• Devenir une « #ville_éponge » : la solution de #Berlin face à la #sécheresse

    Face aux extrêmes climatiques, Berlin accélère sa mutation en « ville éponge », mêlant #végétalisation, #rétention_des_eaux et #mobilisation_citoyenne. Une ambition politique inédite qui essaime.

    Il est rare qu’une activiste environnementale se retrouve mandatée par ses « adversaires » pour mener la politique qu’elle défend. C’est pourtant ce qui est arrivé à la géographe Lisa Junghans dans le cadre du projet de transformation de la ville de Berlin en « ville éponge ».

    Après avoir travaillé pour une ONG spécialisée sur les questions d’#eau, elle a participé à l’initiative populaire #BaumEntscheid, en corédigeant une proposition de loi d’#adaptation de Berlin au #changement_climatique. « Nous comptions appeler les Berlinois à se prononcer via un référendum sur la question en septembre 2026. Mais, contre toute attente, le Sénat de Berlin a décidé de reprendre notre projet à 99 % et d’en faire une loi qui a été votée fin 2025 ! » raconte la jeune femme.

    Elle a depuis été nommée à la direction de l’Agence pour l’eau de pluie du Land de Berlin (Regenwasseragentur), un organisme assez récent qui joue un rôle important en tant qu’agence-conseil sur la gestion des #eaux_de_pluie pour les particuliers et les entreprises. « Ma nomination était pour le moins inhabituelle. Pour ma part, j’y vois une volonté politique de faire avancer les choses », explique-t-elle.

    Sur le papier, le concept de ville éponge est simple. Il s’agit de transformer le #piège_à_chaleur qu’est une ville classique, colonisée par la voiture, les routes et les nombreux espaces bétonnés, en un #piège_à_fraîcheur et à eau. Et ceci avec des moyens vieux comme le monde : la végétalisation du tissu urbain et la rétention maximale de l’eau. « Berlin est une ville assez verte irriguée par une rivière. On pense que la capitale et sa région s’en sortent bien. Mais ce n’est pas le cas et la situation se détériore. D’où notre réaction », précise Lisa Junghans.

    Comparé à Paris, et si l’on ne tient pas compte de leurs histoires très différentes dans cette mise en parallèle, Berlin pourrait faire figure de havre de verdure, avec 28 % de sa surface couverte par des espaces verts (12 %) et des bois (16 %) ! Pendant que seulement 5,6 % de la surface de Paris est recouverte d’espaces verts.

    Récupérer l’eau

    En réalité, la région Berlin-Brandebourg est en situation de #stress_hydrique important. Le réchauffement climatique, associé à une pluviométrie naturellement faible, renforce la succession dévastatrice d’épisodes de sécheresse et de pluies violentes. Par ailleurs, la #consommation_d’eau est poussée par de nouvelles implantations industrielles, telle la Gigafactory de Tesla et ses sous-traitants.

    « L’arrêt de l’extraction du charbon des mines à ciel ouvert de lignite de la Lusace, au sud de la capitale, est aussi une raison majeure », ajoute Lisa Junghans.

    Pour être parfaitement exploitées, les couches de lignite doivent en effet être sèches et libres des eaux souterraines. Pour cela, et depuis le XIXe siècle, des milliers de pompes ont évacué près de 58 milliards de m3 d’eau dans la #Spree, explique un rapport de l’Agence fédérale pour l’environnement (UBA) qui a fait grand bruit lors de sa publication en 2023 : « Une bonne moitié de l’eau qui coule aujourd’hui dans la Spree près de Cottbus provient d’eaux souterraines pompées. Pendant les mois chauds d’été, cette proportion augmente jusqu’à 75 %. » Or, avec la « sortie » totale du charbon d’ici à 2038 et l’arrêt progressif des mines, le pompage sera bientôt complètement stoppé. Berlin tire pourtant de 50 à 75 % de son #eau_potable de la Spree !

    La même année, Berlin a commencé à mettre en place un #Masterplan_Wasser (Schéma directeur de l’eau) qui prévoit la construction de nouvelles #stations_d’épuration, ainsi que le forage de nouvelles sources. Par ailleurs, tout nouveau projet immobilier doit « végétaliser » une partie de ses toits et conserver les eaux de pluie. Libre au promoteur de construire des bassins, d’irriguer des espaces verts ou d’opter pour l’infiltration dans le sol.

    Plusieurs projets de taille ont enfin été lancés. La construction d’un vaste système de #récupération d’eau par rigoles sous la prestigieuse place du Gendarmenmarkt au cœur de Berlin. Ou celle d’un bassin de 16 750 m3 pour éviter que le trop-plein d’eaux usées ne se déverse dans les rivières en cas d’orages violents. Mais tout ceci est insuffisant.

    Désimperméabiliser Berlin

    D’où la mise en œuvre du concept de ville éponge : « La nouvelle loi a pour objectif que 200 000 arbres soient plantés par la ville et ses habitants dans les prochaines années, détaille Lisa Junghans. Il est aussi prévu de créer des #îlots_verts tous les 150 mètres. Et surtout, 50 % des #espaces_publics doivent être déconnectés du réseau d’assainissement d’ici à 2040, avec une #désimperméabilisation des #sols en conséquence. C’est très ambitieux. »

    L’administration municipale a dix-huit mois pour se préparer avec un lancement des grandes manœuvres à partir de 2027. Mais les quartiers de Berlin, cheville ouvrière du processus, sont déjà sur la brèche, comme dans celui de Charlottenburg-Wilmersdorf.

    « Dans la Sömmeringstrasse, par exemple, nous avons renforcé les #pistes_cyclables puis désimperméabilisé et végétalisé une partie des trottoirs. Ce qui nous a conduits à supprimer pas mal de #places_de_parkings. Et quand on supprime des places, c’est le #conflit garanti », explique Jochen Flenker, responsable des #espaces_verts de ce quartier de l’ouest peuplé de 350 000 habitants. Charlottenburg est le seul quartier de Berlin qui possède encore une pépinière municipale qui alimente ses espaces verts et permet au quartier de fournir des plants gratuits aux habitants qui le demandent.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’#eau_de_pluie.

    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative #Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.

    Puis le groupe de voisins a grandi et l’action s’est structurée : « Chaque #arbre a un parrain ou une marraine qui veille au grain. C’est essentiel pour la pérennité du projet et de l’engagement. En 2023, nous avons installé plusieurs réservoirs le long des murs qui récupèrent une partie de l’eau de pluie. Chacun peut ainsi arroser à son gré », explique Hans Jürgen Zschäbitz en montrant un grand monolithe doté d’un robinet et devant lequel attendent des arrosoirs.

    Mais les deux compères, qui travaillent depuis activement avec Jochen Flenker et ses services, ne se sont pas arrêtés là. « Nous avons conçu un parterre entouré de branchages, d’une haie sèche, bordée de deux grosses pierres faites pour les chiens et qui évitent que l’urine ne tombe sur les plantes. Cela marche tellement bien qu’il y en a maintenant une cinquantaine et le quartier a officiellement adopté le modèle pour tous les futurs parterres du quartier », ajoute Jörg Winners.

    Il évoque ainsi le passage fréquent de journalistes, mais aussi de délégations d’autres villes, au point que l’initiative, déjà primée, est désormais reprise dans plusieurs autres villes, dont Hamburg, sous le nom du modèle berlinois. « Notre prochain objectif est d’augmenter les espaces verts en réduisant le nombre de voitures via la mise en place un système d’autopartage pour le voisinage », disent les deux amis avant de partir arroser leur rue.

    https://reporterre.net/Devenir-une-ville-eponge-le-combat-de-Berlin-contre-la-secheresse
    #urbanisme #aménagement_du_territoire #pluie

  • COPERTINA – America’s Cup: i nodi e le potenzialità di una Napoli a vele spiegate
    https://informareonline.com/copertina-americas-cup-i-nodi-e-le-potenzialita-di-una-napoli-a-vel

    L’America’s Cup torna a Napoli, ma questa volta lo fa indossando la sua veste più importante. L’anno prossimo il capoluogo partenopeo sarà il palcoscenico del match finale della manifestazione velica più prestigiosa al mondo, dove il team di Emirates New Zeland dovrà difendere il titolo conquistato a Barcellona nel 2024. Per la prima volta il […] L’articolo COPERTINA – America’s Cup: i nodi e le potenzialità di una Napoli a vele spiegate proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Attualità #EVIDENZA #Magazine_Agosto_2026 #america's_cup #Bagnoli #Bonifica_Bagnoli #colmata

  • Pour la rupture écologique : écorégions, le projet radical de Mélenchon | Claire Lejeune, Julien Théry
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/pour-la-rupture-ecologique-ecoregions-le-projet-radical-de-melenchon-clair

    Pour rompre avec la logique suicidaire du productivisme, LFI propose un nouveau découpage régional conditionné par l’objectif de la transition écologique. Les éco-régions seront définies en relation avec les équilibres environnementaux

    #Écologie #Politique

    • à 21’

      On n’a pas encore tranché le sujet de la cartographie à ce stade. Et donc la carte qui a été présentée par Jean-Luc Mélenchon, c’est une des hypothèses possibles. Mais il pourrait aussi y avoir une cartographie qui suive les bassins versants de rivières, et donc ça correspondrait davantage à 23-24 écorégions qu’à 13...

      Claire Lejeune est en charge du dossier à LFI

    • Pourquoi Jean-Luc Mélenchon et LFI proposent de « restructurer les régions françaises autour des fleuves » – franceinfo
      https://www.franceinfo.fr/environnement/actions-ecologiques/jean-luc-melenchon-et-lfi-veulent-restructurer-les-regions-autour-des-fle

      Dans le projet imaginé par le binôme, les limites des nouvelles collectivités seraient calquées sur celles des 24 sous-bassins qui structurent la métropole. « Les fleuves, les rivières et les affluents déterminent des formes de paysage et des géologies spécifiques. Mais aussi différents types d’organisation de l’activité et de l’installation humaine, justifie Claire Lejeune. Ça donne donc une cohérence en termes de protection des rivières et des fleuves tout le long de leurs tracés. »

    • Hello ! ah non, je n’ai pas suivi ni étudié leur projet, mais il faudrait que je le fasse et que je confronte leurs idées avec mon petit background de géographie régionale. J’ai passé les 5 années de mes études de géo avec des géographes qui discutaient de la taille pertinent et des paramètres qui faisait une région la plus gouvernable. Et on a fait plu d’une analyse multifactorielle :-) sur cette question, en fait complètement fascinante et qui me donne une idée pour un billet visionscarto d’ailleurs.

      Merci pour l’inspiration !

    • J’essaie de mettre ci-dessous quelques idées, un peu en vrac (veuillez en excuser) et rapidement...

      L’origine de cette idée est intéressante. Le concept de #biorégion (pensé comme #bassin_versant) est né aux Etats-Unis à la fin des années 1970 sous la plume de #Peter_Berg et #Raymond_Dasmann. C’est le texte fondateur du #biorégionalisme (aujourd’hui très à la mode en Italie, par ailleurs, voir notamment #Alberto_Magnaghi) :
      https://cascadiaunderground.org/reinhabiting-california

      Le mouvement biorégionaliste se rattache à la #deep_ecology, qui a connu des dérives racistes... en effet, on tombe vite dans « tout ce qui est de la biorégion est bon, tout ce qui vient de l’extérieur est mauvais », pour la faune et la flore, mais aussi pour les êtres humains.

      Personnellement, je ne pense pas que la solution est dans les « bonnes frontières », je ne pense pas que les « bonnes frontières » existent, les découpages sont toujours arbitraires, toujours « artificiels », la question est politique, et ce qui doit guider c’est le projet commun à l’intérieur du découpage choisi et en lien (de manière non coloniale, non violente, non extractiviste, etc.) avec les autres territoires.

      Des chercheureuses ont fait des analyses critiques intéressantes du concept.

      Meredith fait une critique en 6 points du biorégionalisme, dont le danger des dérives fascistes :

      The micro-regional focus of bioregionalism is a small unit of physical space, typically a watershed region. In bioregional discourse, natural systems become metaphors for cultural coherence. However, when we look for laws embedded in the natural world, those that are found do not then reveal themselves as principles which apply to systems of culture. Further, within most individuals, the sense of regional identity spans several scales because our past narratives and present affiliations span several localities. Humans are not immersed in singular niches, nor is the bioregionalist an existential, primordial localist, for his or her choice has been crafted.

      https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13668790500115755

      Olsen en a également fait une critique dans un autre article scientifique :
      The Perils of Rootedness : On Bioregionalism and Right Wing Ecology in Germany

      https://www.jstor.org/stable/43324334

      Sur les #frontières_artificielles (en Afrique) l’édifiante analyse de #Camille_Lefebvre :
      https://seenthis.net/messages/868129#message868130

      Et aussi cet autre article édifiant de Gonon et Lasserre :
      Une critique de la notion de frontières artificielles à travers le cas de l’Asie centrale

      Depuis la disparition de l’URSS, en 1991, l’Asie centrale est partagée entre cinq États. Complexes, ses frontières sont passées brutalement du statut de frontières intérieures à celui de frontières internationales. Certains auteurs n’hésitent pas à recourir à la catégorie de « frontière artificielle » pour les décrire. Pourtant, ce concept est fort réducteur et contestable, tout autant que celui de « frontière naturelle » : tous les deux renvoient à des représentations très idéologiques des frontières étudiées. Par ailleurs, l’histoire des tracés témoigne des préoccupations qui ont présidé au découpage de l’Asie centrale à l’époque soviétique : elle révèle des critères de gestion qui ne font pas des frontières de l’Asie centrale des tracés ontologiquement différents des autres frontières du monde. Les États nouvellement indépendants d’Asie centrale ont, certes, hérité de frontières complexes, mais la question de leur gestion pacifique relève beaucoup plus des volontés politiques des gouvernements que d’une prétendue nature artificielle des tracés.

      https://www.erudit.org/fr/revues/cgq/2003-v47-n132-cgq720/008090ar

      >> En gros, je pense que c’est une illusion et une idée simpliste celle de croire qu’on peut résoudre les problèmes écologiques (mais également sociaux et politiques) juste en déplaçant les frontières.

      #écorégions

    • Une réponse plus structurée de #Frédéric_Giraut :

      Le géographe Frédéric Giraut réagit aux « écorégions » promues par Jean-Luc Mélenchon : « Le biorégionalisme ne peut penser la question urbaine et migratoire autrement qu’en termes négatifs »

      La proposition du candidat « insoumis » à l’élection présidentielle de redessiner la carte de France autour de 13 nouvelles zones s’inscrit dans une tradition de pensée qui fait primer les données naturelles et de supposés héritages culturels sur les réalités sociales et économiques, estime le géographe dans une tribune au « Monde ».

      La proposition de revoir le gabarit et la taille moyenne des régions françaises n’apparaît pas comme exaltante pour une campagne électorale présidentielle, sauf à la lier à une philosophie du rapport à l’#environnement. C’est ce que propose Jean-Luc Mélenchon en s’inscrivant dans un courant idéologique états-unien, celui du biorégionalisme.
      En effet, c’est dans le contexte américain, c’est-à-dire d’une société de pionniers, qu’a été formalisé dans les années 1970 ce courant de réforme radicale et utopiste, antimoderne et anti-urbain. Il propose de substituer au découpage en Etats fédérés, largement fondé sur des blocs géométriques constitués au fur et à mesure de la conquête, un découpage naturel censé être également plus proche des cadres de peuplement amérindiens.
      Il s’agit, autrement dit, de retrouver une logique territoriale organique pour effacer le cadre abstrait imposé par la colonisation, et fonder une société régionale solidaire, en harmonie avec les cadres de vie à préserver. La figure la plus fameuse d’une telle écorégion est la #Cascadia, qui réunirait des espaces de la côte Pacifique jusqu’au cœur des Rocheuses à cheval sur la frontière entre le Canada et les Etats-Unis. C’est donc aussi le cadre national qui est remis en cause dans une sorte de panaméricanisme de petites éco-nations.

      Ce courant de pensée utopiste, jamais repris par les grands partis, postule l’#autarcie comme idéal social et environnemental. Il a certainement le mérite de pousser à prendre en compte les #bassins_versants [ensembles naturels drainés par un fleuve ou une rivière avec les crêtes ou les lignes de partage des eaux comme frontières] et les massifs comme des entités incontournables pour une gestion environnementale, au-delà du seul aménagement des fleuves par les grands travaux, et de mettre en débat les logiques productivistes, extractivistes et fonctionnalistes. Mais il ne peut penser la question urbaine et migratoire autrement qu’en termes négatifs. C’est bien là sa limite fondamentale, y compris pour les projets politiques transformateurs, décoloniaux et écologistes.

      En Europe, la #régionalisation, ou division des territoires en régions, a combiné références historiques héritées et aires de polarisation des grandes villes, ceci aussi bien dans les systèmes fédéraux, régionalistes que centralisés. Le biorégionalisme reste cantonné aux questions de gestion des ressources naturelles, avec notamment les agences de l’eau françaises (ex-agences de bassins) qui constituent un modèle et se déclinent au niveau local en périmètres de contrats de rivière ou de milieu.

      Mais vouloir faire du bassin versant l’alpha et l’oméga de l’#organisation_territoriale régionale promeut cette figure « naturelle » hors de sa fonction actuelle. Elle devient alors une alternative radicale à l’organisation territoriale fondée sur des solidarités historiques et culturelles et sur des réalités fonctionnelles (emplois, transports, échanges économiques, fournitures de grands équipements) autour de #métropoles étendues et polarisantes. Ce deuxième point était au centre de la définition initiale des périmètres de régions françaises.
      Les « #métropoles_d’équilibre », dotées de grands équipements aux grandes heures de l’#aménagement_du_territoire, trônaient alors au cœur de régions polarisées, dont les dénominations ne s’interdisaient plus des références aux provinces historiques. L’agrandissement-fusion des régions en 2016 a éloigné le lien systématique à la métropole chef-lieu, mais le cadre de référence reste celui des solidarités historiques qui ont pu construire des bassins économiques couplé aux logiques métropolitaines.

      Dès lors, quel serait l’enjeu de refonder un découpage régional sur le principe biorégional ? Changer d’échelle pour concevoir la #transition_écologique impérative ? Mais cela est plus une question de changement institutionnel que de découpage, et nécessiterait plutôt d’instaurer des sortes de puissantes régions-Länder sur le modèle allemand ou régions-generalidades sur le modèle espagnol. Ceci en supprimant les départements et en instaurant une tutelle sur les municipalités. Ce n’est pas dans le projet mélenchonien.

      La #coopération_métropolitaine dans le viseur

      S’agit-il de mettre les logiques environnementales au cœur des politiques publiques ? Mais la question centrale est la question énergétique et, sauf à croire que l’on reviendra à l’âge des grands travaux hydrauliques et nucléaires de la source à l’embouchure des fleuves comme priorité d’aménagement, les enjeux sont avant tout métropolitains, qu’il s’agisse du logement et des systèmes de mobilités décarbonées.

      Or, dans le découpage esquissé en écorégions, les cadres départementaux subsistent et des espaces métropolitains sont éclatés entre plusieurs régions, comme la métropole lyonnaise et la partie française de l’aire genevoise notamment, ou restent coupés de leur arrière-pays comme Nantes, ou encore sont dissous dans un gigantesque ensemble comme la région parisienne rattachée aux confins normands bien éloignés de la Seine.

      Outre ces aspects liés au découpage, une telle réforme attaquerait avant tout l’idée de gouvernement métropolitain, qui a déjà tant de mal à exister en France. La proposition mélenchonienne rejoint, par cet aspect, la vision territoriale de la droite et de l’extrême droite, qui ont également la coopération métropolitaine dans le viseur. Ceci pour des raisons très différentes : promotion de clubs de communes nanties, refus des solidarités dans l’allocation des ressources et de la localisation des équipements, et plus fondamentalement croyance dans l’idéologie de la fragmentation concurrentielle des aires urbaines par « communautés d’intérêts » avec recours massif aux services privés à la carte.

      A d’autres échelles, on sait la pensée de Jean-Luc Mélenchon adepte de concepts « réalistes », qui expliquent les logiques géopolitiques par les seuls rapports de force et les supposées légitimités culturelles de grandes puissances. Particulièrement celui de « zone tampon légitime » pour certains impérialismes, à condition qu’ils s’appuient sur l’argument de la proximité culturelle et historique.

      Ainsi, le Donbass et une bonne partie des pays baltes pour la Russie ou Taïwan pour la Chine, et leurs millions de citoyens, pourraient légitimement basculer dans les pires dictatures en exercice à l’issue de « conférences des frontières ». Celles-ci étant forcément dominées par ces mêmes concepts réalistes censés fonder les principes de légitimité indépendamment du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. On pense alors aux funestes expériences qui constituent les modèles : Berlin (1885), Yalta (1945) ou récemment Dayton pour la Bosnie-Herzégovine (1995) et ses déplacements de population.

      La campagne sera territoriale à toutes les échelles, et certaines convergences paradoxales sont à noter. A la social-démocratie maintenant de décliner son projet territorial et environnemental loin des facilités simplificatrices qui pourraient dissoudre les rares cadres métropolitains de redistribution et de planification de la transition, et loin du fantasme mortifère des zones tampons impérialistes légitimes.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/22/le-geographe-frederic-giraut-reagit-aux-ecoregions-promues-par-jean-luc-mele

    • Je ne suis pas sur qu’une fois au pouvoir, ils veuillent le faire.

      Et si j’ai bien compris, c’est pas un découpage uniquement selon les bassins versants (t’as vu la gueule des formes que ca fait), ca prend en compte plus de critères (comme les bonnes vieilles distances aux sous préfectures, mais de nos jours, on s’en fout. Et puis on accepte que les gens fassent 200km pour un hôpital, alors ... (troll) ).
      C’est plus dans le cadre d’une grande décentralisation. Si des régions doivent s’auto gérer, alors autant de pas leurs donner de contraintes trop artificielles.
      Déjà, ils veulent garder les départements (pas vu d’avis contraire). Or les départements de Napoléon ont souvent leurs limites sur les courts d’eau, donc ca contredit la création de zone par bassin versant.

      Je suis surpris que ca prenne une tournure fasciste directement. A croire que tout peut devenir fasciste quand c’est utilisé par des fascistes. Limite vs frontière...

      Mais je pense qu’ils vont dérouler tout le programme de la FI au fil des mois avant les elections, surtout pour montrer qu’ils ont bossé.
      Et ils commencent par les sujets sûrement les moins névralgiques. Y’en a au moins 40... on a le temps.
      https://melenchon2027.fr/livrets-2022

    • Pour moi l’objectif 1 de ce projet, c’est de faire rallier EELV rapidement pour enfoncer le clou de « la gauche c’est nous et c’est nous qu’on a une dynamique de rassemblement », pour le vote utile y compris législatives. Objectif électoral à court terme.

      L’objectif 2, c’est de faire sauter les baronnies LR et PS et que LFI (+ verts) gagnent une poignée de régions. C’est un projet qui va pousser encore plus le PS à s’allier avec LR pour les achever. Une telle refonte entraînerait au passage le rebrassage de gouvernance des agences de l’eau, ARS, CA d’hôpitaux, chambres consulaires, PNR, ONF, etc... Sans compter que la redéfinition des compétences régionales entraîne un redispatching de compétences sur les autres échelons (départements : lycées, formation et développement économique par ex...). Objectif électoral à moyen et long terme.

      Le reste c’est les objectifs tertiaires, mais de façade (résilience et régénération, air, santé...) Objectifs politiques. Mise en œuvre et efficacité pas garantie, c’est un euphémisme.

      M’enfin dans le contexte de verrouillage socio technique et politico économique dans lequel nous baignons et qui nous mène à l’extinction, je trouve ça sympa des gens qui veulent faire (un peu) bouger les lignes du business as usual. Pas de quoi sauter au plafond, mais sympa.

  • American Hardcore#1 – La west coast.
    https://radioblackout.org/podcast/american-hardcore1-la-west-coast

    Prima puntata dedicata all’Hardcore punk statunitense dei primi anni ’80. Ci siamo concentrati sulla California, salvo una piccola incursione in Texas. Questa la nostra scelta musicale: 01 – Adolescents – Amoeba 02 – Adolescents – I Hate Children 03 – Channel 3 – Catholic boy 04 – Modern Warfare – One for all 05 – […]

    #american_punk_hc #metix_flow
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/08/metix-flow-31-luglio-2026.mp3

  • La Russie recrute des jeunes femmes en Amérique latine pour assembler des drones au Tatarstan
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/28/la-russie-recrute-des-jeunes-femmes-en-amerique-latine-pour-assembler-des-dr

    La Russie recrute des jeunes femmes en Amérique latine pour assembler des drones au Tatarstan
    Par Chloé Auffray
    Se présenter dans une vidéo, avoir un passeport valide et apprendre 100 mots de russe : quelques étapes suffisent pour être embauchée par le programme russe d’Alabuga Start, qui engage des jeunes femmes âgées de 18 à 22 ans, originaires de 77 pays d’Afrique, d’Asie, et désormais d’Amérique latine. Ce programme de « réinstallation en Russie », comme il est décrit sur le site Internet, propose en théorie des formations et des emplois dans sept filières professionnelles différentes, en hôtellerie, dans la conduite de véhicules ou en logistique. Mais les femmes embauchées dans la ville de Ielabouga, au Tatarstan, à 1 000 kilomètres à l’est de Moscou, contribuent à leur insu à l’effort de guerre russe. Sur place, loin des promesses initiales, elles travaillent à l’assemblage des engins utilisés, sous licence iranienne, contre l’Ukraine, les drones de type Shahed, améliorés et appelés « Gueran-2 » et « Gueran-3 » en Russie.
    Depuis 2022, la zone économique spéciale (ZES) d’Alabuga, à Ielabouga, est le principal centre de production de drones de type Shahed en Russie. Malgré le manque de main-d’œuvre locale et les sanctions occidentales, cette production s’intensifie depuis 2024. Aucune étude ne permet pour l’instant d’estimer avec précision la portée du recrutement en Amérique latine, qui a débuté dès juin 2024, selon des données accessibles en sources ouvertes. En revanche, selon The Reporter, un média éthiopien, 200 femmes originaires de divers Etats africains, où le programme a d’abord été promu, l’ont intégré depuis 2022.
    Depuis, de nouvelles voies de recrutement ont émergé dans 13 pays d’Amérique latine, notamment en 2025, à grand renfort de publicité sur les réseaux sociaux, avec l’apparition de contenus générés par intelligence artificielle et de partenariats avec des influenceurs locaux. En Equateur, le maillot 2025 de l’un des quatre plus grands clubs de football du pays, le Club Deportivo El Nacional, est floqué du logo d’Alabuga Start. Au Mexique, un partenariat a été signé avec la mairie d’Abasolo, une ville de 10 000 habitants, tandis que quatre influenceurs colombiens ont même visité la ZES à l’été 2024 pour en faire la promotion.
    Sur le site officiel d’Alabuga Start, de nombreux articles se targuent de visites officielles de délégations africaines et américaines. Le 3 juillet, l’ambassadeur du Mexique en Russie, Eduardo Villegas Megias, s’est rendu sur place pour discuter notamment du « développement du recrutement ». Le diplomate mexicain aurait « identifié des régions prometteuses dans le sud du pays », où le programme russe pourrait attirer de futures participantes, d’après la publication. Le 1er mai, c’était une délégation vénézuélienne.
    Evénement
    Venue en complément du recrutement des citoyens russes, cette pratique suscite des interrogations à l’étranger sur les capacités de Moscou à projeter son discours, « alors que la machine militaire russe est épuisée par la guerre d’agression qui dure », souligne la politiste Marie Mendras, autrice de La Guerre permanente. L’ultime stratégie du Kremlin (Calmann-Lévy, 2024).Même si le recrutement en Amérique latine est plus récent qu’en Afrique et semble moins important pour l’instant, des voix s’élèvent pour tirer la sonnette d’alarme sur ce qui apparaît être de l’exploitation de main-d’œuvre, voire de la traite d’êtres humains. A celles qui rejoignent la Russie, le programme, de deux années minimum, promet sur son site « stabilité et Sécurité sociale garanties, salaire officiel et confiance en l’avenir », rien de moins. Une offre qui séduit, notamment d’un point de vue économique, avec des salaires de départ de plus de 500 dollars (440 euros) par mois et un loyer de 40 dollars en auberge de jeunesse, ainsi qu’une prise en charge de l’aller simple vers Moscou.
    Toutefois, des recrues africaines du programme ont témoigné d’une tout autre réalité sur les réseaux sociaux : cadences de travail effrénées, exposition à des produits chimiques dangereux, limitation de la liberté de mouvement. Après ces témoignages, l’agence Associated Press a publié une enquête sur le sujet en octobre 2024, dans laquelle une femme raconte être « maltraitée comme un âne, réduite en esclavage ». Une fois les agissements russes révélés, les comptes Meta, TikTok et Google de l’entreprise Alabuga Start ont été supprimés, freinant la diffusion du programme en Amérique latine, censée pourtant devenir le prochain vivier de recrutement de Moscou.
    Le 1er janvier 2026, le think tank américain néoconservateur Foundation for Defense of Democracies a publié un rapport sur ces pratiques, dénonçant l’emploi d’« une main-d’œuvre low cost qui soutient la production de drones russes en étant exploitée ». Par ailleurs, le groupe de réflexion souligne la surveillance constante des ouvrières, leurs conditions de travail dangereuses, des promesses salariales non tenues et une confiscation des passeports en cas de tentative de fuite. Selon les auteurs du rapport, le nombre de dortoirs destinés aux travailleurs dans la ville de Ielabouga serait passé de 15 à 104 en un an et demi, pour une capacité d’accueil de 40 000 personnes, laissant présager un recrutement plus important.
    Au-delà de la main-d’œuvre industrielle embauchée à travers le programme Alabuga Start, Moscou recrute aussi en Amérique latine des combattants pour sa guerre en Ukraine. En 2026, plus de 5 000 Cubains ont été envoyés pour batailler sur le front du Donbass. De fait, la propagande russe fonctionne, et, pour bien des pays d’Amérique latine, la Russie est un pays attirant. En ce sens, le fait qu’Alabuga Start parvienne à recruter à des milliers de kilomètres du territoire russe atteste d’« une large capacité de projection idéologique qui touche tant l’extrême droite que l’extrême gauche du spectre politique en Amérique latine », pour Douglas Farah, président du cabinet IBI Consultants, spécialisé dans les enjeux de sécurité en Amérique latine.
    Le Kremlin convainc grâce à ses réseaux d’influence, implantés sur le continent depuis la guerre froide. « Moscou croit que les pays qui appartenaient à la sphère d’influence de l’URSS constituent son “étranger proche”, qu’il a le droit de contrôler. Et pour confronter les Etats-Unis, la Russie doit le faire dans l’“étranger proche” américain, c’est-à-dire en Amérique latine, analyse Douglas Farah. Si on retrace les opérations de désinformation russes dans la région, elles décollent vraiment en 2014, quand la Russie envahit la Crimée, donc influence et effort de guerre sont manifestement liés », ajoute-t-il.
    Cette année-là, les télévisions russes de propagande Sputnik et Russia Today (RT) ont ouvert un canal hispanophone et des bureaux sur le continent latino-américain. Extrêmement développés, ces réseaux d’influence combinant créateurs de contenu, médias et agents locaux réussiront-ils à pérenniser le foyer de recrutement de main-d’œuvre latino-américaine ? C’est peu probable. « La Russie n’est plus une superpuissance, elle maintient la pression avec ces opérations. L’ingérence, c’est l’arme du pauvre pour une puissance en déclin », estime la chercheuse Marie Mendras.

    #Covid-19#migrant#migration#russie#ameriquelatine#ukraine#guerre#travailleurmigrant#drone#sante

  • Avec la #loi_Ripost, le gouvernement enfonce le clou des amendes forfaitaires délictuelles envers et contre tous
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/21/avec-la-loi-ripost-le-gouvernement-enfonce-le-clou-des-amendes-forfaitaires-

    En 2023, la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur ouvre la possibilité d’appliquer le régime des AFD à 91 infractions. Dans les faits, et jusqu’à ce jour, seules une trentaine sont effectivement concernées : tags, vente à la sauvette, intrusion dans un établissement scolaire, atteintes à la circulation des trains, etc.

    Outre l’extension du périmètre concerné, le recours aux AFD explose au fil des années. Selon un rapport de la Cour des comptes, publié en avril 2026, leur nombre a été multiplié par presque dix entre 2019 et 2024, pour atteindre 500 000 – soit 10 % des délits enregistrés cette année-là.

    Mais le succès du dispositif n’a que plus attisé les critiques. « Nous, on a un principe que nous a imposé le législateur, c’est l’individualisation des peines, qui nous force à prendre en compte le contexte individuel de chacun, rappelle Manon Lefebvre, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, et ce principe ne peut pas être appliqué quand le juge n’est pas là. »

    Là où le juge se réfère à une peine maximale encourue, et tient ensuite compte de la posture du contrevenant, ses ressources, son insertion, les policiers infligent une amende au barème identique pour tous. Selon la Cour des comptes, certains montants sont supérieurs à ce que les juges prononcent en moyenne, d’autres sont inférieurs, ce qui l’amène à évoquer un dispositif qui « brouille la lisibilité de la hiérarchie des peines et crée une zone grise entre contravention et délit ».

    Nombreuses amendes injustifiées

    Les magistrats de la rue Cambon relevaient également une « insuffisante qualité des verbalisations », qui se traduit par de nombreuses amendes injustifiées, et un fort taux de contestation. « Si le taux de contrôle est passé de 93,1 % à 69,9 % entre 2021 et 2024, le taux d’irrégularités a été multiplié par plus de 14, passant de 0,6 % à 8,6 % », calcule la Cour des comptes. Dans près de quatre cas sur cinq, les amendes contestées devant le parquet finissent classées, le plus souvent pour absence d’infraction, ou verbalisation multiple.

    Côté force de l’ordre et magistrats aussi, le dispositif présente des lacunes. Si policiers et gendarmes se sont très vite approprié ce nouvel outil, il « a fait évoluer les modalités de travail (…) au détriment parfois de missions essentielles », alerte la Cour des comptes. Notamment car lorsque des policiers sanctionnent une infraction par une amende, ils ne recueillent pas le signalement du contrevenant, qui pourrait pourtant servir dans d’autres enquêtes.

    La juridiction pointe également que « les contestations et les irrégularités ont crû de manière significative (…), augmentant la charge de travail des parquets locaux ». « Si en plus, les amendes apparaissent maintenant au bulletin numéro 2 du casier judiciaire, considérant l’impact que cela peut avoir pour les personnes concernées, si vous avez 500 000 amendes distribuées dans l’année, vous aurez autant de recours à traiter », craint Manon Lefebvre.
    Malgré tout, le dispositif est-il efficace ? Dans son ensemble, il souffre d’un très faible taux de recouvrement. « Depuis 2018, le taux global moyen de paiement des amendes forfaitaires délictuelles s’élève à 24,1 % », selon la Cour des comptes, qui évoque « une faiblesse majeure » qui « pose (…) la question de l’effectivité de la sanction pénale ».

    #police #amendes_forfaitaires_délictuelles

    • Claire Hédon, défenseure des droits, redit son opposition aux amendes forfaitaires délictuelles : « Je crains les conséquences sur la jeunesse, que l’on maltraite »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/21/claire-hedon-defenseure-des-droits-redit-son-opposition-aux-amendes-forfaita

      Alors que la #loi_Ripost, qui prévoit l’extension de ce dispositif, doit être votée mardi, celle qui est à la tête du Défenseur des droits critique, dans un entretien au « Monde », une mesure visant, selon elle, les plus vulnérables.

      Claire Hédon arrive, mardi 21 juillet, au dernier jour de son mandat à la tête du #Défenseur_des_droits. L’amende forfaitaire délictuelle (AFD) a constitué un fil rouge de ses six ans à diriger cette autorité administrative indépendante. Outre de nombreuses décisions rendues dans des dossiers de réclamation individuels, elle a pu réitérer, à travers différents avis, ses critiques et son opposition à ce dispositif qui devrait être élargi par la loi Ripost, dont le vote solennel doit se tenir le 21 juillet.

      Vous êtes arrivée à la tête du Défenseur des droits en 2020, au début de la montée en puissance des amendes forfaitaires délictuelles. Comment avez-vous vu évoluer ce dispositif ?

      Le dispositif me précède, puisqu’il a été créé en 2016, d’abord pour deux délits routiers avant d’être effectivement étendu à la consommation de stupéfiants en 2019. Depuis, ça n’a cessé de s’étendre, et c’est encore ce que propose la loi Ripost.
      Notre première préoccupation, dès le début, a été la question du droit au recours, puisque finalement, une amende forfaitaire délictuelle est une décision administrative, rendue dans la rue par des agents, ensuite inscrite au casier judiciaire, sur laquelle le contrôle de la justice est difficile. Dans les faits, on constate un vrai écart entre ce qui est prévu par les textes et la réalité, avec un droit au recours qui ne peut être exercé.

      Quelles sont les difficultés principales qui remontent des réclamations que vous adressent les usagers ?

      Ce sont, par exemple, des gens du voyage qui ne reçoivent pas leur amende parce qu’elle est envoyée en courrier simple, alors que, précisément, ils se déplacent. On a également eu des réclamants hospitalisés pendant trois mois, qui n’ont donc pas été notifiés de leur amende et n’ont pas pu la contester dans le délai prévu par la loi.
      On voit aussi des erreurs, des personnes qui reçoivent des AFD pour défaut d’assurance de leur véhicule, alors qu’il s’agit d’un défaut de coordination entre l’assureur et le fichier de police. Sauf que, pour contester, il faut d’abord payer une consigne, parfois 1 000 euros.
      Et tout cela vise en premier des populations déjà vulnérables. Depuis le début de mon mandat, quand je rencontre des jeunes de quartiers plutôt défavorisés, ils m’alertent sur deux sujets principaux, les contrôles d’identité discriminatoires et la multiverbalisation avec les AFD.

      Malgré tout, le gouvernement s’est battu pour que la loi Ripost fasse figurer les AFD au bulletin n ° 2 du casier judiciaire, consultable par un certain nombre d’employeurs…

      C’est excessivement inquiétant, parce que la procédure de l’AFD ne respecte en rien les standards d’un procès équitable, c’est-à-dire le #contradictoire, le #droit_au_recours, l’individualisation de la peine…
      Maintenant, on voudrait empêcher les gens de travailler, de s’insérer ? Quel genre de société veut-on construire avec ce type de dispositif ? Pas celle qui respecte le droit des personnes et qui favorise l’insertion de tous. Je crains les conséquences sur la jeunesse, que l’on maltraite.

      Selon le gouvernement, les AFD seraient tout de même des outils efficaces pour lutter contre certains délits et problèmes du quotidien…

      Qu’il y ait un problème d’incivilités au quotidien, c’est une chose, et je n’ai aucun doute qu’il faille trouver une solution. Mais celle-ci n’est pas la bonne, elle est bancale et pas respectueuse des droits des personnes.

      La prévention est fondamentale dans ce genre de questions. C’est aussi le cas pour la consommation de stupéfiants, où, dans de nombreux cas, on a affaire à des personnes pour qui il s’agit d’addiction, de pathologie. Et ce n’est pas avec des amendes qu’on traite la maladie. Au contraire, l’amende éloigne du système de santé.

      Quelles sont alors vos préconisations ?

      Nous avons demandé la suppression des AFD. Et nous ne sommes pas les seuls à pointer le problème, la Cour des comptes et l’inspection générale de la justice ont rendu des rapports qui font le même constat de dysfonctionnement. Eux ne réclament pas la suppression, mais d’arrêter d’étendre le dispositif.

      Et si le législateur se refuse à le supprimer, il faut au minimum de nombreuses améliorations : mieux former juridiquement les agents, améliorer le niveau d’information des personnes verbalisées, accroître les contrôles de régularité des amendes, alléger les conditions de contestation et notamment supprimer la #consignation

      Dans quelques jours, vous devriez passer la main à votre successeur, qui devrait être le sénateur Les Républicains du Rhône Jean-Noël Buffet, dont la nomination inquiète associations et syndicats. Qu’allez-vous lui dire ?

      Nous nous sommes déjà croisés lorsqu’il était ministre [délégué à l’intérieur, entre décembre 2024 et octobre 2025], et j’ai eu beaucoup d’échanges avec lui lorsqu’il présidait de la commission des lois du Sénat [de 2020 à 2024].
      Je lui dirai mes préoccupations, mes inquiétudes sur les situations que nous recevons, les sujets qui avancent, ceux qui n’avancent pas. Je vais bien sûr lui parler des AFD, des questions de déontologie de la sécurité, du sujet des contrôles d’identité, et des dossiers qui, pour moi, étaient prioritaires. Je suis convaincue que l’institution est solide et que mon successeur, à sa tête, conduira l’ensemble des missions. Et pour la suite, la fonction fait l’homme. [hum hum]

    • Loi Ripost : Pourquoi l’inscription de l’amende forfaitaire au casier inquiète le monde de la justice
      https://www.20minutes.fr/justice/4235827-20260723-loi-ripost-pourquoi-inscription-amende-forfaitaire-casier

      SANS JUGE•Adoptée dans le projet de loi Ripost, l’inscription automatique des amendes forfaitaires au bulletin n° 2 du #casier_judiciaire suscite une fronde massive chez les magistrats et les avocats

  • Et si, #Grenoble se réconciliait (enfin) avec l’#eau ?

    Dans cet épisode, habitant-es, associations, professionnel-les interrogent notre rapport à l’eau et imaginent comment Grenoble pourrait renouer avec ses cours d’eau à horizon 2040. À travers les expériences de baignade urbaine dans l’Isère et le Drac, les #initiatives_citoyennes ou encore les réflexions autour de l’urbanisme et de l’#aménagement, les intervenant-es questionnent la place que nous accordons aujourd’hui à l’eau dans la ville.

    Comment transformer des rivières longtemps perçues comme dangereuses ou repoussantes en espaces de fraîcheur, de #santé et de #lien_social ?
    Cet épisode explore aussi les grands enjeux climatiques, sociaux et politiques liés au partage de l’eau : adaptation aux canicules, gestion des crues, accès gratuit à la fraîcheur, justice sociale ou reconnexion au vivant.

    Au fil des témoignages, une conviction émerge : renouer avec l’eau, c’est aussi transformer nos imaginaires et notre manière d’habiter la ville.

    Entre culture du risque, gouvernance collective et désir de réappropriation des rivières, cet épisode esquisse le futur d’une ville où l’eau redevient un bien commun, vivant et accessible à toutes et tous.

    https://podcast.ausha.co/ville-de-grenoble/et-si-grenoble-se-reconciliait-enfin-avec-l-eau
    #baignade_urbaine #réconciliation #rivière #gouvernance_de_l'eau #baignade_citoyenne #collectif_des_gens_qui_ont_chaud #les_gens_qui_ont_chaud #Drac #Isère #chaleur #fraîcheur #canicule #villes #urbanisme #urban_matter #qualité_de_l'eau #podcast #audio

  • America’s Cup a #Napoli: il calendario ufficiale
    https://informareonline.com/americas-cup-a-napoli-il-calendario-ufficiale

    Il direttore di regata #Iain_Murray ha condiviso il calendario ufficiale della Louis Vuitton Cup Challenger Selection Series e della Louis Vuitton 38esima America’s Cup Match, che si terranno a Napoli a partire dal 22 maggio 2027 al luglio 2027. La prima fase della competizione inizierà sabato 22 maggio e si concluderà domenica 23 maggio, […] L’articolo America’s Cup a Napoli: il calendario ufficiale proviene da Informareonline, scritto da Martina Baiano

    #Approfondimenti #Attualità #america's_cup

  • Trump Administration Advances First Offshore Critical Minerals Lease Sale Under New Marine Minerals Agency
    https://gcaptain.com/trump-administration-advances-first-offshore-critical-minerals-lease-sale-


    Polymetallic nodules, such as those shown here, can occur on the ocean floor and are of interest for the critical minerals they contain.
    Credit: NOAA.

    The Trump administration has taken another step toward launching a U.S. offshore critical minerals industry, with the newly created Marine Minerals Administration (MMA) releasing a proposed leasing notice that could lead to the first federal deep-sea mineral lease sale in U.S. waters.

    The proposal covers federal waters off American Samoa and marks one of the first major regulatory actions by the MMA since the Trump administration announced plans in April to merge the Bureau of Ocean Energy Management (BOEM) and the Bureau of Safety and Environmental Enforcement (BSEE) into a single offshore regulator.

    The proposed lease sale is part of the administration’s broader effort to secure domestic supplies of critical minerals—including nickel, cobalt, copper and manganese—that are widely used in batteries, defense systems and advanced manufacturing while reducing dependence on Chinese-controlled supply chains.

    “Critical minerals have become a strategic asset in global competition, and China’s dominance in the supply of many of these materials creates unacceptable risks for America’s energy, defense and manufacturing sectors,” Acting MMA Director Matt Giacona said.

    The proposal is among the first major actions by the Marine Minerals Administration, created on July 10 through the reunification of BOEM and BSEE. The move reversed the post-Deepwater Horizon separation of leasing and safety oversight that had been in place since 2011, with the Trump administration arguing a single agency is better suited to oversee both offshore energy and emerging critical mineral development.

    The proposed leasing notice outlines the terms and conditions for a potential mineral lease sale on the Outer Continental Shelf off #American_Samoa, including provisions encouraging successful bidders to hire local workers, contract with American Samoan businesses and use the Port of Pago Pago for project support.

    Publication of the notice does not authorize mining or guarantee that a lease sale will occur. MMA must still complete additional regulatory steps before deciding whether to proceed.

    The agency also released an Environmental Assessment evaluating the potential impacts of issuing up to two commercial mineral leases and published 16 Official Protraction Diagrams that legally define the offshore leasing blocks under consideration.

    The announcement builds on the administration’s accelerating push to develop seabed minerals. In June, NOAA determined that Vancouver-based Deep Sea Minerals Corp.’s application to explore for polymetallic nodules in the #Clarion-Clipperton Zone met the information requirements needed to advance through the federal review process under the Deep Seabed Hard Mineral Resources Act.

    While NOAA’s program governs mining in international waters, the American Samoa proposal concerns resources within the U.S. Outer Continental Shelf.

    The leasing effort has drawn strong opposition from environmental organizations and territorial leaders. Oceana said the proposed lease area encompasses more than 30 million acres adjacent to the Rose Atoll Marine National Monument, warning that deep-sea mining could threaten marine ecosystems, fisheries and species including sea turtles and humpback whales.

    “The people of American Samoa, scientists, and others across the U.S. have made it very clear: they do not want deep-sea mining in their waters,” said Julia Singer, Oceana’s campaign manager.

    According to Oceana, BOEM received more than 76,000 public comments during the planning process, the majority opposing offshore mining, while the American Samoa government has consistently voiced concerns over potential impacts on the territory’s marine resources and fishing economy.

  • Palantir CEO Alex Karp claims AI companies are stealing customers’ data while charging them for unproductive tokens — says ’livid’ businesses ’are paying for tokens that create no value’
    https://www.tomshardware.com/tech-industry/artificial-intelligence/palantir-ceo-alex-karp-claims-ai-companies-are-stealing-customers-data

    #Alex_Karp, #CEO of well-known #AI #data_analytics company #Palantir, delivered quite the bombshell of an interview to CNBC’s Squawk Box. Although the interview’s topic was about the firm’s partnership with Nvidia, apropos the recently launched Sovereign AI OS Architecture, Karp bluntly claimed that frontier AI companies like #OpenAI and #Anthropic siphon customers’ valuable information while delivering questionable value.

    He continued by stating that #American enterprises are quietly “livid,” as “they are paying for tokens that create no value,” and that the AI players “are stealing [their customers’] weights and alpha.” The latter items refer to customers’ business processes and interconnections between their data, along with the data itself. Palantir’s shares jumped about 9% the day of the interview, while those of other AI companies experienced a dip.

    C’est ça les accélérationnistes ? Ils veulent accélérer le dégonflement de la bulle ?

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • #Pax_Silica : l’#Europe s’aligne-t-elle sur #Washington contre #Pékin ?
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/06/29/pax-silica-leurope-saligne-t-elle-sur-washington-dans-la-guerre-tec

    En fin de semaine dernière, l’Union a rejoint aux côtés de 9 pays – dont 3 États membres : l’#Allemagne, les #Pays-Bas et la #Grèce – la Pax Silica, une initiative lancée par l’administration #Trump en décembre qui vise à renforcer la coopération dans les chaînes d’approvisionnement de l’#IA et des technologies de pointe.

    Dans sa forme, la Pax Silica vise à appliquer aux pays membres les principes fixés par Washington en matière de déploiement de l’IA.

    – En rejoignant l’initiative, les pays intègrent l’#écosystème #américain de l’IA et acceptent de développer une #interdépendance #technologique avec les #États-Unis.
    – L’alliance compte désormais 24 membres, dont sept pays européens et cinq États membres de l’Union (Grèce, Allemagne, Pays-Bas, #Finlande et #Suède).

    - #Paris avait dénoncé une tentative de « #colonisation de l’Europe » et une #incompatibilité avec le programme de #souveraineté technologique de l’Union, qui vise à réduire la #dépendance #stratégique du bloc, notamment vis-à-vis des États-Unis

    – Dans le cadre de l’accord commercial signé avec Washington à Turnberry en juillet 2025, la Commission s’était notamment engagée à « acheter pour 40 milliards d’euros de puces IA essentielles au maintien de l’avance technologique de l’Union ».

  • Chi non sa sentire la musica: una conversazione su via Libetta e il diritto alla #notte
    https://scomodo.org/chi-non-sa-sentire-la-musica-una-conversazione-su-via-libetta-e-il-diritto-

    Con #gianmaria_coccoluto e #amedeo_ciaccheri, tra targhe, #club e una città che riscopre il diritto al divertimento notturno L’articolo Chi non sa sentire la musica: una conversazione su via Libetta e il diritto alla notte proviene da Scomodo.

    #Avanguardie_Culturali #clubbing #GNMR #Roma

  • JO d’hiver 2030 : les atteintes à l’environnement planifiées par le comité d’organisation

    Défrichements de zones forestières, #terrassements, artificialisations, et des #remontées_mécaniques hors du temps, le comité d’organisation des JO d’hiver 2030 envisage de dégrader durement la #montagne pour le business du #ski.

    « Je ne comprends pas comment on peut sacrifier un site pareil », se désole Anna*, habitante pendant vingt-cinq ans des #Confins, le plateau censé accueillir le « #pôle_nordique » des JO 2030, sur les hauteurs de #La_Clusaz (Haute-Savoie). Ça me dépasse, ça m’atteint profondément. Je suis heurtée par ce qu’ils projettent d’y faire. »

    Sur un plan de masse du futur site, on mesure l’étendue des #travaux projetés. Les #pistes_de_ski courent le long de la zone #Natura_2000 des combes des #Aravis, puis descendent vers le futur #stade, sa tribune de 1 500 places, les différentes « #surfaces_JO » – sport, fédération internationale, famille olympique, médias, organisation, parking. Des triangles et des ronds signalent aussi un peu partout sur ce plan la présence d’oiseaux, de crapauds, d’écureuils roux, de vipères aspics, et l’Azuré du serpolet, un papillon présent dans la zone, comme dans plusieurs #zones_humides.

    Sur ce site, des terrassements colossaux sont prévus notamment pour la « sécurisation du réseau de #neige » – l’approvisionnement en #eau de plusieurs dizaines de #canons_à_neige – par un circuit souterrain possiblement relié à l’une des #retenues_d’eau du #domaine_skiable. La facture des travaux, estimée en décembre 2025 à 13,5 millions d’euros, pourrait encore grimper avec l’ajout récent sur ce site des épreuves paralympiques de ski de fond et de biathlon, le centre nordique existant ne disposant ni de pas de tir ni d’équipements adaptés au #handicap.

    Vendredi 19 juin, le bureau exécutif du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (#Cojop) des #Alpes_françaises 2030 a validé sa carte des sites, et la localisation de ses quatre grands pôles : la glace à #Lyon, le freestyle à #Briançon (Hautes-Alpes), l’alpin à Val-d’Isère et à #Courchevel (Savoie), et le nordique au #Grand-Bornand et à La Clusaz (Haute-Savoie) en vue de sa présentation à la 146e session extraordinaire du Comité international olympique (CIO) à Lausanne (Suisse), mercredi 24 et jeudi 25 juin. Mais c’est lors de l’assemblée générale du Cojop que ces décisions doivent être adoptées, le 29 juin.

    Des terrassements considérables

    La première version de la #feuille_de_route_environnementale élaborée par le Cojop et le secrétariat général à la planification écologique (SGPE), le 13 avril 2026, promet de « limiter l’#empreinte_environnementale des jeux » et de « minimiser l’impact des aménagements des pistes sur les espaces naturels ». Mais elle intègre déjà une possible « #compensation_volontaire » de ces dégâts, « via des projets locaux de conservation et restauration d’écosystèmes » à hauteur de 100 hectares.

    Dans un avis récent, le groupe régional d’expertise sur le climat (Grec) Alpes-Auvergne alerte sur les effets des JOP 2030 dans le contexte « d’un environnement montagnard déjà fragilisé par le réchauffement climatique auquel les émissions de gaz à effet de serre liées aux JOP contribuent ». Et sur la faune et flore « déjà sous pression » notamment du fait de la fréquentation humaine accrue.

    Dans sa feuille de route, le Cojop annonce vouloir réutiliser à hauteur de 90 % des #infrastructures existantes « pour les sites de compétition », et aussi limiter à 30 hectares l’artificialisation « sur l’ensemble des projets pérennes ».

    Mais certains « points d’attention » révèlent sa parfaite connaissance des atteintes à l’environnement les plus sévères : « potentiel terrassement à La Clusaz », « parkings éventuels à #Montgenèvre », « nouvelle piste impliquant défrichement à Montgenèvre », « impact pour les prairies permanentes et les #forêts et la #biodiversité de l’aménagement des fronts de neige ».

    À Montgenèvre (Hautes-Alpes), station du Briançonnais, 3,2 hectares de mélèzes de la #forêt du Prairial doivent en effet être défrichés pour y créer des pistes de snowboardcross et de skicross nécessitant un parcours de bosses et de virages relevés. « Il n’y a rien, il faut créer ces pistes de toutes pièces, ça implique des terrassements considérables, après ce déboisement », commente un membre du Collectif citoyen JOP 2030.

    Absence d’enquête environnementale

    L’ajout d’épreuves de ski-alpinisme, plus en altitude, sur le massif du #Chenaillet, à partir du site du rocher de l’Aigle, inquiète aussi les associations qui portent un projet de protection de la zone depuis quarante ans, et poussent à son classement en réserve naturelle régionale (RNR).

    « C’est un site géologique mondialement connu, ce n’est pas une bonne idée de faire du ski-alpinisme sur ce site », déplore Bernadette, habitante de la commune voisine de Cervières.

    « Il y a des laves en coussins dans un état extraordinaire, comparables à ce que l’on peut observer à 2 400 mètres sous l’océan Atlantique, et tout le cortège de roches qui l’accompagne, explique Claude Rémy, de l’association Arnica Montana. Mais vous y trouvez aussi des plantes protégées, endémiques comme l’Aethionema de Thomas, une petite plante extrêmement rare, et des lichens. »

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    Des maires des JO sous l’œil de la justice

    #Xavier_Mattis, le maire de Val-d’Isère, dont la commune accueillera les épreuves techniques de ski alpin, a vu son élection invalidée par le tribunal administratif le 22 mai. Son entreprise, la SARL #L’Avalain, étant chargée du déneigement de Val-d’Isère, par contrat renouvelé depuis 2020, il n’avait pas le droit de se présenter – en vertu de l’article L231 du Code électoral. Il a fait appel, le 23 juin, en annonçant crânement avoir « posé un genou à terre mais pas deux ».

    #Jean-Luc_Boch, le maire de La Plagne-Tarentaise, et président de l’association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), lui aussi concerné par d’importants travaux liés aux JO (ascenseur valléen, et piste de bobsleigh), fait l’objet d’une enquête judiciaire pour « #prise_illégale_d’intérêts » entre les mains d’une juge lyonnaise après une plainte d’Anticor. Son entreprise, #Boch_et_Frères, a aussi déneigé La Plagne jusqu’en 2016, mais le maire a surtout introduit un promoteur, #Pelletier, acheteur de terrains à la mairie, en 2017, pour une opération immobilière, #Lodges_des_Alpages, dont Boch et Frères a effectué le terrassement. Il est présumé innocent.

    #Jean-Yves_Pachod, le maire de Courchevel, haut lieu de la future compétition, s’est vu reprocher par la chambre régionale des comptes la mise à disposition irrégulière d’un véhicule par l’office du tourisme. Plus récemment, des investigations sont en cours à la suite du déclassement du rez-de-chaussée du bâtiment de l’office du tourisme, en cœur de la station, afin de le louer à un bijoutier, représentant exclusif de la marque Rolex. Dans ce dossier, la brigade de recherches de Chambéry a perquisitionné la mairie et l’office du tourisme en décembre.

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    880 espèces de #plantes dites supérieures y ont été inventoriées. Sans être « opposé par principe aux JO », le scientifique demande « la protection urgente » du #Chenaillet. Il s’étonne aussi de l’absence d’enquête environnementale s’agissant du défrichement de la #forêt_du_Prairial qui héberge « une chouette forestière protégée », la #chouette_de_Tengmalm.

    Au nord de Briançon, sur le domaine skiable de #Serre-Chevalier, la future piste de ski à bosses est aussi « à construire entièrement », sur des zones boisées.

    Un « Monopoly » géant

    Le « Monopoly » géant auquel se livre le Cojop sur la montagne ne fait que commencer. Trois maires des stations emblématiques de La Plagne, Courchevel et Briançon poussent des projets d’#ascenseurs_valléens, respectivement chiffrés à 101, 74,8 et 26 millions d’euros.

    À Briançon, le maire a convaincu le Cojop d’installer un #village_olympique au #fort_des_Trois_Têtes, une fortification militaire du XVIIIe siècle à l’abandon – sans eau, ni éclairage ni aucun réseau. Ce fort a été inscrit parmi les réalisations de Vauban sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2008.

    Initialement évaluée à 295 millions, désormais « réduite » à 133 millions d’euros, cette opération immobilière hors norme vise à réhabiliter puis à commercialiser, en logements, commerces et hôtel, 17 000 mètres carrés de plancher sur un périmètre de 41 hectares entourés par 4,5 kilomètres de remparts à entretenir, en y incluant une usine abandonnée située en contrebas.

    Estimé à 51,84 millions d’euros, le village des athlètes promet de peser lourd aussi en Haute-Savoie, à #Saint-Jean-de-Sixt, à 3 kilomètres de La Clusaz. Mais un bâtiment de 41,67 millions d’euros sera aussi construit au #Grand-Bornand, à 3 kilomètres de là, pour y être mis à disposition du Cojop. Si l’on ajoute un « #pôle_indoor » prévu au village de La Clusaz, pour 21,7 millions, l’addition qui s’élève à 115 millions construits en dur place le département au niveau de ses voisines.

    En Savoie, 78,5 millions d’euros doivent être investis pour le futur village olympique de #Bozel, qui n’accueillera finalement que les athlètes du site de Courchevel, situé à 18 kilomètres – les épreuves techniques de ski alpin ayant échappé à Méribel au profit de #Val-d’Isère. Mais en Savoie, des fonds importants sont aussi prévus pour la remise à niveau de la piste de bobsleigh de La Plagne, soit 43 millions d’euros, et une prolongation du tremplin de saut à ski de Courchevel, pour 43,6 millions d’euros.

    Le fait accompli

    Ce ruissellement de #fonds_publics au prétexte des JO est ouvertement attendu par certains maires pour soutenir la #promotion_immobilière dans leurs stations. Pour la population, c’est encore l’incertitude, notamment sur la réelle contribution des communes. L’information n’a été donnée qu’au compte-goutte, et des consultations débutent, selon des modalités diverses et variées, au moment où les appels d’offres sont déjà passés.

    Constatant les « démarches lancées en parallèle, voire en amont », le Grec Alpes-Auvergne pointe aussi le « risque évident » de voir la feuille de route environnementale « établie pour tenir compte du fait accompli plutôt que pour permettre aux décideurs en charge d’en intégrer les préconisations dans leurs prises de décisions et initiatives ».

    Après avoir été assignée par plusieurs ONG devant les juridictions administratives pour lui enjoindre « d’organiser une mesure de participation du public », la #Société_de_livraison_des_ouvrages_olympiques (#Solideo) a saisi d’elle-même, le 22 avril, la Commission nationale du débat public (CNDP) pour qu’elle désigne des garants de plusieurs « concertations préalables » : pour l’aménagement du site de ski de fond de La Clusaz, le projet d’ascenseur valléen de La Grande Plagne et l’aménagement du site de compétition de Montgenèvre.

    Réunions publiques prévues

    Mais l’établissement public a entrepris d’organiser ses propres réunions de concertation, hors CNDP, sur les autres sites à Briançon, à Saint-Jean-de-Sixt (Haute-Savoie), au Grand-Bornand et ailleurs.

    Le 9 juin, les deux garants désignés par la CNDP ont demandé au Cojop et à la Solideo d’expliquer cette différence de traitement.

    À La Clusaz, le maire, #Didier_Thévenet, un proche du président du Cojop, #Edgar_Grospiron, a formalisé l’engagement de sa commune en faisant voter, en décembre 2025, le transfert de la maîtrise d’ouvrage des aménagements du site des Confins à la Solideo. « Tout a été décidé en cinq minutes, relève Anna*. On n’a jamais été consultés pour ces JO. » Questionné durant l’automne, le maire prétendait n’avoir « aucune information ». En décembre, il a salué « les nombreuses relations de travail déjà établies » avec la Solideo.

    Sans trop attendre, l’établissement a lancé ses premiers appels d’offres en mars pour l’assistance à maître d’ouvrage de l’aménagement du « pôle nordique » des Confins.

    Dans leur note du 9 juin, les garants de la CNDP ont rappelé que la concertation devait « débattre d’abord de l’opportunité du projet », « des alternatives » et intégrer « l’option zéro », à charge pour la Solideo et le Cojop de préciser « ce que le projet apporte au public et aux territoires ». À ce stade de « la concertation préalable », la décision de faire le projet « n’est pas encore prise » et il importe de laisser « les champs ouverts aux débats ».

    La réunion publique prévue par la commune de La Clusaz, fin septembre, devrait intégrer ces préconisations, et non pas seulement annoncer les gagnants des appels d’offres.

    À Briançon, le même scénario s’est mis en place pour les rénovations du fort des Trois Têtes et de l’usine de la Schappe. L’appel à candidatures ayant été lancé dès juillet 2025, l’annonce du choix des « lauréats » pour le fort – #Linkcity (#Bouygues_Construction), les promoteurs #Edifim et #Elegia ainsi que l’architecte #Philippe_Prost – et l’usine – #Icade_Promotion et les architectes #Jean-Michel_Wilmotte et #Nathalie_d’Artigues – a précédé les réunions de « concertation » de la Solideo et du maire, #Arnaud_Murgia, un ancien secrétaire national de l’UMP élu pour la première fois à Briançon en 2020.

    Ironie de l’histoire, le projet actuel reprend les grandes lignes d’un #aménagement soutenu par l’ancien maire socialiste et vendu par un promoteur depuis mis en examen pour #escroquerie.

    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/250626/jo-d-hiver-2030-les-atteintes-l-environnement-planifiees-par-le-comite-d-o
    #jeux_olympiques #Alpes #JO2030 #environnement #forêt #déforestation #artificialisation_des_sols #coût

  • “Les amendes policières sont l’arme fatale pour rendre les pauvres plus pauvres en France”
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/les-amendes-policieres-sont-l-arme-fatale-pour-rendre-les-pauvres-plus-pauv

    Ces amendes alimentent un cercle sans fin de pauvreté. Les jeunes de notre enquête vivent déjà dans des foyers en situation de précarité et cumulent des dizaines de contraventions. Les amendes, de 68 à 135 euros, sont majorées jusqu’à 450 euros, créant des milliers voire des dizaines de milliers d’euros de dettes. Une mère que nous avons reçue doit par exemple 56 000 euros pour ses trois fils mineurs. Ces situations financières empêchent les jeunes de se lancer dans un projet professionnel : comme l’argent est pris sur leurs comptes, ils sont empêchés de chercher un logement, une formation, un prêt ou un travail… L’amende est l’arme fatale pour rendre les pauvres plus pauvres, les faire tomber dans l’illégalité et la défiance envers leur propre pays qui les condamne à vivre isolés et en marge.

  • #peru: in un paese profondamente diviso, la destra di Fujimori vince alle presidenziali
    https://radioblackout.org/2026/06/peru-in-un-paese-profondamente-diviso-la-destra-di-fujimori-vince-all

    Una settimana di spoglio dei voti alle elezioni presidenziali del Peru si salda con la risicatissima vittoria della estrema destra di Keiko Fujimori (figlia dell’ex-presidente e dittatore peruviano Alberto Fujimori, le cui politiche contro la guerriglia di Sendero Luminoso e le classi popolari peruviane gli erano valse accuse di genocidio).Il 50,1% dei voti per Fujimori […]

    #altavisibilita #L'informazione_di_Blackout #America_Latina #conflitti_sociali #elezioni_peru
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/06/daneile-benzi-peru.mp3

  • Ameisen-Schmuggel Das große Krabbeln (https://taz.de/Ameisen-Schmug...
    https://diaspora.psyco.fr/p/12523847

    Ameisen-Schmuggel

    Das große Krabbeln

    Von Simone Schlindwein

    Ameisen aus Afrika sind stark nachgefragt. Die ökologischen und ökonomischen Folgen des Online-Handels mit den Tieren sind bereits spürbar – auch in Deutschland.

    Schwerpunkt: Reden wir darüber Schwerpunkt: Lesestück Recherche und Reportage

    #taz #tageszeitung #Schmuggel #Wildtiere #Ameisen #Ökosysteme

  • Le stratificazioni criminali e la “signoria territoriale” dietro la strage di #Amendolara

    Il primo giugno in provincia di Cosenza quattro uomini sono stati bruciati vivi dai loro presunti caporali dentro il minivan con cui stavano andando a lavorare. Protestavano per avere un contratto. Di loro si sa ancora poco, così come della vicenda specifica, ma con Anna Sergi, docente esperta di criminalità organizzata, tracciamo i contorni e il contesto. Tra ‘ndrangheta, gruppi criminali locali, aziende che restano sempre sullo sfondo e la totale assenza dello Stato.

    Il più giovane era #Ullah_Ismat_Qiemi, 19 anni, il più grande #Waseem_Khan, 29. E poi #Amin_Fazal_Khogjani, 28, e #Safi_Iayjad, 27. Sono i nomi delle vittime della strage di Amendolara, in provincia di Cosenza. Bruciati vivi all’interno del minivan con cui si stavano dirigendo nei campi di frutta dove lavoravano per pochi euro al giorno, puniti da due “caporali” perché chiedevano un contratto. Di loro si sa ancora poco così come dei contorni specifici della vicenda che ha visto il fermo di due uomini che, stando ai sistemi di videosorveglianza della stazione di servizio della statale 106 jonica-cosentina, hanno gettato un accendino nell’abitacolo dopo aver chiuso tutte le portiere. Quello di cui invece è già possibile tracciare un contorno è il contesto in cui si è verificata la strage.

    Il caporalato è sistemico. Per garantire i servizi alle aziende committenti, i caporali si occupano di tutto: dal trasporto alle abitazioni, spesso fatiscenti e insalubri, fino allo sfruttamento nei campi. Il tutto “garantito” dalla vulnerabilità dei lavoratori -tra gli 11 e i 12mila quelli senza un permesso di soggiorno in Calabria- che vengono controllati con la violenza e le minacce. Ma poi, soprattutto, il “terzo livello” che sta sopra ai “caporali”. Per Anna Sergi, professoressa di Sociologia del diritto e della devianza presso l’Università di Bologna e una delle massime esperte di criminalità organizzata, è necessario evitare semplificazioni.

    “La #piana_di_Sibari è una delle aree più fertili della Calabria su cui però troviamo delle ‘locali bastarde’ della ‘ndrangheta -spiega-. Diversi piccoli gruppi, diverse ‘ndrine, che però è difficile associare a un gruppo di appartenenza primario. Questa strage ce lo racconta indirettamente”. Per Sergi, infatti, fenomeni di violenza così gravi sono in qualche modo la dimostrazione che in quel territorio non c’è una gerarchia chiara quanto piuttosto una lotta intestina tra cosche che cercano di accaparrarsi il controllo e un’influenza maggiore possibile. “Negli ultimi anni tra #Rossano e #Corigliano si sono registrati tantissimi casi di cronaca, anche gravi, così come ci sono state diverse operazioni della Direzione nazionale antimafia”.

    Differenziare la tipologia di criminalità presente sul territorio non è una questione di lana caprina ma è importante per capire a chi rispondono i “caporali” e in quale contesto operano. La ‘ndrangheta non gestisce direttamente lo sfruttamento perché è troppo rischioso. “Semplicemente la risoluzione dei conflitti o il caporalato ‘diretto’ non portano abbastanza soldi; quello che conta è la signoria territoriale e il legame con lo ‘sfruttatore’, spesso un bracciante che ha fatto ‘carriera’ e conosce quelle dinamiche, nasce sotto questo aspetto”. Per Sergi, ormai, raramente il caporale paga una quota al clan ma è l’azienda che fa da “tramite”. O in maniera diretta -attraverso un ruolo societario di un affiliato- o indirettamente, perché l’organizzazione criminale fa da intermediario facendo sì che una società che ha un debito da saldare incontri il caporale.

    A prescindere dalle modalità, l’obiettivo è sempre mantenere un profilo basso. “Tutto ciò che è eclatante e attira l’attenzione mediatica e giudiziaria va evitato, tanto che quando più di 15 anni fa scoppiarono le rivolte nella piana di Gioia Tauro, dopo i fatti di Rosarno, le famiglie locali di ‘ndrangheta erano preoccupate di quanto stava accadendo”, sottolinea la professoressa che da quel 7 gennaio 2010 traccia una linea senza soluzione di continuità.

    Perché se ci sono delle differenze territoriali e di “tipologia” di organizzazione e stratificazione criminale, quello che non cambia è l’assenza dello Stato. “Il controllo dei clan avviene innanzitutto rendendo impossibile qualsiasi via di fuga: non sempre quindi c’è un rapporto di ‘vassallaggio’ diretto. Il mio obiettivo, come clan, è far sì che non ci sia tutela legale possibile, non ovviamente per i ‘braccianti’ ma neanche per i caporali. Questa è la signoria territoriale. Ed è questo lo scandalo che continua”.

    Uno scandalo su cui, il giorno successivo alla morte dei quattro giovani di origine pakistana, ha richiamato l’attenzione di monsignor Francesco Savino, vescovo di Cassano All’Ionio e vicepresidente della Conferenza episcopale italiana. “Il caporalato non è una deviazione marginale, non è un residuo antico dimenticato nei campi. È un sistema. È una struttura di dominio -ha detto-. Basta con il silenzio sporco delle convenienze. Occorre una mobilitazione civile che non può essere il semplice rito, le semplici passerelle o l’emozione del momento e poi dopo qualche giorno si spegne. Invoco una rivolta delle coscienze, una sollevazione morale dei cittadini e delle cittadine, credenti e non credenti, qui veramente è in gioco la dignità della persona”.

    https://altreconomia.it/le-stratificazioni-criminali-e-la-signoria-territoriale-dietro-la-strag
    #tuerie #ndrangheta #mafia #caporalato #criminalité_organisée #Italie #Calabre #brûlés_vifs #résistance #exploitation #conditions_de_travail

    • Strage di caporalato in Calabria: non chiamiamola tragedia

      I quattro braccianti bruciati vivi ad Amendolara volevano ribellarsi allo sfruttamento. Non un caso isolato: da anni, associazioni e attivisti sul territorio denunciano un sistema capillare che lucra sulla manodopera straniera, mentre le risposte politiche si limitano a interventi emergenziali.

      Waseem Khan, 29 anni, Amin Fazal Khogjani, 28 anni, Safi Iayjad, 27 anni e il più giovane Ullah Ismat Qiemi, di appena 19. Ora conosciamo i nomi delle vittime di quella che sindacati e giornali hanno definito la «strage di caporalato» di Amendolara, cittadina calabrese al confine Nord della provincia di Cosenza, avvenuta lunedì 1° giugno. Non conosciamo ancora le loro storie, il percorso che li aveva portati su quel territorio e che li aveva resi vittime di un sistema di sfruttamento. Conosciamo però i dettagli della loro morte. Di quello che gli inquirenti della Procura di Castrovillari hanno definito «omicidio plurimo e pluriaggravato», che presenta i tratti tipici della premeditazione, ripreso in tutta la sua ferocia dalle telecamere di servizio del distributore di carburante dov’è stata ritrovata la carcassa carbonizzata del minivan con all’interno i corpi dei quattro braccianti – in parte pachistani, in parte di origine afghana, stando al racconto dell’unico sopravvissuto. Un copione già visto, scritto dalle dinamiche del caporalato e dello sfruttamento degli invisibili delle campagne di raccolta tra la Piana di Gioia Tauro, la Sibaritide e il Metapontino. Una “metastasi” del tessuto sociale declassata a fatalità in quel lembo di Calabria dove la vita non fa notizia e raccontata «sempre dopo che il male ha lasciato i suoi morti sull’asfalto», per usare le parole consegnate ad Avvenire del vicepresidente Cei e vescovo di Cassano all’Ionio Francesco Savino.

      Il racconto del superstite: «Uccisi perché chiedevamo un contratto regolare»

      La dinamica del fatto è apparsa chiara dopo la diffusione del primo filmato di videosorveglianza. Nel video si vedono due persone bloccare con forza la portiera di un minivan parcheggiato vicino al distributore di carburante in una piazzola della statale 106 jonica-cosentina. Dentro ci sono cinque persone, che cercano, invano, di uscire con tutte le loro forze dal veicolo cosparso di benzina. Stando alle indagini della squadra mobile di Cosenza, i due “caporali”, entrambi 32enni di origine pachistana, avrebbero gettato un accendino nell’abitacolo dandosi alla fuga subito dopo la prima fiammata. Taj Mohammad Alamyar riesce a mettersi in salvo fuggendo dal bagagliaio nonostante le ustioni. «Mi sono spinto all’indietro, ho superato lo schienale, sono caduto nel vano dove si mettono le valigie e con le braccia che bruciavano mi sono buttato sull’asfalto», ha raccontato al Tgr Calabria il bracciante agricolo, di origine afghana come «almeno tre delle altre persone a bordo». Come le altre vittime, sfruttato nei campi da un sistema che definisce mafioso. Non parla della ‘ndrangheta, ma di una «grande mafia» che coinvolgerebbe diverse persone di origine pachistana.

      Oltre che sullo sfruttamento dei braccianti agricoli, il sistema lucrerebbe anche sullo spaccio di grandi quantità di stupefacenti. Aspetti tutt’ora al vaglio della procura diretta da Alessandro D’Alessio, che durante la conferenza stampa del pomeriggio del 3 giugno, data la fase ancora embrionale delle indagini, non si è voluto sbilanciare pubblicamente sul movente e sul contesto nel quale è maturato il fatto. «I soldi non ce li davano, da mangiare sì. La casa sì, ma i soldi no» da oltre un mese. Giovanni Mininni, segretario generale della Flai Cgil, afferma che questo fatto apre uno squarcio su un problema capillare e su una «rete ampia di caporali» strutturati in un «sistema organizzato e centralizzato» che controlla l’intero territorio. Una dinamica che aveva portato quel gruppo di persone a ribellarsi ai loro aguzzini, rifiutandosi di lavorare senza un regolare contratto, e ricevendo in cambio prima delle minacce con coltelli e pistole e, in seguito, quella spedizione punitiva culminata con la spietata esecuzione. Gli autori del crimine si sarebbero fermati al distributore per «regolare i conti». La loro identificazione è stata possibile anche grazie al racconto del sopravvissuto.

      In quella zona a cavallo tra la Calabria e la Basilicata, concluso il periodo di raccolta agrumicola – come raccontatoci dai braccianti stanziati in autunno negli insediamenti della Piana di Gioia Tauro – in questo periodo dell’anno ci si sposta per la raccolta delle fragole. Il salario, per così dire, sarebbe di 50 euro al giorno, dai quali detrarre il 10 per cento da consegnare ai “caporali” per il trasporto nei campi. I braccianti vivono in alcuni alloggi dislocati in diverse zone della provincia. Non insediamenti che aggregano grandi quantità di persone: gli appartamenti sono sparsi sul territorio a macchia di leopardo per saltare meno all’occhio. Alamyar mostra ai giornalisti quello di Villapiana dove viveva con altre dieci persone, comprese le vittime. Mostra le condizioni della loro abitazione da 500 euro mensili e una busta paga fittizia che reca in calce la somma di 350 euro. Sono queste le condizioni alle quali i braccianti hanno voluto ribellarsi, pagandone caro il prezzo.

      I racconti di sfruttamento tra la Sibaritide e il Metapontino

      Negli ultimi anni, diverse inchieste giudiziarie hanno fatto luce su questo fenomeno. A marzo 2022 è stata chiusa un’indagine durata circa tre anni che ha portato alla luce un rodato sistema di sfruttamento dei braccianti agricoli proprio in quella zona tra le province di Cosenza e Crotone. Alla base del sistema c’era un «reclutatore» originario di Mirto Crosia, altro paese della jonica-cosentina, che svolgeva un’attività di intermediazione illecita di manodopera con diverse aziende locali finite sotto la lente della procura. Sui braccianti, assieme ad altri sodali, svolgeva un controllo asfissiante: «Compilava un piccolo libricino col numero delle cassette riempite da ogni operaio per calcolarne la paga», ha raccontato una delle vittime nel 2020. «Quando si accorgeva che avevamo raccolto poche cassette di pomodori iniziava a maltrattarci, offendendoci e minacciandoci. Diceva con tono di voce alto: ’Testa di ca**o, testa di min**ia! Domani non ti porto a lavorare!’. Io restavo zitto e continuavo a lavorare. La mia giornata lavorativa veniva retribuita con 30 euro, in contanti, ogni lunedì. […] Ho lavorato anche di domenica. Non ho mai ricevuto alcun compenso straordinario».

      I racconti sono tanti, si sovrappongono tra loro. «Mi facevo trovare alle tre del mattino», dice un’altra vittima. Era quello l’orario in cui il furgone rosso passava per condurli nel campo di raccolta. «Ho lavorato quasi tutti i giorni di agosto. Arrivavamo [sui campi di Strongoli, in provincia di Crotone] alle 6 del mattino e lavoravo fino alle 16 del pomeriggio, con una pausa che si aggirava dai 10 ai 30 minuti, dove mangiavo un panino portato da casa. Mi veniva dato incarico di raccogliere i pomodori dalla pianta e di metterli in delle cassette di legno per poi sistemarli nei cassoni del camion». Chi si ribella al sistema rischia di pagare con la vita. Il Fatto Quotidiano ha riportato l’arresto, avvenuto alla fine del 2025, di altri quattro cittadini pachistani all’esito di un’indagine partita da un incidente stradale che aveva coinvolto alcuni braccianti nella zona di Scanzano Jonico. Anche in quel caso, quella che di primo impatto sembrava una tragedia aveva portato alla luce un sistema di sfruttamento nei campi agricoli della Basilicata.

      Non sfugge inoltre la ricorrenza, in quella porzione di Calabria, di un modus operandi, quello degli incendi di veicoli, spesso letto, anche nelle cronache, in maniera frammentaria e decontestualizzata. Sul territorio di Corigliano Rossano sono decine e decine i casi di rogo doloso di autoveicoli. Nel 2021 i casi censiti erano oltre cinquanta, almeno raddoppiati negli anni successivi. Dopo il rogo di alcuni mezzi appartenenti a cittadini di origine rumena, alcune testate locali avevano scritto della possibile «ombra del caporalato» dietro a fatti tanto ricorrenti da non poter pensare a semplici ritorsioni o attività “microcriminali” ma ad un sistema radicato. L’Osservatorio Placido Rizzotto della Flai Cgil aveva scritto di 36 inchieste in regione che avevano fatto luce su un giro di affari illecito nel settore pari a circa 2,5 miliardi di euro. Dinamiche rispetto alle quali la ‘ndrangheta è spettatrice interessata com’era stato evidenziato anche in altre inchieste, tra cui “Rasoterra”. L’indagine risale al 2021 ed aveva fatto luce sugli interessi di alcuni soggetti riconducibili alla cosca “Piromalli-Molè”, egemone sul territorio di Gioia Tauro, negli insediamenti della zona industriale popolati dai braccianti migranti.
      I «ghetti» e l’approccio emergenziale: solo la morte fa notizia

      Tra la Piana di Sibari e Crotone corrono circa 150 chilometri della statale 106. Percorrendo quel tratto, a qualsiasi ora del giorno e della notte, ci si imbatte spesso in diverse biciclette al bordo della carreggiata che trasportano cassette di agrumi, pomodori o finocchi. Una via crucis ricorrente che si sceglie di non vedere. La dinamica che alimenta il caporalato sta tutta qui. Una pratica diffusa, soprattutto a certe latitudini, anche grazie alla connivenza di tutte le parti sociali. Non a caso, monsignor Savino ha parlato di «zona grigia che vede, sa e lascia fare». Nel suo appello, il vescovo di Cassano – una delle cittadine più grandi della Sibaridite, nota per la presenza di alcuni tra più pericolosi gruppi criminali della zona e per alcuni fatti di sangue come l’esecuzione del piccolo “Cocò” Campolongo nel 2014 – chiede «allo Stato di esserci con tutta la sua forza, non soltanto dopo il sangue, ma prima: nelle campagne, nelle filiere agricole, nei luoghi di reclutamento della manodopera, negli alloggi indegni, nei trasporti opachi, nei rapporti di lavoro irregolari, nelle sacche di vulnerabilità dove il caporalato mette radici». Queste parole ricordano molto le invocazioni di associazioni e attivisti che si susseguono dal 2010, anno della cosìddetta rivolta dei braccianti di Rosarno.

      L’attenzione sugli insediamenti dei braccianti in Calabria viene richiamata dopo incidenti o tragiche morti come quella di Soumaila Sacko, sindacalista e bracciante ucciso a colpi di arma da fuoco nei campi del Vibonese. Ad aprile 2026, Emergency aveva manifestato preoccupazione per l’ennesima presa di posizione di carattere emergenziale nella zona della tendopoli di San Ferdinando. La autorità avrebbero disposto un nuovo sgombero dell’area popolata dai braccianti, dopo quello del 2019 a lungo decantato dall’allora capo del Viminale Matteo Salvini. La notizia del nuovo intervento è contenuta nel decreto n. 238/2026, inserito nel “Decreto Caivano” come azione di contrasto alla criminalità nelle periferie. Qui si legge dello smantellamento dell’insediamento informale «ai fini della tutela pubblica e privata incolumità» con l’autorizzazione allo spostamento delle persone presenti in tendopoli nella zona di contrada Russo con un «intervento rifunzionalizzante» del suo borgo sociale – leggasi foresteria – di proprietà del Comune di Taurianova. Secondo l’associazione, dietro questa misura si cela l’ennesimo sgombero «senza soluzioni abitative dignitose e percorsi di integrazione», quindi l’ennesimo intervento emergenziale che produrrebbe «solo nuove forme di marginalità e ghettizzazione, senza affrontare strutturalmente il problema».

      Il dramma nei numeri: 11mila irregolari nella sola provincia di Crotone

      Tali interventi alimentano la vulnerabilità dei braccianti migranti che diventano vittime dello sfruttamento. Testimonianza che per debellare la piaga del “caporalato”, non bastano interventi in emergenza o di carattere repressivo. Un aspetto reso evidente – ma già rimosso – durante la pandemia. Le regolarizzazioni a tempo volute dall’allora ministro Teresa Bellanova misero in luce il bisogno di manodopera migrante in determinati settori, ma anche i limiti dello Stato nel riconoscere i giusti diritti a queste persone. Secondo il report finale del Ministero dell’Interno, nella provincia di Crotone le istanze presentate ai fini dell’emersione di rapporti di lavoro subordinato irregolare furono solo 109 (non tutte riferibili a braccianti agricoli). Un dato irrisorio se si considera il numero di braccianti presenti nella zona.

      I numeri reali, ancora oggi, dicono tutt’altro. Nel settimo rapporto Agromafie e caporalato, l’Osservatorio Placido Rizzotto, sulla base di dati Istat aggiornati al 2023, ha stimato che nel settore agricolo in Italia vengono impiegati oltre 872mila lavoratori (dipendenti e indipendenti). Il tasso di irregolarità ammonterebbe al 30 per cento contandosi oltre 200mila irregolari (impiegati in modo non standard, ovvero a “nero” o “grigio”), 11-12mila solo nella provincia di Crotone. La cifra ricomprende anche tra i 4 e i 5mila lavoratori e lavoratrici straniere così detti “stagionali”, che ogni anno giungono sul territorio «in occasione di fasi di lavorazione che richiedono picchi di forza lavoro».

      Sulla vicenda è intervenuta anche Libera, che ha parlato di «tragedia annunciata»: «Ancora una volta i braccianti sono vittime di un sistema che umilia, sfrutta e uccide. In tutto questo hanno facile gioco le mafie: quelle internazionali che gestiscono la tratta e quelle locali che controllano il caporalato o assoldano manodopera criminale a basso costo fra i disperati. Alla commozione di queste ore bisogna far seguire azioni vere e concrete per fare in modo che questo ennesimo sacrificio non sia stato vano. Quei quattro corpi carbonizzati devono gridare forte alle nostre coscienze, devono inchiodare alle nostre responsabilità».

      https://lavialibera.it/it-schede-2710-strage_di_caporalato_in_calabria_non_chiamiamola_tragedia

      #agriculture #fraises #travailleurs_agricoles #saisonniers

    • L’#esclavage_moderne en Italie : quatre travailleurs agricoles migrants brûlés vifs dans un véhicule utilitaire

      Le 1er juin 2026, quatre ouvriers agricoles ont péri brûlés vifs dans le sud de l’Italie, victimes d’un acte de violence sauvage et prémédité. Les victimes – Waseem Khan, 29 ans, de nationalité pakistanaise ; et trois Afghans, Amin Fazal Khogjani, 28 ans, Ullah Ismat Qiemi, 19 ans, et Safi Iayjad, 27 ans – étaient enfermés dans une fourgonette sur le parking d’une station-service de la route nationale 106 à Amendolara, petite commune de la côte ionienne de Calabre, et ont été brûlés vifs par deux chefs de gangs auprès desquels ils avaient osé réclamer leurs salaires volés.

      Le crime a été filmé par une caméra de vidéosurveillance. Deux ouvriers agricoles, identifiés et arrêtés quelques heures plus tard comme étant Safeer Ahmed et Ali Raza, tous deux de nationalité pakistanaise et désormais inculpés d’homicides aggravés multiples, auraient versé un liquide inflammable dans l’habitacle, bloqué les portes de l’extérieur pour empêcher toute fuite, jeté un briquet à l’intérieur et pris la fuite alors que la camionnette s’embrasait. Les pompiers ont retrouvé quatre corps carbonisés.

      Un cinquième passager, Taj Mohammad Alamyar, un Afghan de 35 ans, a survécu de justesse en brisant la vitre arrière et en s’extirpant du véhicule. Il a subi de graves brûlures aux mains et au bras droit. Un sixième ouvrier pu échapper à la mort uniquement parce qu’il était malade et contraint de rester chez lui ce jour-là.

      Selon le témoignage d’Alamyar, les travailleurs s’étaient vu promettre 45 € par jour pour huit heures de cueillette de fraises dans les zones d’agriculture intensive de la région. Ils n’avaient rien reçu depuis le 20 avril. Survivant avec le strict minimum et entassés à dix dans une pièce d’un logement contrôlé par leurs recruteurs, ils avaient commis le délit de réclamer leurs arriérés de salaire.

      Les enquêteurs ont également constaté que 14 autres véhicules transportant des migrants pakistanais en Calabre avaient été incendiés au cours des mois précédents, preuve d’une violente guerre criminelle pour le contrôle de la ressource la plus lucrative de l’économie agricole du sud de l’Italie : le travail forcé.

      Le système de caporalato utilise des intermédiaires criminels pour recruter des migrants vulnérables, monopoliser leurs transports et leurs logements, et les louer à des employeurs agricoles à des tarifs exorbitants. Il constitue l’épine dorsale de la filière fruits et légumes italienne. Il sert les impératifs de profit de la Grande Distribuzione Organizzata (les consortiums de grande distribution qui dominent les chaînes de supermarchés italiennes), qui compriment les prix à la production au point que le maintien d’un emploi légal devient financièrement impossible pour les exploitants agricoles.

      Le syndicat agricole FLAI-CGIL et l’Osservatorio Placido Rizzotto estiment qu’en Italie entre 400 000 et 430 000 travailleurs agricoles sont soumis au recrutement irrégulier de travail, ce qui fait d’eux des victimes potentielles ou actives du système caporalato.

      Plusieurs chercheurs de renom, parmi lesquels Letizia Palumbo, Francesco Carchedi et Jean-René Bilongo, ont largement documenté les conditions de travail forcé, de traite des êtres humains et d’esclavage moderne en Italie. Selon les données les plus récentes de l’Indice mondial de l’esclavage (2023), environ 197 000 personnes vivaient en situation d’esclavage moderne en Italie en 2021. Les syndicats et les organisations de défense des droits humains estiment que le nombre réel pourrait être bien plus élevé.

      Alamyar a témoigné que les truands-recruteurs menaçaient les travailleurs avec des armes à feu et des couteaux pour les contraindre à travailler dans les champs. Le détournement des salaires est si bien organisé que les caporali accompagnent systématiquement les travailleurs directement aux distributeurs automatiques pour récupérer physiquement l’argent versé sur les bulletins de paie officiels, ne laissant aucune trace écrite tout en leur soutirant jusqu’au dernier euro de leur labeur.

      Les quatre victimes décédées, ainsi que le survivant, étaient titulaires de permis de séjour italiens en règle et résidaient dans le pays depuis des années sans casier judiciaire. Ils étaient employés au noir, exploités jusqu’à l’usure et furent brûlés vifs lorsqu’ils ont réclamé ce qui leur était dû.

      La Première ministre Giorgia Meloni, la politicienne fasciste à la tête du gouvernement italien depuis trois ans et demi, qui a systématiquement ciblé les immigrés et fait grimper le taux d’extrême pauvreté au niveau record de 9,8 pour cent, a publié un communiqué condamnant ce « meurtre horrible » et promis que justice soit faite. La ministre du Travail, Marina Calderone, a qualifié cet épisode d’« inacceptable ».

      Mais c’est Meloni qui a considérablement aggravé les conditions dans lesquelles ce travail forcé s’exerce. Elle a fortement restreint les procédures d’asile, renforcé les contrôles aux frontières et réduit les dispositifs de protection sociale.

      Son décret Cutro de 2023 a aboli les permis de protection spéciale, supprimé les programmes d’intégration et créé de toutes pièces une classe de travailleurs isolés et juridiquement précaires, précisément ceux qui finissent par tomber entre les mains des caporali. La menace de perdre son statut légal constitue le piège disciplinaire du système : dénoncer le vol de salaire ou l’abus entraîne la perte de l’emploi, l’irrégularité administrative et l’expulsion.

      De l’autre côté de l’hémicycle parlementaire, Elly Schlein, du Parti démocrate, a annoncé sa participation à une manifestation organisée par FLAI-CGIL sur le lieu des meurtres. La porte-parole du PD, Camilla Laureti, a déclaré que cette tragédie avait « profondément marqué la République démocratique tout entière ».

      Le Parti démocrate a sa part de responsabilité dans le cadre juridique qui engendre ces conditions. Le décret Minniti-Orlando de 2017 a supprimé les recours en deuxième instance pour les demandeurs d’asile et a été le premier à criminaliser les ONG de sauvetage en Méditerranée. La loi Bossi-Fini de 2002, qui lie directement les permis de séjour aux contrats de travail valides, n’a jamais été abrogée par aucun gouvernement italien, qu’il soit de centre-gauche ou de droite.

      Le massacre d’Amendolara s’est produit quelques jours avant un tournant décisif dans la politique migratoire européenne. Le 12 juin, le nouveau régime d’asile européen commun et le règlement de l’UE sur le retour, sont entrés en vigueur simultanément. Ce règlement a été élaboré en étroite collaboration entre le Parti populaire européen (PPE), parti conservateur, et trois groupes parlementaires d’extrême droites néofascistes, marquant ainsi l’effondrement effectif de la prétendue barrière séparant le conservatisme traditionnel de l’extrême droite.

      Les refus d’asile prononcés par tout État membre de l’UE, y compris par des gouvernements très restrictifs comme la Pologne ou la Hongrie, seront automatiquement reconnus dans tout l’espace Schengen, sans possibilité de recours interne. Les migrants, y compris les familles avec enfants, peuvent être détenus jusqu’à 30 mois. La création de centres de rétention extraterritoriaux dans des pays comme le Rwanda, la Libye et la Mauritanie est envisagée, ainsi que le renforcement des pouvoirs de police et la baisse des aides sociales afin de forcer les migrants à accepter leur expulsion.

      Le modèle de cette offensive n’est pas nouveau. Aux États-Unis, l’administration Trump a mis en place un système de détention et d’expulsion massives, véritable goulag intérieur, ciblant, comme en Italie, des travailleurs entrés en situation régulière, et déployant des agents de l’ICE (police de l’immigration) lourdement armés et non masqués, qui mènent des descentes sans mandat sur les lieux de travail.

      À l’instar de l’UE, Washington offre aux employeurs un moyen efficace d’imposer la discipline au travail et de réprimer toute résistance collective en maintenant des millions de migrants dans une situation d’incertitude juridique permanente. Le Parti démocrate, qui a largement contribué à la mise en place de l’infrastructure d’expulsion dont Trump dispose aujourd’hui, joue un rôle similaire à celui du Parti démocrate italien, versant parfois des larmes hypocrites sur les conséquences qu’il a lui-même engendrées.

      Ces mesures aggravent et institutionnalisent la vulnérabilité des travailleurs migrants déjà pris au piège du système de caporalato. Lorsque l’État capitaliste traite les migrants en hors-la-loi passibles de détention et d’expulsion arbitraires, il adresse un message clair aux organisations criminelles et aux patrons-exploiteurs qui dépendent de leur travail : ces travailleurs peuvent être maltraités, volés et tués en toute impunité. L’horrifiant assassinat de ces quatre travailleurs s’inscrit dans la violence structurelle du régime frontalier de l’UE, comme la guerre contre les migrants menée outre-Atlantique.

      Dès lors qu’une partie de la société est privée de ses droits démocratiques, ce précédent s’étend à d’autres : les jeunes qui s’opposent au militarisme, les travailleurs qui résistent aux licenciements et aux baisses de salaires, les locataires qui luttent contre la flambée des loyers. La privation des droits civiques des migrants sert de terrain d’expérimentation pour des attaques plus larges contre toute la classe ouvrière, tandis que les élites dirigeantes européennes se préparent à une intensification des conflits sociaux.

      Les meurtres d’Amendolara sont l’aboutissement logique d’une économie politique qui a systématiquement transformé des êtres humains en objets jetables, produit non seulement de la brutalité individuelle, mais aussi de décennies de législation bipartite à Rome, Bruxelles et Washington, conçue pour maximiser au service des profits la vulnérabilité et le caractère jetable de la main-d’œuvre immigrée.

      La classe ouvrière ne peut se tourner vers un pouvoir politique qui s’indigne de tels crimes tout en créant les conditions qui les rendent possibles, de même que la guerre, le génocide et l’attaque des droits démocratiques. Ce qu’il faut c’est développer un mouvement socialiste international unissant travailleurs migrants et travailleurs autochtones dans une lutte commune. Ce mouvement doit défendre les pleins droits politiques et sociaux pour tous, sans distinction de statut migratoire. Il doit remettre en cause le système capitaliste même, dont les frontières, les régimes de travail et l’exploitation motivée par le profit sont la source de ces abus.

      https://www.wsws.org/fr/articles/2026/06/10/kapl-j10.html

  • Une histoire globale de la #vanille

    D’abord consommée dans des boissons chocolatées par les #Aztèques puis par les missionnaires espagnols en #Amérique_centrale, la vanille parvient à #La_Réunion, à #Madagascar, puis en #Polynésie_française au XIXe siècle. Les empires coloniaux rivalisent d’ingéniosité afin de l’acclimater là où ses pollinisateurs naturels sont absents.
    Éric Jennings analyse les circulations commerciales, scientifiques et humaines qui ont permis à la vanille de devenir l’une des #épices les plus chères et les plus appréciées au monde. Il retrace la découverte de sa fécondation artificielle par le botaniste belge #Charles_Morren puis par le tout jeune #Edmond_Albius, alors esclave sur l’#île_Bourbon, à la fin des années 1830 et au début des années 1840. Si cette méthode permet à la vanille d’être produite sur différents continents, elle reste très délicate à mettre en œuvre. Les «  marieuses  » doivent féconder à la main l’#orchidée avant que ne commencent la cueillette et le processus minutieux qui permettra à la gousse de dégager son goût subtil.
    L’auteur examine également le progressif remplacement de la vanille naturelle par des #arômes_artificiels et la transformation des représentations dont elle fait l’objet, de saveur raffinée parfois associée à la sexualité, à un ingrédient synonyme de fadeur pour certains.
    Cette histoire mêle concurrences des empires, piraterie et espionnage botanique, questions environnementales, techniques de production, habitudes de consommation, tout en reliant les mondes de l’Atlantique, de l’océan Indien et de l’océan Pacifique.

    https://www.cnrseditions.fr/catalogue/histoire/une-histoire-globale-de-la-vanille
    #livre #histoire #impérialisme #colonialisme #histoire_globale

  • L’eau, source de vie, précieux #commun

    #Somhack_Limphakdy est enseignante-chercheuse en philosophie du #droit. Elle se préoccupe – entre autres – de la théorie des communs et plus spécifiquement de la question de la #renouvelabilité de la ressource en eau. Elle répond à nos questions sur l’hydrologie, l’état de l’eau en France et l’importance de la gestion de cette ressource.

    Du droit à l’hydrologie : rencontrez Somhack Limphakdy

    Somhack Limphakdy : “Je suis philosophe du droit et j’ai beaucoup travaillé sur la question des Communs – comment le droit peut être une outil et un levier de préservation, voire de restauration des Communs. Plus spécifiquement, je me suis préoccupée de la question de la renouvelabilité de la ressource en eau.

    À l’origine, je suis pénaliste. J’ai travaillé sur le Tribunal pénal international (TPIY) qui s’est occupé de la situation de l’ex-Yougoslavie où s’est tenu le dernier génocide du XXe siècle sur le sol européen. Mon prisme d’analyse est le suivant : comment faire pour prévenir les conflits et les guerres ?

    En Occident, nous travaillons généralement sur le curatif – beaucoup plus que sur le préventif. Je suis d’origine asiatique : la question de la prévention – notamment en termes de santé – est centrale dans cette culture depuis plusieurs millénaires !

    C’est en travaillant sur ce sujet du TPIY que la question de l’eau est rapidement apparue. Elle s’avère vite incontournable vu qu’elle innerve tous les pans de la vie humaine : hygiène, alimentation (agriculture, transformation) mais aussi énergie, aménagement du territoire, transport…

    Hydrologie : la science dédiée à la gestion de l’eau

    L’hydrologie est une science complexe qui s’intéresse au(x) cycle(s) de l’eau, c’est-à-dire aux échanges entre l’atmosphère, la surface terrestre et son sous-sol. Les hydrologues sont des ingénieurs qui permettent de garantir une arrivée d’eau potable sur un territoire et de traiter les eaux usées avant restitution dans le milieu naturel. L’hydrologie est communément utilisée sur les questions d’#aménagement_du_territoire.

    Focus sur la gestion de l’eau en France

    Les hydrologues pensent en bassins versants – la surface qui reçoit les eaux qui circulent vers un même cours d’eau ou vers une même nappe d’eau souterraine ; ils conçoivent donc la gestion de l’eau depuis la source jusqu’à son embouchure.

    En France, il y a six grands fleuves qui se pensent en interconnexion. Nous avons donc six agences de l’eau qui ont pour missions d’aider collectivités, industriels, agriculteurs, associations de pêche, de protection de la nature et de consommateurs dans le financement, l’accompagnement et la valorisation de leurs projets et initiatives pour agir sur la santé, le cadre de vie, la préservation de la ressource en eau et la biodiversité.

    Il y a également des comités de bassin où siègent plusieurs parties prenantes, dont des particuliers.

    Les problématiques liées à la gestion de l’eau varient selon les territoires : cela dépend de leur géographie. En montagne par exemple, il y a généralement un fort taux de précipitation ; en été, la fonte des neiges éternelles et des glaciers restitue de l’eau ; c’est un terrain sur lequel il y a donc de nombreux ruissellements. En plaine, en revanche, il y a des espaces – comme le long du Rhin où l’on trouve l’une des plus grandes nappes phréatiques de France et d’Europe – où l’eau est accessible plus directement de façon affleurante à la surface du sol. On ne gère donc pas cette ressource de la même façon en fonction du territoire sur laquelle on habite.

    L’accès à l’eau est indispensable, encore faut-il que sa qualité soit préservée

    La qualité de l’eau est une dimension fondamentale. Évidemment, on parle beaucoup de sécheresse – ou d’inondation – parce que les dernières années ont mis en exergue la tension autour de la quantité d’eau disponible et de sa disponibilité dans le temps.

    Mais la qualité de l’eau n’est pas moins importante : elle a un impact considérable sur l’environnement et la santé humaine. Nous avons de plus en plus de problèmes liés à des polluants – les perturbateurs endocriniens – qui peuvent provoquer des cancers et des maladies incurables. Et qui pire est, certains de ces produits sont éternels : nous sommes dans l’incapacité de les traiter (tels que les polychlorures qui sont présents aujourd’hui dans l’eau potable). Sans compter les pluies acides qui abîment nos bâtis ou les écosystèmes naturels.

    Rapide historique de la gestion de l’eau sur notre territoire

    Pendant longtemps, nous avions des régies strictement publiques, historiquement gérées par des municipalités. Et puis, des “géants” de l’eau ont émergé, encadrés par trois lois majeures, celles de 1964, 1992, et 2006.

    Contrairement aux régies publiques, il a pu arriver aux régies privées de tirer profit de leur activité. En fonction du sérieux de leur gestion ou de la qualité de l’eau à la source, les Français ne sont pas égaux en termes d’accessibilité de l’eau ; le prix peut ainsi varier d’un facteur allant de 1 à 7 !

    De fait, ces régies privées ne favorisent pas toujours une gestion adéquate : en cas de fuite, la ressource est dilapidée sans gêne, les régies faisant payer aux usagers ce gaspillage lié à leur mauvaise gestion des canalisations. Mécanisme économique clairement contre-productif…

    Voilà pourquoi beaucoup de mairies sont revenues sur la délégation à un acteur privé de la gestion de cette ressource vitale qu’est l’eau, ce qui est une excellente nouvelle.

    Le(s) cycle(s) de l’eau

    Le cycle de l’eau est généralement enseigné à l’école. La macrostructure du cycle hydrologique est la suivante : évaporation, condensation, précipitations et ruissellement (sous-terrain et dans les fleuves). Mais il existe d’autres microcycles. Par exemple, le microcycle artificiel qui nous fait prélever l’eau dans la nappe phréatique, que nous restituons, une fois l’eau usée passée par des stations d’épuration.

    Les systèmes naturels créent également des microcycles. Ainsi, par exemple, les forêts sont en capacité d’”appeler” la pluie et donc de maintenir une partie de l’eau plus longtemps sur un territoire, grâce à ce que l’on appelle les “rivières volantes“.

    L’eau, cette ressource rare et précieuse

    Seulement 2 % de l’eau disponible sur Terre est de l’eau douce. Tout le reste de l’eau disponible n’est pas directement consommable par les humains. L’eau douce inclue l’eau courante, celle des lacs et des rivières, des nappes phréatiques, des neiges éternelles, de la banquise… Au final, l’eau accessible à l’homme ne représente que 10 à 15 % de ces 2,5 % d’eau douce.

    Ces chiffres permettent de comprendre à quel point cette ressource est précieuse et rare…

    Les communs : source d’inspiration pour bien gérer l’eau

    Les travaux d’Elinor Ostrom, politologue et économiste américaine qui a reçu un prix Nobel en 2009 pour sa réflexion sur les communs, sont une belle source d’inspiration. Elle définit les communs comme un dispositif pensé simultanément sur un triptyque : la ressource, la communauté et les parties prenantes qui en bénéficient et les règles et modalités de gouvernance autour de cette ressource.

    Ce dispositif permet donc de prendre soin des personnes tout en prenant en compte l’impact environnemental et le renouvellement de la ressource. Ce fonctionnement est particulièrement intéressant car il tient compte des intérêts de chaque partie prenante selon son activité – habitants, personnes qui vivent de cette ressource, industriels, agriculteurs, collectivités territoriales, État…

    Comment se saisir de la question de l’eau ?

    Il est parfois difficile de savoir ce que l’on peut faire, concrètement, pour préserver la ressource en haut, à une échelle individuelle.

    Il y a la réponse évidente qui consiste à éviter le gaspillage.

    Mais d’autres possibilités s’offrent aux particuliers : en France, les associations protectrices de l’environnement sont déjà parties prenantes des comités de bassin, mais il manque encore de citoyens pour s’y investir et veiller de près à cette précieuse ressource. Nous sommes trop peu informés et ne connaissons pas tous les dispositifs existants ; c’est pourtant une étape essentielle. Renseignez-vous auprès de votre Agence de l’Eau locale pour mieux comprendre la complexité de ces enjeux.

    Il ne faut pas hésiter une seconde à participer à la reconstruction écologique de notre monde : la tâche est immense ! Et mettre en place des règles d’usage appropriées servira à construire les conditions de la paix sur le moyen et long terme…

    Engageons-nous et participons à la création d’un futur désirable !”

    https://www.ecologiehumaine.eu/leau-source-de-vie-precieux-commun
    #eau #communs #gestion_de_l'eau

  • "Les gens qui ont chaud" : ce collectif milite pour la baignade urbaine à Grenoble

    Cette association grenobloise veut surfer sur l’ouverture de la baignade dans la Seine, à Paris, et réclame l’autorisation de se baigner dans l’#Isère et le #Drac. Elle organise des « #baignades_militantes », même en hiver ! Egalement au programme : un café des enfants à Grenoble.

    Les gens qui ont chaud : collectif militant pour la baignade urbaine

    Puisque la baignade est autorisée, depuis l’été dernier, dans la Seine, à Paris, pourquoi ne le serait-elle pas à Grenoble, dans l’Isère ? Un peu partout en France, des collectifs militent pour l’autorisation de la baignade en ville surfant sur l’exemple parisien. C’est le cas par exemple à Grenoble, avec le collectif des gens qui ont chaud.

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/carnets-de-campagne/carnets-de-campagne-du-mardi-21-octobre-2025-8493929

    #baignade_urbaine #les_gens_qui_ont_chaud #Grenoble #baignade #plouf #rivières #rivière #canicule #urbanisme #aménagement_du_territoire
    #audio #podcast

  • Résister collectivement à l’Amende Forfaitaire Délictuelle (AFD)
    https://paris-luttes.info/resister-collectivement-a-l-amende-20865

    Gaffe aux apparences : l’amende forfaitaire délictuelle n’est pas une simple amende.
    Au moment où les flics nous la collent, on ne se rend souvent pas compte de la différence, jusqu’à ce qu’on reçoive l’avis et qu’on tique sur la somme demandée. Ou pire : qu’on se voit prélever direct sur notre compte bancaire.

    Pas une simple amende car :
    • elle punit un DÉLIT
    • elle entraîne une inscription au casier judiciaire (bulletins 1 et 2 si on ne la paye pas dans les temps)
    • les sommes sont souvent de l’ordre de 800-900€ et peuvent aller jusqu’à 3000€
    • elle ne peut pas être contestée comme une amende « classique »

    On rétropédale sur les dernières années au gré des lois qui ont renforcé l’arsenal répressif pour vous expliquer d’où ça vient ! Et comment elle a été pensée comme un outil de harcèlement financier des quartiers populaires et devient un nouvel outil répressif des mouvements sociaux.
    Initialement l’amende forfaitaire c’est fait pour désengorger les tribunaux et ça concerne surtout des délits routiers (conduite sans assurance ou sans permis).
    En 2019, son champ de compétence est élargi au domaine social, avec en 1er lieu dans le collimateur, comme toujours, les quartiers populaires. Deux délits en particulier servent cet objectif de répression des populations marginalisées : l’occupation illicite en réunion des espaces communs d’un immeuble d’habitation et surtout l’usage de stupéfiants. On pense aussi au délit d’installation illicite sur un terrain qui vise très spécifiquement à réprimer la communauté des voyageur-euses, et qui servira aussi pour les ZAD. L’AFD sert donc les politiques discriminatoires et de contrôle social, et ce d’autant plus qu’elle ne repose que sur la parole d’un flic consignée dans un procès verbal et ne laisse en pratique que peu de droit au recours.

    #amende_forfaitaire_délictuelle #police

  • L’#Allemagne rate son siège au Conseil de sécurité de l’Onu
    https://www.dw.com/fr/lallemagne-%C3%A9choue-%C3%A0-obtenir-un-si%C3%A8ge-non-permanent-au-conseil-de-s%C3%A9curit%C3%A9-de-lonu/a-77410291

    Johannes Varwick, professeur en relations internationales de l’Université de Halle, estime que le choix de l’Allemagne n’était pas garanti : « Pendant des décennies, l’Allemagne a été saluée dans de nombreuses régions du monde comme un moteur des solutions politiques multilatérales. Aujourd’hui, les sujets de discorde sont nombreux », relève-t-il avant de donner la guerre Israël-Hamas, la guerre d’Iran et la guerre Russie-Ukraine en exemples.

    […]

    […] l’insistance de l’Allemagne sur le #droit_international n’est pas sans poser un problème dans le contexte des Nations unies, estime le professeur Johannes Varwick. Certains reprochent à l’Allemagne de faire deux poids deux mesures : « Par exemple, lorsqu’elle se range si clairement du côté d’Israël dans la question de Gaza. Je pense que presque tout le monde aux Nations unies peut comprendre que l’Allemagne entretient d’autres liens historiques avec Israël, cela ne fait aucun doute. » 

    Et là, Johannes Varwick fait référence à l’Holocauste, le génocide qui a tué environ six millions de Juifs pendant la période du nazisme en Allemagne. Il explique toutefois que « le fait de se ranger si clairement du côté de l’agresseur – c’est ainsi que beaucoup le perçoivent – tout en brandissant de manière quasi dogmatique le drapeau du droit international en Ukraine, cela ne colle pas vraiment. »