• Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française René Naba - /oumma.com
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    Une lecture fractale de l’Histoire de France : Réponse à Bruno Gollnisch, Philippe Val, Philippe Douste Blazy et Nicolas Sarkozy

    La scène se passait en juin 1998, il n’y a pas si longtemps, huit ans environ à peine, un mois avant la grande communion multicolore du Mondial, la première victoire de la France bariolée dans le championnat du Monde de Football : Bruno Gollnisch, le successeur potentiel du dirigeant du Front National Jean Marie Le Pen, exhibait, au terme d’une conférence de presse, un attaché-case, dont il révélait le code secret de verrouillage comme un trophée de guerre (1).

    Le code secret par définition doit demeurer secret. Il se conserve comme une sainte relique. Pour M.Gollnisch, cela n’est évidemment pas le cas : le secret est public surtout lorsqu’il s’agit de stigmatiser, surtout lorsqu’il s’agit de glaner un succès à bon compte. Chacun a les satisfactions intellectuelles de son niveau d’éducation.

    Ménageant ses effets, il déclame en public sa combinaison magique de trois chiffres, l’égrenant lentement 7-3-2 dans un mouvement jouissif libérateur. 732. l’effet est assuré. 732, #Poitiers. La victoire controversée de #Charles_Martel sur les troupes arabes d’Abdel Rahman.

    Cela se passait donc en 1998 et #Gollnisch prenait pour référence un événement datant de 1266 ans. 1266 ans de rumination historique. Sans doute la marque manifeste du zèle d’un néophyte. 1266 ans de rumination pour ce Français de la troisième génération, comme l’on désigne en France les petits fils d’immigrés, en l’occurrence un petit fils d’immigrés allemands.


    Correspondant de guerre sur les théâtres d’opérations extérieurs du territoire métropolitain, l’exhibition impudique de Bruno Gollnisch, la passivité des #journalistes présents devant sa vaine et vaniteuse démonstration ont opéré comme un déclic en moi me propulsant dans une navigation sidérante dans le tréfonds de la conscience française, dont je souhaite vous livrer les conclusions sans appétence polémique particulière, dans le droit fil de la thématique de ce colloque « D’une rive à l’autre, Ecrire l’Histoire, Décoloniser les Esprits ».

    L’exercice ne relève ni de la démagogie, ni d’un populisme de bon aloi, de bonne guerre il est vrai, dans ce genre de démonstration. Il vise à apporter une contribution à la clarification sémantique et psychologique du débat post-colonial par le pistage des non-dits de la conscience nationale à travers un voyage dans les méandres de l’imaginaire français.

    Ni populisme, ni démagogie, ni dénigrement non plus. Mais l’application de l’analyse de contenu à de constats qui s’ils sont lapidaires ne sont nullement sommaires ni rudimentaires.

    Une thérapie par électrochocs en somme. Un voyage révélateur des présupposés d’un peuple, des ressorts psychologiques d’une nation et de la complexion mentale de ses dirigeants.

    Embarquons nous donc pour ce voyage de #déconstruction des mythes fondateurs de la #grandeur_française avec un grand merci pour Bruno Gollnisch d’en avoir été, involontairement, l’élément déclencheur.
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    Le Panache français ou le mythe de la grandeur
    Le propos n’est pas anodin. Il correspond à une réalité indéniable : la dernière grande victoire militaire française remonte à deux siècles. Oui deux siècles exactement. #Austerlitz. Certes il y eut #Valmy et le Pont d’Arcole. Puis Austerlitz. Le panache français en somme. Puis. Plus rien….drôle de panache. Ce fut ensuite Waterloo (1815), face aux Anglais, Sedan (1870), face aux Allemands, Fachoda (1898), qui brisa net l’accès de la France aux sources du Nil, au Soudan. Soit près d‘un siècle de désastres militaires ininterrompus, compensés, il est vrai, par les conquêtes coloniales notamment l’#Algérie. A croire que les expéditions coloniales sont d’utiles palliatifs aux désastres nationaux et par transposition au débat contemporain, les immigrés d’indispensables dérivatifs aux difficultés internes.

    #VERDUN 1916 et Rethondes I (l’armistice du 11 novembre 1918), cent ans après Waterloo refermeront la parenthèse néfaste. Mais là, les Français ne sont pas seuls. Ils ne peuvent plus revendiquer la victoire à leur bénéfice exclusif. C’est une « victoire alliée » qu’ils devront partager avec leurs alliés britanniques et américains mais aussi avec les nouveaux venus de la scène internationale : les #Basanés. 550.449 soldats de l’Outre mer dont 173.000 Algériens, soit 20 pour cent des effectifs et 10 pour cent de la population du pays participeront à l’effort de guerre de la France. 78.116 #ultramarins tomberont sur le champ d’honneur, soit l’équivalent de la totalité de la population de #Vitrolles et d’#Orange prises ensemble, les deux fiefs de l‘extrême droite française contemporaine.

    La pensée peut paraître sacrilège mais elle correspond, là aussi, à la réalité : Verdun est à ce titre autant une victoire française qu’une victoire arabe et africaine. Certes la « chair à canon » était présentée comme étant de peu de valeur face à la qualité des stratèges du Haut commandement. Mais le fait est là aussi démontré : Après Verdun beaucoup avaient cru naïvement que la France s’était réconciliée avec la victoire. Et bien non. 1940 et #Rethondes Bis (la capitulation de #Montoire du 21 juin 1940) apporteront la preuve du contraire. #Monte_Cassino (1944) lavera l’honneur français mais la plus grande victoire française de la Deuxième Guerre mondiale est une victoire mixte : Cent mille (100.000) soldats alliés, contre 60.000 Allemands, ainsi que 4000 ressortissants du #Maghreb auront payé de leur vie cette victoire. 4.000 originaires du Maghreb sur 6.300 tués dans les rangs français, soit les 2/3 des effectifs. Monte Cassino est donc tout autant une victoire alliée, qu’une victoire française, arabe et africaine.

    Le schéma est identique en ce qui concerne le domaine naval. Le dernier fait d’armes français -controversé tout de même- remonte à #Aboukir (1799). Puis ce fut au tour de Trafalgar (1805), Toulon (1942), le Charles de Gaulle et son hélice manquante durant la guerre d’Afghanistan (2001), la première guerre du XXI me siècle, enfin les pérégrinations de l’ancien joyau de la flotte française, le Clemenceau, en 2005. On aurait rêvé meilleur traitement à De Gaulle et à Clemenceau, tout de même deux personnages considérables de l’Histoire de France.

    Victorieuse avec ses anciens colonisés, la France retrouvera le chemin de la défaite lorsqu’elle se dressera contre eux. Carbonisée à #Dien_Bien_Phu (1954) contre le Vietnam, première victoire d’un pays du tiers monde sur un pays occidental, ainsi qu’en Algérie (1954-1962).
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    Le tryptique républicain (#Liberté, #Egalité, #Fraternité), le mythe fondateur de l’exception française.
    A) La liberté : 
La Colonisation est la négation de la Liberté. La #Colonisation n’est pas, loin s’en faut, « la mise en valeur des richesses d’un pays transformé en #colonie » selon la plus récente définition du dictionnaire « Le Petit Robert » Edition -2007

    La liberté et La colonisation sont proprement antinomiques. Car la colonisation est l’exploitation d’un pays, la spoliation de ses richesses, l’asservissement de sa population au bénéfice d’une #Métropole dont elle est, en fait, un marché captif, le réservoir de ses matières premières et le déversoir de son surplus démographique, de sa main d’œuvre et de sa surpopulation, le volant régulateur du chômage et de l’inflation dans les sociétés occidentales.

    Contraire aux idéaux de Liberté, d’Egalité et de fraternité, les principes fondateurs de la Révolution Française, la colonisation est le fossoyeur de l’#idéal_républicain. Elle l’aura été quand bien même d’illustres figures françaises, telles Léon Blum, la conscience morale du socialisme, auront voulu – déjà- en célébrer les bienfaits comme un devoir de faire accéder à la civilisation les peuples primitifs (2).

    Par transposition au débat contemporain, la rhétorique de #Léon_Blum est comparable à celle de la nouvelle conscience de la nouvelle gauche française, le philosophe #André_Glucksman, présentant l’invasion américaine de l’Irak en 2003 comme une contribution occidentale à l’instauration de la démocratie en terre arabe et non comme la mainmise américaine sur les gisements pétroliers de ce pays. « Le fardeau de l’homme blanc », théorisé par l’anglais Kipling, est un alibi commode, le thème récurrent à toutes les équipées prédatrices du monde occidental.
    B ) L’Egalité : 
L’exception française est une singularité : Premier pays à avoir institutionnalisé la terreur comme mode de gouvernement, avec Maximilien de Robespierre, sous la Révolution française (1794), la France sera aussi le premier pays à inaugurer la #piraterie_aérienne, en 1955, avec le déroutement de l’avion des chefs historiques du mouvement indépendantiste algérien Ahmad Ben Bella, Mohamad Khider, Mohamad Boudiaf et Krim Belkacem), donnant ainsi l’exemple aux militants du tiers-monde en lutte pour leur indépendance.

    La récidive dans la singularité est aussi un trait de l’exception française : En effet, ce pays jacobin, égalisateur et égalitaire se singularisera, aussi, en étant le seul pays au monde à avoir officialisé le « #gobino-darwinisme juridique », à avoir codifié en Droit « la théorie de l’inégalité des #races », une codification opérée sans discernement, pour promouvoir non l’égalité, mais la #ségrégation.

    La « Patrie des Droits de L’Homme » et des compilations juridiques modernes -le code civil et le code pénal- est aussi le pays de la codification discriminatoire, le pays de la codification de l’abomination : le pays du« #Code_Noir » de l’esclavage, sous la Monarchie, du « Code de l’#indigénat » en Algérie, sous la République, qu’il mettra en pratique avec les « expositions ethnologiques », ces « #zoos_humains » (3) dressés pour ancrer dans l’imaginaire collectif des peuples du tiers monde l’idée d’une infériorité durable des « peuples de couleur », et, par contrecoup, la supériorité de la race blanche comme si le blanc n’était pas une couleur, même si elle est immaculée, ce qui est loin d’être le cas.

    Un chiffre suffit à démontrer l’inanité de ce principe d’égalité : Trois membres du dernier gouvernement de l’ère chiraquienne présidé par Dominique De #Villepin (2005) ont été affectés à la mise en œuvre de ce principe dans ses diverses déclinaisons : la cohésion sociale (Jean Louis Borloo), la promotion de l’égalité des chances entre Français de souche et Français naturalisés (Azouz Begag) enfin la parité Hommes-femmes (Catherine Vautrin).

    Ce principe d’égalité est pourtant l’un des principes fondateurs de la République, entériné comme bien commun de la nation depuis deux siècles. Que n’a-t-on songé à le mettre en œuvre auparavant ? A croire que la laïcité ce concept unique au monde ne s’est forgé que pour servir de cache-misère à un #chauvinisme récurrent de la société française.

    Les hochets offerts épisodiquement non aux plus méritants mais aux plus dociles, en guise de lot de consolation, loin d’atténuer cette politique discriminatoire, en soulignent la parfaite contradiction avec le message universaliste de la France. Ils l’exposent à de douloureux retours de bâtons.

    C) Fraternité : Le #Bougnoule, la marque de stigmatisation absolue, le symbole de l’ingratitude absolue.
    La fraternisation sur les champs de bataille a bien eu lieu mais la fraternité jamais. Jamais pays au monde n’a autant été redevable de sa liberté aux peuples basanés et pourtant jamais pays au monde n’a autant compulsivement réprimé ses alliés coloniaux, dont il a été lourdement redevable de sa survie en tant que grande nation. De Fraternité point, mais en guise de substitut, la stigmatisation, la #discrimination et la #répression à profusion.

    Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, dans une « querelle de blancs », avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière suffisamment répétitive pour ne pas être un hasard, à #Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la seconde Guerre Mondiale, au camp de #Thiaroye (Sénégal) en 1946, et, à #Madagascar, en 1947, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français.

    ((A noter qu’en Grande Bretagne, contrairement à la France, la contribution ultramarine à l’effort de guerre anglais a été de nature paritaire, le groupe des pays anglo-saxons relevant de la population #Wasp (White Anglo Saxon Protestant), -#Canada, #Australie, #Nouvelle Zélande, a fourni des effectifs sensiblement égaux aux peuples basanés de l’empire britannique (indiens, pakistanais etc.). Il s’en est suivi la proclamation de l’Indépendance de l’#Inde et du #Pakistan en 1948, au sortir de la guerre, contrairement, là aussi, à la France qui s’engagera dans dix ans de ruineuses guerres coloniales (#Indochine, Algérie).

    « Bougnoule » tire ainsi son origine de l’expression argotique de cette supplique ante-mortem.
    La revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul, apporte l’#alcool »- le breuvage galvanisateur de l’assaut des lignes ennemies, finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs.

    Dans les ouvrages français, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique : « Le bougnoule, nom masculin apparu en 1890, signifie noir en langue Wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des blancs du Sénégal aux noirs autochtones, ce nom deviendra au XXme siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux #Nord-Africains. Synonyme de #bicot et de #raton » (4). Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les « mélanodermes », #arabo-berbères et #négro-africains, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par « #ratonnade » une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès.

    Bougnoule finira par confondre dans la même infamie tous les métèques de l’Empire, piétaille de la République, promus au rang de défenseurs occasionnels de la Patrie, qui étaient en fait les défenseurs essentiels d’une patrie qui s’est toujours voulue distincte dans le concert des nations, qui se distinguera souvent d’une façon lumineuse, d’une façon hideuse parfois, traînant tel un boulet, Vichy, l’Algérie, la collaboration, la délation, la déportation et la torture, les pages honteuses de son histoire, peinant des décennies durant à expurger son passé, et, pour avoir tardé à purger son passif, en paiera le prix en termes de magistère moral…….Une revanche posthume du bougnoule, en quelque sorte.
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    La France du triptyque républicain : une vision ethniciste face au phénomène exogène.
    L’affirmation peut paraître péremptoire, n’y voyons aucune malice, mais correspond néanmoins à la réalité historique : Le clivage communautaire a préexisté en France dans l’esprit des autorités et des citoyens du pays d’accueil bien avant qu’il ne prenne corps dans l’esprit des migrants.

    Par transposition du schéma colonial à l’espace métropolitain, l’immigré en France a longtemps été perçu comme un indigène, ce qui faisait paradoxalement de l’immigré, l’indigène de celui qui est étymologiquement l’indigène (5), une main-d’oeuvre relevant de la #domesticité de convenance, dont l’expatriation assurait sa subsistance et l’obligeait par voie de conséquence à un devoir de gratitude envers le pays hôte.

    D’extraction modeste, affecté à des taches subalternes et pénibles de surcroît non valorisantes, l’immigré, parqué en marge des villes, était par définition et par destination un être en marge de la société, un élément #marginal et non une composante de la société française. Il n’avait de ce fait ni droit de cité, ni droit de regard, ni a fortiori droit de parole.

    L’immigré a été d’autant plus occulté qu’il deviendra durant les années 1950-1970 responsable de tous les maux diplomatiques et économiques français : du désastre de Dien Bien Phu, en 1954, à la Guerre d’Algérie, à l’expédition franco-britannique de Suez contre le symbole du nationalisme arabe Nasser, en 1956, à l’affrontement de Bizerte et la décolonisation de l’Afrique, en 1960, à la 3ème guerre israélo-arabe de juin 1967, à la première crise pétrolière, en 1973, autant d’événements qui ont fini par diaboliser l’immigré notamment “#arabo-musulman” dans le regard du français.

    Dans le domaine de l’imaginaire et le champ de la production intellectuelle, l’arabe représentait alors par compensation “le mal absolu” identifié dans le langage courant par cette rodomontade musculatoire : “le bougnoule à qui l’on doit faire suer le burnous”.

    Par un faux effet d’optique, la France se donnera l’illusion de venger ses avatars d’Algérie et, par un philosémitisme actif, l’illusion de sa rédemption, substituant une arabophobie à une judéophobie, en somme une injustice à une autre injustice, feignant par là même d’ignorer que l’injustice ne se combat pas par une autre #injustice.

    Symptomatique de cet état de fait, le #harki, celui-là même qui dans le schéma mental français devait représenter le bon arabe ou le bon immigré puisqu’il s’était rangé de son côté, c’est à dire du bon côté, sera gommé de la conscience nationale et dissimulé dans les recoins arides du pays, dans une démarche symbolique destinée à refouler ce « déchet du colonialisme » dans le tréfonds de la conscience.

    La crispation identitaire française remonte, en fait, sur le plan national, aux premières vagues d’immigration de l’ensemble arabo-musulman, principalement du Maghreb, le ponant du monde arabe, plus précisément à la Première Guerre Mondiale (1914-1918). Avec 1,4 millions de morts, 900 000 invalides, la France déplorera la perte de 11 pour cent de sa population active du fait du premier conflit mondial, à laquelle il conviendrait d’ajouter les dégâts économiques : 4,2 millions d’hectares ravagés, 295 000 maisons détruites, 500 000 endommagés, 4.800 km de voies ferrées et 58.000 km de routes à restaurer et 22 900 usines à reconstruire et 330 millions de m3 de tranchées à combler.

    Les premiers travailleurs immigrés, des #Kabyles, arriveront en France dès 1904 par petits groupes, mais la Première Guerre Mondiale provoquera un effet d’accélérateur entraînant un recours massif aux « travailleurs coloniaux » auxquels se superposeront les renforts des champs de bataille comptabilisés sous une autre rubrique.

    L’indigène lointain cède la place à l’immigré de proximité. De curiosité exotique que l’on exhibe dans les zoos humains pour glorifier l’action coloniale française, le mélanoderme deviendra progressivement une donnée permanente du paysage humain de la vie quotidienne métropolitaine, sa présence vécue comme une contrainte, exacerbée par la différenciation des modes de vie entre immigrés et métropolitains, les fluctuations économiques et les incertitudes politiques du pays d’accueil

    Paradoxalement, dans la période de l’entre-deux guerres (1918-1938), la France va favoriser la mise en place d’une « République Xénophobe » (6), matrice de l’idéologie vichyste et de la « préférence nationale », alors que son besoin en main d’oeuvre est criant. Bien que contribuant à sortir la France de son champ de ruine, les travailleurs immigrés seront tenus en suspicion, pistés au sein d’un grand « fichier central ».

    Soumis pour l’obtention de la carte de séjour à une taxation équivalant parfois à un demi mois de salaire, source de revenus complémentaire pour l’Etat français, ils seront de surcroît perçus comme porteurs d’un triple péril : péril économique pour leurs concurrents français, péril sanitaire pour la population française dans la mesure où l’étranger particulièrement les Asiatiques, les Africains et les Maghrébins étaient présumés porteurs de maladies, péril sécuritaire pour l’Etat français.

    Près de deux cent mille « #travailleurs_coloniaux » (200 000) seront ainsi importés d’Afrique du Nord et du continent noir par de véritables corporations négrières, telle la « Société générale de l’immigration » (#SGI), afin de pallier la main d’oeuvre française principalement dans le bâtiment et l’industrie textile en remplacement des soldats français partis au front. Dans la cohorte de travailleurs immigrés, venus d’abord principalement d’Italie et de Pologne, les Maghrébins feront l’objet d’une attention spéciale de la part des pouvoirs publics.

    Un « Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains chargé de la répression des crimes et des délits » est constitué le 31 mars 1925. Un bureau spécial rien que pour les Maghrébins, précurseur du « service des #questions_juives » que le pouvoir vichyste mettra en place en 1940 pour la surveillance des nationaux français de « race ou de confession juive » durant la Seconde Guerre mondiale.
    ((NDLR Citation de l’article de la juriste Danièle Lochak « La race, une catégorie juridique ? »
    (http://www.anti-rev.org/textes/Lochak92a ) :
    « la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs dispose : “Est regardé comme juif pour l’application de la présente loi toute personne issue de trois grands parents de race juive ou de deux grands parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif”. Cette définition, qui laisse en suspens la question de savoir comment sera déterminée l’appartenance des grands-parents à la race juive, sera remplacée, dans la loi du 2 juin 1941, par une définition plus explicite : “Est regardé comme juif :

    1° celui ou celle appartenant ou non à une confession quelconque, qui est issu d’au moins trois grands-parents de #race juive, ou de deux seulement si son conjoint est lui-même issu de deux grands-parents de race juive. Est regardé comme étant de race juive le grand-parent ayant appartenu à la religion juive ;

    2° celui ou celle qui appartient à la religion juive et qui est issu de deux grands-parents de race juive”. »

    L’intitulé de l’office en dit long quant à l’opinion du gouvernement français et de ses intention à l’égard des « indigènes » d’Afrique du Nord. Le phénomène ira en s’amplifiant avec la Deuxième Guerre Mondiale et les trente glorieuses années de l’après-guerre (1945-1975) qui suivirent la reconstruction de l’Europe, où le besoin de « chairs à canon » et d’une main d’oeuvre abondante à bas prix provoqueront un nouveau flux migratoire égal en importance au précédent.

    Luxe de raffinement, le recrutement s’opérait selon des critères d’affinités géographiques au point de constituer de véritables couples migratoires en particulier entre Renault et l’embauche kabyle, charbonnages de France et les travailleurs du sud marocain, de même qu’en Allemagne, Wolkswagen et les immigrés turcs.

    A l’instar d’une cotation boursière sur un marché de bétail, les travailleurs coloniaux faisaient même l’objet d’une #notation en fonction de leur nationalité et de leur race (7) avec de subtiles distinctions selon leur lieu de provenance notamment au sein des Algériens où les Kabyles bénéficiaient d’un préjugé plus favorable que les autres composantes de la population algérienne. Le Kabyle était invariablement noté 5/20, l’arabe 4/20 et l’Indochinois 3/20. Ho Chi Minh témoin de cette humiliante notation ethnique lors de son séjour parisien, se vengera trente ans plus tard en infligeant à son ancien maître l’une des plus humiliantes défaites militaires du monde occidental, la défaite de Dien Bien Phu en 1954.

    Muettes, les blessures de l’histoire ne cicatrisent jamais.
    La France s’affiche volontiers révolutionnaire mais se révèle, en fait, profondément conservatrice. La France du triptyque républicain a eu un comportement liberticide avec la colonisation, ethniciste dans sa politique migratoire, un comportement sociocide dans sa structuration socio-culturelle et démographique.
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    Le mythe de la politique arabe de la France
    Philipe Val, le directeur conformiste de l’hebdomadaire faussement anarchiste Charlie Hebdo, impute la collaboration vichyste anti-juive à « la politique arabe de la France ». Ce mémorialiste des temps modernes qui se vit en rival contemporain du cardinal de RETZ, s’imagine, par ce raccourci non pas audacieux mais hasardeux, exonérer la France de l’#antisémitisme récurrent de la société française.

    Sauf à prêter aux Arabes une capacité d’anticipation d’une hardiesse rare confinant à un machiavélisme suprême, en vue de soudoyer l’Etat-Major français pour le conduire à faire condamner pour « haute trahison » un officier français de confession juive, le Capitaine Alfred Dreyfus, ou encore à gangrener le haut commandement politico-militaire français en vue de savourer le désastre de 1940, l’antisémitisme en France a préexisté à la présence arabe et musulmane en France.

    Le plus grand déferlement d’Arabes et de Musulmans en France est survenu à l’occasion de la Deuxième Guerre Mondiale, non pour l’appât du gain -« pour manger le pain des Français »-, mais bien pour libérer avec d’autres le pays du joug nazi, pour aider à la défense d’un pays que ses habitants n’ont pas su, pas pu ou pas voulu défendre… C’est-à-dire près de cinquante ans après l’affaire Dreyfus et dans la foulée de la capitulation de Montoire.

    Et, que je sache, le « Bureau des affaires juives », a eu pour précurseur immédiat « le Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains » dont la création, en 1925, n’a pas suscité la moindre protestation des Français sans doute trop occupés à l’époque à magnifier leur supériorité dans l’admiration des « zoos humains »

    La thèse de Philipe Val ne résiste pas à une analyse un tant soit peu sérieuse. Mais qui a jamais soutenu que Philippe Val était un analyste ? Sérieux de surcroît ? Elle participe néanmoins d’une falsification de l’Histoire, d’un sournois travail de révisionnisme anti-arabe.

    Une politique se juge sur la durée. A l’épreuve des faits, la politique arabe de la France, dogme sacré s’il en est, se révèle être, par moments, une vaste mystification, un argument de vente du complexe militaro-industriel français. Qu’on en juge. L’histoire en est témoin.

    La contribution des Arabes à l’effort de guerre français en 1914-1918 pour la reconquête de l’Alsace-Lorraine a été franche et massive. Sans contrepartie. La France, en retour, vingt ans après cette contribution, a témoigné de sa gratitude à sa façon…… en amputant la #Syrie du district d’Alexandrette (1939) pour le céder à la Turquie, son ennemi de la Première guerre mondiale.

    Dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, la France, récidiviste, carbonisera la première manifestation autonomiste des Algériens, à Sétif, le jour même de la victoire alliée, le 9 mai 1945, une répression qui apparaîtra rétrospectivement comme une aberration de l’esprit sans doute unique dans l’histoire du monde, dont les effets se font encore sentir de nos jours.

    Dix ans plus tard, en 1956, de concert avec Israël et la Grande Bretagne, la France se livre à une « expédition punitive » contre le chef de file du nationalisme arabe, Nasser, coupable d’avoir voulu récupérer son unique richesse nationale « le Canal de Suez ». Curieux attelage que cette « équipée de Suez » entre les rescapés du génocide hitlérien (les Israéliens) et l’un de leur ancien bourreau, la France, qui fut sous Vichy l’anti-chambre des camps de la mort.

    Curieux attelage pour quel combat ? Contre qui ? Des Arabes, ceux-là mêmes qui furent abondamment sollicités durant la deuxième guerre mondiale pour vaincre le régime nazi, c’est-à-dire l’occupant des Français et le bourreau des Israéliens. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme élaborée de l’exception française, on aurait rêvé meilleure expression de la gratitude.

    Très concrètement, la politique arabe de la France a consisté, historiquement, en une opération de restauration de la souveraineté nationale dans les centres de décision du pouvoir politique français, après la guerre de juin 1967, par la rupture de la relation fusionnelle qui existait qui, au mépris de l’intérêt national, entre services français et israéliens.

    Bon nombre d’entre vous se rappellent peut-être le chef de la mission d’achat militaire israélienne en France disposait, à l’époque, non pas à l’ambassade israélienne, mais au sein même du ministère français des armées, d’un bureau jouxtant celui du directeur de cabinet du ministre, une proximité sans précédent même dans les pays colonisés.

    Bon nombre d’entre vous gardent peut être présent à l’esprit l’implication des services israéliens et français dans l’enlèvement du chef charismatique de l’opposition marocaine #Mehdi_Ben_Barka, en 1965, en plein jour, en plein Paris, ou encore le vol des cinq vedettes de Cherbourg par les Israéliens (Décembre 1969), la plus concrète manifestation sinon de la connivence du moins de la passivité des services français à l’égard des coups de main israéliens.

    L’ouverture de la France vers les pays arabes, en 1967, au terme d’une rupture de onze ans consécutive à l’expédition de Suez, lui a valu un regain de prestige après deux décennies de déboires militaires en Indochine et en Algérie, la conquête des marchés pétroliers, notamment l’#Irak, l’ancienne chasse gardée des Anglais, la percée majeure de la diplomatie gaulliste de la seconde moitié du XXme siècle, ainsi que de fabuleux contrats militaires de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars, notamment avec l’Irak, la Libye et l’Arabie saoudite,

    L’illustration patente de la disparité de traitement entre Français et Arabes est la première crise de l’#énergie en 1973. A cette date, la France est officiellement le partenaire privilégié du Monde arabe, officiellement épargnée par le boycottage pétrolier anti-occidental, le principal bénéficiaire du boom pétrolier, le principal bénéficiaire des contrats pétro-monarchiques, mais les Français se cramponnent à une xénophobie lancinante, crispés sur un comportement guidé par une psychorigidité nourrie d’une nostalgie de grandeur.

    Tout le monde garde présent à l’esprit les traits d’humour d’une époque où les Français exultaient de compenser leur absence de ressources naturelles par une prétendue supériorité intellectuelle, affichant leur fierté de ne “pas avoir de pétrole mais des idées”, formule qui peut se décrypter de la façon suivante : “pas d’essence, mais la quintessence de l’esprit”, humour que sous-tendait une #arabophobie ambiante dans une période où les arabo-musulmans étaient cloués au pilori pour avoir osé frigorifier les Français avec leur crise de l’énergie.

    Le renchérissement du coût du pétrole était vécu comme un crime de lèse-majesté, alors qu’il s’agissait d’un problème de rajustement des prix du brut, longtemps outrageusement favorables aux économies occidentales.

    La contradiction entre l’ouverture pan-arabe de la diplomatie française et la crispation identitaire de l’opinion française posait déjà à l’époque le problème de la mise en cohérence de la politique française à l’égard du fait arabo-musulman.

    L’universalisme français a pratiqué à destination du monde arabo-musulman une « politique des minorités », contraire à ses principes fondateurs, institutionnalisant et instrumentalisant le confessionalisme et le communautarisme, se servant des Maronites (au Levant) et des Kabyles (au Ponant) comme levier à une re-christianisation de la rive méridionale de la Méditerranée, interdisant aux Algériens sur le sol même de leur patrie, l’usage de leur langue nationale, infligeant à ce pays un dégât plus important que les ravages de 130 ans de la colonisation, le dommage de l’esprit,— l’acculturation—, dont les effets corrosifs et pernicieux se font encore sentir de nos jours et qui expliquent pour une large part les crises cycliques entre les deux pays.

    La politique arabe de la France c’est cela aussi. Muettes et douloureuses, les blessures de la mémoire ne cicatrisent jamais.
    .
    La France : Aimez- là ou quittez-là ou le mythe de l’excellence française
    Ce mot d’ordre n’a même pas le mérite de l’originalité. IL a été emprunté à #Ronald_Reagan, le président Rambo des Etats-Unis de la décennie 1980 (1980-1988) qui entendait par cette formule neutraliser les critiques contre l’aventurisme américain dans la période post Vietnam (1975-1980).

    Empruntée à Reagan en vue de son application électoraliste en France par le dirigeant de la droite traditionaliste #Philippe_de_Villiers, reprise et amplifiée par…#Nicolas_Sarkozy, ce « Français de la deuxième génération » selon la dénomination en vigueur en France pour les citoyens originaires du tiers monde.

    Le clonage de l’Amérique n’est pas la marque de l’originalité.

    Les basanés de France sont là et bien là. Durablement ancrés dans le paysage politique et social français. Eux dont « le rôle positif » n’a jamais été célébré avec solennité, sinon que d’une manière, incidente quand il n’a pas été plus simplement nié ou controversé.

    En France, non pas leur pays d’accueil, mais leur pays d’élection.

    Déterminés à défendre la haute idée que la France veut donner d’elle-même au Monde.

    A combattre tous ceux qui fragilisent l’économie par une gestion hasardeuse, tous ceux qui discréditent la politique par une connivence sulfureuse,

    Tous ceux qui polluent l’image de la France, à coups d’emplois fictifs et de responsabilité fictive, de rétro-commissions et de frais de bouche, de délits d’initiés et d’abus de biens sociaux

    Ces messieurs des frégates de Taiwan et de Clearstream,
    Du Crédit Lyonnais et de la Compagnie Générale des Eaux,
    D’Elf Aquitaine et d’EADS,
    D’Executive Life et de Pechiney American-Can
    Des marchés d’Ile de France et de HLM de Paris, de la MNEF et d’Urba-Gracco,
    Ceux qui dévalorisent leur justice à coups d’affaires d’#Outreaux, d’écoutes téléphoniques illégales, de tri sélectif et de « #charters de la honte »
    Qui dévalorisent leurs nationaux à coups de bougnoule et de ratonnades, de racaille et de Karcher.

    Contre la « France d’en bas » qui gouverne le pays, la France des basses manoeuvres et des bas calculs, des « zones de non droit et de passe-droits », des nominations de complaisance et des appartements de fonction, la France qui refuse de donner un coup de pouce au SMIC, qui « cristallise », c’est-à-dire, fige à sa portion congrue, les retraites des anciens combattants « basanés » de l’armée française, mais qui relève de 70 pour cent le salaires des ministres nantis, qui gorge de « stock options et de parachutes dorés » les gérants en déconfiture, tels ceux de Vinci et de Carrefour, qui recycle la forfaiture dans l’honorabilité, propulsant au Conseil d’Etat, le temple de la vertu républicaine, en guise de rétribution pour services rendus dans la diversion de la justice, tel ministre de la justice, passé dans l’histoire comme le plus célèbre intercepteur d’hélicoptères des annales judiciaires internationales.

    En un mot contre cette posture du mépris et de l’irresponsabilité la singulière théorie du fusible à la française » qui exonère le responsable de toute responsabilité par une sorte de privilège anti-démocratique tirant sa justification dans une idéologie protofasciste inhérente à un pan de la culture française.

    Contre la criminalisation du politique, cet état de fait symptomatique de la France contemporaine illustré particulièrement par la présidence Chirac, dont la double mandature (1995-2000), douze ans, aura été polluée par de retentissants scandales politico-financiers en rapport avec l’argent illicite, sans pour autant que soit discrédité le chef de l’état français -le parangon de la « fracture sociale », de « l’état modeste » et d’un « siècle de l’Ethique », réélu en dépit des dérives autoritaro-mercantiles de son magistère.

    Le président Chirac précisément et non son prédécesseur François Mitterrand, en application de l’aveu d’un spécialiste du brigandage politique, Jean Montaldo, un chiraquien désabusé qui soutient, paroles d’expert, que « de Mitterrand à Chirac nous sommes passés du stade artisanal au stade industriel », dans le domaine de la corruption (8).

    N’y voyez aucune interférence électoraliste ou partisane : L’histoire d’aujourd’hui est la mémoire de demain et il importe d’être vigoureux dans la dénonciation des dérives contemporaines pour prévenir de douloureuses réminiscences de la mémoire future.

    « Le casier judiciaire de la République » présente ainsi l’édifiant bilan suivant : Neuf cent (900) élus mis en examen soit pour #délinquance financière, soit pour atteintes aux biens et aux personnes y compris les crimes sexuels. Ce bilan porte sur la décennie 1990-2000. Gageons que le bilan de la présente décennie est en passe d’être identique.

    La « #tolérance_zéro » à l’égard de la criminalité en col blanc se devrait d’être pourtant un impératif catégorique de l’ordre républicain en vertu du principe de l’exemplarité de l’Etat.

    La capitulation de Sedan face à l’Allemagne en 1870-71 a donné naissance à la III me République, la capitulation de Montoire (9) face à Hitler en 1940 à la IV me République (1946), celle de Dien Bien Phu et d’Algérie en 1955, à la V me République (1958), avec leurs cortèges de grandes institutions : Sedan à la création de « sciences po », l’Institut des Etudes Politiques de Paris et Montoire à la fondation de l’ENA, l’Ecole Nationale d’Administration (1945). Le pays des « Grandes Ecoles », des concours pépinières des élites, des scribes et des clercs, -cinq millions de fonctionnaires en France en l’an 2.000, le plus fort contingent de l’Union européenne, soit 20 pour cent de la population active- ne tolère pas de retour sur son passé. Il ne conçoit que les perspectives d’avenir. Jamais de rétrospectives, ni d’introspection. toujours des prospectives. Une fuite en avant ?

    Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat s’impose tant sur la contribution des « peuples basanés » à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil, en guise de mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de la France, telles que -simple hypothèse d’école ?- la correspondance entre l’amnésie sur les « crimes de bureau » de 1940-44 et l’impunité régalienne de la classe politico administrative sur les scandales financiers de la fin du XX me siècle, ou la corrélation entre la déroute de l’élite bureaucratique de 1940 et la déconfiture de l’énarchie contemporaine.

    Cette dérive a été sanctionnée d’ailleurs lors de la première consultation populaire à l’échelon national du XXI me siècle. « Une des plus grandes bévues démocratiques de l’histoire contemporaine de la France », selon l’expression de l’écrivain indo britannique Salman Rushdie, la présidentielle de 2002 qui avait mis aux prises un « superfacho » et un « supermenteur », -selon la formule en vigueur à l’époque-, révélera aux Français et au Monde médusés, le délitement moral d’un pays volontiers sentencieux et le discrédit de son élite non moins volontairement obséquieusement arrogante, incapable d’assumer au terme d’un pouvoir monopolisé par les élites depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale (1945), au niveau économique, la mutation postindustrielle de la société française, au niveau sociologique, sa mutation #postcoloniale, au niveau de son opinion nationale, sa mutation psychologique, signe de l’échec patent de la politique d’intégration de sa composante afro musulmane. Cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde auraient dû pourtant banaliser la présence des « basanés » sur le sol français, de même que treize siècles de présence continue matérialisée par cinq vagues d’émigration conférer à l’Islam

    le statut de religion autochtone en France où le débat, depuis un demi siècle, porte sur la compatibilité de l’#Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples de France de ce groupement ethnico-identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européo-centriste et judéo-chrétienne.

    Premier pays européen par l’importance de sa communauté musulmane, la France est aussi, proportionnellement à sa superficie et à sa population, le plus important foyer musulman du monde occidental. Elle compte davantage de musulmans que pas moins de huit pays membres de la Ligue arabe (Liban, Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Palestine, Iles Comores et Djibouti). Elle pourrait, à ce titre, justifier d’une adhésion à l’Organisation de la #Conférence_Islamique (OCI), le forum politique panislamique regroupant cinquante deux Etats de divers continents ou à tout le moins disposer d’un siège d’observateur.

    L’intégration présuppose une conjonction d’apports et non une amputation de la matrice identitaire de base. La troisième génération issue de l’immigration est certes extrêmement sensible à son environnement international comme en témoignent les flambées de violence à caractère confessionnel en rapport avec l’intifada palestinienne, la guerre du Golfe (1990-91) ou encore la guerre d’Afghanistan (2001-2002), la guerre d’Irak et la guerre du Liban (2006).

    Elle n’en demeure pas moins porteuse d’une dynamique interculturelle en raison de ses origines, de son profil culturel et de ses croyances religieuses.
    Facteur d’intermédiation socioculturelle, les bougnoules des temps anciens, #sauvageons des temps modernes, paraissent devoir tenir leur revanche dans leur vocation à devenir de véritables « passeurs de la #Francophonie », l’avant-garde de « l’arabofrancophonie culturelle » (10) que la France s’ingénie tant à mettre sur pied afin de faire pièce à l’hégémonie anglo-américaine et de favoriser le dialogue des cultures par le dépassement de son passé colonial.

    A l’entame du IIIème millénaire, la « patrie de la mémoire courte » souffre d’évidence d’un blocage culturel et psychologique marqué par l’absence de fluidité sociale. Reflet d’une grave crise d’identité, ce blocage est, paradoxalement, en contradiction avec la configuration pluriethnique de la population française, en contradiction avec l’apport culturel de l’immigration, en contradiction avec les besoins démographiques de la France, en contradiction enfin avec l’ambition de la France de faire de la Francophonie, l’élément fédérateur d’une constellation pluriculturelle ayant vocation à faire contrepoids à l’hégémonie planétaire anglo-saxonne, le gage de son influence future dans le monde.
    .
    Conclusion
    Cinq ans après la bourrasque lepéniste aux présidentielles françaises de 2002, alors que la France s’apprête, en 2007, à se choisir un nouveau président, il m’a paru salutaire de pointer les incohérences françaises. De démystifier le discours politique officiel, et, au delà du clivage droite-gauche de la classe politique française, de recentrer le débat sur le fait migratoire en mettant l’imaginaire français à l’épreuve des faits historiques et de la réalité quotidienne nationale en vue d’apporter ma contribution à la mutation post-coloniale de la France.

    L’exception française si hautement revendiquée d’une nation qui se réclame de la grandeur est antinomique d’une culture de l’#impunité et de l’#amnésie, une culture érigée en un #dogme de gouvernement et, à ce titre, incompatible avec la déontologie du commandement et les impératifs de l’exemplarité.

    Mes remerciements renouvelés vont donc en premier lieu à Bruno Gollnisch, Philippe Val, le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste Blazy, initiateur, en tant que député de Toulouse, du projet de loi controversé sur le « rôle positif » de la colonisation, ainsi que naturellement à Nicolas Sarkozy, pour leur inestimable contribution à la remise en ordre de ma formation universitaire, un exercice qui m’a permis de prendre conscience du « rôle positif » de la colonisation….. des Colonies par rapport à la Métropole et des colonisés à l’égard de leurs colonisateurs-oppresseurs.

    Merci aussi aux organisateurs de ce colloque qui m’ont donné la possibilité devant un auditoire savant, patient ( et indulgent à mon égard ), de procéder à une « déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française », pour le plus grand bénéfice du débat public contradictoire et de la recherche universitaire.

    Notes
    1) Contribution de l’auteur au colloque de SEPTEMES-LES-VALLONS 6- 7 OCTOBRE 2006, organisé par Festival TransMediterranée (fmed@wanadoo.fr) sur le thème « D’UNE RIVE A L’AUTRE, ECRIRE L’HISTOIRE, DECOLONISER LES MEMOIRES »
    2 Léon Blum invoquera son « trop d’amour » pour son pays « pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française ». « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture », écrira-t-il dans le journal « Le Populaire » en date du 17 juillet 1925) cf « Quand Tocqueville légitimait les boucheries » par Olivier le Cour Grandmaison et « une histoire coloniale refoulée » par Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel- Dossier général sous le thème « Les impasses du débat sur la torture en Algérie »-Le Monde Diplomatique juin 2001. Alexis de Tocqueville légitimera les boucheries considérant « le fait de s’emparer des hommes sans armes, des femmes et des enfants, comme des nécessités fâcheuses auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre ». De son côté, Jules Ferry soutiendra dans un discours au Palais Bourbon le 29 juillet 1895 qu’ « il y a pour les races supérieures un droit par ce qu’il y a un devoir pour elle. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».
    3) « Zoos humains, de la Vénus Hottentote aux Reality Show » Ed. La Découverte Mars 2002, ouvrage réalisé sous la direction d’un collectif d’historiens et d’anthropologues membres de l’Association connaissance de l’Afrique contemporaine (Achac-Paris),Nicolas Bancel (historien, Université Paris XI), Pascal Blanchard (historien, chercheur CNRS), Gilles Boetsch (anthropologue, Directeur de recherche au CNRS), Eric Deroo (cinéaste, chercheur associé au CNRS) et Sandrine Lemaire (historienne, Institut européen de Florence). De 1877 à 1912, trente spectacles ethnologiques seront donnés au jardin d’acclimatation à Paris, puis aux expositions universelles de Paris de 1878 et de 1889 dont le clou pour celle de 1889 étaient aussi bien l’inauguration de la Tour Eiffel que la visite d’un « village nègre ». Suivront les expositions de Lyon (1894), les deux expositions coloniales de Marseille (1906 et 1922), enfin les grandes expositions de Paris de 1900 (diorama sur Madagascar, 50 millions de spectateurs) et de 1931 dont le commissaire général n’était autre que le Maréchal Lyautey. cf. « Le spectacle ordinaire des zoos humains » et « 1931. Tous à l’Expo » par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, Manière de voir N°58 Juillet Août 2001, op cité.
    4 Dictionnaire Le Petit Robert 1996.
    5 « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » René Naba-Editons l’Harmattan-2002
    6 « La République Xénophobe, 1917-1939 de la machine d’Etat au « crime de bureau », les révélations des archives » de Jean Pierre Deschodt et François Huguenin Editions JC Lattès septembre 2001.
    7 « Une théorie raciale des valeurs ? Démobilisation des travailleurs immigrés et mobilisation des stéréotypes en France à la fin de la grande guerre » par Mary Lewis, enseignante à la New York University, in « L’invention des populations », ouvrage collectif sous la direction d’Hervé Le Bras (Editions Odile Jacob).
    8 Jean Montaldo, auteur de deux ouvrages sur la corruption présidentielle : « Chirac et les 40 menteurs » Albin Michel 2006, « Mitterrand et les 40 voleurs » Albin Michel.
    9 l’armistice a été signé le 22 juin 1940 symboliquement à Rethondes au même endroit, dans le même wagon, que l’armistice du 11 novembre 1918. Toutefois l’entrevue de Montoire du 24 octobre 1940 entre Pétain et Hitler a scellé la collaboration entre la France et l’Allemagne nazie. Si l’armistice constituait une cessation des hostilités, la rencontre de Montoire a représenté dans l’ordre symbolique le voyage à Canossa de Pétain et constitué en fait une capitulation dans la mesure où Pétain a cautionné la collaboration avec le régime nazi quand bien même l’Allemagne reniant ses promesses avait annexé l’Alsace-lorraine, août 1940.
    10 « Arabo-francophonie culturelle : l’expression a été forgée en 1995-1996 par Stellio Farangis, ancien secrétaire général du Haut Conseil de la Francophonie.


  • How Vilification of George Soros Moved From the Fringes to the Mainstream - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/10/31/us/politics/george-soros-bombs-trump.html

    On both sides of the Atlantic, a loose network of activists and political figures on the right have spent years seeking to cast Mr. Soros not just as a well-heeled political opponent but also as the personification of all they detest. Employing barely coded anti-Semitism, they have built a warped portrayal of him as the mastermind of a “globalist” movement, a left-wing radical who would undermine the established order and a proponent of diluting the white, Christian nature of their societies through immigration.

    In the process, they have pushed their version of Mr. Soros, 88, from the dark corners of the internet and talk radio to the very center of the political debate.

    “He’s a banker, he’s Jewish, he gives to Democrats — he’s sort of a perfect storm for vilification by the right, here and in Europe,” said Michael H. Posner, a human rights lawyer and former State Department official in the Obama administration.

    Mr. Soros has given his main group, the Open Society Foundations, $32 billion for what it calls democracy-building efforts in the United States and around the world. In addition, in the United States, Mr. Soros has personally contributed more than $75 million over the years to federal candidates and committees, according to Federal Election Commission and Internal Revenue Service records.

    That qualifies him as one of the top disclosed donors to American political campaigns in the modern campaign finance era, and it does not include the many millions more he has donated to political nonprofit groups that do not disclose their donors.

    By contrast, the network of conservative donors led by the billionaire industrialist brothers Charles G. and David H. Koch, who have been similarly attacked by some on the American left, has spent about $2 billion over the past decade on political and public policy advocacy.❞

    The closing advertisement for Mr. Trump’s 2016 campaign featured Mr. Soros — as well as Janet L. Yellen, the chairwoman of the Federal Reserve at the time, and Lloyd Blankfein, the chief executive of Goldman Sachs, both of whom are Jewish — as examples of “global special interests” who enriched themselves on the backs of working Americans.

    If anything, Mr. Soros has been elevated by Mr. Trump and his allies to even greater prominence in the narrative they have constructed for the closing weeks of the 2018 midterm elections. They have projected on to him key roles in both the threat they say is posed by the Central Americans making their way toward the United States border and what they characterized as Democratic “mobs” protesting the nomination of Brett M. Kavanaugh to the Supreme Court.

    The National Republican Congressional Committee ran an ad in October in Minnesota suggesting that Mr. Soros, who is depicted sitting behind a pile of cash, “bankrolls” everything from “prima donna athletes protesting our anthem” to “left-wing mobs paid to riot in the streets.” The ad links Mr. Soros to a local congressional candidate who worked at a think tank that has received funding from the Open Society Foundations.

    Even after the authorities arrested a fervent Trump supporter and accused him of sending the pipe bombs to Mr. Soros and other critics, Republicans did not back away. The president grinned on Friday when supporters at the White House responded to his attacks on Democrats and “globalists” by chanting, “Lock ’em up,” and yelling, “George Soros.”

    #Antisémitisme #Georges_Soros #Néo_fascisme #USA


  • De quoi être retournée
    http://otir.net/dotclear/index.php/post/2018/10/27/De-quoi-etre-retournee

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le Shabbat est le jour le plus saint de tous pour les Juifs religieux. C’est le jour où ils se rassemblent dans leurs sanctuaires, qu’ils soient une synagogue, ou que cela soit à la maison et dans leur coeur.

    Aujourd’hui, une attaque sanglante et meurtrière contre la synagogue Tree of Life - Or L’Simcha (ce qui signifie : l’arbre de vie - lumière et joie) dans la banlieue de Pittsburgh en Pennsylvanie, laisse à l’heure où j’écris huit personnes assassinées, par un suspect arrêté, un homme blanc armé d’une kalashnikov AR-15 l’arme de prédilection des massacreurs de ce siècle, qu’il est relativement aisé de se procurer dans ce pays où règne la loi des lobbys des armes et de l’argent.

    Autant dire que je suis suffisamment retournée pour que cela me pousse à laisser un billet (...)

    #Divers #antisémitisme #attentats #terrorisme


  • Et si l’avenir d’#Israël était de réviser, à l’aune de l’impératif démocratique, ses fondements et, particulièrement le rôle joué par les notions de #peuple_juif et d’#État_juif ?

    https://sms.hypotheses.org/11675

    #israel, #juif, #palestine, #démocratie, #fondation, #rôle, #orthodoxe, #antisémitisme, #retour, #diaspora, #communauté, #policar


  • Faurisson, piège à cons ! — Retour aux sources « littéraires » d’un pseudo- faussaire
    http://www.archyves.net/html/Blog/?p=7505

    Parcours d’un infatigable négationniste, de Rimbaud aux chambres à gaz, en passant par Lautréamont, Nerval et le « Journal d’Anne Frank ». Rappel salutaire et décorticage brillant par Yves Pagès

    Bien avant de devenir l’éminence grise du négationnisme, l’ancien élève du petit séminaire de Versailles puis khâgneux au lycée Henri IV Robert Faurisson a commencé par défrayer la chronique… littéraire au début des années 60. Et, malgré les apparences, ses coups d’éclat en ce domaine étaient loin d’être anodins ; ils portaient en germe une torsion du raisonnement qui annonce, dans son hiatus logique initial, ses dénis ultérieurs concernant le gazage massif des Juifs sous le IIIe Reich ainsi que l’idée même d’une planification génocidaire du régime hitlérien. D’où l’intérêt de revenir plus en détail sur ces premiers travaux, sur leur axiome méthodologique, pour mieux comprendre la suite.

    #nuisances #négationnisme #antisémitisme


  • The tip-off from a Nazi that saved my grandparents
    https://www.bbc.com/news/stories-45919900

    When Alexander Bodin Saphir’s Jewish grandfather was measuring a high-ranking Nazi for a suit in Copenhagen 75 years ago he got an important tip-off - the Jews were about to be rounded up and deported. It has often been described as a “miracle” that most of Denmark’s Jews escaped the Holocaust. Now it seems that the country’s Nazi rulers deliberately sabotaged their own operation.

    It was a cold October night 75 years ago when my grandparents, Fanny and Raphael Bodin, stood on the dock of a harbour on the east coast of Denmark with their 15-month-old daughter, Lis, in their arms.

    I imagine they peered into the darkness, nervously awaiting the fisherman who would take them across the water to the safety of neutral Sweden. Until that point the Jews of Denmark - unlike those in other parts of occupied Europe - had been free to go about their business. But now the order had been given to transport them to Germany “for processing”.

    So my grandparents and aunt fled. As they boarded the fishing boat they handed the fisherman a substantial sum of money for the hour-long boat trip across the Oresund - the narrow stretch of water between Denmark and Sweden. Then it started to rain and my aunt began to cry. The fisherman, fearing the Germans would hear her cries, ordered my grandparents either to leave their child on the dock or get off the boat. They chose the latter and watched as the boat cast off for Sweden with their money and perhaps their last chance of escape.

    Fortunately, it wasn’t their last chance. They succeeded in making the crossing the very next night - after giving their daughter a sleeping pill to ensure she remained silent - and lived out the rest of the war in Sweden.

    Their story mirrors that of the vast majority of Danish Jews. According to Sofie Lene Bak, associate professor in history at Copenhagen University, 7,056 of them escaped to Sweden, with only 472 captured and deported to Theresienstadt.

    #shoa #seconde_guerre_mondiale #antisémitisme #nazi



  • Un sculpteur hitlérien débarque à Roubaix Ce 20 Octobre 2018 au musée La piscine
    http://labrique.net/index.php/thematiques/histoires-du-bocal/1024-un-sculpteur-hitlerien-debarque-a-roubaix
    https://seenthis.net/messages/729692

    Comment célébrer un artiste pro-nazi en toute discrétion ? Voilà le défi du Musée de La Piscine et de la ville de Roubaix qui s’apprêtent à inaugurer la reconstitution de l’atelier d’Henri Bouchard le 20 octobre 2018 dans sa toute nouvelle extension. Sculpteur Vichyste officiel, militant de la politique culturelle du Reich, il se proposait « d’assainir les Beaux-arts » contre le complot d’une « organisation occulte et internationale de marchands ».


    Le musée roubaisien La Piscine[1] _inaugure son extension à 8 millions d’euros afin d’y reconstituer l’atelier parisien d’Henri Bouchard. Vous n’y couperez pas. L’évènement sera couvert par le Journal des Arts, France Culture fête la réouverture avec une semaine spéciale à Roubaix, La Voix du Nord et France 3 _ se préparent à l’évènement. Mais personne pour évoquer le passé de l’artiste. Car il y a un hic : comment célébrer un artiste antisémite qui chantait les louanges de la politique culturelle hitlérienne sans passer soi-même pour un antisémite ?

    Le Hic
    Henri Bouchard (1875-1960) fut un artiste raciste, antisémite, membre du Groupe bien-nommé « Collaboration », une organisation d’intellectuels militant pour un européisme nationaliste et autoritaire. À la fin de l’année 1941, Bouchard part en goguette en compagnie d’autres artistes[2] français pour l’Allemagne nazie, à dix kilomètres du camp de Buchenwald, et quatre ans après l’exposition Art dégénéré à Munich ; terme inventé par le régime nazi pour interdire l’art moderne à la faveur d’un « art héroïque ». À son retour, Bouchard publie dans la revue {L’illustration} (7 fév. 1942) un éloge de « la vie presque féerique que le gouvernement du Reich sait faire à ses artistes ». Au moment même où le gouvernement de Vichy interne les premiers juifs (déc. 1941) et organise le premier convoi vers un camp de la mort (27 mars 1942).

    Henri Bouchard est membre de la Corporation des arts graphiques et plastiques chargée « d’encadrer les artistes » et leurs « bonnes mœurs » considérées comme « insuffisamment rigides ».[3] Ce comité ne se borne pas à définir l’artiste et l’œuvre d’art dans des discussions mondaines interminables, il impose aux marchand.e.s l’aryanisation des galeries tenues par des juif.ve.s[4]. Dans une note écrite de la main d’Henri Bouchard adressée au ministre de l’éducation Abel Bonnard[5], le sculpteur propose d’« assainir les #Beaux-Arts » en sapant l’influence d’une « organisation occulte et internationale de marchands »[6]. Entendez par là : les juif.ve.s et les Francs.Maçon.ne.s. Donc, Bouchard participe activement à la réalisation en France du modèle « féerique » qu’était selon lui la politique culturelle allemande. Il fut même membre du comité d’honneur de l’exposition du sculpteur officiel nazi #Arno_Brecker à Paris en 1942.

    Noyer le poison collaborationniste
    Il est une chose d’organiser une exposition temporaire avec des artistes collaborationnistes dans une perspective historique et critique. Il en est une autre de sanctifier et patrimonialiser un artiste par la reconstitution de son atelier. Après-guerre, il est reconnu #collabo par le Front national des arts présidé par Picasso. Comment alors la com’ officielle de La Piscine va-t-elle louvoyer ? Et ce, l’année de la mort de Claude Lanzmann et de la panthéonisation de Simone Veil ?

    La recette est simple : détourner le regard du visiteur et du journaliste. Garnissez d’ateliers à destination du jeune public. Montez en neige « le rôle fondamental » du Groupe de Roubaix, groupe informel d’artistes du Nord des années 1946 à 1970 miraculeusement entrés dans l’histoire de l’art local. Incorporez trois expositions temporaires. Pour la couleur : Di Rosa et son art modeste – « musée des Roubaisiens » oblige. Pour le piquant, L’Homme au mouton de Pablo Picasso, « réalisé dans l’émotion ressentie par Picasso après l’exposition Arno Breker organisée à Paris par le gouvernement de Vichy en 1942 ». Puis versez une larme de mémoire aux victimes avec Alberto Giacometti, « Portrait d’un héros  » de la Résistance, à savoir Henri Rol-Tanguy. Enfin, incorporez la purée obtenue d’un émincé d’Henri Bouchard préalablement paré. Il sera fondu dans le reste.

    De cette façon il ne reste plus qu’à insister sur la forme des œuvres bouchardiennes, plutôt que sur le fond[7]. Selon le directeur du musée Bruno Gaudichon, l’atelier de Bouchard est « un atelier intact et vivant où l’on trouve encore les outils. » Il serait « le seul atelier complet de cette génération »[8]. dont il faudrait conserver gestes et techniques. Mais rien de tout cela n’est vrai. Non seulement à la période d’Henri Bouchard, les techniques sont bien plus variées et ne se bornent pas à sa pratique académique. Surtout, ce savoir faire n’a pas disparu. L’atelier est tout au plus représentatif d’une conception classique de la sculpture, tout comme l’est déjà la collection du musée, réunie par la bourgeoisie locale à une autre époque.

    La fierté de la bourgeoisie roubaisienne
    L’arrivée de l’atelier de Bouchard n’a aucune justification patrimoniale en dehors de la conservation des reliques d’une certaine classe sociale : celle d’héritiers des grandes familles industrielles textiles à la foi chrétienne chevillée au porte-monnaie. Les #sculptures de Bouchard en traduisent esthétiquement l’apologie du travail dans la soumission, l’acceptation d’un ordre social de droit divin. La représentation de ses paysans au travail, ses vendangeurs, et autres semblent incarner la parole de Saint Paul : « J’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation et je sais vivre dans l’abondance ». Les sculptures de Bouchard incarnent la théologie du grand patronat du Nord, celui-là même qui négocia avec le gouvernement de Vichy la sauvegarde de ses usines. Comme l’avoue Jacques-Yves #Mulliez, « resté fidèle au Maréchal ». Gâté par l’âge, le parent de la famille #Auchan ne cachait pas l’antisémitisme congénital de sa famille : « Quant à cette affaire d’antisémitisme, il s’agissait d’un #antisémitisme d’avant-guerre, social, de familles ».[9]

    L’Histoire a déjà rendu son verdict concernant Henri Bouchard. Comme le disait Simone Veil : « Au fond, en montrant que tous les Français avaient été des salauds, ceux qui l’ont été vraiment avaient très bonne conscience puisqu’ils l’étaient comme les autres. C’était précisément l’argument des #néo-vichystes dès le lendemain de la guerre ! » . Rejouer son procès n’a aucune pertinence aujourd’hui. Hormis, comme le fait le conservateur de La Piscine, pour faire diversion : éviter le débat sur la #politique_culturelle de la ville de Roubaix, sur les élu-es qui se sont succédé et l’ont menée depuis la décision de créer ce Musée, sur la sociologie du pouvoir local, et la servilité du milieu artistique roubaisien. C’est ce que nous appréhenderons dans un prochain épisode...

    M.R.

    [1]Pour une histoire du musée voir La Brique N°26 (mars-avril 2011) : Le musée de la Piscine : un certain goût pour Vichy.

    [2]P. Belmondo, H. Bouchard, A. Derain, C. Despiau, C. van Dongen, A. Dunoyer de Segonzac, O. Friesz, R. Legueult, R. Oudot, M. de Vlaminck, L. Lejeune.

    [3]Voir Michèle Lefrançois : Paul Landowski : l’œuvre sculptée, page 44.

    [4]« Les associations professionnelles de marchands d’art après 1945 : lobbying et modernisation à Paris et à New York », revue Le Mouvement social, Julie Verleine, 2013.

    [5]Abel Bonnard : ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse sous Vichy, engagé dans la politique de #collaboration franco-allemende dès l’été 1940. Membre d’honneur du Groupe Collaboration, il prône « une vision musclée de la #Révolution_nationale. »

    [6]H. #Bouchard, Note à #Abel_Bonnard du 20 avril 1942, Archives nationales, F17 13 368.

    [7]Pour une critique esthétique voir La brique n°28 (juillet- août 2011) : L’art de réécrire l’histoire

    [8]« Un artiste qui a flirté avec les #nazis va être mis en valeur à #Roubaix », Le Monde, 14 juin 2008.

    [9]La Voix du Nord, 7 avril 2011.


  • Condamnation d’un fonctionnaire européen suite à des propos et une agression antisémite Belga - 8 Octobre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_un-fonctionnaire-europeen-condamne-pour-une-agression-antisemite-press?i

    . . .
    Un fonctionnaire européen avait tenté d’étrangler une femme en la traitant de « sale Juive », un soir de juillet 2015. Dans son jugement, le tribunal estime que ces propos et faits sont d’autant plus condamnables qu’ils sont le fait d’un fonctionnaire européen, « de qui il peut être attendu un respect des valeurs prônées par la Constitution belge, qui se retrouvent dans la construction de l’Union européenne ».

    Une peine de trois ans
    Le jour des faits, la victime, fonctionnaire européenne attablée à la terrasse d’un café, a vu arriver l’homme brandissant une plaque en métal portant la mention ’Mussolini’ et l’a interpellé. L’individu a profèré des menaces, frappé la victime à la tête et tenté de l’étrangler.

    Le lendemain, la victime a dépose plainte. Elle présentait un certificat médical attestant d’un trauma crânien, d’une commotion cérébrale et de douleurs sur la partie droite de la tête. Un jour plus tard, un témoin a aussi confirmé les coups et les propos insultants. L’auteur, lui, prétend ne se souvenir ni des uns ni des autres. Devant le tribunal, il a cependant reconnu qu’il était ivre et qu’il s’est retrouvé avec cette plaque métallique en main.

    Le prévenu a été condamné à une peine probatoire de trois ans, durant laquelle il doit suivre une thérapie contre sa dépendance à l’alcool et une formation à la tolérance et à la lutte contre l’antisémitisme. Au civil, il est condamné à verser 500 euros de dommage moral à la victime et un euro symbolique à Unia.

    #antisémitisme #racisme #xénophobie #ue #union_européenne


  • Trump’s Absurd New Conspiracy Theory: Sexual Assault Survivors Protesting Kavanaugh Are ’Paid Professionals’ Working for Soros | Alternet
    https://www.alternet.org/news-amp-politics/donald-trump-brett-kavanaugh-protestors-george-soros?src=newsletter1096830

    As if the treatment of the protestors could be any less dignified, President Donald Trump attacked them on Friday with a bizarre conspiracy theory:

    The very rude elevator screamers are paid professionals only looking to make Senators look bad. Don’t fall for it! Also, look at all of the professionally made identical signs. Paid for by Soros and others. These are not signs made in the basement from love!

    — Donald J. Trump (@realDonaldTrump) October 5, 2018

    Trump is claiming, with zero evidence, that because the protests had some professional organization, like mass-produced signs, the protestors are “paid professionals” in the employ of George Soros, the Hungarian-born Jewish billionaire philanthropist and Holocaust survivor who sits at the core of many right-wing conspiracy theories.

    The idea that anti-Trump protestors are paid off by his political enemies is a recurring claim by the president, who previously advocated investigating the 2017 Tax March protestors to determine whether they were paid.

    However, this marks the first time Trump has explicitly mentioned Soros by name on Twitter — a move that could well fan the flames of conspiracy among the far right.

    #Conspirationnisme #Folie #Trump #Soros


  • En 1933, le ministre allemand de la propagande, Josef Goebbels, a été invité à une conférence à Genève. Le photographe du Magazine Life , Alfred Eisenstadt , est également arrivé sur les lieux et a commencé à photographier goebbels.
    Le ministre a coopéré, a souri, et a même demandé à Eisenstadt s’il voulait qu’il soit dans une position spéciale.
    Puis les deux nazis sont venus à lui et ont murmuré que le photographe est juif.
    Eisenstadt, qui devint plus tard l’un des plus grands photographes du monde, a immortalisé le moment où Goebbels découvre qu’il est juif.
    Depuis lors, cette image a été appelée « les yeux de la haine. »

    • https://en.wikipedia.org/wiki/Alfred_Eisenstaedt

      à Londre, 1932

      [...]

      Early life

      Eisenstaedt was born in Dirschau (Tczew) in West Prussia, Imperial Germany in 1898.[3] His family was Jewish and moved to Berlin in 1906. Eisenstaedt was fascinated by photography from his youth and began taking pictures at age 14 when he was given his first camera, an Eastman Kodak Folding Camera with roll film. He later served in the German Army’s artillery during World War I and was wounded in 1918. While working as a belt and button salesman in the 1920s in Weimar Germany, Eisenstaedt began taking photographs as a freelancer for the Pacific and Atlantic Photos’ Berlin office in 1928. The office was taken over by the Associated Press in 1931.

      Professional photographer

      Eisenstaedt became a full-time photographer in 1929 when he was hired by the Associated Press office in Germany, and within a year he was described as a “photographer extraordinaire.”[4] He also worked for Illustrierte Zeitung, published by Ullstein Verlag, then the world’s largest publishing house.[4] Four years later he photographed the famous first meeting between Adolf Hitler and Benito Mussolini in Italy. Other notable early pictures by Eisenstaedt include his depiction of a waiter at the ice rink of the Grand Hotel in St. Moritz in 1932 and Joseph Goebbels at the League of Nations in Geneva in 1933. Although initially friendly, Goebbels scowled at Eisenstaedt when he took the photograph.[5]

      In 1935, Fascist Italy’s impending invasion of Ethiopia led to a burst of international interest in Ethiopia. While working for Berliner Illustrierte Zeitung, Alfred took over 3,500 photographs in Ethiopia, before emigrating to the United States, where he joined Life magazine, but returned in the following year to Ethiopia to continue his photography.[6]

      Eisenstaedt’s family was Jewish. Oppression in Hitler’s Nazi Germany caused them to emigrate to the U.S.[7] They arrived in 1935 and settled in New York, where he subsequently became a naturalized citizen,[8] and joined fellow Associated Press émigrés Leon Daniel and Celia Kutschuk in their PIX Publishing photo agency founded that year. The following year, 1936, Time founder Henry Luce bought Life magazine, and Eisenstaedt, already noted for his photography in Europe,[4] was asked to join the new magazine as one of its original staff of four photographers, including Margaret Bourke-White and Robert Capa.[7] He remained a staff photographer from 1936 to 1972, achieving notability for his photojournalism of news events and celebrities.[2]

      Along with entertainers and celebrities, he photographed politicians, philosophers, artists, industrialists, and authors during his career with Life. By 1972 he had photographed nearly 2,500 stories and had more than 90 of his photos on the cover.[9] With Life’s circulation of two million readers, Eisenstaedt’s reputation increased substantially.[4] According to one historian, “his photographs have a power and a symbolic resonance that made him one of the best Life photographers.”[10] In subsequent years, he also worked for Harper’s Bazaar, Vogue, Town & Country and others.[10]

      [...]


  • #1938_Diversi

    1938-2018 : quatre-vingts ans se sont écoulés depuis la promulgation des #lois_raciales par le régime fasciste. Un anniversaire important et malheureusement toujours d’actualité. Il y a quatre-vingts ans, la #propagande fasciste incitait le peuple italien, qui n’était pas traditionnellement antisémite, à accepter la persécution d’une minorité qui vivait pacifiquement en Italie depuis des siècles. Qu’est-ce qui a rendu cela possible ? Et que savons-nous de ce moment de l’histoire aujourd’hui ?


    https://www.senscritique.com/film/1938_Diversi/36018805
    #film #documentaire #fascisme #Italie #antisémitisme #1938 #histoire #xénophobie #racisme
    cc @isskein


  • “I got a right to say FUCK YOU!!!” is how the new and third album from veteran guitarist Marc Ribot’s trio #Ceramic_Dog starts off, with Ribot howling in anger at corruption, tyranny, life in general, and nothing in particular. If you’ve got a serious case of outrage fatigue, Ceramic Dog’s explosive cocktail of balls-to-the-wall abandon, chameleonic disregard for style constraints, political commentary, and absurdist humor is just the shot in the ass (or kick in the arm?) you might need. In fact, Ceramic Dog’s new album — whose title:YRU Still Here? is directed in equal parts at themselves, the commander in chief, and the listening public — arrives just in time to remind us that now is a moment when anger is not only necessary, and unavoidable, but also good for houseplants.

    YRU Still Here? careens from punk to funk to flamenco to surf to rock ‘n roll — all turned on their heads and smudged, allowing us to imagine an alternate history where punk icons Jello Biafra and Ian MacKaye fronted no-wave lounge bands on alternate Tuesdays at the Teaneck New Jersey Holiday Inn.


    http://marcribot.com/latest-news/14276084


  • Quand des vandales transforment New York City en Jewtropolis sur les cartes de plusieurs applications mobiles

    http://www.fredzone.org/quand-des-vandales-transforment-new-york-city-en-jewtropolis-sur-les-carte

    a Snap Map du site de médias sociaux Snapchat permet aux utilisateurs de découvrir du contenu dans des endroits spécifiques, comme l’actualité ou les évènements sportifs. Grande fut donc la surprise des utilisateurs lorsqu’ils ont découvert que New York City avait disparu subitement de la carte. En fait elle n’avait pas vraiment disparu, elle avait simplement été remplacée par « Jewtropolis », qu’on pourrait traduire par « la patrie des Juifs ».

    #cartographie #manipulation #détournement #perversion_de_la_carte #antisémitisme #racisme #débilité


  • Boycotter Israël est-il de la « haine » ?
    6 septembre | Joseph Levine pour New York Times |Traduction CG pour l’AURDIP
    https://www.aurdip.org/boycotter-israel-est-il-de-la.html

    Le débat sur le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (B.D.S.) contre Israël a été l’un des plus conflictuel de la culture politique américaine depuis plus d’une décennie. Et maintenant, étant donné les événements tumultueux et mortels des derniers mois, il va probablement s’enflammer encore davantage.

    Les victimes des manifestations en cours à Gaza, qui ont commencé en mars, continuent à s’accumuler ; près de 180 manifestants palestiniens, pour la plupart non armés, ont été tués par les forces israéliennes, et plus de 18000 blessés, selon les Nations Unies. Des dizaines de morts ont eu lieu à la mi-mai, lorsque les Etats-Unis ont pris la mesure provocatrice de déplacer leur ambassade à Jérusalem. Les tensions vont surement monter encore après la décision prise la semaine dernière par les Etats-Unis de mettre un terme aux subventions de plusieurs millions versées à l’agence des Nations Unies qui fournit de l’aide aux réfugiés palestiniens.

    B.D.S. a commencé en 2005 en réponse à un appel de plus de 100 organisations de la société civile palestinienne, avec à l’esprit le mouvement fructueux contre l’apartheid d’Afrique du Sud. Le raisonnement était qu’Israël, par son occupation d’un demi-siècle des territoires palestiniens, méritait autant la condamnation internationale, jusqu’à ce que change sa politique vis-à-vis des droits politiques et civils palestiniens. B.D.S. appelle à ce que sa position de protestation non violente reste en vigueur jusqu’à ce que trois conditions soient remplies : qu’Israël mette fin à son occupation et à sa colonisation dans tous les pays arabes et démantèle le mur ; qu’Israël reconnaisse les droits fondamentaux de tous les citoyens arabo-palestiniens d’Israël en pleine égalité ; et qu’Israël respecte, protège et promeuve les droits des réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers et dans leurs propriétés ainsi qu’il est stipulé dans la Résolution 194 des Nations Unies.

    traduction de cet article : https://seenthis.net/messages/719821


  • Opinion | Is Boycotting Israel ‘Hate’? - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/09/04/opinion/is-boycotting-israel-hate.html

    Opponents of the nonviolent Boycott, Divestment and Sanctions movement are involved in a dishonest branding campaign.

    By Joseph Levine
    Mr. Levine is a philosophy professor and a member of the Jewish Voice for Peace Academic Advisory Council.

    The debate over the Boycott, Divestment and Sanctions (B.D.S.) movement against Israel has been one of the most contentious in American political culture for more than a decade. Now, given the tumultuous and deadly events of the past several months, it is likely to heat up further.

    Casualties in the ongoing protests in Gaza, which began in March, continue to mount; nearly 180 mostly unarmed Palestinian protesters have been killed by Israeli forces, with more than 18,000 injured, according to the United Nations. Dozens of those deaths came in mid-May, as the United States took the provocative step of moving its embassy to Jerusalem. Tensions will surely spike again following last week’s decision by the United States to stop billions in funding to the United Nations agency that delivers aid to Palestinian refugees.

    B.D.S. began in 2005 in response to a call by more than 100 Palestinian civil society organizations, with the successful movement against apartheid South Africa in mind. The reasoning was that Israel, with its half-century occupation of Palestinian territories, would be equally deserving of the world’s condemnation until its policies changed to respect Palestinian political and civil rights. B.D.S. calls for its stance of nonviolent protest to remain in effect until three conditions are met: that Israel ends its occupation and colonization of all Arab lands and dismantles the wall; that Israel recognizes the fundamental rights of the Arab-Palestinian citizens of Israel to full equality; and that Israel respects, protects and promotes the rights of Palestinian refugees to return to their homes and properties as stipulated in United Nations Resolution 194.

    • The debate over the Boycott, Divestment and Sanctions (B.D.S.) movement against Israel has been one of the most contentious in American political culture for more than a decade. Now, given the tumultuous and deadly events of the past several months, it is likely to heat up further.

      Casualties in the ongoing protests in Gaza, which began in March, continue to mount; nearly 180 mostly unarmed Palestinian protesters have been killed by Israeli forces, with more than 18,000 injured, according to the United Nations. Dozens of those deaths came in mid-May, as the United States took the provocative step of moving its embassy to Jerusalem. Tensions will surely spike again following last week’s decision by the United States to stop billions in funding to the United Nations agency that delivers aid to Palestinian refugees.

      B.D.S. began in 2005 in response to a call by more than 100 Palestinian civil society organizations, with the successful movement against apartheid South Africa in mind. The reasoning was that Israel, with its half-century occupation of Palestinian territories, would be equally deserving of the world’s condemnation until its policies changed to respect Palestinian political and civil rights. B.D.S. calls for its stance of nonviolent protest to remain in effect until three conditions are met: that Israel ends its occupation and colonization of all Arab lands and dismantles the wall; that Israel recognizes the fundamental rights of the Arab-Palestinian citizens of Israel to full equality; and that Israel respects, protects and promotes the rights of Palestinian refugees to return to their homes and properties as stipulated in United Nations Resolution 194.

      Opposition to B.D.S. is widespread and strong. Alarmingly, in the United States, support for the movement is in the process of being outlawed. As of now, 24 states have enacted legislation that in some way allows the state to punish those who openly engage in or advocate B.D.S., and similar legislation is pending in 12 more states. At the federal level, a bill called the Israel Anti-Boycott Act would criminalize adherence to any boycott of Israel called for by an international agency (like the United Nations). The bill has garnered 57 Senate co-sponsors and 290 House co-sponsors, and may very well come up for a vote soon.

      While these bills certainly constitute threats to free speech — (a view shared by the ACLU) — I am interested in a more subtle effect of a fairly widespread anti-B.D.S. strategy: co-opting rhetoric of the anti-Trump resistance, which opposes the growing influence of racist hate groups, in order to brand B.D.S. as a hate group itself.

      In my home state of Massachusetts, for example, where a hearing for one of the many state bills aimed at punishing B.D.S. activity took place in July 2017, those who testified in favor of the bill, along with their supporters in the gallery, wore signs saying “No Hate in the Bay State.” They took every opportunity to compare B.D.S. supporters to the alt-right activists recently empowered by the election of Donald Trump. (Full disclosure: I am a strong supporter of B.D.S. and was among those testifying against the bill.)

      The aim of this activity is to relegate the B.D.S. movement, and the Palestine solidarity movement more generally, to the nether region of public discourse occupied by all the intolerant worldviews associated with the alt-right. This is an area the philosopher John Rawls would call “unreasonable.” But to my mind, it is the anti-B.D.S. movement itself that belongs there.

      There are two dimensions of reasonableness that are relevant to this particular issue: the one that allegedly applies to the B.D.S. campaign and the one I claim actually applies to the anti-B.D.S. campaign. Rawls starts his account of the reasonable from the premise of what he calls “reasonable pluralism,” an inevitable concomitant of modern-day democratic government. Large democratic societies contain a multitude of groups that differ in what Rawls calls their “comprehensive doctrines” — moral, religious or philosophical outlooks in accord with which people structure their lives. What makes a comprehensive doctrine “reasonable” is the willingness of those living in accord with it to recognize the legitimate claims of differing, often conflicting doctrines, to accord to the people that hold them full participation as citizens and to regard them as deserving of respect and equal treatment. We can label this dimension of reasonableness a matter of tolerance.

      The second dimension of reasonableness is associated with the notion of “public reason.” When arguing for one’s position as part of the process of democratic deliberation in a society characterized by reasonable pluralism, what kinds of considerations are legitimate to present? The constraint of public reason demands that the considerations in question should look reasonable to all holders of reasonable comprehensive doctrines, not merely one’s own.

      For example, when arguing over possible legal restrictions on abortion, it isn’t legitimate within a democracy to appeal to religious principles that are not shared by all legitimate parties to the dispute. So, while the personhood of the fetus is in dispute among reasonable doctrines, the status of African-Americans, women, gays and Jews is not. To reject their status as fully equal members of the society would be “unreasonable.”

      One of the essential principles of democratic government is freedom of thought and expression, and this extends to the unreasonable/intolerant as well as to the reasonable, so long as certain strict limits on incitement to violence, libel and the like are observed. Still, doctrines within the “tent of the reasonable” are accorded a different status within public institutions and civil society from those deemed outside the tent. This is reflected in the kinds of public support or reprobation representatives of the state and other civil society institutions (e.g., universities) display toward the doctrines or values in question.

      To put it simply, we expect what’s reasonable to get a fair hearing within the public sphere, even if many don’t agree with it.

      On the other hand, though we do not suppress the unreasonable, we don’t believe, in general, that it has the right to a genuinely fair hearing in that same sphere. For instance, after the white supremacist rallies in Charlottesville, Va., in August last year, students at my campus, the University of Massachusetts, Amherst, were greeted in the fall with signs plastered everywhere that said “Hate Has No Home at UMass.” This was intended to let the Richard Spencers of this world know that even if it may not be right or legal to bar them from speaking on campus, their message was not going to be given the respectful hearing that those within the tent of the reasonable receive.

      The alleged basis for claiming that B.D.S. advocates are anti-Semitic, and thus worthy only of denunciation or punishment, not argument, is that through their three goals listed in their manifesto they express their rejection of Jews’ right to self-determination in their homeland. This idea was put succinctly by Senator Chuck Schumer at the policy conference of the American Israel Public Affairs Committee (Aipac) in March, where he said, “Let us call out the B.D.S. movement for what it is. Let us delegitimize the delegitimizers by letting the world know when there is a double standard, whether they know it or not, they are actively participating in an anti-Semitic movement.”

      B.D.S. supporters are “delegitimizers,” according to Schumer, because they do not grant legitimacy to the Zionist project. Some might quibble with this claim about the B.D.S. goals, but I think it’s fair to say that rejection of the legitimacy of the Zionist project is fairly widespread within the movement. But does this constitute anti-Semitism? Does this put them outside the tent of the reasonable?

      To justify this condemnation of the B.D.S. movement requires accepting two extremely controversial claims: first, that the right to self-determination for any ethnic, religious or racial group entails the right to live in a state that confers special status on members of that group — that it is “their state” in the requisite sense; and second, that Palestine counts for these purposes as the rightful homeland of modern-day Jews, as opposed to the ancient Judeans. (I have argued explicitly against the first claim, here.)

      With regard to the second claim, it seems obvious to me, and I bet many others when they bother to think about it, that claims to land stemming from a connection to people who lived there 2,000 years ago is extremely weak when opposed by the claims of those who currently live there and whose people have been living there for perhaps a millennium or more.

      Remember, one needn’t agree with me in my rejection of these two principal claims for my point to stand. All one must acknowledge is that the right at issue isn’t obvious and is at least open to question. If a reasonable person can see that this right of the Jews to establish a state in Palestine is at least open to question, then it can’t be a sign of anti-Semitism to question it! But once you admit the B.D.S. position within the tent of the reasonable, the proper response is not, as Senator Schumer claims, “delegitimizing,” but rather disputing — engaging in argument, carried out in the public sphere according to the rules of public reason.

      But now we get to my second main point — that it’s the anti-B.D.S. camp that violates reasonableness; not because it is an expression of intolerance (though often it flirts with Islamophobia), but because it violates the constraints on public reason. Just how far the positive argument for the legitimacy of the Zionist project often veers from the rules of public reason is perfectly captured by another quote from Mr. Schumer’s speech to Aipac.

      “Now, let me tell you why — my view, why we don’t have peace. Because the fact of the matter is that too many Palestinians and too many Arabs do not want any Jewish state in the Middle East,” he said. “The view of Palestinians is simple: The Europeans treated the Jews badly, culminating in the Holocaust, and they gave them our land as compensation. Of course, we say it’s our land, the Torah says it, but they don’t believe in the Torah. So that’s the reason there is not peace. They invent other reasons, but they do not believe in a Jewish state, and that is why we, in America, must stand strong with Israel through thick and thin …”

      This quote is really quite remarkable, coming from one of the most powerful legislators in our democracy. After fairly well characterizing a perfectly reasonable attitude Palestinians have about who is responsible for the Holocaust and who should pay any reparations for it, Mr. Schumer then appeals to the Torah to justify the Jewish claim against them. But this is a totally illegitimate appeal as a form of public reason, no different from appealing to religious doctrine when opposing abortion. In fact, I claim you can’t find any genuine argument that isn’t guilty of breaching the limits of the reasonable in this way for the alleged right to establish the Jewish state in Palestine.

      This almost certainly explains why opponents of B.D.S. are now turning to the heavy hand of the state to criminalize support for it. In a “fair fight” within the domain of public reason, they would indeed find themselves “delegitimized.”

      Joseph Levine is a professor of philosophy at the University of Massachusetts, Amherst, and the author of “Quality and Content: Essays on Consciousness, Representation and Modality.” He is a member of the Jewish Voice for Peace Academic Advisory Council.

      #Palestine #USA #BDS #criminalisation_des_militants #liberté_d'expression #censure

      Et aussi à ajouter à la longue liste d’articles sur la confusion entretenue entre #Antisionisme et #Antisémitisme :

      https://seenthis.net/messages/337856
      https://seenthis.net/messages/580647
      https://seenthis.net/messages/603396
      https://seenthis.net/messages/604402
      https://seenthis.net/messages/606801
      https://seenthis.net/messages/690067
      https://seenthis.net/messages/700966
      https://seenthis.net/messages/716567
      https://seenthis.net/messages/718335
      https://seenthis.net/messages/719714


  • Attaques contre #Jeremy_Corbyn (et accusations d’antisémitisme) :

    Dans le #Guardian :
    https://seenthis.net/messages/606127

    I’m ashamed at the way my party is offending Jews, says Labour MP
    Peter Walker, The Guardian, le 29 juillet 2018
    https://seenthis.net/messages/711737

    Remarks about Zionists draw official complaint against Jeremy Corbyn
    Michael Savage, The Guardian, le 26 août 2018
    https://seenthis.net/messages/717315

    Israël se cache-t-il derrière les attaques contre Jeremy Corbyn ?
    Jonathan Cook, Middle East Eye, le 30 août 2018
    https://seenthis.net/messages/716567

    Dans #Le_Monde :

    Antisémitisme : le leader travailliste britannique Jeremy Corbyn à nouveau dans la tourmente
    Eric Albert, Le Monde, le 14 août 2018
    https://seenthis.net/messages/715022

    Dans #Médiapart :

    Au Royaume-Uni, la décomposition du paysage politique se poursuit
    Ludovic Lamant, Médiapart, le 21 août 2018
    https://seenthis.net/messages/716567
    –--------------------------------------------------------
    Comment un diplomate israélien a travaillé au cœur du Parti travailliste pour mettre à mal Corbyn
    Alex MacDonald et Simon Hooper, Middle East Eye, le 9 janvier 2017
    https://seenthis.net/messages/715022

    Jeremy Corbyn appelle à une révision de la question des ventes d’armes du Royaume Uni à Israël après les morts sur la frontière de Gaza
    Jeremy Corbyn, le 10 avril 2018
    https://www.aurdip.org/jeremy-corbyn-appelle-a-une.html

    Antisémitisme. Offensive orchestrée contre Jeremy Corbyn au Royaume-Uni
    Jonathan Cook, Orient XXI, le 8 mai 2018
    https://seenthis.net/messages/692587

    The Jewish establishment’s ‘War Against Corbyn’ risks bringing real antisemitism to Britain
    Robert A. H. Cohen, Patheos, le 28 juillet 2018
    https://seenthis.net/messages/711737

    Who’s guilty of antisemitism ? Questioning Labour’s Definition Bind
    Peter Hallward, Verso, le 6 août 2018
    https://seenthis.net/messages/714306

    How Israel lobby attacked an Auschwitz survivor to smear Corbyn
    Adri Nieuwhof, Electronic Intifada, le 7 août 2018
    https://seenthis.net/messages/713760

    Jeremy Corbyn, le futur premier ministre du Royaume-Uni ?
    Gidéon Lévy, Haaretz, le 9 août 2018
    https://seenthis.net/messages/716567

    Israel Is The Real Problem
    Media Lens, le 9 août 2018
    https://seenthis.net/messages/715022

    La vérité sur la relation spéciale du Royaume-Uni avec Israël
    Mark Curtis, Middle East Eye, le 10 août 2018
    https://seenthis.net/messages/715335

    No, this Netanyahu row won’t destroy Corbyn – it will only make him stronger
    Richard Seymour, The Independent, le 14 août 2018
    https://seenthis.net/messages/715078

    Grande-Bretagne : le leader travailliste Jeremy Corbyn attaqué par Benyamin Netanyahou
    Middle East Eye, le 14 août 2018
    https://seenthis.net/messages/715022

    Anti-Semitism and Labour : Jeremy Corbyn must stop apologising and start fighting back
    Ghada Karmi, Middle East Eye, le 14 août 2018
    https://seenthis.net/messages/715022

    Netanyahu Falsely Attacks Corbyn for Laying Wreath on Palestinian Terrorist’s Grave
    Richard Silverstein, le 15 août 2018
    https://seenthis.net/messages/715022

    Jeremy Corbyn, les Palestiniens et l’antisémitisme
    Alain Gresh, Orient XXI, le 16 août 2018
    https://seenthis.net/messages/715399

    Israël se cache-t-il derrière les attaques contre Jeremy Corbyn ?
    Jonathan Cook, Middle East Eye, le 30 août 2018
    https://seenthis.net/messages/716567

    It’s time to stand up and be counted - what defending Corbyn really means
    Chris Nineham, Counterfire, le 30 août 2018
    https://seenthis.net/messages/719141

    Ken Loach appelle les Travaillistes à ne pas ‘trahir la Palestine’ en cédant aux ennemis de Corbyn
    Ben Chacko, The Morning Star, le 3 septembre 2018
    https://seenthis.net/messages/719511

    Grande-Bretagne : le Labour adopte la définition complète de l’antisémitisme
    Sonia Delesalle-Stolper, Libération, le 4 septembre 2018
    https://seenthis.net/messages/719685

    #Royaume-Uni #Grande-Bretagne #UK #Labour #Parti_Travailliste #antisémitisme #antisionisme #Palestine #censure #IHRA #recension

    • New MRC research finds inaccuracies and distortions in media coverage of antisemitism and the Labour Party
      Media Reform Coalition, le 27 septembre 2018
      https://seenthis.net/messages/725272

      Damning new report reveals UK media guilty of “myriad inaccuracies and distortions” in Labour antisemitism reporting
      Tom D. Rogers, Evolve Politics, le 27 septembre 2018
      https://seenthis.net/messages/725272

      Flawed reporting on antisemitism claims against the Labour party
      The Guardian, le 30 septembre 2018
      https://seenthis.net/messages/725722

      Signé par:
      Prof Noam Chomsky
      Brian Eno
      Francesca Martinez
      Yanis Varoufakis
      Ken Loach
      Raoul Martinez
      Justin Schlosberg Birkbeck, University of London
      Prof Des Freedman Goldsmiths, University of London
      Prof Imogen Tyler Lancaster University
      Prof Aeron Davis Goldsmiths, University of London
      Prof Annabelle Sreberny Soas, University of London
      Prof Greg Philo University of Glasgow
      Prof Natalie Fenton Goldsmiths, University of London
      Prof David Miller Bristol University
      Prof David Hesmondhalgh University of Leeds
      Prof James Curran Goldsmiths, University of London
      Prof Julian Petley Brunel University
      Stephen Cushion Cardiff University
      Jason Hickel Goldsmiths, University of London
      Einar Thorsen Bournemouth University
      Mike Berry Cardiff University
      Tom Mills Aston University
      Jenny Manson Jewish Voice for Labour
      Leah Levane Jewish Voice for Labour
      Lindsey German Stop the War Coalition
      Mike Cushman Free Speech on Israel
      Glyn Secker Jewish Voice for Labour


    • GB : le Labour complète sa définition de l’antisémitisme en réponse aux accusations
      AFP / 04 septembre 2018
      https://www.romandie.com/news/GB-le-Labour-complete-sa-definition-de-l-antisemitisme-en-reponse-aux-accusations/950792.rom

      Londres - Le parti travailliste, principal formation d’opposition au Royaume-Uni, a complété mardi la définition de l’antisémitisme qu’il avait adoptée en juillet, et qui avait valu à sa direction, jusqu’à son chef Jeremy Corbyn, de multiples accusations.

      Mi-juillet, le Comité exécutif national (NEC), l’organe dirigeant du parti, avait adopté la définition de l’antisémitisme élaborée par l’Alliance internationale pour le souvenir de l’Holocauste (IHRA), mais avait rejeté quatre exemples sur onze qui accompagnent cette définition et établissent les comportements considérés comme discriminatoires.

      Le NEC craignait que l’adoption de tous ces exemples ne limitent la liberté de critiquer l’État d’Israël.

      « Le NEC a adopté aujourd’hui tous les exemples de l’antisémitisme, qui s’ajoutent à la définition de l’IHRA », a annoncé un porte-parole du Labour.

      Parmi ces exemples de comportements jugés antisémites par l’IHRA, et désormais partagés par le Parti travailliste, figurent le fait « d’accuser un citoyen juif d’être plus loyal à Israël qu’a son pays », de « nier au peuple juif son droit à l’autodétermination » ou encore « d’établir des comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle des Nazis ».

      Le NEC a également adopté « une déclaration qui garantit que cela ne pourra en aucune manière limiter la liberté d’expression sur Israël et les droits des Palestiniens », a précisé le porte-parole.

      « La décision du NEC est la bonne », a réagi Marie van der Zyl, présidente du Board of Deputies of British Jews, une des principales organisations représentant la communauté juive au Royaume-Uni.



  • Ah ! Les #moutons_noirs... les revoilà, en #Allemagne :


    #criminels_étrangers
    –-> il y a un tag spécialement dédié sur seenthis, si jamais : https://seenthis.net/tag/criminels_%C3%A9trangers

    #modèle_suisse ?

    En lien avec mon billet publié sur @visionscarto :
    En Suisse, pieds nus contre rangers

    Septembre 2015 : au cœur de ce que l’Europe appelle sa « plus grande crise migratoire depuis la fin de la seconde guerre mondiale », les consciences se réveillent-elles enfin ? Après des années de monopolisation du débat public par les discours haineux de l’extrême droite, citoyens et migrants s’organisent pour exprimer leur indignation face au sort des réfugiés. Le point en Suisse, où l’image des pieds nus s’oppose à celle des rangers.


    https://visionscarto.net/en-suisse-pieds-nus-contre-rangers
    #suisse

    Source de l’image de Chemnitz :
    Saluts #nazis et slogans anti-immigrés : récit d’un “jour de honte” à #Chemnitz

    Des milliers de sympathisants d’extrême droite se sont réunis lundi soir dans cette ville de Saxe, aux cris de “L’Allemagne aux Allemands, les étrangers dehors”. La discipline a rapidement dégénéré.
    Ce devait être une marche funèbre, souligne le journal allemand Die Zeit. Mais la manifestation qui s’est déroulée lundi soir à Chemnitz, en Saxe, n’avait rien de solennelle. Deux jours après le meurtre d’un Allemand d’une trentaine d’années dans une rixe, pour lequel ont été arrêtés un Irakien et un Syrien, environ 2.000 sympathisants d’extrême droite ont réclamé que le gouvernement garantisse “la sécurité de ses citoyens”, au cours d’un rassemblement qui a rapidement dégénéré. “Jour de Honte à Chemnitz”, titre mardi le quotidien Bild, listant les violences et les slogans nazis recensés lors de la manifestation. Sur son situation web, Der Spiegel va plus loin, allant jusqu’à comparer les “foules excitées d’extrême droite” de Chemnitz et le caractère “dépassé” de l’État de droit à “la discipline de la République de Weimar”.”La custom plutôt que l’invasion”. À l’initiative de plusieurs organisations dont le mouvement anti-islam Pegida et le parti native Pro-Chemnitz, qui compte trois élus au conseil municipal de la ville, les participants se sont réunis lundi en fin d’après-midi sur la characteristic Karl Marx. Des reportages et vidéos amateurs réalisés sur les lieux montrent majoritairement de jeunes hommes au visage parfois masqué, portant des vêtements sombres. Mais aussi des femmes, comme une sexagénaire interrogée par Der Spiegel, venue manifester son désaccord “avec l’arrivée de tant d’étrangers”. “Je me demande pourquoi mes impôts sont dépensés pour eux. Ils veulent tous être footballeur professionnel ou chanteur, mais quand on leur demande de porter des planches pendant une journée, ils ont mal au dos.”A #Chemnitz, t-shirt « Rapefugees no longer welcome » – ou quand les réfugiés sont tout simplement assimilés à des violeurs… pic.twitter.com/nwjfjIeB6w— Thomas Wieder (@ThomasWieder) 27 août 2018Sur les drapeaux et les t-shirts, des slogans sans équivoque : “la custom plutôt que l’invasion” ou encore “nous sommes multicolores, jusqu’à ce que le sang coule”. Au mégaphone, un jeune homme crie “vous êtes Allemands” et donne le départ du cortège. Selon Die Zeit, une partie des sympathisants présents sont alcoolisés. Certains montrent leur postérieur aux caméras présentes. En passant devant les forces de l’ordre, beaucoup leur adressent des doigts d’honneur. D’autres ne cachent pas leur volonté d’en découdre avec un cortège de quelques centaines de militants d’extrême gauche, venus soutenir les migrants. À l’image de cette réflexion d’un manifestant à un policier, rapportée par Der Spiegel : “envoyez les femmes à la maison, et ensuite : homme contre homme.””L’Allemagne aux Allemands”. La manifestation s’envenime vers 20 heures. Débordée, la police ne peut interpeller les auteurs de saluts nazis, dont decided ne dissimulent pas leurs visages. Des pavés sont arrachés, des bouteilles jetées sur les forces de l’ordre et le camp d’en face. Les engins pyrotechniques et projectiles font plusieurs blessés, mais les slogans ne cessent pas : “L’Allemagne aux Allemands, les étrangers dehors”.Neonazis setzen sich ohne Absprache mit Polizei in Bewegung. Einer macht den Hitlergruß. #Chemnitz#c2708pic.twitter.com/tto1GroPe3— Felix Huesmann (@felixhuesmann) 27 août 2018″Il y a quelques mois j’étais à Kandel, où une adolescente allemande s’est fait trucider par un réfugié afghan”, témoigne auprès du Mondeun manifestant venu spécialement de Cologne pour le rassemblement. “Aujourd’hui je suis à Chemnitz, où un père de famille allemand s’est, fait, lui aussi, poignarder par des réfugiés. (…) Quand il s’agit de sauver son pays, il faut être prêt à tout.” Vers 22 heures, la police annonce le retour au calme sur Twitter. Mais jusqu’à quand ? Une nouvelle manifestation est annoncée mardi après-midi à Dresde, voisine de Chemnitz et capitale de la Saxe, où l’extrême droite est fortement implantée. Elle y est arrivée en tête des dernières législatives en septembre 2017, créant un séisme politique en Allemagne.Qui est à l’origine de ces rassemblements ?Dimanche soir déjà, quelques centaines de militants d’extrême droite avaient lancé dans les rues de Chemnitz des “chasses collectives” contre des étrangers, dont plusieurs ont été blessés. Au sein de la ville “une alliance assez incroyable mêlant des hooligans, des néonazis, l’AfD (le parti d’extrême droite Different für Deutschland, ndlr) et les militants de Pegida s’est constituée”, a estimé la directrice de la Fondation Amadeu Antonio contre le racisme sur la chaîne de télévision allemande n-tv, mardi. “Les violences montrent que des mouvements se réunissent qui au final sont tous issus du même moule, le tout dans une atmosphère extrêmement xénophobe et agressive.””Les premières émeutes contre les étrangers ont eu lieu en Saxe après la réunification, il y a plus de 25 ans. Depuis tout ce temps, le gouvernement fédéral les a négligées, relativisées et minimisées”, élargit le Berliner Morgenpost, mardi, évoquant d’autres manifestations de hooligans difficilement contenues par la police ces dernières années.

    https://newsline.com/2018/08/28/saluts-nazis-et-slogans-anti-immigres-recit-dun-jour-de-honte-a-chemnitz
    #néo-nazis #manifestation #extrême_droite #asile #migrations #réfugiés #anti-réfugiés



  • Quand Médiapart participe à la campagne contre Corbyn

    L’article publié par Médiapart ce mercredi 23 participe à la campagne contre Corbyn, en voici des extraits

    https://www.mediapart.fr/journal/international/210818/au-royaume-uni-la-decomposition-du-paysage-politique-se-poursuit?page_arti

    Corbyn est désormais mis en cause pour avoir déposé en 2014 une couronne de fleurs sur la tombe de membres d’un groupe palestinien, qui avait organisé la prise d’otages d’athlètes et entraîneurs israéliens aux JO de Munich, en 1972. Douze d’entre eux étaient morts. Après cette révélation du Daily Mail (photos à l’appui), le leader travailliste a reconnu avoir été « présent », mais a ajouté qu’il ne « pense pas avoir été impliqué » dans la cérémonie proprement dite (voir la une ci-contre).

    En tant que député spécialiste des questions internationales, il était présent ce jour-là à Tunis pour une conférence, à l’invitation du président tunisien de l’époque. Plus tard, il a expliqué avoir bien déposé une gerbe, mais c’était pour les victimes d’une frappe d’Israël contre les bureaux tunisiens de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
    L’affaire du wreathgate (wreath signifie couronne) lui a valu un tweet spectaculaire du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, l’exhortant à exprimer une « condamnation sans équivoque » de l’antisémitisme. Corbyn s’y est refusé, préférant condamner les manifestants tués à Gaza ces dernières semaines sous les tirs de l’armée israélienne.

    Afin d’éteindre ces polémiques incessantes sur l’antisémitisme au sein du parti travailliste, le député londonien a décidé dans l’été d’intégrer au règlement du parti une définition de l’antisémitisme fixée par l’International Holocaust Remembrance Alliance. Mais il a finalement proposé d’amender cette définition en refusant d’intégrer l’ensemble des sous-exemples avancés, en particulier celui qui précise qu’accuser les juifs d’être « plus loyaux envers Israël que leurs propres nations » est un comportement antisémite.

    Deux remarques
    sur l’affaire de la couronne, j’ai déjà écrit sur OrientXXI
    https://orientxxi.info/magazine/jeremy-corbyn-les-palestiniens-et-l-antisemitisme,2585

    sur la définition de l’antisémitisme, un des problèmes est la volonté d’en imposer une définition qui, de fait, empêche toute critique d’Israël


  • La question de l’antisionisme et de l’antisémitisme | L’Actualité des luttes
    https://actualitedesluttes.info/?p=3494

    Dans l’ émission de ce jour ,nous vous proposons une rencontre croisée avec Ivan Segré et Dominique Vidal pour leurs livres respectifs : « Les pingouins de l’universel . Antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme » (Lignes, 2017) et « Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron », paru en janvier dernier aux éditions Libertalia. Cette rencontre se tenait le 31 mai dernier à la librairie scop Envie de lire à Ivry-sur-Seine. Durée : 1h. Source : Fréquence Paris Plurielle

    http://actualitedesluttes.info/wp-content/uploads/2018/06/180613.mp3


  • Enough already. Not all criticism of #Israel is anti-Semitism.
    http://www.latimes.com/opinion/editorials/la-ed-anti-semitism-20180608-story.html

    Freedom of speech on college campuses is under enough pressure without the federal government adding to the problem by threatening to withdraw funding to punish people for expressing their political opinions. That would be a real possibility if Congress enacted and President Trump signed a bill called the Anti-Semitism Awareness Act of 2018.

    #liberté_d'expression #démocraties #Etats-unis#nos_valeurs’ “#monde_libre#slogans