• Quand la résistance s’organise : l’antifascisme de masse contre l’AfD en (…) - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    https://cqfd-journal.org/Quand-la-resistance-s-organise-l

    « Nous optons pour un antifascisme de masse parce que l’histoire nous montre que le fascisme n’a pas besoin de l’adhésion active d’une grande majorité, il lui suffit que la résistance fasse défaut. La désobéissance civile nous permet de devenir un obstacle concret, massif et direct à sa montée. C’est quelque chose de très palpable que j’ai moi-même ressenti lors des blocages à Giessen, lorsque j’étais entouré de milliers de personnes et que, face à nous, les nazi·es ne passaient pas. Cela permet à chacun·e de prendre conscience de sa propre puissance et de continuer à s’engager. De plus ces actions envoient un signal fort à la société : des milliers de personnes sont prêtes à faire un pas supplémentaire dans la lutte contre l’extrême droite en s’y opposant avec leur corps et en dépassant le cadre légal. En ce qu’elles sont facilement compréhensibles et accessibles pour les personnes qui n’ont jamais manifesté, ces actions peuvent toucher beaucoup de monde. »

    #antifascisme

  • Les réfractaires depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie (28ème épisode • février 2026)
    https://www.obsarm.info/spip.php?article729

    Chronique des actes de désertion, d’insoumission, de désobéissance et d’exil posés pour refuser de combattre, les actions de désobéissance civiles pour entraver la guerre et les appuis que les réfractaires reçoivent tant dans les pays concernés qu’à l’étranger. 28ème épisode, rédigé par Guy Dechesne depuis octobre 2022. Les épisodes précédents sont disponibles dans la rubrique Résistances Roger Waters Roger Waters, bassiste, chanteur et parolier des Pink Floyd, traumatisé par la mort de (…) #Résistances_aux_guerres

    / #Actions_contre_la_guerre, #Antimilitarisme, #Guerres, #La_deux

  • Le Ministère du Futur : La camisole de gentillesse — Le dibbouk
    https://ledibbouk.net/le-ministere-du-futur-la-camisole-de-gentillesse.html

    En refermant le bouquin j’ai eu une image troublante concernant ma manière de m’installer à ma table pour écrire des fictions. J’ai eu l’impression d’être dans le film Vol au dessus d’un nid de coucou et qu’on m’avait flanqué sous camisole chimique. Une camisole de gentillesse

    #carnets

  • Peut-on (encore) être sioniste et de gauche ? | Denis Sieffert
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/peut-on-encore-etre-sioniste-et-de-gauche-denis-sieffert-b3biPYyWSq6hiC7zU

    Dans un essai bien étayé au plan historique, D. Sieffert prend à partie ces « influenceurs » qui disqualifient l’opposition à l’entreprise génocidaire du gouvernement israélien à Gaza... tout en se prétendant attachés aux principes humanistes

    #Anticolonialisme #International #Palestine

  • L’esprit et les pratiques de la milice raciste ICE sont bien installés en France
    https://ricochets.cc/L-esprit-et-les-pratiques-de-la-milice-raciste-ICE-sont-bien-installes-en-

    Les milices néofascistes ICE du clan Trump (réclamées ici par la droite extrême type Retailleau) ne se limitent pas seulement à des assassinats (au moins 9 personnes en 2026, voir plus bas), elles sont responsables également de malnutrition, viols, tabassages, meurtres, détention de milliers d’enfants, maltraitance de femmes enceintes ou d’enfants dans des sortes de camps de concentration gérés par le privé pour une rentabilité maximum. En France et en Europe (Frontex), les violences (...) #Les_Articles

    / #Migrant.e.s_-_Réfugié.e.s_-_Exilé.e.s, #Procès,_justice,_répression_policière_ou_judiciaire, #anti-racisme_et_anti-validisme, (...)

    #Antifascisme
    https://reporterre.net/L-hypocrisie-c-est-de-croire-que-la-violence-de-l-ICE-n-existe-pas-en-Fr
    https://www.capgemini.com

  • Una base militare italiana in Bulgaria
    https://radioblackout.org/2026/02/una-base-militare-italiana-in-bulgaria

    Il 29 gennaio il Parlamento bulgaro ha ratificato l’accordo sottoscritto dal governo di Sofia e da quello italiano per la realizzazione e l’uso congiunto di una grande infrastruttura bellica nei pressi del villaggio di Yambol, Kabile, nel sud-est del paese. La nuova base sarà simile all’area addestrativa bulgaro-statunitense di Novo Selo che viene impiegata dal […]

    #L'informazione_di_Blackout #antimilitarismo #base_militare_italiana_bulgaria #guerra_ucraina
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/2026-02-03-mazzeo-base-bulgaria.mp3

  • #niscemi non cade. L’8 febbraio contro abbandono e militarizzazione
    https://radioblackout.org/2026/02/niscemi-non-cade-l8-febbraio-contro-abbandono-e-militarizzazione

    Il Movimento #no_Muos ha lanciato una manifestazione in solidarietà con la popolazione niscemese. Di seguito alcuni stralci del comunicato di indizione:“Siamo prima di tutto solidali con le persone colpite dalla #frana, con chi è stato evacuato, con chi ha perso sicurezza, stabilità, serenità.Siamo solidali con una comunità che da anni vive dentro una condizione […]

    #L'informazione_di_Blackout #antimilitarismo
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/2026-02-03-rampolla-niscemi.mp3

  • L’affaire #Epstein, misère de l’anti-complotisme
    https://lvsl.fr/laffaire-epstein-misere-de-lanti-complotisme

    À moins de vivre dans une grotte, vous n’avez pu totalement passer à côté : l’affaire Epstein, du nom de Jeffrey Epstein, homme d’affaire et pédocriminel nord-américain décédé en 2019, connaît de nouveaux rebondissements internationaux. Car le Département de la justice des États-Unis a commencé à publier le dossier le concernant. Celui-ci est devenu au cours des dernières années une bombe #Politique au regard du nombre de personnalités citées dans ces millions de pages pourtant largement caviardées. Alors que l’affaire, semblable à un puits sans fond de corruption, déchaîne les passions, le lecteur francophone pourrait être frappé de la grande pudeur avec laquelle les principaux médias l’abordent. Quant aux interventions politiques, elles ont été pour le moins prudentes de ce côté-ci de l’Atlantique. Par leurs (...)

    #anti-complotisme #Clinton #complotisme #Jack_Lang #pédocriminalité #Trump

  • Antifada - Emission d’idées autonomes
    https://ricochets.cc/Antifada-9029.html

    Une émission d’idées autonomes, née en réaction à la vague brune qui nous submerge, au génocide coloniale qui continue son sombre manège. Antifada,

    notre nom résonne de nos positions à l’encontre de la folie de cette ère de la post- vérité et du cri de la sirène d’alarme du premier mercredi de chaque mois. Par laquelle nous relayons toute la détermination des médias indépendants, toutes notre indignation face à la peste brune et leurs accointements.

    Ni oubli ni pardon. « Ami, (...) #Les_Articles

    / #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle, Révoltes, insurrections, débordements..., #Antifascisme

    #Révoltes,_insurrections,_débordements...

  • Diagnosi, tra patologizzazione e riappropriazione. Evento antipsichiatrico in Radio
    https://radioblackout.org/2026/02/diagnosi-tra-patologizzazione-e-riappropriazione-evento-antipsichiatr

    Giovedì sera, dalle 18, ci sarà un evento di autoformazione antipisichiatrica alla Blackout House in Via Cecchi 21/A. Abbiamo chiesto a Luca di Contrattakko di raccontarci i progetti che ha in mente questo giovane collettivo e come si svolgerà l’evento a tema “Diagnosi” che si terrà tra pochi giorni! DIAGNOSI: TRA PATOLOGIZZAZIONE E RIAPPROPRIAZIONE Chiacchere […]

    #L'informazione_di_Blackout #antipsichiatria #torino
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/02/contrattakko_antipsi.mp3

  • #Los_Angeles contre l’#ICE. La bataille pour la #souveraineté_urbaine à Los Angeles

    À Los Angeles, la résistance des habitants et des pouvoirs publics à la politique anti-migrants manifeste l’ampleur du #militantisme_populaire. On voit s’engager là une lutte majeure pour la #souveraineté_territoriale.

    La crise de la souveraineté

    Au cours de l’été 2025, Los Angeles a été le théâtre d’une bataille exceptionnelle : une grande ville américaine a ouvertement contesté la légitimité du gouvernement fédéral à exercer une souveraineté unilatérale sur son territoire. Lorsque l’administration Trump a déployé 4 700 soldats de la Garde nationale et marines pour faire respecter la loi sur l’immigration par des expulsions massives, marquant le premier déploiement de ce type sans le consentement du gouverneur (préfet) depuis les années 1960, la ville n’a pas capitulé. Au contraire, une coalition composée de militants locaux, de syndicats, d’élus et d’organisations de la société civile a organisé une résistance territoriale soutenue, clamant que l’autorité fédérale n’avait aucun droit légitime sur leurs quartiers.

    Du 6 juin à la mi-juillet 2025, plus de 40 manifestations ont éclaté dans 15 zones distinctes du comté. Un seul rassemblement au Grand Park a attiré 30 000 participants. Les comités de #défense_communautaire se sont multipliés, six d’entre eux ayant été créés dans la seule banlieue tranquille de Pasadena.

    Alors que les autorités fédérales ont arrêté 2 792 immigrants pendant cette période, les manifestants ont riposté : plus de 850 militants ont été arrêtés pour avoir entravé les opérations de l’agence fédérale, Immigration and Customs Enforcement (ICE). Le 10 juillet, l’une des organisations les plus puissantes politiquement de la ville, la Fédération du travail du comté de Los Angeles, a organisé la première formation à grande échelle sur la résistance non violente. L’événement a attiré des dirigeants politiques et civiques, dont le maire, ainsi que 1 500 participants issus de syndicats et d’organisations communautaires de tout le comté.

    Il ne s’agissait pas simplement d’une manifestation ponctuelle. C’était une bataille pour déterminer qui détient l’#autorité_légitime pour décider qui a le « droit d’avoir des droits » pour résider sur le territoire urbain. En tant que telle, elle représentait un défi direct à la revendication du gouvernement fédéral de souveraineté sur tout l’espace situé dans les limites juridictionnelles du pays.

    Les militants immigrés locaux ont mené la résistance. Soutenus par une large coalition, ils ont développé des stratégies spatiales inédites qui ont transformé les quartiers immigrés vulnérables en zones défendues où les forces fédérales ne pouvaient opérer sans être détectées et sans rencontrer une résistance organisée.

    Refuser la #légitimité_fédérale : l’économie morale de l’#appartenance

    La résistance reposait sur un rejet fondamental du droit du pouvoir fédéral à déterminer arbitrairement les conditions d’appartenance territoriale à la nation. Los Angeles County compte 4,8 millions d’habitants Latinos concentrés dans des quartiers densément peuplés et interconnectés à l’est, au sud-est et au sud de la région. Des habitants ont spontanément affronté les agents fédéraux, exigeant la libération des amis, voisins et étrangers sur la base d’une « économie morale » d’#appartenance_locale.

    Le célèbre historien britannique Edward Palmer Thompson a montré comment qu’au XVIIIe siècle, les foules anglaises ont fait respecter les normes traditionnelles régissant les marchés céréaliers aux marchands qui violaient les attentes communautaires en matière de prix équitables et d’obligations locales (1971).

    Les communautés d’immigrants de Los Angeles ont de la même manière imposé leur propre économie morale d’appartenance aux autorités fédérales qui violaient les attentes communautaires quant à l’appartenance légitime à leurs quartiers. Et c’est cette conception locale de l’appartenance, qui contrastait fortement avec celle de l’administration Trump, qui a déterminé les croyances concernant le droit de résidence et ce qui constituait la légitimité des interventions gouvernementales en matière d’immigration (De Genova 2002 ; Varsanyi 2008).

    Lorsque les agents de l’ICE sont arrivés pour mener leurs raids, ils ont été confrontés à des communautés qui refusaient de reconnaître leur autorité. Ces communautés revendiquaient la présence légitime des immigrants #sans-papiers non pas sur la base du #statut_juridique ou de l’#assimilation_culturelle, mais en affirmant un cadre alternatif de #droits fondé sur la #résidence de longue durée, la #contribution_économique et les #liens_sociaux.

    Le refus de la légitimité fédérale n’était pas exprimé comme une doctrine abstraite par des intellectuels militants. Il était plutôt exercé par les habitants issus de la classe ouvrière à travers une résistance politique. Cela s’est traduit par le blocage des véhicules de l’ICE, l’encerclement des agents procédant à des arrestations, le refus de fournir des informations et la création d’espaces territoriaux où l’application de la loi fédérale devenait pratiquement impossible. La question n’était pas de savoir si la loi fédérale s’appliquait, car techniquement c’était le cas, mais si les communautés accorderaient au gouvernement fédéral la capacité pratique d’exercer cette loi sur leur territoire. Par de telles actions, elles niaient en fait le « monopole de l’usage légitime de la force physique » de l’État sur son territoire, les communautés contestant cette légitimité et créant des conditions et des espaces d’autorité alternatifs (Weber 1946).

    La structure spatiale du Los Angeles latino a créé les conditions qui ont permis une telle contestation. Ces quartiers existaient bien au-delà des mondes moraux et culturels de la classe moyenne « normale » de la région métropolitaine. Des identités territorialisées se sont forgées au fil de décennies de lutte contre la rénovation urbaine, les violences policières et le déplacement économique (Pulido 2006). Les habitants partagent des cadres leur permettant d’identifier les menaces, de désigner leurs ennemis et d’interpréter la résistance comme nécessaire et légitime. Si les raids fédéraux étaient justifiés par la loi, un code moral avait été forgé qui entrait en conflit direct avec leur légitimité.

    La confrontation qui s’est déroulée au parc MacArthur le 7 juillet 2025 illustre bien le conflit qui oppose les deux camps au sujet de la souveraineté. Le parc lui-même revêt une importance symbolique : il est situé au cœur de l’un des quartiers les plus dynamiques de la ville en termes d’immigration, et la plupart des organisations de défense des droits des immigrants, des syndicats locaux importants, la Fédération syndicale du comté et le Centre syndical de l’UCLA se trouvent à moins d’un kilomètre (Milkman 2006 ; Nicholls 2003). La bataille s’est concentrée sur un terrain qui regroupait à la fois l’infrastructure institutionnelle du Los Angeles progressiste et les communautés ouvrières qu’il prétendait représenter.

    Lorsque les soldats de la Garde nationale ont envahi le parc en tenue de combat, la maire Karen Bass est arrivée pour les affronter directement : « Ils doivent partir, et ils doivent partir immédiatement. Ils doivent partir parce que c’est inacceptable ! » La réponse du chef de la police des frontières a clairement montré à tous l’enjeu du conflit : « Je ne travaille pas pour Karen Bass. Vous feriez mieux de vous habituer à nous dès maintenant, car cela deviendra très bientôt la norme. Nous irons où nous voulons, quand nous voulons, à Los Angeles. »

    La question de la souveraineté a été présentée en termes clairs et sans équivoque. Le gouvernement fédéral a revendiqué une autorité illimitée pour opérer n’importe où dans la ville. Les dirigeants politiques de la ville, soutenus par la mobilisation populaire, ont rejeté cette revendication.

    Le pouvoir populaire : de bas en haut

    La résistance est venue d’en bas. Si les élus ont fini par se joindre au combat, la réponse initiale est venue spontanément des quartiers ouvriers immigrés. Le 6 juin, lorsque l’ICE a mené des raids contre Ambiance Apparel dans le quartier de la mode et plusieurs magasins Home Depot, ce sont les travailleurs ordinaires et leurs familles qui ont été les premiers à organiser la défense. Pas les responsables syndicaux, pas les politiciens : les gens eux-mêmes, confrontés à des menaces immédiates pour leurs familles et leurs communautés.

    Quelques heures après les premiers raids, des militants ont créé des réseaux de diffusion WhatsApp reliant les guetteurs sur les lieux de travail. Des foules comptant de dizaines à des centaines de personnes se sont rassemblées sur les sites visés, bloquant physiquement les véhicules de l’ICE pour empêcher les agents de partir avec les membres de la communauté détenus. Il s’agissait d’un véritable activisme populaire : spontané, mené par la communauté, organisé grâce à des réseaux informels et au bouche-à-oreille. Ceux qui possédaient le moins de droits officiels, les immigrants sans papiers menacés d’expulsion, sont devenus l’avant-garde de la résistance.

    La base populaire disposait d’avantages structurels dont ne bénéficiaient pas les acteurs disposant de ressources plus importantes. Des réseaux sociaux denses, comprenant des liens familiaux multigénérationnels, des relations professionnelles, des affiliations religieuses et des associations culturelles, ont créé des réseaux de solidarité qui se recoupaient (Portes et Sensenbrenner 1993 ; Menjivar 2000).

    Ces réseaux populaires ont fourni la base matérielle nécessaire à la mise en place de stratégies territoriales sophistiquées. Les journaliers travaillant dans les magasins Home Depot ont créé des tableaux de service rotatifs à l’aide de Google Docs. Des groupes Signal et Telegram ont coordonné des équipes d’intervention rapide capables de mobiliser des centaines de personnes en quelques minutes. Les militants ont mis au point des techniques de contre-surveillance pour suivre les mouvements des troupes. Rien de tout cela n’a nécessité d’organisation formelle ; cela est né de l’infrastructure relationnelle dense des communautés d’immigrants de la classe ouvrière. La technologie a amplifié l’efficacité des liens sociaux existants plutôt que de créer de nouvelles capacités, ce qui distingue cette mobilisation des mouvements purement axés sur les médias sociaux (Tufekci 2017 ; Gerbaudo 2012).

    Les manifestations contre les expulsions ont émergé directement des quartiers ouvriers à forte population latino-américaine. Il ne s’agissait pas d’activistes professionnels, mais de journaliers, de défenseurs communautaires et de leaders de quartier opérant à travers des réseaux interpersonnels localisés.

    Les participants provenant principalement de familles et amis confrontés à des menaces d’expulsion immédiates. Par exemple, dans des quartiers comme le sud-est de Los Angeles (Paramount, Compton, Bell) et l’est (Boyle Heights, East Los Angeles), les réseaux communautaires relayés par les réseaux sociaux ont alimenté des mobilisations spontanées : groupes de jeunes connectés via les écoles et réseaux multigénérationnels ancrés dans les églises. L’est de Los Angeles, avec sa longue tradition d’opposition (mouvement chicano, manifestations contre la proposition 187, campagne « Defend Boyle Heights »), a organisé des rassemblements à Mariachi Plaza, évoquant les luttes passées.

    Le caractère populaire de la résistance a assuré sa pérennité. Il ne s’agissait pas d’une solidarité lointaine, mais d’une mobilisation pour la survie de populations directement menacées. Les communautés latino-américaines de la classe ouvrière de Los Angeles étaient confrontées à des enjeux existentiels. Ne pas résister signifiait la séparation familiale, la ruine économique et la destruction du quartier (Dreby 2015 ; Golash-Boza 2015). Le retrait signifiait abandonner voisins et parents à la détention. Ces enjeux matériels et moraux importants ont soutenu la participation pendant des mois de répression militaire.

    Le problème du désengagement des militants dans l’espoir que d’autres resteront engagés pose souvent un défi à l’action collective. Cependant, cette question est devenue moins importante lorsque les conséquences de l’inaction étaient immédiates et concrètes (Olson 1965). La nature arbitraire de l’application de la loi a fait de la défense de la communauté l’intérêt premier de chaque résident, éliminant ainsi les incitations à tirer au flanc ou à s’exiler. Lorsque les cousins, collègues et voisins participaient, la non-participation devenait socialement coûteuse. Les réseaux locaux ont créé une responsabilité où le fait de ne pas participer constituait une trahison de la loyauté envers le quartier. Comme l’a écrit Gould à propos de la Commune de Paris de 1871, « le fait de ne pas participer à l’effort insurrectionnel était considéré comme une trahison de la loyauté envers le quartier et était sanctionné en conséquence » (Gould 1995 : 15).

    Plutôt que de défiler dans les centres du pouvoir ou d’occuper des espaces symboliques, les militants ont transformé les quartiers résidentiels en territoires défendus, en zones de souveraineté communautaire où les forces fédérales se heurtaient à une obstruction systématique. Ils possédaient ce que Gramsci appelait le « bon sens », ancré dans le sens commun de la communauté, et construisaient des conceptions anti-hégémoniques de la citoyenneté, de la légalité et de la souveraineté territoriale (Gramsci, 1971). Les identités oppositionnelles préétablies, forgées au cours de décennies de lutte, leur ont fourni les ressources idéologiques nécessaires pour résister aux incursions de l’État. Ils savaient comment activer l’infrastructure relationnelle en mobilisant des réseaux qui se recoupaient : liens de parenté, solidarité sur le lieu de travail, congrégations religieuses et associations culturelles.

    La coalition : 3syndicalisme, politique et #société_civile unis

    Ce qui distinguait la résistance de Los Angeles des manifestations habituelles en faveur des droits des immigrants, c’était l’ampleur et la profondeur du soutien apporté par la coalition. Le militantisme populaire issu de la base s’est allié au pouvoir institutionnel venu d’en haut, créant ainsi une alliance redoutable que les forces fédérales ne pouvaient pas facilement vaincre. Cette structure hybride, combinant des organisations de défense hiérarchiques et des réseaux de quartier horizontaux, a permis de surmonter les limites des modèles purement verticaux ou horizontaux.

    Le mouvement syndical a constitué l’épine dorsale de la coalition. La Fédération syndicale du comté de Los Angeles, qui représente plus de 800 000 travailleurs, a fait de la résistance à l’ICE une priorité absolue. Les syndicats de Los Angeles ont subi des réformes dans les années 1990, donnant la priorité à l’organisation des immigrants et adoptant des tactiques de mouvement social, créant ainsi un alignement durable entre les défenseurs des droits des travailleurs et ceux des immigrants. Le Service Employees International Union (SEIU), l’un des plus grands syndicats représentant les travailleurs des services à faible revenu du pays, dont l’un de ses principaux dirigeants a été arrêté pendant les manifestations, a réorienté sa capacité organisationnelle vers la défense des immigrants. La manifestation « No Kings » prévue initialement, qui devait rassembler des milliers de personnes pour s’opposer à l’administration Trump, s’est transformée en un rassemblement de 30 000 personnes en faveur de l’immigration.

    L’organisateur Kent Wong, ancien directeur du Centre du travail de l’UCLA et leader progressiste estimé, a déclaré que la ville et les communautés immigrées étaient assiégées, promettant de transformer les formations à la résistance parrainées par les syndicats en moyens d’affecter des bénévoles aux comités de défense communautaire et aux équipes d’intervention rapide. Les syndicats ont fourni ce que les réseaux locaux ne pouvaient pas offrir : du personnel professionnel, une expertise juridique, des relations avec les médias, des financements et une coordination multi-juridictionnelle.

    Des organisations professionnelles de défense des droits, notamment la Coalition for Humane Immigrant Rights of Los Angeles (CHIRLA), le National Day Laborer Organizing Network (NDLON) et l’American Civil Liberties Union (ACLU), se sont associées à des comités de défense auto-organisés dans le cadre d’accords de collaboration adaptés aux capacités de chaque partenaire. Les comités de défense ont fourni des réseaux sociaux territoriaux et une légitimité communautaire ; les organisations de défense ont fourni des ressources matérielles, juridiques et politiques. Cette structure hybride a préservé l’autonomie des organisations locales tout en renforçant leur capacité institutionnelle. Le NDLON a créé des comités dans le nord-est et le sud-est de Los Angeles, créant ainsi six points de défense dans les quartiers immigrés de Pasadena qui ont permis d’alerter rapidement des milliers de personnes et de faire pression sur les entreprises pour qu’elles refusent l’entrée à l’ICE sans mandat judiciaire.

    La coalition s’est élargie pour englober divers acteurs de la société civile. Le syndicat des locataires de Los Angeles s’est joint à la lutte, reconnaissant que l’application des lois sur l’immigration menaçait la stabilité du logement. Les Socialistes démocrates d’Amérique ont apporté de jeunes militants et une infrastructure organisationnelle. Les congrégations religieuses ont organisé des actions de solidarité, perpétuant une tradition de défense des immigrants fondée sur la foi. Des associations professionnelles représentant des avocats, des enseignants et des travailleurs de la santé ont publié des déclarations de soutien.

    Des groupes d’étudiants de toute la Californie du Sud ont fourni des effectifs pour les manifestations et l’énergie nécessaire à une mobilisation soutenue. Les dirigeants politiques ont fini par se rallier aux revendications populaires, poussés par la pression du mouvement plutôt que par conviction.

    La confrontation entre la maire Bass et la police des frontières à MacArthur Park a marqué l’entrée en scène de la classe politique dans la lutte pour la souveraineté. Dans son discours du 10 juillet lors de la formation à la résistance non violente organisée par la Fédération du comté, elle a déclaré : « Nous avons le pouvoir, dans cette salle, de renvoyer l’ICE là où elle doit être. Elle n’a pas sa place dans notre ville. Elle n’a pas sa place là où nos enfants jouent. »

    Les participants ont reconnu que l’attaque fédérale contre les immigrants était dirigée tout à la fois contre la souveraineté urbaine, la démocratie locale et le pouvoir institutionnel des villes progressistes. Pour le maire et d’autres, l’autorité du gouvernement fédéral, en tant que représentant du peuple souverain, était devenue illégitime par la mise en œuvre de sa politique. Elle n’avait pas sa place dans cette ville ni dans les lieux où nos familles avaient grandi et où nos enfants jouaient. La ville et ses habitants avaient les moyens et le droit de se révolter contre un gouvernement fédéral qui refusait d’écouter la voix des gouvernés.

    L’application des lois sur l’immigration est devenue le symbole d’un conflit territorial plus large : l’invasion fédérale contre l’autonomie locale. Défendre les immigrants signifiait défendre la ville elle-même. Cette prise de conscience a transformé ce qui aurait pu rester une question restreinte relative aux droits des immigrants en une lutte plus large pour l’avenir de la démocratie urbaine en Amérique.

    Nouvelles #stratégies_spatiales : la #défense_territoriale comme innovation politique

    La structure spatiale était hybride : un centre-ville regroupant des organisations militantes et syndicales, relié à des groupes dispersés et auto-organisés dans les bastions latino-américains du sud-est, du sud et de l’est de Los Angeles (Nicholls et Uitermark 2016 ; Pastor et al. 2013). Tandis que les quartiers périphériques servaient de lieux propices au maintien des réseaux d’autodéfense, les associations professionnelles d’immigrés et les syndicats alliés conservaient leurs sièges sociaux à proximité du centre-ville. C’est dans ces espaces qu’ils pouvaient collaborer entre eux et avec les dirigeants politiques de la ville afin de maintenir leur résistance face à l’attaque fédérale contre leurs pouvoirs souverains.

    Malgré le déploiement de forces plus importantes et plus intenses que lors des émeutes historiques de 1992, le spectacle de la violence d’État n’a pas réussi à disperser la résistance en instillant la peur parmi les militants locaux. Au contraire, l’ampleur de la violence a été perçue par la plupart comme une transgression morale de la part d’un État utilisant sa violence à des fins arbitraires et tyranniques. Tout en renforçant la motivation et la détermination à lutter, l’infrastructure hybride, composée d’organisations professionnelles liées à des réseaux de défense communautaire locaux et soudés, a fourni les moyens relationnels et organisationnels non seulement de poursuivre la lutte, mais aussi de l’intensifier dans la durée, malgré les risques croissants.

    Les communautés de Los Angeles ont affirmé leur souveraineté pratique sur leurs quartiers, non pas par des arguments juridiques, mais en rendant les opérations fédérales trop difficiles, trop visibles et trop coûteuses sur le plan politique pour pouvoir se poursuivre sans opposition. Cela représente un passage à la « guerre de position », avec la mise en place de positions défensives, d’institutions alternatives et de cadres culturels qui affirment un projet hégémonique concurrent à travers des structures parallèles, érodant progressivement la légitimité et la capacité de contrôle du gouvernement fédéral (Gramsci 1971).
    De la médiation à la résistance : la transformation des élites locales

    Lorsque les alliés issus de l’élite locale—élus et représentants syndicaux et associatifs—deviennent eux-mêmes des cibles, les coalitions s’intensifient plutôt que de se fragmenter.
    Lors des incursions fédérales passées, les élus et représentants locaux critiquaient les actions répressives tout en conservant leur statut de représentants légitimes. De cette position, ils pouvaient négocier des compromis qui satisfaisaient les exigences fédérales tout en atténuant les dommages infligés aux communautés. Reconnus comme médiateurs légitimes et respectés, leur capital symbolique était renforcé par l’accès aux réseaux fédéraux, et la souveraineté de l’État était consolidée par la voie de la négociation. Alors que les représentants des deux niveaux, fédéral et local, travaillaient de concert, ils renforçaient leur pouvoir politique par l’expulsion des communautés immigrées.

    L’administration Trump a brisé cette logique. En plaçant les élus municipaux dans la même catégorie que les menaces à l’autorité souveraine, l’administration a introduit un cadre à somme nulle : soit les représentants locaux se soumettaient à la souveraineté présidentielle, soit ils seraient catégorisés comme ennemis de l’État. Le dilemme était clair. La soumission coûterait aux élus locaux le consentement et la solidarité des résidents de Los Angeles et donc leur propre légitimité. La résistance les placerait du côté de l’ennemi, en faisant d’eux la cible d’assauts fédéraux incessants.
    Les élus locaux ont choisi la résistance, transformant fondamentalement leur relation avec l’autorité fédérale. Alors qu’ils avaient auparavant employé des stratégies d’initiés pour atténuer les impacts sur leurs électeurs, restaurant ainsi la souveraineté de l’État et leurs propres pouvoirs, ils se sont retrouvés privés de reconnaissance en tant que représentants légitimes. Ils étaient exclus des réseaux gouvernementaux d’élite et vulnérables aux attaques coercitives par le refus de financement, les accusations criminelles et la stigmatisation.

    Dans cette lutte binaire pour la souveraineté de l’État, les représentants locaux sont passés à une résistance sans compromis. Ils se sont alignés avec les communautés immigrées de la classe ouvrière non seulement pour des raisons morales ou idéologiques, mais parce que le mouvement grandissant est devenu le seul moyen de défendre leurs propres positions et de retrouver leur légitimité au sein de l’ancien système de souveraineté partagée.

    Les lignes de bataille changent ainsi fondamentalement. Les luttes pour l’incorporation sélective des migrants acceptables reconnaissent le monopole classificatoire du gouvernement fédéral, tout en contestant son application. Les luttes qui émergent d’un déni global de reconnaissance aux alliés locaux remettent en question ce monopole lui-même. La question passe de « quels immigrants méritent l’inclusion ? » à « qui possède l’autorité légitime pour déterminer l’appartenance territoriale ? » De « comment pouvons-nous inclure ceux qui le méritent vraiment ? » à « qu’est-ce qui fonde la légitimité politique lorsque l’État gouverne par la force arbitraire ? »

    Le déni global de l’administration Trump s’étendant des immigrants sans papiers aux élus, des églises sanctuaires aux gouvernements municipaux a par inadvertance créé les conditions d’une telle confrontation. En refusant la négociation et en positionnant toute opposition comme illégitime, l’application fédérale a éliminé les alternatives stratégiques, forçant un choix radical : se soumettre à des classifications jugées fondamentalement injustes, ou résister sur des bases remettant en question le monopole fédéral sur les classifications territoriales légitimes.

    Ce schéma apparaît désormais à Minneapolis, Chicago et New York. Le passage de Trump d’une souveraineté partagée à une souveraineté monopolisée a précipité un réalignement fondamental des alliances élitaires qui soutenaient autrefois tant la souveraineté de l’État que les compromis de classe sous-tendant la gouvernance libérale. La fracture des élites découle désormais non pas de désaccords politiques, mais de batailles autour de la souveraineté elle-même : quel niveau de gouvernement possède l’autorité légitime pour déterminer l’appartenance territoriale et imposer les classifications de citoyenneté.

    Ces conflits sur la localisation et la nature du pouvoir souverain fracturent les coalitions de la classe dirigeante qui avaient auparavant stabilisé l’hégémonie de l’État. Alors que la souveraineté partagée s’effondre en luttes à somme nulle, les élites locales font face à un choix : se soumettre au monopole fédéral ou résister sur des bases qui remettent en question la légitimité de l’autorité centralisée. Cette bifurcation mine les fondements consensuels du pouvoir d’État. Alors que l’État fédéral perd sa capacité à gouverner par l’hégémonie—par le consentement fabriqué et le compromis négocié—la coercition directe devient le principal moyen d’imposer son autorité. Le passage d’une gouvernance par la construction d’alliances à une gouvernance par la force marque non pas la puissance de l’État, mais la désintégration des structures de légitimité qui avaient permis une domination stable.
    Conclusion : Au-delà de l’immigration, la question de la souveraineté
    L’effondrement de l’hégémonie de l’État fédéral découle de trois conditions qui ont convergé à Los Angeles et dans des villes similaires.

    Premièrement, de puissants réseaux de résistance locaux ont combiné organisations professionnelles bien dotées, élus solidaires et communautés immigrées denses de la classe ouvrière. Les syndicats, les organisations de défense et les groupes de la société civile ont fourni la capacité institutionnelle, l’expertise juridique et la coordination. Les élus locaux ont offert la légitimité politique et l’accès aux ressources municipales. Les réseaux d’immigrants de la classe ouvrière ont apporté l’infrastructure territoriale pour la défense communautaire : liens sociaux denses, connaissance locale et enjeux existentiels qui ont soutenu la mobilisation. L’intégration de ces trois composantes à travers des canaux de communication et des institutions coordonnées a permis une résistance à la fois large, profonde et durable.

    Deuxièmement, les normes localisées d’appartenance ont établi une économie morale alternative qui contestait les classifications fédérales. Les communautés définissaient la résidence légitime non pas par le statut juridique, mais par la résidence de longue durée, la contribution économique et l’intégration sociale. Cette économie morale a généré des normes concernant ce qui constituait une violence d’État légitime et ce qui constituait un abus tyrannique. La capacité de l’État à obtenir le consentement ou à faire face à son retrait dépendait fondamentalement du respect de ces normes définies par la communauté. Lorsque l’application fédérale a violé l’économie morale, elle a perdu sa légitimité indépendamment de son autorité légale.

    Troisièmement, et de manière décisive, les élites locales sont passées de partenaires dans une souveraineté partagée à adversaires dans une lutte à somme nulle sur l’autorité souveraine elle-même. Si seules les deux premières conditions avaient existé, la résistance aurait pu rester une question d’immigration localisée que les courtiers élites auraient pu gérer par la négociation. Mais lorsque l’administration Trump a ciblé les élus locaux comme ennemis de l’État, éliminant leur rôle de médiateurs et criminalisant leur défense des électeurs, elle a entièrement transformé le champ politique. Les partenaires élites sont devenus des insurgés élites. La lutte sur la politique d’immigration s’est intensifiée en confrontation sur qui possède l’autorité légitime pour déterminer l’appartenance territoriale. La souveraineté partagée s’est effondrée en souveraineté monopolisée, forçant les représentants locaux à choisir entre soumission et résistance.

    Cette troisième condition s’est avérée transformatrice. Elle a empêché la défection des élites, bloqué les compromis négociés qui auraient restauré l’autorité fédérale, et recadré le conflit à « quels immigrants méritent l’inclusion » . La crise de légitimité s’est approfondie parce que l’État ne pouvait plus gouverner par l’hégémonie, mais seulement par la force, exposant la fragilité de la gouvernance libérale lorsque ses structures de médiation s’effondrent.

    Cette crise de légitimité se propage désormais aux villes partageant la même structure. New York, Minneapolis, Chicago et Portland présentent toutes les trois des conditions identifiées : réseaux de résistance robustes, économies morales alternatives d’appartenance, et élites locales transformées en adversaires de l’autorité fédérale. En revanche, dans les villes où ces conditions sont absentes, comme Houston, La Nouvelle-Orléans et Miami, aucune contestation similaire n’émerge. L’application fédérale y rencontre soit la conformité soit une résistance fragmentée et facilement réprimée.

    Il existe donc une géographie inégale de la résistance, déterminée non pas par la présence d’immigrants, mais par la convergence des conditions organisationnelle, idéologique-morale, et structurelles qui rendent possible la contestation soutenue de la souveraineté fédérale.

    La bataille de Los Angeles révèle une transformation historique. Ce qui commence comme une politique d’immigration devient une crise de #souveraineté et #hégémonie. Ce qui semble être un conflit sur les #frontières_nationales devient une lutte sur l’#autorité_territoriale. Ce qui apparaît comme une question de #légalité devient un affrontement sur la #légitimité.

    Le passage de la #gouvernance_consensuelle à la #domination_coercitive n’annonce pas la consolidation du pouvoir fédéral, mais sa crise. Et dans cette crise réside la possibilité d’imaginer et de construire des formes alternatives de souveraineté démocratique, enracinées non pas dans la violence d’État fédérale, mais dans le #pouvoir_populaire_territorialisé. Les villes américaines ne sont plus seulement des sites de #contestation, mais des sources alternatives d’autorité politique.

    https://laviedesidees.fr/Los-Angeles-contre-l-ICE
    #résistance #USA #anti-ICE #villes #urban_matter #citoyenneté_de_résidence #citoyenneté #territoire #citoyenneté #géographie_urbaine

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  • #Don_italo_Calabrò : la folle histoire du #prêtre qui a déjoué les plans de la #mafia

    Au milieu des années 1960, #Italo_Calabrò est envoyé dans un hameau de Calabre tenu par la ’#Ndrangheta, la plus puissante mafia du monde. Au cœur d’une lutte locale contre la vendetta, il est un des premiers à comprendre, en Italie, que l’#éducation est le meilleur ennemi du crime organisé.

    Lorsque Don Italo Calabrò arrive pour la première fois à San Giovanni di Sambatello, en 1964, il n’a pas encore 40 ans. L’hiver a déjà enveloppé de son air piquant ce hameau perché à 600 mètres d’altitude, sur les flancs de l’Aspromonte. À vol d’oiseau, en piqué vers la mer, sept kilomètres le séparent de Reggio de Calabre, qui s’étale le long de la côte ionienne. Pourtant, c’est comme si les deux endroits vivaient à des années-lumière de distance. « Les mentalités étaient assez rétrogrades : les filles n’allaient pas à l’école, les garçons se faisaient un peu d’argent sur les chantiers, tout le monde travaillait dans les champs », raconte Giuseppina, remuant ses souvenirs de préadolescente. À l’époque, elle avait 11 ans et la réputation d’une fille « pas très recommandable », car elle était l’une des trois seules de son âge à suivre une scolarité à Reggio.

    Don Italo, lui, sait bien pourquoi il est envoyé là. Il remonte les ruelles du village jusqu’à une bâtisse de trois niveaux dont les murs de béton, mal finis, bloquent la vue imprenable sur le détroit de Messine qui fait scintiller ses eaux, en contrebas. C’est la maison du boss local. La petite église de Santa Maria della Neve se trouve un peu plus haut, au bout de marches raides qui amènent sur les hauteurs du village. Deux autres prêtres ont récemment emprunté ce même escalier. Eux aussi sont arrivés le souffle court au pied de l’église puis, en moins d’une semaine, ont déguerpi. Don Italo doit tenir quelques jours, le temps de calmer les esprits. Là-haut, on ne lui a pas menti, l’église est bel et bien murée. Des planches de bois ont été clouées en travers de la porte. Il aura beau les retirer, cela n’y changera rien. Le boss a donné l’ordre de ne pas y mettre un pied. C’est sa vengeance pour avoir été contraint à la cavale.

    Une église sous influence

    Dans ses journaux de bord, Don Italo Calabrò consigne ce qui l’a amené dans ce village de 600 âmes : « Le 7 décembre 1964, écrit-il, l’évêque de Reggio de Calabre me demande de monter à San Giovanni car il s’y passe une chose particulière. La nuit, le prêtre cache… » Les points de suspension taisent le nom du boss local, l’un des plus importants de la mafia calabraise, qui échappe à tous les contrôles de police, trouvant refuge la nuit dans la maison paroissiale. Alors, quand le curé est relevé de ses fonctions et que le mafieux perd sa couverture, San Giovanni di Sambatello marque son mécontentement.

    Dans ce hameau comme dans bien d’autres, un boss local tient les habitants sous sa coupe. Personne ne parle encore de ’Ndrangheta, le crime organisé calabrais devenu le plus puissant d’Italie et l’un des plus redoutés du monde. Cosa Nostra, la mafia sicilienne qui sévit de l’autre côté du détroit de Messine, terrorise le pays avec sa première guerre interne et accapare l’attention. Don Italo Calabrò, sans le savoir, devient l’un des premiers à se saisir d’un problème qui n’a pas encore de nom. Il faut attendre fin novembre 1975 pour que les évêques calabrais condamnent publiquement la mafia locale.

    « Avec beaucoup de force de caractère, d’humilité et de courage, Don Italo Calabrò s’est attaché à nous et a décidé de rester pendant vingt-six ans, se souvient Giuseppina. Sa présence a changé la vie du village. » Le prêtre possède un précieux sésame : parmi les élèves de l’école où il enseigne se trouve un neveu du boss. « Si vous ne voulez pas aller à l’église, n’y allez pas, mais c’est une bonne personne, donc ne l’insultez pas », intime le jeune homme aux habitants à propos de son professeur.

    Don Italo rouvre l’église et échappe aux insultes et aux menaces que ses prédécesseurs ont reçues. Les premières messes qu’il célèbre comptent deux ou trois fidèles. Il comprend que c’est en dehors de l’église qu’il gagnera la partie. Il parcourt les rues, a un mot pour chacun, plaisante avec les hommes, fait installer des haut-parleurs sur les murs de l’église pour que les femmes, contraintes de travailler aux champs le dimanche matin, écoutent son homélie tout en s’occupant des légumes. En à peine deux mois, les rangs des fidèles grossissent, timidement mais sûrement.

    L’antimafia sociale

    « Don Italo a découvert une grande pauvreté, un isolement total et un contexte culturel très dégradé », raconte Domenico Nasone, président de l’association antimafia Libera à Reggio de Calabre, qui a travaillé aux côtés du prêtre pendant près de vingt ans. « Il n’y avait pas d’eau courante, pas d’égouts, l’électricité n’arrivait que dans quelques maisons, le bus s’arrêtait à cinq kilomètres du village, qu’il fallait ensuite parcourir par un chemin muletier. Pas de boîte postale, et le boss empêchait l’État de construire une école publique. »

    Dans les registres de l’église, la faim est encore une cause de décès que l’on consigne à côté du nom du défunt. Don Calabrò met alors en marche ce que, cinquante ans plus tard, Domenico Nasone qualifie de « révolution » : le prêtre fait étudier les filles – certaines poursuivent même au collège – et engage ainsi « une formation religieuse, mais aussi morale de ce peuple, en lui apprenant à lutter pour ses droits et à regagner sa dignité ». « Il a fait comprendre aux habitants que la présence de mafieux dans leur village empêchait son développement », résume Domenico Nasone.

    « Il nous a responsabilisés et rendus autonomes », abonde Giuseppina, qui raconte les premières grèves des habitants pour exiger l’eau courante, le prolongement de la ligne de bus ou l’ouverture d’une véritable école. « On a même fait venir la télévision locale pour couvrir nos actions, continue la sexagénaire, le sourire aux lèvres. Don Calabrò répétait inlassablement que le monde ne commençait pas et ne s’arrêtait pas à San Giovanni. Il nous a appris à nous ouvrir, à voir au-delà des frontières du village. » L’intuition du prêtre est celle qui guide aujourd’hui la plupart des politiques de lutte contre la mafia en Italie, ce qu’on appelle « l’antimafia sociale » : l’une des clés pour briser le cercle de la criminalité est de proposer un modèle différent à des enfants et des familles qui vivent souvent en vase clos.

    Don Italo récupère un vidéoprojecteur et transforme la maison paroissiale en ciné-forum après l’école. Il apporte des magazines pour faire lire les enfants, installe un babyfoot et une télévision, fait aménager un terrain de sport, invite les paroissiens à participer à des pèlerinages mixtes, à une époque où hommes et femmes ne se côtoient jamais au village. Derrière la grille du confessionnal, les femmes se laissent aller à toutes les confidences. Elles racontent comment la ’Ndrangheta brise leurs familles, la douleur des maris assassinés, de ceux en cavale, leur impuissance lorsque leurs fils décident de prendre la relève, aveuglés par le pouvoir et l’argent. Le prêtre comprend avant les autres que ce sont elles qui peuvent changer la donne au sein de cette organisation criminelle basée sur les liens du sang et dans laquelle les fils sont destinés à reprendre le flambeau des pères et les femmes à nourrir l’omerta et l’esprit de vengeance.

    « Ne cherche pas à savoir qui a mis cette bombe sous ta voiture »

    Après chaque assassinat – et ils se sont comptés par dizaines –, à la fin de ses oraisons funèbres, Don Calabrò parcourt les ruelles escarpées de San Giovanni et des villages alentour, frappe aux portes des mères endeuillées : « Ne pensez pas à la vengeance », répète-t-il, ou bien : « Ne cherche pas à savoir qui a mis cette bombe sous ta voiture », demande-t-il au survivant d’un attentat qui se démène dans le village pour savoir qui a voulu le tuer. « Si ce qui te dérange, c’est que ta voiture ait brûlé, je préfère t’en racheter une », lui dit le prêtre.

    Sur les bancs de l’église, certains lui enjoignent parfois de s’en tenir à la messe. Cette simple remarque suffit à rendre chaque souffle plus pesant. Alors, Don Italo fouille dans ses souvenirs et relate le cas de ce garçon d’un quartier populaire de Reggio de Calabre dont les parents, « lorsqu’il se bagarrait avec un autre enfant, ne lui demandaient pas s’il avait raison ou tort, mais s’il avait réussi à donner plus de coups qu’à en recevoir ». Ces anecdotes, recueillies par son ancien collaborateur Piero Cipriani dans la biographie Nessuno escluso, mai. Italo Calabrò prete del Sud (non traduit), racontent « la motivation et le point de vue très particulier qui étaient les siens dans son action contre la mafia, qu’il considérait comme un système de vie, de culture, de pouvoir représentant l’anti-Évangile, la négation des valeurs les plus authentiques de l’homme et de la foi elle-même ».

    Certains prêtres engagés contre la criminalité organisée ont été assassinés ces dernières décennies en Italie. Don Italo Calabrò, lui, est mort des suites d’une maladie, en 1990. Pourtant, ses condamnations sont restées sans appel, en particulier lors des enterrements des victimes d’assassinats mafieux, qu’il était le seul à accepter de célébrer. « Sa méthode a toujours été de nous inclure dès le départ dans les changements et de ne jamais juger qui que ce soit », estime Giuseppina, très émue à l’évocation de ses souvenirs. « Lorsqu’il parlait des mafieux lors de ses homélies, il ne les jugeait pas, il disait que c’était de bonnes personnes qui s’étaient laissées piéger et que s’il était désormais trop tard pour les sortir de là, il fallait éviter que leurs fils suivent leur voie. »

    Au cimetière de San Giovanni di Sambatello que surveille un immense pin sans épines, la tombe du prêtre, entretenue par les paroissiens, est encore parfaitement lustrée et bordée de quelques vases de fleurs toujours garnis. Le hameau n’a plus grand-chose à voir avec celui que Don Calabrò a connu à son arrivée. Il s’est dépeuplé lorsque les nouvelles générations ont obtenu des diplômes, que certaines femmes sont devenues médecins ou biologistes, que d’autres habitants ont été embauchés à la poste ou aux chemins de fer italiens.

    Domenico Nasone, lui, en fait une étape obligée des visites qu’il organise avec Libera pour comprendre ce qu’est la criminalité organisée, loin du folklore des films ou des séries. Il fait partie de la petite équipe qui vient de conclure l’enquête diocésaine nécessaire à la demande de béatification de Don Calabrò, que l’Église a ouverte en 2023.

    À quelques mètres de la pierre tombale sous laquelle gît le prêtre, une photo en médaillon toise les visiteurs, celle de l’ancien boss, dont le corps repose dans l’une des niches installées en hauteur. Dans les allées du cimetière dorment aussi les victimes de son clan : un enfant de trois ans tué d’une balle perdue dans les bras de sa mère, deux jeunes hommes ayant eu le malheur de prendre en stop un mafieux qui voulait changer de vie, mais que ses anciens complices avaient condamné à mort, un autre ayant laissé derrière lui sa femme enceinte de trois mois. « C’est ça, l’histoire de la ’Ndrangheta, celle des guerres, du boss mais aussi des victimes innocentes », conclut Domenico Nasone en refermant, dans un grincement, la porte du petit cimetière.

    https://lecri.media/don-italo-calabro-la-folle-histoire-du-pretre-qui-a-dejoue-les-plans-de-la-
    #criminalité_organisée #Italie #résistance #San_Giovanni_di_Sambatello #Aspromonte #Santa_Maria_della_Neve #isolement #pauvreté #antimafia_sociale #femmes #vengeance

    • Nessuno escluso, mai. Italo Calabrò prete del Sud

      Don Italo Calabrò non è solo una persona cara, che rimane nella memoria e nel cuore di quanti lo hanno conosciuto; è anche un maestro, di quelli credibili, che hanno percorso le strade, prima di indicarle ad altri: un maestro-testimone. (dalla prefazione di Giuseppe Pasini)

      A quasi dieci anni dalla scomparsa di don Italo Calabrò, questo libro vuole rappresentare l’esperienza e la testimonianza di una straordinaria figura della Chiesa del Sud. Una spiritualità incarnata nella Storia e nelle contraddizioni del Mezzogiorno, una vita spesa per i poveri e la loro liberazione, un impegno per la pace e contro la violenza mafiosa che ha percorso i tempi: questi i segni distintivi di un itinerario personale e comunitario vissuto nella duplice fedeltà a Dio e all’uomo. Una solidarietà intelligente, creativa, popolare e dalla forte dimensione politica, che costituì l’anima dell’esperienza di don Italo, è un messaggio ancor oggi vivo e dirompente. Contro ogni torpore e perbenismo borghese, contro ogni tentativo di compromesso al ribasso, nella società e nella Chiesa.

      https://www.lameridiana.it/nessuno-escluso-mai.html

    • Quando un uomo vale. Don Italo Calabrò profeta di speranza

      Don Italo Calabrò (1925-1990) è stato un sacerdote della Diocesi di Reggio Calabria-Bova. Con la sua azione profetica ha dato un forte impulso al cammino della Chiesa nella “lotta non violenta” alla ’ndrangheta – da lui considerata anti-Vangelo, negazione dei valori autentici dell’uomo e della fede – con l’impegno di promuovere il valore sacro della dignità di ogni persona, sempre, perché «l’uomo vale sempre», diceva. Nel suo ministero – come vicario generale, parroco, professore, direttore e animatore della Caritas e di opere caritative – attraverso la pedagogia dei fatti ha vissuto e proposto a intere generazioni la spiritualità dell’incarnazione e il Vangelo della carità, quali vie per la costruzione di una società basata sui valori dell’essere, della fraternità e della solidarietà. Rimane attuale il suo invito ai giovani a impegnarsi con speranza nell’edificazione di un mondo migliore: «Fate tutto con fiducia, con coraggio, con speranza. Fiducia, coraggio e speranza sono le basi dalle quali dovete partire».

      https://www.store.rubbettinoeditore.it/catalogo/quando-un-uomo-vale

    • Don Italo Calabrò. Un prete di fronte alla ’ndrangheta

      La resistenza nonviolenta alla mafia di cui parlavano due decenni fa don Italo Calabrò e i suoi collaboratori del Centro Comunitario Agape , fondato significativamente nel 1968 , che poteva apparire come utopia o astrazione, si è fatta strategia capace di vincere, anzi di con-vincere: perché appunto si vince veramente solo quando si vince assieme, quando si lavora“per” e non“contro”, quando si costruisce scommettendo sulla responsabilità piuttosto che sulla forza. […] Non servono eroi: don Calabrò non lo era, come non lo erano don Peppino Puglisi e don Giuseppe Diana, uccisi dalle mafie. Servono cittadini e sacerdoti capaci di essere veri, di riconoscere e di testimoniare la verità, di fare semplicemente il proprio dovere, di scegliere da che parte stare.

      https://www.store.rubbettinoeditore.it/catalogo/don-italo-calabro

  • L’insécurité gagne les beaux quartiers et les petites villes dans l’indifférence des médias
    https://ricochets.cc/L-insecurite-gagne-les-beaux-quartiers-et-les-petites-villes-dans-l-indiff

    L’insécurité gagne les beaux quartiers et les petites villes dans l’indifférence des médias Lundi 19 janvier à Decines, un jeune Français sort de chez lui pour se rendre dans son lycée et se fait agresser par trois individus. Silence Radio sur les chaines d« infos » Bolloré. Il est vrai qu’il est d’origine syrienne. Il a été torturé, marqué dans sa chair, sourcils rasés et visage tailladé parce qu’Arabe et peut-être musulman. Les 3 assaillants étaient encagoulés, parce qu’on est fier de (...) #Les_Articles

    / #anti-racisme_et_anti-validisme

    https://alter-vienne.info/spip.php?article748

  • La France insoumise, le fascisme et la révolution [2/3]
    https://lundi.am/La-France-insoumise-le-fascisme-et-la-revolution-2-3

    Le refus ou la paresse idéologique d’adresser sérieusement la question du pouvoir maintient ouverte la crise de la pensée libertaire. C’est tout le paradoxe de la situation française actuelle : d’un côté, une très forte ébullition du mouvement réel (Gilets jaunes, Nahel, Kanaky) et de l’autre une incapacité de la théorie révolutionnaire à tirer les apprentissages de ces mouvements qui provoque le sentiment d’une répétition des mêmes erreurs génération après génération. Cette situation est renforcée par au moins 4 motifs :

    – Le peu d’espaces de formation et de transmission au sein du camp libertaire entre génération. Ici aussi, dégoûtée par les vieilles formes idéologiques et descendantes du XXe siècle, une large partie des libertaires a rejeté en bloc les pratiques d’apprentissage (même de l’éducation populaire) négligeant un travail nécessaire qui est au contraire proposé par nombre de formations militantes de la gauche autoritaire.

    – La méconnaissance, le manque de curiosité et de recherches approfondies (enquêtes, entretiens, déplacements, rencontres, etc.) au sujet des révoltes à l’échelle nationale comme internationale. Un événement majeur comme la révolte des quartiers populaires suite à l’assassinat de Nahel Merzouk aurait dû produire un électrochoc dans les milieux radicaux mais cet événement a été étouffé par la répression étatique et presque comme un effet symptomatique, par le désintérêt militant - idem pour la révolte de la jeunesse en Kanaky.

    – L’homogénéité sociale d’un milieu qui le rend incapable de rencontrer des expériences différentes et donc de construire ou d’accueillir des points de vue complexifiant ses propres convictions et pratiques.

    – La carence d’espaces de réflexions partisanes mais non-dogmatiques qui cherchent à tâtons des voies stratégiques en phase avec les conjonctures plutôt qu’à imposer des grilles de lectures préétablies.

    #luttes_sociales #anarchisme #libertaire #pouvoir #stratégie #débat #gauche #gauche_autoritaire #politique #LFI #impérialisme #anti-impérialisme

  • Ideological bias in the production of research findings | Science Advances
    https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adz7173

    When studying policy-relevant topics, researchers’ policy preferences may shape analytical decisions and results interpretations. Detecting this bias is challenging because the research process is not normally part of an observed experimental setting. Our study exploits an opportunity to observe 158 #researchers working independently in 71 teams during an experiment. After being asked their position on immigration policy, they used the same data to answer the same empirical question: Does immigration affect #public support for #social #welfare programs? The researchers estimated 1253 alternative regression models, and the estimated impacts ranged from strongly negative to strongly positive. We find that teams composed of pro-immigration researchers estimated more positive impacts of #immigration on public support for social programs, while #anti-immigration teams estimated more negative impacts. The differences arise because different teams adopted different model specifications. The underlying research design decisions are the mechanism through which ideology enters the process of producing parameter estimates.

    #tout_est_politique :-)

  • La justice saisie après des propos d’Arno Klarsfeld qui appelle à des « rafles » contre les OQTF
    https://www.leparisien.fr/societe/la-justice-saisie-apres-des-propos-darno-klarsfeld-qui-appelle-a-des-rafl

    « Si l’on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser des rafles un peu partout, des sortes de grandes rafles, en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière », a déclaré le fils du célèbre chasseur de nazi Serge Klarsfeld à l’antenne, en appelant à « regarder ce que fait (Donald) Trump » avec sa police de l’immigration (ICE), notamment responsable de la mort d’une femme à Minneapolis au début du mois puis d’un homme ce samedi.

    https://www.humanite.fr/politique/arno-klarsfeld/sur-cnews-arno-klarsfeld-appelle-a-des-rafles-contre-les-oqtf

    « Si on veut se séparer des OQTF (sic), il faut organiser comme fait Trump avec ICE des sortes de grandes rafles, c’est-à-dire en essayait d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière possible, on commet aussi des injustices, on ne peut pas faire ça sans commettre des injustices. (…) Donc c’est compliqué, ça nécessite une stratégie politique avec l’intention même de commettre parfois des injustices. Donc c’est pour le bien de l’État. » Sans subir de contradiction sur le plateau.

    (1) Je n’ai évidemment aucune confiance en la justice pour trouver quoi que ce soit de répréhensible à l’utilisation du terme « rafles ».

    (2) Et je n’ai évidemment aucun doute qu’en dehors de l’indignation d’un député LFI, il n’y aura aucun emballement médiatique et politique de l’ampleur du « aller camper à Tel Aviv » de Mélenchon.

    (3) Et donc j’aimerais savoir à quel moment et pour quelle raison « organiser des rafles un peu partout » aurait perdu sa charge mémorielle au point que ce n’est plus une expression parfaitement antisémite.

  • Askatasuna veut dire liberté - Mobilisation à Turin le 31 janvier
    https://ricochets.cc/Askatasuna-veut-dire-liberte-Mobilisation-a-Turin-le-31-janvier-9002.html

    Le 18 décembre à l’aube, la police italienne a expulsé le centre social occupé autogéré (CSOA) Askatasuna à Turin. Connu pour être particulièrement actif dans les mobilisation NO TAV (contre le TGV Lyon-Turin), ou en soutien à la Palestine, son expulsion marque un tournant répressif. Nous souhaitons ici publier l’appel à manifestation nationale (voire internationale ?) à Turin le 31 janvier 2026. Afin d’avoir plus de détails à propos de ce que représente l’Askatasuna, et le contexte dans (...) #Les_Articles

    / Révoltes, insurrections, débordements..., #Luttes_sociales, #Antifascisme

    #Révoltes,_insurrections,_débordements...
    https://contre-attaque.net/2025/12/20/represailles-suite-a-des-actions-pour-la-palestine-le-gouvernement-i
    https://www.infoaut.org/divise-e-potere/assemblea-nazionale-a-torino-governo-nemico-del-popolo-il-popolo-resiste
    https://www.infoaut.org/editoriali/costi-quel-che-costi

  • Pjotr Nikolajewitsch Krasnow
    https://de.wikipedia.org/wiki/Pjotr_Nikolajewitsch_Krasnow


    Farouche anticommuniste pendant toute sa vie et collaborateur nazi, trahi par les vainquers britanniques le général Piotr Nikolaïevitch Krasnov ( Петр Николаевич Краснов ) a suivi ses idéaux du dix neuvième siècle jusqu’à sa mort pendu à Moscou avec d’autres chefs cosaques en 1947 à 77 ans .

    General Krasnow

    Pjotr Nikolajewitsch Krasnow (russisch Пётр Николаевич Краснов, wiss. Transliteration Pëtr Nikolaevič Krasnov; * 10. Septemberjul. / 22. September 1869greg. in Sankt Petersburg; † (erschossen) 16. Januar 1947 in Moskau) war ein General der zaristischen Armee, eine Führungsfigur der gegenrevolutionären Bewegung im Russischen Bürgerkrieg, sowie Schriftsteller.

    Krasnow schloss 1888 die Kadettenschule in Pawlowsk ab und diente nach seinem Abschluss im „Ataman-Regiment“ der Leibgarde des Zaren.

    Zu Beginn des Ersten Weltkriegs kommandierte er als Generalmajor in Galizien eine Kosaken-Kavalleriebrigade. Ab Juli 1915 übernahm er das Kommando über die 3. Don-Kosaken-Division, ab September 1915 führte er die 2. Kuban-Kosaken-Division. Ende Mai 1916 wurde er bei Wolka Galuzinskoy am Bein schwer verwundet. Ab Juni 1917 führte er die 1. Kuban-Kosaken-Division, von August bis Oktober 1917 war er Korpskommandeur des 3. Kavalleriekorps. Ende 1917 wurde Krasnow im Zuge des von General Lawr Kornilow initiierten Putschversuches gegen die provisorische Regierung unter Alexander Kerenski in der Stadt Pskow festgenommen, jedoch bald wieder freigelassen.[1]

    Während der Oktoberrevolution der Bolschewiki erhielt er vom damaligen Regierungschef Kerenski den Auftrag, die Revolte in der Hauptstadt Petrograd zu unterdrücken. Krasnow scheiterte allerdings mit einer improvisierten Kosakeneinheit an bewaffneten Arbeitern und ehemaligen Frontsoldaten, die für die Sache der Kommunisten gewonnen worden waren. Er wurde von den Sowjets gefangen genommen, allerdings auf ein Ehrenwort freigelassen, die Revolution nicht mehr weiter zu bekämpfen.

    Krasnow floh daraufhin in die Kosakenregion am Don und wurde im Mai 1918 unter dem Titel Ataman zum Anführer der dortigen Kosaken gewählt. Er bemühte sich, mit Hilfe der deutschen Besatzungsmacht eine Armee aus Kosaken zu formieren, um im nun entbrannten Bürgerkrieg weiterhin gegen das bolschewistische Regime vorzugehen. Krasnows Truppen belagerten 1918 Zarizyn, allerdings blieb diese Operation erfolglos. In einer Abnutzungskampagne wurde seine Kosakenarmee von 30.000 Mann bis zum Frühjahr 1919 von der Roten Armee aufgerieben. Angesichts der militärischen Niederlage musste er im Februar 1919 als Ataman zurücktreten und überließ den Oberbefehl General Denikin, der seine Freiwilligenarmee zuvor siegreich im Nordkaukasus ins Feld geführt hatte.
    Der endlose Hass (Erstausgabe 1938)

    Angesichts seiner politischen Differenzen mit Denikin und da er durch seine Annäherung an die Deutschen außenpolitisch zum Ballast wurde, emigrierte er noch im selben Monat nach Deutschland. Dort setzte er seine antikommunistische Tätigkeit fort[2] und war einer der Gründer der „Bruderschaft der russischen Wahrheit“. Diese Organisation plante ein Untergrundnetzwerk in Sowjetrussland aufzubauen, blieb jedoch erfolglos. Auch mehrere, meist pro-zaristische und antikommunistische Romane über den Bürgerkrieg stammen aus seiner Feder. Die beiden bekanntesten waren Der endlose Hass sowie Vom Zarenadler zur Roten Fahne.

    Während des Zweiten Weltkriegs stellte Krasnow sich auf die Seite des nationalsozialistischen Deutschlands. Er war in der Redaktion der russischsprachigen und antisowjetischen Zeitung „Fürs Vaterland“ tätig[3] und stellte sich beim Aufbau von Kosakeneinheiten aus Einheimischen, Kriegsgefangenen und russischen Emigranten zur Verfügung. Sein militärischer Beitrag war allerdings aufgrund seines hohen Alters gering, er diente eher als Integrationsfigur dieser Bewegung. Politische Initiative wurde ihm ebenso von den Deutschen nicht erlaubt. Er weigerte sich allerdings 1944, der unter dem General Wlassow hastig aufgestellten Russischen Befreiungsarmee beizutreten, die ebenso wie seine Einheiten unter der politischen Knute der Nazis standen. Zum Kriegsende ergab sich Krasnow mit den Überresten seiner Kosakentruppen in Österreich der britischen Armee. Ihnen wurde von Seiten der Alliierten zugesichert, dass sie als Emigranten nicht an die Sowjetunion ausgeliefert werden würden.[4]

    Im Mai 1945 wurden die Kosaken, insgesamt ca. 50.000 Mann mit 11.000 Frauen und Kindern bei Lienz an die Rote Armee ausgeliefert und zwangsrepatriiert. Krasnow wurde zusammen mit anderen Kosakengenerälen (u. a. Andrei Grigorjewitsch Schkuro), die ebenfalls mit den Deutschen kollaboriert hatten, sowie mit Helmuth von Pannwitz, der sich als Deutscher freiwillig entschied, das Los „seiner Kosaken“ bis zum bitteren Ende mitzuteilen, in Moskau durch den Militärrat des Höchsten Gerichts der UdSSR zum Tod durch Hängen verurteilt. Das Urteil gegen den 77-jährigen Krasnow wurde am 16. Januar 1947 vollstreckt. Er starb durch ein Erschießungskommando.

    1918: Der Achtzigste.
    1920: Fallende Blätter [Fortsetzung: Verstehen heisst Vergeben].
    1920: Der weiße Kittel.
    1922: Vom Zarenadler zur Roten Fahne.
    1923: Jenseits der Disteln.
    1923: Verstehen heißt vergeben [Fortsetzung von Fallende Blätter].
    1924: Die Amazone der Wildnis. An der Stufe zum Throne Gottes.
    1925: Einig – unteilbar.
    1926: In der Mandschurischen Einöde.
    1928: Eroica. Roman aus der Zeit der Napoleonischen Kriege.
    1928: Kostja der Kosak.
    1930: Largo.
    1933: Die Zesarewna.
    1935: Das Reich in Fesseln.
    1937: Katharina die Große.
    1938: Der endlose Hass.
    1938: Die Zaren-Mörder.
    1939: Nach Hause. Ein Don-Kosaken-Roman.
    1939: Russischer Soldaten-Geist.

    Claudio Magris, Mutmaßungen über einen Säbel, Hanser Verlag München, 1986. ISBN 3-446-14518-4

    ↑ Р. Г. Гагкуев, В. Ж. Цветков, С. С. Балмасов: Келлер в годы Великой войны и русской смуты // Граф Келлер. М.: НП «Посев», 2007, ISBN 5-85824-170-0, S. 1101.
    ↑ z. B. 25. Januar 1921 in Berlin: Treffen russischer (zaristischer) Generalstabsoffiziere auf Initiative von „General“ Krasnov
    ↑ Газета «Наша страна»: 60 ЛЕТ ИСТОРИИ “НАШЕЙ СТРАНЫ”. 2008, abgerufen am 14. Dezember 2017 (russisch).
    ↑ Karl-Peter Schwarz: Eine schändliche Operation. Stalin wollte Rache – und Churchill wollte das Einvernehmen mit ihm nicht gefährden: Wie die britische Armee in den Wochen nach dem Ende des Zweiten Weltkriegs Zehntausende Kosaken, Kaukasier, Slowenen und Kroaten aus Österreich an die Sowjetunion und an Titos kommunistische Partisanen auslieferte. In: Frankfurter Allgemeine Zeitung, 1. Juni 2015, S. 6.

    Literatur von und über Pjotr Nikolajewitsch Krasnow im Katalog der Deutschen Nationalbibliothek
    Friedrich Paul Heller: „Mein ist die Rache.“ Eine Kosakenfamilie und die politischen Katastrophen des 20. Jahrhunderts. Nürnberger Menschenrechtszentrum, 2004.
    Artikel Pjotr Nikolajewitsch Krasnow in der Großen Sowjetischen Enzyklopädie (BSE), 3. Auflage 1969–1978 (russisch)
    Biografien, Chronos (russisch)

    Personendaten
    NAME Krasnow, Pjotr Nikolajewitsch
    ALTERNATIVNAMEN Краснов, Пётр Николаевич (russisch); Krasnov, Pëtr Nikolaevič (wissenschaftliche Transliteration)
    KURZBESCHREIBUNG russischer Offizier, Kosakenataman und Generalleutnant der zaristischen Armee zur Zeit der Oktoberrevolution 1917
    GEBURTSDATUM 22. September 1869
    GEBURTSORT Sankt Petersburg
    STERBEDATUM 16. Januar 1947
    STERBEORT Moskau

    #URSS #Kosaques #nazis #anticommunisme

  • USA : résistances au néofascisme au pouvoir et à sa milice raciste ICE
    https://ricochets.cc/USA-resistances-au-neofascisme-au-pouvoir-et-a-sa-milice-raciste-ICE-8994.

    Aux USA, tout le monde ne reste pas passif, inoffencif ou attentiste face à l’installation du néofascisme trumpiste et de ses mercenaires anti-immigrés. Depuis l’assassinat assumé par l’Etat de Renee Good, les révoltes se multiplient, quelques exemples : USA : le retour des Black Panthers face à la police ? « Tout le pouvoir au peuple, aucun pouvoir aux flics ! » À Philadelphie, grande métropole du Nord-Est des États-Unis, des militants Noirs équipés de fusils d’assaut sont dans la (...) #Les_Articles

    / Révoltes, insurrections, débordements..., #Antifascisme

    #Révoltes,_insurrections,_débordements...
    https://lagrappe.info/?Il-y-a-plusieurs-mois-on-vous-relatait-les-1810
    https://crimethinc.com/2026/01/08/minneapolis-responds-to-ice-committing-murder-an-account-from-the-street

  • First We End the War, Then We Restart the Factories: The Fifty-First Newsletter (2025)
    https://thetricontinental.org/newsletterissue/industrialisation-global-south

    _Samson ‘Xenson’ Ssenkaaba (Uganda), Matoke Farmer, 2016,

    18.12.2025 by Vijay Prashad - While industrialisation remains a top priority for Global South countries, debt-driven austerity, corporate dominance, wars, and sanctions keep many poorer nations locked into dependency and underdevelopment.

    Dear friends,

    Greetings from the desk of Tricontinental: Institute for Social Research.

    In mid-November 2025, at a United Nations Industrial Development Organisation (UNIDO) conference in Saudi Arabia, Basher Abdullah, an adviser to Sudan’s Ministry of Industry and Trade, said, ‘First, we need to end the war. Then, we have to restart the factories’. His comment was about Sudan’s appalling civil war, but it could have been about many countries in the Global South that are in the midst of either a shooting war or a trade war. For these poorer nations, development has been set aside in favour of more immediate threats. Yet beyond the horizon of guns and extortion lies the need to imagine possible futures.

    The UNIDO conference acknowledged that industrialisation is ‘essential for achieving the [UN’s] Sustainable Development Goals’ and that to do so ‘a new industrial deal’ is needed. A UNIDO policy brief from April 2025 identifies many obstacles to industrialisation in the Global South, including deficits in infrastructure, limited technological and scientific capacity, a lack of highly trained workers, and weak logistical networks, including digital infrastructure. The brief also notes ‘megatrends’ that the Global South needs to follow and adapt to, such as digitalisation and the rise of artificial intelligence, the reconfiguration of global value chains, the energy transition, and demographic changes. These trends, the brief argues, represent risks as well as opportunities. But where will the poorer nations get the investment for infrastructure, new skills, and cleaner industries? How will they be able to leapfrog older, more polluting industrial models and integrate into modern production chains?

    Gerard Sekoto (South Africa), Song of the Pick, 1946–1947.

    Conferences like the one in Saudi Arabia rarely reflect on the constraints faced by the poorer nations and the structural deindustrialisation they have experienced. Deindustrialisation in the Global South is neither accidental nor the product of ‘internal inefficiencies’, as International Monetary Fund (IMF) economists argue. It is a direct result of the Third World debt crisis that erupted in the early 1980s and the structural adjustment programmes (SAPs) enforced by the IMF and the World Bank over the 1980s and 1990s. In the 1980s, for instance, IMF policies forced tariff reductions that exposed Ghana’s textile and garment factories to cheap imports, causing Accra’s once-thriving industrial belt to collapse. In Zambia in the 1990s, SAPs led to the privatisation of industries supplying copper mines, dismantling local fabrication foundries, machine shops, and chemical plants that formed the industrial base in the Copperbelt. In Brazil’s ABC industrial belt south of São Paulo and in the manufacturing corridors of Greater Buenos Aires, debt-era austerity, currency devaluations, and rapid trade liberalisation in the 1980s and 1990s pushed automobile, metalworking, and textile plants to shed jobs, close, or relocate as markets were opened to cheaper imports. Across the Global South, peripheral economies that had begun to industrialise were pushed back into a familiar pattern of exporting raw materials and importing manufactures – the very structure of the neocolonial economy.

    There is also scant attention paid to the violence – of wars and sanctions – that destabilise sovereign states and derail the industrial aspirations of the poorer nations. Conflict destroys industrial infrastructure and fragments and demoralises the working class, both of which are essential to development. Only a few countries in the Global South have been able to defend against these assaults on their sovereignty and nurture their industrial capacity. The most remarkable example is Cuba, which has been able to develop its industrial capacity in biotechnology, medical equipment, and pharmaceuticals despite a brutal six-decade blockade – a case of socialist industrialisation under siege. Vietnam is another example: despite being devastated by imperialist wars, it was nonetheless able to recover thanks to state-directed industrial policy that built manufacturing capacity in textiles, electronics, and shipbuilding. The most successful example, of course, is China, which used state planning, decentralised governance, and public ownership of the commanding heights of the economy – including finance and technology – to build an industrial powerhouse and lift 800 million people out of extreme poverty over the past four decades. Taken together, these experiences contradict every neoliberal developmentalist prescription given to the poorer nations of the Global South.

    Ben Enwonwu (Nigeria), Nigerian Symphony, 1963–1964.

    Industrial policy is not merely a technical exercise but a political one. It is about building the conditions for industrial development by asserting sovereignty and the right to development and by building working-class power through class struggle.

    A ‘new industrial deal’ cannot be implemented if a country is systematically derailed by IMF-driven austerity, multinational corporations that dominate raw-material extraction and exports, and the violence of wars and sanctions. Together, these forces destroy productive infrastructure, shrink state capacity, and produce a precarious and politically weakened peasantry and working class, undermining democratic processes and making planning impossible. Unless there is sovereignty, there can be no new industrial deal.

    Over the past few years, Tricontinental: Institute for Social Research has been elaborating a New Development Theory for the Global South. Within this framework, we have identified the following preconditions for industrialisation:

    Workers as central planners. Planning must be democratised, as in the Indian state of Kerala, which in 1996 launched the People’s Plan Campaign for Decentralised Planning. Industrialisation cannot be accomplished unless planning includes inputs from workers’ and peasants’ organisations and other popular bodies rooted in local communities.
    Restoring sovereignty. Wars must end, sanctions must be lifted, and governments must be given the space to build state capacity for long-term planning, including investment in infrastructure, transport, and logistics that can link producers and consumers across regions and lower the costs of development.
    Overcoming dependency. To overcome dependency, state policy must be able to protect domestic industries using tariffs and subsidies, regulate finance through capital controls, and ensure technology and knowledge transfer. This will allow countries to move from raw-material-exporting economies to ones grounded in diversified domestic manufacturing.
    Expanding public ownership. Strategic sectors of the economy – such as land, finance, energy, minerals, transport, and capital goods – must be publicly controlled to ensure that they operate for national development rather than private profit. Public sector firms and institutions, as Meng Jie and Zhang Zibin showed with China’s high-technology sector, can compete and create a public market that increases efficiencies.
    Building South-South cooperation. Countries in Africa, Asia, and Latin America must increase cooperation – reviving the Bandung Spirit – in order to break the role of Western monopoly firms and structures in the areas of finance and technology.

    Chéri Benga (DRC), Commerçant à la criée (Auctioneer), 2010.

    A decade ago, at the 2015 Forum on China-Africa Cooperation (FOCAC) in Johannesburg, South Africa, the Chinese government and fifty African governments discussed the problem of economic development and industrialisation. Since 1945, the question of African industrialisation has been on the table but has not advanced due to the neocolonial structure that has prevented any serious structural transformation. The most industrialised countries on the African continent are South Africa, Morocco, and Egypt, but the entire continent accounts for less than 2% of world manufacturing value added and only about 1% of global trade in manufactures. That is why it was so significant for FOCAC to put industrial policy at the heart of its agenda; its 2015 Johannesburg Declaration affirmed that ‘industrialisation is an imperative to ensure Africa’s independent and sustainable development’. China’s industrial capacity would be put at the service of Africa’s need for industrialisation through the creation of joint ventures, industrial parks, a cooperation fund, and mechanisms for technology and science transfer. Africa-China trade has increased from $10 billion in 2000 to $282 billion in 2023. In 2024, the Chinese government upgraded its relationship with African states to ‘strategic partnerships’, enabling greater cooperation. We now have a test case for whether South-South cooperation can engender sovereign industrialisation that breaks with the old patterns of plunder and dependency. Ultimately, African governments, workers, and movements will have to wield these ties as instruments of development rather than allow them to become yet another regime of unequal exchange.

    Eliane Aïsso (Benin), Hope VII, 2020.

    At stake in all these debates about industrialisation is a simple question: will the resources of the Global South be used to enrich a few or to sustain life for the many? Reading about FOCAC reminded me of Nigerian poet Niyi Osundare (born 1947), whose book The Eye of the Earth (1986) includes powerful poems about humanity’s relationship with nature. One poem in that collection – ‘Ours to Plough Not to Plunder’ – became so iconic that it was taught to generations of Nigerian schoolchildren, despite repression under the military government that took power in 1983. Here are the last two stanzas:

    Our earth is an unopened grainhouse,
    a bustling barn in some far, uncharted jungle
    a distant gem in a rough unhappy dust.

    This earth is
    ours to work not to waste
    ours to man not to maim.
    This earth is ours to plough, not to plunder.

    Warmly,
    Vijay

    #économie #Chine #Afrique #antiimpérialisme #rdlatikns_internationales #tiers_monde

  • Les Kurdes : #Histoire d’une nation sans État | Azadî, Julien Théry
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/les-kurdes-histoire-dune-nation-sans-etat-azadi-julien-thery-8pG735mZQVChx

    En reprenant l’histoire du peuple kurde depuis la dislocation de l’empire Ottoman, Azadî a fait oeuvre à la fois d’historien et de militant, puisque son objectif a été de tirer des leçons politiques pour le présent en s’inspirant de F. Fanon.

    #Anticolonialisme #Culture #International

  • Témoignage « Il me traitait comme une chose, c’était l’humiliation permanente » : à Manosque, une affaire qui ressemble à celle des viols de Mazan
    https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/il-me-traitait-comme-une-chose-c-etait-l-humiliation-permanente-a-manosqu

    C’est un crime qui rappelle qu’il est toujours possible de transformer monsieur et madame tout-le-monde en tortionnaires par millions. Les preuves en existent.

    Il suffit de se rappeller la participation de la majorité des Allemands aux crimes nazis dignes du docteur Mabuse et de la folle campagne anticommuniste d’Indonésie. Le psychiatre marxiste Wilhelm Reich a décrit les blessures et défaillances caractérielles qui ont rendu possible le succès du parti nazi mais il n’a pas décrit les mécanismes qui ont poussé les masses à se transformer en armées de tortionnaires.

    Depuis on a consacré un flot d’encre à cette question sans jamais arriver à un résultat qui aurait empêché de nouvelles les exactions. On a du travail à faire qui ne sera qu’une affaire de mots. Ce sont nos vies et nos actes qui renseigneront sur les raisons des comportements inhumains.

    15.1.2026 par Mathilde Lemaire - Franceinfo révèle, avec le magazine « Vanity Fair », une affaire qui rappelle celle dite « des viols de Mazan ». Un homme va être jugé en 2026 pour avoir, pendant sept ans, livré sa compagne à des dizaines d’hommes et d’avoir fait d’elle son esclave. Cette femme s’est confiée à nous.

    Cette fois, la victime est une quadragénaire, Laëtitia R., dont l’ex-compagnon, Guillaume B., 51 ans, va être jugé en 2026 devant les assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. Il est accusé de viols aggravés, proxénétisme et actes de torture et de barbarie. Il aurait, pendant sept ans, livré sa compagne à des dizaines d’hommes et fait d’elle son esclave.

    Laëtitia nous reçoit chez elle dans sa maison de Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Elle a 42 ans. C’est une mère de quatre enfants (trois d’une première union), une femme aux cheveux longs, jolie, souriante. Elle est préparatrice en pharmacie de formation. Ses mots sont choisis. Elle s’exprime calmement, elle est très posée.

    On devine une femme brisée. Si elle témoigne, c’est pour reprendre le contrôle de son histoire et de sa vie. Dans ce dossier judiciaire, il n’est pas question de soumission chimique comme dans l’affaire Mazan. La soumission a été davantage psychologique. Sous prétexte de jeux sexuels sadomasochistes, au départ de leur relation, en 2015, Guillaume B., dont elle avait fait connaissance sur un site internet de rencontre, a doucement, au fil des semaines, mis en place un contrôle coercitif et pervers sur elle.

    Laëtitia avait alors 32 ans, son compagnon, dix de plus. Les premières semaines, ce directeur d’une agence bancaire était gentil, protecteur, rassurant. Père divorcé, il s’occupait de ses enfants, avait des amis. Mais, peu à peu, il a demandé à la jeune femme des pratiques sexuelles peu habituelles, qu’elle a acceptées, raconte-t-elle.

    « Quand j’ai commencé à vouloir dire non à certaines choses, j’ai compris que c’était impossible. C’était trop tard. Le piège s’était refermé sur moi. »

    « J’étais dans la peur », se souvient Laëtitia. Rapidement, elle se retrouve complètement dominée sexuellement, mais aussi dans l’ensemble de sa vie quotidienne.

    Guillaume B. est un chasseur. Il a, à son domicile, plusieurs armes non déclarées, dont une carabine toujours chargée qu’il ne garde jamais très loin de lui. Au moindre geste ou à la moindre parole qui lui déplaisent dans la journée, il la menace. La nuit, il met ses menaces à exécution. Il la violente, la torture. « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau, décrit-elle. Il me frappait aussi avec une planche à découper en bois. J’étais souvent à sang et devais mettre du tulle gras pour soigner les plaies. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    « Et puis au-delà des souffrances physiques, je me souviens des souffrances psychologiques. Il me menaçait de me faire perdre la garde de mes enfants. Il menaçait d’envoyer à mes parents des images intimes et dégradantes de moi. »

    « Il décidait de mon heure de lever, de mon heure de coucher, poursuit Laëtitia. Je n’avais pas le droit de porter de sous-vêtements. Ni culotte, ni soutien-gorge. Il décidait de mes vêtements, de ma coiffure, de mon maquillage. Il choisissait les appels et les mails auxquels je pouvais répondre et ceux que je ne devais pas prendre. Il me dictait ce que je devais dire. C’est lui qui décidait si je pouvais aller ou non chercher mes enfants à l’école. Même pour acheter une baguette de pain, je devais demander l’autorisation. Même pour aller aux toilettes, je devais avoir son accord et il s’amusait parfois à me laisser me faire dessus quand je ne pouvais plus tenir ». Laëtitia est consciente que son récit est sidérant.

    Elle a vécu ainsi pendant sept années. On se prend à penser qu’elle aurait pu profiter d’une visite chez son médecin généraliste pour appeler à l’aide. Mais Guillaume B. veillait à tout pour éviter qu’elle ne se confie à l’extérieur. Il avait fait le vide autour d’elle. Elle ne voyait plus d’amis, très peu sa famille. Quand elle allait chez le docteur, soit il venait avec elle dans le cabinet, soit elle avait pour ordre de l’appeler avant et de positionner discrètement son téléphone portable afin qu’il suive à distance au bout du fil la totalité de la consultation, à l’insu du praticien.

    Pour ne pas éveiller de soupçons sur son contrôle total et sur les violences qu’il lui infligeait, l’homme veillait à ce que les cicatrices de la jeune femme ne soient jamais sur son visage. Il épargnait aussi, en été, ses bras et ses jambes. Très vite, il l’a aussi prostituée, quand il ne la livrait pas gratuitement à des inconnus recrutés sur des sites de libertinage. Même enceinte, elle a dû subir ces viols répétés. Cela se passait dans sa voiture, sur des parkings, comme celui de la gare TGV d’Aix-en-Provence ou simplement à leur domicile.

    « Il n’y a jamais eu de consentement de ma part. La question du consentement ne se posait même pas car je n’avais pas le droit de penser ni de dire ce que je ressentais. »

    « Il m’a contrainte à des pratiques sexuelles extrêmes (NDLR : scatophilie, zoophilie), dont j’ignorais même l’existence auparavant. Des pratiques qui font qu’aujourd’hui je suis incontinente, handicapée. J’ai un appareil. Sans cet appareil, je devrais porter des couches. C’est terrible et difficile de vous parler de cela, mais c’est ma réalité à seulement 42 ans. Et il faut savoir que c’est précisément en me meurtrissant, en m’avilissant, qu’il se procurait tout son plaisir », précise la quadragénaire qui retient ses larmes.

    Pendant toutes ces scènes de violences sexuelles extrêmes, Laëtitia l’a compris bien plus tard, elle s’est très souvent dissociée. C’est-à-dire que son cerveau disjonctait comme pour la protéger de cette réalité insoutenable. Cela a eu pour conséquence chez elle des amnésies traumatiques. Encore aujourd’hui, elle est incapable de se souvenir des années 2018 et 2019. Elle a le sentiment d’avoir comme un énorme trou de mémoire, notamment les mois qui ont suivi la naissance de sa dernière fille qu’elle a eue avec son bourreau.

    Ce qui domine dans l’histoire de Laëtitia, c’est la notion d’humiliation. Elle devait appeler Guillaume B. « maître ». Il est allé jusqu’à lui faire tatouer de force une insulte sexuelle des plus humiliantes sur le bas du ventre. Même la tatoueuse s’y refusait au départ. « Je savais que si je ne cédais pas à ce fantasme-là, j’allais ensuite le payer très cher et j’étais prête à tout pour éviter des violences et des violences sexuelles supplémentaires », explique Laëtitia.

    La juge d’instruction, dans son ordonnance, parle de « réification ». Celui qui sera, dans quelques mois, dans le box de la cour d’assises d’Aix-en-Provence, est accusé d’avoir fait de sa compagne son objet. « Dans tout ce qu’il faisait, son but était de me rabaisser. Il me répétait : ’N’oublie pas que tu n’es rien, que tu n’es qu’une merde.’ Pendant des mois et des mois, il m’a fait boire mon urine chaque matin et, parfois, pas seulement le matin. C’était un moyen de me remettre à ma place », explique la quadragénaire.

    Souffrance suprême, elle était privée de sommeil, ce qui a participé sans doute aussi à ses amnésies. "Je n’arrivais plus à réfléchir tellement j’étais fatiguée. Il me réveillait toutes les nuits pour me faire subir le pire, précise-t-elle.

    « J’avais seulement droit à une nuit complète tous les dix jours. »

    Il lui est arrivé souvent pendant ces années de songer de manière fugace à se suicider ou à le tuer, mais son goût prononcé pour la vie l’éloignait toujours de ce projet. Guillaume B., à plusieurs reprises, l’a étranglée jusqu’à ce qu’elle en perde connaissance. Une nuit d’avril 2022, elle a été réveillée, car il était précisément en train de l’étrangler. Laëtitia a cru mourir.

    À la suite de cet évènement, pour la première fois, elle a, sans autorisation préalable, raconté la scène à une amie de lycée qui venait de la recontacter sur Facebook. L’amie en question, située à 200 km de là, s’est rendue au commissariat près de chez elle. Les policiers l’ont écoutée et ont pris son alerte au sérieux.

    Moins de 24 heures plus tard, Laëtitia est contactée par des enquêteurs. Guillaume B. est rapidement interpellé. Depuis trois ans, cet homme nie les viols et la torture. Il explique que Laëtitia aimait être humiliée, qu’elle était consentante et qu’en réalité c’était elle la dominatrice dans leur couple. D’après son avocate, que nous avons jointe, cette défense reste inchangée aujourd’hui. Elle ne souhaite pas livrer plus de commentaires.

    Les experts psychiatres et psychologues décrivent cet homme comme « sadique », « pervers », « très dangereux ». Il a été placé en détention en 2022, 48 heures après son arrestation, et s’y trouve toujours.

    « Son interpellation m’a soulagée, évidemment, car je me suis dit que mon enfer s’arrêtait, raconte Laëtitia. Mais j’ai mis beaucoup de temps pour réaliser. J’avais toujours peur que ce ne soit pas vrai, ou peur qu’il ressorte de prison. J’appelais régulièrement mon avocat pour vérifier qu’il était bien toujours derrière les barreaux, pour me rassurer. Et aujourd’hui, cela reste notre angoisse à tous, à la maison. Je ne dors pas dans ma chambre, mais dans le salon, pour garder un œil sur la porte d’entrée. Concrètement, mes enfants et moi sommes toujours en hypervigilance. »

    « Je ne parviens toujours pas à dormir entre 22h et 4h du matin. Cela correspond aux heures où le plus gros des violences se produisaient. »

    « Je suis, toutes les nuits dans ce créneau-là, prise de douleurs, comme si j’étais encore hantée par ce que j’ai vécu », confie Laëtitia. Ses quatre enfants sont également parties civiles dans ce dossier. Ils dénoncent des violences psychologiques et, pour la plus jeune, aussi des violences physiques. Laëtitia essaye avec eux de rattraper le temps perdu, de panser les plaies. Elle passe le plus de temps possible auprès d’eux.

    Aujourd’hui, ses séquelles physiques et psychologiques l’empêchent d’avoir un emploi. Elle vit sous antidouleurs et a un lourd suivi médical et psychologique. Parfois, elle craint de ne pas être crue tant son histoire est affreuse. « C’est effrayant quand je prends conscience de tout ce que j’ai traversé », déclare-t-elle.

    Il y a dans ce dossier de nombreux éléments matériels. Guillaume B., même s’il n’a pas fait une collection comme l’avait fait Dominique Pelicot, a parfois photographié, filmé, enregistré les scènes de viols. Les juges et jurés décortiqueront aussi les centaines d’échanges de SMS entre eux qu’ont retrouvés les enquêteurs. Ils permettent de reconstituer la chronique quotidienne d’une relation devenue un enfer. On y lit les ordres autoritaires de Guillaume B. et les suppliques de Laëtitia qui souhaite que son calvaire cesse.

    « La première impression, quand on entre dans ce dossier, c’est une sorte de vertige », indique Philippe-Henry Honegger, l’avocat pénaliste parisien qui représente Laëtitia. « Ce qu’on y découvre est abominable. Personne ne peut concevoir qu’on ait pu, dans un esprit aussi tordu soit-il, songer à imposer de telles choses à une personne humaine. On a en plus l’aspect ’Docteur Jekyll et Mister Hyde’, avec le notable bien sous tous rapports qui, une fois la porte du domicile fermée, se transforme en monstre sans limite ».

    L’avocat n’a pas souvenir d’avoir vu de dossier avec, sur une victime, un contrôle coercitif d’un tel niveau. Ce contrôle était en réalité totalitaire. « On va sans doute comparer ce dossier au dossier de Mazan, au cauchemar qu’a vécu Madame Pelicot. Malheureusement, les faits qu’aura à examiner la cour d’assises d’Aix-en-Provence sont, par leur nature, peut-être plus épouvantables encore, comme si c’était possible », commente-t-il. Pour lui, cet homme est « sans doute le plus terrifiant criminel en termes de violences sexuelles qu’ait pu connaître notre pays ».

    Guillaume B. encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Laëtitia espère de son témoignage à franceinfo, comme du procès à venir cette année (même si aucune date n’est encore fixée), qu’ils constituent pour elle l’opportunité d’une revanche. « Cet homme a voulu m’enfermer, m’empêcher de vivre ma vie. Je veux reprendre le contrôle », déclare Laëtitia.

    « Je ne souhaite pas que mon procès se tienne à huis clos. J’y songe depuis longtemps. Le procès des viols de Mazan et ce qu’en a fait Gisèle Pelicot ont achevé de me convaincre. »

    « Il faut que la honte change de camp, dit-elle. J’ai encore honte parfois, mais je me répète à moi-même que ce n’est pas à moi de me cacher. C’est mon combat et c’est très difficile, car tout cela touche à mon intimité. Mais je me dis que si cela peut aider ne serait-ce qu’une femme victime à se dire qu’il faut sortir du silence, ce sera énorme comme satisfaction, et comme espoir », conclut Laëtitia en esquissant un sourire.

    Depuis les faits, elle a teint ses cheveux en rose. Guillaume B. lui interdisait évidemment ce genre de coquetterie. Elle s’est aussi fait tatouer sur la main deux mots en jolies lettres attachées : « Libre et forte ».

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  • Antifa partout

    Alors que Trump radicalise sa politique à l’encontre des contestations intérieures, de l’immigration et des minorités au nom de la « guerre contre le terrorisme », construisant notamment une imagerie obsessionnelle et paranoïaque autour du nom « Antifa » et s’appuyant sur une colonne répressive à sa botte (la police de l’immigration, ICE), le philosophe Alberto Toscano s’interroge sur la signification de l’antifascisme aujourd’hui.

    Placer la solidarité antifasciste au cœur de l’opposition à Trump et à ses affidés permet de rendre explicite que la lutte contre les politiques de la peur, de la hiérarchie, du privilège et de la domination est toujours enracinée dans une vision et une pratique alternatives de la vie collective — une vision dans laquelle notre sécurité et notre bien-être ne reposent pas sur l’insécurité et la privation des autres.

    https://www.contretemps.eu/antifa-partout-etats-unis-trump

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