• Ce qui pourrait être autrement : contre les experts - Culture numérique. Pour une philosophie du numérique
    http://blog.sens-public.org/marcellovitalirosati/cequipourrait/experts.html

    ❝Je ne crois pas aux experts. Je suis convaincu, en tout cas, qu’il est impossible d’appuyer des décisions politiques sur l’“avis des experts”. Et cela pour plusieurs raisons - dont certaines sont bien expliquées par Bakunin :

    Il n’y a pas une vérité, dans le domaine scientifique et du savoir, il y a plusieurs visions et interprétations du monde appuyées sur des arguments particuliers, fondées sur des méthodologies particulières. Un choix politique ne peut pas se baser sur l’avis des experts car cela signifie choisir - sans compétence particulière - entre plusieurs experts. Ce choix ne peut qu’être politique et donc il invalide l’avis.
    Les experts sont choisis par les pouvoirs - étatiques, médiatiques etc. - pour confirmer ce que ces pouvoir veulent affirmer. J’ai aussi de belles expériences personnelles sur ce sujet : dites à un.e journaliste quelque chose qu’iel ne veut pas entendre et vous êtes sûr que votre propos ne sera pas reporté et surtout que le.a journaliste en question ne vous rappellera jamais. L’expert est utilisé comme argument d’autorité pour confirmer quelque chose qui a été déjà décidé avant.
    Le principe de la liberté est d’être capable de choisir en comprenant ce qu’on choisit. Déléguer les experts - comme le dit Bakunin - ou déléguer les prêtres c’est finalement la même chose
    Les experts - pour lesquels je n’utilise justement pas de forme inclusive - sont le produit du pouvoir : privilégiés, riches, hommes, blancs dans la quasi-totalité des cas. (Oui, j’en fais partie, et en effet je fais partie des experts, même si je ne veux pas en être).

    Je suis moins d’accord avec le romantisme antiscientiste du dernier paragraphe de Bakunin, mais il a quand même son esthétique - et peut-être son âge…

    La liberté et l’émancipation nécessitent que les décisions politiques soient prises collectivement, en mettant tout le monde en état d’en comprendre les raisons et les enjeux, en tenant en compte les différentes visions et interprétations et sans établir en amont qu’il y a des opinions qui comptent plus que les autres."

    #anarchie, #MikhailBakunin, #experts

  • La Commune de Paris au Mexique

    Carlos Illades

    https://lavoiedujaguar.net/La-Commune-de-Paris-au-Mexique

    La Commune de Paris a eu un retentissement sous diverses latitudes de la planète et l’Amérique latine n’a pas été l’exception. Au Mexique, les idéaux de Plotino Constantino Rhodakanaty ainsi que les soulèvements indigènes qu’ils ont inspirés portent la marque des « communards ».

    Manuel María Madiedo (Colombie), Francisco Bilbao (Chili), Casimiro Corral (Bolivie), José Ignacio Abreu e Lima (Brésil), Esteban Echeverría (Argentine), Plotino Constantino Rhodakanaty et Nicolás Pizarro (Mexique) ont formé la première génération du socialisme latino-américain, tributaire des révolutions romantiques européennes. L’harmonie sociale, la solution de la question sociale, le droit au travail et la démocratie effective font partie de son corpus doctrinal. En Amérique latine, ce sont des sociétés de secours mutuel, des clubs politiques, des communautés idéales, des sociétés secrètes, des écoles et des partis qui surgissent sous l’influence socialiste, et s’introduisent en tiers dans le débat politique dominé localement par le conservatisme et le libéralisme.

    La Commune de Paris a repris les revendications de 1848, actualisées par le blanquisme, le communisme et l’anarchisme. L’autogouvernement, la citoyenneté en armes, l’égalité radicale, le fédéralisme communal et la république démocratique et sociale allaient renforcer les idéaux socialistes. Et ces idéaux ont donné un nouvel éclat au socialisme latino-américain.

    C’est ainsi que le 20 mars 1871 — c’est-à-dire deux jours après la proclamation de la Commune — l’homéopathe grec Plotino Rhodakanaty fonde à Mexico « La Social », organisme qui cherche à régénérer la société au moyen du travail, de la vertu et de la beauté. (...)

    #Commune #Paris #Mexique #Rhodakanaty #histoire #anarchisme #socialisme #rébellion #peuples

  • Pour l’anarchiste Jean Grave, « La Commune légiférait, mais agissait peu »
    https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Pour-l-anarchiste-Jean-Grave-La-Commune-legiferait-mais-

    Ce que je pense de l’organisation parlementaire, financière, militaire et administrative de la Commune se résume en très peu de mots. Elle a été trop parlementaire, financière, militaire, administrative et pas assez révolutionnaire. Pour débuter, alors que, tous les jours, les bataillons de fédérés se réunissaient à leurs lieux de rendez-vous, attendant les ordres pour marcher sur Versailles, [...] le comité central […] ne pensa qu’à organiser les élections [...]. La Commune, élue, s’occupa de faire des lois, des décrets, qui, pour la plupart, restèrent inexécutés, parce que ceux qu’ils visaient s’aperçurent que la Commune légiférait beaucoup, mais agissait peu.

    #la_commune #anarchisme

  • Mohamed Saïl (1894-1953) : « Le calvaire des travailleurs nord-africains (...) - Partage Noir
    https://www.partage-noir.fr/mohamed-sail-1894-1953-le-calvaire-des-travailleurs-nord-812

    Pour que mes compatriotes puissent vivre comme le commun des mortels, sur les 25 millions d’indigènes peuplant l’Afrique du Nord, il faudrait que 24 millions au moins s’en évadent, l’autre million étant des collaborateurs vendus, des riches heureux de leur sort, ou tout simplement des idiots sans discernement. Mais comment faire pour déplacer des femmes et des enfants illettrés, ne comprenant pas un traître mot de français, quand on a souvent du mal à se faire comprendre soi-même ?

    #Mohamed_Saïl #anarchisme

  • Mohamed Saïl (1894-1953) : « Le calvaire des travailleurs nord-africains (...) - Partage Noir
    https://www.partage-noir.fr/mohamed-sail-1894-1953-le-calvaire-des-travailleurs-nord-811

    Mise au point indispensable sur la conduite des nord-africains en France : Après avoir souligné l’ingratitude du capitalisme et de l’État français qui, pour se libérer du joug allemand, firent massacrer en série nos pauvres compatriotes, nous parlerons des reproches aussi vaseux que ridicules trop souvent faits aux travailleurs nord-africains.

    #anarchisme #Mohamed_Saïl

  • Mohamed Saïl (1894-1953) : « Le calvaire des travailleurs nord-africains (...) - Partage Noir
    https://www.partage-noir.fr/mohamed-sail-1894-1953-le-calvaire-des-travailleurs-nord

    Le système gouvernemental de style superfasciste et le mode de travail digne de l’antiquité que subissent les indigènes nord-africains sous le joug des colons sont la raison majeure de l’exode massif de mes compatriotes vers la métropole.
    Oui, l’Afrique du Nord, pourtant contrée des plus riches, est devenue pour les indigènes une terre d’enfer, un bagne qui avilit l’homme jusque dans sa dignité : à franchement parler, la vie « libre » en Afrique du Nord est équivalente à celle des prisons en Europe !
    Très nombreux, même, sont les fils de riche qui viennent en France partager la cause des travailleurs, plutôt que d’accepter l’humiliation réservée à leurs frères de race, puisque l’indigène que le droit de servir, de payer et de la fermer !

    #anarchisme #Mohamed_Saïl

  • #Mohamed #Saïl (1894-1953) - Partage Noir
    https://www.partage-noir.fr/mohamed-sail-1894-1953

    Il y a quelques années, #Mohamed_Saïl a été considéré comme un militant secondaire, responsable de comités et auteur d’articles dans la presse. Il existait un projet de notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, des mentions dans la thèse de René Bianco sur la presse anarchiste, dans celle de David Berry sur le mouvement libertaire entre les deux guerres, dans les travaux Benjamin Stora sur l’immigration algérienne en France. Hormis ces quelques mentions, il était totalement oublié. Depuis, de New York à Alger, Mohamed Saïl est sorti de l’anonymat, l’encyclopédie en ligne Wikipédia lui attribuant la dédicace du poème de Prévert, Étranges étrangers. Son itinéraire est atypique. Il est l’un des rares migrants d’Afrique du Nord à avoir rejoint les rangs libertaires. Son audience actuelle est supérieure à la réalité de son influence de son vivant. Son style et l’originalité de ses interventions y sont pour beaucoup.

    #Sylvain_Boulouque #Anarchisme

  • A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité, partie 2 – Corinne Monnet – Tarage – Anarcha-féminisme
    https://tarage.noblogs.org/post/2020/05/08/a-propos-dautonomie-damitie-sexuelle-et-dheterosexualite-partie-2-co

    Annotations :

    Par définition, deux personnes qui s’aiment et qui n’ont pas de problème majeur dans leur relation forment un #couple fidèle. Point. Toute dérogation sera le symptôme de quelque chose qui ne va pas, et d’un manque par rapport à l’autre plus sûrement. Qu’une personne pense qu’elle puisse tout apporter à une autre est pour le moins suspect. Ça me semble pourtant un des présupposés nécessaires à avoir pour vivre en couple sans penser que l’on prive l’autre de bien des plaisirs et richesses. Pour m’aider à sortir de l’irrationalité courante attachée à l’amour, je me suis personnellement servie du (...)

    #sexualité #masculinité #dominations #féminismes #amour #amitié #désir #non-exclusivité #Anarchisme #autonomie #.brochure #:Corinne_Monnet

  • Traité de Bave et d’Éternité - Isidore Isou / Pierre Alexeiévitch #Kropotkine.

    https://www.youtube.com/watch?v=H-Yp9MZXGV4&feature=share

    Il y a un tout juste un siècle, le 8 février 1921, mourait à Dimitrovo, près de Moscou, le prince anarchiste, Pierre Alexeiévitch Kropotkine.
    Géographe, explorateur, zoologiste, anthropologue, géologue et théoricien du socialisme libertaire, Kropotkine, est issu de la haute noblesse moscovite.

    Né le 9 décembre 1842, il acquiert une formation scientifique de haut niveau à l’école du corps des pages du tsar Alexandre II. Affecté comme officier de Cosaques en Sibérie, il quitte l’armée en 1867 pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale.
    Emprisonné en 1874 pour son activité de militant clandestin, il s’évade deux ans plus tard.

    Réfugié en Grande-Bretagne, puis en Suisse, Kropotkine reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo. Il s’installe alors en Angleterre où il publie le mensuel "Freedom" et différents ouvrages de géographie et de politique : "Paroles d’un révolté", "La morale anarchiste", "L’Entr’aide, un facteur de l’évolution". Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus.

    De retour en Russie en 1917, il refuse une poste de ministre dans le gouvernement Kerensky et se montre critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique, notamment de la personnalité de Lénine, et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.

    En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno en Ukraine se réclamera des principes exposés dans « l’Entraide ».

    On a souvent opposé les travaux de Kropotkine à ceux de Darwin. En réalité, son ouvrage ‘L’Entraide, un facteur de l’évolution’ (1902), qui expose des exemples de coopérations inter ou intra espèces, ne s’oppose qu’à ce qu’on appellera plus tard le darwinisme social, et qui n’est qu’une perversion fascisante du darwinisme, sans réel rapport avec le pensée de Darwin. Concernant l’apport de la coopération et de l’entraide dans l’évolution du vivant, Darwin et Kropotkine tiennent sensiblement le même propos.

    Kropotkine décède le 8 février 1921, ses funérailles ont lieu le 13 février. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes accompagne le cercueil au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, ainsi que des banderoles proclamant : ‘Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté’.

    Source : https://www.facebook.com/groups/batiamourtsou/permalink/10158927777546125/?__cft__[0]=AZXdcqlkTiBqmU2fQwohurco6wa3X4yaNhBEPLAww9dO3UJlJZwHXn1OrqgX4X

     #kropotkine #pierre_kropotkine #révolution #anarchie #révolution_russe_1917-1921 #socialisme #anarchisme

  • Demain, 8 février 2021, ce sera le centenaire de la mort de Pierre Kropotkine, anarchiste et géographe.

    https://taz.de/Archiv-Suche/!5747641&s=kropotkin&SuchRahmen=Print

    Die Eroberung des Brotes
    [...]
    Kropotkin habe beschrieben, „dass jene Spezies erfolgreich sind, die miteinander kooperieren, und dass die sozialdarwinistische Lehre vom Überleben des Stärkeren falsch ist“, sagte Graeber 2016 dem Tagesspiegel. „Und was noch besser war bei Kropotkin: Er zeigte, dass Tiere auch kooperieren, weil sie schlicht Spaß daran haben.“
    Bevor Kropotkin jedoch der Darwin’schen Evolutionstheorie einige neue Aspekte hinzufügte und später für Selbstorganisation und gegen Lohnarbeit kämpfte, musste er zunächst seine ganz persönliche Evolution durchleben.
    [...]
    Im Jahr 1872 erfüllt er sich seinen Traum von einer Europareise. In der Schweiz kommt er mit der „Jura-Föderation“ in Kontakt, einer libertären, antiautoritären Bewegung aus Uhrmachern, die ihre Arbeitsmittel selbst organisieren. Dort begegnet er auch dem französischen Anarchisten und Geografen Élisée Reclus, der ihn so stark beeindruckt, dass sich Kropotkin endgültig entschließt, Anarchist zu werden.

    Zurück in Russland tritt er einem sozialistischen Geheimbund bei, wird aber bald darauf verraten und verhaftet. Im Gefängnis erkrankt er an Skorbut und kommt daraufhin ins Militärhospital, das nur unzureichend bewacht wird. Mithilfe zahlreicher Helfer, die eine Kutsche organisieren, kann er im Sommer 1876 fliehen. Über Finnland, England und die Schweiz gelangt er nach Frankreich. Dort wird er allerdings mit einer Anschlagsserie von streikenden Bergarbeitern in Verbindung gebracht und erneut verhaftet. Wieder erkrankt er an Skorbut, wieder einmal retten ihn Verbündete. Der britische Evolutionsforscher Alfred Russel Wallace und der französische Schriftsteller Victor Hugo setzten sich öffentlich dafür ein, dass er vorzeitig freikommt.

    Nach der Entlassung im Januar 1886 zieht Kropotkin nach London, wo er seine größte Schaffenszeit erlebt. Im Jahr 1892 erscheint „Die Eroberung des Brotes“, indem er die Abschaffung des Staates und der Lohnarbeit fordert. Darin versucht er, die anarchistische Theorie nicht wirtschaftlich, sondern naturwissenschaftlich zu begründen. Die Grundlagen liefern ihm seine Beobachtungen unter den Einheimischen Sibiriens und deren Selbstorganisation. Seine zentrale Forderung lautet: „Wohlstand für alle!“

    Im Jahr 1902 vollendet er sein wohl bedeutendstes Buch: „Gegenseitige Hilfe in der Tier- und Menschenwelt“, seine Antwort auf den Sozialdarwinismus. Den damals weit verbreiteten Glauben an einen natürlich bedingten „Kampf ums Dasein“ sieht er als eine Drohung gegen Schwächere an. „Für die fortschrittliche Entwicklung der Art“, schreibt Kropotkin, sei die „gegenseitige Hilfe“ hingegen „weit wichtiger“. Nach der Februarrevolution 1917 und dem Zusammenbruch des Zarenreiches kehrt er in seine Heimat zurück. Bei seiner Ankunft in Moskau empfangen ihn Zehntausende.
    [...]
    Obwohl er heute weitgehend vergessen ist, hat er doch Spuren hinterlassen; die Liste seiner Anhänger ist lang: Chinas kommunistischer Führer Mao Zedong zählte anfangs dazu; Mahatma Gandhi bezog sich in seinen Plänen für ein postkoloniales Indien auf Kropotkin. Und auch die israelischen Kollektive der Kibbuze nahmen Anleihen bei ihm. „Realpolitisch hat er den US-Sozialisten Murray Bookchin beeinflusst, vor allem was die Aspekte der Selbstverwaltung und -organisation angeht“, sagt Seyferth. Auf Bookchins „libertären Kommunalismus“ wiederum stütze sich das Modell des Demokratischen Konföderalismus des Kurdenführers Abdullah Öcalan.
    [...]

    Un petit film muet sur ses obsèques (Emma Goldman était venue des USA) :
    https://www.youtube.com/watch?v=j2ZIDu-jC7M

    #Pjotr_Alexejewitsch_Kropotkin #Pierre_Kropotkine #anarchisme #entraide

  • Antifascistes emprisonn·ées en Russie
    https://www.rs21.org.uk/2021/01/22/solidarity-is-a-stream-of-sparks-interview-with-an-antifascist-political-pr

    Ilya Shakursky, who is interviewed below, is one of ten people imprisoned in Russia over the ‘Network’ case, in which the Federal Security Service (FSB) carried out a string of arrests of young anarchists and antifascists, accusing them of participating in a (fictitious) underground terrorist organisation. Confessions were extracted from defendants through the use of torture, and ten defendants were sentences to prison terms ranging from three years to eighteen years. All ten defendants are included in a list of 61 political prisoners compiled by Memorial, Russia’s largest human rights defence group.

    https://www.amnesty.org/en/latest/news/2020/02/russia-prosecution-for-membership-of-a-non-existent-terrorist-organization-

    #Russie #network #opposant·es #prison #répression #anarchisme #interview #Shakursky

  • Louise Michel, La Commune, 1898
    http://classiques.uqac.ca/classiques/michel_louise/la_commune/la_commune.html

    « La Commune à l’heure actuelle est au point pour l’histoire.

    Les faits, à cette distance de vingt-cinq années, se dessinent, se groupent sous leur véritable aspect.

    Dans les lointains de l’horizon, les événe­ments s’amoncellent de la même manière aujourd’hui avec cette différence, qu’alors, surtout la France s’éveillait, et qu’aujourd’hui c’est le monde. »
    Louise Michel, avant-propos à La Commune.

    http://classiques.uqac.ca/classiques/michel_louise/la_commune/michel_la_commune.pdf

    Commune de Paris — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Paris

    L’historien François Furet note que le socialisme français pâtit « de l’exil du mouvement ouvrier », et écrit que « ces morts, ont une nouvelle fois et plus profondément encore qu’en juin 1848, creusé le fossé qui sépare la gauche ouvrière et le républicanisme bourgeois » . Pour Le Figaro, « Jamais, pareille occasion ne s’est offerte pour guérir Paris de la gangrène morale qui le ronge depuis vingt ans. » L’historien Alistair Horne note que la répression eut un impact terrible sur la classe ouvrière parisienne : « L’aspect de Paris changea de façon curieuse pendant quelques années. La moitié des peintres en bâtiment, la moitié des plombiers, des couvreurs, des cordonniers et des zingueurs avaient disparu. »

    #France #histoire #communisme #anarchisme #La_Commune_de_Paris

  • Karl Marx : Bürgerkrieg in Frankreich (Teil 1)
    https://www.marxists.org/deutsch/archiv/marx-engels/1871/05/teil1.htm

    Mit dem ganzen Heldenmut der äußersten Selbsterniedrigung trat die Regierung der nationalen Verteidigung in der Kapitulation von Paris hervor, als die Regierung Frankreichs durch Bismarcks Gefangene – eine Rolle von solcher Niedertracht, daß selbst Louis-Napoleon in Sedan vor ihr zurückgebebt war. Nach dem 18. März, in ihrer wilden Flucht nach Versailles, ließen die „Capitulards“ den aktenmäßigen Beweis ihres Verrats in Paris zurück. Um diesen zu zerstören, sagt die Kommune in einem ihrer Manifeste an die Provinzen,

    „würden diese Leute nicht davor zurückschrecken, Paris in einen Trümmerhaufen zu verwandeln, umspült von einem Blutmeer“.

    Aber um einen solchen Ausgang herbeizuführen, dafür hatten mehrere der Hauptmitglieder der Verteidigungsregierung außerdem noch ganz besondre Privatgründe.

    Kurz nach Abschluß des Waffenstillstands veröffentlichte Millière, Abgeordneter für Paris zur Nationalversammlung, jetzt erschossen auf expressen Befehl von Jules Favre, eine Reihe authentischer gerichtlicher Aktenstücke zum Beweise, daß Jules Favre, in wilder Ehe lebend mit der Frau eines in Algier wohnenden Trunkenbolds, durch eine höchst verwegne Anhäufung von Fälschungen, die sich über eine lange Reihe von Jahren erstrecken, im Namen der Kinder seines Ehebruchs eine große Erbschaft erschlichen und sich dadurch zum reichen Mann gemacht hatte; und daß, in einem von den rechtmäßigen Erben unternommenen Prozesse, er der Entdeckung nur entging durch die besondre Begünstigung der bonapartistischen Gerichte.

    Commune de Paris — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Paris

    La Commune de Paris est une période insurrectionnelle de l’histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Cette insurrection refusa de reconnaître le gouvernement issu de l’Assemblée nationale, qui venait d’être élue au suffrage universel masculin, et choisit d’ébaucher pour la ville une organisation de type libertaire, basée sur la démocratie directe, qui donnera naissance au communalisme.
    ...
    Dans La Guerre civile en France, Karl Marx juge que la Commune fut l’une des expériences les plus démocratiques depuis l’aube de la société de classes : « Au lieu de décider une fois tous les trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante devait "représenter" et fouler aux pieds le peuple au Parlement, le suffrage universel devait servir au peuple constitué en communes [...] Son véritable secret, le voici : c’était essentiellement un gouvernement de la classe ouvrière, le résultat de la lutte des producteurs contre la classe des appropriateurs, la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l’émancipation économique du travail. »

    #France #histoire #communisme #anarchisme #La_Commune_de_Paris

  • Nouveautés
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#occasions

    Occasions. Les Editions de La Pigne ont lancé une souscription pour Brèves de prison (80 pages au format 20 x 12 cm), une BD de Lahass. 6 euros franco de port au lieu de 7 euros (plus 2,54 euros de frais de port) pour un volume commandé avant fin février, 17 euros pour trois, 25 euros pour cinq. Le chèque à l’ordre de La Pigne est à envoyer à Editions de La Pigne, 21, rue Yvan-Goll, 88100 Saint-Dié-de-Vosges. Bon de souscription à imprimer. Pour le centenaire de la naissance de Murray Bookchin (1921-2006, biographie), l’Atelier de création libertaire propose un lot de quatre de ses ouvrages pour 25 euros : Pour un municipalisme libertaire, Qu’est-ce que l’écologie sociale, Notre environnement synthétique. La naissance de l’écologie politique, Quelle écologie radicale ? Ecologie sociale et écologie profonde en débat (avec Dave Foreman). Offre valable jusqu’au 31 janvier.

    #souscription #prison #bookchin #édition #anarchisme

  • Une philosophe féministe oubliée : Jenny d’Héricourt (1809-1875), alias Jeanne-Marie Poinsard
    https://maitron.fr/spip.php?article159559
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jenny_d%27H%C3%A9ricourt

    Quand en 1856 Jenny P. d’Héricourt (1809-1875), sage-femme, féministe et philosophe, critiqua Pierre-Joseph Proudhon pour sa théorie sur l’infériorité féminine, celui-ci refusa tout discussion, invoquant son infériorité intellectuelle naturelle. Néanmoins d’Héricourt continua de publier de ferventes critiques des théories des philosophes sociaux de son époque sur l’inégalité des sexes.

    Caroline Arni, « La toute-puissance de la barbe » Jenny P. d’Héricourt et les novateurs modernes
    https://journals.openedition.org/clio/139

    Quand l’auteure de La Femme Affranchie. Réponse à MM. Michelet, Proudhon, É. de Girardin, A. Comte et aux autres novateurs modernes, 1860, propose une discussion à Proudhon, il répond :
    « Il y a chez vous, au cerveau comme dans le ventre, certain organe incapable par lui-même de vaincre son inertie native et que l’esprit mâle est seul capable de faire fonctionner, ce à quoi il ne réussit même pas toujours. »

    Comme quoi, pour la grenouille au fond du puits, l’univers n’est qu’un petit disque bleu...

    #Jenny_d'Héricourt #féminisme #femmes #philosophe #théories_sociales #sexisme #Proudhon #grand_homme

    • Le pire dans tout ça, c’est qu’en tant que patriarche de l’#anarchisme, aujourd’hui encore ce type d’idées phallocrates persistent chez les anarchistes où le féminisme est souvent relégué en seconde zone, traitée de bourgeoise, bien après la libération sociale des hommes.

      #militantisme
      #masculinisme

      Partout et dans tous les temps, on rencontre de ces créatures excentriques, ridicules dans leur sexe, et insupportables au nôtre : elles sont de plusieurs espèces. Chez les unes, ce chic masculin est l’effet du tempérament et d’une grande vigueur corporelle : on les appelle des virago. Ce sont les moins à craindre ; elles ne font pas de prosélytes, et il suffit de la critique des autres femmes pour les ramener à l’ordre. Chez d’autres, la tendance à l’émancipation procède, ou d’un travers d’esprit, ou de la profession qu’elles exercent, ou bien enfin du libertinage. Celles-ci sont les pires : il n’y a pas de forfait auquel l’émancipation ne les puisse mener. À certaines époques, l’esprit de secte s’en mêle ; la défaillance des mœurs publiques vient compliquer le mal : la lâcheté des hommes se fait l’auxiliaire de l’audace des femmes ; et nous voyons apparaître ces théories d’affranchissement et de promiscuité, dont le dernier mot est la PORNOCRATIE. Alors c’est fini de la société.

    • Dans Les femes de droite, Andrea Dworkin cite Jenny P. d’Héricourt qui, en 1860, tente de faire admettre au socialiste Joseph Proudhon que tant que la femme sera tenue pour inférieure, le travail salarié ne peut la libérer : sous-payée, elle demeure condamnée à vendre aussi du sexe – se vendre à un mari ou à des prostitueurs. Proudhon lui oppose une fin de non-recevoir, décrétant « naturelle » l’infériorité des femmes. Cent ans plus tard, dans la contre-culture américaine, Dworkin et Robin Morgan repèrent le même sexisme chez les hommes de gauche, au nom cette fois de la libération sexuelle. Ils « estiment trop les putains et pas assez les épouses ». Ce que voient très bien les femmes de droite, qui tiennent les féministes pour naïves et impuissantes et optent, en désespoir de cause, pour le « modèle de la ferme » contre celui du bordel et de la pornographie.
      (https://www.ababord.org/Les-femmes-de-droite)

    • « En vertu de quel droit et au nom de quel principe voudrait-on séparer l’humanité en deux camps, dont l’un aurait le privilège de prendre librement son essor, cependant que l’autre — pour éviter toute concurrence — se verrait forcé de limiter le sien ? »

      Madeleine Tribolati (1905-1995), syndicaliste (à la CFTC) ayant participé aux négociations pour les conventions collectives de 1936, in Joceline Chabot, notice dans le dictionnaire Maitron.

      (Merci à Florence Montreynaud pour ces citations quotidiennes, du site Encoreféministes@gmail.com)

    • Difficile de remplacer ce que l’on ignore et que l’on refuse de connaitre. J’adorerai me passer de citations nauséabondes, et n’être que proposition positive, mais sans celles-ci comment comprendre que même la première Internationale (car avec des proudhoniens dedans) ait refusé que les femmes travaillent quand cela a imprégné salement toutes les pensées progressistes de gauche jusqu’à maintenant.
      Oui, profiter des leçons de celles qui se sont battues contre ces hommes infects et misogynes pour que nous puissions reconnaitre leurs ennemis, celleux qui tiennent à peu de chose près le même discours aujourd’hui.
      D’autant qu’en tant que femme et femme vivante pour un monde plus juste, je m’estime victime de ce merdier dans lequel ils nous ont mises et continuent d’en être misérablement fiers.
      #survivantes

  • Alexandre Skirda, l’anar du quai Saint-Michel
    https://www.lesinfluences.fr/Alexandre-Skirda-l-anar-du-quai-Saint-Michel.html

    Alexandre Skirda, l’anar du quai Saint-Michel

    Le 31 décembre 2020, par Sylvain Boulouque

    L’année 2020 a été une sale année pour les libertaires. Après Michel Ragon, Maurice Rajsfus, David Graber, Lucio Urtubia Jiménez pour ne citer que quelques uns des plus connus, Alexandre Skirda vient de s’ajouter à cette liste.
    #Politique

    Derrière ses airs bougons, Alexandre Skirda, une mémoire précieuse de l’anarchisme.

    HISTOIRE POLITIQUE. Homme discret voire secret sur ses amitiés et sur son action militante, Alexandre Skirda vient de s’éclipser à la toute fin de cette année ravageuse pour les penseurs et figures libertaires. Il est né en 1942 à Paris de parents russe et ukrainien. Il a commencé à militer dans les rangs libertaires au début des années 1960, dans un petit groupe communiste libertaire, le « Groupe d’études et d’action anarchiste ». Après, il faut le suivre dans les entrelacs d’un micro-monde. Il rejoint l’Union de groupes anarchistes communistes, participe à la fondation du mouvement communiste libertaire qu’il à quitte par rigueur organisationnelle pour rejoindre l’Organisation révolutionnaire anarchiste, où il milite sous le pseudonyme de Brévan. Partisan d’une organisation anarchiste structurée, il était du côté des « plateformistes » de l’anarchisme russe, considérant leur option non pas comme un mouvement philosophique et culturel, mais bien une branche du mouvement ouvrier. Mais il était avant tout un passionné d’histoire, qui participa à plusieurs groupes de réflexions sur la mémoire du mouvement libertaire. Cette passion se transforma en un ensemble de publications approfondies sur l’anarchisme russe. comme Kronstadt 1921. Le prolétariat contre le bolchevisme et Les Anarchistes dans la révolution russe . Au fil des ans, Il augmentait régulièrement ses publications que les Éditions de Paris-Max Chaleil, l’un de ses plus fidèles éditeurs, rééditait. Dans les années 1970, les archives soviétiques n’étaient ouvertes qu’à quelques personnalités, triées sur le volet par le Parti-État soviétique. Skirda n’était pas persona grata. C’est de Paris qu’il a patiemment rassemblé les documents auprès des militants en exil et traduit les textes disponibles en langue russe. Il mettait parfaitement en évidence la responsabilité de Trotski dans la répression de Kronstadt et n’avait de cesse de souligner la part importante de l’anarchisme dans la Russie des soviets tant sur la promotion des idées que sur l’organisation sociale.

    Nestor Makhno.

    De son œuvre on retiendra surtout sa biographie de Nestor Makhno, « le cosaque libertaire » et plus largement celle du mouvement anarchiste ukrainien, la makhnovtchina. La première version de son livre date de 1982 et les éditions Spartacus viennent de publier la toute dernière édition, la cinquième. Il y retrace ses quatre années de lutte contre les rouges et les blancs, en proposant une généalogie et aussi en analysant sa légende. Il a poursuivi ce travail sur Makhno en traduisant ses Mémoires et l’intégralité de ses œuvres en 2009, un travail magistral disponible aux éditions Ivréa. Le traducteur aura fait connaître également au public francophone, la figure de l’essayiste libertaire polonais, Jan Waclaw Makhaïski (1866-1926) et son ouvrage passionnant, Le Socialisme des intellectuels, critique des capitalistes du savoir.
    Excellent historien du dimanche, il a été soucieux de préserver la mémoire des militants en recueillant leurs témoignages directs, enregistrés ou filmés (avec la complicité de Bernard Baissat). Ce qui a abouti au magnifique livre de Marcel Body, Un Piano en bouleau de Carélie, lui aussi constamment réédité. Il a fait de même avec le libertaire suisse André Bösiger en co-écrivant ses mémoires Souvenirs d’un rebelle, sur l’anarcho-syndicalisme dans le monde helvétique. Il enregistra également le témoignage de plusieurs militants historiques contemporains de Makhno, comme Nikola Tchorbadieff. À la fin de sa vie, il avait élargi le champ de ses recherches à l’esclavage en Russie et à l’histoire de ce pays. Il avait levé aussi un dernier lièvre dans son ultime travail de recherche : soit le copier-coller de Marx, montrant, après deux militants libertaires qui avait flairé la supercherie au XIXe siècle, que le Manifeste communiste emprunta beaucoup au Manifeste de la démocratie de Victor Considérant.

    Alexandre était aussi devenu depuis le début des années 1980, un bouquiniste hors pair. Passer le voir sur les quais, c’était s’assurer de repartir un peu moins riche sur un plan financier mais certainement pas sur celui de l’humanité et des idées. Pour ceux qui ont eu la chance de l’approcher, il était passionné et pas uniquement par l’histoire de l’anarchisme. Sous ses airs bourrus, il savait se montrer généreux. Alors que je travaillais sur Voline, le poète et théoricien de la « synthèse anarchiste » pour le numéro de la revue Itinéraire, il m’a ainsi introduit auprès de Nikola Tchorbadieff, alors que cette tendance politique n’était pas vraiment sa tasse dé thé.
    Cruelle ironie de la faucheuse, Alexandre Skirda est donc décédé le 23 décembre, quelques semaines avant le centième anniversaire de la répression contre la Commune de Kronstadt et de la makhnovtchina. On essaiera de le faire à ta place, la larme à l’œil. Salut Alex.

    #Skirda #anarchisme #Makhno

  • Nouveautés
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html

    France Culture a consacré récemment deux émissions à Rirette Maitrejean (1887-1968, Maitron) : « Une anarchiste de la Belle Epoque » (28 min) et « Dans la tourmente de la “Bande à Bonnot” » (28 min). Anna Henriette Estorges a 16 ans lorsqu’elle arrive à Paris, fuyant une famille qui veut la marier, et fréquente les anarchistes individualistes. Elle peaufine son éducation grâce aux universités populaires et causeries, et épouse Louis Maîtrejean. « Très vite mère de deux enfants, séparée de leur père, pratiquant l’union libre, Rirette Maîtrejean devient responsable de l’hebdomadaire L’anarchie aux côtés de son compagnon Victor Serge. Comme tous les anarchistes individualistes, elle s’efforce de vivre en conformité avec son éthique, pratiquant la vie en communauté, le partage des tâches, l’hospitalité, tout en gérant le bon fonctionnement du journal. Jusqu’à ce que son destin bascule fin 1911 avec l’arrivée à Paris de l’anarchiste lyonnais Jules Bonnot… »

    #anarchisme #RiretteMaitrejean #Bonnot #illégaliste

  • BALLAST | Élisée Reclus : les animaux, ces autres exploités
    https://www.revue-ballast.fr/elisee-reclus-les-animaux-ces-autres-exploites

    On doit au géo­graphe fran­çais #Élisée_Reclus d’a­voir, le pre­mier, pen­sé l’é­man­ci­pa­tion sociale de l’hu­ma­ni­té en même temps que celle des ani­maux. Parce qu’il est notam­ment un lien direct entre la façon dont les humains les traitent et se traitent entre eux, toute ambi­tion socia­liste se doit de tour­ner la page de l’ex­ploi­ta­tion ani­male. Plus d’un siècle après, l’ou­vrage Le #Bestiaire_liber­taire d’Élisée Reclus, signé Roméo Bondon aux édi­tions Atelier de créa­tion liber­taire, revient dans le détail sur la pro­po­si­tion poli­tique majeure du végé­ta­rien et com­bat­tant volon­taire, en 1871, de la Commune de Paris. Nous en publions un chapitre.

    #animaux #végétarisme #anarchisme

  • Projet d’une loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes ([Reprod.]) / par S -M * Maréchal, Sylvain (1750-1803). Auteur du texte
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42699t/f4.item
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42699t/f4.highres

    Encore peu soucieux des droits des femmes, comme la majorité des hommes révolutionnaires, il rédige en 1801 un texte, très controversé, sur un Projet de loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes.

    #misogynie #historicisation #anarchisme #manarchiste #anarcouille #masculinisme

    • PROJET

      DÉFENSE
      D’APPRENDRE A LIRE AUX FEMMES ;
      Par S*M*

      AUX CHEFS DE MAISON,

      AUX PERES DE FAMILLE,
      ET AUX MARIS.

      Qui plus que vous doit sentir
      la nécessité et l’urgence de la Loi
      dont le Projet vous est adrcssé
      et soumis à votre prudence ? Les
      bons ménages deviennent rares ;
      et c’est vous, les premiers, qui
      porte/ la peine des préjugés et
      des abus qui ont envahi l’édu-
      cation des femmes.

      Vous tiendrez donc la main
      à ce Règlement ; il vous intéresse
      plus peut-être encore que les
      femmes qui en sont l’objet prin-
      cipal.

      Les puissances mâles et fc-
      melles du Bas -Empire de la
      Littérature vont s’agiter à la
      promulgation de la présente Loi.
      On prononcera malédiction sur
      le Législateur indiscret et témé-
      raire. Déjà en butte aux prêtres,
      comment n’a-t-il pas craint de
      leur donner les femmes de let-
      tres pour auxiliaires ? La coali-
      tion des femmes dé lettres et-des
      prêtres est une rude chose
      mais que pourra-tdîe si les bons
      esprits, si les tètes saines oppo-
      sent leur égide, et placent cette
      Loi sous lebouclier de la raison ?
      Les bonnes mères de famille,
      les excellentes femmes de mé-
      nage, les épouses sensibles, les
      jeunes filles naïves et toutes
      naturelles, vengées enfin du,
      méprisant abandon où on les
      reléguait sauront peut être
      quelque gré au Rédacteur de
      cette Loi, et rendront justice à
      la pureté de ses intentions.

      iv

      Nous ne sommes point dupes
      (s’écrieront quelques flatteurs
      des femmes) Vies ménagement
      qu’on prend ici pour faire en-
      tendre que les deux sexes ne
      doivent pas être rangés précisé-
      ment sur la même ligne dans
      la grande échelle des êtres et
      qu’il faut placer un sexe au-des-
      sous de l’autre.

      Il faut répondre:ce n’est point
      là du tout la pensée du Légis-
      lateur des femmes.JDans le plan
      qu’il s’est tracé de la nature, il
      n’y a pas un. seul être inférieur
      v

      à un autre. Toutes les produc-
      tions sorties de ses mains sont
      autant de chef,-d’oeuvres ; et par-
      mi une infinité de chef-d’oeuvres,
      il seroit absurde d’établir ou de
      supposer des préférences.

      Les deux sexes sont parfaité-
      nfen égaux ; c’est-à-dirc, aussi
      parfaits l’un que l’autre, dans ce
      qui les constitue. Rien dans la
      nature n’est comparable à un
      bel homme, qu’une belle femme.
      Ajoutons pour finir il n’y a
      rien de plus lâid au monde qu’un
      homme singeant la femme si
      ce n’cst une femme singeant
      l’homme.

      Ce Projet de Loi ne pouvait
      paraître plus à propos qu’au
      moment où l’on s’occupe de l’or-
      ganisa tion définitive des études.-
      Vous remarquerez que dans
      son rapport, si estimable, sur
      l’Instruction publique Chaptal
      garde le pl.us profond silence tou-
      chant lcs femmes ; il ne leur sup-
      pose aucunement la nécessité
      d’apprendre à lire, à écrire, etc.
      Par logerait-il l’opinion que lèur

      *lj

      esprit naturel n’a pas besoin
      de culture ?

      Nota. Celles d’entre les femmes qui
      prendront a, coeur ce projet de Lôi,
      pourrons se permettre les réclama’
      tions et sont invitées à les adresser
      au Rédacteur : il s’empressera d’y faire
      droit, autant que possible.

      Mais il prévient qu’il ne répondra
      aux injures que par son silence ac-
      coutumé des injures ne sont point
      des raisons.
      AUX FEMMES.

      Si l’on vous interdit l’arbre delà science,
      Conservez sans regret totre douce ignorance,
      Gardienne des vertus, et ihèred£« plaisirs ;

      PROJET

      LOI,

      lire
      aux Femmes.

      MOTIFS DE LA LOI.
      Ço n sidérant ;

      i°i \£vt l’amour honnête le chaste hymen
      la tendresse maternelle la piété filiale la
      reconnaissance des bienfaits etc., sont
      antérieurs à l’invention de l’alphabet et de
      l’écriture, et à l’étude des langues ; ont sub-
      sistc, et peuvent encore subsister sans eUes.

      Considérant :

      2°. Les incoûvcnicns graves qui résultent
      pour les deux sexes, de ce que les femmes
      tachent lire.

      Considérant

      5°. Qu’apprendre à lire aux femmes est
      un hors-d’oeuvre nuisible à leur éducation
      naturelle c’est un Itixc dont l’effet fut
      presque toujours l’altération et la ruine des
      moeurs.

      Considérant :

      Que cette fleur d’innocence qui ca-
      ractérise une vierge, commence à perdre
      de son velouté, de sa fraîcheur du moment
      que l’art et la science y touchent du mo-
      ment qu’un maître en approche. La pre-
      mière leçon que reçoit une jeune fille est

      (3)

      le premier pas qu’on l’oblige à faire pour
      s’éloigner de la nature.

      Considérant :

      5°. Que l’intention de la bonne et sage
      nature a été que les femmes exclusivement
      occupées des soins domestiques, s’honore-
      raient de tenir dans leurs mains non pas
      un livre ou une plume, mais bien une
      quenouille ou uu fuseau.

      Consi dérant :

      Combien une femme qui lie sait pas
      lire est réservée dans ses propos, pudibonde
      dans ses manières parcimonieuse en pa-
      roles, timide et modeste hors de chez elle,
      égale et indulgente. Combien au coti-
      traire, celle clui sait lire et écrire a de
      penchant a la médisance à l’amour propre,
      au dédain de tous ceux et de toutes celles
      qui en saveut un peu moins.

      Considérant :

      Combien il est dangereux de cultiver
      l’esprit des femmes, d’après la Réflexion
      morale de la Rochefoucaull qui les con-
      ttaissait si bicn « L’esprit de la plupart
      des femmes sert plus à fortifier leur folie
      U que leur raison. »

      Considérant :

      Que la nature elle-même, en pour-
      voyant les femmes d’une prodigieuse apti-
      tude harler semble avoir voulu leur
      épargner le soin d’apprendre à lire il
      écrire.

      CONSIDÉRANT :

      9°. Que le joli habil des femmes dédom-
      magera avec usure de l’absence de leur style.
      Considérant :

      io°. « Que chaque sexe a son rôle. Celui
      (5)

      de l’homme étant d’instruire etde protéger,
      suppose une organisation forte dans toutes
      ses parties. Le rôle de la femme doit être
      bien moins prononcé. Douceur et sensibi-
       » lité en sont les deux principaux caractères.
      Tous ses droits, tous ses devoirs tous ses
       » talens se bornent là et ce lot vaut peut-
       » être bien l’autre. »

      (Galerie des Femmes célèbres, in-f.)
      Considéra ni :

      ii°. « Que la société civile, dans la distri-
       » bution de ses rôles, n’en a donné qu’un
       » passif aux femmes. Leur empire a pour
       » limites le seuil de la maison paternelle ou
      maritale. C’est là qu’elles rôgnenl véritable-
      ment. C’est là que par leurs soins journa-
       » liers elles dédommagent les hommes des
      travaux et des peines qu’ils endurent hors
       » de leurs foyers. Compagnes tendres et son-
      )1 ’mises, les femmes ne doivent prendre

      ....

    • Ca m’étonnerai pas que le mec soit homophobe mais dans ton exemple je voie plutot du spécisme que de l’homophobie car on peu très bien imiter l’autre sexe sans être homo ni trans. Mais c’est fort possible que dans la tête de ce type, le fait de permettre aux femmes de lire les conduira à l’homosexualité.

  • Rirette Maîtrejean, l’insoumise – série de podcasts à écouter – France Culture
    https://www.franceculture.fr/emissions/series/rirette-maitrejean-linsoumise

    Quittant sa Corrèze natale en 1904, #Rirette_Maîtrejean a 16 ans quand elle débarque à Paris. En révolte contre une famille qui veut la marier au plus vite, elle est à la recherche d’une vie meilleure. Elle découvre le milieu des anarchistes.

    https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/rirette-maitrejean-linsoumise-22-dans-la-tourmente-de-la-bande-a-bonno


    La bande à Bonnot par Marc Renneville - Criminocorpus
    https://criminocorpus.org/fr/reperes/affaires-criminelles/la-bande-bonnot
    #anarchisme

  • Loin des petitesses, loin de la violence de ce monde (violence dont il avait évidemment conscience et qu’il combattait), le géographe anarchiste #Élisée_Reclus avait le goût du #bonheur. Et il en donne. Quel plaisir de le lire : vraiment c’est bienfaisant.


    Thread de Ludivine Bantigny sur twitter :
    https://twitter.com/Ludivine_Bantig/status/1330647060522164224

    « Notre commencement de savoir, nos petits rudiments de connaissances historiques nous disent qu’il ne faut point tolérer de maîtres, à tout #ordre il faut répondre par la #révolte. L’histoire nous dit que toute #obéissance est #abdication, que toute #servitude est une mort anticipée »

    « Nous sommes révolutionnaires parce que nous voulons la #justice. » Sans intérêts d’argent, de caste, de position. Pour étudier le grand livre des connaissances humaines, vivre d’une vie libre, puissamment consciente et fraternelle, s’occuper des enfants et avec eux de la #nature.

    Et ce sera pour tous un bonheur dont nous n’avons aujourd’hui aucune idée, de vivre dans un monde où nous ne verrons […] point de faméliques demandant un sou, point d’hommes valides se faisant soldats ou même policiers, parce qu’ils n’ont pas d’autres moyens de gagner leur vie.

    « Puisque la nature est profanée par tant de spéculateurs précisément à cause de sa #beauté, il n’est pas étonnant que dans leurs travaux d’#exploitation les agriculteurs et les industriels négligent de se demander s’ils ne contribuent pas à l’enlaidissement de la terre. »

    Dans le souvenir de la #Commune : « Il me souvient, comme si je la vivais encore, d’une heure poignante de ma vie où l’amertume de la #défaite n’était compensée que par la joie mystérieuse et profonde, presque inconsciente, d’avoir agi suivant mon cœur et ma volonté… »

    Notre idéal de bonheur : une #communauté_d’égaux
    Quel est d’abord notre objectif révolutionnaire ?
    L’#affection_mutuelle, le #respect_de_soi et de la #dignité_d’autrui.
    Pour cela : supprimer l’#accaparement.
    [Que vienne un temps où les humains] pourront enfin se dire égaux sans ironie.

    « L’histoire d’un #ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l’histoire de l’#infini. »
    Reclus observe « les #champignons groupés fraternellement en petites assemblées », le « ravin et ses voûtes d’ombre ».
    Car chez Reclus la nature redonne courage pour les #luttes.

    Les petites ondulations que je provoque à la surface de l’eau se propagent au loin[…] jusqu’à l’espace indistinct. De même toute pensée vigoureuse, toute parole ferme, tout effort dans le grand combat de la justice & de la #liberté se répercutent[…] jusqu’au plus lointain avenir.

    Les gens de gouvernement désespérant de leur cause en sont venus à ne demander à leurs maîtres que la « poigne » leur seule chance de salut.
    À leur sujet le doute n’est pas permis : nul #préjugé ne les arrête pour la conquête du #pouvoir et des écus.
    É. Reclus Évolution et révolution.

    Si le #capital garde la force nous serons tous des #esclaves de ses #machines, cartilages rattachant les dents de fer aux arbres de bronze ou d’acier[…] C’est en vain que vous ferez appel à la #pitié. Le tigre peut se détourner de sa victime mais les livres de banque sont sans appel.

    Aux enfants : « Notre titre de parents ne nous fait en rien vos supérieurs et nous n’avons sur vous d’autres droits que ceux de notre profonde #affection. À vous, mes enfants, de dire si nous avons abusé de notre force pour vous maintenir dans la faiblesse ».

    #Elisée_Reclus #anarchisme #parentalité

    • Elisée Reclus est l’un de mes « maîtres à penser » si tant est qu’on ait besoin de tels personnages. C’est vraiment une personnalité remarquable et sa conception de l’anarchisme et des rapports entre l’homme et la nature sont plus qu’indispensables à connaître. Beau texte !

  • En vrac sur le Web
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#vrac1

    Le Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) de Lausanne a lancé un concours d’anarchitecture « pour célébrer les trente ans de la construction de son bâtiment actuel tout en pensant à l’avenir ». Le livret de « Présentation, cahier des charges et plans » et les annexes peuvent être téléchargés. Les contributions sont à faire parvenir au CIRA avant le 18 mars 2021 ! Quant au CIRA Marseille, il a édité un calendrier, qui célèbre cette année Georges Brassens (...)

    #anarchisme #CIRA #féminisme #communisme-libertaire

  • L’Essai

    Avec L’Essai, Debon signe un histoire complète qui, entre fiction et réalité, met en scène l’histoire vraie d’une communauté anarchiste.

    Dans son nouveau one shot, #Nicolas_Debon s’inspire de l’histoire vraie d’une communauté anarchiste installée dans les Ardennes en 1903. Fonctionnant sur le principe de liberté et sur les préceptes libertaires, la communauté de L’Essai illustre à merveille l’espoir d’un modèle de société différent et exempt de toute autorité, dans une France plongée dans la misère. Un récit historique poignant sur un épisode méconnu de notre histoire et mis en images par un auteur au talent hors du commun.

    Une aventure documentaire, un récit inspiré d’une histoire vraie, mais aussi une bande dessinée servie par un graphisme original avec des couleurs directes parfaitement appropriées aux décors majestueux.

    https://www.dargaud.com/bd/lessaiempty

    #BD #livre

    #utopie #Aiglemont #Ardennes #liberté #anarchisme #ferme #hitsoire #France #communisme #éducaation #Le_Cubilot #communisme_expérimental #colonie_libertaire #Fortuné_Henry #milieux_libérés #imprimerie