• Amendes « cannabis » : « Ce n’est pas l’automatisation de la sanction qui permet de mieux gérer un contentieux de masse », Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé.

    Il ne se passe quasiment pas une semaine sans que le ministre de l’intérieur communique sur la politique répressive qu’il déploie pour lutter contre l’usage de stupéfiants. Publié il y a quelques jours, le bilan statistique annuel de son ministère décrit pourtant une situation préoccupante. La politique voulue par le ministre de l’intérieur, essentiellement centrée sur la répression des usagers plutôt que sur le démantèlement des trafics, s’avère discriminatoire, inefficace, coûteuse et préoccupante pour la santé publique.

    Si le ministre et ses services communiquent fréquemment sur les opérations de démantèlement des points de deal, la lutte contre le trafic n’est pas au cœur de l’action policière. Le nombre de personnes mises en cause pour des faits de trafic a baissé en 2021 par rapport aux deux années précédentes (Interstats-SSMSI, Insécurité et délinquance en 2021, « Bilan statistique », juin 2022).

    La police, au contraire, se focalise sur les usagers avec un recours massif à la procédure d’amende forfaitaire délictuelle « cannabis » généralisée en septembre 2020. Cette amende cible une population très précise : les jeunes hommes adultes consommateurs de cannabis dans les centres urbains.

    Une amende qui cible les jeunes hommes adultes

    Alors que le garde des Sceaux, ministre de la justice, autorise le recours à l’amende forfaitaire pour trois catégories de stupéfiants – le cannabis, la cocaïne et l’ecstasy/MDMA (dépêche du garde des Sceaux, du 31 août 2020) – le cannabis représente 97,4 % des procédures d’amende forfaitaire délictuelle, bien plus que sa prévalence en population générale estimée par l’Office français des drogues et des toxicomanies (OFDT) à 83 % (OFDT, « Tendances n° 144 », avril 2021).

    Plus précisément, cette amende cible les jeunes hommes adultes. 66 % des personnes mises en cause par la procédure de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) sont des jeunes âgés de 18 à 25 ans alors qu’ils ne représentent que 32 % des consommateurs adultes de cannabis. De même, 94 % des jeunes ayant fait l’objet d’une AFD sont des hommes alors qu’ils représentent 74 % des consommateurs réguliers de cannabis (Interstats-SSMSI, Analyse n° 38, nov. 2021).

    Enfin ce sont les jeunes hommes des grands centres urbains qui sont prioritairement visés par les services de sécurité, l’essentiel des amendes forfaitaires délictuelles se concentrant dans les banlieues et quelques grandes métropoles : les Bouches-du-Rhône, la Seine-Saint- Denis, le Rhône. On est bien loin des déclarations du ministre de l’intérieur, qui promettait, le 20 août 2020, que la procédure serait appliquée « dans les quartiers de Créteil comme dans
    le 16e arrondissement de Paris ». https://twitter.com/GDarmanin/status/1296368920400670720

    L’amende forfaitaire délictuelle s’avère inefficace

    En quoi ces données révèlent une politique pénale discriminatoire ? Parce que pour l’essentiel l’amende forfaitaire délictuelle s’est substituée aux autres procédures. Elle représente 56 % des procédures d’infraction pour usage seul de stupéfiants et toutes les procédures hors amendes forfaitaires baissent, comme celles qui cumulent qualifications d’usage et de trafic (- 6 %) ou les procédures contre des mineurs (- 50 %) (Interstats-SSMSI, « Insécurité et délinquance en 2021 : Bilan statistique », juin 2022).

    La surreprésentation d’une catégorie particulière d’usagers sanctionnés par cette amende traduit donc bien une politique pénale discriminatoire par rapport aux autres catégories d’usagers de stupéfiants, moins poursuivis alors même que les produits sont plus toxiques.

    L’amende forfaitaire délictuelle s’avère également inefficace. Un des principaux arguments pour instaurer cette forfaitisation de la répression de l’usage de stupéfiants était la volonté de lutter contre le sentiment d’impunité qui pouvait résulter du rapport entre l’ampleur des consommations et le nombre restreint d’infractions sanctionnées malgré une répression sans faille.

    Un très faible taux de recouvrement.

    Aujourd’hui le ministre communique sur la hausse de 37 % des infractions constatées grâce à l’amende forfaitaire en 2021 par rapport à 2020. Ce chiffre n’a aucun sens pour des infractions sanctionnées sur la voie publique alors que l’année 2020 a été marquée par plusieurs mois de confinement. Si on compare les résultats de l’année 2021 à ceux de 2015, précédent pic historique pour les infractions d’usage, la hausse est plus modeste, de l’ordre de 14 % (« Etat 4001 » des infractions constatées, data.gouv.fr).
    Et cette augmentation des infractions constatées doit être relativisée par le très faible taux de recouvrement. Lors du conseil des ministres du 15 septembre 2021, Gérald Darmanin indiquait lui-même que ce taux de recouvrement ne dépassait pas 34 %. Dans deux cas sur trois, la police travaille dans le vide, loin des objectifs de « productivité » mis en avant lors des débats parlementaires.

    Cet échec était annoncé. Ce n’est pas l’automatisation de la sanction qui permet de mieux gérer un contentieux de masse, mais l’automatisation de la constatation de l’infraction, comme avec les radars routiers. Tant que personne n’aura inventé un « radar à pétards », les procédures alternatives n’amélioreront pas sensiblement le taux de réponse pénale.

    33 990 heures de travail policier sans résultat concret

    Si on calcule le taux effectif de répression au regard de l’ensemble des faits d’usage de stupéfiants commis en 2021, l’amende forfaitaire vient sanctionner la consommation d’un joint sur près de 3 000, de quoi donner aux consommateurs verbalisés le sentiment d’un jour de malchance plutôt que celui d’une sanction légitime.
    Plus surprenant peut-être, la procédure d’amende forfaitaire délictuelle « cannabis » ne permet pas de réaliser des économies. Au contraire, elle s’avère coûteuse tant pour les forces de sécurité que pour le ministère de la justice et le Trésor Public. Si les amendes ne sont effectivement payées que dans 34 % des cas (compte rendu du conseil des ministres du 15 septembre 2021), cela signifie que les policiers sont mobilisés en pure perte le reste du temps.

    Si l’on estime, et c’est un minimum, qu’il faut trente minutes pour constater l’infraction d’usage, s’assurer de la faisabilité de la procédure d’amende forfaitaire et dresser le procès-verbal électronique ce sont 33 990 heures de travail policier qui sont mobilisées sans résultat concret.

    Une absence d’alternative thérapeutique à l’amende forfaitaire

    Par ailleurs, l’échec du recouvrement transfère la charge de gestion des forces de sécurité vers la justice et le Trésor public. Il faut moins de temps aux policiers pour verbaliser, mais beaucoup plus à la Justice et au Trésor public pour obtenir le paiement de l’amende. Autant d’emplois mobilisés sans que l’efficacité répressive du dispositif s’en trouve sensiblement améliorée, voilà qui devrait amener à réfléchir à la pertinence de cette réforme d’autant que ses effets en termes de santé publique sont préoccupants.

    L’amende « cannabis » marque une rupture radicale dans l’approche des problématiques liées à l’usage de stupéfiants. L’usager n’est plus un malade mais un délinquant. Ce n’est plus une « victime » que l’on doit « désintoxiquer », comme dans la loi du 31 décembre 1970 puis le code de la santé publique, mais la source de « nuisances publiques » qu’il faut faire cesser.

    Cette rupture conceptuelle se traduit par l’absence d’alternative thérapeutique à l’amende forfaitaire. Le garde des sceaux a seulement suggéré aux forces de l’ordre de remettre un « “coupon addiction” rappelant les adresses des structures médicales et associatives proposant un accompagnement sanitaire et social » (dépêche du garde des Sceaux, ministre de la justice, du 31 août 2020). On imagine les limites du procédé.

    Aucun accueil médico-social pour les mineurs consommateurs

    Mais ce que révèlent les statistiques du ministère de l’intérieur est plus préoccupant : c’est la baisse spectaculaire du nombre d’interpellation d’usagers mineurs. Les mineurs ne peuvent faire l’objet d’une amende forfaitaire délictuelle. Conséquence, en un an, la part des usagers mineurs dans les usagers interpellés a été divisée par deux. Le nombre de mineurs interpellés a baissé de 44 %.
    Dans le même temps les infractions imputées à de très jeunes majeurs augmentent et les mineurs représentent 20 % des mis en cause pour trafic de stupéfiants (Interstats-SSMSI, « Insécurité et délinquance en 2021 : Bilan statistique », juin 2022). On pourrait se féliciter du fait que les mineurs ne fassent plus l’objet de sanction pénale.

    On peut même espérer que les opérations « anti-drogues » dans les établissements et les transports scolaires, aussi médiatiques que stériles, prennent fin. Hélas, aucun dispositif de prévention, aucun accueil social ou médico-social des mineurs consommateurs n’a été mis en place.

    On a le sentiment à travers ces statistiques que finalement l’Etat se désintéresse de la question attendant patiemment que le jeune consommateur atteigne la majorité pour le sanctionner d’une amende forfaitaire délictuelle.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/07/30/amendes-cannabis-ce-n-est-pas-l-automatisation-de-la-sanction-qui-permet-de-

    #amende_forfaitaire_délictuelle #drogues #prohibition #usagers_de_drogues #police

  • Vienne, capitale de l’urbanisme « sensible au genre » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/250722/vienne-capitale-de-l-urbanisme-sensible-au-genre#at_medium=custom7&at_camp

    Vienne (Autriche).– Avec ses immeubles peu élevés et ses espaces communs sagement entretenus et arborés, l’ensemble de logements sociaux Frauen Werk Stadt (« Femme, travail, ville ») ressemble à de nombreux autres quartiers d’habitations de la capitale autrichienne. Mais sa construction, achevée en 1997, a représenté une petite révolution. Élaboré par quatre femmes architectes, ce complexe résidentiel a été l’un des premiers projets pilotes intégrant les principes de l’urbanisme dit « sensible au genre ».

    Ici, tout a été conçu pour faciliter les tâches du quotidien : courses, lessive, prise en charge des enfants. Un travail non rémunéré encore effectué en grande partie par les femmes. Ainsi, ont été installés au sein de l’ensemble un supermarché, une crèche, un cabinet médical, une pharmacie. De quoi limiter les déplacements souvent chronophages qu’implique le travail domestique.

    Une dimension également intégrée à l’intérieur des bâtiments : les machines à laver communes n’ont pas été reléguées dans une salle sombre à la cave, comme cela est souvent le cas à Vienne, mais sont situées dans les étages supérieurs qui donnent accès à un toit-terrasse offrant une vue sur tout l’ensemble. Chaque étage dispose d’un local commun de rangement. Les mères peuvent ainsi prendre l’ascenseur avec leur poussette et la laisser devant leur porte, sans avoir à porter enfants et sacs de courses dans les bras. Les cages d’escalier sont larges et éclairées par la lumière naturelle pour inciter les habitant·es à s’arrêter et à discuter, permettant ainsi de créer du lien entre voisin·es et de se rendre éventuellement des services.

    Ça ne remet pas en cause la répartition genrée des tâches domestiques mais c’est déjà ça

    Les parcs publics représentent l’un des exemples les plus aboutis de cette démarche : grâce à une étude sociologique, la municipalité se rend compte que les jeunes filles désertent ces lieux, passé l’âge de dix ans, car elles n’y trouvent plus leur place. En 1999, deux parcs sont alors choisis pour être réaménagés selon des critères de sensibilité au genre : des cages de football sont déplacées pour permettre une utilisation plus diversifiée de la pelouse, des buissons sont enlevés, et l’éclairage est renforcé pour améliorer la visibilité et accroître le sentiment de sécurité, des toilettes publiques sont installées, ainsi que des hamacs qui permettent de se rassembler et de discuter au calme.

    • Vienne, capitale de l’urbanisme « sensible au genre »

      Depuis 30 ans, la capitale autrichienne cherche à assurer un partage équitable de l’espace public entre hommes et femmes. #Aménagement des #parcs, #trottoirs, #éclairage : pionnière de cet urbanisme « sensible au genre », la ville est mondialement reconnue pour sa qualité de vie.

      Avec ses immeubles peu élevés et ses espaces communs sagement entretenus et arborés, l’ensemble de logements sociaux Frauen Werk Stadt (« Femme, travail, ville ») ressemble à de nombreux autres quartiers d’habitations de la capitale autrichienne. Mais sa construction, achevée en 1997, a représenté une petite révolution. Élaboré par quatre femmes architectes, ce complexe résidentiel a été l’un des premiers projets pilotes intégrant les principes de l’urbanisme dit « sensible au genre ».

      Ici, tout a été conçu pour faciliter les tâches du quotidien : courses, lessive, prise en charge des enfants. Un travail non rémunéré encore effectué en grande partie par les femmes. Ainsi, ont été installés au sein de l’ensemble un supermarché, une crèche, un cabinet médical, une pharmacie. De quoi limiter les déplacements souvent chronophages qu’implique le travail domestique.

      Une dimension également intégrée à l’intérieur des bâtiments : les machines à laver communes n’ont pas été reléguées dans une salle sombre à la cave, comme cela est souvent le cas à Vienne, mais sont situées dans les étages supérieurs qui donnent accès à un toit-terrasse offrant une vue sur tout l’ensemble. Chaque étage dispose d’un local commun de rangement. Les mères peuvent ainsi prendre l’ascenseur avec leur poussette et la laisser devant leur porte, sans avoir à porter enfants et sacs de courses dans les bras. Les cages d’escalier sont larges et éclairées par la lumière naturelle pour inciter les habitant·es à s’arrêter et à discuter, permettant ainsi de créer du lien entre voisin·es et de se rendre éventuellement des services.

      Un aspect particulièrement important pour Martina Kostelanik, qui a emménagé dès 1997 dans son appartement, un rez-de-chaussée avec jardin qu’elle compte bien ne jamais quitter : « Quand nous sommes arrivés ici, il n’y avait que des jeunes familles et nous avons maintenu des liens d’amitié, même avec ceux qui ont déménagé. Les enfants ont grandi ensemble et sont toujours en contact. »

      Aujourd’hui retraitée, elle a élevé ses trois enfants à Frauen Werk Stadt, tout en travaillant dans la cantine d’une école : « Ici, c’est très pratique. Il y a deux aires de jeux dans des cours intérieures et on peut laisser les enfants y aller seuls car on peut les surveiller depuis notre jardin. Les voitures ne peuvent pas passer, il n’y a donc aucun danger. Et puis il y a la crèche qui est directement dans l’ensemble, beaucoup d’espaces verts, des endroits pour faire du vélo avec les enfants. Il n’y a pas besoin d’aller ailleurs pour les occuper. C’est super ! »

      Désormais, ses enfants ont grandi et quitté le domicile familial. Comme les appartements sont modulables pour s’adapter aux différentes périodes de la vie, elle a pu facilement faire tomber une cloison qui séparait sa chambre de celle des enfants, afin d’avoir plus d’espace. Son logement ne comprend aucune marche sur laquelle elle pourrait trébucher, le médecin et la pharmacie ne sont qu’à quelques mètres. Dernier aspect important pour la retraitée : le #sentiment_de_sécurité. L’#éclairage a été étudié pour éviter tout recoin sombre, parfois source d’angoisse pour les femmes, et les larges fenêtres des pièces de vie donnent sur les espaces communs pour pouvoir toujours être à portée de regard.

      Après 25 ans à vivre ici « comme dans un village », Martina Kostelanik se dit très satisfaite. Pourtant, quand on lui fait remarquer que cet ensemble a été spécifiquement conçu pour prendre en compte les besoins des femmes, elle sourit et admet qu’elle l’ignorait. C’est tout le #paradoxe de cette approche pour Eva Kail, urbaniste à la mairie de Vienne : « Quand tout fonctionne bien au quotidien, alors ça devient invisible. » Cette experte est l’une des pionnières de l’urbanisme sensible au genre et n’a cessé de convaincre autour d’elle de l’importance de la démarche.

      Une politique initiée dans les années 1990

      En 1991, elle organise une exposition photo retraçant une journée dans la vie de huit femmes à Vienne, une mère célibataire, une étudiante en fauteuil roulant, une cadre… afin de montrer comment s’organise leur quotidien dans l’#espace_urbain. Pour la première fois, des données relatives aux différents #moyens_de_transport sont ventilées par sexe et le constat est sans appel : les automobilistes sont majoritairement des hommes, et les piétons, des femmes. Une réalité sur laquelle personne ne s’était alors penché : « À l’époque, on avait coutume de dire que les responsables de la #planification des #transports étaient des automobilistes blancs de la classe moyenne et ils ont eu une grande influence sur cette politique d’urbanisme », estime Eva Kail.

      La planification des transports était alors principalement centrée sur les trajets en voiture entre le domicile et le travail mais prenait peu en compte les nombreux itinéraires empruntés par les femmes dans leur quotidien. L’exposition permet ainsi de thématiser les problématiques des piéton·nes : largeur des trottoirs, éclairage urbain, temps laissé par les feux tricolores pour traverser. Avec 4 000 visiteurs et visiteuses, l’exposition est un succès et, quelques mois plus tard, la municipalité décide d’ouvrir le Frauenbüro, le « bureau des femmes », pour apporter plus d’attention aux besoins des habitantes. Eva Kail en prend la direction. Un numéro d’urgence joignable 24 heures sur 24 est mis en place, de nombreux projets pilotes, dont Frauen Werk Stadt, sont lancés.

      Les parcs publics représentent l’un des exemples les plus aboutis de cette démarche : grâce à une étude sociologique, la municipalité se rend compte que les jeunes filles désertent ces lieux, passé l’âge de dix ans, car elles n’y trouvent plus leur place. En 1999, deux parcs sont alors choisis pour être réaménagés selon des critères de sensibilité au genre : des cages de football sont déplacées pour permettre une utilisation plus diversifiée de la pelouse, des buissons sont enlevés, et l’éclairage est renforcé pour améliorer la visibilité et accroître le sentiment de sécurité, des toilettes publiques sont installées, ainsi que des hamacs qui permettent de se rassembler et de discuter au calme.

      Résultat : les jeunes filles commencent à utiliser une plus grande partie de ces parcs, même si la municipalité a dû faire face à des critiques qu’elle n’avait pas anticipées : « Il y avait un parc où on avait beaucoup amélioré la visibilité. Des jeunes filles sont venues se plaindre car leur mère pouvait désormais voir de la fenêtre ce qu’elles faisaient en bas et ça ne leur a pas du tout plu ! […] On n’y avait pas pensé ! On aurait dû leur laisser quelques recoins », s’amuse Eva Kail. À partir de ces expériences, des listes de recommandations ont été établies et s’appliquent désormais à l’ensemble des parcs de la capitale.

      #Seestadt, un immense quartier en construction

      Si l’urbanisme sensible au genre a, dans un premier temps, fait l’objet de nombreuses réticences et nécessité un important travail de pédagogie parmi les fonctionnaires de la municipalité, la démarche est aujourd’hui pleinement intégrée à la stratégie de développement de la ville, dirigée de longue date par les sociaux-démocrates. Pour s’en convaincre, direction Seestadt, en périphérie de Vienne. Sur 240 hectares, un nouveau quartier monumental est en train de sortir de terre. Autour d’un lac artificiel, plus de 4 300 logements ont déjà été construits. À terme, aux alentours de 2035, ce quartier devrait accueillir plus de 25 000 habitant·es, ainsi que 20 000 emplois : l’un des projets de développement urbain les plus importants d’Europe.

      Gunther Laher, responsable du suivi du projet pour la municipalité, nous guide dans les allées de cette ville nouvelle avec enthousiasme. Premier signe évident de l’importance accordée à la dimension de genre : les rues, places et parcs portent ici le nom de femmes célèbres. « Avant ce quartier, 6 % des rues de Vienne étaient nommées d’après une femme. On a porté ce chiffre à 14 % », se réjouit le fonctionnaire, pour qui cette décision va au-delà du symbole. « En voyant ces noms, les habitants commencent à s’intéresser à la biographie de ces femmes. Ça contribue à changer les perceptions. »

      Ici, de nombreuses rues sont piétonnes, le dénivelé entre la chaussée et le trottoir n’excède jamais trois centimètres pour faciliter les déplacements avec une poussette ou en fauteuil roulant. Même les commerces, installés le long de la rue Maria-Tusch, ont fait l’objet d’une planification : « Quand on construit un tel quartier, il y a peu d’habitants au début. Pour être sûr qu’ils aient à disposition ce dont ils ont besoin, on ne peut laisser faire le marché privé […]. On loue les boutiques en rez-de-chaussée et on s’assure que pendant dix ans, le local ne puisse être utilisé par un autre secteur d’activité. Le boulanger sera donc toujours un boulanger, le coiffeur toujours un coiffeur », explique Gunther Laher. Ainsi, la municipalité garantit que les habitant·es n’auront pas besoin de courir d’un bout à l’autre de la ville pour faire leurs courses.

      Toutes les politiques de la ville doivent prendre en compte le genre

      Depuis 2006, Vienne a également mis en place un budget sensible au genre (gender budgeting), pendant financier de sa politique d’urbanisme. Chaque département de la mairie doit ainsi s’assurer que ses dépenses contribuent à une amélioration de l’égalité entre les sexes. Si la rénovation d’une rue doit être financée, il faudra se demander quelle place est accordée à la chaussée, donc aux automobilistes, donc majoritairement aux hommes, et quelle place est accordée aux piéton·nes, en s’intéressant par exemple à la largeur des trottoirs.

      Michaela Schatz, responsable du département gender budgeting de la municipalité, se souvient d’une mise en place compliquée : « De nombreux services nous ont dit : “Nous travaillons déjà pour l’ensemble des Viennois.” Il a donc fallu leur montrer qui avait l’usage de telle ou telle prestation. »

      Quinze ans plus tard, la prise de conscience a eu lieu et la démarche, qui s’applique à l’ensemble du budget de la ville, soit 16 milliards d’euros, a permis d’importantes réalisations, selon Michaela Schatz : « Depuis 2009, les enfants de 0 à 6 ans peuvent aller gratuitement à la crèche. […] Une étude a ensuite montré que cette mesure avait eu un impact positif sur le PIB de Vienne. » Le taux d’emploi des mères âgées de 20 à 39 ans avec des enfants en bas âge a ainsi augmenté de 1,5 point sur la période 2007-2013.

      Reste que cette approche globale n’est pas exempte de critiques : à différencier ainsi les besoins, ne risque-t-on pas de renforcer les stéréotypes et d’enfermer les femmes dans un rôle de mère ou de victime ? « On ne peut pas avoir d’influence sur le partage des tâches entre les sexes à travers l’urbanisme. C’est une question de représentations sociales, de rapports de pouvoir au sein d’une relation. Mais on peut faire en sorte que ce travail domestique se fasse dans de bonnes conditions », répond Eva Kail.

      Autre défi : la croissance rapide de la population dans la capitale. Dans ce contexte, la tentation est grande d’aller vers plus d’économies et de faire des compromis sur la qualité des nouveaux logements, notamment sur leur conformité aux critères de sensibilité au genre. Mais cette année encore, Vienne a été élue ville la plus agréable à vivre au monde par l’hebdomadaire anglais The Economist. Parmi les critères déterminants : la qualité des infrastructures ou la diversité des loisirs, des domaines où les critères de sensibilité au genre sont depuis longtemps appliqués.

      https://www.mediapart.fr/journal/international/250722/vienne-capitale-de-l-urbanisme-sensible-au-genre

      #villes #urban_matter #géographie_urbaine #TRUST #master_TRUST #Vienne #Autriche #espace_public #urbanisme_sensible_au_genre #Frauen_Werk_Stadt #travail_domestique #mobilité #mobilité_quotidienne #toponymie #toponymie_féministe #voitures #piétons #commerces #courses #budget_sensible_au_genre #gender_budgeting #égalité #inégalités #espace_public

  • Ce que Napoléon a fait aux villes françaises
    https://metropolitiques.eu/Ce-que-Napoleon-a-fait-aux-villes-francaises.html

    Qu’est-il arrivé aux villes françaises sous Napoléon ? Au-delà de ses réalisations architecturales et de ses aménagements urbains, le régime impérial a laissé sa marque dans les institutions et les principes qui ont permis leur mise en œuvre. Le bicentenaire de « l’épisode napoléonien » a produit une nouvelle flambée éditoriale sur une période pourtant déjà abondamment traitée par l’historiographie sous toutes ses formes depuis deux siècles. Pourtant, la construction, l’architecture, l’urbanisme et l’habitat #Commentaires

    / #pouvoir, #histoire, #architecture, #urbanisme, #histoire_urbaine, #XIXe_siècle, #monument, (...)

    #embellissement
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_reverchon.pdf

  • Projets urbains régénératifs : de l’idée à la méthode
    https://metropolitiques.eu/Projets-urbains-regeneratifs-de-l-idee-a-la-methode.html

    Si l’idée d’intégrer la biodiversité dès la conception des projets d’aménagement s’est généralisée, la méthode consistant à penser le milieu urbain comme un système écologique évolutif demeure en revanche mal connue. Philippe Clergeau et Eduardo Blanco en rappellent ici les principes centraux. L’urbanisme organise et transforme l’espace, et intervient directement dans l’aménagement du territoire, qu’il s’agisse de création de nouveaux territoires urbanisés ou de requalification-restauration de quartiers #Débats

    / #urbanisme, #écologie, #aménagement

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/clergeau-blanco.pdf

  • La bataille des ambiances
    https://metropolitiques.eu/La-bataille-des-ambiances.html

    « Aseptisée » ou « rebelle » : la #place Sainte-Anne à #Rennes est au cœur de conflits opposant habitants et élus sur son réaménagement. Julien Torchin analyse ici comment, derrière la notion d’« ambiance », sont mobilisés les affects dans la défense ou l’opposition au projet. À Rennes, une série de grands projets lancés ces dix dernières années incarnent la mue du chef-lieu de la région Bretagne en métropole à rayonnement régional dans le paysage architectural (la ville compte 220 500 habitants en 2021 et ses #Terrains

    / #aménagement, Rennes, #ambiances_urbaines, place, #espace_public, #centre-ville

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_torchin.pdf

  • Affaire Fiminco : Un dirigeant disparaît, un autre surgit
    https://www.blast-info.fr/articles/2022/affaire-fiminco-un-dirigeant-disparait-un-autre-surgit-yYVs015RT5yXFBasfQ

    Dans une enquête publiée samedi, Blast révèle les conditions de la vente à Romainville de l’ex-site Sanofi à un promoteur privé – une vente orchestrée par l’Etat sans mise en concurrence, à un prix bradé et au lendemain des élections municipales de 2020,…

    #Aménagement #Economie #Fonction_Publique
    https://static.blast-info.fr/stories/2022/thumb_story_list-affaire-fiminco-un-dirigeant-disparait-un-autre-s

  • Les espaces publics, un impensé du #Grand_Paris ?
    https://metropolitiques.eu/Les-espaces-publics-un-impense-du-Grand-Paris.html

    Alors que les espaces publics sont relativement absents des débats sur l’aménagement de la région capitale, cet essai appelle à faire du #Grand_Paris_Express un levier pour transformer conjointement espaces publics et #mobilités dans la profondeur des territoires. Souvent réduits à des enjeux locaux ou techniques, les espaces publics sont un impensé des débats sur l’aménagement du Grand Paris. Les rues, les boulevards et les places demeurent majoritairement modelés pour l’automobile, laissant peu #Essais

    / #temps, #conception, Grand Paris Express, Grand Paris, mobilité, #espace_public

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-enon-fleury-maillot-trevelo.pdf

  • Nvidia settles cryptomining disclosure charges • The Register
    https://www.theregister.com/2022/05/06/nvidia_pays_55m_sec_fine

    The US Securities and Exchange Commission (SEC) made the settlement public Friday, saying the chip designer “failed to disclose that cryptomining was a significant element of its material revenue growth” for GPUs that are designed and marketed for PC gaming.

    […]

    Nvidia agreed to a cease-and-desist order in addition to paying the $5.5 million fine to settle charges, the SEC said.

    The company has made efforts in the past few years to disclose the impact of cryptomining on its business, though said in its most recent earnings that it had “limited visibility.”

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #nvidia #sec #securities_and_exchange_commission #business #finance #année_2017 #prévisions #amende #cryptomonnaies #minage #kristina_littman #colette_kress #nvidia_geforce #nvidia_cryptocurrency_mining_processors #nvidia_cmp_hx

  • Dépasser le modèle métropolitain
    https://metropolitiques.eu/depasser-le-modele-metropolitain.html

    Après avoir démontré que les concentrations métropolitaines ne génèrent ni plus de #croissance ni plus d’emploi, Olivier Bouba-Olga invite à imaginer une politique d’aménagement qui s’émancipe des modèles génériques de développement pour mieux prendre en compte les spécificités territoriales. Entretien réalisé par Clément Barbier et Emmanuel Bellanger. Vos travaux ont contribué ces dernières années à mettre en doute le bien-fondé des politiques de (soutien à la) métropolisation. Pouvez-vous nous en exposer les #Entretiens

    / #métropole, intercommunalité, #région, #aménagement, croissance, #élections_présidentielles

    #intercommunalité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-bouba-olga.pdf

  • Climate Change Could Increase Risk of Wildfires 50% by Century’s End - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2022/02/23/climate/climate-change-un-wildfire-report.html

    Worsening heat and dryness could lead to a 50 percent rise in off-the-charts fires, according to a United Nations report.

    #méga-feux #forêt #aménagement_du_territoire

  • Histoires de changements dans les villes à travers le #monde
    http://carfree.fr/index.php/2022/04/11/histoires-de-changements-dans-les-villes-a-travers-le-monde

    La recherche de nouvelles histoires à raconter ! Parcourez et complétez la carte interactive de @Car Free Megacities en version française. Partout dans le monde, des villes prennent des mesures pour Lire la suite...

    #Argumentaires #Ville_sans_voitures #alternatives #aménagement #déplacements #écologie #environnement #futur #histoire #mobilité #transports_en_commun #ville

  • La #plateforme Architecture et #Précarités est en ligne !

    Cette plateforme présente les réponses architecturales, urbaines et paysagères aux enjeux de #précarité en France et ailleurs. Ce projet est né d’un triple constat : celui du durcissement des politiques urbaines et des dispositifs d’inhospitalité envers des populations précaires (migrant·e·s, sans-abris, réfugié·e·s, personnes âgées…), et plus largement envers tou·te·s celles et ceux qui parcourent la ville avec plus ou moins de fragilités ; celui de l’existence de nombreuses initiatives pour contrer ces dispositifs et créer des nouveaux lieux d’hospitalité et d’accueil ; celui du manque de visibilité de ces initiatives. Comment rendre visible ces connaissances qui s’accumulent, mais restent si rarement publiées ?

    La plateforme capitalise ces connaissances. C’est un outil qui s’adresse à une variété de protagonistes confrontés à ces problématiques : collectivités, professionnel·le·s de l’aménagement, collectifs et associations, concepteur·rice·s (architectes, urbanistes, designers, paysagistes…), citoyen·ne·s, enseignant·e·s, étudiant·e·s et chercheur·e·s des écoles d’architecture et de paysage.

    Cette plateforme est collaborative : vous êtes invité·e·s à recenser de nouvelles expériences pour les diffuser et enrichir le répertoire (voir la rubrique « Enrichir la base de données »).

    Cette plateforme a pour ambition de créer une sorte de « Musée social du XXIe siècle », à la fois lieu d’archivage, de transmission et de discussion de ces connaissances. Ce projet porte une dimension politique car les expériences recensées constituent des réponses plurielles, localisées, multi-situées et le plus souvent collectives. Elles contribuent à faire exister les publics de la ville dans toute leur diversité.

    La recherche sur la plateforme est possible via le moteur de recherche ou selon quatre entrées : mots-clés, localisation géographique, acteur·rice·s impliqué·e·s, liste des projets. Chacune des interventions a été recensée selon cinq catégories : transformations spatiales ; recherches et publications ; actions sociales et artistiques ; plateformes et collectifs ; expériences pédagogiques.

    https://umrausser.hypotheses.org/20541

    Lien vers la plateforme :
    https://architecture-precarites.fr

    #France #urbanisme #géographie_urbaine #urban_matters #inhospitalité #hospitalité #accueil #aménagement #recensement #liste
    #TRUST #Master_TRUST

  • Covid, réchauffement climatique : la résistance des villes
    https://metropolitiques.eu/Covid-rechauffement-climatique-la-resistance-des-villes.html

    Jacques Jullien, ancien élu et professionnel de l’aménagement, rend compte des analyses réunies par Guy Burgel sur la façon dont les villes, à travers le monde, peuvent répondre à la crise sanitaire et au changement climatique. Les opinions sur la ville semblent partagées entre ceux qui la défendent pour ses valeurs culturelles plus qu’économiques et ceux qui la dénoncent au nom de la contagion, de ses conditions d’habitat et des inégalités qu’elle engendrerait. Guy Burgel, concepteur et animateur d’une #Commentaires

    / #Covid-19, #aménagement, #adaptation, densité

    #densité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_jullien.pdf

  • Aménagement et #climat : une généalogie de l’adaptation
    https://metropolitiques.eu/Amenagement-et-climat-une-genealogie-de-l-adaptation.html

    Que signifie l’adaptation pour les disciplines de l’aménagement de l’espace ? Un ouvrage des géographes Vincent Berdoulay et Olivier Soubeyran développe un point de vue généalogique et critique sur les usages contemporains de cette notion. Dans L’Aménagement face à la menace climatique. Le défi de l’adaptation, les géographes Vincent Berdoulay et Olivier Soubeyran cherchent à clarifier la généalogie de la notion d’adaptation pour l’aménagement territorial confronté aux changements climatiques. Procédant à #Commentaires

    / #urbanisme, climat, #adaptation, #aménagement

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_younes.pdf

  • Pourquoi les Danois font du #Vélo ?
    http://carfree.fr/index.php/2022/02/21/pourquoi-les-danois-font-du-velo

    Dans le cadre d’une série de mini-documentaires sur les pays de l’Union européenne qui pourraient, notamment, inspirer la France, le média en ligne Loopsider a réalisé un reportage consacré à Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #aménagement #copenhague #cyclistes #danemark #documentaire #pistes_cyclables #vidéo

  • L’aménagement face à la menace climatique : les enjeux de l’adaptation
    https://metropolitiques.eu/L-amenagement-face-a-la-menace-climatique-les-enjeux-de-l-adaptation

    Que signifie l’adaptation pour les disciplines de l’aménagement de l’espace ? Un ouvrage des géographes Vincent Berdoulay et Olivier Soubeyran développe un point de vue généalogique et critique sur les usages contemporains de cette notion. Dans L’Aménagement face à la menace climatique. Le défi de l’adaptation, les géographes Vincent Berdoulay et Olivier Soubeyran cherchent à clarifier la généalogie de la notion d’adaptation pour l’aménagement territorial confronté aux changements climatiques. Procédant à #Commentaires

    / #urbanisme, #climat, #adaptation, #aménagement

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_younes.pdf

  • Budgeting Justice. Cities must empower historically marginalized communities to shape how public funds are spent

    During the summer of 2020, protestors demanded that George Floyd’s, Breonna Taylor’s, and too many others’ murderers be charged and convicted. They also demanded that cities nationwide defund the police. The Black Lives Matter uprisings provoked intense conversations regarding systemic racism in U.S. policing and foregrounded the need for institutional reforms.

    In the year since, responses have been woefully inadequate. Though Derek Chauvin was found guilty of killing Floyd, the prosecution’s case hardly mentioned race. Beyond his conviction, cities around the country issued apology statements for institutionalized racism—acknowledging the role of urban planners in redlining and the disinvestment of Black communities—and formed commissions for racial justice. But the results have been disappointing. The Philadelphia commission on Pathways to Reform, Transformation, and Reconciliation, for instance, only launched economic programs aimed at Black small business owners, not wage workers, freelancers, and the unemployed.

    These top-down moves give companies and governments a semblance of righteous action, even as they leave intact the histories and structures that enable police violence. They fail to redistribute funds away from police departments and toward new visions of community safety, freedom, and spaces where all individuals can thrive.

    To address police brutality, cities need budget justice: public budgets that give historically marginalized communities resources to address their needs. Budget justice requires a new sort of democracy that emphasizes three points of practice: first, budgets are moral documents that make explicit what communities choose to divest from and invest in; two, direct democracy must engage everyday constituents, rather than elected representatives, in a range of decision-making conversations and actions about collective needs; three, micropolitics must reshape the rules and expectations regarding whose knowledge, expertise, and lived experience shapes state policy and collective action.

    Policymakers usually make budget decisions behind closed doors. When elected officials do make public budgets transparent, they often present them as neutral documents and claim that “numbers don’t lie.” Budget numbers do, however, often obfuscate our everyday circumstances and needs. For example, without a sense of historical data or where exactly money is going, it would be difficult to discern whether additional funds for a particular school benefit all of the students, barely make up for the prior year’s budget cuts, or add amenities for a small selection of honors students. While public budgets are often portrayed as technical and impersonal, they are moral documents that reflect specific public values and theories of government.

    Taking cues from the platform articulated by the Movement 4 Black Lives, focusing on the budget part of budget justice prompts communities to articulate divest-invest strategies that redirect money away from expenditures the community doesn’t value and toward those it does. For instance, in the summer of 2020, protestors camped out in front of City Hall for more than a month, asking the New York Mayor and the City Council to cut the police budget by $1 billion and instead invest in community care: healthcare and social services, child and elderly care, and well-maintained streets, gardens, parks, and public spaces. Although the police eventually cleared the encampment, the monthlong Occupy City Hall protests significantly shaped the 2021 fiscal year budget, with more than $865 million in cuts to the police department’s operating expenses compared to the 2020 budget. (DeBlasio explicitly acknowledged the protests’ impact by including lower fringe benefits in his calculations, so that he could claim $1 billion in cuts.) The defund the police aspect of budget justice has received attention and deservingly so, but we also need new tools to meaningfully redistribute and invest money. In my work with activists, I have heard laments on how communities must articulate a vision of the different worlds we should work toward. Demands would then concern not just community safety and violence prevention, but all policy domains shaped by racial and class inequalities.

    We cannot expect such ideas to come from policymakers and those in power. Those most impacted by over-policing, carceral capitalism, unaffordable housing, and underfunded schools must make budget decisions. Likewise, many of the participants in the current uprisings against police brutality argue that voting is not enough; they claim that demographic or descriptive representation and placing “Black faces in high places,” as Keeanga-Yamahtta Taylor writes, have not addressed racial inequalities nor stopped the killing of Black Americans. Empowerment entails more than fighting voter suppression and fixing the electoral college. The road to budget justice emphasizes new modes of democracy—such as citizens’ assemblies and mini publics—that give participants opportunities for deliberation, not just picking from ready-made menus of policies or ballots.

    Our greatest challenge is breaking out of the confines of our popular imagination in radical ways and creating new social, economic, and political relations. As public policy is currently governed by racial hierarchies and neoliberal logics of competition, deservingness, respectability politics, and individual responsibility, struggling communities are too busy competing against one another to build a better world. Logics of competition undergird means-tested services for unhoused people, for instance, and expanding opportunities for bootstrapped hard work (through “uplift” and entrepreneurial mindsets, education, cultural competence, or plain hustle and “grit”). These are all formulated inside the box of austerity and mainstream liberal inclusion.

    We need new models altogether for grants and urban planning. We must demand substantively different models for affordable housing, schools, and public space. This asks cities to not just improve the numbers (of Black enterprises) in the current system, but to change the relationships between real estate developers, residents, and urban planners. In other words, this requires each of us to engage our communities’ experiences with racial capitalism and then change the criteria that determines the beneficiaries of current public policies and budgets.

    Changing these relationships begins with micropolitics, or what others have called prefigurative politics, which occurs outside official voting and formal advocacy. It involves mutual aid collectives, neighbors helping neighbors without asking for their résumés or histories of suffering, and constituents allocating funds to policies and projects that address community needs. It involves paying attention to community members’ local knowledges and lived experiences. The work of micropolitics reshapes participants’ class and racial subjectivities—the stories we tell ourselves about the positions we hold in social hierarchies and the roles we play vis-à-vis the government and one another. Realizing budget justice requires that community members themselves articulate the criteria we wish to live by, forwarding new logics of collective care and community control.

    The contemporary goal of budget justice attempts to pay tribute to the idea of abolition democracy W. E. B. Du Bois examined in Black Reconstruction in America (1935) almost ninety years ago. In recent decades, Black feminist, intersectional, queer, indigenous, critical race, and anticolonial scholarship have pinpointed just how systemic hierarchies persist in the afterlives of slavery and empire. As Harsha Walia writes, abolition democracy also demands the “imagining and generating of alternative institutions . . . prefiguring societies based on equity, mutual aid, and self-determination.” This project of world-building must be rooted in on-the-ground community organizing and participatory democratic experiments.

    Attempts to realize budget justice already exist. A number of cities, such as Los Angeles, Nashville, and Seattle, have articulated new funding priorities in lieu of policing. This has occurred against the backdrop of the COVID-19 pandemic, as the U.S. government has failed to coordinate adequate testing, protective equipment, and epidemiologically sound guidance, as well as offer support during remote schooling, job loss, and massive loss of life.

    Integral to such efforts is participatory budgeting (PB), a process by which residents, rather than elected officials, allocate public funds. Since it first began in Porto Alegre, Brazil in 1989, PB has spread to over 3,000 cities worldwide. In past cases of PB, diversity in participation by gender, income, and racial background contributed to the legitimacy, continuity, and redistributive potential of the processes. In the United States, PB has spread from a single local process in 2010 to over 500 currently active district, city, or institutional processes. PB attempts to give stakeholders an opportunity to draw upon their knowledge of local needs, articulate proposals, interact with neighbors, deliberate over priorities, and select—not just consult on—which proposals receive funding. In so doing, it lays out budget questions in tractable ways and helps individuals understand how city bureaucracies work. But some researchers have argued that PB has morphed from an empowering and democratizing process into a politically malleable, innocuous set of procedures that reflect subtle domination by elites or legitimize pro forma decisions by policymakers. Indeed, PB can be misused to reinforce existing racial hierarchies.

    New York City has the country’s largest PB process by far; since 2012, New Yorkers have decided how to spend more than $250 million on almost 1,000 projects through PBNYC. I draw on a decade of fieldwork on PBNYC to ground my ideals of budget justice, the limits and uses of the groundwork laid thus far, and how communities might build upon PB processes for budget justice.

    I conducted fieldwork in East Harlem, where residents gathered at PB assemblies and met in school cafeterias and auditoriums to discuss what they wanted to spend public funds on. A middle-aged white man from the Upper West Side had walked across town to come to a neighborhood assembly and pitch new amenities for his daughter’s school. As he listened to mostly Asian American, Latinx, and Black neighbors, especially elderly ones, talk about the need for laundry in their buildings and the neighborhood’s largest concentration of public housing in the country, he changed his mind. He decided to withdraw his proposal for his daughter’s school and instead help his neighbors advance their proposals.

    Through exchanges such as these, communities around New York have used PB to articulate and reprioritize funding allocations. An analysis by Carolin Hagelskamp, Rebecca Silliman, Erin Godfrey, and David Schleifer shows that from 2009 to 2018, capital spending in districts with PB were markedly different from those without. Schools and public housing, for instance, received more funding, while parks and housing preservation received less.

    Whereas electoral politics typically engage the “usual suspects”—higher-income, older constituents—PB engages traditionally marginalized constituents, including youth, formerly incarcerated constituents, and undocumented immigrants. The first citywide rulebook dictated that anyone over sixteen who lives, works, attends school, or is the parent of a student in a district could participate in neighborhood assemblies and project-vetting, and residents over eighteen, including undocumented immigrants, could vote on the allocations. Enthusiastic and strikingly fruitful youth participation in neighborhood assemblies then convinced adults to lower the PB voting age to sixteen and the participation age to fourteen in 2012. The voting age has been lowered almost every subsequent year, now standing at age eleven.

    Research coordinated by the Community Development Project shows that nearly one-quarter of people who voted in NYC’s PB process were not eligible to do so in typical elections. Carolina Johnson, H. Jacob Carlson, and Sonya Reynolds found that PB participants were 8.4 percent more likely to vote than those who had not participated in the process; the effects are even greater for those who have lower probabilities of voting, such as low-income and Black voters.

    Indeed, participants repeatedly stated that the PB process allowed them to engage in discussions with neighbors they otherwise wouldn’t have met, the proverbial “other” in deliberations. They emphasized PB’s deliberative nature, its encouragement to exchange ideas and compromise. This differs from electoral politics, even for those already politically active. For one participant, the combination of working with others unlike herself and working toward binding budgetary decisions gave the PB process a sense of impact lacking in her usual civic engagement.

    My interviews with PB participants revealed the potential for alliances between groups of residents and organizations who might usually lobby for funds independently. They spoke to how the PB deliberations allowed them to emphasize more than one aspect of their lives and identities—for example, as African Americans, Harlemites, parents, public housing residents, or sports fans—and emphasize issues of intersectionality, rather than a single identity of race, gender, or other social axes. More than one interviewee stated that, like the Upper West Side resident, they ended up backing projects they would not have otherwise thought of or supported.

    PB thus serves as a necessary, though incomplete, node in a larger ecosystem of participation and mobilization for budget justice. I highlight three takeaways:

    First, PB must be expanded and deepened beyond its current design. The East Harlem exchange previously described could not have transpired even two years later, after City Council lines were redrawn in New York (East Harlem was zoned to be in the same district as lower-income South Bronx neighborhoods, rather than higher-income Upper West Side ones). That district’s PB process thus lost much of its redistributive potential. Unless the funds and scopes of projects are substantially expanded, PB remains the exception to how municipal budgeting usually works: a way for constituents to voice concerns, let off steam, and see some of their ideas come to fruition while most of the budget remains opaque and predetermined. (In the 2019-2020 cycle, New York City Councilmembers devoted over $35 million to the PB process. That year, the city’s budget totaled $96 billion dollars.)

    Second, by focusing exclusively on the invest side of the equation, PB will remain incomplete. It thus risks propagating the myth that the problem is a scarcity of funds, rather than austerity as a policy. PB in the United States is not consistently tied to explicit questions of funds’ origins; eligible funds are often those deemed easy, limited, regressive, or discretionary. In Vallejo, California, the citywide PB process allocates proceeds from a sales tax. Other PB funds have come from Community Development Block Grants. In other places, community groups have campaigned for PB processes to allocate the proceeds of court cases where firms had to pay hefty damages. In New York current PB funds come from City Councilmembers’ discretionary budgets; when the pandemic hit, all but a few paused their PB processes. In 2018 a referendum to change the City Charter and establish a mayor coordinated PB process was approved by a landslide, but Mayor de Blasio failed to adequately fund it. PB must be tied to larger policy campaigns, individual projects (as with Seattle’s Solidarity Budget), progressive tax policies, and divestments and investments.

    Third, PB deliberations were profoundly shaped by micropolitics, namely how participants related to each other and to civil servants and city bureaucrats, as well as whose arguments and proposals were deemed credible. PB deliberations could perpetuate existing inequalities without attention to epistemic justice—actively questioning what bodies of knowledge are counted as rational, true, and valuable and who is seen as an expert. In PB this concerns how city bureaucrats sideline local knowledge in favor of technical knowledge. In issues related to budget justice, someone with lived experience should be considered an expert on their own environments as much as someone who has crunched quantitative policy analyses or studied the law. Without attention to epistemic justice, technical experts can reject project ideas with significant community support.

    These are not simply quibbles about institutional design, but about power. On whose terms and to what ends is PB carried out? These are questions of quality as well as size and scope.

    Even if the entire New York City budget were subject to a participatory process, to what extent does the process enable constituents to forward project proposals that combat dominant discourses on what New York needs? To be sure, the city government’s budgeting becoming more transparent does not render it liberatory. In particular, the prevalence of surveillance cameras among New York City PB projects, especially in public housing, highlights PB’s limited power in contesting racist logics of austerity. Thus far, these surveillance camera projects have won funding every year.

    These PB projects prompted debates in neighborhoods with changing demographics, deep inequalities, and new real estate developments—in other words, vulnerability to hyper-gentrification and displacement. Long-term residents felt that the surveillance cameras were yet another sign that they were being pushed out and local budgets were being used to make newer, wealthier residents feel safe and welcome. Many residents believe that new residents—less likely to be Black or Brown—voted for these surveillance cameras operated by the New York Police Department.

    But participants of color also advocated for surveillance cameras. These proponents reported that they did so because their visions of community safety included greater police accountability and economic support as well as surveillance. In their proposals, it was crucial to include both bottom-up accountability and access to the video footage captured by cameras. PB should allow constituents to shape both what programs are administered and how. Interviews suggested that the more robust, nuanced proposals had been dismissed, whittled down, abandoned, or improperly implemented during the PB process.

    By contrast, when implemented well, PB can help communities articulate proposals that tend to everyone’s safety. In one Brooklyn district, local participants reached out to members of historically sidelined communities and translated proposals into formal, technical language deemed “proper” by city bureaucrats. They also convinced their local Councilmember to make more creative proposals—with no current precedent in the existing city budgets—eligible to receive PB funds. When hate crimes rose after the 2016 election, innovative projects funded through PB in this district included bystander/ “upstander” training for residents to safely intervene when they witness harassment or violence. Residents also voted to fund self-defense workshops by and for Bangladeshi and Muslim women.

    This stands in contrast to the national and ostensibly progressive responses to anti-Asian violence. The March 2021 shootings in Atlanta spas prompted Congress to pass the COVID-19 Hate Crimes Act with rare, bipartisan support. However, the Act solely serves to allot more grant money to law enforcement agencies nationwide. In May President Biden signed it into law and deemed it a triumph against hate. This differs greatly from how members of affected communities would go about implementing change.

    PB entails tough conversations on the intersection between policing and gentrification, the availability of health and employment services, and how community safety policies should be executed and implemented. In this case of rising anti-Asian violence, it also entails conversations on whether additional policing would actually prevent individual acts of hate or address the white supremacy and austerity that sow systemic violence. The sorts of conversations that yielded the Muslim women’s self-defense workshops in Brooklyn, for example, also touched on histories of anti-Black urban policies, the War on Terror and anti-Asian xenophobia, and contradictions in popular discourse about Asian Americans as both model minorities and “foreigners.” Face-to-face dialogue and brainstorming help neighbors assist one another in concrete ways and articulate new roles based on solidarity, without fomenting racial resentments or hierarchies of oppression.

    The questions raised in PB deliberations prompt fraught conversations on race and class. Native-born, white residents report higher incomes than other residents. Moreover, higher-income, higher-educated residents may have the social networks and legal skills to navigate bureaucratic regulations more easily in municipal budgeting. Race continues to serve, as Stuart Hall put it, as a fundamental “modality in which class is lived. It is also the medium in which class relations are experienced.”

    Despite significant limitations, we know that PB is doing something in New York—if only because some city officials work so hard to contain it. Indeed, the most impressive and important impacts of New York’s PB process have not been the winning projects themselves. Rather, they lie in PB’s spillover effects and the changes prompted by the process itself.

    For example, from 2011 to 2013, parents and students were upset about putting PB discretionary funds toward school bathroom stalls, which felt like a basic need. The PB process mobilized them around this issue; in 2014, the Department of Education doubled its allocation for school bathrooms explicitly because of PB. By 2018 PBNYC had also sparked over $180 million in additional spending on specific, community-articulated priorities, such as air conditioning and bathroom repairs in schools. In another example, a former parent-teaching association (PTA) president angered by her wealthy school’s aggressive campaign in the local PB process led her to create a new organization explicitly aimed at helping PTAs at lower-income schools access funding.

    PB helps set new precedents for both spending priorities and how city agencies operate, and it helps to change residents’ expectations for city policymaking. For example, in addition to spending its budget differently, the Parks Department’s experiences with PB led it to design new websites to make it easier for residents to track its expenditures, including not-yet-implemented ones.

    When—as in the school bathrooms and PTA cases above—PB’s limits leave participants frustrated, indignant, and angry, the process has also trained constituents to want, demand, and fight for more. PB can hence serve as site for politicization. One participant, for instance, had never worked on a community issue before; she built upon her PB experiences to become a member of her public housing tenants’ union and then a tenant organizer, winning significant concessions for her housing project.

    PB can thus contribute to budget justice when it is tied to mobilization and ecologies of care. Indeed, many of the New Yorkers now active in mutual aid efforts during the pandemic became adept at non-hierarchical organizing and decision-making through PB, and several of the more recent PB projects funded during the pandemic, such as diaper distribution centers throughout Brooklyn, build upon mutual aid networks. Communities can only achieve budget justice if we combine seemingly disparate forms of resistance and care in strategic ways with a clear eye to the future. In so doing, we conceptualize democracy not as a set of institutions, but a set of practices and situated solidarities.

    https://bostonreview.net/articles/budgeting-justice/#

    #villes #budget #justice #budget_participatif #démocratie #TRUST #Master_TRUST #budget_public #aménagement_urbain #urbanisme #justice_budgétaire

  • Faut-il dessiner la #transition ?
    https://metropolitiques.eu/Faut-il-dessiner-la-transition.html

    La transition est dans tous les discours, mais comment passer d’un vœu pieux et souvent théorique à de nouvelles pratiques de conception ? Paysagiste et illustratrice, Hélène Copin livre ici une lecture critique de l’ouvrage collectif Dessiner la transition. Dispositifs pour une métropole écologique. C’est à partir de ce thème qu’une dizaine de professionnel·les ont été invités par la Fondation Braillard Architectes de Genève et le Metrolab de Bruxelles à participer au cycle de conférences qui fait la #Commentaires

    / transition, #aménagement, mobilité, #alimentation, #urbanisme, #paysage

    #mobilité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/pdf_met_copin.pdf

  • En France, l’automobile règne sans partage
    https://reporterre.net/En-France-l-automobile-regne-sans-partage

    D’après l’enquête menée par l’Insee, les Français passent plus de temps à se déplacer qu’auparavant, et toujours majoritairement en #voiture. Les riches se déplacent le plus, surtout en #avion, tandis que les #aménagements manquent encore pour le #vélo.

    Résultats détaillés de l’enquête mobilité des personnes de 2019
    https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/resultats-detailles-de-lenquete-mobilite-des-personnes-de-2019
    #transport

    • La voiture reste le mode de transport majoritaire. Elle a représenté 62,8 % des déplacements en 2019. Suivent la marche à pied qui représente 23,7 % des déplacements, puis les transports en commun (9,1 %) et le vélo (2,7 %). L’analyse de Mathieu Chassignet montre que l’automobile gagne du terrain. Si l’on regarde le nombre de kilomètres effectués en voiture, ils ont augmenté de 9 %, soit « plus vite que la population, qui n’a augmenté que de 4,5 % entre 2008 et 2019. On reste dans le règne du tout-voiture », regrette-t-il.

  • La ville en jeux


    https://www.ville-jeux.com

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    Jeux de cartes à imprimer pour enseigner la construction, l’urbain et les mobilités

    Pour poursuivre ludiquement nos apprentissages en aménagement-urbanisme, plusieurs JEUX SERIEUX, conçus par la « Compagnie des rêves urbains » et disponibles en « Print and play » :

    – Le kifékoi du chantier : un jeu de cartes pour découvrir les métiers de la construction et son extension #PRU « #projet_de_rénovation_urbaine », https://www.ville-jeux.com/Le-Kifekoi-du-chantier.html
    - Voca’ville : un jeu de cartes pour tester son #vocabulaire sur la #ville et l’#architecture, https://www.ville-jeux.com/Voca-ville.html#myCarousel
    - Trivial’Cité : un jeu de carte pour débattre, se questionner sur la ville en général ainsi que sur son environnement urbain, https://www.ville-jeux.com/Triviale-Cite.html#myCarousel
    - ZAC LINE : un jeu de cartes pour comprendre les étapes de création d’une #ZAC, https://www.ville-jeux.com/ZAC-line.html
    - Tramway en ville : un jeu de plateau pour parler #mobilités et aménager une ligne de #tramway à partir de contraintes réelles, https://www.ville-jeux.com/Tramway-en-vue.html

    #urbanisme #aménagement #jeux #jeux_sérieux
    #ressources_pédagogiques

  • Poland passes law allowing migrants to be pushed back at border

    Poland’s parliament on Thursday (14 October) passed a legal amendment allowing migrants to be pushed back at the border and for asylum claims made by those who entered illegally to be ignored.

    Lawmakers also gave the green light to a government plan to build a wall to prevent migrants from crossing the border from Belarus, a project estimated to cost €353 million.

    Thousands of migrants, most of them from the Middle East, have sought in recent months to cross from Belarus into Poland or fellow EU member states Latvia and Lithuania.

    Under the newly amended law, a foreigner stopped after crossing the Polish border illegally will be obliged to leave Polish territory and will be temporarily banned from entering the country for a period ranging from “six months to three years”.

    The Polish authorities will also have the right “to leave unexamined” an asylum application filed by a foreigner who is stopped immediately after illegally entering, unless they have arrived from a country where their “life and freedom are threatened”.

    Rights groups have already accused Poland of stopping migrants at the border and pushing them back into Belarus.

    Numerous NGOs have criticised Poland for imposing a state of emergency at the border, which prevents humanitarian organisations from helping migrants and prohibits access to all non-residents, including journalists.

    The law change came two days after a landmark ruling from Poland’s Constitutional Court challenged the primacy of European Union law — a key tenet of EU membership — by declaring important articles in the EU treaties “incompatible” with the Polish constitution.

    The ruling on a case brought by Poland’s right-wing populist government could threaten EU funding for Poland and is being seen as a possible first step to Poland leaving the European Union.

    Earlier Thursday Polish police said that another migrant had been found dead on the border with Belarus, bringing the number of people who have died along the European Union’s eastern border in recent months to seven.

    The European Union accuses Belarus of deliberately orchestrating the influx in retaliation against EU sanctions over the Moscow-backed regime’s crackdown on dissent.

    Last month the UN refugee agency and the International Organization for Migration said they were “shocked and dismayed” by the migrant deaths.

    “Groups of people have become stranded for weeks, unable to access any form of assistance, asylum or basic services,” they said in a statement.

    In August Christine Goyer, UNHCR representative in Poland, reminded Warsaw that “according to the 1951 Refugee Convention, to which Poland is signatory, people seeking asylum should never be penalised, even for irregular border crossing”.

    Polish PM berates EU

    In the meantime, Polish Prime Minister Mateusz Morawiecki accused EU institutions on Thursday of infringing on the rights of member states, as he prepared to present Warsaw’s position in a row over the rule of law next week before the European Parliament.

    “We are at a crucial moment, you could say at a crossroads in the EU’s history,” Morawiecki told the Polish parliament. “Democracy is being tested – how far will European nations retreat before this usurpation by some EU institutions.”

    Polish government spokesman Piotr Muller said Morawiecki would attend the European Parliament session in Strasbourg next Tuesday to present Poland’s position in the rule of law dispute.

    https://www.euractiv.com/section/justice-home-affairs/news/poland-passes-law-allowing-migrants-to-be-pushed-back-at-border

    #Pologne #asile #migrations #réfugiés #frontières #refoulement #refoulements #push-backs #loi #amendement #Biélorussie #Mateusz_Morawiecki #Morawiecki

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    voir aussi la métaliste sur la situation à la frontière entre la #Pologne et la #Biélorussie (2021) :
    https://seenthis.net/messages/935860

    • Et il y a eu ce weekend une chasse aux migrants autour de la ville de Guben (Allemagne).
      « La ville de Guben est située dans la région de Basse-Lusace ; elle est traversée par la rivière Neisse et c’est la partie allemande de la ville historique ; l’autre partie est polonaise (Gubin). »

  • Concevoir la qualité environnementale urbaine sans les habitants ?
    https://metropolitiques.eu/Concevoir-la-qualite-environnementale-urbaine-sans-les-habitants.htm

    Que signifie la « qualité environnementale urbaine » ? À partir de deux enquêtes à #Toulouse, Delphine Chouillou montre que si les concepteurs d’espaces urbains peuvent partager les #représentations qu’en ont les habitants, ils peinent cependant à les intégrer concrètement à leurs projets. La notion de « qualité environnementale urbaine » (QEU) recouvre des réalités hétérogènes dans le champ scientifique, et dont le périmètre se renouvelle sans cesse dans le champ opérationnel. Nombre de chercheurs en sciences #Terrains

    / #urbanisme, #projet_urbain, #environnement, Toulouse, #aménagement, représentations

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-chouillou.pdf

  • Les entreprises de l’aménagement face à la #recherche : illusions, désillusions et réalisations
    https://metropolitiques.eu/Les-entreprises-de-l-amenagement-face-a-la-recherche-illusions-desil

    S’ils partagent parfois un même désir d’innovation, recherche en SHS et entreprises de l’urbain entretiennent des relations complexes et ambiguës, comme le montre l’auteur à partir de sa double expérience de chercheur et de directeur de la Recherche et de l’Innovation en entreprise. Depuis plus de cinquante ans, la mobilisation des sciences humaines et sociales (SHS) dans le champ de la production de la ville connaît une histoire tumultueuse et douloureuse. Dans le champ de l’urbain – bureaux #Débats

    / #recherche_urbaine, recherche, #urbanisme, #innovation, #ingénierie_urbaine, #aménagement

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_petitet.pdf