• Le Niger voit l’arrivée d’une nouvelle vague de plus de 600 migrants refoulés d’Algérie
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/09/21/le-niger-voit-l-arrivee-d-une-nouvelle-vague-de-plus-de-600-migrants-refoule

    Le Niger voit l’arrivée d’une nouvelle vague de plus de 600 migrants refoulés d’Algérie
    Le 6 septembre, déjà, 847 personnes originaires d’Afrique subsaharienne étaient arrivées à Agadez en provenance du pays voisin.
    Plus de 600 migrants, originaires d’une dizaine de pays africains, sont arrivés dans le nord du Niger après avoir été refoulés d’Algérie, a appris l’AFP, mardi 20 septembre, auprès des autorités locales. Six cent soixante-neuf personnes – dont quatorze femmes et cinq mineurs – sont arrivées « à pied » le 17 septembre à Assamaka, ville nigérienne la plus proche de la frontière, après avoir été refoulées d’Algérie, ont indiqué à l’AFP les autorités locales. Parmi elles, 286 Maliens, 166 Guinéens, 37 Burkinabés, 27 Sénégalais, 25 Béninois, 22 Ivoiriens, 21 Gambiens, 21 Soudanais, 19 Nigérians, 14 Camerounais et 14 Sierra-Léonais, mais aussi deux Nigériens et des ressortissants du Tchad, de Mauritanie, de Guinée-Bissau, du Liberia et du Togo.
    L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a « confirmé » à l’AFP « l’arrivée de la vague de migrants » d’Algérie, sans toutefois avancer de nombre. « Nous sommes disposés à leur apporter une assistance. Les migrants qui souhaitent intégrer notre programme d’aide au retour volontaire peuvent être admis au niveau de notre centre de transit d’Assamaka », a assuré l’OIM. Le 6 septembre, 847 migrants, en majorité des Nigériens et parmi lesquels 40 femmes et 74 enfants non accompagnés, étaient arrivés à Agadez après avoir été refoulés d’Algérie, avait indiqué à l’AFP la municipalité de cette grande ville du nord du Niger. Début juillet, l’OIM avait annoncé avoir secouru 50 migrants ouest-africains, dont des femmes et des enfants, « bloqués » dans le nord désertique du Niger, près de la frontière avec la Libye. Considéré comme un eldorado et un point de transit vers l’Europe, l’Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers originaires d’Afrique subsaharienne, selon les Nations unies. Certains de ces migrants tentent de survivre en Algérie, souvent en mendiant, mais un grand nombre cherche surtout à gagner l’Europe. En juin, l’organisation Médecins sans frontières (MSF) avait dénoncé « les traitements inhumains » infligés à des migrants ouest-africains cherchant à gagner l’Europe, dont « environ 2 000 » sont « en moyenne mensuellement » refoulés d’Algérie et de Libye vers le Niger voisin. L’Algérie, qui n’a pas de législation en matière d’asile, a souvent démenti ces accusations, dénonçant une « campagne malveillante ».

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#niger#afriquesubsaharienne#refoulement#transit#agadez#migrationirreguliere#MSF#asile#violence#OIM#postcovid#libye#frontiere

  • Rafles, insultes, violences… Le traitement des étudiants subsahariens empire en Tunisie
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/02/22/rafles-insultes-violences-le-traitement-des-etudiants-subsahariens-empire-en

    Rafles, insultes, violences… Le traitement des étudiants subsahariens empire en Tunisie. Les associations d’étudiants et de travailleurs notent une augmentation des actes de racisme et des arrestations ciblées de personnes noires.
    Un cliché de face et de profil, comme dans les films américains. Ainsi s’est terminée l’étrange interpellation de Modeste Meto, arrêté en plein jour à Tunis le 1er février. Venu étudier l’informatique de gestion pour compléter sa formation, le Béninois de 25 ans a eu l’impression d’être traité « comme un grand criminel ». Jusque-là, il avait surtout fait l’expérience du racisme ordinaire, de ces « Dégage ! » lancés par des inconnus et du mépris des passagers qui refusent de s’asseoir à côté de lui dans le bus. Mais jamais encore on ne l’avait raflé.
    Le jeune homme était au téléphone dans une rue du quartier de L’Ariana à Tunis, quand un agent l’a interpellé pour lui demander ses papiers, avant de lui intimer l’ordre de rejoindre d’autres Subsahariens entassés dans un fourgon de police. Au poste, vingt-cinq autres Noirs attendent déjà. « Tous ceux à qui j’ai parlé étaient des étudiants, en règle », précise le Béninois. Après un prélèvement salivaire et la prise de ses empreintes digitales, un agent le photographie avec une pancarte où figurent son nom écrit en arabe et sa date de naissance. Il doit ensuite signer un document entièrement rédigé en arabe pour récupérer son passeport.Mais pourquoi Modeste Meto a-t-il été arrêté ? Sollicitées par l’Association des stagiaires et étudiants africains en Tunisie (AESAT), les autorités se bornent à évoquer « un fichage ». Pourtant, d’après Christian Brice Kwongang, le président de l’AESAT, de nombreuses rafles de ce genre ont eu lieu en février. « Les étudiants sont interpellés parfois devant leurs universités, dans des cafés. Ça dure depuis la mi-décembre 2021, mais le phénomène s’est accéléré. Beaucoup d’étudiants n’osent plus sortir de chez eux », dit-il, ajoutant que des cas similaires ont également été enregistrés dans les villes côtières de Mahdia, Sousse et Monastir.
    Des ONG comme l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM) ont dénoncé ces « arrestations arbitraires » qui concerneraient près de 300 jeunes Subsahariens. Selon la directrice pays de Terre d’asile en Tunisie, Sherifa Riahi, les autorités se justifient officieusement en évoquant « un recensement », car le nombre de Subsahariens présents sur le territoire ne correspond pas aux chiffres de la police des frontières. « Si cette version est vraie, c’est une façon de faire très bizarre. Nous sommes dans une violation des droits et une atteinte à la dignité humaine », commente la militante. Contacté par Le Monde, le ministère de l’intérieur n’a pas donné suite.
    Les arrestations inquiètent d’autant plus les associations que les étudiants et travailleurs originaires d’Afrique subsaharienne sont déjà la cible de nombreuses violences en Tunisie. Le 14 février, un Gabonais qui descendait d’un transport collectif a été violemment braqué et blessé au couteau par des Tunisiens qui en voulaient à son téléphone. Un fait tristement banal dans la capitale ainsi qu’à Sfax, centre économique et estudiantin du pays. « Cela fait des années que l’on parle de ce sujet. Les étudiants sont très vulnérables car ils ne peuvent pas avoir de comptes bancaires donc ils se déplacent souvent avec de l’argent liquide et deviennent des cibles faciles », déplore Paul Laurent Nyobe Lipot, entrepreneur et résident en Tunisie depuis huit ans.
    Aïcha, une étudiante burkinabée qui a préféré changer son prénom pour rester anonyme par peur de représailles, en a récemment fait les frais. Un Tunisien a suivi sa colocataire jusqu’à leur appartement. « Il a cassé la porte. Nous avons dû faire plusieurs commissariats avant de pouvoir porter plainte et l’un des policiers qui est intervenu m’a dit “Si vous ne vous sentez pas en sécurité ici, rentrez chez vous !” », se souvient la jeune femme, qui déconseille désormais à ses amis restés au pays de venir étudier en Tunisie.
    Le pays, qui comptait 12 000 étudiants Subsahariens en moyenne avant la pandémie, n’en dénombre plus que 7 000. Une baisse qui n’est pas seulement liée au Covid et à la fermeture temporaire des frontières. « On sent que, malgré l’attractivité des facultés et l’argent que l’on investit dans nos études sur place, nous ne sommes pas réellement acceptés par la société tunisienne, donc certains étudiants abandonnent l’idée de venir ici et préfèrent le Maroc », observe Paul Laurent Nyobe Lipot.L’entrepreneur installé à Sfax évoque de nombreux cas de refoulement d’étudiants subsahariens à l’aéroport de Tunis Carthage, sans explications de la part de la police des frontières. Un constat partagé par le chargé de communication du Forum tunisien des droits économiques et sociaux, Romdhane Ben Amor, qui souligne que « le renouvellement des titres de séjour des étudiants subsahariens est désormais presque mission impossible, même s’ils vivent légalement en Tunisie ».

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  • Plus de 700 migrants sont arrivés sur l’île italienne de Lampedusa
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/28/plus-de-600-migrants-arrivent-sur-l-ile-italienne-de-lampedusa_6096320_3210.

    Plus de 700 migrants sont arrivés sur l’île italienne de Lampedusa. Selon l’agence de presse italienne ANSA, ces réfugiés, qui viennent d’Egypte, du Tchad, du Maroc, de Syrie, du Bangladesh, du Soudan, du Nigeria, d’Ethiopie et du Sénégal, sont partis de Zouara, en Libye.
    C’est l’une des plus importantes arrivées de migrants en Italie depuis des années. Une embarcation d’une quinzaine de mètres de long sur laquelle 686 personnes s’étaient entassées a accosté dans la nuit de lundi à mardi 28 septembre sur l’île de Lampedusa, dans le sud de l’Italie, a annoncé le ministère de l’intérieur italien. Soixante-sept autres personnes à bord de quatre embarcations plus petites ont été secourues par la police, ont précisé les autorités italiennes. « Il s’agit du plus grand nombre de personnes arrivées sur un seul et même bateau en 2021, note le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies. De tels chiffres, pour une seule arrivée, n’avaient pas été enregistrés depuis le mois d’août 2016. » Selon l’agence de presse italienne ANSA, ces réfugiés, qui viennent d’Egypte, du Tchad, du Maroc, de Syrie, du Bangladesh, du Soudan, du Nigeria, d’Ethiopie et du Sénégal, sont partis de Zouara, en Libye. Le HCR de l’ONU a déclaré que nombre d’entre eux souffraient de la gale, une maladie de peau contagieuse. Ils seront transférés sur un autre navire pour être placés en quarantaine en raison de l’épidémie de Covid-19, a ajouté le ministère de l’intérieur. Lampedusa, l’une des principales destinations choisies par les migrants qui tentent d’entrer en Europe et l’Italie, a exhorté à plusieurs reprises les Etats membres de l’Union européenne à l’aider à faire face à cette situation. « La coopération judiciaire internationale est fondamentale pour contenir l’immigration irrégulière et endiguer la violence sans précédent et les violations tragiques des droits humains les plus fondamentaux des migrants », a déclaré aux médias locaux Luigi Patronaggio, chef du parquet d’Agrigente, en Sicile. Samedi, l’Espagne, l’Italie, Chypre, Malte et la Grèce se sont entendus, lors d’une réunion à Malaga, dans le sud de l’Espagne pour « réclamer à l’Union européenne que la politique migratoire commune soit fondée sur une répartition équitable des responsabilités entre Etats membres ». Depuis le début de l’année, environ 44 800 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes, venant essentiellement de Tunisie, du Bangladesh et d’Egypte, contre 23 517 au cours de la même période en 2020, selon les données du ministère de l’intérieur.Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les départs de migrants, les interceptions et les arrivées en Méditerranée centrale sont en augmentation cette année. Au moins 1 113 personnes sont mortes en Méditerranée au cours du premier semestre 2021 en tentant de gagner l’Europe, selon l’OIM, dont le rapport 2020 estimait à 17 000 le nombre de morts dus à ces traversées clandestines entre 2014 et 2018.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#lampedusa#UE#afriquesubsaharienne#politiquemigratoire#sante#droit#OIM#UNHCR

  • Plus de 1 200 migrants expulsés par l’Algérie vers le Niger
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/28/plus-de-1-200-migrants-expulses-par-l-algerie-vers-le-niger_6089768_3212.htm

    Plus de 1 200 migrants expulsés par l’Algérie vers le Niger. Selon l’Organisation internationale des migrations, Alger a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale. Plus de 1 200 migrants ouest-africains, parmi lesquels des Nigériens, ont été expulsés par l’Algérie vers le Niger depuis l’annonce de la réouverture de la frontière terrestre entre les deux pays le 14 juillet, a indiqué l’Organisation internationale des migrations (OIM).« Le 18 juillet, un convoi officiel de 515 rapatriés nigériens est arrivé d’Algérie. Le 16 juillet déjà, 752 migrants originaires d’Afrique de l’Ouest sont arrivés à pied à Assamaka, ville [nigérienne] la plus proche de la frontière algérienne », a précisé lundi 26 juillet sur sa page Facebook le bureau de l’OIM au Niger.
    « Après leur dangereux et éprouvant périple », les migrants « ont tous reçu des biens non alimentaires [kits d’hygiène, couvertures, nattes] grâce au financement du ministère de l’intérieur italien », selon le texte. L’Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale, selon les Nations unies. Certains de ces migrants tentent de subsister en Algérie, mais un grand nombre cherche surtout à gagner l’Europe. Des ONG algériennes et internationales ont souvent accusé les autorités algériennes d’arrêter arbitrairement et d’expulser collectivement des ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne, parfois en les abandonnant sans eau ni nourriture en plein désert. L’Algérie, qui ne dispose pas de législation en matière d’asile, dément régulièrement ces accusations, dénonçant une « campagne malveillante ». La réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Niger, fermée pendant seize mois en raison de la pandémie de Covid-19, pour faciliter les échanges bilatéraux a été annoncée le 14 juillet par le président algérien Abdelamadjid Tebboune lors d’une visite de son homologue nigérien Mohamed Bazoum.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#niger#afriquesubsaharienne#asile#politiquemigratoire#sante#frontiere#droit#expulsion

  • Covid-19 : réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Niger
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/14/covid-19-reouverture-de-la-frontiere-terrestre-entre-l-algerie-et-le-niger_6

    Covid-19 : réouverture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Niger
    Alger avait décrété la fermeture du pays le 17 mars 2020, trois semaines après la détection du premier cas de coronavirus.

    L’Algérie et le Niger ont décidé de rouvrir leur frontière terrestre, fermée depuis seize mois en raison de la pandémie de coronavirus, pour faciliter les échanges entre les deux pays, selon l’agence de presse officielle APS.
    Cette décision a été annoncée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune lors d’un point de presse conjoint avec son homologue nigérien Mohamed Bazoum, qui effectue une visite de travail en Algérie.
    L’Algérie avait décrété la fermeture des frontières le 17 mars 2020, trois semaines après la détection du premier cas de Covid-19 dans ce pays de quelque 44 millions d’habitants.Alger et Niamey sont convenus de « l’ouverture de la frontière pour l’exportation des produits algériens vers le Niger et l’importation des produits nigériens », a déclaré M. Tebboune. Les deux pays se sont également mis d’accord sur la nécessité d’une « politique claire » concernant les Nigériens travaillant en Algérie, a ajouté le chef de l’Etat. De son côté, M. Bazoum a déclaré avoir fait part de son vœu de voir la frontière avec l’Algérie « définitivement » rouverte pour, a-t-il dit, que le flux des échanges « tout à fait naturel entre nos deux pays se développe ».
    L’Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers, nigériens et originaires d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, selon les Nations unies. Les autorités algériennes sont régulièrement critiquées pour la façon dont elles traitent des migrants subsahariens, dont certains cherchent à gagner l’Europe.Le pays, qui ne dispose pas de législation en matière d’asile, fait face ces dernières années à un afflux de migrants originaires de pays de l’Afrique de l’Ouest, estimés à quelque 100 000 en Algérie par les ONG.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#niger#afriquesubsaharienne#sante#frontiere#circulation#travailleurmigrant#asile#economie

  • En Algérie, des familles invitent des étudiants subsahariens à rompre le jeûne et la solitude
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/05/05/en-algerie-des-familles-invitent-des-etudiants-subsahariens-a-rompre-le-jeun
    https://img.lemde.fr/2021/05/05/0/0/1023/511/1440/720/60/0/763360_80613841-img-20210504-wa0008.jpg

    En Algérie, des familles invitent des étudiants subsahariens à rompre le jeûne et la solitude. Une association a profité du mois de ramadan, propice au partage, pour couper l’isolement des jeunes étrangers empêchés de rentrer chez pour cause de Covid-19.Des étudiants subsahariens à Alger sont accueillis par une famille algérienne pour partager le repas de rupture du jeûne.Des étudiants subsahariens à Alger sont accueillis par une famille algérienne pour partager le repas de rupture du jeûne. DR
    Avec le ramadan, qui rythme le quotidien des Algériens depuis le 13 avril, Mamo a fait une expérience inédite. Cet étudiant malien de l’université des sciences et de la technologie de Bab Ezzouar, près d’Alger, a partagé un ftour, le repas de la rupture du jeûne, avec une famille algérienne. « Quand on m’a parlé de l’initiative, j’étais hésitant. Mais finalement c’était une expérience magnifique. Au-delà du repas, cela permet un échange de cultures et de points de vue », raconte l’homme de 22 ans, vêtu d’un pantalon à pince bleu et de chaussures cirées noires.
    Parmi les étudiants subsahariens résidant en Algérie, beaucoup passent l’intégralité de leur cursus universitaire sans retourner au pays. Si certains y étaient contraints par leur situation financière, presque tous sont désormais logés à la même enseigne à cause de la fermeture des frontières, depuis mars 2020, à cause de la pandémie de Covid-19. « On peut partir, mais au risque de ne pas revenir », précise Maria Gorbena, une Equato-Guinéenne de 26 ans qui étudie les télécoms à Bab Ezzouar et n’est pas retournée dans son pays natal depuis deux ans.
    Alors pour les couper de leur isolement, l’association Carrefour Cadenkoso a profité du mois de ramadan, propice au partage, pour appeler des familles algériennes à accueillir un ou plusieurs étudiants étrangers, tels Mamo ou Maria, le temps d’un ftour. « Le Covid a été une période difficile, il y a eu une rupture de contact et une rupture financière pour certains étudiants qui recevaient une aide de leur famille », explique Moussa Sissoko. Le doctorant malien en biologie des maladies infectieuses, installé en Algérie depuis presque dix ans, a créé Carrefour Cadenkoso en 2019 pour « regrouper les talents subsahariens et valoriser leur formation en Algérie ».
    Quand il a lancé l’initiative « Ftoor en famille », début avril, il ne s’attendait pas à un tel « enthousiasme » de la part des participants. Avec son équipe de bénévoles, il gère toute la logistique : de la visite aux familles d’accueil jusqu’à l’arrangement du transport. « En l’espace de six jours, six familles algéroises ont accueilli une vingtaine d’étudiants. Les discussions durent jusque très tard dans la soirée ! », s’exclame le trentenaire.
    « Chez les étudiants internationaux, il y a ce lien familial qui manque, alors j’ai enfilé mon bazin [tenue traditionnelle malienne], j’étais joyeux et stressé comme si j’allais voir ma propre famille », raconte Mamo, qui n’a pas vu ses proches depuis son arrivée en Algérie pour des études en réseaux informatiques, il y a quatre ans. « Je devais rentrer à la fin de ma licence, mais ça n’a pas été possible à cause du Covid-19 », explique-t-il.
    Lire aussi Comment le coronavirus a poussé des centaines de Subsahariens à quitter l’Algérie pour la Tunisie
    En 2020, le ministère algérien de l’enseignement supérieur estimait le nombre d’étudiants étrangers à un peu plus de 8 500. Mais selon Moussa Sissoko, leur nombre réel serait plus important. Car si certains étudiants, comme Mamo et Maria, bénéficient d’une bourse octroyée par leur pays pour étudier dans le cadre académique, d’autres viennent par leurs propres moyens pour suivre diverses formations. Ce brassage « est une opportunité immense, pour nous Africains, de faire des rencontres et d’apprendre sur les autres », précise Moussa Sissoko : « Il permet non seulement de créer un lien avec la population algérienne, mais aussi un pont entre les différentes populations africaines. »
    Depuis l’indépendance du pays, en 1962, les universités algériennes ont accueilli 60 000 étudiants étrangers en provenance de 62 pays, selon le ministère de l’enseignement supérieur. « Les étudiants subsahariens sont une véritable porte d’entrée vers les économies et les marchés de leur pays. Pour les entrepreneurs algériens, ils sont une source d’information sur les langues, les traditions et les modes de consommation de leur société », poursuit Moussa Sissoko, qui travaille actuellement sur la formation d’un réseau d’anciens étudiants africains en Algérie. « Il y a une nouvelle société qui se forme. Certains étudiants subsahariens restent en Algérie, ils se marient et travaillent ici. Les autres, une fois de retour dans leur pays, occupent souvent des fonctions importantes. Ce sont des personnes avec lesquelles l’Algérie doit maintenir le contact », répète le doctorant. Et de citer l’exemple de l’actuel ambassadeur malien en Algérie, diplômé de la section diplomatique de l’Ecole nationale d’administration d’Alger en 1982 – la même promotion que l’actuel ministre algérien des affaires étrangères, Sabri Boukadoum.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#afriquesubsaharienne#sante#religion#pandemie#retour#integration#economie

  • Crise politique, Covid, tarifs bas des passeurs... : les départs depuis la Tunisie ne cessent d’attirer de nouveaux clients - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/30810/crise-politique-covid-tarifs-bas-des-passeurs-les-departs-depuis-la-tu

    Alors qu’un nouveau drame a endeuillé les côtes tunisiennes mardi, avec la mort de 39 migrants en mer, des ONG pointent une augmentation des tentatives de départ depuis ce pays vers l’Europe. Cette hausse s’expliquerait notamment par des tarifs avantageux des passeurs en période hivernale et par la crise sanitaire privant des milliers d’Africains de travail.Trente-neuf migrants, dont quatre enfants, ont péri mardi 9 mars dans le naufrage de leurs embarcations au large de Sfax, dans l’est de la Tunisie. Si, depuis plusieurs années, la Tunisie fait office de point de départ privilégié pour les candidats à l’exil en Europe, cette énième tragédie vient rappeler que les traversées de migrants à bord de canots de fortune au départ de ce pays continuent d’augmenter. Depuis le début de l’année 2021, près de 95 interceptions ont eu lieu en mer, contre une cinquantaine l’année dernière sur la même période.Et ces passages ne se tarissent pas durant la période hivernale, alors que les conditions climatiques sont encore moins propices aux traversées, déplorent des ONG présentes en Tunisie.
    Explications avec Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, une association qui vient en aide, entre autres, aux migrants.
    InfoMigrants : Constatez-vous une augmentation des départs depuis la Tunisie ?
    Romdhane Ben Amor : Durant les mois de janvier/février 2021, les tentatives de traversées ont augmenté. Les autorités tunisiennes ont procédé à 94 interceptions, qui ont impliqué en tout 1 736 migrants.
    En comparaison, durant la même période l’année dernière, il y avait eu 47 interceptions, soit 887 migrants arrêtés. Nous avons donc le double de tentatives de passage cette année.
    Ces interceptions se font soit en mer, soit sur la terre, avant les départs, dans des maisons où se trouvent les migrants.En février 2021, 30 % de ces interceptions ont eu lieu avant le départ en mer, et 70 % ont eu lieu en mer. Ce chiffre aussi est en augmentation : en décembre 2020, environ 48 % des interceptions seulement avaient eu lieu en mer.
    IM : Quelle est la proportion de migrants étrangers et de Tunisiens dans ces départs ?
    RBA : Actuellement, on comptabilise 55 % de Subsahariens dans ces tentatives de traversée. Durant l’année 2020, la proportion des Subsahariens n’était que de 31 % en moyenne [Les Tunisiens constituaient la première nationalité à arriver clandestinement en Italie, ndlr].
    C’est un constat classique : en janvier/février, l’hiver donc, il y a toujours plus de Subsahariens [qui tentent de traverser la Méditerranée]. C’est le bon moment car les traversées sont moins chères étant donné les risques accrus (températures basses, mer agitée...).
    Les Tunisiens, eux, évitent en général cette période parce que les conditions climatiques ne sont pas bonnes.
    IM : D’où partent ces migrants ?

    RBA : En 2020, 27 % des départs sont partis des environs de la ville de Sfax, et 25 % de Mahdia [toutes deux situées sur la côte est du pays]. Ces deux régions totalisent donc la moitié des tentatives de départ.

    À Sfax, il y a une grosse communauté de migrants subsahariens et beaucoup de réseaux de passeurs très actifs. À Mahdia, il y a davantage de Tunisiens candidats au départ.
    IM : Comment expliquer cette augmentation des départs et tentatives de départ ?
    RBA : En Tunisie, les mois de janvier et de février 2021 ont été très perturbés politiquement et socialement. [Le pays a été agité par une crise politique et un mouvement de contestation sociale sur fond de marasme économique. De nombreuses manifestations ont eu lieu, notamment contre les violences policières, ndlr]. Il y a eu une vague de protestations partout. En réaction, l’Etat a concentré ses forces pour essayer de garder le calme, notamment dans les quartiers populaires. La lutte contre les réseaux de passeurs a donc été délaissée. Ils en ont profité.L’autre raison, c’est l’impact du Covid, surtout sur les communautés subsahariennes présentes en Tunisie. Ces migrants travaillent beaucoup dans le secteur informel [au noir, ndlr], sur les chantiers, dans les cafés, les restaurants… Avec la pandémie, ils ont perdu leur emploi. [Un couvre-feu est en place dans le pays, et les bars et restaurants sont autorisés à accueillir uniquement 30 % de leur capacité maximale dans les espaces fermés, ndlr.]Beaucoup de ces migrants subsahariens étaient jusque-là dans une situation assez stable. Leur projet migratoire existait mais ce n’était pas une priorité.Les Tunisiens qui se sont retrouvés au chômage ont pu recevoir des aides financières de l’Etat mais les Subsahariens, eux, n’ont pas de contrat, ils sont illégaux, ils sont donc privés de cette aide financière. Ils n’avaient pas d’autres solutions que de partir, d’autant qu’on ne sait pas quand cette crise prendra fin.Tout cela mène à des tragédies comme celle qu’on a vue mardi et on peut malheureusement s’attendre à d’autres drames de la sorte dans les prochains jours.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#afriquesubsaharienne#sante#economie#traversée#migrationirreguliere#projetmigratoire

  • Coronavirus : au Maroc, des dizaines de migrants sub-sahariens arrêtés et confinés de force - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/25682/coronavirus-au-maroc-des-dizaines-de-migrants-sub-sahariens-arretes-et

    « On est libres mais sous le choc », confie à InfoMigrants Mohamed*, un jeune Ivoirien qui travaille au Maroc depuis trois ans. « J’étais chez moi le jour où la police nous a emmenés. Je suis sorti car j’entendais des cris dehors. Mes voisins refusaient de se laisser embarquer. Lorsque les policiers m’ont vu, ils m’ont aussi demandé de les suivre pour faire le test du coronavirus. Je ne portais qu’un short sur moi. J’ai voulu aller chercher des vêtements et mon téléphone, ils m’ont dit que ce n’était pas la peine, qu’il y en avait juste pour 4 heures. » Mohamed était loin de se douter qu’il allait passer une semaine en enfer. Cinq heures après son arrivée à l’école de Laâyoune, une équipe médicale s’est présentée pour lui faire passer un premier dépistage. "On était plus de 50. Personne ne pouvait sortir tant qu’on n’avait pas les résultats. Trois jours plus tard, on a appris que 11 personnes étaient positives. Elles ont été mises à l’écart dans un hôtel où ils leur donnent des médicaments."Ayant été au contact des 11 malades, le reste du groupe a subi un second test vendredi, tout en étant maintenu dans des conditions de vie déplorables et sans aucune visibilité sur leur date de sortie. « On a été traités comme des animaux. Tout était très sale, on dormait par terre sur des petits matelas. Il n’y avait pas d’eau dans les toilettes. On nous donnait deux morceaux de pain par jour, du riz et parfois une sardine ou du lait concentré », raconte à InfoMigrants Amadou*, un Guinéen de 20 ans, lui aussi retenu dans l’école de Laâyoune. La police est venue le chercher sur son lieu de travail, un salon de coiffure afro où il exerce depuis un an. « Ils ne regardent même pas ceux qu’ils arrêtent, tout ce qui compte c’est qu’on ait la peau noire », lâche le jeune Guinéen, criant à la discrimination. Un sentiment que partage Cynthia Magallanes-Gonzales, une sociologue américaine, docteure en migrations de l’Université du Michigan, qui travaille au Maroc depuis quatre ans. « Ces personnes ont été clairement arrêtées à cause de leur couleur de peau puis placées dans des lieux qui s’apparentent à des centres de rétention puisqu’il y a une surveillance policière permanente et interdiction d’en sortir », commente-t-elle pour InfoMigrants, ajoutant que plusieurs migrants sur place lui avaient confié souffrir de fortes angoisses.

    #Covid-19#migrant#migration#maroc#sante#discrimination#santementale#depistage#afriquesubsaharienne