• Depuis les années 1990 la région de Halle (Saale) est connue pour son nombre de viols par habitant/e le plus élevé d’Allemagne et la situation de vie absolument insupportable pour chacun qui affiche des convictions de gauche. D’après des reportages télévison récents ce terrorisme de pacotille au quotidien semble avoir perdu en vitesse, pourtant c’est la dernière région d’Allemagne où j’aimerais vivre. D’un point de vue d’automobiliste les conducteurs au volant d’un véhicule immatruculé HAL constituent une espèce particulièrement agressive au comportements aléatoires.


      Le monument pour l’empereur allmand détruit à l’époque de la DDR

      Conclusion : si on m’avait demandé avant dans quelle petite ville allemande on risquait un attentat du type mass shooting étatsunien, Halle (Saale) me serait tout suite venue à l’esprit. L’élément principal quand on veut dire quelque chose de positif sur Halle c’est que la ville a des endroits assez jolis.
      https://de.wikipedia.org/wiki/Halle_(Saale)#Kultur_und_Sehensw%C3%BCrdigkeiten

      Essayons de rester objectifs. Le nombre de 239.257 habitants à Halle correspond à deux tiers du nombre de citoyens d’un arrondissement berlinois. La ville est alors classée dans la catégorie administrative Großstadt malgré le petit esprit de l’autochtone moyen.

      Voici les résultats des dernières élections pour le parlement du Land de Saxe en 2016
      http://www.halle.de/de/Verwaltung/Wahlen/Wahlarchiv/Landtagswahl-2016/index.aspx

      Les premières places de la partie vote majoritaire des élections (Erststimme) sont toutes occupées par l’AfD et le CDU. Die Linke occupait la deuxième place dans le vote proportionnel (Zweitstimme) avec 18,97% . Le SPD n’arrivait qu’à un résultat de 11,56% et les Verts se placaient à 10,67%. Avec un taux de participation de 63,7% on arrive à dire qu’à peu près un tiers de la population vote pour le centre-gauche. Les chrétiens-démocrates en Saxe se situent du côté droit de leur parti déjà très conservateur. Le parti CDU ramassait à lui seul 24,57% des voix. Prenant en considération le AfD qui obtenait 19,53% des voix et les 36,3% d’abstentions on arrive à la conclusion que Halle (Saale) est habitée par une forte majorité de droite dont la moitié fait partie de l’extrême droite.

      Autrement dit dans cette ville de la Saxe environ 80.000 gens raisonnables sont confrontés à 160.000 de racistes qui sont contents quand des noirs et arabes se noient dans la mer Méditerrannée. Là on vient de recevoir la nouvelle qu’un exemplaire de cet espèce dépourvu de scrupules a pris mot pour mot ce que disent et pensent ses concitoyens. Deux habitant/e/s de sa ville en sont mort/e/s.

      La ville s’est dépêchée de se débarasser des monuments que l’état socialiste a laissé comme patrimoine culturel.

      Fäuste-Abriss Halle : « Ich mach das platt, wir essen pünktlich. » - Kludge
      https://www.koenau.de/2016/07/fauste-abriss-halle-ich-mach-das-platt.html

      Donnerstag, 28. Juli 2016 - Vor 13 Jahren wurde mit dem Abriss des „Fäuste“-Denkmals in Halle begonnen, das den einen als Teil des Stadtbild und Stück Geschichte, anderen aber als lästige Erinnerung an die DDR galt.

      J’essaye de terminer ce commentaire avec un argument positif. Quand on prend des attentats comparables aux #USA comme repère on constate que ce crime ne rentre même pas dans la catégorie de mass shooting dont notre ami atlantique voit un par jour. Les restrictions mis en place contre les armes à feu et la culture politique du compromis comme un système social en état arantissent pour le moment que de tels actes restent exceptionnels, même en Saxe. Leur caractère systématique est pourtant évident et nous risquons une explosion des actes violents avec ou sans armes à feu si le clivage social allemand s’aggrave.

      #racisme #antisemitisme #Allemagne #extrême_droite #attentat

    • Depuis les années 1990 la région de Halle (Saale) est connue pour son nombre de viols par habitant/e le plus élevé d’Allemagne

      À verser au dossier de : quand ça va mal pour les femmes, pas la peine de les réduire au silence en leur disant que ça va bien, ça veut dire que ça va mal pour tout le monde et que leurs alertes sont précieuses !

  • Plus de 100 universitaires juives et juifs accusent l’administration Trump d’instrumentaliser l’antisémitisme

    Over 100 Jewish scholars condemn Trump admin for exploiting anti-Semitism
    More than 100 Jewish academics sign open letter demanding the Trump administration stop exploiting anti-Semitism in order to quash criticism of Israel on college campuses.
    Jewish academics are fighting back against the Trump administration’s attempts to silence criticism of Israel on college campuses. More than 100 Jewish scholars have signed an open letter to the U.S. Department of Education in response to its demand that the Duke-University of North Carolina Consortium for Middle East Studies modify its curricular programming or face defunding.
    [...]

    https://972mag.com/jewish-scholars-trump-antisemitism/143817

    #antisémitisme #manipulation #Israël #Trump #USA #université

  • Derrière l’idéologie du « racisme anti-Blancs », la persistance française de la question coloniale
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240919/derriere-l-ideologie-du-racisme-anti-blancs-la-persistance-francaise-de-la

    Le « racisme anti-Blancs » est une construction idéologique destinée à relativiser le racisme systémique, social et culturel, subi en France par les Noirs et les Arabes. Son ascension dans le débat public témoigne de l’aveuglement français à la question coloniale, à sa longue durée comme à sa persistante actualité.

    #Parti_pris #Antisémitisme,_esclavage,_racisme_anti-Blancs,_grand_remplacement,_Colonialisme,_A_la_Une

  • La persistance française de la question coloniale
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240919/la-persistance-francaise-de-la-question-coloniale

    Le « racisme anti-Blancs » est une construction idéologique destinée à relativiser le racisme systémique, social et culturel, subi en France par les Noirs et les Arabes. Son ascension dans le débat public témoigne de l’aveuglement français à la question coloniale, à sa longue durée comme à sa persistante actualité.

    #Parti_pris #Antisémitisme,_grand_remplacement,_esclavage,_racisme_anti-Blancs,_Colonialisme,_A_la_Une

  • Bari Weiss’s Unasked Questions
    https://jewishcurrents.org/bari-weisss-unasked-questions

    Par #Judith_Butler

    I knew I would not agree with all of what the author had to say. Weiss has characterized positions critical of Israel as biased and fraudulent; as a student at Columbia University, she helped lead an effort to bring complaints against Middle Eastern studies professors who held critical views of Israel for allegedly creating a hostile environment for Jews on campus. (After review, the university found the complaints to be almost entirely unfounded.) I wondered, then, how she would account for antisemitism, and whether she would be able to distinguish between its very real and threatening forms and legitimate critiques of the State of Israel—critiques that should properly be part of any democratic public sphere and which have spuriously been labeled antisemitic in an effort to suppress them.

    Weiss’s book turned out to be both passionate and disappointing.

    #sionisme #antisémitisme

  • Gérard #Noiriel : « Eric Zemmour légitime une forme de délinquance de la pensée »

    L’historien de l’immigration s’attache dans son dernier livre, « Le Venin dans la plume » (La Découverte), à montrer comment la rhétorique identitaire du polémiste est comparable aux imprécations antisémites d’Edouard Drumont. Il détaille son travail dans un entretien au « Monde ».

    Propos recueillis par Nicolas Truong

    Historien et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Gérard Noiriel est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’immigration en France, sur le #racisme, sur l’histoire de la classe ouvrière et sur les questions interdisciplinaires et épistémologiques en #histoire. Après Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours (Agone, 2018), il publie Le Venin dans la plume . Edouard Drumont, Eric Zemmour et la part sombre de la République (La Découverte, 252 pages, 19 euros, à paraître le 12 septembre), dans lequel il compare la grammaire identitaire des deux pamphlétaires nationalistes.

    On compare souvent la situation politique actuelle à celle des années 1930. Or, dans ce livre, vous expliquez que, pour comprendre la rhétorique réactionnaire d’aujourd’hui, il faut partir des années 1880. Comment avez-vous eu l’idée de croiser ces deux figures que sont Zemmour et Drumont ? Quelles sont les ressemblances qui vous ont le plus frappé et les divergences les plus notables ?

    L’histoire montre que, depuis le XVe siècle et la redécouverte de l’imprimerie en Europe, les révolutions de la communication ont toujours eu des conséquences extrêmement importantes sur la vie économique, sociale et politique. L’explosion de l’Internet, des réseaux sociaux et la multiplication des chaînes d’information en continu illustrent une nouvelle révolution de ce type, comparable à celle que les Français ont connue à la fin du XIXe siècle, lorsque le triomphe de la presse de masse a provoqué une profonde restructuration de l’espace public. Je montre dans ce livre que l’important écho rencontré par des polémistes comme Drumont, à la fin du XIXe siècle, et Zemmour aujourd’hui est la conséquence de ces révolutions communicationnelles. Les années 1930 ont porté au paroxysme les effets politiques du discours antisémite de Drumont et consorts, mais c’est à la fin du XIXe siècle qu’il a été élaboré.

    J’avais déjà beaucoup travaillé sur les écrits d’Edouard Drumont dans mes précédentes recherches. Ce qui m’avait permis de repérer un point commun avec Eric Zemmour : le recours constant aux polémiques, aux scandales pour exister dans l’espace public. Toutefois, c’est seulement lorsque je me suis attelé à la rédaction du présent livre que j’ai comparé minutieusement les discours de ces deux polémistes. J’ai découvert alors, avec stupéfaction, que les points communs allaient bien au-delà de ce que je pensais au départ. Certes, il y a des différences indéniables dans leur prose car, aujourd’hui, on ne peut plus insulter les gens de la même manière que Drumont le faisait au XIXe siècle. Néanmoins, si l’on analyse ce que j’appelle la « grammaire », c’est-à-dire les règles qui sous-tendent leur discours identitaire pour dire le vrai et le faux, on constate qu’elles sont quasiment identiques ; sauf que Drumont s’en prend aux juifs et Zemmour, aux musulmans.

    Peut-on mettre l’antisémitisme de Drumont et l’islamophobie de Zemmour sur le même plan ? Est-il possible de comparer la haine d’un peuple avec la crainte d’une religion ?

    Je sais bien que certains considèrent que le génocide perpétré contre le peuple juif au XXe siècle interdit qu’on puisse comparer l’antisémitisme et l’islamophobie. Mais, dans mon livre, j’utilise le mot « antisémitisme » au sens que lui donnaient les adversaires de Drumont à la fin du XIXe siècle. Notamment Anatole Leroy-Beaulieu, qui définissait l’antisémitisme comme une « doctrine de haine » tournée contre les juifs. J’utilise le mot « islamophobie » pour désigner la « doctrine de haine » qui s’attaque aux musulmans. En ce sens, la comparaison me semble légitime. Je montre que la stigmatisation des musulmans qu’alimente Zemmour dans ses livres mobilise le même genre de rhétorique identitaire que celle de Drumont à l’égard des juifs.

    Quels sont les méthodes, thèmes et exemples récurrents de l’histoire identitaire ? Quelles sont les règles de leur « grammaire identitaire » ?

    Sans pouvoir détailler ici l’analyse que j’ai développée dans le livre, je voudrais insister sur le rôle capital que joue la rhétorique (entendue comme l’art de la persuasion) dans la diffusion du type d’histoire identitaire qu’a inventé Drumont et que Zemmour a adaptée au contexte d’aujourd’hui. Je reproche à mes collègues universitaires qui ont travaillé sur ces questions de se limiter le plus souvent aux arguments avancés par les auteurs réactionnaires, en laissant de côté la réception de ces discours dans le public.

    Les journalistes polémistes comme Drumont ou Zemmour n’ont fait que reprendre à leur compte des thèmes qui ont été mis en circulation par d’autres avant eux. Leur art (on pourrait même dire leur talent) se situe au niveau des techniques de persuasion qu’ils mobilisent pour diffuser ces thèses dans le grand public. Ce qui m’a frappé, c’est qu’Eric Zemmour utilise aujourd’hui les mêmes recettes qu’Edouard Drumont il y a cent trente ans. Il s’agit d’une histoire identitaire qui met en scène des personnages (et non des individus réels) et qui est tout entière centrée sur le clivage entre « eux » (les étrangers) et « nous » (les Français). La France est elle-même présentée comme une personne possédant une identité immuable, cimentée par la religion catholique ; ce qui explique que l’étranger soit défini lui aussi par référence à la religion.

    Cette histoire identitaire prend la forme d’une tragédie. Elle annonce la disparition de la France vaincue par « le parti de l’étranger », en faisant constamment le lien avec l’actualité. Son efficacité tient au fait qu’elle mobilise le sens commun, c’est-à-dire ce que tous les Français savent car ils l’ont lu dans le journal ou qu’ils l’ont vu à la télévision. D’où l’importance capitale accordée aux faits divers, aux crimes, aux attentats, etc. Plutôt que de parler de « racisme », je dirais qu’il s’agit de deux formes de nationalisme : au nationalisme antisémite de Drumont a succédé le nationalisme islamophobe de Zemmour. Il faut toutefois préciser que la force de persuasion de ce type de discours tient aussi au fait que la dénonciation de la menace étrangère s’inscrit dans une vision plus globale de la société, centrée sur le thème de la décadence. Comme on le sait, Zemmour s’en prend aussi aux femmes, aux homosexuels, aux universitaires, etc. Mais on a oublié que Drumont s’attaquait déjà aux mêmes cibles.

    En quoi la « rhétorique de l’inversion » – qui fait des dominés des dominants – est-elle si importante à leur entreprise idéologique ?

    J’ai été frappé, en effet, de constater que nos deux polémistes nationalistes mobilisaient constamment la rhétorique de l’inversion dominants/dominés. Autrement dit, ils ne nient pas l’existence des relations de pouvoir, mais ils les renversent. C’est une pièce maîtresse dans un discours qui vise à avoir toujours le dernier mot. Drumont et Zemmour prétendent élaborer une contre-histoire, qu’ils opposent à « l’histoire officielle ». Elle consiste à présenter les minorités qui ont été persécutées au cours du temps comme des dominants qui mettaient en péril l’identité de la France. Comme Drumont l’avait fait avant lui, Zemmour va jusqu’à justifier la Saint-Barthélemy ou le massacre des protestants de La Rochelle par Richelieu.

    Cette « contre-histoire » a bien sûr pour but de légitimer la politique répressive qu’ils prônent à l’égard des minorités du présent (les juifs pour Drumont, les musulmans pour Zemmour). La rhétorique de l’inversion dominants/dominés permet aussi à ces polémistes omniprésents dans les médias de faire croire à ceux qui les lisent ou qui les écoutent qu’ils sont eux-mêmes des dominés, victimes des universitaires « bien-pensants ». Drumont dénonçait les « élites enjuivées », Zemmour s’en prend aux « islamo-gauchistes » ; les mots ont changé mais la rhétorique est identique. Dans les deux cas, il s’agit de discréditer les vrais savants en les présentant comme des dominants qui ont falsifié l’histoire de France pour servir ce que Zemmour appelle « le parti de l’étranger ». L’analyse que j’ai faite, dans mon livre, des commentaires mis en ligne sur les sites qui font la promotion des thèses de Zemmour montre clairement l’efficacité de cette rhétorique. Tous ceux qui s’efforcent de lutter contre ces discours de haine sont présentés comme des « collabos » au service des islamistes.

    Vous écrivez que ce que vous avez vous-même éprouvé en lisant les pages de Destin français (Albin Michel, 2018) consacrées à votre communauté professionnelle est comparable à « ce que ressentent les membres des communautés musulmanes quand Zemmour discrédite leur religion, ou les homosexuels quand il s’en prend au « lobby gay » ». Quels ont été les ressorts émotionnels de votre indignation ? Pourquoi vous était-il impossible d’entonner personnellement, comme Eric Zemmour, la rengaine du « C’était mieux avant » ? Pourquoi était-il important de parler de vos propres origines sociales ?

    L’autonomie qu’ont acquise progressivement les sciences sociales est indispensable au progrès de la connaissance, mais elle incite les chercheurs à voir la société comme une immense salle de cours. C’est ce qui explique le peu d’attention qu’ils accordent à la réception du savoir. Tous ceux qui se préoccupent de ce qu’on appelle « la fonction civique de l’histoire » devraient pourtant tenir compte du rôle essentiel que jouent les émotions dans l’adhésion ou le rejet d’un discours public.

    C’est ce souci qui m’a incité à commencer le livre en évoquant ma propre trajectoire. Dans les quelques pages de cet avant-propos, je me suis placé finalement sur le même terrain que Zemmour, qui ne cesse de mettre en avant ses origines populaires pour discréditer les universitaires et nous seriner que « c’était mieux avant ». Comme je suis issu d’un milieu plus populaire que le sien, il m’a semblé que j’étais bien placé pour rappeler tous les obstacles qu’ont dû franchir les « transclasses » de ma génération afin d’échapper au destin social que l’école républicaine leur avait fixé. Quand on me dit : « C’était mieux avant », je réponds : « Ça dépend pour qui. » Si nous étions dans un monde où seul compte l’échange d’arguments, je n’aurais pas eu besoin d’évoquer mon parcours. Je l’ai fait parce que je sais que cela aura un impact dans le public, surtout auprès de ceux qui n’ont pas les compétences pour arbitrer les querelles historiographiques.

    C’est ce qui m’a poussé aussi à informer les lecteurs des raisons subjectives qui m’ont conduit à écrire ce livre, à savoir le sentiment d’indignation que j’ai ressenti quand j’ai lu les pages du Destin français où les enseignants-chercheurs de mon genre sont traînés dans la boue. Je ne pouvais pas admettre que le monde savant auquel j’ai eu accès au prix de mille sacrifices et d’efforts soit piétiné sans aucune preuve par un journaliste qui distille continuellement son venin avec la complicité des médias les plus puissants.

    Pourquoi la structuration du champ médiatique est-elle déterminante pour comprendre leur émergence ?

    Ce n’est pas un hasard si La France juive , publié en 1886, a été le premier best-seller des livres politiques de la IIIe République. La presse de masse s’impose à ce moment-là en introduisant la logique capitaliste dans l’univers de la communication. De nouveaux quotidiens voient le jour, qui peuvent toucher jusqu’à un million de lecteurs, tout en se livrant une concurrence acharnée. Les recettes qu’ils inventent pour élargir leur audience sont toujours en vigueur aujourd’hui. Elles relèvent de ce que j’appelle la « fait-diversion de l’actualité ». Les crimes, les catastrophes, les scandales occupent une place de plus en plus grande car ce sont des thèmes porteurs.

    Drumont a été le premier à exploiter cette logique nouvelle. Il fait scandale en insultant ses adversaires pour que ces derniers le provoquent en duel ou le traînent en justice, ce qui alimente sa notoriété et son statut de victime. C’est ainsi que Drumont est devenu un « bon client » pour les journalistes de son temps. La majorité d’entre eux n’étaient sans doute pas antisémites. Mais comme ses scandales à répétition permettaient de gonfler les tirages, la grande presse les a amplement relayés, légitimant du même coup la prose de Drumont. Il faut dire que personne ne pouvait imaginer à cette époque les horreurs auxquelles conduiraient ces délires.

    Eric Zemmour utilise aujourd’hui les mêmes recettes, mais en les adaptant à l’âge d’Internet et des chaînes d’info en continu. Les duels ne se déroulent plus au petit matin dans le bois de Boulogne mais le soir sur les plateaux télévisés. Les journalistes d’aujourd’hui qui relayent complaisamment les obsessions zemmouriennes ne les partagent pas toujours, mais comme c’est bon pour l’Audimat, ils les diffusent eux aussi sans état d’âme.

    De la tuerie de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, à celle de Dayton, aux Etats-Unis, les idées de l’écrivain Renaud Camus sur le « grand remplacement », dont certaines sont partagées par Eric Zemmour, sont lues et revendiquées par des terroristes suprémacistes. Les mots de ces polémistes d’extrême droite sont-ils des mots qui tuent ?

    Curieusement, ceux qui ne cessent d’affirmer que le Coran est la source de tous les attentats commis par les terroristes se réclamant de l’islam réfutent énergiquement ce genre d’arguments quand leurs adversaires accusent Camus ou Zemmour d’inspirer les terroristes suprémacistes. Là encore, le chercheur doit se tenir à distance de ces polémiques pour analyser au cas par cas comment ces criminels s’approprient les discours racistes qui sont à leur portée, le plus souvent pour justifier leurs actes. Il est certain qu’un livre à lui seul ne suffit pas pour déclencher un passage à l’acte. Cela n’empêche pas que les flots de haine qui sont diffusés par ces pamphlétaires et leurs alliés peuvent être reçus par les extrémistes comme une légitimation de la violence à l’égard des « étrangers ».

    Par conséquent, je ne dirais pas que les mots d’Eric Zemmour sont des mots qui tuent, mais je suis bien obligé de constater que, d’un côté, ses propos insultants humilient ceux qui en sont les cibles et que, d’un autre côté, ils confortent la vision du monde de ceux qui sont envahis par la haine de l’autre. Dans mon livre, j’ai fait une petite analyse des commentaires concernant Eric Zemmour mis en ligne sur des sites d’extrême droite comme Riposte laïque. C’est assez terrifiant. On constate que les écrits du polémiste libèrent chez ces lecteurs des pulsions que le droit actuel s’efforce de contenir. En répétant sans cesse qu’il est victime des « bien-pensants », que la liberté d’expression est bafouée par ses contradicteurs, Eric Zemmour légitime une forme de délinquance de la pensée comparable à celle que Drumont légitimait à l’égard des juifs.

    Edouard Drumont a prolongé son engagement de polémiste en se lançant dans la politique active, puisqu’il fut élu député en 1898. Pensez-vous qu’Eric Zemmour suivra la même voie ?

    Ses partisans annoncent « une première grande convention de la droite, qui a vocation à devenir le lieu incontournable des débats philosophiques et politiques de demain » pour le 28 septembre, en présence de Marion Maréchal, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, et d’Eric Zemmour (Le Monde du 5 septembre). On verra ce qu’il en sortira. Mais je doute fort que le polémiste du Figaro franchisse le pas. La tentative de Drumont pour fonder un parti antisémite fut un échec et sa carrière de député prit fin à l’issue de son premier mandat. Plus prudent, Zemmour se contentera sans doute de jouer les éminences grises de cette nouvelle droite extrême.

    Comment contrer Zemmour et ses avatars aujourd’hui ?

    Le principal message que j’ai voulu faire passer dans ce livre est le suivant : je suis absolument convaincu que si nous voulons éviter qu’à brève échéance un Trump, un Johnson, un Salvini ou un Bolsonaro made in France s’installe à la tête de l’Etat, tous ceux qui ont l’immense privilège de pouvoir parler en public – experts, artistes, journalistes, universitaires, politiciens, etc. (je m’inclus évidemment dans le lot) – doivent aujourd’hui s’interroger sans faiblesse sur leur propre rôle.

    Dans son dernier livre, intitulé Destin français , Zemmour a accusé les historiens comme moi d’obéir à une « logique mafieuse », de tenir « les manettes de l’Etat », de manipuler une « grande machinerie » qui « euthanasie la France ». Ce livre a bénéficié, à l’automne 2018, d’une formidable campagne de promotion ; non seulement dans Le Figaro et ses filiales, mais aussi à la radio, sur les chaînes d’info en continu (BFM-TV, CNews, LCI), sur plusieurs chaînes de la TNT. A ma connaissance, aucun de ces journalistes n’a demandé à Zemmour quelles étaient les preuves qu’il pouvait produire à l’appui de ces accusations contre les historiens. Aucun d’entre nous n’a été invité pour défendre la dignité de notre profession face à ces calomnies.

    L’entretien publié dans Le Point pour faire la promotion du livre de Zemmour a repris en titre l’une de ses phrases affirmant : « La plupart des historiens n’assument plus l’histoire de France ». Bel exemple de « fake news », puisque rien qu’entre 2016 et 2018 trois volumineuses histoires de France ont été publiées par des universitaires, notamment la mienne, parue en même temps que l’ouvrage de Zemmour, mais dont Le Point n’a évidemment pas dit un mot. Il s’agit de Les Luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours , de Michelle Zancarini-Fournel (La Découverte, 2016) ; Histoire mondiale de la France , sous la direction de Patrick Boucheron (Seuil, 2017) ; Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours (Agone, 2018).

    Voilà comment ces journalistes conçoivent le pluralisme ! Comment, dans ces conditions, prendre au sérieux leurs propos quand ils affirment combattre le populisme et les fausses nouvelles ?

    Mais le plus inquiétant, c’est que les institutions qui représentent notre communauté professionnelle ne se sont pas mobilisées, elles non plus, pour défendre les enseignants-chercheurs mis en cause par le polémiste. Beaucoup d’universitaires estiment en effet qu’ils n’ont pas à répondre à ce genre de provocations. C’est une lourde erreur car nous ne sommes pas des chercheurs de droit divin. Nous avons des comptes à rendre aux citoyens puisque c’est grâce à leurs impôts que nous percevons nos salaires. Si, comme le dit encore Eric Zemmour, dans Le Figaro, « la plupart des historiens qui se prétendent scientifiques sont devenus de nouveaux prêtres qui servent les nouveaux dieux », autant fermer tous les départements d’histoire dans les universités. Mais si le métier de journaliste se résume à faire la promotion commerciale de la prose des pamphlétaires nationalistes parce que c’est bon pour l’audience, autant fermer aussi les écoles de journalisme et recruter des animateurs en CDD.

    Le grand point commun entre les dirigeants populistes qui sont aujourd’hui au pouvoir dans le monde, c’est que leur nationalisme s’accompagne toujours d’un puissant anti-intellectualisme. Si on laisse le champ libre à Zemmour pour labourer le terrain, il ne faudra pas s’étonner du résultat. Marc Bloch a écrit son Apologie pour l’histoire ou métier d’historien (1949), livre dans lequel il défend le métier d’historien, pendant la Résistance, au moment où il combattait l’occupant nazi les armes à la main. Défendre la science historique était à ses yeux, en effet, une autre manière de résister. Dans ce livre, il déplore le repli de ses collègues universitaires dans leur tour d’ivoire et leur « ésotérisme rébarbatif ». Ce qui conduit « à livrer sans défense la masse des lecteurs aux faux brillants d’une histoire prétendue, dont l’absence de sérieux, le pittoresque de pacotille, les partis pris politiques pensent se racheter par une immodeste assurance ». Et les noms qui s’imposent sous sa plume pour illustrer ce type d’histoire réactionnaire sont Charles #Maurras et Jacques Bainville, les deux « historiens » dont se réclame constamment Eric #Zemmour dans ses livres.

    #antisémitisme #islamophobie

  • For the first time in my life, I’m frightened to be Jewish | openDemocracy
    https://www.opendemocracy.net/en/opendemocracyuk/first-time-my-life-im-frightened-be-jewish

    I am 58 years old, and for the first time in my life, I am frightened to be Jewish.

    We live in a time when racism is being normalized, when Nazis parade in the streets in Europe and America; Jew baiters like Hungary’s Orban are treated as respectable players on the international scene, “white nationalist” propagandist Steve Bannon can openly coordinate scare-mongering tactics with Boris Johnson in London at the same time as in Pittsburg, murderers deluded by white nationalist propaganda are literally mowing Jews down with automatic weapons. How is it, then, that our political class has come to a consensus that the greatest threat to Britain’s Jewish community is a lifelong anti-racist accused of not being assiduous enough in disciplining party members who make offensive comments on the internet?

    For almost all my Jewish friends, this is what is currently creating the greatest and most immediate sense of trepidation, even more than the actual Nazis: the apparently endless campaign by politicians like Margaret Hodge, Wes Streeting, and Tom Watson to weaponize antisemitism accusations against the current leadership of the Labour party. It is a campaign – which however it started, has been sustained primarily by people who are not themselves Jewish – so cynical and irresponsible that I genuinely believe it to be a form of antisemitism in itself. And it is a clear and present danger to Jewish people.

    #normalisation #racisme #antisémitisme #inversion #extrême_droite #europe #royaume_uni #Corbyn #états-unis

  • Va en paix, Yann Moix, le sionisme pardonne l’antisémitisme ordurier !
    http://www.ujfp.org/spip.php?article7365

    Le moindre dérapage ou la moindre ambiguïté face à l’antisémitisme, le moindre soupçon de complaisance avec l’islamisme radical, la moindre critique des crimes israéliens vous fait écarter rapidement des ondes et des plateaux de télévision. C’est arrivé à des humoristes ou à des journalistes des quartiers populaires ou encore à l’inspecteur du travail Gérard Filoche, le plus souvent injustement. Source : UJFP

  • How the Right Has Tried to Rebrand Anti-Semitism | by Mairav Zonszein | NYR Daily | The New York Review of Books
    https://www.nybooks.com/daily/2019/09/04/how-the-right-has-tried-to-rebrand-anti-semitism

    ... the Israeli government and its US supporters have redoubled their efforts to render #BDS politically toxic, even criminally punishable. Their strategy is simple: to declare support for BDS intrinsically anti-Semitic because—the claim goes—the movement denies Israel the right to exist as a Jewish state. This rhetorical maneuver suppresses an essential point for many that BDS is not a denial of Israel’s right to exist as such, but an objection to its right to exist as a state that affords rights based on ethnicity (as opposed to a civic nationalism that grants equal rights to all citizens) . Israel, as a national homeland for Jews, gives Jews a right to a country, but the military and geopolitical power Israel has amassed since gaining independence has emboldened the state to control as much territory as possible while largely denying Palestinians civil rights inside Israel’s 1948 borders and their right to self-determination in areas occupied after 1967.

    Over time, Israel’s hawkish leadership has construed criticism of its policies as hatred of Jews. The logic has stretched so far that today being pro-Israel appears necessarily to entail being anti-Palestinian. This semantic feat relies on a modern redefinition of anti-Semitism, sometimes called “the New Anti-Semitism,” as primarily a racist hostility toward Israel. The term dates from the last decades of the twentieth century, but it solidified when a 2001 UN conference notoriously drafted a declaration that Zionism was racism. (After the US and Israel withdrew from the meeting in protest, the statement was dropped, but the damage was done.) In the hands of the pro-Israel political right, the New Anti-Semitism effectively flipped the script by declaring that anti-Zionism is racism. In doing so, it added new tropes of “demonization” and “delegitimization” of Israel to the ancient slurs of traditional racism against Jews.

    Proponents of the New Anti-Semitism also seek to identify a specifically left-wing form of anti-Semitism, distinct from the traditional far-right manifestations. As Israeli politics, particularly under the governments of Netanyahu, have moved farther and farther to the right, it was inevitable that the definitions of the New Anti-Semitism would harden into a dogma deployed to silence progressives who criticize Israel and advocate for Palestinian rights.

    #antisémitisme #sionisme #racisme #Palestine

  • Yann Moix : pourquoi tant de complaisance ?
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/030919/yann-moix-pourquoi-tant-de-complaisance

    L’affaire Moix dépasse amplement la querelle familiale ou l’étude de cas psychologique, surtout depuis le tir de barrage médiatique déployé le week-end dernier pour absoudre l’écrivain-chroniqueur. Elle entache les éditions Grasset, implique un certain milieu germanopratin et met en lumière les dysfonctionnements du service public audiovisuel.

    #LIVRES #Bernard-Henri_Lévy,_Antisémitisme,_négationnisme,_Yann_Moix,_Olivier_Nora,_Grasset

  • Antisémitisme : les petits arrangements de Yann Moix avec la vérité à « ONPC »
    https://www.lexpress.fr/culture/livre/antisemitisme-les-petits-arrangements-avec-la-verite-de-yann-moix-a-onpc_20

    Yann Moix s’est expliqué samedi soir sur le plateau de Laurent Ruquier. On attendait un mea culpa sincère, on a eu droit à des éléments de langage. Décryptage.

    Yann Moix a décidément du mal avec les mea-culpa. À la suite des révélations de L’Express https://web.archive.org/web/20190826152559/https://www.lexpress.fr/culture/quand-yann-moix-publiait-dans-un-journal-antisemite_2095721.html, il lui avait déjà fallu s’y reprendre à deux fois avant d’avouer qu’il était bien l’auteur non seulement des dessins, mais aussi des textes publiés dans un petit magazine étudiant à tendance #négationniste. Hier soir, sur le plateau de #Laurent_Ruquier, le romancier a de nouveau présenté ses excuses pour ces errements de jeunesse. Mais interviewé par #Adèle_Van_Reeth et #Franz-Oliver_Giesbert, qui n’avaient pas la moindre idée de ce que contenaient les trois numéros d’Ushoahia, #Yann_Moix a de nouveau eu tendance à minimiser sa participation à coups de petits arrangements avec la vérité.

    Par ailleurs, Le Monde avait révélé hier https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/31/ces-heures-ou-yann-moix-a-tente-de-rester-frequentable_5504880_3224.html avant l’émission que Moix était le salarié de la maison de production #Tout_sur_l'écran, productrice d’On n’est pas couché. C’est en effet cette même société qui produit Chez Moix, l’émission présentée sur #Paris-Première par le romancier. Un étrange mélange des genres sur le Service Public. Retour sur un mea-culpa incomplet.

    "Je demande pardon pour ces bandes dessinées"

    Yann Moix connait trop bien le sens des mots pour les employer au hasard, surtout au coeur d’une polémique aussi explosive. Il a asséné pendant plus d’une heure un « élément de langage » forgé à l’avance : « Je faisais des bandes dessinées #antisémites. » Nous avons compté : Yann Moix a martelé dix-neuf fois l’expression « bande dessinée » durant l’émission, sans jamais avoir été repris une seule fois par ses interviewers ! Or, en demandant le pardon pour ces « bandes dessinées », le romancier renvoie à un mode d’expression qui évoque inconsciemment l’enfance et suscite donc l’indulgence.

    Vérification faite, sur la centaine de pages que forment au total les trois numéros d’Ushoahia, on ne trouve aucune bande dessinée de sa main dans le numéro 1 (le plus négationniste), trois pages seulement dans le numéro 2 et deux pages dans le troisième numéro. Soit donc seulement cinq pages sur... cent ! À noter que ces rares bandes dessinées visent le plus souvent à ridiculiser #Bernard-Henri_Lévy, parfois sur le mode scatologique, parfois pour se demander comment « le distinguer de Jean-Jacques Goldman ».

    Dans l’absolution que #BHL accorde ce matin à Moix, le philosophe reprend symptomatiquement le même élément de langage, n’évoquant que « ces fameuses BD ».


    Case d’une des rares bandes dessinées de Yann Moix publiée dans Ushoahia.

    En revanche, dans ces numéros, on trouve de très nombreuses caricatures de la main de Moix, très souvent antisémites. Le romancier, qui rêvait de publier dans Hara-Kiri, sait que caricature et bande dessinée sont loin d’être synonymes. Tout particulièrement quand le sujet en est l’ #antisémitisme, comme le rappelle le spécialiste Didier Pasamonik ce matin https://www.actuabd.com/TRIBUNE-LIBRE-A-DIDIER-PASAMONIK-A-propos-des-bandes-dessinees-de-Yann-Moix

    Mais surtout, en demandant pardon pour ses « bandes dessinées », Yann Moix occulte à nouveau l’essentiel : il était bel et bien l’auteur de nombreux textes d’Ushoahia. Après l’avoir tout d’abord farouchement nié dans son entretien à L’Express, il avait été contraint de le reconnaître vingt-quatre heures plus tard dans Libération, lorsque L’Express avait retrouvé https://www.lexpress.fr/actualite/societe/negationnisme-le-mensonge-de-yann-moix_2095809.html l’un de ses manuscrits signés de sa main contenant nombre des textes antisémites publiés dans Ushoahia.

    Or, en plus d’une heure passée dans le fauteuil de l’émission de Laurent Ruquier, Yann Moix n’a pas une seule fois évoqué ou assumé ces textes. Que cache ce déni ?

    "J’avais 20 ans"

    Quel âge avait vraiment Yann Moix au moment où il publiait ces textes et dessins ? La maturité n’est pas la même à 18 ans, à 20 ans ou à 22 ans. Dans Le Monde, son éditeur Olivier Nora évoque un « fanzine lycéen ». Sur le plateau d’ONPC, Moix parle de l’année 1988. Précisons donc que certains numéros d’Ushoahia sont parus dans les premiers mois de 1990 (l’un d’entre eux évoque longuement la mort du dictateur roumain Nicolae Ceaucescu survenue le 25 décembre 1989). Yann Moix, né le 31 mars 1968, s’apprêtait donc à fêter ses vingt-deux ans. Il avait quitté le lycée trois ans plus tôt, avait passé deux ans en classes préparatoires et étudiait dans une grande école, l’ESC Reims.

    Dans Orléans, il ne cesse d’ailleurs de rappeler combien il était précoce intellectuellement, s’amusant même du fait qu’il était sans doute le plus jeune abonné du Bulletin des amis d’André Gide de l’Histoire (il était alors en quatrième). Il raconte aussi comment il dévorait les oeuvres de Francis Ponge, Charles Péguy, Sartre, Céline, Baudelaire, Gombrowicz... D’ailleurs, le « style » des textes d’Ushoahia, aussi odieux soit-il, fait preuve d’une virtuosité certaine.

    "Je m’en prenais aussi aux myopathes, aux handicapés, aux Éthiopiens"

    Yann Moix sous-entend donc que les Juifs ne seraient qu’une cible parmi d’autres dans ses écrits de jeunesse et qu’il « faisait feu de tout bois ». Les myopathes ? Les handicapés ? Pas une ligne sur eux dans les trois numéros d’Ushoahia. En revanche, la couverture du numéro 2 est bien consacrée à la famine en #Éthiopie. Voici les premières lignes de l’article consacré au sujet : « Après les six millions de #Juifs soi-disant morts dans les camps en carton pâte que la Metro Goldwyn Meyer a fait construire un peu partout en Europe pour le compte (en banque) de quelques Juifs avides de pognon, on réinvente l’actualité pour renflouer les caisses de quelques dictateurs nègres dont le roseau de 30 cm ne suffit plus à aguicher les putains d’Adis-Abeba. » Et un peu plus loin : « En fait, ces #nègres maigres n’existent pas. Ce ne sont que les négatifs des photos truquées par les Juifs sur les prétendus camps de la mort. »

    Texte paru dans le numéro 2 d’Ushoahia.

    Le numéro 3 d’Ushoahia est lui consacré à l’abbé Pierre. Là encore, voici les toutes premières lignes de l’article : « Il est petit, épais comme un #Juif version #Buchenwald, porte des binocles pour mieux voir le fric (...) et une barbe de père Noël pouilleux qui serait resté trop longtemps à distribuer des cadeaux aux pensionnaires d’ #Auschwitz. Faut dire, vu le nombre de cheminées qu’il y avait là-haut, il devait y avoir du pain (grillé) sur ces planches qui ont servi à casser du Youpe, etc. » Le texte est signé « #Auschwitz-Man ».

    Extrait du numéro 3 d’Ushoahia.

    Bref, les #Éthiopiens et l’abbé Pierre ne sont une nouvelle fois que prétexte à développer une obsession antisémite et négationniste. Dans le numéro 3, même la pauvre peluche Casimir -pour laquelle Moix a toujours eu un faible, au point de la mettre en scène longuement dans son premier roman, Jubilations vers le ciel- porte un brassard à #croix_gammée.

    On comprend mieux pourquoi Yann Moix n’a pas souhaité s’appesantir sur les textes.

    "Ces révélations sont téléguidées par l’extrême-droite"

    Discréditer le supposé émetteur d’une information est une technique vieille comme le monde. Dans son interview à L’Express, en début de semaine, Yann Moix accusait son frère d’être la « balance ». À On n’est pas couché, changement de stratégie, c’est l’ « extrême-droite ». Deux anciennes amitiés de Moix avec des personnages sulfureux ont d’ailleurs été évoquées sur le plateau de Laurent Ruquier.

    Premier nom : #Marc-Edouard_Nabe, écrivain dont Moix fut très admiratif à ses débuts et dont il fut proche un temps, avant de se brouiller avec lui. Depuis, les deux hommes sont à couteaux tirés. Nabe est le premier à avoir cité le titre Ushoahia, en 2017, dans son livre Les Porcs 1, mais il n’a jamais eu entre les mains ces publications. Sinon, lui qui publie régulièrement sur son site « Nabe News » des documents révélant les parts d’ombre de ses ennemis, se serait évidemment fait un malin plaisir de rendre public un florilège des oeuvres de jeunesse compromettantes de Moix, étrillé à longueur de pages dans Les Porcs 1.

    Couverture du premier numéro d’Ushoahia dessinée par Yann Moix.

    L’autre ami évoqué à ONPC s’appelle #Paul-Éric_Blanrue. Auteur d’un documentaire avec le négationniste #Robert_Faurisson, il fut très proche de Moix dans les années 2000. Ce dernier lui donna même en 2007 une préface (sans ambiguïtés) à une anthologie de textes antisémites d’auteurs célèbres. Pour l’anecdote, #Blanrue fait une petite apparition - en sosie d’Elvis Presley - dans le film Podium de Yann Moix. Aujourd’hui, les deux ex-complices sont en froid. Mais si Blanrue avait entendu parler lui-aussi d’Ushoahia, il n’en détenait aucun exemplaire. Il nous l’avait confirmé, lorsque nous l’avions interrogé avant notre premier article sur le sujet. Il nous avait même envoyé trois mails, demandant si nous ne pouvions pas lui envoyer en primeur une capture d’écran de l’une des couvertures (ce que nous n’avons évidemment pas fait).

    Yann Moix le sait donc bien. Si l’ « #extrême-droite » avait eu la possibilité de faire « fuiter » ses dessins et écrits de jeunesse, elle l’aurait fait depuis longtemps. Alors pourquoi l’accuser ? Ne peut-il imaginer que certaines personnes aient tout simplement été horrifiées par ce qu’elles ont découvert dans les publications antisémites et négationnistes dont il était l’auteur et le dessinateur ?

    #Shoah #Racisme #Raciste

    • Par ailleurs, Le Monde avait révélé hier avant l’émission que Moix était le salarié de la maison de production Tout sur l’écran, productrice d’On n’est pas couché. C’est en effet cette même société qui produit Chez Moix, l’émission présentée sur Paris-Première par le romancier. Un étrange mélange des genres sur le Service Public. Retour sur un mea-culpa incomplet.

  • Extrême droite : l’accord entre Amazon et Fdesouche qui dérange
    http://www.francesoir.fr/culture-medias/extreme-droite-laccord-entre-amazon-et-fdesouche-qui-derange

    L’entreprise Amazon propose un programme « Partenaires » qui permet à des sites d’intégrer des publicités pour des articles en contrepartie d’une commission. Flairant le bon filon, des sites de la fachosphère se sont saisis de cette offre et parmi eux, Fdesouche. L’affaire pourrait bien embarrasser le géant américain de commerce en ligne. Le Canard enchaîné révèle dans son édition de ce mercredi 28 que le site d’extrême droite Fdesouche, figure de proue de la fachosphère, bénéficiait du programme (...)

    #Amazon #antisémitisme #publicité #discrimination

    ##publicité

  • « Le Juif » et « la femme » : deux stéréotypes de l’« autre » dans l’antisémitisme allemand du xixe siècle
    https://journals.openedition.org/rgi/560

    Le secret du succès obtenu par le livre de Weininger Sexe et caractère tient à une cause principale : l’œuvre annonce une nouvelle théorie de la rédemption L’homme, annonce Weininger trouvera sa rédemption quand il aura dominé tout ce qu’il y a de féminin et de juif en lui et s’en sera dépouillé. La femme et le Juif sont chez lui le « Non-moi », auquel on mesure le moi. La misogynie et la haine des Juifs se combinent avec une exceptionnelle évidence. Le Juif est l’« incarnation du doute, c’est-à-dire d’une dualité fondamentale, mais l’attribution d’une dimension charnelle à l’intellectualité juive est aussi particulièrement nette dans les théories racistes et antisémites.

    Plan
    Doute et sensualité charnelle
    La sécularisation de la « victime du sacrifice »
    Courte digression sur le rôle de victime du sacrifice : son actualité
    La sécularisation de la « pureté »
    La double « assimilation »
    « Corps étrangers » féminins et juifs

    #racisme #antisémitisme #sexisme

  • Zur Bekämpfung des Antisemitismus heute
    Theodor W. Adorno - Gesammelte Werke (2013) page 360 ff.

    Die antisemitischen Gruppen haben sozial sich in einem weiten Maß aus Schichten rekrutiert, die in doppelter Abwehr standen: auf der einen Seite gegen den Sozialismus, auf der anderen Seite gegen das, was ihnen Klerikalismus hieß. Sie verbinden einen gewissen Widerstand gegen konventionalistisch-konservative Mächte mit dem gegen die Arbeiterschaft. In Österreich war das ganz besonders markant: wer dort weder christlich-sozial noch Sozialdemokrat war, tendierte fast automatisch zum Deutschvölkischen und damit zum Antisemitismus. Von dieser Mentalität würde ich annehmen, daß sie auch heute weiterexistiert.

    Grundstrukturen der politischen Gruppierung haben eine merkwürdige Zählebigkeit, die offenbar selbst über die Weltuntergänge hinwegträgt, die wir schon mitgemacht haben. Daher kommen religiöse Argumentationen leicht in ideologischen Nachteil gegenüber Menschen, die schon von vornherein in einer Sphäre leben, die die religiöse gar nicht an sich herankommen läßt und in ihr nur den fiktiven ultramontanen Herrschaftsanspruch wittert.

    Auch die religiösen Gruppen – und das erfordert eine gewisse Selbstentäußerung – sollten versuchen, mit dem Antisemitismus auf dessen eigenem Boden zu kämpfen, auf der einen Seite also die Bildung antisemitischer Charaktere zu verhindern helfen, dort aber, wo sie bereits existieren, an das anzuknüpfen, was wir vom Bewußtsein und Unbewußtsein der Antisemiten wissen, und darüber hinaus zu gelangen, nicht aber einfach dagegen ihren Standpunkt behaupten und gar propagieren.
    ...
    Rassevorurteile jeden Stils sind heute archaisch und in schreiendem Widerspruch zu der Realität, in der wir leben. Darüber jedoch ist nicht zu vernachlässigen, worauf jüngst auf dem Münsteraner Philosophentag ein soziologisch-philosophischer Denker hinwies: daß nämlich, je mehr in zunehmender rationalisierter, technischer Zivilisation solche Irrealitäten an realer Basis verlieren, gleichzeitig um so virulenter die irrationale Tendenz wird, sie festzuhalten, sich an sie zu klammern.

    Nun, wenn man diesen Widerspruch erst sich selber bewußt und dann auch anderen klar macht, kann man wirklich von Grund auf im Sinne dessen fortschreiten, was wohl nicht wahrer zu definieren wäre als durch den Willen: »So etwas soll nicht noch einmal sein.«
     
    1962

    Note de bas de page / à propos du discours oral par rapport au texte écrit

    Wo ein Text genaue Belege zu geben hätte, bleiben dergleichen Vorträge notwendig bei der dogmatischen Behauptung von Resultaten stehen. Er kann also für das hier Gedruckte die Verantwortung nicht übernehmen und betrachtet es lediglich als Erinnerungsstütze für die, welche bei seiner Improvisation zugegen waren und welche über die behandelten Fragen selbstverständlich weiterdenken möchten auf Grund der bescheidenen Anregungen, die er ihnen übermittelte. Darin, daß allerorten die Tendenz besteht, die freie Rede, wie man das so nennt, auf Band aufzunehmen und dann zu verbreiten, sieht er selber ein Symptom jener Verhaltensweise der verwalteten Welt, welche noch das ephemere Wort, das seine Wahrheit an der eigenen Vergänglichkeit hat, festnagelt, um den Redenden darauf zu vereidigen.

    Source

    Zur Bekämpfung des Antisemitismus heute, in: Erziehung vorurteilsfreier Menschen. Erste Europäische Pädagogenkonferenz vom 30. Oktober bis 3. November 1962 in Wiesbaden. Hrsg. vom Deutschen Koordinierungsrat der Gesellschaften für Christlich-Jüdische Zusammenarbeit, Frankfurt a.M. 1963, S. 15–31; Wiederabdruck in: Das Argument 29, Jg. 6 (1964), S. 88–104 (Heft 2).

    #Adorno #antisemitisme #racisme #Autriche

  • Distorting the Definition of Antisemitism to Shield Israel from All Criticism – LobeLog
    https://lobelog.com/distorting-the-definition-of-antisemitism-to-shield-israel-from-all-critici

    Two major techniques facilitate such allegations. The first relates one’s claim very illusively to some antisemitic imagery. The fact that 2,000 years of hostility and hatred toward Jews have created a storehouse of anti-Jewish imagery so rich – and at times contradictory – means that nearly any claim can be linked to at least one of those images.

    Through manipulation of these images, along with a little imagination, one could identify any form of criticism as antisemitic . This kind of logic is deployed by supporters of Israel’s occupation and nationalistic government in order to delegitimize anyone who dares criticize Israeli policies.

    The second technique draws on the definition of antisemitism formulated by the International Holocaust Remembrance Alliance. Founded in 1998 (under a different name), the IHRA is a political body with considerable political power, uniting government representatives and Holocaust scholars from 33 countries, nearly all of them in the West. The IHRA aims to spread and institutionalize teaching and research on the Holocaust, commemorate the Holocaust, and struggle against antisemitism.

    The IHRA agreed on a definition of antisemitism in 2016, along with a list of examples, based on previous definitions. It has since become a kind of “soft law” that is binding in many institutions and even states across the world. The problem is that the IHRA definition deals obsessively — more than with any other topic — with the degree of antisemitism in criticism of Israel, making it far more difficult to identify real instances of antisemitism, while casting a cloud of suspicion over nearly all criticism of Israel. Meanwhile, the burden of proof lies with critics of Israel, who are constantly asked to prove that they are not anti-Semites.

    Ces deux « techniques » seraient réunies dans un article récent publié dans le Haaretz https://www.haaretz.com/world-news/europe/.premium-daniel-blatman-s-anti-semitic-attack-1.7613216

    #distorsion #définition #antisémitisme

  • Entre septembre 2018 et avril 2019, c’est un à deux articles par mois qui sont publiés sur la situation en israel-Palestine, avec un ton particulièrement critique contre israel et la position de Trump, particulièrement ouvert à discuter de la pertinence du boycott, particulièrement incisif sur la violence israélienne à Gaza, et clairement à l’encontre de la tradition généralement pro-israélienne du New-York Times
    https://seenthis.net/messages/752002

    #New-York_Times #USA #Palestine #BDS #Gaza

    Boycotter Israël est-il de la « haine » ?
    Joseph Levine, The New-York Times, le 4 septembre 2018
    https://seenthis.net/messages/720220

    Curbing Speech in the Name of Helping Israel
    Editorial, The New-York Times, le 18 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/745317

    Un jour, une vie : quand une infirmière a été tuée à Gaza, était-ce un accident ?
    David Halbfinger, The New-York Times, le 30 décembre 2018
    https://seenthis.net/messages/747975

    Il est temps de briser le silence autour de la Palestine
    Michelle Alexander, The New-York Times, le 19 janvier 2019
    https://seenthis.net/messages/753662

    Une écrivaine décrit la cuisine palestinienne et le monde qui l’entoure
    Mayukh Sen, The New-York Times, le 4 février 2019
    https://seenthis.net/messages/760255

    Jaffa Is Tel Aviv’s Unexpected Luxury Hotspot (et la correction du New-York Times)
    Debra Kamin, The New-York Times, le 14 mars 2019
    https://seenthis.net/messages/767481

    How the Battle Over Israel and Anti-Semitism Is Fracturing American Politics
    Nathan Thrall, The New-York Times, le 28 mars 2019
    https://seenthis.net/messages/770633

    A Jewish Councilman Who Said ‘Palestine Does Not Exist’ Loses Seat on Immigration Committee
    Jeffery C. Mays, The New-York Times, le 31 mars 2019
    https://seenthis.net/messages/772339

    La démocratie, style israélien
    Hagai El-Ad, The New-York Times, le 7 avril 2019
    https://seenthis.net/messages/773110

    Views of a Founder of B.D.S.
    Omar Barghouti, The New-York Times, le 24 avril 2019
    https://seenthis.net/messages/777735

    Fin avril, une caricature est publiée, dénonçant le soutien aveugle de Trump à la politique israélienne. Jugé antisémite, le dessin est retiré, le dessinateur conspué et le New-York Times décide de ne plus publier de caricature. Repris en main, on note aussi que depuis lors, aucun article notable n’y a été publié qui critiquait israel...
    https://seenthis.net/messages/777967
    https://seenthis.net/messages/778783

    #caricature #censure #antisémitisme #prétexte

    • Rappel de mars 2013 :

      On Questioning the Jewish State
      Joseph Levine, The New-York Times, le 9 mars 2013
      https://seenthis.net/messages/120603

      Is Any Hope Left for Mideast Peace ?
      Rashid Khalidi, The New-York Times, le 12 mars 2013
      https://seenthis.net/messages/121636

      Is This Where the Third Intifada Will Start ?
      Ben Ehrenreich, The New-York Times, le 15 mars 2013
      https://seenthis.net/messages/121636

      Et les remarques de @nidal qui pourraient s’appliquer en 2019, dans l’Amérique de Trump aussi :

      Le New York Times ? Oui, le New York Times. Prévoir un scandale à base d’imputation d’antisémitisme dans le courant de la semaine prochaine, et idéalement quelqu’un va se faire virer.

      Est-il en train de se passer quelque chose dans l’establishment américain ? Ou est-ce un simple règlement de compte des Démocrates contre le lobby israélien de droite

  • Guardian accused of ‘vendetta’ for ignoring Chomsky’s Labour anti-Semitism comments — RT UK News
    https://www.rt.com/uk/463581-guardian-criticized-chomsky-silence

    The Guardian is coming under fire for not reporting on renowned intellectual Noam Chomsky’s comments on Labour’s anti-Semitism row, with social media users accusing the outlet of hypocrisy.

    Chomsky said that the allegations of anti-Semitism against party leader Jeremy Corbyn and MP Chris Williamson are a “disgrace” and an “insult to the memory” of Holocaust victims.

    The Guardian has in the past reported on many of Chomsky’s comments, but has chosen to ignore his latest take on a current issue, leaving many wondering if it is conveniently selective about which of his comments it deems newsworthy.

    Independent journalist Matt Kennard noted that RT, the Morning Star, and the Canary were the only news organizations to cover the esteemed intellectual’s remarks. “The mainstream media is running a campaign where contradictory information is just erased from record. The Guardian is at the forefront of this campaign,” he said.

    Numerous people questioned the Guardian’s silence on the issue, with some accusing it of “censorship by omission” and having a “vendetta” against Chomsky and Corbyn. Kennard also noted that Chomsky’s previous comments on Venezuela’s Hugo Chavez and the Palestinian Boycott Divestment and Sanctions movement, were reported by the newspaper.

    Social media users also asked why other media outlets like the BBC hadn’t covered Chomsky’s comments.

    La fabrique du consentement : vérification par l’absurde ! #chomsky #omerta

  • Le directeur du musée juif de Berlin démissionne après une polémique sur l’antisémitisme
    Mis à jour le 15/06/2019
    https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/allemagne/le-directeur-du-musee-juif-de-berlin-demissionne-apres-une-polemique-su

    Le directeur du musée juif de Berlin, Peter Schäfer, a démissionné, vendredi 14 juin, sur fond de polémique. En cause : un tweet controversé de son établissement recommandant la lecture d’un article critique de la décision, en mai, du Parlement allemand de considérer comme « antisémites » les méthodes du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions). Peter Schäfer a remis sa démission à la ministre de la Culture allemande, Monika Grütters, « pour éviter de nouveaux préjudices au musée juif de Berlin », a indiqué ce dernier.

    #BDS

    • Berlin Jewish Museum Director Resigns After Tweet Supporting BDS Freedom of Speech

      Peter Schäfer steps down days after sharing of petition calling on German government not to adopt motion defining anti-Israel boycotts as anti-Semitic
      Noa Landau - Jun 14, 2019 8:48 PM
      https://www.haaretz.com/world-news/europe/berlin-jewish-museum-director-resigns-after-tweet-supporting-bds-freedom-of

      The director of Berlin’s Jewish Museum has resigned, the museum announced Friday, days after it was criticized for endorsing a petition against a parliamentary motion defining anti-Israel boycotts as anti-Semitic and banning the boycott movement from using public buildings.

      The resignation of museum Director Peter Schäfer comes after Israeli Ambassador to Germany Jeremy Issacharoff called the museum’s sharing of the petition “shameful.”

      The petition, asserting that “boycotts are a legitimate and nonviolent tool of resistance,” was signed by 240 Jewish intellectuals.

      The signatories, among them Avraham Burg and Eva Illouz, called on the German government not to adopt the motion, to protect freedom of speech and continue funding of Israeli and Palestinian organizations “that peacefully challenge the Israeli occupation, expose severe violations of international law and strengthen civil society. These organizations defend the principles and values at the heart of liberal democracy and rule of law, in Germany and elsewhere. More than ever, they need financial support and political backing.”

      An Israeli guide at the Berlin museum told Haaretz he planned to resign in protest of “the crude interventions by the Israeli government and Germany in the museum’s work.”

      Professor Emeritus Yaacov Shavit, former head of the department of History of the Jewish People at Tel Aviv University, told Haaretz that “this whole story is nothing more than a cause to displace Prof. Sheffer, a researcher of international renown of the Second Temple period, Mishna, and Talmud.”

      “Community leaders in Berlin needed to be grateful that someone like him agreed to serve as manager of the museum. This foolish act by community leaders is outrageous and bothersome,” he added.

      Last year, it was reported that Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu demanded from Chancellor Angela Merkel that Germany stop funding the museum because it had held an exhibition about Jerusalem, “that presents a Muslim-Palestinian perspective.” Merkel was asked to halt funding to other organizations as well, on grounds that they were anti-Israel, among them the Berlin International Film Festival, pro-Palestinian Christian organizations, and the Israeli news website +972, which receives funding from the Heinrich Böll Foundation.

      Netanyahu did not deny the report and his bureau confirmed that he had raised “with various leaders the issue of funding Palestinian and Israeli groups and nonprofit organizations that depict the Israel Defense Forces as war criminals, support Palestinian terrorism and call for boycotting the State of Israel.”

      The Bundestag’s motion last month marked the first time a European parliament had officially defined the BDS movement as anti-Semitic. The motion, which is a call to the government and isn’t legally binding, won broad multiparty support from Merkel’s Christian Democratic Union, the Social Democrats and the Free Democratic Party. Some members of the Greens Party also supported the motion, though others abstained at the last minute. The motion stated that the BDS movement’s “Don’t Buy” stickers on Israeli products evoke the Nazi slogan “Don’t buy from Jews.”

  • Complices du négationnisme | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-vidal/blog/120619/complices-du-negationnisme

    Qu’importent leurs centaines de milliers de victimes, les milliers de témoins survivants, les archives de leur construction, les factures de Zyklon, les aveux des tueurs, les recherches des historiens... Rien n’empêche Chouard de douter, lui aussi, de ce « point de détail ».

    Le plus grave, c’est qu’un journaliste comme Denis Robert ait tendu le micro à cet olibrius pour qu’il y crache ses obscénités. Sous prétexte, commente le provocateur Daniel Schneiderman, de faire tomber le masque. Mais tous les salopards l’ont baissé depuis des décennies. Le négationnisme est l’antisémitisme des lâches.

    Cet exercice scandaleux a eu pour théâtre le Média TV, la chaîne créée par la France Insoumise. Ce mouvement a-t-il vraiment besoin de ce nouveau scandale, après son échec aux Européennes et le départ de nombreux cadres ? Cette tache-là risque fort d’être indélébile.

    Au-delà de la loi Gayssot, qui punit sévèrement quiconque nie un crime contre l’Humanité - et pourrait s’appliquer en l’occurrence à l’interviewé comme à l’intervieweur -, il est temps de le rappeler aux complices des assassins de la mémoire : on ne discute pas avec ces derniers, on les combat.

    Mon père a 96 ans. Il a passé 20 mois à Auschwitz, où tous les jours il a vu fumer les cheminées et senti l’odeur de la chair brûlée, puis dans les Marches de la mort. Denis Robert ira-t-il lui expliquer le sens de cette interview ?

    P.S. : Entre-temps, LeMediaTV a posté l’intégrale de cette émission. Son visionnage efface tout doute sur la "pensée" de Chouard, mais aussi sur le rôle de Denis Robert. Celui-ci affirme d’emblée que Chouard n’est ni antisémite ni négationniste, et le répète au bas mot dix fois tout au long de la conversation. Et si Mathias Enthoven tient sa place de journaliste, Denis Robert adopte la posture d’un avocat, voire d’un professeur de "politiquement correct" apprenant à son invité comment éviter d’être attaqué.

    • Pour la question sur l’existence des chambres à gaz c’est à 41:34
      C’est marrant qu’il ne doute pas qu’il y ai des résistants mais il doute de l’extermination des juif·ves, tzigan·nes, handicapé·es, homosexuel·les. Il me semble qu’il n’est pas plus historien de la résistance que des génocides perpétrés par les nazis.

      Plus loin il accepte d’etre une passerelle vers l’extreme-droite pour les jeunes. Il explique aussi que les fascistes, racistes, misogynes, homophobes sont des humains, comme si on en doutais ! Mais vu la non prise en compte de Chouard pour les juive·fs, les personnes racialisées, les femmes, les homosexuel·les, les trans... je comprend par défaut que c’est pas vraiment des humains et que c’est pas important pour Chouard de parler avec les juive·fs, les personnes racialisées, les femmes, les homosexuel·les, les trans...

      Maintenant que j’ai écouté tout l’entretiens je suis bien d’accord avec ce que dit Dominique Vidal

      Mathias Enthoven tient sa place de journaliste, Denis Robert adopte la posture d’un avocat, voire d’un professeur de « politiquement correct » apprenant à son invité comment éviter d’être attaqué.

    • J’ai encore rien fait, j’ai encore un peu de temps pour le faire... Et bon sang j’ai d’autres choses à faire... Mais j’ai tout ce qu’il faut pour le faire oui.

      Le problème de la « gauche », c’est qu’on y croit à la vertu de l’auto-organisation, et qu’on se dit que oui, ça va fonctionner si on laisse faire les uns et les autres et tout et tout. Et on se retrouve avec des individualités qui tirent la couverture à eux, et qui se tirent dans les pattes, et qui déblatèrent, parce qu’ils n’ont jamais fait le test de s’écouter parler pour de vrai pour voir à quoi ça ressemble.

      Je n’ai pas regardé. Mais ça reste conforme à ce que je me souviens de Chouard. Il ne s’écoute pas parler. Il ne comprend pas ce qu’il dit. Il s’est arrêté sur les 10 commandements. Et au-delà, son cerveau s’est mis en court-circuit. Les gauchistes l’ont tellement poussé dans ses retranchements qu’il préfère la douceur de ceux qui l’écoutent avec déférence.

    • Je dois bien reconnaître que je suis maladroit ; mais le lynchage médiatique qui s’organise subitement autour de ces maladresses ressemble plus à un règlement de comptes pour se débarrasser facilement d’un opposant politique qu’à une véritable indignation bien fondée.

      En fait, je devrais carrément refuser de m’exprimer sur ces sujets, qui servent surtout aux puissants du moment à museler leurs opposants politiques.

      Je propose d’en reparler (un peu) jeudi prochain sur Sud radio, avec Didier Maïsto et Élisabeth Lévy, et peut-être aussi avec François Bégaudeau.

      J’adore la conclusion. Il va en reparler avec Lévy.

      Il n’est pas maladroit. Il est bête. Crétin. Il lui manque juste la malveillance pour qu’on cesse d’avoir toute indulgence.

    • C’est pas plutot un autentique antisémite révisionniste qui s’était caché derrière son petit doigt depuis 2005 ? Il avait toute latitude pour clarifié les choses chez le media, il a montré qu’il préférait le fascisme, Soral, le négationnisme, le sexisme, le racisme, l’homophobie...

  • Le pro-sionisme et l’antisémitisme sont inséparables et l’ont toujours été
    Joseph Massad - Lundi 10 juin 2019 - Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/le-pro-sionisme-et-lantisemitisme-sont-inseparables-et-lont-toujours-

    Pour le gouvernement israélien et les nationalistes blancs pro-sionistes du monde entier, le pro-sionisme est une forme respectable d’antisémitisme

    #antisionisme #antisémitisme

  • Entretien avec le collectif Juives et Juifs révolutionnaires
    https://www.revue-ballast.fr/entretien-avec-le-collectif-juives-et-juifs-revolutionnaires

    En l’espace d’une décennie, Ilan Halimi était assassiné, des enfants juifs étaient abattus dans une école toulousaine et quatre clients de l’Hyper Cacher tombaient à Paris sous les balles de Daech. En 2018, on enregistrait sur le territoire français plus de 350 actes antisémites : croix gammées, symboles fascistes et suprématistes blancs, profanations de cimetières, etc. Le collectif Juives et Juifs révolutionnaires a vu le jour trois ans plus tôt. Leurs objectifs ? Que la lutte contre l’antisémitisme s’inscrive au sein de la lutte antiraciste, aux côtés de toutes les minorités discriminées ; que la solidarité à l’endroit de la cause palestinienne s’établisse en toute occasion sur des bases anticolonialistes et jamais racistes ; que le combat contre l’antisémitisme s’ancre au sein de la lutte des classes (...)