• Les Noirs sont antisémites parce qu’ils sont antiblancs, par James Baldwin, Stoff | Materiau |
    https://www.stoff.fr/materiau/les-noirs-sont-antisemites-parce-quils-sont-antiblancs

    À partir de 1966, le magazine nationaliste noir états-unien Liberator publia une série d’articles autour du « sémitisme dans le ghetto noir ». En raison du caractère antisémite de ces textes, et en particulier celui d’Eddie Ellis, les écrivains James Baldwin et Ossie Davis décidèrent de mettre fin à leur collaboration avec Liberator. Le quotidien The New York Times a alors proposé à Baldwin de rédiger un article sur l’#antisémitisme parmi les #Afro-américains. Le texte qui suit, dont un camarade a proposé une nouvelle traduction, est le résultat de cette commande, initialement publiée dans le New York Times du 9 avril 1967.

    [...]

    Là où Baldwin critiquait implicitement la figure simplifiée du juif propriétaire d’un capital économique qui lui offrirait une position de dominant racial, il lui substitue l’image du juif honoré d’un supposé capital symbolique de « rescapé des camps ». Ce capital garantirait moralement au juif un droit de participation au rêve américain, à l’inverse du paria noir qui en est de facto exclu. Cet argument repose implicitement sur l’idée qu’une faveur morale aurait été accordée aux juifs suite à l’épreuve de leur destruction en Europe, destruction dont ils seraient, malgré tout, sortis « victorieux ». Étrange énoncé qui, en plus de confondre le vainqueur et le rescapé, passe sous silence les vagues d’émigration juive ayant débuté bien avant la Seconde Guerre mondiale, alors que les populations juives d’Europe de l’Est et de Russie tentaient d’échapper aux pogroms, sans qu’aucune conscience d’un malheur à réparer n’ait commencé à émerger aux États-Unis.

    #USA #race

  • « On a sous-estimé l’élément antisémite du soulèvement du Capitole », Pierre Birnbaum
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/19/pierre-birnbaum-on-a-sous-estime-l-element-antisemite-du-soulevement-du-capi

    Pierre Birnbaum, historien spécialiste de l’histoire des juifs de France, revient sur l’attaque du Capitole, à Washington, le 6 janvier, par des sympathisants du président Donald Trump.

    L’historien et sociologue Pierre Birnbaum, professeur émérite à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et spécialiste de l’histoire des juifs de France, travaille à un ouvrage à paraître sur l’histoire de l’antisémitisme aux Etats-Unis. Il commente l’assaut du Capitole par des groupes d’extrême droite enhardis par la rhétorique du président Donald Trump.

    Quelle est la teneur antisémite du soulèvement qui a eu lieu à Washington ?

    On a sous-estimé l’élément antisémite de cette mobilisation. Nombre de personnes arboraient des pancartes antisémites, brandissaient The Turner Diaries , la « bible » de l’alt-right américaine qui prévoit la destruction de Washington, l’enfermement des juifs et des Noirs dans de gigantesques camps de concentration. Les néonazis du NSC-131 étaient présents tout comme les Proud Boys qui revêtent parfois des tee-shirts sur lesquels figure « 6MWE » pour « 6 Millions Wasn’t Enough » (« 6 millions ne suffisaient pas », en référence au nombre de juifs tués par les nazis).

    On trouve plusieurs signes d’une présence antisémite très forte qui s’est illustrée depuis vingt ans par tout un ensemble d’attentats. La logique du défilé de l’extrême droite blanche néonazie de Charlottesville (Virginie), en 2017, est poussée à son extrême, et a menacé, durant ces quelques heures dramatiques, d’emporter les symboles de la démocratie américaine et de réduire à néant son exceptionnalisme.

    En quoi consiste cet exceptionnalisme américain ?

    La rencontre entre le puritanisme et le judaïsme a été harmonieuse, les Américains se voient longtemps comme « sortis d’Egypte », c’est-à-dire d’Angleterre, ils se reconnaissent dans l’Ancien Testament. Les Pères fondateurs ont proclamé haut et fort leur identification à l’histoire juive. Dès lors, c’est essentiellement un antisémitisme social qui se fait jour dans cette société dominée par une classe supérieure peu sensible au sort des immigrés et attentive à défendre ses privilèges. Socialement, les juifs étaient exclus des clubs, des universités de l’Ivy League, des fraternités étudiantes, de certains hôtels, de plages…

    Il existait aussi une rivalité économique. Mais aucun massacre ne s’est produit, aucun pogrom, aucune remise en question de leur citoyenneté : on trouve depuis la fin du XIXe siècle des députés et de sénateurs juifs, leur intégration à la cité est entière. Aucune loi ségrégationniste à leur encontre. La dimension violente, le rejet de l’espace public et les préjugés liés à la sexualité qui ont existé contre les Noirs américains n’ont pas concerné les juifs. Présents aux Etats-Unis depuis des siècles, les juifs n’ont jamais été tués en tant que tels.

    A quand remonte la fin de cet exceptionnalisme ?

    Les années 1930 voient une explosion de l’antisémitisme. Le New Deal, surnommé le « Jew Deal », mis en place par Roosevelt, fait figure d’une nouvelle « République juive » contrôlée par les juifs. Des penseurs français, comme Edouard Drumont (1844-1917), vont inspirer ce renouveau de la pensée d’extrême droite. Adoptant la vision complotiste de l’auteur de La France juive , nombreux sont ceux qui dénoncent le pouvoir omnipotent d’un Etat juif dominant cette fois la société américaine. On assiste donc à l’émergence d’un antisémitisme européen, avec pour la première fois, transposé sur la scène américaine l’antisémitisme politique issu d’une tradition contre-révolutionnaire catholique française ignorée jusque-là aux Etats-Unis tant elle lui est étrangère.

    A l’importation des fantasmes d’Edouard Drumont succède celle des délires d’Hitler. De manière symbolique, l’attentat de 1958 contre une synagogue à Atlanta marque cette mutation profonde de l’antisémitisme qui mène tout droit à Charlottesville, en 2017 et, un an plus tard, au massacre de Pittsburgh. On n’assiste pas aux grands mouvements extrémistes de la France de la fin du XIXe siècle ou des années 1930 ou encore de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, ces mouvements et partis recrutent peu de monde, mais leurs militants partagent des valeurs extrêmes. Et ils sont dangereux. La preuve en est qu’à Pittsburgh, en 2018, pour la première fois, un véritable massacre se produit, et nombreux sont ceux qui le rapprochent du pogrom emblématique de Kishinev, en 1903, tant la stupeur et l’effroi des juifs américains sont grands. L’événement semble mettre un terme à l’exceptionnalisme américain.

    Ces groupes sont d’autant plus dangereux que ce terrorisme suprémaciste intérieur focalise beaucoup moins l’attention des services de renseignement, alors qu’il fait bien plus de morts sur le sol américain que le terrorisme islamiste par exemple…

    Bien sûr, il est responsable de très nombreux morts, pensez à l’attentat d’Oklahoma City, en avril 1995, dont l’auteur se réclame lui aussi des Turner Diaries. Et ils ne visent pas que les juifs, mais aussi les Latinos et les Noirs. Le 17 juin 2015, Dylann Roof, un Blanc suprémaciste brandissant le drapeau de la Confédération assassine neuf Noirs américains ainsi que leur pasteur lors d’une prière collective dans l’église African Methodist Episcopal, à Charleston (Caroline du Sud), la plus ancienne église épiscopalienne de ce Sud profond qui a connu tant de lynchages.

    Encore plus meurtrier, celui, en août 2019, d’El Paso (Texas), où un suprémaciste blanc, Patrick Crusius, ouvre le feu et tue 23 personnes originaires de l’Amérique du Sud au nom de la théorie du « grand remplacement » élaborée par Renaud Camus et importée aux Etats-Unis. Camus a donné à ces mouvements radicaux leur mot d’ordre : « You will not replace us » (« vous ne nous remplacerez pas »), c’est ce que proclament les extrémistes qui défilent en uniforme à Charlottesville, cette nation nous appartient. C’est un slogan qui se comprend tout de suite, il entraîne la conviction et donne l’impression d’appréhender ce complot qui vise à éliminer les Blancs. Quelle surprise de voir le nom de Renaud Camus si souvent cité par ces extrémistes !

    Comment l’élection de Trump a-t-elle agi sur l’expression de l’antisémitisme ?

    Les discours de Trump sont émaillés d’allusions antisémites : dans son ultime discours de campagne présidentielle, il dénonce « le pouvoir global qui vole la classe ouvrière, dépouille le pays de ses richesses ». Dès son élection, des militants se réunissent à Washington, crient « Heil Hitler », font le salut nazi. Richard Spencer, l’un de leurs chefs lance : « Heil Trump, Heil au peuple, Heil à la victoire ». Puis il y a le 12 août 2017, le choc de Charlottesville. Dans cette région du Sud profond attaché à la Confédération, au [Ku Klux] Klan, plusieurs centaines de militants d’extrême droite se rassemblent pour protester contre le déboulonnement de la statue du général Robert Lee, un héros sudiste et esclavagiste qui menait les armées confédérées durant la guerre de Sécession. Ils crient « Jews will not replace us » (« les juifs ne nous remplaceront pas ») et « White lives matter » (« les vies blanches comptent »).

    Le renforcement impensable d’une extrême droite américaine reprenant ouvertement le flambeau des années 1930 éclate au grand jour. Le Klan est là mais aussi les groupes néonazis, les Confederate White Knights, ceux du Blood and Honor Club, de la Christian Identity, on distribue le Daily Stormer conçu sur son modèle hitlérien, on brandit les drapeaux nazis avec les svastikas. Le président Trump trouve qu’il y a des « gens bien » des deux côtés à Charlottesville et, peu après, lance un « Je vous aime » aux envahisseurs extrémistes du Capitole.

    Les actes antisémites avaient déjà explosé sous Obama. Pourquoi son élection avait-elle réactivé une rhétorique antisémite ?

    Pour ces mouvances extrémistes blanches, le choc de l’élection d’Obama est indescriptible. Il symbolise, aux yeux de l’alt-right, l’alliance entre les Noirs américains et les juifs qui renforcerait leur domination sur le gouvernement américain et leur règne sur la race blanche. Le New York Magazine l’a surnommé « le premier président juif », dénomination qu’il reprend à son propre compte. Il souligne « qu’il est le plus juif de tous ceux qui se sont assis dans le bureau Ovale ». Lorsqu’il met en place l’Obamacare, accentuant le rôle de l’Etat dans la gestion de l’économie, nombreux sont ceux à dénoncer, comme à l’époque du « Jew Deal », la présence à ses côtés de plusieurs conseillers juifs, la naissance d’une nouvelle « République juive ».

    On ne peut comprendre ce qui s’est passé à Charlottesville ou au Capitole, deux événements dramatiques liés étroitement l’un à l’autre, qu’en fonction de la réaction d’une Amérique blanche marginalisée par le Nord, dont les valeurs se trouvent remises en question. Une longue tradition ancrée dans le Sud n’accepte pas ce capitalisme du Nord, cosmopolite, symbolisé par « Jew York ». Le jour de l’attaque contre le Capitole, un drapeau confédéré flotte d’ailleurs sur le Museum of Jewish Heritage de New York !

    C’est toute l’ironie de cet assaut mené contre le Capitole au nom des emblèmes du Sud de se produire au moment même où, en Géorgie, un Noir et un juif viennent d’être élus au Sénat. Tous deux ont battu deux candidats réactionnaires dont l’un, David Perdue, a fait campagne à l’aide d’une rhétorique antisémite extrême, se moquant du nez de Jon Ossoff, le candidat juif démocrate, qui, symboliquement, fait basculer la majorité au Sénat. Au moment où le Sud se transforme socialement et abandonne peu à peu sa dimension hostile aux juifs et aux Noirs, ces militants s’emparent du Capitole et plantent le drapeau confédéré. Alors que Joe Biden a nommé beaucoup de juifs dans son administration, on peut craindre que l’histoire se répète.

    USA #extrême_droite #suprémacisme #antisémitisme

    • Lynchage antisémite en Géorgie
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Leo_Frank

      Leo Max Frank, né le 17 avril 1884 et mort lynché le 17 août 1915, est un directeur d’usine américain de confession juive. En 1913, une adolescente de 13 ans qui travaillait dans l’usine qu’il dirigeait à Atlanta, est retrouvée violée et assassinée. Il est interpellé comme suspect, ainsi que deux de ses employés. L’un de ces derniers, Jim Conley, avoue le crime et désigne Frank comme son complice. Frank est alors condamné à la peine capitale. Très médiatisé à l’époque, le jugement est également controversé, tandis que Leo Frank fait l’objet d’une campagne de haine à teneur antisémite.

      La peine de Leo Frank est commuée en réclusion criminelle à perpétuité par le gouverneur de Géorgie, convaincu de son innocence, mais un commando armé parvient à l’extraire de sa prison et l’exécute par pendaison à Marietta en Géorgie. Les chercheurs contemporains estiment dans leur majorité que Conley était seul coupable. Leo Frank fait l’objet d’une grâce posthume en 1986.

      Cette affaire conduit à la création de l’Anti-Defamation League en réaction à l’antisémitisme que ses fondateurs estiment régner alors aux États-Unis1.

      était-ce suprémacisme ordinaire, socialisme des imbéciles ?

    • Antisémitisme aux États-Unis
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Antisémitisme_aux_États-Unis

      Le 17 décembre 1862, pendant la guerre de Sécession, le général nordiste Ulysses Grant promulgua son ordre n° 11, qui expulsait les Juifs, considérés comme des colporteurs importunant les troupes et des contrebandiers, des régions qu’il avait conquises dans le Sud. Le président Abraham Lincoln révoqua l’ordre le 21 janvier 1863. L’ordre n° 11 reste la seule décision officielle antisémite de l’histoire de l’administration américaine.

      1913, lynchage de Leo Frank

      L’accusation se rapproche des leitmotiv de l’antisémitisme : le meurtre rituel d’enfant chrétiens, et la lubricité juive.

      Le véritable meurtrier n’était autre que Jim Conley qui avoua son crime à son propre avocat. Il y avait un autre témoin mais qui ne parle qu’en 1982 : Alonzo Mann, employé de l’usine qui n’avait que 13 ans à l’époque des faits.
      (...)Comme il était alors habituel, on fit des cartes postales des photos prises lors du lynchage, qui se vendirent très bien. Ce lynchage, en 1915, resta un des rares cas de violence sur des Juifs aux Etats-Unis, ayant provoqué la mort de la personne concernée, au xxe siècle, même s’il y eu les décennies suivantes des expulsions d’universités, de clubs, d’hôtels, etc.4, et des discours haineux.

      (...) Frank, grâce à la déposition d’Alonzo Mann (1982), fut définitivement innocenté et réhabilité en 1986 par la justice géorgienne.

      [...]

      Turner Diaries

      Il manquait à l’antisémitisme américain un ouvrage de référence. Le chef et fondateur de la National Alliance (un mouvement suprématiste blanc ouvertement raciste et adorateur d’Adolf Hitler) le lui donna en écrivant une nouvelle : les Turner Diaries (littéralement les Carnets de Turner). Le livre s’inscrit dans la plus pure tradition hitlérienne, en présentant les Juifs comme le deus ex machina du monde cherchant à éradiquer la race blanche. Pour l’auteur, il convient donc de les tuer tous.

      Le livre est interdit en France. Écrit en 1978, il ne connait qu’une diffusion limitée aux cercles d’extrême-droite jusqu’en 1994, quand une petite maison d’édition le réimprime. Le livre est un succès de librairie, qui atteint les 500 000 ventes (en l’an 2000).

      2018, fusillade de la synagogue de Pittsburgh
      Article détaillé : Fusillade de la synagogue de Pittsburgh.
      Le samedi 27 octobre 2018, pendant l’office matinal de chabbat, un tueur fait irruption dans la synagogue « Tree of Life » de Pittsburgh10. Selon KDKA-TV, le suspect est entré en criant : « Tous les Juifs doivent mourir » avant d’ouvrir le feu11, tuant ainsi 11 personnes. C’est la pire attaque antisémite de l’histoire des États-Unis.

      2019, fusillade de la synagogue de Poway et attaques dans le New-Jersey et l’état de New-York

      Le samedi 27 avril 2019, pendant l’office matinal de Chabbat et du huitième jour de Pessah, un tueur fait irruption dans la synagogue Chabad de Poway en Californie, dans la banlieue de San Diego, tue une fidèle qui s’était interposée entre le tueur et le rabbin, et blesse trois personnes.

      En décembre 2019, une fusillade contre les clients d’un supermarché cachère de Jersey City (en) (New-Jersey) et une attaque à l’arme blanche au domicile d’un rabbin de Monsey (état de New-York) font plusieurs morts et plusieurs blessés.

  • LES AUTORITAIRES (partie 1) : les premières enquêtes
    https://www.youtube.com/watch?v=2__Dd_KXuuU

    0:00 Introduction
    5:40 Comprendre l’indicible
    13:27 L’enquête de surface
    15:32 L’échelle de l’antisémitisme
    28:13 L’échelle d’ethnocentrisme
    36:17 L’échelle de conservatisme politico-économique
    43:30 Crédits de fin
    44:40 Prochainement, dans la 2e partie

    Quand on parle d’autoritarisme, on pense spontanément à une forme de gouvernance, on s’imagine les dérives autoritaires d’un chef, d’un gouvernement, d’une institution, etc.
    Or, cet angle nous fait parfois omettre d’autres perspectives, notamment la question de l’autoritarisme chez les individus lambda, non pas sous une perspective exclusivement idéologique, mais via un angle psycho-sociologique. Et c’est précisément à cet angle que nous allons ici nous intéresser.

    Cette vidéo est la première partie d’une série consacrée aux études portant sur la personnalité autoritaire. Dans cette partie, nous nous concentrons sur les premières enquêtes, sur les études d’Adorno et de ses collègues, initiées dans les années 40 alors que la Seconde Guerre Mondiale faisait encore rage. Nous allons y préciser leur première phase qui demeure sur le terrain des opinions, les chercheurs voulant délimiter les attitudes associées à l’autoritarisme, ce qui leur permettra d’élaborer trois échelles de mesure : une échelle de l’antisémitisme, une échelle de l’ethnocentrisme et une échelle de conservatisme politico-économique.

  • L’anti-tatarisme des Palestiniens (et des banlieues) n’existe pas - A propos de Miss Provence et de l’antisémitisme (le vrai)
    samedi 26 décembre 2020 par Houria Bouteldja - [UJFP]
    http://www.ujfp.org/spip.php?article8254

    Nous publions ce texte d’Houria Bouteldja, initialement publié sur Mediapart avant d’être dépublié, car il ne respecte pas la Charte de participation [*].

    Nous ne comprenons pas les raisons de ce qui apparaît être une censure. Médiapart a-t-il cédé à la polémique initiée par Gilles Clavreul, ex DILCRAH et grand pourfendeur devant l’Eternel de l’antiracisme politique ? A-t-il feint, comme Clavreul, de ne pas comprendre le propos de HB et de lui faire dire autre chose ?
    La Commission communication externe pour la Coordination de l’UJFP le 26 décembre 2020

    (...)

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    Clavreul, Césaire et moi. De l’Innocence des uns et de la Conscience des autres.
    mercredi 30 décembre 2020 par Houria Bouteldja
    http://www.ujfp.org/spip.php?article8260

    Nous publions ce texte d’Houria Bouteldja en réponse aux attaques infâmes dont elle fait l’objet, après la « dépublication » de son article par Médiapart. Cet article en question, L’anti-tatarisme des Palestiniens (et des banlieues) n’existe pas - A propos de Miss Provence et de l’antisémitisme (le vrai) avait été hébergé alors sur notre site.

    La Commission communication externe, pour la Coordination nationale de l’UJFP le 30-12-2020

    (...)

    #antisionisme #antisémitisme #anticolonialisme

  • République souveraine, antisémitisme et politique mémorielle, MÉRÔME JARDIN
    https://blogs.mediapart.fr/merome-jardin/blog/231220/republique-souveraine-antisemitisme-et-politique-memorielle

    Alors que Mediapart nous informe qu’un responsable du mouvement République souveraine s’occupe de politique mémorielle pour le gouvernement, il faut s’interroger sur les positions que défend ce mouvement quand on voit qu’ils ont promu à un poste de responsabilité un usager des réseaux sociaux connu pour des tweets particulièrement problématiques sur la Shoah et les juifs.

    La Shoah ? Un « joker ’6 millions’ pour faire pleurer dans les chaumières avec un point Godwin en cas de besoin ». Auschwitz ? « Un endroit éco-responsable : récupération des cheveux et des graisses pour faire des produits ; utilisation des transports en commun (trains) ; pas de gaspillage alimentaire (+régime amincissant » ; pas de lumière la nuit, c’est pas Versailles ici. » Le négationnisme ? Intéressant sur le plan historiographique : « On pourrait se poser la question de faire la chasse aux négationnistes car pendant longtemps, on a cru qu’il y avait eu 9 millions de victimes du génocide. Finalement il y en a eu 6 millions. »

    Ces messages, et tant d’autres de la même veine, parfois sous l’alibi de l’humour, parfois très sérieux, ont été écrits par Tanguy Lacroix, qui vient d’être nommé à la tête d’un Comité Jeunesse du mouvement République Souveraine. Alors que la journaliste Ellen Salvi nous apprend sur Mediapart qu’un autre responsable de ce mouvement, Benjamin Foissey, est en charge de la politique mémorielle auprès du ministère délégué aux Anciens Combattants, il est urgent de s’interroger sur ce qu’autorise République Souveraine en matière d’antisémitisme, de galvaudage de la Shoah et le modèle d’engagement qu’elle propose aux jeunes en matière de mémoire des crimes contre l’humanité.

    Plus connu sur Twitter sous le surnom de « Camarade Charles », #Tanguy_Lacroix bénéficiait sur ce réseau social d’une visibilité indéniable, avec près de 13 000 followers. Son compte principal a été récemment suspendu. Il en dispose d’autres. Ce sont même ces multiples comptes qui sont à l’origine des Charles, la communauté qu’il a créée : « J’avais fait quelques comptes secondaires pour pouvoir répondre aux gens qui parlaient de moi en m’ayant bloqué et ainsi avoir un droit de réponse qui me semble légitime. Sauf que ça s’est vu et des SJW [=Social Justice Warrior, guerriers de la justice sociale, terme méprisant véhiculé par les conservateurs américains pour parler des antiracistes, des féministes, etc.] ont voulu faire la liste des mes comptes pour les bloquer d’avance. Un de mes amis s’est fait passer pour un de mes comptes secondaires et a encouragé d’autres gens à le faire. Moi même j’ai aussi encouragé l’initiative sur mon serveur Discord et ce fut très drôle car ces SJW pensaient que j’avais fait une trentaine de comptes secondaires. », écrit-il dans un billet de blog présentant sa communauté. C’est donc bien sur le piétinement du consentement et le contournement de blocages sur Twitter, pour imposer sa présence non souhaitée, qu’il crée ce groupe.

    « Les Charles » pratiquent le #cyberharcèlement, qualifié par euphémisme de « raids ». (...)

    #République_souveraine #antisémitisme #gouvernement_français

  • Macron, Maurras, Pétain et l’antisémitisme - Juives et juifs révolutionnaires
    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=3571764989559921&id=795943817142066&__tn__=K-R

    Dans un récent interview a l’express , Emmanuel Macron est revenu une nouvelle fois a la charge dans sa tentative de réhabilitation de deux figures antisémites et nationalistes majeures, #Pétain et #Maurras.

    Il s’agit ici d’une stratégie claire visant a réaffirmer le « roman national » et ainsi donner des gages au #nationalisme, en entérinant sa réhabilitation définitive dans l’imaginaire politique, la période de la seconde guerre mondiale et l’#antisémitisme étant ainsi réduits a un « incident de parcours » voir a un détail de leur histoire politique. Un appel du pied très clair a l’électorat fasciste.

    Macron prétend dissocier le Pétain de 1917, présenté comme un héros de guerre, de celui de 1940. Pourtant c’est bien le même homme qui a mis fin aux sanglantes offensives du général Nivelle, réprimé les mutins de 1917, massacré des Marocains révoltés pendant la guerre du Riff, appelé a cesser le combat face a Hitler, mis en place les lois antisémites et livré les Juifs et Juives de France aux nazis.

    Si Macron ne va pas jusqu’au révisionnisme d’Éric Zemmour et qu’il prétend condamner l’antisémitisme de Pétain, Il s’inscrit bien ici dans l’offensive nationaliste de réhabilitation de Pétain qui fait de son antisémitisme et de sa participation au génocide des Juifs et des Rroms un « point de détail » de son histoire.

    Emmanuel Macron a également évoqué Charles Maurras, en prétendant dissocier l’écrivain, le théoricien monarchiste de l’antisémite virulent. Il s’inscrit ici dans une volonté de réhabiliter un référent central pour la pensée de droite en faisant comme si son antisémitisme était accessoire dans sa pensée politique, alors qu’il est central dans sa construction théorique d’un nationalisme intégral définissant le corps national français comme blanc et catholique et faisant des juifs la figure centrale de l’antifrance (le principal des 4 prétendus « états confédérés ») contre laquelle il faudrait unifier et mobiliser les « vrais français ».

    Avec une telle rhétorique de blanchiment par dissociation, il est possible de réhabiliter nombre de criminels de guerre, qu’il s’agisse de la seconde guerre mondiale ou des guerres coloniales.

    Il n’est des lors guère étonnant de voir Macron s’inscrire au cours de la même interview dans la continuité sarkozyste de la rhétorique de « l’#identité_nationale », une tentative précédente de réhabilitation et de banalisation des thèmes nationalistes.

    Quand il parle pour appuyer son propos de la place accordée à la parole des victimes, qui serait selon lui trop importante, Emmanuel Macron reprend également une version du thème de la prétendue « dictature des minorités » qui est centrale dans la pensée d’#extrême_droite. C’est une manière de nier la réalité des rapports de force et une rhétorique d’inversion du réel dans laquelle la lutte pour la reconnaissance des effets du système raciste et ses conquêtes, arrachées le plus souvent après des années de déni par la mobilisation, sont présentées comme une prétendue preuve du « pouvoir des minorités ». En faisant passer les revendications historiques de reconnaissance et de réparation pour une « dictature émotionnelle » on les disqualifie comme objectif politique.

    Un tel discours démontre bien l’hypocrisie du pouvoir politique et d’Emmanuel Macron lorsqu’ils prétendent lutter contre l’antisémitisme alors même qu’ils œuvrent a réhabiliter les bourreaux de nos familles. Il est également un indicateur fort de la période politique que nous vivons, où le retour a un discours nationaliste de plus en plus décomplexé s’inscrit dans une réhabilitation progressive de ses théoriciens et ses figures historiques et la réduction du génocide et de l’antisémitisme au rang de détail de l’histoire française et européenne.

    Cela doit sonner comme un rappel de la nécessité de reconstituer un front uni contre le racisme, dont l’antisémitisme, d’où qu’il vienne.

    #fascisation #identité_nationale #roman_national (palimpseste du)

    • Pas d’accès à l’interview de l’Express, mais je relève ce passage dans l’article du Figaro :

      Complotisme, intégration, Pétain et privilège blanc : les grands sujets de l’interview de Macron à l’Express
      https://www.lefigaro.fr/politique/complotisme-integration-petain-et-privilege-blanc-les-grands-sujets-de-l-in

      Nous sommes devenus une société victimaire et émotionnelle. La victime a raison sur tout. Bien sûr, il est très important de reconnaître les victimes, de leur donner la parole, nous le faisons. Mais dans la plupart des sociétés occidentales, nous assistons à une forme de primat de la victime. Son discours l’emporte sur tout et écrase tout, y compris celui de la raison », juge-t-il.

      « Par conséquent, celui qui a tenu un discours antisémite ou a collaboré tombe forcément dans le camp du mal radical. Je combats avec la plus grande force l’antisémitisme et le racisme, je combats toutes les idées antisémites de Maurras mais je trouve absurde de dire que Maurras ne doit plus exister », distingue Emmanuel Macron, avant de revenir sur Pétain. « Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l’esprit de défaite et de l’antisémitisme de Pétain mais je ne peux pas nier qu’il fut le héros de 1917 et un grand militaire. On doit pouvoir le dire. À cause de la société de l’indignation, qui est bien souvent de posture, on ne regarde plus les plis de l’Histoire et on simplifie tout ».

      Un aspect frappant c’est qu’il aborde la question de la l’antisémitisme (de Pétain et Maurras) dans la foulée de sa tirade sur la « société victimaire » (« la victime a raison sur tout », « le discours [de la victime] écrase […] celui de la raison »). Quand j’ai lu ça, les bras m’en sont tombés. Il parle de victimisation, et vlan il glisse sur l’antisémitisme et la collaboration ? Il dit quoi, là, que l’attitude « victimaire » des victimes juives du génocide nazi « écrasent » le discours de la raison qui permettrait d’affirmer que Maurras et Pétain étaient de grands Hommes ?

      Le mec est pas bien dans sa tête, c’est pas possible d’être aussi con.

    • Merci pour l’info.
      Ça m’intéresse de lire la source et de lire par moi-même à quel point il serait passé d’un sujet à l’autre. Parceque de là où je me place ça pourrait très bien être des collés de moments d’interview comme ça se voit quand même très souvent pour faire le buzz sur le net...
      Surtout de la part d’un média que je trouve douteux qu’est le Figaro,. Je ne m’appuierait pas sur un article du Figaro même pour critiquer Macron (ou autre politique) c’est dire !

    • Je pense aussi qu’il s’agit d’un remontage. Mais il me semblait que l’antisémitisme et la collaboration, c’était justement presque la définition du mal radical en Europe.

    • Je me méfie aussi de la césure entre les deux parties. Mais il y a tout de même ce passage cité d’un seul bloc, qui établit à nouveau très explicitement le lien entre les deux (avoir le droit de dire que Pétain est un Grand Homme, mais on ne plus parce que posture de l’indignation victimaire…) :

      Je me suis construit dans la haine, dans le rejet de l’esprit de défaite et de l’antisémitisme de Pétain mais je ne peux pas nier qu’il fut le héros de 1917 et un grand militaire. On doit pouvoir le dire. À cause de la société de l’indignation, qui est bien souvent de posture, on ne regarde plus les plis de l’Histoire et on simplifie tout

    • Le « mal »... c’est pleins de choses selon moi, la mal-informations en fait partie ;-)
      Macron est un imbécile et un pantin qui se fout bien de notre gueule, par contre moi j’ai aucun soucis à séparer les actes militaire qui aurait permis à une époque lointaine (de plus d’un siècle) à la France de ne pas perdre une guerre directement chez nous, et ceux qui aurait largement participer aux meurtres en grandes quantité des moins nantis de l’époque.

    • De toute façon, c’est n’importe quoi. Petain est le pelé, le galeux depuis 1945. C’est pas d’aujourd’hui. En fait c’est Macron qui a une posture victimaire (on peut plus rien dire), ce qui est assez savoureux. Sans compter que les moins de 40 ans s’en foutent de Petain. Le traditionnel faux problème complaisamment relayé par les média mainstream. Classique.

    • Oui, je suis d’accord, c’est lui qui se comporte le plus en victime (ce qui in duit que nous aussi ? ;-) ), il ramène toujours tout à lui et à des complots politique soit-disant dirigés vers lui (ce qui est un comble quand on y réfléchit).
      Le Brut montrait vraiment ça d’ailleurs.

    • Cela fait un bon moment que la « réhabilitation de Pétain » est en cours (et peu importe, et pas seulement pour Zemmour, que son zèle ait consisté à en faire davantage que ce que les nazis exigeaient), un moment aussi qu’un philosémitisme affiché va de pair avec un antisémitisme plus ou moins larvé.
      La réhabilitation de Pétain est exemplaire du culte des chefs, des grands hommes, des hommes providentiels, dont y compris l’émergence de Mélenchon relevait.
      Malin ou pas, c’est pas l’affaire d’un type, mais dune machine de pouvoir. Le bénef escompté, lorsqu’un tenant de la mondialisation affiche en même temps son nationalisme (où on embauche des identitaires et des chevenementistes), c’est de racler du souverainiste, y compris une partie de ces gilets jaunes décomposés par la défaite.
      Le slogan pour 2022 : "Nous, français" (c’est moi ! E.M !)

      Par delà ces péripéties, il y a une thèse : il faut des personnages hors du commun (qu’ils soient experts, courageux, technocrates, militaires, ...) qui aient la force de décider pour tous et toutes, pour les riens, les imbéciles, les pas assez munis pour être dignes d’une quelconque responsabilité collective.

      #haine_de_la_démocratie.

    • Cette histoire d’hommes providentiels est à la fois un truisme et une erreur d’analyse. Parce qu’en admettant qu’on ait besoin d’un HP, pourquoi ne pas en choisir un qui ne pose pas ou peu de problème, genre de Gaulle ? A part des nonagenaires ex OAS ou PSU, il ferait l’unanimité. Alors pourquoi Petain qui fait vraiment tâche ? Parce qu’il fait tâche probablement, ça donne un petit côté non conformiste du meilleur effet. Et Macron, qui tient à son côté soi disant disruptif, aime bien ce côté dessalé, je-brise-tous-les-tabous. En fait, c’est probablement juste un connard, pleurnichard comme tous les connards. On ne tient jamais assez compte du rasoir d’Hanlon.

    • Ah... le coup d’État de de Gaulle ne posait pas de problèmes en 58 et ensuite ? Passons.

      C’est Macron qui veut se poser en homme providentiel (eh oui, ils osent tout). Ils sont nombreux à penser que la crise de la démocratie représentative, de la politique, l’absence radicale de tout projet, implique de jouer cette carte. Du sanitaire à l’environnement, il y a de la place pour des formules autoritaires qui ne reposent pas seulement sur le racisme et le nationalisme.

    • Ben oui. Plus facile de se réclamer de de Gaule que de Petain, non, quand on veut s’adosser a un homme providentiel qui fait l’unanimité ? Evidemment, c’est plus gratifiant de s’imaginer Manu en Hitler et Darmanin en Kaltenbrunner, mais c’est juste du bullshit. Petain ne peut pas juste s’expliquer par la recherche d’une legitimation d’un executif fort.

    • Ah oui, au fait, en 58, c’est pas un coup d’etat de de Gaulle mais celui d’Alger qui l’a amené au pouvoir. Ca n’en fait pas un personnage sympathique pour autant, mais nettement plus que Petain.

  • RACISME EN FRANCE : ATTENTION AUX PRÉJUGÉS ANTI-BRETONS !
    Par le collectif Juives et juifs révolutionnaires
    https://fr-fr.facebook.com/permalink.php?story_fbid=3475757792493975&id=795943817142066&__tn__=

    L’ouvrage collectif Racismes de France, publié récemment sous la direction d’Omar Slaouti et d’Olivier Le Cour Grandmaison, fait l’état des lieux des différentes formes de racisme en France. Dominique Vidal a été en charge de produire un chapitre sur l’antisémitisme.
    Nous avons lu ce chapitre et nous y avons trouvé une façon d’aborder le sujet qui nous a posé de sérieux problèmes. Nous revenons dans ce texte sur les principaux défauts : la minimisation de l’antisémitisme, la logique comparatiste avec d’autres formes de racisme et le fait de passer l’essentiel des dix-sept pages à traiter d’un tout autre sujet : l’antisionisme.
    L’invisibilisation de l’antisémitisme ainsi que sa mise en compétition avec l’islamophobie sont des phénomènes habituels de la gauche antiraciste. La possibilité de trouver un chapitre comme celui-ci dans un ouvrage d’une telle ambition interroge.

    #antisémitisme #juives_et_juifs_révolutionnaires #antiracisme
    @febrile

    • Entretien avec le collectif Juives et Juifs révolutionnaires
      https://www.revue-ballast.fr/entretien-avec-le-collectif-juives-et-juifs-revolutionnaires

      Vous tenez, de l’intérieur du mouvement social, à faire émerger la lutte contre l’antisémitisme comme lutte antiraciste. La première ne relève donc pas déjà de la seconde ?

      Aujourd’hui — et depuis au moins une quinzaine d’années —, nous pouvons constater dans le champ politique deux attitudes dominantes, en apparence opposées (mais qui se rejoignent sur le fond), en termes de traitement de l’antisémitisme. L’une consiste à le voir comme quelque chose de résiduel, d’une moindre importance, qui ne ferait pas partie — en tant que tel — de l’agenda prioritaire de la lutte antiraciste. L’autre consiste au contraire à le traiter comme quelque chose de complètement à part, sans lien avec le système raciste global. Pour nous, l’antisémitisme est un des avatars du système raciste, une des formes que prend le racisme, et il n’a rien de résiduel. C’est une forme qui possède bien sûr des particularités spécifiques, qui expliquent notamment que certains et certaines peinent à l’identifier aujourd’hui : il se fonde sur la racialisation d’une identité religieuse (comme l’islamophobie) mais, à la différence des autres minorités racisées, les Juifs et Juives sont présenté·e·s comme détenant le pouvoir et l’argent, donc comme pseudo-classe dominante. Mais l’antisémitisme est lié au racisme systémique : il en est un élément, et pas un phénomène distinct. Il nous semble donc nécessaire de réaffirmer que la lutte antiraciste ne peut éluder la lutte contre l’antisémitisme, et que la lutte contre l’antisémitisme implique de s’attaquer à l’ensemble du système raciste.

  • Déclaration sur l’antisémitisme et la question de Palestine

    Plus de 120 intellectuels et intellectuelles palestiniens et arabes répondent dans une déclaration publique à l’adoption croissante de la définition de l’antisémitisme produite par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (AIMH) et à la manière dont cette définition est utilisée afin de réprimer le soutien aux droits palestiniens dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Les signataires maintiennent que le combat contre l’antisémitisme est instrumentalisé par le gouvernement israélien et ses partisans dans le but de délégitimer et de réduire au silence la défense des droits palestiniens.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/12/02/declaration-sur-lantisemitisme-et-la-question-de-palest

    #antisémitisme #palestine

  • Déclaration sur l’antisémitisme et la question de Palestine
    30 nov. 2020 Par Les invités de Mediapart | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/301120/declaration-sur-l-antisemitisme-et-la-question-de-palestine

    Cent vingt-deux intellectuels et intellectuelles palestiniens et arabes répondent à la définition de l’antisémitisme promue par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste qui est utilisée, dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique, pour réprimer le soutien aux droits palestiniens. Cette Déclaration est publiée conjointement en arabe par Al-Quds (Londres) et Al-Ayyam (Ramallah), en hébreu par Haaretz (Tel-Aviv), en anglais par The Guardian (Londres), en allemand par Die Tageszeitung (Berlin) et en français par Mediapart.

  • Un article de l’an dernier, mais qui est très intéressant, en particulier dans la comparaison avec le boycott de l’Afrique du Sud :

    Quand est-il antisémite de critiquer Israël ?
    Michael Bueckert, Africa Is A Country, mars 2019
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/10/23/quand-est-il-antisemite-de-critiquer-israel

    Beaucoup d’autres se sont demandés pourquoi « les bonnes âmes libérales » ne boycottaient pas l’Union soviétique ou d’autres États africains. Une publication contre les sanctions, publiée en novembre 1985 par le Globe and Mail et l’Ottawa Citizen, a fustigé « les menaces unilatérales de se rendre en Afrique du Sud » et « les sanctions hypocrites » du Premier ministre Mulroney, et elle demandait pourquoi le Canada ne boycottait pas la « dictature marxiste de Tanzanie ».

    Alors que les allégations d’hypocrisie s’inscrivaient pour une grande part dans une ligne idéologique anticommuniste, les défenseurs de l’Afrique du Sud s’inspiraient parfois d’autres exemples. Comme un membre de l’assistance l’a fait une fois remarquer lors d’un forum public sur la censure sud-africaine en 1988, pendant la Première Intifada, « Quelle est cette préoccupation démente avec l’Afrique du Sud en ce moment ? Je veux dire, 200 Palestiniens ont été abattus dans les rues en Cisjordanie, vous savez. J’espère que vous utiliserez la même énergie pour faire connaître ces injustices au grand public ».

    #Palestine #Afrique_du_Sud #Boycott #Antisionisme #Antisémitisme #Diabolisation #Deux_poids_deux_mesures #Délégitimation

  • Jours d’affliction : Le pogrom de Kishinev de 1903, Moisei Borisovich Slutskii (1851-1934)

    https://diacritik.com/2020/10/22/jours-daffliction-le-pogrom-de-kishinev-de-1903-moisei-borisovich-slutski

    https://i1.wp.com/diacritik.com/wp-content/uploads/2020/10/Capture-décran-2020-10-19-à-10.06.41.jpg?fit=1200%2C868&ssl=1

    Le #pogrom de #Kishinev de 1903 prend, dans le cours de l’histoire mondiale, une importance particulière. Considéré comme précurseur de l’Holocauste, c’est l’événement avec lequel l’horizon du XXᵉ siècle s’assombrit, non seulement pour les territoires de l’Empire russe mais aussi pour l’Europe. Il sonne le glas de l’ancien monde, annonçant l’avènement des nationalismes totalitaristes, la destruction des juifs d’Europe et une crise de l’humanisme similaire à celle qu’avait connue le XIXᵉ siècle.

    Dans les semaines qui suivirent, le pogrom de Kishinev eut un écho retentissant dans la presse internationale. Un des premiers reporters des ces sanglantes fêtes de Pâques 1903 fut Haïm Nahman Bialik, journaliste, prosateur, poète et cofondateur de la maison d’édition odessite « Moriah ». Au lendemain du pogrom, mandaté par le gouverneur de la ville d’Odessa, Bialik se rend à Kishinev afin de témoigner. Ce qu’il découvrit sur les lieux du carnage le révolta à un point tel qu’il écrivit non pas une chronique éditoriale mais un long et émouvant poème, intitulé « Dans la ville du massacre » :

    « Dans le fer, dans l’acier, glacé, dur et muet,
    Forge un cœur et qu’il soit le tien, homme, et viens !
    Viens dans la ville du massacre, il te faut voir,
    Avec tes yeux, éprouver de tes propres mains,
    Sur les grillages, les piquets, les portes et les murs,
    Sur le pavé des rues, sur la pierre et le bois,
    L’empreinte brune et desséchée du sang… »

    #antisémitismes #europe_centrale #ukraine

  • Facebook to ban content that denies or distorts the Holocaust
    https://www.theguardian.com/technology/2020/oct/12/facebook-to-ban-content-that-denies-or-distorts-the-holocaust?CMP=fb_a-

    Mark Zuckerberg says his thinking has evolved after increase in antisemitic violence Facebook says it is updating its hate speech policy to ban content that denies or distorts the Holocaust. The decision comes two years after its chief executive, Mark Zuckerberg, said in an interview with the tech website Recode said that while he found Holocaust denial deeply offensive, he did not believe Facebook should delete such content. “I’ve struggled with the tension between standing for free (...)

    #Facebook #antisémitisme #racisme #censure #extrême-droite #manipulation

    https://i.guim.co.uk/img/media/f6c2575b71a1787384a422dddba14f9b6f7a82cb/0_176_5285_3171/master/5285.jpg

  • Les vandales antisémites ne seront jamais les amis de la Palestine

    Dans la nuit du jeudi au vendredi 2 octobre, l’antisémitisme a frappé un restaurant cacher du 19ème arrondissement de Paris. Dévastés, les locaux ont été recouverts d’inscriptions « Hitler avait raison », « sales juifs », « youpins », ainsi que, bien évidemment, de multiples croix gammées.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2020/10/05/les-vandales-antisemites-ne-seront-jamais-les-amis-de-l

    #racisme #antisemitisme

  • Des célébrités américaines vont boycotter Instagram pour une journée
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/09/16/des-celebrites-americaines-vont-boycotter-instagram-pour-une-journee_6052373

    Kim Kardashian et ses 188 millions d’abonnés, Leonardo DiCaprio et ses 46 millions d’abonnés, mais aussi Kerry Washington, Sacha Baron Cohen… Plusieurs célébrités vont geler leur compte Instagram le temps d’une journée, mercredi 16 septembre, pour appeler Facebook, la maison mère, à mieux lutter sur ses plates-formes contre les contenus haineux et la désinformation, à moins de cinquante jours de l’élection présidentielle américaine, le 3 novembre.

    La pression d’enfer !

  • On s’en doutait, et on se doutait aussi que les preuves finiraient par sortir, même trop tard, alors les voici :

    Le rapport trompeur sur l’antisémitisme, qui a coulé Jeremy Corbyn
    Asa Winstanley – The Electronic Intifada – 24 août 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/08/29/30754

    Ajouter à la liste des accusations d’antisémitisme contre #Jeremy_Corbyn :
    https://seenthis.net/messages/719714

    #Royaume-Uni #Grande-Bretagne #UK #Labour #Parti_Travailliste #antisémitisme #antisionisme #Palestine #censure

  • Facebook algorithm found to ’actively promote’ Holocaust denial
    https://www.theguardian.com/world/2020/aug/16/facebook-algorithm-found-to-actively-promote-holocaust-denial

    Similar content is also readily accessible across Twitter, YouTube and Reddit, says UK-based counter-extremist group Facebook’s algorithm “actively promotes” Holocaust denial content according to an analysis that will increase pressure on the social media giant to remove antisemitic content relating to the Nazi genocide. An investigation by the Institute for Strategic Dialogue (ISD), a UK-based counter-extremist organisation, found that typing “holocaust” in the Facebook search function (...)

    #Facebook #algorithme #antisémitisme #racisme #biais #discrimination #Reddit #Twitter (...)

    ##YouTube
    https://i.guim.co.uk/img/media/ad5c9e3d6351dfb6049fd3a2791b252efc7f3ebd/0_175_5568_3341/master/5568.jpg

  • Arrestation de Soral : pourquoi il ne faut pas jubiler — Régis de CASTELNAU
    https://www.vududroit.com/2020/07/arrestation-soral-pourquoi-il-ne-faut-pas-jubiler
    https://www.legrandsoir.info/arrestation-de-soral-pourquoi-il-ne-faut-pas-jubiler.html

    Comme on est précautionneux, et que l’on n’a pas envie de se fâcher avec tout le monde, on va commencer par confirmer qu’Alain Soral est un personnage totalement exécrable. Aigri, haineux, antisémite, négationniste (pour moi le pire) il coche quand même un maximum de cases. Et lorsqu’il aura débarrassé le plancher on respirera un peu mieux.

    Mais,
    L’exultation bruyante que l’on entend résonner partout à la suite de son interpellation https://www.nouvelobs.com/justice/20200730.OBS31724/alain-soral-qui-appelait-a-une-revolution-fasciste-mis-en-examen.html met quand même un peu mal à l’aise. Entendre acclamer des mesures pénales contre l’expression d’opinions fussent-elles détestables est toujours gênant.


    Comme d’habitude on va casser les pieds à tout le monde en rappelant quelques éléments juridiques :

    • toutes les procédures qui existent jusqu’à présent contre lui relèvent de son expression verbale ou écrite. Et par conséquent de la loi de 1881 sur la presse qui organise en France l’application de la déclaration des droits de l’Homme sur la liberté fondamentale de la libre expression de ses opinions.

    • Il est possible de porter par la loi atteinte à cette liberté normalement absolue, dès lors que les limitations, qui doivent être très limitées, répondent à un motif d’intérêt général. L’autre principe est que c’est le JUGE disposant de pouvoirs très encadrés par des règles particulières (la loi de 1881 justement) qui apprécie À POSTERIORI les éventuelles infractions.

    • Soral est actuellement l’objet d’un certain nombre de procédures dont, sauf erreur, aucune n’est arrivée à son terme et n’a abouti à une décision judiciaire DÉFINITIVE, donc exécutoire. La nouvelle affaire qui vient de s’ouvrir à la demande du parquet est une instruction judiciaire qui va prendre du temps et donner lieu à un débat contradictoire au cours duquel accusation du parquet et défense de Soral devront être à armes égales. Ça ce sont les principes qui nous protègent tous, et ne sont pas à géométrie variable. Les violer pour Soral c’est nous exposer tous. La liberté d’expression n’est pas actuellement en si grande forme que l’on puisse s’amuser à ça.

    • Enfin, l’utilisation du chef de poursuites relatif à la « provocation à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation » c’est la porte ouverte à tous les arbitraires. D’abord, s’il y a bien des gens qui portent atteinte aux intérêts de ma Nation, ce sont ceux de la clique au pouvoir actuellement. Ensuite on nous dit que Soral aurait appelé à la constitution d’un « pouvoir fasciste » . Il me semble qu’il faut faire très attention, parce que ce genre d’approche permettrait alors d’incriminer les royalistes (coucou les amis de la NAR) qui s’opposent à l’article 89 de la Constitution qui interdit de changer la forme républicaine du gouvernement. Et pour ma part, jusqu’à l’abandon de la « dictature du prolétariat » par le 22e congrès du PCF en 1976, je ne voyais guère d’inconvénient à l’instauration (progressive, attention progressive, nous n’étions pas des brutes) d’un système où la punition des méchants aurait été possible. D’ailleurs, aujourd’hui encore, lorsque je pense à l’avenir de mon pays, je me dis qu’après la prochaine Libération de la France de la dictature du Capital néolibéral, quelques séjours roboratifs en Camargue pour la culture du riz rouge seraient peut-être envisageables.…

    Porterais-je ainsi atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ? Je pense que c’est exactement le contraire et que sur ce point mon patriotisme est inattaquable. Mais actuellement ce n’est pas mon avis qui compte, c’est celui des imposteurs qui tiennent les manettes, haïssent la liberté d’expression https://www.vududroit.com/2020/04/discours-dedouard-philippe-cette-constante-aversion-pour-la-liberte-dexpr et dont on sait bien qu’ils n’auraient aucun état d’âme à se servir d’outils liberticides. Parce qu’avec la nouvelle procédure Soral, le problème sérieux, c’est que l’utilisation de ce chef de mise en examen crée un précédent détestable. Aujourd’hui l’abject Soral, demain qui ? Est-on sûr de pouvoir faire confiance à la bande actuellement au pouvoir ? À cette partie la magistrature qui s’est mise spontanément à son service comme l’a démontré la répression des gilets jaunes ?

    Alors, combattre Soral, oh que oui.

    Mais pas avec les armes de l’arbitraire donc, parce que l’on sait comment ça commence, et parfois comment ça finit.

    Martin Niemöller nous a prévenu.
    Note du GS.
    First they came...
    (Quand ils sont venus chercher...)
    First they came for the Socialists, and I did not speak out— Ils sont d’abord venus chercher les socialistes, et je n’ai rien dit
    Because I was not a Socialist. Parce que je n’étais pas socialiste
    Then they came for the Trade Unionists, and I did not speak out— Puis ils sont venus chercher les syndicalistes, et je n’ai rien dit
    Because I was not a Trade Unionist. Parce que je n’étais pas syndicaliste
    Then they came for the Jews, and I did not speak out— Puis ils sont venus chercher les Juifs, et je n’ai rien dit
    Because I was not a Jew. Parce que je n’étais pas juif
    Then they came for me—and there was no one left to speak for me. Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait plus personne pour me défendre.

     #alain_soral #antisémitisme #racisme #extrême_droite #extrême-droite #EnMarche #france  #loi_de_1881 #confusionnisme #politique #confusionnistes #Martin_Niemöller

  • Onfray : fin de partie - Le Grand Continent
    https://legrandcontinent.eu/fr/2020/07/01/onfray-fin-de-partie

    Oui, je rejoins l’approche d’Élisabeth Roudinesco. L’érudition, la précision des connaissances, ne sont pas des détails dans les différends qui nous opposent à Onfray et aux autres falsificateurs. De mon côté, je suis intervenu sur une petite chose, Charlotte Corday, parce qu’elle relevait de ma spécialité, mais aussi parce qu’elle me permettait de poser une question infiniment plus large : au fond, il s’agissait de démontrer par la preuve qu’Onfray, qui se présentait comme un démythificateur, était en réalité un falsificateur qui, au lieu d’émanciper son public comme il prétendait le faire, le manipulait en réalité. Dans un livre paru chez Galilée en 20094, Onfray se travestissait en historien, pour proposer un éloge de la meurtrière de Marat, Charlotte Corday. Au cours de ma thèse, j’avais identifié Corday comme une des figures importantes de la droite conservatrice et royaliste du XIXe siècle, puis de l’extrême droite du XXème siècle. Une figure dont il faut rappeler qu’elle a assassiné un journaliste et député. Quoiqu’on pense de Marat, faire l’éloge de Charlotte Corday, censée représenter « tous ceux qui, aujourd’hui, opposent la vertu à la corruption politique » (p. 81), est d’une violence innommable. Comme Élisabeth Roudinesco, j’ai par ailleurs été surpris par la même tendance à la falsification et à la mystification. Dans son livre, Onfray inventait de toutes pièces des citations de Marat, semblait croire sérieusement que le cannibalisme était une pratique fréquente sous la Révolution… La liste des erreurs et manipulations est interminable. En tant qu’historien de la Révolution française, je possédais les outils pour comprendre immédiatement que rien de ce qu’Onfray écrivait ne provenait d’aucune source ni d’aucune archive, mais qu’il avait puisé dans toute la tradition de la contre-révolution catholique et royaliste, surtout la tradition utilisée par l’extrême droite du XXème siècle, y compris par Drieu la Rochelle. En vérité la Charlotte Corday dont Onfray faisait l’éloge n’a jamais existé que sous la plume des hommes proches de la droite fascisante ! C’est ce dur labeur du métier d’historien, l’érudition dont parlait Élisabeth Roudinesco, qui nous permettait de détecter l’origine de cette pensée, et de dénoncer son caractère profondément dangereux et réactionnaire. Car dans ce projet fondé sur la destruction du régime de la preuve, sur la falsification et le travestissement des sources, c’est tout l’outillage scientifique issu des Lumières qui se trouve balayé : tous les outils et procédés qui nous permettent de débattre en commun à partir des mêmes critères, était radicalement remis en cause.

  • Achille Mbembe : « La lutte contre l’antisémitisme échouera si l’on en fait une arme pour pratiquer le racisme »
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/06/30/achille-mbembe-la-lutte-contre-lantisemitisme-echouera-si-lon-e

    Le philosophe, historien, politologue et penseur post-colonialiste camerounais a été la cible d’une intense controverse en Allemagne. La raison ? Il lui est reproché d’avoir dressé un parallèle entre l’apartheid en Afrique du Sud et la situation des Palestiniens. Source : Agence Media Palestine

  • Reddit shuts down r/The_Donald after years of problems with racism, anti-Semitism and conspiracy theories
    https://www.washingtonpost.com/technology/2020/06/29/reddit-closes-long-running-forum-supporting-president-trump-after-ye

    Moderators, participants fled the subreddit months ago over complaints that Reddit was too strict on speech Reddit shut down its popular but controversial forum devoted to supporting President Trump on Monday, following years in which the social media company tried but often failed to control the racism, misogyny, anti-Semitism, glorification of violence and conspiracy theories that flourished there. The move against r/The_Donald, as the forum was known, came after its volunteer (...)

    #Reddit #modération #extrême-droite #manipulation #antisémitisme #racisme #violence #sexisme

  • Antisémitisme. De David Icke à Alice Walker, épidémie conspirationniste, Samuel Blumenfeld
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/05/29/de-david-icke-a-alice-walker-epidemie-conspirationniste_6041199_4500055.html

    La célèbre auteure de « La Couleur pourpre » a relayé une vidéo du Britannique reliant la pandémie due au Covid-19 aux juifs, alors que Facebook et YouTube ont décidé de supprimer les comptes de celui-ci.
    David Icke est un ancien joueur de football, un ex-journaliste sportif à la BBC, autrefois affilié au Green Party, le Parti vert britannique. Cet homme a connu plusieurs vies, mais c’est sa plus récente incarnation qui lui vaut le plus ­d’attention. Il est, à 68 ans, l’une des vedettes de la sphère conspirationniste en Europe, un homme qui a cumulé jusqu’à 800 000 abonnés à sa page Facebook, et dont les différents ouvrages, publiés à compte d’auteur, attirent un public aussi nombreux que fidèle. On trouve ainsi parmi ces lecteurs laudateurs la romancière Alice Walker, auteur de La Couleur pourpre, l’un des romans les plus populaires de l’histoire de l’édition aux États-Unis, récompensé, en 1983, du prix Pulitzer et de l’American Book Award, avant de se trouver adapté au cinéma par Steven Spielberg en 1985.

    Comme tous les théoriciens du complot, David Icke est persuadé qu’une société secrète contrôle les intérêts de la planète. Et, comme beaucoup de théoriciens du complot, David Icke avance que cette société secrète est juive. Récemment, ce dernier affirmait que « le coronavirus avait été créé par la dynastie bancaire juive des Rothschild » et que l’État d’Israël mettait à profit la pandémie « pour tester sa technologie ». Des propos qui ont valu la mise à l’écart de cette figure de la complosphère anglophone. Ainsi, dans sa lettre hebdomadaire du 11 mai, le site Conspiracy Watch, l’Observatoire du conspirationnisme en France, annonçait que les propos outranciers de David Icke sur un supposé complot présidant à la propagation du Covid-19 avaient conduit à la suppression de ses comptes sur Facebook et YouTube, en attendant qu’Instagram et Twitter suivent cet exemple.

    « Dans les ouvrages d’Icke, expliquait Alice Walker dans le “New York Times” en 2018, c’est toute notre existence sur cette planète que nous devons reconsidérer. Comme si le rêve d’une personne curieuse se concrétisait. »

    Cette affaire n’est cependant pas soldée. Début mai, la romancière Alice Walker, ancienne militante des droits civiques, proche de Martin Luther King, a relayé sur son site officiel une des vidéos du Britannique. Celle qui se décrit comme une « féministe noire » dépeignait dans La Couleur pourpre la double oppression à laquelle est soumise la femme noire aux États-Unis, ­victime de la société blanche, puis des hommes noirs. C’est donc au nom d’une autre oppression, celle du supposé complot juif, que la célèbre écrivaine accompagnait la vidéo où David Icke résout le mystère de l’origine de cette pandémie de ces mots : « Rendez-vous compte, nous parvenons enfin à prendre la mesure de l’invisible ! »

    Positions antisionistes virulentes

    Reconnaissons à Alice Walker le mérite de ne pas avancer masquée. Interrogée en décembre 2018 par le New York Times, qui lui demandait quels ouvrages se trouvaient sur sa table de nuit, la romancière citait quatre livres, dont l’essai de David Icke, And the Truth Shall Set You Free, que l’on pourrait traduire par La Vérité te délivrera : « Dans les ouvrages d’Icke, explique Alice Walker, c’est toute notre existence sur cette planète que nous devons reconsidérer. Comme si le rêve d’une personne curieuse se concrétisait. » Le « rêve » d’Alice Walker s’avère un cauchemar. Le livre d’Icke recycle de vieilles antiennes. Avec l’idée force que Les Protocoles des Sages de Sion, un faux publié au début du XXe siècle dans la Russie tsariste, présenté comme un plan de conquête du monde ­établi par les juifs et les francs-maçons, constitue une grille de lecture toujours pertinente.

    La romancière est allée jusqu’à exiger que “La Couleur pourpre” ne soit en aucun cas traduit en hébreu.

    Entre autres délires, l’essayiste affirme que le Ku Klux Klan serait contrôlé par des organisations juives, les organisations d’extrême droite en Grande-Bretagne financées par les services secrets israéliens, alors que les actes antisémites, augmentant de manière exponentielle en Occident depuis le début des années 2000, seraient orchestrées par les juifs eux-mêmes. David Icke se révèle tout aussi fantaisiste sur d’autres dossiers : il est tout à la fois climato­sceptique, vaccinosceptique et hostile aux thèses officielles sur les attentats du 11 septembre 2001.

    Alice Walker n’a jamais fait mystère de ses positions antisionistes virulentes, et de son soutien actif à Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), une organisation appelant aux boycotts économique, académique et culturel de l’État d’Israël. La romancière est allée jusqu’à exiger que La Couleur pourpre ne soit en aucun cas traduit en hébreu. Attaquée pour antisémitisme, Alice Walker s’est défendue dans un post publié en novembre 2017 à l’aide d’un long poème intitulé C’est notre (terrifiant) devoir d’étudier le Talmuda. Les juifs, responsables des malheurs du monde, sont décrits comme les assassins du Christ. Depuis, le covid-19 est apparu. Un nouveau fléau dont les juifs s’avèrent, aux yeux d’Alice Walker, les propagateurs. Au point où l’on peut se demander comment une romancière aussi respectée a pu échapper aussi longtemps à l’opprobre.

    Cette source est douteuse (impliquée dans la défense d’Israël, et plus généralement protagoniste active de la disqualification et de la #démoralisation de diverses modalités de critique ou de contestation, ...), mais elle comporte des éléments factuels probants et je n’ai pas pris le temps de chercher des docs qui soient internes à l’anti-sionisme et/ou à l’anti-racisme étasunien, dont j’espère qu’ils existent.

    #complotisme #Alice_Walker #antisémitisme #littérature #lifestinks #tristesse

    • Alice Walker s’est défendue dans un post publié en novembre 2017 à l’aide d’un long poème intitulé C’est notre (terrifiant) devoir d’étudier le Talmuda. Les juifs, responsables des malheurs du monde, sont décrits comme les assassins du Christ. Depuis, le covid-19 est apparu. Un nouveau fléau dont les juifs s’avèrent, aux yeux d’Alice Walker, les propagateurs.

      Savez-vous si il existe dans l’aire #BDS un débat politique à propos de ce type de position ? de la manière dont la campagne BDS est utilisée comme abri par tel ou telle pour véhiculer des thèses antisémites ? des moyens d’y mettre fin ?

      #glissements_successifs #racisme #silence