• « Après l’effondrement » : quand la SNCF demande conseil aux collapsologues

    Via son think tank, la SNCF a commandé à Yves Cochet, désormais
    fervent effondriste, un rapport à 50 000 euros. Une « expérience de
    pensée » qui laisse songeur.

    (…)

    « Louise est inquiète car elle doit livrer des poireaux au marché de
    la gare de Lyon et parce qu’une partie de ses légumes a gelé. Il se
    peut qu’en raison de la météo l’intermittence électrique s’applique et
    rende impossible aujourd’hui la circulation des trains biorégionaux
    vers Paris. La gare de Saint-Yon ayant été réhabilitée en 2032, elle
    peut désormais se rendre un jour sur deux à Paris dans la galerie
    maraîchère de la gare de Lyon. Elle peut aussi se rendre à Arpajon
    depuis Saint-Yon. Comme c’est une bonne marcheuse, elle fait parfois cinq kilomètres à pied sur la voie de l’ancien GR de loisirs devenu un axe de marche très fréquenté pour rallier Paris. Mais dans quel monde vit Louise  ? »

    COMMENT MARC@ : Noter que Cochet et Sinaï font totalement l’impasse sur la nouvelle inondation centennale qui dévastera à coup sur l’Ile-de-France dans les 20 à 30 années à venir, eu égard à
    l’impéritie de la puissance publique en la matière, et aggravent
    considérablement leur cas en prônant la construction de méthaniseurs à tous les coins de rue, autre désastre en cours à l’initiative de l’actuel gouvernement, dont le Canard Enchaîné dénonce cette semaine le caractère de bombe à retardement environnementale et sanitaire, financée par une effroyable gabegie d’argent public (8 MM d’euros prévus), dilapidés pour calmer la FNSEA, qui va perdre 1MM d’euros avec la réforme de la PAC…

    https://www.lepoint.fr/societe/apres-l-effondrement-quand-la-sncf-demande-conseil-aux-collapsologues-04-09-

  • Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle
    Yves Cochet, Pablo Servigne et Agnès Sinaï, Le Monde, le 22 juillet 2019
    https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/07/22/face-a-l-effondrement-il-faut-mettre-en-uvre-une-nouvelle-organisation-socia

    Aujourd’hui plus que jamais, il s’agit de rejeter les leurres de la croissance verte afin de revenir à une juste mesure en réduisant considérablement notre empreinte sur le monde. Ce qui veut dire mettre en œuvre immédiatement une nouvelle organisation sociale et culturelle, qui valorise la lenteur et enseigne les boucles de rétroactions, les liens de cause à effet, les mutualismes, la complexité. Dans la société permaculturelle, les réseaux ne sont plus invisibilisés, la frontière entre producteur et consommateur s’estompe dans un contexte de simplification progressive des mégasystèmes. Aussi bien par nécessité de résilience (dans la perspective d’un effondrement des sociétés industrielles) que par éthique des ressources, il s’agit de boucler les cycles, de passer d’une économie extractiviste de stocks à une économie renouvelable de flux. Le nouveau paysage permaculturel se veut directement comestible, au plus proche des habitants, qui eux-mêmes deviennent acteurs de ces nouveaux diagrammes alimentaires et énergétiques. Les paysages se déspécialisent, les fonctions se diversifient.

    Il en résulte une deuxième piste d’action, autour de nouvelles formes politiques territoriales ancrées dans le soin des paysages, œuvrant à la résilience des établissements humains face au nouveau régime climatique. Ces nouveaux territoires prennent le nom de « biorégions » et se substituent aux découpages administratifs actuels grâce à un changement général d’échelle et à une politique de décroissance. Les biorégions permettront, avant, pendant et peut-être après l’effondrement, d’organiser des systèmes économiques locaux territoriaux où les habitants, les manufactures et la Terre travailleront en coopération. La dynamique biorégionale stimulera le passage d’un système hyperefficient et centralisé à une organisation forgée par la diminution des besoins de mobilité, la coopération, le ralentissement, composée d’une multitude de dispositifs et de sources d’énergie. La civilisation automobile et l’agriculture intensive n’auront plus leur place dans cette nouvelle configuration. Les biorégions seront les territoires du ressaisissement.

    La troisième voie de la résistance est celle d’un imaginaire social libéré des illusions de la croissance verte, du productivisme et de la vitesse, actionnées par les entreprises transnationales. La ville connectée, emblème d’une techno-euphorie totalement hors-sol, laissera la place à des bourgs et des quartiers off the grid (« hors réseau ») autoproducteurs d’énergie. Le nombre de véhicules sera réduit au strict minimum, les flottes seront administrées par les communes (libres !), tandis que les champs redessinés en polyculture pourront être traversés à pied. Des axes végétaux résorberont les infrastructures de la vitesse ainsi que les friches industrielles. Qui dit sociétés résilientes dit sociétés conviviales et de proximité. Aujourd’hui, chaque métropole occidentale requiert pour son fonctionnement une vaste partie de la planète. Demain, il en sera autrement, en raison de l’effondrement inéluctable des grands réseaux et de l’économie mondialisée, sur fond de bouleversements climatiques.

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

    #Yves_Cochet #Pablo_Servigne #Agnès_Sinaï

  • Agnès Sinaï : « Le projet égalitaire est au coeur de la #Décroissance »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/281215/agnes-sinai-le-projet-egalitaire-est-au-coeur-de-la-decroissance

    agne-s-sinai Qu’est-ce que la décroissance : un programme économique, un projet politique ou un mouvement culturel ? Un peu de tout cela, et plus encore. Pour la première fois, un livre tente de lier ces approches et de les expliciter, Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère. Entretien avec l’une de ses auteurs, Agnès Sinaï, dans ce nouvel épisode de notre émission « Le champ des possibles ».

    #Culture-Idées #Agnès_Sinaï #Anthropocène #Capitalisme #Climat #Ecologie #Revenu_d'existence

  • Agnès Sinaï : « Sortir du mode de vie dicté par les taux d’intérêt »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/281215/agnes-sinai-sortir-du-mode-de-vie-dicte-par-les-taux-dinteret

    agne-s-sinai Qu’est-ce que la #Décroissance : un programme économique, un projet politique ou un mouvement culturel ? Un peu de tout cela, et plus encore. Pour la première fois, un livre tente de lier ces approches et de les expliciter, Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère. Entretien avec l’une de ses auteurs, Agnès Sinaï, dans ce nouvel épisode de notre émission « Le champ des possibles ».

    #Culture-Idées #Agnès_Sinaï #Anthropocène #Capitalisme #Climat #Ecologie #Revenu_d'existence