• Lettre à un ami à Gaza

    Les #mots peuvent-ils réparer le monde ? Inspirée de « #Lettres à un ami allemand » d’#Albert_Camus, une invitation poétique au #dialogue israélo-palestinien. Un #essai_littéraire_filmique, présenté hors compétition à la Mostra de Venise en 2018.

    « Quand tu mènes tes guerres, pense aux autres. (N’oublie pas ceux qui réclament la paix) », écrivait #Mahmoud_Darwich, figure de proue de la #poésie palestinienne dans Pense aux autres (2007). Dans la bouche de l’actrice arabe israélienne Clara Khoury (La fiancée syrienne), le texte résonne comme un puissant #cri_politique. Alors que la poésie jaillit, le mur de béton érigé le long de la frontière avec la bande de Gaza défile en toile de fond. Aux reportages d’actualité sur le conflit israélo-palestinien se mêlent de poignantes lectures, par #Amos_Gitaï lui-même et les comédiens Makram Khoury et Hilla Vidor, de textes en arabe et en hébreu signés S. Yizhar, Emile Habibi et #Amira_Hass. Fervent défenseur de la paix, le cinéaste israélien s’est entouré d’amis pour composer cet essai littéraire filmique, présenté hors compétition à la Mostra de Venise en 2018.

    https://www.arte.tv/fr/videos/087427-000-A/lettre-a-un-ami-a-gaza
    https://www.youtube.com/watch?v=bHC6GsQzVbA


    #Israël #Palestine #lettre #guerre #paix #violence

    #Faire_monde à travers des lettres et de la poésie ?
    ping @karine4 @cede
    @reka

  • Chronik sur Twitter : ""« Tout ce à quoi j’assiste, à #Gaza et dans les territoires palestiniens, comme témoin, c’est beaucoup… beaucoup… » Sa voix se brise. Son regard est noir et triste.". #Amira_Hass, une #journaliste israélienne, une Juste. #Palestine https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/15/de-l-education-sarajevienne-a-la-cause-palestienne_5499759_4415198.html" / Twitter
    https://twitter.com/Chronikfr/status/1162304074487881731

    #sionisme

    • Lorsque son journal, Haaretz, lui demande en 1993 de couvrir l’actualité palestinienne, elle décide de partir à Gaza et de « vivre l’occupation ». Puisque Israéliens et Palestiniens vivent séparés, il lui faut être chaque jour au plus près de ceux dont elle raconte la vie. Quatre ans plus tard, elle déménage à Ramallah, la « capitale » d’une Palestine non reconnue et elle-même divisée en territoires et enclaves. Elle y vit toujours, dans un immeuble anonyme et sans charme du faubourg d’El-Bireh, au milieu de plantes vertes et de centaines de livres.

      Amira Hass a trois raisons de vivre avec les Palestiniens plutôt qu’à Jérusalem. La première est qu’elle estime que c’est « une décision normale pour une journaliste », une question de conscience professionnelle. La seconde est que c’est « une décision normale pour une fille de communistes : ce n’est pas un acte de rébellion mais la continuité de ce à quoi je crois », raconte la militante, qui récolte autant de prix internationaux de défense des droits de l’homme que de journalisme.

      pour la troisième raison : La suite est réservée aux abonnés.

    • Quand on se met en mode lecture sur les appareils “Apple” on a droit à plus de paragraphes :

      Amira Hass ne mentionne jamais la troisième raison, estimant que ni Israéliens ni Palestiniens ne la comprendraient. Elle ne les intéresserait d’ailleurs sans doute pas. Cette raison-là vient d’une culture lointaine et a une part d’irrationnel : la mère d’Amira Hass est de Sarajevo. Au-delà de ses convictions communistes et pacifistes, elle a ainsi donné à sa fille, admet la journaliste en souriant, « une éducation sarajévienne ».

      La Yougoslavie comme une « mère patrie »

      Hanna Lévy-Hass est née à Sarajevo un an avant que Gavrilo Princip, du mouvement révolutionnaire lié aux services secrets serbes Jeune Bosnie, tue d’une balle de pistolet dans le cou, le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire austro-hongrois, déclenchant la première guerre mondiale.

      Elle est issue, comme l’immense majorité des juifs sarajéviens, d’une famille sépharade dont les ancêtres sont arrivés dans les Balkans après leur expulsion de la péninsule Ibérique par les rois catholiques en 1492. Après des études à Belgrade, elle enseigne au Monténégro lorsque la seconde guerre mondiale embrase l’Europe. Tandis que son père meurt de faim dans une cache de Sarajevo, elle est arrêtée et déportée.

    • De l’« éducation sarajévienne » à la cause palestinienne
      Rémy Ourdan, Le Monde, le 15 août 2019

      Sarajevo-Jérusalem (5/6). Fille d’une survivante sarajévienne de Bergen-Belsen, Amira Hass vit depuis vingt-cinq ans en Cisjordanie. Cette reporter et éditorialiste au quotidien « Haaretz » défend sans relâche la cause palestinienne dans les colonnes de son journal.

      Dans l’interminable et douloureux conflit israélo-palestinien, Amira Hass est l’unique Israélienne juive à avoir décidé seule, en conscience, de vivre depuis vingt-cinq ans dans les territoires palestiniens occupés.

      Lorsque son journal, Haaretz, lui demande en 1993 de couvrir l’actualité palestinienne, elle décide de partir à Gaza et de « vivre l’occupation ». Puisque Israéliens et Palestiniens vivent séparés, il lui faut être chaque jour au plus près de ceux dont elle raconte la vie. Quatre ans plus tard, elle déménage à Ramallah, la « capitale » d’une Palestine non reconnue et elle-même divisée en territoires et enclaves. Elle y vit toujours, dans un immeuble anonyme et sans charme du faubourg d’El-Bireh, au milieu de plantes vertes et de centaines de livres.

      Amira Hass a trois raisons de vivre avec les Palestiniens plutôt qu’à Jérusalem. La première est qu’elle estime que c’est « une décision normale pour une journaliste », une question de conscience professionnelle. La seconde est que c’est « une décision normale pour une fille de communistes : ce n’est pas un acte de rébellion mais la continuité de ce à quoi je crois », raconte la militante, qui récolte autant de prix internationaux de défense des droits de l’homme que de journalisme.

      Amira Hass ne mentionne jamais la troisième raison, estimant que ni Israéliens ni Palestiniens ne la comprendraient. Elle ne les intéresserait d’ailleurs sans doute pas. Cette raison-là vient d’une culture lointaine et a une part d’irrationnel : la mère d’Amira Hass est de Sarajevo. Au-delà de ses convictions communistes et pacifistes, elle a ainsi donné à sa fille, admet la journaliste en souriant, « une éducation sarajévienne ».

      La Yougoslavie comme une « mère patrie »

      Hanna Lévy-Hass est née à Sarajevo un an avant que Gavrilo Princip, du mouvement révolutionnaire lié aux services secrets serbes Jeune Bosnie, tue d’une balle de pistolet dans le cou, le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire austro-hongrois, déclenchant la première guerre mondiale.

      Elle est issue, comme l’immense majorité des juifs sarajéviens, d’une famille sépharade dont les ancêtres sont arrivés dans les Balkans après leur expulsion de la péninsule Ibérique par les rois catholiques en 1492. Après des études à Belgrade, elle enseigne au Monténégro lorsque la seconde guerre mondiale embrase l’Europe. Tandis que son père meurt de faim dans une cache de Sarajevo, elle est arrêtée et déportée.

      L’histoire d’Hanna Lévy-Hass dans les camps nazis est connue grâce à son poignant Journal de Bergen-Belsen (Seuil, 1989). Après la Shoah, c’est sa fille qui a retracé la vie familiale dans Notes on my Mother et On my Parents, deux récits publiés en préface et postface de l’édition américaine du livre de sa mère (Diary of Bergen-Belsen, Haymarket, 2009).

      Elle écrit comment la communiste Hanna Lévy a épousé la création de la Yougoslavie. « Les juifs se sentaient bien dans la nouvelle fédération, un mélange d’identités religieuses et ethniques sous un seul régime. Peut-être se sentaient-ils bien avec le potentiel non ethnique et égalitaire d’une fédération où leur identité juive n’était qu’un élément – ni inférieur ni supérieur – d’une mosaïque riche et colorée. Elle se sentait égale parmi des égaux. » C’est ainsi qu’Hanna Lévy regarde la Yougoslavie de 1945, comme une « mère patrie », écrit sa fille, ce qu’elle aura du mal à faire pendant les décennies suivantes en Israël.

      Une errance sans fin

      La jeune communiste yougoslave émigre en 1949, un an après la création de l’Etat juif. « Après le choc des camps de concentration et comme beaucoup de survivants de l’Holocauste, elle ne s’y est pas sentie particulièrement bien accueillie », raconte Amira Hass.

      Déçue, Hanna Lévy retourne à Belgrade. Elle s’y sent certes yougoslave et communiste, en harmonie avec le projet de Tito, mais elle y est également déçue par le peu de considération envers les survivants du génocide. Elle revient en Israël où, dit Amira, « elle ne s’est jamais sentie chez elle ». Comme si l’errance ne devait pas avoir de fin. Comme s’il était devenu impossible de trouver une terre, une maison, une communauté à embrasser après Bergen-Belsen, après l’extermination.

      Hanna Lévy n’a curieusement jamais tenté de revenir dans sa ville natale. Pourtant, « elle parlait tout le temps de Sarajevo », dit sa fille. Sarajevo, la nouvelle Tolède, la ville de la coexistence communautaire, la cité où le temps s’arrête, pour privilégier la douceur de vivre et la relation au voisin – sauf lorsque l’histoire la rattrape, comme en 1941 avec l’arrivée des nazis et de leurs alliés croates oustachis, ou en 1992, avec le siège de l’armée serbe.

      La survivante de Bergen-Belsen a plaisanté toute sa vie sur ce déracinement et l’impossibilité de trouver une nouvelle maison. « Ses blagues favorites, se souvient Amira, concernaient toujours des réfugiés juifs européens. » La première est celle d’un juif qui, ayant décidé de quitter l’Europe, se rend dans une agence de voyages. On lui demande où il veut aller. En URSS ? Non, trop dictatorial. Aux Etats-Unis ? Non, trop capitaliste. En Afrique du Sud ? Non, trop raciste. En Israël ? Non, trop de guerres, et trop de juifs. Alors, finalement, le juif demande : et auriez-vous une autre planète ?

      La seconde est celle d’un juif qui, ayant décidé de quitter l’Europe, se rend en Israël. Après quelques mois, l’Europe lui manque et il y retourne. Puis Israël lui manque et il y retourne. Et ainsi de suite, en permanence, pendant des années. Alors quelqu’un lui demande où il se sent le mieux, en Europe ou en Israël ? Et le juif répond : sur la route, en chemin.

      Réfugiée en Israël, le pays où elle ne se sentira jamais chez elle, Hanna Lévy adhère au Parti communiste israélien, avec le même naturel qu’elle était membre du Parti communiste de Yougoslavie. Elle y rencontre son futur mari, Abraham Hass, un réfugié roumain.

      Le communisme israélien est très différent du communisme européen : « En URSS et en Europe de l’Est, être communiste signifiait faire partie d’une nomenklatura ; en Israël, cela voulait dire être dissident », note Amira Hass. Le parti de l’époque réunit juifs et Arabes « contre la politique coloniale israélienne ».

      Ce communisme à l’israélienne et l’« éducation sarajévienne » infusée par sa mère font que la future journaliste d’Haaretz n’a pas une enfance classique. « Un enfant israélien apprend très jeune que l’Arabe est un ennemi, un monstre. Chez nous, il y avait toujours des étudiants palestiniens qui vivaient là. J’avais davantage tendance à m’identifier à l’opprimé… »

      Après les tueries de Sabra et Chatila, au Liban, en 1982, commises par les phalangistes chrétiens libanais protégés par l’armée israélienne, sa mère décide de reprendre la route. « Elle en avait définitivement assez d’Israël », dit sa fille. Elle émigre pendant une décennie en Belgique, puis à Paris. « La blague du juif éternellement sur la route, en fait, c’est ma mère elle-même, en conclut Amira. Elle n’était venue vivre en Israël qu’à cause de l’antisémitisme génocidaire en Europe, mais elle se sentait bien dans la diaspora. Elle n’est jamais devenue sioniste. L’idée de la diaspora était pour elle une idée naturelle. »

      « Tous mes mondes se sont effondrés »

      Finalement revenue à Jérusalem, Hanna Lévy-Hass voit, un an avant sa mort, le conflit israélo-palestinien reprendre en 2000 avec la seconde Intifada. Mère et fille ne croient de toute façon pas au processus de paix enclenché en 1993 à Oslo : pour elles, l’origine du problème est dans la colonisation israélienne de la Palestine, pas uniquement dans les pics de violence d’une guerre sans fin.

      Avant de mourir, l’éternelle réfugiée juive sarajévienne confie : « Tous mes mondes se sont effondrés. » Amira explique que sa mère a perdu tour à tour « le monde juif de la diaspora, avec l’Holocauste ; le monde socialiste, avec l’échec des pays communistes ; le monde yougoslave, avec l’effondrement de la Yougoslavie ; puis le monde israélien, à cause de la politique envers les Palestiniens ».

      Lorsque la Yougoslavie s’embrase pendant la dernière décennie du XXe siècle et que Sarajevo est assiégée, Amira Hass vient de quitter Jérusalem pour Gaza. Elle sent bien qu’il se joue là-bas, dans la ville natale de sa mère, quelque chose d’essentiel pour quiconque s’intéresse au sort de la planète. « J’étais anéantie, mais je ne parvenais pas à être investie émotionnellement pour deux endroits. » Concentrée sur le reportage qui va devenir sa vie, elle fait en sorte de ne pas trop regarder vers Sarajevo.

      Amira Hass connaît chaque sentier de la Cisjordanie

      « Tout ce à quoi j’assiste, à Gaza et dans les territoires palestiniens, comme témoin, c’est beaucoup… beaucoup… » Sa voix se brise. Son regard est noir et triste.

      Un matin, à Ramallah, elle a entendu dire que des colons juifs ont attaqué le village de Jalud et brûlé des oliviers de la famille de Fawzi Ibrahim. Cela fait quelques années qu’Amira Hass ne couvre plus l’actualité quotidienne palestinienne et chaque incident lié au conflit, mais elle est toujours à l’affût d’histoires significatives pour ses trois articles hebdomadaires – un reportage et deux éditoriaux – et elle connaît cette famille depuis vingt ans.

      Elle se souvient de Fawzi Ibrahim, mort deux ans auparavant, comme d’un paysan particulièrement déterminé, ne se résignant jamais à l’incendie volontaire de ses oliviers à intervalles réguliers et n’hésitant pas à lancer des procédures judiciaires jusqu’à la Cour suprême. « Un Palestinien a besoin d’un avocat de sa naissance à sa mort », constate-t-elle amèrement.

      Amira Hass connaît chaque sentier, chaque recoin de la Cisjordanie occupée et fracturée. Elle raconte, au détour des collines, l’expansion des colonies juives. Elle remarque qu’elle doit emprunter un chemin de terre différent de celui de sa dernière visite. La carte de la Palestine n’arrête pas de changer, d’évoluer au gré de la colonisation.

      Arrivée à Jalud, elle mène son enquête. Elle rend visite aux cinq fils de Fawzi Ibrahim. Le cadet, Mahmoud, l’emmène voir l’école du village, attaquée par les colons masqués qui ont ensuite mis le feu aux champs d’oliviers. Elle récupère une vidéo de surveillance, elle compare les témoignages, les heures d’appel aux pompiers et leur intervention. Dans le reportage publié cette semaine-là, elle rappelle que les règles de l’occupation israélienne n’autorisent cette famille à se rendre dans ses champs et à récolter les olives que cinq jours par an. Elle retrace l’histoire des colonies de Shyut Rachel et d’Ahiya, établies autour de Jalud, qui demandent que l’armée israélienne interdise définitivement aux fils de Fawzi Ibrahim d’accéder à leurs champs d’oliviers, afin de pouvoir s’approprier leurs terres.

      Après le reportage suit dans les colonnes d’Haaretz son éditorial, dans lequel Amira Hass compare Israéliens et Palestiniens se masquant le visage pour mener des actions violentes. Elle frappe dur et les mots employés ne sont pas ceux que l’on entend généralement en Israël. Pour elle, les hommes masqués qui attaquent un village palestinien tel que Jalud sont « affreux et méprisables », tandis que les Palestiniens qui manifestent masqués devant la barrière de séparation de Gaza sont « beaux et touchants ». Elle note que pour les colons, n’ayant rien à craindre de la découverte de leurs identités, l’objectif de porter un masque est d’« imposer la terreur ». Elle pense, en revanche, que les manifestants palestiniens se masquent par nécessité de dissimuler leur identité à l’armée et à la police.

      Commentant l’usage de la violence, et notamment du jet de pierres devenu un phénomène commun aux jeunes colons juifs et aux jeunes Palestiniens, elle voit là aussi une différence : le colon visant les fermiers palestiniens est « un criminel qui s’inscrit dans un soutien aux crimes du gouvernement », tandis que le Palestinien visant l’armée et la police israéliennes répond à « son droit et son devoir historique de s’insurger contre un ennemi ».

      Pour Amira Hass, le premier se situe dans « la même tradition que le racisme pathologique du Ku Klux Klan aux Etats-Unis », tandis que le second s’inscrit dans « le continuum des combattants de la liberté ».

      Partisane de la coexistence intercommunautaire

      S’ensuit une liste de ces combattants ayant été forcés d’agir clandestinement et ayant marqué l’histoire avec, parmi eux – référence probablement incongrue pour un lecteur israélien ou palestinien –, le partisan yougoslave, du nom du mouvement de résistance de la seconde guerre mondiale.

      On comprend qu’Amira Hass, qui aurait certes pu développer ces convictions personnelles avec un autre héritage, n’est pas la fille d’Hanna Lévy pour rien. Contrairement à sa mère, elle n’a jamais été membre du mouvement communiste – « aucun parti, aucune Eglise », dit-elle –, mais ses vingt-cinq années de vie avec les Palestiniens font qu’un retour en arrière n’est pas envisageable.

      Cette partisane de la coexistence intercommunautaire méprise profondément ce que le sionisme et la création de l’Etat juif ont entraîné pour les autres communautés sur cette terre de Palestine. « Ce sont l’antisémitisme en Europe, l’extermination par les nazis et le refus du monde entier d’accueillir les juifs qui ont entraîné le sionisme. Si les juifs avaient eu des refuges, le sionisme aurait échoué, car l’idée de vivre comme une diaspora est très naturelle pour les juifs… », croit-elle. Tout en reconnaissant que « les Palestiniens ont tendance à idéaliser le passé », elle pense qu’« avant le sionisme, avant la déclaration de Balfour [1917] et la création d’Israël [1948], à Jérusalem, il y avait différentes communautés qui vivaient sans que l’une d’elles domine les autres ».

      « C’est de l’épuration ethnique »

      Elle en revient aux ancêtres de sa mère, expulsés d’Espagne et accueillis dans l’Empire ottoman, à Sarajevo. Elle croit que, de même que les jeunes Israéliens grandissent aujourd’hui avec « de fausses informations sur les Palestiniens », les générations précédentes ont été abreuvées d’histoires sur « la cruauté des Ottomans ». Elle note avec satisfaction qu’une nouvelle historiographie revisitant l’époque ottomane voit actuellement le jour, reconnaissant les bienfaits qu’elle a pu avoir sur Jérusalem et la Palestine. « Les gens étaient racistes, admet-elle. Mais ils vivaient ensemble, et aucune communauté ne dominait l’autre. »

      Amira Hass est aujourd’hui désespérée par la situation. Celle qui, il y a vingt-cinq ans, ne croyait déjà pas au processus de paix, voit dans la colonisation israélienne un processus irréversible. « La politique d’Israël, en résumé, c’est : le plus possible de territoires, avec le moins possible de Palestiniens. » Ayant fait son deuil de la gauche israélienne, car « il ne peut pas y avoir de gauche quand on soutient la colonisation et l’apartheid », elle pense qu’Israël « tente de pousser les Palestiniens hors de leur pays par tous les moyens ». Faisant écho aux concepts politiques de la seconde guerre mondiale, elle emploie une référence apparue pour la première fois dans le New York Times en 1992 à l’occasion de la guerre de Bosnie : « C’est de l’épuration ethnique. »

      De telles convictions, brandies au fil de ses chroniques – dont celles de la première décennie ont été publiées en France dans Boire la mer à Gaza et Correspondante à Ramallah (La Fabrique, 2001 et 2004) –, font qu’Amira Hass est parfois qualifiée de « traître » en Israël. D’autres la vénèrent pour son intégrité et son radicalisme. Et beaucoup l’ignorent tout simplement, peu intéressés par ce qu’elle a à écrire sur les territoires palestiniens, cet autre monde. « Mes articles sont, je crois, davantage lus sur le site en anglais d’Haaretz, dit-elle en souriant, que dans le journal en hébreu. »

      Imaginant mal de retourner vivre à Jérusalem après vingt-cinq ans passés en territoire palestinien, elle conclut en riant : « Finalement, je suis une juive typique : j’aime vivre en tant que minorité, j’aime vivre dans la diaspora. » Pour une minorité, elle est servie, puisqu’elle est seule.

      Amira Hass vit comme si elle avait amené les idées qu’elle partageait avec sa mère à leur paroxysme. Elle ne voit pas les descendants de son père roumain, car « ce sont des colons ». Elle ne fait aucune concession.

      A la fin de ces conversations menant de Sarajevo à Ramallah en passant par Bergen-Belsen et Jérusalem, elle murmure tout d’un coup : « Peut-être devrais-je boucler la boucle et aller finir ma vie à Sarajevo. » Elle ne connaît rien de cette ville dont sa mère lui a tant parlé. Tout juste admet-elle écouter passionnément Damir Imamovic, le maître sarajévien de la sevdalinka, la musique traditionnelle bosnienne, sans comprendre un seul mot des paroles, lorsqu’elle parcourt la Cisjordanie en voiture. Elle éclate de rire à l’idée de Sarajevo, comme si elle y puisait une énergie revigorante : « Le moment est peut-être enfin venu de m’enfuir d’ici… »

  • Amira Hass sur la loi d’expropriation des terres : « Pour nous, Juifs, notre cadastre des terres est avec Dieu. »
    Publié le 8 février 2017 sur Haaretz | Traduction : Jean-Marie Flémal
    http://www.pourlapalestine.be/amira-hass-sur-la-loi-dexpropriation-des-terres-pour-nous-juifs-notr

    (...) Voilà quelques-unes des positions qui ont été exprimées sur les ondes ces derniers jours, avant et après le vote de la Knesset sur la loi d’expropriation des terres.

    La discussion interne entre Israéliens a créé une cacophonie d’idées trompeuses émanant à la fois des partisans du projet de loi et de ses détracteurs de la droite centriste (Union sioniste, Yesh Atid). Apparemment, les deux camps parlent le long de pistes parallèles qui ne se rencontrent jamais, mais ce n’est qu’une apparence.

    Les partisans de la loi parlent de bonne foi des colonies sans idée malicieuse préconçue.

    S’ils le faisaient vraiment de bonne foi, comment expliquer alors que les bâtisseurs de postes avancés ont créé en plus, tout autour de ces postes, des zones de harcèlement violent, avec l’aide de leur milice privée (les Forces de défense israélienne (*)), pour empêcher les fermiers palestiniens d’avoir accès aux parcelles de leurs terres sur lesquelles d’innocentes maisons mobiles et villas n’ont pas encore été érigées ?

    Les détracteurs de la loi disent que, jusqu’à présent, les gouvernements israéliens ont pris soin de ne pas installer de colonies sur des terres en propriété privée.

    Vraiment ? Combien de fois devrons-nous répéter qu’il s’agit d’une fiction ?

    Beit El est entièrement construite sur des terres privées, et cela vaut aussi pour Ofra. Il existe des dizaines d’autres colonies et postes avancés florissants qui ont été établis en partie ou en tout sur des terres privées palestiniennes saisies en fonction de prétendues nécessités militaires – et ce, même après la réglementation Elon Moreh de 1979, dans laquelle la Haute Cour de justice interdisait de bâtir sur des terres en propriété privée.(...)

    #Amira_Hass

  • Gazan boy paralyzed by Israeli army fire fights for compensation
    Atiya Nabahin was shot in the neck by soldiers as he returned home from school. Now he awaits a ruling for compensation.
    By Amira Hass | Nov. 26, 2016 | 11:58 AM
    http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.755216

    A 17-year-old Palestinian who became a quadriplegic after being wounded by IDF fire is posing the first challenge to the Law to Bypass the High Court that was passed by the Knesset four years ago. If the Be’er Sheva District Court accepts the state’s position that his suit for damages should be rejected, his lawyer will appeal the ruling to the Supreme Court. Then the justices will have to address for the first time the legality of the amendment to the Civil Damages Law that the Knesset passed in 2012, seven years after they nullified a similar amendment to the same law.

    Atiya Nabahin’s family lived east of the Al-Bureij refugee camp on farmland it has owned and worked for decades, close to the Green Line. On November 16, 2014, his birthday, Nabahin was shot in the neck by soldiers as he returned home from school. No armed clash was occurring at that time and place between Palestinians and the IDF.

    For six months, Nabahin received medical treatment in Israel (paid for by the Palestinian Authority), after it was determined that he had been permanently paralyzed from the neck down. His father Fathi, 59, stayed with him throughout that time, and was taught at ALYN Hospital about how to care for his son, who is now completely dependent on his family members. The family cannot afford to hire outside help. It must shoulder the emotional, physical and financial burden of Atiya’s care alone.

    When Atiya Nabahin and his father were in Soroka Hospital in early 2015, the Gazan human rights organization Mizan put them in touch with lawyer Mohammed Jabarin, who later filed the civil suit against the state. Ofer Shoval, deputy Tel Aviv district attorney, sought to have the claim rejected because Nabahin “is a resident of an area outside of Israel that the government has officially declared to be enemy territory,” and because “the law explicitly states that the state is not responsible for damages in these circumstances.”

    A month ago, Jabarin and attorney Nadeem Shehadeh from Adalah – The Legal Center for Arab Minority Rights in Israel co-wrote a response to Shoval, saying that the law upon which the state is seeking to have the suit dismissed amounts to a direct challenge to the Supreme Court’s authority.

    Since the late 1990s, and more so after the outbreak of the second intifada, successive Israeli governments have tried to limit Palestinians’ ability to sue the state when they are hurt by IDF actions. In 2002, an amendment to the Civil Damages Law was enacted, which introduced many hurdles in the process for Palestinians wishing to sue for damages. In 2005, another amendment (7) was passed, which denied residents of the occupied territories, “subjects of enemy states and active members of terrorist organizations” the right to sue for damages caused them outside the framework of combat operations (with minor exceptions). The amendment also stipulated that “the state is not response for damages caused in the conflict zone due to actions by the security forces” and authorized the defense minister to determine, even retroactively, what qualifies as a “conflict zone.”

    Challenges from human rights NGOs

    Nine Israeli and Palestinian human rights organizations petitioned against the amendment and in December 2006 a nine-justice panel of the High Court, headed by then-court President Aharon Barak, ruled that the clause in question granted sweeping immunity to the state, “with the improper aim of exempting the state from all responsibility for damages in conflict zones … in relation to wide categories of actions that are not combat actions even in the broadest definition of that term. What this means is that many injured persons who were not involved in any hostile activity, and who were not hurt incidentally during actions by security forces meant to address any sort of hostile activity, are left without remedy for the harm to their life and their property.”

    The judges ruled that the key clause of the amendment (No. 7, Section 5c), which included the definition of conflict zones, shall be nullified because it violated the Basic Law: Human Dignity and Freedom. However, the court did not strike down Section 5b, regarding the identity of the casualties, but it did say that this section could be discussed in specific cases.

    Immediately after the ruling was handed down, the government began working to have the amendment restored, indirectly. Amendment 8 was passed in 2012, and this time there was no High Court petition, even though it was even more sweeping than Amendment 7. In the new amendment, the definition of military activity as “being done in circumstances of mortal or physical danger” was expanded to “actions of a combat nature, considering the entirety of the circumstances, including the objective of the operation, its geographical location and the threat to the force carrying it out.” In other words, the state needn’t make the claim that soldiers were in any danger in order to justify its request to reject a suit for damages.

    Additionally, to evade the definition of a “conflict zone” that was nullified by the High Court’s order, Amendment 8 added the following words to the part concerning the identity of the injured party who is not authorized to sue (the subject of an enemy country, etc.): “or one who is not an Israeli citizen, who is resident of an area outside of Israel that the government has declared, by order, as enemy territory.” In other words: Instead of a “conflict zone,” the new amendment refers to “enemy territory.”

    In October 2014, the government issued an order declaring Gaza enemy territory. The order was applied retroactively, beginning July 7, 2014 (just before the start of Operation Protective Edge in Gaza).

    Nabahin’s lawyers believe his severe injury falls exactly in that place where the High Court justices, in their 2006 ruling, sought to prevent the state from being able to evade responsibility: the seemingly unjustified injuring by soldiers, the state’s emissaries, of a person who was not involved in any hostilities and at a time and place where no hostile activity was occurring. In their letter, Jabarin and Shehadeh wrote:

    “The state is effectively being given total immunity, meaning it is exempt from responsibility for damages in relation to many areas of activity that do not qualify as combat activity, even in the broad and inherently problematic definition, given to this concept in the law. Thus many victims find themselves without recourse. … In this way [the state] is not trying to adapt the laws on damages to a war situation, but rather to deny the applicability of these laws to many actions that are not combat-related…”

    The attorneys – and their permanently paralyzed client – are now waiting for the state’s response to their objection.

    #Amira_Hass

  • In West Bank, layers of institutionalized violence

    A look at a West Bank checkpoint ’that provides the Jews land and rights that it deprives the Palestinians of, a violence of the overlord that is intravenously fed into the veins of every Israeli.’
    Amira Hass Oct 25, 2016 10:36 PM

    http://www.haaretz.com/opinion/1.749222

    A file photo of the DCO checkpoint near Ramallah, 2010.Emil Salman

    The two men, dressed in black pants, white shirts and Jewish religious skullcaps, standing and taking pictures with their cell phones, would not have stood out if not for where they were, near the vehicle lane at the DCO/Beit El checkpoint in the West Bank, at the eastern entrance to the Palestinian city of Ramallah.

    They weren’t taking pictures of the view on a Sunday morning or of the Israeli Civil Administration building that sits on a hill to the rear. They were photographing cars streaming into Ramallah.

    Whether or not there was a connection, a few moments after they noticed that this reporter was photographing them taking pictures, they left the location and got into a car parked further behind, where a driver with a thick beard was waiting for them.

    What did they have to do with the hundreds of Palestinians making the morning commute to work in the city? What did they have to do with the checkpoint, where in recent months its conditions for crossing have eased, and at which time there were no soldiers stationed?

    The men taking pictures were not physically violent but the entire situation reflected layers of arrogant entitlement.

    The checkpoint is a scene of layers and years of bureaucratic and military violence that has limited Palestinian freedom of movement in favor of the Jewish invaders. It’s violence that provides the Jews land and rights that it deprives the Palestinians of, a violence of the overlord that is intravenously fed into the veins of every Israeli.

    A few dozen kilometers from there, on Monday, a young man with side locks hidden under a black hat sicced a German shepherd on several members of the Arab-Jewish Ta’ayush (Living Together) organization who have been monitoring the illegal and unauthorized new West Bank Jewish outpost being built in the Al-Hama area of the northern Jordan Valley.

    Petrified by the unleashed dog, a solidarity activist from abroad who had joined the Ta’ayush patrol stumbled and fell into thorn bushes.

    A photo shows the show the dog coming from behind and almost biting one of the activists (who exhibited impressive composure). At that moment the young man with the hidden side locks was holding the dog by its collar, it should be noted: Pent-up violence, reserved at least for the time being for non-Arabs.

    The dog, an openly visible gun, in addition to concealed guns, threats and the entitled arrogance have for nearly two weeks denied Palestinian shepherds access to grazing land on the hill.

    The site is a storehouse of deep layers of Israeli violence. The Mehola settlement across the road is built on land owned by Palestinians who unfortunately were not in the West Bank when it was occupied by Israel in 1967. These legal owners are now deemed absentees.

    The settlement is not defined as illegal, adding additional layers of linguistic abuse. The road is called Gandhi Road, a reference to the nickname of the late Israeli Rehavam Ze’evi, who preached the physical expulsion of Palestinians and whose memory is sanctified in Israel today.

    On the west side of the road lies the illegal, unauthorized outpost of Givat Salit, which has already taken control of privately owned Palestinian land, planting date palms and olive trees at the site, as well. And now comes the turn of a brand-new outpost, set up just five or six weeks ago.

    The authorities are aware of it, and the unit of the Coordinator of Government Activities in the Territories has said that stop-work orders have been issued against it, and that last Thursday it was found that the construction work had stopped. Really? This reporter on that same Thursday saw construction work expanding up the hill.

    And wonder of wonders, shortly after the outpost was erected, forces from the Israeli Civil Administration came and demolished huts and animal pens where the community of Palestinian shepherds lived.

    A joint operation, we should call it. The deception that is meant to obscure the close cooperation between the lawlessness of the authorities and that of individuals is another layer of institutionalized violence.

    Members of Ta’ayush took pictures of Mehola’s grandchild outpost and the people at the outpost called the police, who showed up immediately.

    In what way are the Ta’ayush members any different from the Jews taking pictures at the entry checkpoint to Ramallah? The Jews that are a part of the Israeli aggressive fabric that Ta’ayush is trying to unravel.

    #Amira_Hass
    #colonialisme_de_peuplement_israélien #violence

  • Does Destroying the Homes of Palestinian Attackers Deter Others?
    That’s what Israeli leaders say. What about the facts?
    Amira Hass Dec 09, 2015 3:24 PM
    http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.690917

    A Palestinian woman inspects a house that was razed by the Israeli army, in the Qalandiya refugee camp on Nov. 16. It was home to a Palestinian who allegedly shot and killed an Israeli. AP

    Young Palestinians attending the funerals of those who have been killed can be heard chanting the following: “Oh mother of the martyr, how lucky you are. If only my mother were in your place.” They are lying. They know full well that the mother of the shahid, the martyr, is grief-stricken and that their own mothers are not prepared to trade places with her. All you need to do is witness the sobbing of relatives and friends over other young people who have been killed to understand the extent to which the chant is detached from reality.

    It’s hard to gauge the true extent of the chant’s effect on all the young people who in recent weeks have decided to seek death by attacking Israelis. What is clear, however, is that they are in no way influenced by official Israeli statements, the most recent of which came from State Prosecutor Shai Nitzan, to the effect that Israel’s demolition of the homes of terrorists is a means of deterrence. In other words, the learned claim that the way to stop additional attacks is by demolishing more Palestinian homes is a lie.

    On October 6, security forces in Jerusalem destroyed two homes and sealed another house of Palestinians who murdered Israelis in the city and were killed in the incidents. Those who suffer the consequences are the Palestinians’ families. The demolitions, with the stamp of approval of the Israeli High Court of Justice, were carried out hastily in the wake of two fatal attacks the week before, in which four Israelis were murdered and another was wounded in a stabbing.

    And what happened the week after the High Court’s act of deterrence? The start of a trend in which about three stabbings or attempted stabbings took place every day. On October 7, there were three knife attacks in three cities inside Israel. On October 8, there were four stabbings, followed the next day by a stabbing in Jerusalem and another in the West Bank settlement of Kiryat Arba. (And in Dimona, a Jew stabbed a Palestinian, while in Afula police riled by public hysteria shot a young female resident of Nazareth who hadn’t hurt anyone.)

    On October 10, there were two knifings in Jerusalem. The following day there was a car ramming and stabbing attack in Gan Shmuel (and an Israeli report, denied by the Palestinians, of an attempted attack involving gas canisters in Ma’aleh Adumim). On October 12, there was one stabbing, two foiled stabbings and an attempt to steal a weapon in Jerusalem, followed the next day by two stabbing attacks in Ra’anana in which several people were wounded and two attacks in Jerusalem in which four Israelis were murdered. The two fatal attacks were committed by three residents of the Jerusalem neighborhood of Jabal Mukkaber, the Jerusalem neighborhood in which the two homes were demolished on October 6 as a deterrent step.

    The daily pace of the attacks and attempted attacks continued until October 19. In the meantime, the hub of the attacks in this lone-wolf uprising has shifted from Jerusalem to Hebron. And because the deterrent tactic has so proven itself, on October 20, on instructions from Defense Minister Moshe Ya’alon, our forces destroyed the Hebron home of an individual who murdered an Israeli woman last year. And what happened just hours after the demolition? There were three stabbing attacks and one attack involving a truck (although the Palestinian driver claimed it was an accident).

    Between November 14 and December 3, the justices and army commanders sent in forces to demolish another seven Palestinian homes: five in Nablus, one in Qalandiyah and one in the Shoafat refugee camp. Have you heard about any halt in the stabbing attempts? It’s impossible to know whether the most recent Israeli fatalities are due directly to the High Court’s approval of the home demolitions. All we do know for sure is that the justices’ ruling didn’t prevent the deaths of those Israelis.

    In an effort to cover up the failure of the deterrence tactic, Israel has been harping on “Palestinian incitement.” That’s what’s responsible. In that regard, Israeli spokespeople, first and foremost Prime Minister Benjamin Netanyahu, are like the corporate oil lobby denying the connection between global warming and human activity. They deny any connection between the uprising by desperate and angry individuals and the vicious rule that we have imposed on them. But the Israeli leaders do excel at demolishing more and more homes as a deterrent measure, which again and again fails to prove itself.

    #Amira_Hass #Palestine #Colonisation #destruction

  • Proportionate Israeli Revenge - par Amira Hass - Nov 18, 2015 4:42 AM
    http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.686710

    AFP A Palestinian woman walks amid the rubble of a house after Israeli security forces demolished the homes of two convicted Palestinian terrorists in Jabal Mukaber in East Jerusalem, October 6, 2015.

    Revenge has many fathers, and even mothers. Some are known by name: their honors Justices Miriam Naor, Hanan Melcer and Noam Sohlberg; head of the army’s Central Command Roni Numa; commander of the Binyamin Brigade Yisrael Shomer (the names change, but not their positions or their roles in the chain of vengeance).

    The High Court of Justice ruling that authorized demolishing the houses of people suspected in the recent murders of Jews isn’t called revenge, but deterrence. Well, that is intriguing. After 50 years of Israeli rule that was forced on the Palestinians, and which has included every possible type of “deterrent” action, how is it that those dimwits still haven’t learned that they’re supposed to be deterred? So let’s dispense with the wrapping paper and call things by their proper name.

    Most of the fathers of revenge aren’t known by name: for example, the numerous soldiers serving in the Binyamin Brigade, the Duvdevan undercover unit, the Shaked Battalion and the engineering corps who invaded the Qalandiyah refugee camp sometime after midnight on Monday. Their assignment was to demolish an apartment in the Al-Jabal neighborhood, the home of Mohammed Abu Shahin, who is accused of murdering Danny Gonen at a spring in the West Bank village of Deir Ibzi’a.

    Accused, mind you; his guilt hasn’t yet been proven. And we, poor fools, learned back in elementary school that he is innocent until proven guilty. What’s surprising here is that when the suspect is a Palestinian, the High Court justices don’t even tried to conceal the gross violation of this basic legal presumption.

    The honored justices and the officers are acting on the government’s orders to take revenge, and they make haste to do its will. A lynching has many faces. The lucky ones, and those with refined tastes, don’t have to soil their hands with blows and blood. They need only sign orders and cite previous, nicely wrapped verdicts.

    Revenge is not sufficiently sweet without knowing the graphic details: the tear gas and the sounds of the explosions that once again invaded dreams and rooms, the helplessness of the parents, the fear of the children who live in Al-Jabal, who were awakened by blows on their doors and calls over the loudspeaker to leave their homes and gather on the soccer field (41 percent of the camp’s approximately 13,000 residents are up to 14 years old.)

    “I believe there’s no reason to conclude that the planned demolition is disproportionate,” wrote Naor, and her learned colleagues concurred.

    True, it’s crowded in the camp (343 dunams housing refugees who originated from Lod and 51 destroyed villages). Houses touch each other; upper-story apartments are just an arm’s length from their neighbors; alleys are only 1.5 meters wide. Naor, the author of the High Court’s decision, believed the state’s assertion that “the demolition will be carried out under the supervision of an engineer, who will ensure that all necessary steps are taken to prevent collateral damage.” Fifty years of rule, and the state and the honored justice and the engineer truly don’t know that it’s impossible to blow up a flat in a refugee camp without causing collateral damage?

    And now for the collateral damage: At least nine other apartments were damaged in the explosion. Here the damage totaled tens of thousands of shekels, there it was merely thousands. Cracked supporting walls are in danger of collapsing.

    These people worked in Israel, built for Israelis, removed Israelis’ trash and saved for years to build a multistory home in which the overcrowding could be forgotten — one with an air conditioner and pictures of Disney characters in the children’s rooms. The lynchers can rub their hands with glee: It’s not just the family of the accused that is paying for the murder, but also 50 or 60 of its neighbors.

    Revenge in the guise of deterrence may work in the short term. For a month. For half a year. But in the long term, it creates new generations of Palestinians who will conclude they have no future with Israel and the Israelis.

    #Amira_Hass

  • ▶ L’Invitée de l’AFPS : Amira Hass, journaliste à Ha’aretz - YouTube

    Entre autre parce que j’aime beaucoup Amira Hass

    https://www.youtube.com/watch?v=G2p-MtIA4mc

    Ajoutée le 9 déc. 2013

    Amira Hass, née en 1956 à Jérusalem, est une journaliste et auteure israélienne, surtout connue pour ses colonnes dans le quotidien Ha’aretz. Elle vit en Cisjordanie après avoir habité à Gaza et elle rapporte les événements du conflit israélo-palestinien depuis les territoires palestiniens.

    Amira a débuté sa carrière à Ha’aretz en 1989, et a commencé à informer depuis les territoires palestiniens en 1991. En 2003, elle était la seule journaliste israélienne juive à vivre parmi les Palestiniens, à Gaza depuis 1993 et à Ramallah depuis 1997.

    Elle a publié deux ouvrages tirés de ses expériences successives : ’Boire la mer à Gaza’ et ’Correspondante à Ramallah’, tous deux parus en France aux éditions La Fabrique.

    #israël #palestine #amira_hass

  • Reaping what we have sown in Gaza - Diplomacy and Defense Israel News | Haaretz #Amira_Hass
    http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/.premium-1.606231

    Texte intégral ici http://warincontext.org/2014/07/21/israel-is-reaping-what-it-has-sown-in-gaza

    J’ai déjà soulevé le drapeau blanc. J’ai arrêté de chercher dans le dictionnaire le mot pour décrire la moitié manquante de la tête d’un garçon alors que son père crie « Réveille-toi, réveille-toi, je t’ai acheté un jouet ! » Comment Angela Merkel, la chancelière de la Grande Allemagne, l’exprime-t-elle ? Le droit d’Israël à se défendre.

    Je suis toujours en lutte avec la nécessité de partager les détails des interminables discussions que j’ai eues avec des amis dans la bande de Gaza, afin de documenter ce que c’est que d’attendre votre tour dans l’abattoir. Par exemple, l’entretien que j’ai eu le samedi matin avec le juge du camp de réfugiés d’al-Bureij, alors qu’il était sur son chemin pour Dir al-Balah avec sa femme. Ils ont environ 60 ans. Ce matin-là, sa mère vieillissante a reçu un appel téléphonique, et a entendu un message enregistré instruire les résidents de leur camp de réfugiés de quitter pour Dir al-Balah.

    Un livre sur la psychologie de l’armée israélienne devrait avoir un chapitre entier consacré à ce #sadisme qui se drape dans les oripeaux de la miséricorde : Un message enregistré demandant à des centaines de milliers de personnes de quitter leur maison déjà ciblée, pour un autre lieu, tout aussi dangereux, à 10 kilomètres. (...)

    Si je portais un chapeau d’analyste, j’aurais écrit : Contrairement à la #hasbara israélienne usuelle, le Hamas ne force pas les habitants de Gaza de rester dans leurs maisons, ou de quitter. C’est leur décision. Où iraient-ils ? « Si nous devons mourir, il est plus digne de mourir à la maison, au lieu de fuir, » dit le laïque sans concession J.

    Je suis toujours convaincue qu’une phrase comme celle-ci vaut mille analyses. Mais quand il s’agit de Palestiniens, la plupart des lecteurs préfèrent les résumés.

    #Palestine #Israël #Israel

  • Israël aurait fait preuve de retenue dans Gaza avant d’attaquer ? Vous voulez rire !
    http://www.ujfp.org/spip.php?article3337

    « Gaza est un État indépendant. » Non, il ne l’est pas. Gaza et la Cisjordanie ne sont qu’une unité territoriale composée de deux parties. Selon les décisions de la communauté internationale, un État doit être établi dans ces deux parties, lesquelles sont toujours sous occupation israélienne, comme le sont les Palestiniens qui y vivent. Source : UJFP

  • La grammaire intérieure du jet de pierre

    « Lancer des pierres est un droit et un devoir de naissance pour qui se trouve sous domination étrangère. Lancer des pierres, essentiellement, est une métaphore de la résistance. La poursuite des lanceur de pierres, qui comprend l’arrestation de gamins de huit ans, fait inséparablement partie, même si ce n’est pas toujours écrit, de la description du rôle des représentants de la domination étrangère – non moins que les tirs, les tortures pendant les interrogatoires, la spoliation des terres, les entraves à la liberté de mouvement et même la distribution de l’eau. La violence de soldats âgés de dix-neuf ans, de commandants âgés de quarante-cinq ou de bureaucrates et de juristes, cette violence est réelle. Ils sont enrôlés pour défendre les fruits d’une violence impliquée par le fait même de la domination étrangère – ressources, bénéfices, privilèges, jouissance de la force.

    La résistance et le fait de se tenir debout (soumoud) face à la violence physique et surtout institutionnelle : c’est la phrase fondamentale de la grammaire intérieure de la vie palestinienne dans ce pays. Jour après jour, heure après heure, instant après instant. Sans répit, sans trève. Et, malheureusement, non seulement en Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est) et dans la bande de Gaza, mais aussi dans les frontières de la souveraineté israélienne (avec quelques différences dans les modes de violence et de résistance). Mais des deux côtés de la Ligne verte s’entassent des couches sédimentaires de suffocation, de souffrance, d’amertume, d’angoisse, de colère et d’interrogation : comment les Israéliens peuvent-ils être aveugles au point de croire que leur violence pourra durer toujours ? »

    #Amira_Hass

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2013/04/la-grammaire-interieure-du-jet-de-pierre.html

    http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=679643

    #Palestine
    #féminisme
    #Empowerment

  • « En vidéo • Amira Hass : sans changement de politique, "l’Etat d’Israël n’est pas viable" »

    Correspondante du quotidien israélien Ha’Aretz dans les Territoires palestiniens, Amira Hass documente l’occupation au quotidien depuis vingt ans. Courrier international l’a rencontrée aux Tribunes de la presse, en octobre 2013.

    http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/21/amira-hass-sans-changement-de-politique-l-etat-d-israel-n-est

    Vous savez, j’ai une longue liste de mots que je déteste. J’ai commencé par détester « Oslo ». Puis « processus de paix ». Puis « paix », « réconciliation », « dialogue »... Parce que tous ces mots ont été vidés de tout sens et ont été sujets à manipulation par les autorités israéliennes – mais aussi américaines, européennes, etc. Pendant que tout le monde parlait de processus de paix, Israël perfectionnait en réalité ses moyens de colonisation et d’occupation.

    #Israël #Palestine #Amira_Hass #Proche-Orient #conflit_israélo-palestinien #occupation #plo