• Les Furtifs d’Alain Damasio dans une application, M.O.A - My Own Assistant
    https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/les-furtifs-d-alain-damasio-dans-une-application-m-o-a-my-own-assistant/102850?origin=newsletter

    Exploitation des données personnelles, confidentialité réduite au strict minimum, outils marketing omniprésents et temps de cerveau de plus en plus restreint... La description n’est pas (encore) celle du quotidien, mais la promesse de l’application M.O.A — My Own Assistant, qui garantit une immersion dans un futur cauchemardesque, inspiré de celui décrit par Alain Damasio dans son roman Les Furtifs (La Volte)...

    Cette coproduction Red Corner, La Volte, France Télévisions, Le Clair Obscur, Le Forum des Images, Small Studio et Chroniques, avec le soutien du CNC et de Normandie Images se présente comme une application pour smartphones proposant du contenu en réalité augmentée.

    La note d’intention de l’application est la suivante :

    M.O.A est une histoire en réalité augmentée, qui offre un aperçu de ce que pourraient être nos relations aux machines et à la ville dans un futur proche. Dans M.O.A, aucune pression apparente, tout vous est suggéré avec douceur. Vous êtes au cœur du « nudge », concept issu du design industriel selon lequel les suggestions indirectes influencent les décisions mieux que des ordres directs. Recommandations, mise à jour, compteurs de points, M.O.A vous laisse le choix pour mieux vous contrôler. La réalité augmentée renforce l’immersion dans ce monde pas si lointain et nous invite à réfléchir à nos propres usages et à notre propre capacité de résistance.

    L’expérience interactive est disponible pour les smartphones iOS et Android, via les différentes boutiques d’applications, mais aussi dans différents lieux partenaires, comme le Forum des images, la biennale Chroniques, les réseaux de bibliothèques et les salles de spectacle vivant.

    #MOA #Alain_Damasio #Les_Furtifs #Surveillance

  • Une lecture politique des Furtifs
    par Mélissa et Lunar de La Dérivation
    https://dérivation.fr/furtifs

    Be critical of the media you love
    Soyons critiques des œuvres que nous aimons.
    —  Feminist Frequency

    Introduction

    Il y a un an, le 18 avril 2019, sortait le très attendu nouveau roman d’Alain Damasio, Les Furtifs, aux éditions La Volte. Il arrivait quinze ans après son précédent, La horde du contrevent. Le lancement s’est fait avec une énorme promotion, et le roman est un succès commercial, avec au moins 95 000 livres vendus.

    Les Furtifs aborde de nombreux sujets sur lesquels nous travaillons quotidiennement  : les enjeux de la société de contrôle, le hacking, les logiciels libres, l’organisation collective, l’éducation populaire, les communs, les zones autonomes en lutte, la guerre des imaginaires… Autant de thèmes qui font partie de nos vies et dont la perspective de mise en récit nous réjouissait.

    Lecteur⋅ices assidu⋅es d’imaginaire, nous avons plongé dans ce nouvel univers avec une curiosité certaine et… nous ne nous sommes absolument pas retrouvé⋅es dans les projections proposées. De nombreux·ses ami⋅es évoluant sur les mêmes terrains que nous ont lu le livre avec pourtant beaucoup d’enthousiasme. C’est cette contradiction qui nous a motivé⋅es à décortiquer les 696 pages du roman, afin de mieux comprendre ce qui nous a gêné⋅es. Nous espérons que ce travail vous aidera pour vos propres analyses.

    Quel sens fabrique le texte  ?

    Cette analyse se déroule au prisme de nos idées et pratiques politiques  : féminisme matérialiste et queer, anarchisme, communisme libertaire, hacktivisme et défense des libertés numériques. Nous ne jugeons pas ici de la qualité littéraire des Furtifs, mais de ce que produit le texte. Nous ne cherchons pas à répondre à la question «   Qu’a voulu dire l’auteur   ?  » mais bien «   Quel sens fabrique le texte  ?  ». Il n’est pas non plus question de porter un jugement sur les personnes qui ont apprécié cette œuvre. Il nous semble tout à fait possible d’aimer une histoire tout en reconnaissant ses limites et ses défauts.

    Plan

    1. Introduction (à lire avant le reste)
    2. Une histoire patriarcale
    a. Protagonistes et points de vue
    b. Un regard profondément masculin
    c. Une banalisation des agressions sexuelles
    d. Assignation et réassignation aux stéréotype de genres
    (article à paraître)
    3. Dérives masculinistes (article à paraître)
    4. Traitement des minorités (article à paraître)
    5. Quelle révolution  ? (article à paraître)
    6. Des pistes laissées de côté (article à paraître)
    7. Conclusions (article à paraître)
    8. Annexe  : analyse des points de vue
    9. Remerciements, bibliographie et inspirations

    #Alain_Damasio #Les_Furtifs

    • Ce graphisme n’a aucun sens, dès lors qu’il s’agit d’analyser une œuvre littéraire où les non dits, le style, le souffle, le rythme, etc, comptent autant que le nombre de signes (ou, alors, on est encore en 1950, à l’école primaire). Les auteurs de cet article, publié incomplet, ce qui est assez désagréable, se donnent beaucoup de mal, car leur méthodo n’est pas la bonne.

    • Je ne vois pas en quoi leur méthodo n’est pas la bonne, la quantité de texte n’est qu’un élément parmi d’autres dans leur argumentaire, et illes démontrent bien que même dans les chapitres où ce sont des femmes qui parlent, c’est pour parler des hommes, et plus particulièrement d’un, du vrai héro central, peu importe le style et le souffle. Tout comme l’argumentation sur le scénario lui-même qui d’après elleux a un ressort typiquement masculiniste (le héro mâle qui après avoir prouvé sa virilité veut récupérer sa femme et sa fille), n’a rien à voir avec la quantité du texte non plus.

    • Cf. ma réponse au dessus. quantifier du texte littéraire, à base d’aspirateurs sémantiques, je trouve ça bien médiocre. Et pour tout dire, terriblement ringard. De plus, certaines tournures du texte (incomplet) me font penser que la notion de plaisir, centrale à mes yeux dans la lecture, est totalement écartée au profit d’un démontage purement artificiel (c’est leur droit mais c’est aussi le mien de ne pas marcher dans la combine ,-)

    • Mais tu te fixes sur un truc alors que justement je réponds que ce n’est qu’un élément parmi bien d’autres. :)
      Et que même sans la partie quantification mécanique, illes montrent bien que même au niveau du contenu (donc ce que des humains lisent et comprennent), l’argumentation reste valable puisque même lorsque ce sont les femmes qui parlent c’est presque toujours pour parler du même mec. Et que donc la mise en avant (que fait l’auteur lui-même dans des interviews) de l’écriture « chorale », tombe à l’eau, et n’est pas vraiment opérante : les femmes dans l’ensemble vont continuer à avoir du mal à rentrer dedans et à se sentir comme un personnage parmi d’autre (argument de Damasio pour l’écriture chorale), comme dans tout autre œuvre mainstream (Bechdel test fail).

      Quand au plaisir, ça n’a aucun rapport avec cette analyse, c’est désamorcé dès l’introduction : parmi les auteurices, certain⋅es ont aimé le livre, ont pris du plaisir à le lire, et illes aiment généralement ce que fait Damasio. C’est expliqué très clairement dès le début que ce n’est pas du tout une analyse littéraire du livre et qu’à aucun moment ça n’entre en ligne de compte. C’est une analyse purement et uniquement du contenu politique de l’œuvre, donc peu importe le plaisir ou pas qu’on a eu à le lire, c’est totalement hors-sujet de ce texte.

      Nous ne cherchons pas à répondre à la question «   Qu’a voulu dire l’auteur   ?  » mais bien «   Quel sens fabrique le texte  ?  ». Il n’est pas non plus question de porter un jugement sur les personnes qui ont apprécié cette œuvre. Il nous semble tout à fait possible d’aimer une histoire tout en reconnaissant ses limites et ses défauts.

      […]

      Tentons donc d’analyser quels peuvent être les impacts des Furtifs, ce que produit politiquement le livre. Nous vous laissons cependant l’exercice de pointer les contradictions avec les positions publiques de l’auteur.

    • Très sincèrement, pour tout te dire, j’ai trouvé l’intro suspecte, tellement hypocrite. Ce qui a probablement orienté à mon tour la lecture du papier :-) Allez, c’est pas grave.

      (reste que si on enlève le plaisir à un roman, l’analyse uniquement sémantique tombe à l’eau, de facto, hé hé)

      Et, que dire, de l’argument de auteur = ce que dit son œuvre = ce qu’il dit en dehors. On en est encore là ? Franchement ? C’est vraiment nier toute notion du geste littérataire...

    • Oui cette police de la pensée est effrayante. On ne peut éviter de penser à une absence de représentation de la littérature pour ces commissaires, ce n’est qu’une catégorie parmi d’autres dans la production de textes, que l’on peut passer à la moulinette numérique des sripts python.

    • Moi je trouve ça très bien, utile et pertinent. Mais c’est peut-être parce que ça rejoint l’idée que je me suis faite de Damasio à la lecture d’un de ses romans (dont j’ai oublié le titre) — une histoire de mec à moto qui emballe des meufs au nom de la révolution.
      Sur le fond je ne vois pas le problème à traiter les romans comme toute autre production intellectuelle et à les critiquer et en mouliner la matière de la même manière que les autres : scénarios de films (Bechdel), bouquins de management (Boltanski et Chiapello), nécrologies publiées dans un bulletin des anciens élèves (Bourdieu).
      Un roman ne se résume certes pas à un nombre de signes, pas plus qu’un film se résume à ses dialogues ou un tableau à un tas de pigments colorés. Mais le fait de regarder les couleurs n’interdit pas d’autres analyses ni d’autres points de vue.
      Pour ma part je m’interroge sur la violence des réactions que cette étude suscite.

    • Tout pareil que @fil, jusqu’à la dernière phrase ! Et merci @rastapopoulos pour les précisions.

      L’analyse quanti de corpus en littérature, c’est pas un alpha et oméga, c’est une approche en plus, pas récente, et qui aide à comprendre le texte (et ce qui pour d’autres que @davduf et plein de lecteurs est plutôt du malaise : La Horde du contrevent avec ses perso très genrés, très bigger than life comme dans les romans de droite, le faux côté choral qui met en valeur le chef « naturel », ça m’a pas donné envie de lire plus de Damasio). Quand à l’approche sociologique, la compréhension de l’horizon d’attente du lectorat, des tropes du moment, de l’idéologie des auteurs et de leurs stratégies sociales... c’est aussi très intéressant et je ne vois pas pourquoi ce serait faire offense à un auteur aussi « politique » que Damasio que de l’aborder aussi comme ça.

      Mais le plaisir de l’œuvre compte autant. Je regarde avec plaisir des merdes sexistes qui témoignent de leur époque (heureusement révolue, kof kof !).

    • Quand à la notion de plaisir, elle a été extrêmement vive au départ pour ma part, à chaque extrait de ci ou de ça que je lisais, consciente de la prouesse technique dans les allitérations, puis, et Alain Damasio l’a reconnu lui même quand nous nous sommes rencontré-e-s sur la zad, l’aspect mascu a commencé à me poser probleme.
      https://lundi.am/Abecedaire-de-la-ZAD
      (Oui c’est un portrait que j’ai fait de lui à l’occasion, ce serait aussi assez « amusant » de parler de comment il ne figure pas dans la sélection de ses photos de presse, etc. Et oui, le texte est bien « P comme Puissance ».)
      Fait assez « amusant » aussi, bien que tout à fait logique sentimentalement parlant, il s’est rapproché des figures les plus « héroïques » de ses romans qu’il a rencontré / retrouvés sur la zad quand, dans le même temps, nous étions d’autres non-héroïques à nous en éloigner à cause de validisme, de sur-représentation victorieuse, etc.
      Alors excuse moi, @davduf, mais pour qu’il y ait du plaisir, il faut qu’il n’y ait pas de gène. Et cette analyse arrive à point nommé après bien des attentes pour expliquer comment certaines visions dystopiques peinent à nous envoler plus loin, puisqu’il assume un rôle clairement de visionnaire politique dans toutes ses interviews, tant elles sont plombées par des schémas patriarcaux ancestraux. Elle me redonnera peut-être du plaisir et l’envie de lire, qui sait ? ;)

    • Mais vous avez tous le droit de brûler qui vous voulez (même si je trouve ça pas gentil en l’espèce) : ce n’est pas la question. La question est celle d’utiliser des scripts python et un texte incomplet mais plein de chapitres aux titres frémissants pour démolir un roman. Je réitère, je trouve ça ringard (@Antonin1 le dit lui-même, ça n’a rien de récent, ce qui est récent, c’est d’afficher sa techonologie en tête de gondole sur le blog en question, et d’exciter les geeks ici, hi hi)

      Je ne soulève que des questions de principe. Plaisir de lire (et d’écrire), capacité à séparer personnages d’un roman/son créateur. C’est absolument tout. Chacun ses priorités.

      Personnellement, le poids politique d’AD m’enchante et me donne bien plus d’espoirs que les scripteries citées plus haut. Voilà, tout, et j’en resterai là les amis.

    • C’est encore totalement hors sujet, script ou pas script il n’y a aucun rapport : là encore les auteurices de cette anlayse le disent dès le tout début : elles ne jugent aucune personne, donc pas Damasio non plus : elles jugent le texte et lui seul et ce qu’il produit politiquement. Peu importe qui l’a écrit, ce texte contient des idées politiques et il produit des effets politiques sur ceux qui le lisent : mais lesquelles, voilà ce que montre leur texte. Ensuite dans un deuxième temps, illes laissent le soin aux lecteurices de juger de leur côté si ces effets politiques sont raccords avec ce que cherche à faire l’auteur d’après lui-même, ya aucune invention là-dedans.

      Donc c’est vraiment la facilité pour détourner le sujet de dire « séparation entre l’auteur et son œuvre ». C’est bien l’œuvre qui est jugée ici, pas l’auteur.

      Ce qui n’empêche pas de juger l’auteur après-coup, une fois qu’on a vu que l’œuvre aboutissait à des conséquences politiques qui ne nous conviennent pas (mascu, culte héroique, pas chorale du tout, etc). Vu que cet auteur indique parfaitement lui-même être pro-révolutionnaire, et que son œuvre fait partie de ses idées. Et justement son poids politique serait plutôt inquiétant si c’est pour mettre en avant des idées qui ne nous plaisent pas.
      Mais je le répète ça c’est nous de notre côté, après-coup. Là pour ce qui est de l’analyse, c’est vraiment sur l’œuvre et que dit-elle, que produit-elle (= des choses pas super du tout politiquement).

      Sinon annexement, alors même que ces auteurices annoncent ne pas être des pro de l’écriture, pas des universitaires, mais des gens qui ont pris sur elleux des heures de boulot, de décortiquage, de notes, sur leur temps libre, je ne vois pas ce qu’il y a de mal à publier le contenu au fur et à mesure, en plusieurs parties, comme tout bon vieux blog. C’est fort de détournement de critiquer sur ce point de la forme. :)

    • Ces échanges me font surtout penser qu’il semble difficile dans les romans de genre francophones de se départir du héros unique, christique, qu’il est encore difficile de parler de la sexualité hétérosexuelle, de la virilité de manière non stéréotypée, que les personnages sont des James Bond ou rien là où mine de rien, des auteurs anglo-saxons arrivent à mettre en scène des personnages avec des ambiguïtés. Je pense à la dernière trilogie de SF que j’ai lue, Rosewater, où si on a aussi un héros rédempteur-sauveur qui se la pète, il a des contrepoints divers, et a le mérite d’être ambigu dans le sens où il n’est pas tout puissant, y compris dans sa sexualité. Et il est entouré de personnages de femmes qui ne sont pas surnuméraires ou à son service.

  • Coronavigation en air trouble (2/3) : petite politique de la peur | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/alain-damasio/blog/290420/coronavigation-en-air-trouble-23-petite-politique-de-la-peur

    En cédant à la peur, on cède du même coup aux stratégies triviales des pouvoirs. On les permet et on les facilite. On leur offre un boulevard. Comme m’écrivait mon ami Léo Henry, qu’est-ce qu’on doit penser d’un monde où les seules personnes qui ont le droit de circuler en toute liberté sont des flics ?

    Billet d’humeur de Damasio en 3 épisodes.
    Voir aussi :
    (1/3) https://blogs.mediapart.fr/alain-damasio/blog/270420/coronavigation-en-air-trouble-13
    (3/3) https://blogs.mediapart.fr/alain-damasio/blog/020520/coronavigation-en-air-trouble-33-pour-des-aujourdhuis-qui-bruissent

    #peur #sollicitude_de_l'État #Foucault #ortf #argent_magique #Damasio

    • Bon, pour questionner les positions récentes de #Alain_Damasio sur cette question, le texte de LMSI « Même pas peur ? » (https://lmsi.net/Meme-pas-peur ), lié par Rezo cette semaine vers là :
      https://seenthis.net/messages/852594

      Un écrivain de gauche, devenu une référence dans certains milieux militants, invoque lui aussi la « vie » et surtout le fait en employant les mêmes mots que la droite : la vie, c’est le courage, c’est la capacité à affronter le danger, la mort.

      « Avec sa liberté intacte, qu’accroissent et déploient nos liens soutenus avec les autres nous avons tout à la fois augmenté notre espérance de vie et abaissé notre niveau de tolérance au danger, à tout danger, même minime. Notre aptitude au courage a suivi : moins vive, moins coriace. Aujourd’hui, dans les pays développés, nos technococons sont si bien matelassés, nos conforteresses si bien protégées, notre hygiène si complète, que la moindre attaque nous paralyse puis suscite une réaction immunitaire disproportionnée. »

      Christophe Barbier ? Non, Alain Damasio [https://blogs.mediapart.fr/alain-damasio/blog/290420/coronavigation-en-air-trouble-23-petite-politique-de-la-peur ], qui au détour d’un « nous » étrange, semble oublier que tout le monde ne se prélasse pas sur le matelas soyeux de sa résidence à la campagne.

      À nos yeux, nous qui sommes peut-être lâches et peureux, la vie ne se mesure pas à l’exhibition toute individuelle, et tellement hautaine, de ses muscles devant le danger. Et quant à l’augmentation de l’espérance de vie, en quoi serait-elle fragilisante ?

      Nous le savons, chez Damasio ce sont aussi les combats et les luttes sociales qui donnent sens à la vie. C’est un homme de gauche, qui donc cite Foucault (référence obligée quand on parle du pouvoir), et non Montaigne. Mais dans quelques interviews récentes, ce sens du collectif semble englober aussi quelques entités habituellement valorisées par le camp réactionnaire :

      – L’Occident : « Notre Occident est en voie de dévitalisation avancée. » [https://reporterre.net/Alain-Damasio-Pour-le-deconfinement-je-reve-d-un-carnaval-des-fous-qui-r ]

      – L’armée : « Ce qui me semble à la fois suranné et beau, ce sont précisément ces valeurs d’entraide interne, de bloc, d’honneur et de courage, qu’on a parfaitement perdues ailleurs. » [https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2020/04/30/alain-damasio-sur-le-confinement-nous-sommes-encages-comme-des-animaux-de-zo ]

      Au risque de passer pour les geignards de service, pour des mous, pour des froussards, il nous semble plutôt qu’on aurait tout intérêt à s’interroger sur les bienfaits de la peur et sur les vertus qu’il y a à l’exprimer, ne serait-ce que pour ne pas être paralysé par elle. Ces bienfaits existent pour soi car nous ne sommes, de toutes façons, pas des héros, et pour autrui, tant cet affect, bien plus que d’autres (comme, précisément, l’héroïsme, la vantardise et le surplomb), favorise aussi l’attention aux autres.

  • Alain Damasio : « Pour le déconfinement, je rêve d’un carnaval des fous, qui renverse nos rois de pacotille »
    28 avril 2020 / Propos recueillis par Hervé Kempf
    https://reporterre.net/Alain-Damasio-Pour-le-deconfinement-je-reve-d-un-carnaval-des-fous-qui-r

    Reporterre — Êtes-vous en colère avec ce qui se passe en ce moment ?

    Alain Damasio — Clairement, je suis en colère, mais pas contre la pandémie elle-même. Je perçois et vis ce virus comme complètement naturel. Je suis en colère contre la façon dont notre gouvernement gère cette crise d’une façon pathétiquement verticale, centralisée et ultrasécuritaire, en faisant assumer à la population son incompétence crasse. Sur les trois axes clés de la lutte, à savoir les tests, les masques et les lits, la Macronerie a totalement échoué, rendant obligatoire ce confinement qu’on subit.

    Ce gouvernement nous martèle depuis deux ans : « Nous sommes l’innovation, nous sommes la réactivité, nous sommes la performance », et au moment crucial où il faudrait « performer », plus personne ! Jugeons Macron et ses laquais sur leurs propres critères, c’est-à-dire en tant que managers supposés de « la start-up nation ». Même se procurer des masques, négocier les achats, ils en ont été incapables. C’est une faillite complète. Et si l’on met ça en regard avec ces infirmières qu’on a matraquées et gazées à bout portant un mois avant le déclenchement de la pandémie, avec les grèves et démissions des médecins qui ont été traités avec un mépris absolu avant d’être érigés en héros, oui, ça fout la rage ! Mais cette rage, il faut l’apprivoiser et en faire quelque chose. La transformer en rage du sage. (...)

  • LE MONDE DANS 100 ANS, DÉBARRASSÉ DU CAPITALISME - ALAIN DAMASIO, PABLO SERVIGNE

    Juste avant ou disons au tout début du virus ici, le mois avant que tout ne ferme, Alain Damasio et Pablo Servigne faisaient un essai de conférence-fiction théâtral, où l’on serait dans 100 ans, et où plein de choses auraient changé. Pendant le festival « Réparer le monde » au théâtre du Rond-Point.

    Un peu trop de spiritualité pour moi, mais c’est intéressant en soi, la manière de faire, avec l’imaginaire de Damasio, etc.

    https://www.youtube.com/watch?v=BfZVPFETID8

    #Alain_Damasio #Pablo_Servigne #Baptiste_Morizot #Jade_Lindgaard #satire #fiction #théâtre

  • L’#Effondrement - #AgroParisTech
    http://www2.agroparistech.fr/L-Effondrement.html
    #collapsologie

    Effondrement, un récit plein d’avenirs : vendredi 31 janvier 2020
    en partenariat avec NÉMO et la Scène recherche de l’ENS Saclay
    L’Effondrement s’invite de plus en plus régulièrement dans nos représentations. Art contemporain, littérature, films et séries mettent en scène une humanité en proie au chaos, point de départ obligé d’où se redistribuent les destinées collectives. L’effondrement vient-il remplacer les anciens « grands récits » ? Ou est-il l’indispensable aiguillon d’une prise de conscience collective ?
    Invités :
     #Alain_Damasio (écrivain, auteur de science fiction)
     Jean-Benoît Dunckel (musicien)
     Jean-Paul Engélibert (auteur de Fabuler la fin du monde, La découverte)
     Volny Fages (histoire des sciences et des techniques, ENS Saclay)
     Thomas Heams (Enseignant-chercheur en génomique, AgroParisTech)

    et accessoirement :

    La terre est-elle un camembert ? : mercredi 18 décembre 2019 à 18h00
    au CENTQUATRE-PARIS, 5 rue Curial, 75019 Paris
    Rapports, chiffres, courbes, diagnostics… La collapsologie est-elle une pensée d’ingénieurs ? Une vision globalisante où disparaissent les différents choix de société, la géographie du singulier ? Et d’ailleurs, la science est-elle capable de se représenter le monde ?
    Invités :
    – Yves Cochet (Collapsologue, ancien ministre de l’environnement)
    – Clément Feger (Sciences de gestion de l’environnement, AgroParisTech)
    – Catherine Larrère (Philosophe)
    et avec l’intervention de Julien Avril (auteur, metteur en scène)

  • Fanfiction, ce que l’auteur a oublié d’écrire - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=TebTzEYQNkY

    Un excellent documentaire sur les fanfictions

    Documentaire inédit réalisé par Emmanuelle Debats et produit par La Gaptière (Lundi 18/04/2016)

    Une fanfiction est une histoire originale, écrite par un passionné d’une oeuvre, dont il utilise les personnages et l’univers. Ecrite en amateur, elle est initialement sans aucune intention commerciale. Cette pratique née aux Etats-Unis commence à prendre de l’ampleur en France. Des auteurs de fanfiction racontent pourquoi ils se sont lancés dans cette entreprise et ce qu’ils en retirent.

    #fanfiction #documentaire #Emmanuelle_Debats #Alain_Damasio #Magalie_Bigey

  • [Dans tes oreilles !]
    Résistance ? Violence ? Pacifisme ? Collaboration ?

    Alors que le #G7 pérore et que le contre G7 s’endort, je viens d’enchainer 2 écoutes que je trouve plutôt complémentaires :

    Damasio, Dufresne, Lordon : Résistance, résistances
    https://ecrits-aout.fr/articles/damasio-dufresne-lordon

    G7 de Biarritz : le contre-sommet peine à déborder
    https://radioparleur.net/2019/08/25/g7-de-biarritz-le-contre-sommet-peine-a-deborder

    pitch du premier :

    C’est le Dictionnaire amoureux de la Résistance, de #Gilles_Perrault, qui sert de point de départ à cette rencontre. L’esprit de la Résistance peut-il encore nous être utile aujourd’hui ? Peut-on le voir à l’œuvre dans les #mouvements des peuples actuels ?
    Cette question qui leur est proposée, #Alain_Damasio, #David_Dufresne [@davduf] et #Frédéric_Lordon la débordent bien vite. Peut-on échapper à la #société-de-contrôle ou doit-on la renverser ? Est-il possible de construire un archipel de #dissidences qui résiste à la #répression ? Le Grand soir n’est-il qu’un fossile d’une pensée politique ensevelie ?

    pitch du second :

    Samedi 24 août, deux manifestations, l’une pacifique, l’autre plus radicale ont illustré les dissensions du contre-sommet du G7. Entre volonté de respecter un #consensus d’action non-violentes, #critiques #stratégiques réciproques et présence policière permanente, la journée a été mouvementée…
    [ lire aussi l’article qui retranscrit les journées]

    Je termine ces écoutes comme je le souhaitais, avec bien plus de questions que de réponses et c’est tant mieux. Mon expérience m’a appris que c’est lorsqu’on ne montre qu’une seule voie pour atteindre un but, pis encore, quand elle ressemble à une autoroute de la mi-août, qu’on va le plus souvent droit dans le mur. Je ne crois pas en une « masse critique » unie qui ferait basculer les choses et surtout les pouvoirs, fédérée par UNE parole, encore moins UNE personne.

    Et puis, objectivement, force est de reconnaître que l’injonction au #pacifisme, comme toute #injonction, est une #violence. Même combat, d’ailleurs, concernant l’injonction à la non-violence !
    Elle l’est d’autant plus que dans 90% des cas elle est un non-sens dû une méconnaissance historique (voire un #déni, une #dissonance_cognitive). Le pacifisme c’est croire en la #Paix, la rechercher et tout faire pour y parvenir. Qui peut actuellement dire que nous vivons en paix sauf à s’extraire de toutes les crasses et casses sociales locales, sauf à s’extraire de nos responsabilités internationales et ne pas reconnaitre les multiples chemins (#kyriarchie) de la domination ? Le pacifisme c’est résister pour la paix, et la #résistance, ne serait-ce que par l’auto-défense, implique parfois de se battre. Sinon nous basculerions dans un dogme du #sacrifice.

    C’est dans la reconnaissance de ces voie multiples des multitudes de luttes à mener que se situe, selon moi, ce #résistances avec un petit « r » et beaucoup de « s » auquel il est fait référence dans le premier enregistrement.

    Quand à la #non-violence, une fois encore je renverrai vers la tribune de #Juliette_Rousseau, qui a été la porte-parole de la Coalition climat 21, collectif de la société civile créé en 2014 pour préparer les mobilisations pendant la #COP21, et qui en a tiré cette leçon : La non-violence doit accepter la pluralité des formes de lutte
    https://archive.org/details/20170419_La_Non-Violence


    (https://seenthis.net/messages/591248)

    Et pour un peu de légèreté, ce mini clip du compte Illuminati Reptilien sera parfait en clap final : https://twitter.com/IllumiReptilien/status/1165255537652568064

  • Alain Damasio : « Créer une pluralité d’îlots, d’archipels, est la seule manière de retourner le capitalisme »
    https://www.bastamag.net/Alain-Damasio-Les-Furtifs-La-Volte-ultra-liberalisme-ZAD-pouvoir-alienatio

    Comment vivre dans des villes privatisées, où notre attention est contrôlée et sollicitée en permanence, et nos corps pistés à chaque instant ? Le dernier roman d’Alain Damasio, dont l’action se déroule en 2040, explore ce monde possible, avec justesse, de manière sensible et réaliste. Il nous invite à sortir d’urgence de nos « techno-cocons », à expérimenter de nouvelles manières d’être au monde et de résister, pour reprendre le contrôle sur nos vies. Attention, entretien décapant. Photo (une) : Alain Damasio (...) #Inventer

    / A la une, #Politique, #Altermondialisme, #ZAD, #Surveillance_et_biométrie


    • Photo (une) : Alain Damasio en visite sur la Zad de à Notre-Dame-des-Landes, dans l’ancienne bibliothèque du Taslu, celle qui était accessible aux handicapés / © ValK

      Cette description peut sembler un détail ou anecdotique, mais, au vu de ce que dit Alain Damasio sur la #zad #NDdL, je ne regrette pas d’avoir demandé de rajouter ceci... Faut que je cherche encore comment je vais articuler ça mais dire que le #CMDO a eut raison est non seulement violent pour pas mal de gens mais surtout, faux. Il n’y avait ni raison ni tord possible a ce moment là, il n’y avait que l’urgence et le chantage et par d’habiles trahisons et autre retournements de vestes, on a voulu nous faire croire que c’était une victoire mais tant que les membres du CMDO et autres « complices » ne tordront pas le cou à cette légende, nous n’avancerons pas et ce sera un gâchis immense de perte de connaissances pour la suite... voir par exemple les différentes versions de réponses au dernier texte critique paru : https://seenthis.net/messages/788890

      #validisme #héroïsme #consentement #dépassement #victoire #histoire

    • Pour expliquer, quand même, la légende de la photo : la bibliothèque de Taslu était initialement dans l’ex Transfu, la petite cabane qui avait servi de point Medic en 2012 puis aussi d’espace communication. Sauf qu’au bout d’un moment, y’avait trop de livres à mettre dedans, les dons affluaient ! Il a été décidé de l’agrandir et le choix s’est porté sur le 1er étage de la « maison en dur » de la Rollandière, pour qu’elle reste « au même endroit ». Des travaux ont été fait pour que cette partie accueil en bas et bibliothèque en haut soient rénovées... dont un magnifique escalier en planches de bois qui semblent sortir du mur de torchis impeccable. Y’a pas à dire c’est très beau, vraiment ... mais ... sans rampe ! Toutes les personnes à mobilité réduite, toutes les personnes sujettes au vertige galèrent. Mais quand t’es visiteur-ice, tu te sens tellement privilégié d’être là que tu dis rien. Moi, au bout de 2 ou 3 visites, alors que j’accompagnais des visiteurices du Mexique, j’en ai quand même parlé, de cet accès difficile aux handicapé-e-s, qui posait sacrément problème pour un lieu comme ça. Spontanément il m’a été répondu que ça allait faire moche une rampe, qu’il n’y avait pas de problème, qu’il y avait même une cage prévue à l’extérieur qui allait servir pour les fauteuils roulants, mais bon, c’était un peu galère donc la mise en place était suspendue. Sur l’instant, choquée, je me suis contentée de signaler que ça me faisait chier d’avoir plus de mal à accéder à la bibliothèque de la zad qu’à Nantes... La personne m’a alors « gentiment » dit qu’il suffisait de demander de l’aide, que même les mômes s’adaptaient en montant et descendant sur leurs fesses... Ouaip, c’était trash... mais c’était pas fini !
      Un peu plus tard, autour du repas partagé avec les visiteureuses du Mexique, quelques anecdotes fusent, les présentations-critiques des différents lieux aussi. Une fois de plus je suis choquée par cette propension à dire des trucs comme ça devant des visiteureuses, mais à vitrioler le moindre reproche qui dépasse sur internet. Vient l’anecdote de Pâques : un sympathisant avait largué quelques paquets d’œufs en chocolat dans différents champs. Ça repart en vannes, sur quel lieu allait gueuler de ne pas en avoir et allait critiquer les lieux qui en avaient pour les taxer de privilégié-e-s. Devant la surprise d’un des visiteurs, une personne lui explique que, absurdité totale, y’avait des gens qui s’étaient mis en tête qu’il y avait une lutte des classes sur la zad. J’avoue, là, j’y tiens plus, les invité-e-s sont censé-e-s faire le lien avec les communautés zapatistes, il est hors de question de nier que oui, y’a des lieux qui galèrent grave et d’autres où c’est, en comparaison, le luxe. Courroux de mes « allié-e-s » de la zad : on ne peut pas laisser dire ça, « on a tout sacrifié pour venir s’installer là » (sauf que s’installer, ça n’est déjà plus se percevoir comme squateureuses) etc. etc. Lorsque je souligne qu’un lieu comme le Taslu est déjà immensément riche de toutes les visites et de tous les dons, même redistribués (comment ?) que c’est un des premiers qui reçoit les sourires et les considérations de celleux qui viennent comme pour un pèlerinage, et que par exemple ne pas pouvoir accéder à la bibliothèque magnifiquement dotée sans souffrance, ça me fout les boules (j’avoue, à ce moment là, j’ai les larmes aux yeux) je récolte des sortes de « allons, allons », la « bienveillance » d’une habitante exténuée (réellement) qui m’explique que ce n’est pas intentionnel et qu’iels croulent sous les charges. Je sais que c’est vrai, je ne dis plus rien, un silence gêné s’installe ... pas longtemps, la bonhommie de l’accueil reprend : il est temps de demander aux visiteureuses où iels souhaitent dormir : description rapide des possibilités « mais ici y’a moyen d’avoir une chambre individuelle en dur avec une couette en plumes ! » ... Je laisse passer à nouveau même si dans un lieu plus « roots » attend un compa qui les connait et a fait son maximum pour les accueillir mais ... sans « chambre individuelle bla bla bla » ... je ronge mon frein. Et c’est là que j’ai sans doute eut tord : j’aurai dû parler plus longuement aux ami-e-s visiteureuses et leur expliquer les dégâts que provoquait déjà ce glissement : on fait visiter la zad en commençant par la « zone Est » et la route des Chicanes, tellement « célèbres » et marquantes et aussitôt sa destruction verbale commence avec l’égrenage de tout ce qui ne va pas sur cette partie. Il en a été de même pour Alain Damasio, son récit transpire ça. Ce qu’il rapporte n’est pas ce qu’il a ressenti mais la construction qui lui en a été faite, et les grandes tablées pantagruéliques de St Jean du Tertre y sont aussi pour beaucoup : comment résister à tant de générosité opulente ?! Lorsqu’il est venu au Taslu, nous n’avons été que 2 à lui poser des questions un peu grattantes. Moi je lui ai justement parlé de l’aspect « viriliste » de ses bouquin, avouant n’avoir lu que quelques extraits que j’avais adoré mais d’autres qui m’avaient gênée, et il avait expliqué ce qu’il dit dans l’interview, que oui il était conscient désormais qu’il avait des lacunes côté féminisme.
      Sauf qu’à Saint-Jean-du-Tertre, il a rencontré Golgoth... et il l’a suivi !

      Ce que je lis ça et là des furtifs est grandement marqué par cette rencontre, entre autres, et j’y vois en filigrane, un #capacitisme qui sera traduit, comme sur la zad, en un #validisme « inconscient », « pas malveillant » ... tu penses bien ! Ce truc qui consiste à dire que si tu vas sur internet plutôt qu’en manif, t’es de la merde « mais je parle pas pour toi hein ! » .. Bah si, justement, et ça fait mal de se prendre et des lacrymos de flics et des lacrymales de censément « allié-e-s ». Sur twitter y’a un hashtag qui déferle depuis quelques jours pour définir ce que ça provoque : #PayeTonBurnOutMilitant
      https://twitter.com/search?q=%23PayeTonBurnOutMilitant&src=tyah
      Ce même capacitisme qui a fait le tri sur la zad et permet de dire désormais que non, y’a pas de problème, la négociation a permis de protéger la plupart des gens et que celleux qui sont parti-e-s n’arrivaient pas à s’adapter !

      Ha, et pour l’anecdote, plusieurs mois plus tard il n’y avait toujours pas de rampe, il a fallu que je suggère l’idée d’une corde, qui pourrait même être esthétique (l’habitant a pigé la pique et s’est excusé)... A ma connaissance et à moins que ça ait changé depuis septembre 2018, il n’y en a toujours pas.

    • La rencontre entre #Beb-deum et #Alain_Damasio produit autre chose qu’un beau livre avec de jolis textes littéraires, ce qui serait déjà beaucoup. C’est un carnet d’anthropologue perdu, comme tombé du futur entre nos mains. Un carnet qui compacte en une seule unité de papier un catalogue de vente d’êtres humains, tel que l’hypercapitalisme va certainement en produire, avec la parole de ces futurs « clownes » – esclaves parfois affranchis, clones fugitifs, rebelles à leur docilité programmée – et qui pensent ! Qui pensent et qui écrivent, créent des slogans, parodient leur condition, racontent leur vie de corps commercialisé qu’ils se réapproprient à leur façon par des autoportraits, leurs propres marques physiques, toute une autre « présentation de soi ».
      https://seenthis.net/messages/601882

  • « Sans renouement avec le vivant, il n’y a pas de sortie du technocapitalisme »
    https://reporterre.net/Sans-renouement-avec-le-vivant-il-n-y-a-pas-de-sortie-du-technocapitalis

    Ode au vivant et à ceux qui luttent pour renouer avec lui, « Les Furtifs », troisième roman de l’auteur de #science-fiction #Alain_Damasio, vient de paraître. Reporterre a évoqué avec lui les Zad, les luttes écologiques, les Gilets jaunes, et les pistes pour faire émerger ce qu’il appelle « une politique du vivant ».

    Déjà, une ligne très classique mais sur laquelle il faut insister : l’ultralibéralisme. On a marchandisé l’amitié avec Facebook, on a marchandisé l’amour, l’éducation, le monde associatif, la générosité en faisant des plateformes sur lesquelles on prélève des pourcentages sur les dons. On est dans un monde où l’empire du marché s’enfile dans toutes les failles.

    Je voulais montrer cela et l’appliquer au domaine urbain. Les villes empruntent de l’argent sur le marché bancaire international, aux banques privées. Paris est côté triple A, mais, le jour où elle est cotée triple B, il y a des risques de faillite. La stratégie du capital est toujours la même, c’est-à-dire dégrader les services publics en disant que les gens ne veulent pas payer d’impôts, puis les faire gérer par les multinationales. C’est potentiellement ce qui peut se passer dans les villes. Mais seules celles qui sont rentables sont réinvesties par le capital. Paris, c’est LVMH qui la rachète, Cannes, c’est la Warner, la capitale de la gastronomie, Lyon, est rachetée par l’empire de la bouffe Nestlé, donc c’est Nestlyon, et puis, Orange est racheté par Orange, et ils en font une smart city. Je voulais montrer aux gens ce qui vient.

    J’habite Marseille depuis dix ans et c’est une ville où, comme les inégalités sont très fortes, pour des raisons sécuritaires se créent des îlots privatisés dont l’accessibilité est gérée par des technologies. Pour moi, couplé avec la smart city, c’est le prototype de la ville de demain.

    #livre

  • Des militants cogitent sur les grèves de demain
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290118/des-militants-cogitent-sur-les-greves-de-demain

    La Bourse du #Travail de Paris a accueilli le 27 janvier une journée de réflexion, entre haine du travail tel qu’il est et désir de faire autrement. À l’heure de Deliveroo et Blablacar, les participants ont discuté des manières dont les nouvelles technologies, qui favorisent parfois l’exploitation de travailleurs précaires, peuvent aussi préparer les mobilisations de demain.

    #Culture-Idées #Alain_Damasio #Comité_invisible #imaginaires #Lundimatin #précarité #Solidaires #Sud #Uber

  • « Tout le monde déteste le #Travail »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290118/tout-le-monde-deteste-le-travail

    La Bourse du travail de Paris a accueilli samedi 27 janvier une journée de lutte et de réflexion, entre haine du travail tel qu’il est, et désir de faire autrement. À l’heure de Deliveroo et Blabacar, les participants ont discuté des manières dont les nouvelles technologies, qui favorisent parfois l’exploitation de travailleurs précaires, peuvent aussi réinventer les luttes collectives.

    #Culture-Idées #Alain_Damasio #Comité_invisible #imaginaires #Lundimatin #précarité #Solidaires #Sud #Uber

  • Paris : Compte-rendu du premier jour du procès de la keufmobile brûlée-Non Fides
    http://www.non-fides.fr/?Paris-Compte-rendu-du-premier-jour-du-proces-de-la-keufmobile-brulee

    @Ad Nauseam - Les gens sont venus nombreux devant la 14e chambre au TGI, avant même l’heure prévue pour l’audience. Les journalistes aussi. Ils tirent d’abord le portrait à ceux qui s’y prêtent, puis ils mitraillent et filment sans retenue quand les personnes convoquées sont appelées à entrer les premières dans la (...)

    #Non_Fides / #Mediarezo

  • Alain Damasio : poétique et politique de la science fiction | La Méthode scientifique par Nicolas Martin
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/alain-damasio-poetique-et-politique-de-la-science-fiction

    Dans La Zone du Dehors, il dépeint une #dystopie #politique, une société cloisonnée, une #démocratie_totalitaire ou tous les citoyens se contrôlent mutuellement. Dans La Horde du Contrevent, le « Dune » français selon la critique, il nous plonge dans un univers #poétique balayé par les vents. Il se définit lui-même comme un philosophe raté, et produit une #science-fiction inclassable, unique, teintée d’accents révolutionnaires. L’occasion rêvée de faire un état des lieux politique et poétique de la science-fiction.

    C’est avec un plaisir non dissimulé que La Méthode scientifique accueille #Alain_Damasio, dernier grand témoin de l’année 2016 pour cette dernière semaine de l’année.

    Il travaille en ce moment, il nous dira d’ailleurs où il en est depuis plusieurs années sur son projet de nouveau roman « Les Furtifs » dont le 2ème chapitre a été publié début octobre dans les Inrocks. Les Furtifs, voici le résumé qu’il en fait : c’est une société de « #contrôle horizontal, où tout le monde contrôle tout le monde via les #réseaux_sociaux. Dans ce monde-là, le seul mode de #résistance possible est la furtivité, où comment trouver des « blind spots », des endroits où l’on n’est pas géolocalisés, où la #traçabilité est impossible. »


  • https://lesimpressionsnouvelles.com/catalogue/mondiale

    BEB-DEUM a ses têtes. Il en dessine par centaines, mélange d’invention complète et d’observation du réel. Il imagine les visages de gens pas encore nés, tels qu’ils les conçoit dans sa fiction cérébrale. Autant de gifles, page après page. Le coeur de son inspiration, c’est le métissage, entre des êtres d’origines géographiques différentes, ou entre humains et robots, en gros plan ou en action, avec une tempête de couleurs sauvages, brutales, qui vont du tulle au néon, de la brume au clinquant orgiaque, enluminant un hyperréalisme que le monde de l’art a oublié.

    Voici ces visages alignés dans un album a couper le souffle, après les avoir confiés à l’écrivain de science-fiction #Alain_Damasio ,qui les a unis dans un cocon fictionnel génial, façon roman graphique, comme si tout avait été conçu pour constituer une histoire qui dormait dans les méandres obscurs du cerveau de #Beb-deum, dans notre monde en ruine, une couleur de peau, un symptôme albinos, une malformation physique, un simple doute sur une identité sexuelle peuvent vous mener au bûcher. C’est dire de l’actualité brûlante et le sens anticipatoire de cet album. Beb-deum dessine ces visages sous un jour non pas séduisant, mais inquiétant, déshumanisé. Malaise : nous voilà embarqués aux côtés de ceux pour qui « différence » signifie « ennemis », ceux qui nous choquent mais dont les réflexes reptiliens nous imprègnent, et que notre culture n’a pas totalement écartés de nos cervelles. Beb-deum nous a bien piégés.
    #Yves_Frémion - Le Monde 25.26 mai 2017

    #beau_livre

    http://www.ailleurs.ch/expositions
    #transhumanisme

  • « C’est un véritable travail de titan qu’a réalisé Eric Henninot sur l’adaptation de La Horde Du Contrevent de #Alain_Damasio. Des années de travail pour un premier volume de 80 pages à paraître en Octobre prochain. Pour vous faire patienter, une page splendide, dont les couleurs sont signées du non moins talentueux Gaétan Georges... » dixit les Éditions Delcourt !

    #BD #La_Horde #La_Volte

  • Ce qui est bien chez #Alain_Damasio, c’est qu’il laisse tellement, mais tellement, de place aux idées : un vrai festival !
    "Pourquoi a-t-on peur de ne pas être des machines ?" ... Bah oui, pourquoi ?
    https://youtu.be/_CKyrAK4TIw

    "Rencontre avec Alain Damasio : dans le cadre du Festival des idées Paris organisé par l’Université Sorbonne Paris Cité
    1re édition : être machine - 18 novembre 2016 - Maison des métallos

    Alors même que la défiance à l’égard des machines et des technologies s’accentue – scandales liés aux big datas, développement de robots dépassant l’humain, emprise de la vidéosurveillance –, la normalisation des sociétés de contrôle semble prospérer et empiéter tranquillement sur nos libertés. Dans ce contexte, comment ne pas devenir des machines et pourquoi nous fascinent-elles tant ? D’où vient cet assentiment au contrôle et quels modes de résistances opposer ?

    Avec Alain Damasio, écrivain, auteur de « La Horde du Contrevent » (La volte, 2004), « La Zone du Dehors » (La Volte, 1999), « Le dehors de toute chose » (La Volte, 2016)
    Animé par Thierry Keller, directeur de la rédaction d’Usbek & Rica

  • Alain Damasio
    https://lundi.am/Contribution-Damasio-a-l-appel-de-Lundi-matin-8-mai

    Qu’est-ce qu’un « matériel libre » ? Juste une technologie physique développée selon les principes des « ressources libres » (open source). Il regroupe des éléments tangibles — machines, dispositifs, pièces — dont les plans ont été rendus publics de façon que quiconque puisse les fabriquer, les modifier, les distribuer et les utiliser.

    […]

    Beaucoup de gens ignorent l’empire du libre. Peu savent qu’il existe des éoliennes, des panneaux solaires et des pompes à chaleur qu’on peut construire soi-même, des techniques de traitement des eaux détaillées et réutilisables par des profanes, des machines à laver libres, des voitures et des motos libres, du matériel médical et des médicaments libres — et même des montgolfières libres. Apprendre et faire apprendre — où se faire apprendre par d’autres comment ça marche et comment ça se fabrique — est une source de joie et d’éclate, un empuissantement à portée de main et évidemment un moment d’échanges et de partage, d’élaboration commune. Et au bout, on touche une autonomie croissante et précieuse.

    #Alain_Damasio #anarchitecte #homofaber

  • Je recolle un article donné par @mad_meg en commentaires

    Quel look adopter pour éviter la reconnaissance faciale ?
    http://www.numerama.com/magazine/27414-quel-look-adopter-pour-eviter-la-reconnaissance-faciale.html

    Avec son projet CV Dazzle, l’artiste américain Adam Harvey travaille sur les coiffures et maquillages qui permettront à ceux et celles qui veulent protéger leur #vie_privée de rendre indétectable leur visage, à l’heure des procédés automatiques de reconnaissance faciale. L’#art contre la #biométrie.

    https://cvdazzle.com

    #surveillance #maquillage #look

  • 701 000 heures de garde-à-vue
    https://www.playlistsociety.fr/2014/01/701-000-heures-de-garde-a-vue/116176

    Je voudrais ici oser une hypothèse. Une thèse même. Cette thèse serait ceci : la surveillance arachnéenne des citoyens-clients par ceux qui nous gouvernent « verticalement » (pouvoirs d’État tout autant que pouvoirs libéraux des multinationales des réseaux) n’est si étonnamment tolérée que parce qu’elle s’ancre, « horizontalement » sur des pratiques sociales de contrôles mutuels — quotidiennes, familières, devenues naturelles. Autrement dit : la NSA pousse sur un terreau sociétal qui a fait du contrôle de soi, des autres et du monde, par la technologie, une évidence du lien, un ethos, une manière de vivre. La tige croît sur des rhizomes.

    Je me contrôle, tu me contrôles, nous nous contrôlons, ils nous contrôlent. Il y aurait comme une fractalisation de la surveillance, de la gestion et du contrôle qui fait qu’entre la mère qui s’introduit sur le facebook de sa fille, le recruteur qui scanne les failles d’un candidat sur le web, le mari qui lit aussi bien les SMS reçus par sa femme que ses factures de carte bleue, le vieux qui fait surveiller sa résidence secondaire par webcam à déclencheur de mouvement et la NSA, tout là-haut, qui surveille Alcatel, Merkel, Duschmoll ou Strauss-Kahn, il y a un même motif récurrent, le même pli sordide, la même économie de désir centrée sur la prévention, la peur et la sécurisation à outrance de ce qui peut surprendre, dévier, vivre.

    [...]

    Ce désir de contrôle, cette pulsion de surveillance et de sécurité frénétique, elle passe désormais par chacun d’entre nous. Elle prend corps et fait fibre dans nos nerfs. Chacun s’en fait le relai, le colporteur, la conduction jouissive et peureuse. Chacun y trouve son petit plaisir de flic, de gestionnaire en maîtrise, de voyeur à deux balles. Tu contrôles ta maison, ta voiture, tes achats ; il surveille les mails de sa femme, géolocalise sa fille, budgétise le temps de connexion de son fils. Elle contrôle son pouls, sa tension, compte ses calories et ses pas. Vous filtrez vos appels, cherchez votre ex sur Facebook, googueulisez la fille que vous avez rencontrée au bar hier plutôt que de la découvrir telle qu’elle se révèle. Et l’on vous offre tous les outils personnels et paresseux pour ça. Toutes les applis. Toute la quincaillerie clinquante du geek à portée de clics et de bips.

    #Alain_Damasio #Contrôle_social #Internet #Liberté_individuelle #National_Security_Agency #Numérique #Révélations_d'Edward_Snowden #Surveillance_globale #Vie_privée