• Génération Z : quand le gouvernement va à droite, nous devrions aller à gauche

    Nous appartenons à une génération qui a grandi dans l’ombre d’une promesse. Cette promesse, c’était la démocratie. Cette promesse, c’était la dignité. Cette promesse, c’était qu’une fois l’apartheid aboli, l’Afrique du Sud s’engagerait sur le long chemin menant à la justice, à l’égalité et à la prospérité partagée. Nos parent·es croyaient en cette promesse parce qu’elles et ils s’étaient battu·es pour elle au péril de leur vie. Nos grands-parent·es croyaient en cette promesse parce qu’elles et ils avaient souffert sous la brutalité d’un système capitaliste raciste qui traitait la vie des Noir·es comme une main-d’œuvre jetable.

    La réalité trahit la promesse
    En 2026, la question à laquelle sera confrontée la Génération Z ne sera pas de savoir si la démocratie existe sur le papier. La question sera de savoir si la démocratie a transformé les réalités matérielles de la majorité de la population. En 2026, nous aurons appris une chose très importante : la liberté politique sans transformation économique engendre une société fragile et inégale. Un pays peut organiser des élections, disposer d’une constitution et d’institutions de gouvernance, tout en reproduisant les mêmes schémas d’inégalité qui ont marqué son passé colonial et d’apartheid.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/09/13/generation-z-quand-le-gouvernement-va-a-droite

    #afriquedusud

  • L’armée dans les townships : la militarisation des pauvres

    Entretien avec Henriette Abrahams, présidente du Forum de développement de Bonteheuwel

    Amandla ! : Parlez-moi un peu du Forum. Que faites-vous ?
    Henriette Abrahams : Le Forum de développement de Bonteheuwel a été créé en 2018. Nous étions confronté·es à une forte violence des gangs et à de nombreux cadavres dans nos rues. Nous avons donc mis en place des comités de quartier chargés de patrouiller, en nous concentrant sur la violence des gangs, les trafiquants de drogue et la création d’itinéraires et de passages sûrs pour nos enfants pendant cette guerre des gangs. Nous nous sommes mobilisé·es, nous avons impliqué les responsables politiques, et nous nous sommes opposés au SAPS et au gouvernement. Nous avons mis fin à nos activités au Cap en septembre 2019. D’autres communautés se sont mobilisées, et le mouvement s’est étendu à Westbury, Eldos et d’autres régions d’Afrique du Sud.

    Puis nous avons élargi notre champ d’action ; nous nous sommes penché·es sur la sécurité et la sécurité alimentaire ; nous nous sommes diversifié·es, car nous comprenons qu’il s’agit de problèmes systémiques, en nous orientant vers l’autonomisation des jeunes, celle des femmes et le travail de soutien psychosocial.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/25/larmee-dans-les-townships-la-militarisation-de

    #afriquedusud

  • Le Plan d’action national pour l’eau de l’Afrique du Sud privilégie la solvabilité au détriment de la justice

    Fin juillet, le président Cyril Ramaphosa a rendu public le Plan d’action national pour l’eau, élaboré par le Comité national de crise de l’eau (WATERCOM) afin de remédier aux problèmes hydriques du pays. Il commence par un aveu d’une franchise inhabituelle : « Le véritable défi ne réside pas dans la disponibilité de l’eau, mais dans la capacité à acheminer l’eau jusqu’aux robinets des citoyen·nes. »

    https://www.amandla.org.za/south-africas-national-water-action-plan-prioritises-solvency-over-justi

    #afriquedusud

  • L’État a failli à ses obligations envers les personnes prostituées et toutes celles rendues vulnérables par le système patriarcal de la prostitution

    Chaque année, le 21 mars, l’Afrique du Sud commémore la Journée nationale des droits de la personne, un rappel poignant du passé tumultueux du pays et de son engagement à défendre les droits de tous et toutes ses citoyen-nes. Cependant, au milieu des célébrations et des réflexions, un groupe crucial demeure exclu et oublié : les personnes prostituées.

    Une histoire de lutte
    La Journée nationale des droits de la personne commémore le massacre de Sharpeville de 1960, au cours duquel 69 manifestant-es non armé-es ont été abattues par la police de l’apartheid alors qu’elles manifestaient contre les lois racistes sur les laissez-passer. Cet événement tragique a marqué un tournant dans la lutte de l’Afrique du Sud pour la démocratie et les droits de la personne.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/04/letat-a-failli-a-ses-obligations-envers-les-pe

    #feminisme #prostitution #afriquedusud

  • Afrique du Sud : les responsables de la xénophobie

    Si le déferlement de haine contre les ressortissant·es étranger·es s’inscrit dans un contexte social catastrophique, il est aussi encouragé par des responsables politiques véreux.

    Le 30 juin, 300 manifestations ont été organisées à travers l’Afrique du Sud pour exiger le départ des migrantEs. Depuis que cette vague de xénophobie s’abat sur le pays, des centaines de spaza shops — petites épiceries de proximité — tenus par des étrangerEs ont été pillés et des agressions physiques ont eu lieu, entraînant l’exode de 25 000 personnes.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/21/comprendre-la-montee-de-lafrophobie-en-afrique-du-sud-et-comment-y-faire-face/#comment-75207

    #Afriquedusud

  • « Certains ont été licenciés, d’autres sont expulsés de leur logement » : des dizaines de milliers d’étrangers chassés d’Afrique du Sud
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/21/certains-ont-ete-licencies-d-autres-sont-expulses-de-leur-logement-des-dizai

    « Certains ont été licenciés, d’autres sont expulsés de leur logement » : des dizaines de milliers d’étrangers chassés d’Afrique du Sud
    Au moins 67 000 ressortissants africains ont quitté le pays depuis le 27 juin, selon les autorités sud-africaines, alors qu’un mouvement de lutte contre l’immigration illégale sème la terreur dans les townships. Le nombre des départs pourrait être bien plus élevé.
    Par Mathilde Boussion (Johannesburg, correspondance)
    Chaque jour, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants viennent s’entasser devant le consulat du Malawi, à Johannesburg. Poussés par la peur, ils n’ont qu’une idée en tête : fuir l’Afrique du Sud au plus vite. Sur le bitume du parking couvert d’emballages plastiques et de pelures d’orange, les grappes d’enfants échoués au milieu d’un tsunami de bagages trahissent un exode qui refuse de dire son nom. Les étrangers africains ont quitté le pays par dizaines de milliers. Depuis le 27 juin, plus de 67 000 migrants illégaux sont partis précipitamment avec l’aide du gouvernement, selon les chiffres officiels, alors qu’un mouvement de lutte contre l’immigration illégale sème la terreur dans certains townships.
    Ceux qui partent sont originaires en majorité du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique, les communautés les plus importantes en Afrique du Sud, mais aussi du Nigeria, du Ghana, du Kenya, de l’Ouganda… Le nombre réel des départs pourrait être bien plus élevé. A elles seules, les autorités zimbabwéennes estiment que plus de 100 000 de leurs ressortissants seraient rentrés. Officiellement, le gouvernement sud-africain parle de « rapatriements volontaires ». « Les gens se présentent en affirmant qu’ils sont en situation irrégulière et demandent à partir pour cette raison », a précisé, mercredi 15 juillet, la ministre de la justice, Mmamoloko Kubayi, au cours d’une conférence de presse.
    Devant le consulat du Malawi, la détermination à quitter le pays est évidente. Mais le choix n’a rien de volontaire. « Les Sud-Africains ne veulent plus de nous. Ils sont venus tambouriner à nos portes pour nous ordonner de faire nos valises en menaçant de nous frapper. Je les ai vus taper des gens », raconte Violet (un prénom d’emprunt), une mère de 26 ans installée en Afrique du Sud depuis 2021. Selon plusieurs témoins, ce raid aurait eu lieu le 10 juillet aux alentours de 17 heures, dans un quartier populaire de Vereeniging, une ville de la banlieue de Johannesburg. « Il faisait presque nuit, j’ai pris les affaires de ma fille et je suis partie avec des gens qui se regroupaient sur un terrain vague », poursuit-elle.
    Trois jours plus tard, le 13 juillet, plus de 500 personnes sont encore arrivées au consulat depuis Vereeniging. « J’ai reçu un appel et, une demi-heure plus tard, on a vu arriver des centaines de personnes », raconte Rivonia Pillay, la coordinatrice de l’aide apportée par le collectif Siyafana Sonke, créé en réponse à la vague xénophobe qui monte en puissance depuis le mois de mai. Cheffe de file de la mobilisation hostile aux étrangers, l’organisation March and March avait appelé à une large manifestation, le 30 juin, exigeant le départ des migrants illégaux, accusés d’asphyxier les services publics, de nourrir le crime et de « voler le travail » des Sud-Africains. Le chaos redouté par les forces de l’ordre ce jour-là a été évité mais, depuis, des marches plus modestes se poursuivent et les raids antimigrants se multiplient.
    Devant les grilles du consulat du Malawi, où ils espèrent récupérer des laissez-passer pour regagner leur pays, les déplacés de Vereeniging racontent tous la même histoire : des groupes d’hommes s’engouffrant dans les arrière-cours des maisons pour déloger les étrangers, qui louent souvent de petites baraques en retrait des habitations principales. Officiellement, le mouvement ne vise que les migrants illégaux, mais tous les étrangers qui vivent dans des quartiers pauvres se sentent en danger. A Durban, dans l’est du pays, plus de 400 Congolais, Rwandais, Burundais, Ougandais protégés par un statut de réfugié campent sur un trottoir depuis plusieurs semaines. « Certains ont été licenciés, d’autres sont expulsés de leur logement parce que leur propriétaire craint des représailles de March and March », raconte Yeshelen Govender, coordinateur de Siyafana Sonke dans la ville. A ces réfugiés qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays, le gouvernement sud-africain propose de réintégrer leurs quartiers. L’un d’entre eux s’est retrouvé dans le coma après avoir essayé. Le collectif, qui regroupe plus de 130 organisations issues de la société civile, évoque une « crise humanitaire ». D’autres organisations non gouvernementales sont réticentes à employer le terme.
    « Il n’y a pas de crise humanitaire », rejette Mmamoloko Kubayi, à la tête du comité interministériel assemblé pour « répondre aux préoccupations exprimées par les Sud-Africains en matière d’immigration ». « Nous nous sommes assurés que les gens étaient traités dignement », insiste-t-elle, en évoquant les migrants rapatriés. Les autorités condamnent les milices qui contrôlent les identités, harcèlent les commerçants étrangers et chassent des résidents. Plus de 900 personnes ont été arrêtées, le 30 juin, par les forces de l’ordre. Le 16 juillet, de nouveau, près de 70 personnes ont été interpellées après le pillage de magasins appartenant à des étrangers. Mais la police est régulièrement accusée d’assister à des violences sans réagir.
    Ce n’est pas la première fois que l’Afrique du Sud connaît une vague d’hostilité à l’égard des migrants africains. En 2008, la première avait fait plus de 60 morts. Cette fois, seules quatre personnes ont officiellement perdu la vie dans les violences. Mais jamais autant d’étrangers n’avaient été contraints au départ. Sur les sites qui accueillent des déplacés, les humanitaires contactés par Le Monde recensent peu de victimes de violences physiques. Les blessés refusent d’être conduits à l’hôpital, relève Claire Waterhouse, coordinatrice des urgences de Médecins sans frontières en Afrique du Sud. A la mi-juillet, au consulat du Malawi, un homme s’est présenté avec les avant-bras couverts de brûlures, expliquant avoir été attaqué au lance-flammes.
    « Dans la région de Johannesburg, on observe un flux assez constant de personnes arrivant de toute la province et de plus loin, en bus, à pied, à vélo, en Uber… Certains ont tout perdu, d’autres ont pu emporter quelques affaires. Des sites accueillent jusqu’à 300 ou 400 personnes par jour, c’est très variable », explique la responsable. A Durban, près de 10 000 personnes, en majorité des Malawites, ont fui leur logement, à la fin de juin, pour se regrouper sur différents sites improvisés. Débordées par l’afflux, les autorités ont érigé dans l’urgence un centre temporaire de traitement des rapatriements à Musina, près de la frontière zimbabwéenne.Ouverte le 1er juillet, l’installation a accueilli des dizaines de milliers de personnes les premiers jours. Les autorités, qui ne veulent pas voir se constituer des camps de réfugiés, font tout pour éviter l’engorgement. Sur place, des équipes mobiles des services de l’immigration travaillent jour et nuit et des autobus quittent régulièrement le site pour conduire des étrangers hors du pays. D’après la ministre de la justice, tous les migrants accueillis sont en situation irrégulière. Leurs ambassades leur délivrent des laissez-passer, validés ensuite par les services de l’immigration sud-africains.
    Dans le centre, des associations assurent la coordination humanitaire. Eau, nourriture, couches, médicaments… « Je peux dire sans prendre de risque que le gouvernement n’a pas fourni un seul repas », s’est vanté, mercredi, la ministre de la justice, soucieuse de montrer la fermeté des autorités. Arrestations massives de migrants illégaux, inspections des entreprises, colmatage des frontières… Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé, début juin, un plan de lutte contre l’immigration illégale sans précédent. Ces annonces interviennent à quelques mois des élections municipales de novembre, alors que le parti présidentiel, le Congrès national africain, voit sa popularité chuter. Le gouvernement explique observer une baisse du nombre de dossiers traités à Musina et envisage désormais de réduire ses opérations. Mais Claire Waterhouse alerte : « Beaucoup de Sud-Africains ont le sentiment que la tempête est passée, car la journée du 30 juin a été relativement calme, mais ce n’est pas fini. Au contraire, les déplacements de population s’intensifient. » Devant le consulat du Malawi, une course contre la montre est engagée afin de trouver des bus pour acheminer les déplacés vers le centre de Musina. Le soir, ceux qui n’ont pas pu partir s’enroulent dans des couvertures en consumant des bûches pour tenter de combattre les nuits glacées de l’hiver austral. A 1 700 mètres d’altitude, celles de Johannesburg frôlent régulièrement 0 °C. Certains soirs, le consulat ouvre ses portes aux plus vulnérables. Violet n’a pas eu cette chance. La mère tourne la tête vers sa fille de 1 an, enveloppée sur son dos : « Elle a pleuré toute la nuit à cause du froid. »

    #Covid-19#migration#migrant#afriquedusud#malawi#zimbabwe#mozambique#nigeria#ghana#kenya#ouganda#politiquemigration#retour#rapatriement#migrationirreguliere#sante

  • Pause for Purpose : une semaine d’action autour de la Convention de l’UA sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (AU CEVAWG)

    Chers amis et partenaires,

    Cette semaine, la campagne #PauseForPurpose organise une conférence de presse, un webinaire et une manifestation pacifique afin de sensibiliser le public à la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (AU CEVAWG) et aux préoccupations soulevées par les mouvements féministes africains, les organisations de défense des droits des femmes, les survivantes, les experts juridiques et les acteurs de la société civile.

    Ces activités ne constituent pas un rejet des efforts visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles. Nous appelons à une Convention juridiquement cohérente, responsable et capable de renforcer, plutôt que d’affaiblir, les droits et les protections pour lesquels les femmes africaines se sont battues.

    Conférence de presse sur la Convention de l’UA sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (AU CEVAWG)

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/05/isla-soumet-une-contribution-dexpert-visant-a-renforcer-le-contentieux-des-droits-des-femmes-et-des-filles-devant-les-organes-des-droits-humains-de-lunion-africaine/#comment-75149

    #feminisme #afriquedusud

  • NUFAS : nous ne sommes pas un syndicat spécialisé dans les services funéraires ; nous sommes un syndicat de services

    Entretien avec Vuyo Lufele, secrétaire général adjoint de la NUFAS

    Amandla ! : Vous avez parcouru un long chemin depuis que vous étiez secrétaire régional de la Numsa dans la province du Cap-Occidental. Vous avez été licencié par Irvin Jim parce que vous posiez trop de questions gênantes sur les avantages qu’il tirait de la Numsa Investment Company. Et je suppose que cela illustre en partie à quel point il est difficile de créer un nouveau syndicat en Afrique du Sud. Pouvez-vous nous raconter brièvement cette histoire ?

    Vuyo Lufele : Depuis que j’ai quitté le Numsa, je n’avais qu’une seule idée en tête : créer un syndicat alternatif. Et cela a été un long parcours aux côtés d’autres camarades à travers tout le pays.

    Nous avons commencé par essayer de créer un nouveau syndicat appelé le Syndicat des travailleurs/travailleuses de la métallurgie, des mines et des secteurs connexes d’Afrique du Sud (Mmawusa). Mais l’enregistrement s’est avéré être un véritable parcours du combattant. J’espère ne plus jamais avoir à me lancer dans une procédure d’enregistrement. Tout d’abord, pour s’enregistrer, le greffier exige que l’on dispose d’un compte bancaire. Or, pour ouvrir un compte bancaire, la banque exige que l’on dispose d’un certificat d’enregistrement. C’est le premier problème. Ensuite, pour l’enregistrement, il faut disposer de cotisations à jour. Mais pour que les employeurs puissent prélever les cotisations, ils exigent que l’on dispose d’un certificat d’enregistrement. C’est un autre obstacle qu’il faut surmonter.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/14/nufas-nous-ne-sommes-pas-un-syndicat-specialis

    #afriquedusud

  • Afrique du Sud : les salariés de First Battery se mettent en grève contre les licenciements

    Les salariés de First Battery ont cessé le travail ce 6 juillet, après que l’entreprise a procédé au licenciement de 165 salariés malgré les objections du syndicat. First Battery est un fabricant sud-africain de batteries au plomb-acide pour automobile, détenu par le groupe Metair et coté à la Bourse de Johannesburg.

    Le NUMSA (Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud), affilié à IndustriALL, a appelé à la grève après que First Battery a licencié des salariés dans ses usines de Benoni, East London, Le Cap et Durban, malgré des mois de consultations visant à éviter ces suppressions d’emplois.

    Selon le NUMSA, First Battery a perdu d’importants contrats avec des constructeurs automobiles en Afrique du Sud et ne fournit plus BMW, Mercedes-Benz, Ford ni Toyota. Au lieu de regagner ces marchés grâce à des investissements locaux, le syndicat affirme que l’entreprise importe des batteries d’Allemagne pour BMW plutôt que de moderniser la production locale en vue de répondre aux besoins des constructeurs.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/13/revue-a-gauche-afrique-du-sud-amandla-fete-son-centieme-numero-faire-face-a-la-menace-dune-resurgence-de-la-droite/#comment-75055

    #afriquedusud

  • Afrique du Sud : MSF déploie une intervention d’urgence face aux violences xénophobes

    À la suite d’une violente recrudescence d’actes xénophobes contre les migrants en Afrique du Sud, MSF a lancé une intervention médicale d’urgence. Ces violences ont fait au moins quatre morts et déplacé des dizaines de milliers de personnes. Nos équipes se déploient dans les provinces du Gauteng, du KwaZulu-Natal, du Cap-Occidental et à la frontière avec le Zimbabwe pour répondre aux besoins de santé les plus urgents.Des dizaines de milliers de migrants poussés à fuir par des groupes anti-immigration

    Cette crise a été déclenchée par l’ultimatum de groupes anti-immigration exigeant que toutes les personnes migrantes sans papiers quittent le pays avant le 30 juin. Depuis cette date butoir arbitraire, les menaces et les agressions se multiplient contre les étrangers, quel que soit leur statut légal.
    Pour échapper aux violences xénophobes, des dizaines de milliers de personnes ont trouvé refuge dans des parcs, des églises ou des consulats.
    « Contrairement au discours officiel selon lequel ces actes xénophobes n’auraient pas été si violents ni leurs conséquences si catastrophiques, les migrants touchés ont fait part à MSF de témoignages détaillant la gravité des mauvais traitements qu’ils ont subis », explique Claire Waterhouse, coordinatrice des urgences chez MSF.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/21/comprendre-la-montee-de-lafrophobie-en-afrique-du-sud-et-comment-y-faire-face/#comment-75044

    #afriquedusud

  • En Afrique du Sud, la colère sociale se trompe d’ennemi

    Derrière les attaques contre les migrant·es africain·es en Afrique du Sud se lit l’épuisement d’une promesse démocratique. La fin de l’apartheid a ouvert les droits politiques, mais n’a pas aboli la géographie de la pauvreté, la concentration des richesses ni la précarité des townships. C’est dans cette faille que prospère une xénophobie qui transforme les plus vulnérables en responsables d’un ordre social qu’ils subissent eux aussi.

    https://afriquexxi.info/En-Afrique-du-Sud-la-colere-sociale-se-trompe-d-ennemi

    #afriquedusud

  • Xénophobie en Afrique du Sud ?

    L’actualité en Afrique du Sud est aujourd’hui dominée par des informations faisant état de rassemblements et d’autres formes d’actions dirigées contre les migrants africains « illégaux » présents dans la première puissance économique du continent.

    La plupart des réactions suscitées sont des condamnations de toutes sortes, mais rares sont celles qui expliquent ce qui alimente l’hostilité des masses sud-africaines défavorisées envers ceux qui sont présentés, à tort, comme la cause de leurs malheurs.

    Certes, le trafic de drogue est la cause la plus souvent pointée du doigt ! Toutefois, la véritable cause de la colère dirigée contre les « migrants illégaux » venus d’autres pays africains réside dans l’incapacité des gouvernements de l’ère postapartheid à créer des conditions permettant à la majorité des Sud-Africains d’accéder équitablement à « la vie, la liberté et la recherche du bonheur ».

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/21/comprendre-la-montee-de-lafrophobie-en-afrique-du-sud-et-comment-y-faire-face/#comment-74972

    #afriquedusud

  • En Afrique du Sud, l’ultimatum anti-immigrés et la montée des violences poussent 25 000 personnes à quitter le pays
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/30/en-afrique-du-sud-l-ultimatum-anti-immigres-et-la-montee-des-violences-pouss

    En Afrique du Sud, l’ultimatum anti-immigrés et la montée des violences poussent 25 000 personnes à quitter le pays
    Sous la pression de groupes organisés menaçants, des milliers de ressortissants étrangers en situation irrégulière se réfugient dans des campements précaires en attendant un retour incertain vers leur pays d’origine.
    Le Monde avec AFP
    Les autorités sud-africaines ont annoncé, lundi 29 juin, que plus de 25 000 personnes avaient été rapatriées ces dernières semaines, à la veille de l’expiration d’un ultimatum officieux anti-immigrés, et beaucoup d’autres attendent encore de partir.Ces départs interviennent alors que des milliers de personnes cherchent à quitter le pays par crainte pour leur sécurité, après que des groupes de citoyens ont lancé un ultimatum exigeant que les étrangers sans papiers quittent le territoire avant le 30 juin.Plusieurs gouvernements, notamment le Nigeria, le Malawi, le Ghana, le Zimbabwe et le Mozambique, ont organisé des vols et des cars de rapatriement volontaire, après des semaines de manifestations, de pillages et d’attaques visant les étrangers, qui ont fait quatre morts.
    « A ce jour, plus de 25 000 ressortissants étrangers ont été rapatriés », a déclaré le National Joint Operational and Intelligence Structure (Natjoints), qui coordonne les opérations de la police, de l’armée et des services de renseignements.Les derniers chiffres marquent une forte hausse par rapport à la semaine dernière, où les autorités évoquaient 15 000 Malawites pris en charge. En outre, au moins 988 Ghanéens et environ 600 Nigérians sont partis par avion, plus tôt ce mois-ci.
    « Le processus est toujours en cours », a précisé Natjoints, ajoutant que des unités spécialisées, notamment des équipes cynophiles et la brigade aérienne, ont été déployées.De petits groupes, peu nombreux mais organisés, opposés à l’immigration illégale, se sont ralliés à l’ultimatum de mardi – qui n’a jamais été validé par le gouvernement – appelant les migrants sans papiers à partir ou à en subir les conséquences. Ils ont organisé une série de marches à travers le pays. Des groupes ont par ailleurs parcouru les quartiers de maison en maison pour ordonner aux migrants de partir ou exiger de vérifier leurs papiers d’identité.
    Ce « sentiment anti-étrangers » a fait quatre morts, a déclaré Natjoints. La police a précisé à l’Agence France-Presse qu’il s’agissait de deux Mozambicains, d’un Ethiopien et d’un Malawite. Du 1er mars au 29 juin, Natjoints a affirmé avoir enregistré « 103 affaires liées au sentiment anti-étrangers et arrêté 195 suspects ».
    L’insécurité a poussé des milliers de migrants à se rassembler dans des campements de fortune, à Durban, dans le sud-est, dans la ville touristique du Cap, dans le sud-ouest, et dans la capitale financière Johannesburg, en attendant un moyen de transport vers leurs pays d’origine.L’Afrique du Sud, destination de longue date pour la main-d’œuvre migrante, est confrontée à un taux de chômage supérieur à 30 % et à un passé récent de violences contre les étrangers, souvent alimentées par l’idée que les migrants prendraient des emplois et seraient à l’origine de la criminalité.Les analystes estiment que les groupes organisés en milices s’en prennent aux étrangers comme boucs émissaires plutôt que de s’attaquer aux problèmes plus profonds, d’ordre économique et de gouvernance. Les flambées de violence contre les sans-papiers, récurrentes en Afrique du Sud, sont souvent meurtrières. Soixante-deux personnes ont ainsi été tuées lors des émeutes de 2008.

    #Covid-19#migrant#migration#afriquedusud#politiquemigratoire#xenophobie#migrationirreguliere#sante#rapatriment

  • KPL demande une intervention urgente de l’ON face à la crise des droits humains en Afrique du Sud

    La Ligue des Paysans du Kenya (KPL, selon son acronyme anglais) a adressé une requête formelle aux procédures spéciales des Nations Unies, demandant une intervention immédiate afin de protéger les travailleur·euses migrant·es, les réfugié·es et les demandeur·euses d’asile en Afrique du Sud. Cette action répond à une escalade de violences discriminatoires et d’attaques ciblées contre des citoyen·nes étranger·es, exacerbée par la proximité du 30 juin, date limite fixée par des groupes locaux pour que les résident·es sans papiers quittent le pays.

    L’organisation fonde sa demande sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, en particulier son article 14, qui garantit le droit à la protection et à l’accès aux services pour tou·tes les migrant·es, indépendamment de leur statut légal. KPL souligne que l’Afrique du Sud, ayant voté en faveur de cette déclaration, a l’obligation contraignante de protéger ces droits fondamentaux et de respecter ses engagements internationaux.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/21/comprendre-la-montee-de-lafrophobie-en-afrique-du-sud-et-comment-y-faire-face/#comment-74901

    #afriquedusud

  • Xénophobie en Afrique du Sud : les opérations de rapatriement volontaire de migrants se poursuivent
    https://www.dakaractu.com/Xenophobie-en-Afrique-du-Sud-les-operations-de-rapatriement-volontaire-de

    Xénophobie en Afrique du Sud : les opérations de rapatriement volontaire de migrants se poursuivent
    En Afrique du Sud, les opérations de rapatriement volontaire se poursuivent, organisées par certains pays dont les ressortissants ont peur des représailles, à l’approche du 30 juin, date à laquelle plusieurs organisations militant contre l’immigration illégale ont annoncé de nouvelles actions. Beaucoup d’immigrés cherchent donc à quitter les lieux.Le Ghana, le Mozambique, le Nigeria ou encore la Zambie ont déjà permis à des centaines de leurs ressortissants de rentrer. Différents incidents liés aux tensions xénophobes ont causé la mort de trois étrangers, tous Africains, cette année, selon les chiffres des autorités sud-africaines.Dans la ville du Cap, des centaines de Zimbabwéens s’étaient récemment rassemblés devant leur consulat pour demander à être rapatriés, ne se sentant plus en sécurité. Ils sont restés plusieurs jours dans le froid de l’hiver austral. Les opérations pour les ramener dans leur pays ont finalement débuté.
    La même situation s’est présentée du côté de Durban, à une plus grande échelle, avec environ 10 000 Malawiens qui ont quitté leurs habitations et campaient dans un espace communautaire surpeuplé de la ville. Cinq mille personnes ont déjà été rapatriées, selon les autorités et un deuxième site a été aménagé afin de mieux accueillir ceux en attente. De nouveaux ressortissants en provenance de la région ont afflué, alors qu’une manifestation a dégénéré le 19 juin dans la ville de Pietermaritzburg, dans l’est du pays, et qu’un Malawien de 29 ans est décédé.À la mi-juin, plus de 2 700 étrangers avaient déjà été volontairement renvoyés dans leur pays d’origine, suite aux annonces du président Cyril Ramaphosa promettant notamment de renforcer les contrôles contre l’emploi de personnes en situation irrégulière.
    L’Afrique du Sud est en proie depuis plusieurs mois à des manifestations dans tout le pays réclamant le départ des immigrés clandestins, certaines fixant la date du 30 juin comme une forme d’ultimatum, en dehors de toute légalité. Plus de trois millions d’étrangers vivent en Afrique du Sud, soit 5,1% de la population, selon l’agence nationale de statistiques et le dernier recensement conduit en 2022.

    #Covid-19#migration#migrant#afriquedusud#nigeria#ghana#mozambique#zambie#racisme#retour#migrationirreguliere#rapatriement#sante

  • Comprendre la montée de l’afrophobie en Afrique du Sud et comment y faire face

    En Afrique du Sud, l’afrophobie est souvent présentée comme un problème opposant « les étranger·es aux locales/locaux », comme si elle découlait naturellement d’une hostilité culturelle ou d’une rivalité entre personnes démunies. Mais cette explication masque les réalités politiques et économiques plus profondes qui sont à l’origine de la violence anti-immigré·es et de la mobilisation xénophobe. La montée de l’afrophobie en Afrique du Sud ne peut être comprise en dehors du contexte marqué par de profondes inégalités, le chômage, la spoliation, la manipulation politique et les échecs de la transformation post-apartheid.

    Il ne s’agit pas simplement de préjugés. Il s’agit de la manière dont la colère sociale est détournée des systèmes d’exploitation pour se diriger vers des personnes vulnérables qui sont elles-mêmes victimes de ces mêmes systèmes.

    L’Afrique du Sud reste l’une des sociétés les plus inégalitaires au monde. Des décennies après la fin de l’apartheid, la propriété des terres et la richesse restent concentrées entre les mains d’une petite minorité. Environ 72% des terres arables appartiennent à une très petite partie de la société, majoritairement blanche. Dans un tel contexte, des millions de personnes luttent quotidiennement pour assurer leur subsistance, se loger, accéder aux soins de santé et trouver un emploi. Pourtant, au lieu de s’attaquer à ces inégalités structurelles, les élites politiques et certains secteurs du capital canalisent souvent la frustration du public vers les migrant·es et les réfugié·es.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/21/comprendre-la-montee-de-lafrophobie-en-afrique

    #afriquedusud

  • Les effets du chômage

    Le chômage en Afrique du Sud a atteint des proportions critiques. Avec un taux de 43,7% (y compris les « demandeurs:demandeuses d’emploi découragé·es », qui sont clairement aussi des chômeurs/chômeuses), personne ne peut nier que nous sommes assis sur une bombe à retardement. L’ignorer revient à transformer une plaie purulente en un membre qui devra bientôt être amputé.

    En 1982, Marie Jahoda, une sociologue britannique, a développé le modèle de privation latente de Jahoda pour expliquer comment le chômage affecte les individu·es au-delà de la simple insécurité financière. Elle a décrit le chômage comme un facteur majeur de maladie mentale, provoquant anxiété, stress, sentiment d’inutilité, dépression, honte, culpabilité et apathie. L’emploi, disait-elle, répond à cinq besoins essentiels : une structure temporelle, des contacts sociaux, des objectifs communs/un effort collectif, un statut/une identité et une activité régulière.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/13/les-effets-du-chomage

    #afriquedusud

  • Déclaration d’indignation face à l’instrumentalisation de la xénophobie et au traitement brutal et illégal des migrant·es, notamment des réfugié·es et des demandeurs/demandeuses d’asile

    Nous, organisations et personnes soussignées, exprimons notre profonde indignation et condamnons fermement l’attitude répressive dont ont récemment fait preuve les autorités dans leur gestion de la situation critique et de la sécurité des migrant·es, notamment des réfugié·es et des demandeurs/demandeuses d’asile, ainsi que la montée d’un discours anti-migrant·es qui alimente le vigilantisme [exercer la loi ou un code moral particulier de manière violente, secrète et en dehors de toute procédure judiciaire légale – NdT] en Afrique du Sud.

    Les scènes montrant les forces de l’ordre, dans certains cas embarquant de force des réfugié·es et des demandeurs/demandeuses d’asile dans des bus sous prétexte de « procédures de vérification », constituent une violation flagrante des droits humains et un affront à l’État de droit. Ce ne sont pas des criminel·les. Ce sont des êtres humains — des réfugié·es et des demandeurs/demandeuses d’asile — qui ont cherché la protection des services de police sud-africains dans la province du KwaZulu-Natal, après avoir été déplacé·es illégalement et violemment pris pour cible par des groupes d’autodéfense et des groupes anti-migrant·es. Au lieu de bénéficier d’une protection, d’un traitement digne et d’une assistance conforme à la loi, elles et ils ont été soumis à l’humiliation publique, à l’intimidation, à la force et au déni de leurs droits constitutionnels les plus fondamentaux.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/12/declaration-dindignation-face-a-linstrumentali

    #afriquedusud

  • Jacinta Ngobese-Zuma, figure de proue des manifestations xénophobes en Afrique du Sud
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/05/jacinta-ngobese-zuma-figure-de-proue-des-manifestations-xenophobes-en-afriqu

    Jacinta Ngobese-Zuma, figure de proue des manifestations xénophobes en Afrique du Sud
    La militante, ancienne animatrice de radio locale, est devenue l’une des chefs de file du mouvement à l’origine des violentes manifestations organisées à travers le pays, depuis mi-mars, pour réclamer l’expulsion des étrangers en situation irrégulière.
    Par Claire Bargelès (Johannesburg, correspondance)
    Début 2025, peu de Sud-Africains connaissaient son nom. La notoriété de Jacinta Ngobese-Zuma se limitait alors à la province du Kwazulu-Natal, sur la côte est du pays, où elle animait chaque matin, sur Vuma FM, une émission en langue zouloue mêlant musique, conseils de vie et interventions d’auditeurs. Son audience a considérablement gonflé depuis. A coups de slogans et de saillies xénophobes, la militante est devenue l’une des chefs de file du mouvement à l’origine des violentes manifestations organisées à travers l’Afrique du Sud, depuis mi-mars, pour réclamer l’expulsion des étrangers en situation irrégulière.
    Les rassemblements, d’abord concentrés dans le Kwazulu-Natal, ont, au fil des mois, gagné la ville d’East London, puis les banlieues de Johannesburg, de Bloemfontein, ou encore les environs du Cap. Cette vague de colère a fait au moins deux morts, des ressortissants mozambicains tués, le 30 mai, dans des attaques xénophobes, selon la police sud-africaine. Le gouvernement de Maputo évoque, pour sa part, sept victimes. A l’image du Ghana, le Mozambique a déjà commencé le rapatriement de ses ressortissants qui le souhaitent. Le Nigeria et le Malawi entendent faire de même sous peu.
    Pour Jacinta Ngobese-Zuma, tout bascule en mars 2025. Elle passe de la rédaction de commentaires et de publications sur les réseaux sociaux à l’organisation de manifestations dans le centre-ville de Durban, la plus grande ville de sa région. Le mouvement March and March, qu’elle a contribué à fonder, prend forme. A partir de juillet 2025, de concert avec d’autres associations, elle lance des opérations de contrôle à l’entrée de certaines cliniques pour refouler les patients étrangers, puis des rassemblements devant une école.
    Ces activités valent à l’animatrice radio d’être écartée de Vuma FM, ce qui lui laisse le champ libre pour se consacrer à sa croisade contre les étrangers sans papiers en Afrique du Sud. Des hommes et des femmes responsables, selon elle, de bien des maux : le taux de chômage à plus de 32 %, les trafics de drogue qui explosent, les violences faites aux femmes ou les intoxications alimentaires d’enfants dans les petits magasins des townships.Sur sa page Facebook, qui compte plus de 870 000 abonnés, la militante, souvent coiffée d’un bandeau et portant d’élégantes lunettes, poste plusieurs fois par jour des vidéos de crimes attribués à des étrangers et dénonce l’inaction des autorités face à ce qu’elle considère comme une « invasion du pays ». Une rhétorique loin de l’esprit panafricain défendu par Nelson Mandela en 1994, mais qui trouve un écho auprès d’une jeunesse déçue par trente années de promesses non tenues du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir.
    Contactée par Le Monde, Jacinta Ngobese-Zuma n’a pas donné suite. Elle s’est longuement exprimée sur son engagement, le 25 mai, lors d’une conférence de presse à Durban. Elle y a rejeté toute accusation de xénophobie ou d’afrophobie, bien que ses diatribes visent très souvent les migrants des pays du continent, comme les Nigérians, les Ethiopiens ou les Somaliens. Les Pakistanais, qui sont nombreux à tenir des échoppes en ville, sont également ciblés.March and March est, selon les mots de sa fondatrice, un « mouvement progressiste et patriotique » qui organise des « manifestations contre l’immigration illégale ». La militante réclame des expulsions de masse et des contrôles plus musclés aux frontières et à l’intérieur du pays, qui compte, selon l’agence nationale des statistiques, environ 3 millions d’étrangers, soit un peu plus de 5 % de la population. La plupart sont originaires d’autres Etats de l’Afrique australe.
    Le pays est coutumier des poussées de fièvre xénophobe et a déjà connu des vagues de violence à l’égard des étrangers, particulièrement en 2008, 2015 et 2019. Soutenu par une communauté très active en ligne sur les questions d’immigration, March and March occupe l’espace libéré par « Operation Dudula » (« pousser dehors », en zoulou), un groupe qui portait des revendications similaires depuis 2021, mais dont l’influence et la structure se sont peu à peu érodées.
    Ces appels à se mobiliser contre les étrangers ne sont pas sans risques pour leurs auteurs, dans un pays où les lois condamnent l’incitation à la violence. Jacinta Ngobese-Zuma – qui a le même patronyme que l’ancien président sud-africain Jacob Zuma (2009-2018), mais n’a pas de lien de parenté connu avec lui – avait elle-même dû se présenter volontairement à la police à la suite d’accusations de violences en janvier, lors d’un rassemblement devant une école primaire de Durban pour réclamer que les élèves sud-africains soient prioritaires dans les admissions. Une affaire toujours en attente de jugement. March and March et les autres associations à la tête des manifestations ont lancé un ultimatum au gouvernement : elles réclament que des actions décisives soient prises à l’encontre des immigrés en situation illégale avant le 30 juin. « Si nos revendications ne sont pas satisfaites, nous verrons bien… », a lâché Jacinta Ngobese-Zuma avec un petit rire, lors de sa conférence de presse du 25 mai. Le lendemain, le secrétaire général de l’ANC, Fikile Mbalula, lui avait répondu : « Vous ne pouvez pas apparaître à la télévision nationale et menacer les gens de violences. » Tout en concédant que « l’immigration illégale reste un défi » pour le pays.
    Alors que l’Afrique du Sud s’achemine vers des élections municipales le 4 novembre, la cheffe de file du mouvement anti-sans-papiers a appelé ses abonnés à s’inscrire sur les listes afin d’aller voter. Si des formations populistes telles que ActionSA, l’Alliance patriotique, l’Inkatha Freedom Party ou le Umkhonto we Sizwe (MK) de Jacob Zuma ont participé aux manifestations contre l’immigration illégale, Jacinta Ngobese-Zuma affirme, elle, n’être affiliée à aucun parti

    #Covid-19#migration#migrant#afriquedusud#xenophobie#immigration#droit#sante#migrationirreguliere

  • Le Nigeria annonce rapatrier plus de 1 000 ressortissants face aux violences xénophobes en Afrique du Sud
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/05/le-nigeria-annonce-rapatrier-plus-de-1-000-ressortissants-face-aux-violences

    Le Nigeria annonce rapatrier plus de 1 000 ressortissants face aux violences xénophobes en Afrique du Sud
    Des manifestations anti-immigrés, organisées depuis des mois dans plusieurs localités sud-africaines, ont poussé le gouvernement nigerian à proposer le rapatriement à ses ressortissants souhaitant rentrer volontairement.
    Le Monde avec AFP
    Le Nigeria a entamé une opération de recensement et de sélection de ses ressortissants souhaitant rentrer volontairement d’Afrique du Sud, dans un contexte de tensions croissantes visant les immigrés, a annoncé vendredi 5 juin le porte-parole du ministère des affaires étrangères nigérian.« Le recensement a débuté hier », a déclaré à l’Agence France-Presse Kimiebi Ebienfa, porte-parole du ministère. « Le nombre total de personnes concernées ne sera connu qu’à l’issue de cette opération, prévue [samedi] soir, précise-t-il. Nous nous attendons à accueillir plus de 1 000 personnes. »
    Dans une note d’information datée de mardi et adressée à la communauté nigériane en Afrique du Sud, la Haute Commission du Nigeria à Pretoria a affirmé que « les dates de départ des ressortissants ayant passé avec succès la procédure de sélection seront communiquées après ladite procédure ». Celle-ci dit avoir négocié avec les autorités sud-africaines « des dérogations pour toutes les infractions liées à l’immigration » afin que « les personnes se présentant au contrôle ne seront ni arrêtées ni placées en détention pendant toute la durée du contrôle, jusqu’à leur départ ».
    Cette initiative intervient alors que l’Afrique du Sud a été le théâtre de manifestations anti-immigrés, accompagnées d’allégations d’agressions et d’actes d’intimidation visant des ressortissants africains, au cours des dernières semaines. Le pays est depuis longtemps une destination pour les travailleurs d’autres pays africains, malgré un chômage local très élevé et la pauvreté qui touche la population.A la fin du mois de mai, le Ghana avait affrété un premier vol de rapatriement pour environ 300 de ses citoyens évacués d’Afrique du Sud en raison des tensions. L’Afrique du Sud compte environ trois millions d’immigrés en situation régulière (5,1 % de la population), selon les statistiques officielles. Près des deux tiers de ces migrants proviennent d’Afrique australe, notamment du Zimbabwe et du Malawi, ainsi que de la République démocratique du Congo. Certains viennent aussi d’Afrique de l’Ouest

    #Covid-19#migration#migrant#ghana#afriquedusud#nigeria#politiquemigratoire#xenophobie#rapatriement#sante

  • Les tensions xénophobes poussent des centaines de Ghanéens à quitter l’Afrique du Sud
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/30/les-tensions-xenophobes-poussent-des-centaines-de-ghaneens-a-quitter-l-afriq

    Les tensions xénophobes poussent des centaines de Ghanéens à quitter l’Afrique du Sud
    Par Claire Bargelès (Johannesburg, correspondance)
    Dans une rue du quartier des ambassades de Pretoria, des piles de valises et de bagages se sont formées devant le grand portail noir de la représentation diplomatique du Ghana, mardi 26 mai. A l’intérieur, le haut-commissaire – l’équivalent, dans les pays du Commonwealth, d’un ambassadeur – fait des allées et venues, supervisant le dispositif d’enregistrement des quelque 800 ressortissants de son pays souhaitant quitter l’Afrique du Sud.
    Un premier vol de rapatriement affrété par le gouvernement, avec près de 300 personnes à son bord, a déjà décollé mercredi ; un autre devrait suivre dimanche. « Il y a des gens du Cap-Oriental, du Cap-Nord, du Cap-Occidental qui sont venus de loin pour s’enregistrer et pouvoir partir », décrit Benjamin Quashie, qui a pris ses fonctions de haut-commissaire en octobre 2025. Environ 16 000 Ghanéens vivent en Afrique du Sud, selon le haut-commissariat. Sur le parking, Mustapha (il n’a pas voulu donner son nom) regarde le ballet des entrées et sorties d’un œil triste. « Moi, je n’ai pas peur, mais j’ai mon garçon de 3 ans. Sa vie est si importante pour moi. Et puis ma femme, aussi », explique le Ghanéen de 36 ans, qui s’est inscrit pour l’un des vols. « C’est mon devoir de les protéger », ajoute-t-il.
    Depuis mi-mars, des manifestations anti-immigration illégale, de plus ou moins grande ampleur, ont lieu dans différentes localités du pays, dont Johannesburg, Durban, East London et Bloemfontein. Les mouvements impliqués, dont March and March, le groupuscule extrémiste à l’origine des rassemblements, ont posé un ultimatum : tous ceux qui sont sans papiers doivent avoir quitté le pays à la date du 30 juin.
    Le gouvernement sud-africain tout comme les ressortissants étrangers craignent que ces organisations ne tentent, après cette date, de plonger le pays dans le chaos. « Il y a des Ghanéens cloîtrés chez eux, qui ne peuvent plus travailler depuis trois semaines, d’autres qui ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école », décrit Benjamin Quashie. Arrivé en Afrique du Sud en 2013, Mustapha a déjà été témoin de nombreuses vagues de violences à l’égard des étrangers d’autres pays africains ou asiatiques. « Donc, quand ils disent qu’ils vont passer à l’action, je les crois. »
    Aucune mort n’a officiellement été enregistrée jusqu’à présent, mais le souvenir des quelque 60 personnes tuées, en 2008, lors de violences xénophobes similaires, est dans tous les esprits. En 2021, les plus de 350 morts dans des émeutes liées à l’incarcération de l’ancien président Jacob Zuma (2009-2018) ont aussi révélé à quel point le pays peut rapidement s’enflammer. D’autres représentations diplomatiques, telles que le Malawi, le Lesotho ou encore le Kenya, ont appelé leurs ressortissants à la prudence. Le Nigeria envisage, lui aussi, d’organiser un vol de rapatriement. Le Ghana est passé à l’action à la suite de la circulation, à la fin avril, d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un homme ghanéen accosté par des Sud-Africains qui lui demandent ses papiers et lui ordonnent de rentrer dans son pays.
    « C’est vrai que beaucoup de choses ne sont pas comme ils le voudraient [dans le pays], mais leur approche pour régler ces problèmes est la mauvaise », poursuit le haut-commissaire ghanéen. Avec un taux de chômage à 32,7 % et une économie qui peine à progresser, la colère d’une partie de la population se cristallise souvent sur les étrangers des pays moins développés, accusés d’accepter des emplois à des conditions défavorables par rapport à la main-d’œuvre locale.« Et, bien souvent, on observe une recrudescence des violences et des actions xénophobes à l’approche des élections », précise Dale McKinley, le porte-parole de Kopanang Africa Against Xenophobia, une coalition qui lutte contre la xénophobie. Alors qu’un scrutin municipal est prévu le 4 novembre, « des partis – en particulier ceux qui placent la xénophobie et les politiques antimigrants au cœur de leur programme, comme le Umkhonto we Sizwe, ActionSA ou Alliance patriotique – exploitent ces violences. Et aujourd’hui, cela a même commencé à gagner certains autres partis », explique le militant des droits humains.
    Le rapatriement est aussi, pour le gouvernement ghanéen, l’occasion de déployer toute une opération de communication autour des politiques de John Dramani Mahama, à la tête du pays depuis janvier 2025. Le chef de sa diplomatie, Samuel Okudzeto Ablakwa, a accueilli les bras ouverts ces premiers rapatriés, mercredi, montant dans l’avion à son arrivée à Accra pour porter des enfants, puis déclarant : « Aujourd’hui, l’administration Mahama a démontré que, où que vous vous trouviez, vous êtes protégés, votre dignité est respectée. »
    Le pays a aussi appelé l’Union africaine à inscrire le sujet au menu de sa prochaine réunion, prévue en juin en Egypte. « Nous avons besoin de retenue, de discussions apaisées », a pour sa part plaidé le ministre des affaires étrangères sud-africain, Ronald Lamola, mettant en garde contre de fausses informations diffusées en ligne.
    Pretoria et Accra ne s’entendent pas sur les chiffres de rapatriés sans papiers : alors que le haut-commissaire ghanéen affirme que, sur le premier vol, « près de la moitié » des passagers « [étaient] ici de façon légale », l’Autorité de gestion des frontières sud-africaine parle, elle, de « 90 % d’entre eux » présents illégalement dans le pays. Une différence qui peut être due à la définition de ce qu’est une situation irrégulière, car les dysfonctionnements des services de l’immigration font que des renouvellements de titres de séjour restent parfois en attente pendant des années. Ces personnes « deviennent alors, en quelque sorte, illégales aux yeux de la loi, parce qu’elles n’ont pas les documents nécessaires. Mais ce n’est pas leur faute : c’est le système qui ne fonctionne pas », souligne Dale McKinley. Mustapha ne sait pas ce qui l’attend sur sa terre natale, quel emploi il pourra trouver pour nourrir sa famille. Mais il n’aura plus à se cacher, de peur qu’un Sud-Africain ne reconnaisse ses origines. « Ici, quand je travaille comme chauffeur, j’évite de mettre des habits traditionnels, car parfois ils peuvent nous identifier grâce à ce qu’on porte. » Le gouvernement ghanéen a promis une aide financière pour les personnes rapatriées, ainsi qu’un programme de soutien afin de se réintégrer au sein de la société.

    #Covid-19#migration#migrant#afriquedusud#ghana#rapatriement#xenophobie#migrationirreguliere#sante

  • En Afrique du Sud, des centaines de Ghanéens fuient le pays face aux tensions xénophobes
    https://www.dakaractu.com/En-Afrique-du-Sud-des-centaines-de-Ghaneens-fuient-le-pays-face-aux-tensi

    En Afrique du Sud, des centaines de Ghanéens fuient le pays face aux tensions xénophobes
    Près de 300 Ghanéens ont quitté le sol sud-africain mercredi 27 mai tôt dans la matinée, dans un vol de rapatriement organisé par Accra. Il s’agit du premier vol de ce type, depuis la recrudescence de tensions xénophobes, ces derniers mois, et la multiplication des manifestations, parfois violentes. Sur le trottoir, Comfort veille sur une pile de bagages. Elle tenait un salon de coiffure dans une petite ville sud-africaine, mais désormais, elle attend d’être transférée à l’aéroport avec sa famille « Je veux rentrer au Ghana », confie-t-elle, « j’ai peur, l’Afrique du Sud c’est trop pour moi, je veux rentrer à la maison. » Ces dernières semaines, une vague xénophobe et une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, montrant un Ghanéen être pris à partie dans la rue par des militants, ont décidé certains ressortissants du pays d’Afrique de l’Ouest à plier bagage et à accepter l’offre faite par leur gouvernement de les ramener chez eux. C’est pourquoi la cour de l’ambassade a été transformée en centre d’enregistrement. Plus de 800 demandes de rapatriement ont déjà été déposées, alors qu’environ 16 000 Ghanéens vivent en Afrique du Sud.
    « Il y a des Ghanéens cloîtrés chez eux, qui ne peuvent plus travailler depuis trois semaines, d’autres qui ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école », s’alarme un homme prénommé Ben. Benjamin Quashie, le Haut-commissaire sur place - titre donné aux ambassadeurs pour les pays du Commonwealth – précise que sur les « 300 premiers ressortissants enregistrés, près de la moitié sont ici de façon légale. Et sur le reste, environ 60% ont envoyé leurs documents aux autorités pour des renouvellements, mais sans réponse ». S’il reconnait des défaillances institutionnelles, « l’approche adoptée pour les résoudre n’est pas la bonne », gronde-t-il. Mustapha, 36 ans, s’était établi comme chauffeur à Pretoria. Père d’un enfant de trois ans, il considère que son devoir est de « protéger sa famille ». « Depuis que je suis arrivé, en 2013, j’ai bien vu que des attaques xénophobes se déroulaient régulièrement. Donc quand ils disent qu’ils vont passer à l’action, je les crois », observe le trentenaire. Beaucoup redoutent l’ultimatum du 30 juin posé par les organisations qui manifestent contre l’immigration illégale, et les violences qui pourraient se produire ensuite. Le chef de la diplomatie sud-africaine met toutefois en garde contre les fausses informations et les attaques visant son pays, rappelant que, pour l’instant, aucun Ghanéen n’a été tué lors des récentes manifestations. De son côté, le secrétaire général de l’ANC a évoqué mardi 26 mai l’idée d’établir des quotas migratoires et a mis en garde les entreprises qui emploient des étrangers en situation irrégulière.

    #Covid-19#migration#migrant#afriquedusud#ghana#immigration#xenophobie#economie#sante#rapatriement#migrationirreguliere

  • « La peur ne nous quitte plus » : le calvaire des Sénégalais... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/la-peur-ne-nous-quitte-plus-le-calvaire-des-senegalais-en-afrique-du-sud_n_

    « La peur ne nous quitte plus » : le calvaire des Sénégalais en Afrique du Sud
    Auteur : Senewebnews-RP
    L’Afrique du Sud, en particulier la province du KwaZulu-Natal, est confrontée à une vague de violences xénophobes qui plonge les ressortissants étrangers, dont la communauté sénégalaise - estimée entre 5 000 et 10 000 personnes -, dans un climat de peur.
    À Durban, le commerçant Talla Ndiaye, installé depuis 15 ans, affirme dans les colonnes de L’Observateur de ce samedi 2 mai : « La situation est devenue extrêmement difficile. Il est désormais impossible de vivre en paix. Les Zoulous s’en prennent aux étrangers avec des piquets, des machettes et d’autres objets tranchants. Être identifié comme étranger suffit pour être en danger. » Il explique avoir dû fermer sa boutique depuis une dizaine de jours : « Ouvrir, c’est s’exposer à être attaqué ou à voir son commerce détruit. » Dans l’Eastern Cape, Ousseynou Sy, présent en Afrique du Sud depuis 20 ans, décrit une insécurité généralisée : « Que l’on soit Sénégalais, Malien ou d’un autre pays, nous sommes tous perçus comme des étrangers. Sortir travailler est devenu un risque quotidien. » Pour Momar Talla Fall, ancien diplomate interrogé par la même source, cette situation s’inscrit dans un phénomène récurrent : « Tous les cinq ans environ, le pays connaît des vagues de violences contre les étrangers. » Il estime que les migrants servent de boucs émissaires aux frustrations économiques locales : « Certains Sud-Africains accusent les étrangers de monopoliser les opportunités économiques, même si cela ne reflète pas la réalité. »
    Face à cette crise, les Sénégalais sur place s’organisent via des groupes WhatsApp pour partager les alertes et se protéger. « Ces réseaux nous permettent de nous informer en temps réel et de rester solidaires », souligne un autre interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias. Si aucune attaque directe contre des Sénégalais n’est confirmée, tous évoquent un stress constant et une forte inquiétude. Les expatriés appellent les autorités sud-africaines à intervenir pour mettre fin à ces violences et rétablir la sécurité

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#afriquedusud#xenophobie#etranger#violence#sante

  • Revue à gauche (Afrique du Sud) – Amandla fête son centième numéro : faire face à la menace d’une résurgence de la droite

    Atteindre le 100e numéro n’est pas une mince affaire dans le paysage médiatique fracturé et financièrement ravagé d’aujourd’hui. Pour un magazine ancré dans l’analyse critique, la construction de mouvements et le travail difficile d’imaginer des alternatives, c’est encore plus remarquable.

    Amandla ! a été fondé en 2007, à un moment de profonde turbulence tant en Afrique du Sud qu’à l’échelle mondiale. Au niveau national, la centralisation du pouvoir autour de la présidence de Thabo Mbeki avait donné naissance à une élite dirigeante technocratique et isolée, présidant à un accroissement des inégalités et à l’enracinement du néolibéralisme. L’Alliance ANC était secouée par le scandale des ventes d’armes, tandis que Jacob Zuma se positionnait habilement comme le champion de la gauche. Ce positionnement masquait des tendances profondes au fractionnisme et à l’opportunisme politique, plutôt qu’une rupture idéologique significative avec le cœur néolibéral de l’État.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/13/revue-a-gauche-afrique-du-sud-amandla-fete-son

    #afriquedusud

  • Passivité et résistance

    À la veille du sommet du G20 à Johannesburg, l’organisation sud-africaine à but non lucratif Women for Change a appelé à une grève nationale dans le cadre d’une pétition exhortant le gouvernement sud-africain à déclarer la violence sexiste et le féminicide « catastrophe nationale ». Les femmes et les membres de la communauté LGBTQI+ ont été encouragées à s’abstenir de tout travail rémunéré ou non rémunéré, soulignant ainsi le poids social de leur retrait collectif d’un pays dont l’économie dépend précisément des personnes qu’il ne parvient pas à protéger.

    Au cours de la journée, certaines ont rejoint des manifestations dans 15 lieux clés à travers le pays, tandis que d’autres sont restées chez elles, faisant de leur absence une condamnation de la façon dont cette crise a déjà privé les femmes de leur sécurité, de leur souveraineté et de leur pleine participation à la société. Vêtues de noir en signe de solidarité avec les victimes et les survivantes, les femmes se sont allongées pendant 15 minutes à midi, en hommage poignant et vivant aux 15 femmes assassinées chaque jour.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/05/passivite-et-resistance

    #feminisme #afriquedusud