• Radio : Bertrand Louart, Racine de Moins Un, la centième, 2025

    Pour la centième émission #Racine_de_Moins_Un, son animateur et réalisateur #Bertrand_Louart, donne quelques explications sur le contenu de cette série d’émissions. D’abord, le titre de la série. Ensuite, la critique de la science et du #scientisme et son rapport avec la critique #anti-industrielle ou critique du capitalisme industriel. Enfin, à partir des conséquences de l’#automatisation, comment la critique de la technologie met en évidence les formes impersonnelles de domination, d’exploitation et d’aliénation.

    Alors bien sûr, l’utilisateur final de la technologie peut avoir l’impression de disposer d’une plus grande liberté de choix et d’usage. Mais ce n’est jamais qu’une impression : l’automobiliste doit aller travailler tous les jours en voiture pour pouvoir payer l’assurance, le carburant et les traites de son automobile ; l’utilisateur de smartphone est pris dans la toile d’Internet et des réseaux sociaux pour pouvoir continuer d’exister professionnellement et socialement, etc. La technologie – qu’on l’accepte ou la refuse – transforme en profondeur la société et la vie quotidienne de tout le monde à travers toute la planète, autant pour sa production que dans son usage. [...]
    Pour conclure provisoirement cette émission – car il y aurait bien d’autres choses à dire –, la critique anti-industrielle met en évidence les formes de domination, d’exploitation et d’aliénation qui sont impersonnelles, c’est-à-dire qui sont inscrites par le développement du capitalisme industriel dans l’aménagement du territoire, les dispositifs technologiques, la structure des machineries, etc. Ces appareillages peuvent donner au premier abord un sentiment de liberté et d’autonomie, mais le plus souvent ils viennent renforcer la dépendance à la marchandise et à l’argent ; et donc participent à détourner nos désirs et aspirations afin de continuer à faire tourner le système.
    Quoi qu’il en soit, souvenez-vous que :
    La seule chose pire que d’utiliser la technologie
    tout en la critiquant,
    c’est de l’utiliser sans jamais la critiquer
    .

    https://sniadecky.wordpress.com/2026/01/03/rmu-centieme

    Avec le PDF qui va bien :
    https://archive.org/download/rmu-100-louart-centieme/RMU_100_Louart-Centieme.pdf

    #critique-techno #Encyclopédie_des_Nuisances #Zamiatine

  • « Écologistes : l’épuration qui vient »
    https://reporterre.net/Ecologistes-l-epuration-qui-vient

    Voilà des mois que le contexte politique, en particulier le champ de bataille que sont devenues l’agriculture et l’écologie, me hante. Pour ne pas rester sans rien faire, j’ai écrit un texte qui, je l’espère, contribuera à éclairer les dynamiques fétides actuellement à l’œuvre.

    En octobre dernier, un couple d’éleveurs bretons m’a raconté comment leur fille adolescente, durant ses études agricoles, a été moquée et dénigrée par des camarades de classe. Parce que ses parents sont des « bios », elle était, aux yeux de quelques-uns, la « sale pute d’écolo » (sic).

    Le 8 décembre, la ministre de l’Agriculture française a déclaré dans un discours : « Nous devons lutter contre les tentations de la décroissance portées par quelques thuriféraires du décadentisme.[…] Chaque fois que je dis ces deux mots, “produire plus” il y a toujours quelqu’un pour me dire “ah le productivisme, ah la malbouffe”. C’est une trahison de la nation que cette malhonnêteté intellectuelle là. »

    #épuration #chasse_aux_sorcières

    • C’est déjà hyper dur de transitionner d’une activité tertiaire vers l’agriculture, sans famille dans le milieu. Et juste sur la base d’une conscience politique. Tout le réseau qu’il y a à construire (capital social), toute la connaissance à acquérir (capital culturel). Et sachant qu’en plus, on arrive dans un monde peu lucratif (perte de capital économique).
      Certains parcours vers la bio mériteraient des prix Nobel (auto promo).
      Il est donc bienvenu d’avoir un milieu compatissant et aidant, un soutien de tous bords dans cette démarche.
      Alors quand le monde politique met des barrières à ce parcours, c’est ultra démotivant. Ca pousse à arrêter.

    • Silence dans les champs (Nicolas Legendre)

      Depuis 1965, on ne compte plus le nombre d’ouvrages, de documentaires et de films spécialisés ou grand public, ces derniers bien souvent larmoyants d’ailleurs, sur le thème de la disparition des petits paysans. Dans les années 1970, ils avaient 10 hectares ; dans les années 1980, 20 ; dans les années 1990, 30 ; aujourd’hui, ils en ont 200, voire 500, et ils sont toujours des « petits paysans » victimes de la société – réduite en général à la grande distribution et aux consommateurs.

      D’analyse souvent sommaire, cette production pléthorique reflète-elle la mauvaise conscience de la société ? Ou vient-elle conforter un récit dont l’effet, voire le but lénifiant, est de masquer les processus et acteurs à l’œuvre au sein même du complexe agroindustriel, les fossoyeurs de ces « petits paysans » ?

      Au milieu de cette prolifération, l’ouvrage de Nicolas Legendre constitue une exception et, espérons-le, un tournant dans la perception qu’aura l’opinion de l’agonie du monde agricole. L’auteur, correspondant du journal Le Monde, s’appuyant sur ses enquêtes sur près de sept ans autant que sur la littérature scientifique, procède à une autopsie du complexe agroindustriel breton, qui a transformé en un siècle le petit territoire en une énorme plateforme agroalimentaire, transformant soja et céréales en saucisses, lardons, blancs de poulets, nuggets, yaourts et emmental via l’élevage industriel et les entreprises de transformation, au prix d’une incroyable souffrance des éleveurs de base totalement inféodés et des ouvriers et ouvrières de l’agroalimentaire, ainsi que des destructions écologiques dont on ignore encore le degré de réversibilité.

      https://laviedesidees.fr/Nicolas-Legendre-Silence-dans-les-champs
      Et donc merci @la_vie_des_idees

  • Le Désir de nouveautés - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Le-Desir-de-nouveautes

    La philosophe Jeanne Guien, engagée dans des mouvements écologistes et critiques du consumérisme, prend de nouveau au sérieux, après Le Consumérisme à travers ses objets et Une histoire des produits menstruels (tous deux publiés aux éditions Divergence), l’histoire des objets. Cette fois elle analyse la néophilie, ou culte de la nouveauté, appliquée aux objets et qui justifie leur production à grands coûts écologiques et humains. L’ouvrage est composé de cinq chapitres : le premier sur la circulation et la production de marchandises coloniales, le deuxième sur l’innovation technique, le troisième sur la mode vestimentaire, le quatrième sur l’invention du consumérisme et le dernier enfin sur les produits jetables. Dans chacun d’eux, la philosophe se fait historienne pour tenter de comprendre comment la nouveauté s’est imposée au monde. Je retiens de ces chapitres thématiques plusieurs idées.

    […]

    Guien montre la capacité de l’industrie à modifier notre environnement (matériel ou psychique) pour nous vendre du nouveau. Elle donne l’exemple de produits perçus comme « pratiques » et dont la production répondrait à une demande préexistante. Leur adoption est pourtant loin d’être garantie. L’industrie travaille alors à créer le contexte dans lequel cet objet pourrait être considéré comme pratique. Dans le cas des produits jetables : « Un produit jetable n’est "pratique" que là où il existe des structures et des modèles organisationnels permettant de jeter facilement à tout moment. » Des poubelles, par exemple, un système de collecte et de traitement des déchets… Sans ça, il est plus « pratique » d’entretenir les objets, de les laver, réutiliser, réparer, etc.

    […]

    La volonté de faire consommer plus pour assurer des débouchés à la surproduction industrielle s’est accomplie aux dépens d’un autre modèle de société où chacun·e pourrait travailler moins et garder du temps pour ses autres activités (politiques, de care, de subsistance, etc.). Elle a servi des intérêts particuliers à une époque où les ressources naturelles pouvaient être présentées comme illimitées : « Je ne vois pas du tout pourquoi des matériaux qui sont remplaçables à l’infini ne pourraient pas être "gaspillés" de manière créative », dit ainsi la publicitaire Christine Frederick dans les années 1930. Outre que les nuisances environnementales de l’industrie ont été combattues de longue date (voir L’Apocalypse joyeuse de Jean-Baptiste Fressoz) et n’ont pas été découvertes dans les années 1970, les impacts sociaux étaient encore moins mystérieux et on ne pouvait alors que feindre d’ignorer la souffrance des classes laborieuses qui produisaient ces objets, quand bien mêmes elles étaient éloignées et altérisées par le mépris de classe ou par le fait colonial.

    #Jeanne_Guien #recension #livre #Aude_Vidal #nouveauté #innovation #critique_techno #anti-industriel #capitalisme

  • Nicolas Bonanni, La nature de l’écologie, 2025

    Dans les débats actuels, une grande confusion règne autour du mot #nature. En effet, le mot est chargé de plusieurs sens distincts, qui se chevauchent partiellement, et la confusion entre ces différents sens entraîne des conséquences importantes sur le plan politique, et sur la vision de l’#écologie que l’on défend. Je voudrais ici d’abord exposer les principales définitions du mot, puis rapporter les critiques qui leur sont faites, pour enfin défendre ma propre position.

    Il s’agira de se revendiquer d’une double définition : d’une part, la nature comme environnement autonome, indépendant des actions humaines, et d’autre part la nature comme essence, qui permet de maintenir des catégories de pensée. Alors que le #techno-capitalisme colonise notre environnement et nos vies d’une manière inédite, ces notions me semblent en effet être des points importants pour l’écologie.

    Quatrième de couverture de la brochure :

    On sait l’#extrême_droite friande de l’emploi du concept de “nature” pour étayer son projet de société inégalitaire. Faut-il pour autant, au nom de supposés “glissements vers l’extrême droite”, abandonner l’emploi du terme “nature” pour appuyer nos luttes écologistes ?
    Ce texte prend au contraire le parti de préciser le sens du mot. Un travail de définition qui vise à affiner nos combats et à prévenir les “glissements”… de toute nature.
    Les questions théoriques ne sont pas sans effets sur nos luttes : il faut se les approprier, sans caricatures ni simplifications, avec tous leurs paradoxes. Contribution au débat.

    De nombreux textes et brochure accusent les zanti-industriels de « sacraliser la nature » ou d’en faire une « norme », etc. Mais aucun de ces textes n’est capable de produire une seule citation ou référence à l’appui de ces affirmations... Et pour cause, il n’y en a pas ! Ce genre d’accusation est le produit d’une lecture hâtive et irréfléchie de la littérature anti-industrielle. Quand ce n’est pas le produit de bruits de chiottes qui circulent sur les réseaux sociaux et répétés sans aucune vérification... #Naufrage_réactionnaire, quand tu nous tiens !

    https://sniadecky.wordpress.com/2025/10/12/bonanni-nature

    Avec le PDF qui va bien (fourni par l’auteur) :
    https://sniadecky.wordpress.com/wp-content/uploads/2025/10/bonanni_nature_ecologie.pdf

    #critique_techno #anti-industriel #Nicolas_Bonanni

  • Adrien D., La fin de l’art par l’industrie, 2022 – Et vous n’avez encore rien vu…
    https://sniadecky.wordpress.com/2025/09/22/adriend-spectacle

    Cela fait longtemps que l’art se meurt. Le capitalisme industriel le détruit peu à peu. L’avènement du pop art a été l’une de ces grandes accélérations mortifères [9]. DUNE, lui, est une caricature de l’art industriel, celui de la grosse production, qu’elle soit cinématographique – même s’il faut avouer que tout film demandant d’importants moyens, le cinéma peut être considéré comme un art intrinsèquement industriel – ou qu’elle soit musicale avec ces concerts dans des stades immenses. Le gigantisme de ces productions résonne avec le gigantisme de nos usines ou de ces éoliennes plantées au beau milieu de la mer.

    On pourrait rétorquer que nous prenons ici un aspect de l’art bien particulier, qu’il existe des artistes moins « industrialisés ». Pas en musique en tout cas. L’industrie du numérique les a dévorés depuis longtemps. Le vinyle est une niche comme le bio en est une pour l’agriculture. Depuis le CD, la musique s’est faite totalement numérisée emportant une bonne part des revenus des musiciens issue de la vente de leurs œuvres. Alors le musicien en est réduit à espérer faire l’habillage sonore d’un produit, d’une marchandise, de faire ce que l’on appelle une « synchro ». Le musicien s’est transformé en publicitaire. Tous les milieux musicaux sont touchés, du plouc techno au style bobo folk « indé » (comme indépendant). Celui le plus compromis étant surement le dernier. Telle cette artiste « indé » qui doit sa carrière à l’habillage musicale de la publicité d’un produit high-tech de la marque Apple [10].

    Que dire de ce musicien canadien et de son titre folk et intimiste qui a habillé la longue publicité à la gloire d’un géant de la malbouffe [11]. Ou ce groupe qui est invité pour chanter lors d’un concert caritatif [12] pour la lutte contre le cancer des adolescents financé par la marque Hewlett Packard dont la fabrication des appareils cause l’apparition de véritable « villages du cancer » chinois [13]. Parlons de cet artiste français qui habille, lui, de ses créations sonores électroniques les défilés de haute couture, les images d’un blockbuster du jeux vidéo ou encore la cérémonie de passation des jeux olympiques de Tokyo vers ceux, tout aussi écocidaires, de Paris. Cet artiste est sensible à la cause environnementale et montre, dans ses clips, une fascination pour le monde industriel. Mais il oublie, sciemment ou inconsciemment, que les instruments dits « électros » qu’il utilise, dont certains sont d’ailleurs simplement et justement appelés « Maschine », ont les mêmes désagréments de fabrication que les appareils informatiques de la bureautique : pollutions et conditions de travail dégradantes, cela va ensemble, nous ne cesserons de le répéter. Il n’y a donc rien à tirer d’émancipateur du monde musical, il a été totalement avalé par le monde digital qui, contrairement aux apparences et aux discours de ses protagonistes, est un monde hyper-industriel.

    #art #artiste #critique_techno #anti-industriel #spectacle #Dune #cinéma #musique

    • IA : une petite pièce pour la musique
      https://lesjours.fr/auteurs/sophian-fanen
      Scrountch N°62 - 19/9/2025 Sophian Fanen

      Alors là, quelle surprise : les géants de l’intelligence artificielle auraient utilisé en masse des œuvres musicales extraites de YouTube aussi bien que des grandes plateformes de streaming pour éduquer leurs applications de musique générative ! C’est la Confédération internationale des éditeurs de musique (ICMP) – réunissant les gestionnaires des droits sur les œuvres (et pas sur leur enregistrement) –, qui a rassemblé une vaste documentation lui permettant aujourd’hui de montrer que les IA de Suno, Meta, OpenAI, Microsoft, Google et DeepSeek ont été nourries par des millions de chansons connues ou méconnues, mais aussi par des pochettes et visuels. Évidemment, personne dans le milieu de la musique ou de l’IA n’est surpris : il faut une matière première pour que les réseaux de neurones qui propulsent l’intelligence artificielle apprennent d’eux-mêmes ce qui structure la musique (comme la photo ou la vidéo). Il fallait donc la réunir, et ce n’est pas en jouant de la guitare devant un micro que ces entreprises ont accumulé leurs bases de données.

      Cette étude de l’ICMP est surtout importante parce qu’elle donne des munitions au monde de la musique dans le bras de fer contre les géants de l’IA, qui sont aussi des géants économiques tout court. Il y a des procédures judiciaires en cours, notamment contre les générateurs de chansons par IA Suno et Udio, mais aussi des négociations plus discrètes pour trouver un terrain d’entente bénéfique pour tout le monde. En attendant, chacun aiguise aussi ses arguments au cas où cette discussion irait dans le mur, rejouant au passage l’histoire de Napster au tout début des années 2000. La plateforme gratuite d’échange de fichiers musicaux entre internautes avait elle aussi projeté du jour au lendemain le monde de la musique dans l’inconnu, et les majors du disque avaient rapidement intenté une action en justice pour le vol de leurs catalogues. Mais elles discutaient aussi derrière le rideau pour tenter de mettre la main sur le marché énorme créé par Napster… Tout ça a capoté parce que le monde de la musique et celui des geeks de cette époque ne pouvaient pas s’entendre, mais notre monde en ligne aurait été très différent si cela n’avait pas été le cas.

      Aujourd’hui, l’enjeu est multiplié par mille. Car les géants de l’IA comptent bien piller la musique à l’œil en justifiant aux États-Unis qu’il s’agit de fair use, une exception au droit d’auteur qui permet d’utiliser une petite partie d’une œuvre sans autorisation. Ou alors en expliquant qu’il ne s’agit pas de copier des chansons mais d’en tirer un « savoir » que les IA exploitent ensuite, comme un instrumentiste le fait à partir de son apprentissage. On le voit, le débat sera juridique, technique et philosophique. Mais comme toujours dans la musique, il sera économique avant tout : c’est la solution qui rapportera le plus aux intermédiaires (les labels, les distributeurs, les plateformes) et aux acteurs du numérique qui sera choisie à la fin, sans que les artistes n’aient directement leur mot à dire. En Suède, une première piste est déjà testée entre la Stim, la société de gestion des droits des auteurs et compositeurs, et une entreprise nommée Songfox. Celle-ci a reçu le droit d’exploiter quelque 100 000 enregistrements pour son IA, en échange d’un revenu versé aux artistes dont les œuvres ont été utilisées en amont pour l’apprentissage, mais aussi d’un revenu pour les musiques générées.

      Lentement, c’est le monde de la musique de demain qui se met en place. Ou pas, car il pourrait se heurter à un mur politique : le refus, par les États-Unis de Donald Trump mais aussi par une partie de la classe politique britannique actuelle, d’encombrer les précieuses entreprises du numérique avec les petits problèmes des musiciens… Une position qui ne tient que si l’on considère que les intelligences artificielles de demain n’auront plus besoin de la créativité humaine pour avancer et que l’on peut laisser l’IA piétiner les artistes.

  • « Techno-fascisme », un mot hacké par les techno-gauchistes
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/documents/techno-fascisme-un-mot-hacke-par-les-techno-gauchistes

    Toujours en librairie : Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme. et De la technocratie. La classe puissante à l’ère technologique Alerte sur les réseaux sociaux. « L’extrême-droite, c’est l’autoroute vers le techno-fascisme ». Alerte à gauche et à l’extrême-gauche. « Technofascisme : le rêve libertarien ultime de la Silicon Valley. » « Le mouvement Make America Great Again (MAGA) et ses liens avec la Silicon Valley ont fait naître le "technofascisme". » Vigilance face au « (…) #Documents

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/technofascisme.pdf

    • Et de diffuser un narratif destiné à alerter les militants du Progrès : jusqu’aux années 2015- 2020, la technologie nous a apporté prospérité, confort, intelligence et bonheur, au bénéfice de l’émancipation, de la démocratie et de l’inclusion pour toussétoutes. Mais ces bienfaisants ingénieurs ont muté en malfaisants milliardaires, décidés à pervertir leurs entreprises pour servir l’extrême-droite, la privatisation de l’État et leurs phantasmes personnels. Le numérique, c’était mieux avant. Contre la marche au technofascisme, il faut donc réguler la Tech, investir dans l’open source, se réapproprier les algorithmes au service du Bien - comme le gouvernement social-technocrate d’Allende avait tenté de le faire avec l’informatique pour gouverner le Chili en 1972 (projet Cybersyn). #Nopasaran.

      […]

      Bref, Gorz ignore ces chamailleries. Pour lui, le « fascisme » s’actualise moins dans la nostalgie du IIIe Reich que dans le mouvement réel de forces réellement agissantes. Comme Charbonneau, Illich et les naturiens d’alors, il pense la situation et le front principal : ayant saccagé le biotope terrestre, l’industrialisme et ses pilotes technocrates de tous bords nous imposeront un régime autoritaire pour une gestion rationnelle/rationnée des ressources. Il décrit la menace technofasciste suite au rapport du Club de Rome sur la croissance (1972), qui promeut un pilotage technocratique (cybernétique) de la question écologique, traitée comme un sujet « purement technique ».

      « Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par des ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. C’est l’option technofasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés. "Convivialité ou technofascisme". […] Le socialisme n’est pas immunisé contre le technofascisme. Il risque, au contraire, d’y basculer d’autant plus facilement qu’il perfectionnera et multipliera les pouvoirs d’État sans développer simultanément l’autonomie de la société civile. […] La domination totale de l’homme sur la nature entraîne inévitablement une domination de l’homme par les techniques de domination. En l’absence de tout autre choix, mieux vaudrait un capitalisme non nucléaire qu’un socialisme nucléaire ; car le premier hypothèquerait moins lourdement l’avenir15. »

      […]

      L’alternative au technofascisme, nous dit Gorz, ne réside pas dans un usage « progressiste », ni socialiste, des technologies, mais dans la convivialité. C’est facile à comprendre : « l’autogestion suppose des outils susceptibles d’être autogérés16 ». L’inverse d’une centrale nucléaire ou d’un datacenter. Il cite bien sûr Illich, qui nomme « conviviale » une organisation sociale préservée de la domination technologique, permettant l’autonomie personnelle.

      « L’homme a besoin d’un outil avec lequel travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place. […] J’appelle conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. […] Le pouvoir de décider du destin de tous se concentre entre les mains de quelques-uns. Et, dans cette frénésie de croissance, les innovations qui améliorent le sort de la minorité privilégiée croissent encore plus rapidement que le produit global17. »

      […]

      Si nécessaire, les techno-progressistes de la Silicon Valley nouent de pragmatiques alliances avec le pouvoir techno-réactionnaire. Le technofascisme ne désigne en rien ce ralliement de façade, mais leur projet commun de toute-puissance technologique, par nature totalitaire.

      […]

      Et vous, « antifascistes », combattez-vous la machine ? Ou souhaitez-vous en prendre les commandes sous prétexte de la retourner contre les « fascistes », et de la mettre « au service de tous et toutes » ?

      #André_Gorz #Ivan_Illich #technofascisme #technocratie #critique_techno #anti-industriel #écologie #démocratie #liberté

  • Les petites vidéos politiques de l’Atelier paysan - L’Atelier Paysan
    https://www.latelierpaysan.org/Les-petites-videos-politiques-de-l-Atelier-paysan

    Notre coopérative paysanne propose une alternative concrète et puissante au machinisme industriel en agriculture, par un travail d’ampleur de recueil, de partage et de formation à l’auto-conception de matériel agricole, pour s’émanciper de la tutelle technique de la techno-science.

    Mais ces alternatives suffisent-elles à transformer le modèle agricole et alimentaire, par la simple force de leur existence ?

    Nous pensons que non. Nous pensons que la société civile et le monde paysan ne pourront pas échapper à la nécessité d’établir un rapport de force avec l’industrie, pour ralentir et stopper le déferlement de nouvelles technologies en agriculture.
    Cette indispensable résistance doit passer par un effort d’éducation populaire, c’est à dire de co-éducation aux mécanismes de domination, de tissage de savoirs critiques, en particuliers de savoirs « techno-critiques ».

    Ainsi vous sont proposées ces petites vidéos et petits podcasts politiques, captés lors de conférences organisées dans tout le pays par l’Atelier paysan.

    Ce panorama « techno-critiques » fait office d’outil d’autodéfense intellectuelle pour informer largement, mais aussi nous aider à penser une réelle autonomie paysanne et alimentaire, s’appuyant sur un contre-imaginaire économique, social, mais aussi techniciste.

    La playlist complète : https://www.youtube.com/playlist?list=PLfID2ubUj_-U-w-IqLq6aChETGVAsUMkT

    François JARRIGE - Une histoire désorientée des techniques agricoles

    Comment l’histoire désorientée des techniques peut-elle nourrir la réflexion sur la souveraineté technologique des paysans ?

    https://www.youtube.com/watch?v=dUfpjt-QqkY

    Régine MARY - Les normes et la standardisation

    Saint Iso protégez nous – La gestion par les normes

    https://www.youtube.com/watch?v=sNLTnnZwcTc

    Aude VIDAL - ÉGOLOGIE : écologie, individualisme et course au bonheur

    Autonomie paysanne et souveraineté alimentaire : les alternatives vont-elles suffire ?

    https://www.youtube.com/watch?v=ouEdpD9w5x0

    Édouard PIELY - La nécessaire critique du « système technicien »
    https://www.youtube.com/watch?v=G0hFQ-zEH60

    Stéphane DINARD & Xavier NOULHIANNE- L’abattage à la ferme : enjeux face à l’industrie de l’élevage

    Dans le cadre de la soirée « Ruralité : territoire des possibles ? »
    Témoignages d’expérimentations agricoles, sociales et politiques.

    https://www.youtube.com/watch?v=2U0Y0VUPR88

    Corinne MOREL DARLEUX - La place de la machine dans l’autonomie paysanne
    https://www.youtube.com/watch?v=59eVww8DBkY

    Christophe BONNEUIL - Une histoire de l’industrialisation de l’agriculture et du vivant
    https://www.youtube.com/watch?v=iA_99BaFEcA

    Jean-Pierre BERLAN - La techno-science contre l’agriculture paysanne

    Le cas du maïs hybride : un mensonge historique des agronomes

    https://www.youtube.com/watch?v=xNQ8bvJq4lU

    Silvia PEREZ VITORIA - Les résistances paysannes face à l’industrialisation
    https://sniadecky.wordpress.com/2025/06/11/rmu-perez-vitoria
    https://seenthis.net/messages/1120437
    https://www.youtube.com/watch?v=M9F88GChTBA

    Élie PARACHINI & Matthieu AMIECH - Des robots pour sauver les paysans
    https://www.youtube.com/watch?v=S7EaMl96PBs

    Nicolas EYGUESIER - Groupe ÉCRAN TOTAL - L’informatique va-t-elle sauver l’agriculture ?
    https://www.youtube.com/watch?v=_aIMbzNqLro

    #critique_techno #anti-industriel @latelierpaysan #conférence #éducation_populaire #agriculture #informatisation #techno-science et sûrement plein d’autres tags vu le nombre de sujets

  • « Notre seule éthique est celle de l’efficacité et du résultat »
    https://lundi.am/Notre-seule-ethique-est-celle-de-l-efficacite-et-du-resultat

    En réaction à la dévastation du monde par le capitalisme industrielle, une nouvelle organisation écologiste radicale est récemment apparue sur les réseaux sociaux et lors de manifestations ou d’évènements publics : ATR pour Anti-Tech Resistance, milite pour le démantèlement du système technologique. Nicolas Bonanni propose ici une critique des positions politiques et pratiques de cette nouvelle organisation qui, selon lui, dévoie la pensée écologiste et promeut des pratiques militantes à la fois autoritaires et managériales en valorisant une pseudo-« efficacité » qu’ils opposent à l’éthique. S’il s’agit de démanteler la domination technologique, tâche pour le moins urgente et nécessaire, cela ne peut s’envisager, pour lui, que de manière anti-autoritaire et égalitaire.

    #Nicolas_Bonanni #ATR #Anti-tech_Resistance #critique_techno #débat #stratégie #luttes_sociales #politique #écologie #anti-industriel #morale #anarchisme

  • Rien ne va plus
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/documents/rien-ne-va-plus

    Jacques Luzi, ces jours-ci, fait de la guitare, de la peinture et de la critique sociale, sans être peintre ni guitariste – mais tout de même critique et animateur de la revue Ecologie & Politique - d’où son résumé serré de ce moment du monde. De son agonie – finale ? – depuis deux siècles d’emballement industriel et de course à la puissance. Au café, deux vieux du quartier me demandent « sur quoi je travaille », et je leur donne quelques éléments du diagnostic que je suis en train de (…) #Documents

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/rien_ne_va_plus.pdf

  • Appel à contribution brochure contre le genre et la technologie
    https://lagrappe.info/?Appel-a-contribution-brochure-contre-le-genre-et-la-technologie-1278

    Plusieurs questions guident nos réflexions : Comment faire vivre des perspectives de lutte contre le genre dans une critique anti-industrielle contre la technologie ? Comment y insérer d’autres pans de nos luttes ? Quels pourraient être des points de jonction, en théorie et en pratique ?

    […]

    Parce que nous voulons ouvrir un espace de discussion, et nous sentir moins seul.es, nous nous lançons dans cette aventure sur papier, avec toi si tu le souhaites 😉. N’hésite pas à nous envoyer ta contrib à contrib-antitech-antigenre@riseup.net avant le 1er août 2025. Pour l’instant aucune date de publication n’a été fixée, mais on essaiera d’envoyer des retours maximum fin août.

    #genre #critique_techno #anti-industriel

  • Parution de L’Électron libre : L’autre journal de l’Exposition internationale de la Houille blanche et du Tourisme
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/necrotechnologies/parution-de-l-electron-libre-l-autre-journal-de-l-exposition-in

    L’Électron libre vient de paraître. Découvrez l’autre journal de l’Exposition internationale de la Houille blanche et du Tourisme (16 p. couleur, 5 €). En 2025, Grenopolis célèbre le centenaire de l’Exposition internationale de la Houille Blanche et du Tourisme. Conférences, projections, visites, publications glorifient les pionniers de l’hydroélectricité et leurs successeurs, désormais pilotes de la « transition ». Laquelle consiste, non à modifier la trajectoire de l’électrification, (…) #Nécrotechnologies

    • En 2025, Grenopolis célèbre le centenaire de l’Exposition internationale de la Houille Blanche et du Tourisme. Conférences, projections, visites, publications glorifient les pionniers de l’hydroélectricité et leurs successeurs, désormais pilotes de la « transition ». Laquelle consiste, non à modifier la trajectoire de l’électrification, mais à l’accélérer. Ce que cette célébration ne fait pas, c’est le bilan d’un siècle d’électrification. Que promettaient les technocrates de 1925 - ingénieurs, industriels, élus, banquiers - et qu’ont-ils réalisé ? Dans quel état ont-ils laissé la Terre et ses habitants ?

      L’Électron libre rappelle quelques évidences oubliées des festivités du centenaire et d’abord celle-ci : la croissance infinie est impossible dans un monde fini. Les lois physiques, notamment celle de l’entropie, produisent déjà leurs effets sur le milieu naturel dont dépend notre survie. Les ignorer relève de l’obscurantisme, de la folie suicidaire, et ni « l’électrification des usages », ni l’« intelligence » artificielle n’y changeront rien. Les faits sont définitifs.

      Pour les cent ans de l’Exposition, L’Électron libre revient sur le mythe du Progrès, martelé de génération en génération depuis l’avènement de la « Fée Électricité ». Où l’on découvre, grâce aux archives et aux historiens, qu’il y avait une vie et de l’activité dans nos montagnes avant l’arrivée des ingénieurs et des usines, et que nos aïeux n’ont pas accueilli l’électricité avec l’enthousiasme que leur prête cette « épopée ». D’où l’Exposition internationale : il y a un siècle déjà, les décideurs avaient des frais d’acceptabilité.

      #Histoire #électricité #électrification #Grenoble #science #critique_techno #anti-industriel #acceptabilité #exposition_internationale

  • Une romance avec l’Hydre (1)
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/faits-divers/une-romance-avec-l-hydre-1

    En librairie : Les Esperados et La vie dans les restes, par Yannick Blanc. Voir ici. __ Voici une plongée en eaux troubles, au temps de l’incendie climatique. Tout n’est peut-être pas faux dans les divagations ici rapportées. Des gens, peut-être, croiront reconnaître une ville, des bois, une rivière, des événements de leur connaissance. Mais si grossièrement, si outrageusement déformés et exagérés ! Certes, il faut parfois grossir pour se faire entendre, et fabuler pour dire le vrai, (…) #Faits_divers

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/romance_avec_l_hydre_1.pdf

  • Entretien avec Celia Izoard : « L’exploitation minière, un modèle intrinsèquement prédateur et destructeur » - POLITIS
    https://www.politis.fr/articles/2025/01/entretien-celia-izoard-mine-exploitation-ce-modele-est-intrinsequement-preda

    très très bel interview de Célia Izoard

    Une nouvelle ruée minière a lieu dans le monde, au nom de la transition énergétique. Une fausse solution et des politiques mensongères que décrypte la journaliste et philosophe Celia Izoard.

    Vanina Delmas 
    • 8 janvier 2025

    Drapeau d’opposants à la mine de lithium dans l’Allier, dans la commune d’Échassières.
    © Tristan Dereuddre
    Dans le même dossier…

    Dans l’Allier, le lithium mine la transition énergétique
    L’urgence de lutter contre le changement climatique et de sortir du tout-pétrole est brandie comme un prétexte en or pour justifier le nouvel essor de l’industrie minière. Dans son livre enquête La Ruée minière au XXIe siècle, Celia Izoard décrit avec acuité les ravages environnementaux de ces mines à ciel ouvert présentées comme « vertes », notamment celles de Rio Tinto et de Cobre Las Cruces, en Andalousie, région touchée par des sécheresses à répétition. Mais aussi le désastre social et humanitaire, comme au Maroc, dans la mine de Bou-Azzer où les mineurs travaillent comme des forçats, au contact de polluants, pour sortir des tonnes de cobalt, indispensable aux véhicules électriques.

    La ruée minière au XXIe siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition, Celia Izoard, Seuil, 344 pages, 2024.
    Votre livre La Ruée minière au XXIe siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition, déconstruit les mythes concernant l’industrie extractive, notamment l’idée que les mines appartiennent au passé. Vous montrez qu’il n’y a jamais eu de rupture. Comment s’est passée cette continuité ?

    Celia Izoard : Le capitalisme industriel est fondé sur l’extraction de minéraux et la maîtrise des hautes températures que nécessite la métallurgie, et cette dépendance n’a cessé de s’amplifier. À la fin du XVIIIe siècle, l’alliance du fer et du charbon a permis l’émergence des forces productives et de ce mode de vie qui menace aujourd’hui les conditions d’habitabilité de la planète. Le boom de l’après-guerre a engendré un changement d’échelle monumental : nous sommes passés des mines souterraines à la généralisation de la mine à ciel ouvert. Ce modèle d’extraction ultra-mécanisé a permis de disperser les mineurs, cette masse de travailleurs qui, en s’unissant, avait réussi à acquérir des droits qui sont ensuite devenus la base des régimes de protection sociale dans plusieurs pays.

    Dans les mines d’aujourd’hui, chaque jour, ces gigantesques machines sortent des centaines de milliers de tonnes de roches, qui sont broyées et trempées dans des bains chimiques. Les mines recrachent des boues toxiques, des dizaines de milliers de tonnes de résidus qui remplissent des vallées, retenus par des barrages. Régulièrement, et de plus en plus à cause de l’instabilité climatique, ces barrages cèdent et détruisent parfois des centaines de kilomètres de cours d’eau. Ce modèle est intrinsèquement prédateur et destructeur, parce qu’il est fondé sur la mobilisation de quantités énormes de matière et de ressources.

    Pourquoi la production minière a-t-elle doublé au cours des dernières années dans le monde et ne cesse-t-elle d’augmenter ?

    Regardons autour de nous : toutes les productions augmentent, les appareils électroniques, les avions, les satellites, les infrastructures électriques, la 5G, les caméras, les écrans publicitaires… Nous vivons un déferlement d’objets qui consomment des minéraux, que ce soit pour fabriquer des couleurs, des composants électroniques, des câbles électriques. L’aéronautique et l’aérospatiale, par exemple, sont des secteurs basés sur l’extractivisme. Airbus, qui produit 700 avions par an, est l’une des sociétés les plus consommatrices de métaux au monde. Dans un A380, vous avez 80 tonnes d’aluminium-lithium, 18 tonnes de titane, etc.

    Sur le même sujet : Et si on pouvait arrêter de polluer avec nos outils numériques ?
    Quant au secteur du numérique, c’est un véritable gouffre pour les métaux, en particulier les data centers. Chacun de ces immenses entrepôts remplis de serveurs contient des milliards de composants qui contiennent chacun des dizaines de métaux différents, utilisés en alliages sous forme de trace, donc irrécupérables. Par exemple, dans une petite puce, vous trouverez de l’arsenic ou de l’or, disséminés à l’échelle du microgramme, parfois du nanogramme. De plus, pour éviter les pannes, les entreprises du cloud comme Amazon renouvellent ces serveurs tous les trois ans et doublent l’alimentation électrique en stockant des tonnes de batteries qui contiennent donc du lithium, du cobalt, du manganèse, du graphite, du nickel, etc.

    Comment s’est imposée l’idée que les mines sont le prix à payer pour réussir la transition énergétique ?

    Le monde de l’entreprise a interprété l’accord de Paris sur le climat à sa façon, c’est-à-dire en considérant que la baisse des émissions de GES ne devait en aucun cas affecter la croissance, mais qu’elle pouvait être l’occasion de créer un nouveau marché de l’énergie en développant à toute vitesse les technologies dites bas carbone. Comme ces technologies sont intensives en métaux, en particulier la voiture électrique, l’industrie minière s’est engouffrée là-dedans avec le concept de « métaux pour la transition ».

    La catastrophe climatique devrait nous obliger à faire le bilan de notre rapport à l’extraction de fossiles et de métaux.

    En 2017, la Banque mondiale a lancé une campagne en ­partenariat avec le principal lobby minier au monde, dans lequel on retrouve les entreprises d’extraction Glencore ou Orano. Ils ont produit un rapport sur la transition qui affirme que les mines sont nos meilleures alliées pour résoudre le réchauffement climatique. Cette promesse s’appuie sur l’idée qu’il pourrait exister des mines et de la métallurgie bas carbone : ce qui n’a pour l’instant aucune réalité, ce sont les secteurs qui émettent le plus de CO2 au monde. Donc tout repose sur les promesses de l’industrie minière d’améliorer ses pratiques alors que c’est l’une des plus opaques du monde.

    Sur le même sujet : Exploitation minière : 20 milliards sous les mers
    La catastrophe climatique devrait nous obliger à faire le bilan de notre rapport à l’extraction de fossiles et de métaux, et à nous pencher sur des mondes qui auraient extrait et produit de manière plus modeste. Or, c’est l’inverse qui se produit, et au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Il faut démontrer que l’extraction minière est complètement contre-productive pour lutter contre les émissions de GES, et l’ampleur des violences qu’elle engendre.

    Que voulez-vous dire ?

    Quand on crée un parc automobile électrique en France ou en Allemagne, on ne fait que délocaliser les émissions carbone vers les pays producteurs de métaux. Pour extraire des matières premières, on détruit les puits de carbone naturels que sont les forêts tropicales de l’Indonésie ou du Brésil, les tourbières et les forêts boréales du Canada.

    Sur le même sujet : Voiture électrique : les effets pervers d’une révolution
    On construit des routes, des barrages hydroélectriques et des usines. Souvent, cela va de pair, comme en Inde, avec une militarisation et une politique de terreur. Dans plus de la moitié des cas, ces mines sont créées sur les terres collectives de peuples autochtones, dont les pratiques de subsistance et la culture sont détruites par ces projets qui servent in fine à produire des SUV de deux tonnes pour des Européens.

    La voiture électrique est la quintessence du mode de vie impérial.

    La voiture électrique est la quintessence du mode de vie impérial. Mais l’argument de chercher des métaux pour la transition est aussi le prétexte à approvisionner l’ensemble des industries occidentales, menacées par une crise des matières premières du fait de la guerre commerciale avec la Chine. Les « mines pour la transition » sont souvent tout autant des mines pour les data centers, les avions et les satellites.

    Qu’en est-il de la politique minière sur le territoire français ? 

    Ces dernières années, il y a eu deux moments : en 2010-2012, Arnaud Montebourg a tenté de mener une relance minière avec l’argument de créer des emplois, mais les populations s’y sont opposées. Une nouvelle tentative est menée depuis 2022, cette fois avec l’argument de la transition. Le projet phare est l’ouverture de la mine de lithium dans l’Allier par l’entreprise Imerys, vitrine d’une relance minière plus vaste avec d’autres projets portant sur des métaux précieux comme l’or en Bretagne, dans le Rhône, le Massif central, en Dordogne…

    Sur le même sujet : Dans l’Allier, le lithium mine la transition énergétique
    Ce nouvel argumentaire autour des mines pour la transition est dénué de fondement. Le lithium pourrait éventuellement participer à une décarbonation, mais cela supposerait d’investir massivement dans les transports en commun et les vélos cargo et dans de petits véhicules électriques uniquement. Tant qu’il n’y aura aucun arbitrage sur la consommation de lithium et les besoins, celui-ci servira à produire des batteries pour des SUV, des drones et des aspirateurs robot qui n’ont aucun rapport avec la lutte contre les émissions de GES.

    Un autre mythe qui s’est propagé repose sur l’idéal de la mine propre, verte, durable.

    J’ai enquêté pour le média Splann ! sur une mine en Bretagne, gérée par Imerys, qui prétend n’avoir presque aucun impact sur l’environnement. Il s’agit de la mine de Glomel, dans les Côtes d’Armor, qui est définie comme une carrière d’un point de vue administratif, mais qui est en réalité une mine à ciel ouvert où l’on extrait de l’andalousite, un minéral industriel. Lors de mon enquête, j’ai découvert l’ampleur de la minimisation des impacts environnementaux, car tout est fondé sur l’autocontrôle. J’ai réalisé des prélèvements des sédiments dans le lit de la rivière en aval : j’ai trouvé du cadmium, du cobalt, des métaux lourds cancérigènes. Les taux de nickel dépassent de 20 à 60 fois les valeurs guides pour le bon état écologique des cours d’eau. Ce qui est très préoccupant puisqu’on est à l’amont des stations de pompage d’eau potable.

    Aujourd’hui, les mines réapparaissent réenchantées par la promesse « responsable ».

    Pourquoi est-il important de réfléchir à l’imaginaire collectif lié à la mine ?

    Sur le plan philosophique, il est fascinant de voir comment elle a pu tour à tour apparaître et disparaître dans l’imaginaire collectif occidental. Pendant les années 1980-1990, les mines sont devenues « du passé » alors qu’elles n’ont jamais été si grandes et si destructrices pour les peuples d’Amazonie ou de Papouasie, par exemple. Aujourd’hui, les mines réapparaissent réenchantées par la promesse « responsable » et auréolées de la mission salvatrice de la transition. Cette fiction est tout aussi irréelle que la fable précédente.

    Par Vanina Delmas

    #Celia_Izoard #Mines #Ecologie #Transition #Arnaque

  • Nos vies valent plus que la chimie
    https://lundi.am/Nos-vies-valent-plus-que-la-chimie

    En redressement judiciaire depuis septembre, l’entreprise de produits chimiques Vencorex dans la région grenobloise fait couler beaucoup d’encre. Pour les syndicats et le président de Grenoble Alpes Métropole, Christophe Ferrari, aussi maire PS de Pont-de-Claix, c’est l’emploi et le processus de réindustrialisation qui est en jeu ici. Les travailleurs sont nuit et jour sur les piquets de grève, brûlant pneus et palettes, pendant que des manifs de soutien se multiplient dans la région où tous les partis sont pour une fois unis dans ce qu’il faut bien appeler, « l’arc industrialiste ». De l’autre, il y a quelques collectifs écologistes et le journal local Le Postillon pour qui cette usine est symptomatique du vieux modèle de développement grenoblois où la vie des habitants et la pérennité du milieu naturel (eaux, air, sols, faune et flore) sont sacrifiés au nom du progrès et du développement économique.

    #Grenoble #critique_techno #arc_industriel #anti-industriel #pétrochimie

  • Civilisation industrielle : arrêtons de demander à un train qui ne veut/peut pas s’arrêter de s’arrêter !
    https://ricochets.cc/Civilisation-industrielle-arretons-de-demander-a-un-train-qui-ne-veut-peut

    Des associations dénoncent à raison l’implantation de centrales photovoltaïques à la place d’espaces naturels, la drôme n’est d’ailleurs pas épargnée par ce fléau. Prétendre à une prétendue réduction des causes du réchauffement climatique en détruisant la biodiversité est évidemment une aberration totale. Mais ces associations se plantent sur deux points : L’industrie photovoltaïque est gravement anti-écologique, même si elle ne s’implantait que sur des espaces déjà artificialisés. Donc il (...) #Les_Articles

    / #Ecologie, #Le_monde_de_L'Economie

    https://reporterre.net/Demandons-un-arret-immediat-des-parcs-photovoltaiques-en-milieux-naturel

  • « Le progrès technique n’allait pas de soi » - François Jarrige - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=46jaSOhmH5w

    François Jarrige est historien des techniques et de l’environnement, spécialiste de la révolution industrielle.
    Dans cette conférence il parle : de l’arrivée des machines et de l’idée de « progrès technique » au 19e siècle, des nombreux débats que cela a engendré tout au long du 20e siècle, et de la nouvelle forme que prend ce débat depuis les dernières décennies.

    🔶 SOMMAIRE
    00:00 Contexte
    04:51 Arguments pour disqualifier la critique de la technique
    11:10 19e siècle : L’imaginaire du progrès technique
    41:07 20e siècle : Des débats sans cesse étouffés
    55:50 21e siècle : La nouvelle ère du débat sur la technique

  • Concilier pensée anti-industrielle et intersectionnelle
    https://dijoncter.info/concilier-pensee-anti-industrielle-et-intersectionnelle-5541

    Critique sociale de la dématérialisation du monde, analyse du pouvoir nucléaire, réflexion sur le contrôle numérique…La pensée anti-industrielle est indispensable d’une part à la critique du capitalisme et de ce qu’il détruit du vivant et d’autre part pour nous organiser afin d’y faire face et construire d’autres manières d’être au monde. Pourtant, nombreux·ses sont celleux qui ne veulent plus en entendre parler, vu que certains de ses chefs de file ont des postures antiféministes. Nous proposons donc une plongée utile dans la pensée anti-industrielle, en racontant ses apports, ses limites et en tentant des pistes pour qu’il puisse être possible d’être critique de la société industrielle et féministe aussi ! Durée : 1h40 Source : Sucré-salé, (...)

    https://dijoncter.info/IMG/mp3/intersectionnel_et_antiindustrialisme.mp3

  • Sur quelques accusations de fascisme envers le mouvement anti-industriel
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Sur-quelques-accusations-de-fascisme-envers-le-mouvement-ant

    Réponse et commentaire de Aude sur la fameuse brochure « Le naufrage réactionnaire du mouvement anti-industriel » https://seenthis.net/messages/1029340

    Le « mouvement anti-industriel », loin d’être homogène et organisé, est une sorte de nébuleuse faite de personnalités et groupes très visibles, d’autres qui le sont moins, d’auteurs et d’autrices, de lectrices et de lecteurs, de militant·es qui ont des priorités politiques et des modes d’interventions divers, qui font alliance et se disputent, un peu comme dans tous les milieux.

    […]

    Certes la brochure en question repère quelques plumes qui par leurs lubies semblent bien appartenir à l’extrême droite : obsessions antisémites et démographiques notamment. Cette critique nous invite à une vigilance qui a parfois manqué dans les rangs anti-indus au moment de publier tel ou tel. Il serait donc regrettable de l’écarter d’un revers de main. Mais, dans le camp des accusateurs, traiter de fascistes un si large panel de personnes et de groupes, écofascistes proches du pouvoir et écologistes plus ou moins conservateurs, rend confus le concept même de fascisme, son autoritarisme, son besoin de boucs émissaires, son service du capital.

    […]

    Quand est-ce qu’on va s’interroger collectivement sur le fait que la gauche pousse vers la droite des personnes que dans son désir de pureté elle vomit, elle exclut, à qui elle n’offre plus d’autre espace politique ? Ce n’est pas une excuse car en cherchant un peu d’autres espaces existent, mais enfin la pitoyable trajectoire politique de Dora Moutot et Marguerite Stern, anciennement féministes, est aussi un bon coup de la droite qui les a draguées et une honte pour la gauche qui les a jetées à la poubelle. La propension à exclure n’est pas sans lien avec le rapport de pouvoir de plus en plus défavorable aux idées anti-capitalistes et anti-autoritaires.

    […]

    La sphère anti-indus produit ou relaie des analyses féministes intéressantes. Outre l’ouvrage déjà cité, il faut mentionner ici la traduction de La Subsistance. Une perspective écoféministe de Veronika Bennholdt-Thomsen et Maria Mies (première édition en 1997, La Lenteur, 2022) ou Terre et liberté d’Aurélien Berlan (La Lenteur, 2021) dans lequel l’auteur, sans afficher de parti pris féministe, va chercher de quoi penser chez des autrices, assez naturellement. Malgré cela, l’impression est tenace qu’il s’agit là trop souvent d’une manière de se justifier, de faire parler des femmes bien choisies, et que le féminisme n’est pas un engagement bien chevillé au corps dans ce milieu très masculin. C’est une réserve qu’on peut faire à d’autres milieux politiques sans les traiter pour autant de fascistes et par ailleurs il semble qu’une nouvelle génération anti-tech soit prête à articuler ces thèmes avec un féminisme sincère et vénère.

    […]

    Je connais les défauts, parfois les errements, de mes camarades, je peux les leur reprocher à l’occasion mais le principal problème que pose la brochure qui les attaque est le fait de réduire le débat d’idées à des accusations confuses, de trouver normal que l’expression des divergences cède la place à des guerres de tranchées.

    Le relatif isolement des groupes anti-industriels, que des attaques comme celles-ci ont vocation à accroître, tient aussi pour beaucoup au fait que la critique de la technique peine à passer la barrière de l’entendement dans de nombreux milieux radicaux qui font de la lutte contre les dominations leur étendard. Les usages proliférants des outils technologiques capitalistes, les « ça dépend ce qu’on en fait » y sont monnaie courante et la réflexion sur ce sujet est très limitée. Comme si les dominations interpersonnelles, plus évidentes et concrètes, accaparaient toute l’énergie des groupes, tandis que les dominations impersonnelles exercées par les macro-systèmes technologiques étaient plus imperceptibles. Les deux types sont également délétères et il est nécessaire de tenir les deux bouts. Je fais donc le doux rêve qu’il soit possible de débattre plus sereinement de tout ça qu’à base de brochures à l’emporte-pièce, en mettant en discussion les idées plutôt qu’en scrutant les personnes.

    #critique_techno #Aude_Vidal #débat #polémique #gauche #anti-industriel

  • La critique anti-industrielle devant ses calomniateurs

    Quelques observations

    Suite à la publication du texte " Le naufrage réactionnaire du mouvement anti-industriel • Histoire de dix ans " daté d’août 2023, publié sur <mars-infos.org> du 29 novembre 2023 et à partir de là repris sur les sites du réseau Mutu.

    https://seenthis.net/messages/1029340

    https://seenthis.net/messages/1029970

    Voici les réponses qui ont été publiées :

    0. #Paul_Cudenec, Targeted and smeared by the fake-left thought police (en anglais)
    https://paulcudenec.substack.com/p/targeted-and-smeared-by-the-fake
    Pris pour cible et dénigré par la police de la pensée de la fausse gauche

    1. Anaïs G.
    https://cric-grenoble.info/coups-de-gueule/article/reponse-naufrage-reactionnaire-du-mouvement-anti-indus-3331
    Coup de gueule d’une camarade.

    2. « Naufrage réactionnaire » : la plaidoirie de la défense
    https://lille.indymedia.org/spip.php?article36165

    3. Qui a peur de la critique anti-industrielle ?
    https://collectifruptures.wordpress.com/2024/01/06/qui-a-peur-de-la-critique-anti-industrielle

    4. #Annie_Gouilleux, La nébuleuse (soi-disant) anti-autoritaire…
    https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2024/01/07/annie-gouilleux-la-nebuleuse-soi-disant-anti-autoritair
    Laquelle prépare une sorte de biographie de #Paul_Kingsnorth pour montrer à quel point il est "fasciste" et "pro-Trump"...

    5. Une lettre du "fasciste" #Olivier_Rey à Vincent Cheynet
    https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2024/01/16/une-lettre-dolivier-rey-a-vincent-cheynet

    6. Édouard Schaelchli, « À chacun son fascisme ? »
    https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2024/01/24/edouard-schaelchli-a-chacun-son-fascisme
    Franchement, on se serait bien passé des petites obsessions de ce monsieur.

    7. #Sébastien_Navarro, Avant de tous y passer
    http://acontretemps.org/spip.php?article1033
    Recension d’un livre de #Derrick_Jensen qui commence par qqs commentaires sur le torchon.

    8. #Groupe_Grothendieck, Guerre généralisée au vivant et biotechnologies , ch. 4.
    https://lundi.am/Guerre-generalisee-au-vivant-et-biotechnologies-4-4

    Les thèmes principaux de la guerre au genre humain sont représentés : cyborg spatial, biocitoyenneté, génie génétique, postmodernisme, confusion entre liberté et consommation de corps, mise en exergue du « bios », combat contre le « zôên » vu comme « fossile vivant », neutralisation du politique par l’acte technoscientifique, tout y est ! [...]
    De tant à autres réapparaît sur la toile ce genre de manifeste et la prose toujours aussi scientiste qui va avec, on nous parle même, dans notre époque trouble, où toute la gauche est en mal de théorie politique, du « renouveau du #cyberfémnisme », car le fond de pensée est maintenant bien installé, tellement bien qu’on ne peut plus le remettre en cause sans que tout de suite des sociaux-missiles soit envoyés à la gueule du critiquant : « essentialiste », « réactionnaire », « bio-conservateur », sans oublier les classiques « transphobe » et « anti-féministe » [110]. Alors que, quoi de plus politique que de remettre en cause les idéologies sans pour autant être bassement dénigrant ou moqueur, surtout quand le but est réellement de se mettre en mouvement, pas de fabriquer de nouvelles chapelles, ni d’élever des digues !

    Le torchon est cité dans la note 110.
    Sachant que la « critique conséquente du capitalisme industriel » que les auteurs du torchon revendiquent leur est inspirée par #Cy_Lecerf_Maulpoix, lequel cite élogieusement le Manifeste Xénoféministe qui prône une réappropriation des technologies les plus avancées afin d’aboutir à une « aliénation émancipatrice » (sic !) et dont le mot d’ordre est « Si la nature est injuste, changez la nature ».

    9. #Matthieu_Amiech, Au Village sans prétention , avril 2024, brochure publiée par les éditions La Lenteur (40 p. disponible à prix libre).

    Ce texte est une mise au point suite à des publications et des attaques sur Internet, qui illustrent de manière caricaturale la réduction que peuvent subir l’information, la réflexion et le débat politiques, quand ils s’enferment sur ce média. L’auteur et la maison d’édition n’ont ainsi pas souhaité publier cette mise au point en ligne, ils préfèrent qu’elle circule simplement sous forme de brochure.

    10. #Aude_Vidal, Sur quelques accusations de fascisme envers le mouvement anti-industriel , juin 2024 .
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Sur-quelques-accusations-de-fascisme-envers-le-mouvement-ant

    Cette critique nous invite à une vigilance qui a parfois manqué dans les rangs anti-indus au moment de publier tel ou tel. Il serait donc regrettable de l’écarter d’un revers de main. Mais, dans le camp des accusateurs, traiter de fascistes un si large panel de personnes et de groupes, écofascistes proches du pouvoir et écologistes plus ou moins conservateurs, rend confus le concept même de fascisme, son autoritarisme, son besoin de boucs émissaires, son service du capital.

    11. Revue L’Inventaire n°14, éd. La Lenteur, automne 2024.

    Même ainsi caviardée, nous n’arrivons pas à voir ce qui pourrait bien gêner dans ces perles, qu’on imagine choisies avec soin. Tous les présupposés sont à rétablir par le lecteur, au risque de commettre un faux pas que s’épargne le polémiste paresseux.

    12. Amel Sabbah, #Naïké_Desquesnes, #Mathieu_Brier, « Casser leurs machines, fabriquer les nôtres », 5 septembre 2024.

    https://www.terrestres.org/2024/09/05/casser-leurs-machines-fabriquer-les-notres

    Là où la critique nous pose problème, c’est quand elle use de procédés malhonnêtes en allant chercher la moindre citation « problématique » pour disqualifier définitivement telle ou telle personne, ou quand elle désigne abusivement ses adversaires comme fascistes. On doit pouvoir avoir des désaccords, et même ne pas supporter certaines personnes, sans pour autant les traiter de fascistes. La brochure « Le naufrage réactionnaire du mouvement anti-industriel » réunit un concentré de ces différents défauts. De plus, elle définit comme « mouvement anti-industriel » uniquement les personnes dont elle trouve trace de propos réactionnaires ou considérés comme tels. C’est oublier bien vite plein d’aspects du mouvement anti-industriel.

    Plus loin :

    Dénoncer d’un bloc « les anti-indus », c’est faire le jeu de l’industrie. Mais pour que cette réponse aux critiques soit audible et juste, il nous semble essentiel qu’elle soit accompagnée d’une #dénonciation des propos aveugles aux dominations qui sont effectivement tenus depuis des positions anti-industrielles.

    « Casser leurs machines, fabriquer les nôtres » : avant de prétendre fabriquer des machines, commencez déjà par faire de la mécanique auto !

    « Comment lutter contre l’industrialisation du monde sans défendre, en creux, un retour à un ordre supposément naturel ? » : qui défend cela ? On ne le saura pas, comme d’habitude...

    13. Collectif #Vous_n'êtes_pas_seuls, Technocritique contre technofascisme, juillet 2025.
    https://vous-netes-pas-seuls.org/2025/07/04/technocritique-contre-technofascisme-pour-une-ecologie-revolut

    Cependant, nous constatons une percée inquiétante d’attaques violentes émanant de notre camp, contre certaines des figures, collectifs ou courants dont nous nous sentons proches. Partant de déshonneurs par associations, souvent simplistes et calomnieux, tout un pan de l’écologie radicale se retrouve banni. Des textes appellent à « élever des digues », des collectifs influents préfèrent tendre la main à l’écologie libérale.

    PDF : https://vous-netes-pas-seuls.org/wp-content/uploads/2025/07/Technocritique-contre-Technofascisme-VF-corr.pdf

    Un rappel bienvenu sur le fait qu’il ne faudrait pas se tromper d’ennemi...

    14. Sébastien Broca, Pris dans la toile, De l’utopie d’Internet au capitalisme numérique , éd. Seuil, mai 2025.

    Chapitre 11 "La technocritique" aux USA et en France. Le torchon est cité p. 222 et #Sébastien_Broca ajoute un paragraphe pour le démentir :

    Les choses sont en fait plus compliquées. D’une part, la mouvance anti-industrielle ne forme pas un mouvement unifié et homogène. D’autre part, si ses protagonistes se montrent souvent circonspects à l’égard des approches féministes postmodernes, qui feraient « des techniques des formes mixtes, neutres, appropriables pour le meilleur comme pour le pire », cela ne suffit pas à en faire des réactionnaires. La principale caractéristique de la mouvance anti-industrielle est de puiser aux quatre grandes traditions critiques de la modernité occidentale. De la critique conservatrice, elle garde une attention aux limites et une nostalgie pour le monde préindustriel ; de la critique libérale, elle retient la nécessité de défendre l’autonomie individuelle et les libertés publiques ; de la critique sociale, elle reprend l’exigence de lutter contre les inégalités économiques ; de la critique écologiste, elle partage le soin porté à la nature et aux écosystèmes. Il s’agit en ce sens d’une approche syncrétique, qui confirme ce que B. Charbonneau écrivait à propos du mouvement écologique, « à la fois révolutionnaire parce qu’il réclame un changement de sens radical de la société, et conservateur », parce qu’il souhaite préserver le « trésor accumulé par la terre et les hommes ».

    https://www.seuil.com/ouvrage/pris-dans-la-toile-sebastien-broca/9782021572971

    15. La comédie conspirationniste des Autoritaires anonymes

    « Élevons des digues, chacun doit prendre ses responsabilités ! » Ce ne sont pas les paroles d’un personnage du Camp des saints, le roman fasciste de Jean Raspail (il sera beaucoup question du terme fasciste par la suite, mais c’est peut-être l’une des seules fois où il est vraiment justifié) qui décrit la submersion de la France par des vagues d’immigrés. Ce ne sont pas non plus les derniers mots du dernier discours d’Eric Zemmour. Non, ce sont les derniers mots d’un article voulant dénoncer les compromissions du mouvement anti-industriel.
    Il est très amusant et fort significatif qu’un texte qui se prétende si benoîtement « de gôche », en s’employant à dénoncer les errances réactionnaires des autres, use d’une rhétorique et s’adosse à un imaginaire si manifestement d’extrême droite. Décidément, le gag de l’arroseur arrosé est toujours aussi efficace.
    Comique également, l’aveuglement des auteurs sur leurs propres procédés, lorsque, par exemple, ils reprochent à Anselm Jappe de faire des stalinistes de tous ses contradicteurs. Comment ne peuvent-ils voir que c’est exactement de la même manière qu’ils agissent pour faire taire les contradicteurs qu’ils se sont donnés ? Sauf que nos auteurs étant vraisemblablement moins certains de leurs forces ne peuvent s’en tenir à cette seule accusation (quoi que l’on pense du bonhomme, n’est pas Anselm Jappe qui veut).
    Les auteurs incriminés ne sont donc pas seulement fascistes (vu la banalisation de ce mot dans ce texte, il est vrai qu’il en faut d’autres), ils sont également racistes, antisémites, antiféministes, transphobes, covido-négationnistes et on en passe. L’empilement des accusations fait penser au dénouement d’Hamlet, où la succession vertigineuse des morts sur scène atténue, et même annule, le tragique, en provoquant immanquablement le rire.
    « Comme nous l’avons vu, et aussi hallucinant que cela puisse paraître, depuis plusieurs années le mouvement anti-industriel a relayé chacune de ces offensives [de l’extrême droite] au sein même des espaces de luttes . »
    Emporté par sa logorhée, aveuglé par sa haine de toute pensée qui n’est pas la sienne, le corbeau ne se rend même plus compte qu’il raconte n’importe quoi : il hallucine !
    Plutôt que de se risquer à citer et à commenter les textes, on préfère suivre à la trace les personnes mises en cause. L’accumulation de liens plus ou moins ténus, plus ou moins avérés, entre des personnes différentes, plutôt que la discussion véritable de certaines thèses participe très clairement d’une logique complotiste. Par ailleurs, la déformation volontaire des propos, l’invention de contacts qui n’ont jamais eu lieu, en un mot la mystification, sont ici monnaies courantes. [Le procédé de « culpabilité par association » employé tout au long est une méthode de flic.] Si bien que l’abondance des notes, qui se voudrait garante de la rigueur de la démarche, devient finalement l’outil d’une distorsion et d’une falsification de la pensée des personnes citées. Pour pallier la faiblesse de l’argumentation, on tisse des liens qui, on l’espère, feront tâche d’huile.
    Il est vrai –à chacun selon ses moyens– et il vaudrait mieux pour les auteurs de l’article qu’ils ne se risquent pas à une discussion serrée et argumentée. Mais on est loin d’une pensée à saut et à gambades, et l’on se lasse rapidement de ces pathétiques cabrioles complotistes et autoritaires. Toutefois, le défaut de la réflexion ne doit excuser ni la lâcheté ni la manipulation. A ce point, on doit donc se demander si de telles opérations relèvent de la malhonnêteté ou de l’incompétence. La question est très souvent rhétorique et c’est pourquoi on a coutume d’y répondre par un consensuel « certainement un peu des deux ». Dans ce cas précis, c’est cependant très certainement « beaucoup des deux ».
    Pour finir, signalons aux inquisiteurs que leur méthode pourrait être aisément retournée contre eux. Alexandre Monnin a retweeté le Naufrage réactionnaire. Alexandre Monnin, en plus d’être une cheville ouvrière du technocapitalisme [note de bas de page : Un CV éloquent : enseignant en Business School et architecte de la plateforme numérique de Lafayette. L’impératif de Netchaïev (consacrer toute sa vie à la révolution) est difficile et demande une force de caractère que l’on ne peut exiger de tout le monde, mais on est tout de même en droit de souhaiter que les actes accompagnent la parole. Au moins, qu’ils ne la contredisent pas.], a publié Politiser le renoncement chez Divergences, l’éditeur de l’Appel, « présenté », pour ne pas dire écrit, par Julien Coupat, auteur du Manifeste conspirationniste , « acclamé par les néo-nazis ». En toute logique (du moins la logique de la déraison qui est leur), la conclusion à laquelle ne doivent pas manquer de parvenir les auteurs du Naufrage réactionnaire, c’est qu’ils sont des nazis.

    Texte anonyme trouvé en juillet 2025.

    –---

    Je mettrait à jour ce fil à mesure que de nouvelles réponses vont arriver...

    #technocritique #critique_techno #postmodernisme #calomnie

    Sous le tag #Naufrage_réactionnaire les textes qui calomnient la critique #anti-industrielle - qu’il ne faut plus désormais confondre avec les personnes qui se réclament de la technocritique...

  • Cédric de Queiros, Réflexions sur une épidémie, 2020 – Et vous n’avez encore rien vu…
    https://sniadecki.wordpress.com/2023/08/18/queiros-epidemie

    Un texte fort honnête, ne faisant pas l’impasse sur le fait que c’est pas pendant une grosse crise en plein milieu qu’on peut tout d’un coup retrouver plein d’autonomie. Car durant des crises de cette ampleur là, il est relativement difficile de se passer des moyens industriels et/ou étatiques pour « calmer », diminuer (mais certainement pas résoudre vraiment) les problèmes.

    Enfin la liquidation des services publics, et en particulier la dégradation des systèmes de santé, induites par les politiques néolibérales (dans les pays industrialisés où ces systèmes de santé existent) joue aussi un rôle décisif dans la mortalité de la maladie. On sait par exemple qu’il y a un lien direct entre le nombre de lits disponibles en réanimation dans un pays et le nombre de morts que va y faire l’épidémie. C’est l’aspect le plus visible et le plus commenté dans les médias du lien entre l’épidémie et l’état de notre société ; cet aspect est évidemment réel mais ne doit pas faire oublier les liens plus profonds évoqués ci-dessus : il s’agit dans un cas du traitement de la crise, et dans l’autre de ces causes et de sa prévention.

    […]

    On voit ici, une fois de plus, que si les productions de notre époque sont catastrophiques, ce n’est pas nécessairement parce que des choses absolument nouvelles adviennent, mais aussi parce qu’elles adviennent à une échelle et à un rythme qui sont eux tout-à-fait inédits.

    […]

    Ces mesures sont à l’image de notre société : inégalitaires et injustes, autoritaires et infantilisantes, et souvent arbitraires voire irrationnelles. Elles sont une opportunité rêvée pour les gouvernants d’accélérer les transformations de la société auxquels ils aspirent (numérisation, état d’urgence permanent) qui, toutes, vont dans le sens d’une perte toujours aggravée de liberté. Mais il n’y a à peu près personne pour remettre en cause le principe de ces mesures ; tout simplement parce que personne n’a rien de mieux à proposer pour faire face à cette crise, étant donné la situation dans laquelle se trouve notre société. Aussi mauvaises et horribles que soient ces mesures de confinement autoritaire, elles ont probablement une certaine efficacité ; et si les États ne les avaient pas prises, la situation – en tout cas la propagation de l’épidémie – aurait sans doute été aggravée.

    Le texte publié dans le Creuse-citron n°62 devrait donc, pour correspondre à notre situation actuelle, être modifié comme suit : « Les gouvernements font partie du problème sanitaire et écologique en cours, mais si ils ne font pas partie de la solution, ils sont quand même les seuls à disposer d’un remède d’urgence, qui permettra au moins de limiter la casse… en attendant la prochaine fois. »

    Les gouvernements sont effectivement des pyromanes-pompiers, mais dans la situation d’urgence dans laquelle nous nous trouvons, avec la dépendance dans laquelle nous sommes tombés depuis si longtemps, il n’y a pas d’autre choix que de s’en remettre à ces pompiers-là, car ce sont les seuls disponibles.

    […]

    La situation de crise aiguë que nous vivons est un révélateur de notre situation ordinaire, avant la crise, et certainement après elle. La pandémie révèle l’ampleur de notre dépendance à l’État, à la médecine industrielle, aux moyens de communication de masse, à la grande distribution, aux marchandises produites dans des pays lointains, aux transports internationaux, etc. Et elle illustre cruellement la folie de cette dépendance. Nous avons les meilleures raisons – sensibles, morales, politiques, « écologiques », ou même esthétiques – de rejeter ces réalités aliénantes. Mais nous dépendons de chacune d’elles. Et bien évidemment cette dépendance ne date pas de la crise – mais la crise les aggrave, mortellement, et en somme, grotesquement. C’est ce que les auteurs de Catastrophisme, administration du désastre, et soumission durable (Jaime Semprun & René Riesel, éd. l’Encyclopédie des nuisances, 2008) appellent « l’incarcération dans le monde industriel ».

    […]

    Il est possible que le Covid-19 apparaisse après coup comme un épisode relativement mineur, au regard des événements plus graves (pandémies ou autre) qui lui succéderont inévitablement à plus ou moins brève échéance. Mais il aura illustré assez clairement que ce n’est pas pendant une crise que l’on peut arriver à construire plus d’autonomie et plus de liberté ; quand la crise est là, il est le plus souvent trop tard. Ceux qui se sont penchés sérieusement « au-dessus du gouffre nucléaire » nous l’avait déjà dit de longue date

    #covid #santé #crise #capitalisme #États #autonomie #anti-industriel

  • Adrien D., De la difficulté d’élever des enfants en milieu industriel, 2022
    https://sniadecki.wordpress.com/2023/02/09/adriend-enfants

    Peut-être simplement dire la vérité : « Le secret c’est de tout dire ». Leur dire ce qu’il y a derrière ces jeux, ces objets, ces bolides, ces aliments. Tant pis pour le père Noël. Prendre le temps de ridiculiser ces icônes frelatées et rire de la bêtise d’un Thomas Pesquet ou d’un Elon Musk et de leur obsession pour une planète morte. Rire de ce voisin et de sa voiture électronucléaire équipée d’un écran géant alors que passent à la radio des publicités pour la sécurité routière contre l’usage des écrans au volant. Débloquer les imaginaires, leur montrer la nature sauvage ou ce qu’il peut en rester, et les laisser imaginer un univers dans un monde qui ne les sollicite pas continuellement. Les inviter à jouer à partir de peu comme ces enfants qui ont préféré jouer pendant des heures avec un carton le soir de Noël alors qu’ils avaient reçu un nombre indécent de cadeaux. Leur raconter des histoires subversives dans lesquelles les héros ne sont pas ceux ou celles qui ont la plus grosse technologie. Les laisser s’ennuyer, les laisser imaginer d’autres mondes loin des écrans, loin du monde médiatique. Pour que revienne chez eux le goût de l’imagination, certes, mais aussi, et surtout, que revienne celui de l’empathie afin qu’ils puissent se représenter ces enfants, ces personnes qui, parfois de l’autre côté de la planète, se crèvent ou s’intoxiquent pour leur confort. Les marquer d’une autre empreinte que celle du monde industriel, celui de la réalité matérielle de nos vies, que la sensation qu’ils aient en plus haute estime soit un jour celle de la dignité pour soi et pour les autres et qu’ils ne se réfugient pas dans une raison cynique qui permet de rendre supportable notre régression technophile.

    #enfants #éducation #critique_techno #anti-industriel #capitalisme #exploitation #vérité

  • Veronika Bennholdt-Thomsen et Maria Mies, Subsistance et économie mondialisée, 1997
    https://sniadecki.wordpress.com/2022/11/18/perspective-subsistance-fr

    Nouvelle traduction et publication aux éditions La lenteur de « La perspective de subsistance » renommé en français en « La Subsistance, une perspective écoféministe ». Ici l’intro du livre.

    Si nous rapportons cette histoire, c’est parce qu’elle montre en quelques mots la différence de perspective entre Hillary Clinton et les villageoises de Maishahati. Leur perspective est une perspective d’en bas, qui se fonde sur ce qui est nécessaire à la vie ; c’est une perspective de la subsistance.

    Si l’on observe le monde depuis cette perspective, toutes les choses et toutes les relations nous apparaissent sous un autre jour. Il en va de même pour ce qui fonde une vie bonne : pour Mme Clinton et la plupart de ses sœurs riches au Nord, une vie bonne ne peut se fonder que sur beaucoup d’argent et une abondance de marchandises et de produits luxueux que l’on ne trouve que dans les pays du Nord ou au sein des classes les plus aisées dans le reste du monde. Pour elles, tous les autres modes de vie relèvent de la misère.

    La rencontre à Maishahati a sans doute été un choc culturel pour Mme Clinton. Elle s’attendait probablement à ce que les villageoises lui demandent humblement un peu d’argent pour l’un ou l’autre de leurs projets et qu’elles la regardent avec admiration, elle, l’épouse de l’homme le plus puissant au monde, venue du pays le plus riche du monde.

    Mais ce n’est pas ce qui s’est produit. Les femmes de Maishahati n’ont pas adopté la perspective par en haut de Hillary Clinton. Par leurs questions, elles montrent qu’elles se font une idée différente de la richesse et de la pauvreté. Elles n’ont pas besoin de supermarchés remplis de marchandises importées. Elles nous montrent l’absurdité de nos conceptions de la pauvreté, de la richesse et de ce qui fait une vie bonne.

    […]

    La crise actuelle nous permet aussi de comprendre que toutes les affirmations au sujet de la stabilité du système économique en place ne tiennent pas. Il ne peut plus nous échapper que l’accumulation des richesses entre les mains d’un nombre toujours réduit de personnes s’accompagne d’une pauvreté et d’un chômage toujours plus importants, qui touche de plus en plus de gens, même dans le Nord.

    Mais si on regarde le monde depuis le point de vue des villageoises du Bangladesh (et elles représentent la majorité des habitants de la planète), alors on se retrouve immunisé contre cette tendance au désespoir apocalyptique. Ce désespoir est le luxe d’une minorité choyée dans le Nord, qui empêche surtout cette minorité de comprendre que ses privilèges sont fondés sur le pillage et qu’une vie bonne pour tous (ce que nous appelons la subsistance) ne nécessite pas de tels privilèges. Les gens qui partagent cette orientation vers la subsistance n’attendent pas de grands changements sociaux de la part des institutions situées en dehors et au-dessus d’eux. Ils sont conscients de leur propre pouvoir et sont capables d’agir à la fois individuellement et au sein d’une communauté.

    #subsistance #écoféminisme #féminisme #femmes #sud #anti-industriel #économie #Éditions_La_Lenteur #Marie_Mies #Veronika_Bennholdt-Thomsen

    • Une présentation de l’ouvrage par l’autrice aura lieu le 29 mars à 19h au 83 du boulevard Ornano à Paris. Je ne site pas le nom du lieu car je ne cautionne pas son mode de fonctionnement, mais la rencontre me semble tout de même à signaler.

  • La lèpre du paysage
    https://topophile.net/savoir/la-lepre-du-paysage

    1972, Bernard Charbonneau donne quatre textes – dont « la lèpre du paysage » – à l’artiste Maurice Bardet qu’il entremêle à ses photographies et autres photomontages dénonçant la fin du paysage (éditions Anthropos) sous les assauts de la banlieue totale. Alors que paraît la même année le rapport du club de Rome, Halte à la croissance,... Voir l’article

  • Réponse de Sandrine Aumercier à Bertrand Louart à propos de « Le Mur énergétique du capital »
    http://www.palim-psao.fr/2022/07/reponse-de-sandrine-aumercier-a-bertrand-louart-a-propos-de-le-mur-energe

    Or la notion de « réappropriation » est à mon sens problématique. Elle suppose certes une expropriation à faire cesser, mais elle suppose aussi quelque chose d´intact à récupérer. Il y a une sorte d´idéalisation de quelque chose qui serait authentique (le bon travail, le bon outil, le bon usage, les bons savoirs, les bonnes gens, etc.) et qui aurait été perverti par la société. Dans cette vision, le mal c´est toujours les autres. Ça ne tient pas la route, nous sommes de part en part formés par la société de marchandise, même quand nous la critiquons et c´est pourquoi la critique ne peut être qu´immanente sans pour autant céder sur la pointe (Robert Kurz insiste là-dessus à juste raison). Je déments qu´il soit possible d´opérer un inventaire des technologies dans la perspective d´un dépassement du capitalisme et je conteste aussi qu´il soit possible de parvenir sur ce point à un accord « démocratique ». Il pourrait certainement subsister des trucs épars et des connaissances avec lesquels une société post-capitaliste pourrait bricoler quelque chose de nouveau. Je ne pense pas que cela ressemblerait un tant soit peu à ce à ce que nous connaissons aujourd´hui. Mais je ne pense pas que ce serait l´affaire d´un choix éclairé et concerté, ou bien ce serait (une fois de plus) un choix effectué sur la base d´une expertise élitiste et déconnectée, une nouvelle dépossession.

    […]

    Votre défense d´un outil simple et robuste nécessitant une sorte d´industrie de proximité me semble faire l´impasse sur l´intégralité de l´infrastructure et le problème sous-jacent et insoluble de l´énergie. Il ne faudrait pas trop idéaliser notre propre activité, sous le capitalisme tout est contaminé ! Ne me faites pas croire que votre petit panneau solaire va sauver le monde. Lorsqu´on met un seul doigt dans l´engrenage, on est foutu. Pour fabriquer une petite machine, il faut une autre machine, pour fabriquer cette autre machine il faut des matériaux géographiquement dispersés ; pour les extraire et les transformer, encore d´autres machines ; pour les distribuer, il faut des transports motorisés, pour faire tourner le tout il faut des quantités phénoménales d´énergie, nécessitant elle-même des infrastructures voraces, etc. Je n´ai quand même pas besoin de vous faire des dessins. Il est impossible d´en découper un petit morceau. Une petite machine, dans ce contexte, ÇA N´EXISTE PAS. C´est une espèce de projection faussement rassurante permise par notre habitude de penser d´une manière préformée par l´individualisme méthodologique, qui isole mentalement la gentille petite machine qu´on a sous la main et la pare de toutes les vertus que détruit le grand méchant système. Vous contournez cette objection en vous accrochant à votre outil convivial, mais je ne crois pas que ce soit tenable sans une bonne dose de subjectivisme égocentrique, qui fonctionne sur le principe : « Parce que moi je suis raisonnable et je connais les bonnes limites, tout le monde n´a qu´à être comme moi et tout ira bien. » Je ne vois pas ce qui permet de penser qu´on est plus raisonnable et éclairé que la moyenne ni que tout le monde doit suivre le même raisonnement que soi. En tout cas, je fais tous les jours l´expérience du contraire. Personne n´est capable de dire, une fois le doigt mis dans l´engrenage industriel et capitaliste, où doit se situer la « bonne limite ». Il y aura toujours quelqu´un pour dire que si on a déjà cette petite machine, là, il nous faut aussi cette autre petite machine, qui est très utile aussi, etc. On pourra s´écharper là-dessus jusqu´à la fin des temps.

    […]

    Et comme déjà dit, je conteste radicalement qu´il soit possible d´obtenir un accord démocratique là-dessus. Il y a là-dedans un fond d´autoritarisme habillé de beaux principes purement idéaux, qui prétend que si seulement tout le monde pouvait participer à la décision, alors le monde irait mieux. Je n´y crois pas. Je ne peux pas décider quelque chose de sensé concernant des produits, des matériaux, des flux, des activités qui dépassent mon horizon et avec lesquels je n´ai qu´un rapport instrumental. Je suis toutefois d´accord avec vous sur le fait que le « marxisme » traditionnel et productiviste s´est fourvoyé sur ce point et c´est bien pour cela et quelques autres raisons que je m´en suis éloignée pendant très longtemps, après avoir fréquenté justement des « marxistes » tels que vous semblez les détester autant que moi. Néanmoins, j´ai persisté pendant toutes ces années à me poser la question posée plus haut : pourquoi dans la modernité, et elle seule, on est condamné à une illimitation de principe, un tonneau percé, et pourquoi toute considération de limite est forcément vaine et réactionnaire ? Eh bien, sur cette question, je dois dire qu´aucune des réponses apportées par les différents moralistes de service, y compris les anti-industriels, ne m´a convaincue. Ils ne font que dénoncer, dénoncer, dénoncer. C´est la spécialité de PMO par exemple. Mais on ne dit jamais rigoureusement pourquoi et comment les choses fonctionnent ainsi. C´est une sorte de vision vaseuse du « capitalisme » : un peu de domination, un peu d´exploitation et un peu de mégalomanie, et ça nous donne le « capitalisme ». Cette approche est incapable d´expliquer de quoi on parle en fait. Et là je dois dire que revenir à Marx et à son interprétation par la Wertkritik a en effet été pour moi le moyen de répondre enfin à certaines questions restées en suspens, ce qui ne veut pas dire qu´on a réponse à tout.

    #Sandrine_Aumercier #débat #énergie #système_industriel #capitalisme #critique_techno #anti-industriel

    • Louard ne semble pas du tout avoir envie de comprendre ce qu’est un rapport social quand il écrit :

      « C’est bien plutôt le rapport social qui constitue le critère ultime d’une critique de la technologie et du dépassement pratique » (p. 289).

      Or, dès 1934, on avait déjà abouti à cette conclusion :

      « Il s’agirait donc de séparer, dans la civilisation actuelle, ce qui appartient de droit à l’homme considéré comme individu et ce qui est de nature à fournir des armes contre lui à la collectivité, tout en cherchant les moyens de développer les premiers éléments au détriment des seconds. »

      Simone Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale, 1934.

      Là c’est le grand écart ^^

      De son côté, Aumercier n’a pas tellement envie de penser le dépassement du capitalisme à partir des résistances contre lui, fidèle en cela à la doxa de la critique de la valeur allemande.

      Un article de la revue Stoff sur la critique de la valeur en faisait l’analyse :

      https://www.stoff.fr/au-fil/substance-capital-lutte-classes2

      Un extrait :

      La WK [WertKritik = critique de la valeur] a correctement repéré certaines limites des luttes pâtissières (superficielles et « tronquées », politiciennes, modernisantes), cependant elle érige ces limites en un absolu, comme si elles n’étaient pas soumises elles aussi au procès contradictoire qui nous emporte tous vers la brutalisation des rapports sociaux. Elle les érige en absolu parce qu’elle-même croit détenir la bonne théorie et qu’elle s’imagine que toutes les luttes devraient suivre la bonne théorie, alors qu’en réalité l’écrasante majorité des luttes se moque comme d’une guigne de la théorie, des catégories, des concepts, et ne se comprend que dans la situation spécifique qui voit naître ces luttes. C’est ainsi que le théoricien critique de la valeur voit partout de la « critique tronquée » et ne voit jamais en revanche que cela le conduit à une posture surplombante et idéaliste. Subrepticement, à la lumière de la critique catégorielle, les défaites d’un jour deviennent les défaites de toujours.

      Il faut concéder à la WK que dans une certaine mesure, toute lutte s’inscrit au départ dans un cadre où se rejoue le face à face prolétariat/bourgeoisie. Mais dans une certaine mesure seulement. Pourquoi ? Parce qu’une lutte pour une meilleure intégration au processus de valorisation du capital, quand cette intégration n’est plus possible, se transforme nécessairement. De deux choses l’une : ou bien elle cesse, ou bien elle se retourne sur elle-même, contre ses propres présupposés. Très souvent, elle cesse. Elle commence à peine que déjà, elle cesse. Une série interminable de défaites. Puis arrive le jour où elle ne cesse plus et de catégoriquement acritique elle se transforme en négation des catégories.

      #revue_Stoff #WertKritik

    • A quoi reconnaît-on un ou une cuistre ? D’abord elle fait assaut de modestie ("je n’ai pas lu votre livre"), ensuite elle vous fait la leçon ("Ne me faites pas croire que votre petit panneau solaire va sauver le monde")...

      Si elle avait lu mon livre Réappropriation, jalons pour sortir de l’impasse industrielle (La Lenteur, mai 2022) avant de faire sa réponse, cela lui aurait évité de déblatérer cet ensemble de conneries.

      Mais de toute façon, je crois qu’elle ne le lira pas.

      Kolossale K#cuistrerie