• Skirda ou la mémoire des vaincus
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/documents/skirda-ou-la-memoire-des-vaincus

    Toujours en librairie : Notre Bibliothèque Verte (vol 1 et 2, vol 3) et « De » la technocratie. La classe puissante à l’ère technologique Si Michel Ragon a romancé la poignante épopée des anarchistes dans La Mémoire des vaincus, Alexandre Skirda (1942-2020), historien russophone a documenté l’effroyable extermination de toute dissidence – libertaire, populaire – par la dictature bolchevique, toutes tendances confondues (léniniste, trotskyste, stalinienne), dès le coup d’Etat d’octobre 1917. (…) #Documents

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/la_me_moire_de_skirda.pdf

  • Des extraits de l’article d’A. Monnin dans Ecorev : "Ni conversion, ni purification, ni sacrifice, La redirection écologique à la lumière de la pandémie", via Winslow Santé Publique sur bsky.
    https://shs.cairn.info/revue-ecorev-2025-2-page-97

    La Covid aura été, de ce point de vue, un immense révélateur. L’éloge de la « Vie », l’injonction à ne plus avoir peur de la mort (la vraie maladie étant cette peur, qui elle-même rendrait malade et pousserait à se détourner du vivant – vivant qui, lui, intègre la mort comme une donnée centrale), témoigne du peu de cas fait pour les personnes les plus vulnérabilisées – en situation de handicaps, notamment – alors susceptibles de faire l’objet d’un tri entre les malades, de ne pas de se voir garantir le même accès aux soins, de ne pas bénéficier autant des traitements que les personnes

    Renouer avec le #vivant revenait à renouer avec la mort, mais plutôt, du moins en creux, celles des autres – qui, étrangement, protestent contre cet état de fait depuis les marges !

    👉 À rebours d’une écologie du « réveil » par la décroissance ou le dépouillement, je plaide pour une #écologie du #soin en contexte de déprise.
    Une écologie qui ne se réjouit jamais de la raréfaction, mais qui travaille les moyens d’y faire face sans sacrifier les plus vulnérables.
    Là où certains discours « collapso-affinitaires » naturalisent le manque, je cherche à le politiser, le négocier, l’organiser.

    La #pandémie a opéré un effet de contraste brutal. Elle a mis à nu la fiction d’autosuffisance qui traversait certains récits collapsologiques.
    Elle a rappelé que nos existences tiennent à des dépendances techniques, sociales, institutionnelles (et pas seulement à de micro-échelles), que l’exposition différenciée à la maladie, au soin comme à l’exclusion, produit une cartographie politique du vivant bien plus dure que les rêveries de résilience enchantée.

    #covid #politique #Alexandre_Monnin

  • L’#Observatoire_de_l’immigration_et_de_la_démographie, un #think_tank qui fabrique de la peur

    Complètement absent de la sphère académique, l’organisme, inconnu il y a deux ans, jouit d’une certaine audience dans l’espace public. S’il ne triche pas sur les chiffres, il les met au service d’une vision alarmiste de l’immigration.

    L’« échec collectif » de l’immigration étudiante, le « cercle vicieux » du coût de l’immigration, la « ruée » des Afghans vers l’Europe, l’asile « hors contrôle », l’« appel d’air » de la régularisation… A intervalles réguliers depuis deux ans, un think tank distille des études sur l’immigration, livrant clés en main des éléments de langage à quiconque voudrait agrémenter le débat public de considérations alarmistes. Avec un succès certain.

    L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (#OID) jouit d’une confortable exposition médiatique. Son directeur, #Nicolas_Pouvreau-Monti, est régulièrement convié sur les plateaux des médias de Vincent Bolloré, CNews ou Europe 1, mais il a aussi été plusieurs fois l’invité de Franceinfo ou du magazine d’actualité d’Arte, « 28 minutes ». Il obtient fréquemment la reprise de ses tribunes et publications dans Valeurs actuelles, Le Journal du dimanche, Le Point, Le Figaro ou encore Marianne. Le 31 août, François Bayrou, encore premier ministre, avait même dû répondre à l’intervieweuse star du groupe Bolloré, Sonia Mabrouk, qui l’interrogeait sur les « 3,4 points de PIB [produit intérieur brut] » que coûte l’immigration, selon un « organisme de référence » : l’OID.

    Une consécration pour cette structure que personne ne connaissait avant 2023. M. Pouvreau-Monti ne boude pas son plaisir. Ce trentenaire a pu quitter son poste de conseiller chez Accenture pour se consacrer à temps plein à l’OID. Lorsqu’il a fondé l’observatoire en 2020 avec « cinq copains », trois ans après avoir été diplômé de Sciences Po Paris, il savait qu’il y avait « une place à prendre dans le #marché_des_idées ».

    A l’en croire, l’OID propose « une vision rationnelle et dépassionnée, fondée sur la rigueur scientifique et l’efficacité politique ». Surtout, il prend à rebours le « #rassurisme qui relativise l’ampleur des flux », un prisme qui jouirait selon lui d’une « hégémonie » dans les débats d’experts. Experts qui, eux, constatent, déroutés, l’audience et la respectabilité acquises par l’OID. Affiliée à l’Institut convergences migrations (ICM), un établissement de recherche, l’économiste Flore Gubert se désole : « Leur force de frappe est impressionnante, alors qu’à l’ICM nous sommes 800 chercheurs et nous ne sommes pas audibles. C’est décourageant. »

    Le constat est d’autant plus amer chez certains chercheurs qu’à force de se présenter sous les airs d’un « GIEC de l’immigration » (Paris Match, 5 janvier 2024), l’OID est confondu avec un organe scientifique… qu’il n’est pas. Car pour l’essentiel, il revisite des travaux de la statistique publique, souvent issus de l’Insee ou de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). « Ils sont complètement absents de la sphère académique », tient ainsi à souligner Jérôme Valette, économiste des migrations au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii).

    #Fonds_Périclès

    Et si l’OID se prévaut d’un « conseil scientifique », un seul de ses membres, #Gérard-François_Dumont, est docteur en sciences économiques et a dirigé des thèses. Il est par ailleurs connu pour présider la revue nataliste Population et Avenir et avoir contribué à l’étude qui fit la une du Figaro Magazine, en 1985, sous le titre « Serons-nous encore français dans 30 ans ? », accompagné de l’image d’une Marianne voilée. A l’époque, M. Dumont s’inquiétait, aux côtés de l’écrivain ultraréactionnaire #Jean_Raspail, de l’écart entre la #fécondité des Françaises et celle des « non-Européennes ».
    Parmi les quatre autres membres du conseil scientifique de l’OID, on trouve l’ancien diplomate #Xavier_Driencourt, qui préside aussi le comité stratégique du magazine d’extrême droite Frontières ; l’avocat et ancien conseiller sécurité de Valérie Pécresse, Thibault de Montbrial ; l’ex-préfet #Michel_Aubouin, contributeur occasionnel du mensuel d’extrême droite Causeur ; et l’ex-directeur général de la sécurité extérieure, #Pierre_Brochand, à qui l’on prête d’avoir conseillé Eric Zemmour pour peaufiner son programme de la présidentielle en 2022.

    De quoi orienter la « science » diffusée par l’OID, dont on sait mal comment il se finance. « Je ne ressens pas le besoin de #transparence », évacue M. Pouvreau-Monti à ce sujet, mentionnant vaguement « plusieurs centaines de donateurs ». On sait pour sûr qu’il bénéficie depuis 2023 du fonds Périclès, du millionnaire réactionnaire et partisan du rapprochement entre la droite et l’extrême droite, #Pierre-Edouard_Stérin. L’ambition du fonds est sans ambiguïté de « transformer durablement le paysage politique et social français ».

    M. Pouvreau-Monti, lui, est convaincu qu’il faut un mandat présidentiel pour entreprendre des « grandes manœuvres » en matière d’immigration, qui passent par une réforme de la Constitution ou la dénonciation de la Convention européenne des droits de l’homme. Peu étonnant pour celui qui était membre, à Sciences Po, de l’association souverainiste #Critique_de_la_raison_européenne, fondée par #Alexandre_Loubet – aujourd’hui député Rassemblement national (RN) de la Moselle et conseiller spécial de #Jordan_Bardella –, et dont a également été membre active #Sarah_Knafo, députée européenne Reconquête !.

    « On voit monter la défiance vis-à-vis du politique qui fait semblant de pouvoir, en même temps qu’on voit monter une crise de l’intégration. Le risque, c’est la rupture démocratique. Il y a urgence », déroule M. Pouvreau-Monti. Pour convaincre, il a été à l’école des conservateurs américains, en tant que lauréat de la #bourse_Tocqueville, fondée par un autre partisan de l’« union des droites », proche de M. Stérin et « conseiller opérationnel » de Périclès, #Alexandre_Pesey. A ce titre, il participe en 2019 à un voyage aux Etats-Unis, où il est formé au « passage médias et à la levée de fonds ».

    Vernis de respectabilité

    Pour marteler ses idées, l’OID s’appuie sur des « #chiffres béliers » : 66 % des étudiants étrangers n’obtiennent pas leur licence en trois ans, seuls 34 % des immigrés arrivés en 2023 occupaient un emploi en 2024, ou encore 580 millions de personnes dans le monde sont éligibles au droit d’asile en France. Pour s’en faire l’écho, outre ses relais médiatiques, M. Pouvreau-Monti se targue d’avoir une « surface de contact » qui va du bloc central à l’extrême droite, et il voudrait bien « mettre un pied à gauche ».

    L’OID a été reçu par le cabinet de #Gérald_Darmanin quand celui-ci était Place Beauvau, et #Bruno_Retailleau, alors ministre de l’intérieur, ne l’a pas moins bien traité. En novembre 2024, sur invitation d’élus #Les_Républicains, le think tank organise une conférence à l’Assemblée nationale et une autre au Sénat, sur le thème de la « crise de l’asile ».

    Quelques mois auparavant, en avril 2024, M. Pouvreau-Monti était reçu à la direction générale des étrangers en France, l’administration centrale chargée des immigrés, pour animer un « petit déjeuner » en présence d’une vingtaine de membres du personnel, dont le directeur lui-même, ainsi que des chefs de bureau et autres chargés de mission, sur le thème « L’immigration en France aujourd’hui. Un état des lieux ». « Le contenu de l’intervention a été très mal perçu, rapporte néanmoins une source interne à l’administration. On l’a fait remonter en disant, en substance, plus jamais ça. »

    Pas de quoi faire craquer le vernis de respectabilité de l’Observatoire qui s’offrait en juin, en signature d’une note sur les Afghans, la contribution du directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, #Didier_Leschi. Le préfet chevènementiste présente, dans cette parution, l’immigration afghane comme un « phénomène massif », constitué de « jeunes, masculins, peu scolarisés », au « conservatisme social (…) difficilement compatible avec les valeurs françaises ». « On s’est croisé avec Didier Leschi sur cette idée, se souvient M. Pouvreau-Monti. Et on est allé voir la #Fondapol », un think tank qui a coédité l’étude de 35 pages. Interrogé sur le parti pris idéologique de l’OID, M. Leschi souligne au contraire l’excellence de leurs notes. « Ils s’intéressent aux effets sociaux de l’immigration que les chercheurs de gauche éludent, valorise le haut fonctionnaire. Et personne ne les prend en défaut sur les données. »

    Une assertion partiellement vraie. Le démographe François Héran, qui a occupé la chaire Migrations du Collège de France, a lu les 38 notes de l’OID. Il relève « des #biais de méthode, permettant de grossir les ordres de grandeur », comme le fait de citer des chiffres absolus de migrants sans jamais les rapporter à la population des pays d’accueil.

    Ainsi, M. Leschi parle d’une « ruée afghane vers l’Europe » alors que « les demandes d’asile des Afghans cumulées entre 2014 et 2024 totalisent 21 personnes pour 10 000 habitants », relativise M. Héran. La même étude présente la France comme le « pays de l’asile afghan ». Or, « sur les 929 200 Afghans enregistrés comme demandeurs d’asile dans l’Union européenne dans la même période, 11 % l’ont été en France, 39 % en Allemagne ».

    « Approximations » économiques

    M. Héran égrène les exemples. En janvier, Le Point dévoile une étude de l’OID selon laquelle 580 millions de personnes dans le monde pourraient obtenir l’asile en France. Le RN relaie cette extrapolation dans une campagne d’adhésion. Pourtant, « 80 % des déplacés externes dans le monde restent dans les pays limitrophes », rappelle M. Héran, qui note qu’un think tank britannique avait déjà estimé les demandeurs d’asile potentiels à plus de 700 millions, mais… pour le Royaume-Uni.

    De même, dans sa note sur « L’immigration dans les territoires. Quinze ans de bouleversement (2006-2021) », l’OID s’alarme d’un « basculement » des communes du Grand Ouest, où la présence immigrée a doublé. « Or, les données de l’Insee montrent qu’à l’échelle régionale il s’agit le plus souvent d’un passage de 2 % à 4 % ou de 3 % à 6 %. » « Le message martelé par l’OID est tout sauf “dépassionné”, conclut le chercheur. La France serait “débordée” par l’immigration. » Pourtant, « selon les données de l’OCDE ou de l’ONU, la France se situe au 35e rang dans le monde par la proportion d’immigrés et au 17e rang de l’Europe occidentale ».

    En matière économique, les parutions de l’OID suscitent les mêmes réticences au sein de la communauté scientifique. Le think tank insiste régulièrement sur la dégradation des comptes publics causée par l’immigration, en citant un chiffre de l’OCDE selon lequel les immigrés ne financent que 86 % des #dépenses_publiques qui leur sont affectées. « Ce chiffre est vrai, réagit l’économiste Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’OCDE. Mais pour les natifs, c’est 96 %. Donc les natifs non plus ne financent pas la totalité des #dépenses_publiques qui leur sont affectées. Et comme ils représentent 90 % de la population, ce sont eux qui créent le déficit public. »

    Economiste au Cepii, Lionel Ragot épingle à son tour les « #approximations » de l’OID selon lequel si les immigrés avaient le même taux d’#emploi que les natifs, le gain pour le PIB français serait de 3,4 points. « Pour obtenir ce chiffre, ils considèrent que le taux d’emploi des immigrés et de leurs descendants augmenterait de 3,36 points s’il rejoignait celui des personnes sans ascendance migratoire et ils reportent cette augmentation au PIB, résume M. Ragot. Or, ce n’est pas parce que la population active augmente de 3,36 % que le PIB va augmenter de 3,36 %. Il faut considérer le nombre d’heures travaillées et pondérer ce volume par un indice de capital humain reflétant la qualité du #travail. Ensuite, le taux de croissance du PIB doit être pondéré par la part de la rémunération du facteur travail dans le revenu national. » Le chiffrage de l’OID apparaît donc largement surestimé.

    Dans une autre étude, l’OID évalue cette fois à 41 milliards d’euros le #coût net de l’immigration, en partant d’un coût brut estimé à 75 milliards d’euros, auquel le think tank retranche les impôts et les #cotisations_sociales versées par les étrangers. « Non seulement on ne sait pas comment ils obtiennent le chiffrage des recettes, mais en outre cela voudrait dire que les étrangers ne contribuent qu’à hauteur de 45,3 % aux dépenses publiques qui leur sont consacrées, analyse M. Ragot. Or, dans l’étude sur l’impact de l’immigration sur l’économie française, l’OID reprenait le ratio de 86 % de l’OCDE. La différence est énorme et à l’arrivée, les immigrés coûtent beaucoup plus cher. » Le mal est fait. Les chiffres s’instillent dans le débat public. Repris sur les plateaux télé et dans les journaux. A l’ère de la post-vérité, la croyance a gagné sur la réalité des faits.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/29/l-observatoire-de-l-immigration-et-de-la-demographie-un-think-tank-qui-fabri
    #extrême_droite #peur #migrations #alarmisme #réfugiés #propagande #économie #préjugés
    ping @karine4

    –-

    ajouté à la métaliste sur le lien entre #économie (et surtout l’#Etat_providence) et la #migration... des arguments pour détruire l’#idée_reçue : « Les migrants profitent (voire : viennent POUR profiter) du système social des pays européens »...
    https://seenthis.net/messages/971875

  • Ralentir la science ou mourir

    Dans « #Décroiscience » (ed. Agone), l’historien et journaliste #Nicolas_Chevassus-Au-Louis réactive la critique d’un monde scientifique pris dans les filets de la #militarisation et de l’#économie_de_marché. Déconnectée de la catastrophe climatique à laquelle elle contribue, la recherche doit, selon lui, décroître et produire moins. Mais mieux et vite.

    Faut-il arrêter la recherche ou, du moins, la ralentir ? Provocatrice en apparence, la question se pose pourtant depuis au moins un demi-siècle au regard de la perte d’autonomie croissante des scientifiques. En 1972, un discours visionnaire interpellait déjà sur cet enjeu essentiel de la production de connaissances, soumise à des impératifs militaro-industriels. Devant le Centre européen de recherche nucléaire (CERN), Alexandre Grothendieck, l’un des plus éminents mathématiciens français, tenait une conférence intitulée : « Allons-nous continuer la #recherche_scientifique ? ».

    (#paywall)
    https://www.off-investigation.fr/ralentir-la-science-ou-mourir
    #science #ESR #recherche #ralentissement

    • #Décroiscience

      Plaidoyer pour que la recherche scientifique se mette au service de l’#écologie

      Parce qu’il ne peut y avoir de #décroissance sans décroiscience

      « En 1972 déjà, le mathématicien #Alexandre_Grothendieck, unanimement reconnu comme un des plus importants de l’histoire, écrivait : “Je ne veux pas dire que la seule cause de tous les maux, de tous les dangers [qui pèsent sur planète], ce soit la #science. Mais en l’état actuel, la science joue un rôle important.” Ce constat n’a rien perdu de sa pertinence. Ni son interrogation : “Allons-nous continuer la recherche scientifique ?” La même année, à la question “Quelles sont les limites à la croissance économique ?”, les auteurs du rapport Meadows répondaient : les ressources de la planète étant finies, comment peut-on diable imaginer une croissance sans fin ?

       » Plus d’un demi-siècle après, l’activité scientifique est principalement au service de la #croissance_économique. Visant à produire brevets, innovations et algorithmes, elle participe au problème, plus qu’à la solution. Dès lors, ne faut-il pas plutôt envisager une “décroiscience” ? Une diminution volontaire et maîtrisée de la recherche scientifique. La question agace. Mais elle mérite d’être posée. »

      Aux prêtres de la religion scientifique qui voient dans la science la solution à tous les problèmes (qu’elle a souvent engendrés), ses critiques les plus radicaux répondent par l’arrêt de toute recherche scientifique. Évitant ces deux écueils, l’auteur de ce livre, épris de rationalité et amoureux des sciences, analyse les #dysfonctionnements de la recherche, sa soumission aux diktats du #capitalisme et des politiques de puissance. Contre la prééminence du #quantitatif sur le #qualitatif, il en appelle à remettre de la #démocratie dans les décisions, les programmes, les finalités. Brider les sciences, car une conclusion s’impose : « Pas de décroissance sans décroiscience. »

      En réponse à l’urgence climatique, on assiste à d’intéressantes #reconversions_professionnelles. Ainsi un physicochimiste travaille désormais sur la boulangerie solaire, un spécialiste des nanotechnologies sur la sidérurgie solaire, une paléoclimatologue se reconvertit dans l’anthropologie des peuples arctiques et un neurobiologiste du CNRS dans l’écologie politique. Un astrophysicien travaille désormais sur les problématiques socio-environnementales et un mathématicien explique que, « ­face à l’extrême urgence de l’anéantissement biologique global, du dérèglement climatique, de la dérive ontologique de la civilisation occidentale et de l’effet catalytique du monde numérique dans cette destruction planétaire, [il s]’intéresse au démantèlement numérique ». Ou encore, un « groupe Grothendieck », constitué « d’étudiant·e·s, de démissionnaires de l’Université, de non experts experts de leur vie, de jardiniers utopistes et de fouineurs d’information », dénonce la collusion entre les recherches et les intérêts militaires. Ces points d’appui permettent d’esquisser ce que pourrait être une recherche au service de la décroissance.

      https://agone.org/livre/decroiscience
      #livre

  • Ne plus soigner : une tendance actuelle | Alexandre Monnin
    https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/13/ne-plus-soigner-une-tendance-actuelle-2

    Derrière les discours d’efficience, d’autonomie et de prévention, un glissement insidieux s’opère : celui d’une médecine qui renonce à soigner. Aux États-Unis comme en France, le soin devient conditionnel, réservé aux existences jugées « optimisables ». En s’appuyant sur le cas du programme MAHA, les dérives du One Health, le concept d’« abandon extractif » et l’émergence d’un « eugénisme doux », cet article analyse les ressorts politiques et idéologiques d’un renoncement systémique au soin. Et si la médecine contemporaine, loin de ses promesses de progrès, tendait désormais vers une stratégie assumée de non-soin ? Cette hypothèse, encore largement impensée, commence pourtant à se matérialiser sous nos yeux. Et ce, pas uniquement comme une conséquence malheureuse de restrictions budgétaires ou d’une (...)

  • La Terre en tête - imago mundi
    https://www.imagomundi.fr/article107.html

    Avec une photographie prise à environ 29 000 kilomètres de la Terre, l’équipage de la mission Apollo 17 assurait la tâche que lui avait assignée la NASA lors de son voyage vers la Lune en décembre 1972 : rapporter une photographie du globe terrestre parfaitement rond et plein cadre. Ce cliché accédera au statut d’icône en devenant « La Bille bleue » (« The Blue Marble) ». Dans November. November. En route pour la Lune, la Terre en tête, paru en janvier 2025 aux Éditions La Baconnière, le géographe et écrivain Alexandre Chollier nous livre un récit passionnant et soigneusement documenté des circonstances de la réalisation de l’image parfaite de notre planète.
    par la rédaction
    #The_Blue_Marble #La_Bille_bleue #espace #Terre #Lune #mission_spatiale #cartographie #image #livre #Alexandre_Chollier

  • Le film français féministe « toutes pour une », à 10 millions d’euros, connait un début catastrophique . . . Charles Van Dievort - La libre

    C’est l’histoire d’un naufrage total, en plein hiver, par un temps glacial et un brouillard qui ne permet pas de voir à plus de quelques centimètres. Et encore. Ce n’est plus un flop mais un accident industriel comme le cinéma français n’en a plus connu ces dernières années. De quoi s’agit-il ? Du film Toutes pour une , parodie féministe – woke, diront les détracteurs – des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas déjà maintes fois portés à l’écran.

    Les premiers chiffres de fréquentations en France sont catastrophiques. Le jour de sa sortie, le film, qui a coûté 10 millions d’euros, était proposé lors de 564 séances. Seuls 1271 spectateurs ont fait le déplacement. Soit une moyenne de deux personnes par projection, indique Le Figaro. De quoi se sentir seul, très seul…


    #idéologie #bêtise #féminisme #wokisme #woke #gaspillage #cinéma #Alexandre_Dumas #France
    Source : https://www.lalibre.be/culture/cinema/2025/01/30/le-film-francais-feministe-toutes-pour-une-a-10-millions-deuros-connait-un-d

    • Personne n’a été intéressé par une débilité pareille.
      Comment 10 millions d’euros ont pu être trouvé pour le financement d’un truc pareil ?

      La bêtise de la haute bourgeoisie française, et sa méconnaissance totale des autres classes sociales est flagrante.

  • #Emmanuel_Macron, l’#art du #secret
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/12/21/emmanuel-macron-l-art-du-secret_6461505_823448.html

    Emmanuel Macron, l’#art_du_secret
    Par #Raphaëlle_Bacqué, #Ariane_Chemin et #Ivanne_Trippenbach
    Publié le 21 décembre 2024 à 20h02, modifié le 28 décembre 2024 à 11h52

    ENQUÊTE« Le président et son double » (4/4). Dans le dernier volet de la série sur l’évolution du président de la République depuis son arrivée à l’Elysée, « Le Monde » décrypte la façon dont il gère les questions de sécurité personnelle et de protection de son image.

    « #Brûle_tout ! » En 2017, pendant sa première campagne présidentielle, entre deux meetings et rendez-vous, Emmanuel Macron tendait parfois à son garde du corps des chemises cartonnées et, pour celles de couleur rouge, lui intimait de faire disparaître leur contenu. #Alexandre_Benalla, qui veille alors sur la sécurité du candidat, s’en souvient bien : il jetait lui-même les feuilles de papier dans un fût en métal, au sous-sol du QG de campagne, rue de l’Abbé-Groult, dans le 15e arrondissement de Paris, et y mettait le feu. Parfois, un brasero improvisé était allumé au bord de la route, sur le chemin d’un aéroport d’où le futur président décollait pour rejoindre une réunion publique. A l’intérieur, des notes, des idées griffonnées, des documents de campagne variés… Emmanuel Macron n’était pas encore élu que déjà le secret était une obsession.

    « Hypercloisonné », « superparano », « énigmatique »… Voilà comment ses très proches collaborateurs décrivent aujourd’hui le président de la République. C’est le lot des chefs d’Etat. Mais la méfiance et la précaution sont des réflexes qu’Emmanuel Macron a appris très tôt. Une partie de son adolescence et de sa vingtaine s’est en effet déroulée dans une forme de clandestinité. « Quinze ans (…) à être largement incompris », a-t-il confié à la journaliste du Figaro Anne Fulda, dans Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait (Plon, 2017), le livre qu’elle lui a consacré. Parce que Brigitte Trogneux était de vingt-quatre ans son aînée, il a passé des années à cacher aux autres leur histoire d’amour. « Emmanuel a besoin de tout le monde et de personne, a résumé un jour Brigitte Macron devant la biographe de son époux. On ne rentre jamais dans son périmètre. » D’Amiens, le président a gardé une certaine habitude de la solitude et du cloisonnement.

    Emmanuel Macron fonctionne en silos. Avec les « boucles » de messagerie téléphonique, lui seul sait à qui il parle, la nuit, puisque cet insomniaque travaille souvent jusqu’à 2 heures du matin, témoigne son compte Telegram. « Il faut cogiter », « Tu vois comment les choses ? », écrit-il sur WhatsApp à ses petites communautés d’anciens ministres, amis, élus, préfets, maires rencontrés en déplacement, ou, en pleine pandémie de Covid-19, de médecins, dans des messages dont Le Monde a eu connaissance. Mais aussi des « Tu me manques », « Je suis fier de toi », « Tu m’as fait de la peine », « La famille, c’est vous », ou, avant les ruptures politiques, « Nos routes se séparent ». Lui d’ordinaire si impénétrable se montre parfois imprudent dans ses messages écrits (sollicité à plusieurs reprises au cours des dernières semaines par l’intermédiaire des services de l’Elysée mais aussi par courrier personnel, Emmanuel Macron n’a pas donné suite).

    L’espionnage a toujours existé, mais les moyens ont changé. L’époque est aux #cyberoffensives. Dès 2017, les boîtes e-mails des équipes d’En marche ! font l’objet d’opérations de piratage par des hackeurs russes, et 20 000 courriels sont rendus publics juste avant le second tour de la présidentielle – les « MacronLeaks ». Pour déstabiliser le finaliste, d’authentiques e-mails ont été mélangés à des documents falsifiés. Mais il y a autre chose : la singularité du couple formé avec Brigitte, rencontrée quand il avait 14 ans, et cette « vie qui ne correspond en rien à celle qu’ont les autres », comme l’a résumé un jour Emmanuel Macron lui-même, ont suscité de sordides attaques contre lui et son épouse, notamment de la part de l’agence pro-Kremlin Spoutnik et du tabloïd russe Komsomolskaïa Pravda.

    Un autre épisode, antérieur, a marqué le président français. En janvier 2014, il était aux premières loges lorsque François Hollande a été photographié en scooter rue du Cirque, dans le 8e arrondissement de Paris, s’apprêtant à rejoindre clandestinement l’actrice Julie Gayet. Alors secrétaire général adjoint de l’Elysée, Emmanuel Macron avait suivi cette déflagration de l’intérieur. La leçon qu’il en a retenue, c’est que François Hollande n’était pas assez prudent, ou pas assez protégé. « Je ne ferai jamais comme lui », en a-t-il conclu. Un an après cette « paparazzade », il théorisait ainsi sa pratique du pouvoir devant Le Monde : « Quand on est aux manettes, il faut une distance, des moments de secret. » Depuis, il comprend chaque jour davantage cette réalité de l’économie des médias qui s’est imposée : aujourd’hui passés aux mains des Vincent Bolloré et autres grands patrons, les magazines people sont devenus de redoutables armes politiques.

    Avare de confidences
    « Maintenant nous sommes seuls. C’est l’Elysée qui veut cela : nous ne pouvons avoir confiance en personne. C’est une solitude à deux, mais une solitude totale », a confié Brigitte Macron aux journalistes Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon dans leur livre Mimi (Grasset, 2018), consacré à #Michèle_Marchand, la « #première_dame des #paparazzis ».

    Rarement la vie au palais a été aussi verrouillée que sous Emmanuel Macron, à l’abri des regards. « Vous passerez par-derrière, côté grille du Coq, direct », recommande Valérie Brilland-Lelonge, la secrétaire particulière du président de la République (« SPPR », son nom de code dans le répertoire téléphonique des initiés), de sa voix douce aux « visiteurs du soir » conviés à l’Elysée hors des circuits protocolaires. Parfois, après 22 heures, c’est le chef de l’Etat en personne qui appelle : « Passe. »

    Avec le souvenir de l’« épisode Hollande », le président de la République évite de se rendre chez des particuliers. Lorsqu’il sort à Paris, il choisit des restaurants du 6e, du 7e ou du 15e arrondissement, où il a ses habitudes, en fond de salle et dos au mur, avec ses gardes du corps à proximité. Dans son téléphone, les noms de ses contacts sont souvent notés par leurs initiales. Et, même en comité restreint, il reste avare de confidences. Du chiraquien #Pierre_Charon, 73 ans, qui lui raconte à sa façon la Ve République, Emmanuel Macron a retenu ce mot prononcé par un autre président, Georges Pompidou (1911-1974) : « Si vous ne voulez pas que cela se sache, n’en parlez pas. » Pour le coup de la dissolution de l’Assemblée nationale, il a fait sien ce conseil.

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    Mais le maître ès secrets, c’était François #Mitterrand (1916-1996). « Le vrai taulier », a confié le même Pierre Charon à Emmanuel Macron. En 1983, deux ans après son arrivée à l’Elysée, le président socialiste avait créé le groupe de sécurité de la présidence de la République (#GSPR) et privilégié les gendarmes – des militaires, des taiseux – aux policiers, jugés trop bavards. Macron, lui, s’est attaqué à la refonte de la protection présidentielle, six mois à peine après l’élection de 2017. Il ne veut plus que le détail de ses allées et venues, sous la protection du GSPR, atterrisse sur le bureau du ministre de l’intérieur.

    Avant l’« affaire » du 1er mai 2018, où il avait tabassé un manifestant sous un uniforme de policier, Alexandre #Benalla devait piloter cette réforme. Il a été écarté de l’Elysée – et condamné par la justice – mais a toujours la confiance du chef de l’Etat, laissant dans la place des hommes à lui. Au sein de la garde d’élite, cinq de « ses » policiers entourent toujours le #président – nom de code « F1 », pour « formule 1 ». Ces fonctionnaires de police permettent au couple présidentiel de s’offrir quelques marches dans Paris et des échappées, au théâtre notamment. Comme cette représentation du Cercle des poètes disparus, en mai 2024, sur l’une des scènes parisiennes de leur ami le producteur Jean-Marc Dumontet, avant de dîner au foyer avec les comédiens.

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    Mais protéger son image, c’est une autre affaire. A l’Elysée, le directeur de cabinet, #Patrice_Faure, en est chargé, en plus de ses autres dossiers. Cet ancien de la direction générale de la sécurité extérieure réunit régulièrement le commandement militaire de l’Elysée et la direction de la sécurité de la présidence de la République pour surveiller les rumeurs et menaces touchant Emmanuel Macron et sa famille. Ni énarque ni profil grandes écoles, mais de longues années dans les #forces_spéciales : Patrice Faure, lui aussi proche d’Alexandre Benalla et passé par la #Nouvelle-Calédonie et la #Guyane, a l’habitude des situations difficiles. C’est sur son bureau que remontent les alertes des #préfets et des services de #gendarmerie.

    « Gérer le #risque_réputationnel »
    Tous les chefs d’Etat ont été la proie de campagnes calomnieuses. Pendant l’affaire Stevan Markovic, cet employé d’Alain Delon (1935-2024) dont l’assassinat avait défrayé la chronique à la fin des années 1960, l’épouse de Georges Pompidou, Claude Pompidou (1912-2007), avait été victime d’un montage photographique visant à faire croire à sa participation à des soirées échangistes. Mais jamais un président et son épouse n’ont suscité autant d’attaques qu’Emmanuel et Brigitte Macron. C’est le problème des êtres secrets : ils suscitent tous les fantasmes. Patrice Faure appelle cela « gérer le risque réputationnel ». Et c’est contre cela qu’il doit bâtir un rempart.

    Depuis 2021, une intox insensée circule dans les sphères complotistes et les réseaux d’extrême droite, qui affirme que « Brigitte Macron est un homme ». La première dame est rebaptisée #Jean-Michel_Trogneux, le nom de son frère, comme si l’un et l’autre ne faisaient qu’un ! Si extravagante soit-elle, l’affaire est suivie de près par l’Elysée : Emmanuel Macron sait que son épouse en souffre. Il sait aussi que l’infox est relayée par les télévisions nationales turque, russe et jusqu’aux Etats-Unis par une figure de la droite alternative trumpiste et négationniste, Candace Owens, que Marion Maréchal et Eric Zemmour avaient invitée à un meeting, en 2019. Bref, à nouveau, des réseaux étrangers s’en mêlent. Dans le jargon de la sécurité élyséenne, on parle de « menaces projetées ».

    Cette fausse information est l’œuvre de « #fadas », soupire Emmanuel Macron au micro de TF1, en mars 2024, de « gens qui finissent par y croire et vous bousculent dans votre intimité ». A rebours de ses prédécesseurs, qui n’avaient recours qu’avec parcimonie à la justice, le chef de l’Etat engage une demi-douzaine de plaintes devant les tribunaux – contre un #afficheur qui l’avait dépeint en nazi et en maréchal #Pétain, contre un photographe de Saint-Tropez (Var) qui planquait devant son lieu de vacances à #Marseille (classée sans suite), contre X pour « faux, usage de faux et propagation de fausse nouvelle destinée à influencer le scrutin » présidentiel, après que Marine Le Pen a insinué à tort qu’il possédait « un compte offshore aux Bahamas »… « Ne rien laisser passer », dit-il, pour mettre fin aux attaques. Le 12 septembre, les deux femmes à l’origine de l’infox ciblant Brigitte Macron – qui se disent l’une « médium », l’autre « journaliste indépendante autodidacte » – ont été condamnées pour diffamation.

    Le cas « #Zoé_Sagan » s’est également invité aux réunions présidées par Patrice Faure, chargé de coordonner les actions en justice. Ce pseudonyme cache un #publicitaire d’Arles (Bouches-du-Rhône), #Aurélien_Poirson-Atlan, qui sous prétexte de raconter la comédie du pouvoir, diffuse fausses informations et accusations crapoteuses contre les élites. Il semble obsédé par le couple présidentiel. Le 27 août 2024, Brigitte Macron dépose plainte pour cyberharcèlement ; le 10 décembre, quatre hommes sont interpellés, dont le fameux « Zoé Sagan », placé trente-six heures en #garde_à_vue. En cause, « de nombreux propos malveillants portant sur le genre, la sexualité de Brigitte Macron ainsi que la différence d’âge avec son conjoint selon un angle l’assimilant à la pédophilie », résume le parquet de Paris.

    Eléments de langage
    Le plus sensible, en matière de « risque réputationnel », ce sont les photos. Dès le printemps 2016, Brigitte Macron a remarqué autour d’eux des paparazzis, y compris au Touquet (Pas-de-Calais), là où la #famille_Trogneux a l’habitude de se retrouver pour le week-end. Emmanuel Macron sait qu’une simple légende peut faire dire n’importe quoi à une image. Il devine qu’il lui faut un coup de main pour protéger sa vie personnelle.

    Le patron de Free, #Xavier_Niel (actionnaire à titre personnel du Monde), recommande aux #époux_Macron une professionnelle de la presse people, la fameuse Michèle Marchand. C’est ainsi que la sulfureuse « #Mimi » entre dans l’intimité du futur couple présidentiel. A 77 ans, elle a du métier et un sacré CV : elle a connu la prison, comme deux de ses ex-maris, et a longtemps frayé dans les arrière-salles de boîtes de nuit pour glaner des infos. Elle est à la fois la meilleure connaissance du milieu des paparazzis, dont elle négocie les photos, et la conseillère en image de personnalités dont elle détient les secrets.

    Beaucoup la craignent, car ils la savent capable, d’un simple coup de fil, de vendre la vie privée d’une célébrité. Elle sait vérifier que rien ne traîne, mais aussi… faire commerce des photos. C’est au moyen de clichés volés que la justice la soupçonne d’avoir voulu soutirer de l’argent à l’animatrice de télévision Karine Le Marchand – en avril 2024, elle a été renvoyée en correctionnelle pour extorsion de fonds. En 2021, elle avait été mise en examen dans l’un des volets de l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy. C’est elle qui est suspectée d’avoir joué les intermédiaires et organisé la fausse rétractation de l’homme d’affaires Ziad Takieddine pour aider l’ancien président.

    Une des spécialités de « Mimi » Marchand est d’orchestrer des « paparazzades » factices qui donnent un air de naturel à des clichés en réalité très maîtrisés. Après sa rencontre avec les époux Macron, au printemps 2016, les unes glamour se succèdent pour eux et les frayeurs du président sur d’éventuelles photos volées semblent oubliées. La victoire d’Emmanuel Macron, espère Michèle Marchand, doit être aussi un peu la sienne : en mai 2017, c’est bien elle, sur cette image prise avec son téléphone portable, levant les deux bras en V de la victoire, derrière le bureau présidentiel, comme si elle était chez elle.

    Après avoir connu quelques années de disgrâce liée à l’affaire Benalla (elle avait hébergé le garde du corps puis l’avait exfiltré dans l’un de ses « sous-marins », ces véhicules qui servent aux photographes à planquer), elle est revenue en cour cet été. Le 14 septembre, place de l’Etoile, pour la cérémonie en l’honneur des médaillés olympiques et paralympiques, qui attend pour les accueillir le président et son épouse, debout devant les barrières ? « Mimi ».

    Depuis que Xavier Niel, également propriétaire du Groupe #Nice-Matin, a racheté sa société de paparazzis #Bestimage, en juin, ses photographes ont leurs entrées partout à l’Elysée. Une position en or pour s’offrir l’exclusivité des images d’invités de marque aux dîners d’Etat ; des photos vendues ensuite très cher. Dans le même temps, la reine des #paparazzis veille sur les clichés du couple présidentiel. Elle possède de nombreuses photos des Macron dans l’intimité, whisky du soir à l’#Elysée et dîners privés.

    Autour d’Emmanuel Macron, des conseillers en poste ou d’#anciens_collaborateurs ayant officié à l’Elysée, mais toujours au service du président, cherchent à discréditer les médias ou les journalistes enquêtant sur le chef de l’Etat. Ils organisent des ripostes concertées sur les réseaux sociaux. Mais ces tenants du « nouveau monde » appellent aussi directement les patrons de presse comme autrefois. Ils distribuent des éléments de langage aux médias qui, sous les sept années d’Emmanuel Macron au pouvoir, se sont polarisés de manière spectaculaire : ils jouent des uns contre les autres, suivant les occasions, s’efforçant d’imposer un discours officiel. « Si ce n’est pas dans le communiqué, a lancé en octobre Emmanuel Macron lors d’une #conférence_de_presse, ça n’existe pas. »

    Marseille, sa « ville de cœur »
    Comme pour trouver une autre manière d’écrire la geste présidentielle, le chef de l’Etat a autorisé, depuis 2021, une équipe de #Mediawan, la société de production dirigée par l’un de ses amis, #Pierre-Antoine_Capton, à le filmer. Pas encore de diffuseur, mais des cameramen qui se relayent pour suivre les voyages officiels, les entraînements de boxe du président, les journées harassantes passées à diriger un pays dans le tourbillon mondial. Et la violence du pouvoir. L’équipe de tournage a ainsi vécu la surprise de la dissolution en avant-première. Le 9 juin, Emmanuel Macron lui avait ouvert la porte de la salle du conseil et les caméras ont saisi le moment historique de son annonce à son premier ministre, Gabriel Attal, à la présidente (Renaissance) de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et à ses fidèles, effondrés. Le film existera-t-il un jour ?

    Parfois, tout haut, Brigitte Macron s’interroge sur l’avenir : « Il faut que je sois utile, que je trouve un travail pour aider les gens. » Son mari, lui, n’en parle guère. « Je ferai quelques conférences, comme Obama », a-t-il glissé devant son épouse et des témoins, comme pour éloigner l’inquiétude du lendemain.

    D’autres, autour de lui, l’imaginent rejoindre un jour le groupe #LVMH de Bernard Arnault – après tout, ce dernier rêvait déjà de s’offrir les services de l’ex-premier ministre britannique Tony Blair. Présider une organisation internationale, une fondation ou même la #FIFA, la puissante instance dirigeante du football mondial. Prendre le temps d’écrire des romans et des poèmes, comme il le rêvait à 16 ans. Ou tenter de se faire réélire en 2032…

    Emmanuel Macron n’a pas l’habitude de prévoir de point de chute. En août 2016, au lendemain de sa démission du ministère de l’économie, il avait logé un temps avec son épouse dans un Airbnb. Restera-t-il en France, à Paris, au #Touquet, ou à Marseille, sa « ville de cœur », où il s’est rendu dix-sept fois depuis sa réélection ? Ses premières vacances d’été de président, c’est au-dessus de la corniche Kennedy qu’il avait choisi de les passer avec sa femme, dans la villa du préfet des Bouches-du-Rhône. Etrange, ce coup de foudre avec cette ville. Au maire socialiste, Benoît Payan, Emmanuel Macron a tenté de faire croire que l’idylle datait de 1993 et « de la tête de Basile Boli et du sacre de l’#OM en finale de la Ligue des champions ». Le patron de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, #Renaud_Muselier, pourtant désormais macroniste de choc, croit pour sa part, mais sans avoir vraiment la clé, à un « truc de bourgeois qui viennent s’encanailler chez [eux] ». A Marseille, plusieurs élus le savent : le président se cherche discrètement une future résidence, pour « après ». Les pieds dans l’eau, face à la #Méditerranée.

    Retrouvez tous les épisodes de la série « Le président et son double »
    Emmanuel Macron, une certaine idée du pouvoir (1/4)
    Emmanuel Macron, le double état permanent (2/4)
    Emmanuel Macron, la diplomatie à lui seul (3/4)
    Emmanuel Macron, l’art du secret (4/4)

  • https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/01/19/pierre-ferracci-president-du-paris-fc-et-homme-d-affaires-tout-terrain_65048

    #Pierre_Ferracci, président du Paris FC et homme d’#affaires tout-terrain
    Par #Yann_Bouchez

    PORTRAIT Le président du modeste #club_de_football sera-t-il le premier dirigeant à pouvoir rivaliser avec le #PSG dans la capitale ? L’accord conclu à l’automne avec la #famille_Arnault lui donne trois ans pour y travailler. Un joli coup pour cet homme de #réseaux qui s’apprêterait, à 72 ans, à passer les rênes du #groupe_Alpha, le #cabinet_de_conseil spécialisé dans les #relations_sociales qu’il a fondé.

    Présider un club de #Ligue_2, l’antichambre de l’#élite du football professionnel, n’est pas toujours une sinécure. Ce samedi 7 décembre au soir, il pleut à verse sur #Ajaccio. Dans les tribunes du stade Michel-Moretti, un millier de courageux, guère plus, est venu assister au match opposant l’#AC_Ajaccio au #Paris_FC (PFC). Entre deux chants corses couvrant le bruit de la pluie, des supporteurs locaux lancent, de temps à autre, des noms d’oiseaux visant les « Français » de l’équipe parisienne.

    A 72 ans, Pierre Ferracci en a vu d’autres. Veste grise sur jeans foncé, cheveux clairsemés, le patron du Paris Football Club, lui-même né à Ajaccio, suit la rencontre en tribunes. Il s’est assis entre son fils François, directeur sportif du PFC, et un ex-dirigeant de l’AC Ajaccio. Le voilà presque comme un spectateur lambda ; ce soir-là, il a ignoré la loge dévolue aux dirigeants du club visiteur, trop excentrée.

    Le plateau de coppa, lonzu et fromages corses est resté intact, tout comme la bouteille de champagne. Malgré tout, Pierre Ferracci, s’est régalé. Au coup de sifflet final, scellant une victoire des Parisiens sur deux buts gaguesques, il s’invite sur la pelouse. Sous la pluie battante, il serre des mains, tout sourire. A ses joueurs comme aux adversaires.

    Changement de dimension

    Pierre Ferracci est un patron de club heureux. Les récentes défaites n’y changeront rien. D’ailleurs, le PFC, actuel troisième du classement, peut toujours viser la montée en Ligue 1 en fin de saison. « Je suis heureux parce que j’ai l’impression d’avoir mis le club sur de bons rails », avançait-il, satisfait, avant le match face à Ajaccio. « De bons rails », l’expression frise la coquetterie. Car le septuagénaire, fondateur et dirigeant du groupe Alpha, spécialiste et leader du conseil en ressources humaines, vient sans doute de réussir l’un des plus beaux deals de sa carrière. Le plus retentissant, à coup sûr.

    L’information a d’abord fuité dans le quotidien sportif L’Equipe, le 9 octobre. Une semaine plus tard, confirmation officielle : le Paris FC, modeste club de Ligue 2, jusque-là aux mains de Pierre Ferracci, accompagné d’un pack d’actionnaires, est en passe d’être racheté par la famille Arnault. Promesse, avec ces milliardaires, d’un changement de dimension. Et si émergeait enfin un « deuxième club de la capitale » capable, qui sait, de rivaliser un jour avec le richissime Paris Saint-Germain, sous pavillon qatari ?

    Le 20 novembre, foin de bling-bling, c’est dans la cantine du centre de formation du PFC, à Orly (Val-de-Marne) que Pierre Ferracci et Antoine Arnault, patron de deux fleurons du groupe de luxe LVMH, le maroquinier Berluti et le spécialiste du cachemire de très grand luxe, commentent l’union. Face à eux, des dizaines de caméras et une centaine de journalistes. L’affluence, pour une conférence de presse du PFC, est inédite. L’aîné de la fratrie Arnault, 47 ans, fan de foot et… du PSG, prend des accents philanthropiques : « L’idée est de rendre à la société, à Paris, à notre pays, ce qui nous a été donné. » Une manière adroite, peut-être aussi, de faire oublier les dribbles du patriarche avec le fisc.

    Un carnet d’adresses bien fourni

    Pierre Ferracci savoure le moment. Avec gourmandise, il évoque les coulisses de l’opération, en se gardant de tout dévoiler. La décision prise « avec [ses] deux fils, à l’été 2023 », de « s’associer à des forces économiques plus puissantes que les [leurs] » pour viser la Ligue 1. La satisfaction d’avoir trouvé, ensuite, par le biais de la banque Rothschild, un investisseur français « alors qu’aujourd’hui les deux tiers des clubs de L1 et de L2 sont contrôlés par des capitaux étrangers ». « Un enjeu de souveraineté nationale », ose-t-il, tout en reconnaissant que ces dernières années, il avait réuni au capital du Paris FC, « à titre minoritaire » certes, des actionnaires venus de Bahreïn, des Etats-Unis, d’Arménie et du Sri Lanka.

    Du montant du rachat, il ne dit rien ou presque. Il conservera 30 % des parts jusqu’en 2027, date prévue de son départ de la présidence du club. Agache Sport, la holding des Arnault, possédera alors 85 % du PFC, contre 15 % pour Red Bull – sous réserve que BRI Sports Holding, l’actionnaire anglo-sri-lankais, le seul qui résiste, accepte de vendre ses parts (7 %).

    Jongler avec les sujets économiques, politiques et sportifs, voilà la marque de fabrique de cet homme de réseaux. Autoproclamé « de gauche » et « homme de compromis », ce patron tout-terrain évolue au carrefour de plusieurs mondes. L’entrepreneur, aujourd’hui à la tête d’un groupe fort d’un millier de collaborateurs et d’un chiffre d’affaires annuel supérieur à 140 millions d’euros, côtoie depuis des décennies le gratin des grands patrons, des syndicalistes, comme des dirigeants sportifs. Il déteste l’expression « homme d’affaires », trop « péjorative » à ses yeux.

    Ses différentes activités lui ont permis de se constituer l’un des carnets d’adresses les plus fournis du Tout-Paris. Depuis vingt ans, il loue, au travers de sa société Alpha, une loge VIP au Stade de France – compter environ 200 000 euros à l’année. Il y invite les huiles du monde patronal et syndical. « Le foot, résume-t-il, c’est le sport le plus populaire de la planète. Il fédère beaucoup de personnes, d’états d’esprit différents. J’aime ça. »

    « Il était très militant »

    Le sport, pourtant, a d’abord occupé une place annexe dans sa vie. Car, avant tout, il y eut les affaires. Certes, dans les années 1960, gamin à Ajaccio, Pierre Ferracci allait voir les matchs du Gazélec, le club de foot des gaziers et électriciens corses. S’il en est resté un « supporteur historique », cela relevait en partie, à l’époque, du tropisme héréditaire.

    Albert Ferracci, son père, instituteur et ancien résistant, fut une figure éminente en Corse du Parti communiste. Sa mère, Rose, également enseignante et syndicaliste, partageait les mêmes engagements. Le soutien au Gazélec s’est imposé comme une évidence. Mais, niveau loisirs, le petit Pierre préfère encore, durant ses vacances d’été, les parties de chasse sous-marine du côté de Suartone, un village dans le sud de l’île, près de Bonifacio, où habite la famille du côté paternel.

    Doué à l’école, Pierre Ferracci monte à la capitale et mène des études d’économie et d’expertise comptable à l’université Paris-Dauphine. L’un de ses profs s’appelle Jacques Attali – on y reviendra. Déjà, l’étudiant porte plusieurs casquettes. Il adhère aux Jeunesses communistes – il prendra vite ses distances avec le #PCF – et à l’#UNEF, syndicat étudiant marqué à gauche. « Il était très militant mais pas gauchiste du tout », se remémore Paul-Antoine Luciani, un ami de la famille, figure #communiste et ancien adjoint à la #mairie d’Ajaccio.

    Rapports cordiaux avec Vincent #Bolloré

    Le jeune homme tisse des liens avec la #CGT. La figure de son père, très respecté chez les communistes, est un atout qu’il n’est pas besoin d’inscrire sur son CV. Précieux pour lancer sa carrière. Au début des années 1980, il rejoint un petit cabinet d’expertise-comptable, Maréchal. Très vite, il grimpe les échelons, en prend la tête. Les #lois_Auroux, en 1982 et en 1983, favorisent les négociations salariales et élargissent le rôle des comités d’entreprise (CE). #Pierre_Ferracci flaire le bon filon.

    Son groupe, #Alpha, qui voit le jour en 1983, d’abord avec le cabinet #Secafi, s’impose assez vite sur cette niche très rentable ; la CGT deviendra un de ses principaux clients, avec le syndicat des cadres #CFE-CGC plus récemment. Le cabinet de conseil travaille aujourd’hui pour environ 2 000 comités sociaux et économiques (#CSE). Le groupe s’est diversifié : il s’occupe aussi du reclassement des salariés, après un plan de licenciement. Un conflit d’intérêts, s’offusquent des concurrents du secteur qui reprochent à Alpha de jouer sur les deux tableaux, #syndical et #patronal. « La plupart du temps, on modifie à la marge les plans de licenciement. Donc l’accompagnement des salariés licenciés, c’est la suite logique », répond Pierre Ferracci.

    Grâce à son activité, il est l’un des #patrons les mieux informés de l’état de santé des grandes entreprises françaises. L’expert du #dialogue_social cultive une proximité avec un nombre incalculable de patrons. Il y a eu les #Corses, comme Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France (1997-2008), ou Jean-Marie Colombani, directeur du Monde (1994-2007). Et puis des figures du #CAC_40 et capitaines d’industrie, parmi lesquels le spécialiste du textile Maurice Bidermann (mort en 2020), l’ancien sidérurgiste et ex-ministre Francis Mer ou encore Vincent Bolloré.

    Pierre Ferracci connaît le milliardaire conservateur breton « depuis longtemps ». « Dans les années 1990, j’ai même réussi à lui faire rencontrer, lors d’un repas, Louis Viannet, le secrétaire général de la CGT. » Et d’ajouter, facétieux : « C’était à l’époque où Vincent Bolloré avait une image un peu plus sociale qu’aujourd’hui. » Il a conservé des rapports cordiaux avec l’industriel : « Mais on parle plus de football et de #Canal que du #JDD et de #CNews, si c’est ça que vous voulez savoir. »

    Donateur du candidat d’En marche !

    Pierre Ferracci n’a cessé de tisser son réseau, tous azimuts. Son étiquette d’expert des questions sociales est un précieux sésame. En 2007, au début de la présidence Sarkozy, il accepte d’être membre de la commission #Attali sur la libération de la croissance. Beaucoup, à la CGT, tiquent. Peu lui importe. Le Corse aime le rappeler aux journalistes : c’est Emmanuel Macron, alors banquier chez #Rothschild et rapporteur général adjoint de la commission, qui a glissé son nom. « Manu », comme il l’appelle en privé, le tutoyant, est depuis vingt ans l’un des amis de son fils aîné, #Marc_ferracci, économiste devenu ministre sous les gouvernements Barnier puis Bayrou.

    Etudiants à Sciences Po, Marc Ferracci et Emmanuel Macron ont préparé l’#ENA ensemble. Les révisions s’organisaient parfois dans le chic appartement que loue aujourd’hui encore Pierre Ferracci près du jardin du Luxembourg, à Paris. En 2017, l’homme d’affaires sera d’ailleurs l’un des donateurs du candidat d’En marche !, ce qui ne l’a pas empêché, par la suite, de critiquer publiquement l’actuel chef de l’Etat, avec qui il conserve des relations « respectueuses et amicales ». Insaisissable Pierre Ferracci. Sous la présidence #Hollande, en 2014, il est nommé à la tête du Conseil national éducation économie, une structure visant à favoriser le dialogue entre le système éducatif et les entreprises. Il a également été membre du Conseil d’orientation pour l’emploi.

    « Pierre, c’est un pont entre plusieurs mondes, courtois, bon vivant », résume le consultant en stratégie sociale Antoine Foucher, qui a appris à le connaître lorsqu’il travaillait au Medef, vers 2012-2013. « Je ne suis jamais pour la politique de la chaise vide, justifie Pierre Ferracci. Là où il y a moyen de faire passer ses idées, j’y vais. » Son mantra : que les choix économiques n’écrasent pas les questions sociales. Ses détracteurs dénoncent des compromissions, lui vante les « compromis équilibrés ».

    Débuts catastrophiques au Paris FC

    C’est le football qui va lui permettre d’étoffer encore ses réseaux. Au début des années 2000, le conseil général de Seine-Saint-Denis et la ville de Saint-Ouen demandent à son groupe un audit du Red Star, avant de le sonder pour qu’il reprenne les rênes du club. L’affaire n’est pas conclue, mais elle lui donne des idées. En 2007, Guy Cotret, dirigeant du Crédit foncier, fait entrer Pierre Ferracci dans l’actionnariat du Paris FC, alors en National, le troisième échelon français.

    Le Corse sympathise avec des dirigeants et des personnalités du ballon rond, comme le mythique entraîneur Arsène Wenger ou le journaliste Didier Roustan. « Le football lui a permis d’élargir son carnet d’adresses avec des personnalités qui ne sont pas forcément celles qu’il rencontrait habituellement à travers son activité », résume Guy Cotret. Qui, en 2012, se fait évincer par Pierre Ferracci de la tête du club. « Il avait mis au pot plus que moi, 1 million d’euros environ, se remémore le président déchu et fâché à l’époque. Il voulait garder la main. C’est un chef d’entreprise, il y a une part d’autoritarisme qui n’est pas anormale. Mais l’affaire s’est conclue en bonne intelligence. »

    Les débuts de la présidence Ferracci au Paris FC sont catastrophiques. Le club est relégué. Les entraîneurs valsent les uns après les autres. La venue comme conseiller de son ami le journaliste Charles Villeneuve, ex-président du PSG rencontré par l’intermédiaire d’#Alain_Minc, est un échec. Le projet, avec Jean-Marc Guillou, un ancien joueur de l’équipe de France qui a entraîné par la suite la Côte d’Ivoire, de faire venir des jeunes joueurs africains, ne prend pas non plus. « Ça m’a vacciné d’entrée, ça c’est sûr », observe Pierre Ferracci avec le recul. Depuis plus de dix ans, il ne jure plus que par la formation locale et la richesse du bassin parisien. « Il croit à ce projet et a une vision claire de ce qu’il veut faire », salue Jean-François Martins, ancien adjoint aux sports à la mairie de Paris.

    Accord critiqué avec le #Bahreïn

    En douze ans de présidence, Pierre Ferracci a professionnalisé le PFC. Sans parvenir à lui faire goûter à la Ligue 1. Un centre d’entraînement et de formation a été inauguré à Orly en 2019. Le budget du club, l’un des plus gros de Ligue 2, se situe désormais autour de 30 millions d’euros. Pierre Dréossi, figure connue de la Ligue 1 et manageur général du PFC de 2015 à 2020, loue un patron de club qui a su « trouver des partenaires financiers ».

    En 2015, ce fut d’abord Vinci comme sponsor – un groupe que le cabinet Secafi connaissait bien. Puis le Bahreïn en 2020, à l’époque pour 25 millions d’euros et 20 % du capital du club – et 2 millions d’euros annuels pour être sponsor maillot. L’accord a suscité son lot de critiques, d’autant que le prince Nasser Ben Hamed Al Khalifa, à la tête du fonds bahreïni, est accusé par plusieurs ONG d’actes de torture. « Vous avez au Bahreïn une synagogue, une église catholique, une église orthodoxe et beaucoup plus de liberté pour les femmes qu’au Qatar, donc je n’avais pas de problème avec le Bahreïn », balaie cet athée revendiqué – « je suis très croyant : je crois que Dieu n’existe pas » –, qui apprécie peu de recevoir des leçons.

    Pierre Ferracci reconnaît d’ailleurs sans mal avoir essayé, « dans les années 2014-2015 », de recruter le géant russe #Gazprom comme sponsor : « En octobre 2015, j’ai même eu un rapide échange avec #François_Hollande, #Vladimir_Poutine et #Alexandre_Orlov [ambassadeur de la Russie à Paris] à ce sujet. » Aucun accord n’a été trouvé, mais la rencontre lui a rappelé l’époque où Alpha avait des bureaux à Saint-Pétersbourg et à Moscou.

    Ces dernières années, avant le rachat par #les_Arnault, il a réussi, grâce à son seul entregent, quelques « coups ». Comme faire de Raï, l’ex-star brésilienne du PSG, pas vraiment désireuse de travailler avec les Qataris, un ambassadeur du PFC. Ou de rendre gratuite la billetterie du stade Charléty, l’enceinte du Paris FC, aux tribunes souvent aux trois quarts vides – cela a un peu changé ces derniers mois. Fin novembre 2024, il a nommé son ami #Michel_Denisot au conseil d’administration du PFC. L’homme de télé, ex-président du PSG, est aussi un ancien de Canal+. Le dirigeant du PFC milite d’ailleurs pour qu’un jour la #chaîne_cryptée et le football français renouent leur longue alliance, interrompue ces dernières années. En vain pour l’instant.

    L’affaire de ses villas

    Au cours des dernières semaines, la BBC, le New York Times ou le Washington Post l’ont sollicité pour des interviews. Flatteur, même pour cet habitué de la presse. S’il est intarissable sur les mille et une nuances du monde syndical, les petites ou grandes histoires du football européen, il l’est beaucoup moins, en revanche, sur ce qu’il considère relever de son intimité. De son goût pour les bolides, il n’a jamais rien dit. Rien non plus sur ses revenus – un peu plus de 750 000 euros déclarés auprès du fisc pour l’année 2018, selon nos informations.

    L’affaire de ses deux villas et de sa piscine près de #Suartone, en Corse, qui lui ont valu une longue bataille judiciaire et 1 #million_d’euros d’amende pour un permis de construire non respecté, l’agace encore. S’il a pu conserver les #villas, il n’a pas digéré les nombreux articles écrits. « Une conséquence de ma relation avec Emmanuel Macron », estime-t-il à propos de cette #attention_médiatique. Mais, même sur ces polémiques, le verbe s’emporte rarement. « Il est assez insondable, Pierre, observe Jean-François Martins, l’ex-adjoint parisien, c’est assez déroutant. Il n’est pas surexpressif, même s’il dit ce qu’il pense. »

    Le ton affable et le goût revendiqué pour le dialogue social de Pierre Ferracci ne convainquent pas tout le monde. Plusieurs ex-salariés du groupe Alpha décrivent, sous couvert d’anonymat, un patron « autocrate » et « un management de la tension ». Simple aigreur de collaborateurs licenciés ? Pas sûr : l’inspection du travail s’est émue, à plusieurs reprises, au mitan des années 2010, du manque de dialogue chez Secafi-Alpha lors de plans de réorganisation, avec des #syndicats_internes informés « au compte-goutte ».

    En 2015, un fichier des ressources humaines listant des dizaines de salariés avec des remarques désobligeantes et parfois personnelles fuite. #Scandale dans le groupe. « Il y a eu des sanctions, ces pratiques n’existent plus », assure Pierre Ferracci. Et d’ajouter : « Le groupe Alpha n’est ni une entreprise parfaite ni, compte tenu du modèle social qu’elle a mis en place, un groupe qui doit être l’objet de toutes les critiques, tant s’en faut. »

    Des mystères demeurent
    Au sein du Paris FC, depuis ses débuts compliqués, tout le monde reconnaît l’implication de Pierre Ferracci. Il assiste à la plupart des matchs. Mais quelques mystères demeurent. Combien d’argent a-t-il mis dans le club depuis près de quinze ans ? « Beaucoup, beaucoup », sourit-il. Mais encore ? « Ça, je ne le dirai jamais. » Malgré nos relances, il ne précise pas, non plus, à quel prix le club a été racheté – « ça n’a pas grande importance ». D’une formule, il reconnaît tout de même : « C’est une très belle #valorisation. » Et ajoute qu’il est « ravi que tous les actionnaires qui [l]’ont suivi depuis le départ n’ont pas perdu d’argent mais en ont gagné » avec la reprise par les Arnault. Lui compris, évidemment.

    Au sujet des nouveaux propriétaires, Pierre Ferracci l’assure : il ne connaissait pas personnellement la #famille_Arnault avant le printemps, au début des négociations. Avec son groupe Alpha, il avait pourtant eu à gérer, dans les années 2000, deux dossiers sensibles liés à LVMH. D’abord, la fermeture contestée de la Samaritaine, où son cabinet Secafi avait été très critiqué par des salariés l’accusant d’avoir joué le jeu de la direction. Ensuite, le rachat (d)#Les_Echos par #Bernard_Arnault.

    Antoine Arnault confirme n’avoir, avant le printemps 2024, que « croisé » le président du PFC « dans différentes réceptions ou événements liés à nos vies professionnelles ». Mais, depuis le printemps, ils ont appris à se connaître et à s’apprécier. Le patron de Berluti salue des #négociations menées « avec une grande intelligence et une grande patience ». « Après, nuance le nouveau propriétaire du Paris FC, c’est quelqu’un qui a aussi ses idées et qui n’en démord pas, et va négocier de manière extrêmement déterminée. Ce n’est pas un enfant de chœur, Pierre Ferracci. » C’est dit comme un compliment.

    Le casse-tête du stade

    Ces dernières semaines, Antoine Arnault, habitué aux tribunes VIP du Parc des Princes, a assisté à des matchs de son nouveau club. Même si l’enceinte du Paris FC n’a pas de loges, il a pu y côtoyer du beau monde. « Pierre Ferracci est quelqu’un qui a une très grande intelligence des gens et qui arrive à se les mettre dans la poche, jauge-t-il. Quand je vais à Charléty et que je croise aussi bien Philippe Martinez que Pascal Obispo… Il réussit à réunir des gens d’univers très différents et à les faire dialoguer. Dieu merci, avec Martinez, ce n’est pour l’instant que pour parler foot ! »

    Cette année, Pierre Ferracci a promis de passer la main à la présidence du groupe Alpha. D’ici à l’automne, il souhaite créer un fonds de dotation pour soutenir des actions liées à « l’éducation des tout-petits », un sujet cher à ce fils d’instits. Sa casquette de président du Paris FC, pour trois ans encore, devrait bien l’occuper.

    Les #chantiers ne manquent pas. Il y a cette montée en Ligue 1, dont il rêve depuis des années. L’agrandissement du centre d’entraînement, à #Orly, qui paraît sous-dimensionné au vu des ambitions des nouveaux propriétaires. Et puis, surtout, le casse-tête du stade. #Charléty, avec sa piste d’athlétisme et ses tribunes ouvertes aux quatre vents, n’est pas l’écrin rêvé. Il faudrait le réaménager, si la Ville de Paris l’accepte. Afin de pouvoir accueillir les célébrités qui devraient se presser en tribunes, pour voir jouer le club alliant désormais le savoir-faire du président Ferracci à l’argent des Arnault.

    #Yann_Bouchez

  • « #Carte_du_QI » : le député d’extrême droite #Alexandre_Allegret-Pilot partage une théorie raciste

    Le député Alexandre Allegret-Pilot (UDR) a diffusé sur X une carte dont sont friands les partisans de la théorie d’une #hiérarchisation_intellectuelle_des_races. Interrogé par Mediapart, il dit la trouver « intéressante » et dénonce un « procès d’intention ».


    Le rythme est difficile à suivre. Sur son compte X public, le député d’extrême droite Alexandre Allegret-Pilot publie une dizaine de messages par jour, parfois plusieurs fois par heure. Aux photos de paysages montagneux et d’églises se mélangent diverses invectives contre la gauche, moqueries des questions de justice sociale et critiques des « bien-pensants ».

    En général, ses publications ne touchent pas grand monde – le compte d’Alexandre Allegret-Pilot, élu en juillet 2024 sous la bannière Rassemblement national (RN) et les Républicains d’Éric Ciotti, n’est suivi que par 2 000 internautes. De temps en temps cependant, la popularité d’un message s’envole. C’est le cas d’une publication du 26 décembre, qui a touché près de 400 000 personnes en trois jours.

    On y voit une carte du monde censée représenter le « #Quotient_intellectuel (#QI) moyen par pays en 2024 », écrit le député, ajoutant que « les six premiers pays sont asiatiques ». Cette illustration n’est pas anodine ; il s’agit d’une carte régulièrement partagée par les tenants d’une idéologie raciste, qui supposent une #hiérarchie_raciale du QI dans le monde.

    Le continent africain et le Moyen-Orient y apparaissent en rouge, symbolisant, selon l’échelle et le gradient de couleur sélectionné, une infériorité supposée du quotient intellectuel des populations de ces régions du monde, par rapport aux Européens ou à la Chine et au Japon. Le QI est une unité de mesure obtenue avec un test ​​psychologique, censée représenter de manière abstraite le niveau d’intelligence d’une personne.

    Interrogé par Mediapart, le député Allegret-Pilot assure ne pas voir de problème dans cette représentation : « L’objet de ma publication se limite à mon commentaire, à savoir constater la performance des pays asiatiques. [...] Je ne m’intéresse pas à savoir qui partage quoi et m’en tiens à communiquer les informations ou représentations graphiques que je trouve intéressantes. »

    Des données contestées qui soutiennent une idéologie raciste

    La « carte du QI » a émergé au milieu des années 2000, après la publication de l’essai controversé IQ and Global Inequality (non traduit en français) du psychologue Richard Lynn et du chercheur en sciences politiques Tatu Vanhanen (https://en.wikipedia.org/wiki/IQ_and_Global_Inequality). La méthodologie et les conclusions des deux auteurs, qui déduisent un lien entre #génétique et #intelligence, ont été largement critiquées par la communauté scientifique.

    #Richard_Lynn s’est d’ailleurs vu retirer en 2018 son titre de professeur émérite par l’université d’Ulster (Irlande du Nord) à cause de vues qualifiées de « sexistes et racistes ». Il avait aussi théorisé l’idée selon laquelle les femmes seraient plus bêtes que les hommes, car elles auraient un cerveau de taille plus petite.

    « Il est important que les personnes qui voient cette carte aient conscience des différents facteurs qui peuvent nourrir ces différences [de QI]. L’hypothèse génétique n’est nullement démontrée, et il existe des hypothèses mieux étayées par les données », explique à Mediapart le chercheur en sciences cognitives Franck Ramus. Ce directeur de recherche au CNRS a consacré un billet de blog à cette « carte mondiale des QI » en 2019, alors qu’une partie de la fachosphère s’était donné pour mission de la partager un maximum – Libération s’en était alors fait l’écho.

    « Tout le problème réside dans l’interprétation qu’on donne à cette carte. L’erreur est de penser qu’elle décrit quelque chose de définitif, de parfaitement objectif qui décrirait des différences intrinsèques entre les peuples de différents pays », ajoute Franck Ramus.

    Le chercheur a envoyé publiquement son article au député Alexandre Allegret-Pilot, qui lui a simplement répondu, samedi, « Article qui confirme la pertinence des données. Merci », suivi d’une émoticône en forme de cœur. La publication souligne à l’inverse que les méthodes utilisées sont contestables, notamment parce que « les scores représentés n’ont pas été obtenus avec des tests comparables sur des échantillons représentatifs de la population dans chaque pays ».

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    La #fachosphère et la « #cartosphère »

    C’est en référence à cette carte que certains internautes ont commencé à détourner l’émoji « planisphère », notamment sur le web français à la fin des années 2010. Alors que le chirurgien Laurent Alexandre demande le retrait de la « carte du QI » du site Wikipédia car elle serait « un encouragement aux thèses extrémistes et ségrégationnistes », des opposants décident au contraire de s’en emparer et de la diffuser massivement, sous forme d’illustration ou d’émoticône.

    Cette pratique est courante au sein de la fachosphère, pour qui les images simples et les symboles facilement identifiables sont à la fois des signes de ralliement et une manière efficace et peu coûteuse de propager des théories xénophobes. Le geste « OK » est par exemple considéré comme un signe haineux, tandis que le symbole « enseigne de barbier » est utilisé par des internautes français pour signifier leur satisfaction lorsqu’un homme racisé décède.

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    « Cette carte n’a été validée par aucune étude scientifique sérieuse, elle a été faite pour propager une vision raciste du monde, a commenté la journaliste scientifique britannique Angela Saini, autrice du livre Superior : The Return of Race Science (non traduit en français) en 2020 au micro de FranceInfo (https://en.wikipedia.org/wiki/Superior:_The_Return_of_Race_Science). Le racisme et le suprémacisme blanc reviennent en force aujourd’hui. Ces #idéologies se tournent toujours vers la science pour se légitimer. Parce que la #science, c’est censé être objectif. »

    Auprès de Mediapart, le député Alexandre Allegret-Pilot parle d’un « procès d’intention », et assure ne pas y voir de problème. « Toutes les cartes ont des #biais et critiques : je publie régulièrement des cartes et graphiques (aucun n’étant exempt de biais et critiques potentiels) mais celle-ci semble déclencher une réaction toute passionnelle et sans lien avec son objet. »

    Les #réseaux_sociaux comme terrain de jeu de l’#extrême_droite

    Il est vrai que le député, désormais affilié à l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, partage de nombreuses cartes et graphiques, le plus souvent sans citer de sources. Des heures annuelles travaillées par habitant dans le monde au taux de production industrielle en Suisse, de l’augmentation du nombre de célibataires sans enfant aux États-Unis au pourcentage d’hommes chez les assistant·es maternel·les… Tout est envoyé pêle-mêle, sans, visiblement, aucun besoin d’approfondir.

    L’élu de la 5e circonscription du Gard comptait, au cours de la campagne des législatives surprises de cet été, parmi les « brebis galeuses », selon l’expression de Jordan Bardella, que le Rassemblement national a laissées se présenter sous sa bannière, malgré la découverte de leurs nombreuses casseroles.

    Midi Libre, par exemple, avait retrouvé des tweets dans lesquels Alexandre Allegret-Pilot assurait que la « parité est une régression » ou avait suggéré un « aller simple » en avion à Rima Hassan, candidate LFI aux européennes. Il n’avait pas contesté leur authenticité, mais estimait être « victime d’une cabale malhonnête ».

    Ces publications exhumées n’ont pas empêché celui qui se définit comme « montagnard et entrepreneur » – et qui fait aussi l’objet d’une enquête du Parquet national financier pour avoir potentiellement signé un arrêté illégal alors qu’il était en poste à Bercy, une histoire rocambolesque révélée par Le Monde – de l’emporter avec 51,58 % des voix, face au député sortant Michel Sala (LFI).

    Par écrit, Alexandre Allegret-Pilot assure à Mediapart qu’il « soutient la lutte contre le racisme et le sexisme » mais qu’il est « critique (parfois moqueur) envers tous les militants racistes et sexistes (y compris misandres donc) ».

    En octobre 2024, Marine Le Pen aurait demandé à tous les nouveaux collaborateurs parlementaires des député·es RN de faire connaître « leurs éventuels anciens tweets problématiques, photos compromettantes sur les réseaux sociaux ou engagements trop radicaux », selon La Lettre, ce qui n’a pas empêché plusieurs médias comme Mediapart, Les Jours ou StreetPress de mettre au jour certains de leurs propos xénophobes, racistes ou sexistes. Confronté·es à ces écrits, pour la plupart mis en ligne sur les plateformes comme Facebook ou X, certain·es député·s RN ont choisi de prendre la défense de leurs collaborateurs et collaboratrices.

    Alexandre Allegret-Pilot a quant à lui décidé de laisser en ligne sa publication de la « carte de QI », qui a engendré plus de deux cents réponses en soixante-douze heures. Une partie des internautes lui indique que cette représentation est « raciste », certain·es lui rappellent qu’elle n’a « aucun sens scientifiquement ». « Les conclusions, elles sont où, monsieur le député ? », lui lance un abonné. « Épousez une Japonaise », lui rétorque ce dernier. Dimanche 29 décembre, X a finalement restreint l’accès au post en France, à la suite de signalements d’utilisateurs du réseau social.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/301224/carte-du-qi-le-depute-d-extreme-droite-alexandre-allegret-pilot-partage-un
    #racisme #QI #cartographie #visualisation

    ping @reka @visionscarto @cede @karine4

  • Où le journal officiel de tous les pouvoirs finit de lâcher «le Rastignac d’Amiens»
    Emmanuel Macron, le double état permanent
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/12/19/emmanuel-macron-le-double-etat-permanent_6457769_823448.html

    « Le problème des urgences dans ce pays, c’est que c’est rempli de Mamadou, lance le chef de l’Etat.

    – Non, ce n’est pas le premier problème de l’hôpital, nuance le ministre de la santé.

    – Si, si. Vas-y, tu vas voir ! »

    https://justpaste.it/g83oh

  • #Alexandre_Grothendieck, #légende #rebelle des mathématiques : un podcast à écouter en ligne | #France_Culture

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-alexandre-grothendieck-legende-rebelle-des-mathematiques

    #podcast
    #maths
    #mathematiques

    L’histoire d’Alexandre Grothendieck commence à Berlin en 1928 dans une famille anarchiste. Son enfance est dès le début marquée par les grands tremblements historiques du 20ᵉ siècle : la montée du nazisme, la guerre d’Espagne, les camps de concentration français. Il découvre la mystérieuse beauté des mathématiques alors qu’il est interné dans un camp, puis caché avec d’autres enfants juifs au Chambon sur Lignon. Après la Libération, la passion des mathématiques et la persévérance mènent cet étudiant apatride au cœur de l’émulation intellectuelle de son époque. En moins de quinze ans, il révolutionne les mathématiques : elles ne seront plus jamais les mêmes après son passage. Mais la guerre du Vietnam fait éclater sa bulle d’abstraction : c’est là que commencent son engagement antimilitariste, écologique et sa critique des technosciences, l’isolant peu à peu des cercles académiques. Il termine sa carrière à l’université de Montpellier et peu de temps après sa retraite en 1990, il coupe les ponts avec la société et disparaît. À sa mort en 2014, des dizaines de milliers de pages sont découvertes dans sa maison en Ariège, fruit de 23 années de travail en solitaire. Elles restent encore à déchiffrer.

    Il laisse au monde une œuvre mathématique et littéraire immense, aussi bien citée et explorée par les chercheurs en mathématiques fondamentales que par des ingénieurs de Huawei, convaincus d’y trouver les nouveaux secrets de l’intelligence artificielle. Son nom sert également de point de ralliement aux écologistes pour dénoncer les dérives de la science.

    Avec les témoignages de ses proches, de ses anciens élèves et de celles et ceux qui ont croisé sa route ou son œuvre, cette Grande Traversée retrace le parcours du plus grand génie des mathématiques du 20ᵉ siècle et d’un pionnier de la pensée écologique et technocritique.

    Une Grande Traversée de Marie Durrieu réalisée par Gaël Gillon et et Rafik Zénine.

    Textes lus par Jean Christophe Quenon et Daniel Kenigsberg

    Prise de son : Martin Troadec, Christophe Papon, Pierre Henry et Antoine Viossat.

    Mixage : Pierric Charles

    Documentation INA : Isabelle Fort Rendu

    Coordination : Christine Bernard

  • In isolation, Alexander #Grothendieck seemed to have lost touch with reality, but some say his metaphysical theories could contain wonders
    https://www.theguardian.com/science/article/2024/aug/31/alexander-grothendieck-huawei-ai-artificial-intelligence

    The hermit’s name was Alexander Grothendieck. Born in 1928, he arrived in France from Germany as a refugee in 1939, and went on to revolutionise postwar mathematics as Einstein had physics a generation earlier. Moving beyond distinct disciplines such as geometry, algebra and topology, he worked in pursuit of a deeper, universal language to unify them all. At the heart of his work was a new conception of space, liberating it from the Euclidean tyranny of fixed points and bringing it into the 20th-century universe of relativity and probability. The flood of concepts and tools he introduced in the 1950s and 60s awed his peers.

    #alexandre_grothendieck

    • Wahou très très bel article. ça faisait longtemps que j’avais pas lu un vrai bon journaliste. Merci.
      Quant à Grothendieck, il doit faire des loopings dans sa tombe avec Huawei qui fait de l’IA avec ses travaux.

    • He was in mystic delirium’: was this hermit mathematician a forgotten genius whose ideas could transform AI – or a lonely madman?

      In isolation, Alexander Grothendieck seemed to have lost touch with reality, but some say his metaphysical theories could contain wonders
      By Phil Hoad

      Pyrenean foothills, Jean-Claude, a landscape gardener in his late 50s, was surprised to see his neighbour at the gate. He hadn’t spoken to the 86-year-old in nearly 15 years after a dispute over a climbing rose that Jean-Claude had wanted to prune. The old man lived in total seclusion, tending to his garden in the djellaba he always wore, writing by night, heeding no one. Now, the long-bearded seeker looked troubled.

      “Would you do me a favour?” he asked Jean-Claude.

      “If I can.”

      “Could you buy me a revolver?”

      Jean-Claude refused. Then, after watching the hermit – who was deaf and nearly blind – totter erratically about his garden, he telephoned the man’s children. Even they hadn’t spoken to their father in close to 25 years. When they arrived in the village of Lasserre, the recluse repeated his request for a revolver, so he could shoot himself. There was barely room to move in his dilapidated house. The corridors were lined with shelves heaving with flasks of mouldering liquids. Overgrown plants spilled out of pots everywhere. Thousands of pages of arcane scrawling were lined up in canvas boxes in his library. But his infirmity had put paid to his studies, and he no longer saw any purpose in life. On 13 November, he died exhausted and alone in hospital in the neighbouring town of St-Lizier.

      The hermit’s name was Alexander Grothendieck. Born in 1928, he arrived in France from Germany as a refugee in 1939, and went on to revolutionise postwar mathematics as Einstein had physics a generation earlier. Moving beyond distinct disciplines such as geometry, algebra and topology, he worked in pursuit of a deeper, universal language to unify them all. At the heart of his work was a new conception of space, liberating it from the Euclidean tyranny of fixed points and bringing it into the 20th-century universe of relativity and probability. The flood of concepts and tools he introduced in the 1950s and 60s awed his peers.

      Alexander Grothendieck teaching at the elite Institut des Hautes Études Scientifiques in the 1960s. Photograph: IHES
      Then, in 1970, in what he later called his “great turning point”, Grothendieck quit. Resigning from France’s elite Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES) – in protest at funding it received from the ministry of defence – put an end to his high-level mathematics career. He occupied a few minor teaching posts until 1991, when he left his home underneath Provence’s Mont Ventoux and disappeared. No one – friends, family, colleagues, the intimates who knew him as “Shurik” (his childhood nickname, the Russian diminutive for Alexander) – knew where he was.

      Grothendieck’s capacity for abstract thought is legendary: he rarely made use of specific equations to grasp at mathematical truths, instead intuiting the broader conceptual structure around them to make them surrender their solutions all at once. He compared the two approaches to using a hammer to crack a walnut, versus soaking it patiently in water until it opens naturally. “He was above all a thinker and a writer, who decided to apply his genius mostly to mathematics,” says Olivia Caramello, a 39-year-old Italian mathematician who is the leading proponent of his work today. “His approach to mathematics was that of a philosopher, in the sense that the way in which one would prove results was more important to him than the results themselves.”

      In Lasserre, he lived in near-complete solitude, with no television, radio, phone or internet. A handful of acolytes trekked up to the village once his whereabouts filtered out; he politely refused to receive most of them. When he did exchange words, he sometimes mentioned his true friends: the plants. Wood, he believed, was conscious. He told Michel Camilleri, a local bookbinder who helped compile his writings, that his kitchen table “knows more about you, your past, your present and your future than you will ever know”. But these wild preoccupations took him to dark places: he told one visitor that there were entities inside his house that might harm him.

      Grothendieck’s genius defied his attempts at erasing his own renown. He lurks in the background of one of Cormac McCarthy’s final novels, Stella Maris, as an eminence grise who leads on its psychically disturbed mathematician protagonist. The long-awaited publication in 2022 of Grothendieck’s exhaustive memoir, Harvests and Sowings, renewed interest in his work. And there is growing academic and corporate attention to how Grothendieckian concepts could be practically applied for technological ends. Chinese telecoms giant Huawei believes his esoteric concept of the topos could be key to building the next generation of AI, and has hired Fields medal-winner Laurent Lafforgue to explore this subject. But Grothendieck’s motivations were not worldly ones, as his former colleague Pierre Cartier understood. “Even in his mathematical milieu, he wasn’t quite a member of the family,” writes Cartier. “He pursued a kind of monologue, or rather a dialogue with mathematics and God, which to him were one and the same.”

      Beyond his mathematics was the unknown. Were his final writings, an avalanche of 70,000 pages in an often near-illegible hand, the aimless scribblings of a madman? Or had the anchorite of Lasserre made one last thrust into the secret architecture of the universe? And what would this outsider – who had spurned the scientific establishment and modern society – make of the idea of tech titans sizing up his intellectual property for exploitation?

      In a famous passage from Harvests and Sowings, Grothendieck writes that most mathematicians work within a preconceived framework: “They are like the inheritors of a large and beautiful house all ready-built, with its living rooms and kitchens and workshops, and its kitchen utensils and tools for all and sundry, with which there is indeed everything to cook and tinker.” But he is part of a rarer breed: the builders, “whose instinctive vocation and joy is to construct new houses”.

      Now his son, Matthieu Grothendieck, is working out what to do with his father’s home. Lasserre lies on the top of a hill 22 miles (35km) north of the Spanish border, in the remote Ariège département, a haven for marginals, drifters and utopians. I first walk up there one piercingly cold January morning in 2023, mists cloaking forests of oak and beech, red kites surveying the fields in between. Grothendieck’s home – the only two-storey house in Lasserre – is at the village’s southern extremity. Hanging above the road beyond are the snow-covered Pyrenees: a promise of a higher reality.

      Matthieu answers the door wearing a dressing gown, with the sheepish air of a man emerging from hibernation. The 57-year-old has deeply creased features and a strong prow of a nose. Inheriting the house where his father experienced such mental ordeals weighs on him. “This place has a history that’s bigger than me,” he says, his voice softened by smoking. “And as I haven’t got the means to knock it into shape, I feel bad about that. I feel as if I’m still living in my father’s house.”

      A former ceramicist, he is now a part-time musician. In the kitchen, a long, framed scroll of Chinese script stands on a sideboard, next to one photograph of a Buddha sculpture and two of his mother, Mireille Dufour, whom Grothendieck left in 1970. (Matthieu is her youngest child; he has a sister, Johanna, and brother, Alexandre. Grothendieck also had two other sons, Serge and John, with two other women.) Above Matthieu’s bed is a garish portrait of his paternal grandfather, Alexander Schapiro, a Ukrainian Jewish anarchist who lost an arm escaping a tsarist prison, and later fought in the Spanish civil war.

      Even with all his wisdom and the depth of his insight, there was always a sense of excessiveness about my father. He always had to put himself in danger
      Schapiro and his partner, the German writer Johanna Grothendieck, left the five-year-old Grothendieck in foster care in Hamburg when they fled Nazi Germany in 1933 to fight for the socialist cause in Europe. He was reunited with his mother in 1939, and lived the remainder of the war in a French internment camp or in hiding. But his Jewish father, interned separately, was sent to Auschwitz and murdered on arrival in 1942. It was this legacy of abandonment, poverty and violence that drove the mathematician and finally overwhelmed him, Matthieu suggests: “Artists and geniuses are making up for flaws and traumas. The wound that made Shurik a genius caught up with him at the end of his life.”

      Matthieu leads me into the huge, broken-down barn behind the house. Heaped on the bare-earth floor is a mound of glass flasks encased in wicker baskets: inside them are what remains of the mathematician’s plant infusions, requiring thousands of litres of alcohol. Far removed from conventional mathematics, Grothendieck’s final studies were fixated on the problem of why evil exists in the world. His last recorded writing was a notebook logging the names of the deportees in his father’s convoy in August 1942. Matthieu believes his father’s plant distillations were linked with this attempt to explain the workings of evil: a form of alchemy through which he was attempting to isolate different species’ properties of resilience to adversity and aggression. “It’s hard to understand,” says Matthieu. “All I know is that they weren’t for drinking.”

      Later, Matthieu agrees to let me look at his father’s Lasserre writings – a cache of esoterica scanned on to hard disk by his daughter. At the start of 2023, the family were still negotiating their entry into the French national library; the writings have now been accepted and at some point will be publicly available for research. Serious scholarship is needed to decide their worth on mathematical, philosophical and literary levels. I’m definitely not qualified on the first count.

      I open a first page at random. The writing is spidery; there are occasional multicoloured topological diagrams, namechecks of past thinkers, often physicists – Maxwell, Planck, Einstein – and recurrent references to Satan and “this cursed world”. His children are struggling to fathom this prodigious output, too. “It’s mystic but also down to earth. He talks about life with a form of moralism. It’s completely out of fashion,” says Matthieu. “But in my opinion there are pearls in there. He was the king of formulating things.”

      After a couple of hours’ reading, head spinning, I feel the abyss staring into me. So imagine what it was like for Grothendieck. According to Matthieu, a friend once asked his father what his greatest desire was. The mathematician replied: “That this infernal circle of thought finally ceases.”

      The colossal folds of Mont Ventoux’s southern flank are mottled with April cloud shadow as cyclists skirt the mountain. In the Vaucluse département of Provence, this is the terrain where Alexander Grothendieck took his first steps into mysticism. Now, another of his sons, Alexandre, lives in the area. I wander up a bumpy track to see the 62-year-old ambling out of oak woods, smiling, to meet me. Wearing a moth-eaten jumper, dark slacks and slippers, Alexandre is slighter than his brother, with wind-chafed cheeks.

      He leads me into the giant hangar where he lives. It is piled with amps and instruments; at the back is a workshop where he makes kalimbas, a kind of African thumb piano. In 1980, his father moved a few kilometres to the west, to a house outside the village of Mormoiron. In the subsequent years, Grothendieck’s thoughts turned inwards towards bewildering spiritual vistas. “Even with all his wisdom and the depth of his insight, there was always a sense of excessiveness about my father,” says Alexandre. “He always had to put himself in danger. He searched for it.”

      Grothendieck had abandoned the commune he had been part of since 1973 in a village north of Montpellier, where he still taught at the university. From 1970 onwards, he had been one of France’s first radical ecologists and became increasingly preoccupied with meditation. In 1979, he spent a year dwelling intensely on his parents’ letters, a reflection that stripped away any lingering romanticism about them. “The myth of their great love fell flat for Shurik – it was a pure illusion,” says Johanna Grothendieck, who bears her grandmother’s name. “And he was able to decrypt all the traumatic elements of his childhood. He realised he had been quite simply abandoned by his own mother.”

      This preoccupation with the past intensified into the mid-1980s, as Grothendieck worked on the manuscript for Harvests and Sowings. A reflection on his mathematical career, it was filled with stunning aphoristic insights, like the house metaphor. But, choked with David Foster Wallace-like footnotes, it was relentless and overwhelming, too – and steeped in a sense of betrayal by his former colleagues. In the wake of his revelations about his parents, this feeling became a kind of governing principle. “It was a systematic thing with our papa – to put someone on a pedestal, in order to see their flaws. Then – bam! – they went down in flames,” says Alexandre.

      Although he still produced some mathematical work during this period, Grothendieck delved further into mysticism. He looked to his dreams as a conduit to the divine; he believed they were not products of his own psyche, but messages sent to him by an entity he called the Dreamer. This being was synonymous with God; as he conceived it, a kind of cosmic mother. “Like a maternal breast, the ‘grand dream’ offers us a thick and savorous milk, good to nourish and invigorate the soul,” he later wrote in The Key of Dreams, a treatise on the subject. Pierre Deligne, the brilliant pupil he accused in Harvests and Sowings of betraying him, felt his old master had lost his way. “This was not the Grothendieck I admired,” he says, on the phone from Princeton’s Institute for Advanced Study.

      He became totally isolated. He was no longer in contact with nature. He had cut ties with everyone
      By summer 1989, the prophetic dreams had intensified into daily audiences, “absorbing almost all of my time and energy”, with an angel Grothendieck called either Flora or Lucifera, depending on whether she manifested as benevolent or tormenting. She tutored him in a new cosmology, central to which was the question of suffering and evil in God’s greater scheme. He believed, for example, that the speed of light being close to, but not precisely, 300,000km a second, was evidence of Satan’s interference. “He was in a form of mystic delirium,” says another former pupil, Jean Malgoire, now a professor at Montpellier University. “Which is also a form of mental illness. It would have been good if he could have been seen by a psychiatrist at that point.”

      In real life, he had become forbidding and remote. Matthieu spent two months in Mormoiron working on the house; during that time, his father invited him in only once. His son blew his top: “He’d lost interest in others. I could no longer feel any authentic or sincere empathy.” But Grothendieck was still interested in people’s souls. On 26 January 1990, he sent 250 of his acquaintances – including his children – a messianic, seven-page typed epistle, entitled Letter of the Good News. He announced a date – 14 October 1996 – for the “Day of Liberation” when evil on Earth would cease, and said they had been chosen to help usher in the new era. It was “a kind of remake of the most limited aspects of Christianity”, says Johanna.

      Then in June 1990, as if to firm up his spiritual commitment, Grothendieck fasted for 45 days (he wanted to beat Christ’s 40), cooling himself in the heat of summer in a wine barrel filled with water. As he watched his father shrivel to an emaciated frame reminiscent of the Nazi concentration camp prisoners, Alexandre realised he may have been emulating someone else: “In some way, he was rejoining his father.”

      Grothendieck almost died. He only relented when persuaded to resume eating by Johanna’s partner. She believes the fast damaged her father’s brain on a cellular level in a way impossible for a 62-year-old to recover from, further loosening his grip on rationality. Shortly afterwards, he summoned Malgoire to Mormoiron to collect 28,000 pages of mathematical writings (now available online). He showed his student an oil drum full of ashes: the remains of a huge raft of personal papers, including his parents’ letters, he had burned. The past was immaterial, and now Grothendieck could only look ahead. One year later, without warning, he moved away from his house on a trajectory known only to him.

      A circular slab of black pitted sandstone, fashioned by Johanna and now smothered in wild roses, marks Grothendieck’s resting place in Lasserre churchyard. It’s almost hidden behind a telegraph post. The mathematician was alone when he died in hospital; after several weeks in their company, he had spurned his children again, only accepting care from intermediaries.

      The presence of his family seemed to stir up unbearable feelings. In his writings, he evaluates the people in his life for how much they are under the sway of Satan. But, as Alexandre points out, this was also a projection of his own seething unconscious: “He didn’t like what he saw in the mirror we held out to him.”

      An elderly Alexander Grothendieck, with a long grey beard and glasses, in bed, wearing a wooly hat, with a painting of another man on the wall behind him

      They only discovered his whereabouts in Lasserre by accident: one day in the late 90s Alexandre signed up for car insurance, and the company said they already had an address for an Alexander Grothendieck on file. Deciding to make contact, Alexandre spotted his father across the marketplace in the town of St-Girons, south of Lasserre. “Suddenly, he sees me,” says Alexandre. “He’s got a big smile, he’s super-happy. So I said to him: ‘Let me take your basket.’ And all of a sudden, he has a thought that he shouldn’t have anything to do with me, and his smile turns the other way. It lasted a minute and a half. A total cold shower.” He didn’t see his father again until the year he died.

      At least until the early 00s, Grothendieck worked at a ferocious pace, often writing up the day’s “meditation” at the kitchen table in the dead of night. “He became totally isolated. He was no longer in contact with nature. He had cut ties with everyone,” says Johanna.

      He vacillated about the date of the Day of Liberation, when evil on Earth would cease. Recalculating it as late August or early September 1996 instead of the original October date, he was crestfallen at the lack of celestial trumpets. Mathematicians Leila Schneps and Pierre Lochak, who had tracked him down a year earlier, visited him the day afterwards. “We delicately said: ‘Perhaps it’s started and people’s hearts are opening.’ But obviously he believed what we believed, which was that nothing had happened,” Schneps says.

      Experiencing an “uncontrollable antipathy” to his work, that he attributed to malign forces but sounds a lot like depression, he wrote in early 1997: “The most abominable thing in the fate of victims is that Satan is master of their thoughts and feelings.” He contemplated suicide for several days, but resolved to continue living as a self-declared victim.

      The house was weighing on him. In 2000, he offered it to his bookbinder, Michel Camilleri, for free, deeming him the perfect candidate because he was “good with materials”. The sole condition was that Camilleri look after his plant friends. When Camilleri refused, he was outraged – seeing the hand of Satan once more. A year later, the building was nearly destroyed when his unswept stove chimney caught fire. Some witnesses say Grothendieck tried to prevent the firefighters from accessing his property (Matthieu doesn’t believe this).

      The curate at Lasserre church, David Naït Saadi, wrote Grothendieck a letter in around 2005, attempting to bring the hermit into the community. But Grothendieck fired back a missive full of biblical references, saying Saadi had a “viper’s tongue” and that he should nail his reply to the church noticeboard.

      By the mid-00s, his writing was petering out. The endpoint of his late meditations, according to Matthieu, is a chronicle in which his father painstakingly records everything he is doing, as if the minutiae of his own life are imbued with immanence. Matthieu finds these writings so painful to read that he kept them back from the national library donation. Grothendieck was lost in the rooms and corridors of his own mind.

      In mid-April, dapper Parisians are filing out of the polished foyer of a redeveloped hotel in the seventh arrondissement, heading for lunch. The first French TV programmes were broadcast from the building; now, Huawei is pushing for a similar leap in AI here. It has set up the Centre-Lagrange, an advanced mathematics research institute, on the site and hired elite French mathematicians, including Laurent Lafforgue, to work there. An aura of secrecy surrounds their work in this ultra-competitive field, compounded by growing suspicion in the west of Chinese tech. Huawei initially refuse to answer any questions, before permitting some answers to be emailed.

      Grothendieck’s notion of the topos, developed by him in the 1960s, is of particular interest to Huawei. Of his fully realised concepts, toposes were his furthest step in his quest to identify the deeper algebraic values at the heart of mathematical space, and in doing so generate a geometry without fixed points. He described toposes as a “vast and calm river” from which fundamental mathematical truths could be sifted. Olivia Caramello views them rather as “bridges” capable of facilitating the transfer of information between different domains. Now, Lafforgue confirms via email, Huawei is exploring the application of toposes in a number of domains, including telecoms and AI.

      Caramello describes toposes as a mathematical incarnation of the idea of vision; an integration of all the possible points of view on a given mathematical situation that reveals its most essential features. Applied to AI, toposes could allow computers to move beyond the data associated with, say, an apple; the geometric coordinates of how it appears in images, for example, or tagging metadata. Then AI could begin to identify objects more like we do – through a deeper “semantic” understanding of what an apple is. But practical application to create the next generation of “thinking” AI is, according to Lafforgue, some way off.

      A larger question is whether this is what Grothendieck would have wanted. In 1972, during his ecologist phase, concerned that capitalist society was driving humanity towards ruin, he gave a talk at Cern, near Geneva, entitled Can We Continue Scientific Research? He didn’t know about AI – but he was already opposed to this collusion between science and corporate industry. Considering his pacifist values, he would probably also have been opposed to Huawei’s championing of his work; its chief executive, Ren Zhengfei, is a former member of the People’s Liberation Army engineering corps. The US department of defense, as well as some independent researchers, believes Huawei is controlled by the Chinese military.

      Huawei insists it is a private company, owned by its employees and its founding chairman, Ren Zhengfei, and that it is “not owned, controlled or affiliated to any government or third-party company”.

      We are at the very beginning of a huge exploration of these manuscripts. And certainly there will be marvels in them
      Lafforgue points out that France’s IHES, where Grothendieck and later he worked, was funded by industrial companies – and thinks Huawei’s interest is legitimate. Caramello, who is the founder and president of the Grothendieck Institute research organisation, believes that he would have wanted a systematic exploration of his concepts to bring them to fruition. “Topos theory is itself a kind of machine that can extend our imagination,” she says. “So you see Grothendieck was not against the use of machines. He was against blind machines, or brute force.” What is unsettling is a degree of opaqueness about Huawei’s aims regarding AI and its collaborations, including its relationship with the Grothendieck Institute, where Lafforgue sits on the scientific council. But Caramello stresses that it is an entirely independent body that engages in theoretical, not applied research, and that makes its findings available to all. She says it does not research AI and that Lafforgue’s involvement pertains solely to his expertise in Grothendieckian maths.

      Matthieu Grothendieck is clear about whether his father would have consented to Huawei, or any other corporation, exploiting his work: “No. I don’t even ask. I know.” There is little doubt that the mathematician believed modern science had become morally stunted, and the Lasserre papers attempted to reconcile it with metaphysics and moral philosophy. Compared with Grothendieck’s delirious 1980s mysticism, there is structure and intent here. They begin with just under 5,000 pages devoted to the Schematic Elemental Geometry and Structure of the Psyche. According to the mathematician Georges Maltsiniotis, who has examined this portion, these sections contain maths in “due and proper form”. Then Grothendieck gets going on the Problem of Evil, which sprawls over 14,000 pages undertaken during much of the 1990s.

      Judging by the 200 or so pages I attempt to decipher, Grothendieck put herculean effort into his new cosmology. He seems to be trying to fathom the workings of evil at the level of matter and energy. He squabbles with Einstein, James Clerk Maxwell and Darwin, especially about the role of chance in what he viewed as a divinely created universe. There are numerological musings about the significance of the lunar and solar cycles, the nine-month term of a pregnancy. He renames the months in a new calendar: January becomes Roma, August becomes Songha.

      How much of this work is meaningful and how much empty mania? For Pierre Deligne, Grothendieck became fatally unmoored in his solitude. He says that he has little interest in reading the Lasserre writings “because he had little contact with other mathematicians. He was restricted to his own ideas, rather than using those of others too.” But it’s not so clear-cut for others, including Caramello. In her eyes, this fusion of mathematics and metaphysics is true to his boundary-spanning mind and could yield unexpected insights: she points out his use of the mathematics of fibration to explain psychological phenomena in Structure of the Psyche. “We are at the very beginning of a huge exploration of these manuscripts. And certainly there will be marvels in them,” she says.

      Grothendieck remained hounded by evil until the end. Perhaps, shattered by his traumas, he couldn’t allow himself to forgive, and to conceive of the world in a kinder light. But his children, despite the long estrangement, aren’t the same. Matthieu rejects the idea that his father repeated the abandonment he suffered as a child on them: “We were adults, so it’s nothing compared to what he went through. He did a lot better than his parents.”

      The shunning of his children wounded Johanna, but she understands that something was fundamentally broken in her father. “In his mind, I don’t think he left us. We existed in a parallel reality for him. The fact that he burned his parents’ letters was extremely revealing: he had no feeling of existing in the family chain of generations.” What’s striking is the trio’s lack of judgment about their father and their openness to discussing his ordeals. “We accept it,” says Alexandre. “It was the trial he wanted to inflict on himself – and he inflicted it on himself most of all.”

      This article was amended on 31 August 2024. An earlier version referred incorrectly to the speed of light as “300m a second”, rather than 300,000km a second. Also, transcription error resulted in a reference to “the mathematics of vibration”, rather than to “fibration”.

    • A la fin de sa vie il n’avait clairement plus toute sa tête, et quand il l’avait il n’était clairement pas pour l’impression/diffusion de ses travaux puisqu’il les brûlait. ça n’a évidemment pas empêché un éditeur (Gallimard) de se faire de l’argent sur son dos. Cet éditeur a du naître avant l’invention de la honte.

  • Les réseaux du trading à haute-fréquence
    (mis ici pour archivage)

    Après les ouvrages 6/5, #Alexandre_Laumonier continue son exploration de la finance mondiale avec 4, un nouvel épisode de ses investigations qui vient de paraître. Ce livre est entièrement dédié à l’histoire et aux techniques des récents #réseaux de communication radio déployés par certains traders pour relier entre eux les marchés financiers. La raison ? Les ondes radio offrent la possibilité aux données de marché de passer d’une bourse à une autre deux fois plus rapidement qu’avec la fibre optique. Avoir une microseconde d’avance sur le concurrent garantit des gains dans ce qu’on appelle le trading à haute fréquence. Véritable enquête ethnologique et géographique, cette immersion au cœur des réseaux européens (courant principalement de Londres à Francfort) et américains (reliant le New Jersey, Washington et Chicago) se lit comme une histoire épique.
    Voici un extrait du chapitre 3 de 4, consacré au tout premier réseau en micro-ondes jamais réalisé aux États-Unis à destination d’une firme de #trading.


    https://www.visionscarto.net/enquete-reseaux-hft
    #HFT #trading_à_haute_fréquence #finance #livre #technologie #vitesse

    • 4

      « À quelques mois de la retraite, le commissaire-priseur ne s’attendait sans doute pas à vivre les enchères les plus épiques de sa carrière.

      « En cette grise matinée du 19 décembre 2012, dans une pièce du tout nouveau bâtiment hébergeant le Bureau fédéral de la province de Flandre-Occidentale, à Bruges, le bien public 38025/838 sv, décrit comme un « Gewezen militair domein met communicatietoren (hoogte 243,5-m) en acht ankerpunten », d’une superficie de 1 hectare, 31 ares et 66 centiares, sis au 1, rue du Héron, à Houtem, dans la région des Moëres, était mis aux enchères par son propriétaire, le ministère de la Défense du Royaume de Belgique, au prix de 250 000 euros.

      À 10 heures, et sans une seule microseconde de retard, onze personnes se regroupèrent autour d’une grande table rectangulaire. Le commissaire-priseur, son secrétaire et un représentant du ministère s’installèrent à l’une des extrémités de la table, tandis qu’en face d’eux trois groupes distincts prirent place, se regardant en chien de faïence : un Américain accompagné de deux avocats ; deux autres avocats travaillant pour un prestigieux cabinet belge mandaté par un acheteur potentiel ; et deux ingénieurs, qui restèrent silencieux tout au long de la matinée. Ils n’étaient pas venus pour acheter mais pour savoir qui allait l’emporter, information de première importance pour un certain nombre de personnes, notamment en France, au Canada, aux Pays-Bas et aux États-Unis.

      Même si la présence d’un cabinet d’avocats haut de gamme était plutôt inhabituelle étant donné la vétusté de l’« ancien domaine militaire comprenant un pylône de communication de 243,5 mètres », dont le ministère souhaitait se débarrasser, la séance débuta sereinement. Le commissaire-priseur vérifia que les participants s’étaient bien acquittés des 1 000 euros de frais d’inscription, s’assura que tous avaient en leur possession les documents administratifs relatifs au domaine – y compris le relevé cadastral, sur lequel le domaine militaire apparaît en forme de croix –, puis il fixa le pas d’enchères à 5 000 euros et la vente démarra.

      Ce qui ne devait être qu’une formalité se transforma en une longue matinée pendant laquelle le commissaire fut mis à rude épreuve. Au bout de vingt minutes seulement, la meilleure offre était déjà de 700 000 euros, ce qui réjouit le ministère de la Défense (il estimait secrètement faire une bonne affaire à partir de 400 000 euros) mais déstabilisa le commissaire-priseur. Il décida alors de monter le pas d’enchères à 10 000 euros pour accélérer la vente, puis la meilleure offre atteignit rapidement 1 million d’euros, puis 1,1 million d’euros, 1,2 million d’euros, 1,3 million d’euros, 1,4 million d’euros… À 2 millions, une heure plus tard, le commissaire-priseur, qui transpirait de plus en plus, réclama une pause et se réfugia dans les toilettes pour se ressaisir. L’histoire ne dit pas quelles pensées furent les siennes devant l’image de son visage sidéré que lui renvoya le miroir. « Du côté des vendeurs, personne n’arrivait à comprendre ce qui se passait », raconte un témoin, lui-même d’autant plus surpris par le montant des offres que, dans d’autres circonstances, il aurait pu lui-même enchérir.

      Cette année-là, le Royaume de Belgique, en quête de liquidités, avait déjà revendu bon nombre d’installations démilitarisées pour un total de 12 millions d’euros. Parmi celles-ci : un vieux bunker cédé pour 350 euros à un paysan ravi de pouvoir le démolir car il se trouvait au milieu de son champ ; un ancien fort construit pour défendre la ville d’Anvers, racheté 287 000 euros par le riche pdg de Katoen Natie, une compagnie de logistique active dans les ports du monde entier ; un ancien hôpital militaire acheté 4 millions d’euros par la commune de Bruges pour être transformé en logements sociaux. À ces 12 millions s’ajouta, le 19 décembre 2012, le produit de la vente de l’« ancien domaine militaire comprenant un pylône de communication ». Au terme de plus de trois heures et demie de bataille acharnée, devant les représentants de l’État belge médusés, le bien 38025/838 SV fut finalement adjugé 5 millions d’euros, soit la meilleure affaire du ministère de la Défense pour l’année 2012.

      Alors que les silencieux ingénieurs sortaient précipitamment de la salle du Bureau fédéral (le ticket de stationnement de leur voiture, malencontreusement garée devant un commissariat, était dépassé depuis longtemps), l’un des avocats au service de ceux qui remportèrent la mise fut approché par l’un de ses confrères qui, lui, représentait le camp vaincu. Le perdant tendit au gagnant sa carte de visite : « If we can arrange, here is my phone number. » Le 9 janvier 2013, le ministère rendit public l’acte de cession du domaine militaire sans toutefois divulguer le nom du nouveau propriétaire. « Information confidentielle », selon les services ministériels. »

      Ainsi débute 4, la suite des investigations d’Alexandre Laumonier, alias Sniper, sur le trading à haute fréquence entamées avec 6 et 5. Ce nouvel épisode est un récit épique de la naissance et de la prolifération d’un récent mode de communication des données boursières : les faisceaux hertziens en micro-ondes constitués de réseaux d’antennes paraboliques, ces réseaux aériens offrant l’avantage d’être deux fois plus rapides que les fibres optiques souterraines. Cette nouvelle enquête est à la fois une ethnologie des infrastructures liées aux transactions boursières ainsi qu’une histoire économique des techniques et des territoires. Composé comme un techno-thriller à rebondissements et au rythme soutenu, 4 mêle enquêtes de terrain, interviews, témoignages, extraits d’archive et récits historiques afin de décrire dans le détail les raisons de cette course à la vitesse induite par l’informatisation des marchés financiers.

      http://www.zones-sensibles.org/alexandre-laumonier-4

    • Trading à haute fréquence dans les #Moëres

      À l’extrême ouest de la Belgique, se dresse une tour de 243,50 mètres d’acier. Là-haut, quand le ciel daigne se décoller du polder, on devine la mer du Nord. Trop vétuste pour l’armée américaine, trop coûteux pour la Défense belge, le pylône a été acquis à prix d’or et contre toute attente par une discrète firme de Chicago, en 2012. Spécialiste des transactions à haute fréquence, Alexandre Laumonier retrace le destin inattendu de cette tige plantée deux mètres sous le niveau de la mer. Une histoire de marécages qui commence avec Jules César et qui se termine sous une pluie de dollars.

      https://www.wilfriedmag.be/articles/trading-a-haute-frequence-dans-les-moeres
      #paywall

  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - Présentation de l’auteur
    https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-presentation-de-l

    Principaux titres et responsabilités actuels Conseiller permanent du Centre International de Formation Euro­péenne. Membre du Comité Directeur et du Bureau du C.I.F.E. Président d’honneur de l’Union européenne fédéraliste et membre du Conseil du mouvement fédéraliste européen. Research fellow of the Center for the Study of Federalism, Temple University (Philadelphia, Pa.), and of the Jerusalem Institute for Federal Studies. Initiateur du Forum des Initiatives Européennes et Fédéralistes (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc
    #Alexandre_Marc #Karl_Marx
    / #Volonté_Anarchiste

  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - 24. La doctrine... introuvable
    https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-24-la-doctrine

    Jamais, peut-être, cette affirmation de Lénine n’a été aussi vraie que de nos jours : pour briser le cercle vicieux dans lequel se coulent, inséparables, le conformisme, la réforme et la révolte, il faut une doctrine révolutionnaire : réfractaire aux fluctuations de la mode, mais ouverte à tous les problèmes de notre temps ; vivifiante et novatrice, mais respectueuse de ce qui, dans nos traditions, ne s’est pas encore transformé en bois mort ; explosive et constructrice à la fois ; bref (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx

    / #Volonté_Anarchiste

  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - 23. « La Révolution nécessaire » (R. Aron et A. Dandieu)
    https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-23-la-revolution

    A l’égard d’une entreprise de cette envergure, les conserva­teurs, les réactionnaires, les réformistes et les révoltés, pour parler vulgairement, ne font pas le poids. Pour ainsi dire congénitalement, intrinsèquement, ils sont condamnés à l’impuissance et à l’échec. Ils ne sont pas de taille à résister au monstre dont l’ombre obscurcit déjà l’horizon de notre à-venir. Du reste, le veulent-ils vraiment, ne sont-ils pas secrètement fascinés par la puissance de la bête, ne se résignent-ils (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx

    / #Volonté_Anarchiste

  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - 22. Socialisme libertaire ou « socialisme » totalitaire
    https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-22-socialisme

    De nos jours, on s’interroge volontiers pour savoir si nos « com­munistes » ont évolué, s’ils sont sincères, si l’on peut donc se fier à eux. Questions mineures, sans réel intérêt, relevant d’un jeu de société plutôt que d’un examen objectif et sérieux de la situation. Quelles que soient les dispositions intimes et les intentions avouées ou cachées des « communistes » — qu’il s’agisse du reste d’eux, ou même des « socialistes », ou encore, éventuellement, d’autres partis, de gauche ou de (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx

    / #Volonté_Anarchiste

  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - 21. La propriété achevée : le « capitalisme collectif »
    https://www.partage-noir.fr/karl-marx-ou-la-perversion-du-socialisme-21-la-propriete-achevee

    Considérant les faiblesses et les lacunes de la dialectique marxienne, j’écrivais, il y a plusieurs décennies déjà : En méconnaissant le sens total de l’être, (...) en subissant jusqu’au bout l’envoûtement de l’idéalisme hégélien, l’auteur du Capital s’est condamné (...) à ne jamais aboutir dans sa quête (...) de l’homme réel, du concret vivant. Là se trouve (...) le nœud du drame contemporain : Karl Marx (...) qui se posait en révolutionnaire intransigeant, qui devait inspirer (...) (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx

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  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - 20. Le piège de la propriété
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    Pour utiliser un terme employé par Marx en parlant de Proudhon — qu’il se vantait d’avoir « infecté » d’hégélianisme, — on peut dire que l’irrémédiable poison de l’idéalisme absolu n’est pas le seul à infecter l’organisme marxien. Derrière Hegel, Rubel nous le rappelait, se tient Rousseau. Il est vrai que, dans des lettres peu citées, adressées à son compère Engels, Marx paraît curieusement approuver Proudhon, après publication de l’Idée générale de la Révolution au XIXe siècle, notamment (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx

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  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - 19. La « dialectique de la mort * » (Robert Aron)
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    Le moment vient où il n’est guère facile d’éluder la question décisive : qui donc est responsable de la dramatique mutation par laquelle l’anti-Système libérateur a été altéré, déformé, dénaturé, au point de dégénérer en sa propre négation, en son contraire ? L’heure n’étant plus aux nuances, aux congratulations, aux ronds de jambe, aux clins d’œil complices, aux politesses universitaires, aux extases intellectuelles, il importe de laisser de côté tout ménagement et de justifier in (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx

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  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - 18. Quel socialisme ?
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    Tous les mots ont été galvaudés, profanés, trahis : le vocable de socialisme n’a pas échappé à cette redoutable usure . Alors qu’il désignait un grand, un noble, un indéracinable espoir de libé­ration, de dignité, de justice, telle a été sa dégénérescence qu’il prête flanc, aujourd’hui, aux furieuses diatribes des nouveaux hérétiques et schismatiques surgis en France, parmi lesquels Bernard-Henri Lévy : Le socialisme est à bien des égards un semblant et une impos­ture ; il ment quand il (...) #27_-_Karl_Marx_ou_la_perversion_du_socialisme_-_Alexandre_Marc #Alexandre_Marc #Karl_Marx

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  • Karl Marx ou la perversion du socialisme - 6. Emprunts et pillages
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    ❝La notion de classe, dans le marxisme, ne saurait toutefois être rattachée au seul concept d’aliénation : tout compte fait, elle semble être liée bien davantage, malgré certaines apparences con­traires, à une autre notion marxiste, celle de plus-value. Le prolétariat est dès lors défini par deux facteurs dont on peut se demander s’ils ne sont pas, non seulement hétérogènes, mais aussi, de quelque manière, divergents et, dans l’acception propre, incomparables : le prolétaire marxiste est, (...) #Karl_Marx #Alexandre_Marc

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  • Une gravure d’Alexandre Mairet
    https://www.partage-noir.fr/le-reveil-communiste-anarchiste-un-dessin-d-alexandre-mairet

    Né le 23 avril 1880 à La Tour-de-Peilz (canton de Vaud, Suisse), mort le 9 février 1947 à Genève. Peintre, graveur, illustrateur de périodiques anarchistes et communistes. Partages

    / Alexandre Mairet , Le Réveil/Il Risveglio , Archives Autonomies

    #Alexandre_Mairet_ #Le_Réveil #Archives_Autonomies
    https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/lra_1918_05_01.pdf

  • #Alexandre_Sapoundjiev (1893-1975)
    https://www.partage-noir.fr/alexandre-sapoundjiev-1893-1975

    Né à Bobochevo, district de Kustendil, le 18 février 1893, Alexandre Sapoundjiev demeura, à la fin de sa vie, à Biala, district de Varna, comme exploitant agricole (petit viticulteur) et militant coopérateur. La vie et les activités de Sapoundjiev, comme libertaire, sont étroitement liées au développement tout entier et aux luttes du mouvement anarchiste organisé en #Bulgarie. Il occupa maintes fois le poste de directeur et de rédacteur responsable des journaux et des revues du (...) 16-17 - Histoire du mouvement libertaire en Bulgarie (Esquisse) - G. Balkanski

    / Alexandre Sapoundjiev, Bulgarie, Volonté (...)

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