difficultés auxquels sont confrontées les politiques populationnelles, en particulier lorsqu’elles sont portées par des institutions occidentales, qui semblent toutes sous-estimer gravement les contextes locaux et se contenter des discours stéréotypés sur la « bombe démographique ».

    Il n’y a jusqu’ici que deux types de transition démographiques qui ont fait leurs preuves. L’une est la voie despotique, le recours à la force, qui a été suivie par la Chine populaire. L’autre est la voie du développement économique (la hausse du niveau de vie), qui a été suivie par les pays occidentaux et une partie des pays émergents. C’est la voie classique. La première voie est politiquement inenvisageable dans les conditions actuelles de l’Afrique. La seconde voie semble insuffisante en l’absence de tout système de prise en charge sociale fonctionnel (elle ne concerne pour le moment que les classes privilégiées), ce qui implique qu’il faudrait en partie inverser la relation causale, et faire de la réduction de la natalité un facteur de développement.

    Mais comment procéder ? À ce jour, les deux stratégies dominantes semblent bien en peine d’atteindre les objectifs souhaités. La première consiste à faire la promotion publique de la contraception par des ONG, par les médias, les tournées de « sensibilisation » ou des panneaux publicitaires. Face à une population en majorité hostile, c’est courir le risque d’engendrer des effets pervers, et d’attiser les résistances au lieu de les contourner.

    La seconde consiste à inciter les dirigeants des pays à mener des politiques populationnelles publiques, à travers le système scolaire et le système de santé, sans tapage peut-être, mais avec détermination. Mais, face aux réticences de très nombreux usager(e)s, comme de celles d’une partie des enseignants et des personnels de santé, face aussi au faible engagement réel de l’État et au double langage des politiciens, la partie est loin d’être gagnée.

    C’est pourtant selon nous à ce second niveau-là qu’il convient de s’engager beaucoup plus. Cela implique un travail sur le long terme, en profondeur, qui ne peut être gagné que par des agents du service public, des instituteurs, des professeurs, des infirmiers, des sages-femmes, convaincus du bien-fondé de la régulation des naissances, et permettant aux adolescent(e)s d’avoir accès à l’information sexuelle dans les écoles et les centres de santé, et d’avoir accès aux techniques contraceptives dans les centres de santé.

    Ceci implique une « nationalisation » ou une appropriation de la diffusion des techniques contraceptives par les gouvernements, mais surtout par une partie significative des agents des services publics. C’est eux qui maitrisent les contextes locaux, c’est eux qu’il faut convaincre de convaincre. Beaucoup le sont déjà, à des degrés divers, mais ils sont souvent découragés par le piteux état du système scolaire ou du système de santé, et le faible investissement de l’État dans les faits. Il faut donc les appuyer, selon les modalités qu’ils jugent appropriées, et pas selon les normes imposées des organisations internationales.

    En particulier, une politique nationale de santé de la reproduction doit prendre en compte aussi bien la lutte contre la stérilité que la promotion de la régulation des naissances. Pour près d’un quart des femmes mariées nigériennes, la stérilité primaire (pas d’enfants) ou secondaire (après un premier accouchement) est un problème majeur, dans un contexte où la stérilité du couple est très généralement imputée à la femme.

    Se focaliser uniquement sur la réduction de la natalité, comme le font les institutions internationales, les ONG et les bailleurs de fonds, sans prendre en charge simultanément les couples stériles pour leur permettre d’avoir des enfants, ce serait alimenter le rejet populaire d’une politique de gestion de la fécondité uniquement basée sur les injonctions occidentales et méprisant les besoins exprimés d’une partie de la population. Là encore, les personnels de santé, qui sont confrontés aux préoccupations quotidiennes des usager(e)s, peuvent apporter une réponse adaptée, si on les en persuade et si on leur en donne les moyens.

    Aissa Diarra

    Médecin et anthropologue, Chercheuse au LASDEL

    Jean-Pierre Olivier de Sardan

    Anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS et directeur d’études à l’EHESS

    #bombe_P #démographie #racisme ? #Afrique

  • Africa: povertà e denutrizione in aumento nonostante la crescita economica e l’aumento dell’import di prodotti agro-industriali

    L’Africa nel suo insieme, nonostante i progressi intrapresi a partire dall’inizio del nuovo millennio, si presenta tutt’oggi, sia dal punto di vista economico che sociale, come il continente meno sviluppato.

    Sotto il primo aspetto, benché la ricchezza prodotta dall’intero continente, secondo l’Ocse, sia triplicata fra il 2000 e il 2016,[1], il pil pro capite medio africano risulta ancora di soli 2.000 $ annui[2]. Un valore che uniforma differenze anche marcate, non solo macroregionali fra la parte Mediterranea, più sviluppata, e quella sub-sahariana, più arretrata in assoluto su scala globale, ma anche fra i vari stati all’interno delle stesse, dove, ad esempio, entro quest’ultima, nel 2017[3], troviamo il Burundi con un pil pro capite di soli 312 $ a fronte della Guinea Equatoriale che invece raggiunge i 12.727 $. Avallando la definizione di alcuni analisti che preferiscono utilizzare il termine Afriche per indicare appunto una situazione di relativa differenziazione interna al continente.

    Il quadro sociale

    Anche sotto l’aspetto dello sviluppo sociale complessivamente l’Africa evidenzia una marcata arretratezza: nonostante la speranza di vita media alla nascita sia cresciuta fra il 2015 e il 2018 di ben 3 anni (da 50,8 a 53,9)[4], risulta ancora inferiore rispetto agli altri continenti e la mortalità infantile, benché scesa solo negli ultimi anni al di sotto della soglia del 100 per 1.000, vede gli stati della parte sub-sahariana situati in blocco nelle ultime posizioni nell’apposita graduatoria dell’Unicef relativa al 2018 (tab. 1).

    Tabella 1: mortalità infantile nel primo anno di vita. Fonte (Unicef 2018)[5]

    Un quadro sociale generale ancora indubbiamente critico come certificato dai valori della povertà assoluta dichiarati dalla presidente della Banca africana di sviluppo Celestine Monga[1], con addirittura oltre il 40% della popolazione continentale, a fronte di una media mondiale dell’10%, che cerca di sopravvivere con meno di 1,90 $ al giorno e la sottoalimentazione che nel 2018, secondo la Fao[2], colpiva il 20% degli africani. Una drammatica situazione che vede concentrarsi, nel continente che accoglie solo il 17% della popolazione mondiale, circa un terzo del totale dei denutriti sulla Terra (con meno di 2.000 calorie al giorno), confermando che il binomio fame-povertà, lungi dall’essere sradicato, presenta addirittura un inquietante trend in fase di aggravamento.

    [1] studio americano del Brookings Institution (classifica dei paesi più poveri al mondo)

    [2] http://www.fao.org/news/story/it/item/1180461/icode

    A fronte di un tendenza globale di lungo periodo di riduzione della povertà estrema dai 1,850 miliardi (35%) del 1990 ai 735 milioni (10%) del 2015, nel periodo compreso fra il 2013 e il 2015, al cospetto di una contrazione mondiale di 68 milioni di unità, in Africa sub-sahariana, secondo la Banca Mondiale si è registrato invece un aumento di 8 milioni e addirittura 9 milioni in Nord Africa e Medio Oriente (Tab. 2). In quest’ultima area la situazione è risultata peggiore visto che i poveri sono quasi raddoppiati da 9,5 a 18,6 milioni a causa delle cosiddette Primavere arabe in Tunisia ed Egitto e delle guerre in Libia e in Siria che hanno destabilizzato dal punto di vista politico ed economico la macroregione.

    Tabella 2: povertà assoluta in percentuale e in valore assoluto 2013-2015. Fonte: Banca Mondiale[8]

    La gravità della situazione è testimoniata dallo studio realizzato dai ricercatori del World Poverty Clock con il sostegno delle Nazioni Unite e del governo tedesco concluso nel 2018 dal quale emerge che si trovano in Africa sub-shariana 12 dei 14 paesi dove la povertà estrema risulta in aumento in valore assoluto: Nigeria, Niger, Ciad, Repubblica Centrafricana, Somalia, Repubblica Democratica del Congo, Repubblica del Congo, Angola, Zambia, Madagascar, Burundi e Sud Sudan, sul quale ci soffermeremo in seguito.

    Caso paradigmatico è rappresentato, ad esempio, dalla Nigeria, stato più popoloso del continente con circa 195 milioni di abitanti, che in base alle proiezioni del World Poverty Clock 2018 del World Data Lab di Vienna[10], ad inizio 2018, risultava, nonostante le ingenti riserve petrolifere, il paese con il più elevato numero di persone in condizione di povertà assoluta, stimate a fine maggio 2018 in ben 87 milioni scalzando l’India (73 milioni) dal vertice della poco gratificante graduatoria mondiale (grafico 1). La reale gravità della situazione tuttavia emerge dal rapporto fra la consistenza demografica dei due paesi che nel 2018 risultava di ben 7:1 a favore del colosso asiatico.

    Grafico 1: stati per numero di persone in povertà assoluta. Fonte: World Poverty Clock

    Una situazione molto critica in Nigeria, al cui interno convive il 44,2%[11] della popolazione in situazione di estrema povertà (tab. 3) e al contempo è il Paese d’origine del miliardario più ricco del continente, l’uomo d’affari Aliko Dangote, e quello dove cresce un’elite di benestanti sempre più abbienti. Povertà e disuguaglianza, fenomeno che in Europa dopo la crisi del 2008 è andato sempre consolidandosi.

    Tabella 3: primi 4 paesi africani per numero di abitanti in povertà assoluta. Fonte: World Poverty Clock

    Riguardo alla sottoalimentazione rileviamo una situazione ancora più critica rispetto a quella della povertà: infatti, in base al report dell’Unicef 2018[12], dopo aver toccato, a livello mondiale, il minimo storico nel 2015 a 785 milioni di persone è risalita nel 2017 a 821, dato confermato anche nel 2018[13], con l’Africa che assorbe la quasi totalità dell’aumento: ben 34,5 su 36 milioni di aumento globale. Il numero di persone sottoalimentate in Africa sale così nel 2017 a 257 milioni di unità, suddivise fra i 20 milioni nella parte Mediterranea ed i 237 in quella sub-sahariana. Quasi la metà dell‘incremento è dovuta all’aumento del numero di persone denutrite nell’Africa occidentale, mentre un altro terzo proviene dall’Africa orientale.

    L’ampia porzione di Africa posta sud del Sahara si conferma così come la macroregione in stato di maggior sofferenza a livello mondiale, con la speranza di vita media più bassa, la più elevata mortalità infantile e con le maggior percentuali di persone sottoalimentate e in condizioni di povertà assoluta.

    Le previsioni

    Dal rapporto del World Poverty Clock pubblicato il 7 settembre 2018[14] fuoriesce, del continente africano, una situazione a luci e ombre: se da un lato, nell’Africa sub-sahariana, la povertà assoluta è prevista in riduzione dal 39% del 2018 al 27% del 2030, lo stesso problema sta invece assumendo, per alcuni paesi, i connotati di una piaga sociale endemica per la quale non si intravedono prospettive di risoluzione nemmeno a medio termine. Infatti, in base alle stime dello stesso report del World Poverty Clock pubblicato il 5 maggio 2018, è previsto che nel Continente Nero nel 2030 si troveranno sia i 13 dei 15 paesi in cui la povertà avrà registrato un aumento in valore assoluto che i primi 4, fra i soli 5, che vedranno aumentare il tasso di povertà assoluta a livello mondiale (tab. 4). Per il 2018 invece è stato calcolato un ulteriore aumento di 3 milioni di unità a livello continentale.

    Tabella 4: stati africani col più elevato tasso di povertà assoluta in percentuale: stime 2018-previsioni 2030. Fonte: World Poverty Clock

    Sud Sudan: l’ultimo nato in peggiori condizioni

    Particolarmente drammatica risulta, dal report del Word Poverty Clock pubblicato il 1 agosto 2018[15], la situazione del Sud Sudan, paese di più recente formazione della Terra (2011), che vedrà aumentare il numero di poveri assoluti dagli 11,5 milioni del 2018 ai 14 del 2030, con una incidenza sulla popolazione che passerà dall’85,1% al 95,8% (tab. 4). Il conflitto per la leadership politica fra il presidente, Salva Kiir di etnia Dinka, e il suo vice, Riek Machar leader dei Nuer, il secondo gruppo etnico nazionale, ha insanguinato e destabilizzato il Paese per quasi 5 anni sino al luglio 2018 minandone lo sviluppo e la diversificazione economica: ancora oggi circa l’85% della popolazione attiva risulta impegnata in attività non salariate, principalmente agricoltura di sussistenza e allevamento (circa il 78% degli attivi)[16]. La sostanziale assenza dell’industria manifatturiera costringe all’importazione di quasi tutti i beni sia di consumo che intermedi; l’unico settore industriale moderno risulta quello petrolifero, nel quale dominano gli investimenti stranieri, in particolare cinesi, indiani e malesi[17]. Ricco di risorse del sottosuolo, il Sud Sudan, detiene, oltre ai pozzi petroliferi, giacimenti di oro, argento, ferro e rame.

    Ricoprendo il 99% dell’export e il 60% della ricchezza nazionale, il settore petrolifero risulta di gran lunga dominante, causando tuttavia fragilità alla struttura economica nazionale a seguito della dipendenza della stessa dall’andamento delle quotazioni borsistiche: il pil pro capite secondo la Banca Mondiale è infatti crollato, insieme al valore del petrolio, dai 1.111 $ del 2014 ai meno di 228 $ del 2017[18]. Il conseguente deficit fiscale ha causato un’ondata inflazionistica e gravissime carenze alimentari: nel Paese ben 7 milioni di persone (pari al 63%) sono stati colpiti da carestia e vengono assistite tramite gli aiuti umanitari del World Food Programme (Wfp), mentre quasi 2 milioni sono gli sfollati interni e altri 2,5 milioni sono fuggiti dal Paese, dando vita alla più grave crisi dei rifugiati in Africa dopo quella del Ruanda di metà anni ’90.

    A prescindere dalla grave crisi alimentare in atto, nel complesso il Sud Sudan presenta un quadro strutturale disastroso caratterizzato dall’83% di popolazione rurale, da un elevato analfabetismo (73% maschile e l’84% femminile), da una carenza di servizi pubblici che esclude il 75% della popolazione dall’assistenza sanitaria e dalla maggior percentuale di popolazione in povertà assoluta (85%) a livello mondiale, ai quali si aggiungono carenze infrastrutturali, debolezza delle istituzioni politiche, corruzione al pari del resto del continente, frammentazione etnica (ben 64 gruppi) e dispute di confine[19].

    Fame in aumento e boom dell’import di prodotti agricoli: un’apparente contraddizione

    Dal report del Dipartimento dell’Agricoltura degli Stati Uniti (Usda) del 2 novembre 2015[20] emerge che nel ventennio 1995-2014 le importazioni di cibo e prodotti agricoli intermedi e primari ha subito in Africa sub-sahariana un incremento medio del 13% annuo come effetto combinato della sostenuta crescita economica (60% di incremento del pil totale nei 10 anni precedenti) e del consistente incremento demografico (dai 720 del 1995 ai 1.156 milioni del 2014)[21]. Le importazioni agricole totali hanno raggiunto nel 2014 un controvalore pari a 48,5 miliardi $, secondo solo al 2013, ripartito fra i 11,7 miliardi proveniente da altri Paesi della macroregione e i 36,8 da fuori del continente. Emerge tuttavia un aspetto incoraggiante per il progetto di integrazione panafricano riconducibile alla crescita del commercio agricolo intra-africano, che fra il 2009 e il 2014, ha superato quello proveniente dall’esterno: 100% contro 60% (grafico 2).

    Grafico 2: importazioni agricole in Africa sub-sahariana in miliardi $ 1994-2014

    Per individuare le cause della contraddizione sottoalimentazione/aumento dell’import agroalimentare è opportuno sovrapporre alla dinamica demografica quella sociale: in Africa sub-sahariana infatti nel decennio 2005-2014 si è registrata un’espansione della classe media addirittura del 90%, ceto sociale che, al pari di quello di altre aree emergenti del Sud del mondo, persegue consumi di tipologia e livello occidentale, alimentando una sensibile crescita della domanda di tali prodotti. Infatti, dall’analisi merceologica del comparto rileviamo come le principali importazioni agroalimentari dell’Africa sub-sahariana siano prodotti orientati al consumatore: alimenti preparati, latticini, pollame, vino/birra e verdure. Tali prodotti diretti al consumo finale hanno registrato nel quinquennio 2010-2014 addirittura un incremento del 70% arrivando, in quell’anno, a rappresentare oltre il 40% delle importazioni totali della macroregione.

    Al pari le importazioni di prodotti intermedi, principalmente olio di palma e zucchero, utilizzati come materie prime dall’industria agroalimentare, sono cresciute anch’esse rapidamente, mentre quelle di merci sfuse, prodotti primari destinati all’alimentazione di base, sono state invece più contenute, tant’è che l’import di cereali, in un sub-continente “affamato” rappresentavano solo il 21% nel 2014: grano 9% e riso 12% (grafico 3).

    Grafico 3: paniere merceologico dell’import agroalimentare in Africa sub-sahariana 2014

    Lo stesso report prospetta un futuro addirittura prosperoso per l’export agricolo statunitense verso l’Africa sub-sahariana teso al recupero delle quote perse, scese nel ventennio 1994-2005 dal 15 al 5%, in quanto la classe media della macroregione dovrebbe crescere di un ulteriore 90% nel successivo decennio 2014-2024 (grafico 4) determinando un incremento della domanda di prodotti orientati al consumatore di un altro 60%. Un business plan che, tuttavia, non mostra particolare attenzione alle fasce sociali in sofferenza.

    Grafico 4: crescita in % della classe media nelle principali macroregioni terrestri 2014 – 2024

    Un modello agroalimentare contraddittorio

    La critica situazione alimentare del Continente Nero, e in particolare della parte sub-sahariana, è riconducibile alle distorsioni del modello agroalimentare mondiale, sempre più caratterizzato dall’Agrobusiness e dalle sue perverse dinamiche. Un settore, definito dal dizionario curato da Aldo Gabrielli come “il complesso di attività e mezzi connessi allo sviluppo capitalistico dell’agricoltura”, nel quale le finalità esulano dalla funzione primaria di soddisfacimento del fabbisogno alimentare per perseguire invece la massimizzazione del profitto in linea con le logiche capitalistiche.

    Basato sull’integrazione fra agricoltura e industria, al suo interno operano poche grandi imprese multinazionali che controllano l’intera filiera: dalla produzione alla trasformazione industriale sino alla commercializzazione dei prodotti finiti. Le produzioni agricole avvengono in ogni area del pianeta, sia del Nord che del Sud, mentre i prodotti finiti vengono indirizzati dove esiste facoltà di spesa, la famosa domanda, quindi principalmente nei paesi sviluppati e verso i ceti sociali emergenti (nuovi ricchi e classi medie) di quelli in via di sviluppo (Cina, India ecc.) e addirittura di quelli ad economia meno sviluppata, come nel caso africano.

    L’agricoltura costituisce l’asse portante del sistema in quanto produttrice delle indispensabili materie prime ma l’attività industriale economicamente ha la preminenza poiché gran parte del valore aggiunto deriva dalla trasformazione dei prodotti agricoli. Negli Stati Uniti, ad esempio, il sistema agroalimentare industriale assorbe il 20% della popolazione attiva ma soltanto l’1% è impiegato nel settore primario. A rimanere schiacciati da questo sistema sono i produttori locali, soprattutto quelli piccoli, del Sud del mondo ai quali vengono dettate le scelte colturali, a discapito della sovranità alimentare quindi dei prodotti di sussistenza, e imposto prezzi di acquisto molto bassi, a causa dell’asimmetria contrattuale fra le parti contraenti. Emblematico risulta a tal proposito il caso del caffè che, contrariamente ad altri prodotti di piantagione, è coltivato da una moltitudine di piccoli contadini che si trovano in condizione di subalternità rispetto alle multinazionali che acquistano la materia prima per la trasformazione e la commercializzazione.

    In base al rapporto “Scopri il marchio“ di Oxfan le 10 più grandi aziende agroalimentari vale a dire Associated British Foods (Abf), Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg’s, Mars, Mondelez International (ex Kraft Foods), Nestlé, PepsiCo e Unilever generano collettivamente entrate superiori a 1,1 miliardi di dollari al giorno[22] 1 con un volume d’affari stimato intorno ai 7.000 miliardi annui, addirittura 18 volte superiore al settore dell’energia, rappresentando circa il 10% dell’economia globale. Nei vari comparti in cui operano tendono a crearsi oligopoli egemonizzati da queste imprese di enormi proporzioni, come nel comparto del cacao in cui tre aziende controllano il 30% del mercato mondiale[23] o quello della frutta tropicale dove cinque multinazionali ne coprono addirittura l’80%[24] .

    Le dimensioni economiche di queste macroaziende superano talvolta quelle di stati del Sud del mondo consentendo loro di esercitare pressioni sui governi tese ad influenzarne le scelte politiche a proprio vantaggio, ma che finiscono per concretizzarsi in dinamiche vessatorie per le popolazioni locali quali: l’espansione dei latifondi, delle monocolture da esportazione e del land grabbing (l’accaparramento delle terre). Quest’ultimo fenomeno, attuato sia da imprese che da stati, affligge Sud America, Sud-est asiatico, Asia centrale e, soprattutto, l’Africa, nella quale quasi 30 milioni di ettari di terreni coltivabili, di cui ben il 64% per colture non alimentari (carta 1), sono controllati attraverso due forme contrattualistiche: acquisizioni e leasing. In particolare, principali vittime risultano i piccoli contadini che vengono schiacciati dal potere soverchiante delle grandi aziende che ne provoca un impoverimento sino a costringerli a vendere loro i terreni; in altri casi vengono addirittura espulsi con la violenza, da eserciti o paramilitari, dalle proprie terre trasformandoli in profughi, spesso costretto a fuggire all’estero. Il Centro Studi Internazionali, riporta alcuni casi emblematici relativi all’Africa come quello della regione di Gambella in Etiopia dove, dal 2010 l’esercito ha costretto molti abitanti ad abbandonare le terre e a spostarsi in altre aree a vantaggio delle imprese straniere fra le quali spicca l’impresa Saudi Star (Arabia Saudita) che è riuscita ad impossessarsi di ben 15.000 ettari di territorio per la coltivazione di canna da zucchero e riso[25]

    Carta tematica 1: i principali attori attivi e passivi del land grabbing. Fonte: land matrix 2018[26]

    Crescita senza redistribuzione

    Un continente che, dopo la lunga recessione del ventennio 1980-2000, causata dalla contrazione delle quotazioni delle commodities, ha finalmente imboccato col nuovo millennio il percorso di sviluppo economico, triplicando, in base ai dati Ocse[27], la ricchezza prodotta tra il 2000 e il 2016 con una crescita media annua del 4,6% (tab. 5), la seconda più elevata a livello mondiale dopo i paesi asiatici in via di sviluppo

    Tabella 5: crescita economica media annua nelle principali macroregioni del Sud del mondo fra 2.000 e 2016 in base ai dati Ocse 2018[28]

    Parallelamente, l’Africa nel suo complesso è risultato l’unico continente a registrare un aumento della povertà assoluta da 405 a 413 milioni fra il 2013 e il 2015 (tab. 2) ed ha assorbito nel 2017 la quasi totalità dell’incremento mondiale della sottoalimentazione, 34,5 su 36 milioni, facendo salire il numero di coloro che soffrono la fame a 257 milioni, paradossalmente in contemporanea all’aumento dell’import di prodotti agroalimentari che, fra il 1995 e il 2014, si è attestato su un valore medio annuo del +13%. Indubbiamente la rapida crescita demografica che sta interessando il continente, quasi 60 milioni fra il 2013 e il 2015 (tab. 6), ha creato problemi sociali aggiuntivi ma non è stata determinante visto che la povertà al contempo ha registrato un incremento di 8 milioni nella parte sub-sahariana e altrettanti in Nord Africa e Medio Oriente.

    Tabella 6: crescita della popolazione in Africa fra il 2013 e il 2010. Fonte: population pyramid [29]

    Causa principale della situazione è un modello economico non inclusivo che evidentemente va a beneficio dei ricchi e del ceto medio, quest’ultimo in espansione nell’Africa sub-sahariana fra il 2005 e il 2015 addirittura del 90%, al quale vanno aggiunti problemi economici strutturali quali un’eccessiva dipendenza dall’export di prodotti primari grezzi e una massiccia penetrazione delle multinazionali, tipica dei rapporti di subordinazione neocoloniale, che fanno incetta delle abbondanti risorse minerarie, energetiche, agricole e naturali drenando ingenti profitti.

    Conclusioni

    Sullo sfondo di questo quadro economico e sociale resta la questione delle disparità sociali, che seppur ridottesi a livello continentale fra il 1998 e il 2013, nella parte sub-sahariana rimangono ancora le più elevate a livello mondiale dopo l’America Latina (tab. 7).

    Tabella 7: riduzione dell’indice Gini nelle principali macroregioni nel breve periodo 2008-2013

    La situazione risulta critica soprattutto nell’Africa australe, dove si trovano, a parte Haiti, 4 fra i 5 paesi con il più alto livello di disuguaglianza nella graduatoria mondiale nella distribuzione del reddito fra le fasce sociali, calcolata in base all’Indice Gini: Sudafrica, Botswana, Namibia e Zambia, seguiti dalla Repubblica Centrafricana nell’area equatoriale (tab. 8).

    Tabella 8: stati per indice indice Gini più elevato. Fonte: World Population Rewiew 24/10/2019[30]

    Ed è lo stesso Ocse a confermare il rapporto disparità sociali/povertà: “Se l’Africa abbassasse ulteriormente il proprio coefficiente di Gini, da 41 a 35 (il livello dei Paesi asiatici in via di sviluppo), ciascun punto percentuale di crescita del PIL ridurrebbe i dati sulla povertà di un altro mezzo punto percentuale l’anno. Un tale calo nelle disuguaglianze diminuirebbe il numero di persone che vivono in povertà di 130 milioni. I progressi compiuti per ridurre la povertà estrema sono troppo lenti: nel periodo 2009-16, il 36% della popolazione africana (circa 400 milioni di persone) viveva con 1,90 dollari USA al giorno o meno, rispetto al 49% degli anni ‘90. Per una più rapida lotta alla povertà, la crescita deve diventare più inclusiva e le disuguaglianze devono essere ridotte“[31].

    Rileviamo, a conforto della nostra analisi, la coincidenza di conclusioni con il Rapporto regionale 2018 sulla sicurezza alimentare e la nutrizionedella Fao[32], il quale testualmente riporta che “È interessante notare come le economie africane siano cresciute a ritmi impressionanti, spesso superiori al 5% negli ultimi dieci anni, dal 2004 al 2014. Tuttavia, la povertà e la fame sono ancora in sospeso poiché una crescita economica significativa non è risultata né integrata e né inclusiva“ aggiungendo che “L’insicurezza alimentare in alcuni paesi dell’Africa è stata aggravata dai conflitti, spesso in combinazione con condizioni meteorologiche avverse (riconducibili ai cambiamenti climatici ndr.)” e che è necessario “Orientare le politiche nazionali di sicurezza alimentare verso una maggiore autosufficienza alimentare interna“, vale a dire eliminare il land grabbing, ridurre i latifondi ed estromettere le monocolture da esportazione e riacquisire la sovranità alimentare.

    Una sfida impegnativa per il Continente nero quella dello sviluppo autonomo, integrato ed inclusivo che passa attraverso un processo di integrazione continentale (un passo significativo in tal senso è rappresentato dall’entrata in vigore dell’Area di Libero Scambio dell’Africa – Afcfta – il 30 maggio 2019 che secondo la Commissione economica Onu per l’Africa potrebbe incrementare del 53% il commercio intra-africano[33]) e per il superamento della subordinazione neocoloniale, imposta dalle potenze Occidentali e in forme diverse, recentemente, anche dalla Cina.

    Un percorso, come tutti i processi emancipatori, che non può prescindere da una rottura della storica subalternità politica dei Paesi africani e la riscrittura di un nuovo ordine economico, commerciale e finanziario che può essere implementato solo da una nuova classe dirigente preparata, non corrotta e con un efficace progetto panafricano. In pratica l’effettiva indipendenza, 60 anni dopo quella formale.

    http://www.pisorno.it/africa-poverta-e-denutrizione-in-aumento-nonostante-la-crescita-economica-e-

    #Afrique #pauvreté #économie #croissance_économique #exportation #importation #industrie_agro-alimentaire #sous-alimentation #alimentation #mortalité_enfantile #pauvreté_absolue #Nigeria #RDC #République_démocratique_du_congo #statistiques #chiffres #Sud_Soudan #Soudan_du_Sud #land_grabbing #accaparement_des_terrres

  • #Achille_Mbembe : peut-on être étranger chez soi ?

    L’#Afrique doit être la première à libérer les circulations, à élaguer les frontières héritées de la colonisation, à refonder entièrement la politique des visas d’un pays à l’autre du continent. Pour ne plus dépendre des diktats de l’Europe et fonder enfin un droit à l’#hospitalité.

    De nos jours, l’une des manières de vulnérabiliser des millions de gens est de les empêcher de bouger.
    De fait, la structuration contemporaine de notre monde est de plus en plus fondée sur une répartition inégale des capacités de mobilité et de circulation, ainsi que de cette ressource qu’est désormais la vitesse.
    De ce point de vue, l’Afrique est doublement pénalisée, du dehors comme du dedans.
    Elle est pénalisée du dehors parce que les Africains ne sont les bienvenus nulle part dans le monde. Il n’y a pas un seul pays au monde où des Africains ou des gens d’origine africaine arrivent, peu importe par quels moyens, et sont accueillis au son des tambours et des trompettes. Partout où ils font leur apparition, ils sont les plus exposés à toutes sortes d’entraves, à l’incarcération et à la déportation (1). En vérité, très peu de pays au monde veulent des Africains ou des personnes d’origine africaine parmi eux.
    Elle est pénalisée du dehors parce qu’un nouveau régime global de mobilité est en train de se mettre en place. Il participe d’une nouvelle partition de la Terre. Il est une dimension fondamentale de la nouvelle course pour la domination du cosmos (des régions polaires, des océans, des déserts, des continents extraterrestres).
    Un pacte continental

    Ce nouveau régime de gouvernement des mobilités humaines repose sur des dispositifs de sécurité qui sont de plus en plus électroniques, biométriques, de plus en plus militarisés. Ces dispositifs sont aussi et de plus en plus somatiques, dans le sens où leurs cibles principales, ce sont des corps rendus abjects, jugés de trop, qui ne comptent pas, et que l’on est en droit de neutraliser. De gré ou de force, ces corps sont donc appelés à déguerpir des espaces qu’ils occupent.
    Ce nouveau régime repose enfin sur l’externalisation des frontières. Ainsi de l’Europe dont les frontières s’étendent désormais bien loin de la Méditerranée. En étendant ses frontières au-delà de la Méditerranée et en les rendant mobiles, l’Europe cherche en réalité à abroger la souveraineté des Etats africains sur la gestion de leurs populations, qu’il s’agisse de la gestion du nombre (d’où la relance des débats sur la démographie africaine) et de la gestion des mouvements (qui peut bouger, qui ne doit pas bouger, qui ne peut bouger qu’à certaines conditions).
    Mais l’Afrique est aussi pénalisée du dedans par le fait que nous sommes le continent au monde qui compte le plus grand nombre de frontières internes. C’est ici que la taxe sur la mobilité est la plus chère au monde. Il faut donc élaguer les frontières.
    Libérer les circulations est devenu un impératif. Il y va non seulement de la survie de millions de nos gens, mais aussi de la réaffirmation de notre souveraineté. Comment le faire de façon pragmatique ?
    Il faut rouvrir le débat sur le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Ce principe fut ratifié par les Etats africains en 1963 au moment de la fondation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Ce faisant, les Africains endossèrent la partition du continent opérée lors de la conférence de Berlin en 1884 par les puissances européennes.
    Il faut rouvrir ce débat dans la mesure où ce principe d’intangibilité, qui était supposé consacrer la souveraineté des Etats nationaux, est désormais un facteur d’émasculation de cette souveraineté dans le contexte des politiques antimigratoires poursuivies par l’Europe.
    Il faut le rouvrir non pas pour abolir dans l’immédiat les frontières héritées de la colonisation, mais pour définir des étapes concrètes visant à atteindre cet objectif d’ici à 2050.
    Nous avons besoin de définir, pour nous, notre propre politique migratoire. Celle-ci ne doit pas dépendre des diktats de l’Europe. Ceci exige la mise en place d’un pacte continental sur les migrations intra-africaines. L’objectif de ce pacte serait de transformer le continent en un vaste espace de circulation pour tous ses enfants.
    Des expériences ont déjà cours et vont dans ce sens, notamment dans plusieurs parties de l’Afrique de l’Ouest.
    Dans l’immédiat, il nous faut déclarer un moratoire sur les déportations. Il nous faut mettre un terme à la longue histoire des déportations et des déplacements forcés sur ce continent. Il faut arrêter les déportations. Nous devons, en ce siècle, mettre un terme à cette horrible pratique qui aura confiné les Africains à ne jamais se déplacer que dans des chaînes. Il faut désenchaîner les corps noirs, arrêter de les souiller, et ouvrir, pour nous-mêmes, une nouvelle page de notre longue lutte pour l’affranchissement et la dignité.
    Plus concrètement encore, nous devons procéder à une refonte générale de la politique des visas à l’intérieur de l’Afrique. Les nouvelles technologies nous permettent, par exemple, de passer à un nouveau stade où chaque détenteur d’un passeport africain qui voyage à l’intérieur du continent se verrait octroyer un visa à l’arrivée.
    Il nous faut encourager les Etats à passer des accords réciproques qui permettent d’abroger les visas entre eux.
    Cette phase de détente devrait ouvrir la voie à des changements plus structurels et à long terme. Elaguer puis moderniser les frontières, dans le sens de les rendre plus fluides, afin qu’elles puissent favoriser le passage et la flexibilité.
    Un énorme travail est à faire de ce point de vue en matière de modernisation des régimes d’identité. Que d’ici à 2050 chaque Africain puisse disposer d’un acte de naissance, d’une carte d’identité, bref de documents biométriques virtuellement infalsifiables. Si au passage un tel effort aboutit à élargir le champ des surveillances, ce sera le modique prix à payer pour intensifier les circulations internes.
    Aller au-delà des lumières

    Le recours aux nouvelles technologies nous permettra également de mettre en place des bases de données que les Etats pourront partager entre eux dans le but de diminuer les risques, car ceux-ci existent. En matière d’échanges commerciaux, l’une des priorités est l’instauration de postes douaniers uniques qui permettraient d’alléger la contrebande aux frontières.
    L’Afrique doit sortir du paradigme de la clôture et de l’enfermement qui anime la politique antimigratoire de l’Union européenne. Nous devons aller au-delà des notions héritées des Lumières, à l’instar du « droit d’hospitalité ». En matière de traitement des étrangers et des hôtes, nos traditions philosophiques ont toujours reposé sur un socle anthropologique élargi. Le sociologue marocain Mehdi Alioua a ainsi montré comment, dans les oasis du désert saharien, une tradition multiséculaire d’hospitalité a longtemps prévalu.
    Elle reposait sur une agriculture qui soutenait cette hospitalité. Faute de palmiers, arbres fruitiers et légumineuses étaient mis à contribution. Une partie des récoltes était toujours épargnée. Des protéines et calories étaient réservées pour les voyageurs, mais aussi les oiseaux et les insectes qui arrivaient à l’improviste, surtout en cas de disette.
    Que dire du droit à une demeure (right of abode) inscrit dans la Constitution ghanéenne ? Il s’agit du droit à un abri, le droit sinon à un chez-soi, du moins à un lieu que l’on peut habiter en tout repos.
    Dans le cas ghanéen, les bénéficiaires d’un tel droit sont essentiellement des personnes de descendance africaine dont les ancêtres furent autrefois déportés à l’époque de la traite des esclaves. Il s’agit donc de personnes qui, à un titre ou à un autre, sont nos parents, des êtres humains avec lesquels nous lient des liens de parenté lointains et, au besoin, fictifs. Ces parents ne sont pas des allogènes. Mais ils ne sont pas non plus des autochtones ou des natifs d’un lieu.
    Il existe donc dans nos traditions des bases pour élargir le débat contemporain sur les migrations et le sortir des impasses philosophiques d’une Europe qui tourne en rond. Le droit à l’hospitalité suppose un visiteur qui vient d’ailleurs, qui n’est pas un parent, qui est un allogène, et un hôte, un autochtone, qui le reçoit, l’héberge et au besoin prend soin de lui. Ce droit est supposé bénéficier non seulement aux visiteurs, mais aussi aux réfugiés, à ceux et celles qui fuient une menace. Dans ses considérations sur la paix perpétuelle, Kant affirme que ce droit à l’hospitalité est un droit universel.
    Il est inconditionnel dans le sens où, à supposer qu’un étranger frappe à notre porte et demande à rentrer, nous sommes dans l’obligation de lui ouvrir la porte et de lui accorder un abri si, en le renvoyant chez lui, il risque de perdre sa vie. Kant précise cependant que nous ne sommes pas obligés de faire de cet étranger un membre à part entière de notre communauté. Son séjour parmi nous ne peut pas être permanent par définition. Ce séjour est appelé, à un moment donné, à prendre fin car il est de la nature de l’étranger de devoir repartir à un moment donné.
    Le droit ghanéen à une demeure peut être élargi au-delà des parents réels ou fictifs. Le rêve est que chacun puisse affirmer : « Le chez-moi, c’est le cosmos. » C’est l’ensemble de l’univers dont je suis l’un des habitants parmi d’autres habitants. Alors que notre monde devient chaque jour plus petit et que le temps nous est désormais compté, il nous faut réhabiliter cette appartenance première à l’univers. Elle doit primer sur l’appartenance seconde à un Etat territorial donné.

    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/13/achille-mbembe-peut-on-etre-etranger-chez-soi_1763182
    #Mbembe #frontières #ouverture_des_frontières #immobilité #vulnérabilité #vulnérabilisation #immobilisation #capacité_de_mobilité #capacité_de_circulation #Africains #contrôles_frontaliers #corps #externalisation_des_frontières #externalisation #frontières_internes #liberté_de_mouvement #liberté_de_circulation #souveraineté #colonisation #intangibilité_des_frontières #déportation #visas #régimes_d'identité #circulation_interne #droit_d'hospitalité #droit_à_une_demeure (#right_of-abode) #chez_soi #chez-soi

    En lien avec le thème de #faire_monde :

    Le rêve est que chacun puisse affirmer : « Le chez-moi, c’est le cosmos. » C’est l’ensemble de l’univers dont je suis l’un des habitants parmi d’autres habitants. Alors que notre monde devient chaque jour plus petit et que le temps nous est désormais compté, il nous faut réhabiliter cette appartenance première à l’univers. Elle doit primer sur l’appartenance seconde à un Etat territorial donné.

    ping @karine4

  • RPT-South Africa blocks arms sales to Saudi and UAE in inspection row - Reuters
    https://www.reuters.com/article/safrica-defence/rpt-south-africa-blocks-arms-sales-to-saudi-and-uae-in-inspection-row-idUSL

    South Africa is blocking arms sales to countries including Saudi Arabia and the UAE in an inspections dispute, endangering billions of dollars of business and thousands of jobs in its struggling defence sector, according to industry officials.

    The dispute centres on a clause in export documents that requires foreign customers to pledge not to transfer weapons to third parties and to allow South African officials to inspect their facilities to verify compliance, according to the four officials as well as letters obtained by Reuters.

    Officials at major South African defence groups Denel and Rheinmetall Denel Munition (RDM) said the dispute was holding up their exports, as did a third big defence company which asked not to be named. RDM said some of its exports to the Middle East had not been approved since March.

    #Afrique_du_Sud #Yémen #Arabie_saoudite #EAU #armes

  • #France takes aim at Saudi over failed West Africa commitments | Article [AMP] | Reuters

    It was a rare rebuke by France of its Saudi ally and comes almost two years after French President Emmanuel Macron had personally asked Saudi Arabia’s Crown Prince Mohammed bin Salman to contribute to the force and prove the kingdom’s intention to tackle extremist ideology.

    France, the former colonial power in the region, intervened in Mali in 2013 to drive out Islamist militants who had occupied the north, but rather than stabilizing the region, the situation has progressively worsened.

    #Sahel #Afrique #Arabie_saoudite #terrorisme