• Êtes-vous plutôt tourismophobe ou touristophobe ?
    https://www.cetri.be/Etes-vous-plutot-tourismophobe-ou

    « Tourismophobie », « touristophobie », les deux néologismes sont apparus ces dernières années dans la foulée d’un autre, le « surtourisme », lui-même avatar 2.0 du « #Tourisme de masse », boosté par l’explosion des minitrips low-costs et l’« airbnbisation » des centres-villes historiques. Qui est touristophobe, qui est tourismophobe aujourd’hui ? Les critiques du tourisme international publiées par le CETRI le sont-elles ? Focus sur les contours et les raisons d’une aversion… moins récente qu’il n’y paraît. « (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, #Le_Sud_en_mouvement, #Analyses, Tourisme


  • L’horizon impérial (4/4)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?L-horizon-imperial-4-4,968

    Voir la partie précédente (.../...) Évolution technologique C’est sans doute le point le plus contre-intuitif, la sophistication technologique actuelle se présentant allègrement comme synonyme de progrès politique et social. Pourtant l’évolution de la technique accompagne, précède, suit, découle de et détermine l’évolution des sociétés, et c’est le coup de génie de la science-fiction cyberpunk, au­jourd’hui domi­nante, que d’avoir découplé les deux en décrivant des mondes hyper-technologisés tout en étant (...)

    #Analyses

    / #Technoscience, #Type_anthropologique, #Linguistique, #Anthropologie, #Prospective, #Mouvements_sociaux, #Éducation, #Psycho-sociologie, (...)

    #Énergie


  • Et maintenant ? Gilets jaunes, politique et retour à l’ordre – carbure
    https://carbureblog.com/2019/03/25/et-maintenant

    (...) Depuis les annonces de décembre et le début du grand débat national de Macron, la ligne du gouvernement consiste à poser que le mouvement des #Gilets_jaunes n’a plus lieu d’être, et que ceux qui descendent encore dans la rue et occupent les ronds-points sont de simples agitateurs, voire des factieux qui veulent renverser la République. C’est une répression policière et judiciaire d’une ampleur et d’une violence sans précédent qui s’est abattue sur des populations qui ne sont pas criminalisées a priori par leur propre statut social, comme les banlieues. La répression s’est exercée sur des Français moyens, et c’est déjà une rupture notable.

    Face à cela, les Gilets jaunes ont réussi à faire vivre le mouvement, qui s’est maintenu dans sa forme interclassiste « par en bas », c’est-à-dire associant la petite classe moyenne et une forte composante prolétarienne sans être spécifiquement ouvrière, de travailleurs pauvres et précaires, de retraités, d’employés du secteur public parmi les plus mal traités, etc. Cette composition, qui n’est pas homogène mais comprend de fortes disparités locales, paraît maintenant stabilisée, mais quoi qu’il en soit, elle ne nous donnera pas la clé de la situation. Le dépassement des oppositions de classe n’est pas contenu dans ces oppositions, la contradiction n’est pas la garantie de son propre dépassement. Qualifier ce mouvement de prolétarien ou non ne nous avancera guère dans sa compréhension, pas plus que les considérations idéologico-morales sur le fait de savoir s’il est notre « ami » ou notre « ennemi ».

    Ce qui est notable, c’est que l’ensemble interclassiste qui s’est constitué depuis décembre semble désormais stabilisé, et qu’il ne paraît pas devoir s’étendre au-delà de lui-même. En particulier, les deux types d’alliances qui paraissaient au cours du mouvement les plus probables, l’alliance avec les « quartiers populaires » et celle avec les syndicats ont échoué à se faire ou ont avorté. Non pas que des racisés ou des travailleurs syndiqués n’aient pas rejoint le mouvement, mais tout se passe comme si ce mouvement produisait une extinction de la particularité sociale de ceux qui le rejoignent.

    Cet état de fait est produit par la nature interclassiste du mouvement : chaque secteur de la société est invité à se fondre dans cet ensemble populaire, à se défaire de ses appartenances politiques et sociales pour s’agréger à l’ensemble « peuple ». Pour être tous ensemble, il faut être tous pareils, et il est difficile d’appeler les syndicats à organiser une grève générale tout en leur demandant de cesser d’exister comme syndicats, et de demander aux racisés de rejoindre le mouvement pour aussitôt affirmer que le racisme se résout de lui-même dans la demande de justice sociale.

    Cette capacité intégrative a été et demeure la plus grande force du mouvement, c’est sa volonté de « faire peuple » qui constitue sa dynamique, mais on voit ici que c’est également sa limite et ce qui l’empêche de s’étendre. C’est que « le peuple » n’est pas la réalité immanente qu’il pense être, qu’il est construit de manière différente dans chaque mouvement interclassiste. Les Gilets jaunes peinent à accepter le fait qu’ils sont désormais essentiellement un mouvement des plus pauvres, de la force de travail non-intégrée, et si on persiste à parler d’une supposée composante « petits patrons », c’est comme un gage de respectabilité et d’universalité. En réalité, cette composante a empoché les primes de Macron (dans les petites entreprises familiales, une telle prime défiscalisée est une aubaine pour tout le foyer), et les commerçants ont déserté le mouvement dès avant les fêtes. La capacité intégrative des Gilets jaunes s’exerce désormais essentiellement vers le bas, c’est de ce peuple-là dont il s’agit.

    Contrairement à ce qui se passe en Algérie, où toutes les composantes de la société descendent ensemble dans la rue pour réclamer la démocratie, en ordre de bataille et selon la hiérarchisation sociale qui est la leur, c’est-à-dire sous les classes moyennes supérieures et la bourgeoisie, les Gilets jaunes forment un ensemble « populaire », au sens où l’on parle couramment de « classes populaires », et ceci est la nature de leur interclassisme. Le jeune avocat Gilet jaune François Boulo le dit : à Rouen, il a échoué à convaincre le moindre de ses collègues à le suivre sur les ronds-points. Il n’y a pas d’avocats, pas de médecins, pas de professeurs d’université parmi les Gilets jaunes. Que par ailleurs, dans les sondages, « 70% des Français » soutiennent ou pas les Gilets jaunes ne change pas grand-chose à cet état de fait. Reste à savoir quelle est la situation politique dans laquelle cet l’ensemble populaire ainsi constitué se trouve plongé.

    Le problème principal des Gilets jaunes est désormais le refus de dialogue de l’Etat. Macron a déjà reculé une fois, certes en trompe-l’œil eu égard aux mesures prises, mais il a dû subir l’humiliation d’un mea culpa et faire au moins mine de prendre en compte le mouvement. Personne n’a été dupe par ailleurs du fait que cette prise en compte soit en réalité une reprise en main, et la mise en scène du grand débat, auquel les Gilets jaunes qui en étaient la cause n’ont jamais été associés a été assez tournée en dérision. Toujours est-il qu’« ils » ont bougé, pour la première fois depuis des années, et c’est assez notable.

    Mais il semble que maintenant on en soit revenu à la gestion de crise qui a fait ses preuves depuis au moins 2010 : faire bloc et ne pas broncher. Il n’est pas certain que cette stratégie soit la plus habile, mais en réalité, on voit mal sur quoi l’exécutif pourrait raisonnablement céder sans perdre la face et surtout sans ouvrir la voie a plus de revendications encore. Céder sur l’ISF ou autre chose serait sans doute possible, moyennant quelques-uns de ces aménagements dont les technocrates ont le secret, mais alors cette victoire ne serait qu’un encouragement à continuer la lutte pour obtenir plus encore, le tabou absolu étant une augmentation significative du SMIC et des minima sociaux. La limité est clairement posée : le coût du travail n’augmentera pas en France. Nous ne sommes pas en 1968, il n’y aura pas d’accords de Grenelle, quelle que soit la puissance du mouvement, et confusément tout le monde le sait. On sait bien qu’« ils » ne lâcheront rien sur l’essentiel ni sur l’accessoire.

    Si le mouvement des Gilets jaunes a échoué pour l’heure à s’étendre au-delà de lui-même en intégrant d’autres secteurs susceptibles d’entrer en lutte, c’est au niveau politique qu’est susceptible de se construire le consensus le plus large en son sein. Ce niveau de l’idéologie est celui où la hiérarchisation interne du mouvement peut le mieux se produire, sous la domination de la petite classe moyenne cultivée, qui vote ou qui milite et qui est en capacité de s’emparer d’éléments de discours critiques susceptibles de s’opposer de manière crédible au discours de la bourgeoisie. Il faut tout de même préciser que si ce niveau idéologique est bien réel et agit sur la forme des luttes, l’activité de lutte elle-même ne se réduit pas à la production idéologique et la déborde souvent, en même temps qu’elle la constitue.

     On a chassé à plusieurs reprises l’extrême-droite des manifestations, critiqué E. Chouard et l’UPR, mais les points de convergence gauche-droite vont bien au-delà de ces clivages, signe que le vieux clivage, en l’absence d’un mouvement ouvrier constitué, n’a plus guère de sens. La distinction entre gauche et droite aujourd’hui n’est plus qu’une affaire de distinction culturelle et sociale, qui n’a même plus pour se cliver la question du racisme, qui est devenu transversal au deux camps. On pourrait faire une cartographie croisée de l’islamophobie et de l’antisémitisme de gauche et de droite ces quinze dernières années, pour ne prendre que les deux axes essentiels du racisme en politique, observer les points de chevauchement et d’éloignement, etc., et constater que l’ensemble du champ politique est couvert. On est loin des années Mitterrand et des petites mains jaunes. De la même manière, en dehors du camp libéral, dès lors qu’il s’agit de critique sociale et de dénoncer les inégalités, tout le monde parle de plus en plus le même langage. Ce langage commun, dont des éléments peuvent se retrouver du militant d’Attac au syndicaliste en passant par l’électeur du RN ou de la FI, le complotiste qui s’informe sur Internet ou le Black bloc anarchiste parisien, constituent le socle théorique populiste qui a fait que depuis quatre mois les gens ont pu réussir à se parler dans les manifestations et sur les ronds-points sans se fâcher. Les Gilets jaunes sont moins apolitiques que transpolitiques.

    Ce discours commun repose sur toute une série d’oppositions idéologiques : opposition entre le peuple et les élites d’abord, discours qui se retrouve autant chez les Pinçon-Charlot qu’à l’extrême-droite, et qui produit, en focalisant la critique sur les plus riches, un lissage artificiel des oppositions de classe réelles, telles qu’elles existent dans la société, et qui sont loin de se ramener au schéma simpliste lui aussi, mais qui tombe en désuétude, des ouvriers contre les patrons. Car si ce mouvement est bien dirigé contre la bourgeoisie, il ne peut faire l’impasse sur le fait que celle-ci est toujours portée par les classes moyennes supérieures, qui ne soutiennent pas spécialement Macron mais qui que ce soit leur garantissant de pouvoir s’enrichir sans être matraquées fiscalement, le droit à la propriété et à la spéculation immobilière, et le droit à l’héritage qui consolide le tout et qui fait que les chiens ne font pas des chats ni les ouvriers des chirurgiens cardiaques. C’est cette classe-là qui soutient activement le régime libéral en place et qui tire de son sein même les éditocrates qui hantent les plateaux de BFM et de LCI, qui ne sont pas simplement des propagandistes à la solde du pouvoir mais bien les porte-voix d’une classe qui n’est pas celle des Bouygues et des Bolloré, mais de leurs employés.

    Cette focalisation sur les plus riches produit au sein du mouvement une égalisation comparative des situations qui confirme le droit à s’enrichir honnêtement, c’est-à-dire justifie l’aspiration des enfants de la classe moyenne à sauter dans l’ascenseur social qui leur fera rejoindre les couches supérieures de la société, où ils s’empresseront à leur tour de verrouiller leurs privilèges de classe, là où pour certains la revendication de « vivre de son travail » signifie simplement la possibilité de survivre. Le mythe de la méritocratie libérale persiste contre toute évidence, dans un monde où pour certains « travailler dur » signifie simplement ne pas se retrouver à la rue, et pour d’autres, accumuler des statuts, des rentes et des propriétés.

    Une autre opposition fondatrice du discours commun populiste est l’opposition entre la finance, la banque, la spéculation et l’économie dite réelle. Cette distinction tend à valider idéologiquement l’activité immédiate des sujets du capital, le travail et la consommation, comme production et consommation réelles de biens et de services, comme activité sociale neutre, mue uniquement par les besoins et leur satisfaction, ou dans le langage libéral par l’offre et la demande, et à y opposer l’activité parasitaire de capitaux qui ne seraient pas liés à cette activité et tendraient à l’orienter en leur sens propre. Les chaînons qui sautent dans cette description sont (entre autres) l’investissement (le capital investi n’étant jamais constitué uniquement de plus-value, mais provenant de prêts qui sont un pari sur de futurs bénéfices) et l’exploitation (ces futurs bénéfices n’étant jamais produits que par de la plus-value, c’est-à-dire du travail non payé). Le phénomène de la spéculation n’y change pas grand-chose : sans prêts bancaires, c’est-à-dire sans un capital ne provenant pas de son activité propre, aucune entreprise (ni d’ailleurs aucun Etat) ne pourrait fonctionner, uniquement sur ses bénéfices propres patiemment réinvestis. La pression des actionnaires cherchant un retour sur leur investissement n’est pas fondamentalement différente de celle du petit patron qui veut tirer un bénéfice de son activité : sans surtravail, pas de plus-value. L’existence des marchés de capitaux n’exprime que la tendance aveugle du capital à s’accumuler, ils ne sont pas un à-côté parasitaire du capitalisme. (...)

    • Euh ben non, @val_k comme c’est ni paywall ni Ration ou un autre média main stream qui encaisse à chacun de nos clics, ni un média crapule à la Valeurs actuelle ou Dieudonné, etc, je n’ai mis qu’un extrait du texte (trop long sans doute, ta remarque me conduit à ajouter (...) en début et fin d’extrait afin que ce soit plus clair). Avec y compris un échantillon de ce dogmatisme obligé (?) du courant « communisateur » ( "La pression des actionnaires cherchant un retour sur leur investissement n’est pas fondamentalement différente de celle du petit patron qui veut tirer un bénéfice de son activité" disent-ils, gâchant ainsi la nécessaire mise à distance des dénonciations de « la finance » ) qui comme toute une tradition ultra gauche fait de l’#invariance du #capitalisme une boussole.

      [EDIT : il est très nettement préférable pour suivre l’argumentation proposé par Carbure de lire le texte plutôt que l’extrait que j’ai proposé, mais] Pour ma part, je trouve plus proche d’une analyse concrète le dernier texte de Temps critiques (dont j’ai sans doute aussi donné un trop long extrait)
      https://seenthis.net/messages/769764

      #analyse #critique #communisation

    • oups... merci pour ces précisions, la navigation sur le téléphone m’a encore joué un tour et j’ai commenté avant d’aller au bout de ta publication ;) Je m’apprêtais à le publier avec le passage sur l’interclassicisme « stabilisé » et la petite flèche automatique-bien-pratique m’a indiqué ta publication ! Et merci pour les ajouts, aussi, je file voir l’autre publication ;)


  • Impasse thaïlandaise : confiscation du pouvoir et concentration des richesses
    https://www.cetri.be/Impasse-thailandaise-confiscation

    Une fois n’est pas coutume, des élections se tiennent en #Thaïlande ce dimanche 24 mars : les premières depuis le Coup d’État de mai 2014. Si ce scrutin était réclamé par une majorité, les perspectives de changement sont maigres. La junte militaire a orchestré un processus électoral fait à sa mesure et destiné à lui octroyer une légitimité aux yeux de la population et de la communauté internationale. Le général Prayut a beau avoir revêtu l’habit civil et accepté de concourir aux élections, il n’en est pas (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, #Analyses, Thaïlande, #Election, Inégalité, Homepage - Actualités à la (...)

    #Inégalité #Homepage_-_Actualités_à_la_une


  • L’horizon impérial (3/4)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?L-horizon-imperial-3-4,967

    Voir la partie précédente (.../...) 4 – L’empire et la réalité multiculturelle L’empire ne peut qu’être multiculturel : non seulement parce qu’il administre toutes les provinces connues et leurs diverses populations mais parce qu’il incorpore au fil des siècles les tribus étrangères qui le conquièrent. Il doit faire cohabiter, suffisamment quant à l’usage, toutes les origines ethniques et religieuses : l’indifférence mutuelle – c’est-à-dire une tolérance relative, nous dirions aujourd’hui le « (...)

    #Analyses

    / #Écologie, #Géopolitique, #Économie, #Écologisme, #Paléo-marxismes, #Multiculturalisme, #Keynésianisme, #Article, #Immigration, (...)

    #Banlieue


  • B-Fast : l’évaluation manquée d’une intervention ratée
    https://www.cetri.be/B-Fast-l-evaluation-manquee-d-une

    L’échec de B-Fast lors du séisme au Népal, en 2015, avait suscité la polémique et soulevé nombre de questions. Le gouvernement s’était alors engagé à réaliser une évaluation. Quatre ans plus tard, la voilà enfin. Mais partielle, limitée et déconnectée des véritables enjeux. Le 4 mai 2015, l’équipe belge de sauvetage, B-Fast, rentrait du Népal, sans avoir pu apporter une aide concrète aux victimes du séisme, qui avait frappé le pays dix jours plus tôt. Parti le 26 avril au soir, l’avion n’avait pu atterrir à (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Analyses, #Le_Sud_en_mouvement, #Le_regard_du_CETRI, #Interventions_humanitaires, Homepage - Actualités à la (...)

    #Homepage_-_Actualités_à_la_une


  • Bal macabre au #Brésil : le clan Bolsonaro, l’extrême droite et les milices
    https://www.cetri.be/Bal-macabre-au-Bresil-le-clan

    Les révélations récentes de la presse brésilienne sur les liens entre le fils aîné du président Bolsonaro et l’une des plus dangereuses organisations criminelles de Rio, soupçonnée notamment de l’assassinat de la jeune conseillère progressiste Marielle Franco, le 14 mars 2018, jettent une lumière crue sur la proximité entre l’extrême droite politique et les milices urbaines qui contrôlent une partie des quartiers périphériques de la ville. Les mesures prises par l’actuel gouvernement offrent à ces groupes (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Le_regard_du_CETRI, #Analyses, Brésil

    https://www.cetri.be/IMG/docx/bolsomilice-ultimerelu-1.docx


  • L’horizon impérial (2/4)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?L-horizon-imperial-2-4,966

    Voir la partie précédente (.../...) 2 – Guerres impériales et guerres modernes Dans l’empire khaldounien la violence militaire occupe une place originale : éradiquée du centre urbain impérial, exclue dans les confins de l’Empire, elle finit pourtant par le vaincre et le régénérer, paradoxalement, par le truchement des solidarités guerrières (la ’asabiyya) des tribus. G. Martinez-Gros évoque à dessein les différences spectaculaires d’avec la conception occidentale de la #Guerre, mais un autre ouvrage, (...)

    #Analyses

    / #Empire, Guerre, #Islam, #Multiculturalisme, #Histoire, #Politique, #Prospective, #Banlieue, (...)

    #Immigration


  • Élections thaïlandaises : l’illusion de la démocratie
    https://www.cetri.be/Elections-thailandaises-l-illusion

    Cinq ans après le coup d’État qui a installé la junte militaire au pouvoir et après plusieurs reports d’élections, les Thaïlandais se rendront aux urnes le 24 mars prochain. Un signal fort salué depuis l’étranger, mais sans pour autant garantir un rétablissement de la démocratie et une transformation du pays. Les enjeux sont en effet plus complexes qu’il n’y paraît… Deux événements majeurs ponctueront l’année 2019 en #Thaïlande : le scrutin législatif du printemps et le couronnement du jeune monarque Maha (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, Thaïlande, #Election, #Autoritarisme, #Homepage_-_Actualités_à_la_une, #Analyses, Le Sud en (...)

    #Le_Sud_en_mouvement


    • Nous sommes ce que nous faisons

      La seule façon de définir une révolte, qui ne dispose pas d’une théorie préalable partagée par l’ensemble de ses participants, est de s’en tenir à ses pratiques. C’est une méthode qui s’oppose à celle de tous les commentateurs extérieurs qui s’imaginent encore que la pensée consciente, c’est-à-dire individuelle, prime sur les actes. L’essence de la révolte des gilets jaunes, sans leaders et autoconvoquée à l’origine via les réseaux sociaux, réside dans l’ensemble des pratiques collectives de tous ceux qui y ont participé sans se connaître préalablement. Par leur nouveauté, leur radicalité, leur ubiquité et leur unité, elles forment déjà un discours. Elles définissent un parti pris parce qu’elles rompent avec l’ordre des choses, avec la résignation et la soumission ordinaires. Rupture en deçà de laquelle il n’y a rien que le retour inexorable du même. La critique en actes reconnaît la part d’inconnu qu’elle contient, la traduction théorique qui lui manque encore, et le possible qu’elle ne peut fermer prématurément. Une telle rencontre, basée sur l’insatisfaction, progresse à ce rythme, dans son rapport de force avec tous les pouvoirs en place et par les perspectives nouvelles qu’elle ouvre. Sa négativité est féconde.

      Fin des mouvements sociaux

      Quoi de plus scandaleux que la révolte des gueux ?

      Le tour offensif qu’a pris la contestation depuis la fin du mois de novembre constitue la nouveauté principale en France. Blocages, émeutes, destructions de péages, attaques de bâtiments publics et gouvernementaux, affrontements avec la police, agressions publiques d’élus et de journalistes : nous ne sommes pas dans un énième mouvement social aux motifs défensifs et réactifs, mais dans la forme moderne de la révolte. Ces pratiques inaugurales ne sont pas le fait de casseurs ou d’ultras, contrairement à ce que le matraquage médiatique et gouvernemental tente de faire croire, mais celui des acteurs principaux du soulèvement. En parler autrement et propager ces anathèmes consiste à trahir tous ceux qui, plus courageux que d’autres, en payent aujourd’hui le prix en prison. Le pouvoir a bien compris le danger d’un tel basculement, au point d’utiliser des moyens exceptionnels pour l’éradiquer ; on a pu vérifier à cette occasion le mensonge sur l’Etat de droit s’assumant en l’espace de quelques semaines comme un Etat autoritaire. La guerre qui s’est instaurée, siège des antagonismes fondamentaux, ne laisse place à aucune négociation, réforme ou compromis possibles. Un cap a été franchi à l’automne 2018 avec la sortie de tous les chantages, dont en premier lieu celui à la catastrophe écologique. A la différence de mobilisations antérieures, la révolte dont il est ici question contient un enjeu historique. Attaquer pour ne plus subir s’y est imposé comme une nécessité.

      L’illégalité assumée

      Il n’y a pas de révolte légale

      Durant sa phase ascendante, c’est-à-dire jusqu’au 1er décembre inclus, nul ne se souciait de la légalité des actions entreprises dans le cours de la révolte, chacun sachant bien alors que l’on ne transforme pas les conditions existantes en respectant des lois édictées pour leur conservation. Paralyser la circulation, ne pas déclarer une manifestation, y participer dans ce cas, occuper l’espace public sans autorisation, y porter un masque de chantier ou des lunettes de piscine, taper dans un bouclier de CRS, tout cela est puni par la loi. Jamais dans l’histoire ceux qui l’ont faite, aux prises avec toutes les forces organisées et unifiées de la conservation, ne se sont posé la question du respect de la loi. L’histoire n’est ni le domaine de la morale ni celui du droit, les temps d’obéissance y sont ses pages blanches. L’émeute parisienne du 1er décembre a été le point culminant de cette négativité où personne n’entendait déplorer les dégâts qu’elle causait dans les quartiers les plus riches de France. Sans ces heures d’émeute, nous n’en serions pas là. Les mesures d’exception prises en urgence pour accentuer la répression nous montrent, s’il en était besoin, qui détient l’arme de la loi et pour quel but.

      Refus des encadrements

      Ni Macron, ni Mélenchon, ni Le Pen ni personne

      La décomposition de la classe politique, du pouvoir séparé, et celle de l’encadrement syndical du défunt mouvement ouvrier, est arrivée en phase terminale. La révolte des gilets jaunes a acté cette décomposition. Le néo-monarque Macron, qui gouverne par ordonnances, n’a pas fait ce vide, il est le résultat transitoire de ce vide. Le système représentatif produit des spécialistes, des professionnels d’une comédie stérile conduisant à l’usurpation systématique du pouvoir. La plupart des pauvres n’en étaient pas dupes avant, mais une partie d’entre eux agit désormais en conséquence suivant des constats qui ne peuvent plus être occultés : l’Etat libéral dit la vérité de l’Etat, il est au seul service de la marchandise ; les syndicats ne sont qu’un rouage du pouvoir, dernier recours pour éteindre tout mouvement social conséquent ; les partis politiques, confinés à l’impuissance perpétuelle, sont périmés par une révolte qui a su si bien transcender les divisions et catégories préexistantes : leurs « logiciels » comme leurs conditions mêmes d’existence sont obsolètes.

      Refus de la représentation

      On veut pas plus de SO que de Jacline Mouraud
      (...)

      #gilets_jaunes #révolte #analyse


  • 8 mars : « Au nom des droits des femmes »
    https://www.cetri.be/8-mars-Au-nom-des-droits-des

    L’accaparement des idéaux féministes, sous des formes et à des fins diverses, est devenu un réflexe ces dernières années. Le « au nom des droits des femmes » s’est révélé un discours légitimateur particulièrement efficace au service d’objectifs non émancipateurs. Ce constat n’est pas neuf, mais on observe toutefois aujourd’hui une tendance à la hausse des usages détournés du #Genre. Le 8 mars, déclaré par les Nations-Unies, journée internationale des femmes est une illustration de cette entreprise de (...)

    #Le_regard_du_CETRI

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    #Homepage_-_Actualités_à_la_une
    https://www.cetri.be/IMG/pdf/au_nom_des_droits_des_femmes-al.pdf



  • La panacée touristique... creuse les écarts
    https://www.cetri.be/La-panacee-touristique-creuse-les

    Dans une tribune au « Monde », le sociologue Bernard Duterme dénonce les méfaits du #Tourisme international, pourtant vanté chaque trimestre par l’OMT. « L’avenir radieux du tourisme international », « 2018, nouvelle année faste », « Hausse très supérieure à la croissance économique mondiale ». À chaque parution du « baromètre » trimestriel de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), un même refrain extasié s’impose, acritique, repris en chœur par monts et par vaux, comme s’il s’agissait de la chronique (...)

    #Le_regard_du_CETRI

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    #Homepage_-_Actualités_à_la_une

    • Chouette petite tribune. En lisant le titre, je me disais que déjà le tourisme -profite- des écarts, notamment le tourisme international vers des pays plus pauvres (dit-elle après avoir doublé son pouvoir d’achat en quinze heures d’avion il y a quelques jours) et le fait que quand les inégalités de se creusent il peut y avoir plus de personnes qui ont du revenu en trop qu’ils peuvent se permettre de gaspiller en voyages (encore une fois : moi aussi, ce n’est pas une posture morale).

      Pourtant, l’OMT elle-même n’est pas dupe : le tourisme international crée certes des bénéfices, mais également d’importants coûts. Des coûts et des bénéfices économiques, sociaux, environnementaux, culturels, voire politiques, rarement bien répartis et dont la somme ne s’annule pas. Pour preuve, dans ses propres initiatives, l’agence onusienne appelle à « transformer le tourisme mondial et la manière dont il est pratiqué (…) pour le rendre socialement, économiquement et écologiquement durable ». Aveu donc qu’en l’état, son enfant chéri ne l’est pas. Ni équitable, ni profitable, ni soutenable. Dans ses formes dominantes, le tourisme international tend à creuser les écarts. Entre ceux qui en jouissent et ceux qui en pâtissent, entre tour-opérateurs transnationaux et acteurs locaux, entre visiteurs et visités, entre l’homme et l’environnement.

      le voyage touristique à l’étranger est un luxe et se condamne à le rester. Moins de 7% de l’humanité y a accès, une personne sur quinze. De l’immobilité des majorités, assignées à résidence, dépend la propension des privilégiés à « goûter » le monde, à « faire » telle ville ou telle contrée, au gré de leurs envies.

      Et leurs envies explosent. Plusieurs fois par an désormais.

      Plusieurs facteurs participent du hold-up : la concentration monopolistique du secteur bien sûr, et, facilitées par la digitalisation du marché, les fuites financières (financial leakages) diverses et variées (qui font encore du paradis fiscal luxembourgeois, le premier pays au monde bénéficiaire des recettes du tourisme par habitant, selon les chiffres 2018 de l’OMT).

      S’y ajoutent, sur place, les effets d’éviction d’activités sociales et économiques vitales, au profit de petits boulots de « service » aux vacanciers, les poussées inflationnistes en chaîne, la pression sur les ressources, les accaparements privatifs, la « gentrification »… qui rendent progressivement impossible l’accès des autochtones au logement, à la terre, à l’électricité, à l’eau, à l’alimentation... dans les zones « mises en tourisme », dans les régions « touristifiées ».

      Au total, le bilan est clairement problématique.

      #tourisme #surtourisme #inégalités #ruissellement et merci @odilon pour ta curiosité, je n’étais pas abonnée à ce compte.


  • Tatiana Ventose met les pieds dans le plat, avec talent !

    MACRON A-T-IL PÉTÉ UN PLOMB ?!

    https://www.youtube.com/watch?v=Q7-yjxtHBis

    Tatiana, nous fait, avec talent, une nouvelle analyse, de la « révolution en jaune » contre la caste oligarchique et ceux qui la servent . Ce que ne sauraient faire, les journaleux éditorialistes, aux ordres de la « bienpensance » .
    Elle se lance aussi, dans une imitation de Schiappa, mieux que bien, mais Tatiana a quand même du mal à paraitre aussi cruche, que « l’écrivaine de porno de gare »
    (un vrai régal, pour un grand moment de journalisme)

    la #violence d’#enmarche #analyse_politique #Femme #GiletsJaunes #oligarchie


  • #Haïti, le scandale du siècle (3) : le sens de la révolte
    https://www.cetri.be/Haiti-le-scandale-du-siecle-3-le

    Si la dégradation de la situation socio-économique, déjà très précaire, est le terreau des mobilisations sociales qui secouent Haïti, le scandale PetroCaribe en est le catalyseur. Il nous semble important d’offrir une analyse synthétique et vulgarisée des causes de la crise actuelle. Dans ce troisième et dernier papier, nous voulons mettre en avant la dynamique et les contours des manifestations de ces derniers mois. Lire le premier volet de ce dossier consacré à la crise haïtienne Lire le deuxième (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Le_regard_du_CETRI, Haïti, #Mobilisations_populaires, #Analyses


  • #Haïti, le scandale du siècle (2) : #Corruption et politique néolibérale
    https://www.cetri.be/Haiti-le-scandale-du-siecle-2

    Si la dégradation de la situation socio-économique, déjà très précaire, est le terreau des mobilisations sociales qui secouent Haïti, le scandale PetroCaribe en est le catalyseur. Il nous semble important d’offrir une analyse synthétique et vulgarisée des causes de la crise actuelle. Dans ce deuxième papier, nous nous intéressons à plusieurs cas symptomatiques et au lien entre corruption et politiques néolibérales. Lire le premier volet de ce dossier consacré à la crise haïtienne Plus encore peut-être que (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / Corruption, #Analyses, #Le_regard_du_CETRI, #Le_Sud_en_mouvement, #Mobilisations_populaires, #Néolibéralisme, (...)


  • #Haïti, le scandale du siècle (1) : le dossier PetroCaribe
    https://www.cetri.be/Haiti-le-scandale-du-siecle-1-le

    Si la dégradation de la situation socio-économique, déjà très précaire, est le terreau des mobilisations sociales qui secouent Haïti, le scandale PetroCaribe en est le catalyseur. Il nous semble important d’offrir une analyse synthétique et vulgarisée des causes de la crise actuelle. Dans ce premier papier, nous nous intéressons à l’audit de la Cour des comptes sur le dossier PetroCaribe. Petrocaribe est un accord de coopération énergétique, lancé en juin 2005, par Hugo Chavez, alors président (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Analyses, Haïti, #Corruption, #Crises, #Le_regard_du_CETRI


  • #Haïti : le dossier PetroCaribe, scandale du siècle
    https://www.cetri.be/Haiti-le-dossier-PetroCaribe

    Si la dégradation de la situation socio-économique, déjà très précaire, est le terreau des mobilisations sociales qui secouent Haïti, le scandale PetroCaribe en est le catalyseur. Il nous semble important d’offrir une analyse synthétique et vulgarisée des causes de la crise actuelle. Dans ce premier papier, nous nous intéressons à l’audit de la Cour des comptes sur le dossier PetroCaribe. Petrocaribe est un accord de coopération énergétique, lancé en juin 2005, par Hugo Chavez, alors président (...)

    #Le_regard_du_CETRI

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  • #Haïti : le scandale du siècle. Le dossier PetroCaribe
    https://www.cetri.be/Haiti-le-scandale-du-siecle-Le

    Si la dégradation de la situation socio-économique, déjà très précaire, est le terreau des mobilisations sociales qui secouent Haïti, le scandale PetroCaribe en est le catalyseur. Il nous semble important d’offrir une analyse synthétique et vulgarisée des causes de la crise actuelle. Dans ce premier papier, nous nous intéressons à l’audit de la Cour des comptes sur le dossier PetroCaribe. Petrocaribe est un accord de coopération énergétique, lancé en juin 2005, par Hugo Chavez, alors président (...)

    #Le_regard_du_CETRI

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  • #Quebec « Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage » : le mouvement des gilets jaunes en France et la question de l’extrême droite. Fabien Desage, Pascale Dufour, Renaud Goyer, Adrien Jouan - 13 Février 2018 - Le Journal des Alternatives
    https://journal.alternatives.ca/?Le-capitalisme-porte-en-lui-la-guerre-comme-la-nuee-porte-l-or

    Le 12 et 13 janvier 2019, les gilets jaunes du Canada, appelaient à la manifestation pour clamer leur opposition à la taxe carbone et, plus largement, au gouvernement fédéral de Justin Trudeau décrit, dans un registre caractéristique de l’extrême droite, comme un « mondialiste trahissant son pays » https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1146998/gilets-jaunes-extreme-droite-immigration-xenophobie-pipelines-taxe- . Plusieurs observateurs.trices ont déjà signalé les différences notables entre les mouvements des gilets jaunes au Canada - où, en dehors d’une certaine audience sur les réseaux sociaux ils semblent rester relativement confidentiels et confinés à des groupes d’extrême droite - et en France. Pourtant, dès les débuts de la mobilisation hexagonale, plusieurs journalistes ou hommes et femmes politiques évoquent également le fait que parmi les personnes mobilisées, certaines ont sans doute voté pour le Front national (désormais Rassemblement national) aux dernières élections présidentielles, utilisant cet argument pour disqualifier le mouvement ou pour insister sur son infiltration présumée. Dans certains départements, comme celui du Var dans le Sud ou du Pas-de-Calais dans le Nord, où Marine le Pen a récolté respectivement plus de 44% et 52% des voix au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017, il est statistiquement inévitable que sur des ronds-points occupés, et désormais largement évacués par la police, se soient trouvé.es des électeurs.trices du Front national. Comme c’est le cas, d’ailleurs, dans n’importe quelle manifestation réunissant plus de 20 personnes, au milieu des client.es d’un supermarché, au sein du personnel d’une école, d’une usine ou d’un commissariat. Car oui, la présence de l’extrême droite et de ses idées est désormais devenue, gilets jaunes ou pas, une réalité bien française. Mais aussi italienne, brésilienne, américaine ou encore canadienne (et québécoise).

    Face à ce constat somme toute sociologiquement trivial de la présence d’électeurs.trices de l’extrême droite dans le mouvement des gilets jaunes, plusieurs attitudes sont possibles : dénoncer un mouvement piloté ou « noyauté » par les mouvements structurés d’extrême droite et utiliser cet argument comme prétexte pour ne pas s’engager ou, au contraire, être présent.e dans la rue et dans les assemblées générales pour ne pas laisser la place, pour discuter et pour dénoncer les propos racistes, homophobes, ou autres, s’ils surviennent. Il y a, ici, pour les militant.es et organisations de gauche une véritable réflexion politique à avoir : comment réagir face à une contestation populaire dont l’orientation politique n’est pas donnée à l’avance et n’épouse pas les formes convenues (mais aussi souvent contenues) des mouvements sociaux canalisés et organisés traditionnels ? Faut-il réprouver a priori la prise de parole et l’expression publique au motif qu’elle pourrait nous déplaire, ou la laisser jaillir pour mieux pouvoir éventuellement la confronter ? Les revendications des collectifs locaux des gilets jaunes, si elles sont parfois disparates, ont une grande unité dans leurs exigences de démocratie et de justice sociale, points beaucoup plus centraux que les thématiques chères à l’extrême droite dans le mouvement actuel.

    D’autres commentateurs.trices soulignent le fait que le mouvement des gilets jaunes, en demandant la démission du président Macron, ouvrirait la voie à l’extrême droite et à l’élection de Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles ou de son parti à d’éventuelles élections législatives (anticipées ou non). Ce raisonnement, en négligeant le fait, là encore, que le.la candidat.e de l’extrême droite n’a pas attendu le mouvement des gilets jaunes pour progresser à chaque élection depuis 2002, tend à sous-estimer les processus politiques à l’oeuvre dans la société française (et au-delà) depuis des décennies, et à donner un rôle décisif ou accélérateur à un mouvement social, qui, au contraire, doit selon nous être appréhendé comme une chance inespérée de conjurer une progression électorale continue de l’extrême droite, qui doit bien plus au creusement des inégalités et à la défiance à l’égard de la classe politique qu’au mouvement des gilets jaunes. Embrasser ce constat alarmiste équivaut par ailleurs à se placer dans une situation d’impuissance, comme si la France était plongée en permanence dans un second tour de l’élection présidentielle. Le spectre de l’arrivée de l’extrême droite semble alors justifier tous les renoncements, de ces renoncements qui, au final, renforcent l’extrême droite, année après année. Le mandat passé de François Hollande en est la démonstration la plus parfaite. Ce jeu de la menace, du chantage au « vote utile » alimente en retour l’impression d’une... inutilité profonde de la politique. Et un sentiment de déconnexion entre les partis, les syndicats et les citoyen.nes, dont le mouvement des gilets jaunes est la conséquence plus que la cause.

    Ce constat pose aussi la question centrale de la place de la gauche dans ce renouvellement attendue de la classe politique. Le divorce du parti socialiste et des classes populaires n’est pas nouveau. Depuis 30 ans, les causes de la montée électorale de l’extrême droite sont passés à la loupe des analystes, et n’exonèrent pas la gauche de gouvernement. Songeons au rôle de François Mitterrand dans l’essor de la formation politique de Jean-Marie Le Pen à des fins stratégiques au milieu des années 1980, afin d’affaiblir la droite parlementaire, ou encore au débat sur la « déchéance de nationalité » introduit par Manuel Valls plus récemment. Très clairement, en convergeant avec la droite sur les objectifs d’austérité budgétaire et sur une politique de l’offre, la gauche gouvernementale a contribué à rendre le Rassemblement national (RN) un peu plus central dans le jeu politique, et à donner le privilège à ce parti d’apparaître comme la principale formation d’opposition. La gauche de gouvernement semble avoir aujourd’hui bien peu à offrir sur le plan des perspectives politiques, sur la question de la réduction des inégalités économiques ou encore de la concentration (sociale et territoriale) de la richesse. Elle semble avoir renoncé à un projet de société égalitaire et aux outils de redistribution nécessaires à ce dernier (que l’on songe aux renoncements en matière de fiscalité ou à la « loi travail » qui a marqué le quinquennat Hollande par exemple).

    Si la voie électorale paraît bouchée et que la voie de la contestation sociale semble « faire le jeu du RN », alors quelle position adopter ? Il est probablement nécessaire, dans un premier temps, de changer de perspective, et d’admettre qu’à « état démocratique constant » le pire était déjà devant nous, avant même l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Ce dernier peut dès lors apparaître comme une opportunité d’enrayer l’essor de l’extrême droite et, plus largement, d’échapper à l’alternative funeste entre régimes néo-libéraux autoritaires (États-Unis, Italie, Hongrie) et régimes autoritaires néo-libéraux (Brésil, Turquie, Chine) ?

    Il faut donc non seulement soutenir ce mouvement, mais également travailler à la (re)prise de parole et de pouvoir de personnes issues de certaines fractions des classes populaires et de catégories de travailleurs.euses « invisibles » qui avaient abandonné le terrain du mouvement social, voire le chemin des urnes, comme le souligne l’enquête préliminaire du Collectif de chercheurs bordelais https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395 . Le mouvement des gilets jaunes représente un moment de formation politique collective inédite, à travers lequel se construisent des sujets politiques. C’est aussi un moment de (re)création de solidarités effectives, dont l’ampleur et la durée dépassent les expériences récentes et auront des conséquences durables pour celles et ceux qui l’ont vécu, et ont souvent expérimenté communément la violence d’État.
    
En effet, les mobilisations des gilets jaunes mettent à jour un pouvoir étatique n’ayant comme réponse à proposer à la contestation massive de ses politiques que la violence policière et judiciaire (plus d’un millier de personnes subissent actuellement des poursuites judiciaires). Les niveaux actuels de répression du mouvement et des militant.es sont inédits dans la Vème République : par le nombre d’individus interpellés (près de 5000 depuis le début du mouvement) mais aussi de personnes blessées https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan , en raison du recours massif d’armes dites « intermédiaires » ailleurs interdites pour de telles missions de maintien de l’ordre, à commencer par les « grenades de désencerclement » ou encore les lanceurs de balles de défense (LBD40). Dans ce cadre, la nouvelle loi dite « anti-casseurs », adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 5 février dernier, semble venir parachever la remise en cause durable de démocratie et de justice sociale et de droits fondamentaux, comme celui de manifester. Cette loi va, entre autres choses, inaugurer la possibilité pour des autorités administratives (les préfets) d’interdire à des personnes d’exercer leur droit de manifester et ce, de manière préventive, en amont de toute condamnation judiciaire.

    « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », écrivait au début du 20ème siècle l’intellectuel et militant socialiste Jean Jaurès, à l’aube d’un conflit qui allait dévaster les sociétés européennes, et paver la voie à la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, le mouvement des gilets jaunes pose à nouveau frais, à la lumière du capitalisme à l’ère néolibérale, la question des injustices et de la violence dans nos sociétés, mais également des périls qui nous guettent, si nous n’y trouvons pas d’issue démocratique et pacifique. Peut-on croire sincèrement que le mouvement actuel ait une quelconque responsabilité dans l’essor de l’autoritarisme et dans le développement du nationalisme dans nombre de nos sociétés ? Plus qu’une erreur de perspective, voyons-y la tentative désespérée des tenants de l’ordre ancien de faire diversion, et d’écarter à bon compte leurs responsabilités centrales dans le tragique de l’heure, comme dans celui d’hier.

    #Canada #capitalisme #extreme_droite #néo_libéralisme #Gauche #PS #analyse #démocratie #inégalités #injustices #violence #justice_sociale #inégalités #libertés_publiques #GiletsJaunes #Gilets_Jaunes


  • Des changements en vue au #Guatemala ?
    https://www.cetri.be/Des-changements-en-vue-au

    En 2019, on vote au Guatemala. L’occasion de mettre en cause la perpétuation d’un modèle de développement inégalitaire et prédateur qui repose sur les discriminations et le pillage de l’environnement ? Peu probable. Des pas importants ont toutefois été franchis ces dernières années dans la lutte contre la corruption et l’impunité. Les prémices peut-être d’un renversement de tendances. Si le Guatemala éblouit par la beauté de ses gens, la diversité de ses peuples, le tracé de ses paysages, il révolte par la (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_regard_du_CETRI, #Le_Sud_en_mouvement, #Analyses, Guatemala, Amérique latine & Caraïbes, (...)

    #Amérique_latine_&_Caraïbes #Election


  • Comaguer - 5 Février 2019 - Radio Galère

    – Manifestations à Marseille
    – Tchad, arrivés dans l’ordre : bénalla, suivi par emmanuel macron, suivi par benjamin netanyahou
    – Venezuela, le point
    – Décès de Josette Audin, les manipulations de macron
    – Rappel, le traité de Maastricht, le discours de Philippe Seguin

    https://radiogalere.org/wp-content/uploads/2019/02/2019-02-05-Emission-Comaguer-1.mp3

    #Audio #Radio #Information_Alternative #Géopolitique #Analyse


  • OMC : lancement de négociations controversées sur le « commerce électronique »
    https://www.cetri.be/OMC-lancement-de-negociations

    Le 25 janvier dernier, en marge du Forum de Davos, 76 États ont publié une déclaration conjointe réitérant leur volonté d’entamer des négociations sur la régulation du « commerce électronique » dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Rejetée par l’Inde et la majorité du continent africain, une telle démarche risquerait bien d’ancrer la réalité d’une économie numérique dominée par quelques multinationales américaines et chinoises. La « déclaration conjointe sur le commerce électronique » (...)

    #Le_regard_du_CETRI

    / #Le_Sud_en_mouvement, #Analyses, #Le_regard_du_CETRI, #Enjeux_numériques


  • Putsch gauchiste à Commercy
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Putsch-gauchiste-a-Commercy,964

    Les 26 et 27 janvier 2019 s’est déroulée « l’assemblée des assemblées » à Commercy (Meuse), censée regrouper les mandatés des toutes les assemblées de gilets jaunes de France. Il s’agissait donc d’un embryon de structuration sur des principes d’auto-organisation d’un mouvement atypique né il y a plus de deux mois et demi sur les rond-points et qui réussit pratiquement à échapper à toute #Récupération #Politique et idéologique. Mais aucun observateur depuis une semaine ne semble surpris du virage opéré à (...)

    #Analyses

    / #Lieux_Communs, Politique, Gilets jaunes (2018-2019), #Gauchisme, #Paléo-marxismes, #Avant-gardisme, #Compte-rendu, #Assemblée, #Démocratie_directe, #Institutionnalisation, #Immigration, (...)

    #Gilets_jaunes_2018-2019_
    https://fr.scribd.com/document/398246816/Synthese-Des-Revendications-Des-Groupes-Locaux-AdA-GJ-Commercy-26-27-Janv
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/28/97001-20190128FILWWW00094-melenchon-l-assemblee-des-assemblees-l-initiative