• L’État dépassé par le développement de la #délinquance_financière
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-etat-depasse-par-le-developpement-de-la-delinquance-financiere-20190328

    Dans ce contexte, la baisse des moyens alloués à ce combat se fait durement sentir. La Direction générale des #finances_publiques (#DGFIP) a notamment dû faire face à une diminution de ses #effectifs de 12% entre 2012 et 2016, et les différentes agences impliquées souffrent parallèlement d’un sous-investissement, par exemple dans leurs systèmes d’information, datés. La détérioration des conditions de travail a plusieurs effets néfastes, sur le court terme comme sur le long terme. Aujourd’hui, la « filière ‘écofi’ est en crise », les enquêtes sont trop longues, la justice trop lente et les recouvrements baissent, faute de #personnel.

    [...]

    « La politique publique risque la thrombose », avertissent les deux élus, qui formulent donc vingt-cinq propositions pour rattraper le retard pris dans la lutte contre la délinquance financière. Si certaines sont relativement simples à mettre en place, comme le renforcement des « effectifs des services de police spécialisés » ou du parquet national financier, d’autres sont de véritables casse-têtes, et nécessitent de profondes réorganisations. Le rapport recommande notamment de préciser les contours des missions de certaines institutions, comme l’Agence française #anticorruption, et conseille vivement de simplifier le dispositif en place, trop lourd et inefficace.

    Sans ces modifications, ainsi qu’une véritable « politique interministérielle de lutte contre la #délinquance_économique et financière », reposant par exemple sur la création d’un délégué interministériel chargé de ce dossier, l’engorgement des différents canaux ne pourra qu’empirer. « Quand on voit les sommes en jeu, la faiblesse des #moyens alloués en dépit de la rentabilité de l’action des services, on peut s’interroger ! », s’est exclamé l’insoumis Ugo Bernalicis sur Twitter, évaluant le manque à gagner pour l’État « entre 8 et 10 milliards d’euros ».

  • Dunkerque : la gratuité totale des bus (qui démarre ce week-end) en 5 questions Youssrah Mahadali - 31 Aout 2018 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/dunkerque/dunkerque-gratuite-totale-bus-qui-demarre-ce-week-end-5

    C’est bientôt l’heure du grand changement, pour les transports en commun de l’agglomération de Dunkerque. Tout le réseau devient gratuit 
    pour tous dès ce samedi, en plus d’un renouvellement des lignes et équipements.

    Depuis septembre 2015, les bus de l’agglomération dunkerquoise sont gratuits le week-end. A partir de ce week-end, ils le seront tout le temps, et pour tout le monde. C’était l’une des promesses qui a permis, contre toute attente, à Patrice_Vergriete de l’emporter aux élections municipales, en 2014, avec 30 points d’avance sur le maire socialiste sortant.

    Pour cet ancien directeur d’agence d’urbanisme, la gratuité des transports publics « ne devait plus être un tabou », mais une manière"de faire de la politique autrement, concrètement". Mais pourquoi ce choix, et comment est-ce possible ? On va essayer de vous éclairer. 

    1. Pourquoi les transports sont désormais gratuits à Dunkerque ?
    C’est pour le maire Divers Gauche de Dunkerque, un "véritable choix politique" nourri par plusieurs arguments. Écologique d’abord, car il permet aux usagers de privilégier des modes de transports autres que la voiture. Économique, ensuite. "Généralement, on fait baisser les impôts locaux quand on veut aider le pouvoir d’achat, et ce sont les plus riches qui en profitent", détaille le maire.

    Cet élu de 48 ans voit cette mesure comme un « choc psychologique et social », dans une agglomération où les bus n’étaient utilisés que pour 4,7 % des déplacements. Il estime qu’il fallait « changer l’image d’une ville marquée par la pauvreté et incapable de se projeter dans l’avenir », également président de cette communauté urbaine de dix-sept communes et 200 000 habitants, il souhaite redonner vie à la mobilité dans ces communes. 

    2. Le transport gratuit, combien ça coûte ? 
    La communauté urbaine assure qu’il n’y aura pas de hausse d’impôt pour compenser cette mesure. La vente de titres de transport représentait 10% des coût du transport de DK’bus et 2% du budget de la communauté urbaine en 2017. Un manque à gagner de 4,5 millions d’euros.

    « C’est un choix politique, explique Patrice Vergriete. Dans le même temps, on a annulé le projet d’une nouvelle Arena défendue par l’ancien maire ». Un projet qui a permis de débloquer 60 millions d’euros pour des travaux d’aménagements du réseau qui datait des années 1970.

    Le service est déjà financé par un versement transport, une taxe de 1,55% sur les entreprises pour financer le réseau de transports et qui génère entre 6 et 7 millions d’euros. Pas besoin donc d’une hausse d’impôts.

    « On garde le versement transport. Cela va servir au fonctionnement du réseau et permet son aménagement », explique à L’Express Patrice Vergriete. « Il n’y pas d’impact sur la fiscalité, ni au niveau des entreprises, ni pour les ménages. » 

    Dunkerque n’est pas la seule ville à passer à la gratuité des transports publics. Dans l’agglomération de Compiègne, les bus sont gratuits depuis 1975. Là aussi, ce sont les entreprises qui paient : le versement transport provient de celles de plus de onze salariés et rapporte 5,3 millions d’euros, selon Le Monde. Cela couvre quasiment la totalité des coûts de la gratuité des bus, soit 5,7 millions d’euros. 

     
    3. Le réseau de bus a-t-il été adapté ?
    Un nouveau réseau plus efficace grâce à ses cinq nouvelles lignes dites « Chrono » avec une fréquence de 10 mn entre 7 et 19h. Mais aussi par des aménagements de la voirie (site dédié aux bus) et la priorité donnée aux bus dans les carrefours importants qui vont accroître la performance du réseau.
     
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    120 bus dont 40 tout nouveaux circuleront à la rentrée scolaire contre une centaine actuellement. Et ces nouveaux équipements derniers cris annoncés (nouveau mobilier urbain, multiplication de ports USB et installation de Wi-fi, nouveaux véhicules électriques…)

     
    4. Gratuité : quels avantages ? Quels inconvénients ?
    A Dunkerque, l’enjeu du bus gratuit est de lutter contre une désertification du centre-ville, difficile à contrer à l’heure où tout se vit dans les zones commerciales de périphérie mais également faciliter la mobilité de la population. Autour de la place Jean-Bart, on ne compte plus les locaux commerciaux vides et les panneaux « à louer ».

    Le retour des jeunes vers ce centre déserté est une aubaine le week-end. Patrice Vergriete s’inscrit dans une logique d’accessibilité : "Il faut que tout le monde puisse accéder à la ville, même sans avoir de voiture." Il rappelle que dans certaines communes de l’agglomération, près d’un tiers des ménages ne possède pas de voiture. La gratuité des transports leur permettra donc d’avoir accès à l’emploi et aux loisirs plus aisément. 

    https://www.youtube.com/watch?v=AA4qq3rkcFE

     Des critiques récurrentes pointent notamment le risque de voir le réseau se détériorer faute de financement suffisant. Les demandes des associations d’usagers portent d’ailleurs plus sur la qualité du réseau que sur une baisse du prix du billet.
    Pour répondre à ces attaques, l’agglomération dunkerquoise a décidé d’une vaste réorganisation de son réseau, jugé « injuste, vétuste et pas fiable » par le maire de Dunkerque. Le budget a été adapté en conséquence.

    Tous les chauffeurs ne sont pourtant pas convaincus par ces bouleversements profonds à venir. L’un d’entre eux, qui travaille à DK’Bus depuis sept ans, dit craindre « un changement dans la relation avec les clients ». Les employés de DK’bus craignent le changement de comportement des usagers au sein des bus dû à la gratuité des transports. 

    Selon le rapport du cabinet VIGS, les actes d’incivilités ont pourtant baissé de 59% depuis septembre 2015, grâce notamment à une plus grande mixité sociale et une féminisation de la clientèle. 

    5. Et à Lille, un jour, les transports gratuits ? 
    En se disant favorable à une étude sur la gratuité des transports en commun parisiens, Anne Hidalgo, maire de la capitale, a remis la machine en marche. Et rendu espoir aux (rares) partisans d’un service public de la mobilité en accès libre. Mais l’idée a du mal à se frayer un chemin dans la métropole lilloise. 

    La gratuité ? Une chimère, aux yeux du président de la MEL. Damien_Castelain balaie d’un revers de main une idée réputée infinançable, sauf à affoler le compteur des impôts pour compenser les 91 millions d’euros de recettes évaporées.

    En 2016, le financement des transports en commun sur Lille équivaut à 95 millions d’euros de recette pour la vente des titres de transports, 202 millions d’euros de subvention de la MEL : le contribuable paye 68% du prix du billet.

    #Dunkerque #transport #transports #mobilité #gratuité #économie #haut-de-france

  • ÉCONOMIE • De la #fausse-monnaie #anticorruption | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/breve/2013/12/17/de-la-fausse-monnaie-anticorruption

    Qui a dit que le meilleur moyen de combattre la corruption était d’arrêter de donner de l’argent ? "Une monnaie dénuée de valeur n’est pas nécessairement inutile", affirme The Economist dans son article : « Petit changement dans la lutte contre la corruption ». En effet, l’Inde a inventé un drôle de stratagème : le « zéro roupie », qui crée un effet de mode dans d’autres pays. L’objectif ? Continuer à corrompre mais par le biais d’une fausse monnaie, le zéro roupie, pour désamorcer le processus de corruption en place.

    L’idée plaît à des militants en Argentine, au Népal, au Mexique et au Bénin. La Malaisie est déjà en train d’élaborer un projet similaire, d’après The Economist. Au Yémen, où la corruption fait rage, ce genre de monnaie sera lancé dès 2014. L’hebdomadaire évoque, par ailleurs, le risque de représailles que cette campagne est en mesure de générer dans les pays où la corruption se fait sous la menace d’une arme. Cette stratégie n’en resterait pas moins efficace pour changer les mentalités, d’après Shaazka Beyerle, une spécialiste des manifestations de résistance civile.