• Il “modello #Airbnb” snatura l’identità della #medina di #Marrakech

    Nella metropoli marocchina l’#overtourism sta trasformando il tessuto sociale del centro storico. Tutto è a misura di turista e gli affitti brevi fanno concorrenza sleale ai riad dei locali. Tradizioni e cultura sono a rischio. Il nostro reportage

    (#paywall)

    https://altreconomia.it/il-modello-airbnb-snatura-lidentita-della-medina-di-marrakech
    #Maroc #tourisme #over-tourism #tourisme_de_masse

  • Élections municipales : l’intense campagne de lobbying d’Airbnb auprès des maires
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/090326/elections-municipales-l-intense-campagne-de-lobbying-d-airbnb-aupres-des-m

    À quelques jours des élections #municipales, #Airbnb boit du petit-lait. Lundi 2 mars, la matinale de France Inter a offert dans sa chronique « Un monde nouveau » un nouvel écho aux chiffres de l’enquête Terram, réalisée par le sondeur chouchou des médias #Jérôme_Fourquet. Une étude publiée en novembre, qui montre le rôle trop sous-estimé de la plateforme américaine dans la « revitalisation des campagnes ».

    Ainsi, au-delà des images désormais bien connues de villes envahies par les valises à roulettes où les habitant·es ne parviennent plus à se loger, « on observe des évolutions en profondeur et pas seulement pour le pire », note la journaliste Mathilde Serrell sur France Inter. Airbnb, c’est aussi « une offre touristique dormante qui s’est réveillée : montagne, tourisme vert ou patrimonial, tourisme de festival et d’événements ». Dans ces zones rurales, « cela a permis de créer de l’attractivité et parfois de garder la boulangerie et de garder les commerces de proximité ouverts ».

    À aucun moment il ne sera précisé sur #France_Inter – où Jérôme Fourquet a eu les honneurs de la matinale en novembre sur cette enquête – ou dans Le Figaro qui y a consacré une double page, que le think tank Terram n’est pas tout à fait « indépendant ». Créé en 2024, Terram a pour partenaire-mécène Airbnb, et l’une des lobbyistes les plus influentes de l’entreprise, Myassa Djebara, ex-conseillère du porte-parole du gouvernement, est également membre de son conseil d’administration (lire encadré).
    Les élections municipales sont une échéance décisive – et redoutée – pour la plateforme américaine. Depuis l’adoption de la loi Echaniz-Le Meur l’an dernier, sur laquelle elle a tenté de peser de tout son poids, les #maires disposent en effet d’une batterie d’outils pour endiguer le développement de ces #locations_touristiques : limitation à quatre-vingt-dix jours maximum du nombre de nuitées autorisées dans la résidence principale, quota de locations dans certains quartiers, obligation de compenser chaque bien mis sur Airbnb par un #logement dans la location classique, etc.
    Accusée d’être responsable de la crise du logement dans les métropoles et les zones touristiques, la firme américaine vit désormais sous la menace de réglementations potentiellement très restrictives.

    Image terroir
    Convaincu d’avoir atteint un plafond dans de nombreuses villes ou communes victimes du surtourisme, Airbnb a misé sur son développement dans des villes moyennes, voire dans les communes rurales, autour de l’engouement pour un « tourisme vert » ou plus « authentique ».
    L’enjeu est bien sûr économique puisque la firme espère y trouver des relais de croissance si le marché des grandes villes venait à se refermer. Il relève aussi de la communication : en cultivant son image « terroir », Airbnb veut dissiper l’image d’une firme emblématique d’un capitalisme urbain prédateur. Et faire oublier, au passage, son statut d’exilé fiscal, elle qui s’est domiciliée en Irlande pour que les bénéfices de son activité en France – une activité estimée à 25 milliards d’euros pour l’ensemble des plateformes où Airbnb domine largement – échappent à l’impôt. 

    Pour parler de la France des territoires oubliés, celle que voudrait désormais incarner la plateforme née en Californie, Jérôme Fourquet est la personnalité idéale. L’homme des best-sellers sur l’archipellisation de la France est prisé des médias pour ses cartes décalées, présentées avec la mine grave et accompagnées de flopées de chiffres. Qu’importe si le monde académique s’étrangle de ses raccourcis et de ses orientations idéologiques pas toujours assumées.

    https://justpaste.it/nclyz

    #fondation_du_patrimoine #mécénat #lobbying

    • [...]

      Pour pénétrer ces territoires, Airbnb a arrosé tout un tas de structures, avec les édiles, notamment ruraux, en ligne de mire. Elle a versé depuis 2022 près de 7 millions d’euros dans son partenariat avec la Fondation du patrimoine pour aider au financement de « 200 projets qui contribuent au développement touristique dans les territoires, en particulier ruraux, et à la revitalisation des villages de France ». Restauration d’une église, d’un vieux château, d’un lavoir… C’est récemment le maire de Plouzané (Finistère) qui a reçu, sous les caméras, un chèque de 400 000 euros grâce à ce partenariat pour restaurer le phare du Petit Minou. Un site retenu par la Mission patrimoine de Stéphane Bern. Une obole à nos territoires pour la firme qui n’a jamais payé ses impôts - ou une infime partie - en France, laquelle représente pourtant son deuxième marché juste après les États-Unis.

      Airbnb finance aussi le fonds « Montagnes durables » de l’association Essentiem, dirigée par le responsable des partenariats stratégiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Là aussi, elle distribue des chèques par projet et annonce offrir, par exemple, 25 000 euros pour des projets de « rénovation énergétique de structures touristiques d’intérêt général ».

      Airbnb est aussi devenu partenaire du Tour de France pour « encourager la découverte des richesses de nos régions ». « De nombreux membres de la communauté Airbnb proposeront également des Expériences Airbnb authentiques mettant en avant les spécificités et spécialités régionales », assure la firme dans un communiqué.

      Cela tombe bien, Airbnb a commandé avant l’été un sondage à l’Ifop – l’institut de Jérôme Fourquet – qui montre que « la gastronomie des terroirs » est un des facteurs de choix des destinations pour les Français. Dernière démonstration de solidarité à l’égard des maires, après la tempête Nils et les inondations qui ont ravagé la Gironde, Airbnb a signé un partenariat avec les sapeurs-pompiers de France et délivré aux sinistrés des coupons de logement gratuit dans une trentaine de communes.

      Au-delà de ces campagnes marketing et de ces petits cadeaux saupoudrés sur les petites communes, Airbnb a mené auprès des maires (dont la majorité sont généralement réélus quand ils et elles se représentent) un patient travail de conviction. Une équipe est spécialement consacrée à ce lobbying discret mais déterminé, comme a pu le constater Mediapart auprès de différentes équipes municipales.
      Pour approcher les maires, Airbnb dispose d’un appât de taille : des millions de données qu’elle est la seule à posséder sur ses « hôtes », le détail des biens mis en location, leur localisation fine, le nombre précis de nuitées…

      « Nous rencontrons les maires pour les aider à faire du sur-mesure », nous confiait récemment un des responsables « affaires publiques » d’Airbnb en ouvrant son ordinateur sur le système « Panda », pour Portail d’accès national aux données Airbnb.

      L’élu peut visualiser, rue par rue, les offres dans sa ville avec des détails très précis sur le nombre de nuits réservées, les prix pratiqués, le profil des hôtes, etc. De quoi l’aider à comprendre l’ampleur du phénomène et le coût politique de sa réglementation. La manne de la taxe de séjour collectée par la plateforme et reversée aux communes fait partie des arguments qui pèsent.

      Dans les métropoles gagnées par le #surtourisme, Airbnb a opté pour un lobbying plus fin allant jusqu’à accompagner les maires désireux de réglementer. Ainsi « Airbnb retire les annonces de logements entiers qui ne comportent pas de numéro d’enregistrement », avance l’entreprise quand on l’interroge sur la manière dont elle accepte de participer à la régulation. « Les offres sont souvent très concentrées dans les villes. On leur montre aussi les zones où il n’est pas nécessaire de mettre des quotas », souligne un de leurs lobbyistes, quand la loi permet désormais aux maires de mettre en place dans certains quartiers un nombre maximal d’offres de location à ne pas dépasser.

      Pour les communes rurales, Airbnb passe par leurs relais institutionnels habituels. L’entreprise a ainsi lancé différents partenariats avec l’Association des #maires_ruraux de France (AMRF, concerne les communes de moins de 3 500 habitant·es), et verse 100 euros à l’association pour toute nouvelle annonce dans leurs communes. L’entreprise a aussi encouragé une offre locative tournée vers le télétravail dans des petites communes rurales. « Nombreuses sont les communes rurales qui sont désormais équipées de la fibre et ont investi dans des infrastructures de qualité, comme des espaces de coworking, pour accueillir famille et jeunes actifs sur des périodes plus longues. Il faut les faire connaître ! », se réjouissait récemment Cédric Szabo, président de l’AMRF (mis en congé depuis le 8 février) dans un communiqué.

      L’équipe « affaires publiques », qui compte une dizaine de personnes, s’est renforcée à l’approche des élections municipales et s’est réparti le territoire en quelques grandes zones. « Chaque membre de cette équipe est responsable de territoires spécifiques, ce qui lui permet d’acquérir une connaissance approfondie des réalités locales, notamment des dynamiques touristiques et des enjeux propres à chaque territoire », nous confirme la firme états-unienne.

      Ces lobbyistes d’Airbnb issus de la macronie

      Mathieu di Christo
      Cet ancien du cabinet d’Éric Dupond-Moretti, où il était en charge des programmes immobiliers – les prisons en l’occurrence –, fait partie des équipes qui sillonnent le territoire pour rencontrer les maires et les convaincre de ne pas adopter des règlementations trop restrictives.

      Myassa Djebara
      De juillet 2022 à octobre 2023, elle était conseillère du porte-parole du gouvernement Olivier Véran. C’est aussi une figure clé du parti En marche (devenu Renaissance) depuis sa création.

      Auxence Moulin
      Lui aussi membre de l’équipe affaires publiques, il était en charge des relations avec les #élu·es au sein d’En marche, un carnet d’adresses qui compte à l’approche des élections municipales.

      Les élus clés ont aussi été identifiés. Quand Christian Estrosi, à Nice (Alpes-Maritimes), où Airbnb est la plus présente après Paris, lance l’idée d’un encadrement plus strict de la plateforme dans sa ville où la crise du logement fait rage, les équipes d’Airbnb le rencontrent pour le convaincre, datas à l’appui, de faire du « sur-mesure » et de ne limiter la plateforme que dans quelques quartiers. À Paris et Marseille, où les municipalités ont des réglementations très strictes, les équipes d’Airbnb ne perdent plus trop leur temps. « J’avais des échanges réguliers avec eux. Quand ils ont compris qu’on allait réduire à quatre-vingt-dix jours l’autorisation de louer dans les résidences principales, je n’ai plus eu de nouvelles », sourit l’adjoint au logement de Marseille Patrick Amico.

      À l’inverse, le maire d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) a été lui particulièrement choyé et a pu bénéficier des données du système Panda pour mieux comprendre les besoins touristiques dans sa ville. Il faut dire que Philippe Sueur est aussi le président de l’Association nationale des #élus_des_territoires_touristiques (Anett).
      En novembre 2025, l’Anett a publié un baromètre – largement diffusé dans les médias – montrant que 82 % des maires des communes concernées jugent que les meublés du type Airbnb ont « un impact positif sur l’économie locale ». Deux tiers d’entre eux constatent par ailleurs que réguler à outrance la location de meublés touristiques a peu d’effet sur la création de logements permanents. Une présentation des chiffres ultra favorable à la firme qui omettait de mettre en avant que 60 % des maires de ces communes ne veulent pas plus de touristes. L’enquête a été réalisée par le cabinet Protourisme et l’UNPLV… dont Airbnb est un des principaux membres. Ce qui, là encore, n’est jamais mentionné dans les reprises de la presse.

      Une communication parfaitement maîtrisée pour Airbnb, qui a toujours refusé de communiquer ses données aux chercheurs indépendants. Parce qu’après tout, on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

    • Jérôme Fourquet : faux sociologue mais vrai réactionnaire
      https://www.acrimed.org/Jerome-Fourquet-faux-sociologue-mais-vrai

      Que la question porte sur les débats budgétaires, l’insécurité, les goûts culinaires des Français ou la musique country, les médias aiment s’entourer de sondeurs qui leur permettent, prétendent-ils, d’objectiver « ce que pensent les Français ». Portrait de l’un des plus éminents d’entre eux, le sondologue de l’Ifop Jérôme Fourquet.

  • #airbnb e Gentrificazione – 09/01/26@0
    https://radioblackout.org/podcast/airbnb-e-gentrificazione-metix-flow-09-01-26

    In una delle ultime puntate del 2025 abbiamo provato a spiegare come il nuovo Piano regolatore del Comune di Torino porterà alla svendita completa della città al miglior offerente, senza alcuna considerazione per chi nella nostra città non viene per un turismo mordi e fuggi, ma ci vive quotidianamente. Abbiamo parlato di come l’obiettivo del […]

    #lotta_per_la_casa #palestina
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/01/puntata-intera.mp3

  • Sick of Feeling Like a Tourist? There’s a Tour for That

    With visitors increasingly interested in the social and political realities of global tourist hot spots, some local guides are adapting their offerings.

    I arrived in Athens for the first time last May with visions of alabaster architecture and picturesque avenues. But when I arrived in Petralona, the central neighborhood where I was staying, I found vacant storefronts, broken sidewalks and crumbling, graffiti-covered buildings.

    The more I explored, the more I wondered why parts of this ancient city had come to convey urban decay rather than classical charm.

    A tour of the Acropolis would most likely not provide answers. Searching on Airbnb Experiences for something more relevant, I found the Athens Social and Political Walk. Its tagline: “How did the ‘cradle of democracy’ become the ‘basket case of Europe’?” I signed up for a similar tour offered by the guide.

    I met the guide, a 35-year-old Spanish-born political scientist named Isaac Caballero Suey, and five other participants near bustling Omonoia Square. Mr. Suey, who had close-cropped hair and glasses, started off by explaining that contemporary Athens has almost nothing in common with the Ancient Greece of Aristotle. These days the city is a petri dish for pretty much every major postmillennial social ill — gentrification, wealth disparity, refugee and immigrant crises, and infrastructure decay.

    With tourism putting pressure on vacation hot spots like Athens, Buenos Aires, Mexico City and Rio de Janeiro, experiences like Mr. Suey’s are drawing curious visitors. They offer a counterpoint to traditional tourism narratives and a way to learn about the tensions affecting the people who actually live in these places.
    Glimpses of an Unseen City

    For three hours, Mr. Suey led us through parts of the city most travelers would ignore or avoid — where abandoned schools and dingy apartments abutted high-rise hotels, and empty arcades concealed vacation rentals.

    He gave us a glimpse of the world inhabited by mostly unseen Athenians, including immigrants and squatters. He connected these locations to issues like corruption, cultural displacement and politics, and shared enlightening stories of grass-roots organizing and mutual aid.

    The tour scrambled my preconceptions, leaving me with an appreciation for Athens as it was rather than as I had imagined it. I wasn’t the only one.

    “The more traditional tourist narratives feel dismissive of the people who live in these places, like they’re not important, and it’s no surprise that places like Athens have struggled to find a modern identity because of this,” said Peter Allen, a 38-year-old software engineer from Liverpool who was also on the tour.

    Mr. Allen, who could be described as a digital nomad, slots into the typical Athens Social and Political Walk demographic, Mr. Suey said: left-leaning frequent travelers, mostly from major cities. “Professors, people of social sciences, politics, economics, but also a lot of tech people,” he explained. “I could even tell you they love the brand Patagonia.”

    Mr. Suey, who also offers tours like Understanding the Refugee Crisis and the Greek LGBTQ History Walk, noted that most bookings are last-minute, suggesting that curious tourists may seek out his distinctive analysis only after they’re exposed to the official “This is Athens” visitors’ guide.

    “My goal is to give you an image of what’s going on in the country, and this is not what tourism boards are interested in,” Mr. Suey said. “I see myself as a political scientist, and what I do is like a documentary.” It is also a business. My tour cost 32 euros, or about $37.

    Encouraged by feedback from participants, he started a company called Planetwonk to bring similar tours to destinations like Buenos Aires, Manila, Mexico City and Rio de Janeiro.

    Beyond ‘Tequila Tours’

    Mr. Suey put me in touch with his partner in Mexico City, a 27-year-old graduate student of art history named Gustavo Sánchez. When he responded to Mr. Suey’s job posting on LinkedIn last year, Mr. Sánchez was working as a traditional, federally credentialed guide doing “tequila tours, very mariachi, very stereotypical,” he said in a phone interview. “Those tours are fun, but if we only do those, we’re exoticizing the country. We’re hiding the problems.”

    Tensions have recently been rising in Mexico City as well-heeled tourists and remote workers have driven up the cost of real estate and food prices, and demonstrations erupted last summer.

    Well versed in Mexico City’s history of corruption and protest, and with Mr. Suey’s guidance, Mr. Sánchez created the Mexico City Social and Political Tour (€34). Mr. Sánchez takes his guests — primarily students, journalists and nonprofit workers — to places like La Merced, the neighborhood that’s home to Mexico City’s largest market and has struggled with government neglect, and Plaza Tlaxcoaque, the site of a former secret prison where dissidents were tortured, which now hosts a large encampment of homeless people.

    “Other guides believe we shouldn’t talk about the bad things happening here. I think that’s unethical,” he said, noting that to his knowledge he’s the only guide in the city leading tours of this type. “I love Mexico City. I’ve studied its history. When you love a place, you can criticize it, because you want it to change.”

    These types of tours offer an alternative to the crowded predictability of social-media-driven tourism, but they existed long before Instagram and its peers. The Catalonian artist and writer Joan Brossa organized a one-night-only “anti-tourism” tour of Barcelona in 1979.

    More recently, in Portugal, Bruno Gomes started We Hate Tourism Tours in 2008, during a painful economic downturn. A skater and surfer, Mr. Gomes used to schlep visiting friends around Lisbon in his van, skipping popular destinations for his personal favorites and planting the seeds of his current company. Today, along with a staff of eight, he offers tours like We Hate Landmarks and Real Life Suburbia, starting at €47 a person. Mr. Gomes and his team still bypass popular sites like the Moorish Castle in Sintra in favor of less-visited alternatives of guides’ choosing.

    “I’m a designer and an artist,” Mr. Gomes said. “My colleague, she’s a journalist. We have an engineer. We have a musician. No one really has anything to do with tourism. We just share what we love.”
    Space for ‘Anti-Tourism’

    Traditional tour operators in Athens and Mexico City don’t seem to mind the competition. Representatives from the nonprofit operator This Is Athens and El Taco Club, a service in Mexico City that employs 80 guides and hosts thousands of guests annually, both used the term “complementary” to describe the nontraditional experience these so-called anti-tourism tours provide.

    The common spirit behind these experiences is an urge toward counterprogramming, but they can diverge in their approach to doing business. In fact, some are not businesses at all.

    Kyle Kajihiro, a University of Hawaii professor of ethnic studies, has spent more than 20 years leading informal tours of Oahu, mostly for friends and colleagues, that challenge the erasure of Native Hawaiians by American colonialism and military expansion. He calls these outings DeTours.

    Dr. Kajihiro does zero marketing for DeTours, nor does he charge for them, and they’re not really targeted at the general public. Instead, when interested people reach out, he screens them to gauge their commitment to Native Hawaiian issues like land rights and food sovereignty. DeTours, he says, are not a commercial venture but rather a way to connect like-minded activists.

    “I think there’s a market for alternatives that are less ethically problematic, that even feel affirming of certain values people have. And there’s a need to have a different kind of story being told,” he said. “But I’m troubled by the way that even good intentions can become a commodified experience.”

    The notion of anti-tourism tours may seem contradictory, but according to Anu Taranath, a faculty member at the University of Washington and the author of “Beyond Guilt Trips: Mindful Travel in an Unequal World,” embracing the full breadth of these tours — from Mr. Suey’s expansive approach to Dr. Kajihiro’s strategic exclusivity — could help drive a necessary shift in travel habits.

    “We need to operate on all levels,” Dr. Taranth said. Anti-tourism “isn’t antithetical to tourism, but our definition of tourism should open up.”

    “None of those are simple conversations to have,” she added, “but I’m seeing people wanting to understand where we are and how we got here, and what it means to do something different.”

    https://www.nytimes.com/2025/10/29/travel/athens-mexico-tourism.html
    via @fil
    #anti-tourisme #résistance #villes #urbanisme #airBnB #surtourisme #tourisme_de_masse #urban_matter #Athènes #Buenos_Aires #Mexico_City #Rio_de_Janeiro #alternative #contre-narration #TRUST #master_TRUST

  • Difendere i padroni. Un commento sulla norma affitti brevi, l’organizzazione delle lotte e l’inasprirsi dei conflitti abitativi a #Bologna@0
    https://radioblackout.org/2025/10/difendere-i-padroni-un-commento-sulla-norma-affitti-brevi-lorganizzaz

    Due dirette sulla questione abitativa in Italia, tra le mistificazioni del dibattito pubblico sugli affitti brevi e l’inasprimento del conflitto sulla casa a Bologna. Con Sara Gainsforth, giornalista e autrice tra gli altri di “L’Italia senza casa: Politiche abitative per non morire di rendita” (2025) e “Airbnb città merce: storie di resistenza alla gentrificazione digitale” […]

    #L'informazione_di_Blackout #abitare #airbnb #capitalismo #polizia #resistenza_agli_sfratti
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/10/sarah.mp3

  • #Désescalade_numérique

    « Depuis 20 ans, à rebours de toutes les promesses qui accompagnent la #numérisation, le recours massif à internet, au smartphone et aux réseaux sociaux accélère l’effondrement du lien social et la fascisation de la société. Porté par des multinationales hégémoniques, le numérique a servi à démanteler et privatiser les services publics, à accélérer les flux de marchandises et à disqualifier bon nombre de savoir-faire. Nous assistons à une captation des cerveaux et des liens communautaires au bénéfice de ces entreprises. Les soirs d’élections, nous en sommes réduits à croiser les doigts pour que les capacités de surveillance orwelliennes développées ces deux dernières décennies ne tombent pas, prêtes à l’emploi, entre les mains d’un gouvernement d’extrême droite.

    Au niveau de ses chaînes d’approvisionnement et de ses impacts écologiques, l’industrie numérique planétaire, avec sa croissance exponentielle, est une bombe climatique et toxique. Des mines aux data centers en passant par la production de semi-conducteurs, elle asservit une main-d’œuvre précaire, siphonne des quantités colossales d’eau et d’énergie, accumule des montagnes de déchets. En démultipliant et en accélérant toutes ces tendances, le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) promet des lendemains plus sombres encore. En deux mots : la société numérique d’aujourd’hui est insoutenable, celle qui vient s’annonce cauchemardesque.N’attendons plus : il devient urgent de freiner.

    Des #propositions : Pourquoi ? Pour qui ?

    Les menaces que fait peser l’#industrie_numérique sur le vivant, l’emploi ou les libertés fondamentales peuvent sidérer en donnant le sentiment de phénomènes planétaires insaisissables. Pourtant, agir à l’échelle locale, à partir des communautés dans lesquelles nous vivons, est non seulement possible, mais décisif. C’est l’échelle plus efficace pour sortir de l’impuissance et recréer des liens fragilisés par le déferlement technologique. Pour se donner les moyens, progressivement, de reprendre la main sur les objets qui nous entourent et sur nos besoins fondamentaux. C’est dans cette perspective qu’est rédigée cette #boîte_à_outils pour une désescalade numérique. Elle vise à nourrir la réflexion des élu.es et des candidat.es qui élaborent leur programme en vue des prochaines élections municipales. Ce travail inédit est le fruit d’une réflexion collective menée depuis un an par une trentaine d’associations et collectifs spécialisés dans l’analyse des impacts de ces technologies. Nous espérons que ces propositions inspireront votre équipe, que vous y puiserez librement pour composer votre programme, tout en respectant l’esprit d’urgence écologique et de justice sociale qui les anime.

    Des propositions concrètes

    Nous avons cherché des mesures immédiates et applicables qui puissent emporter l’adhésion du plus grand nombre. Certaines d’entre elles visent simplement à limiter la dépendance à l’informatique pour rétablir une sécurité élémentaire face au risque de cyberattaques et de pannes des réseaux (d’électricité, de télécommunication...).D’autres visent à garantir l’accès aux droits sociaux et aux services publics sans numérique. D’autres encore servent à valoriser l’humain et à construire des emplois pérennes à l’échelle des communes. D’autres, enfin, veulent contribuer à limiter les dégâts écologiques et sanitaires du numérique.Certains points de ce programme permettent de réaliser des économies parfois substantielles, d’autres propositions appellent des investissements. Elles nécessitent, de toute façon, d’être adaptées à la taille et aux spécificités de votre commune. »

    https://www.desescaladenumerique.org
    #municipales_2026 #service_public #emplois #travail #vidéo-surveillance #sécurité #écrans_publicitaires #publicité #école #airbnb #data_centers #centres_de_données #exposition_électromagnétique #antennes-relais #sobriété #gafam #dégafamisation

    ping @karine4

  • Plus d’un million d’annonces : comment Airbnb a fait de la France son terrain de jeu favori
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/19/plus-d-un-million-d-annonces-comment-airbnb-a-fait-de-la-france-son-terrain-


    [quatorze boites à clés sur pierre de taille]

    « L’ogre Airbnb (1/6). » En quinze ans, le site s’est imposé en France, « pays des vacances » et destination touristique phare, grâce à un lobbying efficace et une #fiscalité douce. Au point d’aggraver la crise du #logement. La firme étend désormais son offre pour poursuivre son essor.

    Devant l’église Saint-Germain-des-Prés, à Paris, un drôle de ballet se déroule cinq ou six fois par jour : des 2 CV colorées se garent en double file, récupèrent des touristes, puis partent vers les rues étroites du Quartier latin. Deux heures de promenade, 95 euros par personne : un petit business qui doit son existence à #Airbnb. C’est sur cette plateforme que les clients de Frédéric Baena – des Américains, pour l’essentiel – achètent cette « expérience ». « Sans Airbnb, je ne me serais jamais lancé », admet cet ancien financier, qui possède sept 2 CV et emploie plusieurs guides chauffeurs. Des activités comme celles-ci, on en trouve plus d’un millier en France sur la plateforme. Tournée des cavistes à Lyon, promenade « chantée » dans Montmartre avec une soprano, cours de pétanque à Marseille, découverte de Deauville (Calvados) en side-car… Airbnb permet aussi de réserver des prestations à domicile, que l’on soit voyageur ou non : une manucure, un coiffeur, un chef cuisinier, un coach sportif.

    Après avoir dynamité le marché de l’#hébergement_touristique, la multinationale américaine s’imposera-t-elle dans celui des activités, et plus globalement, des #services_à_la_personne ? C’est l’ambition de la direction, qui a annoncé en mai un investissement de 200 millions d’euros pour mettre sur orbite ces nouvelles dimensions. L’enjeu : capter davantage de dépenses des voyageurs. Le principe est simple : attirer des #microentrepreneurs, et prélever une #commission (entre 15 % et 20 %) sur chaque prestation vendue.

    Contrairement à ses concurrents déjà présents sur ce marché des activités (Viator, GetYourGuide), l’atout d’Airbnb est de pouvoir proposer des « packages » qui associent le logement à ces prestations, et de capitaliser sur l’immense base de données qu’elle s’est constituée sur ses clients. « On veut devenir l’Amazon des services », résumait Brian Chesky, le PDG de l’entreprise californienne, au magazine américain The Verge, en juin.

    D’ici à trois ans, Airbnb estime pouvoir tirer un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars (850 millions d’euros) de ces nouvelles activités. Une petite fraction des 11 milliards de dollars qu’elle a réalisés en 2024 sur son cœur de métier, la location courte durée. Mais où les nuages s’amoncellent, alors que les budgets vacances se resserrent dans ses principaux marchés, et que, de New York à Barcelone, en passant par Paris, Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) ou Annecy, les réglementations locales se durcissent. Si le groupe est aujourd’hui au faîte de sa puissance, de multiples signaux indiquent que pour les #meublés_touristiques, la fin de l’âge d’or approche. En septembre, Brian Chesky déclarait, lors d’une conférence organisée par le magazine Skift, qu’il n’était « pas content » du taux de croissance de son entreprise, et que la diversification était absolument nécessaire.

    https://justpaste.it/3kxbm

    #tourisme #monopole #diversification #services #capitalisme_de_plateforme #uberisation

    • L’intérêt de Home exchange, c’est, comme chez les autres dealers, la première dose. Ces 1500 points, utilisables, ça fait des nuitées moins chères qu’un lit d’auberge de jeunesse en dortoir (on en est là).

      Après, si on y prend goût, et qu’on va au-delà de la simple conso des points initiaux, ça se corse. Tu reçois des demandes de gens qui ont une ou des baraques qui valent 200 ou 350 points (ça va loin, on m’a parlé d’un cas US côte ouest, N-Y, plus Crète). Ou quelqu’un te sollicite alors qu’il propose un lieu de séjour dans ta propre ville pour 5 fois plus de points que toi. Ou bien tu cherches des lieux de séjour, et c’est écrit « frais de ménage de 50 euros ». Ça comprend aussi des Airbnb, des gens qui te racontent qu’il préfèrent que leur résidence secondaire serve (et là, y a de tout....), de la surévaluation des apparts, bref, l’esprit de lucre transpire (même si il n’y pas que ça, loin de là).

      C’est comme les SEL, ça dissout pas magiquement les rapports sociaux. Ta chambre ou ton deux pièces, tu vas le plus souvent devoir les céder longtemps pour t’offrir une semaine ailleurs (sauf dans les coins paumés, sauf dans des grandes villes à l’offre abondante).

      L’aspect absolument décisif qui justifie de passer par ce racket (ils se constituent eux-aussi un giga fichier et le prix augmente chaque année), c’est qu’il n’est nul besoin d’être propriétaire. Comme il n’y a pas de transaction marchande, a priori ton proprio ou ta CAF peut ni casser ton bail, ni te réclamer un indu d’APL. Et ça c’est à faire savoir parmi les non proprios susceptibles d’investir dans une adhésion, puis des transports, afin de changer d’air (je finis par me demander si il y en a ici, des non-proprios, m’enfin vous devez en connaitre).

      Sinon, dans nos société régies par la séparation, il y a pléthore d’entreprises de mise en relation (ah ah ah). On peut payer un autre site pour garder des animaux domestiques en échange d’un lieu de séjour, ou faire garder les siens par qui logerait chez soi. ah que « freedom to travel » malgré que ça coute cher (si on veut se payer des frites en centre ville, par exemple)
      https://www.trustedhousesitters.com

      edit ne surtout pas négliger le théâtre des évaluations, la réputation du site, des demandeurs/offreurs en dépend !

      again @touti, non 1GP représente pas 1€. Tes 1500GP t’ont coûté 170€ et valent au mieux, 25 nuits dans des chambres chez l’habitant, ou 10 nuits dans des endroits plus indépendants pas trop clinquants. Donc c’est un bon plan. Les euros, ça reviendra lorsqu’il faudra renouveler l’adhésion, si jamais.

    • « Airbnb a façonné l’idée que tout peut être rentabilisé. C’est une logique d’optimisation permanente »
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/20/airbnb-a-faconne-l-idee-que-tout-peut-etre-rentabilise-c-est-une-logique-d-o

      « L’ogre Airbnb » (2/6). A Paris, environ un tiers des annonces disponibles sur Airbnb ont été soustraites du marché de l’habitat « permanent », ce qui contribue à la crise du logement dans la capitale, explique, dans un entretien au « Monde », la chercheuse Jeanne Richon.

      Entre 2018 et 2025, le nombre de logements disponibles pour de la location courte durée a bondi de 40 % à Paris : il existe environ 60 000 annonces « actives » dans la capitale, selon les chiffres du cabinet AirDNA. Pour Jeanne Richon, doctorante à l’université Paris-Est Créteil (Val-de-Marne), qui vient d’achever une thèse sur la location meublée de courte durée dans le Grand Paris, ce système entretient un lien direct avec la #crise_du_logement sur ce territoire.

      Le phénomène Airbnb a eu des conséquences économiques et culturelles fortes en France. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

      La plateforme a permis à tout le secteur de la location de courte durée de se développer de manière rapide et importante. Des milliers de propriétaires ont découvert ses avantages : c’est un système très rentable, flexible, avec une demande forte dans de multiples territoires. Sa massification a changé notre rapport à l’#immobilier. Airbnb a incité des tas de gens à investir dans ce secteur. Aussi, de nombreux ménages se sont dit qu’ils pouvaient maintenir ou envisager d’avoir une #résidence_secondaire parce qu’ils ont la possibilité de la louer facilement. Bref, la culture « Airbnb » a rendu viable la bi-résidence pour toute une partie de la population – un phénomène accentué par le télétravail, par la facilité d’accès au crédit. La diffusion d’Airbnb a aussi façonné l’idée que tout peut être rentabilisé : on perd de l’argent à ne pas louer sa maison pendant qu’on est en vacances ailleurs. C’est une logique d’optimisation permanente.

      Avec plus de 60 000 annonces, Paris est la ville qui compte le plus de locations Airbnb. Quel a été l’impact de cet essor ?

      L’impact est surtout palpable sur l’accès au logement pour les habitants et sur les prix de l’immobilier : c’est là le vrai problème. Que des Parisiens louent leur appartement à des touristes pendant qu’ils sont en vacances, cela n’engendre pas de perte de logement pour la population. Le sujet, c’est quand on transforme des appartements qui auraient pu être des résidences principales en appartements réservés à de la location de courte durée. Et ceux-ci sont de plus en plus nombreux, même s’il est très difficile de mesurer l’ampleur du phénomène.

      J’ai estimé pour ma thèse qu’à Paris, en février 2023, environ 16 000 annonces correspondent à des appartements qui ne sont pas occupés à l’année, et réservés à de la location de courte durée – soit 28 % du total des annonces. Ce nombre monte à 21 000 annonces si on y ajoute aussi les annonces louées au mois, dont on a du mal à clarifier les usages.


      Service de #ménage dans un Airbnb parisien, en septembre 2018. THIBAULT CAMUS/AP

      Ces estimations reposent sur le croisement de divers éléments de ces annonces – leur fréquence de mise en location, la disponibilité du calendrier, la possibilité de faire une #réservation_instantanée, le fait d’être mises en ligne par un #multiloueur… A Paris, qui souffre d’un manque de logements, ce volume est conséquent, d’autant que ces meublés sont majoritairement des petites surfaces, recherchées par des jeunes actifs et des étudiants.

      Pourtant, à Paris, le secteur est très réglementé, et encore plus depuis la loi Le Meur de novembre 2024…

      C’est sûr. Théoriquement, il est interdit de louer au-delà de quatre-vingt-dix jours par an une résidence principale, et il est interdit de louer en courte durée une résidence secondaire, sauf à entrer dans un onéreux mécanisme dit de « compensation ». Mais Airbnb ne vérifie pas qu’un loueur est bien dans les clous. Si la Mairie de Paris dispose d’un service d’agents qui se déplacent et engagent des poursuites judiciaires, ils ne sont pas assez nombreux, et ces contrôles sont difficiles à exercer. Les plateformes transmettent un fichier où toutes les informations nécessaires au contrôle n’y figurent pas.

      Du côté des loueurs, il y a énormément de stratégies de contournement, comme des annonces qui sont dupliquées sur plusieurs plateformes pour contourner les seuils de nuits maximum, des « chambres chez l’habitant » qui sont en réalité des studios indépendants… C’est un casse-tête. Dans le cadre de ma thèse, j’ai rencontré de nombreux loueurs qui ignoraient la loi, ou savaient qu’ils l’enfreignaient, mais se disaient qu’au vu du nombre d’annonces à Paris il y avait peu de risque d’être contrôlés. La tentation est trop forte quand on voit les revenus que ces locations génèrent.

      Mais les villes, et notamment Paris, n’ont-elles pas besoin des Airbnb pour loger tous les touristes ? Et ne profitent-elles pas des milliers d’euros de taxe de séjour qui y sont associés ?

      C’est pour cela que les plateformes ont longtemps été ménagées par les pouvoirs publics, notamment l’Etat, et que certaines législations restent imparfaites. On a d’un côté une #économie_du_tourisme avec ses multiples retombées, de l’autre l’enjeu de logement. On a aussi beaucoup de mal, en France, à toucher à la #propriété_privée. Airbnb axe sa communication autour des propriétaires qui louent pendant leurs vacances pour compléter leurs revenus : bien sûr, ces profils existent. Mais c’est cacher le vrai problème : celui de la conversion massive de logements pour de la location de courte durée. In fine, c’est un choix politique que de décider de protéger le logement plus que les retombées économiques liées au tourisme. Je crois qu’à l’heure actuelle la location meublée de courte durée fait plus de mal que de bien à nos centres-villes.

    • Comment Airbnb encourage le recours aux conciergeries, tout en restant maître à bord
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/10/16/comment-airbnb-encourage-le-recours-aux-conciergeries-tout-en-restant-maitre

      La plateforme lance mercredi [en octobre 2024] son réseau de #concierges labellisés, pour encourager les propriétaires à avoir recours à ce type de services et garder la main sur ce marché florissant.

      Lorsque le #marché_de_l’immobilier a commencé sa dégringolade, Sarah Essadiki, conseillère dans une agence immobilière du Val-de-Marne, s’est demandé quel pouvait être son plan B. Alors que son secteur est à la peine, un autre resplendit : celui de la location de meublés touristiques. La France est devenue le deuxième marché mondial pour Airbnb : à ce jour, on y recense 960 000 annonces, soit 60 % de plus qu’en 2019, selon les données d’AirDNA, un cabinet qui extrait les données du site.

      Tout un marché de #microconciergeries s’est développé autour de cette croissance fulgurante, proposant aux propriétaires de gérer tout ou partie de cette activité à leur place. D’agente immobilière à concierge, il n’y a qu’un pas, que Sarah Essadiki franchit à l’été 2023, en créant sa structure, en parallèle de son emploi en agence. Elle commence à Montmartre, à Paris, avec l’appartement d’une connaissance, « qui partait en vacances en Thaïlande et ne voulait pas s’en occuper », raconte-t-elle. Sarah Essadiki crée l’annonce sur Airbnb, échange avec les locataires, fait le ménage, gère les commentaires… D’autres appartements arrivent dans sa besace et, deux mois plus tard, elle intègre la plateforme des concierges labellisés par Airbnb, intitulé « le réseau de co-hôtes ».

      Cette interface, jusqu’ici en phase de test, est officiellement lancée mercredi 16 octobre par Airbnb. Concrètement, ce catalogue permet à des propriétaires de trouver à proximité de chez eux des co-hôtes (des concierges, dans la novlangue Airbnb), selon les critères voulus : ménage, remise de clés, gestion d’une annonce… Seuls les concierges les mieux notés peuvent figurer dans ce réseau. L’interface d’Airbnb encadre toute la relation entre le propriétaire et son #prestataire, jusqu’au paiement de celui-ci, via une commission comprise entre 17 % et 20 % du prix de la location (les tarifs sont fixés par les concierges). Au cours des derniers mois, deux mille personnes en France ont intégré ce club de concierges, la majorité étant des #autoentrepreneurs, exerçant en parallèle à d’autres activités.

      Loin de l’économie collaborative des débuts

      La volonté de développer cette interface en dit long sur la manière dont Airbnb envisage sa croissance dans les années à venir. « La première raison pour laquelle les gens ne veulent pas mettre leur logement sur Airbnb, c’est qu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper, ou qu’ils ne savent pas faire. On veut aider les propriétaires à s’alléger de tout cela », cadre Emmanuel Marill, directeur Europe d’Airbnb. En créant cette place de marché de concierges, le premier enjeu pour Airbnb est ainsi d’attirer de nouveaux propriétaires, et d’inciter ceux qui sont présents à louer plus souvent – rappelons que la plateforme se rémunère via une commission sur chaque location.

      Aussi, Airbnb a tout intérêt à pousser ses hôtes vers des #standards_hôteliers, desquels ces concierges « bien notés » sont les garants : meilleure satisfaction des clients, moins de conflits… Un esprit loin de l’économie collaborative des débuts, mais qui témoigne de la professionnalisation et de la #montée_en_gamme croissante de ce système. La multiplication des #services de conciergerie, ces dernières années, contribue aussi à la hausse des prix sur la plateforme. Selon AirDNA, le prix moyen d’une nuit sur Airbnb en France a bondi de 40 % en cinq ans.

      En outre, cette interface est une manière pour Airbnb de garder la main sur ce florissant marché de la conciergerie, en imposant ses standards, en cadrant les échanges, et en créant une forme de loyauté chez les concierges sélectionnés – même si ceux-ci n’ont pas de contrat d’exclusivité. « C’est une manière de contrôler le système », reconnaît Théophile Guettier, qui a intégré ce réseau de co-hôtes.

      Pied de nez aux conciergeries les plus installées

      En creux, en devenant une sorte de « super conciergerie », il s’agit aussi de promouvoir un modèle : celui du concierge individuel slasheur, qui n’exerce pas ce métier à temps complet mais gère quelques appartements pour arrondir ses fins de mois. C’est le cas d’Amel Ait Slimane, dont le métier principal est l’assistance à maîtrise d’ouvrage et la décoration d’intérieur. Elle s’était lancée dans la conciergerie en 2019, et a intégré le réseau de concierges d’Airbnb à l’été 2024. « Etre sur cette plateforme m’a apporté plus de business », assure-t-elle.

      En moyenne, un co-hôte gère sept logements – un peu moins pour Mme Essadiki. Elle estime qu’en 2024, elle aura touché « environ 10 000 euros » pour cette activité. « Etre co-hôte, c’est une autre manière de gagner de l’argent avec Airbnb, dans le sillage de la gig economy [économie des petits boulots] », commente M. Marill. Ce terme désigne ces jobs issus de l’économie des plateformes, qui se caractérisent aussi par la faiblesse de leurs filets de sécurité.

      La propulsion de ce réseau de co-hôtes constitue en tout cas un pied de nez aux conciergeries les plus installées, avec des salariés qui ont les moyens d’acheter des mots-clés sur Google pour recruter leurs clients… Mais qui peuvent plus facilement court-circuiter Airbnb, ou du moins, lui être moins loyaux. En 2018, Airbnb avait d’ailleurs racheté une start-up florissante dans ce domaine, la conciergerie Luckey, qui avait levé des fonds et comptait quarante-cinq salariés.

      « Alors que Booking monte en puissance sur les locations saisonnières, Airbnb cherche à préserver sa position dominante sur le marché, analyse Corentin Minet, directeur du réseau Conciergeries locatives de France. Et, pour cela, ils verrouillent tout autour d’eux. »

    • Le modèle de tourisme d’Airbnb a métamorphosé certaines villes en France, comme La Rochelle et Nice
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/21/de-la-rochelle-a-nice-comment-le-systeme-airbnb-a-change-les-villes_6648333_

      A trois heures de TGV de Paris, La Rochelle fait partie des #villes_touristiques qui ont vu leur marché immobilier transformé ces dernières années. « Juste après la pandémie de Covid-19, on a vu arriver énormément d’acquéreurs : il y a eu une ruée sur les petites surfaces du centre-ville. Ce sont des personnes qui voulaient investir dans la pierre. Elles louent sur Airbnb la plus grande partie du temps, et y séjournent quelques week-ends par an », explique Mickael Gauduchon, directeur d’une agence immobilière sur le port. Des télétravailleurs occasionnels, des retraités, ou de purs investisseurs, qui ont profité de prix d’achat au mètre carré raisonnables dans de vieux bâtiments.

      « Vraie pénurie de biens »

      Dans le même temps, des propriétaires qui avaient l’habitude de louer avec un bail classique ont basculé dans ce système de la location de courte durée, bien plus rentable, avec moins de risques d’impayés, plus de souplesse. Aujourd’hui, la municipalité estime à « 6 000 » le nombre de meublés touristiques, dont 85 % de résidences secondaires. Les étudiants, les travailleurs saisonniers, les familles éprouvent de grandes difficultés pour se loger à La Rochelle, que ce soit en location où à l’achat – car les prix n’ont cessé d’augmenter. « Les meublés touristiques ont eu un fort impact sur le marché. Depuis cinq ans, il y a une vraie pénurie de biens disponibles, en particulier pour les petites surfaces », confirme-t-on à l’agence Benoit Immobilier, sur le port de La Rochelle.


      La rue Léonce-Vieljeux, où la concentration en meublés touristiques est la plus importante du centre de La Rochelle, le 3 octobre 2025. YOHAN BONNET/HANS LUCAS POUR « LE MONDE »

      Surtout, la demande touristique est là : la ville a enregistré, en 2024, près de 3 millions de nuitées de voyageurs. Séduit par une offre de meublés touristiques bon marché [sic] et commode pour les groupes et les familles, un nouveau flux de visiteurs est arrivé à La Rochelle, et s’est ajouté à la clientèle des autres hébergements touristiques. Sans Airbnb, Annemette O’Shaughnessy aurait-elle eu le réflexe et les moyens de partir en week-end dans le port charentais ? Cette Irlandaise est venue avec son mari et sa fille pour assister à un match de rugby et découvrir la ville. Elle loge dans un appartement près du port, loué sur la plateforme. « C’est beaucoup mieux qu’un hôtel, car on peut avoir notre espace, un salon, se faire à manger », explique-t-elle.

      Cet accroissement du nombre de touristes conduit à des pics de fréquentation que dénoncent de plus en plus les habitants. Mais aussi à une transformation des commerces. Marie-Christine Etienne, assistante sociale à la retraite, dresse la liste des boutiques ayant fermé récemment dans le centre-ville : « Le magasin d’optique, la boutique pour animaux, la cordonnerie, une épicerie, une quincaillerie… A la place, on a de la restauration rapide, des coffee-shops, une boutique de cookies. »

      Selon elle, la ville s’est montrée trop gourmande, multipliant les grands événements, concerts ou congrès, conduisant à un afflux de visiteurs qui saturent la ville. « Avant, on avait du monde à certaines périodes précises. Depuis la fin du Covid, c’est toute l’année. Il y a toute une nouvelle population de voyageurs qui font la fête, remplissent les bars : les nuisances sonores n’ont jamais été aussi importantes. Alors, quand je vois qu’à la gare Montparnasse [à Paris], il y a des publicités pour faire venir les gens à La Rochelle, ça me désole. »

      « Zéro vie sociale »

      Peu à peu, les liens sociaux se transforment. « Je suis le seul habitant de mon immeuble », évoque Guillaume Thébault, 34 ans, architecte à La Rochelle, qui vit dans une rue commerçante proche du port. Tous les autres appartements – cinq au total – ont peu à peu été transformés en locations de courte durée. Ses voisins sont différents chaque semaine. Il rencontre plus souvent des livreurs Uber Eats dans sa cage d’escalier. « J’ai zéro vie sociale dans mon immeuble. Je suis le témoin d’une ville qui se transforme sous l’effet de l’ubérisation de la société », affirme-t-il.


      De nombreuses boîtes à clés, sur la porte d’une conciergerie rue Réaumur, dans le centre de La Rochelle, le 3 octobre 2025. YOHAN BONNET/HANS LUCAS POUR « LE MONDE »

      https://justpaste.it/d9oga

      #ville

    • Comment les stations de ski ont basculé dans l’économie du Airbnb
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/22/comment-les-stations-de-ski-ont-bascule-dans-l-economie-du-airbnb_6648811_32

      Dans ces villages, dominés par les résidences secondaires, l’irruption des plateformes a rendu beaucoup plus facile la location entre particuliers. Avec une conséquence directe sur la hausse des prix de l’immobilier.

      Benjamin Berger se souvient d’une époque pas si lointaine – les années 2000 – où de nombreux propriétaires d’appartements ou de chalets à la montagne étaient rétifs à louer leur bien à des vacanciers : ils voyaient surtout les désagréments associés. « Culturellement, l’idée d’avoir des inconnus qui dorment chez soi était mal acceptée, raconte ce spécialiste de l’immobilier en montagne, fondateur de l’agence Cimalpes, qui gère 1 200 biens en location saisonnière. On allait jusqu’à remplacer les matelas pour que certains acceptent de louer ! »

      Les temps ont bien changé. Lui a vu un moment décisif : 2008, la crise des subprimes. Les propriétaires, dont bon nombre étaient liés à l’économie financière, ont compris qu’ils ne pouvaient pas laisser des biens immobiliers sans rendements. Surtout, Airbnb, Abritel et Booking sont arrivés, rendant flexible, facile et attractive la possibilité de louer, avec d’importants revenus à la clé – tandis que les conciergeries poussaient comme des champignons. _« La culture de la résidence secondaire à la montagne a changé. Le côté investissement a pris le pas sur le côté familial et affectif , résume Louis Andrews, directeur de la plateforme de location de chalets OVO.

      La greffe a pris rapidement. En 2019, il y avait 38 000 annonces Airbnb en Savoie et Haute-Savoie. En début d’année 2025, 72 000 étaient recensées. Des stations comme Morzine, La Plagne ou Les Arcs comptent plus de 2 000 appartements ou chalets loués via Airbnb, d’après les données d’Inside Airbnb : l’offre a plus que doublé en seulement cinq ans.

      https://justpaste.it/akgy7

      Une #financiarisation_du_logement qui pèse sur la construction elle-même, et plus encore sur celle de logements sociaux.
      #investissement #rentabilité

    • « Airbnb, c’est de l’argent facile et c’est très addictif » : des milliers de personnes s’improvisent hôteliers en France
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/23/airbnb-c-est-de-l-argent-facile-et-c-est-tres-addictif-comment-des-milliers-

      Sur Internet, des sites se sont d’ailleurs spécialisés dans l’ameublement clés en main. Ils proposent des décors au design standardisé, des « packs » « Art déco », « ethnique » ou « industriel » pour habiller n’importe quelle surface, du canapé aux affiches, du plaid aux tasses à café. Qu’il séjourne à Oslo, à Paris, à Marseille ou à Budapest, le touriste, en ouvrant la porte de sa location, ne sera pas dépaysé.

      [...]

      La start-up Zorrooo, spécialisée dans les litiges du quotidien, dit avoir échangé avec plus de 300 hôtes dont l’annonce a été reléguée dans les plus lointaines pages d’Airbnb. « Nous pensons que la plateforme a changé son algorithme fin 2023, qu’elle se professionnalise et privilégie désormais les annonces avec conciergerie, co-hôte, services et expériences », affirme sa cofondatrice, Capucine Berr.

      Tout comprendre à la logique d’Airbnb et à son algorithme est devenu un métier. Elise Ripoche en a fait son activité en créant une start-up au nom très explicite, J’affiche complet. Cette agence optimise les tarifs, « pour maximiser le chiffre d’affaires », avec, quand la demande est très forte, le prix le plus haut possible et les séjours les plus longs. « La location saisonnière est globalement perçue comme “M. Dupont met sa maison sur Airbnb pour boucler ses fins de mois”. En réalité, il s’agit d’une industrie », déclare la jeune femme.

      https://justpaste.it/1pahb

      Airbnb a une réelle part de responsabilité dans la #crise_du_logement [éditorial]

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/23/airbnb-a-une-reelle-part-de-responsabilite-dans-la-crise-du-logement_6648991

      Loin du modèle « sympa » des fondateurs d’Airbnb qui, en 2008, proposaient la location d’un matelas gonflable (airbed) dans leur appartement agrémenté d’un petit déjeuner, le site à l’ergonomie efficace et pratique a non seulement dynamité le marché de la location touristique, mais a aussi encouragé la transformation de résidences principales en logements réservés à la location de courte durée.

      La progression fulgurante d’Airbnb – plus de 1 million d’annonces en août en France, soit 60 % de plus qu’en 2018 – reflète une mutation spectaculaire du rapport des propriétaires à leur bien, plus seulement un lieu d’habitation ou une rente de long terme, mais une source potentiellement très rentable d’argent facile et de mobilité. Encouragée par l’essor du #télétravail, la formule a aussi incité à l’achat de résidences secondaires « amortissables » par le biais de la location de courte durée.

      Le secteur a pris une telle ampleur qu’il fait l’objet d’une financiarisation généralisée, où les rencontres humaines encensées au début ont laissé la place aux boîtes à clés et aux conciergeries, à une #standardisation des décorations et à l’aigreur de rapports logeurs-logés basés sur les exigences matérielles illimitées de ces derniers et sur l’impitoyable sanction par les « notations ».

    • Graz (Autriche) : Un immeuble d’appartements Airbnb temporairement occupé
      https://attaque.noblogs.org/post/2025/10/21/graz-autriche-un-immeuble-dappartements-airbnb-temporairement-occup

      Dans le quartier Gries, à Graz, un immeuble presque entièrement vide, avec des appartements Airbnb, a reçu une visite anti-touristique…

      À Graz, il y a environ mille appartements Airbnb (des appartements de vacances chers à en crever, qui restent vides la plupart du temps et sont réservés aux touristes aisés). Mille appartements dans lesquels des gens pourraient vivre. Tant de place et pourtant tant d’expulsions locatives.

      Même Elke [Elke Kahr, maire de la ville ; NdAtt.] ne peut pas y faire grand-chose. La liquidation de la ville au nom du profit et le vide dystopique sont tout à fait dans l’intérêt des grandes sociétés immobilières ou des riches propriétaires privés. Nous ne restons plus à regarder, mais nous reprenons les espaces ! Occupez les maisons de votre ville ! Nos salutations vont à toutes les villes liquidées en soldes, comme Barcelone et Athènes. Contre Airbnb et son monde. FUCK GENTRIFICATION

  • A Marseille, la pression sur les meublés de tourisme toujours plus forte
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/08/a-marseille-la-pression-sur-les-meubles-de-tourisme-toujours-plus-forte_6645


    Dans le quartier du Panier, à Marseille, en novembre 2023. NICOLAS TUCAT/AFP

    Les personnes visées par ces procédures dites « accélérées sur le fond », lancées en juillet, ne semblent pas se soucier des règles imposées par la municipalité et par la loi du 19 novembre 2024, « visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale ». Toutes contestent avoir commis des infractions.

    « A eux quatre, ces investisseurs possèdent 40 appartements dans huit immeubles. Nous avons choisi ces cas emblématiques pour faire savoir notre volonté de combattre toute forme d’abus », insiste l’adjoint au logement, Patrick Amico (Printemps marseillais, coalition de gauche). Parmi les personnes assignées figurent un tradeur parisien qui donne ses conseils sur les réseaux sociaux, deux Marseillais spécialistes de l’immobilier, et ce chirurgien du Périgord qui, face aux caméras de « Complément d’enquête », sur France 2, s’est vanté, en janvier 2024, de posséder 14 meublés « en flagrant délit d’illégalité ».

    Selon les services municipaux, Marseille, 877 000 habitants, comptait 12 937 meublés de courte durée fin 2024. Improprement appelés « résidences #Airbnb », du nom de la plus célèbre des plateformes où ils sont proposés, ces logements représentent jusqu’à 11 % de l’offre de location immobilière dans certains quartiers du centre et du littoral phocéens. Et plus encore dans les décors idylliques de Malmousque ou du Vallon des Auffes (7e arrondissement). « Sur ce total, 6 000 environ sont hors des clous », complète Patrick Amico, qui a signé 300 courriers de mise en demeure adressés à des propriétaires que la ville pourrait également assigner.

    En traînant un premier lot de loueurs devant la justice et en réclamant des amendes pouvant aller au-delà du million d’euros, #Marseille compte envoyer un message. « Nous ne sommes pas dans un combat jusqu’au-boutiste. Les résidences de tourisme ont redynamisé certains quartiers et répondent à des besoins, comme celui d’une famille qui ne peut pas se payer une semaine à l’hôtel… Mais nous voulons réguler le phénomène, car il a des conséquences lourdes sur l’offre de location de longue durée, mais aussi en matière d’incivilités. Le fond du débat, c’est combien la ville peut-elle en supporter ? », pose Patrick Amico. Pour l’élu, le nombre acceptable se situe « entre 6 000 et 8 000 offres ». Des locations qu’il aimerait voir se limiter aux seules résidences principales, que leurs propriétaires mettraient à disposition lors de leurs absences.

    • AIRBNB EN PROCÈS ?
      https://lundi.am/Airbnb-en-Proces-7118

      Les lundis 13 et 20 octobre 2025 se tiendra à Marseille le procès de quatre gros propriétaires de AirBNB. La Ville, après des années de Far-West dans le business du dit « meublé de saison », attaque quelques gros propriétaires pour « non-respect de la réglementation sur les locations saisonnières »… Et en faire, dit-elle, « un exemple ». Haro sur la touristification et la gentrification de la cité phocéenne ?


      Capture écran forum « Airbnb Propriétaires France », janvier 2023

      Il a pourtant fallu attendre les premiers saccages de printemps, dans ces appartements du Prado ou de La Plaine, par des voisins en colère, les innombrables tags et affiches en ville, enfin les destructions de boites à clés par centaines, pour que la Ville officialise puis double les effectifs de sa brigade de contrôle des Airbnb. Il faut dire qu’à l’automne, une brigade de « Marseillais.es du centre-ville » avait annoncé son intention de « jeter les touristes dans le Vieux port » si la situation perdurait, après un rapt de dizaines de boites à clés reversées en mairie empaquetées dans une valise à roulette.

  • « Les propriétaires se retrouvent dans des situations kafkaïennes » : les squats de locations Airbnb se multiplient
    https://immobilier.lefigaro.fr/article/les-proprietaires-se-retrouvent-dans-des-situations-kafkaiennes-

    ... Les squatteurs qui se font passer pour des locataires réservent un logement pour un ou deux jours. Une fois sur place, ils se comportent comme des occupants illégaux.

    Les « faux » locataires prennent leurs quartiers, installent leurs affaires et surtout changent la serrure de la porte. Et refusent de partir. Une fois averti, le propriétaire est impuissant. Les forces de l’ordre le sont souvent tout autant. Car, contrairement aux apparences, les occupants ne peuvent pas être considérés comme des #squatteurs. Certes, ils se maintiennent illégalement dans le logement. Mais pour être considérés comme des squatteurs, il aurait fallu qu’ils y entrent illégalement. Or, ce n’est pas le cas car ils ont réservé leur logement sur une plateforme d’hébergement. Dans ce cas, il n’est pas possible, comme pour les squatteurs, d’expulser rapidement (comme le prévoit la loi « anti-squats) les occupants illégaux. Les propriétaires doivent lancer, comme dans le cas de #locataires mauvais payeurs, une procédure judiciaire, longue (au moins 6 mois et jusqu’à plusieurs années) et coûteuse (plusieurs milliers d’euros).

    #loi_kasbarian #propriétaires #squats #Airbnb

  • La « Mont-Saint-Michélisation » de Saint Malo racontée par ses habitants | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1753877719-saint-malo-bretagne-tourisme-surtourisme-logement-immobilier

    Saint-Malo (35), Bretagne – « Je pars en pause ! » Mathys, 21 ans, attrape deux énormes sacs-poubelle qu’il jette sur son épaule, avant de les balancer dans une benne à l’arrière de la brasserie. L’établissement qui l’emploie pour la saison fait partie des plus touristiques de Saint-Malo, à l’entrée de la vieille ville. Ici, dès juin, c’est « horaires Disneyland », plaisantent des commerçants : 12 heures – 18 heures, non-stop. Alors avant de se relancer dans le rush de l’été, le plongeur respire à l’arrière de la boutique. Mathys vient de Champagne-Ardenne. Après six étés à enchaîner les contrats saisonniers dans la cité corsaire, le jeune homme longiligne a eu un coup de cœur et voudrait s’y installer :« Mais, à chaque fois, c’est une galère pour trouver un logement : tous les appartements intra-muros [entre les murs de la vieille ville] sont devenus des Airbnb ou des résidences secondaires. » Prisée douze mois l’an, Saint-Malo attire plus d’un million de touristes chaque année – dont un tiers entre juillet et août. Facilement accessible en train depuis Paris ou Rennes, la ville portuaire bretonne de 47.000 habitants attire pour ses paysages maritimes et sa cité historique, centre névralgique de la commune. Intra-muros, entièrement entouré par des remparts, abrite des rues pavées étroites, où s’additionnent les crêperies et les boutiques de souvenirs. Quand certains locaux s’inquiètent du surtourisme dans ce quartier, la mairie réfute le terme, estimant en 2023 dans Ouest-France :« Nous avons la chance de vivre dans une ville attractive. J’ai du mal à entendre qu’aujourd’hui la ville fonctionne trop bien ! »

  • D’Athènes à Copenhague, le fléau du logement cher en Europe
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/21/le-fleau-du-logement-cher-d-athenes-a-copenhague_6615046_3234.html

    A Rome, l’offre locative de logements a fondu de près de 80 % en cinq ans [etc.]


    Des boîtes à clés protégées par un code numérique sont accrochées à l’extérieur d’un immeuble de location saisonnière #Airbnb, dans le quartier du Trastevere, dans le centre historique de Rome, le 19 novembre 2024. ANDREAS SOLARO/AFP

    https://archive.ph/4s1Xi

    Dans la série : des fractions de la bourgeoisie s’inquiètent des excès du capitalisme (est-ce seulement d’eux-mêmes qu’ils ont peur ?)

    #logement #ville #je_me_souviens_du_Trastevere

    • A Berlin, le prix de l’immobilier ancien a plus que triplé depuis 2010
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/21/a-berlin-le-prix-de-l-immobilier-ancien-a-plus-que-triple-depuis-2010_661508

      « Immobilier, une crise européenne ». La capitale allemande attire une population croissante depuis vingt ans. Mais la construction ne suit pas, si bien que les prix des logements et des loyers flambent désormais.

      [...]

      Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : le fort développement économique de la ville depuis 2012, porté par l’essor du tourisme et de l’économie numérique, la spéculation immobilière, mais surtout l’immigration nette, qui n’a pas été compensée par un effort suffisant de construction. Longtemps vue comme une cité périphérique, la ville de Berlin est devenue très attractive pour les nouveaux venus, arrivés d’Allemagne ou de l’étranger. Avec 3,9 millions d’habitants en 2024, contre 3,4 millions en 2000, la population ne cesse de croître. Elle pourrait atteindre 4 millions en 2040.
      Les nouveaux arrivants pénalisés
      Dépassée par ce succès, la mairie de Berlin se retrouve dans une situation paradoxale. Après avoir massivement cédé à des compagnies immobilières son immense parc locatif municipal hérité du régime communiste d’Allemagne de l’Est, elle doit désormais gérer une dramatique pénurie de logements abordables.

      https://archive.ph/uUoHC

      (rationalisation. voilà comment on en vient à théoriser l’abandon de la ville, y compris au nom d’une « autonomie » faite d’autosubsistance le plus souvent fondamentalement imaginaire. misère des « arts de faire » ?)

      #villes_interdites

  • Meublés Airbnb : quand ubérisation du ménage et main-d’œuvre vulnérable font tourner la machine
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/06/02/meubles-airbnb-quand-uberisation-du-menage-et-main-d-uvre-vulnerable-font-to


    Une femme de ménage travaille dans un appartement en location Airbnb, à Paris, en septembre 2018. THIBAULT CAMUS/AP

    C’est une recommandation qu’Airbnb formule sur son site Internet, à destination de sa communauté de loueurs de meublés touristiques. Sous la tête de chapitre « Tout ce que vous devez savoir sur les frais de ménage », afin de « garder un prix compétitif », la plateforme préconise : « Négociez avec la personne chargée du ménage. Envisagez de lui demander si elle peut accepter un tarif plus bas en échange de prestations plus régulières. »

    Le #nettoyage, rouage crucial dans l’activité des meublés de tourisme pour assurer une occupation à flux tendu, constitue, en effet, une dépense que les propriétaires, les plateformes et les grandes conciergeries – spécialisées dans la gestion de la location, de l’annonce au dépôt des clés – cherchent à réduire au maximum, pour préserver leurs marges. Derrière les portes closes des meublés touristiques, la massification des Airbnb et la rentabilité attendue de ce type de locations entraînent des cadences et des conditions de travail difficiles.

    [...]

    En 2022, VIP Services, une société de nettoyage d’appartements loués sur Airbnb, recrutant des Ukrainiennes en situation irrégulière (avant que l’UE ne leur offre une protection valant autorisation de séjour et droit de travailler), a été condamnée en première instance par le tribunal de Paris pour « traite d’êtres humains aggravée ». Un cas extrême. Le jugement de l’affaire éclaire toutefois sur un système de sous-traitance en cascade : des propriétaires de meublés de tourisme confient leurs biens à une conciergerie de premier plan, HostnFly, elle-même donneuse d’ordres auprès de cette société de nettoyage, VIP Services, recrutant à bas coût des femmes de ménage.

    [...]

    Comme HostnFly, les grandes conciergeries recourent à des applications sur smartphone pour piloter et contrôler le personnel de nettoyage. Nicole Teke-Laurent, doctorante en sociologie du travail à l’IDHE.S-Nanterre, a suivi pour sa thèse une femme de ménage travaillant pour plusieurs locations Airbnb, « équipée d’un diable pour transporter son énorme sac de draps » dans les rues de Paris. « Pour un petit studio, elle devait envoyer à la conciergerie une vingtaine de photos très détaillées retraçant toutes ses tâches : l’évier, le lavabo, la cuvette des toilettes etc., témoigne la sociologue. Un contrôle numérique renforcé par la notation des femmes de ménage, à la fois par les clients des Airbnb et par les propriétaires des appartements, qui postent des avis sur les conciergeries. Cette logique de contrôle constitue une forme de pénibilité supplémentaire. »

    https://archive.ph/qIA4W

    #tourisme #Airbnb #rente_foncière #femmes_de_ménage #uberisation

  • Airbnb condamné en appel à payer 8,6 millions d’euros à la communauté de communes de l’île d’Oléron
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/04/08/bataille-judiciaire-entre-airbnb-et-l-ile-d-oleron-le-geant-mondial-de-la-lo

    La plateforme de location touristique sur Internet Airbnb a été condamnée, mardi 8 avril, à payer plus de 8,6 millions d’euros à la communauté de communes de l’île d’Oléron (Charente-Maritime) pour des manquements relatifs à la taxe de séjour.
    Les deux arrêts rendus au civil par la cour d’appel de Poitiers concernent les années 2021 et 2022. Ils alourdissent considérablement les sanctions prononcées en première instance, dont #Airbnb avait interjeté appel. Celle-ci a pris acte de cette décision et « étudie les recours possibles », a-t-elle fait savoir mardi à l’Agence France-Presse.
    La cour d’appel a sanctionné Airbnb pour des manquements répétés à ses obligations de déclaration, de collecte et de reversement de milliers de taxes de séjour durant les deux années concernées.

    #tourisme #fraude_fiscale

  • Seized, settled, let: how #Airbnb and #Booking.com help Israelis make money from stolen Palestinian land | West Bank | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2025/feb/27/seized-settled-let-how-airbnb-and-bookingcom-help-israelis-make-money-f

    As Israel deploys tanks in the West Bank for the first time in 20 years, we reveal how two of the world’s biggest travel companies are helping settlers commercialise stolen land

    #association_de_malfaiteurs

  • Inside Airbnb

    https://insideairbnb.com

    How is Airbnb really being used in and affecting the neighbourhoods of your city?

    Airbnb claims to be part of the “sharing economy” and disrupting the hotel industry. However, data shows that the majority of Airbnb listings in most cities are entire homes, many of which are rented all year round - disrupting housing and communities.

    Browse the data for your city below, and see for yourself.

    #Airbnb
    #hôtellerie
    #uberisation
    #capitalisme

  • Les préférences des touristes pour les quartiers des villes françaises : éclairage sur la régulation des hébergements de court séjour
    https://metropolitiques.eu/Les-preferences-des-touristes-pour-les-quartiers-des-villes-francais

    La touristification des villes, favorisée par des plateformes comme #Airbnb, sature les espaces et services de certains quartiers. Des politiques de régulation émergent mais échouent à mieux répartir l’offre face aux préférences des touristes pour les zones centrales. La « touristification » des villes est un événement nouveau lié à l’expansion de bulles de locations touristiques de courte durée dans certains quartiers urbains. Favorisées par les plateformes, notamment Airbnb, la démocratisation du #tourisme #Terrains

    / tourisme, Airbnb, centralité, #voisinage

    #centralité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/faye.pdf

  • « #Gentrification : quand les espaces populaires s’embourgeoisent »

    Épisode 2/4 : #Marseille, Tu me fends le cœur de ville

    À Marseille selon une récente étude de l’INSEE, 80 % des logements de particuliers sont détenus par des multipropriétaires dans le centre ancien de Marseille et 75 % dans l’ensemble de la ville. Selon l’institut, ces statistiques témoignent d’une “concentration de la propriété immobilière à Marseille, notamment à des fins de rentabilité locative”. Du locatif privé que les propriétaires négligent.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/marseille-tu-me-fends-le-coeur-de-ville-5871381

    • #Saint-Ouen. Ici, c’est le Grand Paris, « Gentrification : quand les espaces populaires s’embourgeoisent », Épisode 1/4
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/saint-ouen-ici-c-est-le-grand-paris-1246840

      À mesure que #Paris s’embourgeoise sous l’effet de de la désindustrialisation, de la mondialisation et des politiques urbaines de l’État et la municipalité depuis la fin du 19e siècle, la #gentrification se diffuse au-delà du périph : Les Lilas, Montreuil, Pantin,... Saint Ouen.

      #93 #logement #ville #bourgification #radio

    • Concernant Marseille, outre la description de la gentrification, il y a plusieurs moments dans ce podcast que je trouve plutôt intéressants en ce qu’ils soulignent les petites contradictions et la complexité des phénoménes sociaux et urbains.

      Le membre du collectif du quartier Félix Pyat et l’équipe de la radio « attaqués » par une habitante. 6:12

      Le sociologue précaire qui habite à Noailles et se désigne comme « micro-gentrifieur ». 14:15

      L’habitante de la Plaine qui se demande si elle ne fait pas partie du public cible des nouvelles boutiques d’artisans qui s’ouvrent dans son quartier et son voisin trop cool qui détient une carte d’agent immobilier 52:50-54:43

      Marta qui observe que la lutte contre la gentrification ou le carnaval indépendant de la Plaine deviennent eux-mêmes des sortes d’attraits : « anarco-tourisme » 54:55.

    • Oui, c’est un point tenu par l’émission : la gentrification vient à la fois du bas (payer pareil pour plus de mètres carré) et du micro (d’innombrables micro-gentrifieurs, avec les artistes à l’avant-garde, comme de fut le cas il ya longtemps pour Montparnasse, en toute innocence, mais désormais moins innocents), et du haut (édiles, projets urbanistiques, intérêts immobiliers constitués, entreprises).

      À Saint-Ouen, le rôle gentrifieur du PC (qui tenait autrefois la marie), puis d’une municipalité ayant Levallois-Perret pour modèle (pas de nouveaux logements sociaux, le taux légal étant déjà plus qu’assuré), puis d’une municipalité socialo-verte (allez, zyva, un éco-quartier) est souligné par Anne Clerval.

      À Marseille : La Provence qui publie un article annonçant un taux d’occupation record des #Airbnb lors du carnaval de La Plaine, pour partie organisé part celleux qui font campagne contre les « locations saisonnières » qui font exploser les loyers.

      Bref, de forts bonnes émissions radio qui montrent la vigueur d’effets structuraux.

      #propriété #centre-villes #tourisme #rente_foncière #société_de_loisirs

  • Quand les vacances coûtent de plus en plus cher
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/10/18/quand-les-vacances-coutent-de-plus-en-plus-cher_6354763_3234.html

    Dans l’#hôtellerie, toutes gammes confondues, le prix moyen d’une nuit d’hôtel a bondi de 26 % depuis 2019, selon les données du cabinet MKG, basées sur 2 400 établissements en France. A Paris, cette hausse est plus marquée : 37 %. Une nuit dans un trois-étoiles coûte désormais 134 euros en moyenne dans le pays, contre 97 euros en 2019. Le tarif moyen d’une location sur #Airbnb, en France, a connu une augmentation de 39 % depuis 2019, selon les données extraites par le cabinet AirDNA. Quant au prix moyen d’un billet d’avion vers l’étranger, depuis la France, il s’est renchéri de 32 % entre 2017 et 2023, selon la direction générale de l’aviation civile.

    [...]

    Ces augmentations de prix ont aussi permis à certains d’améliorer leurs marges. Dans l’hôtellerie, les résultats d’exploitation ont connu une progression nette au cours de ces cinq dernières années, selon le dernier baromètre de l’industrie hôtelière réalisé par KPMG. En particulier pour les hôtels quatre étoiles et plus. Ainsi l’hôtellerie est désormais le secteur le plus recherché par les investisseurs immobiliers. D’autant que le haut de gamme semble échapper à la crise, porté par la croissance de la clientèle étrangère, et par des vacanciers peu sensibles aux hausses de prix.

    Face à ces coûts plus élevés, les Français partent moins loin, moins longtemps, moins souvent. « Mais davantage dans l’hébergement non marchand, c’est-à-dire chez la famille ou des amis », observe Didier Arino, dont le cabinet, Protourisme, réalise chaque année une enquête sur les #vacances des Français. Ainsi, dans les villages vacances VVF, les durées moyennes raccourcissent, avec « de plus en plus de séjours de quatre à cinq jours et de moins en moins de séjours d’une semaine ou plus », illustre le directeur de ce réseau, Stéphane Le Bihan. Les choix de villages se font davantage à proximité du domicile, et les clients les moins fortunés ont « disparu ». En revanche, « on récupère ceux qui allaient dans des clubs ou campings de gamme supérieure, mais qui sont refroidis par les tarifs », explique Stéphane Le Bihan. Dans ses villages situés à la montagne, les familles « prennent deux ou trois jours de forfait et, le reste du temps, font d’autres activités moins chères, de la randonnée, de la luge », raconte-t-il.

    Signe des temps, le système d’#échange de maisons, qui fait partie de cette galaxie touristique « non marchande », a le vent en poupe. #HomeExchange, 175 000 membres, enregistre une croissance de son nombre d’adhérents « de 50 % par an depuis trois ans », indique son président, Emmanuel Arnaud. Cet été, le nombre d’échanges finalisés en France a bondi de 34 % en un an. « La motivation principale est cette volonté de partir pour pas cher. Notre cœur de cible, ce sont les familles avec enfants et notamment les enseignants », précise-t-il.

  • Une mesure inédite en #montagne, #Chamonix va restreindre les #Airbnb

    Le nombre d’Airbnb et autres #locations_saisonnières sera bientôt limité à Chamonix. Une mesure attendue par les locaux, qui font face à un afflux de touristes.

    Les boîtes à clés se multiplient devant les immeubles et les chalets du centre de #Chamonix-Mont-Blanc. Face au plus haut sommet d’Europe, ces objets symbolisent la forte augmentation des locations saisonnières de type Airbnb ces dernières années dans la vallée. « Le nombre de meublés de tourisme mis sur le marché est passé de 2 700 à 4 000 en quatre ans », dit Éric Fournier, maire de Chamonix et président de la communauté de communes de la vallée. Face à cette situation, les élus du conseil communautaire ont tenté de mettre un coup d’arrêt à cette dynamique. Le 25 juillet, une #délibération a été adoptée pour limiter le nombre de locations de courte durée dans les quatre communes de la vallée. Une première pour un territoire de montagne en France.

    Dès le 1er mai 2025, un seul bien en location saisonnière par personne physique sera autorisé à Chamonix et aux #Houches et deux biens à #Servoz. À #Vallorcine, de l’autre côté du col des Montets, il n’y aura pas de limitation du nombre de biens louables, mais les autorisations d’en faire une location saisonnière seront limitées à un an, avant d’être renouvelées.

    « Cette mesure s’inscrit dans un travail global pour maintenir l’habitat permanent dans la vallée. Une partie de notre #parc_immobilier s’érode vers les plateformes de #location_de_courte_durée, cela pose de plus en plus de problèmes pour les habitants locaux. Les offres de location à l’année sont rares et les #prix explosent », assure le maire sans étiquette.

    Les quatre communes de la vallée sont classées « #zones_tendues » depuis août 2023, et le prix de l’immobilier à Chamonix dépasse désormais les 10 000 euros le m2. Avec cette mesure, Éric Fournier souhaite retrouver « un #équilibre_social au niveau local. La vallée n’est pas un parc d’attractions et nous devons apporter des réponses à la #tension_immobilière et à la #fréquentation_touristique qui évolue très vite sur le territoire ».

    Concrètement, les propriétaires devront enregistrer leurs biens avant de les publier sur les plateformes comme Airbnb. « Nous avons passé des accords avec ces sites, et si certains ne respectent pas cet enregistrement, leurs biens seront supprimés des plateformes », assure le maire. Ce système des #immatriculations est déjà en vigueur dans d’autres villes comme Paris et permet notamment à celles-ci de connaître précisément le nombre de biens en location saisonnière et le profil des propriétaires.

    De son côté, Airbnb assure à Reporterre « [collaborer] depuis plusieurs mois avec la mairie de Chamonix sur le sujet ». « Nous continuerons à travailler avec ces villes afin de les accompagner au mieux dans la mise en place et le respect de ces règles proportionnées. »

    Bientôt tous concernés ?

    Cette #restriction s’adresse pour l’instant uniquement aux propriétaires physiques, mais ne concerne pas les entités morales comme les conciergeries ou les agences qui cumulent parfois plusieurs biens en location de courte durée. « C’est une première étape », déclare Éric Fournier, qui avait également fait voter en 2023 une #surtaxe des #résidences_secondaires qui représentent près de 70 % de l’habitat dans la commune. « Cette mesure finira par concerner tout le monde. Nous travaillons encore sur les questions juridiques pour être sûrs que ces mesures ne pourront pas être annulées. »

    Dans le département, une mesure similaire votée à #Annecy avait été suspendue en juillet 2023 par le tribunal judiciaire de Grenoble car jugée « trop restrictive ». Xavier Roseren, député de la 6e circonscription de Haute-Savoie pour le parti présidentiel Ensemble et natif des Houches, se réjouit également de cette mesure et entend poursuivre les efforts législatifs à l’Assemblée. Une proposition de loi transpartisane « visant à renforcer les outils de #régulation des #meublés de tourisme à l’échelle locale » devait être examinée en commission mixte paritaire, mais la dissolution du 9 juin a bouleversé le calendrier parlementaire.

    « Je suis très heureux que la vallée de Chamonix ait pris l’initiative de porter cette mesure sans attendre la promulgation de cette loi, déclare le député, très impliqué sur ces questions. Le texte devait également acter la création de zones réservées à l’#habitat_permanent, comme en Suisse, avec des quotas de résidences secondaires. » Le député souhaite également que la loi sur les passoires énergétiques s’applique aux locations de courte durée : « Il n’est pas normal que l’on puisse louer un bien non isolé sur Airbnb alors qu’on ne peut pas le louer en longue durée. On doit continuer à travailler sur la transition écologique et touristique dans nos vallées. »

    https://reporterre.net/Saturee-de-touristes-Chamonix-va-restreindre-les-Airbnb
    #régulation #tourisme

  • « Avec les JO, Airbnb s’impose comme un leader de l’hébergement touristique à Paris »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/28/avec-les-jo-airbnb-s-impose-comme-un-leader-de-l-hebergement-touristique-a-p

    En s’affichant comme l’un des sponsors majeurs du Comité international olympique (CIO) pendant les Jeux olympiques (#JO) et paralympiques Paris 2024, la plate-forme #Airbnb s’impose comme un leader de l’#hébergement_touristique dans une métropole mondiale qui fait pourtant beaucoup, depuis plusieurs années, pour la contraindre et l’interdire.

    Avant même les débuts du méga-événement historique pour la France, celui-ci peut d’ores et déjà être considéré, du point de vue de la multinationale, comme un succès retentissant. Le nombre de loueurs et de biens proposés a significativement augmenté, même s’il y a une part relativement importante d’hôtes occasionnels ou pragmatiques qui se désinscriront sitôt les dernières épreuves terminées, les réservations ont explosé et l’image de la marque est assurée…

    Mieux encore que les bénéfices engrangés ou la publicité réalisée pour les années à venir, l’entreprise va certainement réussir son pari d’investir massivement la capitale française pendant la durée de la compétition, alors que le conflit ouvert avec la municipalité parisienne gêne depuis longtemps ses ambitions et va l’obliger prochainement à (re) penser sa stratégie.

    Le rôle essentiel des hébergeurs

    Mais les JO sont aussi révélateurs de la place qu’occupe Airbnb dans nos sociétés contemporaines occidentales, offrant en quelque sorte l’illustration condensée de son fonctionnement et de son évolution. Alors que la firme va retrouver à l’été 2024 son cœur de métier initial, qui l’a fait naître en 2007 – la mise à disposition de milliers d’hébergements lors d’un grand événement (culturel, sportif, professionnel, scientifique, etc.) – , elle a depuis investi d’autres champs, d’autres espaces, d’autres usages, et a conquis bon gré, mal gré d’autres utilisateurs.

    Touristes, certes, mais également étudiants qui n’arrivent plus à se loger par d’autres moyens, parfois à cause d’une crise du #logement aggravée par Airbnb elle-même, travailleurs saisonniers, migrants, aidants familiaux, fêtards, etc.
    De plus, à côté des événements divers (fêtes religieuses intrafamiliales, micro-événements privés et publics, événements de tout type à l’échelle régionale, nationale et internationale…), l’entreprise s’est redéployée pour être présente « tout le temps », procédant d’une désynchronisation des pratiques d’hébergement, et « partout à la fois », dans des espaces où le degré d’urbanité est plus ou moins fort : petites, moyennes et grandes villes, villages, littoraux, montagnes, jusque dans les déserts froids et chauds.

    Cette omniprésence s’appuie majoritairement sur une ressource fondamentale, les hébergeurs, qui décident de louer une partie ou la totalité d’un logement à des inconnus et qui aident ainsi indirectement Airbnb à réaliser des profits.

    Un intermédiaire facilitateur

    En promettant et en permettant à des propriétaires ou à des locataires d’exploiter une #rente immobilière et/ou de localisation liée à la proximité avec un site olympique ou un moyen de transport pour y accéder, la firme américaine se place comme un intermédiaire facilitateur entre les touristes spectateurs qui cherchent un hébergement économique et bien situé, et les habitants loueurs qui souhaitent profiter de l’opportunité financière qui s’offre à eux.

    Dès lors, en déconcentrant la décision de s’inscrire sur la plate-forme puis la gestion de la location in situ sur le loueur, Airbnb se défausse synchroniquement de la responsabilité de tout le processus, ainsi que des conséquences liées.

    Or, la publication de milliers de nouvelles annonces dans l’ensemble des futurs sites olympiques reproduit en quelques semaines un phénomène qui se déploierait « normalement », hors contexte olympique, sur plusieurs mois, voire plusieurs années.

    Un rôle majeur de catalyseur de logiques capitalistes

    Cette augmentation rapide de l’offre pour les territoires concernés et l’apparition de nouveaux loueurs rend davantage visibles les externalités négatives de cette économie de plate-forme. Elle renforce en effet le décalage entre une population pouvant proposer un logement en mobilisant un capital immobilier plus ou moins conséquent, et la population qui ne peut pas se le permettre pour d’innombrables raisons.

    Une nouvelle lutte des places s’esquisse alors, dans laquelle Airbnb joue un rôle majeur de catalyseur de logiques capitalistes dans et sur l’habitat, devenu un bien marchand comme un autre. Cela existe depuis longtemps et a déjà été décrit et dénoncé par nombre d’auteurs, mais la plate-forme américaine a rendu ce phénomène systémique et massif.

    L’organisation des Jeux olympiques Paris 2024 a déclenché un élan locatif qui s’essoufflera vraisemblablement à la fin de l’été 2024. Ce grand jeu du basculement entre deux états, celui du logement privé non marchand vers celui du logement à louer marchand et inversement, adaptable au contexte touristico-événementiel, est facilité par la flexibilité du modèle Airbnb. Celui-ci tend à s’imposer et à devenir permanent, au grand dam des acteurs de la ville, qui peinent à anticiper et à contrer ce phénomène.

    Victor Piganiol(géographe à l’université Bordeaux Montaigne, UMR Passages – CNRS)

    #capitalisme_de_plateforme

  • Crise du logement : face à la pénurie de locations, les dossiers falsifiés deviennent monnaie courante
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/12/28/crise-du-logement-face-a-la-penurie-de-locations-les-dossiers-falsifies-devi

    Dans les zones tendues, là où le fossé entre l’offre et la demande s’est creusé, trafiquer ses fiches de paie est souvent perçu comme le seul moyen de décrocher un appartement. Un phénomène qui touche désormais des personnes disposant d’un #revenu confortable.

    La législation interdisant la mise en location des logements les plus mal isolés et énergivores (« passoires thermiques ») et la vague de transformations d’appartements en #meublés_touristiques, alimentée par le succès d’#Airbnb, participent au grippage du marché. Si bien que, en septembre, le site immobilier Particulier à Particulier (PAP) a vu ses offres de locations chuter de 15 % au niveau national (− 17 % en Ile-de-France), tandis que la demande progressait de 17 % (et de 20 % en région parisienne). Les agences Guy Hoquet reçoivent encore aujourd’hui plus de cent appels dans l’heure lorsqu’elles affichent une nouvelle annonce en Ile-de-France.

    Chez Guy Hoquet, on expérimente aujourd’hui dans les agences volontaires la solution Vialink, qui, par le biais d’un outil d’intelligence artificielle, permet de vérifier plus d’une centaine de points de contrôle en croisant les bulletins de salaire, l’avis d’imposition, la pièce d’identité ou encore les données publiques disponibles, comme celles de Societe.com. Pour rétablir la confiance entre #locataires et #propriétaires, une start-up d’Etat, dénommée DossierFacile, offre également aux propriétaires une vérification de certaines pièces, notamment l’authentification de l’avis d’imposition. A chaque fois, il s’agit aussi bien de lutter contre les faux dossiers vendus clés en main sur Internet par des escrocs pour quelque 180 euros que de pister les retouches artisanales sur Word ou sur Photoshop.

    https://archive.is/htBUy

    #logement #pénurie #loyer #agences-immobilières #IDF #Paris #faux_dossiers #falsification #IA

    • Dans les #palaces, les nouvelles frontières de l’hyperluxe
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/12/27/dans-les-palaces-les-nouvelles-frontieres-de-l-hyperluxe_6207865_3234.html

      .... les taux d’occupation des chambres restent faibles : en moyenne 53 % en 2022, contre 59 % en 2018, selon les chiffres de KPMG, qui a mené une étude sur les palaces parue en septembre.

      https://archive.is/eUjkk
      #luxe #logements_vacants

    • Les tarifs des hôtels explosent pour les JO de Paris
      https://www.journaldeleconomie.fr/Les-tarifs-des-hotels-explosent-pour-les-JO-de-Paris_a13086.html

      L’association de consommateurs UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme dans une étude sur les tarifs des hôtels à Paris en vue des Jeux olympiques, prévus entre le 26 juillet et le 11 août 2024. L’étude révèle une augmentation de 226% du prix moyen d’une chambre d’hôtel pour la nuit du 26 au 27 juillet 2024, comparé à la même période en juillet 2023. La comparaison des prix de 80 hôtels proches du lieu de la cérémonie d’ouverture met en évidence une augmentation significative de 317 euros à 1.033 euros en moyenne par nuit.

      Ces hausses tarifaires ne sont pas un phénomène nouveau pour des événements d’envergure en France, comme l’a signalé l’UFC-Que Choisir, en rappelant les augmentations observées lors de l’Euro de football en 2016 et de la Coupe du monde 1998.

      Outre l’augmentation des prix, les #hôtels imposent également des conditions de réservation plus strictes. Selon l’UFC-Que Choisir, environ 30% des hôtels exigent un séjour minimum de deux nuitées, voire jusqu’à cinq pour certains. De plus, seulement la moitié des hôtels interrogés confirment avoir encore des chambres disponibles pour la période de l’événement. L’incertitude demeure quant à la disponibilité réelle des chambres restantes.

      #JO

    • En plus, ils passent totalement à côté du sujet (quelle surprise !) : la loi Boutin de 2009 qui adosse à la possibilité d’être remboursé des impayés de loyers l’obligation de recourir à une assurance.
      Ce qui revient à dire que pour contrer un risque faible (il y a très peu de loyers non recouvrés en France, même si les inégalités galopantes tendent à augmenter le phénomène), on a entré les critères des assurances dans les locations.
      À savoir qu’il faut avoir un salaire fixe (exit les autres forme de revenus) et dont le montant représente 3× le montant du loyer. Ce qui exclut de la location… pratiquement 95% de la population des non propriétaires. Car le montant des loyers est totalement décorrélé de celui des salaires qui sont à la traine depuis des décennies (merci Delors pour la désindexation des salaires !).

      Aujourd’hui, en gros, tout Paris ne veut plus louer qu’à un couple de polytechniciens… lequel a préféré acheter dans la ceinture.

      Même en province, c’est chaud, surtout dans le métropoles régionales qui concentrent tous les emplois bien rémunérés.

      Sans compter qu’il n’y a plus rien pour les familles d’ouvriers et employés, nulle part, sauf dans le social… auquel est éligible 80% de la population.

      Et tout en bas de cette pyramide de merdes, il y a les mères isolées qui doivent loger une famille avec des bouts de SMIC.

      Alors ta police de fausses candidatures, con de Ténardier, elle ne va vraiment servir à rien parce que le problème est que l’offre est totalement décorrélée de la demande.

    • Aujourd’hui, en gros, tout Paris ne veut plus louer qu’à un couple de polytechniciens… lequel a préféré acheter dans la ceinture.

      Je dirais même « ne peut plus louer », du fait de ladite loi Boutin. Et c’est la même chose un peu partout, hors campagnes isolées probablement. Sur Angers par exemple, le moindre studio (ou même chambre en colocation) se retrouve à 500€/mois, voire plus, ce qui fait qu’il devient impossible de se loger avec un SMIC si on veut respecter cette loi, en sachant que les APL ne sont pas prises en compte non plus dans le fameux calcul « votre revenu = 3 x le loyer ».

  • A Saint-Malo, Airbnb délogé en appel d’une habitation
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2023/11/29/a-saint-malo-airbnb-deloge-en-appel-d-une-habitation_6203014_4500055.html

    Nil Caouissin, l’élu de l’Union démocratique bretonne, l’avait suggéré dans un manifeste sorti à l’occasion des élections régionales de 2021 : pourquoi ne pas mettre en place un #statut_de_résident en Bretagne ? L’idée, consistant à réserver l’acquisition des biens immobiliers dans les zones les plus recherchées à des ­personnes ayant déjà vécu un an au même endroit, avait alimenté un sérieux débat.

    Parmi les citoyens intéressés par cette proposition, la Malouine Véronique Deschamps. Celle qui a jeté l’ancre il y a plus de trente ans dans la cité fortifiée fait partie des quelques centaines d’habitants à l’année intra-muros. Elle s’inquiète du devenir de ce fief très touristique, où le phénomène #Airbnb a pris une ampleur considérable, avec des milliers d’annonces recensées.

    La coiffeuse au civil en a même fait les frais. La maison historique où elle réside est divisée en trois appartements et a vu arriver, en 2016, une #location_saisonnière de courte durée dans l’un d’eux. Valises à gogo et passages ininterrompus ont envahi ce logis fait de bois et de torchis. « J’ai vu ce lieu si petit se transformer en un hall de gare, et mon adresse devenir une destination touristique », pointe-t-elle inlassablement. Alors qu’elle écrivait une « lettre aux Malouins » pour avertir de la situation en 2018, signée par six cents personnes, elle cofondait un an plus tard le collectif Saint-Malo, j’y vis… j’y reste !

    Parallèlement, elle entamait un combat judiciaire contre les propriétaires de l’appartement loué sur des plates-formes comme Airbnb ou #Booking, au motif du « trouble anormal de voisinage ». Une « qualité de vie altérée », selon ses mots, à laquelle cette lanceuse d’alerte voulait mettre un terme. « J’avais le choix entre subir et me taire ou vendre et partir, confie-t-elle. J’ai préféré une troisième option : me battre et avoir peur tout le temps. »

    Si le statut de résident n’a pas vu le jour en Bretagne, la problématique du #logement, elle, s’est encore intensifiée. En juillet 2023, la chambre régionale des notaires recensait une augmentation annuelle de 9,4 % du prix médian d’un appartement ancien à Saint-Malo, pour s’établir à 4 810 euros le mètre carré. Il était, à titre de comparaison, à 2 650 euros en 2015.
    Dans un contexte déjà brûlant, Saint-Malo avait adopté, en 2021, une réglementation très restrictive en instaurant des quotas de locations de courte durée par quartier (12,5 % pour l’intra-muros). Son maire, Gilles Lurton (LR), estime que la mesure « a au moins mis un frein à l’inflation du phénomène, qui prenait une proportion industrielle ». Et reconnaît une prise de conscience tardive à ce sujet de la part des institutions.

    Et, le 24 août, la cour d’appel de Rennes a donné raison à Véronique Deschamps, a appris M Le magazine du Monde, lui accordant une indemnisation au titre du préjudice subi. La cour a également confirmé l’arrêt de l’activité de location de courte durée dans l’immeuble, requise par le tribunal judiciaire en première instance deux ans auparavant pour non-respect du règlement de copropriété et de sa clause d’« habitation bourgeoise ». Il n’y a donc plus de va-et-vient incessants dans cette ancienne maison intra-muros. Une décision qui fait émerger une# jurisprudence favorable à l’#habitat_permanent. « On aboutit à une #présomption_de_nuisance provenant des locations de courte durée », explique Cyrille Moncoq, l’avocat de Véronique Deschamps.

    D’après le jugement, les immeubles d’habitation à caractère résidentiel ne sont pas compatibles avec la location pratiquée via Airbnb qui nuit à leur tranquillité. « D’autres personnes pourraient s’appuyer sur cette décision » pour faire reconnaître cette inadéquation, indique l’avocat, qui prend en charge de plus en plus de dossiers comme celui de la Malouine un peu partout en Bretagne.

    Sept ans après les débuts de son action en justice, et alors que les députés ont déposé une proposition de loi pour une régularisation plus importante des plates-formes comme Airbnb, mardi 28 novembre, Véronique Deschamps ne réalise pas encore sa victoire. Elle formule malgré tout un vœu : « J’aimerais me dire que mes enfants auront la possibilité de vivre ici. »

    #tourisme

  • À Paris, l’emprise d’Airbnb dépasse désormais le périph’

    Des chercheurs viennent de publier un site qui cartographie l’emprise d’Airbnb à Paris et en #Île-de-France. Résultat : le nombre d’annonces a explosé, et les #tarifs ont bondi.

    C’est une synthèse inédite sur la croissance d’Airbnb à Paris et en Île-de-France. Une équipe de chercheuses et chercheurs de l’université Paris Cité et du CNRS ont mis en ligne en septembre dernier un site internet dressant un état des lieux très précis de l’ampleur prise par le géant étasunien de la location de courte durée.

    Premier constat : au-delà de Paris, Airbnb a étendu son empire locatif aux villes de petite et de grande couronne. La capitale, qui représentait 81 % des nuitées réservées en Île-de-France en 2016, n’en pèse plus que 54 % en 2022, chiffrent les chercheurs.

    En #Seine-Saint-Denis, la progression est impressionnante : le nombre d’annonces est passé de 1 311 en 2015, à 9 341 en 2022. De même, dans les Hauts-de-Seine, on passe de 2 668 annonces actives en 2015, à 12 498 en 2022.

    Des prix en hausse de 36 % en six ans

    « Le Covid n’a été qu’une parenthèse dans cette progression. Certaines zones autour de Roissy ou d’Orly ont des pressions aussi importantes que dans des villes très touristiques », explique Marianne Guérois, maîtresse de conférences en géographie à l’université Paris-Diderot et membre de Géographie-cités, qui a travaillé sur le projet de recherche.

    Et certains secteurs avaient déjà bien résisté pendant la crise sanitaire : sans surprise, les communes à proximité de grandes forêts comme #Fontainebleau, #Rambouillet, le parc naturel de la #vallée_de_Chevreuse ou encore les alentours du parc #Disneyland.

    Autre phénomène : les loueurs ne sont plus des individus lambda qui mettent leur résidence principale en location le temps de leurs vacances. Il s’agit désormais de professionnels multipropriétaires. Les #annonces_commerciales ont en effet représenté 42 % de l’offre en 2022, contre 24 % en 2016.

    Les tarifs ont aussi augmenté : toujours en 2022, une nuit réservée en Île-de-France a coûté en moyenne 40 dollars (environ 37 euros), ce qui représente une hausse de 36 % depuis 2016. L’#inflation la plus forte s’est faite à Paris (+63 %).

    Faciliter la surveillance d’Airbnb

    Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont acheté des données à #AirDNA, une entreprise privée étasunienne qui aide les investisseurs à choisir le meilleur endroit où acquérir un appartement afin de rentabiliser au maximum leur achat.

    « Il faudrait mutualiser toutes ces #données qui sont aujourd’hui payantes, car c’est un gaspillage d’argent public de les acheter. Avec ce travail, nous aimerions promouvoir une démarche de sciences ouvertes et participatives », explique Ronan Ysebaert, ingénieur en sciences de l’information géographique de l’université Paris Cité.

    En 2019, l’Institut Paris Région avait déjà publié un état des lieux avant la crise du Covid-19. Et une autre plateforme open source, #Inside_Airbnb, a été lancée en 2016 par l’activiste new-yorkais anti-Airbnb Murray Cox. Mais ses données concernent uniquement la capitale, occultant la croissance exponentielle de la plateforme de l’autre côté du périphérique.

    Dans le futur, les chercheurs de l’université Paris Cité et du CNRS aimeraient comparer l’évolution des prix sur Airbnb avec celle du parc locatif classique et mesurer son impact sur la hausse de l’immobilier.

    Leur but est aussi d’aider à mieux encadrer l’essor de la plateforme étasunienne : « Nous voulons donner des outils pour faciliter la surveillance d’Airbnb aux communes qui manquent de moyen pour le faire », conclut Ronan Ysebaert. Actuellement, seule Paris possède une brigade de contrôle des annonces illégales, qui a infligé 6,5 millions d’euros d’amende depuis 2021.

    https://reporterre.net/A-Paris-l-emprise-d-Airbnb-depasse-desormais-le-periph
    #urbanisme #AirBnB #Paris #France #prix #cartographie #visualisation

    ping @visionscarto

  • #Marseille contre #Airbnb

    Cela fait des années que la question du logement insalubre et de la #gentrification galopante hérisse Marseille, tant il devient difficile de s’y loger décemment. D’autant qu’un acteur en pleine expansion accélère la #dépossession_urbaine : Airbnb, plateforme vampire, plateforme à fuir.
    Ce vendredi soir de la mi-octobre, à quelques encablures du fort animé cours Julien, deux touristes anglophones galèrent à localiser leur Airbnb. Dans un décor où s’agitent fatigués et traînards, ils font clairement tache. Elle, robe orange de marque et chapeau mou hideux. Lui, pantalon blanc, mocassins et chemise saumon. Chacun traîne une valise à roulettes, suivie de son horripilant rllrrrllrl. De mon banc, je les observe s’agiter : lui gueule dans son téléphone à propos d’une histoire de boîte à clés introuvable ; elle fait nerveusement les cent pas, feignant de ne pas entendre une épithète fleurie que lui lance un groupe d’ados. Des extra-terrestres.

    Pour caricaturale qu’elle soit, tant les profils des adeptes du Airbnb sont divers, cette scène devenue banale en terre phocéenne comme dans d’autres villes d’Europe condense bien des aspects de l’explosif phénomène en cours. Soit : un déferlement de personnes étrangères à la ville et ses usages, profitant d’un système de location courte durée qui favorise l’artificialisation des rues, au détriment d’une population qui n’hésite plus à afficher son hostilité.

    Spéculer sur les ruines

    Cette invasion des profanateurs de quartiers s’inscrit dans un temps long. 5 novembre 2018 : deux immeubles s’effondrent rue d’Aubagne, en plein quartier de Noailles. 8 morts. Et le début d’une vaste opération d’expulsions, des milliers de personnes se voyant sommées de quitter leur « immeuble en péril », terminologie devenue ici aussi familière qu’un apéritif anisé. À ce champ de ruine frappant les plus pauvres se greffe vite une gentrification accélérée, encouragée par la fin de la répulsive ère Gaudin en juin 2020 et une certaine « hype » post-confinements accolée à la ville. Marseille n’étant plus associée uniquement à ses poubelles, ses kalash’ et ses magouilles, elle attirait de nouveau. C’est alors qu’Airbnb s’est imposée dans le game, plantant un nouveau clou dans le cercueil d’une ville de moins en moins populaire. Aujourd’hui, Marseille est la deuxième ville de l’Hexagone offrant le plus d’appartements en location sur Airbnb. Alors qu’on y a longtemps décompté quelques petits milliers d’annonces, à l’été 2023 la plateforme en dénombrait plus de 15 000. Peaufinant un ouvrage sur la gentrification à Marseille1, l’ami Victor Collet se déclare « époustouflé par la vitesse à laquelle ça se passe ». Il n’hésite pas à parler de « carnage », de « dérégulation totale », ou encore de « start-up nation à bloc ». Car l’irruption de la multinationale californienne a des effets concrets sur les résidents « normaux », ni riches ni touristes, qui se voient boutés hors de la ville. Victor estime aussi que « la ville passe en précarité résidentielle », de nombreux propriétaires basculant vers un « bail mobilité » – 9 mois de location hors plateforme et 3 mois estivaux consacrés à de lucratives locations courte durée. Dans un marché locatif bouché, beaucoup d’aspirants locataires n’ont d’autre choix que d’accepter. Quant à l’État macronien, il ne fait rien pour juguler le phénomène, ayant récemment sabordé à l’Assemblée une loi visant à limiter les avantages fiscaux dont bénéficient les nouveaux marchands de sommeil (jusqu’à 71 % d’abattement fiscal pour les locations meublées de tourisme2).

    Federico, l’un des créateurs de l’Observatoire de la gentrification, s’échine depuis 2021 à mettre en cartes ce désastreux raz-de-marée. Il a choisi comme objet d’études un rectangle de 800 mètres sur 600, autour de l’emblématique place Jean-Jaurès, dite la Plaine. Puis, en moine militant, il a patiemment emmagasiné les données. Sur cette zone, détaille-t-il, les locations Airbnb seraient passées de 140 à 370 de 2012 à 2023, avec un prix moyen de la nuitée à 124 euros. Ce qui, ramené au taux d’occupation, assurerait un revenu moyen de 2 530 euros mensuels par location. De quoi attirer les requins qui, pour certains, mettent la main sur des dizaines d’appartements reconvertis en locations de courte durée. « Les profils à la manœuvre sont divers, résume Frederico. On trouve aussi bien des fonds d’investissements américains qu’un bourgeois de Lyon ou un petit propriétaire marseillais. »

    Le pire : ses cartes montrent que les secteurs les plus impactés par les problématiques de l’habitat insalubre sont ceux où les prix à la location Airbnb sont les plus chers, tant la spéculation s’y déchaîne pour des appartements convertis en résidences de luxe. Une sorte de théorie du choc versant immobilier, les effondrements du 5 novembre 2018 ayant déchaîné les appétits du capitalisme sauvage. Victor résume : « Ils ont transformé la reconversion de l’insalubrité en opportunité touristique. »

    L’empire (immobilier) du côté obscur

    Rendre visite aux immeubles transformés en niches à touristes ne donne pas une vision précise des transformations. De l’extérieur, on ne voit presque rien. Parfois, on devine juste. En face des immeubles effondrés de la rue d’Aubagne, un bâtiment dont les sonnettes portent des drôles de noms : « Basquiat », « Van Gogh », « Rouge ». 30, rue Thiers, où 14 appartements seraient la propriété d’un chirurgien ne vivant pas à Marseille, une inscription en vitrine, « La Niche », couverte de quelques autocollants « Origine gentrificateur de merde garantie » ; 3, rue de la Rotonde, une sonnette « Conciergerie », indiquant qu’ici on fait l’intermédiaire entre touristes et proprios, notamment en fournissant les clés ; rue des Trois-Rois, où l’entreprise NocNoc propose d’onéreux appartements grand luxe, pas un indice visible de l’invasion. Cette invisibilisation du phénomène est battue en brèche par les boîtiers à code disséminés sur le mobilier urbain, du Panier à la Plaine en passant par Belsunce. Dans certaines rues, on en compte des dizaines. Le touriste ayant l’adresse et le code, il n’y a même plus besoin de l’accueillir. L’avantage, si l’on sature des valises à roulettes : on peut facilement les saboter. Colle, peinture, piratage, tout est bon. Le 14 octobre dernier, un collectif de « Marseillais du centre-ville » a ainsi revendiqué le kidnapping de quarante boîtes à clés et la mise hors service de 21 autres3. Autre moyen de lutte, plus cash, le saccage : en mars 2023, un appart en location Airbnb s’est vu mis à l’amende et recouvert de tags – « Appartement fantôme tue nos vies », « Spéculation immobilière = gens mis à la rue ». Une action fort opportune, au vu du résultat : « Ils ont gagné, je vais le retirer d’Airbnb et le remettre en location longue durée », a lâché le proprio4. Face au désastre, la mairie a longtemps fait le dos rond, évoquant les opportunités touristiques et le ruissellement de la moula. Elle a fini par admettre des abus et prendre quelques mesures, censées freiner la spéculation, sans pour autant se donner les moyens de les appliquer. De nombreux appartements mis en location sur Airbnb ne sont d’ailleurs pas enregistrés auprès de la mairie, ce qui explique que les chiffres de cette dernière soient minorés par rapport à ceux de la plateforme – en août 2022, elle annonçait 11 500 logements contre 16 000 pour Airbnb.

    Les JO 2024 pointant leur nez à l’horizon, avec à la clé une explosion du tourisme zombie, les décideurs restent bien frileux. Patrice D’Amico, le Monsieur Com’ du maire de Marseille Benoît Payan, a certes récemment annoncé sur BFM la mise en place d’une « brigade d’agents assermentés5 », mais les actions concrètes se font attendre. Et puisqu’il y a urgence et que cette lutte semble gagnable, ils sont nombreux parmi les contempteurs de la plateforme à vouloir profiter des commémorations du 5 novembre pour mettre la pression sur une mairie jusqu’ici démissionnaire. Puisque New York a drastiquement réglementé Airbnb en septembre dernier, pourquoi Marseille ne ferait pas de même ? C’est tout le propos de l’appel à se mobiliser le dimanche 5 novembre pour une « marche de toutes les galères et de toutes les colères du mal-logement », qui se finit sur cet avertissement : « Acculé·e·s ? Certainement. Impuissant·e·s ? Wallou ! »

    https://cqfd-journal.org/Marseille-contre-Airbnb
    #résistance #tourisme #spéculation

  • Centre-ville : un collectif marseillais revendique le rapt de 40 boîtes à clefs Airbnb - Marsactu
    https://marsactu.fr/bref/centre-ville-un-collectif-marseillais-revendique-le-rapt-de-40-boites-a-cle

    Dans un communiqué anonyme, un collectif de Marseillais et Marseillaises du centre-ville revendique “le kidnapping de 40 boîtes à clefs sécurisées et la dégradation de 21 d’entre elles“. Pour ces derniers, ces installations permettant aux propriétaires de biens immobiliers de les louer, à la chaîne pour de courte durée, et sans se déplacer sont, “le symbole de [leur] colère”. “Ainsi les touristes peuvent choisir la vue mer ou sur la Bonne mère pour passer quelques jours à Marseille et nous nous n’avons plus (vue sur) rien, écrivent-ils. Rareté des logements, augmentation des loyers, accès de ceux qui restent aux plus fortunés, évacuation forcée parfois, peur de perdre son logement sinon. […] Combien de gens à la rue pour combien de meublés touristiques sans âme ?”

    Le collectif, qui dit ne plus rien attendre de la mairie, demande “le retour à la location de tous [les] logements, des conditions d’accès à ceux-ci adéquates avec les revenus et les profils des Marseillais et Marseillaises.” Sinon, ajoutent les protestataires, il faudra s’attendre à d’autres kidnappings de boîtes à clefs, mais aussi des “attaques de petits trains” ou encore des “touristes jetés dans le Vieux-Port”.

    #Marseille #tourisme #Airbnb #meublés_touristiques #logement #rente_foncière #propriété #luttes