• Mouvement lycéen : une cartographie inédite, Mattea Battaglia et Camille Stromboni
    https://www.lemonde.fr/education/article/2018/12/13/mouvement-lyceen-une-cartographie-inedite_5396741_1473685.html

    L’effervescence, partie de la province et des petites villes, ne se structure pas selon les schémas traditionnels de mobilisation de la #jeunesse. On parle d’un réveil des enfants des « #gilets_jaunes ».

    Les enseignants l’admettent volontiers : la mobilisation lycéenne qui s’est déployée dans le sillage des « gilets jaunes » les a pris de court. Pas seulement par la contagion rapide d’une académie à l’autre – jusqu’à 470 #lycées ont été perturbés sur 4 000 au total, dont 2 500 publics. Pas seulement par son installation dans la durée (deux semaines de #blocages) ou par ses excès de violence localisés [et ses #violences_policières généralisées, ndc] , d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à Orléans (Loiret) en passant par Blagnac (Haute-Garonne) ou Mantes-la-Jolie (Yvelines).

    Ce qui interpelle les observateurs de ce mouvement de jeunesse, qu’ils soient sociologues, proviseurs ou chercheurs, c’est bien sa géographie, alors qu’une nouvelle journée de #mobilisation s’annonce ce vendredi. Quelques exemples suffisent à dessiner ses contours inédits. A Paris, les grands lycées de l’Est – ceux du cours de Vincennes dans le 20e arrondissement notamment – n’ont pas joué le rôle moteur qu’ils endossent habituellement, contre la loi travail, la loi Fillon, le lycée Darcos, le contrat première embauche (CPE)… A Rouen, les chemins empruntés par les lycéens sont eux aussi venus rebattre la carte habituelle des mobilisations : plutôt que des établissements « bourgeois » de la rive droite, les premiers défilés sont partis des lycées plus populaires, de la rive gauche.

    Les « enfants des “gilets jaunes” » ?

    Les autres exemples avancés se résument, souvent, aux noms de villes de taille moyenne qui, jour après jour, ont vu leur jeunesse faire les gros titres de la presse locale : à Digne-les-Bains, chef-lieu des Alpes-de-Haute-Provence, un millier de lycéens sont descendus dans la rue. A Cambrai (Nord), ils étaient 600 à manifester. A Dijon, en Côte-d’Or, on en a recensé 200 devant le rectorat…

    Est-ce une mobilisation des « enfants des “gilets jaunes” » ? Le réveil d’une frange de la jeunesse qui partage, avec ses parents, des fins de mois difficiles et un sentiment de déclassement ? C’est l’une des grilles d’analyse retenues. « Sur les ronds-points s’observe une cohésion intergénérationnelle, défend Michelle Zancarini-Fournel, historienne. On voit des #jeunes rejoindre des #retraités, c’est suffisamment rare pour être souligné. »

    Nous l’avons vérifié dans plusieurs académies – dont Lille, Montpellier et Marseille – en épluchant la presse quotidienne régionale, en sollicitant les rectorats, mais aussi, au cas par cas, les personnels des établissements bloqués.

    Dans l’académie de Lille, aux côtés des élèves lillois – ceux du lycée international Montebello, bloqué à répétition –, la jeunesse de Denain et de Liévin a, elle aussi, donné de la voix, parfois en endossant un gilet jaune, alors que le mouvement débutait à peine, le 30 novembre. Les lycéens de Cambrai, de Coudekerque-Branche, ou, dans le Pas-de-Calais, de Lens ou d’Oignies ont ensuite rejoint le mouvement, au fil de plusieurs journées de mobilisation nationale – lundi 3 décembre, jeudi 6, vendredi 7 ou encore le « mardi noir » du 11 décembre. « Se font entendre des territoires périurbains souvent très défavorisés, qui peinent à se relever de la crise de l’industrie, constate un universitaire lillois qui a souhaité garder l’anonymat [? ndc]. C’est relativement inédit. »

    « Deux logiques se superposent »

    On assiste à une possible « inversion des déclencheurs du mouvement », avance l’historien Claude Lelièvre : « L’effervescence n’est pas à Paris. Elle est en province et dans les petites #villes, ce qui ne veut pas dire qu’elle est périphérique », souligne-t-il.

    Autour de Montpellier, parmi les premiers établissements mobilisés, se sont illustrés un #lycée_d’enseignement_professionnel agricole à Frontignan (Hérault) et un centre de #formation des #apprentis à Rodilhan (Gard). Devant ce CFA, le 5 décembre, une quarantaine d’#élèves ont installé un « barrage filtrant » en soutien aux « gilets jaunes ». Dans la foulée, plusieurs établissements nîmois se sont mobilisés. Le 7, le mouvement s’étendait, dans l’Hérault, à Montpellier, Lodève, Lunel, Agde, Sète…

    Face aux débordements, la rectrice, Béatrice Gilles – anciennement en poste à Créteil – a appelé les #lycéens au calme. « Ce sont des zones très pauvres, très désocialisées que l’on voit s’animer, confirme l’universitaire montpelliérain Yann Bisiou. Pendant ce temps-là, certains grands lycées de Montpellier ne bougent pas. »

    Il y a, depuis Mai 68, une forme de régularité dans la construction des mouvements de jeunesse qui semble aujourd’hui s’infléchir, abonde l’enseignant-chercheur Vincent Troger. « Un mouvement se déclenche toujours soit contre une réforme éducative, soit pour rejoindre une contestation sociale, explique-t-il. Dans le cas présent, les deux logiques se superposent. L’originalité est aussi là. » A Nantes, où il enseigne, Vincent Troger a ainsi le sentiment que plusieurs « lycées de la périphérie », contrairement aux mobilisations antérieures, ont joué le rôle de « moteurs ».

    « L’étincelle est partie des #filières technologiques [cf. la lutte contre le contrat d’insertion professionnel (CIP) qui prévoyait en 1994 un salaire égal à 80 % du salaire de référence pour le spas insérés", jeunes, ndc] »

    A Béziers (Hérault), Bruno Modica, professeur d’histoire, constate que la « vague » s’est élancée des lycées professionnels et polyvalents avant de gagner le centre-ville. « Ce sont les enfants des villages périphériques de Béziers qui se font entendre, dit-il, et pas les jeunes politisés ou les casseurs professionnels. »

    Des casseurs, on a pu en voir à l’œuvre dans les académies de Créteil, Versailles et Toulouse notamment, là où l’institution a comptabilisé le plus de blocages ayant dégénéré. « Que les établissements de banlieue autour de moi se mobilisent, en soi, ça ne me surprend pas, confie un enseignant d’Aubervilliers, lui-même mobilisé. Mais à ce point-là, c’est du jamais-vu en éducation prioritaire depuis une dizaine d’années. »
    Au sein même des lycées, c’est sur le profil des jeunes engagés qu’insiste Stéphane Rio, enseignant d’histoire à Marseille. « L’étincelle est partie des filières technologiques, de manière rapide et éruptive », témoigne-t-il. Ce professeur dit avoir d’abord vu sur les blocus des jeunes peu politisés, parlant autant d’eux que de leurs parents. Des adolescents qui n’ont pas toujours les codes des « bons élèves », ne réclament pas d’« AG », ne veulent pas nécessairement rejoindre les défilés. « Ils prônent le blocage pur et simple, observe-t-il, pour tenir le lycée comme on tient un rond-point. »

    A la tête d’un lycée de Liévin (Pas-de-Calais), devant lequel une centaine de jeunes se sont relayés durant huit jours, ce proviseur ne dit pas autre chose : « Ce ne sont pas nos jeunes intellos qui sont en première ligne », lâche-t-il.

    « Une crainte commune »

    Dans l’académie de Marseille, où les débordements ont poussé à la fermeture préventive d’au moins cinq établissements, la jeunesse s’est d’abord illustrée à Martigues avant de battre le pavé dans la cité phocéenne, Aix, Gardanne, etc.

    Ici comme ailleurs, disent les syndicalistes, il semble qu’un tournant ait été pris dans le sillage des interpellations de Mantes-la-Jolie (Yvelines) et des images des 151 jeunes agenouillés, les mains sur la tête, qui ont inondé les réseaux sociaux le 6 décembre.

    Depuis, à écouter les enseignants, le mot d’ordre « proprement lycéens » résonne plus haut. « Les jeunesses se sont unies, reprend Stéphane Rio, pour dire leur crainte commune : que les réformes en cours – celles du lycée, du bac, de Parcoursup – accroissent des inégalités dont ils seront les premières victimes. »
    « Le bac ne sera plus le même selon les établissements », martèlent-ils d’un blocage à l’autre. Et la sélection à l’entrée de l’université les laissera « sur le carreau ».

    Ça sent quand même ce 68 que j’ai pas vécu, la libération de la parole et la prise de parti, la découverte de ce que les singularités créent de collectif si la situation s’y prête. Ça rappelle ces belles manifs qui comme l’ouvrier marche d’atelier en atelier dans et contre l’usine lycéens et collégiens manifestaient d’un établissement scolaire à l’autre, du technique au général ; ça rappelle La horde d’or, ce moment de la fin des ’60 où ceux qui étaient confinés aux formations techniques et professionnelles ont été mêlés aux étudiants, entrainant un bordel général qui a mis en cause toutes les fonctions productives
    #scolarisés
    http://ordadoro.info/?q=content/«-un-poignard-dans-le-cœur-de-la-ville-capitaliste-»

    • Lycéens et étudiants rejoignent les « gilets jaunes » dans le rejet de la Macronie, Violaine Morin

      « Qui ne saute pas est macroniste ! » Sur le quai de la ligne 4, à la station de métro Châtelet à Paris, un groupe de lycéens survoltés bondit comme un seul homme. On croise quelques élèves de Charlemagne, un établissement du 4e arrondissement, souvent « en pointe » dans les contestations lycéennes. Direction la place Saint-Michel, où quelques groupes peignent des banderoles étalées sur le sol en attendant midi, l’heure du rassemblement à l’appel de trois syndicats, l’Union nationale lycéenne (UNL), la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) et le Syndicat général des lycéens (SGL).

      La bouche de métro déverse, à intervalles réguliers, des grappes de jeunes gens qui viennent grossir les rangs. Dix jours après le début de la contestation, les lycéens seront 2 600, selon la Préfecture de police, à manifester, mardi 11 décembre, pour 450 lycées perturbés dans toute la France – parmi lesquels 60 sont bloqués sur plus de 2 500, selon un bilan du ministère de l’éducation nationale communiqué à la mi-journée. Dans une ambiance festive, les manifestants entonnent des slogans classiques. Pour rappeler des souvenirs aux lycéens de n’importe quelle génération, il suffit d’insérer le nom du ministre de leur jeunesse – François Fillon, Claude Allègre – devant les mots « si tu savais, ta réforme, ta réforme… »

      Mais ici, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a cédé la place à Emmanuel Macron, comme si la personne du président de la République cristallisait toutes les passions de ce mouvement qui tente de profiter de l’élan des « gilets jaunes ». « Ni les professeurs ni les étrangers, c’est Macron qu’il faut virer », scandent les jeunes, en alternant avec « Macron, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ». Le ministre, pourtant à la manœuvre de trois chantiers parmi ceux qui forment les points de crispation – la réforme du baccalauréat, Parcoursup et les suppressions de postes dans le second degré –, est le grand « absent » de la manifestation qui doit cheminer jusque sous ses fenêtres.

      Au-delà de ce rejet collectif, les lycéens tombent difficilement d’accord sur les mots d’ordre. « Les mouvements de jeunesse souffrent souvent de n’être pas assez clairs et pas assez unis », concède Tito, en 1re au lycée Fénelon. Pour pallier ce problème, deux assemblées générales ont été organisées dans son établissement afin de définir « pourquoi on manifeste ». L’ensemble des revendications tient donc en un slogan, répété tout l’après-midi : « Contre Parcoursup, allez allez, contre le nouveau bac, allez allez, contre le SNU [service national universel], allez allez. » Mais dans le détail, les préoccupations varient selon les profils et les âges.
      Les élèves de banlieue, venus souvent avec leurs enseignants, s’inquiètent d’un baccalauréat « dévalué » par rapport à celui des lycées de centre-ville. Younes, en 1re au lycée Angela-Davis de la Plaine Saint-Denis, craint que ses amis de 2de, qui seront les premiers à passer le nouveau bac – composé d’un contrôle continu et de quatre épreuves terminales –, n’obtiennent un diplôme au rabais. « Je viens d’un quartier défavorisé où on a la réputation de vouloir tout brûler, plaide-t-il. Notre bac ne vaudra pas la même chose que celui des beaux quartiers. »

      Chenoa, élève de 2de à Noisy-le-Grand, se sent un peu à l’abri de cette « dévaluation » dans son lycée international sélectif. Elle fera partie de la première génération du baccalauréat « nouvelle formule ». Pour elle, cette réforme est « bâclée ». La jeune fille ne « comprend même pas » comment devront s’organiser ses choix pour l’année prochaine, alors que la carte des spécialités disponibles dans chaque lycée doit être annoncée fin décembre – un calendrier accéléré, semble-t-il, pour apaiser les inquiétudes des lycéens.

      Les étudiants, eux, se sont joint au rassemblement des lycéens après une assemblée générale tenue dans la matinée sur la place de la Sorbonne. Salomé et ses camarades, inscrites en licence d’espagnol à Paris-IV, veulent « prêter main-forte » aux lycéens. Mais les étudiants tentent de mobiliser sur leurs propres dossiers, par exemple sur la hausse des frais de scolarité pour les étrangers. « On est contents que les lycéens se soient mobilisés, tempère Salomé. On ne veut pas faire passer nos revendications avant les leurs, aujourd’hui, on est là pour eux. »

      Mais pourquoi ne pas être descendus dans la rue avant ? Parcoursup a connu sa première saison cet été, la réforme du bac est sur les rails depuis le printemps… De toute évidence, l’occasion offerte par la contestation des « gilets jaunes » était trop belle pour ne pas tenter de s’en saisir, même si les manifestants se défendent de tout opportunisme. « Ils ont réussi à mobiliser et cela a créé de l’espoir », analyse Tito, le lycéen de Fénelon.
      Les plus militants s’en remettent aux précédents historiques de la convergence des luttes entre étudiants et travailleurs. « La force sociale des “gilets jaunes” est incontestable, il faut en profiter », juge Léo, étudiant en philosophie à Paris-I. Partout dans le cortège, on entend des accents communs avec les revendications des « gilets jaunes », sur ce gouvernement qui ne prête qu’aux riches, ce service public qui souffre, ces manifestants brimés.

      L’interpellation musclée des lycéens de Mantes-la-Jolie (Yvelines), alignés à genoux sur le sol, le 6 décembre, est évoquée plusieurs fois. La vidéo, qui a fait le tour des réseaux sociaux, a choqué la communauté éducative. « On ne peut pas laisser faire ça », enrage un enseignant d’Aubervilliers. A plusieurs reprises, les manifestants se mettront à genoux sur la chaussée, mains sur la tête. Julien, un élève de 1re ES de la Plaine Saint-Denis à qui l’on demande s’il n’a pas peur devant de telles images, répond que lui et ses camarades s’efforcent de maintenir un blocus pacifique. « Bien sûr que j’ai peur que ça devienne violent, ajoute-t-il après un temps de réflexion. Et en même temps, si je ne fais rien, qui va le faire pour moi ? »


  • * Les collaborateurs des députés disent à leur tour leur « ras-le-bol » Le Figaro - 7 Décembre 2018
    Apparitions des stagiaires et apprentis, et des collaborateurs bénévoles
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/06/01016-20181206LIVWWW00029-en-direct-gilets-jaunes-blocages-edouard-philippe

    Les collaborateurs des députés ont dit ce jeudi à leur tour, au travers de leurs syndicats, leur « ras-le-bol » des conditions de travail, et réclamé « justice et équité ». « Nous alertons depuis des mois les représentants des députés-employeurs sur le profond malaise qui touche nos collègues, on ne compte plus les fins de contrats anticipées, les burn-out ou les cas de harcèlement moral », souligne une intersyndicale CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, SNCP-FO, Solidaires et Unsa dans un communiqué.

    En outre, « le bureau de l’Assemblée nationale et le collège des questeurs [députés chargés de la gestion de l’institution] ont décidé unilatéralement, sans même une concertation avec les députés-employeurs, une série de mesures nous concernant et qui mettent le feu aux poudres ». Les questeurs ont décidé de permettre aux députés de rémunérer leurs stagiaires et apprentis avec l’enveloppe dédiée à la rémunération de leurs collaborateurs professionnels. De plus, il est désormais possible pour les députés de reporter d’une année à l’autre le reliquat d’enveloppe non utilisé, au détriment des collaborateurs, selon leurs représentants.

    Par ailleurs, le bureau de l’Assemblée, plus haute instance collégiale, a autorisé récemment la prise en charge des frais de transport, de repas et d’hébergement des « collaborateurs bénévoles », sur l’avance mensuelle pour frais de mandat des députés. Les syndicats s’inquiètent de ces « collaborateurs bénévoles », catégorie qui n’existait pas jusqu’alors.

    #Travail #Gratuit #stagiaires #stage #exploitation #apprentis_sorciers #apprentis #apprentissage #bénévolat #députés #assemblée_nationale #collaborateurs


  • Que serait la société sans école jadis préconisée de façon provocatrice par Ivan Illich ? L’école doit-elle détenir le monopole de l’éducation ? What would be the society without a school that Ivan Illich advocated in a provocative way? Should the school have a monopoly on education?

    https://sms.hypotheses.org/14723

    #école, #school, #Illich, #société, #society, #social, #éducation, #education, #instruction, #carrière, #career, #apprentissage, #famille, #learning



  • IDA Urges Decision-Makers in China Consider Cost-Effective Alternatives to “Artificial Moon”
    http://darksky.org/ida-urges-decision-makers-in-china-consider-cost-effective-alternatives-to-

    Because the illumination satellite would replace streetlights, reports estimate energy cost savings of approximately 1.2 billion yuan ($170 million) per year. [2]

    While IDA encourages creative solutions for lighting that reduce energy costs, we urge decision-makers in China and elsewhere to consider the impact of satellite illumination on wildlife, human health (specifically the interruption of circadian rhythms), and other unknown factors.


  • US military plan to spread viruses using insects could create ‘new class of biological weapon’, scientists warn
    https://www.independent.co.uk/news/science/us-military-plan-biological-weapons-insect-allies-virus-crop-darpa-a8

    Insects could be turned into “a new class of biological weapon” using new US military plans, experts have warned.

    The Insect Allies programme aims to use bugs to disperse genetically modified (GM) viruses to crops.

    Such action will have profound consequences and could pose a major threat to global biosecurity, according to a team that includes specialist scientists and lawyers.

    In theory, this rapid engineering would allow farmers to adapt to changing conditions, for example by inserting drought-resistance genes into corn instead of planting pre-engineered seeds.

    But this seemingly inoffensive goal has been slammed by the scientists, who say the plan is simply dangerous and that insects loaded with synthetic viruses will be difficult to control.

    They also say that despite being in operation since 2016 and distributing $27m in funds to scientists, Darpa has failed to properly justify the existence of such a programme.

    Research programme with potential for dual use: scientists fear that the Insect Ally programme by the US could encourage other states to increase their own research activities in the field of biological warfare (MPG/D.Duneka)
    “Given that Darpa is a military agency, we find it surprising that the obvious and concerning dual-use aspects of this research have received so little attention,” Felix Beck, a lawyer at the University of Freiburg, told The Independent.

    Dr Guy Reeves, an expert in GM insects at the Max Planck Institute for Evolutionary Biology, said that there has been hardly any debate about the technology and the programme remains largely unknown “even in expert circles”.

    He added that despite the stated aims of the programme, it would be far more straightforward using the technology as a biological weapon than for the routine agricultural use suggested by Darpa.


  • Un fil de discussion intéressant initié par @MoMdt pour celleux qui enseignent...

    Reprenons donc 🤓 1er cours de Présentation des méthodes en sciences sociales en L1 (son petit nom sera #PMSS) : globalement ça s’est bien passé - voilà donc ce qu’on y a fabriqué (et comment je l’ai fabriqué) #pédagogie_universitaire

    https://twitter.com/MorganeMdt/status/1043131517923418112
    –-> à défiler

    On y découvre notamment ces liens, vers des #ressources_pédagogiques :

    #Taxonomies d’objectifs d’apprentissage et exemples de verbes d’action


    https://www.unige.ch/dife/files/3514/5372/9196/Taxonomies-verbes-action_SEA-2015.pdf
    #taxonomie_de_bloom #Berthiaume #Daele #Krathwohl

    #Pédagogie et #handicaps

    Ces #fiches_pédagogiques ont pour objectif de promouvoir les bonnes pratiques à mettre en place pour compenser les contraintes liées au handicap mais aussi ses conséquences sur la vie étudiante des élèves concernés.

    #Anorexie (PDF, 540 Ko)
    #Autisme à haut niveau de fonctionnement (PDF, 590 Ko)
    #Dépression (PDF, 543 Ko)
    #Dyslexie (PDF, 591 Ko)
    #Dyspraxie (PDF, 608 Ko)
    #Handicap_auditif (PDF, 948 Ko)
    #Handicap_visuel (PDF, 1,09 Mo)
    #Trouble_bipolaire (PDF, 572 Ko)
    Trouble #déficit_de_l'attention avec ou sans #hyperactivité (TDA/H) (PDF, 611 Ko)

    http://www.sciencespo.fr/enseignants/fr/accompagnements/handicap
    #handicap

    Elaborer un #syllabus de cours (ou #plan_de_cours)
    https://www.unil.ch/files/live/sites/cse/files/shared/brochures/memento_syllabus_cours.pdf

    Le syllabus de MoMdt sur « Présentation des méthodes en sciences sociales (PMSS) »
    https://drive.google.com/file/d/1mgyc8kyhNnPYdw76DTUsS25W4HFLRsCC/view

    Et une chanson :
    "It’s In Your Syllabus"
    https://www.youtube.com/watch?v=M9DLZO1J8aQ&feature=youtu.be

    #enseignement #ressources_pédagogiques #pédagogie #apprentissage


  • Des insectes pour disséminer des virus : une arme incontrôlable ?
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/04/des-insectes-pour-disseminer-des-virus-une-arme-incontrolable_5364811_3244.h

    Les #insectes pourraient-ils bientôt être utilisés comme #arme_biologique ? C’est la question que se pose une équipe de chercheurs dans un article paru dans la revue Science, jeudi 4 octobre. Composé de juristes (université de Fribourg) et de scientifiques (Max-Planck Institute de Plön et université de Montpellier), ce groupe de recherche a étudié un projet américain nommé « #Insect_Allies ».

    Ce programme, financé à hauteur de 27 millions de dollars par l’agence pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa) du département de la défense des Etats-Unis, prévoit d’utiliser des insectes pour modifier génétiquement des plantes.

    Il a attiré l’attention des chercheurs par l’utilisation de nouveaux agents : les Horizontal Environmental Genetic Alteration Agents (#HEGAAs). Il s’agit de virus qui ont été génétiquement modifiés pour les rendre capables de transformer les chromosomes d’une espèce cible, animale ou végétale. Ces agents vont permettre d’altérer l’ADN de certaines plantes directement dans leur environnement. Ils pourraient donc rendre une plante résistante à un certain pathogène en cours de saison.

    #paywall



  • Chèr·es utilisateurs et utilisatrices de seenthis,

    je commence à préparer un cours universitaire (Licence 3) un peu particulier. Un cours de recherche-action participative, où on demande aux étudiant·es de co-construire un savoir avec les habitant·es concerné·es.

    J’ai décidé de axer le cours sur la thématique de l’ alimentation dans les quartiers populaires .

    Toutes idées de doc, livres, films, musique, en ce moment de défrichage du thèmes sont bienvenues.

    Les sous-thèmes auxquels je pense :
    – alimentation et #pauvreté (et comme #indicateur le taux d’#obésité)
    #justice_alimentaire
    #mal_bouffe
    #déserts_alimentaires
    #fast-food et #slow_food
    #AMAP et #agriculture_de_proximité (#agriculture_urbaine) dans les quartiers populaires
    – alimentation dans les #cantines
    #prix et #accessibilité d’une nourriture (#buget_alimentaire, #budget_alimentation)
    – la question culturelle de l’alimentation (y compris #identité)... dans des quartiers où la diversité culturelle est importante. #cultures_culinaires
    – alimentation et #lien_social
    #récupérations_des_invendus
    #Incroyables_comestibles : http://lesincroyablescomestibles.fr
    #distribution_de_repas aux plus démunis
    #spécialités_locales -vs- #spécialités_exotiques #spécialités_ethniques (oh les gros mots)
    #marchés
    #origine_des_approvisionnements
    #repas_associatifs #fêtes #convivialité
    #bio (ou pas)
    – ...

    cc @franz42, qui maintenant qu’il est à la retraite aura certainement beaucoup de temps pour bouquiner !
    Liste à laquelle a aussi grandement contribué @odilon

    #ressources_pédagogiques #Recherche-action_participative


  • C’est bientôt la rentrée ! Faut-il définitivement renoncer à comprendre comment les #élèves apprennent des #connaissances générales à l’#école, tandis que celle-ci a manifestement échoué à les enseigner ? Peut-être pas, selon André Tricot...

    http://sms.hypotheses.org/2858

    #école, #enseignement, #enseigner, #connaissance, #élève, #échec, #réussite, #former, #formation, #aveuglement, #connaissance, #compétence, #résultat, #apprentissage, #raison, #raisonnement, #niveau, #cadre, #savoir


    • l’article relié est pris d’ici :

      http://www.formapex.com/sciences-cognitives/1327-charge-cognitive-et-apprentissage-une-presentation-des-travaux-de-joh

      [...]

      John Sweller consacre ses travaux depuis près de trente ans à la charge cognitive et à ses effets sur l’apprentissage. Il a principalement étudié les effets de la structure de but et du format de présentation sur ces deux aspects du fonctionnement cognitif. Il a obtenu plusieurs résultats principaux :

      (1) La charge cognitive imposée par de nombreuses stratégies de résolution des problèmes, tout en n’empêchant pas d’atteindre la solution du problème, gêne l’apprentissage.

      (2) Beaucoup de techniques didactiques exigent des apprenants qu’ils traitent les sources d’information multiples qui doivent être mentalement intégrées, ce qui impose une charge cognitive lourde qui gêne l’apprentissage.

      (3) Quelques configurations d’information redondante imposent également une charge cognitive lourde ayant un résultat négatif.

      (4) Le matériel didactique entraînant un effet de “dédoublement de l’attention” peut être amélioré en présentant une certaine partie de ce matériel sous forme auditive.

      (5) La charge cognitive imposée par des techniques didactiques est appropriée seulement quand les matériaux qui incorporent des éléments interagissants l’un sur l’autre fortement doivent être appris simultanément plutôt que successivement.

      [...]


  • « Ce que les enfants apprennent aujourd’hui sera inutile en 2050 » (Yuval Harari, Usbek&Rica)
    https://usbeketrica.com/article/pour-yuval-harari-ce-que-les-enfants-apprennent-aujourd-hui-sera-inutil

    Inutile donc, selon l’historien, de continuer à remplir le cerveau des écoliers avec tout un tas d’informations : « nous sommes inondé par d’énormes quantités d’informations », souvent contradictoires. Les professeurs du futur devraient se focaliser sur la faculté à « donner du sens à l’information […] et surtout à associer différents éléments informatifs pour en tirer une vision du monde ».

    Si l’auteur précise que certains professeurs en 2018 développent déjà cette vision, il souligne l’urgence de bousculer l’éducation des enfants dans le monde entier : « Les décisions que nous prendrons dans les prochaines décennies vont façonner le futur de la vie elle-même […] Si cette génération n’a pas de vision globale du cosmos, le futur de la vie sera fixé au hasard ».

    Côté pratique, Yuval Harari estime que « comme nous n’avons aucune idée de ce à quoi ressemblera le marché du travail en 2050, nous ne connaissons pas les compétences dont auront besoin les individus » à cette échéance. Pour lui, les élèves d’aujourd’hui doivent apprendre une chose essentielle pour « tenir le choc du monde en 2050 » : se réinventer constamment, et s’adapter aux changements.

    Parce que selon l’historien, c’est ce qui nous constitue en tant qu’êtres humains qui risque de subir une mutation. À l’horizon 2050, « les individus auront sans doute à faire face à une possible migration vers le cyberespace, à des identités de genre de plus en plus fluides, et à de nouvelles expériences sensorielles générées par des implants électroniques ». Difficile dans ces conditions d’envisager une carrière stable, et une vie linéaire. Si l’auteur précise que ce scénario spécifique pourrait ne pas advenir, il est néanmoins sûr d’une chose : « Le changement en lui-même est l’unique certitude » de tout exercice de prospective.

    Et ce changement perpétuel va sans nul doute impacter la façon dont l’individu se perçoit et construit sa vie. Yuval Harari met donc en garde les générations futures : il va falloir cultiver notre aptitude à changer, « même à 50 ans ». Pour faire face à « des choses que personne n’a jamais vu auparavant, comme des machines intelligentes, des corps augmentés, des cataclysmes climatiques suscités par l’activité humaine ou des algorithmes qui manipulent nos émotions », il nous faudra « beaucoup de souplesse psychique et d’importantes réserves d’équilibre émotionnel ». « Malheureusement, précise l’auteur, on ne peut pas apprendre la résilience en lisant un livre. »

    #éducation #prospective #apprentissages

    • orienté « marché du travail », « savoir faire » précis… le théorème de Pythagore ça fait 2500 ans que ça sert et tout d’un coup dans 30 ans ça va devenir inutile ? Pareil pour savoir lire, décomposer, comprendre le sens d’un texte et savoir discuter ses idées ?

      Être curieux, avoir envie d’apprendre et comprendre le monde qui nous entoure, aimer continuer d’apprendre une fois adulte, tout ça ce sont des compétences qui ont toujours servi, que ce soit en 1780, 1850, 1998 ou 2050. (Mais ça a toujours été appris plutôt aux enfants des classes dominantes évidemment.)

    • Même remarque que toi @rastapopoulos éducation = préparation au travail est une vision réductrice de l’éducation.

      Je tique sur ceci aussi : « Si cette génération n’a pas de vision globale du cosmos, le futur de la vie sera fixé au hasard » je me demande bien à quoi on pourrait se fixé d’autre à moins de croire à un « intelligent design ».

    • Je ne souhaite pas défendre le point de vue de l’auteur dont le fond de la pensée prospective semble être « ce qui est sûr c’est que les temps à venir sont incertains » :)
      Par contre, les « compétences » que tu cites sont soit des « outils » (applications du théorème de Pythagore) soit des savoir-être (curiosité) ou savoir-faire (accéder à l’écrit). Or, il me semble que justement ce ne sont pas ces formes de savoir qui sont remis en cause mais plutôt les savoirs encyclopédiques qui risquent d’être périmés ou inutiles dans 50 ans.
      En tout cas, il pose la question de qu’est-ce qu’il faut apprendre à l’école, en principe défini par le Ministère et l’Union Européenne à travers le « Socle commun », mais il me semble que cette question ne fait pas consensus et doit être constamment reposée.

    • « Malheureusement, précise l’auteur, on ne peut pas apprendre la résilience en lisant un livre. »

      Ah.

      Apprendre à apprendre, c’est pas bête comme idée, sauf quand c’est le truc pour justifier les classes inversées, les auto-apprentissages... à terme les classes sans profs parce qu’ils et elles coûtent trop cher.

      Mais sinon, le projet macroniste, c’est de prolétariser une part toujours plus importante de la population et de leur faire donc ce qu’on fait depuis toujours aux gosses de prolos : les mettre au turbin avec le minimum de connaissances pour faire ça bien. D’où le projet de vider les universités pour remplir les classes d’apprentissage. Ça vaut le coup aussi de revaloriser l’université pour ce qu’elle est, un endroit où on apprend des savoirs généraux, pas forcément utiles là tout de suite, mais qui forment le raisonnement, les capacités d’apprentissage et d’adaptation, etc.

      Des pincettes, donc pour cet article de futurologie à la U&R.


  • La loi #Pénicaud, un pas de plus dans la #guerre_aux_pauvres
    (relevé sur twitter)

    Projet de « loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel » est son nom complet ; « liberté » :-) ). Le ProJet de Loi est terrifiant, il a été retoqué par le Sénat mais les mesures passent petit à petit et adoptées mercredi : c’est la fin de l’assurance chômage (maintenant financée par l’impôt —> alloc universelle très basse forçant comme aux US à un travail obligatoire les #chômeurs--> ; offre « raisonnable » refusée = suppression des allocs, = condamnation à mort ou retrait des enfants pour famille monoparentale- un jour je tweeterai trafic d’enfants et classe sociale tiens...), #surveillance accrue des chômeurs, #apprentissage (une cata, et c’pas un hasard si le #Medef fait sa pub sur « l’apprentissage, mon plan A »), erasmus + ds le cadre de la mobilité européenne. #Logement, chômage, santé, les plus faibles (rsastes, chômeurs, parmi lesquels maj de femmes, parmi lesquelles les plus pauvres sont les daronnes et leurs mômes car vivre à 4 sur un RSA c’pire que vivre à 1) vont trinquer d’abord mais le dumping obtenu par l’exploitation des #migrants (le capital les rémunère à 80 centimes de l’heure en Allemagne : esclavage bonjour) et des chômeurs va aussi faire baisser les #salaires et les conditions de travail des travailleurs. Bref, la stricte application des recommandations de la Cour des Comptes et du FMI. Mais rien de surprenant, le capitalisme ne fait rien en douce, y’a PAS de complot, ça c’est ce que disent les hommes politiques « de gauche » qui servent à rien juste à donner la réplique... Le #capitalisme est un système autotélique fondé sur la forme valeur, le psychologiser ne sert à rien en plus d’être faux, il n’est pas « méchant, il ns cache tout, bouh », tout est dispo sur legifrance, dans le programme de Macron et les PJLoi depuis tjs et partout. La presse ne relaie pas, ne fait pas son travail, ça, c’est autre chose.
    Ce qui est promulgué ces jours-ci était prévisible depuis...le rapport #Sirugue, les rapports de la Cour des Comptes et du FMI, en matant ce qui se fait aux US, en voyant que sous Hollande, #EgalitéCitoyenneté est passée (d’ailleurs parfois la presse incrimine Macrotte pour des trucs liés à des lois antérieures à lui, ce qui n’en fait pas une moindre saloperie hein) dans le silence, la loi #ELAN, idem, etc.
    Quand j’ai vu se déployer le « zero chômeurs », chez ATD d’abord (voir https://seenthis.net/messages/438805 https://seenthis.net/messages/438541#message446260) puis dans le programme de Méchancon, j’ai glapi : « ça annonce que ça va passer en mode punitif obligatoire », on m’a dit « rien à voir, non non ». Lol.
    Si.
    Quand j’ai dénoncé Sirugue on m’a bien ri au nez, et on m’a traitée de monomaniaque, pessimiste qui fait sa pythie... pour tout ce qui concerne le logement/divorce/santé... Sécu, #flicage, surveillance et pauvreté, tellement prévisible, hélas :)...soupir Les mères sans fric le savent avant les autres, les mômes de chômeurs... Mais ensuite, ça ruisselle, du bas vers le haut, et maintenant, ce que vivent ceux qui ont connu le RMI, l’apprentissage, l’impossibilité de quitter leur mec, le renoncement aux soins, etc etc, ça va remonter à la classe moyenne
    J’avais pourtant spoilé, mais on m’a pas crue. J’aurais préféré me tromper, hein.


  • Chômage, formation : la nouvelle loi chamboule tout, Dan Israel, Mediapart, 2 août 2018

    Le gouvernement a réussi à boucler en un temps record une vaste réforme, qui va bouleverser le quotidien des salariés, des travailleurs indépendants, des demandeurs d’emploi et des apprentis. L’exécutif assure que son texte, définitivement adopté mercredi 1er août, apporte de nouveaux droits et des protections inédites. C’est vrai seulement pour un petit nombre de Français.

    Le pari est tenu. Mercredi 1er août, dernier jour de la session parlementaire, les députés ont définitivement voté (par 137 voix pour, 30 contre) la loi qui réforme en profondeur l’assurance-chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage. En lançant le chantier en décembre, le gouvernement avait annoncé vouloir le boucler cet été. C’est chose faite, et tous les décrets d’application devraient être publiés d’ici à Noël.

    La nouvelle loi va permettre « d’établir une société de l’émancipation par le travail et la formation qui donnera à chacun, jeunes, salariés et demandeurs d’emploi, la capacité de se projeter sereinement dans l’avenir », s’est félicitée la ministre du travail Muriel Pénicaud.

    « C’est la deuxième étape de la rénovation du modèle social français, s’enthousiasme-t-on dans son entourage. Avec les ordonnances réformant le code du travail, on s’est plutôt occupé des entreprises, on leur a donné de l’agilité, de la souplesse et de la sécurité pour s’adapter à l’économie mondialisée. Là, on s’occupe plus des personnes, on leur donne les droits et les protections nécessaires pour s’adapter à l’économie d’aujourd’hui. »

    Voilà pour le discours officiel. Pour les travailleurs français, la réforme de la formation professionnelle et des règles régissant l’assurance-chômage est censée contrebalancer la très grande liberté octroyée aux employeurs par les ordonnances. Dans les faits, cependant, il est délicat de distinguer dans cette nouvelle loi les grandes mesures qui constitueront effectivement des avancées réelles pour les salariés, les indépendants, les demandeurs d’emploi et les apprentis.

    Le gouvernement a néanmoins raison de souligner que cette loi est pleine de « paris culturels destinés à changer les comportements des Français », « pas seulement dans les textes, mais dans les têtes ». Les bouleversements opérés par ce vaste texte sont très nombreux. En voici quelques-uns.

    Le droit au chômage un peu plus ouvert, mais contrôlé plus sévèrement

    Il s’agissait d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, qui n’est tenue que sur le papier. Désormais, certains démissionnaires et travailleurs indépendants pourront bien toucher des allocations chômage, mais ce sera le cas pour seulement une petite partie d’entre eux. Le nouveau dispositif devrait permettre à moins de 30 000 indépendants (sur près de 3 millions) de bénéficier tous les ans des droits au chômage. Ils pourront toucher 800 euros de chômage pendant six mois, si leur activité a été mise en redressement ou en liquidation judiciaire et s’ils ont disposé d’un réel bénéfice annuel. Ce filet de sécurité est une avancée indiscutable, mais reste limité.
    De même pour les démissionnaires, qui auront droit au chômage seulement après cinq ans d’emploi ininterrompu, et s’ils présentent un projet de « reconversion professionnelle nécessitant le suivi d’une formation ou un projet de création ou de reprise d’entreprise ». Ce projet sera évalué par une commission regroupant des représentants des syndicats et des employeurs. Une mesure qui devrait bénéficier à 20 000 ou 30 000 démissionnaires par an au maximum, alors qu’ils sont 400 000 salariés à claquer la porte de leur entreprise tous les ans et que 50 000 d’entre eux sont déjà indemnisés, car ils le font pour des motifs jugés légitimes. On reste donc loin de l’assurance-chômage « universelle » vantée pendant la campagne présidentielle.

    L’intensification du contrôle des chômeurs était aussi une mesure présente en toile de fond pendant la campagne, et elle sera bien au rendez-vous dès 2019. Certes, pour rééquilibrer l’échelle des sanctions, les radiations de Pôle emploi pour absence à un rendez-vous verront leur durée passer de deux mois à deux semaines, et Pôle emploi assure en conséquence que « les changements de règles aboutiront pour 70 % des motifs de radiation à une situation plus favorable qu’aujourd’hui ».

    Mais la durée des radiations consécutives à une recherche d’emploi jugée insuffisante sera allongée, sans doute jusqu’à quatre mois. De plus, le nombre d’agents spécifiquement chargés du contrôle des demandeurs d’emploi passera de 200 à 1 000 d’ici à 2020, sans que les effectifs de Pôle emploi ne soient revus à la hausse (au contraire, Pôle emploi devrait perdre 4 000 agents, soit près de 10 % de ses postes).

    La nouvelle loi pourrait aussi permettre de redéfinir les « offres raisonnables d’emploi » qu’un chômeur ne peut pas refuser plus d’une fois sans raison valable. Leur définition serait alors discutée entre le demandeur d’emploi et son conseiller Pôle emploi. Enfin, un journal de bord à remplir obligatoirement tous les mois par les demandeurs d’emploi sera expérimenté dans deux régions. Autant de mesures dont le chercheur spécialisé Didier Demazière doute de la pertinence, comme il l’a expliqué dans un entretien limpide à Mediapart.

    L’État reprend la main sur l’assurance-chômage… pour en baisser le coût

    C’est un bouleversement historique, mais il reste pour l’instant plutôt mal compris. Le financement et la gouvernance de l’assurance-chômage vont changer de nature, comme Mediapart l’a déjà détaillé : d’ici à la fin de l’année, les salariés ne se verront plus prélever aucune cotisation chômage sur leur salaire. Ces cotisations alimentaient jusqu’ici les caisses de l’Unedic, qui gère l’assurance-chômage. Désormais, ce sont tous les Français qui contribueront à financer les allocations chômage, via un relèvement de la CSG, un impôt directement versé à l’État, qui pourra ensuite en disposer à sa guise.

    C’est la fin de ce qu’on nomme le modèle assurantiel : chaque salarié versait une partie de son salaire pour s’assurer contre la perte de son emploi, et les indemnités chômage versées dépendaient de la durée d’emploi et de la rémunération précédente. Désormais, c’est l’État qui décidera quelle part de son budget doit être affectée au financement du système de chômage. Sans aucune garantie qu’à terme, le montant des allocations chômage ne baisse pas drastiquement, puisque les salariés n’y contribueront plus directement. Ce qu’a reconnu auprès de Mediapart Aurélien Taché, le député LREM rapporteur du texte.
    Les craintes sont également alimentées par le fait qu’en amont de chaque négociation entre syndicats et patronat portant sur les règles de l’assurance-chômage, le gouvernement fixera désormais un sérieux cadrage, budgétaire et politique. Bref, même si les partenaires sociaux restent officiellement maîtres des décisions, l’État reprend largement la main.

    Il a d’ailleurs déjà commencé. En cours de discussion du texte de loi, le gouvernement a fait adopter aux députés un amendement demandant aux partenaires sociaux de relancer au plus vite des négociations sur l’assurance-chômage. Alors même que les nouvelles règles sont entrées en vigueur en novembre 2017, et qu’elles ne sont censées être rediscutées que tous les trois ans.

    Pour Emmanuel Macron, il s’agit d’une part d’afficher son nouveau souci de mieux associer les syndicats et le patronat à ses réformes sociales. D’autre part, il est surtout question de modifier les conditions dans lesquelles sont utilisés les contrats de travail précaires, les cumuls salaires-allocations chômage pour les chômeurs travaillant quelques heures par mois, ou l’indemnité pour les chômeurs de longue durée.

    La loi « donne aux partenaires sociaux la capacité de négocier une nouvelle convention autour des sujets qui nous préoccupent », a indiqué, pour la version soft, le député Aurélien Taché. La version hard provient du cabinet du ministère du travail : « Nous avons changé notre fusil d’épaule en cours de discussion, et souhaitons lancer une réforme beaucoup plus profonde que ce qui était prévu. »

    Le gouvernement est en effet inquiet de voir le niveau du chômage stagner, malgré la conjoncture économique relativement bonne. « La croissance est forte, il faut réduire le chômage quand il y a une forte demande des entreprises pour des emplois », estime le cabinet, et « il y a urgence à le faire ». Selon l’exécutif, il faut donc revoir à la baisse les règles d’indemnisation actuelles, pour obtenir une plus forte « incitation au retour à l’emploi ». Autrement dit, pousser les chômeurs à accepter toujours plus les emplois disponibles, quelle que soit leur qualité. Quitte à baisser le montant ou la durée des indemnités chômage. De quoi augurer d’un sérieux débat, dès la rentrée.

    Entre salariés et indépendants, un troisième statut pour les travailleurs « ubérisés »

    Voilà une mesure qui peut paraître anecdotique, mais qui en dit beaucoup sur le regard que porte le gouvernement sur la « disruption » économique et sur le droit du travail. Au départ, il était prévu que la réforme de l’assurance-chômage ouvre une voie d’accès spécifique au chômage pour tous les travailleurs indépendants dépendant des grandes plateformes numériques comme Uber et Deliveroo.

    Finalement, rien de tout cela. À la place, un amendement porté par Aurélien Taché avec l’aval de l’exécutif permet à la plateforme d’établir une « charte » définissant « ses droits et obligations ainsi que celles des travailleurs avec lesquels elle est en relation ». Cette charte, facultative, établirait des tarifs minimum pour les prestations des indépendants, ainsi que leurs droits et leurs devoirs. L’amendement accorde également aux coursiers et autres chauffeurs, s’ils travaillent suffisamment, un droit à la formation professionnelle, ou plutôt à l’abondement de leur compte formation, au même titre que des salariés classiques.

    Mais surtout, et c’est tout l’esprit de l’amendement Taché, signer la charte reviendrait pour les indépendants à accepter qu’il n’existe pas de « lien de subordination juridique » entre eux et la plateforme. Ce qui constituerait une sérieuse protection pour Uber ou Deliveroo contre des contentieux judiciaires lancés par des livreurs ou des coursiers mécontents, souhaitant voir leur contrat requalifié en contrat de travail classique, avec les droits afférents (heures supplémentaires, congés payés, protection sociale).

    Sans surprise, les coursiers à vélo sont vent debout contre ce petit passage de la loi, qui entérine la création d’un troisième statut, entre salariat et véritable indépendance. Il est vrai que le contexte actuel est tendu : Deliveroo a récemment été lourdement épinglé par l’inspection du travail, qui juge que les 2 286 coursiers employés dans la région parisienne sont des salariés classiques et doivent être traités comme tels. La plateforme de livraison est désormais sous le coup d’une enquête judiciaire, confiée par le parquet de Paris à l’Office central de lutte contre le travail illégal.

    Une « appli » et un décompte en euros pour la formation professionnelle

    Le gouvernement a trouvé un outil pour que chacun « devienne acteur de sa formation professionnelle » et acquière « les réflexes et l’envie de se mettre à niveau dans le marché du travail » : une application mobile. Logique pour la « startup nation » vantée par Emmanuel Macron. Selon le gouvernement, il est urgent pour la France de se réveiller. Dans la grande compétition mondiale entre pays, seuls ceux dont les travailleurs seront les mieux formés se retrouveront en haut de la chaîne de production.

    Et à l’automne 2019, assure le ministère du travail, l’envie de se former, de « s’upgrader » même, viendra d’une « appli ». Cette dernière ne devrait pas être un simple gadget, mais constituer la pierre angulaire de la réforme.

    Car dans les projets gouvernementaux, tout passera par elle : les organismes de formation devront y faire inscrire leurs formations et en gérer les disponibilités en temps réel ; les salariés passeront par son intermédiaire pour dénicher leur formation et s’y inscrire ; chacun pourra donner son avis sur les programmes suivis, grâce à des commentaires gérés et classés comme sur le site TripAdvisor…
    « C’est un pari », reconnaît le ministère du travail. Et quel pari ! S’il s’agit réellement de faire reposer tout le système français de la formation professionnelle sur un outil technologique, ce dernier devra être sacrément fiable. Sans parler des inégalités inévitables qui apparaîtront entre ceux qui maîtrisent bien l’outil numérique et les autres.

    Au-delà des questions soulevées par la croyance affichée dans un simple outil pour régler un sujet aussi complexe, la volonté d’aller au maximum vers « l’individualisation du droit à la formation » est en elle-même contestable. Face à un catalogue infini de formations, le salarié saura-t-il quel choix faire ? Qu’est-ce qui l’empêchera de s’inscrire pour quelques heures à un cours d’italien, à une formation sur la décoration intérieure ou à un stage photo sans grand rapport avec ses besoins professionnels ? C’est pour répondre à cet enjeu que la loi prévoit de multiplier et de doter de moyens les conseils en évolution professionnelle, sur tout le territoire. Une initiative largement saluée, mais qui reste encore floue.

    L’appli s’appuiera sur une autre évolution, plus discrète mais fondamentale, qui transforme tout le système. Le compte personnel de formation (CPF) des salariés ne sera plus alimenté chaque année en heures de formation, mais en euros. Chaque salarié obtiendra 500 euros par an dans une limite de 5 000 euros. Les salariés les moins qualifiés (qui ont le brevet, un CAP ou moins) obtiendront 800 euros, avec un plafond de 8 000 euros.

    Cette monétisation du CPF était une ligne rouge pour les syndicats et le patronat, pour une fois à l’unisson. Le gouvernement est passé outre, au nom de la simplification du système. Les 500 euros attribués à chaque salarié correspondent à 35 heures de formation, payées environ 14 euros chacune. Aujourd’hui, les salariés accumulent seulement 24 heures par an… mais leur tarif est bien plus élevé que celui retenu par l’exécutif : 32 euros de l’heure en moyenne, même si ce coût varie fortement selon les régions et les domaines d’activité.

    L’État pourrait donc réaliser de sacrées économies.
    Le CPF monétisé semble mal taillé pour financer des formations longues et onéreuses. Or ce sont justement celles-ci qui permettent les rebonds professionnels, les augmentations de salaire, voire le retour à l’emploi. Le ministère indique qu’il envisage en fait que le dispositif soit utilisé une fois tous les dix ans par les Français, qui disposeront donc de tout leur portefeuille de 5 000 ou 8 000 euros pour faire leurs emplettes.

    Pas suffisant, sans doute, pour régler la question des inégalités, qui est pourtant au cœur de la controverse sur la marchandisation de la formation. La France est très mauvaise élève en la matière : aujourd’hui, un ouvrier d’une petite entreprise a deux fois moins de chances d’être formé qu’un cadre d’une multinationale. Dans le nouveau système, libérés des « tracasseries administratives et des intermédiaires » selon les mots de la ministre, les plus riches et les plus insérés pourront toujours compléter ce que le gouvernement leur offre de financer, en mettant la main à la poche ou en négociant avec leur entreprise. Le risque est grand que les autres doivent patienter plus longtemps. Ou renoncer.

    Une refonte de l’apprentissage pensée pour les entreprises
    « C’est une refondation, une réforme jamais faite depuis la Seconde Guerre mondiale. » Au ministère du travail, on ne cache ni son enthousiasme ni son ambition quant à la refonte du système d’apprentissage français. Le constat est connu depuis des années. Dans l’Hexagone, seuls 7 % des 16-30 ans sont en apprentissage, contre 15 % pour nos voisins européens. Or ce type de formation est un rempart majeur contre le chômage : un an après avoir achevé leur formation, 80 % des apprentis ont un emploi stable. Le gouvernement tente donc de développer l’apprentissage, en revoyant bon nombre de règles qui le régissent.

    « Il s’agit d’ouvrir comme jamais les possibilités de créer des CFA [centres de formation d’apprentis – ndlr] », résume le cabinet de Muriel Pénicaud. À commencer par la suppression de l’autorisation administrative, jusqu’ici délivrée par les régions, nécessaire pour ouvrir un CFA.

    Dans l’esprit de l’exécutif, cela permettra à tous les secteurs professionnels, voire toutes les entreprises, de créer leur propre filière de formation, collant au plus près à leurs besoins. Les branches professionnelles seront chargées de veiller à la cohérence globale du système. On retrouve ici la patte d’Antoine Foucher, le directeur de cabinet du ministère du travail, qui avait imaginé une telle réforme lorsqu’il était le « M. Social » du Medef, son précédent poste.
    Jusqu’à présent, les CFA étaient financés grâce à la taxe d’apprentissage, payée par les entreprises, et dont les régions conservaient environ une moitié, pour financer la formation selon leurs priorités. La taxe d’apprentissage est supprimée et remplacée par une « contribution alternance », qui ira presque intégralement aux CFA. Chaque centre collectera ainsi directement la majeure partie des financements dont il a besoin.

    Pour les employeurs, une aide unique et plus lisible est aussi mise en place : 6 000 euros par an pour chaque jeune recruté comme apprenti dans une entreprise de moins de 250 personnes. Les apprentis de moins de 21 ans, eux, obtiennent une petite augmentation, de 30 euros mensuels (ils sont payés de 374 à 974 euros en fonction de leur âge et de l’année d’étude). Ils auront aussi droit à une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire.

    La possibilité d’entrer en apprentissage court désormais jusqu’à 30 ans, et non plus 25 ans. Une idée séduisante sur le papier mais, comme nous le soulignions dans un récent reportage, les jeunes professionnels de 25-30 ans ambitionnent généralement de gagner plus que 78 % du Smic au maximum…

    Pour lever tous les freins, Muriel Pénicaud a également assoupli les possibilités de recrutement et de rupture d’un contrat d’apprentissage. Elle autorise la rupture du contrat par l’apprenti, après intervention d’un médiateur, et prévoit son maintien dans les CFA. En contrepartie, le passage obligatoire aux prud’hommes en cas de licenciement par l’employeur pour faute grave ou inaptitude est supprimé.

    Rien n’est pensé en revanche pour mieux accompagner les jeunes de 16 ans démarrant l’apprentissage. Ils passent pourtant soudainement d’une vie de collégien ou de lycéen, avec ses vacances et ses plages de temps libre, à la réalité du monde professionnel, ses obligations, ses horaires et ses jours de repos peu nombreux. Cela explique en partie pourquoi un quart des contrats d’apprentissage sont rompus en cours de route, mais la « refondation » du statut ne s’attarde pas sur cette question.

    #chômage #assurance-chômage #radiations #travail #emploi #plateformes #formation #apprentissage


  • Apprentissage : l’entreprise, la meilleure école de formation ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre-dete/apprentissage-lentreprise-la-meilleure-ecole-de-formation

    La loi « liberté de choisir son avenir » est examinée au Sénat depuis le mardi 30 juillet. Envisagé comme une solution au chômage, l’apprentissage y tient une place importante. Pourtant, l’entreprise est-elle la meilleure école de formation ?

    Pas encore écouté, je poste pour le nom nord-coréen de la loi. Punaise !


  • l’#école est un champ de bataille

    Dans un établissement parisien, un aide-cuisinier est mort d’une crise cardiaque. Ses collègues ont dénoncé les effets d’un surmenage lié à la réduction des effectifs car la Région, chargée des cantines des lycées, avait précarisé les emplois et réduit leur nombre. Le problème était connu, discuté chaque année en conseil d’administration. L’homme savait qu’il ne tiendrait pas. Le personnel s’est ému, a accusé : nous sommes en danger et personne ne nous protège. La direction de l’établissement s’est sentie visée et a refusé que leur tract soit diffusé aux parents d’élèves. Ce sont des élèves de Terminale qui ont fait fuiter l’affaire. L’une d’entre elles a écrit en toutes lettres dans un blog de l’établissement que la direction avait dans cette affaire des responsabilités et que ce n’était pas normal de mourir sur son lieu de travail. L’enfant a été convoquée dans le bureau du proviseur qui avait déposé plainte pour diffamation. Au bout de deux heures, l’omerta reprenait, l’élève avait retiré son post et devenait mutique avec ses camarades. Des parents d’élèves s’en émurent, trouvant que cette judiciarisation face à un conflit du travail n’était pas raisonnable, que ce n’était pas ainsi qu’ils souhaitaient que leurs enfants soient éduqués, voire qu’ils trouvaient que cette enfant avait raison et qu’il fallait renouer un dialogue. En vain : la fédération FCPE rejoua l’omerta, refusa d’envoyer une lettre à la Région que des parents d’élèves avaient rédigée, sous prétexte que cela ne servirait à rien et pis, mettrait le proviseur en difficulté. Elle refusa d’entendre ses adhérent·e·s mécontent·e·s, et tout est rentré « dans l’ordre ». Les personnels sont donc bien seuls pour affronter une Région qui fait entrer la lutte des classes et l’oppression au cœur d’un établissement scolaire sans que la communauté scolaire ne puisse s’en émouvoir publiquement. Oui le conflit est au cœur de l’école, car #éduquer n’est pas #instruire et si les parcs KidZania se sont multipliés dans le monde, permettant aux enfants de faire l’#apprentissage de l’art de vivre en bon capitalistes, faut-il accepter que l’école soit le lieu de l’apprentissage de l’insensibilité ? La #neutralité scolaire impose-t-elle de taire les #conflits ? N’est-elle pas au contraire le lieu privilégié de leur expression, grâce à laquelle le savoir devient politique ?


    https://vacarme.org/article3097.html


  • Le FMI et la France : encore un abus d’ingérence ! 11 juin 2018 par CADTM France
    http://www.cadtm.org/Le-FMI-et-la-France-encore-un-abus-d-ingerence

    Le 4 juin dernier, le FMI a publié sa lettre [1] de fin de mission et énonce ses recommandations pour la France. On pourrait croire à une déclaration de politique générale tant cette lettre semble faite de copiés-collés du programme des instances ministérielles et des annonces de l’Élysée. Il y a là une ingérence manifeste et partisane au sens où le FMI dicte ses orientations politiques au gouvernement français et que ces orientations rabâchées jusqu’à plus soif vont toujours dans l’intérêt des classes dominantes.


    Il en est ainsi : 
- de la réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage (débat en cours sous l’intitulé = « Projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ») ; 
- de celle de la SNCF (« Projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ») ; 
- de la réduction des dépenses publiques (en cours avec le projet Cap 2022 qui prévoit une réduction des dépenses publiques de 30 % de leur montant actuel avec 120 000 suppressions d’emplois dans la fonction publique [2]) ; 
 du déploiement d’outils macroprudentiels pour éviter des déséquilibres tant que les conditions financières restent favorables (favorables à qui, la lettre ne le précise pas, mais chacun-e aura compris que ce n’est pas pour les classes populaires).

    Par « outils macroprudentiels », est-ce la théorie du ruissellement chère à Macron qui veut faire croire que l’enrichissement immédiat de quelques-uns aux dépens du plus grand, finira par provoquer des retombées positives pour tous in fine, théorie dont nous avons pu vérifier l’inanité depuis le fameux théorème d’Helmut Schmidt de 1974 (les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain) ? Ou bien s’agit-il d’un paquet de mesures associant la casse de la protection sociale, des cadeaux fiscaux au patronat et les bras ouverts à la finance ?

    Quoiqu’il en soit, face à cette ligue factieuse (Macron-FMI), les chômeurs, les salarié-e-s (à statut ou sans statut) n’ont pas d’autres voies que celui des mobilisations.

    Nous n’avons pas attendu que le FMI en remette une couche pour combattre la financiarisation et les injustices de cette société.

    Un groupe de citoyens a commencé à mettre à nu le système-dette appliqué à l’assurance chômage [3] et a interpellé le ministère du Travail et la direction de l’Unedic qui, par leur silence, montrent leur peur de la vérité et de la transparence.

    La dette de la SNCF [4] a été détricotée par le cabinet DEGEST qui a montré que pour 100 € d’empruntés, si 41 € allaient bien à l’investissement, 59 € servaient le système financier. Les cheminots en sont à leur deuxième mois de grève et malgré les tentatives du gouvernement et de ses chiens de garde (les médias à sa botte), la mobilisation ne faiblit pas.

    Du coté des hôpitaux et des Ephads, la lutte continue de même en de nombreux endroits et la population apporte son soutien à ces mobilisations.

    Cette lettre de fin de mission constitue un véritable satisfecit politique donné au gouvernement Macron et un encouragement à poursuivre dans la même voie.

    C’est une véritable ingérence de la part du FMI, ce qui ne nous surprend pas. Encore une fois, cette institution financière internationale se comporte de façon partisane en faveur des plus riches et des transnationales contre les peuples. Le CADTM appelle à la dissolution du FMI, en grande partie responsable des différentes crises qui se succèdent depuis sa création. L’institution est nuisible pour les populations depuis ses fondations et il faut œuvrer à construire des alternatives respectueuses de l’humain et son environnement, sans quoi la précarité va continuer à se généraliser malgré la croissance des richesses entre les mains d’une élite déconnectée de la réalité.

    Notes
    [1] http://www.imf.org/fr/News/Articles/2018/06/04/ms060418-france-staff-concluding-statement-of-the-2018-article-iv-mission
    [2] http://www.modernisation.gouv.fr/sites/default/files/fichiers-attaches/dp_ap_2022.pdf
    [3] http://gacdac.canalblog.com
    [4] https://www.bastamag.net/Comment-la-dette-de-la-SNCF-enrichit-les-marches-financiers-au-detriment-d

    #FMI #France #gouvernement_français #formation_professionnelle #apprentissage #assurance_chômage #SNCF #dépenses_publiques #chômeurs #financiarisation #injustices #dette #Unédic #DEGEST #hôpitaux #Ephads #nuisible #précarité #richesse #élite #CADTM #guerre_aux_pauvres #emmanuel_macron #macron #réformes_antisociales



  • L’#histoire à l’heure du #Big_Data - Sciences | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-015617/l-histoire-a-l-heure-du-big-data

    Au croisement de l’histoire et des nouvelles technologies, la #Venice_Time_Machine est un projet ambitieux de numérisation des 10 siècles d’archives accumulées par le puissant Etat Vénitien. Des scientifiques de l’#EPFL à Lausanne et de l’#université_Ca’Foscari de #Venise travaillent ensemble à l’élaboration d’un outil numérique inédit qui fera renaître sous nos yeux la Venise du passé.

    #archives #tomographie #systèmes_d'information_géographique #mégadonnées


  • Calcul et lecture : le ministre de l’Éducation fait la leçon aux instituteurs (Le Parisien)
    http://www.leparisien.fr/societe/calcul-et-lecture-le-ministre-de-l-education-fait-la-lecon-aux-instituteu

    [À l’intention des enseignant·e·s], le ministre de l’Éducation nationale publie au « Bulletin officiel » quatre circulaires, qui détaillent avec une minutie rare, sinon inédite, des « recommandations » sur la meilleure manière d’inculquer aux écoliers les bases du calcul, de la résolution de problèmes mathématiques, de la lecture et de la grammaire. Des milliers de livrets sur « l’apprentissage de la lecture au CP », de 130 pages chacun, sont aussi partis du ministère. Destination de ce petit livre orange : le casier des maîtres et maîtresses, dans toutes les écoles de France.

    Les documents sont téléchargeables sur le site du Ministère :
    “4 priorités pour renforcer la maîtrise des fondamentaux”
    http://www.education.gouv.fr/cid129644/4-priorites-pour-renforcer-la-maitrise-des-fondamentaux.html

    De nouvelles recommandations pédagogiques viennent en appui des programmes scolaires pour faciliter l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, respecter autrui. Quatre recommandations pédagogiques et un guide « Pour enseigner la lecture et l’écriture au CP » ont été transmis, le 26 avril 2018, aux professeurs des écoles et des collèges afin d’amener tous les élèves à la réussite scolaire.

    Cette démarche interroge :
    – Le contenu de ces documents est plus idéologique que pédagogique, sa médiatisation a été orchestrée autour du concept fantasmé du #retour (de la dictée, du calcul mental, de la grammaire). Le fondement scientifique de ces documents est adossé au nouveau Conseil scientifique de l’éducation nationale, créé à sa main par le Ministre, très orienté "#neurosciences" et dont les partis pris idéologiques et scientifiques sont contestés [1].
    – La démarche est maltraitante pour les enseignant·e·s qui semblent rappelé·e·s à l’ordre, être incompétent·e·s et ignorant·e·s sur leur cœur de métier. Une fois encore le Ministère semble considérer que rien ne se fait dans les classes et que tout est à remettre en ordre de marche : enseignant·e·s, pratiques, méthodes. C’est une spécificité récurrente du Ministère de l’Éducation.
    – La démarche est profondément macronnienne : démagogique, idéologique, verticale. Démagogique car il s’agit de jouer les usagers contre les enseignant·e·s en laissant croire que la méthode globale a encore cours, ou que la dictée ou la calcul mental ont disparu, ce qui est faux. Idéologique car ces textes participent d’une standardisation des méthodes sur le modèle anglo-saxon : taylorisation des apprentissages dans les écoles publiques, innovation dans les écoles (alternatives ou différentes) privées. Verticale : le retour de Jean-Michel Blanquer au Ministère a sonné le retour des années Darcos, de la caporalisation, de la verticalité du management et de l’extrême personnalisation puisque fait rarissime le ministre signe lui-même ces textes, circulaires et livre.
    – Cette agitation fait l’impasse sur l’essentiel. Tous les rapports de ces dernières années, issus du ministère (y compris ceux commandés récemment par ce ministre) ou d’une expertise internationale, pointent la faiblesse de la formation, initiale et continue, des enseignant·e·s français·e·s. Or la divulgation de la Vérité Révélée du Grand Timonier de l’éducation via son petit livre orange semble être la seule ambition gouvernementale en terme de formation des enseignant·e·s, là où un plan ambitieux de formation en lien avec la recherche, appuyé sur l’échange de pratiques et nourri d’expérimentations et d’innovations serait l’urgence.

    Les réactions n’ont donc pas tardé :

    Les circulaires Blanquer, « une négation totale de l’expertise des professeurs » (Francette Popineau - SNUipp/FSU, Libération)
    http://www.liberation.fr/france/2018/04/26/les-circulaires-blanquer-une-negation-totale-de-l-expertise-des-professeu

    Ce qui nous inquiète aussi est que, depuis le début, ce ministre laisse croire que la question de la réussite scolaire est attachée à une méthode. Ce discours extrêmement simpliste ne dit rien de toute la complexité du métier. […] Il y a surtout une négation totale de l’expertise des professeurs. On recrute des gens à bac + 5 et on leur donne une notice de montage. […] M. Blanquer sert à l’opinion publique des discours extrêmement simplistes, des leurres, qui mettent en difficulté les enseignants et les familles. […] Il fait l’inverse de ce que font les pays qui réussissent, qui mettent beaucoup de confiance dans le travail enseignant.

    De la « liberté pédagogique » à la sauce Blanquer… (Alain Refalo, blog)
    https://alainrefalo.blog/2018/04/27/de-la-liberte-pedagogique-a-la-sauce-blanquer

    J’ajoute que sans confiance et sans preuve de confiance vis-à-vis des enseignants du primaire, le ministre ne peut que susciter à nouveau découragement et désarroi. Las de tous ces changements au gré des ministres qui passent, épuisés par des conditions de travail de plus en plus stressantes, les enseignants du primaire n’accepteront pas que la nation continue à les mépriser et les déconsidérer éternellement. Ils ne le méritent pas. Ils demandent aujourd’hui tout simplement le respect et la considération, ce qui passe aussi par la revalorisation de leur métier, de leur formation comme de leur salaire.

    L’école est en danger d’implosion. Alors on attend du ministre, non pas des phrases démagogiques et assassines, mais de l’écoute et des décisions qui donnent du sens et des perspectives novatrices et positives pour construire une école plus juste, plus coopérative et si possible plus efficace.

    Jean-Michel Blanquer : plus que jamais, populiste et autoritariste (Paul Devin, Le Club de Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/paul-devin/blog/260418/jean-michel-blanquer-plus-que-jamais-populiste-et-autoritariste

    L’idéologie simplificatrice, le discours populiste, l’autoritarisme … tous les ingrédients d’une politique qui tente désespérément de cacher son incapacité à faire preuve de la détermination budgétaire nécessaire pour améliorer l’école et lui permettre d’atteindre ses objectifs de démocratisation de la réussite scolaire.

    Orange is the new populisme Monsieur le Ministre (800 000 Feignasses)
    https://800000feignasses.com/orange-is-the-new-populisme-monsieur-le-ministre

    Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des incompétents, ne sachant même pas quelle réglure choisir pour l’apprentissage de l’écriture, par exemple. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des paresseux qui en font le minimum, refusant de se remettre en question. Un petit livre orange qui fait passer les enseignants pour des idiots pratiquant, sans même s’en rendre compte, une méthode de travail menant inéluctablement leurs élèves à l’échec. […] Ce petit livre orange (et surtout toute la communication qui l’entoure) n’est pas destinée aux enseignants. Elle n’est pas destinée à faire avancer les choses ou à apporter de l’aide. Elle est destinée aux parents inquiets et à tous ceux qui pensent que l’école n’est plus ce qu’elle était. Elle est destinée à apporter une solution simpliste à un problème complexe. Un problème sociétal mêlant, bien entendu, des problèmes scolaires, mais également la grande pauvreté, l’urbanisme et la ghettoïsation, l’accès à la culture, les problèmes d’éducation, les nouvelles technologies, l’individualisme forcené… Et qu’importe si pour cela il vous faut discréditer l’éducation nationale, participant ainsi à la destruction du lien entre cette institution et le public.

    Un témoignage assez représentatif d’une enseignante (Charivari, Facebook)
    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2062803910711349&id=1610357745955970

    Les profs en ont assez de ces changements de cap, de ces ministres tonitruants qui ferment nos classes, alourdissent les programmes, suppriment les RASED, diminuent les heures/jours de classe tout en réclamant de meilleurs résultats. […]
    Or les programmes 2008, ils ont été appliqués de 2008 à 2015. Des bons programmes de droite, avec beaucoup de calcul, beaucoup de lecture, et la même aversion pour la vilaine méthode globale-beurk.
    À l’époque, comme aujourd’hui, on nous avait promis que grâce à ces bonnes vieilles recettes qui avaient fait leurs preuves, le niveau allait monter.
    Cela n’a pas été le cas du tout. Au contraire, tout le monde s’affole aujourd’hui à cause d’une dégringolade jamais vue jusque-là dans les classements internationaux.
    […]
    En attendant, les profs ne seront pas mieux formés, pas mieux encadrés… et une classe ferme dans mon école rurale alors que les effectifs n’y baissent pas.

    Enfin pour une lecture critique des conceptions du ministre sur la lecture et l’étude de la langue, on pourra jeter un œil sur :
    La liberté pédagogique n’est plus ? (Catherine Chabrun, blog)
    http://www.catchabrun.com/2018/04/la-liberte-pedagogique-n-est-plus.html

    #éducation #école #primaire #apprentissages_fondamentaux #MEN #injonctions #agitation_médiatique #polémiques_stériles

    [1] cf. http://seenthis.net/messages/658626, http://seenthis.net/messages/659075, http://seenthis.net/messages/670344


  • Faut-il définitivement renoncer à comprendre comment les #élèves apprennent des #connaissances générales à l’#école, tandis que celle-ci a manifestement échoué à les enseigner ? Peut-être pas, selon André Tricot...

    http://sms.hypotheses.org/2858

    #connaissance,#élève, #école, #formation, #former, #enseigner, #enseignement, #enseigner, #apprendre, #apprentissage, #primaire, #ignorance, #savoir, #histoire, #sociologie



  • Aurélien Taché : « En matière de protection sociale, on prône un système plus universel »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280318/aurelien-tache-en-matiere-de-protection-sociale-prone-un-systeme-plus-univ

    Pôle emploi. © Reuters (Archives). Le projet de loi réformant l’assurance #chômage et la formation est désormais sur la table, à peu près conforme aux arbitrages gouvernementaux dévoilés début mars. Le futur rapporteur du texte à l’Assemblée nationale, le député LREM Aurélien Taché, assume les risques du changement de modèle voulu par Matignon.

    #France #apprentissage #avant_projet_de_loi #Contrôle_des_chômeurs #formation_professionnelle #réforme #social


  • Classes de CP à douze élèves : une réforme à marche forcée (Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/education/article/2017/06/24/classes-de-cp-a-douze-eleves-une-reforme-a-marche-forcee_5150431_1473685.htm

    Manque de locaux, professeurs difficiles à trouver : l’application, dès la rentrée, de cette promesse de campagne du candidat Macron tourne au casse-tête.

    Un an plus tard :
    Classes à 12 élèves : le prix à payer (L’instit’humeurs, Blog)
    https://seenthis.net/messages/671739

    #éducation #école #CP_dédoublé #apprentissage_de_la_lecture #effectifs #taux_d'encadrement #locaux #pédagogie