• Le #Défenseur_des_droits s’inquiète du recul des #services_publics et évoque « la fatigue d’être usager »
    https://www.banquedesterritoires.fr/le-defenseur-des-droits-sinquiete-du-recul-des-services-publics

    Le rapport annuel présenté ce 12 mars par Jacques Toubon montre que pas moins de 93% des réclamations traitées par le Défenseur des droits sont liées aux services publics. Il pointe la réduction du périmètre de ces services, leur logique comptable peu compatible avec la #précarisation d’une partie des usagers, la complexité des démarches... Le Défenseur jette par ailleurs un jugement sévère sur la « politique de renforcement de la #sécurité ».

    #libertés_fondamentales #déontologie_de_la_sécurité #droit_des_étrangers #immigration #inégalités_territoriales #État #Sécurité_sociale #aide_sociale #restrictions_budgétaires #relations_administration_usagers #dématérialisation #exclusion_numérique #discrimination #handicap #éducation #droit

    Le rapport : https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/raa-2018-num-19.02.19.pdf


  • Fins de mois difficiles, impayés, vente de patrimoine... Des familles asphyxiées face au « coût faramineux » des Ehpad, Béatrice Jérôme
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/27/de-tres-chers-parents-dans-de-trop-chers-ehpad_5428949_3224.html

    Pour une personne âgée sur deux, la facture s’élève à au moins 1 850 euros par mois. Parfois, les liens familiaux n’y résistent pas.

    Parfois, les liens familiaux n’y résistent pas. « Nous formions jusqu’à ce jour la famille modèle, très soudée, très solidaire, raconte Thierry Dormeau, 50 ans, contrôleur de gestion en Seine-et-Marne. Il aura suffi de trois mois pour que ce bonheur soit détruit. » Pauline, sa mère, souffre d’Alzheimer. Fin 2016, il a dû se résoudre à l’installer, à 83 ans, dans une maison de retraite proche de chez lui.
    Très vite, entre les quatre enfants de Pauline, la brouille a éclaté. Invoquant des dettes, des fins de mois plus difficiles, deux d’entre eux n’ont ni voulu – ni pu – partager la facture de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (#Ehpad), qui s’élevait à plus de 1 200 euros mensuels. Les impayés se sont accumulés. Aujourd’hui, l’établissement réclame plus de 11 000 euros. Quant à Pauline, elle est placée sous #tutelle depuis neuf mois et l’établissement souhaite son départ. « Je verse 300 euros par mois à l’Ehpad, 10 % de mon salaire, confie Thierry Dormeau, qui n’a pas les revenus suffisants pour consentir un effort supplémentaire. J’attends, inquiet de savoir qui va payer le dû final. C’est l’engrenage du système qui a détruit notre fratrie. »

    Vente de leur patrimoine

    Comme M. Dormeau, ils sont une quarantaine à avoir répondu à l’appel à témoignages lancé sur le site du Monde, début février, sur le casse-tête du financement du séjour d’un parent en maison de retraite. Autant de récits qui montrent des familles soudées plus souvent qu’elles ne se divisent. Mais qui vivent toutes des affres financières face au coût « faramineux » des Ehpad au regard de leurs ressources.

    Le « #reste_à_charge » dont doivent s’acquitter les 585 560 personnes âgées qui vivent dans ces établissements est parmi les plus élevés d’Europe.

    « Les plus mal loties sont les classes moyennes inférieures, qui ne sont ni assez pauvres pour avoir des aides sociales, ni assez riches pour faire face au coût. En somme, les catégories modestes, profil type des “gilets jaunes” ! », observe Serge Guérin, sociologue, spécialiste du vieillissement.

    Pour une personne âgée sur deux, la facture d’un Ehpad s’élève à au moins 1 850 euros par mois, selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la santé (Drees), publiée en novembre 2018. Alors que le montant moyen des #retraites était d’environ 1 500 euros net mensuels, fin 2016. La majorité des résidents a donc une retraite inférieure au coût du « reste à charge ».

    L’enquête de la Drees révèle aussi que seul un tiers des personnes en Ehpad dispose de revenus ou d’aides sociales suffisants pour payer. Les deux autres tiers se disent contraints de vendre leur patrimoine ou de mettre leur entourage à contribution. Reste que près d’un quart des personnes âgées interrogées indique ne pas savoir qui paye la facture, ni comment… Le coût d’une place en Ehpad est variable d’un département à l’autre. Il est aussi plus élevé dans le secteur privé lucratif où, selon la Drees, il dépasse 2 440 euros dans la moitié des établissements.

    « Les Ehpad, c’est cher payé pour le service rendu, regrette Annie Legoff, habitante de Saclay (Essonne). D’autant qu’il y a un manque énorme, mais vraiment énorme de personnel », déplore-t-elle. Elle constate à chaque visite « la lourde tâche » des équipes qui prennent soin de sa mère, Suzanne, 97 ans, et des résidents de l’Ehpad où elle vit depuis bientôt neuf ans. Pour financer son séjour dans cet établissement privé de Saclay, Annie Legoff a dû vendre l’appartement de Suzanne.

    D’ici deux ans à peine, elle n’aura pourtant pas d’autre choix que de puiser dans ses propres économies. « J’y pense tous les jours, appréhende cette ancienne secrétaire administrative à l’université. J’aurai à débourser 600 euros chaque mois, soit 15 % des revenus de mon ménage. Mon frère et ma sœur compléteront comme ils pourront. C’est un sacrifice normal mais ce sera au détriment de beaucoup de choses que nous ne pourrons plus financer », dit-elle.

    « 1 900 euros par mois »

    Les Ehpad publics – 45 % du parc – sont meilleur marché. La moitié d’entre eux pratiquent des tarifs inférieurs à 1 790 euros. Las ! Pour y entrer, les #listes_d’attente sont longues. Antoine Acquaviva n’a pas eu le choix. Faute de place dans un établissement public, près de chez sa mère, Noëlle, 74 ans, qui vit dans le Cher, cet informaticien nantais de 42 ans a dû opter pour un Ephad privé à Bourges. Le coût de l’hébergement – 2 700 euros – est hors de portée des 800 euros de retraite de Noëlle. Fils unique, M. Acquaviva verse « 1 900 euros par mois à l’Ehpad. Mon budget personnel ne pourra pas suivre longtemps », confie-t-il, avec la crainte d’être « sans solution si ma mère devait rester en établissement sur le long terme ».

    Comme lui, face à l’urgence et faute de chambres libres dans les Ehpad publics, Mireille Chabineau, habitante de Clion (Charente-Maritime), a installé son père, René, 86 ans, dans un établissement privé au Creusot (Saône-et-Loire). La retraite d’ancien ouvrier chez Schneider de son père et les petites économies de sa mère sont « entièrement » prélevées par l’Ehpad, « sans suffire à couvrir les frais », raconte-t-elle. Cette infirmière partage la charge totale de 1 300 euros, chaque mois, avec trois des quatre enfants de René.

    « On se retrouve à devoir payer pour notre père mais aussi pour notre mère, qui, sinon, n’aurait plus un euro pour vivre. »

    Pour Annie Lemer, le tribut est encore plus lourd. En 2015, elle a choisi de placer sa mère, Chelbia, dans un Ehpad privé non lucratif à Paris. « La première fois qu’on m’a indiqué le tarif, j’ai manqué de m’asseoir par terre ! », confie dans un sourire cette ancienne professeure agrégée d’hébreu. La facture s’élève à plus de 3 600 euros par mois. La retraite de Chelbia est de 1 400 euros. « Fille unique, j’assume seule le reste de la dépense, soit 2 200 euros par mois, en y consacrant, dit-elle, pratiquement entièrement mes quelque 3 000 euros de retraite. »

    Sa demande d’#aide_sociale à la Ville de Paris a reçu un « refus catégorique », au prétexte que sa « fille qui vit à Londres a des revenus élevés. Ce motif de refus ne me paraît vraiment pas juste », soupire Mme Lemer. « Ma fille a de jeunes enfants à charge. Je ne me vois pas lui demander de financer l’hébergement de sa grand-mère, même si elle a eu le beau geste de me le proposer », s’indigne-t-elle.

    Reprise d’activité

    Parfois, pour pourvoir payer l’établissement, certains conjoints sont obligés de reprendre une activité à la retraite. C’est le cas du père de Julie Guiader, cardiologue à Montrouge, dont la mère vit dans un Ehpad public qui facture un « reste à charge » de 2 500 euros, alors que la retraite de sa mère s’élève à 1 700 euros. « A 73 ans, mon père a repris son activité de médecin du travail pour payer la différence. Et je l’aide pour continuer à payer son loyer et les impôts », confie Mme Guiader.

    Pour soulager momentanément les proches, plus de 80 % des Ehpad sont habilités à délivrer une #aide_sociale_à_l’hébergement (ASH) aux résidents dont les revenus sont inférieurs au coût du séjour. Mais pour beaucoup de familles, le mécanisme de l’ASH est dissuasif. Car les conseils départementaux qui versent et financent cette aide sont en droit d’exiger son remboursement total ou partiel auprès des enfants, voire des petits-enfants, en fonction de leurs ressources, après le décès de son bénéficiaire. « Les gens hésitent à demander l’ASH, confirme Laurent Dumas, vice-président (PS) chargé de l’autonomie des établissements pour personnes âgées au conseil départemental du Puy-de-Dôme. Ils sont freinés par l’idée qu’après leur mort le département puisse demander de l’argent à leurs descendants. »

    « On n’a pas souhaité demander l’ASH, raconte ainsi Marie Pruvost, qui a installé fin juin sa mère, Rafaela, 88 ans, à l’Ephad hospitalier de Riom (Puy-de-Dôme). Même si ça fait cher, nous préférons payer au fur et à mesure plutôt que de prendre l’ASH et d’avoir à rembourser d’un coup une somme importante après sa mort », explique cette aide-soignante à l’hôpital de la ville.

    Alors que 75 % des résidents en Ehpad sont éligibles à l’ASH, seuls 20 % d’entre eux perçoivent cette allocation, ont calculé les députées Monique Iborra (LRM) et Caroline Fiat (FI) dans un rapport parlementaire sur la crise de ces établissements paru en mars 2018. Le mécanisme de l’ASH « est kafkaïen pour les familles et pour les départements qui doivent faire des enquêtes longues et coûteuses pour évaluer les moyens des descendants. C’est un système aberrant qu’il faut réformer », estime Monique Iborra.

    Pourtant, certains des 7 000 établissements français voient le nombre de dossiers d’ASH augmenter. « Depuis 2015, la courbe des demandes d’ASH grimpe de manière très forte. Un indice évident des difficultés financières croissantes des familles », relève Xavier Relandeau, directeur de la maison d’accueil du Bois-Hercé, Ehpad privé à but non lucratif à Nantes, où, depuis des générations, les habitants d’un quartier populaire de la ville viennent vivre leurs vieux jours.

    #vieux #dépendance #obligation_alimentaire #dette


  • La logique de « #Dublin » appliquée aux mineurs

    En prévoyant la collecte par les autorités départementales de la photographie et des empreintes des #mineurs_isolés_étrangers sollicitant une protection au titre de l’#Aide_sociale_à_l’enfance, la #loi_sur_l’asile_et_l’immigration du 10 septembre 2018, dite « #loi_Collomb », vise à ce que soit désigné de facto un #département – et un seul – responsable de la demande de protection. Un enfant considéré comme majeur par un département ne pourra plus solliciter la protection d’un autre département. Le parallèle avec le règlement « Dublin » qui interdit aux demandeurs d’asile de choisir l’État dans lequel ils souhaitent trouver refuge est frappant : le #fichage des mineurs a le même objectif que le fichage des demandeurs d’asile dans #Eurodac ; il s’agit de piéger sur un territoire donné la personne en demande de protection. À défaut de pouvoir obliger les départements à harmoniser leurs pratiques en matière d’évaluation de la minorité et de l’isolement, de la même manière que les institutions européennes ont échoué à harmoniser les procédures d’asile en Europe, le gouvernement a ainsi trouvé le moyen d’empêcher les mineurs d’aller chercher ailleurs la protection qu’on leur dénie ici.

    À l’annonce de cette mesure, plusieurs organisations, parmi lesquelles le Gisti, ont dénoncé « une mesure disproportionnée » dont elles ont demandé le retrait [1]. Cette mesure revient à créer une présomption de fraude à l’encontre des « ressortissants étrangers se déclarant mineurs privés temporairement ou définitivement de la protection de leur famille » et entre en contradiction avec les principes constitutionnels d’égalité devant la loi et de non-discrimination dans l’accès à un droit. On sait bien, pourtant, que le caractère aléatoire des évaluations de minorité conduit à ce qu’une personne déclarée mineure dans un département soit déclarée majeure dans un autre, preuve de l’absence de fiabilité de la procédure d’évaluation et de la disparité des pratiques [2].

    À l’occasion de la saisine du Conseil constitutionnel par les parlementaires, le Gisti et la Ligue des droits de l’Homme ont essayé d’attirer son attention sur cette question [3]. Dans sa décision du 6 septembre, le Conseil constitutionnel a toutefois choisi de ne pas se prononcer, de sorte que la question de la constitutionnalité de cette mesure reste entière.

    Votée à l’occasion d’une réforme du code des étrangers, la création de ce fichier confirme que les pouvoirs publics considèrent les mineurs isolés avant tout comme des migrants dont il faut se défier plutôt que comme des enfants qu’il faut protéger. Elle s’inscrit, parallèlement, dans une tendance au fichage généralisé de la population dont la population étrangère est la cible prioritaire.

    Pour disqualifier le maximum de demandes de protection émanant de mineurs isolés, les départements reprennent la même recette que celle utilisée par l’État contre les demandeurs d’asile. Par la magie du verbe, l’immense majorité des réfugiés deviennent des « migrants économiques » et les enfants, des adultes. La même recette et parfois les mêmes méthodes, consistant, par exemple, à déléguer à des associations gestionnaires le « sale boulot » : ici, créer des files d’attente interminables pour distribuer au compte-gouttes des rendez-vous aux demandeurs d’asile ; là, gérer des cellules d’évaluation remettant en cause quasi systématiquement l’âge déclaré par les mineurs isolés.

    Fichage et suspicion, deux moyens qui ont largement fait leur preuve pour discréditer la plupart des demandeurs d’asile et qui trouvent maintenant à s’appliquer aux mineurs isolés considérés, comme d’autres avant eux, comme des étrangers « indésirables ». À qui le tour ?

    http://www.gisti.org/spip.php?article6001
    #règlement_dublin #asile #migrations #réfugiés #mineurs #enfants #enfance #MNA #empreintes_digitales #France #piège #piège_territorial


  • « Je ne suis pas trop habituée à dire à un gamin de 15 ans qu’il va dormir dehors »

    Marcia Burnier est assistante sociale dans le droit des étrangers, au sein d’un centre de santé associatif pour exilés. Les enfants et adolescents étrangers isolés qui arrivent en France doivent obligatoirement passer par un dispositif saturé qui évalue leur minorité, avant de pouvoir être hébergés et pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance. Souvent refusés, ces adolescents font ensuite appel au juge pour enfants qui décide soit de les protéger, soit de les déclarer majeurs, soit d’ordonner des expertises osseuses et des vérifications de leurs documents d’État civil. C’est le cas d’Aliou, 15 ans. Voici son histoire, racontée par Marcia.

    – « Marcia je veux faire du roller. »

    Aliou vient d’avoir 15 ans, une tête d’enfant et un sourire collé sur la face. Sa maman est morte au Mali. Avec son père ça ne se passait « pas très facile », il est donc venu tout seul en France. Il a traversé le Sahara et la Méditerranée à 14 ans, et quand on lui demande, il dit que « c’était dur », « un peu ». La première fois que je l’ai vu, il dormait à la gare du Nord, dehors, et il crevait de froid. Il attendait son rendez-vous à la Croix-Rouge pour être évalué, pour qu’un travailleur social fasse un rapport concernant sa « minorité », pour vérifier son âge, son isolement, pour décider s’il relevait de l’#Aide_sociale_à_l’enfance (#ASE) ou des rues parisiennes.

    J’en vois passer peu des mineurs isolés. Cela devait être le premier au boulot, quelqu’un était venu passer sa tête dans mon bureau pour me dire « il y a un mineur isolé, faut que tu le voies, c’est la procédure » et j’avais un peu paniqué. Je ne suis pas trop habituée à dire à un gamin de 15 ans qu’il va dormir dehors, alors on a pris le temps de voir ce qu’on pouvait faire, à grand renfort de sourires qui se voulaient très rassurants mais qui devaient sans doute être un peu gênants. Au bout de quelques minutes, persuadée d’avoir eu un coup de génie, j’ai téléphoné à la CRIP, la cellule du département qui recueille les informations préoccupantes sur les enfants en danger. Notre conversation s’est à peu près déroulée comme ceci :

    « – Il dort à la rue ? Oulala bien sûr, on va signaler ça au procureur, qu’est ce qui lui est arrivé ?
    – Il vient du Mali, il est arrivé il y a trois jours.
    – ....
    – ....
    – Ah mais madame, s’il est étranger, nous on s’en occupe pas, il faut qu’il aille se faire évaluer, et en attendant on ne peut rien faire. S’il est venu jusqu’ici, c’est qu’il est solide. »

    Je lui ai raccroché au nez et j’ai fait un grand sourire pas rassurant du tout à Aliou. On a regardé les vêtements qu’on gardait en cas d’urgence dans les grosses boites sous la table pour voir si je pouvais lui trouver une veste et un bonnet. Je lui ai donné plein d’adresses pour aller manger et un rendez-vous pour la semaine d’après. En attendant, il allait dormir dans la gare, emmitouflé dans les trois pulls que je lui avais donnés.

    J’ai fini par comprendre qu’on pouvait l’envoyer chez le #juge pour enfants avant ce fameux #rendez-vous_d’évaluation. Le juge lui a donné six mois d’#hébergement le temps de vérifier ses dires et ses documents. Le pire, c’est que j’ai compris plus tard qu’il avait été chanceux, que des gamins comme lui qui restaient des mois à la rue, il y en avait plein, ceux qui trainaient au centre Médecins sans frontières de Pantin, d’autres qui partaient dans d’autres départements, d’autres qui finissaient par mentir et se déclarer majeur pour tenter d’être hébergés en faisant une croix sur l’école. Et, surtout, d’autres qui disparaissaient du jour au lendemain, sans donner de nouvelles.

    Une fois hébergé, j’ai cru que tout allait s’arranger. On était en février, il avait 15 ans, il était tout seul dans cet hôtel social de Drancy sans rien faire de la journée. J’ai pensé naïvement qu’il serait scolarisé facilement. Il aura fallu l’intervention de plusieurs bénévoles tenaces pour qu’en avril suivant, Aliou fasse sa rentrée au collège, comme un fou, avec les trois stylos et quatre cahiers que j’avais piqués au boulot pour ses fournitures scolaires.

    Depuis, il passe régulièrement, il se plaint des spaghettis bolognaises servis quatre fois par semaine à l’hôtel et de son éducatrice de l’ASE qui ne fait rien. Il vient répéter ses exposés et me montrer ses devoirs. On discute de tout et de rien, du collège, de ses copains. Moi j’ai la boule au ventre parce que c’est bientôt les vacances d’été, et que je ne sais pas ce qu’il va foutre pendant ses journées d’été sans un centime dans la poche.

    Aujourd’hui, il a une nouvelle obsession : Aliou veut faire du roller, et accessoirement de l’athlétisme. Il me répète qu’il veut courir, le 400m, alors on s’y met à deux, on cherche un club, on passe des dizaines de coups de fil à des personnes très gentilles qui me disent que le prix à l’année est de 400 euros pour l’adhésion et la licence, on raccroche des dizaines de fois en souriant un peu forcé, « si si on va trouver t’inquiète pas ». On n’a toujours pas trouvé, mais ce matin, Aliou m’annonce que le juge a demandé des #tests_osseux pour vérifier son âge, des tests dont la référence est une étude de 1930 avec comme population, des enfants blancs et bien nourris et il a l’air soucieux. Aujourd’hui, aucun de nous deux ne sourit.

    https://www.bastamag.net/Je-ne-suis-pas-trop-habituee-a-dire-a-un-gamin-de-15-ans-qu-il-va-dormir-d
    #MNA #mineurs_non_accompagnés #asile #migrations #réfugiés #SDF #sans-abri #âge #école #scolarisation

    Le pire, c’est que j’ai compris plus tard qu’il avait été chanceux, que des gamins comme lui qui restaient des mois à la rue, il y en avait plein, ceux qui trainaient au centre Médecins sans frontières de Pantin, d’autres qui partaient dans d’autres départements, d’autres qui finissaient par mentir et se déclarer majeur pour tenter d’être hébergés en faisant une croix sur l’école. Et, surtout, d’autres qui disparaissaient du jour au lendemain, sans donner de nouvelles.

    –-> #disparitions


  • Plan pauvreté : Buzyn promet des moyens supplémentaires
    http://www.europe1.fr/politique/plan-pauvrete-buzyn-promet-des-moyens-supplementaires-3751154

    « Il y aura de la dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation », a déclaré sur France 3 la ministre des Solidarités et de la Santé.

    Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a promis dimanche que le plan pauvreté comprendrait des moyens financiers supplémentaires, relevant qu’"il y aura de la #dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation". Comme on lui demandait sur France 3 si le plan pauvreté, qui doit être dévoilé jeudi prochain, comprendrait des moyens financiers supplémentaires, elle a répondu : « Il y en aura, bien sûr ».

    Vers la fusion des aides sociales ? « Il y aura de la dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation », a-t-elle ajouté. La ministre a également indiqué qu’une éventuelle fusion des prestations sociales ne figurerait pas dans ce plan. « C’est une idée à explorer. Elle n’est pas simple techniquement et donc, je pense que nous aurons un travail de réflexion autour de cette fusion des aides sociales », a réagi la ministre. « De toutes façons, ça ne peut pas se faire avant plusieurs années, même par étapes », a insisté la ministre. « On peut ouvrir une réflexion, mais pour l’instant, nous n’avons pris aucune décision », a-t-elle encore expliqué.

    « Mieux lutter contre la pauvreté tout en maîtrisant davantage les dépenses publiques. » La députée LREM Christine Cloarec et l’économiste #Julien_Damon ont remis mercredi un rapport sur « le juste niveau de prestation » sociale, pour « mieux lutter contre la pauvreté tout en maîtrisant davantage les dépenses publiques ». Avant une possible fusion des prestations sociales, qui prendrait la forme d’une « allocation sociale unique » - une piste de travail déjà évoquée par le gouvernement -, les rapporteurs proposent une « homogénéisation » de leur mode de calcul.

    Des mécanismes de réinsertion à travers du « travail rémunéré » pour les bénéficiaires du RSA. Pour les bénéficiaires du #RSA, le #plan_pauvreté va prévoir, entre autres, des mécanismes de réinsertion à travers du « travail rémunéré », « mais pas » à travers le bénévolat, a précisé la ministre. Plus généralement, la ministre a expliqué à propos du plan qu’on « ne transforme pas une société, dans laquelle il y a une proportion de Français très #pauvres depuis des années, en une année ».

    Le gouvernement parie sur une réforme du RSA. Emmanuel Macron présentera jeudi le « plan pauvreté », principal chantier social de son début de quinquennat, très attendu par l’aile gauche [sic] de sa majorité alors que la popularité de l’exécutif est au plus bas. Plutôt que de continuer à dépenser « un pognon de dingue » - la formule présidentielle avait fait jaser - sans résultats probants sur le retour à l’#emploi des plus pauvres, le gouvernement parie sur une réforme du revenu de solidarité active (RSA) pour permettre une sortie « plus efficace » de la précarité.

    À durer, se ramifier, s’approfondir, la segmentation, l’aléa et la crainte générale on usé le mantra socialiste 80’ de l’insertion (RMI). Il n’y a désormais plus d’intégration à promettre, celle ci étant l’affaire de chacun, appelé à se libérer du néant (les ceusses « qui ne sont rien » de la Station F), de la dépendance à l’assistanat (ah ce Darmon, et tant d’autres socio experts occupés à organiser la vie sociale... des autres), dans l’"activité" (RSA, auto entreprise, et tout le reste de la gamme des ponts de passage de l’actif, jusqu’au retraité sans ou à faible droit). Renversement partout, liberté nulle part, maintenant c’est leur « émancipation » contre la nôtre.

    #Agnès_Buzyn #précarité #aide_sociale ou #droits_sociaux


  • Suisse : Interdite d’études à cause de ses parents au social cht/nxp - 26 juillet 2018 - 20min.ch
    http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Interdite-d-etudes-a-cause-de-ses-parents-au-social-14435581

    La commune de Kerns (OW) a voulu interdire à une jeune fille de 16 ans de fréquenter une école secondaire car ses parents sont à l’aide sociale. C’est légal.

    L’affaire défraie la chronique outre-Sarine : une jeune fille de 16 ans s’est vu interdire l’école de culture générale par la commune de Kerns, dans le canton d’Obwald. Motif : ses parents, d’origine érythréenne, sont à l’aide sociale, rapporte le site Watsonjeudi.

    Les autorités ont signifié leur décision à la famille dans une lettre écrite dans laquelle elles précisent qu’un enfant dont la famille est au social doit pouvoir subvenir à ses besoins le plus vite possible grâce à l’éducation. La commune a du coup conseillé à la jeune fille de se lancer dans un apprentissage dans le domaine de la santé. Et si elle persiste dans son idée de suivre l’école souhaitée, l’allocation mensuelle de ses parents sera réduite de 400 francs.


    Il aura fallu l’intervention d’un avocat et des mois de querelles juridiques pour que les autorités de Kerns reviennent en arrière sur leur décision et permettent à la jeune fille de suivre la formation de son choix. Elle fréquente aujourd’hui l’école cantonale à Sarnen et ses bonnes notes lui permettront d’intégrer ensuite le gymnase.

    La commune était dans son droit
    Pourtant, souligne le site Watson, la commune de Kerns était dans son droit de refuser des études à la jeune Erythréenne. « C’est aux communes de décider si l’aide sociale doit financer ou non une formation supérieure pour un jeune bénéficiaire », explique Corinne Hutmacher-Perret, assistante de recherche à la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS). Il n’existe pas de législation nationale, rappelle-t-elle. Et les lignes directrices - non contraignantes - de la CSIAS laissent la question ouverte, remarque-t-elle.

    Le service social de Kerns n’a pas souhaité, lui, commenter en détails l’affaire de la jeune fille pour des raisons de protection des données. Le secrétaire de la commune, Roland Bösch, souligne toutefois que l’éducation doit permettre à un enfant d’utiliser toutes ses capacités pour atteindre l’indépendance financière. « Mais si le droit au libre choix de la profession est inscrit dans la Constitution fédérale, il ne donne pas le droit aux parents et encore moins à l’Etat de financer n’importe quelle éducation, selon les souhaits de l’enfant », nuance-t-il dans Watson.

    Selon lui, il faut veiller à la bonne adéquation du soutien de l’Etat aux jeunes à l’aide sociale. « Si un objectif professionnel peut être atteint aussi bien par un apprentissage que par la fréquentation d’une école secondaire technique, la première option est généralement préférable », estime Roland Bösch. « Le service social a estimé que Rahel pouvait obtenir la profession qu’elle souhaitait grâce à un apprentissage et n’avait pas besoin d’un diplôme d’une école secondaire ».

    #Ecole #guerre_aux_pauvres #Suisse #Kerns #Education #Ecole #aide_sociale



  • Chez les pauvres, les non recours aux minimas sociaux plus nombreux que la fraude !
    http://2ccr.unblog.fr/2017/10/13/chez-les-pauvres-les-non-recours-aux-minimas-sociaux-plus-nombreux-que-l

    Ce phénomène a d’énormes conséquences et est à terme un surcoût pour la société. Les prestations sociales représentent un salaire indirect, et leur non versement a une incidence sur le niveau de vie des ménages. Les dommages sanitaires et sociaux, provoqués par les « non dépenses » liées « au non recours », reviennent ensuite peser sur le système social. Par exemple, un jeune ou un adulte qui ne se soigne pas régulièrement aura recours aux urgences quand il lui arrivera quelque chose, beaucoup plus cher pour la collectivité, et quand une personne âgée n’a pas d’aide, elle ne consomme pas et n’emploie pas de personne à son domicile. Le non recours est destructeur de richesses !

    #pauvreté #stigmatisation #non_recours #aide_sociale



  • Les cantons romands inégaux face au renvoi d’étrangers à l’#aide_sociale

    Alors que la loi permet de renvoyer les étrangers qui restent longtemps dépendants de l’aide sociale, la pratique des cantons est très variable. L’an dernier, Berne a supprimé 11 permis B ou C contre 113 pour le canton de Vaud.

    https://www.rts.ch/info/suisse/8977992-les-cantons-romands-inegaux-face-au-renvoi-d-etrangers-a-l-aide-sociale.
    #Suisse #renvois #expulsions #permis_B #permis_C


  • Le nombre de chômeurs en fin de droit ne cesse d’augmenter en Suisse

    En 2008, 19’908 salariés sont arrivés au bout de leurs indemnités de chômage. Cette année, on devrait passer la barre des 40’000, un niveau déjà frôlé l’an dernier avec 39’816 personnes arrivées en fin de droit sans avoir retrouvé une activité lucrative. Il n’y a qu’en 2011 que les arrivées en fin de droit avaient été plus nombreuses (près de 47’000). Cette année-là, une révision de la LACI avait été synonyme de suppression des indemnités pour près de 15’000 chômeurs suisses suite à un durcissement des conditions d’accès aux prestations.


    https://www.rts.ch/info/suisse/8821894-le-nombre-de-chomeurs-en-fin-de-droit-ne-cesse-d-augmenter-en-suisse.htm
    #chômage #fin_de_droit #aide_sociale #Suisse #pauvreté #travail #statistiques #chiffres


  • Rihanna plutôt que Mélanie, le choix politique des Macrons, par Régis de Castelnau
    https://www.les-crises.fr/rihanna-plutot-que-melanie-le-choix-politique-des-macrons-par-regis-de-ca

    Mélanie est née sous une mauvaise étoile. En 2001, ce qui fait qu’elle a 16 ans aujourd’hui. Son père a plaqué sa mère très vite pour aller vivre en Allemagne avec sa nouvelle compagne. Il ne s’est jamais enquis de ce que devenait sa fille. L’enfance s’est donc passée sans père, jusqu’à que ce que sa mère victime d’un cancer quand elle avait 12 ans la quitte pour toujours. Orpheline et n’ayant pas de famille pour s’occuper d’elle, c’est l’Aide Sociale à l’Enfance, l’ASE qui l’a prise en charge. Vous savez ce service qui dépend du Conseil Général dont on vous dit en permanence qu’il dépense trop d’argent, qu’il ne sert à rien, qu’il a trop de fonctionnaires. Qu’il faut le supprimer très vite et en attendant réduire tous ces budgets. Celui de la protection de l’enfance qui est de sa compétence est déjà hypertendu, et le personnel qui tient le front de la misère commence vraiment à s’essouffler. Qu’à cela ne tienne, Bercy nous a bien dit que Merkel et Schäuble trouvent que les Français dépensent trop et qu’il faut faire des économies. C’est déjà difficile, ça va devenir intenable...

    #Aide_sociale_à_l'enfance


  • Allemagne : 12,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, un record.

    Par Jean-michel Gradt – La pauvreté a progressé de 15 % en 2013 pour toucher 12,5 millions de personnes, un record, indique l’étude publiée par la fédération d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband.


    http://www.anti-k.org/2017/04/14/allemagne-125-millions-de-personnes-seuil-de-pauvrete-record

    #Allemagne #pauvreté #inégalités

    Je ne vois pas la date de publication (dans l’URL on voit 14 avril 2017), mais je mets sur seenthis pour archivage

    • Allemagne : pauvres en pays riche

      L’Allemagne est présentée comme un modèle à suivre et la campagne électorale d’Angela Merkel s’appuie surtout sur une réussite chiffrée. Mais, pour beaucoup d’Allemands, la réalité est tout autre. Un Allemand sur cinq est en situation de précarité. à Berlin, un enfant sur trois est considéré comme « pauvre ». Et 20% des actifs sont condamnés à des emplois mal payés.

      https://www.arte.tv/fr/videos/077980-000-A/allemagne-pauvres-en-pays-riche
      #documentaire #film #working_poor #travailleur_pauvre #retraite #retraités #mère_célibataire #sous-traitance #travail #exclusion #mort_sociale (c’est le mot utilisé par une mère de 3 enfants qui se retrouve à l’aide sociale) #exclusion #aide_sociale #flexibilisation_du_marché_du_travail #précarisation #précarité #exclusion #fracture_sociale #survie

    • Welcome to Poor Germany

      How the Merkel government is risking Germany’s future by underinvestment and other ill-applied policy approaches.

      “Poor Germany?“ Really? Is that not a crass overstatement? Isn’t Germany the powerhouse of Europe, boosting a huge export surplus, historical low unemployment and shrinking government debt? Yes, it is.

      But this view is superficial and overlooks what is happening behind the shiny facade of a booming economy. The country is wasting its future by consuming too much and not investing in the future. To blame are the various governments led by Angela Merkel.

      In their sum total, the individual causes of this under- and malinvestment, as detailed below, explain much of the sense of profound frustration that voters feel with Germany’s major political parties. They explain a widening sense of national malaise that extends far beyond the oft-cited issue of migration.
      The fetish of the “black zero”

      It all starts with the politics of the so-called “black zero” in government finances, which is nothing else than the commitment to a permanent budget surplus for the government at the national level.

      Achieving this goal was quite easy over the last years. Thanks to ECB policy and the unresolved crisis of the Eurozone, interest rates on German government bonds fell below zero. Due to this effect alone, the German finance minister has saved 300 billion euros in interest expenses since 2009.

      In addition, the economic boom fueled by the low interest environment and the relatively weak euro reduced costs for unemployment support and led to record high tax revenues in Germany.

      Still, the “black zero” is an illusion created by politicians, notably former finance minister Wolfgang Schäuble, to boost their own image. A closer look reveals that the “black zero” comes at a high cost and, if one applies proper accounting, is even not true.
      Crumbling infrastructure

      Fixated on the goal of the budget surplus, the German government continued its practice of taking a very high share of the incomes of the average German citizen (Germany has the highest fiscal burden of all OECD countries behind Belgium). It also cut expenditures in certain areas, notably infrastructure spending.

      As a result, the public infrastructure of Germany is deteriorating. About 50% of Germany’s highway bridges were built between 1965 and 1975. They are in urgent need of replacement. In addition, 17.5% of all motorways need to be urgently reconstructed, as well as 34% of country roads.

      This casts a dark shadow over the long-held idea that Germany has world-class infrastructure. To be sure, the deteriorating quality of German infrastructure is hindering private investment and undermines the country’s future economic growth potential.

      To make up for the underinvestment of the past years, an immediate investment of more than 120 billion Euro is required. Long term, Germany would need to invest at least on the level of the OECD average of 3.2% of GDP, implying additional spending of 33 billion per year, or 1,000 billion over a period of 30 years.

      This one dimension of severe underinvestment alone demonstrates that the “black zero” is pure political fantasy. Instead of addressing these issues, the current government has announced it will reduce investments in the coming years even further.
      Lacking digitalization

      But it is not just country roads and highways that are falling apart. German schools suffer from chronic underinvestment in buildings, never mind the stunning lack of digitalization and tens of thousands of missing teachers. This is in spite of this shortfall having long been visible, given the impending retirement wave of public-school teachers.

      Only 2% of all German households have fast internet via fiber, compared to the 22.3% average in the OECD. In Spain, not as rich as Germany, more than 50% of households have access to fast internet. This not only hinders economic development, but gives German companies a clear-cut incentive for investing outside of Germany.

      The German military, the Bundeswehr, is suffering from outdated and non-functioning equipment. Many of its fighter jets, tanks and ships are not ready for combat. The soldiers do not even have adequate clothing for winter time.

      One would think that this would be a matter of embarrassment for the country’s politicians, but they remain rather nonchalant about it. Perhaps they see it as a politically convenient way to avoid being asked to support the West’s joint international missions.

      Fixing this shortfall will require another 130 billion euros just to get the German military working again. In the long run, the country will need to fulfil the NATO target of spending 2% of GDP on defence. This would imply a budget increase of roughly 26 billion euros per year, or 750 billion over a 30-year period.

      But despite paying lip service to these needs, the junior partner in the government, the SPD, remains opposed to making the required funds available.

      At the same time, the governments of Angela Merkel increased the spending on social welfare to a new record of nearly 1,000 billion euros per year. This is remarkable given that Germany currently experiences record low unemployment and a booming economy.
      Pushing savings abroad

      The obsession of German politicians with the “black zero” not only has significant negative implications for the economic outlook due to lacking investments, but also in light of global trade tensions. The export surplus notably is not only the result of a weak euro and hyper-competitive German industries, as is argued so often (falsely), but significantly also the result of insufficient spending and investment within Germany.

      The corporate sector, private households and the government itself are all net savers, pushing savings abroad and contributing to the significant trade surplus of more than 8% of GDP. A significant trade surplus and excess savings go hand in hand.

      Contrary to folklore, this surplus is not even in Germany’s own interest. For one, Germany’s track record of investing its savings abroad is downright bad. During the financial crisis, German banks, insurance companies and pension funds lost in the range of 400 to 600 billion euros. Today, a significant part of our savings ends up as non-interest bearing receivables of the Bundesbank as part of the ECB system (the so-called Target 2 balance).

      Overall, it is not a good idea, to be a creditor in a world awash with more and more debt. But Germany continues to disregard this fundamental insight, to its own detriment.

      The German government is also blind to the fact that the trade surplus leads to increasing frustration in other countries, not just in the case of U.S. President Donald Trump, but also in France and Italy. The risk of protectionist measures especially targeted against the automotive industry, which German government politicians are otherwise overly keen on protecting, is high.
      There is an alternative

      It would be much smarter if the German government would use the excess savings of the private sector to fund the urgently needed investments in the country. This would:

      • Offer the private sector a safe and attractive opportunity to save within Germany

      • Improve German infrastructure in all dimensions

      • Reduce the country’s trade surplus and therefore reduce the risk of protectionist measures

      • Reduce the exposure of German savers to doubtful creditors abroad.

      Obviously, it would be in everybody’s interest if Germany were to change its policies.

      https://www.theglobalist.com/germany-angela-merkel-government-spending

      via @wizo



  • Weniger für die Ärmsten : Essen bei den Tafeln reicht nicht für alle - Wirtschaft - Tagesspiegel
    http://www.tagesspiegel.de/wirtschaft/weniger-fuer-die-aermsten-essen-bei-den-tafeln-reicht-nicht-fuer-alle/14609554.html
    Les lois contre les pauvres et les coupure budgétaires forcent de plus en plus d’habitants d’allemagne de demander le l’aide au secteur social privé. La plus grande entreprise de ce type sont « les tables » où il faut être membre pour avoir droit à de la nourriture gratuite. Ce projet souffre d’un manque de donneurs et introduit des listets d’attente. Il est facile de refuter les demandeurs d’aide parce que contrairement aux aides de l’état il personne n’a le droit aux aides, il s’agit d’oeuvres charitables. Les « tables » ont été inventé par la socitété McKinsey & Company avec l’intention de remplacer l’état social par un système charitable comme aux États Unis.

    Die Tafeln haben in den vergangenen zwei Jahren Aufnahmestopps verhängt, Wartelisten an die Wände geklebt, Bedürftige weggeschickt. Der Grund: Immer mehr Menschen reihen sich in die Schlangen vor den Tafeln ein, um kostenlose Lebensmittel zu kriegen. Momentan kommen 1,5 Millionen regelmäßig. Das sind doppelt so viele wie vor zehn Jahren. Es scheint, als würden sehr viele Menschen in Deutschland nicht von der guten wirtschaftlichen Lage und sinkenden Arbeitslosenquote profitieren.

    Seit der Wiedervereinigung war das Risiko, hierzulande arm zu werden, noch nie so hoch wie im vergangenen Jahr, sagt die Hans-Böckler-Stiftung. Jeder Sechste war gefährdet. Und weil die Zahl der Tafelnutzer im Vergleich zu 2014 um 18 Prozent zunahm, der Spendenzuwachs aber nur um zehn Prozent, sagte Jochen Brühl, Vorsitzender des Bundesverbands Deutsche Tafel, am Dienstag: „Trotz angestiegener Spendenmenge bekommt jeder Einzelne im Durchschnitt etwas weniger Lebensmittel.“
    Rund 220 000 Flüchtlinge kamen im vergangenen Jahr zu den Ausgabestellen. Vor allem am Anfang habe es wegen kultureller Unterschiede und Sprachproblemen Schwierigkeiten gegeben. So hätten syrische Männer Probleme damit gehabt, Hilfe von Frauen anzunehmen. Manche hätten Lebensmittel aus religiösen oder kulturellen Gründen nicht angenommen. Altkunden befürchteten, die Flüchtlinge nähmen ihnen etwas weg. Außerdem hätten viele Tafeln ihren neuen Kunden zunächst klarmachen müssen, dass Tafeln keine staatlichen Einrichtungen seien und sie keinen Anspruch auf Lebensmittel hätten.

    #Allemagne #pauvreté #féfigiés #privatisation #aide_sociale


  • L’insupportable réalité des enfants placés - Marie Claire
    http://www.marieclaire.fr/,l-insupportable-realite-des-enfants-places,732606.asp

    « Enfin », pensent beaucoup de professionnels de l’enfance en danger. « Enfin, presque », répond le pédopsychiatre Maurice Berger, déçu par le rapport des sénatrices, car celui-ci ne remet pas en cause la loi de 2007 mais cherche simplement à l’améliorer. « Or les professionnels de terrain constatent l’effet désastreux de cette loi qui protège surtout les parents : tant qu’ils sont d’accord pour rencontrer un éducateur, le juge des enfants ne peut pas être saisi, et il faut attendre que l’état de l’enfant soit très dégradé pour que la protection judiciaire intervienne. En France, nos lois sont avant tout compassionnelles pour les adultes. C’est grave. » Un combat dont les perdants sont toujours les mêmes, quelle que soit l’idéologie. « Les politiques s’identifient beaucoup plus aux parents qu’aux enfants. Ainsi, à partir des connaissances scientifiques sur le développement affectif du bébé, en Italie, au Québec et au Royaume-Uni, l’adoption est établie après six mois de délaissement parental, alors que nos sénatrices maintiennent le délai d’un an suivi d’une période de six mois pour statuer, ce qui est beaucoup trop long. »


  • Vingt ans après la « réforme » de l’aide sociale de Clinton
    http://www.wsws.org/fr/articles/2016/aou2016/tysc-a25.shtml

    En annonçant qu’il mettait « fin à l’aide sociale comme nous la connaissons », Clinton affirmait cyniquement que son projet de loi allait aider les bénéficiaires de l’aide sociale à se trouver du travail et à devenir autonomes économiquement. Pur mensonge : la mesure n’a fait que libérer des milliards de dollars qui ont permis de réduire les impôts des sociétés et augmenter les programmes de dépenses militaires, en plus de forcer des millions de travailleurs à accepter des emplois à bas salaires et à temps partiel. Cet afflux de travailleurs désespérément pauvres sur le marché du travail a contribué à la baisse des salaires qui se poursuit à ce jour.

    #aide_sociale #précarité #spoliation #transferts



  • La #prime_d'activité a établi son budget sur 50% de #non-recours

    Le RSA est mort depuis février et la prime d’activité a pris la place, tandis que disparait la prime pour l’emploi.

    J’ai un bon indic à la CAF qui m’a expliqué que les dossiers à traiter ont déjà doublés. Ce ne sont pas les pauvres sans argent qui ont droit à la prime mais ceux qui ont déjà un revenu, la prime n’est versée qu’en cas d’activité.

    Concernant l’établissement de ce budget, désolée mais trouvé que le point qui explique pas trop mal :

    Prime d’activité : l’hypocrisie du gouvernement
    http://www.lepoint.fr/economie/prime-d-activite-l-hypocrisie-du-gouvernement-22-04-2015-1923472_28.php

    Pour respecter son enveloppe budgétaire de 4 milliards d’euros, l’exécutif s’attend à ce qu’un bénéficiaire sur deux ne réclame pas sa prime !

    Sauf que le financement n’est pas à la hauteur de l’ambition. Manuel Valls et François Hollande n’entendent pas dépasser la somme allouée jusqu’à présent au RSA-activité et à la prime pour l’emploi, soit 4,1 milliards d’euros. Ce qui signifie que le taux de non-recours ne doit pas être supérieur 50 % des bénéficiaires potentiels pour ne pas faire exploser l’enveloppe budgétaire. Autrement dit, l’exécutif a construit son barème avec l’idée qu’un bénéficiaire sur deux ne demanderait pas la prime, de 160 euros en moyenne par mois, à laquelle il aurait droit...

    Si 100 % des foyers concernés par la prime d’activité la réclamaient, celle-ci coûterait en effet 34 % de plus, reconnaît la version provisoire de l’étude d’impact dévoilée mardi aux journalistes par le ministère du Travail.

    #aide_sociale #Arbeitmachtfrei #guerre_aux_pauvres

    • Magne toi, je crois qu’il y a une limite de dépôts du dossier et tu peux le faire en ligne. Là, la CAF où je vais d’habitude partager avec mes contemporains les affres administratifs est fermée une semaine pour basculer les dossiers #RSA en #PA (prime d’activité).

    • je pige rien une fois de plus... je vois rien de vraiment incitant pour moi de m’y déclarer sur le site de la CAF, alors que vos témoignages semblent indiquer que ce serait « obligatoire »... mais pas « automatique » ? En gros j’ai lu sur mon dossier avoir jusqu’à fin mars pour m’y déclarer, mais sans texte du style « vous aller quitter le rsa sinon »...
      Entre ça et la nouvelle solidarité des tarifs de transports en communs à #Nantes qui exigent que je paie désormais une dizaine d’euros par mois, alors que je n’ai aucun revenu en plus de mon rsa activité, bah si, elle change la france, Renaud, lentement mais surement... et vive la sociale :/

    • Moi je parlais pour la prime d’activité, qui remplace aussi la prime pour l’emploi que j’avais avant car travaillant beaucoup mais avec un tout petit salaire. C’est ça qui était automatique, comme un anti-impôt : en août tu recevais un peu d’argent au lieu de leur en donner. Là maintenant faut déclarer tous les trimestres et tu reçois (peut-être) un truc tous les mois. Et si t’y penses pas ou que t’as pas le temps, bah t’as rien (perso ça m’aidait bien en septembre).

    • @val_k le passage du RSA à la PA ne te sera pas signalé, il est automatique. Voila @rastapopoulos mon indic à la CAF disait que c’était plus difficile à gérer pour tout le monde que la prime d’emploi soit supprimée pour fusionner avec le RSA et donner la PA. Et qu’en plus le gvt tablait sur le fait que 50% ne la demande pas … manque de bol, les demandes explosent.
      Et fais tes calculs en ligne pour raconter ici si i y a ou non équivalence (personne ne sait, même à la CAF quels seront les perdants, les pauvres c’est sur, oui). Il n’y a pas que chez facebook qu’ils ont des statistiques d’espionnage, à Bercy ils ont pensé qu’il valait mieux ne pas augmenter le SMIC et faire croire qu’ils assistaient les travailleurs.
      #optimisation_politique_dans_ton_cul

    • RAAAAAh mais. C’est PAR FOYER maintenant. Mais sauf que le truc c’est que l’addition des deux te donne pas la même chose, genre t’as tellement moins de frais si t’es deux (et encore même en déclarant notre gosse ça compte rien quoi) :

      Si je mets qu’on est 2 avec en plus 1 enfant à charge, avec chacun un peu moins du smic par mois : ON A ZÉRO.

      Et attendez le plus marrant : si je déclare mon même salaire juste moi tout seul et MEME SANS ENFANT : ils me donnent 167 € par mois !!!!

      Et je déclare que j’ai un enfant (sans ma conjointe) : plus de 400€ par mois !

      Sérieux ? Si on déclare tous les deux (et on est obligé ça se voit !) on a RIEN, NADA.

      Non mais comment faire quoi ?

      Je lis sur un site là :

      Grâce à la prime d’activité, les travailleurs rémunérés autour du SMIC vont bénéficier d’une amélioration de leur pouvoir d’achat. Son montant dépend des revenus d’activité des bénéficiaires, et le bonus est particulièrement important pour les travailleurs percevant entre 0,8 et 1,2 Smic.

      Donc même jusqu’à plus que le smic !
      Et nous on a même pas le smic + un enfant, et on va RIEN avoir ?

      Aaaaaaah

    • Juste pour info, pour qui pourrait y avoir droit...

      Pour information, toute demande de Prime d’activité effectuée jusque fin mars 2016 permettra d’ouvrir un droit à compter de janvier 2016.

      http://www.caf.fr/visite-guidee/la-prime-d-activite

      Les personnes éligibles à la prime d’activité ont jusqu’au 31 mars pour la demander à la CAF ou à la MSA dont ils relèvent. Ainsi, ils pourront recevoir l’intégralité de leur premier semestre en une seule fois. Ce système de rétroactivité est exceptionnel et ne vaut que pour le premier semestre 2016. Cette mesure a été prise pour que les nouveaux bénéficiaires peu au fait des changements ne soient pas lésés.

      http://www.journaldunet.com/management/salaire-cadres/1161470-prime-d-activite

    • L’austérité ce n’est pas seulement un ensemble de mesures macroéconomiques.
      L’austérité implique des mesures microéconomiques, procédurières, et administratives, invisibles par le corps social dans son ensemble.
      Et ça : un peu compliqué à comprendre pour des partis d’intellos de classe moyenne qui s’adressent à des intellos de classe moyennes.
      Pire : régulièrement les gaucho semblent féliciter le fait qu’une majorité de gens ne réclament pas les aides auxquelles ils ont droit.
      D’une part, cela ne s’oppose pas mais renforce l’idée selon laquelle les aides sociales sont une forme d’assistanat.
      Deuxièmement, cela dénie la nécessité matérielle à laquelle répondent les aides sociales. Si il y a un droit, c’est qu’il y a un besoin.
      Enfin le pire, cela évite de porter la critique au fond : l’accès à l’information sur les aides sociales est complexe.
      Cette complexité dans l’accès à ses droits sociaux est une austérité pernicieuse, car déguisée derrière la générosité.

      (relevé sur twitter https://twitter.com/desbabillages/status/693199934108110848 )

    • Bon, c’est trop tard, mais je n’y avais donc pas du tout droit pour l’instant.

      Enfin si, tout seul j’y aurais eu droit, mais ça prend en compte le foyer complet. Or ce n’est une aide que pour les gens qui ont travaillé assez MAIS pas trop. Si c’est pas assez, ya pas l’aide, et si c’est trop ya pas l’aide.

      Or la deuxième personne était encore en partie à pôle emploi les 3 derniers mois, avec une aide. Au total ça faisait un revenu correct, mais pour la Prime d’Activité, c’est seulement le revenu du travail qui est utilisé. Et ensuite elle a repris le travail, avec un salaire plus gros que le mien et plus que la limite pour l’aide surtout, donc pour tous les prochains mois, yora aucune prime non plus.

      Bref :
      – tout seul, même sans enfant à charge, j’aurais eu environ 110 euros juste pour moi, pour une personne, chaque mois !
      – tout seul, avec mon enfant à charge, j’aurais eu 300 ou même 400 euros par mois !
      – et là, à 2 adultes avec un enfant à charge, 0 euros. Youhou.

      J’ai mis pas mal de temps à trouver la formule exacte de calcul complète pour comprendre. J’avais téléphoné 2 fois à la CAF, et la fille m’avait expliqué son calcul et en fait je crois qu’elle même ne comprenait pas ce qu’elle racontait, ou alors elle sait absolument pas expliquer les choses.

      https://www.caf.fr/aides-et-services/s-informer-sur-les-aides/solidarite-et-insertion/la-prime-d-activite-3

      En gros le principe général c’est :
      – t’as un montant d’aide de base suivant la situation (seul, couple, etc)
      – tu ajoutes un pourcentage des revenus du vrai travail uniquement (62%)
      – tu retires 100% des revenus complets (travail + aides, chômage etc)
      => s’il reste quelque chose, c’est le montant de ta Prime mensuelle


  • « Pourquoi suis-je toujours expulsable ? J’ai besoin d’être aidée, pas d’être assistée » - | Rue89Lyon
    http://www.rue89lyon.fr/2016/02/04/pourquoi-suis-je-toujours-expulsable-jai-besoin-detre-aidee-pas-detre-assi

    La posture institutionnelle est culpabilisante, il y a toujours un jugement, un comportement infantilisant. Je n’ai pas besoin d’être assistée, j’ai besoin d’être aidée. Tous les professionnels que j’ai rencontrés m’ont répété cette phrase « vous savez madame, il faut payer votre loyer », comme si je ne le savais pas, comme si l’entrée d’argent tous les mois servaient à payer mes loisirs.

    J’ai des difficultés, mais je fais tout pour régler seule ma dette, je suis une femme de 30 ans, j’ai quatre enfants, je n’ai pas besoin qu’on me traite comme si j’avais quatre ans. Et ça ils ont du mal à comprendre. Par contre quand inversement, j’ai posé des questions sur les délais d’instruction du dossier FSL, vu que le premier dossier n’aboutissait pas, là on m’a dit« vous n’avez rien à dire par rapport à ça madame, c’est comme ça c’est la régie qui décide du délai ».

    On est dans une posture délicate et du coup on est confronté à des attitudes très désobligeantes qui nous écrasent. Moi, j’ai l’impression qu’il y a malheureusement beaucoup d’assistantes sociales qui portent systématiquement un jugement, comme si elles avaient une manière de parler commune sans distance, toujours à vous juger. C’est violent, ça nous ramène plein de choses à la figure.

    #logement #aide_sociale #infantilisation


  • Coup de tonnerre sur l’aide sociale en Essonne
    http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/01/13/le-conseil-departemental-de-l-essonne-menace-de-ne-plus-payer-les-aides-soci

    Est-ce le signe d’une détresse financière ou le résultat d’un #coup_politique ? Le département de l’Essonne assure être dans l’impossibilité de procéder au paiement de l’#aide_sociale_légale pour une partie de l’année 2015. Dans un courrier, adressé fin décembre aux associations de protection de l’enfance et aux établissements médico-sociaux pour les personnes âgées ou les adultes handicapés, François Durovray (LR), le président du conseil départemental, annonce que sa collectivité ne sera pas en mesure de régler ses factures et propose d’étaler les versements sur les six prochaines années, avec les intérêts. D’après les informations du Monde, ces coupes concerneraient également le secteur des services à domicile, l’allocation personnalisée d’autonomie et la prestation de compensation du handicap.

    #dette #emprunt_toxique


  • L’invisibilité sociale : une construction institutionnelle ? - Localtis.info - Caisse des Dépôts
    http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite

    L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (#Onpes) a publié une étude intitulée « La construction institutionnelle de l’invisibilité sociale : compte-rendu et analyse de 14 entretiens avec des décideurs politiques ». Si on peut contester la taille réduite de l’échantillon, l’originalité de ce travail - mené par le cabinet Apex à la demande de l’Onpes -, réside précisément dans la prise en compte des perceptions et de la parole des élus. Il s’agit en l’occurrence de trois élus nationaux (un député et deux sénateurs), de quatre élus de conseils départementaux (dont la nature du mandat n’est pas précisée) et de sept maires et adjoints au maire. Sans prétendre à une représentativité statistique, l’échantillon répond à une réelle diversité géographique et socioéconomique pour les territoires représentés et couvre l’essentiel du champ politique.

    L’invisibilité sociale se loge dans les représentations des décideurs
    L’objectif affiché est de comprendre « les mécanismes qui contribuent à construire ’l’#invisibilité_sociale' et de mieux identifier les réalités que ce phénomène recouvre ». Pour cela, la démarche part d’un postulat : « L’une des dimensions fondamentales de l’invisibilité sociale est cognitive : elle se loge dans les #représentations des décideurs quant aux publics les plus concernés par l’#aide_sociale, aux problématiques les plus prioritaires, aux moyens d’action légitimes et efficaces dans la perspective d’améliorer la situation ».
    Il résulte de ces entretiens semi-directifs que l’invisibilité sociale est une notion « au contenu hétérogène », les élus interrogés en proposant des définitions très diverses. Se dégage toutefois une approche avant tout individuelle de l’invisibilité : les invisibles sont « ceux qui ne viennent pas », autrement dit se tiennent à l’écart de l’offre sociale et des services qui la portent. Une perception qui renvoie aux thématiques de l’#isolement et du #non_recours aux droits. De ce fait, l’invisibilité apparaît comme le résultat d’une attitude personnelle.
    Dans le même esprit, les élus se disent conscients du #stigmate de « l’assisté social » - qui rend difficile de frapper à une porte - et, à l’inverse, de la fierté « à se débrouiller seul » (notamment chez les non salariés ou chez certains retraités). Le manque d’information ou la complexité des #dispositifs ne viennent que bien après dans les explications de l’invisibilité sociale.

    Invisibles perçus et invisibles non perçus

    L’étude s’efforce également d’identifier les principaux publics « invisibles » dans le discours des élus. Il en ressort la perception de deux catégories : celle d’un « invisible perçu » et celle d’un « invisible non perçu ». Au titre de la première figurent notamment - dans l’ordre de prégnance dans le discours des élus - les jeunes de 18 à 25 ans en situation de précarité, les personnes âgées pauvres, les familles monoparentales, les travailleurs pauvres et les étrangers en instance de décision ou en séjour illégal.
    A l’inverse, les « invisibles non perçus » - autrement dit qui n’apparaissent pas dans le discours des élus - sont le plus souvent des sous-catégories des « invisibles perçus » : par exemple, les jeunes en errance, les anciens immigrés retraités (les chibanis), les travailleurs indépendants pauvres... S’y ajoutent des catégories spécifiques, mais assez peu nombreuses : les sortants de prison, les familles d’enfants placés...
    La dernière partie - plus classique dans son approche - recense, dans le discours des élus, des initiatives locales « d’aller vers », tout particulièrement dans les petites communes. Cette dernière partie, davantage orientée vers les réponses au phénomène de l’invisibilité sociale, met notamment en avant la question du « détectage », mais aussi celles de la domiciliation (qualifiée de « prérequis indispensable »), de la refonte du travail social, de la prévention, ou encore de l’harmonisation de la circulation des informations confidentielles. Elle s’interroge aussi sur le fait de savoir si « s’occuper des ’invisibles’ est porteur politiquement »...

    La construction institutionnelle de l’invisibilité sociale : Compte-rendu et analyse de 14 entretiens avec des décideurs politiques, Onpes
    http://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_final_APEX_ONPES_01102015_VFD.pdf


  • #Serbie : les #Roms expulsés d’Allemagne n’auront plus droit aux aides sociales

    Pendant qu’elle se targue de pouvoir accueillir plus de 500 000 réfugiés par an à grand renfort de publicité médiatique, l’#Allemagne organise en toute discrétion l’expulsion des demandeurs d’asile venus des Balkans. Et en la matière Berlin peut compter sur le zèle de Belgrade...

    http://www.courrierdesbalkans.fr/le-fil-de-l-info/serbie-les-roms-expulses-d-allemagne-n-auront-plus-droit-aux-aide
    #expulsion #renvoi #aide_sociale
    cc @albertocampiphoto @daphne @marty


  • Faute de #chômeurs, le Pôle emploi allemand réduit ses effectifs
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/04/08/20002-20150408ARTFIG00006-l-agence-pour-l-emploi-allemande-reduit-ses-effec

    La moitié du personnel consacre son temps à délivrer l’#aide_sociale [sic] (...) devenue un système juridique complexe. (...) Depuis 2011, une partie du traitement de l’aide sociale peut être déléguée aux #communes. Environ 5000 agents ont déjà été transférés.