• Le mois de mai le plus chaud jamais enregistré
    https://www.lemonde.fr/climat/article/2020/06/05/le-mois-de-mai-le-plus-chaud-jamais-enregistre_6041867_1652612.html

    Les alertes se succèdent, inexorablement. Selon le service européen Copernicus sur le changement climatique, le mois de mai « a été 0,63 °C plus chaud que la moyenne des mois de mai de la période 1981-2010, ce qui en fait le mois de mai le plus chaud depuis le début des données ». Plus chaud que mai 2016 et mai 2017, a précisé Copernicus vendredi dans un communiqué.

    Les températures les plus élevées par rapport à la normale, et même « très anormales », ont été relevées en Sibérie, avec près de 10 °C au-dessus de la normale. Dans le nord-ouest de la région, la débâcle (rupture de la glace) sur les fleuves Ob et Ienisseï n’avait jamais commencé aussi tôt, précise Copernicus. Le printemps a été également particulièrement doux sur une grande partie de la région arctique, notamment dans l’ouest de l’Alaska, mais aussi en Antarctique.

    #dérèglement_climatique #anthropocène #réchauffement_climatique

  • Pesticides illégaux (propanil, Bumper Super 490 EC), biocides, antibiotiques agricoles, cocaïne, c’est au port d’Anvers !
    Le port d’Anvers est-il la plaque tournante du commerce de pesticides illégaux en Europe ?
    https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2020/06/03/le-port-d_anvers-est-il-la-plaque-tournante-du-commerce-de-pesti

    Le commerce de pesticides illégaux génère de gros bénéfices. Le port d’Anvers semble être le deuxième port le plus important pour l’importation de ces pesticides pour l’ensemble de l’Europe, après Rotterdam. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par un consortium international de journalistes d’investigation. Le parquet anversois enquête actuellement sur trois dossiers concernant des pesticides illégaux, écrit mercredi l’hebdomadaire flamand Knack qui fait partie du consortium.

    Le marché européen des pesticides affiche un chiffre d’affaires annuel de 11 milliards d’euros, selon les calculs de Knack. Environ 10% de ce chiffre proviendrait du marché parallèle et le port d’Anvers constitue une porte d’entrée prisée pour les pesticides illégalement importés en Europe, principalement de Chine. Non testés, ces produits peuvent se révéler dangereux pour la santé, l’environnement et la biodiversité.

    Fin avril, l’hebdomadaire flamand rapportait que le parquet d’Anvers s’intéressait à l’importation de pesticides illégaux via le port de la Métropole. Le porte-parole du parquet Kristof Aerts précise à présent que trois enquêtes au total sont en cours.

    L’une de ces affaires concerne une trentaine de tonnes de propanil, saisies en 2018 dans le port d’Anvers par l’unité nationale d’enquête de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Importée par une entreprise allemande, la cargaison provenait d’Inde et était destinée à la Grèce. L’Afsca a constaté que le pesticide était non conforme et la Grèce n’a plus autorisé aucune importation de propanil en provenance de l’Inde. L’agence fédérale belge a en outre imposé une amende administrative à l’importateur mais celui-ci a refusé de la régler, arguant que la saisie était irrégulière. L’Afsca a ensuite transmis un procès-verbal au parquet anversois en mai 2019. « L’enquête suit son cours, personne n’a encore été arrêté », a indiqué M. Aerts.

    En Allemagne, le parquet de Bad Kreuznach (ouest) mène l’enquête depuis 2019 sur des pesticides illégaux qui transitent par le port d’Anvers. « Huit personnes sont soupçonnées d’avoir mis en circulation plus de 72.000 litres de pesticides entre 2015 et 2017 via un réseau d’entreprises », a indiqué un porte-parole du parquet allemand à ARD, média partenaire de Knack.

    Les suspects auraient détourné une autorisation accordée pour le produit phytosanitaire Bumper Super 490 EC. Les substances actives du produit provenaient de Chine. Introduites dans l’Union européenne via Anvers, elles auraient été approuvées par une société belge avant d’être exportées vers la Pologne.
     
    Importation et commercialisation massive d’antibiotiques
    Un deuxième dossier concerne l’importation et la commercialisation massive d’antibiotiques par un Roumain de 41 ans en Flandre. Les produits étaient destinés au secteur agricole. L’unité nationale d’enquête de l’Afsca a également transmis un procès-verbal au parquet à ce sujet. « Après une investigation approfondie sur l’identité du suspect, une enquête judiciaire a été ouverte à l’été 2018 », selon Kristof Aerts. Une dizaine de perquisitions, principalement aux domiciles de distributeurs présumés des pesticides, ont été menées au printemps 2019 par la police judiciaire fédérale d’Anvers, en collaboration avec l’Afsca.

    « De grandes quantités d’antibiotiques, pesticides et biocides ont été saisies par l’unité nationale d’enquête de l’Afsca, entre autres à Laakdal, Boechout (toutes deux en province d’Anvers, NDLR) et Bekkevoort (dans le Brabant flamand). Ces produits sont interdits en Belgique. Le suspect de 41 ans a été interpellé puis relâché après son audition », a commenté le porte-parole du parquet.

    #Anvers #Belgique #Inde #Grèce #Chine #mondialisation #importations #pesticides, #biocides #antibiotiques #fruits_exotiques #conteneurs
 

    • De l’importation de la cocaïne par le port d’Anvers
      https://www.rtbf.be/info/societe/detail_port-d-anvers-la-douane-renforcee-contre-le-trafic-de-drogue?id=9890211

      Le port d’Anvers est une véritable plaque tournante du trafic de cocaïne. L’an dernier, le SPF finance (en charge des douanes) a communiqué une saisie record de 45,9 tonnes de drogue sur le territoire belge dont 42 tonnes au port d’Anvers. Depuis le début de l’année, 17,5 tonnes de drogue ont déjà été saisies.


      Les douanes plutôt satisfaites des résultats engrangés
      « Au vu des résultats, on peut quand même constater que nous avons une bonne manière de sélectionner les containers à contrôler, déclare Florence Angelici, porte-parole du SPF Finances. Il faut savoir que chaque bateau nous envoie une déclaration avec le contenu de ses containers et sur base de ses déclarations, nous sélectionnerons ceux qui seront contrôlés ».

      Les douanes ciblent donc les containers qu’elles estiment le plus « à risque ». « L’une des routes typiques utilisée par les trafiquants de drogue sont bien les routes maritimes existantes venant des pays producteurs de fruits exotiques. Ils vont donc remplir de cocaïne les conteneurs de fruits exotiques et c’est là qu’on retrouve donc régulièrement de la cocaïne au port d’Anvers ».

      L’importateur reçoit un e-mail lui signalant qu’il doit envoyer son container à la douane, lors de son arrivée au port. Le transporteur doit ensuite amener le container dans un scanner géant, qui vérifiera la cargaison. Problème : certains transporteurs ne s’exécutent pas… et décident de poursuivre leur chemin sans passer par la douane. Ils risquent une lourde amende. Si cocaïne il y avait, elle aura disparu dans la nature.
      #controles

  • #Antidiskriminierungsgesetz - Polizeigewerkschaft warnt Berliner Abgeordnete
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/polizeigewerkschaft-warnt-berliner-abgeordnete-li.85020

    29.5.2020 von Andreas Kopietz - In einem offenen Brief fordern alle GdP-Landesverbände, dass das Parlament das geplante Antidiskriminierungsgesetz ablehnt. Sonst sollen Polizisten künftig nicht mehr in Berlin aushelfen.

    Das geplante Antidiskriminierungsgesetz regt viele Polizisten auf. In einem offenen Brief appelliert nun die Gewerkschaft der Polizei (GdP) an die Berliner Abgeordneten, den Gesetzentwurf abzulehnen. Am nächsten Donnerstag soll das Landesantidiskriminierungsgesetz (LADG) durch das Abgeordnetenhaus beschlossen werden. Erarbeitet wurde es im Hause von Justizsenator Dirk Behrendt (Grüne). Der Senat beschloss den Entwurf vor knapp einem Jahr.

    „Im Namen der 195.000 Mitglieder“ weist die GdP in dem offenen Brief nun darauf hin, dass die Verwaltung im Allgemeinen und die Polizei im Besonderen an geltendes Recht gebunden sei. Jede Bürgerin und jeder Bürger könne jede gegen sie oder ihn gerichtete polizeiliche Maßnahme prüfen lassen. Der Brief ist von den GdP-Vorsitzenden aller 16 Bundesländer unterzeichnet.

    Einer der Kritikpunkte ist die in Paragraf 7 festgeschriebene Vermutungsregelung: „Werden Tatsachen glaubhaft gemacht, die das Vorliegen eines Verstoßes gegen § 2 oder § 6 überwiegend wahrscheinlich machen, obliegt es der öffentlichen Stelle, den Verstoß zu widerlegen.“ (Das Wort „überwiegend“ wurde erst in der vergangenen Woche durch den Rechtsausschuss eingefügt.) Das sei eine faktische Beweislastumkehr, kritisieren die Gewerkschafter. Eine Glaubhaftmachung sei „nicht nur kein Vollbeweis, es ist ein Freifahrtschein, der mit der Möglichkeit der Verbandsklage in § 9 noch mal erweitert wird.“

    Viele Polizisten befürchten, dass sie wegen des Gesetzes künftig ungerechtfertigten Rassismusvorwürfen ausgesetzt sind, zum Beispiel bei Kontrollen der meist aus Afrika stammenden Drogendealer im Görlitzer Park.

    Der Brief schließt mit einer Drohung: Die Kolleginnen und Kollegen aus anderen Bundesländern schauten wachsam auf die derzeitigen Entscheidungen in Berlin. „Als stärkste Polizeigewerkschaft mit 195.000 Mitgliedern in Deutschland werden wir uns in den Bundesländern vehement für das Nichtentsenden von Unterstützungseinheiten aussprechen, sofern das LADG beschlossen und so dem Öffentlichen Dienst Misstrauen entgegengebracht wird“, heißt es im Text.
    Andreas Geisel: Es gibt keine persönliche Haftung

    Bei zahlreichen Großeinsätzen wie Fußballspielen, Demonstrationen oder Staatsbesuchen ist Berlin auf Unterstützungskräfte anderer Bundesländer angewiesen. „Wenn die Abgeordneten die deutlichen Töne aus anderen Bundesländern ignorieren, handeln sie absolut verantwortungslos“, sagt der Berliner GdP-Chef Norbert Cioma. „Ohne Unterstützung haben wir ein massives Sicherheitsproblem.“

    Nach den bisherigen Regelungen ist es nicht möglich, dass Bundesländer einander nach Gutdünken die Hilfe verweigern. Allerdings hat die GdP großen Einfluss in den Polizeien der Länder und könnte auch über ihre Personalräte entsprechenden Druck auf die jeweiligen Innenminister erzeugen.

    Angesichts des Protestes, der auch von anderen Berufsverbänden und dem Gesamtpersonalrat kommt, verkündete Innensenator Andreas Geisel (SPD) am Donnerstag seine Sicht der Dinge: Es gebe keine Beweislastumkehr, wie öffentlich behauptet werde. Nach dem Entwurf des LADG genüge nicht allein die Behauptung einer Diskriminierung, um die Beweislast auf die öffentliche Stelle zu übertragen. „Es müssen vielmehr im ersten Schritt von den Betroffenen Tatsachen vorgetragen werden, die eine Diskriminierung für das Gericht überwiegend wahrscheinlich machen“, so Geisel. „Die Beweisführungslast liegt damit zunächst bei der diskriminierten Person. Erst wenn nach richterlicher Überzeugung glaubhafte Tatsachen für eine Diskriminierung vorliegen, muss die betroffene Behörde im zweiten Schritt den Verstoß gegen das Diskriminierungsverbot widerlegen.“
    Polizeipräsidentin: „Uneingeschränktes Vertrauen“

    Geisel zufolge sieht der Entwurf auch keine persönliche Haftung der Beamten wegen angeblicher oder tatsächlicher Diskriminierungen vor. Auch Beförderungssperren oder Disziplinarmaßnahmen, wie sie von Beamten befürchtet werden, kommen laut Geisel nach wie vor nur im Rahmen des heute schon geltenden Rechts in Betracht. Auch eine Haftung auswärtiger Polizeidienstkräfte oder der Entsendeländer gebe es nicht. Doch genau dies glauben viele der Protestierer nicht. Natürlich bleibe es an den Kollegen hängen, so die Befürchtung. Auch werde das Land irgendwann gezahlte Schadenersatz-Gelder wieder bei den betreffenden Beamten eintreiben.

    „Wir sind uns sicher, dass sich der Innensenator mit seinen Aussagen zum LADG keine Freunde unter unseren Kolleginnen und Kollegen macht“, sagt Cioma. „Bisher ist unseren Befürchtungen und Anmerkungen nur Ignoranz entgegengebracht worden.“

    Unerwartete Unterstützung bekommt die GdP derweil von der Polizeipräsidentin. Barbara Slowik stellt sich schützend vor ihre Beamten. „In der Polizei Berlin dulden wir keine Diskriminierung – bisher nicht und künftig nicht“, so Slowik der Zeitung B.Z. „Wer jeden Tag den Kopf hinhält für die Freiheit und die Sicherheit der Gesellschaft, der darf grundsätzlich uneingeschränktes Vertrauen erwarten, bis zum Beweis, dass er das Vertrauen nicht verdient. Das gilt für meine Kolleginnen und Kollegen auch weiterhin. Vor unrechtmäßigen Anschuldigungen werde ich sie schützen – das ist meine Verantwortung.“

    Commentaire: https://seenthis.net/messages/858108#message858152

    #Allemagne #Berlin #droit #police

  • Un long chemin - Hypothèses pour une autonomie organisée – ACTA
    https://acta.zone/un-long-chemin-hypotheses-pour-une-autonomie-organisee

    De nombreuses analyses à chaud ont déjà été produites sur les origines de la crise sanitaire, sa gestion, ses conséquences pour les classes populaires et la nécessité de s’auto-organiser pour y faire face. Désormais, il est établi que la crise protéiforme, sanitaire mais aussi politique, sociale et économique que nous traversons, est dans son origine, son développement, sa gestion, ses conséquences, proprement capitaliste. Cela se décline à la fois dans les rapports entre mode de production et destruction de l’environnement1et dans une gestion politique de la pandémie qui privilégie le marché au détriment de la santé et plus largement un contexte de destruction des services publics amorcé depuis des décennies.

    L’accélération et la densité des crises générées par le capitalisme complique toujours plus sa capacité à produire l’illusion d’une viabilité et laisse penser qu’il y aura toujours moins de répits dans les temps à venir, les crises étant déjà un état permanent pour les peuples qui affrontent l’impérialisme ou qui subissent de plein fouet la destruction de leur contexte écologique. La dynamique mortifère et autoritaire dans laquelle le capitalisme continue de nous enfoncer révèle autant les enjeux propres à sa survie en tant que forme d’organisation sociale, que la nécessité de nous structurer pour pouvoir le détruire. Plus que jamais il faut agir en fonction de l’urgence planétaire, tout en partant de l’expérience des luttes sans brûler les étapes d’un processus de recomposition pour l’offensive globale. Ce texte fait donc quelques propositions à partir de notre expérience récente et de la crise actuelle, sans fatalisme ni optimisme béat, mais avec la conviction forte que les peuples sont plus que jamais en mesure de renverser l’état des choses existant.

    [...] Historiquement, de nombreuses organisations de solidarité de plus ou moins grande échelle ont accompagné les pratiques des mouvements révolutionnaires. Mais ceux-ci l’ont fait sans confondre buts et moyens : la solidarité et l’entraide sont des moyens pratiques, parmi d’autres, qui doivent permettre de détruire le système produisant les inégalités. De notre point de vue, l’auto-défense est avant tout un repli tactique mais ne peut se substituer à la perspective de rassembler durablement en vue de socialiser la santé et les moyens de production. Dans ce cadre, nos pratiques restent assignées à occuper l’espace laissé vacant par l’État, et à devoir composer avec des moyens contraints par les rapports asymétriques dans lesquels elles se déploient. Elles ne pourront jamais que constituer une « offre » concurrente et inégale face à l’État ou oeuvrer à la construction de zones libérées partiellement de celui-ci. Elles n’impliquent aucunement une prise de conscience de la nécessité de le détruire, et laissent de côté le fait que les zones « libérées » sont bien vite reconquises, détruites, absorbées par la logique expansive du capital. Autant qu’il n’y a pas de mécanicité entre accroissement de l’antagonisme de classe et situation révolutionnaire, l’idée de la « contagiosité » des formes d’auto-organisation vers le communisme est pour nous un non-sens. Prise comme une perspective politique stratégique, l’auto-organisation se limite à la possibilité de subversions parcellaires des conditions de la reproduction de la force de travail, mais échoue à penser la réappropriation des moyens de production, et ne peut se substituer à l’autonomie politique de la classe comme condition révolutionnaire.

    Il n’y a pas de mécanicité entre le durcissement de l’antagonisme de classe, les révoltes qu’il induit, l’auto-organisation, et la victoire5 : sacraliser le moment de l’explosion ou de la subversion comme horizons et potentiels points de bascule nous empêche de penser les outils qui puissent permettre un dépassement, et de nous atteler à leur développement. Notre incapacité à bâtir un cadre culturel d’organisation commun se traduit aujourd’hui très concrètement par la résurgence et la prolifération de théories conspirationnistes et crypto-fascistes entourant le virus et la classe politique, d’une critique morale sur sa corruption, avec pour seule perspective qu’une fois le confinement fini, nous reprenions la rue et renversions ce gouvernement. Cette incapacité à produire l’idée commune d’un dépassement et à s’organiser pour celui-ci nous effraie. Les exemples récents que furent les révoltes dans les pays arabes, par-delà les spécificités de chacune d’elles, nous rappellent ce que signifie une insurrection qui défait un gouvernement mais ne peut s’attaquer au système qui le produit, et de la réaction inévitable qu’elle appelle, que l’on voit germer aujourd’hui à l’aune de cette crise mais aussi depuis de nombreuses années, dans le souhait du retour d’un État national fort.

    Pour penser cette riposte, il ne faut donc ni céder au sentiment de puissance des temps forts du mouvement social, lorsqu’il se radicalise et se fait déborder spontanément, ou bien à la satisfaction tirée des luttes locales et spécialisées. Même quand celles-ci excèdent la forme groupusculaire, toutes ces pratiques au mieux regroupées dans la forme de la constellation ou du réseau, seront vouées à l’éternel cycle de décomposition/recomposition une fois les mouvements sociaux passés, les liens affinitaires défaits, ou lorsque la gestion des forces uniquement vues par le bas nous fera inévitablement stagner ou nous épuiser. L’aspect diffus de ce qui compose aujourd’hui l’autonomie face à l’événement historique, vu ce qui se profile en termes de crise financière et de restauration autoritaire du pouvoir, nous pousse à envisager qu’il n’y ait même plus de possibilités de recomposition, mais plutôt un anéantissement total.

    #antagonimse #solidarité #autonomie

  • Et si le « monde d’après » commençait par une réflexion sur nos pratiques langagières 
    https://expansive.info/Et-si-le-monde-d-apres-commencait-par-une-reflexion-sur-nos-pratiques-22

    Que fait-on des insultes et slogans putophobes, homophobes et grossophobes dans nos luttes ? #Analyses

    / #Féminismes_-_Genres_-_Sexualités, #Antiracismes_-_colonialismes, #Information_-_médias, #Mouvements_sociaux, #Lutte_contre_les_violences_sexistes

  • Travail dissimulé, fraude sur les étiquettes : les multiples abus d’un groupe agro-industriel breton
    https://expansive.info/Travail-dissimule-fraude-sur-les-etiquettes-les-multiples-abus-d-un-grou

    Des affaires qui illustrent les pratiques peu reluisantes de l’agro-industrie, au sein de laquelle les marges se gagnent autant sur le travail que sur l’environnement. Article pécho sur bastamag #Infos_locales

    / #Syndicalismes_-_Travail, Anti-capitalisme & Multinationale

    #Anti-capitalisme_&_Multinationale

  • Didier Fassin : la vie à tout prix
    La Grande table idées Par Olivia Gesbert
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/didier-fassin-la-vie-a-tout-prix

    Didier Fassin est sociologue, anthropologue et médecin. Il est notamment professeur à l’Institute for Advanced Study de Princeton aux Etats-Unis, directeur d’études à l’EHESS, et titulaire d’une chaire annuelle de santé publique au Collège de France.

    Didier Fassin a publié le 12 mars dernier Mort d’un voyageur, Une contre-enquête, aux éditions du Seuil. Dans cet ouvrage, il revient sur un drame qui s’est déroulé en 2017 : alors qu’il est interpellé par des membres du GIGN au domicile de ses parents, Angelo, 37 ans, appartenant à la communauté des gens du voyage est abattu par les forces de l’ordre. La version de la police met en avant la légitime défense, tandis que la famille pointe une bavure. Didier Fassin cherche dans cet ouvrage, grâce aux éléments et aux témoignages de l’enquête, à faire émaner une autre version des faits, qui rendrait justice à la vérité et à la mémoire du défunt.

    #violences_policières #Angelo

    • Code de la sécurité intérieure - Article L435-1
      https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000034107970&cidTexte=LEGITEX

      Le texte de l’article ressemble trop à celui du décret sur la « Postenpflicht » qui constituait le cadre légal de l’usage des armes par les gardes SS dans les camps nazis. Pour le moment je ne crois pas qu’une loi identique au texte français soit possible en Allemagne.

      France, 2 mars 2017

      ... peuvent, outre les cas mentionnés à l’article L. 211-9, faire usage de leurs armes en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée :
      ...
      3° Lorsque, immédiatement après deux sommations adressées à haute voix, ils ne peuvent contraindre à s’arrêter, autrement que par l’usage des armes, des personnes qui cherchent à échapper à leur garde ou à leurs investigations et qui sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ;

      4° Lorsqu’ils ne peuvent immobiliser, autrement que par l’usage des armes, des véhicules, embarcations ou autres moyens de transport, dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt et dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ;

      Allemagne 1er octobre 1933

      Dienstvorschrift für die Begleitpersonen und Gefangenenbewachung
      https://de.m.wikipedia.org/wiki/Postenpflicht

      „Versucht ein Gefangener zu entfliehen, dann ist ohne Aufruf auf ihn zu schießen. Der Posten, der in Ausübung seiner Pflicht einen fliehenden Gefangenen erschossen hat, geht straffrei aus.“

      Als Sanktionen für das KZ-Personal legte er fristlose Kündigung bzw. Gefangennahme fest:

      „Wird ein Posten von einem Gefangenen tätlich angegriffen, dann ist der Angriff nicht mit körperlicher Gewalt, sondern unter Anwendung der Schusswaffe zu brechen. Ein Posten, der diese Vorschrift nicht beachtet, hat seine fristlose Entlassung zu gewärtigen.“

      Il faut cependant noter trois différences majeures entre les textes :
      – Le texte nazi impose l’usage des armes alors que le texte français l’autorise.
      – Les gardiens des camps devaient ouvrir le feu sans sommation préalable alors que les gendarmes sont tenus d’avertir les les personnes qu’ils ont l’intention d’arrêter.
      – La raison d’être du texte de loi allemand est de définir les circonstances de la mise à mort exceptionnelle de personnes destinées à mourir de toute manière. Le texte français décrit une situation où la vie des gendarmes ou d’autrui serait en danger si un suspect échappait aux forces de l’ordre.

      La similitude des textes devient visible quand on regarde leur résultat commun : Des membres des forces de l’état malintentionnés tuent sans hésiter en toute légalité. Un texte de loi dans un pays démocratique devrait rendre impossible ce résultat.

      Une nouvelle loi du Land Berlin contre les discriminations veut élargir les droits des citoyens face à la police et provoque le mécontentement des flics : Cette nouvelle loi ne prévoit pas de sanctions contre des policiers individuels et ne changera rien dans les structures administratives. La Antidiskriminierungsgesetz permettra pourtant aux citoyens de mettre plus facilement en question des actes de l’autorité publique. Les protestations du syndica policier de droite en disent long sur l’état d’esprit des fonctionnaires.

      Polizeigewerkschaft warnt Berliner Abgeordnete
      https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/polizeigewerkschaft-warnt-berliner-abgeordnete-li.85020

      #droit #racisme #police #nazis #Antidiskriminierungsgesetz

  • Tout le monde peut se passer de la police | jef klak
    https://www.jefklak.org/tout-le-monde-peut-se-passer-de-la-police

    Quand on m’a parlé du concept d’abolition, j’ai d’abord pensé que c’était absurde, dit Page May, cofondatrice d’Assata’s Daughters, qui en entendit pour la première fois parler lors d’une conférence de Kaba. Mais j’étais prête à m’impliquer dans chaque projet impulsé par Mariame. Tout le monde la connaissait et la respectait, même ceux qui n’étaient pas d’accord avec ses prises de position politiques. Et si ton travail avait quelque chose à voir avec la police ou la prison, tu la connaissais forcément.

    Kaba a résumé ses positions dans une récente interview diffusée sur le podcast AirGo :

    Pour moi, l’abolition de la police recoupe deux principes. D’abord, le démantèlement complet et absolu de la prison, de la police et de la surveillance telles qu’elles existent actuellement dans notre culture. Et également la mise en place de nouvelles manières d’interagir, de développer nos relations les uns aux autres.

    Quand Kaba a déménagé à Chicago, « il n’y avait pas d’organisation abolitionniste dans la ville », dit-elle. Mais au début des années 2000, Incite ! a commencé à organiser des conférences nationales mettant en contact militants de terrain et intellectuels – incluant Davis et de nombreuses autres aînées du mouvement –, dans le but de réfléchir à la mise en pratique des idées abolitionnistes. Kaba commença également à travailler avec des jeunes membres de gangs aux prises avec le système judiciaire à Rogers Park. En 2009, elle fonda Project Nia, un collectif cherchant à mettre un terme à l’emprisonnement des jeunes. « Je voulais tenter de créer une organisation explicitement abolitionniste permettant de tester cette idée dans un cadre communautaire », résume-t-elle.

    Récemment revenue à New York après plus de 25 ans à Chicago, elle tient à insister sur un point : l’abolition n’est pas synonyme de destruction ou de chaos, mais est au contraire fondée sur la recherche d’alternatives.

    • Dans le South Side de Chicago, des militant.e.s de terrain s’organisent pour dépasser la simple critique de l’institution policière, et mettre en place des contre-institutions rendant inutile l’intervention de la police. Inspiré.e.s par le concept d’abolition de la prison porté par Angela Davis, ou par la notion de « justice réparatrice » héritée des traditions indiennes, le but est de montrer que la fonction de la police tient plus dans la répression que dans la protection. Cercles de parole, repas de quartier servant de défense collective, ou bien encore résolution des délits à l’intérieur des communautés et des quartiers, les idées pour abolir la police ne manquent pas. Et certaines sont mises en pratique.

      #police #justice_réparative #civilisation #communauté #autonomie #anti-carcéral

  • « Le corona, c’est en Europe ou en Chine, pas ici » : à Kinshasa, la difficile sensibilisation au Covid-19
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/06/01/le-corona-c-est-en-europe-ou-en-chine-pas-ici-a-kinshasa-la-difficile-sensib

    « Ici au Congo, il n’y a que la malaria et la simple fièvre. Le corona, c’est en Europe, en Chine. Nous avons des anticorps depuis nos ancêtres » affirme l’un d’entre eux, Hussein, à l’AFP. « Ce n’est pas vrai », lance-t-il quand on lui sort les statistiques officielles (3 070 cas et 72 décès, avec une moyenne de plus de 100 nouveaux cas par jour, en très nette poussée) : « Une maladie comme le coronavirus, il faut qu’il y ait des preuves et des images. »

    #Covid-19#migrant#migration#circulations#représentations#information#sensibilisation#croyances#Afrique#Chine#RDC#Europe#anticorps#statistiques

  • Mort de George Floyd : Donald Trump cible la mouvance « antifa », qu’il veut classer comme « organisation terroriste »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/01/mort-de-george-floyd-trump-cible-la-mouvance-antifa-qu-il-veut-classer-comme

    Déjà, la mouvance antifa (pour « antifasciste ») est, de fait, une mouvance, et pas une organisation établie. « Antifa » est devenu aux Etats-Unis un terme fourre-tout qui rassemble les marges de la gauche radicale, qu’elles soient organisées avec pignon sur rue – notamment contre la résurgence, réelle, des mouvements néonazis et d’ultradroite – ou pas. Un militant de longue date, qui a souhaité rester anonyme, parle d’un « stéréotype ».

    Quand une pensée politique est si répandue, on peut toujours essayer de l’interdire !

    #répression #anarchisme

    • La déclaration présidentielle ne peut avoir aucune conséquence légale : la catégorie n’existe pas pour les groupes américains. Mais le ministre de la justice a assuré que les antifascistes faisaient l’objet d’une attention particulière du FBI.

      Les « antifas », voilà l’ennemi désigné. Alors que les manifestations pacifiques, mais aussi les émeutes, se multiplient dans les villes américaines, Donald Trump a confirmé, dimanche 31 mai, qu’il considérait la mouvance comme responsable.
      « Les Etats-Unis vont inscrire ANTIFA dans la catégorie des organisations terroristes », a tweeté le président, qui a appelé un peu plus tard les maires et les gouverneurs démocrates à « s’endurcir » : « Ces gens [les manifestants ou les émeutiers, pas évident à déterminer dans le contexte] sont ANARCHISTES. »

      [...]

      La déclaration de Donald Trump, dimanche, se heurte donc à une réalité plus complexe. Elle n’a de plus aucune valeur pratique et juridique.
      [...]

      Donald Trump avait déjà, en juillet 2019, agité la menace de classement en groupe terroriste (sur Twitter également), comparant « ANTIFA » au gang ultraviolent américano-salvadorien MS-13. Il rebondissait sur une résolution (symbolique) défendue par deux sénateurs républicains, Ted Cruz (Texas) et Bill Cassidy (Louisiane) qui souhaitaient que les antifas soient désignés comme une « organisation de terrorisme intérieur », citant l’agression d’un journaliste conservateur, le blocage d’un bureau de la police de l’immigration (ICE) et la révélation de l’identité d’agents du service.

      Un acte politique, sans implication juridique

      Autre obstacle à la volonté présidentielle, la « catégorie des organisations terroristes » n’existe pas pour le terrorisme intérieur aux Etats-Unis. La loi fédérale définit bien ce dernier, mais la législation ne prévoit aucune incrimination spécifique ou liste de groupes susceptibles d’être sanctionnés. Le financement ou le soutien sont susceptibles de poursuites uniquement si l’organisation est étrangère.

      De même, une enquête sur un groupe « terroriste » local ne peut être déclenchée que s’il est soupçonné d’un crime – violences, meurtres – alors que toute activité étrangère peut provoquer des investigations sur le terrorisme international.

      Et si un terroriste sans lien avec l’étranger commet une tuerie de masse, il sera, simplement, si l’on peut dire, poursuivi pour assassinats – et éventuellement « crime de haine ». La décision de qualifier un acte de « terrorisme intérieur » est donc purement politique, sans implication juridique.

      « La décision de Trump de poster ce tweet est calculée, il s’agit de rallier sa base », poursuit ce très bon connaisseur de la mouvance, qui s’inquiète, dans un climat déjà tendu, que ce ciblage constitue un « signal pour l’extrême droite, en les encourageant à croire qu’ils peuvent mener leurs propres attaques de justiciers contre les manifestants en toute impunité ». Des incidents ont déjà été répertoriés ce week-end.
      Le ministre de la justice, William Barr, a louvoyé entre cette réalité et les déclarations présidentielles, dimanche, en assurant que « la violence organisée et menée par Antifa et d’autres groupes similaires en relation avec les émeutes est du terrorisme intérieur et sera traitée comme tel ». M. Barr a également expliqué que « pour identifier les organisateurs (…) la police fédérale utilise son réseau de 56 tasks forces antiterroristes régionales du FBI ». En somme, elle fait avec ce qui existe déjà.

      Le sacro-saint premier amendement de la Constitution

      Car le FBI – qui est à la fois un service de renseignement et un service de police judiciaire – n’a jamais cessé, depuis les années 1950, de surveiller, d’enquêter et parfois de déstabiliser les mouvements militants de gauche ou de défense des droits civiques, qu’ils soient radicaux ou pas. Le bureau de l’inspecteur général, l’autorité de contrôle du gouvernement fédéral, s’en est encore ému en 2010 au terme de quatre ans d’enquête.

      Il y a un peu plus d’un an, l’organisation non gouvernementale Property of the People a ainsi obtenu le dossier d’une enquête sur le groupe antifasciste By Any Means Necessary (BAMN), étiqueté « DT [terrorisme intérieur] – extrémisme anarchiste », après une contre-manifestation de BAMN lors d’un rassemblement de nazis et de membres du Ku Klux Klan (KKK) à Sacramento, en Californie.

      Les militants étaient accusés « d’avoir assisté à un rassemblement du Ku Klux Klan et agressé un militant nazi ». Les investigations n’avaient pas abouti, notamment parce que les activités de BAMN sont protégées au titre du premier amendement à la Constitution américaine sur la liberté religieuse, d’expression et de rassemblement. Tout comme, en face, celles du KKK et des nazis.

      C’est la limite la plus forte, constitutionnelle, et au cœur de l’identité américaine, qui bloque aux Etats-Unis toute législation sur la question du terrorisme intérieur ou même des groupes professant des idéologies de haine : le sacro-saint premier amendement. Considérer systématiquement la mouvance « antifa » comme un groupe terroriste en serait une violation, et le FBI s’y est toujours refusé. Est-ce à dire que la déclaration de Donald Trump restera sans effets concrets du côté des forces de l’ordre ? Le militant interrogé, qui en a vu d’autres, est certain que « cela sera utilisé comme une justification pour viser des organisations spécifiques, comme la “peur rouge” par le passé. »

      Laurent Borredon

      #anti-terrorisme

  • Antisémitisme. De David Icke à Alice Walker, épidémie conspirationniste, Samuel Blumenfeld
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/05/29/de-david-icke-a-alice-walker-epidemie-conspirationniste_6041199_4500055.html

    La célèbre auteure de « La Couleur pourpre » a relayé une vidéo du Britannique reliant la pandémie due au Covid-19 aux juifs, alors que Facebook et YouTube ont décidé de supprimer les comptes de celui-ci.
    David Icke est un ancien joueur de football, un ex-journaliste sportif à la BBC, autrefois affilié au Green Party, le Parti vert britannique. Cet homme a connu plusieurs vies, mais c’est sa plus récente incarnation qui lui vaut le plus ­d’attention. Il est, à 68 ans, l’une des vedettes de la sphère conspirationniste en Europe, un homme qui a cumulé jusqu’à 800 000 abonnés à sa page Facebook, et dont les différents ouvrages, publiés à compte d’auteur, attirent un public aussi nombreux que fidèle. On trouve ainsi parmi ces lecteurs laudateurs la romancière Alice Walker, auteur de La Couleur pourpre, l’un des romans les plus populaires de l’histoire de l’édition aux États-Unis, récompensé, en 1983, du prix Pulitzer et de l’American Book Award, avant de se trouver adapté au cinéma par Steven Spielberg en 1985.

    Comme tous les théoriciens du complot, David Icke est persuadé qu’une société secrète contrôle les intérêts de la planète. Et, comme beaucoup de théoriciens du complot, David Icke avance que cette société secrète est juive. Récemment, ce dernier affirmait que « le coronavirus avait été créé par la dynastie bancaire juive des Rothschild » et que l’État d’Israël mettait à profit la pandémie « pour tester sa technologie ». Des propos qui ont valu la mise à l’écart de cette figure de la complosphère anglophone. Ainsi, dans sa lettre hebdomadaire du 11 mai, le site Conspiracy Watch, l’Observatoire du conspirationnisme en France, annonçait que les propos outranciers de David Icke sur un supposé complot présidant à la propagation du Covid-19 avaient conduit à la suppression de ses comptes sur Facebook et YouTube, en attendant qu’Instagram et Twitter suivent cet exemple.

    « Dans les ouvrages d’Icke, expliquait Alice Walker dans le “New York Times” en 2018, c’est toute notre existence sur cette planète que nous devons reconsidérer. Comme si le rêve d’une personne curieuse se concrétisait. »

    Cette affaire n’est cependant pas soldée. Début mai, la romancière Alice Walker, ancienne militante des droits civiques, proche de Martin Luther King, a relayé sur son site officiel une des vidéos du Britannique. Celle qui se décrit comme une « féministe noire » dépeignait dans La Couleur pourpre la double oppression à laquelle est soumise la femme noire aux États-Unis, ­victime de la société blanche, puis des hommes noirs. C’est donc au nom d’une autre oppression, celle du supposé complot juif, que la célèbre écrivaine accompagnait la vidéo où David Icke résout le mystère de l’origine de cette pandémie de ces mots : « Rendez-vous compte, nous parvenons enfin à prendre la mesure de l’invisible ! »

    Positions antisionistes virulentes

    Reconnaissons à Alice Walker le mérite de ne pas avancer masquée. Interrogée en décembre 2018 par le New York Times, qui lui demandait quels ouvrages se trouvaient sur sa table de nuit, la romancière citait quatre livres, dont l’essai de David Icke, And the Truth Shall Set You Free, que l’on pourrait traduire par La Vérité te délivrera : « Dans les ouvrages d’Icke, explique Alice Walker, c’est toute notre existence sur cette planète que nous devons reconsidérer. Comme si le rêve d’une personne curieuse se concrétisait. » Le « rêve » d’Alice Walker s’avère un cauchemar. Le livre d’Icke recycle de vieilles antiennes. Avec l’idée force que Les Protocoles des Sages de Sion, un faux publié au début du XXe siècle dans la Russie tsariste, présenté comme un plan de conquête du monde ­établi par les juifs et les francs-maçons, constitue une grille de lecture toujours pertinente.

    La romancière est allée jusqu’à exiger que “La Couleur pourpre” ne soit en aucun cas traduit en hébreu.

    Entre autres délires, l’essayiste affirme que le Ku Klux Klan serait contrôlé par des organisations juives, les organisations d’extrême droite en Grande-Bretagne financées par les services secrets israéliens, alors que les actes antisémites, augmentant de manière exponentielle en Occident depuis le début des années 2000, seraient orchestrées par les juifs eux-mêmes. David Icke se révèle tout aussi fantaisiste sur d’autres dossiers : il est tout à la fois climato­sceptique, vaccinosceptique et hostile aux thèses officielles sur les attentats du 11 septembre 2001.

    Alice Walker n’a jamais fait mystère de ses positions antisionistes virulentes, et de son soutien actif à Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), une organisation appelant aux boycotts économique, académique et culturel de l’État d’Israël. La romancière est allée jusqu’à exiger que La Couleur pourpre ne soit en aucun cas traduit en hébreu. Attaquée pour antisémitisme, Alice Walker s’est défendue dans un post publié en novembre 2017 à l’aide d’un long poème intitulé C’est notre (terrifiant) devoir d’étudier le Talmuda. Les juifs, responsables des malheurs du monde, sont décrits comme les assassins du Christ. Depuis, le covid-19 est apparu. Un nouveau fléau dont les juifs s’avèrent, aux yeux d’Alice Walker, les propagateurs. Au point où l’on peut se demander comment une romancière aussi respectée a pu échapper aussi longtemps à l’opprobre.

    Cette source est douteuse (impliquée dans la défense d’Israël, et plus généralement protagoniste active de la disqualification et de la #démoralisation de diverses modalités de critique ou de contestation, ...), mais elle comporte des éléments factuels probants et je n’ai pas pris le temps de chercher des docs qui soient internes à l’anti-sionisme et/ou à l’anti-racisme étasunien, dont j’espère qu’ils existent.

    #complotisme #Alice_Walker #antisémitisme #littérature #lifestinks #tristesse

  • Hydroxychloroquine : nouveau rebondissement, l’étude Lancet largement critiquée RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_hydroxychloroquine-nouveau-rebondissement-l-etude-lancet-largement-criti


    La suspension par l’OMS des essais sur l’hydroxychloroquine aurait pu signer la fin de ce possible traitement contre le Covid-19. Mais l’étude responsable de cette décision est désormais attaquée de toutes parts, relançant le débat sur la molécule controversée.

    L’étude en cause, publiée le 22 mai dans la revue scientifique The Lancet, se fonde sur environ 96.000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 #hôpitaux, et compare l’état de ceux qui ont reçu le traitement à celui des patients qui ne l’ont pas eu.

    Le Dr #Mandeep_Mehra et ses collègues concluent que le traitement ne semble pas être bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et pourrait même être néfaste. Des résultats qu’ils maintiennent : « nous sommes fiers de contribuer aux travaux sur le Covid-19 » en cette période d’"incertitude", a déclaré à l’AFP vendredi l’un des auteurs, Sapan Desai.

    Ces résultats, qui vont dans le même sens que plusieurs autres études à plus petite échelle, ont eu un retentissement considérable et des conséquences spectaculaires.

    Trois jours plus tard, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la suspension par précaution des essais cliniques qu’elle menait sur cette molécule avec ses partenaires dans plusieurs pays.

    Plusieurs autres essais cliniques ont été suspendus et certains pays dont la France ont banni l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour le traitement du Covid-19, au grand dam de ses promoteurs.

    Le premier d’entre eux, le désormais célèbre Pr #Didier_Raoult, a d’ailleurs immédiatement jugé l’étude du #Lancet « foireuse » . Ses propres travaux qui concluent à l’efficacité de l’hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l’#azithromycine, ont été décriés, d’autres scientifiques pointant du doigt de nombreux biais méthodologiques.

    Mais même des chercheurs sceptiques sur l’intérêt de la molécule contre le Covid-19 ont exprimé leurs doutes sur l’étude du Lancet.

    Dans une lettre ouverte publiée jeudi soir, des dizaines de scientifiques du monde entier, de Harvard à l’Imperial College de Londres, soulignent ainsi que l’examen minutieux de l’étude du Lancet soulève « à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l’intégrité des données ».

    Ils dressent une longue liste des points problématiques, d’incohérences dans les doses administrées dans certains pays à des questions éthiques sur la collecte des informations sur les patients, en passant par le refus des auteurs de donner accès aux données brutes.

    « Briser la confiance »
    Ces données émanent de #Surgisphere, qui se présente comme une société d’analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis.

    L’entreprise dirigée par Sapan Desai a assuré que les accords avec les hôpitaux partenaires lui interdisent de partager les données, dont elle a défendu l’intégrité.

    Mais vendredi, le #Lancet a publié une correction sur des morts attribuées à un hôpital australien qui auraient dû être comptées en Asie.

    Cela « souligne le besoin de vérification des erreurs dans l’ensemble de la base de données », insistent les scientifiques signataires de la lettre ouverte, réclamant la mise en place par exemple par l’OMS d’un groupe chargé de mener une analyse indépendante des conclusions de l’étude.

    Le Dr Mehra a assuré vendredi à l’AFP qu’une « analyse académique indépendante des données » était lancée.

    Suspension « temporaire » du médicament
    Mais « les résultats, conclusions et interprétations de l’étude restent inchangés », a-t-il assuré, notant toutefois le caractère « intermédiaire » de cette étude observationnelle en attendant les résultats d’#essais_cliniques « nécessaires pour parvenir à une conclusion » sur l’#hydroxychloroquine.

    Interrogée vendredi sur cette affaire, l’OMS a noté que la suspension des essais impliquant l’hydroxychloroquine était « temporaire » et que ses experts rendraient leur « opinion finale » après l’examen d’autres éléments (notamment les analyses provisoires de l’#essai_Solidarity), probablement d’ici à la mi-juin.

    Des données devraient aussi venir de l’#essai britannique #Recovery, dont la partie hydroxychloroquine se poursuit. Se basant sur leurs propres données de mortalité, ses responsables estiment qu’il n’existe « pas de raison convaincante de suspendre le recrutement pour des raisons de sécurité ».

    La lettre ouverte, signée notamment par le Pr #Philippe_Parola, collaborateur du Pr Raoult, a immédiatement été relayée par ce dernier, citant Winston Churchill.

    « ’Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est peut-être la fin du commencement’… De la guerre contre la chloroquine » , a-t-il twitté.

    J’ai hâte que cette histoire se termine

    Mais tous les signataires de la lettre ouverte sont loin d’être des défenseurs de l’hydroxychloroquine.
    * « J’ai des doutes sérieux sur les bénéfices d’un traitement à la #chloroquine /#hydroxychloroquine contre le #Covid-19 et j’ai hâte que cette histoire se termine, mais je crois que l’intégrité de la #recherche ne peut pas être invoquée uniquement quand un article ne va pas dans le sens de nos préconceptions », a commenté sur Twitter le Pr #François_Balloux, de l’University College de Londres.
    Aussi, « c’est avec le coeur lourd que j’ai ajouté mon nom à la lettre ouverte ».

    Signataires ou non, de nombreux scientifiques ont relayé leurs inquiétudes de l’impact de cette affaire sur la science, parfois avec les hashtags #Lancetgate ("scandale Lancet") ou #whats_with_hcq_lancet_paper ("que se passe-t-il avec l’étude du Lancet").

    « Si l’article du Lancet est une #fraude cela va briser la confiance dans les scientifiques de façon durable », a ainsi commenté vendredi le Pr #Gilbert_Deray, de la #Pitié-Salpêtrière à Paris. « J’attends avec inquiétude les résultats de l’#enquête ».

    #Santé #médicaments #big_pharma #médecine #pharma #industrie_pharmaceutique #anti_viral #coronavirus augmenter les ventes de #Remdesivir ( #Gilead ) #édition_scientifique

  • Quand Uber envoie des milliers de vélos Jump en bon état à la ferraille
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_quand-uber-envoie-des-milliers-de-velos-jump-en-bon-etat-a-la-ferraille?

    Avec le confinement, les géants américains des nouvelles technologies sont ébranlés sur leurs fondations. Uber est de ceux-là. Pour le leader mondial de la réservation de voitures de tourisme avec chauffeur, il est temps de se recentrer sur ses activités les plus rentables… et la location de vélos en libre-service n’en fait pas partie.

    Uber a ainsi présenté début mai un accord avec la start-up californienne Lime. Celle-ci rachète le service de vélos et de trottinettes en libre-service « Jump » qui appartenait à Uber depuis 2018.

    Lime, déjà actif dans le secteur partout dans le monde, hérite donc d’un gigantesque parc de vélos. Mais tous ne seront pas déployés dans les rues. Uber a en effet décidé d’en détruire plusieurs milliers.

    Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des centaines de bicyclettes alignées dans une casse de Caroline du Nord. Une pince mécanique les saisit pour les déverser dans un camion. Entre 20.000 et 30.000 exemplaires seraient concernés, selon les sources.

    Des vélos se sont mêmes retrouvés dans une décharge de la banlieue de Montréal. « J’ai voulu acheter deux vélos pour 100 $, mais [le ferrailleur] m’a dit qu’il ne pouvait pas en raison d’une entente confidentielle », rapporte un témoin cité par TVA Nouvelles.

    Pourquoi ne pas distribuer tous ces engins à ceux qui en auraient besoin, surtout à l’heure du déconfinement où les vélos sont particulièrement prisés par ceux qui cherchent une alternative aux transports en commun ?

    « Nous avons envisagé de donner les anciens modèles de vélo, mais étant donné des problèmes de maintenance, de fiabilité, de sécurité et de [l’absence de] chargeurs grand public, nous avons décidé qu’il était mieux de les recycler », déclare Uber dans un communiqué.

    Plusieurs versions du vélo
    Ce ne serait pas la seule raison. Le site bikesharemuseum, qui a investigué sur le sujet, pointe un autre élément. Il existe en réalité plusieurs générations de vélos Jump. Lime n’a hérité que d’une partie, dont les plus récents. Et n’a pas (encore) prévu de les mettre à ses couleurs si on en croit ce communiqué de presse de Lime annonçant le retour des vélos rouges dans les rues de Denver.

    La dernière version du vélo et l’informatique pour le faire fonctionner étaient toujours en cours de développement quand Uber a vendu l’entreprise. A charge de Lime de tout mettre au point et d’intégrer ces nouveaux véhicules à son système.

    « Cela pourrait prendre des mois, si pas plus, avant que Lime reprenne le contrôle [logiciel] sur le vélo, sans compter les défauts que les concepteurs originaux n’avaient pas eux-mêmes repérés », note bikesharemuseum.com

    #uber #lime #économie_collaborative #économie #Start_up #nouvelles_technologies #ferraille #alternative et #application #mobilité #transports pour #b #écologie
    #connectée #cyclistes #destruction

    • Santé Canada autorise la poursuite des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine
      https://www.ledevoir.com/societe/sante/579802/sante-canada-autorise-la-poursuite-des-essais-cliniques-sur-l-hydroxychlor

      Santé Canada autorise la poursuite des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine qui se déroulent au pays, malgré les résultats négatifs qui ont été publiés dans la revue The Lancet. L’organisme réglementaire fait valoir qu’aucun cas d’arythmie cardiaque n’a été signalé à ce jour dans le cadre de ces études.

      Suite à la publication des résultats d’une vaste étude indiquant que l’administration de chloroquine ou d’hydroxychloroquine seule ou en association avec l’azithromycine à des patients atteints de la COVID-19 qui étaient hospitalisés ne procurait aucun bénéfice dans le traitement de la COVID-19, et même augmentait les risques d’arythmie cardiaque et de mortalité, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a suspendu l’essai clinique SOLIDARITY qu’elle soutenait.

      Santé Canada déplore le fait que les auteurs de cette étude ne spécifient pas « le type de précautions qui ont été prises lors de la prescription du médicament », et qu’ils n’ont pas « évalué l’influence de la dose du médicament » sur sa possible toxicité.

      Après avoir pris connaissance de l’article du Lancet, Santé Canada a communiqué avec les responsables des différents essais cliniques (au nombre de 9) qui sont menés sur l’hydroxychloroquine au Canada, dont notamment à McGill, afin qu’ils lui fournissent la liste des cas d’arythmie cardiaque qui ont pu se présenter jusqu’à maintenant, ainsi qu’un nouveau rapport du comité de surveillance de l’innocuité, lequel comité est composé d’experts indépendants qui examinent régulièrement les données reliées à l’innocuité du traitement étudié.

      En attendant ces informations et compte tenu du fait qu’aucun cas d’arythmie cardiaque n’a été signalé dans le cadre des différents essais cliniques autorisés au pays, Santé Canada ne recommande pas d’interrompre les études en cours.

      Concernant le volet canadien de l’essai SOLIDARITY soutenu par l’OMS, le ministère a toutefois décidé de suspendre le recrutement de nouveaux participants jusqu’à la réception du compte rendu du comité de surveillance des données et de la sécurité.

      Santé Canada affirme qu’il décidera, à la lumière des informations transmises dans les rapports des comités de surveillance sur l’innocuité, si de nouvelles mesures doivent être prises concernant les essais canadiens.

      Dans la réponse qu’il a adressée au Devoir, Santé Canada rappelle qu’il a approuvé ces différents essais cliniques sur l’hydroxychloroquine à la condition qu’« un dépistage adéquat et une surveillance étroite des participants soient mis en place ». Il réitère sa recommandation de ne permettre l’accès à ce médicament que dans le cadre d’essais cliniques.

      #coronavirus #hydroxychloroquine #covid-19 #chloroquine #covid19 #raoult #science #didier_raoult #pandémie #santé #épidémie #confinement #big_pharma #covid_19 #Canada #Quebec #bidonnage #OMS #gafa #lancet

  • Au Portugal, le récit des « grandes découvertes » remis en cause

    Un #mémorial aux victimes de la #traite_négrière en chantier, un projet avorté de « Musée des #grandes_découvertes »… Des activistes tentent de fissurer le grand récit portugais, qui atténue la nature violente de l’expansion portugaise depuis des siècles.
    Lisbonne, de notre envoyé spécial. – Le mémorial sera construit sur le Campo das cebolas (« champ d’oignons » en français), l’une des places du bas de Lisbonne, à deux pas des quais où les navires d’esclaves débarquaient autrefois le long du Tage. « Beaucoup de villes en Europe ont des mémoriaux liés à l’esclavage, mais il n’y en a pas encore un seul au Portugal », assure Evalina Gomes Dias, à la tête de Djass, une association d’Afro-descendants portugais.

    Le collectif avait obtenu une enveloppe de 100 000 euros pour réaliser ce projet, dans le cadre des budgets participatifs de la ville en 2017. Cinq artistes ont alors été sollicités. Dans la foulée, Djass a organisé des réunions de voisins, dans des quartiers populaires de Lisbonne, où la population d’Afro-descendants est nombreuse, pour choisir entre les différents projets.

    Une centaine de personnes ont voté, et retenu l’option d’un artiste angolais. Kiluanji Kia Henda a imaginé une plantation de 540 cannes à sucre réalisées en aluminium, à taille réelle. Si l’épidémie du coronavirus n’a pas tout retardé, l’inauguration du site pourrait avoir lieu dès la fin de l’année.

    C’est à Lagos, un petit port d’Algarve, dans le sud du Portugal, qu’un navire chargé d’esclaves africains, venus de l’actuelle Mauritanie, débarque pour la première fois en Europe, en 1444. Les esclaves sont ensuite acheminés dans de grandes villes du pays. L’événement marque le début de la traite occidentale. On estime que des navires portugais ont transporté plus de cinq millions d’esclaves, d’Afrique vers le Brésil en particulier, de 1519 à 1867.

    À Lagos, un petit musée inauguré en 2016 rappelle l’existence du premier marché d’esclaves d’Europe dans cette ville devenue une tranquille station balnéaire. « Ils avaient trouvé sur le site des squelettes d’anciens esclaves. Mais ils n’ont pas voulu les garder, et préféré les envoyer à l’université de Coimbra [dans le centre du pays – ndlr]. Pour Djass, cette décision était une provocation. Ces corps auraient dû être montrés dans le musée », juge Evalina Gomes Dias, née en 1968 au Sénégal de parents venus de Guinée-Bissau.

    Le mémorial en chantier à Lisbonne marque une rupture. Mais les débats sur le passé esclavagiste du Portugal ne vont sans doute pas s’apaiser pour autant. D’autant que le legs douloureux de ce passé négrier se mêle, de manière complexe, aux mémoires des « grandes découvertes », cette phase d’expansion maritime du Portugal à partir du XVe siècle, comme à celles des colonies, qui ont duré sur le sol africain jusqu’en 1974, un « record » de longévité.

    Evalina Gomes Dias a aussi fait partie, avec sa sœur Beatriz, une députée du Bloc de gauche, des adversaires du projet de l’actuel maire de Lisbonne d’ouvrir un « Musée des grandes découvertes » dans la capitale. La proposition du socialiste Fernando Medina, qui ne faisait qu’actualiser une vieille idée de la classe politique portugaise, avait déclenché en 2018 un tollé.

    Dans une tribune, une centaine d’historiens et activistes s’en prenaient en particulier au choix du mot « découvertes » – un terme « obsolète », une « erreur de perspective », alors qu’il est « important de prendre en compte le point de vue de tous », Européens comme non-Européens. Ces universitaires dénonçaient le recours à « une expression fréquemment utilisée durant l’Estado Novo [la dictature de Salazar, de 1933 à 1974], pour célébrer le passé, et qui n’est pas compatible avec le Portugal démocratique ».

    « Pas en notre nom ! », s’étaient élevés, dans une autre lettre ouverte, des représentants de la communauté afro-portugaise, inquiets de voir minimisée, une fois de plus, l’évocation du passé négrier dans ce futur musée : « Nous n’acceptons pas ce musée qui serait construit sur l’occultation de notre histoire, avec l’argent des impôts des Noires et Noirs de ce pays. » Face à la polémique, et alors que se profilent des municipales en 2021, le maire Medina n’évoque plus ce projet. Joint à plusieurs reprises par Mediapart, il n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

    Un an plus tôt, c’est la visite du président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, à Gorée, l’île en face de Dakar, symbole de la traite négrière en Afrique, qui a crispé. Il s’était félicité, sur place, que le Portugal eût aboli l’esclavage dès 1761. « Cette décision du pouvoir politique portugais est une reconnaissance de la dignité de l’homme », avait-il lancé.

    Mais cette abolition fut théorique, rappelle l’historien José Pedro Monteiro : « Cette abolition ne concernait que la métropole, alors que l’esclavage a perduré dans le reste de l’empire. Surtout, le travail forcé, rémunéré ou non, s’est poursuivi très tardivement, aboli seulement en 1961, en même temps que le statut de l’indigénat [contre 1946 pour la France – ndlr]. » Pour cet universitaire, la sortie présidentielle entretient encore « le vieux discours d’une exceptionnalité portugaise, d’un humanisme idéalisé » en matière d’empire et de colonies.

    Le Portugal a longtemps nourri l’idée que l’empire qu’il s’était construit au fil des siècles, n’avait rien à voir avec ceux d’autres puissances européennes. Qu’il avait fait preuve de plus d’humanité vis-à-vis des populations sur place. « Contrairement à ses voisins européens qui chercheraient à imposer outre-mer des valeurs spécifiquement européennes, le Portugal se serait efforcé de transmettre des valeurs chrétiennes, de portée universelle et de se mélanger avec les populations indigènes, créant ainsi une véritable civilisation “luso-tropicale”, sorte de paradis terrestre protégé des affres de la modernité », décrit l’historien français Yves Léonard (Sciences-Po Paris).

    Ce « lusotropicalisme » théorisé par le sociologie brésilien controversé Gilberto Freyre (1900-1987) devient l’idéologie d’État durant le salazarisme, après la Seconde Guerre mondiale. Les Portugais se sont mis en scène en « pionniers de la mondialisation ». Alors que les critiques à l’égard de la colonisation se renforçaient partout dans le monde, ce discours a aussi permis à l’Estado Novo de justifier ses colonies. Mais tout cela est un mythe : l’expansion portugaise s’est appuyée sur des fondements aussi racistes que celles d’autres États européens. Ce soi-disant « humanisme » n’avait en fait rien d’exceptionnel.

    La Révolution des œillets de 1974 a mis fin à la présence portugaise en Afrique. Mais ce lusotropicalisme défendu par Salazar, lui, est resté bien ancré dans le débat public. Un signe parmi tant d’autres : en 1989, pour la première participation du Portugal à l’Eurovision, le groupe Da Vinci chantait un « hit » douteux, mais toujours populaire auprès de certaines générations, Conquistador, qui vantait les héros de l’expansion portugaise et de la colonisation.

    Pourquoi la révolution n’a-t-elle pas mis un terme à cette culture politique ? « La gauche portugaise a une part de responsabilité, estime José Pedro Monteiro. Le Parti communiste, par exemple, n’a défendu le droit à l’auto-détermination des peuples colonisés que tardivement, à la fin des années 1950. » Le rôle joué dans la révolution par des militaires qui avaient participé aux guerres coloniales a sans doute aussi pesé.

    Depuis, les polémiques mémorielles se poursuivent, entre universitaires et activistes d’une nouvelle génération, et historiens qui seraient les « gardiens du consensus luso-tropicaliste », prompts à critiquer ce qui ne seraient que des stratégies de victimisation de l’extrême gauche. Certaines controverses se sont radicalisées.

    En 2017, une statue est inaugurée dans le vieux centre de Lisbonne, montrant le père jésuite António Vieira (1608-1697) – dont les positions sur l’esclavage sont ambiguës –, trois enfants indigènes et nus à ses pieds. Lorsqu’un groupe d’activistes s’est mis à lire des poèmes en mémoire des victimes de l’esclavage sur la place, des militants d’extrême droite sont venus « protéger » la statue, contre ces tentatives de « dénigrer l’Église catholique et instiller de la culpabilité chez les Portugais ».

    Le paysage est d’autant plus que sensible que le chantier d’un « musée Salazar », dans la ville natale du dictateur et partisan de l’empire portugais, Santa Comba Dâo (centre du pays), lui, n’a toujours pas été bloqué. Face au malaise suscité par ce projet, les autorités locales parlent désormais d’un « centre interprétatif de l’Estado Novo ». « Cet endroit va forcément devenir un lieu d’hommage, il n’y a pas d’expertise historique sérieuse, cela revient à ouvrir la boîte de Pandore », assure Marília Villaverde Cabral, à la tête de l’Union des résistants antifascistes portugais, une association née sous Salazar pour soutenir les prisonniers politiques.

    Elle a fait parvenir à l’Assemblée une pétition signée par plus de 11 000 personnes pour exhorter les députés à interdire ce projet.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/230520/au-portugal-le-recit-des-grandes-decouvertes-remis-en-cause
    #mémoire #traite #Portugal #récit #contre-récit #résistance #expansion_portugaise #histoire #colonisation #colonialisme #décolonial #Lisbonne #esclavage #budget_participatif #art #art_et_politique #plantation #Kiluanji_Kia_Henda #Lagos #marché_d'esclaves #Djass #rupture #passé_esclavagiste #expansion_maritime #découverte #contre-récit #exceptionnalité_portugaise #civilisation_luso-tropicale #lusotropicalisme #Estado_Novo #racisme #Salazar #António_Vieira #statue #culpabilité

    ping @isskein @karine4 @cede @reka @mobileborders

    • #Djass (association d’afro-descendants)

      A Djass – Associação de Afrodescendentes é uma organização sem fins lucrativos, de âmbito nacional, constituída em Lisboa a 25 de maio de 2016, com a missão de defender e promover os direitos das/os negras/os e afrodescendentes em Portugal e de combater o racismo em todas as suas formas e dimensões, reivindicando políticas e práticas de igualdade.

      O QUE PRETENDEMOS

      • Combater e denunciar todas as formas de racismo, invisibilização e discriminação contra negras/os e afrodescendentes em Portugal.

      • Promover uma reflexão crítica e abrangente sobre as relações interétnicas em Portugal, de forma a contribuir para a transformação social e para a afirmação positiva das/os negras/os e afrodescendentes enquanto membros de pleno direito da sociedade portuguesa.

      • Combater a visão eurocêntrica da História, reivindicando o contributo das africanas/os na construção do conhecimento, da cultura e da História.

      • Incentivar e promover a participação das/os negras/os e afrodescendentes nos processos de tomada de decisão política.

      O QUE FAZEMOS/FAREMOS

      • Organização de sessões de debate, reflexão, informação e formação sobre temas associados ao racismo, colonialismo, identidades e relações interétnicas.

      • Defesa da inclusão precisa da história e contribuição dos povos Africanos nos currículos e manuais escolares em Portugal.

      • Desenvolvimento e apoio a atividades de investigação e investigação-ação sobre temáticas relacionadas com as/os negras/os e afrodescendentes em Portugal.

      • Implementação de projetos de intervenção social e educativa, em particular com pessoas e comunidades afrodescendentes.

      • Colaboração com organizações congéneres em Portugal e no estrangeiro, através da troca de experiências, organização de iniciativas comuns e do trabalho em rede.

      • Organização de iniciativas de divulgação e valorização das identidades e culturas negras e africanas.

      JUNTEM-SE A NÓS!

      Contamos com a colaboração de todas/os as/os negras/os e afrodescendentes residentes em Portugal e de todas/os aquelas/es que pretendem dar o seu contributo para uma sociedade mais justa, informada e livre de discriminação.

      https://fr-fr.facebook.com/associacao.djass

    • Et une #chanson controversée citée dans l’article

      Eurovision Portugal 1989 - #Da_Vinci - #Conquistador

      “Conquistador” (Conqueror) was the Portuguese entry in the Eurovision Song Contest 1989, performed in Portuguese by Da Vinci.

      The song reminisces about the former Portuguese colonial possessions worldwide. Lead singer Tei Or takes the role of the Portuguese state and sings that she has been to Brazil, Praia, Bissau, Angola, Mozambique, Goa, Macau and “Timor” (the last a reference to East Timor).

      The song was performed ninth on the night, following Norway’s Britt Synnøve with “Venners nærhet” and preceding Sweden’s Tommy Nilsson with “En dag”. At the close of voting, it had received 39 points, placing 16th in a field of 22.

      https://www.youtube.com/watch?v=1tjdDgJgLko

      ping @sinehebdo

  • [Moacrealsloa] #Leo_Feigin episode 2
    http://www.radiopanik.org/emissions/moacrealsloa/leo-feigin-episode-2

    Leo Feigin was born in 1938 at Saint-Petersburg. Became a professional high jumper and received a Master of Sport of the USSR. He left the USSR to settle him in London after a stay of 8 months in Israel. Started as a Russian translater for the #BBC, where Leo quick was given the opportunity to begin with a jazz programma under the moniker #Aleksei_Leonidov. For 26 years he did this until he retired.

    In 1979 he started his own recorded label #Leo_Records.It can be described as follows : " Music for the Inquiring Mind and the Passionate Heart: Leo Records is a small independent company producing highly original, innovative, improvisation-based new music; music that refuses to be submitted to the market forces, that goes against the grain of current wisdoms; music that asks questions, (...)

    #Sun_Ra #Evan_Parker #Anthony_Braxton #Lauren_Newton #Mat_Maneri #Marilyn_Crispell #Cecil_Taylor #Reggie_Workman #The_Art_Ensemble_of_Chicago #The_Ganelin_Trio #Ivo_Perelman #Sainkho_Namchylak #Simon_Nabatov #Joe_Maneri #Joelle_Leandre #Tibor_Szemzo #Sergey_Kuryokhin #John_Wolf_Brennan #Ned_Rothenberg #Russian_New_Music #Eugene_Chadbourne #Sun_Ra,Evan_Parker,Anthony_Braxton,Lauren_Newton,Mat_Maneri,Marilyn_Crispell,Cecil_Taylor,Leo_Records,Reggie_Workman,The_Art_Ensemble_of_Chicago,The_Ganelin_Trio,BBC,Ivo_Perelman,Aleksei_Leonidov,Sainkho_Namchylak,Simon_Nabatov,Joe_Maneri,Joelle_Leandre,Tibor_Szemzo,Sergey_Kuryokhin,John_Wolf_Brennan,Ned_Rothenberg,Russian_New_Music,Eugene_Chadbourne,Leo_Feigin
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/moacrealsloa/leo-feigin-episode-2_09112__1.mp3

  • Gustav Landauer
    Appel au socialisme

    Renaud Garcia

    https://lavoiedujaguar.net/Gustav-Landauer-Appel-au-socialisme

    Il est peu de textes alliant au même degré profondeur philosophique, acuité politique et beauté stylistique. Joyau de la littérature socialiste, l’Appel au socialisme de Gustav Landauer est de ceux-là. Né en 1870 à Karlsruhe, en Allemagne, Landauer fut un révolutionnaire sa vie durant, toujours à contretemps des tendances idéologiques de son époque. Lecteur de Spinoza, Schopenhauer et Nietzsche, il est exclu de l’université à vingt-trois ans et considéré par les services de l’empire comme l’« agitateur le plus important du mouvement révolutionnaire radical ». Il collabore à plusieurs journaux, participe à la fondation de théâtres populaires, essuie des peines de prison au tournant du siècle pour incitation à l’action révolutionnaire — temps pendant lequel il se livre notamment à la traduction des écrits du mystique médiéval Maître Eckhart. Par la suite, il se fera passeur décisif en langue allemande de textes de Proudhon, Kropotkine, Mirbeau, La Boétie, avant d’être à l’origine de multiples expérimentations (notamment le journal Der Sozialist) et groupements socialistes, dont le plus connu fut l’Alliance socialiste (qui aurait compté à son apogée une quinzaine de groupes de dix à vingt membres chacun). Commissaire à l’Instruction publique et à la Culture fortement impliqué dans la république des conseils de Bavière, Landauer meurt lynché par un groupement de corps francs en mai 1919. (...)

    #Gustav_Landauer #Renaud_Garcia #socialisme #anarchisme #Allemagne #Maître_Eckhart #révolution #communauté #marxisme #décroissance #Jacques_Ellul #consommation #coopératives #Moyen_Âge #Anthropocène

  • Les USA lancent un plan massif de test des #vaccins expérimentaux contre le #coronavirus - sources | Article [AMP] | Reuters
    https://www.reuters.com/article/sante-coronavirus-usa-vaccin-idUSP6N2BW01O

    L’idée est de ramener à une durée de quelques mois seulement un processus qui prend généralement dix ans, illustration de l’urgence de la crise sanitaire qui a paralysé des pans entiers de l’économie mondiale.

    Pour y parvenir, indiquent ces chercheurs, les laboratoires ont accepté de partager leurs données et d’ouvrir leurs réseaux d’essais cliniques à leurs concurrents si leur propre « candidat vaccin » échoue.

    Afin d’obtenir une réponse plus rapidement, ces vaccins seront en outre testés parmi des professionnels du secteur de la santé et des membres de communautés où le virus se répand toujours afin de voir si les injections réduisent l’apparition de nouveaux cas.

    #vaccin #vaccination #sars-cov2

  • L’Antarctique verdit
    https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/lantarctique-verdit-colonise-par-les-algues-1204755
    https://www.lemonde.fr/sciences/video/2020/05/22/la-peninsule-antarctique-verdit_6040430_1650684.html
    https://www.nature.com/articles/s41467-020-16018-w

    « Le Continent Blanc » verdit. De minuscules algues prolifèrent sur la neige de l’Antarctique, teintant sa surface en vert. Une étude publiée mercredi dans la revue « Nature Communications » montre que cette « neige verte » est susceptible de se propager à mesure que les températures mondiales augmentent.

    https://www.youtube.com/watch?v=e8e-jX-qojw&feature=emb_title

    #Antarctique #Dérèglement_climatique #Antarctique_verdit

  • En été, la #neige #antarctique devient verte avec des #algues
    https://www.breakingnews.fr/international/en-ete-la-neige-antarctique-devient-verte-avec-des-algues-501125.html

    Les proliférations d’algues assombrissent la surface de la neige, ce qui la fait réfléchir moins de lumière solaire qu’elle ne le ferait normalement. En conséquence, plus de soleil et plus de chaleur peuvent pénétrer à la surface de la Terre, réchauffant ainsi la zone environnante plus rapidement.

  • ‘Almost hard to believe’: Joe Biden attacks antisemitism on the left in US and UK
    https://news.yahoo.com/almost-hard-believe-joe-biden-124753661.html
    https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/rDNZfDC0LlNf18IG7c_4WA--/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjt3PTEwNTI7aD03OTA-/https://s.yimg.com/uu/api/res/1.2/cKgqjaBjW0R8JYrfcZG3fw--~B/aD0zOTU7dz01MjY7c209MTthcHBpZD15dGFjaHlvbg--/https://media.zenfs.com/en/the_independent_635/d02e51c31629833f4a75d7994c66c5d5

    Joe Biden has issued criticism against those whose condemnation of Israeli politics veered towards antisemitism.

    “Criticism of Israel’s policy is not antisemitism,” the presumptive Democratic nominee for president told donors on Tuesday. “But too often that criticism from the left morphs into antisemitism.”

    It comes as Mr Biden’s presidential campaign considers how he can appeal to progressives on the left of the Democratic party, and younger voters in particular, who criticise Israel’s treatment of Palestinians.

    Mr Biden, who was asked about antisemitism among sections of the left in the US and UK, said that whilst antisemitism was “the mother of all conspiracy theories”, Americans had not heard enough about the dangers of the Holocaust happening again.

    “So many people forget,” said Mr Biden, “it’s almost hard to believe.”

    “Arguably, we haven’t heard enough about the Holocaust because people are still trying to deny its horrible reality,” said Mr Biden on the call transcript sent to The New York Times.

    Dur, dur, de ne pas être #complotiste ! #antisionisme #antisémitisme #israël #lobby

  • Pensée algorithmique et subjectivation

    #gouvernementalité_algorithmique
    #Antoinette_Rouvroi #Frédéric_Neyrat

    https://blogs.mediapart.fr/mathilde-dt/blog/010520/pensee-algorithmique-et-subjectivation

    L’arrière-pensée est celle de la suppression de l’intentionnalité et de l’hypothèse. C’est-à-dire de la subjectivité humaine, considérée comme faillible, et désormais inutile, puisque le réel parle de lui-même. Le postulat sous-jacent est donc celui d’un réel objectif, qui ne nous serais accessible non pas au moyen de la compréhension de mécanismes causaux, mais d’un état des lieux en temps réel des données qui le constituent.

    [...]

    La pensée algorithmique nous enferme dans une boucle de rétro-contrôle pour être toujours plus spécifique au modèle auquel nous sommes censés, enjoints, d’appartenir. De ce que je consomme, des sites que je consulte, des amis que j’ai, je suis amené à devenir plus spécifique, via les suggestions qui me sont faites par des algorithmes toujours plus malins, à ne pas m’écarter de cette personne que je suis censée être et continuer à être, toujours d’avantage.

    L’algorithme m’enferme et m’empêche de penser différemment, m’empêche de découvrir ce qui n’est pas censé me convenir, il restreint petit à petit le champ de mes possibles, de telle manière qu’il anticipe, mais en m’empêchant de penser, ce que sera mon futur.

    [...]

    on nous promettait de pouvoir tout prévoir et tout calculer. En filigrane transparaissait une certaine injonction à nous programmer, en tant qu’êtres calculés et aux comportements prévus, en nous enfermant dans un certain profil comportemental. Cette immunité et cette programmabilité du vivant a été battue en brèche. Elle s’est effondrée avec cette pandémie.

    [...]

    [Dewey, 1916] : " Être conscient, c’est être au courant de ce que nous allons faire ; conscient signifie que l’action est délibérée, observatrice et planificatrice. La conscience n’est pas quelque chose que nous avons, qui regarde paresseusement le monde qui l’entoure ou qui reçoit des impressions des choses matérielles ; c’est le nom de la qualité intentionnelle d’une activité, du fait qu’elle est dirigée vers un objectif. » Intentionalité. C’est cette nécessité qui est niée par la logique algorithmique. C’est le fondement de ce qu’on appelle l’éducation. C’est la finalité de l’espace public et politique. C’est le propre de chacun de se sentir concerné par le fait de l’entretenir, par notre capacité de réticence, de recul, de non acquiescement à ce qui ne nous semble pas juste. Retrouver la nécessité d’une intentionnalité au travers de la conscience. C’est ce qui nous fait défaut aujourd’hui parce que nous pensions naïvement pouvoir nous en passer.

  • [Radio #Pandemik] Radio PANdemIK #44
    http://www.radiopanik.org/emissions/radio-pandemik/radio-pandemik-44

    Un Pandémik spécial déconfinées, plus jamais enfermées, des femmes, féministes, dans la rue, à la radio, partout où elles veulent, avec les contributions des radios copines de l’Acentrale, de Radio Lalinière, Radio Renversée, des filles de P-Node, des Quenouilles, de celles d’Amérique, de Grèce ou d’Italie, des musiciennes, des poètes, des grévistes, des lettrées, des couturières, des sociologues, des gueulardes, des soignantes, des « toujours déjà mortes », des voleuses, des lectrices, des bidouilleuses, des amoureuses, des « domestic noiseuses », des enragées, des karaokeuses, des bruyantes, des testostéronnées, des sceptiques et pessimistes, des lyriques, des marrantes et même des absentes..

    On a doublé la mise, pris le temps, pour l’occas’

    Et dans l’ordre ça donne : Diffusion P-Node du 9/05/20 à 21h Jingle (...)

    #Covid #anti-patriarcat #Féminismes #Pandemik,Covid,anti-patriarcat,Féminismes
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/radio-pandemik/radio-pandemik-44_09075__1.mp3

  • Notes anthropologiques (LIII)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-LIII

    Traité sur l’apparence (VIII)
    Notes sur l’irréalité de l’être

    C’est à notre époque que se pose le plus crûment la question de l’être. Face à cette difficulté, la solution la plus facile est d’éluder cette question pour conclure que l’être n’existe pas. Il aurait existé autrefois, il n’existe plus aujourd’hui, enfin, selon certains philosophes. L’être est une donnée de la conscience, dirait, avec juste raison, monsieur Descartes ; il est lié à la conscience de soi. Le « soi » n’est pas si facile à définir de nos jours où nous avons surtout affaire à des individus isolés dans le sens où la vie sociale à laquelle ces individus participent leur échappe généralement ; rare leur est offerte l’occasion de se poser entièrement comme sujet social. L’argent dépossède l’individu de cette conscience de soi en tant que sujet dans un rapport social avec d’autres sujets. L’argent nous dépossède de cette conscience de soi qui ferait surgir l’être dans sa consistance et dans sa fragilité. L’être dans sa consistance et sa fragilité perd son point d’ancrage que constitue la vie du sujet dans ses rapports avec d’autres sujets, il s’évapore, il ne tient plus qu’à un fil, celui de l’image, d’une représentation mentale inconsistante : l’être aspirant désespérément à être reconnu dans sa qualité de sujet, alors même que cette qualité lui file entre les doigts. (...)

    #anthropologie #irréalité #conscience #représentation #Durkheim #aliénation #Mauss #potlatch #Odyssée #tribut #dette #esclavage #travail #Stevenson