• #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

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    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

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    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

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    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • piqd | Der Weltverbesserer Ischinger und seine anrüchigen Deals
    https://www.piqd.de/europa-eu/der-weltverbesserer-ischinger-und-seine-anruchigen-deals?ref=dailydigest

    18.02.2022 von Keno Verseck - Heute beginnt die Münchener Sicherheitskonferenz, international eine der wichtigsten geopolitischen Veranstaltungen. Ihr Chef, Wolfgang Ischinger, ist dieser Tage auf allen medialen Kanälen präsent, erklärt uns Deutschen und Europäern die Welt und wie man sie besser, sicherer und berechenbarer macht. Ischinger schreibt auch flammende Artikel darüber, warum die Welt korruptionsfreier und werteorientierter werden muss und wie das funktionieren kann. Er betont gern, dass der Vorsitz der Münchener Sicherheitskonferenz ein Ehrenamt ist und er nichts daran verdient. Tatsächlich vergoldet Ischinger sein Telefonbuch. Er ist Mitbegründer und bis heute Mitbeteiligter an der Firma Agora Strategy Group, die Staatslenker aus aller Welt mit Investoren und Rüstungsfirmen zusammenbringt, unter anderem beim nicht-öffentlichen Teil der Münchener Sicherheitskonferenz. Wobei Ischinger selbst im Aufsichtsrat eines Rüstungskonzerns sitzt. Agora bietet – laut streng vertraulichen Unterlagen – an, Waffendeals in Krisen- und Kriegsgebieten mit einzufädeln, was unter Umständen ein Verstoß gegen das deutsche Kriegswaffenkontrollgesetz sein könnte. Außerdem veranstaltet Agora exklusive Events in so exklusiven Etablissements wie dem China Club Berlin, bei denen mitunter Autokraten wie der ehemalige mazedonische Herrscher Nikola Gruevski mit Größen der deutschen Politik zusammengebracht werden. Meine Kollegen Sven Becker, Rafael Buschmann, Nicola Naber und Christoph Schult vom SPIEGEL sowie meine Wenigkeit haben über Wolfgang Ischinger und seine anrüchigen Deals recherchiert. Es ist eine Geschichte über Doppelmoral, die Niederungen des Lobbyismus in Deutschland und den Zynismus selbsternannter Weltverbesserer.

    #ames guerre #lobbyisme #Allemagne #OTAN

  • Mon pays fabrique des #armes

    Depuis quelques années, les ventes d’armes françaises explosent et notre pays est devenu le troisième exportateur mondial. Pourtant, le grand public sait peu de choses de ce fleuron industriel français, de ses usines, de ses salariés, des régions productrices d’armes et des grandes instances d’État chargées de les vendre.
    Car la France exporte massivement vers le Moyen-Orient. Beaucoup vers l’Arabie Saoudite. Au sein de l’État, qui arbitre lorsqu’il s’agit de vendre à des régimes suspectés de crimes de guerre ? A quoi la realpolitik nous contraint-elle ? Dans le reste de l’Europe, la société civile réagit à cette question. Si les armes sont si cruciales pour l’emploi des Français, si elles participent autant à l’indépendance de notre pays, pourquoi y sont-elles un angle mort du débat public ?

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/54294_1

    #film #film_documentaire #documentaire
    #France #armement #commerce_d'armes #Dassault #Rafale #François_Hollande #Hollande #Inde #Qatar #Egypte #avions #bombes #munitions #missiles #MBDA #Nexter #Bourges #Avord #industrie_militaire #armée #La_Chapelle_Saint-Oursin #emploi #Jean-Yves_Le_Drian #ministère_de_l'armée #hélicoptère_Caïman #Direction_générale_de_l'armement (DGA) #commission_interministérielle_pour_l'étude_des_exportations_de_matériels_de_guerre (#CIEEMG) #Louis_Gautier #guerres #conflits #Cherbourg #CMN #Arabie_Saoudite #Yémen #crimes_de_guerre #ventes_d'armes #Traité_sur_le_commerce_des_armes (#TCA) #justice #contrat_Donas #Jean-Marc_Ayrault #licence_d'exportation #Jean-Charles_Larsonneur #canons_caesar #hypocrisie #impératif_de_vente #armes_de_surveillance #armes_d'interception #ERCOM #chiffrement #nexa_technologies #AMESYS #torture #complicité_d'actes_de_torture #Libye #al-Sissi #écoutes #Emmanuel_Macron #Macron #secret_défense

  • Épisode 3
    Surveillance made in France - Les mémos de la terreur
    Mardi 23 Novembre 2021
    https://egypt-papers.disclose.ngo/fr/chapter/surveillance-dassault

    (...) 65 000 opposants en prison

    Opposants politiques, journalistes, responsables d’ONG, homosexuels, grévistes… Depuis cinq ans, tous ceux qui ne pensent pas ou ne vivent pas selon les préceptes du régime militaire risquent la prison – près de 65 000 opposants croupiraient dans les geôles du régime, tandis que 3 000 autres auraient « disparu » après leur interpellation, selon le département d’Etat américain. Une répression sans précédent de la société civile égyptienne facilitée par un système de cybersurveillance massif installé par trois entreprises françaises, avec l’accord tacite des autorités.

    La première, baptisée Nexa Technologies, est dirigée par les fondateurs d’Amesys, une société accusée d’avoir fourni du matériel de surveillance à la dictature de Mouammar Kadhafi, en Libye. La deuxième, Ercom-Suneris – filiale de Thalès depuis 2019 – est connue pour sécuriser l’un des téléphones portables d’Emmanuel Macron. La troisième n’est autre que Dassault Systèmes, la filiale technologique du poids lourd de l’armement tricolore et constructeur de l’avion Rafale. Sollicités, Ercom-Suneris et Dassault Systèmes n’ont pas répondu à nos questions. (...)

    Episode 1 : Opération Sirli - Les mémos de la terreur
    https://seenthis.net/messages/937340

    Episode 2 Les mercenaires du ciel - Les mémos de la terreur
    https://seenthis.net/messages/937425
    #FranceEgypte

  • Sandvine ... the surveillance octopus in the Arab region
    https://masaar.net/en/sandvine-the-surveillance-octopus-in-the-arab-region

    Partnership and business agreements between Arab governments and corporates on the one hand, and foreign companies working in the internet and communication surveillance industry (software/hardware) on the other, is currently witnessing an increase in rate and scale. The aim is to manipulate the flow of information, restrain freedom of expression, and control internet and communication systems to curtail the use of free cyber and communication space by activists calling for political and (...)

    #BlueCoat_Systems_Inc. #HackingTeam #AMESys #Ercom #Gamma #Orange #Sandvine/Procera #Vodafone #censure #écoutes #surveillance (...)

    ##BlueCoat_Systems_Inc. ##Sandvine/Procera ##NSO
    https://i0.wp.com/masaar.net/wp-content/uploads/2020/10/index-2.jpeg

  • UE : Des défenseurs des droits humains sont exposés pour protéger le secteur de la surveillance - Amnesty International Belgique
    https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/ue-certains-etats-sont-prets-a-exposer-les-defenseurs-des-droits-humains-pou

    les contrats juteux d’Amesys avec la Lybie ou l’Egypte font rêver ?
    ...sûr que ce ne sont pas les poursuites judiciaires en cours qui vont les effrayer !

    #vente_armes #contrôle_démocratique #AMESYS #eagle #deep_packet_inspection #surveillance_de_masse

  • Affaire libyenne : les lourds secrets du contrat « Eagle »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/131220/affaire-libyenne-les-lourds-secrets-du-contrat-eagle?userid=843d7823-45bc-

    La société qui a fourni des armes de guerre électronique au régime Kadhafi a détruit en 2011 tous ses disques durs et ses mails relatifs au contrat libyen, au cœur de l’affaire Sarkozy-Kadhafi. L’ancien président et son entourage prétendent n’avoir rien su de la mise en œuvre de ce contrat.

    Sous son autorité, la France a remis au régime libyen de redoutables outils de surveillance de sa population, mais Nicolas Sarkozy prétend toujours qu’il n’en a rien su.

    « Il y a des collaborations entre le ministère de l’intérieur et des entreprises, mais je n’y ai jamais été associé de près ou de loin », s’est justifié l’ancien président devant les juges de l’affaire libyenne, début octobre. « Jamais le nom d’Amesys [la société française au cœur du deal – ndlr] n’a été prononcé devant moi, ni lors de ma visite en tant que ministre de l’intérieur, ni pendant celle en tant que président de la République. Cela n’a fait l’objet d’aucun document, d’aucune signature, d’aucune contrepartie », a-t-il insisté.

    Baptisée « Eagle », la technologie française fournie à la Libye par la société Amesys – absorbée par Bull, puis partiellement cédée à Nexa Technologies depuis – a permis d’aspirer l’intégralité du trafic internet du pays et ainsi de détecter et d’interpeller les opposants libyens durant le Printemps arabe.

    Selon nos informations, la traque des opposants opérée grâce à ce transfert technologique – et ce avant l’intervention militaire déclenchée le 19 mars 2011 – pouvait être suivie par les services secrets français, qui disposaient d’une « backdoor » ou porte dérobée dans Eagle, leur permettant de se connecter au dispositif.

    Les juges de l’affaire libyenne considèrent désormais qu’Eagle constitue l’un des volets du pacte de corruption présumé scellé par Mouammar Kadhafi et l’équipe du ministre de l’intérieur, dès l’automne 2005, grâce aux pourparlers secrets de Ziad Takieddine et de Claude Guéant avec l’un des chefs des services de renseignement libyens, Abdallah Senoussi, un homme condamné en France pour avoir commandité l’attentat contre le DC10 d’UTA en 1989. Ces faits figurent parmi les chefs de mise en examen de Nicolas Sarkozy.

    En parallèle, les juges du pôle crimes contre l’humanité saisis depuis 2012 de plaintes pour « complicité de torture, traitements inhumains et dégradants » déposées par des victimes de cette surveillance en Libye n’ont pour l’instant placé la société Amesys que sous le statut de « témoin assisté », en dépit des révélations de l’enquête.

    Selon les informations obtenues par Mediapart, les investigations ont pourtant mis au jour la destruction par Amesys des disques durs et des dossiers relatifs au contrat Eagle en décembre 2011. Une destruction de preuves qui prive la justice des pièces essentielles à la compréhension du deal franco-libyen.

    Joint par Mediapart, le signataire du contrat, Philippe Vannier, ancien patron d’Amesys et de Bull passé chez Atos, aujourd’hui président d’Ecso (European Cyber Security Organisation), n’a pas souhaité commenter ces développements de l’enquête.

    C’est son bras droit, Stéphane Salies, ancien directeur commercial d’Amesys, aujourd’hui patron de Nexa, qui a révélé qu’un ordre de destruction des pièces du dossier avait été donné. Questionné sur la localisation des « documents contractuels, discussions commerciales, cahier des charges, contrats, avenants, liés au contrat libyen », il révèle : « À vrai dire, fin 2011, début 2012, Philippe Vannier nous a demandé de tout détruire. J’ai trouvé cela ridicule et je le lui ai dit, mais nous l’avons fait, les time capsules [disques durs de sauvegarde de Mac – ndlr] ont été détruites, les disques durs ont été effacés, les échanges de mails aussi. Le contrat était dans le coffre mais je ne sais pas ce qu’il est devenu. »

    Philippe Vannier a répondu, quant à lui, ne pas savoir où ces documents se trouvaient. « À votre demande, nous les avons cherchés, mais nous ne les retrouvons pas, et ce n’est pas faute d’avoir essayé », a-t-il déclaré.

    Initiées par Ziad Takieddine, par l’entremise de la société d’intelligence économique Salamandre, les négociations d’Amesys avec les Libyens ont été rapidement suivies de très près par les services spéciaux français. « Il [Philippe Vannier] m’avait dit que ses contacts allaient lui faire rencontrer les représentants de l’État libyen pour des contrats, que c’était sérieux et avec l’aval des cousins [DGSE – ndlr] », a précisé Stéphane Salies.

    Très tôt, quelques jours avant la venue de Nicolas Sarkozy à Tripoli en octobre 2005, Abdallah Senoussi évoque les besoins libyens en matériel de sécurité et la « coopération » qu’il espère obtenir du ministre auprès de Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, et de Takieddine. Le nom d’Amesys n’est pas encore sur la table, mais il le sera début 2006. « Il [Nicolas Sarkozy] nous a transmis le dossier d’une société française de surveillance d’Internet dénommée Amesys […] par le biais de Claude Guéant », a résumé Saïf al-Islam Kadhafi, dans une déclaration aux juges français.

    Selon l’ancien directeur commercial d’Amesys, le fils de Mouammar Kadhafi était d’ailleurs venu saluer l’équipe de l’entreprise française à Tripoli, lors de la mise en place du système d’interception.

    L’affaire démarre en mars ou en avril 2006 : Takieddine et le patron d’Amesys, Philippe Vannier, entrent en contact à Paris. Dans une de ses notes, la société Salamandre présente Amesys/I2E comme un « fournisseur ultra-habilité » en France. L’entreprise avait comme objet « la fabrication de solutions d’interception, sur la partie HF (radio) pour les services français ou l’armée », résume Stéphane Salies, ancien directeur commercial. Elle disposait d’un officier de sécurité en relation avec la Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD), aujourd’hui Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD), et d’ingénieurs et d’anciens militaires ou gendarmes habilités « confidentiel défense » dans ses rangs. « Les services de renseignement étaient informés de tout ce qui était fait avec la Libye, ça nous rassurait un peu », commente un ancien cadre.

    Takieddine, lui, espère vendre aux Libyens un vaste de marché de surveillance des frontières comme il a failli en signer avec l’Arabie saoudite en 2003, avec, déjà, l’aval de l’équipe Sarkozy.

    L’intermédiaire voit grand.

    « Il m’a expliqué que la Libye avait besoin de s’équiper de matériels d’interception télécoms radio, de rénover des frégates, de contrôle des passeports aux frontières, de véhicules de protection des VIP, de systèmes de protection de leurs réseaux et communications, résume Philippe Vannier. Une visite a été organisée en Libye afin de présenter les capacités du groupe en matière de protection aux frontières avec l’informatisation des passeports, des radars côtiers et systèmes de chiffrement. […] C’est lors de cette visite qu’ils ont commencé à nous parler de leur besoin d’un système d’écoute tout canal, de l’interception hertzienne jusqu’à l’interception IP – via Internet. Nous avons présenté ce que nous pouvions faire et ce qu’on pouvait vendre. »

    Un document à en-tête d’Amesys (également appelé I2E à l’époque) vante le produit Cryptowall, un système de cryptage particulièrement efficace et « difficile à casser », et la « collaboration » du ministre de l’intérieur avec la société.

    Selon le directeur commercial, Philippe Vannier a « négocié le contrat avec plein de rendez-vous avec Ziad Takieddine, Omar Salem, directeur de la DRM [Direction du renseignement militaire – ndlr], et Abdallah Senoussi », et il se rend deux fois en Libye avant d’y amener ses équipes. Stéphane Salies s’y rend à son tour pour y prendre note « des besoins libyens », à savoir « une solution pour faire de l’interception IP sur l’ensemble du pays », officiellement pour contrer Al-Qaïda.

    De retour en France, une première ébauche du projet Eagle, qui n’existait pas encore, est élaborée. « Nous avons vendu une feuille blanche, et la Libye a payé la création et le développement de la solution et du produit Eagle. Ils ont financé la totalité de la recherche et développement », résume Stéphane Salies.

    « Il ne voulait pas que je connaisse le montant des commissions et d’autres détails »

    « La négociation du contrat n’a été effectuée que par Philippe Vannier, même si j’étais directeur commercial, poursuit-il. Je n’ai pas eu le droit d’y participer, car il ne voulait pas que je connaisse le montant des commissions et d’autres détails. » En décembre 2006, Vannier rentre de Tripoli avec le contrat signé.

    Lors de la divulgation des archives numériques de Takieddine en 2011, Mediapart avait dévoilé le paiement occulte par Amesys d’un total de 4,5 millions d’euros à l’intermédiaire, via deux de ses sociétés offshore – Tristar et Como – entre 2007 et 2008, sur des comptes à Beyrouth. Il s’agissait d’« un contrat pour l’installation de climatisations et de groupes électrogènes » qui était « une commission déguisée », détaille Stéphane Salies, et d’un second contrat pour « une commission officielle ». Il était prévu que Ziad Takieddine reçoive 30 % du montant total du contrat d’Amesys avec la Libye.

    La mise au point technique d’Eagle est plus complexe et nécessite entre 20 et 30 déplacements du directeur commercial. Ce dernier rencontre Abdallah Senoussi dans sa villa, en 2007, qui demande de nouvelles prestations, comme la géolocalisation des personnes, qu’Amesys ne peut pas encore offrir. Mais le dispositif de surveillance d’Internet est élaboré en partenariat avec la société Qosmos, qui fournit une première sonde avant d’être écartée – elle en vendra par la suite au régime Syrien.

    « Le tapping [copie du trafic – ndlr] était fait au kilomètre 4 à Tripoli. Il y avait une avancée sur la mer avec des bâtiments de deux étages appartenant à l’opérateur GPTC. À cet endroit sortaient les fibres optiques de la mer, expose Stéphane Salies. La sonde ainsi que le stockage [de données – ndlr] se trouvaient dans un bâtiment de l’opérateur GTPC, le centre névralgique de celui-ci, où nous disposions d’une petite salle. Les opérateurs du système étaient à 500 mètres plus loin, dans un bâtiment appartenant à l’armée dénommé HQ1. »

    Un deuxième centre d’écoute, HQ2, se trouvait à deux ou trois kilomètres. Amesys permet ainsi aux Libyens d’intercepter l’intégralité du trafic internet, puis d’extraire des données grâce à des filtres sur des mots-clés, des adresses mails, des numéros de téléphone, des pseudonymes. L’interception de mails, de tchats ou de messageries instantanées était possible, à l’exception des données chiffrées.

    Les employés d’Amesys se posent des questions sur l’utilisation de leur système. « Il y avait des cibles dans le logiciel qui ne paraissaient pas liées au terrorisme, a détaillé un ingénieur aux gendarmes. Je crois me rappeler qu’il y avait une ONG de défense des droits de l’homme qui était ciblée. Il était clair pour moi que la lutte contre le terrorisme n’était qu’un prétexte. » D’après cet ingénieur, Amesys avait installé un « tunnel sécurisé » (VPN) entre ses serveurs à Paris et une agence de renseignement française. En outre, « il y avait une backdoor, une porte dérobée dans le logiciel Eagle qui permettait aux services secrets de se connecter au système sans que les Libyens le sachent », relève-t-il.

    Reste la question non clarifiée des autorisations, qui elles non plus n’ont pas été retrouvées, hormis une seule. En novembre 2010, Amesys a obtenu une autorisation d’exportation de matériel de guerre (AEMG) pour la vente aux renseignements militaires libyens de dix exemplaires d’un système passif d’interception de GSM (téléphonie mobile). Rien sur Eagle…

    « Pour tout le contrat, des vérifications ont été effectuées pour obtenir la garantie que le matériel était exportable, et qu’Amesys avait le droit d’exporter en Libye, a indiqué Philippe Vannier aux enquêteurs. De mémoire, la seule autorisation préalable obligatoire a été sur les outils de chiffrement, qui a par ailleurs été obtenue. »

    Eagle n’était ni un matériel de guerre, ni un bien à double usage – soumis à un autre régime d’autorisation –, a soutenu aussi l’ancien directeur commercial d’Amesys. « Par contre, l’étude et la conception en France du système d’interception Eagle ont été faites sous autorisation de l’article R226 », a-t-il précisé, c’est-à-dire avec le feu vert de la commission autorisant – sous l’autorité du premier ministre – la fabrication de matériels susceptibles de porter atteinte à l’intimité de la vie privée ou au secret des correspondances. Mais là encore, le dossier d’instruction de cette autorisation n’a pas été communiqué aux services d’enquête.

    Alain Juillet, un acteur pourtant bien placé – ancien directeur du renseignement à la DGSE, alors responsable de l’intelligence économique auprès du premier ministre –, a livré un tout autre avis aux juges en estimant au sujet d’Eagle qu’« une demande » avait « nécessairement été faite à la CIEEMG [la commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre] » et que ce dossier comportait « nécessairement un avis du ministère de l’intérieur ». « S’il n’y a pas eu de demande et qu’ils l’ont fait directement, il y a faute, a tranché Alain Juillet. Et ça m’étonnerait d’une entreprise comme Amesys qui avait l’habitude de travailler avec du matériel sensible et qui connaissait les risques à se passer d’une demande d’autorisation, c’est-à-dire le risque que l’entreprise soit sanctionnée et fermée. »

    Ce type de dossier ne pouvait être que du ressort du cabinet du ministre de l’intérieur, selon Alain Juillet : « Une affaire comme cela, envoyer du matériel en Libye, ce n’est pas une affaire courante, c’est ce qu’on appelle une affaire sensible du domaine réservé du cabinet du ministre. »

    Lors de son audition, en octobre dernier, Nicolas Sarkozy a pourtant assuré n’avoir « à aucun moment » été « informé de l’existence de ce contrat ». « Que le directeur de cabinet du ministère de l’intérieur soutienne les intérêts d’une entreprise française à l’export ne me choque pas », a ajouté l’ancien président.

    Au ministère des armées, les juges n’ont pas retrouvé non plus le moindre document classifié portant sur les conditions de signature du contrat d’I2E, et l’implication du ministère de l’intérieur ou de son dircab.

    La pêche a été plus fructueuse au ministère de l’intérieur. Les juges ont souligné qu’un « ensemble de notes partiellement déclassifiées », « dont la plus ancienne date du 16 janvier 2007 et la plus récente du 27 juillet 2013 », montre « que les services de renseignement étaient parfaitement informés » et « suivaient les transferts de technologies de surveillance des sociétés françaises vers la Libye ».

    Ainsi, en janvier et mars 2007, des synthèses « confidentiel défense » des services du renseignement intérieur – alors placés sous l’autorité de Nicolas Sarkozy – détaillent très précisément les différents lots de matériels prévus au contrat. « La livraison à la Libye de matériels d’interception de communication et de contre-mesure électronique est extrêmement sensible et génère une certaine tension chez les personnels amenés à s’en occuper, signale la DCRI. Il conviendra de s’assurer que ces matériels sont vendus avec les autorisations nécessaires. »

    Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il n’avait « pas la mémoire » de ces notes de renseignement.

    Ni comme ministre, ni comme président de la République.

    #AMESys #Bull #DGSE #Nexa #EAGLE #corruption #écoutes #surveillance

  • Quand l’Europe aide la Chine pour surveiller massivement ses concitoyens
    https://www.telerama.fr/idees/quand-leurope-aide-la-chine-pour-surveiller-massivement-ses-concitoyens-670

    Amnesty International publie un rapport qui montre que plusieurs entreprises européennes fournissent à Pékin des technologies de reconnaissance faciale. L’ONG pointe une faille majeure : aucun garde-fou européen ne limite l’exportation de ce type de technologies. On connaissait déjà la propension de la Chine à exporter son modèle numérique intrusif, des faubourgs de Quito aux rues de Valenciennes. L’itinéraire inverse est plus méconnu, et pourtant : ce lundi, en amont d’un trilogue européen – qui (...)

    #Nexa #AMESys #Ercom #Idemia #Morpho #Oberthur #algorithme #CCTV #Skynet #biométrie #émotions #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #surveillance (...)

    ##Wassenaar

  • Out of Control : Failing EU Laws for Digital Surveillance Export
    https://www.amnesty.org/fr/documents/EUR01/2556/2020/fr

    This report gives evidence of the gaps in the current European Union (EU) export regulation framework for digital surveillance technologies and provides the EU institutions and its member states with actionable recommendations to improve the protections of human rights in the upcoming Recast Dual Use Regulation. Amnesty International investigated the exports of digital surveillance technologies from Europe to China, a country that (mis)uses its criminal law system to restrict human rights. (...)

    #Morpho #AMESys #algorithme #CCTV #biométrie #racisme #émotions #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #discrimination #surveillance (...)

    ##Amnesty

  • StopCovid, une application qui masque très bien les vrais débats | Reflets.info
    https://reflets.info/articles/stopcovid-une-application-qui-masque-tres-bien-les-vrais-debats

    Mais qui , spoiler, ne fonctionnera pas Le solutionnisme technologique comme réponse à un problème complexe, humain, ne fonctionne pas. Ou alors trop bien : il évince du débat public les vrais enjeux, les vraies problématiques. Trouver le titre d’une chanson qui passe à la radio, jouer, travailler, s’organiser, faire du sport… « Il y a une application pour tout » est sans aucun doute la phrase qui est la mieux entrée dans le vocabulaire ces dernières années. Il devrait bien y avoir une application (...)

    #CNIL #surveillance #santé #Lustre #COVID-19 #BigData #consentement #technologisme #géolocalisation #iOS #TraceTogether #StopCovid #smartphone #Bluetooth #Android #algorithme #contactTracing #Qosmos #Orange #Google #Apple (...)

    ##santé ##AMESys

  • Litigation and Other Formal Complaints Concerning Targeted Digital Surveillance and the Digital Surveillance Industry
    https://citizenlab.ca/2018/12/litigation-and-other-formal-complaints-concerning-targeted-digital-survei

    This is a living resource document providing links and descriptions to litigation and other formal complaints concerning digital surveillance and the digital surveillance industry. If you have additional resources to add to this document, please send to Siena Anstis : siena [at] citizen lab [dot] ca. This document was last updated on December 12, 2018.

    #NSO #spyware #sécuritaire #activisme #web #surveillance #écoutes #CitizenLab #Gamma #FinFisher #FinSpy #AMESys #RSF #Amnesty #PrivacyInternational #Qosmos #Deep_Packet_Inspection_(DPI) #FIDH #LDH

    ##Deep_Packet_Inspection__DPI_

  • TRACES, le nouveau #Framabook qui vous invite à vivre et mourir au temps des #IA
    https://framablog.org/2018/09/13/traces-le-nouveau-framabook-qui-vous-invite-a-vivre-et-mourir-au-temps-de

    Mourir en #Picardie, ça vous dit ? Pour traverser l’étroit passage de vie à #Mort, suffit de s’exercer un peu en se concentrant sur ses meilleurs souvenirs. Pour les éprouver post-mortem indéfiniment. Drôle de deal… Écouter les voix des disparus ? Il … Lire la suite­­

    #Interview #Libres_Cultures #Âmes #Anticipation #Crozat #Deathhackers #dystopie #Fendoir #Partage #Punkardie #roman #Thanatoprogrammeurs

  • Nicolas #Sarkozy a bien servi les intérêts de #kadhafi. Voici les preuves
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040418/nicolas-sarkozy-bien-servi-les-interets-de-kadhafi-voici-les-preuves

    Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi devant la maison du second bombarbée par les Américains. © Reuters Contrairement à ce qu’il a affirmé devant les juges puis dans les médias, Nicolas Sarkozy, actuellement mis en examen pour #Corruption dans l’affaire des financements libyens, a objectivement servi les intérêts du régime de Kadhafi entre 2005 et 2011. La preuve en cinq actes.

    #France #Amesys #EADS #libye #MBDA #nucléaire

  • Avec Suneris, le Français Ercom vend des logiciels de surveillance à l’Égypte
    https://www.numerama.com/politique/338492-avec-suneris-le-francais-ercom-vend-des-logiciels-de-surveillance-a

    La coopération des industriels français avec le régime autoritaire d’Abdel Fattah al-Sissi vient une nouvelle fois d’être mise à nue par le journaliste Olivier Tesquet. Ercom, un spécialiste du chiffrement, livre aux services égyptiens des armes électroniques pour museler la population. Nexa, ex-Amesys, fournisseur de solutions de surveillance électronique au régime de Kadhafi, puis à l’Égypte de Sissi, n’est pas le seul industriel français à entretenir des liens commerciaux privilégiés avec le régime (...)

    #AMESys #Ercom #Nexa #Qosmos #Suneris #IMSI-catchers #anti-terrorisme #écoutes #web #surveillance (...)

    ##exportation

  • Armes numériques : l’Europe reprend d’une main ce qu’elle donne d’une autre
    https://reflets.info/armes-numeriques-leurope-reprend-dune-main-ce-quelle-donne-dune-autre

    Pour ceux qui pensaient que l’Europe allait servir de rempart à la diffusion d’armes numériques, la récente annonce de #Bruxelles devrait faire l’effet d’une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d’offres pour […]

    #Technos #Amesys #Cyber-sécurité #dual-use #Europe #Hexatrust #Qosmos #technologies_à_double_usage

  • Vente de matériel de #surveillance à l’#Egypte : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire

    Paris, le 22 décembre 2017 – En réponse à la demande d’ouverture d’#enquête de la FIDH et de la LDH, soutenue par le Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS), le Pôle crimes contre l’humanité du Parquet de Paris vient de décider d’ouvrir une information judiciaire pour la vente de matériel de surveillance par une entreprise française à l’Égypte. En faisant la lumière sur le contrat passé entre le régime autoritaire d’Al Sissi et l’entreprise #Nexa_Technologies (ex #Amesys) et ses conséquences, l’enquête pourrait conduire à une mise en examen pour #complicité de #tortures et #disparitions_forcées. Un signal puissant à destination des entreprises de surveillance et d’#armement, et des autorités françaises.


    https://www.fidh.org/fr/regions/maghreb-moyen-orient/egypte/vente-de-materiel-de-surveillance-a-l-egypte-le-parquet-de-paris-22574
    cc @marty @albertocampiphoto @daphne
    #France

  • Vente de matériel de surveillance à l’Egypte : après les révélations de “Télérama”, le parquet va enquêter
    http://www.telerama.fr/monde/vente-de-materiel-de-surveillance-a-legypte-le-parquet-de-paris-ouvre-une-i

    “Télérama” avait raconté comment la société Nexa, anciennement Amesys, avait vendu son système de surveillance électronique à l’Egypte après l’avoir exporté en Libye. Le Parquet de Paris ouvrir une information judiciaire pour “complicité d’actes de torture et disparitions forcées”. Coup de froid sur les grandes oreilles : ce vendredi 22 décembre, le pôle crimes contre l’humanité du parquet de Paris a décidé d’ouvrir une information judiciaire contre la société française Nexa pour « complicité d’actes de (...)

    #AMESys #Nexa #écoutes #exportation #sécuritaire #activisme #surveillance #web #FIDH (...)

    ##LDH

  • #Le_Pistolet_et_la_Pioche S01E09 : #Armes_Numériques : et la loi dans tout ça ?
    https://reflets.info/le-pistolet-et-la-pioche-s01e09-armes-numeriques-et-la-loi-dans-tout-ca

    Suite aux dernières révélations au sujet de #Nexa_Technologies/AMESys sur notre site, il nous semblait intéressant d’aller voir comment toutes ces combines et ventes discrètes d’armes numériques étaient perçues du côté juridique. Nous avons donc […]

    #AMES #Amesys #protection_de_la_vie_privée #Surveillance_de_masse #surveillance_Internet
    https://reflets.info/wp-content/uploads/LPLPS01E09.mp3
    https://reflets.info/wp-content/uploads/LPLPS01E09.ogg

  • #Amesys : les méandres d’Internet sont impénétrables…
    https://reflets.info/amesys-les-meandre-dinternet-sont-impenetrables

    C’est troublant, et pourtant c’est une information confirmée : une vidéo d’interview d’AMESys est en ligne… sur #Youporn. A la rubrique « french data porn ». Ça ne s’invente pas. Les méandres d’Internet sont vraiment impénétrables. https://www.youporn.com/watch/14183837/french-data-porn […]

    #Bienvenue_chez_Amesys #Breves #french_data_porn

  • Pour la plupart des développeurs d’Eagle, travailler sur un tel outil ne crée ni débat ni problème de conscience
    https://reflets.info/pour-la-plupart-des-developpeurs-deagle-travailler-sur-un-tel-outil-ne-cre

    Lorsque Bull décide, AmesysGate oblige, de se défaire de son activité #Eagle, le groupe publie un communiqué minimisant l’importance de cette « branche ». En clair, cela représentait « 0,5% » du chiffre d’affaires et environ une « dizaine de […]

    #Bienvenue_chez_Amesys #France ##LesDix #Amesys #Arabie_Saoudite #Cerebro #Gabon #Maroc #Nexa #Qatar
    https://reflets.info/wp-content/uploads/argumentaire%20commercial%20Amesys-80156257.webm

  • #Maroc : le #PopCorn a explosé sous #François_Hollande
    https://reflets.info/maroc-le-popcorn-a-explose-sous-francois-hollande

    Le 8 mai 2015, quelques médias marocains évoquaient une plainte du ministère de l’Intérieur qui allait être déposée afin d’identifier et punir plusieurs militants et journalistes. Ceux-ci avaient déclaré que le Maroc avait acheté un […]

    #Bienvenue_chez_Amesys #Monde #Abu_Dhabi #Amesys #Arabie_Saoudite #Bahreïn #Eagle #Jordanie #Lawful_Interception #Nexa #Qatar #Wassenaar

  • #Maroc : Popcorn, le projet qui n’existait pas
    https://reflets.info/maroc-popcorn-le-projet-qui-nexistait-pas

    En Mai 2015, le ministère de l’Intérieur marocain a porté plainte contre des journalistes et des opposants qui avaient évoqué un achat par le Royaume d’un Eagle d’Amesys, un projet baptisé Popcorn. Selon le ministère, […]

    #Bienvenue_chez_Amesys #Monde #Al_Fahad_Smart_Systems #AMES #Amesys #DPI #Nexa #Nexa_Technologies #Surveillance