#air_du_temps

    • Il me semble que le point essentiel modifié par Internet, c’est la personnification du débat. Autrefois, quand vous n’aviez que la télévision, la radio, le cinéma, l’essentiel de ce que vous voyiez était plutôt formel, on ne savait pas grand-chose de la vie des personnes qui apparaissaient à l’écran. Avec internet, nous devenons tous des diffuseurs, nous projetons notre personnalité authentique dans les espaces de discussion – du moins nous affirmons le faire –, et c’est ce qui donne à une personne comme Trump une forme d’autorité. Cet homme fait des choses horribles, illégales, corrompues, mais il le fait d’une manière perçue comme authentique.

      Ce que je trouve étonnant, c’est que ce niveau de comportements problématiques soit toléré, et même interprété comme une démonstration de son pouvoir.

      #air_du_temps

  • Ça devient simplement “potentially divisive”

    Coast Guard will no longer classify #swastikas, nooses as hate symbols - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/national-security/2025/11/20/coast-guard-swastika-noose

    The U.S. Coast Guard will no longer classify the swastika — an emblem of fascism and white supremacy inextricably linked to the murder of millions of Jews and the deaths of more than 400,000 U.S. troops who died fighting in World War II — as a hate symbol, according to a new policy that takes effect next month.

    #états-unis #air_du_temps

  • L’Indonésie fait de l’ex-dictateur Suharto un « héros national » - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20251110-l-indon%C3%A9sie-fait-de-l-ex-dictateur-suharto-un-h%C3%A9ros-national

    L’Indonésie a élevé lundi 10 novembre au rang de « héros national » l’ex-dictateur Suharto par décret présidentiel, malgré les accusations de violations des droits humains qui pèsent sur lui. Selon le texte lu par le secrétaire militaire du président Prabowo Subianto, Suharto figure parmi dix personnalités nouvellement honorées.

    #air_du_temps

  • Trump says US cities should be military training grounds
    https://www.bbc.com/news/articles/cvgq044n72po

    30 September 2025

    US President Donald Trump has said he wants to use American cities as “training grounds” for the military.

    In an unusual address to hundreds of military leaders assembled from across the world, Trump described “civil disturbances” as the “enemy from within”. He added that the situation “won’t get out of control once you’re involved”.

    It comes after Trump deployed National Guard troops to Washington DC, Los Angeles and Portland, Oregon, in a crackdown on crime and to support immigration enforcement.

    Il s’exprime comme un clown, mais ses décisions engendrent le chaos, la mort et la désolation.

    https://seenthis.net/messages/1137853

    Ce type sort d’un bouquin de Stephen King.

    • J’avais tagué #gorafi_encore_plagié #descente_aux_enfers #dystopie ici :
      https://seenthis.net/messages/1135499

      Je voulais commenter plus sérieusement, à la façon dont j’avais commenté en 2021, au moment des débuts du vaccin covid, où notre présipotent avait décidé de nommer un comité de citoyens qui devait décider si oui ou non, on devait se laisser vacciner, parce que les vaccins, tu comprends :wink : :wink :

      Je redis la même chose.

      Notre présipotent se nourrit intellectuellement des réseaux sociaux débilitants de l’amicale fascistoraoultiste mondiale climatosceptique, vaccinosceptique...

      Et comme il y croit, à ce qu’il lit - à la façon de mon voisin qui se nourrit l’intellect avec crowdbuker et professiongendarme - quand il voit qu’on prétend que sa femme est un homme, il se sent obligé de répondre. Il devrait totalement ignorer ces absurdités, vue leur natures, leur absurdité, leurs canaux de diffusion, vue sa position.

      Mais non. Il intervient très officiellement dans le sujet, et ça sort dans la BBC, rien que ça. Parce que pour lui, ces canaux méritent d’être entendus.

      Ce (sale) type est un plouc, crétin comme ses pieds, et malveillant comme un étron au milieu du trottoir, un darmanin au milieu du trottoir ou un retailleau au milieu du trottoir.

  • « Un billet du malaise et de la confusion » : émoi à France Culture après une chronique comparant Charlie Kirk et Charlie Hebdo – Libération
    https://www.liberation.fr/economie/medias/un-billet-du-malaise-et-de-la-confusion-emoi-a-france-culture-apres-une-c

    Un billet du présentateur de la matinale de France Culture établissant un parallèle entre Charlie Hebdo et l’influenceur d’extrême droite américain Charlie Kirk a provoqué l’émoi de la rédaction et conduit son auteur à présenter des excuses, a appris l’AFP jeudi. Dans ce billet initialement titré « Je suis Charlie Kirk » et diffusé le 12 septembre, Guillaume Erner estimait qu’« il y a [vait] désormais au moins deux Charlie : le “Je suis Charlie” de Charlie Hebdo et puis “Je suis Charlie” de Charlie Kirk ».

    a provoqué l’émoi. Tu m’étonnes. L’apocalypse que ça représente, c’est pas rien. Quand on te dit que finalement, la parole de Charlie 2015 était fasciste comme la parole de Charlie 2025, ça fait drôle oui. Fallait pas l’dire. En plus, Guillaume, il ne parle pas fort, comme les habituels gauchistes dont il est si facile de dévaluer la parole. Donc... Après ne pas avoir publié l’article de Daniel, on te fait un article où on te dit que l’émoi justifiait quelques excuses pour bien vite oublier la révélation.

    https://www.arretsurimages.net/chroniques/obsessions/tempete-dans-une-tasse-de-cafe

    https://seenthis.net/messages/1134899
    https://seenthis.net/messages/1134118#message1134338
    https://seenthis.net/messages/1121444

    • Voici encore une comparaison maladroite : un de ces jours C.K. se trouvera en tête de liste des martyrs du trumpisme. On en a une de ce genre avec nos héros d’antan.

      Liste von Anhängern der NSDAP, die zwischen 1923 und 1933 bei tatsächlich oder angeblich politisch motivierten Gewalttaten zu Tode kamen
      https://de.wikipedia.org/wiki/Liste_von_Anh%C3%A4ngern_der_NSDAP,_die_zwischen_1923_und_1933_bei_tat

      Die Hauptgrundlage der späteren wissenschaftlichen Forschung über die „Märtyrer“ der nationalsozialistischen Bewegung ist, dem Institut für Zeitgeschichte zufolge, eine ab 1931 auf Weisung des Reichsschatzmeisters der NSDAP, Franz Xaver Schwarz, von der Hilfskasse der NSDAP geführte parteioffizielle „Ehrenliste der gefallenen Kämpfer der NSDAP“, die z. T. auch als „Ehrenliste der Blutopfer der Bewegung“ bezeichnet wurde. Auf dieser waren Personen verzeichnet, die, laut offizieller Lesart der Partei, „im Kampf für das Dritte Reich durch politische Gegner ermordet“ worden waren. Eine analoge Aufstellung der SA legte fest, dass nur solche Personen in die entsprechende SA-Liste aufgenommen werden durften, „bei denen die Todesursache nachweislich auf einen politischen Überfall zurückzuführen“ sei, während Fälle, in denen „der Tod infolge erlittener Unfälle oder Erkrankungen im Dienst der Partei eingetreten ist“, nicht für die Aufnahme in die Listen in Frage kämen. Dennoch wurden in der Realität auch zahlreiche Personen auf der offiziellen „Märtyrer“-Liste der Partei geführt und von der NS-Propaganda als „Opfer“ von gewaltsamen Übergriffen politischer Gegner ausgegeben, die in Wirklichkeit durch Krankheiten, Unfälle oder Suizid gestorben waren, die aus Versehen von eigenen „Parteigenossen“ getötet worden waren oder die bei unpolitischen Raufhändeln ums Leben gekommen waren. Die NSDAP vereinnahmte in ihrem Märtyrerkult zudem einige Personen als „Märtyrer“, bei denen es nicht erwiesen ist, ob diese tatsächlich in einer Beziehung zur NSDAP standen, bzw. bei denen dies sogar widerlegt worden ist.

      #nazis #fascisme #martyrs

    • Selon l’Institut d’histoire contemporaine, la recherche scientifique ultérieure sur les « martyrs » du mouvement national-socialiste se fonde principalement sur la « liste d’honneur des combattants tombés au combat du NSDAP » tenue par Franz Xaver Schwarz, fonctionnaire du parti chargé de la caisse d’entraide du NSDAP, sur instruction du trésorier du Reich du NSDAP, Franz Xaver Schwarz, de la caisse d’aide du NSDAP, en partie également appelée « liste d’honneur des victimes du mouvement ». Cette liste répertoriait les personnes qui, selon la version officielle du parti, avaient été « assassinées par des opposants politiques dans la lutte pour le Troisième Reich ».
      Une liste analogue établie par la SA stipulait que seules les personnes « dont la cause du décès pouvait être attribuée de manière avérée à une agression politique » pouvaient être inscrites sur la liste correspondante, tandis que les cas où « le décès était survenu à la suite d’accidents ou de maladies subis au service du parti » ne pouvaient être pris en compte pour l’inscription sur les listes. Néanmoins, dans la réalité, de nombreuses personnes figuraient sur la liste officielle des « martyrs » du parti et étaient présentées par la propagande nazie comme des « victimes » d’agressions violentes commises par des opposants politiques, alors qu’elles étaient en réalité décédées des suites de maladies, des accidents ou des suicides, ou avaient été tuées accidentellement par leurs propres « camarades du parti » ou qui avaient perdu la vie lors de bagarres apolitiques. Dans son culte des martyrs, le NSDAP a également récupéré certaines personnes comme « martyrs » sans qu’il soit prouvé qu’elles aient réellement eu un lien avec le NSDAP, voire alors que cela a été réfuté.

      Traduit avec DeepL.com (version gratuite)

  • A Mayotte, la police aux frontières provoque des naufrages de bateaux et la mort de migrants venus des Comores
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/16/a-mayotte-si-dix-personnes-meurent-en-mer-il-n-y-a-pas-de-sujet-la-police-au

    Extrait d’une vidéo de communication montrant un entraînement de la police, diffusée en décembre 2024 sur le compte LinkedIn du directeur territorial de la police nationale à Mayotte. Patrick Longuet / LinkedIn

    https://assets-decodeurs.lemonde.fr/redacweb/2509-mayotte/linkedin.mp4

    Il est environ 4 heures du matin, ce 15 juillet, quand Zoubert (les personnes citées par leur prénom ont souhaité conserver leur anonymat) approche la côte ciselée de Sada, dans le sud-ouest de Mayotte. Parti dix heures plus tôt de l’île de Ndzouani (anciennement Anjouan), aux Comores, l’homme de 25 ans a pris place dans un kwassa-kwassa, un bateau de pêche de moins de 10 mètres de long, pour rejoindre l’archipel français de l’océan Indien. Zoubert y a grandi et veut y retrouver sa mère. Il a fait route sans encombre jusqu’à l’entrée du lagon, par-delà la barrière de corail, l’ultime étape d’une traversée de près de 70 kilomètres, empruntée chaque année par des milliers de candidats à l’exil.

    L’arrivée est imminente pour lui et les 26 passagers de l’embarcation. Un kilomètre à peine les sépare du rivage. Mais c’est compter sans la vigilance des autorités françaises, occupées à surveiller les eaux du lagon. Zoubert et trois autres occupants du kwassa rapportent avoir alors été victimes d’un abordage violent. Selon leur récit, un bateau de la police aux frontières (PAF) serait volontairement entré en collision avec le leur, provoquant la chute à l’eau de plusieurs personnes, le tout sans sommation ni avertissement. « Les policiers devaient nous sauver, pas nous tuer », dénonce Zoubert, qui dit avoir vu une adolescente et un vieil homme se noyer.

    Sollicité, le parquet de Mamoudzou, chef-lieu du département, confirme la mort d’une jeune femme et d’une personne âgée. Mais, d’après les données publiques compilées par le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Sud océan Indien, responsable de la coordination des secours, sept autres personnes, outre les deux corps récupérés, auraient disparu en mer.

    • L’URL est plus explicite sur le titre

      a-mayotte-si-dix-personnes-meurent-en-mer-il-n-y-a-pas-de-sujet-la-police-aux-frontieres-accusee-de-provoquer-des-naufrages-de-bateaux-de-migrants_6641347_3224.html

      #france_2025

    • L’information a été remontée aux autorités quelques heures après le naufrage. Interrogé sur ces bilans pour le moins différents, le parquet n’a pas donné suite.

      Les témoignages de rescapés confirment pourtant l’ampleur du drame. Celui d’Ahamada, par exemple. Cet homme de 24 ans voyageait avec son neveu et sa nièce. Il affirme avoir vu le petit garçon de 4 ans, dont il avait la responsabilité, tomber dans l’eau à la suite du choc puis couler sans qu’il ait pu lui porter assistance. « C’est vraiment ignoble, insiste-t-il. Ils sont arrivés par l’arrière. Notre pilote a cru qu’il pouvait encore s’enfuir car nous n’étions pas loin de la plage. C’est à ce moment-là qu’ils nous sont rentrés dedans. S’ils nous avaient laissés [accoster], ils auraient pu nous interpeller sans tuer des gens. »

      Un autre élément a surpris Zoubert ce jour-là. D’après lui, il n’y avait que deux policiers à bord de la vedette, en l’occurrence le Murène, un semi-rigide de 12 mètres de long, propulsé par deux moteurs de 300 chevaux, capable de monter à une vitesse de plus de 40 nœuds. « Après nous avoir heurtés, ils ont fait marche arrière jusqu’à une distance de 30 mètres et ils nous ont regardés, se souvient-il. L’embarcation s’est déchirée, tout le monde est tombé à l’eau. Et ils sont restés entre dix et quinze secondes sans réagir. »

      Sadik, un Comorien de 22 ans, se rappelle lui aussi n’avoir vu que deux policiers, « un homme et une femme » ; « des Blancs », d’après lui. Selon nos informations, les vedettes utilisées par la PAF embarquent toujours au moins trois personnes en journée, quatre la nuit. « Quelle organisation peut-on avoir à deux ?, s’interroge un militaire de la gendarmerie maritime, sous le couvert de l’anonymat. Par nuit noire, si le pilote regarde l’écran radar, il ne regarde pas la mer. Et si ça se passe mal, ils ne peuvent pas grand-chose. » Interrogé sur ce point précis, le parquet n’a pas donné suite.
      Surveillance jour et nuit

      Une information judiciaire a été ouverte pour « homicides et blessures involontaires aggravées ». Un homme présent à bord du kwassa a été mis en examen pour « aide à l’immigration irrégulière aggravée ». Le 16 juillet, le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, a dénoncé lors d’une conférence de presse « l’attitude des filières d’immigration clandestine, qui sont les premières responsables de ce drame ».

      Ainsi va la vie de Mayotte… A 8 000 kilomètres de l’Hexagone, c’est aujourd’hui la frontière française la plus exposée à l’immigration irrégulière. Entre 100 000 et 200 000 personnes sans papiers se trouveraient sur l’archipel. En 2024, plus de 22 000 hommes et femmes, mais aussi enfants, ont été placés dans le centre de rétention de Petite-Terre, en vue d’être expulsés, la plupart vers les îles comoriennes voisines, qu’ils avaient quittées, eux aussi, à bord de kwassa.

      Face à ce phénomène, la France a installé un réseau de radars maritimes sur tous les pourtours du lagon. Surtout, huit puissants semi-rigides de la gendarmerie et de la PAF, appelés des « intercepteurs », sont chargés de surveiller nuit et jour les eaux territoriales. En 2024, 493 embarcations, transportant 6 764 personnes, ont ainsi été interceptées en mer selon des chiffres de la préfecture. L’année précédente, 661 kwassa avaient été interceptés.

      « Notre objectif est de porter assistance, de mettre les passagers à l’abri à terre et, après, on entre dans le canevas habituel de la procédure administrative », affirme un haut gradé de la gendarmerie nationale, désireux de rester anonyme. « On ne fait que porter secours, assure, à son tour, le préfet François-Xavier Bieuville, interrogé en juin. Ce n’est pas pertinent de mettre en danger les personnes qui sont sur un bateau. »

      Le récit du naufrage du 15 juillet partagé par Zoubert et trois autres passagers ne correspond pas à cette présentation… Et cette affaire n’a rien d’un cas isolé. Au terme de près d’un an d’enquête, Le Monde, ses partenaires du média d’investigation Lighthouse Reports et de plusieurs médias – français, britannique et allemand – ont recueilli une vingtaine de témoignages similaires et eu accès à diverses enquêtes judiciaires et administratives à même de documenter la récurrence d’interventions dangereuses au large de Mayotte. Des cadres du ministère de l’intérieur confirment le recours à ces pratiques d’interception agressives.

      Alors que, dans la Manche, le gouvernement français a annoncé, cet été, un changement de doctrine d’intervention pour autoriser l’arraisonnement en mer des bateaux de migrants en route vers le Royaume-Uni – jusque-là prohibée au bénéfice du secours en mer –, cette enquête révèle les risques inhérents à de telles manœuvres et leurs conséquences mortelles à Mayotte, où elles sont mises en œuvre, loin des regards, depuis au moins une vingtaine d’années.
      Interceptions dangereuses

      D’après les données publiques du Cross Sud océan Indien, au moins 477 migrants sont morts ou ont disparu dans les eaux territoriales françaises autour de Mayotte depuis 2010. Un bilan issu de 860 opérations d’assistance en mer coordonnées par le Cross sur la période auprès d’embarcations de migrants, et dans lequel les circonstances entourant les drames ne sont pas précisées.

      Avec une moyenne de 30 morts par an, ce bilan traduit néanmoins la dangerosité inhérente aux trajets effectués en kwassa. D’après notre décompte, fondé sur des données publiques ainsi que des dossiers judiciaires, au moins 24 personnes ont péri dans le lagon, entre 2007 et 2025, à la suite d’une interception. Sollicités pour réagir aux éléments réunis dans cette enquête, le ministère de l’intérieur, la préfecture et le parquet de Mamoudzou n’ont pas donné suite.

      « A Mayotte, on a une posture beaucoup plus agressive que dans la Manche, reconnaît pourtant un cadre du secrétariat d’Etat à la mer, lui aussi soucieux de demeurer anonyme. Mayotte est soumise à des flux migratoires permanents qui déstabilisent l’île. Nécessité fait loi. C’est un peu cynique mais c’est comme ça. Et puis, le risque médiatique et politique est sans commune mesure. A Mayotte, si dix personnes meurent, il n’y a pas de sujet. »

      Le souvenir de ces événements tragiques reste confiné au cœur des bidonvilles, dans la mémoire de leurs habitants. Il suffit d’interroger les Comoriens présents sur l’île pour que les récits d’interceptions dangereuses affluent. Youssouf, 25 ans et en situation irrégulière, a effectué une traversée sept fois des Comores vers Mayotte entre 2013 et 2024, au gré des expulsions dont il a fait l’objet. La dernière fois, il a « cru mourir ». Le semi-rigide de la police « tournait autour [d’eux] et faisait des vagues », se souvient-il. Le kwassa est percuté. Une personne tombe à l’eau, avant d’être récupérée, saine et sauve.

      Nishka, un autre Comorien établi dans le sud de l’île de Grande-Terre, raconte avoir subi une tentative d’interception en 2023. « Le bateau de la police a fait des vagues, puis on a chaviré, dit-il. On était tout près de la plage. J’ai nagé jusqu’à la terre, je me suis caché. Je ne sais pas s’il y a eu des morts. » Abdellah, 24 ans, du quartier de Tsoundzou, à Mamoudzou, explique, pour sa part, comment une vedette de la police a tourné plusieurs fois autour du kwassa qui l’amenait vers Mayotte, une nuit de novembre 2021. « De l’eau est entrée dans le bateau. On était pétrifiés, des gens se pissaient dessus. »

      « J’ai vu des choses que je ne pensais jamais voir, confie encore Mohammed. C’est gravé dans ma mémoire. » De 2019 à 2023, ce trentenaire a œuvré comme passeur entre Ndzouani et Mayotte, avant de raccrocher. Fin 2022, il participe à une escouade de trois kwassa partis de Ndzouani. Ces derniers sont à l’entrée du lagon quand une vedette de la PAF entreprend de stopper l’un d’eux, soulevant des vagues jusqu’à provoquer son naufrage. Mohammed et ses passagers sont témoins de la scène avant de poursuivre leur route. Impossible, pour lui, de dire ce qu’il est advenu des naufragés.
      « Une formation de trois semaines, au mieux »

      Au cours de notre enquête, six fonctionnaires, issus des ministères de l’intérieur et des armées, en poste entre 2008 et 2024 à Mayotte, ont reconnu, tout en exigeant l’anonymat, le recours routinier à des pratiques dangereuses. Un haut gradé de la gendarmerie admet ainsi que les intercepteurs « coupent la route » des kwassa et vont jusqu’à « taper leur proue ». « C’est pour qu’ils s’arrêtent parce qu’ils sont en danger », justifie un gendarme en évoquant la manière dont ses collègues ont pris l’habitude de « créer une vague artificielle, en faisant des mouvements en S, pour alourdir [d’eau] le kwassa », quitte à prendre le risque qu’il chavire. « Cela représente 0,05 % des cas », minimise un autre gendarme, établi pendant dix ans à Mayotte.

      « Quand on navigue à 45 nœuds [83 kilomètres à l’heure], la nuit, une route d’interception devient nécessairement une route de collision », considère pourtant un autre militaire. Un point de vue partagé par un cadre des affaires maritimes, en poste pendant près de quinze ans à Mayotte, selon lequel la police ne peut que se mettre hors la loi : « Il faut aller vite, monter jusqu’à l’écho [l’endroit où le kwassa a été repéré par le radar], éteindre les feux, ce qui est contraire au règlement international de l’abordage en mer. » Le fonctionnaire fustige, par ailleurs, l’absence de « culture maritime » chez certaines unités de la PAF : « Ils suivent une formation de trois semaines, au mieux, et après ils partent en compagnonnage sur les intercepteurs. »

      Dans les bilans officiels, rien ne transparaît de la récurrence d’accidents. « La plupart du temps, ça se passe bien. On a quelques refus d’obtempérer », témoigne ainsi le maréchal des logis chef Moudri, interrogé lors d’une patrouille de la gendarmerie maritime, au mois de juin. « A Mayotte, il y a très peu de morts », soutient Jean-François Carenco, ministre délégué chargé des outre-mer de 2022 à 2023.

      « L’accidentologie est quasi nulle autour des interceptions, les forces de l’ordre ont l’habitude et le souci d’assurer la sécurité en mer, insiste un magistrat ayant officié plusieurs années dans l’archipel. A chaque fois qu’un accident arrive, c’est le kwassa qui vient volontairement percuter le navire de police ou de gendarmerie dans une démarche de refus d’obtempérer. » L’un de ses collègues magistrats a une autre interprétation : « Personne n’enquête véritablement, se lamente-t-il. La seule autorité qui pourrait prendre des suites à ce sujet, ce serait le parquet. Et il ne le fait pas. »

      Farid Djassadi, un Comorien de 31 ans, ne comprend pas pourquoi les policiers ayant percuté le kwassa sur lequel il avait embarqué le 10 novembre 2019 ne sont pas inquiétés par la justice. Voilà bientôt six ans qu’une instruction a été ouverte pour blessures involontaires, au lendemain de l’accident dont il a été victime. Ses jambes ont été broyées et déchiquetées par les hélices d’un semi-rigide de la PAF. Seul le conducteur du kwassa a été mis en examen pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier » et « refus d’obtempérer ».

      Farid Djassadi voulait rejoindre Mayotte pour améliorer son sort, celui de son épouse et de ses trois enfants. Ce soir-là, à la nuit tombée, le kwassa approche de l’îlot Mtsamboro, au nord-ouest de Mayotte. Les dix-huit passagers aperçoivent un intercepteur de la PAF, le Makini, à l’entrée du lagon. En dépit des sommations des policiers, « le pilote du kwassa ne voulait pas s’arrêter, on n’était pas loin des côtes mahoraises », se souvient Farid Djassadi. A l’entendre, la vedette de la police a alors percuté « plusieurs fois » le kwassa sur le côté. « Les policiers criaient : “Arrêtez-vous !”, “Eteignez le moteur !” J’ai voulu me déplacer et je me suis mis debout. Le bateau de la police a percuté par le côté le kwassa et je suis tombé à l’eau. »

      Dans un procès-verbal transmis au magistrat instructeur en décembre 2019, les gendarmes, saisis de l’enquête, évoquent les « mouvements de vague » provoqués par les policiers « afin d’obliger le pilote du kwassa à stopper les machines ». « La victime, pensant que les deux bateaux vont se heurter à hauteur de la position qu’elle occupe, se lève et est déséquilibrée par la vague entrant dans le kwassa, écrivent-ils. La victime passe par-dessus bord. »

      Alors qu’il est à l’eau, la vedette de police lui passe dessus, le blessant aux jambes. Six autres passagers confirment ces circonstances lors de leurs auditions. L’enquête révélera en outre que le permis de navigation du Makini avait expiré depuis février 2018 et qu’aucun des quatre policiers membres d’équipage n’avait le brevet de capitaine 200, pourtant indispensable pour conduire une embarcation si puissante.

      A l’hôpital de Mamoudzou, Farid Djassadi est amputé des deux jambes. Une plaie s’étend aussi du haut de son crâne jusqu’à son arcade sourcilière gauche, nécessitant une greffe de peau. « Moralement, ça ne va pas », dit-il pudiquement, six ans après les faits. En situation irrégulière à Mayotte, il souffre de douleurs chroniques. Il n’a pas revu ses enfants restés aux Comores et leur mère est morte. Il espère une réparation qui ne vient pas.
      « Tous feux éteints »

      Ce n’est pas la première fois que le Makini est mis en cause dans une collision tragique. Quelques mois avant l’accident de Farid Djassadi, la même vedette de la PAF avait été impliquée dans le naufrage d’un autre kwassa. Deux passagers avaient alors péri noyés : Nousroi S., âgée d’une dizaine d’années, et Ali S., un trentenaire. Une troisième personne avait été portée disparue.

      Si les policiers ont nié avoir percuté le kwassa et mettent en cause les manœuvres dangereuses du passeur, plusieurs rescapés ont livré, lors de leurs auditions, des récits bien différents. Ainsi, une jeune fille, Soumaila M., a déclaré que c’est « la vedette de la PAF [qui] était à l’origine de la collision avec [la] barque alors que le pilote tentait d’échapper à l’interception ».

      Dans son ordonnance de renvoi du passeur devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou du 31 août 2020, le juge d’instruction mentionne l’hypothèse selon laquelle « la vedette d’interception [a] percuté le kwassa à l’arrière ». Mais il l’écarte de ses conclusions, considérant que la « trace » repérée à l’avant de la vedette de police pouvait seulement « correspondre à la mise à couple des deux bateaux ». « Ce sont bien les manœuvres d’évitement du kwassa constituées par les accélérations et virements soudains de bord qui provoquent l’entrée d’eau et le naufrage », affirme le magistrat.

      Depuis, le pilote a été condamné à cinq ans de prison. Dans son ordonnance, le magistrat instructeur regrettait néanmoins qu’il « n’existe à ce jour, au sein de la police, tant au plan local que national, aucune directive écrite portant doctrine d’emploi sur la question – que l’on peut pourtant estimer essentielle – de l’interception en mer ».

      Les interrogations sur ce sujet sont anciennes. En 2008, la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNCDS, l’actuel Défenseur des droits) s’inquiétait déjà des méthodes des policiers en mer après une collision ayant entraîné la mort d’une mère et de son enfant, ainsi que huit disparitions, dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007 : entre 30 et 40 personnes avaient pris place sur un kwassa. Dans le lagon, une vedette de la PAF les détecte à la jumelle et décide de s’approcher par l’arrière, feux éteints, « pour ne pas être repérée ». Une pratique habituelle, diront les fonctionnaires à la CNCDS. En pleine nuit, ils percutent l’embarcation surchargée, provoquant la chute à l’eau de ses occupants.

      Dans son avis, la Commission condamne la technique employée de « recherche à la dérive tous feux éteints », contraire aux règles internationales de navigation. Elle « recommande instamment de ne plus recourir à des méthodes qui aboutissent à la mise en danger d’êtres humains, notamment de femmes et d’enfants, dans des conditions susceptibles de caractériser le délit d’homicide involontaire ». Un vœu resté sans effet.

      Par Raphaëlle Aubert, Maud Jullien (Mayotte, Lighthouse Reports), Julia Pascual (Mayotte), Jack Sapoch (motion design Lighthouse Reports) et Tomas Statius (Mayotte, Lighthouse Reports)
      Publié aujourd’hui à 06h55, modifié à 15h08

  • « Je vivais un Bataclan tous les soirs » : le témoignage choc de la Pr Céline Greco sur les violences contre les enfants | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/sante/je-vivais-un-bataclan-tous-les-soirs-le-temoignage-choc-de-la-pr-celine

    Vingt ans d’espérance de vie en moins, des risques de maladies décuplés. Les conséquences des violences subies par les enfants et les dysfonctionnements de la protection de l’enfance ont aussi un coût financier pour la société : plus de 32 milliards d’euros par an.

    « Avez-vous déjà croisé un ours dans une forêt ? » La question posée par la cheffe du service de médecine de la douleur et palliative de l’hôpital Necker-enfants malades, la professeure Céline Greco, a probablement surpris la commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de l’ASE, le 21 mai 2025. Également présidente d’une association de protection de l’enfance (Im’Pactes), la médecin illustre devant les parlementaires les conséquences des violences infligées aux enfants.

    Deux fois plus de cancers, onze fois plus de démences
    Retour à l’exemple de l’ours, avec le mécanisme de survie que le cerveau déclenche en pareil cas : libération d’adrénaline et de cortisone, pour acheminer plus de sang vers les muscles. Pour vous permettre de combattre, ou de fuir. « Mais que se passe-t-il lorsque l’ours rentre chaque soir à la maison ? », interroge la scientifique. Les deux substances sont alors « sécrétées en permanence », engendrant de multiples dysfonctionnements. À la clé, pour ces enfants qui rencontrent « un ours », chaque soir : « Deux fois plus de maladies cardiovasculaires, deux à trois fois plus de maladies respiratoires, deux fois plus de cancers et onze fois plus de démences, égrène Céline Greco. Qui liste une cascade d’autres déconvenues : « Asthme, troubles intestinaux, pathologies auto-immunes (diabète de type 1, sclérose en plaques, polyarthrite…), modification de l’architecture du cerveau entraînant une mauvaise gestion des émotions, des troubles de la concentration et de l’apprentissage… »

    Le prix de 80 hôpitaux neufs
    Elle-même ancien enfant placée, à l’âge de 14 ans, en raison de violences intrafamiliales, elle évoque cette époque où elle rentrait chez elle, le soir, en se demandant si elle serait « encore vivante, le lendemain matin ». « Les enfants victimes de violences psychologiques, physiques et sexuelles vivent un Bataclan tous les soirs », assène-t-elle.

    Citant une étude américaine « que l’on pourrait transposer à la France », Céline Greco rapporte que « les violences faites aux enfants coûtent 32 milliards d’euros par an à notre société, soit 1,4 % de notre produit intérieur brut (PIB) ». L’équivalent du prix de construction de 80 hôpitaux neufs et bien équipés, ou de 640 lycées ou encore plus de 213 000 maisons. « Si l’on prenait ces violences en charge très précocement, on pourrait économiser 90 % de ces coûts », estime-t-elle. Alors que c’est obligatoire, seul un enfant sur dix au sein de la protection de l’enfance bénéficie d’un suivi de santé.

  • Le président du Souvenir français d’un village du Bas-Rhin écarté après un discours contre l’extrême droite | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/150825/le-president-du-souvenir-francais-d-un-village-du-bas-rhin-ecarte-apres-un

    Après un discours dénonçant les idées d’extrême droite, le comité du Souvenir français de Wœrth a été « mis en veille » par la direction régionale. Benoît Sigrist, qui a prononcé le discours, est visé par une plainte du député RN Théo Bernhardt auquel l’association est allée jusqu’à présenter des excuses.

    PoLiTiPeT : « Le #SouvenirFrançais de #Wœrth » - Mastodon
    https://piaille.fr/@politipet/115032175151750229

    « Chaque année, je rappelle les origines du conflit franco-prussien et chaque année, je termine en faisant le lien avec le temps présent, le risque de guerre et le devoir de mémoire. Mais cette fois-ci, je voulais arrêter les discours de bisounours. »

    1/2

    « On parle d’un régime autocratique et oligarchique, celui de Napoléon III, qui a déclaré la guerre à un régime nationaliste et militariste, celui de l’empire prussien. Le retour d’idéologies nationalistes, racistes et fascistes est un danger contre lequel il est nécessaire de faire barrage et de rappeler l’histoire. »

    2/2

  • Francesca Albanese, UN Special Rapporteur oPt sur X : "Italian MPs of various parties just invited me to present my last report, which I did. Three MPs from the government coalition resorted to the usual antisemitism smear, without challenging ANY of my findings. Meet one of the “accusers”: galeazzo bignami "
    https://x.com/FranceskAlbs/status/1951010342944858113

    Les députés italiens de divers partis m’ont invité à présenter mon dernier rapport, ce que j’ai fait.

    Trois députés de la coalition gouvernementale ont eu recours à la diffamation antisémite habituelle, sans contester AUCUN de mes constats.

    Rencontrez l’un des « accusateurs » @galeazzobignami

    #air_du_temps

  • The media’s weasel wording helps Trump - Here are 5 ways news outlets sugar-coat fascism with euphemisms.
    https://www.stopthepresses.news/p/the-medias-weasel-wording-helps-trump

    The normalization of corrupt and even treasonous behavior by Trump and his gang is accomplished through euphemism.

    When the Washington Post reported on Trump’s call for “termination” of the Constitution in 2022, it watered down the news with a headline reading, “Trump’s ever-shifting relationship with the Constitution.” Likewise, instead of saying early this year that Trump abuses his authority, the NYT said he has an “expansive interpretation of presidential power.”

    In a story last month about Trump illegally firing independent government watchdogs, the NYT headline said he “sidesteps laws.” As if the laws were blocking the sidewalk and Trump was merely trying to avoid a traffic jam.

    CNN wrote about Trump’s pay-to-play presidency with a values-free headline saying he was “rewiring Washington access.” Similarly, the NYT wrote too politely that “the president, his immediate family, and entities in his orbit are unabashedly leveraging his position to accrue personal benefits.”

    Last week, Trump forced the University of Virginia’s president to resign to satisfy federal investigators who were threatening UVa’s funding. The NYT lamely described this authoritarian strong-arming as “Trump’s success in harnessing the investigative powers of the federal government to accomplish his administration’s policy goals.”

  • Bruno Retailleau a décoré cinq policiers du Raid mis en examen pour des violences
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280425/bruno-retailleau-decore-cinq-policiers-du-raid-mis-en-examen-pour-des-viol

    Cinq policiers de l’antenne marseillaise du Raid, mis en examen, les uns pour avoir causé la mort de Mohamed Bendriss lors des émeutes de l’été 2023, les autres pour l’éborgnement de son cousin, ont reçu la « médaille de la sécurité intérieure » l’année suivante.

  • Des chômeuses arnaquées : cette victime témoigne d’escroqueries à France-Travail
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/des-chomeuses-arnaquees-cette-victime-temoigne-descroqueries-a-france-trav

    Lors de cette interview, Valérie dénonce les pratiques d’organismes de formation qui, en partenariat avec des fonds publics, ont arnaqué 26 chômeurs en leur proposant des formations fictives ou surévaluées.

  • La remarquable contribution des #élites politiques suisses au #discours_anti-immigrés

    Une étude de chercheurs de l’EPFZ questionne l’origine du discours anti-immigrés qui s’est imposé en Suisse et en Europe. Elle déconstruit au passage bon nombre de clichés et souligne l’importance du vocabulaire emprunté à la #biologie.

    Comment expliquer le succès du discours anti-immigrés, thème qui domine la politique suisse depuis des décennies et qui s’impose aujourd’hui partout en Europe ? En théorie, la réponse semble évidente : les électeurs réagissent à des craintes culturelles, économiques et sécuritaires suscitées par l’arrivée de migrants. Une étude publiée fin novembre dans l’American Political Science Review par deux chercheurs l’EPFZ et un chercheur de l’Université Bocconi, en Italie, questionne toutefois cette doxa. Sur la base de l’expérience suisse.

    (#paywall)
    https://www.letemps.ch/opinions/chroniques/la-remarquable-contribution-des-elites-politiques-suisses-au-discours-anti-i
    #anti-immigration #migrations #réfugiés #Suisse

    • The Free Movement of People and the Success of Far-Right Parties: Evidence from Switzerland’s Border Liberalization

      The main theories explaining electoral backlash against immigration focus on citizens’ cultural, economic, and security concerns. We test these predictions in Switzerland, which opened its labor market to neighboring countries in the 2000s. Employing a difference-in-differences design, we document a substantial rise in immigrant workers in Swiss border municipalities after the border opened. This was accompanied by a 6-percentage-point (95% confidence interval 2–10) increase in support for anti-immigrant parties, equivalent to a 32% rise at the mean. However, we find no adverse effects on citizens’ employment, wages, or subjective perceptions of economic, cultural, or security threats. Instead, we describe how far-right parties introduced novel narratives related to overcrowding to advance hostility toward immigrants. We provide evidence that this rhetoric targeted border municipalities, where it had the greatest impact on voters susceptible to political persuasion. Together, these findings suggest that elites can play a role in driving anti-immigrant votes.

      https://www.cambridge.org/core/journals/american-political-science-review/article/free-movement-of-people-and-the-success-of-farright-parties-evidence-from-switzerlands-border-liberalization/21D5C52BB398194097C4C00F82C9FE68

      #extrême_droite #afflux #invasion

    • La remarquable contribution des élites politiques suisses au discours anti-immigrés - Le Temps - 15/02/2025

      Comment expliquer le succès du discours anti-immigrés, thème qui domine la politique suisse depuis des décennies et qui s’impose aujourd’hui partout en Europe ? En théorie, la réponse semble évidente : les électeurs réagissent à des craintes culturelles, économiques et sécuritaires suscitées par l’arrivée de migrants. Une étude publiée fin novembre dans l’American Political Science Review par deux chercheurs l’EPFZ et un chercheur de l’Université Bocconi, en Italie, questionne toutefois cette doxa. Sur la base de l’expérience suisse.

      Les chercheurs se sont intéressés aux effets de l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes à partir du début des années 2000 dans le canton du Tessin en comparant les zones frontières directement impactées par l’augmentation des travailleurs italiens et celles qui étaient moins exposées. Dans leurs conclusions, ils constatent que la montée en flèche du vote anti-immigrés est sans commune mesure avec l’augmentation de ces travailleurs frontaliers ou migrants, en particulier dans les zones éloignées de la frontière.

      Selon leur enquête, les populations frontalières n’ont aucune raison objective à devoir protéger leurs traditions (les immigrés étant de même culture) ni de craindre des menaces économiques (l’emploi et les salaires augmentent). « Nous n’avons trouvé aucune preuve que l’ouverture des frontières augmente la perception d’un risque de chômage accru, d’augmentation des loyers ou d’une dégradation financière. » C’est même parfois le contraire qui s’est produit. Pourquoi cette peur alors ? Les auteurs suggèrent qu’il faut en trouver l’aiguillon dans le discours des élites politiques. Ce rejet s’expliquerait non pas par des craintes objectives de la population auxquelles répondraient les partis politiques, mais, à l’inverse, par un discours alarmiste distillé par de nouveaux « entrepreneurs politiques » pour bousculer les grands partis traditionnels en imposant de nouveaux thèmes.

      Pour y parvenir, il fallait toutefois renouveler l’ancien discours raciste ou xénophobe pour convaincre notamment les secteurs les moins politisés de la population. On a ainsi créé un « nouveau narratif » permettant de renforcer les peurs et d’encourager l’hostilité envers les migrants sans être taxé d’extrémiste. Pour ce faire, on a emprunté à la biologie le terme de « stress de densité », une notion qui, appliquée à la société, permet d’expliquer la pression sur les villes, les transports publics, les routes, les campagnes, les supermarchés et jusqu’aux cinémas, par l’immigration.

      « Le narratif du stress de la densité (Dichtestress) est attractif dans la mesure où il peut exprimer un malaise face à l’immigration sans être encombré par la connotation xénophobe des termes antérieurs comme l’Überfremdung », explique Dominik Hangartner, l’un des auteurs. Une innovation que l’on doit à l’UDC, premier parti à l’avoir introduit dans ses campagnes pour stopper l’« immigration de masse » au nom d’une protection quasi biologique du territoire. L’argumentaire de la surpopulation a ensuite été repris par les Brexiter en 2016 et plus récemment par Donald Trump qui déclarait l’an dernier que son « pays [était] plein ».

      Face à ce nouveau discours, les avocats de l’immigration – pour des raisons économiques et démographiques – n’étaient pas préparés à lui opposer un « contre-discours », constate l’étude. Vingt ans plus tard, personne n’a trouvé la parade. Déconstruire le langage de ces nouvelles élites politiques est un premier pas pour réduire les peurs et s’engager dans une approche plus rationnelle de l’immigration.

  • Pour les fêtes de Noël, les livres climatosceptiques cartonnent
    https://reporterre.net/Pour-les-fetes-de-Noel-les-livres-climatosceptiques-cartonnent

    À quelques heures de Noël, Steven Koonin se trouve à la deuxième place des ouvrages « les plus offerts » d’Amazon, catégorie géologie, derrière Minéraux et pierres précieuses, de François Farges. Koonin, figure majeure du mouvement climatosceptique, a occupé le poste de sous-secrétaire au département de l’Énergie dans l’administration de Barack Obama. Un rôle de premier plan qui lui confère une certaine légitimité.

    #climat #air_du_temps

  • Le gouvernement argentin de Javier Milei « veut effacer l’histoire » de la dictature - Le Temps
    https://www.letemps.ch/monde/ameriques/le-gouvernement-argentin-de-javier-milei-veut-effacer-l-histoire-de-la-dicta
    https://letemps-17455.kxcdn.com/photos/94e42812-5cab-4aa1-b4b5-be5be3a29ccb/medium

    En démantelant mercredi la Commission nationale pour le droit à l’identité (Conadi), l’organisme chargé des enquêtes sur les enfants disparus et volés pendant la dictature, le gouvernement de l’Argentine vient de porter un coup supplémentaire au processus vérité et justice enclenché après la restauration de la démocratie en 1983. C’est par un décret que Javier Milei a décidé de dissoudre cette entité travaillant main dans la main avec les célèbres Grands-mères de la place de Mai qui tournaient en rond sur la place du même nom pour exiger du gouvernement des informations sur leurs proches disparus. Organisme du pouvoir exécutif, la Conadi fut créée en 1992 pour se conformer à la Convention des droits de l’enfant qui lui garantit le droit à l’identité. En 2004, le président Néstor Kirchner signa alors un décret donnant à la Conadi l’accès à tous les dossiers et archives de l’état pouvant lui permettre de trouver des bébés volés.

  • Hanno Hauenstein sur X :
    https://twitter.com/hahauenstein/status/1816074607767495074

    Tony Judt, Masha Gessen, Etienne Balibar unter der Headline „Zu viele ausgezeichnete Antisemiten“ zu listen – langsam aber sicher wird die von mir geschätzte #Taz teils ununterscheidbar von der #BILD-Zeitung. Politisches Irrlichtern nach rechts für die Klicks – bitter mit anzusehen

    #air_du_temps #allemagne
    « #antisémitisme »

    • En réaction au touit de Ben Gvir :
      https://x.com/itamarbengvir/status/1808031178277925263

      הגיע הזמן לפרק את הספינים, ולענות למבול התדרוכים וההאשמות השקריות של השב"כ ודובריו בתקשורת.

      מאז שנכנסתי לתפקידי כשר לביטחון לאומי, אחת המטרות העליונות שהצבתי לעצמי היא הרעת תנאי המחבלים בבתי הסוהר, וצמצום זכויותיהם למינימום המתחייב על פי חוק. כך התחייבתי לבוחריי ולעם ישראל עוד בבחירות, כאשר הודעתי שאדרוש את התפקיד.

      כל מה שפורסם אודות התנאים המפליגים של הרוצחים השפלים הללו בכלא, היה נכון. הם שלטו בבתי הכלא ללא עוררין, ועשו ככל העולה על רוחם.

      בשנה האחרונה, בטרם פרצה המלחמה, ניהלתי מלחמת חורמה כדי לבצע את הרפורמה המיוחלת בתנאיהם, ולממש את המנדט שקיבלתי מהציבור.
      הארגון המרכזי שנאבק בניסיונות שלי להוביל את הרפורמה החשובה הזו, ואף הצליח למנוע אותה, הוא השב"כ, בפיקודו של רונן בר. הוא נעמד על רגליו האחוריות, ושכנע פעם אחר פעם את ראש הממשלה שהרעת תנאי המחבלים תוביל להסלמה, לפיצוץ, להבערת המזרח התיכון. מה לא.

      בשבעה באוקטובר גילינו את האמת המרה: אויבינו אינם זקוקים לאף תירוץ כדי לבצע בנו טבח, ולהוביל ל"הסלמה". יש להם סיבה אחת שבגללה הם עושים זאת: הקיום שלנו כיהודים.

      לצד זאת, לאחר פרוץ המלחמה, הצלחתי לבצע סוף כל סוף את הרפורמה המיוחלת. תנאי המחבלים בכלא צומצמו למינימום: עצרנו את ההפקדות הכספיות, ביטלנו למחבלים את הקנטינות, הוצאנו את מכשירי החשמל מהתאים, הפסקנו את טיילת המחבלים, צמצמנו באופן דרמטי את שהות המחבלים במקלחות, ביטלנו את מעמד הדובר, הפסקנו את תפריט האוכל המפנק שהומר בתפריט מינימלי, ובקיצור - הפסקנו לחלוטין את תנאי הקייטנה. מחבלים המשוחררים כיום ממאסר מעידים על כך שלא ירצו לשוב לכלא הישראלי לעולם. בתי הכלא של מדינת ישראל הם כבר לא בדיחה עצובה.

      כחלק מהמלחמה, הצבא ביצע מעצרים רבים של מחבלים ומבוקשים בטרור באיו"ש, לצד מחבלים רבים שהובאו מעזה. חלק גדול מהעצורים שוכנו במחנה צבאי, שדה תימן, שם הוחזקו בידי הצבא. לאחרונה, בעקבות עתירה לבג"ץ, המלינה על תנאי המחבלים שם, בצה"ל ובשב"כ מיהרו להתקפל, ולהודיע כי ייבחנו תנאי הכליאה במקום, וכי מספר האסירים המוחזקים במקום יצומצם. בפועל נוצר מצב בו בגלל תנאי המחיה הקשים של האסירים (אנחנו מדברים על מחבלים מתועבים, כן?), ישנם כעת 1,500 מקומות כליאה פנויים בשדה תימן.

      גם בבתי הכלא המצויים תחת אחריות שב"ס, בהם נקלטו מחבלים רבים, נוצרה צפיפות. אך מעולם לא העליתי בדעתי לשחרר מחבלים מהכלא כי צפוף להם.

      וזוהי ליבת המחלוקת ביני לבין ראש השב"כ רונן בר:
      רונן בר טוען שתנאי המחבלים בכלא, בהם הצפיפות, נראים רע בעולם, ועלולים להוביל להסלמה.
      ואני טוען, שאם לכל מדינה אחרת בעולם היו עושים מה שנעשה לנו, היא היתה עושה פי כמה וכמה מול אותם מחבלים – ושמה פס אחד גדול על כל המצקצקים בלשונם. צפוף להם? פעם הבאה שיחשבו פעמיים לפני שהם יוצאים לשחוט, לאנוס ולבזוז.

      ובאשר לטענות של שב"כ לפיהן שב"ס והמשרד לביטחון לאומי לא עשו דבר בכדי להקים ולהוסיף מקומות כליאה חדשים – מדובר בהבלים, שזכו לשפרור מלא מצד תקשורת השמאל.
      אלו העובדות המדויקות: שב"ס החל כבר בפרויקט בינוי מואץ של מקומות כליאה חדשים, ומאז אוקטובר נוספו 2,500 מקומות כליאה חדשים. פרויקט נוסף החל בחודש אפריל האחרון, והוא כולל בניית 936 מקומות כליאה נוספים המתבצעת כעת, כאשר בנוסף לבינוי החירום במלחמה, שב"ס ישלים עד סוף השנה פרויקט בינוי של כ-1,200 מקומות כליאה ברחבי הארץ. כל זה, לצד העובדה שמאז תחילת המלחמה קלט שב"ס מספר שיא של למעלה מ-5,000 מחבלים שנעצרו בידי כוחות הביטחון.

      ייתכן מאוד שגם אחרי שתושלם הוספת מקומות הכליאה החדשים, למחבלים הרבים יהיה עדיין צפוף בכלא. אני כבר הצעתי פתרון הרבה יותר פשוט, של חקיקת עונש מוות למחבלים, שתפתור את סוגיית הצפיפות – חקיקה שגם אליה השב"כ מתנגד בתוקף. אבל עד שהחקיקה הזו בעזרת השם תעבור, לא יקרה כלום אם למחבל נו’חבה, שבשבעה באוקטובר שרף תינוקת, יהיה צפוף בתא המאסר בו הוא נמק.

      שתפו.

    • https://english.almayadeen.net/news/politics/ben-gvir-confirms-atrocities-faced-by-palestinians-in-israel

      Israeli Police Minister Itamar Ben-Gvir confirmed Tuesday’s reports of the atrocious conditions being faced by Palestinian prisoners and defended the legitimacy of such measures. He emphasized that these steps were part of his campaign promises and aimed at minimizing the rights of Palestinians detained over alleged “terrorism” charges to the bare minimum allowed by law.

      “Since assuming my role as [Police] Minister, one of my top priorities has been to worsen the conditions for terrorists in prisons and reduce their rights to the minimum required by law,” Ben-Gvir said. “This was a commitment I made to my voters and the people of Israel during the elections when I announced my intention to take on this role.”

      Over the past year, before the outbreak of the war on Gaza, Ben-Gvir claimed to have led a fierce battle to make the conditions even stricter for Palestinian prisoners and inflict more terror upon them

      Following the outbreak of the war, Ben-Gvir declared success in implementing his desired sadistic changes. “The conditions for terrorists in prison were reduced to a minimum: we stopped financial deposits, canceled the canteens, removed electrical appliances from the cells, ended yard times for terrorists, drastically reduced their time in the showers, revoked the spokesperson status,” and made dire restrictions to their diet, he said.
      Overcrowded? Not Ben-Gvir’s problem

      Additionally, Ben-Gvir addressed the current overcrowding in prisons due to the detention of wanted Palestinians in the West Bank and Gaza. He mentioned a specific military camp, Sde Teiman, where many detainees were held under harsh conditions.

      As a matter of fact, two Palestinian detainees taken from Gaza to the Sde Teiman detention facility in occupied Palestine were beaten to death by the IOF, according to what two sources told the Israeli newspaper Haaretz.

      The two Palestinians were abducted by IOF troops in March from Khan Younis using the pretext that they were suspected members of the Palestinian Resistance. When they were taken, they were still alive, and the IOF strapped them and put them in a truck.

      However, when they arrived at Sde Teiman, a temporary IOF detention facility near Be’er Shevam, they were already dead.

      The IOF troops, unharmed, claimed that the two Palestinians possibly died due to the “extremely bumpy ride over rough terrain,” however, the investigation’s conclusions contradict these claims.

    • Does Israel Actually Want to Be Accused of More War Crimes in Gaza ? - Haaretz Today - Haaretz.com
      https://seenthis.net/messages/1060480

      In an interview on Monday to Israel’s Army Radio, National Security Minister Itamar Ben-Gvir gave his solution to the problem of prison overcrowding that prompted the release: “If they had listened to me about the ’death penalty for terrorists’ law, we would have killed them, and there would be more room in prisons.” Yes, he really said this – in a conversation about detainees.