• #Julie_Bindel : Andrea Dworkin est la féministe radicale et visionnaire dont nous avons besoin en ces temps difficiles. Voici pourquoi.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/05/14/andrea-dworkin-est-la-feministe-radicale-et-visionnaire-dont-nous

    J’ai connu la vraie Dworkin, et notre amitié de dix ans m’a appris beaucoup plus sur l’amour que sur la haine. «  Je conserve dans mon cœur les récits des femmes  », me répondait-elle quand je lui demandais comment elle arrivait à demeurer saine d’esprit dans le travail qu’elle faisait. «  Ces récits m’exhortent à continuer et à rester concentrée sur ce qui doit être fait.  »

    Elle était motivée par un désir inné de débarrasser le monde de la douleur et de l’oppression. Si nous avions été plus nombreuses à écouter Dworkin pendant ses décennies de militantisme et à prendre son travail plus au sérieux, plus de femmes auraient adhéré à un féminisme intransigeant, par opposition au féminisme fun, qui se prête au genre de slogans qu’on peut lire sur les T-shirts de mode, celui qui vante le «  girl power  » individuel des filles et l’audace de porter le pantalon, plutôt qu’un mouvement collectif pour libérer toutes les femmes de la tyrannie de l’oppression.

    Nous nous sommes rencontrées en 1996. J’étais l’une des organisatrices d’une conférence internationale sur la violence faite aux femmes, et Dworkin était l’une des oratrices principales. Nous nous sommes tout de suite bien entendues, à cause d’un humour semblable et de quelques amies en commun. Le premier soir, nous sommes allées souper avec d’autres conférencières et nous avons rigolé haut et fort de nos différentes listes de souhaits sur des moyens de mettre fin au patriarcat. «  Avez-vous remarqué, nous a dit Dworkin le lendemain matin, qu’on nous appelées « ladies » à notre arrivée, « you guys » quand ils ont pris notre commande, et qu’on a probablement été bannies à vie en repartant  ?  »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2019/apr/16/why-andrea-dworkin-is-the-radical-visionary-feminist-we-need-in-our-ter
    #Andrea_Dworkin #féminisme_radical #misandrie #patriarcat #violences_masculines #femmes_de_droite


  • Recension de COÏTS dans la revue féministe #AXELLE : Rapport sexuel, rapport de domination ?
    http://tradfem.wordpress.com/2019/05/08/rapport-sexuel-rapport-de-domination

    Sorti début février aux Éditions Syllepse et aux Éditions du remue-ménage, Coïts commence par passer au crible des personnages de la littérature ou historiques, en neuf chapitres comme autant de clés de lecture et de compréhension. Exemple ? « Répugnance ». Porte d’entrée : « La sonate à Kreutzer » de l’écrivain russe Léon Tolstoï, terrifiante histoire d’un mari qui confie les raisons pour lesquelles il a fini par assassiner sa femme. L’autrice souligne l’angoisse, la douleur de l’assassin devant la possibilité de perdre l’objet de sa haine.
    (...) Le rapport sexuel subit une déconstruction systématique : il ne reste rien de caché d’un acte considéré par la société comme « normal », voire « naturel », mais en réalité régi par un nombre incalculable de règles et de lois implicites et explicites. Dworkin livre au passage une comparaison de la haine des femmes et du racisme : comme les hommes avec les femmes, les Blanc·hes, pour inférioriser les Noir·es, se coupent de leur capacité à ressentir. en société patriarcale, le coït décrit un homme qui « possède » la femme en la pénétrant, la possède par la baise. en société patriarcale, l’homme manifeste sa puissance, montre sa virilité par le coït.

    la revue Axelle : https://www.axellemag.be
    #andrea_dworkin #sexualité #domination_masculine


  • #Jeremy_Lybarger : Redécouvrir Andrea
    https://tradfem.wordpress.com/2019/03/25/redecouvrir-andrea


    (...) Sa mort a suscité des émotions mitigées. «  Le décorum exige d’accentuer le positif lorsqu’on parle d’un défunt récent  », a-t-on pu lire dans un billet de l’essayiste de droite Cathy Young, publié dans le Boston Globe neuf jours après le décès de Dworkin. «  Ici, il n’y a pas grand-chose de positif à accentuer, à part un talent mal utilisé et une passion mal dirigée.  » Peu de commentateurs résistaient à critiquer l’apparence physique de Dworkin, devenue synonyme de ce que les critiques considéraient comme sa rhétorique peu séduisante et débridée. «  Dworkin était un cliché vivant – la féministe comme obèse, poilue, non maquillée, lesbienne et négligée  », a écrit Katha Pollitt dans The Nation. «  C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles elle était une telle icône médiatique – elle « prouvait » que le féminisme était destiné aux femmes qui ne pouvaient avoir d’homme.  » Une analyse a révélé que l’apparence physique de Dworkin a été mentionnée dans 61 % de ses notices nécrologiques.

    Pourtant, peu de gens ont pu nier l’influence sismique de cette femme. Elle reste l’une de ces rares figures intellectuelles publiques à propos desquelles les gens ont des opinions sans avoir lu un seul mot de ses écrits. Les résumés à l’emporte-pièce de sa pensée – elle détestait les hommes  ; tout rapport sexuel est un viol  ; une feminazie sans humour – sont soit entièrement faux soit aussi trompeurs qu’un miroir déformant de fête foraine.

    Last Days at Hot Slit, une nouvelle sélection d’extraits de discours, d’essais et de romans de Dworkin, balaie cet héritage toxique. Près de quinze ans après sa mort, certaines de ses idées apparaissent rigides, au sens où elle se démarquait de l’esprit des années 1980 et encore plus de la vie d’aujourd’hui, comme lorsqu’elle attaque la pornographie et qu’elle en associe les consommateurs à la culture du viol. Mais Last Days at Hot Slit révèle aussi une écrivaine plus mesurée que ce dont se souviennent bien des gens. Dworkin était une styliste talentueuse et, quelles que soient la vigueur et l’indignation de ses arguments, elle les exprimait avec une lucidité méticuleuse.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://bostonreview.net/gender-sexuality/jeremy-lybarger-finally-seeing-andrea
    #Andrea_Dworkin #féminisme_radical #sexualité #anthologie


  • EN LIBRAIRIE : Coïts d’#Andrea_Dworkin
    https://tradfem.wordpress.com/2019/02/14/en-librairie-coits-dandrea-dworkin

    « COMMUNION »
    [chapitre 4 de Coïts , édition Syllepse , traduction Martin Dufresne]

    En Amérike, pratiquement tout le monde est convaincu – du moins à ce qu’il semble – que le sexe (la baise) est une bonne chose, que l’on se doit d’aimer : une valeur morale ; un indice de santé humaine ; presque un critère de citoyenneté. Même ceux et celles qui croient au péché originel et à une théologie d’enfer et de damnation expriment cette conviction bien amérikaine, un optimisme qui luit dans l’obscurité : le sexe est bon, sain, salutaire, agréable, joyeux ; nous l’aimons, nous y prenons plaisir, nous en voulons, nous nous en réjouissons ; il est aussi simple que nous, qui habitons cet étrange pays dénué de mémoire et d’intelligence.

    Le débat actuel entre la droite et la gauche en matière de sexe ne touche pas la nature de la baise elle-même. Il s’en tient à déterminer si cette bonne chose est également bonne à l’extérieur du mariage ou entre personnes de même sexe (quelle que soit la façon dont elles s’y prennent). « En d’autres termes », écrit Marabel Morgan, ne citant rien moins que les Saintes Écritures, « le sexe est pour les relations conjugales seulement, mais à l’intérieur de ces liens tout est permis. Le sexe est aussi pur que du pur fromage de campagne » (Morgan, 1975 : 126). Son livre La Femme totale (un manuel destiné aux femmes qui veulent amener leur mari à les baiser tout en conservant une attitude joyeuse et leur croyance en Dieu) a suscité des ateliers qui ont essaimé partout aux États-Unis, y compris dans certaines Églises. On y enseigne à des chrétiennes conservatrices comment incarner les prétendus fantasmes de leur mari à l’aide de costumes et d’accessoires. La gauche, elle, préfère multiplier les partenaires ; et la célèbre page couverture du magazine pornographique Hustler, où une femme est plongée dans un hachoir pour en ressortir en purée, témoigne de ses goûts alimentaires. À droite comme à gauche, une citoyenne a intérêt à témoigner de sa loyauté envers le coït. Toute ambivalence ou dissidence mine sa crédibilité ; une bonne attitude est requise avant qu’elle puisse s’exprimer – dans des revues, à la télé, dans des organisations politiques. Cette bonne attitude est à peu près à l’image d’une majorette des Cowboys de Dallas ; ne pas l’avoir est antiaméricain, voire tordu. La pression sociale à la conformité est féroce, omniprésente et vertueuse. Ce chauvinisme simpliste pro-sexe tant de la droite que de la gauche fait disparaître le sens véritable de l’affirmation d’une vie humaine, ou toute perception de sa complexité, de l’enchevêtrement des émotions en jeu. « Il est impossible, écrit #James_Baldwin, que l’on puisse affirmer une chose à propos de laquelle on refuse de se poser des questions ; on est condamnés à rester muet sur toute chose que l’on n’a pas, par un acte de l’imagination, faite sienne » (Baldwin, 1973a : 161).

    édition Syllepse : http://www.syllepse.net/coits-_r_62_i_755.html


  • #Andrea_Dworkin : COÏTS – Avant-propos
    https://tradfem.wordpress.com/2018/12/29/coits-avant-propos

    Quand j’ai terminé l’écriture d’Intercourse, un collègue m’a conseillé d’y ajouter une présentation pour expliquer le contenu du livre. De cette façon, les gens ne seraient pas choqués, apeurés ou irrités, puisque les idées leur seraient déjà familières, mâchées d’avance, plus digestes ; je m’épargnerais des interprétations erronées ou malicieuses, des distorsions délibérées ; et mon empressement à montrer patte blanche attesterait de mon désir que les gens m’aiment ainsi que mon livre, quintessence d’une attitude féminine. Cela serait un genre de demi-génuflexion.

    D’autres collègues – sans doute plus francs – m’ont conseillé tout de go de le publier sous un nom d’emprunt. J’ai refusé ; et Intercourse est devenu l’équivalent d’un test de Rorschach social où les gens ont lu les caricatures qu’ils imaginaient de moi et tout ce qu’ils présumaient connaître à mon sujet. D’abord édité aux États-Unis, en même temps que mon roman Ice and Fire, en 1987, Intercourse continue à être traîné dans la boue par des gens qui ne l’ont pas lu, réduit à quelques slogans par des journalistes se posant en critiques, en sages ou en grands penseurs, traité comme un écrit odieux et haineux par tous les crétins qui s’imaginent que l’apaisement de notre monde violent viendra d’encore plus de respect envers des hommes blancs et décédés.

    COÏTS , traduit par Martin Dufresne, paraîtra en janvier au Québec (Éditions du remue-ménage) et en Europe (Éditions Syllepse). Signalez-le à votre libraire SVP, ou commandez-le directement aux éditeurs : http://www.editions-rm.ca ou https://www.syllepse.net


  • Recension de anthologie de Dworkin Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas dans la revue belge #Axelle par #Manon_Legrand
    https://tradfem.wordpress.com/2018/12/19/recension-dune-anthologie-de-dworkin-dans-la-revue-belge-axelle

    Une anthologie des textes de la grande féministe américaine #Andrea_Dworkin est parue fin 2017. Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas est une lecture essentielle et inspirante à l’heure où les femmes se battent pour se faire entendre et pour dénoncer les violences masculines.
    Ses textes, poignants et radicaux, ont plus de 20 ou 30 ans, mais n’ont rien perdu de leur force de frappe. Andrea Dworkin, autrice féministe américaine morte en 2005, a laissé un nombre impressionnant d’écrits, consacrés principalement au viol, aux violences et à la pornographie : les grands combats de sa vie.

    Elle s’est surtout fait connaître au début des années 1980 pour une proposition d’ordonnance, rédigée avec une juriste, #Catherine_MacKinnon, visant à faire reconnaître la pornographie comme une discrimination sexuelle et une violation des droits civils des femmes. Avec l’objectif de permettre aux femmes lésées par la pornographie de poursuivre les producteurs et les distributeurs et de réclamer des dédommagements. Pour Dworkin et MacKinnon, le porno est l’antichambre du viol.

    Dworkin explique son combat contre le porno en ces termes : « Je dois combattre une industrie qui encourage les hommes à mettre en actes l’agression des femmes – leurs fantasmes –, pour reprendre leur doux euphémisme. Et j’enrage de voir les gens accepter partout où je vais, inconditionnellement, cette fausse idée de la liberté. La liberté de faire quoi ? À qui ? La liberté de me torturer ? Cela n’est pas la liberté pour moi. » Le projet d’ordonnance a toujours été rejeté, au nom de la liberté d’expression.

    Version originale : https://www.axellemag.be/andrea-dworkin-anthologie


  • #Dworkin et la fête de l’#Halloween
    https://tradfem.wordpress.com/2018/10/31/dworkin-et-la-fete-de-lhalloween

    L’Halloween est le bon moment où prendre l’engagement de cette solidarité révolutionnaire. Cette nuit, nous nous souvenons de nos mortes. Cette nuit, nous nous souvenons ensemble que neuf millions de femmes ont été tuées parce que des hommes les ont qualifiées de charnelles, malicieuses et méchantes. Cette nuit, nous savons que ces femmes vivent aujourd’hui à travers nous.
    Redonnons ensemble à cette nuit le nom de Veille des Sorcières. Faisons-en ensemble un moment de deuil : pour toutes les femmes victimes de féminicide, mortes, en prison, en établissements psychiatriques, violées, stérilisées contre leur gré, brutalisées. Et consacrons ensemble nos vies, cette nuit, à élaborer la sororité révolutionnaire – les stratégies politiques, les actions féministes – qui mettront fin pour toujours à la violence dévastatrice exercée contre nous.

    Traduction :#tradfem
    #Andrea_Dworkin #féminicide #sorcières


  • #Andrea_Dworkin : Le coït dans un monde d’hommes (annonce de publication)
    https://tradfem.wordpress.com/2018/09/16/andrea-dworkin-le-coit-dans-un-monde-dhommes-annonce-de-publicati

    Même si Tradfem n’a pas travaillé à ce projet, c’est avec un immense plaisir que nous vous annonçons la sortie prochaine (début 2019) de Le coït dans un monde d’hommes d’Andrea Dworkin chez Remue-ménage & Syllepse.

    À l’opposé de l’air du temps et de la prétendue « égalité-déjà-là », de l’illusion que des pratiques sexuelles pourraient être « naturelles » et de l’oubli des rapports de domination, Andrea Dworkin aborde le coït en l’intégrant dans les rapports de pouvoir. Elle parle de « la baise » dans un monde dominé par les hommes, une certaine forme de sexe outil et matière de la domination, l’anéantissement des femmes dans la sexualité masculine, l’inégalité sexualisée des unes et des autres.

    L’auteure ne s’adresse pas à un auditoire timoré, passif ou avide de textes consensuels. Le Coït dans un monde d’hommes (Intercourse en anglais) est un livre violent qui explore le monde sexué de la domination et de la soumission. « Il procède en cercles descendants plutôt qu’en ligne droite. Comme dans un tourbillon, chaque spire plonge plus profondément dans ce monde » (Andrea Dworkin).

    Les titres des neuf chapitres ouvrent sur des analyses subversives, dérangeantes : « Répugnance », « À vif », « Stigma », « Communion », « Possession », « Virginité », « Occupation et collaboration », « Pouvoir, statut et haine », « La loi », « Saleté et mort ».


  • #Thérèse_Lamartine : Qui a peur d’Andrea Dworkin ? (Une recension de Thérèse Lamartine, publiée dans la revue québécoise Nuit Blanche)
    https://tradfem.wordpress.com/2018/08/16/qui-a-peur-dandrea-dworkin

    Quelque trente ans après la parution de ses ouvrages essentiels, on aurait pu croire que son œuvre avait pris quelques rides. Il n’en est rien. Andrea Dworkin demeure une figure capitale de la pensée féministe radicale, à la source de la deuxième vague, la plus puissante des trois que compte maintenant le mouvement des femmes.

    Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas nous offre quatorze textes expurgés de tout compromis, de toute faiblesse, de tout sentimentalisme. Il n’est pas innocent que l’anthologie s’ouvre sur Premier amour, révélateur de la trajectoire intime de l’écrivaine qui connaît avec un jeune Grec les plaisirs et les dérives de la chair, ses ascensions lumineuses et ses descentes en enfer. Saisie par ce qu’elle nomme une pulsion d’advenir, elle parvient à s’arracher du lien fusionnel où se meurt son pouvoir créateur.

    Doté d’une « immense ambition de vivre, de savoir, de sentir », cet être humain né avec un vagin et en raison de cette seule caractéristique, sera par la suite violé, battu par un conjoint, parfois réduit à la quasi mendicité, ce qui le mène à troquer son sexe pour un toit. Corps et âme à l’agonie, voilà que, mû par une force secrète, cet être se relève, trempe sa plume dans le sang de son aliénation, et construit une des œuvres fondatrices des luttes contre les systèmes d’oppression d’humain à humain. Andrea Dworkin, celle qui a tout vécu, saura désormais, sinon tout écrire, explorer avec un sang-froid et une lucidité indéfectibles les espaces les plus funestes où les femmes sont tenues prisonnières.

    Ethnologue de la violence, #Andrea_Dworkin n’aura de cesse de fouiller la condition universelle du sexe féminin. Viol, inceste, violence conjugale sont radiographiés strate par strate. Déjà, elle balise la culture du viol, et met au jour le fait que les femmes vivent l’équivalent d’un couvre-feu militaire imposé par les violeurs. Sa main écrivante assène des gifles cinglantes au système prostitutionnel et à celui de la pornographie dont elle démonte la mécanique pièce par pièce, chacune nettoyée sans pitié de ses innombrables mythes et bêtises. Elle secoue nos doutes, nos indifférences, nos paresses. Chemin faisant, elle conspue le déterminisme biologique qu’on lui a pourtant reproché, et se détache de cette « pourriture idéologique » qui ferait des hommes et des femmes une espèce différente. Elle la Juive américaine, marquée en profondeur par la Shoah, appelle de ses vœux la création d’un État capable d’accueillir les femmes opprimées du monde entier. Un refuge, un espace de liberté autrement impensable. L’Israël des femmes martyres.

    #éditions_syllepse #éditions_remue-ménage #féminisme #kate_millett #john_stoltenberg #Louky_Bersianik #christine_delphy


  • #Thérèse_Lamartine : Qui a peur d’Andrea Dworkin ? (Une recension de Thérèse Lamartine, publiée dans la revue québécoise Nuit Blanche)
    https://tradfem.wordpress.com/2018/08/16/qui-a-peur-dandrea-dworkin

    Quelque trente ans après la parution de ses ouvrages essentiels, on aurait pu croire que son œuvre avait pris quelques rides. Il n’en est rien. Andrea Dworkin demeure une figure capitale de la pensée féministe radicale, à la source de la deuxième vague, la plus puissante des trois que compte maintenant le mouvement des femmes.

    Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas nous offre quatorze textes expurgés de tout compromis, de toute faiblesse, de tout sentimentalisme. Il n’est pas innocent que l’anthologie s’ouvre sur Premier amour, révélateur de la trajectoire intime de l’écrivaine qui connaît avec un jeune Grec les plaisirs et les dérives de la chair, ses ascensions lumineuses et ses descentes en enfer. Saisie par ce qu’elle nomme une pulsion d’advenir, elle parvient à s’arracher du lien fusionnel où se meurt son pouvoir créateur.

    Doté d’une « immense ambition de vivre, de savoir, de sentir », cet être humain né avec un vagin et en raison de cette seule caractéristique, sera par la suite violé, battu par un conjoint, parfois réduit à la quasi mendicité, ce qui le mène à troquer son sexe pour un toit. Corps et âme à l’agonie, voilà que, mû par une force secrète, cet être se relève, trempe sa plume dans le sang de son aliénation, et construit une des œuvres fondatrices des luttes contre les systèmes d’oppression d’humain à humain. Andrea Dworkin, celle qui a tout vécu, saura désormais, sinon tout écrire, explorer avec un sang-froid et une lucidité indéfectibles les espaces les plus funestes où les femmes sont tenues prisonnières.

    Ethnologue de la violence, #Andrea_Dworkin n’aura de cesse de fouiller la condition universelle du sexe féminin. Viol, inceste, violence conjugale sont radiographiés strate par strate. Déjà, elle balise la culture du viol, et met au jour le fait que les femmes vivent l’équivalent d’un couvre-feu militaire imposé par les violeurs. Sa main écrivante assène des gifles cinglantes au système prostitutionnel et à celui de la pornographie dont elle démonte la mécanique pièce par pièce, chacune nettoyée sans pitié de ses innombrables mythes et bêtises. Elle secoue nos doutes, nos indifférences, nos paresses. Chemin faisant, elle conspue le déterminisme biologique qu’on lui a pourtant reproché, et se détache de cette « pourriture idéologique » qui ferait des hommes et des femmes une espèce différente. Elle la Juive américaine, marquée en profondeur par la Shoah, appelle de ses vœux la création d’un État capable d’accueillir les femmes opprimées du monde entier. Un refuge, un espace de liberté autrement impensable. L’Israël des femmes martyres.

    #éditions_syllepse #éditions_remue-ménage #féminisme #kate_millett #john_stoltenberg #Louky_Bersianik #christine_delphy


  • #Andrea_Dworkin parle de la liberté d’expression, de l’hétérosexualité, des productions «  érotiques  » et de son travail d’écriture

    https://tradfem.wordpress.com/2018/03/11/andrea-dworkin-parle-de-la-liberte-dexpression-de-lheterosexualit

    Elisabeth Braeman : Le thème principal de Letters from a War Zone – Writings 1976-1989 est que les femmes n’ont pas de liberté d’expression. Que voulez-vous dire exactement par là  ?

    Andrea Dworkin : Eh bien, je pense que ce qui nous empêche de prendre la parole fonctionne à plusieurs niveaux. Il y a le niveau superficiel qui concerne ce qu’il nous faut afficher pour accéder aux médias grand public  ; il s’agit d’une conformité complète et totale, pas seulement au plan stylistique, mais en termes de contenu. Vous devez dire ce qui correspond à leur représentation du monde, à ce qu’ils veulent entendre. Si vous ne le faites pas, vous ne pourrez pas publier  ; on vous rendra la vie impossible. Cela est vrai partout, pour n’importe quelle personne politique. Mais cela fonctionne d’une manière beaucoup plus impitoyable pour les féministes parce que les hommes considèrent l’analyse féministe comme une contestation sexuelle et l’éprouvent de cette façon : ils ont donc une réaction viscérale et vengeresse envers les formes d’«  expression  » qu’ils détestent. Ils vivent, selon moi, beaucoup d’écrits féministes radicaux comme s’il s’agissait d’une véritable agression sexuelle à leur endroit  ; et comme la plupart d’entre eux ne savent pas ce qu’est une agression sexuelle, ils ont le privilège de réagir de façon aussi exagérée.

    Ensuite, à un niveau plus profond, l’une des choses que j’ai apprises au cours des quinze dernières années, c’est à quel point les femmes sont réduites au silence par des agressions sexuelles. La simple expérience d’être agressée, que ce soit en tant qu’enfant ou en tant qu’adulte, a un impact incroyable sur toute votre façon de percevoir le monde qui vous entoure, de sorte que ou bien vous ne pensez pas pouvoir parler parce que vous avez peur des représailles, ou bien vous n’avez pas suffisamment confiance en votre expérience de la réalité pour oser parler – cela arrive à beaucoup de victimes d’inceste. Ou on vous empêche physiquement de parler – les femmes battues par leur conjoint n’ont aucune liberté de parole. Donc, cela fonctionne à ce niveau.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://rancom.wordpress.com/2011/12/30/andrea-dworkin-interview


    #féminisme_radical #activisme #mobilisations #écriture #pornographie #violences_masculines



  • #TaVoisineAussi, par Ta voisine est féministe (#La_locale)
    http://lalocale.ckdevelop.org/news/news.php?id=1556

    Dans cette émission, Ta Voisine revient sur la sortie du silence massive de #femmes célèbres ou anonymes sur les violences sexuelles qu’elles ont subi. On décortique aussi le discours du président, les réactions des médias et de la sphère internet. On tente aussi d’apporter un éclairage sur ce qui enferme les femmes victimes de #violences_sexuelles dans le silence. Et on propose des conseils sur la façon de réagir quand une femme de notre entourage nous confie en avoir subi. Il y a aussi des lectures : des déclarations de #Tarana_Burke la blackfeminist à l’origine du #MeToo, un témoignage du site balancetonporc.com, un extrait de texte d’#Andrea_Dworkin « Je veux une trêve de 24h durant laquelle il n’y a pas de viol » et un texte tiré du site féministe Crêpe Georgette.

    http://www.mediafire.com/file/2s9fsn8moxt9snp/tavoisinedecembre2017metoo_v3.mp3

    #féminisme #audio #radio


  • #Andrea_Dworkin : Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas (l’article)
    https://tradfem.wordpress.com/2017/11/26/souvenez-vous-resistez-ne-cedez-pas

    Je veux réfléchir avec vous au stade politique que nous avons atteint. Je dirais que nous avons réussi à ce que l’on appelle, par euphémisme, « briser le silence ». Nous avons commencé à parler de certains événements, expériences, réalités, vérités dont on ne parlait pas avant ; et particulièrement d’expériences qui sont arrivées à des femmes et qui ont été cachées – des expériences que la société n’a pas nommées, que les politiciens n’ont pas reconnues ; des expériences que le droit n’a pas abordées du point de vue de celles à qui on a fait mal.

    Mais quand nous parlons de « briser le silence », les gens conçoivent parfois ce « silence » comme superficiel, comme s’il y avait de la parole – du bavardage, en fait – et par-dessus cette parole, un niveau superficiel de silence, qui serait affaire de bienséance ou de politesse. Il est vrai qu’on apprend aux femmes à être belles et à se taire. Mais le silence dont je parle est plus profond : il va au cœur de la tyrannie, de sa nature. Il existe une tyrannie qui dicte non seulement qui peut dire quoi mais particulièrement ce que peuvent dire les femmes. Il existe une tyrannie qui détermine à l’avance qui n’a pas droit de parole, une tyrannie où l’on enlève aux personnes le droit de dire les choses les plus importantes pour elles sur la vie. C’est de ce genre de tyrannie que je parle.

    Les systèmes politiques où nous vivons sont basés sur ce profond silence. Ils sont basés sur ce que nous n’avons pas dit. Ils sont basés particulièrement sur ce que n’ont pas dit les femmes – les femmes de toutes les catégories raciales et de toutes les classes, y compris les plus privilégiées. Les a priori qui sous-tendent nos systèmes politiques sont eux aussi basés sur ce que n’ont pas dit les femmes. Nos idées de démocratie et d’égalité – des idées créées par les hommes, des idées qui expriment ce que les hommes pensent que sont la démocratie et l’égalité – ont évolué en l’absence des voix, des expériences, des vies, des réalités des femmes. Les principes de liberté que nous entendons énoncer comme autant de truismes sont des principes élaborés en dépit de ce profond silence : sans notre participation.

    L’article est évidemment disponible dans l’anthologie qui vient de paraître aux éditions #Syllepse et #Remue-ménage


    Traduction : #Tradfem
    #libération_de_la_parole #violences_patriarcales



  • #Gail_Dines : Voici ce en quoi Hugh Hefner représente la victoire du néolibéralisme.
    https://tradfem.wordpress.com/2017/10/07/voici-ce-en-quoi-hugh-hefner-represente-la-victoire-du-neoliberal

    À en croire la frénésie médiatique insensée qui a accompagné le décès de l’ex-PDG du magazine Playboy, on penserait que c’est un grand homme qui est mort, plutôt qu’un vil proxénète qui est devenu riche et célèbre en exploitant sexuellement des femmes. Quand je me suis éveillée jeudi matin, le jour suivant son décès, j’avais des courriels de journalistes du monde entier demandant à m’interviewer. Compte tenu de la façon dont Hefner avait normalisé la pornographie, je m’attendais au genre de questions sexistes qui vous donnent envie de saisir le plus proche livre d’#Andrea_Dworkin pour vérifier que vous n’êtes pas en train de perdre la raison. Et en effet, j’ai été bombardée de questions comme : #Hefner n’était-il pas un ami des féministes ? N’a-t-il pas lancé la révolution sexuelle au profit des femmes ? N’était-il pas un champion de la liberté d’expression ? Vous voyez le portrait…

    Après environ la cinquième de ces entrevues, j’ai remarqué un modèle qui émergeait : les journalistes énuméraient des femmes connues qui avaient rendu hommage à Hefner (comme Jenny McCarthy, Cindy Crawford, Nancy Sinatra et Kim Kardashian), puis ils me demandaient si ce n’était pas un exemple de l’échec du mouvement féministe à monter un plaidoyer vigoureux contre la pornographie.

    La réponse est, bien sûr, un retentissant « non ».

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/10/04/hugh-hefner-representa-neoliberalisms-win


    #pornographie #révolution_sexuelle


  • Kate Millet est morte à Paris mercredi à l’âge de 82 ans. Son livre La Politique du mâle (Sexual Politics, 1970) est considéré comme le premier livre féministe d’importance depuis le "Deuxième Sexe" (1949) de Simone de Beauvoir.
    Humanité 8/9/2017


    #féminisme #Kate_Millet #Andrea_Dworkin
    Andrea Dworkin parle de Kate Millett
    https://tradfem.wordpress.com/2017/09/08/kate-millette-vue-par-andrea-dworkin

    Extrait d’une anthologie de Dworkin, traduite par la collective @tradfem , à paraître cet automne aux Éditions du remue-ménage et Syllepse

    Le monde dormait et Kate Millett l’a réveillé. Betty Friedan avait écrit sur un problème qui n’avait pas de nom. Kate Millett a nommé, illustré, exposé et analysé ce problème. En 1970, Kate Millett a publié le livre Sexual Politics1. Les mots étaient nouveaux. À quoi tenait cette « politique sexuelle » ? Le concept était nouveau. Millett voulait « prouver que le sexe est une catégorie sociale ayant des implications politiques ». Elle a identifié la domination masculine dans les rapports sexuels, y compris dans la pénétration. Contestant le statu quo, elle a soutenu que : « Aussi discrète que puisse être actuellement son apparence, la domination sexuelle est sans doute l’idéologie la plus répandue de notre culture et lui fournit son concept de puissance le plus fondamental. »


    La politique du mâle, éd. Stock, coll. Points actuels, 1983.


  • #Meghan_Murphy : À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, rappelons-nous du véritable sujet du féminisme : les femmes
    http://tradfem.wordpress.com/2017/03/09/a-loccasion-de-la-journee-internationale-des-droits-des-femmes-ra

    Des gens nous répètent constamment que le féminisme est pour tout le monde. Ce «  féminisme  » n’a rien d’inquiétant – tout ce qu’il signifie est «  l’égalité  ». Mais ces gens ont tort. Le féminisme n’est pas à propos de tout le monde, et peut-être que celles et ceux qui sont effrayés par ce mot ont raison de l’être. Le féminisme est à propos des femmes. Et si vous n’aimez pas cela, vous n’allez probablement pas aimer beaucoup le féminisme.

    La semaine dernière, les médias ont publié des allégations voulant que le «  féministe masculin  » Jamie Kilstein se soit comporté de manière prédatrice et violente à l’égard de femmes. Ce comédien et (maintenant ex) coanimateur de Citizen Radio, un populaire podcast engagé, a longtemps été accueilli par des féministes libérales américaines qui présentaient Kilstein comme exemple d’un véritable «  féministe masculin  ». Dans la revue Mic, Lauren Rankin écrit : «  Les comédiens féministes masculins comme Jamie Kilstein et John Knefel contribuent à rendre le féminisme accessible et cool pour les jeunes hommes qui risquent de ne pas pouvoir le comprendre autrement. Les alliés féministes masculins peuvent rejoindre les hommes plus jeunes d’une manière dont les femmes sont sans doute incapables.  »

    Même si je crois bel et bien que les hommes doivent remettre en question leurs confrères et les détourner de choses comme la virilité et la violence masculine, la préoccupation principale de Rankin, constamment répétée par d’autres voix libérales, me semble inquiétante. Elle se résume à «  Comment faire pour aller chercher plus d’alliés féministes masculins  ?  »

    C’est une question étrange.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://i-d.vice.com/en_gb/article/on-international-womens-day-lets-remember-what-feminism-is-really-about-wo

    Meghan Murphy est écrivaine et journaliste indépendante, secrétaire de rédaction du soir pour le site rabble.ca, et fondatrice et directrice du site Feminist Current. Elle a obtenu une maîtrise au département d’Études sur les femmes, le genre et la sexualité de l’Université Simon Fraser en 2012. Elle travaille actuellement à un livre qui invite à un retour vers un féminisme plus radical, rappelant la deuxième vague et ancré dans la sororité.

    Meghan a commencé sa carrière radiophonique en 2007, dans une caravane installée au milieu d’un champ de moutons. Son émission s’appelait « The F Word » et était diffusée à partir d’une toute petite île au large des côtes de la Colombie-Britannique. Elle a pleinement profité de la liberté que lui laissait cette radio pirate : buvant de la bière à l’antenne, lisant des passages d’Andrea Dworkin, et passant du Biggie Smalls. Elle est revenue à Vancouver, où elle a rejoint l’émission de radio nommée, coïncidence, elle aussi « The F Word », qu’elle a produite et animée jusqu’en 2012.
    #feminist_current #journée_internationale_de_luttes_pour_les_droits_des_femmes #violences_masculines #féminisme_inclusif #Andrea_Dworkin


  • #Finn_Mackay : Andrea Dworkin : Derrière le mythe

    https://tradfem.wordpress.com/2016/11/28/andrea-dworkin-derriere-le-mythe

    Andrea Dworkin était et demeure un personnage légendaire du mouvement féministe. Il est malheureux que ce que la plupart des gens croient savoir à son sujet se résume à de la désinformation antiféministe.

    J’ai rencontré Andrea pour la première fois à Brighton en 1996, lors d’une conférence internationale sur les violences faites aux femmes et leurs droits civiques (International Conference on Violence, Abuse and Women’s Citizenship). Puis, j’ai eu la chance de la croiser à deux autres occasions, et nous avons eu plusieurs conversations dont je chéris le souvenir. Je n’oublierai jamais son discours d’ouverture de la conférence de Brighton, que j’ai écouté parmi plus d’un millier d’auditrices toutes hypnotisées par l’honnêteté et la force du témoignage d’Andrea. Je n’oublierai jamais la passion qui animait ses paroles et la détermination claire et ferme qui sous-tendait sa voix basse, lente, chaude et mesurée. Elle ne mâchait pas ses paroles ; la plupart de ses discours ont une intensité viscérale ; ils désignent la souffrance physique des femmes et des enfants victimes de violence, ils soulignent le lourd héritage qui couvre de cicatrices le corps des personnes captives de la prostitution et de la pornographie.

    Bien sûr, Andrea n’était pas étrangère à la violence elle-même, et ses paroles n’hésitaient pas à désigner la violence des hommes contre les femmes et à en documenter les crimes. Érudite, critique littéraire, théoricienne politique, poète, romancière et militante, elle a mis la violence masculine sur la carte et elle a passé sa vie adulte à se dévouer sans relâche à la défense des personnes victimisées. Bien que nous la connaissions surtout pour son travail infatigable de plaidoyer pour les femmes, l’on sait moins qu’elle avait aussi longtemps été active dans les mouvements contre le racisme et contre la guerre.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.theheroinecollective.com/andrea-dworkin-behind-the-myth

    Finn Mackay est l’autrice de l’essai Radical Feminism : Feminist Activism in Movement. En 2004, elle a fondé le London Feminist Network et a relancé le défilé “London Reclaim the Night”. Après des travaux sur l’emploi des jeunes et l’éducation, Finn a élaboré une politique sur la prévention de la violence conjugale avant de retourner au monde universitaire et de terminer son doctorat sur le mouvement britannique de libération des femmes. Elle est actuellement chargée de cours senior en sociologie à l’Université de Bristol.
    #Andrea_Dworkin #intersectionalité #féminisme


  • être femme et voter #FN ? Faut vraiment être une quiche ! – les échos de la gauchosphère
    https://gauchedecombat.net/2016/09/17/etre-femme-et-voter-fn-faut-vraiment-etre-une-quiche

    Tous ceux qui comme moi combattent avec acharnement l’extrême droite savent très bien à quel point ce parti est campé sur des positions totalement anti-féministes et rétrogrades.

    • insulter les électrices du FN, quelle bonne idée pour les faire changer d’avis… faut vraiment être une truffe

    • si tu manques d’humour, ce n’est pas mon problème, mais le tien. je suis lorrain, banane, c’est une boutade... détends toi, bois un coup, et va pisser, ça ira mieux... Et après, si tu as du temps, produit mieux, surtout... J’attends. Fais moi signe.

    • @gedece j’ai hésité à partager à cause du titre qui est effectivement sexiste, mais le contenu mérite tout de même d’être lu.

      Je ne pense pas que les femmes qui votent FN soient particulièrement des imbéciles — en tout cas pas plus que les hommes —, mais il est certain que ce parti a dépensé beaucoup d’énergie à gommer ses aspects les plus fascistes, sexistes, racistes et rétrogrades.
      Donc, en dehors des racistes authentiques (qui se développent dans la population totale grâce au racisme d’État qui est autant le fait de la gauche que de la droite de gouvernement), il y a beaucoup de dégouttés de la politique de guerre sociale actuelle qui se font avoir par le discours #antisystème et ne sont guère au fait des assises idéologiques réelles du FN.

      Autrement dit, il y a beaucoup de victimes de la guerre des classes (qui ignorent que le FN est aussi un parti de bourgeois rentiers et qui plait fortement aux bourgeois rentiers), mais aussi victimes de la désinformation qu’il y a actuellement autour de ce parti : #banalisation par les médias (qui appartiennent tous aux fameux bourgeois rentiers !) et communication édulcorée provenant des instances dirigeantes de ce même parti !

    • Et merci de ne pas te retrouver à balancer des attaques personnelles infondées (@fil produit vraiment des tas de choses dont tu n’as pas idée !) alors qu’il ne s’agissait que d’une remarque concernant un choix discutable dans ta titraille (mais pas une remise en question de ton travail, engagement, de l’article même ou encore moins de ta personne).

      Autrement dit, ne te laisse pas contaminer par l’#agressivité ambiante qui est cultivée par nos ennemis de classe pour mieux nous exciter les uns contre les autres.

      On vaut mieux que ça !

    • « Malgré des évolutions importantes dans son discours, le Front national reste un parti appelant à la stigmatisation et au rejet de l’autre. Alors que les femmes et les personnes LGBTQI faisaient l’objet d’une exclusion pour Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen les intègre dans la communauté nationale, au nom du féminisme, contre un ennemi à la fois interne et externe. »
      Le FN et les femmes, un tournant féministe ?
      http://lahorde.samizdat.net/2016/06/24/le-fn-et-les-femmes-un-tournant-feministe

      La fin du gender gap ?
      Quelques réflexions sur le vote Front National et ses récentes évolutions
      http://lmsi.net/La-fin-du-gender-gap

      Quiche et lorrain, grosse rigolade.

    • De plus, je ne suis pas d’accord avec ton analyse sur le combat contre l’Xdroite, qui possède de nombreux relais... Les complotistes/confusionnistes en sont un qui permet habilement de faire le lien avec le FN, comme le seul exemple de Sapir l’a clairement démontré. S’il le fallait encore....

    • j’attends en outre qu’on m’explique posément et sans agressivité si c’est possible en quoi mon titre est sexiste. merci. Pour le débat utile et nécessaire à faire avancer la cause.... (je ne suis qu’un misérable être humain sexué...).

    • LMSI, pour un antifa (chacun ses combats..), ça pue du cul. Point barre Tchao.... Mais merci par contre pour le lien vers La Horde qui m’avait échappé. je l’ai ajouté à mon billet. Dont je garde le titre. Travailleurs social dans l’âme, j’ai toujours pensé que l’arme était dans le cerveau, pas dans le couteau... Or, je ne suis pas sexiste. Comprendra qui pourra. Bien le bonjour par chez vous. Je quitte ce fil.

    • @Gédécé

      Voilà un bien ébouriffant argumentaire :

      je ne parle même pas du physique ingrat de cette walkyrie guerrière (elle n’y est pour rien, la pauvre…), dont on se demande à qui elle peut plaire si ce n’est à des soumis habités par des fantasmes de domination ou à des homos refoulés (ou pas).

      Si c’est cela l’ « antisexisme », merci de ne pas me compter parmi vous.

      Au sujet du titre, comment dire ? Assumer que voter FN ferait d’une femme une « quiche » est effectivement sexiste. Parce que « quiche » n’est pas une insulte neutre en terme de genre. C’est une des nombreuses #insultes_sexistes moquant les #incompréhensibles_incohérences_des_dominées - une insulte qui s’inscrit directement dans un mépris envers les femmes constitutif des #rapports_sociaux_de_genre.

      Tenez, un exemple.
      Curieusement, une #féministe comme #Andréa_Dworkin n’a pas traité #les_femmes_de_droite de « quiches » ’(ou d’un terme équivalent). Elle a plutôt cherché les raisons qui menaient une partie des opprimées, les femmes, dans un contexte patriarcal, à épouser ainsi la cause de l’oppression. Pour cela, elle n’a pas fait le présupposé, tout de même bien confortable pour les hommes hétéros de gauche, d’une particulière bêtise chez ces femmes, mais bien plutôt fait l’hypothèse que, dans le contexte résolument hostile à leur endroit du #patriarcat, une telle stratégie pouvait résulter en partie au moins de la faiblesse ou de l’absence de perspectives d’émancipation . (pour plus de détails et de précisions, je renvoie au livre d’Andréa Dworkin), Elle a donc interprété ce phénomène comme un symptôme (parmi d’autres) révélateur des rapports de force et des perspectives (dans son cas, au sein de la société américaine de la fin du xxème siècle). Et ce constat n’était pas glorieux pour l’ « antisexisme » des forces « progressistes » - pour le dire très gentiment.

      En sus de la question lamentable du vote, je pense pour ma part que le fait que des femmes votent FN est en soit un vrai problème, une vraie épine dans le pied de la gauche « antifa » et antisexiste en France . Que ce fait nous parle de la profondeur du sexisme et de l’absence d’un semblant de réponse qui soit au niveau, ou seulement de prise en compte, de considération, de la part de l’ensemble de la gauche, y compris extra parlementaire, radicale, libertaire, de combat, et tutti quanti. Qu’il serait vraisemblablement très inconfortable pour cette gauche d’accepter de se regarder dans un miroir qui en tienne compte. Qu’il serait inconfortable pour elle de renoncer à affecter de s’étonner de ce que des opprimées agissent contre leurs intérêts, et à aller se contenter pour cela d’une seule explication simpliste, à la fois dépolitisée et dépolitisante , de cet ordre :

      l’on sait, pour les combattants les plus aguerris,
      à quel point les arguments rationnels et pragmatiques touchent peu les sympathisant(e)s et militant(e)s du FN
      .
      Leur positionnement est plus émotionnel, relève davantage de préjugés et de croyances bien ancrées dans leur vécu, que rationnel. Et elles/eux, ce qu’ils voient, pour représenter ce parti, ce sont des femmes : Marine (Marion Anne Perrine plus précisément) et Marion Maréchal Le Pen. Même si tout dans le programme du FN va à l’encontre de leurs intérêts. Difficile de leur expliciter pareille contradiction sans y prendre du temps…

      L’invocation de l’irrationalité supposée à ses adversaires, de son incapacité à percevoir ses contradictions (il est bête, l’ennemi ! Il croit que c’est nous, alors que c’est lui, l’ennemi !), voilà qui a effectivement le mérite de rendre tout questionnement sur soi-même et tout effort de compréhension superflu.

      Votre recours à interprétation mettant l’accent sur la présupposée bêtise des électrices du FN me semble d’ailleurs des plus consistant avec votre recours à l’ « argument » suivant, lu plus haut :

      LMSI, pour un #antifa (chacun ses combats..), ça pue du cul. Point barre Tchao...

      .

      #gauche_de_combat

    • @Gédécé, @FrançoisCarmignola

      Lorsqu’on évoque des problèmes quant à l’approche par la gauche des questions féministes, ou que l’on invite à complexifier l’approche du vote FN de la part de certaines femmes, en se référant justement à une approche féministe, en l’occurrence, celle d’Andréa Dworkin, l’un accuse de velléités de « contrôle », l’autre répond « extrême droite ! » et les deux ne parvenez pas à dissimuler la virulence de votre hostilité à « Les mots sont importants ».

      J’ai bien vu la poudre aux yeux, l’écran de fumée, le noyage de poisson et les efforts de diversion.
      Mais après ?
      La question demeure pendante. Des femmes votent effectivement FN en dépit du caractère, entre autres, résolument patriarcal de l’idéologie et du programme de ce parti. Concevoir ce fait en termes de bêtise ou d’irrationalité consubstantielles à cet être étrange, « l’électeur FN », ne saurait constituer la moindre espèce de réponse politique.
      Et il ne s’agit pas de livrer une guéguerre d’egos ou de petits intérêts mesquins.


  • #Mickey_Z. : Merci Andrea Dworkin.

    https://tradfem.wordpress.com/2016/05/11/mickey-z-merci-andrea-dworkin

    En tant que personne qui a fui l’université pour plutôt entreprendre un long périple d’autodidacte radical engagé, je trouve tout à fait éclairant qu’il m’ait fallu aussi diablement longtemps pour enfin rencontrer le travail d’Andrea Dworkin.

    La « gauche » parle souvent de la marginalisation des dissident.e.s, mais j’ai trouvé facilement et naturellement les écrits de Noam Chomsky, Assata Shakur, Howard Zinn, Guy Debord, Frantz Fanon, Arundhati Roy, Edward Said, Angela Davis, Emma Goldman, Ward Churchill, bell hooks, et beaucoup trop d’autres pour tous les citer ici. Par contre, il m’a fallu arriver en 2015 pour lire l’autobiographie de Dworkin, Heartbreak : The Political Memoir of a Feminist Militant – et il se trouve que c’est le livre le plus révolutionnaire que j’aie jamais lu.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://worldnewstrust.com/thank-you-andrea-dworkin-mickey-z

    #proféministe #Andrea_Dworkin


  • Andrea Dworkin : La nuit et le danger

    https://tradfem.wordpress.com/2015/06/15/andrea-dworkin-la-nuit-et-le-danger

    Les hommes se servent de la nuit pour nous effacer. C’est Casanova, que les hommes tiennent pour une autorité en la matière, qui a écrit que « quand la lampe est éteinte, toutes les femmes sont égales. » L’anéantissement de la personnalité d’une femme, de son individualité, de sa volonté, de son caractère, est une condition préalable à la sexualité masculine, et ainsi la nuit est l’instant sacré pour la célébration sexuelle des hommes, car il fait noir et dans le noir, il est plus facile de ne pas voir : de ne pas voir qui elle est. La sexualité masculine, ivre de son mépris intrinsèque pour toute vie, mais surtout pour la vie des femmes, peut investir la sauvagerie, traquer des victimes au hasard, se servir de l’obscurité pour se dissimuler, et trouver dans l’obscurité un réconfort, une récompense et un sanctuaire.

    La nuit est magique pour les hommes. C’est la nuit qu’ils cherchent des prostituées et des filles faciles. C’est la nuit qu’ils font ce qu’ils appellent l’amour. C’est la nuit qu’ils se saoulent et errent en bandes dans les rues. C’est la nuit qu’ils baisent leurs épouses. C’est la nuit que se déroulent leurs soirées étudiantes. C’est la nuit qu’ils commettent leurs prétendues séductions. C’est la nuit qu’ils s’habillent de draps blancs et brûlent des croix. La tristement célèbre Nuit de Cristal – lorsque les nazis allemands ont incendié, vandalisé et fracassé les vitres de magasins et de maisons juives dans toute l’Allemagne – la Nuit de Cristal, qui tire son nom des éclats de verre qui recouvraient l’Allemagne quand cette nuit s’est terminée – la Nuit de Cristal, quand les nazis ont tabassé ou tué tous les Juifs qu’ils ont pu trouver, tous les Juifs qui ne s’étaient pas suffisamment barricadés – la Nuit de Cristal qui préfigura le massacre à venir – est la nuit par excellence. Les valeurs du jour deviennent les obsessions de la nuit. Tout groupe haï craint la nuit, parce que durant la nuit tous les gens méprisés sont traités comme sont traitées les femmes : comme des proies, prises pour cibles pour être frappées ou assassinées ou violées. Nous craignons la nuit parce que la nuit, les hommes deviennent plus dangereux.

    Traduction française : Tradfem
    Original : The Night and Danger (1979) http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/WarZoneChaptIb.html

    #Andrea_Dworkin #Take_Back_the_Night #nuit #violences_sexuelles #tradfem


  • Une immense frustration sexuelle à la base des violences de Cologne - International - LeVif.be
    http://www.levif.be/actualite/international/une-immense-frustration-sexuelle-a-la-base-des-violences-de-cologne/article-opinion-448753.html

    "Les événements de Cologne rappellent la violence sur la place Tahrir au Caire. C’est le reflet d’une frustration sexuelle qui hante le monde arabe. Avec la montée du wahhabisme saoudien et l’absence de perspectives économiques, les jeunes gens n’ont plus accès aux femmes de leur pays."(Permalink)

    #sexualité #religion

    • Je ne sais pas encore bien pourquoi mais cet article m’est insupportable. Un mélange de libération sexuelle essentialiste biologique, comme si le prix à payer pour les femmes n’était pas encore assez lourd … Ce n’est définitivement pas la frustration sexuelle qui explique les agressions mais la culture de mépris des femmes. L’invisibilisation (du corps mais pas que) des femmes d’un côté et leur visibilité sexuée de l’autre n’en font jamais que des objets à départager entre deux pôles politisables (orient/occident) à partir d’un nosex/sex fantasmé que j’ai déjà maintes fois vus et déjoués. Ce n’est pas une histoire d’hormones à satisfaire, c’est une histoire d’imaginaire, pire, d’imaginaire sexiste.

    • Je te demande d’être plus explicite @alexis, ça facilitera l’échange s’il y a lieu d’être. Là, ce n’est pas religion et sexualité, là clairement ton titre est très douteux.
      Tu devrais te méfier de ne pas confondre les tarés qui font des interprétations fascistes du coran pour violer et tuer avec une quelconque sexualité, ou alors faut arrêter de baiser de suite.

    • Je t’accorde, @touti, que sans préciser le fond de ma pensée, cela peut porter à confusion. C’était risqué.

      L’auteure a osé faire le rapprochement entre les attouchements de Cologne avec les ceux de la place Tahrir sous l’angle psychologique, culturel, religieux et économique. Prudente, elle n’a pas pris le risque d’aller jusqu’à évoquer les pratiques des islamiste radicaux et l’instrumentation du viol. Elle avait sans doute raison.

      En effet, les attouchements sexuels de Cologne (et de Zurich et de Stockholm, par assimilation) et de ceux de la place Tahrir n’ont rien à voir avec les fatwas de l’Etat Islamique, ou les viols et harcèlements du régime de Al Assad, ou d’autres milices dans le monde. On est bien d’accord.

      Je comprends ton point de vue lorsque tu parles d’interprétation fasciste de la religion.

      On peut voir certaines pratiques barbares relever de la tactique guerrière, mais pourquoi ne pourrait-on par les voir sous l’angle psychologique, social ou anthropologique. En quoi ne pourrait-on pas également parler d’une certaine frustration sexuelle, etc ?

      Ceci étant dit, je ne suis ni psychologue, ni anthropologue, ni spécialiste des religions et je n’ai aucune prétention à apporter les réponses à ces questions sous-jacentes. C’est pourquoi, souvent, je limite mes commentaires.

      Mais tu as raisons, il faut faire attention à ne pas faire d’amalgames.
      Je te suis reconnaissant d’attirer mon attention là dessus.

      « Théologie du viol : quand Daech rétablit l’esclavage des femmes » (Le Figaro) : interview et commentaire de l’enquête du NYT par l’islamologue Mathieu Guidère.
      Il parle notamment des candidats au djihad : "Les témoignages dont nous disposons de l’intérieur de l’organisation semblent indiquer que ces pratiques ont tendance à séduire une certaine frange de la jeunesse masculine acculturée et frustrée sexuellement, en particulier dans certains pays musulmans où les relations entre les hommes et les femmes sont strictement codifiées."

      Pour savoir de quoi on parle, mon premier lien ("L’ « Etat Islamique » et la théologie du viol : l’enquête édifiante du New York Times" (RTBF)) est la traduction en français de l’enquête du NYT.

      Enfin, le troisième lien ("Pour les autorités tunisiennes, il existe un « djihad du sexe » en Syrie" (France 24)) dénonce l’existence de réseaux visant à « assouvir » les désirs sexuels des combattants djihadistes, en d’autres termes, d’une sorte de réseau de prostitution islamiste radical... Ne peut-on pas y voir quelque chose de l’ordre de combler une certaine.. frustration sexuelle ?

    • Il me semble qu’il va falloir éclaircir ce que signifie le terme #frustration_sexuelle et comme je ne souhaite pas m’égarer, je vais dire déjà d’où je parle.
      Je suis une femme, et j’ai affûtée mes couteaux de féministe du dimanche, secundo, ces réflexions se font à brûle pourpoint, aidée de mes lectures et mes expériences, je n’ai pas de statut de chercheuse et ne suis ni sociologue ni politologue, je m’intéresse au monde qui m’entoure, point barre.

      Un des principes Freudien est que la frustration est le moteur du désir, le pendant de la frustration étant la satisfaction. Celui qui ne sait guider sa frustration vers la sublimation est un barbare, et sa libido se compare à celle d’un animal. Tu trouves ça dans tous les livres de religion et dans tout ce qui se nomme civilisation, pour atteindre la connaissance, il faut savoir contenir sa sexualité.

      Là où il me semble qu’il y a un problème c’est qu’à justifier des exactions criminelles diverses par la frustration sexuelle, on fait croire que les hommes seraient guidés par un besoin irrépressible de coït. Dans ce cas seulement je suis d’accord que réside le problème, mais parce que c’est une vaste supercherie qui se fait sur le dos des femmes. De ce principe découlerait que les hommes sont incapables de contenir leur pulsion sexuelle quand ils voient passer une paire de fesse et qu’il est donc ’normal’ qu’ils violent, car cela est dans leur ’nature’. Par un effet boomrang la responsabilité de la violence revient également aux femmes qui se refusent, ce qui justifie qu’elles soient prises de force.
      Que signifierait alors le terme inverse de #satisfaction_sexuelle, que les femmes acceptent de se laisser baiser quand les hommes ont envie d’elles, et que tout le monde gagnerait en liberté et qu’on arrêterait les viols et les meurtres de femmes ? La construction de cette supercherie dite #libération_sexuelle a été mise à jour entre autres par (#Andrea_Dworkin)

      Bref, quand tu as une frustration, quelqu’en soit l’ordre, tu te retiens parce que tu as été éduqué à gérer tes frustrations, si tu es frustré parce que tu n’as pas de BMW, très bien, tu ne vas pas tuer ton voisin qui a cette voiture pour autant. Considérer qu’un être humain ne puisse pas se retenir, c’est le déconsidérer dans sa valeur humaine, dans ce cas là, cela devient presque du racisme.
      C’est pour cela qu’il est important de déconstruire cette idée de « frustration sexuelle » au nom de laquelle les hommes s’autoriseraient à tuer, important surtout pour les femmes, mais aussi pour notre humanité.

    • merci @touti j’ai hésité à intervenir mais bon voilà. Le mode opératoire des mecs place Tahir n’avaient rien à voir avec des frustrations, ces agissements visaient clairement à humilier les femmes pour qu’elles retournent dans leur cuisine et n’en sortent plus. Rien à voir avec la sexualité, c’est juste une façon d’asseoir une domination (masculine) sur l’espace public et la vie politique que ces mecs ne veulent pas partager avec les femmes.

    • Hello @touti, avec une grille de lecture féministe, je comprends ta critique.Il ne me revient pas d’expliquer ce que les auteurs des articles cités entendent par « frustration sexuelle ». Cela dit, en aucun cas, il ne s’agit de justifier ou d’accepter tel ou tel comportement. Sans juger de l’exactitude des conclusions ou de la justesse des analyses, il ne me parait pas moins intéressant d’essayer de comprendre, de poser des questions, de mettre des mots.

    • @odilon, sur le rapprochement entre les faits de Tahir et ceux de Cologne, tu as peut-être raison. Pour ma part, je n’ai pas autant de certitude pour dire qu’ils sont similaires ou incomparables. Encore une fois, je ne suis pas spécialise de la question, je n’ai pas étudié le sujet, ni écrit de livre, ni visité ces pays... contrairement à l’auteure de l’article initial.

    • Un texte de Dworkin
      http://www.legrandsoir.info/la-liberation-sexuelle-une-supercherie-pour-exploiter-sexuellement-les
      Je tâtonne dans ma réflexion, amha, la frustration sexuelle ne hante pas plus le monde arabe que la france, parce que je pars du prorata qu’elle n’existe que parce qu’elle est une construction de diverses strates éducationnelles. J’ai été surprise d’entendre parfois des hommes venants de pays arabes (égypte, tunisie, algérie) conter les fantasmes stéréotypés qui circulent sur les femmes occidentales au point que certains nouveaux arrivants les croit d’abord exacts et agissent en conséquence de façon inappropriée. Cette supposée liberté sexuelle fait toujours des dégats, et continue d’être véhiculée par les médias, la publicité occidentale et la pornographie. Du coup, ça m’intéresse plus de m’interroger sur comment est comprise cette image de la femme depuis l’europe que de poser un schéma de frustration sexuelle prémaché.
      De quelle manière se construit un imaginaire qui suppose des us et coutumes qui n’existent que par médias interposés, mais avec toujours des fantasmes de femmes disponibles aux hommes et à qui il ne serait pas nécessaire de demander leur avis.

    • C’est pour cela qu’il est important de déconstruire cette idée de « frustration sexuelle » au nom de laquelle les hommes s’autoriseraient à tuer

      Je dirais même qu’il est important plus globalement de déconstruire les discours inspirés de Freud qui interprètent tout et n’importe-quoi en termes de désir, libido, castration et compagnie, en fournissant dans le même temps des concepts essentialistes bien cagneux à qui veut justifier les pires saletés par « la nature ». Je sais pas s’il a existé dans l’histoire de l’humanité une civilisation aussi sexo-centrée (et andro-centrée) que la nôtre.

    • #Les_femmes_de_droite
      #déconstruction

      Juste un aparté : @Touti, merci, ça fait du bien de relire ça ! j’avais oublié jusqu’où pouvait mener, aujourd’hui - en terme de défrichage de la sinistre confusion apparente - ce texte d’Andrea Dworkin.

      Décidément, qu’il s’agisse de questions de racisme, de technologie ou de « critique sociale », ignorer l’importance des critiques féministes radicales est le père de bien des calamités.

    • Tout à fait d’accord, @koldobika. Oserais-je cependant ajouter qu’il est possible de parler des frustrations sexuelles hors du cadre freudien (cfr DSM) ? Enfin, que la psychologie freudienne, reste un truc spécifiquement franco-français (autant savoir) et attirer votre attention sur le fait qu’aucun des articles ici n’y fait référence...



  • John Stoltenberg : Vivre avec Andrea

    https://tradfem.wordpress.com/2015/12/22/john-stoltenberg-vivre-avec-andrea

    J’avais 29 ans, au printemps 1974, lorsque, quittant à Greenwich Village une lecture de poésie devenue lourde de misogynie (une soirée de soutien à la War Resisters League, en plus !), j’ai croisé sur le trottoir Andrea, qui avait alors 27 ans. Elle avait quitté la salle pour la même raison. Nous avons commencé à parler, puis à aller au fond des choses – et notre conversation dure encore.

    Andrea et moi avions déjà été présentés par un ami commun, metteur en scène, lors d’un meeting d’une nouvelle organisation, la Gay Academic Union. Sa première impression de moi – elle me l’a dit – était que j’avais l’air d’un blondinet des plages, traînard et pas très futé. Nous n’étions pas vraiment assortis.

    Traduction : Tradfem
    Original : http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/LivingWithAndrea.html (1994)

    #John_Stoltenberg est l’auteur de Refuser d’être un homme – pour en finir avec la virilité (Éd. Syllepse et M Éditeur, 2013 - http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_62_iprod_567-refuser-d-etre-un-homme.html) et Peut-on être un homme sans faire le mâle ? (Éd. de l’Homme, 1995).

    #Andrea_Dworkin #féminisme_radical #proféminisme #tradfem

    • Andrea m’a beaucoup appris sur la signification de posséder un chez-soi. Elle parle souvent et avec éloquence des femmes qui se sentent sans abri ou qui risquent de le devenir faute du salaire d’un homme, ou parce qu’un amant ou un mari les violentent, ou parce qu’il ne semble pas exister d’autre choix que l’échange de sexe contre un endroit où dormir. J’en suis venu à comprendre qu’un chez-soi signifie pour Andrea une chose à laquelle aspirent bien des femmes, mais qu’elles peuvent rarement prendre pour acquis.

      J’ai grandi sans jamais avoir à penser à un domicile de cette façon. Je peux facilement m’endormir quand je suis fatigué (je n’ai pas les souvenirs d’Andrea, qui a tremblé sous le porche d’un magasin de centre-ville, un couteau à côté de son sac de couchage pour repousser tout intrus). Je peux généralement dormir confortablement toute la nuit, sauf pour aller pisser, et sans mauvais rêves (je n’ai pas les cauchemars propres à Andrea d’être brutalement réveillée par un agresseur qui rentre ivre à la maison avec ses exigences). Vivre avec Andrea m’a appris par dessus tout que le monde dans lequel j’ai grandi et vis, en tant qu’homme, est un monde qui n’est qu’un rêve pour la plupart des femmes. C’est pourquoi le chez-soi doit être le lieu où ce rêve devient réalité.

      […]

      Au fil du temps, ce chez-soi fut sept endroits différents, dont un appartement à Northampton, dans le Massachusetts, où nous survivions de coupons alimentaires ; un abri plein de moisissures sur une île infestée de moustiques dans les Keys de Floride ; et un trou à rats étouffant dans le Lower East Side de Manhattan. Nous avons maintenant la chance de posséder notre propre maison de style victorien à Brooklyn, pleine de couleurs chaudes, de boiseries et de murs entiers de livres. Nous vivons ici un bonheur presque parfait – en partie parce que c’est notre port douillet contre la tempête, mais aussi parce qu’Andrea et moi avons des rythmes d’écriture complètement différents : elle dort le jour et travaille toute la nuit, avec pour compagnie une théière et nos chats. Je travaille mieux tôt le matin, de tasse de café en tasse de café, après une bonne nuit de sommeil. Nous avons trouvé la maison parfaitement adaptée à notre rythme syncopé : travail, sommeil, repas ensemble, toujours plus de conversation.

      cc @chezsoi