• L’OGM est dans le pré - Isabelle Paré - 24 Mai 2019 - Le devoir(Canada)
    https://www.ledevoir.com/societe/environnement/555114/l-ogm-est-dans-le-pre

    Près de 25 ans après l’introduction des premières cultures OGM au Canada, les plantes trans-géniques règnent en maîtres dans les champs. Or, l’histoire démontre que leur dispersion dans l’environnement n’est pas sans risque pour tout le secteur agricole.

    Dans son coin du Lac-Saint-Jean, le producteur de grains biologiques Guillaume Dallaire, de la ferme Tournevent, est un des rares producteurs de canola biologique au Québec, encore suffisamment isolé pour pouvoir produire une récolte sans traces d’OGM.

    « On a été cherché nos grains dans un coin reculé de l’Ouest. Les variétés traditionnelles de la région ont été contaminées par le pollen qui se diffuse très facilement par le vent ou les insectes. Il faut s’éloigner de plusieurs kilomètres pour cultiver, se concentrer dans des zones forestières », explique ce producteur, le seul à opérer une huilerie de canola bio au Québec.

    Comme le village gaulois encerclé par l’armée romaine, les producteurs bio sont de plus en plus isolés au sein d’une mer de maïs, de soja et de canola transgéniques, et à risque de perdre leur certification en cas de contamination.

    Selon un rapport du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB), la contamination par des cultures génétiquement modifiées (GM) a rendu presque impossible celles d’espèces non GM dans certaines régions.

    En Saskatchewan, en sept ans, la presque totalité des cultures de canola naturelles a été contaminée par pollinisation croisée. En raison de son fin pollen transporté par le vent, les insectes et les animaux, le canola GM pose un risque accru de contamination.

    Encerclés
    Ici, de petits producteurs comme Guillaume Dallaire essaient tant bien que mal de résister à cette invasion.

    « On aimerait faire plus, car la demande pour le bio est là, mais il existe peu d’espaces libres de cultures GM. La contamination, c’est notre préoccupation constante. C’est le futur de notre huilerie qui est en jeu », soutient ce dernier.

    En 2016, pas moins de 90 % du canola cultivé au Québec était génétiquement modifié, ainsi que 84 % du maïs-grain et 64 % du soja, selon des chiffres du gouvernement.

    La superficie destinée aux cultures GM au Québec est cinq fois plus grande que dans l’Europe tout entière, affirme Guillaume Rehn, coordonnateur de Vigilance OGM, un organisme qui milite pour un suivi plus serré des OGM au Canada.

    Entre 2000 et 2018, la superficie des terres dédiées à la culture du maïs GM a triplé, et celle dévolue à la culture du soja GM a été multipliée par 10, totalisant 600 000 hectares de terres au Québec.

    D’un champ à l’autre
    Le maïs GM pose aussi un risque particulièrement élevé pour les producteurs de grains non GM ou bios, compte tenu de la volatilité de son pollen. « C’est difficile de m’isoler de mes voisins qui ont des cultures GM. Il faut des brise-vent, des bandes tampons d’autres plantes le long de mes champs », explique le producteur de grains bios Pierre Labonté.

    La contamination génétique menace non seulement les récoltes bios, mais aussi les semenciers, qui voient parfois leurs lots contaminés lors du stockage dans des silos ou lors du transport.
    Selon La Terre de chez nous, 50 % des échantillons non OGM testés en Montérégie par des producteurs bios contenait plus de 0,5 % d’OGM, alors que de 5 à 10 % en contenaient plus de 1 %. Un seuil suffisant pour « être déclassé » de la certification bio, ajoute M. Labonté, président du Syndicat des producteurs de grains biologiques du Québec.

    Ces producteurs doivent redoubler de prudence et faire analyser leurs semences avant les semis pour éviter l’introduction inopinée d’intrus GM dans leurs terres. Sinon, c’est toute leur production qui pourrait être vendue à un prix deux à trois fois inférieur.

    Aucun seuil de « traces d’OGM » à ne pas dépasser n’a été établi pour maintenir la certification bio, mais tous s’accordent pour dire que ces traces ne doivent pas excéder la barre de 0,9 %.

    « Quand on vend notre soja au Japon ou en Corée pour la consommation humaine, ils sont très exigeants. C’est l’acheteur qui a le dernier mot », affirme Pierre Labonté.

    Malgré la hausse de la demande pour les grains bios, la production demeure limitée par l’omniprésence des cultures GM sur le territoire, dit-il. « On n’est que 300 au Québec. On n’a pas un gros poids pour forcer les autres producteurs à faire attention à la contamination. Tout ce qu’on peut faire, c’est se protéger », dit-il.

    Un enjeu d’avenir
    Pour l’organisme Vigilance OGM, c’est toute la filière des cultures GM qu’il faudrait surveiller de plus près. Des lacunes survenues au fil des ans ont mené à de lourdes pertes, notamment pour les producteurs de lin canadiens qui ont perdu dans les années 2000, après une contamination, une part de leurs débouchés en Europe, où la culture de grains GM est interdite.

    L’approbation récente de la luzerne GM par le Canada, une vivace qui n’aurait plus besoin d’être plantée chaque année, fait aussi craindre le pire.

    « Ça veut dire une perte d’autonomie importante pour les producteurs qui cultivent leur propre luzerne pour nourrir leurs bêtes, croit M. Rehn. Sans compter le risque d’introduction dans la chaîne alimentaire, et celui que la luzerne naturelle finisse par être éradiquée. »

    #ogm #agriculture #monsanto #alimentation #semences #agrobusiness #santé #quelle_agriculture_pour_demain_ #environnement #multinationales #nature_/_ecologie #europe #agrochimie #génétique #agro-industrie #contamination

  • Le #Bangladesh, un exemple de #migration climatique - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2018/09/18/le-bangladesh-un-exemple-de-migration-climatique

    Pour faire face aux crises climatique et alimentaire, le gouvernement promeut des entreprises privées du secteur agro-alimentaire, plus d’investissements dans les #semences, des fertilisants et des équipements, en adoptant des semences hybrides et en imposant les #OGM au nom de la #sécurité_alimentaire. Le Bangladesh a déjà lancé la première culture d’OGM Brinjal en 2014. Une pomme de terre OGM est dans les tuyaux et le gouvernement a annoncé en 2018 des plans pour la commercialisation du premier riz génétiquement modifié Golden Rice. Ceci plutôt que protéger les paysans et encourager la petite #agriculture agro-écologique.

    La stratégie de la #Banque_mondiale et d’autres bailleurs de fonds internationaux pour la « sécurité alimentaire » gérée par les entreprises est risquée pour l’agriculture dans le contexte du changement climatique. Leur intérêt véritable, derrière cette politique, est de permettre aux entreprises transnationales de semences et d’#agrochimie d’accéder aux marchés agricoles du Bangladesh. Par conséquent, il est important de promouvoir les droits des paysans à des semences et d’autonomiser les communautés afin qu’elles puissent protéger leur propre mode de subsistance. Promouvoir la #souveraineté_alimentaire est la meilleure alternative pour la #politique_agricole actuelle au Bangladesh.

    #mafia #agrobusiness #climat

  • Seed diversity is disappearing — and 3 chemical companies own more than half | Salon.com
    https://www.salon.com/2018/09/16/seed-diversity-is-disappearing-and-3-chemical-companies-own-more-than-half

    Three-quarters of the seed varieties on Earth in 1900 had become extinct by 2015. In “Seeds of Resistance,” Schapiro takes us to the front lines of a struggle over the seeds that remain — a struggle that will determine the long-term security of our food supply in the face of unprecedented climate volatility.

    #extinction #graines #agrochimie

    • #biodiversité #monopole #industrie_agro-alimentaire #sécurité_alimentaire

      Livre:
      Seeds of Resistance
      Seeds of Resistance. The Fight to Save Our Food Supply

      An Eye-Opening Exposé of the Struggle to Control the World’s Seeds and the Future of our Food

      Ten thousand years after humans figured out how to stop wandering and plant crops, veteran investigative journalist Mark Schapiro plunges into the struggle already underway for control of seeds, the ground-zero ingredient for our food. Three quarters of the seed varieties on Earth in 1900 had become extinct by 2015. In Seeds of Resistance, Schapiro takes us onto the frontlines of a struggle over the seeds that remain, one that will determine the long-term security of our food supply in the face of unprecedented climate volatility.

      Schapiro reveals how more than half of all commercially-traded seeds have fallen under the control of just three multinational agri-chemical companies. At just the time when scientists tell us we need a spectrum of options to respond to climatic changes, thousands of seed varieties are being taken off the market and replaced by the companies’ genetically engineered or crack-baby seeds, addicted to chemical pesticides and herbicides from the day they are planted. Schapiro dives deep into the rapidly growing movement in the United States and around the world to defy these trends and assert autonomy over locally-bred seeds—seeds which are showing high levels of resilience to the onrushing and accelerating impacts of climate change.

      Schapiro applies his investigative and storytelling skills to this riveting narrative, from the environmentally stressed fields of the American Midwest to the arid fields of Syria, as conditions in the two start to resemble one another, to Native American food cultivators, who are seeing increasing interest in their ability to grow food in shifting conditions over thousands of years; from the financial markets that are turning patented seeds into one of the planet’s most valuable commodities to the fields where they are grown. Seeds of Resistance lifts the lid on the struggle, largely hidden from public view until now, over the earth’s most important resource as conditions on the earth shift above our heads and beneath our feet.


      https://www.skyhorsepublishing.com/9781510705760/seeds-of-resistance

  • How a Ragtag Group of Oregon Locals Took On the Biggest Chemical Companies in World — and Won
    https://theintercept.com/2018/09/15/oregon-pesticides-aerial-spray-ban

    THE PEOPLE WHO wrote an ordinance banning the aerial spraying of pesticides in western Oregon last year aren’t professional environmental advocates. Their group, Lincoln County Community Rights, has no letterhead, business cards, or paid staff. Its handful of core members includes the owner of a small business that installs solar panels, a semi-retired Spanish translator, an organic farmer who raises llamas, and a self-described caretaker and Navajo-trained weaver.

    #pesticides #agrochimie

  • Le premier procès du Roundup démarre à San Francisco
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/07/09/le-premier-proces-du-roundup-demarre-a-san-francisco_5328268_3244.html

    Le #Roundup est-il #cancérigène ? #Monsanto a-t-il volontairement caché la dangerosité de son #désherbant au #glyphosate ? Telles sont les questions qu’un #tribunal états-unien va devoir examiner, à partir de lundi 9 juillet. Un tribunal de San Francisco avait été saisi par un particulier atteint d’un cancer en phase terminale.

    Si des centaines, voire des milliers, de procédures sont en cours aux Etats-Unis contre le grand groupe d’#agrochimie, la plainte de Dewayne Johnson, un Américain de 46 ans qui a vaporisé du Roundup pendant plus de deux ans, est la première concernant le produit et ses possibles effets cancérigènes à aboutir à un #procès.

    Le procès s’est officiellement ouvert à la mi-juin avec la désignation d’un juge, mais les débats de fond ne commencent que lundi, après une série d’audiences techniques. Il est prévu pour durer au moins trois semaines à San Francisco.

  • Comment nourrir 10 milliards de bouches | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/nourrir-10-milliards-de-bouches/00083687

    Hors situations de crise humanitaire, la #malnutrition est pour l’essentiel un problème de #pauvreté au Sud et elle se concentre en milieu rural. Les trois quarts de ceux qui souffrent de la #faim appartiennent à des familles paysannes dont la production est à la fois très faible et très peu rémunérée, car concurrencée par des agriculteurs « modernes », incomparablement plus productifs. La lutte contre la faim nécessite ainsi de rendre le travail agricole plus attractif, dans un contexte où le développement des activités dans les services et l’industrie n’est pas suffisant pour absorber une main-d’oeuvre rurale sous-employée.[...]

    Au final, le potentiel d’accroissement de la production mondiale est réel, mais limité. Il est surtout incompatible avec une généralisation à l’ensemble de la planète du modèle alimentaire occidental, où un adulte consomme près de 80 kilos de viande par an : les surfaces que mobilise l’alimentation animale et les émissions de gaz à effet de serre associées à cet #élevage ne sont pas soutenables. Un système #agroalimentaire durable passe par une modération de la part de la #viande dans les assiettes, ce qui est aussi un enjeu de #santé publique, dans un monde qui pourrait compter bientôt autant d’obèses que de sous-alimentés.

    #démographie (l’éducation des filles, la formation des femmes font partie de la solution) #alimentation #agrochimie

  • Des OGM pour l’Afrique ? - RFI
    http://www.rfi.fr/afrique/20171217-bill-gates-genereux-donateur-climat-fondation-afrique-rechauffement-ogm

    L’autre grande annonce faite par Bill Gates à l’occasion du « One Planet Summit », est que « la #Bill_&_Melinda_Gates_Foundation va investir 300 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour financer la #recherche agricole qui aidera les fermiers les plus pauvres à s’adapter au changement des conditions climatiques. Cela concerne notamment la gestion, la protection et l’amélioration des cultures. » Une initiative reçue avec enthousiasme par ceux qui estiment qu’ils en seront les principaux bénéficiaires comme les pays africains, mais qui soulève aussi de nombreuses interrogations chez certains observateurs.

    La Fondation considère que les agriculteurs les plus pauvres qui subissent les conséquences de ces #changements_climatiques n’y sont pour rien. Ce sont les pays industrialisés qui ont émis ces #gaz_à_effet_de_serre, qui sont responsables de cette dégradation. Et comme l’a dit Bill Gates, au micro de RTL, à propos des paysans, « quand il y a de mauvaises récoltes, ils n’ont pas à manger et cela crée des problèmes de #malnutrition et de #famine… ». Une des solutions préconisées par la Fondation consiste à fournir de meilleures #semences aux agriculteurs des pays en développement, ajoutant : « Il faut leur donner de meilleures graines, des graines plus productives qui peuvent résister à la #chaleur à la #sécheresse. C’est ce que nous devons faire et c’est une très belle manière de leur éviter cette souffrance ». Une grande partie de cet argent va donc aller directement à la recherche pour obtenir des graines capables de répondre à tous ces critères.

    ...

    seulement 5% des subventions sont allées directement au continent africain. La moitié des #subventions sont allées à des organisations internationales et la plus grande partie des budgets de recherche ont financé des laboratoires américains . La Fondation a annoncé vouloir obtenir la mise au point de 400 variétés améliorées pour sortir de la famine 30 millions de personnes en Afrique.

    #ogm #agrochimie

  • La Commission européenne menace l’interdiction des néonicotinoïdes en France | Pollinis
    http://www.pollinis.org/la-commission-europeenne-menace-interdiction-des-pesticides-neonicotinoide

    Le 3 mai dernier, dans un document confidentiel, la Commission européenne a émis une « observation » critique du décret relatif à l’interdiction des néonicotinoïdes en France. En évoquant une violation des règlements européens, notamment la sacro-sainte liberté de circulation des biens et des marchandises, la Commission demande en substance aux autorités françaises de renoncer à cette interdiction.

    #pesticide #abeilles #agrochimie #pétition

  • Des experts européens ont sous-estimé des études sur les dangers du glyphosate | Sciences et santé - lesoir.be
    http://www.lesoir.be/1513080/article/actualite/sciences-et-sante/2017-05-29/des-experts-europeens-ont-sous-estime-des-etudes-sur-dangers-du-glyphosat

    Des études qui mettent en évidence le lien entre plusieurs cas de #cancer et le #glyphosate ont été sous-estimées par les agences d’expertise européennes. C’est ce que révèle Le Monde ce lundi soir.

    Le quotidien français cite une lettre de Christopher Portier, toxicologue et biostatisticien de renommée mondiale, adressée ce lundi au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. L’homme a eu accès à des études confidentielles sur le glyphosate transmises par des industriels aux autorités européennes.

    Selon Christopher Portier, certaines informations mettant en évidence des cas de cancer n’ont été prises en compte ni par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) ni par l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques). Ces agences « ont échoué à identifier tous les cas statistiquement significatifs d’augmentation d’incidence de cancers, dans les études menées sur les rongeurs », explique-t-il dans la lettre.

    #agrochimie #intoxication

  • La Commission européenne relance la procédure pour autoriser le glyphosate RTBF - Belga - 16 Mai 2017
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_la-commission-europeenne-relance-la-procedure-pour-autoriser-le-glyphosa

    La Commission européenne a décidé mardi de relancer la procédure visant à autoriser à long terme le glyphosate, substance herbicide très répandue dont la licence d’utilisation dans l’UE est contestée.

    Les commissaires européens ont donné leur accord pour "redémarrer les discussions avec les Etats membres sur un possible renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour 10 ans" , a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’exécutif européen.


    L’utilisation du glyphosate est devenue de plus en plus controversée dans l’UE, après une campagne active des défenseurs de l’environnement. La Commission européenne n’avait pas réussi à convaincre les Etats membres de renouveler la licence de l’herbicide, qui arrivait à expiration à l’été 2016.

    Elle avait alors décidé de la prolonger de 18 mois, dans l’attente d’un rapport de l’ECHA, l’agence européenne des produits chimiques. A la mi-mars, l’agence a écarté le risque cancérigène.

     « La Commission a pris en compte les dernières études scientifiques, en particulier la conclusion du Comité d’évaluation des risques de l’ECHA confirmant que la substance active ne devrait pas être classée comme cancérigène » , explique l’institution dans un court communiqué.

    Chaque Etat membre garde le droit d’autoriser ou non l’utilisation de pesticides à base de glyphosate sur leur territoire, rappelle-t-elle par ailleurs.

    La décision portant sur la licence du glyphosate se prend au sein d’un comité technique regroupant des représentants des Etats membres. Lors du dernier vote en date, fin juin 2016, deux pays, la France et Malte, avaient voté contre un renouvellement de l’autorisation, et sept s’étaient abstenus (Allemagne, Italie, Portugal, Autriche, Luxembourg, Grèce, Bulgarie), bloquant la décision.

    Après l’opinion de l’ECHA, l’Association européenne des fabricants de pesticides (ECPA, qui compte parmi ses adhérents Monsanto, Bayer, Dow, BASF, Syngenta...) avait dit s’attendre à ce que la Commission s’engage rapidement dans une nouvelle procédure de demande d’agrément pour 15 ans, soit une durée plus longue que celle effectivement envisagée par Bruxelles.

    Pour le député européen Verts Harald Ebner, "une nouvelle autorisation pour 10 ans sans restriction montre le peu de respect pour l’initiative citoyenne" qui a été lancée contre le glyphosate.
    Ce mouvement citoyen qui souhaite interdire la substance, réformer la procédure d’approbation des pesticides et instaurer des objectifs obligatoires de réduction dans l’utilisation des pesticides au sein de l’UE, a réuni près de 750.000 signatures en quatre mois, selon l’ONG Greenpeace.

    Les enjeux économiques sont importants : le glyphosate est l’ingrédient clé des herbicides les plus utilisés par les agriculteurs européens, notamment le Roundup de l’américain Monsanto, le plus vendu.

    #union_européenne #Bruxelles #UE #Commission_européenne #commissaires_européens #santé #herbicides #roundup #monsanto #glyphosate #lobby #roundup #santé_publique #conflits_d'intérêts #cancer #pollution #agrochimie #environnement #ECHA #Bayer #Dow #BASF #Syngenta #national_libéralisme
     

  • Monsanto enfin jugée par un tribunal… d’opinion - CNCD-11.11.11
    http://www.cncd.be/Monsanto-enfin-jugee-par-un

    Que faut-il attendre de cette initiative citoyenne visant à juger Monsanto ? De hauts magistrats internationaux et des juristes éminents sont appelés à motiver en droit un avis pour le 10 décembre 2016. Celui-ci aura pour finalité de constituer un mémo juridique à la disposition des associations environnementales et autres citoyens qui, à leur échelle nationale, cherchent réparation et soutiennent les victimes des agissements de Monsanto. Il s’agit également d’alerter les Etats et inspirer leurs juridictions à valoriser une nouvelle dynamique d’application ou de transformation du droit. Bien au-delà de la perspective de sensibilisation ou de pédagogie, la promotion de la notion juridique d’ « écocide » constitue plus que toute la finalité première. Mais l’introduction d’une nouvelle typologie de crime « permettant d’inculper des personnes morales et physiques soupçonnées d’avoir commis des atteintes à l’environnement et dont les impacts sont contemporains et concernent également les générations futures » [3] nécessite l’amendement du Statut de Rome qui a créée en 2002 la Cour pénale internationale (CPI)… Soit un processus à longs termes.

    #brown_tech #droit #justice #agrochimie #santé #pollution

  • Fusion Bayer-Monsanto : quelles conséquences ?
    http://www.mirador-multinationales.be/divers/a-la-une/article/fusion-bayer-monsanto-quelles-consequences

    Quand 2 des plus grosses entreprises de l’agrochimie fusionnent, on obtient un résumé de « l’idéal capitalistique » actuel :
    Des entreprises au-dessus de tout soupçon...

    Monsanto et Bayer étaient déjà parmi les entreprises les plus détestées du monde. La première fait même l’objet d’une marche mondiale annuelle pour dénoncer ses activités [10]. Il faut dire que le passif des deux géants de la chimie ne joue pas en leur faveur : OGM, agent orange utilisé lors de la guerre du Vietnam, Round Up, gliphosate [11] ont rendu tristement célèbre le semencier américain. Quant à Bayer il a par le passé rempli les chroniques des faits divers et scandales pour son implication dans des essais médicaux sur des déportés pendant la 2de Guerre Mondiale, la mise sur le marché de contraceptifs dangereux, la vente de néonicotinoïdes (accusés de causer la mortalité des abeilles) où pour ses négligences dans les scandales du sang contaminé.

    ...pour qui le brevetage du vivant n’est qu’une source de revenus à optimiser...

    Un autre intérêt de la fusion pour le nouvel acteur est à rechercher dans la propriété des brevets. En acquérant son concurrent Monsanto, Bayer met en effet la main sur les brevets appartenant à l’entreprise américaine. Un élément primordial dans un secteur où la possession des droits de propriété sur telle semence ou tel pesticide équivaut à un monopole, et permet donc de mesurer la puissance économique du groupe.

    ...qui savent exploiter les effets secondaires de la crise financière de 2008 et de son traitement par le « quantitative easing » (ou comment le sauvetage des banques aux frais des contribuables permet le financement des fusions/acquisitions des plus grosses multinationales)...

    L’économie mondiale est depuis plusieurs années en situation de surliquidités. Les sauvetages bancaires menés entre 2008 et 2010 et les « quantitative easing » pratiqués par les principales banques centrales de la planète – qui consistent en des rachats de dette (bons du Trésor, obligations d’entreprise), auprès d’acteurs financiers - ont conduit à une situation de surliquidités sur les marchés financiers. Une partie de ces liquidités se retrouve dans les trésoreries des banques, et des entreprises qui ont fortement réduit leurs investissements ces dernières années (la Banque centrale européenne rachète même depuis juin 2016 des obligations d’entreprises [3]). Elles doivent désormais être placées : une des options choisies est celle du rachat d’entreprise, en d’autres termes, des acquisitions.

    ...afin de permettre l’amélioration de la rentabilité des fonds de pension américains...

    On l’aura donc compris, l’opération présente des intérêts du point de vue de la croissance de l’entreprise et du pouvoir de marché que Bayer-Monsanto va acquérir. Une garantie de plus de profitabilité pour les années à venir, et donc de dividendes pour les actionnaires. Mais qui sont les propriétaires des entreprises de la chimie ?
    Comme pour la plupart des sociétés transnationales, les actionnaires sont des fonds d’investissement ou des fonds de pension qui doivent placer leurs liquidités (abondantes en ce moment, voir supra) afin de garantir des retours promis pour les déposants/cotisants. En s’intéressant d’un peu plus près à leur identité, on peut observer la présence des mêmes fonds dans presque toutes les entreprises.

    ...comme d’habitude au détriment des employés des entreprises fusionnées :

    Dans le jargon entrepreneurial, synergie signifie généralement que des doublons dans les sites de productions, la logistique, les services centraux ont été identifiés entre les deux entreprises et qu’ils pourront donner lieu à des coupes. Les fusions-acquisitions sont donc souvent synonymes de restructurations, et donc de perte d’emploi. La question du sort des travailleurs n’a pour l’instant pas été évoquée par les directions des deux entreprises, qui préfèrent axer leur discours sur la croissance des activités. Pourtant, ce genre d’opération n’est généralement pas neutre pour les travailleurs concernés.

    ...et d’une encore plus grande perte d’autonomie pour les paysans :

    70% du marché mondial des pesticides sera désormais entre les mains des 4 acteurs. Aux États-Unis, les 4 mêmes firmes représenteront 80% des graines de maïs commercialisées. Comme l’affirme Guy Kastler de la Confédération paysanne française, « en maitrisant l’ensemble de la filière, les firmes dictent aux paysans quoi faire, et comment le faire, et petit à petit, notre autonomie disparait. »

    #monsanto #bayer #ogm #chimie #agrochimie #semencier #monopole

  • Agriculture : et si on produisait plus avec moins de pesticides et d’engrais
    http://www.lemonde.fr/biologie/article/2016/06/27/l-agronomie-grandeur-nature_4959034_1650740.html

    Ils étaient près de quatre-vingts à avoir fait le déplacement. Quatre-vingts agriculteurs – céréaliers, éleveurs, apiculteurs – rassemblés, samedi 18 juin, au Centre d’études ­biologiques de Chizé (CEBC, CNRS-université de La Rochelle), dans les Deux-Sèvres, venus assister à la restitution annuelle des résultats du laboratoire. Silence attentif dans la salle de conférences de l’unité de recherche, installée au cœur de la forêt de Chizé. Ecoute attentive mais aussi étonnée, car Vincent Bretagnolle (CNRS) présente cette année un résultat stupéfiant. Le rendement économique des céréaliers peut être substantiellement augmenté – jusqu’à 200 euros par hectare de blé ! – en divisant par deux la quantité d’herbicides et d’engrais azotés épandus. La première question qui vient à l’esprit est : en les remplaçant par quoi ? « En les remplaçant par rien du tout », ­répond le chercheur.

    #paywall #agriculture

    • Ils étaient près de quatre-vingts à avoir fait le déplacement. Quatre-vingts agriculteurs – céréaliers, éleveurs, apiculteurs – rassemblés, samedi 18 juin, au Centre d’études ­biologiques de Chizé (CEBC, CNRS-université de La Rochelle), dans les Deux-Sèvres, venus assister à la restitution annuelle des résultats du laboratoire. Silence attentif dans la salle de conférences de l’unité de recherche, installée au cœur de la forêt de Chizé. Ecoute attentive mais aussi étonnée, car Vincent Bretagnolle (CNRS) présente cette année un résultat stupéfiant. Le rendement économique des céréaliers peut être substantiellement augmenté – jusqu’à 200 euros par hectare de blé ! – en divisant par deux la quantité d’herbicides et d’engrais azotés épandus. La première question qui vient à l’esprit est : en les remplaçant par quoi ? « En les remplaçant par rien du tout », ­répond le chercheur.

      Si les agriculteurs se déplacent chaque année aussi nombreux pour assister à la grand-messe du Centre d’études biologiques de Chizé, c’est aussi qu’ils sont, en quelque sorte, coauteurs des résultats présentés. Sans eux, rien ou presque ne serait possible. « La zone atelier Plaine et Val de Sèvre sur laquelle nous travaillons fait 450 kilomètres carrés, et recouvre plus de 400 exploitations agricoles, plus de 15 000 parcelles, explique Vincent Bretagnolle, le directeur de la zone atelier. Nous pouvons ainsi faire de l’expérimentation à l’échelle d’un territoire, “manipuler” les paysages pour explorer les relations entre la biodiversité et les activités agricoles, mais nous ne pouvons le faire qu’avec le concours des agriculteurs. »

      Les mauvaises herbes aussi aiment l’azote

      Cette participation à la recherche est enthousiaste et désintéressée. A chaque fois que les exploitants sont sollicités et qu’un surcroît de travail leur est demandé pour apporter leur concours à une ­expérience, un dédommagement financier leur est proposé. Mais dans l’écrasante majorité des cas, ils le déclinent.
      La zone atelier est un vaste damier sur lequel les chercheurs déplacent ainsi des pions : installer une prairie ici, retarder la fauche de la luzerne là, épandre plus d’azote ici et moins d’herbicides ailleurs… Et voir comment environnement et production agricole coréagissent.

      Le bric-à-brac du laboratoire, ce sont des sachets de thé enterrés, puis déterrés et pesés pour mesurer la capacité des sols à dégrader la matière organique, des bocaux d’échantillons de retour du terrain, des pièges à insectes bricolés à partir de fond de bouteilles plastiques.
      L’expérience phare présentée cette année, testant l’efficacité des herbicides et engrais azotés, est partie d’une idée simple. « Dans un champ de blé, l’agriculteur a deux outils de pilotage principaux : les herbicides et l’azote. Il met de l’azote pour avoir plus de blé et des herbicides pour avoir moins d’adventices [mauvaises herbes], raconte le chercheur. Mais lorsqu’il met de l’azote, les adventices l’utilisent aussi. Notre idée a donc été de chercher à étudier la compétition qu’il pouvait y avoir entre le blé et les adventices. » Dans une première étude menée en 2007, 150 parcelles de 30 exploitations de la zone atelier ont été enrôlées. L’échantillon balaie tout le spectre des pratiques, depuis les plus gros utilisateurs d’herbicides et d’azote jusqu’à des agriculteurs bio n’utilisant ni l’un ni l’autre. Une première analyse corrélative, à paraître dans une revue internationale, suggère qu’une réduction des herbicides ne semble pas avoir d’impact important sur les rendements.

      Pour achever la démonstration, les chercheurs sont allés plus loin : ils ont demandé aux agriculteurs de diviser leurs parcelles en huit sous-parcelles et de faire varier les paramètres : présence ou absence de culture, quantités variables d’azote et d’herbicides utilisés, etc. Les résultats de ces travaux, en cours de finalisation, suggèrent qu’une réduction couplée d’azote et d’herbicides ne conduit à aucune baisse de rendement. Et l’intégration de ces données dans des modèles économiques montre des gains économiques importants. « Ce que l’on montre, grosso modo, c’est que les herbicides font baisser la diversité d’adventices en détruisant bien plus les espèces rares que les espèces les plus communes qui portent, elles, préjudice aux cultures », explique Vincent Bretagnolle.

      Pour la première fois en plein champ

      Piege de type Barber, enterré dans le sol, il recueille les insectes rampants. Centre d’études Biologique de Chizé (CEBC).

      Reste une question : pourquoi, si ces résultats sont valides, les agriculteurs persistent-ils à utiliser autant d’intrants ? « En station, dans des conditions ultracontrôlées, les instituts techniques trouvent des résultats à l’opposé, constate en effet le chercheur. Mais ces conditions ne sont jamais remplies en plein champ, en conditions réelles. C’est tout l’intérêt de travailler comme nous le faisons, à l’échelle du paysage, en tenant compte de toutes les diversités de comportements des agriculteurs, des différents environnements, etc. » Aussi incroyable que cela paraisse, de tels essais, grandeur nature, « n’avaient au­paravant jamais été menés en plein champ », précise Vincent Bretagnolle.

      En milieu contrôlé, les problèmes sont considérés et traités un par un, indépendamment les uns des autres. « Or les systèmes écologiques sont des systèmes complexes. Si on prend l’exemple très simple d’une proie et de son prédateur étudiés en système clos, le résultat de toute expérience ou de toute modélisation est très simple : l’un puis l’autre disparaissent, illustre le chercheur. Mais dès lors que ce système confiné est connecté à un autre système, la proie et le prédateur persistent. Et plus on connecte les milieux, plus l’espace est continu, plus les résultats divergent de ce que l’on trouve dans un environnement clos et simplifié à l’excès. » Dans la vie réelle, la complexité de l’écosystème s’impose.

      Plus de pollinisateurs, plus d’oléagineux

      La destruction – pour une grande part inutile – des adventices a-t-elle un effet direct sur d’autres compartiments de l’écosystème ? A l’évidence. « Entre la floraison du colza et celle du tournesol, les abeilles et les pollinisateurs en général sont confrontés à une forme de disette, explique Clovis Toullet, chercheur associé au dispositif Ecobee, mis en place par l’INRA et hébergé par la zone atelier. Au cours de cette période, ce sont précisément les adventices qui permettent de nourrir les abeilles. » Les cinquante ruches du dispositif sont placées aléatoirement dans la zone atelier et servent d’observatoire de la qualité de l’environnement : les principaux paramètres de chaque colonie sont régulièrement mesurés – mortalité et démographie, taille du couvain, production de miel, présence de pathogènes ­naturels, type de pollen rapporté. Ainsi, il a été possible de montrer que c’est une adventice (par ailleurs élégante), le coquelicot, qui fournit à ­certaines périodes de l’année jusqu’à 60 % de leur pitance aux ruches.

      Bocaux d’échantillons revenant du terrain. Centre d’études biologique de Chizé (CEBC).

      Eradiquer trop d’adventices, c’est donc affaiblir les colonies d’abeilles et les pollinisateurs sauvages. C’est, en conséquence, prendre le risque de faire chuter les rendements des cultures de tournesol et de colza avoisinantes. C’est un des autres grands résultats obtenus à Chizé. Mais l’expérimentation est délicate : il est impossible de manipuler finement la quantité d’abeilles ou de pollinisateurs – on en dénombre près de 250 espèces sur la zone atelier – qui fréquentent un champ d’oléagineux. Les chercheurs ont donc procédé autrement. Sans se laisser intimider par l’ampleur de ce travail de fourmi, ils ont arpenté des champs de colza et de tournesol, et ont « ensaché », à la main, les fleurs de certaines parcelles avec des tulles aux mailles de tailles diverses. Certaines laissent passer les plus petits pollinisateurs, mais arrêtent les plus gros comme les abeilles ou les bourdons. D’autres interdisent l’accès des fleurs à tous les insectes, ne laissant que le vent faire le travail de pollinisation.

      Piège à pollinisateurs, remplis d’eau salée et de savon, et fixés dans une parcelle, ils attirent entre autre les abeilles qui restent piégées. Centre d’études biologique de Chizé (CEBC).
      Résultat : confirmant des travaux précédents, publiés par d’autres équipes, les chercheurs du CEBC montrent que l’augmentation de l’abondance de pollinisateurs peut augmenter les rendements du tournesol de 20 % environ. « Sur le colza, ajoute M. Bretagnolle, augmenter d’un facteur dix l’abondance de pollinisateurs peut faire grimper le rendement de 34 %, ce qui est consi­dérable. » Réputés se contenter du vent pour leur pollinisation, les oléagineux bénéficient donc grandement des services rendus par les abeilles, bourdons et autres papillons. Contrairement à une idée très ancrée, maraîchage et arboriculture ne sont pas les seuls à tirer parti de la pollinisation : certaines grandes cultures lui sont redevables également.

      Le bio bénéficie-t-il au conventionnel ?

      D’où les bénéfices rendus par les zones ou les systèmes agricoles qui permettent aux pollinisateurs de s’alimenter et de survivre. Et en particulier les prairies où la diversité florale est importante, ou encore les parcelles conduites en agriculture biologique. Mais là encore, la recherche à l’échelle du paysage complique tout. Les travaux menés sur la zone atelier ont ainsi montré que la diversité florale d’une parcelle dépend autant du mode d’agriculture pratiqué dans la parcelle elle-même que des modes d’agriculture adjacents. « Typiquement, on trouve en moyenne une di­versité d’espèces florales deux fois supérieure sur les parcelles conduites en agriculture biologique, par rapport à ce que l’on trouve dans celles ­conduites en conventionnel, dit ainsi Sabrina Gaba, chercheuse au Laboratoire agroécologie de l’INRA, à Dijon, et qui travaille sur la zone atelier. Mais nous avons montré que les effets du paysage comptent énormément : la diversité est ­augmentée dans les paysages riches en parcelles bio et cette plus grande richesse est essentiellement le fait de la présence d’espèces rares, donc sans impact attendu sur la production agricole. »

      Feuille de graines, placée dans une parcelle et relevée quelques jours après, le delta des graines manquante permet d’évaluer la présence de prédateurs. Centre d’études biologique de Chizé (CEBC).

      Forts de ce constat, les chercheurs vont tester une hypothèse : l’existence d’externalités positives de l’agriculture biologique – c’est-à-dire de bénéfices collatéraux dont profiteraient les parcelles conventionnelles adjacentes. L’hypothèse est plutôt à contre-courant des idées dominantes, qui considèrent que les champs bio, moins traités, sont des réservoirs à ravageurs et à pathogènes et qu’ils portent plutôt préjudice à leur entourage. « Nous allons tester cela sur la zone atelier, en cherchant à savoir si l’agriculture biologique a, au contraire, un effet bénéfique sur les autres parcelles en servant de refuge à des pollinisateurs ou à des organismes auxiliaires, par exemple susceptibles de faire du biocontrôle [c’est-à-dire de la prédation des ravageurs] », ­explique Sabrina Gaba. Soixante carrés de 1 kilomètre de côté ont été sélectionnés dans la zone atelier. Dans chaque carré, une proportion variable de surfaces conduites en agriculture biologique, de 0 % à 80 %, et trois parcelles-cibles à étudier : l’une en blé bio, une autre en blé conventionnel et une dernière en colza ou tournesol conventionnel.

      Les résultats escomptés permettront de déterminer si l’agriculture bio a un effet bénéfique sur les parcelles adjacentes et, peut-être, d’estimer le bénéfice économique qu’en ont tiré – sans le ­savoir – les agriculteurs conventionnels.
      Rémanence de certains pesticides

      Pour cela, il faut aussi écarter tous les facteurs possibles de confusion. Et connaître finement toutes les pratiques des agriculteurs de la zone. Etre capable de savoir quels types d’intrants ont été utilisés, quand et en quelles quantités. C’est un gigantesque travail de porte-à-porte et d’indexation. Tout l’historique des 15 000 parcelles de la zone atelier est dûment enregistré depuis la création de la zone atelier, voilà vingt-deux ans. L’effort pourrait sembler disproportionné en regard du bénéfice scientifique attendu : à quoi bon savoir ce qui s’est passé quelques années plus tôt sur une parcelle ?

      Tubes de rangement d’insectes (Centre d’études biologique de Chizé (CEBC).

      L’information ne permet pas seulement de suivre sur le long terme l’impact environ­nemental ou agronomique de la rotation des cultures. Il devient utile pour évaluer la rémanence de certains pesticides. En 2013 et 2014, les chercheurs du CEBC ont mené une expérimentation sur du colza traité au thiaméthoxame (un néonicotinoïde). L’un des préalables à l’étude était de contrôler les quantités de substances retrouvées dans le pollen et le nectar des plantes traitées. « Or nous avons eu la surprise de dé­couvrir également de l’imidaclopride, un autre néonicotinoïde auparavant utilisé sur le blé, dit Fabrice Allier, ingénieur à l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation et associé au centre de Chizé. Parfois, on voit que du blé Gaucho [nom commercial du blé dont les semences ont été enrobées d’imidaclopride] a été planté il y a plusieurs années, mais que des résidus d’imidaclopride persistent dans le nectar et le pollen du colza planté aujourd’hui sur les mêmes parcelles. »

      Effondrement massif des insectes

      La découverte, publiée à l’automne 2015 dans la revue Proceedings of the Royal Society B, est d’autant plus surprenante que les taux d’imidaclopride retrouvés dans ces plantes mellifères, très attractives pour les abeilles, excèdent parfois les taux de thiaméthoxame détectés – molécule avec laquelle elles ont pourtant été traitées ! Les mécanismes de rémanence, de remobilisation et de transport de ces substances dans l’environnement sont encore peu connus. Un manque de connaissance fort dommageable, les néonicotinoïdes étant suspectés de produire des effets délétères de grande ampleur sur ­l’ensemble de la biodiversité – le cas de l’abeille ­domestique étant le plus médiatisé.

      Sachets de thé ayant passé entre un et deux mois à 7 cm sous le sol afin de mesurer la capacité du sol à dégrader la matière organique, ils sont pesés avant et après l’expérience. Centre d’études biologique de Chizé (CEBC).

      Malgré la forte implantation d’agriculteurs bio – près du double du niveau national – et malgré les dispositifs de maintien de la biodiversité rendus possibles par son classement Natura 2000, d’importants dégâts se font sentir dans la zone atelier. Ils sont en accélération, et Vincent Bretagnolle suspecte l’impact des « néonics ». « Les derniers chiffres qui ont été publiés et qui montrent une augmentation récente de leur utilisation d’environ 30 % correspondent bien à ce que l’on voit dans la zone atelier, s’alarme le chercheur. Depuis 2012-2013, on assiste à un effondrement massif des insectes. Les populations de carabes, un petit scarabée qui est ici l’espèce la plus commune et qui remplit d’importantes fonctions écosystémiques, ont chuté de 90 % en vingt ans. Cette tendance, on peut l’observer sur un grand nombre de taxons [catégories d’êtres vivants] : pour l’alouette des champs, pour le campagnol, on est sur un rythme comparable d’effondrement. C’est très inquiétant. »

      Le plus déprimant, pour les chercheurs, n’est pourtant peut-être pas tant de documenter le désastre que de produire des connaissances dont les décideurs semblent n’avoir que faire…

  • Air : les pesticides sont présents, à la campagne comme à la ville
    http://www.actu-environnement.com/ae/news/air-pollution-pesticides-campagne-ville-26783.php4

    Des pesticides sont présents dans l’air toute l’année, que ce soit en ville ou en zone rurale. Néanmoins, le nombre de pesticides mesurés dans l’air et les teneurs déclinent depuis près de dix ans. Si la problématique reste principalement agricole avec une période « chargée » au printemps, l’enjeu pour les zones urbaines est tout aussi important puisqu’on y détecte autant de molécules qu’en zone rurale.

    Tels sont les principaux résultats d’une campagne de mesures des pesticides dans l’air en région Ile-de-France, rendus publics ce mercredi 11 mai par Airparif. Intitulée « Pesticides des villes, pesticides des champs », l’étude se base sur des mesures réalisées sur un an en ville (18ème arrondissement de Paris) et en milieu agricole (Bois-Herpin en Essonne). Un premier document présente l’état des connaissances et un second les résultats de la campagne réalisée en 2013 et 2014.

    #pesticide #herbicide #fongicide #agrochimie

  • In the wake of “El Niño massacre”, Green Revolution a failure, Filipino farmers still hungry
    https://www.grain.org/bulletin_board/entries/5419-in-the-wake-of-el-nino-massacre-green-revolution-a-failure-filipino-farm

    On IRRI’s 56th anniversary, farmer-scientist group MASIPAG called on the institution to immediately shut down its operations in the Philippines as it failed miserably to address the impacts of climate change resulting to deeper hunger and poverty. Last Friday, farmers coming from North Cotabato and nearby provinces in Mindanao held a barricade in Kidapawan City to call for rice subsidy as most of the farms were affected by the drought brought about by #El_Nino. Instead of addressing the farmers concerns, the protest was met by gunfire, with three farmers confirmed dead and scores of farmers, and possibly women and children, wounded.

    “IRRI for 56 years fave failed the Filipinos! For many decades it has lured the farmers in using modern but high-input rice varieties that will supposedly ease the hunger of farmers. It did not even contented itself with its first Green Revolution, it is now promoting a Second Green Revolution purpotedly to address the effects of climate change on rice. But none of these grandiose projects has really lifted the lives and livelihood of the farmers. The Filipino farmers are still among the poorest and hungry among Asia” said Dr Chito Medina, national Coordinator of farmer-scientist group MASIPAG.

    MASIPAG calls for the immediate closure of IRRI stating that the first Green Revolution wreaked havoc among the Filipino farmers. Thru the Green Revolution, farmers incurred huge amouts of debts as IRRI shifted the farmers sustainable agriculture practices into dependency to expensive external inputs such as modern seeds and chemical fertilizers. The small farmers were left behind, as huge agrochemical TNCs and local businessmen gained and reaped the profit from the sale of seeds and other off-farm inputs such as chemical fertilizers and pesticides. With the Green Revolution, the farmers became entrapped with the high-cost and chemical-intensive agriculture system made worse by the abuse of loan sharks and huge rice cartels. In the end, the farmers who have been feeding the nation are food and financially poor.

    “Erosion of rice genetic diversity was drastic, with rice varieties in Philippines totaling to more than 4,000 were wiped-out and replaced by a few high-input varieties with narrow genetic bases. Rice varieties that have been part of the Filipino culture, whose traits that we as a country may benefit in this worsening climate, are now secured and controlled by IRRI. They are the ones who are profiting and gaining from our rice varieties” said Carlito Seguiro, MASIPAG’s Chairperson and farmer-leader in the province of Negros.

    #Philippines #riz #brevet #semence #agrochimie #pauvreté #faim #révolution_verte

  • Syngenta : la presse souligne les ambitions de l’Empire du Milieu

    Pour les médias chinois, l’offre d’achat du groupe agrochimique suisse Syngenta par la société publique #ChemChina illustre la volonté du pouvoir à Pékin de ne pas se contenter uniquement des marchés dans les pays émergents.

    http://www.swissinfo.ch/fre/vu-de-chine_la-presse-souligne-les-ambitions-de-l-empire-du-milieu/41937926?srg_sm_source=hoot&srg_sm_medium=soc&srg_sm_campaign=general
    #globalisation #Chine #Suisse #multinationales #agriculture #agroindustrie

  • La viticulture victime des pesticides.
    http://www.vitisphere.com/breve-73310-Phytosanitaires-le-Luna-privilege-suspecte-de-provoquer-des-

    Phytosanitaires : le Luna privilège suspecté de provoquer des dégâts sur vigne

    Le fabricant de produits phytosanitaires Bayer CropScience a des ennuis avec l’un de ses fongicides, le « Moon privilege », autrement appelé le « Luna privilege ». Cet anti-botrytis, dont la matière active est le tout nouveau « fluopyram », a causé des dégâts dans les vignobles de quatre pays européens – Suisse, Autriche, Italie et Allemagne, dans une moindre mesure – mais les surfaces concernées ne sont pas encore connues (ou communiquées ?).

    #agrochimie #pesticides #fongicides

  • A #Hawaï, poisons de paradis
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/03/poisons-de-paradis_4646102_3244.html

    Klayton Kubo vit de pêche et de travaux de peinture et, depuis dix ans, il a pris le sentier de la guerre. Les firmes Pioneer et Syngenta ont installé leurs laboratoires de chaque côté de Waimea, prenant le village en tenaille. Il se méfie de leurs manœuvres et de leurs avocats. « Ils n’ont aucun respect pour nous », se désespère-t-il. Il venait de repeindre sa maison, en 2000, quand elle a été recouverte d’un épais nuage rouge. Il a demandé des explications à Pioneer, qui lui a rétorqué « secret industriel ». Depuis, il se heurte au même mur. « Je n’ai pas de diplôme, je ne parle pas comme leurs ingénieurs mais je sais qu’ils répandent ici des quantités massives de poison. » Le militant soulève ses lunettes noires, pour montrer ses yeux rougis. « Et ne croyez pas que je consomme de la marijuana ! »

    #agrochimie #gangsters #criminels #pesticides

    Merci Le Monde de mentionner le nom de l’artiste qui a fait ce dessin

  • La feuille Charbinoise » « Plus tu possèdes d’épices, plus grande est ta richesse… »
    http://www.lafeuillecharbinoise.com/?p=11717

    « Plus que jamais, il convient de repenser les fonctions et la place de l’#agriculture dans la #société. Il faut redonner aux actifs agricoles leur rôle #social, économique et écologique, afin de considérer la production agricole dans sa #globalité. L’agriculture paysanne a l’ambition de répondre à cet objectif. » Je lis cette déclaration de principe, à laquelle je souscris entièrement, sur le site de la FADEAR, Réseau de l’Agriculture Paysanne, une structure regroupant, entre autres, des militants de la Conf’, ayant pour objectif de promouvoir le développement de l’agriculture paysanne. Nous avons découvert avec plaisir le travail qui se faisait dans de nombreuses petites exploitations familiales au Kérala. Deux mondes se côtoient, s’ignorent parfois mais s’affrontent aussi souvent : celui des fermes traditionnelles (où l’on met en œuvre des pratiques innovantes) et celui des plantations industrielles (riz, thé, café…) où l’on s’acharne à appliquer les préceptes de l’#agrochimie intensive. Dans un cas ce sont les paysans qui sont aux commandes ; beaucoup d’entre eux sont soucieux de la qualité de leur démarche ; dans l’autre ce sont souvent de riches propriétaires peu scrupuleux, veillant surtout à aligner des colonnes de chiffres dans leurs livres de comptes. On a fait danser les paysans indiens sur la gigue de la « Révolution verte » ; certains ont refusé de rentrer dans le bal ; d’autres ont accepté. Le réveil est difficile et la gueule de bois lourde de conséquences. L’emploi massif de semences hybrides, puis de #semences #OGM, le recours de plus en plus fréquent aux #pesticides, les quantités croissantes d’engrais chimiques nécessaires ont ruiné bien des sols et poussé bien des agriculteurs indiens au suicide. Cela est vrai surtout dans les grandes zones céréalières de l’Inde, mais les petits états comme le Kérala n’échappent pas au problème, même si la structure paysanne traditionnelle a mieux résisté qu’en d’autres endroits. Les « jardins familiaux » comme on les appelle souvent occupent encore 25% de la surface cultivée de la province.

    #paysannerie #démocratie #exploitation

  • How does the Gates Foundation spend its money to feed the world?
    http://www.grain.org/article/entries/5064-how-does-the-gates-foundation-spend-its-money-to-feed-the-world
    Pas encore lu

    The #Gates_Foundation is arguably the biggest philanthropic venture ever. It currently holds a $40 billion endowment, made up mostly of contributions from Gates and his billionaire friend Warren Buffet. The foundation has over 1,200 staff, and has given over $30 billion in grants since its inception in 2000, $3.6 billion in 2013 alone.2 Most of the grants go to global health programmes and educational work in the US, traditionally the foundation’s priority areas. But in 2006-2007, the foundation massively expanded its funding for agriculture, with the launch of the Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA) and a series of large grants to the international agricultural research system (CGIAR). In 2007, it spent over half a billion dollars on agricultural projects and has maintained funding at around this level. The vast majority of the foundation’s agricultural grants focus on Africa.

    #philantropie #fondation_Gates #paysannerie #agriculture

  • L’image-Tartuffe ; esthétique de l’#agrochimie… | Parergon
    http://culturevisuelle.org/parergon/archives/2074

    Un récent article de La nouvelle revue du travail, consacré aux agriculteurs victimes des #pesticides, soulignait la manière dont les industriels de la chimie phyto-sanitaire, réunis en un groupe de pression finement baptisé UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes) étaient passés maîtres dans l’art de détourner l’image de leurs victimes à leur propre profit, en accompagnant leur démarche.

    Dans la galaxie des 21 entreprises agrochimiques qui composent l’UIPP, la palme de la tartufferie icnonique revient sans doute à la plus célèbre de toutes, Monsanto, et à la manière dont elle enfile le costume de défenseur des abeilles alors même que de nombreuses études scientifiques pointent le rôle des pesticides et des OGM dans le phénomène du CCD , (Colony Collapse Disorder / disparition des colonies d’abeilles), observé depuis la fin des années 90 en Europe et aux Etats-Unis.

    Si vous arrivez sur le site de la multinationale américaine, reine des pesticides et des OGM, en provenance de la liste des membres de l’UIPP, vous serez accueillis par une imagerie campagnarde bon teint, aux couleurs mordorées, qui interpellera l’ami des abeilles qui sommeille en vous en lui posant la question suivante :


    via @cdb_77 #bad_market

  • #Soja 2,4 D : guerre menée contre les paysans
    http://www.grain.org/article/entries/4948-soja-2-4-d-guerre-menee-contre-les-paysans

    Les multiples tentatives de Dow AgroSciences d’obtenir l’approbation de variétés de soja résistantes à l’herbicide 2,4 D sont devenues particulièrement agressives au cours des derniers mois. Elles sont menées simultanément dans plusieurs des pays qui avaient accepté l’introduction des transgéniques dans la décennie 1990.

    Ces pressions pour faire approuver ces variétés transgéniques font partie d’une nouvelle offensive de l’#agrobusiness dans le cadre de sa stratégie pour rendre le monde agricole toujours plus dépendant de ses produits #agrotoxiques et ainsi augmenter la vente d’herbicides et les profits. L’expérience de l’introduction des variétés RR (Roundup Ready, résistantes au glyphosate) dans les années 1990 tend à se répéter maintenant avec des herbicides encore plus toxiques et dangereux, et dans bien des cas anciens et sérieusement remis en question.

    #agrochimie #ogm