• « Depuis ce jour, je suis morte à l’intérieur »…
    Ces mères algériennes que la loi force à choisir entre leurs enfants et un second mariage

    En Algérie, le Code de la famille impose aux femmes divorcées un choix que les hommes n’ont pas à faire. Si elles se remarient, elles risquent de perdre la garde des enfants. Une disposition sans fondement coranique, dénoncée par les juristes, mais que de nombreux tribunaux continuent d’appliquer.

    https://medfeminiswiya.net/2026/03/02/depuis-ce-jour-je-suis-morte-a-linterieur-ces-meres-algeriennes-que-

    #algérie

  • Matoub Lounes (1956-1998), mythes berbères | France Culture
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie/matoub-lounes-1956-1998-mythes-berberes-8598461

    Lorsqu’il est assassiné le 25 juin 1998 sur la route de Tizi Ouzou en Grande Kabylie, passée l’émotion, une immense vague de colère parcourt l’Algérie, le Maghreb et l’Europe.

    Pendant des années, le chanteur et poète Lounès Matoub, que l’on nomme aussi Matoub Lounès, fut le porte parole de la cause berbère, de la défense de la langue amazigh, en constante opposition avec le pouvoir algérien, en guerre contre les influences religieuses et culturelles en provenance du Moyen Orient.

    #Matoub_Lounès #Lounès_Matoub #kabyle #musique #politique #histoire #Algérie #berbères #amazigh #tamazight #audio #radio #France_Culture

  • Quand le #Maghreb vivait à l’heure du panafricanisme
    https://laviedesidees.fr/Quand-le-Maghreb-vivait-a-l-heure-du-panafricanisme

    À rebours des replis contemporains, le Maghreb fut, dans les années 1960-1970, un foyer majeur des solidarités révolutionnaires sur le continent africain. De ses capitales surgirent des réseaux politiques, artistiques et intellectuels porteurs d’un élan radical.

    #Histoire #révolution #Algérie #études_postcoloniales #Maroc #Tunisie #décolonisation #militantisme
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20260220_maghrebnoir.pdf

  • Féminicide à Chlef, en Algérie : Asma avait parlé

    Le 27 janvier 2026, à Sidi Akkacha, dans la wilaya de Chlef en Algérie, une adolescente de quinze ans a été battue à mort par son père. Elle s’appelait Asma Oumaïma Moumena. Ce féminicide a suscité de nombreuses réactions au sein de la population. Plusieurs féministes n’ont pas hésité à se rendre sur place pour soutenir les proches de la victime et faire reconnaître la dimension de genre de ce meurtre.

    https://medfeminiswiya.net/2026/02/13/feminicide-a-chlef-en-algerie-asma-avait-parle

    #algérie

  • Algérie – Acquittement pour Lyes Touati : une victoire qui ne doit pas faire oublier le préjudice subi

    Le tribunal de Béjaïa a rendu son verdict aujourd’hui, 12 février, dans l’affaire de Lyes Touati. L’acquittement prononcé a soulagé sa famille, camarades et tous ceux qui avaient exprimé leur indignation suite à son emprisonnement.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/09/14/le-peuple-algerien-reitere-son-rejet-du-regime-militaire/#comment-72060

    #algerie

  • Naufrages en Méditerranée : le début d’année 2026 est « le plus meurtrier » depuis 2014
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/10/naufrages-en-mediterranee-le-debut-d-annee-2026-est-le-plus-meurtrier-depuis

    Naufrages en Méditerranée : le début d’année 2026 est « le plus meurtrier » depuis 2014
    Plus de 500 morts en quarante jours. Du 1er janvier au 10 février, au moins 524 migrants ont péri ou sont portés disparus en Méditerranée – toutes routes confondues –, engloutis avec leurs embarcations de fortune alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe en partant des côtes d’Afrique du Nord, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un bilan glaçant, sans précédent à ce stade de l’année depuis 2014, date à laquelle l’OIM a commencé à comptabiliser les décès en mer.La dernière tragédie connue remonte au 6 février : 53 personnes sont mortes ou portées disparues après le naufrage d’une embarcation qui transportait 55 migrants au large des côtes libyennes. « C’est le pire début d’année que nous ayons connu depuis plus de dix ans, affirme au Monde un porte-parole de l’OIM. Le plus meurtrier aussi. »
    A titre de comparaison, 219 personnes (sur un total annuel de 1 873) avaient perdu la vie sur la même période en 2025 ; 416 en 2016, année qui reste, à ce jour, la plus mortelle, avec 5 136 disparitions. Ces dernières semaines, les naufrages se sont multipliés en Méditerrannée à un rythme qualifié d’« effrayant » par Marino Dubois, le pseudonyme d’une retraitée française qui, depuis sa page Facebook – « Marino Dubois officiels 2 », suivie par plus de 129 000 abonnés – recense avec minutie les traversées, les drames, et informe les migrants africains sur les conditions météo en mer.
    D’après l’OIM, le cyclone Harry qui s’est déchaîné, mi-janvier, en Méditerranée centrale serait responsable de la plupart des morts ou disparus. Malgré les pluies et les tempêtes, les canots pneumatiques ont continué de prendre la mer, principalement depuis la grande ville portuaire de Sfax, en Tunisie, vers l’Italie. Entre le 14 janvier et le 21 janvier, au moins huit embarcations parties d’une plage de cette ville ont disparu, emportant avec elles 375 migrants. Et le 22 janvier, une autre embarcation, partie de Tunisie aussi, avec à bord 51 personnes, a fait naufrage : un seul survivant a été secouru en pleine mer.Il y a encore quelques jours, l’OIM décomptait sur son site Missing Migrants 93 morts ou disparus en Méditerrannée depuis le début de l’année. Mais les chiffres ont été actualisés le 10 février. « Nous avons eu la confirmation qu’au moins huit bateaux avaient quitté la Tunisie après l’alerte des garde-côtes italiens. Pendant plusieurs jours, nous avons cherché à savoir si des personnes avaient été secourues ou interceptées. Après deux semaines sans nouvelles, nous avons dû considérer les personnes à bord comme disparues. D’autres cas ont aussi été vérifiés. Ce qui explique l’augmentation brutale du nombre de décès recensés dans nos statistiques », explique-t-on du côté de l’institution.
    Depuis plusieurs mois, la répression contre les exilés d’Afrique subsaharienne en Tunisie s’est fortement accentuée. « Ils se sentent acculés et n’ont plus rien à perdre : ils prennent la mer pour tenter leur chance, constate Marino Dubois. Je publie chaque semaine le bulletin météo et je répète de ne pas partir si les eaux ne sont pas calmes, mais ils n’en tiennent pas compte. »
    L’ancienne aide-soignante accuse aussi les passeurs « malhonnêtes » de profiter du mauvais temps pour organiser des traversées. « Ils disent aux migrants que les garde-côtes tunisiens ne surveillent pas lorsque la mer est déchaînée et que la voie est libre. Ils oublient de leur dire que c’est la mort qui les attend », enrage-t-elle. Sur sa page, elle dénonce les « coxeurs », ces rabatteurs chargés d’organiser la traversée, et publie même les visages – parfois les numéros de téléphone – de passeurs.
    Chaque jour, la retraitée recense les traversées et les vérifie auprès des migrants ou de leurs familles. Si les personnes arrivent à bon port, elle le mentionne ; si elles ont disparu, elle le note également. Ses données et celles de l’OIM se recoupent, mais elle a constaté davantage de morts (132) entre l’Algérie et l’Espagne, qui n’apparaissent pas tous sur les statistiques de l’agence onusienne (12). Pourquoi un tel écart ? « Nous ne pouvons enregistrer un incident que s’il existe des éléments probants d’un départ et, idéalement, un signalement de détresse, précise l’OIM. Il existe aussi des naufrages “invisibles” : des embarcations disparaissent sans laisser de trace. » A quel point, alors, les chiffres sont-ils susceptibles d’être sous-estimés ? « Il est difficile de le quantifier, mais chaque année, des centaines de dépouilles sont retrouvées sur les côtes d’Afrique du Nord sans pouvoir être reliées à un naufrage connu, souligne l’OIM. Depuis 2025, en raison des réductions de financement et des restrictions d’accès pour de nombreux acteurs humanitaires, nous craignons que davantage de cas encore ne soient pas signalés. »

    #Covid-19#migration#migrant#routemigratoire#mediterranee#sante#mortalite#algerie#espagne#tunisie

  • Histoire de l’hôpital et du « cimetière musulmans » de Bobigny
    https://histoirecoloniale.net/histoire-de-lhopital-et-du-cimetiere-musulmans-de-bobigny

    Histoire de l’hôpital et du « cimetière musulmans » de Bobigny

    Un hôpital réservé aux nord-africains et un "cimetière musulman" pour les patients décédés dans cet hôpital qui suscita les protestations de l’Etoile Nord-Africaine. Bobigny fut durant l’entre-deux-guerres un haut-lieu de la ségrégation coloniale en France. Un hôpital « franco-musulman » exclusivement réservé aux patients nord-africains colonisés et participant au contrôle policier étroit des « Français musulmans » y fut en effet inauguré en 1935, – il a été rebaptisé hôpital Avicenne en 1978. L’année suivante, il fut flanqué d’un « cimetière franco-musulman » pour les patients décédés dans cet hôpital. L’Etoile Nord-Africaine protesta alors en ces termes : « Nous avons à maintes reprises signalé les multiples abus et brimades dont sont l’objet les Nord-Africains hospitalisés à Bobigny.(…) Mais nos inquiétudes ne visaient que les soins, qui manquaient aux malades, et que nous étions bien loin de penser que les morts étaient astreints aux loi de l’indigénat. La direction de l’hôpital vient de se signaler par une mesure où elle prouve que même morts, on n’échappe pas aux règles qui régissent les vivants ». Sophia Lamri fait l’histoire de la création de cet hôpital, Benedicte Penn celle du cimetière.
    (...)

    #immigration #Algérie #Islam #discrimination #entre-deux-guerres

  • L’Algérie a expulsé plus de 34 000 migrants vers le Niger en 2025, un record - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69320/lalgerie-a-expulse-plus-de-34-000-migrants-vers-le-niger-en-2025-un-re

    L’Algérie a expulsé plus de 34 000 migrants vers le Niger en 2025, un record
    Par Leslie Carretero Publié le : 20/01/2026
    Selon l’ONG Alarme Phone Sahara, les autorités algériennes ont expulsé 34 236 migrants vers le désert, près de la frontière nigérienne en 2025. Du jamais vu. En 2024, un record avait déjà été établi avec l’expulsion de 31 404 personnes dans les mêmes conditions. Lorsqu’ils sont abandonnés dans le désert, les exilés sont débarqués au « point zéro », zone désertique délimitant la frontière entre le Niger et l’Algérie. Dans des conditions climatiques extrêmes, ils doivent parcourir à pied 15 km, sans eau ni nourriture, pour atteindre la première ville nigérienne, Assamaka.
    C’est un record. En 2025, l’Algérie a expulsé 34 236 migrants vers le Niger, selon un rapport de l’ONG Alarme Phone Sahara (APS), qui porte secours aux personnes abandonnées dans le désert. En 2024, l’organisation avait compté 31 404 exilés expulsés dans les mêmes conditions. Un chiffre qui dépassait déjà toutes les données recensées les années précédentes dans la région, y compris en 2023 quand 26 031 personnes avaient été refoulées.
    D’après l’ONG, « il est certain que le nombre réel dépasse même largement les chiffres documentés [en 2025], étant donné que dans plusieurs cas, les structures locales n’ont pas été en mesure de recenser le nombre de personnes embarquées dans ces convois ».
    En avril 2025, Alarme Phone Sahara avait alerté sur « un pic d’expulsions » alors que 1 141 exilés avaient été refoulés en seulement une journée. Du jamais vu. « Au cours du mois d’avril nous avons connu une vague de refoulements sans précédent de migrants venant de l’Algérie », avait reconnu le 17 mai le gouverneur d’Agadez à la télévision publique. Début juin 2025, APS a comptabilisé plus de 16 000 migrants expulsés en seulement deux mois.
    Face à ces arrivées massives - qui ont cours depuis des années -, le Niger avait annoncé en mai vouloir appuyer l’Organisation internationale de la migration (OIM) pour accélérer le rapatriement dans leur pays d’origine - d’ici juillet - d’environ 4 000 migrants. Les autorités nigériennes disaient vouloir ainsi éviter un « désastre humanitaire ».
    Mais ces « retours volontaires » prennent du temps. De manière générale, l’OIM est tributaire des processus imposés par les États d’origine pour délivrer les laissez-passer. Chaque nouvelle exigence de ces derniers - entretiens en vidéoconférence avec le migrant, formulaires administratifs, etc. - entraîne un peu plus de retard pour les migrants originaires de ces pays, bloquant ainsi tout le processus et provoquant l’embolie du système d’accueil onusien sur le territoire nigérien.
    En avril, la junte nigérienne, arrivée au pouvoir par un coup d’État en 2023, a estimé que les arrivées massives de migrants non-nigériens risquaient de « perturber l’équilibre sécuritaire » du Niger déjà confronté aux attaques jihadistes sur plusieurs pans. Depuis 2014, des migrants irréguliers nigériens mais aussi d’autres pays africains, dont des femmes et des mineurs, sont fréquemment refoulés d’Algérie, point de transit vers l’Europe. Mais ces dernières années, les expulsions ont pris une autre ampleur. « La collaboration entre les pays du Maghreb dans la lutte contre les personnes en mobilité, encouragée par les États membres de l’UE, et les expulsions en chaîne depuis la Tunisie et l’Algérie sont l’une des raisons pour lesquelles, en 2024 et 2025, encore plus de personnes ont été embarquées dans les convois d’expulsion que déjà les années précédentes », explique dans son rapport Alarme Phone Sahara.
    Depuis 2023, la Tunisie traque les Subsahariens présents dans le pays. Lorsqu’ils sont interpellés, ils sont envoyés dans des zones désertiques à la frontière libyenne ou algérienne. Repérés par les forces de sécurité algériennes, les migrants risquent ensuite d’être envoyés à la frontière nigérienne.
    Depuis des années, les associations n’ont de cesse de dénoncer ces expulsions, opérées en dehors de tout cadre légal. Les migrants nigériens arrivent par convois dits « officiels », à bord de véhicules et sont pris en charge par les autorités locales. Mais les autres migrants africains, majoritaires, sont débarqués au « point zéro », zone désertique délimitant la frontière entre les deux pays. Dans des conditions climatiques extrêmes, ils doivent parcourir à pied 15 km, sans eau ni nourriture, pour atteindre Assamaka au Niger, où se trouve le centre de transit de l’Organisation internationale des migrations (OIM), le bras de l’ONU qui assiste les « retours volontaires » des migrants vers leur pays d’origine. « Les forces de sécurité algériennes n’épargnent personne. Régulièrement, de nombreuses femmes et enfants, souvent même des bébés, se trouvent parmi les personnes expulsées », signale APS dans son rapport, ajoutant que « de nombreuses personnes arrivent avec des blessures et des traumatismes infligés par les forces de sécurité ».
    Depuis 2017, InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages d’exilés qui ont été expulsés d’Algérie après avoir été arrêtés dans leur quotidien ou bien à la suite d’une tentative de traversée de la Méditerranée avortée.
    « Au bout de cinq ou six heures […], on nous a déposés dans le désert, il n’y avait rien autour. La police algérienne nous a crié : ‘Voilà Assamaka !’ en pointant le doigt vers l’horizon. ‘L’OIM, c’est tout droit’. On s’est mis en marche, je ne sais plus pour combien de temps. Tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais épuisé, complètement à bout de forces. J’ai quand même réussi à faire la dizaine de kilomètres qui nous séparaient d’Assamaka », avait raconté, fin 2024, un Sénégalais de 25 ans. Alarme Phone Sahara a documenté, en 2025, sept cas de décès dans la région « provoqués par les conditions des expulsions ». Mais combien meurent sans laisser de traces ? Chaque année, de nombreux exilés disparaissent dans le Sahara. Ils peuvent se perdre, mourir de déshydratation, ou être victimes de groupes mafieux. Amadou, un migrant contacté par InfoMigrants en juillet 2020, racontait avoir vu trois personnes mourir sous ses yeux dans le désert. « Ils étaient tellement fatigués qu’ils se sont effondrés au sol », avait expliqué le jeune Africain qui travaillait depuis deux ans en Algérie avant d’être arrêté.

    #Covid-19#migration#migrant#niger#algerie#assamaka#expulsion#politiquemigratoire#routemigratoire#sante#mortalite

  • L’Algérie a intercepté plus de 24 000 migrants sur son sol en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69103/lalgerie-a-intercepte-plus-de-24-000-migrants-sur-son-sol-en-2025

    L’Algérie a intercepté plus de 24 000 migrants sur son sol en 2025
    Par Leslie Carretero Publié le : 08/01/2026
    En 2025, les autorités algériennes ont procédé à l’interpellation de 24 071 migrants en situation irrégulière. Lorsque les exilés sont interpellés en Algérie, ils sont généralement expulsés près de la frontière nigérienne et abandonnés dans le désert.Les forces algériennes ont interpellé 24 071 migrants en situation irrégulière dans le pays au cours de l’année 2025, indique sans plus de précisions un communiqué du ministère de la Défense publié lundi 5 janvier.Lorsque les exilés sont interpellés en Algérie, ils sont généralement expulsés près de la frontière nigérienne et abandonnés dans le désert. « Dès qu’il y a des rafles dans le pays visant les Noirs, les gens sont envoyés dans les zones désertiques », assure à InfoMigrants Azizou Chehou, coordinateur d’Alarme Phone Sahara (APS) au Niger, une association qui vient en aide aux migrants dans le désert.L’Algérie a « recours à une politique d’arrestations arbitraires et d’expulsions collectives sur la base d’un profilage ethnique et racial », abonde Nadège Lahmar d’Amnesty International au micro de RFI.
    Un chiffre sous-estimé ? L’ONG doute du chiffre avancé par Alger, et pense qu’il est sous-estimé. « Cela ne reflète pas la réalité de la situation. Rien qu’entre janvier et mai 2025, environ 22 000 personnes ont été expulsées d’Algérie vers le Niger », signale à la radio Nadège Lahmar. Du côté d’Alarme Phone Sahara aussi, on s’interroge. La plateforme est actuellement en train de travailler sur son rapport annuel des expulsions et selon Azizou Chehou, « il semblerait que le nombre total en 2025 dépasse celui de l’année précédente ». En 2024, au moins 31 404 personnes avaient été envoyées vers la frontière nigérienne depuis l’Algérie, d’après les données d’APS. Du jamais vu. En 2023, l’association avait comptabilisé 26 031 refoulés. « On observe depuis 2023 une augmentation des expulsions en chaîne, au cours desquelles des personnes sont expulsées [depuis la] Tunisie, souvent après des ‘pushbacks’ en mer, vers la frontière algérienne, puis par les forces de sécurité algériennes vers la frontière nigérienne », expliquait l’an dernier l’organisation. Depuis des années, les ONG dénoncent ces expulsions, qui sont contraires au droit international. Lorsqu’ils sont arrêtés, les migrants sont conduits jusqu’au Point zéro, au-delà de Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie et livrés à eux-mêmes en plein désert. Sans eau ni nourriture, ils doivent parcourir à pied pendant des heures le chemin vers Assamaka, au Niger, où se trouve le centre de transit de l’Organisation internationale des migrations (OIM), le bras de l’ONU qui assiste les « retours volontaires » des migrants vers leur pays d’origine.
    Depuis 2017, InfoMigrants a recueilli de nombreux témoignages d’exilés qui ont été expulsés d’Algérie après avoir été arrêtés dans leur quotidien ou bien à la suite d’une tentative de traversée de la Méditerranée avortée. « Au bout de cinq ou six heures […], on nous a déposés dans le désert, il n’y avait rien autour. La police algérienne nous a crié : ‘Voilà Assamaka !’ en pointant le doigt vers l’horizon. ‘L’OIM, c’est tout droit’. On s’est mis en marche, je ne sais plus pour combien de temps. Tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais épuisé, complètement à bout de forces. J’ai quand même réussi à faire la dizaine de kilomètres qui nous séparaient d’Assamaka », avait raconté fin 2024 un Sénégalais de 25 ans.
    Combien meurent sans laisser de traces ? « Nous ne pouvons pas savoir, malheureusement. Nous n’avons pas le matériel ou les véhicules adéquat pour aller les chercher dans le désert », expliquait à cette époque Azizou Chehou. Chaque année, de nombreux exilés disparaissent dans le Sahara. Ils peuvent se perdre, mourir de déshydratation, ou être victimes de groupes mafieux. Amadou, un migrant contacté par InfoMigrants en juillet 2020, racontait avoir vu trois personnes mourir sous ses yeux dans le désert. « Ils étaient tellement fatigués qu’ils se sont effondrés au sol », avait expliqué le jeune Africain qui travaillait depuis deux ans en Algérie avant d’être arrêté. En juillet 2024, l’ONU avait estimé que la traversée du Sahara était plus mortelle que la route de la Méditerranée. « Ou bien les passeurs se débarrassent des migrants, ou bien, ils tombent des camions pendant le trajet – et ils ne les attendent pas », avait expliqué Vincent Cochetel, responsable au Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) de l’ONU qui a aujourd’hui quitté ses fonctions. « Parfois aussi quand ils sont malades, les passeurs les abandonnent dans le désert. Tous ceux qui ont traversé le Sahara connaissent quelqu’un qui est mort là-bas. »

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#niger#expulsion#assamaka#politiquemigratoire#mortalite#sante#migrationirreguliere

  • Amel Hadjadj, fondatrice du Journal Féministe Algérien :
    « L’enjeu majeur est celui de la mobilisation, nous avons besoin de plus de membres »

    Au départ simple page Facebook, le Journal Féministe Algérien s’est imposé ces dernières années comme l’un des acteurs centraux des luttes pour les droits des femmes. Dix ans après sa création, Amel Hadjadj, sa fondatrice, revient sur une décennie d’engagement en dressant le bilan d’un parcours hors norme et balaye pour Medfeminiswiya les horizons qui restent à conquérir.

    Lire le texte entier sur le site MedFeminiswiya
    https://medfeminiswiya.net/2026/01/08/amel-hadjadj-fondatrice-du-journal-feministe-algerien-lenjeu-majeur-

    #feminisme #algérie

  • Algérie 2025 : des annonces pour les droits des femmes… mais pour quelles avancées réelles ?

    En 2025, les droits des femmes ont occupé une place importante dans le discours institutionnel en Algérie : lutte contre les violences, prolongement du congé de maternité, prise de parole à l’international, etc. Ces annonces traduisent une volonté de progrès, mais leur mise en œuvre révèle un écart entre les textes et la réalité : accès inégal aux droits, protection encore fragile. L’année pourrait être un tournant ou rester celle des déclarations si les mesures ne se traduisent pas dans la vie des femmes. Les mouvements féministes veillent à leur application.

    Lire l’article d’Amel Hadjad, sur le site MedFeminiswiya
    https://medfeminiswiya.net/2026/01/05/algerie-2025-des-annonces-pour-les-droits-des-femmes-mais-pour-quell

    #algérie #feminisme

  • Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/69028/route-des-canaries--chute-de-plus-de-60-des-arrivees-de-migrants-dans-

    Route des Canaries : chute de plus de 60% des arrivées de migrants dans l’archipel espagnol en 2025
    Par Leslie Carretero
    En 2025, plus de 17 500 exilés sont arrivés aux Canaries, contre près de 47 000 en 2024. Soit une baisse de 62% sur un an, selon les chiffres du ministère espagnol de l’Intérieur. Cette chute des arrivées dans l’archipel espagnol s’explique par un renforcement des contrôles sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest à la faveur d’accords signés avec l’Espagne. Après deux années de records d’arrivées consécutifs aux Canaries, les flux migratoires vers l’archipel espagnol se sont considérablement taris en 2025. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, un peu plus de 17 700 migrants sont arrivés aux Canaries en 2025, contre près de 47 000 en 2024 et près de 40 000 en 2023. Ainsi entre 2024 et 2025, la baisse constatée est de 62%.
    Cette forte chute s’explique par le renforcement des accords conclus entre l’Union européenne et la Mauritanie, le Sénégal et le Maroc, les trois principaux pays de départ de pirogues ces dernières années. En 2024, l’UE a multiplié les visites en Afrique pour signer de nouveaux partenariats et ainsi tenter d’enrayer les départs de migrants vers l’archipel espagnol. Un an plus tard, les effets de ces accords ont commencé à se faire sentir.
    Depuis 2023, la Mauritanie est le premier lieu de départ des migrants d’Afrique de l’Ouest arrivés dans l’archipel espagnol.
    Depuis plus de 20 ans, Nouakchott reçoit pourtant des sommes conséquentes de l’Espagne et de l’UE pour la gestion des migrants. Pour la période 2022-2027, l’allocation de l’UE s’élevait à 12,5 millions d’euros. Mais les récentes arrivées massives ont poussé les Vingt-Sept à augmenter les financements. Ainsi en mars 2024, un nouvel accord signé entre l’UE et la Mauritanie a permis d’allouer une enveloppe de 200 millions d’euros au pays saharien. L’été suivant, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a effectué une visite à Nouakchott afin de signer un autre accord migratoire avec la Mauritanie - et la Gambie. En échange, les autorités mauritaniennes se sont engagées à durcir la législation locale sur l’immigration clandestine.
    Depuis le début de l’année 2025, la Mauritanie mène une politique répressive envers les migrants subsahariens qui se trouvent dans le pays en attendant de prendre la route de l’Atlantique pour rejoindre les Canaries. De très nombreux migrants ont raconté les arrestations arbitraires jusque dans la rue ou sur les lieux de travail des exilés. Les personnes ont ensuite été expulsées vers les frontières du pays, et notamment la ville de Rosso, au Sénégal, qui a vu débarquer en quelques semaines des milliers d’exilés. Entre janvier et avril 2025, la Mauritanie a ainsi intercepté plus de 30 000 migrants, avaient indiqué des sources gouvernementales en mai. Et lors d’une rencontre tenue à Madrid le 17 octobre, l’Espagne et la Mauritanie ont annoncé avoir déjoué 3 500 tentatives de migration irrégulière en 2025 sur le sol mauritanien.
    Le Sénégal aussi, second pays de départ vers les Canaries, a reçu, en octobre 2024, une aide de 30 millions d’euros de la part de l’UE pour lutter contre l’immigration clandestine. La Commission européenne finance déjà un projet de 5,75 millions d’euros visant à renforcer la capacité des forces de sécurité sénégalaises pour lutter contre l’immigration clandestine, la traite des êtres humains et le trafic de migrants.Cet accord, comme celui avec la Mauritanie, a commencé à porter ses fruits en 2025 : au premier trimestre, les forces sénégalaises ont interpellé plus de 1 900 personnes qui tentaient de prendre la mer, « dont une majorité d’étrangers - 1 000 personnes - utilisant le Sénégal comme point de départ » avait indiqué en septembre le secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), Modou Diagne.
    Le Maroc, quant à lui, a reçu en décembre 2024 une enveloppe de 2,5 millions d’euros afin de renforcer ses capacités en matière de surveillance des frontières, de mieux contrôler les points d’entrée, de lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains et de protéger le sud de l’Europe des flux migratoires venus de ce pays du Maghreb. En parallèle, depuis 2013, l’UE a déboursé plus de 360 millions d’euros - dont 234 millions proviennent du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union pour l’Afrique, indique une note de l’UE datée de février 2022 - pour aider le Maroc dans sa lutte contre l’immigration irrégulière.
    Cette chute de 62% des arrivées de migrants aux Canaries en 2025 accompagne logiquement une baisse générale de 42,6% des arrivées irrégulières sur tout le sol espagnol (36 775 en 2025 contre 64 019 en 2024). Mais un autre archipel, celui des Baléares, a lui connu une recrudescence des arrivées. En 2025, près de 7 400 personnes sont arrivées sur ce territoire espagnol, contre 5 900 en 2024. Soit une hausse de 24,5%. « Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière », racontait en octobre à InfoMigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares.
    La route qui part de l’Algérie vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG Caminando Fronteras dans un rapport publié fin décembre. Cette hausse des départs vers cet archipel se traduit par un plus grand nombre de morts. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025, contre 517 en 2024.
    À l’inverse, les décès vers les Canaries ont chuté. Caminando Fronteras dénombre 1 906 morts et disparus sur la route atlantique. En 2024, l’ONG avait décompté 9 757 décédés ou disparus dans la même zone maritime. Soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là.

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#baléares#mauritanie#routemigratoire#senegal#algerie#migrationirreguliere#sante

  • Plus de 3 000 morts sur les routes migratoires vers l’Espagne en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68949/plus-de-3-000-morts-sur-les-routes-migratoires-vers-lespagne-en-2025

    Plus de 3 000 morts sur les routes migratoires vers l’Espagne en 2025
    Par Maïa Courtois Publié le : 29/12/2025
    Cette année, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un nombre de victimes moins élevé qu’en 2024, année record avec plus de 10 000 décès recensés. Cette baisse s’explique par les partenariats passés entre l’Espagne et les pays d’origine comme la Mauritanie pour intercepter les départs. Mais aussi par des changements de dynamiques : la route vers les Canaries est moins empruntée tandis que la route vers les Baléares est devenue plus dense et plus meurtrière en 2025.
    Huit personnes par jour ont perdu la vie, cette année, sur les routes maritimes vers l’Espagne. Le dernier rapport annuel de l’ONG espagnole Caminando Fronteras décompte 3 090 exilés décédés du 1er janvier au 15 décembre 2025. Parmi les victimes recensées figurent 437 enfants, 192 femmes et 2 461 hommes. Les mois de janvier et février ont été particulièrement marquants puisqu’à eux seuls, ils comptent pour près de la moitié des décès de l’année (1 434).
    Pour rappel, les chiffres de Caminando Fronteras se basent sur les témoignages recoupés des familles et des survivants, en plus des données officielles. Ils englobent les décès et les disparitions. Pas moins de 70 bateaux ont disparu des radars avec l’ensemble de leurs passagers, qui n’ont plus jamais donné de nouvelles à leurs proches.
    « L’approche arbitraire des opérations de sauvetage a entraîné des retards et de l’inaction, laissant couler des bateaux qui étaient manifestement en danger et causant des décès qui auraient pu être évités », épingle Caminando Fronteras dans son rapport. Plus généralement, l’ONG estime que « la principale cause de mortalité est l’influence des politiques de contrôle des migrations sur le recours aux opérations de recherche et de sauvetage ».
    En 2024, au moins 10 457 migrants sont morts ou ont disparu en tentant de rejoindre l’Espagne, selon Caminando Fronteras. Il s’agissait alors du nombre le plus élevé enregistré par l’ONG depuis le début du recensement en 2007. Cette baisse du nombre de victimes entre 2024 et 2025 est à mettre en lien avec les données officielles qui font état d’une chute du nombre de traversées. Le ministère de l’Intérieur espagnol enregistre en effet une baisse de 40,4% du nombre de migrants entrés sur le territoire de façon irrégulière entre le 1er janvier et le 15 décembre par rapport à la même période l’an dernier, avec 35 935 arrivées au total (contre 60 311 en 2024).
    Ceci étant, cette baisse globale cache des dynamiques diverses en fonction des routes migratoires. Du côté de la route Atlantique, c’est-à-dire de l’Afrique occidentale vers l’archipel des Canaries, l’ONG dénombre 1 906 morts et disparus en 2025. La grande majorité étaient partis de Mauritanie. L’an dernier, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là). Cette baisse est à mettre en lien avec la chute des arrivées aux Canaries en 2025. Un peu plus de 17 500 personnes ont rejoint l’archipel depuis le 1er janvier, contre près de 47 000 en 2024, selon le ministère espagnol de l’Intérieur.
    Cette chute des arrivées est attribuée par les autorités au renforcement de la surveillance des frontières au Sénégal et en Mauritanie, dans le cadre d’accords bilatéraux passés avec l’Espagne, et de partenariats migratoires avec l’Union européenne. Conséquence de ces accords : les autorités mauritaniennes ont déclaré avoir intercepté plus de 30 000 migrants entre janvier et avril 2025. La zone de départ était stratégique puisqu’en 2024, parmi toutes les embarcations naufragées ou disparues recensées par Caminando Fronteras, 70% étaient parties de ce pays.
    Ces contrôles renforcés n’ont « toutefois pas entraîné le déplacement des migrants vers la route occidentale de la Méditerranée, car il s’agit de deux circuits migratoires complètement différents, dont les profils, les trajectoires et les dynamiques ne sont pas interchangeables et ne peuvent être interprétés comme se remplaçant l’un l’autre », souligne Caminando Fronteras. L’ONG prévient toute conclusion hâtive car, à l’inverse des Canaries, la route vers l’archipel des Baléares en Méditerranée est de plus en plus empruntée. Selon les autorités, plus de 7 200 migrants ont atteint les Baléares entre janvier et décembre 2025. Soit une augmentation de 27 % par rapport à 2024. Et cette hausse se traduit par un plus grand nombre de décès. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie cette année. Elles étaient moitié moins (517) en 2024.
    Là encore, l’ONG met en avant les problématiques de sauvetage : parmi le « grand nombre de corps échoués sur les côtes des îles Baléares tout au long de l’année 2025, beaucoup s’étaient noyés peu avant d’être rejetés sur la plage. » "Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière", racontait en octobre à Infomigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares. La route algérienne vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG dans son rapport. Cette route algérienne « est principalement empruntée par des ressortissants algériens, bien que des migrants syriens et palestiniens soient également fréquemment présents en plus petit nombre. En 2025, des migrants somaliens ont rejoint les ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest qui avaient commencé à emprunter cette route plusieurs années auparavant », précise-t-elle. L’ONG confirme également l’émergence de nouvelles routes, comme celle de la Guinée, avec « un nombre croissant de départs depuis le port de Kamsar ». Son observatoire décompte 11 morts et disparus sur cette route en 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#routemigratoire#atlantique#mediterranee#algerie#espagne#sante#mortalite#guinee

  • Plus de 3 000 morts sur les routes migratoires vers l’Espagne en 2025 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68949/plus-de-3-000-morts-sur-les-routes-migratoires-vers-lespagne-en-2025

    Plus de 3 000 morts sur les routes migratoires vers l’Espagne en 2025
    Par Maïa Courtois Publié le : 29/12/2025
    Cette année, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Un nombre de victimes moins élevé qu’en 2024, année record avec plus de 10 000 décès recensés. Cette baisse s’explique par les partenariats passés entre l’Espagne et les pays d’origine comme la Mauritanie pour intercepter les départs. Mais aussi par des changements de dynamiques : la route vers les Canaries est moins empruntée tandis que la route vers les Baléares est devenue plus dense et plus meurtrière en 2025.
    Huit personnes par jour ont perdu la vie, cette année, sur les routes maritimes vers l’Espagne. Le dernier rapport annuel de l’ONG espagnole Caminando Fronteras décompte 3 090 exilés décédés du 1er janvier au 15 décembre 2025. Parmi les victimes recensées figurent 437 enfants, 192 femmes et 2 461 hommes. Les mois de janvier et février ont été particulièrement marquants puisqu’à eux seuls, ils comptent pour près de la moitié des décès de l’année (1 434).
    Pour rappel, les chiffres de Caminando Fronteras se basent sur les témoignages recoupés des familles et des survivants, en plus des données officielles. Ils englobent les décès et les disparitions. Pas moins de 70 bateaux ont disparu des radars avec l’ensemble de leurs passagers, qui n’ont plus jamais donné de nouvelles à leurs proches.
    « L’approche arbitraire des opérations de sauvetage a entraîné des retards et de l’inaction, laissant couler des bateaux qui étaient manifestement en danger et causant des décès qui auraient pu être évités », épingle Caminando Fronteras dans son rapport. Plus généralement, l’ONG estime que « la principale cause de mortalité est l’influence des politiques de contrôle des migrations sur le recours aux opérations de recherche et de sauvetage ».

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    Rétro 2025 : les grands événements qui ont marqué l’actualité migratoire

    En 2024, au moins 10 457 migrants sont morts ou ont disparu en tentant de rejoindre l’Espagne, selon Caminando Fronteras. Il s’agissait alors du nombre le plus élevé enregistré par l’ONG depuis le début du recensement en 2007.
    Cette baisse du nombre de victimes entre 2024 et 2025 est à mettre en lien avec les données officielles qui font état d’une chute du nombre de traversées. Le ministère de l’Intérieur espagnol enregistre en effet une baisse de 40,4% du nombre de migrants entrés sur le territoire de façon irrégulière entre le 1er janvier et le 15 décembre par rapport à la même période l’an dernier, avec 35 935 arrivées au total (contre 60 311 en 2024).
    Ceci étant, cette baisse globale cache des dynamiques diverses en fonction des routes migratoires. Du côté de la route Atlantique, c’est-à-dire de l’Afrique occidentale vers l’archipel des Canaries, l’ONG dénombre 1 906 morts et disparus en 2025. La grande majorité étaient partis de Mauritanie. L’an dernier, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là). Cette baisse est à mettre en lien avec la chute des arrivées aux Canaries en 2025. Un peu plus de 17 500 personnes ont rejoint l’archipel depuis le 1er janvier, contre près de 47 000 en 2024, selon le ministère espagnol de l’Intérieur.
    Cette chute des arrivées est attribuée par les autorités au renforcement de la surveillance des frontières au Sénégal et en Mauritanie, dans le cadre d’accords bilatéraux passés avec l’Espagne, et de partenariats migratoires avec l’Union européenne.
    Conséquence de ces accords : les autorités mauritaniennes ont déclaré avoir intercepté plus de 30 000 migrants entre janvier et avril 2025. La zone de départ était stratégique puisqu’en 2024, parmi toutes les embarcations naufragées ou disparues recensées par Caminando Fronteras, 70% étaient parties de ce pays.
    Ces contrôles renforcés n’ont « toutefois pas entraîné le déplacement des migrants vers la route occidentale de la Méditerranée, car il s’agit de deux circuits migratoires complètement différents, dont les profils, les trajectoires et les dynamiques ne sont pas interchangeables et ne peuvent être interprétés comme se remplaçant l’un l’autre », souligne Caminando Fronteras.
    L’ONG prévient toute conclusion hâtive car, à l’inverse des Canaries, la route vers l’archipel des Baléares en Méditerranée est de plus en plus empruntée. Selon les autorités, plus de 7 200 migrants ont atteint les Baléares entre janvier et décembre 2025. Soit une augmentation de 27 % par rapport à 2024.Et cette hausse se traduit par un plus grand nombre de décès. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie cette année. Elles étaient moitié moins (517) en 2024.
    Là encore, l’ONG met en avant les problématiques de sauvetage : parmi le « grand nombre de corps échoués sur les côtes des îles Baléares tout au long de l’année 2025, beaucoup s’étaient noyés peu avant d’être rejetés sur la plage. »"Des bateaux arrivaient quasiment tous les jours cet été. Il y avait aussi des cadavres, des disparus. Ce sont des situations anormales qu’on ne voyait pas l’année dernière", racontait en octobre à Infomigrants Carlos Martín Ciscar, porte-parole de la plateforme Acollim, un regroupement d’associations dans les îles Baléares.La route algérienne vers les Baléares est ainsi devenue en 2025 « la principale route de transit vers l’Espagne », affirme l’ONG dans son rapport.
    Cette route algérienne « est principalement empruntée par des ressortissants algériens, bien que des migrants syriens et palestiniens soient également fréquemment présents en plus petit nombre. En 2025, des migrants somaliens ont rejoint les ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest qui avaient commencé à emprunter cette route plusieurs années auparavant », précise-t-elle.
    L’ONG confirme également l’émergence de nouvelles routes, comme celle de la Guinée, avec « un nombre croissant de départs depuis le port de Kamsar ». Son observatoire décompte 11 morts et disparus sur cette route en 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#somalie#guinee#espagne#algerie#mauritanie#espagne#routemigratoire#migrationirreguliere#sante
    #mortalite

  • PÉTITION – Pour la libération immédiate du militant socialiste Lyes Touati

    Le 14 décembre, Lyes Touati, le militant socialiste internationaliste, figure de proue du mouvement populaire de 2019 (Hirak) et du combat écologique, entre autres ; membre dirigeant du Parti socialiste des travailleurs (PST), est arrêté une fois de plus près de chez lui dans la localité d’Aokas.

    Le juge d’instruction de Bejaia a ordonné son placement en détention provisoire à la prison d’Oued Ghir. Il est poursuivi sur la base de l’article 87 bis du code pénal pour une prétendue « accointance avec le MAK ». Il risque entre 5 et 10 ans d’emprisonnement.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/09/14/le-peuple-algerien-reitere-son-rejet-du-regime-militaire/#comment-70950

    #algerie

  • Douze corps de migrants retrouvés à la frontière entre le Maroc et l’Algérie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/68734/douze-corps-de-migrants-retrouves-a-la-frontiere-entre-le-maroc-et-lal

    Douze corps de migrants retrouvés à la frontière entre le Maroc et l’Algérie
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 15/12/2025 Dernière modification : 16/12/2025
    Début décembre, 12 migrants - originaires de Guinée Conakry, du Cameroun et du Nigeria - ont été retrouvés morts de froid et de faim dans le nord du Maroc près de la zone frontalière avec l’Algérie. Depuis 2017, plus de 76 décès ont été recensés dans cette zone, selon l’Association marocaine d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV). Les corps de 12 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été découverts entre les 6 et 12 décembre dans le nord du Maroc, à proximité de la frontière avec l’Algérie, plusieurs étant morts « de froid et de faim », ont indiqué lundi 15 décembre deux associations locales à InfoMigrants et à l’AFP.
    Le 6 décembre, l’Association d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV), basée à Oujda, ville proche de la frontière algérienne, s’est rendue dans la province de Jerada après avoir reçu des informations faisant état de victimes, a aussi expliqué à l’AFP son président, Hassan Ammari. « Le délégué provincial du ministère de la Santé à Jerada nous a confirmé la présence de six corps », a-t-il dit. Le 12 décembre, lors d’une nouvelle visite de l’association dans la région, « six autres corps ont été découverts », a-t-il indiqué. Un décompte de 12 corps confirmé à InfoMigrants par l’Association marocaine des droits humains (AMDH).
    Les dépouilles ont été retrouvées à différents endroits, de Touissit à Ras Asfour, près de la ville d’Oujda, au nord-est du Maroc, précise Hassan Ammari à InfoMigrants. Les victimes seraient originaires de Guinée Conakry, du Cameroun et du Nigeria, selon l’AMSV.
    Selon des responsables hospitaliers, les victimes seraient mortes principalement « de froid, mais aussi de faim ». D’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH), il pourrait s’agir de personnes ayant récemment franchi la frontière algérienne pour entrer sur le sol marocain. Mais il est aussi possible que ces personnes aient essayé de quitter le Maroc pour entrer en Algérie.
    « D’année en année, nous constatons l’augmentation des décès dans cette région », a déploré Hassan Ammari, soulignant que les températures peuvent descendre jusqu’à -5°C entre la mi-novembre et la fin janvier et que de nombreux migrants ne disposent que de vêtements légers. Parmi les personnes décédées figurent notamment une femme et un jeune homme de 20 ans originaires de Guinée-Conakry, ainsi qu’une Nigériane née en 1996 et un Camerounais né en 1999. Six des victimes ont été enterrés au cimetière de Jerada, au Maroc, selon des informations postées sur X par l’AMDH.
    Les morts ne sont pas rares dans cette zone. En décembre 2022, sept migrants subsahariens avaient déjà été retrouvés morts dans la même zone de Ras Asfour près de la ville d’Oujda, au nord-est du Maroc. Quelques jours plus tard, le 21 décembre, le cadavre d’un jeune homme âgé de 20 à 25 ans était découvert au même endroit, rapporte l’agence de presse espagnole EFE.
    Selon Hassan Ammari de l’AMSV, la présence d’un fossé côté algérien est aussi responsable de décès dans la zone. Profond de 4,5 mètres de large sur 4 mètres de profondeur, il jouxte un haut grillage côté marocain. Le fossé se remplit d’eau quand les rivières proches débordent par temps de pluie. « Les migrants [tombent dans ce fossé parce qu’ils] se déplacent la nuit dans l’obscurité totale [pour essayer de franchir la frontière], ils ne peuvent même pas allumer les lampes de leur téléphones portables pour ne pas être repérés par les militaires », explique à son tour Omar Naji de l’AMDH. « C’est un fossé de la mort », destiné notamment à « empêcher tout passage », explique Hassan Ammari, les personnes se noient en raison de la boue qui empêche toute remontée. En 2021, Driss Elaoula, membre de l’ONG Alarm Phone basée à Oujda, avait fait une macabre découverte : au fond d’un de ces fossés gisait le corps d’une jeune Camerounaise, « congelée ». Depuis 2017, plus de 76 décès ont été recensés dans cette zone, selon l’AMSV, parmi lesquels des migrants aussi originaires du Tchad et du Soudan. Hassan Ammari a alerté « les autorités marocaines et algériennes sur la dangerosité de ce fossé » depuis 2018, appelant au respect du « droit à la vie ».

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#tunisie#maroc#oujda#mortalite#routemigratoire#sante#migrationirreguliere#frontiere

  • Solidarité avec les syndicalistes d’Algérie !

    En Algérie, dans la matinée du 26 novembre, des travailleurs de la Société nationale du transport ferroviaire (SNTF) ont momentanément cessé le travaiappuyer leurs revendications professionnelles, alors que depuis des mois rien ne bougeait du côté de la direction de la SNTF.

    Ce court moment revendicatif collectif a mis le trafic à l’arrêt. Cela a valu l’arrestation de plusieurs cheminots et d’une dizaine de responsables de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) à travers le pays, dont le secrétaire général de la fédération nationale des travailleurs du transport ferroviaire (FNTF)

    La fédération des syndicats SUD-Rail a déjà eu l’occasion, malheureusement, de protester contre des faits semblables, et renouvelle sa dénonciation de telles méthodes. Les responsables syndicaux incriminés par le pouvoir sont accusés de « saper la sécurité de l’État » et d’« incitation à la haine » ! Ceci, pour avoir soutenu un débrayage portant sur des revendications basiques.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/09/14/le-peuple-algerien-reitere-son-rejet-du-regime-militaire/#comment-70747

    #algerie

  • De la répudiation au féminicide

    Ce ne sont pas les seules formes de violence subies par les femmes algériennes ; la religion est même impliquée dans certaines d’entre elles. Les deux sont renforcées par des attitudes telles que : « Bats ta femme. Si tu ne sais pas pourquoi tu le fais, elle le sait ». Elle est la servante en attente perpétuelle de correction et des coups, elle passe au meurtre. La plupart des femmes victimes de violence ne soupçonnent pas que les coups ou la violence psychologique peuvent conduire au féminicide. Les doutes, la peur, les regrets du conjoint ou d’autres personnes ralentissent le dépôt d’une plainte et encouragent l’acte final. Qui met fin à la vie.

    Chaque société a sa propre manière d’aborder ce type de violence. Beaucoup y verront un acte d’amour, d’autres l’associeront à la charia. En Algérie, le monde associatif alerte sur l’augmentation des féminicides. Au moins une femme est tuée chaque semaine, la plupart du temps par un proche. Les chiffres dont nous disposons sont sous-estimés en raison du manque de coordination entre les services qui gèrent ce type de violence. Plusieurs associations réclament une révision de la loi, qui reste trop favorable aux agresseurs. Elles demandent la criminalisation du féminicide. Si la Constitution déclare protéger les femmes contre toutes les formes de violence, la clause de pardon est incluse dans le code pénal commun.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/03/22/feminicides-en-algerie-rapport-sur-les-meurtres-de-femmes-et-de-filles-2019-2022/#comment-70678

    #feminisme #algerie

  • L’émigration des jeunes, reflet du malaise algérien
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/27/l-emigration-des-jeunes-reflet-du-malaise-algerien_6655074_3232.html

    L’émigration des jeunes, reflet du malaise algérien
    Analyse
    Mustapha Kessous
    Sur les réseaux sociaux circulent d’innombrables vidéos de harraga algériens – ces « brûleurs de frontières » qui quittent leur pays par la mer sans passeport ni visa –, heureux d’approcher le rivage espagnol. Le 3 septembre, dans une joie déroutante, sept adolescents ont ainsi rallié Ibiza depuis la baie d’Alger à bord d’une embarcation de plaisance volée. Cette traversée retransmise en direct sur TikTok a provoqué l’émoi en Algérie, ravivant la question de l’« exode » vers l’Europe.
    En France, l’immigration algérienne est un thème récurrent des débats politiques et médiatiques. Entre Paris et Alger, elle n’a cessé depuis l’indépendance, en 1962, d’être un enjeu d’éternelles tractations. D’autant plus que les départs clandestins depuis l’Algérie restent très élevés ces dernières années. Du 1er janvier au 31 octobre, Frontex, l’agence européenne des frontières, a recensé 8 496 passages irréguliers de ressortissants algériens vers les îles Baléares ou les plages du sud de l’Espagne continentale. Ils représentent un peu plus de la moitié du flux d’exilés (16 321) ayant emprunté cette route dite « de la Méditerranée occidentale ». Et ils constituent la cinquième nationalité la plus représentée parmi les entrées clandestines en Europe, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
    En forte progression depuis 2023, cette voie connaît un nouvel essor cette année : + 27 % d’arrivées, toutes nationalités confondues, par rapport à la même période de 2024 et même + 66 % rien qu’aux Baléares, selon le ministère de l’intérieur espagnol. Frontex attribue cette hausse au renforcement des contrôles migratoires au Maroc « poussant davantage de personnes à recourir aux services de passeurs en Algérie ».
    Un an après le revirement promarocain de Madrid sur le Sahara occidental, les accords signés entre les deux pays en février 2023 ont drastiquement réduit les départs, y compris vers les Canaries (− 58,6 %). « Les réseaux se sont adaptés en conséquence, faute d’une coopération migratoire aussi étroite entre Madrid et Alger qu’avec Rabat », explique le sociologue marocain Ali Zoubeidi, spécialiste des migrations.
    Pourquoi les Algériens quittent-ils leur pays ? Chercheurs et diplomates français sont unanimes : l’« envie d’ailleurs ». « Ce sentiment de ne plus vouloir rester en Algérie est profond. Aux côtés des chômeurs et des jeunes, on trouve des fonctionnaires, des policiers, des familles avec enfants. Bref, des gens qui sont intégrés professionnellement », observe le sociologue algérien Nacer Djabi. « Ces harraga ne sont plus des exilés économiques, mais des personnes qui cherchent un endroit où construire une nouvelle vie et s’épanouir en liberté », ajoute Saïd Belguidoum, maître de conférences émérite à Aix-Marseille Université.
    Ce phénomène de « mal vie » n’est pas nouveau. Selon l’OIM, plus de 54 000 Algériens ont gagné l’Europe entre 2020 et 2024 – soit environ 10 000 par an –, essentiellement par la route de la Méditerranée occidentale. 2019 est une année charnière. A cette époque, l’Algérie était secouée par le Hirak, soulèvement populaire au cours duquel des millions de manifestants ont tenté de « dégager le système ». Les jeunes, notamment, promettaient alors de rester pour bâtir l’Algérie de demain, « libre et démocratique ». Cette année-là, un peu plus de 5 000 Algériens avaient rejoint l’Europe. L’année suivante, ils étaient presque trois fois plus nombreux.
    Cette brutale hausse s’explique, entre autres, par la reprise en main autoritaire du pouvoir par le président Abdelmadjid Tebboune. « Le constat est terrifiant. Après ce rêve de changement brisé par le régime, les Algériens de toutes catégories sociales et de tous âges préfèrent s’enfuir du pays », rappelle l’avocat algérien Aïssa Rahmoun, en exil en France et secrétaire général de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). « L’échec du Hirak a accéléré les passages, insiste Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). C’est parce que l’Algérie n’offre aucune perspective pour une partie de sa jeunesse qu[e celle-ci] fuit. » Le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) frôle les 30 %.
    La France regarde de près cette migration clandestine puisque « la majorité vient dans notre pays, dit M. Leschi, 80 % des immigrés algériens en Europe sont en France. » Alger laisserait-il délibérément filer ces émigrés afin de peser sur la France, dans le contexte de crise diplomatique avec Paris, ravivé en juillet 2024 après la reconnaissance par Emmanuel Macron de la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental ? C’est d’ailleurs cet été-là que l’ambassade d’Espagne à Alger avait alerté les diplomates français pour leur signaler une « augmentation du flux des harraga ».
    S’agirait-il aussi d’une soupape destinée à désamorcer les tensions sociales algériennes ? Didier Leschi est convaincu que « les autorités laissent passer plutôt que d’être demain confrontées à une génération Z qui leur demandera des comptes ». « Les autorités ne peuvent rien faire, elles ont baissé les bras, corrobore Nacer Djabi. Même la presse ne parle plus de cette migration, considérant qu’il s’agit d’un fait accompli. »
    Dans la revue de l’armée algérienne El Djeich de septembre, les autorités ont reconnu ne pas être « épargnées » par la « migration clandestine » qui « touche principalement sa jeunesse ». Elles assurent combattre « ce phénomène » d’ailleurs puni par la loi : officiellement, un « brûleur de frontières » algérien risque une peine de prison. Mais les harraga continuent de défier les autorités et l’« Algérie nouvelle » qu’elles disent vouloir bâtir : symboles du manque d’avenir des jeunes Algériens, ils sont aussi devenus un enjeu dans les houleuses relations franco-algériennes.

    #Covid-19#migration#migrant#algerie#france#jeunesse#frontex#frontiere#crise#politiquemigratoire#sante

  • Pour la libération du journaliste #christophe_gleizes détenu en #algérie, « Splann ! » signe l’appel commun des rédactions
    https://splann.org/liberation-christophe-gleizes

    « Splann ! » s’associe aux sociétés de journalistes, aux organisations d’éditeurs, aux syndicats de journalistes et à Reporters sans frontières pour réclamer la libération de Christophe Gleizes. Spécialiste du football africain, notre confrère a été condamné fin juin à sept ans de prison ferme en Algérie, pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». L’article Pour la libération du journaliste Christophe Gleizes détenu en Algérie, « Splann ! » signe l’appel commun des rédactions est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en (...)

    #La_vie_de_« Splann !_ » #journalisme #liberté_de_la_presse #tribune

  • L’accord de 1968, au cœur du contentieux franco-algérien sur l’immigration
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/17/l-accord-de-1968-au-c-ur-du-contentieux-franco-algerien-sur-l-immigration_66

    L’accord de 1968, au cœur du contentieux franco-algérien sur l’immigration
    Julia Pascual
    L’Assemblée nationale a voté, le 30 octobre, pour la première fois de la Ve République, un texte du Rassemblement national, en l’espèce une résolution en faveur de la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968 – qui régit les règles du séjour des Algériens en France. A gauche, on fustige les relents xénophobes d’une telle entreprise, permise grâce au concours des voix de la droite et d’Horizons. S’il a regretté le vote de l’Assemblée, le premier ministre Sébastien Lecornu s’est dit favorable à une renégociation de l’accord, que deux rapports parlementaires de 2025 ont jugé trop favorable aux Algériens et ne se justifiant plus, soixante-trois ans après l’indépendance. « On peine à penser la singularité de la relation franco-algérienne qui peut conduire à la reconnaissance d’une mobilité plus aisée, souligne Emmanuel Blanchard, historien et professeur à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Or, il n’y a pas eu d’autre colonie de peuplement, à part la Nouvelle-Calédonie, et il n’y a pas beaucoup d’étrangers qui ont été français pendant plus d’un siècle. »
    Un détour par l’histoire est nécessaire pour appréhender le sens de ce texte devenu totémique. A partir du milieu du XIXe siècle, toutes les populations d’Algérie ont été statutairement françaises jusqu’à 1962, année de l’indépendance et des accords d’Evian. Ces derniers, conçus dans l’idée du maintien en Algérie des « pieds-noirs », prévoient la libre circulation de tous, y compris des Algériens, qui conservent donc le droit d’entrer et de s’établir en France. Mais cette fiction s’effondre doublement : les attentats de l’Organisation de l’armée secrète et du Front de libération nationale contraignent les Français d’Algérie à fuir le pays. Quant aux Algériens, ils immigrent en nombre et de façon inattendue vers la France, fuyant le désordre régnant en Algérie et attirés par les emplois industriels en France. Le principe de libre circulation, devenu sans objet pour les Français, s’applique de fait seulement aux Algériens.
    Dès 1963, la France cherche à limiter leur venue, et le ministère de l’intérieur instaure des contrôles médicaux à l’arrivée, qui permettent que « des centaines de personnes [soient] régulièrement refoulées par bateau », rapporte Baptiste Mollard, chercheur au Centre de recherches en sociologie du droit et des institutions pénales. En 1964, l’accord Nekkache-Grandval prévoit que « les arrivées de travailleurs algériens seront fixées en fonction des disponibilités en main-d’œuvre de l’Algérie et des possibilités du marché français de l’emploi ». Il comporte, en outre, une clause informelle de « rapatriement des oisifs », souhaitée par le ministère de l’intérieur français. « Ce contingentement strict et inédit place les dirigeants algériens dans une situation de subordination durable », poursuit Baptiste Mollard. Même si la France dénonce son contournement par l’arrivée de travailleurs algériens déguisés en « faux touristes », c’est l’Etat français qui décide du nombre de travailleurs admis.
    C’est dans ce contexte que va être négocié l’accord de 1968 qui met fin au principe de libre circulation. Tandis que l’Algérie négocie un contingent de travailleurs plus important et pluriannuel, la France impose aux Algériens la possession d’un document (le certificat de résidence) et conditionne le regroupement familial à une attestation de logement et à un certificat médical. « La philosophie qui sous-tendait historiquement cet accord n’était donc pas de libéraliser les flux migratoires entre la France et l’Algérie mais, au contraire, de les réguler davantage », ont rappelé les sénateurs Olivier Bitz (Orne, Union centriste) et Muriel Jourda (Morbihan, Les Républicains), auteurs d’un rapport d’information en février. L’accord de 1968 va connaître une série d’avenants, en 1985, en 1994 et en 2001, dont l’objectif est, notamment, d’en rapprocher le contenu du droit commun (qu’il soit ou non plus favorable). L’absence de renégociation de l’accord franco-algérien depuis 2001, période pendant laquelle le régime de droit commun n’a cessé d’être durci, donne à plusieurs des dispositions applicables aux Algériens des allures de « régime de faveur », pour reprendre les termes de Mme Jourda et M. Bitz.
    Qu’en est-il aujourd’hui ? Si des dispositions sont au désavantage des Algériens en matière d’immigration économique ou étudiante, d’autres sont à leur avantage : les Algériens peuvent, par exemple, demander un regroupement familial après un an de résidence contre dix-huit mois pour les autres étrangers ; les conjoints de Français peuvent aussi demander un certificat de résidence de dix ans après un an de mariage, contre trois ans dans le droit commun ; un Algérien peut être régularisé de plein droit après dix ans de présence en France, possibilité qui n’existe plus pour les autres étrangers depuis 2006.« Mais entre le droit et la pratique, il y a un gouffre », rappelle Abderrazak Boudjelti, président de l’Union des avocats franco-algériens, qui regrettait, dans un communiqué de janvier, les « contrevérités » véhiculées sur l’accord de 1968, soulignant que les préfectures « piétinent de manière flagrante les rares avantages exorbitants du droit commun » et que « la plupart des titres de séjour délivrés aux Algériens le sont en exécution de décisions de justice ».
    La présence des immigrés algériens en France – la plus importante communauté immigrée, avec près de 900 000 personnes – tient davantage à l’histoire imbriquée des deux pays qu’à l’accord en tant que tel. « Ainsi ne faut-il pas attendre d’une dénonciation de cet accord une baisse automatique et massive du nombre d’immigrés », rappelait à l’Assemblée Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement. Ni une augmentation des expulsions, qui ne sont pas régies par l’accord et auxquelles les tensions entre Paris et Alger ont porté un coup d’arrêt.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#france#accordmigratoire#immigration#droit#sante#politiquemigratoire

  • La statue du sergent Blandan, le fantôme colonial de mon père - Se libérer de nos fantômes coloniaux

    Dorothée-Myriam Kellou

    Enfant, Malek, réalisateur algérien exilé en France, allait à #Boufarik, en #Algérie, pour manger des oranges. Il y croisait la statue d’un soldat en armes, juchée sur son piédestal à plus de 7 mètres 50 de haut. C’était la statue du sergent Blandan, héros de la #conquête_coloniale_de_l'Algérie, érigée à Boufarik à la fin du XIXème siècle et « rapatriée » en France, à #Nancy.

    C’est là que par hasard, un matin neigeux de 1990, Malek a retrouvé le fantôme de son enfance. Le refoulé colonial a soudain ressurgi. Il a raconté sa rencontre effrayante à sa fille, qui à son tour décide de partir sur les traces de ce fantôme, en France et en Algérie. Mais à mesure qu’elle s’approche de lui, elle est à son tour hantée. Comment se libérer du fantôme colonial qui fait corps avec la statue du sergent Blandan, héros de la conquête de l’Algérie ?

    https://www.arteradio.com/son/la-statue-du-sergent-blandan

    https://cdn.arteradio.com/permanent/arteradio/sites/default/files/4le_fantome_du_sergent_blandan_lq_fr.mp3

    #colonisation
    #mémoire
    #histoire

  • Laurent Nuñez met en garde contre la méthode du « bras de fer » avec l’Algérie, après la dénonciation de l’accord migratoire de 1968
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/01/laurent-nunez-met-en-garde-contre-la-methode-du-bras-de-fer-avec-l-algerie-a

    Laurent Nuñez met en garde contre la méthode du « bras de fer » avec l’Algérie, après la dénonciation de l’accord migratoire de 1968
    Alors que la coopération migratoire entre la France et l’Algérie est à l’arrêt, le ministre de l’intérieur alerte sur la nécessité de renouer « le dialogue » avec Alger.
    Le Monde avec AFP
    Quelques jours après l’adoption à l’Assemblée nationale d’une résolution du Rassemblement national (RN) visant à « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a mis en garde, samedi 1er novembre, contre la méthode du « bras de fer » avec l’Algérie. « Ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution, la seule issue, se trompent. Ça ne marche pas, dans aucun domaine », a déclaré M. Nuñez dans un entretien au Parisien, ajoutant qu’il regrettait « les conditions dans lesquelles s’est déroulé ce vote ». « Preuve » de l’inefficacité de cette méthode, « le canal est totalement coupé aujourd’hui avec Alger », a-t-il ajouté.
    Depuis son arrivée au gouvernement, M. Nuñez a souligné à plusieurs reprises la nécessité de renouer « le dialogue » avec Alger, mettant en avant les besoins de coopération sécuritaire notamment dans la lutte antijihadiste au Sahel.Le gel des relations entre la France et l’Algérie se traduit notamment par l’arrêt total de la coopération migratoire, explique M. Nuñez : « L’Algérie n’accepte plus ses ressortissants en situation irrégulière depuis le printemps. » Cette année, 500 éloignements forcés vers ce pays ont pu avoir lieu à fin octobre, contre 1 400 en 2024 sur la même période, selon lui. Par conséquent, les centres de rétention administrative « sont occupés à plein » : « 40 % des places sont occupées par des ressortissants algériens. »
    Le départ du gouvernement du précédent ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau – partisan d’une ligne dure contre Alger –, avait permis ces dernières semaines d’amorcer en coulisses des discussions entre la France et l’Algérie. Mais la secousse provoquée par l’adoption jeudi d’une résolution visant à dénoncer la convention du 27 décembre 1968 entre les deux pays télescope les prémices d’un dialogue. Le traité, signé six ans après la fin de la guerre d’Algérie, crée un régime d’immigration favorable pour les Algériens, qui n’ont pas besoin de visa spécifique pour rester plus de trois mois dans l’Hexagone et accèdent plus rapidement que les autres étrangers aux titres de séjour pour dix ans, y compris dans le cadre du regroupement familial. Sa dénonciation est réclamée de longue date par la droite et l’extrême droite.

    #Covid-19#migration#migrant#france#algerie#accordmigratoire#politiquemigratoire

  • L’Algérie considère que la résolution de l’Assemblée nationale dénonçant l’accord migratoire de 1968 est pour l’instant une « affaire franco-française »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/11/03/alger-considere-que-la-resolution-de-l-assemblee-nationale-denoncant-l-accor

    L’Algérie considère que la résolution de l’Assemblée nationale dénonçant l’accord migratoire de 1968 est pour l’instant une « affaire franco-française »
    Le Monde avec AFP
    Le ministre des affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, a réagi, dimanche 2 novembre, à l’adoption, quelques jours plus tôt, à l’Assemblée nationale française d’une résolution visant à dénoncer l’accord migratoire de 1968 qui institue un régime spécifique pour les Algériens en France. « C’est attristant de voir un pays aussi grand que la France faire de l’histoire d’un autre pays, indépendant, souverain, l’objet d’une compétition électorale anticipée », a dit M. Attaf dans un entretien à la chaîne d’information algérienne AL24.
    « Très sincèrement, j’ai beaucoup de respect pour l’Assemblée nationale française, mais lorsque j’ai vu ce vote (…), la première pensée qui m’est venue à l’esprit [a été] “la course à l’échalote se poursuit” », a-t-il déclaré.
    Jeudi, les députés français ont adopté une proposition de résolution du Rassemblement national (RN) visant à « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968, dans un geste symbolique. Ce texte, non contraignant, a été adopté à une majorité d’une voix par l’Assemblée grâce à l’appui de députés des partis de droite Les Républicains et Horizons.« Sur le fond, cette affaire est une affaire entre l’Assemblée nationale française et le gouvernement français. C’est une affaire intérieure, c’est une affaire franco-française. Elle ne nous concerne pas pour le moment », a rappelé le chef de la diplomatie algérienne.
    M. Attaf a toutefois précisé qu’« elle pourrait nous concerner si ça devient une affaire de gouvernement à gouvernement parce que l’accord de 1968 est un accord intergouvernemental. C’est un accord international et le gouvernement français ne nous a rien dit à ce sujet et donc sur le fond nous ne réagissons pas. » « Nous n’avons rien vu venir et nous espérons ne rien voir venir », a conclu le ministre algérien.
    Cet accord, signé six ans après la fin de la guerre d’Algérie (1954-1962), crée un régime d’immigration favorable pour les Algériens, qui n’ont pas besoin de visa spécifique pour rester plus de trois mois en France et accèdent plus rapidement que les autres étrangers aux titres de séjour pour dix ans, y compris dans le cadre du regroupement familial.Paris et Alger sont empêtrés depuis plus d’un an dans une crise diplomatique, à la suite de la reconnaissance à l’été 2024 par la France d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental.

    #Covid-19#migrant#migration#algerie#france#accordmigratoire#immigration#politiquemigratoire

  • L’exil et le village
    https://laviedesidees.fr/L-exil-et-le-village

    Quelle place attribuer au prénom dans la détermination sociale d’un individu ? Pour l’immigré, il porte la double marque du pays quitté et du pays d’accueil, de l’exil douloureux et de l’intégration difficile.

    #Histoire #immigration #sociologie #Algérie #économie_sociale_et_solidaire
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20251103_prenom.pdf