• Florian Krammer sur Twitter :

    [parce que les premiers signes sont dus au virus et ceux plus tardifs à l’immunité]

    « 3) Using mAbs late (like in the trials stopped by Eli Lilly and Regeneron) was unlikely to work. But using them early is very promising. » / Twitter
    https://twitter.com/florian_krammer/status/1322210802808561665

    #anticorps_monoclonaux

    À supposer qu’il faille réserver ces produits, très chers, aux malades qui présentent des signes de gravité dès les premiers jours, combien entrent dans ce cadre ?

  • #Covid-19 : contre le #coronavirus, quelles #thérapies sont encore dans la course ?
    https://theconversation.com/covid-19-contre-le-coronavirus-quelles-therapies-sont-encore-dans-l

    Peu de coopération en France et peu de coopération à l’échelle internationale.

    Dominique Costagliola est directrice adjointe de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique (Sorbonne Université, Inserm). Membre de l’Académie des sciences, elle participe au conseil scientifique du consortium REACTing.

    [...]

    L’évaluation du #Remdesivir se poursuit pour évaluer son éventuel impact sur la #mortalité dans l’essai international de l’OMS #Solidarity et son essai associé #Discovery, conduit par l’Inserm dans plusieurs pays d’Europe (France, Autriche, Belgique, Luxembourg pour l’instant). La question de l’intérêt du Remdesivir reste posée, d’autant que ce médicament est coûteux et que ce ne sera pas un « game changer » s’il ne permet pas d’améliorer la survie.

    T.C. : Quelles sont les pistes qui ont été abandonnées par les principaux essais cliniques en cours ?

    D.C. : Sur l’ensemble des molécules qui ont été testées, l’#hydroxychloroquine, clairement, ne marche pas pour les personnes hospitalisées. Le #Lopinavir, un antirétroviral dont l’utilisation principale est le traitement de l’infection à VIH, a lui aussi été abandonné à la fois par l’essai britannique #Recovery et par l’essai Solidarity. [...]

    [...]

    T.C. : Et quelles sont les thérapies encore en cours d’évaluation ?

    D.C. : L’essai Solidarity teste encore l’#azithromycine, un antibiotique de la classe des azalides (famille des macrolides) seule. Ce bras n’a pas été arrêté, on en attend encore les résultats.

    Au nombre des pistes intéressantes pour lesquelles nous n’avons pas encore de réponse formelle figure le #plasma de personnes convalescentes. Les études portant sur ce type de thérapies sont plus complexes que lorsqu’on teste un médicament dont on connaît bien le processus de fabrication. En effet, le plasma est prélevé chez des gens qui ont eu la maladie, mais tout le monde ne procède pas de la même façon pour sélectionner les donneurs. En #France par exemple, dans l’essai #CORIPLASM, on vérifie la présence d’anticorps neutralisants. Ce n’est pas forcément le cas dans toutes les études qui sont conduites et le moment d’administration peut aussi jouer un rôle. Il faudra donc en tenir compte lors de l’analyse des résultats.

    [...] De nombreux essais de par le monde évaluent cette solution (y compris l’essai #Recovery au Royaume-Uni). Des résultats positifs pourraient ouvrir la voie pour tester des combinaisons d’#anticorps_monoclonaux permettant d’envisager un processus de fabrication plus simple et généralisable que le plasma de convalescent.

    Une autre piste explorée consiste à s’attaquer non plus au virus, mais à l’orage inflammatoire qu’il déclenche : c’est la piste des immunomodulateurs en général, et des anti-interleukines en particulier (ndlr : les interleukines sont des messagers chimiques qui interviennent dans la réponse immunitaire et l’inflammation associée). Au nombre de ces médicaments figure par exemple le #Tocilizumab, un anticorps qui bloque le récepteur de l’interleukine-6, utilisé pour traiter la polyarthrite rhumatoïde. Une équipe de l’AP-HP avait communiqué fin avril sur le sujet, les résultats sont actuellement soumis en vue d’une publication. Le Tocilizumab est aussi testé dans l’essai Recovery.

    Sur la base de publications ou d’annonces récentes, l’#interféron injectable ou en nébulisation est aussi une piste d’actualité (ndlr : les interférons sont des protéines impliquées dans la réponse immunitaire notamment antivirale).

    De nombreuses autres hypothèses ont aussi été formulées et sont en cours d’évaluation, sans qu’on sache si le nombre des inclusions de participants dans ces études sera suffisant pour en tirer des conclusions.

    T.C. : Est-ce que cela signifie qu’un trop grand nombre d’essais cliniques ont été mis en œuvre ?

    D.C. : La question est complexe, et sur ce point la France et le Royaume-Uni ont eu deux approches très différentes. Les Britanniques ont été très drastiques. Ils ont essentiellement organisé un très gros essai public simple, Recovery, dans lequel ils ont inclus environ 12 000 personnes. Celui-ci à déjà produit des résultats, négatifs pour l’hydroxychloroquine et le Lopinavir, positifs pour la corticothérapie à faible dose. D’autres sont à venir.

    En France, il y a eu au contraire une flambée d’études, sans coordination initiale. En outre, l’emballement franco-français autour de l’hydroxychloroquine a entraîné une multiplication d’essais en lien avec cette molécule. C’est notamment dû à la façon dont est organisé le système. Plus les centres hospitalo-universitaires conduisent de recherche, plus ils reçoivent de dotations. Or, ce sont eux les sponsors des essais publics, justement. Et du moment qu’une équipe a un sponsor, ni l’Agence Nationale de sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) ni le Comité de protection des patients ne peut s’opposer au démarrage de son essai sous prétexte qu’il y en aurait déjà suffisamment (sous réserve que ledit essai suive les règles relatives à la protection des participants, bien entendu).

    Qui plus est, la recherche est organisée de façon à valoriser l’investigateur principal des travaux. Ce système pousse à la #pléthore et peu à la #collaboration , moins valorisée. Plus de 80 propositions ont été soumises à #REACTing. L’idéal aurait de trouver un juste milieu entre un essai unique, comme au Royaume-Uni, et ces 80 propositions… On aurait pu se limiter à quelques essais en ville et à l’hôpital, par exemple. Mais cela aurait nécessité que les gens travaillent les uns avec les autres, et qu’un organisme puisse être légitime à prioriser les propositions.

    Et cela aurait fait émerger une autre difficulté : quand vous recevez autant de propositions, même si certaines n’ont qu’un rationnel modeste, comment être sûr de donner la priorité aux bonnes ? Ce n’est pas un exercice facile, dans ce contexte.

    Enfin, on peut aussi noter qu’il y a eu peu de coopérations à l’échelle européenne . Tout ceci indique qu’il faudra tirer des enseignements de cette crise, tant en matière d’organisation des essais cliniques que de coopération nationale et internationale en contexte de maladie infectieuse émergente. Et notamment dans la perspective de la poursuite de l’épidémie…

  • Le « ZMapp », un traitement contre #Ebola expérimenté sur deux Américains infectés
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/08/05/ebola-quel-traitement-experimental-ont-recu-les-deux-americains_4466876_3244

    Un sérum obtenu à partir d’animaux exposés au virus Ebola
    Selon CNN, trois fioles d’un sérum mis au point par la société de biotechnologie Mapp Biopharmaceutical, sise en Californie, ont été envoyées jeudi par avion au Liberia sur proposition d’un responsable des autorités sanitaires américaines. 

    Ce produit est le fruit d’un programme financé par le gouvernement et l’armée américains, en collaboration avec les autorités sanitaires canadiennes. Il a été identifié comme traitement potentiel en janvier. Baptisé « ZMapp », c’est un cocktail d’#anticorps_monoclonaux, c’est-à-dire de molécules dirigées spécifiquement contre une autre molécule et permettant sa destruction par le système immunitaire.

    En l’occurrence, le ZMapp est obtenu en laboratoire avec des animaux exposés à des particules du virus Ebola qui produisent des anticorps prenant donc précisément pour cible le virus.

    Menées pendant une décennie, les recherches des virologues de l’United States Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (Institut de recherche sur les maladies infectieuses de l’armée des Etats-Unis, situé à Fort Detrick, dans le Maryland) avaient abouti en 2012 à la publication sur le site des Comptes-rendus de l’Académie nationale de sciences américaine (PNAS) de résultats sur l’effet protecteur vis-à-vis du virus Ebola d’un cocktail d’anticorps monoclonaux chez huit singes.

    Jusque-là, les scientifiques pensaient qu’il n’y avait pas d’anticorps efficaces contre le virus. Désigné à l’époque sous le nom de code « MB-003 », le cocktail avait efficacement protégé la totalité des primates auxquels il avait été administré une heure après l’infection. Le taux de protection était encore de deux tiers des animaux lorsque le MB-003 leur était injecté dans les quarante-huit heures suivant l’infection intraveineuse.

    Une étude ultérieure publiée en 2013 dans Science Translational Medicine confirmait ces résultats et montrait que 43 % des primates étaient encore protégés par une injection du MB-003 dans les 104 à 120 heures suivant le contact avec le virus Ebola.

    Pour l’instant, Mapp Biopharmaceutical indique disposer de très petites quantités de ZMapp, qui n’a pas encore fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché – faute d’essais conduits sur l’homme – par les autorités sanitaires américaines. Elle entend déployer des efforts pour en accélérer la production.

    Plus jeune que sa consœur, Kent Brantly avait initialement demandé à ce que Nancy Writebol soit injectée avant, se pensant plus à même de résister malgré neuf jours d’infection.

    Mais l’état du médecin a brutalement empiré, notamment au niveau respiratoire, et c’est bien lui qui a reçu en premier le traitement par intraveineuse. En l’espace d’une heure, son état s’améliorait considérablement, rapporte CNN . « Le lendemain matin, il était capable de prendre une douche seul avant d’embarquer dans l’avion spécialement affrété pour le ramener à Atlanta », où il est arrivé dimanche. Dans l’unité spécialisée en maladies infectieuses où il est soigné depuis, Kent Brantly a même pu marcher de nouveau.

    Ce dernier avait également été transfusé avec une poche de sang d’un adolescent de 14 ans qui a survécu à l’infection par le virus Ebola et a donc produit naturellement des anticorps contre cet agent infectieux.

    Nancy Writebol a reçu également une dose, mais l’effet observé a été moindre. Une seconde dose a toutefois permis une « amélioration significative de son état », note CNN, qui lui a permis d’être rapatriée vers les Etats-Unis lundi soir.

    On ignore encore le rôle joué par ce sérum dans l’état de santé des deux Américains, le taux de mortalité du virus variant de 20 à 90 % selon les experts.

    Certains médias américains, notamment le spécialiste médical de CNN, le docteur Sanjay Gupta, s’enthousiasment et parlent de traitement miraculeux. Une réaction excessive tant que l’efficacité du ZMapp n’aura pas été établie de manière scientifique chez l’homme.

    Cette pratique d’utiliser des « cobayes » n’a pas manqué de provoquer le débat aux Etats-Unis. « Les médecins chargés de la santé des patients ont pris une décision qui comportait des risques mais aussi des bénéfices. Le risque était moins important que le bénéfice potentiel », a résumé Anthony Fauci, directeur du NIH (National Institute of Allergy and Infectious Diseases), dans les colonnes du Washington Post.

    Aux Etats-Unis, la prise d’un médicament non autorisé par l’agence sanitaire est interdite hors essai clinique. Mais l’agence américaine du médicament (FDA) peut parfois avoir recours au « compassionate use », un dispositif qui permet de faire exception dans certains cas où la vie d’un patient est directement menacée.

    Outre les problèmes éthiques posés, principalement le risque de faire plus de mal que de bien aux malades, la question du traitement, forcément onéreux, des personnes infectées dans les pays actuellement touchés par l’épidémie se pose.

    La situation déjà problématique des perceptions locales plutôt négatives à l’égard des interventions des organisations humanitaires étrangères va également entrer en ligne de compte.