• Cet historien de l’art a réfléchi sur toutes les images. Ses travaux nous aident à mieux comprendre le monde actuel où règnent les images
    #art #images #culture #savoirs #histoire

    https://sms.hypotheses.org/20650

    Horst Bredekamp est professeur émérite d’histoire de l’art à l’Université Humboldt de Berlin. Il appartient à une génération exceptionnelle d’historiens de l’art allemands qui ont su faire exploser les limites traditionnelles de leur champ de recherche au point qu’il n’est pas rare de les voir désigner comme anthropologues, sociologues ou bien philosophes.

    Avec Hans Belting et Gottfried Boehm, les trois « B’s » comme on les surnomme parfois, Horst Bredekamp a apporté une contribution majeure à la science de l’image (Bildwissenschaft) qu’il comprend comme une réflexion interdisciplinaire sur l’image, sur toutes les images. C’est dire l’immensité des recherches qui s’est offerte à lui. Il a écrit sur l’iconoclasme, la sculpture médiévale, le football, l’art des jardins, les cabinets d’art et de curiosité, mais aussi sur les artistes de la Renaissance (Botticelli, Michelangelo, etc), les plans de Saint-Pierre de Rome, l’iconographie politique ou encore les dessins des penseurs (Darwin, Galilée, Leibniz). (...)

  • Multinationals are using violence as weapon in the COVID-19 lockdown to dispossess communities – Witness radio Witness radio
    https://witnessradio.org/multinationals-are-using-violence-as-weapon-in-the-covid-19-lockdown-t

    As Uganda begins a 32 day COVID – 19 Lockdown, multinational companies dispossessing more than 35000 natives off their land, have resorted to the use of violence to grab land for poor communities. During the previous weekend, Agilis Partners limited and Great Season Company as well as their agents severely beat William Katusiime, violently and arbitrarily arrested two people namely Sipiriano Baluma and Haweka Martin. Katusiime is a member of a community being dispossessed by Agilis Partners while Haweka and Baluma are members of a community being illegally and violently evicted by Great Seasons Company respectively.

    Last week, Ugandan government ordered the closure of schools, suspended religious gatherings across the country in an attempt to prevent the spread of coronavirus. On March, 22nd, Uganda registered coronavirus first case.

  • Premières remarques sur la crise ouverte par la pandémie
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1008-Premieres-remarques-sur-la-crise

    La pandémie actuelle du Covid-19 ouvre une crise totale, au sens où elle bouscule la totalité de l’organisation de nos sociétés, de ses aspects les plus intimes jusqu’à l’ordre #Géopolitique mondial. Il faudrait parvenir, ambition impossible, à en saisir toutes les facettes, comprendre ce qui se joue, formuler les grandes orientations envisageables et, éventuellement, le rôle que nous pouvons y jouer. Ces quelques remarques, et celles qui suivront peu à peu, ne cherchent pas à établir des vérités (...) #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Médecine, #Prospective, Géopolitique, #Pandémie_2019-2020, #Progressisme, #Technoscience, #Article, #Empire, (...)

    #Libéralisme

  • [Plein la tête pour pas un rond] Thinking Forward #carole_talon-Hugon
    http://www.radiopanik.org/emissions/plein-la-tete-pour-pas-un-rond/thinking-forward-carole-talon-hugon

    Un nouvel #art sociétal militant et des formes intransigeantes de critiques et de #censure plongent une partie de l’art dans une atmosphère globale de moralisation. Mais l’art peut-il s’assigner des buts éthiques, et peut-il être jugé sur des critères moraux ?

    Ces questions, il y a peu jugées déplacées, retrouvent une brûlante actualité.

    Pour en traiter, Carole Talon-Hugon analysera le nouvel agenda sociétal de l’art contemporain, et les formes inédites de la critique éthique et de la censure, en procédant à une mise en perspective historique faisant ressortir la particularité de la situation actuelle ; le but étant de s’interroger sur ce que l’art et l’éthique ont à gagner et à perdre dans ce tournant moralisateur de l’art contemporain.

    Carole Talon-Hugon est membre de l’Institut Universitaire de France et (...)

    #création #brigitinnes #subversion #censure,art,création,brigitinnes,subversion,carole_talon
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/plein-la-tete-pour-pas-un-rond/thinking-forward-carole-talon-hugon_08522__1.mp3

  • [Plein la tête pour pas un rond] Enregistrement - Thinking Forward #carole_talon-Hugon
    http://www.radiopanik.org/emissions/plein-la-tete-pour-pas-un-rond/thinking-forward-carole-talon-hugon/#8523

    Enregistrement

    Un nouvel #art sociétal militant et des formes intransigeantes de critiques et de #censure plongent une partie de l’art dans une atmosphère globale de moralisation. Mais l’art peut-il s’assigner des buts éthiques, et peut-il être jugé sur des critères moraux ?

    Ces questions, il y a peu jugées déplacées, retrouvent une brûlante actualité.

    Pour en traiter, Carole Talon-Hugon analysera le nouvel agenda sociétal de l’art contemporain, et les formes inédites de la critique éthique et de la censure, en procédant à une mise en perspective historique faisant ressortir la particularité de la situation actuelle ; le but étant de s’interroger sur ce que l’art et l’éthique ont à gagner et à perdre dans ce tournant moralisateur de l’art contemporain.

    Carole Talon-Hugon est membre de l’Institut Universitaire (...)

    #création #brigitinnes #subversion #censure,art,création,brigitinnes,subversion,carole_talon
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/plein-la-tete-pour-pas-un-rond/thinking-forward-carole-talon-hugon_08523__0.mp3

  • ’Behind every starchitect is an army of people’

    Tracy Meller, Roger Stirk Harbour + Partners

    https://www.youtube.com/watch?v=aQzxaFGnRaw

    Tracy Meller, partner at Roger Stirk Harbour + Partners discusses Centre House at LSE, Richard Rogers, and why the age of the starchitect is over, after she was awarded the inaugural MJ Long Prize for Excellence in Practice 2020 in March

    Since 1896, The Architectural Review has scoured the globe for architecture that challenges and inspires.

    Join the conversation for fearless storytelling, independent critical voices and thought-provoking projects from around the world.

    #architecture #starisation

  • Au hasard de l’objectif
    http://www.laviedesidees.fr/Peter-Geimer-Images-accident-histoire-surgissements-photographiques.ht

    À propos de : Peter Geimer, Images par accident. Une histoire des surgissements photographiques, Les presses du réel. L’histoire de la #photographie n’est pas seulement celle des images que les artistes ont voulu prendre. Elle est aussi faite de tout ce qui a surgi par hasard et de tous les questionnements sur ce que le visible révèle.

    #Arts #image
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200326_hasardobjectif.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200326_hasardobjectif.docx

  • Assigné à résilience
    http://liminaire.fr/journal/article/assigne-a-resilience

    Un décalage entre ce que j’ai compris au départ, l’annonce d’un confinement annoncé à demi-mots qui me rendait impossible de profiter de l’instant, en voyant tout le monde dehors, indifférent à la propagation du virus, n’ayant pas compris ou faisant semblant de ne pas comprendre l’urgence de la mise en place du confinement, qui se promenait ou investissait les parcs comme un dimanche ensoleillé de printemps. Les jours passent, je ne suis pas encore sorti depuis l’annonce du confinement. Le #Ciel se (...) #Journal / #Absence, #Mort, #Silence, #Sensation, #Paris, #Paysage, #Ville, #Journal, #Architecture, #Biographie, #Photographie, Ciel, (...)

    #Regard
    http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article2526

  • Quand les murs parlent des frontières

    Compte-rendu de #Clémence_Lehec (@clemencel), Une #géographie_expérimentale de l’art aux frontières. Filmer les graffitis du #camp_de_réfugiés de #Dheisheh, #thèse de doctorat de géographie, sous la direction d’Anne-Laure Amilhat Szary (@mobileborders) et Frédéric Giraut, soutenue à Genève, le 27 juin 2019, 381 pages et un film documentaire.

    Résumé

    Composée d’un texte de 381 pages structuré en six chapitres et d’un film documentaire collaboratif de 35 minutes, la thèse de Clémence Lehec a pour objet les graffitis des murs du camp de réfugiés palestiniens de Dheisheh, situé au sud de #Bethléem en #Cisjordanie. En documentant et en analysant par l’image (photographique et filmique) ces figures murales, l’auteur entend s’interroger sur les #représentations de la #frontière dans ce contexte marqué par l’#occupation_israélienne. Ce faisant, C. Lehec propose une réflexion théorique sur les #frontières, ainsi que méthodologique et épistémologique sur les façons de faire et d’écrire la recherche en géographie en particulier, et en sciences humaines et sociales en général.

    Le chapitre 1 est un état de l’art dédié à la définition et à la discussion des notions mobilisées dans la thèse (frontières, #martyrs), ainsi que des approches dans lesquelles elle s’inscrit (géographie expérimentale, #géographie_de_l’art). A la croisée des arts et des sciences humaines et sociales, l’auteur revendique une démarche expérimentale, collaborative, ancrée dans le terrain et « extradisciplinaire » (p. 64), c’est-à-dire qui entend dépasser les limites entre disciplines et au-delà d’elles. Dans ce cadre, une importance égale est accordée au processus de production des résultats de recherche et aux résultats eux-mêmes.

    Le chapitre 2 revient de manière réflexive sur les pratiques et les expériences de terrain de l’auteur. Dans un contexte dit « dangereux » comme le camp de Dheisheh, elle explicite et justifie un certain nombre de choix qui lui ont semblé nécessaires pour trouver sa place dans cet espace d’enquête : habiter à proximité du camp, ce qui pose la question de la peur et de la violence auxquelles la chercheuse est exposée ; accepter de mentir, notamment aux autorités israéliennes, pour pouvoir accéder à son terrain ; travailler de manière indépendante, sans partenariat, ni avec les universités israéliennes, ni avec les ONG, mais en collaboration avec les habitants. Selon C. Lehec, ce sont l’ensemble de ces choix qui lui ont permis non pas de « faire du terrain », mais d’« être au terrain » (p. 100).

    Le chapitre 3 est un chapitre méthodologique, consacré à la manière dont l’auteur a constitué et analysé un corpus photographique de graffitis réalisés sur les murs du camp de Dheisheh. Grâce à une collaboration avec un photographe professionnel et un habitant, C. Lehec a produit 1406 photographies. Avec l’aide d’un informateur, elle a ensuite traduit les textes des graffitis, les a classés en fonction de mots-clefs, ce qui lui a permis de n’en retenir que 163 pour l’analyse. S’inscrivant dans la suite des travaux de Gillian Rose (2012) en méthodologie visuelle, C. Lehec envisage les photographies comme un support d’analyse ; elle s’attache à la fois au contenu formel et à la composition des graffitis photographiés.

    Le chapitre 4 est dédié à l’analyse du corpus présenté dans le chapitre précédent. En mettant le corpus constitué en regard de travaux réalisés 25 ans plus tôt, C. Lehec met en évidence les motifs figuratifs qui ont gagné en visibilité au cours de cette période (martyrs ou shuhada, Hantala – en référence au personnage du dessinateur palestinien assassiné Naji al-Ali) et ceux qui ont diminué (armes, keffieh, logos des partis politiques, etc.). Elle porte ensuite une attention plus particulière aux représentations de la frontière dans ces graffitis. De cette analyse, l’auteur conclut que les graffitis sont une manière de mettre en scène et de donner une visibilité à la vie du camp dans tous ses aspects (politique, religieux, économique, etc.).

    Le chapitre 5 envisage un autre aspect méthodologique de la thèse portant sur le film documentaire. L’auteur dresse un historique de l’utilisation de la vidéo en géographie. Elle souligne à quel point la réalisation d’un film documentaire dans le contexte d’enquête choisi soulève des questions qui sont à la fois d’ordre éthique et politique, notamment concernant le financement d’un tel projet. C. Lehec justifie en outre le choix de réaliser un film collaboratif avec des professionnels palestiniens. Elle considère ainsi le film comme un « dispositif créateur de situations » (p. 243), qui révèle et affecte le réel, notamment en redéfinissant les relations de pouvoir entre enquêteur et enquêtés.

    A partir des 22 entretiens semi-directifs et du film réalisés, le chapitre 6 dresse une typologie croisée des acteurs et des formes de graffitis présents dans le camp. L’auteur distingue : les artistes qui mettent leur savoir-faire au service de la société et/ou du politique ; les individus qui graffent en signe de résistance à l’occupation mais sans revendication artistique ; les groupes ou individus qui produisent des œuvres non explicitement politiques. Dans tous les cas, les graffitis apparaissent comme une prérogative des habitants du camp. A cet égard, ils peuvent être envisagés comme des « objets-frontières » en ce qu’ils sont potentiellement le lieu d’affrontement de deux visions du monde : celle de ceux qui les peignent et celle de ceux qui les regardent (en particulier lorsqu’il s’agit de soldats israéliens).

    En conclusion, C. Lehec insiste sur le fait que les murs du camp peuvent être appréhendés comme des révélateurs des frontières multiples (matériels, symboliques, corporelles, etc.) qui traversent cet espace. Elle réaffirme l’importance d’une démarche de recherche engagée et expérimentale, tout en appelant de ses vœux une géographie politique féministe dont l’auteur se revendique.

    Débutant par une scène de réalisation de graffitis la nuit dans le camp de Dheisheh, le film documentaire « Les murs de Dheisheh » co-réalisé par Tamara Abu Laban et Clémence Lehec nous plonge immédiatement dans cet univers dont elles interrogent le sens en dialogue avec des habitants du camp de diverses générations et sensibilités politiques. Ce faisant, elles questionnent également la dimension vécue, relationnelle, voire identitaire des frontières qui traversent et travaillent aussi bien le camp, que le corps de ses habitants.
    Positionnement scientifique

    Sur le plan théorique, la thèse de C. Lehec se situe à la croisée de la géographie politique (notamment féministe), des border studies et de la géographie de l’art. A cet égard, elle s’inscrit dans la filiation des travaux de ses directeurs de thèse, et en particulier d’Anne-Laure Amihat-Szary sur la dimension esthétique et performative des frontières (2015), tout en leur offrant une perspective féconde et originale liée à la méthodologie employée et au cas étudié (un camp de réfugiés palestiniens). Ce faisant, cette thèse participe également au développement de la géographie de l’art dans des espaces extra-occidentaux.

    Sur le plan méthodologique, C. Lehec s’inscrit dans le champ des études visuelles, ouvert notamment par Gillian Rose (2012), que ce soit en termes d’analyse ou de production d’images (y compris en mouvement). Il est toutefois important de souligner que, dans son travail, la théorie et la méthodologie ne sont pas pensées comme séparées mais bien comme s’informant l’une l’autre, dans une perspective qui relève de la grounded theory (Charmaz, 2006).

    Par la production d’un film co-réalisé, cette thèse participe en outre à l’essor de l’utilisation de la vidéo dans les travaux de recherche. En adoptant une démarche réflexive sur l’usage de la caméra et plus largement le rapport au terrain des chercheurs, C. Lehec engage également une réflexion éthique et politique sur les manières contemporaines de faire de la recherche avec et non sur les enquêtés.
    Evaluation argumentée de la thèse

    Comme évoqué précédemment, l’une des principales originalités de la thèse de C. Lehec est de reposer sur un rendu à la fois textuel et filmique. Alors que le nombre de thèses s’appuyant sur un support filmique est encore limité en géographie française, un tel travail ouvre des perspectives quant aux possibilités offertes par un tel support. C. Lehec n’en cache pas pour autant les difficultés (techniques, financières, éthiques, etc.) que soulève la réalisation d’un projet de ce type, en particulier lorsqu’il pousse à son terme la démarche collaborative jusqu’à être réalisé en partenariat.

    Le travail de C. Lehec frappe d’ailleurs par l’honnêteté intellectuelle dont fait preuve son auteur : elle aborde ainsi de front la dimension concrète, et parfois crue, de la réalisation de la recherche (de la peur de la chercheuse sur son terrain à la recherche de financement, en passant par la question de l’usage plus ou moins licite de visas touristiques), qui fait souvent partie des non-dits de la recherche. A ce titre, cette thèse est particulièrement utile pour tous les chercheurs en géographie, et plus largement en sciences humaines et sociales, qui s’intéressent de manière réflexive aux pratiques de terrain, ainsi qu’à tous les chercheurs en formation qui sont confrontés pour la première fois à ces questions.

    La dimension expérimentale, collaborative, engagée et « extradisciplinaire » de ce travail se révèle donc stimulante aussi bien sur le plan méthodologique, que théorique et épistémologique. Elle permet en effet de discuter des manières de produire un savoir légitime aujourd’hui en géographie et en sciences humaines et sociales.
    Liste des sources ou corpus mobilisés dans la thèse

    Textes ayant servi de références pour l’évolution de la présence des graffitis dans les camps de réfugiés palestiniens des années 1990 à nos jours :
    – Culcasi K., 2016, “Engaging in the boycott, divestment, and sanctions (bds) debate”, Geographical Review, 106 (2), p. 258‑263.
    – Le Troquer Y. et Nammar I., 1993, « Reflets d’une imagerie palestinienne », Annuaire de l’Afrique du Nord, tome XXXII, p. 193‑214.
    – Steinberg P. et Oliver A.-M., 1990, The graffiti of the Intifada. A brief survey, PASSIA (Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs), Jerusalem.
    Sources des images mobilisées dans le film documentaire :
    – Photographies de Dheisheh dans les années 1950, archivées par l’association palestinienne IBDAA du camp, auteurs et dates inconnus.
    – Tony Kandah (réalisateur et producteur), 1990, Stolen Freedom : Occupied Palestine.
    (1) Sources et données primaires

    La réalisation de cette thèse s’est appuyée sur :
    – cinq séjours à proximité du camp de Dheisheh d’une durée totale de six mois effectués entre 2015 et 2017.
    – un corpus de 1406 photographies de graffitis présents sur les murs du camp, réalisées par l’auteure de la thèse avec l’aide d’un photographe professionnel et d’un habitant du camp.
    – 22 entretiens semi-directifs avec des habitants du camp.

    https://ltshs.hypotheses.org/709

    #réfugiés_palestiniens #graffiti #graffitis #art_et_politique #Palestine

    ping @nepthys @reka

  • Attestation en règle pour faire ses courses de la semaine, contrôle du sac à la sortie du supermarché par la police, 360 € d’amende pour 2 paquets de gâteaux jugés ne pas être de première nécessité.

    Je sais maintenant pourquoi j’avais cette peur sourde au ventre en allant faire les courses hier. Mes proches se demandaient si je vrillais pas parano.

    Non.

    Peut être que je sens un peu en avance certains trucs... et c’est souvent perturbant ou lourd à porter. (Thread)

    https://twitter.com/isAshPsy/status/1242556982042791942?s=20

  • #Coronavirus : l’#arrêté anti-alcool finalement abrogé dans l’#Aisne

    La préfecture avait indiqué par arrêté en milieu de journée que cette mesure visait à limiter les risques de #violences au sein du cercle familial.

    Rétropédalage en règle. Dans le cadre de la lutte contre la pandémie liée au #Covid-19, la préfecture de l’Aisne avait choisi ce lundi d’interdire la #vente_d'alcool à emporter. Autrement dit, tous les commerces alimentaires devaient maintenant fermer leurs rayons bière, vins et alcools forts. Elle a finalement fait marche arrière mardi soir, après que l’arrêté a été rendu public sur une page Facebook de la gendarmerie locale.

    Le préfet Ziad Khouzy s’est expliqué dans la soirée. Il indique avoir été « alerté notamment par les services de police et de gendarmerie sur les risques particuliers en matière de violences intrafamiliales pendant la période exceptionnelle actuelle de restriction des déplacements ». Il s’agissait aussi d’éviter les rassemblements dans la rue.
    « Néanmoins, à la suite d’échanges, en particulier avec des addictologues, sur certaines conséquences négatives possibles d’une mesure généralisée, même très temporaire, le préfet a décidé de rapporter cette disposition dans l’attente d’une évaluation plus large des mesures envisageables dans ce domaine », poursuit la préfecture.

    Les autorités rappellent que 54 places d’hébergement d’urgence sont « dédiées » aux victimes de violences intrafamiliales et que « cette capacité peut être étendue selon les besoins ». Pour rappel, ce département des Hauts-de-France déplore vingt-huit décès liés au coronavirus.

    http://www.leparisien.fr/societe/sante/coronavirus-la-vente-d-alcool-desormais-interdite-dans-l-aisne-24-03-2020
    #France #alcool #confinement #coronavirus #violences_conjugales #risque

  • Pour sortir du #confinement, un plan d’urgence anticapitaliste

    Par bien des aspects, la #crise_sanitaire en cours est un révélateur de l’incapacité du #capitalisme européen à résoudre les grands problèmes de l’humanité. L’#Italie, la #France et l’#Espagne sont les pays où le virus frappe le plus fort car le #système_sanitaire a été ravagé par les politiques austéritaires depuis au moins une décennie. En France, ce sont 69.000 lits qui ont été supprimés à l’hôpital entre 2003 et 2017, 4.000 en 2018. Par souci d’économie, les réserves stratégiques de masques et de respirateurs ont été supprimées (près d’un milliard de masques dans les années 2000 - supprimé par Xavier Bertrand en 2011). Toujours par souci d’économie, la recherche publique sur les coronavirus n’a pas été soutenue et un temps précieux a été perdu dans la possibilité de trouver des traitements efficaces. La rigueur budgétaire et la recherche du profit sont les principaux responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons.

    Confinement ou immunité collective ?

    Face à la pandémie, les gouvernements hésitent entre deux solutions. La première, minoritaire, défendue par les gouvernement britanniques et néerlandais est l’acquisition d’une immunité de groupe. Cette immunité à l’avantage d’éviter les nouvelles épidémies. Selon les connaissances que nous avons du virus (R0 ~ 2.5), cela nécessite que 60% de la population entre en contact avec le virus et en soit immunisée. Ce processus est très bien décrit par le groupe de modélisation de l’équipe ETE (Laboratoire MIVEGEC, CNRS, IRD, Université de Montpellier) (http://alizon.ouvaton.org/Rapport2_Immunisation.html). Une fois ce taux atteint, la population dans son ensemble (y compris les personnes non immunisées) est protégée contre une nouvelle épidémie.

    Cependant, sans mesure de contrôle, les projections montrent qu’entre 81 et 89% de la population pourrait être infectée. Soit entre 20% et 30% de plus que le seuil pour atteindre l’immunité collective. Cela représente potentiellement 20 millions de personnes infectées en plus dans un pays comme la France.

    Nous ne connaissons pas précisément le taux de létalité du virus. Les chiffres dont nous disposons sont tous biaisés, et a priori largement surestimés, par l’absence de tests systématiques dans la population. Plus on dépiste, plus on détecte des personnes contaminées présentant peu ou pas de symptômes, plus ce taux est bas. Mais aussi bas soit ce taux, lorsqu’il est multiplié par des dizaines de millions de personnes, les morts se compteraient très probablement en centaines de milliers. Par ailleurs, l’austérité budgétaire et l’affaiblissement des systèmes de santé doivent être intégrés dans l’équation. La létalité du Covid-19 est visiblement provoquée par un choc cytokinique qui nécessite une prise en charge en soin intensifs avec respirateurs. Plus la pénurie de respirateurs est grande, plus la mortalité est haute, plus les équipes médicales doivent choisir qui maintenir en vie et qui sacrifier par manque de moyens. C’est sûrement ce qui explique les taux de mortalité très élevés par rapport à d’autres pays en Italie, en Espagne et dans une moindre mesure en France (bien que cela pourrait s’aggraver au pic de l’épidémie) qui sont mal équipés en nombre de lits en « soins aigus ».

    Dans la plupart des pays, ces chiffres ne sont pas assumables par les gouvernements en place. Et ce sont ces projections qui ont poussé partout le pouvoir à confiner les populations malgré la crise économique majeure et les conséquences sociales dramatiques que cela entraine.

    En effet, la distanciation sociale permet de ralentir la progression du virus, d’aplatir le pic, et donc de diminuer l’afflux de malades en détresse à l’hôpital. Ce processus est décrit de façon très intuitive dans le Washington Post (https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/corona-simulator). La distanciation sociale peut recourir à plusieurs mécanismes, de la fermeture des écoles jusqu’au confinement total. L’étude publiée le 16 mars par l’Imperial College COVID-19 Response Team (https://www.imperial.ac.uk/media/imperial-college/medicine/sph/ide/gida-fellowships/Imperial-College-COVID19-NPI-modelling-16-03-2020.pdf) réalise des projections du nombre de lits occupés en soins intensifs en fonction de plusieurs scénarios de confinements. Si cette étude est forcément incomplète, notamment car les courbes dépendent du moment où les mesures sont mises en œuvre, cela nous montre que les mesures de confinement, dans le cas où aucun traitement ne serait trouvé, devraient s’étaler jusqu’à la fin de l’année 2021 pour que la population atteigne les 60% d’immunisés. Dans le cas contraire, tout relâchement du confinement pourrait correspondre à un nouveau développement incontrôlé de l’épidémie dans la population.

    Mais comment imaginer que la situation que nous vivons depuis une semaine en France se poursuivent pendant des mois ? Ce n’est tenable ni économiquement, ni socialement. Ce n’est pas le propos de cet article (pour cela voir le texte de Mimosa Effe : https://npa2009.org/idees/societe/le-confinement-la-destruction-du-lien-social-et-ses-consequences), mais le #confinement_de_classe que nous vivons actuellement doit s’arrêter. Toute vie sociale est stoppée alors qu’il faut continuer à travailler. Même si nous arrêtions toutes les productions non indispensables, ce serait tout de même des millions de travailleurs.euses qui devraient continuer à faire tourner l’hôpital, l’électricité, l’eau, le traitement des ordures ou l’alimentation – mais aussi tous les autres métiers qui permettent à ces secteurs de fonctionner ! Et cela dans un contexte d’atomisation total de notre camp avec tous les reculs sociaux et l’Etat policier total qui vont avec. A cela s’ajoute les dégâts psychologiques, les violences domestiques faites aux femmes ou la situation criminelle que sont en train de vivre les migrant.e.s, les prisonniers.ères et les sans-abris.

    Nous l’avons vu, le confinement est d’abord imposé par la faillite de notre système de santé et l’impréparation au risque de pandémie qui sont dues à l’austérité imposée par les gouvernements successifs en France et en Europe. Dans la forme qu’il prend, généralisé dans la vie sociale mais pas au travail, de classe, policier, il est la solution que les capitalistes pensent avoir trouvé pour limiter la casse et maintenir au maximum leur place dans la concurrence internationale. Mais la gestion capitaliste de cette épidémie est marquée par l’impossibilité de planifier une quelconque sortie de crise. Un gouvernement anticapitaliste, au service de la population, motivé par la santé plutôt que par les profits, pourrait mettre en place une toute autre politique.

    Existe-t-il une troisième voie ? De toute urgence prendre des mesures anticapitalistes pour sortir du confinement !

    Il ne s’agit pas ici de dire que le confinement pourrait être levé du jour au lendemain. Nous l’avons vu, étant donné les conditions d’impréparation des gouvernements et la dégradation des capacités de l’hôpital public à supporter une telle épidémie, le confinement était la seule solution pour éviter une mortalité élevée. En ce sens, toutes les initiatives syndicales ou de travailleurs.euses pour stopper le travail - et se protéger - dans les productions non-essentielles sont fondamentales. Le slogan « nos vies valent plus que leurs profits » prend ici tout son sens. Il est également fondamental de dénoncer le gouvernement qui nous explique qu’il faut renforcer le confinement mais continuer à travailler, bien au-delà des secteurs essentiels à la lutte contre l’épidémie. Pénicaud, Macron, Philippe sont plus préoccupé.e.s par le maintien des profits que par notre santé. Les scandaleuses mesures contre le droit du travail, les 35h, nos congés, articulées au renforcement de l’Etat policier, ont été prise au moment où la sidération était la plus haute dans la population.

    Mais il est indispensable maintenant de déterminer quelles sont les conditions qui permettraient d’envisager la levée du confinement à très court terme :

    – Il faut de tout urgence pratiquer le dépistage de masse. D’ailleurs, entre les lignes, le Ministre Olivier Veran reconnait lors de sa dernière conférence de presse (https://www.youtube.com/watch?v=wpGjmCkLDHs

    ) que le confinement ne pourra être levé que lorsqu’il sera possible d’effectuer plus de dépistages revenant sur la communication gouvernementale qui affirmait que le dépistage n’était plus un outil en phase 3. Le dépistage de masse permet de n’isoler que les malades et leur entourage. Il permet également une prise en charge précoce des patients considérés comme « à risque » et ainsi de diminuer la létalité du virus. Le problème, c’est que le fournisseur n’arrive pas à suivre la demande en kit de dépistage (https://www.thermofisher.com/order/catalog/product/11732088#/11732088). Il faut donc de toute urgence organiser la production de kits de dépistages en réquisitionnant les entreprises du secteur et en passant outre les brevets.

    – De toute urgence également, il faut injecter des moyens dans la santé et l’hôpital public pour augmenter les capacités de prise en charge des patients en détresse respiratoire. C’est l’inverse des politiques menées jusqu’alors qui font fonctionner l’hôpital comme une entreprise, en flux tendu, incapable de s’adapter à des situations d’urgence. Pour l’instant, le gouvernement a débloqué 2 milliards d’euros pour l’hôpital. Dans le même temps, il injecte 43 milliards dans l’économie et garantit 350 milliards d’euros aux entreprises privées !

    – Pour augmenter le nombre de lits en soins intensifs et protéger celles et ceux qui travaillent il faut réorganiser en profondeur l’appareil industriel pour planifier les productions utiles à résoudre la crise sanitaire : masques, respirateurs, oxygène… En ce sens, il faut soutenir l’action de la CGT qui demande la réouverture et la nationalisation de Luxfer, seule usine d’Europe à produire des bouteilles d’oxygène médical fermées. C’est un bon exemple qui pourrait se poser pour d’autres productions.

    Enfin, l’attention est captée à une échelle assez large sur la mise en place d’un traitement. Le plus prometteur, la chloroquine (ou son dérive l’hydroxy chloroquine) est testée dans plusieurs pays et de nombreux services hospitaliers, y compris en France, ont commencé à l’utiliser sur des malades. Ce médicament semble réduire la charge virale et la durée du portage du virus. Si ce traitement s’avère efficace, la question de la nationalisation de l’industrie pharmaceutique va devenir compréhensible à une échelle très large.C’est peut-être la peur de cette évidence qui motive les grands groupes du secteur à anticiper en proposant de fournir ce traitement gratuitement, que ce soit #Sanofi (https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-sanofi-pret-a-offrir-aux-autorites-francaises-des-millions-) ou #Novartis (https://www.lefigaro.fr/flash-eco/coronavirus-novartis-offre-130-millions-de-doses-de-chloroquine-20200320) !

    Ainsi, nous pouvons affirmer que le confinement aurait pu être largement réduit, voire évité, en généralisant les dépistages, en développant les capacités d’accueil de l’hôpital public et en accélérant les tests sur des traitements antiviraux.

    Ce plan d’urgence n’est possible à court terme que si l’on s’affronte au capitalisme. Il faut reprendre le contrôle, sans indemnité ni rachat, sur l’appareil productif, notamment dans le domaine de la santé, des protections pour les salariés, de l’industrie pharmaceutique et biochimique.

    Macron et son gouvernement, LR et le PS avant lui, portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle. L’heure de solder les comptes arrivent. Les réponses anticapitalistes pourraient alors apparaître comme une solution à une échelle inédite jusqu’alors. Pour cela, sans attendre la fin du confinement, il nous faut renforcer les réseaux de solidarité, les réseaux militants pour recommencer à agir dans la situation.

    https://npa2009.org/idees/sante/pour-sortir-du-confinement-un-plan-durgence-anticapitaliste
    #anticapitalisme #anti-capitalisme #austérité #hôpitaux #lits #masques #réserves_stratégiques #stock #respirateurs #recherche #rigueur_budgétaire #immunité_collective #immunité_de_groupe #létalité #taux_de_létalité #tests #dépistage #choc_cytokinique #distanciation_sociale #flattening_the_curve #aplatir_la_courbe #vie_sociale #travail #atomisation #Etat_policier #impréparation #troisième_voie #droit_du_travail #dépistage_de_masse #soins_intensifs #industrie #nationalisation #Luxfer #chloroquine #industrie_pharmaceutique #responsabilité

    ping @simplicissimus @fil @reka

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    Citation sélectionnée pour @davduf :

    Le confinement de classe que nous vivons actuellement doit s’arrêter. Toute vie sociale est stoppée alors qu’il faut continuer à travailler. Même si nous arrêtions toutes les productions non indispensables, ce serait tout de même des millions de travailleurs.euses qui devraient continuer à faire tourner l’hôpital, l’électricité, l’eau, le traitement des ordures ou l’alimentation – mais aussi tous les autres métiers qui permettent à ces secteurs de fonctionner ! Et cela dans un contexte d’atomisation total de notre camp avec tous les reculs sociaux et l’Etat policier total qui vont avec. A cela s’ajoute les dégâts psychologiques, les violences domestiques faites aux femmes ou la situation criminelle que sont en train de vivre les migrant.e.s, les prisonniers.ères et les sans-abris.

    • Le confinement, la destruction du #lien_social et ses conséquences

      Le 19 mars l’Assemblée rejetait l’amendement visant à prolonger le délai d’#avortement pendant la crise sanitaire. Si ce n’est finalement que peu étonnant de la part des députés LREM, ce rejet est révélateur de quelque chose de plus profond. Le confinement de la population va mettre en danger massivement les #femmes et les #classes_populaires de manière générale.

      Quelle que soit la façon dont certains ont essayé de le tourner, le confinement est profondément inégalitaire. Il y a ceux et celles qui ont un logement pour se confiner et les autres qui n’en ont pas, celles et ceux qui ont un logement décent et les autres qui ont un logement insalubre, celles et ceux qui ont une maison avec un jardin et celles et ceux qui doivent se pencher à la fenêtre pour respirer de l’air frais.

      Le message du gouvernement à l’aide de mesures coercitives violentes (oui les amendes sont effectives et en Seine-Saint-Denis elles ont conduit à des arrestations et des garde-à-vue) fait croire à la portée individuelle du confinement sans prise en charge collective de ses répercussions. Face à cela, certainEs ont essayé de mettre en place des réseaux de solidarité dans les immeubles, dans les quartiers, ... Si ces réseaux sont nécessaires et même indispensables, ils ne contrebalancent pas les problèmes qui se posent avec le confinement et qui vont forcément causer là aussi des morts, et parfois ils confortent même dans l’idée qu’il faut nécessairement rester chez soi : promener son chien, faire du jogging serait dangereux. Le propos de cet article n’est pas de dire que le confinement est inutile pour contrer le Covid-19 mais que le confinement n’est pas viable à moyen terme, c’est pourquoi la sortie de crise ne peut venir que de la mise en place d’un plan d’urgence visant à dépister et à soigner ce qui veut dire concrètement donner des moyens aux personnels de santé et des moyens de protection à la population.

      Le confinement face à l’organisation sociale de la dernière phase du capitalisme

      Le confinement dans l’histoire n’a jamais été une partie de plaisir, mais elle pose question dans le capitalisme tel qu’il s’organise aujourd’hui. Depuis les trente dernières années : on peut dire que la tendance à détruire les structures familiales est plutôt lourde. Les foyers composés de personnes seules s’élèvent à 35% des foyers (20% des femmes et 15% des hommes) auxquels se rajoutent presque 9% de familles monoparentales (dont le gros du contingent est composé de femmes). La grande majorité des foyers composés d’une personne seule ont plus de 65 ans (plus de 70%)1. Le problème c’est qu’avec cette épidémie ce sont ces mêmes personnes considérées comme vulnérables qui vont donc se retrouver complètement isolées.

      De l’autre côté, l’on sait aussi qu’un ménage sur douze vit dans un logement surpeuplé, 18% des logements sont considérés comme trop bruyant (donc mal isolés), 22% n’ont pas de système de chauffage efficient et près de 13% ont des problèmes d’humidité.2

      Le confinement produit aussi des rapports au travail qui accentuent ce qui existait auparavant : d’une part il y a ceux qui télétravaillent et ceux qui continuent de travailler dans des conditions de sécurité face au virus alarmantes et avec l’idée que le travail s’accompagne de toute une série de mesures restrictives.3 Mais à cela, il faut encore ajouter que le télétravail n’est pas le même pour tout le monde (que l’on soit cadre ou que l’on fasse un travail administratif) surtout quand l’on se retrouve face à un travail qui s’accompagne de plus en plus d’une perte de sens, d’autant plus qu’il envahit la sphère privée et que les loisirs sont considérablement réduits. Quant aux précaires, aux étudiantEs, à celles et ceux qui travaillaient sans contrat de travail, c’est une situation dramatique qui s’ouvre sans qu’aucune aide ne soit prévue si ce n’est un chômage auxquels ils n’ont pas tous droit.

      De plus, le système capitaliste entraîne une détresse psychologique : la dépression, le suicide ou les tentatives de suicides vont s’accentuer avec la perte de lien social, la perte d’activités émancipatrices et une vie tournée autour du travail.

      Toute la prise en charge associative, comme du service public de ses éléments là, comme de la prise en charge de l’extrême pauvreté va être ou drastiquement réduite voire inexistante.

      Dans le confinement, les femmes trinquent (et meurent !)

      Outre la question de l’avortement dont nous avons parlé plus haut, les femmes vont subir une répercussion violente du confinement. Elles assumeront plus de tâches ménagères qu’à l’ordinaire et de tâches de soin, et on le sait ce sont elles qui dans la plupart des foyers assumeront le suivi de « l’école à la maison » et d’occuper les enfants, sans compter les familles monoparentales ou les mères se retrouveront seules face à l’éducation de leurs enfants.

      Le confinement va augmenter les violences intra-familiales et en particulier les violences conjugales, c’est déjà ce qu’a révélé l’expérience du Wuhan4. Là encore, ces violences seront encore moins prises en charge qu’avant puisque le 3919 ne fonctionne plus pendant cette crise contrairement à ce qu’avait annoncé Marlène Schiappa.5 Au sixième jour du confinement, cette tendance est d’ailleurs aussi relatée par la FCPE ce dimanche.6

      Le manque d’accès à l’avortement pourra provoquer des recherches de solutions mettant en danger les femmes subissant des grossesses non-désirées quand celles-ci ne provoqueront tout simplement pas le suicide.

      Dans le même temps, on pourra noter que les adolescents LGBT confrontés en permanence à l’homophobie pourraient là aussi augmenter les tentatives de suicides et les suicides, alors même que c’est déjà une cause importante de suicides chez les adolescentEs.

      Ajoutons à cela que des secteurs largement féminisés se trouve en première ligne de la gestion de la maladie : infirmières, caissières, ...

      L’isolement des individus entraîne une baisse de la conscience de classe

      Le confinement produit un rapport de force dégradé de manière objective. En ce moment, des lois d’exception sont en train de passer à l’Assemblée diminuant nos droits, sans possibilité de riposte et si la légitimité du gouvernement reste affaiblie, les mesures prises rencontrent au moins une part de consentement. Si c’est le cas, c’est bien parce que la crise que l’on rencontre, a de grosses difficultés à être résolue par le système sans faire des milliers de morts.

      Individuellement, les gens ne peuvent pas se protéger et pour une grande majorité restent donc chez eux de peur (et cette peur est fondée) de devenir malade ou de l’être déjà et de contaminer d’autres personnes. Le problème c’est que sans dépistage massif et traitement le confinement risque de durer longtemps.

      Or, isolément, les gens ne peuvent d’une part pas s’organiser (ce qui dégrade le rapport de force) et de l’autre entraîne une baisse de la conscience de classe dans ce qu’elle a de plus simple car c’est l’organisation du travail qui fonde objectivement cette conscience. De plus, le confinement, repose sur le consentement d’une population à être confinée : c’est d’ailleurs par les réseaux sociaux, mais aussi dans la presse ou dans son entourage une pression sociale à « Restez chez vous », mais aussi à prendre le temps de lire ou de se cultiver.

      De fait cette pression sociale, construit alors le modèle de ceux qui y arriveraient en étant forts, en ayant accès à de la culture ou à des habitudes culturelles. Les vieux qui vivent seuls, les dépressifs, les pauvres, ceux qui n’ont pas accès à la culture se retrouveraient alors mis à l’amende.

      Pour l’instant, cette idéologie ne se fait que sous forme de pression, mais elle pourrait produire autre chose, elle passerait alors du consentement à la collaboration : elle est déjà en partie à l’œuvre de manière minoritaire, elle passe par la délation de celles et ceux qui sortent et la volonté d’un durcissement des mesures coercitives.

      Le confinement ne peut qu’être une mesure à court terme, sinon les effets violents décrits auront des effets durables, surtout si, comme c’est le cas aujourd’hui le mouvement ouvrier ne riposte pas.

      https://npa2009.org/idees/societe/le-confinement-la-destruction-du-lien-social-et-ses-consequences
      #confinés #non-confinés #inégalités #logement #mesures_coercitives #amendes #Seine-Saint-Denis #arrestations #garde_à_vue #rester_chez_soi #isolement #télétravail #chômage #détresse_psychologique #santé_mentale #école_à_la_maison #soins #care #tâches_ménagères #conscience_de_classe #lois_d’exception

  • The Great Empty

    During the 1950s, New York’s Museum of Modern Art organized a famous photo exhibition called “The Family of Man.” In the wake of a world war, the show, chockablock with pictures of people, celebrated humanity’s cacophony, resilience and common bond.

    Today a different global calamity has made scarcity the necessary condition of humanity’s survival. Cafes along the Navigli in Milan hunker behind shutters along with the Milanese who used to sip aperos beside the canal. Times Square is a ghost town, as are the City of London and the Place de la Concorde in Paris during what used to be the morning rush.

    The photographs here all tell a similar story: a temple in Indonesia; Haneda Airport in Tokyo; the Americana Diner in New Jersey. Emptiness proliferates like the virus.

    The Times recently sent dozens of photographers out to capture images of once-bustling public plazas, beaches, fairgrounds, restaurants, movie theaters, tourist meccas and train stations. Public spaces, as we think of them today, trace their origins back at least to the agoras of ancient Greece. Hard to translate, the word “agora” in Homer suggested “gathering.” Eventually it came to imply the square or open space at the center of a town or city, the place without which Greeks did not really regard a town or city as a town or city at all, but only as an assortment of houses and shrines.

    Thousands of years later, public squares and other spaces remain bellwethers and magnets, places to which we gravitate for pleasure and solace, to take our collective temperature, celebrate, protest. Following the uprisings in Tiananmen Square, Tahrir Square, Taksim Square and elsewhere, Yellow Vest protesters in France demonstrated their discontent last year not by starting a GoFundMe page but by occupying public sites like the Place de la République and the Place de l’Opéra in Paris.

    Both of those squares were built during the 19th century as part of a master plan by a French official, Baron Georges-Eugène Haussmann, who remade vast swaths of Paris after the city passed new health regulations in 1850 to combat disease. Beset by viruses and other natural disasters, cities around the world have time and again devised new infrastructure and rewritten zoning regulations to ensure more light and air, and produced public spaces, buildings and other sites, including some of the ones in these photographs, that promised to improve civic welfare and that represented new frontiers of civic aspiration.

    Their present emptiness, a public health necessity, can conjure up dystopia, not progress, but, promisingly, it also suggests that, by heeding the experts and staying apart, we have not yet lost the capacity to come together for the common good. Covid-19 doesn’t vote along party lines, after all. These images are haunted and haunting, like stills from movies about plagues and the apocalypse, but in some ways they are hopeful.

    They also remind us that beauty requires human interaction.

    I don’t mean that buildings and fairgrounds and railway stations and temples can’t look eerily beautiful empty. Some of these sites, like many of these photographs, are works of art. I mean that empty buildings, squares and beaches are what art history textbooks, boutique hotel advertisements and glossy shelter and travel magazines tend to traffic in. Their emptiness trumpets an existence mostly divorced from human habitation and the messy thrum of daily life. They imagine an experience more akin to the wonder of bygone explorers coming upon the remains of a lost civilization.

    They evoke the romance of ruins.

    Beauty entails something else. It is something we bestow.

    It will be the moment we return.

    https://www.nytimes.com/interactive/2020/03/23/world/coronavirus-great-empty.html
    #photographie #vide #géographie_du_vide #coronavirus #villes-phantomes #ghost-town #urban_matter #villes #géographie_urbaine
    via @albertocampiphoto
    ping @reka @philippe_de_jonckheere

  • Revue de presse sur migration et covid 19 en centre de rétention (Merci à Bénédicte Michalon)
    #migrants #centrederetention #France

    2020-03-19
    Malgré l’urgence sanitaire, les centres de rétention demeurent
    https://www.politis.fr/articles/2020/03/malgre-lurgence-sanitaire-les-centres-de-retentiondemeurent-
    41515/
    Chloé Dubois (collectif Focus)

    L’Observatoire de l’enfermement des étrangers appelle à la libération des personnes enfermées
    en centres de rétention administrative ou dans les zones d’attente aux frontières.
    La tension monte. Dans les centres de rétention administrative (CRA), des centaines de personnes
    étrangères attendent encore leur libération. Faute d’une décision de fermeture stricte de tous les
    lieux de rétentions – permettant d’enfermer les « sans-papiers » en vue d’une expulsion – exigée
    par le gouvernement, certaines juridictions ont ordonné, ces derniers jours, des dizaines de
    remises en liberté. Certains centres, presque vides, restent cependant ouverts. D’autres ne
    désemplissent pas, ou peu, et l’incompréhension demeure. Au regard de la loi, « une personne
    étrangère, n’ayant commis aucune infraction, ne peut être retenue qu’en vue d’une expulsion »,
    souligne David Rohi, responsable rétention à La Cimade. Or, depuis quelques jours, les expulsions
    ne sont plus envisageables. Face à la crise sanitaire mondiale provoquée par le virus Covid-19, les
    retours dans les pays d’origine représentent trop de risques de propagation du virus. Par ailleurs,
    la plupart des lignes aériennes ont été suspendues. Pour le responsable de La Cimade, « nous
    sommes donc là dans une situation d’enfermement abusive ».
    Libération immédiate des retenu.es
    Puisque rien ne justifie les enfermements, une dizaine d’organisations et d’associations
    regroupées au sein de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) ont appelé, mercredi
    18 mars, à la « libération immédiate » toutes les personnes retenues. Une exigence « absolue »,
    tant « juridique que sanitaire ». Dans son communiqué, l’Observatoire dénonce notamment le
    manque de mesures pour protéger les retenu·es et les personnes qui y travaillent comme
    l’absence de protocole sanitaire pour permettre de dépister d’éventuelles personnes porteuses
    du coronavirus.
    « Imaginez-vous être enfermé.e à l’intérieur d’un centre où il n’existe aucune "mesures barrières" ni
    rien pour se protéger, un lieu où les personnes continuent de manger ensemble au réfectoire et vivent
    dans la plus grande promiscuité, sans gants ni masques, s’indigne David Rohi. Ça commence à être
    très compliqué pour ces personnes et c’est très angoissant. » Ce mercredi matin, en dépit de toutes
    les recommandations gouvernementales visant à contenir le virus, près de 900 personnes étaient
    encore enfermées dans les CRA et une cinquantaine d’autres maintenues en zones d’attentes (ZA).
    « Des libérations individuelles ont été prononcées par des juges, mais ce ne sont pas les consignes du
    ministère de l’Intérieur, continue David Rohi. Ce que l’on nous confirme, côté préfecture et côté
    police, c’est que le fonctionnement des CRA est maintenu. » De nouveaux placements en rétention
    ont même été effectués ces derniers jours, entravant le confinement des lieux des personnes déjà
    présentes, les exposant potentiellement au virus. Interrogée par l’AFP, Laure Palun, directrice de
    l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) dénonce le « 
    contraste entre les mesures drastiques mises en place pour la population générale et l’insuffisance
    voire l’absence de mesures pour les étranger·es ».
    Adeline Hazan, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté a, elle aussi, demandé au
    gouvernement et au ministère de l’Intérieur la fermeture de tous les lieux de rétention, estimant
    que l’État manquait à son « obligation de protéger à la fois ses agents et les personnes qu’il a lui-même
    sous sa garde ». Pour l’heure, seuls les préfets de Guadeloupe (971) et des Pyrénées-
    Atlantiques (64) ont décidé la fermeture des CRA installés dans leur département.

    2020-03-19
    Rouen, Bordeaux, Lyon, Vincennes et Mesnil Amelot
    Centres de rétention : étrangers et policiers face au coronavirus

    par Julien Mucchielli / https://www.dalloz-actualite.fr/flash/centres-de-retention-etrangers-etpoliciers-
    face-au-coronavirus#.XnR_bS17Rdg

    Alors que le contentieux de la liberté des personnes retenues en centre de rétention administratif
    est toujours actif, se pose la question de la nécessité de maintenir des personnes enfermées, dans
    des conditions sanitaires non optimales, et alors que plusieurs pays, dont l’Algérie et le Maroc, ont
    fermé leurs frontières et leur liaison aérienne.
    Au premier jour du confinement sanitaire, mardi 17 mars, la cour d’appel de Rouen inaugurait la
    visioconférence pour le contentieux des libertés en droit des étrangers, qui fait partie des
    contentieux d’urgence maintenus en cette période de pandémie. Les avocats habituellement
    organisés en « défense massive », décident « au vu des circonstances », dit Me Vincent Souty, de
    n’y aller qu’à deux, avec Me Cécile Madeline. Première audience vidéo : un Soudanais apparaît à
    l’écran, dans une minuscule salle de type salle d’entretien avec avocat, entouré de près par deux
    fonctionnaires de police. Il ne parle pas français, le seul interprète disponible ne peut intervenir
    qu’au téléphone, qu’on place sous la vidéo, en haut-parleur, pour une « conf’call » judiciaire
    inédite. Le retenu suivant est arrivé menotté, en contact physique étroit avec les fonctionnaires
    qui l’escortent. « Ni les retenus, ni les fonctionnaires ne portaient de masques. Le policier avait
    même posé sa main sur le bras du retenu », rapporte Vincent Souty. « Le gouvernement demande
    à tout le monde de se confiner, et au centre de rétention administrative (CRA), ils se font des
    papouilles ! » ironise-t-il. « À un moment, on voyait quatre policiers et le retenu dans un tout petit
    espace », témoigne Cécile Madeline.
    Devant le juge des libertés et de la détention (JLD), les avocats ont déploré que « le préfet ait pris
    le risque sanitaire de placer M. (un ressortissant Algérien) en rétention, alors qu’il y a de forts
    risques de contamination au centre de Oissel », est-il écrit sur l’ordonnance. Puis, ils listent : au
    centre de rétention administrative de Oissel en Seine-Maritime (76), d’où ces retenus
    comparaissent, les occupants – ceux qui restent – sont livrés à eux-mêmes, sans consigne ni
    matériel. Les retenus dorment à six par chambre et se déplacent à leur gré à l’intérieur du centre.
    Les personnels de nettoyage et les associations qui offrent une assistance juridique aux personnes
    retenus ont exercé leur droit de retrait, mais la cantine fonctionne ; ainsi, tout le monde peut se
    réunir à table, dans le réfectoire du CRA. Ni les fonctionnaires de police, ni les retenus ni disposent
    de masque ou de gel hydroalcoolique, et les quantités de savon disponibles n’ont pas été
    augmentées. Ils ne disposent d’aucun mouchoir jetable, mais pour occuper les retenus, un babyfoot
    (qui n’est pas le divertissement idéal pour freiner la propagation d’un virus) a été mis à leur
    disposition.
    Interrogé sur le manque de matériel, le ministère de l’Intérieur affirme que « les personnels
    policiers intervenant dans les CRA ont reçu en dotation des équipements de protection
    appropriés ». Mais le fait même que des ordonnances de prolongation de rétention et des appels
    de la préfecture soient intervenus ce week-end encore, interroge sur la stratégie adoptée en temps
    de crise, alors que l’administration, malgré le matériel qu’elle dit avoir mis à la disposition des
    fonctionnaires de Police, ne semble pas être à même de faire respecter les règles sanitaires
    indispensables à la limitation de la propagation du virus. Dans un communiqué commun, les
    organisations membres de l’observatoire de l’enfermement des étrangers, dont le syndicat de la
    magistrature, estiment que « leur [les retenus] libération immédiate est une exigence absolue,
    tant juridique que sanitaire ».
    Sur ce point, le ministère de l’Intérieur explique que « seuls les étrangers en situation irrégulière
    qui ne présentent pas de symptômes évocateurs d’une infection par le covid-19 peuvent faire
    l’objet d’une procédure de placement en centre de rétention administrative (CRA). » Cette
    directive, en vigueur depuis mardi 17 mars, précise que « si lors de sa rétention, un étranger
    présente les symptômes évocateurs de l’infection par le covid-19, il est immédiatement placé en
    isolement dans une chambre simple et fait l’objet d’une évaluation médicale conduite par le
    médecin de l’unité médicale du CRA dans les meilleurs délais ».
    Enfin, « si l’évaluation médicale conclut à une infection par le covid-19, la rétention est
    immédiatement levée de la rétention et se traduit soit par une assignation à résidence (s’il dispose
    d’un hébergement), soit par une prise en charge médicale. »
    Le juge de la cour d’appel de Rouen a infirmé l’ordonnance de prolongation de rétention rendue
    le 14 mars. « Il apparaît en l’espèce que les consignes de sécurité, les mesures barrière
    recommandées pour lutter contre l’épidémie de coronavirus ne sont pas suffisamment respectées
    au centre de rétention administrative pour contrer la propagation de ce virus qualifié de
    pandémie mondiale », écrit-elle notamment. Les difficultés logistiques liées à la fermeture de
    frontières, d’aéroports sont également mentionnées, ainsi que les recommandations de l’OMS. En
    outre, la cour souligne qu’« éloigner M. […] alors que celui-ci vit en France, pays où le virus est
    actif et n’a pas atteint son développement maximum, alors qu’il est au centre de rétention où il a
    été noté que les mesures contre la contamination ne sont pas optimales, et même si M. était
    porteur sain, est un risque de faire rentrer le virus avec lui dans ce pays, de contaminer de
    nombreuses personnes et d’ainsi aider à la propagation du virus alors que toutes les mesures
    prises, y compris le confinement des personnes, ont un but contraire. » Tous les retenus de cette
    audience ont été libérés.
    À Lyon, une JLD statuant sur la prolongation de la rétention d’un Albanais, a rendu une
    ordonnance semblable, en déclinant et détaillant tous les motifs qui la conduisaient à prendre
    cette décision. La juge rappelle la situation sanitaire, le manque de matériel dédié au tribunal pour
    assurer la sécurité de tous, les vaines tentatives de faire fonctionner la visioconférence, la nonadaptation
    des locaux, souvent exigus et ne permettant pas le respect des règles sanitaires. Elle
    juge, dans son ordonnance rendue mercredi, que tous ces éléments constituent des
    « circonstances insurmontables » et empêchent la tenue de l’audience.
    Au CRA de Vincennes (qui est à Paris) et du Mesnil-Amelot (77), les conditions sanitaires sont
    semblables à celles du centre de Oissel. « La préfecture ne semble pas vouloir assumer la remise
    en liberté des personnes retenues », observe Me Patrick Berdugo. Seuls certains retenus ont été
    remis en liberté d’office, « ceux ressortissants de pays qui ont décidé la fermeture de leur espace
    aérien », explique Me Nayeli Magraner, qui représente un ressortissant colombien retenu au
    Mesnil-Amelot. Son client Mexicain a tenté, mercredi matin et sur papier libre, de déposer une
    DML au greffe du CRA, qui attend « un ordre de la préfecture », a-t-il été dit au retenu sans plus de
    précisions. En attendant d’éventuelles directives aux préfectures, c’est le juge qui libère les
    retenus. La cour d’appel de Paris, lundi 16 mars, a refusé le caractère suspensif de l’appel du
    parquet contre une ordonnance de mise en liberté rendue le 15 mars par le JLD et, le 17 mars,
    confirmé l’ordonnance du JLD. La plupart des décisions vont dans le même sens, mais pas toutes.
    Ainsi, mercredi 18 mars, la cour a maintenu un Malien en rétention au CRA de Vincennes
    (confirmant une ordonnance du JLD), estimant « qu’aucun cas de coronavirus n’a été dénoncé
    dans le centre de rétention administrative dans lequel se trouve l’intéressé, ledit centre
    comportant des unités dont, à la connaissance de la cour, le nombre de retenus par unité n’excède
    pas 50 personnes, lesdites personnes n’étant pas fixées dans une même pièce, par ailleurs, les vols
    pour le Mali ne sont pas, en l’état, suspendus ». Le fait qu’un test de dépistage du coronavirus n’ait
    été fait au CRA de Vincennes n’est pas mentionné dans la motivation de l’ordonnance. S’il est
    effectivement expulsé, le retenu sera placé en quatorzaine à son arrivée au Mali.
    Au Mesnil-Amelot, il restait, mercredi à la mi-journée, environ 170 retenus répartis sur les deux
    centres. À Bordeaux, le CRA a été intégralement vidé de ses retenus mardi soir. « La Cimade nous
    a contacté, explique Victoire Tirol, avocate à Bordeaux, pour assister les personnes pour qui elle
    avait rédigé des DML. » La préfecture de la Gironde avait demandé la prolongation de la rétention
    de quatre personnes ; huit autres comparaissaient en raison d’une demande de mise en liberté de
    leur part. Dans la soirée, tous ont été libérés « Il convient de constater que cette situation de fait
    (la fermeture des liaisons aériennes, ndlr), instaurée pour une durée indéterminée, vide la mesure
    de rétention administrative, dont Monsieur fait l’objet, de toute perspective », est-il écrit dans
    l’une de ces décisions.
    Le CRA de Bordeaux n’est pas resté longtemps vide. Dès mercredi, il a accueilli les six retenus du
    CRA d’Hendaye (qui a fermé) dont le JLD de Bayonne a refusé la mise en liberté, et deux du CRA
    de Mont-de-Marsan, dont la situation devrait être examinée par la cour d’appel de Bordeaux, qui
    pourrait tous les remettre en liberté.
    Lyon, 18 mars 2020, n° 20/00612
    Rouen, 17 mars 2020, n° 20/01226
    Bordeaux, 17 mars 2020, n° 20/02242
    Paris, 15 mars, n° 20/00966, n° 20/01182 et 17 mars 2020, n° 20/01200

    2020-03-19
    Plaisir (sud-ouest de Paris)
    Coronavirus dans les Yvelines : les clandestins du centre de rétention de Plaisir seront-ils libérés ?
    Le Parisien / Julien Constant

    Dix-sept d’entre eux vivent dans la promiscuité avec les policiers. Leur libération sera accordée
    au cas par cas.
    Plaisir. Les locaux du centre de rétention au commissariat
    Même si deux personnes ont été libérées ce jeudi matin du centre de rétention de Plaisir (CRA),
    l’inquiétude monte tant du côté des policiers de la police aux frontières (PAF), qui les gardent, que
    dans chez leurs voisins du commissariat de Plaisir travaillant dans le même bâtiment. Il reste dixsept
    étrangers retenus dans les locaux du centre.
    « Si les visites ont été réduites elles continuent d’avoir lieu, précise Julien Le Cam du syndicat
    Alliance. Mes collègues disposent de gel hydroalcoolique pour se protéger et de gants la situation
    est loin d’être idéale ». Le barreau de Versailles, rappelle que les associations qui viennent en aide
    aux étrangers ne sont plus présentes physiquement au centre de rétention ce qui « aggrave encore
    la situation très fragile de ces personnes ». Ouvert en 2006, le CRA de Plaisir compte vingt-six
    places. La durée moyenne de la rétention avoisine quatorze jours, mais elle peut atteindre jusqu’à
    90 jours.
    Que faire des étrangers placés en rétention à Plaisir ? Épineuse question à l’heure où le pays est
    en confinement. La question de leur expulsion dans leur pays d’origine semble définitivement
    tranchée puisque les frontières de l’Europe sont officiellement fermées. « Et peu avant, en Algérie,
    les autorités avaient refusé d’accepter le débarquement de certains clandestins reconduits pour
    des raisons sanitaires », souligne une fonctionnaire.
    Neuf demandes déposées ce jeudi par les avocats
    Les arrestations d’étrangers en situation irrégulière ont été stoppées par les forces de l’ordre pour
    éviter d’augmenter le nombre des rétentions. Mardi dernier le ministre de l’Intérieur, Christophe
    Castaner a dispensé les personnes étrangères dont la durée de validité du titre de séjour est
    expirée à compter du 16 mars dernier d’accomplir les démarches pour en solliciter le
    renouvellement, de telle sorte qu’elles n’aient pas à se déplacer pour ce motif. La validité des titres
    de séjour sera prolongée jusqu’à 180 jours.
    « Mais la préfecture continue de délivrer des ordres de quitter le territoire », souligne une avocate
    Versaillaise spécialisée dans le contentieux lié aux étrangers. La juriste pense avec le soutien de
    l’association d’aide aux étrangers « France Terre d’Asile », demander massivement la libération
    de pensionnaires du centre de rétention de Plaisir en invoquant l’idée que « les conditions
    sanitaires n’y sont plus remplies ».
    En fait neuf demandes de remise en liberté sont déposées ce jeudi pour des étrangers retenus à
    Plaisir. La décision de la libération ou du maintien en rétention reviendra aux juges des libertés et
    de la détention de Versailles qui arbitrera le destin de chaque étranger en situation irrégulière au
    cas par cas. La première demande a été rejetée en début d’après-midi, le juge considérant les
    conditions d’accueil et de sécurité étaient remplies pour poursuivre la rétention.

    2020-03-19
    Rennes
    Coronavirus. Les Insoumis inquiets pour le sort des migrants dans les squats
    Ouest-France / https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-les-insoumisinquiets-
    pour-le-sort-des-migrants-dans-les-squats-6785715

    Les élus insoumis de Rennes s’inquiètent du sort des sans-abri et migrants vivant dans des squats
    à Rennes. Ils demandent à la mairie d’intervenir avec ou sans l’aide de la préfecture.
    Selon les élus Insoumis de Rennes, les placements en centre de rétention se poursuivent.
    Incompréhensible pour eux, en pleine période de confinement. | Joël Le Gall
    Après les associations, à leur tour, les élus insoumis de Rennes s’inquiètent du sort des sans-abri
    et migrants vivant dans des squats à Rennes, en pleine période de confinement, face à l’épidémie
    de coronavirus.
    Selon Jean-Paul Tual et Yannick le Gargasson, les placements en centre de rétention se
    poursuivent voire même devraient s’accélérer dans les jours qui viennent. Aucun geste barrière
    ne peut être respecté dans ce cadre !
    La Cimade assure de son côté que 21 personnes sont retenues au centre de rétention
    administrative de Rennes. Elle réclame leur mise en liberté.
    « Un abandon total »
    Les Insoumis alertent par ailleurs sur la situation dans les squats des Veyettes et du Manoir du
    Bois Perrin, qui ont besoin de conseils, d’aides matérielles (absence de chauffage, de gaz,
    difficultés d’accès à l’eau…) et de consignes claires. Pour l’instant, rien n’est prévu et la crise du
    coronavirus ne peut pas être intégrée dans des lieux où la promiscuité est importante et les règles
    d’hygiène impossibles à respecter. Il y a là un abandon total des pouvoirs publics.
    Les Insoumis saluent l’action de la maire de Rennes qui a décidé de déménager les deux gymnases
    Rennais (le gymnase du Haut-Sancé et le centre de loisirs Robert-Launay, N.D.L.R.) où étaient
    entassées des familles migrantes. Ce point est positif car elles seront désormais mieux isolées les
    unes des autres. Hélas, aucun moyen de transport n’a été prévu pour le déménagement, la Ville se
    repose sur les bénévoles qui n’ont… pas le droit de se déplacer !
    Réquisitionner les hôtels ?
    Pour rappel, la Ville se défend en disant qu’elle fait au mieux, en lien avec les associations,
    accomplissant des missions qui incombent normalement à l’État.
    Chaque soir, environ 850 migrants sont hébergés dans des hôtels par la municipalité. La maire,
    Nathalie Appéré, a invité, hier, mercredi 18 mars, la préfecture à réquisitionner des hôtels et des
    bâtiments d’hébergement : Seul l’État a les moyens de les réquisitionner pour que les sans-abri
    puissent respecter les consignes sanitaires pour se protéger et protéger les autres.
    Selon nos informations, en mairie, on s’alarme cependant du manque de réactivité des autorités
    préfectorales. Nous demandons solennellement à la maire de tout mettre en oeuvre pour que les
    personnes à la rue n’y soient plus, avec ou sans l’aide de la préfecture, soulignent les Insoumis.

    2020-03-19
    Bordeaux
    Justice : un juge bordelais a ordonné la libération de 12 sans-papiers en centre de rétention
    Sud-Ouest/ Yann Saint-Sernin https://www.sudouest.fr/2020/03/18/le-grand-flou-pour-lessans-
    papiers-en-retention-7342811-10142.php#article-comments

    La rétention administrative des sans-papiers a-t-elle encore un sens en contexte de confinement ?
    Non, a répondu mardi matin un juge des libertés et de la détention (JLD) bordelais. Celui-ci a
    ordonné la sortie des 12 sans papiers qui étaient retenus au Centre de rétention administrative
    (CRA) de Bordeaux.
    (Je n’ai pas accès à la totalité de l’article)

    2020-03-19
    Calais / Coquelles
    Le coronavirus vide (presque) totalement le centre de rétention de Lesquin
    La Voix du Nord / https://www.lavoixdunord.fr/728897/article/2020-03-19/le-coronavirusvide-
    presque-totalement-le-centre-de-retention-de-lesquin

    D’ici la fin de la semaine, la plupart des personnes sans-papiers placées au centre de rétention
    administrative de Lesquin devraient être libérées. Au regard du blocus mondial lié au coronavirus,
    il n’est simplement plus possible de les expulser.
    Lakhdar Belaïd | 19/03/2020
    En début de semaine, Jean-Baptiste Dubrulle, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Lille, écrivait
    au préfet des Hauts-de-France. Le responsable d’un ordre comptant plus de 1300 avocats
    demandait à l’Etat de ne pas prendre le risque de transformer le centre de rétention
    administrative de Lesquin en bouillon de culture.
    Le CRA compte, cette semaine, une soixantaine de retenus. Mardi, un Colombien recouvrait la
    liberté après son passage devant le juge des libertés et de la détention. Le lendemain, cinq autres
    étrangers aussi. Ce jeudi, la cadence s’est accélérée. Sur 46 dossiers examinés, plus de 37 cas ont
    abouti à un retour à la liberté. Dans le processus de privation de liberté des étrangers sans papiers,
    le JLD doit régulièrement se prononcer. Qu’il s’agisse de prolonger la rétention ou d’étudier des
    demandes de mise en liberté.
    « Les conditions d’hygiène sont discutables. Sans gants, sans bactéricide... Les gestes barrières ou
    la distanciation sociale sont impossibles »
    Depuis le début de la semaine, la préfecture, par le biais de son représentant en audience,
    maintient une position classique, celle d’avant la crise du Covid-19. Elle souhaite le maintien en
    CRA de ces candidats à l’éloignement. Une situation impossible pour des avocats comme Olivier
    Cardon ou Julie Gommeaux. « Les lignes aériennes sont fermées », insiste celle-ci, donnant le cas
    de l’Algérie. Elle dénonce également « les conditions de promiscuité au CRA ». « Les conditions
    d’hygiène sont discutables. Sans gants, sans bactéricide... Les gestes barrières ou la distanciation
    sociale sont impossibles. »
    Les juges semblent avoir été sensibles à ces arguments. Seuls neuf étrangers se sont vus refuser
    leur élargissement. Motif : leurs antécédents judiciaires. « Le risque à l’ordre public l’a emporté
    sur le risque à l’ordre sanitaire », soupire un défenseur. Entre 10 et 20 personnes doivent encore
    comparaitre ce vendredi. Une fois le CRA largement vidé, la préfecture devra se poser la question
    de recommencer à y placer des personnes prisonnières aujourd’hui d’un no man’s land davantage
    sanitaire que politique. En France, d’autres CRA suivent visiblement la même trajectoire.
    Coronavirus : libération de personnes étrangères retenues au centre de rétention de Cornebarrieu
    près de Toulouse
    Ce jeudi soir le juge des libertés et de la détention vient de libérer par ordonance 10 personnes
    étrangères retenues au CRA. Une victoire pour les associations mobilisées, d’autant que
    la préfecture de la Haute-Garonne vient de son côté d’ordonner la libération de 8 autres détenus.

    2020-03-19
    Toulouse
    Coronavirus : libération de personnes étrangères retenues au centre de rétention de Cornebarrieu près de Toulouse
    Corinne Carrière / France 3 / https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/hautegaronne
    toulouse/coronavirus-liberation-personnes-etrangeres-retenues-au-centre-retentioncornebarrieu-
    pres-toulouse-1803272.html

    Ce jeudi soir le juge des libertés et de la détention vient d’ordonner la libération de 10 personnes
    étrangères retenues au CRA (Centre de Rétention Administrative ) de Cornebarrieu près de
    Toulouse.
    Des dossiers portés par des associations et l’aide des avocats pour la défense des droits des
    étrangers (ADDE). Une libération au motif "d’absence de perspective d’éloignement".
    32 autres personnes attendent une décision du juge et devraient être elles aussi libérées pour le
    même motif.
    10 personnes étrangères du CRA libérées
    Anita Bouix, avocate et membre de l’association des avocats de toulouse (ADE) avec d’autres
    associations s’inquiétaient des risques encourus par 63 personnes étrangères détenues au CRA
    en raison de la suspicion de cas de coronavirus.
    De plus avec la fermeture des frontières annoncées par le président de la République, les
    conditions légales ne sont plus réunies pour maintenir ces personnes en détention.
    10 personnes ont donc été libérées par ordonnance du juge et 32 autres attendent une décision.
    8 personnes étrangères détenues au CRA libérées sur ordre de la préfecture de Haute-Garonne
    Les associations se réjouissent de cette décision même si elle "arrive un peu tard", surprises aussi
    de la décision de la préfecture qui jusqu’à ce mercredi refusait toute libération.
    La Préfecture de la Haute-Garonne que nous avions contacté le 17 mars dernier n’envisageait
    aucune libération et ne nous confirmait pas non plus une suspicion de cas de coronavirus.
    Nous apprenons d’autre part que 13 autres personnes étrangères auraient été libérées ce jeudi
    par la cour d’appel de Toulouse, des dossiers sans rapport avec l’épidémie de coronavirus
    Le Centre de Rétention de Cornebarrieu devrait donc fermer très prochainement, vidé de ses
    détenus, c’est en tout cas ce que demandent les associations.

    2020-03-18
    Coronavirus en France : en centre de rétention, "des conditions aux antipodes des préconisations"
    InfoMigrants / Charlotte Oberti
    La cour du CRA du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne, le 26 avril 2019. Crédit : Maëva Poulet

    Plusieurs associations demandent la remise en liberté urgente des quelque 900 personnes
    présentes dans les centres de rétention administrative en France. Des lieux, qu’elles jugent
    inadaptés aux mesures de protection contre le coronavirus prônées par le gouvernement.
    "À l’heure où le pays entre dans une période de confinement, l’Observatoire de l’enfermement des
    étrangers (OEE) s’alarme de voir que des personnes (hommes, femmes, enfants) sont toujours
    privées de liberté dans les centres de rétention administrative (CRA), les locaux de rétention
    administrative (LRA), les zones d’attente (ZA)." Face au coronavirus, plusieurs organisations ont
    appelé mercredi 18 mars à la "libération immédiate" de ces personnes enfermées. "C’est une
    exigence absolue, tant juridique que sanitaire."
    Et pour cause : dans ces lieux de privation de liberté, rien ne semble avoir changé depuis la mise
    en place des mesures drastiques décidées par le gouvernement francais pour enrayer la pandémie
    de coronavirus. "En CRA, les conditions de rétention sont aux antipodes de ce qui est préconisé
    par le gouvernement", s’alarme David Rohi, responsable rétention à la Cimade, association d’aide
    aux réfugiés qui intervient en CRA mais qui a suspendu toutes ces activités dans le contexte actuel.
    "Personne, absolument personne ne trouverait tolérable d’être exposé à ce genre de contexte."
    Mercredi dans la matinée, plus de 900 personnes étaient toujours retenues dans différents centres
    à travers le territoire français. "Les personnes mangent ensemble dans les réfectoires, les mesures
    de distances ne sont pas appliquées, les interactions sont nombreuses", dénonce encore David
    Rohi qui parle d’une situation extrêmement grave. "Tout cela représente un danger pour les
    retenus tout comme pour les gardiens. Le virus peut se propager."
    À l’heure actuelle, et malgré plusieurs suspicions, aucun cas de contamination au coronavirus n’a
    été confirmé dans un CRA en France.
    Les OQTF toujours valables pour les individus remis en liberté
    Face à la situation, plusieurs juges, de Paris à Bordeaux, ont commencé à libérer des personnes
    dont le prolongement de la rétention avait été demandé, expliquant que leur maintien venait
    contredire les recommandations sanitaires.
    Autre raison invoquée pour justifier les remises en liberté : les expulsions sont désormais
    impossibles. "D’abord parce que la plupart des liaisons aériennes avec les pays vers lesquels elles
    devaient être renvoyées ont été interrompues (...) Ensuite parce que leur éloignement du
    territoire serait contraire aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé qui visent
    à limiter les risques d’exportation ou d’importation de la maladie", indiquent encore les
    associations dans leur communiqué.
    Parmi ces remises en liberté, on compte les 12 retenus du CRA de Bordeaux, libérés "en raison de
    l’impossibilité pour certaines personnes d’être éloignées vers leur pays d’origine", indique-t-on
    du côté de la préfecture de Gironde. Mais ce centre ne fermera pas pour autant ses portes. Il doit
    même accueillir de nouvelles personnes : les six retenus évacués du CRA de Hendaye. Ces derniers
    n’ont eux pas reçu l’autorisation d’être remis en liberté par le juge des libertés et de la détention
    chargé de leur cas, selon une membre de la Cimade présente dans ce centre.
    Le CRA de Guadeloupe a quant à lui fermé mardi. À Mayotte, habituellement le centre le plus
    peuplé de l’Hexagone, plus qu’une poignée de personnes était retenue mercredi matin.
    Toutefois, une fois dehors, aucun dispositif particulier n’est prévu pour ces personnes, dont
    certaines sont en situation de grande précarité. Par ailleurs, les OQTF (Obligations de quitter le
    territoire français) qui visent ces individus remis en liberté ne sont pas pour autant annulées.
    "Techniquement, ils sont libérés pour sept jours. Passé ce délai, ils peuvent à nouveau être arrêtés
    par les autorités", explique David Rohi.
    "On a besoin de masques, on doit nettoyer les chambres"
    Du côté des CRA du Mesnil Amelot, où 167 personnes sont toujours retenues - et de Vincennes, où
    se trouvent plus de 110 personnes - , toujours selon des chiffres de la Cimade, la situation semble
    au point mort. Ces derniers jours, de nouvelles personnes ont même fait leur arrivée dans ces
    lieux. À l’intérieur, l’angoisse monte parmi les occupants.
    "On le dit à la police tous les jours : on a besoin de masques, on doit nettoyer les chambres, on le
    fera nous-mêmes, donnez-nous le matériel et on va nettoyer", a dénoncé un retenu dans
    une tribune publiée sur Internet.
    Du côté des préfectures, peu d’informations sont données quant à la situation dans les différents
    centres. La préfecture de Seine-et-Marne s’est contentée d’expliquer à InfoMigrants que "les flux
    d’arrivées sont limités pour préserver le confinement et les placements recentrés sur les fauteurs
    de trouble à l’ordre public et les sortants de prison".
    Le ministère de l’Intérieur n’a quant à lui jamais répondu aux interpellations des différentes
    associations.
    "Il n’y a clairement pas de volonté politique d’arrêter les placements en détention malgré les
    risques encourus par les personnes enfermées et malgré le risque de santé publique", tonne Dovid Rohi.

    2020-03-18
    Lille
    Coronavirus à Lille : Les pensionnaires oubliés des centres de rétention
    20 minutes / Mickaël Libert / https://www.20minutes.fr/lille/2743151-20200318-coronaviruslille-
    pensionnaires-oublies-centres-retention

    Dans les centres de rétention administrative (CRA), la situation inextricable des personnes en
    attente de reconduite à la frontière
    Les CRA fonctionnent à huis-clos (illustration) - S. Ortola / 20 Minutes
    Retenus à défaut d’être renvoyés. En raison du confinement lié à l’épidémie de coronavirus, il n’y
    a pas que l’économie qui tourne au ralenti. Les services administratifs ne sont pas épargnés ainsi
    que les tribunaux. Retenues dans des centres de rétention administrative (CRA), les personnes en
    situation irrégulière sur le sol français faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire
    (OQTF) sont dans le flou. Ni libérés, ni expulsés, certains de ces sans papiers ont entamé une grève
    de la faim.
    « Je devais être renvoyé au Maroc il y a quelques jours mais les vols ont été annulés. Alors on me
    garde ici et on ne me dit rien », explique par téléphone à 20 Minutes un jeune homme retenu dans
    un CRA du département. Lui était volontaire pour rentrer dans son pays d’origine, ce qui n’est pas
    le cas de ses nombreux compagnons de galère. « On est beaucoup ici. Certains avaient une famille,
    un logement ou un travail. On se retrouve enfermés sans même savoir ce que l’on va faire de
    nous », poursuit le jeune marocain.
    « Ils n’ont aucune perspective d’éloignement »
    Depuis que les mesures de confinement ont été renforcées pour lutter contre le coronavirus, les
    accès aux centres de rétention ont été fermés à toutes les personnes extérieures. « Ni les
    associations, ni les avocats ne peuvent entrer pour voir les personnes retenues qui, en plus, n’ont
    aucune perspective d’éloignement », regrette maître Emilie Dewaele, avocate spécialisée dans le
    droit des étrangers.
    Et l’avocate n’est pas la seule à s’inquiéter de la situation des personnes en CRA. La Ligue des
    Droits de l’homme (LDH) et le bâtonnier de l’ordre des avocats de Lille ont chacun écrit une lettre
    au préfet pour l’alerter. « Il nous semble nécessaire de lever les mesures de rétention après avoir
    examiné les personnes et pris les mesures pour assurer dans de bonnes conditions une garantie
    sanitaire », écrit la LDH.
    Des audiences au compte-gouttes et en visioconférence
    Libérer ces personnes ? Pas si facile. « Mardi, il n’y a eu qu’une seule audience du juge des libertés
    au cours de laquelle quelques personnes ont été libérées, assure maître Dewaele. Et ces audiences
    ne se font qu’en visioconférence et seulement pour les personnes qui étaient convoquées »,
    déplore-t-elle.
    Selon l’avocate et le jeune homme retenu au CRA, il n’y a pas de mesure particulière concernant
    l’épidémie. Contactée par 20 Minutes à ce sujet, la préfecture n’a pas donné suite. Dans le seul CRA
    de Lesquin, près de l’aéroport, plus de 70 personnes sont actuellement retenues. « Certains ont
    d’ailleurs entamé une grève de la faim pour qu’on ne les laisse pas dans cette situation », assure
    maître Dewaele.

    2020-03-17
    Toulouse
    Suspicion de coronavirus au Centre de Rétention de Cornebarrieu : les associations veulent la libération des détenus
    Corinne carrière / France 3 / https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/hautegaronne
    toulouse/suspicion-coronavirus-au-centre-retention-cornebarrieu-associationsveulent-
    liberation-detenus-1801732.html
    Centre de rétention administrative de Cornebarrieu-salle de déambulation / © DDM/Frédéric Charmeux

    Ce lundi, deux personnes étrangères retenues au centre de rétention administrative de
    Cornebarrieu, près de Toulouse, sont placées en isolement en raison de suspicion de
    contamination au coronavirus. Des associations demandent de "libérer en urgence" les 63
    étrangers enfermés dans le centre.
    Dans un communiqué, plusieurs associations qui viennent en aide aux étrangers enfermés au
    centre de rétention administrative (CRA), déclarent qu’il est "urgent de libérer l’ensemble des
    étrangers enfermés au centre de rétention de Cornebarrieu".
    Un risque pour les étrangers enfermés et le personnel
    Anita Bouix, avocate et membre de l’association ADE (association des avocats de Toulouse)
    s’inquiète du risque de propagation. D’autant plus que, selon cette avocate, une nouvelle personne
    a été admise au centre de rétention ce lundi 16 mars, malgré la suspicion de coronavirus.
    En maintenant des étranger.e.s dans un lieu confiné dans lequel ils et elles ont été en contact avec
    des personnes malades, l’administration fait courir un risque de contamination à l’ensemble des
    étranger.e.s retenu.e.s ainsi qu’au personnel du centre.
    Toujours pour les associations, cette situation : "porte également atteinte à la dignité de
    l’ensemble des retenu.e.s et méconnaît de manière totalement injustifiée l’impératif
    constitutionnel de santé publique".
    Contactée, la préfecture d’Occitanie se refuse à confirmer ces cas estimant que l’Agence Régionale
    de Santé (ARS) Occitanie est la "seule habilitée à répondre."
    Les associations réclament la libération des 63 étrangers retenus au CRA
    Si la cour d’appel de Toulouse n’ordonne pas aujourd’hui la libération des 63 personnes
    enfermées, par le biais de l’aide des avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE),
    les associations vont déposer dès demain une demande de remise en liberté.
    Anita Bouix précise que pour des raisons sanitaires, il est impensable de maintenir ces personnes
    au centre de rétention. Elles ont toutes la possibilité de se loger à l’extérieur et de rester confiné
    pour se protéger et protéger les autres du Covid-19.
    Les frontières sont aujourd’hui fermées et les conditions légales permettant le maintien en centre
    de rétention de ces personnes ne sont manifestement plus réunies.
    C’est surprenant que la Ministre de la Justice ait compté les procédures de prolongation de la
    rétention des étranger.e.s parmi les contentieux essentiels qui doivent être maintenus malgré la
    fermeture des tribunaux.
    Les services de l’Etat que "toutes les mesures adéquates ont donc été prises pour répondre aux
    exigences sanitaires de limitation de la propagation du virus. Il n’existe donc aucune raison
    sanitaire justifiant une telle libération."
    Les cours d’appel de Bordeaux et Paris auraient pris des décisions contraires au motif de l’intérêt
    général et afin de respecter les consignes données par le président de la République.
    Dans ces conditions et avant que la situation ne devienne intenable, seule la libération de
    l’ensemble des étranger.e.s retenu.e.s en centre de rétention permettra de concilier l’impératif de
    santé publique avec le respect de la dignité, l’intégrité physique et le droit à la santé de ces
    personnes.
    Pour l’association la Cimade, c’est du "grand n’importe quoi".
    Depuis les annonces du président de la République pour lutter contre la propagation du
    coronavirus, l’association la Cimade n’est plus en mesure d’intervenir au centre de rétention.
    Les personnes retenues n’ont de ce fait plus aucune assistance juridique. "Les audiences
    s’effectuent sans les personnes, impossible de vérifier les conditions de régularité des procédures,
    c’est du grand n’importe quoi" nous précise un bénévole de la Cimade.
    La loi prévoit pourtant « qu’un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le
    temps strictement nécessaire à son départ".
    Selon ce bénévole, les personnes actuellement au centre de rétention de Lesquin, refusent
    désormais de fréquenter le réfectoire de peur d’être contaminées.
    La situation est complexe et met en danger ces personnes : "Elles n’ont pas de masques à leur
    disposition et le personnel de surveillance semble peu équipé pour se protéger. Enfin, le médecin
    de l’office français d’immigration et d’intégration n’effectue plus de visite".
    Mesures de prévention renforcées dans les établissements pénitentiaires
    Le ministère de la justice demande aux établissements pénitentiaires de renforcer la prévention
    face à l’épidémie de coronavirus :
    • Les activités en milieu confiné, enseignement, activités socio-culturelles, sport, seront
    suspendues.
    • Les promenades et activités sportives en plein air ou en espace non confiné seront
    maintenues avec les aménagements nécessaires.
    • Il en ira de même pour le travail et la formation professionnelle dans les espaces
    permettant de respecter les mesures barrière.
    • Des mesures particulières seront mises en oeuvre pour les visites : parloirs limitation du
    nombre de visiteurs, limitation des visites d’enfants et de personnes
    vulnérablvulnérables.
    L’activité dans les services de placement de la protection judiciaire de la jeunesse sera maintenue
    avec des mesures de précaution : suspension des activités collectives à l’extérieur des
    établissements et contrôle sanitaire étroit des activités collectives à l’intérieur des établissements.

    2020-03-17
    Toulouse
    Coronavirus : la tension monte au centre de rétention administrative de Cornebarrieu

    Au centre de rétention administrative de Cornebarrieu, deux hommes auraient été mis à l’isolement suite à une suspicion de cas de coronavirus. L’angoisse des personnes en rétention
    augmente d’heure en heure, explique Sarra, une jeune Algérienne.
    Deux cas de coronavirus auraient été détectés au CRA de Cornebarrieu / DDM Archives
    (Je n’ai pas accès à la totalité de l’article)

    2020-03-17
    « Sans papiers » en rétention : les remises en liberté s’intensifient
    Olivier Bertand / Médiapart

    Avec la pandémie, les appels se multiplient pour vider les centres de rétention où des « sanspapiers
     » sont enfermés : trop dangereux, inutile avec la fermeture de frontières. Si l’administration reste sourde, de plus en plus de juges libèrent.
    Dans le centre de rétention administrative (CRA) de Lesquin, près de l’aéroport de Lille, des
    hommes ont arrêté de fréquenter le réfectoire. « Au moins un cas de coronavirus » aurait été
    détecté, selon eux. Ils ont peur, sont en grève de la faim (comme à Lyon) et veulent que cela se
    sache. « On préfère mourir de faim que de cette merde », écrivent-ils dans un texte. Joint par
    téléphone, Kheir-Eddine (26 ans) raconte : « Vendredi, un avocat a dit à l’un de ses clients que son
    audience était reportée parce qu’on avait trouvé un cas au centre. Tout le monde a paniqué. Un
    policier a essayé de nous rassurer en nous disant que c’était juste une suspicion ». Dans les CRA,
    où la France enferme les « sans-papiers » qu’elle compte expulser, les agents portent désormais
    des masques, des gants, utilisent du gel.
    « Nous, on est enfermés à 18 et on n’a rien, poursuit Kheir-Eddine. Des gens sont arrêtés dans le
    métro, dans le tramway, on ne sait pas d’où ils arrivent, on a peur quand ils débarquent. Même les
    policiers, on ne veut plus qu’ils s’approchent de nous. » L’un de ses camarades, Sidi-Mohamed,
    ajoute que les salariés de l’Ordre de Malte, chargés à Lesquin du soutien juridique, « ont peur de
    parler avec les détenus [sic], ils ne s’approchent plus ».
    La Cimade, qui apporte de l’aide juridique aux étrangers en CRA, a décidé pour sa part
    d’y « suspendre ses activités ». Les autres associations réfléchissent à la même mesure. « Dès
    vendredi, nous avons interpellé les pouvoir publics, le ministre de l’intérieur, pour demander la
    fermeture de tous les centres de rétention, précise David Rohi, responsable rétention à la
    Cimade. Dans un contexte où la fermeture des frontières empêche de toute façon les éloignements,
    il faut éviter de propager le virus dans des lieux où, malgré la bonne volonté, la promiscuité, les
    contacts, empêchent de protéger les personnes. Dans plusieurs centres, des malades très
    vulnérables restent enfermés alors qu’ils seraient extrêmement exposés si l’épidémie se
    répandait. »
    De nombreux avocats, des organisations, lancent des appels à vider les centres de rétention, dont
    la raison d’être, la préparation de l’éloignement d’étrangers, a momentanément disparu. Dès le 25
    février, la Direction générale des étrangers en France a fait savoir aux greffes des juges des libertés
    et de la détention « l’arrêt complet des transferts vers l’Italie ». Puis le Maroc et l’Algérie ont
    interrompu toutes leurs liaisons maritimes et aériennes en provenance ou à destination de la
    France. L’espace Schengen s’est à son tour fermé hier.
    « À l’intérieur même de l’Union européenne, d’autres pays ferment leurs frontières intérieures,
    relève Flor Tercero, avocate toulousaine, membre d’Avocats pour la défense des droits des
    étrangers (ADDE). L’Allemagne, le Danemark, la Tchéquie, l’Autriche… Il faut remettre en liberté
    toutes les personnes que l’on ne peut plus éloigner. Elles ne sont pas enfermées pour des délits
    mais pour permettre leur éloignement rapide. Si ce dernier devient impossible, elles n’ont rien à
    faire en rétention. On met les gens en danger sans raison. »
    Au CRA de Toulouse justement, deux personnes retenues ont été placées à l’isolement lundi en
    raison d’une suspicion de contamination. Le Cercle des voisins, collectif de citoyens mobilisés
    autour du centre, a lancé une pétition et cosigné (avec Médecins du monde, le Gisti, le Syndicat
    des avocats de France…) un texte qui dénonce « un risque de contamination à l’ensemble des
    étrangers retenus ainsi qu’au personnel du centre ». Ils trouvent « particulièrement surprenant
    que la ministre de la justice ait compté les procédures de prolongation de rétention parmi les
    contentieux essentiels qui doivent être maintenus malgré la fermeture des tribunaux ».
    Une juge des libertés et de la détention toulousaine, tenant compte pour sa part de la situation, a
    ordonné dimanche les remises en liberté de deux personnes, leur éloignement ne
    pouvant « intervenir à bref délai ». D’autres décisions de justice commencent à aller dans ce sens
    et les CRA de plus petites tailles, Nîmes, Sète, Nice, commencent à se vider.
    Des magistrats prennent leurs responsabilités lorsque l’administration s’obstine, malgré le
    danger qu’elle fait courir aux personnes. La cour d’appel de Bordeaux a ainsi libéré lundi soir un
    Camerounais dont la rétention venait d’être prolongée de trente jours. Après avoir auditionné
    l’homme par visioconférence « en raison de l’épidémie de coronavirus », la magistrate a rappelé
    que « l’autorité judiciaire conserve la possibilité d’interrompre à tout moment la prolongation du
    maintien en rétention lorsque les circonstances de droit ou de fait le justifient ». En l’occurrence,
    ici, les « perspectives d’éloignement […] fortement compromises » et les « risques de
    contamination accrus dans un contexte de pandémie mondiale due au coronavirus ».
    À Paris, une vice-présidente du tribunal judiciaire a rendu dimanche une ordonnance longuement
    motivée pour refuser la prolongation de rétention d’un Tunisien. En décidant de maintenir des
    reconduites à la frontière, écrit-elle, l’administration « prendrait le risque de faire entrer le
    virus […] dans un pays où les infrastructures sanitaires sont déjà fragiles ». La mise à exécution
    d’une mesure d’éloignement, poursuit-elle, « alors que le premier ministre Édouard Philippe a
    appelé dans son discours le 14 mars à adopter un comportement responsable et
    solidaire », serait « disproportionnée au regard du but poursuivi et du danger qu’elle fait courir à
    la population française et mondiale ». Après un appel du procureur, la cour d’appel de Paris a
    considéré à son tour que le maintien en rétention « contredirait les directives de l’Organisation
    mondiale de la santé ».
    À Marseille, la justice est plus lente à saisir l’enjeu sanitaire. Lundi, toutes les demandes de
    prolongation ont été accordées. Il est vrai que la juge des libertés et de la détention de permanence
    cette semaine, surnommée « Madame 100 % », ne libère quasiment jamais. Lundi, seuls les retenus
    disposant d’interprètes ont pu comparaître devant elle. Les autres ont été renvoyés au CRA, jugés
    sans avoir le droit d’être entendus.
    Dans le centre, seul un parloir sur quatre reste à disposition. Des parents venus à 14 heures ont
    patienté jusqu’à 17 h 30 hier sans pouvoir entrer. Le rythme des arrestations a ralenti ; hier, seule
    une personne sortant de maison d’arrêt a été placée en rétention. Ceux qui arrivent avant 18
    heures passent devant un médecin. Les autres sont placés dans une cellule d’isolement jusqu’au
    matin. Les trois quarts des policiers portent des masques, mais les retenus n’en ont pas. « Ils
    savent, souffle l’un des salariés, que les frontières sont fermées mais on les garde ici sans
    protection. C’est une situation très angoissante pour eux. »
    Depuis mercredi 18 mars, toutefois, les remises en liberté s’intensifient, avec de fortes disparités
    d’un centre de rétention à l’autre. De plus en plus de juges des libertés et de la détention refusent
    les prolongations demandées par des préfectures malgré la pandémie. Leurs décisions s’appuient
    sur le risque de contagion autant que sur l’absence de perspectives d’éloignement. Quelques CRA
    sont fermés ou sur le point de l’être. À Strasbourg et Hendaye par exemple (les effectifs de police
    ont été redéployés vers les frontières). À Sète, il ne reste mercredi soir que 7 personnes retenues
    (5 ont été libérées dans la journée).
    La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, a d’ailleurs
    demandé mardi au gouvernement « de procéder sans délai à la fermeture temporaire des centres
    et locaux de rétention administrative ». Elle souligne « l’absence totale d’information de la
    population retenue », l’hébergement collectif dans la promiscuité, « le maintien de la restauration
    collective et un défaut complet de protection ». Dans de telles conditions, souligne-t-elle, « l’Etat
    manque à son obligation de protéger à la fois ses agents et les personnes qu’il a lui-même placées
    sous sa garde ».
    Dans certains centres, la police aux frontières se montre désormais favorable elle-même à la
    fermeture. Mais les préfectures refusent pour l’instant. La situation devient pourtant difficile à
    gérer pour les policiers, et une partie des associations et entreprises qui interviennent à l’intérieur
    ont fait jouer leur droit de retrait ou semblent sur le point de le faire. Cela concerne le conseil
    juridique, les demandes d’aide au retour, l’achat de produites de première nécessité, le ménage,
    la nourriture... Pour la santé, les médecins ne prennent plus que les urgences afin de limiter
    déplacements et contacts.
    En revanche, alors que les restaurants sont fermés à l’extérieur, les réfectoires restent ouvert dans
    les centres. Mais une partie des retenus ne veulent plus y aller. À Marseille une partie d’entre eux
    se sont rebellés, une porte a été enfoncée et des renforts ont dû être appelés. Le calme semble
    revenu ce soir. Parce que des demandes de remise en liberté ont été effectuées pour tout le monde
    compte tenu du risque sanitaire. Les retenus s’accrochent à cet espoir.

    2020-03-17
    Lille
    Coronavirus : grève de la faim au centre de rétention de Lille-Lesquin
    Depuis l’annonce, vendredi 14 mars, qu’au moins un cas de coronavirus a été détecté au Centre de
    rétention administrative Lesquin, les étrangers retenus refusent de s’alimenter pour demander
    leur remise en liberté.
    Clémence de Blasi

    Les Centres de rétention administrative, lieu de grande promiscuité, sont dans une situation critique avec
    la pandémie en cours. Ici le CRA de Saint-Exupéry, près de Lyon. Photo : N.Barriquand / Mediacités.
    Soit on meurt de faim, soit on meurt du coronavirus, résume Ahmed, 35 ans, enfermé depuis 14
    jours au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Lesquin, au sud de Lille. On a tous très peur,
    ce sont nos vies qui sont en jeu. Ici, c’est la panique et tout le monde s’en fout : on s’est adressés à
    plein de gens et personne ne nous répond. Pour qu’on nous écoute, je ne vois pas d’autre moyen
    que la grève de la faim… » Cet Algérien, père de deux enfants, vit en France depuis une dizaine
    d’années. Comme les autres personnes retenues près de l’aéroport de l’agglomération lilloise, il
    attend avec angoisse d’être fixé sur son sort.
    « La personne infectée a d’abord été placée à l’isolement, puis évacuée en ambulance la semaine
    dernière, raconte Kheir-Eddine, 26 ans. Depuis, les policiers ont des masques, des gants, du gel.
    Nous, rien du tout à part du savon : on ne peut pas vraiment se protéger. Le stress nous rend
    malades, on ne sort plus de nos chambres. » Le jeune homme, né en Algérie lui aussi, attend depuis
    35 jours sur le site de Lesquin, après cinq ans passés en France sans papiers.
    « Tout est fermé : il n’y a plus d’activités, nous ne pouvons plus recevoir de visites de nos proches,
    ni des associations pour l’assistance juridique. Les audiences avec le juge ont lieu par
    visioconférence, c’est compliqué. Le centre n’a même pas été désinfecté. Tout ce que nous pouvons
    faire, pour éviter d’être malades, c’est de ne plus aller dans les espaces collectifs. Je n’ai pas mangé
    depuis quatre jours. Et tant que je ne serai pas libéré, je vais continuer », poursuit-il.
    « A quoi bon nous garder ? »
    Ouvert en novembre 2006, le CRA de Lille-Lesquin peut retenir jusqu’à 86 personnes. Selon nos
    informations, 70 hommes environ y seraient actuellement enfermés. Dans un communiqué
    commun rédigé lundi, ceux-ci déplorent notamment le report de nombreuses audiences du juge
    des libertés et de la détention. « C’est à l’occasion de ces audiences que nous pouvons être libérés.
    Et nous ne pouvons pas rester enfermés sans autorisation du juge, écrivent-ils. La plupart des
    liaisons internationales en avion sont annulées. Si dans tous les cas nous ne pouvons pas être
    expulsés, à quoi bon nous garder ? »
    « Les seules infos que nous avons, c’est à la télé. Les policiers ne nous disent rien, ils sont sympas
    mais ne peuvent rien faire pour nous. Il faut qu’une décision soit prise. Nous avons tous signé une
    demande de remise en liberté, envoyée au juge. A l’extérieur, nous avons des logements, on
    pourrait se confiner. Ici, des gens continuent d’arriver, nous ne sommes pas en sécurité », déplore
    Kheir-Eddine.
    Jointe par Mediacités, la direction du CRA ne s’est pas encore exprimée sur la situation. Dans les
    centres de Vincennes (Val-de-Marne), du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) ou de Lyon (Rhône),
    d’autres actions (grèves de la faim, blocages, tentatives d’évasions collectives, départs de feu) sont
    également menées.
    Fermeture des frontières
    La durée de rétention maximum dans les CRA est de 90 jours. D’après un rapport publié en 2018
    par plusieurs associations (la Cimade, France terre d’asile, Ordre de Malte France notamment), la
    durée moyenne de rétention au CRA de Lille-Lesquin est de 10,1 jours. Avec la pandémie, des
    associations multiplient les appels à vider les centres de rétention, dans lesquels le virus pourrait
    rapidement se propager. Elles évoquent notamment une mise en danger liée à la promiscuité.
    « Plusieurs personnes ont été libérées du CRA aujourd’hui, note Sophie Danset, avocate au barreau
    de Lille, coordinatrice de la permanence étrangers cette semaine. Deux moyens ont été retenus :
    l’incompatibilité de la rétention, compte tenu de la crise sanitaire, et l’absence de perspective
    d’éloignement avec la fermeture des frontières. » A situation exceptionnelle, réponse
    exceptionnelle : dans les prochains jours, le centre de rétention administrative de Lille-Lesquin
    pourrait bien être amené à se vider. Selon nos confrères de Mediapart, ceux de Nîmes, Sète et Nice
    commencent à l’être dès aujourd’hui.

    2020-03-16
    Nîmes
    Coronavirus à Nîmes : le tribunal et la cour d’appel réduisent considérablement leur activité
    Midi Libre / https://www.midilibre.fr/2020/03/16/coronavirus-a-nimes-le-tribunal-et-la-courdappel-
    reduisent-considerablement-leur-activite,8803639.php

    Face à l’épidémie, la cour d’appel et le tribunal judiciaire réduisent considérablement leur activité.
    Le tribunal judiciaire et la cour d’appel viennent d’adapter leur fonctionnement à l’épidémie de
    Coronavirus qui sévit actuellement. Ce lundi soir, le premier président de la cour d’appel de
    Nîmes, lors d’un entretien téléphonique a indiqué qu’une série de réunions s’était tenue ce lundi
    16 mars pour organiser les nouvelles de mesurees destinées à limiter la propagation du virus.
    Michel Allaix a indiqué en substance que seuls les contentieux les plus urgents seraient maintenus
    comme les audiences concernant le contentieux de la détention. Sauf urgence, les audiences de la
    chambre des appels correctionnels seront reportées. La chambre de l’instruction qui examine
    notamment les demandes de remises en liberté sera maintenue, a expliqué le premier président
    qui avait préparé depuis plusieurs jours un plan de continuité. Les audiences qui concernent les
    personnes placées en hospitalisation d’office devraient être maintenues pour analyser la situation
    des personnes placées en psychiatrie. De la même façon, la question des personnes placées au
    centre de rétention administrative (CRA) et devant passer devant un juge des libertés et de la
    détention continuera d’être examinée par les JLD, a indiqué la première présidence de la cour
    d’appel déclinant localement une circulaire de la Garde des Sceaux. Sauf urgence toujours, la
    chambre des mineurs est appelée à réduire son activité, a-t-on appris ce lundi soir. " Nous
    organisons par ailleurs des remontées d’information à la chancellerie, ce qui nécessite la rédaction
    de rapports et le maintien d’une équipe administrative à la cour d’appel", a ajouté Michel Allaix.

  • Certains jeux vidéo créent un mode de divertissement centré sur l’argent et la consommation sans fin #jeux_vidéo #jeux #argent #économie

    https://sms.hypotheses.org/24370

    Le consumérisme et l’argent dans les jeux vidéo, ce n’est pas nouveau. Depuis Pac-Man qui mange des gommes à volonté, et Mario qui récupère un tas de pièces en allant sauver la princesse Peach, on arrive aujourd’hui à créer des jeux comportant des systèmes économiques élaborés au centre du gameplay. C’est même devenu une norme. Mais est-ce pour autant anodin ? Peut-on en mesurer les conséquences sur la communauté des joueurs et sur la société en général ?

    C’est justement ce qu’étudie David M. Higgins. Éditeur pour le Los Angeles Review of Books, il enseigne au Inver Hills Community College dans le Minnesota. Dans son article “Rêves d’accumulation : l’économie dans les jeux vidéo de science-fiction”, l’auteur démontre comment certain jeux vidéo fantastiques, en particulier les MMO, c’est-à-dire les jeux en ligne massivement multijoueur, aboutissent à une forme ultime et sans contrainte de capitalisme (...)

  • L’article qui suit, publié dans le NY Times, a énervé Gregg Gonsalves (épidémiologiste à Yale et en qui j’ai une confiance totale) :

    This is lazy thinking/editing, garbage hot takes from people who never had to bury dozens of their friends before during an epidemic.

    L’article en question : Opinion | A Plan to Get America Back to Work - Thomas Friedman (The New York Times)
    https://www.nytimes.com/2020/03/22/opinion/coronavirus-economy.html

    En gros : le lockdown met en péril l’économie donc faut faire la part des choses 💩

    La critique de Gregg est là :
    https://twitter.com/gregggonsalves/status/1241790695100252168

    #ArmchairEpidemiologists #presse #experts et #pundits

  • Première semaine de confinement et j’en ai déjà marre de ma femme | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/188775/blog-sagalovitsch-premiere-semaine-confinement-coronavirus-marre-femme

    Comme un prisonnier condamné à une longue peine, j’ai commencé à dessiner des croix sur le revers de mon calepin. Je l’enverrais bien chez sa mère pour une durée indéterminée mais c’est interdit, paraît-il. Que faire ? Je pourrais prétendre que je suis fiévreux, me mettre à tousser, dire que j’ai dû attraper le coronavirus et m’isoler le temps nécéssaire afin de ne pas la contaminer. Je gagnerais deux semaines de tranquillité. Et encore. Telle que je la connais, elle serait capable de s’inquiéter pour moi et exigerait de me voir prendre ma température toutes les cinq minutes.

    Non, il faudrait que ce soit elle qui l’attrape. Tout comme les autorités chinoises à Wuhan, je souderais la porte de la chambre à coucher afin de l’empêcher de s’enfuir. Claquemurée le temps nécessaire. Deux mois s’il le faut. Une année. Le temps de trouver un vaccin.

    Le temps de commencer et peut-être de finir un roman !

    Ces femmes qui empêchent les #grands_hommes d’écrire de l’#art...
    #androcentrisme #féminicide via @mona sur Twitter

  • Une ville vide : #Atelier d’écriture sur la ville et ses inventions

    http://liminaire.fr/au-lieu-de-se-souvenir/article/une-ville-vide

    Cet atelier s’inscrit dans le cadre d’une série d’ateliers d’écriture sur le thème de la ville que j’anime, depuis janvier 2020 et jusqu’en juin, pour le compte de la bibliothèque François Villon (fermée en ce moment pour travaux de rénovation) à la Maison des Associations et de la vie Citoyenne du 10ème. Dans l’impossibilité de le mener sur place, suite aux mesures sanitaires de confinement, je propose aux participants inscrits une version vidéo, à distance, de cet atelier d’écriture. J’en profite pour inviter celles et ceux qui souhaiteraient y participer, de m’envoyer leur texte pour que je les diffuse sur mon blog ou de m’indiquer l’adresse de leur blog s’ils y participent pour que je puisse m’en faire le relais, et si vous le diffusez sur les réseaux sociaux vous pouvez y associer le hashtag : #VilleVide
    #Atelier / #Architecture, #Paris, #Ecriture, #Récit, Ville, #Paysage, Absence, #Corps, #Dérive, #Sensation, #Solitude, #Fantôme, #Temps, (...)❞

  • Tous les #livres des éditions #Entremonde sont disponibles en libre accès PDF sur notre site internet depuis notre fondation en 2009.

    Depuis 2008 dans cette folle équipée éditoriale, malgré tous les obs­­ta­­cles qui jalon­nent la confec­­tion de nos ouvra­­ges, nous sommes plus obs­­ti­­nés que jamais à faire de l’édition un foyer de dys­­fonc­­tion­­ne­­ment du sys­tème et d’évoluer plei­­ne­­ment dans notre époque.

    Dans l’ancien régime, l’aris­to­cra­tie lit­té­raire pre­nait pos­ses­sion de la répu­bli­que des let­tres, leur pro­duc­tion mar­quée par la grâce royale était pro­duite par une cor­po­ra­tion qui mono­po­li­sait la chose impri­mée. Depuis, l’ancien régime a cédé sa place à de nou­veaux régi­mes. La pro­duc­tion lit­té­raire n’y est plus mar­quée de la grâce royale, mais de celle des capi­taux et les mono­po­les y sont confé­rés par le roi argent.

    https://entremonde.net/ebook
    #pdf #libre_accès

    J’utilise aussi le tag #continuité_pédagogique, car ça complète la liste de #films compilée ici :
    https://seenthis.net/messages/832035

    • Covid-19 : recensement des facilités offertes par les #éditeurs du fait de la pandémie

      Nous souhaitons pouvoir relayer les initiatives des éditeurs pour aider le monde académique, et la population en général, à faire face aux conséquences de la crise sanitaire actuelle. Ce recueil d’initiatives peut également avoir un caractère incitatif auprès d’autres éditeurs.

      https://www.couperin.org/site-content/145/1413-covid19-recensement-des-facilites-offertes-par-les-editeurs-du-fait-d
      #liste #recueil

      ping @karine4

    • A l’université de #Grenoble :

      Sélection d’#ebooks dans le cadre du confinement COVID19

      En raison de la crise sanitaire liée au COVID19 que la France et notre établissement traversent en ce moment et afin de faciliter le travail à distance, spécialement pour les étudiants, vous trouverez sur cette page quelques ouvrages numériques fondamentaux dans toutes les disciplines.

      https://bibliotheques.univ-grenoble-alpes.fr/collections/collections-numeriques/selection-d-ebooks-dans-le-cadre-du-confinement-co
      #ebook

    • #LibGen et #Sci-Hub, what and how ?

      Library Genesis et Sci-Hub sont deux projets, certes illégaux, mais utiles, visant à mettre à disposition de tous un grand corpus de littérature scientifique. Le second recense des articles de recherche, le premier des livres, et s’est étendu à des thèmes plus vastes (fiction, bande dessinée, manuels…). Les pages Library Genesis et Sci-Hub de Wikipedia expliquent en détail ce dont il s’agit, ainsi que l’histoire de ces projets :

      Puisque ces sites ne respectent pas la législation sur le droit d’auteur, des éditeurs scientifiques (Elsevier et Springer en tête) ont obtenu de la justice française que ces sites soient bloqués par les fournisseurs d’accès Internet (Orange, Free, Bouygues…).

      La méthode choisie est un blocage DNS — c’est-à-dire qu’ils ont retiré ces entrées de leurs serveurs DNS. Rappelons juste qu’un serveur DNS est une espèce d’annuaire qui transforme une adresse littérale (du genre academia.hypotheses.org en une adresse IP numérique telle 134.158.39.133).

      Il y a plusieurs méthodes pour contourner ce blocage.

      1. Utiliser un autre serveur DNS.

      Ceux proposés par Google sont très connus et faciles a retenir, mais on peut vouloir diminuer sa dépendance à ce géant, ni lui fournir la liste de toutes nos requêtes réseaux — nous ne savons pas ce qu’il en fera, mais lui sait ce qu’il pourrait en faire.
      Il faut ensuite modifier vos préférences réseaux pour le mettre en place.

      Une recherche sur « open dns server » va vous en proposer plein.

      C’est une solution efficace, surtout si, confinés chez vous, vous n’avez qu’une seule config réseau.
      2. Connaître par cœur l’adresse IP (numérique) de ces sites

      Plus prudent, car ces adresses ont tendance à changer : savoir les retrouver, par exemple grâce aux pages de Wikipedia ou au compte Twitter @scihub_love.
      Il est aussi possible d’utiliser un site comme nslookup qui est une espèce de « serveur DNS manuel ».

      3. Configurer son navigateur

      L’intérêt de de ne pas avoir à changer sa configuration réseau mais de laisser le navigateur s’en charger.

      Avec Firefox, l’option DnsOverHttps le conduit à demander à d’autres serveurs de lui fournir les adresses IP correspondant à une adresse texte. Pas mal de sites web expliquent comment activer cette option, cette explication dans Zdnet m’a semblé assez claire.

      Le navigateur Opera offre un VPN (virtual private network) qui, si je comprends bien, revient plus ou moins à cela.
      4. Utiliser Tor

      Tor ressemble de l’extérieur à un navigateur en mode de navigation privé, mais le fonctionnement interne est plus compliqué, de sorte que les sites ne puissent pas retracer l’origine de la requête, laquelle passe par tellement d’endroits que le blocage initial est inopérant.

      5. Et sur un téléphone portable (en 4G) ?

      Je ne sais pas mettre en œuvre l’option 1.
      Les options 2 (connaître l’adresse IP) et 4 (Tor) sont transparentes.
      L’option 3 (DnsOverHttps) est un peu plus compliquée à mettre en place parce que la page de paramétrage de la version Android de Firefox est moins conviviale.

      Il paraît aussi que des applications comme Intra ou nextDNS font ça automatiquement, très simplement.
      6. Et pour une solution légale ?

      De nombreuses institutions académiques ont souscrit des abonnements à des portails de littérature scientifique. L’accès est contrôlé par l’origine des requêtes Internet : si vous êtes depuis votre bureau, cela marche de façon transparente.

      Grâce au système de proxy, vous pouvez faire croire aux sites que vous êtes au travail. Par exemple, l’extension EzProxy, disponible pour Chrome ou Firefox (à ne pas confondre avec ce que propose l’entreprise privée du même nom) est préconfigurée pour vous permettre, en cliquant simplement sur l’icone de la toque universitaire puis en utilisant vos identifiants usuels d’ENT, d’accéder à ces sites. À l’installation, il faut juste sélectionner votre institution parmi les préférences de l’extension (à ce jour, l’extension en recense 591 ! dont 27 en France, si votre institution est absente, prenez contact avec le service informatique afin qu’ils s’ajoutent à la liste).

      Le logiciel Zotero a également une extension pour navigateur capable de reconnaître ces proxys.

      https://academia.hypotheses.org/21190
      #articles_scientifiques #édition_scientifique

    • #Dalloz, #La_Découverte : des éditeurs en accès libre pendant le grand confinement

      Plusieurs institutions culturelles ou médiatiques ont décidé de rendre accessibles une partie de leur fonds. C’est le cas du MET, du Berliner Philharmoniker, par ex.

      Pour ce qui est de la recherche, nous sommes heureux d’apprendre que les éditions La Découverte ainsi que les éditions Dalloz participent à l’effort national en donnant accès à une (petite) partie de leur catalogue.


      https://academia.hypotheses.org/21271