• L’OGM est dans le pré - Isabelle Paré - 24 Mai 2019 - Le devoir(Canada)
    https://www.ledevoir.com/societe/environnement/555114/l-ogm-est-dans-le-pre

    Près de 25 ans après l’introduction des premières cultures OGM au Canada, les plantes trans-géniques règnent en maîtres dans les champs. Or, l’histoire démontre que leur dispersion dans l’environnement n’est pas sans risque pour tout le secteur agricole.

    Dans son coin du Lac-Saint-Jean, le producteur de grains biologiques Guillaume Dallaire, de la ferme Tournevent, est un des rares producteurs de canola biologique au Québec, encore suffisamment isolé pour pouvoir produire une récolte sans traces d’OGM.

    « On a été cherché nos grains dans un coin reculé de l’Ouest. Les variétés traditionnelles de la région ont été contaminées par le pollen qui se diffuse très facilement par le vent ou les insectes. Il faut s’éloigner de plusieurs kilomètres pour cultiver, se concentrer dans des zones forestières », explique ce producteur, le seul à opérer une huilerie de canola bio au Québec.

    Comme le village gaulois encerclé par l’armée romaine, les producteurs bio sont de plus en plus isolés au sein d’une mer de maïs, de soja et de canola transgéniques, et à risque de perdre leur certification en cas de contamination.

    Selon un rapport du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB), la contamination par des cultures génétiquement modifiées (GM) a rendu presque impossible celles d’espèces non GM dans certaines régions.

    En Saskatchewan, en sept ans, la presque totalité des cultures de canola naturelles a été contaminée par pollinisation croisée. En raison de son fin pollen transporté par le vent, les insectes et les animaux, le canola GM pose un risque accru de contamination.

    Encerclés
    Ici, de petits producteurs comme Guillaume Dallaire essaient tant bien que mal de résister à cette invasion.

    « On aimerait faire plus, car la demande pour le bio est là, mais il existe peu d’espaces libres de cultures GM. La contamination, c’est notre préoccupation constante. C’est le futur de notre huilerie qui est en jeu », soutient ce dernier.

    En 2016, pas moins de 90 % du canola cultivé au Québec était génétiquement modifié, ainsi que 84 % du maïs-grain et 64 % du soja, selon des chiffres du gouvernement.

    La superficie destinée aux cultures GM au Québec est cinq fois plus grande que dans l’Europe tout entière, affirme Guillaume Rehn, coordonnateur de Vigilance OGM, un organisme qui milite pour un suivi plus serré des OGM au Canada.

    Entre 2000 et 2018, la superficie des terres dédiées à la culture du maïs GM a triplé, et celle dévolue à la culture du soja GM a été multipliée par 10, totalisant 600 000 hectares de terres au Québec.

    D’un champ à l’autre
    Le maïs GM pose aussi un risque particulièrement élevé pour les producteurs de grains non GM ou bios, compte tenu de la volatilité de son pollen. « C’est difficile de m’isoler de mes voisins qui ont des cultures GM. Il faut des brise-vent, des bandes tampons d’autres plantes le long de mes champs », explique le producteur de grains bios Pierre Labonté.

    La contamination génétique menace non seulement les récoltes bios, mais aussi les semenciers, qui voient parfois leurs lots contaminés lors du stockage dans des silos ou lors du transport.
    Selon La Terre de chez nous, 50 % des échantillons non OGM testés en Montérégie par des producteurs bios contenait plus de 0,5 % d’OGM, alors que de 5 à 10 % en contenaient plus de 1 %. Un seuil suffisant pour « être déclassé » de la certification bio, ajoute M. Labonté, président du Syndicat des producteurs de grains biologiques du Québec.

    Ces producteurs doivent redoubler de prudence et faire analyser leurs semences avant les semis pour éviter l’introduction inopinée d’intrus GM dans leurs terres. Sinon, c’est toute leur production qui pourrait être vendue à un prix deux à trois fois inférieur.

    Aucun seuil de « traces d’OGM » à ne pas dépasser n’a été établi pour maintenir la certification bio, mais tous s’accordent pour dire que ces traces ne doivent pas excéder la barre de 0,9 %.

    « Quand on vend notre soja au Japon ou en Corée pour la consommation humaine, ils sont très exigeants. C’est l’acheteur qui a le dernier mot », affirme Pierre Labonté.

    Malgré la hausse de la demande pour les grains bios, la production demeure limitée par l’omniprésence des cultures GM sur le territoire, dit-il. « On n’est que 300 au Québec. On n’a pas un gros poids pour forcer les autres producteurs à faire attention à la contamination. Tout ce qu’on peut faire, c’est se protéger », dit-il.

    Un enjeu d’avenir
    Pour l’organisme Vigilance OGM, c’est toute la filière des cultures GM qu’il faudrait surveiller de plus près. Des lacunes survenues au fil des ans ont mené à de lourdes pertes, notamment pour les producteurs de lin canadiens qui ont perdu dans les années 2000, après une contamination, une part de leurs débouchés en Europe, où la culture de grains GM est interdite.

    L’approbation récente de la luzerne GM par le Canada, une vivace qui n’aurait plus besoin d’être plantée chaque année, fait aussi craindre le pire.

    « Ça veut dire une perte d’autonomie importante pour les producteurs qui cultivent leur propre luzerne pour nourrir leurs bêtes, croit M. Rehn. Sans compter le risque d’introduction dans la chaîne alimentaire, et celui que la luzerne naturelle finisse par être éradiquée. »

    #ogm #agriculture #monsanto #alimentation #semences #agrobusiness #santé #quelle_agriculture_pour_demain_ #environnement #multinationales #nature_/_ecologie #europe #agrochimie #génétique #agro-industrie #contamination


  • #Agroalimentaire #Agriculture Le petit pois, comme substitut aux protéines animales, est la valeur montante des marchés des matières premières, explique Le Temps. Cynique, le journaliste, se moque de l’humeur versatile des consommateurs qui, sous l’effet d’une étude médicale ou d’un rapport sur la déforestation, passent du soja au petit pois en oubliant que les conditions de production sont rigoureusement identiques. Il reconduit ainsi la fiction du client qui décide du contenu de son assiette. L’article dévoile pourtant, dans les coulisses de ces marchés, ceux qui décident vraiment : agences de conseils, cabinets spécialisés, industrie de l’extraction de la protéine. Le Temps, qui ne parle que de ceux qui gagnent, n’a consacré aucun article à l’actuelle crise de surproduction de sucre. C’est pourtant la situation que connaîtront les producteurs de petits pois d’ici trois ans.

    / https://t.me/ddprinfo/379


  • Agriculture : les partis français louent le protectionnisme et le verdissement
    https://www.mediapart.fr/journal/international/180519/agriculture-les-partis-francais-louent-le-protectionnisme-et-le-verdisseme

    Alors qu’une réforme de la politique agricole commune sera négociée fin 2019, les candidats français présentent des programmes assez similaires sur le sujet : maintenir un budget conséquent, protéger les agriculteurs de la concurrence déloyale, et avancer plus ou moins vers le bio.

    #Européennes_2019._Les_programmes_à_la_loupe #agriculture,_politique_agricole_commune,_européennes,_UE



  • France 3 Centre-Val de Loire - #Biodiversité : SOS nos #oiseaux ont besoin d’aide
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/emissions/on-vous-embarque/sos-nos-oiseaux-ont-besoin-aide-1669881.html

    La #chasse, la #pollution ou encore l’#urbanisation participe au #déclin de la population d’oiseaux. Mais le facteur principal semble bien être l’intensification de l’#agriculture. Les lieux de nidification et donc de reproduction perdent du terrain face à l’homogénéisation des #terres agricoles.

    Leurs ressources alimentaires sont aussi impactées par l’agriculture intensive. L’utilisation massive de #pesticides et d’#engrais réduit le nombre d’#insectes et par conséquent la quantité de nourriture disponible pour les oiseaux.


  • Scientists discover why grocery store tomatoes don’t taste like anything – BGR
    https://bgr.com/2019/05/14/tomato-flavor-nature-study-genetics

    In comparing the cultivated tomatoes to their wild counterparts the researchers noted literally thousands of genes which were missing from the produce we typically find in our supermarkets. In the never-ending quest to develop plants that produce bigger tomatoes at a faster rate, growers seem to have inadvertently favored plants that also produce inferior-tasting fruit.

    [...]

    Making cultivated tomatoes taste great again will take some time, but some careful breeding could bring back some of the important flavor-producing genes that the plants lost since they were first domesticated.

    #tomates #goût #gènes #appauvrissement #agriculture


  • Suisse : Migros investit dans un producteur israélien de viande synthétique ats/pym - 15 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10434570-migros-investit-dans-un-producteur-israelien-de-viande-synthetique.html

    Le géant de la distribution Migros a investi dans une entreprise israélienne spécialisée dans la viande synthétique, Aleph Farms, qui produit de la viande en recourant à des cultures cellulaires, obtenues à partir de prélèvements sur des vaches vivantes.

    Le processus ne requiert pas d’antibiotiques, ne pollue pas l’environnement et permet d’éviter l’élevage animal, affirme Migros. La société coopérative, par le biais de sa filiale M-Industrie, a participé à une ronde de financement, sans toutefois préciser le montant injecté dans Aleph Farms.

    Le géant orange parle de « technologie porteuse », « permettant de produire de la viande en préservant les ressources » et apportant une alternative « attrayante » à la viande conventionnelle et les produits végétaux.

    Les compétences de Micarna
    Par cet investissement, M-Industrie apporte également les compétences de son spécialiste de la transformation de la viande, Micarna, précise le communiqué de Migros.

    Aleph Farms a été fondé par le groupe agroalimentaire israélien Strauss Group et par Technion, une université technique israélienne.

    M-Industrie regroupe 23 entreprises en Suisse et neuf à l’étranger. La société emploie 14’000 personnes.

    #Aleph_Farms #Strauss_Grou #Technion #végan #biotechnologies #véganisation de la droite #antispécisme #vegan-washing #SuperMeat futurs #Monsanto #Bayer de l’#agriculture
    #vibe_israël #végétalisme #tsahal n’oublions pas la #Palestine , où la viande des palestiniens ne coute rien.


  • Les #Antilles_françaises enchaînées à l’#esclavage.

    Le système criminel de la traite et de l’esclavage a permis à la #France de devenir au XVIIe et XVIIIe siècles l’une des toutes premières puissances mondiales. Surtout, l’esclavage a déterminé une nouvelle #hiérarchie_socio-raciale et participé à la fondation de l’#économie_capitaliste. Une #histoire mondiale, centrale, souffrant de nombreux poncifs, qui reste donc étrangement méconnue.

    Ainsi, aujourd’hui, comment les enfants de la colonisation et de la #traite ne considéreraient-ils pas comme une injustice le traitement que la France réserve à leur histoire - notre histoire commune ? A fortiori lorsqu’ils sont parmi les premières victimes de l’#exclusion_sociale...

    Cette série enregistrée aux Antilles (#Guadeloupe et #Martinique) dévoile les travaux les plus récents et contre quelques idées reçues sur une histoire ô combien complexe.

    https://www.franceculture.fr/emissions/series/les-antilles-francaises-enchainees-a-lesclavage
    #colonisation #colonialisme #Haïti #capitalisme #racisme #races

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    Reportage radio en 4 épisodes :
    Au nom du #sucre, crimes et profits

    « Vous connaissez l’espérance de vie d’un esclave ? 35 ans... » René Bélénus, historien. Comment l’économie sucrière insulaire produit une société esclavagiste.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/les-antilles-francaises-enchainees-a-lesclavage-14-au-nom-du-sucre-cri
    #plantation #plantations

    Entre deux #abolitions (1794-1848) : l’#émancipation des #esclaves

    « L’#abolition de #1794 est une #fausse_abolition » René Bélénus, historien. De 1794 à 1848, récit d’un long processus d’abolition.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/les-antilles-francaises-enchainees-a-lesclavage-24-entre-deux-abolitio

    Un passé qui ne passe pas

    « Nous avons l’impression d’emmerder les Français avec notre histoire... » Jacqueline Jacqueray, présidente du #Comité_International_des_Peuples_Noirs. Malgré la politique de l’#assimilation, le #traumatisme de l’esclavage perdure.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/les-antilles-francaises-enchainees-a-lesclavage-34-un-passe-qui-ne-pas

    #Chlordecone, un polluant néocolonial

    « Nous sommes dans l’assimilation pure et dure » Isbert Calvados. Quand le chlordecone contraint à l’abandon de sa culture d’origine.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/les-antilles-francaises-enchainees-a-lesclavage-44-chlordecone-un-poll
    #néo-colonialisme #pesticides #industrie_agro-alimentaire #agriculture


  • Les ouvrières agricoles, ces sacrifiées du modèle agricole tunisien | Thierry Brésillon
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/ouvrieres-agricoles-les-sacrifiees-du-modele-agricole-tunisiens

    Les ouvrières sont recrutées au jour le jour selon le bon vouloir d’un samsar, un intermédiaire représentant l’employeur. Elles sont ensuite parquées par dizaines dans une benne au fond de laquelle, détail sordide, on a versé de l’eau pour les empêcher de s’asseoir afin de gagner de la place. Source : Middle East Eye


  • Pourquoi le paysan argentin a raison de dire que le soja OGM est « méchant » | Terrestres
    https://www.terrestres.org/2019/05/06/pourquoi-le-paysan-argentin-a-raison-de-dire-que-le-soja-ogm-est-mechant

    Je dirais que ça a commencé aux États-Unis, il y a une vingtaine d’années, avec les alliances entre activistes et populations indigènes dans les mouvements altermondialistes. Et je crois d’ailleurs que des propositions comme celles des zapatistes y ont été pour beaucoup. Parce que les zapatistes pensent dans leur milieu et pas au nom de l’universel. Donc je pense qu’effectivement dans toute cette culture altermondialiste, il y avait cette nécessité d’hybrider les histoires de luttes sociales et les histoires de luttes contre la dévastation écologique. Quand on dit « Un autre monde est possible », alors le monde n’est plus seulement humain. Il implique aussi d’autres rapports avec tous les êtres vivants.

    De plus, ces relations nouvelles entre activistes et peuples traditionnels fabriquent des modes de résurgence, des manières de faire et d’exister qui s’appuient avant tout sur ce qui a été détruit. Et ça, c’est pour moi l’un des grands changements de perspective qui vient après la domination par le mythe du progrès. C’est cette idée que nous sommes toutes et tous issu.e.s de désastres coloniaux, et ici en Europe aussi. Parce que la colonisation a commencé en s’en prenant aux mêmes choses ici et ailleurs : faire régner un droit de propriété qui est avant tout un droit d’exploiter, d’extraire, d’abuser et de détruire. Et pour moi, l’écologie, par conséquent, a toujours été une étho-écologie. C’est-à-dire que les êtres vivants qui composent un milieu sont issus de ce milieu, et donc des problèmes, des risques et des opportunités proposées par ce même milieu. De fait, on ne doit pas considérer que leur comportement, leur ethos, est déterminé par leur milieu, mais bien qu’ils se déterminent par rapport à leur milieu. Nous, vivants, ne sommes pas déterminés : on se détermine par rapport à ce à quoi on à affaire. Et donc, l’ethos, la manière de se comporter, est une des composantes intrinsèques de l’écologie. Avec l’écologie, on ne peut pas parler des espèces en général. Notre propos doit toujours être situé.

    #stengers #ogm #multiplicité_des_natures


  • Parched Sa Pa tells farmers to suspend paddy cultivation

    To cope with a crippling water scarcity, the Sa Pa administration has instructed paddy farmers to stop irrigating their fields.

    Authorities in the resort town in the northern mountain province of #Lao_Cai have spoken with the 25 local farming families.

    One of the country’s most popular tourist destinations, the town has been suffering from a severe water shortage this month due to abnormally low rainfall.

    The available water can only serve a third of the 61,000 people in Sa Pa, Pham Hong Quang, CEO of the Lao Cai Water Supply Joint Stock Company, said.

    Sa Pa’s sole waterworks normally supplies 6,000 cubic meters a day with water drawn from five sources, but four of them are now dry.

    From the last remaining source, Suoi Ho 2, a stream and lake which yield 4,000 cubic meters a day, the town was able to use only half the water since rice farmers have been using the other half.

    “A water shortage this time of the year is a common story, but the situation is much more serious this year and it is likely to last longer than usual,” Quang said.

    Sa Pa has not received decent rains so far this year while tourists have come flocking, leading to higher demand for water, he added.

    Le Tan Phong, the town chairman, said authorities have negotiated to take the entire supply from Suoi Ho 2 for household use.

    “The 25 farming families will stop growing paddy and will be compensated later.”

    But officials have not clarified for how long the farmers need to stop work and how much compensation they will be paid.

    With water being saved from the rice fields, there will be enough to meet the demand of local people and businesses during the coming holidays, Phong said.

    Vietnam has a five-day holiday starting Saturday for Reunification Day, April 30, and Labor Day, May 1.

    Since early this month locals have had to buy water for daily use at the cost of VND300,000-500,000 ($13-22) per cubic meter.

    Hospitality businesses have been hit hardest.

    Pham Quoc Tuan, owner of a hotel in Sa Pa, said he has to spend VND1.5 million ($65) every day to buy water and has refused many bookings for the holidays because of the water shortage.

    “The cost of buying water has been rising but we have no choice because we have to maintain the prestige of our hotel. If the situation continues, we really don’t know what we will do.”

    Dinh Van Hung of another hotel near the town center told VnExpress International on Wednesday that his hotel has been buying water brought from outside the province for the last few days.

    “We had to refund two room bookings the other day due to the water shortage. We have faced this problem in previous years too, but this time it’s more severe.”

    Who’s to blame?

    Asking farmers to stop watering their fields is a temporary solution, Dao Trong Tu, director of the Center for Sustainable Development of Water Resources and Climate Change Adaptation based in Hanoi, said.

    It is Sa Pa’s tourism development plan that has caused the serious water shortage, he claimed.

    “Hotels have kept coming up in Sa Pa without any plans. A waterworks with a capacity of just 6,000 cubic meters a day cannot allow Sa Pa to serve millions of visitors a year.”

    His center is also studying the effects of hydropower plants built in the area on Sa Pa’s water supply, he said.

    “We cannot conclude anything yet, but we assume hydropower plants and the disappearance of upstream forests might affect the town’s water sources.”

    But Phong, the town chairman, disagreed with this, saying no power plant has been built on Sa Pa’s five major water sources.

    Lao Cai authorities are looking for investors to build another waterworks with a capacity of 15,000 cubic meters a day, he said, adding work is expected to start this year and finish next year.

    Sa Pa has 700 lodging facilities with almost 7,000 rooms, including hotels in its center and rental apartments on the outskirts.

    In the first three months this year it received 800,000 visitors, including 100,000 foreigners. Last year 2.5 million tourists came.

    In 2017 Prime Minister Nguyen Xuan Phuc had called for “careful development” of Sa Pa to preserve its nature and culture.

    Development must not “mess it up” and all it would take for Sa Pa to become an international tourism destination was preserving its “green forest and ethnic culture,” he had said.

    Lao Cai officials had earlier revealed plans for construction in the town by 2020, including a new administrative center, a high-end service complex, a park and an urban center to prepare to welcome four million visitors by then.

    The town, perched at 1,600 meters, or nearly one mile above sea level, is already under great threat from commercial tourism development. Large portions of the town look like a construction site, and a cable car system now runs to the top of Mount Fansipan.

    In its 2019 Global Risks Report, the World Economic Forum had listed water scarcity as one of the largest global risks over the next decade.

    https://e.vnexpress.net/news/news/parched-sa-pa-tells-farmers-to-suspend-paddy-cultivation-3914851.html
    #riz #riziculture #Sapa #Vietnam #Sa_Pa #agriculture #eau #pénurie_d'eau #irrigation #tourisme #pluie #sécheresse #déforestation #développement


  • BALLAST | Andalousie : la mer de plastique et le fantôme de Juan Goytisolo
    https://www.revue-ballast.fr/almeria

    Les #migrants sont d’abord venus du #Maroc et d’#Algérie. À par­tir de la fin des années 1990, ils ont été rejoints par des per­sonnes venues d’#Afrique sub-saha­rienne, de l’#Équateur et d’#Europe de l’Est. L’économie de la région bat­tait son plein : les fils des #Alpujarras, le flanc méri­dio­nal de la #Sierra_Nevada, des­cen­daient de la mon­tagne pour ache­ter un lopin, rare­ment plus de deux ou trois hec­tares, y ins­tal­laient une #serre, ache­taient des semences de #tomate ou de salade au dis­tri­bu­teur local, puis employaient, léga­le­ment ou non, des #tra­vailleurs_immi­grés pour de courtes durées (payés par­fois à l’heure ou à la jour­née) afin de faire le tra­vail qu’ils ne vou­laient plus faire. Les marges à la revente, variables entre les dif­fé­rents pro­duits selon les cours, étaient bonnes, en rai­son du faible coût de main d’œuvre — au maxi­mum 5 000 pese­tas (190 francs, soit envi­ron 29 euros) par jour à la fin des années 1990. Mais l’intérêt éco­no­mique était ailleurs : le cli­mat, les serres et la tech­nique du #sablage 4 per­met­taient de pro­duire toute l’année, et donc d’approvisionner les super­mar­chés euro­péens pen­dant l’hiver. Alors, très vite, les villes ont gros­si à la péri­phé­rie d’#Almería. El Ejido, qui n’était qu’un petit bourg agri­cole en 1950, est deve­nue une ville de plus de 50 000 âmes. Les fer­mettes (#cor­ti­jos) tenaient encore debout, quoique déla­brées et par­fois sans eau ni élec­tri­ci­té ; elles ser­vaient au loge­ment des migrants #sans-papiers, quand ceux-ci n’habitaient pas un abri de for­tune, fabri­qué avec des chutes de plas­tique.

    #exploitation #esclavage #racisme #violence #agriculture


  • À #Vittel, #Nestlé contrôle l’eau, la politique et les esprits
    https://reporterre.net/A-Vittel-Nestle-controle-l-eau-la-politique-et-les-esprits

    Nestlé pompe abondamment l’eau de Vittel, dans les Vosges, malgré un déficit inquiétant de la #nappe_phréatique. À tel point que la commune va devoir importer de l’#eau_potable de villages voisins. Depuis près de trente ans, la multinationale a noyauté le territoire, régentant le développement économique et agricole. Elle est l’objet d’une enquête pour #corruption.

    #agriculture #contrôle_des_terres #stratégie_foncière #Agrivair #Nestlé_Waters « #associations-écrans » #lutte_d'influences #économie #chantage_à_l'emploi #microcosme


  • Olga Dubey, à fond sur le champignon pour protéger fruits et légumes - Le Temps
    https://www.letemps.ch/sciences/olga-dubey-fond-champignon-proteger-fruits-legumes

    Retarder le pourrissement des fruits et légumes. Pourquoi ? Impossible de le comprendre dans cet article du Temps, journal suisse des libéraux conservateurs francophones. Ce qui en ressort surtout c’est la nécessité de créer une start-up, aussi inutile que soit le produit. On habillera toujours la chose de préoccupations écologiques et on profitera du soutien de la recherche publique.

    #agriculture #smart_agriculture #startup #pourrissement #alimentation


  • Collectif Hors-Normes, Victoire de Gabriel Dufils, 2019
    https://sniadecki.wordpress.com/2019/05/02/hors-normes-dufils

    La seule traçabilité qui vaille – mais il s’agit alors d’autre chose – c’est le rapport direct entre producteurs et mangeurs. Le reste n’est que mensonge publicitaire mis en scène par l’administration au service de l’industrie agro-alimentaire.

    […]

    Dans la situation de surcharge de travail imposée par le blocage administratif du troupeau de vaches, ce que la solidarité collective a également pu apporter c’est des coups de main sur la ferme.

    Avec ces pratiques, nous entendons reprendre les luttes paysannes là où elles se sont arrêtées quand tous les syndicats ont accepté de devenir des rouages d’une administration qui a toujours besoin de cautions pour poursuivre son travail d’élimination de la paysannerie et de promotion de la Qualité industrielle estampillée « bleu-blanc-rouge ».

    Quant à la traçabilité, l’affaire doit enfin être entendue : ce sont les industriels qui ont besoin de la régulation d’une administration pour fabriquer une confiance artificielle auprès des consommateurs et faire passer la merde industrielle pour des produits de haute Qualité.

    Pour notre part, nous n’avons pas à avoir honte de nos produits et notre plus belle reconnaissance provient de celles et ceux qui mangent nos produits et en redemandent.

    #agriculture #élevage #paysannerie #alimentation #qualité #technocratie #administration #critique_techno #traçabilité #Normandie


  • Des réfugiés syriens exploités par des fournisseurs de Nestlé et Ferrero

    Dans une enquête, le New York Times rapporte que de nombreux réfugiés syriens travaillent dans des conditions extrêmement précaires dans les fermes de noisettes en Turquie. Le pays, à l’origine de 70 % de la production mondiale de noisettes, fournit de grands groupes tels que Nestlé et Ferrero.


    https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/des-refugies-syriens-exploites-par-des-fournisseurs-de-nestle-et-ferrero-10
    #réfugiés_syriens #Turquie #asile #migrations #réfugiés #noisettes #Nestlé #Ferrero #exploitation #travail #agriculture

    signalé par @franz42



  • #CAMIGRI

    CAMIGRI est un programme de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et la Région Nouvelle-Aquitaine. Il entend revisiter l’étude des #campagnes françaises au prisme des migrations internationales et de la diversification croissante des formes de mobilité. Le projet a démarré le 01/10/2016.

    Ce carnet de recherche a vocation d’interface entre les mondes scientifique, associatif et professionnel intéressés par les questions de développement rural et de migrations internationales dans les espaces ruraux. Il permet de :

    – faire connaître les travaux de l’équipe et de suivre l’actualité du programme (comptes rendus de terrain, de séminaires, de présentations),

    – faciliter les liens et les échanges entre les différents acteurs intéressés par ces questions (construction d’un répertoire-réseau en ligne),

    – publier des supports produits par les chercheurs sur les terrains d’enquête (monographies de lieux, photographies commentées, portraits et entretiens d’acteurs socio-économiques).

    https://camigri.hypotheses.org/a-propos
    #accueil #asile #migrations #réfugiés #espace_rural #espaces_ruraux #campagne #France #Loire_Anjou_Tourraine #Périgord_Limousin #Pyrénées_Ariégeoise

    • Lettre d’information n°1

      Camigri édite sa première lettre d’information trimestrielle. Elle s’adresse à tout public soucieux de poser un nou-veau regard sur les « mondes ruraux ». Confrontées à la diversification croissante de mobilités internationales plus ou moins visibles et reconnues, les campagnes françaises connaissent en effet des changements socio-économiques et territoriaux parfois inaperçus, silencieux, sous-étudiés. L’équipe entend ici partager ses travaux à travers certaines activités menées dans le cadre de son programme de recherche financé par l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) et la Région Nouvelle-Aquitaine. Il est ainsi question de livrer, de manière élargie, le fruit de nos réflexions engagées dans plusieurs localités rurales de la France de l’ouest et qui trouveront certainement un écho plus lointain, au sein d’autres territoires. Actuellement lancée dans des opérations d’enquête et d’observations sur plusieurs terrains (Ariège, Dordogne, Vienne, Maine-et-Loire), l’équipe souhaite transmettre quelques principes fondateurs de son approche : proximité mesurée avec les territoires étudiés et ses habitants, production et commu-nication dans des réseaux scientifiques, usage réflexif de l’image comme outil de travail, de communication et de réflexion.

      https://f-origin.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/3777/files/2018/09/Web_Sept2018_Journal_CAMIGRI-compressed.pdf
      #agriculture #fraises #Pays_Vernois #mineurs #MNA #mineurs_non_accompagnés #Ariège #marginalité #millieu_rural

    • Lettre d’information n°2

      L’installation des populations migrantes dans les campagnes de l’Ouest français peut prendre des formes très différentes, s’inscrire dans une tradition d’accueil ancienne parfois réactivée par des initiatives indivi-duelles plus récentes. Comment les populations installées ou celles qui se sont succédé ont-elles pu contribuer à l’évolution démographique des territoires ruraux étudiés ? L’équipe CAMIGRI vous propose, dans la deuxième édition de sa newsletter, quelques exemples illustrés à partir de ses travaux de recherche en cours

      https://sharedocs.huma-num.fr/wl/?id=DD6uCq2mdZue9rVdu5tG6Z24ZbspMlj7
      #campagnes_hospitalières #Carla-Bayle #CADA #innovation_sociale #Saint-Just-Le-Martel #agriculture #maraîchage #développement_local


  • Les mutations récentes du #foncier et des agricultures en #Europe

    L’ouvrage propose un tour d’horizon des évolutions les plus récentes du foncier et de l’agriculture en Europe. Une première partie caractérise les évolutions et les révolutions des #politiques_agricoles, étudiées du point de vue du droit, de la science politique, de l’agronomie et de la géographie, en mettant l’accent sur la fin d’une phase protectionniste, et avec deux éclairages régionaux, en #Méditerranée et dans l’#Europe_médiane. Une seconde partie interroge les #modèles_agricoles et fonciers : l’#agriculture_familiale, l’agriculture de firme, le #travail_saisonnier, les mutations de la #propriété et l’évolution vers le #portage_foncier.

    http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100076500
    #agriculture #terres #livre
    ping @odilon


  • Afrique : les aliments industriels nourrissent l’épidémie de diabète - Le Temps
    https://www.letemps.ch/sciences/afrique-aliments-industriels-nourrissent-lepidemie-diabete

    Alors que la France continue à inonder l’Afrique avec son blé excédentaire et subventionné (50% de la production part à l’export), les populations souffrent de diabète et d’obésité sans pouvoir accéder aux soins. L’article du quotidien suisse Le Temps donne trop largement la parole aux tenants de l’éducation des consommateurs et se contente de mettre mollement en cause l’industrie agro-alimentaire.

    Régime sans gluten pour les riches et diabète pour les pauvres donc ! On pense un peu à ceci : https://seenthis.net/messages/777550

    #agriculture #alimentation


  • Réalités paysannes.
    http://www.radiopanik.org/emissions/comme-on-nous-traite-/realites-paysannes-

    Eh oui, les paysans existent encore ! Ces femmes et ces hommes qui expérimentent des voies de production diamétralement opposées au gigantisme et au monocultural, sont de plus en plus nombreux. En plus de travailler la terre, ils portent en eux un projet de changement de société qu’ils défendent de toutes leurs forces. Et manifestement ils ne veulent pas des #pesticides.

    Pourquoi se passent-ils des pesticides ? Comment survivent-ils, quelles sont leurs pratiques, leurs convictions ? C’est ce que nous allons tenter de cerner avec mes deux invités, Tijs Boelens, le #paysan de Pepingen, et Xavier Anciaux, le maraîcher de Fernelmont.

    Ecoutez, c’est du fait maison, et n’hésitez pas à nous écrirer sur (...)

    #agriculture #paysan,agriculture,pesticides
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/comme-on-nous-traite-/realites-paysannes-_06615__1.mp3


  • Les abeilles se portent à merveille à Cuba, grâce à l’embargo américain Romane Frachon/oang - 27 Avril 2019 RTS _
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/environnement/10384093-les-abeilles-se-portent-a-merveille-a-cuba-grace-a-l-embargo-americain.

    Alors que la disparition des abeilles inquiète partout et notamment en Europe, elles se portent à merveille à Cuba. L’explication est à chercher notamment du côté de l’embargo américain, qui a empêché l’importation de pesticides.
    Des études ont confirmé ces dernières années les effets nocifs des néonicotinoïdes sur les populations d’abeilles, qui sont en net déclin notamment en Europe, menaçant du même coup la biodiversité. Ces insecticides dits « tueurs d’abeilles » sont montrés du doigt comme l’une des causes de la disparition des abeilles.

    Mais, contrairement à la situation sur le Vieux Continent, ces insectes se portent parfaitement bien à Cuba. L’île, qui a dû renoncer aux pesticides pour cause d’embargo américain et de chute du bloc soviétique dans les années nonante, est devenue le paradis de l’apiculture et compte aujourd’hui près de 200’000 ruches. Elle a ainsi produit plus de 10’000 tonnes de miel en 2018.

    Un concept général d’agroécologie
    Et il s’agit d’un miel parfaitement écologique (lire encadré). « Nous faisons de l’apiculture au sein du concept d’agroécologie », explique un apiculteur travaillant avec la coopération suisse dans l’émission Tout un monde. « Les néonicotinoïdes, les antibiotiques transgéniques, génèrent toute une atmosphère qui s’avère agressive pour l’abeille. Elle requiert et souhaite vivre dans une atmosphère propice, plus naturelle. Là bas [en Europe], elle est exposée à davantage de menaces écologiques, à plus de pollution. »

    Mais le renoncement aux pesticides n’est pas le seul facteur de bien-être des abeilles cubaines. « Il y a un facteur environnemental, et un facteur de gestion. L’organisation est très importante dans l’apiculture et Cuba a su mettre l’accent sur l’organisation dans le système apicole », souligne un apiculteur de la province d’Artemisa.

    Une politique étatique de protection des abeilles
    Car, contrairement à d’autres secteurs agricoles du pays, le miel peut être vendu à l’exportation. Cela permet de faire entrer des devises dans un pays sous embargo. L’entreprise d’Etat ApiCuba génère ainsi environ 20 millions de francs chaque année.

    Le pays a donc mis en place une véritable politique de protection des abeilles. « Le décret 176, émis par l’Etat, a pour objectif la protection de l’apiculture et de la fleur amaryllis (qui attire les abeilles). C’est notre stratégie de production », explique le directeur scientifique d’ApiCuba, organisme qui chapeaute tous les apiculteurs : « Augmenter le nombre de ruches, pour augmenter la production, en s’appuyant sur la reforestation. »

    Les apiculteurs cubains croisent des abeilles domestiques avec des abeilles africanisées résistantes au parasite Varroa, qui avait fait des ravages en Europe. Ils ont ainsi immunisé leurs colonies contre les menaces naturelles.

    Prévention sanitaire contre les maladies
    Et le service vétérinaire cubain est clairement préventif : « L’idée est de ne jamais arriver à l’étape de guérison, en réalisant un suivi constant de chaque bactérie qui pourrait apparaître », souligne encore Dayron Lopez d’ApiCuba. « L’abeille doit être nourrie les 365 jours de l’année avec des aliments à base de pollen et nectar de haute qualité, sans aucun résidu qui pourrait causer un problème de santé pour l’abeille. Une colonie bien nourrie est une colonie saine. Comme on dit ici : la santé entre par la bouche. »

    Reste que le miel cubain n’est pas à l’abri des catastrophes naturelles : les ouragans se font de plus en plus réguliers sur l’île et le réchauffement climatique affecte chaque année les ruches.

    Un miel certifié écologique par l’UE
    Le miel cubain est certifié biologique par l’Union européenne et le premier pays importateur de miel cubain est l’Allemagne. La demande est du reste grandissante en Europe.

    « Ils utilisent notre miel comme matière première », explique la directrice commerciale d’ApiCuba Milia Concepcion. « Ils la mélangent à leur miel de basse qualité pour la consommation. »

    #abeilles #pesticides #agriculture #apiculture #environnement #miel #néonicotinoïdes #santé #monsanto #bayer #agrobusiness #toxiques #perturbateurs_endocriniens


  • Focus - #Éthiopie : la #permaculture, clé de la prospérité en milieu #rural
    https://www.france24.com/fr/20190426-focus-ethiopie-permaculture-developpement-durable-agriculture-sec

    En Éthiopie, le manque de #pluie est une menace pour l’#agriculture. Certains ont néanmoins réussi à mettre en place des dispositifs pour lutter contre la #sécheresse. C’est le cas dans un village de la région du Tigraille, située à 800 km au nord de la capitale Addis-Abeba. Depuis la fin des années 90, la production alimentaire a été multiplié par dix et le revenu des fermiers par vingt. Ce village est devenu un modèle.


  • Quand l’UE cherche de déconstruire des #préjugés... en les créant elle-même...

    Les décodeurs de l’#Europe
    https://decodeursdeleurope.eu
    #EU #UE

    Notamment sur l’#agriculture...


    https://decodeursdeleurope.eu/la-pac-protege-les-agriculteurs-francais
    ping @odilon

    Ou la belle #propagande à #Frontex :


    #migrations #frontières #contrôles_frontaliers

    L’Europe à la botte des #lobbies ! Vraiment ?


    https://decodeursdeleurope.eu/non-leurope-n-est-pas-a-la-botte-des-lobbies
    #lobbysme #lobby

    https://decodeursdeleurope.eu/non-l-europe-n-est-pas-une-passoire

    J’ai pris à la Maison de l’international de Grenoble une carte postale hallucinante sur la #culture dans l’UE... je pensais la trouver online mais pas trouvé.
    Il y a cette vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?v=1AvKSbXdfh8


    Mais il n’y a pas le même contenu que sur la carte postale, où on disait, en gros : la #diversité_culturelle de l’UE... magnifique, il faut en être fier, MAIS (et c’était vraiment cela qui était écrit)... mais... cette diversité empêche le rayonnement culturel de l’Europe en dehors de ses frontières !
    Je vais la scanner et la mettre ici, car ça vaut vraiment la peine !

    #stéréotypes


  • Le privilège végétarien - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Le-privilege-vegetarien

    Je voudrais pour finir rappeler deux choses : beaucoup de personnes dans le monde se procurent des protéines comme elles peuvent et n’ont pas besoin des bons conseils de citadin·es incapables de faire pousser autre chose qu’un basilic. Et puisque notre impact environnemental suit de manière assez mécanique notre revenu, devinez qui pourrit le plus la planète, du couple de paysan·nes qui gagne un Smic pour deux dans la vallée ou de l’amateur de faux gras à 5 euros les 200 g de levure ? De la foodie qui court les restaus végans ou de la famille d’autochtones malaisien·nes qui est la première génération à profiter d’une relative abondance alimentaire ? C’est une des raisons pour lesquelles, avec mon revenu et mon statut, j’aurais honte de refuser les anchois séchées dans le plat de riz du matin.

    #végétarisme #végan #animaux #chasse #agriculture

    • Entièrement d’accord. Très bon dossier dans le dernier numéro de la revue « Nature et Progrès ». Les modes et autres phénomènes de manipulation de l’opinion deviennent de plus en plus inquiétants, d’autant que l’on sait qu’ils n’ont rien d’innocent et préfigurent de l’alimentation industrielle de demain (revoir le film « Soleil vert »).

    • Très bon article mais juste un point sur lequel je tique un peu : le respect des sols par l’agriculture biologique. Il semble que le labour est encore pas mal pratiqué en bio (hormis en permaculture a priori) ce qui pose problème pour la conservation des sols. Je ne sais pas si les pratiques sont en train d’évoluer ou non donc je me plante peut-être mais ça me semble être pour le moment le gros point noir de l’agriculture bio.
      Le mouvement vegan, comme tu le soulignes Aude, a clivé de façon assez violente les positions et on peut difficilement discuter désormais (soit on est un bobo hipster d’un côté, soit un meurtrier carniste mangeur de cadavres de l’autre) alors qu’il y a quand même un consensus assez général pour toute personne un peu soucieuse d’écologie sur le fait qu’il faut manger moins de viande/poisson et certains autres produits animaux. Il y a aussi une sur-représentation médiatique de ce mouvement du fait des gens qui le soutiennent, j’en discutais ce week-end avec un pote vivant au fond de la Corrèze, il n’a jamais croisé de vegans dans sa vie sauf chaque semaine à la télé/radio.

    • Claude Aubert, l’un des papes de l’agriculture bio, recommandait dès les années 70 l’abandon du labour et l’absolue nécessité de ne pas bouleverser les couches du sol. C’est vrai qu’actuellement les pratiques sont diversifiées. Il y a encore beaucoup de tatonnement et d’expérimentation. Certains agriculteurs « reconvertis » ont du mal à changer toutes leurs pratiques. Le problème dépend aussi de la profondeur du labour et de la manière dont on utilise la charrue. En maraichage, avec une terre vivante sur une couche superficielle un peu épaisse un brassage du sol, modéré, est sans conséquences sur la vie du sol. Sur les terrains légers mieux vaut simplement griffer. Sur une terre fortement argileuse, griffer après l’hiver ce n’est pas toujours facile.
      Le véganisme est une hystérie collective urbaine dans un pays où certains n’ont pas d’autres problèmes persos à gérer, ou veulent à tout prix se faire remarquer. Nous sommes adhérents à un réseau d’accueil de voyageurs (Work Away) et nous accueillons volontiers les végétariens mais pas les végans. Trop chiants et à côté de leurs pompes (en carton). Je suis d’accord avec Aude sur le fait que le véganisme arrange bien les affaires de l’agro industrie qui en a plein le dos des éleveurs et des petits fermiers toujours après revendiquer...
      On se sert dans un réseau « voisin de panier », proche sur le principe d’une AMAP. La viande bio est chère, surtout le porc : on compense en en mangeant moins.
      Là-dessus, je vais surveiller la cuisson du Rosbeef : nous recevons de nouveaux workawayers ce midi !

    • Et puis un autre problème qui est souvent mis sous le tapis, il semble quand même qu’un paquet de vegans, même très consciencieux, ont des problèmes de santé (anémie, troubles de la digestion etc.) dus à leur régime évidemment assez peu adapté aux omnivores que nous sommes (et les compléments alimentaires ne sont pas suffisants pour tout le monde), problèmes qui finissent par faire abandonner ce régime parfois très rapidement. La plupart des vegans cachent ces problèmes ou refusent de les attribuer à leur régime mais on commence à voir émerger des témoignages dans ce sens (sur Youtube on trouve une compilation ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PLQfSnI373SjcahyaA6ZcrciVHVMUt7at1 ).
      J’ai tendance à penser que le problème de cette idéologie, c’est qu’elle est très attirante sur le papier (celui ou celle qui y adhère ne peut que se voir immédiatement comme supérieur moralement) mais malheureusement complètement déconnectée de la réalité de ce qu’est la vie (et la mort) sur Terre.

    • Sur le clivage, @alexcorp : oui, il pourrait y avoir de quoi s’entendre sur la réduction des produits d’origine animale dans l’alimentation. Jocelyne Porcher dit dans On achève bien les éleveurs :

      La masse de produits qui existe aujourd’hui, ce n’est pas pour nous nourrir, c’est pour nous les vendre. On ne les achète pas pour nous nourrir, mais parce qu’on nous dit d’acheter. On n’est pas obligé de bouffer du saucisson à quatre-heures, des produits laitiers à tous les repas. Il faut voir les linéaires de produits laitiers dans les supermarchés ! Ça peut être rare, de manger de la viande. Ça supposerait que l’alimentation redevienne importante, que l’animal redevienne quelque chose d’important dans le lien social et dans notre alimentation et qu’on soit pas dans un truc ludi-capitaliste, un truc évanescent, joli, du packaging, qui n’a rien à voir avec ce qu’il y a dedans.

      Du temps qu’elle documentait les ravages de l’industrie porcine, tout le monde était content. Et ce qu’elle dit a du sens, notamment pour les gens qui ne supportent pas l’élevage : sortir de l’idée qu’il faut manger autant de produits animaux, apprendre à bouffer autrement, créer une culture plus végétale. C’est plus intéressant si tu as cent personnes conscientisées à ça qui mangent deux fois moins de produits animaux que trois vegans trop fièr·es d’eux-mêmes. Mais comme c’est un truc identitaire et que l’écologie n’a pas grand chose à voir avec tout ça, eh bien elle s’en prend plein la gueule depuis des années et elle aussi devient elle aussi plus dure, agressive, à mesure qu’elle subit des agressions comme Aymeric Caron qui lui a hurlé dessus lors de cet entretien que je n’ai pas lu (#paywall). Depuis, je me dis que ce mec est dangereux...

      Pourquoi faudrait-il être végan ?
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/21/pourquoi-faudrait-il-etre-vegan_5288594_3232.html

      Le véganisme, à la fois pratique alimentaire excluant la consommation de produits d’origine animale et mouvement de défense des animaux qui connaît un développement important en France, commence à être remis en cause.

      Marrant, ton exemple des ruraux qui ne voient des vegans qu’à la télé. Parce que moi, à part ceux que je vois dans les restaus vegans et dont je ne sais rien du régime, je ne vois que des anars qui se sentent super radicaux et qui ne saisissent pas le changement de société à l’œuvre et à quel point leur bonne idée est un avatar de l’industrialisation de l’agriculture. Et ne saisissent pas à quel point il ne s’agit pas d’une pratique subversive mais que leur succès vient d’ailleurs. Mais ça ne m’étonne pas, les vegans à la télé.

      J’ai croisé une vegane dans mon village de Malaisie, au fait, sa mère avait l’air quand même un chouia fière de l’engagement de sa fille et me disait que c’était difficile, de faire la touriste à 200 euros le paquet de 48h à quinze heures de vol de chez soi, quand on est vegane, snif. J’ai résisté à l’envie de lui dire merde et de changer ma chute où je parlais déjà de cette indécence.

      Jocelyne dit qu’elle croise beaucoup de wannabee vegans qui ne passent jamais le pas ou d’ex à qui ça n’a pas fait beaucoup de bien... Je ne sais pas, j’ai un couple d’ami·es vegan·es et anti-indus qui mangent un œuf de temps en temps et qui font gaffe à bien nourrir leurs enfants, quitte à faire des entorses. Il et elle ne veulent surtout pas de complément alimentaire et préfèrent admettre que les êtres humains sont mieux avec de légers apports d’origine animale.

      Moi je croise beaucoup de gens qui se flagellent parce qu’ils pensent honnêtement que c’est le truc le plus écolo du moment. Et leurs scrupules, leur culpabilité par rapport à des vegans qui sont inconséquent·es sur le plan écologique, m’attriste.

      @la_feuille, je vais finir par venir chez vous un de ces jours, vous avez l’air de savoir recevoir ! J’ai fait trois séjours Work Away dans ma vie (Indonésie, Pologne et Norvège) et je me tâte pour refaire ça en Suisse à l’occasion. Et je connais bien les Voisins de panier, j’ai fait le bouquin avec les gens du Pic-Bois (fromages, yaourts et pain).

    • Je pense que ton couple d’amis pourrait facilement se faire insulter par les plus extrémistes des vegans ! C’est un problème aussi les étiquettes qu’on donne et qu’on se donne. Pour ce qui est des vegan dans les medias, Aymeric Caron en est un bon exemple de figure médiatique qui la ramène sans cesse sur le sujet mais il y en a plein qui viennent faire les beaux sur les plateaux, ça fait tout de suite du buzz et du débat bien tendu comme les chaînes de télé (ou radio) aiment en faire. Sinon pour ma part j’en croise assez peu aussi, hormis effectivement dans les milieux anars/alternatifs et sur internet.

    • @aude_v Tous les gens qui aiment la nature sont bienvenus chez nous. Suffit de prévenir quelques jours avant... Des arbres, des livres... plein de feuilles en quelque sorte. N’hésite pas à venir faire un saut !
      Ces braves gens du Pic Bois (dont j’ai lu avec plaisir la participation au bouquin) nous régalent chaque semaine de leurs pains, de leurs brioches et de leurs excellents fromages ! Le boulanger, collectionneur de blés anciens, a aussi participé au film sur les graines... Leur ferme est à 25 km de chez nous.

    • Trois commentaires sur le sujet :
      1) concernant la fertilité des sols (même si c’est une parenthèse de ton bllet et pas le thème majeur) : il y a bien une possibilité d’accroître et de maintenir la fertilité des sols également par des amendements non animaux, et ce pas uniquement en zone intertropicale. Les gens qui bossent en TCS (quand ils ne se ratent pas car là aussi il y a théorie et pratique) peuvent en témoigner, de même que les gens du réseau maraîchage sur sols vivants qui développent une approche très intéressante depuis quelques années.

      Les biomes "spontanés" d’Europe de l’Ouest sont des forêts, c’est à dire que là où tu cesses toute activité humaine aujourd’hui, la dynamique du vivant qui s’y développe amène au bout de quelques années/décennie à former une forêt. Ce vivant y est depuis pas mal de millénaires avant nous et a développé des cycles et des interactions qui produisent de la fertilité à base de racines mortes, de feuilles mortes et de bois mort. Un des enjeux de l’agricuture non-indus est de comprendre ces cycles et interactions-là, s’y insérer élégamment sans les mettre cul par dessus tête, dans le but d’y faire pousser ce qui nous intéresse.
      Il y a deux grandes façons de flinguer ces cycles et interactions : déstructurer complètement l’écosystème du sol (à base de labour profond puis rotovator pour casser les mottes), et l’intoxiquer à base de pesticides et engrais azotés. La combinaison des deux a réduit d’un facteur 10 la biomasse de vers de terre des sols agricoles en six ou sept décennies (et sans vers de terre on meurt aussi sûrement que sans abeilles).

      Par réaction, aux débuts de l’agriculture "explicitement" bio (c’est à dire celle dans une démarche active de différenciation vis à vis de l’agriculture indus à base de machines de guerre et de produits à tête de mort - car l’agriculture d’il y a un siècle ou celle pratiquée actuellement par la majorité de l’humanité est bio de fait) il y avait deux grands courants : l’un que mentionne @la_feuille focalisé sur la non-perturbation du sol, l’autre focalisé sur le non usage de produits de synthèse. Pour des raisons bêtes que je connais pas en détail, les deux courants se sont scindés, et c’est le second qui a donné les labels bio qu’on connaît aujourd’hui, faisant passer à la trappe la question de la non-perturbation du sol.
      Là où l’élevage (je parle ici de l’élevage non-indus) de ruminants sur prairie se pose, d’autant plus s’il est bio, c’est qu’il arrive à combiner les deux : pas de labour, pas de pesticides, rep à ça petit végan urbain avec tes saucisses au soja Bayer d’Argentine.
      Sauf qu’il reste plein de questions auxquelles ce mode d’élevage ne répond pas, par exemple combien de personnes par hectare un tel système peut-il nourrir (pas lourd, il faut sacrément de place, du coup ça pose question dans un monde à 7 milliards d’humains), ou qu’en est-il du consentement réel desdits ruminants à se faire flinguer ou enlever leur progéniture, telles des républicaines accouchant chez les nonnes en Espagne en 1950. On est là dans une autre question que l’agronomie ou l’écologie quantitative, celle de la #domestication et ses corollaires, dont on a longuement discuté il y a queques années ici, et sur laquelle les tenants du “vivre avec les animaux” préfèrent se raconter des histoires à base de don et contre-don plutôt que d’assumer le processus.
      Et (en revenant à l’agronomie) là où ça peut glisser un peu, c’est quand les défenseurs de l’élevage de ruminants sur prairie se posent en seuls garants sérieux de la biodiversité et de la vie des sols, ignorant (sciemment ou pas) que la production végétale sans labour ni pesticide est possible aussi (aupa Felix https://reporterre.net/Le-paysan-chercheur-Felix-Noblia-invente-l-agriculture-sans-pesticides-e ).
      Mais dans des zones où le climat est de toute façon trop rude pour envisager une production végétale significative (exemple les pelouses d’altitude, ou les Causses du sud du Massif Central aux conditions steppiques), René Riesel est bien avisé d’élever de la brebis, sans pour autant en faire du #solutionnisme.

      Pour terminer sur cette queston de la fertilté, le fumier c’est au départ de la paille sur laquelle tu récupères des déjections d’herbivore puis tu empiles ça en tas de la bonne façon pour que bactéries et champignons en fassent un truc intéressant. Végétal sec + végétaux digérés + microbes. Ça s’est fait pendant des décennies voire siècles avec des animaux (c’était même la fonction première des animaux d’élevage dans certaines régions faiblement peuplées et à sol pauvre et acide comme les Landes de Gascogne ou la Carélie), mais depuis déjà pas mal d’années on sait faire aussi bien sans, et en s’épargnant le boulot de forçat et ses dommages collatéraux que constitue l’élevage sur une petite ferme. Cf le courant de la bio qui mettait l’accent sur la non-perturbation du sol, les TCS, le maraîchage sur sol vivant, la méthode Jean Pain, etc.

      [parenthère sur les TCS : elles restent considérées avec pas mal de suspiscion par le courant bio actuellement majoritaire - celui qui focalise sur l’exclusion des produits de synthèse - car en TCS ça demande de la jouer finement si par exemple tu veux pas que la vesce te trolle la récolte de blé, ou si tu veux pas que le ray-grass intercalaire pousse trop vite et t’empêche de récolter le soja. Et comme tout ça dépend aussi de la météo et d’autres contingences logistiques, si tu rates la bonne fenêtre pour intervenir t’as plus qu’à y foutre du désherbant, et c’est là que ça clive : les TCSistes te diront qu’un coup de désherbant une fois dans l’année ça pèse pas lourd par rapport à l’aggradation du sol que le non-labour permet, et que labourer routinièrement est bien plus grave pour le sol en plus d’être 10 fois plus énergivore par surface (140 litres de gasoil par hectare pour un itinéraire de labour, 14 litres en TCS). Mais les tenants du bio majoritaire te diront que si t’en es rendu à balancer de la merde cancérigène sur ton sol c’est que tu fais fausse-route]

      2) le "signifiant" social de la viande
      Comme on le sait, pendant des siècles en Europe, la consommation quotidienne de viande était un privilège de riches, et elle est en train de le redevenir.
      Ce n’est que depuis quelques décennies qu’on surproduit de la viande indus (notamment bovine), mais c’est comme si du fait du privilège passé des riches, la conso quotidienne de viande était devenue, dans un premier temps pour les baby-boomers prolos, un signe extérieur de réussite sociale au même titre que le pavillon individuel. Et cette approche-là est encore vachement prégnante dans la génération suivante (nés dans les 1970s 80s), notamment chez les mecs. Combien de fois ai-je entendu "ah ça c’est de la vraie bouffe, pas un truc de nana" parce-qu’il y a une pièce de viande (on sentait qu’il allait dire “pas un truc de pédé” mais il s’est retenu en préférant étaler sa mysoginie plutôt que son homophobie cachée), ou alors “jamais je serai végé ça va pas, moi il me faut mon sauciflard/ mon steak/ etc” de la part de mecs qui sont capables de dire des trucs un peu plus argumentés sur d’autres sujets. #virilo-carnisme comme dit @mad_meg
      La barbaque quotidienne a remplacé “le pain quotidien” d’autrefois, avec cette espèce de valeur sacrée d’acquis intouchable qui distingue le prolo classe moyenne du pauvre. Dans une approche ou en avoir à chaque repas compte beaucoup plus que de savoir comment a grandi la bête et comment elle a été abattue.
      Et quand je vois se développer d’une part la promotion de l’élevage bio et/ou de label paysan, et d’autre part les techniques de producton de viande in vitro, dans cette période de gros accroissement des inégalités, je rejoins le propos de @monolecte : retour à l’ancien régime, avec la viande bio paysanne pour les bourges, et la merde indus et les maladies qui vont avec pour les pauvres.

      3) le “signifiant” social du véganisme me semble quant à lui moins univoque. Là où ton expérience des végans est farcie de pédants qui semblent se faire une identité avant-gardiste à base de leur régime alimentaire auto-perçu comme émancipateur, la mienne est celle de vieux punks qui ont occupé divers lieux en Pays Basque depuis les années 1980, où la cuisine collective et la débrouille font parte du quotidien, et où l’option végane est comme tu le notes la meilleure pour produire des repas collectifs bon marché et accessible à tou·tes. Je termine sur un cas d’occupation rurale, celui du village de Lakabe : les premières années tout le monde était peu ou prou végane, et ils atteignaient l’autonomie alimentaire (avec quelques excédents de blé selon les années). Plus tard les enfants ont demandé à avoir un peu de viande, et ils ont élevé des cochons, qui sont assez flexibles sur la bouffe et peuvent en théorie se contenter de trucs que les humains ne mangent pas, mais en pratique avec l’arrivée des cochons le village s’est vu contraint d’importer de la bouffe.
      Donc peut-être que dans certains cas ne pas avoir recours à l’élevage est un caprice de gens qui peuvent se permettrent de choisir, mais dans d’autres c’est une nécessité là où on ne peut pas se permettre de faire des caprices.

    • Merci @koldobika pour les précisions (qui dépassent largement mon niveau de connaissance du sujet). Ça m’étonnerait que Riesel fasse du solutionnisme ! Ce que je reproche à pas mal de monde, c’est de refuser que des gens vivent dans des environnements variés où il n’est pas possible de faire partout la même agriculture, et de penser que des expériences d’horticulture végane sont à imposer d’un bout à l’autre de la planète. J’ai vraiment entendu cet argument des gens de montagne, steppe ou désert qui devraient se considérer comme d’affreux colons qui seraient sortis de leur niche naturelle et devraient aller habiter comme « chez nous ».

      Je ne pense pas que les animaux non-humains soient à mettre sur un pied d’égalité avec les humains. Nous serions la seule espèce à le faire, et ce serait contradictoire avec le fait que nous serions une espèce comme les autres. Je préfère penser que nous avons des responsabilités envers le monde entier et pas seulement les animaux d’élevage.

      Sur le virilo-carnisme, bien d’accord, ça fait partie de la construction de la masculinité. Mais j’ai discuté de ça avec les gens d’une cantine wannabee végé qui essaient de faire venir tout le monde pour ne pas rester dans l’entre-soi et en y réfléchissant ils se sont rendu compte que ce qui comptait, pour plein de gens normaux, c’était de pouvoir mettre un coup de couteau parce qu’un truc mou (dahl ou purée) leur donnait l’impression de ne rien avoir mangé. Et des tartes convenaient aussi bien. Ils ont donc pensé à mettre un truc qui se coupe dans chaque menu. (Hier une copine me disait pareil de la nourriture en petits morceaux des woks asiatiques : des personnes d’autres cultures ont l’impression de ne rien avoir mangé si elles ne mangent que ça.)

      Bref, long débat et j’entends ton exemple de la communauté végane, bien différente de celle décrite dans Meat qui passaient la tondeuse et commandaient des quantités monstrueuses de tahin. Mais ils devaient avoir très peu de terres, non ? Ou avoir mal choisi leurs animaux ? Les poules mangent aussi bien des déchets, elles font des œufs qui semblent être le seul produit animal indispensable pour l’humain, et elles sont peut-être plus faciles à gérer qu’un gros cochon ?

      Sur l’argument des terres, là encore l’élevage permet d’utiliser plus de terres (pauvres ou montagneuses) alors ce n’est pas (on est d’accord) l’argument ultime, c’est plutôt : souvent oui mais pas forcément, ça dépend du type d’agriculture et de sols.

    • C’est vrai que c’est un peu bizarre de se lancer dans l’élevage de porcs comme ça alors que la volaille est beaucoup plus simple à gérer (en plus d’avoir de nombreux atouts par ailleurs) mais il y avait peut-être d’autres raisons qu’on ignore.
      Sur le semis sous couvert végétal, ça fait un peu solutionnisme là aussi, du genre tout le monde va passer à ça et tout va bien. Sauf que la réalité n’est jamais aussi simple (cf https://www.produire-bio.fr/articles-pratiques/techniques-culturales-simplifiees-couverts-vegetaux-on-bio). Je constate d’ailleurs que l’agriculteur mis en exergue est aussi éleveur et apiculteur, ce serait intéressant de savoir pourquoi il a aussi ça comme activités et ce qu’il fait des déchets organiques.
      Je me suis rappelé aussi de cet article qui résume pas mal de choses, avec pas mal de références quand il avance certaines idées (ce qui change de beaucoup d’articles qui parlent sans avancer la moindre étude/preuve) : https://www.jfdumas.fr/Stop-au-bourrage-de-crane-Le-mode-de-vie-vegan-n-est-ni-ecologique-ni-ethiqu
      Pour moi le problème principal reste que nous sommes omnivores et que la plupart des gens semblent mal supporter un régime végan, à partir de ce principe on est déjà mal sur l’idée de vouloir généraliser ça, au delà des considérations sur l’agriculture (qui est un point presque aussi important cependant). Les végan ont cependant raison sur un point : le végétarisme implique forcément d’exploiter des animaux et d’en tuer un certain nombre (mais ça reste un moindre mal).

      Je ne pense pas que les animaux non-humains soient à mettre sur un pied d’égalité avec les humains. Nous serions la seule espèce à le faire, et ce serait contradictoire avec le fait que nous serions une espèce comme les autres. Je préfère penser que nous avons des responsabilités envers le monde entier et pas seulement les animaux d’élevage.

      Notre responsabilité est celle de notre propre survie, ce qui implique normalement de respecter notre environnement. Il semble qu’on ait un peu de mal à appréhender ça, finalement comme toutes les espèces invasives qui finissent par crever d’avoir tout bouffer sans penser à préserver un minimum ce qui les nourrit.

    • Déprimant ! Je renchéris sur cette histoire de don et contre-don. D’abord c’est pas une lubie, c’est l’aboutissement d’années de pratiques et de recherches, d’observation de relations humain-animal. Pendant ce temps, Florence Burgat la philosophe antispé avoue ingénument qu’elle n’a jamais interrogé un éleveur. Ensuite ça n’empêche pas de se poser des questions. Baptiste du Pic Bois en parle bien dans le bouquin. L’abattoir mais aussi l’idée de contrôler la mort des animaux, la théorie du don lui semble juste sans le dédouaner.

    • Ouais enfin ya quand même un soucis très basique, car ok chez les intellectuels antispés yen a pas beaucoup qui ont interrogé des éleveurs (et encore moins des animaux), mais de l’autre côté :
      1) connaitre et interroger des éleveurs c’est indispensable pour en parler, mais de fait, ça sera toujours n’avoir que le point de vue des dominants, de ceux qui utilisent et tuent. Imagine-t-on parler de la relation hommes-femmes en ne connaissant que le point de vue des hommes ? Sauf que par principe, on ne saura jamais ce qu’en pense les animaux (y compris les antispés hein), ça ne sera toujours que des suppositions et de l’anthropomorphisme au final (« ils ont l’air de se plaire à ceci », « ils sont consentants pour cela »), et là je vois pas comment ça peut être un argument, dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs.
      2) par ailleurs des années de pratique et de recherche c’est bien, mais on peut parfaitement rechercher pendant des années en ayant déjà une lubie dans la tête, en ayant déjà une direction précise et ne faire que ça, donc ça n’est pas totalement un argument non plus (mais en partie, par rapport à ceux qui ne connaissent vraiment rien à ce monde)

    • Pour ma part je ne parle pas que des éleveurs et de recherche agronomique, il y a d’ailleurs un autre sujet important concernant ce sujet, à savoir que l’idéologie végane interdit toute utilisation d’animaux donc par conséquence toute traction animale. J’ai un couple d’amis qui fait de la polyculture, essentiellement du maraîchage mais aussi quelques poules essentiellement pour les œufs. Les poules ont d’ailleurs l’air assez à l’aise dans leur environnement, faudrait être sacrément de mauvaise foi pour dire le contraire. Pour cultiver leurs parcelles, ils ont besoin de leur âne pour tirer la charrue et sûrement d’autres choses (ils ne font pas de couvert végétal mais ce serait toujours tout aussi utile) car ils refusent toute mécanisation. Admettons qu’un vegan passe par là (chose improbable car comme je l’ai dit, au fin fond de la campagne ça n’existe quasiment pas), il va leur faire la leçon sur le consentement de l’âne et leur dire d’acheter un tracteur ? En fait si tout se passe bien, le veganisme n’existera plus dans plus ou moins 20 ans parce que le pétrole sera rationné et qu’on sera revenu en grande partie à une agriculture paysanne qui a ses contraintes propres et irréductibles.

    • @rastapopoulos, je ne dis pas que les éleveurs sont l’alpha et l’omega de la question mais que leur rapport aux animaux est très particulier et mérite l’intérêt des personnes qui interrogent cette relation.

      Par exemple, dans la lignée de Carol Adams il y a beaucoup de monde qui te dit que la consommation de viande, c’est masculin (culturellement, parce que biologiquement, c’est les femmes pendant la grossesse ou les règles qui ont le plus besoin de viande), donc l’élevage c’est masculin. Et des éleveurs montrent que c’est une activité de soin qui porte plutôt des valeurs considérées comme féminines. Ces malentendus, pour le dire poliment, c’est le résultat du refus d’aller voir comment font les autres.

      Quant au point de vue des animaux, tu le dis bien, personne ne le connaît. Mais enfin, les éleveurs que je rencontre me disent qu’ils voient bien ce que les animaux aiment et n’aiment pas, quand ils apprécient et quand ils refusent (d’aller ici ou là, de manger ci ou ça). Et que quand ils n’aiment pas, ça leur pose question. Il y a des nécessités qui déplaisent aux deux parties. Donc pour parler d’élevage, il faut avoir observé tout ça, la porte de la grange à aller fermer pendant l’orage à 3h du mat, comme dit Porcher, le trajet vers l’abattoir à 5h et l’abandon des animaux dans un lieu « qui pue la mort » comme dit Baptiste, les actes de soin, les actes de coercition. Ou il faut avoir demandé aux éleveurs comment ils le vivaient et avoir passé du temps à essayer de comprendre comment les animaux le vivaient.

      Et là, mystère. Un peu comme l’effet Koulechov, il est possible de mettre ce qu’on veut derrière un bêlement de chèvre...

    • C’est clair qu’on ne peut pas faire partout la même agriculture, ça va même à l’encontre d’une approche un tant soit peu écosystémique, qui observe comment tournent les cycles présents avant d’y insérer le nôtre.
      Du point de vue agronomique « quantitatif », le très gros point noir dans la question de la production animale au sens large c’est l’usage démesuré de terre arable pour la production de fourrage (plus des deux tiers de la SAU en Europe y est consacrée, notamment pour l’orge le maïs et le soja), au détriment de la production d’aliment consommable directement par l’humain.
      Une étude y a été consacrée il y a quelques années, et montre à quel point on gaspille, en terme de calorie finale consommée par hectare, des terres parmi les plus fertiles du monde (celles des latitudes moyennes de l’hémisphère nord en climat continental, MidWest US et Europe centrale pour faire court), pendant que l’Afrique et l’Asie intertropicales ne peuvent se permettre un tel luxe, et cultivent essentiellement des choses à consommer directement
      https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/8/3/034015/pdf

      En prenant le truc à la truelle, on a d’un côté des obèses qui gaspillent leur SAU pour produire du steak qui n’a jamais posé un sabot sur terre, et de l’autre 80% de l’humanité qui doit se démerder avec le peu qu’elle a. Et sachant qu’en termes d’impact écosystémique et climatique, une des actions à fort levier parmi les plus immédiates est d’adapter son régime alimentaire, sachant aussi qu’en moyenne 83% des émissions de GES liées à notre bouffe correspondent à sa production (donc tout au plus 17% au transport, si on ne compte pas le suremballage le gaspillage et le reste), le végan urbain qui cuisine au lait de coco a un impact GES final bien moindre que le babyboomer qui mange deux fois par jour du cochon hors-sol de Bretagne.
      Ceci est bien sûr schématique et s’accompagne de mille nuances (en premier lieu le fait qu’une part croissante des 80% de l’humanité forcée de se démerder avec le peu qu’elle a est aussi sous nos latitudes), mais la tendance de fond est celle-là.

      Concernant la SAU, elle ne regroupe pas (dans la plupart des estimations) l’ensemble de ce qui est à caractère agricole : il y a pas mal d’endroits où le sol est trop maigre, trop caillouteux, trop pentu, trop sec, trop acide etc. pour envisager d’y planter une fourche-bêche, mais que les animaux peuvent mettre à profit sans entrer en compétition avec la production de bouffe consommable directement. Si l’élevage d’herbivores à 4 pattes pouvait avoir lieu uniquement sur ce type de zones, ça serait déjà un énorme désengorgement pour le sol cultivable.
      Toujours concernant la SAU mondiale : elle se réduit comme peau de chagrin. Il y a une vingtaine d’années on en était à une moyenne de 2600m2 par humain, aujourd’hui je ne serais pas étonné qu’on soit en dessous de 2000. Manger de l’animal nourri avec des cultures fourrragères fait exploser cette valeur et fait directement ou indirectement pression sur les pauvres.

      [tout ce qui s’observe à l’échelle macro ne se transpose pas en micro, loin de là, mais en tout cas dans le cas présent ce mésusage de la terre arable correspond assez bien avec ce que j’ai connu des petites fermes à l’ancienne en polyculture et élevage https://seenthis.net/messages/196837#message197111 à savoir une perte d’énergie énorme due à l’élevage de grand bétail en grande partie nourri au fourrage. À l’époque la dépense d’énergie était directement subie par les rotules et les lombaires de l’éleveur (et de sa famille), depuis c’est le gasoil et les machines qui pallient, avec au passage le remplacement du fumier (utile au sol) par le lisier (majoritairement contre-productif pour le sol et néfaste pour le reste), et même si par la force des choses on commence mollement à revenir sur certaines erreurs, on est encore loin de la remise en question de la culture fourragère.]

      Je ne suis pas expert de chacune de ces questions mais en rassemblant ce que j’ai pu observer ça et là, un modèle qui donnerait à l’élevage (non-indus) une place à la marge dans les zones de plaine arable (par exemple pour mettre à profit des sous-produits comme le tourteau d’oléagineux), et une place centrale seulement dans les zones non arables, donnerait une sacrée marge de manoeuvre supplémentaire pour nourrir les humains. Ça revient peu ou prou à ce que @nicolasm appelle l’élevage par défaut, dont un des meilleurs exemples est l’association rizières + maraîchage + canard en Asie du Sud Est.
      Et en parallèle sortir du modèle indus (de façon concertée ou forcée par la pénurie énergétique), ce qui implique aussi « dé-remembrer » et refaire vivre plus de monde à la campagne et donc restaurer le réseau ferré + tous les services publics en conséquence, soit tout le contraire de la métropolisation à l’oeuvre depuis une quarantaine d’années... Bref on est pas rendus, et une fois de plus ce seront les mêmes qui paieront la facture.

    • même avis que @rastapopoulos concernant le « consentement animal ». J’ajouterais que dans la mesure où ce sont des espèces hautement modifiées depuis des millénaires par sélection humaine, et donc l’instinct animal a été fortement altéré (on peut même dire effacé concernant les races les plus récentes, crées par et pour l’industrie), même si on pouvait avoir accès à ce qu’elles pensent on ne pourrait en conclure à un consentement réel et éclairé.
      Mais plus pragmatiquement, comme le note @alexcorp avec la pénurie énergétique qui se profile, si on veut pouvoir ne serait-ce que transporter du bois de chauffage, ces questions éthiques passeront très probablement au second plan.
      Encore que, je viens de tomber sur ce texte (pas encore lu) sur le sujet https://www.terrestres.org/2019/03/05/vivre-avec-les-animaux-une-proposition-politique