• Nos chats sont-ils des terreurs écologiques ?

    “Les chats sont une #catastrophe pour la #biodiversité. Les chiens sont une catastrophe pour le climat” a affirmé le 13 décembre, sur TF1, le chercheur médiatique #François_Gemenne, ancien membre du GIEC et enseignant à Science Po Paris. En disant cela, il a admis lui-même aborder un sujet sensible, susceptible de déclencher la colère des téléspectateurs. Et cela n’a pas loupé : la séquence a été largement commentée sur les réseaux sociaux, beaucoup de gens – y compris d’autres écologistes – rappelant qu’il y avait beaucoup à faire, par exemple s’en prendre aux grands bourgeois et leur train de vie délirant, avant de s’intéresser à l’impact de nos chats et de nos chiens sur la biodiversité et le #climat. Oui mais ne serions-nous pas des défenseurs de la planète en carton-pâte si nous ne considérions pas honnêtement la #responsabilité des animaux les plus populaires et les plus mignons sur ce qu’il nous arrive ?

    1 – La destruction de la biodiversité a plusieurs causes

    Quand on pense à l’écologie, on pense d’abord au sujet du réchauffement climatique dû à l’impact des activités humaines carbonés. Mais il y a d’autres sujets à prendre en compte parmi lesquels la baisse très rapide de la biodiversité (quantité d’espèces différentes sur la planète). Elle est en chute libre car de nombreux êtres vivants disparaissent du fait de la transformation, par les activités humaines, de leur environnement. C’est pourquoi on parle d’une “#sixième_extinction_de_masse” : une grande partie des espèces qui peuplent la terre pourrait disparaître prochainement. Selon l’Office Français de la Biodiversité, un établissement public créé récemment pour promouvoir la sauvegarde de ces espèces, 68 % des populations de vertébrés (mammifères, poissons, oiseaux, reptiles et amphibiens) ont disparu entre 1970 et 2016, soit en moins de 50 ans. Et rien qu’en 15 ans, 30% des oiseaux des champs ont disparu, ainsi que 38% des chauves-souris. Si jamais on s’en fout royalement de ces animaux, on peut se rappeler que tout est lié et que ces disparitions ont des conséquences sur nos vies, car chacune de ces espèces jouent un rôle au sein d’un #écosystème, et que certaines peuvent ensuite prendre le dessus et devenir envahissantes…

    La France a un rôle particulier à jouer car elle est le 6e pays du monde à héberger des espèces menacées. Qu’est-ce qui, chez nous, contribue à cette #extinction_de_masse ? Comme partout, le #changement_climatique joue un rôle important en déstabilisant la vie et la reproduction de nombre d’espèces. Ensuite, la pollution de l’air, de l’eau et du sol est considérée par l’ONG WWF comme la première cause de perte de biodiversité dans le monde. On peut également citer la transformation de l’usage des #sols, avec le développement de l’agriculture intensive et l’étalement urbain : le premier transforme la végétation, par exemple en détruisant les #haies pour augmenter les surfaces cultivables par des engins de plus en plus gros, ce qui dégomme des lieux de vie pour nombres d’espèces, en particulier les insectes et les rongeurs, dont la disparition affecte ensuite les oiseaux.

    Il faut aussi mentionner la surexploitation des animaux, via la #pêche_intensive mais aussi la #chasse, bien que sur cette dernière activité, le débat fasse rage dans le cas de la France : les défenseurs de la chasse estiment qu’elle contribue à préserver la biodiversité, puisque les chasseurs “régulent” certaines espèces potentiellement envahissantes et relâchent dans la nature des animaux qu’ils élèvent le reste de l’année. Les lobbies de chasseurs dépensent beaucoup d’argent et de temps pour imposer cette réalité dans le débat public, allant jusqu’à dire que les chasseurs sont “les premiers écologistes de France”, mais les faits sont têtus : seuls 10% des oiseaux relâchés par leurs soins survivent car ils sont désorientés, incapables de se nourrir correctement et pas autonome. Quiconque vit en zone rurale connaît le spectacle navrant de ces faisans et autres bécasses qui errent au bord des routes, attirés par la présence humaine, en quête de nourriture… Quant à la “régulation” des #espèces_invasives, il semble que cela soit en grande partie une légende urbaine : “La grande majorité des animaux tués à la chasse, approximativement 90 ou 95 % n’ont pas besoin d’être régulés” explique le biologiste Pierre Rigaud au Média Vert.

    2 – Les espèces invasives, produits du #capitalisme mondialisé

    Mais dans la liste des causes de la baisse de la biodiversité, il faut mentionner l’impact très important des espèces invasives introduites par l’homme dans la nature – on arrive à nos chatons. Dans son dernier rapport, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, qui représente 130 gouvernements et publie des rapports réguliers) établit que la “présence cumulative d’#espèces_exotiques s’est accrue de 40% depuis 1980, et est associée à l’intensification des échange commerciaux ainsi qu’à la dynamique et aux tendances démographiques”. Parce que la “#mondialisation” est passée par là, ou, pour le dire clairement, que la #colonisation et la mise sous régime capitaliste du monde entier a eu lieu au cours du XXe siècle, des espèces circulent d’un continent à l’autre et parviennent dans des endroits où elles commettent de gros dégâts sur les espèces endémiques (“endémique” : qui vit dans un lieu donné. S’oppose à “exotique”).

    Le cas du #frelon_asiatique est très symptomatique : cette espèce a débarqué en France, vraisemblablement dans un conteneur venu de Chine, il y a 20 ans et nuit depuis largement à la biodiversité, notamment aux abeilles. 2004, c’est le début de l’intensification des #échanges_commerciaux avec l’Asie du fait de la délocalisation de toute une partie de la production industrielle en Chine, au grand bonheur des entreprises européennes et de leurs profits. Au passage, ils nous ont ramené le frelon.

    Mais nos animaux préférés seraient aussi en cause : les chats sont des mangeurs d’#oiseaux et ont effectivement, comme le dit François Gemenne, une part de responsabilité dans la baisse de la biodiversité… Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’ils provoquent autant de mortalité en France et en Belgique que… nos #fenêtres, contre lesquelles les oiseaux se cognent et meurent… Selon le Muséum d’Histoire Naturelle, interrogé par France Info, les chats ne sont pas les principaux responsables de la disparition des oiseaux car ”Leur raréfaction tient avant tout à la disparition des #insectes et la perte d’habitat. Le chat représente toutefois une pression supplémentaire importante sur une population fragilisée.” Ce serait en #ville et sur les #îles que l’impact des chats serait important, et non dans les campagnes, où il est “un prédateur parmi d’autres”.

    3 – Accuser les chats pour préserver les capitalistes ?

    Lorsque l’on regarde les principaux facteurs de chute de la biodiversité dans le monde, on constate que tout à avoir des décisions humaines. Quel type d’#agriculture développons-nous ? Comment construisons-nous nos villes ? A quelle fréquence faisons-nous circuler les marchandises et les animaux entre les différentes parties du monde ? Quelles activités polluantes décidons-nous de réduire et lesquelles nous choisissons de garder ? On est donc très loin d’une simple équation scientifique : face à un problème comme la sixième extinction de masse, ce sont des décisions collectives potentiellement très conflictuelles que nous devons prendre. Qui arrête son activité ? Qui la poursuit ? Qui va continuer à gagner de l’argent ? Qui va devoir perdre une activité très rentable ?

    Puisque le pouvoir, en France comme dans le monde, appartient aux défenseurs du capitalisme, la décision est pour l’instant la suivante : ce qui génère du profit doit continuer à pouvoir générer plus de profit. L’#agriculture_intensive doit donc continuer et se développer. C’est pourquoi, depuis 50 ans, 70% des haies et des #bocages, refuges de biodiversité, ont disparu, et le phénomène s’accélère. Car les lobbies de l’#agriculture_industrielle ont sévi et, encore récemment, ont obtenu de pouvoir continuer leur jeu de massacre. La #pollution des sols et de l’air ? Elle continue. Le #glyphosate, cet #herbicide qui dégomme les insectes et rend les animaux malades, a été autorisé pour 10 années de plus par l’Union Européenne, pour continuer à produire davantage sur le plan agricole, une production qui sera en grande partie exportée et qui contribuera au grand jeu des profits de l’#agroalimentaire

    Les villes et les villages peuvent continuer de s’étendre et c’est flagrant en zone rurale : puisque le marché du logement est dérégulé et qu’il est plus profitable de construire sur terrain nu que de réhabiliter de l’ancien dans les centre-bourgs, les périphéries des petites villes s’étendent tandis que les centres se meurent… L’#étalement_urbain, qui fait reculer la biodiversité, s’étend sous la pression du #marché_immobilier. Là encore, c’est un choix en faveur du capitalisme et au détriment de la biodiversité… Et inutile de parler du réchauffement climatique : la COP 28, dont la délégation française comprenait Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies, s’est soldée par un “accord pitoyable”, pour reprendre les mots de Clément Sénéchal, spécialiste du climat, dans Politis. Mais François Gemenne, lui, s’en est réjoui avec enthousiasme.

    Le consensus des dirigeants du monde entier est donc le suivant : il ne faut donner aucune véritable contrainte aux marchés qui prospèrent sur la destruction des espèces vivantes sur cette planète. Et en France, puissance agricole, ce constat est encore plus flagrant.

    Alors, que nous reste-t-il ? Les #décisions_individuelles. Ce pis-aller de l’#écologie_bourgeoise qui consiste finalement à dire : “bon, on a tranché, on ne va pas toucher au train-train du capitalisme qui nous plaît tant mais par contre on va vous demander à vous, citoyens, de faire des efforts pour la planète”. Mais attention : sans trop mentionner la consommation de #viande, le seul “#petit_geste” qui a un impact très significatif parce que la consommation de viande est en moyenne la troisième source d’émission carbone des Français (avant l’avion). Les industriels de la viande veillent au grain et ne veulent surtout pas qu’on se penche là-dessus.

    Parler des animaux domestiques s’inscrit dans cette veine-là. Bien sûr que, dans l’absolu, les chats et les chiens ont un impact sur la biodiversité et sur le climat. Car tout a un #impact. Mais d’une part cet impact reste marginal et d’autre part il est non systémique. Certes, le capitalisme a trouvé un bon filon pour faire du profit sur le dos de nos amours pour ces animaux qui apportent de la joie et du bonheur chez de nombreuses personnes, il suffit d’entrer dans une animalerie pour cela : la diversité des aliments, des jouets, des accessoires, le tout dans des couleurs chatoyantes pour appâter le maître bien plus que le chien… Mais lorsque l’on parle des chats qui mangent des oiseaux, on ne parle pas du capitalisme. Pire, on en profite pour masquer l’impact bien plus significatif de certaines activités. Les chasseurs, qui dépensent de lourds moyens pour influencer le débat public et ne reculent devant aucun argument ne s’y sont pas trompés : #Willy_Schraen, le président de la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) a tenté d’orienter, en 2020, l’attention du public sur l’impact des chats, qu’il accuse, ironie du sort, de trop chasser et qu’il a appelé à piéger. Aucune solidarité dans la profession !

    4 – Sortir du discours écolo bourgeois : un mode d’emploi

    Les chats sont bel et bien des chasseurs mais il existe des solutions pour limiter leur impact sur la biodiversité : stériliser le plus souvent possible pour éviter leur prolifération, les faire sortir uniquement à certaines heures de la journée ou… jouer davantage avec eux durant la journée. Pas sûr que les mêmes solutions fonctionnent pour réduire l’impact de la FNSEA, de TotalEnergies, de Lactalis, de la CMA CGM et de tous les milliardaires français : le patrimoine de 63 d’entre eux, en France, émettent autant de gaz à effet de serre que la moitié de la population française.

    Pour amuser vos petites boules de poils, la rédaction de Frustration recommande l’arbre à chat. Pour amuser vos petits milliardaires on recommande la visite de l’épave du Titanic dans un sous-marin peu étanche

    Comment utiliser efficacement son temps d’antenne quand on est un scientifique médiatique comme #François_Gemenne ? On peut se faire mousser en se payant un petit bad buzz par la #culpabilisation des individus possédant un chat. Ou bien on peut prioriser les sujets, étant entendu que dans l’absolu, oui, toutes les activités humaines polluent et ont un impact sur la biodiversité. Comment procéder ?

    - Aller du plus systémique au moins systémique : critiquer le capitalisme (ou ses sous-catégories : marché immobilier, #agro-industrie, industrie pétrolière etc.), qui conduit les entreprises et les individus à chercher la production permanente et l’exploitation permanente dans un monde aux ressources finies, plutôt que les chats, qui se contentent de vivre et de paresser sans chercher à performer ou faire preuve de leur respect de la “valeur travail”.
    - Aller du plus impactant au moins impactant : oui, la nourriture des chiens pollue, mais l’industrie de la viande dans le monde est une bombe climatique. Mais peut-être est-il moins gênant de vexer Frolic et Royal Canin que Fleury Michon et Fabien Roussel ?
    – Aller du plus superflu au moins superflu : dans l’ordre, commencer à interdire les yachts et les vols en jet privé avant de s’en prendre à la voiture individuelle serait une bonne chose. Sans quoi, personne ne comprend la demande d’un effort à forte conséquence sur son mode de vie quand, pour d’autres, ce sont les loisirs qui seraient visés.

    Ensuite, puisqu’il faut trancher, que ces choix se fassent démocratiquement. Pour préserver la biodiversité, préfère-t-on interdire la chasse ou limiter le nombre de chats par personne ? Veut-on sortir du modèle agricole productiviste orienté vers la production de viande ou interdire les chiens ? Et si on rappelait au passage que les #animaux_de_compagnie sont parfois la seule famille des personnes seules et fragilisées, notamment parmi les personnes pauvres, et qu’ils fournissent des services à la population, non quantifiable sur le plan financier ?

    Bref, préférez-vous en finir avec les chatons ou avec la bourgeoisie ? De notre côté, la réponse est toute trouvée.

    https://www.frustrationmagazine.fr/chats-ecologie

    #chats #chat #écologie #animaux_domestiques #industrie_agro-alimentaire #priorité #à_lire

  • Je découvre ces deux articles qui se focalisent sur les #réfugiés et les #animaux... un regard assez nouveau...

    The important role of animals in refugee lives

    Refugees are people who have been forcibly displaced across a border. What do animals have to do with them? A lot.

    Companion animals, for example, are important to many people’s emotional wellbeing. “For people forced to flee,” the Norwegian Refugee Council recently noted, “a pet can be a vital source of comfort.” At the sterile and hyper-modern Azraq refugee camp in Jordan, Syrian refugees would pay a high price for caged birds (30-40 Jordanian dinars each, roughly €35-50). In Syria, many people keep a bird at home. At Azraq keeping a bird is one way of making a plastic and metal shelter into a home.

    In many contexts, refugees also depend on animals for their livelihoods. Humanitarian assistance understandably focuses on supporting people, but if refugees’ working animals and livestock perish then their experience of displacement can worsen drastically: they lose the means to support themselves in exile, or to return home and rebuild their lives.

    Ever since the earliest days of modern refugee camps, at the time of the First World War, agencies responsible for refugees have had to think about animals too. When the British army in the Middle East built a camp at Baquba near Baghdad in 1918 to house nearly 50,000 Armenian and Assyrian refugees, there were some animals that they needed to keep out. Fumigation procedures and netting were used against lice and mosquitos, carriers of typhus and malaria respectively. But refugee agencies also needed to let larger animals in. The people in the camp, especially the Assyrians, were accompanied by seven or eight thousand sheep and goats, and about six thousand larger animals like horses and cattle. Many of the people depended on their animals for their livelihood and for any prospect of permanent settlement, so they all needed to be accommodated and cared for.

    There are similar examples around the world today, like the longstanding camps for Sahrawi refugees in southwestern Algeria. There, goats and camels are socially and economically significant animals: goat barns, enclosures often made of scrap metal, are a prominent part of the camps’ increasingly urban landscape, while camel butcheries are important shops.

    This helps us understand why the office of the United Nations High Commissioner for Refugees now has programmes to support refugees’ animals. For example, in 2015, with funding from the IKEA Foundation, the organization assisted 6,000 Malian refugees in Burkina Faso and their 47,000 animals: helping animals helps the people too, in this case to earn a living (and achieve economic integration) through small-scale dairy farming. It also helps us understand how conflicts can arise between refugees and host communities when refugees’ animals compete for grazing or water with local animals, or damage local farmers’ crops.

    Starting in 2011, nearly 125,000 people from Blue Nile state in Sudan fled from a government offensive into Maban country, South Sudan, with hundreds of thousands of animals (about half of whom soon died, stressed by the journey). Peacefully managing their interactions with local residents and a community of nomadic herders who also regularly migrated through the county was a complex task for the South Sudanese government and humanitarian agencies. It required careful negotiations to allocate grazing zones as far as 60km from the camps where the refugees lived, schedule access to watering points, and agree a different route for the nomads’ migration.

    In Bangladesh, meanwhile, the International Union for the Conservation of Nature has recently been involved in efforts to prevent conflict between refugees and wild animals. Nearly a million Rohingya refugees from state persecution in Myanmar live in semi-formal camps near Cox’s Bazar that have grown up since 2017, but these block the migration routes of critically endangered Asian elephants. The International Union’s conflict mitigation programme includes building lookout towers, training Rohingya observers, and running an arts-based education project.

    And this highlights a final issue. The elephants at Cox’s Bazar are endangered because of ecological pressures caused by humans. But increasingly, humans too are endangered—and displaced—by ecological pressures. In the late 2000s, a years-long drought in Syria, worsened by human-caused climate change, pushed over a million rural Syrians off the land. (The country’s total livestock fell by a third.) The political and economic pressure that this generated was a significant factor in the crisis that ignited into war in 2011, in turn displacing millions more people. Hundreds of thousands of them fled to Jordan, one of the most water-stressed countries in the world, where the increased extraction of groundwater has lowered the water table, drying out oases in the Jordanian desert. Wild birds migrating across the desert have to fly further to find water and rest, meaning fewer survive the journey. In the Syrian war, and in many other conflicts around the world, human and animal displacements are intersecting under environmental stress. If we want to understand human displacement and respond to it adequately, we need to be thinking about animals too.

    https://blog.oup.com/2019/10/the-important-role-of-animals-in-refugee-lives
    #rapport_aux_animaux #animaux_de_compagnie

    • ‘Tusk force’ set up to protect refugees and elephants in #Bangladesh

      UNHCR and the International Union for Conservation of Nature are working together to mitigate incidents between elephants and humans in the world’s largest refugee settlement.

      Battered and badly bruised, Anwar Begum, a Rohingya refugee, surveys the damage around her bamboo shelter.

      Sleeping mats ripped apart; plastic buckets and even metal cooking pots and plates torn and dented. Her shelter was toppled – but neighbours in Kutupalong refugee settlement near Cox’s Bazar, Bangladesh, have helped her re-erect it.

      “I’m very grateful, thanks to the almighty, to be alive,” the 45-year-old said. “But I’m terrified.”

      Just a few days earlier, in the middle of the night, a wild elephant entered her small shelter and killed her husband, 50-year-old Yakub Ali. It was one of several elephants that wandered into the camp, damaging shelters and injuring their occupants, following their usual migratory path.

      Anwar and her family fled their home in Myanmar six months ago, settling in the vast Kutupalong refugee settlement. “We weren’t aware of any elephant presence here,” she said. “I remember once seeing elephants back home in Myanmar, but in the distance – never close up like this.”

      Clearly shaken, Anwar recounted the events that occurred that night. “It was around 1 a.m. I heard a heavy sound and felt the roof falling onto us. It was quick and loud. I started screaming. It all went very fast and my husband was killed”.

      Anwar was treated in hospital for three days. By the time she came back to the settlement, neighbours had helped to rebuild her shelter. UNHCR’s partners have now provided her with new household items, and Anwar has received counselling from UN Refugee Agency protection staff.

      UNHCR and its partner IUCN – the International Union for Conservation of Nature – have now launched an action plan to try to prevent incidents like this, which have resulted in the deaths of at least 10 refugees, including young children, in Kutupalong settlement.

      “This partnership is critical not only to ensure the conservation of elephants, but to protect refugees.”

      The highly congested site, which used to be forest land, lies along one of the migratory routes between Myanmar and Bangladesh for critically endangered Asian elephants.

      The so-called ‘tusk force’ will work with both the local host community and refugees, in close consultation with the Bangladesh Forest Department and the Refugee Relief and Repatriation Commissioner’s Office.

      Mitigation plans include installing watch-towers in key spots around the settlement, as well as setting up Elephant Response Teams who can sound the alarm if elephants enter the site. Elephant routes and corridors will be clearly marked, so that people will know which areas to avoid. Campaigns will also be carried out to create better awareness of the risks.

      “This partnership is critical not only to ensure the conservation of elephants, but to protect refugees, a number of whom have tragically already lost their lives,” said Kevin Allen, UNHCR’s head of emergency operations in Cox’s Bazar district.

      The project is part of a wider initiative by UNHCR and the IUCN, in support of government activities, to mitigate some of the environmental impacts linked to the establishment of refugee settlements in Cox’s Bazar.

      Other plans include carrying out environmental education and awareness among refugees and the host communities about the importance of forest resources as well as taking steps to improve the environment in the refugee settlement areas and nearby surroundings.

      The project leaders will also advocate for reforestation programmes to ensure that natural resources and a shared environment are better protected.

      https://www.unhcr.org/uk/news/latest/2018/3/5a9801d64/tusk-force-set-protect-refugees-elephants-bangladesh.html
      #éléphants #IUCN #sécurité

    • Bangladesh elephant rampage highlights dangers for refugees

      A refugee prays on a hill overlooking Kutupalong camp after another Rohingya burial.

      After fleeing flames and gunfire in Myanmar, Rohingya refugee Jane Alam thought danger was behind him in Bangladesh.

      But as he slept last night in a fragile shelter in a forested area near Kutupalong refugee camp, rampaging elephants crashed in on top of his family.

      The 18-year-old’s father and a seven-month-old baby were killed in the attack, which also injured seven of his relatives.

      “We thought we would be safe here.”

      Grazed on the cheek, neck and hip, he trekked barefoot up a hillside overlooking the makeshift camp this morning to bury them.

      “We thought we would be safe here,” he says, numb with disbelief, standing beside his father’s grave, marked with small bamboo stakes.

      https://www.youtube.com/watch?v=Cy_fkc5qRt8

      A few paces away, the tiny body of his infant relative lies on the muddy ground, wrapped in a white cloth. A man scoops out her shallow grave with a farm tool as a group of men stand solemnly by.

      The deaths highlight one of the unexpected dangers facing refugees and the risks as humanitarian actors respond to the arrival in Bangladesh of at least 429,000 people who have fled the latest outbreak of violence that erupted in Myanmar on August 25.

      As two formal refugee camps in Bangladesh are overwhelmed, thousands are seeking shelter where they can - some in an uninhabited forested area outside Kutupalong camp.

      “The area is currently completely wild, so the people who are settling-in where there is wildlife,” says Franklin Golay, a staff member for UNHCR, the UN Refugee Agency, who is working to provide water, sanitation and shelter at the informal camp.

      “There are elephants roaming around that pose a threat,” he says.

      Asian elephants are considered a critically endangered species in Bangladesh, where conservationists estimate there are presently just 239 living in the wild. Many roam in the Chittagong area in the southeast of the country, where the refugee influx is concentrated.

      Local residents say the elephants are drawn to populated areas in the Monsoon season, when fruit including mangos and jackfruit ripen.

      Securing the rugged and partially forested area to mitigate the risk could be achieved with lights or electric fencing, Golay says.

      But for Alam’s grieving family, who fled persecution across the border in Myanmar, the attack is a stark reminder that their trials are not yet over.

      “We ran from danger, and we are still in a dangerous situation now,” says Ali Hussein, the dead man’s uncle. “This cannot be forgotten.”

      https://www.unhcr.org/news/latest/2017/9/59c37c0f16/bangladesh-elephant-rampage-highlights-dangers-refugees.html