• L’attente
    Dimitris Alexakis - Ou la vie sauvage

    Cinq ans de procédure, de collecte minutieuse de témoignages, de preuves et de mobilisations quotidiennes pour que le lien entre salle d’audience et société ne soit pas rompu mais demeure riche et vivant ; plus de 20 ans de crimes — et une victoire, hier : la condamnation du parti néo-nazi Aube Dorée, à Athènes, reconnu comme une organisation criminelle.

    La géographie de la terreur répandue par Aube Dorée pendant les « années de crise » se confond presque avec celle de votre quartier. Cette rue est celle au bout de laquelle ils s’étaient mis à quatre contre un immigré pakistanais, à coups de chaînes. Ce tunnel au-dessous de la station Attikí est celui où un des leurs avait poignardé un jeune homme à la peau sombre. Le jeune homme s’était effondré contre le carrelage et avait lancé un cri, quelqu’un avait filmé la scène de loin sur son portable, à l’autre bout du tunnel un homme en uniforme était demeuré immobile.
    Cette place — où se trouve une des aires de jeux préférées de ta fille — était « leur place ».

    https://oulaviesauvage.blog/2020/10/08/lattente

    #Grèce #procès #aube_dorée #antifascisme #extrême_droite #mafia #athènes #jailgoldendawn #terreur #victoire

    • ... il est 11 heures 22, c’est le 454e jour du procès, tu ne penses plus à rien, l’imminence du verdict et l’angoisse annihilent provisoirement tout ce que tu peux conserver de souvenirs de cette lutte et de cette histoire-là — 5 ans de procès, de collecte minutieuse de témoignages, de preuves et de mobilisations quotidiennes pour que le lien entre salle d’audience et société ne soit pas rompu mais demeure riche et vivant ; plus de 20 ans de crimes, d’opérations commando contre migrants et opposants, de terreur, de malversations mafieuses, d’impunité largement imputable au parti aujourd’hui au pouvoir et de collusion entre néo-nazis et services, commissariats de quartier, dirigeants politiques, journalistes — ta mémoire est comme paralysée, seul compte l’instant d’après, qui n’est pas encore là.

    • Le verdict final (incarcération immédiate de la presque totalité des prévenus, appel suspensif pour 12 d’entre eux seulement, notamment au motif du "jeune âge") est tombé hier après quelques journées d’audiences tumultueuses, qui ont notamment vu la procureure, représentante de l’État selon le droit pénal grec (calqué sur le droit français) réclamer pour tous les prévenus (à l’exception de l’assassin de Pavlos Fyssas, condamné à perpétuité) la liberté jusqu’au jugement d’appel. La partie civile du mouvement antifasciste, qui représentait lors de ce procès les pêcheurs égyptiens, a publiquement accusé (hors tribunal) la procureure de collusion avec le parti néonazi ; la question centrale de l’implication de membres et secteurs de l’appareil d’État dans le soutien à Aube Dorée a ainsi été portée à jour à un moment crucial. Le pari pouvait sembler risqué mais était parfaitement cohérent avec la démarche suivie depuis le début par ce collectif d’avocats : faire constamment le lien entre salle d’audience et mouvement politique, tribunal et société. La présidente du tribunal a le lendemain choisi de suivre sur ce point la partie civile - plutôt que les avocats d’Aube Dorée qui réclamaient des mesures disciplinaires contre les avocats des victimes (et en particulier contre Thanasis Kampagiannis). La procureure a été sommée de revoir sa copie, de revenir sur sa réclamation initiale et, en fait, sur les mensonges flagrants que ses réclamations contenaient. C’est une victoire réaffirmée, après le premier jugement du 7 octobre reconnaissant Aube Dorée comme une organisation criminelle. L’aboutissement d’une stratégie de long cours débutée au milieu des années 90 à l’initiative du mouvement antifasciste, stratégie qui a en partie constitué à porter systématiquement plainte contre les auteurs de violences du parti néonazi grec (lequel, prenant là pour modèle le parti nazi lui-même, a développé en parallèle à sa présence parlementaire des groupes chargés de semer la terreur dans les rues). Le processus ne s’est pas achevé hier (un des dirigeants de l’organisation est notamment en fuite, en tous cas "introuvable", malgré le "dispositif policier exceptionnel" que les autorités grecques sont censées avoir déployé depuis des jours...), les audiences reprendront pour l’appel, mais une victoire a été obtenue, à la fois juridique, politique et symbolique. La presse aux ordres paraissait hier soir sidérée, sonnée presque.

      “How Do You Fight the Devil With a Lawyer ?” (Max Romeo)

  • Marzocchi, un géant de l’anarchisme, PAR SYLVAIN BOULOUQUE | L’OURS
    https://www.lours.org/marzocchi-un-geant-de-lanarchisme

    Marzocchi, un géant de l’anarchisme, PAR SYLVAIN BOULOUQUE

    Cette biographie d’Umberto Marzocchi offre une véritable traversée du XXe siècle au sein du mouvement libertaire international. A propos de : Giorgio Sacchetti, Umberto Marzocchi 1900-1986. Sans frontière, Les éditions libertaires, 2020, 306 p., 15 €

    L’étude consacrée à ce militant anarchiste d’origine italienne est passionnante et à la hauteur du biographié. Né à Florence en 1900, Umberto Marzocchi adhère à l’Union syndicale italienne – l’équivalent de la CNT – en 1917. L’espoir révolutionnaire et insurrectionnel du bienno rosso (les « deux années rouges ») de 1919-1920 s’effondre face à la montée du fascisme. Pour le contrer, Umberto Marzocchi participe aux groupes antifascistes les Arditi del Popolo, et tente une nouvelle insurrection qui est un nouvel échec. Pourchassé, contraint à l’exil, il s’installe en France. S’il s’intéresse aux débats sur les formes et l’organisation du mouvement libertaire, son action principale se tourne vers l’œuvre de solidarité et d’entraide envers les réfugiés transalpins.

    Antifasciste
    L’antifascisme chevillé à l’âme et au corps, Marzocchi tente avec les frères Rosselli de créer de nouveaux groupements avant de partir se battre en Espagne où il participe à la fondation de la centurie de la colonne Durruti. Entre les combats, il croise George Orwell fin 1936, en témoigne une photo parue dans la revue Ahora. Amer, Marzocchi constate l’élimination des anti-staliniens, Andrès Nin, et surtout de Camilio Berneri et Francesco Barberi, reçue comme véritable coup de massue par les antifascistes libertaires italiens. Il revient en France avant la Retirada, puis, après avoir combattu dans la légion étrangère, plonge dans la Résistance en participant aux maquis.

    Après 25 ans d’exil et de combats, il refranchit les Alpes en 1945 et reconstruit le mouvement libertaire italien, dans lequel il joue un rôle pionnier, aidant à sa structuration à la fois comme animateur, orateur et homme de plume. Il y défend le principe d’un anarchisme organisé, indépendant des puissances et des blocs. Organisateur infatigable, il rassemble dans les années 1960 les anarchistes de par le monde lors de nombreux congrès. L’un d’entre eux est resté particulièrement célèbre, tenu à Carrare en 1968, où il renvoya Daniel Cohn-Bendit, qui accusait les libertaires cubains d’être des agents de la CIA, à ses chères études. À l’image de la situation italienne, Marzocchi refusait le verbiage marxisant des jeunes militants préférant la clarté de l’expression libertaire tout en dénonçant la violence d’État, comme lors de la « mort accidentelle » de l’anarchiste Giuseppe Pinelli.

    Transmettre
    L’espoir soulevé par la fin du franquisme le fait se rendre en Espagne en 1977 où il est arrêté et emprisonné pour participation à une réunion anarchiste clandestine… Libéré, il reprend son activité de militant en Italie et en Europe, où il transmet le flambeau aux jeunes générations. Les auteurs et éditeurs des versions française et italienne de cette biographie se sentent un peu ses héritiers, façonnés par la rencontre avec ce géant de l’anarchisme, d’une culture, d’une modestie et d’une gentillesse peu communes, un militant peu ordinaire.

    Sylvain Boulouque

    #Marzocchi #anarchisme #antifascisme #média #édition #anarchie

  • Brésil : le gouvernement de Bolsonaro fiche les « antifascistes »
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20200730-br%C3%A9sil-barbouzes-bolsonaro-antifascistes

    Trois personnalités ont également été fichées, dont un sociologue qui fut membre du gouvernement Lula, Luiz Eduardo Soares. Ce dernier évoque « un attentat contre la démocratie ». Autre personnalité visée, Paulo Sergio Pinheiro, président de la commission internationale de l’ONU sur la Syrie, également membre fondateur de la Commission Arns, groupe de défense des droits de l’Homme au Brésil. « Je suis très surpris, a-t-il réagi au micro de RFI, parce que je n’ai aucune activité secrète. Quelle est cette accusation ? Je trouve ça très fantaisiste et très bizarre. »

  • Au Brésil, Jair Bolsonaro reçoit une livraison d’antifascisme
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/07/10/au-bresil-jair-bolsonaro-recoit-une-livraison-d-antifascisme_6045846_4500055


    Une manifestation de « livreurs anitifascistes » le 1er juillet à Rio. Ces travailleurs précaires dénoncent le manque de protection face à l’épidémie de Covid-19. Ricardo Moraes/Reuters

    Né à Sao Paulo, le mouvement des « livreurs antifascistes » dénonce les conditions dans lesquelles ces coursiers travaillent et l’ubérisation forcée de la société brésilienne.
    Par Bruno Meyerfeld

    Sur le logo, on peut voir un jeune homme à casquette pédalant sur son vélo, sac à dos isotherme sur le dos et poing levé vers le ciel. Le nom du groupe Instagram s’affiche en portugais, lettres blanches et majuscules sur fond noir : « Entregadores Antifascistas » (livreurs antifascistes). Mercredi 1er juillet, répondant entre autres à l’appel du collectif « antifa », de nombreux coursiers, travaillant pour les ­principales applications mobiles de livraison, se sont mis grève un peu partout au Brésil. À Sao Paulo, plus d’un millier de livreurs ont défilé à moto, dans une impressionnante et bruyante démonstration de force, protestant contre la dégradation de leurs conditions de travail.
    Revenus de misère, journées épuisantes de douze à quatorze heures, absence d’assurance maladie, système de notation opaque… les griefs des entregadores sont nombreux. Selon une étude publiée par l’association Aliança Bike, un livreur à vélo travaillant 7 jours sur 7 peut espérer gagner un salaire mensuel de seulement 992 reais (165 euros environ), soit moins que le salaire minimum (171 euros). Une situation aggravée par la pandémie : dans un secteur saturé, dominé par trois entreprises (iFood, Uber Eats et Rappi), près de 60 % des coursiers disent avoir récemment observé une baisse de leurs revenus depuis l’arrivée du Covid-19.

    Travailleurs précaires et antifascistes, même combat

    Face à la situation, Jair Bolsonaro, soutenu par son ultralibéral ministre de l’économie, Paulo Guedes, reste passif, préférant soigner ses relations avec les chefs d’entreprise et applaudir à l’ubérisation en marche de la société brésilienne. « Les applications mobiles de livraison ont trouvé au Brésil un terrain politique et économique fertile », note Selma Venco, sociologue du travail à l’université de Campinas (Unicamp). « Avec la crise, beaucoup de gens désespérés sont prêts à travailler à n’importe quel prix, dans des conditions très dures, juste pour survivre. Plus largement, le Brésil est un pays où le secteur informel est très fort [représentant 41,4 % des travailleurs] et où l’État social est historiquement très faible », constate la chercheuse.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’« ubérisation » est attaquée en France, mais aussi aux Etats-Unis et au Royaume-Uni
    D’accord. Mais que vient donc faire l’« antifascisme » dans tout ça ? « Ce mouvement, c’est aussi une protestation générale contre Jair Bolsonaro, qui est un fasciste. Il est l’incarnation de l’idéologie des applications mobiles et de l’ubérisation. Il est à fond derrière elles et travaille pour la destruction des droits sociaux ! », tonne Paulo Lima, 31 ans, coursier à Sao Paulo, fan de rap et de Malcolm X et charismatique leader des « livreurs antifas ».

    « Ce mouvement n’est que le début d’un front plus large. Le fascisme confisque le pouvoir aux travailleurs et aux citoyens. On doit tous manifester pour faire valoir nos droits », argumente-t-il. Dans le Brésil de 2020, où le climat politique rappelle celui des années 1930, l’antifascisme est une bannière porteuse pour mobiliser en masse. Parti de Sao Paulo, le mouvement des livreurs antifas s’est diffusé dans tout le pays, de Rio au Nordeste, réunissant un peu partout des groupes de coursiers surconnectés, coordonnant leur mobilisation par WhatsApp. Les vidéos de Paulo Lima, où il discourt avec son sac de livraison sur le dos, ont été visionnées par des dizaines de milliers d’internautes, et sa pétition en ligne a reçu plus de 368 000 signatures.

    Kits sanitaires contre le coronavirus

    Mais les coursiers sont loin d’être les seuls à se réclamer de l’antifascisme. Jair Bolsonaro a menacé le pays à plusieurs reprises d’un coup de force et l’inquiétude gagne une bonne partie de la société brésilienne, craignant l’avènement d’une nouvelle dictature militaire d’extrême droite. Récemment, des dizaines de groupes « antifas » ont ainsi surgi en ligne : supporteurs de foot antifas, journalistes antifas, cinéastes antifas, favelas antifas, végans antifas, étudiants antifas, rockeurs, boxeur ou danseur antifas… et même fans de Star Wars antifas.

    Preuve que la situation est grave, les acteurs traditionnels se mobilisent aussi. Plusieurs initiatives en défense de la démocratie ont été lancées, dont un texte en ligne titré « Estamos Juntos » (« Nous sommes ensemble »), signé par l’ancien président Fernando Henrique Cardoso, l’ex-candidat de gauche Fernando Haddad (du Parti des travailleurs), le chanteur Caetano Veloso ou encore l’écrivain Paulo Coelho.

    De son côté, la Folha de S. Paulo, quotidien de référence du pays, a lancé fin juin une grande campagne en faveur de la démocratie, avec articles, sondages et cours en ligne sur la dictature à destination des plus jeunes. La Folha est allée jusqu’à changer sa devise, devenant désormais « un journal au service de la démocratie ».

    Du côté des livreurs, l’« antifascisme » a donc permis de mobiliser large et la lutte commence à payer : depuis le 11 juin, un arrêté des autorités de l’État de Sao Paulo force enfin les applications de livraison à fournir aux livreurs des kits sanitaires contre le coronavirus. « Ce n’est qu’un début ! », prédit le livreur Paulo Lima. « On va montrer que les entreprises ont besoin des travailleurs et que, sans nous, elles ne peuvent pas faire d’argent. »

    #livreurs #commerce #logisitique #précaires #antifasciste

  • Lydia Chagoll, rebelle
    https://www.solidaire.org/articles/lydia-chagoll-rebelle
    https://leblognotesdehugueslepaige.be/lydia-chagoll-rebelle)

    Témoin et actrice, victime et combattante : Lydia Chagoll a traversé les tragédies du XXe siècle avec une détermination qui ne l’a jamais quittée jusqu’à son dernier souffle le 23 juin dernier.

    Elle était née en Hollande en 1931, dans une famille juive dont le père est un journaliste antifasciste. En 1940, lors de la débâcle, Lydia passe en Belgique avant de se réfugier dans les Indes néerlandaises où elle passera trois ans dans différents camps de concentration japonais jusqu’en 1945 alors qu’une grande partie de sa famille est gazée à Sobibor. Expérience évidemment fondatrice qui alimentera à la fois ses inlassables combats antifascistes et antiracistes et sa lutte pour les droits des enfants.[1] Par ses films et par ses livres, mais aussi par les visites qu’elle guide à Auschwitz[2], Lydia Chagoll consacre une grande partie de sa vie à la mémoire de la Shoah, mais aussi à celle de la déportation et du génocide des Roms et Sinti (« Tsiganes »)[3]. Elle sera aussi — et en même temps —, comme juive disait-elle, une ardente combattante pour les droits des Palestiniens. Ce qui lui vaudra les foudres d’une partie de sa communauté d’origine. Au lendemain de la guerre, la première partie de la vie professionnelle de Lydia Chagoll est consacrée à la danse. Elle est danseuse et chorégraphe et fonde sa propre troupe. Déjà, elle écrit sur la danse avec ce souci d’intégrer la réflexion et les interrogations sur la création artistique.

    En 1974, sa rencontre avec le cinéaste Frans Buyens (1924-2004)[4] constitue le tournant de sa vie. Lydia et Frans vont constituer un couple exceptionnel par la force de leur amour et la richesse de leur complicité créatrice et politique. Ils ne sont pas fusionnels, mais égalitaires en discussion permanente dans l’écoute respectueuse, mais sans concession de l’apport de chacun. e. Frans est déjà un cinéaste reconnu. Journaliste, écrivain, pamphlétaire et réalisateur autodidacte. Il a réalisé le seul film consacré aux grèves 60-61 (Combattre pour nos droits). « Je suis un cinéaste idéologue », disait Frans qui réalise de nombreux documentaires politiques, mais aussi artistiques, avec notamment deux films essentiels consacrés à Frans Masereel sans oublier plusieurs films de fiction dont le très beau récit autobiographique consacré à la mort de sa mère par euthanasie (Minder dood dan de anderen (Moins morte que les autres, 1992[5]).

    À partir de 1974 et jusqu’à la mort de Frans, le couple va réaliser ensemble 31 films. L’œuvre est immense. On ne retiendra ici que la somme emblématique consacrée à l’histoire du nazisme et à la mémoire de ceux qui l’affrontèrent : 540 minutes, 9 films dont 4 sur l’histoire proprement dite et 5 films constitués de témoignages de survivants et de combattants. La forme est rigoureuse, radicale, inventive. Des plans fixes [iconographie du nazisme] pour l’histoire, des entretiens face caméra, avec trois dimensions de plans, sur le même fond teinté de couleurs différentes selon les époques. Le titre du film est essentiel : « Savoir Pourquoi »[6]. Les deux mots donnent tout leur sens au film. Il s’agit bien d’aller aux racines du nazisme qui n’est pas un accident de l’histoire ni un simple dévoiement du nationalisme, mais le fruit d’un système d’exploitation. Il s’agit aussi d’armer les générations futures contre le retour de ce mal absolu. « Savoir Pourquoi » fait œuvre de connaissance et de réflexion, mais ne verse pas dans le pédagogisme élémentaire. Le travail sur le rapport entre la voix et l’image est sans nul doute fondamental pour créer la distanciation que Chagoll et Buyens recherchaient.

    Ayant eu la chance de travailler quelques fois avec eux, je me rappelle ici de cette exigence sur l’utilisation de la voix — et donc du texte —. Alors que je faisais une des « voix off » du film, je me souviens avoir passé des dizaines d’heures en studio avec eux. Débats politiques passionnants et parfois heurtés sur le texte lui-même, mais surtout difficulté d’affronter au mieux leurs choix techniques et artistiques. Contrairement à l’usage, le couple refusait que l’on voie les images que nous commentions. On enregistrait le texte « à blanc » pour ne pas se laisser porter — ou déformer — par l’émotion qu’un plan pouvait engendrer. Ils nous faisaient travailler sur le sens du texte et en exigeant une discipline vocale sans faille. Le résultat en était étonnant : après mixage, l’émotion n’était pas absente, mais surtout « on savait pourquoi »…                                  

    L’œuvre Chagoll-Buyens est tout entière dans cette démarche intellectuelle et cette écriture cinématographique. Elle a marqué de son empreinte l’histoire du documentaire en Belgique. Paradoxalement leur cinéma salué dans de très nombreux festivals internationaux n’a jamais obtenu la reconnaissance qu’il méritait dans leur propre pays.

    Trente et un films communs, après la mort de Frans, en 2004, Lydia achèvera seule le 32e qui était une autobiographie croisée [Duo Portrait, 2006] et qui illustre superbement leur parcours généreux et rebelle.

    Il y a un peu plus d’un an, je présentais avec Lydia son dernier film « Félix Nussbaum », portrait du peintre mort à Auschwitz et dont l’œuvre oubliée sera redécouverte après la guerre. Dans cette biographie à la fois empathique et rigoureuse, Lydia fait revivre — et découvrir — une peinture marquée par l’émotion et l’histoire. Après la projection, autour d’un verre, on a refait le monde comme toujours en associant le souvenir de Frans. À la fin de notre longue conversation, Lydia, pourtant fatiguée et malade, mais requinquée par la projection et la réaction du public m’a dit « Eh bien Huge — c’est ainsi qu’elle prononçait — je pense que je vais encore en faire un… ». Elle avait alors 88 ans. Lydia, éternelle combattante.

    (article paru sur le Blog de Hugues Le Paige : https://leblognotesdehugueslepaige.be/lydia-chagoll-rebelle)
    [1] « Au Nom du Führer » ( 1977) : documentaire sur l’enfant aryen et « non aryen » sous le régime nazi et » La petite peau blanche devait courber la tête devant l’empereur Hirohito » (2003) d’après son propre récit autobiographique.
    [2] En collaboration avec la Fondation Auschwitz : voir https://auschwitz.be/fr/accueil/agenda/deces-de-lydia-chagoll-23-juin-2020
    [3] « Ma Bister », 2014
    [4] Voir mon article consacré à Frans Buyens dans la revue Politique : https://www.revuepolitique.be/des-hommes-contre
    [5] Ce sera le premier film belge consacré à la question de l’euthanasie
    [6] Coproduit par Image Création avec la participation de la RTBF ( une autre époque…), ces films sont aussi à la disposition du service public qui peut donc les rediffuser à sa meilleure convenance… On ne doute pas qu’un hommage sera ainsi rendu à Lydia Chagoll et à Frans Buyens.

    #Femme #combat #cinéma #documentaire #combat #antifacisme #antiracisme #Shoah #déportation #couple #Frans_Masereel #Histoire #social

  • « Ça nous dépasse et c’est ce qu’on veut » : comment le comité Adama a réussi une mobilisation surprise contre les violences policières, Abel Mestre et Louise Couvelaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/08/justice-pour-adama-histoire-d-une-mobilisation_6042118_3224.html


    Assa Traore, la sœur d’Adama Traore, lors de la manifestation du 2 juin devant le tribunal judiciaire de Paris. Michel Euler / AP

    Le 2 juin, au moins 20 000 personnes manifestaient à Paris, à l’appel du comité La Vérité pour Adama Traoré, mort en 2016 après une interpellation par les gendarmes. Jeunes des quartiers, « gilets jaunes », lycéens : l’ampleur du rassemblement a pris tout le monde de court.

    Les jeunes des quartiers « qui ne se mobilisent jamais », des personnalités « qu’on avait jamais vues avant », des « gilets jaunes » « qui n’imaginaient pas avoir des points communs avec cette lutte », des lycéens militants du climat « qui veulent que le monde change », des Blancs plus aisés aussi « qui commencent à comprendre qu’ils ont leur part dans ce combat ». Ils étaient tous là, le mardi 2 juin, devant le tribunal judiciaire de Paris, pour faire entendre leur voix et leur colère face aux violences policières, à l’appel du comité La Vérité pour Adama, ce jeune homme de 24 ans mort sur le sol de la caserne de Persan (Val-d’Oise) en juillet 2016, après une interpellation musclée par les gendarmes. 20 000, selon la Préfecture de police, au moins 60 000, selon les organisateurs.

    Sa sœur, Assa Traoré, ne s’y attendait pas. Ni les militants aguerris qui l’entourent. « Cette mobilisation marque une rupture générationnelle, analyse Almamy Kanouté, du comité Adama. Ils sont jeunes, voire très jeunes. » Personne n’avait vu venir l’ampleur de la mobilisation, qui s’est poursuivie ce week-end dans plusieurs villes de France. Un peu plus de 23 000 personnes au total se sont rassemblées à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux…

    « Conscientisation accélérée »

    Dans les rangs des militants, on parle d’une conjonction d’événements participant à une « conscientisation accélérée » sur le sujet d’une génération – celle qui marche aussi pour le climat – qui ne craint pas de renverser les normes, d’une « coïncidence parfaite » après des décennies de lutte contre le racisme et quatre années de combat du comité Adama, une machine de guerre qui ne s’essouffle pas, bien au contraire.

    Sans QG ni financements pérennes, mis à part la vente de tee-shirts, c’est dans le Val-de-Marne, dans le salon d’Assa Traoré, que tout se passe et se pense, autour d’un grand canapé en cuir noir qui mange la moitié de la pièce.
    « Justice pour Adama », c’est avant tout un combat pour la vérité sur la mort d’Adama Traoré ; c’est une procédure judiciaire à rebondissements, jalonnée d’expertises et de contre-expertises médicales ; c’est un visage, celui d’Assa Traoré, la grande sœur charismatique, figure de proue de la lutte contre les violences policières ; c’est, en coulisses, un comité qui œuvre pour multiplier ses actions dans les quartiers populaires, faire tourner sa propre plate-forme d’informations sur les réseaux sociaux et construire des alliances stratégiques avec des organisations de la gauche extra-parlementaire.

    Depuis le 2 juin, c’est un slogan, un cri de colère et de ralliement, la version française du mouvement de protestations planétaire né aux Etats-Unis le 25 mai, jour de la mort – filmée – de George Floyd, afro-américain de 46 ans, lors de son interpellation par un policier blanc. « Justice pour Adama », c’est la traduction de ses derniers mots, « I can’t breathe » (« Je ne peux pas respirer »), qui s’affichent dans toutes les manifestations. « Ce sont aussi ceux que mon frère a prononcés avant de mourir », martèle Assa Traoré. L’onde de choc mondiale provoquée par les images de la mort de George Floyd et la vague Black Lives Matter « a mis une claque à la planète » , dit-elle. Et trouvé un écho en France.

    « Adama » est partout

    Le confinement et la succession d’histoires de violences policières pendant cette période ont « créé une indignation qui s’est propagée sur les réseaux sociaux pendant des semaines », a observé Massy Badji, 37 ans, entrepreneur social à Châtillon (Hauts-de-Seine) et professeur dans un lycée pro. « Après tout ça, je ne pouvais plus rester derrière mon écran d’ordinateur sans rien faire », raconte Saly, la vingtaine, gestionnaire dans une entreprise des Hauts-de-Seine. Le 2 juin, elle est allée manifester pour la première fois de sa vie. Pour George Floyd et pour Adama Traoré, dont elle connaissait « évidemment ! » l’histoire.

    Cela fait quatre ans que la grande sœur d’Adama scande et impose le prénom de son petit frère, « partout où il y a de l’injustice, de l’inégalité et de la répression », explique Assa Traoré, qui refuse de parler de « convergence des luttes ». « Chacun garde sa spécificité, mais on peut faire alliance, être là les uns pour les autres quand il faut. » « Adama » est partout.

    On l’a vu se battre aux côtés des agents de nettoyage des gares ; défiler avec des cheminots du syndicat SUD-Rail pendant les manifestations des « gilets jaunes » en décembre 2018 ; rejoindre les jeunes de Youth for Climate en septembre 2019 ; occuper un centre commercial avec les écologistes du mouvement Extinction Rebellion (XR) un mois plus tard et apporter son soutien au collectif contre l’enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse).
    Le comité est surtout, de toutes les manifestations et marches blanches contre les violences policières. Et, plus discrètement, dans les quartiers populaires de France. Cela fait trois ans que, avec les membres du comité Adama, Assa Traoré arpente les cités du pays pour « discuter avec les jeunes ».

    « La voix des quartiers »

    Symbole le plus connu en France de la lutte contre les violences policières, « Justice pour Adama » devient aussi celui d’un combat, « la voix des quartiers » contre « le racisme, les discriminations et les inégalités », et occupe le vide laissé par les organisations antiracistes traditionnelles des années 1980 [Pas bravo Le Monde : SOS race a été crée par le PS pour faire le vide là où de nombreuses formes d’auto-organisation des premiers concernés se développaient...] Aussi bien SOS-Racisme que le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) sont en perte de vitesse depuis plusieurs années. « Le comité Adama est devenu un point d’accroche pour la communauté noire, pour les Arabes aussi, pour tous ceux qui n’avaient plus d’organisation ou de figure à laquelle se raccrocher », commente Assa Traoré.

    Conscient d’avoir un rôle politique à jouer pour construire un mouvement populaire large, il n’est pas question pour autant pour le comité d’être sous la tutelle d’un parti comme le furent à leur époque SOS-Racisme (Parti socialiste) et le MRAP (Parti communiste), malgré l’appui de plusieurs d’entre eux, comme notamment le Nouveau Parti anticapitaliste, La France insoumise et Europe Ecologie-Les Verts, ou le Parti communiste. « Personne ne pourra nous récupérer, on a appris des erreurs de nos aînés , lance Youcef Brakni, du comité Adama. Nous sommes politisés et politiques, mais au sens noble du terme. »

    Le comité accepte néanmoins le soutien d’élus à titre individuel, comme celui des députés « insoumis » Eric Coquerel et Clémentine Autain (Seine-Saint-Denis), ou la sénatrice Verte de Paris Esther Benbassa. « Eux étaient bienvenus mardi. En revanche, François Ruffin aurait été reçu autrement… », souligne Madjid Messaoudene, élu municipal sur le départ à Saint-Denis et soutien actif de longue date du comité Adama. Le député de [l’IGPN de] la Somme avait, en effet, déclaré en septembre 2017 lors d’un meeting qu’il voulait « mener l’enquête d’abord » avant de « se positionner ». Des propos qui lui sont encore reprochés aujourd’hui.

    « Le comité Adama dénonce un système, comme nous, les anticapitalistes, et comme beaucoup d’autres », explique Anasse Kazib, cheminot syndicaliste SUD-Rail, présent à toutes les marches pour Adama, organisées chaque été à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), où habitait le jeune homme.

    Soutien aux « gilets jaunes »

    C’est le cas de l’Action antifasciste Paris-banlieue (AFA). Ses militants étaient tous là mardi soir, il était même prévu qu’ils interviennent – un texte avait été écrit – mais ils ont « finalement fait la sécu ». Camille, l’un de ces antifascistes, raconte : « On est en lien avec eux depuis juillet 2016. Les ex du Mouvement de l’immigration et des banlieues [MIB] qui sont proches de nous ont joué un rôle. Et notre composition sociale et raciale fait que les choses se font naturellement. C’est une génération des quartiers populaires qui lutte avec des petits Blancs. » Les antifascistes de l’AFA estiment que ce que subissent les militants radicaux depuis les manifestations contre la loi travail en 2016 est la reproduction de ce qu’il se passe depuis des décennies dans les quartiers populaires contre « les Noirs et les Arabes ».

    Autre point de convergence : le mouvement des « gilets jaunes ». Le comité Adama a soutenu les manifestants et les antifascistes ont été de tous les « actes », participant à certains points de blocage, comme au Marché international de Rungis. « Tous les “gilets jaunes” de Rungis étaient là mardi soir », assure Camille. Pour lui, il y a un point commun entre le comité Adama, les « gilets jaunes », les zadistes ou encore le cortège de tête dans les manifestations syndicales : « Assumer l’antagonisme avec la police. » Edouard (un prénom d’emprunt), militant autonome et également « gilet jaune », abonde : « On voit que la lutte contre les violences policières et la lutte contre le gouvernement est un tout, presque une continuité. »

    En arrière-plan, c’est la lutte contre un système « de domination » qui se joue, avec des messages venus d’outre-Atlantique fondés sur le « privilège blanc ». Ils ont inondé les réseaux sociaux et particulièrement Instagram depuis la mort de George Floyd : « Muted, listen and educate yourself » (« Taisez-vous, écoutez et éduquez-vous »), pouvait-on lire sur de multiples comptes, très relayés dans les milieux artistiques et de la mode.

    « On s’inscrit complètement dans cette logique en dénonçant le racisme systémique dans la police », acquiesce Assa Traoré. « On a longtemps été parasités par le Parti des indigènes de la République qui ne représente rien et qui n’a fait que créer des polémiques, explique Youcef Brakni. Aujourd’hui, il y a un changement de paradigme, une digue est en train de sauter. »

    « Je dois être là »

    Ces événements marquent le début « d’une prise de conscience, en tant que Blanche », abonde Cloé, 31 ans, réalisatrice de fictions et de films publicitaires, à Paris. « Je croyais être très au clair sur mon antiracisme, j’avais tout faux. Le 2 juin, je me suis dit : c’est le moment, je ne dois pas parler pour eux, mais je dois être là. » Pour les militants de l’antiracisme décolonial ou politique, Cloé est une « alliée ». « L’antiracisme des alliés est une transformation radicale, analyse la sociologue Nacira Guénif, proche des milieux décoloniaux. Ils sont en train de comprendre qu’il ne faut pas faire à notre place, mais avec nous. »

    « La jeune génération a moins de réticences à se remettre en question, à questionner la norme, à utiliser des mots qui font peur aux générations précédentes, affirme Dawud, militante afro-féministe parisienne de 28 ans. Pour eux, parler de “blanc” ne pose aucun problème. »

    Comme Gabriel, lycéen parisien de 16 ans, venu manifester samedi 6 juin place de la Concorde, à Paris, qui ne veut « plus de ce monde-là », ne veut « plus laisser passer ça ». « Ça », c’est « la violence de la police » envers les minorités ; « ça », c’est « la planète qu’on saccage » ; « ce monde-là », c’est aussi « la couleur de ma peau, blanche, qui, de fait, me confère une position dominante dans la société ». « Tout ça, c’est le même combat », conclut-il.

    « Même sans nous, le mouvement continue constate, satisfait, Youcef Brakni. Le comité Adama n’était à l’origine d’aucun des appels à manifester ce week-end. « Ça ne nous appartient plus, ça nous dépasse, et c’est ce qu’on veut. A chacun de prendre part au combat. »

    Face à l’événement. La classe dominante a le droit d’être informée de ce qui la menace. On en vient à ne pas dire (trop) n’importe quoi.

    #confinement #Irruption #police #racisme #justice #violences_policières #Morts_aux_mains_de_la_police #Adama_Traoré #Recomposition_politique #Manifestation_du_2_juin_2020 #Luttes #Faire_alliance #politisation #antiracisme #Vérité_pour_Adama_Traoré #cortège_de_tête #Gilets_jaunes #antifascistes #quartiers_populaires #lycéens #banlieues #cités

    • Le comité Adama appelle à un rassemblement national massif ce samedi à Paris
      https://twitter.com/laveritepradama/status/1270074397290835976

      Notre avocat a été contacté aujourd’hui par le cabinet de Madame Nicole Belloubet, ministre de la justice, garde sceaux.

      Il lui a été proposé d’organiser une rencontre entre le garde des sceaux et la famille d’Adama Traore.

      Contrairement à ce qu’affirme certains médias, sans avoir attendu la réponse de la famille Traoré, celle-ci refuse de rencontrer la garde des sceaux pour échanger.

      Elle demande depuis quatre ans que les gendarmes entre les mains desquels est mort Adama Traoré soient convoqués devant la justice, interrogés et mis en examen.

      La famille d’Adama Traoré rappelle qu’elle attend des avancées judiciaires, et non des invitations à la discussion qui n’auraient aucune finalité procédurale.

      C’est la raison pour laquelle le comité Adama appelle à un rassemblement nationale massif ce samedi au départ de la Place de la République à 14h30.

      La conférence de presse se déroulera demain 9 juin à 12h00 49bis Rue Louis Blanc, 75010 Paris.

      Bien joué ! Accepter un tel rendez-vous c’était devenir des justiciables plus égaux d’autres hors de tout cadre juridique, rendre service au gouvernement.
      C’est exceptionnel que le leurre si terriblement efficace de la reconnaissance institutionnelle ne fonctionne pas.

    • « Il ne faut pas perdre la jeunesse » : l’Elysée craint un vent de révolte
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/06/10/il-ne-faut-pas-perdre-la-jeunesse-l-elysee-craint-un-vent-de-revolte_6042430

      Emmanuel Macron prononcera dimanche une allocution depuis l’Elysée. L’occasion pour le chef de l’Etat d’apparaître en père de la nation, alors que les manifestations se multiplient.

      [...] « On a fait vivre à la jeunesse quelque chose de terrible à travers le confinement : on a interrompu leurs études, ils ont des angoisses sur leurs examens, leurs diplômes et leur entrée dans l’emploi. Il est normal qu’ils trouvent dans la lutte contre le racisme un idéal, un universalisme » , répète [le père de la nation] à ses interlocuteurs.

      Maxime du dentifrice

      Pour [le p. de la nation], le confinement a été pénalisant avant tout pour les jeunes, alors qu’il a d’abord été décidé pour protéger les plus âgés, davantage exposés au coronavirus. Un paradoxe qui, si l’on n’y prend garde, pourrait déboucher sur un « conflit de générations », craint M.

      [Le p.] partage les analyses de ceux qui estiment que la génération de #Mai_68 est responsable d’un certain nombre de maux du pays mais aussi du monde, notamment en matière d’écologie.

      [...] la menace sécessionniste est réelle au sein du pays, affirme-t-on au sein de l’exécutif. Pour le chef de l’Etat, l’affaire George Floyd entre en résonance avec un passé colonial non encore digéré. « La guerre d’Algérie reste un impensé » , aime répéter le locataire de l’Elysée, qui a tenté à plusieurs reprises de faire évoluer les mentalités sur ce sujet depuis le début de son quinquennat mais dit se heurter à l’absence d’interlocuteurs. « Il y a tout un travail à faire avec les historiens, mais cela prend du temps » , explique-t-on au cabinet [du p. de la nation].

      [...] « Le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste [le p. de la plantation Uber Frichti Amazon raconte sa vie, ndc]. Cela revient à casser la République en deux », estime en privé le chef de l’Etat, qui souligne notamment les ambivalences des discours racisés [sic] ou sur l’intersectionnalité [et qui] dit ne pas craindre une « FNisation » de la police. « Ce sont des citoyens comme les autres »_ , répète-t-il.

      #laquestionsociale #lajeunesse

    • Aujourd’hui, le toujours prêt Pelloux a voulu rendre service au gouvernement en ce jour de manif santé en déclarant sur BFN que place des Invalides des « tshirts Adama ont brûlé deux voitures »...

      Il y n’a pas eu de voitures brulées, pas plus que d’attaque par les manifestants du Premier mai 2019 de la Pitié-Salpétrière.

  • Le Saint Sauveur, bar antifa à Paris, a été attaqué hier soir par des militants d’extrême droite, la veille des 7 ans de la mort de Clément Méric.

    L’équipe du Saint Sauveur raconte
    https://www.facebook.com/1564357753854669/photos/a.1795412917415817/2430394113917691/?type=3&theater

    Hier soir, le saint sauveur a été attaqué par les fascistes.

    Il faisait beau, nous avions installé une grande terrasse exceptionnelle. Les gens étaient là, paisibles comme toujours, heureux de se retrouver, enfin, après la fermeture liée au confinement. Il y avait sur la place beaucoup de monde, des habitués du bar, des habitants du quartier, des passants, des enfants...

    Quand, peu après 21 heure, un groupe d’une vingtaine d’individus a surgit du haut de la rue, armé de manche de pioche et s’est rué sur les gens attablés. Panique, évidement...
    On pense, l’espace d’un instant, à une charge de police. Mais non, cette fois, c’est l’extrême-droite radicale, les fachos, qui attaquent. Ils saccagent la terrasse, agressent les gens sur la place sans distinction et inondent de gaz lacrymogène le bar où se sont réfugiés un grand nombre de personnes. Cassent quelques vitres...
    Très vite, ils doivent fuir, car la réaction spontanée du quartier se traduit par une contre attaque massive.
    Que dire ...
    D’abord que nous allons tous bien. Très peu de dégâts au final et peu ou pas de blessés. Le bar sera, évidemment, ouvert aujourd’hui. Ce type de tentative d’intimidation ne fait que nous renforcer dans nos convictions. Nous continuerons à défendre l’esprit antifasciste de ce quartier. La tolérance, la solidarité, le plaisir du « vivre ensemble », le respect et la paix.
    Contre la bêtise, la violence et la haine, aujourd’hui comme hier, no passaran !

    L’équipe du Saint-Sau.

    La version du Parisien Libéré
    https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-le-bar-des-antifas-attaque-par-des-militants-d-extreme-droite-05-06

    « L’enquête diligentée par la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (Dspap) doit permettre de déterminer les circonstances de cette rixe », a-t-on affirmé à la préfecture de police.

    Mieux documenté (selfie des fafs, vidéos, archive) : Les Zouaves Paris revendiquent l’attaque du bar antifasciste « Le Saint-Sauveur » hier soir à Ménilmontant (Paris XX). Sébastien Bourdon, @primeralinea

    https://twitter.com/primeralinea/status/1268818529224179713

    Les Zouaves figurent parmi les fafs qui ont été virés à la main de la mobilisation Gilets jaunes à Paris en 2018.

    #extrême_droite #identitaires #fascistes #antifas

  • Mort de George Floyd : Donald Trump cible la mouvance « antifa », qu’il veut classer comme « organisation terroriste »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/01/mort-de-george-floyd-trump-cible-la-mouvance-antifa-qu-il-veut-classer-comme

    Déjà, la mouvance antifa (pour « antifasciste ») est, de fait, une mouvance, et pas une organisation établie. « Antifa » est devenu aux Etats-Unis un terme fourre-tout qui rassemble les marges de la gauche radicale, qu’elles soient organisées avec pignon sur rue – notamment contre la résurgence, réelle, des mouvements néonazis et d’ultradroite – ou pas. Un militant de longue date, qui a souhaité rester anonyme, parle d’un « stéréotype ».

    Quand une pensée politique est si répandue, on peut toujours essayer de l’interdire !

    #répression #anarchisme

    • La déclaration présidentielle ne peut avoir aucune conséquence légale : la catégorie n’existe pas pour les groupes américains. Mais le ministre de la justice a assuré que les antifascistes faisaient l’objet d’une attention particulière du FBI.

      Les « antifas », voilà l’ennemi désigné. Alors que les manifestations pacifiques, mais aussi les émeutes, se multiplient dans les villes américaines, Donald Trump a confirmé, dimanche 31 mai, qu’il considérait la mouvance comme responsable.
      « Les Etats-Unis vont inscrire ANTIFA dans la catégorie des organisations terroristes », a tweeté le président, qui a appelé un peu plus tard les maires et les gouverneurs démocrates à « s’endurcir » : « Ces gens [les manifestants ou les émeutiers, pas évident à déterminer dans le contexte] sont ANARCHISTES. »

      [...]

      La déclaration de Donald Trump, dimanche, se heurte donc à une réalité plus complexe. Elle n’a de plus aucune valeur pratique et juridique.
      [...]

      Donald Trump avait déjà, en juillet 2019, agité la menace de classement en groupe terroriste (sur Twitter également), comparant « ANTIFA » au gang ultraviolent américano-salvadorien MS-13. Il rebondissait sur une résolution (symbolique) défendue par deux sénateurs républicains, Ted Cruz (Texas) et Bill Cassidy (Louisiane) qui souhaitaient que les antifas soient désignés comme une « organisation de terrorisme intérieur », citant l’agression d’un journaliste conservateur, le blocage d’un bureau de la police de l’immigration (ICE) et la révélation de l’identité d’agents du service.

      Un acte politique, sans implication juridique

      Autre obstacle à la volonté présidentielle, la « catégorie des organisations terroristes » n’existe pas pour le terrorisme intérieur aux Etats-Unis. La loi fédérale définit bien ce dernier, mais la législation ne prévoit aucune incrimination spécifique ou liste de groupes susceptibles d’être sanctionnés. Le financement ou le soutien sont susceptibles de poursuites uniquement si l’organisation est étrangère.

      De même, une enquête sur un groupe « terroriste » local ne peut être déclenchée que s’il est soupçonné d’un crime – violences, meurtres – alors que toute activité étrangère peut provoquer des investigations sur le terrorisme international.

      Et si un terroriste sans lien avec l’étranger commet une tuerie de masse, il sera, simplement, si l’on peut dire, poursuivi pour assassinats – et éventuellement « crime de haine ». La décision de qualifier un acte de « terrorisme intérieur » est donc purement politique, sans implication juridique.

      « La décision de Trump de poster ce tweet est calculée, il s’agit de rallier sa base », poursuit ce très bon connaisseur de la mouvance, qui s’inquiète, dans un climat déjà tendu, que ce ciblage constitue un « signal pour l’extrême droite, en les encourageant à croire qu’ils peuvent mener leurs propres attaques de justiciers contre les manifestants en toute impunité ». Des incidents ont déjà été répertoriés ce week-end.
      Le ministre de la justice, William Barr, a louvoyé entre cette réalité et les déclarations présidentielles, dimanche, en assurant que « la violence organisée et menée par Antifa et d’autres groupes similaires en relation avec les émeutes est du terrorisme intérieur et sera traitée comme tel ». M. Barr a également expliqué que « pour identifier les organisateurs (…) la police fédérale utilise son réseau de 56 tasks forces antiterroristes régionales du FBI ». En somme, elle fait avec ce qui existe déjà.

      Le sacro-saint premier amendement de la Constitution

      Car le FBI – qui est à la fois un service de renseignement et un service de police judiciaire – n’a jamais cessé, depuis les années 1950, de surveiller, d’enquêter et parfois de déstabiliser les mouvements militants de gauche ou de défense des droits civiques, qu’ils soient radicaux ou pas. Le bureau de l’inspecteur général, l’autorité de contrôle du gouvernement fédéral, s’en est encore ému en 2010 au terme de quatre ans d’enquête.

      Il y a un peu plus d’un an, l’organisation non gouvernementale Property of the People a ainsi obtenu le dossier d’une enquête sur le groupe antifasciste By Any Means Necessary (BAMN), étiqueté « DT [terrorisme intérieur] – extrémisme anarchiste », après une contre-manifestation de BAMN lors d’un rassemblement de nazis et de membres du Ku Klux Klan (KKK) à Sacramento, en Californie.

      Les militants étaient accusés « d’avoir assisté à un rassemblement du Ku Klux Klan et agressé un militant nazi ». Les investigations n’avaient pas abouti, notamment parce que les activités de BAMN sont protégées au titre du premier amendement à la Constitution américaine sur la liberté religieuse, d’expression et de rassemblement. Tout comme, en face, celles du KKK et des nazis.

      C’est la limite la plus forte, constitutionnelle, et au cœur de l’identité américaine, qui bloque aux Etats-Unis toute législation sur la question du terrorisme intérieur ou même des groupes professant des idéologies de haine : le sacro-saint premier amendement. Considérer systématiquement la mouvance « antifa » comme un groupe terroriste en serait une violation, et le FBI s’y est toujours refusé. Est-ce à dire que la déclaration de Donald Trump restera sans effets concrets du côté des forces de l’ordre ? Le militant interrogé, qui en a vu d’autres, est certain que « cela sera utilisé comme une justification pour viser des organisations spécifiques, comme la “peur rouge” par le passé. »

      Laurent Borredon

      #anti-terrorisme

  • Onfray déjeune avec le diable (avec une très petite cuillère ;) – Journal d’un #antifa (parmi d’autres)
    https://gauchedecombat.net/2020/05/17/onfray-dejeune-avec-le-diable-avec-une-tres-petite-cuillere

    Onfray déjeune avec le diable (avec une très petite cuillère ;)
    Ce texte de Michel Onfray est en train de tourner sur les réseaux sociaux. Comme vous le constaterez par vous même, il choisit d’attaquer Marx dans sa judéité, et défend un Proudhon qui, bien qu’antisémite comme c’est de notoriété publique, posséderait les vertus, selon Onfray, d’un être de nature, celles d’un travailleur terrien, réputé plus noble aux yeux du philosophe, puisqu’ attaché quant à lui à de vraies bonnes valeurs, et qui plus est « né catholique »…Quand cela est écrit en opposition à ce bourgeois cosmopolite de Marx, friqué comme le sont tous les juifs, ce cliché éternel, voilà qui est troublant, mais pas vraiment très étonnant quand on connait comme moi la biographie de ce philosophe identitaire rabougri là, et le rapport qu’il entretenait avec son père…

    Il se trouve qu’il choisit de publier ce texte pas vraiment n’importe où, ni pour n’importe qui…

    Thibaut Isabel, qui se présente lui aussi comme philosophe, défenseur du paganisme, est un « collaborateur » de la revue d’extrême-droite qu’est « Éléments », organe historique du GRECE, tous deux bien connus ici, et rédacteur en chef de « Krisis », une revue identitaire tendance « nouvelle droite », euphémisme pudibond d’intellectuels grands bourgeois qui se verraient probablement fort indignés d’être qualifiés d’extrêmes en regard de la vulgarité Lepéniste. Y est omniprésent également Alain de Benoist, qui n’est pas n’importe qui dans le monde des idées… (puantes). Quelqu’un qui a pris la défense de l’Algérie française et de l’OAS ainsi que du régime d’apartheid en Afrique du Sud ne peut pas être foncièrement bon, si vous voyez ce que je veux écrire et qu’il faille vous faire un dessin…

    #Michel_Onfray #antisémitisme #GRECE

  • Tag der Befreiung : Wann stellt Berlin ein Denkmal für Nikolai Bersarin auf ?
    https://www.berliner-zeitung.de/kultur-vergnuegen/wann-stellt-berlin-ein-denkmal-fuer-nikolai-bersarin-auf-li.82701

    Pour la première fois ce 8 mai 2020 est un jour férié à Berlin, mais il ne le sera pas dans l’avenir. Malheureusement on lui a préféré le 8 mars quand le parlement der la ville a décidé sur l’introdution d’un jour libre supplémentaire. Quels radins, ce députés !

    8.5.2020 von Ingeborg Ruthe - Zum 75. Jahrestag der Befreiung kann die Bildhauerin Anna Franziska Schwarzbach mit Skulpturen-Entwürfen zur Erinnerung an den legendären Stadtkommandanten beitragen.

    Vor 17 Jahren bekam Generaloberst Nikolai Erastowitsch Bersarin (1905–1945) postum seine Würde zurück, als Mensch, als Russe, als Offizier einer Befreiungsarmee. Berlin sprach ihm, nach heftigen Debatten, den 1975 vom Ostberliner Magistrat verliehenen Ehrenbürger-Titel wieder zu. Den hatte die Berliner CDU-Regierung 1992 – noch ganz in Kalter-Krieg-Manier – dem legendären ersten Stadtkommandanten Berlins, der vom 28. April bis zum 16. Juni 1945 im Amt war, abgesprochen. Erfundene Anschuldigungen, ein hoher Offizier dieses Namens sei 1940 für Deportationen von Balten in Lettland verantwortlich gewesen, wurden 1999 von der Forschung widerlegt: Nikolai Bersarin war nachweislich zu besagter Zeit im fernen Sibirien stationiert.

    Seit 18 Jahren steht im Pankower Atelier der Bildhauerin Anna Franziska Schwarzbach ein Denkmalsentwurf, inspiriert durch den kühnen Plan einer Bersarin-Initiative um Götz Aly, Historiker und Autor der Berliner Zeitung. Die Künstlerin ist bekannt für gern aus der strengen preußischen Denkmalstradition fallende Eisenguss- und Bronzegestalten. Sie kommen ohne Pathos und Monumentalanspruch daher, dafür mit lebhaft oxidierenden Oberflächen und ambivalentem Ausdruck für Lebendigkeit und zugleich Schmerz. Anna Franziska Schwarzbach formte, um an Bersarin zu erinnern, ein Motorrad.

    Der von Marschall Schukow zum Berliner Stadtkommandanten beförderte Offizier der 5. Stoßarmee organisierte die Lebensmittelvergabe, brachte „Trinkwasser und Brot statt Rache“. Hart griff er durch gegen Soldaten, die vergewaltigten und plünderten. Er ließ Theater und Orchester spielen, und auch den Rundfunk wieder senden. Er ordnete Schulöffnungen an, gab Religionsunterricht und Gottesdienste frei, ließ Kulturschaffenden und Intellektuellen die Lebensmittelkarte 1 aushändigen.

    Dann, am 16. Juni 1945, geschah das Unglück: Bersarin prallte mit einem Motorrad an der Ecke Am Tierpark/Alfred-Kowalke-Straße in Friedrichsfelde gegen einen sowjetischen Militärkonvoi. Der 41-Jährige war sofort tot, die Unfallursache blieb ungeklärt: Übermüdung? Übermut? Die Zündapp mit Seitenwagen aus Wehrmachtsbestand hatte Bersarin am Tag zuvor von Offizieren übergeben bekommen. Er war als leidenschaftlicher Motorradfahrer bekannt. Doch das Modell Zündapp lenkte er zum ersten Mal. Der Verlust des charismatischen Kommandanten war ein Schlag für die Versorgung und das wiedererwachte Geistesleben der Stadt.

    Ein Krad, das sich wie ein wildes Pferd aufbäumt, sollte, so der freche Plan der Bildhauerin und der Initiatoren, als eine Metall-Skulptur Unter den Linden, Fahrtrichtung West, aufgestellt werden. Die Idee sorgte für Interesse in den hiesigen Medien und für viel Zuspruch bei geschichtsbewussten Berlinern. Dann aber hatte der Senat veritable Haushaltssorgen. Das damalige Modell für das Bersarin-Denkmal steht seither als Zeichen einer unerfüllten zeithistorischen Aufgabe in einer Ecke des Schwarzbach-Ateliers in Pankow.

    Nun, zum 75. Jahrestag der Befreiung vom Nationalsozialismus und zum Ende des Zweiten Weltkriegs, wo mit 15 000 Rosen Nikolai Bersarins und mit noch viel mehr Blumen der in der Schlacht um Berlin gefallenen Rotarmisten gedacht werden soll, meldet sich die Pankower Bildhauerin abermals mit einem Entwurf. Sie hat sich der historischen Figur Bersarins in Sandstein, in Ton und in Bronze genähert. In einer Form, die gut an einer Berliner Magistrale Platz finden könnte, wenn der Senat es für diesen Ehrenbürger nur wollte. Initiator Götz Aly denkt sogar an einen Platz vor dem Schloss, dem Humboldt-Forum.

    Und weil die Bildhauerin bei ihren Entwürfen immer erst mit Formen spielt, hat sie einen Bersarin-Kopf aus Reinhardsdorfer Sandstein gehauen, taufte ihn humorig „Locke im Wind“ . Dies sei, sagt sie, für sie nur Formenspiel gewesen. Danach knetete sie aus Gips und Ton „Budjonny“ – als Vorarbeit für einen Bronzeguss, nach einem Kinderfoto von Bersarin. „Letztes Jahr“, erzählt die 70-Jährige, „fand ich die alte Aufnahme von Bersarin. Als Knabe trug er eine Budjonnymütze. Und weil meine Enkel auch mit solchen fotogenen Mützen rumrennen, hab ich den Generaloberst Bersarin als Junge, als Budjonnymützen-Porträt modelliert.“

    Der Bronzeguss steht nun in einer Böhmischen Gießerei und ist wegen der Corona-Sperre aus Tschechien momentan nicht herzutransportieren. Es werde wohl noch so manch weiteren Entwurf, ganz ohne Auftrag, geben, sagt Schwarzbach.

    Bersarin lässt diese Bildhauerin nicht los. Inzwischen ist ihre „Bersarin-Birke“, eine russische Hängebirke, die sie mit Freunden zum 60. Jahrestag der Befreiung am Ort von Bersarins Unfall an der Ecke Am Tierpark/Ecke Kowalkestraße gepflanzt hat, ein lebendes Denkmal. Aus dem Bäumchen, das stets sorgsam gegossen wird, ist ein stattlicher Baum geworden.


    Entwurf für ein Besarin-Denkmal von 2002 : Wie ein wildes Pferd bäumt sich das Motorrad auf, mit dem der Stadtkommandant am 16. Juni 1945 tödlich verunglückte.

    #antifascime #guerre #paix #armée_rouge #nazis #Berlin Allemagne #URSS

  • #Covid19 : le privilège des intégristes de Saint-Nicolas-du-Chardonnet #fachosphère #catholibans – Journal d’un #antifa (parmi d’autres)
    https://gauchedecombat.net/2020/04/12/covid19-le-privilege-des-integristes-de-saint-nicolas-du-chardonnet-

    Cette nuit vers minuit, les policiers […]sont intervenus à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet où de nombreux fidèles assistaient à une messe pascale. Un office qui se tenait clandestinement malgré l’épidémie de Covid-19 et les règles strictes de confinement prises par les autorités.

    […]Un fidèle en sortant, leur a indiqué qu’une quarantaine de personnes se trouvait à l’intérieur. Les policiers ont pris contact avec le prêtre qui a été verbalisé pour non-respect des règles de confinement.

    Selon différentes sources policières issues de la sécurité publique, les participants, contrevenant également aux règles du confinement, n’ont fait l’objet d’aucune contravention de 135 euros. Ils ont pu regagner leur domicile sans être contrôlés. (!!!)

    https://www.lepoint.fr/societe/info-le-point-messe-pascale-et-clandestine-en-l-eglise-saint-nicolas-du-char

    • Au mois de mars dans la région de Bourgoin-Jallieu dans l’Isère, une messe avait été organisée dans un camping. Là, ce sont les fidèles qui avaient écopé d’une amende pour non-respect du confinement. Le curé avait de son côté fait l’objet d’un rappel à la loi sans condamnation pécuniaire.

      Ça se passe beaucoup quand tu appelles au non-respect du confinement pour la bonne cause.

      À mettre en regard avec les violences policières dans les quartiers populaires. Qu’un mec qui organise un rassemblement illégal écope de la même peine qu’un autre qui n’a acheté que deux paquets de biscuits, que les imbéciles qui le suivent ne soient pas même verbalisés, voilà qui signifie bien un confinement à deux vitesses.

    • D’accord avec toi @touti, c’est une véritable protection (et tant mieux, ça rend plus visible cette action policière dure dans les quartiers pauvres mais vous comprenez ils ne sont pas civiques). Mais il en ressort avec l’affaire iséroise surtout une grande improvisation, un grand #arbitraire, la bride sur le col de la gendarmesque et de la police concernant le respect du confinement...

  • Erinnerung an den Kapp-Putsch : Gedenktafel für Opfer soll wieder angebracht werden - Schöneberg
    https://www.berliner-woche.de/schoeneberg/c-politik/gedenktafel-fuer-opfer-soll-wieder-angebracht-werden_a255085

    Il y a cent ans la grève générale dans l’Allemagne entière fait échouer le putsch des militaires de droite, le Putsch de Kapp . Une plaque commémorative pour huit victimes des militaires sera installée à l’endroit de l’ancienne mairie de la ville de Schöneberg qui fait partie du Grand Berlin depuis la même année.

    Die Radikalisierung in der AfD, die politischen Ereignisse in Thüringen und die Morde von Hanau geben der rot-grünen Zählgemeinschaft und der Linksfraktion in der BVV Anlass, Parallelen zu Geschehnissen in der Weimarer Republik zu ziehen. Beispiel: der Kapp-Putsch vom März 1920.

    „Die Erinnerung daran lebendig zu halten, ist für uns eine aktuelle Aufgabe“, sagen Linke, Grüne und SPD und haben das Aufstellen einer Gedenktafel am Kaiser-Wilhelm-Platz gefordert – was später in der Bezirksverordnetenversammlung auch Zustimmung fand.

    Am 13. März 1920 putschten rechte Reichswehr- und Freikorpsverbände gegen die von SPD, Zentrum und Deutscher Demokratischer Partei (DDP) getragene Regierung der Weimarer Republik unter Gustav Bauer (SPD). Hintergrund war der Versailler Vertrag, der unter anderem die Entwaffnung und Verkleinerung des deutschen Heeres auf ein Berufsheer vorsah. In den Folgetagen kam es auch auf dem Schöneberger Kaiser-Wilhelm-Platz zu Auseinandersetzungen zwischen Militärs und Bürgern, die sich dort zum Generalstreik versammelt hatten.

    Zwar war der versuchte Staatsstreich nach vier Tagen gescheitert, weil sich die Ministerialbürokratie weigerte, Kapps Anweisungen zu folgen, und der von den Gewerkschaften ausgerufene Generalstreik der Arbeiterschaft wirkte. Aber auf dem Kaiser-Wilhelm-Platz blieben mindestens sieben tote Schöneberger zurück. „Drei der Schöneberger Opfer des Kapp-Putsches sind auf dem Friedhof Lindenhof bestattet“, so die Verordnete Elisabeth Kiderlen (Grüne).

    1987 wurde eine Gedenktafel für die Putschopfer am Standort des ehemaligen Schöneberger Rathauses am Kaiser-Wilhelm-Platz 3a angebracht. Das heutig dort stehende Gebäude gehört der landeseigenen Wohnungsgesellschaft Degewo. Seit am Haus Bauarbeiten stattgefunden haben, ist die Tafel verschwunden.

    Die Messing-Tafel soll nun bis zum 13. März, dem 100. Jahrestag des Putschversuchs, wieder angebracht werden. Außerdem fordert der Beschluss die Verwaltung auf, zu prüfen, ob die Gedenktafel nicht „durch Fotos und weitere Informationen über den erfolgreichen Generalstreik zur Verteidigung der Demokratie gegen die in Berlin einmarschierten Freikorps ergänzt werden kann“.

    Putsch de Kapp
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Putsch_de_Kapp

    #Berlin #Schöneberg #Kaiser-Wilhelm-Platz #Hauptstarße #histoire #antifascisme #syndicalisme #grève

  • A Paris, le bar emblématique des « #antifas » en sursis
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/01/23/a-paris-le-bar-emblematique-des-antifas-en-sursis_6026961_823448.html

    C’est le centre névralgique du militantisme libertaire parisien. Et il risque de mettre la clé sous la porte. Le #Saint-Sauveur, bar du quartier de Ménilmontant, dans le 20e arrondissement de Paris, se voit frappé d’une « fermeture administrative » de neuf jours, du 21 au 30 janvier, notamment en raison du bruit les soirs de week-end, que ce soit la musique ou le bruit des clients. « Ils nous ont demandé qu’il n’y ait pas plus de cinq personnes devant le bar, c’est impossible en fin de semaine », rapporte Julien Terzics, le propriétaire et une figure de l’#antifascisme parisien. Ancien chef des #Redskins de la capitale, il a longtemps exercé une forte influence sur le milieu militant « antifa ».

    « Cette fermeture va me coûter 15 000 euros, je ne les ai pas », continue-t-il, ému. Il dénonce un changement d’attitude de la police depuis plusieurs semaines, avec des amendes répétées et des visites régulières pour n’importe quelle raison. « C’est une mesure politique pour nous faire fermer », assure-t-il.

    [...]

    Frédéric Hocquard, adjoint à la #vie_nocturne et par ailleurs élu (Génération.s) du #20e arrondissement, estime pour sa part que « la fermeture d’un bar, c’est toujours un échec ». Il reconnaît « que dans cet arrondissement, la situation est particulière car il y a une multiplication des #fermeture_administratives alors qu’ailleurs à Paris cela baisse ou stagne. Il faut trouver une solution ». M. Hocquard s’interroge également : « Je me demande si ce n’est pas aussi parce que le Saint-Sauveur est un point de ralliement de la contestation. »

  • Sur les #Gilets_Jaunes, l’État et le #fascisme
    http://www.platenqmil.com/blog/2019/10/07/sur-les-gilets-jaunes-letat-et-le-fascisme
    #bernanos

    suite à une confrontation ayant opposé des #antifascistes à des militants d’extrême-droite. Cela fait près de six mois que je suis enfermé, six mois au cours desquels j’ai subi différents types de pressions de la part de l’institution judiciaire et de l’administration pénitentiaire. J’ai dans un premier temps été écroué à la maison d’arrêt de Fresnes, où la direction m’a placé sous le régime de l’isolement médiatique en raison de mon appartenance à des « mouvances radicales et violentes d’extrême-gauche. J’ai été ensuite transféré du jour au lendemain à la #Santé, en transit pour un transfert dans un établissement sécurisé en dehors de l’Île-de-France - puisque je bénéficierais, selon la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris, de « soutiens extérieurs pouvant nuire à la sécurité des établissements franciliens ». Par ailleurs, il y a deux mois, la juge des libertés et de la détention en charge de mon dossier a ordonné la fin de ma détention provisoire et ma remise en liberté, décision aussitôt annulée par une cour d’appel aux ordres du parquet de Paris, qui a mobilisé son attirail judiciaire pour empêcher ma libération. Cet acharnement, assez typique de la justice et de l’administration pénitentiaire, est exercé à mon encontre alors que toutes les autres personnes incriminées ont été libérées et placées sous contrôle judiciaire, et qu’il n’existe aucun élément dans le dossier permettant de m’associer d’une quelconque façon à l’affrontement. Aucun élément, sauf la déclaration d’un militant identitaire, Antoine Oziol de Pignol, hooligan du Kop of Boulogne, au sein du groupe de la Milice Paris, militant actif de Génération identitaire, et proche du groupuscule nationaliste des Zouaves Paris, avec qui il était au moment de l’affrontement. Ce dernier a donc porté plainte et s’est constitué partie civile, affirmant reconnaître des militants antifascistes parmi les auteurs des violences dont il aurait été victime, et déclarant que je faisais partie du groupe qui a mis en déroute ses camarades et lui-même le soir des faits.

    • accès sous #TOR vu le mur des gafam …

      …platenqmil.com
      …ajax.googleapis.com
      …cloudflare.com
      …google-analytics.com
      …google-analytics.com
      …gstatic.com
      …jsdelivr.net

  • Des manifestations font craindre des heurts à Portland | Tribune de Genève
    https://m.tdg.ch/29869704

    Le président américain Donald Trump a indiqué samedi que la ville de Portland, dans l’Oregon, était surveillée « de très près » avant un rassemblement d’#extrême_droite et une contre-manifestation d’extrême gauche qui font craindre des heurts.
    [...]

    « Sérieuse réflexion engagée sur la possibilité de désigner les #ANTIFA comme une organisation terroriste », a ajouté, sans plus de précisions, le président républicain à propos des groupes radicaux d’extrême gauche se disant antifascistes.

    [...]

    Donald Trump ne mentionne pas les organisateurs du rassemblement d’extrême droite , parmi lesquels figurent les « Proud Boys », désigné comme une organisation incitant à la haine par l’observatoire des groupes extrémistes Southern Poverty Law Center.

    #etats-unis #sans_vergogne

  • Encore quelques chansons américaines pour ma #compilation anti-Trump
    https://seenthis.net/messages/727919

    Black Joe Lewis - Culture Vulture (2018 #antifasciste)
    https://www.youtube.com/watch?v=0dv5_IB61q0

    Anderson Paak - 6 Summers (2018)
    https://www.youtube.com/watch?v=hk1TrwraZms

    Kirk Fletcher - Two steps forward (2018)
    https://www.youtube.com/watch?v=jRM3M533xUU

    Tedeschi Trucks Band - Shame (2019)
    https://www.youtube.com/watch?v=L6Ju6BCfGhw

    Watermelon Slim - Charlottesville (2019 antifasciste)
    https://www.youtube.com/watch?v=tVJIp39Ky9w

    Watermelon Slim - Mni Wiconi (2019, bon, celle ci est plutôt en faveur des #autochtones)
    https://www.youtube.com/watch?v=vMAQ5GUdYyA

    #Musique_et_politique #Musique #Donald_Trump #USA #Black_Joe_Lewis #Anderson_Paak #Soul #Kirk_Fletcher #Tedeschi_Trucks_Band #Watermelon_Slim #Blues