• Angela Davis : « Les Etats-Unis sont en train de vivre une contre-révolution » (Entretien avec Carine Fouteau et Jade Lindgaard, Médiapart, 30.11.2016)
    https://www.mediapart.fr/journal/international/301116/angela-davis-les-etats-unis-sont-en-train-de-vivre-une-contre-revolution

    À l’occasion de son passage à Paris, Mediapart s’est entretenu avec la #féministe, #antiraciste et #anticapitaliste Angela Davis : le « choc » de l’élection américaine, la tension entre l’#universel et les #minorités, la #laïcité en France, la #justice climatique...

  • « Blanchité », « racisé », « racisme d’État » : M. Blanquer, ces concepts sont légitimes dans le débat public
    Par Mélusine , #militante #féministe et #antiraciste — 23 novembre 2017 à 14:55
    http://www.liberation.fr/debats/2017/11/23/blanchite-racise-racisme-d-etat-m-blanquer-ces-concepts-sont-legitimes-da

    On avait accusé la #sociologie de fournir des « excuses » aux criminels, ce sont aujourd’hui ses concepts qui sont pris pour cibles. Un effort minimal aurait pourtant suffi au ministre de l’ #Éducation, #Jean-Michel_Blanquer, pour découvrir qu’en fait de « mots épouvantables », « #blanchité » et « #racisé » sont des termes scientifiques utilisés en France et ailleurs depuis plusieurs décennies. Ces concepts, consolidés au fil des ans, s’inscrivent dans des cadres théoriques partagés et font l’objet d’ouvrages et d’articles académiques nombreux. S’il est compréhensible que leur entrée dans l’espace du débat public provoque la surprise, leur condamnation lapidaire a de quoi inquiéter.

    La seconde moitié du XXe siècle a vu la disqualification scientifique et politique de la croyance en l’existence de #races humaines, aux différences physiologiques naturelles. Mais cette disqualification n’a en rien sonné la disparition du #racisme, à la fois comme idéologie – identifiant et hiérarchisant des groupes humains selon des critères culturels, ethniques, linguistiques, géographiques – et comme système social produisant des discriminations et des #inégalités entre ces groupes. S’il n’y a plus de races humaines, il y a toujours du racisme ; comme l’écrit la sociologue #Colette_Guillaumin : « C’est très exactement la réalité de la "race". Cela n’existe pas. Cela pourtant produit des morts. » C’est pour décrire et comprendre cette réalité – non pas biologique mais sociale – que la sociologie a élaboré des mots qui, évitant le piège de l’ #essentialisation, sont propres à la rendre dicible.

    Le mot « racisé » permet de nommer ce groupe social fondé non pas sur une couleur de peau ou une supposée appartenance ethnique, mais sur le partage de l’expérience sociale qu’est le racisme. Est racisé.e celle ou celui susceptible d’être assigné.e à une catégorie raciale, c’est-à-dire perçu.e comme appartenant à un groupe altérisé, distinct du groupe majoritaire ; comme un groupe homogène partageant des pratiques, des manières d’être, de vivre et de penser. Ce mot remplace opportunément d’autres termes, qui pèchent par une #euphémisation ridicule (« diversité »), prennent au sérieux le critère génétique (« minorité visible ») ou naturalisent des groupes pourtant artificiels (« minorité ethnique »). Le qualificatif ne désigne donc pas une qualité de l’être, mais une propriété sociale. Non pas une identité, mais une position dans la société, résultant d’un processus collectif : la #racisation.

    Dans L’ #idéologie_raciste (1972), #Guillaumin décrit ce processus comme une double dynamique d’altérité et d’hostilité qui, émanant d’un groupe dominant (le « groupe #racisant », considéré comme un allant-de-soi, une norme #neutre), enferme et opprime des groupes racisés, particularisés et dominés. Cette volonté d’appréhender le racisme non pas seulement à travers ses victimes, mais en s’intéressant aussi au groupe majoritaire, fonde la notion de blanchité (dont le pendant sexiste serait le patriarcat). Elle s’inspire du #concept de whiteness, d’abord développé dans le monde anglo-saxon, qui propose de mettre au jour l’existence d’un groupe blanc dont l’hégémonie sociale, politique et culturelle est telle qu’elle en devient invisible.

    La blanchité désigne ainsi à la fois le système raciste spécifique dans lequel nous vivons et la position sociale qu’y occupent les membres du groupe dominant : elle n’est pas un caractère intrinsèque des individus, mais une qualité qui peut s’acquérir. Dans #How_the_Irish_Became_White, l’historien #Noel_Ignatiev étudie ainsi la manière dont les immigré.e.s irlandais.e.s aux États-Unis, d’abord victimes de racisme, ont été progressivement incorporé.e.s au groupe dominant. Être blanc.he est donc moins une question d’épiderme que de position sociale et économique dans un contexte socio-historique donné. De la même manière, « racisé » ne désigne pas une #identité communautaire, mais une marque associée à une position sociale, économique, politique et symbolique subalterne.

    Ces mots proposent une approche du racisme qui tranche radicalement avec l’acception habituelle. Ils ne désignent plus seulement l’hostilité de quelques-un.e.s, les violences ou discriminations ponctuelles dont les racisé.e.s peuvent être victimes, mais un système structurant où le stigmate racial détermine la position sociale relative des personnes. La notion de « #racisme_institutionnel » expose les mécanismes de discriminations directes et indirectes auxquelles font face les racisé.e.s à l’école, sur le marché du travail ou auprès de l’administration et des services publics. L’idée de « #racisme_d’État », quant à elle, interroge l’impact du système raciste sur la structure même de l’État (statut des territoires d’Outre-mer, modalités d’acquisition de la nationalité) et les choix de politiques publiques (en particulier celles relatives aux migrations, à la population rom ou aux questions sécuritaires).

    Il est normal et fructueux que ces concepts fassent débat. Doit-on par exemple parler de racisme d’État en France, quand d’autres pays s’appuient, eux, sur des lois et des structures explicitement racistes ? Mais ces débats ne sauraient être disqualifiés d’avance, par ignorance ou malhonnêteté. Condamner l’usage de mots permettant de rendre compréhensible le fonctionnement du racisme – les qualifier eux-mêmes de racistes ! – c’est détruire les outils intellectuels et politiques nécessaires à la lutte contre le racisme. En refusant des décennies de travaux scientifiques et en prétendant contrôler le vocabulaire de militants syndicaux, le ministre de l’Éducation outrepasse sa compétence et sa fonction.

    Les mots et les #concepts ne sauraient être condamnés au prétexte qu’ils permettraient de décrire une réalité politiquement inacceptable. Ils ne sauraient faire l’objet de plaintes devant un tribunal parce qu’ils mettraient en cause le fonctionnement d’un État ou d’une société, sous peine de jeter à bas toute prétention au #débat démocratique et scientifique.

    https://twitter.com/melusine_2

    • Le ministre de l’Education a annoncé vouloir porter plainte contre un syndicat ayant dénoncé le « racisme d’Etat ». Encore débattue dans le champ de la sociologie, l’expression implique une intention de discriminer et révèle un réflexe défensif du groupe dominant.

      https://www.franceculture.fr/sociologie/Racisme-Etat-expression-tabou-discrimination#xtor=EPR-2-[LaLettre24112

      Il y a une partie du racisme qui est totalement invisible, aux yeux du groupe majoritaire, de ceux qui ne subissent pas le racisme, explique le sociologue. C’est ça qu’on entend par le nom de « racisés » : ceux qui subissent le fait d’être assignés à une catégorie raciale ou une place de race, dans le regard du majoritaire. C’est ce qu’on appelle le racisme quotidien et qui est le plus violent, le plus opérant. C’est la répétition, tous les jours, dans toutes les différentes sphères de la vie sociale, de micro-expériences du racisme, qui a un effet d’usure sur les personnes. Et ces situations sont d’autant moins régulées que les acteurs qui ne sont pas la cible du racisme ne le voient pas, littéralement. Donc ils pensent que c’est l’autre qui fabule, qui est paranoïaque, etc.

      Etre « racisé », c’est avoir l’expérience de cette banalité du racisme quotidien qui n’est pas vu par les autres. Et ceux qui animent le débat, qui sont des membres du groupe majoritaire, ne voient littéralement pas ce que c’est que le racisme tout en prétendant en imposer la définition légitime. Le sociologue Fabrice Dhume

      Pour #Eric_Fassin, "l’expérience de certaines personnes racisées, ce qu’elles voient en face d’elle, c’est un état absent pour ce qui est de l’Etat providence, mais un Etat présent pour ce qui est de l’Etat répressif. Autrement dit, dire à des personnes qui craignent que leur enfant ou leur frère ne rentre pas le soir parce qu’ils auraient croisé au mauvais moment la police, leur dire que le #racisme_d’Etat n’existe pas leur parait très abstrait puisque la réalité c’est que ces personnes voient que les agents de l’Etat visent explicitement certaines personnes. Et quand on voit que les policiers sont rarement condamnés, dire aux victimes de pratiques racistes d’agents de l’Etat qui ne sont pas punies par l’Etat que le « racisme d’Etat » n’existe pas leur est incompréhensible."

  • « Gauche blanche », « #racisés », « non concernés » : ces clivages qui agitent la lutte et les mouvements #antiracistes - Basta !
    https://www.bastamag.net/Gauche-blanche-racises-non-concernes-ces-clivages-qui-agitent-la-lutte-et-

    Malgré les lois et les constats, sans cesse renouvelés, rien n’y fait : les discriminations racistes continuent à peser sur la vie de millions de personnes en France, que ce soit ​
    dans l’éducation, l’accès aux soins médicaux, le monde du travail ou les relations avec la police. Trois études récentes illustrent leur persistance. En décembre dernier, le ministère du Travail publie les résultats d’une enquête sur « les discriminations à l’embauche » : ils confirment que des entreprises françaises, malgré leurs engagements en faveur de la « diversité », pratiquent une politique discriminatoire à l’égard des personnes aux noms perçus comme « maghrébin » ou « non hexagonal » (sic). Mi-mars, la ministre du Travail Myriam El Khomri pointait publiquement les entreprises Accor et Courtepaille – une chaîne de restaurants propriété d’un fonds spéculatif britannique – pour leurs mauvais résultats en matière de lutte contre les discriminations [1].

    Logement, emploi, contrôle au faciès : des discriminations fortes

    Début mars, les résultats d’un testing mené par des chercheurs du CNRS ont été publiés par le ministère du Logement. Des identités fictives ont répondu à 504 annonces immobilières dans Paris au cours de l’année 2016. Les résultats montrent des discriminations « très fortes » pour les personnes d’origine nord-africaines dans l’accès au logement, encore plus lorsque l’annonce immobilière émane d’un particulier plutôt que d’une agence. Un fonctionnaire avec un nom évoquant une origine maghrébine aura ainsi trois fois moins de chance d’obtenir une réponse positive comparé à un fonctionnaire « d’origine française » avec un revenu similaire [2].

    En janvier, un travail mené par le Défenseur des droits auprès d’un échantillon représentatif de plus de 5 000 personnes (une première à l’échelle nationale) pointait cette fois que « 80% des personnes correspondant au profil de “jeune homme perçu comme noir ou arabe” déclarent avoir été contrôlées dans les cinq dernières années (contre 16% pour le reste des enquêtés) ». Ces profils ont donc vingt fois plus de risques d’être contrôlés. Les violences policières concernent aussi particulièrement les jeunes hommes d’origine immigrés [3].

    Pourquoi ces #discriminations se perpétuent-elles aussi fortement alors que le droit est censé pénaliser toute discrimination à raison de la race, la religion, l’ethnie ou la nation ? « Les pratiques de testing et les études sur les discriminations font exister une réalité invisible dans l’espace public d’un point de vue statistique. Mais pour passer du constat à la lutte contre les causes du problème, il y a une grande difficulté », constate le politologue Abdellali Hajjat, maître de conférences à l’université de Nanterre.

    #gauche_blanche

  • l’antiracisme bourgeois, un contresens et une impasse : le débat est intéressant, il avait avancé durant l’hiver grâce aux discussions occasionnées par la #marche_de_la_dignité , au cours de laquelle les #NonDisCriminateurs ont en revanche surtout brillé par leur #absence, et leur trop durable absence d’initiative #antiraciste conséquente. Ils sont durablement et irrémédiablement #disqualifiés, non sans causes profondes, aux yeux des mouvements sociaux et les #luttes sociales, par leur #discours prétendant analyser le #statu_quo #raciste et #bourgeois actuel comme une absence de racisme. refuser les prétentions aussi ridicules que furtives des thèses racistes en #science (les races sont en effet des catégorisations arbitraires, sans pertinence ni surtout sans avoir la moindre assise scientifique ni le moindre caractère de #nécessité en terme de #classifications #spécifiques et #interspécifiques ) est une chose, passer sous silence le racisme sous prétexte de #non_discrimination en est une autre, pas limite mais strictement odieuse et caractéristique de nos régimes bourgeois , toujours prompts a faire diversion antisociale en direction des conservatismes xénophobes et de classe ; c ’est, comme avec nombre d’organisations compromises avec les régimes successifs socdem , national-liberal-reac et d’extrême-droite en perspective en #fRAnCE(sauf #Ruptures_Révolutionnaires_Salvatrices ) , un positionnement passif lourdement responsable de l’etat d’imbecilite générale cultivée avec #zèle par les #classes #dominantes, pour leur maintien et contre les #intérêts_communs_public_et_général de touTEs les #dominÉes et sans hésitation : #rédhibitoire ./

    L’abolition des discriminations, fondées sur une construction raciste des regards , des routines sociales, administratives comme psychologique , exige et appelle à cors et à cris le #dépassement #égalisateur et #transcendantal des #postures des #embusquées capitalisant sur un statu quo aussi #raisonnable qu ’une #marmite_renversée #rue_des_bons_enfants ...

    ·•Ⓐ∞

    http://www.non-fides.fr/?Saint-Denis-Non-a-la-promotion-de-la-segregation-raciale-dans-une-fac-occ

  • Décryptage d’un nouveau mouvement antiraciste en France
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2675

    La marche pour la dignité du 31 octobre 2015, à Paris, a laissé une indélébile marque, d’une différence philosophique, dans les milieux intellectuels et des médias français. Cette manifestation est décryptée de plusieurs manières, selon les diverses tables de lecture : la composante humaine du jour « j », les slogans déclamés ou affichés, les sources d’appels qui l’ont initié ou bien celles qui l’ont soutenue ainsi que les échos qu’elle a suscités. Angéla Davis a soutenu cette marche, quand elle a entendu (...)

    #associations,_mouvement,_vie_associative,_initiatives_citoyennes,_intérêt_commun,_communauté,_Etat,_institution

    / #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, #France,_immigration,_marche,_beurs,_discrimination,_racisme,_intégration, #immigration,_High-Tech,_recrutement,_Web,_Internet, arts, (...)

    #arts,_culture,_littérature,_cinéma,_critique,_performances,_styles #chômeurs,_emploi,_social,_syndicat,_revendication,_jeunesse,_travailleurs,_chômage #France_Sarkozy_justice_politique_scandale_UMP_PS_PCF

  • Non, « #Charlie_Hebdo » n’est pas raciste !
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/20/non-charlie-hebdo-n-est-pas-raciste_3516646_3232.html

    Où seraient cachés les supposés racistes ? Nous n’avons pas peur d’avouer que nous sommes des militants #antiracistes de toujours. Sans nécessairement avoir une carte, nous avons choisi dans ce domaine notre camp, et n’en changerons évidemment jamais.

    Il y a quarante ans, conspuer, exécrer, conchier même les #religions était un parcours obligé. Qui entendait critiquer la marche du monde ne pouvait manquer de mettre en cause les si grands pouvoirs des principaux clergés. Mais à suivre certains, il est vrai de plus en plus nombreux, il faudrait aujourd’hui se taire.

    Passe encore que Charlie consacre tant de ses dessins de couverture aux papistes. Mais la religion #musulmane, drapeau imposé à d’innombrables peuples de la planète, jusqu’en Indonésie, devrait, elle, être épargnée. Pourquoi diable ? Quel est le rapport, autre qu’idéologique, essentialiste au fond, entre le fait d’être #arabe par exemple et l’appartenance à l’islam ?

    Nous refusons de nous cacher derrière notre petit doigt, et nous continuerons, bien sûr. Même si c’est moins facile qu’en 1970, nous continuerons à rire des curés, des rabbins et des imams, que cela plaise ou non. Nous sommes minoritaires ? Peut-être, mais fiers de nos traditions en tout cas. Et que ceux qui prétendent et prétendront demain que Charlie est raciste aient au moins le courage de le dire à voix haute, et sous leur nom. Nous saurons quoi leur répondre.

    #Charb #Nicolino

    • Raciste ou non, en suivant les débats je commence à comprendre pourquoi depuis au moins dix ans Charlie Hebdo me fait de moins en moins rire.

      A l’époque de #Reiser et #Choron on fabriquait de l’humour gratuit. Hara Kiri et de Charlie faisaient rire en dépassant les limites imposées par le « bon goût ». Son équipe et ses lecteurs partageaient le dégoût des militaires et du clergé, c’était tellement naturel que personne n’en fît son cheval de bataille. Au fond ses caricatures n’agressaient personne, on riait en quelque sorte « entre nous ». C’était le rire de ceux qui avaient laissé le vieux monde derrière eux et qui se reconnaissaient mutuellement à travers les pointes d’humour. Tout le monde savait que les mots et dessins n’allaient pas faire disparaître les armées et les églises, alors la possibilité d’en rire était le minimum de liberté qu’on était en droit d’exiger face à ces forces immuables.

      Bref, c’était une bande d’insolents qui faisait rire les individualistes.

      Il semble que la motivation de la dernière rédaction avait complètement changé au point d’inverser la raison d’être du canard. Il se situait désormais au sein d’un combat politique, il avait une mission et il cherchait des alliés pour assurer sa survie.

      Les papys gauchistes qu’on admirait tant étaient dépassés par les événements . Il continuaient leur dessins comme avant, ces variations sur les thèmes qu’ils avaient traité depuis toujours. A l’execption de Siné ils ne dépassaient plus les limites, ils respectaient les tabous de la gauche après Mittérant, ils étaient ni sexistes ni pornographiques ni révoltés, ils acceptaient un chef qui exigeait des preuves de loyauté. Par son accession au pouvoir ils s’étaient transformés en bouffons.

      Sous ce potentat la revue satirique mettait le cap sur les contrées où on ne rigole pas, vers un monde où on n’éparge pas les bouffons. Puis, aveuglement, après le départ du timonier l’équipe a maintenu le cap. C’était triste mais on ne se rendait pas compte. On croyait qu’on avait toujours droit à la rigolade.

    • @monolecte OK, alors sexistes en plus mais plus drôles du tout. C’est encore plus triste. Pourtant je ne suis pas sûr si on doit classer cette couverture dans la catégorie sexisme ou dans le casier extrémisme de droite . Sans doute ca dépend du contexte.

      Juste pour donner un exemple voici une affiche de nos néonazis. Le titre signifie Bon retour !

      J’ai effectivement choisi la mauvaise expression - peut-être j’aurais mieux fait de parler des blagues graveleuses sur les relations entre les sexes. Dans le vieux Hara Kiri je découvrait davantage de caricatures du sexisme que de caricatures sexistes. J’ai l’impression qu’ils se donnaient un air (bête et) méchant sans vraiment l’être alors que j’ai de plus en plus l’impression que c’était le contraire pour certains aspects de Charlie Hebdo après 2001.

  • La Horde – #Dieudonné – La sinistre farce des #quenelles
    http://lahorde.samizdat.net/2013/11/23/5648

    MDR. Dire qu’il y a des gens qui croient encore que Dieudonné est un comique, le « meilleur de sa génération » même, dont les provocations lui ont valu d’être ostracisé depuis une dizaine d’années aux marges du showbiz. Mais comment ne pas voir derrière ses mimiques l’expression achevée d’une dérive #antisémite et #homophobe (1) ?

    Tout compte fait, Dieudo n’aura eu besoin de personne pour s’enfoncer dans son enfermement mental d’antisémite obsessionnel. Depuis 2004, il a eu néanmoins recours aux services de quelques éminences grises, déjà excommuniées du débat public, qui l’ont aiguillé vers l’irrémédiable : Serge Thion, ancien militant anticolonialiste passé à l’écurie négationniste (2)
    puis Robert Faurisson lui-même qu’il fit monter sur scène et jouer dans des sketches ; et bien sûr son mentor : Alain #Soral, ancien ramasse miettes des plateaux télé et écrivain ambitionnant le statut d’intellectuel, devenu gourou du site égalité et réconciliation qui, se réclamant de la « droite des valeurs et de la gauche du travail », n’en oublie pas moins sa particule pour animer des conférences de l’Action française. Ultime mauvaise fréquentation, cet été, Dieudo a pu pactiser avec Serge Ayoub, chef des nationalistes révolutionnaires, autour du cadavre de Clément Méric en concluant, rictus aux lèvres : « Nous avons un même ennemi. » Même pour des admirateurs un peu myopes, il est devenu impossible de ne pas constater que, sur la photo de famille, il n’y a que des fachos, des conspis et autres amoureux de régimes autoritaires – la Libye de Khadafi, la Syrie de Bachar (dont l’ex-gudard Frédéric Chatillon est l’ambassadeur officieux) ou la Russie de Poutine (3)…

    De façon incompréhensible, Dieudonné passe encore parfois chez certains pour un militant #antiraciste, un justicier de la #traite_négrière, un défenseur de la cause palestinienne… Illusion calamiteuse propre à notre époque de confusion, où la critique sociale se voit souvent réduite à un discours binaire anti-impérialiste, contre l’oligarchie financière mondialiste, discours simplifié et dévoyé à son tour par Dieudo et consorts sous l’appellation d’« antisionisme ». Il s’agit en l’espèce, le recyclage pur et simple des vieilles obsessions du complot « judéo-maçonnique », sataniste et pédophile sur les bords. Malgré le tour passe-passe consistant à faire passer pour révolutionnaire une pensée paranoïaque et réactionnaire, il n’y a aucun mystère sur cette filiation idéologique, comme en atteste la propagande diffusée par les éditions Kontre-kulture de Soral : Ils sont bien les héritiers de l’abbé Barruel, d’Édouard Drumont et d’Henri Coston (4).

    Mais si l’ambiguïté sur le personnage persiste, cela est surtout dû à sa capacité, reliquat d’un savoir-faire de saltimbanque et de vedettariat, à mettre les ricaneurs de son côté. Pointer le doigt en l’air en plissant les yeux (« Au-dessus c’est le soleil ! ») ou faire le geste de la #quenelle suffit à faire croire à son fan-club – constitué de quantité de nerds, d’authentiques nazebroques, mais aussi d’un public arabe et noir (6) qui pense voir en Dieudonné et Soral des alliés antiracistes, là où il n’a que des rabatteurs pour le #Front_national – que s’accomplit un geste séditieux.

    #extrême_droite #palestine #esclavage

    #plo

    • Je pense quand même que derrière la radicalisation de Dieudo, il y a l’erreur originelle de l’ostracisme. Quand Dieudo fait son sketch sur l’Israël totalitaire, le procès en sorcellerie qui lui est fait est totalement inadmissible dans une démocratie. Je reste intimement convaincue du bienfondé de sa dénonciation de l’époque : à savoir que l’État d’Israël est très engagé dans un monstrueux processus de type génocidaire (vu ce qui se passe à Gaza, j’attends qu’on me contredise sur ce point précis !). On peut ergoter sur la qualité de l’humour du mec (hier soir, je me suis tapé 20 min de Proust... et ce n’était pas du Marcel... mais je ne pense pas qu’on doit envoyer ce péteux au goulag pour autant !), mais l’espèce d’hystérie à laquelle il a eu le droit ne pouvait que déboucher sur la connerie actuelle. Le gars se retrouve banni, interdit de bosser, attaqué, dénoncé, ostracisé... sans déconner, il eut fallu être quelqu’un de particulièrement bien branlé dans sa tête pour résister à ce lynchage.

      Le pire, et ça se voyait déjà, c’est que les seuls mecs qui sont venus lui tendre la main dans la tourmente, les seuls qui l’ont accueilli, qui ont parlé avec lui, qui sont devenus ses potes et le sont restés... ce sont les fafs.
      Un peu comme pour les sectes, ce genre de gars a tendance à débarquer sur un terrain psychologique totalement favorable.
      À partir du moment où Dieudo se sent (légitimement) rejeté par ses anciens potes et une grande partie du corps social et que les seuls mecs avec qui il peut encore échanger, ce sont des fafs... Ce qui aurait été étonnant c’est qu’il ne finisse pas par intégrer des pans entiers du corpus idéologique de ses derniers et seuls potes.

      Je pense que la plupart des gens ne mesurent pas vraiment le stress intellectuel et physique provoqué par l’isolement social brutal et du terrain fertile qui s’y développe pour l’implantation... d’un certain bon sens près de chez vous.
      Surtout que ce qui caractérise l’idéologie brune, c’est bien d’avancer masquée, de brouiller les pistes, de déplacer les limites... la sphère Soral est éclairante sur ce point.

      Maintenant, que Dieudo ait mal tourné, c’est une putain d’évidence : quand tu vois le type qui se croit fin en ricanant sur les prédispositions à l’argent de son ancien compagnon de scène, tu as compris que le gars est perdu corps et biens. Certains doivent penser qu’il était un terrain favorable dès le départ. J’ai tendance à penser que sa radicalisation est circonstancielle, comme la plupart de nos comportements, y compris cognitifs.
      Immergez n’importe quel esprit sain dans un marigot saumâtre, ça prendra le temps qu’il faut, mais à de très rares exceptions près, il en ressortira un truc qui pue entre les deux oreilles.

    • @monolecte même impression en ce qui me concerne
      voir aussi à ce sujet cet article de François Ruffin http://www.fakirpresse.info/L-air-du-soupcon.html

      Le risque, aussi, c’est de créer des Dieudonné en série. Car qu’était cet humoriste ? Une outre politiquement vide et qui, prétendant s’engager, pouvait se remplir de n’importe quoi. Je me souviens de son passage, au journal télévisé de France 2 en 1997, alors qu’il se présentait aux élections législatives à Dreux. C’était gentiment démago de gauche, il se voulait l’héritier de Coluche, il rouvrirait les casernes pour les SDF. Et puis il y eut ce sketch chez Fogiel, pas drôle, mais non, pas antisémite, et le lendemain, le voilà lapidé en place publique, banni des peoples, et sans grand monde pour le défendre, sans personne pour lui ouvrir une porte de sortie. Il est resté avec ceux qui lui restaient, les pires. Et empirant chaque jour avec eux.
      Voilà ce que produisent des mises à l’index hâtives.

  • Le #racisme a changé de visage, les #militants #antiracistes aussi

    Les divers événements organisés ces jours-ci pour dénoncer le racisme et commémorer la Marche pour l’égalité sèment le doute sur le combat antiraciste. Est-il moribond ou déjà mort ? N’a-t-il pas oublié de se réactualiser ? Grosses structures et partis politiques patinent, mais sur le terrain des milliers de militants, anonymes, s’activent.

    http://www.mediapart.fr/journal/france/031213/le-racisme-change-de-visage-les-militants-antiracistes-aussi?onglet=full