• Des croisements anciens entre Polynésiens et Amérindiens mis en évidence par la génétique

    Des analyses ADN confortent l’hypothèse de l’anthropologue Thor Heyerdahl. Mais on ignore si des Amérindiens ont débarqué en Polynésie, ou si ce sont les Polynésiens qui ont « découvert » l’Amérique avant Christophe Colomb.

    Par Hervé Morin Publié, lemonde.fr, mercredi 8 juillet 2020

    En 1937, le jeune anthropologue norvégien Thor Heyerdahl et sa femme Liv débarquent à Fatu Hiva, une île des Marquises, pour leur voyage de noces. Le séjour du couple de Robinson se prolonge. Heyerdahl est fasciné par des légendes locales, selon lesquelles les occupants de l’île seraient venus du Soleil-Levant. Dix ans plus tard, il s’embarque depuis le Pérou sur un radeau de balsa, pour prouver qu’un tel voyage d’est en ouest est possible. Le 7 août 1947, après cent un jours de mer, lui et ses cinq coéquipiers s’échouent sur un atoll des Tuamotu, au terme de 7 000 km d’une navigation mouvementée, apportant une éclatante démonstration de la faisabilité d’une telle dérive.

    L’odyssée du Kon-Tiki deviendra mythique dans le grand public, mais jusqu’à ce jour, les cercles académiques continuent de débattre avec fièvre de l’hypothèse d’Heyerdahl. La théorie dominante étant que le Pacifique a progressivement été exploré et colonisé depuis l’Asie, par les « nomades de la mer » de la civilisation Lapita, sur une période courant de 1 500 avant J.-C. à la fin du XIVe siècle.

    Sans nier la prépondérance de cette ruée maritime vers l’est, une étude, publiée le 9 juillet dans Nature, appuie l’intuition initiale d’Heyerdahl. Elle compare les génomes de 807 individus issus de 17 îles du Pacifique et de 15 groupes amérindiens de la côte du Pacifique. Alexander Ioannidis, postdoctorant à l’université de Stanford, et ses collègues, mettent en évidence des croisements qui seraient survenus vers 1 200 après J.-C. entre Polynésiens et Améridiens, à une époque où les premiers étaient en pleine exploration des derniers confettis du Pacifique.

    Génétique, linguistique et botanique

    Heyerdahl aurait-il vu juste ? « Nous ne pouvons pas dire si les Polynésiens ont atteint les Amériques et sont repartis (avec une certaine ascendance amérindienne), ou si les Amérindiens se sont rendus en Polynésie, comme le croyait Heyerdahl, mais nous pouvons confirmer qu’il y a eu contact, comme il le pensait, répond Alexander Ioannidis. Cela signifie que les influences culturelles des Amérindiens ont pu se propager dans la lointaine Polynésie, comme le théorisait Heyerdahl. »

    L’analyse génétique conforte des indices d’une autre nature, qui mêlent linguistique et botanique. « D’autres chercheurs avaient noté que la patate douce, dont nous savons qu’elle était originaire des Amériques et qu’elle y était largement utilisée comme culture, est arrivée en Polynésie des siècles avant que les marins européens n’atteignent le Pacifique, rappelle Alexander Ioannidis. En outre, le nom de la patate douce, dans de nombreuses langues polynésiennes, kumara, ressemble au nom autochtone utilisé pour la désigner dans certaines langues du nord-ouest de l’Amérique du Sud. »

    N’est-il pas trop beau pour être vrai que le signal le plus fort d’un héritage génétique d’origine amérindienne – provenant des Zenu de Colombie – pointe vers Fatu Hiva, vers 1150 après J.-C., là même où Heyerdhal a été happé par les légendes insulaires ? « Ce n’est pas une coïncidence totale, puisque cette île a été incluse dans notre base de données en partie à cause de ces légendes, répond Alexander Ioannidis. Nous avons trouvé un signe de contact sur Fatu Hiva, là où nous avons cherché, mais il y a beaucoup d’autres îles des Marquises et des Tuamotu qui ne figurent pas dans notre base de données, si bien que nous ne pouvons donc pas dire avec certitude où le contact a eu lieu précisément. »

    La « marge d’approximation » de la génétique

    L’étude de Nature évoque la « possibilité intrigante » que les Amérindiens aient été les premiers à s’installer à Fatu Hiva, et que des navigateurs venus de l’ouest soient arrivés en second lieu. Mais l’alternative a la préférence d’Alexander Ioannidis : « Je pense qu’il est plus probable que des Polynésiens aient atteint les Amériques, étant donné leur technologie de voyage et leur capacité démontrée à parcourir des milliers de milles en haute mer, ce qu’ils faisaient avec succès, à cette époque, à la recherche de nouveaux territoires insulaires. » Un voyage de cette nature a été recréé en 1976 par l’expédition, d’Hawaï à Tahiti, du Hokulea, un bateau polynésien traditionnel, bien plus manœuvrant qu’un radeau de balsa.

    « Il est également possible que certains Amérindiens, qui disposaient de bateaux empruntant la route commerciale côtière de l’Equateur-Colombie vers la Méso-Amérique, aient dérivé dans l’océan Pacifique et, portés par les courants équatoriaux, aient atteint les Tuamotu, convient Alexander Ioannidis. C’est exactement là qu’Heyerdahl a débarqué lors de son voyage de dérive reconstitué avec le Kon-Tiki depuis l’Amérique du Sud. » Mais l’hypothèse d’une découverte précolombienne des Amériques par d’aventureux Polynésiens reste pour lui plus convaincante.

    « Le sujet est vraiment fascinant ! », commente Vincent Lebot (Cirad) qui, en 2013, avait dirigé une étude génétique sur la diffusion de la patate douce dans le Pacifique, laquelle appuyait déjà fortement l’hypothèse de transferts du tubercule depuis l’Amérique du Sud (région du Pérou et de l’Equateur) vers la Polynésie. Il estime que la méthodologie et les marqueurs génétiques décrits dans Nature sont « suffisamment solides pour révéler des échanges entre deux populations qui étaient, à cette époque, suffisamment distantes génétiquement. » Lui aussi penche pour l’hypothèse d’un aller-retour de Polynésiens en Amérique, qui « auraient ramené avec eux des femmes ou des marins amérindiens ». Il note cependant que la génétique laisse « une marge d’approximation » concernant la datation de ces échanges, et salue le fait que les auteurs eux-mêmes mentionnent les limites de leur modèle.

    Héritage génétique indéchiffrable

    Jusqu’alors, l’hypothèse d’une origine amérindienne des Polynésiens avait été essentiellement testée sur les habitants de l’île de Pâques (les Rapa Nui), précisément parce qu’elle est la plus proche du continent américain (3 525 km des côtes chiliennes, tout de même), et distante de plus de 2 000 km de Pitcairn, la première île habitée vers l’ouest. L’héritage génétique de ses habitants était particulièrement indéchiffrable, du fait d’échanges, au XIXe siècle, avec des navigateurs d’origines européenne et amérindienne (peuples chiliens précolombiens). Les analyses ADN apportaient des résultats contradictoires sur une influence amérindienne antérieure.

    Une indécision tranchée par l’étude de Nature : « La composante amérindienne préhistorique sur Rapa Nui, sur laquelle tant de recherches ont porté, est probablement issue d’un événement de contact non pas sur Rapa Nui, mais quelque part en amont dans le processus de colonisation polynésienne des îles du Pacifique », y lit-on. L’arrivée d’ADN amérindien sur l’île de Pâques est datée de 1380.

    Combien d’individus ont-ils été impliqués dans ces croisements dont la trace génétique ténue s’est conservée et diffusée si largement dans l’immensité du Pacifique ? « Nous ne pouvons pas le dire, mais nous pouvons dire que l’ascendance amérindienne sur les différentes îles étudiées a été héritée des mêmes ancêtres, répond Alexander Ioannidis. Tous les ancêtres amérindiens préeuropéens proviennent également de la même région du nord de l’Amérique du Sud et datent d’à peu près la même époque. Cela nous amène à penser qu’une seule expédition a permis d’apporter ces ancêtres sur une île de la Polynésie orientale. Puis, lorsque les dernières îles polynésiennes éloignées ont été colonisées (comme l’île de Pâques), cette trace ancestrale a été portée vers ces nouveaux territoires avec les nouveaux colons, dans leur ADN désormais combiné. »

    « La nouvelle étude de Ionnidis et al. est passionnante et les résultats sont très convaincants, estime le paléogénéticien Lars Fehren-Schmitz (Université de Californie, à Santa Cruz), qui avait pourtant publié, en 2017, une étude excluant tout apport génétique amérindien avant l’arrivée des Européens sur l’île de Pâques. L’idée de déplacer l’attention de Rapa Nui vers d’autres communautés de Polynésie orientale me paraît logique, étant donné que même l’expérience de Thor Heyerdahl ne l’a pas conduit à Rapa Nui. Je suis particulièrement enthousiaste quant à leur hypothèse selon laquelle un flux génétique pourrait provenir de groupes vivant dans le nord de l’Amérique du Sud-Amérique centrale. »

    Pour lui, la preuve la plus convaincante de l’ascendance amérindienne chez des individus des communautés insulaires viendra, in fine, de l’analyse d’ADN ancien prélevé sur des squelettes datant de l’époque préeuropéenne. « Mais c’est aux communautés de ces îles de décider si cette question les intéresse », conclut-il.

    Hervé Morin

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/07/08/des-croisements-anciens-entre-polynesiens-et-amerindiens-mis-en-evidence-par

    #anthropologie #génétique #Amérindiens #Amérique #Polynésie #Pacifique

  • Vous savez pourquoi Marlon Brando a refusé l’Oscar pour « Le Parrain » en 1973 ? - Curioctopus.fr

    https://www.curioctopus.fr/read/12300/vous-savez-pourquoi-marlon-brando-a-refuse-l-oscar-pour-le-parrain-en-19

    Je ne connaissais pas cette histoire

    « ...Ce soir, je représente Marlon Brando, dit-elle sous les sifflets, il m’a demandé de vous dire qu’avec regret, il refuse ce prix généreux, à cause de la façon avec laquelle l’industrie du film traite les Amérindien... »

    C’était le 5 Mars 1973 quand Marlon Brando a refusé le prix du meilleur acteur, pour son rôle de Don Vito Corleone dans Le Parrain.

    Contrairement à ce que vous pourriez penser, sa carrière, dans les années 1960, était en déclin. Brando avait des difficultés à trouver du travail à Hollywood : ses films La Vengeance aux deux visages et Les Révoltés du Bounty avaient été des fiascos complets et sa mauvaise réputation sur les plateaux de tournage n’arrangeait pas les choses. Bref, on le pensait fini. Puis, en 1972, Le Parrain a été projeté dans les cinémas du monde entier. Et ce fut un succès total.

    Après sa performance, sa nomination comme meilleur acteur aux Oscars était acquise, mais Brando avait annoncé qu’il allait boycotter la cérémonie. Alors, quand un jeune Roger Moore annonce son nom, une fille aux cheveux longs et aux vêtements apache monte les escaliers du théâtre, laissant tout le monde bouche bée (à la fin de l’article, vous trouverez la vidéo de la cérémonie de remise des prix). C’est Sacheen Littlefeather, présidente du National Native American Affirmative Image Committee, qui monte sur scène au nom de l’acteur.

    #premières_nations #peuples_autochtones #amérindiens

  • Des sites sacrés amérindiens détruits à l’explosif pour construire le mur de Trump | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/187386/sites-sacres-amerindiens-detruits-explosif-mur-trump-mexique

    Située au sud de l’Arizona, dans une zone limitrophe avec le Mexique, l’Organ Pipe cactus national monument est une réserve naturelle reconnue par l’Unesco, qui abrite des espèces rares, une biosphère unique et des sites sacrés pour les tribus amérindiennes de la région.

    #amérindiens #USA #trump #mur

  • « Un roman n’est pas un marteau » : Valeria Luiselli
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/250919/un-roman-n-est-pas-un-marteau-valeria-luiselli

    Comment écrire un roman quand le réel brûle ? Valeria Luiselli fabrique des histoires comme des contre-feux. « Archives des enfants perdus » ou la véritable littérature engagée de cette rentrée 2019.

    #La_rentrée_littéraire_de_septembre_2019 #Amérindiens,_immigration,_Mexique,_Etats-Unis,_Rentrée_littéraire_2019

  • Une histoire de la Nouvelle-France à partir de la morue et des perles sans oublier les castors Jean-François Nadeau - 22 Aout 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/lire/561098/une-histoire-de-la-nouvelle-france-a-partir-de-la-morue-et-des-perles

    Les noms de Samuel de Champlain et de Jacques Cartier sont accrochés depuis longtemps à des ponts jetés sur le Saint-Laurent. L’eau a coulé dessous, jusqu’à charrier dans les mers de l’oubli les noms de leurs devanciers. Dans Une histoire de la Nouvelle-France, l’historien Laurier Turgeon, professeur à l’Université Laval, s’intéresse aux échanges culturels dans une période de flottements au commencement d’un empire colonial : le XVIe siècle.

    Quand Cartier fait son voyage en 1534, les #Autochtones montrent qu’ils ont déjà l’habitude des rapports avec les Européens. En juillet, par exemple, le navigateur malouin croise une quarantaine d’embarcations dont les occupants lui demandent, avec force signes, d’accoster. On veut lui montrer des peaux, au bout de perches. Vous en voulez ? En août, sur le chemin du retour, d’autres Autochtones montent sans crainte sur le pont. Oui, les échanges commerciaux existent déjà.

    Entre le troisième et dernier voyage de Cartier, en 1541-1542, et celui de #Samuel_de#Champlain en 1608 se trouve un trou historique dans lequel Turgeon plonge. Il faut, dit Turgeon, remonter jusqu’à cet espace de l’oubli pour mieux comprendre les effets des contacts, de part et d’autre, entre Français et #Amérindiens. Son idée ? Que les contacts initiaux, qui ont fini par structurer les relations de pouvoir asymétriques que l’on sait, ne sont pas nécessairement le fait caractéristique de cette période initiale méconnue.

    Pour essayer de mieux comprendre cette histoire, l’historien s’attache à l’étude d’objets matériels. C’est à travers eux, souvent « que les transferts culturels se manifestent ». À sa table d’historien, il va se pencher sur la morue, le pelage du #castor et la #perle de verre.

    La morue
    Commençons par la morue. En avez-vous déjà pêché ? Au nord de la baie d’Hudson, je n’ai jamais eu aussi froid, je crois, qu’au jour d’essayer d’y prendre de grosses morues. Au Nunavik, l’Arctique québécois, la morue est méprisée par les #Inuits. Ils n’en mangent pas. Des millénaires à consommer des chairs crues leur ont appris à raison que ce poisson, plein de vers et de parasites, n’est pas comestible à moins d’être très bien cuit. La plupart des premiers habitants de l’#Amérique méprisaient ce poisson, rappelle Turgeon.

    Dans ses récits, le voyageur Marc Lescabot observe que les Mi’kmaqs s’intéressent aux #merlus, #bars et #flétans pêchés par les Français mais lèvent le nez sur la morue. Même chose, dans les écrits de Chrestien Le Clercq, qui constate qu’en #Gaspésie, qui sera un haut lieu de l’exploitation de cette ressource, les Autochtones se moquent de la surconsommation que ces visiteurs blancs font du poisson.

    Séché, salé, mis en baril, voué à la consommation des multitudes, ce poisson va nourrir, à compter du XVIe siècle, une partie de l’Europe. Les Basques, les Normands, les Bretons lancent sur les eaux des vaisseaux en quête de ce poisson tout mou qu’est la morue.

    Les actes notariés en France confirment une rapide expansion des #pêcheries en Amérique. Dans les archives normandes, on trouve par exemple un acte de 1510 où le maître d’un navire indique qu’il est venu vendre, du côté de Rouen, des morues de « Terre Neusve ».

    Au Moyen Âge, on préfère le merlu et le hareng. Mais au XVIe siècle, la morue salée s’impose au point où on se préoccupe bientôt presque autant de son approvisionnement que du blé nécessaire au pain, écrit l’historien Laurier Turgeon.

    En #Europe, la morue est consommée par tous, mais elle est vendue selon sa qualité de salaison et de présentation, ce qui conforte des distinctions en classes sociales. Au nombre des mets très appréciés tirés de ce poisson : les tripes de morues, c’est-à-dire l’estomac séché puis réhydraté, que l’on consomme, en particulier, pendant le carême. L’huile de foie de morue, produite par la décomposition au soleil du foie du poisson, sert à la consommation ou à l’éclairage. Au chapitre de la consommation de ce poisson, le livre de Laurier Turgeon constitue presque une histoire de la #cuisine. On y découvre, à travers des rapports sociaux établis autour des #pêcheries, l’usage des sauces et la médiation faites entre la proximité et l’étranger à travers certains ingrédients.

    Il est beaucoup question de chaudrons en cuivre sous la plume de Laurier Turgeon. Les premières manifestations de la culture européenne en Amérique sont des objets de cuivre. Pendentifs, boucles d’oreilles, bagues, bracelets, chevillettes. Et surtout des chaudrons.

    Le chaudron a-t-il transformé la vie des Amérindiens ? Le cuivre sera un des premiers biens exportés par l’Europe en Amérique et en Afrique. Les « chaudières de cuivre » sont produites précisément pour l’exportation. Au cuivre, les natifs d’Amérique accordent une plus-value rituelle, « sans doute en raison de ses valeurs intrinsèques et de sa singularité ». Ainsi le chaudron de #cuivre, contrairement à ce qu’on croit d’instinct, ne remplace pas le pot de terre cuite utilisé quotidiennement au XVIe siècle, mais se trouve prescrit à des usages cérémoniaux et rituels. Il demeure à la marge, pour décorer l’intérieur des maisons, où il sert en des occasions particulières. Les chaudrons sont volontiers découpés pour servir à la fabrication de divers objets. Le cuivre sert aussi d’offrandes aux morts, dans des cérémonies exceptionnelles où le chaudron est déposé près des restes des disparus. Ces pratiques qui semblent venir du fond des âges sont en vérité plutôt récentes et seront abandonnées assez vite. Mais pour un temps, le chaudron de cuivre devient le pôle de ralliement et « s’impose parce que sa force d’attraction est plus forte que celle de tous les autres objets connus. »

    Le père Castor
    En 1634, après une année passée auprès des Montagnais, ainsi que les Français appelaient les Innus, le père Paul Lejeune, un jésuite, témoigne du fait que son hôte lui explique, tout amusé, que le #castor travaille parfaitement : « il fait des chaudrons, des perles, des haches, des épées, des couteaux, du pain, en bref, il fait tout ». Comment ne pas aimer cet animal, père d’un avenir meilleur, puisqu’il fabrique des richesses inattendues ?

    Le castor va doubler la morue sur les grandes routes du commerce. Il suscite à lui seul l’expansion d’un projet colonial. Au XVIe siècle, du moins au début, les documents affirment que le castor provient de « Terreneufve ». Mais à la fin du siècle, le mot Canada, « une appellation désignant généralement un lieu autochtone plus retiré dans les terres » succède au nom « Terreneufve ». Le terme, rappelle Turgeon, provient des Iroquoiens de la vallée du #Saint-Laurent. Il désigne une terre indéfinie située le long du fleuve, entre Gaspé et #Québec. Ce sont les Français qui en étendirent l’usage afin de trouver à décrire l’ensemble du territoire de commerce des fourrures.

    La traite des fourrures, observe Laurier Turgeon, est associée « à la notion de conquête ». Le verbe « conquérir » apparaît dans les documents. Au XVIe siècle, le commerce est déjà perçu « comme un moyen d’établir et de maintenir une domination économique et politique sur les peuples autochtones et le territoire qu’ils occupaient ».

    Comment faire commerce au Nouveau Monde ? Dans la balance seront lancées des perles. Un marchand basque, en 1787, en achète 50 000, au prix du salaire moyen d’un de ses marins. Perles de verre, d’émails, de jais, de coquillage, perles d’ambre, de corail, de cristal de roche, perles de bois, de corne, d’os, de cuivre, d’ivoire, de faïence, de calcédoine : les perles sont au coeur de la vie amérindienne. En lisant cette Histoire de la Nouvelle-France, on découvre aussi la place que ces verreries occupent dans la vie, en Europe, des domestiques, des valets, bref des oubliés. Avait-on bien cerné la place des perles dans les rapports coloniaux ? Laurier Turgeon croit que non. Et force est de lui donner raison.

    #cabillaud #pêche #alimentation #poisson #poissons #Morue #alimentation #histoire

  • En #Colombie, le long bras de fer entre les Indiens et le gouvernement
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/04/08/en-colombie-le-long-bras-de-fer-entre-les-indiens-et-le-gouvernement_5447216

    Samedi 6 avril, les bulldozers sont entrés en action pour déblayer la route panaméricaine bloquée depuis vingt-sept jours entre les villes de Cali et de Popayan, dans le sud-ouest de la Colombie. La veille, les envoyés de Bogota et les représentants des communautés indiennes du département du Cauca étaient arrivés à un accord dans le hameau de Mondomo. Aux abords de la voie, les #Indiens ont commencé à emballer leurs casseroles et à démonter les bâches en plastique qui leur ont servi de tentes pendant plus de trois semaines.

    « Si le président Ivan Duque ne tient pas ses promesses, on reviendra », avertit Jeson, un jeune de la communauté Nasa.

    #paywall... #amérindiens #peuples_autochtones #contestation

  • Guyane : nouvelle vague de suicides chez les jeunes Amérindiens LA 1ère (avec AFP) - 24 Janvier 2019 - France tv info
    https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane-nouvelle-vague-suicides-jeunes-amerindiens-672847.html

    Cinq suicides et 13 tentatives de pendaison ont eu lieu en trois mois au sein de la jeune population amérindienne de l’ouest guyanais, entraînant le recours à des renforts sanitaires pour tenter d’endiguer un phénomène apparu depuis les années 80.

    La communauté amérindienne guyanaise a été frappée par plusieurs vagues de suicide ces dernières décennies, les plus récentes remontant à 2011 et 2015. Le phénomène est notamment lié au déchirement de ces jeunes, partagés entre la société traditionnelle dans laquelle ils sont nés et la société plus moderne à laquelle ils se trouvent ensuite confrontés très jeunes, avait souligné un rapport parlementaire de 2015.
     

    Apprendre aux enfant à « s’adapter »
    Depuis la Saint-Sylvestre, 13 tentatives de suicides de jeunes adultes ou mineurs scolarisés, dont un collégien de « 12 ans », ont été recensées, quasi exclusivement dans deux villages amérindiens de la commune de Maripasoula, à l’intérieur des terres, a révélé à l’AFP sous couvert d’anonymat une source proche du dossier. De même source, parmi les 13 tentatives de pendaison, « 10 » ont eu lieu en 4 jours à Elahé et Kayodé, petits villages autochtones éloignés de 300 habitants, soit une tentative de suicide pour 30 habitants.

    Le 6 janvier dernier, la cheffe coutumière de Bellevue, prenait la parole sur Guyane La 1ère après les suicides qui avaient endeuillé Maripasoula. « Moi je me souviens que j’avais dit à quelqu’un ’j’ai peur de mon avenir’, se remémore Cécile Kouyouri. Le fait de vivre en ville et de revenir chez nous, dans notre milieu familial, c’est deux choses différentes. Il faut concilier les deux pour pouvoir avancer. » "Les parents doivent apprendre aux enfants qu’il y a une autre vie à l’extérieur, leur apprendre à s’adapter. Pas être assimilé, mais s’adapter parce que tout le monde ne vit pas comme les Amérindiens." 

    Un mal-être profond
    Ces tentatives s’ajoute aux cinq suicides - dont un jeune de 14 ans - depuis octobre 2018, dans cette même aire géographique, où les enfants sont obligés de quitter leurs parents à l’entrée du secondaire pour aller dans des collèges du littoral. Là, ils vivent dans des conditions d’hébergement (internats, familles d’accueil, proches) dégradées, souvent dénoncées par les familles et le monde enseignant. "Ça fait longtemps que ce problème existe", les ministères des Outre-mer et de la Santé « ne nous donnent même pas de moyens pour agir. Il ne suffit pas d’envoyer un hélicoptère en urgence lorsqu’il y a un suicide », a déploré un professionnel de santé à l’AFP.

    Le rapport « Suicides des jeunes Amérindiens en Guyane française » dressé en 2015 par Marie-Anne Chapdelaine (ancienne députée PS) et Aline Archimbaud (ancienne sénatrice EELV) avait dénoncé un « scandale » national. Ces drames traduisent « le mal-être profond de ces jeunes, une immense désespérance, la souffrance de se sentir obligés de choisir entre deux mondes : celui de leurs parents, de leur village, auxquels ils sont vitalement attachés, ou celui, découvert au collège ou à la ville, d’une modernité qui se présente à eux de façon brutale », écrivaient leurs auteures. Elles décrivaient plus globalement des populations confrontées à « d’immenses difficultés pour accéder à des droits fondamentaux » (eau, électricité, téléphone).

    La population des Amérindiens est estimée à environ 10.000 personnes en Guyane, en l’absence de statistiques ethniques. Si le taux de suicide du département est moins élevé qu’en métropole (8 pour 100.000 habitants contre 16,2 pour 100.000), « il existe une forte concentration des suicides sur les zones peuplées par les Amérindiens », selon le rapport.
     

    Des initiatives
    Face à l’ampleur du phénomène, les chefs des villages, le grand conseil coutumier et les parents d’élèves ont organisé des réunions de crise. Depuis début janvier, la préfecture organise des « réunions de coordination » hebdomadaires sur le sujet, mais sans les autorités coutumières. La réserve sanitaire, notamment en psychiatrie, a été mobilisée du 19 décembre au 19 janvier. Et l’agence régionale de santé (ARS) « réfléchit à la mobilisation notamment d’experts en ethnopsychiatrie et en contagion suicidaire », en plus des équipes mobiles qui interviennent régulièrement, a expliqué Fabien Laleu, son directeur adjoint.

    Un programme « Bien être des populations de l’intérieur », a par ailleurs été lancé début 2018 et une vingtaine de « projets communautaires » ont été accompagnés pour améliorer le quotidien, pour un coût de « 1 million d’euros ». Annoncé depuis 2016, l’observatoire du suicide « devrait être opérationnel en juin 2019 », selon M. Laleu. Parmi les « 37 propositions prioritaires » du rapport parlementaire, figuraient la nécessité de « renforcer le dispositif de prise en charge psychiatrique », mettre en place un « programme de santé communautaire », « développer des politiques vigoureuses de lutte contre les addictions », mais aussi, déjà, résoudre le problème du « logement des lycéens amérindiens ».

    Le 11 janvier dernier, le préfet Patrice Faure assurait, au micro de Guyane La 1ère, avoir pris toutes les dispositions pour un renforcement de la cellule de suivi afin de juguler cette crise qui impacte cruellement la communauté amérindienne. Il soulignait qu’il fallait travailler avec les communautés et le grand Conseil coutumier afin que cette mobilisation commune porte ses fruits à court terme.

    #peuples_autochtones #autochtones #Amérindiens #suicide #Outre-mer #Guyane #Guyane_française

  • « Le dernier combat des Capitaines de Guyane » un film de Erwan Le Guillermic et David Morvan
    https://www.youtube.com/watch?v=QSuLMR0JlMw

    Il ne manquait plus que ça à la Guyane ! Après l’orpaillage illégal qui détruit son environnement depuis des décennies, voici que des projets de mines d’or industrielles voient le jour.

    Face à ce qu’ils considèrent comme un nouveau cataclysme aux portes de leurs villages, les Amérindiens ont décidé de résister.

    Les chefs coutumiers, que la France a longtemps appelé « Capitaines » en leur offrant un uniforme et une modeste rétribution, sont unanimes. Tous refusent de voir la forêt et la terre de leurs ancêtres sacrifiées.

    Sur fond de crise identitaire, la lutte contre les projets industriels de mine d’or cristallise une absence de reconnaissance de plus en plus mal supportée par la jeunesse amérindienne.

    En rejouant David contre Goliath, le film plonge dans les tourments de la Guyane et du peuple premier de cette contrée lointaine de la République.

    #Guyane #amérindiens #Montagne_d'or #colonialisme

  • Native Tribes Are Taking Fire Control Into Their Own Hands | WIRED
    https://www.wired.com/story/wildfires-native-tribes-controlled-burns

    [...] a [...] 1911 federal legislation [...] made it illegal to ignite fires on public forest lands. That legislation curtailed centuries of forest management by the native Karuk, Yurok, and Hupa people, who had long lived in villages dotted throughout these forests; a 1918 US Forest Service ranger’s memo declared that “renegade Indian” fires were rooted in “pure cussedness.”

    A hundred years later, though, western science and policy-makers are rethinking the subject. [...] So in a new policy, the Forest Service on July 27 signed an implementation plan for managing public forest lands—an agreement in which both fire and the Karuk play a vital role.

    #science #Amérindiens #incendies

  • La CNCDH a demandé à la France de reconnaître les #Kanak et les #Amerindiens comme des peuples autochtones à part entière.

    Avis sur la place des peuples autochtones dans les territoires d’outre-mer de France
    http://www.cncdh.fr/fr/publications/avis-sur-la-place-des-peuples-autochtones-dans-les-territoires-doutre-mer-de-f
    PDF : http://www.cncdh.fr/sites/default/files/170223_avis_peuples_autochtones.pdf

    Au lendemain de l’adoption de la loi pour l’égalité réelle des outre-mer que la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) salue, la CNCDH souhaite apporter un éclairage sur la situation spécifique des peuples autochtones en outre-mer et appelle l’Etat français à clarifier sa position en faveur de la reconnaissance de ces peuples en tant que tels.
    Dans un avis très étayé sur la place des deux peuples autochtones français, la CNCDH recommande notamment à l’Etat de reconnaître les Kanak de Nouvelle-Calédonie et les Amérindiens de Guyane comme des peuples autochtones à part entière. Cette reconnaissance est une condition essentielle pour que les membres de ces peuples puissent pleinement jouir de leurs droits et que les politiques des pouvoirs publics en leur faveur soient plus efficaces et acceptées.

  • Aux #Etats-Unis, lumière sur les disparitions et meurtres d’#Amérindiennes
    https://information.tv5monde.com/info/aux-etats-unis-lumiere-sur-les-disparitions-et-meurtres-d-amer

    Autre facteur : les polices tribales n’ont pas autorité pour poursuivre les non-#Amérindiens, même pour des agressions commises sur leurs terres. La police fédérale délaisse beaucoup de cas et quand elle prend en charge un dossier, des mois ont parfois été perdus.

  • Des maux et des remèdes, une histoire de pharmaciens le Devoir - Jean-François Nadeau - 21 avril 2018
    https://www.ledevoir.com/lire/525797/une-histoire-des-pharmaciens-des-remedes-de-grands-meres-a-l-apothicaire

    Lorsque le chirurgien Michel Sarrazin procède, au printemps de 1700, à l’ablation à froid du sein cancéreux d’une religieuse montréalaise, la malheureuse risque d’y passer. Soeur Marie Barbier va pourtant survivre 39 ans à cette opération, première du genre en Amérique. Pour éviter l’infection de sa plaie, on utilisera l’« #onguent divin », alors très populaire, explique en entrevue Gilles Barbeau, ancien doyen de la Faculté de pharmacie de l’Université Laval, qui vient de faire paraître Curieuses histoires d’apothicaires.

    Cet « onguent divin », les religieuses souhaitent l’utiliser en toutes circonstances. Il s’agit en fait d’un mélange de mine de plomb rouge, d’huile d’olive et de cire jaune. « Les métaux comme le plomb ou le cuivre ont une certaine propriété antiseptique », précise le professeur émérite.

    L’« onguent divin » s’inspire d’un manuel de la bibliothèque des Jésuites intitulé Remèdes universels pour les pauvres gens. Le pharmacien réservera longtemps les produits locaux aux gens de peu de moyens. Ceux qui le peuvent s’offrent des remèdes venus de loin, forcément meilleurs puisqu’on les paye plus cher…

    Peu de médicaments en vente libre sont encore tirés directement de plantes. Mais c’est bien la nature, explique #Gilles_Barbeau, qui a inspiré plusieurs médicaments. « Se soigner par les plantes, chercher à se soulager et à guérir des blessures fut non seulement un geste naturel des premiers êtres humains, mais une activité presque instinctive. » La #centaurée et la #rose_trémière étaient déjà utilisées il y a 40 000 ans pour leurs propriétés. L’#ail, l’#aloès, les graines de #pavot, l’#aubépine, la #camomille, la #mandragore, pour ne nommer qu’eux, servent aussi. « Les Nord-Américains ont pris l’habitude de prendre tout ça en pilules, alors que les effets favorables de la plante sont sous cette forme à peu près nuls », dit M. Barbeau.

    Le vieux métier
    Depuis les profondeurs du temps existe ce métier qui consiste à préparer des #médicaments, auquel nous identifions aujourd’hui le #pharmacien. « L’histoire des pharmaciens est obscurcie par la place qu’a prise l’histoire de la médecine », regrette Gilles Barbeau.

    L’apothicaire est l’ancêtre du pharmacien. Il se trouve à cette jonction mal éclairée où se rencontrent le botaniste, l’alchimiste, l’épicier, le chimiste et le charlatan. Au Québec, le mot « #apothicaire », présent aussi en Angleterre, reste accolé à la pharmacie jusqu’au début du XXe siècle.
     
    Des plantes
    Gilles Barbeau se souvient d’une journée passée à marcher avec son grand-père. L’homme, né en 1875, amenait son petit-fils près de la rivière cueillir de la #savoyane, une plante qu’il utilisait pour contrer les ulcères de bouche. « Ma grand-mère ramassait aussi des #plantes_médicinales. Ce fut mon premier contact, sans le savoir, avec la #botanique médicale. » Parmi les plantes dont Barbeau parle pour traiter de l’histoire des pharmaciens, on trouve l’#achillée_millefeuille, très commune dans les campagnes québécoises, utilisée en infusion pour ses vertus gastriques.

    L’histoire a gardé dans ses replis des savoirs anciens que Gilles Barbeau révèle au hasard de sa volonté première, qui est de faire connaître l’histoire de pharmaciens, des savants à qui nous devons parfois beaucoup.

    Vin et cocaïne
    Au nombre des historiettes passionnantes que narre le professeur, on trouve celle d’Angelo #Mariani, médecin d’origine corse. Mariani développe un vin fait à base de coca. « Ce vin va être très populaire pour soigner les acteurs et les actrices. Zola, Massenet, même le pape Léon XIII, vont aussi chanter la gloire du vin Mariani. Aux États-Unis, plusieurs caisses de vin Mariani sont importées. Un pharmacien va les distiller pour produire un sirop. Et c’est avec de l’eau et ce sirop qu’on va produire les premières bouteilles de Coca-Cola. »

    Que doit-on à Louis Hébert, premier apothicaire sur les rives du Saint-Laurent ? « Il va envoyer une quarantaine de plantes nouvelles en France, sans doute grâce aux #Amérindiens. » Dans les biographies édifiantes de cet apothicaire, on retiendra souvent qu’il suggérait de manger une pomme par jour. Pas de pommes pourtant en Nouvelle-France… La confusion viendrait de sa découverte d’une plante surnommée « #pomme_de_mai », déjà connue chez les #Hurons. Le frère botaniste Marie-Victorin la nommera Podophyllumn peltatum. Cette plante possède des propriétés purgatives puissantes. C’est un de ses dérivés qui est utilisé dans les célèbres pilules Carter’s pour le foie, commercialisées jusqu’en 1992. Au XIXe siècle, observe Gilles Barbeau, cette plante se trouve à la base de presque tous les médicaments censés traiter les maladies inflammatoires. Les observations d’un pharmacien britannique, Robert Bentley, vont montrer qu’une résine fabriquée à partir de cette plante possède un effet favorable au traitement des #tumeurs cutanées. « Et cela a donné un #anticancéreux puissant, toujours utilisé pour les traitements du cancer du sein », raconte M. Barbeau.

    On trouve de tout chez les pharmaciens, mais par forcément des amis. Dans la Grèce antique, #pharmakon veut d’ailleurs tout aussi bien dire poison que remède. Ces commerces sont souvent des lieux où le marchand est vu comme un menteur, un voleur, un empoisonneur, un malhonnête, un charlatan.

    Mauvaise humeur
    La théorie antique dite des #humeurs va longtemps dominer les usages de la pharmacie. On trouve une formidable illustration de ces théories fantaisistes dans Le malade imaginaire de Molière, où un « clystère insinuatif, préparatif, et rémollient » est d’entrée de jeu présenté comme une nécessité « pour amollir, humecter, et rafraîchir les entrailles de Monsieur »… En fonction d’un principe d’équilibre des liquides du corps, tous les maux sont à soigner à partir de simagrées, de saignées ou de purgatifs injectés dans le corps par un instrument appelé clystère.

    Encore au XIXe siècle, l’un des inventeurs du cinéma, #Auguste_Lumière, trouve dans ses usines chimiques des #hyposulfites qui, croit-il, permettent de dissoudre les « floculations », des cellules mortes qui en viennent à se précipiter dans le système, ce qui selon lui serait à la base de tous les ennuis de santé. On nage encore dans la théorie des humeurs.

    L’irrationnel s’avale bien. « Au XIXe siècle, en médecine populaire, le traitement de maladies comme la #teigne s’envisage avec un sirop fait d’écorces de #tremble qu’on prendra soin de couper à la pleine lune », souligne M. Barbeau, le concours des astres étant apparemment aussi important que celui des dieux sur l’effet des médicaments…

    Ainsi le développement de la pharmacie a-t-il longtemps donné la main à une science de l’à-peu-près dont la puissance tenait beaucoup à des effets de langage. Des esprits sensibles à la rigueur de l’analyse vont lui imposer une autre direction. La maladie, selon les enseignements de #Paracelse, est éventuellement envisagée comme un phénomène biochimique.

    Dans son #histoire des pharmaciens, Gilles Barbeau estime tout particulièrement la découverte faite par Friedrich Sertüner, un jeune stagiaire. « C’est lui qui a pour ainsi dire découvert la #morphine. C’est universel aujourd’hui. Elle permet d’aller plus doucement vers la mort », dit-il. De toutes les découvertes faites par le passé, la morphine a encore beaucoup d’avenir, croit M. Barbeau.

    #herboristerie

  • This Web App Maps Out North America’s Indigenous History
    http://lifehacker.com/this-web-app-maps-out-north-americas-indigenous-history-1796488592

    Native Lands is a web app that, after entering your location and selecting the information you’re interested in (choices include territories, languages, and treaties), presents you with color-coded regions.

    http://native-land.ca

    #cartographie #peuples_premiers #langues #amérindiens

  • Des #Amérindiens sans boussole — En #Guyane, sous les pavés la Bible, par Elven Sicard (mai 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/05/SICARD/57460

    En vingt-cinq ans, la Guyane a vu sa population doubler, pour atteindre 250 000 habitants. Délaissée par la métropole, dont elle dépend pour presque tout, elle reste coupée économiquement de ses voisins. La porosité de sa frontière la rend toutefois perméable aux trafics d’or comme au prosélytisme évangélique. En première ligne, les Amérindiens jouent leur avenir en tant que peuple.

  • Les sociétés précolombiennes « architectes » de la forêt amazonienne
    http://www.rfi.fr/ameriques/20170303-foret-amazonienne-flore-arbres-societes-precolombiennes-amerindiens-inf

    Les #Amérindiens qui ont vécu dans les forêts avant la découverte de l’#Amérique par les Européens ont eu une influence bien plus grande qu’on ne le pensait sur la #flore.

    [...]

    Cacaotiers, palmiers pinot, palmiers bâche : dans les forêts amazoniennes, des chercheurs ont trouvé de nombreuses espèces d’arbres introduites par l’homme, et ces arbres sont particulièrement abondants à proximités des sites archéologiques.

    Travaux d’Hercule en Amazonie précolombienne
    http://huet.blog.lemonde.fr/2017/03/04/travaux-dhercule-en-amazonie-precolombienne

    Autrement dit le mythe de l’#Amazonie « vide » d’hommes doit faire place à l’histoire d’une Amazonie remplie de peuples dont les #arbres domestiquées et cultivés structurent encore aujourd’hui l’immense forêt amazonienne, sept millions de km² et près de 400 milliards d’arbres de 18 000 espèces différentes (2), plusieurs siècles après leur quasi-extermination par le « choc microbien » consécutif à l’arrivée des Européens.

  • La #France bafoue les droits des «peuples autochtones»
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240217/la-france-bafoue-les-droits-des-peuples-autochtones

    La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a rendu public, jeudi, un avis où elle appelle la France à reconnaître comme « peuples autochtones » les #kanaks de #Nouvelle-Calédonie et les #Amérindiens de #Guyane. Ces populations subissent de graves violations de leurs droits fondamentaux.

    #Colonisation #discriminations #Droits_de_l'homme

  • Trafic d’enfants : article de septembre... Je parlais d’un autre en janvier dernier... Rafle des années 60 : des enfants autochtones ont été vendus à l’étranger. Eh le journaliste : autochtone, c’est quoi : des amérindiens ? Oui, on dirait bien ; alors : autant le préciser... En 01.2016, nous avions ce : « Génocide culturel » ; honte, shame, Canada...
    https://plus.google.com/114108954249717412482/posts/fEHX5PiKhgF
    http://ici.radio-canada.ca/regions/manitoba/2016/09/28/004-enfants-autochtones-vendus-rafle-autochtones-sixties-scoop.shtm
    http://www.lapresse.ca/multimedias/le-drame-ignore-des-enfants-autochtones
    http://information.tv5monde.com/info/l-etat-canadien-condamne-pour-avoir-delaisse-les-enfants-autoc
    #trafic_d_enfants #Canada #shame #honte #amerindiens

  • Ni #colonialisme ni soumission des cultures : résistance antifasciste dans l’Etat espagnol
    http://lahorde.samizdat.net/2016/10/18/ni-colonialisme-ni-soumission-des-cultures-resistance-antifasciste

    « Ces personnes sont très simples en armes, comme vous le verrez votre altesse (…) vous pouvez les emmener tous à Castille ou les garder prisonniers dans l’île, car avec cinquante hommes vous les aurez soumis et ils feront tous ce que vous voudrez. » Christophe Colomb, le 14 octobre 1492, deux jours après la découverte des [&hellip

    #Espagne #International #Amérindiens #anticolonialisme #génocide

  • Les #Sioux en guerre contre un #pipeline
    http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2016/09/10/les-sioux-en-guerre-contre-un-pipeline_4995495_4497186.html

    Face aux manifestations, les travaux ont été suspendus sur le tronçon contesté par les Sioux, qui ont saisi la justice pour demander l’arrêt de la construction. L’entreprise texane qui développe le projet assure avoir obtenu les autorisations nécessaires. Selon elle, ses canalisations enterrées sont bien plus sûres que le train ou le camion pour le transport du #pétrole. Vendredi 9 septembre, tout en rappelant qu’il était « conscient des avanies subies par cette tribu depuis des siècles », un juge fédéral a estimé que les permis étaient valides et autorisé la poursuite du chantier.

    Mais l’affaire a pris un tour politique avec l’intervention du gouvernement : peu après cette annonce, les ministères de la justice et de l’intérieur ont en effet demandé le gel des travaux dans un rayon de 32 km autour de la zone défendue par les #Amérindiens. « Cette affaire a mis en lumière le besoin de discussions sérieuses (…) sur ce type de projets », indique notamment le communiqué. La justice devrait donc se pencher à nouveau sur le dossier dans les prochaines semaines.

    #justice #États-Unis_d'Amérique

  • Nouvelle trad du Labo Décolonial : Deux-Esprits, Un Cœur, Cinq Genres
    https://labodecolonial.wordpress.com/2016/06/17/deux-esprits-un-coeur-cinq-genres

    Résumé : Où l’on découvre qu’avant le premier contact avec les Européens, les sociétés amérindiennes reconnaissaient cinq genres liés à la spiritualité plutôt qu’à la sexualité, et que la caractérisation « LGBT » euro-américaine ne peut donc pas s’appliquer convenablement à cette particularité culturelle des peuples indigènes, qu’ils nommaient « Deux-Esprits ».

    #genre #amérindiens #natives #autochtones #LGBT #colonialisme #deux-esprits #Labo_Décolonial (qui pourrait être sur ST…)

  • One of the first fruit trees planted in America is still alive and well at age 383+

    http://www.treehugger.com/natural-sciences/first-fruit-tree-planted-america-still-alive-and-well-age-383.html

    When the first European settlers stepped foot on Plymouth Rock in 1620, the landscape they encountered must have felt like the epitome of wildness. In time, of course, cottages and farmhouses, roads and footpaths would sprout up even there as ’civilization’ took root. But little could they have guessed, from those fragile early shoots, that the whole wild continent would be tamed in just a few short centuries.

    C’est beau, on en oublierait presque le #génocide des gens qui plantaient des #arbres_fruitiers avant cette date

    #historicisation #amérindiens